Le devoir, 27 juin 2015, Cahier E
[" Montréal devient complètement cirque ! Page e 4 Le franglais, langage ou symptôme ?Page e 8 Culture Livres CAHIER E > LE DEVOIR, LES SAMEDI 27 ET DIMANCHE 28 JUIN 2015 1 J VALERY HACHE AGENCE ERANCE PRESSE Christian Scott FESTIVAL INTERNATIONAL DE JAZZ DE MONTREAL Les hipsters du Jazz Christian Scott et Robert Glasper brassent la cage du genre Ils ont la trentaine et des poussières, et sont en train d\u2019insuffler une dose massive d\u2019air frais au jazz moderne : leur musique respective puise à pleines mains dans le hip-hop, le rap, le néo-soul, le funk, le gospel, le rock.C\u2019est brillant, envoûtant, « black» à souhait.Regards croisés sur le trompettiste Christian Scott et le pianiste Robert Glasper.GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ Il y a Lattitude.Il y a le son.Mais il y a aussi le discours qui tranche.«Le jazz a besoin d\u2019un bon coup de pied au cul [big-ass slap] », disait Robert Glasper au magazine Downbeat en 2012.Bang dans les dents de Forthodoxie.Et sus à un jazz académique ennuyant.Depuis quelques années, tant Glasper que son collègue et ami Christian Scott sont justement affairés à brasser la cage d\u2019un genre musical qu\u2019ils estiment capable de tout, mais qui se montre selon eux souvent trop prudent.Pour décrire le premier, le New York Times a établi l\u2019expression «new urban black music», une nouvelle musique noire urbaine.Du second, plusieurs parlent de «stretch music», parce qu\u2019elle étend ses ramifications vers tous les horizons.Musiques ouvertes, larges, sans contraintes d\u2019audaces.Dans les deux cas, on pourrait dire un jazz afro-américain résolument moderne : les deux pieds dans le présent, mais avec un fort ancrage dans la grande histoire des musiques noires américaines, quelles qu\u2019elles soient.«Ce sont deux musiciens qui ont la capacité rare de traduire l\u2019esprit de leur génération d\u2019une Robert Glasper SOURCE EIJM manière qui parle autant aux amateurs de jazz qu\u2019à ceux de hip-hop», relève en entretien écrit Willard Jenkins, auteur, professeur et directeur artistique du Washington DC Jazz Festival.Jenkins pense qu\u2019une partie de l\u2019attrait qu\u2019exercent les deux musiciens vient de leur attitude sur scène et dans la vie: les hipsters du jazz, un mélange d\u2019authenticité, de grande gueule, de look et d\u2019engagement dans ce qu\u2019ils font.Scott et Glasper inscrivent ainsi leur travail dans une perspective plus large que leur seule carrière.Hors trompette, Christian Scott est par exemple particulièrement prompt à dénoncer les injustices qui touchent la population afro-américaine.La semaine dernière encore, il écrivait sur Facebook ses impressions sur la tuerie de Charleston.Ses albums ont toujours une forte connotation sociale.Une sorte de «protest jazz», comme on parlait de «protest songs» au début des années 60.Perspectives Joint par téléphone dans le coin de Harlem mardi, Scott expliquait vouloir «créer un dialogue [autour d\u2019enjeux] pour que les gens comprennent qu\u2019il y a différentes perspectives et que la perspective de chacun doit être respectée».Et pourquoi si peu de jazzmen de sa génération osent-ils prendre la parole ?«Parce que dès que tu exprimes une opinion, tu deviens persona non grata dans certains milieux, observe Scott.Et les musiciens n\u2019ont pas les moyens de se priver de ressources qui permettent de survivre.Moi, je viens d\u2019un milieu social et économique où j\u2019ai vu une myriade de choses négatives à cause du manque de moyens ou du racisme systématique.Alors je ne vois pas comment je pourrais me taire aujourd\u2019hui.Est-ce que ça veut dire que mon opinion a plus de valeur que celle de n\u2019importe qui ?Non.Mais je tiens à l\u2019exprimer, parce que ça fait partie de moi, et de ma musique aussi.» Robert Glasper revendique pour sa part haut et fort la filiation de son art avec la musique noire américaine.Une musique «imitée, enviée, constamment réimaginée à travers le monde, et qui représente la forme artistique la plus élevée de l\u2019identité noire», disait-il déjà dans le livret de Black Radio (2012).Hybrides «Glasper est peut-être la meilleure incarnation d\u2019un artiste hybride, estime Willard Jenkins.Il a gagné deux Grammy dans la catégorie R&B [pour le disque Black Radio, et pour une chanson de Black Radio 2], il est à l\u2019aise avec les textures hip-hop et R&B autant que dans l\u2019expression jazz acoustique.Et il y a tout son travail de producteur-réalisateur» pour lequel il est de plus en plus remarqué, ajoute-t-il.Glasper vient d\u2019ailleurs de terminer la direction d\u2019un disque hommage à Nina Simone (on peut déjà entendre en ligne une version profondément soul de Eeeling Good, reprise par Lauryn Hill).Christian Scott est aussi interpellé de ce côté, ayant notamment réalisé le dernier disque d\u2019une jeune chanteuse de Nevr York, Sarah Elizabeth Charles, à qui Downbeat a attribué 4 étoiles et demie et qui s\u2019inscrit tout à fait dans la mouvance Glasper-Scott.