Le devoir, 28 juillet 2015, Cahier A
[" Didier Drogba, une prise de taille pour l\u2019Impact Page B 5 La communauté scientifique se mobilise contre les robots tueurs Page A 3 www.ledevoir.com ?- LE DEVOIR Vol.C VI N° 1 6 7 LE DEVOIR, LE MARDI 28 JUILLET 2015 1,13 $ + TAXES = 1,30 Le privé recrute les jeunes médecins De plus en plus de résidents passent directement dans les cliniques privées MATT ROURKE ARCHIVES ASSOCIATED PRESS Bill Cosby aurait drogué et agressé sexuellement des dizaines de femmes.Affaire Cosby Elles accusent Trente-cinq victimes sortent du silence et entraînent une vague de dénonciations FLORENCE SARA G.FERRARIS La plus récente une du New York Magazine a déclenché un raz-de-marée à peine quelques heures après sa publication lundi.La percutante prise de parole des présumées victimes de Tacteur américain Bill Cosby fait écho au mouvement #AgressionNonDénon-cée qui avait enflammé les réseaux sociaux à Tautomne dernier, ramenant, une fois de plus, sous les projecteurs le débat autour du consentement et de la dénonciation des agressions sexuelles.Le frontispice présente 35 femmes, toutes de noir vêtues, alignées sur d\u2019étroites chaises de bois.Plus une chaise, vide.Ces femmes, ce sont quelques-unes des victimes présumées de Tacteur et humoriste américain Bill Cosby, contre qui des accusations pèsent depuis des mois.Dans son dernier numéro, le magazine, avec les mots de la journaliste No-reen Malone et les images de la photographe Amanda Demme, a décidé de donner la parole à ces femmes que Tancienne vedette de la télévision aurait droguées, puis violées tout au long de sa carrière.«Cette déclaration publique est majeure et VOIR PAGE A 8 : COSBY Aujourd\u2019hui Actualités > Autopartage: Montréal se défend d\u2019avoir fait son choix.L\u2019appel d\u2019intérêt ne favorise aucune entreprise, promet la Ville.Page A 3 Actualités > Harper nomme un nouveau juge à la Cour suprême.Russell Brovm arrive de la Cour d\u2019appel de l\u2019Alberta.Page A 4 Économie > Les déboires de la Chine malmènent les marchés.Alors que Shanghai chutait de 8,5% en un jour, la Bourse de Toronto a de nouveau reculé et vaut maintenant 10% de moins qu\u2019il y a un an.Page B 1 7\t.w- .- Avis légaux.Décès Météo Mots croisés.Petites annonces.Sudoku.B6 A4 B5 B5 A4 B5 JESSICA NADEAU Les jeunes médecins qui sortent des facultés de médecine représentent désormais des «clientèles cibles» pour les cliniques privées, qui prennent tous les moyens pour les solliciter en leur faisant miroiter des conditions de pratique idéales.Et si les jeunes médecins sont encore peu nombreux à faire le saut au privé sans passer par le public, les observateurs voient une nouvelle tendance qui va en s\u2019accélérant.«On n'entendait pas ça avant, des gens qui finissent leur résidence pour aller dans le privé, et là, il semble y en avoir de plus en plus, observe Isabelle Leblanc, présidente du groupe Médecins québécois pour le régime public.Avant, les gens étaient participants [au régime public de la RAMQ] et devenaient non-participants après plusieurs années de carrière, mais ça semble être moins le cas.» En effet, depuis quelques années, le nombre de jeunes médecins ayant quitté pour le privé avec un an ou moins de pratique au public a voir page a 8 : MÉDECINS PKK: LA Turquie déterminée à éradiquer son vieil ennemi V.cûww ijzftRSiA\" OZAN KOSE/AGENCE ERANCE-PRESSE Tandis que la Turquie promettait lundi de frapper les rebelles kurdes Jusqu\u2019à ce qu\u2019ils déposent les armes, les funérailles d\u2019une jeune militante morte vendredi dans les affrontements avec les policiers avaient lieu à Istanbul.Ankara a scellé un pacte avec Washington pour éradiquer le groupe El au nord de la Syrie, mais ses F-16 bombardent aussi le Parti des travailleurs du Kurdistan.Encore mardi, des centaines de Turcs ont manifesté à Istanbul contre les arrestations massives de militants politiques.Page A 5 Eantasia Michael Ironside, géant comme un fleuve Le Canadien affiche une sensibilité qui tranche avec les méchants qu\u2019il incarne depuis plus de 30 ans FRANÇOIS LÉVESQUE Il s\u2019impose dès ses débuts au cinéma en télépathe mégalomane dans Scanners, de David Cronenberg.On est en 1981 : sa présence inquiétante et son intensité crèvent l\u2019écran.Par la suite, on le voit entre autres en psychopathe qui hache menu patients et personnel dans le film d\u2019horreur Terreur à l\u2019hôpital central, de Jean-Claude Lord, ainsi qu\u2019en psychopathe qui pourchasse Arnold Schwarzenegger dans le film de science-fiction Total Recall \u2014 Voyage au centre de la mémoire, de Paul Verhoeven.«Psychopathe» est un terme qui s\u2019applique aux deux tiers de son imposante filmographie.C\u2019est encore le cas du potentat borgne qu\u2019il campe dans le pastiche Turbo Kid, présenté à Eantasia.Charmant personnage, Michael Ironside ?Et comment ! «Asseyez-vous là, vous n\u2019aurez pas le soleil dans les yeux», insiste le comédien en cédant la meilleure place dans la cour intérieure de Theii thousrUs can kill! JP BERNIER ET EILMOPTION INTERNATIONAL/AVCO-EMBASSY PICTURES Dans Turbo Kid, Ironside parodie ses propres « méchants », dont le télépathe de Scanners.Thôtel où s\u2019amorce un entretien durant lequel il se livrera avec une générosité peu commune.Pourquoi s\u2019en étonne-t-on?Parce qu\u2019à l\u2019écran, Michael Ironside est entouré d\u2019une aura particulière.Un acteur issu de la «méthode», il paraît vivre ses rôles.Et considérant la teneur de ceux-ci.Pour l\u2019anecdote, Michael Ironside ne s\u2019est pas illustré qu\u2019en tant qu\u2019antagoniste.En instructeur intransigeant mais juste dans le méga succès Top Gun, de Tony Scott, il forçait la sympathie.Son ami Paul Verhoeven lui a d\u2019ail- leurs fait jouer une variation de ce rôle dans son satirique Les patrouilleurs de l\u2019espace.Idem pour son personnage de résistant endeuillé confronté à une invasion extraterrestre dans la populaire minisérie V.Pas particulièrement grand (1,77 mètre), Michael Ironside en impose pourtant comme pas un.Sa voix profonde et son charisme donnent l\u2019impression de se trouver en présence d\u2019un géant.Ceci expliquant cela, on lui confie voir page a 8 : IRONSIDE 77831303443131 A 2 LE DEVOIR LE MARDI 28 JUILLET 2015 ACTUALITES LOGEMENT SOCIAL Des millions à saveur électorale Une longue campagne serait bénéfique, selon le ministre Denis Lebel MARTIN OUELLET à Québec Le ministre conservateur Denis Lebel voit d\u2019un bon œil la perspective d\u2019une longue campagne électorale fédérale.Le ministre de l\u2019Infrastructure était de passage à Québec, lundi, pour annoncer la prolongation d\u2019une entente Canada-Québec sur le logement social avec à la clé un investissement conjoint de 577 millions de dollars sur cinq ans.Une «bonne nouvelle» qui s\u2019ajoutera à «plusieurs beaux projets» à être dévoilés «dans les prochaines semaines», a promis M.Lebel aux côtés du ministre québécois des Affaires municipales, Pierre Moreau.Quoi qu\u2019il en soit, le ministre Lebel a soutenu que l\u2019annonce n\u2019avait «rien à voir» avec l\u2019échéancier électoral automnal.« Voyez-y ce que vous voulez, mais pour nous, c\u2019est le résultat d\u2019un travail de longue haleine, et on a plusieurs beaux projets à annoncer dans les prochaines semaines», a-t-il dit.Electoralisme ou non, le ministre Moreau a salué la reconduction de l\u2019Entente concernant l\u2019investissement dans le logement abordable (IDLA) pour la période du mois d\u2019avril 2014 au 31 mars 2019.«Ce n\u2019est pas une question d\u2019électoralisme, a senti le besoin de préciser M.Moreau au nom de son collègue fédéral.C\u2019est une façon de dire: voici les besoins, voici un gouvernement qui est prêt à signer une entente, et il y a un intérêt direct pour le Québec.Alors je suis heureux d\u2019être ici aujourd\u2019hui.» Offensives de visibilité Ces jours-ci, les conservateurs au pouvoir depuis 2006 à Qttawa multiplient les annonces et les offensives de visibilité partout au pays, laissant planer le scénario d\u2019une campagne échelonnée sur plusieurs semaines, possiblement à compter du mois d\u2019août.En point de presse, M.Lebel n\u2019a pas écarté la possibilité d\u2019un déclenchement hâtif de la campagne fédérale afin d\u2019éviter les écueils du précédent périple électoral en 2011.«La dernière campagne électorale fédérale au Québec ne nous a peut-être pas laissé le temps de dire tout ce que M.Lay-ton avait à offrir», a-t-il souligné au sujet de la montée fulgurante du Nouveau Parti démocratique (NPD) dirigé par feu Jack Layton dans la dernière étape de la campagne de 2011.Le Parti conservateur veut cette fois s\u2019assurer de «porter le message» pour éviter que ses adversaires puissent «dire une chose au Québec et le contraire ailleurs dans le pays».«Si la campagne est plus longue, ça va nous laisser davantage de temps pour parler de ce que les autres partis ont à offrir», a-t-il soulevé.Lorsqu\u2019un reporter lui a demandé si une campagne prolongée serait «bénéfique» pour les électeurs, M.Lebel a répondu : «Moi, je pense que oui.» Le scrutin fédéral \u2014 à date fixe \u2014 aura lieu le 19 octobre.En vertu de la loi, la campagne doit avoir une durée minimale de 36 jours, mais il n\u2019y a pas de limite de temps.Candidat dans la circonscription de Louis-Saint-Laurent, à Québec, l\u2019ex-député caquiste Gérard Deltell était présent à l\u2019annonce parmi les quelques dizaines d\u2019invités réunis dans une résidence pour personnes âgées de Charlesbourg.Pour M.Deltell, la question de la date du déclenchement de la campagne électorale revêt peu d\u2019importance.«Les élections auront lieu le 19 octobre.D\u2019aucuns estiment qu\u2019on est déjà en campagne électorale depuis des semaines et des semaines.Remarquez, en politique, on est un peu toujours en campagne», a dit M.Deltell.La Presse canadienne ik Si la campagne est plus longue, ça va nous laisser davantage de temps pour parler de ce que les autres partis ont à offrir}} Le ministre conservateur Denis Lebei i Jacques f \\ Parizeau ' l'homme de l'État ^ \" québéc^ LEDEWIR LIBRE ÜE PENSER Boutique ïj Le livre numérique du Devoir sur Jacques Parizeau Textes et photos publiés aux lendemains de son déeès.Commandez-le d\u2019un seul clic à boutique.ledevoir.com.Faire des achats sur la boutique du Devoir, c\u2019est aussi soutenir un journal 100 % indépendant.LE DEVOIR ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR La chef du Parti vert, Elizabeth May, était au Québec, dans la circonscription de son candidat-vedette JiCi Lauzon, lundi, pour dévoiler quelques éléments de la politique agricole qu\u2019elle entend mettre de l\u2019avant.Elizabeth May et les verts aspirent à une eampagne pancanadienne PHILIPPE ORFALI à Boucherville Présenter des candidats dans toutes les circonscriptions du Québec, peut-être même du Canada : Elizabeth May voit grand en vue des élections fédérales de 2015, quatre années après son élection «historique» à la Chambre des communes à titre de première députée du Parti vert.La chef des verts était à Boucherville lundi pour mettre de l\u2019avant la candidature de sa recrue-vedette dans Pierre-Bou-cher-Les Patriotes-Verchères, l\u2019animateur, comédien et musicien JiCi Lauzon, et dévoiler sa nouvelle politique agricole.Le parti estime qu\u2019il est urgent de renforcer et d\u2019élargir le mandat de l\u2019Agence canadienne d\u2019inspection des aliments, éclaboussée par quelques scandales au cours des dernières années.M\u201d® May a soutenu que ces incidents, tels que la découverte de viande contaminée à la listériose dans des épiceries de la région de Toronto, sont dus aux compressions imposées à l\u2019organisme par le gouvernement Harper.L\u2019agence se trouve dans une situation de perpétuel conflit d\u2019intérêts, selon elle, forcée d\u2019assurer la salubrité des ali- ments tout en faisant la promotion des aliments canadiens, tant ici qu\u2019à l\u2019étranger.Nouveaux débuts Elizabeth May le sait, le défi de sa formation politique au cours des prochains mois sera de démontrer qu\u2019elle est davantage qu\u2019un club d\u2019écologistes.Eorte de son expérience de parlementaire acquise depuis quatre ans, la députée de Saa-nich-Gulf Islands, en Colombie-Britannique, rappelle que sa formation a été de pratiquement tous les débats d\u2019importance tenus aux communes et s\u2019est assurée de faire valoir l\u2019opinion des citoyens ayant l\u2019environnement, mais aussi l\u2019économie du pays à cœur.Quoi de neuf pour les verts depuis le scrutin fédéral de 2011?Bien des choses.«On a maintenant un bilan parlementaire, et nous avons deux sièges aux Communes.On a donné des résultats.On a aussi effectué des percées provinciales en Colombie-Britannique, au Nouveau-Brunswick, à l\u2019Ile-du-Prince-Edouard.