Le devoir, 18 juillet 2015, Cahier E
[" Les photos sont-elles de rinformation publique ou privée ?Pages E 3 et E 6 Boris Pasternak et les péripéties de son Docteur Jivago Page e s % FIAMS Le petit cercle de craie du Théâtre de la Tortue Noire Festival de marionnettes à Saguenay Le beau tour de main MICHEL BELAIR Aussi inespérée qu\u2019inattendue, la nouvelle est tombée il y a quelques mois : il y aura bel et bien un festival dédié à la marionnette et au théâtre d\u2019objets à Saguenay cet été.Du 21 au 26 juillet \u2014 et malgré la retentissante faillite de Maniganses en 2013 \u2014, le Festival international des arts de la marionnette de Saguenay Ç^l^MS) propose une treizième édition très fournie.A l\u2019affiche: une bonne trentaine de spectacles, dont plusieurs gratuits pour toute la famille, et une dizaine de compagnies venues de l\u2019étranger.Comment expliquer ce retour en force qui paraissait impossible ?Des choix et des priorités A l\u2019autre bout du fil, Benoît Lagrandeur et Dany Lefrançois répondent d\u2019une même voix : «C\u2019est tout le milieu ici qui a réagi.Personne n\u2019acceptait de voir disparaître le festival qui nous a tous nourris et qui est à l\u2019origine de l\u2019existence de plusieurs compagnies de la région.comme de plusieurs carrières de comédiens et d\u2019idéateurs.» 11 faut savoir que le festival est présenté tous les deux ans depuis le début des années 1990 ef qu\u2019il a eu un impact majeur sur toute la région.A l\u2019annonce de la faillite de Maniganses, expliquent les deux codirecteurs de l\u2019événement, sept compagnies du coin se sont donc regroupées d\u2019un même élan pour former un comité de relance.«Il y avait trois approches possibles, raconte Lagrandeur, du Théâtre La Rubrique.Payer les dettes de Maniganses (ce qui était impossible puisque personne n\u2019avait les moyens de le faire), fonder une nouvelle corporation qui aurait créé un nouveau festival (ce qui était un peu lourd et même un peu inutile), ou plutôt confier le FIAMS à un organisme porteur, bien impliqué dans le milieu, qui reprendrait le dossier; c\u2019est ce qu\u2019a fait La Rubrique avec l\u2019appui de toutes les compagnies de la région.» Et c\u2019est ainsi que cette 13® édition du festival s\u2019organise.Car l\u2019appui s\u2019est effectivement révélé massif, puisque les créanciers ont eux aussi endossé la poursuite du festival en arguant que c\u2019était un attrait majeur pour toute la région.d\u2019autant plus qu\u2019il est maintenant présenté au beau milieu de l\u2019été, en pleine saison touristique.Marché conclu.Que réserve cette nouvelle mouture du Festival international des arts de la marionnette de Saguenay?Dany Lefrançois, de la Tortue Noire, reprend.«Notre budget est plutôt modeste et il a fallu faire des choix.Donner priorité par exemple aux petites formes et les petites équipes, surtout à l\u2019international, où nos tournées nous ont amenés à développer beaucoup de contacts [La Tortue Noire a tourné longtemps avec une remarquable version théâtre d\u2019objets du Kiwi de Daniel Danis, que Le Devoir avait vu à Reims lors du festival Méli\u2019Môme il y a quelques années.].En fait, nous avons demandé à nos amis européens d\u2019assumer d\u2019une façon ou d\u2019une autre leurs frais de déplacement en leur offrant l\u2019accueil et l\u2019hébergement une fois ici.» Ce régime minceur se fait sentir aussi dans les salles qui accueilleront les spectacles : ce sont sensiblement les mêmes qu\u2019à l\u2019habitude.sauf les grandes.«C\u2019est pour nous très positif poursuit Lagrandeur; cela nous permet d\u2019offrir une expérience plus intime aux spectateurs en in- sistant sur le rapport de proximité.Quand à notre programmation, vous le verrez, elle est particulièrement riche et diversifiée.» Points forts Benoît Lagrandeur précise que l\u2019on a laissé tomber, faute de moyens, la production à grand déploiement qui attirait beaucoup de monde au festival.mais qu\u2019une foule de spectacles gratuits seront présentés comme à l\u2019habitude sur le site de la rivière aux Sables et un peu partout dans les différents endroits qui accueillent le festival dans la grande agglomération de Saguenay.Les sentiers du mont Jacob par exemple, qui abrite les locaux de La Rubrique dans le quartier de Jonquière, accueilleront un déambulatoire gratuit (Cache-cache marionnettes) alors que La Rubrique promène déjà dans toute la région son spectacle Kermess \u2014 «une sorte de spectacle-sensibilisation à la marionnette», dit La^andeur \u2014, qui sera présenté au parc de la Rivière-aux-Sables du 24 au 26 juillet.VOIR PAGE E 3 : MARIONNETTES METAMORPHOSES DU LIVRE De la tradition orale à l\u2019Internet : ce qu\u2019on perd en chemin ILLUSTRATION TIFFET CAROLINE MONTPETIT Les auteurs qui utilisent leur site Web pour diffuser leurs oeuvres le font davantage pour des raisons de visibilité que de profit.En fait, certains auteurs vont jusqu\u2019à mettre l\u2019ensemble de leur oeuvre gratuitement en ligne, tandis que leurs livres de papier se vendent encore en librairie.C\u2019est ce qu\u2019évoquait la chercheuse Nadine Desrochers, professeure adjointe au Département de bibliothéconomie et des sciences de l\u2019information de l\u2019Université de Montréal, qui présentait récemment une conférence au Congrès SHARP (Society for the History of Authorship, Reading and Publishing), qui accueillait plus de 200 chercheurs intéressés par l\u2019histoire du livre et ses transformations.Dans le cadre d\u2019une recherche menée auprès des auteurs utilisant l\u2019Internet, M\u201c® Desrochers a constaté que 23 % d\u2019entre eux avaient mis un livre au complet en libre accès en ligne.«La plupart des auteurs qui publient en ligne ont pour but premier de faire connaître leurs oeuvres, et non d\u2019en tirer un profit en argent», confirme Kathleen Schreurs, chercheuse de l\u2019Université de Western Ontario, qui présentait une conférence sur le même thème.Par ailleurs, plusieurs auteurs interrogés par M\u201c® Schreurs dans le cadre de sa recherche sur l\u2019utilisation de l\u2019Internet par les écrivains ont indiqué qu\u2019ils devaient parfois se rendre dans des lieux où l\u2019accès au Wi-Pi était restreint, pour garder la concentration nécessaire à l\u2019écriture.Sous le thème Générations et régénérations du livre, le congrès offrait un éventail de conférences sur les thèmes les plus divers, des partitions musicales du XVIIP siècle aux livres du futur.Marie-Hélène Jeannotte, du Groupe de recherches et d\u2019études sur le livre au Québec (GRELQ), a pour sa part présenté une analyse du passage de la tradition orale à la production de textes écrits dans le monde autochtone québécois.Ainsi, plusieurs contes traditionnels autochtones, qui ont voyagé au moyen de la tradition orale depuis des siècles, sont désormais fixés sur le papier.La chercheuse a noté que plusieurs richesses du mode de transmission oral se perdent au moment de cette transition.Chez les autochtones, le conteur, par sa personnalité et son statut, donne une légitimité au récit, en plus d\u2019offrir une performance et un potentiel interactif, avec une variabilité dans les récits.La tradition orale porte en elle-même un caractère «vivant et sacré».La légitimité du mjtihe repose sur la crédibilité du conteur, note Jeannotte, citant à cet égard l\u2019anthropologue Sylvie Vincent VOIR PAGE E 6 : TRADITION E 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 JUILLET 2015 CULTURE.ARTS DE LA SCENE ZOOFEST Attractions dans l\u2019obsolescence Le Théâtre Kata lave le linge sale de nos nouvelles vanités en famille FABIEN DEGLISE est ce qu\u2019on appelle faire passer l\u2019expression « créer un monstre » de la tournure de style aux planches.Avec Le monstre, proposition dramaturgique inscrite dès lundi prochain et pour sept soirs seulement à la programmation de l\u2019éclectique festival Zoofest, la jeune troupe du Théâtre Kata a décidé d\u2019autopsier à la dure les notions de désir et d\u2019attraction dans des sociétés où le jetable et l\u2019obsolescence programmée percolent désormais au-delà du cadre de la consommation de produits, jusqu\u2019à teinter les relations entre les humains.Du théâtre coup-de-poing, en somme, pour forcer les nez à se décoller de l\u2019instant, à mieux prendre conscience de tout l\u2019absurde du présent.« Cette pièce part d\u2019un constat, lance à l\u2019autre bout du fil Olivier Arteau-Gau-thier, auteur et metteur en scène de cet objet théâtral repris ici après une présentation remarquée l\u2019an dernier à Montréal dans le cadre du festival Fringe.Aujourd\u2019hui, le désir, surtout celui à connotation sexuelle, est omniprésent dans la société comme vecteur et argument de vente.Dans les univers numériques, il teinte même nos rapports sociaux.C\u2019est la rhétorique du désir que l\u2019on exploite pour se promouvoir, pour nous montrer, pour nous faire remarquer, pour stimuler les phéro-mories chez l\u2019autre.Mais ça nous conduit où ?» A grands coups de Facebook, de Twitter, de Vine et d\u2019instagram, le corps est désormais devenu une marchandise dont la valeur se mesure sur les nouveaux marchés du social au nombre de «J\u2019aime» accumulés.«Ces outils montrent que ce que l\u2019on vit est beau, dit le dramaturge.Mais est-ce également vrai ?Est-ce sincère ?» Souffrir pour réfléchir Pour le savoir, dans cette époque qui n\u2019aime pas toujours regarder ses paradoxes dans le L\u2019auteur souhaite surtout forcer les questions, plutôt que de se plier au diktat de la réponse facile offerte face à la complexité des choses îi PIERRE CASTERA THÉÂTRE KATA / ZOOEEST Pendant une heure, Le monstre place dans le huis clos d\u2019une buanderie une jolie brochette de représentants de la génération « duck face».Sans filtre photographique, sans excès de sourires factices, ils vont devoir socialiser et renouer avec l\u2019essentiel, en naviguant entre leurs contradictions.blanc des yeux, il faut se faire violence.Ce que propose d\u2019ailleurs ce Monstre, qui, pendant une heure, place dans le huis clos d\u2019une buanderie une jolie brochette de ces nouveaux vaniteux, représentants de la génération «duck face» \u2014 cette moue que l\u2019on fait sur les égoportraits partagés en ligne pour se faire plus désirable en donnant l\u2019illusion d\u2019être plus mince que nature.Ils ne peuvent pas sortir.Ils vont devoir socialiser, sans fard, sans filtre photographique, sans excès de sourires factices, et renouer du coup avec l\u2019essentiel, en naviguant entre leurs contradictions.Le spectacle est kinesthésique, à l\u2019image des créations de la jeune troupe inter villes \u2014 formée d\u2019un trio de base provenant de Québec et Montréal \u2014 qui souhaite donner de l\u2019impor- tance à la dynamique des corps, aux interactions physiques dans des dramaturgies classiques.11 est aussi réflexif, l\u2019auteur souhaitant surtout avec ce Monstre forcer les questions, plutôt que de se plier au diktat très contemporain de la réponse facile offerte face à la complexité des choses.