«Ce qu\u2019on essaie de faire, c\u2019est de mélanger des musiques vernaculaires, dans un contexte créatif d\u2019improvisation, résumait Scott au téléphone cette semaine.Je suis né en 1983: je suis d\u2019une génération qui n\u2019a connu que la mondialisation.Pour moi, c\u2019est tout à fait normal et naturel de vouloir étendre ma musique vers ces autres contextes et paysages musicaux qui existent partout.» VOIR PAGE E 2 HIPSTERS « Ce qu\u2019on essaie de faire, c\u2019est de mélanger des musiques vernaculaires, dans un contexte créatif d\u2019improvisation» - Christian Scott E 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 27 ET DIMANCHE 28 JUIN 2015 CULTURE Le dépassement selon Helen Doyle Odile Tremblay Parfois, dans la foulée des célébrations de la fête nationale, qui vibre en musique et défilés avec les clameurs du party, je m\u2019offre le plaisir, loin de la foule déchaînée, d\u2019un rapport plus intime avec des œuvres québécoises.Déjà en vacances ou presque, libre en un temps suspendu, les pieds agrippés à la terre de chez nous, avant l\u2019envol vers des deux étrangers ; que je t\u2019étire ce 24 juin auprès d\u2019artistes témoins de notre identité fuyante ! Ils parlent en filigrane du Québec, soulèvent ses racines, déblaient son présent en marche, épousent ses poussées vers Tailleurs.Au fait, en parleront-ils si bien après cette coupe de 2,5 millions de dollars dans le portefeuille du Conseil des arts et des lettres du Québec, annoncée cette semaine?Et Bonne Saint-Jean avec ça aux artistes de la part du ministère de la Culture ! Comment imaginer que Ton puisse sabrer les structures du CALQ sans atteindre tôt ou tard les créateurs?J\u2019ai pris rendez-vous avec l\u2019œuvre d\u2019une de ces artistes-là.Puisant souvent aux bourses des différents Conseils des arts, Helen Doyle en aura prouvé l\u2019absolue pertinence.Plusieurs ont vu Tan dernier Dans un océan d\u2019images (tout juste sorti en DVD), indispensable documentaire où de grands photographes et artistes visuels traquent le sens de leurs images de guerre et de tragédies.Mais la cinéaste mérite d\u2019être redécouverte sur la durée.Rapporter des bouts de nuages à ceux qui restent au sol Dans mon Québec natal, Helen Doyle avait fondé avec Hélène Roy et Nicole Giguère le collectif Vidéo Femmes en 1974, alors que le cinéma, même à TONE, demeurait avant tout fief masculin.Ces filles-là auront affronté sans moyens des sujets tabous sur les femmes: le viol, la maladie mentale, la dépression, le harcèlement, etc.On les admirait sans assez leur dire.J\u2019ai cerné Helen Doyle de plus près dans le coffret-monographie La liberté de voir: bel ouvrage truffé d\u2019illustrations, récemment publié au Remue-ménage avec le concours de Vidéo Femmes sous la direction de Roger Bourdeau.Recueil de témoignages, entretiens d\u2019Helen Doyle avec la journaliste Francine Laurendeau, il offre en prime à voir les films importants de son parcours.Vidéo Femmes, son berceau, fusionnait en février dernier avec Spirafilm, laissant mille nostalgies dans son sillage, alors l\u2019hommage à Helen Doyle se double forcément d\u2019un coup de chapeau à ces filles formidables, dont Lise Bonenfant, la généreuse gardienne du fort.Documentaires, docufictions, poèmes visuels en enfilade: par ici le festival Doyle maison! Quarante ans à filmer les luttes d\u2019émancipation féminine (où rien n\u2019a changé en profondeur), les conflits du monde, Tart en mouvement, les espoirs collectifs qui peu à peu prennent Teau, sur touche d\u2019onirisme et de réminiscences ! Combien de baby-boomers se sont assoupis dans le confort et l\u2019indifférence?Pas Helen Doyle à la caméra comme une arme au poing.Ses films montrent des êtres en dépassement, qui écartent les barreaux des frontières sociales, pour mieux s\u2019envoler et rapporter des bouts de nuages à ceux qui restent au sol.Son documentaire Les messagers, sur des artistes engagés, de Susan Sontag à Nigel Osborne, en résistance jusque sous les bombes, devrait être au programme de toutes les écoles.A l\u2019heure d\u2019aborder l\u2019univers pas si rose des êtres trop en chair, elle a la patte rieuse, injecte dans Je t\u2019aime gros, gros, gros des costumes fous, des couleurs, un humour avec des modèles d\u2019une ronde beauté à faire chavirer Rubens et Renoir.Des images de ses films personnels et universels s\u2019accrochent à l\u2019esprit pour n\u2019en sortir jamais : la jeune et ardente Pol Pelletier parlant de maladie mentale et de création dans Les mots/maux du silence en 1982, la comédienne Luce Guilbault se sentant renaître dans les coulisses d\u2019une captation de La nef des sorcières en 1975.Ou vingt ans plus tard, ce petit garçon sur son tricycle du Rendez-vous de Sarajevo qui répète en criant au milieu des ruines de sa ville en guerre: «C\u2019est terrible et merveilleux! C\u2019est terrible et merveilleux!» Sans compter cette extraordinaire chanteuse tchétchène exilée au Québec, Birlyant Ram-zaeva, dont la bataille pour sauver sa culture fait écho aux luttes pour tous les héritages.Et donnez-nous ici la moitié de son courage ! L\u2019œuvre d\u2019Helen Doyle en mille facettes invite à ne jamais baisser les bras.On l\u2019aime gros, gros, gros pour ça aussi.Si Charlevoix m\u2019était conté Dans mon périple québécois, j\u2019ai retrouvé aussi le Charlevoix des étés de mon enfance et de mon adolescence, à travers un livre publié chez GID, écrit par Jean Cimon, longtemps urbaniste à la Ville de Québec.Ça MARIE-HÉLÈNE TREMBLAY LE DEVOIR La chanteuse tchétchène exilée au Québec Birlyant Ramzaeva (à Taccordéon), dont la bataille pour sauver sa culture fait écho aux luttes pour tous les héritages, avec la cinéaste Helen Doyle en 2008.s\u2019intitule Le temps de Charlevoix et c\u2019est remarquablement illustré par Marc Boutin.Entre les évocations de l\u2019enfance de l\u2019auteur à Saint-Irénée, un pèlerinage sur les traces de son aïeul Hubert Cimon et des chapitres historiques s\u2019insère le souvenir de grandes figures qu\u2019il a fréquentées : de Françoys Bernier, le fondateur de l\u2019Académie de musique du Domaine Forget à Saint-Irénée, au monseigneur poète de Saint-Joseph-de-la-Rive Félix-Antoine Savard, le père de Menaud, maître-draveur, Jean Leblond, et sa femme Catherine Reid, qui ont changé les modes d\u2019agriculture et la gastronomie du coin et peut-être du Québec, un coup parti.Vivants ou morts, ses fantômes sont aussi les miens.Voguant sur ses goélettes au long des époques, on rencontre le sénateur Rodolphe Forget (le père de Thérèse Casgrain), l\u2019un des fondateurs du Charlevoix moderne