Le devoir, 17 avril 2015, Cahier A
[" Joblo fait la guerre aux bébelles Page b w Cirque du Soleil : quel avenir pour la plus grande compagnie circassienne du monde ?Page B 2 Prière au conseil : le jugement qui a fait plier le maire de Saguenay résonne jusqu\u2019aux Communes Page A 4 3® débat : le ton monte au PQ Page A 3 www.ledevoir.corn LE DEVOIR Vol.C V I N° 8 3 Couillard tire sur le détenteur du messager Éclaboussé par les médias de Québécor, le premier ministre se tourne vers PKP ROBERT DUTRISAC Correspondant parlementaire à Québec Excédé par les reportages des médias de Québécor sur le rôle qu\u2019il a joué au sein de l\u2019entreprise Amorfîx life Sciences, Philippe Couillard est passé à l\u2019attaque jeudi en tirant sur le propriétaire du messager, Pierre Karl Péladeau.Talonné par le chef de l\u2019opposition officielle, Stéphane Bédard, qui lui demandait de reconnaître que des épargnants floués avaient manqué d\u2019information de la part d\u2019Amorfix dont il était le président du conseil d\u2019administration, Philippe Couillard est sorti de ses gonds: «Avant de regarder la paille dans les yeux des autres, on regarde la poutre dans ses yeux à soi.Il a dans sa propre formation politique un membre de son caucus qui détient 40 % de l\u2019empire médiatique le plus influent du Québec.Ça, c\u2019est de la gouvernance à régler.» «n n\u2019y a pas une société démocratique qui accepterait la situation de contrôle d\u2019un empire médiatique de [cette] taille», a ajouté le premier ministre.Mercredi, Philippe Couillard avait toutefois refusé de saisir la perche qu\u2019un journaliste lui tendait en liant la couverture médiatique qui le visait et Pierre Karl Péladeau.«Vous m\u2019amenez à dire que, parce qu\u2019un de mes adversaires politiques aurait le contrôle, encore aujourd\u2019hui, sur un groupe de média, ça aurait une influence sur les nouvelles qui sont rapportées.Je ne veux pas aller là parce que je me rendrais coupable moi-méme de ce que je reproche à mes adversaires», avait-il dit.VOIR PAGE A 10 : MESSAGER Aujourd\u2019hui Actualités > L\u2019UQAM refuse de prolonger la session.La Commission des études tentera de proposer un nouveau scénario à l\u2019établissement pour le moment inflexible.Page A 5 Week-End > Zoom sur la nourriture et la quête de beauté.La performance sucrée de l\u2019artiste Nadège Grebmeier Forget secoue les adolescents.Page B1 7\t, w- .-\t.Avis légaux.Décès Météo Mots croisés.Petites annonces.Sudoku.B4 B6 B8 B8 B6 B8 LE DEVOIR, LE VENDREDI 17 AVRIL 2015 Vague de migrants en Méditerranée n CARMELO IMBESI ASSOCIATED PRESS Encore mille migrants ont débarqué en Italie jeudi.Arrivés de Libye, les survivants recueillis par les garde-côtes ont eu plus de chance que les 41 autres qui ont péri lors du naufrage de leur embarcation.Page B 9 1,13$ +TAXES =\t1,30$ Fonction publique Une grève generale sur la table à rautonme MARCO BELAIR-CIRINO Correspondant parlementaire à Québec \\ A l\u2019abri des caméras, le Front commun des syndicats des secteurs public et parapublic prépare le terrain à une grève générale à l\u2019automne.Dès la fin du mois, quelque 800 syndicats solliciteront,1e mandat, auprès de 400 000 employés de l\u2019État, de «planifier» un débrayage massif au cas où les négociations piétinent au retour des vacances estivâes, a appris Le Devoir.«Il faut être prêt à l\u2019automne», dit sans ambages le président de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ), Daniel Boyer, à l\u2019autre bout du fil.«Faire le, tour [de 400 000 des 530 000 employés de l\u2019État], ça ne se fait pas en criant \u201cciseaux\u201d», ajoute-t-il.A défaut d\u2019une entente, les syndiqués du secteur public et parapublic seront appelés, durant la deuxième moitié du mois de septembre, à donner un mandat de grève au Front commun.Le scénario d\u2019un débrayage de centaines de milliers d\u2019employés durant au moins deux semaines a notamment fait l\u2019objet de discussions au sein d\u2019organisations syndicales.«A l\u2019automne, on aura discuté suffisamment autour des plus grands enjeux pour se faire une tête [sur des questions du type] est-ce qu\u2019il y a une voie de passage possible pour un règlement ou il n\u2019y en a pas du tout?Est-ce qu\u2019on a à forcer le jeu pour que le gouvernement nous prenne au sérieux?» explique M.Boyer dans un entretien téléphonique avec Le Devoir.Réunis à Longueuil, environ 200 délégués de l\u2019Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux VOIR PAGE A 10 : GRÈVE 68^^ Festival de Cannes Denis Villeneuve parmi les grands ODILE TREMBLAY Il assure que la présence de ténors en compétition officielle le rend humble et qu\u2019il n\u2019attend rien de Cannes, hormis le bonheur d\u2019y être, mais Denis Ville-neuve avait longtemps fait antichambre pour entrer dans cette course de haut vol, dont Incendies puis Enemy furent écartés.