Le devoir, 20 juin 2015, Cahier B
[" .AV' Sciences Donner son corps pour la recherche, le plus grand don de soi Page b g Michel David PKP, le projet d\u2019oléoduc, Energie Est, la souveraineté Page b 3 Manon Cornellier Gouverner en faisant fi de la \\0ÏPageB2 PERSPECTIVES CAHIER B .LE DEVOIR LES SAMEDI 20 ET DIMANCHE 21 JUIN 2015 ADRIAN WYLD LA.PRESSE CANADIENNE Les chefs des trois grands partis fédéraux ont salué leurs députés avant la fin de la session.Ottawa Une session pré-électorale Les questions de justice ont marqué la 41® législature La Chambre des communes a définitivement fermé ses portes sur la 41® législature vendredi, emportant avec elle une multitude de projets de loi dont plusieurs n\u2019avaient de toute manière aucun autre objectif que de mettre la table pour l\u2019élection de l\u2019automne.Retour sur une session pendant laquelle les juges \u2014 autant que les législateurs \u2014 ont fait la loi et dont les soubresauts inattendus coloreront sans aucun doute la campagne.HÉLÈNE BUZZETTI MARIE VASTEL Correspondantes parlementaires à Ottawa Ltt année politique canadienne a en 7 quelque sorte débuté le 7 janvier dans les locaux parisiens du maga-.zine Charlie Hebdo.Les conserva-^ teurs avaient déjà signifié leur intention de consolider les lois antiterroristes existantes, mais le carnage leur a apporté la justification nécessaire pour faire la sourde oreille aux critiques.Bien qu\u2019ayant fait la quasi-unanimité contre lui, le C-51 a ainsi été rapidement adopté, sans modification profonde.Les espions canadiens ont obtenu des superpouvoirs de «perturbation», les seuils de preuve nécessaire pour procéder à des arrestations préventives ou pour imposer des conditions à des personnes sous surveillance ont été abaissés, le crime de discours terroriste a été affiné pour en élargir la portée.Autre pièce maîtresse du programme législatif: le projet de loi mettant en œuvre le premier budget de Joe Oliver, un budget équilibré pour la première fois depuis 2008, quoiqu\u2019au prix d\u2019une réduction du coussin de sécurité.Le minimammouth a donc été adopté, avec ses petites surprises habituelles.Cette fois, il contenait une disposition immunisant contre toute poursuite criminelle les fonctionnaires ayant détruit les données du registre des armes à feu bien qu\u2019une demande d\u2019accès à l\u2019information fût pendante.La justice La plupart des autres projets de loi adoptés pendant la session avaient été présentés avant Noël et portent sur des questions de justice : an- nulation des remises en liberté conditionnelle des prisonniers dont les tests d\u2019urine contiennent des traces de drogue, durcissement des peines pour les prédateurs sexuels s\u2019en prenant aux enfants, assouplissement des règles sur le transport des armes à feu, adoption d\u2019une Charte des droits des victimes.Autre initiative qui a été approuvée par le Parlement: le C-2, qui impose une multitude de conditions et d\u2019approbations citoyennes avant qu\u2019un centre d\u2019injection supervisée de drogues puisse ouvrir ses portes dans une communauté donnée.Cette liste tend à faire oublier celle, plus lon^e encore, de tous les projets de loi qui n\u2019ont pas été adoptés avant la fin des travaux parlementaires.Ainsi, le projet de loi voulant instaurer des peines de prison à perpétuité, sans possibilité de libération conditionnelle (ou alors après 35 ans sur approbation du ministre), meurt au feuilleton.Le gouvernement avait fait grand cas de ce projet de loi, annoncé par le premier ministre lui-même et moussé auprès des militants conservateurs.En trois mois, il n\u2019a jamais été appelé en débat, sauf jeudi soir et vendredi matin, moins de 24 heures avant la fermeture définitive du Parlement.Idem pour le projet de loi qui abolit la remise en liberté statutaire des prisonniers aux deux tiers de leur peine.Il aura passé trois mois sur les tablettes parlementaires bien qu\u2019il ait fait l\u2019objet de beaucoup de tapage partisan.«A notre avis, même si c\u2019est un projet de loi important, faire aboutir le projet de mise en œuvre budgétaire qui réduit les impôts et s\u2019assurer que la Loi antiterroriste de 2015 soit adoptée étaient considérées comme des priorités plus significatives considérant le temps disponible ce printemps», a expliqué le leader du gouvernement en Chambre, Peter Van Loan, à propos de la prison à perpétuité.À la hâte C\u2019est sans compter tous les projets de loi déposés en toute hâte au cours des derniers jours et qui n\u2019avaient d\u2019autre but, a reconnu M.Van Loan, que d\u2019annoncer les couleurs conservatrices avant l\u2019élection : alcool au volant, drogues de synthèse, sécurité automobile.Au total, 26 projets de loi ont été présentés par le gouvernement au cours de la session, dont 15 depuis juin Les projets de loi déposés en toute vitesse n\u2019avaient d\u2019autre but que d\u2019annoncer les couleurs conservatrices avant l\u2019élection seulement! Celui interdisant le port du niqab lors des cérémonies de citoyenneté a même été présenté vendredi midi alors que la Chambre fermait ses portes.Selon M.Van Loan, l\u2019argent dépensé par la fonction publique pour concocter ces projets de loi mort-nés est «bien dépensé».Selon le ministre, il est normal que le gouvernement utilise le Parlement comme vitrine électorale.«Ce ne serait pas responsable qu\u2019un gouvernement dise \u201cElisez-nous, mais on ne vous dira pas ce qu\u2019on va faire et on ne sait pas ce qu\u2019on va faire si on est élu.\u201d On a vu ce genre de gouvernement dans le passé, par exemple en Ontario quand Bob Rae est devenu premier ministre avec le NPD.» La Cour suprême s\u2019est pour sa part une fois de plus souvent invitée dans le débat politique depuis janvier.Elle a invalidé une des peines minimales instaurées par le gouvernement conservateur à propos de la possession illégale d\u2019armes à feu.Elle a obligé Ottawa à légaliser la marijuana thérapeutique autre que celle qui se fume.Elle a autorisé par un jugement rendu sur le banc \u2014 une rareté \u2014 la remise en liberté d\u2019Omar Khadr.Et elle a surtout sommé Ottawa de légaliser l\u2019aide médicale à mourir (jugement auquel Ottawa n\u2019a toujours pas répondu).Revirements politiques La session d\u2019hiver 2015 a par ailleurs été ponctuée de nombreux revirements de situation qui compliquent l\u2019art de la prédiction électorale.Ainsi, personne n\u2019avait vu venir l\u2019élection d\u2019un gouvernement néodémocrate en Alberta.Depuis, le NPD de Thomas Mulcair a le vent dans les voiles : lui qui arrivait systématiquement troisième dans les sondages se retrouve en tête dans presque tous les derniers coups de sonde.Inversement, personne n\u2019avait prédit la dégringolade des libéraux de Justin Trudeau, qui caracolaient depuis deux ans au sommet des palmarès.Justin Trudeau aura eu beau dévoiler d\u2019importantes mesures en matière de fiscalité pour favoriser la classe moyenne au détriment des plus riches, promettre une bonification du régime de pensions ou encore une VOIR PAGE B 3 : SESSION ETATS-UNIS « OÙ pouvons-nous être libres ?Où pouvons-nous êtreNoES?» La douleur, la peur et la colère ont envahi l\u2019Amérique après la fusillade qui a fait neuf morts dans une église, exacerbant les démons raciaux d\u2019une société profondément fracturée.ERÉDÉRIC AUTRAN à New York Dans les minutes, les heures qui ont suivi le massacre de (Charleston (Caroline du Sud), un torrent de réactions s\u2019est déversé sur les réseaux sociaux, sur Twitter en particulier.Anonymes, activistes ou célébrités : des milliers d\u2019Américains ont exprimé leur colère, leur tristesse, leur dégoût, et pour beaucoup, leur peur après l\u2019attaque ayant visé une église fréquentée par la communauté noire américaine.Ses membres «ne sont même plus à l\u2019abri entre les murs de leurs lieux de culte.Un terrible rappel de notre réalité actuelle», aréagiTim Pair, un jeune militant de Milwaukee très impliqué dans le mouvement de protestation contre les inégalités raciales et les violences policières.«J\u2019étais déjà lasse.J\u2019avais déjà le cœur lourd.J\u2019étais déjà fatiguée.Où pouvons-nous être en sécurité ?Où pouvons-nous être libres ?Où pouvons-nous être Noirs ?» s\u2019est quant à elle interrogée Solange Knowles, la sœur de la star planétaire Beyoncé.Le racisme profondément ancré Dix mois après les émeutes de Perguson, quelques semaines après celles de Baltimore, toutes déclenchées par l\u2019homicide d\u2019un homme noir, non armé, par la police, la tragédie de Charleston porte un nouveau coup dur à la communauté noire américaine.Et si le drame est cette fois d\u2019une nature très différente, il entretient malgré tout un même sentiment: le ra-cism,e reste une réalité profondément ancrée aux Etats-Unis.Le motif racial de l\u2019attaque ne fait en effet aucun doute.Une enquête fédérale pour «crime de haine» a rapidement été ouverte par le département américain de la Justice.«La seule raison pour laquelle une personne peut entrer dans une église et abattre des gens en train de prier est la haine», a estimé le maire de Charleston, Joseph Riley.Un leader religieux de la VOIR PAGE B 2 : CHARLESTON MLADEN ANTONOV AGENCE ERANCE-PRESSE La tuerie de Charleston a choqué les Etats-Unis.Jacques Parizeau L'homme de l'État québécois Pour se rappeler et pour comprendre qui était Jacques Parizeau Le livre numérique souvenir L\u2019homme de l\u2019État quéhéeois réunit les textes et les photos publiés aux lendemains du décès de « Monsieur ».À se procurer sur notre boutique en ligne BOUTIQUE.LEDEVOIR.COM LE DEVOIR LIBRE DE PENSER B 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 20 ET DIMANCHE 21 JUIN 2015 PERSPECTIVES MA loi Manon CORNELLIER à Ottawa Au printemps 2011, Ottawa est en émoi.Le président de la Chambre des communes juge que le gouvernement conservateur s\u2019est rendu coupable d\u2019outrage au Parlement en refusant de partager avec les parlementaires les coûts de mesures importantes.On parle des baisses d\u2019impôt aux entreprises, du projet d\u2019achat d\u2019avions de chasse F-35, de la demande accrue d\u2019espaces en milieu carcéral provoquée par l\u2019adoption de projets de loi en matière de justice.Le premier ministre Stephen Harper et ses troupes refusent d\u2019en convenir et de se plier à la décision, provoquant un vote de censure des élus.Pour la première fois de son histoire, le Parlement canadien sera dissous parce que le gouvernement aura porté atteinte aux privilèges des parlementaires.A l\u2019époque, M.Harper a accueilli ce jugement avec un haussement d\u2019épaules.Au moment de se lancer en campagne jusqu\u2019au jour du scrutin, il a présenté ce vote comme un simple désaccord administratif.11 a soigneusement évité le mot « outrage ».De toute façon, il se fichait d\u2019être défait, que ce soit de cette façon ou d\u2019une autre, car il ne voulait qu\u2019une chose : déclencher les élections.11 était persuadé de gagner, et les électeurs lui ont donné raison en lui donnant un premier mandat majoritaire.Quatre ans plus tard, il n\u2019a pas besoin de provoquer la Chambre pour se retrouver en élections.11 ne s\u2019en prive pas pour autant.En fait, il va même plus loin avec son énième projet de loi budgétaire omnibus.Des dispositions du projet