Le devoir, 13 juin 2015, Cahier F
[" V lïmm D\u2019ETE CAHIER F > LE DEVOIR, LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 JUIN 2015 Succès - d'aeropon Intrigué par les titres bigarrés disponibles dans les kiosques à journaux des aéroports, Le Devoir s\u2019est demandé ce qu\u2019aimait lire le voyageur en transit.Et a découvert un curieux monde à part.EMILIE FOLIE-BOIVIN Lorsqu\u2019elle arrive à l\u2019aéroport de Montréal, la libraire Marie-Hélène Vaugeois fait comme tous les grands lecteurs : elle observe les livres proposés dans les kiosques.Chaque fois, elle sourit en voyant les titres sur les rayons, entre une collection de t-shirts souvenirs made in China et des flacons de Purell.«C\u2019est à croire qu\u2019ils se font balancer les livres de fond d\u2019entrepôt.On dirait qu\u2019il n\u2019y a pas de sélection, remarque la libraire, qui officie à la Librairie Vaugeois, à Québec.Si c\u2019était bien ciblé, on trouverait des récits de voyage, non ?» Pierre Tremblay est acheteur des livres en langue française pour tous les magasins Relay, Virgin et Maison de la Presse.C\u2019est lui qui garnit l\u2019aéroport Montréal-Trudeau (YUL).Ses titres, il les choisit parmi les propositions très grand public, et il arrête son choix sur ceux qui auçont les ventes les plus performantes.A l\u2019aéroport, les succès sont différents de ceux des librairies ou des magasins à grande surface.Bien que Central Park (XO) de Guillaume Musso se hisse autant au sommet des palmarès des livres de poche Renaud-Bray que de YUL, plusieurs livres publiés il y a cinq ou dix ans sont toujours parmi les best-sellers compilés par Pierre Tremblay.« C\u2019est ce qui est un peu spécial dans nos magasins.Dans la psycho-pop.Le Why Café, de EMILIE EOLIE-BOIVIN LE DEVOIR John P.Strelecky (Le Dauphin Blanc, 2009) n\u2019a jamais quitté les cinq premières positions», dit le gérant de catégorie pour LS travel retail North America.Idem pour Le prix à payer, de la Montréalaise Natalie McLennan (Editions de l\u2019Homme), qui revient sur sa carrière d\u2019escorte à New York.Lors de sa publication il y a six ans, le livre a été très populaire.«Mais il y a trois ans encore, on en vendait tellement ici que l\u2019éditeur s\u2019est retrouvé en rupture de stock.Il ne prévoyait pas en réimprimer, mais il l\u2019a fait juste pour nous», note M.Tremblay, en ajoutant que les essais sur le crime organisé ont particulièrement la cote auprès de sa clientèle.Les éditeurs de ces livres profitent de cet intérêt L\u2019art de la liberté de Goliarda Sapienza Page F 5 qui dépasse l\u2019actualité.Aux Éditions de l\u2019Homme, on confirme que Le prix à payer et Mafia inc.(André Cédilot et André Noël, 2010) \u2014 toujours dans le top 10 des meilleurs vendeurs francophones grand format à YUL \u2014 sont leurs plus gros titres vendus «toutes catégories confondues».«Le monde de l\u2019aéroport est vraiment un monde à part», explique Judith Landry, directrice des communications, qui s\u2019occupe aussi de la commercialisation des livres dans les points de vente des aéroports.«Nous n\u2019avons pas mené d\u2019étude comportementale, mais je dirais intuitivement que ces titres sont généralement lus par un lectorat masculin.Ils ciblent la clientèle d\u2019hommes d\u2019affaires travaillant au centre-ville.qui n\u2019a pas nécessairement le temps d\u2019aller en librairie.A l\u2019aéroport, puisqu\u2019il a du temps pour se divertir entre son vol Montréal-Toronto, l\u2019homme d\u2019affaires n\u2019hésite pas à acheter un livre qui l\u2019intéresse, croit Landry.La vie des autres fascine beaucoup, comme la part d\u2019interdit.Et des livres sur les motards, la mafia, sur une escorte éveillent toujours une certaine curiosité.» Lecteur irrégulier, lecteur infidèle D\u2019après Marie-Hélène Vaugeois, les gens qui achètent dans les aéroports ne sont pas des lecteurs «réguliers» des librairies.«Acheter un livre VOIR PAGE F 4 : AÉROPORT James Bond est-il un mythe ou un héros commercial?Page F 6 Â\t\t ¦\t\t 1\t\t libraires.ca Pour l'achat de livres papier et numériques chez votre libraire indépendant itL L'Jiivéf d e f O rce * Des lectures d'été en toute saison F 2 LE DEVOIR LES SAMEDI IS ET DIMANCHE 14 JUIN 2015 LECTURES DITE BANDE DESSINEE Dans les bagages FABIEN DEGLISE L>été peut rimer avec ' bande dessinée.Preuve en six titres à mettre dans sa valise, son panier de pique-nique, son sac à dos, .sa sacoche de vélo, son sac étanche dans le canot.Carnet de thèse (Seuil), deTiphaine Rivière.Quand on bosse sur une thèse portant sur «le motif labyrinthique dans la parabole de la loi du Procès de Kafka», forcément, il n\u2019y a pas d\u2019été.Pas plus de vie d\u2019ailleurs, à en croire ce portrait cruellement comique du thésard mis en roman graphique par la jeune auteure de bande dessinée.L\u2019œuvre est presque autobiographique.Elle suit de près le quotidien de Jeanne, prof LACHINE BEACH dans un collège qui, après avoir vécu la joie de l\u2019admission au doctorat, sous la supervision d\u2019un grand de la littérature, va surtout découvrir l\u2019angoisse, le doute et la mécanique souvent affligeante de l\u2019univers académique français.Cynique ?Pas vraiment, hucide et sensible ?Enormément.Lachine Beach (Editions Trip), de Skip Jensen.Le quartier montréalo-hipster du Mile-End a eu son hommage en bande dessinée, signé Michel Heilman, chez Pow Pow, il y a quelques années.Pourquoi l\u2019arrondissement de Lachine, plus bas au sud dans la ville, n\u2019aurait-il pas droit au même traitement?C\u2019est sans doute la question que s\u2019est posée le jeune auteur Skip Jensen.Sa réponse: une incursion en dessins dans ce coin de la ville où il a passé son enfance.Le trait a des tonalités enfantines, mais il accompagne un récit sensible dans une trame urbaine d\u2019où Jensen fait ressortir toute l\u2019humanité.Dans la pure tradition du «je» mis en cases.Le rapport de Bro-deck (Dargaud), de Manu Larcenet.Qui mieux que Manu Larcenet pour mettre en images le roman sombre et puissant de Philippe Claudel?Avec ce tome i, l\u2019auteur de Blast s\u2019approprie magnifiquement, de son coup de crayon sombre, ce récit prix Concourt des lycéens 2007, dans lequel un certain Brodeck doit rédiger un rapport sur la mort d\u2019un homme que tout le monde appelle «der Anderer», l\u2019autre, l\u2019étranger, quoi.Qn est près de la frontière allemande, dans la montagne, le froid et le temps des camps et des déportations.Qn est aussi dans une fable violente et lucide sur la haine, la xénophobie et l\u2019incroyable lâcheté de l\u2019humain pour justifier le pire.Le Front, numéro huit (Eront Froid), collectif.Il y a parfois du sang dans l\u2019univers de la bédé québécoise, du sang neuf que régulièrement la revue Le Front propose de faire découvrir, avec son assemblage d\u2019histoires courtes mises en images par la génération montante de dessinateurs.La formule a ses hauts et ses bas, mais elle a le mérite d\u2019attirer les regards vers ces quelques perles rares dont les noms \u2014 Mathieu Falardeau, Antoine Joie, David Labrecque,Jean-François Laliberté, Em.pour ne citer qu\u2019eux \u2014 pourraient rapidement sortir de ce cadre.La faute.Une vie en Corée du Nord (Del-court), de Michaël Sztanke et Alexis Cha-bert.C\u2019est un exercice 4e narration étonnant.A partir d\u2019un voyage au pays du dictateur Kim Jong-un, le duo de bédéistes imagine ici un drame social en terre parano, drame mettant en scène la descente aux enfers d\u2019un fonctionnaire accusé de tous les maux après avoir oublié de porter son badge des leaders lors d\u2019une cérémonie officielle.Totalitarisme, contrôle social, culte de la personnalité, persécution et absurdité des relations humaines, tout dans ce bouquin sorti l\u2019an dernier.L\u2019actualité maintient toujours sa pertinence.Vaincus, mais vivants (Le Lombard), Maximilien Le Roy et Loïc Loca-telli Kournwsky.Tout est dense et puissant dans ce récit qui revient sur les lieux du drame social et politique chilien par les yeux et l\u2019histoire de vie de la documentqriste Carmen Castillo.A l\u2019intérieur : Allende, Pinochet, les aspirations démocratiques, les idéaux de jeunesse et des rêves brisés dans l\u2019horreur.Un mouvement de masse raconté par les individus qui y ont cru.Terriblement humain.Le Devoir NOUVELLES EROTIQUES Femmes à la cuisse légère L\u2019extase de la chair à la rencontre de l\u2019Histoire DANIELLE LAURIN Cy est l\u2019été, la moiteur s\u2019insinue dans tous les pores de la peau, malgré la brise venue du lac.Mais pas question de céder.Pas tout de suite.Pas encore.Faire durer l\u2019attente, repousser l\u2019appel des sens, retarder le moment ultime, malgré l\u2019urgence.C\u2019est ce à quoi s\u2019emploie Geneviève Lefebvre dans sa nouvelle Must Read English, un des textes qui forment Quand Marie relevait son jupon.Car urgence il y a cet été-là.Le déclenchement de la Deuxième Guerre mondiale est imminent.Pour le neurochirurgien Canadien-anglais Thomas James Wilder, reconnu comme une sommité dans son domaine, il importe avant tout de mettre sur papier l\u2019avancée de ses travaux sur les traumatismes cérébraux.Besoin d\u2019une secrétaire au plus tôt.