Le devoir, 14 mai 2015, Cahier A
[" L\u2019incertitude règne au Burundi après une tentative de coup Page B 5 Inconduite sexueile dans i\u2019armée Un centre indépendant sera ^réé, promet Kenney Page as A h www.ledevoir.com LE DEVOIR Vol.C VI N° 1 0 6 LE DEVOIR, LE JEUDI 14 MAI 2015 1,13 $ + TAXES = 1,30 $ Le Devoir à Cannes VALÉRIE HACHÉ AGENCE ERANCE-PRESSE L\u2019actrice et réalisatrice mexicano-kenyane Lupita Nyong\u2019o \u2014 oscarisée en 2012 pour son rôle dans Twelve Years a Slave \u2014 lors de son arrivée, vêtue d\u2019une robe Gucci, à la cérémonie d\u2019ouverture du 68® Festival de Cannes.Après les paillettes, une œuvre sur la délinquance ODILE TREMBLAY à Cannes \\ A la France, le fauteuil royal du Festival de Cannes cette année.Les derniers sceptiques n\u2019en pouvaient plus douter tant, mercredi, la grande soirée d\u2019ouverture donnait le ton du cru hexagonal pur beurre.Dès le film qui ouvrait le bal, La tête haute d\u2019Emmanuelle Bercot, avec Catherine Deneuve, et pour l\u2019ensemble de la fête.Un maître de cérémonie français, le même que l\u2019an dernier, Lambert Wilson, avec sa classe habituelle.Le directeur de danse de l\u2019Opéra de Paris, Benjamin Millepied, livrant avec des danseurs américains et français une chorégraphie de quatre minutes sur le thème musical du Vertigo d\u2019Hitchcock.Un temps doux.L\u2019élégance des robes.Presque Versailles.D\u2019habitude, ce n\u2019est pas la soirée des dames, sauf pour le défilé des stars.Lambert Wilson a beau déclarer: «Cannes est une femme.» Pourtant, pour la seconde fois en 68 ans seulement, une réalisatrice, Emmanuelle Bercot donc, assurait l\u2019ouverture du chic festival, après A Man in Love de Diane Kuyys en 1987.Ça faisait un bail.Etrange choix de morceau d\u2019ouverture, toutefois.Il est d\u2019usage de démarrer le festival sur VOIR PAGE A 8 : CANNES Attentat d\u2019Ottawa ET Loi antiterroriste La GRC a orchestré la diffusion de la vidéo MARIE VASTEL Correspondante parlementaire à Ottawa Ce n\u2019est pas un hasard si la vidéo de Michael Zehaf-Bibeau a été rendue publique à la veille de l\u2019étude du projet de loi antiterroriste des conservateurs.La Gendarmerie royale du Canada a beau être une entité indépendante du gouvernement, elle a soigneusement orchestré la diffusion de cet enregistrement afin de s\u2019assurer, de son propre aveu, qu\u2019elle n\u2019éclipse pas les débats sur C-51.Lorsque la GRC a décidé d\u2019accepter l\u2019invitation d\u2019un comité parlementaire et d\u2019y présenter la vidéo de l\u2019auteur de l\u2019attentat d\u2019octobre dernier au parlement, l\u2019opposition a rapidement soupçonné qu\u2019elle le faisait de manière à promouvoir la rhétorique antiterroriste du gouvernement de Stephen Harper, qui venait de déposer son projet de loi C-51.Le commissaire Bob Paulson a même pris acte de cette impression.«Je sais pertinemment que le gouvernement présente de nouvelles dispositions législatives pour renforcer la lutte contre le terrorisme», avait-il consenti au Comité de la sécurité publique, en mars dernier.«La diffusion d\u2019une telle vidéo pourrait apparaître comme une tentative d\u2019influencer cette démarche.Je tiens à vous assurer que ce n\u2019est pas mon intention», avait souligné M.Paulson aux députés.VOttawa Citizen a mis la main sur un document de la GRC préparé en vue de la comparution de M.Paulson.Sa déclaration, récitée au début de la rencontre du comité de la sécurité publique, y est reproduite.De même qu\u2019une «stratégie de communication».La note \u2014 obtenue par le quotidien d\u2019Ottawa en vertu de la Loi sur l\u2019accès à l\u2019information et consultée par Le VOIR PAGE A 8 : GRC Michael Zehaf-Bibeau Aujourd\u2019hui Actualités > Le Canadien français.Une chronique de Michel David.Page A 3 Économie > La saga Nortel, premier tome.On ignore encore la somme précise sur les 7,3 milliards qui reviendra aux 20 000 retraités canadiens.Page B 1 Actualités > Ville de Montréal.Des trottoirs chauffants pour la rue Sainte-Catherine.Page A 5 .A ' L 'i i lI.'' Avis légaux.Décès Météo Mots croisés.Petites annonces.Sudoku.B4 A4 B6 B6 A4 A5 whTi AGENCE ERANCE-PRESSE Le bilinguisme est très présent dans la francophonie.Identité linguistique Être, parler et penser « bilingue » CATHERINE LALONDE Chercheur en psycholinguistique et professeur honoraire de