C-59, qui sera un des derniers à recevoir la sanction royale, yont carrément à l\u2019encontre de l\u2019esprit d\u2019un vrai Etat de droit.Si elles survivent à la contestation judiciaire que la commissaire à l\u2019information Suzanne Legault est déjà prête à entreprendre, elles établiront un précédent très dangereux.Voici pourquoi.Le gouvernement veut, par ces dispositions, effacer de possibles infractions à la Loi sur l\u2019accès à l\u2019information, qui fait actuellement l\u2019objet d\u2019une enquête et que le gouvernement a lui-même incitées, à en croire le premier ministre cette semaine.Précisons que les gestes reprochés touchent la destruction des données du registre des armes d\u2019épaule, un objectif dont les conservateurs ont fait une réelle obsession.Le projet C-59 va aussi soustraire à toute demande d\u2019accès à l\u2019information tout document portant sur cette destruction.Ce sera comme si les courriels, rapports, notes de service mettant en cause ceux qui ont encouragé et procédé à la destruction prématurée des données n\u2019avaient jamais existé.L\u2019argument du gouvernement est que le Parlement a adopté au printemps 2012 la loi autorisant l\u2019abolition du registre et la destruction de ses données, et la GRC, en les détruisant l\u2019automne suivant, n\u2019a fait que respecter la volonté du Parlement.Le hic est que juste avant l\u2019adoption de la loi, un citoyen a demandé, en vertu de la Loi sur l\u2019accès à l\u2019information, une grande partie des données à détruire.Toujours en vertu de la Loi sur l\u2019accès à l\u2019information, un ministère ou organisme fédéral ne peut effacer des données visées par une demande tant et aussi longtemps qu\u2019il n\u2019y a pas répondu et que le demandeur n\u2019a pas épuisé ses recours.Plairant le danger dans ce dossier, Legault a écrit au ministre de la Sécurité publique de l\u2019époque (nommé juge depuis), Vie Toews, pour lui rappeler les exigences de la loi.Ce dernier l\u2019a rassurée par lettre au début du mois de mai 2012.Grâce à une déclaration assermentée présentée à la Cour fédérale par un enquêteur du Commissariat à l\u2019information (CAI), plusieurs des documents que le gouvernement voulait soustraire aux regards ont été rendus publics.On a ainsi appris que M.Toews savait déjà que la GRC pensait pouvoir procéder dès octobre 2012 (ce qui s\u2019est produit), mais que lui souhaitait que cela se fasse plus rapidement encore.Son bureau faisait carrément des pressions en ce sens, révèle un courriel d\u2019un fonctionnaire, daté du 29 mai 2012 et joint à la déclaration de l\u2019enquêteur du CAI.La saga s\u2019est poursuivie pour aboutir ce printemps, après que Legault eut informé les ministres de la Sécurité publique et de la Justice des conclusions de son enquête et de possibles infractions à la loi.Le gouvernement a choisi de lui répondre par la bouche de ses canons législatifs ; en d\u2019autres mots, d\u2019utiliser une loi pour mettre des bâtons dans les roues de la justice et pour camoufler le double jeu des ministres et de leur personnel.Comme je l\u2019ai déjà dit, si les conservateurs se croient autorisés à agir ainsi dans ce cas-ci, qu\u2019est-ce qui les empêchera à l\u2019avenir d\u2019avoir recours au même procédé pour effacer des infractions à d\u2019autres lois ?N\u2019eût été la vigilance de la commissaire Suzanne Legault, cette entrave à la justice orchestrée en haut lieu serait passée inaperçue.Et grâce à elle encore, les conservateurs ne l\u2019auront pas facile.C-59 sera adopté, mais la constitutionnalité des articles litigieux sera contestée.Le CAI en a déjà avisé la Cour fédérale, à qui il s\u2019est adressé pour protéger ce qu\u2019il reste de données.Les conservateurs se présentent comme les champions de la loi et de l\u2019ordre.C\u2019est vrai, mais pourvu que ce soit leur loi et leur ordre.Comme en 2011.ARIS MESSINIS AGENCE ERANCE-PRESSE Une jeune Grecque est passée vendredi devant un mur décoré de graffitis faisant référence à ia crise que vit actueiiement ie pays.GRÈCE La dette, enjeu central du bras de fer entre Athènes et ses créanciers Quel avenir à court terme pour la Grèce?Malgré les tractations multiples en cours depuis des mois, les pourparlers de l\u2019Eurogroupe, dont les membres doivent chacun composer avec des enjeux de politique intérieure, malgré les déclarations tout aussi nombreuses des chefs de gouvernement et des créanciers, la question de fond demeure : trouver solution au problème de la dette pour remettre le pays sur les rails.CÉCILE DUCOURTIEUX à Bruxelles La question de la dette est au cœur du bras de fer entre Athènes et ses créanciers.Elle menace de dégénérer en crise bancaire si aucun accord n\u2019est trouvé dans les heures et les jours qui viennent.Le premier ministre grec, Alexis Tsipras, et son ministre des finances, Yanis Varoufakis, le disent depuis qu\u2019ils sont aux commandes à Athènes, fin janvier : la dette du pays est insoutenable, il faut que ses créanciers (Banque centrale européenne.Commission européenne et Eonds monétaire international) acceptent d\u2019en revoir les conditions.De fait, les chiffres donnent le vertige.La Grèce est l\u2019un des pays du monde les plus endettés, avec un des ratios dette/produit intérieur brut (PIB) les plus élevés au monde : 177 % du PIB, à environ 322 milliards d\u2019euros.Yanis Varoufakis l\u2019a encore rappelé à ses pairs de la zone euro, réunis au Luxembourg, le jeudi 18 juin, pour un énième «Eurogroupe de la dernière chance» débouché sur aucun accord.qui na Ce que les Grecs demandent Ils veulent que les créanciers s\u2019engagent, par écrit, à entamer une négociation sur l\u2019allégement de la dette, pour allonger sa maturité ou abaisser les taux d\u2019intérêt.Plus de la moitié de l\u2019ardoise grecque avait déjà été effacée en 2012 (environ 107 milliards d\u2019euros), et, à l\u2019époque, ce sont les créanciers privés qui avaient accepté de renoncer à environ 50% de la valeur faciale de leurs créances.C\u2019est la raison pour laquelle, aujourd\u2019hui, la dette grecque est essentiellement déjeune par des créanciers « publics » (lÉtats, PMI).Le but était de revenir à un ratio dette/PIB de 120% environ.Mais l\u2019austérité en Grèce a fait son œuvre, le PIB s\u2019est effondré et aujourd\u2019hui, le ratio est remonté en flèche.Dans une déclaration de novembre 2012, un Eurogroupe avait conclu que, «si nécessaire», une nouvelle discussion serait engagée sur la dette pour abaisser ce ratio dette/PIB, à condition que la Grèce parvienne à dégager un surplus primaire, et que «toutes les conditionnantes du programme [réformes contre prêts] soient remplies ».Depuis quelques semaines, selon nos informations qui circulent, les discussions entre Athènes et ses créanciers portent sur ces engagements de 2012.Elles visent à faire apparaître ces engagements à nouveau dans un futur accord.La Grèce est l\u2019un des pays du monde les plus endettés, avec un ratio de 177% du PIB La promesse non tenue de 2014 Les Grecs veulent absolument quelque chose qui aille plus loin.Ils ont en effet le sentiment de s\u2019être «fait avoir» en 2014.Au printemps de l\u2019année dernière, Athènes avait annoncé avoir dégagé pour la première fois en dix ans un surplus primaire de 1,5 milliard d\u2019euros en 2013 (avant service de la dette).Et espérait, donc, qu\u2019une renégociation de sa dette s\u2019engagerait.Mais les créanciers ont répondu au gouvernement de l\u2019époque, celui du premier ministre de centre droit Antonis Samaras, qu\u2019il devait d\u2019abord terminer la « cinquième revue» du deuxième plan d\u2019aide, c\u2019est-à-dire s\u2019entendre sur une liste de réformes contre le déboursement futur de 7,2 milliards d\u2019euros de prêts restant à verser.Qn en est toujours là aujourd\u2019hui.Le FMI favorable à la réduction Mais la volonté politique de s\u2019engager au-delà des déclarations de 2012 manque du côté des créanciers, même si certains assurent qu\u2019«î7 faut laisser des perspectives » à Athènes.Le EMI, qui, depuis des années, prône une réduction de la dette grecque, penche plutôt de ce côté.Mais tous sont d\u2019accord à ce stade pour parler de la dette, à condition, d\u2019abord, qu\u2019Athènes accepte enfin la liste des réformes proposées par les créanciers : une réforme de la TVA et des retraites, puis l\u2019objectif d\u2019un surplus primaire de 1% en 2015.Le Monde CHARLESTON SUITE DE LA PAGE B 1 ville.Tory Eields, s\u2019est montré plus affirmatif encore: «C\u2019est évidemment un acte raciste.De quoi d\u2019autre pourrait-il s\u2019agir?Vous avez un homme blanc qui entre dans une église africaine américaine.C\u2019est un choix.Il a choisi d\u2019entrer dans cette église et de s\u2019en prendre à ces gens.» Surnommée «Mother Emanuel», l\u2019église en question est l\u2019une des plus anciennes et des plus importantes congrégations noires du sud des Etats-Unis.«Ce n\u2019est pas simplement une église.C\u2019est un symbole de la liberté noire», explique Robert Greene, un doctorant en histoire à l\u2019Université de Caroline du Sud.Eondée en 1816 par un pasteur noir excédé par la ségrégation, l\u2019Emanuel African Methodist Episcopal Church s\u2019est rapidement imposée à la pointe de la lutte contre l\u2019esclavage.En 1822, l\u2019un de ses cofondateurs a fomenté une révolte d\u2019esclaves.Dénoncé par l\u2019un de ses compagnons, il fut exécuté, tout comme une trentaine de personnes.La congrégation fut dissoute et l\u2019église brûlée.Reconstruite à la fin du XIX® siècle, elle deviendra plus tard un carrefour pour le mouvement des droits civiques en Caroline du Sud.De nombreux activistes y ont prononcé des discours, à l\u2019image de Martin Luther King, en 1962.Le pasteur actuel, Clementa Pinckney, tué dans l\u2019attaque, entretenait cette tradition.Ces derniers mois, il militait ainsi au sein du Sénat local pour l\u2019adoption d\u2019une loi obligeant les policiers à porter des caméras sur leur uniforme.Des siècles de violences L\u2019auteur présumé de la tuerie, identifié comme Dylann Roof, un jeune homme blanc de 21 ans, connaissait-il l\u2019importance symbolique de l\u2019église qu\u2019il a ciblée ?L\u2019enquête et son interrogatoire permettront sans doute d\u2019en savoir plus.Quoi qu\u2019il en soit, pour beaucoup de fidèles et d\u2019observateurs, cette tragédie ne fait qu\u2019attiser un sentiment de persécution ancré depuis plusieurs siècles de violences et de discrimination.