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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2015-06-17, Collections de BAnQ.

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[" FrancoFolies de Montréal Les âges d\u2019or de CaK Page B 8 Energie Est Embrouille au PQ sur la position à adopter Page A 3 www.ledevoir.corn 4- LE DEVOIR Vol.C V I NM 3 4 LE DEVOIR, LE MERCREDI 17 JUIN 2015 1,13 $ + TAXES = 1,30 $ Trudeau promet une réforme du système électoral HÉLÈNE BUZZETTI Correspondante parlementaire à Ottawa \\ A ceux qui l\u2019accusent encore de manquer de substance, le chef du Parti libéral, Justin Trudeau, a répondu mardi par une brique politique contenant une bonne trentaine de promesses.Toutes visent à modifier le rapport entre les citoyens et leur gouvernement fédéral ou la façon dont Ottawa opère.Mais c\u2019est sans conteste l\u2019engagement de mettre fin au mode de scrutin actuel qui risque d\u2019attirer le plus l\u2019attention.«Nous nous engageons à ce que l\u2019élection 2015 qui s\u2019en vient soit la dernière conduite au Canada, au niveau fédéral, selon le système uninominal à un tour.Nous nous engageons à déposer un projet de loi à cet égard dans les 18 premiers mois», a déclaré M.Trudeau alors qu\u2019il se trouvait en compagnie de ses députés et candidats à l\u2019élection.S\u2019il est élu, le PLC s\u2019engage ainsi à mettre sur pied un comité parlementaire multipartite spécial qui devra proposer des options au gouvernement : faut-il adopter le bulletin de vote préférentiel (sur lequel l\u2019électeur numérote les candidats par ordre de préférence) ?Instaurer la représentation proportionnelle ?Rendre le vote obligatoire ?Permettre le vote en ligne ?Un gouvernement Trudeau rédigera le projet de loi à partir des recommandations reçues.Pourquoi ne pas plutôt indiquer maintenant sa préférence quant au modèle à adopter?Pour ne pas avoir l\u2019air de servir l\u2019intérêt du Parti libéral du Canada, plaide Trudeau.«Nous n\u2019allons pas dire aux gens quelle est la meilleure solution parce que le cynisme que les gens nourrissent à propos de l\u2019intérêt des partis politiques colorera toujours les propositions mises de l\u2019avant par un parti en particulier Nous voulons faire les choses correctement.Il n\u2019est pas question ici de la prochaine élection, mais de l\u2019avenir de notre démocratie.» L\u2019organisation Pair Vote Canada, dont les 60 000 membres militent pour une forme de représentation proportionnelle, se réjouit de cette annonce.La directrice générale, Kelly Carmichael, ne s\u2019offusque pas qu\u2019aucune approbation citoyenne (par référendum) ne soit VOIR PAGE A 8 : TRUDEAU Les écrits « subversifs » de Raie Badawi % Z JACQUES NADEAU LE DEVOIR Ensaf Haidar, la conjointe de Raïf Badawi.Le blogueiu- a été condamné l\u2019an dernier à 10 ans de prison et 1000 coups de fouet.Il est cependant emprisonné depuis trois ans.Le fouet et dix ans de prison pour ça Les chroniques libérales du Saoudien sont maintenant traduites EABIEN DEGLISE Ctt est Raïf Badawi lui-7 même qui raconte l\u2019anecdote depuis la prison d\u2019Arabie Saoudite où il croupit: un jour, le jeune blogueur saoudien emprisonné pour délit d\u2019opinion et blasphème va aux toilettes et s\u2019étonne d\u2019y trouver sur les murs sales, entre papier souillé et excréments, un graffiti placé au milieu d\u2019une centaine d\u2019autres.Il lit: «La laïcité est la solution».Le libre penseur, entouré depuis trois ans \u2014 exactement ce mercredi, jour pour jour \u2014 «d\u2019individus incarcérés pour infractions pénales, allant de l\u2019assassin au voleur, jusqu\u2019au trafiquant de drogue et au pédophile» est «stupéfait», écrit-il en guise de préface de 1000 coups de fouet, parce que j\u2019ai osé parler librement (Edito), recueil de 14 chroniques interdites faisant partie de l\u2019ensemble d\u2019une œuvre littéraire et réflexive qui l\u2019a conduit derrière les barreaux au pays du roi Salmane.«Je me frotte les yeux pour m\u2019assurer que je vois bien ce que je vois.[.] Je souris, et me mets à réfléchir à qui a bien pu écrire ces mots dans une prison où s\u2019entassent des milliers de prisonniers de droit commun.» La question se pose en effet.Et elle n\u2019est pas la seule à émerger de ce bouquin lancé mardi à Montréal, en présence d\u2019Ensaf Haidar, femme du dissident, exilée à Sherbrooke avec ses enfants, pour souligner le triste anniversaire de son VOIR PAGE A 8 : BADAWI Feu vert aux frais accessoires Le ministre de la Santé va baliser leur utilisation pour contrer des abus JESSICA NADEAU Se disant incapable de financer davantage les cliniques médicales spécialisées, le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, s\u2019apprête à refiler la facture aux patients en «normalisant» les frais accessoires.«Je pourrais très bien arriver et dire, à partir de maintenant, je couvre la totalité du service en question dans la RAMQ.Mais quand j\u2019ai fait l\u2019évaluation récemment \u2014 ça fait un mois que je suis là-dessus \u2014, c\u2019est une facture qui peut grimper jusqu\u2019à au moins 50 millions de dollars, explique le ministre Barrette en entrevue.Est-ce que moi, j\u2019ai les moyens de ramener dans le public toutes ces activités ?La réponse à ça, budgétairement, c\u2019est non.Maintenant, est-ce que je peux mettre en place une réglementation qui vient normaliser la situation, c\u2019est-à-dire enlever toute possibilité d\u2019abus et encadrer d\u2019une façon très serrée le coût au patient et l\u2019uniformiser, la réponse c\u2019est oui.» Le ministre entend donc permettre aux cliniques de facturer des frais accessoires qui seront déterminés par un comité tripartite, composé du ministère, des fédérations médicales et d\u2019un expert indépendant.Ce dernier évaluera le coût réel d\u2019un soin assuré offert en clinique privée qui servira de référence.Les cliniques seront autorisées à facturer au patient un frais supplémentaire allant jusqu\u2019à 15% du prix coûtant.Les frais accessoires seront permis seulement dans les cas où ils sont déjà existants, assure le ministre.« Ce ne sera pas le bar ouvert et il n\u2019y aura pas de nouveaux frais accessoires.» Question d\u2019habitude Le ministre estime qu\u2019il n\u2019y aura pas de réelle opposition de la part des patients qui sont habitués de débourser un certain montant en plus de présenter leur carte soleil lorsqu\u2019ils subissent une côlonoscopie ou une vasectomie dans une clinique privée.«Le fait d\u2019avoir une partie payante dans certaines circonstances en cabinet, c\u2019est clairement quelque chose qui est accepté au VOIR PAGE A 8 : ERAIS CLEMENT ALLARD LA PRESSE CANADIENNE Le ministre libéral Gaétan Barrette Aujourd\u2019hui Editorial > Son Montréal.Un texte de Bernard Descôteaux.Page A 6 Idées > Au temps de Jean Doré.Une lettre de Pierre Le François.Page A 7 Actualités > Un lourd bilan.Une chronique de Manon Cornellier sur le bilan démocratique du gouvernement de Stephen Harper à quelques mois des élections.Page A 3 Idées > Gilles, Gilles, Gilles.Une chronique de Francine Pelletier.Page A 7 Culture > Fermeture de Livre d\u2019ici, la revue des professionnels de l\u2019édition.Page B 8 Le Monde > Washington élimine le numéro 2 d\u2019al-Qaïda, portant l\u2019un des coups les plus sévéres à cette organisation terroriste depuis la mort d\u2019Oussama ben Laden.Page A 5 Avis légaux.Décès Météo Mots croisés.Petites annonces.Sudoku.B5 B6 B4 B4 B6 B3 77831303444825 A 2 LE DEVOIR LE MERCREDI 17 JUIN 2015 ACTUALITES Un livrel souvenir du Devoir sur Parizeau Qui dont est Jacques Parizeau?Nous connaissons, ou pensons bien connaître l\u2019homme public qu\u2019il fut.Depuis son décès sont revenus à notre mémoire ses réalisations, son engagement politique, sa conviction que le Québec allait un jour réaliser son destin vers lequel il a fait tout ce qu\u2019il pouvait pour l\u2019y conduire.Et bien sûr, sa contribution exceptionnelle à l\u2019édification d\u2019un Québec moderne.Au lendemain de son décès et dans les jours qui suivirent.Le Devoir a publié une grande quantité de textes rappelant la riche feuille de route du politicien, de l\u2019économiste et du professeur.Y prennent la plume ses compagnons d\u2019armes, ses collègues ministres, députés ou professeurs, ses conseillers, des adver- saires aussi et des journalistes.Nous avons réuni dans un livrel l\u2019ensemble de ces publications à conserver, qui rendent hommage tant à l\u2019homme pul)lic qu\u2019à l\u2019homme privé.A travers les souvenirs d\u2019hommes et de femmes qui témoignent de la vie de « Monsieur», ce livre-hommage permet tant de se rappeler que de comprendre Jacques Parizeau.Disponible sur la boutique virtuelle du Devoir (boutique.lede-voir.com), il rassemble les textes de Gilles Vigneault, Lise Payette, le dernier témoignage de Lisette Lapointe, les hommages des premiers ministres Pauline Marois, Bernard Landry et Lucien Bouchard, et plusieurs autres pièces d\u2019anthologie.Bernard Descôteaux Directeur du Devoir Aide médicale à mourir : un délai inévitable selon Peter MacKay HELENE BUZZETTI Correspondante parlementaire à Ottawa Jugement de la Cour suprême ou pas, l\u2019aide médicale à mourir ne deviendra pas une réalité \u2014 légale à tout le moins \u2014 sous peu.Le ministre de la Justice fédéral, Peter MacKay, estime qu\u2019il est inévitable qu\u2019Qttawa demande à la Cour suprême de suspendre un peu plus longtemps que prévu l\u2019application de son jugement.«Aurons-nous assez de temps ?Certainement pas pendant la vie de ce Parlement.La Cour suprême nous a donné jusqu\u2019à la mi-février [.] et je soupçonne que ce sera très probable qu\u2019un gouvernement élu après le 19 octobre devra demander une prolongation», a déclaré M.MacKay lors d\u2019un point de presse.Quand on lui demande ce qui lui fait croire que les juges accepteraient d\u2019accorder un tel délai, qui avait été discuté et rejeté pendant les audiences, le ministre se montre incisif.«Je rappellerais au tribunal qu\u2019il lui a fallu 20 ans pour infirmer sa propre décision Rodriguez.Il lui a fallu 16 mois pour casser la décision de la Cour d\u2019appel de Colombie-Britannique dans la cause Carter.Alors je pense que ce serait une requête raisonnable.» En février dernier, les neuf juges de la Cour suprême ont tranché à l\u2019unanimité qu\u2019il fallait décriminaliser l\u2019aide médicale à mourir dans le cas de personnes atteintes de «problèmes de santé graves et irrémédiables» leur causant des souffrances «persistantes» leur étant «intolérables».Le tribunal, qui cassait ainsi sa décision prise en 1993 dans la cause Sue Rodriguez, a accordé un sursis de, 12 mois au gouvernement.A la mi-février 2016, les articles du Code criminel interdisant l\u2019aide à mourir deviendront nuis.Le Québec n\u2019a pas été consulté Malgré ce court délai, Qt-tawa n\u2019a toujours pas annoncé ce qu\u2019il entendait faire pour répondre au jugement.«Nous n\u2019avons rien annoncé \u2014 et je vous promets qu\u2019on annoncera quelque chose \u2014, mais cela ne veut pas dire que nous sommes restés à rien faire, insiste le ministre MacKay.Nous avons mené beaucoup de consultations en coulisse avec d\u2019importants intervenants, et cela se poursuit.» Parmi ces intervenants figurent des provinces, indique le ministre, mais «pas le Québec», pourtant la seule province à avoir légiféré en la matière.La loi québécoise sur les soins en fin de vie devrait entrer en vigueur en décembre.Le jugement de la Cour suprême va encore plus loin que la loi québécoise en ce qu\u2019il autorise l\u2019aide à mourir même dans le cas de personnes qui ne sont pas en fin de vie.Le ministre MacKay n\u2019a pas indiqué comment il songe répondre au jugement, mais il lui apparaît nécessaire de combler le vide juridique créé par l\u2019invalidation des articles du Code criminel.«Ne pas le faire, je crois, serait dangereux et irresponsable.» Avec La Presse canadienne Le Devoir Félicitations à nos lauréats! PRIX FLORENCE -RAYONNEMENT INTERNATIONAL Élaine Roy Certificat en santé communautaire PRIX LIZETTE-CERVAIS -CATÉGORIE RADIO Julie Robert Certificat en journalisme CALA FORCES AVENIR PREMIER PRIX - CATÉGORIE ENTRAIDE, PAIX ET JUSTICE Samuel Fleurent Beauchemin Certificat en gestion philanthropique BOURSE DE L\u2019ASSOCIATION DES JOURNALISTES INDÉPENDANTS DU QUÉBEC (AJIQ) - LE DEVOIR Francis Malin Certificat en Journalisme FONDATION JEAN LAPOINTE -STAGE À L\u2019ÉTRANGER Sébastien Lacelle Certificat en toxicomanies DONNEZ - VOUS -PLUS DE CRÉDITS JACQUES NADEAU LE DEVOIR Au cours des dix dernières années, trois études réalisées par des firmes externes ont révélé que le Service des technologies de l\u2019information n\u2019était pas en mesure de gérer avec efficacité les systèmes informatiques de la Ville.RAPPORT DU VÉRIFICATEUR GÉNÉRAU Montréal a du chemin à faire pour devenir une ville intelligente JEANNE CORRIVEAU L> administration Coderre ' pourra-t-elle réaliser son rêve de faire de Montréal la ville la plus intelligente du monde en 2017?Le rapport du vérificateur général de la Ville de Montréal, Jacques Bergeron, soulève certains doutes sur la capacité de la Ville d\u2019atteindre cet objectif L\u2019un des chapitres du rapport du V.G.rendu public lundi est consacré à la gouvernance des technologies de l\u2019information.Au cours des 10 dernières années, trois études réalisées par des firmes externes ont révélé que le Service des technologies de l\u2019information n\u2019était pas en mesure de gérer avec efficacité les systèmes informatiques de la Ville.Un plan directeur élaboré à la suite des deux premières études n\u2019a jamais été entériné.Lt en 2008, le départ abrupt du directeur des systèmes d\u2019information et de l\u2019ensemble des contractuels à la suite d\u2019allégations de surfacturation et de collusion «a créé un état de crise qui a duré plusieurs mois», souligne le rapport.Améliorations requises La troisième étude, réalisée en 2012, a conclu que le niveau de maturité de la Ville en matière de technologies de l\u2019information atteignait un maigre 1,5 sur une échelle de 5.