l\u2019Université de Neuchâtel, le Français François Grosjean s\u2019intéresse depuis des années au bilinguisme.Et plus particulièrement à cette approche qu\u2019il nomme « holistique » et qu\u2019il défend depuis 1985.Selon lui, «la coexistence et l\u2019interaction de deux ou plusieurs langues chez le bilingue ont créé un ensemble linguistique qui n\u2019est pas décomposable», ex- plique-t-il dans Parler plusieurs langues.Le monde des bilingues (Albin Michel), son plus récent ouvrage.Alors que la mondialisation et l\u2019économie de marché semblent trop souvent mener au tout-à-l\u2019anglais, pendant que les libéraux instaurent le programme d\u2019anglais intensif pour les élèves de G*\" année et que l\u2019on continue en parallèle de s\u2019inquiéter de la protection de la langue française, la lecture est à propos.VOIR PAGE A 8 : BILINGUISME L\u2019Assomption est mise sons tutelle La Commission municipale recommande la destitution du maire Jean-Claude Gingras MARTIN OUELLET à Québec Conduite abusive, suspensions arbitraires, intrusions dans la vie privée d\u2019employés, conflits d\u2019intérêts : le régime du maire de L\u2019Assomption, Jean-Claude Gingras, vient de prendre fin.Le ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau, a ordonné mercredi la mise sous tutelle de la municipalité de Lanaudière à la suite du dépôt d\u2019un rapport accablant de la Commission municipale du Québec (CMQ).«La succession de départs pour congé de maladie des cadres devant s\u2019absenter du travail pour incapacité à continuer leurs tâches en raison de l\u2019atmosphère créée par le maire et par l\u2019ex-directeur général et de l\u2019attitude de ceux-ci fait en sorte qu\u2019aujourd\u2019hui, il y a un dysfonctionnement structurel à la Ville», a expliqué M.Moreau en conférence de presse.«Et, en cas de dysfonctionnement administratif c\u2019est le constat fait par la Commission municipale, la tutelle devient une recommandation que nous avons acceptée», a-t-il ajouté.Remis au gouvernement au début du mois, le rapport de la CMQ formule 29 blâmes, adres- VOIR PAGE A 8 : TUTELLE 77831303445520 A 2 LE DEVOIR LE JEUDI 14 MAI 2015 ACTUALITES ANDREW VAUGHAN LA PRESSE CANADIENNE L\u2019étude de Statistique Canada montre des résultats différents pour les jeunes autochtones vivant hors réserves et l\u2019ensemble des jeunes Québécois.ACTIVITÉS PARASCOLAIRES Un coup de pouce pour les élèves autochtones KARL RETTINO-PARAZELLI La participation régulière à des activités parascolaires favorise l\u2019obtention d\u2019un diplôme d\u2019études secondaires (DES) chez les jeunes autochtones vivant à l\u2019extérieur des réserves, révèle une nouvelle étude de Statistique Canada publiée mercredi.Une tendance claire qui n\u2019est cependant pas généralisée, du moins pour l\u2019instant, à l\u2019ensemble des jeunes Québécois.L\u2019étude s\u2019appuyant sur l\u2019Enquête auprès des peuples autochtones de 2012 démontre qu\u2019««7 existe une corrélation positive entre la participation à ces activités et l\u2019obtention d\u2019un diplôme d\u2019études secondaires au plus tard à 18 ans».Pour en arriver à cette conclusion, les auteurs du rapport ont séparé les activités parascolaires en trois catégories : sportives, artistiques et par l\u2019entremise de groupes ou de clubs.En 2012, les jeunes hommes autochtones vivant à l\u2019extérieur des réserves qui ont participé à des activités sportives chaque semaine avaient une probabilité de 68% d\u2019obtenir un DES au plus tard à 18 ans, comparativement à 55% chez ceux qui ont pris part à moins d\u2019une séance hebdomadaire. Immigration Aveuglé, peut-être, mais non par volonté de spiétrie GRAHAM FRASER Commissaire aux langues officielles J- ai lu avec intérêt / l\u2019éditorial d\u2019Antoine Robitaille, qui a caractérisé mon rapport annuel portant I sur l\u2019immigration comme un exemple de «symétrie aveuglante».Je crois qu\u2019il a mal lu mes recommandations et qu\u2019il a déformé mes intentions.Loin d\u2019appliquer un principe de symétrie, mes recommandations tiennent compte de la réalité distincte du Québec; des neuf recommandations visant Citoyenneté et Immigration Canada (CIC), seules les deux dernières traitent de l\u2019immigration anglophone au Québec.Reconnaissons que le système d\u2019immigration au Canada est fondamentalement asymétrique.Grâce à l\u2019entente Canada-Québec, qui date de l\u2019entente Cullen-Couture il y a 35 ans, le Québec a une auto- Le déclencheur «Pour le commissaire aux langues officielles, peu importe la réalité; l\u2019important, c\u2019est la symétrie.