« Quand vous êtes du côté de ceux qui sont victimes de cette violence, c\u2019est assez difficile de ne pas replacer cette attaque dans un contexte plus global, explique au New York Times Robert Mickey, professeur à l\u2019Université du Michigan et spécialiste du racisme dans le sud des Etats-Unis.Vous ne pouvez pas vous empêcher de noter la continuité, la violence et la peur qui revisitent constamment ces mêmes communautés.» D\u2019après le Southern Poverty Law Center (SPLC), une organisation spécialisée dans l\u2019étude des mouvements extrémistes, il y avait l\u2019an dernier 784 groupes haineux répertoriés aux Etats-Unis, dont 142 néonazis, 115 su-prématistes blancs et 72 affiliés au Ku Klux Klan.Dans la foulée de l\u2019élection de Barack Qbama, le nombre de ces groupes avait fortement augmenté, passant de 888 en 2008 à plus d\u2019un millier en 2012.Depuis, il a donc nettement baissé, mais «les chiffres peuvent être trompeurs », a écrit Mark Potok, l\u2019un des auteurs du rapport du SPLC : «Plus de la moitié de la baisse concerne des sections du Ku Klux Klan.Or, beaucoup ont basculé dans la clandestinité, mettant fin à leurs communications publiques, mais elles n\u2019ont pas disparu pour autant.» Chaque année, le PBI collecte des statistiques sur les crimes haineux commis à travers le pays.Si beaucoup les jugent incomplètes \u2014 car elles reposent sur la bonne volonté des polices locales, qui doivent transmettre leurs propres chiffres \u2014, elles permettent toutefois de dessiner une tendance nationale.D\u2019après les plus récentes, près çle la moitié des crimes haineux commis aux Etats-Unis étaient liés à un motif racial (les autres catégories étant notam- II y avait l\u2019an dernier 784 groupes haineux répertoriés f aux Etats-Unis ment la religion et l\u2019orientation sexuelle).Plus de 66% des victimes de ces crimes racistes étaient Noires, une tendance restée stable ces dix dernières années.L\u2019espérance de vie des Noirs inférieure Pantasmé par certains lors de l\u2019élection de Barack Qbarqa, premier président noir de l\u2019histoire des Etats-Unis, le mythe d\u2019une Amérique postraciale, qui aurait enfin cautérisé la plaie de l\u2019esclavage et de la ségrégation, s\u2019effrite chaque jour un peu plus, victime des soubresauts de l\u2019actualité.Les affaires Trajwon Martin, Michael Brown ou Eric Garner, les fouilles abusives de la police new-yorkaise contre les jeunes noirs et latinos, et maintenant l\u2019attaque contre l\u2019église de Charleston : tous ces événements, contemporains de la présidence Qbama, ont offert un réveil brutal aux plus optimistes.Dans l\u2019Amérique de 2015, la ségrégation sociale et les inégalités raciales continuent de régner.L\u2019espérance de vie d\u2019un Afro-Américain est inférieure de quatre ans à celle d\u2019un Blanc.L\u2019incarcération des Noirs est six fois supérieure à celle des Blancs, un foyer blanc gagne environ 70% de plus qu\u2019un Noir, un écart plus grand que dans l\u2019Afrique du Sud de l\u2019apartheid.Alors que débute la campagne présidentielle pour 2016, reste à savoir si le racisme, sujet tabou, parviendra à s\u2019inviter dans les discussions.Les activistes noirs américains, notamment les jeunes, très mobilisés depuis un an, l\u2019espèrent.Le drame de Charleston ne fera que renforcer leur détermination.En 1963, un attentat à la bombe contre une église afro-américaine de Birmingham (Alabama) avait provoqué la mort de quatre jeunes filles.Il avait également alimenté les manifestations pour les droits civiques.Libération LE DEVOIR LES SAMEDI 20 ET DIMANCHE 21 JUIN 2015 B 3 PERSPECTIVES CHARTE DE LA LANGUE ERANÇAISE De langue et de résignation Philippe Couillard prône une hausse du nombre d\u2019immigrants que reçoit le Québec Tout comme son prédécesseur Jean Charest, Philippe Couillard répugne à intervenir sur le plan linguistique.Le premier ministre a dû toutefois s\u2019y résigner, tout comme Jean Charest avait dû le faire, et pour la même raison : un jugement de la Cour lui a forcé la main.ROBERT DUTRISAC Correspondant parlementaire à Québec \\ A l\u2019automne 2010, le gouvernement Charest faisait adopter le projet de loi 115 (une adaptation du précédent projet de loi 103) modifiant la Charte de la langue française pour permettre l\u2019accès à l\u2019école publique anglaise à des enfants que les parents fortunés ont envoyés pendant quelques années dans une école privée anglaise non subventionnée.C\u2019est ce qu\u2019on a appelé les écoles passerelles.C\u2019était en réaction à un jugement de la Cour suprême qui avait invalidé en 2009 la loi 104 adoptée à l\u2019unanimité par l\u2019Assemblée nationale sept ans plus tôt.Le gouvernement Charest n\u2019avait fait que se plier à cette décision.Ainsi, les parents d\u2019allophones et de francophones qui n\u2019avaient pas le droit d\u2019envoyer leurs enfants à l\u2019école publique anglaise détenaient maintenant une recette pour y parvenir : satisfaire les critères d\u2019une grille d\u2019évaluation pour déterminer le «parcours authentique» de leur progéniture, qu\u2019ils souhaitaient angliciser.Il semble toutefois que seulement une poignée de parents a depuis eu recours aux écoles passerelles: en 2014-2015, seulement 62 élèves ont pu obtenir le droit d\u2019étudier à l\u2019école publique anglaise après un passage dans une école privée anglaise non subventionnée, selon le livre des crédits du ministère.Certes, ce droit s\u2019étend à la fratrie de l\u2019élève et à ses descendants, mais l\u2019effet est minime, comme le prédisait la ministre Michelle Courchesne à l\u2019époque.Et puis, les riches n\u2019ont cure de l\u2019école publique : ils peuvent assumer les droits de scolarité de 18 000$ par an qu\u2019exigent des écoles privées sélectes comme The Study, à Westmount, cette même école qui a permis à Eugenie Bouchard de ne pas avoir d\u2019accent québécois quand elle s\u2019exprime en français, ce dont s\u2019est d\u2019ailleurs félicitée la jeune tenniswoman.L\u2019annonce Mercredi, c\u2019est fièrement qu\u2019Hélène David, la ministre responsable de la Protection et de la Promotion de la langue \u2014 on ne dit plus responsable de la Charte de la langue française chez les libéraux \u2014 a annoncé mercredi que le Conseil des ministres donnait son aval à une modification du règlement de la Charte afin d\u2019obliger des détaillants multinationaux comme Best Buy, Costco Wholesale et Walmart à apposer un descriptif ou un slogan en français à l\u2019affichage de leur marque de commerce en anglais.Le nouveau règlement doit être publié cet automne pour entrer en vigueur probablement au début de 2016, a indiqué la ministre.Le gouvernement Couillard a dû se résoudre à modifier par règlement la Charte de la langue française après que la Cour d\u2019appel eut confirmé une décision de la Cour supérieure statuant que l\u2019Of fice québécois de la langue française ne détenait pas le pouvoir, en vertu de la loi 101, de forcer ces commerçants à ajouter quoi que ce soit à leur marque de commerce.Le gouvernement n\u2019a d\u2019autre choix que de légiférer, estimait le juge de première instance ; le gouvernement Couillard a décidé d\u2019en faire le minimum : procéder par un simple règlement.«J\u2019aurais souhaité que toutes les entreprises le fassent volontairement», a déploré Philippe Couillard.Il y voit une question de «délicatesse», une reconnaissance par ces entreprises qui affirment: «Je sais où je suis, je sais dans JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE Philippe Couillard et son gouvernement ont tendance à occulter les données de l\u2019OQLF sur la langue de travail.quel environnement je suis, je connais l\u2019existence du fait français au Québec», a-t-il souligné la semaine dernière.Pas de modification Grâce au nouveau règlement, l\u2019OQLP pourra revenir à la politique que son ancienne présidente, Louise Marchand, sous le gouvernement Charest, avait instaurée à l\u2019égard de l\u2019affichage des marques de commerce.Pour apaiser les multinationales, Hélène David a rappelé que les marques de commerce sont de compétence fédérale et sont visées par des traités internationaux.Dans ses discours, Philippe Couillard ne manque jamais une occasion de rappeler son devoir de protéger et de promouvoir la langue française.Or, à plusieurs reprises, les libéraux ont réitéré qu\u2019ils étaient fermés à toute modification à la loi 101 et qu\u2019ils tenaient au statu quo.Ainsi, ils ont rejeté en bloc le projet de loi 14 que la ministre péquiste Diane De Courcy a présenté en 2013.Ce projet de loi imposait, notamment, des exigences linguistiques aux entreprises de 26 à 49 employés pour faire en sorte que le français soit leur langue normale et habituelle de travail, comme l\u2019énonce d\u2019ailleurs la Charte de la langue française.Le porte-parole libéral en matière de langue, Marc Tan-^ay, avait répliqué en vantant les vertus du bilinguisme au travail.«Si je n\u2019avais pas eu cette capacité-là [de parler anglais], fe n\u2019aurais pas les beaux emplois que j\u2019ai eu l\u2019occasion, très humblement, d\u2019occuper», s\u2019était-il épanché.Bilinguisme En campagne électorale, Philippe Couillard a d\u2019ailleurs prôné le bilinguisme pour tous les enfants du Québec.A l\u2019étranger, il a justifié son emploi exclusif de l\u2019anglais.Son ministre responsable des Affaires intergouvemementales canadiennes, Jean-Marc Pournier, refuse d\u2019ap- « J\u2019aurais souhaité que toutes les entreprises le fassent volontairement» puyer le Nouveau Parti démocratique, qui propose que les entreprises de compétence fédérale comme les banques fassent du français leur langue de travail au Québec.Surtout, que ce soit Philippe Couillard ou ses ministres, on vante les progrès que le français a connus et continuerait de connaître, même à Montréal.Ce faisant, on occulte les données de l\u2019QQLP ou du Conseil supérieur de la langue française (CSLP).La moitié des allophones travaille surtout en anglais.Un peu plus du tiers des nouveaux arrivants qui ne connaissent pas le français ne l\u2019apprennent que dans une proportion de 15%, soit le même pourcentage qu\u2019en 1971.Les deux tiers des «enfants de la loi 101 » poursuivent leurs études en anglais au cégep.Tout va pour le mieux, répètent les libéraux.Au diapason du Conseil du patronat du Québec, Philippe Couillard a exprimé sa volonté de hausser les seuils d\u2019immigration au Québec, le nombre d\u2019immigrants reçus, dits «économiques», que sélectionne le Québec.C\u2019est inévitable, a-t-U soutenu.Comme on n\u2019arrive pas à ne recruter que des immigrants francophones \u2014 65% des nouveaux arrivants disent, à l\u2019heure actuelle, connaître le français \u2014, on volt mal comment les nouveaux seuils ne conduiront pas à une augmentation du nombre des nouveaux arrivants qui ne parlent pas le français et qui, pour la grande majorité, ne l\u2019apprendront pas.