doublé d\u2019un homme d\u2019affaires pas toujours scrupuleux mort en 1919.Et à La Malbaie revit Taigre et mélancolique Laure Conan, première romancière québécoise, auteure d\u2019Angéline de Montbrun en 1881.Se profile bientôt à L\u2019Isle-aux-Coudres la longue silhouette d\u2019Alexis Tremblay, héros de Pour la suite du monde de Perrault et Brault.Jean Cimon découvrit avec lui en 1946 des restes humains du cimetière des marins français, sous l\u2019ancien régime.Entre les pages, ajoutez l\u2019odeur des foins salés, le cri des anciennes cornes de brume et les bélugas, si omniprésents dans le fleuve avant son déclin par la pollution des hommes.otremblay@ledevoir.com Cette chronique s\u2019interrompt durant les vacances estivales.Bon été à tous ! HIPSTERS Redman et The Bad Plus SUITE DE LA PAGE E 1 «Est-ce que c\u2019est jazz?De manière inhérente, oui, poursuit-il.Mais ce n\u2019est pas uniquement ça.Vous entendez du rock alternatif, de l\u2019indie rock, des musiques afro-américaines avec lesquelles mon grand-père a grandi [Scott vient de La Nouvelle-Orléans], du hip-hop.Mon contexte musical, c\u2019est tout ça.Et peu importe comment on l\u2019appelle.» Dix ans plus tard Scott se réjouit de voir le public porter attention à ce que Glasper et lui font en parallèle.«Nous avons été les premiers musiciens de cette génération à tenter cette approche, il y a presque dix ans, dit-il.Plusieurs en parlaient; nous, on le faisait.Et aujourd\u2019hui, les gens voient notre contribution de manière concrète.» D\u2019autres participent aussi activement à cette redéfinition générationnelle du jazz afro-américain : citons le pianiste Jason Moran ou les chanteuses Esperanza Spalding et Meshell Ndegeocello, notamment.En regardant le phénomène, Willard Jenkins dit ne souhaiter qu\u2019une chose : que cette nouvelle forme de fusion «ne se dissolve dans cette triste chose qu\u2019est le smooth jazz», comme ce fut parfois le cas avec la première vague de fusion dans les années 70.Le Devoir Robert Glasper en trio acoustique: au Monument-National dimanche 28 juin à 20 h.Christian Scott en quintet: au Upstairs dimanche 28 et lundi 29 juin à 19 h et à 21 h 45.C\u2019est un peu bête, mais le calendrier est ainsi fait: il faudra choisir ce dimanche entre le spectacle de Robert Glasper et celui donné à la même heure par le saxophoniste Joshua Redman et le populaire trio rock-jazz The Bad Plus.Dilemme.Sans nécessairement puiser aux mêmes sources stylistiques, ces artistes appartiennent tous à la catégorie des explorateurs et des chercheurs sonores, capables de toutes les intégrations au seul profit d\u2019une musique qui a du sens.Un des musiciens les plus aimé et respecté depuis 20 ans, habitué de s\u2019exprimer dans une multitude de formats (à Montréal récemment: avec orchestre à cordes, en duo avec Brad Mehldau, en trio, en quartets variés, en double trio.), Redman présentera avec The Bad Plus le contenu d\u2019un album lancé fin mai sur étiquette Nonesuch.Joshua Redman et The Bad Plus: à Maisonneuve le 28 juin à 20 h.20 JUIN^ 23 AOÛT 20/5 Marie-Nicali Lemieu RUBBERBANDence gergosman SPECTACLE DE DANSE VENDREDI 3 JUILLET 20 H Groupe RUBBERBANDance Sélection Domaine Forget Une oeuvre de Victor Quijada conçue sur mesure pour le Domaine Forget! WEEK-END VOCAL SAMEDI 4 JUILLET 20 H I MUSICI DE MONTRÉAL Jean-Marie Zeitouni, chef d'orchestre Marie-Nicole Lemieux, contralto DIMANCHES JUILLET 15 H CONCERT-DÉGUSTATION ORCHESTRE DE LA FRANCOPHONIE Jean-Philippe Tremblay, chef d'orchestre Measha Brueggergosman, soprano Soirée Hydro Québec JARDIN HARMONIQUE DE SCULPTURES Une exposition hors de l'ordinaire unissant 16 oeuvres monumentales d'artistes des États-Unis et d'Europe aux 9 créations contemporaines de l'exposition permanente.Caisse de dépôt et placement du Québec PACTE RURAL 2014-2024 Événement ' CHARLEVOIX-EST cp.ROBERT LES BRUNCHES-MUSIQUE Tous les dimanches de Tété! Du 7 juin au 30 août : CASINO Détails sur domaineforget.corn 4I8.452.3535 | 1 888.DFORGET (336.7438) OQ@ 1^1 Patrimoine canadien Canadian Heritage Québec n H LE DEVOIR LES SAMEDI 27 ET DIMANCHE 28 JUIN 2015 E 3 CULTURE-MUSIQUE Festival Orford ; coopérations avant mutations Jean-François Rivest est à la barre de son dernier festival CHRISTOPHE HUSS Jean-François Rivest, directeur artistique du Centre d\u2019arts Orford, lance ce samedi soir, lors d\u2019un concert dirigé conjointement avec le chef Jean-Philippe Tremblay, sa sixième et dernière programmation festivalière.Jean-François Rivest a tout tenté à Orford.11 a dû mettre un peu la pédale douce sur son credo initial qui, tel qu\u2019il le décrivait au Devoir en octobre 2009, était de «développer un environnement d\u2019apprentissage unique et intégré qui permettra à tous (étudiants et membres du public) de s\u2019enrichir, d\u2019abord par les arts en général et par la musique en particulier, mais aussi au contact de l\u2019histoire, des \u201chumanités\u201d, des sciences, ainsi que de la magnifique nature qui entoure le Centre.» Revaloriser les humanités, mettre la musique en perspective avec les autres arts et parsemer le tout de conférences était une riche idée, qui ne fit, hélas, pas toujours recette.Le professeur et chef d\u2019orchestre a toutefois réussi une modernisation du Centre d\u2019arts et présente un excellent bilan quant à la fréquentation estudiantine et des concerts.L\u2019Académie d\u2019orchestre a connu de bons et moins bons moments.On citera parmi ces derniers le jumelage avec l\u2019OSM et l\u2019association de Kent Nagano, qui ont tourné en eau de boudin après deux saisons.Jean-François Rivest laisse cependant Orford avec un bébé intéressant: une collaboration étroite entre l\u2019Académie et l\u2019Orchestre de la Francophonie, tandem lui-même enrichi par l\u2019adjonction de l\u2019Orchestre des jeunes des Amériques.Inspirer confiance Son bilan, Jean-François Rivest le regarde avec une satisfaction non dissimulée: FESTIVAL ORFORD Pour Jean-François Rivest, le recrutement local devient difficile parce qu\u2019il y a moins de jeunes musiciens dans la société.