Le devoir, 30 mai 2015, Cahier H
[" ARTS ET VI LIES UN DÉVELOPPEMENT DURABLE CAHIER THÉMATIQUE H > LE DEVOIR, LES SAMEDI 30 ET DIMANCHE 31 MAI 2015 Ces artistes qui soulèvent des communautés Page H 4 La culture comme ancrage communautaire Page H 5 'd'n r,*'\" 7.5 OLIVIER DUBOIS MRC DES LAURENTIDES Fontaine créée par l\u2019artiste Mireille Dubreuil, dans le cadre d\u2019un projet de participation citoyenne de la MRC des Laurentides, qui a reçu une mention spéciale du prix Culture et Développement du réseau Les Arts et la Ville, l\u2019an dernier 28'^ Colloque du réseau Les Arts et la Ville « Il n\u2019y a pas de beaux projets sans complicité ! » Thème de ce vingt-huitième colloque annuel du réseau Les Arts et la Ville : La culture, lieu de toutes les complicités.Ou comment celle-ci peut nous aider à séduire l\u2019autre, à hâtir des ponts, à rapprocher les peuples, à développer d\u2019autres secteurs d\u2019activité, à façonner l\u2019avenir ou à relancer l\u2019économie sur de nouvelles hases ?Eléments de réponse avec Françoise Engue-hard, auteure établie à Saint-Jean de Terre-Neuve, qui prononcera la conférence d\u2019ouverture du colloque, et Dominique Violette, coprésidente du réseau et directrice générale du Carrefour international de théâtre de Québec.HELENE ROULOT-GANZMANN On ne crée pas seuls.La culture, c\u2019est une affaire individuelle, mais qui se passe dans un rapport aux autres, expose Dominique Violette.C\u2019est une affaire de liens, d\u2019affinités, de reconnaissance, d\u2019appartenance, d\u2019entraide.de complicité.Pour mener à bien un projet artistique, il faut que du monde y croie, du monde qui ne vient pas forcément des mêmes horizons mais qui s\u2019allie sur un enjeu particulier parce qu\u2019il croit en sa pertinence.Il faut des alliés, des complices.Il n\u2019y a pas de beaux projets sans complicité.» Un point de vue partagé par Françoise En-guehard.Exemples à l\u2019appui, elle expliquera, lors de la conférence d\u2019ouverture du colloque, comment cette complicité a permis aux Terre-Neuviens, société distincte s\u2019il en est, peuple insulaire et isolé géographiquement, de construire leur identité, leur culture, tout en restant ouverts sur le monde.«Les Terre-Neuviens sont très à l\u2019aise avec leur identité, affirme-t-elle.Ils savent qui ils sont, d\u2019où ils viennent.Ils ont un sens de l\u2019appartenance au territoire.La vie a été très difficile sur Vile au fil des siècles.Les gens se sont donc habitués à s\u2019exprimer.L\u2019expression artistique est presque une seconde nature.Partout, que ce soit à Saint-Jean jusque dans le moindre petit village, il y a des manifestations de cette intégration du processus culturel à la vie de tous les jours.Car on parle de l\u2019art que les gens vont pouvoir admirer, mais aussi et surtout auquel ils participent.D\u2019où cette complicité nécessaire pour qu\u2019un projet fonctionne.» Cette complicité que l\u2019auteure, Terre-Neuvienne d\u2019adoption et originaire de Saint-Pierre-et-Miquelon, associe au lien de confiance, de connivence, de coopération, de partenariat, de partage, de meilleure compréhension entre les êtres, mais aussi de refus de l\u2019isolement.«L\u2019expression artistique est une manière de transcender ce qui parfois nous divise, que ce soit la langue, l\u2019origine culturelle, nos références cul- Françoise Enguehard turelles, notre provenance, l\u2019endroit où l\u2019on est né et qui nous a façonnés, croit Enguehard.Dans cette affirmation culturelle, il y a une manière d\u2019aller au-delà de ce qu\u2019on pense souvent être les déterminants de l\u2019identité, à tort d\u2019ailleurs, la langue, le territoire, le sang, etc.» L\u2019écrivaine sait qu\u2019elle s\u2019adressera mardi à un auditoire convaincu, puisqu\u2019il participe à ce colloque, que la place de l\u2019art est dans la ville.Pas dans le musée de la ville, mais bien dans la vie de tous les jours.Un auditoire venu cependant chercher quelques pistes pour mener à bien des projets artistiques.«Dans les projets culturels d\u2019intégration qui fonctionnent, il y a des dénominateurs communs, des choses qui sont nécessaires, estime-t-elle.Par exemple, il faut qu\u2019il y ait déjà un minimum d\u2019activité économique.On ne peut pas forcer l\u2019implantation VOIR PAGE H 8 : PROJETS caissede laculture La solution pour les travailleurs autonomes et les entreprises culturelles H 2 LE DEVOIR, LES SAMEDI 30 ET DIMANCHE 31 MAI 2015 ARTS ET VILLES Les Arts et la Ville à Dieppe Un premier colloque à l\u2019extérieur du Québec Un 28® colloque pour Les Arts et la Ville, un premier tenu hors Québec.L\u2019élue : Dieppe, au Nouveau-Brunswick, la plus grande ville acadienne.La culture, thème de l\u2019événement annuel, a été ciblée comme axe de positionnement important depuis une dizaine d\u2019années dans cette ville constamment en croissance.MARTINE LETARTE Les arts et la culture ne pesaient pas lourd dans le rayonnement de Dieppe il y a une dizaine d\u2019années, même si la région acadienne est réputée pour ses nombreux artistes, notamment sur la scène musicale.Puis, la ville, surtout reconnue traditionnellement pour ses infrastructures sportives et récréatives, a décidé de se repositionner en accordant une plus grande place au secteur culturel.Une occasion s\u2019est présentée avec la possibilité de reprendre le bâtiment d\u2019un conservatoire de musique privé en proie à des difficultés financières.La Ville l\u2019a acquis, puis elle a décidé de transformer l\u2019ancienne caserne de pompiers voisine en salle de spectacles comprenant un peu plus de 200 sièges.Adjacent à la caserne, il y avait l\u2019ancien hôtel de ville.Avec tous ces espaces, on a créé le Centre des arts et de la culture de Dieppe (CACD).«Les deux bâtiments ont été reliés par une structure vitrée qu\u2019on utilise maintenant comme hall d\u2019exposition ou pour l\u2019organisation de différentes réceptions», indique Yvon Lapierre, le maire de Dieppe, fier de recevoir le colloque Les Arts et la ViUe.Le CACD joue aussi un rôle important notamment pour éveiller les enfants aux arts et à la culture.«Tous les jeunes du coin viennent passer du temps au Centre pour faire toutes sortes d\u2019activités, de la poterie au dessin, indique le maire.Des spectacles s\u2019y tiennent aussi sur une hase régulière.» Moncton, ville voisine d\u2019environ 70 000 habitants, a la salle régionale du Théâtre Capitol avec ses 800 sièges, mais Dieppe tenait à avoir sa petite salle à elle.«L\u2019acoustique est extraordinaire, c\u2019est un lieu unique, af firme Yvon Lapierre.Puis, nous sommes une ville francophone qui offre des services bilingues, alors nous voulons prendre notre place du côté de la francophonie.» Échanger pour mieux avancer La tenue à Dieppe du colloque Les Arts et la Ville est rendue possible en grande partie grâce à l\u2019Association acadienne des artistes professionnel.le.s du Nouveau-Brunswick (AAAPNB), qui a appuyé la candidature de la ville avec ferveur.«Nous sommes membres de l\u2019association Les Arts et la Ville depuis seulement trois ans et nous sommes heureux d\u2019avoir réussi à y faire notre place aussi rapidement, affirme Yvon Lapierre.Ui tenue du colloque s\u2019inscrit tout à fait dans le repositionnement de la ville en matière de développement de la culture.» Pour le maire de Dieppe, cet événement est un lieu de prédilection pour cheminer en matière de développement cul- 1 «Les contacts humains sont importants dans un événement comme celui-là, souligne le maire de la petite ville de Dieppe au Nouveau-Brunswick, Yvon Lapierre.On apprend des succès des autres, mais aussi des difficultés qu\u2019ils ont traversées.Parce que développer le secteur culturel et artistique dans les villes reste un défi.» turel et artistique.«Particulièrement pour une ville comme la nôtre, où on en est à nos premiers pas dans le domaine, c\u2019est important d\u2019entendre parler des réalisations d\u2019autres villes dans les arts et la culture», indique M.Lapierre, Montréalais d\u2019origine, né dans le quartier Saint-Henri.Il donne d\u2019ailleurs l\u2019exemple de sa rencontre avec Jean Fortin, le maire de Baie-Saint-Paul.«De grandes réalisations y ont été faites et c\u2019est une petite communauté, se réjouit Yvon Lapierre.L\u2019échange d\u2019expériences vécues, les contacts humains sont importants dans un événement comme celui-là.On apprend des succès des autres, mais aussi des difficultés qu\u2019ils ont traversées.Parce que développer le secteur culturel et artistique dans les villes reste un défi.Ce n\u2019est pas facile avec la réalité économique.Il y en a toujours qui nous demandent pourquoi on investit là-dedans.» La tenue du colloque a aussi incité certaines villes du coin à travailler sur leur volet culturel.