«Je veux que le spectateur soit victime de tout ça», dit Olivier Arteau-Gauthier, qui a étudié le théâtre russe en Biélorussie au début de la décennie en cours, avant de revenir ici développer sa tératologie sociale pour planches.Et il ajoute : «L\u2019artifice, pour séduire, fait partie de la nature.Les oiseaux l\u2019utilisent comme façon de courtiser.Mais que deviennent réellement ces artifices déployés quand ils finissent par compliquer les rapports, les inscrire dans cette super- ficialité du jetable au point de rendre difficile le contact avec l\u2019autre?» Un lien de causalité effroyable, en effet! Le Devoir LE MONSTRE Texte et mise en scène d\u2019Olivier Arteau-Gauthier.Avec Olivier Arteau-Gauthier, Lucie M.Constan-tineau, Dustin Segura-Suarez, Vincent Massé-Gagné, Gabriel Cloutier Tremblay, Léa Aubin, Sarah Villeneuve-Desjardins, Nathalie Séguin, Dayne Simard, Vincent Roy.Au Théâtre La Chapelle les 20, 26, 27, 28, 29, 31 juillet et T'' août À 19h ou 20h30 tiyal era DE QUEBEC Direction générale et artistique : Grégoire Legendre 23 juillet au 5 août festivaloperaquebec.com L\u2019Amour de loin Saariaho / Maalouf Robert Lepage, mise en scène 30 juillet, 1,3 et 5 août à 20 h Grand Théâtre de Québec De Bernstein àPlamondon Marie-Josée UDÿfil^lirc Hervieux Gino 28 juilletlKo h Cour du Vieux-Séminaire De Lully à Rameau Les Violons du Roy 25 juillet à 20 h.Palais Montcalm Arthur Nathalie Magnan 24, 27, 29, 31 juillet à 20 h et le 26 juillet à 15 h La Maison jaune Diva by Night Natalie Choquette 23 juillet à 20 h____________ Grand Théâtre de Québec Et plusieurs autres activités.O Conseil des arts Québec ! 1 877 643-8131 billetech.com Canada\t# RaDio-canaoa JUSTE POUR RIRE Hahahaïti : cultiver et partager le rire Wyclef Jean et Dany Lafer-rière prendront part à la troisième édition de la soirée-bénéfice Hahahaïti, dont les profits serviront à l\u2019ouverture / de l\u2019Ecole nationale de l\u2019humour en Haïti.Louise Richer, / directrice de l\u2019Ecole nationale de l\u2019humour (ENH), revient sur cette idée folle.MANON DUMAIS idée d\u2019élaborer à Port-au-.Prince une formation telle que celle offerte à l\u2019École nationale de l\u2019humour n\u2019est pas apparue à Louise Richer, directrice générale et pédagogique de l\u2019ENH, mais bien au consul Justin Viard.«Les premières rencontres remontent à 2012 avec les représentants du Consulat général de la République d\u2019Haïti à Montréal, du ministère de la Culture et Juste pour rire afin d\u2019évaluer avec eux la possibilité que JPR reçoive des talents haïtiens dans le cadre du festival.Lors des discussions, M.Viard disait souhaiter, afin d\u2019assurer une pérennité et un enracinement, la création d\u2019une école de l\u2019humour», raconte Louise Richer.Peu de temps après,,le téléphone sonne à l\u2019ENH.Évidemment, la directrice de l\u2019établissement est sceptique devant une telle idée, puisqu\u2019elle considère qu\u2019Haïti a besoin de bien d\u2019autres choses qu\u2019une formation en humour.Dès lors, il était important pour elle de trouver un porte-parole connaissant aussi bien l\u2019une que l\u2019autre les deux sociétés francophones d\u2019Amérique afin qu\u2019il puisse valider le projet: «Qui de mieux que Dany Laferrière ?» L\u2019axe nord-sud Fin janvier 2013, Richer et Laferrière s\u2019embarquent pour Haiti afin qu\u2019une entente puisse être signée entre l\u2019ENH, Juste pour rire et le ministère de la Culture.En discutant avec le directeur l\u2019École PEDRO RUIZ LE DEVOIR Selon Louise Richer, directrice générale et pédagogique de l\u2019ENH, les échanges entre les humoristes d\u2019ici et d\u2019Haïti s\u2019avèrent aussi enrichissants pour les uns que pour les autres.nationale des arts de Port-au-Prince de la pertinence d\u2019une telle entreprise dans un pays se reconstruisant au lendemain du séisme, Louise Richer a vite compris que l\u2019humour était salutaire pour ce peuple résilient.« \u201cLa nourriture culturelle est aussi importante pour nous que pour quiconque.et peut-être encore plus\u201d, m\u2019a dit le directeur.Tu restes bête, quand tu entends ça.» avoue-t-elle.Dès la première année, elle a pu constater que des liens profonds et durables se tissaient déjà entre les deux communautés.Selon ses dires, les échanges entre les humoristes d\u2019ici et d\u2019Haïti s\u2019avèrent aussi enrichissants pour les uns que pour les autres.Si les deux types d\u2019humour ne sont pas né-cessairement complémentaires, Louise Richer y remarque quelques similarités.«Dans le Sud-Est, on rencontrait beaucoup de gens qui se disaient blagueurs; leurs blagues étaient en fait les mêmes que nos histoires de newfies, sauf qu\u2019il s\u2019agissait de Toto.Benoît Pelletier et moi étions fascinés! A Port-au-Prince, on a rencontré de vrais humoristes, dont plusieurs étaient d\u2019influence très française.On commence aussi à sentir l\u2019influence du stand-up américain en raison de l\u2019immigration aux Etats-Unis.Ils n\u2019abordent pas beaucoup de sujets dramatiques, car ils sont d\u2019une telle jovialité! Comme nous, ils ont ce côté bon enfant, une certaine bonhomie.» S\u2019il a été facile de convaincre Dany Laferrière de devenir le porte-parole de Hahahaïti, il en fut de même pour Wyclef Jean, invité d\u2019honneur de la troisième soirée-bénéfice: «Réunir ces deux-là, c\u2019est le meilleur témoignage de l\u2019importance de ce projet.Leur présence nous donne des ailes et donne de la crédibilité au projet et à cette soirée de fierté», conclut Louise Richer avec ferveur.Collaboratrice Le Devoir LE DEVOIR, LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 JUILLET 2015 E 3 CULTURE.ME DI AS ARCHIVES LE DEVOIR La bataille de l\u2019image, version pop ISABELLE PARE Taylor Swift ne sera pas la première starlette à tenter d\u2019exercer un contrôle maladif sur sa propre image.Mais la montée de lait de l\u2019idole du peuple américain, ajoutée à la mainmise réclamée «à perpétuité» par les Foo Fighters cette semaine sur les images des photographes de presse, a ébranlé les hases déjà fragiles du droit d\u2019auteur, accélérant une course où le droit absolu à l\u2019image et les empires commerciaux font la loi.Dans ce duel, y a pas photo.Pour l\u2019instant, les artistes de la pop ont gagné la première manche, voyant tous leurs concerts couverts à souhait, malgré la soupe amère imposée aux entreprises de presse.Début juillet, Swift, blonde reine de la pop de passage au Centre Bell, montait sur ses ergots en accordant l\u2019accès à sa silhouette seulement qu\u2019aux photographes abdiquant leurs droits d\u2019auteur.Si plusieurs médias ont boudé la vedette, refusant d\u2019apposer leurs signatures à ces contrats gloutons, tous ont tout de même fait état de la première, se rabattant sur les photos d\u2019archives ou d\u2019agences.Rebelote au Festival d\u2019été de Québec, où les Foo Fighters, poussant un cran plus loin, réclamaient samedi dernier même les droits moraux sur l\u2019œuvre des photographes et le pouvoir de réutiliser leurs clichés pour la nuit des temps, sans verser un sou à leur auteur.En Europe, The Guardian a dénoncé l\u2019appétit vorace du groupe rock.Le Soleil, railleur, a dépêché son caricaturiste sur les lieux.Une réponse «créative», soulignée par The Guardian et le Gulf News.Quant au Washington City Paper, il a qualifié la manœuvre commerciale de pure «exploitation».Un moindre mal pour ces deux abonnés du top 50, qui ont vu tout de même la couverture de presse déferler.Une question demeure: la loi sur les droits d\u2019auteur est-elle soluble dans les nouveaux diktats imposés par les imprésarios de ces idoles populaires ?Du privé dans l\u2019espace public « On limite déjà l\u2019accès à certaines images, notamment avec les droits de télédiffusion, au hockey par exemple.Mais là, ça va beaucoup plus loin.L\u2019organisation s\u2019approprie les droits des images pour l\u2019avenir.Il y a là une dérive qui participe à la privatisation généralisée des images.L\u2019idée qu\u2019il reste un intérêt public à voir les images d\u2019un événement semble être en complète perte de vitesse», pense M® Pierre Trudel, professeur de droit des technologies de l\u2019information à l\u2019Université de Montréal.Le manège, déjà utilisé par d\u2019autres vedettes, dont Lady Gaga et Bruno Mars, est assimilable à une forme de précensure, estime-t-il.Pour ce qui est de l\u2019atteinte aux droits d\u2019auteur toutefois, difficile de penser que ces contrats pourraient être déclarés illégaux, puisqu\u2019«o ce jour, les tribunaux ont peu ou pas de sympathie à l\u2019égard de ce genre d\u2019arguments.Le droit à l\u2019image est de plus en plus privilégié par rapport au droit d\u2019auteur ou à la liberté de presse», estime cet expert.Le jugement de la Cour suprême dans l\u2019affaire Aubry-Du- clos a cristallisé l\u2019état du droit en hissant en 1989 sur un piédestal le droit à l\u2019image, égratignant au passage la notion de liberté de presse et celle du droit d\u2019auteur.Dans cette affaire, la plus haute cour a donné raison à Pascale Aubry, une jeune femme de 17 ans qui avait poursuivi le photographe Gilbert Duclos et le magazine Vice Versa pour avoir publié une photo d\u2019elle-même, croquée sur la rue Sainte-Catherine, sans son consentement.La décision a ainsi introduit le principe du droit à l\u2019image et l\u2019obliga-tion pour les photographes d\u2019obtenir l\u2019autorisation expresse des sujets photographiés, sauf lors d\u2019événements publics.Mais pour Pierre Trudel, la couverture d\u2019événements culturels, au même titre que les événements politiques, devrait faire partie de cette sphère publique.Plus encore, la nouvelle mixture légale servie aux médias emmêle les notions de droits, avance pour sa part Georges Azzaria, professeur de droit à l\u2019Université Laval.Ces contrats «abusifs», qui s\u2019arrogent le droit d\u2019exploiter une image sans rémunération ni mention obligatoire de l\u2019auteur, balaient totalement la notion de «droits moraux».«Les droits moraux sur une œuvre ne sont pas monnayables.L\u2019idée de les céder est surprenante.On nie l\u2019idée même de la paternité d\u2019une œuvre, en affirmant qu\u2019on peut la changer, la modifier à son bon vouloir, dé-plore-t-il.Malheureusement, comme il s\u2019agit d\u2019une entente contractuelle, un juge dira qu\u2019il y a eu consentement.Qu\u2019est-ce qui prime ?La Loi sur le droit d\u2019auteur ou le contrat?