Le devoir, 30 mai 2015, Cahier A
[" LeMBAM entre dans le secret de l\u2019atelier de Rodin Page E 1 Jean Narrache : la voix d\u2019un Québec paumé Page F1 -?www.ledevoir.corn ?\u2014 k Bugingo reconnut des «erreurs de jugement» Page a 2 LE DEVOIR Vol.C V I N° 1 1 9 LE DEVOIR, LES SAMEDI 30 ET DIMANCHE 31 MAI 2015 2,83 $+taxes=3,25 $ Le séisme au Népal, un mois après RENAUD PHILIPPE LE DEVOIR Le père du jeune Anil Gurung, Kam Bahadur, fume sous la tente après avoir pris le thé du matin.Remettre la vie en marche sans les touristes Un peu plus d\u2019un mois après le séisme au Népal, alors que le financement des secours s\u2019essouffle, la reconstruction s\u2019annonce longue et éprouvante.Le tourisme, principale activité économique du pays, souffre aussi déjà de la désertion des étrangers.Laprak, village du district de Gorkha, constitue un microcosme emblématique à ce titre.SARAH R.CHAMPAGNE à Laprak Thoroooo!» Au moins 25 personnes s\u2019agglutinent sous une bâche, crient et ta- pent dans le dos d\u2019une femme désignée en lui nouant une corde autour du cou.Rire, sueur et riz à la figure sous la tente.«La mort est partie sur son chemin, ceux qui sont vivants vont continuer le leur alors il faut les protéger», explique en observateur Anil Gurung dans un français qui surprend à ces altitudes.La cérémonie qui rompt le deuil rituel hindou de 13 jours se déroule au milieu d\u2019un camp de déplacés de Laprak.On aperçoit le village en contrebas, à 600 ou 700 mètres, suspendu dans le vide.Et même si «la vie doit reprendre», comme le clame cette cérémonie, elle a fait plusieurs pas en arrière.VOIR PAGE A 10 : NÉPAL Des wagons de brut albertain sillonneront le Québec Chaque jour, 220 wagons alimenteront un nouveau port pétrolier situé au Nouveau-Brunswick ALEXANDRE SHIELDS Un autre projet d\u2019exportation de pétrole des sables bitumineux traversant le Québec est en voie de se réaliser.Cette fois, plus de 220 wagons chargés de brut albertain sillonneront chaque jour le territoire de la province et le cœur de plusieurs municipalités, pour alimenter un futur port du Nouveau-Brunswick.Même si le projet soulève de vives inquiétudes, le Québec est quasi impuissant puisque le transport ferroviaire est de compétence fédérale.Le Devoir a appris que l\u2019entreprise Chaleur Terminais inc.(CTI) a obtenu récemment le permis de construction de son port pétrolier d\u2019exportation qui sera situé à Belledune, sur les rives de la baie des Chaleurs.Cette filiale de la société albertaine Secure Energy souhaite y construire un parc de réservoirs de pétrole, mais aussi deux pipelines qui serviront à charger les pétroliers qui viendront s\u2019amarrer au quai.Le projet doit créer 30 emplois permanents, estime CTL Selon ce qu\u2019a indiqué cette semaine le vice-président de l\u2019entreprise, John Levson, les travaux pourraient être lancés dès cette année.«Nous anticipons toujours que la construction commencera à VOIR PAGE A 10 : WAGONS Aujourd\u2019hui Actualités > Pensionnats autochtones : une commission pour la paix des âmes.La Commission de vérité et réconciliation rend son rapport mardi.Page A 7 Perspectives > La bonne entente?Barrette en a surpris plusieurs avec Tentente signée cette semaine avec les omnipraticiens.Mais le patient perd-il au change ?Page B 1 7\t, \u2014.Avis légaux.Carrières.Décès Mots croisés.Petites annonces.Sudoku.C7 C4 C8 D4 C8 D4 Au CŒUR DU DJIHAD L\u2019arracheuse d\u2019enfants Radicalisation.C\u2019est le terme à la mode, le mot équivoque par excellence.Que sait-on des jeunes envoûtés par le djihad armé?Avant d\u2019aller relever de nouveaux défis comme professeur à l\u2019Université du Québec à Montréal, Brian Myles se penche sur cet épiphénomène qui dépasse largement le cadre de la lutte contre le terrorisme et signe ici son dernier dossier pour Le Devoir.BRIAN MYLES Ctt est une lettre à fendre le cœur, / les adieux d\u2019une adolescente modèle à sa mère.«Maman, juste un mot.J\u2019irai là-bas réussir mon épreuve d\u2019Allah.Même si je pars pour un pays en guerre, j\u2019essayerai d\u2019être bien.Tu voulais mon bonheur, j\u2019ai trouvé mon bonheur.Ac- cepte mon choix.Tu essaies d\u2019être une bonne mère pour moi.Je t\u2019aime comme Allah l\u2019a permis, à la folie, mais j\u2019aime Allah avant tout.Et quand je ne serai plus là, j\u2019espère que tu diras: \u201cJe suis fière de ma fille.\u201d Je penserai toujours à toi.Quoi qu\u2019il arrive.Je m\u2019occupe de mes frères et sœurs là-bas sans parents.Là-bas, je m\u2019occuperai d\u2019eux comme si j\u2019étais leur propre maman.» Cette adolescente belge fait partie d\u2019un contingent mondial de plus de 20 000 personnes hypnotisées par l\u2019islam radical au point de tout laisser derrière eux \u2014 femmes, parents, amis et enfants \u2014 pour aller combattre dans les ruines de l\u2019Irak et de la Syrie.Au Canada, plus de 100 convertis au djihad se seraient joints au groupe Etat islamique (El).Le Québec n\u2019y échappe pas.Depuis le début de l\u2019année, une vingtaine de jeunes sont partis ou ont tenté de le faire.Onze d\u2019entre eux VOIR PAGE A 10 : DJIHAD LA PRESSE CANADIENNE Le Canadien John Maguire, parti combattre en Syrie, avait été parmi les premiers cas à attirer rattention.Dossier Montréal s\u2019inspire de ia iutte contre ies gangs de rue.Les centres jeunesse détiennent la clé.Page A 4 Des signes avant-coureurs de ia radicaiisa-tion.Le djihadiste n\u2019a pas de profil type.Page A 5 ^VOILWGESH SOLAIRE Bsns'miB TiEINiTiURE % DE RABAIS OU iUlB MlE-SiUjRlE C.Qns.eJls ejn djfe.QratlQn gratuits ESTIMATION GRATUITE 1 855 770-8677 INSTALLATION GRATUITE ^SANS FRAIS ' PANNEAUX COULISSANTS \u2022 PERSIENNES \u2022 STORES VERTICAUX \u2022 STORES MOTORISÉS \u2022 STORES DE VERRIÈRES \u2022 STORES ROMAINS L\u2019Artisan du Store Claude Bouchard Saint-Jérome, Sainte-Agathe, Mont-Tremblant, Drummondville, Belœil, Deschambault, Berthierville, Joliette, Boisbriand, St-Bruno, Chambly, Candiac, Magog MONTREAL LAVAL LONGUEUIL REPENTIGNY TERREBONNE ST-SAUVEUR BROMONT TROIS-RIV.QUÉBEC 8677 3716 9829 8677 8677 8677 8677 8677 8677 77831303447922 A 2 LE DEVOIR LES SAMEDI SO ET DIMANCHE SI MAI 2015 ACTUALITES Bugingo admet des « erreurs de jugement » FLORENCE SARA G.EERRARIS Le journaliste François Bugingo, dont la crédibilité a été mise en cause dans une enquête de La Presse le 23 mai, est passé aux aveux vendredi en fin de soirée.Dans un message publié sur sa page Facebook, «une tribune neutre», selon ses dires, le pigiste spécialiste de l\u2019information internationale a déploré que «des erreurs de jugement» lui aient «coûté sa carrière».«Je mène depuis 23 ans une vie d\u2019explorateur curieux du monde, a-fil écrit.[.] Cette vie dont je suis fier et qui doit aujourd\u2019hui être expurgée de ces erreurs dont certains veulent se servir pour effacer tout le reste.» Dans son texte, le journaliste reconnaît avoir enjolivé la réalité à de nombreuses reprises en raison «[&\u2019]une obsession de capter l\u2019intérêt du public québécois sur des sujets qui lui paraissent très souvent lointains».il évoque, entre autres, «une histoire vue sur Internet de l\u2019exécution d\u2019un ex-bourreau à Mis-rata» qui lui a permis de «rendre plus prenante une chronique».Le journaliste avoue également s\u2019être «approprié une histoire apprise sur Sarajevo ».Prêt à reconnaître ses torts, le journaliste s\u2019est engagé à rendre à la Fédération professionnelle des journalistes du Québec la carte de presse qui lui avait été accordée.« Ces erreurs de jugement [.] sont des entorses au code du métier qui ne m\u2019honorent pas, écrit-il.Je les regrette profondément.Je m\u2019en excuse sincèrement auprès des collègues, du public et de mes amis.» il a tout de même souligné que le reportage de La Presse contenait «quelques éléments erronés» qu\u2019il n\u2019a pu dénoncer afin de protéger ses sources.Le jour même des révélations de La Presse, quelques-uns des employeurs du journaliste, dont la station de radio 98,5 FM et le Groupe TVA, ont suspendu toute collaboration avec lui.A la suite de la publication de l\u2019enquête, François Bugingo avait qualifié le reportage « [â\u2019]article dégradant».11 avait tout de même communiqué son intention de se retirer «momentanément» de l\u2019espace public.Le Devoir François Blais confirme la fin des élections scolaires au Québec PHILIPPE OREALI ISABELLE PORTER La fin approche pour les commissions scolaires telles qu\u2019on les connaît, a piartelé à nouveau vendredi le ministre de l\u2019Éducation François Blais.Des déclarations dont le ton ont «sidéré» la présidente de la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ), Josée Bouchard, qui promet de riposter.Réunis en congrès à Laval, les commissaires n\u2019auraient pu servir un accueil plus glacial au ministre de l\u2019Éducation.Seules quelques personnes ont applaudi François Blais au terme de son discours, au cours duquel il a réitéré son intention de mettre fin aux élections scolaires, de réformer la taxe scolaire et d\u2019en finir avec les postes de commissaires, pour laisser davantage la place aux parents.«Les élections scolaires posent problème au Québec et [elles] ont peu [de] reconnaissance de la population.On peut se donner des organisations démocratiques, avec des personnes qui reçoivent des mandats d\u2019une communauté sans passer par le suffrage universel, qui est un héritage du XIX\u201d siècle», a déclaré le ministre Blais en point de presse.Un projet de loi devrait être présenté en ce sens dès l\u2019automne, a-t-il promis.S\u2019il s\u2019est montré très clair au sujet de sa volonté de réformer les commissions scolaires, il s\u2019est fait avare de commentaires quant à la forme que pourraient prendre ces structures modifiées.11 a également rappelé que le gouvernement libéral a l\u2019intention de fusionner certaines commissions scolaires, et promis de revoir la perception de la taxe scolaire, qui rapporte chaque année près de 2 milliards de dollars aux commissions scolaires.Les commissaires scolaires \u2014 ils étaient près de 200, réunis à Laval \u2014 ont juré de contre-atta-quer.Élus démocratiquement \u2014 par moins de 5% de la population \u2014, ils disposent de toute la légitimité nécessaire, a assuré Josée Bouchard, présidente de la FCSQ, brandissant un sondage mené pour le compte de la Fédération.«La population n\u2019est pas dupe, a-t-elle dit au sujet d\u2019un éventuel nouveau mode de sélection des commissaires.Elle sait que cela ouvre la porte toute grande à des nominations partisanes et à des conflits d\u2019intérêts potentiels, alors que le seul intérêt des élus scolaires est la réussite des élèves.» JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le ministre de l\u2019Éducation, François Blais, a été reçu froidement vendredi par les commissions scolaires réunies en congrès à Laval.Celles-ci craignent de disparaître à cause des nombreux changements à la démocratie scolaire déjà annoncés par le gouvernement Remplacer par quoi?Selon le sondage, 59% des Québécois seraient contre des «conseils d\u2019administration privés».Une proportion semblable s\u2019est montrée favorable à la tenue d\u2019élections scolaires et municipales simultanées.Ce sondage a été mené du 13 au 21 mai, auprès de 1077 répondants, et sa marge d\u2019erreur est de 4,1 %.L\u2019élimination des élections scolaires est une bonne chose, selon le professeur en sciences de l\u2019éducation Jean Bernatchez.Toutefois, il faudra faire attention de les remplacer par autre chose, ou carrément éliminer la taxe scolaire, a-t-il estimé dans un colloque de l\u2019Acfas, à l\u2019Université du Québec à Rimouski (UQAR).Ces personnes pourraient être élues d\u2019abord présidents de leurs conseils d\u2019établissement.ajoute-t-il.«Il pourrait à ce moment-là y avoir une structure intermédiaire et ces gens-là pourraient jouer la joute politique entre eux.» M.Bernatchez, père de quatre enfants, a consacré beaucoup de temps dans ce genre d\u2019instances.11 concède que ce type de bénévolat est parfois frustrant parce que les conseils d\u2019établissement se butent trop souvent au pouvoir sans partage des directions d\u2019écoles.Si l\u2019élimination des élections scolaires entraîne l\u2019abolition de la taxe, cela mènera à un débat beaucoup plus large.