Ça tombe bien.Quoique francophone, Liz maîtrise très bien l\u2019anglais.Le mari de la jeune femme ne sera peut-être pas d\u2019accord, mais elle y va, elle décide de répondre à la petite annonce découverte dans le journal des cantons.Nous voici dans la belle maison du scientifique, au bord du lac Memphrémagog.Tandis que sa jeune épouse frivole dont il n\u2019a jamais été amoureux et leurs deux charmants enfants profitent de la baignade, il accueille celle qui passera l\u2019été à travailler avec lui.Coup de foudre réciproque, dès la première rencontre.Mais tut-tut, le travail a priorité.Les convenances aussi.En apparence.Car en réalité, le désir ne cessera de monter.Troublés, tous les sens aux aguets, ils sont bientôt sur le bord d\u2019exploser.Liz surtout.Tant et si bien que son mari, qui a accepté sans rechigner, finalement, qu\u2019elle occupe cet emploi temporaire question qu\u2019ils se procurent «une de ces nouvelles machines à laver le linge» en vue de la venue souhaitée d\u2019un bébé, lui sert en quelque sorte, sans le savoir, d\u2019exutoire.Elle se montre de plus en plus hardie sexuellement avec lui, qui s\u2019en montre ravi.Elle se libère de ses tensions, tout en pourfendant peu à peu tous ses tabous.Jusqu\u2019à découvrir ce qui lui était inaccessible jusque-là: la jouissance.Pas question de révéler la suite de l\u2019histoire qui ouvre ce recueil collectif et s\u2019avère l\u2019une des plus fortes.Mais ce sera une constante dans les nouvelles qui figurent dans Quand Marie relevait son jupon : la découverte de la jouissance féminine.Dans toutes ses déclinaisons.Comme un agent de libération.Bien souvent aussi, c\u2019est par l\u2019adultère que ça se produit.Et le fantasme s\u2019invite à tout venant.Ainsi, quand vient le temps pour l\u2019amant ou l\u2019amante de retrouver son épouse ou époux, le fantasme opère, pour ne pas dire qu\u2019il règne.Après tout, rien n\u2019interdit de rêver.C\u2019est le constat du héros de la nouvelle signée Jennifer Tremblay, qui a dirigé la publication.Parti de Nantes pour la Nouvelle-France, chargé de remettre une lettre posthume traversée d\u2019érotisme exacerbé à une certaine Marie Lebou-thillier, ce capitaine de navire ne pourra lui-même résister à l\u2019émoi sexuel que soulève la missive en question en face de la belle.Mais s\u2019agit-il vraiment de la bonne personne, de la vraie Marie Lebouthillier?Et puis, de fil en aiguille, sur le point de retourner auprès de sa femme légitime restée en France: «On dirait bien que pour jouir un peu, se dit Morgan en mordillant les mamelons roses de cette Marie que son ami a tant aimée, il faut rêver beaucoup.» Sans doute l\u2019une des nouvelles les plus osées, les plus ouvertement coquines du recueil.L'UNIVERS DES CHAMPIGNONS Sous la direction de JEAN DESPRÉS PROMENONS-NOUS DANS LES BOIS.LE TOUR DU MONDE DES CHAMPIGNONS EN 60 TABLEAUX Les Presses de KUniversité de Montréal www.pum.umontreal.ca mis es où, Céksün./ Encore que, au tournant, certaines nous en mettent plein la vue : passages pas piqués des vers à l\u2019horizon.Autres temps, autres mœurs Autre aspect récurrent de ce livre justement sous-titré Histoires libertines d\u2019un autre temps: la plongée dans le passé, le plus souvent: XVIL, XVIIL etXIX® siècle.Avec, parfois, des références directes aux événements historiques marquants.Et même, l\u2019apparition de personnages qui ont réellement existé.C\u2019est le cas notamment de la nouvelle de Philibert Deladu-rantaye, qui nous transporte à l\u2019époque de Marie de l\u2019Incarnation.Le nœud de l\u2019histoire : une jeune « sauvagesse » aux yeux bleus veut venger sa mère des représentants du roi de France, ces «bêtes immondes qui, sous ses yeux d\u2019enfant, s\u2019étaient amusés à la battre, à entailler sa chair, à la violer, pour ensuite l\u2019attacher à un poteau et la brûler vive comme une sorcière ! ».Dans Marie, Marie., Aline Apostolska fait revivre Marie Rollet qui, avec son premier mari, Louis Hébert, forma le premier couple de colons français venus s\u2019établir au Canada.Mais c\u2019est vers la fin de sa vie que nous la retrouvons, veuve, remariée et plusieurs fois grand-mère.Elle est amoureuse folle d\u2019un jeune chef abénaquis, qui lui fait connaître le nirvana.Dans Une jeune fille rangée pas très catholique, Sébastien Chabot reprend quant à lui le personnage légendaire de Rose Latulipe.Sous des allures de conte, il réinvente l\u2019histoire de cette jeune fille qui osa danser avec le diable, histoire qui a donné lieu déjà à tant de versions, dont celle de Philippe Aubert de Gaspé fils.Tous pour un Comme dans tout recueil de nouvelles, qui plus est collectif l\u2019ensemble est inégal.Qn s\u2019enfarge parfois dans les détails.L\u2019art de faire court et le sens du punch ne sont pas toujours au rendez-vous.Et comme dans trop de fictions à caractère historique, le souci de recracher la documentation amassée sur l\u2019époque traitée prend parfois le pas sur l\u2019écriture comme telle.ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Ce qui ressort, c\u2019est le lien incessant que l\u2019on retrouve entre libération sexuelle et libération tout court, pour les femmes surtout Ce qui ressort néanmoins, c\u2019est le contraste entre la dureté de la vie de ces personnages d\u2019autrefois, réels ou inventés, et la légèreté avec laquelle ils s\u2019envoient en l\u2019air.C\u2019est aussi le lien incessant que l\u2019on retrouve entre libération sexuelle et libération tout court, pour les femmes surtout: à croire que les carcans d\u2019autrefois ne demandaient qu\u2019à sauter.La palme de l\u2019originalité dans ce sens pourrait bien revenir à Marie Christine Bernard, qui traite de façon inattendue de l\u2019hystérie féminine.Au centre du récit : un jeune médecin de Québec nourri aux théories européennes de Charcot, Freud et Granville, QUAND MARIE RELEVAIT SONJUPON en matière de traitement de l\u2019hystérie féminine, justement.Mais bien vite, il se rendra compte, auprès d\u2019une veuve américaine d\u2019abord, puis d\u2019une jeune Amérindienne, que la machine censée libérer les femmes de leurs tensions et blocages provoque des réactions inattendues.Pour leur plus grand plaisir.et le sien.Collaboratrice Le Devoir QUAND MARIE RELEVAIT SON JUPON Sous la direction de Jennifer Tremblay VLB Montréal, 2015, 240 pages ALAIN POISSANT Tes OÙ Célestin?ROMAN 196 PAGES 20,95 $ KARINE LEGERON Cassures NOUVELLES 129 PAGES 17,95 $ RepoTtages.sous influence ÉRIC DE BELLEVAL Reportages sous influence ROMAN 261 PAGES 26,95 $ CauTiee où Man yn fit scandale \u2018TLT'&mp*\"\" RICHARD VÉZINA Vannée où Marilyn fit scandale ROMAN 146 PAGES 19,95$ LES ÉDITIONS sSphore A LA PLAGE OU SUR LE BALCON, JE LIS SEMAPHORE www.editionssemaphore.qc.ca LE DEVOIR, LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 JUIN 2015 LECTURES D\u2019::: POLAR Ripoux inc.MICHEL BÉLAIR La police est, par définition, tellement proche du crime et des criminels que la frontière entre le monde des «bons » et celui des « mauvais » est finalement très, très mince.On ne compte plus les histoires d\u2019infiltration d\u2019un côté comme de l\u2019autre, et la liste des flics pourris, sinon celle des romans racontant leurs «exploits», est trop longue pour que l\u2019on puisse la dresser.N\u2019empêche que Vie Verdier, un flic presque ordinaire du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), se voit lui aussi confronté à cette réalité brutale lorsque sa copine, policière elle aussi, meurt brûlée, menottée au volant de son auto-patrouille.Qui a commis ce crime horrible ?Et pourquoi ?Vengeances Tout cela est vu dès le départ sous le prisme bien particulier d\u2019un psychologue qui travaille avec le Service de police.Le caractère d\u2019imprimerie dans lequel nous est livré ce tout premier chapitre du livre est complètement différent des autres ; ainsi, même le lecteur le plus distrait ne pourra manquer de remarquer la présence du