Le devoir, 8 juin 2015, Cahier A
[" Ségolène Royal au Devoir La ministre française de l\u2019Environnement rejette les énergies fossiles, mais sans accuser le Canada Page A 3 L\u2019Arabie Saoudite maintient sa sentence contre Raïf Badawi.Ottawa est sommé d\u2019agir.Page A 2 www.ledevoir.corn ^ LE DEVOIR Vol.C V I N\u201c 1 2 6 LE DEVOIR, LE LUNDI 8 JUIN 2015 1,13 $ + TAXES = 1,30 $ Hommages à un grand Québécois JACQUES NADEAU LE DEVOIR Jacques Parizeau était exposé en chapelle ardente ce week-end à Montréal (notre photo) et à Québec.Pierre Karl Péladeau a offert ses condoléances à Lisette Lapointe et aux membres de la famille Parizeau.Page A 2 Politique énergétique DU Québec Une table d\u2019experts étrangers pro-pétrole ALEXANDRE SHIELDS La troisième et dernière table d\u2019e^qrerts en vue de l\u2019élaboration de la future politique énergétique réunira un panel composé essentiellement de tenants des énergies fossiles.Et parmi ces LL experts choisis par le gouvernement Couillard pour alimenter la «réflexion» sur les hydrocarbures, un seul provient du Québec.Le ministre de l\u2019Energie et des Ressources naturelles, Pierre Arcand, vient de rendre publique la liste des participants à la table d\u2019experts qui se tiendra le L5 juin, à Québec.Celle-ci comprend des acteurs de l\u2019industrie des énergies fossiles ou des gens qui ont travaillé de près avec cette industrie au cours de leur carrière.On retrouve ainsi trois «experts» provenant de l\u2019Alberta, dont la présidente de l\u2019Association canadienne des pipelines, Brenda Kenny.Le gouvernement du Québec a aussi invité le «directeur de voir page a 8 : EXPERTS AU FOND DU PUITS Toujours devant, toujours les mêmes Jean Dion L e circuit Gilles-Villeneuve est réputé imprévisible \u2014 enfin, pas la piste elle-même, qui demeure pas mal la même année après année, mais les courses qu\u2019on y présente \u2014, mais il arrive que le génie industriel allemand, qui apparemment abhorre l\u2019inattendu, se révèle trop fort même pour un parcours truffé de pièges.Ainsi la domination de Mercedes, criante en Eormule L depuis l\u2019avènement des moteurs hybrides, s\u2019est-elle poursuivie dimanche.Même pas proche.Le seul qui l\u2019ait un peu menacée cette saison, Sebastian Vet-tel, a vaillamment lutté et gagné L3 positions grâce à une mécanique qu\u2019il a dit améliorée.mais en punition à l\u2019arrière de la classe, il était parti de loin pour espérer se faire justice.Lewis Hamilton et Nico Rosberg sont partis de la première ligne et, pendant 70 tours, ils se sont suivis, une demi-heure devant les autres, et s\u2019ils ont regardé derrière, ils n\u2019ont certaine- VOIR PAGE A 8 : COURSE Lire aussi > Formuie 1.Lewis Hamilton confirme sa suprématie.Page B 4 ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Le Britannique Lewis Hamilton a remporté le Grand Prix du Canada.Aujourd\u2019hui Actualités > Contre les vagues.Une chronique de Jean-François Nadeau sur Jacques Parizeau.Page A 3 Société > Eau de céleri, un parfum artisanal québécois qui séduit Los Angeles.Page A 5 Sur la route > La ville à 30 km/h.Un mouvement veut réduire la vitesse des autos pour favoriser le partage des rues avec les piétons et les cyclistes.Page B 5 Le Monde > Turquie.Erdogan perd sa majorité absolue alors que les Kurdes font une percée.Page B1 7\t______.__________ , Avis légaux.Décès.Météo Mots croisés Petites annonces.Sudoku.B2 B6 B5 B5 .B6 .B4 FRANCIS VACHON LE DEVOIR Le soupir d\u2019un souverainiste fatigué Pierre Karl Péladeau est « l\u2019homme de la dernière chance », croit le sociologue Jacques Beauchemin MARCO PORTIER Jacques Beauchemin est fatigué.Epuisé de se battre pour un rêve rejeté par la majorité des Québécois.Et il est convaincu que les Québécois sont tellement blasés qu\u2019ils risquent de rater leur rendez-vous avec l\u2019histoire s\u2019ils renoncent à faire l\u2019indépendance avec Pierre Karl Péladeau, «l\u2019homme de la dernière chance».Dans un essai à paraître mardi, le sociologue et ancien sous-ministre affirme que les Québé- cois se trouvent à la croisée des chemins.Ils ont le choix entre la «démission tranquille» et la reprise du combat pour la survie de la culture française en Amérique.«Le Québec d\u2019aujourd\u2019hui est fatigué de se poser la question de son devenir.Les signes de cette fatigue sont partout présents.Peut-être avons-nous épuisé le carburant qui nous aura permis de nous rendre jusque là où nous sommes, c\u2019est-à-dire à l\u2019orée d\u2019une possible indépendance poli- VOIR PAGE A 8 : SOUPIR PDINT CHAUD Le dilemme du maintenir en vie«àtoutprix» JESSICA NADEAU Combien coûtent les soins prodigués à une personne malade pour la maintenir en vie «à tout prix» ?L\u2019ancien gestionnaire de la santé David Levine est conscient que la question est «délicate».Mais il esdme qu\u2019il est de la responsabilité des Québécois de se poser la question pour préserver un système de santé viable sur le plan financier.« Une proportion non négligeable des coûts des soins de santé est engagée lors des derniers mois de la vie d\u2019une personne.Ils incluent souvent des interventions destinées à maintenir les patients en vie à tout prix, par opposition à une approche palliative visant à les aider à faire face aux grandes questions de fin de vie.Nous devons lancer un débat public pour que la population soit au fait des coûts et des conséquences des soins de fin de vie disproportionnés.» C\u2019est un tout petit paragraphe, dans un livre de plus de 300 pages, intitulé Santé et politique, que vient de publier chez Boréal celui qui a été voir PAGE A 8 : DILEMME 77831303442424 A 2 LE DEVOIR LE LUNDI JUIN 2015 ACTUALITES Les crimes d\u2019honneur dans la mire de Québec Le gouvernement Couillard déposera cette semaine un projet de loi dans le but de prévenir les crimes d\u2019honneur, selon des informations obtenues par Radio-Canada.Ce dernier, qui sera présenté à l\u2019Assemblée nationale au courant des prochains jours, vise à modifier le Code pénal dans le but de «protéger les victimes» et «d\u2019augmenter le pouvoir d\u2019intervention » des policiers et des différents intervenants proches des victimes potentielles.Québec souhaite ainsi éviter que l\u2019affaire Shafia, survenue en 2009, ne se répète dans d\u2019autres familles.Le projet de loi devrait également agir contre les discours haineux.Le Devoir Juripop essaie le sociofmancement La Clinique juridique Juripop, qui défend les personnes ayant un revenu familial inférieur à 55 000$ et qui ne sont pas admissibles à l\u2019aide juridique gouvernementale, lance sa toute première campa^e de sociofi-nancement.L\u2019objectif est d\u2019amasser environ 22 000$ en 30 jours.Le président-fondateur de Juripop, M® Marc-Antoine Cloutier, e^lique que la mission de la clinique, faciliter l\u2019accès à la justice, est primordiale puisqu\u2019il s\u2019agit d\u2019un droit fondamental.M® Cloutier rappelle qu\u2019un nombre impressionnant de Québécois ne peuvent bénéficier de l\u2019aide juridique du gouvernement et n\u2019ont pas les moyens de se payer les services d\u2019im avocat.Les représentants de Juripop évoquent le contexte général d\u2019austérité au Québec pour lancer un appel à la population.La Presse eanadienne Michaëlle Jean veut un statut de ville bilingue à Ottawa La secrétaire générale de l\u2019Qrga-nisation internationale de la Francophonie, Michaëlle Jean, a profité de son passage devant la Fédération des communautés francophones et acadieimes (FCFA) pour affirmer son intérêt pour la désignation bilingue de la Ville d\u2019Qttawa.Invitée à l\u2019occasion de l\u2019assemblée générale de la FCFA samedi, l\u2019ancienne gouverneure générale du Canada a affirmé qu\u2019«à titre de Franco-Ontarienne d\u2019adoption», elle avait «toujours été d\u2019avis que la capitale [canadieime] doit être un lieu de rayonnement et d\u2019affirmation du bilinguisme [au pays] ».Bien que ce débat dure depuis longtemps, il a pris de l\u2019ampleur ces derniers mois, surtout lors de la dernière campagne électorale muificipale otta-vieime en août 20f 4.Le Devoir Le phoque gris de uouveau couvoité Pêches et Qcéans Canada pourrait songer à rétablir le commerce de produits du phoque gris.Le ministère a examiné une proposition élaborée par l\u2019Institut de la fourrure du Canada QFC) qui vise à éliminer 70% de la population de phoques gris du golfe du Saint-Laurent en cinq ans.Les pêcheurs se plaignent de leur présence accrue, qui nuit à leurs prises de poissons.L\u2019IFC estime que cet abattage massif permettrait au pays de vendre plusieurs produits à de nouveaux marchés.Le ministère n\u2019a pas voulu accorder d\u2019entrevue à La Presse canadienne, mais, dans un courriel, on indique que le rapport a été pris en considération.La Presse eanadienne Le sort de Raïf Badawî entre les mains d\u2019Ottawa Élus et organismes exhortent Stephen Harper à agir après la confirmation de la peine du blogueur saoudien LAURA PELLETIER Tour à tour, des élus et organismes joints par Le Devoir ont exhorté dimanche le gouvernement canadien à augmenter ses pressions auprès de l\u2019Arabie Saoudite, après que la Cour suprême de ce pays eut annoncé le maintien de la peine du blogueur Raïf Ba-dawi, sans possibilité d\u2019appel.«Maintenant, c\u2019est sur le plan politique que [la libération de M.Badawi] se joue», reconnaît la ministre québécoise des Relations internationales, Christine St-Pierre.Elle a martelé que «le gouvernement du Canada doit changer de vitesse, accentuer la pression», notamment en «entrant en contact avec les autorités» saoudiennes et en se «joignant au mouvement» qui demande la libération du blogueur de façon «claire».Plus tôt dans la journée, Mme St-Pierre avait parlé à l\u2019épouse de M.Badawi, Ensaf Haidar, réfugiée à Sherbrooke avec ses trois enfants, pour lui confirmer que le Québec l\u2019ap- {{, Le gouvernement du Canada doit changer de vitesse, accentuer la pression )) Christine St-Pierre, ministre des Reiations internationaies puie.Elle souhaite maintenant discuter avec le ministre des Affaires étrangères, Rob Nicholson, et ce, dès que possible.Parlant au nom de son parti, la députée péquiste Carole Poirier a qualifié de «gênante» l\u2019absence A\u2019«énergie» du gouvernement canadien dans ce dossier.Dans un gazouillis, le député de Québec solidaire Amir Khadir a demandé au Canada de «force[r] la main» à l\u2019Arabie Saoudite «en interdisant la vente d\u2019armes» pour «libérer» Raïf Badawi.Appel unanime «Des dirigeants du monde entier appuient la cause de Raïf Badawi, a rappelé le chef néo- démocrate, Thomas Mulcair.J\u2019ai écrit au premier ministre, je l\u2019ai interpellé à la période de questions.[.] Quand Stephen Harper va-t-il enfin agir pour que Raïf Badawi soit réuni avec sa famille ?» Le maire de Montréal, Denis Coderre, a demandé une fois de plus «à Ottawa et au ministre Nicholson d\u2019augmenter leurs pressions et de demander rien de moins que la libération de Raïf Badawi ».Mireille Elchacar d\u2019Amnistie internationale, qui soutient M\u201d® Haidar depuis le début, s\u2019impatiente.«Ça suffit! Il faut que le gouvernement agisse et rapidement! Le premier ministre canadien, Stephen Harper, n\u2019a dénoncé qu\u2019une seule fois le cas de Raïf Badawi.On veut que MM.Harper et Nicholson pren-ncfit la parole très fortement.» À ses yeux, les citoyens «ont fait leur part» avec des campagnes Web, des visites d\u2019écoles, des conférences de presse et des pétitions.« C\u2019est au tour du gouvernement canadien d\u2019aider les résidents qu\u2019il a accueillis ici.» La ministre St-Pierre demande toutefois à tous de contribuer pour «éviter que cette histoire sombre dans l\u2019oubli.» Ottawa maintient le cap «Bien que M.Badawi ne soit pas citoyen canadien, nous continuerons à faire connaître notre position, publiquement et par voie diplomatique», a répliqué Nicolas Doire, porte-parole du ministère des Affaires étrangères.11 rappelle que l\u2019ambassadeur du Canada pour la liberté de religion s\u2019est prononcé de façon claire sur le sujet et que l\u2019ambassadeur d\u2019Arabie Saoudite à Qttawa, le commissaire aux droits de l\u2019homme d\u2019Arabie Saoudite et le ministère saoudien des Affaires étrangères ont été rencontrés.Raïf Badawi conserve sa peine de 50 coups de fouet hebdomadaires durant vingt semaines, 10 ans de prison et une amende de 266 000$ pour «insulte à l\u2019islam».Cette peine ne peut être annulée sans le pardon royal.De retour d\u2019une prolifique tournée européenne, M\u201c® Haidar comptait sur ce pardon, dont bénéficient des prisonniers à l\u2019approche du ramadan.Elle a été sous le choc en apprenant la nouvelle.Epargné par les coups de fouet depuis le 9 janvier 2015, officiellement en raison de son état de santé, Raïf Badawi pourrait revivre ce cauchemar dès vendredi.C\u2019est ce que craint le plus sa femme.«M\u2019\"\u201d Haidar m\u2019a dit qu\u2019elle croit que ça va recommencer», relate Mireille Elchacar, notamment parce que M.Badawi n\u2019aurait pas revu de médecin depuis plusieurs semaines.Le Devoir FRANCIS VACHON LA PRESSE CANADIENNE Le cercueil de Jacques Parizeau a quitté l\u2019Assemblée nationale dimanche après avoir été salué par des milliers de personnes.Son épouse, Lisette Lapointe, suivait le cortège.Des hommages par milliers pour Jacques Parizeau L> Assemblée nationale a ou-' vert ses portes dimanche à plus d\u2019un millier de citoyens, qui souhaitaient rendre un dernier hommage à l\u2019ex-premier ministre Jacques Parizeau, décédé lundi soir à l\u2019âge de 84 ans, entouré de ses proches.La veille, ils étaient venus par centaines pour se recueillir auprès de celui qu\u2019on surnommait « Monsieur » et offrir leurs condoléances à sa famille et à son épouse, Lisette Lapointe, sur le parquet de la Caisse de dépôt et placement du Québec, dont M.Parizeau a été l\u2019un des bâtisseurs.Le cortège funèbre, avec à sa tête la veuve de M.Parizeau, Lisette Lapointe, est arrivé peu avant 40 h devant l\u2019Assemblée nationale dimanche, où le cercueil recouvert du fleurdelisé a été transporté jusqu\u2019au Salon rouge, transformé en chapelle ardente.Certains ont attendu près de deux heures pour entrer dans l\u2019auguste enceinte du Salon rouge, alors que la file de visiteurs s\u2019allongeait jusqu\u2019à la fontaine de Tourny sur l\u2019avenue Honoré-Mercier.Congédié?Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Vieux Montréal 514.845.5545 L\u2019ex-premier ministre Lucien Bouchard a avoué être «frappé» par la reconnaissance exprimée par le public à l\u2019endroit de M.Parizeau, surtout en cette période de grand cynisme envers la politique.«C\u2019est un retour des choses très significatif, M.Parizeau lui-même aurait été extrêmement touché par des témoignages comme ceux-là.La vie politique est dure et il l\u2019a eue aussi dure que n\u2019importe qui sinon plus, a dit la figure de Plusieurs se sont rappelé des moments passés auprès du grand bâtisseur proue du camp du Oui en 4995.C\u2019est un geste de reconnaissance et il y a quelque chose d\u2019apaisant là-dedans.» Plusieurs se sont rappelé des moments passés auprès du grand bâtisseur.Directeur de cabinet de René Lévesque entre 4977 et 4984, Jean-Roch Boi-vin a parlé d\u2019une période difficile traversée par M.Parizeau au début des années 4980.