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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


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  • Montréal :Le devoir,1910-
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Cahier A
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  • Journaux
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quotidien
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Le devoir, 2015-08-05, Collections de BAnQ.

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[" Misogynie Québec sommé d\u2019interdire un blogueur controversé Page A 4 Eiections fédéraies 2015 Duceppe rapatrie un organisateur de Forces et démocratie Page A 2 www.ledevoir.com LE DEVOIR Vol.C VI N° 1 7 4 LE DEVOIR, LE MERCREDI 5 AOUT 2015 1,13 $ + TAXES = 1,30 La Russie a des visées ambitieuses en Arctique Moscou revendique la souveraineté sur 1,2 million de kilomètres carrés En revenant à la charge mardi avec de nouvelles revendications territoriales dans TArctique, la Russie place le Canada dans une situation inconfortable en vue de futures négociations portant sur cette région du globe et pourrait le forcer à agir rapidement, estiment les experts consultés.La Russie a revendiqué mardi devant les Nations unies la souveraineté sur plus d\u2019un million de kilomètres carrés dans TArctique, qui recèle de vastes réserves d\u2019hydrocarbures, y allant d\u2019une demande 15 ans après le rejet d\u2019une première requête.Cette demande devrait accélérer la course aux revendications dans cette région inhabitée mais riche en ressources naturelles, que sp disputent depuis des années la Russie, les Etats-Unis (avec l\u2019Alaska), le Canada, la Norvège et le Danemark (avec le Groenland).Les revendications de Moscou s\u2019étendent jusqu\u2019au pôle Nord et comprennent une partie de la dorsale de Lomonossov, également revendiquée par le Danemark et le Canada, ainsi que celle de Mendeleïev, considérée par la Russie comme étant partie intégrante du continent eurasiatique.Négocier?Ron Huebert, de l\u2019Université de Calgary, affirme que Stephen Harper devra maintenant se demander s\u2019il est prêt à négocier avec la Russie sur les territoires convoités, et par le fait même ouvrir la porte à des échanges diplomatiques, après avoir adopté la ligne dure dans le dossier de l\u2019annexion de la péninsule ukrainienne de Crimée.Cette ouverture des canaux diplomatiques pourrait être perçue comme une acceptation implicite de la situation qui prévaut actuellement en Ukraine, souligne M.Huebert.«Entrer en négociations pourrait donner l\u2019impression que tout est revenu à la normale», dit-il.Pour sa part, la professeure au Département VOIR PAGE A 8 : ARCTIQUE Aujourd\u2019hui Cinéma > Le mirage de Ricardo Trogi et Louis Morissette nous tend un miroir troublant.La critique de Manon Dumais.Page B 7 Le Monde > Pédophiiie: un ancien premier ministre britannique est visé par une enquête.Page A 5 7\t.W- .-\tV.Avis légaux.Décès Météo Mots croisés.Petites annonces.Sudoku.B6 B4 B3 B3 B4 B8 Vues sur vie de Plateau ALAIN CHAGNON Membre d\u2019une génération portée par ia photographie sociaie, Aiain Chagnon expose une cinquantaine d\u2019images tirées de ses reportages sur le Plateau-Mont-Royal.Vues urbaines, lieux publics ou espaces privés, l\u2019expo Vie de quartier s\u2019attarde aux gens, à leur quotidien, entre des arrêts chez le barbier ou des pauses à la taverne.Page B 8 Prostitution Amnesty sous le feu des critiques L\u2019organisation examine une résolution en faveur de la décriminalisation SARAH R.CHAMPAGNE Amnesty International fait fausse route en proposant de décriminaliser la prostitution, considèrent des dizaines de groupes de femmes.La réunion bisannuelle du Conseil international de l\u2019organisme qui s\u2019ouvre ce vendredi en Irlande doit examiner une politique en ce sens.Un document à usage interne circulant depuis au moins une semaine suggère de prôner une libéralisation complète de l\u2019industrie du sexe comme mesure pour protéger les droits des travailleuses du sexe.Environ 500 délégués de 80 pays doivent se rendre à Dublin pour débattre des grandes orientations stratégiques et politiques d\u2019Amnesty.L\u2019organisation n\u2019avait pas pris position jusqu\u2019à maintenant dans le débat entourant la prostitution.« C\u2019est beaucoup plus qu\u2019une pente glissante, c\u2019est une aberration.Souhaiter la décriminalisation totale signifie décriminaliser les proxénètes, les propriétaires de bordels et les acheteurs de services sexuels», s\u2019indigne Diane Matte, coordonnatrice de la Concertation des luttes contre l\u2019exploitation sexuelle (CLES).Le libellé inscrit dans l\u2019ébauche de politique qui sera soumise au vote devant le Conseil international, suggère en effet une décriminalisation complète, et non pas seulement des «personnes qui vendent leurs propres services», comme le souhaiterait la CLES.Une libéralisation complète aurait l\u2019effet contraire à celui souhaité, croit M\u201c® Matte, dont l\u2019organisme regroupe 50 groupes et 150 membres individuels.«Je ne vois pas comment VOIR PAGE A 8 : PROSTITUTION Les morts vivent sur Facebook À Theure où un compte survit à son détenteur, la façon de faire son deuil a changé.Les réseaux sociaux jonglent entre préservation de leurs données et respect de la volonté des proches.GURVAN KRISTANADJAJA Une notification sur votre téléphone, un matin au réveil, sonne comme un retour en arrière.Alors que vos yeux ne sont qu\u2019à demi ouverts, votre portable vibre et Eacebook vous informe que c\u2019est l\u2019anniversaire d\u2019un ami proche.Sauf que cet ami est mort.Le réseau social, prévu pour les vivants, vous propose de vous rendre sur son profil pour le célébrer.Ce que vous faites, instinctivement.Et à chaque fois, c\u2019est une petite rechute.Vous passez une demi-heure à faire glisser mécaniquement votre pouce de gauche à droite pour FRANÇOIS PESANT LE DEVOIR Les profils des défunts deviennent des lieux de commémoration.Pour le meilleur et pour le pire.faire défiler les photos.Comme autant de souvenirs du temps ancien, lorsque vous viviez avec plus de légèreté.Si vous n\u2019avez pas encore connu ce moment, n\u2019ayez crainte, c\u2019est pour bientôt.Dans quelques années, le réseau social sera peuplé de plus en plus de morts.Selon une étude de Entrustet, trois personnes inscrites sur Eacebook meurent chaque minute dans le monde.En Erance, 544 000 personnes sont mortes en 2014, et Eacebook y compte VOIR PAGE A 8 : MORTS 77831303444832 A 2 LE DEVOIR, LE MERCREDI 5 AOUT 2015 LES ELECTIONS Marc Garneau veut un commissaire à l\u2019enfance Le candidat libéral dans Notr^ Dam^d^Grâce-Westmount, Marc Garneau, revient à la charge avec son idée de créer un Commissariat fédéral à l\u2019enfance et à l\u2019adolescence afin d\u2019assurer le respect des droits prG vus dans la Convention relative aux droits de l\u2019enfant de l\u2019ONU.L\u2019ex-astronaute relance ainsi un projet de loi d\u2019initiative parl^ mentaire présenté à deux r^ prises, mais défait en Chambre par la majorité