psychologue lorsqu\u2019il reviendra plus tard à quelques reprises durant l\u2019enquête.Vie Verdier sera évidemment l\u2019un de ses «patients» \u2014 l\u2019agent de police est profondément affecté, on le devine, par l\u2019assassinat de Mélanie, dont l\u2019agonie tourne en boucle ad nauseam sur les médias sociaux sous #cochons-rôtis \u2014, mais l\u2019on ne saisira qu\u2019à la toute fin l\u2019implication de ce bizarre de personnage.On n\u2019en dira pas plus.Comme tout le monde donc, Verdier cherche à comprendre ce qui a bien pu se passer et les pistes sont rares.A l\u2019instar de Mélanie, sa blonde sacrifiée, Verdier venait tout juste de passer une série d\u2019examens pour quitter la patrouille et devenir enquêteur.A la seule différence près que Mélanie avait été promue après l\u2019oral et lui recalé.Son orgueil de mâle en a pris pour son rhume, surtout que ses résultats à l\u2019écrit le plaçaient en position encore plus avantageuse que Mélanie.Vie en était même venu à postuler l\u2019existence d\u2019une clique à l\u2019intérieur du SPVM au moment où l\u2019assassinat est survenu.Lorsqu\u2019un deuxième patrouilleur ayant réussi l\u2019examen de passage subit le même horrible sort que Mélanie, l\u2019équilibre mental de Vie Verdier se met à vaciller.L\u2019histoire se fera de plus en plus complexe, s\u2019égarant même parfois à n\u2019en plus savoir si Verdier raconte tout cela par écrit au psychologue ou si l\u2019on se situe en temps réel.Rajoutez à cela le fait que la partenaire de patrouille de Verdier se laisse dépasser par ses sentiments au moment où l\u2019on comprend que la SS, pour « section spéciale », existe bel et bien et que tout laisse croire que c\u2019est un policier frustré et mentalement dérangé qui commet ces crimes à répétition pour se venger.et bientôt, comme Verdier, on baigne dans la confusion.Etrangement, cette confusion fait partie du charme de cette histoire de vengeance à volets multiples fort bien menée.Même qu\u2019on en arrive à penser qu\u2019elle est vaillamment entretenue par l\u2019auteur.Vie Verdier (pseudonyme de Simon-Pierre Pou-bot) .Vie Verdier, qui signait en 2014 un roman se déroulant à Québec en 1919 {L\u2019imprimeur doit mourir, chez le même éditeur).et qui mettait en vedette un certain Vie Verdier.Mais qui est donc Vie Verdier?L\u2019auteur du manuscrit confié au psy du SPVM?L\u2019auteur de cette série de crimes abominables?Ou Simon-Pierre Pouliot qui nous mène en bateau durant près de 300 pages avant de dévoiler l\u2019intrigue et de mettre fin au suspens ?Collaborateur Le Devoir COCHONS RÔTIS Vie Verdier Éditions XYZ Montréal, 2015, 291 pages POÉSIE Le secret savoir de Nicole Brossard HUGUES CORRIVEAU \\ A l\u2019affût de la fébrilité des signes, Nicole Brossard est cette auteure qui jamais ne renonce au présent, qui poursuit sa quête en investissant les nouveaux langages comme la moindre avancée technologique.Pour elle, il n\u2019y a rien qui ne puisse être poétique.Rien qui ne puisse trouver place au cœur de son écriture, car dans son «alphabet de dérives la langue vibre».Guetteuse, fascinée par le présent, Nicole Brossard nous confie : «sachez que / dans chaque centimètre de mots / un sel de vie se prépare», là, exactement, où une sensualité affleure sous chaque évocation du corps ou du monde.Il faut se méfier de l\u2019apparente cérébralité de cette poésie qui va beaucoup plus profondément dans les textures érotiques des choses qu\u2019il n\u2019y paraît, qui tient le mouvement des vents aussi bien que le souffle des corps comme des incarnations des sens, quand ce n\u2019est pas la néfaste émanation de la mort qui ressurgit à même le poids du langage.N\u2019est-il pas vrai que «la langue l\u2019art la pluie tombent / tout au fond de nos gestes» ?«De mille manières c\u2019est feuillage à palper / main matière effleurée.» Dévoiler la mémoire des livres, les archives de la pensée, compter les preuves que la mort vit ou survit de l\u2019amour, suivre la piste de signes afin de connaître ou de décoder, c\u2019est là que se manifeste cette quête.L\u2019effervescence des référents chez Brossard tient à cette palpitation du cœur intense qui se met en jeu dans ses textes, tant sont forts l\u2019impulsion de la vie, le désir de mettre en mots cet appel d\u2019air et de joie de savoir exister.Cette poésie se laisse happer par les tourbillons du réel comme si chacune de ses lignes ne pouvait que suivre la tangente qui pourfend le sens.Lorcément complexe puisque vivant, ce langage traverse le temps et se colletaille avec les brisures, les guerres ou les joies, les catastrophes ou les langueurs d\u2019une aube souveraine.Rien ne s\u2019exclut de cette vision frontale.Question qui fouit le recueil: «qui suis-je corps collé à l\u2019oralité des forêts / vent meute vent vrai / et autres mots à peine issus / de la recomposition têtue de la langue / du tout au tout / qui suis-je dans ma propre langue d\u2019ivresse»?Pas étonnant alors que l\u2019œuvre de Rothko la convie en sa dramatique intensité, lieu présumé de l\u2019envers qu\u2019évoque le titre de son recueil.La chapelle Rothko ou le Vantablack nous permettent d\u2019ouvrir leur énigmatique sens, celui que Brossard décrit dans cette strophe magnifique: «un noir de trou noir et temps de guerre / noyau tremblant de trous noirs / un noir de grammaire tapie dans l\u2019innocence / un noir d\u2019angoisses brèves calcinées / un noir de musée/sans même un chapitre de nuit».Gravité profonde d\u2019un autre grand recueil de cette auteure majeure qui ne cesse d\u2019ouvrir la poésie par tous ses pores.Collaborateur Le Devoir LUMIÈRE FRAGMENTS D\u2019ENVERS Nicole Brossard La Grenouillère Saint-Sauveur-des-Monts, 2015, 114 pages LTVREL Des goyaves de cristaux liquides DOMINIC TARDIE Twee-ki-ti-ki-twee-ki-ti-ki-twee-ki-ti-ki.» Paanwal-lah et Hilmu poussent leur chariot.Miracle de la technologie, le tintinnabulement du bolide de fortune émerge des haut-parleurs du iPad que tient entre ses mains le lecteur.Suffit, pour l\u2019entendre, d\u2019appuyer sur le bouton «play» inséré entre deux paragraphes.Bienvenue dans Le vendeur de goyaves, premier roman immersif (une version en bon vieux papier est aussi disponible), du globe-trotter Ugo Monticone, ornementé de 174 éléments multimédias.Ça veut dire quoi, concrètement?Ça veut dire que lorsque notre protagoniste traverse la cohue du marché public d\u2019Ahmedabad, une vidéo tournée par l\u2019auteur au marché public d\u2019Ahmedabad peut être visionnée.Ça veut dire qu\u2019une photo croquée au bas des 1800 marches du temple sacré de Palitana accompagne le chapitre où Hilmu amorce son ascension.«Chaque 24 décembre, l\u2019étoile la plus brillante du ciel, Sirius à l\u2019est, est parfaitement alignée avec les trois étoiles de la ceinture d\u2019Orion», explique depuis sa grotte un certain Anutthara.Quelques phrases plus bas, un onglet permet de «voir l\u2019alignement de la ceinture d\u2019Orion et de Sirius » grâce à un graphique interactif.Et ainsi de suite.Tous ces appendices enjolivent le voyage de Hilmu, vendeur de goyaves de 14 ans investi, pour des raisons qu\u2019il tentera de comprendre, d\u2019un don de guérisseur.Il croisera au cours de ses picaresques pérégrinations à travers l\u2019Inde toute une kyrielle de personnages attendrissants et s\u2019énamourera d\u2019une lépreuse, avant de devenir contre son gré l\u2019objet d\u2019un culte.Comme un making-of Bien que la version immersive du Vendeur de goyaves ne pointe pas en direction d\u2019une littérature du futur, comme l\u2019ont claironné certains euphoriques collègues, l\u2019entreprise ouvre des perspectives fécondes en ce qui concerne certains types de textes brouillant la frontière entre réalité et fiction.Si Le vendeur de goyaves n\u2019a rien d\u2019un récit de voyage traditionnel, il a néanmoins été écrit au terme d\u2019un séjour de ^'/^^^aanwallah retire sa casquette.Il essuie la sueur de son front.Des gouttelettes perlent sur sa moustache naissante II doit être midi, le soleil ne ment pas.It\u2019s pretty hot for you, Madam.If you want, we can go swim\u2019 Hilmu rit.Paanwallah imite une scène du dernier Bollywood, Salam Namaste.Il emprunte même l\u2019accent.Cette scène est leur préférée puisqu\u2019elle annonce qu'on va bientôt voir la sublime Aishawarya Rai en bikini.Oh sir, that would be nice\u2019 Hilmu bâille sous le soleil à son zénith.Ce sont plutôt les étoiles qui l\u2019accompagnent habituellement.Comme Paanwallah, Hilmu est vendeur de nuit.Il faut une aura puissante pour attirer des clients aux heures froides d\u2019obscurité.Une aura .et des histoires qui vont de pair, Paanwallah est imbattable.Quelquefois, des camions se placent en demi-cercle pour l\u2019éclairer, Paanwallah connaît par cœur les meilleures scènes des Bollywood C\u2019est sa spécialité.Il les imite.Il les chante.Chaque nouvelle lune, un film est diffusé à la place du village.Chaque fois, Hilmu découvre un nouveau héros et Paanwallah clame son amour indéfectible pour la belle héroïne.Après un seul visionnement, Paanwallah sait réciter les principales répliques du film.Pas un mot de perdu ; il suit le tempo et imite même les personnages JULIE CORBEIL Bienvenue dans Le vendeur de goyaves, premier roman immersif du globe-trotter Ugo Monticone.