«A un niveau 1,5, c\u2019est un mode réactif On est vraiment dans une shop informatique de bas niveau», a expliqué Jacques Bergeron lors d\u2019une conférence de presse mardi pour présenter son rapport annuel.«C\u2019est un système opérationnel, pour gérer le système de payes ou les ressources humaines, mais pas nécessairement une architecture qui permettrait d\u2019intégrer de nouvelles applications à la mode, au goût du jour.» Au cours des derniers mois la Ville a créé le Bureau de la ville intelligente et mis en place plusieurs mesures pour améliorer la gouvernance du Service des technologies de l\u2019information, mais le V.G.estime qu\u2019il est trop tôt pour juger de leur efficacité.11 recommande donc à la Ville d\u2019adopter un plan stratégique avec des objectifs et des échéanciers détaillés.«Il faut dire que le rapport porte un jugement sur la situation qui prévalait en 2014», a rétorqué le responsable de la ville intelligente du comité exécutif, Harout Chitilian, qui a soutenu qu\u2019à son arrivée en poste l\u2019an dernier, il avait fait les mêmes constats que le vérificateur général.Depuis, plusieurs gestes ont été faits pour moderniser les structures du Service des technologies de l\u2019information et améliorer sa gouvernance avec, notam- ment, la nomination d\u2019un nouveau directeur en novembre dernier, a-t-il rappelé.Suivi des recommandations Le rapport annuel du V.G.s\u2019est penché sur une douzaine de dossiers.Jacques Bergeron a déploré que la Ville n\u2019applique pas avec plus de diligence les recommandations faites au fil des ans.Alors que la Ville avait pour cible la mise en place de 70% des recommandations du V.G., ce taux n\u2019a atteint que 44% l\u2019an dernier.Le président du comité exécutif, Pierre Desrochers, a assuré que les recommandations du V.G.étaient prises au sérieux.«Ça fait partie de notre processus d\u2019amélioration continue, a-t-il dit.Fondamentalement, on a un désir de répondre à chacune des recommandations.» Le Devoir NEGOCIATIONS EN SANTE ET EN EDUCATION La CSN rejette les offres du gouvernement LIA LEVESQUE \\ A son tour, la CSN rejette les offres gouvernementales en vue du renouvellement des conventions collectives dans les secteurs de l\u2019éducation, de la santé et des services sociaux ainsi que des organismes gouvernementaux, estimant qu\u2019elles exigent des concessions inacceptables quant à la sécurité d\u2019emploi et à la conciliation travail-famille.Les quatre fédérations du secteur public de la CSN ont rencontré la presse, mardi à Montréal, pour exposer ces dernières offres patronales dites sectorielles \u2014 parce qu\u2019elles sont propres à des secteurs donnés comme le soutien scolaire \u2014 et expliquer pourquoi elles les rejetaient.Selon ces fédérations syndicales, entre autres, le gouvernement abolirait le rayon de 50 kilomètres à l\u2019intérieur duquel un travailleur dont le poste est aboli serait tenu d\u2019accepter un autre poste pour conserver sa sécurité d\u2019emploi.Dans certains secteurs, le rayon serait porté à 100, voire 200 kilomètres et plus.Marjolaine Côté, vice-présidente de la Lédération des employés des services publics, rapporte qu\u2019un représentant à la table de négociation se serait fait dire qu\u2019un employé de Montréal pourrait aller occuper un poste aux îles de la Madeleine.De plus, le gouvernement voudrait pouvoir imposer des horaires atypiques, comme des journées de plus de sept ou huit heures, mais sans qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019heures payées au taux et demi.11 pourrait aussi y avoir des semaines de travail étalées surplus de cinq jours, affirment les représentants syndicaux.Pour résoudre les pénuries de main-d\u2019œuvre dans certains secteurs, les syndicats croyaient qu\u2019il fallait améliorer les conditions de travail, dans le but d\u2019y attirer des travailleurs.Qr, le gouvernement semble voiries choses autrement.«Sa solution, ce n\u2019est pas très compliqué, c\u2019est de revoir les horaires de travail, de les élargir», résume Lrancine Lévesque, vice-présidente de Université Faculté de de Montréal I l'éducation permanente Vous avez des droits nous pouvons vous aider Yves Ménard Avocats inc.514.861.0469 la CSN.« On va demander aux gens, de façon unilatérale, d\u2019accepter des horaires de travail atypiques ou de travailler sur plus de cinq jours par semaine, à l\u2019avenir.On va restreindre l\u2019accès aux vacances, puisque l\u2019été il manque du monde.Même chose quand on est en jours fériés, puisque ces jour-nées-là, il manque du monde.C\u2019est ça, ses solutions», dit-elle.Des primes déjà abolies Déjà, rapporte la vice-présidente de la CSN, depuis le 31 mars, diverses primes ont été abolies, alors qu\u2019elles avaient été consenties pour pallier certains inconvénients.11 en est de même pour les primes pour les psychologues, pour ceux qui travaillent dans les Centres d\u2019hébergement et de soins de longue durée (CHSLD), dans les soins critiques ou dans le Grand Nord.«Et il veut en réduire d\u2019autres primes, comme les primes de soir et les primes de nuit», affirme M\u201c® Lévesque.Le gouvernement dit vouloir agir ainsi afin d\u2019obtenir davantage de souplesse, de flexibilité de la part des employés.et de mieux adapter le travail aux besoins et aux services à dispenser.Comme 75% des employés des secteurs public et parapu-blic sont des femmes, M\u201c® Lévesque juge que les concessions demandées nuiront à la conciliation travail-famille.Elle souligne également que la précarité d\u2019emploi touche plus de la moitié de ses membres.La CSN représente quelque 170 000 travailleurs dans les réseaux de la santé et des services sociaux, de l\u2019éducation, de l\u2019enseignement supérieur et des organismes gouvernementaux.Sur le plan salarial, le gouvernement offre deux années de gel, suivies d\u2019augmentations de 1% par année pour les trois années suivantes.De son côté, le front commun réclame 4,5% par année pendant trois ans.Un conflit se dessine donc avec le gouvernement pour l\u2019automne.Les différents syndicats du front commun ont déjà annoncé qu\u2019ils allaient solliciter des mandats de grève auprès de leurs membres.La Presse canadienne Philippe Couillard à New York Le premier ministre Philippe Couillard se rendra à New York les 22 et 23 juin.Son passage coïncidera avec le 75® anniversaire de la Délégation générale du Québec dans la mégalopole américaine.Selon son cabinet, le premier ministre en profitera pour mener une mission économique ponctuée par une série de rencontres avec des gens d\u2019affaires américains afin, notamment, de leur exposer la stratégie maritime de son gouvernement.Le Devoir rv Lire aussi > Procès Duffy.\u201d « Le sénateur vivait au-dessus de ses moyens.» Le compte rendu de notre correspondante parlementaire à Qttawa, Marie Vastel, sur l\u2019application tablette et le site Web du Devoir.6773 LE DEVOIR, LE MERCREDI 17 JUIN 2015 A 3 ACTUALITES Un lourd bilan Manon CORNELLIER à Ottawa 'ii n 2006, les conservateurs de Stephen H^er prenaient le pouvoir après avoir fait campagne sur le thème de l\u2019intégrité.Le scandale des commandites leur avait offert toutes les munitions dont ils avaient besoin pour s\u2019élever en champions de la transparence et de la responsabilité.Plus de neuf ans plus tard et à quelques mois d\u2019un scrutin général, force est de constater que détenir le pouvoir absolu découlant d\u2019un mandat majoritaire a des effets corrosifs sur de si belles intentions.Alors qu\u2019on s\u2019émeut à Québec, et avec raison, de l\u2019imposition du bâillon pour l\u2019étude d\u2019un projet de loi aussi important que celui sur la réforme des structures du système de santé, à peu près personne n\u2019a souligné la semaine dernière le fait que les conservateurs ont franchi la barre du 100® bâillon en quatre an§.Oui, 100, et ce n\u2019est pas terminé.À force d\u2019user de cette méthode forte, les conservateurs ont fini par avoir raison des sursauts d\u2019indignation.La résignation a pris le dessus.Malheureusement ! Le processus parlementaire est presque devenu une risée à Ottawa.En plus de limiter les débats en Chambre, la majorité gouvernementale fait de même en comités.Le gouvernement multiplie les projets de loi omnibus.Ministres et secrétaires parlementaires mentent effrontément aux Communes.Les fonctionnaires indépendants du Parlement voient leur crédibilité être remise en question dès qu\u2019ils mettent le gouvernement dans l\u2019embarras.La tactique conservatrice qui consiste à présenter une flopée de projets de loi à quelques jours de la relâche estivale est un autre symptôme de cette transformation du Parlement en scène électorale, comme le disait ma collègue Hélène Buzzetti mardi.Le Parlement ne sp réunira plus avant les prochaines élections.À une ou deux exceptions près, aucun de ces projets de loi ne sera adopté.Leur seule utilité est de servir de plateforme électorale au parti au pouvoir qui veut faire croire qu\u2019il a la volonté d\u2019agir.Pourquoi avoir attendu ?De janvier à juin, le gouvernement n\u2019a présenté que 10 projets de loi et voilà que depuis le 2 juin, il en a présenté 12, le dernier mardi.Une comédie ! Pour ce qui est de la transparence, il faudra repasser.Malgré certaines avancées du côté des dépenses ministérielles, la confusion règne autour des données budgétaires, le système d\u2019accès à l\u2019information connaît des ratés par manque de ressources et de volonté, les fonctionnaires et les scientifiques sont muselés.Le gouvernement ne craint pas non plus de pousser des projets de loi à la constitutionnalité douteuse, ce qui conduit à se^ rebuffades à répétition devant les tribunaux.A quel prix?Et quand il perd ou qu\u2019il n\u2019aime pas la tournure que prennent les événements, le premier ministre ou ses ministres se permettent de rabrouer les tribunaux.Même la juge en chef de la Cour suprême y a goûté.Ayant le pouvoir d\u2019imposer leurs vues, les conservateurs ne se refusent rien.Ils se sont même permis d\u2019insérer dans le dernier projet de loi budgétaire une mesure qui soustrait rétroactivement les personnes associées à la destruction des données du registre des armes d\u2019épaule de l\u2019application de la Loi sur l\u2019accès à l\u2019information.Des infractions potentielles, faisant actuellement l\u2019objet d\u2019enquête, seront ainsi effacées.Du jamais vu ! Citoyens et organisations qui osent exprimer leur dissidence ont droit à un véritable régime d\u2019intimidation, comme l\u2019a documenté l\u2019organisation Voices-Voix.Des groupes environnementaux, de femmes, d\u2019aide internationale ont vu leur financement réduit ou coupé.Plusieurs sont aussi dans le collimateur de Revenu Canada qui pourrait leur retirer leur statut d\u2019organisation de bienfaisance.Tous les autres partis promettent de faire le ménage, y compris de réformer le mode de scrutin.Le chef libéral Justin Trudeau a dévoilé mardi plus d\u2019une trentaine de mesures en ce sens afin de rétablir la transparence, de donner plus de pouvoir aux députés, d\u2019encadrer l\u2019usage des projets de loi omnibus et j\u2019en passe.Un programme vaste et ambitieux.La promesse qui a fait le plus de bruit est celle de ne plus tenir, après 2015, d\u2019élections en vertu du système électoral uninominal à un tour.Un comité multipartite consultera experts et citoyens et fera des recommandations, ce qui devrait permettre au gouvernement de présenter un projet de loi 18 mois après l\u2019élection d\u2019octobre.Les citoyens ne seront toutefois pas appelés, comme ce fut le cas dans quelques provinces, à se prononcer par voie de référendum.Le fait que tous les partis d\u2019opposition sentent le besoin d\u2019élaborer des propositions pour revigorer notre démocratie en dit long sur le bilan du gouvernement actuel.Si les bbéraux de Jean Chrétien et de Paul Martin traînaient le boulet du scandale des commandites, celui de Stephen Harper traîne celui d\u2019une démocratie mal en point et victime des réflexes autoritaires de son équipe et lui.En ce 800® anniversaire de la Magna Carta, on sent le besoin d\u2019un rappel à l\u2019ordre.Après tout, jiotre système parlementaire et le concept de l\u2019État de droit trouvent racine dans ce document qui visait justement à limiter un tant soit peu le pouvoir absolu du roi.Quel qu\u2019il soit.mcornellier@ledevoir.com ENERGIE EST Péladeau n\u2019a pas la même position qne deux de ses députés ALEXANDRE ROBILLARD à Québec Alors que deux de ses députés ont déclaré mardi que le Parti québécois est contre un projet d\u2019oléoduc qui doit traverser le Québec, le chef péquiste Pierre Karl Péladeau a refusé d\u2019aller aussi loin qu\u2019eux.M.Péladeau n\u2019^ pas indiqué s\u2019il est pour ou contre le projet Énergie Est de TransCanada, quelques heures après que Sylvain Gaudreault et Martine Quellet ont affirmé que les péquistes y étaient opposés, tout comme le Bloc qué-béçois (BQ).À l\u2019occasion d\u2019une conférence de presse au sujet des activités d\u2019une entreprise ferroviaire, M.Gaudreault a précisé que la position du PQ n\u2019a pas changé depuis l\u2019élection de M.Péladeau comme chef du parti, en mai dernier.«Je ne peux pas répondre pour M.Péladeau, a-t-il dit.Ce que je peux vous dire, c\u2019est que le Parti québécois, comme vous le savez, est contre le projet Energie Est.» Plus tard, lors d\u2019un échange avec la presse parlementaire, à la suite d\u2019une cérémonie de remise de l\u2019Qrdre national du Québec, M.Péladeau a mis en garde contre les simplifications dans ce dossier et il a invité les journalistes à s\u2019adresser à un autre membre de son caucus.«On ne peut pas dire ça, comme ça, de façon aussi simpliste, a-t-il dit.Je vous invite à discuter avec Bernard Drainville, qui est notre porte-parole en matière d\u2019énergie, et nous allons déterminer, je ne dirais pas de manière définitive parce qu\u2019il n\u2019y a jamais rien de définitif dans la vie.» M.Péladeau a précisé qu\u2019il était au courant de la position du Bloc québécois et de M.Gaudreault dans ce dossier.