«Il s\u2019agirait de voir où on va aller chercher cet argent-là.» Le Devoir Lire aussi > Le dépouiiiement.L\u2019éditorial de Josée Boileau.Page B 4 Rr Théâtre -\u2014\tdu Rideau E RÉPAS\t\u2014¦ is d\u2019aCès uœ'uvre de VAHÉ ADAPTATION JULIEN SIBRE MISE EN SCÈNE DENISE FILIATRAULT 1 DU 12 MAI AU 6 JUIN 2015 EN SUPPLEMENTAIRE LE 10 JUIN ! « Le Rideau Vert conclut sa saison de belle façon avec (.) Le repas des fauves » - la presse « Renversant et bouleversant » - le journal de Montréal « C'est une histoire qui fait réfléchir et qui nous habite plus longtemps que ne dure la pièce.» - alternative rock presse « Si vous n'ovez qu'une pièce à voir.» - 98.5FM ILEniE 514 844-1793 Rideauvert.qc.ca Québec' CONSEIL DES ARTS DE MONTRÉAL PARTENAIRE I QUEBEC Desjardins présente uens rété Une activité de Vélo Québec GAGNEZ UN DES 25 LAISSEZ-PASSER POUR 2 PERSONNES ET ROULEZ AVEC LES JOURNALISTES DU DEVOIR DÉPART DE BERTHIERVILLE, LE SAMEDI 20 JUIN GUILLAUME\tJEAN-FRANÇOIS\tCAROLINE BOURGAULT-CÔTÉ NAOEAU\tMONTPETIT ÉLIANE BRISEBOIS MARCO FORTIER participer : LEDEVOIR.COM/LESDEFIS DATE LIMITE : MERCRED110 JUIN À MIDI 9 LE DEVOIR, LES SAMEDI SO ET DIMANCHE SI MAI 2015 A 3 ACTUALITES Le d.g.de la CSDM poussé vers la sortie PHILIPPE ORFALI Le directeur général de la Commission scolaire de Montréal (CSDM) aura scellé son destin en recommandant aux élus d\u2019approuver l\u2019octroi d\u2019un contrat majeur de près d\u2019un million de dollars sans appel d\u2019offres, a appris Le Devoir.Comme le révélait le quotidien vendredi sur ses plateformes Web et mobile, les jours de Gilles Petitclerc à la tête de la CSDM sont comptés.Le lien de confiance a été définitivement rompu au cours des derniers jours entre les commissaires scolaires de la CSDM et son principal administrateur, durement critiqué dans le rapport commandé par Québec à la firme Raymond Chabot Grant Thornton ^CGT) sur la situation financière de l\u2019organisme.La goutte qui aura fait débor- Gilles Petitclerc aurait demandé qu\u2019on lui laisse quelques jours pour réfléchir à son avenir au sein de l\u2019administration scolaire der le vase : une recommandation de Gilles Peticlerc d\u2019approuver la concession, sans aucun appel d\u2019offres, d\u2019un contrat de 825 000$ minimum, auxquels auraient pu s\u2019ajouter des honoraires supplémentaires.Ce contrat visait à doter la CSDM d\u2019un «accompagnateur externe», comme recommandé dans le rapport de RCGT.Or, c\u2019est à RCGT que l\u2019administration de la CSDM envisageait d\u2019offrir le contrat, a-t-on appris.Une proposition jugée « complètement inacceptable», voire «indécente» par certains membres du comité exécutif de la CSDM.Ceux-ci ont été «stupéfaits de voir cette proposition ».La résolution finalement adoptée à l\u2019unanimité rejette sans équivoque l\u2019avis de la direction générale, et lui demande de procéder à un appel d\u2019offres ouvert à tous afin de «soutenir efficacement la CSDM dans sa tran^ormation».Cet incident n\u2019est que le dernier d\u2019une longue liste ayant poussé la présidente et les deux vice-présidents de la CSDM à signifier à Gilles Petitclerc, en privé, qu\u2019il «n\u2019a plus la confiance du comité exécutif».Au cours de cette discussion houleuse, on a expliqué au directeur général qu\u2019il lui fallait partir sous peu.Voilà plusieurs semaines déjà que la tête de M.Petitclerc était réclamée, non seulement par les élus, mais au sein même de l\u2019administration scolaire.«Ix caucus des commissaires a signifié qu\u2019il fallait faire quelque chose de M.Petitclerc, a indiqué une personne ayant participé aux discussions.Il n\u2019a plus notre confiance.Il n\u2019a plus la confiance des directions d\u2019éçoles non plus.» Le ministre de l\u2019Education François Blais en a remis, mardi, en évoquant des problèmes «de leadership et de gestion» au sein de la CSDM.«Es ont des décisions importantes à prendre», a-fil dit, brandissant à nouveau la menace d\u2019une tutelle.Un autre «écart» aura été la décision d\u2019interdire formellement l\u2019envoi aux parents, par l\u2019entremise du sac d\u2019école des enfants, d\u2019une lettre du collectif «Je protège mon école publique».La lettre invitait les parents à se présenter à l\u2019école à 7h30 le juin afin d\u2019encercler l\u2019édifice, en guise de protestation face aux compressions.Evoquant une politique interne, il a refusé que les parents soient ainsi informés des moyens de pression, alors qu\u2019il y a quelques mois à peine, la commission scolaire elle-même envoyait ce genre de communication.La présdiente de la CSDM, Catherine Harel Bourdon, s\u2019esf à l\u2019opposé, dite «d\u2019accord pour que les parents puissent s\u2019exprimer et se mobiliser pour protéger l\u2019école publique», mercredi.L\u2019évaluation de la firme Raymond Chabot Grant Thornton rendue en mars concluait à la nécessité, dans les 120 jours, de «revoir le profil et la composition de l\u2019équipe de direction générale».De toute évidence, les élus de la CSDM ont fini par acquiescer à cette recommandation.« En réflexion » Gilles Petitclerc aurait demandé qu\u2019on lui laisse quelques jours pour réfléchir à son avenir au sein de l\u2019administration scolaire.Administrateur de carrière, Gilles Petitclerc œuvre depuis de longues années à la CSDM.Il a gravi progressivement les échelons, avant d\u2019accéder à la direction générale en 2008.Il n\u2019a pas donné suite aux demandes d\u2019entrevue du Devoir.La présidente, Catherine Harel Bourdon, a refusé de nous accorder une entrevue à ce sujet.Au cours d\u2019un entretien la semaine dernière, elle n\u2019avait pas voulu dire si M.Petitclerc avait toujours sa confiance.«Je n\u2019ai pas à dire si oui ou non ce n\u2019est pas la bonne personne pour faire le travail», avait-elle fini par lâcher.« On a un énorme travail de transformation à faire, sur l\u2019ensemble de nos façons de faire.[.] Il reste beaucoup de travail à faire.C\u2019est important d\u2019arriver à un nouveau souffle», a-t-elle indiqué.La CSDM doit procéder à une transformation organisationnelle «en profondeur», sur cinq ans, «pour optimiser son fonctionnement et assurer sa stabilité financière», concluait le rapport commandé par Québec à la firme Raymond Chabot Grant Thornton.Dans une note de service envoyée à tous les employés en fin d\u2019après-midi, la CSDM n\u2019a pas démenti les informations du Devoir.«La Direction générale est en poste», se contente-t-on de dire.Le Devoir Guy Chevrette, négociateur pour l\u2019industrie du taxi L\u2019ancien ministre péquiste des Transports Guy Chevrette s\u2019impliquera dans la lutte «contre le transport illégal que mène présentement l\u2019industrie du taxi».Le Comité provincial de concertation et de développement de l\u2019in- dustrie du taxi (CPCDIT) a annoncé la nomination de l\u2019ex-député de Joliette à titre de négociateur et de porte-parole, dans un communiqué transmis vendredi.M.Chevrette, qui a, entre autres, été membre de la commission Cliche, aura le mandat de «représenter et de défendre les intérêts de l\u2019industrie auprès des autorités gouvernementales québécoises et montréalaises».Le Devoir r's-\"\t\u201e,]! ÿ U» Congédié ?Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Vieux Montréal 514.845.5545 Llle Sainte-Hélène n\u2019est pas à vendre, dit Danièle Henkel JEANNE CORRIVEAU Il n\u2019est pas question de vendre une partie de file Sainte-Hélène à des intérêts privés, assure Danièle Henkel.Entrée en poste il y a un mois, la présidente du conseil d\u2019administration de la Société du parc Jean-Drapeau (SPJD) apprivoise son nouveau rôle.Mais la femme d\u2019affaires af firme qu\u2019elle pourra dire non au maire Coderre en cas de désaccord sur l\u2019avenir du parc.M\u201c® Henkel ignorait que des discussions étaient déjà engagées entre Denis Coderre et le fondateur du Cirque du Soleil concernant le projet de Pangéa, un espace commémoratif dédié à des rites funéraires que Guy Laliberté souhaite implanter sur l\u2019île Sainte-Hélène.Elle l\u2019a appris en lisant Le Devoir mardi matin.La femme d\u2019affaires, qui s\u2019est fait connaître avec l\u2019émission Dans l\u2019œil du dragon, est diplomate.Visiblement, elle n\u2019a pas aimé avoir été tenue dans l\u2019ignorance, mais elle n\u2019est pas du genre à sortir de ses gonds facilement.«Je veux rester dans le respect.Vous savez qu\u2019on peut être ferme, mais très respectueux.Dans le ton d\u2019une voix, dans un message, on peut décoder.On n\u2019a pas besoin de crier», explique-t-elle.Elle semble avoir eu recours à cette méthode avec le maire Coderre.Comme elle devait tenir, jeudi matin, la première réunion du CA de la SPJD, elle a communiqué avec le cabinet du maire pour demander la présence de Denis Coderre afin qu\u2019il puisse rencontrer la nouvelle équipe d\u2019administrateurs et parler du projet.Qn lui a fait savoir que le maire devait prendre un avion JACQUES NADEAU LE DEVOIR Avec le nouveau CA, Danièle Henkel entend élaborer un plan stratégique pour le parc Jean-Drapeau.à 10 h ce matin-là pour se rendre à New York.«J\u2019ai répondu: \u201cDemandez simplement à monsieur le maire cet effort que j\u2019apprécierais beaucoup parce que, après tout, fai été mise au courant de la mauvaise façon, alors je m\u2019attends à mettre au courant les membres du CA de la bonne façon\u201d, relate M\u201c® Henkel.Et c\u2019est ce qu\u2019il a fait.Il s\u2019est déplacé.Il a fait le détour même s\u2019il a fallu qu\u2019il coure.J\u2019ai apprécié.» Elle refuse toutefois de se prononcer sur le projet de Pangéa, car pour l\u2019instant, il n\u2019y a rien de concret sur la table.« C\u2019est tellement embryonnaire que je ne veux même pas savoir.Sinon, je vais passer mon temps avec mon équipe à essayer de comprendre des choses qui, peut-être, ne verront pas le jour.» Dire non Mais une chose est claire dans son esprit: il est hors de question de vendre un terrain de l\u2019île Sainte-Hélène à des intérêts privés.Danièle Henkel pourra-t-elle dire «non» au maire si elle est en désaccord avec une de ses décisions?«Mais bien sûr qu\u2019on peut dire non, tout autant qu\u2019il peut dire non aussi», répond-elle aussitôt.Nommée le 30 avril dernier pour un mandat de trois ans, M\u201c® Henkel hérite d\u2019une organisation qui sort d\u2019une crise.En mars, l\u2019inspecteur général Denis Gallant avait relevé des irrégularités dans l\u2019octroi de contrats à la SPJD, ce qui avait entraîné le départ de membres de la direction.M\u201c® Henkel a d\u2019ailleurs rencontré M.Gallant pour s\u2019assurer qu\u2019il n\u2019y avait pas d\u2019autres enquêtes en cours.Avec le nouveau CA, M\u201c® Henkel entend élaborer un plan stratégique pour le parc Jean-Drapeau, dont l\u2019accessibilité doit être facilitée, dit-elle.Elle souhaite aussi établir des communications plus étroites avec les employés et les médias.Elle admet que la tâche est imposante.«Mais ce n\u2019est pas grave parce que j\u2019ai pris le mandat en connaissance de cause et je suis imputable et responsable et je ne me plaindrai pas.» Le Devoir « Spéculations non fondées » L\u2019entreprise Lune Rouge Innovation, détenue par Guy Laliberté, est sortie de son mutisme vendredi.Dans un communiqué, elle soutient que le projet Pangéa sur l\u2019île Sainte-Hélène est «embryonnaire».Lune Rouge confirme qu\u2019au printemps dernier, Guy Lall-berté a été Invité par le maire Coderre à une rencontre afin de discuter des activités entourant le 375® anniversaire de Montréal.