«Avec l\u2019AAAPNB, nous avons encouragé les villes à développer des politiques culturelles et quelques-unes l\u2019ont fait dans les derniers mois», affirme M.Lapierre.Plus de 200 participants se sont inscrits au colloque au Nouveau-Brunswick.«En plus de faire découvrir Dieppe aux participants, nous les amènerons bien sûr au Pays de la Sagouine, à Bouc-touche, puis à Shediac, où on fera une sortie en bateau pour montrer notamment comment on pêche le homard», indique Yvon Lapierre.Attraction de francophones et francophiles L\u2019Acadie a une relation privilégiée avec le Québec.Lors de Yvon Lapierre la belle saison, de nombreux vacanciers québécois prennent la route des Maritimes pour profiter des plages.De nombreux Québécois et Canadiens francophones vont aussi étudier à l\u2019Université de Moncton.D\u2019autres adoptent la région pour des raisons profession-nelles, comme le maire, arrivé au Nouveau-Brunswick en 1971, puis installé à Dieppe en 1977.«La ville a toujours réussi à attirer de nombreux francophones et francophiles, re-marque-t-il.Lorsque je suis arrivé, nous étions 8500 dans la ville et nous sommes maintenant 25 000, mais la proportion est toujours d\u2019environ 75 % de francophones et de 25 % d\u2019anglophones.» Ils travaillent dans des secteurs d\u2019activité diversifiés.«Bien des gens sont venus faire carrière dans le secteur médical, avec le Centre hospitalier universitaire Dr-Georges-L-Dumont, à Moncton, qui est francophone, puis des chercheurs sont venus à l\u2019Institut atlantique de recherche sur le cancer, remarque le maire de Dieppe.Nous avons aussi de grandes entreprises, comme Assomption Vie, dans le domaine de l\u2019assurance, et Irving.La région est surtout un centre logistique pour tout l\u2019Atlantique.De plus, on est à 10 kilomètres de la côte, alors on retrouve aussi des activités de pêche et de transformation.» Yvon Lapierre a été conseiller municipal de 1986 à 1992, puis il est devenu maire pour une première fois en 1998, avant de démissionner parce que s,on emploi l\u2019amenait aux Etats-Unis, puis à Montréal.C\u2019est à sa retraite, en 2012, qu\u2019il a effectué un retour à la mairie.Collaboratrice Le Devoir s ir Sont fiers de présenter le colloque 2015 It- '^ ' J\t\" ^ ^ \" ^ «CblWi# de Les Ville LE RÉSEAU POUR LES ARTS ET LA CULTURE DANS NOS COMMUNAUTÉS Association acadienne des artistes professionnei.ie.s du Nouveau-Brunswick wyi Is» \u2019 U Partenaires Québec o »\tBmm^k LIEU DE TOUTES CANADA Ce projet est réalisé grâce à l\u2019appui financier reçu du Secrétariat aux affaires intergouvernementaies canadiennes du gouvernement du Québec en vertu des programmes de soutien financier en matière de francophonie canadienne.Supporteurs 2 au 4 Juin 2015 Centre des arts et de la culture de Dieppe ^\tHôtel Delta Beauséjour, Moncton te Ville de Gatineau culture uDieppe LE DEVOIR iéBisdeia:?^ S^NGOUlî^ I Le réseau Les Arts et la Ville s\u2019associe à la Ville de Dieppe et à l\u2019Association acadienne des artistes professionnei.ie.s du Nouveau-Brunswick pour ce 28® colloque annuel, qui se tient pour la première fois à l\u2019extérieur du Québec.Le Colloque 2015 mettra en lumière\u2018la complicité entre le Québec et l\u2019Acadie ainsi que les rapports de proximité et les ponts que la culture contribue à bâtir entre les individus, les communautés et les différents secteurs d\u2019activité de nos collectivités.f Programme disponible au www.arts-ville.org Associes 1903 Memramcook notre belle vallée Delta BEAUSÉJOUR II m > '.-A Y Partenaires des prix Les Arts et la Ville I Télé-Québec urivio UNION DES MUNICIPALITÉS DU QUÉBEC >\t¦\t¦ -i' T\t\u2019\u2019\tV LE DEVOIR, LES SAMEDI 30 ET DIMANCHE 31 MAI 2015 H 3 ARTS ET VILLES Arts et culture en Acadie De belles leçons pour le Québec « On s\u2019est rendu compte que, lorsqu\u2019on rassemble tout le monde autour d\u2019une table et qu\u2019on valorise le point de vue de chacun, on crée alors un engagement et une adhésion qui ne se démentent plus par la suite ! » CLAUDE LAFLEUR Carmen Gibbs ne se gène pas pour le dire: les Acadiens ont de quoi nous apprendre.Femme d\u2019action \u2014 d\u2019actions communautaires et sociales depuis 40 ans \u2014 elle dirige depuis 14 ans l\u2019Association acadienne des artistes professionnel.le.s du Nouveau-Brunswick (AAAPNB).« On travaille pour faire en sorte que la situation socio-économique de nos artistes s\u2019améliore», dit-elle.Son association milite pour faire briller la culture et les arts acadiens non seulement en Atlantique mais à travers le monde.Et, comme elle le constate: «Je dirais qu\u2019en Acadie du Nouveau-Brunswick ça va très bien!» «Je vous dirai qu\u2019au Nouveau-Brunswick le français se porte bien, même si l\u2019assimilation est un danger constant», confirme Frédérick Dion, directeur général de l\u2019Association francophone des municipalités du Nouveau-Brunswick (AFMNB).Celle-ci rassemble 53 des 106 municipalités de la province.«On a tout de même une quarantaine de municipalités qui se définissent comme francophone et une douzaine qui se définissent comme bilingue», dit-il avec satisfaction.Tous deux animeront le groupe de discussion Une Acadie complice!, dans le cadre du colloque Les Arts et la Ville qui se tiendra à Dieppe du 2 au 4 juin.« Ce sera l\u2019occasion pour nous de souligner les liens qui unissent l\u2019Acadie et le Québec», indique M.Dion.«L\u2019une des raisons d\u2019être des arts et de la culture, poursuit-il, c\u2019est de promouvoir notre fierté d\u2019être francophone, ainsi que de donner une offre stimulante permettant à la population de s\u2019épanouir dans sa langue.» Quand on travaille tous ensemble En 2004, l\u2019Association acadienne des artistes «La culture, c\u2019est le cœur de notre nation, et si elle est faible, la nation acadienne l\u2019est aussi ! » VILLE D\u2019EDMUNDSTON « Dans les faits, on a créé des passeurs et des ambassadeurs culturels parmi les profs, les directions d\u2019école, dans les conseils d\u2019éducation, au ministère, etc.», rapporte Carmen Gibbs, de l\u2019Association acadienne des artistes professionnel.le.s du Nouveau-Brunswick, a reçu le mandat de la communauté acadienne d\u2019organiser des états généraux sur les arts et la culture, rapporte Carmen Gibbs.«La culture, c\u2019est le cœur de notre nation,^ déclare-t-elle, et si elle est faible, la nation acadienne l\u2019est aussi!» De 2005 à 2007, son association a, par conséquent, regroupé de 1000 à 2000 personnes au sein de comités afin de réfléchir à la contribution que les arts et la culture apportent au développement de l\u2019Acadie.Toutefois, précise l\u2019organisatrice, au lieu de ne réunir que les artistes et le milieu de la culture, «nous avons décidé d\u2019en faire un projet de société et donc de convoquer.les jeunes, les femmes,^ les aînés, le monde économique, les municipalités, le milieu de l\u2019éducation, etc.Tout le monde s\u2019est donc retrouvé autour de la table.» «C\u2019était risqué, poursuit-elle, puisqu\u2019on aurait pu aboutir à n\u2019importe quoi.Cependant, on s\u2019est rendu compte que, lorsqu\u2019on rassemble tout le monde autour d\u2019une même table et qu\u2019on valorise le point de vue de chacun, on crée alors un engagement et une adhésion qui ne se démentent plus par la suite.» Ces états généraux ont scruté toute la chaîne des arts et de la culture \u2014 de l\u2019artiste créateur jusqu\u2019au rayonnement hors Acadie, en passant par la diffusion, la promotion, la place des arts dans les municipalités jusqu\u2019au public consommateur de culture.« Tous les maillons de la chaîne ont été examinés afin de repérer les plus faibles, indique Gibbs.Et on s\u2019est ensuite demandé comment on pourrait faire pour que tous soient aussi forts les uns que les autres.On a travaillé là-dessus jusqu\u2019en 2007.» Cette année-là, 600 personnes se sont réunies à l\u2019occasion d\u2019un second grand rassemblement, d\u2019où sont ressorties 58 recommandations.«Mais nous risquions alors que nos 58 recommandations se retrouvent vite sur une tablette !, de lancer Carmen Gibbs.Pour éviter cela, on a remis tout le monde à la tâche.Durant deux ans, on a travaillé à développer une stratégie: la Stratégie globale d\u2019intégration des arts et de la culture acadienne.» L\u2019art comme vecteur de cohésion sociale «Nous sommes à présent à mi-parcours et c\u2019est extraordinaire tout ce que nous sommes en Gibbs Carmen train de récolter, lance la directrice générale de l\u2019Association acadienne des artistes professionnel.le.s.Les objectifs qu\u2019on s\u2019était fixés ont été quintuplés, parfois même décuplés ! Par exemple, nous avons développé une stratégie d\u2019intégration des arts et de la culture dans le milieu scolaire, afin qu\u2019il y ait un meilleur enseignement par les arts et pour une présence accrue des artistes en milieu scolaire.» Or, en l\u2019espace de cinq ans, le nombre d\u2019artistes présents dans les écoles est passé de 102 à.1711! «Dans les faits, explique Gibbs, on a créé des passeurs et des ambassadeurs culturels parmi les profs, les directions d\u2019école, dans les conseils d\u2019éducation, au ministère, etc.Tous reconnaissent à présent l\u2019apport des arts et de la culture dans la réussite scolaire et pour une identité culturelle forte en Acadie.» De plus, le gouvernement du Nouveau-Brunswick a mis en place une politique du livre qui reconnaît l\u2019importance de la lecture dans le développement critique, pour l\u2019imaginaire, pour la réussite des élèves, etc.