«Moi, effectivement, j\u2019ai lu dans le journal qu\u2019ils étaient contre, j\u2019ai entendu parler de Sylvain, a-t-il dit.Mais, toujours simplifier comme ça, je pense que, parce que c\u2019est une situation complexe, la situation des hydrocarbures au Québec.» Pas de voix au chapitre Le chef péquiste s\u2019est contenté de répéter que son opinion dans ce dossier n\u2019est pas importante puisque le Québec n\u2019a pas voix au chapitre étant donné que le projet relève de la juridiction fédérale.«Cette décision n\u2019appartient pas aux Québécois, elle appartient au gouvernement fédéral, à des fonctionnaires de l\u2019Office national de l\u2019énergie, c\u2019est ça la situation, a-t-il dit.Je vous ai déjà dit que ma position importe peu, c\u2019est aux Québécois de prendre cette décision.Or, il se trouve que dans l\u2019environnement constitutionnel actuel, les Québécois n\u2019ont pas voix au chapitre.» Durant la course à la direction péquiste, la députée Martine Quellet, qui était candidate, avait accusé M.Péladeau d\u2019utiliser la responsabilité d\u2019Qttawa, à qui revient la décision globale sur le projet, pour éviter de se prononcer contre le projet d\u2019oléoduc de 4600 km, qui doit transporter du pétrole de l\u2019Alberta et de la Saskatchewan vers les raffineries et terminaux portuaires de l\u2019est du Canada.En matinée mardi, M.Gaudreault a affirmé que le PQ, tout comme le BQ, est opposé au projet en raison de l\u2019absence de retombées économiques pour le Québec.«On est tout à fait dans la même position: on est contre le projet Energie Est, parce qu\u2019il n\u2019y a aucune retombée pour le Québec, a-t-il dit.B n\u2019y a aucune retombée, que ce soit financière, que ce soit de développement économique.» M\u201c® Quellet, qui participait à la conférence de presse, a affirmé que le PQ a déjà eu l\u2019occasion d\u2019exprimer son point de vue à de nombreuses occasions.« On s\u2019est prononcé à plusieurs reprises, on a fait des conférences, a-t-elle dit./e me souviens d\u2019avoir fait des conférences de presse avec Sylvain [Gaudreault] comme porte-parole, et même avec Bernard [Drainville].» M.Gaudreault a fait valoir que le chef intérimaire péquiste Stéphane Bédard, qui a dirigé le parti pendant la dernière course à la direction, avait également tenu des propos du même ordre.«Stéphane a posé des questions aussi à l\u2019Assemblée comme chef a-t-il dit.Là, l\u2019occasion ne s\u2019est pas présentée avec M.Péladeau comme chef pour poser une question là-dessus, mais la position du Parti québécois est d\u2019être contre le projet de pipeline.» Pendant la course à la direction, M\u201c® Quellet avait soutenu que M.Péladeau se trompait en affirmant que le Québec n\u2019a pas le pouvoir de bloquer le projet de TransCanada.Éa députée péquiste avait expliqué que le Québec a notamment une série de permis à délivrer pour ce type de projets, un recours qui a servi à empêcher le projet de port pétrolier à Cacouna.La Presse eanadienne JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE Le climat politique n\u2019a pas bougé depuis 1980, estime Denys Arcand Rien n\u2019a changé dans le climat politique québécois depuis 1980, estime le cinéaste Denys Arcand (arrière-plan).C\u2019est ce qui explique pourquoi l\u2019auteur du film Le confort et l\u2019indifférence, sorti en 1981, s\u2019est progressivement désintéressé de la politique.Il est persuadé qu\u2019il pourrait refaire son documentaire aujourd\u2019hui et que le contenu serait sensiblement le même, avec ses citations de Machiavel, autour du thème du désenchantement des nationalistes québécois.Mardi, en point de presse, en marge de la cérémonie de remise de l\u2019Qrdre national du Québec au cours de laquelle il a reçu la plus haute distinction, soit celle de «grand officier», M.Arcand a estimé que le discours politique des souverainistes et des fédéralistes avait bien peu évolué depuis le référendum sur la souverainefé de mai 1980.Au total, 35 personnalités ont été promues mardi à l\u2019Qrdre national du Québec, la récompense la plus prestigieuse attribuée par l\u2019État québécois.Parmi celles-ci figurait le nom de l\u2019écrivain Michel Tremblay (premier plan sur notre photo), promu lui aussi au rang de grand officier, au cours de cette cérémonie présidée par le premier ministre Philippe Couillard, au Salon rouge de l\u2019Assemblée nationale.M.Tremblay s\u2019est montré plus intéressé que son collègue cinéaste à commenter les plus récents rebondissements du camp souverainiste, tout en se disant bien sceptique quant à la suite des choses.DESTRUCTION D\u2019UNE EOSSE À SAUMON Le CN « mérite une sanction exemplaire », dit le PQ MARCO BELAIR-CIRINO Correspondant parlementaire à Québec Ly étau se resserre autour du ' Canadien National (CN).La compagnie ferroviaire s\u2019expose à des sanctions administratives ou pénales pour avoir répandu, sans autorisation, quelque 6000 tonnes de pierre non lavée dans la fosse à saumon dite « du Cordonnier » de la rivière Matapédia.Le ministère du Développement durable, de l\u2019Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques a délivré il y a moins d\u2019un mois un certificat de non-conformité à la compagnie ferroviaire.Le CN s\u2019attaquait alors au «problème d\u2019érosion sévère compromettant l\u2019intégrité de l\u2019emprise ferroviaire» située dans la vallée de la Matapédia \u2014 où pourrait circuler quotidiennement un convoi de 240 wagons-citernes chargés de pétrole albertain \u2014, selon un compte rendu d\u2019une rencontre réunissant des représentants du CN, de la municipalité de Sainte-Elo-rence, de ministères québécois et canadiens obtenu par Le Devoir.Un inspecteur du centre de contrôle environnemental du Bas-gaint-Laurent et de la Gaspésie-Iles-de-la-Madeleine a épinglé le 14 avril dernier le CN pour «avoir émis, déposé, dégagé ou rejeté un contaminant ou avoir permis l\u2019émission, le dépôt, le dégagement ou le rejet d\u2019un contaminant, soit des solides en suspension, dont la présence dans l\u2019environnement est susceptible de porter atteinte à la vie, à la santé, à la sécurité, au bien-être ou au confort de l\u2019être humain, de causer des dommages ou de porter autrement préjudice à la qualité du sol, à la végétation, à la faune ou aux biens».Le chef du contrôle hydrique et de la qualité de l\u2019eau, Martin Guay, a ordonné le 21 mai dernier au (JN de lui transmettre d\u2019ici le vendredi 19 juin un «plan des mesures correctives » afin de pallier ce manquement à la Loi sur la qualité de l\u2019environnement.«Le MDDELCC évalue présentement quelles seront les sanctions imposées à la compagnie, sanction administrative pécuniaire ou enquête pénale», a ajouté l\u2019attachée de presse adjointe du ministre David Heurtel, Marie-Catherine Leduc, par voie de courriel mardi.« Effrayant» Le CN mérite une «sanction exemplaire», est d\u2019avis le Parti québécois.«C\u2019est effrayant, ce qu\u2019ils ont fait dans ce coindà », a lancé la porte-parole de l\u2019opposition officielle en matière de transports, Martine Quellet.La fosse à saumon, qui accueillait plus ou moins 10 pêcheurs par jour, est « complètement saccagée», a-t-elle poursuivi.Son confrère Sylvain Gaudreault a déploré l\u2019attitude du CN, digne, selon lui, d\u2019une autre époque.«Le CN a agi comme au XIX' siècle.[.] La seule différence, c\u2019est que la pépine n\u2019existait pas au XIX' siècle», a-t-il déclaré, ne digérant pas que le CN ait «versé les pierres non lavées sur les œufs de saumon».«Tant qu\u2019à nuire à l\u2019environnement, ils sont allés à 200%!» s\u2019est exclamé le porte-parole de l\u2019opposition officielle en matière d\u2019environnement.Le député de Jonquière évalue à vue d\u2019œil les pertes encourues par l\u2019industrie touristique de la région de la Matapédia à au moins un demi-million de dollars pour une année.Il presse le CN à verser un dédommagement financier de plusieurs centaines de milliers de dollars, notamment aux pourvoyeurs établis sur les rives de la rivière.Le CN doit aussi être frappé d\u2019une «sanction pénale exemplaire», ont fait valoir M\u201c® Quellet et M.Gaudreault.La Loi sur la qualité de l\u2019environnement prévoit des peines qui peuvent aller jusqu\u2019à 6 millions de dollars pour des infractions de cette nature-là, ont-ils fait remarquer.Par ailleurs, le nouvel accrochage avec le CN montre «encore une fois que le Québec est locataire sur son propre territoire», selon M.Gaudreault.Le CN «se croit roi et maître», a déploré l\u2019ex-ministre des Transports, tout en invitant le gouvernement à appeler à l\u2019automne le projet de loi 390 consistant à affirmer «clairement» la compétence du Québec en matière d\u2019environnement.«Le gouvernement du Québec doit avoir le dernier mot sur les projets qui ont un impact significatif sur l\u2019environnement du Québec», a-t-il soutenu.Le Devoir A 4 LE DEVOIR, LE MERCREDI 17 JUIN 2015 ACTUALITES JACQUES NADEAU LE DEVOIR Un collectif pour l\u2019égalité des femmes Un nouveau collectif voit le jour, avec pour objectif de rassembler les femmes et de faire connaître aux dirigeants politiques ce qu\u2019elles veulent vraiment.I>e Collectif pour l\u2019égalité des femmes, qui se veut non partisan, a été présenté, mardi à Montréal, par l\u2019ex-ministre péquiste Lise Payette (notre photo), l\u2019ex-présidente du comité exécutif de la Ville de Montréal l4a Cousineau et l\u2019ex-leader du mouvement étudiant Martine Desjardins.I>e mouvement qu\u2019elles entendent lancer commencera par rassembler le plus de femmes intéressées qu\u2019il sera possible de le faire, y compris les jeunes, les immigrantes et les autochtones.Elles comptent rédiger un manifeste qui expliquera comment atteindre la véritable égalité pour les femmes.«Toutporte à croire que nous régressons au lieu d\u2019avancer», a lancé M\u201c® Payette, qui a dénoncé ces politiciens qui se gargarisent avec l\u2019égalité hommes-femmes, mais qui en font trop peu pour qu\u2019elle devienne réalité.UNIVERSITE D\u2019ETE SUR LA FRANCOPHONIE DES AMERIQUES Des cours d\u2019anglais à la maternelle créent la controverse dans l\u2019Est ontarien PHILIPPE ORFALI à Ottawa Une commission scolaire francophone de l\u2019Est ontarien crée la controverse en introduisant des cours d\u2019anglais dés la maternelle dans certaines de ses écoles à partir de septembre.Une mesure qui vise à stopper l\u2019exode de jeunes Eranco-Ontariens vers les établissements de langue anglaise dans cette région située aux portes du Québec.Alors qu\u2019ailleurs dans le système scolaire franco-ontarien, c\u2019est à partir de la 4® année du primaire que s\u2019enseigne l\u2019anglais, le Conseil scolaire de district catholique de l\u2019Est ontarien (CSDCEO), à Hawkesbury, passe à l\u2019offensive pour convaincre les familles francophones tentées par les écoles anglophones de leur patelin d\u2019opter pour l\u2019école de la minorité.«Les parents veulent assurer une excellente maîtrise de l\u2019anglais à leurs enfants.On répond à ce besoin», se défend Erance I^amarche, du CSDCEO.Dans cette région où la majorité de la population est francophone, prés du tiers des éléves d\u2019écoles de langue anglaise seraient a.Apprendre l\u2019anglais, ce n\u2019est pas risquer sa propre langue.C\u2019est l\u2019ouverture sur le monde.On est en 2015,)} Madeleine Meilleur, la ministre déléguée aux Affaires francophones de l\u2019Ontario Eranco-Ontariens, selon elle.Si la mesure reçoit l\u2019appui de la ministre déléguée aux Affaires francophones de l\u2019Ontario, Madeleine Meilleur, elle suscite l\u2019inquiétude dans le milieu universitaire et celui de la défense du fait français.De nombreuses études démontrent que l\u2019apprentissage de deux langues à un aussi jeune âge peut affecter la maîtrise de celles-ci, notamment quant à la solidité des connaissances langagières, note Nathalie Bélanger, titulaire de la Chaire de recherche en éducation et francophonie de l\u2019Université d\u2019Ottawa.L\u2019omniprésence de l\u2019anglais, dans la culture et la vie de tous les jours, fait en sorte qu\u2019à l\u2019heure actuelle, rares sont les diplômés des écoles franco-ontariennes à ne pas maîtriser l\u2019anglais parfaitement à la fin du secondaire.On ne peut dire de même en ce qui a trait au français.Cette décision envoie un message «contradictoire» aux parents, explique la chercheuse.«On n\u2019arrête pas de leur dire qu\u2019on veut travailler la construction de l\u2019identité franco-ontarienne chez les élèves, la vitalité de la langue française.On a souvent fait une fixation sur l\u2019utilisation du français à la maison en répétant jusqu\u2019à plus soif aux parents de parler le français à la maison pour éviter l\u2019assimilation.Et là, tout à coup, c\u2019est un message contradictoire.» «On voit poindre à l\u2019horizon une logique de marché scolaire, où finalement, l\u2019école devient un bien que l\u2019on consomme et les parents deviennent des consommateurs.C\u2019est toute la notion d\u2019éducation comme bien public qui en prend pour son rhume».dit-elle.Selon ce principe, l\u2019école ne chercherait plus à former des citoyens épanouis, mais bien de futurs travailleurs.Président de l\u2019Assemblée de la francophonie de l\u2019Ontario, Denis Vaillancourt estime que le CSDCEO se trouve dans une position délicate.«On s\u2019inquiète de la perte d\u2019élèves au profit de l\u2019école anglaise.S\u2019ils font ce choix, tout leur parcours scolaire, leur vie, se fera en anglais.Nous croyons que proposer quelques minutes d\u2019anglais par jour à partir de la maternelle ne changera pas la mission de l\u2019école de langue française», jugeant que cette mesure ne devrait pas s\u2019appliquer aux autres régions de la province, où les francophones sont moins nombreux.Ministre déléguée aux Affaires francophones de l\u2019Ontario, Madeleine Meilleur persiste.