\u201cLes difficultés que connaissent les communautés anglophones du Québec en matière d\u2019immigration sont similaires à celles que doivent surmonter les communautés francophones du pays \u201d, écrit Graham Fraser dans son rapport annuel 2014-2015.Similaires, vraiment?Sur quels plans ?Les communautés anglophones parlent l\u2019anglais, langue massive du continent nord-américain, mais aussi langue internationale, de la technologie, du commerce.Le français est aussi international, mais ne compte en ce continent qu\u2019un seul foyer principal, le Québec.Il a donc besoin d\u2019un coup de pouce.Pas de se faire mettre sur un pied d\u2019égalité factice avec une langue mammouth.» Antoine Robitaille, «Symétrie aveuglante».Le Devoir, 8 mai 2015.nomie complète en immigration.C\u2019est le Québec qui établit les cibles, qui recrute, qui choisit, qui accueille et qui accompagne les immigrants.Rien dans mon rapport ne vise à changer ces faits ni à recommander une augmentation de l\u2019immigration anglophone.Par contre, CIC a quelques responsabilités globales en im- migration et, comme toute institution fédérale, une obligation légale de prendre des mesures positives pour l\u2019épanouissement des communautés de langue officielle en situation minoritaire.Recherches Le ministère a déjà pris l\u2019engagement de faire des recherches ADRIAN WYLD PC Graham Fraser sur l\u2019immigration anglophone au Québec, car c\u2019est un phénomène très peu étudié.La façon dont il s\u2019y prend fait cependant en sorte que les institutions de la communauté anglophone peuvent difficilement avoir accès à ce financement.Je recommande donc que la recherche soit mieux ciblée pour tenir compte des besoins des communautés.La deuxième recommandation indique que CIC devrait tenir compte de ses obligations pour prendre des mesures positives pour les communautés anglophones, en particulier pour faciliter leur intégration en régions, où ils sont moins nombreux.Certaines réactions au rapport ne tiennent pas compte du fait que j\u2019y traite également d\u2019éléments positifs.Prenons l\u2019exemple de l\u2019initiative du maire de Québec, Régis Labeaume, d\u2019organiser un forum sur l\u2019accueil des immigrants anglophones dans la région de Québec et de souligner l\u2019importance des organisations de la communauté anglophone dans l\u2019accueil et dans l\u2019intégration des immigrants anglophones, à la société québécoise.A ce forum organisé par le maire, j\u2019ai entendu des témoignages éloquents sur l\u2019aide que Voice of English-Speaking Québec a fournie aux immigrants anglophones qui avaient be- soin d\u2019outils d\u2019adaptation à la société québécoise.Une question existentielle sous-tend ces réactions à mon rapport.Le Québec est-il une société francophone majoritaire ou minoritaire?S\u2019il s\u2019agit, comme je le crois, d\u2019une société francophone majoritaire, dont la langue publique est le français, avec une industrie de télévision, de cinéma, de musique, de spectacles et d\u2019édition en français, et d\u2019une société d\u2019accueil pour des immigrants, avec une minorité anglophone, elle devrait considérer cette minorité comme un atout, avec des institutions communautaires qui ont le droit de s\u2019épanouir, et non comme une menace.Si, comme le prétend M.Robitaille, je suis aveuglé, ce n\u2019est pas par une volonté de symétrie, mais plutôt par égard pour la force de la société québécoise, pour sa capacité d\u2019intégration des immigrants et pour son respect du pluralisme et de sa minorité anglophone.L\u2019EQUIPE DU DEVOIR REDACTION Véronique Chagnon et Louis Gagne (adjoints a la direction de l information) Antoine RobitaïUe et Guy TaïUefer (éditorialistes responsables de la page Idees) Michel Garneau (caricaturiste) Jacques Nadeau (photographe) Michael Mourner et Ohvier Zuida (recher chistes photos) information generale IsaheWel\u2019a.re (chtf^ de division) lAsayiane Germais (education) MexanàreShielàs (environnement) Amehe Daoust Boisvert fsawfej Pauline Gravel fsciewcesj Fabien Deglise fsociefej ieanOion (sports) Brian Myles Jessica Nadeau Philippe Orfah et Karl Rettmo