« Cette politique appuie les maisons d\u2019édition, les librairies, les auteurs et le milieu afin qu\u2019il y ait un meilleur accès aux livres partout au Nouveau-Brunswick », résume Carmen Gibbs.« Je crois que nous avons des pratiques exemplaires, qui pourraient être bénéfiques pour le Québec, poursuit-elle.Je vais même me permettre un commentaire: nous, les Acadiens, connaissons beaucoup mieux le Québec et les Québécois \u2014 vos enjeux, vos réalités et vos besoins \u2014 que vous, vous connaissez notre réalité ! Et c\u2019est un beau moment pour apprendre à se connaître et pour faire des partenariats.» «Le colloque Les Arts et la Ville est justement une belle occasion de souligner les liens qui unissent l\u2019Acadie et le Québec, renchérit Frédérick Dion, de l\u2019Association des municipalités.Nous avons une frontière commune et on a des liens étroits et d\u2019importantes collaborations, et je pense qu\u2019il est important de nous le rappeler.» «Et le colloque Les Arts et la Ville qui se tient chez nous cette année n\u2019est pas une fin en soi, enchaîne Carmen Gibbs, mais c\u2019est le début de quelque chose.Et c\u2019est pour ça qu\u2019on appelle ça l\u2019Acadie complice.! Complice avec vous!» Collaborateur Le Devoir :DRUMMOND VILLE 2015 SLÎDE ê PIIÜJÎINE Premiere canadienne 27 ET 28 JUIN 27 AU 29 AOÛT PÂSS'ONÂvion Spectacle Aérien Drummondville 29 ET 30 AOUT \\ 4 Festivités COMMEMORATION Presentees par tSSt DeSjardinS Caisse de Orummondville 27 AU 29 JUIN SAO PRÉSEriTE mondial cuLTûlUS (Tloison des arts Desjardins Drummondville V LLE 9 AU 19 JUILLET S\u2019INSCRIT EN CAPITALE QUÉBÉCOIS^D\u2019ANTAN 3 JUIN AU ^ 12 SEPTEMBRE D2oO\u201e ItUlllITlUll Capitale du développement TOURISME DRUMMOND SDEI^i Société de développement économique de Drummondville H 4 LE DEVOIR, LES SAMEDI 30 ET DIMANCHE 31 MAI 2015 ARTS ET VILLES Ces artistes qui soulèvent des communautés Une communauté a toujours besoin de ses artistes et l\u2019inverse est aussi vrai ! Sandra Lecouteur et Herménégilde Chiasson ont beaucoup donné, tout en recevant énor-mément.Ce sont ces échanges qui donnent vie à une collectivité.MARIE-HÉLÈNE ALARIE Il y a l\u2019accent bien sûr, mais il y a aussi les mots, et quand Sandra Lecouteur chante, on l\u2019écoute, et quand elle parle, on aurait comme tendance à faire la même chose: «L\u2019île Miscou, c'est là où les oiseaux virent de bord, y peuvent pas aller plus loin, c\u2019est la limite de l\u2019univers.» C\u2019est là, au bout du bout de la péninsule acadienne, qu\u2019est née Sandra Lecouteur.Son dernier album.Le phare, qu\u2019elle vient tout juste de lancer, est un hommage au phare de Miscou, son île.Une île qu\u2019elle nous raconte : « Quand j\u2019étais petite, à Miscou, on n\u2019avait pas de pont, on était comme une tribu.» Sur cette île a poussé un phare construit îl y a 158 ans, et «la gardienne du phare n\u2019avait pas de petite fille, alors elle m\u2019empruntait les fins de semaine, et fai vécu avec ce phare-là dans ma tête et, pour moi, c\u2019est devenu comme un acouphène de mer».« L\u2019île Miscou, c\u2019est là où les oiseaux virent de hord, y peuvent pas aller plus loin, c\u2019est la limite de Sandra Lecouteur.« Mon rêve c\u2019était de faire des spectacles dans le phare ! » On verra Sandra Lecouteur au colloque Les Arts et la Ville pour participer au panel Des artistes qui soulèvent des communautés.Accompagnée de deux autres artistes aux parcours semblables, elle viendra raconter comment l\u2019aventure du phare de Miscou a changé sa communauté.Longtemps abandonné, le Programmation culturelle Riche comme l\u2019Acadie On a imaginé la programmation culturelle du colloque Les Arts et la Ville comme un voyage, afin de montrer toute la richesse de la diversité culturelle de l\u2019Acadie.Dès l\u2019ouverture du colloque, mardi en avant-midi, le visiteur pourra découvrir deux facettes de l\u2019Acadie.Tout d\u2019abord, on propose la renaissance acadienne grâce à une visite guidée, où l\u2019on se transportera dans la vallée de Memramcook, le berceau de l\u2019Acadie.Au programme : l\u2019exposition L\u2019odyssée acadienne et, en chansons, Lisa Roy et Monette Gould, puis Circus Stella présentera un extrait de son spectacle Les robes de Sainte-Anne.Le tout se termine par la visite d\u2019un aboiteau.Pour ce qui est de la facette urbaine, le parcours débute au monument de la Déportation avec un spectacle de cerfs-volistes.On se déplace ensuite sur les berges de la rivière Petitco-diac pour assister à un mascaret, puis ce sera la découverte du Musée acadien de l\u2019Université de Moncton et le Centre culturel Aberdeen.Le circuit s\u2019achève à la cathédrale Notre-Dame-de-TAssomption avec une exposition des œuvres de l\u2019ar- phare de Miscou a dû être complètement décontaminé avant d\u2019être restauré, ce qui a été fait pour le Congrès mondial acadien en 2009.C\u2019est à ce moment-là que germe, dans l\u2019esprit de Sandra, une idée complètement extravagante : «Avec mon conjoint, on s\u2019est dit: on va faire une série de spectacles, et les gens ont tout de suite dit: quelle bonne idée!» On venait de donner une vocation cultu- tiste Claude Roussel.Le mercredi, lors de la soirée de gala animée par René Cormier et Lou Poirier, on a invité des artistes pour un panorama de performances acadiennes, avec Julie Du-guay, Pierre-André Doucet, Joey Robin Haché et Oumou Soumaré.La fête se poursuivra tard dans la nuit avec le spectacle de la chanteuse Izabelle Ouellet.Le jeudi, c\u2019est par une sortie en mer qu\u2019on viendra clore le colloque.Sur la table, le homard, et sur la scène, Sandra Lecouteur, accompagnée de ses musiciens, qui présentera son spectacle Voir Miscou et mourir.relie à un établissement qui était important pour la communauté, mais où il ne se passait rien.« On a rallumé la lumière du phare, intérieurement et musicalement.» Aujourd\u2019hui, le phare est devenu un lieu de diffusion culturelle, mais surtout un lieu de rencontre dynamique.Ce ne sont pas seulement les résidants de Miscou qui en profitent, mais toute la population de la péninsule acadienne.De- En tout temps, on pourra visiter l\u2019exposition au Centre des arts et de la culture de Dieppe, où Ton propose les œuvres des artistes Raymonde Fortin et Anne-Marie Sirois.Des interventions viendront ponctuer le colloque, mettant en vedette des artistes issus de toutes les disciplines : du cirque, avec Les robes de Sainte-Anne, de Circus Stelle, du théâtre, avec la pièce Laura de Montréal, de Mélanie Léger, de la poésie et de la musique, avec le groupe Wa-nabi Farmeur.Et, bien évidemment, l\u2019incontournable Sagouine sera aussi de la fête ! ULRICH SCHADETHINKSTOCK l\u2019univers», raconte la chanteuse puis 2009, chaque été, Sandra Lecouteur y donne son spectacle Voir Miscou et mourir.Au fil des ans, d\u2019autres spectacles s\u2019y greffent et la programmation ne cesse de croître.En 2013, on ne voulait pas que le cinquième anniversaire passe inaperçu et on a voulu marquer le coup: «On a eu l\u2019idée de faire un pique-nique qui s\u2019appelle Déjeuner sur l\u2019herbe, inspiré de la toile de Claude Monet.Les gens viennent en costumes d\u2019époque avec leur pique-nique et on se retrouve tous assis au pied du phare par un beau dimanche après-midi.» Cette année on a invité Didier Dumontier pour un grand bal musette.«Toute la communauté de Miscou, de La Mèque et de Caraquet est là.» Le projet Voir Miscou et mourir, très populaire auprès d,e la population, a gagné le prix Evénement de Tannée lors de la remise des prix Eloïse \u2014 l\u2019équivalent des prix de TADISQ chez nous.Toute cette aventure a permis d\u2019attirer des gens qui généralement ne vont pas au specta- « Toutes les sociétés fonctionnent d\u2019abord sur des rêves et des idées, et, en très grande partie, ce sont des dimensions qui proviennent du domaine de la culture» RACHELLE BERGERON Herménégilde Chiasson de.«C\u2019est le plus beau cadeau de ma vie! Es étaient portés à venir parce que c\u2019était leur phare, leur endroit à eux autres.» De plus, le spectacle de Sandra Lecouteur raconte leur propre histoire : «Dans mon spectacle, je raconte, je raconte l\u2019histoire de Miscou et des anecdotes, et fen mets et fen mets.Le bouche-à-oreille a fait son œuvre, et maintenant c\u2019est un must de passer par Miscou.» Pourtant, au départ, ce n\u2019était pas gagné : «Au début, y avait pas personne de Miscou, les gens venaient de Moncton, des touristes des alentours, mais c\u2019est le déjeuner sur l\u2019herbe qui a tout fait exploser.Et, aujourd\u2019hui, les résidants participent à la vie culturelle.» A Miscou, on s\u2019est approprié le phare, mais constamment on doit alimenter le désir de venir au spectacle pour que le lieu reste vivant.