«Le maire s\u2019est montré intéressé par le projet présenté par M.Laliberté.Cependant, les discussions actuelles sont préliminaires», préclse-t-on.L\u2019entreprise se dit «surprise» de voir que des discussions de nature privée entre le maire Coderre et M.Lalî-berté aient fait l\u2019objet «d\u2019autant de spéculations non fondées» dans les médias, créant ainsi un «faux débat public qui ne porte aucunement sur les intentions réelles du projet».Lune Rouge Innovation présentera son projet en temps opportun, ajoute-t-on.DONNEZ - VOUS -PLUS DE CRÉDITS un 30 Un 30 mai ici-bas en rappel aujourd\u2019hui Ce samedi, redécouvrez en exclusivité sur l\u2019application tablette du Devoir, le premier documentaire participatif réalisé au Québec par le journaliste Fabien Deglise.Une incursion étonnante dans l\u2019ordinaire d\u2019une journée au Québec.Vous n'avez pas téléchargé l'application tablette du Devoir?Faites-le sans tarder! Communication appiiquée Coopération internationaie Criminoiogie Etudes individuaiisées Français iangue seconde Cérontoiogie Gestion poiice et sécurité Gestion services de santé et services Gestion phiianthropique intervention auprès des jeunes intervention en déficience inteiiectueiie et en TSA Journaiisme Petite enfance et famiiie Pubiicité Rédaction professionneiie Reiations industrieiies Reiations pubiiques Santé communautaire Santé et sécurité du travaii Santé mentaie Toxicomanies Traduction i et ii Victimoiogie AUSSi OFFERT COURS EN LIGNE ÉCOLE DE LANGUES -Angiais et Français FORMATION CONTINUE PROGRAMME ACCÈS-FEP SERVICE DE RECONNAISSANCE DES ACQUIS EXPÉRIENTIELS Télécharger dans V l'App Store ^ Google play Admission Automne 2015 Certificats offerts le soir ou la fin de semaine fep.umontreai.ca Kl ^ m m UniveMtéA I PaculUde de Montréal I l'éducation permanente LE DEVOIR A 4 LE DEVOIR, LES SAMEDI 30 ET DIMANCHE 31 MAI 2015 A 5 AU CŒUR DU DJIHAD Montréal s\u2019inspire des stratégies de lutte contre les gangs de rue Les centres jeunesse détiennent les clefs pour traiter les adolescents radicalisés TEXTES DE BRIAN MYLES iV.\t' V A*'- 1 % JACQUES NADEAU LE DEVOIR a La réponse du gouvernement n\u2019a jamais été efficace et elle ne fait pas face ^ .\u2014 ^ = au vrai problème.Avec le projet de loi ^\tC-51, on s\u2019attaque à un terrorisme qui n\u2019existe que dans la tête des politiciens.)) -\tStéphane Leman-Langlois, directeur de la Chaire du Canada en surveillance -\tet construction sociale du risque et directeur de l\u2019équipe de recherche iBRAKovic isTocK sur le terrorisuie et l\u2019antiterrorisme Le Québec jette discrètement les bases d\u2019un plan de prévention et de traitement de la radicalisation.Les clefs du succès sont à portée de la main.En décembre 2012, John Maguire a discrètement quitté le Canada pour aller vivre pleinement l\u2019exaltation du combat en Syrie sous son nom de guerre, Abu Anwar al-Canadi.Son nom est resté inconnu du public jusqu\u2019à l\u2019été dernier.Maguire n\u2019était pas le premier Canadien à se faufiler en Syrie pour y faire le dji-had.Damian Clermont (le fils de Christianne Boudreau) et André Poulin, de Timmins, sont partis à la même époque que lui.L\u2019attirance des «loups solitaires» pour le groupe Etat islamique (El) n\u2019a pas reçu l\u2019attention qu\u2019elle méritait des forces policières pendant au moins 18 mois.Celles-ci se disaient que le Canada ne serait pas touché comme l\u2019Europe par l\u2019engouemçnt de jeunes pour Etat un besoin islamique.«La réponse du gouvernement n\u2019a jamais été efficace et elle ne fait pas face au vrai problème.Avec le projet de loi C-51, on s\u2019attaque à un terrorisme qui n\u2019existe que dans la tête des politiciens», déplore Stéphane Leman-Langlois, directeur de la Chaire du Canada en surveillance et construction sociale du risque et directeur de l\u2019équipe de recherche sur le terrorisme et l\u2019antiterrorisme.Les forces policières ont effectué un rattrapage considérable depuis le déb^ut de cette vague de départs à l\u2019étranger, notamment en interceptant une dizaine de jeunes à l\u2019aéroport et en forçant au moins deux suspects à porter un bracelet électronique (Daniel Minta Darko et Merouane Ghalmi).Stéphane Leman-Langlois salue les efforts récents de coordination entre le SPVM, la GRC et la SQ, mais il demeure critique.«La réponse à la radicalisation, c\u2019est peu de chose.On les laisse se radicaliser à l\u2019extrême avant de tous les arrêter à l\u2019aéroport, dit-il.Il faut s\u2019y prendre en amont, avant que les gens soient prêts à commettre des gestes violents.» tégie en quatre piliers (prévention, répression, recherche et communication) pour casser l\u2019influence des gangs.Les centres jeunesse ont développé une solide expertise, en recherche et en traitement, pour aider les jeunes à quitter les gangs et à se réinsérer dans la société.Des mentors, des pairs aidants et des rescapés des gangs ont fait de la prévention dans les écoles.«Notre inspiration, c\u2019est l\u2019intervention auprès des gangs de rue», avoue Jocelyn Bélanger.Les gangs et les groupuscules proposent de combler psychologique pour des jeunes en perte de repères Parallèles intéressants Les parallèles entre les groupuscules djihadistes et les gangs sont intéressants, car les deux proposent de combler un besoin psychologique pour des jeunes en perte de repères : sentiment d\u2019appartenance, valorisation, prestige.La quête de sens, quoi.L\u2019appartenance au gang (ou au groupuscule dji-hadiste) n\u2019est pas un but en soi, mais un moyen de combler ces besoins.Selon Jocelyn Bélanger, les centres jeunesse «détiennent les clefs» dans la lutte contre la radicalisation.En ajustant leurs programmes d\u2019intervention à la nouvelle réalité de la radicalisation, ils seront en mesure d\u2019aider les jeunes à risque en leur offrant d\u2019autres possibilités pour qu\u2019ils puissent quitter «un système social contaminé » par l\u2019idéologie djihadiste.«Les centres jeunesse ont déjà toutes les habiletés.Ils font le travail sur le terrain», dit-il.En attente d\u2019une stratégie Québec a annoncé en février dernier la création d\u2019un Observatoire sur la radicalisation et l\u2019extrémisme violent, dont M.Leman-Langlois est l\u2019un des dirigeants.La ministre de la Sécurité publique.Lise Thériault, concocte un plan de lutte contre la radicalisation.Et Montréal s\u2019est doté d\u2019un centre de prévention à la radicalisation menant à la violence.La ligne téléphonique du centre montréalais est présentement sous la responsabilité de policiers du SPVM, mal outillés pour répondre aux demandes de parents inquiets.Jocelyn Bélanger, qui collabore à la mise en place de ce centre, assure qu\u2019il y aura des spécialistes chevronnés en place pour aiguiller les parents.Montréal privilégie la mise en commun des expertises pour arriver à prévenir la radicalisation violente.Les écoles (primaires, secondaires et collégiales), les centres communautaires, les centres jeunesse et les policiers seront notamment mis à contribution.«C\u2019est une première nord-américaine et peut-être même une première mondiale, avance M.Bélanger, professeur en psychologie à l\u2019UQAM.Ça ne va pas coûter des fortunes.Les ressources existent déjà.Il s\u2019agit de les mettre en commun.» Prise de conscience A Montréal, l\u2019émergence des gangs a suscité une prise de conscience au sein du SPVM et des centres jeunesse au début des années 2000.La police a adopté une stra- Réseau d\u2019amis A l\u2019inverse des gangs, les groupuscules montréalais sont peu ou pas organisés.Il n\u2019y a aucun fil conducteur commun à la vingtaine de personnes arrêtées à ce jour.«Montréal, c\u2019est un cas d\u2019espèce.Ce n\u2019est pas un réseau structuré.C\u2019est un réseau désorganisé d\u2019amis qui se persuadent les uns les autres dans la radicalisation», explique Benjamin Ducol, un criminologue qui a interviewé les familles de deux des premiers jeunes Montréalais partis vers la Syrie.A son avis, le défi des autorités consiste à trouver l\u2019équilibre entre la répression, nécessaire pour empêcher des attentats meurtriers, et la prévention.«La prévention ne peut pas marcher sans la répression.On ne peut pas se permettre de les échapper», dit-il.Chute des Tigres tamouls Janine Krieber, spécialiste du terrorisme, encourage les initiatives en prévention.Elle offre une perspective plus large.Au Collège militaire royal du Canada, où elle enseigne, des haut gradés lui posent souvent la même question: comment vaincre le terrorisme islamique ?M™'\" Krieber puise alors dans l\u2019histoire des mouvements de gauche pour leur livrer une explication qui détonne.«Je leur rappelle qu\u2019on n\u2019est pas venus à bout des groupuscules de gauche.On s\u2019est débarrassés de l\u2019URSS.Comment vaincre le terrorisme islamique?C\u2019est simple.C\u2019est quand on va se débarrasser du dernier Etat islamique», ra-conte-t-elle.Les expériences menées au Sri Lanka fendent à lui donner raison.L\u2019Etat a aidé à la réinsertion des anciens combattants des Tigres tamouls, profitant du vide politique laissé par l\u2019élimination du groupe, en 2009.Le taux de récidive est nul.La chute des Tigres a réduit à néant l\u2019attrait pour le terrorisme.Pour Jocelyn Bélanger, qui a étudié le cas sri-lankais, une conclusion s\u2019impose.La force du social est plus importante que le bâton dans la prévention et le traitement de la radicalisation.Le Devoir ILLUSTRATION TIEEET ¦ -'Ci.- ~-î ROBERTO DAVID ISTOCK Des visages diversifiés En Erance, le Centre de prévention contre les dérives sectaires liées à l\u2019islam a suivi 325 familles à risque en neuf mois d\u2019activité.Les statistiques du centre montrent les visages diversifiés de la radicalisation.59% des familles sont issues de la classe moyenne.La radicalisation n\u2019est pas seulement l\u2019affaire des classes défavorisées.60% des familles ne sont pas issues de l\u2019immigration récente.Le rapport à l\u2019exil ou à l\u2019immigration n\u2019est pas déterminant dans le profil des jeunes interpellés par le discours radical.40% des familles sont catholiques et 40% sont athées.Les familles musulmanes ne représentent que 19% de l\u2019échantillon.La radicalisation n\u2019est pas l\u2019apanage d\u2019une confession.69% des jeunes à risque étaient âgés de 15 à 21 ans.Les «embrigadés» de plus de 30 ans sont une rareté.Des signes avant-coureurs de la radicalisation Il n\u2019existe pas de profil type de l\u2019aspirant au djihad, mais certains comportements méritent une attention urgente Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) ne fait pas de portrait type des aspirants djihadistes, par crainte de stigmatiser des membres des minorités et par souci de ratisser large dans sa traque.Les directives tombent sous le sens.Il n\u2019existe pas de profil type en matière de radicalisation, une réalité reconnue également par le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS).«La détection des individus radicalisés en est donc d\u2019autant plus difficile», note le SCRS.Selon la littérature scientifique, le radical violent est généralement jeune (de 15 à 28 ans), animé par des idées de justice sociale, sensible à l\u2019extrême quant aux inégalités et à l\u2019oppression.Aussi bien faire le profilage de tous les adolescents, à ce r54;hme.L\u2019atomisation et l\u2019individualisation du djihad compliquent la tâche des policiers.La prévention et le dépistage, c\u2019est comme chercher une aiguille dans une botte de foin.«Comment peut-on faire pour profiler la motivation ?», s\u2019interroge le professeur en psychologie Jocelyn Bélanger.Il existe pourtant des moyens de contrecarrer les plans des «loups solitaires».