Parazelh (reporters) information politique Marco Fortier (chef de division) Michel T>a-vià(chroniqueur) Helene Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires a Ottawa) Marco Belair Cirino et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires a Quebec) ieanne Corri'veaa (affaires municipales Montreal) IsaheWe l\u2019orter (affaires municipales Quebec) Guillaume Bourgault Cote LreAorterJ\tCarÿeaüer (pupitre) information culturelle Cathervae-ljaXoaàe- (responsable du cahier Livres) Odile Tremblay tciwewiaj Stéphane BaïUargeon (médias) François I^vesque et Carohne MontpeùtLreJJortersJ Benoit Munger et Plnhppe 'Pa\\>vaeavi(pupitre) information economique Gerard Berube (chef de division) François Desjardins et Eric Desrosiers (reporters) Gerald DaUaire (pupitre) information internationale Jean Pierre I^gault (pupitre international page editoriale et cahier Perspectives J Soplne Chartier et Jean Frederic I^gare Tremblay (pupitre) section art de vivre Diane Precourt (responsable des cahiers Week end et Plaisirs) Ixiic Hamon (cahiers spéciaux) eqmpe internet.I^aurence Clavel Marie Pier Frappier et Genevieve Tremblay (pupitre) Martm Blais Annabelle Caillou Jusùne Daneau Florence Sara G Ferrans et Corahe Mensa (assistants) correction Andreanne Bedard Isabelle Dowd CJtrisùne Dumazet et Michele Malenfant soutien a la redaction Amehe Gaudreau (secretaire) I.aura Pelletier et Arnaud Stopa (commis) DOCUMENTATION Manon Derome (Montreal) Demse Indoux (Ottawa) Dave Noel (Quebec) PUBOCITE Mehsande Simard (adjointe par interim) Jean de Billy Jean François Bosse Marlene Cote Evelyne De Varennes Amel Ehmam Claire Paquet Chantal RainviUe et Nadia Sebai (publicitaires) Sylvie I^aporte (avis legaux) Amehe Maltais (coordonnatrice) I^aurence Hemond (secretaire) PRODUCTION Bruno Dubois Chma Marsot Wood Yanmck Morin et Nathahe Zemaiùs INFORMATIQUE Yamck Martel (administrateur web) Imane Boudhar (analyste programmeur) Hansel Matthews (technicien informatique) PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Genevieve O Meara (coor donnatrice des communications et de la promotion) Catherine Genùlcore (coordonnatrice du service a la clientele) Manon Blanchette Marie Lune Houde Brisebois Nathahe Fihon et Kevm McKissock ADMINISTRATION Olena Bilyakova (reponsable des services comptables) Claudette Behveau (adjointe administrative) Florenùna Draglnci et Xavier Pigeon (par interim) A 8 LE DEVOIR LE JEUDI 14 MAI 2015 ACTUALITES CANNES SUITE DE LA PAGE 1 un film grand public, américain ep général, qui délasse tout au plus.À l\u2019opposé, La tête haute s\u2019est révélée une oeuvre très franco sociale.La présence de Deneuve à sa distribution, star au long cours du cinéma national, lui valut cet honneur ; on le comprend.Ce film pose sa caméra mobile sur un jeune délinquant violent (l\u2019excellent Rod Paradot, une découverte) qu\u2019une femme juge (De-neuve) et un éducateur (Benoît Magimel) tentent au long des ans de rescaper contre lui-même.Plus tôt en conférence de presse, Deneuve s\u2019était déclarée ravie par ce choix atypique : «Je trouve intéressant qu\u2019un festival international comme Cannes ouvre avec un filtt} d\u2019auteur plutôt que grand public.» À ses yeux, La tête haute est une œuvre utile «en réponse à une année assez difficile qu\u2019on a connue en Europe et surtout en France».La blonde actrice faisait référence aux événements de Charlie Hebdo, à la vague d\u2019attentats qui résonnent encore dans tout le pays.Et la cinéaste Emmanuelle Ber-cot, qui s\u2019est beaucoup documentée sur le système de justice des mineurs, de renchérir : «Les jeunes hommes ayant perpétré ces attentats ont eu des parcours d\u2019enfance très difficiles, qui ressemblent à ceux VALERIE HACHE AGENCE ERANCE-PRESSE De droite à gauche, l\u2019acteur Benoît Magimel, l\u2019actrice Catherine Deneuve, la réalisatrice Emmanuelle Bercot et l\u2019acteur Rod Paradot ont défilé sur le tapis rouge avant la projection de leur film La tête haute.que j\u2019ai pu voir dans les bureaux des juges.» Le film, n\u2019est pas sans qualités, remarquez : on salue son courage et l\u2019énergie rageuse du jeune acteur.Mais La tête haute manque d\u2019envergure et de ressorts dramatiques.Sara Eorestier, qui incarne la mère immature, en fait des tonnes, et le dénouement feel good movie affiche les ficelles des bons sentiments.Trop exemplaire, ce portrait de la juge et des éducateurs modèles.La sincérité du film surgit pourtant entre les cris du garçon, dans des scènes de bagarres qui s\u2019enflamment à chaque instant, à travers un aspect quasi documentaire.Tourné en partie au centre de détendon pour mineurs à Meyzieu, les surveillants du lieu ont joué leur propre rôle.