«Aujourd\u2019hui, les gens sont fiers de participer à tout ça et fiers qu\u2019on parle de Miscou.» Si c\u2019était à recommencer, Sandra Lecouteur n\u2019hésiterait pas: «J\u2019aurais commencé ben avant, pis je l\u2019aurais décontaminé moi-même, le phare !» 'i gatinoau.ca |_f] l\u2019Association acadienne des artistes proüSionnei.ie.s du Nouvead^^n^i^F dans ie cadre du 28^ colloque Les Arts et la Ville Le poète lieutenant-gouverneur Tellement ancré dans la communauté néo-brunswickoise, Herménégilde Chiasson a été le lieutenant-gouverneur de la province de 2003 à 2009.La réputation de cet artiste multidisciplinaire dépasse les frontières du Nouveau-Brunswick, mais c\u2019est là-bas qu\u2019il s\u2019enracine: «Je dis souvent que si je vivais dans une ville comme Montréal ou Québec, je ne ferais probablement qu\u2019une seule chose.Artiste visuel, je me trouverais une galerie et je travaillerais pour cette galerie.Mais, vivant dans un milieu comme ici, il faut tout faire, il faut non seulement créer l\u2019œuvre, mais il faut aussi créer la structure, la gérer et aller chercher de l\u2019argent.C\u2019est comme ça que je me suis fait connaître des politiciens et qu\u2019ils se sont dit qu\u2019au niveau du discours ce serait peut-être intéressant d\u2019avoir quelqu\u2019un qui vient du monde culturel comme lieutenant-gouverneur.» Etre connu et aimé d\u2019une communauté, c\u2019est extrêmement nourrissant: «Ça nous inspire de sentir qu\u2019on fait vraiment partie d\u2019une communauté et que l\u2019élément de la culture s\u2019intégre à la vie de la communauté.» Herménégilde Chiasson affirme que la culture est primordiale pour la vie en société: «Ey a la culture qui vient en premier, parce que c\u2019est grâce à elle qu\u2019on fabrique les rêves qui deviennent ensuite des projets politiques, qu\u2019on peut par la suite rentabiliser au niveau économique.Toutes les sociétés fonctionnent d\u2019abord sur des rêves et des idées et, en très grande partie, ce sont des dimensions qui proviennent du domaine de la culture.» Est-ce qu\u2019on rejoint plus les gens lorsqu\u2019on est un poète ou un homme politique ?«Je pense que, sur la quantité, fai touché plus de gens en tant qu\u2019homme politique, mais, sur la profondeur, beaucoup plus comme écrivain, poète et artiste visuel.Il y a plus de gens qui sont au courant de mon existence ici parce que j\u2019ai été lieutenant-gouverneur, mais, quand je crée, quand f écris, je mets beaucoup plus de mon âme que dans mes discours politiques.» Collaboratrice Le Devoir LE DEVOIR, LES SAMEDI 30 ET DIMANCHE 31 MAI 2015 H 5 ARTS ET VILLES L\u2019économie mauve La cnlture comme ancrage communautaire Lors du prochain colloque annuel de Les Arts et la Ville, Claire Bolduc, présidente de Solidarité rurale du Québec, et Daniel Caissie, directeur général du Pays de la Sagouine, participeront à un panel portant sur la culture comme outil de développement économique.Bref aperçu des propos que tiendront ces deux panélistes.PIERRE VALLÉE 'll ne fait pas de doute que la culture est un Lmoteur de développement économique, avance Claire Bolduc, car la culture, ne l\u2019oublions pas, est ce qui développe le milieu de vie d\u2019une communauté et qui lui sert de liant.La culture n\u2019est pas seulement l\u2019affaire d\u2019experts et de milieux artistiques, la culture, c\u2019est aussi nous.C\u2019est ce qui nous permet non seulement de vivre dans notre communauté mais aussi d\u2019y contribuer.En ce sens, la culture fait partie de ce qu\u2019on appelle l\u2019économie mauve.» Le terme «économie mauve» est apparu en 2011, à la suite de la parution d\u2019un manifeste dans le journal Le Monde, à l\u2019occasion du premier Forum international de l\u2019économie mauve, sous le patronage de l\u2019UNESCO, du Parlement européen et de la Commission européenne.L\u2019économie mauve s\u2019inscrit dans le concept du développement durable et dans celui de l\u2019économie durable, en s\u2019appuyant sur la valorisation culturelle de biens et services.«L\u2019économie mauve ne se résume pas seulement aux retombées économiques d\u2019une activité artistique ou culturelle, précise Claire Bolduc.L\u2019économie mauve, en proposant par la culture un ancrage identitaire à une communauté, vient à imprégner le fonctionnement de toute la communauté et de toutes ses activités.Bien sûr, cela se traduit dans des événements et des prestations culturelles, mais cela va aussi bien au-delà des événements et des prestations.» La vitalité d\u2019une communauté «Qu\u2019est-ce qui explique que deux villages de même taille et ayant les mêmes caractéristiques socioéconomiques peuvent vivre une situation entièrement différente, demande Claire Bolduc, l\u2019un Claire Bolduc des villages étant aux prises avec la dévitalisation, et l\u2019autre, au contraire, en plein dynamisme?» Selon elle, il y a deux raisons.D\u2019abord, il doit y avoir la présence d\u2019un leader.« Ce leader peut être un artiste, un élu, un homme ou une femme d\u2019affaires, peu importe.Mais il doit être capable de rassembler la communauté autour d\u2019une idée et la rallier à l\u2019atteinte d\u2019un objectif.» La seconde raison repose sur cette idée et cet objectif.«Le projet proposé doit être en mesure de servir d\u2019ancrage identitaire et culturel pour la communauté.Il en devient le socle sur lequel on construit.Cet ancrage identitaire et culturel crée de la confiance et stimule la vitalité économique.» Elle donne en exemple le village de Saint-Elie-de-Caxton, patrie de l\u2019artiste Fred Pellerin.«Ce qui est intéressant dans l\u2019exemple de Saint-Elie-de-Caxton, c\u2019est que l\u2019artiste et la communauté se sont alimentés l\u2019un et l\u2019autre.Ered Pellerin s\u2019est appuyé sur son village pour créer ses personnages et ses histoires, mais la communauté a été sa première admiratrice.Aujourd\u2019hui, grâce à cette complicité, Saint-Élie-de-Caxton est devenu une destination touristique et toute la communauté y contribue et en profite.» Le Pays de la Sagouine Situé à Bouctouche, au Nouveau-Brunswick, le Pays de la Sagouine, un organisme à but non lucratif, est une destination récréotouristique qui s\u2019appuie fortement sur le théâtre et qui s\u2019inspire directement de l\u2019univers artistique de Tauteure Antonine Maillet, la créatrice de la Sagouine.On y trouve, sur Tlle-aux-Puces, la reconstitution d\u2019un village acadien à l\u2019époque de la Prohibition.«Mais attention, prévient Daniel Caissie, directeur général du Pays de la Sagouine, on n\u2019y vient pas visiter seulement de vieux bâtiments et des artifacts.Au contraire, ceux-ci servent de décor à une immersion théâtrale avec des comédiens qui interprètent des personnages tirés de l\u2019œuvre d\u2019Antonine Maillet.On fait vivre aux gens un voyage théâtral.» Outre le village acadien, le Pays de la Sagouine compte aussi une salle de spectacles, une boutique, un restaurant et un pavillon d\u2019accueil.Ne demandez pas à Daniel Caissie si les gouvernements, peu importe leur niveau, devraient investir dans la culture.«La conception qu\u2019in- VILLE D\u2019EDMUNDSTON Passerelle Emmerson, dans la ville d\u2019Edmundston, à l\u2019automne Un enrichissement collectif Cyrille Simard est le maire d\u2019Edmundston ; cette municipalité du Nouveau-Brunswick, qui compte plus de 16 000 habitants, figure comme la deuxième grande ville à majorité francophone hors Québec.Jean-Yves Poirier est le maire de Saint-Polycarpe, une petite municipalité d\u2019environ 2000 habitants ; il est aussi le président du Conseil des arts et de la culture de la MRC de Vaudreuil-Soulanges.Echanges avec ces deux élus qui sont convaincus de l\u2019importance de la culture pour le développement des communautés.REGINALD HARVEY Le maire Simard laisse savoir sur quels plans les activités culturelles s\u2019inscrivent dans le vécu d\u2019une municipalité: «Une ville qui est dynamique possède une expression culturelle qui lui est propre, qui mobilise les gens et les inspire; il importe de la mettre en valeur, parce qu\u2019il en va de la qualité de vie, sur un premier plan.» Il ajoute: «C\u2019est aussi une façon d\u2019assurer le développement dans toutes sortes de secteurs, car les artistes sont des gens qui contribuent à nous amener ailleurs dans un grand nombre de sphères d\u2019activité.» Il soulève un deuxième aspect de l\u2019apport des arts et de la culture: «On parle de sa contribution à faire évoluer la municipalité en matière de l\u2019image de marque qu\u2019elle