«Sur cette planète troublée, menacée, des centaines de millions de femmes et d\u2019hommes rêvent de partager notre citoyenneté», affirmait Philippe Couillard devant les militants libéraux réunis en congrès la semaine dernière.Chose certaine, pour peu qu\u2019on leur ouvre les bras, qu\u2019ils parlent ou non le français, le Québec n\u2019aura aucun problème de recrutement.Le Devoir SESSION SUITE DE LA PAGE B 1 refonte du système électoral, 11 a continué sa lente chute.Ainsi, 11 en a été réduit à se présenter, mercredi, comme le «vrai changement», alors que M.Mulcalr se targuait d\u2019incarner «le gouvernement en attente».Et que dire du retour de Gilles Duceppe à la tête du Bloc québécois, qui modifie tous les pronostics dans la province ?D\u2019autres événements, bien que prévus, viennent brouiller davantage encore les cartes.C\u2019est le cas du rapport du vérificateur général sur les dépenses des sénateurs.Au total, 30 parlementaires ont été réprimandés à cause de dépenses Injustifiées aux yeux de Michael Eer-guson.Neuf cas sont si troublants qu\u2019ils ont été référés à la GRC.Le champion conservateur de la loi et l\u2019ordre, Pierre-Hugues Bolsvenu, qui est du lot, a été expulsé du caucus de Stephen Harper.Ce rapport remet ainsi à l\u2019ordre du jour électoral la question de la pertinence du Sénat, dont Thomas Mulcalr veut tirer profit en promettant son abolition.Duffy en toile de fond Le Sénat sera d\u2019autant plus dans l\u2019air du temps que reprendra le procès du sénateur Mike Duffy quatre semaines avant le déclenchement officiel prévu de la campagne.Et c\u2019est à ce moment que sont enfin attendus les témoins clés qui ont participé au stratagème pour permettre à M.Duffy de rembourser le Sénat tout en étant épargné d\u2019un rapport d\u2019enquête sur ses dépenses.Eaute de temps, les audiences qui devaient se terminer vendredi reprendront le 11 août \u2014 juste à temps pour mettre la table à la veille de la campagne électorale.Un retard peut-être habilement provoqué par la lenteur des interrogatoires de l\u2019avocat de M.Duffy, en début de procès.Gu à tout le moins, un hasard qui plaît à la défense.Car Donald Bayne martèle depuis le début que son client est victime de ce stratagème, concocté par Nlgel Wright et l\u2019entourage du premier ministre, auquel 11 a été forcé de participer.La Couronne argue plutôt que c\u2019était l\u2019Idée du sénateur.Et c\u2019est ce qu\u2019elle tentera de démontrer, lorsque Nlgel Wright prendra enfin la barre des témoins à la reprise des travaux dans deux mois.L\u2019ancien chef de cabinet de Stephen Harper racontera pour la première fols l\u2019entente conclue avec M.Duffy pour rembourser le Sénat, ainsi que l\u2019étendue des tractations qui se sont tenues en coulisses pendant des semaines pour étouffer ce scandale dont voulaient se débarrasser les conservateurs.Une semaine Des détails qui promettent de faire les manchettes.et de hanter Stephen Harper, puisqu\u2019ils seront épluchés pendant au moins une semaine, prévoit la Couronne.Cinq jours au cours desquels le premier ministre sera invité à commenter et revenir sur cette affaire qui a éclaboussé son bureau et ses proches il y a deux ans.La torture se prolongera, car après M.Wright, les sénateurs conservateurs influents qui ont comploté avec lui et M.Duffy seront également invités à témoigner, tout comme l\u2019actuel chef de cabinet de M.Harper, Ray Novak, et d\u2019anciens employés de son bureau.Tout cela, jusqu\u2019au 28 août \u2014 dix jours avant le déclenchement probable de l\u2019élection.Mike Duffy fait face à 31 chefs d\u2019accusation de fraude, d\u2019abus de confiance et de corruption.Le sénateur se fait reprocher d\u2019avoir indûment récolté des allocations de déplacement pour aller dans l\u2019Guest à des activités conservatrices partisanes, en Gntario pour s/acheter un chien, ou à l\u2019Ile-du-Prince-Edouard pour assister à des funérailles qui concordaient avec des rendez-vous personnels ou familiaux.Il est aussi accusé d\u2019avoir pigé dans son budget sénatorial pour offrir 65 000 $ de contrats à un ancien collègue et ami, Gerald Donohue, qui rémunérait à son tour une quinzaine d\u2019individus \u2014 des rédacteurs de discours, une maquilleuse, un entraîneur personnel, ou un cousin qui lui faisait suivre des photos ou des coupures de journaux.M.Duffy se fait enfin reprocher d\u2019avoir récolté des indemnités de logement pendant quatre ans en plaidant habiter principalement à rile-du-Prince-Edouard \u2014 qu\u2019il représente au Sénat \u2014 plutôt qu\u2019à sa demeure d\u2019Gttawa.C\u2019est pour rembourser ces allocations que Nlgel Wright lui a fourni 90 172$.Au total, la Couronne lui reproche de s\u2019être fait rembourser 154 000$ de dépenses injustifiées.Le Devoir Pédagogie 101 Michel David Le deuxième débat entre les candidats à la course à la chefferie du PQ avait clairement fait apparaître une divergence de vues sur l\u2019oléoduc Energie Est qui peut s\u2019expliquer facilement.Pour l\u2019homme d\u2019affaires qu\u2019était Pierre Karl Péladeau, le peu d\u2019informations actuellement disponibles ne permet sans doute pas d\u2019apprécier à sa juste mesure un projet aussi complexe.Le problème est que M.Péladeau n\u2019est plus en affaires, mais en politique.Dans une perspective de pédagogie souverainiste, il est nettement plus avantageux de présenter le projet comme une violation du territoire québécois pour satisfaire les intérêts polluants du Canada anglais.D\u2019autant plus que l\u2019absence d\u2019un port au Québec réduirait les retombées économiques à peu de chose.La volte-face que le nouveau chef du PQ a dû faire est indéniablement gênante, mais tous ses prédécesseurs ont dû faire certains ajustements un jour ou l\u2019autre pour assurer l\u2019harmonie au sein du parti.L\u2019expérience permet simplement d\u2019arrondir les virages.Le plus curieux était d\u2019entendre M.Péladeau dire que sa propre opinion sur le sujet avait d\u2019autant moins d\u2019importance qu\u2019il revenait au gouvernement fédéral d\u2019approuver le projet ou non.Bien entendu, on peut faire valoir qu\u2019un Québec souverain aurait le dernier mot, mais la province de Québec ne s\u2019est jamais privée de faire valoir son point de vue, même dans des domaines qui relèvent exclusivement du gouvernement fédéral.Il serait franchement absurde que le PQ s\u2019en abstienne sous prétexte qu\u2019il ne pourra pas l\u2019imposer.S\u2019il ne sert à rien de faire pression sur Gt-tawa, pourquoi perdre toute cette énergie à combattre l\u2019imposition d\u2019un péage sur le nouveau pont Champlain ?Aurait-il fallu laisser le gouvernement Harper détruire le registre des armes à feu sans protester ?Personne ne peut nier l\u2019envergure et les impacts possibles de l\u2019oléoduc, qui traverserait 720 kilomètres en territoire québécois et 641 cours d\u2019eau, avec tous les risques Ijv dphat sur\tQue cela comporte pour l\u2019en- vironnement.Pour important le pétrole\tqu\u2019il soit, le débat sur l\u2019oléo- duc n\u2019est cependant que le pourrait etre prélude à celui qu\u2019il faudra te- pupnrp nine\t^\u2019il s\u2019avère que le gise- P\tment Gld Harry et surtout diviseur que l\u2019de d\u2019Anticosti offrent des perspectives pétrolières qui celui sur\ten justifient l\u2019exploitation.,\tDans ce dossier, le clivage la laïcité\tentre M.Péladeau et ses ad- versaires dans la course à la chefferie était encore plus net.Dans son esprit, le pétrole constituait «une opportunité exceptionnelle pour le Québec indépendant».Certes, les Québécois seraient consultés, mais sa propre opipion ne faisait aucun doute.A l\u2019opposé, Alexandre Cloutier s\u2019opposait catégoriquement à toute exploitation sur l\u2019île d\u2019Anticosti, qui nécessiterait le recours à la fracturation hydraulique.Martine Guellet souhaitait confier le dossier au BAPE, mais simplement parce qu\u2019elle était convaincue qu\u2019il arriverait à la conclusion que le jeu n\u2019en vaut pas la chandelle.Bernard Drainville cherchait déjà à ménager la chèvre et le chou, en expliquant de façon assez peu convaincante que l\u2019exploitation du pétrole serait un premier pas vers une économie.sans pétrole.En août 2008, Pauline Marois était revenue d\u2019un voyage en Norvège avec la certitude que le pétrole était la clé de l\u2019indépendance, dans la mesure où ses revenus rassureraient les Québécois sur la viabilité d\u2019un Québec souverain, et que son exploitation n\u2019était pas incompatible avec le respect de l\u2019environnement.M.Péladeau semble clairement appartenir à cette école.Gn parlait à l\u2019époque de l\u2019exploitation du gisement Gld Harry selon la méthode traditionnelle, mais la possibilité d\u2019un désastre écologique à 80 kilomètres des îles de la Madeleine en inquiétait déjà plusieurs.Il est clair que la fracturation hydraulique dans un environnement aussi fragile que l\u2019île Anticosti ferait augmenter le risque substantiellement.Ce débat pourrait être encore plus diviseur pour le PQ et pour l\u2019ensemble du mouvement souverainiste que l\u2019a été celui sur la Charte de la laïcité.Dans la meilleure des hjjpothèses, un éventuel référendum ne pourra pas être tenu avant cinq ou six ans.Il faudra vraisemblablement prendre une décision d\u2019ici là.Malgré le désir d\u2019unité manifesté par les uns et les autres, il pourrait y avoir là un obstacle majeur.La protection de l\u2019environnement est l\u2019un des principes fondamentaux qui ont présidé à la fondation de Québec solidaire.Il serait étonnant que ses partisans, qui vouent Stephen Harper aux gémonies, veuillent concourir à la création d\u2019un nouvel Etat pétrolier.Donner le feu vert à l\u2019exploitation pétrolière pourrait rendre encore plus ardu l\u2019indispensable rapprochement avec les jeunes.La donnée la plus inquiétante du dernier sondage Léger Marketing-Le Devoir concerne le vote référendaire des 18-24 ans: 71% d\u2019entre eux auraient voté Non si un référendum sur la souveraineté avait eu lieu la semaine dernière.Un beau défi pédagogique.mdavid@ledevoir.com P.-S.\u2014 Cette chronique sera de retour au début de septembre.Bon été à tous. B 4 LE DEVOIR LES SAMEDI 20 ET DIMANCHE 21 JUIN 2015 EDITORIAL GOUVERNEMENT HARPER L\u2019esprit d\u2019autorité Avec la fin des travaux parlementaires ce vendredi aux Communes s\u2019amorce une longue campagne électorale dont le point d\u2019orgue sera le scrutin du 19 octobre.S\u2019y jouera la réélection du Parti conservateur.Bilan de quatre années du gouvernement de Stephen Harper.F Bernard Descôteaux atigué, ce gouvernement l\u2019est.Après tout, il cumule tout près de 10 années à la tête du pays, dont les quatre dernières en situation majoritaire, ce qui lui a permis de faire tout ce qu\u2019il n\u2019avait pu réaliser les années précédentes alors qu\u2019il était minoritaire.Les axes de son action ont été restreints.D\u2019abord la lutte contre la criminalité par la répression.Il a multiplié lois et politiques comme aucun gouvernement ne l\u2019avait fait.Il a poursuivi avec l\u2019adoption de mesures pour contrer le terrorisme avec le projet C-51 qu\u2019il a prolongées par un engagement militaire en Irak.Sur le plan économique, il a tout misé sur l\u2019exploitation des hydrocarbures, cela, à contre-courant de ses obligations en matière de lutte contre le changement climatique.Autrement, peu ou sinon aucune intervention de soutien à l\u2019économie, la priorité allant à l\u2019équilibre budgétaire.Les premiers surplus dégagés ont vite été dissipés dans des mesures électoralistes.t ^\tLa majorité dont ce gouvernement disposait ,,\taux Communes lui a permis de réaliser ses ob- ¦=[- -\tjectifs sans coup férir.Et même lorsque ce y\tn\u2019était pas nécessaire, il s\u2019en est servi pour * bulldozer l\u2019opposition à coups de projets de loi mammouths.Mais, trop fort casse.Par un juste retour des choses, le scandale des allocations de dépenses des sénateurs lui a éclaté au visage.Un scandale dont les principaux protagonistes ont presque tous été nommés au fil des ans par Stephen Harper et dont plusieurs sont poursuivis pour abus de biens publics.Le procès du sénateur Mike Duffy est un rappel quotidien que le parangon de vertu que prétendait être Stephen Harper ne l\u2019était pas.Il avait promis de transformer le processus de nomination de sénateurs pour le dépolitiser.Il a fait pire que ses prédécesseurs par des nominations partisanes qui pourraient amener la