conservatrice.Selon M.Garneau, le commissaire agirait comme défenseur des enfants et des jeunes à l\u2019échelle nationale, «défendant leurs besoins et leurs points de vue et protégeant leurs droits».Le Devoir Gaspésie-Lesîles: des libéraux se rallient an NPD Gaspé \u2014 Huit des dix membres de l\u2019exécutif de l\u2019association libérale de la circonscription fG dérale de Gaspésie-Iles-de-la-Madeleine ont claqué la porte et décidé d\u2019appuyer le NPD.Ils ont affirmé qu\u2019ils ne croyaient plus aux valeurs du Parti libéral depuis l\u2019investiture de la candidate Diane Lebouthillier au printemps dernier.Certains membres de l\u2019association avaient contesté cette investiture et affirmé que des manœuvres politiques avaient été effectuées pour écarter un autre candidat.L\u2019exécutif de l\u2019association libérale locale ne compte donc plus que deux membres.La Presse canadienne 1 Thomas Mnlcairl est coincé entre ce qu\u2019il doit dire aux Canadiens langlaisl et ce qu\u2019il veut laisser croire aux Québécois ï) Gilles Duceppe au sujet de la position de son adversaire du NPD sur le projet d\u2019oléoduc Énergie Est FORCES ET DEMOCRATIE Jean-François Fortin perd un joueur aux mains du Bloc québécois MARIE VASTEL Correspondante parlementaire à Ottawa Le retour de Gilles Duceppe au Bloc québécois a non seulement séduit des électeurs, mais il a en outre convaincu l\u2019organisateur en chef de Jean-François Fortin de revenir au bercail.M.Fortin, qui avait quitté le Bloc pour former son propre parti.Forces et Démocratie, a perdu le maître d\u2019œuvre de sa campagne à quelques mois de l\u2019élection, a appris Le Devoir.Jean-François Fortin avait annoncé l\u2019automne dernier, à coups de communiqués et de gazouillis, avoir recruté «l\u2019un des organisateurs les plus chevronnés au Québec», Grégoire Bérubé, en vue de sa réélection dans sa circonscription d\u2019Avignon-La Mitis-Matane-Matapédia.Mais M.Bérubé, qui a géré une quarantaine de campagnes bloquistes ou pé-quistes depuis 25 ans (générales ou partielles), a quitté l\u2019équipe de M.Fortin à la fin juin.Soit lorsque Gilles Duceppe a repris les rênes du Bloc québécois.«C\u2019est essentiellement pour cette raison-là», a expliqué M.Bérubé en entrevue avec Le Devoir mardi.Le retour de M.Duceppe au Bloc lui a donné «le sentiment qu\u2019on peut redonner un élan à un éventuel prochain référendum».«Je me suis engagé dans les années 1980 pour faire un pays.Alors au moment où Gilles revenait, pour moi c\u2019était non seulement une opportunité, mais un devoir PEDRO RUIZ LE DEVOIR Le retour de Gilles Duceppe au Bloc québécois a donné à Grégoire Bérubé « le sentiment qu\u2019on peut redonner un élan à un éventuel prochain référendum».de m\u2019y joindre», a indiqué cet organisateur de longue date dans la famille souverainiste.M.Bérubé a notamment travaillé auprès de M.Duceppe en tant que directeur général du Bloc en 2003 et 2004.Il dirige désormais la campagne régionale du parti pour l\u2019Est-du-Québec.«Pour moi, c\u2019était de revenir aux sources auprès de Gilles.» Il a affirmé que sa décision n\u2019avait rien d\u2019un «jugement par rapport au travail de Jean-François ou de perspectives électorales».Les deux hommes demeurent amis, ont-ils tous deux assuré.Un mauvais signal?M.Fortin a martelé que sa propre campagne allait bon train, dans sa circonscription comme ailleurs dans la province.Et il ne s\u2019inquiète pas du message que le départ de son organisateur peut envoyer aux électeurs.«Ce n\u2019est pas lié au manque de confiance envers moi, ni même le message de Forces et Démocratie», a-t-il rétorqué au Devoir.M.Bérubé a plutôt tranché en raison de son expérience passée avec Gilles Duceppe et du défi professionnel qui s\u2019offrait à lui \u2014 gérer une campagne régionale, plus large, plutôt que locale.M.Fortin a en outre évoqué une raison pécuniaire.«Le Bloc québécois a fait une offre à Grégoire qu\u2019il ne pouvait refuser.Et comme jeune parti, on n\u2019a pas nécessairement les moyens financiers pour cette campagne.» Le chef de la petite formation a noté qu\u2019il ne fallait pas exagérer la signification de ce départ.M.Bérubé est du même avis.«Je ne pense pas que ce soit moi qui sois déterminant.Je suis un organisateur.» Le Bloc a tendu la main aux trois employés de M.Fortin.Seul M.Bérubé est parti.Et les changements de camp ne se font pas que dans un sens, a souligné le chef et député gas-pésien.«Nombreux sont les cas inverses, de gens qui se disent orphelins politiques» et qui se joignent à son parti.M.Fortin a noté que les appuis à l\u2019indépendance se situent autour de 40% dans les sondages, et ceux au Bloc québécois vers les 20%, et ce, malgré le retour de M.Duceppe.Une partie de ces autres souverainistes se retrouve dans son équipe, qui compte 5000 membres au Québec a-t-il dit.Il espère présenter de 20 à 25 candidats, sur les 78 circonscriptions de la province, et en compte deux autres en Ontario et à Terre-N euve-et-Labrador.Au Bloc québécois, on n\u2019a pas voulu commenter outre mesure cette prise d\u2019un joueur à Forces et Démocratie \u2014 qui tente de séduire le même électorat que le Bloc dans les régions du Québec.Les bloquistes ont ouvert la porte à tous les souverainistes, a rappelé le porte-parole de M.Duceppe.«Donc on est content qu\u2019un souverainiste se joigne à nous», a réagi Mathieu St-Amand.Gilles Duceppe sera justement dans une autre circonscription gaspésienne, mercredi soir, avec son candidat Nicolas Roussy et le chef pé-quiste Pierre Karl Péladeau.Le Devoir Le Bloc traîne dans les nominations de canditats PHILIPPE OREALI Même si le Bloc québécois n\u2019a officialisé aucune nouvelle candidature depuis plus d\u2019un mois, Gilles Duceppe se dit toujours persuadé d\u2019avoir recruté «au moins 70 candidats» d\u2019ici dix jours, et de posséder une équipe complète à temps pour le scrutin du 19 octobre.Pendant que les principaux partis multiplient les annonces Boutique Ij Prenez une tasse d\u2019actualité Commandez-les d\u2019un seul clic à boutique.ledevoir.com.Faire des achats sur la boutique du Devoir, c\u2019est aussi soutenir un journal 100 % indépendant.LE DEVOIR concernant leurs candidats vedettes, les troupes de M.Duceppe se font plus discrètes à ce chapitre.C\u2019est qu\u2019aucune nouvelle candidature n\u2019a été confirmée depuis le 28 juin, et que la formation ne compte que 41 représentants actuellement A titre comparatif, 90% des candidats du Parti libéral, 87 % de ceux du Parti conservateur et 78% des aspirants députés du NPD ont été investis, dans les 338 circonscriptions que comptera le prochain Parlement.Avec 51% d\u2019investitures tenues, seul le Parti vert se trouve en moins bonne posture que le Bloc, toutes proportions gardées.Mais rien ne sert de s\u2019inquiéter, croit Gilles Duceppe : la totalité des 78 circonscriptions québécoises aura son candidat avant le 19 octobre.