Le devoir, 22 juin 2015, Cahier A
[" Petits et grands moments des 27®® FrancoFolies Page B 8 .\u2022\u2019rr- - t y 1 ; 1[ Embellir les chantiers urbains pour moins Page B 5 www.ledevoir.corn ^ LE DEVOIR Vol.C V I N\u201c 1 3 8 LE DEVOIR, LE LUNDI 22 JUIN 2015 1,13 $ + TAXES = 1,30 $ Hommage à un grand Montréalais if PEDRO RUIZ LE DEVOIR Plusieurs centaines de citoyens sont venus saluer pour une dernière fois, dimanche, Pex-maire de Montréal Jean Doré, qui était exposé en chapelle ardente à Thôtel de ville de la métropole.Page A 3 La Grèce à l\u2019heure de la demiere chance Une délégation québécoise est à Athènes pour prendre le pouls de la crise SARAH R.CHAMPAGNE Alors que l\u2019échéance du paiement de la dette grecque se rapproche, et que le scénario d\u2019une sortie de la zone euro est toujours évoqué, les Grecs restent profondément déchirés.Le pays en crise est aussi le lieu d\u2019une grande effervescence politique et sociale, une occasion qu\u2019ont saisie Gabriel Nadeau-Dubois et un groupe de Québécois pour en sentir le pouls sur place.Grâce aux contacts de la diaspora grecque qui dememe à Montréal, il a pu rencontrer, ces derniers joiu-s, des élus, des militants et des cadres du parti au pouvoir.«Je suis fasciné de voir à quel point le contexte de l\u2019austérité a fourni une opportunité que la gauche a décidé de saisir», dit N.Nadeau-Dubois.D\u2019abord une coalition, Syriza s\u2019est transformée en véritable parti en 2013 avant de remporter les élections législatives de janvier dernier.«Ce fut la fin de la logique de résistance VOIR PAGE A 8 : GRÈCE Lire aussi > Tragédie grecque.Une chronique de François Brousseau.Page B 1 P*INT CHAUD Les limites du logement social ISABELLE PORTER à Québec Les pro^ammes actuels en logement social au Québec sont dépassés, et on rate une occasion de loger certaines des personnes les plus en détresse de la société, plaide le coordonnateur d\u2019un organisme communautaire de Québec.«On ne choisit pas les bonnes personnes», déplore Mario Bousquet, de l\u2019organisme Clés en main, qui aide les personnes avec des problèmes graves de santé mentale à se loger.Le programme qui sert à financer les logements sociaux au Québec \u2014 Accès Logis \u2014 «n\u2019estpas adapté aux réalités», selon lui.«Ça coûte énormément d\u2019argent et ce qui arrive actuellement, c\u2019est qu\u2019ils sont vides ! » Clés en main aide les gens avec des problèmes lourds à se loger en servant d\u2019intermédiaire entre eux et les propriétaires.Il aide ces personnes à se loger et assure ensuite un suivi pour sécuriser tout le monde.De plus en plus, il les installe dans des appartements sur le marché privé, mais avec une subvention qui limite leur loyer à 25% de leur revenu.Dans le jargon du milieu, on appelle cela des programmes de supplément au loyer (PSL).Développée dans la capitale, cette approche unique au Québec a fait des petits : des PSL ont commencé à être distribués sur le marché privé dans des secteiu-s comme Portiieuf ou encore Laval.Mais il n\u2019y a pas assez de PSL pour répondre aux besoins de tout le monde, explique M.Bousquet.«En ce moment, j\u2019ai 80 demandes et j\u2019ai 18 PSL à donner.Et toutes les personnes [qui veulent une place] sont admissibles.Elles ont toutes des histoires d\u2019horreur.C\u2019est des gens en instabilité résidentielle, il y en VOIR PAGE A 8 : LOGEMENT SOCIAL Le « calife Ibrahim ; AL-FURQAN/AGENCE ERANCE-PRESSE n\u2019est apparu que sur une seule vidéo, diffusée en juillet 2014.Portrait Le « calife » mystérieux Abou Bakr Al-Baghdadi, chef du groupe État islamique, est un personnage énigmatique qui se montre peu W.G.DUNLOP à Bagdad Un an après avoir été proclamé «calife» de tous les musulmans par son groupe, État islamique (PI), Abou Bakr Al-Baghdadi demeure un personnage énigmatique, qui préfère l\u2019ombre à la lumière.Baghdadi est aujourd\u2019hui l\u2019un des hommes les plus recherchés de la planète, les États-Unis offrant 10 millions de dollars pour sa capture.Mais il reste introuvable et invisible, alors même que le groupe PI a déve- loppé un vaste arsenal médiatique en diffusant de multiples photos ou vidéos de ses offensives et exactions.