«Dans plus de 80% des cas, les attentats sont déjouables parce que la famille, les pairs, les amis étaient au courant ou avaient des doutes», explique-t-il.Selon M.Bélanger, c\u2019est aux parents, amis et enseignants que doivent s\u2019adresser en premier lieu les programmes de prévention.Le Devoir a compilé une sé- rie de signaux d\u2019alarme à partir de travaux de recherche, d\u2019enquêtes et de témoignages indirects.Ces comportements ou attitudes, pris individuellement, ne témoignent pas nécessairement d\u2019un basculement vers la radicalisation, mais ils devraient à tout le moins susciter un questionnement chez les proches.Passage à vide.Le sujet est en proie à une période difficile marquée par la solitude, l\u2019échec (scolaire, professionnel ou amoureux), la vulnérabilité ou la fragilité affective.Disparition du réseau social.Le sujet coupe les ponts avec tous ses amis.Cette rupture est souvent assimilée à une étape normale dans le passage de l\u2019adolescence à l\u2019âge adulte, du secondaire vers le collégial.Elle peut annoncer le début d\u2019un processus d\u2019endoc- trinement, surtout s\u2019il y a.Apparition d\u2019un nouveau réseau social formé en bonne partie d\u2019individus dont l\u2019identité reste cachée aux parents.Ils jouent souvent le rôle de leaders, de gourous, de théologiens charismatiques capables de prendre en charge les moindres aspects de la vie du sujet, en ligne ou en personne.Adhésion à une vision stricte de l\u2019islam, incluant le port de signes ostentatoires et l\u2019observance de rituels.Le sujet passe d\u2019une prière occasionnelle à cinq par jour; il porte la barbe longue, le kamis (la tunique) ou le voile intégral (pour les femmes), et il rejette le mode de vie occidental.L\u2019expression du fondamentalisme ne mène pas nécessairement à la radicalisation violente, bien qu\u2019il puisse s\u2019agir d\u2019un pas dans cette direction.Mimétisme.Les rituels religieux deviennent envahissants, au point où la vie du sujet est organisée en fonction de sa plus servile observance, à répétition.Intolérance.Le sujet développe une vision manichéenne du monde.Le halal (ce qui est permis par l\u2019islam) et le harar (ce qui est interdit) deviennent les principaux cadres interprétatifs de la réalité.Le monde se divise entre le pur et l\u2019impur.Même les musulmans qui n\u2019adhèrent pas à la vision du monde de ces «véridiques» seront traités de «mécréants».Passage dans la clandestinité.Le sujet cultive jalousement le secret sur ses activités sociales à l\u2019extérieur d\u2019un foyer qu\u2019il fréquente de moins en moins.Le Devoir IBRAKOVIC ISTOCK Prévention et traitement JACQUES NADEAU LE DEVOIR Les efforts de prévention et de traitement de la radicalisation se multiplient à travers le monde.Survol.Arabie Saoudite.Le régime met les rescapés d\u2019al-Qaïda en contact avec des imams qui prônent une version de l\u2019islam compatible avec les intérêts de l\u2019Etat.Il fournit de l\u2019assistance matérielle considérable aux combattants, qui ont accès à des centres de réhabilitation luxueux, à des emplois, etc.Canada.La mère de Damian Clairmont, un Canadien tué en Syrie, a lancé le site Internet Extreme dialogue.Christianne Boudreau s\u2019est associée à un ancien su-prémaciste de la Colombie-Britannique, Daniel Gallant.L\u2019initiative vise à réduire l\u2019attrait pour l\u2019extrémisme violent en proposant des alternatives et des ressources éducatives.Danemark.Des centres de désendoctrinement accueillent les combattants revenus de l\u2019étranger.Ils y trouvent de l\u2019aide psychologique, du mentorat et de l\u2019assistance pour leur réinsertion sociale et leur « désintoxication » du djihad.France.Le Centre de prévention contre les dérives sectaires liées à l\u2019islam (CPDSI), fondé par l\u2019anthropologue Dounia Bouzar, fournit du soutien aux MARTIN BUREAU AGENCE ERANCE-PRESSE En France, le Centre de prévention contre les dérives sectaires liées à l\u2019islam (CPDSI), fondé par l\u2019anthropologue Dounia Bouzar, fournit du soutien aux familles et aux jeunes radicalisés ou en voie de l\u2019être.familles et aux jeunes radicalisés ou en voie de l\u2019être.Réunions, soutien psychologique, séances de désendoctrinement et diffusion de vidéos de «contre-discours» djihadiste font partie du programme.Pays-Bas.Le Radicalisation Awareness Network (RAN) mise d\u2019abord sur la prévention et l\u2019intégration sociale, en mettant en commun l\u2019expertise des spécialistes de la «première ligne»: professeurs, travailleurs sociaux, policiers communautaires.C\u2019est l\u2019un des rares pays à privilégier l\u2019approche transversale.Sri Lanka.Après l\u2019assassinat du chef des Tigres tamouls, Velupillai Prabhaka-ran, en 2009, le gouvernement a décrété l\u2019armistice pour les combattants du groupe, pour autant qu\u2019ils intègrent un programme de déradicalisation.Quelque 11 000 extrémistes violents ont eu droit au respect, à la considération, à l\u2019apprentissage d\u2019un métier et à une nouvelle vie.Le taux de récidive est nul.Le Devoir A 6 LE DEVOIR, LES SAMEDI 30 ET DIMANCHE I MAI 2015 ACTUALITES A c f a s Vote : quand l\u2019abstention ne veut rien dire ISABELLE PORTER à Rimouski Une étude présentée vendredi à TAcfas suggère qu\u2019il sera très ardu de convaincre les jeunes qui ne votent pas de s\u2019intéresser davantage aux élections.«Il n\u2019y a pas de solutions simples.Je n\u2019en vois définitivement pas à court terme», a résumé Joëlle Steben-Chabot en marge de sa présentation vendredi matin.La jeune femme est candidate à la maîtrise en science politique à l\u2019Université Laval.Elle a été mandatée par le Directeur général des élections du Québec (DGEQ) pour dresser le portrait des jeunes qui n\u2019ont pas voté aux élections d\u2019avril 2014.Un mois après le scrutin, elle a questionné quatre groupes à Québec, Saguenay et Montréal totalisant 30 personnes.Aucun des participants n\u2019avait de diplôme universitaire et tous étaient âgés de moins de 35 ans.Lors des échanges, M™® Steben-Chabot a constaté qu\u2019ils s\u2019étaient abstenus par manque d\u2019intérêt, mais aussi parce qu\u2019ils jugent manquer de connaissances sur la politique.Parlant de «cercle vicieux», la chercheuse a relevé que leur manque d\u2019intérêt faisait justement en sorte qu\u2019ils s\u2019empêchaient d\u2019acquérir plus de connaissances sur le sujet.Malgré l\u2019absence de solutions simples à ce problème, M™® Steben-Chabot a dit en entrevue ne pas exclure celle du vote à 16 ans.«On sait que les jeunes vont avoir plus tendance à voter à 18 ans qu\u2019à 20 ans.Pourquoi?Parce que la plupart sont encore chez leurs parents.Il y a quelqu\u2019un qui les traîne au bureau de vote.Ou bien ils sont au cégep et on en parle à l\u2019école.[.] À 16 ans, les jeunes seraient socialisés plus rapidement au vote.» Elle ajoute que d\u2019autres recherches ont relevé un effet d\u2019habitude dans le comportement des électeurs.«Si on ne vote pas aux trois premières élections qui nous sont offertes, il y a de fortes chances qu\u2019on ne le fasse pas après.Mais si on vote aux premières, l\u2019idée d\u2019aller voter va être ancrée.» La jeune femme n\u2019y voit toutefois pas une panacée.«Ça fait beaucoup de \u201csi\u201d», concède-t-elle, en soulignant que la capacité de l\u2019école à favoriser cela n\u2019est pas acquise.Un droit ou un devoir?Sur les 30 personnes rencontrées, certains avaient toutefois déjà voté auparavant.Plusieurs ont dit ne pas faire confiance aux politiciens, mais une minorité s\u2019est dite sensible à des figures plus charismatiques selon eux comme Mario Dumont, Pauline Marois ou Jean-Martin Aussant.Un seul participant a dit s\u2019être abstenu par conviction politique.Au-delà de l\u2019indifférence, les abstentionnistes ont justifié leur absence par les aléas de la vie : un changement d\u2019adresse, un conflit d\u2019horaire ou encore la nécessité pour certaines femmes de rester auprès des enfants à la maison.Le tiers des participants a dit ne pas lire ou consulter de médias d\u2019information (médias sociaux y compris).Ceux qui le font ont dit le faire de façon passive, notamment en écoutant la radio dans leur voiture.Interrogés à savoir si le vote était un droit ou un devoir, les avis étaient partagés.Des participants ont relevé que le droit de vote était assorti du droit de ne pas voter.D\u2019autres ont en outre dit percevoir le « devoir» de voter comme une obligation désagréable similaire à celle des travaux scolaires.Selon M®® Steben-Chabot, leur sens du devoir par rapport à la génération précédente «ne s\u2019est pas perdu, mais s\u2019est lentement modifié».Le Devoir Un autre joueur de moins pour Harper Peter MacKay n\u2019écarte pas un retour en politique, plus tard MARIE VASTEL Correspondante parlementaire à Ottawa Si Stephen Harper est réélu l\u2019automne prochain, il comptera encore un poids lourd de moins dans son équipe conservatrice.Le ministre de la Justice Peter MacKay quittera la vie politique cet été.Il est le cinquième ministre à claquer la porte du Parti conservateur en vue de l\u2019élection.Agé de 49 ans, père d\u2019un enfant alors que son épouse Nazanin Afshin-Jam en attend un deuxième, Peter MacKay a évoqué des raisons «entièrement personnelles» pour expliquer sa décision de ne pas briguer de nouveau mandat.«Le temps est venu pour moi de me retirer de la vie publique et me concentrer sur ma jeune et grandissante famille», a-t-il résumé vendredi, visiblement ému de tirer un trait sur une carrière fédérale de 18 ans.«Être père m\u2019a montré à quel point le temps est éphémère et combien il est important de faire partie de la vie de vos enfants.Je veux profiter de chaque moment.Vous serez toujours un père ou une mère, mais vous n\u2019êtes un parent que pendant une période relativement courte, a fait valoir M.MacKay.J\u2019aime ce que je fais.Mais, en bref j\u2019aime plus ma famille.» Le député et ministre de la Nouvelle-Ecosse, dont les aspirations à la chefferie conservatrice ont fait l\u2019objet de moult rumeurs, n\u2019a justement pas fermé la porte à un retour en politique.«Ceci n\u2019est pas un au revoir.C\u2019est à bientôt», a laissé planer M.MacKay en terminant son discours ponctué d\u2019émotion.C\u2019est donc dire qu\u2019il contemple une seconde carrière politique?«Ce serait malhonnête pour moi de dire que je n\u2019envisagerais jamais, jamais une carrière politique», a-t-il répondu plus tard aux journalistes, en évoquant d\u2019autres ordres de gouvernement ou la mairie.«Mais ce n\u2019est vraiment pas dans mes plans immédiats ou à long terme», a-t-il pris soin d\u2019ajouter.Peter MacKay était l\u2019un des ministres de longue date de Stephen Harper.Les deux hommes ont concocté ensemble en 2003 la fusion de l\u2019Alliance canadienne et du Parti progressiste-conservateur \u2014 que dirigeait à l\u2019époque M.MacKay.Un événement «qui a sans aucun doute changé le cours de la politique canadienne», a noté le premier ministre.L\u2019heure des au revoir ayant sonné, M.Harper ANDREW VAUGHAN LA PRESSE CANADIENNE Peter MacKay était visiblement ému, vendredi, de tirer un trait sur une carrière fédérale de 18 ans.s\u2019était rendu en Nouvelle-Écosse vendredi pour être aux côtés de son soldat.Au fil d\u2019un discours truffé d\u2019anecdotes personnelles sur l\u2019amitié des deux hommes et de leur famille, M.Harper a salué un «grand homme public», une «personne formidable» et «une figure historique».Un autre départ Au fil des derniers mois, une trentaine de députés conservateurs et quatre autres ministres ont annoncé qu\u2019ils ne seraient pas de retour sur la ligne de front cet automne \u2014 John Baird, Shelly Glover, Diane Ablonczy et le Québécois Christian Paradis.M.Paradis, 41 ans, et M®® Glover, 48 ans, ont comme M.MacKay des enfants \u2014 trois et cinq respectivement.M.Baird avait quant à lui expliqué vouloir, à 46 ans, un changement de carrière après avoir été ministre de quatre portefeuilles en neuf ans.M.MacKay a été ministre des Affaires étrangères, de la Défense et de la Justice \u2014 poste qu\u2019il conservera jusqu\u2019au déclenchement de l\u2019élection.La page se tourne pour le PC Artisan de la naissance du Parti conservateur, Peter MacKay incarnait l\u2019aile progressiste du mouvement.«Son départ symbolise la fin officielle de l\u2019ère progressiste au sein du Parti conservateur», a commenté le libéral John McCallum vendredi.Quoique ce départ ne changera peut-être pas grand-chose, selon lui, car le Parti conservateur est «contrôlé par une seule personne, Stephen Harper, le moins progressiste».Son chef, Justin Trudeau, a dit comprendre la décision de M.MacKay, en tant que père de trois jeunes enfants.Le leader néodémocrate Thomas Mulcair a de son côté affirmé que «plusieurs personnes semblent quitter le navire de Stephen Harper ces jours-ci».Le Devoir BLOC QUEBECOIS Sophie Stanké et Lucie Laurier passent leur tour GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ La comédienne Lucie Laurier et l\u2019animatrice Sophie Stanké ne seront pas candidates du Bloc québécois lors des prochaines élections fédérales.Les deux personnalités ont décliné l\u2019offre du chef Mario Beaulieu, a appris Le Devoir.Pressentie pour se présenter dans Laurier-Sainte-Marie \u2014 l\u2019ancienne circonscription de Gilles Duceppe, située au cœur du Plateau-Mont-Royal \u2014, M™® Laurier a plutôt indiqué vendredi qu\u2019elle passera son tour.