À moins qu\u2019un droit fondamental enchâssé dans la Charte soit attaqué, le contrat aura priorité», juge le professeur Azzaria.Autre bizarrerie dans cette croisade pour le monopole de l\u2019image, le public, lui aussi, échappe à cette tentative d\u2019usurpation.Et cela alors que la circulation d\u2019images d\u2019amateurs sur les réseaux sociaux n\u2019aura jamais été si prolifique.« C\u2019est un jeu dangereux, car les seules images qui vont rester en circulation seront de moindre «Les droits moraux sur une œuvre ne sont pas monnayables» qualité et celles sur lesquelles ces entreprises auront encore moins de contrôle», estime Georges Azzaria.Quand l\u2019icône fait loi Symptôme d\u2019une dérape?Selon Jean-Lrançois Dumas, président d\u2019influence Communication, rien n\u2019est moins sûr.Visiblement, la gifle assenée aux médias n\u2019a pas enflammé les médias sociaux.«On a plus parlé du pied cassé de David Grohl que de cette histoire, ou même du spectacle lui-même, dit-il.Pour le public, il n\u2019y a pas de valeur suprême transgressée et en plus, la presse ne jouit pas d\u2019un grand capital de sympathie dans le public.» Sur les réseaux sociaux, les vagues d\u2019empathie prennent racine quand le public peut s\u2019associer à la figure attaquée.Taylor Swift s\u2019attaquant au géant Apple, par exemple, en refusant que l\u2019empire la prive de ses droits pendant trois mois.«Ça, c\u2019était une belle histoire.», dit-il.Jusqu\u2019à ce que la pasiona-ria se métamorphose elle-même en vampire de la presse, avec ses contrats outranciers imposés aux photographes.«Ça dénote la puissance de la marque sur le gros bon sens.Ces institutions deviennent tellement puissantes qu\u2019elles dictent leurs normes et les gens finissent par s\u2019y plier», s\u2019inquiète M.Dumas.Dans un monde de pigiste, cette fragilisation du front médiatique n\u2019est pas rassurante.Selon cet expert, la dérive observée dans l\u2019industrie du spectacle s\u2019inscrit dans le bouleversement plus global déjà amorcé dans la relation entre les médias et les personnalités publiques en général.Combien de politiciens, par exemple, refusent désormais de se plier au jeu des conférences de presse ou des entrevues?«L\u2019affaire de Taylor Swift et des Foo Fighters, ce n\u2019est qu\u2019un élément d\u2019un mouvement qui semble vouloir se généraliser à l\u2019égard des médias», dit-il.Le Devoir Lire aussi > À nous ia rue?, de Nicolas Mavrikakis, sur l\u2019exposition photo de David Martin, rue McGill College.Page E 6 MARIONNETTES SUITE DE LA PAGE E 1 Les familles voudront visiter ce fameux parc de la Rivière-aux-Sables et sa place Nikitoutagan, puisqu\u2019on y présentera une foule de spectacles gratuits pour les enfants de tous âges offerts par Tenon Mortaise {Rapaces ou victimes), Les Pas Sortables (Les vieillards et la mer), la compagnie française Drolatic Industry {L\u2019enfer du décor, La mort en cage), Emilie Racine {Les mariés corbeaux) et plusieurs autres.On aura avantage à vérifier la programmation, puisque quelques productions présentées dans le secteur {Le guichet des anonymes.Golden gala) ne sont pas gratuites.Ailleurs, en salle, le choix est vaste, mais signalons quelques spectacles incontournables.D\u2019abord, une production de la compagnie espagnole Pelmanec, Diagnostic: Hamlet, en version française pour les ados dès 16 ans.Des présences doubles (et même triples !) : celle de la compagnie Motus avec le tout nouveau Mé-phisto Méliès (14 ans), produit avec Pupulus Mordicus, et le très beau Élisapie et les aurores boréales (2 à 7 ans) ; de la Tortue Noire avec son Petit cercle de craie (dès 12 ans) adapté de Brecht et une coproduction avec des Mexi- cains, Memento mori (16 ans) ; de Belzébrute avec Mr P et Monsieur qui ?et enfin de Drolatic Industry avec un troisième spectacle pour les enfants dès 6 ans.Insensé ?, sans compter des Belges {L\u2019homme content de rien), des Allemands {Ils s\u2019en fichent!), le très beau Conte Arbour de Bouches Décousues, l\u2019installation de la prolifique Marcelle Hudon {Le pavillon des immortels heureux), le très évocateur Swift! de Skappa! & Associés, dont on vous a déjà parlé depuis Méli\u2019Môme, et de nombreux autres que l\u2019espace nous empêche de citer ici.A tout cela, il faut aussi ajouter un atelier de fabrication de marionnettes de papier à La Pul-perie, un autre sur la manipulation des marionnettes géantes animé par la Dame de Cœur, bien sûr, des expositions et une série de rencontres professionnelles \u2014 dont l\u2019une avec Alice Laloy qui a révolutionné le secteur en Europe \u2014 et l\u2019on saisira rapidement que cette 13® édition du LIAMS est tout simplement incontournable ! Collaborateur Le Devoir FIAMS Du 21 au 26 juillet Partout dans l\u2019agglomération de Saguenay fiams.com Mr P est une production de Belzébrute, qui présentera aussi Monsieur qui ?.VIDÉOTRON SBPPtEHEMK 19 El 20 WHITI -\tnrtBflît KsauM» À l'RFFlCHE SUR LR SCÈHE DU THM TNM.QC.CA HAHAHA.COH 50DEC Québec a n 3736 D$^C D^1D E 4 LE DEVOIR, LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 JUILLET 2015 CULTURE>MUSIQ,UE CLASSIQUE MUSIQUE CLASSIQUE Martin Helmchen en récital : nne denrée rare ! MARCO BORGGREVE « Depuis peu, j\u2019accompagne aussi des chanteurs.C\u2019est le plaisir suprême », affirme le pianiste Martin Helmchen, qui a diverses activités, mais trouve difficile d\u2019intégrer les récitals à son horaire.CHRISTOPHE HUSS Le pianiste allemand Martin Helmchen, 33 ans, donnera jeudi son premier concert au Québec : un récital dans le cadre du Festival du Centre d\u2019arts Orford.Le nom de Martin Helmchen n\u2019est pas inconnu pour les fidèles lecteurs du Devoir.Depuis 2009, nous vous présentons régulièrement ses parutions discographiques sur étiquette Pentatone.Helmchen s\u2019était fait remarquer dès son premier disque, les Concertos n° 13 et 24 de Mozart, assez brutalement accompagnés par Gordan Nikolic, hélas.L\u2019essai fut transformé dès son opus deux: une superbe So- Helmchen cite également les concertos de Mendelssohn parmi ses disques dont il est fier note D.959 de Schubert.J\u2019écrivais alors: «Artiste fin et raisonnable, qui sait mettre Schubert avant son ego, Helmchen confirme dans les Moments musicaux qu\u2019on devra le considérer dans un proche futur comme l\u2019un des plus intéressants pianistes germaniques de la relève.» Une anthologie de référence des œu-vres pour violon et piano de Schubert avec Julia Fischer a, depuis, enfoncé le clou.La prédiction s\u2019est aussi avérée, désormais, sur les plus grandes scènes de la planète.Il n\u2019y avait pas vraiment de mérite à prévoir cela.En effet, Martin Helmchen a été repéré en remportant le concours Clara-Has- kil à Vevey en 2001, une compétition qui a historiquement démontré un flair particulier pour les vrais interprètes.Le Clara-Haskil avait révélé auparavant Steven Osborne, Mihaela Ursu-leasa et Till Fellner.Helmchen est en quelque sorte un cousin pianistique de Fellner, avec une même subtilité, et, a priori, le même répertoire.Une vaste palette Ce sont là les apparences, car si Fellner est effectivement plutôt cantonné à Bach, Mozart, Beethoven et Schubert \u2014 on l\u2019a vu à Montréal s\u2019égarer dans Gaspard de la nuit de Ravel et ce n\u2019était pas jojo ! \u2014, Helmchen cultive bien d\u2019autres intérêts.Mine de rien, il a déjà enregistré le Concerto pour piano de Dvorak (avec Marc Albrecht, chez Pentatone), la Symphonie sur un chant montagnard français de Vincent d\u2019Indy (avec Marek Janowski, chez Pentatone) et les deux Concertos pour piano de Chostakovitch, avec le grand Vladimir Jurowski pour l\u2019étiquette LPO de l\u2019Orchestre symphonique de Londres.Les programmes de ses rares récitals attestent, certes, un tropisme pour le,s grands classiques viennois.A Orford, jeudi, il proposera des variations de Schubert, Schumann et Webern, un menu raffiné culminant avec les fameuses Variations Diabelli de Beethoven.«En concerto, on me demande surtout Mozart, Beethoven et Schumann», dit au Devoir celui qui a débuté dans ce monde du concerto avec le 20 JUIN^ ¦ 23 AOÛT ™ê0/5 ' INTERNATIONAL cù Hydro .Québec DOMAIN FORGE présente ,Salle,:i^6 Bourjie n La Fondation Arte Musica\t^ ¦ M < CONCERTS DU FESTIVAL VENDREDI 24 JUILLET 20 H GRANDS MAÎTRES EUROPÉENS DES XIX' ET XX' SIÈCLES Mark Fewer, Denise Lupien, Marianne Piketty, violons Paul Silverthorne, alto | Philippe Muller, violoncelle Philip Chiu, Jean Marchand, piano SAMEDI 25 JUILLET 20 H ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE QUÉBEC Jacques Lacombe, chef d'orchestre Rachel Barton Pine, violon JARDIN HARMONIQUE DE SCULPTURES Découvrez les 25 oeuvres monumentales installées sur la propriété! UNE EXPÉRIENCE SENSORIELLE INCOMPARABLE! PALAZZETTO BRU ZANE CENTRE DE MUSIQUE romantique FRANÇAISE PACTE RURAL Caisse de dépôt et placement du Québec CHARLEVOIX EST \u2022À CASINO CHARLEVOIX LES BRUNCHES-MUSIQUE Tous les dimanches de l'été! Du 7 juin au 30 août 26 JUILLET CLASSIQUES ENDIMANCHÉS Sylvain Neault, violon David Jacques, guitare Détails sur domaineforget.com 418 452-3535 11 888-DFORGET (336.7438) 1^1 Patrimoine Canadian canadien Heritage Québec caa Eaa Æ- SWINGIN' WITH OSCAR Jeudi 15 octobre 2015 \u2022 18 h _________________________ RÉMI BOLDUC JAZZ ENSEMBLE Rémi Bolduc, saxophone Fraser Hollins, contrebasse Dave Laing, batterie Invite TAUREY BUTLER, piano Remi Bolduc rend un vibrant hommage a ce musicien de chez nousi LE NOEL DE CHARLIE BROWN Jeudi 17 décembre \u2022 18 h TAUREYBUTLER TRIO Taurey Butler, piano Éric Lagacé, contrebasse Wall Muhammad, batterie Chanteuse invitee NADJA L'ambiance des Fêtes sera a son paroxysme avec la fameuse musique composée parVince Guaraldi i .'f- ç ¦ MONTREAL JAZZ 1920 Jeudi 28 janvier 2016 \u2022 18 h STREETNIX L'histoire du jazz a Montreal avec l'ensemble montréalais Streetnixi Concert présente en lien avec l'exposition Le Groupe de BeauerHall THOMAS ENHCO piano solo Jeudi 18 février* 18 h Etoile montante du jazz et remarque lors de son passage au Festival de jazz de Montreal en 2013, Thomas Enhco est un artiste a découvrir pour tous les amateurs dejazzi EMIE R ROUSSEL TRIO Jeudi 31 mars \u2022 18 h Emie Rioux-Roussel, piano Nicolas Bédard, basse Dominic Cloutier, batterie Nommee Revelation Radio-Canada Jazz en 2014-2015, Emie Rioux-Roussel nous présente son nouveau disque.Quantum Billets et programmation complète SALLEBOURGIE.CA \u2022 514-285-2000 M MUSEE DES BEAUX ARTS MONTREAL FONDATION ARTE MUSICA P esente pa Trois disques pour découvrir Heliucheu Sonate D.959 / Moments musicaux (Pentatone), Quintette «La truite» (Pentatone), L\u2019œuvre pour violon et piano, avec Julia Fischer (Pentatone).Philharmonique de Vienne et Valery Gergiev dans le concerto de Schumann en 2006 à Lucerne.