Ça se sent, mais le film est mineur.Le jeune Rod Paradot, vrai talent à suivre, interrogé sur son avenir d\u2019acteur, répondait avec un sourire : «Je préfère garder la tête haute, mais froide.» Côté thème, plusieurs comparaient La tête haute à Mommy de Xavier Dolan, moins l\u2019effet coup de poing.«Quelle est la vraie matrice de La tête haute.Mommy ou madame la juge ?» demandait une voix à Télérama.La réponse s\u2019est laissé oublier sans marquer personne.J\u2019ai vu, mais pas entier je l\u2019avoue, à cause d\u2019un conflit d\u2019horaire, le film du Japonais Hirokazu Kore-eda Notre petite sœur.Ce cinéaste japonais, très prisé à Cannes, nous avait donné le chef-d\u2019œuvre Nobody Knows en 2004, mais a tendance depuis à appuyer le trait.11 avait remporté le Prix du jury avec Tel père, tel fils en 2013, bien moins fort que ses œuvres précédentes.Mais plus commerciale.Notre petite sœwr jouait dans ces eaux-là.C\u2019est l\u2019histoire de trois sœurs qui, après les funérailles d\u2019un père disparu de leur vie 12 ans plus tôt, recueillent leur demi-sœur adolescente.C\u2019est charmant, mais tout en surface, avec une musique qui enterre les émotions.Décevant! Aujourd\u2019hui, la furie Mad Max s\u2019empare de la Croisette, qui adore Hollywood.On vous en reparle, comme du film Taie of Taies de Matteo Garrone.Le Devoir Lire aussi > 68^ Festivai de Cannes.Sauter dans l\u2019arène d\u2019un jury.Page B 8 TUTELLE SUITE DE LA PAGE 1 sés principalement au maire Gingras et à l\u2019ex-directeur général Jean Lacroix.Ces blâmes portent entre autres sur la gestion des ressources humaines et le processus d\u2019attribution des contrats.Plus spécifiquement, la CMQ dénonce l\u2019ingérence du maire dans la gestion des affaires courantes, ses nombreuses interventions afin de favoriser son propre commerce et son intervention dans une opération policière afin de faire cesser la rédaction de constats d\u2019infraction.On y souligne aussi la conduite abusive du maire à l\u2019égard des gestionnaires, son intrusion injustifiée dans la vie privée d\u2019employés par la fouille abusive d\u2019ordinateurs ou de cellulaires, ou encore par la filature de certains membres du personnel de la Ville.La CMQ recommande que des procédures en destitution soient intentées contre le maire.Parmi les motifs invoqués figure un incident au cours duquel M.Gingras a voulu empêcher la rédaction de constats d\u2019infraction en s\u2019emparant de l\u2019original des constats dans le bureau du directeur de police.11 s\u2019est aussi immiscé dans des procédures concernant son commerce avec la municipalité, en demandant d\u2019avoir accès aux informations réservées à la poursuite.«Très clairement, ce qui est le plus grave, c\u2019est le fait que le maire se soit ingéré dans des dossiers dans lesquels il avait lui-même un intérêt par l\u2019intermédiaire de son commerce pour avoir une influence sur le résultat des procédures, et son intervention alors qu\u2019il s\u2019est emparé des originaux des constats d\u2019infraction rédigés par la police au cours d\u2019une opération policière tenue un week-end», a relaté M.Moreau.Toujours en selle Malgré tout ce qui lui est reproché, le maire Gingras pourra poursuivre son mandat électoral obtenu en 2013, mais n\u2019aura plus aucune emprise sur l\u2019administration municipale.«Il n\u2019y a pas d\u2019élection anticipée parce que les gens sont en poste, sauf sous réserve du recours qui pourrait être intenté par la procureure générale pour obtenir la disqualification du maire.Dans l\u2019intervalle, les mandats se poursuivent», a souligné le ministre.S\u2019il décide de s\u2019accrocher à ses fonctions, le maire Gingras se retrouvera isolé, dépourvu de tout pouvoir effectif.De fait, tous ces pouvoirs ont été confiés par la CMQ aux délégués Denis Michaud et Martine Savard.Leur mandat est d\u2019une durée indéterminée et se terminera lorsque la CMQ estimera que le retour au fonctionnement normal est établi.