«Pour des raisons professionnelles, je ne pourrai pas être candidate cet automne, a-t-elle écrit par courriel.Je suis et resterai une fière indépendantiste, et je poursuivrai mon militantisme avec toute la ferveur possible.» La rumeur de sa candidature courait depuis un mois.Pin avril, elle avait indiqué à La Presse que l\u2019idée la tentait «beaucoup», et qu\u2019il y avait «plus d\u2019une circonscription en discussion».Agée de 40 ans, M™® Laurier est une fidèle de Mario Beaulieu, qu\u2019elle soutient activement depuis la campagne à la direction du Bloc québécois, l\u2019an dernier.Quant à Sophie Stanké, candidate malheureuse du Parti québécois aux élections de 2012 et de 2014, elle a indiqué en entretien avoir «décliné les deux invitations faites par Mario Beaulieu», soit les circonscriptions de Laurier-Sainte-Marie ou LeMoyne, sur la Rive-Sud.«Je veux poursuivre ma carrière radio, il est trop tôt pour penser à la politique après avoir vécu deux campagnes en 18 mois, a-t-elle dit.Je suis ailleurs.» En avril 2014, elle avait obtenu 24% des voîk dans Lapqrte, loin derrière la libérale Nicole Ménard.A l\u2019automne 2012, M®® Stanké avait recueilli 32% des votes dans Saint-Henri- Sainte-Anne, à quelque six points de l\u2019ex-mi-nistre Marguerite Blais.Au début du mois de mai, M™® Stanké avait félicité Lucie Laurier sur Twitter en disant: «Bien heureuse de la venue de Lucie Laurier en politique, au Bloc québécois.» « Ton soutien est précieux», avait répondu la comédienne.Ces deux forfaits surviennent alors que le Bloc québécois est au plus bas dans les sondages.Le dernier CROF-La Presse le créditait de 13% des appuis, derrière les conservateurs (1^%), les libéraux (25%) et le NPD (42%).A l\u2019heure actuelle, le Bloc compte 23 candidats confirmés pour les 78 circonscriptions du territoire québécois.Deux autres candidatures s\u2019ajouteront cette fin de semaine.Le parti espère avoir une quarantaine de candidats confirmés d\u2019ici le 24 juin.Le Devoir radio vm AU CŒUR DE UESSENTIEL Suivez-nous sur facebook 1 855 212-2020 (sans frais) Questions d'actualité avec jean-Philippe Trottier En semaine à 12h15 Collaborateurs: Dom Jacques Bolduc Mathieu Vigneault Louis Bouchard Édouard Chatov Agusti Nicolau Mathieu Bock-Côté J.-C.Labrecque Luc Dupont Sylvie Marcoux Ion Roberge Rediffusion le lendemain à 8h15 radiovm.com 91,3 FM 100,3 FM SHERBROOKE 89,9 FM TROIS-RIVIÈRES 89,3 FM VICTORIAVILLE 104,1 FM Anne Hidalgo Maire de Paris Dans le cadre du Sommet des maires sur le Vivre ensemble de Montréal Libres Ensemble CD 30 CONSEIL DES RELATIONS INTERNATIONALES DE MONTRÉAL Avec la participation de: Muriel Elizabeth Bowser Maire de Washington Denis Coderre Maire de Montréal 11 juin 2015 \u2022 De llhSO à 14h00 Maison de l'OACI 999, Boul.Robert-Bourassa Déjeuner-causerie de la série Politique présentée par: En association avec: Montréal Avec l'appui de: Bell Bell «) SNC*LAWIN ^^Hydrq Québec AIMIA LA FIDÉLITÉ INSPIRÉE Osler LEXPERENCEDEL MMOBLER BNP PARIBAS La banque d un monde qui change O SANOFI LE DEVOIR INSCRIVEZ-VOUS \u2022 WWW.CORIM.QC.CA \u2022 514-340-9622 LE DEVOIR, LES SAMEDI 30 ET DIMANCHE 31 MAI 2015 A 7 ACTUALITES PENSIONNATS AUTOCHTONES Une commission pour faire la paix des âmes HELENE BUZZETTI Correspondante parlementaire à Ottawa La route de la guérison est parfois longue.Pour certains autochtones qui ont subi le régime des écoles résidentielles, elle sera peut-être sans fin.Mais pour la Commission de vérité et réconciliation du Canada, qui visait à leur donner un forum d\u2019expression, elle s\u2019arrête maintenant ici.Après avoir recueilli des milliers de témoignages et rétabli certains faits, cette commission rendra public mardi le résumé de son rapport final et, du coup, fermera \u2014 peut-être \u2014 un sombre chapitre de l\u2019histoire du Canada.Est-ce donc la fin, vraiment?En entrevue avec Le Devoir, Marie Wilson, une des trois commissaires, préfère dire que «c\u2019est le début de la continuation».L\u2019histoire recueillie sera pérennisée, notamment au Centre national de recherche que la commission a mis sur pied à Winnipeg et où sera consignée la masse d\u2019informations et de témoignages qu\u2019elle a amassés pendant ses sept années de travaux.L\u2019objectif ultime L\u2019objectif ultime de la Commission de vérité et réconciliation (CW) était de recueillir la version des faits de ces enfants devenus grands.«Nous n\u2019avions pas, au Canada, de rapport officiel sur ce qui s\u2019est On estime qu\u2019environ 150 000 enfants autochtones avaient été arrachés de leur famille et placés dans des pensionnats pour forcer leur assimilation passé dans les pensionnats selon la perspective des enfants.On avait de vastes archives provenant du gouvernement et des quatre grandes églises qui ont géré les écoles pour le gouvernement, mais les enfants, eux, n\u2019écrivaient pas d\u2019archives», explique M\u201c® Wilson.La CVR a entendu 7000 personnes, très souvent (mais pas toujours) devant public.Des témoignages de 15 à 20 minutes en moyenne, mais parfois beaucoup plus longs \u2014 jusqu\u2019à sept heures dans un cas.On estime qu\u2019environ 150 000 enfants autochtones ont été arrachés de leur famille et placés dans des pensionnats, souvent situés à des centaines, voire des milliers de kilomètres de leur domicile, pour forcer leur assimilation à la culture européenne et chrétienne dominante de l\u2019époque.Certains avaient la « chance » de revenir dans leur famille chaque été.D\u2019autres n\u2019y retournaient qu\u2019après des années.Il leur était interdit de parler leur langue.Plusieurs ont été agressés physiquement ou sexuellement.Il existait 139 de ces écoles, dont 10 au Québec.La dernière a fermé en 1996, à Regina.En 2006, alors que les actions judiciaires collectives se multipliaient devant les tribunaux, le gouvernement fédéral et les quatre églises ont signé une entente à l\u2019amiable de 1,9 milliard.Les quelque 80 000 survivants (ils sont 10 000 de moins depuis) ont droit à une compensation forfaitaire de 10 000$ chacun, plus 3000$ pour chaque année supplémentaire passée dans ces écoles.Ceux qui ont subi des violences ont droit à une compensation additionnelle pouvant atteindre 275 000$.Jusqu\u2019à présent, soutient M\u201c® Wilson, plus de 40% des survivants ont déposé une demande à ce titre et le taux d\u2019acceptation des cas étudiés a été de 90%.La création de la CVR était une condition d\u2019acceptation de l\u2019entente posée par les victimes.Saganash se souvient Le rapport final de la CVR tiendra en plusieurs volumes.Le résumé, qui devrait compter quelques centaines de pages, sera rendu public mardi en grande pompe.Les commémorations débuteront dimanche par une marche symbolique de Gatineau à Ottawa.La participation du gouvernement fédéral dans les cérémonies n\u2019est pas encore connue, mais une porte-parole du premier ministre assure que le gouvernement sera présent à chaque étape.Une personne qui assistera assurément aux cérémonies est le député néodémocrate Romeo Saganash.Comme il le dit lui-même, Romeo Saganash est né en 1960 sous la tente, dans la forêt, quelque part près du lac Théodat, entre Chibougamau et la baie James.Il aura pourtant passé 10 ans au pensionnat angli- can de La Tuque, où on a tenté de «tuer l\u2019Indien » en lui.«Ma mère a perdu 13 de ses 14 enfants de cette manière», raconte-t-il.Le petit Romeo ne parle que le cri lorsqu\u2019il arrive à ce pensionnat qui opère en anglais et cette école qui enseigne en français.Esprit rebelle, il refusera pendant deux ans de parler ces deux langues, qu\u2019il apprend pourtant vite.«C\u2019était ma façon à moi de me battre contre ce qui arrivait.[.] J\u2019étais révolté.» Il se souvient du jour où le directeur de l\u2019école convia par interphone toute la progéniture Saganash à son bureau.«Dans la même phrase, le directeur nous a balancé: \u201cVotre père est décédé, le pensionnat ne dispose pas de budget pour vous envoyer aux funérailles.\u201d Je me souviens de la scène, du directeur assis devant moi.Il y avait mes frères et sœurs.Je continuais à le regarder et à regarder les deux photos de ses enfants derrière lui.Je n\u2019ai pas pleuré.Je n\u2019ai fait que le regarder dans les yeux.» Esprit rebelle.Esprit fort.Romeo Saganash a livré en public pour la première fois son récit à la CVR.Un exercice pendant lequel il s\u2019est «effondré», mais qui a été «nécessaire».«J\u2019estimais que j\u2019avais fait la paix avec tout ça et que j\u2019avançais à partir de là.Parce que tu traînes cette peine, cette haine, cette révolte que tu as depuis le début.Tant et aussi longtemps qu\u2019on n\u2019a pas eu l\u2019occasion de raconter officiellement cette histoire, on la traîne toujours.Ça m\u2019a libéré.Toute ma vie, sans m\u2019en rendre compte, j\u2019essayais de me souvenir d\u2019être fort devant tout.» L\u2019esprit fort a pu s\u2019apaiser.FRED CHARTRAND LA PRESSE CANADIENNE La juge en chef de la Coin- suprême du Canada, Beverley McLachlin, a soutenu jeudi que les politiques assimilationnistes du Canada envers les autochtones au début de la Confédération s\u2019appelleraient, «dans le langage duXXI® siècle, un génocide culturel».Des morts trop nombreuses Un des frères de Romeo, Jo-nish, ne reviendra jamais du pensionnat où il avait été placé.«On n\u2019a jamais su de quoi il était mort.On n\u2019a jamais eu de certificat de décès.» Il faudra 40 ans pour que, au hasard d\u2019un reportage, sa sœur devenue journaliste apprenne où son frère avait été enterré.Cette mort mystérieuse et banalisée n\u2019est pas unique, tant s\u2019en faut.La Commission avait aussi le mandat de documenter les cas.Elle conclura à plus de 3000 décès, révèle Marie Wilson, soit un taux nettement plus élevé que la moyenne de l\u2019époque.«Beaucoup sont morts de la tuberculose et de la grippe, dit M\u201c® Wilson.Il y a eu des suicides et des morts suspectes, ainsi que des morts jamais documentées et des morts violentes des suites de blessures physiques.» C\u2019est pour eux aussi que la CVR aura travaillé.Le Devoir « Génocide culturel » La juge en chef de la Cour suprême du Canada, Beverley McLachlin, s\u2019est aventurée sur le terrain politique jeudi dans un discours prononcé au Centre mondial du pluralisme.Elle a soutenu que les politiques assimilationnistes du Canada envers les autochtones au début de la Confédération, dont les écoles résidentielles, s\u2019appelleraient, «dans le langage du XXL siècle, un génocide culturel».Elle a soutenu que les Canadiens comprenaient aujourd\u2019hui que ces politiques étaient mal avisées.«Pourtant, l\u2019héritage de cette intolérance subsiste dans la vie des gens des Premières Nations et de leurs enfants, un héritage fait de trop de pauvreté, de trop peu d\u2019éducation et de surreprésentation autochtone devant nos tribunaux.» LE LUXE DE VIVRE EN VILLE EN TOUTE SERENITE ùorlitr^ condominiums m m EN CONSTRUCTION L'' n IJLffiurl'\u2014 ST , iùji,- \"Y'U .I 1 514.641.1515\t9, Boul.des Prairies, Laval, (QC), H7G 1A1 ^837 A 8 LE DEVOIR, LES SAMEDI 30 ET DIMANCHE 31 MAI 2015 ACTUALITES Un ex-employé de la STM arrêté par l\u2019UPAC JEANNE CORRIVEAU Un ex-employé de la Société de transport de Montréal (STM) ainsi qu\u2019un entrepreneur en construction ont été arrêtés vendredi matin par rUnité permanente anticorruption (UPAC).Richard Taylor, qui était technicien de projet à la STM, et l\u2019entrepreneur Martin Lampron sont notamment accusés d\u2019abus de confiance, de fraude et de fabrication de faux documents.