« Un vieux rêve, avoue-t-il, qui s\u2019était endormi avec le temps.» Il avait été quatre fois à Cannes, à La Quinzaine {Cosmos et Polytechnique), à Un certain regard {Un 32 août sur terre), à La semaine de la critique {Next Floor).Cette fois.c\u2019est la ligue majeure.Depuis trois semaines, il savait son film américain Sicario retenu d\u2019emblée pour la course à la Palme d\u2019or.«Ça me fait d\u2019autant plus plaisir d\u2019être en compétition avec un film réalisé à Hollywood.Comme une claque dans le dos pour me dire que j\u2019ai su conserver mon identité.» Il en parle comme de son meÜ-leur film \u2014 américain avec une sensibilité québécoise \u2014 en symbiose avec ses acteurs, doté d\u2019une forte proposition cinématographique, son plus «grand public» avec ça.«Et puis le buzz est fort à Los Angeles où il y eut des VOIR PAGE A 10 : CANNES PEDRO RUIZ LE DEVOIR Denis Villeneuve accomplit ainsi un rêve qu\u2019on lui a refusé deux fois.À la veille du Jour de la Terre, Le Devoir publie une édition spéciale Planète verte ALIKE DEMAIN POUR LE TEXTE ET LE CONTEXTE LE DEVOIR 77831303446216 A 2 LE DEVOIR LE VENDREDI 17 AVRIL 2015 ACTUALITES Un ex-maire défendra les conlenrs dn NPD Ottawa \u2014 Le Nouveau Parti démocratique (NPD) recrute lui aussi dans les rangs municipaux en vue de la prochaine élection fédérale.L\u2019ancien maire de Saint-Romuald, Jean-Luc Daigle, portera la bannière orange cet automne dans la circonscription de Lévis-Belle-chasse, présentement détenue par le ministre de la Sécurité publique, Steven Blaney.M.Daigle a été maire à deux reprises, de 1995 à 2002, puis conseiller municipal dans la nouvelle ville fusionnée de Lévis, de 2005 à 2013.Le NPD avait terminé deuxième dans Lévis-Bellechasse avec 34% des voix lors de l\u2019élection de 2011.En coulisse, on espère que cette candidature forcera le Parti conservateur à déployer à Lévis des ressources qui auraient autrement servi ailleurs.On présente surtout cette candidature comme la preuve que le NPD entend ravir des sièges non seulement aux libéraux de Justin Trudeau, mais aussi aux conservateurs.Le Devoir Le cardinal Turcotte exposé en chapelle ardente Simple et souriant.Voilà les deux mots qui étaient à la bouche de tous ceux qui étaient appelés à se remémorer le cardinal Jean-Claude Turcotte, alors que celui-ci reposait en paix et dans la reconnaissance en chapelle ardente à la cathédrale Marie-Reine-du-Monde de Montréal, jeudi.Bien que modeste en nombre, la procession de citoyens venus lui rendre hommage était constante et défilait dans le plus grand respect en présence d\u2019une garde d\u2019honneur des Chevaliers de Colomb, dont le cardinal était un membre actif.Les funérailles de Jean-Claude Turcotte auront lieu vendredi, à 14 h, à la même cathédrale.Le cardinal Turcotte est décédé le 8 avril dernier, à Montréal, à l\u2019âge de 78 ans.11 a dirigé l\u2019archevêché de Montréal de 1990 jusqu\u2019à sa retraite, en 2012.La Presse canadienne PROCES DE MIKE DUFFY Un entraîneur nonuné « consultant » pour 10 000 $ MARIE VASTEL Correspondante parlementaire à Ottawa Une maquilleuse, une bénévole et un entraîneur personnel: tous étaient à la barre des témoins au procès de Mike Duffy jeudi pour affirmer que c\u2019est le sénateur qui s\u2019est arrangé pour les payer avec ses fonds sénatoriaux, grâce aux compagnies-paravents de son ami Gerald Donohue.La facture la plus élevée a été réclamée par son entraîneur Mîke Croskery: 10100$ en troîs ans.M.Croskery a été recruté par Mîke Duffy en 2007 et étaît payé par ses fonds personnels.Mais en 2010, devenu sénateur, M.Duffy demande à M.Croskery d\u2019envoyer sa facture à Gerald Donohue et d\u2019y Inscrire qu\u2019il fait de la «consultation».Trois factures sont envoyées en trois ans.«Il m\u2019a dit, faisons ça 3000$», a raconté M.Croskery en parlant de M.Duffy.Le sénateur disait préparer un projet sur la santé physique des adultes âgés.Les deux hommes discutaient de santé physique, des bénéfices de l\u2019exercice, des baby-boomers et du format de publication pour le projet.Les rencontres d\u2019une heure se déroulaient chez le sé- nateur.M.Duffy s\u2019entraînait en même temps, sauf à cinq ou six reprises s\u2019est rappelé M.Croskery.Le sénateur ne prenait pas de notes, l\u2019entraîneur n\u2019en amenait pas non plus.«C\u2019était plus une conversation, a expliqué M.Croskery./c n\u2019avais pas à faire de travail supplémentaire.» Le projet du sénateur n\u2019a pas abouti, son idée n\u2019étant pas populaire au Sénat, a relaté M.Croskery.La défense a rétorqué que M.Croskery avait un long curriculum vitæ, ayant été consultant pour diverses équipes professionnelles, nationales ou internationales.Qui plus est, une rencontre de consultation sans entraînement physique aurait coûté le même prix.