disparition de la Chambre haute.Le Parlement, dans son ensemble, est devenu dysfonctionnel.Durant ces quatre années de gouvernement majoritaire, Stephen Harper a réussi à déplacer une partie des pouvoirs du législatif vers l\u2019exécutif.Déjà, les pouvoirs du premier ministre étaient jugés exorbitants.Ils sont devenus excessifs.Rares sont les ministres qui exercent de réels pouvoirs, ce qui a conduit au départ en cours de mandat du ministre des Finances Jim Flaherty.Les «raisons familiales» qui ont amené le retour à la vie privée du ministre de la Justice, Peter MacKay, ont aussi fait sourire bien des observateurs.Vendredi, James Moore ajoutait son nom à la liste de quelque 30 députés et ministres conservateurs qui ne se représenteront pas à cette élection.?Le mot qui traduit le mieux l\u2019esprit de ce gouvernement est « autorité», qui trop souvent s\u2019est manifestée par une volonté d\u2019imposer ses vues, peu importe qe que pouvait prévoir la Constitution ou les règles parlementaires.A ceux qui craignaient qu\u2019une fois majoritaire il fasse preuve d\u2019autoritarisme, Stephen Harper avait répondu lors de la campagne électorale de 2011 que l\u2019opposition, la fonction publique et les tribunaux feraient contrepoids.Il a réussi à museler les deux premiers, mais heiueusement pas les tribunaux.La Cour suprême n\u2019a cessé de corriger et de blâmer le gouvernement, qui a fini par la voir comme un adversaire politique.Cet autoritarisme a néanmoins une certaine résonance dans l\u2019opinion publique.Les attentats terroristes de Saint-Jean-sur-Ri-chelieu et d\u2019Ottawa l\u2019automne dernier ont permis aux conservateurs d\u2019exploiter le sentiment d\u2019insécurité créé par ces événements.Le dépôt d\u2019une série de projets de loi de dernière minute aux Communes sur la criminalité montre qu\u2019ils n\u2019ont aucun regret, tout au contraire.On persiste et signe, ce qui est cohérent avec la volonté déjà proclamée de Stephen Harper d\u2019être assez longtemps au pouvoir pour changer durablement le Canada et les valeurs canadiennes.C\u2019est le propre d\u2019un parti doctrinaire dont les électeurs commencent à trouver qu\u2019il est déjà allé trop loin.Du moins, en ce début de campagne, c\u2019est ce que laissent croire les sondages.En 124 jours de campagne, bien des choses peuvent toutefois changer.LE DEVOIR FONDE PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 > FAIS CE QUE DOIS! Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-présidente, ventes publicitaires LISE MILLETTE Directeur des finances STÉPHANE ROGER Directrice de ^information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Adjoints PAUL CAUCHON, JEAN-ERANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIEEET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET Il mî fRANÇoiÇ\tLÎS\tA n/{TÊ PouP- UA PtAMèîf\tRgCHAuFffMfNT**' n P n a.diflR«VDTr\u20ac LETTRES He had a dream, I had a dream, we had a dream Ayant eu la chance insigne d\u2019être présent lors de la fameuse marche pour les droits civiques, à Washington, le 28 août 1963, je vais d\u2019étonnement en étonnement lorsque je prends note de tous les événements racistes et raciaux qui ébranlent la société états-unienne.Comme la fille et la petite-fille de Madeleine, ma merveilleuse compagne, vivent à Charleston, South Carolina, j\u2019y suis allé au moins dix fois au cours des dernières années.Charleston est une ville magnifique.Il y a, toutefois, une tension « occasionnelle» qui se détecte «nerveusement», «neurologiquement».Il y a un peu plus d\u2019un an, nous étions, Madeleine et moi, à Savannah, en Géorgie.Ce qui nous a frappés, c\u2019est que dans la ville même, on rencontre très peu de Noirs.Après une journée dans cette ville, nous devions retourner en Caroline du Sud.Mais nous avons manqué la bonne route.Je suis alors entré, un peu en dehors de la ville, dans une sorte de dé- panneur, situé dans un bâtiment rudimentaire.Je voulais acheter de l\u2019eau (il faisait 140 degrés) et m\u2019informer en ce qui concerne la bonne route.Il n\u2019y avait là que des Noirs et le propriétaire était un Noir.Au début, la réception fut très hostile parce que je n\u2019avais pas payé l\u2019eau avant de m\u2019informer sur la bonne route.Puis, j\u2019ai fait allusion au fait que j\u2019étais «a French Canadian fropt Montreal».A ce moment-là, le type m\u2019a donné une chaleureuse accolade, et toutes les personnes présentes m\u2019ont serré la main.Puis, on m\u2019a expliqué le pourquoi de cette hostilité, ce qui m\u2019a beaucoup éclairé.Fnsuite, le type a choisi son plus beau papier et il a magistralement dessiné la marche à suivre.Qu\u2019ajouter ?Il faut écouter la chanson A Change Is Gonna Come, composée par Sam Cooke, au début des années 60.Ft il faut relire ou réécouter le discours historique de Martin Luther King, I Have a Dream.Le vivrq-ensemble sera-t-il possible, un jour, aux E.-U., et partout sur cette pitoyable planète ?Jean-Serge Baribeau Sociologue des médias Montréal, le 19 juin 2015 Le cauchemar américain L\u2019Amérique pleure et prie.Maintenant, pour les victimes innocentes tuées dans une église de Charleston, comme en décembre 2012, pour celles de l\u2019école élémentaire Sandy Hook à Newtown, New Jersey.Mais rien ne change.Même un président noir, émule de Martin Luther King, démocrate, lauréat du prix Nobel de la paix, ne réussit pas à convaincre les membres du Congrès que les temps ont changé, que la mentalité du Far West a trop duré, qu\u2019il faut guérir les tensions raciales.C\u2019est l\u2019incessante capitulation face à l\u2019influent lobby de la National Rifle Association.Le port d\u2019armes, enchâssé dans la Constitution, demeure un droit fondamental.Le fusil Revient un cadeau idéal.Pendant que les Etats-Unis ont dans leur mire le terrorisme à l\u2019international, ils laissent couver des feux de braises qui enflamment son propre tissu social; s\u2019enchaînent des tragédies pourtant évitables.Cauchemar perpétuel d\u2019un pays aux valeurs encore écorchées, qui ne peut plus prétendre être un défenseur par excellence des droits et libertés ! Carol Patch-Neveu Montréal, le 19 juin 2015 Revue de presse Une idée plus consistante de Trudeau GUILLAUME BOURGAULT-COTE Les conservateurs le disaient dans leur publicité anti-Justin Trudeau : il a de beaux cheveux.Mais il appert qu\u2019il a aussi quelques idées, commence-t-on à découvrir.La présentation, par le chef libéral, d\u2019une ambitieuse réforme du système électorale a suscité beaucoup de commentaires \u2014 et certains très élogieux envers Trudeau.Une trentaine de promesses ont été faites pour modifier la façon dont Ottawa opère ou changer le rapport entre les citoyens et le gouvernement fédéral.Au cœur du document, un engagement phare : mettre fin au mode de scrutin actuel.«Nous nous engageons à ce que l\u2019élection 2015 qui s\u2019en vient soit la dernière conduite au Canada, au niveau fédéral, selon le système uninominal à un tour», écrivent les libéraux en promettant de déposer un projet de loi en ce sens dans les 18 mois suivant l\u2019élection.Pour Andrew Coyne (Postmedia), la réforme proposée est «sérieuse, substantielle et radicale».Il rappelle que Michael Ignatieff a tenté en 2011 d\u2019alerter la population sur l\u2019état de notre démocratie, la faiblesse du Parlement, la centralisation du pouvoir dans les mains du bureau du premier ministre : ce fut un échec lamentable.Le public n\u2019avait pas d\u2019intérêt pour ces questions.Pourquoi le résultat serait-il différent cette fois ?Coyne écrit qu\u2019il y a quatre ans, les libéraux parlaient beaucoup.mais ne proposaient rien de bien tangible pour régler les problèmes.Qui se souvient de la plateforme défendue par Ignatieff, demande-t-il ?En ce sens, le plan présenté cette semaine par Trudeau n\u2019est pas parfait, mais il a de la consistance et propose un contraste clair avec ce que les conservateurs offrent.Selon Coyne, la promesse de modifier le mode de scrutin \u2014 avec un échéancier précis \u2014 est quasi-révolutionnaire : changer la façon de compter les votes au Canada reviendrait à modifier de fond en comble la manière de faire de la politique.Il est moins enthousiaste face à d\u2019autres mesures (les juges bilingues à la Cour suprême, la promesse d\u2019avoir un cabinet paritaire hommes-femmes \u2014 Coyne dit qu\u2019il faut d\u2019abord s\u2019assurer de pouvoir puiser dans un large bassin de candidats de qualité).Vrai changement?Le Globe and Mail estime lui aussi qu\u2019il y a du bon et du moins intéressant dans les propositions de Justin Trudeau.En éditorial, le quotidien relève qu\u2019un plan qui dit proposer un «vrai changement » ne devrait pas compter de mesures comme celle promettant le maintien de la livraison du courrier à domicile: quel rapport avec la bonne gouvernance, demande le Globe ?Ce genre de promesses purement électorales tient plutôt d\u2019une très vieille manière de faire de la politique, dit-on.Mais si \u2014 ne serait-ce que certaines \u2014 des idées du document libéral étaient adoptées, la gouvernance du Canada s\u2019en trouverait améliorée, estime le Globe.Il salue plusieurs proposi- tions: accorder plus d\u2019indépendance aux chiens de garde comme le directeur parlementaire du budget; rendre la période de questions plus utile ; permettre plus de votes libres ; renforcer les comités parlementaires ; réviser la Loi électorale ; adopter une loi pour limiter rutilisation des fonds publics pour des publicités partisanes; réviser la Loi sur l\u2019accès à l\u2019information, etc.Toutefois, plusieurs idées sont incomplètes, ajoute le Globe.Elles tiennent davantage du slogan marketing que de propositions pour gouverner le pays.La parité hommes-femmes au Conseil des ministres entre dans cette catégorie, dit-on.Aussi : comment concilier l\u2019idée de faire des nominations basées sur le mérite, tout en soutenant qu\u2019il faudra réserver plus de postes à des groupes précis ?La promesse de changer le mode de scrutin n\u2019impressionne pas le Globe, qui trouve qu\u2019elle manque de détails.Un changement aussi important nécessite une approche prudente, pense le quotidien.Dans le Toronto Star, Bob Hepburn écrivait avant même le dévoilement des propositions de Trudeau que ce dernier était en train de remonter la pente après quelques mois difficiles \u2014 les mauvais sondages, l\u2019appui au projet de loi C-51, l\u2019élection du NPD en Alberta.Hepburn remarque qu\u2019après avoir été dépeint comme un poids léger en matière de contenu, Justin Trudeau a récemment mis sur la table plusieurs éléments importants, dont un plan économique détaillé et un programme d\u2019infrastructures national.Il parvient à attirer des candidats intéressants, il se montre plus combatif pour répliquer aux conservateurs, il fascine toujours les foules : la pente à remonter demeure importante, mais Trudeau fait des pas dans la bonne direction, écrit le chroniqueur.Toxique Vétéran de la politique fédérale.Don Martin écrivait jeudi sur le site de CTV que ce 41® Parlement aura été celui de la fin du décorum et de la diplomatie.Les Communes ont besoin d\u2019un sacré ménage, selon lui.Martin dresse une longue liste de ce qui ne fonctionne pas à Qttawa : projets de loi adoptés sans amendements et sous bâillon; relations «toxiques» entre les élus; dédain évident de Stephen Harper envers Justin Trudeau ; des ministres faibles et dociles dans des postes importants, alors que les têtes indépendantes sont gardées loin des gros ministères; une période de questions vidée de son sens; des déclarations hyperpar tisanes à la Chambre des communes ; les problèmes du Sénat.Il faudra que cela s\u2019améliore, dit Martin.Faute de quoi certains vont finir par croire que les députés sont «biologiquement programmés» pour mal agir, exprime le chroniqueur en reprenant la formule malheureuse du chef d\u2019état-ma-jor.Torn Lawson.Sur Twitter: ©gbcote Le Devoir Les articles originaux sont liés aux versions numériques de ce texte. LE DEVOIR LES SAMEDI 20 ET DIMANCHE 21 JUIN 2015 B 5 IDEES A Françoise David entend siiionner ies rues de Rosemont et de La Petite-Patrie à véio afin de rencontrer ies citoyens.On ne naît pas indépendantiste.On le devient.FRANÇOIS PESANT LE DEVOIR FRANÇOISE DAVID Québec solidaire Députée dans Gouin et après-midi, je vais sillonner les rues et les parcs de Rosemont et de La Petite-Patrie avec des militantes et militants solidaires.En vélo, parce que c\u2019est enfin l\u2019été ! Dans plusieurs régions du Québec, à Sherbrooke, Trois-Rivières, Rimouski, Québec et Montréal, entre autres, vingt mille tracts bleu et orange poseront aux Québécoises et aux Québécois une question fondamentale : voqlez-vous vous donner un pays ?A la veille de la fête nationale du Québec, Québec solidaire a eu envie d\u2019aller à la rencontre de la population québécoise.Une population incertaine de son avenir et inquiète devant une austérité dévastatrice pour des acquis sociaux chèrement gagnés.Mais un peuple qui porte toujours au fond du cœur l\u2019amour d\u2019un territoire nommé Québec.Comment donc transformer un territoire en pays souverain?11 deviendra réalité seulement si les souverainistes acceptent de marcher sur toutes sortes de chemins, grand-routes et routes de villages, rues transversales et artères commerciales, pour rencontrer leurs concitoyennes et concitoyens et aborder franchement, sincèrement, la question du pays.Les discussions entre souverainistes sont certainement utiles, mais le temps est venu de porter nos efforts vers les Québécoises et Québécois qui doutent, se questionnent et même craignent l\u2019avènement d\u2019un Québec indépendant.Plutôt que de nous conforter entre souverainistes, pourquoi ne pas accepter d\u2019entendre les autres?Le pays exige que nous soyons nombreux, très nombreux à vouloir le construire ! Je suis née dans une famille nationaliste mais fédéraliste.C\u2019est l\u2019échec de l\u2019accord du lac Meech qui m\u2019a convaincue de devenir souverainiste.En 1994, alors que j\u2019étais présidente de la Eédération des femmes du Québec, nous avons entamé une longue consultation de nos membres sur la position à adopter devant le référendum qui s\u2019annonçait pour 1995.Quatre-vingts pour cent de nos membres ont décidé d\u2019appuyer le Qui.Qui à l\u2019indépendance, mais surtout oui à un pays porteur d\u2019un projet de société fondé sur des valeurs sociales et féministes ! En 2004, 200 personnes, dont je suis, fondent Qption citoyenne.Notre mouvement politique souhaite que le bien commun guide les orientations sociales, économiques et politiques au Qué- bec.La question de l\u2019indépendance se pose.Nous affrontons des divisions profondes, car plusieurs de nos membres préféreraient que le mouvement ne prenne pas position sur la question nationale.Pourtant, un an plus tard, 95% des membres posent l\u2019accession à l\u2019indépendance comme condition d\u2019un Québec du bien commun.Dans les deux cas, nous avons pris le temps de débattre.Nous avons écrit, discuté, écouté.Personne n\u2019a été mis de côté.Pinalement, le pays à construire est apparu comme une condition essentielle, un fondement incontournable à quiconque veut que le Québec s\u2019épanouisse comme nation parlant français et comme peuple aspirant à la justice et à la protection de son territoire contre les vautours du profit.Aujourd\u2019hui encore, près de 40% de la population aspire à voir advenir le pays du Québec.Comment aller chercher les autres ?La foi souverainiste ne créera pas, à elle seule, le désir d\u2019un Québec indépendant.Transmettre le goût du pays aux jeunes et aux moins jeunes exige que nous allions à leur rencontre.Avec un mélange d\u2019ardeur et d\u2019humilité.Avec le désir d\u2019écouter, de comprendre, de convaincre.Dans tous les milieux, dans les quartiers pluriethniques de Montréal, dans le monde rural.Partout! Parce qu\u2019on ne naît pas indépendantiste.Qu le devient.Vote stratégique ou vote authentique ?DENIS MONIERE Politologue Université de Montréal quoi sert une élection: battre le gouvernement sortant ou exprimer de fq-çon authentique ses convictions ?A chaque élection, qu\u2019elle soit québécoise ou canadienne, le dilemme du vote stratégique se pose.Les partis ________ d\u2019opposition invitent les électeurs des autres partis à renoncer à leurs préférences poli-tiqqes et à se mobiliser contre le parti au pouvoir.A des fins électoralistes, on incite les électeurs à mettre leur cohérence au placard et à adopter une attitude dite stratégique en votant non pas en fonction de leurs idées, mais pour le parti le mieux placé pour gagner l\u2019élection.Cette logique amène l\u2019électeur à se trahir lui-même en votant pour un parti qui ne reflète pas son idéal.11 sera ensuite déçu par l\u2019action de ce parti élu grâce aux votes inconséquents, dits stratégiques.Voilà le destin qui guette les électeurs qui donnent leur vote pour battre le gouvernement sortant.Ils choisissent de museler leur conscience et leurs convictions pour supposé-ment favoriser le moindre mal.Ils dévaluent eux-mêmes leur conscience politique et ne pourront ensuite que se désoler des politiques d\u2019un gouvernement qui ne correspond pas vraiment à leur ambition politique.Ces incohérences paveront la voie du désenchantement, du cjmisme et de l\u2019apolitisme.Ce calcul stratégique est bon pour les partis opportunistes, mais il s\u2019agit d\u2019un très mauvais calcul pour ceux qui veulent promouvoir d\u2019autres visions de l\u2019avenir et aspirent à des changements fondamentaux.Cette logique n\u2019a toutefois pas la même signification pour tous les partis.Qu\u2019un électeur fédéraliste vote pour un autre parti fédéraliste en faisant abstraction de ses préférences est un moindre mal dans la mesure où il partage la détestation du parti au pouvoir, qui représente l\u2019antithèse de sa vision du monde.Qu\u2019un électeur libéral vote NPD ou inversement, il n\u2019y aura pas de conséquences déterminantes sur les choix de société.Que l\u2019un ou l\u2019autre de ces partis soit élu reste anodin, puisque ceux-ci partagent une relative proximité idéologique.lœur élection ne met pas en jeu le statut politique ou l\u2019avenir de la nation.Quoi qu\u2019il en soit, dans la présente conjoncture, on peut penser que cette logique sera contre-productive, que futile s\u2019avérera inutile, puisque les libéraux et les néodémocrates se concurrençant dans l\u2019appel au vote stratégique, celui-ci sera neutralisé et favorisera l\u2019élection des conservateurs.En contradiction avec soi-même 11 n\u2019en va pas de même pour les électeurs québécois souverainistes.Un souverainiste qui vote pour un parti fédéraliste se met en contradiction avec lui-même.11 accroît le pouvoir de ceux qu\u2019il doit combattre pour réaliser son objectif.Son vote contribuera à faire élire un député qui se servira de sa fonction pour faire la promotion de l\u2019unité nationale et pour bloquer l\u2019accession à l\u2019indépendance.Si nous votons pour des partis censés nous représenter, il faut s\u2019assurer qu\u2019ils respecteront notre conception de l\u2019avenir et que notre vote ne sera pas utilisé paç la suite contre notre volonté politique.A ceux dont la motivation est de battre Harper, il faut rappeler que c\u2019est le Canada sans le Québec qui a élu une majorité conservatrice et que le vote des Québécois ne peut plus servir à faire et à défaire les majorités gouvernementales au Canada.11 faut aussi rappeler à ceux qui seraient tentés de jouer le jeu des partis canadiens que ceux-ci privilégieront toujours les intérêts du Canada.Ils ont tous voté le rapatriement de la Constitution.Ils sont tous d\u2019accord avec la poli- tique nationale de l\u2019énergie, ils ont tous soutenu la réforme de l\u2019assurance-emploi, qui pénalise les chômeurs.Rappelons-nous aussi qu\u2019ils ont contesté la vision québécoise de la laïcité et que les libéraux fédéraux et le NPD ont accepté que la citoyenneté soit accordée à des femmes voilées.Ils sont tous adeptes du communautarisme.Défendre les intérêts du Québec 11 faut que les élus du Québec à Qttawa représentent la nation québécoise et qu\u2019ils défendent les intérêts du Québec et non pas ceux du Canada comme l\u2019ont toujours fait les libéraux, les conservateurs et les néodémocrates.Chaque Québécois qui vote pour un parti fédéraliste renforce l\u2019emprise politique du Canada sur le Québec.Chaque fois qu\u2019un député fédéraliste intervient dqns le débat public, il devient un agent actif de l\u2019Etat canadien au service de la domination canadienne.Les Québécois qui votent pour ces partis légitiment leur propre dépendance.Par contre, choisir le Bloc, c\u2019est affirmer la spécificité québécoise et renforcer la voix de la nation québécoise.C\u2019est refuser de se soumettre à la volonté du Canada.La mission du Bloc est de combattre la supercherie canadienne qui consiste à utiliser le vote des Québécois pour cadenasser la nation québécoise.Le rôle du Bloc est d\u2019empêcher les partis fédéralistes de parler en notre nom.11 nous permet d\u2019exprimer notre cohérence politique.C\u2019est en menant le combat pour nos idées que tout devient possible.Notre vote est trop précieux pour le gaspiller en le donnant à un parti fédéraliste qui ne représente pas notre vision de l\u2019avenir du Québec.Suivre cette logique du vote dit «utile» en faveur des partis canadiens, c\u2019est s\u2019enfermer dans la déception et l\u2019impuissance chronique, c\u2019est s\u2019affaiblir collectivement.Seul un vote pour le Bloc québécois est un vote utile pour la suite du combat national.Tous mongols David Desjardins Ly altérité, c\u2019est bien beau comme concept philosophique, mais c\u2019est drôlement plus complexe dans la pratique.Parce que je veux bien reconnaître l\u2019autre dans sa différence, mais qu\u2019est-ce que je fais au juste si sa différence, c\u2019est d\u2019être un débile léger qui s\u2019ignore ?Parenthèse hâtive, j\u2019en conviens, dans cette chronique naissante, mais la question semble nécessaire afin d\u2019éviter toute controverse : ai-je encore le droit d\u2019écrire « débile léger » ?Est-ce aussi à l\u2019index de la rectitude politique, comme mongol?Qu\u2019ajoute-t-on à l\u2019annqaire de la javellisation du langage?Grosse?Echalote?Eou?Malade mental?Bâtard?Mais bon, au-delà de l\u2019effarant nettoyage du langage dont on aime s\u2019imaginer qu\u2019il efface aussi les préjugés, concédons, dans toute cette controverse radio-canadienne qu\u2019on a bien boursouflée, que l\u2019on comprend un peu les