« Vendredi de cette semaine, on aura officialisé de nombreux candidats».a-t-il affirmé, ajoutant que l\u2019organisation d\u2019assemblées d\u2019investitures prend du temps.Aucune nouvelle candidature n\u2019a été confirmée depuis le 28 juin, et le Bloc ne compte que 41 représentants actuellement Le Bloc aura une dizaine de candidats de plus d\u2019ici dimanche, assure-t-on en coulisse.Double discours du NPD Gilles Duceppe a également dénoncé ce qu\u2019il qualifie de «double discours» de la part de Thomas Mqlcair par rapport au projet Energie Est.De passage à Vaudreuil-Dorion, en Montérégie, mardi matin, le chef du Bloc a sommé son adversaire néodémocrate de clarifier une fois pour toutes sa position sur le projet d\u2019oléoduc, au Québec et ailleurs au pays.«Au Canada, il dit qu\u2019il est pour Energie Est et au Québec, il dit qu\u2019il est contre ce projet, a-t-il affirmé.Thomas Mulcair doit dire la vérité, en anglais et en français.Le Québec a droit à une réponse claire.Il q 76 jours pour y penser.» Egalement de passage à Montréal, M.Mulcair a continué de souffler le chaud et le froid à ce sujet.Il soutient que le fait d\u2019acheminer le pétrole d\u2019ouest en est par pipeline permet de remplacer le dangereux transport par train, d\u2019améliorer le prix des produits au Canada, de créer de l\u2019emploi et d\u2019accroître la sécurité énergétique du pays.Cela dit, «on ne peut pas approuver Energie Est ou tout projet de même nature faute d\u2019avoir un système complet et crédible d\u2019évaluation environnementale», a précisé M.Mulcair.Il a promis 6\u2019«amener une législation complète que nous allons appliquer rigoureusement pour que tous les projets, à l\u2019avenir, respectent les règles de base du développement durable».Avec le transport de plus d\u2019un million de barils par jour dès 2020, Energie Est ferait du territoire du Québec un élément clé dans l\u2019exportation du pétrole albertain.S\u2019il va de l\u2019avant, le tiers de la production des sables bitumineux passerait en sol québécois d\u2019ici cinq ans.Avec Karl Rettino-Parazelli Le Devoir Lire aussi > Nos valeurs.La chronique de Francine Pelletier.Page A 7 L\u2019heure juste Un 15 $ l\u2019heure sélect Ce qu\u2019ils ont dit: «En fait, le prétendu salaire minimum national ne s\u2019appliquerait pas à 99% des gens de ce pays qui gagnent le salaire minimum.Thomas Mulcair ne vous le dira pas, mais il le sait.» \u2014 Justin Trudeau, chef du Parti libéral du Canada, à propos de la promesse du NPD de hausser le salaire minimum à 15 $ l\u2019heure.Les faits : Au Canada, le salaire minimum est établi par chaque province et territoire et varie donc d\u2019un endroit à l\u2019autre: de 10,20$ l\u2019heure en Alberta et en Saskatchewan (provinces où, paradoxalement, on retrouve le moins de travailleurs au salaire minimum) à 12,50$ l\u2019heure aux Territoires du Nord-Ouest.Traditionnellement, ces salaires minimums ne s\u2019appliquaient pas aux travailleurs œuvrant dans des sec- teurs d\u2019activité relevant des compétences fédérales: aéronautique, institutions financières, radiodiffusion et télécommunications, transport interprovincial et international, pipelines.Ottawa avait pour ces gens son propre salaire minimum, distinct.En 1996, le gouvernement fédéral a renoncé à l\u2019établir lui-même, décrétant plutôt que pour ces secteurs, le salaire minimum qui s\u2019applique est celui de la province ou du territoire où se trouve le travailleur.C\u2019est cela que veut changer Thomas Mulcair en restaurant un taux fédéral, qu\u2019il établirait à 15 $ l\u2019heure.Selon Statistiques Canada, il y avait environ un million de travailleurs qui touchaient le salaire minimum au Canada en 2013.Selon une autre enquête de Statistiques Canada, datant de 2008, il y a 820 000 travailleurs œuvrant ANNIK MH DE CARUEEL LE DEVOIR Le chef du NPD, Thomas Mulcair dans des secteurs de compétence fédérale.De ce nombre, 8200 (1%) d\u2019entre eux gagnaient moins de 10$ l\u2019heure et à peine.416 touchaient le salaire minimum.Comme aucune étude plus récente ne semble exister, le calcul n\u2019est pas parfait, mais on peut en déduire à peu près que de 416 à 8200 per- sonnes, sur le million de travailleurs touchant le salaire minimum, bénéficieraient de la promesse néodémocrate.C\u2019est entre 0,04% et 0,8%.Trudeau se trompe donc.en surestimant la promesse néodémocrate.Hélène Buzzetti Marie Vastel LE DEVOIR, LE MERCREDI 5 AOUT 2015 A 3 FEDERALES 2015 PAUL CHIASSON LA PRESSE CANADIENNE Alors qu\u2019il était de passage dans la circonscription ontarienne de son ministre des Finances, Stephen Harper a promis d\u2019instaurer, s\u2019il est réélu, un crédit d\u2019impôt pour la rénovation domiciliaire.Une antre campagne conditionnelle à l\u2019économie HELENE BUZZETTI Correspondante parlementaire à Ottawa Les campagnes électorales se suivent et se ressemblent, du moins lorsqu\u2019il s\u2019agit des campagnes conservatrices.Stephen Harper y est allé de sa première promesse d\u2019importance mardi, mais a rendu celle-ci conditionnelle à une embellie économique.Et il a reconnu qu\u2019il en irait de même avec ses autres annonces à venir.Le scénario de 2011 se reproduit donc, alors que plusieurs de ses promesses de l\u2019époque avaient dû attendre le retour à l\u2019équilibre budgétaire, qui est finalement survenu.quatre ans plus tard, juste à temps pour le scrutin suivant.Alors qu\u2019il était de passage dans la circonscription ontarienne de son ministre des Finances, Stephen Harper a promis d\u2019instaurer, s\u2019il est réélu, un crédit d\u2019impôt pour la rénovation domiciliaire.Ce crédit s\u2019appliquerait à toute rénovation effectuée pour augmenter la valeur de la propriété : l\u2019aménagement d\u2019un appartement pour ses parents âgés se qualifierait autant que l\u2019ajout d\u2019une troisième salle de bain en marbre.Les travaux d\u2019une valeur de 1000$ à 5000$ seront acceptés, pour une économie d\u2019impôt maximale de 600$.Les conservateurs estiment que ce programme 69% C\u2019est le taux de propriété domiciliaire au Canada.Le taux de propriété à Montréal est le plus bas au Canada, soit 55%.Source: Société canadienne d'hypothèque et de iogement (chiffres de 2011) coûtera 1,5 milliard de dollars par an.Mais voilà: Ottawa n\u2019a pas cet argent pour l\u2019instant.C\u2019est pourquoi M.Harper a parlé d\u2019une mesure qui entrerait en vigueur à peu près en 2017.Il a refusé de reconnaître, comme le suggérait une journaliste, que c\u2019était la preuve que la situation économique canadienne n\u2019est pas aussi rose qu\u2019ü le clame.«C\u2019est ainsi que nous avons organisé toute notre plateforme électorale, a déclaré le chef conservateur.Nous avons aussi fait cela à la dernière élection.Nous prenons des engagements et promettons de les mettre en œuvre au cours de notre mandat.Et de les livrer d\u2019une manière qui soit abordable à long terme.Une fois que nous les mettons en œuvre, nous ne les retirons pas et ne les réduisons pas.