Le devoir, 17 juin 2015, Cahier C
[" PROFESSIONS RELEVE CAHIER THEMATIQUE C > LE DEVOIR, LE MERCREDI 17 JUIN 2015 t.i Qui sont les jeunes professionnels d\u2019aujourd\u2019hui?Pages C 2 à C5 La réussite n\u2019a de sens que si on contribue à la société Page C 6 MONKEY BUSINESS IMAGES LTD THINKSTOCK La proportion des femmes dans les ordres professionnels est passée de 56% à 61 % en dix ans.Ordres professionnels La relève se porte bien On compte au Québec 45 ordres professionnels qui encadrent les 53 professions réglementées regroupant 371 000 membres.Comme plusieurs de ces professionnels seront appelés à prendre leur retraite, il est légitime de se demander si la relève est au rendez-vous.Et diffère-t-elle des générations précédentes?PIERRE VALLEE La bonne nouvelle, c\u2019est qu\u2019il n\u2019y a pas de pénurie de professionnels au Québec.«Depuis 10 ans, nos effectifs professionnels sont en croissance régulière.On compte aujourd\u2019hui 25 % de professionnels de plus dans nos rangs, affirme Diane Legault, présidente du Conseil interprofessionnel du Québec (CIQ).Dans certaines professions, la croissance est même plus marquée.Par exemple, chez les travailleurs sociaux et les thérapeutes conjugaux, les effectifs ont doublé.Cette croissance des effectifs est la preuve que la relève est au rendez-vous.De plus, selon Emploi-Québec, la perspective d\u2019emploi est favorable, ce qui incite les jeunes à poursuivre leurs études pour devenir des professionnels.» La féminisation des professions Une des conséquences de l\u2019arrivée sur le marché de travail de cette relève professionnelle est que les professions se féminisent.«En 2005, 56 % de nos effectifs professionnels étaient des femmes, aujourd\u2019hui, en 2015, la proportion est de 61 %.Il y a certaines professions qui sont fortement féminisées, on pense évidemment aux infirmières, mais on doit aussi inclure les diététistes, les orthophonistes et les hygiénistes dentaires.D\u2019ailleurs, en médecine dentaire, les deux tiers des étudiants aujourd\u2019hui sont des étudiantes, une profession jadis plutôt masculine.» 4 PEDRO RUIZ LE DEVOIR Diane Legault, présidente du Conseil interprofessionnel du Québec (CIQ) Par contre, certaines professions ne semblent pas attirer les femmes.«Qu\u2019on pense aux arpenteurs-géomètres, aux ingénieurs, aux huissiers de justice, des professions où les femmes peinent à former même 20 % des effectifs.» L\u2019arrivée des technologies de l\u2019information Les technologies de l\u2019information sont maintenant bien implantées dans le milieu professionnel.D\u2019une part, les outils informatiques sont disponibles et, d\u2019autre part, la relève arrive déjà bien au fait des technologies de l\u2019information tout comme des médias sociaux.La pratique des professions s\u2019en voit changée.«Par exemple, aujourd\u2019hui, les radiographies que prennent les dentistes dans leur cabinet sont toutes numérisées.Un dentiste vivant en région peut facilement faire parvenir une radiographie par In- ternet à un spécialiste, peu importe où ce dernier se trouve, afin d\u2019obtenir une opinion sur un cas particulier.Un psychologue peut même tenir une consultation via Skype.Un conseiller en orientation peut faire passer des tests à partir d\u2019un site Internet.Un cabinet de comptables peut être totalement dématérialisé, n\u2019ayant aucun bureau physique, chacun des membres du cabinet travaillant à partir de sa résidence.Le télétravail est maintenant une réelle possibilité pour bon nombre de professionnels.» Une possibilité qui offre de nombreux avantages mais qui soulève aussi des questions.«La première question que ça soulève est celle de la confidentialité et de la sécurité des données ainsi recueillies et partagées.Comment s\u2019en assurer?La seconde question est celle de la protection du public.Comment un ordre professionnel peut-il surveiller ce type de pratique professionnelle ?Comment enquêter s\u2019il y a une plainte ?Nous sommes présentement appelés à réfléchir à toutes ces questions, car il faut que ces nouvelles façons de pratiquer soient convenablement encadrées.» Quelques préoccupations Même si la relève se porte bien, le Conseil interprofessionnel du Québec a tout de même certaines préoccupations à son égard.La première concerne les stages en milieu de travail.Rappelons que plusieurs ordres professionnels exigent de leurs futurs membres qu\u2019ils fassent, une fois la formation universitaire terminée, un stage en milieu de travail, avant de leur délivrer un permis de pratique.«Il y a quelques années, ça allait de soi, mais aujourd\u2019hui il devient de plus en plus difficile pour un jeune d\u2019obtenir un stage en milieu de travail.Il finit par le trouver, mais ça lui prend beaucoup plus de temps.Et cela, évidemment, retarde son entrée sur le marché du travail.» A quoi est dû ce retard ?Selon Diane Legault, les réductions de budget dans les organismes publics et parapublics, où bon nombre de futurs professionnels font leur stage, n\u2019ont certes pas aidé.«Et les employeurs du secteur privé ne sont pas encore assez sensibilisés à cette question.» Une seconde préoccupation du CIQ concerne la relève professionnelle immigrante.«Depuis quelques années, les ordres professionnels ont fait un énorme progrès dans la reconnaissance des compétences et des acquis.Par exemple, l\u2019an dernier, les ordres professionnels ont reçu 5000 demandes de reconnaissance des compétences et 96 % d\u2019entre elles ont été accordées.C\u2019est plutôt du côté de la formation d\u2019appoint qu\u2019il reste du travail à faire.La moitié des ordres professionnels exigent qu\u2019une personne ayant été diplômée à l\u2019étranger suive une formation d\u2019appoint afin de se familiariser avec le cadre législatif et de pratique propre à l\u2019exercice d\u2019une profession au Québec.Nous devons travailler davantage avec nos partenaires collégiaux et universitaires afin de nous assurer que cette formation d\u2019appoint est disponible.» La troisième préoccupation porte sur la participation des jeunes dans les instances des ordres, soit le conseil d\u2019administration et les divers comités.«Présentement, environ deux tiers des ordres ont un jeune de moins de 35 ans siégeant à son conseil d\u2019administration, et la moitié en comptent au moins deux.Par contre, seulement 20% des ordres ont un comité jeunesse.C\u2019est nettement insuffisant.D\u2019ailleurs, le gouvernement vient de modifier la loi sur le Barreau et la Chambre des notaires afin que ces deux ordres soient obligés de coopter un jeune au sein de leur conseil si aucun n\u2019est élu.» Une solution qui pourrait s\u2019étendre aux autres ordres professionnels.