Le devoir, 18 avril 2015, Cahier A
[" www.ledevoir.com ^ LE DEVOIR VoL.C V I N° 8 4 LE DEVOIR, LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 AVRIL 2015 2,83 $+TAXES= 3,25 PLANETE VE UNE EDITION SPECIALE SUR L\u2019Eh VIRONNEMENT Vers l\u2019espoir n peut trembler de- des acteurs politiques et des entre-vant les visions d\u2019apo- prises.Des élèves et de leurs ensei-calypse faisant de la gnants.Des parents, des élus et des Terre un endroit inha- citoyens qui se lèvent bitable dans un avenir peu lointain.On peut lever les yeux devant l\u2019apathie des décideurs, peu enclins à agir pour renverser la vapeur.On peut demeurer de marbre devant pour un globe en meilleure santé.L\u2019affaire des artistes, aussi, dont la création s\u2019incarne sur 7\t.\tw-.-r-r.PLANETE VERTE une planète en changement, les appels à l\u2019action col- Et des penseurs et des scientifiques, lective et choisir de ne qui réfléchissent à un horizon plus pas croire à la force vert sans toujours pouvoir dire tout des petits gestes.\thaut ce qu\u2019ils pensent tout bas.\\ - - -\tA la veille du Jour de la\tD\u2019un cahier à l\u2019autre de ce numéro ^ Terre, l\u2019équipe du Devoir vert comme dans toutes les sphères opte pour l\u2019action et choisit le de votre vie, l\u2019environnement s\u2019in-vert espoir.Cette édition spéciale carne, entre inquiétudes et espoirs parsemée de lectures au parfum en- de jours meilleurs, vironnemental de la première à la dernière page l\u2019illustre D\u2019avenir de la\t\u2022 a ^ ' nr \u2014 ^ planète est l\u2019affaire de tous.L\u2019affaire\tDirectrice de l\u2019information V f sr V refusons.org 77831303447916 1GOUHE DE PETROLE PEUT CONTAMINER 1 000 000 DE GOUÏÏES D'EAU «ÏDIESPARJOUR PAR TRAIN ROOOOÏONNERPARJOURPARLIEODUCRR /\tr 150 OOOTONNES PAR JOOR DES 2020 SI L'OLEODOC fK/ffff ESTAPPRODVE.// [SAINT-LAURENT LES COMPAGNIES! PÉTROLIÈRES DOIVENT S'ENGAGER À PODVOIR NETTOÏER ON DÉVERSEMENT DE 72 HEURES * i E 3 390 000 000 000 GOUTTES DE PÉTROLE LE FLEUVE: UN TRÉSOR NAÏIONAL À CONSERVER viV DES DUÉRÉCOIS Y TIRENT DES RÉSERVES MONDIALES SITES NAJURELS LEUR EAU POTADLE D'EAU DOUCE PROTEGES LA PROTECTION DE L'EAU ET DE L'ENVIRONNEMENTVICTIME DE L'AUSTÉRITÉ DU GOUVERNEMENT COOILLARD EST MENACÉE EN RAISON DES r GOUVERNEMENT LIDERAE PERTE DE FINANCEMENT POUR EACOAEIÏION EAR SECOURS! r\tr r L'AUSTERITE DETRUIT L'ENVIRONNEMENT.PORTONS-NOUS A SA DEFENSE.CSN m REFUSONS.ORG -*\u2022 www.ledevoir.com ?- LE DEVOIR Vol.C VI N° 8 4 LE DEVOIR, LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 AVRIL 2015 2,83 $+taxes=3,25 PUNÈTEVERIE UNE ÉDITION SPÉCIALE SUR L\u2019ENVIRONNEMENT / W \\ M ( ' A ¦ I m- ! Vers un port pétrolier à Beauport Le Port de Québec mène seul l\u2019évaluation envirormementale de son projet Cherchez le logo Planète verte, toutes nos sections en sont ponctuées! Chroniqueurs, éditoriaiistes, journaiistes, photographes et caricaturiste ont piongé dans i\u2019aventure.ALEXANDRE SHIELDS Le projet Beauport 2020, qui prévoit la construction d\u2019un port pétrolier d\u2019exportation prés de Québec, sur la rive nord du Saint-Laurent, est pour l\u2019instant soumis à l\u2019unique étude d\u2019impact du promoteur.Le gouvernement Couillard n\u2019a pas encore décidé s\u2019il mènera une évaluation environnementale de ce projet, qui ferait augmenter le transport maritime et ferroviaire de l\u2019or noir au Québec.Quant au fédéral, il se contente d\u2019étudier la demande de financement déposée par l\u2019administration portuaire.Le Port de Québec fonde beaucoup d\u2019espoirs sur cet important projet d\u2019agrandissement de ses installations industrielles.En fait, le secteur de Beauport verra ses perspectives commerciales «se multiplier» si la construction va de l\u2019avant, estime l\u2019administration.Elle calcule même que les bénéfices seraient suffisants pour financer la restauration de «Vensemhle» des autres infrastructures.Selon les informations rendues publiques jusqu\u2019à présent, des investissements de 500 millions sur cinq ans seront nécessaires pour, notamment, allonger les quais actuels de 610 mètres.Cela «permettra l\u2019ajout de deux postes supplémentaires en eau profonde».En fait, les construe- PLANETE VERTE tions prévues en milieu marin feront augmenter d\u2019un peu plus de 50% la longueur des quais actuels.L\u2019objectif est d\u2019accroître «l\u2019efficacité et la flexibilité du port en matière de transbordement».Pour le pétrole En plus de la bonification des quais, le Port souhaite construire un duc-d\u2019albe «dédié au vrac liquide».Cette structure est implantée directement dans l\u2019eau et permet de charger des navires sans avoir à recourir à un quai.Elle peut, par exemple, être reliée à la terre ferme par un oléoduc sous-marin.Pour le moment, les plans précis, élaborés par SNC Lavalin, ne sont toutefois pas connus.L\u2019administration souligne cependant très clairement que le duc-d\u2019albe servira à accueillir des pétroliers qui chargeront du pétrole venu de l\u2019Ouest canadien.«Avantage hautement stratégique, le duc-d\u2019albe offrira une solution compétitive pour le Port de Québec afin de devenir un point de sortie pour les exportations de produits pétroliers canadiens», indique la brève présentation écrite du projet.A un autre endroit, on souligne que les nouvelles installations portuaires «consolideront la capacité canadienne d\u2019exportation».VOIR PAGE A 14 PORT Aujourd\u2019hui Actualités > Barrette encadrera l\u2019expansion des GMR Québec compte miser sur ce type de clinique.Page A 4 Cinéma > Jean Dujardin, ce héros.Odile Tremblay s\u2019entretient avec la vedette de La French.Page E 9 Actualités > Chantal Racette veut ramener l\u2019esprit de La-pierre chez les cols bleus.Page A 11 Annonces C 12 Editorial B 4 Avis l^aux C 10 Motscroisés D 6 Carrières C 5 Sports C 12 13 Décès C12 Sudoku D 4 JEAN AUBRY Ceux qui pensent encore que le raisin vit avec indolence, insouciance et naïveté sa petite vie de raisin sur la vigne devront réviser leur perception.Les cocktails de fertilisants et de fongicides sont costauds.De la terre à nos verres Le vin est toujours le fruit de l\u2019environnement qui l\u2019a vu naître, pour le meilleur et pour le pire JEAN AUBRY M angez sain, buvez sain et, entre une bouchée et une gorgée, respirez par le nez, mais surtout.respirez sain.Tout de même mieux que de manger moche, de boire tout croche et de ne pas respirer du tout.«Évident, mon cher Watson!», aurait lancé le célèbre détective, qui, du coup, aurait aimé départager ce qui fait la différence entre un vin issu d\u2019une agriculture classique, VOIR PAGE A 14 VERRES L\u2019État québécois, en mieux Dans son livre à paraître, Martine Ouellet propose une deuxième révolution tranquille MARCO BÉLAIR-CIRINO Correspondant parlementaire à Québec \\ A l\u2019heure où le «modèle québécois» subit les assauts de Y «austérité», la députée de Va-chon, Martine Ouellet, appelle les Québécois à «se réapproprier» l\u2019Etat québécois.«On est mûr au Québec pour une deuxième révolution tranquille», lance l\u2019ex-ministre des Ressources naturelles, dans un entretien avec Le Devoir.Cette seconde révolution tranquille d,evrait déboucher ni, sur plus d\u2019Etat ni sur moins d\u2019Etat, mais sur «mieux d\u2019État»: «un État plus agile, plus expert», selon M™® Ouellet.La candidate à la direction du Parti québécois lancera dans quelques jours \u2014 lundi à Montréal et mardi à Québec \u2014 l\u2019es- Martine Ouellet sai intitulé Mieux d\u2019État (Somme toute), dans lequel elle propose différentes mesures afin de réhabiliter l\u2019État québécois aux yeux de la population québécoise.La femme politique de 46 ans souhaite contribuer à dissiper le «cynisme ambiant» envers l\u2019administration publique \u2014 et qui «fait l\u2019affaire de ceux qui veulent le saccager».