«Peu de gens le savent, mais c\u2019était un homme assez seul.Il m\u2019a fait des confidences.Une fois, il m\u2019a dit, \u201cM.Boivin, ça fait du bien d\u2019avoir un ami, je suis seul\u201d.J\u2019ai été pas mal surpris.» «Il a eu le courage de se tenir debout, a quant à lui soulevé le chef du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau.Il a transmis un fort et très étendu message [disant] que nous sommes capables de réussir, nous l\u2019avons fait et poursuivons sur les messages d\u2019espoir.» Arrivé tôt samedi, le premier ministre Philippe Couillard n\u2019a eu que de bons mots pour l\u2019ancien premier ministre.Le siège de la Caisse de dépôt et placement, place Jean-Paul-Riopelle, portera le nom de l\u2019ancien premier ministre, a-t-il réitéré.Le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, a affirmé que la mise sur pied de la Caisse de dépôt et placement était le plus grand legs de M.Parizeau.Peu de gens peuvent prétendre avoir réellement changé le Québec, et Jacques Parizeau est de ce nombre restreint, a déclaré le maire de Québec, Régis Labeaume.Les funérailles nationales de Jacques Parizeau seront célébrées mardi à l\u2019église Saint-Germain d\u2019Outremont à 44 h.Avec La Presse canadienne Le Devoir m Résultats des tirages du ; 2015-06-06 08 12 22 35 38 44\t27 \tcompl.+ 1 LOT GARANTI DE 1 000 000 $ 76576581-03 (Numéros complets non decomposables) Prochain gros lot (approx ) 10 000 000 $ + 1 LOT GARANTI DE 1 000 000 $ 13 17 18 28 38 2107236 Résultats des tirages du ; 2015-06-05 Résultats complets sur lotoquebec.com Prochain gros lot (approx) : 38 000 000 $ 2290923 En cas de disparité entre cette liste et la liste officielle de Loto Quebec, cette derniere a priorité DROIT DE LA FAMILLE Après Lola c.Éric, à Québec de jouer GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ C> est maintenant au gouvernement québécois de jouer s\u2019il souhaite répondre à l\u2019esprit du jugement de la Cour suprêmp dans la célèbre cause Lola c.Eric.Le comité consultatif mis sur pied dans la foulée de cette décision a en effet remis ses recommandations pour une réforme en profondeur du droit québécois de la famille.Le rapport final du groupe d\u2019experts sera dévoilé ce lundi à Montréal.Au terme du premier volet de ses travaux, en octobre 2043, le comité avait statué qu\u2019une réforme majeure s\u2019imposait pour arrimer le Code de la famille aux réahtés actuelles.La deuxième phase de réflexion devait servir à faire des recommandations précises pour guider Québec dans cette délicate opération.En effet, le droit québécois de la famille n\u2019a pas été revu de manière approfondie depuis 4980.Dans son premier rapporfi le comité consultatif écrivait qu\u2019il y a «un décalage significatif entre le modèle familial reconnu par le Code civil et les diverses configurations conjugales et familiales d\u2019aujourd\u2019hui».Les statistiques montrent que près de 80% des couples vivent en union libre, et que moins de 40% des enfants naissent au sein de ménages mariés.Qr, c\u2019est encore le mariage qui constitue la porte d\u2019entrée au droit de la famille, rappelaient les experts.Dans la cause Lola c.Eric, la Cour suprême avait jugé que le Code civil du Québec est discriminatoire envers les conjoints de fait, parce qu\u2019il ne leur accorde pas les mêmes droits qu\u2019aux couples mariés (pension alimentaire et partage du patrimoine familial en cas de divorce) .La juge en chef avait recommandé à Québec de modifier son code pour mettre fin à ce déséquilibre.C\u2019est dans ce contexte que le comité consultatif a été créé, en avril 2043.Un enfant ou même pas ?Dans son rapport de mi-man-dati le comité avait suggéré que ce soit désormais la naissance ou la prise en charge d\u2019un enfant qui justifie l\u2019application du droit de la famille, et non plus seulement le mariage.Qn faisait remarquer que l\u2019arrivée d\u2019un enfant représente la «principale source d\u2019interdépendance conjugale et familiale», et qu\u2019elle fait régulièrement en sorte qu\u2019un des conjoints ralentit sa cadence professionnelle.Les conséquences économiques d\u2019un tel choix ne sont pas protégées par la version actuelle du Code de la famille.Dans un volumineux avis soumis au comité il y a un an, le Conseil du statut de la femme (CSF) prônait pour sa part que LA PRESSE CANADIENNE La ministre Stéphanie Vaiiée insiste sur ia «iiherté de choix».«[Ilya] m décalage significatif entre le modèle familial reconnu par le Code civil et les diverses configurations conjugales et familiales d\u2019aujourdhui )) Extrait du premier rapport du comité consultatif tous les couples devraient bénéficier d\u2019une protection juridique, même ceux qui n\u2019ont pas d\u2019enfant et qui ne sont pas mariés.Le CSF rappelait que les femmes sont encore aujourd\u2019hui les grandes perdantes des fins de vie commune.11 souhaitait donc que les conjoints de fait soient soumis aux mêmes obh-gations de pension alimentaire et de partage du patrimoine familial que les couples mariés, dès lors qu\u2019ils ont habité ensemble pendant plus de deux ans.Le conseil prévoyait par ailleurs un mécanisme permettant aux couples qui l\u2019auraient désiré de se soustraire à l\u2019application de ces règles, de manière à ne pas «marier de force» tous les couples du Québec.La ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, avait toutefois rapidement indiqué que Québec n\u2019irait pas aussi loin que ce que souhaite le CSF.«Notre droit civil reconnaît la liberté de choix», disait-elle en rappelant que les couples peuvent signer un contrat de vie commune ou contracter une union civile s\u2019ils désirent être protégés comme s\u2019ils étaient mariés., La cause Lola c.Eric avait été lancée par l\u2019ex-compagne d\u2019un milliardaire québécois, qui demandait une pension alimentaire pour elle-même (et pas seulement pour leurs enfants) après leur rupture.Le Devoir LE DEVOIR, LE LUNDI 8 JUIN 2015 A 3 ACTUALITES Contre les vagues Jean-François Nadeau ue Notre-Dame à Montréal, pendant des années, les curieux pouvaient voir par la brèche d\u2019un miu le jardin intérieiu de la maison qu\u2019occupait jadis Louis-Joseph Papineau.Cette demeiue avait été assaillie une nuit par des opposants qui souhaitaient le pendre.Papineau manqua bien près d\u2019y passer.Cette résidence apparaît toujours comme un haut symbole d\u2019une lutte en faveur d\u2019une émancipation collective.Mais à un coin de pue de là, ce n\u2019est pas à lui mais à Sir George-Etienne Cartier qu\u2019on a choisi d\u2019élever un musée.Beaucoup des monuments offerts à notre considération apparaissent misérables dès lors qu\u2019on les renverse pour voir les vers qui grouillent dessous.Chez nous, les artifices de la postérité saluent souvent ceux qui ont vécu dos à l\u2019avenir.Quel sort réservera-t-on à la mémoire de Parizeau?Se souviendra-t-on de lui, y compris poiu les critiques très drues qu\u2019il adressait à son parti?Les édifices fédéraux n\u2019ont pas reçu d\u2019avis immédiat de mise en berne de lerus drapeaux.Que voulez-vous, tout le monde ne peut évidemment pas être un obscru sénateru ou un vice-roi décoratif poru vite obtenir la recoimaissance publique.Mais ceux qui s\u2019imaginent que l\u2019indépendance politique est en passe de n\u2019être plus que le sujet d\u2019un passé clos tandis qu\u2019on ferme pareil tombeau se trompent.Devant toutes les grossièretés qu\u2019on a pu lire à la mort de Parizeau sous la plume de certains de ses opposants, une seule réaction possible : faire l\u2019économie de son mépris puisque, avec des gens pareils, on se ruinerait bien vite.Pour servir une mémoire commune, chacun en est à égrener patiemment son chapelet de souvenirs.J\u2019avais rencontré Jacques Parizeau à quelques reprises déjà lorsqu\u2019on me demanda de travailler à ses côtés à Ja préparation d\u2019un livre, j^rès sa démission, l\u2019État avait mis à sa disposition un bureau, une secrétaire et un garde du corps dont la vigilance était aussi efficace que nécessaire.Jacques Parizeau ne baissait pas les bras.Une campagne électorale fédérale se mettait en branle.Sans se l\u2019avouer, le Bloc québécois avait une fois encore besoin d\u2019un ténor poiu ne pas avoir l\u2019air de chanter faux en solo.Ce livre allait donner à Parizeau l\u2019occasion de se faire entendre.J\u2019étais à son bureau presque tous les jours.Sa secrétaire, M\u201c® Brousseau, apportait les documents.J\u2019écoutais, j\u2019observais, j\u2019admirais.J\u2019ai fini malgré tout par jouer mon rôle sans pour autant que Jacques Parizeau ne quitte le sien, redevenant à loisir (devant moi un professeur autant qu\u2019un chef d\u2019État.Un matin, je l\u2019avais trouvé indigné, incapable de travailler.«Vous avez vu, me dit-il, le constat que dresse cette agence de notation pour le Québec?» Comme tout le monde, j\u2019avais lu cela dans les quotidiens.Et le voilà qui me trace un schéma au tableau.« Voici en clair ce que ces analystes affirment.» Puis à côté, il esquisse un nouveau schéma.«Mais voici ce que notre gouvernement raconte: exactement le contraire! J\u2019en ai assez qu\u2019on dise n\u2019importe quoi.» Parizeau ne supportait pas qu\u2019une quête aveugle en faveur de la réduction d\u2019un déficit conduise à crever les yeux à la social-démocratie.Un autre jour, une pile de gros livres m\u2019attendait «Mon père était aussi historien.Ce sont des livres de sa bibliothèque.Ils vous seront plus utiles à vous qu\u2019à moi.» Il m\u2019offrait quelques tomes du Dictionnaire biographique du Canada, outil indispensable pour qui veut considérer l\u2019histoire autrement qu\u2019en salade.Il existe une maladie propre à l\u2019histoire de ce faux pays auquel les vrais grands personnages ne peuvent rien: celle de voir tout un peuple croire qu\u2019un génie surgira un jour, qu\u2019alors tout commencera, que tout sera accompli.Cet emballement populaire, toujours renouvelé selon la mythologie du moment permet de s\u2019éviter de voir que les mouvements de fond avalent immanquablement les vagues qui se dessinent à la surface de maigres réputations.Je crois en l\u2019importance des Louis-Joseph Papineau autant que des Jacques Parizeau, mais non à leiu nécessité absolue.Qn estime trop facilement que des gens pareils portent leur peuple seul, comme s\u2019il s\u2019agissait d\u2019une simple relation de cause à effet alors qu\u2019en vérité ils sont portés autant que porteius.Cela, Parizeau le savait Plusieurs mois après la parution de Pour un Québec souverain, immense succès de librairie, mon ami Palardeau tournait un Elvis Gratton.Dans le film, son personnage d\u2019inculte colonisé publiait un livre bilingue.Ma vie/My Life.Ealar-deau me demanda comment je pourrais lui obtenir de faux livres aux fins de ce vrai toiunage.Le plus rapide était d\u2019habiller d\u2019une jaquette de papier un livre déjà existant II restait justement des livres de Parizeau.Au moment du tournage, Jean-René Dufort s\u2019était emparé du faux livre de Gratton pour constater qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019une simple coquille installée siu celui de Parizeau.Monsieur ayant eu vent de cette histoire téléphona aux éditions.«Evidemment, fimagine que c\u2019est un canular?» Malaise, embarras.Parizeau n\u2019en éprouvait pas moins une profonde admiration pour Éalardeau.Au matin des funérailles de ce dernier, il était un des premiers sur place, solennel, ému, discret II appréciait que d\u2019autres que lui, selon des moyens différents, puissent tout aussi vaillamment contribuer à forcer le destin pour qu\u2019une société meilleiue se dresse enfin.jfii @ledevoir.com \\ JACQUES NADEAU LE DEVOIR La ministre française de i\u2019Environnement, Ségoiène Royai, presse tous ies pays de prendre conscience de « i\u2019urgence ciimatique ».Paris accueiiiera cet automne ies négociations sur ie ciimat qui doivent déboucher sur i\u2019accord ie pius ambitieux de i\u2019histoire.Bouleversements climatiques Ségoiène Royal vise les énergies fossiles, mais pas le Canada ALEXANDRE SHIELDS La ministre française de l\u2019Environnement Ségoiène Royal, estime que chaque pays doit «prendre ses responsabilités» en vue de l\u2019accord de Paris sur le climat.Elle refuse toutefois de se joindre au concert de critiques adressées au gouvernement Harper.Dans le cadre d\u2019une entrevue exclusive accordée au Devoir, a elle néanmoins reconnu que l\u2019épineux dossier des énergies fossiles constitue «le principal problème à régler».«Je ne me sens absolument pas en position de donner des leçons.Si nous commençons à donner des leçons au reste du monde, nous n\u2019allons pas êtçe écoutés, a souligné dimanche la ministre de l\u2019Çcologie, du Développement durable et de l\u2019Énergie.En revanche, c\u2019est à chaque pays de prendre ses responsabilités par rapport à la question du dérèglement climatique.» M\u201c® Royal a tenu à saluer les récents engagements pris par Qttawa en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES), en vue du sommet de Paris.«Avant, le Canada n\u2019avait même pas fait connaître sa contribution.Maintenant, il l\u2019a fait, et avec des objec-tijs qui n\u2019étaient même pas imaginables au mois de décembre dernier.Donc, les choses sont en train de progresser», a-t-elle fait valoir.Le gouvernement Harper s\u2019est effectivement engagé à réduire ses GES de 30% d\u2019ici 2030, par rapport à 2005.Cette cible a toutefois été fixée sans l\u2019accord des provinces.Qui plus est, elle a été dévoilée dans un contexte d\u2019augmentation constante des émissions canadiennes en raison de la croissance de la production d\u2019énergies fossiles.Et le fédéral refuse toujours de réglementer les GES émis par ce secteur.Le problème pétrolier Si elle se garde de critiquer le préjugé très favorable du gouvernement canadien envers le secteiu pétrolier, Ségoiène Royal n\u2019en estime pas moins que les énergies fossiles constituent «le principal problème à régler» pour lutter concrètement contre les changements climatiques.«Mais, a-t-elle ajouté, nous sommes tous dépendants des énergies fossiles.Nous devons donc tous préparer l\u2019après-pétrole.Nous devons faire la transition vers les énergies renouvelables.» M\u201c® Royal a d\u2019ailleurs rappelé que les travaux La litigieuse filière du gaz de schiste TOUS ENSEMBLE POUR LE (LIMAI (op21.goav.fr #(0P2i Même si la Erance a imposé un moratoire à l\u2019industrie du gaz de schiste siu son territoire, Ségoiène Royal a refusé de suggérer au Québec d\u2019aller dans le même sens.«Je ne veux pas faire de polémique sur la question des énergies.C\u2019est à chacun de définir son modèle énergétique», a-t-elle d\u2019abord souligné au Devoir.La ministre française de l\u2019Environnement a tout de même expliqué les raisons qui ont motivé le blocage de la filière.