«L\u2019Office des professions doit, cet automne, se pencher sur une révision du Code des professions.C\u2019est une excellente occasion pour tous les intervenants du milieu professionnel de trouver des solutions à nos préoccupations.» Collaborateur Le Devoir Ne croyez pas tout ce que vous entendez.45 ordres professionnels, 1 seule mission.VOUS PROTÉGER ! Des questions ?www.ordredeproteger.com ORDRE DE PROTEGER LE PUBLIC C 2 LE DEVOIR, LE MERCREDI 17 JUIN 2015 PROFESSIONS Isabelle Paris La passion des ressources humaines Avant d\u2019avoir la piqûre pour les ressources humaines, Isabelle Paris avait commencé des études en éducation physique, pour finalement s\u2019apercevoir qu\u2019elle n\u2019était pas faite pour l\u2019enseignement.Sa passion pour le sport l\u2019a tout de même guidée pour trouver sa place comme conseillère en ressources humaines agréée (CRHA).C\u2019est chez Nautilus Plus qu\u2019elle fait carrière depuis sa sortie de l\u2019université, il y a presque 10 ans.MARTINE LETARTE Mettre à profit ses intérêts pour les ressources humaines, le monde des affaires et l\u2019activité physique : voilà ce qu\u2019Isabelle Paris réalise au quotidien chez Nautilus Plus.«Lorsque notre président prend une orientation, il nous dit ce qu\u2019il attend de nous et il est toujours ouvert à nos suggestions; c\u2019est très valorisant et motivant de sentir que les ressources humaines ont vraiment un rôle à jouer dans l\u2019atteinte des objectifs», affirme Isabelle Paris, directrice des ressources humaines chez Nautilus Plus.Lorsqu\u2019elle est arrivée dans l\u2019entreprise en 2006, il y avait 28 succursales.Aujourd\u2019hui, il y en a 41, et l\u2019entreprise compte environ 1000 employés.Elle a mis les bouchées doubles pour recruter des talents.«Comme entraîneurs personnels, nous embauchons uniquement des étudiants ou des diplômés universitaires en kiné-siologie ou dans un domaine lié, puis, pour les nutritionnistes, seulement des membres de l\u2019Ordre professionnel des diététistes du Québec, alors le recrutement est un gros enjeu pour nous, explique-t-elle.J\u2019ai dû faire du marketing RH.J\u2019ai réalisé notamment un projet de vidéos où nos professionnels parlent de leur travail chez nous et de leur parcours.» Le développement des gestionnaires occupe maintenant beaucoup de son temps.«Il faut former la relève en gestion, alors, dès que je vois des entraîneurs avec de belles aptitudes, je regarde comment les amener à devenir directeur de succursale.Nos promotions se font toujours à l\u2019interne, avec de la formation, parce que nous souhaitons nous assurer de respecter la culture d\u2019entreprise.» Des responsabilités variées Comme généraliste, Isabelle Paris est appelée à toucher à différents enjeux en plus de l\u2019embauche et des promotions, comme les dossiers de CSST, la gestion de conflits, l\u2019application de mesures disciplinaires et le processus d\u2019évaluation du rendement, qu\u2019elle a d\u2019ailleurs revu.« J\u2019ai travaillé avec des gestionnaires volontaires pour créer de nouveaux outils pour simplifier le processus et le rendre plus efficace, explique-t-elle.L\u2019objectif était d\u2019éliminer une lourdeur dans les façons de faire, pour permettre aux gestionnaires d\u2019utiliser cette occasion pour vraiment communiquer avec leurs employés, plutôt que de se concentrer sur le remplissage de formulaires.» Pour développer de plus en plus ses compétences dans le \\ J PEDRO RUIZ LE DEVOIR «Les entreprises vivent de grands changements, elles ont des défis, alors, comme CRHA, il faut trouver des solutions pour réduire les coûts, pour attirer, retenir et développer les talents», assure la directrice des ressources humaines chez Nautilus Plus, Isabelle Paris.domaine des affaires, Isabelle Paris a achevé récemment une MBA à temps partiel, les soirs et les fins de semaine.Elle a obtenu deux promotions chez Nautilus Plus depuis 2013.L\u2019aspect stratégique Isabelle Paris s\u2019intéresse de plus en plus à l\u2019aspect stratégique de ses responsabilités.«Comment les ressources humaines peuvent-elles être un atout pour le développement d\u2019une entreprise et que peut faire l\u2019organisation pour permettre à ses employés de se développer afin qu\u2019ils exploitent leur plein potentiel ?Ces questions me passionnent énormément », indique-t-elle.Elle a d\u2019ailleurs participé à une vidéo de l\u2019Ordre des CRHA sur l\u2019influence des professionnels des ressources humaines dans les organisations.«Les entreprises vivent de grands changements, elles ont des défis, alors, comme CRHA, il faut trouver des solutions pour réduire les coûts, pour attirer, retenir et développer les talents, dit-elle.Il faut prendre la place qui nous revient, oser bousculer un peu.Il y a encore plusieurs dirigeants d\u2019entreprise qui ne considèrent pas que leurs investissements dans les ressources humaines sont aussi importants que ceux en informatique, par exemple, ou en marketing.Or, sans ses employés, une entreprise ne vaut pas grand-chose ! » Collaboratrice Le Devoir UNE PROFESSION FIERE C/) LU RELEVE Compétente - Inspirante - Crédible Au Québec, près de 10 000 CRFIA et CRIA participent activement au maintien de l\u2019équilibre entre le bien-être des employés et la réussite des organisations.Le titre fait ia différence.portaiirh.org CRHA Ordre des conseillers en ressources humaines agréés Sébastien Savard Le jeune pape du sourcing Quel employeur ne rêverait pas d\u2019avoir, pour ses postes-clés, quelques candidats prêts à tout quitter afin de venir travailler pour lui ?Pour y arriver, il faut opter pour le sourcing: dépister des talents de façon proactive, principalement dans les médias sociaux.C\u2019est encore peu développé au Québec.Il n\u2019a pas encore soufflé ses 30 bougies, mais Sébastien Savard, conseiller en ressources humaines agréé (CRHA), a fait du sourcing sa spécialité.Après quelques années dans de grandes entreprises, il vient de démarrer la compagnie Sourcinc avec son mentor, Pierre Leroux.Portrait d\u2019un jeune entrepreneur qui a le vent dans les voiles.MARTINE LETARTE Une fois son baccalauréat en relations industrielles en poche, Sébastien Savard s\u2019est déniché un emploi de recruteur pour les magasins et les opérations chez Rona, à Boucherville.Un peu plus d\u2019un an après son entrée en poste, le Cirque du Soleil est venu le chercher pour qu\u2019il se joigne à son équipe de sourcing.Du jour au lendemain, il a dû commencer à dépister des talents aux quatre coins du monde pour les postes-clés du Cirque dans les domaines artistiques, techniques et administratifs.«Lorsque j\u2019ai commencé à travailler, j\u2019ai tout de suite été actif sur les médias sociaux, j\u2019avais un intérêt pour le sourcing, mais je n\u2019en avais pas fait énormément chez Rona, indique Sébastien Savard.Le Cirque était très avancé dans le domaine et m\u2019a vraiment permis de développer mon expertise.» Le sourcing est composé de deux grands volets : les méthodes de recherche et l\u2019art de l\u2019approche.«Il faut cibler les meilleures personnes pour des postes précis, puis les convertir en candidats», explique-t-il.Lorsque Sébastien Savard était au Cirque du Soleil, 40% des embauches étaient réalisées par cette stratégie.Il a joint les rangs de Keurig en 2013 pour créer une stratégie de sourcing et implanter les bassins de candidats prêts à venir pourvoir les postes-clés.Il l\u2019a fait au Çanada, puis il a ensuite développé l\u2019équipe aux Etats-Unis.Démarrage d\u2019entreprise Dans son expérience de travail à l\u2019international, Sébastien Savard a compris que les firmes spécialisées en sourcing étaient de grands atouts.Or il n\u2019y en avait pas au Québec.