[.] On est le seul parti fédéral à avoir été contre les pipelines de sables bitumineux, et le développement pétrolier dans le golfe du Saint-Laurent.Nous avons un engagement différent, profond», dit- elle, en français.Sa formation parviendra à trouver des candidats pour chacune des circonscriptions du pays.80% des circonscriptions auraient déjà trouvé preneur, notamment par quelques candidats bien connus du public, tels que l\u2019environnementaliste québécois Daniel Green.Une campagne en français Certaines choses changent, mais pas pour le mieux.Avec deux députés \u2014 dont Bruce Hyer, un transfuge du NPD \u2014, la formation se retrouve exclue du débat des chefs diffusé à TVA, alors que Gilles Duceppe, chef non élu à la tête d\u2019un parti comptant deux députés, sera de la partie.M\u201d® May, qui a demandé au diffuseur de revoir sa décision, a réitéré sa requête lundi, sans succès.Vedette-devenue-candidat, JiCi Lauzon a longuement vanté, lundi, les progrès de M\u201d® May en français.Un fait qui saute aux yeux.Depuis quatre ans, la députée a travaillé avec acharnement pour maîtriser davantage l\u2019autre langue officielle.Son équipe compte également de nombreux francophones.Quoi qu\u2019il en soit, tout n\u2019est pas réglé à ce chapitre au Parti vert.Ainsi, le document portant sur la position du parti en ce qui a trait au Sénat n\u2019était pas disponible en français en date de lundi, alors que la formation a publié ce texte il y a plus d\u2019un mois.le jour de la Saint-Jean-Baptiste.Le PV croit que le Sénat devrait faire l\u2019objet d\u2019une réforme, soumise aux Canadiens par la voie d\u2019un référendum.Elizabeth May rappelle que Stephen Harper a nommé pas moins de 59 sénateurs avant de s\u2019imposer un moratoire, et détient le record du nombre de nominations survenues en un seul jour.«Il a nommé 18 personnes la même journée.Le même jour, il a nommé Mike Dufjy, Pamela Wallin, Patrick Brazeau.» Mais il y a plus pressant que le Sénat.Pour combler le déficit démocratique, il faut réduire le pouvoir du bureau du premier ministre et se défaire du mode de scrutin uninominal à un tour au profit du vote proportionnel, dit-elle.Des changements qui ne nécessitent pas que l\u2019on rouvre la Constitution et qui peuvent se régler par un simple vote aux Communes.Ne manque plus que la volonté des autres formations politiques.Le Devoir Harper invité à soumettre en Cour suprême son « moratoire » sur le Sénat JOAN BRYDEN à Ottawa Un avocat de Vancouver qui souhaite que la Cour fédérale oblige Stephen Harper à combler les sièges vacants au Sénat est prêt à retirer sa plainte si le premier ministre demande à la Cour suprême de se prononcer sur la validité constitutionnelle de ce «moratoire».Aniz Alani promet même d\u2019assumer les frais déjà engagés dans sa requête en Cour fédérale si M.Harper décide de renvoyer la question en Cour suprême.Le premier ministre a indiqué vendredi dernier qu\u2019il imposait un moratoire sur toute nomination de nouveaux sénateurs, confirmant ainsi une pratique déjà observée depuis deux ans et demi, h y a actuellement 22 sièges vacants sur 105 au Sénat, la chambre haute du Parlement, qui est secouée par des scandales relativement aux dépenses de certains de ses membres, non élus.M.Harper est partisan d\u2019une réforme majeure du Sénat, voire de son abolition pure et simple.M® Alani a demandé à la Cour fédérale de statuer qu\u2019en vertu de la Constitution, le premier ministre a l\u2019obligation de combler dans un délai raisonnable les sièges vacants au Sénat.Le gouvernement Harper a d\u2019entrée de jeu demandé à la Cour de rejeter cette requête, mais le juge Sean Harrington a refusé, et le fédéral en appelle de cette décision.Comme cette cause risque ainsi de s\u2019éterniser en requêtes et appels, M® Alani soutient qu\u2019un renvoi en Cour suprême constituerait la voie la plus rapide et la moins coûteuse pour régler le problème sur le fond \u2014 la nomination de sénateurs dans un délai raisonnable.«A mon avis, le moratoire du premier ministre sur les nominations au Sénat est tout aussi invalide [.] que s\u2019il décrétait la fin du bilinguisme officiel au Canada [.] sans respecter la procédure de modification constitutionnelle», plaide M® Alani dans une lettre aux procureurs du ministère de la Justice.A la suite d\u2019un renvoi du gouvernement Harper, la Cour suprême a déjà statué l\u2019an dernier que toute réforme du Sénat nécessitait une modification de la Constitution qui exigerait le consentement d\u2019au moins sept provinces représentant 50% de la population.L\u2019abolition du Sénat, elle, exigerait le consentement unanime des provinces.La Cour suprême a par ailleurs indiqué que le refus du premier ministre de nommer de nouveaux sénateurs ne peut durer éternellement, et que le Sénat ne peut être aboli d\u2019une manière détournée, petit à petit, par attrition.M.Harper a expliqué vendredi qu\u2019il souhaitait ainsi forcer les provinces à dénouer l\u2019impasse entre elles, ou à convenir que l\u2019abolition du Sénat constitue la seule avenue possible.Vendredi dernier, M.Harper soutenait qu\u2019en vertu de la Constitution, le premier ministre a toute «autorité pour nommer ou non» des sénateurs, et il a promis de ne pas combler les sièges vacants au Sénat tant que son gouvernement pourra faire adopter ses lois aux Communes.M.Alani, lui, plaide qu\u2019en vertu de la Constitution, le gouverneur général «remplira la vacance quand un siège deviendra vacant au Sénat par démission, décès ou toute autre cause».Qr, par tradition au Canada, le gouverneur général exerce ce pouvoir sur recommandation du premier ministre.La Presse canadienne Olivia Chow de retour au fédéral L\u2019ex-candidate à la mairie de Toronto, Qlivia Chow, doit officialiser mardi son retour en politique fédérale, ont rapporté lundi de nombreux médias de la Ville Reine.Députée du Nouveau Parti démocratique dans Trinity-Spadina de 2006 à 2014, l\u2019épouse du regretté chef du NPD Jack Layton se présentera à nouveau sous cette bannière, dans la circonscription remaniée de Spadina-Port York, qui englobe une partie de son ancien comté.Le Devoir LAC-MÉGANTIC La demande officielle de CP Le Canadien Pacifique a officiellement demandé la permission d\u2019en appeler d\u2019une décision de la Cour supérieure du Québec approuvant un fonds d\u2019indemnisation de plus de 430 millions de dollars pour les victimes et créanciers du tragique déraillement survenu à Lac-Mégantic en 2013.Dans la requête déposée, l\u2019entreprise affirme que le plan d\u2019indemnisation est injuste et que la Cour supérieure n\u2019avait pas juridiction pour prendre une telle décision.Le juge Gaétan Dumas a approuvé le fonds d\u2019indemnisation.La Presse canadienne LE DEVOIR, LE MARDI 28 JUILLET 2015 A 3 ACTUALITES AGENCE D\u2019ESPIONNAGE Une brèche mène à une formation sur la vie privée JIM BRONSKILL à Ottawa Ly agence d\u2019espionnage électronique du ' Canada a mis sur pied un programme de formation obligatoire pour tous ses employés, visant à les sensibiliser aux notions de vie privée après une brèche interne survenue en mars qui impliquait des informations personnelles.Lorsque Greta Bossenmaier est devenue chef du Centre de sécurité des télécommunications (CST), en février, l\u2019agence ultrasecrète était sous étroite surveillance du public après des allégations d\u2019espionnage sur des citoyens.Et moins de deux mois après son début en poste, Bossenmaier informait le personnel de l\u2019agence d\u2019une violation de la vie privée survenue à l\u2019intérieur de ses murs.Elle leur a dit re^etter que l\u2019agence se trouve dans ime telle situation et a ajouté qu\u2019elle ne voulait pas la voir se répéter, est-il indiqué dans un courriel transmis aux employés et daté du 20 mars.De plus, elle a écrit souhaiter que l\u2019incident soit utilisé comme une occasion d\u2019apprentissage afin d\u2019en prévenir d\u2019autres dans le futur.Technologies sophistiquées L\u2019agence basée à Ottawa, où travaillent quelque 2000 personnes, utilise des technologies sophistiquées polu intercepter, trier et analyser des télécommunications étrangères afin de recueillir de l\u2019information et des renseignements de sécurité d\u2019intérêt poru le gouvernement fédéral.Des documents coulés en 2013 par l\u2019ex-espion américain Edward Snowden ont révélé que l\u2019agence nationale de sécurité américaine \u2014 une proche alliée du CST \u2014 avait discrètement obtenu accès à une incroyable quantité de courriels, de clavardages et d\u2019autres informations de fournisseurs d\u2019Internet, de même qu\u2019à des quantités massives de données sur des conversations téléphoniques.Par la suite, des défenserus des libertés civiles et de la vie privée et des politiciens de l\u2019opposition ont exigé des garanties pour s\u2019assurer que le CST n\u2019utilisait pas ses pouvoirs extraordinaires pour espionner les Canadiens.L\u2019agence assure qu\u2019elle respecte la loi à la lettre, tout comme la vie privée des citoyens.Le 31 juillet 2014, une personne a informé les responsables de la sécurité au CST qu\u2019un dossier contenant de l\u2019information personnelle en lien avec des autorisations de sécurité avait par mégarde été rendu disponible, ce qui faisait en sorte que du personnel du CST y avait accès, est-il indiqué dans le courriel de Bossenmaier au personnel de l\u2019agence.Une version modifiée de son courriel classifié a été obtenue par La Presse canadienne en vertu des lois d\u2019accès à l\u2019information.Entre ce moment et le mois de novembre, une enquête interne avait déterminé que la brèche avait potentiellement affecté l\u2019information personnelle de 146 personnes.Mais d\u2019autres vérifications ont mené l\u2019agence à conclure en janvier que seule l\u2019information personnelle délicate de cinq personnes \u2014 quatre employés du CST et un membre du public \u2014 était considérée comme à risque.«L\u2019enquête a déterminé que l\u2019incident a été causé par une combinaison d\u2019erreurs techniques et humaines, a dit Bossenmaier aux employés.Plusieurs mécanismes de sauvegarde existants ont réduit le risque que l\u2019information soit compromise ou soustraite des prémisses.» «Nous avons tous un rôle à jouer afin de protéger l\u2019information et je vous rappelle de prendre toutes les précautions nécessaires en ce qui concerne l\u2019information détenue par le CST», avait alors ajouté Bossenmaier.La porte-parole de l\u2019agence, Lauri Sullivan, a refusé d\u2019en dire davantage sur la nature de l\u2019information en question.En février et en mars, les cinq personnes visées ont été informées.Le CST a présenté une nouvelle politique en septembre sur les brèches administratives en ce qui concerne la vie privée, a demandé aux gestionnaires de revoir les permissions d\u2019accès sur le reste des documents et a créé en mars une formation obligatoire sur la sensibilisation à la vie privée pour tous les employés.Le Commissariat à la protection de la vie privée a dit au CST en avril que les mesures prises étaient raisonnables et qu\u2019il n\u2019était pas nécessaire d\u2019aller plus loin.La Presse eanadienne Le réseau informatique de la CRTEFP piraté Ottawa \u2014 Des pirates ont réussi à s\u2019infiltrer dans le réseau informatique de la Commission des relations de travail et de l\u2019emploi dans la fonction publique (CRTEEP), l\u2019agence fédérale qui arbitre les disputes entre les fonctionnaires et le gouvernement fédéral.Le site Internet de la commission n\u2019est plus en service depuis vendredi.Des responsables de la sécurité avaient découvert la veille que des pirates avaient pu exploiter une faille du système pour y pénétrer.On ignore pour l\u2019instant à quand remonte l\u2019infiltration ou si des données ont été volées.Une porte-parole du Service canadien d\u2019appui aux tribunaux administratifs, a indiqué que le site Internet externe de la CRTEEP avait été mis hors de service par mesure de précaution.La Presse eanadienne 1000 intelligences contre une seule La communauté scientifique se mobilise contre l\u2019intelligence artificielle des robots tueurs FABIEN DEGUISE Avenir fragile.Plus de 1000 scientifiques, dont quelques grosses pointures comme Stephen Hawking, ont réclamé lundi dans une lettre ouverte l\u2019interdiction pure et simple des robots tueurs, ces armes autonomes qui, par l\u2019entremise d\u2019une intelligence dite artificielle QA), pourraient dans un futur dangereusement proche, selon eux, «combattre des cibles sans interventions humaines».Une perspective qui, en cherchant à rendre plus sûrs les champs de bataille pour les militaires, annonce surtout un accroissement des pertes humaines tout autour, estiment-ils.«L\u2019intelligence artificielle est arrivée à un point où le déploiement de tels systèmes sera \u2014 matériellement, si non légal \u2014 faisable d\u2019ici quelques années, et non pas décennies, et les enjeux sont importants», écrivent les signataires de cette lettre publiée à l\u2019occasion de l\u2019International Joint Conferences on Artificial Intelligence (IJCAI), conférence internationale sur l\u2019intelligence artificielle qui a ouvert ses portes samedi et pour toute la semaine à Buenos Aires en Argentine.«Les armes autonomes ont été décrites comme la troisième révolution dans les techniques de guerre, après la poudre à canon et les armes nucléaires».Outre l\u2019astrophysicien Stephen Hawking, qui a en avril dernier, dans le cadre d\u2019une entrevue accordée à la BBC, fait part de ses craintes au sujet de l\u2019IA, le cofondateur d\u2019Apple, Steve Woz-niak, le linguiste Noam Chomsky, le fondateur de Google DeepMind, entreprise versée dans riA, Demis Hassabis, mais aussi Elon Musk, créateur des voitures électriques Tesla, et Hol-ger H.Hoos, ex-président de l\u2019Association canadienne de l\u2019intelligence artificielle, entre autres, sont au nombre des personnalités ayant apposé leur griffe au bas du document.La Kalachnikov de demain Selon eux, l\u2019avènement des robots tueurs {{.Si une puissance militaire va de l\u2019avant avec le développement d\u2019armes dotées d\u2019intelligence artificielle, une course à l\u2019armement est alors inévitable, avec comme finalité à cette trajectoire technologique une évidence: les armes autonomes vont devenir les Kalachnikovs de demain.