«J\u2019avais des buts et des rêves et, dans l\u2019ensemble, ils ont été réalisés.Nous avons doublé le budget, doublé aussi l\u2019assistance aux concerts, et avons enregistré en 2013 et 2014 deux années record.Il y a aussi des domaines que j\u2019ai introduits: la classe d\u2019orchestre, bien sûr, mais aussi la création, inexistante jadis, devenue très fiorissante, avec la classe d\u2019Ana Sokolovic et, cette année, un volet de création instrumentale avec Véronique Lacroix et une classe de création numérique avec Jean Normandeau.Orford est en train de devenir un centre de création très important.» En résumé, c\u2019est «la santé globale» dont Jean-François Rivest est fier.«La santé, cela veut dire pas de déficit et la confiance des gens d\u2019affaires.Nous avons des engagements pour les deux ou trois prochaines années: c\u2019est un très bon signe.» Quant à l\u2019Académie d\u2019orchestre, Jean-François Rivest relève que le niveau 2014 était excellent, mais convient que le recrutement local était difficile, en raison d\u2019inflexions démographiques.«Il y a moins de jeunes musiciens dans notre société.Il y en a moins au primaire, au secondaire et dans les familles.Cela n\u2019a pas paru pendant une quinzaine d\u2019années, mais maintenant, on observe à l\u2019université et dans les camps musicaux un effet notable.Il faut donc se tourner vers d\u2019autres façons de faire pour suppléer à ce que l\u2019école et les familles donnaient auparavant aux jeunes enfants.Cela fait parfie des enjeux à venir.» A ce titre, Jean-François Rivest considère que le principal défi pour son successeur, Wonny Song, sera «l\u2019adaptation aux mutations profondes de la relation entre les jeunes et l\u2019apprentissage de la musique dans notre société».11 relève qu\u2019à travers la mondialisation par les nouveaux canaux de communication, «tout n\u2019est pas négatif», mais il pense que la direction future devra conjuguer «un travail de microterrain et un travail lié à la mégamondialisation ».Collaborations Le partenariat avec l\u2019Orchestre de la Francophonie et avec l\u2019Orchestre des jeunes des Amériques va donner naissance à un ensemble très intéressant, estime-t-il, n\u2019ayant «pas peur de perdre [son] identité» en s\u2019associant avec d\u2019autres institutions.« C\u2019est sûr que les associations manquent un peu d\u2019identité, mais artistiquement, c\u2019est très riche, s\u2019amuse-t-il en faisant référence au titre récent du Devoir: Orford lance le «sans nom».Certains veulent garder le contrôle sur tout, mais je ne suis pas comme cela», ajoute-t-il.«Nous sommes à l\u2019étape des collaborations.Cette année, nous avons fait [avec l\u2019Orchestre de la Francophonie et le Youth Orchestra of the Americas], au total, plus de 1000 auditions.Il ne faut pas oublier que la chose la plus importante d\u2019une académie, c\u2019est le bien-être et le bonheur des étudiants.Ceux qui vont être passés par là vont vraiment avoir appris beaucoup.» En libérant ses étés, à partir de 2016, V«hyperactif qui a besoin d\u2019étudier, de lire de nouvelles choses» veut prendre le temps de «réfléchir et respirer un peu plus».Orford, en tant çpf «immersion dans la nature, les sons, la nourriture», va lui manquer.Tout cela était écrit, et depuis longtemps.Jean-François Rivest se souvient: «Mon père, qui était journaliste à La Presse il y a très longtemps, a retrouvé un vieil article de 1976, juste avant que je parte à la Juilliard School, et j\u2019y disais en toutes lettres que mon rêve serait d\u2019établir un village musical quelque part dans la forêt.Dans le fond, j\u2019ai toujours aimé l\u2019idée d\u2019être en vase clos dans la nature pour aller au bout de nos talents artistiques.Cela va me manquer, mais j\u2019ai bien d\u2019autres choses qui m\u2019attendent.» Le Devoir FESTIVAL ORFORD Samedi 27 juin, 20 h.Orchestre de la Francophonie, en collaboration avec l\u2019Académie internationale Orford, dir.Jean-Philippe Tremblay et Jean-François Rivest.Œuvres de Beethoven, Ravel, Mozart, Sibelius et Mendelssohn.www.arts-orford.org FESTIVAL INTERNATIONAL DE iPÆL DE MONTREAL Whitehorse, la chevauchée à deux SYLVAIN CORMIER Tout de suite, la pochette de Leave No Bridge Un-burned attise et affirme : tout un cinéma, Whitehorse.En silhouettes découpées à la manière des affiches de Saul Bass (Anatomy of A Murder, Vertigo), un cowboy et son Emma Peel de compagne s\u2019enfuient, main dans la main.De quelle scène de crime s\u2019échappent-ils ?Aux premières mesures de Baby What\u2019s Wrong ?, la première chanson, ça correspond : la parfaite trame du drame.Le motif de notes bâââsses de la guitare électrique va dans la même direction que le couple, et les harmonies un brin désabusées scellent leur sort: la musique avance vers le lointain, nulle part peut-être.Musique sulfureuse, envoûtante, en mouvement.Depuis février que je roule avec Luke Doucet et Catherine McClelland, mes fuyards ontariens ; nous avons fait du chemin.Cinq mois que leur duo Whitehorse et cet album (leur cinquième, en comptant les minidisques) accompagnent mes désirs de sortir à n\u2019importe quelle sortie de l\u2019autoroute et continuer vers l\u2019infini.Quand la splendide monture s\u2019arrêtera au FIJM ce dimanche, et que le Club Soda deviendra saloon, il ne s\u2019agira que d\u2019une halte abreuvoir avant de repartir vers l\u2019horizon.La chevauchée fantastique de Whitehorse va ainsi de ville en ville.