«La grande différence avec les chasseurs de têtes, c\u2019est que nous n\u2019intervenons pas nécessairement pour pourvoir un poste, même si nous pouvons aussi réaliser le processus complet d\u2019em-bauche, qui inclut la recherche, les premières approches, les entrevues et la sélection, explique M.Savard.Souvent, les gens des ressources humaines dans les entreprises ont besoin d\u2019aide, particulièrement pour l\u2019aspect recherche.C\u2019est notre spécialité.Nous remettons des rapports complets à nos clients sur les personnes qui occupent le genre de poste visé dans une région donnée, leur projîl, leur expérience, leur salaire, etc.» Il voyait déjà le potentiel de se lancer en affaires lorsque Pierre Leroux, également CRHA, ex-vice-président ressources humaines chez Sa-puto, lui a dit qu\u2019il souhaitait lancer avec lui une entreprise de sourcing.Il a plongé.ANNIK MH DE CARUEEL Sébastien Savard, spécialiste du sourcing En quelques mois d\u2019existence, Sourcinc a déjà des contrats à l\u2019international.«Nous avons l\u2019intention de faire croître l\u2019entreprise; il y a un gros potentiel, affirme Sébastien Savard.Nous voulons faire de Sourcinc une jîrme différente de ce qui existe aussi en matière d\u2019environnement et de conditions de travail pour aller chercher les meilleurs joueurs.Notre travail de recherche, nous pouvons le faire à toute heure du jour et de la nuit dans différents endroits, alors nous voulons offrir de la flexibilité.» Profession en évolution Sébastien Savard s\u2019active aussi à l\u2019Ordre des CRHA: il donne des conférences, rédige des articles et participe à des vidéos pour partager son expertise.« C\u2019est important pour moi de travailler à amener la profession plus loin, de faire de la recherche et développement, d\u2019être dans un processus d\u2019amélioration continue», dit-il.On parle de pénurie de talents depuis des années, mais, à ses yeux, on commence à la sentir, et cela ira de mal en pis.«Les ressources humaines deviendront vraiment un enjeu d\u2019affaires comme le sont les finances et les ventes, croit-il.Comme professionnels, nous devons prendre le virage pour être de plus en plus impliqués dans les décisions d\u2019affaires.Nous devons faire en sorte que les dirigeants d\u2019entreprise nous considèrent comme de vrais partenaires.» Collaboratrice Le Devoir LE DEVOIR, LE MERCREDI 17 JUIN 2015 C 3 PROFESSIONS Envisager les troubles sexuels dans leur globalité Tous deux titulaires d\u2019une maîtrise en sexologie clinique de l\u2019Université du Québec à Montréal (UQAM), Léon Petit et Annabelle Marsan exercent le métier de sexologue depuis environ un an.Lui, dans le milieu communautaire et dans son cabinet privé, elle, au sein d\u2019une équipe multidisciplinaire dans un hôpital du Grand Montréal.Passionnés par leur pratique et convaincus de la nécessité de voir sa place grandir dans la société, ils estiment cependant que le Québec est un endroit privilégié pour exercer ce métier.HÉLÈNE ROULOT-GANZMANN Chez les Petit, on est sexologue de mère en fils.«J\u2019ai toujours baigné dans cet univers, raconte ce Français venu au Québec pour suivre tout spécifiquement le cursus en sexologie donné à l\u2019UQAM.Ma mère m\u2019a transmis cet intérêt, cette passion pour l\u2019être humain.» Lorsqu\u2019il a choisi de reprendre le flambeau maternel, Léon Petit a regardé tout autour de la planète où il serait le plus pertinenf selon lui, de venir faire ses études.Et s\u2019il a jeté son dévolu sur la belle province, c\u2019est qu\u2019il estime que c\u2019est ici que cette discipline est la plus avancée.«J\u2019étais prêt à aller jusqu\u2019en Australie pour avoir la formation la plus complète, affirme-f il.Mais il n\u2019y a qu\u2019ici qu\u2019on fait vraiment la différence entre la science de la sexologie et la science de la sexualité.La science sexologique est, à la base, interdisciplinaire.On la retrouve dans la médecine, la biologie, l\u2019anthropologie, la sociologie, la psychologie, bref, dans de nombreuses disciplines.On regarde les troubles sexuels dans leur globalité.C\u2019est ce que je trouve très juste dans la conception québécoise.Il me paraît limitatif d\u2019aborder le symptôme sexuel juste avec le regard du médecin, du psychologue ou du sociologue.Il faut prendre en compte toutes ses dimensions, afin d\u2019aider l\u2019être humain à traverser ses difficultés.» Car, si les personnes qui viennent consulter un sexologue ont toutes une problématique liée à leur sexualité, non seulement ces problématiques peuvent être très variées, mais, en plus, il existe presque autant de causes que de patients.Couple en panne de désir, addiction sexuelle, sexualité hors norme, adolescent à la recherche de son identité sexuelle, personne qui consulte compulsivement des sites pornographiques, infidélité, difficultés à atteindre l\u2019orgasme, éjaculation précoce, etc., autant de raisons qui peuvent amener quelqu\u2019un à pousser la porte d\u2019un bureau de sexologue.Il y a aussi des gens qui, après un accident, présentent du jour au lendemain un handicap physique, ceux qui souffrent d\u2019une maladie grave, qui ont subi une mastectomie, qui subissent des traitements invasifs relevant de la chimiothérapie.«L\u2019annonce de la maladie crée un choc, explique Annabelle Marsan, jeune sexologue qui travaille depuis près d\u2019un an auprès de personnes atteintes d\u2019un cancer.Les traitements peuvent modifier le fonctionnement et l\u2019équilibre sexuels, donc souvent également la dynamique de couple.Parfois, il s\u2019agit simplement de donner de l\u2019information, de rassurer la personne.Parfois, on l\u2019aide à réapprivoiser sa sexualité, à s\u2019adapter à son image dans l\u2019intimité.Certaines chirurgies laissent des séquelles physiques, cela a forcément un impact sur l\u2019image corporelle et ça peut mener à de la détresse sexuelle.Nous sommes là pour assurer le soutien, encourager le patient, le couple à aller vers d\u2019autres formes d\u2019expression sexuelle.» Et tout cela, bien sûr, en fonction de la demande du patient.M\u201d® Marsan travaille au sein d\u2019une équipe multidisciplinaire.Ses collègues, médecin, infirmières, psychologues, jouent un rôle de dépistage, informent les patients de la présence, dans leur service, d\u2019une sexologue et peuvent leur proposer une consultation.Certains en ont besoin dès l\u2019annonce de la maladie, d\u2019autres durant les traitements, d\u2019autres encore lorsqu\u2019ils sont en rémission.«Le patient est au centre de la trajectoire médicale, précise-t-elle.Face à l\u2019épreuve de la maladie, certains vivent bien leur sexualité.Mais, s\u2019il y a une détresse, une préoccupation, nous sommes capables d\u2019intervenir.C\u2019est certain qu\u2019il y a, au départ, une réticence à consulter un sexo- logue, à s\u2019exposer, à parler de sa vie intime.Cela dit, on s\u2019aperçoit qu\u2019il y a de plus en plus de demandes.Notre profession est jeune.Nous ne sommes pas présents dans tous les services.Nous devons nous tailler une place, démystifier notre rôle.Mais le temps joue en notre faveur.D\u2019autant plus que nous avons maintenant un ordre.» Un ordre, qui, depuis 18 mois maintenant, œuvre à protéger le public contre tous les charlatans qui jusque-là pouvaient usurper le titre.Tout en donnant de la crédibilité aux vrais professionnels.