}} Extrait de la lettre ouverte des 1000 scientifiques place aujourd\u2019hui l\u2019humanité face à une question clé: «Faut-il démarrer une course à l\u2019armement doué d\u2019IA ou l\u2019empêcher de commencer?» demandent-ils en évoquant leurs craintes.«Si une puissance militaire va de l\u2019avant avec le développement d\u2019armes dotées d\u2019intelligence artificielle, une course à l\u2019armement est alors inévitable, avec comme finalité à cette trajectoire technologique une évidence : les armes autonomes vont devenir les Kalachnikovs de demain.» Et d\u2019ajouter: «Ce ne sera alors qu\u2019une question de temps avant qu\u2019elles n\u2019apparaissent sur le marché noir, dans les mains de terroristes, de dictateurs qui souhaiteraient mieux contrôler leur population et de seigneurs de guerre cherchant à perpétrer un nettoyage ethnique.» Le document fait également référence à l\u2019équipement peu coûteux et à la technologie plus facile d\u2019accès que pour l\u2019arme nucléaire dont l\u2019arme autonome a besoin pour devenir réalité.«Elles deviendront omniprésentes», indique la missive, car produites massivement par des puissances militaires à bas coûts.La lettre a été publiée lundi par l\u2019institut américain Euture of Life, organisme indépendant qui se penche depuis quelques années sur les risques liés au développement d\u2019une intelligence artificielle s\u2019approchant de l\u2019intelli- gence humaine et sur les conséquences délétères d\u2019une telle réalité pour l\u2019humanité.Elle fait également écho aux préoccupations formulées en avril dernier par l\u2019ONU devant la possibilité de voir apparaître des robots tueurs.Depuis deux ans, le rapporteur spécial de l\u2019organisation internationale sur cette question, le Sud-Africain Christof Heyns, réclame en effet un moratoire sur le développement de ces armes autonomes, et ce, dans l\u2019attente d\u2019un cadre juridique adapté.Pour les signataires de la lettre, dont plusieurs œuvrent dans le domaine de l\u2019IA, « une course à l\u2019armement autonome ne peut pas être profitable à l\u2019humanité», écrivent-ils sans toutefois condamner cette technologie qui, selon eux, peut apporter du bon pour la suite des choses, à condition toutefois que son image ne soit pas ternie par des perspectives guerrières qui pourraient induire «un rejet majeur du grand public contre l\u2019intelligence artificielle et réduiraient tous ses bénéfices sociétaux futurs».«Il existe plusieurs façons de créer des champs de bataille plus sécuritaires pour les humains, spécialement pour les civils, et ce, sans mettre au monde de nouveaux outils pour tuer les gens», concluent-ils.Le Devoir m ê MICHAËL MONNIER LE DEVOIR Dans son appel d\u2019intérêt lancé en juin, la Ville énonce notamment une autonomie de 150km en été, des voitures de quatre occupants «préconisées» et une vitesse maximale devant dépasser 40 km/h.AUTOPARTAGE Tout est sur la table, promet la Ville de Montréal KARL RETTING-P ARAZELLI a Ville de Montréal se défend ' de favoriser une entreprise au étriment des autres dans le cadre \u2019un appel d\u2019intérêt international au sujet du futur système de véhicules électriques en libre-service de la métropole.Toutes les entreprises sont les bienvenues et toutes les options sont sur la table, indique le responsable des transports au comité exécutif, Aref Salem.«Toutes les entreprises qui veulent faire affaires à Montréal sont invitées à déposer leurs demandes avant le 24 août à 11 h 30.On n\u2019exclut personne.On veut que tout le monde soit là et on va faire le chemin avec ces entreprises », a affirmé M.Salem lundi matin.Il réagissait ainsi à un article de La Presse publié lundi, dans lequel la principale entreprise d\u2019autopartage du monde, car2go, disait craindre d\u2019être exclue du projet parce que ses voitures ne satisfont pas tous les critères de la Ville.Dans son appel d\u2019intérêt lancé en juin, la Ville énonce notamment une autonomie de 150 km en été, des voitures de quatre occupants « préconisées » et une vitesse maximale devant dépasser 40 km/h.Les Smart de car2go ont une autonomie d\u2019environ 100 km et n\u2019ont que deux places.Parmi les fournisseurs potentiels, le groupe Bolloré est l\u2019un des seuls à répondre aux exigences en matière d\u2019autonomie.«On n\u2019a pas déterminé une voiture.On a parlé d\u2019une autonomie parce qu\u2019on veut offrir ce service à tous les Montréalais qui habitent les arrondissements limitrophes du centre-ville, a fait valoir M.Salem.L\u2019idée d\u2019un appel d\u2019intérêt, c\u2019est d\u2019avoir cette discussion avec les entreprises qui sont intéressées [.] Celles qui sont intéressées peuvent venir autour de la table et on peut discuter et évoluer avec elles.» Mauvaise foi Le maire Denis Coderre a annoncé en avril dernier son intention d\u2019implanter 1000 véhicules électriques en libre-service dans la métropole d\u2019ici 2020, en commençant le déploiement du service et d\u2019un réseau de bornes de recharge dès le printemps 2016.Du côté de l\u2019opposition officielle, le conseiller de Projet Montréal Guillaume Lavoie dénonce la mauvaise foi de la Ville dans le dossier de l\u2019autopartage.«On a un appel d\u2019intérêt qui semble avoir été écrit pour exclure les joueurs qui sont déjà à Montréal et pour avoir un joueur qui est déjà ailleurs.» Il se demande donc «s\u2019il s\u2019agit d\u2019un appel écrit par ou pour Bolloré».Selon M.Lavoie, la Ville doit déployer l\u2019autopartage dès maintenant à travers toute la ville et «refuser la piste du monopole ».Sa collègue Erika Duchesne dénonce elle aussi l\u2019idée d\u2019un monopole de l\u2019autopartage à Montréal et ne voit pas l\u2019utilité d\u2019utiliser la carte Opus dans le futur système montréalais, comme évoqué dans l\u2019appel d\u2019intérêt international.«C\u2019est complètement dépassé.Il n\u2019y a plus de frontières, tout fonctionne avec le numérique», dit-elle.Aref Salem répond que l\u2019usage de la carte Opus pour utiliser le réseau de véhicules libre-service est une avenue considérée, mais qu\u2019elle n\u2019est pas la seule.Contrairement à ce qui était d\u2019abord prévu, la Ville pourrait par ailleurs laisser tomber le processus d\u2019appel d\u2019of fres en bonne et due forme pour choisir un seul forunisseur et miser plutôt sur l\u2019attribution de vignettes de stationnement universelles aux entreprises intéressées, selon des critères qui devront être définis.Le Devoir A 4 LE DEVOIR LE MARDI 28 JUILLET 2015 ACTUALITES Harper nomme le juge albertain Russell Brown à la Cour suprême Ottawa \u2014 Le premier ministre Stephen Harper a fait une nouvelle nomination à la Cour suprême du Canada, désignant comme magistrat au plus haut tribunal le juge de la Cour d\u2019appel de l\u2019Alberta, Russell Brown.M.Brown, ancien avocat et professeur de droit, prendra le relais du juge Marshall Roth-stein, qui quitte ses fonctions le 31 août, a indiqué M.Harper, lundi, par communiqué.Membre du barreau de la Colombie-Britannique et du barreau de l\u2019Alberta, M.Brown est installé à Edmonton, où il est aussi juge de la Cour d\u2019appel pour les Territoires du Nord-Ouest et juge de la Cour d\u2019appel du Nunavut.Il a également siégé à la Cour du Banc de la Reine de l\u2019Alberta.Le juge Brown sera le deuxième juge de la Cour suprême du Canada venant d\u2019une province de l\u2019Ouest, en plus de la juge en chef, Beverley McLachlin.Il compte un diplôme de baccalauréat de l\u2019Université de la Colombie-Britannique et une maîtrise en droit et un doctorat en sciences juridiques de l\u2019Université de Toronto.Le prédécesseur de M.Brown avait été désigné par M.Harper en mars 2006.M.Rothstein re- Russell Brown présentait la première nomination de M.Harper au plus haut tribunal, peu après la prise de pouvoir par le gouvernement conservateur.M.Harper a désormais nommé sept des neuf juges de la Cour suprême du Canada.Sa précédente nomination en novembre dernier, celle de la juge Suzanne Côté, avait mis fin à plus d\u2019une année de controverse sur la composition du plus haut tribunal.La proposition initiale du juge Marc Nadon par M.Harper pour le siège vacant du Québec \u2014 la province en compte trois \u2014 avait été contestée et ultimement rejetée comme anticonstitutionnelle par la Cour suprême elle-même.«Le juge Brown apporte à la Cour sa vaste expérience comme professeur de droit et comme expert en droit, comme avocat, comme juge de première instance et de cour d\u2019appel.Sa nomination est l\u2019aboutissement de vastes consultations auprès de membres réputés du milieu juridique et nous sommes certains qu\u2019il sera un atout solide pour le plus haut tribunal du Canada», a dit le premier ministre, lundi, par communiqué.La Presse canadienne .L * * ¦ \"1 r , ' ' ' ».\u2022' 1*5,>'¦ \u2022 Tvi.\u2022 .vV;.iti'i .\t.\t,\t.' r, »\t-\t' \u2018 -, ,\tNa\u2019 \\ \u2022 C '¦\t\u2022 \u2022\u2022\u2022'.: U' ,\t: .\t'¦\ti i* >'¦ ' :t .friî - , * ¦ /'.r M.-V fi \u2018\t*\u2022\t^ ¦ a';.11*\t.9\t, .\t¦¦¦,.U *\t.y\u2019 I\tV v\u2018 s .- Vï i .' Qv-.j' I J, ' .r.vi,» ¦'» ¦ I\t¦ ~\t¦\t.¦''*\t4- v.V.\u2022 \u2022 \" - - .BRYAN ORFORD YOUTUBE Un chasseur étranger accusé d\u2019avoir tué le plus célèbre lion du Zimbabwe Un riche touriste étranger est accusé de s\u2019être offert la tête du plus célèbre lion du Zimbabwe, vedette du parc national de Hwange en raison de sa crinière noire, tué après une chasse à l\u2019arc, a-t-on appris lundi auprès d\u2019une ONG de protection de la nature.L\u2019animal, un mâle baptisé Cecil, très populaire auprès des touristes, a été retrouvé il y a deux semaines gisant hors de la réserve.«L\u2019intermédiaire spécialisé dans les permis de chasse et un chasseur ont été inculpés», a indiqué Johnny Rodrigues, président de l\u2019ONG Zimbabwe Conservation Taskforce.«Nous cherchons encore à établir l\u2019identité et la nationalité du chasseur.50 000dollars US auraient changé de mains, selon certaines allégations qui restent à vérifier.» Le contrevenant \u2014 un Espagnol selon des sources proches des autorités du parc, un Américain selon d\u2019autres indications \u2014 devrait comparaître pour braconnage avec un intermédiaire soupçonné d\u2019avoir empoché beaucoup d\u2019argent, selon M.Rodrigues.Ni les autorités du parc ni la police n\u2019étaient joignables dans l\u2019immédiat.Menaces envers nn itinérant; denx policiers blâmés Le policier qui avait menacé un itinérant de l\u2019attacher à un poteau, par un froid polaire en janvier 2014, a été blâmé par le Comité de déontologie policière.Le 22 juillet dernier, le Comité a décidé que les propos tenus par l\u2019agent Pierre-Luc Gauthier, membre du Service de police de la Ville de Montréal, étaient «irrespectueux» et constituaient «de l\u2019intimidation».Le partenaire du policier a, lui aussi, été blâmé en raison de son inaction dans cette affaire.Selon le Comité, il aurait dû intervenir pour dissuader son collègue.La sanction des deux policiers devrait être déterminée au terme d\u2019audiences ultérieures.Le Devoir NOUVELLE- ZÉLANDE Les corps retrouvés ne sont toiyours pas identifiés Wellington \u2014 Les corps de deux randonneurs emportés par une avalanche en Nouvelle Zélande ont été retrouvés ce week-end par les secouristes recherchant deux étudiants québécois portés disparus, a annoncé lundi la police locale.Les corps n\u2019ont pas été formellement identifiés, mais la police a indiqué avoir informé les familles dç Louis-Vincent Lessard et Étienne Lemieux.Agés de 23 ans, ils n\u2019avaient donné aucun signe de vie depuis le 7 juillet, date à laquelle ils avaient pris,^un bus pour Te Anau, sur l\u2019Ile du Sud, avec l\u2019intention de se lancer sur le Kepler Track, une voie de randonnée située dans le parc National du Eiordland.«Par une belle journée, c\u2019est une promenade agréable à travers le parc, mais en cas de mauvaise météo, comme celle que ces jeunes gens ont connue, évidemment, cela peut devenir dangereux», a déclaré le sergent de police lan Martin à la chaîne de télévision TVNZ.«n semble que ce soit passé très, très vite et qu\u2019ils n\u2019aient eu aucune chance de survivre», a-t-il ajouté.Les corps ont été localisés dimanche et lundi à environ 350 mètres en contrebas de la piste, entre deux refuges, et transportés à Te Anau pour identification, en lien avec l\u2019ambassade du Canada à Wellington.Agence France-Presse CARMEN QUINTANA Nouvelles arrestations d\u2019ex-militaires au Chili Santiago du Chili \u2014 Un juge chilien a ordonné lundi l\u2019arrestation de cinq autres exmilitaires dans l\u2019enquête sur le meurtre d\u2019un jeune photographe brûlé vif par une patrouille militaire après une manifestation contre la dictature d\u2019Augusto Pinochet, en 1986.«Le juge Mario Carroza a lancé lundi cinq autres mandats d\u2019arrêt», a indiqué un porte-parole du département de la Justice.Quatre d\u2019entre eux ont déjà été arrêtés.La semaine dernière, sept anciens militaires avaient été interpellés dans le cadre de cette enquête.H y a presque 30 ans, le photographe Rodrigo Roj^s de Negri, 19 ans, exilé aux États-Unis, venait de rentrer au Chili et prenait des photos d\u2019une manifestation dans un quartier populaire en compagnie d\u2019une amie étudiante de 18 ans, Carmen Gloria Quintana.Interpellés par des militaires, ils avaient été aspergés d\u2019essence et brûlés vifs avant d\u2019être abandonnés dans les environs de Santiago.La jeune fille, atrocement défigurée, a survécu à ses blessures et vit aujourd\u2019hui à Montréal, mais Rodrigo Rojas est mort après quatre jours d\u2019agonie.Malgré le témoignage de Carmen Gloria Quintana, la justice n\u2019avait jamais pu démontrer la participation aux faits des militaires unis par un «pacte du silence» organisé par leurs supérieurs.L\u2019armée sait.Lors d\u2019une conférence de presse lundi à Santiago, Carmen Gloria Quintana a mis l\u2019armée au défi de livrer toutes les informations dont elle dispose sur son cas: «Il est temps d\u2019en finir avec l\u2019impunité, d\u2019ouvrir toutes les voies de la vérité et de la justice», a-t-elle déclaré.Au sein de l\u2019armée, «il y a encore une politique institu- tionnalisée de dissimulation [pour couvrir] le mensonge et l\u2019horreur», a-t-elle ajouté.