«Il est tout simplement inacceptable que des fraudes soient commises au détriment des citoyens de Montréal et des usagers de la STM», a commenté Robert Lafrenière, com- missaire à la lutte contre la corruption, dans un communiqué.Les deux hommes ont été arrêtés par les policiers de l\u2019Escouade de protection de l\u2019intégrité municipale (EPIM), qui fait partie de l\u2019UPAC.De son côté, la STM a précisé qu\u2019après avoir eu connaissance d\u2019irrégularités commises par M.Taylor, elle avait déclenché une enquête interne qui avait mené à la suspension de l\u2019employé, puis à son congédiement en mai 2014.La STM a ensuite saisi rUPAC du dossier, mais refuse d\u2019en dire davantage sur les faits reprochés à l\u2019ancien employé.Le Devoir La femme de Raïf Badawi demande le soutien de la France Paris \u2014 Ensaf Haidar, conjointe du blogueur emprisonné Raïf Badawi, a demandé vendredi à la Erance d\u2019appuyer la demande de libération de son mari, relayée par des associations de défense des droits de la personne.«Ma démarche n'est pas de faire pression sur Ryad, mais de communiquer sur un cas humanitaire, celui de mon mari qui a toujours prôné la paix et la liberté, et qui aujourd'hui manque cruellement à sa famille», a déclaré Ensaf Haidar, lors d\u2019une conférence de presse organisée à Paris par les organisations Reporters sans frontières (RSE) et Amnistie internationale.«Je demande aux gouvernements que je rencontre d'entrer en contact avec leurs homologues saoudiens pourparler de Raïf», a-t-elle indiqué, avant une rencontre prévue dans la journée avec des responsables du ministère français des Affaires étrangères.«J'espère que cela aura un impact positif pour la libération de Raïf», a-t-elle dit.Le secrétaire général de RSE, Christophe Deloire, a de son côté estimé qu\u2019à ce stade, «la position française ne s'est pas illustrée par sa force».Interrogé vendredi sur le sujet, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères.Romain Nadal, a indiqué que «la France est favorable à la liberté d'expression», sans plus de précisions sur une demande de libération.Le président français, Erançois Hollande, a été reçu en grande pompe début mai à Riyad dans un contexte de volonté mutuelle de renforcer les relations bilatérales.Espoir de grâce Ensaf Haidar a par ailleurs fait part de son espoir d\u2019une grâce du roi Salmane à l\u2019occasion du ramadan, période pendant laquelle le souverain a coutume de gracier des prisonniers d\u2019opinion, et qui débutera à la mi-juin.Raïf Badawi a été condamné en novembre 2014 à 1000 coups de fouet (50 par semaine pendant 20 semaines) pour «insulte à l'islam».Il a subi une première séance de flagellation le 9 janvier, mais les séances suivantes ont été repoussées d\u2019abord pour des raisons de santé, puis pour des motifs non précisés.L\u2019Arabie Saoudite a dénoncé la campagne médiatique autour de Raïf Badawi, rejetant toute «ingérence» et toute critique contre son système judiciaire.Agence France-Presse Vous avez des droits nous pouvons vous aider Yves Ménard Avocats inc.514.861.0469 Ô Miroir Vente de liquidation 40° ^ sur tout en boutique Jusqu'à 75°''° sur articles sélectionnés Plus de 800 modèles disponibles Payer et emporter/ Vente finale 4556b, St-Laurent, Montréal, QC H2T 1R3 514 282-0900 www.OMiroir.com Pour réserver un espace publicitaire, contactez Jean de Billy au 514 985-3456 ou jdebilly@ledevoir.com LAVAL La Cour d\u2019appel donne raison à Marc Demers JEANNE CORRIVEAU Le maire de Laval, Marc Demers, a eu gain de cause contre ses adversaires qui tentaient de le faire déclarer inapte à siéger.Dans une décision rendue vendredi, la Cour d\u2019appel a confirmé que M.Demers était éligible aux élections municipales de novembre 2013.Le maire avait obtenu un jugement favorable de la Cour supérieure en décembre 2014, mais les quatre candidats défaits à l\u2019élection de 2013, Jacques Eoucher, Claire LeBel, Jean-Claude Gobé et Robert Bordeleau, avaient décidé d\u2019interjeter appel.Rappelons que ceux-ci avaient fait valoir devant le tribunal que Marc Demers n\u2019habitait pas le territoire de la ville durant toute l\u2019année précédant l\u2019élection, ce qui aurait dû l\u2019empêcher d\u2019être candidat.Policier à Laval pendant une trentaine d\u2019années, M.Demers a résidé de façon continue pendant 13 ans à Laval.Il habitait chez son fils, qui était aussi son locateur.En mai 2012, ce dernier lui annonce son intention de vendre sa maison, ce qui se concrétise quelques semaines plus tard.M.Demers s\u2019installe donc à sa maison de campagne à Brownsburg-Chatham pendant qu\u2019il poursuit ses démarches pour se trouver une maison à Laval.En décembre 2012, Marc Demers fait une offre d\u2019achat pour une maison dont il prend finalement possession en janvier 2013.Le maire Demers n\u2019a résidé à l\u2019extérieur de Laval que pendant six mois, «pour des raisons imprévues et hors de son contrôle», note la Cour.« Toutefois, durant cette absence, il s'est tenu informé des enjeux locaux et a conservé un intérêt constant à la bonne administration des affaires municipales», ajoutent les juges.«En adoptant l'article 61 de la Loi, le législateur voulait s'assurer que pour être admissible à devenir membre du conseil municipal d'une municipalité, le candidat devait y avoir résidé durant une période suffisamment longue et récente pour connaître le pouls de la population de façon à pouvoir se positionner et se prononcer sur les enjeux locaux.Or, l'intimé répondait indéniablement à ces impératifs lorsqu'il a posé sa candidature», souligne-t-on.Le maire s\u2019est dit heureux du verdict des juges.Il a toutefois qualifié à'«acharnement» l\u2019attitude de ses opposants.«Certains ont tenté d'utiliser les tribunaux comme instrument de vengeance politique au mépris de la décision exprimée par les citoyens lors de l'élection», a-t-il dit en déplorant le fait que les Lavallois aient dû assumer les coûts de ses procédures.Jacques Eoucher a indiqué qu\u2019il n\u2019écartait pas la possibilité de s\u2019adresser à la Cour suprême.«Je vais prendre le temps de lire le jugement et dans les prochains jours, je prendrai une décision», a-t-il indiqué au Devoir.Avec La Presse canadienne Le Devoir SPENCER PLATT AGENCE ERANCE PRESSE World Trade Center: des créateurs québécois rendent honunage à Manhattan L\u2019ouverture au public de l\u2019Observatoire du One World Trade Center a fait figure de symbole vendredi, plus de 14 ans après l\u2019effondrement des tours jumelles.Au sommet de la tour, c\u2019est à une firme de création de Montréal qu\u2019a été confiée la levée de rideau sur le fameux « skyline », ou silhouette urbaine, de Manhattan.Au 102® étage, les visiteurs du monde entier verront la vidéo monumentale réalisée par les créateurs de Réalisations avant de découvrir la vue saisissante sur l\u2019île de Manhattan au travers d\u2019immenses baies vitrées.À lire, le texte de notre journaliste Isabelle Paré sur l\u2019application tabiette et le site Web du Devoir.Une voie cyclable sur Saint-Denis Une voie réservée pour vélo prendra place sur la rue Saint-Denis en direction sud, en période de pointe du matin, pour faciliter l\u2019accès au centre-ville.Cette piste pour vélo prendra place entre le via-duc près du boulevard Rosemont (où la cycliste Mathilde Blais a péri sous les roues d\u2019un camion en mai 2014) et la rue Sherbrooke, de 6 h à 9 h.(jos&ey - .Aoi&ettey en/ muentaù^ c^enc/a&i, caMmj,\tet sù^/o&i a/ôi(msyc^pÂoto&^ cietic/esy cée^ ôureaw, &ceaKæy ciresy w cacÂeter^.44ô, tu&Sù-^TuJfice^, fæitæ^jffotitréal\t: ôi4 6^4ô-4ÿ6^0 (fo/ âmafao/\taf& lOf 00 w 00 /e&y .mm£tâsy eO (AmumÀe&y af& fO f 00 w f 6^4/SO Autre lien qui s\u2019ajoute vers le centre-ville de Montréal, une voie pour vélo sera aménagée à contresens de l\u2019avenue de l\u2019Esplanade, entre l\u2019avenue du Mont-Royal et la piste cyclable de la rue Rachel.Les feux de circulation seront aussi synchronisés en fonction de la vitesse des cyclistes sur la piste de la rue Boyer.Le maire Denis Coderre a annoncé vendredi des investissements de 12,5 millions visant à aménager ou améliorer 50 kilomètres de voies cyclables en 2015-2016.Il a aussi confirmé que 30 viaducs ont été « sécurisés» depuis l\u2019accident mortel de la rue Saint-Denis en mai 2014.Sous ces viaducs, des pistes cyclables ont été aménagées ou la circulation des vélos est permise sur les trottoirs, pour éviter aux cyclistes de devoir rouler sous des viaducs sombres et étroits.Le Devoir Membre O PQ et R C PO S S Psychologue clinicienne Adultes \u2022 Couples 25 ANS d\u2019expérience inë^l 514*861 *0630 Vieux-Montréal Abat-jour Illimités LAMP HAD Obtenez 15% de rabais ! 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mené de front la Campagne radicale pour l\u2019indépendance, préfère se retrousser les manches.De passage à Montréal, elle explique comment l\u2019alliance des partis de gauche est essentielle à son avis pour combattre les poli-tiqpes d\u2019austérité.A l\u2019instar du gouvernement de Philippe Couillard, le nouveau gouvernement britannique entend imposer un programme de réductions radicales des dépenses publiques.Depuis les élections du 7 mai dernier, le parti de David Cameron, qui avait dû composer avec un gouvernement de coalition tout au long du dernier mandat, a maintenant le plein pouvoir.«Nous sommes vraiment très inquiets.Au courant des dernières années, les conservateurs n\u2019ont implanté qu\u2019environ 25% des mesures d\u2019austérité de leur plan; maintenant, ils vont accélérer le pas», déclare Cat Boyd avec un fort accent écossais.Invitée au dixième congrès de Québec solidaire qui se tient cette fin de semaine, la militante féministe participera notamment à un panel intitulé «Regards féministes sur l\u2019austérité».De la privatisation du système de santé aux coupes massives dans les services sociaux, les femmes ressentent plus les effets de l\u2019austérité, affirme-t-elle.Pourquoi?«En Ecosse, surtout, le pourcentage de femmes sans emploi est bien plus élevé que celui des hommes, elles sont nombreuses à dépendre du filet social.Or, il est en train de disparaître peu à peu», répond-elle.Les travailleurs souhaitant améliorer leurs conditions risquent de se faire mettre des bâtons dans les roues, ajoute-t-elle, puisque le nouveau gouvernement «a la claire volonté» de durcir sa politique antisyndicalisation.Créer une alliance Ironiquement, la majorité des Britanniques est en désaccord Québec solidaire au féminin JACQUES NADEAU LE DEVOIR Invitée au dixième congrès de Québec solidaire qui se tient cette fin de semaine, la militante féministe écossaise Cat Boyd était avec Françoise David, vendredi à Montréal.avec les politiques d\u2019austérité du premier ministre Cameron, poursuit Cat Boyd, mais le système électoral étant ce qu\u2019il est, le Parti conservateur possède une majorité absolue avec seulement 36,9% des voix.Consciente que le système politique du Québec est sensiblement similaire, la jeune femme aux cheveux roses encourage la population à se mobiliser.«Ce n\u2019est pas parce qu\u2019un parti a une majorité politique qu\u2019il faut voir toutes ses décisions comme une fatalité, il faut continuer de se faire entendre, tenir un dialogue constant», explique-t-elle.Prendre la rue pour manifester est une option intéressante, «mais c\u2019est loin d\u2019êfie assez».A son avis, les forces gauchistes, qui représentent un grand pourcentage de la population mais qui sont divisées entre plusieurs partis, doivent se regrouper dans une alliance.«Trouvons le moyen de nous unir afin qu\u2019aux prochaines élections, le Parlement puisse représenter les intérêts des millions de citoyens et non pas juste ceux d\u2019une poignée de millionnaires», dit-elle.C\u2019est avec cette philosophie en tête que M\u201c® Boyd entend créer le Projet écossais de gauche (Scottish Left Project), une bannière qui permettrait de rassembler les militants de divers partis de gauche pour assurer une cohésion tant dans le mouvement de protestation contre l\u2019austérité que dans l\u2019organisation des prochaines campagnes électorales.Au Québec, la question d\u2019une alliance entre les partis Option nationale, Québec solidaire et le Parti québécois a été plusieurs fois étudiée.Selon plusieurs, une alliance serait stratégique pour éviter de 4iviser le vote souverainiste.A l\u2019automne dernier, quelques mois après la cuisante défaite du PQ, le rassemblement pour l\u2019indépendance «DestiNation» se voulait un nouveau départ pour l\u2019option souverainiste.Des discussions autour de l\u2019idée d\u2019une alliance ont eu lieu, sans mener pour autant à une action concrète.