«Aujourd\u2019hui, la plupart des médecins n\u2019hésitent plus à diriger quelqu\u2019un vers un sexologue, c\u2019est d\u2019ailleurs comme cela que la plupart de mes patients arrivent dans mon cabinet, note Léon Petit.Certainement un peu parce que la discipline existe au Québec depuis 40 ans et qu\u2019elle a pris sa place dans le milieu médical.Mais c\u2019est sûr que l\u2019ordre, en plus de protéger le public, marque une véritable reconnaissance sociale.Il permet également de mettre en place un cadre de pratique, un code de déontologie.Les gens qui viennent voir un sexologue sont en souffrance.S\u2019il n\u2019y a pas de cadre, pas de sanctions, il est très facile de profiter de leur vulnérabilité, et ça peut faire de gros dégâts.» M.Petit fait d\u2019ailleurs partie du comité qui a rédigé le code de déontologie et de celui qui, aujourd\u2019hui, explique ce que chaque alinéa implique pour le praticien.Car, en plus de voir des patients et de rédiger des diagnostics, il mène une véritable réflexion sur la pratique de son métier et son évolution.11 a notamment donné un cours sur l\u2019histoire de la sexologie à l\u2019UQAM.11 organise aussi des formations centrées plus spécifiquement sur la thérapie de couple.«J\u2019aime travailler avec les couples, reconnaît-il./e me suis rendu compte que ce qui soude un couple, c\u2019est le besoin d\u2019attachement, de sécurité.Généralement, lorsqu\u2019ils viennent me voir, c\u2019est qu\u2019ils sont au bord de la rupture.Ils ont un dysfonctionnement sexuel, mais, plus profondément, il y a un bris dans l\u2019attachement.Ça peut être parce qu\u2019il y a eu infidélité, mais ça ne va pas toujours jusque-là.Il y a une perte de confiance qui mène souvent au dysfonctionnement sexuel.C\u2019est très intéressant en tant que sexologue, car ça fait vraiment appel à la multidisciplinarité de notre formation.» Lorsqu\u2019il n\u2019est pas dans son cabinet de la clinique médicale Angus à Montréal, Léon Petit exerce au Centre d\u2019intervention en délinquance sexuelle (CIDS).11 y rédige des évaluations psycho-sexuelles pour les tribunaux et il offre des traitements à une clientèle accusée ou condamnée pour crime sexuel, ou encore à des gens qui sortent de la prison pour les mêmes raisons et qui doivent se réinsérer dans la société.«Bref, à 99%, des personnes qui n\u2019ont pas très envie de se retrouver devant moi, résume-fil.Ce n\u2019est pas tous les jours facile.Ça vient réveiller nos valeurs.On ne peut pas être d\u2019accord avec ce qu\u2019ils ont fait.Mais nous devons faire preuve d\u2019empathie pour réussir à aller les chercher.Eux-mêmes vivent une souffrance.C\u2019est ça qui a fait dévier leur schéma sexuel.Ils manquent de limites.Notre rôle consiste à leur permettre de développer une bonne estime de soi en vue de prévenir les récidives.Et, en même temps, on travaille sur les facteurs criminogènes, ceux qui favorisent le passage à l\u2019acte délictueux, les croyances erronées notamment.L\u2019idée que la victime a envie, qu\u2019elle aime ça.Un homme de 25 ans qui a des contacts sexuels avec une jeune fille de 8 ans et qui justifie son comportement en prétendant qu\u2019elle a du plaisir puisqu\u2019elle n\u2019a pas dit non.On travaille alors avec une approche qu\u2019on appelle cognitivo-comportementale.» Une approche scientifique.Comme toutes celles adoptées par les sexologues.Car, même si la discipline est jeune, la littérature scientifique sur le sujet est abondante.Surtout en anglais cependant, précise M.Petit, qui prédit que le volet francophone s\u2019étalera ces prochaines années avec l\u2019arrivée notamment du doctorat en sexologie à l\u2019UQAM.C\u2019est du moins ce qu\u2019il espère.Annabelle Marsan, pour sa part, souhaite que la synergie entre les professionnels et l\u2019ordre permette aux sexologues d\u2019occuper une place grandissante dans la société.«Je souhaite être sexologue depuis l\u2019école se- ,.,1! \u2018 I LOÏC HAMON LE DEVOIR Annabelle Marsan travaille depuis près d\u2019un an auprès de personnes atteintes d\u2019un cancer.conduire.Il y avait, à l\u2019époque, un programme de formation personnelle et sociale avec un volet qui abordait la sexualité dans le développement humain, se souvient-elle.J\u2019ai fait mon cégep en sciences humaines avec l\u2019idée d\u2019intégrer le Département de sexologie de l\u2019UQAM.J\u2019ai eu mon bac, puis ma maîtrise clinique, et, dès mon diplôme en poche, j\u2019ai eu mon poste.Je suis tous les jours un peu plus convaincue de l\u2019utilité de mon métier et de la nécessité de voir plus de sexologues entrer dans les équipes multidisciplinaires.Le travail est déjà bien entamé, mais si je devais formuler un souhait, ce serait que les gens comprennent mieux notre rôle et la façon dont notre discipline s\u2019inscrit dans le contexte de l\u2019équilibre et de la qualité de vie des individus.» Collaboratrice Le Devoir DAMIAN SIQUEIROS «Aujourd\u2019hui, la plupart des médecins n\u2019hésitent plus à diriger quelqu\u2019un vers un sexologue, c\u2019est d\u2019ailleurs comme cela que la plupart de mes patients arrivent dans mon cabinet», note Léon Petit SEXOLOGUE UNE PROFESSION AUX MULTIPLES FACETTES 'f Éducation ^ Formation y Reiation d'aide ?Évaiuation ?Recherche ^ Psychothérapie DES PROFESSIONNELS EXERÇANT DES ACTIVITÉS RÉSERVÉES PAR LA LOI.En consultant un membre de l'Ordre professionnel des sexologues du Québec, vous êtes assurés de recevoir les services d'un professionnel formé et compétent, autorisé à porter le titre de sexologue.opsq.org OPSQ ORDRE PROFESSIONNEL DES SEXOLOGUES DU QUÉBEC C 4 LE DEVOIR, LE MERCREDI 17 JUIN 2015 PROFESSIONS Tommy Beaudry, technologue en médecine nucléaire La relève, vecteur de changement Œuvrant en médecine nucléaire depuis près d\u2019une décennie, Tommy Beaudry a joint les rangs du comité de la relève de l\u2019Ordre des technologues en imagerie médicale, en radio-oncologie et électrophysiologie médicale du Québec (OTIM-ROEPMQ) en 2011.Ravi de son expérience, il en retient que les jeunes travailleurs ont le pouvoir de contribuer à l\u2019avancement de la profession, et ce, particulièrement sur le plan de la promotion.Entretien.EMILIE CORRIVEAU Travaillant à l\u2019Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal depuis ses débuts dans le milieu de la santé, Tommy Beaudry est plus que satisfait de son choix de carrière.En tant que technologue en médecine nucléaire, il est responsable d\u2019effectuer, à partir d\u2019ordonnances médicales, des examens diagnostiques à l\u2019aide de substances radioactives et de rayons X ou gamma.