«Nous avons fait le moratoire parce que les populations sont farouchement hostiles à la recherche de gaz de schiste et parce que moi, en tant que ministre de l\u2019Environnement, je du Groupe d\u2019experts intergouvememental sur l\u2019évolution du climat ont clairement fait la démonstration de la nécessité de réduire notre consommation d\u2019énergies fossiles.Selon le plus récent rapport du groupe scientifique, l\u2019humanité doit en effet se fixer comme objectif de ramener à zéro les émissions mondiales de GES d\u2019ici la fin du présent siècle.Un groupe d\u2019experts canadiens a même proposé plus tôt cette année une réduction des GES de 80% pour le Canada, et ce, d\u2019ici 2050.Même la secrétaire générale de la Convention-cadre des Nations unies siu les changements climatiques, Christiana Eigueres, a pressé le Canada de tourner le dos aux combustibles fossiles.Dans ce contexte, est-ce que la croissance attendue de la production des sables bitumineux peut être compatible avec la lutte contre les bouleversements?«C\u2019est au Canada de décider», a laissé tomber Ségoiène Royal.«Nous sommes tous comptables de ce qui se passe.Personne ne pourra s\u2019exonérer de sa responsabilité à l\u2019égard du dérèglement climatique», a cependant affirmé la ministre française.«Personne ne pourra dire qu\u2019on ne savait pas.Personne ne pourra dire qu\u2019on ignorait l\u2019urgence», a également souligné M\u201c® Royal.À six mois du sommet de Paris, qui doit en théorie déboucher sur la signature de l\u2019accord climatique le plus ambitieux de tous les temps, elle a tenu à rappeler l\u2019importance A\u2019«accélérer les choses».Selon elle, les pays développés ont une responsabilité à l\u2019égard des pays en développe- considère que les technologies actuelles de fracturation hydraulique sont dangereuses pour l\u2019environnement, notamment pour les nappes phréatiques.» Près de cinq ans après le début de la vive controverse au Québec, le dossier du gaz de schiste est toujours en suspens.Il est d\u2019ailleurs inclus dans la présente évaluation environnementale stratégique menée par le gouvernement Couillard sur les hydrocarbures.Il s\u2019agit de la troisième évaluation de la filière depuis 2010.La carte des permis d\u2019exploration indique par ailleurs que l\u2019essentiel des permis en vigueur en 2010 le sont toujours.ment, dans la mesure où ils sont les premiers responsables des dérèglements du climat,de la planète.Il est donc important pour les États, comme ceux de l\u2019Union européenne, de se doter d\u2019objectifs «très ambitieux».«Si nous réalisons nos objectijs, nous pouvons dire aux pays en développement qu\u2019ils n\u2019ont pas à passer par la phase transitoire.Ils peuvent directement passer à la révolution des énergies renouvelables», a expliqué la ministre de J\u2019Écologie, du Développement durable et de l\u2019Énergie.Elle a par ailleurs reconnu que le temps pres,se d\u2019ici le 1®\"^ octobre, date à laquelle tous les États doivent en théorie avoir fait connaître leurs engagements nationaux de réduction des GES.Un total de 36 pays ont jusqu\u2019à présent annoncé leurs couleurs, mais plus de 150 doivent encore le faire.Et jusqu\u2019à présent, les cibles annoncées seraient nettement en deçà de ce qui est nécessaire pour limiter le réchauffement à 2 °C, selon un rapport publié la semaine dernière par le Climate Action Tracker.M\u201c® Royal estime toutefois que le monde commence à prendre pleinement la mesure de «l\u2019urgence climatique ».«Il y a une prise de conscience du milieu financier, mais aussi des entreprises, qui commencent à comprendre que le coût de l\u2019inaction est bien plus élevé que le coût de l\u2019action.En clair, le fait de ne rien faire et de continuer de détruire la planète va coûter beaucoup plus cher que le fait d\u2019agir.Ça change les paradigmes de la question.» Le Devoir Étude : le climat inquiète 80 % de la population mondiale Paris \u2014 Près de 80% des citoyens se disent «très préoccupés» par les impacts du dérèglement climatique, selon les premiers résultats d\u2019une enquête menée à l\u2019occasion d\u2019un grand débat sur le climat organisé simultanément dans 75 pays samedi.En effet, 78,8% sont «très préoccupés», 18,96% «moyennement préoccupés » et 1,65% pas du tout, indiquent les résultats de ce questionnaire, «la plus vaste enquête d\u2019opinion » jamais menée sur le climat, selon les termes de l\u2019QNU, co-initiatrice de ce projet, qui vise à faire entendre la voix des citoyens dans les négociations internationales en cours.Les premiers résultats seront soumis mercredi à Bonn aux délégations chargées de négocier l\u2019accord mondial contre le réchauffement planétaire espéré à Paris en décembre.Samedi, quelque 10 000 personnes de 75 pays, choisies pour représenter la diversité socio-économique de leur pays, se sont retrouvées par petits groupes avec un animateur, pour débattre toute la journée, et répondre à une trentaine de questions sur les enjeux de la négociation.Au total, 96 dé- Ijats ont eu lieu, de Pidji jusqu\u2019aux États-Unis.r Energies renouvelables Plus de 71% des participants ont ainsi estimé que les négociations sur le climat menées dans le cadre de l\u2019QNU depuis 1992, n\u2019avaient «pas fait assez» pour s\u2019attaquer au problème.Le prochain accord devra être juridiquement contraignant, estiment 68% des personnes interrogées.Pour 59,4%, l\u2019effort doit d\u2019abord être international, avant d\u2019être national (17%) ou local (21,4%).Pour autant, 80% estiment que leur propre pays doit agir pour réduire ses émissions, même si d\u2019autres font moins.Interrogés sur les solutions pour réduire les émissions de GES, les répondants privilégient: subventionner les énergies renouvelables (56,6%), la recherche en technologies bas-carbone (46%, par exemple des batteries de voiture efficaces), de nouvelles normes (22,8%, par exemple d\u2019efficacité énergétique des bâtiments ou des équipements), donner un prix au carbone (21,5%), changer de pratiques (20,6%, transports publics, produits alimentaires locaux, etc.).Agenee Franee-Presse A 4 LE DEVOIR LE LUNDI JUIN 2015 ACTUALITES ELECTIONS PARTTET J.es Chauveau et Jean-Talon votent ce lundi LAURA PELLETIER Les caquistes se sont faits agressifs dimancTie, à la veille des élections partielles dans Chauveau et Jean-Talon, ayant en tête de déloger les libéraux de leur forteresse, Jean-Talon, et de reprendre Chauveau.I.e chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, n\u2019a pas manqué d\u2019attaquer ses plus grands adversaires de la campagne lors d\u2019un bilan dans Chauveau, les accusant notamment d\u2019avoir augmenté la taxe scolaire de 33% et les tarifs d\u2019Hydro-Qué-bec de 7%.«Demain, les gens de Chauveau [.] pourront envoyer un message fort au gouvernement libéral.Un vote pour la CAQ sera un vote pour défendre la classe moyenne contre les hausses de tarife et de taxes», a ajouté le chef de la CAQ.Sur Twitter, son parti a invité les électeurs de Jean-Talon à faire de même.François Legault a dit avoir bon espoir de voir l\u2019ancienne animatrice Jocelyne Cazin l\u2019emporter haut la main dans Chauveau, et ce, même si elle se frotte à une autre personnalité bien connue, la journaliste Vé-ronyque Tremblay, en lice pour les libéraux.Par contre, M.Legault a reconnu que la partie est loin d\u2019être gagnée d\u2019avance pour l\u2019homme d\u2019affaires Alain Fec-teau, qui essayera d\u2019ébranler Jean-Talon, lundi, en battant un conseiller du premier ministre Philippe Couillard, Sébastien Prouk.Ce dernier, qui a déjà siégé à l\u2019Assemblée nationale sous la bannière de l\u2019Action démo- cratique du Québec, a investi un maximum d\u2019énergie afin d\u2019éviter de se faire coiffer à la ligne d\u2019arrivée par M.Fecteau.«J\u2019ai eu l\u2019occasion de rencontrer beaucoup, beaucoup, beaucoup de gens.Je me suis donné comme objectif de continuer jusqu\u2019à la toute dernière minute», a lancé M.Prouk, d\u2019un ton enthousiaste.Le chef du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau, a assuré que «tout est possible» même si le PQ a fini deuxième dans Jean-Talon et troisième dans Chauveau aux dernières élections en 2014.Pas d\u2019illusions chez QS De son côté, la porte-parole parlementaire de Québec solidaire et députée de Gouin, Françoise David, a préféré traiter des avancées enregistrées par sa formation dans le cadre des deux campagnes électorales qui arrivent à leur terme.«On va avoir fait circuler davantage les idées de Québec solidaire.» Elle a admis que les efforts déployés par l\u2019entrepreneuse Amélie Boisvert et l\u2019éducatrice spécialisée Marjolaine Bouchard, qui se présentent respectivement dans Jean-Talon et dans Chauveau, ne donneront pas nécessairement les résultats escomptés.«Dans ces élections partielles, il y a de très gros joueurs [.] et des partis politiques qui disposent d\u2019infiniment plus de moyens.» Les candidats des différents partis ont parcouru une dernière fois le terrain avant le vote et ont poursuivi leurs séances intensives de porte-à-porte.Le Devoir Une large coalition de parents dénonce les coupes en éducation ELORENCE SARA G.EERRARIS Mettre des visages sur les compressions en éducation, c\u2019est ce que souhaite faire la Coalition des parents pour l\u2019école publique, un regroupement historique qui réunit sous une même bannière les parents de quatre commissions scolaires de Montréal et des environs.Réunies à l\u2019occasion d\u2019un grand pique-nique familial dimanche midi, quelques centaines de personnes, dont plusieurs enfants, en ont profité pour dénoncer, une fois de plus, les réductions budgétaires que l\u2019on observe depuis quelques mois dans le milieu scolaire.«La raison d\u2019étre d\u2019un événement comme celui-ci est de faire comprendre au ministre [François Blais] et à toute la population que ces coupes annoncées chaque semaine, chaque mois, ont un impact concret sur le terrain», soutient la porte-parole francophone de la Coalition, Eve Kirlin.En entrevue avec Le Devoir, cette mère de quatre enfants a d\u2019ailleurs souligné que c\u2019est pour cette raison que les événements du groupe sont très familiaux.«Le gouvernement a tendance à oublier que derrière les colonnes de chiffres, il y a des enfants.» « On est en train de sacrifier cette génération », lance pour sa part Pascale Grignon du regroupement «Je protège mon école publique».Ce groupe, qu\u2019on a pu voir en action le juin dernier lorsque des centaines de personnes ont formé des chaînes humaines aux quatre coins du Québec, a CONCOURS LE DEVOIR Desjardins présente uetts rété PARTICIPERONT; A '*¦\t* Une activité de Vélo Québec GAGNEZ UN DES 25 LAISSEZ-PASSER POUR 2 PERSONNES ET ROULEZ AVEC LES JOURNALISTES DU DEVOIR DÉPART DE BERTHIERVILLE, LE SAMEDI 20IUIN GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ JEAN-FRANÇOIS NADEAU 1 CAROLINE MONTPETIT ÉLIANE BRISEBOIS MARCO FORTIER PARTICIPER : LEDEVOIR.COM/LESDEFIS DATE LIMITE : MERCRED110 JUIN À MIDI JACQUES NADEAU LE DEVOIR Des parents d\u2019élèves de quatre commissions scolaires étaient réunis pour un pique-nique, dimanche.tenu à joindre sa voix dimanche à celle de la nouvelle coalition parentale.«Les parents sont inquiets, choqués, par ce qu\u2019ils voient sur le terrain, dénonce M\u201c® Grignon.Que l\u2019on parle de la hausse des ratios dans les classes ou de la diminution du nombre de spécialistes disponibles, ce sont des décisions qui ont un impact direct sur nos enfants et qui finissent par avoir un effet dramatique sur leur apprentissage.» Regroupement historique La Coalition des parents pour l\u2019école publique regroupe actuellement les comités de parents (CP) et les comités consultatifs des services aux élèves handicapés et en difficulté d\u2019adaptation ou d\u2019apprentissage (CCSEHDAA) de la Commission scolaire de Montréal, l\u2019English-Montréal School Board, la Commission scolaire de la Pointe-de-l\u2019île et la Commission scolaire de Laval.Des délégués de chacune des organisations étaient d\u2019ailleurs présents dimanche pour apporter leur soutien aux parents.«C\u2019est la première fois qu\u2019une coalition de cettp nature voit le jour, précise Eve Kirlin.La première fois que les CP joignent leurs forces à celles des CCSEHDAA, la première fois que les parents de plusieurs commissions scolaires travaillent ensemble, la première fois que les parents francophones et anglophones s\u2019unissent pour une même cause.» Et si le mouvement se concentre à la grande région de Montréal pour le moment, des parents d\u2019un peu partout au Québec ont déjà manifesté leur intérêt d\u2019y adhérer à leur tour.«L\u2019école publique gagne à être défendue partout au Québec, pas seulement à Montréal, affirme la porte-parole.Notre système d\u2019éducation est une richesse dont on peut être très fier.Il n\u2019est pas parfait, mais ce n\u2019est pas en coupant davantage qu\u2019on va l\u2019améliorer.» Avec les vacances d\u2019été qui approchent à grands pas, la mobilisation prendra un temps d\u2019arrêt, afin de reprendre des forces.Un événement festif, un peu comme celui de dimanche, est toutefois prévu au calendrier pour la fin de l\u2019été, à l\u2019aube de la rentrée scolaire.« Vous pouvez être certains qu\u2019on sera prêts pour la rentrée ! » Le Devoir Évasion de Dannemora : les policiers sur le qui-vive de chaque côté de la frontière Dannemora \u2014 Une récompense de 100 000$ américains est offerte pour toute information menant à la capture des deux meurtriers qui se sont enfuis d\u2019une prispn à sécurité maximale de l\u2019Etat de New York, à 32 km de la frontière canadienne, près du Québec.Selon les autorités, les deux meurtriers ont eu recours à de puissants outils électriques pour percer des ouvertures dans des murs et de gros tuyaux d\u2019acier afin de s\u2019enfuir du Centre correctionnel Clinton à Dannemora, samedi.Les autorités enquêtent pour déterminer comment les détenus ont obtenu les outils pour réaliser cette évasion spectaculaire.Le gouverneur de l\u2019État de New York, Andrew Cuomo, a déclaré dimanche qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019un «plan sophistiqué».David Sweat, 34 ans, purgeait une peine de prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle pour avoir tué un shérif adjoint en 2002.Richard Matt, 48 ans, a été condamné à au moins 25 ans de prison pour avoir enlevé, tué et démembré son ancien patron en 1997., Les forces de l\u2019ordre de l\u2019État de New York ont érigé des bar- rages routiers et déployé des chiens policiers et des hélicoptères pour retrouver les fugitifs.Des centaines d\u2019agents se sont dispersés dans la région autour de la prison en suivant des dizaines de pistes potentielles.Mais les autorités admettent qu\u2019elles ne savent pas vraiment où les fugitifs pourraient se trouver.Ils pourraient avoir traversé L\u2019Agence des services frontaliers du Canada a également lancé un avis de signalement la frontière avec le Canada, ou s\u2019être rendus dans un autre État américain, a indiqué M.Cuomo.