projette.Il y a aussi la dimension économique: c\u2019est un vecteur de plus en plus important pour une ville qui veut se distinguer et attirer chez elle des touristes.» De la politique à l\u2019action Edmundston fut l\u2019une des premières villes au Nouveau-Brunswick à se doter d\u2019une politique culturelle, au début des années 2000, ce qui lui a fourni l\u2019élan propre à mettre en valeur les différentes formes de culture : «Elle sera bientôt renouvelée, et c\u2019est vraiment l\u2019élément rassembleur qui sert à intégrer toutes les démarches qu\u2019on souhaite entreprendre de façon cohérente.» Au nombre des réalisations qui ont vu le jour dans le cadre du plan d\u2019action de cette politique, il cite le soutien et la mise en place d\u2019événements, la promotion et la préservation du patrimoine, la mise en valeur des artistes et des productions ainsi que l\u2019application, depuis un certain temps, d\u2019une politique d\u2019intégration des arts à l\u2019architecture et à l\u2019environnement public.La participation citoyenne Cyrille Simard considère que la ville et ses citoyens ont toujours manifesté une sorte d\u2019engouement d\u2019avant-garde envers les diverses manifestations d\u2019ordre culturel, tant du côté de la musique que des arts visuels : «Evidemment, la présence ici d\u2019une université et d\u2019un collège communautaire entre en ligne de compte.» Il y a plus.«On a également de nombreuses plateformes qui ont servi, au fil du temps, à assurer qu\u2019il s\u2019agissait là de quelque chose d\u2019important en provenance de la base.Dans ce sens, on a assuré la réalisation du Temple de la renommée des arts, qui est unique en son genre au Nouveau-Brunswick ; ce sont les artistes eux-mêmes qui ont été à l\u2019origine de la proposition de départ et qui ont conduit ce projet à bon port.» Des retombées multiples Le maire de Saint-Polycarpe, Jean-Yves Poirier, baigne dans la sphère municipale depuis près de 30 ans.Depuis ses débuts, il a été témoin d\u2019une évolution constante du secteur des arts et de la culture, qui, «au cours des dernières années, a pris un essor considérable».Il retient trois axes autour desquels s\u2019articule ce dossier: «Au point de départ, on parle de son impact économique, par la suite, de ses retombées positives sur la cohésion sociale et de son apport à l\u2019environnement.» Il insiste sur le volet écologique: «Ça me touche fortement, et, sur ce plan, la culture revêt différentes facettes.Sans elle, est-ce qu\u2019on aurait autant parlé de paysages ?Aurait-on aménagé des schémas d\u2019aménagement sur l\u2019ensemble des territoires en prenant en compte la nature, le patrimoine bâti et l\u2019architecture ?C\u2019est là un gros morceau de tout le développement municipal.» Il constate que «le bénévolat a de nouveau pris une place importante chez nous sur le plan culturel et à tous égards; c\u2019est tout à fait remarquable.Et, étant donné qu\u2019on s\u2019est doté d\u2019un personnel dédié à la culture et à la vie communautaire, on est en mesure de quantifier l\u2019engagement et la participation des citoyens et de mesurer les résultats qu\u2019ils apportent.» Un projet emballant A titre de président du Conseil des arts et de la culture de la MRC, il souligne une manifestation culturelle qui lui tient à cœur, le projet Terre-Maires, qu\u2019il résume ainsi: «Il consistait à relier tous les maires de la MRC de Vaudreuil-Soulanges à un artiste pour réaliser une œuvre propre à chacun d\u2019eux; on en a ainsi produit 23, qui ont été exposées dans un kiosque durant le dernier congrès de l\u2019Union des municipalités.» L\u2019exposition sera aussi présentée au colloque Les Arts et la Ville.Collaborateur Le Devoir RYAN TAPLIN LA PRESSE CANADIENNE Situé à Bouctouche, au Nouveau-Brunswick, le Pays de la Sagouine, un organisme à but non lucratif, est une destination récréotouristique qui s\u2019appuie fortement sur le théâtre et qui s\u2019inspire directement de l\u2019univers artistique de l\u2019auteure Antonine Maillet, la créatrice de la Sagouine.vestir dans les arts et la culture, c\u2019est jeter de l\u2019argent par les fenêtres est complètement fausse.Ici, au Pays de la Sagouine, pour chaque dollar investi par les gouvernements, nous en retournons trois directement dans la communauté.Les gens viennent visiter le Pays de la Sagouine, mais ils vont aussi dans les commerces de la ville.Les gens s\u2019arrêtent pour prendre un café, pour manger un repas, pour faire le plein d\u2019essence.Toute la communauté profite de l\u2019activité générée par le Pays de la Sagouine.» Sans compter que le Pays de la Sagouine, en haute saison, compte 170 employés.«Nous sommes le second plus important employeur de la ville.De plus, notre boutique sert de point de vente à de nombreux artistes locaux.» Une expansion des activités Arrivé en poste il y a moins d\u2019un an, Daniel Caissie, un routier de la production culturelle.a déjà mis en chantier des projets d\u2019expansion.«Nous avons pris des personnages du Pays de la Sagouine, soit les Chicaneuses et Peigne, pour en faire, avec les premières, du théâtre pour adultes et, avec le second, du théâtre pour enfants.Les deux spectacles ont fait l\u2019objet d\u2019une tournée.Ainsi, nous devenons, avec ces spectacles, aussi des producteurs culturels.» Le restaurant, quant à lui, a développé un concept de soirée-spectacle.Au fond, le développement proposé par Daniel Caissie repose sur une idée simple mais forte.«En s\u2019inspirant des éléments culturels et théâtraux qui font le succès du site récréotouristique et en s\u2019appuyant sur eux, il y a moyen de faire rayonner le Pays de la Sagouine au-delà du site physique.» Collaborateur Le Devoir LA CULTURE À LAVAL, BEAUCOUP PLUS QUE VOUS NE LE CROYEZ DIFFUSEUR DE L\u2019ANNEE Prix RIDEAU 2015 L MAISON DES ARTS DE LAVAL ?\t1395, boulevard de la Concorde Ouest, Laval 450 662-4440 I www.maisondesarts.Laval.ca Québec ! Québec ! Heritage canadien LAVAL 50 \\J> H 6 LE DEVOIR LES SAMEDI 30 ET DIMANCHE 31 MAI 2015 PRIX LES ARTS ET LA VILLE 2014 m m L\u2019Arboretum, implanté dans le Jardin botanique, a permis à Montréal de remporter le prix Aménagement.RAYMOND JALBERT Prix Aménagement L\u2019art de recréer l\u2019espace NATHALIE DERASPE Bien qu\u2019il ait été implanté au début des années 1960 et qu\u2019il occupe plus de la moitié du Jardin botanique, l\u2019Arboretum n\u2019avait toujours pas fait l\u2019objet d\u2019un projet d\u2019interprétation.Pourtant, ses 40 hectares comptent pratiquement toutes les espèces d\u2019arbres pouvant croître sous nos latitudes.Quoi imaginer de mieux que ce jardin idyllique planté au cœur de Montréal pour faire connaître l\u2019arbre dans toute sa splendeur?C\u2019est désormais chose faite avec l\u2019aboutissement d\u2019un projet aussi essentiel que réussi.Pas étonnant que Montréal ait récolté le prix Aménagement 2014 du réseau Les Arts et la Ville.Toucher l\u2019essence et les sens Outre l\u2019intelligence conceptuelle de l\u2019aménagement, le jury a apprécié le fait que ce projet d\u2019intégration favorise l\u2019interaction avec le visiteur tout en faisant appel à ses sens.Faciles à consulter, les panneaux d\u2019interprétation enrichissent agréablement le parcours.Faut-il se rappeler que l\u2019Arboretum compte autour de 7000 arbres et arbustes répartis dans pas moins de 50 collections, avec au total 900 essences d\u2019arbre présentes ?Qui plus est, la démarche éducative préconisée est ludique et créative, tandis que l\u2019ensemble s\u2019intégre intelligemment au patrimoine végétal établi sur place.Certaines structures surprennent même par leur audace.S\u2019il a bien retenu la leçon, le visiteur saura tout de l\u2019arbre ou presque, au sortir de sa balade, de ses fonctions vitales aux caractéristiques des différents genres botaniques.Au premier niveau d\u2019interprétation, les modules abordent les fonctions biologiques de l\u2019arbre.Viennent ensuite 24 modules identiques installés au cœur de chacune des collections.Ceux-ci imitent la forme de jambes en mouvement.Un panneau d\u2019interprétation les surplombant propose entre autres des jeux d\u2019obser- vation.C\u2019est en parcourant le sentier d\u2019interprétation qu\u2019on se rend compte que, à part leurs noms, on sait bien peu de choses sur les arbres.Heureusement, ce projet permet de creuser davantage pour en retirer un peu plus d\u2019essence.De quoi multiplier les promenades au Jardin botanique.Rites de passage Dans la catégorie de 20000 à 100000 habitants, la ville de Saint-Jérôme a remporté les honneurs pour l\u2019aménagement de la place de la Cathédrale, édifice érigé en 1897.Conçue par les architectes paysagistes Yvan Lambert (Ville de Saint-Jérôme) et André Arata (Plania), l\u2019endroit abritait autrefois le Centre diocésain, qui, selon les normes actuelles, était vraisemblablement rendu impossible à