Ça veut dire quoi ?Ça veut dire que lorsque notre protagoniste traverse la cohue du marché public d\u2019Ahmedabad, une vidéo tournée par l\u2019auteur au marché public d\u2019Ahmedabad peut être visionnée.a.Entre les falaises qui l\u2019enserrent et les glaciers qui le dominent, Hilmu estfourmi.H évolue tout au fond de la vallée même s\u2019il a dépassé les trois mille mètres d\u2019altitude.Rien n\u2019y parait à l\u2019extérieur de hii, mais en lui rien n\u2019est pareil.)) Extrait de Le vendeur de goyaves quatre mois en Inde.Les éléments multimédias qui jalonnent chaque chapitre tracent en une série de gloses photo et vidéo les grandes lignes du carnet de création de l\u2019auteur, qui esquisse à même le livrel une sorte de making-of du roman.Que l\u2019histoire se déroule en territoire exotique (du point de vue du lecteur québécois) consolide certainement la pertinence de cette portion immersive.Un roman contemporain prenant pour décor Montréal justifierait plus difficilement de tels compléments.Monticone n\u2019évite pas toujour^ le piège de la redondance.A quoi bon montrer une caverne et décrire une caverne ?Les images les plus soufflantes de l\u2019Inde jaillissent de ses phrases pleines de tendresse, pas de ses photos.«La seule chose qui est importante au fond, la seule et unique raison d\u2019exister.c\u2019est l\u2019amour», dira Anutthara à Hulmi.Expérience immersive ou pas, l\u2019important, c\u2019est que le roman soit bon, pourrait-on ajouter en le paraphrasant.Le vendeur de goyaves le serait davantage s\u2019il n\u2019était pas lesté d\u2019une telle quantité d\u2019aphorismes à saveur spirituelle.«Une fable inspirante», affirme sur son site Web l\u2019auteur, qui cherche essentiellement à émouvoir en rappelant que la plénitude promise par la foi religieuse se trouve quelque part enfouie en nous.Que les friands de citations édifiantes se réjouissent: ils n\u2019auront qu\u2019à caresser sur quelques boutons pour copier-coller sur Eacebook leurs passages favoris.Collaborateur Le Devoir LE VENDEUR DE GOYAVES Ugo Monticone Triptyque Montréal, 2015,160 pages Version numérique pour iPad uniquement offerte sur iTunes.Gaspard'LE DEVOIR ALMARÈS \tDu 1*^ au 7 juin 2015\t \t\t¦1 \t\t W Romans québécois\t\t 1 Six minutes\tChiystine Brouillet/Druide\t1/2 2 La vie sucrée de Juliette Gagnon \u2022 Tome 3 Escarpins.\tNathalie Roy/Libre Expression\t' 2/3 3 Les héritiers d\u2019Enkidiev \u2022 Tome 11 Double allégeance\tAnne Robillard/Wellan\t\u2019 3/9 4 La Justiciere.La finale des coupables\tMarc Aubin/l\u2019Apothéose\t\u2018 5/3 5 Maudits bas jaunes!\tMarie-Millie Dessureault/Mortagne\t4/3 6 Tu peux toujours courir\tValérie Chevalier/Hurtubise\t8/9 7 Les 7 secrets de mon ex\tJudith Bannon/Les Éditeurs réunis\t7/2 8 1967 \u2022 Tome 1 L\u2019âme sœur\tJean-Pierre Charland/Hurtubise\t9/9 9 Des nouvelles d\u2019une p\u2019tite ville \u2022 Tome 2 1968.Juliette\tMario Hade/Les Éditeurs réunis\t6/5 10 La promesse des Gélinas \u2022 Tome 1 Adele\tFrance Loirain/Guy Saint-Jean\t10/9 W Romans étrangers\t\t 1 L\u2019instant présent\tGuillaume Musso/XD\t1/11 2 After \u2022 Tome 3 La chute\tAnna Todd/Homme\t' 2/2 3 La fille du train\tPaula Hawkins/Sonatine\t\u2018 5/2 4 Elle et lui\tMarc Levy/Robert Laffont j Versilio\t4/17 5 Dans la ville en feu\tMichael Connelly/Calmann-Lévy\t\u2018 3/6 6 Dis-moi que tu m\u2019aimes\tJoy Fielding/Michel Lafon\t6/4 7 L\u2019ombre de Gray Mountain\tJohn Grisham/Lattes\t\u2018 8/9 8 Codex 632.Le secret de Christophe Colomb\tJosé Rodrigues dos Santos/HC\t-/I 9 Lune pourpre\tJames Patterson j Marshall Karp/Archipel\t9/4 10 After \u2022 Tome 1 La rencontre\tAnna Todd/Homme\t\" -/I Essais québécois\t\t 1 Santé et politique.Un point de vue de l\u2019intérieur\tDavid Levine/Boréal\t\" -/I 2 Ma vie rouge Kubrick\tSimon Roy/Boréal\t\" 1/4 3 Ping-pong\tZviane/Pow Pow\t\" -/I 4 Walmart.Journal d\u2019un associé\tHugo Meunier/Lux\t\"5/10 5 Tout ce que les publicitaires ne vous disent pas\tArnaud Granata j Stéphane Mailhiot/La Presse 10/7\t 6 Second début.Cendres et renaissance du féminisme\tFrancine Pelletier/Atelier 10\t3/4 7 11 brefs essais contre l\u2019austérité\tCollectif/Somme toute\t' 2/2 8 Jean-François Lépine, sur la ligne de feu\tJean-François Lépine/Libre Expression\t\"4/31 9 La langue rapaillée.Combattre l\u2019insécurité linguistique des.\tAnne-Marie Beaudoin-Bégin/Somme toute\t' 9/4 10 État du Québec 2015\tCollectif/Del Busso\t\u2019 7/8 ?Essais étrangers\t\t 1 Du bonheur.Un voyage philosophique\tFrédéric Lenoir/Fayard\t1/16 2 Laissez-nous faire! Dn a déjà commencé\tAlexandre Jardin/Robert Laffont\t2/2 3 Remedes mortels et crime organisé\tPeter C.Gotzsche/PUL\t4/4 4 Cosmos.Breve encyclopédie du monde\tMichel Onfray/Flammarion\t3/4 5 Tout peut changer.Capitalisme et changement climatique\tNaomi Klein/Lux\t8/13 6 Vers une société plus altruiste\tCollectif/Allary\t-/I 7 Y a-t-il un grand architecte dans l\u2019univers?\tStephen Hawking/Odile Jacob\t-/I 8 La chair interdite\tDiane Ducret/Albin Michel\t9/14 9 Les barbares.Essai sur la mutation\tAlessandro Baricco/Gallimard\t' -/I 10 L\u2019occident terroriste.D\u2019Hiroshima a la guerre des drones\tNoam Chomsky j Andre VItchek/Écosociété\t\u2018 5/5 David LEVINE SANTÉ ET POLITIQUE UN POINT DE VUE DE UINTÉRIEUR I Une réflexion en profondeur sur l\u2019avenir de notre système de santé.DAVID LEVINE SANTÉ ET POLITIQUE La BÏLF (Société de gestion de la Banque de titres de langue française) est proprietaire du système d\u2019information et d\u2019analyse Sasparil sur les ventes de livres français au Canada Ce palmares est extrait de Sasparil et est constitue des releves de caisse de 2B0 points de vente La BÏLF reçoit un soutien financier de Patrimoine canadien pour le projet Saspwil © BÏLF, toute reproduction totale ou partielle est interdite UN POINT DE VUE DE L\u2019INTERIEUR à « C est tout un parcours qu on découvre dans cet ouvrage.Un livre très instructif.» Catherine Lachaussée, Radio-Canada «C est vraiment génial.J invite les gens à se procurer votre livre.» Guy Simard, 98,5 FM « Un livre fort intéressant.» Maxime Coutié, Radio-Canada Boréal Essai \u2022 376 pages \u2022 29,95 $ PDF et ePub: 21,99$ www.editionsboreal.qc.ca 6 8681^1 F 4 LE DEVOIR, LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 JUIN 2015 LECTURES D\u2019ETE RÉÉDITION L\u2019art de la manipulation épistolaire MARIE-FRÉDÉRIQUE DESBIENS Réédition d\u2019un roman ayant sombré dans l\u2019oubli depuis sa création en 1790, La femme jalouse est un véritable joyau.On doit cette heureuse découverte à deux spécialistes du XVIIP siècle et de l\u2019épistolarité, Benoît Me-lançon, professeur à l\u2019Université de Montréal, et Flora Amann, doctorante sous sa direction.Persuadés que le livre mérite un meilleur sort que celui que lui a réservé l\u2019histoire littéraire, ils en offrent une version épurée, au plus près de l\u2019original, dépouillée de l\u2019arsenal de notes et de variantes de l\u2019édition critique académique.Dans cet esprit, l\u2019introduction qui précède le roman est concise et claire, tout en comportant plusieurs renseignements érudits.C\u2019est d\u2019abord la trajectoire de l\u2019auteur, Joseph-Alexandre Ségur, parent de l\u2019illustre comtesse du même nom et vicomte rompu à tous les plaisirs, qui nous est révélée.On y découvre le reste de sa production et ses influences littéraires, tout particulièrement celle de Pierre Choderlos de Laclos et de ses célèbres Liaisons dangereuses.Comme le rappellent Melançon et Amann, les rares critiques qui se sont attardés à La femme jalouse l\u2019ont unanimement perçu comme une « pâle imitation » de cette œuvre consacrée, comme du sous-Laclos, quoi.Or, s\u2019il existe une filiation entre ces deux romans épistolaires, notamment par leur appartenance à la tradition du libertinage et la polyphonie des voix qui