«On fait souvent l\u2019erreur de croire qu\u2019une alliance implique de sacrifier des principes et des idéologies.On peut garder nos valeurs, mais il faut les prioriser en PKPAVELO LA LOIRE SUR 2 ROUES 11 1 DOSSIER LE PHÉNOMÈNE CYCLOSPORTIP ECONOMISEZ JUSQU\u2019À 45 % l oi SUR LE PRIX EN KIOSQUE Le Nouveau-Brunswick , Version vélo de montagne \\ Designers québécois dans la cour des grands Essais Vélos aéro Cervélo S3 \u2022 FeltAR2 -TRIATHLON SANTÉ ENTRAÎNEMENT L'art des Mal aux Les très longues transitions fesses?\tdistances VELO MAC, LE MAGAZINE DES PASSIONNÉS DE VÉLO AU QUÉBEC Au programme: reportages, destinations, tests d\u2019équipement, chroniques sur l\u2019entraînement, nutrition, conseils d\u2019entretien et actualités cyclistes.ABONNEZ-VOUS DES MAINTENANT 1 AN = 31 $* 2 ANS = 49$* SANS = 69 $* WWW.VELOMAG.COM/ABO N N EZ-VOU S *Plus taxes fonction du but commun, dans ce cas-ci l\u2019indépendance», explique Cat Boyd.La séparatiste croit fortement que la souveraineté est la meilleure réponse à l\u2019qustérité, tant au Québec qu\u2019en Ecosse.«Chez nous, l\u2019indépendance pourrait se traduire par une abolition de la Chambre des lords [l\u2019équivalent du Sénat], l\u2019élimination des armes nucléaires, une diminution de la taille de l\u2019armée, une meilleure redistribution des richesses.Tout est une question de choix, où on met l\u2019argent et à qui on le donne», dit-elle.Le Devoir FLORENCE SARA G.FERRARIS Les femmes seront au cœur du dixième congrès de Québec solidaire (QS) qui se tiendra toute la fin de semaine à Montréal sur le thème «Femmes, familles et diversité sexuelle».«C\u2019est intéressant, dans le contexte d\u2019austérité actuel que la préservation des acquis des femmes soit l\u2019enjeu principal de notre congrès, souligne la députée et porte-parole solidaire, Françoise David, en spécifiant qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un hasard, l\u2019organisation de l\u2019événement ayant débuté il y a près de deux ans.Car, jamais, dans l\u2019histoire récente, les femmes n\u2019ont subi autant d\u2019attaques au nom de l\u2019austérité.» Bien connue pour ses prises de position marquées, la formation politique, qui soufflera ses 10 bougies en février 2016, a déjà décrié à de nombreuses reprises les impacts qu\u2019auront sur les femmes les politiques d\u2019austérité appliquées par le gouvernement Couillard.«Que ce soit avec l\u2019augmentation ou la modulation des tarifs de service de garde, les demandes patronales à la fonction publique, les compressions dans les services publics ou [l\u2019abolition] de la Commission de l\u2019équité salariale, ce sont toujours les femmes qui sont les premières touchées», a insisté la députée de Gouin en entrevue avec Le Devoir.Ces différents enjeux seront d\u2019ailleurs au centre de nombreuses discussions, cette fin de semaine, discussions qui devraient permettre aux solidaires d\u2019établir ensemble les grandes lignes du programme du parti en matière de condition féminine et de politique familiale.D\u2019ici à dimanche, ils devront ainsi se pencher sur une dizaine de propositions qui seront, par la suite, présentées comme les positions du parti.Parmi les questions à l\u2019étude, notons le travail du sexe, les droits des personnes trans, les agressions à caractère sexuel et la parité dans les institutions publiques.Coalition de gauche?Questionnée sur une possible alliance des forces progressistes au Québec, comme le suggère la militante écossaise Cat Boyd, la députée de QS croit qu\u2019ici, la question ne se pose pas vraiment.«On va se le dire, au Québec, il n\u2019y a qu\u2019un seul parti à gauche et c\u2019est nous, pour le meilleur et pour le pire», a lancé Françoise David avec sérieux.Il faut plutôt parler d\u2019une coalition indépendantiste.Or, bien souvent, cette dernière revient à ce que QS se saborde pour que tout le monde revienne au PQ, qui serait la grande coalition.Et ça, il n\u2019en est pas question ! » Elle précise toutefois que, dans un contexte référendaire, une concertation des forces souverainistes serait envisageable.« [Nous sommes souverainistes], c\u2019est certain que nous serons dans le camp du Oui, insiste-t-elle.Mais, on le fera avec nos valeurs, car l\u2019indépendance doit avoir un sens.» Le Devoir Découvrez notre nouveau site mobile Visitez m.ledevoir.com et accédez à 100 % du contenu gratuitement jusqu\u2019au 31 mai Installez ticône sur l\u2019écran d\u2019accueil de votre téléphone L ) I ( Etude Québec doit confier plus de responsabilités aux pharmaciens Ligue des Champions de la (XJNCACAr Le rêve du onze montréalais s\u2019éteint Nepal; des Canadiens trouvent refuge en Inde Débats à Les caricatures de Gamotte François Blais et la CSDM.Michel David Une occasion en or Guy Taillcfcr Bombe tectonique 778313038163 A 10 LE DEVOIR, LES SAMEDI 30 ET DIMANCHE 31 MAI 2015 ACTUALITES DJIHAD SUITE DE LA PAGE 1 fréquentaient le cégep Maisonneuve.Au moins quatre d\u2019entre eux ont reçu les enseignements d\u2019Adil Ctiarkaoui, qualifié de «marchand de haine» par le Parti québécois (M.Ctiarkaoui rejette toute responsabilité).«La dernière chose dont État islamique a besoin, c\u2019est d\u2019un cégépien de Maisonneuve qui ne parle pas l\u2019arabe et qui ne sait pas manier une Kalachnikov», lance Stéphane Leman-Langlois, directeur de la Chaire du Canada en surveillance et construction sociale du risque, et membre fondateur du Nouvel Observatoire sur la radicalisation et l\u2019extrémisme violent.Le propos frappe, mais il atteint son but: faire réfléchir.Pourquoi diable des jeunes à peine sortis de l\u2019adolescence sont-ils prêts à faire le sacrifice suprême de leur vie au nom d\u2019une cause ?Se pourraient-ils qu\u2019ils imaginent la promesse du Salut là où d\u2019autres ne voient que sueur, sang et larmes?Qu\u2019ils partent avec l\u2019idée folle de «sauver des vies», comme l\u2019a expliqué à la hâte la ministre de la Sécurité publique.Lise Thériault?Que sait-on sur eux, leurs Les familles interrogées par Benjamin Ducol ont l\u2019impression qu\u2019une force invisible leur a arraché leur enfant motivations, les processus ayant mené à leur endoctrinement?Rien.Sinon que le Canada est en guerre contre les terroristes, et vice-versa.Pour venir à bout de cette menace, bien réelle et immédiate, il faudra beaucoup plus que des combats armés.La lutte contre la radicalisation exige un effort de raison.Une anomalie Benjamin Ducol est un oiseau rare parmi les chercheurs.En dépit des résistances institutionnelles au sein des appareils militaires, policiers et carcéraux, il s\u2019entête à sonder le cœur et l\u2019âme des djihadistes.Il a tissé sa thèse de doctorat à partir d\u2019entretiens avec des combattants ou des membres de leur famille au Canada, en France et en Belgique.Son credo ?Les procédés de « socialisation djihadiste».«Peu de chercheurs ont tenté d\u2019aller voir ce qu\u2019il y a dans le cœur et la tête de ces gens.On étudie trop souvent les trajectoires sans chercher à comprendre les individus, et c\u2019est un problème», explique le criminologue.A l\u2019heure où les politiciens et les experts patentés attribuent à la propagande djihadiste dans Internet la déferlante de radicaux, M.Ducol lance un appel à la prudence face aux schémas déterministes.« Un lien de causalité aussi simple n\u2019existe pas.Bien sûr, l\u2019Internet joue un rôle, mais c\u2019est plus une grande bibliothèque dans laquelle les gens peuvent aller chercher toutes sortes de ressources.Tout ne passe pas par Internet.Il y a toujours des passeurs sur le terrain», explique-t-il.M.Ducol a interviewé récemment les familles de deux jeunes faisant partie de la première vague d\u2019aspirants au djihad partis du cégep Maisonneuve.Le récit est banal, trop banal.Il n\u2019y a pas l\u2019équivalent d\u2019un Said Khadr (le père d\u2019Omar et fidèle lieutenant d\u2019Oussama ben Laden) dans le portrait de ces familles.Des familles de confessions mixtes qui n\u2019affichaient pas du tout un zèle religieux.Il a trouvé une confirmation de plus de sa thèse de doctorat.Comme dans le cas de cette adolescente belge qui a tout laissé derrière elle, les parents québécois des premiers djihadistes croyaient qu\u2019ils avaient affaire à «une sorte de lubie passagère» plutôt caractéristique de cet âge ingrat nommé l\u2019adolescence.«Les familles n\u2019ont rien vu venir.C\u2019est souvent après coup qu\u2019elles remettent toutes les pièces du puzzle en place et qu\u2019elles font le déclic», dit-il.Un discours sectaire Les familles interrogées par M.Ducol ont l\u2019impression qu\u2019une force invisible leur a arraché leur enfant.Profitant d\u2019un passage à vide dans la vie de ces jeunes, des «médiateurs de la croyance» ont pris, progressivement, le contrôle des moindres aspects de la vie de leurs proies.Les recruteurs du djihad pourraient donner des leçons aux gourous de sectes.Jocelyn Bélanger, impliqué de près dans la mise sur pied du centre de prévention de la radicalisation de Montréal, voit des similitudes entre les deux univers.«La secte remplit des besoins psychologiques : le sentiment d\u2019appartenance, le désir de donner un sens à sa vie, de combler le vide», explique-t-il.Les groupes djihadistes proposent aussi de combler ces besoins, en faisant miroiter à des adolescents exaltés la promesse d\u2019adhérer à une cause qui les dépasse et les enveloppe.Au point d\u2019en perdre tous ses repères.«Ils partent pour faire de l\u2019humanitaire armé», avance Benjamin Ducol.Le passage à l\u2019acte Dans sa jeunesse à gauche toute typique des années 70, Janine Krieber se souvient d\u2019avoir adhéré à bien des idées défendues par des groupes tels que la Fraction armée rouge, connue sous le nom de la «bande à Baader», en Allemagne.Mais le passage à l\u2019acte violent, jamais elle n\u2019a pu le cautionner ni même le comprendre dans son entièreté.«Ils ont choisi de tuer, pas moi.Pourquoi ?» s\u2019interroge-t-elle.«Le processus qui mène au terrorisme est toujours le même.Il y a une volonté de réparer les injustices de ce monde, une colère, et une légiti-misation de Vutilisation de la violence à des fins politiques», enchaîne la professeure associée au Collège militaire royal du Canada.L\u2019anomiç, concept développé par Emile Durkheim, reste actuelle pour comprendre l\u2019acte terroriste.Le passage à la violence, peu importe l\u2019époque ou la nature de la menace, devient possible dans les périodes de changement rapide, alors que l\u2019individu est incapable de cohabiter au sein de deux systèmes de valeurs.La prudence reste de mise dans l\u2019évaluation des trajectoires.