[.] Nous visons une mise en œuvre à la mi-mandat.Si vous regardez notre plan fiscal, on aura l\u2019espace fiscal à ce moment Mais nous allons nous assurer que c\u2019est soutenable avant de le mettre en œuvre.» En 2011, le Parti conservateur avait également rendu plusieurs de ses promesses les plus significatives conditionnelles au retour à l\u2019équilibre budgétaire: le fractionnement du revenu, le rehaussement à 10 000$ du plafond annuel de cotisations au Compte d\u2019épargne libre d\u2019impôt (CELI), le doublement à 1000$ du crédit d\u2019impôt pour les activités physiques des enfants et son élargissement aux adultes.Finalement, l\u2019atteinte du déficit zéro est survenue en 2015-2016 (quoique les troubles économiques pourraient encore teindre en rouge cette encre noire.) Aussi, le fractionnement a été instauré cette année rétroactivement à 2014, la hausse pour les CELI a débuté en 2015 et le crédit d\u2019impôt pour les activités physiques des adultes a été tabletté.Cette promesse lointaine a suscité les railleries du chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe.«Le diable est dans les détails.Pis Harper a l\u2019air chum avec ce gars-là !» Répéter le passé Le crédit promis n\u2019est par ailleurs pas nouveau.En 2009, lorsque la crise économique a frappé, Ottawa avait instauré le Crédit d\u2019impôt pour rénovation domiciliaire (CIRD) pour des travaux d\u2019une valeur maxi- male de 10 000$ (et une économie d\u2019impôt maximale de 1350$).Le programme n\u2019avait duré qu\u2019une année.M.Harper a soutenu que «le crédit à la rénovation domiciliaire aide tous les propriétaires fonciers, sans égard à leurs revenus.Je sais que Justin Trudeau ne croit pas que toutes les familles méritent de l\u2019aide, mais nous, nous le pensons.» Du coup, il a passé sous silence le fait que seulement 69% des Canadiens (et 55% des Montréalais) sont propriétaires de leur toit.Ce crédit à la rénovation est différent de celui qui existait pour récompenser les propriétaires améliorant l\u2019efficacité énergétique de leur domicile.Instauré par les libéraux en 1998, EnerGuide, utilisé par 80 000 contribuables par année, avait été aboli par les conservateurs dès leur arrivée au pouvoir.Ils l\u2019avaient remplacé un an plus tard par EcoEnergie, sensiblement le même.Ils ont définitivement mis la hache dedans en 2012.Il est à noter que le budget 2015 a instauré un crédit aux rénovations pour les personnes âgées améliorant l\u2019accessibilité de leur demeure.Avec Philippe Orfali Le Devoir Lire aussi > La décennie Harper.L\u2019éditorial de Bernard Descô-teaux.Page A 6 Harper réplique à Wynne HELENE BUZZETTI Correspondante parlementaire à Ottawa Le chef conservateur Stephen Harper n\u2019a pas l\u2019intention de se faire attaquer par la première ministre de l\u2019Ontario sans répliquer.Il s\u2019en est pris avec virulence mardi à Kathleen Wynne et son projet d\u2019expansion du Régime de pensions du Canada.Et tant qu\u2019à y être, il a réservé quelques salves pour la nouvelle première ministre néodémocrate d\u2019Alberta, Rachel Notley.Wynne a annoncé samedi qu\u2019elle ferait campagne contre les conservateurs de Stephen Harper \u2014 et pour les libéraux de Justin Trudeau \u2014 à cause de leur propension à non seulement ne pas collaborer avec sa province, mais aussi de lui mettre des bâtons dans les roues.Elle en veut pour preuve le refus d\u2019Ottawa de bonifier le Régime de pensions du Canada, puis son refus, lorsque l\u2019Ontario a annoncé qu\u2019il irait de l\u2019avant seul, à administrer le programme à sa place comme il le fait déjà pour d\u2019autres provinces.Stephen Haiper ne s\u2019est pas fait prier mardi pour répliquer.« Un haut fonctionnaire m\u2019a dit quand j\u2019ai pris le pouvoir que j\u2019aurais mes meilleures relations avec ceux [des premiers ministres provinciaux] qui font du bon travail dans leur propre juridiction.Je n\u2019en dirai pas plus», a-t-il lâché.C\u2019est un secret de Polichinelle que M.Harper et M\u201c® Wynne ne s\u2019entendent pas bien.M.Harper n\u2019a accepté de rencontrer Wynne que près d\u2019un an après qu\u2019elle eut accédé au poste de première ministre.M.Harper a ensuite ajouté, pour plus de clarté : «Il y a des gouvernements néodémocrates et libéraux dont la principale requête auprès du gouvernement fédéral est d\u2019augmenter les taxes sur les travailleurs et les petites entreprises pour le Régime de pensions du Canada.Les travailleurs et les petites entreprises en Ontario et à travers le pays rejettent cette idée.Ils ne veulent pas cela.Ils veulent avoir le choix, comme le Compte d\u2019épargne libre d\u2019impôt [CELI], comme le Régime de pension agréé collectif.Les Canadiens veulent prendre leurs propres décisions à propos de leur épargne, ils ne veulent pas être taxés par les gouvernements.» L\u2019échange de coups s\u2019est poursuivi en journée quand le bureau de M\u201c® Wynne a publié une longue déclaration assassine.«L\u2019Ontario a besoin d\u2019un nouveau gouvernement fédéral avec lequel travailler.Stephen Harper et ses ministres préfèrent jouer à des jeux politiques plutôt que de travailler avec les provinces dans l\u2019intérêt des su-pétieur des citoyens de ce pays.C\u2019est particulièrement vrai avec l\u2019Ontario.On n\u2019a qu\u2019à regarder l\u2019exemple du Régime de retraite de la province de l\u2019Ontario.» Pour l\u2019Alberta aussi M.Harper ne s\u2019est toutefois pas limité à attaquer l\u2019Ontario.Il a aussi réservé des tirs à la nouvelle première ministre de l\u2019Alberta, la néodémocrate Rachel Notley.Il n\u2019a nommé ni la dame ni la province, mais le message était sans équivoque.«En ce qui concerne les façons de gérer la décroissance du secteur de l\u2019énergie, je pense que la plupart des Canadiens comprennent que lorsqu\u2019il y a décroissance dans un secteur, il ne faut pas augmenter les taxes de ce secteur.Ce n\u2019est pas la bonne façon de créer des emplois ou stimuler un rebond.» Une des promesses électorales phares de M™ Notley est de revoir à la hausse les redevances que versent les pétrolières à la province.Le bureau de M™ Notley n\u2019a pas répondu aux attaques mardi.Autre chef, autres relations Le leader du NPD, Thomas Mulcair, a plutôt opté pour l\u2019évitement lorsqu\u2019il a été interrogé, mardi à Montréal, sur ses différends avec Québec.C\u2019est que le NPD fait campagne pour l\u2019abolition du Sénat, à laquelle s\u2019oppose Québec, et approuve Iq construction du pipeline Energie Est qui ne fait pas l\u2019affaire du gouvernement de Philippe Couillard.«Nous ne sommes plus en 1955, nous sommes en 2015.Nous ne pouvons plus prétendre qu\u2019on va amener le bulldozer et que ça va passer à telle place sans condition, sans regard», a dit M.Mulcair du pipeline.