les caractérise, l\u2019œuvre de Ségur possède ses mécanismes propres.L\u2019engrenage de la jalousie et la dynamique amoureuse se déploient sur des axes différents, relevant davantage du tempérament des personnages (vertueux ou cyniques/aveugles ou clairvoyants/conseillers ou conseillés) que des circonstances.Amour, vengeance et suspense On entre ainsi dans le récit bien outillé, tout disposé à l\u2019apprécier.Le marquis de Sénances, amant de la baronne de Versac, tente d\u2019aider son ami le chevalier de Lincourt à conquérir la vicomtesse, qui se révèle pourtant amoureuse du marquis.Se sentant trahie, à tort, la baronne fomente un plan diabolique afin de mener sa rivale à sa perte.Dangereuse, la manœuvre se terminera dans le sang et la déchéance.Mais ce n\u2019est pas là que réside le principal attrait du roman, qui provient plutôt de la richesse des caractères et de la vivacité des sentiments auxquelles l\u2019intimité des lettres donne accès: «Fatale incertitude! À quoi me réduisez-vous ! Loin d\u2019apaiser mon cœur ulcéré, vous l\u2019irritez davantage: ma jalousie, mes soupçons me donnent un tel besoin de vengeance, qu\u2019il semble que je regrette la certitude de mon malheur, pour y donner un libre cours.» Organisée autour du couple central baronne/marquis (qui rappelle malgré tout le couple Merteuil/Valmont), la trame fait intervenir d\u2019autres épistoliers (le commandeur, la marquise et surtout le père Clément), qui participent tous, parfois à leur insu, à la création du complot et à la progression de l\u2019intrigue.S\u2019il faut le temps de quelques missives pour s\u2019adapter au style grandiloquent et à la manière ancienne \u2014 mais non désuète \u2014 du roman, on est bientôt happé par le suspense qui se tisse au fil des échanges, des ruses et des subterfuges.On prend un malin plaisir à voir le piège tendu par la baronne se refermer progressivement siir les autres épistoliers, puis sur elle-même.A vrai dire, tout dans ce livre est attractif.Permettant d\u2019enrichir l\u2019histoire de «la manipulation épistolaire et du resserrement narratif», qui ne se résume pas au seul chef-d\u2019œuvre de Laclos, ce roman mérite sans conteste d\u2019être relu.D\u2019autant qu\u2019il est quand même rare de pouvoir réévaluer toute une page de l\u2019histoire littéraire française.On ne peut que savoir gré aux éditeurs de nous en offrir l\u2019occasion.Collaboratrice Le Devoir LA FEMME JALOUSE Joseph-Alexandre de Ségur Del Busso Montréal, 2015, 245 pages LITTÉRATURE FRANÇAISE Lire l\u2019été Retour sur quelques moments forts de l\u2019année Sebastien Amiel Le grand courage GUYLAINE MASSOUTRE Histoire II y a eu des moments emballants du côté français : Le météorologue, d\u2019Olivier Ro-lin (Seuil) ; Meursault, contre-enquête, prix Concourt du roman, de Kamel Daoud; Tristesse de ja terre \u2014 Une histoire de Buffalo Bill Cody, d\u2019Eric Vuillard (Actes Sud), et le dynamique Concourt de Lydie Salvayre, Pas pleurer (Seuil).La politique a souvent fait le pire : voyez en Russie, en Algérie, en Amérique, en Espagne, inutile de mentir, ceux qui racontent n\u2019oublient rien.Fiction Avec Vernon Subutex I, Virginie Despentes (Crasset) a été élue au jury du prix Fe-mina.Vous avez raté Soumission (Flammarion) de Houelle-becq ?Celui-ci vient de recevoir un substantiel prix de la Bibliothèque nationale de France pour l\u2019ensemble de son œuvre.Mémoire Des lecteurs expérimentés en ont remarqué d\u2019autres : Valérie Zenatti avec Jacob, Jacob (L\u2019Olivier), prix du livre Inter, soutenu par Rufin, toujours fasciné par les guerres, réservoir inépuisable du roman.Vincent Almendros, avec Un été (Minuit), a presque décroché ce prix.Et Jean-Luc Seigle, Je vous écris dans le noir (Flammarion), portrait d\u2019une jeune fille assassine, aurait pu aussi obtenir des faveurs.Biofiction Foin de,s palmarès.Mais sachez qu\u2019Eric Reinhardt, pour L\u2019amour et les forêts (Callimard), narration d\u2019une substantielle relation amoureuse, s\u2019est vu sommé de répondre devant la justice de ce que, dans son roman, on y aura estimé un trop-plein de réalité.Petit bonheur Utopie Certains ne lâchent pas.Si Albert Moindre, le dernier né d\u2019Eric Chevillard, est mort, ou plutôt ressuscité, c\u2019est que son auteur nous l\u2019a fait connaître dans des livres extravagants.Cet homme de tous les désastres, le médiocre et inoffensif Albert Moindre, dans Juste ciel (Minuit), on aimerait lui serrer la main.\\ iiiiu 135 JEAN LUC BERTINI OPALE L\u2019auteur Éric Chevillard n\u2019est pas ordinaire.Dans Juste ciel, son Albert Moindre, au ciel, revoit sa vie et refait les comptes.Chevillard n\u2019est pas ordinaire.Son Moindre, au ciel, revoit sa vie et refait les comptes.Chaque instant peut-il être compté?De tous ses gestes, aussi inutiles qu\u2019absurdes, il dresse un bilan qui se change en plainte, grief, jérémiade et récrimination.Que penser de ce disque dur mémoriel, sous l\u2019œil vétilleux et calculateur du personnage évalué ?Moindre mérite-t-il une punition, l\u2019oubli ou une réincarnation dans le tourbillon?Karma de la sottise ! La pochade est délirante.Où Chevillard trouve-t-il, sinon dans la fiction, ces trésors hors du sens commun, surprises, ridicules, divertissements et avatars qui ressemblent tant à nos vies ?De sa verve romanesque, de ses chroniques au Monde et sur son blogue L\u2019Autofictif, la source jaillit, poésie papillonnant à la manière de Fernando Pessoa.Crâce à l\u2019humour, son rire débusque l\u2019histoire, l\u2019économie, la décadence ordinaire, tous les renoncements à la vertu, et ses personnages, au fond, ne donnent aucun espoir sur ce qui aurait pu être, ici ou ailleurs : un potentiel de ridicule supplémentaire, tellement réel.«Petite gymnastique spirituelle», !\u2019« Observatoire» philosophique de Chevillard s\u2019enrichit ainsi de ce mort en sursis de jugement, par un détour brut et désopilant dans les repérages incongrus de ce Moindre mal, bipède trépassé.Poursuites Existence Deux romans aussi différents qu\u2019agréables: Le grand courage (L\u2019Olivier) de Sébastien Amiel et Sous un ciel immense (Wes-pieser) de Catherine de Saint-Phalle.Le premier raconte une terrible querelle entre deux frères.Le second se distingue par la qualité de l\u2019écriture, perlée, pour raconter l\u2019éternel essentiel, l\u2019amour.Un livre mâle (qui n\u2019est pas de guerre), un livre féminin (qui n\u2019est pas sentimental), si tant est que ces archétypes aient un moindre sens, des livres de présence.D\u2019Amiel: «Elle porte un pull trop grand, étiré encore par le poids de l\u2019eau.Ses mains sont enfouies dans ses manches.Ses bras croisés sur son absence de poitrine.Elle tremble peut-être.» Transparent mais visible.De Saint-Phalle: «J\u2019aime la couleur grise.Elle est tendre comme la brume, comme la fumée, les ânes et la pluie \u2014 comme le chat.Il pleut épisodiquement avec un vent froid du sud.[.] Mitali est heureuse.» Des phrases glissantes, entre des films et d\u2019autres livres que l\u2019auteure nomme en passant Ces auteurs respirent dans un espace vaste.Amiel écrit du sud de la France, décalé des modes.De Saint-Phalle vit en Australie.Et de fait, cette géographie participe à notre lecture, permettant à l\u2019imaginaire d\u2019éclore à neuf, en présence de personnages qui nagent gracieusement dans l\u2019expérience humaine.Détente Quoi encore?Un best-seller?Cré-goire Delacourt, dans La liste de mes envies (JC Lattès, 2012), avait trouvé la recette du succès.Il récidive avec Les quatre saisons de l\u2019été QC Lattès), qui se lira aussi légèrement que le précédent, sur un mode plus altruiste.Portraits de femmes en volets distincts, à prendre en apéro, sans craindre de fatigue.Collaboratrice Le Devoir AEROPORT SUITE DE LA PAGE F 1 n\u2019est jamais la chose la plus urgente, c\u2019est la dernière commission à faire avant de partir», dit la libraire, qui voit régulièrement ses clients arriver à la dernière minute parce qu\u2019ils avaient oublié de s\u2019en procurer avant de sauter dans le taxi.Une impression que confirme Sara Hinckley, vice-présidente à l\u2019achat des livres chez Hudson Booksellers, boutiques anglophones qu\u2019on retrouve autant, dans les aéroports du Canada anglais qu\u2019aux Etats-Unis.«On a des clients qui n\u2019ont pas le temps de lire au quotidien, alors lorsqu\u2019ils vont à l\u2019aéroport, c\u2019est la fois où ils achètent un livre, pour avoir quelque chose à lire sur le bord de la plage.» Chez les anglophones aussi, les livres publiés quelques années plus tôt ont la cote.M™® Hinckley estime que le phénomène serait peut-être aussi influencé par le magasinage en ligne, qui nous fait oublier les anciens titres au profit des nouveautés.