«Apprendre l\u2019anglais, ce n\u2019est pas risquer sa propre langue.C\u2019est l\u2019ouverture sur le monde.On est en 2015», a-t-elle déclaré lors d\u2019une allocution donnée à l\u2019Université d\u2019été sur la francophonie des Amériques, qui a lieu jusqu\u2019à vendredi à l\u2019Université d\u2019Ottawa.Le Devoir ETUDE L\u2019école à la maison de plus en plus populaire Toronto \u2014 Les familles qui choisissent de faire l\u2019éducation de leurs enfants à domicile sont de plus en plus nombreuses, indique une étude de l\u2019Institut Eraser.\u2022\t'-m j Jacques Parizeau L'homme de l'État québécois Pour se rappeler et pour comprendre qui était Jacques Parizeau Le livrel souvenir L\u2019homme de l\u2019État québéeois réunit les textes et les photos publiés aux lendemains du décès de «Monsieur».À se procurer sur notre boutique en ligne BOUTIQUE.LEDEVOIR.COM LE DEVOIR LIBRE DE PENSER En 2012, 21 662 enfants canadiens étaient inscrits comme élèves à la maison, ce qui représente une augmentation de 29 % sur une période de cinq ans.L\u2019étude reconnaît toutefoîs qu\u2019îl y a plus d\u2019élèves à la maison qui ne sont pas officiellement inscrits.L\u2019étude, publiée mardi, laisse entendre que si, par le passé, la décision de faire l\u2019éducation de son enfant à domicile reposait sur une idéologie ou la religion, les parents ont aujourd\u2019hui des raisons plus pragmatiques ou personnelles : le fait d\u2019avoir un enfant très impliqué dans une activité parascolaire exigeante, par exemple, ou d\u2019avoir un enfant avec des difficultés d\u2019apprentissage ou un problème de santé, ou encore le fait que la famille vive en région éloignée ou voyage beaucoup.L\u2019étude remarque que les politiciens portent attention à cette augmentation.Au moins cinq provinces ont mis à jour ou élaboré les règles sur l\u2019éducation à domicile depuis 2007.Toutes les provinces demandent aux parents d\u2019inscrire leur enfant ou d\u2019avertir les instances responsables.I>e Québec, la Saskatchewan et l\u2019Alberta exigent aussi un programme d\u2019éducation formel et des preuves du progrès de l\u2019enfant.La,recherche au Canada et aux Etats-Unis a permis d\u2019établir que les enfants scolarisés à la maison ont de meilleurs résultats aux examens standardisés en lecture, en écriture et en mathématiques que ceux qui fréquentent l\u2019école publique.«Les parents cherchent de plus en plus d\u2019options sur l\u2019éducation pour leurs enfants, et l\u2019école à la maison s\u2019avère un choix viable», a expliqué Deani Van Pelt, auteure de l\u2019étude et directrice du centre Barbara Mitchell pour le progrès en éducation de l\u2019Institut Eraser.«Ces chiffres révèlent un nombre grandissant de Canadiens qui, pour diverses raisons, sentent que les intérêts de leurs enfants sont mieux servis par un programme éducatif largement extérieur au contexte institutionnel traditionnel», a-t-elle ajouté.La Presse canadienne COMMISSION DE LA SANTE ET DES SERVICES SOCIAUX Le PQ demande la visite du CHSLD Champagnat JESSICA NADEAU Le Parti québécois demande à la Commission de la santé et des services sociaux de se pencher sur les nombreux problèmes relevés au CHSLD Champagnat, à Saint-Jean-sur-Richelieu, comme l\u2019a rapporté Le Devoir la semaine dernière.Parlant «d\u2019allégations sérieuses» qui inquiètent les citoyens, le député de Saint-Jean, Dave Turcotte, demande, dans une lettre adressée à son collège libéral et président de la Commission, Marc Tanguay, «de considérer sérieusement l\u2019option d\u2019aller visiter le CHSLD Champagnat afin que la Commisison mesure l\u2019ampleur des problèmes soulevés par les différents intervenants».La semaine dernière, la Commission a annoncé qu\u2019elle procéderait à la visite de certains centres d\u2019hébergement et de soins de longue durée afin de terminer son mandat sur les conditions de vie des adultes hébergés en CHSLD.Dave Turcotte espère donc profiter de la reprise des travaux de la commission parlementaire pour faire la lumière sur la façon dont sont traitées les plaintes au CHSLD Champagnat.Dans sa lettre au président, datée du 12 juin, il l\u2019informe des doléances de certains usagers et membres de leurs familles qui disent subir des représailles de la part de la direction pour avoir dénoncé des lacunes en matière de soins.Le Devoir rapportait notamment le cas de Serge Leblanc, à qui on avait interdit de visiter sa mère de 94 ans les soirs et la fin de semaine.Dans une lettre d\u2019avocat, on l\u2019intimait notamment de cesser de ternir la réputation du centre, sans quoi on lui interdirait l\u2019accès au centre en tout temps.Cette situation a fait bondir Dave Turcotte.«Un CHSLD, c\u2019est un milieu de vie, un endroit où les résidents devraient pouvoir recevoir de la visite, quand bon leur semble.On ne peut empêcher un individu d\u2019aller visiter sa mère, sous aucun prétexte.» Le Devoir FUNERAILLES DE JEAN DORÉ Les policiers rangeront les pantalons de camouflage Les agents du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) en poste lors des cérémonies organisées pour honorer la mémoire de l\u2019ex-maire de Montréal Jean Doré délaisseront le pantalon de camouflage pour revêtir l\u2019uniforme réglementaire, a annoncé mardi la Eraternité des policiers et policières de Montréal.Les policiers seulement impliqués dans le service d\u2019ordre porteront eux aussi le pantalon réglementaire, mais garderont leur casquette rouge.Les policiers du SPVM se sont attiré les critiques du maire Denis Coderre en arborant des uniformes colorés la semaine dernière lors des funérailles de l\u2019ex-premier ministre Jacques Parizeau.Ta dépouille de Jean Doré sera exposée en chapelle ardente cette fin de semaine et des funérailles auront lieu à l\u2019hôtel de ville au début de la semaine prochaine.Le Devoir TERRORISME Les deux jeunes resteront en prison I>es deux étudiants du collège de Maisonneuve accusés d\u2019être liés à des activités terroristes demeureront derrière les barreaux en attendant la tenue de leur procès.I>e juge Robert Sansfaçon de la Cour du Québec a rendu sa décision mardi au sujet de Sabrine Djermane et El Mahdi Jamali, deux jeunes arrêtés par la Gendarmerie royale du Canada en avril dernier et détenus depuis.Ils ont tous les deux plaidé non coupables aux accusations qui pèsent contre eux : avoir tenté de quitter le Canada pour commettre un acte terroriste à l\u2019étranger, possession d\u2019une substance explosive dans un dessein dangereux, avoir facilité un acte terroriste et avoir commis un acte au profit ou sous la direction d\u2019un groupe terroriste.Le Devoir LE DEVOIR, LE MERCREDI 17 JUIN 2015 A 5 LE MONDE GROUPE ETAT ISLAMIQUE La guérilla sous stéroïdes Planète erre JEAN-FREDERIC LÉGARÉ-TREMBLAY Le groupe Etat islamique (El) pousse la sophistication stratégique à des niveaux rarement vus.C\u2019est la technoguérilla.De quoi s\u2019agit-il?Comment les forces armées régulières s\u2019adaptent-elles?Explications de Joseph Henro-tin, affilié à l\u2019Institut de stratégie comparée, à Paris, et auteur de Techno-guérilla et guerre hybride.Le pire des deux mondes (Nuvis, 2014).11 était de passage à Montréal lors du Eorum St-Laurent sur la sécurité internationale.El semble avoir repoussé les limites de la guerre dite Irrégulière.Vous parlez d\u2019ailleurs de «techno-guérilla».De quoi s\u2019agit-ll?En quoi El Innove-t-ll?La techno-guérilla est une guérilla sous stéroïdes : elle consiste à combiner toutes ses nuisances avec des armements et des techniques que l\u2019on pen-s,ait initialement réservés à des Etats, comme des missiles antichars ou antiaériens, des drones, des capacités de cyber-^erre ou des armes chimiques improvisées.Pratiquement, vous avez donc des forces très légères, qui se dérobent notamment à l\u2019aviation, mènent des embuscades, des raids et qui disposent d\u2019une puissance de feu importante.El innove de ce point de vue, parce que l\u2019on pensait que les techno-guérillas étaient essentiellement défensives et qu\u2019elles ne pouvaient pas prendre des territoires, ce qui est pourtant le cas.El va même au-delà, en passant à la guerre hybride: ce n\u2019est pas qu\u2019une «armée», c\u2019est aussi la projection d\u2019un protogouvernement sur les territoires conquis.Les forces armées des pays occidentaux \u2014 le Canada, notamment \u2014 s\u2019InvestIssent dans la contre-insurrection et le contre-terrorisme.Mais sont-elles, sur les plans conceptuel et opérationnel, suffisamment bien équipées pour faire face à un groupe tel El ?Je pense que la structure de forces du Canada n\u2019est pas la moins adaptée des pays occidentaux et qu\u2019il y a une vraie prise de conscience de la configuration stratégique du temps.Mais la techno-guérilla est aussi très évolutive, elle s\u2019adapte constamment et contourne la supériorité technologique sur laquelle les Etats occidentaux se sont peut-être trop reposés.11 y a une vraie « conscience stratégique » dans les groupes comme El, là où nous sommes souvent trop obnubilés par la tactique.La tactique est importante, mais elle ne gagne pas à elle seule les guerres.On peut ajouter qu\u2019un ennemi hybride impose pour la contrer de la masse, soit un grand nombre d\u2019hommes que notre modèle de « nouvelles armées d\u2019ancien régime» n\u2019autorise plus.Nous avons, de fait, des petites armées, très technologiques et très professionnelles, utilisées par l\u2019exécutif avec un appoint de sociétés militaires privées.D\u2019une certaine manière \u2014 les historiens m\u2019en voudront peut-être de la comparaison \u2014, nous sommes face aux armées de la « guerre en dentelles » du XVllP siècle européen qui combattraient Gengis Khan.El continue à avancer.Les limites à l\u2019Intervention des forces occidentales ne sont-elles pas aussi politiques?Ce qui est militaire est par définition politique \u2014 c\u2019est peut-être même ce qu\u2019il y a de plus politique.Mais c\u2019est effectivement à ce niveau que deux problèmes se posent.D\u2019une part, pour gagner contre El, il faut des troupes au sol \u2014 l\u2019aviation ne suffit pas \u2014 et une large coalition.Or, déployer de l\u2019infanterie reviendrait à donner corps à la vision, promue par El, de l\u2019occidental comme d\u2019un croisé qui conquiert la terre d\u2019islam.Ce serait délicat, en particulier alors que la perception n\u2019est pas celle d\u2019une menace directe sur nos intérêts vitaux.11 faut donc que les armées de la région interviennent, ce qui pose la question de nos relations avec elles.D\u2019autre part, nos limitations sont aussi matérielles et sont donc le résultat d\u2019un choix politique, dès lors que très peu de pays de l\u2019OTAN respectent la fameuse règle des 2% du PIB à la défense.Certes, l\u2019argent n\u2019achète pas l\u2019adaptation, mais y contribue et, quand bien même nous interviendrions, nous ne serions pas capables d\u2019aligner la masse nécessaire pour l\u2019emporter d\u2019abord et conduire ensuite les opérations de stabilisation.Le Devoir IA Voir aussi > Planète Terre \" à l\u2019adresse ledevoir.eom/planete-terre El subit son plus important revers en Syrie Akçakale, (Turquie \u2014 Le groupe Etat islamique (El) a subi son plus sérieux revers en Syrie après la capture mardi par les forces kurdes de Tall Abyad, ville frontalière de la Turquie et point de transit vital pour les djihadistes.Après cinq jours d\u2019une offensive appuyée par les frappes aé-rieimes de la coalition antidjihqdiste dirigée par les Etats-Unis et des groupes rebelles syriens, les Unités de protection du peuple kurde (YPG) ont pris le contrôle de la ville à l\u2019aube, après des combats qui ont fait fuir des milliers d\u2019habitants.Tall Abyad était Tun des deux principaux points de passage empruntés par El, pour le transit des armes et des combattants, en dépit de leur fermeture par la Turquie.Sur cette frontière, il ne lui reste plus que celui de Jara-blos, dans la province septentrionale d\u2019Alep, ainsi que des chemins secondaires.La ville est désormais «entièrement sous le contrôle des combattants kurdes», a affirmé le directeur de TOSDH, Rami Abdel Rah- Tall Abyad était une importante route de transit pour les combattants mane, im responsable kurde.Ahmed Seyxo, précisant à TAEP que «El s\u2019était retiré sans opposer beaucoup de résistance».«L\u2019alliance anti-EI ratisse Tall Abyad pour permettre le retour des civils», a expbqué Cherfane Darwich, porte-parole du groupe Bourkane al-Eourat.«Il y a des mines et des voitures piégées partout.» «C\u2019est certainement la perte la plus importante pour El jusqu\u2019à présent», a affirmé à TAEP Aymenn Jawad al-Tamimi, du centre de recherche Middle East Eorum.Tall Abyad était une «importante route de transit pour les combattants, les armes et les marchandises de la Turquie vers le territoire contrôlé par El».Tall Abyad était une ville clé pour l\u2019approvisionnement de Raqa (86km plus au sud), devenue le fief du groupe et capitale de facto de son «califat» autoproclamé depuis qu\u2019il s\u2019en est emparé en janvier 2014.El contrôle selon TOSDH 50% de la Syrie, ainsi que de vastes régions de l\u2019Irak voisin.Agence France-Presse Washington élimine le numéro 2 d^al-Qaïda ALI KHALIL à Dubaï Le chef d\u2019al-Qaïda dans la péninsule arabique (AQPA), Nasser al-Wahishi, a été tué dans une attaque de drone américain, portant Tun des coups les plus sévères à cette organisation depuis la mort d\u2019Oussama ben Laden.La Maison-Blanche a jugé que sa mort portait «un coup sévère à AQPA, la branche la plus dangereuse d\u2019al-Qaïda, et plus largement à al-Qaïda».Sa mort «retire du champ de bataille un leader terroriste expérimenté et nous rapproche de l\u2019objectif visant à affaiblir et à terme vaincre ces groupes», a ajouté un communiqué.Dans un enregistrement vidéo mis en ligne mardi, AQPA a annoncé la mort de son leader et la désignation du chef militaire du groupe, Qassem al- Rimi, comme son successeur.Né de la fusion des branches yéménite et saoudienne d\u2019al-Qaïda, AQPA a revendiqué plusieurs attaques à l\u2019étranger, dont celle qui a décimé en janvier la rédaction du journal français Charlie Hebdo, et une tentative d\u2019attentat contre un avion de bgne américain à Detroit le jour de Noël en 2009.Le Yéménite Nasser al-Wahishi, âgé d\u2019environ 37 ans, a été «tué dans une attaque de drone américain qui l\u2019a visé, ainsi que deux autres moudjahidines», a indiqué un membre du réseau dans la vidéo pubbée par Al-Ma-lahem, le service de propagande du groupe djihadiste.Wahishi était considéré comme le numéro deux d\u2019al-Qaïda au niveau mondial et sa mort est une perte majeure Nasser al-Wahishi pour al-Qaïda au Yémen, car c\u2019est lui qui avait grandement contribué en 2007-2008 à restructurer le groupe extrémiste sunnite et à le propulser de nouveau sur le devant de la scène.