«En d\u2019autres mots, il n\u2019y a pas eu de montant réclamé ou payé pour l\u2019entraînement», a plaidé Donald Bayne.Et à raison d\u2019une ou deux heures par semaine, sur trois ans, M.Croskery n\u2019a pas été «excessivement payé».Bénévole rémunérée Un argument servi aussi en réponse au témoignage d\u2019Ash-ley Cain, une bénévole au bureau du sénateur payée 500 $ par M.Donohue.M\u201d® Cain \u2014 aujourd\u2019hui au bureau de Stephen Harper \u2014 a travaillé hé- ./ / .fvjl/' À GREC BANNING LA PRESSE CANADIENNE L\u2019entraîneur Mike Croskery a été recruté par Mike Duffy en 2007.névolement pour M.Duffy en 2010.C\u2019est le sénateur lui-même qui a évoqué l\u2019idée de la rémunérer.«Il trouvait que je faisais du bon travail et qu\u2019il aimerait que je reçoive une compensation», a-t-elle raconté.Or, 500$ est une somme «très modeste» pour cinq ou six mois de travail à 60 heures par semaine, a rétorqué M® Bayne.M.Duffy ne s\u2019est pas «enrichi personnellement» avec ces sommes, qui ont été versées pour des «affaires parlementaires» et non des affaires personnelles, a martelé l\u2019avocat.La cour a en outre entendu Jacqueline Lambert, maquilleuse chez CTV qui a maquillé le sénateur à deux reprises après sa nomination en 2009.La première fois, c\u2019était pour ses photos officielles de sénateur.M\u201d® Lambert a envoyé sa facture \u2014 300$ \u2014 au bureau de M.Duffy.Mais le Sénat a refusé de payer, car ce «n\u2019est pas une dépense autorisée».La deuxième fois, en 2010, M.Duffy a ordonné à M™ Lambert d\u2019envoyer sa facture à M.Donohue.La maquilleuse avait préparé M.Duffy et le pre- mier ministre pour un événement télévisé en marge du sommet du G8.M® Bayne a noté que M\u201d® Lambert a offert ses services à M.Harper à d\u2019autres reprises.«Savez-vous qui a contacté M.Dufjy pour qu\u2019il vous recrute?», a-t-il demandé, en semblant insinuer que la commande serait venue d\u2019en haut.La témoin n\u2019a pas su répondre.«Avez-vous pris ce paiement de 300$ comme un paiement pour le maquillage du premier ministre ?», a demandé M® Bayne.«Oui.De même que celui du sénateur Duffy », a-t-elle répondu.M\u201d® Lambert a aussi maquillé l\u2019ex-ministre des finances Jim Elaherty, les jours de budget.«Et vous étiez payé par des chèques du gouvernement du Canada ?», a demandé M® Bayne à la témoin, qui a confirmé.«Donc le gouvernement autorisait visiblement le maquillage pour des événements parlementaires», a-t-il fait valoir.Eait à noter, la maquilleuse a affirmé qu\u2019elle envoyait les factures de M.Elaherty au Parti conservateur.Le ministère des finances a confirmé avoir payé M\u201d® Lambert 325$ sur trois ans.Avec Hélène Buzzetti Le Devoir BAINS EN CHSLD Le marché noir en place depuis 2011 PATRICE BERGERON à Québec Le marché noir des soins d\u2019hygiène dans les établissements de santé du Québec existe depuis au moins 2011, a révélé la Coalition avenir Québec (CAQ), jeudi matin, en brandissant une lettre à ce sujet.Ce trafic de soins a d\u2019abord été mis au jour mercredi par le parti.Une correspondance récente de la commissaire aux plaintes de l\u2019Agence de la santé des Laurentides déplorait que des préposés se fassent payer en argent, au vu et au su des directeurs d\u2019établissement, par des patients qui voulaient avoir un deuxième bain.Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a formellement condamné cette pratique en transmettant des instructions aux gestionnaires.Qr, dans une autre correspondance adressée en 2011 au ministre libéral de la Santé de l\u2019époque, Yves Bolduc, ainsi qu\u2019au premier ministre Jean Charest, la fédération des préposés aux bénéficiaires faisait état d\u2019individus prestataires de l\u2019aide sociale qui offraient des bains ou d\u2019autres services aux familles ou aux bénéficiaires, à des coûts variant entre 20 $ et 40$, au noir.«Ça fait plus de trois ans.Les Amis du Devoir vous invitent à rencontrer les artisans du journal à l\u2019occasion de la JOURNÉE MONDIALE DE LA LIBERTÉ DE LA PRESSE trois ans, que cette situation est connue du gouvernement, pourquoi rien n\u2019a été fait avant?» a demandé le porte-parole ca-quiste en santé, Erançois Paradis, à la période de questions, tout en réclamant une enquête indépendante.Le ministre Barrette ne s\u2019est pas avancé à expliquer pourquoi la situation perdurait.Toutefois, il a fermé la porte à la tenue d\u2019une enquête.