«J\u2019aimerais jouer davantage Brahms, mais les organisateurs de concerts semblent penser que Brahms doit être confié à des pianistes plus âgés!» déplore le pianiste.Plus surprenant pour un tel profil, Helmchen semble avoir une passion cachée pour les compositeurs russes: «J\u2019ai enregistré Chostakovitch, j\u2019ai aimé jouer le 2® Concerto de Tchaikovski et j\u2019adore le 2® de Prokofiev.» « Je devrais quand même jouer un jour les concertos de Chopin, que j\u2019adore.C\u2019est presque un scandale de ne les avoir jamais faits!» ajoute Helmchen.Couple musicien Les concerts avec orchestre, prépondérants, ne sont qu\u2019une facette des activités de Martin Helmchen.A bien y regarder, on constate qu\u2019il a à son actif la version de référence moderne du Quintette «La Truite» de Schubert, enregistrée avec Christian Tetz-laff, Antoine Tamestit, Marie-Elisabeth Hecker et Alois Posch (Pentatone, 2009).La violoncelliste Marie-Elisabeth Hecker est devenue son épouse.Tous deux, au Festival de Marlboro en ce moment, se sont déjà produits ensemble à Vancouver et dans sa région.«Nous venons d\u2019enregistrer notre second CD.Il est vrai que le premier, le Quintette \u201cLa Truite\u201d, me plaît beaucoup.» Martin Helmchen cite également les concertos de Mendelssohn, enregistrés avec Philippe Herreweghe, parmi ses disques dont il est fier.En dépit de leur impact, Martin Helmchen ne pense pas que les enregistrements soient au-jourd\u2019hui «aussi importants qu\u2019auparavant ».«Il y a beaucoup plus de moyens de se faire connaître: pensez à YouTube ou à tous les concerts auxquels vous pouvez avoir accès à travers les plateformes Internet des radios.Pour nous, musiciens, il n\u2019en reste pas moins très important de documenter une œuvre à un moment donné, après l\u2019avoir côtoyée pendant plusieurs années.Un enregistrement est une sorte de bilan et, en plus, il permet d\u2019avancer.» Car «une œuvre que vous avez enregistrée, vous la jouez mieux ensuite au concert».Se produire seul, avec orchestre, en musique de chambre avec sa femme et en musique de chambre avec d\u2019autres musiciens ne lui suffit pas.Helmchen vient d\u2019ajouter une corde à son arc : «Depuis peu, j\u2019accompagne aussi des chanteurs.C\u2019est le plaisir suprême», affirme-t-il.Ses partenaires sont Juliane Banse, Dietrich Henschel et Matthias Goerne.Le récital est au fond la denrée la plus rare chez lui, car la chose est difficile à caser dans son emploi du temps.«Cela me demande une préparation intense: il me faut deux semaines sans rien d\u2019autre.C\u2019est pour cela aussi que je n\u2019ai qu\u2019un programme par saison et que je regroupe les concerts.Je ne peux pas sortir un récital du chapeau!» Le programme présenté à Orford, juste avant Tokyo, est en route depuis avril 2015, mais il ne l\u2019a joué que rarement.Nous serons des privilégiés.Le Devoir MARTIN HELMCHEN En concert Schubert, Webern, Schumann, Beethoven Au Lestival Orford Jeudi 23 juillet à 20 h LE DEVOIR LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 JUILLET 2015 E 5 SOe FESTIVAL INTERNATIONAL KARLOVY VARY 13 « Un premier long métrage très prometteur.» Le Journal de Montréal ANTOINE L\u2019ÉCUYER ROY DUPUIS LE BRUIT DES ARBRES ^ UNFILMDEFRANÇOIS PÉLOQUIN\t^ PRÉSENTEMENT À L\u2019AFFICHE ! -%, Ê9PSSL.ICIffEMA ©CINE OUTREMC LE PROCES DE VIVIANE AMSALEM OUTREMONT Montréal® theatreoutremont.ca R^eSüiomiêtRomtËikabétz 514495-9944 Le lundi 20 juillet 116het19h30 1 ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Passionné d\u2019horreur, Ted Geoghegan croit que l\u2019imagination qui se déploie dans ce type de cinéma ne ressemble à aucune autre.FANTASIA L\u2019horreur, c\u2019est les autres Ted Geoghegan est un digne représentant d\u2019une nouvelle garde de l\u2019horreur axée sur l\u2019hommage FRANÇOIS LEVESQUE Son film We Are Still Here a ceci de particulier qu\u2019il peut être apprécié de deux manières complètement différentes, selon que le spectateur est féru ou non de cinéma d\u2019épouvante.Au premier degré, il s\u2019agit d\u2019un récit de maison hantée effrayant.Au second, la somme des hommages contenus induit quant à qlle une appréciation ludique.A l\u2019instar de la plupart des jeunes cinéastes de sa génération oeuvrant également dans l\u2019horreur, Ted Geoghegan recourt instinctivement à cette approche référentielle.On s\u2019attarde à la tendance à l\u2019occasion de la présentation de son premier long métrage à Fantasia ce dimanche.Campée en 1979, l\u2019action de We Are Still Here est presque exclusivement confinée à une vieille maison isolée sur une route de campagne.Vient d\u2019y emménager un couple qui tente de se remettre du décès de son fils unique.Alors qu\u2019un hiver morne fige le paysage an-dehors, d\u2019inquiétantes manifestations se multiplient au-de-dans.Peinant à convaincre son époux que l\u2019esprit de leur fils les a suivis, la femme perd prise sur le réel.Elle a pourtant raison.Du moins, en partie.«L\u2019idée de départ, c\u2019était de tourner un film qui pourrait avoir été produit durant la période dépeinte, puis qui aurait été oublié, relate Ted Geoghegan.J\u2019ai essayé de créer un film qui aurait l\u2019air tout droit sorti de 1979.\tÇa dépasse les simples notions de reconstitution d\u2019époque.J\u2019ai consciemment cherché à reproduire le rythme plus lent des films d\u2019horreur des années 1970- 1980,\tet aussi leurs codes, voire leurs clichés.» Pas du tout parodique ou « métanarrative » à la Scream, We Are Still Here s\u2019apparente davantage à un exercice de style exécuté avec sérieux.C\u2019est de connivence que sourient les connaisseurs.Un enthousiasme particulier Chaque plan, ou presque, chaque nom de personnage ou action de We Are Still Here renvoient à un film culte ou à un autre, en particulier à La maison près du cimetière, de l\u2019ita-lien Lucio Fulci (1981).L\u2019enfant du diable, de Peter Medak (1980), est du lot.«Dans un des plans, j\u2019ai soigneusement placé le bras de mon acteur pour que sa silhouette ait la forme exacte de celle du fantôme du capitaine Blake dans Le brouillard, de John Carpenter», révèle Ted Geoghegan, entre autres exemples d\u2019un souci maniaque du détail.Et la mise en abîme de se poursuivre, l\u2019histoire de maison hantée étant contenue dans un film tout aussi hanté.Loin d\u2019être unique, la culture encyclopédique du cinéma d\u2019horreur que possède le cinéaste constitue au contraire une constante chez les inconditionnels, en témoigne le nombre incalculable de forums de discussion consacrés au genre.Un phénomène unique?«La passion et la ferveur des amateurs, dont je fais partie, ne ressemblent à aucune autre.On ne retrouve pas ça chez les fans de comédies ou de films noirs, par exemple», note le cinéaste qui appartient à une nouvelle garde d\u2019auteurs dont l\u2019œuvre bourgeonnante met en ébullition lesdits forums.En effet, leurs films respectifs ont beau être distincts et originaux chacun à leur manière, des contemporains de Ted Geoghegan comme Ti West (House of the Devil), David Robert Mitchell (It Follows) et Adam Wingard (The Guest) communiquent eux aussi avec une certaine frange du public par cinéphilies interposées.Un côté marginal «Personnellement, j\u2019ai été happé par le cinéma d\u2019horreur assez jeune, confie Ted Geoghegan.Je me percevais comme un marginal et, curieusement, je me suis \u201cretrouvé\u201d dans ce genre-là, qui est d\u2019ailleurs lui-méme souvent marginalisé.Pourtant, l\u2019imagination qui se déploie dans le cinéma d\u2019horreur ne ressemble à aucune autre.Plie est débridée, libre.C\u2019est ce qui m\u2019a attiré.Je crois que le côté marginal, isolé, c\u2019est quelque chose de commun à la plupart des vrais passionnés d\u2019horreur.» Justement, par le type de cinéma «sous influences» qu\u2019ils pratiquent, des auteurs comme Ted Geoghegan mettent un baume sur cet isolement, puisque dans la cinéphilie singulière qu\u2019ils affichent, le spectateur marginal reconnaît sa propre passion.Le Devoir Élégie pour un détective Mr.Holmes suppute les dernières années de la création de Sir Arthur Conan Doyle MR.HOLMES (V.O.) ?Réalisation : Bill Condon.Avec lan McKellen, Milo Parker, Laura Linney, Hattie Morahan, Frances de la Tour.Etats-Unis, Grande-Bretagne, 2015, 104 minutes.FRANÇOIS LÉVESQUE Dans un décor champêtre idyllique du Sussex, un vieil homme manie délicatement l\u2019un des cadres d\u2019une ruche.Après l\u2019avoir remis en place, il remarque qu\u2019une dizaine d\u2019abeilles en sont tombées, mortes.L\u2019apiculteur s\u2019appelle Sherlock Holmes et, il l\u2019ignore encore, le sort de ses abeilles sera intimement lié au sien dans les semaines subséquentes.Basé sur le roman de Mitch Cullin Les abeilles de Monsieur Holmes (Naïve), le film Mr.Holmes donne au célèbre détective anglais créé jadis par Sir Arthur Conan Doyle une ultime affaire à élucider, ou plutôt deux.La première voit un Holmes en proie à des pertes de mémoire de plus en plus tf é-quentes tenter de se souvenir d\u2019une enquête jamais résolue à sa satisfaction, tandis que la seconde concerne les abeilles et la cause de leur trépas.Réalisé par Bill Coudou, cinéaste autrefois prometteur s\u2019étant ces dernières années fourvoyé, deux fois plutôt qu\u2019une, dans la série Twilight, puis dans une biographie insi- ¥ FILMS SEVILLE Sherlock Holmes (lan McKellen) pide de Julian Assange (Le cinquième pouvoir), Mr.Holmes constitue un retour à la forme.Cela n\u2019est guère surprenant, dans la mesure où ce long métrage ci reprend rigoureusement la structure narrative de son meilleur cru.Ni dieux ni démons.Sorti en 1998, Ni dieux ni démons brodait une fiction autour d\u2019une figure historique réelle, le cinéaste James Whale, réalisateur en 1931 du classique Frankenstein.Retiré dans sa villa, le réafisateur, qui se consacre à la peinture dans ses vieux jours, s\u2019y prend d\u2019affection pour son jeune jardinier sous le regard réprobateur de sa fidèle domestique.Dans Mr.Holmes, le détective, qui s\u2019intéresse à l\u2019apiculture dans ses vieux jours, se prend d\u2019amitié pour le garçon de sa gouvernante qui le couve d\u2019un œil circonspect.Les deux films ont recours à des retours en arrière et traitent en filigrane du thème de la solitude et du besoin de transmettre, de laisser un legs.Surtout, les deux films met- tent en vedette le grand lan McKellen.Superbe McKellen