«B est plutôt remarquable que le chef du groupe terroriste le plus soucieux de son image soit si discret», souligne Patrick Skinner, du cabinet de consultants Soufan Group.Pu un an, le «calife Ibrahim» n\u2019est en effet apparu que sur une seule vidéo, diffusée en juillet 2014 après avoir été filmée dans une mosquée de la ville irakienne de Mossoul.Portant barbe grise, turban et abaya sombres, il ordonne à VOIR PAGE A 8 : CALIEE Aujourd\u2019hui Actualités > Noyaux et fruits.Une chronique de Jean-François Nadeau sur le profilage.Page A 3 Actualités > Pollution.L\u2019inefficacité du comité chargé de protéger les Grands Lacs est dénoncée.Page A 4 Société > Consommation.Etsy, une foire virtuelle du « fait à la main » qui a révolutionné l\u2019artisanat.Page A 5 Les Sports > Coupe du monde féminine de soccer.Le Canada l\u2019emporte 1-0 sur la Suisse et passe en quarts de finale.Page B 4 Avis légaux.B\t2 Décès.B\t6 Météo.B\t5 Mots croisés.B\t5 Petites annonces.B 6 Sudoku.B\t4 77831303442426 A 2 LE DEVOIR LE LUNDI 22 JUIN 2015 ACTUALITES TERRITOIRE Ottawa et les Mohawks d\u2019Akwesasne au bord d\u2019une entente GIUSEPPE VARIANTE à Akwesasne Ottawa offre au Conseil mohawk d\u2019Akwesasne l\u2019occasion de presque doubler le territoire de sa réserve, qui ^\u2019étend sur deux provinces canadiennes et l\u2019État de New York en achetant des terres agricoles peu peuplées.Pour que la transaction ait lieu, toutefois, le Conseil devra renoncer à quelque 8000 hectares de terrain qui sont adjacents à la partie est de la réserve située à environ 150 km à l\u2019ouest de Montréal.Ce territoire, occupé par la municipalité de canton de Dundee, est appelé Tsjkaristisere par les Mohawks.A l\u2019heure actuelle, la réserve d\u2019Akwesasne s\u2019étend sur environ 10 000 hectares divisés entre le Québec, l\u2019Ontario et l\u2019État de New York.Quelque 23 000 membres de la communauté y résident, mais certains jeunes Mohawks sont obligés d\u2019acheter des maisons ou de louer des appartements hors de la réserve parce que l\u2019espace y est déjà presque entièrement attribué.Terres à vendre?Le gouvernement fédéral a donc offert 240 millions au Conseil mohawk d\u2019Akwesasne pour agrandir son territoire \u2014 mais seulement s\u2019il renonce aux 8000 hectares de Dundee, ou Tsikaristisere.Plusieurs détails de la transaction n\u2019ont pas été rendus publics, mais le conseil de bande pourrait racheter environ 7000 hectares de terrain \u2014 si leurs propriétaires actuels acceptent de les vendre \u2014 pour l\u2019annexer à leur réserve, et ainsi presque doubler sa superficie.L\u2019un des chefs du district de Kanatakon, Larry King, qui a participé aux négociations avec le gouvernement fédéral, estime que «le Canada a clairement fait savoir qu\u2019il s\u2019agit de sa dernière offre».L\u2019offre d\u2019Qttawa sera soumise à l\u2019approbation des membres de la communauté des secteurs de la réserve situés au Québec et en Qntario dans le cadre d\u2019un éventuel référendum.La date du plébiscite n\u2019a pas encore été fixée, mais les Mohawks canadiens doivent élire leur nouveau conseil de bande le 27 juin prochain.Le Devoir JOURNEE NATIONALE DES AUTOCHTONES Opposer la renaissance au génocide SARAH R.CHAMPAGNE \\ A l\u2019occasion de la Journée nationale des Autochtones, André Dudemaine a appelé à une « renaissance culturelle».Lors d\u2019un rassemblement festif tenu dimanche, le directeur des activités culturelles de l\u2019organisme Terres en vue a également souligné au son du tambour l\u2019intérêt grandissant pour les questions autochtones.