«La mort de Wahishi est un énorme coup» non seulement pour AQPA, mais aussi et surtout pour «le commandement central d\u2019al-Qaïda, car il était le vrai directeur des opérations » de ce dernier, a estimé Qlivier Quitta de GlobalStrat, firme internationale d\u2019évaluation des risques.Plusieurs dirigeants d\u2019AQPA ont été tués dans des attaques de drones américains ces dernières années au Yémen, pays en proie depuis mars à une guerre sanglante entre rebelles chiites et forces gouvernementales soutenues par l\u2019aviation saoudienne.Les attaques au drone, dont seuls les Etats-Unis disposent dans la région, se sont poursuivies en dépit du conflit et de l\u2019intervention militaire de Riyad.Le 8 mai, un des dirigeants d\u2019AQPA, Nasser al-Ansi, qui avait revendiqué, au nom du réseau, l\u2019attaque contre Charlie Hebdo, avait été tué dans une attaque américaine similaire.Wahishi, qui avait été secrétaire particuber de Ben Laden à la fin des années 1990 en Afghanistan, avait été désigné en 2013 comme adjoint d\u2019Ayman al-Za-wahiri, le successeur de Ben Laden tué par un commando américain en 2011 au Pakistan.AQPA a tenté de minimiser la perte de son chef dans la vidéo annonçant sa mort en affirmant que «sa disparition allait raffermir la détermination [du groupe] à poursuivre le djihad».Agence France-Presse GREAT AGAINH / F ?\u2022 It KENA BETANCUR AGENCE ERANCE-PRESSE Donald Trump juge les dirigeants américains «stupides» et corrompus.Le milliardaire Donald Trump saute dans la mêlée républicaine BRIGITTE DUSSEAU à New York Le milliardaire américain Donald Trump, personnage haut en couleur, a déclaré mardi qu\u2019il était candidat à la présidence, promettant de rendre aux Etats-Unis leur grandeur, et critiquant vertement sa classe politique.«Je suis officiellement candidat à la présidence des Etats-Unis, et nous allons rendre à notre pays sa grandeur», a-t-il déclaré lors d\u2019un rassemblement à New York, depuis la Trump Tower sur la 5® Avenue, arrivant par un escalier roulant au son de Rockin in the Eree World de Neil Young.M.Trump, 69 ans, conservateur connu pour ne pas mâcher ses mots, a vivement critiqué les dirigeants américains, tous «stupides» et corrompus selon lui, «contrôlés par les lob-bys et les intérêts spéciaux».«Notre pays a de vrais problèmes», a-t-il déclaré.«Nos en- nemis deviennent chaque jour plus forts, et nous devenons plus faibles».«Les Etats-Unis sont devenus un dépotoir pour les problèmes de tout le monde.» «Malheureusement, le rêve américain est mort.Mais si je suis élu, il reviendra plus fort et meilleur qu\u2019avant, et nous rendrons aux Etats-Unis leur grandeur», a insisté Donald Trump, auxquels les experts accordent très peu de chances.Très connu aux Etats-Unis, où il est surnommé «le Donald », le magnat de l\u2019immobilier avait déjà envisagé de se présenter à la présidence, en 1988, 2000, 2004 et 2012, mais y avait renoncé et avait soutenu pour la dernière élection le candidat républicain Mitt Romney.Ses promesses Partisan de la première heure de Ronald Reagan, Trump se considère comme républicain.Mardi, il a promis pêle-mêle de construire un mur le long de la frontière mexicaine et de le faire payer par le Mexique, de «faire revenir les emplois de Chine, du Mexique, du Japon et d\u2019ailleurs», de s\u2019opposer au groupe extrémiste Etat islamique, de reconstruire l\u2019armée américaine, de défendre le droit de posséder des armes.11 a aussi précisé qu\u2019il était à la tête d\u2019une fortune nette de 8 milliards de dollars, deux fois plus que les estimations du magazine Eorbes, spécialiste des ^andes fortunes.«Je n\u2019ai besoin de l\u2019argent de personne, je n\u2019utilise pas les lob-byistes, je n\u2019utilise pas les donateurs, je m\u2019en moque.Je suis vraiment riche.Et je ne le dis pas pour frimer, c\u2019est mon état d\u2019esprit, et c\u2019est ce genre d\u2019état d\u2019esprit dont vous avez besoin pour ce pays», a ajouté Donald Trump.«Nous mourons, nous avons besoin d\u2019argent», a-(-il insisté, estimant que les Etats-Unis sont en train de devenir «un pays du tiers-monde».Agence France-Presse EGYPTE La peine de mort confirmée ponr Morsi Le Caire \u2014 La justice égyptienne a confirmé mardi la peine de mort infligée à Tex-président Mohamed Morsi dans un procès pour violences et évasion de prison durant la révolte de 2011, un verdict qui vient confirmer de nouveau la volonté du pouvoir d\u2019éradiquer l\u2019opposition islamiste.Issu des Erères musulmans et destitué par l\u2019armée en juillet 2013, M.Morsi était jugé par un tribunal criminel du Caire pour son rôle dans des évasions massives de prison et des attaques contre la police durant la révolte qui chassa Hosni Moubarak du pouvoir.Au total, près d\u2019une centaine de personnes, dont le ^ide suprême de la confrérie islamiste, Mohamed Badie, Tex-président du Parlement Saad al-Katatni et le célèbre prédicateur islamiste Youssef al-Qaradaoui\u2014jugé par contumace car installé au Qatar \u2014 ont été condamnés à mort.Dans un procès pour espionnage devant le même tribunal, M.Morsi, premier président élu démocratiquement en Egypte, a été condamné à la prison à vie, soit 25 ans de réclusion.Appel possible À l\u2019annonce des verdicts, Tex-président, calme et souriant, a levé ses deux poings joints pour exprimer sa détermination.Ces verdicts sont susceptibles d\u2019appel.Mais ils représentent un nouveau clou dans le cercueil de l\u2019opposition islamiste, cible d\u2019une répression sanglante depuis l\u2019éviction de M.Morsi par Tex-chef de l\u2019armée et actuel président.Abdel Eattah al-Sissi, qui n\u2019a jamais caché sa volonté d\u2019éliminer les Erères musulmans, classés «organisation terroriste» par les autorités.La confrérie a dénoncé «des verdicts grotesques», appelant à manifester vendredi «contre les peines de mort, les arrestations, les disparitions forcées».À l\u2019étranger, ces jugements ont suscité la «profonde préoccupation » de la Maison-Blanche, la chef de la diplomatie européenne Eederica Mogherini y voyant «un développement inquiétant», tandis que le président islamo-conservateur de Turquie, Recep Taj^yep Erdo-gan, dénonçait un «massacre contre les droits fondamentaux et les libertés».Agence France-Presse Moscou gonfle ses muscles nucléaires L\u2019OTAN arrive à ses frontières, dit Poutine ANAÏS LLOBET à Moscou Vladimir Poutine a annoncé mardi le renforcement de la force de frappe nucléaire russe en réponse au projet américain d\u2019installation d\u2019armes lourdes en Europe de l\u2019EsL déclenchant la colère de l\u2019OTAN qui fustige une décision «dangereuse».«Cette année, plus de 40 nouveaux missiles balistiques intercontinentaux, capables de résister aux systèmes de défense antiaérienne les plus sophistiqués, seront déployés au sein des forces nucléaires russes», a déclaré le président russe, Vladimir Poutine, lors de l\u2019ouverture d\u2019un salon militaire prqs de Moscou.Le chef de l\u2019État russe a également salué la mise en service sous peu d\u2019un nouveau sous-ma-rin lanceur d\u2019ogives nucléaires, le «Vladimir Monomaque».L\u2019OTAN condamne Ses déclarations sur les missiles ont suscité la condamnation immédiate de l\u2019OTAN.« C\u2019est injustifié, c\u2019est déstabilisant et dangereux», a dénoncé le secrétaire général Jens Stol-tenberg lors d\u2019un point de presse à Bruxelles.«La déclaration de M.Poutine aujourd\u2019hui [mardi] confirme [.] le comportement de la Russie depuis un moment déjà.Nous avons vu que la Russie investit plus dans la défense en général, et en particulier dans les capacités nucléaires», a-t-il ajouté.Devant la presse, le président russe a expliqué ensuite que la Russie devait se défendre avec «ses forces armées et sa force de frappe » si elle est «menacée», car «l\u2019OTAN arrive» à ses frontières.«Si quelqu\u2019un place sous la menace certains de nos territoires, nous devons pointer nos forces armées et notre force de frappe vers les territoires d\u2019où vient la menace», a dit M.Poutine lors d\u2019une rencontre près de Moscou avec son homologue finlandais, Sauli Niinisto.L\u2019annonce de M.Poutine intervient trois jours après la révélation par le quotidien américain New York Times d\u2019un projet à l\u2019étude au Pentagone de déploiement d\u2019armes lourdes dans des pays d\u2019Europe de TEst.Sans commenter ces projets, le secrétaire général de TQTAN a défendu mardi le droit pour les Alliés de «prépositionner» des équipements sur la frontière orientale de TQTAN.«Nous augmentons notre présence à l\u2019est de l\u2019Alliance en réponse à un environnement sécuritaire nouveau, a-t-il expliqué.Tout ce que nous faisons est conforme à nos obligations», a-t-il assuré.Agence France-Presse A 6 LE DEVOIR LE MERCREDI 17 JUIN 2015 EDITORIAL JEAN DORE 1944-2015 Son Montréal Les Montréalais ont vite oublié le maire Jean Doré après sa défaite aux mains de Pierre Bourque en 1994 après deux mandats.Trop vite oublié, comme on a commencé à s\u2019en rendre compte ces dernières années.En huit ans, son administration avait transformé Montréal durablement.Son décès est l\u2019occasion de le reconnaître.L Bernard Descôteaux élection de Jean Doré en 1986 ne fut pas fortuite.Le balayage que le Rassemblement des citoyens de Montréal (RCM) réalisait en remportant 55 des 58 sièges de conseillers correspondait à la volonté des Montréalais de tourner la page sur l\u2019ère Drapeau.Ce maire autocrate qui pendant 26 ans sans interruption avait été « Monsieur Montréal » ne les enthousiasmait plus.Ils se sont tournés vers une nouvelle génération de politiciens qui leur proposait de mettre de côté les grands projets emblématiques pour plutôt faire de la ville un milieu de vie.Le mandat qui attendait Jean Doré était sans doute l\u2019un des plus difficiles qu\u2019un maire de Montréal eut.Le dernier legs de Jean Drapeau, les installations oljunpiques, cachait une série de déficits.Déficit financier dont les traces se mesurent encore aujourd\u2019hui dans le financement des caisses de retraite des employés munici- ^\t_ paux.Déficit économique dû à l\u2019absence de re- prise de l\u2019emploi dans la métropole.Déficit ur-!\tbanistique d\u2019une ville au développement erra- ' ,fw tique.Déficit démocratique créé par un maire jfLlH qui avait fait de Montréal « sa » chose.Le changement rapidement enclenché ne fut d\u2019aucune façon improvisé.Le RCM s\u2019y préparait depuis des années.Depuis 1974 en fait.Ce parti s\u2019était créé pour faire entendre la voix des Montréalais à l\u2019Hôtel de Ville.Une large coalition de militants venus du monde syndical, de partis politiques, aussi bien du Parti québécois que du NPD, et même du Parti libéral, d\u2019anglophones et de francophones en fut le moteur.Son programme s\u2019inspirait d\u2019une vision communautaire et citoyenne, favorisant la vie de quartier et la participation citoyeime à la gestion de la Ville.L\u2019entrée de Jean Doré et de son équipe à l\u2019Hôtel de Ville en ce début de novembre 1986 fut un moment de libération.Ils ouvrirent grand les portes de la rue Notre-Dame, y faisant entrer un vent de fraîcheur.Ils donnèrent la parole aux citoyens en leur permettant de poser des questions en début de séance du conseil municipal.Ils consultèrent les Montréalais sur le premier plan d\u2019urbanisme que Montréal se donnait.La création de conseils consultatifs d\u2019arrondissement venait valoriser la vie de quartiers et de ses «petites patries», pour reprendre l\u2019expression de Jacques Couture qui avait porté les couleurs du RCM à l\u2019élection de 1974.Quant à l\u2019appareil administratif sclérosé, il fut modernisé et orienté vers le service à la communauté.Avec Jean Doré à sa tête, Montréal rejoignait les autres grandes métropoles nord-américaines et canadiennes.Une ville dont la première ambition était de répondre aux besoins de ses citoyens.C\u2019est ainsi qu\u2019il faut voir l\u2019apparition des premières pistes cyclables, de la plage Doré, de la transformation du Vieux-Montréal, de projets de logements sociaux, de la protection d\u2019espaces verts, dont l\u2019icône qu\u2019est le parc du Mont-Royal.Cette période ne fut pas que celle de Jean Doré.Ce fut aussi celle des Michael Fainstat et des Léa Cousineau qui présidèrent le comité exécutif.Il voyait la transformation de Montréal comme un projet collectif.Le défaut de cette approche est qu\u2019elle pouvait être perçue comme technocratique et ne donnait pas des résultats immédiats.Au terme de son deuxième mandat, les Montréalais, par impatience, se tournèrent à nouveau vers un maire populiste, Pierre Bourque.Ce fut à tort.La vision de Montréal de Jean Doré était la bonne, en faire une ville pour les Montréalais.JUSTICE INTERNATIONALE La CPI qui trébuche oilà six ans que la Cour pénale internationale (CPI) tente de mettre le grappin sur le président soudanais Omar el-Béchir pour génocide et crimes contre l\u2019humanité au Darfour, où la guerre civile a fait 300 000 morts et 2,5 millions de déplacés depuis 2003.Elle y serait parvenue en fin de semaine dernière si le gouvernement de l\u2019Afrique du Sud, où le président El-Béchir se trouvait à l\u2019occasion