«A partir du moment où on y met fin, je ne vois pas l\u2019utilité d\u2019avoir une enquête», a-t-il rétorqué.M.Barrette a refusé de parler d\u2019éventuelles sanctions aux gestionnaires.11 a par ailleurs assuré que les bénéficiaires dans les établissements du réseau de la santé reçoivent des soins d\u2019hygiène «adéquats», en soulignant que le bain «symbolique» n\u2019est pas la seule façon d\u2019assurer l\u2019hygiène des bénéficiaires.La Presse canadienne Lire aussi > Le faux scandaie.Un éditorial de Josée Boileau.Page A 8 AFFAIRE GHOMESHI Deux cadres de la CBC mis à la porte Toronto \u2014 La CBC a indiqué jeudi qu\u2019elle «rompt ses liens» avec deux de ses cadres supérieurs, alors que le diffuseur publiait le rapport indépendant commandé sur sa gestion interne de toute !\u2019« af taire Ghomeshi».La CBC indique que le directeur administratif du service radio, Chris Boyce, et le directeur des ressources humaines et des relations de travail au service anglais, Todd Spencer, quittent le diffuseur public.Ce sont eux qui avaient rencontré fété dernier des membres de l\u2019équipe de l\u2019émission Q dans le cadre d\u2019une enquête interne de la CBC.Le diffuseur les avait ensuite mis en congé en janvier, pour une période indéterminée.Dans une lettre publique aux employés du diffuseur, la haute direction de la CBC qualifie de «dérangeantes et décevantes» les conclusions du rapport de M® Janice Rubin, qui avait été mandatée pour mener une enquête externe sur la façon dont les cadres supérieurs ont géré cette affaire dès le début, et pour formuler des recommandations afin d\u2019améliorer les politiques actuelles.Le réseau anglais de Radio-Canada (CBC) a congédié M.Ghomeshi en octobre, après avoir pris connaissance de «preuves matérielles» qui démontraient que l\u2019animateur de son émission culturelle phare à la radio, Q, avait causé des blessures à une femme.Jian Ghomeshi fait aujourd\u2019hui face à sept chefs d\u2019accusation d\u2019agression sexuelle; il est aussi accusé d\u2019avoir tenté «d\u2019étouffer, de suffoquer ou d\u2019étrangler une personne» dans le but de vaincre sa résistance.Une des plaignantes est une ancienne employée du diffuseur.M.Ghomeshi, qui a plaidé non coupable aux huit accusations, a recouvré sa liberté moyennant une caution de 100 000$.11 doit revenir en cour le 28 avril.La Presse canadienne \t\t \t\t \t\t \tK.J\t \t\t \t\t \t1\t ENTREE GRATUITE > MARDI 28 AVRIL 2015 A 19 H À la Société des arts technologiques, 1201 boulevard St-Laurent, métro St-Laurent A) LEDEVOIR Les Amis du Devoir Culture et Communications n|a|t|i|o|n|a|l Partenaire sûr.Regard neuf.*\" SOCIÉTÉ DES ARTS TECHNOLOGIQUES 9 canal SAVOIR Québec aa FONDS de solidarité FTQ FONDACTION iPElELGPPEHENT ANGUS 1^ Desjardins mSSi La Fondation Coopérer pour creer l'avenir DE PRODUCTION ET DE DIFFUSION DE NOTRE HISTOIRE 17 ET 18 AVRIL 2015 À l\u2019Auditorium de BAnQ Vieux-Montréal 535, avenue Viger Est, Montréal {Metro Bern UQAM ou Champ de Mars) COLLOQUE A L\u2019OCCASION DU CENTENAIRE DE LA PREMIERE CHAIRE D\u2019HISTOIRE DU CANADA FRANÇAIS ATTRIBUÉE EN 1915 À LIONEL GROULX PAR L\u2019UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL Avec la participation de Lynda Baril, Jacques Beauchemin, Yves Beauregard, Éric Bédard, Claude Béland, Robert Comeau, Olivier Côté, Charles-Philippe Courtois, François-Olivier Dorais, Catherine Ferland, Lucia Ferretti, Yves Gingras, Julien Goyette, Patrice Groulx, Karine Flébert, Sophie Imbeault, Micheline Lachance, Mélanie Lanouette, Gilles Laporte, Mathieu Noël, Martin Paquet, Martin Petitclerc, Pierre Trépanier et Denis Vaugeois Organisé par la Fondation Lionel-Groulx et l\u2019Institut d\u2019histoire de l\u2019Amérique française Pour information et inscription : www.fondationlionelgroulx.org La Fondation LIONEL-GROULX sa Institut d\u2019histoire de l\u2019Amérique française LE DEVOIR, LE VENDREDI 17 AVRIL 2015 A 3 ACTUALITES Mauvais genre Christian Rioux à Paris Il est toujours surprenant de constater comment les idées s\u2019insinuent dans nos vies par de nouveaux mots ou la discrète et subtile inflexion de leur sens.Mon ancien patron Jean Paré avait l\u2019habitude de dire que lorsqu\u2019on a gagné la bataille des mots, on a gagné la guerre.Ainsi, cette semaine, un titre attira mon attention.Cela fut d\u2019abord imperceptible.Comme un petit grain de sable dans ma chaussure.On pourrait ne pas y faire attention et passer outre.Mais, comme on n\u2019a rien d\u2019autre à faire et qu\u2019on est un peu tatillon, on s\u2019y arrête, même si cela n\u2019est pas vraiment dans l\u2019air du temps.Cela disait en gros caractères sur trois colonnes: «Culture numérique dans le respect des genres ».Spontanément, en entendant le mot «genre», tout cerveau parlant français attaché à l\u2019esprit de sa langue songera au «genre humain» ou au «genre animal».Comme cela n\u2019a pas le moindre sens, il se rabattra sur le «genre littéraire».Peut-être s\u2019agissait-il du genre dramatique ou comique.D\u2019un genre d\u2019habillement ou pire, du bon ou du mauvais genre.Continuant à butiner