«Aucune décision du conseil municipal ne pourra avoir effet, aucune dépense ne pourra être engagée, aucun geste ne pourra être posé, aucun congédiement ne pourra être effectué, aucune embauche ne pourra être faite sans que ces décisions-là soient approuvées par la Commission municipale du Québec», a précisé M.Moreau.Le sort du maire repose entre les mains de la procureure générale et ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, qui doit décider si elle intente contre lui une procédure en destitution.Jean-Claude Gingras Le ministre a dit souhaiter que M.Gingras tire lui-même ses conclusions et se retire de la vie politique.«Le dossier est suffisamment sérieux, je pense, pour qu\u2019il fasse une réflexion lui-même sur son avenir dans ces fonctionsdà», a-t-il dit.Citoyens satisfaits Jean-Claude Gingras a refusé la demande d\u2019entrevue du Devoir, préférant d\u2019abord digérer le volumineux document le concernant.«Je suis content pour la tutelle.Pour le reste, on verra.Je vais prendre le temps de lire le rapport», s\u2019est-il contenté de répondre.La mise sous tutelle de L\u2019Assomption est une «sage décision » dans le contexte actuel, juge quant à lui le porte-parole du regroupement de citoyens Pour L\u2019Assomption, Claude Quellet.Ce groupe a été créé il y a un an en réaction aux plaintes formulées contre le maire en poste.Selon M.Quellet, un ancien président de la Chambre de commerce de L\u2019Assomption, Jean-Claude Gingras est un «intimidateur», un «manipulateur» et un «beau parleur», mais aussi un «incompétent».«Il n\u2019avait plus de crédibilité depuis des mois, mais il réussissait encore à convaincre certaines personnes avec ses histoires, raconte-t-il.Avec la tutelle, il ne pourra plus faire et dire n\u2019importe quoi.Ça va redonner confiance aux citoyens.» Rappelons qu\u2019en plus des constats du rapport de la CMQ, le maire Gingras fait face à des accusations d\u2019abus de confiance et de conduite avec les facultés affaiblies.Les procédures judiciaires se poursuivent dans ces deux dossiers.Avec Le Devoir La Presse eanadienne GRC SUITE DE LA PAGE 1 Devoir \u2014 explique que le commissaire se présentera au comité pour présenter la fameuse vidéo enregistrée le 22 octobre, quelques minutes avant que Zehaf-Bibeau tue le caporal Nathan Cirillo et entre armé au parlement.«L\u2019approche proposée ci-dessous garantira que l\u2019attention portée à la vidéo soit très élevée au cours de la fin de semaine, mais que l\u2019enjeu se calme en début de semaine pour que l\u2019accent soit sur les audiences du projet de loi C-51 », stipule le document.Invité à comparaître dès la mi-février, M.Paulson a répondu le 3 mars pour témoigner le 6, soit le vendredi d\u2019une semaine de relâche parlementaire \u2014 alors que le comité ne devait pas se réunir.Le même comité parlementaire a étudié le projet C-51 le mardi suivant.La GRC avait en outre prévu des «questions-réponses » pour son patron, vraisemblablement pour le préparer aux interrogations des députés et des médias.La première: pourquoi avez-vous mis tant de temps à rendre publique la vidéo?Réponse rédigée pour M.Paulson: «A ce moment-ci de l\u2019enquête, il est désormais possible de rendre publique la majorité de la vidéo pour vous aujourd\u2019hui.J\u2019ai profité de l\u2019invitation de ce comité pour présenter la vidéo au moment où cela était possible et dans l\u2019intérêt supérieur du public.» Au comité, le commissaire a justement affirmé qu\u2019il «n\u2019est pas dans les habitudes de la GRC» de discuter des preuves recueillies alors qu\u2019une enquête est toujours en cours.«La GRC tient à son autonomie dans la conduite de ses activités et la défend scrupuleu- ERED CHARTRAND LA PRESSE CANADIENNE Le commissaire de ia Gendarmerie royaie du Canada (GRC) Boh Pauison sement.» Mais le corps policier a choisi de «dévier légèrement de ce protocole dans ce cas-ci, par égard pour la demande de votre comité et pour le vif intérêt public que cette affaire suscite», avait-il plaidé en reprenant habilement les consignes de son bureau.Un ordre d\u2019en haut?Le critique du NPD en matière de sécurité publique voit dans ce document la preuve que le gouvernement s\u2019est servi de la vidéo pour promouvoir sa loi antiterroriste.