«J\u2019invite les citoyens de tous les horizons à se réapproprier leur État parce qu\u2019il leur appartient.et il est beau ! Plus on va l\u2019investir, plus il va nous ressembler et travailler pour nous», affirme l\u2019ingénieure mécanique, détentrice d\u2019une maîtrise en administration des affaires (MBA).A ses yeux, il est urgent de s\u2019atteler à la tâche de dissiper VOIR PAGE A 14 ÉTAT 514.934.7440 www.equipeburdman.com info@equipeburman.com BRIGITTE I.BURDMAN Courtier Immoblier II I mill I III ROYAL LePAGE ^^^Hii I mill I III HERITAGE ____ 1% DES COURTIERS IMMOBILIERS AU CANADA POUR ROYAL LEPAGE VOIR PAGE C 14 üiiLl VIEUX-MONTREAL I MLS 16126148 77831303447916 A 4 LE DEVOIR LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 AVRIL 2015 ACTUALITES PROCES DE MIKE DUEFY Le sénateur a une mine affreuse, s\u2019inquiète un ami venu témoigner MARIE VASTEL Correspondante parlementaire à Ottawa Le procès de Mike Duffy ne fait que commencer que déjà la santé du sénateur dé-ctiu en prend un coup.Une grande source de stress pour un tiomme souffrant de problèmes cardiaques, a déploré son avocat, au terme de la deuxième semaine de procédures.Un ami journaliste du sénateur, qui faisait partie des témoins vendredi, s\u2019est lui aussi désolé de voir M.Duffy si malmené par les événements des derniers mois.Le journaliste pigiste Mark Bourrie a prêté conseil au sénateur en 2007.Pour la peine, il a reçu un chèque de 500$ de Gerald Donohue \u2014 l\u2019excollègue de M.Duffy qui a hérité de contrats payés par les fonds sénatoriaux.«Je ne pensais pas du tout que c\u2019était un chèque du gouvernement.Je pensais que c\u2019était l\u2019argent de Mike Duffy », a affirmé M.Bourrie en cour vendredi.M.Duffy s\u2019inquiétait de propos «anonymes», «méchants», «ignobles» publiés à son sujet sur Internet.M.Bourrie \u2014 qui a étudié la censure médiatique \u2014 a rapidement sommé M.Duffy de se trouver un avocat.«Si vous allez envoyer une ordonnance de retrait, vous ne demandez pas à un professeur de journalisme à Montréal de le faire», a commenté le témoin.Nonobstant, il a contacté les sites Wikipedia ou YouTube pour faire retirer certains commentaires particulièrement haineux.Comme quoi?, lui a demandé la Couronne.«C\u2019étaient des insultes personnelles.[.] C\u2019était du genre \u201cMike Duffy est un gros crisse \u201d.Ce genre de choses-là», a relaté M.Bourrie.Ce dernier rendait service à un ami et il n\u2019a pas demandé à être payé.Mais, lorsque le chèque de M.Donohue est arrivé, il a compris que c\u2019était de la part du sénateur.«M.Duffy m\u2019a dit: \u201cAs-tu reçu le chèque que je t\u2019ai envoyé ?\u201d», a-t-il raconté.Au bas du chèque étaient inscrits les mots «analyse de consultation Web».L\u2019avocat de la défense a rétorqué que M.Bourrie avait énormément d\u2019expérience et de connaissances en la matière et qu\u2019il a fait un « travail de gestion de réputation » quant au «profil public parlementaire du sénateur».M.Duffy n\u2019a tiré aucun profit de ce versement, qui, pour une centaine d\u2019heures de travail, n\u2019était pas énorme, a fait valoir Donald Bayne.La Couronne a toutefois mis en doute que les propos publiés sur la page Wikipedia \u2014 qualifiés d\u2019«ignobles» par M.Bourrie \u2014 soient si terribles.Ce qui pourrait affecter la crédibilité du témoin, a suggéré le procureur.Mark Holmes.Le juge a pris la chose en délibéré.D^fy fatigué A sa sortie du tribunal, M.Bourrie s\u2019est dit attristé de voir son ami en si mauvaise forme.«Il a l\u2019air de quelqu\u2019un qui a vécu l\u2019enfer.» Un avis par t^é par M® Bayne, qui a indiqué que le procès était très éprouvant pour son client.«Le pire pour lui, comme patient de plusieurs chirurgies à cœur ouvert, c\u2019est du stress.C\u2019est dur», a affirmé l\u2019avocat, au terme d\u2019une deuxième semaine plus difficile pour la défense.En matinée, une ancienne employée d\u2019une firme de recherche rémunérée par M.Donohue a rapporté que M.Duffy avait omis en 2012 de payer une facture chez MQO Research.Un autre sénateur, Bercy Mockler, du Nouveau-Brunswick, avait commandé à la témoin Elizabeth Brouse un abonnement pour recevoir des sondages mensuels menés dans les Maritimes.La facture de 5000$ devait être divisée parmi cinq sénateurs, dont Mike Duffy.Or M.Duffy n\u2019était pas au courant de l\u2019entente et furieux de devoir payer.M\u201c® Brouse lui a proposé d\u2019annuler sa facture, mais elle a reçu peu après un chèque de M.Donohue.M® Bayne a fait valoir que de tels sondages étaient liés aux affaires parlementaires du s,énateur de l\u2019Ile-du-Prince-Edouard.Et la firme MQO Research «est affiliée aux conservateurs », a-fil plaidé, en semblant insinuer que le sénateur Mockler \u2014 nommé par Stephen Harper \u2014 aurait tenu à ce contrat.Le bureau du sénateur Mockler n\u2019a pas répondu au DewoîV vendredi.Le Devoir t 'I JACQUES NADEAU LE DEVOIR Bientôt, les effectifs médicaux du Québec seront «gérés sur la base des groupes de médecine familiale», a annoncé Gaétan Barrette au cours d\u2019une activité partisane tenue vendredi dans sa circonscription.Québec entend réglementer les groupes de médecine familiale PHILIPPE OREALI La « réforme Barrette » ne se limitera pas aux projets de loi 10 et 20 : le ministre de la Santé a promis, vendredi, de réglementer les groupes de médecine familiale (GME), de façon à assurer une meilleure répartition géographique des médecins québécois.Bientôt, les effectifs médicaux du Québec seront «gérés sur la base des groupes de médecine familiale», a annoncé Gaétan Barrette au cours d\u2019une activité partisane qui s\u2019est déroulée dans un hôtel du quartier D1X30, dans sa circonscription.Le ministre veut faire en sorte que le Québec soit «quadrillé de GMF».«Aujourd\u2019hui, les GMF peuvent s\u2019ouvrir où ils veulent.Dans un avenir rapproché, ce ne sera plus possible.Ça ne sera pas comme les pharmacies.On ne pourra pas arriver à une intersection et en trouver une par coin », a-t-il exposé.Les GME regroupent généralement plusieurs médecins de famille, qui travaillent en collaboration avec d\u2019autres professionnels de la santé, comme des infirmières, des psychologues ou des travailleurs sociaux.Chaque médecin est responsable de ses propres patients, mais tous les membres du GME peuvent avoir accès à leur dossier médical, ce qui signifie qu\u2019une personne qui se présente pour une consultation sans rendez-vous peut être vue par un autre médecin que le sien, si besoin est.Près de 4530 des quelque 6500 membres de la Eédération des médecins omnipraticiens du Québec (EMQQ) pratiquent en GME.«La pratique en groupe de médecine familiale va être mo-nétairement incitée et réglementée.On va mettre en place un règlement qui va [faire en sorte que] les GMF s\u2019ouvriront en fonction des besoins de la population», selon le D\"^ Barrette.Le ministre entend mettre en place des mesures afin de faire en sorte que les finissants des écoles de médecine se dirigent directement vers cette formule de soins.Le président de la EMQQ, le D\"^ Louis Godin, rappelle que déjà une très forte majorité des diplômés se dirigent vers les GME 11 voit pour l\u2019instant d\u2019un bon œil le projet du D\"^ Barrette.11 dit «souhaiter» que les soins de première ligne soient offerts en majorité par ces groupes, dans lesquels on trouve une panoplie de fournisseurs de services, pas seulement des médecins.Là où se trouvent les citoyens Des pourparlers à ce sujet sont en cours entre Québec et la EMQQ, mais de nombreux détails demeurent à préciser.Gaétan Barrette n\u2019a pas fourni d\u2019échéancier.11 n\u2019a pas non plus précisé de quelle manière il inciterait les médecins à se diriger vers les régions actuellement moins desservies et où la pénurie de médecins se fait particulièrement sentir.