«En gros, ce qu\u2019on fait, c\u2019est qu\u2019on injecte une substance radioactive au patient.Après, on fait des photos sous une caméra spéciale qui détecte le produit.Le médecin examine ensuite les images, ce qui lui permet de constater le fonctionnement des organes ciblés et de déterminer s\u2019il y a un problème ou non», résume le technologue.Pour le jeune homme, il s\u2019agit d\u2019un métier extrêmement stimulant et valorisant.Il signale que, tout en étant stable, il ne se veut que rarement routinier.De plus, il permet à ceux qui l\u2019exercent de travailler tant en laboratoire qu\u2019au-près des patients.« On touche à beaucoup de choses comme technologue, confirme Tommy.À l\u2019Hôpital du Sacré-Cœur, par exemple, il y a une rotation de tâches.Une semaine, je prépare les produits en laboratoire ; la suivante, je fais les injections, et celle d\u2019après, je fais les photos des os ou des cœurs.[.] C\u2019est sûr que, parfois, c\u2019est difficile émotivement, parce que les patients ne reçoivent pas toujours de bonnes nouvelles lorsqu\u2019ils viennent nous voir.Mais quand on apprend qu\u2019un traitement a bien fonctionné et que la santé de quelqu\u2019un qu\u2019on a rencontré s\u2019est améliorée, c\u2019est vraiment gratifiant.» Techno quoi?Si, d\u2019après Tommy, la profession de technologue en médecine nucléaire se révèle être sans conteste l\u2019une des plus intéressantes dans le domaine médical, à son avis, celle-ci reste malheureusement l\u2019une des plus méconnues.Selon le technologue, la multiplication des séries télévisées se déroulant en milieu hospitalier n\u2019est sûrement pas étrangère à la situation.«Les gens écoutent des émissions comme Dr House et pensent que c\u2019est comme ça que ça se passe dans nos hôpitaux, mais la réalité, ce n\u2019est pas tout à fait ça, souligne-t-il.Les médecins ne se chargent pas de réaliser les examens.Ils interprètent les résultats, mais ce sont les technologues qui les font passer.On nous confond aussi souvent avec des infir- ' - A 7-^1 \\ %* COURTOISIE TOMMY BEAUDRY Tommy Beaudry est responsable d\u2019effectuer, à partir d\u2019ordonnances médicales, des examens diagnostiques à l\u2019aide de substances radioactives et de rayons X ou gamma.miers, mais notre travail est vraiment différent! Disons qu\u2019il y a pas mal de confusion autour de ce qu\u2019on fait!» D\u2019après Tommy, les membres du comité de la relève de l\u2019OTIMROEPMQ, tout comme leurs pairs qui débutent dans le métier d\u2019ailleurs, peuvent réellement contribuer à changer la donne.Ayant souvent pu constater de visu que les jeunes recrues s\u2019avéraient habiles pour créer des liens avec les adolescents et leur communiquer leur passion, il croit pertinent de s\u2019appuyer sur celles-ci pour faire évoluer les perceptions du public.«Avec le comité, j\u2019ai eu la chance de rencontrer plusieurs adolescents dans des écoles secondaires ou lors de salons de l\u2019éducation, confie-t-il.En général, ils étaient très réceptijs, et j\u2019ai trouvé que c\u2019était agréable de pouvoir leur partager mon enthousiasme.C\u2019est sûr qu\u2019ils ne vont pas tous devenir technologues, mais, au moins, ils savent maintenant ce qu\u2019on fait, et si l\u2019occasion se présente un jour, ils vont pouvoir partager ce qu\u2019ils ont appris.Je crois que ces rencontres-là, c\u2019est un bon point de départ pour amorcer un changement dans les perceptions.» S\u2019il n\u2019aura d\u2019autre choix que de quitter ses fonctions au sein du comité de la relève de l\u2019OTIMROEPMQ d\u2019ici quelques mois, car l\u2019un des prérequis pour en faire partie est de cumuler moins de dix années d\u2019expérience.Tommy soutient qu\u2019il continuera certainement à s\u2019inté- resser de près au travail de ses jeunes pairs.«Je trouve ça un peu triste de devoir quitter le comité, mais, d\u2019un autre côté, je trouve ça intéressant de passer le flambeau, relève-t-il.Les nouveaux membres amènent de nouvelles idées, de nouvelles façons de faire.C\u2019est en général assez positif pour une organisation.J\u2019ai bien hâte de voir ce qu\u2019ils feront!» Collaboratrice Le Devoir ANS DES PROFESSIONNELS AU CŒUR DES SERVICES DIAGNOSTIQUES ET THÉRAPEUTIQUES Ordre des technologues en imagerie médicale, en radio-oncologie et en électrophysiologie médicale du Québec Marie-Eve Quirion, technologue EN RADIO-ONCOLOGIE Travailler fort porte fruit.EMILIE CORRIVEAU Relativement peu nombreux au Québec, les technologues en radio-oncologie sont responsables de traiter des cancers à l\u2019aide de radiations ionisantes.Jusqu\u2019à ce que sa mère dût recevoir des traitements pour un cancer du sein au Centre hospitalier universitaipe de Québec, au tournant de l\u2019an 2000, Marie-Eve n\u2019avait jamais vraiment entendu parler de ce métier.Il faut dire qu\u2019à l\u2019époque la jeune femme n\u2019en était qu\u2019au début de l\u2019adolescence.Aussi, c\u2019est seulement quelques années plus tard, alors qu\u2019elle fréquentait le Cégep Beauce-Appalaches en tant qu\u2019étudiante en sciences humaines, que Marie-Eve a commencé à s\u2019intéresser à cette profession.Parce que son contenu lui paraissait pertinenf elle avait choisi un cours de biologie en option, mais elle était loin de se douter que ce dernier allait changer sa vie.«Le prof était tellement passionnant que je me suis mise à vraiment aimer la biologie.Quand j\u2019ai fini son cours, je me suis demandé si je n\u2019étais pas plus faite pour travailler dans le milieu de la santé qu\u2019en sciences humaines.Je ne me voyais pas vraiment infirmière, parce que les conditions de travail me semblaient difficiles.Je ne me voyais pas médecin non plus.Je me suis donc mise à fouiller pour voir ce qui s\u2019offrait à moi et, quand je suis tombée sur le métier de technologue en oncologie, je me suis rappelé que j\u2019avais été fascinée par le travail que faisaient les gens qui accompagnaient ma mère pendant ses traitements contre le cancer», rqconte la jeune femme.Marie-Eve a donc poussé ses recherches, rencontré des professionnels du milieu lors de journées portes ouvertes et décidé de se lancer dans des études en technologie de radio-oncologie au Collège Ahuntsic.Contrairement à ce qu\u2019elle avait espéré, malgré son intérêt pour la biologie, son parcours scolaire n\u2019a pas été de tout repos.Il faut dire que, quelques jours à peine après le début des classes, sa mère est décédée.«C\u2019est sûr que j\u2019ai eu une période de retpise en question à ce moment-là, confie Marie-Eve.La première session, je l\u2019ai trouvée très difficile, et pourtant je n\u2019en étais qu\u2019aux cours de base.J\u2019ai pensé tout lâcher pour aller retrouver mon père et mon petit frère, mais je suis restée.L\u2019année suivante, j\u2019ai coulé un cours et là j\u2019ai vraiment envisagé de laisser tomber.» Mais, encouragée par ses proches et trop fière pour se laisser embêter par la défaite, la jeune femme a finalement refusé de baisser les bras.Après quelques mois d\u2019efforts soutenus, elle est finalement parvenue à obtenir son diplôme en juin 2009 et, dès le lundi suivant sa graduation, elle entamait sa carrière à l\u2019Hôpital Notre-Dame du Centre hospitalier universitaire de Montréal (CHIJM).Depuis, Marie-Eve a relevé nombre de défis professionnels.