rénover.Une aire de stationnement non aménagée y figurait également.Ce site déprimant a été hautement revalorisé de manière à faire rayonner davantage chaque angle de la cathédrale de Saint-Jérôme, y com- pris l\u2019arrière de l\u2019édifice.Tout en offrant un coin de détente et de verdure à la population, l\u2019espace réalisé à deux pas du centre-ville sert également de lien piétonnier pour les passants.Inspirée du labyrinthe de la cathédrale No-tre-Dame-de-Chartres en France, la place offre un espace ouvert qui appelle au recueillement et à la méditation.Le projet a été élaboré avec la collaboration de l\u2019évêché.Sur les traces de Damase Mentionnons finalement la mention spéciale du jury attribue à la Ville d\u2019Alma pour son projet Sur les traces de Damase Boulanger, 150 ans d\u2019occupation.Ce parc commémoratif, aménagé pour rappeler l\u2019établissement de Damase Boulanger et de sa famille sur le terrioire de la municipalité en 1863, rassemble des éléments du patrimoine et des œuvres d\u2019art afin de créer un pont entre les générations.Collaboratrice Le Devoir AFMNB Association francopitone des rrunicipalités du Nouveau-BrunswicK Fière complice du réseau Les Arts et la Ville, notre Association salue le travail et l'engagement de tous les partenaires à l'occasion de ce 28^ colloque.Bon succès! Culture miàmàie afmnb (506) 542-2622 afmnb.org ^ afmnb m VARENNES Prix Culture ET Développement Projets inspirants! NATHALIE DERASPE La ville de Montréal se réinvente de jour en jour pour se recréer une personnalité qui soit plus que jamais à l\u2019image de ses citoyens : plurielle et cosmopolite.Grand bien lui fasse puisque, l\u2019an dernier, le réseau Les Arts et la Ville a couronné une partie de ses efforts avec le prix Culture et développement (catégorie 100 000 habitants et plus), en plus de lui offrir une mention spéciale.Le jury visait tout d\u2019abord à souligner l\u2019excellence et la pertinence de la toute première œuvre d\u2019art numérique interactive inscrite dans la collection d\u2019art public de la métropole.Signées Mouna An-draos et Melissa Mongiat et créées afin de prolonger l\u2019expérience offerte par le Planétarium Rio Tinto Alcan, les Chorégraphies pour des humains et des étoiles ont réuni une pléiade d\u2019artistes, de designers, de techniciens, de programmeurs, de concepteurs et d\u2019animateurs dans un seul et même but commun : allier art et science.L\u2019œuvre a bénéficié de l\u2019appui de la Société des arts technologiques (SAT) ainsi que de plusieurs enfants de l\u2019arrondissement Mercier-Hochelaga-Maisonneuve.Ces derniers ont été appelés à concevoir les images projetées sur la façade du planétarium.Chaque soir dès le crépuscule, le public est invité à entamer un dialogue poétique avec les phénomènes célestes.En se déplaçant devant l\u2019œuvre, le spectateur crée des mouvements qui viennent influencer l\u2019animation géante projetée sur la surface du bâtiment.Cette approche participative a conquis le jury, tout comme la réunion des talents et l\u2019appel lancé aux jeunes du camp de jour établi dans le quartier pour l\u2019élaboration de l\u2019œuvre.La ville de Montréal a également été honorée pour son programme éducatif Vous faites partie de l\u2019histoire! Lancé en 2006 par le Centre d\u2019histoire de Montréal, le projet vise à sensibiliser les élèves du secondaire issus des communautés culturelles afin qu\u2019ils puissent développer un sentiment d\u2019appartenance envers leur société d\u2019accueil.Un projet plein d\u2019entrain Construite en 1929 et agrandie en 1940, la gare de La-chute a été abandonnée durant près de trois décennies, avant que des travaux de restauration ne viennent redonner du lustre à cet édifice patrimonial des Basses-Lauren-tides.Une fois les travaux terminés, la MRC d\u2019Argenteuil a réussi à faire revivre les lieux GEOFFROY BOULANGE Chorégraphies pour des humains et des étoiles en y logeant plusieurs organismes de la région.La MRC a obtenu un prix dans sa catégorie à la suite du documentaire La gare de Lachute, une épopée formidable !, effectué pour marquer le coup de ce vaste chantier.La MRC des Laurentides, pour sa part, a reçu une mention spéciale pour le projet Je pARTicipe, destiné à développer des liens entre communautés artistiques et citoyens.Entre juin et septembre 2013, quatre artistes en arts visuels ont été choisis pour diriger une centaine de volontaires afin d\u2019élaborer des œuvres collectives dans le but d\u2019embellir le paysage visuel de leurs patelins respectifs.L\u2019exercice a permis de tisser des liens et d\u2019enrichir le dialogue entre créateurs et citoyens, en plus de faire apprécier l\u2019art à sa juste mesure.Le sentiment de fierté qui en a émané a marqué les mémoires des participants.Devant le succès de l\u2019activité, la MRC a décidé de reconduire le projet pour une nouvelle année.Une scène bénie Impossible de passer sous silence le travail d\u2019orfèvre réalisé à l\u2019ancienne église Sacré-Cœur-de-Jésus de Mont-Tremblant.Le jury a applaudi la Ville d\u2019avoir investi afin de reconvertir les lieux en salle de spectacles, tout en réservant un budget de fonctionnement à Première Scène, qui gère avec succès ce nouvel espace culturel.La Ville de Mont-Tremblant a acheté l\u2019édifice en 2011 pour pouvoir bénéficier d\u2019une salle multifonctionnelle.Dès l\u2019année suivante, le nouveau cabaret d\u2019une capacité de 200 places a accueilli ses premiers spectateurs.Depuis, l\u2019engouement pour ces lieux autrefois bénis ne cesse de croître.Collaboratrice Le Devoir www.ville.varennes.qcca MRC D\u2019ARGENTEUIL Vue de la gare de Lachute FAIRE MONTREAL AVEC LA CULTURE Cest créer une grande métropole qui nous rassemble.Montréal LE DEVOIR, LES SAMEDI 30 ET DIMANCHE I MAI 2015 H 7 PRIX LES ARTS ET LA VILLE 2014 Prix Citoyen de la culture Espace F et Zoom sur ma région REGINALD HARVEY Mondes scolaire et municipal ont conjugué leurs ressources pour donner la possibilité à des jeunes âgés de 10 à 14 ans de se familiariser avec l\u2019imagerie numérique d\u2019aujourd\u2019hui ; ils fixent des images qui dépeignent leurs milieux de vie dans les MRC de La Mata-nie et de La Matapédia.Le projet Zoom sur ma réÿon, devenu réalité depuis 2009, a reçu le prix Citoyen de la culture André-Daigle 2014, remis par Les Arts et la Ville et l\u2019Union des municipalités du Québec (UMQ).Le centre d\u2019artistes Espace F a lancé et pilote cette démarche en constante phase de réinvention depuis qu\u2019elle a vu le jour il y a six ans; aujourd\u2019hui, ce sont aussi des ados plus âgés du secondaire qui partent en quête d\u2019images pour réaliser des vidéos témoins de leur région.Directeur général de cet organisme dédié en grande partie à la production et à la création dans le domaine des arts visuels à caractère numérique, Gilles Arteau retrace le parcours suivi : «Il y a à peu près 400 jeunes en moyenne chaque année qui reçoivent une formation de base, dans un cadre pédagogique en arts plastiques, sur ce qu\u2019est la photographie numérique, avec un accent placé sur la mise en valeur de leur propre région.» Après coup, ces jeunes, qui fréquentent des écoles réparties dans plusieurs communautés sur ce vaste territoire gaspésien, produisent, avec le soutien de leurs enseignants, un certain nombre d\u2019images : «L\u2019une de celles-ci est retenue pour deux expositions, respectivement à caractère local et régional, au cours de laquelle le public est invité à voter pour les clichés de son choix, ce qui vaut des prix à ces jeunes.» La conjugaison des ressources Gilles Arteau explique plus en détail la façon de procéder qui a été retenue: «C\u2019est ce qu\u2019on appelle un projet clé en main.Avec l\u2019aide d\u2019une conseillère pédagogique de la Commission scolaire des Monts-et-Marées, nous produisons un cahier d\u2019accompagnement qui sert à suivre toute la progression de l\u2019élève.On prépare aussi pour eux un tutoriel auquel ils peuvent accéder par voie numérique; il contient toutes les solutions à des embûches techniques.» Au sujet de la participation des élèves, il apporte cette information : «Les jeunes compren- ^rmarIgion EXPOMAtANIE 2t AVR1L> « MAI 2013 VtMW.ZOOMS.UKMAKESIOri.NEr PHOTOS REALISEES PAR400JEUNES H ESPACE E Affiche du projet Zoom sur ma région nent bien que c\u2019est une occasion en or pour eux de mettre en valeur leur imagination, tout en ayant à leur portée des connaissances techniques qu\u2019ils ont envie d\u2019acquérir.Finalement, c\u2019est peut-être plus problématique, dans un sens, de travailler avec les profs qu\u2019avec ceux-ci parce que, évidemment, ça se déroule dans un contexte numérique; sans en faire un absolu, ce qui serait trop facile, la manipulation des outils informatiques, pour la plupart des jeunes, c\u2019est quelque chose d\u2019ordinaire et de simple.» II faut donc franchir toute une étape qui consiste