parmi tous les sens que sa langue accorde à ce mot, il se rabattra sur le genre grammatical.Peine perdue ! En désespoir de cause, celui qui s\u2019évertuait à penser en français avec des mots français devra se résoudre à aller voir ailleurs.Du côté de l\u2019anglais par exemple.Et c\u2019est là qu\u2019il comprendra finalement que le genre en question voulait plutôt dire « gender» {the state of being male or female \u2014 le fait d\u2019être un homme ou une femme).Comme dans ces «gender studies» d\u2019où est issue la très controversée « théorie du genre» qui affirme, pour aller au plus court, qu\u2019il n\u2019y a plus deux sexes (XX et XY), mais que chacun est libre de choisir le sien.Pour ne pas dire, de s\u2019en inventer un.On croit utiliser une nouvelle expression à la mode et c\u2019est un éléphant qui pénètre par le chas de l\u2019aiguille, une idéologie qui avance masquée sous le couvert de termes anodins.Voilà pourquoi je préfère, au risque de passer pour un traître, la pratique qui consiste à conserver, du moins pendant un certain temps, le mot anglais plutôt que d\u2019en faire une traduction littérale, bancale ou ubuesque.Est-on bien certain qu\u2019on ne porte pas atteinte à l\u2019idée même d\u2019intelligence en parlant à tort et à travers de « téléphone intelligent» {smart phone) ?Une expression qui passera certainement à l\u2019histoire comme le « chien chaud » de notre époque.Eace à cette pénétration du «franglais», il est aujourd\u2019hui de bon ton d\u2019adopter une allure décontractée.La pérennité du français au Québec serait maintenant suffisamment garantie pour se permettre d\u2019intégrer tous les mots et toutes les structures de phrases anglaises.Sous prétexte d\u2019« ouverture à l\u2019Autre» (FAutre parlant étrangement toujours anglais), la rigueur linguistique ne serait plus de mise.D\u2019autant plus que celle-ci est identifiée aux classes instruites et cultivées.Aux « élites », pour utiliser un mot devenu péjoratif.Même un intellectuel comme Gérard Bouchard voit dans ce «franglais» une forme de «réconciliation» et une façon de s\u2019affranchir d\u2019un «tabou».Celui de la qualité de la langue entretenue «au temps de la survivance » par «les élites nationalistes », écrivait-il récemment.Nous serions passés à autre chose, inspirés par «une recherche de l\u2019authenticité» et de «l\u2019efficacité ».Cela aurait «un effet positif ».Le débat sur l\u2019avenir du français n\u2019en serait que plus serein.Qu\u2019on me permette une autre interprétation.Si le «franglais» aujourd\u2019hui abonde, c\u2019est peut-être au fond que contrairement au frère Untel, les Québécois (où plutôt leurs élites) se sont résolus à une forme de créolisation de leur langue.Bref, à parler la langue d\u2019une province.Mercredi dans Le Devoir, Jean Larose rappelait magnifiquement combien la langue de René Lévesque était complexe, riche, totalement québécoise et pourtant sans fautes et parfaitement française.Par son rythme et sa respiration, «elle était le désir fait parole», écrit Larose.Le désir de pays, évidemment.René Lévesque voulait exprimer l\u2019identité en devenir de son peuple, mais il voulait aussi en parler en français au monde entier.Le débat sur le « franglais » est peut-être au fond beaucoup plus simple que ne le croit Gérard Bouchard.Se résoudre au «franglais», cette langue décomplexée, «efficace» et «authentique» (que la plupart de ses défenseurs se refusent pourtant à écrire), c\u2019est au fon(J se résoudre à une langue provinciale.À une langue qui ne s\u2019adresse qu\u2019à la famille, au clan, aux voisins et non plus au monde.Bref, qui ne fait plus du Québec un sujet universel.Car, pour le reste du monde, il y a l\u2019anglais.Tant que nous rêvions de parler de notre propre voix à l\u2019QNU, il fallait cultiver une langue qui puisse à la fois dire notre vérité profonde et affirmer notre appartenance à une grande langue internationale, le français.C\u2019était celle de Miron, de Godin et de René Lévesque.Pour vivre en provinciaux dans une province \u2014 «on est beau comme on est», ironise Larose \u2014, il sera toujours suffisant de parler la langue dTves Bolduc.crioux@ledevoir.com JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE Bernard Drainville a recommandé aux militants de ne pas céder «à la tentation de s\u2019accrocher à un sauveur» qui pourrait n\u2019être qu\u2019«un mirage».INDÉPENDANCE Drainville durcit le ton face à PKP Le troisième débat des aspirants chefs du PQ a donné lieu à de vifs échanges ROBERT DUTRISAC Correspondant parlementaire à Québec LAURA PELLETIER Il était question d\u2019entrée de jeu d\u2019indépendance et Bernard Drainville, se posant en réaliste, a voulu pousser les autres candidats dans leurs derniers retranchements, à commencer par Pierre Karl Péladeau, lors du troisième débat de la course à la chefferie du Parti québécois.Jusqu\u2019ici, les candidats n\u2019ont pas voulu «trop se maganer», a souligné Bernard Drainville, devant plus de 500 militants réunis au théâtre Impérial.Mais le candidat, avec une vigueur qui a été accueillie par des huées à l\u2019occasion, a insisté pour obtenir des réponses.Animé par Gilles Gougeon, le débat a été relevé, et les échanges ont parfois été vifs.