«Il s\u2019agit d\u2019une situation de crise pour l\u2019État, a déclaré le gouverneur.Ce sont des hommes dangereux capables de commettre des crimes graves de nouveau.» La Gendarmerie royale du Canada (GRC) a avisé ses agents en poste dans les détachements près de la frontière de garder l\u2019œil ouvert.La capo-rale Camille Habel a précisé que, bien que les agents postés à Valleyfield et dans les détachements frontaliers aient été alertés, aucune «chasse à l\u2019homme» n\u2019est en cours puisque la GRC n\u2019a reçu aucune information indiquant qu\u2019ils auraient franchi la frontière.L\u2019Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) a également lancé un avis de signalement demandant aux agents des postes frontaliers d\u2019être attentifs.La Police provinciale de l\u2019Qn-tario a transmis une alerte interne à ses agents, mais la Sûreté du Québec (SQ) n\u2019a reçu aucune instruction spéciale concernant l\u2019évasion des deux meurtriers.Un porte-parole de la SQ, le sergent Ronald Mclnnis, a indiqué que la police provinciale pourrait agir si elle reçoit une demande d\u2019assistance de la GRC ou de l\u2019ASFC.L\u2019évasion des deux meurtriers a été signalée samedi.Leurs deux cellules contiguës étaient vides au moment de la ronde d\u2019inspection matinale; ils avaient rempli leur lit de vêtements pour faire croire qu\u2019ils dormaient.Les fugitifs ont laissé derrière eux une note pour les agents correctionnels qui disait: «Bonne journée ! » La Presse canadienne Embourbés dans les scandales, les présidents de la Deutsche Bank démissionnent Francfort \u2014 Ébranlés par des scandales et des résultats médiocres, les deux patrons de Deutsche Bank, l\u2019Indo-Britannique Anshu Jain, 52 ans, et l\u2019Allemand Jtfrgen Fitschen, 66 ans, ont annoncé dimanche leur démission.C\u2019est au Britannique John Cryan, 54 ans, membre du conseil de surveillance de Deutsche Bank, que reviendra la délicate tâche de redresser ce géant allemand du secteur bancaire européen qui vient d\u2019écoper d\u2019une amende de 2,5 milliards de dollars dans une affaire de manipulation de taux.Anshu Jain et Jürgen Fitschen «ont décidé de démissionner de leurs fonctions», a fait savoir le groupe Deutsche Bank dans un communiqué.Exposés depuis plusieurs mois à un feu nourri de critiques, les deux dirigeants étaient à la tête du groupe bancaire de Francfort depuis mai 2012 et leur contrat courait jusque fin mars 2017.En Allemagne, cette décision était saluée du côté des actionnaires, dont certains avaient tiré à boulets rouges sur les deux codirigeants durant la dernière assemblée générale en mai.6000 litiges Le duo avait pris les rênes du groupe avec la promesse de rompre avec les scandales et l\u2019image des financiers aux dents longues qu\u2019incarnait leur prédécesseur, le controversé Josef Ackermann \u2014 ainsi que de le rendre plus rentable.Trois ans plus tard, les résultats ne sont toutefois pas au rendez-vous.Deutsche Bank est toujours aux prises avec quelque 6000 litiges.M.Fitschen lui-même est jugé pour faux témoignage dans une vieille affaire et risque la prison.Agence France-Presse 9 LE DEVOIR, LE LUNDI 8 JUIN 2015 A 5 SOCIETE #CHRONIQUEFD Une epoque formidable Fabien Deglise Avertissement: ce qui suit n\u2019est rien de plus qu\u2019une ratatouille puisant ses ingrédients dans l\u2019absurde et les paradoxes du temps présent.Il faut n\u2019avoir plus une once de romantisme en soi pour oser demander en mariage son âme sœur dans une voiture, au service à l\u2019auto d\u2019une chaîne de restauration rapide spécialisée dans le sandwich bas de gamme à bas prix.11 faut également avoir le jugement passablement atrophié par une surexposition à des contenus plus divertissants qu\u2019enrichissants pour accompagner cette demande d\u2019une bague placée dans un sandwich au poulet, filmer ladite demande et la diffuser sur YouTube.Et pourtant, c\u2019est ce qu\u2019a fait la semaine dernière un jeune Californien en emmenant sa blonde sur les lieux de leur première rencontre, deux ans plus tôt, pour lui faire LA grande déclaration.Dans une certaine frange de la culture numérique, il est désormais de bon ton de laisser une caméra vidéo capter la mise en scène pour partager ensuite ce fragment d\u2019intimité avec la terre entière.Sauf que là, c\u2019est surtout un long malaise de cinq minutes qui s\u2019est propagé sur la Toile.Trop de romantisme dans la jeune fille ?Sans doute ! Après avoir pris conscience que cette dramaturgie du mariage n\u2019était pas une blague, elle se met en effet à fondre en larmes en lançant, entre deux sanglots: «Tu ne peux pas me demander en mariage [en mettant une bague] sur un sandwich au poulet.» C\u2019est absurde, en effet.11 n\u2019est plus possible d\u2019en douter : on vit une époque formidable ! Et depuis quelques jours, les Producteurs de lait du Québec en font joliment la démonstration avec leurs séries de publicités télévisées mettant en vedette des «foodies» d\u2019ici pour faire la promotion des fromages d\u2019ici.Un « foodie », c\u2019est quoi?C\u2019est un gourmet \u2014 oui, oui, il y a un mot en français qui existe pour nommer la chose ! \u2014 qui prend un peu trop au sérieux son attachement à la gastronomie, comme dans l\u2019expression : Marie-Claude Lortie aime clamer qu\u2019elle est une « foodie».Elle aurait même déjà mangé du kangourou avec Jacques Parizeau.Mazette ! C\u2019est en tout cas, ce qu\u2019elle a affirmé, la semaine dernière, après le départ de l\u2019illustre personnage.Dans une des capsules publicitaires pilotées par les marchands de lait, on voit une jeune urbaine vanter toute l\u2019extase qu\u2019elle a à manger des fromages d\u2019ici.Elle parle du fromage comme d\u2019une composante de son «lifestyle» (!), entre deux bouchées de pâte molle, sur fond de vêtements mode suspendus sur des présentoirs dans un atelier.Des baies vitrées ouvrent sur la ville et ses possibles.Sans être plus ayatollah de la langue que l\u2019ayatollah du français à Radio-Canada, elle aurait aussi pu être présentée comme une gastronome urbaine et évoquer son « style de vie » que ça aurait fonctionné pareil.En panne d\u2019intelligence On image facilement les phrases creuses et les théories vaseuses, en matière d\u2019images et de conviction, des créatifs en réunion pour poser le cadre de cette campagne.Ici, pour atteindre les urbains célibataires, les jeunes mères de famille, là, pour «parler» aux retraités aisés, aux grégaires du quartier Mile-End, aux actifs débordés.Et on s\u2019étonne aussi qu\u2019ils n\u2019aient pas eu l\u2019intelligence nécessaire d\u2019utiliser un peu plus de mots.«en français», comme dirait l\u2019autre, pour faire la promotion des fromages du Québec ! Intelligence.11 en a manqué sans doute beaucoup la semaine dernière dans cet accrochage qui s\u2019est produit sur Twitter entre des citoyens parlant politique.Radio-Canada rapportait la chose vendredi dernier.Au départ: un jeune caquiste de 16 ans qui affirme que «voter CAQ, c\u2019est voter pour le changement et l\u2019innovation».Qn peut être d\u2019accord ou pas.Mais on ne peut surtout pas demander à l\u2019émetteur du message d\u2019aller « se suicider » pour ça ! C\u2019est pourtant ce qu\u2019a fait un internaute, un hopime d\u2019âge mûr, qui au micro de la société d\u2019Etat a même totalement assumé ses propos en parlant d\u2019une provocation qui répondait à celle d\u2019un autre.Tu peux avoir 40 ou 50 ans et avoir toujours l\u2019esprit collé sur l\u2019asphalte d\u2019une cour d\u2019école.Imaginez le repas de famille, avec Réjean qui à un moment s\u2019emporte: «Va donc dans le jardin mettre fin à tes jours, sale libéral», lancerait-il.11 pourrait aussi dire: «sale pé-quiste!» ou «sale solidaire ! ».Loufoque?Qui, mais pas dans les univers numériques et les réseaux sociaux où la civilité ne semble pas tenir en 140 caractères et où le débat public et politique est trop souvent tiré vers le bas, avec une absence totale de réflexion sur la vertigineuse chute dans laquelle tout cela nous entraîne.La semaine dernière, dans un documentaire vidéo redoutable, The Guardian posait une maudite bonne question en montrant du doigt Monsanto, ce géant américain né de !\u2019«agent orange», chimique utilisé pendant la guerre du Vietnam, et qui est devenu depuis un grand pourvoyeur de nourriture sur terre: pourquoi avons-nous laissé un empoisonneur nourrir l\u2019humanité?La réponse est sans doute plus simple qu\u2019on le croit : parce que l\u2019humain fait souvent n\u2019importe quoi et s\u2019en soucie très peu.Sur Twitter: ©FabienDeglise ANNIE TRUDELLE Isabelle Michaud, créatrice québécoise de parfums, a été primée à Los Angeles pour son parfum Eau de céleri.CONSOMMATION Le parfum artisanal séduit Une fleur Eau de céleri, d\u2019Isabelle Michaud Alors que Los Angeles se pâme devant son parfum Eau de céleri, la Québécoise Isabelle Michaud, créatrice des parfums Monsillage, discute du céleri comme essence de luxe, de l\u2019essor de la parfumerie de niche et de la tendance artisanale qui prend du galon.EMILIE EOLIE-BOIVIN Lorsqu\u2019elle a commencé à travailler sur Eau de céleri, lancé l\u2019été dernier au Québec, la créatrice de parfums Isabelle Michaud n\u2019en a soufflé mot à personne.Elle ne craignait pas qu\u2019on lui vole son idée, mais plutôt que les gens autour d\u2019elle cherchent à la décourager.«Je ne voulais pas que les gens me disent \u201cBen voyons donc.Le céleri, ce n\u2019est pas une image de luxe pour un parfum, ça.\u201d» Elle a même fait imprimer ses étiquettes en cachette, déterminée à ne pas se laisser influencer.Sa décision a payé : son parfum Eau de céleri lui a valu un prestigieux prix aux récents Art and Qlfaction Awards de Los Angeles, dans la catégorie «artisan».Ce tout jeune gala couronne les parfumeurs de niche de partout dans le monde.Par « niche », la créatrice entend artisans, indépendants et parfumeurs plus expérimentaux.«C\u2019est une parfumerie beaucoup plus personnelle, qui nécessite que le parfumeur soit au cœur de sa marque.Alors que les parfumeurs commerciaux vont créer à partir de focus groups, les indépendants composent quelque chose à leur image, sans se soucier des tendances du marché», explique-t-elle.Ce parfum, qu\u2019elle a créé tout en légèreté et en verdure, détonne par rapport aux compositions habituelles de sa marque Monsillage, inspirées de ses voyages.11 a été choisi à l\u2019«aveugle» par les juges des Art and Qbaction Awards, sur la base de l\u2019odeur uniquement.Ils n\u2019avaient aucune idée du nom; par sa seule odeur, il a réussi à se distinguer des autres styles de parfums en compétition, plus noirs et plus profonds.«Dans le fond, il a pris tout le monde par surprise.» Eau de céleri n\u2019a de céleri que le nom: la molécule qui a l\u2019odeur du légume est en fait une composante de la fleur de jasmin, qu\u2019a isolée Isabelle Michaud, l\u2019une des rares créatrices de niche à avoir son laboratoire au Québec.«Il n\u2019y a pas de céleri, car l\u2019huile essentielle de céleri est plutôt faite à partir des graines, dont l\u2019odeur rappelle le céleri cuit, et ce n\u2019était pas l\u2019effet craquant, frais et juteux que je désirais obtenir.C\u2019est ça, le travail d\u2019un parfumeur: interpréter et recréer une odeur à partir d\u2019autres notes», dit l\u2019entrepreneure, qui a été formée en parfumerie à Versailles, en Erance.Artisans recherchés De retour d\u2019une récente exposition de parfumeurs de niche, qui avait également lieu à Los Angeles, Isabelle Michaud a remarqué que l\u2019intérêt pour les parfums artisanaux est en plein essor, un phénomène qui est au diapason avec cet attrait qu\u2019ont les consommateurs pour les vins nature et les petites productions d\u2019agriculteurs locaux.«J\u2019y ai vu toutes sortes de choses qui ne se font nulle part ailleurs dans le monde», dit-elle, en montrant l\u2019exemple d\u2019une créatrice qui a distillé le petit gras à la base de la corne des chèvres pour en faire une intrigante composante d\u2019un parfum.«Il y a beaucoup de plantes sur la terre qui n\u2019ont pas encore été distillées.Pour qu\u2019une plante se retrouve dans un parfum commercial, elle doit être cultivée de façon intensive afin d\u2019avoir des extraits en grande quantité et de s\u2019assurer une certaine stabilité dans la production.» Les artisans ont quant à eux la nature comme terrain de jeu et ont tout le loisir d\u2019inventer et de créer des alliances odorantes inusitées.Et le public est prêt pour ça, ce qui explique que la parfumerie de niche soit de plus en plus présente dans le paysage de la parfumerie.Bien qu\u2019il n\u2019y ait pas de statistiques officielles dans le rayon de la parfumerie de niche, tel que le rapporte l\u2019agence Reuters, les analystes estiment qu\u2019elles pourraient représenter plus de 10% des ventes annuelles des parfums haut de gamme, notamment parce qu\u2019ils sont plus coûteux que les produits de masse.Les grandes maisons de la parfumerie sentent que les indépendants commencent à empiéter sur leur marché et, plutôt que de lever le nez sur eux, elles les rapatrient dans }eur écurie, comme l\u2019a fait Estée Lauder avec Editions de parfums Erédé-ric Malle et Le Labo.«Internet a ouvert des marchés incroyables, soutient Isabelle Michaud.Les consommateurs sont de plus en plus informés et il y a delà place pour tout le monde maintenant.Ça va avec l\u2019individualisation de la société aussi.Les gens ont moins peur d\u2019afficher leur individualité à tous les niveaux, et ils le font aussi avec le parfum.» Mais au final, ce n\u2019est pas vraiment la pubbcité ou l\u2019influence des autres qui ont le dernier mot en parfumerie.