«Il n\u2019y aura pas deux GMF dans le même quartier.Les services seront offerts pour la population.Où se trouvent les citoyens», a-t-il insisté.Gaétan Barrette a profité de cette activité partisane pour vanter les mérites des autres composantes de sa réforme, à savoir les projets de loi 10 et 20.11 juge ce dernier «terriblement efficace», bien (\\ü\u2019«agressant» pour les médecins, car il imposera des taux d\u2019assiduité et des quotas de patients.«Je comprends les médecins.Le projet de loi 20 va venir imposer un certain nombre d\u2019exigences dans leur pratique.Mais le projet de loi n\u2019est pas abusif On demande des choses simples qui se font partout ailleurs», selon lui.Le Devoir « Crise de confiance » an CHUM, selon Barrette Gaétan Barrette a été le premier à être «surpris» par un appel du président du Centre hospitalier de l\u2019Université de Montréal (CHUM), JacquesTurgeon, qui lui a demandé, au cours des derniers jours, d\u2019intervenir au sein même de l\u2019établissement, à peine un mois après avoir démissionné en raison de r«ingérence» de Québec.Jacques Turgeon reprochait alors à Québec de s\u2019immiscer dans le processus de sélection du prochain chef du département de chirurgie.Qr il a demandé, au cours des derniers jours, au ministre de la Santé de nommer des «observateurs indépendants» afin d\u2019aider le comité de sélection pour le poste de chef de la chirurgie.«Ça montre que la crise ne se résout pas, selon le D\"^ Barrette.Quand on regarde cette situation-là, elle devient complètement ro-cambolesque, compte tenu du mégadrame qui a été fait par les gens du CHUM [le mois dernier].Il faut s\u2019occuper de ça et c\u2019est ce que je vais faire.» CONSULTATION PUBLIQUE PROJET DE PLAN METROPOLITAIN DE GESTIONDES MATIÈRESRÉSIDUELLES 2015 - 2020 Ateliers thématiques Communauté métropolitaine de Montréal 7 mai 2015 9 h 30 à 16 h 30\t15 mai 2015 9 h 30 à 16 h 30 La gestion des matières résiduelles dans les grandes agglomérations urbaines\tLes résidus ultimes: réduire les quantités de matières à éliminer et à traiter Bilan et priorités de la CMM\tLa valorisation des matières organiques Le recyclage\tAcceptabilité sociale Lieu\tInscription Communauté métropolitaine de Montréal\t^\tEn ligne: www.cmm.qc.ca 1002, rue Sherbrooke Ouest, bureau 2400\tPeel\tPar téléphone: 514-350-3405 Montréal, Qc, H3A 3L6\tPar courriel: pmgmr@cmm.qc.ca\t Pour consulter le programme: www.cmm.qc.ca\t LE DEVOIR, LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 AVRIL 2015 A 5 ACTUALITES Le ministre de l\u2019Environnement, « l\u2019empêcheur de tourner en rond » \u20ac9 PLANÈTE VERTE JESSICA NADEAU Ministère mal aimé, l\u2019Environnement a formé nombre de premiers ministres et de chefs de parti.Loin d\u2019être un tremplin, c\u2019est plutôt un poste «casse-gueule» où l\u2019on peut tester les élus, estime le politologue Louis Simard.Lucien Bouchard et Jean Charest ont été ministres de l\u2019Environnement au fédéral avant de devenir les premiers ministres du Québec.Stéphane Dion, bien connu pour son engagement envers l\u2019environnement \u2014 son chien s\u2019appelle Kyoto \u2014, a été chef du Parti libéral du Canada.Jim Prentice, grand défenseur des sables bitumineux, est aujourd\u2019hui le premier ministre de l\u2019Alberta.André Boisclair, ministre de l\u2019Environnement sous Bernard Landry, a été chef du Parti québécois.«C\u2019est un test pour l\u2019homme politique et son image publique, s\u2019il ne se casse pas trop la gueule dans les médias avec des projets controversés, de même que dans sa capacité de travailler avec ses collègues au sein du cabinet, ce qui lui permettra par la suite d\u2019avoir la reconnaissance des autres pour aspirer à un poste de premier ministre», explique le politologue de l\u2019Université d\u2019Ottawa Louis Simard.Le ministère de l\u2019Environnement a beau être au cœur d\u2019un grand nombre de politiques publiques en fonction de sa vocation multidisciplinaire, le politologue soutient qu\u2019il est générde-ment perçu comme un «prix de consolation » pour les élus, un ministère dont personne ne veut, car son titulaire «est constamment appelé à affronter ses collègues», à «marcher sur des œufs» et à faire des compromis.«Personne ne va en politique pour devenir ministre de l\u2019Environnement, à part peut-être Daniel Breton.C\u2019est un ministère où on va faire ses classes, où on va apprendre à jouer avec les autres collègues avant d\u2019avoir un ministère à vocation économique qui va donner à l\u2019élu l\u2019occasion de se faire valoir.» Le beau jeu des Ressources naturelles Lorsqu\u2019il a reçu l\u2019appel du premier ministre Lucien Bouchard, par un matin d\u2019août 1997, lui annonçant qu\u2019il était nommé à l\u2019Environnement, Paul Bégin était furieux.Non pas qu\u2019il n\u2019aimât pas l\u2019environnement, au contraire, il en était féru.Mais il était mortifié de perdre le ministère de la Justice.Et il n\u2019était pas au bout RENE MATHIEU LE DEVOIR Paul Bégin a été nommé ministre de l\u2019Environnement en 1997 par Lucien Bouchard.de ses déceptions.«Honnêtement, je pensais que le ministre était en mesure de changer les choses et qu\u2019il pouvait jouer un rôle plus fort qu\u2019il ne l\u2019était en réalité.Mais quand je suis arrivé là, je me suis rendu compte très rapidement que si le ministère de l\u2019Environnement existe, il y a aussi les Ressources naturelles.C\u2019est ce ministère qui a le beau rôle, alors que le ministère de l\u2019Environnement, c\u2019est toujours l\u2019empêcheur de tourner en rond.» Aujourd\u2019hui à la retraite, l\u2019ex-ministre raconte avoir été invité par l\u2019industrie forestière au chic Club Garnison à Québec avec son équipe et celle des Ressources naturelles.«Le président d\u2019association a fait un discours et, un moment donné, attachez votre ceinture, ce n\u2019était plus un discours, mais des ordres qui étaient littéralement donnés aux ministères sur la façon de se comporter dans tel ou tel dossier.Je suis sorti de là complètement révolté.L\u2019année suivante, quand ils m\u2019ont réinvité, j\u2019ai refusé d\u2019y aller.Si vous saviez le nombre d\u2019appels téléphoniques que j\u2019ai reçus, y compris \u2014 et surtout \u2014 du bureau du premier ministre ! » Il ne se gêne pas pour affirmer que le ministère de l\u2019Environnement «se fait ratatiner dans le coin » lorsque vient le temps d\u2019annoncer un projet ayant une portée économique.C\u2019était comme ça à l\u2019époque, ce l\u2019est encore aujourd\u2019hui.«Malgré les beaux discours, ultimement, lorsqu\u2019il s\u2019agit de prendre une décision, les vraies affaires, c\u2019est les vraies affaires.Et l\u2019environnement n\u2019a rien à faire là-dedans», déplore-t-il.Portes tournantes Malgré le peu d\u2019importance que les gouvernements accordent généralement à ce ministère, ses titulaires ont «une grande valeur» pour l\u2019industrie en raison de leur connaissance aiguë des dossiers et de la machine politique, estime le politologue Louis Simard.À titre d\u2019exemple, il cite l\u2019ancien ministre fédéral John Baird, qui a démissionné en février et qui conseille aujourd\u2019hui la minière canadienne Barrick Gold.Au Québec, on peut aussi penser à Lucien Bouchard et à André Boisclair, qui se sont fait les porte-parole de l\u2019industrie du gaz de schiste il y a quelques années.Ce dernier est aujourd\u2019hui président du comité d\u2019examen CQMEX, l\u2019équivalent du BAPE pour le Grand Nord, et conseiller spécial sur les changements climatiques du ministre actuel, David Heurtel.Dans la liste des ministres de l\u2019Environnement des dernières années au Québec, on retrouve également Claude Béchard, décédé en 2010, Pierre Arcand, actuel ministre des Ressources naturelles, Daniel Breton, retourné à ses premières amours comme militant et chro-niqueiu, sans oublier Line Beauchamp.Si cette dernière n\u2019a plus de lien avec l\u2019environnement, fraîchement nommée par Philippe Couillard comme représentante du Québec à l\u2019UNESCQ, on ne peut pas en dire autant de son ancien chef de cabinet, Philippe Cannon, qui est passé de l\u2019autre côté de la clôture en aidant TransCa-nada, le promoteiu de port pétrolier à Cacouna, à obtenir des autorisations de Québec.Qn peut élargir encore en parlant de l\u2019ancien président du BAPE, Pierre Renaud, qui conseille aujourd\u2019hui les entreprises pour les aider à passer à travers le processus d\u2019évaluation environnementale.