«Dans quoi veux-tu nous embarquer», a-t-il lancé à Pierre Karl Péladeau.L\u2019indépendance est une chose trop importante pour que quiconque demande «un chèque en blanc».Pierre Karl Péladeau a soutenu que le PQ a trois ans pour convaincre l\u2019électorat «des bénéfices de l\u2019indépendance, le meilleur moyen d\u2019enrichir les Québécois.Il faut premièrement gagner les élections en ralliant les souverainistes qui se retrouvent en grand nombre à Québec solidaire et à la Coalition avenir Québec», a-t-il dit.Et il y a cet Institut de recherche appliquée sur l\u2019indépendance qu\u2019il entend mettre sur pied, ce qui a amené Pierre Géré à parler d\u2019un «institut de mathématique quantique sur la souveraineté», ce qui a fait rire l\u2019assistance.Pierre Karl Péladeau a terminé la soirée en réitérant sa volonté «de faire du Québec un pays», la même expression qu\u2019il a employée lors de son entrée en politique, mais sans le poing levé.Dans son allocution de clôture, Bernard Drainville n\u2019y est pas allé de main morte en visant Pierre Karl Péladeau sans le nommer, recommandant aux militants de ne pas céder «à la tentation de s\u2019accrocher à un sauveur» qui pourrait n\u2019être qu\u2019«MM mirage», de choisir un chef capable de faire gagner le PQ «au jour un», «quelqu\u2019un capable de répondre aux journalistes tous les jours sans s\u2019enfarger».Bernard Drainville est le seul candidat à envisager de ne pas tenir de référendum dès le premier mandat d\u2019un gouvernement péquiste, ce qu\u2019Alexandre Cloutier a qualifié de stratégie du «on verra», ou des conditions gagnantes.«Ça ne nous mène nulle part», a dit celui qui propose d\u2019ouvrir un registre pour recueillir un million de signatures avant le prochain référendum.Alexandre Cloutier s\u2019est dit le mieux placé pour rassembler les souverainistes et les mobiliser.«Ce n\u2019est pas une politique, l\u2019enthousiasme», a répliqué Bernard Drainville.Pour Martine Quellet, il n\u2019y a pas de temps à perdre.Le Québec, en restant au sein du Canada, essuie des reculs.«L\u2019ambiguïté nous a coûté cher», a dit la candidate, elle qui refuse «le discours flou, mou et ambigu» et le «leadership des sondages».Pour Pierre Géré, qui a cité son directeur de l\u2019organisation, âgé de 22 ans, «il faut sauver le PQ».La défaite du 7 avril n\u2019est pas un accident de parcours.11 existe «des fissures importantes» avec la jeunesse et les communautés culturelles.11 faut «bâtir des majorités au-delà de la politique partisane» et sortir de la «surenchère» à savoir qui sont les plus indépendantistes.Investir dans l\u2019éducation Les candidats ont tous critiqué sévèrement les coupes en éducation faites par le gouvernement du Québec et celle faites dans la recherche par le gouvernement fédéral.Ils ont tour à tour défendu l\u2019idée voulant qu\u2019il soit «essentiel» de «réinvestir massivement» dans le système d\u2019éducation du Québec pour mieux soutenir les enseignants, contrer le décrochage scolaire et mieux accompagner les élèves ayant des troubles d\u2019apprentissage.La fatuité scolaire a été remise sur la table par Pierre Géré, puis appuyée par Alexandre Cloutier «pour les familles les moins bien nanties du Québec».Mais où aller chercher l\u2019argent pour réinvestir dans l\u2019éducation?M.Péladeau s\u2019est retrouvé à part du lot lorsqu\u2019à été abordée cette question.Alors que ses adversaires refilent la facture aux banques et aux entreprises, M.Péladeau craint qu\u2019une telle procédure ne fasse fuir les banques.«Les taxes sur les banques et les entreprises étaient là avant et elles ne sont pas parties.Il faut arrêter ce chantage», s\u2019est outrée Martine Quellet.Le droit de grève des étudiants a été défendu par MM.Péladeau et Géré.M.Péladeau a réitéré que le drojt de grève étudiant n\u2019a pas à être encadré par l\u2019État, puisque «le mouvement étudiant est souverain ».Indépendant.et vert Les candidats, plus particulièrement Martine Quellet, Alexandre Cloutier, Bernard Drainville et Pierre Géré, ont réaffirmé qu\u2019un Québec indépendant serait un Québec «vert» et souhaitent «s\u2019éloigner du pétrole étranger».Le moteur électrique, l\u2019opposition aux projets de pipeline, de pétrole de schiste et aux sables bitumineux, la proactivité pour lutter contre les changements climatiques, la social-démocratie verte.ces expressions sont ressorties tout au long du débat.Pierre Karl Péladeau s\u2019est montré moins bavard sur ce sujet.Le Devoir ERAIS ACCESSOIRES Barrette s\u2019engage à clarifier les règles Le ministre de la Santé ne sait toutefois pas quelle direction il empruntera JESSICA NADEAU Après des années d\u2019inaction en matière de frais accessoires, le ministre Gaétan Barrette s\u2019engage formellement à clarifier la situation d\u2019ici l\u2019été, ultimatum lancé plus tôt jeudi par le Collège des médecins.Le hic, c\u2019est que le ministre ne sait toujours pas lui-même ce qu\u2019il entend faire dans le dossier.