«C\u2019est vraiment que nous souhaitions, Luke et moi, un album qui se vive comme un road trip, commente Catherine, d\u2019un quelconque motel Bates.On voulait le film d\u2019une relation tumultueuse mais enivrante, un album qu\u2019on a envie de faire jouer en boucle: si c\u2019est le résultat, on a réussi quelque chose ! » Avec des titres qui s\u2019alignent comme autant de films d\u2019exploitation de série B (Tame as the Wild Ones, Fake A VA-.- Le duo ontarien Whitehorse est formé de Luke Doucet et Catherine McClelland.Your Death (and I\u2019ll Fake Mine), Sweet Disaster), on est dans une sorte de réalité fan-tasmée qui s\u2019accorde avec celle de pas mal d\u2019auditeurs.La chanteuse en convient: «Ça nous ressemble, et ça ressemble en même temps à la vie libre dont on rêve un peu tous.Nous sommes sur la route tout le temps, notre imaginaire et notre vie se mêlent, ça devient notre propre fiction romantique exacerbée, forcément, ça finit par donner ces ambiances cinématographiques.sur fond de vérité ! » Chansons grand-angles Encore faut-il transposer cette fiction-vérité avec art et suffisamment de bagage musical pour que les clichés explosent au présent: la pulsation Bo Diddley qui martèle Downtown, la base Stand By Me qui sous-tend Sweet Disaster, c\u2019est truffé de références assumées, sans peur d\u2019y aller fort.«Nous voulions un son plus grand que nature, des histoires un peu mythifiées qui n\u2019ont pas toujours rapport à nous, mais sans nous perdre, explique Catherine : il y a un type d\u2019harmonies qui nous définit depuis le début, Luke et moi, une approche mélodique dans nos compositions, qui nous appartient.En travaillant avec Gus Van Go [surtout connu pour son boulot avec The Stills], en plus de notre ami Werner F, je dirais que si le film est devenu panoramique, c\u2019est encore notre film.» Nécessaire conscience de leur création commune : Catherine et Luke ont longtemps oeuvré séparément, et savent ce que chacun a apporté au tandem et à ce qui est né de l\u2019alliance (dont un enfant, qui FIJM les suit en tournée).«Nous nous sommes vraiment trouvés.Dès notre rencontre, face à face avec nos guitares, c\u2019était plus que la somme des parties.Luke venait du blues et de la musique de racines.J\u2019étais folk, pop, jazz.Et ce qu\u2019on a créé ensemble, c\u2019est l\u2019ensemble de tout ça et autre chose en plus.Pour chacun, Whitehorse est une grande aventure, que nous vivons au jour le jour, et tant pis pour la prudence, et tant pis si on ne fait pas beaucoup d\u2019argent: les spectacles nous donnent du carburant.» En spectacle, Luke et Catherine sont seuls, homme-orchestre avec femme-orchestre, ce qui leur convenait parfaitement jusqu\u2019à leur minidisque de 2014, Ephémère sans repère (en français dans les textes, tels que traduits par l\u2019excellent Pierre Marchand, collaborateur des McGarrigle, Daniel Lanois, etc.).Mais le mur de son de Leave No Bridge Unbur-ned?La technologie moderne, avec ses générateurs de boucles et ses diverses bébelles, permet certes d\u2019élargir le son, mais on se demande quand même comment ils y parviennent.«Nous étions nerveux à l\u2019idée de devoir réduire le son de l\u2019album pour le rendre sur scène: nous avons évoqué la possibilité d\u2019ajouter des musiciens.Mais on a vite constaté que dans la vie comme sur scène, nous avons cette chimie, et que nous bidouillons avec nos pédales et nos machines depuis assez longtemps pour que nos versions à deux frappent aussi fort que l\u2019on veut.» S\u2019entendant si sûre d\u2019elle, Catherine lâche un petit rire un peu fou.«Nous les imaginons à nouveau, les chansons, voilà tout.Et ça ne sonne pas petit, je vous l\u2019assure!» Et quand \u2014 rarement, mais ça arrive \u2014 les McClelland-Doucet ont un petit frisson dans le dos, comme si un posse de poursuivants les talonnait de trop près, ils font comme sur la pochette : ils se tiennent la main.Et continuent.«Ensemble, nous n\u2019avons pas peur de grand-chose.» Le Devoir LEAVE NO BRIDGE UNBURNED Whitehorse Six Shooter Records Au Club Soda, le dimanche 28 juin à 22 h. E 4 LE DEVOIR, LES SAMEDI 27 ET DIMANCHE 28 JUIN 2015 CULTURE» CIRQUE PEDRO RUIZ LE DEVOIR Barbu était le spectacle coup de cœur de l\u2019année dernière au festival.MONTREAL COMPLETEMENT CIRQUE La Barbotte présente Entre deux eaux, sur des artistes confrontés à leur corps de trentenaire.Montréal complètement cirqne carbure à la testostérone ISABELLE PARÉ Biceps en tension, quadriceps fuselés, sueur, performance et.poils.Oui, poils, et barbes, même.Si la 6® cuvée de Montréal complètement cirque en donne à voir de toutes couleurs, elle s\u2019habille cette année d\u2019une touche résolution masculine, avec une avalanche de prestations déclinées par des troupes certifiées 100% mâle.Du drôle, du cru, de l\u2019insolite et des émotions distillées en filigrane, tantôt par de jeunes athlètes pétant de forme ou des acrobates philosophant sur leur déclin physique.Mecs, en avant toutes ! Pendant 11 jours, Montréal se prépare dès le 2 juillet à recevoir la planète cirque, cette fois avec des prestations venues de Suède, de Finlande, d\u2019Australie, d\u2019Espagne et d\u2019une importante délégation québécoise, forte de trois nouvelles troupes composées d\u2019hommes et de quatre créations inédites.Longtemps marqué par la tradition familiale où la cohabitation des générations et des genres était la norme, le cirque a vu poindre ces dernières années, surtout en Europe, une multitude de microtroupes investies par des hommes.Des troupes pur mâle où, pour une fois délestés de leur rôle de porteurs ou de faire-valoir, les acrobates tentent le dialogue entre performance physique et théâtre, entrebâillant au passage la porte aux confidences.Hasard ou reflet du temps ?