«Les librairies d\u2019aéroport permettent de redécouvrir les classiques et les vieux best-sellers», dit-elle.Spécificité culturelle La sélection des livres varie d\u2019un aéroport à l\u2019autre, car chacun a sa personnalité.«Ce serait tellement simple de pouvoir envoyer la même boîte à tous les aéropprts», s\u2019exclame Sara Hinckley.En transit aux Etats-Unis, les globe-trotteurs retrouveront beaucoup de livres d\u2019affaires et de gestion d\u2019entreprise, un rayon toutefois moins populaire dans les terminaux canadiens.Tout comme du côté des livres francophones, les auteurs Paulo Coelho, Dan Brown, John Crisham sont des abonnés de ces étals.Il en va de même, pour les livres-jeux (sudokus, mots croisés).À YUL, les guides de conversation de poche (surtout de langue espagnole) sont prisés des Québécois qui vont vers les destinations soleil, tout comme les biographies ; et les Québécois ont un penchant pour Danielle Le bon livre de voyage En vol, l\u2019activité préférée du voyageur demeure la lecture, et ce, bien avant de flâner sur le Wi-Fi disponible dans les airs ou de regarder un film sur le trop petit écran encastré dans le siège devant.Ùl libraire Marie-Hélène Vaugeois a nommé les critères d\u2019un bon livre à glisser dans son bagage à main.Un livre de poche.«C\u2019est le critère premier: pas trop gros, ni trop épais.Ce n\u2019est pas le moment de lire Les bienveillantes ou du Jean-Paul Sartre.» Un livre qu\u2019on aura le temps de lire dans l\u2019avion.«Car soyons francs, à part si on fait de la plage ou qu\u2019on prévoit passer ses vacances à lire, on a moins de temps qu\u2019on pense et on lit toujours moins qu\u2019on en a l\u2019ambition.» Un livre qu\u2019on va laisser derrière soi.«Pour moi, l\u2019exemple parfait du livre à lire en vol, c\u2019est La délicatesse de David Foenkinos.Je me souviens être entrée dans l\u2019avion, et l\u2019écran devant moi ne fonctionnait pas.Je n\u2019ai pas l\u2019habitude de lire en avion, mais fai toujours un bouquin au cas où.Je me rappelle l\u2019avoir lu d\u2019un couvert à l\u2019autre.Ça a été l\u2019un des plus beaux vols de ma vie.» Steel et Michael Connelly, tandis que les Français accrochent le dernier Houellebecq, du Modiano ou un bouquin pour déchiffrer l\u2019accent québécois.Outre les romans, les récits de vie sont très populaires auprès des Québécois, remarque Pierre Tremblay.Chez les lecteurs anglophones, en plus de la fiction, les livres d\u2019humour sont très aimés.«Bossypants (Little, Brown & Cie) de Tina Fey fonctionne à plein régime depuis cinq ans.Les gens aiment bien se dérider en voyage», précise Sara Hinckley.Son lecteur, elle le voit comme une personne éduquée, cultivée, ayant un revenu supérieur à la moyenne.«Je pense qu\u2019en général, les gens sous-estiment l\u2019appétit du Palmarès des livres de poche francophones vendns à YUL 1.\tLe manipulateur, John Grisham 2.\tDemain, Guillaume Musso 3.\tCentral Park, Guillaume Musso 4.\tAleph, Paulo Coelho 5.\tUn sentiment plus fort que la peur, Marc Lévy Palmarès des livres grand format francophones vendns àYUL 1.\tLa jeune millionnaire, et les secrets \u2014 parfois tristes \u2014 de son succès, Eliane Gamache Latourelle 2.\tLa vie cachée de Fidel Castro, Juan Reinaldo Sanchez 3.\tLe Why Café, de John P Strelecky 4.\tElle et lui, Marc Lévy 5.\tCe qui se passe au Mexique.reste au Mexique, Amélie Dubois voyageur pour la lecture de fiction et de non-fiction plus sérieuse.Je crois que le goût des consommateurs surprendrait plusieurs personnes.» Bien sûr, l\u2019aéroport reste un endroit où le voyageur est captif, où il se permet de petite^ indulgences qu\u2019il ne s\u2019offre pas à la maison.À l\u2019instar de bien des voyeurs, l\u2019aéroport est l\u2019endroit où Marie-Hélène Vaugeois se permet d\u2019acheter Paris Match.«Après tout, le but en voyage, c\u2019est de te détendre.Et il faut dire que si je voyais Mafia inc.ou Le prix à payer traîner sur une table, je les feuilletterais!», dit-elle dans un grand éclat de rire.Le Devoir WlfflsJ du CiliUOMjU Distribution Prologue M Librairie .ÛYjeUt L'été en poche ! Explorez le monde à travers sa littérature Du 12 juin au 30 août 2015 La Librairie Monet vous propose le meilleur de la littérature en format de poche.lormamlie \u2022 2752, rue de Salabéhy \u2022 Montréal (QC) H3M 1L3 Tel : 514-337-4083 \u2022 librairiemonetcom \u2022 monet.leslibraire$.ca LE DEVOIR, LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 JUIN 2015 F5 LECTURES DITE ARCHIVES ANGELO MARIA PELLEGRINO/ LE TRIPODE C\u2019est dans une «joyeuse et folle maison», loin des hordes de touristes qui étouffent Rome, que Goliarda Sapienza a rempli pendant dix ans, au Bic à l\u2019encre noire, avec une discipline militaire, les pages brûlantes de Uart de la joie, son chef-d\u2019œuvre presque maudit.Goliarda Sapienza ou l\u2019art de la liberté Christian ' Desmeules - Un samedi matin de mai, dans un quartier tranquille de Rome.Minuscule ascenseur, vestibule, bureau tapissé de livres et de souvenirs.Une grande terrasse au dernier étage d\u2019un immeuble, qui s\u2019ouvre d\u2019un côté sur la canopée de pins parasols du grand parc de Villa Glori.C\u2019est dans cette «joyeuse et folle maison», loin des hordes de touristes qui étouffent aujourd\u2019hui la capitale italienne, que Goliarda Sapienza a rempli pendant dix ans, au Bic à l\u2019encre noire, avec une discipline militaire, les pages brûlantes de L\u2019art de la joie, son chef-d\u2019œuvre presque maudit.Compagnon de Sapienza pendant vingt ans, Angelo Pellegrino y vit toujours, entouré des manuscrits et de la mémoire de l\u2019écrivaine décédée en 1996.Longue conversation avec «il prof essore», qui me raconte en italien et avec générosité la trajectoire de ce livre immense, aujourd\u2019hui publié et traduit en plus de vingt langues.Un hymne baroque à la liberté, à l\u2019insoumission et au pouvoir de la parole littéraire, qu\u2019il évoque un peu dans un petit livre qui vient de parai tre, Goliarda Sapienza, telle que je l\u2019ai connue.Après le long combat de cet homme pour éditer le manuscrit et le faire publier en Italie (essuyant refus sur refus de la part des éditeurs), c\u2019est le succès de la traduction française de L\u2019art de la joie en 2006, aux éditions Viviane Hamy, stimulé par l\u2019enthousiasme de la traductrice Nathalie Castagné et de Frédéric Martin (qui a depuis fondé sa propre maison, Le Tripode, nouveau havre de l\u2019œuvre complète de l\u2019écrivaine), qui a permis la redécouverte de Goliarda Sapienza en Italie et à travers toute l\u2019Europe.L\u2019écriture fougueuse, incandescente Heureux les nouveaux lecteurs qui pourront faire connaissance avec ce grand livre, dans une nouvelle traduction, aujourd\u2019hui plus conforme à la plus récente édition italienne.Avec Modesta, la protagoniste inoubliable de L\u2019art de la joie, se dessine le parcours étonnant d\u2019une femme libre.Féministe, communiste, antifasciste, bisexuelle, en permanence entourée d\u2019une nuée de personnages complexes et vivants, tous transfigurés par l\u2019écriture sensuelle et poétique, fougueuse et incandescente de Goliarda Sapienza.Publié en Italie en 1987, Les certitudes du doute clôt le grand cycle introspectif auquel l\u2019écrivaine avait donné le titre général à\u2019Autobiographie des contradictions, commencé vingt ans plus tôt avec Lettre ouverte.Emprisonnée en 1980 à la prison pour femmes de la Re-bibbia, à Rome, pour une histoire mondaine et alambiquée de vol de bijoux, Sapienza y avait fait la connaissance d\u2019une jeune militante révolutionnaire, Roberta, qui l\u2019a vite subjuguée.«Elle voulait aller en prison, croit encore Angelo Pellegrino.Elle pensait avoir perdu contact avec la réalité.» Des années intenses que Les certitudes du doute fait en partie revivre.