«Le Québec fait bien de poser ses conditions et fait bien de dire qu\u2019il veut être de la discussion.Et avec un gouvernement du NPD, ce sera une tout autre approche que ce qu\u2019on a connu avec M.Harper.» Quant au Sénat, il a tout au plus dit qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une «absurdité constitutionnelle» qui «nous vient de notre passé colonial anglais».Avec Karl Rettino-Parazelli Le Devoir Connaître sa clientèle Manon CORNELLIER à Ottawa Trois jours de campagne et déjà deux promesses.Stephen Harper reste fidèle à son plan de match.L\u2019engagement de mardi, le crédit d\u2019impôt pour la rénovation domiciliaire, est dans la digne lignée de ceux du passé.Taillé sur mesure pour séduire les électeurs de la classe moyenne, les cols bleus, les familles avec enfants, surtout celles vivant en banlieue.Il vise directement les gens qui travaillent, soucieux de leur budget et allergiques aux taxes.Qui votent mais s\u2019intéressent peu aux détails de la politique.Et ça marche.D\u2019élection en élection, le Parti conservateur s\u2019est enraciné dans les couronnes de plusieurs grandes villes canadiennes, dont Toronto, et dans nombre de municipalités de taille moyenne.C\u2019est en 2006 que M.Harper a peaufiné cette stratégie avec sa promesse de réduction de deux points de la TPS et de création d\u2019une prestation universelle pour la garde d\u2019enfant (imposable) de 100$ par mois par enfant de moins de six ans.Il avait aussi dans sa besace des engagements plus pointus, comme le crédit d\u2019impôt non remboursable pour les activités physiques des enfants.Au fil des élections, le PC a été capable d\u2019ajuster son message en fonction de la clientèle visée, même au sein d\u2019une même circonscription.Il y est parvenu en se dotant d\u2019une banque de données des électeurs qui n\u2019avait pas d\u2019égal dans les autres partis.Grâce à elle, il a pu cerner les enjeux privilégiés des citoyens sensibles à son message et promouvoir auprès d\u2019eux les volets de son programme qui avaient le plus d\u2019impact.Stephen Harper a toujours fait attention à sa base tout en cherchant à rallier assez d\u2019électeurs pour prendre le pouvoir.Que cela l\u2019amène à en ignorer bien d\u2019autres lui importe peu.Ce qui compte est de gagner, pas de plaire à tout le monde.Le crédit non remboursable pour l\u2019activité physique des enfants, promis et introduit en 2006, en est un bon exemple.Pour en bénéficier, une famille doit pouvoir payer les frais d\u2019inscription de ses enfants à des activités organisées.Le montant total admissible de 1000$ peut alors se traduire en un crédit maximal de 150$ par enfant par année.Une famille n\u2019ayant pas les moyens de payer ces frais ou, pire, une bicyclette ou des patins à son enfant n\u2019a pour sa part droit à aucune aide puisque ce crédit n\u2019est devenu remboursable que lors du dernier budget.En d\u2019autres mots, ce crédit n\u2019a rien à voir avec la promotion de l\u2019activité physique puisqu\u2019il aide ceux qui en font déjà.Comme me l\u2019avouait un fonctionnaire du ministère des Finances, il s\u2019agit d\u2019une mesure fiscale pour réduire les impôts de certaines familles.Au final, les plus démunies n\u2019ont rien reçu pendant neuf ans, alors que celles mieux nanhes ou de la classe moyenne, capables de débourser les frais nécessaires, ont eu droit à cet appui du gouvernement conservateur.Le crédit annoncé mardi est du même ordre.Il faut avoir les moyens de posséder une maison, un chalet et/ou un condominium qui ne servent qu\u2019à des fins personnelles.Il faut ensuite avoir les moyens de procéder aux rénovations en question.Le premier ministre veut remettre des gens au travail, pas les aider à mieux se loger ou à réduire leur empreinte écologique.Dans une course à trois, cette tactique est très utile, car en vertu de notre système électoral uninominal à un tour, il suffit de grappiller des votes ici et là pour se faufiler en avant et arracher des sièges.Le PC sait qu\u2019il peut compter sur la base la plus solide.S\u2019il la maintient, il ne lui reste plus qu\u2019à convaincre de 4 à 8% des électeurs (selon les sondages) pour obtenir un mandat majoritaire.Il se concentre donc sur eux.La firme de sondage Nanos a cherché à mesurer la solidité des intentions de vote en ce début de campagne.Son enquête, publiée dans le Globe and Mail de mardi, montre que 31,5% des électeurs conservateurs ne voteraient pour personne d\u2019autre.Le Bloc québécois suit de près avec 30,3%.C\u2019est plus fragile ailleurs (14,7% au NPD, 11,6% chez les verts et 11,1% au PLC).Mais il y a une ombre au tableau pour le PC.Il est le deuxième choix de bien peu de monde.Le NPD est celui de 45,4% des partisans libéraux, de 41,9% des verts et de 39,4% des bloquistes.Le PLC est le deuxième choix de 40,6% des néodémocrates et de 38,2% des conservateurs.Par conséquent, pour gagner, Stephen Harper doit rogner dans les marges d\u2019un peu tout le monde, mais surtout des libéraux puisque le PC est le deuxième choix de 29,2% d\u2019entre eux.Comme le note le Globe, cela explique peut-être l\u2019insistance des conservateurs à taper sur le chef libéral Justin Trudeau.La promesse faite mardi se concrétiserait une fois les finances publiques assez solides pour en assurer la pérennité, donc pas avant la deuxième année du prochain mandat, a laissé entendre le premier ministre.Voilà bien l\u2019effet de l\u2019incertitude économique sur la marge de manœuvre du gouvernement.Ne pouvant promettre beaucoup pour charmer les créneaux choisis, les conservateurs mettront cet engagement en vitrine aux côtés des réalisations passées.Le pari est que ces dernières symbolisent la stabilité tout en séduisant toujours autant.mcornellier@ledevoir.com Blogue électoral Suivez notre couverture de la campagne électorale sur Twitter et notre blogue, ledevoir.eom/blogue-eleetions-2015 Congédié?Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Vieux Montréal 514-845-5545 A 4 LE DEVOIR, LE MERCREDI 5 AOUT 2015 ACTUALITES Québec sommé d\u2019interdire la venue du blogueur Roosh V JESSICA NADEAU Le gouvernement Couillard est sommé d\u2019agir pour interdire la venue du blogueur américain Roosh V en sol québécois ce week-end.Le controversé personnage est connu pour ses propos misogynes banalisant le viol.Une pétition ayant récolté plus de 8000 signatures circule sur le Web, alors que l\u2019une des instigatrices du mouvement pour empêcher sa venue se dit elle-même victime de menaces de mort et de viol.«Roosh V tient des propos clairement haineux envers les femmes, a dénoncé la députée péquiste d\u2019Hochelaga-Maison-neuve, Carole Poirier, mardi.La ministre responsable de la Condition féminine doit l\u2019empêcher d\u2019obtenir une tribune, à Montréal ou ailleurs au Québec.C\u2019est son devoir de lancer le message que les propos banalisant le viol ou faisant la promotion de toute autre forme de violence contre les femmes sont non seulement inacceptables, mais criminels.» Carole Poirier réagissait à l\u2019article du Journal de Montréal, qui rapportait certains propos du blogueur américain Da-ryush Valizadeh.Entre autres choses, celui-ci estime que le viol doit être légalisé «si c\u2019est fait dans une propriété privée».11 décrit les conditions nécessaires à «une bonne scène de viol» et soutient que «le féminisme abaisse la qualité des femmes en leur permettant d\u2019être laides et d\u2019avoir des relations sexuelles quand bon leur semble et avec qui elles le désirent».Dans le cadre de sa «tournée mondiale», rapportait l\u2019article, il conseille aux hommes de choisir des femmes saoules et ayant des troubles alimentaires pour avoir des relations sexuelles.Plusieurs organismes se sont insurgés contre ces propos, faisant ainsi écho à un petit groupe de femmes qui a lancé une pétition pour demander aux services frontaliers canadiens de l\u2019empêcher de séjour au Canada.