«Le message ne change pas: nous cherchons reconnaissance, respect et coopération.Mais nous sentons que le contexte est plus favorable », a-t-il ajouté en faisant allusion au récent dépôt du rapport de la Commission de vérité et réconciliation.Après sept ans de travaux, cette commission en est arrivée à la conclusion que le Canada avait participé à un génocide culturel en envoyant de force 150 000 enfants autochtones dans des pensionnats pour les assimiler.Pour les responsables des festivités, l\u2019organisme Terres en vue, il s\u2019agissait avant tout de souligner la force culturelle des Premières Nations.«Nous sommes toujours là, toujours vivants et toujours sur notre territoire», résumait M.Dudemaine, pendant qu\u2019une dizaine de membres des Premières Nations du Québec dansaient sur la place d\u2019Armes, au centre-ville de Montréal.Le drame des pensionnats remis à l\u2019avant-scène ne doit cependant pas «être un coup de vent qui passe », a-t-il affirmé dans la foulée.« Je vois plus de médias que dans les éditions précédentes, mais nos préoccupations doivent se retrouver dans des mesures concrètes.» Lente réconciliation «Merci à toute la création et bienvenue à Montréal, territoire mohawk ! » Sedalia Fazio, danseuse traditionnelle originaire de Kahnawake, a lancé la première ronde de piétinements et de chants.iXrTtt PEDRO RUIZ LE DEVOIR En habits traditionnels, les Premières Nations ont souligné dimanche la Journée nationale des Autochtones.Elle aussi est prête à panser les blessures de sa communauté: «Mais on ne peut pas rapidement passer à autre chose.Il y a déjà cinq cents ans que notre territoire rapetisse, que nous nous faisons assimiler ou voler nos enfants.ce n\u2019est pas aussi facile.» Le solstice d\u2019été, la journée la plus longue de l\u2019année, est traditionnellement célébré.« C\u2019est une journée qui justement représente le renouvellement» dit M\u201c® Fazio.André Dudemaine, innu, a quant à lui expliqué qu\u2019un hommage était rendu cette année au chef hu-ron Kondiaronk, un artisan important de la «grande paix» de Montréal signée en 1701 entre 39 nations amérindiennes et la France.Stratège rusé, il a joué un rôle capital dans les négociations, convainquant les chefs de s\u2019unir pour ce traité.« On veut retenir le pont ainsi créé entre les différentes nations autochtones ainsi qu\u2019avec les non-autochtones», précise-t-il en condensant la leçon d\u2019histoire.Terres en vue s\u2019emploie à créer ce lien de façon permanente, explique son responsable des communications, Henry Welsh.La même équipe est derrière le festival Présence autochtone, un événement créé pour signifier la volonté de passer autre chose, après les tristes événements de la crise d\u2019Qka.Le festival célèbre ainsi ses 25 ans cet été, notamment avec des concerts de Florent Voilant, Richard Desjardins et Moe Clark, en plus des nombreuses projections cinématographiques.Sur la place d\u2019Armes, dimanche, l\u2019odeur naissante du feu allumé, les effigies géantes de quelques symboles de la cosmogonie amérindienne flottaient sur la foule de près d\u2019une centaine de personnes.Les cloches de la basilique Notre-Dame se sont mises à retentir peu avant 15 h, saturant l\u2019air.Leur son aura masqué momentanément les chants, comme un rappel de la difficulté à laisser percer la voix des autochtones.Le Devoir ORDRE NATIONAL DU QUÉBEC HONNEUR AU PEUPLE DU QUÉBEC Les récipiendaires 2015 aux grades de grand oeeigier(G.O.QJ, oeeigier(O.QJ et CHEVAEIER (C.QJ Le premier ministre, M.Philippe Couillard, a remis le 16 juin dernier les insignes de l\u2019Ordre national, la plus haute distinction de l\u2019État, aux récipiendaires de l\u2019année 2015.V' rangée Denys Arcand, G.O.Q.(promotion) Michel Tremblay, G.O.Q.(promotion) Marcel Barbeau, O.Q.Jean Bissonnette, O.Q.François-Marc Gagnon, 0.0.Madeleine Gagnon, 0.0.Lise Gauvin, 0.0.Paul Inchauspé, 0.0.Joanne Liu, 0.0.Pierre A.Michaud, 0.0.Yannick Nézet-Séguin, 0.0.Jean Rochon, 0.0.Jean-Louis Roy, 0.0.2° rangée Céline Saint-Pierre, 0.0.Réjean Thomas, 0.0.