«Je demande que cela prenne fin et que les Forces armées répondent de leurs actes, que l\u2019on mette fin à cette politique systématique de mensonge institutionnalisé face aux crimes contre l\u2019humanité», a conclu M™'\u2019 Quintana.«Il y a des gens qui connaissent la vérité sur de nombreux cas non résolus et le Chili leur demande de suivre l\u2019exemple du soldat Fernando Guzman et d\u2019aider à soulager toute cette douleur», a dit pour sa part la présidente Michelle Bachelet, elle-même torturée sous la dictature et dont le père a été éliminé par le régime militaire.Lors d\u2019une conférence de presse lundi à Santiago, Carmen Gloria Quintana a mis l\u2019armée au défi de livrer toutes les informations dont elle dispose sur son cas De son côté, le président du Sénat, Patricio Walker, a «demandé pardon» à M™'\u2019 Quintana, «au nom de l\u2019Etat du Chili».Tous les accusés sont d\u2019anciens officiers et sous-officiers.Ils ont été arrêtés à l\u2019issue d\u2019investigations menées après les confessions de l\u2019un d\u2019entre eux, fin 2014.Dans sa déposition écrite devant la justice, l\u2019ancien militaire Eernando Guzman Espin-dola, né en 1965, affirme notamment que toutes les déclarations faites par ses ex-compagnons et lui-même lors de l\u2019enquête menée après les faits «sont des mensonges».Il accuse ensuite la hiérarchie militaire d\u2019avoir fait pression sur eux pour dissimuler la vérité.Ce crime, survenu dans les dernières années de la dictature (1973-1990) , avait suscité une indignation internationale.Agence France-Presse VEHICULES SEMI-BANALISES Nouvelles mesures à la SQ La Sûreté du Québec (SQ) a adopté des mesures transitoires concernant l\u2019utilisation de véhicules semi-banalisés lors de réponses à des appels d\u2019urgence.Ces mesures sont entrées en vigueur jeudi dernier, en attendant qu\u2019un comité de travail analyse plus en profondeur l\u2019utilisation de ce type de véhicules et précise les façons de la rendre plus sécuritaire.Le comité devrait formuler ses propositions au cours de l\u2019automne.Une collision survenue le 18 juillet a amené la SQ à baliser davantage l\u2019utilisation de ces véhicules lors d\u2019appels d\u2019urgence.Cet accident a coûté la vie à trois personnes âgées à Dolbeau-Mistassini.La voiture des victimes est entrée en collision avec un véhicule banalisé de la Sûreté du Québec.Le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) a été chargé de l\u2019enquête sur cet accident.Le lieutenant Guy Lapointe, responsable du service des communications avec les médias à la SQ, a expliqué que le policier à bord d\u2019un véhicule semi-banalisé ne pourra dorénavant intervenir que dans deux cas précis lors d\u2019un appel d\u2019urgence.Il pourra le faire s\u2019il est à bord du seul véhicule disponible ou encore s\u2019il se trouve le plus près de l\u2019endroit d\u2019où émane l\u2019appel, dans la mesure où il y a un risque imminent pour la vie de quelqu\u2019un.La Presse canadienne Téléphone : Télécopieur 514 985-3322 514 985-3340 LES PETITES ANNONCES Courriel : petitesannonces@ledevoir.com APPARTEMENTS ET LOGEMENTS À LOUER DISCRIMINATION INTERDITE La Commission des droits de la personne du Québec rappelle que lorsqu'un logement est offert en location (ou sous-location), toute personne disposée à payer le loyer et à respecter le bail doit être traitée en pleine égalité, sans distinction, exclusion ou préférence fondée sur la race, la couleur, le sexe, la grossesse, l'orientation sexuelle, l'état civil, l'âge du locataire ou de ses enfants, la religion, les convictions politiques, la langue, l'origine ethnique ou nationale, la condition sociale, le handicap ou l'utilisation d'un moyen pour pallier ce handicap MILE-END - Esplanade Grand 6 1/2, r de c avec cour 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promis de continuer ses frappes contre les rebelles kurdes jusqu\u2019à ce qu\u2019ils déposent les armes.Ce nouveau partenariat vise à «établir une zone débarrassée d\u2019EI et d\u2019améliorer la sécurité et la stabilité le long de la frontière entre la Turquie et la Syrie», a déclaré à l\u2019AFP un responsable militaire américain en marge d\u2019une visite du président Barack Obama en Ethiopie.Virage turc Longtemps accusé de complaisance vis-à-vis des organisations radicales en lutte contre le régime de Damas, le gouvernement islamo-conser-vateur turc a opéré un virage après l\u2019attentat suicide meur- trier de Suruç (sud), attribué à El, et la mort d\u2019un de ses soldats tué lors d\u2019une attaque dji-hadiste à la frontière.Depuis vendredi, l\u2019armée turque a mené plusieurs raids aériens contre des objectifs d\u2019El en Syrie.Ankara a aussi donné son feu vert, longtemps attendu, à l\u2019utilisation de la base d\u2019incirlik (sud) aux avions américains qui bombardent El en Syrie et en Irak.Selon le responsable américain, il impliquerait un soutien turc qux «partenaires au sol» des Etats-Unis, à savoir les troupes de l\u2019opposition syrienne modérée.En revanche, il ne s\u2019agit pas d\u2019instaurer la «zone d\u2019exclusion aérienne» réclamée par Ankara.Le premier ministre turc Ahmet Davutoglu a confirmé lundi sa détermination à lutter contre El.«Nous ne voulons plus voir Daech [l\u2019acronyme arabe d\u2019El] à la frontière turque», a-t-il répété lundi, excluant toutefois l\u2019envoi de troupes sur le sol syuien.«La présence d\u2019une Turquie susceptible d\u2019utiliser efficacement la force peut permettre de changer l\u2019équilibre en Syrie, en Irak et dans toute la région », a ajouté M.Davutoglu.Son ministre des Affaires étrangères Mevlüt Cavusoglu a promis de son côté que son pays participerait désormais «activement» aux frappes aériennes de la coalition.Les Kurdes visés Presque simultanément à son entrée en guerre contre les djihadistes, la Turquie a bombardé les bases arrières des rebelles du parti des travailleurs du Kurdistan (PKIÇ dans le nord de l\u2019Irak.Dimanche soir, les P-16 turcs ont mené de nouvelles frappes.La Turquie les poursuivra jusqu\u2019à ce que le PKK renonce aux armes, a proclamé M.Davutoglu.«Nous allons continuer notre combat [.] jusqu\u2019à ce que nous parvenions à un certain résultat», a-t-il dit à la télévision, «c\u2019est soit les armes, soit la démocratie».Dans la foulée de l\u2019attentat de Suruç qui a visé des militants prokurdes, le PKK avait revendiqué en représailles une série d\u2019attaques meurtrières contre des policiers.Juste après les premiers raids aériens turcs, il a proclamé la fin de la trêve qu\u2019il respectait depuis 2013 et revendiqué la mort de deux soldats.Cette escalade menace de faire capoter le fragile processus de paix engagé en 2012 pour mettre un terme à une rébellion qui a fait 40000 morts depuis 1984.La double offensive engagée par Ankara contre le PKK et les djihadistes nourrit la suspicion.Certains affirment que la priorité des Turcs est la lutte contre les Kurdes, plutôt que celle contre El.Illustration de ces suspicions, les Kludes de Syuie ont accusé lundi la Turquie d\u2019avoir ouvert le feu contre deux villages du secteur frontalier de Zur Ma-ghar, dans la province d\u2019Alep (nord de la Syrie), faisant quatre blessés parmi ses combattants.«Au lieu de s\u2019en prendre aux positions occupées par les terroristes d\u2019El, les forces turques attaquent nos positions de défense», ont dénoncé les Unités de protection du peuple (YPG) kurdes, alliées du PIÛC, à la pointe du combat contre les djihadistes.Ankara a démenti ces accusations, assurant avoir riposté à des tirs venus de Sp\u2019ie.«Le PYD [principal parti kurde de Syrie], avec d\u2019autres ne fait pas partie des objectijs de nos opérations militaires», a assuré à l\u2019AEP un responsable turc qui s\u2019exprimait sous couvert de l\u2019anonymat.La Turquie s\u2019est inquiétée à plusieurs reprises de la formation à sa frontière d\u2019une région autonome kurde dans le nord de la Syuie.S\u2019ils ont applaudi son offensive contre El, les alliés de la Turquie ont paru nette- ment plus réservés sur celle qui vise le PKK.«L\u2019autodéfense doit être proportionnée», a souligné le secrétaire général de l\u2019OTAN Jens Stoltenberg à la télévision norvégienne NRK, en soulignant les «progrès» permis par le processus de paix engagé entre Ankara et les Kurdes.L\u2019OTAN doit se réunir mardi à Bruxelles pour évoquer la situation sécuritaire en Turquie.La police turque a poursuivi lundi sa vague d\u2019arrestations contre des militants présumés du PKK, du groupe El et de l\u2019extrême gauche.Selon le gouvernement, 1060 personnes ont été arrêtées depuis vendredi, dont une large majorité de militants kludes.Dans une note révélée lundi par la presse, le chef de la police d\u2019Istanbul a placé ses hommes en alerte à cause du «risque accru» d\u2019attentat dans la plus grande ville du pays.Agence France-Presse ETHIOPIE Obama veut maintenir la «pression» sur les shebab Addis-Abeba \u2014 Barack Obama a appelé lundi les pays d\u2019Afrique de l\u2019Est combattant les islamistes shebab en Somalie à «maintenir la pression » sur les insurgés, tout en égratignant sqn allié-clé en matière de sécurité régionale, l\u2019Ethiopie, sur la question des droits de l\u2019Homme.Depuis la capitale éthiopienne Addis-Abeba, où, il effectue une visite inédite pour un chef d\u2019Etat américain, Barack Obama a salué le travail des troupes régionales engagées au sein de la force de l\u2019Union africaine (UA) en Somalie (Amisom) pour combattre les shebab aux côtés de l\u2019embryon d\u2019armée somalienne.L\u2019Amisom, forte de quelque 22000 hommes, comprend des contingents éthiopien, kényan, ougandais, djiboutien et burundais.«Une des raisons pour lesquelles nous voyons les shebab reculer en Afrique de l\u2019Est est que nous avons nos équipes régionales [.] avec des forces locales», a déclaré le président américain, lors d\u2019une conférence de presse conjointe avec le premier ipinistre éthiopien Hailemariam Desalegn.Les Etats-Unis mènent de leru côté des attaques ré^-lières de drones contre les islamistes en Somalie.«Nous n\u2019avons pas besoin d\u2019envoyer nos propres Marines sur place pour combattre: les Ethiopiens sont des combattants suffisamment aguerris et les Kényans et les Ougandais font sérieusement leur travail» en Somalie, a estimé Bafack Obama.A l\u2019heure où le président américain quittait dimanche le Kenya \u2014 premjère étape de ce déplacement africain \u2014 poru l\u2019Ethiopie, les islamistes perpétraient un nouvel attentat au véhicule piégé contre un hôtel de Mogadiscio.L\u2019explosion a soufflé une façade du bâtiment, qui abfite les ambassades de Chine, du Qatar et des Emirats arabes unis, et tué au moins 13 personnes.Droits de l\u2019Homme Comme au Kenya voisin, le dialogue sécuritaire, pivot des relations américano-éthiopiennes, s\u2019est imposé comme sujet central lundi à Addis.Très attendu par la société civile sur les droits de l\u2019Homme, le président américain a abordé la question, mais en termes feutrés, prenant soin de ménager l\u2019allié éthiopien.En matière de droits de l\u2019Homme en Ethiopie, « il reste du travail et je pense que le pre- ZACHARIAS ABUBEKER AGENCE ERANCE-PRESSE Depuis la capitale éthiopienne Addis-Abeba, Barack Obama a salué les troupes régionales engagées au sein de la force de l\u2019Union africaine en Somalie pour combattre les shebab aux côtés de l\u2019embryon d\u2019armée somalienne.mier ministre est le premier à admettre qu\u2019il y a encore à faire», a lancé le locataire de la Maison-Blanche.M.Hailemariam a assuré que l\u2019engagement de son pays «envers la démocratie est réel», et qu\u2019une presse indépendante \u2014 quasi inexistante en Ethiopie \u2014 était nécessaire, le gouvernement ayant besoin «d\u2019être critiqué» pour pouvoir «corriger ses erreurs».Reeyot Alemu, une journaliste tout juste libérée de prison, a balayé ces propos: «au- jourd\u2019hui encore, ils harcèlent et arrêtent les gens», a-t-elle affirmé.Addis-Abeba est régulièrement accusé de bafouer les droits de l\u2019Homme et de faire taire les voix dissidentes.Agence France-Presse Lire aussi > Faire ia ieçon et faire des affaires.Un éditorial de Guy Taillefer.Page A 6 MAURITANIE Appel à la levée des « sanctions » contre le Soudan Nouakchott \u2014 Onze pays africains réunis en sommet en Maruitanie ont réclamé lundi la levée des «sanctions» imposées au Soudan, sous le coup d\u2019un embargo commercial américain et dont le président Omar el-Béchir fait l\u2019objet d\u2019un mandat d\u2019arrêt de la Coru pénale internationale.