«La peau est l\u2019ingrédient suprême.On a beau aimer quelque chose, si l\u2019odeur ne convient pas à sa peau, on va tout de suite le sentir et vouloir aller vers autre chose.C\u2019est le côté instinctif de la parfumerie.Si on n\u2019aime pas une odeur, on ne pourra pas la porter.En parfumerie, on fait beaucoup plus confiance à son instinct » Le Devoir Un cerveau qui résiste à la surchauffe ! Naturellement, les humains sont mauvais en multitâche», note le blogue Science of Us du New York Times Magazine.Qn nous le répète depuis longtemps.Et même si c\u2019est compliqué, poussés par les avancées technologiques, nous sommes de plus en plus nombreux à discuter tout en vérifiant un horaire ou en tapant un SMS.Cela coûte à notre pauvre petit cerveau, qui peine à se concentrer sur plus d\u2019une chose à la fois.Et pourtant.Parmi les êtres humains, il y aurait deux catégories, les gens normaux, et les autres, appelés « super-multitâches », qui semblent réussir sans effort à accomplir plusieurs choses en même temps.L\u2019existence de ces êtres à part a été documentée il y a cinq ans à l\u2019occasion d\u2019une étude menée par des chercheurs de l\u2019Université d\u2019Utah.Les chercheurs avaient imaginé un test compliqué consistant à conduire tout en parlant au téléphone.11 s\u2019agissait de parvenir à maintenir une direction sur un simulateur de conduite, tout en mémorisant des mots et en résolvant des problèmes de maths.La grande majorité avait des résultats beaucoup moins bons, en conduite et en tests mentaux, quand on leur demandait d\u2019effectuer les deux en même temps.Mais étonnamment, cinq personnes (soit 2,5% de l\u2019échantillon) étaient aussi habiles dans les deux cas.Leurs prouesses remettaient en cause la règle voulant qu\u2019on ne puisse être multitâche sans faire baisser ses performances.La découverte a alors aiguisé l\u2019intérêt.Imaginez les possibilités pour augmenter notre efficacité si on perçait le secret pour devenir multi- tâche?Dans une nouvelle étude, publiée dans le Psychonomic Bulletin and Review, des chercheurs ont vérifié ce qu\u2019il se passait quand ces pros du multitâche faisaient.du multitâche.Un carré bleu qui bouge Pour cela, cinq personnes de la précédente étude ont été réquisitionnées, ainsi que trois autres, qui ont réussi à passer avec succès le test du simulateur de conduite.Un groupe témoin de huit autres personnes a été sélectionné, à des âges et des capacités de mémoire équivalents.Les tests ont été menés avec les cobayes installés dans un scanner cérébral.Ils y ont subi le «n-back test», devenu un classique pour mesurer les performances mentales.Cette fois-ci, ils devaient regarder un écran et suivre les positions changeantes d\u2019un carré bleu, tout en écoutant une série de lettres.«Pn bref, les participants devaient répartir leur attention entre ce qu\u2019ils voyaient et ce qu\u2019ils entendaient, se souvenir des positions du carré et des lettres, et distinguer quand il y avait des correspondances, audio ou visuelles», résume Science of Us.Cela semble plutôt compliqué à réussir.Les chercheurs se sont concentrés sur deux régions situées à l\u2019avant du cerveau utilisées pour effectuer plusieurs tâches en même temps: le cortex préfrontal et le cortex cingu-laire antérieur.Cerveau en surchauffe Chez les participants «normaux», ces régions chauffaient sous la pression, «exactement comme votre iPhone quand trop d\u2019applis tournent en même temps».Mais les chercheurs ont découvert que le cerveau des « super-multitâches » fonctionnait toujours avec une activité réduite, malgré la difficulté croissante.Ce serait donc l\u2019efficacité neuronale qui serait supérieure chez ces personnes ?En tout cas, malgré leur supériorité, leurs résultats cette fois-ci n\u2019ont pas été meilleurs que ceux du groupe témoin.Comme quoi, leurs capacités de jonglage mental ne sont pas sans limites ! Cette étude va dans le même sens que plusieurs autres tests en neurosciences, faits auprès de la star de foot Neymar, de champions de formule 1, de joueurs de piano et d\u2019échecs.Chaque fois, l\u2019activité neuronale, ou la masse du cerveau impliquée par l\u2019activité en question, était plus faible que pour les personnes témoins.De quoi remettre en question quelques idées reçues sur l\u2019intelligence et l\u2019habileté.Non, les gros cerveaux ne sont pas les meilleurs.Au contraire, on dirait que l\u2019excellence des performances va plutôt de pair avec un volume réduit dans certaines régions du cerveau et une activité neuronale plus basse.Comme quoi, ce n\u2019est vraiment pas la taille qui compte.Au fait, les femmes dans tout ça?Sont-elles vraiment plus multitâches que les hommes ?Eh bien non, pas du tout.Timo Mântylâ, professeur de psychologie de l\u2019Université de Stockholm l\u2019a prouvé en 2012, dans une étude publiée dans Psychological Science.Qn peut donc être un homme, s\u2019occuper des enfants, lancer une machine ET préparer le dîner en même temps.La vie n\u2019est-elle pas merveilleuse ?Le Monde A 6 LE DEVOIR LE LUNDI 8 JUIN 2015 EDITORIAL Antoine ROBIiaiLLE PLAN NORD ET FRONTIERES Flou intenable Le Plan Nord du gouvernement québécois a certains angles morts, dont celui, peu discuté, des frontières.Lorsque, cet hiver, le gouvernement Couillard mima celui de Jean Charest en réannonçant une fois encore ce projet, il ne s\u2019est pas montré conscient de cette question pourtant cruciale.Il lui faut cesser de faire comme si elle ne se posait pas.1 y a deux mois ce lundi, le gouvernement Couillard relançait une autre fois en grande pompe le Plan Nord.Ce gouvernement qui cherche à tout prix à réduire la taille de l\u2019État a pourtant fait une exception pour ce grand projet: il a créé une nouvelle société d\u2019Ètat, la Société du Plan Nord.Un des aspects imprécis de ce grand projet est très peu discuté : la délimitation du territoire sur lequel il doit se déployer.Le géographe Henri Dorion a décortiqué ce problème, dans un livre important (Le Québec: territoire incertain, cosigné avec Jean-Paul Laçasse, Septentrion 2011) : «Le Québec est le territoire des deux Amériques le plus indéfini quant à ses frontières.Il n\u2019y en a aucun [.] qui a plus de 80 % de ses frontières qui ne sont pas éta- Oblies, comme c\u2019est le cas du Québec», déclarait-il au Devoir en 2011.L\u2019effet nocif d\u2019une frontière mal définie a bien été démontré dans le cas du potentiel gisement de pétrole d\u2019Old Harry, dans le golfe du Saint-Laurent.Le fédéral a dû se poser en arbitre entre Terre-Neuve et le Québec, qui ont tous deux ambitions de l\u2019exploiter un jour.Tous les partis politiques québécois sont inattentifs, voire ignares, face aux problèmes frontaliers.Les souverainistes répètent que les frontières du Québec sont évidentes et ne pourraient donc pas faire l\u2019objet de négociations après un éventuel Qui.Le PQ comme Qption nationale ont pourtant souvent publié des logos ou graphiques contenant la fameuse frontière rectiligne au sud du Labrador : celle imposée par le comité judiciaire du Conseil privé de Londres, en 1927, qu\u2019aucun gouvernement du Québec n\u2019a jamais reconnue ! La Société du Plan Nord (SDPN) aussi semble vouloir ignorer ce type de problème.Un de nos lecteurs bien informés, Mathieu Jacques, aussi avocat, lui a posé cette question cet hiver \u2014 il l\u2019a raconté dans un texte (Le Devoir, 29 avril) : «Le gouvernement actuel approuve-t-il le régime frontalier actuel ?» La réponse de la SDPN a mis du temps à venir, mais est finalement tombée fin mai: «Les frontières du Québec sont clairement définies»-, «les bases de l\u2019intégrité territoriale du Québec, particulièrement la protection de ses frontières, sont précisées dans de nombreux textes juridiques de nature constitutionnelle.» Qr, aucun texte « constitutionnel » ne fixe les frontières du Québec.Notamment la plus étrange, la «septentrionale», celle de la baie d\u2019Hudson et de la baie James, a été déterminée par une loi fédérale de 1912.«Étrange» parce que, contrairement à l\u2019usage, elle est.mouvante : elle varie avec la marée.Vous mettez le pied à l\u2019eau à marée basse.vous n\u2019êtes plus au Québec, mais au Nunavut! C\u2019est ce qui a été décidé par le fédéral en 1999 lors de la création de ce territoire.Toutes les eaux de la baie d\u2019Hudson et de la baie James sont donc territoire du Nunavut.y compris les îles rattachées à marée basse au territoire québécois.Heureusement que le Plan Nord du gouvernement Couillard, contrairement à celui de Jean Charest, ne comporte plus de ports en eaux profondes ! Il les construirait au Nunavut! Én somme, parmi les travaux préparatoires au Plan Nord, Québec devrait s\u2019occuper des frontières.Il pourrait s\u2019allier à l\u2019Qntario et au Manitoba, aussi soumis à la loi de 1912, pour réclamer la fin du monopole du fédéral sur les eaux nordiques.Après tout, Terre-Neuve et la Colombie-Britannique ont droit, elles, à des frontières normales, avec 200 milles marins à partir de la ligne de base.NARCOTRAFIC Compter les morts ai a été le mois le plus sanglant au Salvador depuis la fin de la guerre civile en 1992, avec la commission de 635 meurtres rapportés, attribuables en majorité à la guerre des gangs.C\u2019est dire à quel point la violence y demeure endémique.La statistique est d\u2019autant plus lugubre qu\u2019elle éclaire l\u2019impasse dans laquelle se trouve une grande partie de l\u2019Amérique latine face à la criminalité.Le Salvador est un microcosme de la déroute que vit la région sur fond d\u2019impunité, de corruption politique et de narcotrafic.Des 50 villes les plus violentes au monde, 43 étaient latino-américaines en 2014, s\u2019il faut en croire le dernier rapport de l\u2019organisation Sécurité, Justice et Paix, un think tank mexicain.Dix-neuf sont brésiliennes, dix sont mexicaines, cinq sont colombiennes.La ville la plus violente demeure San Pedro Sula, petite capitale économique du Honduras (171 homicides par tranche de 100 000 habitantsX suivie de Caracas et d\u2019Acapulco.San Salvador est au 13® rang.Dans plusieurs de ces villes, le taux d\u2019homicide se compare à ce qu\u2019il est à Bagdad.Au Mexique, la guerre des gangs et la militarisation de la lutte antidrogue ont fait 100 000 morts depuis 2006.Le pays tenait ce dimanche des élections législatives au niveau local et national.La campagne électorale a donné sa récolte de cadavres : au moins vingt candidats ont été assassinés dans une dizaine d\u2019États.En septembre dernier, la disparition de 43 étudiants dans le Guerrero est venue surligner le pourrissement de l\u2019État de droit au Mexique, révélant les collusions entre politiciens, policiers et mafias narcotrafiquantes.Au Michoacàn, le gang des Chevaliers Templiers contrôle l\u2019essentiel des opérations criminelles de l\u2019État, ayant élargi depuis 2013 son «champ de compétence» à l\u2019extorsion généralisée des agriculteurs, des compagnies minières et des activités dans le port Lazaro Cardenas, le plus important du pays, plaque tournante du transport des stupéfiants vers les États-Unis, premier consommateur mondial de cocaïne.Comment donc démonter tous ces accommodements criminels ?En réduisant la consommation de drogue en aval, évidemment.En réduisant la circulation des armes en amont.Mais encore ?L\u2019approche des gouvernements, poussés par Washington, n\u2019a jamais été que répressive.Avec des résultats aux effets pervers hallucinants.L\u2019année dernière, le gouvernement hondurien a demandé aux États-Unis de lancer un «mini-plan Marshall» pour l\u2019Amérique centrale à des fins de développement et de lutte contre la pauvreté.L\u2019impératif crève les yeux.Le président Qbama a préféré demander au Congrès quelques milliards de dollars de plus pour renforcer les mesures frontalières et bloquer le passage des clandestins.Guy Taillefer LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 > FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-présidente, ventes publicitaires LISE MILLETTE Directeur des finances STÉPHANE ROGER Directrice de ^information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Adjoints PAUL CAUCHON, JEAN-ERANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIEEET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET AcCy^É\tIff\tviE DEÇ AuTotJrtfoNE?**.piNCîS D ID ffl RQ ID il ID n D D Ni DI 1 i D 1 1 ÙS VÙ OOÜt>0 & LETTRES Pensionnats antochtones: faire connaître la vérité L\u2019histoire atroce de la petite Aurore Gagnon, décédée à l\u2019âge de 10 ans en 1920, fait partie de l\u2019imaginaire québécois.Même un siècle après sa mort, les gens se souviennent de la plupart des tortures vécues par cette petite fille.Il faudrait qu\u2019il en soit ainsi pour les milliers de petites filles et de petits garçons qui ont dû souffrir dans les pensionnats indiens pendant un siècle.Ainsi, arrachés de leur famille, les enfants étaient parqués dans ces écoles oû des principes extrêmement racistes planaient dans les murs lugubres oû ils étaient sous-alimentés, battus, humiliés, agressés, esseulés.Parmi les 7000 témoignages recueillis par la Commission de vérité et réconciliation qui a fait la lumière sur ces écoles, certains donnent froid dans le dos.Comme Aurore, leurs cheveux ont été coupés, ils ont été enfermés et ils ont dû manger du savon.Comme Aurore, ils devaient se taire et leur maman n\u2019était pas là pour les consoler dans la nuit.Les événements survenus dans ces pensionnats devraient être connus.Tous les Canadiens devraient être informés, voire formés, sur ce qui s\u2019est déroulé dans ces institutions immondes.Dans tous les livres d\u2019histoire pédagogiques, on devrait ajouter cette tragédie à la demi-page qui traite des premiers peuples.Cette demi-page oû on voit des Indiens assis autour d\u2019un feu à échanger des fourrures contre des outils.Il est temps que les écoliers et les étudiants d\u2019un océan à l\u2019autre sachent.Il est grand temps, car cela fait malheureusement partie de l\u2019histoire du Canada.Chantale Potvin Auteure du livre Le génocide culturel camouflé des Indiens Le 4 juin 2015 La Grande Allée pour honorer Jacques Parizeau À tous les Québécois, Le décès de monsieur Jacques Parizeau a créé un consensus national sur la valeur historique du personnage, un homme d\u2019État d\u2019exception qui a projeté le Québec dans la modernité sous le sceau de la fierté identitaire.Si l\u2019illustre politicien mérite d\u2019être immortalisé dans le bronze, dans les jardins de notre Assemblée nationale dans la capitale, son nom mérite aussi d\u2019être associé à un heu à la hauteur et à la stature de ce héros de notre temps, une figure de proue comme l\u2019admettent tous les partis politiques du Québec.Dans notre capitale nationale, ce heu qui conviendrait le mieux pour commémorer le premier ministre Jacques Parizeau et dont on entendrait souvent la référence dans les médias, demeure à coup sûr la Grande Allée qui pourrait être rebaptisée, l\u2019allée Jacques-Parizeau.Cette artère dix-neuvièmiste, partageant la colline parlementaire, était considérée en son temps comme les Champs-Élysées de Québec.Pavé de tronçons de rondins, bordé d\u2019arbres plantés au moment de l\u2019inauguration du Parlement, alignant les plus somptueuses résidences dans l\u2019esprit de la Belle-Époque, du Second Empire occidental et de l\u2019ère victorienne, ce grand boulevard panaché exprime bien la personnalité sociale de Monsieur, toujours en complet trois-pièces, un alignement teinté par cette Angleterre qui l\u2019a toujours séduit.Et cette allée Jacques-Parizeau, serait parallèle au boulevard René-Lévesque bornant le sud de notre hôtel du Parlement, saluant nos deux plus majeures gloires du XX® siècle, créateurs de notre souveraineté économique.La commémoration de Jacques Parizeau dans la capitale nationale ne peut se limiter à un édifice, à une place, à une rue secondaire.M.Parizeau mérite un salut à part, comme Jean Lesage ou Robert Bourassa.Que tous se le disent et se donnent la main sans partisanerie.Michel Lessard, historien Lévis, le 5 juin 2015 LIBRE OPINION Destruction programmée de l\u2019idéal-médecin PATRICK LACROIX Médecin de famille à Sorel-Tracy, Auteur du blogue: pohdquedelasante.net Le 3 juillet 2014, on apprenait