mongols, ennuyés qu\u2019ils sont d\u2019être ainsi comparés à moi et mes concitoyens de Québec.Qu du moins, à la moitié (44% pour être précis) qui se déclare ouvertement climatosceptique, s\u2019il faut en croire un récent sondage mené par les chercheurs de Polytechnique et du CIRANQ.Ce qui nous ramène à l\u2019altérité.Mercredi, toujours à Québec, on démolissait la statue Dialogue avec l\u2019histoire : un colosse blanc, ayant l\u2019air de cubes empilés pour former ce qui ressemble à qn personnage du jeu Minecraft avant l\u2019heure.A la Ville, on affirme que la structure s\u2019était à ce point détériorée qu\u2019elle était devenue irrécupérable.En coulisses, quelques voix s\u2019élèvent pour dire que la Ville s\u2019est arrangée pour laisser l\u2019œuvre dépérir jusqu\u2019à ce que le temps finisse par en avoir raison.Sans présumer de la mauvaise de foi de quiconque, on sait par ailleurs que cette démolition fait le bonheur de plusieurs.Suffit d\u2019avoir tendu l\u2019oreille un peu au cours des derniers jours pour comprendre que la majorité applaudit la destruction d\u2019une œuvre qui faisait tache dans le décor.Personnellement, je ne l\u2019ai jamais trop aimée.Je ne la trouve ni laide ni particulièrement belle.Et pourtant, je suis convaincu qu\u2019il aurait fallu la préserver.Car si je la trouve ennuyeuse, je comprends l\u2019importance de sa différence.Voyez le beau travail d\u2019altérité que je fais ici.Et qui nous manque sans doute en général, de même qu\u2019un peu d\u2019humour, de détachement, de recul.Ce Dialogue avec l\u2019histoire, c\u2019est beaucoup un doigt d\u2019honneur à Québec.Une sorte de «fuck y ou» au Vieux empaillé que représente ce secteur où il ne reste plus grand-chose de véridique, tellement on l\u2019a transformé en décor pour touristes.Encore là, je fais des progrès : si vous aimez ce Vieux-Québec-là, c\u2019est votre affaire.Mais est-ce qu\u2019on ne pourrait pas aussi accepter qu\u2019au centre de ce théâtre un peu ridicule, ce ridicule s\u2019assume, et qu\u2019une œuvre moderne aussi tranchante que celle-ci vienne en souligner l\u2019absurde ?Ça ne serait pas un peu une sorte de dialogue avec l\u2019histoire, ça aussi?Qu\u2019en fait-on?Qu\u2019en reste-t-il, sinon un décor en carton-pâte?Et si cette tache au milieu de la place de Paris était ce qu\u2019jl y avait de plus authentique dans le secteur ?A son arrivée à la mairie de Québec, Régis Labeaume a beaucoup parlé de sa volonté de renouveler le mobilier urbain, de faire de la ville un endroit fou, à l\u2019image de grandes capitales, comme Barcelone, ou Chicago, où l\u2019histoire côtoie l\u2019hypermodernité de^ œuvres de Prank Gehry ou Anish Kapoor.A Montréal, deux groupes d\u2019artistes splendidement déjantés de Québec ont, ou auront, leur œuvre publique : Cooke-Sasseville, et BGL.Ici, on démolit une des très rares pièces d\u2019art public qui a d\u2019autres vertus que de se fondre dans le décor.Ce colosse blanc n\u2019a jamais fait l\u2019unanimité, et c\u2019est en cela qu\u2019il nous était utile.Sorte de leçon d\u2019altérité.Dialogue avec l\u2019histoire était le point de départ d\u2019une discussion qui aurait pu nous permettre de mieux nous comprendre, de saisir en quoi, pour certains, l\u2019aspect de cette œuvre était insoutenable, et en quoi, pour d\u2019autres, ce monument représentait une incontournable phase de l\u2019histoire de l\u2019art, ou comme je l\u2019évoquais, une nécessaire tache dans son voisinage manucuré.Mais bon, on démolit en même temps qu\u2019on inau^re : on a aussi célébré cette semaine les derniers coups de marteau du Centre Vidéotron.Autrement volumineux, comme colosse blanc au milieu de Limoilou : il nous saute au visage en arrivant depuis le nord sur l\u2019autoroute Laurentienne.- Qn dirait un détecteur de fumée, m\u2019a dit ma blonde l\u2019autre jour.- Exact, chérie.C\u2019est conçu pour faire un boucan épouvantable le jour où il y aura une franchise de hockey professionnel dedans, et puis les gens rempliront les rues, débouleront en masse, se prosterneront devant l\u2019église du Saint-Sport, et au moment d\u2019acheter des billets, ils retourneront chez eux pour regarder le match gratis à la télé.Souvent, ma blonde me traite de mongol.C\u2019est parfois aussi un compliment quand la normalité ressemble à une sorte de déficience intellectuelle volontaire.Et tant pis pour l\u2019altérité.L\u2019EQUIPE DU DEVOIR REDACTION Véronique Chagnon et Louis Gagne (adjoints a la direction de l information), Antome Robitaille et Guy Taillefer (éditorialistes, responsables de la page Idees), Michel Garneau (caricaturiste), Jacques Nadeau (photographe), Michael Monnier et Ohvier Zuida (recher-chistes photos), information générale : Isabelle Pare (chef de division), Lisa-Marie Gervais (education),\tShields (environnement), Amehe Daoust-Boisvert (santé), Pauline Gravel (sciences), Fabien Deghse (société), Jean Dion\tJessica Nadeau, Philippe Orfah et Karl Rettmo-Parazelh (reporters), information politique : Marco Fortier (chef de division), Michel David (chroniqueur), Helene Buzzeth et Mane Vastel (correspondantes parlementaires a Ottawa), Marco Belair-Cirmo et Robert Dutnsac (correspondants parlementaires a Quebec), Jeanne Cornveau (affaires municipales, Montreal), Isabelle Porter (affaires municipales, Quebec), Guillaume Bourgault-Côte (reporter), Juhe Carpentier (pupitre), information culturelle : Catherine Lalonde (responsable du cahier Livres), Odile Tremblay (cinema), Stéphane BaïUargeon (médias), François Levesque et Carohne ls/ioTvXp)QXit(reporters), Benoît Munger et Philippe Vwpm&aM(pupitre), information économique : Gerard Berube (chef de division), François Desjardins et Enc Desrosiers (reporters), Gerald Dallaire (pupitre), information internationale : Jean-Pierre Legault (pupitre international, page editoriale et cahier Perspectives^, Sophie Chartier et Jean-Fredenc Legare-Tremblay (pupitre), section art de vivre: Diane Precourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs), Loïc Hamon (cahiers spéciaux), équipe internet: Laurence Clavel, Mane-Pier Frappier et Genevieve Tremblay (pupitre), Martin Blais, Annabelle CaïUou, Justine Daneau, Florence Sara G Ferrans et Corahe Mensa (assistants) , correction : Andreanne Bedard, Isabelle Dowd, Christine Dumazet et Michele Malenfant , soutien à la rédaction: Amehe Gaudreau (secretaire), Laura Pelletier et Arnaud Stopa (commis) DOCUMENTATION Manon Derome (Montreal), Denise Ledoux (Ottawa), Dave Noel (Quebec) PUBOClTE Mehsande Simard (adjointe par intérim), Jean de Billy, Jean-François Bosse, Marlene Côte, Evelyne De Varennes, Amel Ehmam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebai (publicitaires), Sylvie Laporte (avis legaux), Amehe Maltais (coordonnatrice), Laurence Hemond (secretaire) PRODUCTION Bruno Dubois, China Marsot-Wood, Yannick Monn et Nathahe Zemaitis INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur web), Imane Boudhar (analyste programmeur), Hansel Matthews (technicien informatique) PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Genevieve O\u2019Meara (coordonnatrice des communications et de la promotion), Catherine Gentilcore (coordonnatrice du service a la clientele), Manon Blanchette, Nathahe Eihon et Kevm McKissock ADMINISTRATION Olena Bilyakova (reponsable des services comptables), Claudette Behveau (adjointe administrative), Elorentina Draghici et Xavier Pigeon (par interim) B 6 LE DEVOIR, LES SAMEDI 20 ET DIMANCHE 21 JUIN 2015 SCIENCES L\u2019ultime don de soi Offrir son corps à la recherche après la mort contribue à sauver des vies Les personnes qui lèguent leur corps à la science permettent non seulement aux futurs médecins de parfaire leurs connaissances, mais aussi aux chercheurs de mettre au point de nouvelles techniques de chirurgie, voire d\u2019améliorer les soins médicaux.PAULINE GRAVEL Mercredi après-midi, à la salle Redpath de l\u2019Université McGill, l\u2019émotion était palpable autant sur l\u2019estrade que dans l\u2019assistance, alors que se déroulait le service commémoratif 2015 organisé par le Département d\u2019anatomie et de biologie cellulaire de l\u2019établissement à la mémoire des personnes qui ont fait le généreux don de leur corps pour «l\u2019avancement de la science et le bien-être des générations futures».Sur la scène, des étudiants venant de terminer leur première année de médecine ou de médecine dentaire ont rendu hommage en musique ou en parole à ces personnes, qui, en offrant leur corps, leur ont permis d\u2019acquérir des connaissances essentielles pour l\u2019exercice de leur future profession.« Vous vouliez continuer d\u2019aider [même après la mort] et d\u2019améliorer la vie des autres.Vous avez été mon premier patient et en même temps mon professeur.Vous m\u2019avez fait découvrir la complexité, l\u2019unicité et la beauté de ce que nous sommes, nous, êtres humains.Je ne pourrai jamais vous remercier en personne, alors j\u2019aimerais remercier vous, la famille et les amis, qui avez soutenu votre bien-aimé et ami, quand il a pris la décision de donner son corps [à la science] », a déclaré Maral j^hourian, étudiante en médecine dentaire.«Vous m\u2019avez donné ce qu\u2019aucun manuel, aucun cours et aucun ordinateur n\u2019auraient pu me donner», a souligné pour sa part Danika Quickfall.Alors que résonnaient dans la salle, entre ces émouvants témoignages, les noms des 84 donneurs, dans l\u2019assemblée, les proches des défunts donneurs étaient émus, applaudissant et pleurant quand l\u2019émotion les submergeait.Suzanne Garneau, l\u2019épouse de Roger Garneau, qui figurait parmi les donneurs auxquels cette commémoration était dédiée, a été «vive- semaine ment impressionnée» par la cérémonie.« C\u2019était grandiose.Je ne m\u2019attendais pas du tout à un si bel hommage et j\u2019ai dit à ces étudiants que la médecine était entre bonnes mains», nous a confié Garneau qui a décidé de donner son corps à la science, comme sa propre mère l\u2019a fait quand elle est décédée en 1978.Suzanne Garneau se rappelle qu\u2019à l\u2019époque, elle avait dû faire de multiples démarches auprès des autorités pour que les volontés de sa mère soient respectées.Son mari quant à lui était «un peu hésitant au début, mais il a pris la décision de faire de même quand il a su qu\u2019il était condamné».Roger Garneau souffrait d\u2019œdème pulmonaire et d\u2019un cancer du sang qui était traité et bien contrôlé, mais en novembre 2013, on lui a découvert des métastases au cerveau qui découlaient d\u2019une tumeur au poumon.M.Garneau est finalement décédé le 25 mars 2014 à la maison, à l\u2019âge de 83 ans.«Après que la famille est venue le voir une dernière fois et qu\u2019un médecin ait constaté le décès, un entrepreneur est venu chercher son corps et l\u2019a acheminé directement à l\u2019Université McGill», raconte Garneau qui a assisté à la cérémonie en compagnie de son frère et de sa sœur, qui tous les deux envisagent désormais sérieusement de donner leur corps à la science aussi.C\u2019était le 30® service com- C\u2019était le 30® service commémoratif annuel qui était célébré cette à McGiU, qui reçoit de 90 à 100 corps par année mémoratif annuel qui était célébré cette semaine à McGill, qui reçoit de 90 à 100 corps par année.Quatre autres établissements au Québec recueillent les corps de ceux qui ont décidé de l\u2019offrir à la science : l\u2019Université de Sherbrooke, l\u2019Université Laval, l\u2019Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) et le collège Rosemont, qui reçoivent chacun de 10 à 20 corps par an.