«Dans un souci de solidarité entre les peuples des pays membres» de l\u2019Agence panafricaine de la Grande muraille verte, «les chef d\u2019Etat et de gouvernement expriment leur soutien à la République sœur du Soudan et appellent à la levée des sanctions imposées à ce pays», selon le communiqué publié à l\u2019issue de leur sommet à Nouakchott, sans plus de détails sur ces sanctions.Le Soudan est depuis 1989 sous le coup d\u2019un embargo commercial américain.Son président depuis 1989, Omar el-Béchir, qui doit quitter lundi Nouakchott, est inculpé de génocide par la CPI pour des crimes commis sur la population civile du Darfour.Agence France-Presse TCHAD L\u2019armée lance une vaste opération contre Boko Haram STEPHANE YAS, CÉLIA LEBUR à N\u2019Djamena Ly armée tchadienne a lancé ' une vaste opération sur des îles du lac Tchad contre les insurgés islamistes nigérians de Boko Haram, qui ont multiplié attaques sanglantes et attentats suicides dans la région ces derniers jours.Malgré la mobilisation des armées de la région, les attaques ne cessent pas dans les pays concernés.Dans l\u2019Extrême-Nord du Cameroun, sept personnes ont été tuées depuis dimanche, dont trois décapitées, lors d\u2019attaques menées par Boko Haram.Le Tchad, en première ligne dans la coalition militaire mise sur pied début 2015 (qui comprend aussi le Nigeria, le Ca- meroun et le Niger), a décidé de riposter sur les îles du lac, où de nombreux insurgés, affaiblis dans leurs fiefs nigérians, s\u2019étaient repliés ces derniers mois.«Nos forces [.] ont intercepté [lundi] dans la matinée des éléments de Boko Haram en fuite» à une vingtaine de km au sud-est de Baga Sola, l\u2019une des principales villes tchadiennes du lac, a affirmé à l\u2019AEP une source sécuritaire, précisant que de «violents combats» se poursuivaient en fin d\u2019après-midi dans la zone.D\u2019après cette source, un premier accrochage avait eu lieu samedi à Midi Koutou, une île du lac, faisant six morts et 15 blessés parmi les éléments de Boko Haram.Un soldat tcha-dien a également été tué.Les combattants de Boko Haram ont «enlevé beaucoup de femmes et d\u2019enfants» dans leur fuite samedi, a indiqué la même source, sans pouvoir préciser leur nombre.«Environ 1000 hommes [des forces de sécurité et de défense tchadiennes] sont positionnés pour occuper toutes les îles et neutraliser Boko Haram», a-t-elle ajouté.Une source proche des autorités locales a confirmé «une grande opération de ratissage» dans les îles tchadiennes du lac.«L\u2019armée est entrée en force dans presque toutes les îles [tchadiennes], ce sont essentiellement des petits îlots et des villages où elle fait face à une présence dispersée des Boko Haram », a-t-elle précisé.Agence France-Presse BURUNDI Le principal opposant siège à l\u2019Assemblée nationale Bujumbura \u2014 Le principal opposant burundais, Agathon Rwasa, a pris part lundi en tant que député à la première session de l\u2019Assemblée nationale fraîchement élue, disant vouloir «jouer le jeu » pour aider à sortir son pays de la crise, un choix qui crée des remous dans l\u2019opposition.Selon des sources concordantes, cette session a été précédée ce week-end par des combats dans le Sud-Ouest, opposant l\u2019armée à un groupe armé non identifié en provenance de République détnocratique du Congo (RDC) voisine.A Bujumbura, expliquant à un journaliste de l\u2019AEP sa présence sur les bancs de l\u2019Assemblée, M.Rwasa a déclaré: «on doit se rendre à l\u2019évidence, le forcing de Nkurunziza [le président réélu] a bien réussi».«Faut-il abandonner à leur sort tous ces gens qui ont voté pour nous, quand bien même les résultats publiés ne sont pas si réalistes que ça ?», a-t-il ajouté.En dépit d\u2019une crise politique sans précédent depuis la fin de la guerre civile (1993-2006), déclenchée par la candidature controversée du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat le pouvoir burundais a organisé des législatives et communales le 29 juin et une présidentielle le 21 juillet.Les trois scrutins, décriés par l\u2019opposition et la quasi-totalité de la communauté internationale, ont été remportés haut la main par le camp présidentiel.Pierre Nkurunziza a été réélu avec plus de 69% des voix.L\u2019ensemble de l\u2019opposition, dont Agathon Rwasa, avait dit boycotter les scrutins, mais la Commission électorale (Céni) avait maintenu leurs candidatures.L\u2019opposition juge ce troisième mandat anticonstitutionnel et contraire à l\u2019accord de paix d\u2019Arusha qui avait permis de mettre fin à la guerre civile.Après l\u2019échec de deux médiations onusiennes, la Communauté est-africaine (LAC : Burundi, Kenya, Ouganda, Rwanda et Tanzanie) a demandé au président ougandais de rapprocher les deux camps.«Jouer le jeu» «Tant que les négociations n\u2019ont pas encore abouti, autant jouer le jeu [.] tout sera fixé par l\u2019aboutissement du dialogue entre les parties», a ajouté, confiant, M.Rwasa, réfutant se livrer à un «double langage».Principal allié de M.Rwasa dans ce processus électoral, Charles Nditije, absent de l\u2019hémicycle lundi, comme ses dix partisans élus députés, a dit refuser de «s\u2019associer à la mascarade électorale organisée par Nkurunziza et sa Céni».Pour cette première session, 104 des 121 députés élus étaient présents.Les 15 pays membres du Conseil de sécurité de rONU doivent tenir des consultations mardi après-midi sur la crise au Burundi, a indiqué lundi le président du Conseil.Ces discussions à huis clos se tiendront une semaine après le scrutin présidentiel qui a vu la réélection du président sortant Pierre Nkurunziza pour un troisième mandat.Le scrutin présidentiel a été jugé non crédible par le président américain Barack Obama, par l\u2019opposition burundaise et par les observateurs internationaux qui l\u2019on suivi.La mission d\u2019observation électorale de l\u2019ONU au Burundi (Menub) a ainsi conclu que le vote s\u2019était globalement déroulé dans le calme mais que l\u2019élection n\u2019avait pas été «libre, crédible ni inclusive».Agence France-Presse A 6 LE DEVOIR LE MARDI 28 JUILLET 2015 EDITORIAL BARACK OBAMA EN AFRIQUE Faire la leçon et faire des affaires Barack Obama s\u2019est rendu au Kenya et en Ethiopie alors que sa présidence commence à toucher à sa fin.Le président a-t-il tenu ses promesses à l\u2019égard de l\u2019Afrique?E Guy Taillefer n juin 2009, à peine arrivé à la présidence, Barack Obama prononce au Caire un discours mémorablement rénovateur dans lequel il annonce une salutaire reconfiguration des relations des Etats-Unis avec le reste de la planète, et plus particulièrement avec le monde musulman.Il sera bientôt rattrapé par les réalités historiques et la montée de cette, excroissance d\u2019al-Qaïda qu\u2019est le groupe Etat islamique.La Maison-Blanche décidera assez vite que ses intérêts campent du côté de l\u2019armée ég5q)tienne et de la « contre-révolution ».Alors qu\u2019apparaissaient en 2010 les premiers bourgeons du printemps arabe en Tunisie, rappelait Le Monde dans un texte publié en fin de semaine, M.Obama s\u2019était adressé plus spécifiquement aux Africains dans un discours prononcé devant le parlement du Ghana et dans lequel il disait voir «l\u2019Afrique comme une partie fondamentale de notre monde interconnecté.» Un monde interconnecté par la paix, le développement et la démocratie.Ce qu\u2019il faut pourtant bien constater, alors que le double mandat du président Obama tire lentement à sa fin, c\u2019est qu\u2019il n\u2019aura finalement pas appliqué face à l\u2019Afrique \u2014 méditerranéenne comme subsaharienne \u2014 une approche fondamentalement différente de celle de ses prédécesseurs en ce qui a trait à la défense des droits sociaux.Au Kenya, dans le cadre d\u2019une visite symboliquement chargée, certes, puisqu\u2019il s\u2019agissait du pays natal de son père, ce n\u2019est pas sans sa classique éloquence qu\u2019il a appelé ce pays et ses élites à s\u2019attaquer à la corruption qui les gangrène, à élargir les libertés individuelles et démocratiques, à lutter contre la violence faite aux femmes.Il a dénoncé l\u2019odieuse homophobie qu\u2019affichent les autorités kenyanes, la comparant avec à-propos à la discrimination raciale dont souffrent les Etats-Unis.Il s\u2019est également inquiété de la xénophobie et du harcèlement que subit la minorité musulmane d\u2019origine somalienne.En Ethiopie, où M.Obama allait ensuite se trouver lundi et mardi, le gouvernement d\u2019Ad-dis-Abeba s\u2019est fait à son tour donner des leçons de démocratie et de respect des droits de la personne.En vérité, l\u2019Amérique de M.Obama continue de pouvoir assez facilement s\u2019accommoder d\u2019alliés qui piétinent les droits sociaux et politiques au nom de la guerre contre le terrorisme et de ses intérêts commerciaux.Le fait est que les libertés individuelles se sont fortement dégradées sous la présidence kenyane d\u2019Uhiuu Kenyatta et que la situation est pire encore dans la «démocrature» qu\u2019est l\u2019Ethiopie, où l\u2019opposition politique et les médias indépendants ont été complètement muselés.Or, Addis-Abeba et, dans une moindre mesiue, Nairobi foiunissent à Washington sa chair à canon dans la lutte contre les islamistes shebab qui sévissent dans la Somalie voisine.Le Kenya et l\u2019Ethiopie sont ensuite des économies dont les PIB croissent à bon rythme.À la guerre contre le terrorisme se jouxtent les impératifs d\u2019une guerre économique contre la Chine, devenue depuis le principal partenaire commercial du continent africain.Si bien qu\u2019ils sont beaux, les discours, mais qu\u2019ils finissent par agacer, vu la distance qui sépare la pratique des professions de foi.FLORA MACDONALD 1926-2015 La femme sans peur e décès de Elora MacDonald, dimanche matin, vaut bien plus que quelques lignes pour ceux et celles assez vieux pour revenir quelque 40 ans en arrière, quand cette grande femme rousse avait eu l\u2019audace de se présenter à la tête de ce que l\u2019on appelait alors le Parti progressiste-conservateur du Canada (PC).On était en 1976, moment fort du féminisme militant où l\u2019on ruait dans les brancards, mais où les cercles du pouvoir ne laissaient passer les femmes qu\u2019au compte-gouttes.En politique, les élues étaient rares, les femmes ministres davantage.Quant à se voir à la tête d\u2019un parti, c\u2019était folle ambition.En Occident, l\u2019arrivée en 1975 de Margaret Thatcher comme chef du Parti conservateur britannique était vue comme un exploit.Au Canada, de tels essais se comptaient sur moins que les doigts d\u2019une main.Dans les an-nées 50, Thérèse Casgrain avait été la pre-mière femme chef de parti, le très marginal social démocratique du Québec.En 1967, la productrice de films Mary Walker-Sawka se présenta à la tête du PC au nom de l\u2019égalité des sexes.Elle ne recueillit que deux votes et fut tournée en ridicule, le Globe and Mail la qualifiant même de femme au foyer qui se serait trompée de salle de bingo ! Mais en 1975, le vent du changement souffle plus fort: au NPD, Rosemary Brown, première élue noire au Canada, se présente à la direction du parti.Elle arrive solide deuxième derrière Ed Broadbent, mais nul ne voit alors le NPD gouverner.Le PC, lui, peut former le gouvernement.La candidature de M\u201c® MacDonald, un an plus tard, y est donc d\u2019une autre teneur.Pigure forte et appréciée, celle-ci a une organisation solide et capte l\u2019attention : on ne se moque pas d\u2019une Elora MacDonald.Espérer réussir n\u2019est donc pas vain.Hélas, le jour du vote, elle qui croyait avoir l\u2019appui de 325 délégués à la convention conservatrice n\u2019en récoltera que 214.Elle doit se désister de la course \u2014 qui sera finalement remportée par Joe Clark.Dès lors, on parlera du syndrome Elora.Que les femmes se le tiennent pour dit: les gens se disent prêts à voter pour vous, mais quand arrive la vraie affaire, hein.Elora la battante bout de colère, mais n\u2019en montre rien.Celle qui fut d\u2019abord secrétaire puis caissière dans une banque, montant comme tant de femmes les échelons un à un, sait encaisser les coups : elle reste au front.En 1979, Joe Clark lui confie les Affaires extérieures : elle est la première femme à occuper ce poste au Canada et alors l\u2019une des rares dans le monde (aux Etats-Unis, Madeleine Albright ne brisera cette barrière qu\u2019en 1996 !).Elle y restera peu de temps, mais laissera ses marques.Ensuite, il y eut d\u2019autres ministères sous Brian Mulroney puis, après la politique, l\u2019aide humanitaire en terres difficiles (le Tibet, l\u2019Afghanistan.), même à 80 ans passés.Non, la peur n\u2019allait pas à cette femme hors du commun.L\u2019oubli non plus.Josée Boileau LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 > FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-présidente, ventes publicitaires LISE MILLETTE Directeur des finances STÉPHANE ROGER Directrice de ^information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Adjoints PAUL CAUCHON, JEAN-ERANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIEEET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET V LETTRES Une fonction essentiellement symboliqne La nomination récente du nouveau lieutenant-gouverneur du Québec a relancé le débat sur la pertinence ou non de ce poste au sein du système parlementaire québécois.Selon la Constitution du Canadq, le monarque du Canada est le chef de l\u2019Éfat, poste occupé depuis 1952 par la reine Elisabeth II en tant que reine du Canada.Le monarque canadien possède des pouvoirs qui lui sont propres et d\u2019autres qui sont exercés par l\u2019intermédiaire de ses représentants: le gouverneur général et les lieutenants-gouverneurs provinciaux.Le lieutenant-gouverneur du Québec est donc le représentant de la reine du Canada au Québec.II assume des responsabilités équivalant à celles qu\u2019exerce le gouverneur général dans l\u2019État fédéral.Malgré ses pouvoirs officiels, le