«B y a une question d\u2019éthique là-dedans, constate Louis Simard.Comment est-ce qu\u2019on peut la veille défendre l\u2019intérêt public et l\u2019environnement et le lendemain être à la solde des promoteurs et de l\u2019industrie sur la base d\u2019une expertise qu\u2019on a gagnée en étant payé par les fonds publics ?» Le Devoir « Ici^ on produit du gaz naturel » Saint-Hyacinthe est l'une des premières villes en Amérique du Nord à produire du gaz naturel par biométhanisation de ses matières organiques et à utiliser ce gaz pour alimenter ses bâtiments et véhicules municipaux.Ville de Uu Saint-Hyadnthe Technopole agroalimentaire J A JR DE LA TERRE ^5 mieux à /g rt/- a POS - - GRANDS PARTCNAIRES ES] PARTENAIRES MAIEURS QUÉb^ 4 PARTENAIRES ASSOCIÉS PARTENAIRES MÉDIAS appeliAirecycier\t0 geep I ARCHAMBAULT I EATON Humar U sidlee TAüt ^stm\t^ iLDbioiH [mESEB novae môwjb 1V5 Photographie : Simon Duhamel - Le Consulat / Retouches : Visual Box / Stylisme : Carolyne De Bellefeuille / Infographie et emballage : Graphiques M&H / Peluche : Raplapla A 6 LE DEVOIR LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 AVRIL 2015 ACTUALITES Le déficit zéro dès cette année au fédéral Le Directeur parlementaire du budget prévoit un surplus de 3,4 milliards pour 2014-2015 ANDY BLATCHFORD à Ottawa Alors que le gouvernement conservateur déposera son «budget préélectoral» mardi, le Directeur parlementaire du budget (DPB) a annoncé vendredi qu\u2019Ottawa devrait atteindre l\u2019équilibre budgétaire dès cette année, soit un an plus tôt que prévu.Selon le DPB, Ottawa affichera un surplus de 3,4 milliards de dollars pour l\u2019année 2014-2015, alors que le gou- vernement fédéral prévoyait un déficit de 2,9 milliards de dollars dans sa mise à jour financière de novembre.Le DPB prédit aussi qu\u2019Ottawa devrait afficher des surplus de 1,3 milliard de dollars en 2015-2016 et 2016-2017, mais qu\u2019il affichera ensuite de légers déficits jusqu\u2019en 2020 \u2014 de 2,1 milliards, 2,9 milliards et 900 millions.Ces manques à gagner sont attribués à la baisse annoncée des taux de cotisations à l\u2019assurance-emploi, qui entrera en vigueur en 2017.Le Directeur parlementaire du budget rappelle cependant la faiblesse relative de ces déficits, qui n\u2019auraient donc qu\u2019un impact négligeable sur la dette publique et l\u2019économie en général.De plus, le gouvernement pourrait facilement éliminer ces légers déficits par des mesures fiscales mineures ou des réductions budgétaires.Ces prévisions sont fondées sur le « statu quo financier » \u2014 qui présente la situation des finances publiques avant toute mesure qui pourrait être annoncée dans le budget de mardi.Le mois dernier, le gouvernement a révélé qu\u2019il avait dégagé un surplus de 1,3 milliard pour les 10 premiers mois de l\u2019exercice 2014-2015, ce qui laissait déjà entrevoir l\u2019atteinte de l\u2019équilibre budgétaire plus tôt que prévu.Le ministre des Finances, Joe Oliver, martèle toujours qu\u2019il atteindra le déficit zéro en 2015-2016.La Presse canadienne Un geste pour la planète Déballez votre marché Les Québécois jettent chaque année environ 600 000 tonnes de déchets d\u2019emballage.Plus d\u2019un demi-million d\u2019emballages en plastique ou en carton qui prennent souvent le chemin de la poubelle, faute de service de recyclage.En Europe, certains commerces ont commencé à s\u2019attaquer à ce fléau.Le supermarché Original Unverpackt à Berlin, ouvert en septembre dernier, offre à ses clients plus de 350 produits vendus sans emballages racoleurs, sans sachets de plastique ou barquettes de styromousse enveloppées de cellophane.Légumes, fruits frais ou secs, épices, café, huile, vin et produits pour le corps \u2014 shampooing, dentifrice (en pastille !), etc.On y trouve de tout pour remplir frigos, garde-manger et pharmacies, sans ajouter un gramme à la poubelle ou au bac de recyclage.Les clients apportent leurs propres sacs, boîtes ou bouteilles, ou se procurent pour quelques euros des contenants fournis par le magasin.Adieu recyclage, on parle désormais de «précyclage» ! Isabelle Paré fl AIRFRANCEV^ fcAM- LA FRANCE EST DANS L'AIR A\u2019 \u2022'\tA.' X L ^ V.' AU DEPART DE MONTREAL JUSQU'À AIRFRANCE.KLM AIRFRANCE.CA *Via Pans.BARCELONE 3 VOLS PAR JOUR LE DEVOIR LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 AVRIL 2015 A 7 ACTUALITES REGIONS Citoyens ordinaires en colère ISABELLE PORTER à Armagh De Gaspé à Sorel-Tracy en passant par Ar-magTi, les luttes environnementales sont souvent amorcées par de simples citoyens qui, du jour au lendemain, voient leur vie transformée.Marilou Alarie ne serait jamais devenue conseillère municipale sans le combat pour la sauvegarde de la forêt des Hirondelles.«Pour moi, cela a commencé en 2011, quand une citoyenne est venue cogner à ma porte pour mejaire signer une pétition.» A l\u2019époque, M\u201d® Alarie travaillait dans le secteur des communications et n\u2019avait jamais mis les pieds dans la forêt qui jouxte le parc du Mont-Saint-Bruno.«Je suis allée voir la forêt Je l\u2019ai trouvée magnifique et fai trouvé ça triste, mais c\u2019est quand je suis allée au conseil de ville que c\u2019est venu me chercher.Ils faisaient tout pour que ça se développe.Ils fermaient les yeux sur la faune et la flore.» Après deux ans de lutte, Marilou Alarie a été élue, en 2013, conseillère municipale pour un parti qui appuyait sa cause.La forêt est totijours là.Lise Gagnon, de Sept-Iles, a eu moins de chance dans son combat contre la Mine Arnaud.Le projet vient d\u2019être autorisé par décret, mais son groupe continue de le surveiller.«La lutte n\u2019est pas terminée, parce que le décret n\u2019est pas d\u2019une clarté affolante.On a envoyé au ministère des questions sur les engagements de la Mine, les conséquences des infractions s\u2019il y en a.» Au départ, la Mine l\u2019a dérangée pour des raisons personnelles, parce qu\u2019elle avait un projet agricole sur une terre tout près.«Pour moi, c\u2019était très émotif, parce que je travaillais là-dessus depuis 10 ans.Mais on s\u2019est aperçu qu\u2019on ne pouvait pas juste débattre de moi, de mon terrain.S\u2019il n\u2019y a pas d\u2019enjeu collectif, ça ne mène nulle part.» Au-delà du «pas dans ma cour» Les militants comme elle se font souvent accuser de souffrir du syndrome «pas dans ma cour».C\u2019est bien injuste, selon Denis Robil-lard, du Regroupement de Sorel-Tracy contre le bitumineux.« On tend à nous faire croire que c\u2019est une maladie de s\u2019occuper de son milieu.Ce qu\u2019on fait, c\u2019est de voir plus loin qu\u2019une politique économique à court terme», dit-il.M.Robillard vient de prendre sa retraite.11 enseignait auparavant la géographie et l\u2019écologie au \u20ac9 PLANÈTE VERTE secondaire.L\u2019arrivée des superpétroliers l\u2019a profondément heurté.«Je me considère comme un enfant du fleuve.Les bateaux passent en amont des îles de Sorel.C\u2019est un joyau, un poumon du fleuve.C\u2019est comme si on venait directement me menacer dans la cour chez nous.» L\u2019autre reproche qui revient concerne la crédibilité.Savent-ils vraiment de quoi ils parlent?Lise Chartrand, de Gaspé, en est bien consciente.Cette professeure de cégep documente depuis des années le dossier pétrolier, en raison des ambitions de Pétrolia dans son coin de pays.