dans les pages dp quotidien ù Soleil que le ministre de l\u2019Éducation de l\u2019époque, Yves Bolduc, avait reçu une prime de 215 000$ pour avoir inscrit 1500 patients à son nom pendant son temps dans l\u2019opposition, avant de les laisser tomber 18 mois plus tard.Le 9 juillet, le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, répond en chambre : «La charge de travail qu\u2019Yves Bolduc avait, ça peut être un équivalent à temps plein pour un jeune de 28 ans, mais pour quelqu\u2019un de cette génération, c\u2019est l\u2019équivalent d\u2019un temps partiel.» Cet événement fortement médiatisé sonnera le glas de l\u2019idéal-médecin.Les Québécois partent en vacances avec ce ferment de doute semé en leur esprit, bien que la période estivale se termine sans coup d\u2019éclat.Pour le ministre Barrette, cet événement regrettable sera le coup de pouce dont il aura besoin pour propulser sa réforme à l\u2019automne.Quatre mois s\u2019écoulent puis, le 28 novembre, le ministre Barrette dépose en chambre le controversé projet de loi 20, qqi a fait couler beaucoup d\u2019encre depuis.A l\u2019aide de chiffres en bonne partie caricaturés et d\u2019une bonne dose de franc-parler, le ministre réussit à rallier à sa cause la frustration accumulée d\u2019années passées dans la file d\u2019attente à l\u2019extérieur du SRV, dans la salle d\u2019attente de l\u2019urgence et à patienter au téléphone afin d\u2019obtenir un rendez-vous avec son médecin de famille.Fracture L\u2019opposition entre la position du ministre et une bonne partie de la profession reflète souvent une vision dichotomique de la société, entre jeunesse et expérience, homme et femme, idéalisme et pragmatisme, quantité et qualité.La formation du ministre en radiologie, oû la productivité est de mise, facilement quantifiable par le nombre de radiographies lues ou de scanners interprétés, se heurte à celle des jeunes médecins de famille, au centre de laquelle on retrouve la relation patient-médecin, la médecine globale dans ses sphères bio, psycho et sociales.En outre, une frange des médecins de famille, soit le Regroupement des médecins omnipraticiens pour une médecine engagée (RQME), voit le point de rupture potentiel en santé comme l\u2019occasion de réformer l\u2019ensemble de la première hgne en redéfinissant les rôles des médecins, infirmières, pharmaciens et autres professionnels pour favoriser la pratique interdisciplinaire en santé.L\u2019entente entre la EMQQ et le minis- tère, dévoilée le 25 mai dernier, sonne le retour de la prime à la visite initiale, dont l\u2019existence même avait constitué l\u2019une des prémisses mobilisant l\u2019opinion publique en faveur du projet de loi 20.Bien qu\u2019elle mentionne l\u2019interdisciplinarité dans son application, le manque de détails ou de profondeur sur ce point demeure criant.Le ministre aura réussi sa partie du pari, en mobilisant la profession médicale vers ses cibles quantifiées, mais plusieurs lui font remarquer le manque d\u2019envergure de sa réforme de la première hgne.Une réforme qui, dans l\u2019essendel, semble garantir l\u2019accès de chaque Québécois qui le désire à un médecin de famille, mais qui, dans le fond, ne garantit rien en matière d\u2019accès aux soins en temps opportun.Ce qui commence par Bolduc se termine par Bolduc.Entre-temps, c\u2019est la réputation d\u2019une entière profession qui a été sévèrement écorchée.La confiance d\u2019un patient envers son médecin demeure, mais une rupture s\u2019est produite dans le lien entre une bonne partie de la population et l\u2019ensemble de la profession médicale.Dans deux ans, nous pourrons regarder en arrière pour voir si les objectifs de l\u2019entente ont été remplis, mais aussi pour nous demander si la destruction de l\u2019image publique d\u2019une profession était vraiment nécessaire. LE DEVOIR LE LUNDI JUIN 2015 A 7 IDEES EXTRAIT DE LIVRE Notre ambivalence joyeuse est notre drame JACQUES BEAUCHEMIN Professeur au Département de sociologie de l\u2019Université du Québec à Montréal Ceci est un extrait de La souveraineté en héritage, publié au Boréal, et dont le lancement a lieu ce lundi.ous ne savons pas qui nous sommes ni ce que l\u2019histoire nous réserve, et pas davantage comment l\u2019écrire.Peut-être ne savons-nous pas non plus à qui appartient la langue que nous parlons ni si nous la maîtrisons.Voilà le lieu de nos incertitudes.Mais, à l\u2019inverse, nous nous dressons en parangons de vertu autour de thèmes et d\u2019enjeux susceptibles de nous qualifier aux yeux du monde et de nous rassurer quant à notre appartenance à la grande mouvance moderne.Est-ce là l\u2019effet en retour de notre longue «mise à la marge de l\u2019histoire», pour le dire comme Fernand Dumont, qui nous érigerait maintenant en avant-garde d\u2019une modernité dont nous aurions été trop longtemps écartés?S\u2019agit-il plutôt de la stratégie d\u2019évitement que nous avons mise au point et qui nous permet de nous offrir de nous-mêmes l\u2019image rassurante du sujet ouvert, de gauche, féministe, pacifiste et écologiste, ce sujet que nous sommes par ailleurs incapables d\u2019être face au désir d\u2019achèvement national inscrit pourtant en lettres de feu sur l\u2019horizon de notre histoire ?La figure inversée de notre ambivalence Nos certitudes progressistes et notre tendance générale à nous situer du bon côté moral des choses ne sont peut-être que la figure inversée de notre ambivalence identitaire.Bien sûr, nous avons raison de nous ranger du côté de l\u2019ouverture à autrui, de nous opposer aux guerres impérialistes et de prendre parti en faveur de l\u2019égalité entre les hommes et les femmes.Cependant, tandis que nous cultivons ces valeurs et qu\u2019à travers les bons sentiments qui nous animent nous avons l\u2019impression de participer à l\u2019universel, nous ne savons que faire du caractère singulier de notre situation.Pourtant, une attitude sans ambivalence nous ferait plus sûrs de notre identité, mieux en mesure de prendre à bras-le-corps l\u2019histoire, et nous ferait nous réclamer sans gêne d\u2019une filiation.Débarrassés de nos doutes et de nos complexes, nous pourrions mieux affronter nos tourments quant à la qualité de la langue, la valeur de notre culture et la légitimité de notre lutte nationale.Il est vrai que d\u2019autres interprétations prennent le contre-pied du sens commun et font de l\u2019ambivalence une vertu de notre collectivité.N\u2019est-ce pas grâce à elle que nous aurions réussi à nous frayer un chemin jusqu\u2019ici ?C\u2019est en tout cas la thèse de Jocelyn Létour-neau, qui voit en elle le moyen que nous aurions employé pour parvenir à nos fins alors que l\u2019histoire nous vouait à la disparition.C\u2019est parce que depuis toujours nous déplaçons habilement nos pièces sur l\u2019échiquier que nous serions parvenus à nous faufiler dans les rets de fl JACQUES NADEAU LE DEVOIR L\u2019ambivalence appartient à notre conscience historique dans ce qu\u2019elle a de plus fondamental.Elle nous a fait osciller entre incertitude et espoir, entre courage et lassitude.notre histoire de minoritaires.Mais cette ambivalence joyeuse est en réalité notre drame.On peut bien célébrer l\u2019habileté de notre collectivité au jeu du positionnement stratégique, il n\u2019en demeure pas moins que si elle y a peut-être excellé, c\u2019est uniquement parce qu\u2019elle s\u2019est trouvée contrainte à se livrer à ces tours de passe-passe dans une adversité jamais démentie.Il n\u2019y a pas de raison de se réjouir d\u2019avoir été livrés aux tempêtes que l\u2019histoire a déchaînées sur nous et que nous avons traversées sur des radeaux de fortune.f^rès «deux siècles de patience», nous nous apprêtons peut-être à céder au sommeil Sous la surface du conflit social Aperçoit-on mieux maintenant ce que recouvre l\u2019idée d\u2019une ambivalence identitaire constitutive de notre rapport au monde et à nous-mêmes?L\u2019ambivalence ne relève pas des désaccords politiques qui traversent la société québécoise comme toutes les autres, pas plus qu\u2019elle ne renvoie aux différences de classes ou de culture qui nous diviseraient, voire à des conflits de valeurs.Les sociétés ouvertes sont toutes le théâtre de luttes et de désaccords.Les divisions entre la gauche et la droite ou entre patrons et ouvriers n\u2019engendrent pas d\u2019ambivalence.Elles posent face à face des protagonistes aux intérêts différents que reflètent leurs discours.La division, la contradiction et l\u2019af frontement ne campent pas les acteurs dans des positions que l\u2019on pourrait qualifier d\u2019ambivalentes du seul fait qu\u2019ils ne partagent pas la même vision des choses.Au contraire, ces oppositions rendent lisible la cartographie du social et permettent aux acteurs de s\u2019y situer.L\u2019ambivalence identitaire se cristallise en dessous de la surface visible du conflit social.Elle fait des questions de l\u2019identité et du destin le motif d\u2019un tourment et ramène sans cesse à la question de nos mérites et de nos faiblesses.Toujours resurgit le discours contradictoire de notre grandeur et de la précarité de notre situation, mais toujours aussi l\u2019envie de durer.L\u2019ambivalence trouve son sens le plus profond dans la quête de soi d\u2019un sujet qui ne sait pas complètement qui il est ni ce qu\u2019il veut faire de l\u2019avenir.Elle témoigne d\u2019une vie pleine de questions irrésolues et d\u2019espoirs jamais tout à fait découragés.À défaut de pouvoir faire taire ce tourment, de pouvoir répondre clairement à la question de l\u2019identité et du destin, les Québécois de jadis se sont quand même employés à débusquer le sens de leur être et leur place dans le monde.Même en l\u2019absence de réponse claire à leurs questions existentielles, ils savaient malgré tout qu\u2019il leur fallait lutter et se dresser devant les forces qui s\u2019étaient liguées contre eux.Une fatigue Mais l\u2019ambivalence telle qu\u2019elle s\u2019exprime dans le Québec d\u2019aujourd\u2019hui est moins tourment que fatigue.Fatigués, nous tournons le dos à nos questions existentielles sans les avoir résolues.Fatigués de nous les poser, nous les laissons se régler toutes seules.[.] L\u2019ambivalence appartient à notre conscience historique dans ce qu\u2019elle a de plus fondamental.Elle nous a fait osciller entre incertitude et espoir, entre courage et lassitude.Ces postures ne se succèdent pas dans notre histoire ; elles ont toujours été plus ou moins concomitantes.S\u2019il faut s\u2019inquiéter de notre situation actuelle, c\u2019est peut-être en raison du fait que l\u2019un des deux pôles de cette tension tend à disparaître et qu\u2019après «deux siècles de patience » nous nous apprêtons peut-être à céder au sommeil.Contre la mise à l\u2019écart des intellectuels EABIO HENRIQUE PEREIRA Professeur de la faculté de communication de l\u2019Université de Brasilia (Brésil) et spécialiste en sociologie des médias et des intellectuels.^^^=1 ai fait la connaissance du Québec par J*) l\u2019entremise des intellectuels.Ma première visite ici remonte à 2007.Depuis, j\u2019ai pu approfondir ma réflexion grâce à des contacts réguliers avec des chercheurs québécois et à partir d\u2019une littérature critique sur la « crise » ou le « silence » des intellectuels au Québec, un ques-tionnement qui s\u2019applique également aux contextes du Brésil et de la France.Mais qu\u2019est-ce qu\u2019un intellectuel?Cette question surgit chaque fois que l\u2019on tente de définir son rôle dans la société et ses rapports avec les médias.Notre imaginaire nous renvoie presque toujours à la définition française qui remonte à Zola et à Clemenceau lorsque a éclaté l\u2019Affaire Dreyfus à la fin du XIX® siècle, ou encore aux grandes figures de la tradition intellectuelle française comme Sartre, Camus, Foucault, Bourdieu.Selon cette définition, l\u2019intellectuel appartient à la sphère de la culture et du savoir, est reconnu par ses pairs et par la société, et s\u2019engage dans l\u2019espace public à partir d\u2019un point de vue critique.En France, ce tjqie d\u2019engagement a surtout été associé à la gauche et fondé sur des valeurs universelles liées aux droits de l\u2019homme.Porte-parole d\u2019une société Les intellectuels seraient donc les porte-parole d\u2019une société.Au Québec, le rôle des intellectuels a historiquement été associé à la question nationale qui a influé sur la conception et la réflexion autour du projet identitaire dans différents domaines, comme les arts, la science et les humanités.Bien sûr, le discours du milieu intellectuel québécois ne peut être réduit à cette seule question, même si elle a dominé le débat public à partir des années 1950 et 1960.Au Brésil, les intellectuels sont aussi fascinés par l\u2019identité nationale.Cet enjeu a été au cœur de la production culturelle tout au long du XX® siècle et a influé sur le champ des arts (le Modernisme brésilien, par exemple) et les sciences humaines (avec Gilberto Freyre, Sér-gio Buarque de Hollanda, Darcy Ribeiro).La question identitaire a été associée à la construction d\u2019un discours utopiste sur le Brésil comme le « pays du futur ».Qn voit cette utopie prendre forme par exemple dans la construction de la capitale Brasilia à partir du projet moderniste des intellectuels Qscar Niemeyer et Lûcio Costa.Qr, même si le mot « intellectuel » renvoie à un imaginaire collectif commun, les intellectuels du Brésil, de la France et du Québec se déploient dans des contextes historiques et sociaux très spécifiques.D\u2019ailleurs, on peut se demander s\u2019il est possible de les regrouper dans une seule catégorie tant ils évoluent dans des environnements différents.La « crise » des intellectuels brésiliens, français et québécois peut-elle être expliquée par des enjeux communs tels que la déception d\u2019une partie de la population, y compris les intellectuels, face aux idéologies de gauche, la « professionnalisation » du statut d\u2019intellectuel converti en expert dans les universités, dans les cercles artistiques et dans les partis politiques, avec comme conséquence un éloignement du débat public, et la réduction des espaces d\u2019engagement des intellectuels surtout dans les médias ?Les effets que ce scénario provoque dans ces trois pays sont très différents, car nous ne pouvons parler des mêmes intellectuels.En France, il semble que cette idée de « crise » se traduise par la nostalgie de l\u2019âge d\u2019or des maîtres à penser des années 1950-1960.Au Québec, les intellectuels seraient arrivés à une sorte de carrefour : faut-il toujours revenir sur la question de l\u2019identité nationale ou se concentrer sur des sujets plus particuliers tout en profitant d\u2019une réputation et d\u2019une expertise déjà établies à l\u2019université, par exemple ?Au Brésil, les intellectuels semblent en perte d\u2019influence : les débats nationaux se font principalement dans des espaces institutionnels comme le Parlement ou la Cour suprême ou dans les médias sociaux sans que les intellectuels puissent