«C\u2019est encourageant de voir que de plus en plus de gens mettent leur pied à terre, se réjouit l\u2019une d\u2019entre elles, Aurélie Nix, en entrevue au Devoir.Ce n\u2019est pas une question de censure ou de liberté d\u2019expression, c\u2019est un langage haineux envers un groupe, basé sur leur sexe.C\u2019est une question de légalité.» Menaces La Montréalaise est d\u2019ailleurs devenue la cible de propos particuliérement violents sur le forum du blogueur.Des photos d\u2019elles ont été publiées sur le site avec l\u2019indication: WYB {«wouldyou bang?»), qui peut se traduire par «est-ce que vous la baiseriez» ou encore « est-ce que vous la frapperiez?» Les réponses à la question, qui s\u2019étirent sur plusieurs pages, sont non seulement dégradantes, mais incitent à la violence, a pu constater Le Devoir, certains allant même jusqu\u2019à comparer le tatou qu\u2019elle arbore sur la poitrine à une «cible» parfaite pour le dentiste qui a tué le lion Cecil.«Ce sont des hommes qui sont encouragés à me détester, des hommes que je peux rencontrer dans la rue demain ou après-demain, des hommes que je ne connais pas.Je ne sais pas s\u2019ils ont des problèmes et jusqu\u2019où va leur haine des femmes.Ce serait naïf de ne pas se sentir anxieuse.» Pour sa sécurité, Aurélie Nix a porté plainte à la police.Elle espère que cela permettra également aux autorités frontalières canadiennes de voir le degré de violence suggéré par ce blogueur.Le cabinet de la ministre de la Justice et responsable de la Condition féminine, Stéphanie Vallée, n\u2019a pas rappelé Le Devoir.Le Devoir Air Canada refusera de transporter les trophées de chasse exotiques Toronto \u2014 Air Canada entre dans la vague et refusera désormais de transporter des trophées de grande chasse, a annoncé la compagnie après le tollé soulevé par la mort du lion protégé Cecil, au Zimbabwe.Un porte-parole a en effet précisé que le transporteur aérien n\u2019admettrait pas les trophées provenant de la chasse aux lions, léopards, éléphants, rhinocéros et buffles.Selon Peter Eitzpatrick, de tels bagages sont extrêmement rares, car la compagnie ne dessert pas de destinations en Afrique du Sud, où l\u2019industrie de la grande chasse est florissante.De plus, la compagnie ré- pond déjà aux exigences en matière de transport d\u2019espèces menacées.Air Canada se joint ainsi aux autres compagnies qui ont interdit le transport de trophées de grande chasse au cours des deux dernières semaines, dont Air Erance, Delta Air Lines et Qantas.Emirates, Lufthansa et British Airways ont adopté cette politique en avril.La mort de Cecil, un lion chassé par un dentiste du Minnesota, au début juillet, amis en lumière l\u2019industrie de la chasse au trophée et a soulevé l\u2019indignation sur les réseaux sociaux.La Presse canadienne Itinérance : un autre décompte à Montréal La Ville de Montréal effectuera un deuxième dénombrement des itinérants sur son territoire pour mieux documenter le phénomène en saison estivale.En sillonnant les rues de la métropole en mars dernier, des équipes de bénévoles ont compté 3016 personnes en situation « d\u2019itinérance visible».Le quotidien La Presse dévoilait mardi que la Ville désire clarifier l\u2019interprétation de ces résultats en accordant cette fois une attention particulière aux femmes, aux jeunes et aux autochtones.Quatre équipes visiteront les refuges et les lieux extérieurs entre le 24 août et le 11 septembre 2015.Le Devoir Vous avez des droits nous pouvons vous aider Yves Ménard Avocats inc.514.861.0469 FECONDATION IN VITRO Les grossesses à crédit inquiètent le Collège Les plans financiers offerts par IntegraMed devront feront l\u2019objet d\u2019analyses détaillées JESSICA NADEAU Le Collège des médecins se dit «préoccupé» par les grossesses à crédit et les forfaits «grossesse garantie ou argent remis» offerts aux couples infertiles par le géant américain qui vient d\u2019annoncer un partenariat avec les cliniques de fertilité québécoises Procréa.«On n\u2019a pas beaucoup d\u2019informations sur cette nouvelle offre de services au sujet des plans de financement, mais c\u2019est sûr que c\u2019est un sujet qui nous préoccupe, répond Leslie Labranche, porte-parole du Collège des médecins.C\u2019est sûr qu\u2019on va suivre ça de près [.] On veut s\u2019assurer que le médecin va respecter ses obligations déontologiques et qu\u2019il ne va pas facturer des services médicaux qu\u2019il n\u2019a pas donnés à des patientes, d\u2019autant plus que c\u2019est une clientèle vulnérable.» Se référant à l\u2019article 106 du code de déontologie des médecins, M\u201c® Labranche rappelle qu\u2019il est interdit pour un médecin de réclamer à l\u2019avance des honoraires pour des services non rendus.Dans ces circonstances, une clinique québécoise ne pourrait pas offrir tels quels les forfaits de la compagnie IntergraMed.Le Devoir rapportait mardi les propos du £)\"¦ Michel Saint-Pierre, président du groupe Opmedic, propriétaire des cliniques Procréa, qui disait avoir un intérêt pour adapter les formules de financement de son nouveau partenaire d\u2019affaires.«S\u2019il y a des médecins qui veulent offrir ce type de ser-vices-là, ils vont pouvoir communiquer avec le syndic qui va pouvoir prendre position, mais ce n\u2019est pas le type de dossier qu\u2019on analyse en un jour, ça prend vraiment une analyse profonde et détaillée pour voir en quoi consiste le projet», soutient M\u201c® Labranche.Marge de manœuvre L\u2019ordre professionnel des médecins québécois n\u2019a pas l\u2019intention de modifier son code de déontologie pour assouplir le règlement, ajoute M\u201c® Labranche, mais elle rappelle que le gouvernement a une très grande marge de manœuvre pour intervenir s\u2019il le souhaite.Au bureau du ministre de la Santé, Gaétan Barrette, son attachée de presse, Joanne Beauvais, se contente d\u2019une ligne de presse officielle.« On rappelle que dans le projet de loi 20, on propose de suivre une hiérarchisation des traitements [les traitements proposés dans un premier temps sont moins dispendieux que la fécondation in vitro] et que le crédit d\u2019impôt peut être versé au fur et à mesure des traitements selon les modalités par le ministère du Revenu.» Du côté de la Eédération du Québec pour le planning des naissances, la coordonnatrice Magalie Pirotte dénonce l\u2019arrivée des « requins » qui s\u2019attaquent au marché de la fertilité québécois.«Le risque, c\u2019est qu\u2019avec le projet de loi 20, ce sont les femmes qui ont la capacité de payer la moins élevée qui vont subir les impacts les plus importants et qui vont être le plus susceptibles de recourir à des services de prêts financiers comme proposés par IntegraMed.» L\u2019étude du projet de loi 20 reprendra à Québec à la fin du mois d\u2019août.Le Devoir W.\"\u2018U \"\t, rr 't.