«Il faut être prudent dans tout ce qu\u2019on fait [.] Une erreur d\u2019un écocitoyen, c\u2019est impardonnable.» Les gens comme elle «frôlent parfois l\u2019épuisement», résume-t-elle.«Ce sont cinq heures par jour qu\u2019on met là-dessus, en plus de notre travail, de notre famille.Mais on sait qu\u2019on ne peut pas lâcher, parce que c\u2019est chez nous et que, si on ne fait rien, il va être trop tard.» Comme beaucoup d\u2019écocitoyens en région éloignée, M\u201c® Chartrand dq-plore le peu d\u2019attention médiatique.A côté des Greenpeace de ce monde, elle note que des groupes comme le , sien manquent de « visibilité ».A l\u2019autre bout du Québec, dans les Lauren-tides, Claude-Alexandre Carpentier a eu des appuis de taille dans son combat pour préserver le mont Kaaikop.La Fondation Suzuki, notamment, a choisi d\u2019épauler sa cause.Son groupe voulait empêcher les coupes forestières dans cette montagne vierge, la seconde en importance dans la région, après le mont Tremblant.«Ça commencé en 2013.Je dirigeais la base de plein air qui se trouve à la base de la montagne.On a appris, dans une réunion régulière de la MRC, que la montagne était visée par des coupes qui devaient commencer six mois plus tard.» Après des mois de travail, ils ont réussi, en 2014, à obtenir une injonction pour empêcher les coupes et, pour l\u2019instant, la montagne est intacte.Pourtant, la cause semblait entendue au départ.«On était devant le fait accompli.Le ministère nous disait qu\u2019il n\u2019y avait rien à faire.» Ce discours, Pauline Rodrigue l\u2019entend depuis des années dans Bellechasse.Propriétaire de terres agricoles dans le rang 8, à Armagh, elle subit depuis des années les impacts du site d\u2019enfouissement technique qui a poussé à moins d\u2019un kilomètre de sa terre.RENAUD PHILIPPE LE DEVOIR Pauline Rodrigue réclame la fermeture du site d\u2019enfouissement de déchets près de chez elle, la voit ici devant l\u2019entrée du site dans le rang 8 d\u2019Armagh, avec le site au loin.On Une trentaine de personnes s\u2019inquiètent de la qualité de l\u2019eau et surtout des odeurs de sulfure d\u2019hydrogène.Des odeurs d\u2019essence et de bitume brûlé parfois insupportables.«À Noël passé, ça sentait tellement fort que, quand la visite est arrivée, on a dû lui demander d\u2019attendre avant de la laisser rentrer les valises dans la maison.» Cette semaine, la MRC a proposé aux résidants de les indemniser de 2000$ par an pour les désagréments.Le site joue un rôle crucial dans la région.C\u2019est là qu\u2019aboutissent les déchets de 33 municipalités des MRC de Bellechasse, Les Etchemins et Montmagny.Mais M\u201c® Rodrigue veut qu\u2019il soit fermé.«La nature n\u2019est pas capable d\u2019absorber d\u2019aussi gros sites d\u2019enfouissement, dit-elle.Nous avons toujours cultivé biologique sur nos terres, alors c\u2019est doublement insultant de se faire polluer à 600pieds.» Au départ, M\u201d® Rodrigue était réticente à se faire photographier pour illustrer le reportage.Elle craignait qu\u2019on lui prête à tort des prétentions de «vedette».Elle a finalement accepté, pour donner le plus de visibilité possible au problème.Parce que le rang 8 d\u2019Armagh est bien loin des lieux d\u2019influence.« On commence juste à sortir ça d\u2019Armagh.Notre problème, c\u2019est qu\u2019on est au fin fond d\u2019une petite paroisse, avec peu de gens affectés.» Le Devoir PARTENAIRES DE LA TERRE Depuis sept ans déjà, le Fonds Éco IGA s'associe à Jour de la Terre Québec afin de contribuer à la protection, la conservation et la valorisation de notre environnement.À l'occasion de l'édition 2015 du Jour de la Terre, le Fonds remettait déjà son T million de dollars à l'organisme.Cet argent, versé par les marchands IGA, sert à financer des projets de développement durable à la grandeur de la province.Le but étant évidemment de voir à la bonne santé de l'environnement québécois.AVERSE DE RENOUVEAU L'une des grandes problématiques écologiques des dernières années est la surconsommation d'eau potable.Afin de contribuer à la protection de cette ressource primordiale, le Fonds Éco IGA a mis sur pied en 2010 son programme de récupération d'eau de pluie.Depuis, prés de 50 000 barils ont été distribués afin de recueillir Teau de pluie qui peut ensuite servir aux tâches pour lesquelles Teau potable n'est pas requise, comme le jardinage ou le nettoyage extérieur.Et encore cette année, le programme est remis en branle.REVERDIR LA VILLE En plus de s'investir dans des projets environnementaux, le Fonds, toujours de concert avec le Jour de la Terre, a participé à la création du programme ZinZen, qui s'engage à redorer des espaces municipaux laissés à l'abandon ou simplement en besoin d'un peu d'amour.La première ville à bénéficier de l'aide du programme est Nicolet, qui s'est vu remettre la somme de 100000$ afin de transformer un espace oublié liant le centre-ville à la rivière Nicolet en un lieu alliant Tart, l'architecture et la nature.DES PROJETS PAR CENTAINES En 7 ans seulement, le Fonds a pris part à plus de 900 projets, et ce, dans toutes les régions de la Belle Province.De multiples municipalités, MRC, organismes et établissements d'enseignement ont pu bénéficier du Fonds Éco IGA.Pensons par exemple au déploiement d'un système de vélos en libre-service dans l'ensemble du grand Joliette, à la distribution de 1000 trousses d'économie d'eau et d'énergie en Outaouais, à la mise en place d'une installation de compostage industriel à l'Université de Sherbrooke ou à la corvée de nettoyage du lit de la rivière Richelieu en Montérégie, pour n'en nommer qu'une poignée.Fiers de notre association à ce mouvement vert.& tcoiCM Par le Jour de la Terre ' e la Terre ¦ M A8 LE DEVOIR, LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 AVRIL 2015 ACTUALITES FUNERAIIXES Hommage au cardinal Jean-Claude Turcotte CAROLINE ST-PIERRE Dignitaires, gens d\u2019Eglise et membres du public se sont rendus, vendredi après-midi, à la cathédrale Marie-Reine-du-Monde, à Montréal, où étaient célébrées les funérailles du cardinal Jean-Claude Turcotte, décédé le 8 avril dernier à l\u2019âge de 78 ans.Le premier ministre du Québec Philippe Couillard, les anciens premiers ministres Lucien Bouchard et Bernard Landry, le maire de Montréal Denis Coderre, et l\u2019ex-maire Gérald Tremblay, ainsi que le chef de l\u2019opposition officielle à Ottawa, Thomas Mulcair, font partie des personnalités qui ont tenu à rendre un dernier hommage à celui qui a été archevêque de Montréal pendant 22 ans.Le chef de la Coalition avenir Québec, Lrançois Legault, le ministre fédéral Steven Blaney et l\u2019ancien directeur général du Canadien de Montréal Réjean Houle ont aussi assisté aux funérailles.Lucien Bouchard, qui était un ami du cardinal, a offert un témoignage au cours de la cérémonie, soulignant la fidélité de M*^*^ Turcotte et sa sensibilité à la misère et aux épreuves humaines.Sœur Nicole Lournier avait, quelques minutes auparavant, rappelé elle aussi la bienveillance du cardinal et son dévouement envers les plus démunis.L\u2019ancienne directrice générale de l\u2019Accueil Bonneau a notamment raconté comment, lors de l\u2019explosion ayant détruit la façade de l\u2019établissement, en 1998, elle avait vite compris que M*^*^ Turcotte allait «rapidement passer à l\u2019action, sans tergiverser».Le neveu du cardinal, Pierre Turcotte, a lu une lettre au nom de son père, Lrançois, l\u2019aîné de la famille Turcotte, dans laqqelle il est revenu sur l\u2019enfance de l\u2019homme d\u2019Eglise.L\u2019archevêque d\u2019Halifax et ancien vicaire général du diocèse de Montréal, M®*^ Anthony Mancini, et M®*^ Jean Lortier, lui aussi ex-vi-caire général du diocèse, ont également livré des témoignages.Plus de 500 places avaient été réservées Le pape François a souligné par communiqué la dévotion avec laquelle l\u2019archevêque de Montréal f a servi l\u2019Eglise I JACQUES