«Nous inventions la vie tous les jours, se rappelle-t-il encore.Goliarda avait une grande capacité à s\u2019intéresser aux gens.Elle croyait en l\u2019homme, en l\u2019humanité.Une disposition qui lui faisait prendre des risques, mais qui la faisait aussi souffrir.Elle écrivait avec son sang.» Ce Sicilien de Palerme, comédien à ses heures et romancier, spécialiste de l\u2019Antiquité gréco-romaine et passionné par son ile, où il retourne quelques mois par année, se rappelle avec émotion l\u2019engagement et le quotidien auprès d\u2019une telle femme.Un concentré de Tltalie du XX® siècle Née en 1924 à Catane, dans une famille bigarrée et recomposée, sa mère.Maria Giudice (déjà mère de sept enfants), était une pasionaria révolutionnaire du nord envoyée en Sicile et assignée à résidence par le régime fasciste de Mussolini.Son père, avocat sicilien criminaliste, œuvrait auprès des démunis.Fruit de cette union de feu, petite dernière, Goliarda Sapienza y a grandi avec une liberté folle dans le cœur étriqué de la vieille ville de Catane, serré comme une casbah, sous la menace permanente de l\u2019Etna.A la merci de sa lave qui dévaste et qui nourrit.Une enfance qu\u2019elle a en partie racontée dans Moi, Jean Gahin.Tout à coup, de fil en aiguille, je réalise qu\u2019Angelo Pellegrino me fait toute l\u2019histoire de l\u2019Italie du XX® siècle.La rencontre du nord et du sud, le fascisme, les combats communistes et syndicalistes, la résistance, les efferves- centes années culturelles et politiques de l\u2019après-guerre.Jusqu\u2019aux années de plomb.Une main pointée vers une photo amicalement dédicacée par Luchino Visconti, un cactus vieillissant, un samovar turc.«Nazim Hikmet, le grand poète turc, a déjà dormi sur le canapé où tu es assis.» Sans transition, la conversation bifurque aussi vers la cuisine et se poursuit à table, autour d\u2019un plat de linguine aux œufs de thon, recette sicilienne préparée par sa compagne, Paola, une actrice qui joue en ce moment Lady Mac-Beth et qui rentre tout juste de voyage.Le point d\u2019orgue parfait de ces heures de passion et de grande générosité.cdesmeules@ledevoir.corn GOLIARDA SAPIENZA TELLE QUE JE LAI CONNUE Angelo Maria Pellegrino Traduit de l\u2019italien par Nathalie Castagné Le Tripode Paris, 2015, 64 pages LES CERTITUDES DU DOUTE ET UART DE LA JOIE Goliarda Sapienza Traduit de l\u2019italien par Nathalie Castagné J P 'Tvi'hndp Paris, 2015, 240 et 640 pages CHRONIQUES Petites histoires naturelles RENAUD LUSSIER Les chroniques de François Letourneux peuvent se lire comme autant de petits éloges à la beauté du monde.L\u2019ingénieur agronome français y montre les formes étonnantes de la biodiversité, en racontant l\u2019histoire des coléoptères s\u2019orientant la nuit à la lumière de la Voie lactée ou des fourmis ouvrières mangeuses de feuilles et divisées en castes spécialisées au service de leur reine.D\u2019abord présentés sur les ondes de France Info et de France Inter, les vingt-six courts récits écrits en colla- CHRONIQUES DU VIVANT Nathalie Fontrel décrivent la «société du vivant», que ce soit à l\u2019échelle microscopique des bactéries et autres microorganismes ou à celle du gros mammifère et superprédateur que nous sommes, menaçant pour l\u2019équilibre naturel des écosystèmes.«Pour s\u2019assurer que le tissu vivant de la planète est en bon état, et que la nature fonctionne bien, insiste Letourneux, il faut s\u2019intéresser à tous les mécanismes d\u2019interaction, de complémentarité et de régulation qui sont à l\u2019œuvre.» Mieux connaitre la nature pour mieux la respecter, cela va de soi, et il s\u2019avère d\u2019observer attentivement, comme on le propose à travers quelques exemples, les relations multiples, parfois insoupçonnées, qu\u2019entretiennent entre elles les différentes espèces qui forment la vie sur Terre.A savourer en plein air, les pieds dans l\u2019eau ou au beau milieu de la ville, qui reste un lieu sûr pour les abeilles butineuses fuyant les pesticides des terres agricoles, les Chroniques du vivant invitent les jeunes et les moins jeunes à «établir un nouveau dialogue, amical, avec une nature» dont on commence à peine à mesurer l\u2019étendue de la complexité.Collaborateur Le Devoir CHRONIQUES DU VIVANT Les aventures DE IA BIODIVERSrrÉ Erançois Letourneux et Nathalie Eontrel Buchet/Chastel Paris, 2014,128 pages boration avec la journaliste de plus en plus nécessaire GiMËOSES Promotion à Fâchât de trois livres Du 30 mai au 21 juin 2015 * Rabais à partir du prix courant et ne peut être jumelé à toute autre promotion.Livres en stock seulement, à l'exception des livres scolaires et d'informatique.le Par chemin \u2022 CRÉATEUR DE BONHEUR DEPUIS 1966 Il Berri-UQAM^ librairie@parchemin.ca www.parchemin.ca L\u2019ÉTÉ AU CŒUR DES LIVRES PAUL AUSTER V', Excursions dans ^ la zone intérieure .Traduit de l\u2019anglais (États-Unis) par Pierre Furlan W « Pourquoi ce petit gars du New Jersey appelé Paul Auster, né dans une famille où on ne lisait pas, est-il devenu cet impressionnant, ce magnifique écrivain américain [.]?Dans Excursions dans la zone intérieure, il y a mille réponses.[.] Livre fascinant dans lequel une belle et vibrante intelligence explore l\u2019éveil d\u2019un jeune esprit.» Bernard Pivot, Le Journal du dimanche ANNA RAYMONDE GAZAILLE Déni « [.] [L\u2019auteure] tire les fils de son intrigue de façon admirable et déploie une histoire qui se déplie Intelligemment devant nous.[.] Avec ce deuxième livre réussi en à peine un an, la preuve est faite que le polar québécois compte maintenant une auteure Importante de plus en la personne d\u2019Anna Raymonde Gazaille.» Michel Bélair, Le Devoir MARIE LEFEBVRE Flou « Tableau surréaliste se fondant dans le drame de la mort d\u2019une jeune artiste, Flou se dévoile à travers une myriade de vignettes Inspirées librement de la courte existence de la photographe Francesca Woodman [.].» Jean-François Villeneuve, La Presse /¦ !-\t.W./V\" SARAH ROCHEVILLE Go West, Gloria « Voilà un roman qui vous fera sentir le fort et le fragile, vous fera mal, en vous transportant dans les têtes d'un père narcissique et de sa fille qui en vit les dommages collatéraux.L\u2019auteure explore les états d\u2019âme des deux personnages avec des mots et des images d'une grande puissance [.].» larie-Claude Veilleux, La Tribune POUR DE BONNES VACANCES, PASSEZ CHEZ VOTRE LIBRAIRE.Québec ra ra 514 524-5558 lemeac@lemeac.com F 6 LE DEVOIR, LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 JUIN 2015 LECTURES D\u2019ETE Pourquoi James Bond est-il si populaire s Louis CORNELLIER Je n\u2019ai rien d\u2019un disciple de James Bond.J\u2019ai toujours trouvé les films consacrés à ce personnage commerciaux et insignifiants.Le romancier britannique lan Fleming (1908-1964), créateur du célèbre espion, résumait sa recette par la formule «Bond, Bombs and Blonds» : un espion aventurier, de la violence spectaculaire et de l\u2019érotisme léger.Il ajoutait que ses livres, «des contes de fées pour adultes», s\u2019adressaient aux «mâles au sang chaud».Rien pour attirer un esprit porté sur les choses intellectuelles, quoi.Pourtant, comme vous tous, je connais le personnage, son code (007) et sa plus fameuse réplique: «My name is Bond, James Bond.» Comment expliquer cette popularité ?Frédéric Julien, profes,seur de littérature au cégep Edouard-Montpetit, tente de répondre à cette question dans James Bond encore.Pour une mytha-nalyse de Vagent 007, un bref essai qui élève l\u2019espion au rang de mythe.Le succès du récit bondien, suggère Julien, «ne tient pas seulement à une solide campagne de marketing, mais d\u2019abord et avant tout à ces mystérieux échos venus du fond des âges».Cette thèse, c\u2019est le moins qu\u2019on puisse dire, pousse le bouchon, en comparant Bond à Ulysse, Thésée, Hercule et quelques autres, mais son exposition s\u2019avère un divertissement intellectuel de qualité.Un mythe moderne Le mythe primitif, selon l\u2019historien des religions Mircea Eliade, «raconte une histoire sacrée», ce qui n\u2019est pas le cas du récit bondien.Ce dernier serait donc plutôt un mythe moderne, qui n\u2019a pas la prétention de fournir une signification au monde et à la vie, mais qui peut «servir de modèle et concrétiser \u2014 donc symboliser \u2014 nos aspirations et nos doutes», en incarnant des archétypes, ces symboles universels liés à l\u2019inconscient collectif.En ce sens, explique Julien, James Bond fascine, parce qu\u2019il incarne le héros (force mentale, habiletés physiques, esprit de sacrifice) et le chevalier moderne, doublé du jouisseur dionysiaque.Eternel David qui lutte avec succès contre les Goliath de ce monde.Bond, en effet, fume comme une cheminée, s\u2019imbibe d\u2019alcool et de café (jamais de thé, dit-on) et refuse rarement une partie de jambes en l\u2019air avec des vamps de passage.Playboy irrésistible et invincible.Bond est le mâle alpha, avec de la classe.Julien, dans cet essai, travaille fort pour lui donner de la profondeur en le comparant à de grands personnages mythologiques, et il y parvient parfois, mais les choses, au fond, sont probablement plus simples.Des romans de Fleming, et la remarque peut s\u2019appliquer aux films qui en ont été tirés, le sémiologue Umberto Eco dit, résume Julien, «qu\u2019ils s\u2019appuient volontiers sur /\u2019en-doxa, ces croyances plus ou moins conscientes, partagées par la majorité des gens».Ces derniers, par exemple, croient que le monde est menacé par des méchants qu\u2019on peut vaincre par l\u2019usage d\u2019une saine violence.J\u2019irai plus loin.La majorité des gens croit aussi que l\u2019exotisme, les voyages et l\u2019argent apportent le bonheur, que les femmes, même fortes, sont en demande constante du « vrai homme » (Fleming, note Julien, fait dire à son héros que «toutes les femmes aiment être semi-violées») et que la vie moderne écrase l\u2019individu sous les contraintes TASCHEN Mythe primitif, mâle alpha ou personnage commercial que ce James Bond ?Les livres sur le héros se multiplient.Même les éditions Taschen ont consacré un ouvrage de collection à Tespion, The James Bond Archives 007, de Paul Duncan, dont est tirée notre photo.