(promotion) Henri Brun, C.Q.Diane Chênevert, C.Q.Marie Chouinard, C.Q.Michel Côté, C.Q.Michel Dallaire, C.Q.Jean-Pierre Després, C.Q.André Dubois, C.Q.Ray-Marc Dumoulin, C.Q.Marcel Fournier, C.Q.Guy Gervais, C.Q.Paul Grand\u2019Maison, C.Q 3' rangée Marc Laurendeau, C.Q.Alain Lemaire, C.Q.Laurent Lemaire, C.Q.Marina Orsini, C.Q.Patrick Pichette, C.Q.Francine Ruest Jutras, C.Q.Alain Simard, C.Q.Kim Thûy, C.Q.Michel L.Tremblay, C.Q.ENSEMBLE^ 4» on fa/t avancer le Québec www.ordre-iiational.gouv.qc.ca Québec E9 ES ES ES LE DEVOIR, LE LUNDI 22 JUIN 2015 A 3 ACTUALITES Noyaux et fruits Jean-François Nadeau Quand donc ces bêtises que sont le racisme et le profilage seront-elles ni légales ni illégales, mais tout bonnement impossibles?Quand vivrons-nous dans une société où ces idées enfin mortes ne seront plus connues, avec d\u2019autres croyances anciennes, que pour être étudiées dans des facultés d\u2019universités ?De cette militante des droits des Noirs qui était en fait une Blanche, le monde n\u2019aura finalement trouvé rien de mieux à faire que des gorges chaudes.Quelle bonne blague : Rachel Dolezal était blanche et se prenait pour une militante noire ! Il s\u2019en est trouvé, bien sûr, pour classer ce cas singulier à titre de phénomène de société : cette histoire abracadabrante serait dans cette perspective l\u2019illustration parfaite d\u2019une idéologie de gauche qui mène à s\u2019identifier, jusque dans pareil mimétisme, au sort des plus malheureux.En somme, un peu comme La tache, le roman de Philip Roth, mais dont on aurait retourné la trame comme un gant.Vous connaissez d\u2019autres cas semblables ?Qn pourrait penser, peut-être, à celui de Louis Wolfson, un Américain qui vécut un temps au Québec, essayant furieusement d\u2019oublier sa langue, l\u2019anglais, en convertissant les mots qui affleuraient à sa conscience en des syllabes de langues étrangères.Mais c\u2019est assez unique.L\u2019est moins le cas de tueurs racistes, comme celpi de Charleston ou de l\u2019île d\u2019Utoya.A Montréal, le Tribunal des droits de la personne vient de condamner à une amende «une femme noire» pour avoir «humilié en public une femme d\u2019origine égyptienne».Et il s\u2019est trouvé tout de suite, comme de raison, quelques fanfarons déguisés en penseurs publics pour plaider que le racisme n\u2019est donc pas uniquement l\u2019affaire des Blancs.Mais que nous dit en fait cette histoire sqr la réalité sociale de communautés entières ?À tout confondre, on finit par ne rien comprendre.Suffit-il de se dire que nous sommes tous des Juifs allemands, comme le suggéraient les vieux slogans?J\u2019en doute.Qn peut appuyer, soutenir, faire preuve d\u2019empathie, on peut se mettre à la place de l\u2019autre, certains se prennent même pour d\u2019autres, mais on ne peut jamais être l\u2019Autre.Avez-vous déjà essayé d\u2019être noir pour voir ?Amérindien ?Canadien français au pays des sables bitumineux ?Musulman en ces temps de paranoïa?Qn ne se glisse pas comme on veut dans la peau de l\u2019Autre.Mais comprendre les blessures sociales que causent le racisme et le profilage devrait tout de même nous faire dépasser le stade de notre aveuglement volontaire.Qn continue aujourd\u2019hui, dans bien des bulletins de nouvelles, à se sentir obligé de préciser la couleur de la peau ou la religion de certains individus, comme si cela constituait forcément des éléments utiles à la compréhension d\u2019événements.Si vous dites par exemple qu\u2019un homme de Laval a volé une voiture, ce n\u2019est pas la même chose que de dire qu\u2019un Noir a volé cette voiture.De préciser que le voleur est noir redouble pour ainsi dire l\u2019inquiétude alors que les assurances verseront, quoi qu\u2019il arrive, la même somme pour la voiture dérobée.Prenez le cas des Premières Nations.L\u2019ethnologue Isabelle Picard, membre de la nation huronne-wendat, avait 13 ans au moment de la crise d\u2019Qka.Elle me racontait que l\u2019expression du racisme s\u2019était fait sentir pour elle à partir de cette crise à laquelle elle n\u2019était pourtant pas liée.