NADEAU LE DEVOIR Dignitaires, gens d\u2019Eglise et membres du public se sont rendus, vendredi après-midi, à la cathédrale Marie-Reine-du-Monde, à Montréal, où étaient célébrées les funérailles du cardinal Jean-Claude Turcotte, décédé le 8 avril dernier à l\u2019âge de 78 ans.pour le public à l\u2019intérieur de la cathédrale, et un écran géant avait été placé à l\u2019extérieur.Devant l\u2019église, avant la cérémonie, le premier ministre Philippe Couillard avait parlé de la «profonde humanité» de M*^*^ Turcotte et souligné son empathie et sa compassion, des qualités qui «manquent dans la société», selon lui.Thomas Mulcair avait quant à lui mentionné sa gentillesse et sa simplicité, le décrivant comme un «homme merveilleux».Plus tôt, jeudi, plusieurs personnes avaient visité en chapelle ardente la dépouille du cardinal qui a été archevêque de Montréal pendant 22 ans.Son cercueil était gardé par des membres en uniforme des chevaliers de Colomb, une organisation à laquelle il appartenait.Le pape Lrançois a exprimé ses condoléances par communiqué peu après l\u2019annonce du décès du cardinal, soulignant la dévotion avec laquelle l\u2019archevêque de Montréal a servi l\u2019Église.Jean-Claude Turcotte a été ordonné prêtre en mai 1959 et a occupé différentes fonctions pastorales avant d\u2019être nommé évêque de Montréal en juin 1982, puis archevêque de la ville huit ans plus tard par le pape Jean-Paul II.Il est devenu cardinal en octobre 1994.Il a fait les manchettes en 2008 lorsqu\u2019il a rendu son insigne de l\u2019Ordre du Canada pour protester après que le même honneur eut été décerné au D*^ Henry Morgentaler, pionnier de l\u2019avortement au pays.En 2012, à l\u2019âge de 75 ans, il a été remplacé par Christian Lépine â l\u2019archevêché de Montréal.La Presse canadienne Un geste pour la planète Hôpitaux écolos Les hôpitaux brûlent la quasi-totalité de leurs déchets non recyclés, bien qu\u2019une infime partie soit composée de déchets pathogènes devant être incinérés.Résultat: les hôpitaux comptent pour 2% des GES émis au Canada.Les déchets générés lors de chirurgies comptent pour le tiers des rebuts du milieu hospitalier.Une étude a démontré qu\u2019une seule chirurgie du genou engendre en moyenne 13,3 kilos de rebuts de matières solides, de plastique, de matières biologiques et de supports stériles, soit l\u2019équivalent des déchets produits par une famille entière pendant une semaine.De rares hôpitaux tentent de renverser la vapeur.Le London Health Sciences Centre a réduit depuis 2000 ses émissions en générant 5 mégawatts d\u2019électricité â même la vapeur produite par ses propres activités.Les trois millions de copies de radiographies générées par an ont été éliminées grâce au transfert massif vers l\u2019imagerie numérique.Les thermomètres et 99% des appareils médicaux contenant du mercure ont été bannis.Des critères écologiques sont désormais imposés â chaque fournisseur de l\u2019hôpital, qui favorise dans ses achats les équipements stérilisables ou compostables, au détriment des produits jetables, â usage unique.Je^-Talon croque vert A l\u2019hôpital Jean-Talon de Montréal, on bouffe local pendant l\u2019été en s\u2019alliant â des producteurs bios locaux.Pour remplir les comptoirs de la cafétéria de ces produits frais, plus coûteux, on a abaissé les coûts en multipliant les fournisseurs et en troquant, par exemple, la viande contre des légumineuses dans certains plats.«Visiteurs et employés ont découvert le kale et les topinambours.Il y a 30% plus de légumes consommés l\u2019été qu\u2019avant», affirme Chantal Bouchard, â l\u2019origine du projet.Isabelle Paré EN CONSTRUCTION dernière chance de profiter de nos prix de préventes PRINTEM PS 2015\tainsi que de notre promotion d'une valeur de ± 25,000$.m m P I B U i Le Itixi dé vivre en ville eh toutÉ sérénité PROPRIETES DE PRESTIGE AU BORD DE L'EAU, À SEULEMENT DEUX PAS DE LA STATION MÉTRO CARTIER OCartiGr.ca 514.641.1515 9, Bout des Prairies, Laval, H7G 1A1 condominiuins LE DEVOIR, LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 AVRIL 2015 A 9 ACTUALITES OÙ s\u2019en va le Québec énergétique ?Le gouvernement Couillard entend présenter cet automne la future politique énergétique du Québec.Plusieurs critiquent toutefois le processus d\u2019élaboration de celle-ci, jugeant qu\u2019il manque vraiment de «vision».L\u2019exercice est pourtant crucial puisque cette politique guidera les décisions de l\u2019État pour au moins une décennie, en plus d\u2019engager des milliards de dollars en investissements.ALEXANDRE SHIELDS En plein été 2013, le gouvernement de Pauline Marois mettait sur pied la Commission sur les enjeux énergétiques dans le but de définir les objectifs prioritaires de la politique énergétique 2016-2025.Ce vaste chantier de réflexion, appuyé sur des consultations publiques et l\u2019analyse de plus de 460 mémoires, avait alors été confié aux commissaires Roger Lanoue et Normand Mousseau.Leur rapport, intitulé Maîtriser notre avenir énergétique, n\u2019a toutefois jamais fait l\u2019objet d\u2019un dévoilement en bonne et due forme.En fait, son contenu a été révélé en février 2014 par Le Devoir.Et puisque le document a ensuite été publié à la hâte, plusieurs ont estimé que les péquistes n\u2019avaient pas l\u2019intention de le diffuser avant le déclenchement des élections, moins de deux semaines plus tard.Il faut dire que ce rapport proposait un virage très ambitieux dans notre façon de consommer l\u2019énergie, un changement qui passerait par une réduction draconienne de notre dépendance aux énergies fossiles.Sans cette diminution, soulignaient les auteurs, le Québec ratera complètement ses objectifs de réduction de gaz à effet de serre.Selon les conclusions du document, Québec devrait aussi revoir en profondeur la stratégie de développement d\u2019Hy-dro-Québec.Cela signifierait freiner les projets hydroélectriques, mais aussi l\u2019éolien, qui font perdrç des milliards de dollars à l\u2019État.On suggérait même de stopper le projet de la Romaine, construit au coût de 6,5 milliards de dollars dans un contexte de surplus durables.Case départ?S\u2019il se défend de faire table rase des conclusions de la commission Lanoue-Mousseau, le gouvernement Couillard n\u2019en a pas moins décidé de reprendre en grande partie l\u2019exercice en vue de la rédaction de la future politique énergétique.Les libéraux ont cependant opté pour une formule pour le PLANETE VERTE avril.moins simplifiée, prévoyant seulement trois tables rondes d\u2019une journée chacune.Les deux premières, intitulées «Efficacité et innovation énergétiques» et «Energies renouvelables», ont déjà eu lieu.La dernière, concernant les hydrocarbures fossiles, est prévue en mai.Chaque fois, des experts choisis par le gouvernement discutent durant la journée.Le soir même, une consultation publique a lieu.Les gens qui se sont inscrits au préalable peuvent alors prendre la parole pour une durée de cinq minutes.Une table d\u2019experts «hors série» a aussi été ajoutée, a constaté Le Devoir.Elle doit avoir lieu le 24 mais seulement en avant-midi.Et aucune consultation publique sur place n\u2019est prévue.Mais elle portera sur une question cruciale: la «décar-honisation du transport routier».Le transport accapare à lui seul 75% de la demande en produits pétroliers de tout le Québec.Pour le directeur général du Regroupement des conseils régionaux de l\u2019environnement, Philippe Bourke, l\u2019exercice est loin d\u2019être à la hauteur des enjeux énergétiques du Québec.«Ce n\u2019est pas en passant par des tables rondes, comme on le fait présentement, qu\u2019on pourra parvenir à dégager une vision.Ce n\u2019est pas inutile, mais ce n\u2019est pas suffisant pour dégager une véritable vision énergétique.» Il juge d\u2019ailleurs urgent de mener une réflexion beaucoup plus profonde.