«Le passage à l\u2019acte, c\u2019est aussi une question de hasard, explique M.Ducol.Il y en a qui vont y penser pendant des mois et ne jamais rien faire, alors que d\u2019autres vont se lever un matin et passer à l\u2019action.Ce n\u2019est pas une science exacte.» Le Devoir Rectificatif Dans le bas de vignette d\u2019une photo qui accompagnait l\u2019article « L\u2019écrivain en pyjama séduit les immortels » paru le 29 mai en page Al et signé par Christian Rioux, on aurait dù lire que Philippe Couillard apparaissait aux côtés de la ministre de la Culture et des Communications, Hélène David, et non de son épouse, Suzanne Pilote, comme nous l\u2019avons indiqué.Nos excuses.WAGONS SUITE DE LA PAGE 1 la fin 2015 ou au début 2016, avec l\u2019achèvement environ 18 mois après la première pelletée de terre», a-t-il précisé par courriel.Cela signifie que le nouveau port pourrait être opérationnel en 2017.Pour acheminer le pétrole de l\u2019Ouest jusqu\u2019au Nouveau-Brunswick, l\u2019entreprise a opté pour le transport par convois de wagons-citernes.Deux convois feront le voyage jusqu\u2019à Belledune chaque jour, pour un total 6\u2019«environ 220 wagons», a souligné M.Levson.C\u2019est trois fois le nombre de wagons que comptait le convoi qui a provoqué une tragédie humaine, environnementde et économique il y a moins de deux ans à Lac-Mégantic.Un wagon-citerne ayant une capacité habituelle d\u2019un peu moins de 720 barils, chaque convoi transportera près de 80 000 barils.Au total, les livraisons quotidiennes atteindront près de 160 000 barils.Cela signifie près de 58 millions de barils par année.Municipalités inquiètes En empruntant les voies du Canadien National (CH), tout ce pétrole devra parcourir le territoire québécois sur des centaines de kilomètres.Selon les recherches effectuées par Le Devoir, tout indique que les convois passeront par l\u2019île de Montréal, avant de poursuivre leur route vers Saint-Bruno-de-MontarviUe, puis au cœur de Mont-Saint-Hilaire, Saint-Hyacinthe et Drum-mondville.Ils longeront en partie l\u2019autoroute 20, puis Lévis.Les convois comptant 110 wagons chacun passeront, deux fois par jour, en plein cœur de Ri-vière-du-Loup, mais aussi Trois-Pistoles et Rimouski.Plusieurs autres municipalités du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie verront aussi défiler quotidiennement les wagons chargés de pétrole des sables bitumineux Chemin faisant, ces convois traverseront de nombreux cours d\u2019eau.Ils longeront aussi certaines rivières, dont la Matapédia.Les trains circuleront enfin le long de la rive sud de la baie des Chaleurs, au Nouveau-Brunswick, avant d\u2019arriver à Belledune.Amqui Matapédia Rimouski A) Belledune Trois-Pistoles Campbelton Rivière-du-Loup Québec Jf Drummondville Saint-Hyacinthe ^ Mont-Saint-Hilaire Saint-Bruno-de-Montarville Montréal YANNICK MORIN LE DEVOIR Les convois devraient emprunter la voie du CN et traverser plusieurs municipalités, dont Montréal.La perspective de voir de tels convois traverser le cœur des municipalités suscite de vives inquiétudes.La MRC de la Matapédia, qui regroupe 18 municipalités, a adopté il y a déjà plusieurs mois une résolution afin de manifester son opposition.Celle-ci souligne que le projet de transport n\u2019a fait l\u2019objet d\u2019aucune consultation publique.Les élus insistent aussi sur les risques environnementaux et sur «la vétusté des infrastructures de chemin de fer le long du parcours prévu».La préfète de la MRC, Chan-tale Iravoie, se sent par ailleurs démunie face à ce projet, sur lequel les municipalités n\u2019ont aucun pouvoir.«On se sent petits, a-t-elle résumé.On se retrouve à vivre avec les risques, alors que les retombées économiques sont inexistantes.On ne souhaite évidemment pas un scénario comme celui de Lac-Mégantic, mais je peux vous dire qu\u2019on y pense.» L\u2019inquiétude est également vive à Rivière-du-Loup.Selon ce qu\u2019a fait valoir le maire, Gaétan Gamache, la municipalité devrait même adopter sous peu une résolution exigeant que les convois passent à l\u2019extérieur de la ville de 20 000 hajiitants.Le maire de Rimouski, Eric Forest, est lui aussi préoccupé par les «risques importants» pour la population.Il souhaite d\u2019ailleurs que le gouvernement du Québec s\u2019implique dans le dossier.«En ce moment, les communautés se sentent abandonnées.On veut avoir des détails.Par exemple, quels seront les moyens d\u2019intervention en cas d\u2019incident?» Québec exclu Vérifications faites auprès du cabinet du ministre de l\u2019Environnement David Heurtel, Chaleur Terminais n\u2019a pas déposé d\u2019avis de projet auprès du gouvernement du Québec.«Comme pour tout projet, le gouvernement du Québec a bien l\u2019intention de faire respecter ses lois québécoises en matière de protection de l\u2019environnement», a ajouté son porte-parole, Guillaume Bérubé.Le Parti québécois a déjà demandé au gouvernement de mandater le Bureau d\u2019audiences publiques sur l\u2019environnement pour qu\u2019il étudie le projet Mais le gouvernement Couülard n\u2019a pas donné de suite à cette demande.Du côté du promoteur, on répond que l\u2019accord du gouvernement du Québec n\u2019est pas nécessaire.«Le transport ferroviaire de ce projet est la responsabilité de CN Rail et est réglementé au niveau fédéral par Transports Canada.Énsemble, ils veilleront à ce que toutes les exigences réglementaires soient respectées», a fait valoir John Levson.Interpellé par Le Devoir, le CN s\u2019est d\u2019ailleurs fait rassurant sur la sécurité de ses activités.Si son vice-président dit ne pas avoir besoin de l\u2019accord du Québec, Chaleur Terminais a néanmoins inscrit un lobbyiste-conseil au registre.Son mandat comprend des démarches «en vue d\u2019emmener les différents titulaires de charge publique à adopter une orientation [.] pour une meilleure acceptabilité sociale du projet de transport de pétrole brut de l\u2019Alberta vers le port de Belledune au Nouveau-Brunswick dans le but de ne pas nuire au développement du projet [.]».L\u2019opposition citoyenne est quant à elle résolue à faire avorter ce nouveau projet conçu pour la mise en marché du pétrole des sables bitumineux.«Ça me donne l\u2019impression qu\u2019on n\u2019a rien retenu de Lac-Mégantic, a insisté la porte-parole du regroupement Tache d\u2019huile, Maude Prud\u2019Homme.Le gouvernement doit intervenir.Mais aussi, il faut se demander si on veut participer à la croissance de l\u2019industrie pétrolière, qui est extrêmement polluante.» Le Devoir NEPAL SUITE DE LA PAGE 1 Une mauvaise piste carrossable montait jusqu\u2019à ce village du district de Gorldia depuis seule-ment deux ans, l\u2019électricité l\u2019avait enfin atteint depuis quatre années.Une nouvelle école venait tout juste d\u2019être terminée grâce à une ONG locale, souligne le jeune homme.Tout est à rçfaire.À ce sentiment de perte s\u2019ajoute aussi la peur de disparaître.La quasi-totalité des La-prakis a déserté le village pour trois camps en hauteur.«Les gens pensent que le glissement de terrain est imminent», affirme Anil en montrant tout un pan de montagne scalpé.On espère faire venir des géologues pour au moins s\u2019assurer que l\u2019emplacement des camps est sécuritaire.Nombre de jeunes hommes de l\u2019endroit travaillent pour des agences de trek de Katmandou.Le moral est meilleur depuis qu\u2019ils sont revenus, mais Anil ne peut s\u2019empêcher de répéter: «Pas de maison, pas de boulot, pas de touristes, ça va être dur.» Au moment où il fait ce constat, avant les pluies et les vents violents qui ont affligé La-prak ces derniers jours, les trois camps paraissaient solidement installés.Un tuyau apporte l\u2019eau à proximité, on distribue des bâches de plastique, on s\u2019échange du thé et du maïs éclaté sur un feu de bois.Les routes de distribution se sont ouvertes peu à peu depuis le séisme du 25 avril der- nier, dont le triste bilan s\u2019élève maintenant à plus de 8600 morts et encore 380 disparus.Les blessés seraient au nombre de 16 000, beaucoup souffrent de fractures, à l\u2019image de leurs maisons.Quotidiennement, des équipes de porteurs locaux déchargent du matériel, surtout du riz et de l\u2019équipement pour les abris de Laprak.Malgré cela.Anil Gurung explique que les habitants ne mangent encore qu\u2019un seul repas par jour.«Charger 30 ou 40 kilos de riz, ça paraît beaucoup, mais il y a environ 5200 personnes qui vivent ici et elles ne peuvent pas toutes descendre», dé-taille-t-il.Une partie de la nourriture acheminée provient du Programme alimentaire mondial (PAM), qui se targue d\u2019avoir embauché 20 OOQ porteurs à l\u2019échelle du pays.À la fois pour pallier l\u2019isolement et pour substituer temporairement l\u2019industrie touristique, la Trekking Agencies Association of Nepal et la Nepal Moutaineering Association viennent également d\u2019annoncer un partenariat avec le PAM.Leurs forces vives de porteurs faciliteront la logistique d\u2019acheminement de l\u2019aide.Les petites ONG, les réseaux de solidarité ou encore les Népalais de la diaspora comptent encore pour une partie significative de l\u2019aide.Et ils pressentent de plus en plus que la reconstruction dépendra d\u2019eux.En effet, le dernier rapport de POCHA (le Bureau de la coordination des affaires hu- Les habitants ne mangent encore qu\u2019un seul repas par jour manitaires de PO NU) indique que seul le cinquième de l\u2019appel initial aux pays donateurs de 423 millions de dollars américains a été engrangé.Vivre avec le risque mais pas sans travail «On ne peut rien faire contre la nature», soupire Anil Gurung.Le soir venu, sous la tente de ses parents à demi partagée avec les animaux, les langues se délient Un verre de roxi dans le nez, alcool maison de millet ou de riz, Gonga Gurung raconte qu\u2019il a salué 11 personnes dans la vallée du Langtang, englouties 15 minutes plus tard par une avalanche le 25 avril.«J\u2019avais décidé de continuer avec mon groupe jusqu\u2019au prochain endroit pour dîner.» La faible lumière, une lampe frontale accrochée à un mince pilier de bois, n\u2019éclaire que le brun luisant de son œü.La montagne prenait déjà les leurs, mais sans touristes, comment pourront-ils faire vivre leur famille?On va se coucher, l\u2019odeur du feu dans la gorge.Le lendemain, le soleil de l\u2019aube qui se verse de vallée en vallée convainc que ce paysage est trop beau pour être abandonné.Le chien qui a aboyé contre son propre écho une bonne partie de la nuit paraît fatigué.Reconstruire ou partir?Les arbres fleurissent sur la place Tundikhel à Katmandou.Les tentes s\u2019y étendent maintenant en rangs militaires et la coordination du camp est ser- rée.Non loin de ce parc, les rues touristiques de Thamel paraissent désertes par rapport à leur cirque habituel en haute saison.Un marchand de coupe-vents s\u2019essaie à l\u2019optimisme : «Les catastrophes sont des points de rupture.Il faudra nécessairement de nouvelles idées pour avancer.» Rencontré dans la capitale, le chef de mission de l\u2019Organisation internationale pour les migrations, Maurizio Busatti, avoue sans détour craindre que la crise humanitaire ne se transforme en «crise des migrations».«Ce n\u2019est pas une prédiction très difficile, les travailleurs migrants sont ceux qui absorbent les chocs financiers et qui paient pour les maisons maintenant par terre», affirme-t-il.Les transferts d\u2019argent de la main-d\u2019œuvre népalaise exilée à l\u2019étranger comptent pour 30% du PIB du petit pays himalayen.«Et les migrations se font en interne aussi, à la recherche de trapail», ajoute M.Busatti.A l\u2019aéroport, les files ,des avions pour le Qatar, les Emirats arabes unis et la Malaisie sont les plus longues.Des hommes dans la vingtaine pour la plupart, la chemise repassée, la poudre rouge porte-bonheur au front, déposent tour à tour leur maigre sac à dos sur la balance de leur compagnie aérienne.Ils rient en se parlant de bhukamba, le mot népalais pour séisme.Ils savent bien qu\u2019après la montagne qui se hérisse, c\u2019est bientôt le ciel qui grondera.La mousson commence.Collaboratrice Le Devoir LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9® étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 ® Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 D Le Devoir sur ledevoir.com GO sur Facebook et sur Twitter La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel\tredaction@ledevoir.com Par télécopieur\t514\t985-3360 Publicité Au téléphone\t514\t985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais)\t1 800 363-0305 Par télécopieur\t514\t985-3390 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone\t514\t985-3344 Par courriel\tavisdev@ledevoir.com Par télécopieur\t514\t985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone\t514\t985-3322 Par télécopieur\t514\t985-3340 Abonnements (lundi a vendredi, 7 h 30 a 16 h 30) Au téléphone\t514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel\tabonnements@ledevoir.com Par télécopieur\t514 985-5967 Agenda culturel Par courriel agenda@ledevoir.com Le Devoir peut, a l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnes a la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs Si vous ne souhaitez pas 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