«Je n\u2019ai jamais arrêté depuis d\u2019entendre de curieux commentaires sur mes origines.» Le jour où elle achète une maison à Montréal, la propriétaire croit qu\u2019elle est italienne.« Quand je lui ai expliqué que j\u2019étais autochtone, elle m\u2019a répondu: \u201cc\u2019est mieux de pas le dire aux voisins\u201d.On m\u2019a déjà demandé très sérieusement si, pour mes menstruations, f avais le même cycle que les humains ou les animaux.Et plusieurs fois, on m\u2019a demandé à quel âge les plumes nous poussaient sur la tête.» Dans une analyse détaillée qu\u2019elle vient de produire, la Ligue des droits et libertés démontre que la police de Montréal a démantelé la quasi-totalité des manifestations d\u2019étudiants ou d\u2019anticapitalistes.Elle le fait selon des modalités qui ne sont pourtant pratiquement jamais utilisées pour d\u2019autres types de manifestations qui, par exemple, ne fournissent pas davantage d\u2019itinéraire.Depuis 2011, il y aurait eu 7000 arrestations.«On ne fait pas du profilage, mais on fait de la sélection sur le type de gens qui vont faire cette manifestation », explique Anie Samson, vice-présidente du Conseil exécutif, responsable de la sécurité publique, à l\u2019occasion d\u2019une séance du conseil municipal le 15 juin.Vous avez bien lu : la police de Montréal, selon sa responsable, ne ferait aucun profilage, mais plutôt une «sélection», au «nom du gros bon sens».Un joli synonyme quoi.«Il y a un certain racisme ordinaire qui est défendu par le gros bon sens», a répliqué le conseiller Lrançois Limoge.«Dans certaines villes du sud des Etats-Unis, un policier blanc va vous dire \u201con le sait ben : c\u2019est tel groupe ethnique qui commet les méfaits; c\u2019est du gros bon sens\u201d.» Et le maire Coderre de se lever pour dire qu\u2019il ne convient pas \u2014 au nom de la précision de la langue française, rien de moins \u2014 de mélanger les pommes avec les oranges.Qn voudrait pourtant bien finir par goûter à un monde dont plusieurs fruits ne seraient pas toujours perçus comme des noyaux.jfn @ledevoir.com L PEDRO RUIZ LE DEVOIR L\u2019actuel maire de Montréal, Denis Coderre, est venu saluer un «grand ami» qui a contribué à faire de la ville une métropole.JEAN DORÉ 1944-2015 Hommage à un maire moderne ANNABELLE CAILLOU Plus de 500 personnes ont rendu un dernier hommage, dimanche, à l\u2019ancien maire de Montréal Jean Doré, exposé en chapelle ardente dans le hall d\u2019honneur de l\u2019hôtel de ville de Montréal.Peu avant dix heures, plusieurs dizaines de personnes faisaient déjà la queue pour adresser un dernier adieu au 39® maire de Montréal et offrir leurs condoléances à sa famille.Rue Notre-Dame Est, au cœur du Vieux-Montréal, des guides touristiques ralentissaient le pas devant la grande bâtisse pour expliquer aux curieux, parfois maladroitement, qui était Jean Doré.Dans le hall d\u2019honneur, citoyens, amis, anciens collègues et dignitaires ont défilé toute la journée devant le cercueil fermé, recouvert du drapeau de Montréal.Des représentants du Service de police de la Ville de Montréal et des pompiers de Montréal entouraient le cercueil, vêtus, comme promis, de leur uniforme officiel.De bons mots pour Jean Doré Arrivé tôt, le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, s\u2019est adressé aux journalistes la voix emplie de nostalgie.«C\u2019était un grand ami, Jean, ça fait 48 ans qu\u2019on se connaissait.Nos familles se sont croisées et on a établi des liens extraordinaires.[.] C\u2019était un homme généreux, qui faisait tout pour répandre le bonheur.» Selon le maire Denis Coderre, Jean Doré laisse derrière lui un important héritage pour la ville.Il estime que ce dernier a contribué à faire de Montréal une métropole «en mêlant développement économique et développement durable».Il a rappelé ses grands projets, tels que le transport collectif, la protection du mont Royal, les pistes cyclables, le musée a.Il avait une vision de Montréal comme une ville moderne et une ville qui doit compter sur ses habitants pour l\u2019inspirer)} Françoise David, Québec soiidaire Pointe-à-Callière, le Biodôme et bien d\u2019autres.En fin d\u2019après-midi, le premier ministre, Philippe Couillard, s\u2019est recueilli devant la dépouille de M.Doré.