«Il est clair que le Québec ne sait pas où il s\u2019en va en matière d\u2019énergie.Il n\u2019y a pas de vision, laisse tomber M.Bourke.La preuve, des décisions en matière de développement énergétique se prennent alors même que nous en sommes à élaborer la politique.» Le gouvernement a par exemple déjà prévu de lancer le Québec sur la voie de l\u2019exploitation d\u2019éventuels gisements pétroliers.Il n\u2019a pas non plus tranché la question du gaz de schiste, en plus de vouloir «évaluer» le potentiel gazier de la Gaspésie.Dans un contexte d\u2019importants surplus énergétiques, les libéraux ont aussi dit vouloir poursuivre le développement de l\u2019éolien.Un comité formé d\u2019acteurs de l\u2019industrie a d\u2019ailleurs été mandaté pour les conseiller.La semaine dernière, on apprenait également qu\u2019Hydro-Québec doit investir 20 milliards de dollars dans des projets dans le cadre du Plan Nord.Aucun détail n\u2019a été dévoilé quant aux projets précis qui sont envisagés.L\u2019ex-coprésident de la Commission sur les enjeux énergétiques, Normand Mousseau, estime que cette décision est pour le moins risquée.« Oui, on peut développer de l\u2019énergie pour les communautés isolées.Mais dans le cas de barrages, comme celui de la Romaine, les investissements sont amortis sur 100 ans.C\u2019est donc difficile de voir comment on pourrait faire payer de tels investissements par les minières.On voit bien que le secteur est très cyclique.» Approche « dépassée » M.Mousseau est aussi très critique des méthodes mises en avant pour élaborer la politique énergétique.«On s\u2019inscrit dans la tendance des années 80 et du document de 2006.On continue avec une approche assez dépassée où on donne beaucoup de place à la question de l\u2019approvisionnement.C\u2019est ce qu\u2019on a vu dans les tables rondes.Ce qu\u2019on a présenté, ce sont les mêmes rengaines qu\u2019on entend depuis longtemps.» «La vraie question, ajoute-t-il, est la suivante: comment peut-on s\u2019enrichir avec notre énergie tout en se projetant dans l\u2019avenir ?C\u2019est d\u2019autant plus important dans un contexte où on dit vouloir conti- 80 milliards C\u2019est le montant des dépenses annuelles en énergie au Québec nuer de développer de nouvelles sources d\u2019approvisionnement.Cette question devrait être centrale, alors qu\u2019elle est complètement mise de côté.Et ce n\u2019est pas banal.L\u2019énergie, c\u2019est 30 milliards de dollars de dépenses par année au Québec.» Dans un contexte de lutte contre les changements climatiques, il croit aussi qu\u2019il est essentiel d\u2019établir les cibles de réduction des émissions de gaz à effet de serre avant d\u2019élaborer la politique énergétique.Or les cibles prévues pour raprès-2020 ne devraient pas être connues avant le dépôt de la politique.Étant donné l\u2019importance du «changement de culture» à opérer.Normand Mousseau estime qu\u2019il serait important de doter le Québec d\u2019une structure de fonctionnement formelle qui serait également chargée d\u2019évaluer la mise en place de la politique.«Il faut aussi impliquer tous les ministères, pour tenir compte des questions des transports, de l\u2019énergie, du développement économique, de l\u2019aménagement du territoire et de l\u2019environnement.Et si on ne fait pas cela, on va continuer de jeter l\u2019argent par les fenêtres.» Le Devoir Planète verte Professeure à l\u2019Université McGill et titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur l\u2019atténuation des changements climatiques, Catherine Potvin juge que la question climatique devrait être au cœur de la future politique énergétique du Québec.Selon elle, la prise en compte de cet aspect remettrait en question les projets d\u2019exploitation d\u2019énergies fossiles.«Il faut vraiment que le Québec se pose la question, souligne-t-elle.Est-ce qu\u2019il est possible d\u2019être un leader dans la lutte contre les changements climatiques tout en souhaitant exploiter le pétrole ?Il faut se poser la question.Il faut regarder la stratégie énergétique pour évaluer la cohérence des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre avec la politique énergétique.» «En fait, ajoute-t-elle, il faut respecter la question des changements climatiques dans tous les projets de développement.Est-ce que les infrastructures routières qu\u2019on veut construire, par exemple à Montréal, constituent les bonnes infrastructures pour les décennies à venir?» M™® Potvin fait valoir qu\u2019un pont, ou une route, construit au cours des prochaines années, sera encore utilisé en 2050.Or les scientifiques estiment qu\u2019à ce moment, les émissions de gaz à effet de serre devront avoir été réduites d\u2019au moins 70%.Le pays sale Michel David n août 2014, le premier ministre Couillard, tombeur du PQ, avait été accueilli en véritable héros à la réunion du Conseil de la fédération tenue à Char-lottefown, que son, homologue de l\u2019Ile-du-Prince-Édouard, Robert Ghiz, avait qualifiée de «rencontre historique».M.Couillard avait profité de l\u2019occasion pour annoncer que le Québec allait se joindre à la Stratégie canadienne de l\u2019énergie, que le gouvernement de Pauline Marois avait boudée, et inviter ses collègues des autres provinces à se retrouver à Québec au printemps 2015 pour un grand sommet sur les changements climatiques.Il avait posé deux conditions à son adhésion à la stratégie commune: celle-ci devrait respecter les compétences du Québec et comporter un volet de lutte contre les changements climatiques.Quand on a demandé au ministre de l\u2019Environnement, David Heurtel, si les participants à la rencontre de Québec allaient se pencher sur la question des sables bitumineux, qui sont les premiers responsables des émissions de GES au Canada, il a cependant expliqué que «la question de l\u2019énergie est une question distincte».Autrement dit, une stratégie énergétique pancanadienne doit inclure la lutte contre les changements climatiques, mais on ne doit pas parler d\u2019énergie quand on discute de changements climatiques.Décidément, le fédéralisme canadien obéit à une logique très particulière visant à ménager la chèvre et le chou.C\u2019est le même raisonnement tortueux qui,fait en sorte que le projet Énergie Est sera évalué sans tenir compte des émissions de GES provoquées par l\u2019extraction du pétrole des sables bitumineux qui coulera dans le pipeline de TransCanada, alors qu\u2019en facilitant son exportation, le Québec contribuerait à en stimuler aussi la production, comme le fait valoir un nouveau rapport publié mardi par l\u2019Institut Pimbina.?A l\u2019issue de sa rencontre de mardi avec ses homologues provinciaux, le premier ministre a donné des signes d\u2019impatience inhabituels devant le manque de leadership du gouvernement Harper, qui tarde à rendre publiques ses cibles de réduction de GES pour raprès-2020, en prévision de la conférence qui aura lieu à Paris à la fin de l\u2019année.On n\u2019en est pas encore aux vives remontrances que Jean Charest adressait périodiquement à M.Harper, mais la grande déférence à laquelle M.Couillard nous a habitués Le fédéralisme canadien obéit à une logique très particulière dans ses rapports avec son homologue canadien commençait à devenir un peu gênante devant une mauvaise volonté au^si manifeste.A trois reprises, M.Heurtel a tenté d\u2019amorcer un dialogue avec sa vis-à-vis fédérale, Leona Agglukak, mais ce fut peine perdue.M™® Agglukak est si occupée qu\u2019elle n\u2019a pas davantage trouvé le temps de recevoir l\u2019ambassadrice spéciale des Nations unies, qui avait fait un détour par Ottawa avant de se rendre à Québec.Au moment oû les provinces réunies à Québec pressaient Ottawa d\u2019agir, le ministre canadien des Ressources naturelles, Greg Rickford, déclarait à New York que le bilan du gouvernement Harper au chapitre de l\u2019environnement était «déjà exemplaire».A