« Cela fait partie d\u2019un pattern entourant C-51, où tout devient hyperpolitique plutôt qu\u2019une question de politique publique», a déploré le député Randall Garrison au Citizen.Son chef Thomas Mulcair s\u2019est fait plus prudent, s\u2019abstenant de critiquer l\u2019autorité policière et faisant valoir qu\u2019il faut «toujours pouvoir garder la confiance en nos services de sécurité».Dès le départ, a-t-il rappelé, le NPD s\u2019est inquiété de voir la GRC se raviser, après avoir promis de montrer la vidéo rapidement à l\u2019automne.«Après, effectivement, le \u201ctiming\u201d a changé.On s\u2019était toujours posé la question.Mais voilà, on commence à avoir des explications», a commenté le chef néodémocrate, en refusant d\u2019en dire plus.Le leader libéral s\u2019est fait tout aussi circonspect.«Je vais continuer de faire confiance à la GRC et à nos agences de sécurité», a simplement affirmé Justin Trudeau.Le gouvernement se défend La GRC n\u2019a pas répondu aux questions du Devoir mercredi, notamment à savoir si la date de comparution de M.Paulson lui avait été ordonnée ou suggérée par le gouvernement ou l\u2019un de ses ministres.Le ministre de la Sécurité publique a nié avoir dicté à la GRC de retarder la diffusion de la vidéo pour qu\u2019elle survienne juste à temps pour aider au débat sur la loi antiterroriste.«Absolument pas, a répondu Steven Bla-ney aux Communes.Les enjeux en matière opérationnelle relèvent de la GRC et ils ont toute ma confiance.» Son collègue à la Justice, Peter MacKay, a lui aussi rétorqué qu\u2019il n\u2019avait « absolument pas » transmis de directives à la GRC.Le dossier de la GRC indique en outre que la Police provinciale de l\u2019Qntario poursuit son enquête sur les gestes de la Gendarmerie royale ce jour-là.Dès que son rapport sera terminé, que la GRC l\u2019aura étudié et qu\u2019elle aura répondu aux conclusions, «nous serons alors en mesure de déterminer s\u2019il [le rapport d\u2019enquête] sera rendu public», stipule la réponse préparée pour le commissaire Paulson.Le Devoir ¦ François Orosj»\t\t\u201e .Parler plusieurs langues Le monde des bilingues\t\t \t\t .\t\\1-1V M\u201e\u201eh.\t¦ BILINGUISME SUITE DE LA PAGE 1 «Un bilingue n\u2019est pas deux ou plusieurs monolingues en une seule personne, mais un être de communication à part entière, écrit François Grosjean.Afin de converser avec les personnes qui l\u2019entourent, le bilingue se sert d\u2019une langue, de l\u2019autre ou des autres, ou de plusieurs à la fois sous la forme d\u2019un \u201cparler bilingue \u201d, à savoir l\u2019utilisation d\u2019une langue de base à laquelle s\u2019ajoutent des éléments d\u2019une autre langue sous forme d\u2019alternances de codes et d\u2019emprunts de mots ou d\u2019expressions.[.] En somme, le bilingue a sa propre identité linguistique qui doit être analysée et décrite en tant que telle.» Diversité François Grosjean, on le comprend en le lisant, ne serait pas du genre à être outré par la prose des Lisa LeBlanc et Dead Qbies.L\u2019homme se réjouit au contraire de voir «les alternances de codes, jusqu\u2019ici utilisées de manière assez discrète dans certains milieux car souvent critiquées», faire leur apparition «dans le monde de la chanson et de la littérature».11 nomme ainsi les chansons raï-français de Cheb Akil («nthannaw men la souffrance / kul jum \u2018umri diri confiance / zidi Sbri tanhar l\u2019alliance»).Gu le travail de l\u2019Hispano-Améri-caine Susana Châvez-Silver-man, qui espère en tissant l\u2019anglais à l\u2019espagnol encourager les auteurs de la minorité à ne pas choisir entre leurs différentes langues.Résultat?Comprenne qui pourra.«Como northern Califas girl, of course, habia visto mucho nature espectacule; the Pacific Gcean como yarda de enfrente, for starters, y los sequoia giant redwoods.Yes, especially los redwoods.» Les emprunts, souvent adaptés à la langue d\u2019accueil, tel un «je vais checker ça.», ne lui semblent pas davantage impuretés.Entre autres parce que ces alternances de codes et insertions spontanées «ont lieu principalement en mode bilingue dans un contexte où il est acceptable d\u2019utiliser le parler bilingue».Par courriel, le spécialiste précise : «Je ne suis pas du tout convaincu que le français du Québec est sur la voie de la créolisation.C\u2019est une langue de communication et de culture, bien vivante et bien ancrée.Cela me rappelle l\u2019éternel débat du franglais en France.On nous promet une décadence, puis une