lieutenant-gouverneur occupe actuellement une fonction essentiellement symbolique pour laquelle il reçoit un salaire annuel de l\u2019ordre de 120 000$.Si vous ajoutez à cette farce monumentale le fait qu\u2019au Québec les députés nouvellement élus prêtent le serment d\u2019allégeance à la reine du Canada, vous obtenez la recette idéale d\u2019une soumission avi- lissante et rétrograde dont le ridicule n\u2019a d\u2019égal que l\u2019anachronisme qu\u2019il véhicule depuis des décennies.Foutaise! De deux choses l\u2019une, ou le Québec persiste à jouer un rôle de figurant dans son système parlementaire, ou il abolit le poste de lieutenant-gouverneur et, par ricochet, le serment d\u2019allégeance à la reine du Canada.Henri Marineau Québec, le 27 juillet 0215 Haro sur le gouvernement Harper ! Après celui du Québec, c\u2019est le gouvernement de l\u2019Qntario qui subit le mutisme, l\u2019arrogance et la condescendance du gouvernement Harper.La ministre responsable de la Francophonie a révélé avoir écrit cinq fois à son homologue fédéral sans recevoir aucune réponse, et ce, au sujet de la volonté de la province de devenir membre de rQrganisation internationale de la Francophonie.Gageons qu\u2019avec l\u2019élection d\u2019un gouvernement du NPD en Alberta, cette province commencera elle aussi à subir le même sort dans ses contacts avec le gouvernement fédéral.Les ministres et le premier ministre sont interpellés et ils ne répondent tout simplement pas ! Et voilà que l\u2019QNU rappelle à l\u2019ordre le Canada au sujet des droits de l\u2019homme ; et à ce sujet, la liste est longue.C\u2019est sans compter les accrocs à la démocratie et le mépris des institutions parlementaires qu\u2019illustrent le dépôt de projets de loi mammouths et les bâillons; la fragilisation de Radio-Canada et des statistiques officielles, des services publics essentiels ; le retrait de Kyoto et l\u2019indifférence face aux changements climatiques et à la protection de l\u2019environnement en général; le refus de lancer une enquête publique sur l\u2019accident de Lac-Mégantic; la valorisation des armes à feu qui se traduit par la destruction du registre national ; l\u2019attitude belliqueuse en politique internationale; l\u2019envoi de chèques aux familles juste avant l\u2019élection; la diminution des transferts aux provinces en matière de santé ; etc., etc., etc.Qu\u2019est-ce que ce gouvernement a fait de bon?J\u2019espère que tous les électeurs, particulièrement ceux des régions de Québec et de Chaudière-Appalaches, prendront conscience des sophismes, de la rigidité idéologique, de l\u2019intolérance, du manque de transparence, de l\u2019autoritarisme et du caractère antidémocratique des conservateurs.Ils nous ramènent dans la grande noirceur à la Maurice Duplessis.Pierre M.Blais Québec, le 25 juillet 0215 LIBRE OPINION Jeter le Sénat avec l\u2019eau du bain ETIENNE CLOUTIER Bachelier en droit de l\u2019Université de Montréal.Stagiaire-recherchiste à la Cour d\u2019appel du Québec Critiqué sous tous les angles depuis un certain temps déjà, rien ne va plus pour le Sénat canadien.Et pour cause ! La légitimité de ses nominations constamment remise en question, son apparente impuissance sur le cours du processus législatif, ainsi que les récents déboires très médiatisés de certains de ses membres, n\u2019ont évidemment rien pour aider la cause de notre mal-aimée chambre haute.Le récent appel du gouvernement conservateur, demandant son abolition pure et simple, n\u2019étonne d\u2019ailleurs plus personne.Il y a néanmoins lieu de se demander si l\u2019abolition du Sénat est réellement la seule option valable face à ce constat d\u2019échec.En effet, ne pourrions-nous pas \u2014 idée saugrenue! \u2014 envisager d\u2019en faire quelque chose de mieux, plutôt que de signer son arrêt de mort?Pour les besoins de cette réflexion, rapportons-nous au rôle initial du Sénat dans l\u2019ordre constitutionnel canadien, à sa raison d\u2019être.C\u2019est au nom de la protection d\u2019une représentation régionale au sein du Canada que cet organe législatif aurait vu le jour.Dans les mots d\u2019Hèlene Buzetti, journaliste au Devoir, il aurait été «créé à l\u2019origine pour faire contrepoids à la dictature de la majorité».Cependant, tout le monde semble s\u2019entendre sur une chose : ce ne fut jamais vraiment le cas.Une comparaison sommaire avec certains pays, en Amérique comme en Europe, permet d\u2019observer d\u2019importantes différences au niveau du fonctionnement de nos chambres hautes respectives, différences qui pourraient être à la base d\u2019une explication.Pour n\u2019en nommer qu\u2019une, le mode de sélection trône au sommet de celles-ci.Par exemple, contrairement au système américain, où les sénateurs sont élus, ceux du Canada sont nommés par le pouvoir exécutif du gouvernement fédéral.Ainsi, bien qu\u2019en théorie le dernier mot revienne au gouverneur général, c\u2019est le premier ministre du Canada qui, en pratique, tire les ficelles.Bref, ces personnes censées défendre la diversité des provinces, comme mentionné plus haut, ne sont pas nommées par les gouvernements provinciaux, encore moins élues par la population qu\u2019elles sont censées servir, mais bien choisies directement par l\u2019ultime représentant de l\u2019autorité centrale ! Sans vouloir tomber dans l\u2019excès de méfiance, cela n\u2019est-il pas un peu antinomique ?Un exemple frappant de représentation régionale forte à l\u2019intérieur même de l\u2019institution législative fédérale d\u2019un pays est celui de la République fédérale d\u2019Allemagne.La chambre haute du Parlement allemand, le Bundesrat, est l\u2019organe permanent chargé de représenter Içs intérêts des 16 Lander, c\u2019est-à-dire les États fédé- rés.Afin d\u2019assurer cet objectif, ses membres sont nommés directement par les gouvernements de ceux-ci.Pour ce qui est du processus législatif, l\u2019exécutif fédéral a l\u2019obligation de soumettre tout projet de loi à cette chambre avant de le présenter devant l\u2019assemblée parlementaire du pays, le Bundestag.En fin de compte, les pouvoirs de veto suspensifs et absolus conférés au Bundesrat, ainsi que son mode de formation, assurent que toute initiative législative adoptée l\u2019est généralement en tenant compte de la majorité des voix des Lander et de leurs caractéristiques propres.C\u2019est là une extraordinaire institutionnalisation de l\u2019obligation de concertation entre les différentes parties à la fédération.Ainsi, les comparaisons possibles ne manquent pas, tout comme les options envisageables dans la recherche d\u2019un Sénat plus fonctionnel.Beaucoup de choses pourraient encore être ajoutées sur le sujet, mais une seule, à mon humble avis, mérite de l\u2019être.L\u2019abolition projetée du Sénat porterait un grave coup au principe cardinal de la séparation des pouvoirs, pilier sur lequel notre société est érigée.Montesquieu illustrait bien le caractère fondamental de ce principe lorsqu\u2019il écrivait : «Pour qu\u2019on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir, arrête le pouvoir.» Autrement, c\u2019est l\u2019État de droit, si cher à nos cœurs, qui est en péril. LE DEVOIR LE MARDI 28 JUILLET 2015 A 7 IDEES La Côte-Nord, on s\u2019en balance On ne s\u2019intéresse à elle que lorsqu\u2019il y a blocus.MAGELLA LANDRY Aubergiste de Natashquan BERNARD ROY Macacain de cœur n juillet 2013, un feu de forêt menaçait de raser le coquet village de Baie-Johan-Beetz sur la Moyenne-Côte-Nord.Si, cet été-là, le chroniqueur Gilbert I^avoie du quotidien Le Soleil n\u2019avait pas choisi, pour ses vacances, de séjourner en Minganie, peu de gens auraient appris que «le pays de pilles Vigneault brûlait».À Tété 2014, à Kegaska, le ministre délégué à la Côte-Nord de l\u2019époque, le D*\" Yves Bolduc, fit le voyage, en avion, depuis Québec pour inaugurer un nouveau tronçon de la route 138.De son côté, le chef innu d\u2019Unamen Shipu fit le voyage, en chaloupe à moteur, depuis son village non relié au réseau routier du Québec.Dans son allocution, le chef innu invita le ministre à revenir, avec lui, en chaloupe, sur la mer agitée.Le ministre déclina l\u2019invitation.Evidemment, les médias ne parlèrent pas de cet événement, pas plus qu\u2019ils ne font mention des noyades qui surviennent trop fréquemment sur la «route d\u2019eau» qui relie Kégaska et Unamen Shipu.Le maire de Blanc-Sablon, Armand Jon-cas, présent lors de cette cérémonie protocolaire, manifesta son mécontentement en regard du peu d\u2019intérêt que Québec portait à la Basse-Côte-Nord.Plus tard, les médias titreront que le maire de Blanc-Sablon menaçait de quitter le Québec pour Terre-Neuve.De nombreux Nord-Côtiers partagent les velléités de ce maire.Les médias du Québec urbain s\u2019intéressent à la Côte-Nord lorsque des routes sont barrées.Ix)rsque les lucratives activités nord-côtières des entrepreneurs urbains et d\u2019Hydro-Québec sont menacées.À preuve, les 25 et 26 juin derniers, Bernard Gauthier \u2014 dit Rambo \u2014 organisait un blocus de la 138 afin que des Nord-Cô-tiers expriment leur colère du fait que les ressources de la Côte-Nord sont principalement exploitées par des travailleurs de l\u2019extérieur.Sur la Côte-Nord, les faillites s\u2019accumulent et la détresse psychologique s\u2019accroît.Mais la souffrance importe peu.La bonne nouvelle consiste à rédiger en caractères gras: «Rambo» Gauthier et des travailleurs bloquent la 138.Le 15 juillet dernier, la Côte-Nord fait de nouveau la manchette.Le Québec urbain est informé que des Innus de Nutakuan sont montés aux barricades sur la route menant au chantier de La Romaine.Les drapeaux de la Mohawk Warrior Society flottent sur la barricade et dans les pages des journaux.Allons-nous assister à un débordement qui fera vendre de la nouvelle ?Le 16 juillet, l\u2019émission 24/60 informait ses auditeurs de la situation prévalant sur la Moyenne-Côte-Nord en interviewant le chef innu de Nutakuan, Rodrigue Wapistan.Le «s» de ce nom est bien positionné entre le «i» et le «t».Pourtant, l\u2019animateur s\u2019adressa au chef en le nommant, à plusieurs reprises, WaSpitan et non WapiStan.Un détail, direz-vous! Nous ne croyons pas.Le nom d\u2019un chef politique afghan, palestinien, coréen aurait sûrement été prononcé, sur les Sur la Côte-Nord, les faillites s\u2019accumulent et la détresse psycholc^ique s\u2019accroît.Mais la souffrance importe peu.CEPHAS/CC/WIKIMEDIA ondes de la SRC, avec plus de respect.Devant les maladresses langagières du chef Wapistan, l\u2019animateur semblait avoir peine à contenir un fou rire.Aucune préoccupation quant à la question du désœuvrement des Autochtones et de l\u2019importance de soutenir, par exemple, avec des contrats de coupe de bois, une entreprise nord-côtière et, en l\u2019occurrence, innue ! N\u2019y avait-il pas lieu, considérant les constats du chercheur Frédéric Lasserre, de profiter de cette conjoncture pour aborder la question complexe de l\u2019implantation des barrages en Côte-Nord qui soulèvent des passions, des considérations écologiques, des enjeux concernant les sociétés autochtones ainsi que des ambitions géopolitiques du gouvernement québécois?Nous devons toutefois être honnêtes.Les gros canons médiatiques s\u2019intéressent à la Côte-Nord lorsqu\u2019une vedette de grande pointure se pointe sur le territoire pour défendre une rivière, une île, les baleines, les bélugas.Nombreux sont les Nord-Côtiers qui partagent les préoccupations de ces vedettes.Toutefois, eux, ils habitent le «pays dans le pays».Ils ne le survolent pas, de temps en temps, en hydravion.Ces femmes et ces hommes, autochtones et non-autochtones vivant depuis des siècles sur le territoire, aimeraient faire partie des préoccupations écologiques.Avec d\u2019autres gens de Natashquan préoccupés de l\u2019avenir du village de Natashquan et de la Minganie, nous nous évertuons depuis une année à sensibiliser les gens du Québec à l\u2019importance de sauvegarder le site patrimonial de Gilles Vigneault.Bien sûr, pour rendre hommage au poète, mais, surtout, pour participer à la survie et au développement social, culturel et économique de la Minganie et de ce petit village nommé Natashquan.Une chance que les Nord-Côtiers peuvent compter sur l\u2019équipe de Radio-Canada de l\u2019Est-du-Québec.Sans ces journalistes dévoués, nos efforts auraient eu bien peu d\u2019impact.Nous ne comptons plus les appels, les lettres, les communiqués que nous avons fait parvenir à de gros canons médiatiques de la grande urbanité.Silence, on.s\u2019en balance! Nos efforts nous ont permis, au cours des 11 derniers mois, d\u2019obtenir des messages de soutien de nombreuses personnalités artistiques ef politiques (Robert Charlebois, Boucar Diouf, Emile Proulx-Cloutier, Dany Turcotte, Marie-Lise Pilote, Louis-Jean Cormier, Patrice Michaud, Bernard Landry, Jean-Paul L\u2019Allier et bien d\u2019autres).Cela ne suffit pas pour soulever l\u2019intérêt médiatique.Devrions-nous, nous aussi, réaliser un blocus ?Soyez sans crainte.Nous ne ferons pas le jeu de la nouvelle à sensation.En cette époque de la nouvelle instantanée qui vise l\u2019accroissement des cotes d\u2019écoute, Boris Vian trouverait matière à composer une nouvelle version de sa chanson Les joyeux bouchers.Faut que ça saigne ! Récemment, Victor-Lévy Beaulieu s\u2019engageait à soutenir nos efforts visant le développement de ce que nous nous plaisons à nommer notre mine d\u2019Art.Le 13 juillet dernier, VLB fit parvenir un communiqué de presse à l\u2019ensemble des médias.Le quotidien Le Devoir fui le seul média écrit à faire