Ceci expliquant peut-être cela, et malgré les paysages superbes de la côte, on ne parvient pas tout à fait à oublier la mécanique.On sent la fabrication minutieuse alors que celle-ci devrait être indiscernable.Les passages en flash-back relatant un séjour récent de Holmes dans un Japon ravagé au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale apparaissent, à titre d\u2019exemple, carrément plaqués.Leur retrait unilatéral n\u2019aurait pas vraiment altéré la trame.Au contraire, celle-ci s\u2019en serait trouvée resserrée.Car c\u2019est beau, c\u2019est bon, mais ça traîne.Les interprètes sont cela dit superbes, à commencer par lan McKellen (Richard HI, Le seigneur des anneaux), qui joue un Holmes sexagénaire un brin fat au passé et, au présent, un Holmes nonagénaire tf êle et touchant.Comme toujours, le comédien résiste à la tentation de l\u2019effet, bien que la partition s\u2019y prête, privilégiant la justesse, la nuance.Il est fabuleux, vraiment.En gouvernante patiente mais qui n\u2019en pense pas moins, Laura Linney s\u2019acquitte convenablement de sa tâche, mais ne fait jamais oublier son américanité.Milo Parker est quant à lui une révélation en gamin futé et sensible.Qu\u2019un Sherlock Holmes misanthrope sur les bords s\u2019intéressât à ce petit en particulier ap- paraît on ne peut plus crédible.Plus près, dans le ton, de la merveilleuse série de Granada Television mettant en vedette Jeremy Brett (1984-1994) que des récentes productions dans lesquelles Robert Downey Jr.joue Iron Man jouant Sherlock, Mr.Holmes exsude un charme suranné certain de plaire aux nostalgiques d\u2019une certaine conception du personnage.Bref à quelques détails près, Bill Coudou règle cette affaire-là de manière satisfaisante.Le Devoir La légende de Jimmy JIMMY\u2019S HALL (V.F.: La salle de danse) ?Comédie dramatique de Ken Loach.Avec Barry Ward, Simone Kirby, Jim Norton, Francis Magee.Grande-Bretagne-France-Irlande, 2014, 109 min.ANDRÉ LAVOIE De la même manière que Claude Chabrol n\u2019a filmé que des bourgeois.Ken Loach s\u2019est toujours rangé du côté des faibles et des exclus, ne reniant jamais ses sympathies socialistes pour analyser les soubresauts de l\u2019histoire (Land and Freedom), les ravages du chômage (Jt\u2019s a Free World.) ou les injustices de l\u2019immigration (Carla\u2019s Song).Longtemps considéré comme un cinéaste sérieux (parce que résolument à gauche), iî affiche à la fin de sa carrière une légèreté de ton qui lui va comme un gant (Looking for Eric, The Angek\u2019 Share) sans pour autant céder au populisme.Ce savant dosage fait à nouveau merveille dans Jimmy\u2019s Hall, une autre plongée dans le tumulte irlandais du XX® siècle, si bien amorcé dans The Wind That Shakes the Barley, évoquant la révolution qui allait affranchir le pays de la Couronne britannique, laissant beaucoup de séquelles au sein de la population.Même s\u2019il a passé près de dix ans à New York et connu Harlem, le jazz et la crise de 1929, Jimmy (Barry Ward, ni excessif ni poseur) porte lui aussi les blessures de son peuple, revenant à la maison au milieu d\u2019un paysage campagnard dont la surface semble immuable.Pourtant, les plus vieux, dont le curé du village Gim Norton, allant au-delà de la caricature autoritaire), n\u2019ont pas oublié les circonstances de son départ forcé, et les plus jeunes le voient comme une légende vivante, celui qui, grâce à une salle de danse.avait redonné vie à toute une communauté.Danse très sociale En 1932, son retour suscite les mêmes espoirs et les mêmes craintes.Lui qui avait promis de se tenir à carreau ne résiste pas longtemps à la tentation d\u2019ouvrir à nouveau ce lieu servant tout à la fois d\u2019école, de centre communautaire, de gymnase et de local de parti.Le succès sera foudroyant, déplaisant au clergé, aux élites locales ainsi qu\u2019aux riches propriétaires terriens, que la perspective de voir le peuple apprendre à lire, à danser (sur des airs américains !) et à s\u2019épanouir ne réjouit guère.La confrontation entre les forces conservatrices et ceux que l\u2019on taxe vite de communistes viendra ralentir la cadence des danseurs, et surtout celle des révolutionnaires.Comme toujours chez Ken Loach, les romances s\u2019avèrent pudiques, en marge de ses grandes préoccupations, et celle que lui et son fidèle scénariste Paul Laverty greffent à cette figure historique relève de la fiction.Elle n\u2019en demeure pas moins émouvante, illustrant la cruauté de la longue absence de Jimmy dans le regard d\u2019une femme mariée par dépit (Simone Kirby, sans artifices, pleine de sincérité).En quelques scènes, et sans discours enflammés, le cinéaste humanise cet idéaliste ayant foi en l\u2019homme et non en Dieu, un choix résolument politique dans son univers, le tout en chansons, en danses et en poésie.Tout cela est partagé avec une ferveur contagieuse, sans grandiloquence, Msant souffler un vent de solidarité qui rend son cinéma si pertinent.Il ne quitte pas la scène avec son film le plus ambitieux, mais Jimmy\u2019s Hall concentre l\u2019essentiel d\u2019une démarche exemplaire.Collaborateur Le Devoir METROPOLE FILMS Comme toujours chez Ken Loach, les romances s\u2019avèrent pudiques.Celle greffée à cette figure historique relève de la fiction.Elle n\u2019en demeure pas moins émouvante.EXC3NTRIS i LA SALLE DE DANSE (V.O.STF.) - KEN LOACH - 109 MIN.BILLETTERIE : 514 847-2206 3536, BOULEVARD ST-LAURENT, MONTRÉAL B'El ET AUSSI A L\u2019AFFICHE: AMY (V.O.STF.)-ASIF KAPADIA LE BRUIT DES ARBRES -FRANÇOIS PÉLOQUIN UN PIGEON PERCHE SUR UNE BRANCHE PHILOSOPHAIT SUR L\u2019EXISTENCE\tBS (V.O.STF.) - ROY ANDERSSON LION D\u2019OR-VENISE2014 PHOENIX (V.O.STF.)-CHRISTIAN PETZOLD H4\u2019l VISIONS PRÉSENTE: ROBERTTODD -DIMANCHE 19 JUILLET À 21H25 ET AUSSI PLUS DE 70 FILMS SUR CINÉMA EN LUNE L\u2019ENLEVEMENT DE MICHEL HOUELLEBECQ -GUILLAUME NICLOUX\tBEI CINEMAEXCENTRIS.COM E 6 LE DEVOIR, LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 JUILLET 2015 IDE ÏISD 4 MUSEE MCCORD MUSEUM MP 1978 186 1 2610 David Wallace Marvin, Femme prenant un bain de soleil, chemin Queen-Mary, Côte-des-Neiges, vers 1969 À nous la rue ?DAVID W.MARVIN Chroniques de rue \u2014 1965-1975 Avenue McGill College (entre De Maisonneuve et Président-Kennedy) Jusqu\u2019au 18 octobre NICOLAS MAVRIKAKIS On ne le dira jamais assez: dans les années 60 et 70, le Québec fut une fourmilière pour la photographie.Certes, l\u2019histoire de l\u2019art a plus retenu le rôle joué par la peinture, celle de Riopelle, Perron, Moli-nari.Gaucher, McEwen.Pourtant, cette photo d\u2019inspiration documentaire \u2014 ou «photographie d\u2019auteur», comme l\u2019avait nommée le commissaire Marcel Blouin lors de l\u2019expo sur le sujet en 2013 au Musée des beaux-arts de Montréal \u2014 a eu une importance considéra- ble.Comme l\u2019avait écrit l\u2019histo-rienne de l\u2019art Lise Lamarche, cette photographie tenta de trouver un nouveau public en renouvelant les façons d\u2019exposer.Les journaux furent un support majeur de diffusion pour cet art, mais les artistes de l\u2019époque exposent aussi dans des caisses populaires, dans des restaurants, des boutiques, chez des particuliers.Ces jours-ci, sur l\u2019avenue kmnfi -¦ JAPON DES IMPRESSIONNISTES McGill College, vous pouvez voir un autre exemple de la diversité de la photo au Québec dans les années d\u2019aprés-guerre.Et on ne s\u2019étonnera pas de voir ces images dans la rue, accrochées à des panonceaux.Pour cette dixiéme exposition hors murs du Musée McCord, c\u2019est le photographe David W.Marvin qui est à l\u2019honnejur.Cet homme né en Nouvelle-Ecosse, venu vivre à Montréal dans les années 40, est malheureusement un peu oublié.Sa vie, qui s\u2019acheva par un suicide, ainsi que son œuvre avaient pourtant donné lieu en 1982 à un film de Jacques Leduc et Renée Roy mûtViXé Alhédo.D\u2019ailleurs, si vous voulez un peu mieux comprendre la situation actuelle du quartier Griffintown, il faut absolument visionner ce court film, qui montre bien comment Marvin s\u2019intéressa beaucoup aux transformations subies dans ce quartier, à sa population, dont quelques marginaux, à ses maisons placardées, à la destruction de l\u2019église Sainte-Anne en 1970, à ses terrains vacants.Vous pourrez d\u2019ailleurs voir plusieurs de ces images dans cette expo.Et on aurait d\u2019ailleurs pu en faire voir plus.Car l\u2019œuvre de Marvin nous montre un Québec qui se modernise, souvent en détruisant des bâtiments anciens.Griffintown fut entre autres balafré par l\u2019élargissement de la rue Université en 1951.D\u2019autres destructions suivront.Photos publiques Ces photos nous montrent aussi un Québec où les gens et les photographes tels que Marvin occupent beaucqup la rue, l\u2019espace commun.A voir ces images, vous resterez avec le sentiment que beaucoup de ces clichés seraient impossibles à réaliser de nos jours.Depuis le célébré jugement Aubry-Duclos de 1989, nous sommes bien timides quant au fait de photographier des individus dans la rue.Les institutions sont devenues encore plus fiileuses à l\u2019idée de montrer ces images.Dans cette expo, un avertissement explique comment «tous les efforts ont été faits pour identifier et joindre les personnes photographiées».Bientôt, on ne pourra montrer des images de la rue que lorsque tous les gens qu\u2019on y aperçoit seront morts.De nos jours, nous pourrions presque parler d\u2019une peur de l\u2019image.Un ami me racontait récemment comment il n\u2019avait pu prendre en photo ses propres enfants à la piscine municipale, car, selon le maître nageur, trop de pédophiles avaient agi ainsi auparavant.De nos jours, la photo de Marvin intitulée Femme prenant un bain de soleil, qui montre une femme en bikini surplombée par le corps d\u2019un enfant qui semble la regarder, semblera-t-elle indécente à certains?Collaborateur Le Devoir TRADITION SUITE DE LA PAGE E 1 Oralité 2.0 n est d\u2019ailleurs intéressant de relever que l\u2019usage de l\u2019Internet permet désormais de coupler la transcription écrite d\u2019un conte avec la diffusion de sa version orale en fichier audio, souvent enregistrée dans la langue d\u2019origine de l\u2019histoire.En ce sens et paradoxalement, les nouvelles technologies ont le pouvoir de préserver la tradition orale, note-t-elle.Jeannette a étudié trois transcriptions écrites de contes de la tradition orale autochtone.L\u2019anthropologue Rémi Savard a récolté des contes auprès des communautés innues du Québec dans les années 1970.Ces contes ont été publiés en français, en anglais et en innu, tels qu\u2019en-ten du s, puis ont été accom-p ag n é s d\u2019une im-posante section d\u2019interprétation et