à former le personnel enseignant, avant que le projet ne prenne forme dans les salles de classe.Sur le plan de l\u2019engagement municipal, il en va de même, comme le rapporte Gilles Arteau : «Quand un professeur décide de faire Zoom dans le cadre de son enseignement, de notre côté, on contacte la municipalité pour lui en faire part; on souligne qu\u2019on a besoin de son aide pour que les élèves trouvent des sujets pertinents et des conditions favorables pour l\u2019exposition qui se déroulera dans ses installations.» Les comités de développement locaux qui existent dans les municipalités autour de Ma-tane sont mis à profit: «Ils deviennent des partenaires de Zoom avec l\u2019école du même endroit pour tout le volet de la mise en valeur de leur propre environnement et pour l\u2019exposition elle-même.Une telle complémentarité entre le scolaire et le municipal est nécessaire.» Uéchappée belle La rencontre Théâtre Ados (RTA) a obtenu une mention spéciale dans la catégorie Citoyen ESPACE E «Il y a à peu près 400 jeunes en moyenne chaque année qui reçoivent une formation de base, dans un cadre pédagogique en arts plastiques, sur ce qu\u2019est la photographie numérique, avec un accent placé sur la mise en valeur de leur propre région », explique le directeur général d\u2019Espace F, Gilles Arteau.de la culture André-Daigle 2014 pour le projet L\u2019échappée belle.Echelonné sur une période de 16 mois, il s\u2019agit là d\u2019une création collective entre adolescents, aînés et artistes dont l\u2019aboutissement se traduit par une œuvre qui «témoigne d\u2019un parcours formateur et riche pour des jeunes issus de milieux défavorisés où le décrochage scolaire est trop souvent une conséquence du manque de ressources, de motivation et de confiance en soi».Le jury qui a procédé à ce choix «salue la démarche structurante et éducative qui s\u2019est tenue pendant 16 mois et qui a su rassembler des jeunes, des aînés et des professionnels du théâtre dans un projet intergénérationnel».Faites de la musique Le Conseil régional de la culture du Sague-nay-Lac-Saint-Jean a reçu lui aussi une men- tion spéciale : il a mis sur pied en 2009 le projet de la semaine Faites de la musique, qui ,se met en place en février de chaque année.A cette occasion, des «milliers de jeunes peuvent poser un geste musical en participant à un événement rassembleur d\u2019envergure régionale; il leur est donné de provoquer un contact musical avec un large auditoire».Selon le jury qui a attribué cette mention, «il s\u2019agit d\u2019un projet porteur qui rassemble les amateurs et les professionnels de tous âges dans des lieux de diffusion diversifiés et parfois inusités.Les thématiques sont originales et les objectifs sont nobles: démontrer les bienfaits de la musique.Collaborateur Le Devoir Politique CULTURELLE MUNICIPALE Du mentorat offert Comment encourager des municipalités de la francophonie canadienne à mettre sur pied des politiques culturelles ?C\u2019est précisément le mandat que s\u2019est donné le projet Mentorat pour l\u2019adoption de politiques culturelles municipales, qui fera l\u2019objet d\u2019un atelier lors du colloque de Les Arts et la Ville, du 2 au 4 juin, au Nouveau-Brunswick.Regard sur une initiative singulière qui renvoie inexorablement à l\u2019identité d\u2019un territoire.THIERRY HAROUN L^un des premiers gestes i concrets d\u2019affirmation d\u2019un engagement municipal en matière de culture consiste à adopter une politique culturelle municipale.Ce geste permet non seulement de concrétiser l\u2019expression d\u2019une volonté politique d\u2019agir, mais aussi de circonscrire et de pérenniser cette action.Au Québec, poursuit la documentation officielle de cet atelier, plus de 300 politiques culturelles municipales ou locales ont été mises en œuvre au cours des dernières années.Le réseau Les Arts et la Ville a participé à cette éclosion, tout d\u2019abord par de nombreux ateliers de sensibilisation à l\u2019importance des politiques municipales, puis par des conférences et des formations sur ce sujet, tant à l\u2019Union des municipalités du Québec que lors des colloques annuels de l\u2019organisme.Ainsi, lit-on plus loin, fort de cette expérience et des succès qui ont suivi et poussé par l\u2019idée d\u2019élargir cette sensibilisation à la francophonie canadienne.Les Arts et la Ville a établi un partenariat avec les deux grandes associations de municipalités francophones de deux provinces.En Ontario, la collaboration s\u2019est faite avec l\u2019Association française des municipalités de l\u2019Ontario et, au Nouveau-Brunswick, avec l\u2019Association francophone des municipalités du Nouveau-Brunswick.Concrètement, depuis 2011, le projet Mentorat a fait naître 13 nouvelles politiques culturelles municipales dans ces deux provinces.En entrevue, le responsable de l\u2019atelier, mentor et membre honoraire de Les Arts et la Ville, Paul Lemay, décline les municipalités en question.«Alors, il y a eu, en Ontario, les VILLE D EDMUNDSTON Œuvre de l\u2019artiste Eveline Gallant-Fournier, lors du dévoilement du Jardin céleste Khronos au Jardin botanique du Nouveau-Brunswick à Edmundston.municipalités de Hawkesbury, Casselman, Rivière-des-Français, Moonbeam, Coçhrane, Mattice et Dubreuilville.Écoutez, Dubreuil-ville est enclavée en pleine forêt et elle s\u2019est dotée d\u2019une telle politique pour préserver le fait français! Et, au Nouveau-Brunswick, il y a Shediac, Beaubassin-Est, Dalhou-sie, Balmoral et Saint-Léonard.» Formule gagnante Tout bien considéré, le fait d\u2019établir une telle politique est une question d\u2019identité avant tout?«C\u2019est fondamental! C\u2019est d\u2019ailleurs par cette approche qu\u2019on convainc les municipalités de s\u2019y engager.Ce qu\u2019on leur dit aussi, c\u2019est que le fait d\u2019avoir une identité propre au sein de la mondialisation est une formule gagnante», fait-il valoir.L\u2019atelier fera donc le point sur l\u2019expérience et la démarche entreprises par ces villes dans le cadre de cette initiative.D\u2019ailleurs, deux municipalités participantes, Shediac et Dal-housie, rendront compte des actions qu\u2019elles ont menées et des retombées de cet exercice dans leur milieu respectif Collaborateur Le Devoir La Ville de Dieppe et l\u2019Association acadienne des artistes professionnel.le.s du Nouveau-Brunswick sont heureuses de présenter la édition du colloque Les Arts et la Ville! On vous attend en grand nombre! A Association acadienne des artistes professionnei.ie.s du Nouveau-Brunswick >\ts- P H 8 LE DEVOIR, LES SAMEDI 30 ET DIMANCHE 31 MAI 2015 ARTS ET VILLES La tournée Vitalité culturelle Le réseau Les Arts et la Ville propose de voir autrement les forces d\u2019une communauté.C\u2019est-à-dire?Eh bien, par l\u2019entremise de la tournée Vitalité culturelle.Explications.THIERRY HAROUN C> est quoi, au juste, la vitalité culturelle ?Les Arts et la Ville propose la définition suivante: «La vitalité culturelle se définit par l\u2019ensemble des pratiques, activités et actions culturelles constituant une offre riche et diversifiée et faisant appel à une participation proactive de la communauté.Portée par une vision de développement durable, elle favorise l\u2019épanouissement individuel et collectif et s\u2019inscrit dans un processus d\u2019appropriation identitaire.» Bien.Son objectif général est de soutenir les initiatives culturelles et de stimuler la vitalité culturelle des municipalités, alors que les objectifs spécifiques sont entre autres les suivants : porter un regard nouveau sur la dynamique locale, offrir une plateforme de dialogue et d\u2019échange, mettre en perspective les actions des divers milieux œuvrant pour le développement local et montrer une vision élargie du rôle de la culture dans le développement économique.Ainsi, sur le terrain, la tournée Vitalité culturelle a débuté ses rendez-vous culturels l\u2019automne dernier, et ils se poursuivront jusqu\u2019en mars 2016.Des rencontres qui prennent la forme d\u2019une journée d\u2019échange et de réflexion sur la place des arts et de la culture dans la communauté.Le tout est élaboré en étroite collaboration avec les municipalités et les MRC, d\u2019après les réalités et les défis des territoires participants.