écho de cette nouvelle.Malheureusement, Le Devoir titrait maladroitement la nouvelle.Le titre de la version Web du Devoir fut rapidement corrigé à la suite de notre intervention.Nous n\u2019osons même pas reproduire ce titre maladroit de peur de contribuer à alimenter les mauvaises langues, les potineux et radoteurs de tout acabit.Ceux-là mêmes qui ont contribué à plomber les efforts de la défunte Fondation du patrimoine de Gilles Vigneault.Malgré l\u2019absence de soutien médiatique, le soutien de VLB aura permis de recueillir en quelques jours 6486$.Le regretté agronome africaniste René Dumont estimait que l\u2019Afrique et ses gens étaient considérés, par les pays développés, comme le trou du c.de l\u2019humanité.Il ajoutait qu\u2019il fallait craindre le jour où ce trou du c.se boucherait.Ce jour-là, l\u2019humanité comprendrait l\u2019importance de l\u2019Afrique.Ces propos de René Dumont pourraient s\u2019appliquer à la Côte-Nord et à ses gens ainsi qu\u2019à de nombreuses régions du Québec de plus en plus laissées pour compte.Notre époque nous enferme dans l\u2019immédiateté MARC CHABOT L\u2019auteur est écrivain et parolier.J éphémère va avec l\u2019oubli.La perte de l\u2019histoire.Les défauts de mémoire.L\u2019incapacité d\u2019organiser une pensée à long terme.Nous sommes dans le va-vite.Il ne s\u2019agit plus d\u2019un recommencement de l\u2019être, mais d\u2019une répétition permanente du même.Nous habitons la mode.Nous sommes dans ce qui a déjà été, ce qui brise sans cesse les liens qui pourraient unir les êtres et le monde.L\u2019éphémère va avec la discontinuité.Tout peut revenir puisque nous n\u2019avons plus de mémoire.Tout peut revenir puisque désormais tout est marchandise.Vouloir se donner une mémoire, c\u2019est marcher à contresens de l\u2019évolution.Or, aujourd\u2019hui, l\u2019idée même de défendre une idée à long terme semble dérisoire.L\u2019éphémère règne partout et dans tout.Le pire étant qu\u2019il n\u2019est même plus besoin de convaincre pour en imposer les règles.Signaler la présence de l\u2019histoire.Se plaindre d\u2019une perte.Vouloir rappeler l\u2019importance de la dimension historique.Des Idées EN REVUES Chaque mardi.Le Devoir offre un espace aux artisans d\u2019un périodique afin qu\u2019ils présentent leur perspective sur un sujet qui les préoccupe ou dont ils traitent dans les pages de leur publication.Cette semaine, un extrait du numéro 779, août 2015 de la revue Relations {cjf.qc.ca/fr/relations).Vouloir montrer qu\u2019il y avait, bien avant notre existence, des hommes et des femmes qui se battaient pour des idées et des droits.Tout cela semble être de la nostalgie pure.Le signe même que nous sommes dépassés et que la nouveauté nous fait peur.Des traditions, mais pour qui ?Un projet, mais pourquoi?Tout peut être dit.Tout peut être contredit.L\u2019éphémère n\u2019a même plus à se justifier, il lui reste à être.Pas seulement les jeunes Ce sombre constat ne touche pas seulement les plus jeunes.Désormais, l\u2019âge n\u2019a ReLatiONS Fragments d'éphémère plus aucune importance.Mais il n\u2019est pas rare de rencontrer un jeune qui regrette de vivre dans une société qui ne sait plus reconnaître le génie d\u2019un Rimbaud, d\u2019un Nietzsche ou même d\u2019un Montaigne.Il vous expliquera, avec les arguments et les démonstrations qu\u2019il faut, que l\u2019école est un lieu de plus en plus infecté par l\u2019éphémère.Pourtant, l\u2019insistance à coller au présent devrait être suspecte en soi.On a maintenant peur de parler d\u2019un autre siècle que le nôtre, on craint le passé, on craint l\u2019histoire, on craint les idées et on cherche ce qui est à la mode pour camoufler les ignorances.On évacue les contenus, on se délecte des formes.Le petit lait du présent faisant office de grande vérité.La permanence Le contraire de l\u2019éphémère, ce serait la permanence.Une certaine stabilité.Quelque chose qui s\u2019installe en nous et qui peut tenir.Quelque chose qui fait sens dans le temps, qui ne craint pas les jours qui passent, qui n\u2019est pas l\u2019effet d\u2019une mode, qui permet de discriminer entre l\u2019essentiel et l\u2019accessoire.Soudainement, quelque chose est en nous pour longtemps.Un poème, une chanson, un texte de philosophie, une valeur fondamentale, une conception de l\u2019humanité.Tout à coup, quelque chose fait sens.Contre l\u2019éphémère, il y a toujours du non-négociable, des acquis.Du non-friable.On sait que, si l\u2019on est privé de cette idée, de ce poème, de cette valeur, quelque chose nous manquera.[.] Marchaiîdisatioiî Une société marchande, pour exister, a besoin de liquider les traditions.Une société marchande s\u2019invente dans l\u2019oubli du temps.Elle se présente comme l\u2019éternel recommencement des choses.Une société marchande a besoin de l\u2019oubli et elle fera tout pour nous y conduire.Elle invente des traditions qui sont des illusions.Une grand-mère qui brasse son chaudron sur une étiquette d\u2019un pot de confiture industrielle.L\u2019image sans le goût des choses.Ce dont une société marchande a besoin, ce n\u2019est pas seulement de l\u2019oubli.Elle a besoin de nous étourdir au point de nous faire oublier.Elle est prête à travailler avec ses complices pour fonder une science de l\u2019oubli.Des facultés de marketing existent pour que la confusion soit totale.Ce dont une société marchande a besoin, c\u2019est de nous faire penser le moins longtemps possible sur un sujet particulier.Peu importe qu\u2019il soit primordial pour la suite du monde.Il n\u2019y a plus de suite du monde.On ouvre son téléviseur, on syntonise un poste d\u2019information continue.On vous y montre (mille fois, s\u2019il le faut) ce qui se passe dans l\u2019instant La contemplation de l\u2019instant est désormais présentée comme une information.Si l\u2019instant est le moindrement spectaculaire, on peut vous le remontrer jusqu\u2019à écœurement Nul besoin d\u2019expliquer, de situer, de commenter au-delà de ce qui est vu.[.] Nécessaire éphémère J\u2019ai l\u2019air de faire le procès de l\u2019éphémère.J\u2019ai l\u2019air de dire qu\u2019il fut un meilleur temps pour les êtres humains.Je n\u2019ai pourtant que très peu de nostalgie d\u2019un autre temps.[.]!! n\u2019est pas simple de penser un concept sans penser son contraire.Le jeu des oppositions a aussi son importance.Il ne peut pas y avoir que de la permanence dans une vie.Si c\u2019était le cas, nous devrions penser l\u2019étouffement II ne peut pas y avoir que de l\u2019éphémère dans une vie.Si c\u2019est le cas, il n\u2019y a que de l\u2019effritement Alors quoi?Apprendre à naviguer.Entre l\u2019étouffement et l\u2019effritement Apprendre à choisir.Panser les blessures de l\u2019éphémère.Penser le manque d\u2019être que peuvent causer ces blessures.Toujours se dire qu\u2019il y a un au-delà de l\u2019éphémère.Toujours se dire que l\u2019histoire est un mot magnifique.Des commentaires ou des suggestions pour Des Idées en revues ?Ecrivez à arobitaille@ledevoir.com et gtaillefer@ledevoir.com.L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon et Louis Gagné (adjoints à la direction de l\u2019injbrmation), Antoine Robitaille et GuyTaillefer (éditorialistes, responsables de la page Idées), Michel Garneau (caricaturiste), Jacques Nadeau (photographe), Michaël Monnier et Olivier Zuida (recherchâtes photos)', information générale : Isabelle Paré (chef de division), lisa-Marie Gervais (éducation), Alexandre Shields (environnement), AméHe Daoust-Boisvert (santé), Pauline Gravel (sciences), Fabien DegHse (société), Jean Dion (sports), Jessica Nadeau, Philippe Orfeli et Karl Rettino-Parazelli (reporters)', information politique : Marco Fortier (chef de division), Michel 'Damd(chroniqueur), Héléne Buzzetti et Marie Vastel (correspondantesparlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Robert Dutrisac (correspondantsparlementaires à Québec), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec), Guillaume Bourgault-Côté (reporter), Julie Carpentier (pupitre)', information culturelle : Catherine Lalonde (responsable du cahier Livres), Odile Tremblay (cinéma), Stéphane Baillargeon (médias), François Lévesque et Caroline yiorvCp&'àtéreporters), Benoît Munger et Philippe Papineauinformation économique : Gérard Bérubé (chef de division), François Desjardins et Eric Desrosiers (reporters), Gérald Dallaire (pupitre)', information internationale : Jean-Pierre Legault (pupitre international, page éditoriale et cahier Perspectives^, Sophie Chartier et Jean-Frédéric Légaré-Tremblay (pupitre)', section art de vivre: Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs)', Loïc Hamon (cahiers spéciaux)', équipe internet: Laurence Clavel, Marie-Pier Frappier et Geneviève Tremblay (pupitre), Martin Blais, Annabelle Caillou, Justine Daneau, Florence Sara G.Ferraris et Coralie Mensa (assistants) ; correction : Andréanne Bédard, Isabelle Dowd, Christine Dumazet et Michéle Malenfant ; soutien à la rédaction: Amélie Gaudreau (secrétaire), Laura Pelletier et Arnaud Stopa (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa), Dave Noël (Québec).PUBOCITÉ Mélisande Simard (adjointe par intérim), Jean de Billy, Jean-François Bossé, Marlène Côté, Evelyne De Varennes, Amel Elimam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (publicitaires), Sylvie Laporte (avis légaux), Amélie Maltais (coordonnatrice), Laurence Hémond (secrétaire).PRODUCTION Bruno Dubois, China Marsot-Wood, Yannick Morin et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur web), Imane Boudhar (analyste programmeur), Hansel Matthews (technicien injbrmatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Geneviève O\u2019Meara (coordonnatrice des communications et de la promotion), Catherine Gentilcore (coordonnatrice du service à la clientèle), Manon Blanchette, Nathalie Eilion et Kevin McKissock.ADMINISTRATION Olena Bilyakova (reponsable des services comptables), Claudette Béliveau (adjointe administrative), Elorentina Draghici et Xavier Pigeon (par intérim). A 8 LE DEVOIR, LE MARDI 28 JUILLET 2015 ACTUALITES MEDECINS SUITE DE LA PAGE 1 augmenté de façon considérable, a observé Le Devoir, grâce à une compilation effectuée à partir de la date d\u2019obtention de permis des médecins inscrits sur la dernière liste des médecins non participants de la Régie de l\u2019assurance maladie du Québec [RAMQ], Depuis dix ans, on pouvait voir des cas isolés.Mais depuis 2012, bien qu\u2019ils soient encore très peu nombreux, une tendance se dessine clairement.Il y a trois ans à peine, ils étaient deux à avoir quitté le public avec moins d\u2019un an d\u2019expérience.En 2013, ils étaient huit sur un total de 23 médecins désaffiliés.Et cette année, pour les six premiers mois, on compte déjà sept départs de jeunes médecins sur un total de 51 nouveaux médecins non participants.Potentiel de recrutement Il faut dire que le nombre de cliniques privées augmente au fil des ans et que ces dernières ne se gênent plus pour aller recruter chez les résidents.« Ça commence à débloquer davantage auprès des finissants, les jeunes se parlent entre eux, on sent que c\u2019est moins tabou, explique Marc Lacroix, qui a fondé les cliniques Marc Lacroix en 2009.Au départ, ce n\u2019était pqs notre clientèle cible, mais là, ça commence.A l\u2019heure actuelle, ça représente entre 30 et 50 % du potentiel de recrutement.» Selon lui, c\u2019est un «phénomène nouveau » qui est appelé à prendre de l\u2019ampleur, car les jeunes médecins représentent l\u2019avenir des cliniques privées.Cette année seulement, il compte trois nouveaux médecins qui viennent de terminer leur résidence.«On sent beaucoup moins de réticences qu\u2019avant chez les jeunes.Et même, je vous dirais, ce sont les jeunes qui vont être les moins gênés d\u2019aller au privé dans les prochaines années.Ils sont beaucoup plus ouverts que leurs confrères qui ont de l\u2019expérience dans le réseau public.Ils vont aller au privé pour différentes raisons: pour la qualité de vie et de pratique, mais aussi, d\u2019emblée, pour échapper aux règles contraignantes imposées par le gouvernement.» « Mal vu » Ç\u2019est justement ce qui a poussé le Maxim R.Ethier vers le privé lors de sa dernière année de résidence en 2014.«Je voulais faire de la prise en charge, il y a tellement de patients qui n\u2019ont pas de médecin de famille.Mais quand on essaie d\u2019obtenir un poste pour combler ce besoin-là en faisant juste de la prise en charge, on se fait répondre que ce n\u2019est pas possible.On a une obligation de faire de l\u2019hôpital ou du CHSLD, mais ça ne m\u2019intéressait pas.C\u2019est pour ça que j\u2019ai commencé à chercher ailleurs.» Après un an de pratique dans une clinique privée de la Rive-Sud de Montréal, Maxim R.Ethier se dit très satisfait.Il suit près de 2000 patients et a le sentiment du devoir accompli.Pourtant, il se rappelle la surprise de ses confrères lorsqu\u2019il leur a annoncé, en deuxième année de résidence, qu\u2019il avait trouvé un poste au privé.«Auprès de mes collègues, c\u2019est quand même bien passé, mais c\u2019est sûr qu\u2019il y a des patrons qui aimaient un peu moins l\u2019idée.C\u2019est un peu mal vu de travailler ¦ ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Au cours de sa résidence, le René Wittmer a reçu plusieurs messages non sollicités qui vantaient les cliniques privées, une pratique devenue coiuante.Une tendance croissante Médecins désaffiliés de la RAMQ après moins d\u2019un an de pratique : 2004:1 2005:0 2006:0 2007:1 2008:0 2009:2 2010:1 2011:0 2012:2 2013:8 2014:2 2015*: 7 * En date du 17 juillet au privé.C\u2019est encore méconnu chez les médecins et il y a beaucoup d\u2019incompréhensions et de jugements, un peu à tort.» Lorsqu\u2019il a obtenu son diplôme en 2014, il était le seul de sa cohorte à passer directement au privé.Mais cette année, il perçoit «un effet clair» du projet de loi 20, qui a fortement ébranlé les médecins de famille en voulant leur imposer des quotas de patients.