«Oui, cette année, c\u2019est vrai qu\u2019on assiste à un cirque performatif très acrobatique, et surtout, très physique de par Le pianiste est la seule prestation ouvertement comique du festival.MONTREAL COMPLETEMENT CIRQUE cette forte représentation masculine», affirme Stéphane Lavoie, directeur général de la Tohu, codiffuseur du festival.Tous poils dehors Dans ce contexte, pas de surprise au retour de Barbu, ce spectacle coup de cœur de l\u2019an dernier, où l\u2019on a dû refouler le public aux portes du Théâtre Telus, soir après soir, faute de places.Le spectacle, déjà promis à une tournée internationale et réclamé par divers diffuseurs étrangers, a déjà repris l\u2019affiche en formule cabaret à l\u2019Olympia depuis le 19 juin, tous poils dehors.Pilosité et autodérision tiendront la piste jusqu\u2019au 12 juillet.avant de partir pour la gloire.On verra par ailleurs pour la première fois Machine de cirque, une toute jeune troupe du Québec, composée de cinq mecs survoltés (quatre artistes, un musicien), dont certains artistes ayant frayé avec Les 7 doigts de la main et le Cirque Eloize, notamment Maxim Laurin et Ugo Dario, mordus de la planche coréenne.Dans ce premier rendez-vous hautement performatif, les acolytes, seuls et oubliés dans une machine infernale, usent de tous leurs charmes pour renouer contact avec la civilisation.Un genre de séduction faite homme, multipliée par quatre.On doit s\u2019attendre à un tout autre coup de gueule avec Entre deux eaux, de la nouvelle formation La Barbotte, formée de trois artistes sur le tard, confrontés à leur corps de trentenaire, qui commence à connaître des r^tés.Tous trois diplômés de l\u2019École nationale de cirque de Montréal, les comparses y dévoilent, sur le ton de la confidence, les revers de la vie d\u2019acrobates et soulèvent le rideau pour mieux laisser voir les coulisses du monde du cirque.Histoires de mecs aussi, dans Quien Soy?et Warm, deux prestations complètement différentes qui poussent à leurs limites les capacités physiques du tandem masculin.Bums de ruelle, les deux artistes colombiens ont appris leur métier sur le tas au début des années 2000 avant d\u2019être repérés et dirigés vers la prestigieuse école de cirque de Châlons-en-Champagne.Diplômés en 2013, les deux inséparables ont fondé El Nucleo (le noyau) et colportent depuis une création explosive explorant le rapport à l\u2019autre, où se fondent acrobaties spectaculaires, portés, danse et mises en danger.Ces têtes brûlées poussent encore plus loin l\u2019expérience dans Warm, une expérience sensorielle sur la frontière ténue qui sépare l\u2019endurance de la souffrance physique, autant pour les artistes que le public, tous deux plongés dans une chaleur insoutenable frôlant les 45 degrés.Entre fantasme, désir et douleur, l\u2019exercice périlleux est mené entre deux murs de projecteurs fumants, braqués sur les artistes.Pour adultes, seulement, nous dit-on.Chaleur en vue! Ruelles de Montréal On attend aussi avec curiosité la mise en scène de Jeff Hall, ex-artiste de la troupe Carbone 14, qui fera son baptême du cirque dans une première création très dansée intitulée Ruelles à l\u2019Usine C, genre de version circassienne des Voisins.L\u2019artiste, qui a recruté la chanteuse Marie-Hélène Thibert, s\u2019est inspiré de la vie grouillante qui anime les ruelles de Montréal pour créer ce conte urbain.D\u2019un tout autre ton, le rire se fera homme dans Le pianiste, seule prestation ouvertement comique du festival, présentée par le Néo-Zélandais Thomas Monckton.A la manière Chaplin ou Marceau, l\u2019artiste incarne un virtuose raté, dont le piano à queue se métamorphose au gré de son imaginaire en tout.sauf en instrument de concert.«Cela a fait partie des^ coups de cœur du Festival d\u2019Édimbourg», précise Stéphane Lavoie.Humour plutôt bancal à prévoir aussi dans une autre prestation masculine, celle de Thierry Collet, qui déballera ses mots et ses tours de magie nouvelle, teintés d\u2019envolées sociopolitiques dans Vrai / Faux, rayez la mention inutile.Indescriptible, dans une case à part, ce prestidigitateur rompu à la psychologie redouble d\u2019effets pour éveiller son public à la réalité sociale plutôt que de le flouer et le bercer d\u2019illusions.Un animal rare qui ne présentera sur scène qu\u2019un seul soir, à l\u2019Espace Go, le 7 juillet.Avis aux amateurs d\u2019expériences insolites, qui aiment être désarçonnés.Cette déclinaison masculine s\u2019étendra jusqu\u2019au Musée des beaux-arts de Montréal, où l\u2019acrobate et jongleur Jimmy Gonzalez, inspiré par la touche de Rodin, livrera en aparté de l\u2019exposition plusieurs courtes performances dans la grande verrière du musée.Combinant sensualité et prouesse, l\u2019artiste manie des balles d\u2019argile dans une prestation sentie, qui lui a valu cette année une médaille d\u2019or au Festival mondial du cirque de demain.Le Devoir Montréal complètement cirque, dans plusieurs salles à Montréal du 2 au 12 juillet CIRCA : cherchez la bête ! ISABELLE PARÉ Ils sculptent les corps comme des architectes, poussent le cirque hors de ses ornières convenues, peignent des tableaux abstraits où la beauté et l\u2019insolite se fondent avec la musique.Les enfants terribles de la troupe australienne CIRCA, coqueluche du cirque contemporain, atterrissent de nouveau dans la métropole avec Beyond, sixième création présentée à Montréal en moins de dix ans, par ces prolifiques artistes.On les surnomme les «rock stars» de la planète cirque, mais ils sont bien plus que cela.La troupe dirigée par le metteur en scène Yaron Lifschitz, découverte à Montréal il y a moins de dix ans, insuffle au cirque actuel le même type d\u2019électrochoc qu\u2019administra il y a trente ans le Cirque du Soleil au milieu empoussiéré du cirque traditionnel.La compagnie australienne a réinventé en une décennie le vocabulaire acrobatique du cirque, en mêlant les disciplines.poussant les corps à leurs extrêmes, explorant autant la forme, la force, l\u2019endurance, la fragilité que