perte de notre langue depuis des décennies alors qu\u2019elle est forte, vibrante et internationale.La vôtre, la nôtre en fait, est dans le même cas.Quant aux bilingues qui passent d\u2019une langue à l\u2019autre, cela est normal, mais cela ne veut pas dire qu\u2019un jour ils parleront un mélange (ou créole) des deux; non, ils continueront à parler les deux, la plupart du temps séparément d\u2019ailleurs, car le parler bilingue est restreint à certains domaines et contextes.» Grosjean rappelle aussi que le Québec est linguistiquement composite, et le deviendra, immigration oblige, probablement davantage.L\u2019historique tension français-anglais peut se déliter.Les langues autochtones, celles issues des migrations doivent être considérées, valorisées, sans que cela soit pris pour un reniement de l\u2019identité francophone.Français pur?D\u2019autant que le bilinguisme est très fort dans la francophonie.Selon les chiffres de 2010 de l\u2019Gbservatoire de la langue française, le pourcentage de la population de 10 ans et plus qui lit et écrit le français est rarement monolingue.«Cela reflète déjà un bilinguisme avec leur langue première», écrit Grosjean.Gn peut penser à l\u2019Afrique \u2014 le Congo (78%), le Gabon (73%), la République démocratique du Congo (68%) et la Tunisie (64%) ont de très hauts taux de bilinguisme \u2014, mais «dans les pays avec le français pour langue officielle, il est rare que le pourcentage descende au-dessous de 30%», rappelle l\u2019auteur dans son ouvrage.Pour François Grosjean, le plan des libéraux d\u2019accorder un nombre plus grand d\u2019heures à l\u2019enseignement de l\u2019anglais est discutable quant à son efficacité.«L\u2019enseignement traditionnel des langues, écrit-il dans Parler plusieurs langues, qui reste l\u2019approche dominante dans les programmes scolaires, ne transforme pas de petits monolingues en bilingues: combien d\u2019enfants ayant suivi plusieurs années de cours d\u2019une seconde langue arrivent à s\u2019en servir couramment dans la vie de tous les jours ?» Le nombre d\u2019heures plus grand accordé à l\u2019enseignement de l\u2019anglais (1200) est encore bien loin du nombre d\u2019heures d\u2019exposition estimé pour qu\u2019un enfant devienne bilingue (2700).Par contre, des études sur des expériences d\u2019immersion ont montré que ces dernières peuvent produire certains des avantages cognitifs associés au bilinguisme.Est-ce une motivation suffisante ?Le Devoir PARLER PLUSIEURS LANGUES Le MONDE DES BILINGUES François Grosjean Albin Michel Paris, 2015, 234 pages LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9® étage, Montréal (Québec), H3A3M9 ® Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 D Le Devoir sur ledevoir.com GG sur Facebook et sur Twitter La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel\tredaction@ledevoir.com Par télécopieur\t514\t985-3360 Publicité Au téléphone\t514\t985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais)\t1 800 363-0305 Par télécopieur\t514\t985-3390 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone\t514\t985-3344 Par courriel\tavisdev@ledevoir.com Par télécopieur\t514\t985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone\t514\t985-3322 Par télécopieur\t514\t985-3340 A.bonnenientS (lundi avendredl, 7h30 a 16h30) Au téléphone\t514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel\tabonnements@ledevoir.com Par télécopieur\t514 985-5967 Agenda culturel Par courriel agenda@ledevoir.com Le Devoir peut, a l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnes a la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces orgamsations, veuillez en avertir notre service a la clientele Le Devoir est pubhe du lundi au samedi par Le Devoir me dont le siege social est situe au 2050, rue De Bleury, 9® etage, Montreal (Quebec), H3A 3M9 II est imprime par Imprimerie Mirabel me , 12800, rue Brault, Saint Janvier de Mirabel, division de Québécor Media, 612, rue Saint Jacques Ouest, Montreal, qui a retenu pour la region de Quebec les services de l\u2019impnmene du Journal de Quebec, 450, avenue Bechard, Quebec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint Jacques Ouest, Montreal Envoi de publication \u2014 Enregistrement n° 0858 Dépôt legal Bibliothèque et Archives nationales du Quebec, 2007 "]
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.