d\u2019un sommet de l\u2019Union africaine (UA), ne l\u2019avait pas laissé filer.La dérobade nous renseigne sur le déficit de légitimité dont souffre le tribunal international.Officiellement créée en 2002, la CPI est née des laboratoires que furent en particulier le Tribunal pénal international pour l\u2019ex-Yougoslavie et celui pour le Rwanda, deux expériences auxquelles la Québécoise Louise Arbour, entre autres, a apporté une contribution importante à titre de procureure en chef.La création de la CPI devait faire franchir un pas important à la justice internationale dans les domaines de la défense universelle des droits de la personne et de la lutte contre l\u2019impunité.Il se trouve que, treize ans plus tard, le tribunal semble plus que jamais souffrir d\u2019un problème de compétence et de juridiction \u2014 comme les Etats-Unis, la Russie et la Chine refrisent toujours d\u2019en devenir membres.Dans les heures qui ont suivi l\u2019arrivée de M.El-Béchir samedi soir à Johannesburg, un juge de la Haute Cour de Pretoria sommait les autorités sud-africaines de l\u2019empêcher de quitter le pays tant qu\u2019elle n\u2019aurait pas statué sur la légalité de son arrestation en vertu des mandats internationaux lancés contre lui.Lundi, il remontait dans son avion pour rentrer à Khartoum, avec la bénédiction du gouvernement sud-^icain.Arrivé au pouvoir par coup d\u2019Etat militaire en 1989, président «élu» depuis 1996 avec des majorités irréelles, El-Béchir est devenu l\u2019exemple le plus criant de la difficulté qu\u2019a la CPI à imposer son autorité.Une autorité qui serait sans doute plus solide sur le continent africain, cela dit, si ses gouvernements se sentaient moins ciblés : le tribunal mène neuf enquêtes dans le monde, toutes en Afrique.D\u2019où le sentiment de persécution.L\u2019Afrique n\u2019a pas, après tout, le monopole des crimes contre l\u2019humanité.En 2013, rUA adoptait une résolution stipulant qu\u2019aucun chef d\u2019Etat africain en exercice ne devrait faire l\u2019objet d\u2019un procès à la CPI.Signataire des statuts qui ont créé cette dernière, l\u2019Afrique du Sud, moteur démocratique du continent, aurait dû se soumettre à l\u2019injonction de la Haute Cour, faisant plutôt le choix à courte vue de protéger un dictateur pour ne pas s\u2019isoler face à ses pairs.La justice internationale est un chantier qui progresse depuis vingt ans malgré tout.En attendant d\u2019autres progrès, le président du Soudan dort sur ses deux oreilles.V Guy Taillefer LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 > FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-présidente, ventes publicitaires LISE MILLETTE Directeur des finances STÉPHANE ROGER Directrice de ^information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Adjoints PAUL CAUCHON, JEAN-ERANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIEEET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET Jean Doré, le révolutionnaire tranquille Bonjour Monsieur le Maire, Vous savez que tout le long des allées ceinturant le hall d\u2019honneur de l\u2019hôtel de ville de Montréal sont accrochés les portraits des maires de la Ville depuis le tout premier.J\u2019ai toujours été étonné, et même un peu choqué de voir qu\u2019en pénétrant dans l\u2019hôtel de ville par l\u2019entrée principale, c\u2019est le portrait de Jean Drapeau qui accueille les visiteurs.Pourtant, Jean Drapeau a tenu les portes de l\u2019hôtel de ville fermées à double tour durant tout son règne.C\u2019est Jean Doré et son administration du RCM qui les a grandes ouvertes.Je crois que le moment est venu de corriger cette incongruité en plaçant le portrait de Jean Doré à l\u2019entrée pour accueillir les gens de Montréal et autres visiteurs.Cela serait lui rendre justice et témoigner de notre reconnaissance vis-à-vis de ses efforts et de ceux de son équipe pour démocratiser la vie politique montréalaise et pour réaliser ce qui a été, à l\u2019époque, une véritable révolution tranquille urbaine à Montréal après trente ans du régime de Jean Drapeau.Le maire Drapeau a un grand parc nommé en son honneur en plus de sa statue grandeur nature place De la Dauver-sière face à l\u2019hôtel de ville.Cela est bien mérité, mais au tour de Jean Doré de recevoir sa juste part de reconnaissance.J\u2019ai le sentiment que vous en conviendrez.Triste nouvelle en effet que le décès de Jean.Même si nous avons eu notre part de désaccords, je respecte l\u2019homme, le militant et le maire.Je ne pourrai malheu- reusement pas assister à ses funérailles puisque je suis à Paris jusqu\u2019au 6 juillet prochain.J\u2019aurais aimé vous y rencontrer et participer avec vous à lui dire un dernier au revoir.Mes salutations les meilleures Michel Prescott Conseiller municipal de 1982 à 2009 Paris, le 16 juin 2015 Discriminant, le projet libéral sur la neutralité religieuse de l\u2019État?J\u2019our avoir un sens réel, la neutralité de l\u2019État doit s\u2019inscrire formellement dans l\u2019activité quotidienne du service public.Elle implique l\u2019impartialité (et l\u2019apparence d\u2019impartialité) des agents publics dans la prestation du service, sans égard aux convictions affichées sur le plan politique, philosophique, religieux, syndical.Aller à contresens de ce principe conduit inévitablement à favoriser une attitude largement décriée, celle du repli identitaire.En consacrant le droit à un individu de manifester ses convictions religieuses dans le processus d\u2019accès ou d\u2019exercice des fonctions de l\u2019État, le gouvernement libéral introduit un élément non désirable dans la Loi sur la fonction publique, laquelle interdit déjà formellement et avec raison, un tel geste lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019opinions politiques.Dans la hiérarchie des droits énumérés dans la Charte québécoise des droits et libertés, le droit à l\u2019expression de l\u2019opinion serait-il moins élevé que celui se rapportant à l\u2019expression de ses valeurs religieuses?Ce n\u2019est pourtant pas en ces termes que les opposants à la charte des valeurs avaient construit leur argumentaire.Qn faisait plutôt valoir que dans notre société, les organismes politiques ne contraignent pas leurs membres à porter en public des signes distinctifs dans le cadre du travail, alors qu\u2019il n\u2019en serait pas ainsi, disait-on, pour certaines religions.Thèse soutenue, entre autres, par Stéphane Dion et Jocelyn Maclure.Qr, le 11 juin dernier, la ministre de la Justice Stéphanie Vallée fait voler en éclats cet argument de fond.«Le choix personnel» des femmes de porter ou non le tchador existe et il est maintenant acceptable comme base philosophique du projet sur la neutralité.Il n\u2019y a plus rien à comprendre.Un tel énoncé marque le début d\u2019un processus d\u2019enlisement idéologique.Pierre-Paul Sénéchal Ex-gestionnaire, gouvernement du Québec Le 12 juin 2015 Manipulation essoufflée ! La manipulation est une technique que M.Harper maîtrise avec brio.La propagande conservatrice sert à toutes les sauces : elle tend toutefois à s\u2019essouffler avec l\u2019usure des méthodes après 10 ans de son règne.Qn nous montre des soldats dans des décors tronqués.Qn parade des douaniers pour mieux avaler nos frontières et avaliser leurs lois sécuritaires.La société se résume à des statistiques erronées et floues.Et on veut gouverner aveuglément pour nous amener à bon port.Quels sont le but et la destination?Posons-nous la question avant le prochain scrutin.Jean-Pierre Boisclair Montréal, le 15 juin 2015 LIBRE OPINION Si c\u2019est bon pour Joël.GILLES SIMARD Auteur et pair aidant en santé mentale à l\u2019organisme Pech Québec Que Joël Legendre ait profité d\u2019une heure de grande écoute pour javelliser sa réputation, je veux bien.Mais qu\u2019il entende profiter de la prochaine grand-messe du Bye Bye pour «rire de lui» avec son histoire d\u2019exhibitionnisme et d\u2019épisodes suicidaires, là, je lui suggère fortement de se garder une petite gêne.De fait, contrairement à ce que clament haut et fort nombre d\u2019humoristes et d\u2019animateurs de radio poubelle, tout ne doit pas nécessairement devenir soluble dans l\u2019humour gras et commercial du seul fait qu\u2019un tel genre d\u2019incident soit d\u2019ordre public.Ainsi, parlant de cette ô combien grave et importante problématique qu\u2019est le suicide au Québec, le risque est en effet très grand de passer d\u2019une volonté de dédramatisation à une désolante banalisation du sujet, et ce, en épiçant trop la sauce avec la compassion de service et les bons sentiments d\u2019usage.Un peu.d\u2019ailleurs, comme pendant cette entrevue (bon cop, bad cop) des plus complaisantes réalisée par Pénélope McQuade et Jean-Luc Mongrain avec l\u2019ancien animateur du Paquet voleur.N\u2019empêche, je sais ^é à Joël Legendre d\u2019avoir bien voulu souligner le côté positif ombre et lumière de ses trois mois de thérapie, ne serait-ce que pour souligner le fait que des centaines de milliers de personnes, au Québec, n\u2019ont toujours pas accès à quelque thérapie que ce soit, faute de psychologues disponibles au public et faute de moyens pour s\u2019en offrir une au privé.Conséquemment, ces hommes et ces femmes en sont réduits à prendre les seuls médicaments qu\u2019on leur propose, avec tous les effets secondaires indésirables non souhaités et des résultats qui se font souvent attendre en matière de guérison des maladies de l\u2019âme.Sur le sujet, d\u2019ailleurs, Rose-Marie Cha-rest, l\u2019ex-présidente de l\u2019Qrdre des psychologues du Québec, disait : «L\u2019efficacité de la psychothérapie est bien démontrée et le public veut y avoir recours.Ce n\u2019est pas le portefeuille qui devrait dicter un choix de traitement.Les listes d\u2019attente sont pleines, on nous rapporte des mois, voire plus d\u2019un an avant de pouvoir consulter un psychologue dans le réseau public.Nous vivons littéralement dans un système à deux vitesses.Le prochain gouvernement doit agir.» Et d\u2019ajouter David Levine et Michael Sheehan, porte-parole du Collectif pour l\u2019accès à la psychothérapie (CAP) : « S\u2019il mettait en place une politique de remboursement des frais de psychothérapie, le Québec deviendrait, comme c\u2019est souvent le cas, un chef de file en Amérique du Nord, à la suite du Royaume-Uni et de l\u2019Australie, où des mesures équivalentes ont été mises en place et où les avantages ont été; démontrés.» Quand on sait que l\u2019État perd des milliards de dollars à cause des problèmes reliés la maladie mentale et à la toxicomanie, imaginez l\u2019économie si le gouvernement des libéraux passait vraiment à l\u2019action au lieu de faire dans le réchauffé, les hydrocarbures et le grappillage à l\u2019aveugle.Et puis, si c\u2019est bon pour Joël, c\u2019est bon pour les autres aussi, non ? LE DEVOIR, LE MERCREDI 17 JUIN 2015 A 7 IDEES % Jean Doré et une partie de son équipe en 1990 PHOTOS JACQUES NADEAU LE DEVOIR Montréal au temps de Jean Doré Il fut un leader visionnaire qui savait écouter et qui ne craignait pas de prendre des risques PIERRE LE FRANÇOIS Secrétaire général de la Ville de Montréal de 1986 à 1994 ai connu Jean Doré au milieu JA des années 1960, alors que / nous étions actifs dans le syndicalisme étudiant.Nous nous sommes retrouvés deux décennies plus tard, en juin 1986.A sa demande, j\u2019ai accepté avec enthousiasme de coordonner les travaux du comité de transition dans la perspective d\u2019une victoire très possible.Je connaissais la perspective qui était la sienne.Dans un livre publié avant les élections (VLB éditeur), Jean Doré indiquait vouloir «.une ville moderne, agréable à vivre et ouverte à la participation des citoyennes et citoyens qui l\u2019habitent».Le comité avait la tâche de s\u2019assurer d\u2019une transition compétente et rapide.Un démarrage sur les chapeaux de roues Le renouveau démocratique est la première préoccupation de la nouvelle administration qui met de l\u2019avant rapidement, notamment : les périodes de questions orales lors des séances du conseil ; des commissions permanentes du conseil ; une politique de consultation publique, les comités-conseils d\u2019arrondissement; une politique de partenariat (avec universités, municipalités, organismes du milieu.).La modernisation de l\u2019appareil municipal a constitué un deuxième chantier.La fonction publique dans son immense majorité la souhaitait ardemment.Cette opération a enclenché rapidement un allégement administratif, la mise sur pied du réseau Accès-Montréal et un virage technologique essentiel.Par ailleurs, par la création du Bureau interculturel, l\u2019administration souhaitait sensibiliser l\u2019appareil aux problématiques des communautés culturelles.L\u2019interventionnisme de la nouvelle administration était largement souhaité, fut tous azimuts et s\u2019est concrétisé le plus souvent possible en s\u2019appuyant sur les forces vives du milieu.Mentionnons entre autres : au titre des outils de planification, geste hautement significatif et porteur, le premier plan d\u2019urbanisme de Montréal adopté le 18 décembre 1992 ; au titre des services à la population : déconcentration et coordination territoriale, délimitation de neuf arrondissements ; au titre de la mise en valeur de Montréal, notons la revitalisation du Vieux-Montréal, de nouvelles places publiques, des voies cyclables, un parc des îles restauré, de nombreuses réalisations en matière d\u2019art public, le développement des équipements scientifiques, l\u2019adoption du concept de la Cité internationale.Et je pourrais citer bien d\u2019autres initiatives, que ce soit en matière de gestion des déchets, de transport, de développement économique, de programmes d\u2019habitation, d\u2019itinérance, d\u2019activités culturelles, de loisirs et sports, de plan d\u2019action concernant les femmes dans la Ville.Tant «J\u2019ai été privilégié de travailler avec Jean Doré.Un maire énergique, intègre, s\u2019intéressant à tout sans perdre de vue l\u2019essentiel; un leader