l\u2019abandon dans des scènes où les corps d\u2019hommes et de femmes s\u2019amalgament dans une architecte parfois complexe, parfois minimaliste.Après Opus \u2014 présentée l\u2019hiver dernier \u2014 une œuvre MARIANNE TRUDEL c \\ie\titi A UR NUNGK D JtMSb r\" il «Voici une musicienne douée, pétiiiante et toujours aiiumée » - Voir « .ia déiicatesse des arrangements n'a d'égai que ie doigté de ia pianiste.» - L'actualité ion Canada EN SPBCTACL-B MARIANNETRUDEL4 + INGRID JENSEN : lit ^ic tcjhnjhnen'te iti 30 juin Montréal - L'Astral -18h Dans ie cadre du Festivai Internationai de Jazz de Montréai 2 juillet Québec - Théâtre Petit Champlain - 20h i % IL h rv MONTREAL COMPLETEMENT CIRQUE Beyond furète entre folie et raison, entre logique et rêve, amenant les sept interprètes, affublés de têtes de lapin en peluche, à dévoiler peu à peu leur vrai visage.d\u2019une indicible beauté où le langage acrobatique se déclinait au son des quatuors de Chostakovitch, CIRCA est de retour avec Beyond, une œuvre au titre évocateur appelant la troupe à sortir de ses propres sentiers battus.La compagnie, lancée dans l\u2019exploration de la forme pure et dure depuis plusieurs créations, libre de tout scénario, flirte cette fois avec l\u2019esprit du cabaret.Beyond furète entre folie et raison, entre logique et rêve, amenant les sept interprètes, affublés de têtes de lapin en peluche, à dévoiler peu à peu leur vrai visage lors de saynètes théâtrales.Le tout sur une scène circulaire postée en plein cœur de la Tohu.«Il y a un animal en chacun de nous.En fait.Beyond appelle à découvrir cette bête qui dort en chacun», explique Stéphane Lavoie, directeur de la Tohu, où Beyond lancera le 2 juillet la sixième édition de Montréal complètement cirque.Ce pied de nez théâtral de CIRCA, couplé à une trame sonore toujours insolite, promet de plonger le public dans un lieu inconnu, à mi-chemin entre zoo et asile, entre scène et cabaret.Entre l\u2019homme et l\u2019animal.Voyons voir ce que nous réserve cette nouvelle bête.Le Devoir BEYOND De la troupe australienne CIRCA, dans le cadre de Montréal complètement cirque, à la Tohu du T''au 5 juillet. LE DEVOIR, LES SAMEDI 27 ET DIMANCHE 28 JUIN 2015 E 5 ICINEMA ©CINE OUTREMONT Montréal^ theatreoutremont.ca 514 495-9944 ILEBIXÀPAYER de Harold Crooks D\u2019APRES LE LIVRE DE BRIGITTE ALEPIN PORTANT SUR L\u2019EVASION FISCALE Ml Le lundi 29 juin | 16het19h30 Prisonniers Grand Prix du jury à Sundance, The Wolfpack présente une fratrie peu ordinaire THE WOLFPACK ?Documentaire de Crystal Moselle.Etats-Unis, 2015, 80 minutes.MANON DUMAIS Un jour qu\u2019elle déambulait dans les rues de New York, Crystal Moselle a aperçu six jeunes garçons aux longs cheveux noirs semblant tout droit sortis du film Reservoir Dogs.Après les avoir abordés, elle a tout de suite compris qu\u2019elle avait entre les mains un sujet en or pour son premier long métrage documentaire.Et à voir ces jeunes hommes timides, âgés de 16 à 24 ans, se confier avec candeur et générosité à la caméra, on imagine sans peine tout le tact dont a dû faire preuve la réalisatrice afin de signer un portrait intimiste et respectueux d\u2019une fratrie pour le moins marginale dont le destin a basculé le jour où Mukunda, 20 ans, s\u2019e^t aventuré à l\u2019extérieur.Elevés par leurs parents sans emploi \u2014 lui, musicien raté né au Pérou, elle, exhippie convertie en femme au foyer \u2014 dans un modeste appartement du Lower East Side, les frères Angulo et leur sœur cadette Vishnu ont grandi à l\u2019écart de la société.Enfermés depuis l\u2019enfance à la maison, ils n\u2019ont que pour seule fenêtre sur le monde le cinéma.Tandis que la benjamine vit dans sa bulle, les six jeunes loups consomment inlassablement des films américains, plus particulièrement ceux de Tarantino, des frères Coen et de Chris Nolan, qu\u2019ils reproduisent ensuite avec des costumes, des accessoires et des décors confectionnés avec trois bouts de ficelle.Alors que The Wolfpack aurait pu prendre l\u2019allure d\u2019une téléréalité bas de gamme.Crystal Moselle préserve une MAGNOLIA PICTURES Une fascinante incursion dans une famille élevée dans la peur de l\u2019Antre.attitude discrète et dénuée de jugement tout au long de cette fascinante incursion dans cette famille élevée dans la peur de l\u2019Autre par un père désabusé du système.Si le documentaire adopte d\u2019abord que ceux-ci révèlent de trou- sur elle-même.Rarement le une approche ludique afin de présenter la créativité débordante des frères, celui-ci se transforme peu à peu en un étouffant huis clos tandis blants secrets de famille.D\u2019une atmosphère mélancolique, The Wolfpack livre au final une angoissante radiographie d\u2019une Amérique refermée rêve américain aura autant eu l\u2019air d\u2019un cauchemar kafkaïen.Collaboratrice Le Devoir FUNFILM La réalisatrice Lucie Borieteau dépeint une femme évoluant dans un imposant univers dominé par les hommes.Journal de bord Le drame de mcems,Fidelio, l\u2019odyssée d\u2019Alice s\u2019attache au destin d\u2019une mécanicienne de bateau FIDELIO\u201e L\u2019ODYSSEE D\u2019ALICE ?Drame de moeurs de Lucie Borieteau.Avec Ariane Labed, Melvil Poupaud, Anders Danielsen Lie, Pascal Tagnati et Bogdan Zamfir.France, 2014, 97 minutes.MANON DUMAIS Dix ans après avoir travaillé sur le Fidelio, Alice (Ariane Labed, fougueuse), mécanicienne de bateau, s\u2019embarque sur ce vieux cargo afin de remplacer le deuxième mécanicien mort tragiquement.Sur le bateau, elle rencontre le capitaine, qui n\u2019est nul autre que le grand amour de sa vie, Gaël (Melvil Poupaud, sobre).Or, la jeune femme a un amoureux, Eélix (Anders Danielsen Lie, touchant), un bédéiste norvégien qui l\u2019attend patiemment sur la terre ferme.Dans sa cabine, Alice retrouve le journal de bord du défunt, à travers lequel elle reconnaît ses propres