d\u2019analyse.A l\u2019époque, Savard a également veillé à publier une photo ainsi que des notes biographiques détaillées du conteur, Pepne Penashue.Supprimant toute référence à des sources ou à une quelconque bibliographie, Bernard Assiwini, considéré comme le premier auteur autochtone du Québec, qui signait Awfs/î \u2014 Nah-Bé, en 1971, aux éditions du Jour, a pour sa part établi sa crédibilité autochtone en utilisant fréquemment la langue autochtone d\u2019origine du conte.Enfin, Jeannette a étudié le récit La femme venue du ciel, publié en 2011 par Louis-Karl Pi-card-Sioui, aux éditions Hanne-norak, de Wendake.Dans cette édition, Picard-Sioui, tel l\u2019antiiro-polo^e, s\u2019efface complètement derrière le récit.Les éditions Hannenorak ont d\u2019ailleurs consulté le conseil traditionnel de Wendake pour valider la version offerte de ce conte.Précisant qu\u2019il ne veut pas favoriser cette version du conte au détriment des autres, le Conseil se réjouit de voir ce récit publié pour la première fois en français.En marge de ces voyages dans l\u2019histoire du livre, le congrès présentait une exposition de pièces issues de l\u2019histoire littéraire du Québec.Ainsi, on pouvait regarder les carnets de travail d\u2019Anne Hébert, alors qu\u2019elle travaillait sur le manuscrit de son roman Kamouraska.On peut aussi voir la page couverture originale de Deux sangs, un recueil de poésie signé Gaston Miron et Olivier Marchand, premier recueil à avoir été publié aux éditions de l\u2019Hexagone au moment de la création de la maison, en 1953.Le Devoir Le 23^ Congrès SHARP, organisé par le GRELQ, les universités de Sherbrooke et McGill et BAnQ, s\u2019est tenu du 7 au 10 juillet derniers.M N B O MNBAQ.ORG Musée national des beaux-arts du Québec Québec rara Lexposton nsp at on Japon Des mp ess onn stes aux mode nés est o ganse beaux arts du Quebec Claude Monet Le Bass n aux nymphéas 1900 Hulesu Don en memo eduGouveneu AlvanTFulle pa la Fondât on Fulle 61959 ^ AUX MODERNES 11 JUIN-27 SEPTEMBRE 2015 Museum of Fine Arts Boston Seerétartatàla Québec :: @ Boulevard î pa le Museum of F ne Arts Boston en collabo at on avec le Musee nat onal des toleGven n memo yof Gove no AlvanTFulle bytheFulle Foundaton 61959 MFA Boston Depot legal B bl othequeet A ch ves nat onalesdu Quebec 2015 Des lieux qui chantent et qui racontent' À Vaudreuil, nouvellement inaugurée, la Maison de FÉLIX LECLERC aussi, les Guitares Godin au musée 17-18 septembre Les, - peaux idetours CIRCUITS Du Québec au Vermont Maison COLBY-CURTIS, OPÉFÎA HASKELL Auberge de ia FAMILLE TFÎAPP Musée SHELBURNE Période d\u2019inscription prolongée! www lesbeauxdetours corn 514-352-3621 En collaboration avec Club Voyages Rosemont Titulaire d un permis du Quebec L «ids d\tKUi L espoit d! de>i9i Faites marcher vptre cerveau, il a besoin d'exercice! Agissez chaque jour pour améliorer la santé de votre cenreau \u2022\tMettez votre œrveau au défi \u2022\tMaintenez une vie sociale active \u2022\tAdoptez un mode de vie sam \u2022\tProtégez votre tete Faites le lien pour améliorer la santé de votre cenreau Visitez le wwwalzheimerxa ou communiquez avec votie sociélé Alzheimer régionale SociétéMzhe'imer ORCUliPES Du25JUillHAu2AOÛT CIRCUIIPES arts MEMPHREMAGOG Visite d'ateliers d'artistes 10 h à 17 h Exposition collective à partir du 22 juillet au centre-ville de Magog, 61 rue Merry Nord 22^ ÉDITION ! , WVVW.CIRCUITDESARTS.COM LE DEVOIR, LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 JUILLET 2015 E 7 CULTURE.LIVRE s LITTERATURE QUEBECOISE Eux autres CHRISTIAN DESMEULES Cy est la chronique du lent effondrement d\u2019un «château de cartes familial».Le récit de l\u2019enfance du narrateur, petit dernier de sa famille et observateur privilégié, marquée surtout par la Seconde Guerre mondiale et par un sérieux bégaiement.Les chapitres de Nous autres, le récit de Marc Doré, se confondent ainsi avec les maisons successivement habitées par la famille.Les sept premières années vécues dans Portneuf, puis l\u2019exil en ville, à Québec.La maison de chambres qu\u2019ils ont possédée sur la rue Saint-Louis, autre manière pour le narrateur d\u2019observer le monde, petit théâtre où évoluaient aussi bien un immigré russe vendeur de fourrures, un vieil Anglais solitaire et bigot ou une fille venant tout juste de quitter son Trois-Pis-toles natal.Aussi, les souvenirs de tout un été {«fait de bonheurs et d\u2019attentes ») passé en compagnie de cette jeune femme et de son mari dans un chalet sur le KK Depuis peu, je n\u2019avais plus le goût à l\u2019exploration, non.Je collais dans mon coin.Certains Jours, Je croyais que papa allait rentrer; d\u2019autres jours.Je désespérais de le revoir.}} Extrait de Nous autres bord de la Péribonka.La pêche à l\u2019éperlan sur les quais du bassin Louise ou de l\u2019anse aux Foulons.La solitude: «Étant bègue, je m\u2019enfermais dans mon mutisme, allant jusqu\u2019à me maudire, tant je désespérais du silence des autres qui, eux, parlaient d\u2019habitude.» Le pensionnat, le cours classique, les étés, encore et toujours accablé par le bégaiement, «handicap de malheur», jusqu\u2019à sa découverte du théâtre, qui sera sa planche de salut.Juste avant la lente désintégration de la cellule familiale.Le père parti travailler en Gaspésie.Les uns et les autres qui vieillissent et suivent leur voie.Le silence qui enrobe tout.«Le silence régnait alors dans les familles.Personne auprès de qui m\u2019épancher, à part mon chat.C\u2019était le mutisme ou les cris.Ou l\u2019un et l\u2019autre.» Histoire également d\u2019une lente prise de parole, ce récit familial se résume lui-même en une pirouette un peu prous-tienne: «Le sujet en serait: le choc éprouvé par une famille de la campagne qui arrive en ville en 1945.Comment chacun des enfants se découvre des intérêts divers.Puis la famille qui se démantèle petit à petit.» Né en 1938, Marc Doré, auteur de quelques romans parus il y a déjà longtemps, a enseigné au Conservatoire d\u2019art dramatique de Québec de 1967 à 2004.Avec Nous autres, qui se tient à la fi^ontière floue de la fiction et de l\u2019autobiographie, il signe un portrait d\u2019époque sensible et une touchante rétros-pection familiale.Rien de grandiose, mais des pages serties d\u2019humour et de tendresse.Collaborateur Le Devoir NOUS AUTRES Marc Doré Triptyque Montréal, 2015, 278 pages LITTERATURE FRANÇAISE Jeunes écritures : la gageure Richeux, Postel, Almendros.À la découverte de ces (presque) nouveaux romanciers.Qu\u2019écrivent les jeunes romanciers de la trentaine?De l\u2019inédit?Une langue ?Sont-ils aussi épars et insouciants qu\u2019on le dit des nouvelles générations?Suivons trois auteurs de seconds romans, Richeux, Postel et Almendros, en début de carrière.GUYLAINE MASSOUTRE Dans Sur Racine, en 1963, Barthes affirmait : «Écrire, c\u2019est ébranler le sens du monde, y disposer une interrogation indirecte, à laquelle l\u2019écrivain, par un dernier suspens, s\u2019abstient de répondre.» A quoi tient une telle fougue, cette vérité qui ne vieillit pas ?Faites une incursion aux éditions Wespieser, Gallimard et Minuit.Voyez la langue tenue, classique et sobre.Les lignes pures des collections et des couvertures, fixité quand tout se transforme ; elles semblent dire : nos écrivains sont de riches héritiers, nous en sommes les temples.Nul doute, cette stabilité, toute patriarcale, offre une résistance.Elle s\u2019accommode plus ou moins de la guerre des marchés, des modes aux supports ludiques.En revanche, toute maison d\u2019édition qui survit à la concurrence a fait sa marque, perfectionniste.Et les écrivains, après quelque tâtonnement, s\u2019y montreront fidèles.M^e Richeux A la radio de France-Culture, où elle anime depuis 2010 l\u2019émission culturelle Pas la peine de crier, et, depuis.Les nouvelles vagues, Marie Richeux, née en 1984, est une animatrice douée.Le philosophe Didi-Huberman, qui a préfacé son premier ouvrage, Polaroïds (Wespieser, 2013), a été séduit par sa parole radiophonique «aux si belles questions, avec des phrases très calmes mais très enjouées, comme improvisées mais si précises», écrit-il.La jeune femme met en valeur le beau travail et des connaissances solides.Achille, son second roman, assume cette culture.N\u2019a-t-elle pas pris son sujet dans L\u2019Iliade ?En moins de trente chapitres incisifs, elle file la métaphore homérique.Achille y est l\u2019homme héroïsé, adulé et charrié jusqu\u2019à nous avec son gros caractère.Cet homme sans peur est pourtant faible à la cheville, et son destin, figé par une vieille querelle, le promet à la mort.Richeux malmène son héros.Si elle fait trembler l\u2019amante, dans l\u2019écho elle campe l\u2019invisible, l\u2019enfance inconnue d\u2019Achille dans la grotte de Thétis.Fantastique! On plonge aux mystères sacrés, au spectacle inventé de nos origines.C\u2019est malicieux, vivant, intelligent, imagé.On l\u2019écoute, on la lira.Une belle découverte.Alexandre Postel Né en 1982, Postel a décroché le Concourt du premier roman pour Un homme effacé (Gallimard, 2013).Dans L\u2019ascendant, sur la quatrième de couverture, on lit la fin : le narrateur est dans un hôpital psychiatrique, et il parle.Le roman commence en douceur, à la mort du père, dans la maison où le fils, un être solitaire, vient liquider le passé.En descendant à la cave, il fait une découverte stupéfiante, qui lui ôte d\u2019un coup toute pensée.Il y a une cage, et, dedans, quelqu\u2019un.Macabre, sordide présence.L\u2019histoire devient celle de cet ahuri, qui prend en charge l\u2019héritage criminel, tordu, mais, dans cette affaire, on ne saura pas tout.Sauf que ce fils devient vraiment cinglé.On touche aux fantasmes, aux scènes fantastiques.Il y a même des pointes de bestialité.C\u2019est intrigant.On essaie de deviner, est-ce une hallucination, un délire ?Mais le soufflé retombe.Cette histoire truffée d\u2019invraisemblances, inexploitées ou assénées, fait un petit polar autour d\u2019un fait divers, qui ne débouche sur un espace ni social ni inconscient, mais d\u2019enfermement.Dommage.Pourquoi sortir du néant des personnages, si c\u2019est pour FRANÇOIS LE PRESTI AGENCE FRANCE PRESSE Alexandre Postel en 2013, lorsqu\u2019il a remporté le Concourt du premier roman pour Un homme effacé (Gallimard).les y renvoyer aussitôt?Vincent Almendros Né en 1978, Almendros, après Ma chère Lise (Minuit, 2011), propose Un été.Dans ce huis clos fort bien campé, deux couples sont enfermés sur un vieux rafiot, un voilier plutôt moche et mal rafistolé.Leurs vacances en Méditerranée sont mal parties.En revanche, la mer occupe une grande place, qui va faire oublier les ratages.Pour en dire juste assez, c\u2019est une histoire de mauvaise humeur.Le narrateur n\u2019aime ni Capri ni la mer ni les trois autres personnes.Il râle contre l\u2019exiguïté, la crasse, la précarité.L\u2019aventure va venir d\u2019une des deux femmes, pourtant silhouette à peine brossée.Simple et prenant, le ton, juste, dévoile ce qu\u2019il faut de psychologie pour créer une vraie tension entre des contraires.Ce roman a un goût d\u2019écume, et une liberté, en rai- son des manigances que le narrateur, même s\u2019il voit tout, n\u2019aura pas su deviner.Au total, ces livres créent une attente.Surtout Richeux.On tente d\u2019inventer, sans se prendre dans l\u2019autofiction.Mais la maison littéraire bruit des devanciers, qui font entendre leur musique classique et leurs clairons.Collaboratrice Le Devoir ACHILLE Marie Richeux Sabine Wespieser Paris, 2015,130 pages L\u2019ASCENDANT Alexandre Postel Gallimard Paris, 2015,127pages UN ÉTÉ Vincent Almendros Minuit Paris, 2015, 95 pages La Vitrine LA MA N DE FER ROMAN JEUNESSE LA MAIN DE EER Sonia K.Laflamme Hurtubise Montréal, 2015, 296 pages Un bon roman policier pour ado que cette Main de ferl Mieux que ça: un excellent polar pour tous, sur fond 4e complot industriel et de relations sentimentales troubles.