«Je n\u2019ai pas le choix», répond le ministre aux journalistes qui lui demandaient s\u2019il allait clarifier les règles quant aux frais accessoires.«Ça nous oblige à une réflexion collective.Et cette réflexion est simple: est-ce que le public veut qu\u2019on ramène tout dans le système public, avec les listes d\u2019attente, ou bien la population préfère qu\u2019il y ait aussi la possibilité qu\u2019il y ait aussi des activités extrarégime public facturées au patient.Et ça, on n\u2019a pas encore décidé quelle allait être la réponse.» 11 se donne «entre maintenant et le 7 juillet» pour légiférer sur la question.Pour tout le reste \u2014 intentions ministérielles, prochaines étapes ou possibilité de faire une consultation publique \u2014, le ministre se borne à répondre : « C\u2019est la question à laquelle il n\u2019y a pas encore de réponse.» Accord dépassé Le ministre réagissait à l\u2019appel lancé plus tôt jeudi par le Collège des médecins.«Il faut que le ministre prenne une décision, le statu quo n\u2019est plus acceptable», répétait le président-directeur général du Collège des médecins, Charles Bernard, en conférence de presse jeudi matin.Le problème, résume son collègue Yves Robert en entrevue, c\u2019est que l\u2019accord qui régit la pratique des mqdecins hors établissement date d\u2019il y a 45 ans.À l\u2019époque, Québec avait établi que ces derniers avaient le droit de facturer aux patients uniquement le coût des médicaments et des pansements.Qr, la pratique a évolué depuis et de plus en plus de services sont offerts, tels que des côlonoscopies, des vasectomies et autres chirurgies mineures.Ces soins nécessitent des salles d\u2019opération, des infirmières, des appareils d\u2019imagerie médicale et autre matériel dispendieux qui ne sont pas remboursés par Québec et qui ne peuvent être facturés au patient en vertu de cet accord.Pour rembourser ces frais dits accessoires, plusieurs médecins ont fait preuve d\u2019imagination en facturant au patient des médicaments à des coûts exorbitants, qu\u2019ils payent une fraction du prix.()ette méthode a été dénoncée par plusieurs et une action collective a même été intentée par des patients furieux.En réaction, le Collège des médecins a modifié son code de déontologie pour interdire cette pratique à partir du 7 juillet prochain.«Les médecins sont maintenant pris entre leur code de déontologie et un accord sur les frais accessoires qui est dépassé et qui n\u2019inclut pas les services qu\u2019ils doivent assumer et qu\u2019ils ne peuvent pas facturer au patient», explique le D\"^ Robert.D\u2019un côté comme de l\u2019autre, il doit assumer seul les coûts des frais accessoires.Ultimatum Le Collège des médecins souligne que plusieurs médecins songent sérieusement à fermer leur clinique.«Ce ne sont pas des menaces, ce sont des décisions d\u2019affaires, précise le D\"^ Robert.Les médecins ont une clinique et un loyer à payer comme tout le monde.Ils se demandent s\u2019ils vont être capables de couvrir leurs coûts.S\u2019ils ne les couvrent pas, le 1'-'' juillet arrive, ils ne renouvellent pas leur bail, mettent le personnel à la porte et c\u2019est fini.Ce n\u2019est pas une menace, c\u2019est une réalité.» En fin de compte, rappelle le Collège des médecins, c\u2019est le patient qui sera pénalisé s\u2019il y a un bris de service.Et les listes d\u2019attente risquent de s\u2019allonger encore.«Le ministre a aujourd\u2019hui trois choix: maintenir le statu quo, qui va amplifier le problème, ou dire que c\u2019est couvert \u2014 en tout ou en partie \u2014 ou dire que ça ne sera pas couvert et qu\u2019on va pouvoir facturer au prix coûtant aux patients.Nous, on n\u2019a aucune opinion là-dedans, c\u2019est une décision politique à prendre.On va s\u2019arranger avec la décision, mais décidez, c\u2019est ça le point.» Le Devoir A 4 LE DEVOIR LE VENDREDI 17 AVRIL 2015 ACTUALITES Prière Le maire de Saguenay se pliera au jugement, mais à contrecœur BRIAN MYLES La mort dans l\u2019âme, le maire de Saguenay, Jean Tremblay, a indiqué jeudi qu\u2019il allait se plier à la décision de la Cour suprême interdisant la prière dans les conseils municipaux.11 s\u2019en est pris du même souffle à l\u2019indolence de Québec et d\u2019Ottawa dans la défense des valeurs des «vrais Québécois».