interrogations quant à la vie solitaire en haute mer.Alors qu\u2019elle souhaitait tourner un documentaire sur la marine marchande, Lucie Borieteau, qui a entre autres travaillé avec Claire Denis et Arnaud Desplechin, s\u2019est laissée aller à écrire une fiction en écoutant les propos des marins.La dimension documentaire n\u2019a pourtant pas pris le large, puisque par souci d\u2019authenticité, la réalisatrice a tourné Fidelio à bord d\u2019un cargo en pleine mer.A travers sa caméra inquisitrice, les longs et sombres corridors labyrinthiques du bateau, où l\u2019on croise des marins philippins s\u2019adonnant à de mystérieux rituels, prennent une dimension poétique alors qu\u2019ils expriment les tourments amoureux de l\u2019héroïne.Par endroits, le bruit infernal de la lourde machinerie remplace les dialogues, offrant ainsi une musique presque organique au ballet des corps qui se désirent puis s\u2019évitent.Si certaines scènes nocturnes évoquent l\u2019excellent documentaire Leviathan de Lucien Castaing-Taylor et Verena Paravel, ce n\u2019est pas tant dans son illustration soucieuse de vérité de la vie à bord qui interpelle le spectateur, mais plutôt dans la manière délicate et sensuelle avec laquelle la réalisatrice dépeint cette femme évoluant dans un imposant univers dominé par les hommes.Ni garçon manqué ni femme fatale, Alice s\u2019impose avec aplomb dans ce monde viril, faisant fi de tout jugement.A travers cette femme partagée entre son envie d\u2019aimer, ses pulsions sexuelles et son attrait pour la mer, Lucie Borieteau soumet le spectateur à une fine réflexion en ébranlant doucement les notions de couple et de fidélité.Collaboratrice Le Devoir Remue-ménage muséologique Un musée prestigieux de Vienne se refait une beauté sous le regard d\u2019un documentariste attentif THE GREAT MUSEUM ?1/2 Documentaire de Johannes Holzhausen.Autriche, 2013, 94 minutes.ANDRÉ LAVOIE Ses nombreux trésors donnent le vertige, sans compter qu\u2019il abrite la plus importante collection de tableaux signés Bruegel, dont le célèbre La «grande» tour de Babel.Le Musée de l\u2019histoire de l\u2019art de Vienne, mieux connu sous le nom Kunsthistorisches Museum, s\u2019est refait une beauté en 2012-2013; passage obligé pour un édifice construit en 1891.Cette cure de jouvence constitue une opération hautement délicate en ce lieu chargé d\u2019histoire, sans compter que les hauts dirigeants doivent aussi composer avec l\u2019austérité, un fléau qui s\u2019internationalise, malheureusement.Voilà tout ce que le cinéaste autrichien Johannes Holzhausen peut observer à son aise dans The Great Museum, ayant eu carte blanche pour déambuler dans ses dédales avec la même aisance qu\u2019un Alexandre So-kourov au cœur de l\u2019Ermitage de Saint-Pétersbourg dans L\u2019arche russe, le budget et une tonne de figurants en moins ! Holzhausen propose lui aussi un grand voyage dans le temps, optant pour une approche intimiste, çt rarement encyclopédique.A la beauté des œuvres de tqutes les époques, celles de l\u2019Egypte ancienne, de la Rome antique et bien sûr de la monarchie autrichienne, le cinéaste semble préférer la grâce des gestes permettant de les préserver.En profitant de cet imposant remue-ménage muséologique, il ratisse les lieux, de la cave au grenier, des dépôts d\u2019archives EXC3NTRIS PHOENIX (v.O.stf.)- CHRISTIAN PETZOLD - 90 MIN.BILLETTERIE : 514 847-2206 3536, BOULEVARD ST-LAURENT, MONTRÉAL ET AUSSI A L\u2019AFFICHE: ANTOINE ET MARIE -JIMMY LAROUCHE EDEN (v.f.sta.)-MIA HANSEN-LOVE CAPRICE -EMMANUELMOURET Bi'l LE SEL DE LA TERRE (v.o.stf.) - WIM WENDERS ET JULIANO RIBEIRO SALGADO CÉSAR DU MEILLEUR DOCUMENTAIRE 2015 ET AUSSI PLUS DE 70 FILMS SUR CHORUS - FRANÇOIS DELISLE CINÉMA EN UQNE SOMMEIL D\u2019HIVER (v.o.stf.) - NURI BILGE CEYLAN B'I'I CINEMAEXCENTRIS.COM CINFMA DU PARC Le cinéaste autrichien Johannes Holzhausen a eu carte blanche pour déambuler dans les dédales du musée.aux bureaux feutrés de la haute direction, pour capter le travail minutieux et le dévouement constant de tous les employés, grande famille elle aussi dysfonctionnelle.Documentaire contemplatif Rien ne semble amuser autant Johannes Holzhausen que d\u2019insérer entre les multiples séances de restauration, de manipulation d\u2019objets ou de rénovation des réunions où la tension est parfois subtile (sur des questions budgétaires, évidemment), parfois évidente (le cri du cœur d\u2019une gardienne de sécurité sentant le poids d\u2019une hiérarchie qui marginalise son rôle).Capable de se fondre au milieu d\u2019une foule agitée, il aime aussi scruter les multiples rencontres protocolaires, courbettes nécessaires face au pouvoir politique pour justifier le financement imposant de cette transformation en profondeur d\u2019un lieu aussi fragile que prestigieux.Si ce documentaire résolument contemplatif en met plein la vue en finale, montrant le fruit de tant d\u2019efforts et d\u2019ingéniosité, il n\u2019est jamais aussi pertinent que dans ce désir de dévoiler les facettes les plus humaines du processus.Celles et ceux qui redonnent de l\u2019éclat à des toiles abîmées par le temps, à des pièces de monnaie d\u2019un autre âge ou à des couronnes serties de diamants obtiennent les plus belles faveurs du cinéaste.Rarement ils s\u2019expriment devant la caméra sur leurs véritables motivations, faisant comme si elle était absente, interagissant avec simplicité et franchise avec leurs collègues ou exécutant leurs tâches dans un silence quasi monastique.Devant tant de splendeurs protégées par un écrin d\u2019une telle magnificence, le bavardage ressemblerait parfois à un outrage.Collaborateur Le Devoir ARIANE LABED MELVIL POUPAUD ANDERS DANIELSEN LIE FIDELIO L'ODYSSÉE D'ALICE h Un premier long-metrage puissant et abouti» CULTURE BOX
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