y jouer leur rôle.Ne pas déclarer forfait Toutefois, malgré ces indicateurs d\u2019une « crise » des intellectuels, il faut peut-être éviter de déclarer forfait.Les intellectuels sont toujours là.Ils sont encore porteurs d\u2019un discours critique sur la société.Ils continuent de chercher à s\u2019engager publiquement.Ils combattent encore les injustices sociales.Il importe de voir que cette « crise » des intellectuels est aussi le résultat d\u2019une stratégie de dévalorisation de leur rôle dans la société.D\u2019autant plus que ce discours permet d\u2019évacuer les défis sociaux sur lesquels les intellectuels doivent intervenir et interviennent effectivement.Il appartient aux intellectuels de prendre sur eux la responsabilité de dénoncer cette tentative de mise à l\u2019écart qui vise à restreindre leur champ d\u2019action ou à les exclure carrément de la sphère publique.M.Perdra prononcera ce lundi soir à la Maison des écrivains une conférence intitulée «Les intellectuels et les médias au Brésil, en France et au Québec: peut-on parler d\u2019une crise ?».L\u2019éditorialiste du Devoir Guy Taillefer animera la soirée qui commencera à 17 h.Le nécessaire académisme Jean-Benoît Nadeau ^ ?i \\ a chronique «Dany l\u2019immortel» sur l\u2019indigence de l\u2019Académie française a suscité des réactions auxquelles il faut répondre.La fascination qu\u2019exerce l\u2019Académie française en tant que symbole montre bien qu\u2019il existe une demande d\u2019académie, une aspiration francophone vers un certain idéal de pureté, une conscience de la langue.Elle fut même créée pour la combler.Certes, l\u2019Académie «fait» un certain nombre de choses, mais son action est celle des «faiseurs », puisqu\u2019elle n\u2019a jamais su faire ce qu\u2019elle avait promis: produire un dictionnaire et une grammaire qui feraient référence.La démonstration de son insuffisance et de son amateurisme est très facile à faire : il suffit de regarder ce qui se fait ailleurs.Il y a vingt ans, je vous aurais écrit que l\u2019Académie française est inutile parce que l\u2019académisme est une notion dépassée.J\u2019ai changé d\u2019idée après avoir visité l\u2019Académie de la langue hébraïque, à Jérusalem, et la Real Academia Espanola, à Madrid.Les réalisations de l\u2019Académie de la langue hébraïque, qui a ressuscité une langue jadis morte, prouvent qu\u2019une académie n\u2019est pas nécessairement le tombeau de la langue.J\u2019observe d\u2019autres académies d\u2019un peu plus loin \u2014 presque toutes les langues en ont une.Les institutions qui marchent ont trois points communs : elles sont actives, réactives et en phase avec leurs locuteurs.Les Islandais, par exemple, pratiquent une forme d\u2019académisme qui construit les termes nouveaux à partir du vocabulaire des sagas médiévales islandaises.Ça leur convient.J\u2019ai pu constater dans mes conversations avec des membres de l\u2019Académie française (et ses défenseurs) que ceux-ci n\u2019ont pas la moindre idée de ce qui se fait ailleurs.C\u2019est une honte, puisque les expériences normatives d\u2019une langue étrangère sont transposables.L\u2019Académie française fut créée en 1635 sur le modèle de l\u2019Académie florentine della Crusca.Et la Real Academia de Madrid (comme la plupart des académies européennes) fut créée en 1714 à partir du modèle français.Je ne réécrirai pas ici ma chronique sur les 22 académies de la langue espagnole, mais l\u2019Académie de Madrid a su produire 23 éditions de son dictionnaire en trois siècles \u2014 dont deux éditions depuis 2001 ! Si vous regardez la liste des 43 académicos, plusieurs sont des spécialistes du langage, comme le directeur, le philologue Dario Villanueva, avec qui j\u2019ai passé deux heures et dont la conversation sur la langue est autrement plus documentée que celle de son homologue à l\u2019Académie française.Son collègue.Manuel Seco, est même l\u2019auteur de son propre dictionnaire ! Qn n\u2019a rien vu de tel à l\u2019Académie française depuis un siècle.La norme privatisée L\u2019incompétence historique de l\u2019Académie française produit un curieux paradoxe.Alors qu\u2019on imagine que l\u2019Académie française a été la source de la norme du français, celle-ci découle plutôt, depuis quatre siècles, des efforts de particuliers entreprenants.Sur ce point, la langue française est la jumelle de la langue anglaise, dont la norme fut produite par les Johnson et les Webster de ce monde.En français ?Depuis le XIX® siècle, la norme française émane des Larousse, Littré et autres Robert.Ce n\u2019est pas nouveau.L\u2019Académie n\u2019a jamais vraiment trop su comment relever ce défi.En 1694, la montagne accoucha enfin d\u2019une souris.14 ans après qu\u2019un avocat et homme de lettres, César-Pierre Richelet, eut publié le sien, beaucoup plus substantiel.Le Richelet, réédité jusqu\u2019en 1759, servait encore de référence 150 ans après sa parution en 1680.L\u2019Académie était si lente en fait qu\u2019un de ses membres, Antoine Furetière, s\u2019est écœuré.En 1690, quatre ans avant l\u2019Académie, il a publié son propre dictionnaire concurrent, qui contenait quatre fois plus de mots et qui fut la véritable inspiration de l\u2019encyclopédie de Diderot.Côté grammaire, même inapplication.Ce sont deux religieux jansénistes qui produisirent une première grammaire, dite Grammaire de Port-Royal, dès 1660 (devançant ainsi l\u2019Académie de 275 ans, qui publia la sienne pour son tricentenaire).Il y en eut bien d\u2019autres.Au XX® siècle, ce fut Le bon usage de Maurice Gre-visse, avec 15 éditions depuis 1936.Afin de pallier la nonchalance de l\u2019Académie française, les autorités ont réagi en créant d\u2019autres institutions capables de pousser à la roue.En France, cela a donné la Çommission générale de terminologie et de néologie, qui a pris le relais en la matière.Le Québec, lui, s\u2019est doté de l\u2019Qffice québécois de la langue française, qui produit une norme forte.D\u2019ailleurs, les langagiers ne s\u2019y trompent pas : l\u2019QQLF reçoit 25 fois plus de demandes d\u2019information (50 millions) que le site de l\u2019Académie française ! Redisons-le : 25 fois plus ! L\u2019EQUIPE DU DEVOIR REDACTION Véronique Chagnon et Louis Gagne (adjoints a la direction de l\u2019information), Antome Robitaille et Guy Taillefer (éditorialistes, responsables de la page Idees), Michel Garneau (caricaturiste), Jacques Nadeau (photographe), Michael Monnier et Ohvier Zuida (recher-chistes photos), information générale : Isabelle Pare (chef de division), Lisa-Mane Gervais (education), Alexandre Shields (environnement), Amehe Daoust-Boisvert (santé), Pauline Gravel (sciences), Fabien Deghse (société), Jean Dion (sports), Bnan Myles, Jessica Nadeau, Philippe Orfah et Karl Rettmo-Parazelh (reporters), information politique : Marco Fortier (chef de division), Michel V>?isr\\.A(chroniqueur), Helene Buzzetti et Mane Vastel (correspondantes parlementaires a Ottawa), Marco Belair-Cinno et Robert Dutnsac (correspondants parlementaires a Quebec), Jeanne Cornveau (affaires municipales, Montreal), Isabelle Porter (affaires municipales, Quebec), Guillaume Bourgault-Côte (reporter), Juhe Carpentier (pupitre), information culturelle : Catherine Lalonde (responsable du cahier Livres), Odile Tremblay (cinema), Stéphane BaïUargeon (médias), François Levesque et Carohne ls/ionXp)QXit(reporters), Benoît Munger et Philippe Vwp\\.n&aM(pupitre), information économique : Gerard Berube (chef de division), François Desjardins et Enc Desrosiers (reporters), Gerald Dallaire (pupitre), information internationale : Jean-Pierre Legault (pupitre international, page editoriale et cahier Perspectives^, Sophie Chartier et Jean-Fredenc Legare-Tremblay (pupitre), section art de vivre: Diane Precourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs), Loïc Hamon (cahiers spéciaux), équipe internet: Laurence Clavel, Mane-Pier Frappier et Genevieve Tremblay (pupitre), Martin Blais, Annabelle CaïUou, Justine Daneau, Florence Sara G Ferrans et Corahe Mensa (assistants) , correction : Andreanne Bedard, Isabelle Dowd, Christine Dumazet et Michele Malenfant , soutien à la rédaction: Amehe Gaudreau (secretaire), Laura Pelletier et Arnaud Stopa (commis) DOCUMENTATION Manon Derome (Montreal), Denise Ledoux (Ottawa), Dave Noel (Quebec) PUBOClTE Mehsande Simard (adjointe par intérim), Jean de Billy, Jean-François Bosse, Marlene Côte, Evelyne De Varennes, Amel Ehmam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebai (publicitaires), Sylvie Laporte (avis legaux), Amehe Maltais (coordonnatrice), Laurence Hemond (secretaire) PRODUCTION Bruno Dubois, China Marsot-Wood, Yannick Monn et Nathahe Zemaitis INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur web), Imane Boudhar (analyste programmeur), Hansel Matthews (technicien informatique) PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Genevieve O\u2019Meara (coordonnatrice des communications et de la promotion), Catherine Gentilcore (coordonnatrice du service a la clientèle), Manon Blanchette, Mane-Lune Houde-Bnsebois, Nathahe Eihon et Kevm McKissock ADMINISTRATION Olena Bilyakova (reponsable des services comptables), Claudette Behveau (adjointe administrative), Elorentina Draghici et Xavier Pigeon (par interim) A 8 LE DEVOIR LE LUNDI JUIN 2015 ACTUALITES DILEMME SUITE DE LA PAGE 1 l\u2019un des dirigeants les plus médiatiques du système de santé québécois depuis 40 ans.Mais ces trois phrases déclenchent un certain nombre de questions sur le plan éthique et moral.Confortablement installé dans un grand fauteuil, dans son appartement d\u2019Outremont, l\u2019ancien directeur général de l\u2019Hôpital Notre-Dame, qui a également été ministre délégué de la Santé pendant quelques mois sous Bernard Landry, répond sans ambages à la question sur les risques de dérives.«Ethiquement, c\u2019est délicat comme discussion, je suis entièrement d\u2019accord.Mais est-ce que c\u2019est dangereux?On n\u2019est pas un peuple méchant, on n\u2019est pas un peuple qui ne respecte pas ses aînés.» Faudrait-il, par exemple, arrêter la dialyse après un certain âge?Ou refuser de la commencer?David Levine se pose ces questions, sans toutefois avoir de réponses.«A 91 ans, on commence la dialyse et on décède en douze mois parce qu\u2019on a toutes sortes d\u2019autres problèmes.Ou bien, on ne fait pas la dialyse et on décède en six mois.Qu\u2019est-ce qu\u2019on fait?La dialyse, pour un an, c\u2019est un montant important.» 11 parle du vieillissement de la population, de l\u2019explosion prévue du nombre de cancers à venir et donne l\u2019exemple d\u2019une personne cancéreuse qui souhaiterait avoir recours à un nouveau médicament expérimental, au coût de 420 000$.«Avec l\u2019expérience et les connaissances que nous avons, nous savons que la personne, malheureusement, va mourir.On peut essayer le médicament pour voir ce que ça donne.Ça va peut-être réduire [la propagation des cellules cancéreuses] pendant un certain temps, mais elle va continuer.Tout le monde le sait.Est-ce qu\u2019on investit des montants comme ça ?Et si on investit là, on n\u2019aura pas d\u2019argent pour autre chose.» Combien vaut la vie?Le débat est émotif, il va sans dire.11 suffit de se rappeler les nombreuses craintes et l\u2019opposition viscérale de certains groupes dans le débat sur le projet de loi Mourir dans la dignité, adopté JACQUES NADEAU LE DEVOIR David Levine raconte son expérience de gestionnaire et propose des soiutions pour améiiorer ie système de santé québécois dans son iivre Santé et politique, un point de vue de l\u2019intérieur, pubiié chez Boréai.l\u2019an dernier à Québec.C\u2019est donc sans surprise que «personne ne veut \u201cdealer\u201d avec ça», note David Levine.Selon lui, le gouvernement délègue le problème aux médecins qui, eux-mêmes, renvoient la balle à la famille, qui souhaite généralement maintenir en vie l\u2019être aimé le plus longtemps possible.11 répète qu\u2019il est difficile d\u2019établir une règle stricte et que «chaque décision doit rester une décision médicale».11 est bien conscient, également, de la difficulté de mettre dans la balance la vie d\u2019une personne et une somme d\u2019argent.Mais cela se fait déjà, plaide M.Levine.«Pour approuver les nouveaux médicaments, on a un outil qui calcule le coût que ça représente pour une année de qualité de vie de plus.Et lorsque ça donne un résultat sous un certain montant, celui-ci n\u2019est tout simplement pas approuvé.On utilise déjà cet outil pour prendre ces décisions-là.Quand on parle des derniers mois de la vie, c\u2019est la même logique, mais c\u2019est plus délicat.» 11 répète qu\u2019il ne veut pas prendre position, raison pour laquelle il n\u2019a fait qu\u2019effleurer la question dans son livre.«Je ne fais pas le débat, je dis qu\u2019il faut en parler parce qu\u2019on a une responsabilité envers l\u2019ensemble du système pour le financer.» Après 40 ans de vie active dans la gestion d\u2019hôpitaux et une brève incursion dans la vie politique, David Levine partage désormais son temps entre l\u2019enseignement, les conférences et la sculpture, restant très actif et intéressé par les questions de santé qu\u2019il analyse et critique désormais sans gêne.Dans son livre, il dit que l\u2019une des choses les plus difficiles pour un p.-d.g.est de «reconnaître que le moment est venu de partir».11 a lui-même tiré sa révérence de l\u2019Agence de la santé et des services sociaux en 2042, contrarié d\u2019avoir perdu son autonomie sous la gouverne du ministre de la Santé de l\u2019époque, Yves Bolduc, qui privilégiait un mode de microgestion néfaste pour le système de santé.11 sait de quoi il parle.Lorsqu\u2019il était ministre délégué à la Santé, il s\u2019est fait remettre à sa place par son sous-ministre pour cette raison.«Il m\u2019a dit que je n\u2019étais pas le directeur général du réseau [.] Le rôle du ministre, c\u2019est de développer des politiques, de développer une vision et de chercher des ressources du gouvernement.» Aujourd\u2019hui, il se dit qu\u2019il est effectivement parti à temps.Car la perte d\u2019autonomie des gestionnaires du réseau a atteint un paroxysme depuis l\u2019arrivée du ministre Gaétan Barrette.