«J\u2019ai d\u2019abord été technologue en salle de traitement.A ce moment-là, j\u2019ai eu la .i JJ ' COURTOISIE MARIE-ÈVE QUIRION Marie-Eve Quirion chance de participer à un projet-pilote qui s\u2019appelait \u201cLes technologues séniors \u201d.Ça m\u2019a permis de devenir une personne-ressource pour les jeunes gradués et pour les technologues qui devaient se familiariser avec de nouvelles techniques.Je devais les prendre en charge et m\u2019assurer que tout se passerait bien pour eux.Ça m\u2019a amenée à présenter, au congrès de l\u2019Ordre, une technique que nous exploitions au CHUM, et fai trouvé ça vraiment enrichissant.Après, fai été coordonnatrice technique en radio-oncologie pendant quelques mois, et maintenant je travaille à la Direction québécoise de cancérologie », indique-t-elle.Parce que Marie-Eve carbure aux nouveaux défis, mais également parce qu\u2019elle estime que la profession qu\u2019elle adore gagnerait à être connue davantage, la jeune femme a, depuis peu, joint les rangs du comité de la relève de son ordre professionnel.Son objectif: contribuer à faire reconnaître que le travail du technologue en radio-oncologie constitue un maillon important de la chaîne d\u2019înterventîon hospîtalîère., «J\u2019aime vraiment ma profession, note Marîe-Eve, et je suis très contente de ne pas avoir lâché.Maintenant que fai fait mes preuves pour moi, j\u2019ai envie de faire plus.Le métier de technologue en est un qui implique beaucoup de travail en équipe.Notre milieu est multidisciplinaire et je pense que c\u2019est important que le travail de chacun soit reconnu.J\u2019ai l\u2019impression que les technologues ne le sont pas assez.J\u2019ai envie de faire quelque chose pour que ça change.Maintenant que je fais partie du comité, je vais pouvoir m\u2019y mettre concrètement!» Collaboratrice Le Devoir LE DEVOIR, LE MERCREDI 17 JUIN 2015 C 5 PROFESSIONS La chiropratique est entre de bonnes mains Ils sont docteurs chiropraticiens, ils sont jeunes, l\u2019un est président de son ordre professionnel et l\u2019autre en est la deuxième vice-présidente.Jean-François Henry et Da-nica Brousseau veulent faire connaître la profession au public et se tailler une place auprès des autres professionnels de la santé dans les équipes de soins.MARIE-HÉLÈNE ALARIE Il y a encore une vingtaine d\u2019années, on dpvait s\u2019exiler au Canada, aux Etats-Unis ou ailleurs pour faire des études de chiropratique.En effet, pour exercer la chiropratique au Québec, tous les chiropraticiens doivent avoir terminé avec succès leurs études de doctorat de premier cycle.Il aura fallu attendre 1993 pour que soit créé un tel programme à l\u2019Université du Québec à Trois-Rivières GdQTR).Et, encore aujourd\u2019hui, c\u2019est le seul endroit au Québec où l\u2019on dispense cet enseignement; on imagine donc le nombre important de demandes d\u2019inscription pour cette formation contingentée.Standardisé de façon internationale, le programme de rUQTR, comme tous les autres doctorats en chiropratique, est d\u2019une durée de cinq ans et comprend 4969 heures de cours.L\u2019obtention de ce diplôme est la première étape vers l\u2019exercice de la chiropratique, puisqu\u2019il est indispensable pour obtenir le permis d\u2019exercice délivré par l\u2019Ordre des chiropraticiens du Québec.Mais, au fait, qu\u2019est-ce que la chiropratique?Parce qu\u2019il vaut mieux prévenir C\u2019est une déformation professionnelle, tous les chiropraticiens vous le diront: «Vaut mieux prévenir que guérir».Cette préoccupation est au cœur de la chiropratique, une discipline qui mise sur la capacité du corps humain à se maintenir en bonne santé.L\u2019approche est à la fois préventive et curative, ayant pour objectif non seulement d\u2019apporter un soulagement, mais aussi d\u2019éviter de développer de la douleur liée à un mauvais fonctionnement de la colonne vertébrale.Le chiropraticien travaille à l\u2019aide de manipulations articulaires spécialisées et d\u2019ajustements chiropratiques.Au Québec, la profession compte plus de 1300 membres, dont Jean-Erançois Henry et Danica Brousseau.Démarrer une carrière On peut dire que Jean-Eran-çois Henry, docteur chiropraticien et président de l\u2019Ordre des chiropraticiens du Québec, est tombé dedans quand il était petit et que la chiropratique fait partie de son ADN : «Mon parcours vers la chiropratique a commencé lorsque j\u2019étais très, très jeune, pour la simple et bonne raison que mon père est chiropraticien et qu\u2019il a gradué aux États-Unis en même temps que son frère et sa sœur.J\u2019ai grandi avec la chiropratique et j\u2019ai vu ses bienfaits.» Plus jeune, Jean-Eran-çois Henry a quand même voulu prendre ses distances par rapport à la famille et s\u2019est intéressé à autre chose.Il y a eu l\u2019optométrie et les sciences physiques qui, pendant un bout de temps, l\u2019ont intéressé, «mais je revenais toujours à la chiropratique ».C\u2019est ainsi qu\u2019en 1997 il obtient un di- f 1 DAVID DE LOSSY THINKSTOCK C\u2019est une déformation professionnelle, tous les chiropraticiens vous le diront: «Vaut mieux prévenir que guérir».Cette préoccupation est au cœur de la chiropratique, une discipline qui mise sur la capacité du corps humain à se maintenir en bonne santé.X COURTOISIE JEAN-ERANÇOIS HENRY Le Jean-François Henry, président de l\u2019Ordre des chiropraticiens du Québec plôme de la même université que son père, le Cleveland Chiropractie College de l\u2019Université de Kansas City.Pour Danica Brousseau, doc-teure chiropraticienne et deuxième vice-présidente de l\u2019Ordre, son parcours n\u2019était pas tracé d\u2019avance : «La chiropratique est ma deuxième carrière.Ça fait presque 10 ans que j\u2019ai terminé mes études.J\u2019ai commencé mes études universitaires en biologie médicale, à l\u2019Université de Montréal, à l\u2019époque où ça s\u2019appelait encore sciences biologiques avec une orientation en sciences biomédicales.J\u2019ai terminé en 1998, pour ensuite entamer des études de maîtrise en pharmacologie, que j\u2019ai terminées en même temps que je commençais mon programme en chiropratique à rUQTR,de2000 à2005.» Malgré des parcours différents, les deux chiropraticiens vont exercer en clinique dès l\u2019obtention de leur diplôme.Dans le cas de Jean-François Henry, il s\u2019est tout naturellement joint à l\u2019équipe de la clinique paternelle.L\u2019aventure durera six ans.De son côté, Danica Brousseau s\u2019est lancée tête première dans l\u2019aventure, puisque, dès sa graduation, elle a ouvert une clinique avec un collègue de classe: «Nouvelle clinique avec deux nouveaux chiropraticiens, une clientèle à monter: c\u2019était un beau défi d\u2019affaires!» L\u2019enseignement, une passion « C\u2019est toujours une chose qui mène à une autre, on ne plani- La Danica Brousseau, vice-présidente de l\u2019Ordre COURTOISIE DANICA BROUSSEAU chiropraticienne, deuxième fie pas, et si vous m\u2019aviez demandé, il y a dix ans, si j\u2019allais être à l\u2019université à temps plein, je vous aurais dit: \u201cjamais de la vie!