\ti JUSTIN SULLIVAN AGENCE FRANCE-PRESSE Une vingtaine d\u2019incendies toiyours incontrôlables en Californie Plus de 10 000 pompiers luttaient toujours mardi contre une vingtaine d\u2019incendieç qui se sont déclarés en Californie, ravageant des hectares de terrains et entraînant l\u2019évacuation de milliers de foyers dans cet Etat américain victime de la plus grave sécheresse de son histoire.Mobilisés depuis plusieurs jours pour faire face à l\u2019état d\u2019urgence, les pompiers de toute la région, rejoints par les forces de la garde nationale de Californie et des moyens aériens venus du Colorado voisin, combattaient mardi un nombre croissant d\u2019incendies, passé à 23 contre 21, lundi soir, a indiqué Daniel Berlant, porte-parole de Calfire, l\u2019organisme de prévention des feux en Californie.La Maison-Blanche suivait de près la situation, selon son porte-parole Josh Earnest, qui a chiffré à 27 le nombre d\u2019incendies importants encore incontrôlés qui dévastent l\u2019Ouest américain.La paternité précoce augmenterait le risque de mortalité hâtive Les hommes devenus pères avant l\u2019àge de 25 ans voient leur risque de mourir en milieu de vie augmenter, prétend une étude publiée en ligne par le Journal of Epidemiology and Community Health.Des études antérieures avaient déjà témoigné d\u2019une telle association et mettaient en cause des facteurs comme l\u2019environnement familial, le statut socio-économique et la génétique.La nouvelle étude porte sur 30 500 hommes nés entre 1940 et 1950 et qui ont eu un enfant avant l\u2019àge de 45 ans.Environ 15% des sujets avaient eu un enfant avant l\u2019àge de 22 ans; 29% entre 22 et 24 ans ; 18% à 25 ou 26 ans ; 19 % entre 27 et 29 ans ; et 19 % entre les âges de 30 et 44 ans.L\u2019àge moyen de la paternité était de 25 ou 26 ans, et les hommes de ce groupe ont été utilisés comme point de référence.Environ 5% des pères sont décédés pendant les 10 premières années de la période de suivi, principalement de cardiopathies ischémiques ou de troubles reliés à l\u2019alcool.Les hommes qui ont attendu entre les âges de 30 et 44 ans pour avoir un enfant réduisaient de 25% leur risque de mort hâtive Les hommes devenus pères avant l\u2019àge de 22 ans augmentaient de 26% leur risque de mourir en milieu de vie par rapport à ceux qui ont eu leur enfant à 25 ou 26 ans.Les hommes devenus pères entre 22 et 24 ans gonflaient leur risque de 14%.En revanche, ceux qui ont attendu entre les âges de 30 et 44 ans pour avoir un enfant réduisaient de 25% leur risque de mort hâtive.Une analyse plus raffinée qui comparait des frères a démontré que ceux devenus pères avant l\u2019àge de 22 ans augmentaient de 73% leur risque de décès en milieu de vie, contre 63% pour ceux qui ont eu leur enfant entre 22 et 24 ans.Ces résultats résistaient à l\u2019étude de plusieurs facteurs, comme l\u2019éducation, l\u2019état matrimonial ou le nombre d\u2019enfants.Les chercheurs croient que la paternité à un jeune âge peut représenter une expérience stressante et exigeante qui empêchera l\u2019homme d\u2019investir dans sa santé.La Presse canadienne 50 heures de travaux communautaires et 12 mois de probation pour le faux soldat Ottawa \u2014 Le Québécois qui s\u2019est fait passer pour un soldat lors d\u2019une cérémonie du jour du Souvenir a reçu une période de probation et devra effectuer des travaux communautaires.Eranck Gervais, de Cantley, a plaidé coupable en mars à deux chefs d\u2019accusation relatifs au port d\u2019un uniforme militaire \u2014 sans être dans l\u2019armée \u2014 et de médailles qu\u2019il n\u2019a pas méritées.Un tribunal d\u2019Ottawa l\u2019a condamné à 50 heures de travaux communautaires et à 12 mois de probation en vertu des dispositions d\u2019un programme de justice collaborative.Eranck Gervais était apparu le 11 novembre dans un reportage télévisé, portant un uniforme des Eorces armées canadiennes.Des doutes ont été soulevés lorsque des membres de l\u2019armée ont remarqué des erreurs dans la façon dont il était vêtu et relativement aux médailles qu\u2019il portait.11 était notamment décoré de récompenses pour bravoure, service spécial et maintien de la paix.Des enquêteurs de la police ont découvert que M.Gervais n\u2019avait jamais été employé par l\u2019armée canadienne, mais qu\u2019il avait été cadet dans les années 1990.La Presse canadienne s H A R Q C Un accusé de moins Des accusations ont été abandonnées dans le cadre du procès SharQc, a rapporté Radio-Canada mardi.La Couronne a laissé tomber les accusations de complot pour meurtre et de meurtre prémédité pesant contre Christian Ménard.Le procureur en chef n\u2019a pas dévoilé les raisons qui ont poussé à cette décision.Ce retrait des accusations contre Christian Ménard signifie qu\u2019il ne reste plus que cinq accusés dans ce qui s\u2019annonçait comme un mégaprocès.Le procès devait s\u2019amorcer devant jury, lundi, au Centre judiciaire Gouin, à Montréal.Le report s\u2019explique par le désistement d\u2019un des jurés, pour raisons professionnelles.La Presse canadienne Le Barreau tiendra une assemblée extraordinaire Plongé dans la controverse pour sa gestion de l\u2019affaire Lu Chan Khuong, le Barreau du Québec confirme la tenue d\u2019une assemblée générale extraordinaire.L\u2019ordre professionnel a envoyé un avis de convocation à cet effet lundi, pour le 24 août.Plus de 140 membres avaient forcé le conseil d\u2019administration du Barreau à tenir une telle assemblée en raison de la suspension de la bàtonnière Lu Chan Khuong.«Les administrateurs ont bafoué un droit fondamental dont jouissent les membres, soit celui d\u2019élire le président de l\u2019Ordre, le seul à être élu au suffrage universel», écrivaient les signataires de la pétition.Le Devoir LE DEVOIR, LE MERCREDI 5 AOUT 2015 A 5 LE MONDE TURQUIE Le double jeu Planete JEAN-FREDERIC LÉGARÉ-TREMBLAY Depuis près de deux semaines, la Turquie ouvre simultanément le feu contre le groupe Etat islamique (El) et contre les rebelles kurdes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), des combattants pourtant efficaces, contre El et adoubés par les, Etats-Unis et autres coalisés.A quoi joue Ankara?Explications de Bayram Balci, spécialiste de la Turquie au CERI-Sciences Po et au Carnegie Endowment for International Peace.Dans ce double jeu, qui est le véritable ennemi d\u2019Ankara?C\u2019est effectivement une situation qui intrigue et inquiète tous ceux qui souhaitent la fin d\u2019El.Mettons les choses en contexte.La Turquie ne combat pas le PKK en Syrie, mais cherche à éliminer ses bases en Irak et en Turquie, d\u2019où viennent les menaces à sa propre sécurité.Le PKIÇ qui a aussi des positions solides en Syrie, n\u2019y subit pas les attaques de l\u2019armée turque; dans la partie nord de ce pays, les frappes turques ne visent qu\u2019El.On peut rétorquer que cela nuira quand même au PKK, qui est une arme efficace contre EL Or la Turquie se sent obligée d\u2019assurer sa propre sécurité dans un contexte régional où le PKK lui paraît plus menaçant qu\u2019El.J\u2019ajouterai que le PKK a une part de responsabilités en