bon entendeur, salut! M.Charest s\u2019était fait une spécialité de profiter des tribunes internationales auxquelles il avait accès pour opposer la bonne conduite du Québec en matière d\u2019environnement à la délinquance fédérale.Son successeur s\u2019est réjoui qu\u2019une journée de la Conférence de Paris soit réservée aux gouvernements subnationaux et aux régions.On verra bien.?M.Couillard a assuré que le premier ministre Prentice, absent pour cause de campagne électorale, était conscient de l\u2019urgence de la situation, mais la chute des prix du pétrole n\u2019est pas de nature à inciter les Albertains, qui avaient perdu depuis longtemps l\u2019habitude des déficits, à accepter de nouvelles contraintes à l\u2019exploitation des sables bitumineux.Non seulement les provinces ne s\u2019entendent pas sur le principe de fixer un prix au carbone, mais le premier ministre de la Saskatchewan, Brad Wall, minimise les émissions canadiennes de GES dues au pétrole, invitant plutôt la communauté internationale à concentrer ses efforts sur une réduction de rutilisation du charbon.Tout cela n\u2019augure pas très bien pour la suite des choses.Lors du point de presse qui a suivi la rencontre de Québec, on a demandé à M.Couillard ce qu\u2019il pensait des compressions budgétaires que le gouvernement Harper a imposées à l\u2019Environnement.Il a préféré esquiver la question, et pour cause.En 2015-2016, l\u2019enveloppe budgétaire consacrée à la protection de l\u2019environnement sera inférieure de 14 millions à celle de 2014-2015, qui était elle-même inférieure de 9 millions à celle de 2013-2014.Soit, les GES qui seront émis par la cimenterie de Port-Daniel n\u2019ont aucune commune mesure avec les émissions provenant des sables bitumineux, mais ce projet n\u2019en demeure pas moins le plus polluant de toute l\u2019histoire du Québec.mdavid@ledevoir.corn Débat Syndicats-Patronat Emploi et prospérité dans une économie mondialisée Françoise Bertrand Présidente-directrice générale Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) CONSEIL DES RELATIONS INTERNATIONALES DE MONTRÉAL Daniel Boyer Président Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) Yves-Thomas Dorval Président-directeur général Conseil du patronat du Québec (CPQ) Jacques Létourneau Président Confédération des syndicats nationaux (CSN) Avec rappui de: Mercredi, 22 avril 2015 \u2022 De llhSO à 14h \u2022 Le Westin Montréal \u2022 270, rue Saint-Antoine Ouest Desjardins Entreprises ?)) SNC»LA\\ALIN Hydro Québec Bell aimia r I\tla FIDELITE INSPIREE FONDS de solidarité FTQ CSN FONDACTION ^CL1^P0URLAC0'UAj£ MOWBU-E 9 y - O \"1 '' 1 ^AP^voTre r, taw IT5 A r fORMUCA CALLËO \u201e \u201cpRoeRess G © PHOTOS MUSEE McCORD Garnotte, Le Devoir, 27 août 1996 John Collins, The Gazette, 1966 Mauvais temps sur uue ligue du temps L\u2019écologiste André Bélisle retrace 50 ans de préoccupations environnementales en caricatures FABIEN DEGLISE Le rire peut ouvrir bien des portes, y compris celle de la conscientisation sociale et environnementale.Ça, l\u2019écologiste et activiste André Bélisle, un vieux de la vieille de la scène verte au Québec, le sait très bien, pour avoir vu les préoccupations environnementales évoluer dans le temps et sous ses yeux, depuis son entrée en militance dans les années 80 à aujourd\u2019hui.Témoin de la densification du propos, de la diversification des angoisses collectives, face à une planète malmenée par ses occupants, il retrace aujourd\u2019hui le chemin parcouru à travers les caricatures qui, dans les journaux du Québec et du Canada, se sont penchées sur ce thème depuis cinq décennies.Pour rire un peu de ce qui souvent donne envie de pleurer.«Le rire fait passer les messages plus facilement», dit André Bélisle, qui préside à la destinée de l\u2019Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA).Le groupe de pression s\u2019est associé aux éditions Ecosociété pour mettre au monde cette rétrospective.«Uidée de replonger dans les grands dossiers défendus par les environnementa-listes au Québec dans les 50 dernières années vient de ma blonde, Jocelyne, aux côtés de qui je milite depuis près de 30 ans.C\u2019est une façon amusante de regarder d\u2019où vient le \u20ac9 PLANÈTE VERTE mouvement environnementa-liste», afin de lui permettre, en somme, de savoir où aller pour la suite des choses.La balade est d\u2019ailleurs fascinante.Elle promène le lecteur dans les univers graphiques de Bado, Beaudet, Chapleau, Eleg, Garnotte, Métyvié, Collins, Jenkins et d\u2019autres, qui ont posé \u2014 certains plus souvent \u2014 leur regard critique et leur plume caustique sur les dérives écologiques des temps modernes.Avec quelques constances et de grandes lignes parfois étonnantes.«Au début, c\u2019étaient surtout les anglophones qui s\u2019intéressaient aux questions environnementales», dit M.Bélisle, qui se souvient des premiers groupes d\u2019écolos de Montréal \u2014 STOP en était un \u2014 animés par des Bruce Walker ou des Charjes Mallory dans l\u2019Ouest-de-l\u2019Ile.Une préoccupation linguistiquement teintée dont témoignent les caricatures d\u2019Aislin ou de MacPherson, puisées dans The Gazette et dans le Toronto Star et qui exposent dans les années 60 les premières inquiétudes face à une peur bien générale, impalpable et très sombre nommée simplement « pollution ».«C\u2019est le point de départ, résume Christian Vachon, conservateur au Musée McCord, qui préface le bouquin.De la pollution atmosphérique, on passe ensuite aux pluies acides qui commencent à nourrir les craintes environnementales et le contenu de quelques caricatures.Les francophones se mettent également à (jos&ey - .JSoi&ette' tenons^ en^ ùw\u20acntm/*e^ q^encùm, a/ôum&^de^pÂoùM^ ciitic/es^ Imrexiw, sceauæ, w cacAeter^.44ô, ru&St^TuJ^ice^, Jdæitæ^yffontréal A/eié^Aofi& : ôi4 ^46-4ÿ^0 dùùâmdùaiù oyidredùd& Wd 00 d Add 00 dy sum£dd eO dùTioficdey d& AO d 00 d Add SO s\u2019y intéresser, timidement, lorsque ces questions entrent dans l\u2019actualité», principalement sous la plume d\u2019un Serge Chapleau dans les pages du Devoirl L\u2019incendie de 130 000 litres de biphényles polychlorés (BPC), le 23 août 1988 à Saint-Basile-le-Grand, met du feu sous la marmite des militants écolos, mais également des caricaturistes, qui concentrent leur regard sur ce fait divers aux conséquences environnementales loin d\u2019être banales.«L\u2019histoire des BPC devient un vrai vaudeville», résume André Bélisle sous une caricature de R.Pier publiée dans Le Journal de Montréal en août 1994.On y voit Jacques Parizeau et Daniel Johnson, alors en campagne électorale, égarés devant des tonneaux de cette «huile électrique» qu\u2019il n\u2019est alors plus possible de prendre à la légère.Le ton change Le ton de la caricature environnementale change, avec une présence politicienne qui va s\u2019accentuer au fil des années et des dossiers marquant l\u2019actualité.«De phénomène social et scientifique, l\u2019environnement se politise, dit M.Vachon, avec l\u2019apparition d\u2019un ministre de l\u2019Environnement, de leaders politiques qui doivent alors assumer leurs responsabilités et deviennent par le fait même les victimes des caricaturistes.» Du déluge au Saguenay \u2014 une occasion d\u2019aborder la question du dérèglement climatique \u2014 à la bataille contre les gaz de schiste, en passant par le développement de l\u2019éolien, la filière porcine, la crise des algues bleu-vert ou l\u2019exploitation forestière, le terreau est fertile pour casser du sucre sur le dos d\u2019élus qui, parfois \u2014 et même souvent \u2014, le cherchent bien.«Quand Nathalie Normandeau, alors ministre de l\u2019Envi- Bado, Le Droit, 10 janvier 1986 Qut'BîC, LA Serge Chapleau, Montréal Matin, 1976 L;iL»iî£iHTip£Ç, LAVA R'î ARiTiBl- SACDfNA'l, UC'«T*JCAN ÛuTAOüAi^ rc£L»g-Uu-
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.