\u201d» Et c\u2019est pourtant ce qui arrive aujourd\u2019hui à Danica Brousseau, dont l\u2019intérêt pour l\u2019enseignement s\u2019est manifesté dès son admission en chiropratique: «Je m\u2019attendais à faire de l\u2019enseignement à temps partiel et de la supervision clinique.C\u2019est ce que j\u2019ai fait au tout début: de 2006 à 2011, j\u2019ai été chargée de cours à l\u2019UQTR dans le programme de chiropratique, mais pas nécessairement au Département de chiropratique.Au départ, j\u2019ai été embauchée par le Département de chimie-biologie directement en lien avec ma maîtrise.Graduellement, il y a eu des ouvertures dans le Département de chiropratique, où j\u2019ai commencé à donner quelques charges de cours.Puis, en 2011, il y a eu l\u2019ouverture d\u2019un poste de professeur et je me suis dit: \u201cpourquoi pas ?\u201d.J\u2019ai obtenu le poste et je suis donc à temps plein comme professeur e clinicienne à l\u2019UQTR.» Après son expérience en clinique, Jean-François Henry souhaite se rapprocher du milieu universitaire.C\u2019est alors qu\u2019il retourne s\u2019asseoir sur les bancs d\u2019école pour faire une maîtrise en nutrition à l\u2019Université de Montréal: «J\u2019avais besoin de faire plus que seulement pratiquer, pour moi, la pratique, c\u2019était bien, mais ce n\u2019était pas encore l\u2019atteinte de l\u2019équilibre professionnel, et, pour moi, la nutrition constituait un volet tout à fait complémentaire de la chiropratique.Je me disais qu\u2019avec ces deux outils j\u2019étais en bonne position pour contribuer à la santé de la population.» Toujours dans le but d\u2019atteindre son équilibre professionnel, Jean-François Henry devient lui aussi chargé de cours à rUQTR dans le Département de chiropratique et de chimie-biologie.«Pendant quatre ans, j\u2019ai enseigné la nutrition clinique ainsi que les méthodes de recherche.» Des chiropraticiens engagés Danica Brousseau possède un don, celui de prendre au vol les occasions qui se présentent à elle.Sa nature entière la pousse à s\u2019activer partout où elle passe, et voilà pourquoi on la retrouve aujourd\u2019hui directrice du comité de programme de premier cycle au Département de chiropratique de rUQTR: «Dans le fond, le comité de programme, c\u2019est le comité académique qui assure le curriculum et le suivi du cheminement des étudiants.C\u2019est un défi que j\u2019aime bien parce que j\u2019ai été membre du comité académique à trois reprises; d\u2019abord en tant qu\u2019étudiante, en tant que chargée de cours et aujourd\u2019hui comme professeure.J\u2019ai baigné dans ce comité depuis presque 15 ans!» Pour ce qui est de son activité à l\u2019Ordre des chiropraticiens du Québec, celle-ci remonte à ses années d\u2019études dans l\u2019association étudiante : «Pendant mes cinq ans à l\u2019UQTR, j\u2019ai été, pendant deux, trois ans, représentante aux affaires internes, donc la représentante des étudiants en chiropratique au sein de l\u2019association générale des étudiants.C\u2019est après que j\u2019ai assumé la présidence de l\u2019association pendant un an.» Voilà comment tout commence pour Danica Brousseau, qui n\u2019attendra que deux ans avant de replonger: «Je ne pensais pas nécessairement m\u2019impliquer si rapidement, mais c\u2019est encore un concours de circonstances qui a fait qu\u2019en 2007 j\u2019ai tenté ma chance, stimulée par l\u2019idée de la protection du public, de la rigueur d\u2019exercice et aussi par la volonté de faire connaître la profession, étant donné que moi-même, quelques années auparavant, je n\u2019avais aucune idée de ce que faisait un chiropraticien.» En 2007, elle est élue administratrice, puis, depuis 2009, elle occupe le poste de deuxième vice-présidente.Danica Brousseau croit que la profession a de beaux jours devant elle : «Le mot-clé, c\u2019est vraiment une meilleure connais- sance de ce qu\u2019on fait.On ne fait pas que dispenser des traitements contre les maux de dos, il y a aussi le volet préventif, la chiropratique sportive, familiale et aussi une chiropratique qui évolue du côté de la pédiatrie.Avec une plus grande visibilité, une définition claire de ce qu\u2019est la profession et le vieillissement de la population, je vois un rôle de plus en plus important du chiropraticien au sein d\u2019une équipe de soins.» Pour sa part, Jean-François Henry a fait ses premiers pas au sein du CA de l\u2019Ordre en 2008 et «ç\u2019a été la catastrophe.dans le bon sens! C\u2019est là que j\u2019ai trouvé la composante professionnelle qui me manquait et que je n\u2019arrivais pas complètement à cerner jusqu\u2019à ce moment-là, le volet d\u2019administration et le volet de protection du public.Je me rends compte aujourd\u2019hui que je peux intervenir sur deux plans auprès de la population.D\u2019abord, sur le plan individuel, parce que j\u2019exerce toujours comme chiropraticien dans le secteur privé, et sur le plan collectif, parce que maintenant j\u2019ai un levier fantastique en tant que président de l\u2019Ordre pour voir à la protection du public.» Pour lui, c\u2019est cet impact collectif qui est le plus gratifiant: «Le rôle d\u2019un président, c\u2019est de voir à développer la stratégie de l\u2019organisation et à optimiser les mécanismes de protection du public avec lesquels on peut contribuer à augmenter la confiance de la population envers les professionnels.» Grâce à ces deux professionnels engagés, on peut affirmer que la chiropratique est entre de bonnes mains.Collaboratrice Le Devoir Une profession en constante évolution Plus de 1300 docteurs en chiropratique exercent au Québec, forts d\u2019une formation de doctorat de premier cycle universitaire d\u2019une durée de 5 ans à temps plein.Saviez-vous que.Plus de 60 % des étudiants au doctorat en chiropratique sont des femmes ^ Plus de la moitié des membres de l\u2019ordre sont des diplômés de l\u2019UQTR ^ La moitié des membres exerce la profession depuis moins de 15 ans ^ Les chiropraticiens travaillent en interdisciplinarité et en équipe avec d\u2019autres professionnels de la santé ^ Les chiropraticiens tendent de plus en plus à développer des créneaux particuliers (pédiatrie, neurologie, gériatrie, chiropratique sportive) afin d\u2019offrir des soins mieux adaptés aux patients'?ay Consulter un membre de l\u2019Ordre des chiropraticiens du Québec, c\u2019est l\u2019assurance d\u2019être traité selon des normes d\u2019exercice rigoureuses et clairement établies et de consulter un professionnel ayant complété une formation réglementée et ayant démontré le maintien de ses compétences.ORDRE DES CHIROPRATICIENS DU QUÉBEC ordredeschiropraticiens.ca C 6 LE DEVOIR, LE MERCREDI 17 JUIN 2015 PROFESSIONS M'= René Dussault, premier président de l\u2019OPQ La réussite n\u2019a de sens que si on contribue à la société REGINALD HARVEY M® René Dussault, premier président de l\u2019Office des professions du Québec (OPQ), mis sur pied en 1973, lance une invitation à la relève : il exhorte les professionnels de tous les horizons à emprunter la voie de la formation continue, il les convie à un recours accentué à l\u2019interdisciplinarité et il prône l\u2019engagement personnel.Cet homme a conduit une carrière juridique à titre d\u2019administrateur