Élève du secondaire, Kristofer Gunnarsen, un jeune Québécois d\u2019origine norvégienne, présente un projet mystérieux à un concours scientifique avant de mourir dans l\u2019explosion de sa voiture, quelques jours plus tard.S\u2019agit-il d\u2019un crime passionnel \u2014 un de ses camarades de classe est amoureux de lui \u2014 ou d\u2019un meurtre lié à un complot économique, étant donné que le projet du jeune Scandinave s\u2019attaque au concept de l\u2019obsolescence programmée ?Sarto Duquette, que sa fille surnomme «inspecteur antigadget» pour se moquer de sa technophobie, mène avec tact cette passionnante enquête aux ramifications multiples.Criminologue de formation, Sonia K.Laflamme, elle, très habile, parvient à nouer et à dénouer les fils de cette affaire complexe, en captivant le lecteur sans l\u2019égarer.Seule réserve : le choix de situer l\u2019intrigue dans «la Cité», une ville fictive indéterminée.Cette abstraction, un travers fréquent de notre littérature contemporaine, enlève un peu de force à l\u2019œuvre.Louis Cornellier BANDE DESSINEE LE CARAVAGE Tome i : La palette et l\u2019épée Milo Manara Glénat Grenoble, 2015, 64 pages Qui d\u2019autre que Milo Manara pouvait rendre hommage, par la bande dessinée, au Caravage, Michelangelo Merisi da Caravaggio de son vrai nom, peintre naturaliste et hyper-réaliste qui, avec ses clairs-obscurs et son ténébrisme, a marqué l\u2019Italie artistique du XVL siècle tout comme le courant pictural baroque ?Le bédéiste qui a mis son neuvième art au service du réalisme, lui aussi, particulièrement en laissant ses traits caresser le corps des femmes, délaisse donc un instant ses univers érotico-soft de prédilection pour pénétrer la vie et le parcours du célèbre peintre de la Renaissance.Avec cette précision dans le dessin qui fait toujours plaisir à contempler.On est dans cette Rome du Cinquecento, où certaines femmes sont condamnées aux mœurs légères pour survivre et où les représentations du présent et la quête d\u2019esthétique se butent à la morale religieuse.Le Caravage a le génie émergent et la passion attisée par l\u2019incarnation d\u2019une vierge qui deviendra son modèle.On est entre mythe et patrimoine, entre précision et romance, mais on est surtout dans le beau.Fabien Deglise c\u2019était un 8 août REEDITION C\u2019ETAIT UN 8 AOUT Alain M.Bergeron Soulières Saint-Lambert, 2015,152 pages En 1999, David Bernard a 13 ans, est orphelin de père, a le béguin pour son enseignante de 6® année et excelle au baseball.Lors d\u2019un match qui coïncide avec une éclipse du Soleil (en réalité, ce phénomène s\u2019est produit le 11 août et n\u2019a pas été visible au Québec), que balle le frappe à la tête et lui fait perdre connaissance.A son réveil, il se retrouve en 1971, chez son cousin Michel, qui a 13 ans.Or, mystère, cette maison est la sienne, achetée par ses parents à ses grands-parents, et son cousin est, en fait, son père.David, on l\u2019aura compris, vit dans le passé et passe une semaine avec son père adolescent, qui le prend pour son cousin.Tous deux jouent au baseball, écoutent les Beatles et vivent leurs premiers émois amoureux.David embrassera même, pendant une projection de Love Story, celle qui deviendra son enseignante, alors qu\u2019elle n\u2019a que 13 ans.Lui seul et un autre personnage sont conscients de leur situation extraordinaire.A la fois simple et ingénieux, ce procédé narratif permet à Bergeron d\u2019écrire de belles pages sur la pratique récréative du baseball, sport estival par excellence, d\u2019évoquer l\u2019esprit décontracté des années 1970 et de chanter délicatement la figure paternelle.Premier livre, d\u2019abord publié en 1999, de ce prolifique romancier jeunesse, ce roman, en édition revue et corrigée, a un bel air d\u2019été, tout léger et émouvant.Louis Cornellier Symposium de Sainte-Rose 90 artistes à Vœuvre dans le Vieux Ste-Rose LAVAL Du 23 au 26 juillet JEUDI ET VENDREDI : 11H À 20 H SAMEDI: lOHÀ20H DIMANCHE :10H À 17H www.roseart.ca CORPORATION ^osey^rf 216, boul.Ste-Rose En face de l\u2019église Ste-Rose Laval, Québec 450 625-7925 co]q)@rosart.ca CORPORATION E 8 LE DEVOIR LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 JUILLET 2015 CULTURE.ESSAIS 'S HAROLD K.MILKS ASSOCIATED PRESS La vie de Boris Pasternak fut grandiose et tragique.Né en 1890, il appartient, par sa famille, à l\u2019intelligentsia moscovite.Pasternak et son troublant Jivago Louis CORNELLIER La saga politique créée par la parution du roman Le docteur Jivago, de Boris Pasternak, est passionnante.D\u2019abord publié en traduction italienne, en 1957, grâce à un éditeur communiste et fortuné, le roman paraîtra ensuite en français et en anglais, en 1958.Interdite en Union soviétique, l\u2019œuvre ne sera officiellement publiée dans ce pays qu\u2019en 1988.Il faut savoir, toutefois, qu\u2019une édition en russe y avait déjà beaucoup circulé, grâce à l\u2019action de la CIA, engagée depuis les années 1950 dans une opération secréte de propagande visant à faire parvenir des milliers de livres dans les pays communistes de l\u2019Est.Cette dernière révélation constitue la trame de L\u2019affaire Jivago, une captivante enquête menée par Peter Finn, journaliste au Washington Post, et Petra Couvée, écrivaine et traductrice qui enseigne la littérature à l\u2019Université de Saint-Pétersbourg.Rédigée comme un roman d\u2019espionnage, cette grande œuvre journalistique nous plonge dans la joute intellectuelle qui a animé la guerre froide et trace un très riche portrait du grand écrivain russe.La vie du poète et romancier fut grandiose et tragique.Né en 1890, Pasternak appartient, par sa famille, à l\u2019intelligentsia moscovite.Il publie son premier recueil de poésie en 1913.La révolution d\u2019octobre 1917 le réjouit.Pasternak aime les femmes et multiplie les conquêtes.Il se marie une première fois en 1922 et une seconde fois au début des années 1930, tout en prenant une maîtresse en 1946.Jusqu\u2019à sa mort, il vivra avec Zinaïda, tout en fréquentant Olga Ivinskaïa, qui jouera un rôle important dans sa vie d\u2019écrivain.Staline En 1936, Pasternak publie deux poèmes à la gloire de Staline.La Grande Terreur qui suit, et qui s\u2019abat sur plusieurs écrivains, le fait déchanter.Quand le poète Osip Mandelstam mourra de faim et de froid au goulag, en 1938, Pasternak sera le seul courageux à consoler la femme de l\u2019écrivain.Après la guerre, en 1946, les représailles contre les intellectuels reprennent de plus belle.Pasternak, pourtant, n\u2019est pas arrêté, même si on le soupçonne d\u2019écrire un roman contre le système.Staline, grand lecteur, dit-on, le craint.«Laissez-le en paix, c\u2019est un hôte des nuages», aurait-il déclaré.Olga, la maîtresse de l\u2019écrivain, sera toutefois arrêtée en 1949, durement interrogée et condamnée à cinq ans de travaux forcés.La mort de Staline, en 1953, et l\u2019arrivée de Khrouchtchev font espérer un peu de liberté.Pasternak, qui achève Le docteur Jivago deux ans plus tard, est néanmoins conscient que la publication de son roman en Union soviétique est plus qu\u2019incertaine.C\u2019est la raison pour laquelle, au mépris d\u2019une interdiction, il confie, avec l\u2019aide sa maîtresse, son livre à un éditeur PETER FINN & PETRA COUVÉE JIVAGO communiste italien.Il est prêt à mourir pour voir sa grande œuvre publiée, ce qui enrage sa femme.Il n\u2019en mourra pas, mais sera durement ostracisé.En 1957, malgré l\u2019agitation des dirigeants de l\u2019URSS, le roman est publié à l\u2019Ouest.Les écrivains au service du régime soviétique se déchaînent.Ils qualifient l\u2019œuvre de «navet réactionnaire» et ^\u2019«attaque scandaleuse contre la révolution d\u2019octobre», tout en accusant son auteur, d\u2019origine juive, d\u2019être un Judas, «pétri d\u2019un individualisme bourgeois».Plusieurs proposent de le forcer à l\u2019exil.En Occident, le roman est quasi unanimement salué, sauf par Vladimir Nabokov, et se vend, aux Etats-Unis, à 850 000 c«b\texemplaires.Ernest Hemingway offre même une maison à Pasternak, s\u2019il est forcé à l\u2019exil.La CIA Pendant ce temps, la CIA, qui voit dans «le message humaniste de Pasternak [.] un défi fondamental pour l\u2019éthique soviétique», entreprend de publier, en camouflant son intervention, une édition en russe et fait entrer en URSS, par diverses manœuvres clandestines, des milliers d\u2019exemplaires.C\u2019est «l\u2019une des premières fois, notent Finn et Couvée, que la CIA a cherché à user de la littérature comme d\u2019une arme de guerre politique».Pasternak n\u2019en sait rien et il s\u2019y serait probablement opposé parce qu\u2019il «ne supportait pas l\u2019idée que son œuvre fût utilisée comme une arme de propagande».Sous pression, le romancier.qui refuse de quitter son pays, signe une lettre dans laquelle il s\u2019excuse d\u2019avoir confié son roman à des étrangers et d\u2019avoir accepté le prix Nobel, qu\u2019on a voulu lui remettre en 1958.Il renonce au prix pour satisfaire les autorités.A ce moment, grâce à ses droits d\u2019auteur, il est riche, mais n\u2019a pas accès à son argent.Sa maîtresse l\u2019aidera à faire entrer un peu de cette fortune en URSS et, pour cela, quelques mois après la mort de Pasternak en 1960, elle sera condamnée à huit ans de prison.En 1964, Khrouchtchev, exclu du pouvoir et assigné à résidence, lira enfin le roman.