« Cette année, j\u2019ai eu beaucoup de résidents qui sont venus me voir pour me poser des questions et savoir comment ça fonctionne.J\u2019en connais deux qui ont signé au privé.» Sollicitation non désirée Cela faisait à peine quelques jours que Yas-sen Tcholakov avait commencé sa résidence en santé publique à McGill lorsqu\u2019il a reçu, au début du mois de juillet, un message d\u2019un inconnu sur sa page Eacebook lui vantant les mérites d\u2019une pratique en cabinet privé.«Ce qui m\u2019a choqué, c\u2019est que c\u2019était dans un contexte non sollicité.J\u2019ai été surpris, je ne m\u2019attendais pas à ce que ça débute si tôt.» Des messages non sollicités de cliniques privées, D\" René Wittmer en a reçu plusieurs au cours de sa résidence.Des messages sur son profil Linkedin, mais également des lettres envoyées à son domicile.Militant pour le public, le jeune diplômé de 2015, qui vient de commencer sa pratique au CESC des Eaubourgs à Montréal, dit avoir eu un «malaise» devant ces techniques de recrutement du privé.«On est formé dans un système public, fai un peu un malaise, car il y a l\u2019appàt qui nous est présenté à la fin de notre formation pour nous dire: voilà, une belle pratique pour vous, tout sera fourni.Ça peut être un peu tentant pour les résidents d\u2019y répondre, surtout dans un contexte d\u2019incertitude comme il y a eu dernièrement.» Lui-même, dans la foulée du projet de loi 20, avoue s\u2019être posé des questions sur ses objectifs de carrière et la possibilité de les atteindre dans le public.«Ma réponse a toujours été que je reste avec le système public.Pour moi, c\u2019est une question d\u2019accessibilité et d\u2019équité des soins.Les soins de santé devraient revenir à qui en a besoin et i}on à qui a le plus d\u2019argent pour payer.» A la Eédération des médecins résidents du Québec (EMRQ), le directeur général Jean Gouin minimise la situation en soutenant que la vague de départs des jeunes médecins vers le privé ne se fait pas encore sentir.Mais il s\u2019oppose à cette pratique.«Les jeunes médecins ont un devoir envers la population.Oui, il y a un marché pour ça, c\u2019est vrai, mais je pense que, dans un premier temps, les jeunes médecins devraient travailler dans le public.» Le Devoir COSBY SUITE DE LA PAGE 1 aura, sans aucun doute, un effet d\u2019entraînement, souligne la sexologue et auteure Jocelyne Robert en entrevue avec Le Devoir.C\u2019est comme si, d\u2019un coup, trente-cinq femmes avaient dit à toutes les autres victimes: \u201cVous n\u2019êtes pas seules.\u201d» Selon la spécialiste, c\u2019est à ce «pouvoir de solidarité», longtemps inexistant \u2014 « car, en cas d\u2019agression, on est toujours seule au monde» \u2014, que le reportage vient contribuer.«Ce n\u2019est pas grand-chose, mais c\u2019est quand même formidable de voir que les femmes considèrent maintenant qu\u2019elles ont le droit de dénoncer, même si ça fait un an, dix ans ou vingt ans!» Dans le cas des agressions rapportées par le New York Magazine, les plus anciennes dateraient des années 60, alors que les plus récentes seraient survenues à l\u2019aube du nouveau millénaire.Le mot-clic #TheEmptyChair (la chaise vide) a fait boule de neige sur les réseaux sociaux lundi.De part et d\u2019autre, des centaines de victimes ont ajouté leur histoire à la longue liste publiée par le périodique.«En 2015, nous avons les réseaux sociaux.On ne peut pas disparaître.C\u2019est en ligne et ça ne s\u2019en ira jamais», confie l\u2019avocate retraitée Tamara Green, qui aurait été violée par l\u2019acteur il y a une trentaine d\u2019années.Seule contre un monument A la difficulté de dénoncer une agression s\u2019ajoute une autre couche de complexité lorsque le présumé agresseur est une personnalité publique, comme on a pu le voir dans le cas de l\u2019affaire Jian Ghomeshi en novembre dernier.«Dans le cas de Cosby, les femmes qui ont subi une agression \u2014 et je n\u2019ai même pas besoin de lire leur témoignage pour le dire \u2014, c\u2019est sûr qu\u2019elles se sont fait dire que personne n\u2019allait les croire», lance M\u201c® Robert.f à{ K NEW YORK MAGAZINE La page frontispice du New York Magazine présente 35 victimes, et une chaise vide.En effet, bon nombre des victimes présumées ont d\u2019ailleurs souligné, dans leur témoignage, qu\u2019elles ont longtemps gardé le silence parce qu\u2019elles avaient peur de ne pas être crues.«J\u2019aurais pu marcher dans n\u2019importe quelle rue de Manhattan, et dire, n\u2019importe oû, \u201cJ\u2019ai été violée et droguée par Bill Cosby\u201d.Mais qui m\u2019aurait crue?Absolument personne», raconte au magazine Barbara Bowman, 48 ans, qui avait croisé le chemin de l\u2019acteur dans les années 1980.« Quand l\u2019agresseur est une personnalité publique, il y a un double effet, ajoute la sexologue.D\u2019abord, c\u2019est négatif parce qu\u2019on est seule face à une vedette qui est vénérée, respectée de tous.Puis, et surtout lorsqu\u2019il y a plu- sieurs victimes, ça vient renforcer le sentiment de solidarité.» Cela ne veut cependant pas dire que les femmes sont spontanément crues, ni que les victimes dénoncent plus rapidement, insiste la sexologue.«La différence, c\u2019est que la force du nombre crée un endroit pour le faire.» Multiplication des accusations Elles sont 35 à avoir accepté de participer au reportage du New York Magazine, mais elles seraient au moins 46 à avoir porté des accusations contre le célèbre comédien.De nombreux témoignages récoltés suggèrent d\u2019ailleurs qu\u2019elles sont encore plus nombreuses.«C\u2019est un peu ce que cette chaise vide vient dire, souligne Jocelyne Robert.C\u2019est l\u2019effet d\u2019entraînement qui est illustré, car ça sous-entend qu\u2019il y en a tellement d\u2019autres qui gardent le silence.» Déjà en 2005, une dizaine d\u2019entre elles avaient joint leur voix à celle d\u2019Andrea Constand, ex-directrice du club de basketball de Temple University.Des années après avoir été droguée, puis violée par l\u2019acteur qui siégeait alors au conseil d\u2019établissement de l\u2019institution, M\u201c® Constand a décidé de porter des accusations.Bien que ces dernières aient alors trouvé écho chez d\u2019autres présumées victimes, elles ont finalement été abandonnées, la situation ayant trouvé un dénouement hors cour.A l\u2019époque, l\u2019acteur avait tout de même admis, lors d\u2019une déposition sous serment, avoir eu des relations sexuelles, alors que ses partenaires étaient sous l\u2019effet du Quaalude, un puissant sédatif qui peut aller jusqu\u2019à paralyser partiellement ceux qui en consomment.Les avocats de M.Cosby ont longtemps cherché à bloquer la diffusion de cette information qui a été rendue publique le 6 juillet dernier.Aujourd\u2019hui âgé de 78 ans, Bill Cosby refuse toujours d\u2019admettre sa responsabilité dans quelque cas que ce soit.Avec l\u2019Agence Erance-Presse et Le Monde Le Devoir IRONSIDE SUITE DE LA PAGE 1 invariablement des rôles de durs à cuir, même lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019une figure d\u2019autorité qui, à l\u2019occasion, loge du côté des gentils.Un hommage affectueux et infiniment jouis-sif aux films postapocalyptiques de série B et Z sortis au début des années 1980 dans la foulée du succès de Mad Max {Cherry 2000, 2019 après la chute de New York, Les nouveaux barbares, etc.), Turbo Kid (réalisé par Eran-çois Simard, Anouk Whissell et Yoann-Karl Whissell) ne lui offre à cet égard pas tant une autre partition de méchant qu\u2019un «méta-rôle», en cela que sa seule présence dans up film de ce genre est fortement connotative.A l\u2019écran, la délectation autoparodique de Michael Ironside est évidente.«J\u2019aime jouer les méchants.Le héros passe tout le film à se faire battre par le méchant, alors que ce dernier ne se fait battre qu\u2019une seule fois, à la fin», a-t-il un jour déclaré, philosophe.Pour le compte, il s\u2019en faut de peu pour qu\u2019il mène un tout autre genre de carrière.Un apprentissage perpétuel Né dans l\u2019est de Toronto en 1950, Michael Ironside est l\u2019aîné de cinq enfants.«Mon père était ouvrier et ma mère s\u2019occupait de nous tous.Dès 11 ans, je travaillais de nuit dans une usine tout en allant à l\u2019école le jour.C\u2019était comme ça.Nous n\u2019avions pas d\u2019argent.Par contre, mes parents étaient tous deux épris de littérature.A la maison, on pouvait se coucher à pas d\u2019heure du moment qu\u2019on avait le nez plofigé dans un roman.» A 15 ans, Michael Ironside envoie une pièce de théâtre à un concours universitaire, qu\u2019il remporte.Avec l\u2019argent du prix, il monte lui-même la production et en tient la vedette.Première révélation : il veut, il doit être comédien.«Au début, mon père s\u2019y est farouchement opposé.Il avait peur que je finisse clochard.L\u2019important pour lui, c\u2019était d\u2019une part que je m\u2019instruise, et d\u2019autre part que je décroche un emploi sûr.Mais devant ma passion, il s\u2019est fait une raison.» Parenthèse : parfois, lors d\u2019une entrevue réalisée dans le cadre de la sortie d\u2019un film, certains artisans s\u2019en tiennent à des banalités ou à des lignes préétablies.Dans le métier, on appelle cela «la cassette».En l\u2019occurrence, c\u2019est à ce moment précis de la rencontre qu\u2019on comprend à quel point Michael Ironside n\u2019est pas un adepte de ce subterfuge promotionnel.«Non, mon père ne s\u2019est pas fait une raison.Il a compris, nuance-t-il, sa voix graveleuse serrée par une bouffée soudaine d\u2019émotion.Ce jour-là, il m\u2019a dit: \u201cMon gars, on ne peut pas demander à un fleuve de se jeter dans une rivière.Ton horizon est plus large que le mien.Va, et sois le meilleur fleuve que tu peux.\u201d Depuis, j\u2019essaie de m\u2019améliorer à chaque film.» Tel père.A titre indicatif, cela fait plus de 240 films que Michael Ironside poursuit son «apprentissage».« C\u2019est fou, hein ?Pendant une longue période, j\u2019acceptais toutes les propositions pour l\u2019argent.Je tournais avec la peur au ventre parce que fêtais convaincu qu\u2019on allait s\u2019apercevoir que je n\u2019avais pas ma place devant la caméra.C\u2019était plus prononcé sur les productions américaines.C\u2019est un complexe typiquement canadien, ça.On est capable de se reconnaître un certain talent, mais timidement, presque en s\u2019excusant.» Bien que très sollicité, il lui faut plusieurs dizaines de productions et une seconde révélation pour s\u2019affranchir (un peu) de son syndrome de l\u2019imposteur.On est alors en 1990, sur le tournage de Total Recall.Après avoir effectué lui-même une cascade, Michael Ironside doit expliquer, mal à l\u2019aise, qu\u2019il ne peut pas refaire de prise, ses genoux en titane rendant la manœuvre trop douloureuse.«Le premier assistant réalisateur.Vie Armstrong, qui est devenu un ami proche, m\u2019a invité à dîner ce soir-là et il m\u2019a gentiment sermonné en me rappelant qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019une superproduction et qu\u2019un cascadeur pouvait parfaitement faire l\u2019affaire et qu\u2019à la base, je n\u2019aurais jamais dû tourner la scène.C\u2019est alors que j\u2019ai pris conscience qu\u2019on ne me renverrait pas chez moi.À quarante ans, et après combien de films ?Désormais, je choisis mes projets différemment.» Un gentil Michael Ironside marque une autre pause.«J\u2019ai survécu à trois cancers.Maintenant, je m\u2019en tiens à une production hollywoodienne par année et deux ou trois projets plus modestes, mais qui me tentent réellement.Depuis Turbo Kid, j\u2019ai complété trois films.Dans deux jours, je me présente sur un nouveau plateau: un film intimiste dans lequel j\u2019incarne un grand-père.Un gentil grand-père.Enfin!» Cet enjeu, la famille, revêt plus que jamais une importance fondamentale pour le comédien, et ce, malgré un rythme de travail effréné.Quand il parle de ses deux filles, des larmes de bonheur viennent automatiquement brouiller son regard si effrayant au cinéma.«Ma plus jeune a 16 ans.Elle quittera bientôt la maison.Elle veut étudier en direction photo, en littérature anglaise, en biologie et en musique.Ça m\u2019emplit de fierté.Elle contemple un horizon infini comparé au mien.» Comment s\u2019en étonner?Ultimement, c\u2019est sur la mer qu\u2019ouvre le fleuve.Le Devoir LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9® étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 ® Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 D Le Devoir sur ledevoir.com CO sur Eacebook et sur Twitter La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel\tredaction@ledevoir.com Par télécopieur\t514\t985-3360 Publicité Au téléphone\t514\t985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par télécopieur\t514\t985-3390 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone Par courriel Par télécopieur 514 985-3344 avisdev@ledevoir.com 514 985-3340 Petites annonces et publicité par 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l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement n° 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007."]
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