visionnaire qui savait écouter», souligne Pierre Le François.que les finances permettaient de «livrer la marchandise», le temps politique était au beau fixe.Mais quelques nuages se profilaient à l\u2019horizon.f Economie et controverses Il y a d\u2019abord eu un contexte économique qui a éventuellement freiné l\u2019action.Le début des années 1990 a été plus difficile en raison d\u2019un contexte économique défavorable et d\u2019un transfert de responsabilités du gouvernement du Québec dans le transport en commun (sans les ressources appropriées).Certes, on a pu recourir aux fonds fédéraux-provinciaux pour divers projets, mais c\u2019est un effort plus considérable qu\u2019il aurait fallu \u2014 déjà \u2014, et l\u2019administration Doré a néanmoins beaucoup fait en ce sens avec les disponibilités financières du moment.Le même gouvernement lui demandait aussi des efforts particuliers dans certains dossiers (comme le sauvetage des Expos).Je m\u2019en voudrais en contrepartie de ne pas signaler la belle collaboration Qué-bec-Ottawa-Montréal sur une affaire stratégique comme celle de l\u2019QACI, ainsi que le coup de pouce fédéral sur les îles en 1992 ou encore des soutiens spéciaux de Québec à l\u2019égard de divers projets.Et certains dossiers ont suscité la controverse.On pense ici aux relations cols bleus-Ville, qui furent excellentes au départ mais ardues par la suite malgré un geste fort de l\u2019administration pour contrer l\u2019effet démobilisant d\u2019affectations temporaires et de déplacements constants entre lieux de travail.Mais ce sont surtout les sociétés paramunicipales qui ont fait le plus jaser.Outil majeur dans la mise en place de nombre de projets, leur marge de manœuvre faisait parfois des jaloux à en interne et mal- heureusement, l\u2019effondrement immobilier des années 1990 a créé de sérieux problèmes pour la Ville.Le modèle de relations d\u2019une ville avec ses paramunicipales est toujours à peaufiner.La question de pouvoirs accrus aux conseils d\u2019arrondissement était davantage d\u2019actualité que le fait pour l\u2019exécutif de siéger en public.Fallait-il d\u2019abord consolider cette étape vers un plus grand contrôle local sur des questions de proximité ou foncer plus rapidement vers une réelle décentralisation ?Un sentiment de prudence a alors prévalu.Eventuellement, des tensions politiques survinrent entre des « impatients » et des « réalistes», entre des tenants d\u2019une plus grande décentralisation et ceux plus favorables à un «éta-pisme» en la matière.Néanmoins, on a su fêter avec enthousiasme le 350® anniversaire de la fondation de Montréal, sous l\u2019impulsion du maire.Nombre de projets (comme le Musée Pointe-à-Callière) que caressait l\u2019administration ont vu le jour à cette époque.J\u2019ai été privilégié de travailler avec Jean Doré.Un maire énergique, intègre, s\u2019intéressant à tout sans perdre de vue l\u2019essentiel ; un leader visionnaire qui savait écouter et qui ne craignait pas de prendre des risques pour le développement de la Cité ; un maire respectueux de la fonction publique qui aimait travailler sous son leadership.Je sais pour ma part que je parle au nom de très nombreux fonctionnaires en le soulignant.Merci, Jean Doré.Ce texte reprend, succinctement, l\u2019essentiel de la conférence donnée par l\u2019auteur devant les membres de la Société historique de Montréal en décembre 2011.Gilles, Gilles, Gilles,,, Francine Pelletier Je fais partie de ceux et celles qui sq grattent la tête depuis une semaine.A quoi rime ce soudain retour en arrière?Tu nous avais pourtant habitués, Gilles, à la pondération et aux idées claires.Quelle idée de reprendre un flambeau qui n\u2019éclaire plus grand-chose ! De faire table rase des cinq dernières années et de penser que tout peut redevenir comme avant.On dirait un homme en peine d\u2019amour.Comme l\u2019amant éconduit qui supplie «ne me quitte pas», tu nous incites à tout oublier, à croire en un Bloc ragaillardi et en un temps nouveau.«Laisse-moi devenir l\u2019ombre de ton ombre.» Tu invoques un «nouveau cycle politique» en oubliant que c\u2019est à Ottawa, pas à Québec, que le renouveau s\u2019est implanté.Personnellement, c\u2019est ce qui m\u2019irrite le plus de ta décision : tu surévalues le phénomène Péladeau tout en sous-estimant le phénomène Harper.Malgré l\u2019austérité, les libéraux sont toujours confortablement en tête au Québec, il n\u2019y a pas d\u2019effet PKP sur l\u2019ensemble de la population, et les jeunes font toujours cruellement défaut au sein du mouvement indépendantiste.François Legault, qui croyait pouvoir nous entraîner dans une «troisième voie», est forcé de conclure à l\u2019échec.Au Québec, rien n\u2019a beau- Ju invoques un coup change.Rien, outre la mort du grand Jacques Pari- «nouveau (ycle zeau, ne nous laisse croire, pour l\u2019instant, que nous politique» en avons «tourné une page».Au Canada, par contre, Oubliant que c\u2019est une véritable révolu- c\u2019est à Ottawa, tion qui se trame depuis 2003.L\u2019arrivée de Stephen pas à Québec, Harper a précipité la fin des grands partis centristes de que le coalition, la fin également du Parti libéral comme le renouveau pont/bridge entre le Ca- s\u2019est implanté nada français et anglais.La création d\u2019un nouveau Parti conservateur, véritablement à droite celui-là, a forcé les électeurs à se positionner selon l\u2019idéologie gauche-droite.Du jamais-vu.C\u2019est également ce qui se passe aux Etats-Unis, souligne Konrad Yakabuski dans le Globe and Mail, où les démocrates se positionnent de plus en plus à gauche et les républicains, de plus en plus à droite.Au Canada, les grands gagnants de ce réalignement politique ont été les troupes conservatrices qui ont réussi, contre toute attente, à se maintenir au pouvoir depuis 11 ans.L\u2019appui d\u2019une base conservatrice indéfectible, que Harper traite d\u2019ailleurs aux petits oignons, et la division du vote entre désormais trois grands partis ont certainement aidé.Mais après plus d\u2019une décennie en poste, l\u2019usure, voire les ravages du gouvernement Harper, se font sentir.Les Canadiens, généralement plus à gauche, en ont soupé.Le parti qui risque de profiter de ce ras-le-bol, le seul qui constitue une véritable option face au conservatisme abouti de Stephen Harper, est le Nouveau Parti démocratique.Du jamais-vu, là aussi.Après la vague orange au Québec, à l\u2019effet Notley en Alberta et, il faut le dire, au travail minutieux de Thomas Mulcair à la Chambre des communes, le NPD pourrait, pour la première fois, prendre le pouvoir.Mais encore faut-il que les Québécois votent, comme en 2011, selon l\u2019axe gauche-droite plutôt que souverainiste-fédéraliste.Le gouvernement Harper, à tous égards, a été une véritable catastrophe.Î1 y a urgence de lui botter le cul, pas seulement lui faire les pieds de nez auxquels le Bloc nous a habitués.Que ce soit la culture, la science, l\u2019environnement, les droits de la personne, les institutions et le processus démocratique, tout a été piétiné depuis 11 ans.Le gouvernement Harper a autorisé la torture, suspendu illégalement le Parlement, triché durant Îes élections, mis la clé dans l\u2019accès à l\u2019information, mis la hache dans le recensement national et le registre des armes à feu, contrôlé la fonction publique jusqu\u2019à l\u2019étouffement, fermé les organismes qui voient à la protection de l\u2019environnement, des aliments, de l\u2019eau, empêché les scientifiques de parler, quand le congédiement ne les attendait pas tout bonnement.L\u2019irresponsabilité de ce gouvernement en ce qui concerne seulement l\u2019environnement, le défi de l\u2019heure, est suffisante pour nous inculquer le devoir moral de s\u2019en débarrasser.Alors, que vient faire le Bloc « duceppesisé » dans cette galère ?Arracher quelques sièges au NPD au nom d\u2019un «match de la revanche», ce qui ne peut qu\u2019avantager les conservateurs ?C\u2019est ça ta défense du Québec?Toi, l\u2019homme de gauche, qui, avec Jacques Parizeau, a le mieux résisté aux tentations identitaires et autres idées réactionnaires des dernières années, c\u2019est ça ton idée du progrès ?Te voilà à ton tour prêt à mettre en suspens toutes les choses qui importent aujourd\u2019hui (voir nomenclature ci-dessus) au nom de l\u2019hypothétique grand soir ?Désolée, Gilles, mais il y a toujours bien une limite à prendre des vessies pour des lanternes.fpelletier@ledevoir.corn L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon et Louis Gagné (adjoints à la direction de l\u2019information), Antoine Robitaille et Guy Taillefer (éditorialistes, responsables de la page Idées), Michel Garneau (caricaturiste), Jacques Nadeau (photographe), Michael Monnier et Olivier Zuida (recherchâtes photos)', information générale : Isabelle Paré (chef de division), Lisa-Marie Gervais (éducation), Alexandre Shields (environnement), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Pauline Gravel (sciences), Fabien Deglise (société), Jean Dion (sports), Jessica Nadeau, Philippe Orfali et Karl Rettino-Parazelli (reporters) ; information politique : Marco Fortier (chef de division), Michel David (chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec), Guillaume Bourgault-Côté (reporter), Julie Carpentier (pupitre)', information culturelle : Catherine Lalonde (responsable du cahier Livres), Odile Tremblay (cinéma), Stéphane Bailîargeon (médias), François Lévesque et Caroline 'M.ontpet\\t(reporters), Benoît Munger et Philippe 'PsLpineaxxépupitre)', information économique : Gérard Bérubé (chef de division), François Desjardins et Eric Desrosiers (reporters), Gérald Dallaire (pupitre)', information internationale : Jean-Pierre Legault (pupitre international, page éditoriale et cahier Perspectives J, Sophie Chartier et Jean-Frédéric Légaré-Tremblay (pupitre)', section art de vivre: Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs)', Loïc Hamon (cahiers spéciaux)', équipe internet: Laurence Clavel, Marie-Pier Frappier et Geneviève Tremblay (pupitre), Martin Blais, Annabelle Caillou, Justine Daneau, Florence Sara G.Ferraris et Coralie Mensa (assistants) ; correction : Andréanne Bédard, Isabelle Dowd, Christine Dumazet et Michèle Malenfant ; soutien à la rédaction: Amélie Gaudreau (secrétaire), Laura Pelletier et Arnaud Stopa (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa), Dave Noel (Québec).PUBLICITÉ Mélisande Simard (adjointe par intérim), Jean de 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A 8 LE DEVOIR.LE MERCREDI 17 JUIN 2015 ACTUALITES BADAWI SUITE DE LA PAGE 1 emprisonnement en laissant les mots du blo-gueur de 31 ans mettre eux-mêmes en perspective l\u2019affront dont on le tient responsable et le châtiment qui vient avec : Raïf Badawi a été condamné à 10 ans de prison, 1000 coups de fouets \u2014 qu\u2019il est censé recevoir à raison de 50 tous les vendredis \u2014, une amende d\u2019environ 290 000 $, une interdiction de sortir du territoire et d\u2019utiliser des réseaux sociaux.«On se fait souvent poser la question: qu\u2019est-ce que Raïf Badawi a écrit pour subir un tel sort?», a résumé mardi Mireille Elchacar d\u2019Amnistie internationale, organisme qui soutien la publication de ce petit livre d\u2019une soixantaine de pages.Rien de très subversif, « et les gens vont pouvoir juger par eux-mêmes».Entre 2010 et 2012, l\u2019homme a posé en effet son regard éclairé sur son présent dans son blogue baptisé «Libérez les libéraux saoudiens », mais aussi dans les pages numériques d\u2019Al-Jazira, d\u2019Al-Hiwar al-Mutamaddin ou encore d\u2019Al-Bilad.Il y évoque la charia, ces lois islamiques qui dictent l\u2019organisation sociale, culturelle et relationnelle de certains peuples, y devise sur le libéralisme, la modernité en terres arabes, la Palestine, la place des femmes dans sa société ou sur un certain Printemps, avec cette inclination humaniste qui semble être la sienne.«La liberté d\u2019expression est l\u2019air que respire tout penseur, ainsi que le combustible qui enflamme sa pensée, écrit-il en août 2010.Au fil des siècles, les nations et les sociétés n\u2019ont progressé que grâce à leurs penseurs.» Et il ajoute : «Ce que je crains le plus, c\u2019est que de brillants esprits arabes s\u2019exilent en quête d\u2019air pur,^ là-bas, loin des sabres de l\u2019autoritarisme religieux.» Respect et ouverture Le ton est civilisé, la tonalité hautement critique, mais toujours respectueuse.Sur les musulmans de son pays, il écrit: ils «ne respectent pas les croyances d\u2019autrui; pire, ils considèrent les autres comme des apostats, tout non-musulman non hanbalite [la frange la plus conservatrice de l\u2019islam sunnite] étant dissident».«Regardons tous les pays fondés sur la pensée reli- 1000 COUPS DE FOUET La femme à ses côtés RAÏF BADAWI Paru sur le site Web Al-Bilad le 10 septembre 2011 Ma grand-mère paternelle, originaire du sud du pays, me parlait de la vie simple et ouverte que menaient en son temps les femmes, aux côtés des hommes leurs frères, travaillant aux champs, contribuant dans tous les domaines, célébrations, prises de décision et autres aspects du quotidien, ce qui prouve incontestablement que cette société rurale était à tout point de vue une société civile libérale.Elle me parlait des rituels de fêtes, auxquelles les femmes participaient directement, en prenant part à ce qu\u2019on appelait la khutwa, une danse du folklore populaire, dans une ambiance civilisée à laquelle personne ne s\u2019opposait en cette époque pas si lointaine.Les femmes travaillaient avec les hommes dans les champs, et exerçaient à leurs côtés la plupart des métiers et professions, dans les souks et ailleurs, sans se préoccuper de cette phobie de la mixité que nous avons inventée il y a une trentaine d\u2019années.Il est vraiment surprenant de constater l\u2019ampleur de la contradiction qui existe au sujet de la mixité au travail dans notre pays.Nous voyons par exemple, dans les quartiers de luxe et les grands centres commerciaux de la ville de Djebbah, des entreprises où des femmes travaillent sans aucun problème, et sans que nul trouve à y redire.On découvre en revanche que la majorité des petites entreprises établies au sein de ce qu\u2019on a coutume gieuse, regardons leurs peuples et les générations qui y grandissent; qu\u2019offrent-ils en termes d\u2019humanité et d\u2019humanisme ?Rien, c\u2019est certain, sinon la peur de Dieu et l\u2019incapacité d\u2019affronter la vie.» Ailleurs, il convoque «l\u2019obscurantisme» du Moyen Age en Europe pour parler de la domination du clergé sur les hommes.