«On est dans un moment de l\u2019histoire où le système de santé du Québec est le plus centralisé, le plus bureaucratique, où il y a le plus de contrôle.De toute ma carrière, je n\u2019ai jamais vécu ça.» Le Devoir David Levine en cinq dates 1948 Naissance à Montréal 1976 Directeur du CLSC Saint-Louis-du-Parc 1992 Directeur général de l\u2019hôpital Notre-Dame 2002 Ministre délégué à la Santé 2002 Après avoir perdu ses élections dans Berthier, il est nommé directeur de la nouvelle Agence de la santé et des services sociaux de Montréal COURSE SUITE DE LA PAGE 1 ment pas vu grand-chose.Un Grand Prix du Canada dépourvu de rebondissements notables, sauf peut-être quand une marmotte téméraire a dû regagner en toute hâte le décor alors que trois véhicules pressés fonçaient vers elle.L\u2019essentiel du suspense était là, là et dans l\u2019incertitude autour du sort réservé à la coiffure de Ber nie Ecclestone: allait-elle partir au vent qui soufflait sur la ligne de départ?Pas de sorties de la voiture de sécurité comme il y en avait eu tant l\u2019an dernier.Pas de tôle froissée.Pas de bolide qui s\u2019approche un peu trop du mur du Québec pour qu\u2019on ne s\u2019inquiète pas pour lui.Pas de monoplace qui prend feu.Même pas de nuvite dans le virage Senna ou l\u2019épingle du casino.Qn va raconter quoi à nos petits-enfants?Qu\u2019on a vu par les fenêtres de la salle de presse passer Al Pacino en route vers les paddocks?11 y a bien eu deux tête-à-queue, de Nico Hûl-kenberg et Kimi Ràikkônen, mais ils ont été sans conséquence.En fait, le train-train était tel que, jusqu\u2019au 47® tour, fait rarissime, les 20 pilotes étaient toujours en piste.Qrdinairement, il se trouve toujours une Toro Rosso, une Force India ou une Manor pour rendre l\u2019âme alors que la soirée est encore jeune.Pas cette fois.Ça doit être que l\u2019asphalte de file Notre-Dame est de qualité supérieure à celui des rues de la ville dont elle fait partie.Au 47® tour, Fernando Alonso, nouvel arrivé chez McLaren, a été contraint le premier de déclarer forfait quand son moteur lui a fait savoir qu\u2019il n\u2019irait pas plus loin.Celui-là \u2014 Alonso, pas le moteur, qui ne s\u2019en fait pas trop avec ces choses \u2014 doit trouver le temps atrocement long: en sept courses cette saison, il revendique une absence (après un accident subi à l\u2019entraînement), une if®place, une 42® et quatre abandons, y compris lors des trois dernières épreuves.11 a déjà dit qu\u2019il était entièrement concentré sur 20i6, et on le comprend un peu.Ses deux championnats du monde sont à des années-lumière.L\u2019an dernier, on avait assisté à un amoncellement de soubresauts, dont un problème de bagnole pour Hamilton vers la fin de la course, et Daniel Ricciardo, de Red Bull, était sorti d\u2019un peu nulle part pour coiffer Rosberg au poteau et remporter la première course de sa carrière.Dimanche, il n\u2019a jamais été dans le coup et il a terminé 43®.11 faut dire qu\u2019il avait déjà préparé son public à une déconvenue en annonçant qu\u2019il ne s\u2019attendait pas vraiment à des succès foudroyants.Quand un gars dit qu\u2019« il faudra patienter » et offre un « on ne sait jamais » pour fouetter les troupes, les attentes ne sont pas très élevées.« On ne sait jamais, des choses peuvent se produire à l\u2019avant du peloton», avait-il mentionné la semaine dernière.Mais justement, il ne s\u2019est rien passé à l\u2019avant et le peloton, lui, se trouvait plutôt en arrière.À l\u2019exception de Ferrari, ils font d\u2019ailleurs tous cela maintenant: oh, vous savez, Mercedes est tellement forte, tellement supérieure à ses concurrentes qu\u2019il ne sert à rien de se bercer d\u2019illusions.Cela a le mérite d\u2019être franc, mais cela distille aussi un certain ennui.Parfois, on aimerait ne pas savoir à quoi s\u2019attendre, mais la Ff s\u2019en va jusqu\u2019à nouvel ordre dans une direction opposée.SOUPIR SUITE DE LA PAGE 1 tique dont nous ne savons plus si nous la voulons vraiment», écrit Jacques Beauchemin dans La souveraineté en héritage, publié chez Boréal.La mort de Jacques Parizeau illustre ce que le professeur de sociologie à l\u2019Université du Québec à Montréal (UQAM) appelle un «dur constat» : «Les carottes sont cuites.Si on ne fait pas la souveraineté maintenant, on ne la fera pas du tout.La fenêtre qui s\u2019est ouverte avec la Révolution tranquille est en train de se refermer.La génération qui a porté ce projetdà est en train de disparaître», dit-il en entrevue au téléphone.L\u2019auteur cite en exergue La fatigue culturelle du Canada français d\u2019Hubert Aquin, publié en 4962 : «[.] ils veulent simultanément céder à la fatigue culturelle et en triompher, ils prêchent dans un même sermon le renoncement et l\u2019ambition.Cette société aspire à la fois à la force et au repos, à l\u2019intensité existentielle et au suicide, à l\u2019indépendance et à la dépendance.» Cinquante-trois ans après l\u2019article d\u2019Aquin, le Québec se trouve bel et bien face à son destin, croit M.Beauchemin.Le sociojogue, en tout cas, est lui-même à un carrefour.A 60 ans, il admet être «fatigué» de se battre pour le pays.11 a été sous-ministre responsable de la langue française dans le bref gouvernement Marois, de l\u2019automne 2042 au printemps 2044.11 a suggéré d\u2019appliquer la loi fOf aux cégeps, pour empêcher les francophones de fréquenter les collèges anglais.Et il a recommandé d\u2019étendre aux entreprises de 50 employés et moins les dispositions faisant du français la langue de travail.Jacques Beauchemin \u2014 et le gouvernement péquiste \u2014 s\u2019est heurté à un mur.Ses recommandations étaient loin de faire l\u2019unanimité, même au sein du Parti québécois (PQ).«Les stratégies, ça a ses limites.Si les gens ne veulent pas y aller, il faut en prendre acte, dit-il en soupirant.Oui, je suis fatigué.J\u2019ai dit aux a.Si on dépolitise la question de la langue, si on la dédramatise, on va perdre la bataille yy Jacques Beauchemin membres de mon entourage que c\u2019est la dernière fois que f écris un livre sur le Québec, parce que fai tout dit.» M.Beauchemin est conscient que bien des gens vont croire qu\u2019il est amer parce qu\u2019il ne verra pas naître le pays avant de mourir.Bien des gens vont lui dire que la terre n\u2019arrêtera pas de tourner lorsqu\u2019il quittera ce monde \u2014 pas plus que la mort de Jacques Parizeau ne sonne la fin de l\u2019histoire.11 dit faire un constat lucide, pas du tout marqué par sa propre fatigue.11 réfléchit à voix haute : peut-être que le PQ aura été le parti d\u2019une génération.Peut-être que la majorité francophone se sent encore trop fragile, pas assez sûre d\u2019elle-même, pour accoucher d\u2019un projet de société rassembleur pour les minorités.On lui soumet aussi le point de vue d\u2019un Stéphane Dion, qui a été ministre de «l\u2019unité nationale» dans le gouvernement Chrétien : peut-être que le Québec s\u2019épanouit dans le Canada.Peut-être que la loi fOf est une «grande loi canadienne», comme le clame M.Dion.René Lévesque lui-même disait que le Canada, ce n\u2019est pas le goulag.«Oui, peut-être qu\u2019ils ont raison, admet Jacques Beauchemin.Peut-être qu\u2019on n\u2019a pas absolument besoin de la souveraineté.Certains diront: on vit dans un beau pays, on parle français, c\u2019est quoi le problème finalement?[Le sociologue] Guy Rocher a dit qu\u2019on est victimes de nos succès.Jusqu\u2019à un certain point, c\u2019est vrai.Mais je pense que les Québécois sont faussement réconfortés.Si on dépo- litise la question de la langue, si on la dédramatise, on va perdre la bataille.» Le professeur rappelle l\u2019importance du «désir de durer», ce que le sociologue et philosophe Fernand Dumont appelait la «survivance», dans la psyché québécoise.11 constate que la génération montante semble avoir perdu cette crainte de disparaître.«On a échoué à transmettre ce désir de survivance à nos enfants et à nos petits-enfants.» Ses enfants âgés de 38 et 40 ans, et leurs propres enfants en bas âge, ne voient pas l\u2019anglais comme une menace.Jacques Beauchemin est pourtant convaincu qu\u2019une bonne partie, sinon la majorité, de ses étudiants à l\u2019UQAM, sont souverainistes.«La plupart disent qu\u2019ils sont souverainistes, mais c\u2019est comme s\u2019ils attendaient qu\u2019on leur dise où cliquer like sur Eacebook.De là à militer et à s\u2019empêcher de dormir pour le pays.Ce n\u2019est pas une question de vie ou de mort pour eux.» Le sociologue se trouve en France, oû il donne une série de conférences sur le Québec.11 affirme que les Français ont de la misère à suivre le parcours politique de leurs cousins d\u2019outre-mer.«Les gens me disent: qu\u2019est-ce qui se passe au Québec ?La souveraineté, vous la faites ou vous ne la faites pas ?Si vous la faites, dites-le-nous, on va vous appuyer.» H leur répond qu\u2019un leader fort nommé Pierre Karl Péladeau vient de prendre la direction du PQ.Que ce chef est là pour une raison, une seule \u2014 «faire du Québec un pays» \u2014 et qu\u2019il se bat à visage découvert.PKP a mis de côté les «astuces», les non-dits et les faux-fuyants des dernières décennies.Et qu\u2019avec Péladeau, le Québec vit son moment de vérité.«Si on est incapables de faire la souveraineté avec le PQ dirigé par Pierre Karl Péladeau, je ne vois pas comment on pourra la faire.» Le Devoir Lire aussi «Notre ambivaience joyeuse est notre drame.Un extrait du livre de Jacques Beauchemin intitulé La souveraineté en héritage (Boréal, 476 pages, 2045).Page A 7 EXPERTS SUITE DE LA PAGE 1 l\u2019économie, de l\u2019informatiofi et de l\u2019analyse de l\u2019énergie» du ministère de l\u2019Energie de l\u2019Alberta, Matthew Foss.Le président-directeur général de l\u2019Alberta Ener^ Regulator, Jim Ellis, sera présent.Cet organisme réglemente tout le développement énergétique de la province.Le panel compte aussi Jean-Louis Schilansky, président du Centre des hydrocarbures non conventionnels (CHNC).Cet organisme français formé au cours des derniers mois milite en faveur du pétrole et du gaz de schiste.M.Schilansky a d\u2019ailleurs déjà décrit ces ressources comme étant à l\u2019origine d\u2019une «véritable révolution énergétique ».Le CHNC a notamment réussi à rallier le géant pétrolier Total.Un autre expert français prendra part aux discussions.11 s\u2019agit d\u2019Yves Mathieu, un chef géologue à la retraite de l\u2019Institut français du pétrole.Le directeur du volet Amériques de la division géotechnique des grands projets de l\u2019entreprise Fugro GeoConsulting, Dan McConnell, sera lui aussi présent.Cette société texane se spécialise dans l\u2019exploration et l\u2019exploitation d\u2019énergie fossile en milieu marin, notamment pour les forages et les pipelines.La liste des invités inclut David Knapp, économiste en chef de la firme américaine Energy Intelligence Group.Cette entreprise est spécialisée dans l\u2019analyse internationale du secteur énergétique, et plus particulièrement du pétrole et du gaz naturel.Qn compte par ailleurs un avocat américain, Dave Neslin, qui se spécialise dans la réglementation de la fracturation hydraulique.Le gouvernement a également invité un chercheur de l\u2019Université nationale de Singapore, Philip Andrews-Speed, qui a fait carrière dans l\u2019exploration pétrolière, ainsi que Erik Ranheim, un représentant norvégien d\u2019intertanko, une «association indépendante des propriétaires de pétroliers et cargos».Un seul expert provient du Québec.11 s\u2019agit de Stéphanie Trudeau, vice-présidente.Stratégie, communication et développement durable chez Gaz Métro.Arcand confiant Interpellé sur la composition de cette table d\u2019experts, le ministre Arcand s\u2019est dit «confiant» dans le fait d\u2019obtenir un portrait complet concernant la filière des hydrocarbures à partir des discussions du 45 juin.«Les experts, selon leur champ d\u2019expertise, présenteront leur vision des défis à relever pour développer la filière des hydrocarbures, ainsi que le fruit de leurs réflexions sur l\u2019exploration, l\u2019exploitation, le transport et la distribution du pétrole et du gaz naturel au Québec.Ces présentations alimenteront les discussions qui s\u2019ensuivront avec les partenaires invités afin de dégager les orientations à mettre de l\u2019avant dans la prochaine politique énergétique», a expliqué son cabinet, par voie de courriel.L\u2019ingénieur en géologie Marc Durand estime au contraire que cette table d\u2019experts n\u2019a aucune crédibilité.«Le gouvernement a clairement choisi des gens qui militent en faveur de l\u2019industrie pétrolière et gazière.Il cherche visiblement une approbation et il va la chercher auprès de gens qui ne connaissent pas le contexte local.» M.Durand se questionne d\u2019ailleurs sur la pertinence des choix des experts en soulignant que dix des onze proviennent de l\u2019extérieur du Québec.Ils ne seraient donc pas au fait des controverses soulevées par chacun des projets en développement.«D\u2019après ce que je constate, ces gens n\u2019ont aucune expertise sur le Québec.Ils ne connaissent pas les cas d\u2019Anticosti, du golfe ou de la vallée du Saint-Laurent», déplore l\u2019ingénieur en géologie.Le responsable de la campagne climat de Greenpeace, Patrick Bonin, juge même que le choix des experts démontre que le gouvernement Couillard souhaite «enfoncer davantage le Québec dans le pétrole».«Cette table est largement dominée par des experts pro-pétrole et gaz C\u2019est un signal inquiétant en vue de la future Politique énergétique du Québec.» Selon ce que fait valoir M.Durand, le ministère aurait pourtant sollicité des avis en vue de la formation de cette table d\u2019experts au cours des derniers mois.Mais à son avis, aucun expert «critique des hydrocarbures» n\u2019aurait été retenu.Comme ce fut le cas pour les deux tables d\u2019experts tenues plus tôt cette année, cette journée consacrée aux hydrocarbures sera suivie, en soirée, d\u2019une «consultation publique».«Lors de cette séance de consultation, les citoyens et les organismes pourront intervenir au micro durant une période limitée afin de permettre à un plus grand nombre de participer», a précisé le bureau de M.Arcand.Lors des deux tables précédentes, le temps de parole avait été fixé au préalable à cinq minutes.Les personnes qui souhaitent assister à la table d\u2019experts ou participer aux discussions lors de la séance de consultation publique qui suivra en soirée doivent s\u2019inscrire au préalable en ligne.«Il convient de mentionner que les places sont limitées», précise toutefois le ministère sur son site.La politique énergétique 2046-2025 doit normalement être prête pour l\u2019automne 2045.Le gouvernement Couillard compte aussi inclure des «démarches complémentaires» au processus, dont l\u2019évaluation environnementale straté^que (EFS) sur les hydrocarbures et celle sur Anticosti.Le Devoir LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9® étage, Montréal (Québec), H3A3M9 ® Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 D Le Devoir sur ledevoir.com GG sur Eacebook et sur Twitter La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel\tredaction@ledevoir.com Par télécopieur\t514\t985-3360 Publicité Au téléphone\t514\t985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais)\t1 800 363-0305 Par télécopieur\t514\t985-3390 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone Par courriel Par télécopieur 514 985-3344 avisdev@ledevoir.com 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone\t514 985-3322 Par télécopieur\t514 985-3340 A.bonnenientS (lundi avendredl, 7h30 a 16h30) Au téléphone\t514 985-3355 Extérieur de Montréal\t(sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel\tabonnements@ledevoir.com Par télécopieur\t514 985-5967 Agenda culturel Par 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