«Nous excluons les corps qui sont dédiés à un don d\u2019organes et qui y sont admissibles», précise M.Geoffroy Noël, directeur de l\u2019Unité des sciences anatomiques de la Faculté de médecine de l\u2019Université McGill.«De plus, la mort doit avoir été déclarée dans les 24 à 48 heures tout au plus.Au-delà, il n\u2019est plus possible de préserver les tissus qui auront commencé à se détériorer.» Préservation Les anatomistes disposent aujourd\u2019hui de différentes techniques pour préserver les tissus.Ceux de l\u2019Université McGill ont été les premiers, il y a huit ans, à utiliser un procédé de conservation mis au point par l\u2019Autrichien Walter Thiel et qui permet, contrairement aux techniques classiques, de préserver une certaine souplesse proche de celle du sujet vivant.La technique consiste à injecter dans l\u2019artère carotide ou fémorale un fluide composé principalement d\u2019alcool et de sels qui se diffuse, comme le ferait le sang, dans tous les capillaires, et qui rejoint ainsi tous les tissus du corps.«Les sels permettent aux cellules de garder leur structure interne, et aux jointures et aux tissus conjonctifs de garder la flexibilité du vivant», souligne M.Noël.Il faut ensuite attendre trois mois avant que le traitement ait fait son œuvre, puis les corps sont conservés dans des réfrigérateurs à 4 \u201cCelsius pendant un à deux ans.Cette technique d\u2019embaumement, appelée méthode Thiel, est particulièrement adaptée pour l\u2019apprentissage des techniques de chirurgie, et notamment les approches plus spécialisées, comme les chirurgies endoscopiques et laparoscopiques.«Pour les dissections et l\u2019étude plus fondamentale de l\u2019anatomie, on fait plutôt appel à la fixation au formaldéhyde.Le formaldéhyde agit au niveau des protéines, il permet de les agglomérer.Et du coup, il n\u2019y a plus de dégradation des tissus car toutes les activités enzymatiques sont arrêtées», explique M.Noël.Mais afin de pouvoir travailler sur le corps de façon sécuritaire, on applique ensuite des produits qui annihilent l\u2019action du formaldéhyde, qui autrement serait toxique.Plus vrai que nature Il y a une dizaine d\u2019années, de nombreuses universités, comme l\u2019Université de Montréal, ont décidé de ne plus pratiquer les dissections sur de vrais corps et de former leurs étudiants sur des simulateurs équipés de logiciels de réalité virtuelle.Aujourd\u2019hui, plusieurs universités reviennent aux entraînements sur macchabées.Sur les 136 universités américaines qui ont été interrogées l\u2019année dernière, 132 avaient réintroduit les dissections sur des spécimens cadavériques dans leurs formations médicales.Au Canada, la tendance est la même, à l\u2019exception de l\u2019Université de Montréal.«Tous les logiciels de simula- PAULINE GRAVEL Geoffroy Noël, le directeur de l\u2019Unité des sciences anatomiques de la Faculté de médecine de l\u2019Université McGill THINKSTOCK S\u2019exercer sur de vrais corps, par opposition à des simulateurs, permet aux étudiants en sciences de la santé de faire l\u2019expérience d\u2019«une meilleure appréciation des relations tridimensionnelles entre les différents tissus», explique M.Noël.sion sur les images que le cancer y a pénétré, alors qu\u2019il n\u2019en est rien.«L\u2019examen par imagerie médicale donne donc de faux positijs, c\u2019est-à-dire que certains patients sont considérés comme ayant une tumeur qui a envahi le cartilage thyroïde alors que c\u2019est seulement le cartilage qui s\u2019est ossifié», précise M.Noël.L\u2019équipe du D® Forghani a observé par imagerie DXA la diversité des images générées par l\u2019ossification du cartilage thjnoïde, sur 60 cadavres.Elle a tenté de reproduire l\u2019invasion du cartilage par le cancer et s\u2019applique actuellement à relever les différences visuelles entre une invasion et une ossification du cartilage, afin de mettre au point des logiciels d\u2019imagerie permettant de faire cette distinction.Par ailleurs, les chirurgies visant à enlever les ganglions au niveau de la nuque qui ont été colonisés par des métastases risquent souvent d\u2019endommager le nerf accessoire situé à proximité et qui in-qerve le muscle trapèze.Etant donné que la position de ce nerf varie beaucoup d\u2019une personne à l\u2019autre, les chercheurs de McGill ont évalué sur des cadavres si l\u2019utilisation des ultrasons pouvait aider à localiser précisément le nerf avant la chirurgie, et ainsi éviter d\u2019abîmer le nerf lors de la chîrurgîe.Simulation virtuelle Selon l\u2019anatomiste Geoffroy Noël, la simulation virtuelle est «un autre outil» que l\u2019on peut utiliser en «parallèle».Il cite de nouvelles techniques qui peuvent enrichir la dissection classique : notamment des lunettes qu\u2019on peut rabaisser ou relever, et qui permettent de se rendre compte de l\u2019aspect tridimensionnel des tissus qui n\u2019est pas visible après une simple incision sur la peau, et qui, par une simulation virtuelle, permettent de colorer les tissus ou ainsi de mieux apprécier les profondeurs.«Comme il n\u2019y a plus de sang et d\u2019hémoglobine dans les tissus, ceux-ci sont d\u2019une couleur assez homogène», fait remarquer le chercheur.Après avoir étudié le corps sous toutes ses coutures, après l\u2019avoir utilisé pour expérimenter de nouvelles prothèses ou de nouvelles techniques médicales, les restes des corps sont inhumés au cimetière Mont-Royal, à moins que les proches aient manifesté le désir de les récupérer pour les incinérer et les inhumer auprès des membres de leur famille.Le Devoir tion présentent une anatomie standard.Quand vous travaillez sur un vrai corps, vous réalisez que tous les corps sont différents.Or, il est très important pour les étudiants d\u2019apprendre ces variations », indique M.Noël.La plupart des corps que l\u2019Université McGill recueille sont utilisés par les étudiants en sciences de la santé pour apprendre l\u2019anatomie et pour s\u2019entraîner à faire des dissections.Les corps permettent «une meilleure appréciation des relations tridimensionnelles entre les différents tissus», mais aussi «une compréhension de la façon dont une tumeur ou une accumulation de fluide peuvent endommager un autre tissu», donne en exemple M.Noël.«La dissection permet non seulement aux étudiants un apprentissage technique, mais aussi un apprentissage psychomoteur.Les étudiants doivent en effet surmonter leurs émotions durant la dissection.Ils sont pour la première fois face à un patient décédé et ils doivent faire preuve de détachement clinique pour se concentrer sur la tâche requise.» Yang Guo, une étudiante en médecine qui a témoigné lors du service commémoratif, a rappelé que les étudiants travaillent sur le même corps pendant toute une année scolaire, de septembre à juin.Les seules informations dont les étudiants disposent sur la personne sont son âge au moment du décès et la cause de celui-ci, si elle est connue.Jamais ils ne verront son visage, ce dernier sera caché pendant toutes les séances d\u2019étude «par respect et pour préserver l\u2019anonymat de la personne ».Les parties génitales aussi sont toujours couvertes, à l\u2019exception des moments où on aborde les leçons sur les organes génitaux.«Comme le fait le médecin qui procède à un examen physique de son patient, nous ne découvrons que l\u2019organe ou la partie du corps que nous étudions, le reste du corps est couvert», précise Yang Duo au Devoir.«En étudiant que dans un livre contenant des schémas en deux dimensions, cela m\u2019aurait probablement pris cinq fois plus de temps pour comprendre l\u2019anatomie qu\u2019en présence d\u2019un corps en trois dimensions.Le corps est un outil d\u2019apprentissage incroyable, car on le voit dans son intégralité.On découvre le nombre impressionnant de vaisseaux sanguins et de nerjs qui sont nécessaires pour que cette machine, qu\u2019est le corps humain, fonctionne.Après cette expérience, tous les élèves réalisent toute la chance que nous avons d\u2019avoir reçu un tel cadeau.» Des recherches Mais le don de corps ne sert pas uniquement à l\u2019apprentissage de l\u2019anatomie, il rend possibles de multiples recherches.Les chercheurs de l\u2019Université McGill ont pour leur part expérimenté sur les corps diverses approches d\u2019insertion de disques artificiels entre les vertèbres.Ils ont évalué la facilité d\u2019utilisation des différentes approches, la durée de l\u2019intervention dans chaque cas, ainsi que les effets à long terme de chaque approche.«Une fois que l\u2019on a inséré le disque, on regarde si, en bougeant les jointures, il se déplace ou pas», précise M.Noël.Pour sa part, la D®® Stéphanie Thibaudeau, du Département de chirurgie orthopédique, a pu tester les nouveaux réfracteurs qu\u2019elle a mis au point pour permettre au patient de continuer à utiliser ses mains malgré une fracture au niveau des phalanges.«Avant cette invention, tout le doigt devait être immobilisé dès qu\u2019il y avait une fracture de la phalange.Maintenant, grâce à un rétracteur qui s\u2019attache au tendon d\u2019un des muscles et qui permet en même temps de rendre la tension un peu plus acceptable pour Vos qui se réossifie, le patient conserve la motricité de sa main malgré la fracture», souligne M.Noël.Le D® Kenneth Kardash, du Département d\u2019anesthésiolo-gie de l\u2019Hôpital général juif, s\u2019intéresse quant à lui aux douleurs post-chirurgicales qui affectent certains patients ayant subi une arthroplastie (remplacement d\u2019une jointure) totale du genou malgré l\u2019administration d\u2019une anesthésie générale et de médicaments antidouleur.Qr, il a été démontré que l\u2019ajout d\u2019une anesthésie locale à l\u2019anesthésie générale permet un meilleur rétablissement du patient.L\u2019équipe du D® Kardash cherche à trouver les meilleures façons d\u2019injecter l\u2019anesthésique de façon à ce qu\u2019il n\u2019atteigne que les branches nerveuses qui innervent la capsule du genou.«Nous avons testé des injections dans les différents compartiments des muscles de la cuisse qui entourent le genou.L\u2019avantage de travailler sur les cadavres, c\u2019est qu\u2019au cours de la dissection, on peut voir précisément dans quels nerjs l\u2019anesthésique que l\u2019on a injecté s\u2019est répandu, car on lui ajoute un colorant, le bleu de méthylène», indique M.Noël.Le D® Reza Forghani, du Département de radiologie, tente d\u2019améliorer l\u2019évaluation de l\u2019étendue d\u2019un cancer du larynx à l\u2019aide de la méthode d\u2019imagerie DXA, ou absorption biphotonique à rayons X.Sachant que les tumeurs du larynx ont tendance à envahir le cartilage thyroïde \u2014 qui forme ce qu\u2019on appelle la pomme d\u2019Adam \u2014, les cliniciens estiment généralement le niveau de progression du cancer en vérifiant par imagerie médicale si le cartilage thyroïde a été investi par les cellules cancéreuses.Mais parfois le cartilage thyroïde est ossifié, ce qui donne l\u2019impres- "]
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.