«Les gens qui participent à ces rencontres sont bien sûr les artistes et les travailleurs culturels, mais aussi des représentants du milieu économique, de l\u2019éducation et du tourisme.Tout dépend des défis qui se posent dans chaque région où l\u2019on va.La classe politique est aussi invitée à y participer», fait remarquer la directrice générale de Les Arts et la Ville, Lynda Roy.Elle précise «que ces rencontres sont divisées en ateliers, lors desquels les gens tentent de trouver des réponses aux défis posés.Par la suite, les gens reçoivent une synthèse très détaillée de ce qui s\u2019est dit, en vue d\u2019une mise en action des résultats.Vous savez, on sent vraiment, lors de ces rencontres, à quel point les gens veulent s\u2019investir dans le secteur de la culture.» Jusqu\u2019à maintenant, cette tournée s\u2019est arrêtée à La Tuque le 5 mai, à la Vieille Usine de l\u2019Anse-à-Beaufils (près de Percé) le 14 avril, à Chibougamau le 10 mars, au centre récréoculturel d\u2019Am-qui le 27 novembre 2014 et au Centre Meredith à Chelsea, dans la MRC des Col-lines-de-l\u2019Outaouais, la semaine précédente.Le prochain arrêt aura lieu le 22 septembre prochain dans la MRC des Basques.Collaborateur Le Devoir Sommet sur la culture de Bilbao Le réseau met l\u2019épaule à la roue ARNAUD STOPA Lors du sommet international sur la culture tenu à Bil-bao, en mars 2015, des centaines d\u2019acteurs municipaux et du milieu culturel provenant du monde entier se sont mis d\u2019accord sur un guide visant l\u2019intégration de la culture dans le développement durable.C\u2019était aussi l\u2019occasion, pour le réseau Les Arts et la Ville, de déposer sa déclaration.Culture 21 : Actions est à la fois le complément opérationnel et la mise à jour de VAgenda 21 de la culture, adopté en 2004 et qui engageait les quelque 450 villes signataires \u2014 dont Montréal \u2014 à mener des actions permettant la création d\u2019une étroite relation entre la citoyenneté, la culture et le développement durable, sous l\u2019égide de l\u2019organisme international Cités et gouvernements locaux unis (CGLU).Culture 21 : Actions doit, comme son aîné, refléter la manière dont les actions doivent être entreprises pendant les 10 prochaines années.Au Québec, ce document revêt un intérêt particulier, puisque la province a le seul gouvernement à avoir adopté son propre Agenda 21, en 2011.«Mais il n\u2019y a pas eu, après l\u2019action du gouvernement, d\u2019actions véritables», déplore Lynda Roy, directrice de Leç Arts et la Ville.A partir de ce constat, il fallait trouver une manière de mettre l\u2019épaule à la roue.«Nous avions développé notre volonté d\u2019agir en réunissant une table de concertation avec, autour, des villes «Il y aura toujours des organismes et des associations pour soutenir la culture» membres et des organismes.Nous avons réfléchi sur la façon dont nous pourrions mieux nous intégrer à ce désir d\u2019être encore plus concret, de susciter des actions dans les communautés.Et ce que nous avons trouvé de plus pertinent pour affirmer notre engagement, c\u2019est de produire une déclaration.» C\u2019est lors du sommet Culture des CGLU que se présente au réseau l\u2019occasion de dévoiler sa déclaration.«A Bilbao, nous en avons profité pour nous donner un échéancier [dont elle ne souhaite pas dévoiler les détails] qui correspondrait à cette occasion de diffuser l\u2019engagement que nous prenions.[.] C\u2019est un texte qui est un incitatif à être très concret, pour que les gens aient des repères, estime Lynda Roy.On cible la façon dont on veut agir à travers cette volonté de rendre la culture encore plus au rendez-vous du XXL siècle et de façon durable.» Dans ce court texte, le réseau Les Arts et la Ville s\u2019engage à «élaborer une stratégie de sensibilisation des collectivités de l\u2019ensemble du territoire québécois à /\u2019Agenda 21 de la culture et à Culture 21 : Actions, afin de favoriser la connaissance et la mise en œuvre de ces outils sur le plan local», tout en affirmant «son soutien à l\u2019ensemble des municipalités et des organisations du Québec membres de son réseau dans la mise en œuvre de /\u2019Agenda 21 de la culture et de Culture 21: Actions dans leurs propres politiques et actions.» La Déclaration de Les Arts et la Ville a été bien accueillie, se- lon la directrice générale.«Elle a été très bien reçue aux yeux de CGLU et elle a été vue comme un exemple.La déclaration étant la concrétisation, si on veut, de l\u2019engagement qu\u2019on a pris lors de cette rencontre.» Mais elle ne sait pas si les autres membres sont prêts à s\u2019engager avec cette déclaration.«Notre panel s\u2019est présenté vers la fin, donc on n\u2019a pas pu revenir sur notre déclaration.Par contre, il y a des engagements pris par les coprésidents de CGLU.Ce sont des villes qui se sont très sérieusement engagées dans le développement durable culturel, chacune à ses façons.» «Cette déclaration est utile dans un travail de sensibilisation, pense Jonathan Paquette, professeur à l\u2019École d\u2019études politiques de l\u2019Université d\u2019Ottawa.C\u2019est fait avec raison, parce qu\u2019il y a un potentiel de renouveler et de ramener le débat sur la culture et d\u2019approcher d\u2019une nouvelle manière le gouvernement.» Pourtant, la volonté de désengagement du gouvernement provincial hors du domaine de la culture \u2014 comme avec les conservatoires régionaux ou la vente suspendue de l\u2019édifice de la bibliothèque Saint-Sulpice \u2014 va pousser les municipalités à répondre au leadership culturel, selon Jonathan Paquette.«Il y aura toujours des organismes et des associations pour soutenir la culture.Mais la pression sur les villes est déjà assez forte pour lier la culture à d\u2019autres développements (insertion des personnes handicapées, politique familiale, intégration des immigrants).Le local a beaucoup de stress, il sera donc difficile de reprendre la politique.» Lynda Roy, quant à elle.COURTOISIE LYNDA ROY La directrice de Les Arts et la Ville, Lynda Roy reste positive, même si l\u2019hostilité gouvernementale se fait sentir.«Je dirais que c\u2019est hostile au niveau des investissements.Je ne pense pas que c\u2019est juste la culture, ce sont tous les secteurs \u2014 santé, milieu municipal, développement des régions \u2014 qui en subissent les conséquences en ce moment.Je pense que le réseau agit en prenant les choses au niveau local.Nos membres sont situés dans des municipalités.Et c\u2019est avec eux que nous allons faire en sorte que la culture puisse se développer.Comment contrer un mouvement qui est inverse ?Je ne peux pas vraiment vous répondre, si ce n\u2019est que nous, on continue.» Collaborateur Le Devoir PROJETS SUITE DE LA PAGE H 1 d\u2019un projet artistique dans une ville où il n\u2019y a plus rien.Ça nécessite également une grande attention aux détails, que la population locale ait un rôle direct à jouer, que tout le monde ait quelque chose de concret à y gagner.Je ne parle pas en argent, mais bien plus en fierté, en identité, en savoir-faire.Il faut également une ouverture, ne pas avoir peur de confronter sa culture à l\u2019étranger.Il faut même l\u2019inviter à ajouter sa marque.Ça, les Terre-Neuviens savent très bien le faire.Ils n\u2019ont pas peur de voir leur culture évoluer.Quand on vit sur une île, la culture évolue par ce que l\u2019étranger apporte.La complicité, c\u2019est l\u2019affirmation de soi, le refus de l\u2019isolement et l\u2019ouverture sur les autres.» Complicité entre les citoyens, partie prenante de l\u2019expression artistique qui façonne la ville et la vie quotidienne.Complicité entre les artistes et tous les autres acteurs de la culture et du développement local, ajoute Dominique Violette.«L\u2019art est tributaire des volontés locales, souligne-t-elle.Plus nous avons de complices, d\u2019alliés, plus nos racines sont profondes dans le milieu où l\u2019on est installé comme producteur d\u2019événements, diffuseur, artiste, plus on a de chances de s\u2019ancrer encore plus.A partir du moment où l\u2019on souhaite enrichir un territoire, contribuer à son développement, rendre sa fierté à une population, parce qu\u2019on a nous-mêmes intérêt pour cela, alors les complicités sont plus faciles à construire.Et quand ces moments arrivent, ça devient formidable.La complicité est un catalyseur, un élément LISE BRETON Dominique Violette, coprésidente du réseau et directrice générale du Carrefour international de théâtre de Québec déclencheur de réalisation.» Rendre sa fierté à une population comme vecteur important de cohésion sociale, de vivre-ensemble et de développement économique et touristique.Renforcer le sentiment d\u2019appartenance à la communauté chez tous les individus qui la composent, qu\u2019ils en fassent partie depuis plusieurs générations ou qu\u2019ils s\u2019y soient établis un peu par hasard.Voilà bien l\u2019un des objectifs du réseau Les Arts et la Ville.Un objectif louable mais qui, selon M\u201c®® Enguehard et Violette, ne pourra être atteint qu\u2019avec la complicité de tous les acteurs.Collaboratrice Le Devoir ^expression artistique est une manière de transcender ce qui parfois nous divise, que ce soit la langue, Vorigine culturelle, nos références culturelles, notre provenance, l\u2019endroit où Von est né et qui nous a façonnés )) Françoise Enguehard, auteure Ville de\t, Rouyn-nÊoranaa Asu CJüâXjdJdL/ LA FIBRE CULTURELLE ioo% \u2022' r .'A't r- xfk FABRIQUÉ À ROUYN-NORANDA "]
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.