«On va arrêter la prière, c\u2019est sûr.Mais je ne peux pas être en accord non plus, après m\u2019être battu aussi longtemps», a-t-il dit.Le maire aurait souhaité l\u2019aide des gouvernements supérieurs pour défendre le prétendu droit à la prière des élus dans les conseils municipaux.«Le gouvernement du Québec, on leur a parlé au début La patate était chaude un peu et ce ne sont pas tous des braves», a lancé le maire catholique.«Il faut être vigilant pour que nous, on conserve nos acquis, a-t-il enchaîné.Là, on est après s\u2019effriter, surtout les Québécois.Les autres, je ne les ai pas vus se faire attaquer bien fort ces temps-ci et se défendre.Mais les vrais Québécois, avec notre histoire, on n\u2019est pas tellement actifs pour se défendre.» Le maire Tremblay ne comprend visiblement pas les principes à l\u2019œuvre dans l\u2019arrêt unanime rendu mercredi par la Cour suprême.Selon la Cour, le droit à la liberté de conscience et de religion, garanti par la Charte canadienne des flroits et libertés, exige de l\u2019État «qu\u2019il ne fa- JACQUES BOISSINOT ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE Le maire de Saguenay, Jean Tremblay, réclame une intervention des gouvernements.vorise ni ne défavorise aucune croyance, pas plus que l\u2019incroyance».«Tout le monde veut que l\u2019Etat soit neutre, mais être neutre, ce n\u2019est pas nécessairement rejeter les religions», estime au contraire le maire Tremblay.Intervention réclamée M.Tremblay invite les gouvernements à intervenir pour préserver les valeurs et traditions religieuses du Québec.11 invite le premier ministre, Philippe Couillard, à résister à la tentation de décrocher le cru- {{Il faut être vigilant pour que nous, on conserve nos acquis » Jean Tremblay, maire de Saguenay ciflx de l\u2019Assemblée nationale.Les propos alarmistes du maire Tremblay ont trouvé un écho jusqu\u2019à Louiseville.Le maire Yvon Deshaies, déjà favorable au retour de la peine de mort, craint d\u2019être submergé par les femmes portant le niqab ou la burka.«Maintenant, il faut que les Québécois se tiennent debout et disent: ça fait.Tantôt, nos Québécoises vont se promener avec le niqab.[.] On va se faire envahir et on ne sera plus chez nous», a prédit le maire Deshaies.Tout comme la Ville de Saguenay, Louiseville respectera la décision de la Cour suprême.Avec La Presse canadienne Le Devoir Fin de la prière à la Chambre des communes?HELENE BUZZETTI Correspondante parlementaire à Ottawa La chef du Parti vert, Elizabeth May, est peut-être une femme de foi, mais elle estime que la Chambre des communes doit imiter le conseil municipal de Sa^enay et mettre un terme aux prières quotidiennes.«C\u2019est certain qu\u2019il y a au moins un député à la Chambre des communes qui ne croit pas en Dieu et ce n\u2019est pas approprié, dans une Chambre dédiée à l\u2019exercice démocratique, d\u2019utiliser des mots qui les excluent», explique May en entrevue avec Le Devoir.Mercredi, le plus haut tribunal du pays a confirmé qu\u2019au nom dq îa neutralité religieuse de l\u2019État, le conseil municipal de Saguenay devait cesser d\u2019entamer ses séances par une prière catho-hque pubhque.Les juges ont précisé qu\u2019ils ne se prononçaient pas sur la prière récitée à Qt-tawa, parce qyf«il est possible que la prière de la Chambre soit soumise au privilège parlementaire».M\u201c® May reconnaît qu\u2019en vertu de cette sorte d\u2019immunité, la Chambre pourrait peut-être poursuivre sa pratique, mais elle estime que ce serait une er-reiu.«Peut-être que la Chambre peut le faire, mais ce n\u2019est pas la question.Le principe reste le même.Il n\u2019est pas imaginable que le président de la Chambre soutienne notre droit de nous exclure du reste de la société.» Prière en privé La récitation à Qttawa n\u2019est pas connue de tous et pour cause: elle se fait en privé.Le président de la Chambre ht la prière quotidienne avant que la Chambre n\u2019ouvre ses portes aux citoyens et aux joiunahstes, et avant que la télédiffusion des travaux ne débute.La seule prière pubhque jamais récitée a été celle du 23 octobre 2014, le lendemain de la fusillade.Le texte de la prière a été modifié en 1994 ppur le rendre plus neutre.Le «O Seigneur! notre Père céleste, haut et puissant.Roi des rois.Seigneur des seigneurs, le seul Souverain des princes, qui contemplez de Votre trône tous les habitants de la Terre» a été remplacé par le plus sobre «Dieu tout-puissant».Là où auparavant un para^aphe entier demandait la bénédiction de toute la famille royale, il n\u2019y a plus qu\u2019ime phrase disant que l\u2019on \\)ne/
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