public et d\u2019avocat s\u2019échelonnant sur 45 ans; il a été juge à la Cour d\u2019appel pendant près d\u2019une vingtaine d\u2019années à partir de 1989 et il a notamment coprésidé, avec Georges Erasmus, la Commission royale sur les peuples autochtones dont le rapport est paru en 1996.Il pratique aujourd\u2019hui le droit de manière indépendante, à domicile.Il n\u2019a que la jeune trentaine lorsqu\u2019il préside rOPQ et coordonne la rédaction ^e ce qui deviendra le Code des professions.A partir de là jusqu\u2019à nos jours, il dégage en quoi le professionnel d\u2019aujourd\u2019hui se distingue principalement de celui d\u2019hier : «Il évolue dans un environnement passablement différent de celui qui existait au début des années 1970.» Les changements majeurs Il s\u2019explique: «On oeuvre dans des contextes de travail beaucoup plus diversifiés: il s\u2019est produit un accroissement assez phénoménal des professionnels qui travaillent comme salariés à la fois dans la fonction publique, dans l\u2019entreprise privée et dans les grands bureaux dans le domaine du génie, du droit, de la comptabilité, etc.» Il en résulte que l\u2019indépendance professionnelle des salariés vis-à-vis de leurs employeurs a largement évolué depuis l\u2019avènement du Code.Il signale en outre que de nos jours, ce qui est complètement nouveau et ce qui est relié à la formation continue, c\u2019est qu\u2019il existe un régime d\u2019inspection professionnelle ou de vérification des compétences.Toujours selon M® Dussault, il y a de plus le fait que «les professionnels sont soumis à des codes de déontologie qui sont nettement et davantage orientés vers la protection du public».Le professionnel d\u2019aujourd\u2019hui a subi les ef- fets de l\u2019adoption des chartes des droits et libertés tant québécoise que fédérale et il est appelé à se conformer à quelques lois adoptées depuis la création de l\u2019office.Il existe aussi depuis ce temps une nécessaire conciliation à appliquer entre les valeurs professionnelles et sjmdicales dans le cas de certains ordres.Il tient ce langage sur le plan individuel : «Le professionnel d\u2019aujourd\u2019hui fait face à beaucoup moins de certitude dans l\u2019exercice de la profession; il doit être à l\u2019aise avec l\u2019ambiguïté parce que la norme n\u2019est pas toujours aussi claire; il ne peut plus se contenter uniquement de la maîtrise des techniques parce qu\u2019il doit souvent s\u2019inscrire dans de grandes équipes où il doit travailler avec d\u2019autres professionnels; il y a sur ce plan une capacité d\u2019adaptation importante dont il doit faire preuve.» Message en trois temps à la relève René Dussault recevait, le 26 mai dernier, un doctorat honorifique en droit de l\u2019Université McGill.Il tient ces propos au sujet de l\u2019allocution qu\u2019il a prononcée à cette occasion : «Lors de la remise de tels honneurs, il y a des présentations qui portent sur des questions ou des sujets plutôt abstraits; on ne s\u2019adresse pas toujours aux étudiants et je trouvais important de le faire; ce sont les diplômés du jour et ce sont eux les vedettes.» Il a parlé en premier lieu de formation continue: «On n\u2019est plus reçu professionnel à vie, ce qui est vrai dans tous les domaines; il faut maintenir ses compétences à jour et il y a des sanctions administratives qui sont prévues dans le cas contraire.» Il confère à cette formation une portée plus large: «A mon point de vue, elle procure une ouverture d\u2019esprit qui est la force derrière la vigueur intellectuelle; cette ouverture sert à éviter de tomber dans les idées reçues, à établir des comparaisons et à regarder ce qui se passe ailleurs.» Il pousse plus à fond sa réflexion : « Cette formation nous conduit en partie hors des sentiers battus, dans le sens qu\u2019elle apporte une aide à la créativité qu\u2019il est difficile de développer dans une routine.» Il ajoute encore que «ce n\u2019est pas parce qu\u2019on détient un diplôme que nos connaissances sont acquises pour la vie: on doit constamment être aux aguets pour maintenir une vigueur intellec- «Les gens ordinaires doivent savoir qu\u2019ils peuvent produire des résultats extraordinaires, ce qui est important» f UNIVERSITE MCGILL M® René Dussault recevait, le 26 mai dernier, un doctorat honorifique en droit de l\u2019Université McGill.tuelle constante et créative».Dans ce sens-là, et en vertu de l\u2019accessible réservoir du savoir qui existe de nos jours, il préconise pour le professionnel une nécessaire ouverture sur le monde dans sa quête de perfectionnement.Il tient ce langage au sujet de l\u2019interdisciplinarité, un autre des thèmes qu\u2019il a abordés: «On est appelé comme professionnel à travailler de plus en plus au sein de grandes équipes.» Il donne un exemple : « On dit que le droit est une science sociale parce qu\u2019il comporte des règles qui s\u2019appliquent à une société qui a des valeurs; si on ne les comprend pas et si on ne les suit pas, il est difficile d\u2019avoir des règles de droit qui soient adaptées à cette société.» « C\u2019est vrai dans tous les domaines et, au sein des équipes, on est astreint maintenant à travailler sur les plans de compétences qui sont différentes et essentielles, mais que l\u2019on doit respecter», soutient-il.Il convie à l\u2019adoption d\u2019une attitude propre à tirer le meilleur de chacun vers l\u2019objectif du groupe à atteindre.Finalement, le volet humaniste qui a marqué toute la carrière de René Dussault ressort du message adressé à la relève des professions ; il parle ici de déterminisme ou d\u2019engagement personnel: «Les gens ordinaires doivent savoir qu\u2019ils peuvent produire des résultats extraordinaires, ce qui est important.» Il s\u2019est révélé un ardent défenseur de toute la question des dons d\u2019organes à travers son militantisme au sein de Transplant Québec, ce qui lui inspire cette réflexion : « Ça peut faire toute une différence si une personne est déterminée, s\u2019informe et pousse constamment pour l\u2019avancement d\u2019une cause.Il importe de ne pas déléguer seulement aux professionnels l\u2019idée que ce sont eux qui vont faire marcher la société, à ce titre.Sur le plan humain, il s\u2019accomplit fréquemment un travail extraordinaire qui est certainement aussi rentable, sinon davantage, que celui qui est réalisé à titre de professionnel.» Il livre ce message aux jeunes : « Votre réussite professionnelle ou sociale n\u2019aura de sens que si elle s\u2019accompagne de votre contribution à la société et à notre monde en évolution.Engagez-vous dans certaines actions non rémunérées pour le bien commun.» Collaborateur Le Devoir C\u2019EST VOTRE TALENT QUI FAIT AVANCER LE MOUVEMENT CARRIERES / DESJARDINS EST FIER D\u2019ÊTRE PARMI LES MEILLEURS EMPLOYEURS POUR LES JEUNES CANADIENS Professionnels du milieu des affaires, de la santé et des sciences, voyez aussi nos avantages financiers très concurrentiels: desjardins.com/professionnels Visitez nous: desjardins.com/carrieres 'Ÿô?iîiüla Desjardins Coopérer pour créer l'avenir Tsr^ 1 \\ "]
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