«Nous n\u2019aurions pas dû l\u2019interdire, écrira-t-il dans ses mémoires.J\u2019aurais mieux fait de le lire moi-même.Il n\u2019y a rien d\u2019antisoviétique dedans.» Pour faire publier ses mémoires à l\u2019Ouest, l\u2019ex-dirigeant les fera sortir clandestinement du pays, comme Pasternak l\u2019avait fait pour son Docteur Jivago ! Très solidement documentée, cette enquête sur un chef-d\u2019œuvre, qui, selon un de ses traducteurs français, montre «en quoi la création poétique constitue la seule réponse adéquate au mal», parle d\u2019un temps où la littérature était considérée, par les puissants, comme un pouvoir capable de transformer la société.louisco@sympatico.ca L\u2019AFFAIRE JIVAGO Le Kremlin, la CIA et le COMBAT AUTOUR d\u2019UN LIVRE INTERDIT Peter Finn et Petra Couvée Traduit de l\u2019anglais par Laure Joanin Michel Lafon Neuilly-sur-Seine, 2015, 384 pages L\u2019école québécoise en butte à la laïcité En 1898, on retarda de plus de 60 ans la création d\u2019un ministère de l\u2019Éducation MICHEL LAPIERRE ^ omment faire en sorte ^ que la liberté de religion reconnue par les chartes des droits ne soit pas la voie de passage vers l\u2019établissement d\u2019un cadre de vie publique qui rende impossibles les autres libertés proclamées par ces chartes?» L\u2019essayiste Claude Corbo pose la question en regard, par exemple, de l\u2019attitude à prendre, chez nous, devant l\u2019islamisme radical.Il le fait en analysant la tentative libérale, contrecarrée en 1898 par les évêques et les conservateurs, de créer un ministère québécois de l\u2019Education.Pour en avoir un, il faudra attendre 1964 ! Ex-professeur de science politique et ancien recteur de Î\u2019UQAM, Corbo explique, dans L\u2019échec de Félix-Gabriel Marchand, comment ce premier ministre libéral du Québec, en fonction de 1897 à 1900, provoqua le choc de deux visions du monde tout à fait incompatibles en tentant de remédier au retard que la province accusait sur l\u2019Ontario en matière d\u2019al- la montée en puissance du fondamentalisme religieux ravive des débats que les nations croyaient définitivement relégués à l\u2019histoire )) Extrait de L\u2019échec de Félix-Gabriel Marchand phabétisation.Pour les adversaires du projet de loi innovateur, un contrôle de l\u2019État sur l\u2019instruction ne pouvait se faire qu\u2019au détriment de celui de l\u2019Église.Pour faire comprendre au lectorat d\u2019aujourd\u2019hui la portée philosophique du débat, en apparence déchirant et même insoluble, l\u2019essayiste a l\u2019idée heureuse et hardie d\u2019en donner, selon ses propres termes, «une interprétation en forme dramatique».Inspiré de multiples documents d\u2019époque, ce brillant théâtre d\u2019idées suit un substantiel exposé des faits pour en dégager l\u2019esprit qui échapperait à ceux que l\u2019érudition de l\u2019auteur ne pourrait qu\u2019éblouir.Corbo met sur les lèvres de l\u2019intellectuel Thomas Chapais ces mots que le membre influent du Conseil législatif, chambre haute à majorité conservatrice, lance au progressiste Marchand, son adversaire: «Votre loi va finir par déchristianiser notre peuple.En mettant en place une école sans Dieu.» Le conservateur développe: «Nous serons de moins en moins Canadiens français.Nous allons devenir des Américains matérialistes et jouisseurs.Nous cesserons même de parler français.» Les gens qui doutent A cette tirade alarmiste qui fait du catholicisme l\u2019essence de l\u2019identité nationale.Marchand répond: «Quand on se croit l\u2019émissaire de Dieu lui-même, on finit par massacrer ceux qui n\u2019obéissent pas.J\u2019aime mieux les gens qui doutent et qui cherchent, même en se trompant.Ils sont bien moins dangereux pour leurs semblables.» C\u2019est la position du catholique éclairé, combien marginal à l\u2019époque, que le premier ministre défend.Grâce à un sens aigu de l\u2019histoire, Corbo y reconnaît le signe avant-coureur de l\u2019attitude laïque actuelle que des sceptiques et même des croyants ouverts voient comme nécessaire pour résister à l\u2019intolérance latente d\u2019une religion ou d\u2019une idéologie are-ligieuse qui ne se veulent, à l\u2019échelle humaine, rien de moins que des absolus.Loin de tout monolithisme, l\u2019école québécoise devrait se fonder sur le droit au doute.L\u2019ÉCHEC DE FÉLK-GABRIEL MARCHAND Claude Corbo Del Busso Montréal, 2015, 226 pages La Vitrine BIOGRAPHIE JOSÉPHINE Désir et ambition Kate Williams Robert Laffont Paris, 2015, 429 pages Joséphine «faisait passer Napoléon pour un Français».Originaire de la Martinique, cette créole aux dents noircies par la canne à sucre n\u2019était pas particulièrement jolie, prévient Kate Williams dans la plus récente biographie de l\u2019impératrice, «mais un seul mouvement de sa jupe pouvait réduire à l\u2019état d\u2019esclave l\u2019homme qui terrorisait l\u2019Europe».Joséphine épouse Napoléon avant que ce dernier ne se couvre de gloire sur les champs de bataille.Leur union résiste à l\u2019adultère, mais pas à la stérilité de Joséphine, incapable de donner un héritier à son époux devenu empereur.C\u2019est en tremblant que Bonaparte y met un terme.«L\u2019empereur qui avait soumis plusieurs pays et envoyé des centaines de milliers d\u2019hommes à la mort ne parvenait pas à annoncer à sa femme qu\u2019il voulait divorcer.» La rupture coïncide avec le déclin de l\u2019Empire.Napoléon est en exil lorsqu\u2019il apprend la mort de l\u2019impératrice déchue.Elle aura été son porte-bonheur, conclut l\u2019auteure de ce récit coloré destiné au grand public.Dave Noël HISTOIRE LE CANADA ENTRE VICHY ET LA FRANCE LIBRE Olivier Courteaux Presses de l\u2019Université Laval Québec, 2015, 287pages LE CANADA VICHY FRANCE.LIBRE 1940-1945 Le régime de Vichy est «le meilleur gouvernement que la Prance ait jamais eu», écrit le directeur du Devoir Georges Pelletier dans un éditorial de 1941.Le successeur d\u2019Henri Bourassa n\u2019est pas le seul à apprécier les valqurs traditionalistes de Philippe Pétain, devenu le chef de l\u2019État français dans la foulée de l\u2019invasion allemande de l\u2019année précédente.En 1942, le vieux maréchal obtient l\u2019appui des trois quarts des Canadiens français, souligne Olivier Courteaux dans Le Canada entre Vichy et la Prance libre.Charles de Gaulle, cet «obscurgénéral de brigade», ne reçoit que 33% d\u2019avis favorables.«Les milieux nationalistes lui sont franchement hostiles, écrit l\u2019historien, ne se privant pas de le comparer, lui et ses partisans, à une bande de mercenaires à la solde de l\u2019impérialisme britannique!» Il en est tout autrement au sein de l\u2019opinion publique canadienne-anglaise.La marge de manœuvre de Mackenzie King est mince.En plus de devoir concilier les deux solitudes du pays, le premier ministre doit servir d\u2019intermédiaire entre Londres et Vichy, dont la marine de guerre et l\u2019empire sont convoités par les belligérants.Il lui faut également tenir compte de la méfiance du président américain Roosevelt envers le représentant de la Érance libre.Le général de Gaulle se souviendra longtemps de l\u2019attitude ambiguë du Canada, observe Courteaux.«Il le prouvera avec éclat dans les années 1960.» Dave Noël Gaspard\" LE DEVOIR LMARÉS Du 6 au 12 juillet 2015 \t\t \t\t Romans québécois\t\t Il Six minutes\tChrystine Brouillet/Druide\t1/7 2| Baiser \u2022 Tome 2 La vengeance de la veuve joyeuse\tMarie Gray/Guy Saint-Jean\t2/5 3 Maudits bas jaunes!\tMarie-Millie Dessureault/Mortagne\t4/8 4 La Justicière.La finale des coupables\tMarc Aubin/l\u2019Apothéose\t3/8 S La vie sucrée de Juliette Gagnon \u2022 Tome 3 Escarpins.\tNathalie Roy/Libre Expression\t5/8 6 1967 \u2022 Tome 1 L\u2019âme sœur\tJean-Pierre Charland/Hurtubise\t8/14 7 Baiser \u2022 Tome 1 Les dérapages de Cupidon\tMarie Gray/Guy Saint-Jean\t9/4 8 Tu peux toujours courir\tValérie Chevalier/Hurtubise\t6/14 9l Les héritiers d\u2019Enkidiev \u2022 Tome 11 Double allégeance\tAnne Robillard/Wellan\t7/14 Mol Les 1 secrets de mon ex\tJudith Bannon/Les Éditeurs réunis\t10/7 Romans étrangers\t\t ï| La boîte à musique\tMary Higgins Clark/Albin Michel\t1/3 2l L\u2019instant présent\tGuillaume Musso/XO\t2/16 3 La fille du train\tPaula Hawkins/Sonatine\t4/7 4 Elle et lui\tMarc Levy/Robert Laffont | Versilio\t5/22 S Mariée à un inconnu\tSylvia Day/Flammarion Duébec\t3/4 6 L\u2019entremetteuse\tElin Hilderbrand/Lattés\t7/2 7 Dans la ville en feu\tMichael Connelly/Calmann-Lévy\t8/11 8 Les quatre filles du révérend Latimer\tColleen McCullough/Archipel\t6/2 9l L\u2019ombre de Gray Mountain\tJohn Grisham/Lattés\t-/I Moi After \u2022 Tome 1 La rencontre\tAnna Todd/Homme\t10/6 Essais québécois\t\t Il Ma vie rouge Kubrick\tSimon Roy/Boréal\t3/9 2l Dany Laferriére à l\u2019Académie française.Discours de réception\tDany Laferriére/Boréal\t2/4 3 La souveraineté en héritage\tJacques Beauchemin/Boréal\t-/I 4 Jean-François Lépine, sur la ligne de feu\tJean-François Lépine/Libre Expression\t5/36 ^ La souveraineté du Duébec.Hier, aujourd\u2019hui et demain\tJacques Parizeau/Michel Brûlé\t1/3 6 La langue rapaillée.Combattre l\u2019insécurité linguistique de.\tAnne-Marie Beaudoin-Bégin/Somme toute\t8/4 7 Tout ce que les publicitaires ne vous disent pas\tArnaud Granata | Stéphane Mailhiot/La Presse\t4/2 8 Ping-pong\tZviane/Pow Pow\t-/I 9l 11 brefs essais contre l\u2019austérité\tCollectif/Somme toute\t6/7 Moi Le mouvement masculiniste au Duébec.L\u2019antiféminisme.\tCollectif/Remue-ménage\t-/I '?\u2019Essais étrangers\t\t Il Du bonheur.Un voyage philosophique\tFrédéric Lenoir/Fayard\t2/21 2l 1000 coups de fouet.Parce que j\u2019ai osé parler librement\tRaif Badawi/Édito\t1/4 3 Y a-t-il un grand architecte dans l\u2019univers?\tStephen Hawking/Ddile Jacob\t4/6 4 Remèdes mortels et crime organisé\tPeter C.Gotzsche/PUL\t7/9 S Tout peut changer.Capitalisme et changement climatique\tNaomi Klein/Lux\t5/18 6 Laissez-nous faire! On a déjà commencé\tAlexandre Jardin/Robert Laffont\t3/7 7 Les barbares.Essai sur la mutation\tAlessandro Baricco/Gallimard\t9/2 8 François parmi les loups\tMarco Politi/Philippe Rey\t-/I 9| L\u2019occident terroriste.D\u2019Hiroshima à la guerre des drones\tNoam Chomsky | Andre VItchek/Écosociété\t6/10 Mol La Bible de l\u2019athéisme\tSam Harris | Émily Patry/Cardinal\t-/I La BTLF (Société de gestion de ia Banque de titres de iangue française) est propriétaire du système d'infomiation et d'anaiyse Basparil sur ies ventes de iivres français au Canada.Ce paimatès est extrait de Saspanl et est constitué des reievés de caisse de 260 points de vente.La BTLF reçoit un soutien financier de Patrimoine canadien pour ie projet Saspanl.© BTLF, toute reproduction totaie ou partieiie est interdite."]
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.