(pas d\u2019alcool, pas de tabac).Espion international, violent et flegmatique, riche tombeur et jouisseur.Bond incarne bel et bien un mythe, mais c\u2019est essentiellement celui du modèle impérialiste et machiste anglo-saxon considéré comme la référence ultime.Or, ce mythe n\u2019est pas «un mystérieux écho venu du fond des âges», mais le résultat de la propagande impérialiste.Bond, en ce sens, n\u2019est pas tant un héros qui titille notre inconscient collectif, comme le suggère Julien, que le nom d\u2019une machine de guerre idéologique et commerciale qui paralyse la pensée critique.Le Bond de Boyd Sollicité par les héritiers de Fleming pour écrire une nouvelle aventure de James Bond, le réputé romancier britannique William Boyd a accepté de relever le défi.Trépidant roman d\u2019aventures et d\u2019espionnage.Solo reprend tous les codes propres à la série, mais s\u2019amuse à les pervertir légèrement.En 1969, Bond, 45 ans, doit intervenir pour faire cesser une guerre civile au Zanzarim, un petit pays (fictif, mais inspiré du Nigeria-Biafra) d\u2019Afrique occidentale.L\u2019espion, comme d\u2019habitude, fume et boit beaucoup, s\u2019envoie en l\u2019air avec de divines créatures, est sans cesse trahi, mais rebondit et multiplie les exploits, parfois au mépris de ses supérieurs, d\u2019où le titre du roman.Boyd, qui a déclaré au Monde que Fleming «a créé un personnage mythique», mais qu\u2019il écrivait mal, concocte ici une intrigue riche, limpide \u2014 une rareté dans le genre \u2014 et nerveuse.Il attribue même à Bond de troublantes réminiscences liées à sa participation à la Seconde Guerre mondiale et quelques doutes critiques quant à la légitimité de sa mission.«Ne vous mêlez pas de ça», lui intime M, son patron.Les émules de l\u2019espion.abîmés dans l\u2019action, respectent cette injonction.Pas moi.Voilà pourquoi, même en été, je ne suis pas des leurs.louisco@sympatico.ca JAMES BOND ENCORE Pour une mythanalyse DE l\u2019agent 007 Frédéric Julien Poètes de brousse Montréal, 2015, 96 pages SOLO William Boyd Traduit de l\u2019anglais par Christiane Besse Points Paris, 2015, 360 pages PHILOSOPHIE Thoreau, prince des bois d\u2019Amérique Des textes de jeunesse d\u2019un maître de la sagesse écologique MICHEL LAPIERRE Inédits en français, les écrits de jeunesse de Henry David Thoreau (1817-1862) dépassent les simples dissertations demandées par ses maîtres à Harvard.Ils annoncent l\u2019œuvre future et même la devancent par un cri : « Que de maux engendrés par ces termes magiques: Nord, Sud, Est et Ouest! Que ne pouvions-nous nous contenter d\u2019un Ouest puissant, qui englobe tout, en laissant les trois autres points cardinaux au Vieux Continent?» Vivre comme un prince, le titre du recueil, préfacé aujourd\u2019hui par le philosophe français Michel Onfray, qui y voit une pensée sœur de la sienne, est emprunté au sujet imposé d\u2019une dissertation faite en 1835.Il s\u2019agit de vivre dans «l\u2019orgueil de la liberté» propre au lettré qui se définit alors comme suit: «Maître de mes livres et de mon temps.» Le jeune homme de 18 ans développe l\u2019idée avec à la fois enthousiasme et maturité.Thoreau s\u2019écrie.* «Heureux l\u2019homme qui a tout ce qu\u2019il lui faut pour apprécier la solitude!» Elle permet au privilégié de résumer la sagesse d\u2019un trait: «Là où il y a la sincérité, il y a aussi la vérité.» La piste de celui qui se met totalement à l\u2019écoute de la nature se trace déjà, dans les bois de sa Nouvelle-Angleterre natale, au fil des pages écrites à Harvard entre 1833 et 1837.Le « sauvage » avant le bûcheron La pensée de Thoreau se rapproche de celle de Jean-Jacques Rousseau, mais elle la concrétise beaucoup en faisant de Y«homme naturel» du Discours sur l\u2019inégalité (1755) non plus un modèle théorique, mais un compagnon en chair et en os: l\u2019Amérindien.Elle le célèbre: «Il n\u2019écoute jamais le tonnerre, mais il se souvient du Grand Esprit: c\u2019est sa voix.a.Les plaisirs de rimagination ne sont pas fugaces et volatils; la force de celle-ci se trouve plutôt accrue qu\u2019épuisée par l\u2019exercice)y Extrait de Vivre comme un prince Pour lui, l\u2019éclair est moins effroyable que sublime, l\u2019arc-en-ciel est moins beau que merveilleux, le soleil est moins chaud que glorieux.» L\u2019autochtone que Thoreau appelle le «sauvage», c\u2019est-à-dire l\u2019homme des bois, préfigure Alex Therien, comme un frère.De ce bûcheron canadien, l\u2019écrivain glorifiera la simplicité du cœur autant que la curiosité intellectuelle dans le plus représentatif de ses livres, Walden (Albin Michel) qu\u2019il publiera en 1854.Sur le travailleur venu de la HENRY DAVID THOREAU VIVRE COMME UN PRINCE vallée du Saint-Laurent pour gagner sa vie en Nouvelle-Angleterre, son compagnon dans la solitude écrira: «Je découvrais parfois, joliment tracé dans la neige du talus de la grand-route, le nom de sa paroisse natale, avec les accents français de rigueur, et ainsi je savais qu\u2019il était passé par là.» Dès 1835, le jeune Thoreau, séduit par l\u2019Amérique du Nord profonde d\u2019un autochtone ou d\u2019un Alex Therien, déplore «une adoration servile du génie importé» dans la sensibilité esthétique.Affranchie de la tutelle euro- LOUIS BLANCHETTE DISPARUS EN MER \" Une histoire troubiante.Une histoire vraie.Une iecture passionnante.Disparus en mer explique le naufrage du B.F.survenu dans la nuit du 14 mai 1952 et le situe dans son contexte historique.Le récit jette un éclairage nouveau sur ce drame de la navigation qui a ébranlé la communauté maritime et l'a laissée sans réponse pendant des décennies.Le silence entourant le naufrage iu B.f., le navire des frères lernier dans le Saint-Laurent ISBN 978-2-9802958-3-6 prix: 25 $ PRIX D'EXCELLENCE 2014 décerné par l'Alliance québécoise des éditeurs indépendants \" Mention spéciale du jury\" Commandez le livre auprès de l'auteur ou chez votre libraire préféré.www histograffediteurcom \u201e info@histograffediteurcom Tel 418733-1371 péenne, «notre littérature va bientôt devoir se débrouiller seule», précise-t-il, conscient ç{\\x\u2019«un Ouest puissant », un nouvel Occident naîtra d\u2019elle pour réorienter l\u2019Univers, comme le rêvent les écrivains les plus vrais.Collaborateur Le Devoir VIVRE COMME VN PRINCE Ecrits de jeunesse Henry David Thoreau Traduit de l\u2019anglais par Thierry Gillybœuf Flammarion Paris, 2015, 176 pages La Vitrine Laure Morali La route des vents RECIT DE VOYAGE LA ROUTE DES VENTS Laure Morali La Part Commune Rennes, 2015,163 pages Laure Morali, née en Bretagne, vit à Montréal.La route des vents raconte ses voyages le long du Saint-Laurent et au Grand Nord.Là, elle s\u2019est fait des amis, certains autochtones.Divisé en quatre parties \u2014 la mer, le ciel, la terre et le feu \u2014, ce récit clair et bien orchestré rapporte le mariage des hommes et de la nature, une lente initiation à l\u2019espace, au silence et aux rencontres chaleureuses.Ces tableaux vivants font un havre de paix : « Ces morceaux de peau de planète à nu me laissent le sentiment d\u2019appartenir à un ordre élémentaire dont nous aurions oublié les lois.» Tendre et floconneux hommage à la culture des habitants du froid et du Nord.Guylaine Massoutre Vers Phumanité de demain Kazuo ISHIOU^ Une allégorie intrigante, envoûtante! géanU înfo^i Aussi subtil que puissant! LIVRES HEBDO Une lecture envoûtante ?LA PRESSE Formidable œuvre! GLOBE AND MAIL Québec SI Canada Ê, F I D E S groupefides.com "]
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