«Il a amené un vent de modernité, de transparence et de fraîcheur, on lui doit beaucoup encore», a-t-il déclaré.Quelques minutes plus tard, c\u2019était au tour du chef du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau, de souligner la contribution de l\u2019ancien maire dans «l\u2019avancement de la démocratie municipale» tout en le qualifiant de «maire exceptionnel».Rappelons que M.Doré, maire de Montréal de 1986 à 1994, est reconnu pour avoir ouvert les portes de l\u2019hôtel de ville aux citoyens.Il est notamment à l\u2019origine des conseils d\u2019arrondissement et des périodes de questions.Aux yeux de la co-porte-parole de Québec solidaire, Prançoise David, «il avait une vision de Montréal comme une ville moderne et une ville qui doit compter sur ses habitants pour l\u2019inspirer».Elle regrette que cela ait pris du temps pour que son travail soit reconnu à sa juste valeur.«Parfois, il faut que les gens nous quittent pour qu\u2019on réalise tout ce qu\u2019ils ont fait pour nous.» Montréalaise d\u2019origine, et amie du défunt, Huguette Pleury l\u2019a décrit comme un homme généreux, enthousiaste et avec beaucoup d\u2019humour.«Il n\u2019y en a plus, des hommes comme ça en politique, confie-t-elle.Des hommes qui ne cherchent pas absolument à réaliser des choses extraordinaires, mais qui tentent de rendre le quotidien plus agréable.» De son côté, l\u2019ancienne présidente de la Confédération des syndicats nationaux.Claudette Carbonneau, croit que ses qualités de rassembleur devraient être soulignées.«On ne peut diriger une ville comme Montréal sans prendre en compte sa diversité, sa réalité ethnoculturelle et linguistique, ses classes sociales bien différentes.Lui, il en était capable! C\u2019était important après la période autocratique de Jean Drapeau.» Des funérailles à l\u2019hôtel de ville À la demande de Jean Doré et de sa famille, des funérailles civiles seront célébrées lundi matin à l\u2019hôtel de ville.Une cérémonie laïque se déroulera dès dix heures en présence des proches du disparu, du maire Denis Coderre et de plusieurs dignitaires invités.« Je ne sais pas si c\u2019est une première, mais on n\u2019a pas vu ça souvent [.].Il a toujours adoré [l\u2019hôtel de ville], c\u2019était sa deuxième maison», explique M.Coderre.Le nombre de places étant limité, les Montréalais ne pourront assister à l\u2019événement.Un écran géant sera toutefois installé à l\u2019extérieur sur la place Vauquelin afin de leur permettre de suivre la cérémonie.Jean Doré s\u2019est éteint à l\u2019âge de 70 ans lundi dernier, des suites d\u2019un cancer du pancréas.Le Devoir Contradictions dans les primes La sous-ministre adjointe à l\u2019Éducation, officiellement basée à Québec, encaisse des milliers de dollars pour des allocations de séjour.à Québec JOCELYNE RICHER à Québec Les administrateurs de l\u2019Etat québécois peuvent très bien encaisser une allocation de séjour à Québec tout en étant officiellement en poste à Québec.En tout, une quarantaine de hauts fonctionnaires auraient droit à ce type d\u2019allocation.C\u2019est le cas notammenf de la sous-ministre adjointe à l\u2019Education, Chantale C.Beaulieu, dont le lieu de travail officiel se situe à Québec, ce qui ne l\u2019empêche pas de toucher une allocation de séjour à Québec de 1225$ par mois, non imposable.Au terme de son contrat de trois ans, à la fin de 2016, M\u201c® Beaulieu aura donc reçu plus de 44 000$ en plus de son salaire.Au moment d\u2019entrer en fonction en décembre 2013, son salaire était de 147 484$.Dans les faits, selon les informations obtenues par La Presse canadienne en vertu de la Loi d\u2019accès à
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