«Les religieux [.] s\u2019employaient jour et matin, du matin au soir, à entretenir l\u2019ignorance pour en ti- Il PARCE QUE J\u2019AI OSÉ PARLER ^ LIBREMENT d\u2019appeler les quartiers populaires interdisent aux femmes de travailler et, si l\u2019une d\u2019elles ose recruter une femme, employeur et salariée doivent rendre des comptes et être châtiés, malgré l\u2019absence de toute loi explicite stipulant qu\u2019il faut sanctionner toute entreprise où femmes et hommes travaillent côte à côte.Il existe au contraire des lois et des décrets ministériels clairs et formels qui statuent sur le travail des femmes dans un cadre clairement défini par le ministère.D\u2019ailleurs, les femmes participent déjà, et avec compétence, au travail hospitalier par exemple.Pourquoi alors cette affaire s\u2019égare-t-elle, et jusqu\u2019à quand s\u2019égarera-t-elle, dans le labyrinthe des différents courants de pensée?La question est simple : la femme ______ travaille au même titre que l\u2019homme dans le domaine public; elle a autant besoin que l\u2019homme de travailler, parfois même beaucoup plus que lui.Alors, allons-nous enfin abandonner notre discours machiste stérile, et fermer la porte aux grandes excuses ?Ou allons-nous continuer, comme nous le faisons aujourd\u2019hui, à nous en prendre aux Saoudiennes qui ont besoin de gagner leur vie ?A vouloir trop les réprimer, on pourrait en conduire certaines à choisir la voie de l\u2019illégalité, pour gagner leur pain quotidien.1000 COUPS DE FOUET Raïf Badawi Édito Montréal, 2015, 64 pages rer profit, s\u2019enrichissaient de manière obscène, au point qu\u2019ils en vinrent à vendre des indulgences qui permettaient de s\u2019assurer une place au paradis! Comment ne pas s\u2019élever contre de telles absurdités.» Ou bien exprime cette ouverture face à la mixité dans un billet qui souligne une première à la Eoire internationale du livre de Riyad où les deux sexes pouvaient se côtoyer, «contrairement à ce qui était le cas précédemment ».«Il est de notre devoir de ne plus écouter les voix des extrémistes qui réclament l\u2019interdiction de la mixité, non seulement pour ce qui est de la Foire du livre, mais encore dans d\u2019autres domaines de la vie courante, et d\u2019offrir la libre concurrence et l\u2019égalité des chances aux citoyens des deux sexes d\u2019un même pays», écrit-il entre deux attaques contre les opposants au libéralisme qui, selon lui, «s\u2019opposent par principe à tout ce qui est nouveau, et à tout ce qui donne à l\u2019homme sa liberté, pour ne pas couper l\u2019herbe sous le pied des prédicateurs qui manipulent les esprits».Crime d\u2019apostasie Les textes auraient pu être écrits par Voltaire en 1764.Sur le plateau d\u2019une émission comme Tout le monde en parle, ils induiraient sans doute ce petit mouvement de tête approbatif penchant consensuellement vers la gauche.En Arabie Saoudite, ils sont crimes d\u2019apostasie et de prosélytisme antimusulman pouvant conduire jusqu\u2019à la peine de mort.«La plupart des écrits de Raïf Badawi ont été détruits, très peu ont été traduits en français, a expliqué mardi Erwan Leseul, éditeur et directeur de l\u2019édition chez Édito, qui reprend dans ce bouquin les billets du blogueur assemblés il y a quelques mois par l\u2019éditeur allemand Ull-stein Buchverlage de Berlin, et ce, dans une traduction en français, réalisée par Erance Meyer, des textes originaux publiés en arabe.On a cherché à museler un homme, mais on ne peut pas empêcher ses mots de voyager.» Le 7 juin dernier, la Cour suprême de l\u2019Arabie Saoudite a confirmé la condamnation du blogueur, au terme d\u2019un réexamen du dossier fait à la demande du roi Salmane.La reprise du châtiment des coups de fouet a toutefois été suspendue pour une 19® semaine consécutive, sans explication de la part des autorités saoudiennes.La semaine dernière, Québec a délivré un certificat de sélection pour Badawi afin d\u2019accélérer ses procédures d\u2019immigration au Québec, dans l\u2019éventualité d\u2019une libération.De concert avec Amnistie internationale, le gouvernement a également sommé Ottawa de «changer de vitesse» afin de favoriser la libération de cet homme condamné pour avoir rêvé d\u2019une parole libérée dans son pays.Le Devoir SEAN KILPATRICK LA PRESSE CANADIENNE Le chef libéral Justin Trudeau promet une réforme en profondeur du système électoral canadien s\u2019il prend le pouvoir cet automne.TRUDEAU SUITE DE LA PAGE 1 prévue.«Le fait que ce soit un processus multipartite sous-entend que l\u2019avis des Canadiens sera entendu, alors ça ne nous inquiète pas», a-t-elle indiqué au Devoir.«Nous sommes vraiment heureux» de cet engagement libéral, ajoute M\u201c® Carmichael.Le NPD et le Parti vert ont déjà fait des promesses similaires.Le Parti conservateur fait bande à part sur la question.Le ministre responsable de la Réforme démocratique, Pierre Poilievre, y a même vu une nouvelle occasion d\u2019accuser les libéraux de vouloir hausser les impôts.Selon sa logique, il est assuré que les libéraux opteront pour le vote obligatoire et imposeront une sanction financière aux électeurs récalcitrants.«Us pensent pouvoir régler tous les problèmes de la nation en imposant une taxe libérale», a-t-il dit.Elections propres Un gouvernement libéral interdirait par ailleurs l\u2019utilisation de fonds publics par Ottawa pour acheter des publici- LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9® étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 © Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 tés à caractère partisan.Pour ce faire, un commissaire à la publicité serait nommé, comme il en existe déjà un en Ontario.Ce commissaire aurait pour mandat d\u2019approuver au préalable toute campagne fédérale pour s\u2019assurer qu\u2019elle est non partisane et répond à un «besoin réel» de publicité du gouvernement.Les libéraux en ont contre les nombreuses campagnes lancées au cours des ans par les conservateurs, que ce soit la multiplication des fameux panneaux «plan d\u2019action économique» ou les publicités vantant des programmes qui n\u2019avaient pas encore reçu l\u2019approbation du Parlement.De même, le chef libéral prend acte des récentes craintes formulées par l\u2019ancien directeur général des élections, Jean-Pierre Kingsley, quant à l\u2019effet pervers des élections à date fixe.M.Kingsley déplore que les partis politiques contournent désormais les plafonds de dépenses en multipliant les publicités avant le déclenchement électoral officiel.M.Trudeau propose de plafonner les dépenses entre les élections comme cela se fait déjà en Grande-Bretagne.Comme les néodémocrates, les libéraux promettent de restaurer le recensement long obligatoire de Statistique Canada et de stopper la fin de la livraison du courrier à domicile.Toutefois, contrairement au NPD, les libéraux ne s\u2019engagent pas à restaurer la livraison là où elle a déjà été interrompue.Valoriser la science.et la sécurité Justin Trudeau promet de restaurer la liberté de parole des scientifiques, qui se disent muselés sous le régime de Stephen Harper.Pour y parvenir, le chef libéral propose de créer un poste de «directeur scientifique» qui aura le mandat de rendre accessibles au public, gratuitement par un portail centralisé, tous les travaux scientifiques générés par l\u2019appareil fédéral.Sur la sécurité nationale, le chef libéral s\u2019engage à créer un comité d\u2019élus de tous les partis pour surveiller les travaux de toutes les agences et ministères fédéraux opérant dans le domaine de la sécurité.Ce comité avait été réclamé à grands cris par divers intervenants pendant les audiences sur la loi antiterroriste C-51.En vain.M.Trudeau a esquivé la question lorsque les journalistes lui ont demandé s\u2019il n\u2019avait pas perdu de crédibilité dans ce dossier pour avoir voté pour C-51 tout en le dénonçant.Son candidat dans Central Nova, David MacLeod, a d\u2019ailleurs retiré sa candidature à cause de cet appui à C-51.Pourtant, M.MacLeod avait des chances d\u2019être élu puisque son adversaire, le ministre de la Justice Peter MacKay, a tiré sa révérence.Poutine parlementaire De nombreuses autres promesses contenues dans le programme dévoilé mardi portent sur le déroulement des activités au Parlement.On propose aussi d\u2019interdire les projets de loi budgétaire «fourre-tout» auxquels les conservateurs ont pris goût.On suggère que le gouvernement soit obligé de présenter une analyse des coûts de chacun de ses projets de loi.On se rappellera que c\u2019est le refus du gouvernement conservateur de révéler le coût de ses initiatives en justice criminelle que le pays a été plongé en élection en 2011.Le Devoir FRAIS SUITE DE LA PAGE 1 moment où on se parle.Un moment donné, il faut arrêter d\u2019être hypocrite collectivement et de se mettre la tête dans le sable.Ça existe, les gens s\u2019en servent et la majorité des gens qui s\u2019en servent sont bien contents avec ça.» Le problème, ce sont les abus, constate-t-il.Plusieurs patients se sont d\u2019ailleurs plaints à cet effet et une action collective est intentée concernant la surfacturation excessive.Sous pression, le Collège des médecins a modifié son code de déontologie en janvier dernier pour interdire aux médecins de facturer des frais accessoires.Ce faisant, il a forcé le gouvernement à prendre une position claire sur la question.En effet, en date du 7 juillet, la «période de grâce» accordée par le Collège des médecins expire et ses membres devront se conformer à toutes les nouvelles mesures du code de déontologie.Privées des revenus liés aux frais accessoires camouflés sous les coûts de médicaments, plusieurs cliniques menaçaient de fermer leurs portes car les montants accordés au médecin pratiquant en cabinet ne suffisaient pas à en assurer la rentabilité, plaidait notamment l\u2019Association des cliniques médicales du Québec.«Le Collège des médecins a pris une décision qui était lourde de conséquences et qui exige de prendre une décision de la part du gouvernement [.] On va normaliser la situation et il n\u2019y aura plus d\u2019abus.» Amendes C\u2019est par le biais du projet de loi 20 que le ministre entend procéder.Des amendements, dont Le Devoir a obtenu copie, devraient être déposés sous peu, confirme le ministre.Ces amendements viennent «effacer le tableau qui existe pour le réécrire tout de suite par voie réglementaire», vulgarise le ministre.Or, l\u2019étude du projet de loi 20 a été Des amendes salées sont prévues pour les médecins qui seront pris en faute suspendue jusqu\u2019à la reprise des travaux parlementaires en août prochain, alors que les cliniques deman4aient une intervention de l\u2019État avant la date butoir du 7 juillet.«Il est possible pour moi de demander au Collège des médecins de surseoir à l\u2019application de son nouveau code de déontologie.Je l\u2019ai exploré [cette possibilité] et le Collège nous a laissés entendre que ce serait peut-être quelque chose de faisable si le message que l\u2019on envoie est clair.Maintenant, pour moi, dans la clarté du message, je pourrais modifier mon amendement et dire que c\u2019est rétroactif au 7 juillet.» La nouvelle réglementation du ministre prévoit également des amendes plus salées pour les médecins qui seraient pris en faute de surfacturation abusive.La RAMQ a déjà le pouvoir de le faire, mais ne sévit jamais, reconnaît le ministre à l\u2019autre bout du fil.«Je sais bien, mais c\u2019est parce qu\u2019il y avait un problème de clarté dans les règlements et les lois.Nous, ce qu\u2019on vient de faire, c\u2019est qu\u2019on vient une fois pour toutes clarifier cette situation et la normaliser dans les règlements.» A la Eédération des médecins spécialistes du Québec, la présidente Diane Erancœur se réjouit de cette annonce, elle qui réclamait depuis longtemps \u2014 tout comme son prédécesseur, Gaétan Barrette \u2014 une clarification des règles du jeu pour les médecins propriétaires de cliniques.«On est soulagé.Depuis l\u2019annonce du nouveau code de déontologie, on s\u2019entendait tous sur la même vision, on voulait un certain balisage, plus d\u2019accessibilité pour le patient avec des montants fixes représentants le coût réel pour s\u2019assurer que la clinique peut rouler.Nous sommes contents que le ministre réponde enfin à cette demande, car le deadline était à nos portes.» Au Collège des médecins, on s\u2019abstient de tout commentaire dans l\u2019attente de l\u2019annonce officielle du gouvernement.Le Devoir D Le Devoir sur ledevoir.com GO sur Facebook et sur Twitter La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel Par télécopieur redaction@ledevoir.com 514 985-3360 Publicité Au téléphone\t514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par télécopieur\t514 985-3390 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone Par courriel Par télécopieur 514 985-3344 avisdev@ledevoir.com 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone\t514 985-3322 Par télécopieur\t514 985-3340 Abonnements (lundi a vendredi, 7 h 30 a 16 h 30) Au téléphone\t514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel\tabonnements@ledevoir.com Par télécopieur\t514 985-5967 Agenda culturel Par courriel agenda@ledevoir.com Le Devoir peut, a l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnes a la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service a la clientele Le Devoir est publie du lundi au 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