tuant deux policiers turcs au lendemain de l\u2019attentat suicide commis par El en sol turc.Malgré ses engagements, le PKK n\u2019a ni désarmé ni retiré ses forces de la Turquie.11 aurait été souhaitable qu\u2019il aille au bout de la trêve pour être plus fort en Syrie, à la fois pour lutter contre El et pour renforcer l\u2019autonomie dont y jouissent les Kurdes depuis que Bachar al-Assad a retiré ses forces des régions à majorité kurde.Les Kurdes des YPG (Unités de protection du peuple), très actifs et efficaces en Syrie contre El, sont proches du PKK.Ankara a promis de leur faire une place dans la lutte contre El.Peut-on réellement croire cela?Comment Ankara perçoit-elle la présence de ces Kurdes à sa frontière en Syrie?Je ne pense pas que la Turquie veuille et puisse s\u2019associer au PKK en Syrie pour lut- La seule organisation kurde avec laquelle la Turquie a des relations conflictuelles est le PKK ter contre EL Car dans les faits, le PKK et les YPG, de même que le PYD \u2014 un parti kurde syrien \u2014, sont souvent les mêmes.11 y a une grande proximité qui rend parfois impossible leur différenciation.La Turquie se sent menacée par l\u2019émergence d\u2019une entité kurde en Syrie.Aussi, fidèle à ses objectifs initiaux, elle ne souhaite pas le démantèlement de ce pays voisin, dont l\u2019autonomisation kurde est déjà le signe annonciateur.En même temps, la lutte contre Bachar al-Assad reste une priorité pour la Turquie.Avec le PKK, ce régime semble être pour elle la vraie menace, peut-être même davantage qu\u2019El.Il existe plusieurs groupes et organisations politiques parmi les 30 millions de Kurdes d\u2019Iran, d\u2019Irak, de Syrie et de Turquie.Ankara les perçoit-elle de façon différente ou voit-elle l\u2019ensemble des Kurdes comme une menace?Ankara a des relations à géométrie variable parmi les organisations kurdes du Moyen-Orient.Avec ceux d\u2019Irak, notamment avec le gouvernement régional du Kurdistan dirigé par Massoud Barzani, Ankara a de bonnes relations.En Turquie, les Kurdes sont acceptés, reconnus, et le parti prokurde HD P est intégré à la vie politique turque, même si la récente rupture de la trêve complique Ips relations entre l\u2019État turc et les députés kurdes fraîchement élus.La seule organisation kurde avec laquelle la Turquie a des relations conflictuelles est le PKK, dont il faut bien reconnaître que les méthodes relèvent du terrorisme.11 est vrai cependant que cette organisation a évolué vers des pratiques moins terroristes; elle a rompu, par exemple, avec le terrorisme aveugle des années 1990 fauchant des civils.La Turquie était à deux doigts de faire la paix avec le PKK.Le dialogue entamé en 2009 de façon secrète, puis ouvert depuis 2012, visait la légalisation du PKK, à condition qu\u2019il renonce totalement à la lutte armée.Mais la guerre en Syrie, qui a sans cesse renforcé cette organisation, l\u2019a menée vers une logique maximaliste.Elle a tardé à renoncer à la lutte armée et tenté de faire des gains à la fois en Turquie et en Syrie, ce qui a tétanisé Ankara.D\u2019où la rupture de la trêve après que le PKK eut assassiné deux policiers turcs.Le Devoir D à l\u2019adresse ledevoir.com/planete- terre YEMEN Les loyalistes gagnent du terrain au Sud Aden \u2014 Les forces loyalistes ont repris aux rebelles chiites Houthis la base aérienne stratégique d\u2019Al-Anad ainsi que la ville de Houta dans la province de Lahj, élargissant ainsi leurs gains territoriaux dans le sud du Yémen après avoir reconquis la grande ville d\u2019Aden.La base d\u2019Al-Anad est tombée à l\u2019issue d\u2019une offensive fulgurante lancée avec le soutien aérien et matériel de la coalition conduite par l\u2019Arabie Saoudite, a annoncé mardi le ministère yéménite de la Défense.Cette base commande la principale route reliant Aden au nord.Les loyalistes peuvent désormais couper la voie de ravitaillement des Houthis et envisager d\u2019avancer en direction de la grande ville du sud-ouest, Taëz.Le ministère a salué une « victoire » et réaffirmé la vo-lonté des forces armées loyales au président Abd Rabbo Mansour Hadi, exilé en Arabie Saoudite, ainsi que des forces de la Résistance «à rétablir la légalité sur l\u2019ensemble du Yémen ».Les forces loyalistes ont pris dans la nuit le contrôle des bâtiments et des entrepôts de cette vaste base de 15 km^ située à une soixantaine de km au nord d\u2019Aden, ont indiqué des sources militaires.Lancée lundi par les forces loyalistes, équipées de matériel militaire de la coalition et soutenues par son aviation, l\u2019offensive a donné lieu à de violents combats avec les rebelles retranchés dans la base.Agence France-Presse GRANDE-BRETAGNE L\u2019ancien premier ministre Edward Heath visé par une enquête pour pédophilie Le scandale qui secoue le monde du divertissement et de la politique atteint de nouveaux sommets JACQUES KLOPP à Londres L> ancien premier ministre ' Edward Heath, décédé en 2005, est la plus importante figure publique fait l\u2019objet d\u2019une enquête pour pédophilie en Grande-Bretagne où le scandale, après avoir éclaboussé le show-biz, rattrape aussi la classe politique.Une affaire de moeurs, impliquant un mineur, dans les années 1990 a-t-elle réellement été étouffée lorsque le nom d\u2019Edward Heath est apparu ?C\u2019est ce qu\u2019affirme un ancien officier de police, dont les allégations ont conduit la police des polices à annoncer lundi, devant la maison même de l\u2019ancien premier ministre conservateur (1970-1974) à Salisbury, l\u2019ouverture d\u2019une enquête.Rumeurs L\u2019histoire faisait mardi la une de tous les médias britanniques qui rappelaient notamment les rumeurs qui ont poursuivi ce célibataire endurci et sans enfants pendant toute sa vie, jusqu\u2019à sa mort à l\u2019âge de 89 ans en 2005.Alors que la police du Wiltshire, le circonscription où Edward Heath a passé ses dernières années, a lancé un appel à témoin, le Daily Mirror publiait une interview d\u2019un sexagénaire anonyme qui affirme avoir été violé par l\u2019homme politique lorsqu\u2019il était âgé de douze ans.Les faits se seraient déroulés en 1961, quand Edward Heath était encore un simple député, dans un appartement de Park Lane, une avenue chic de Londres.La victime présumée ajoute qu\u2019il a reconnu l\u2019homme politique seulement quatre ans plus tard en voyant sa photo dans un journal.« J\u2019ai alors compris pourquoi personne n\u2019avait voulu me croire.On m\u2019a traité de menteur, de mythomane.» Brian Binley, ancien député et conseiller d\u2019Edward Heath, a estimé que ces accusations étaient «très difficiles à croire».«Edward Heath était quelqu\u2019un de très secret, qui se contrôlait énormément.Il LUKE FRAZZA ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE L\u2019ancien premier ministre, en décembre 1990 n\u2019avait pas beaucoup d\u2019amis.Il faut être très prudent avec de telles accusations.On dit qu\u2019il n\u2019y a pas de fumée sans feu mais on sait tous que parfois si», a-t-il déclaré à la BBC.Reste que la fumée s\u2019épaissit de jour en jour, avec de nouvelles accusations de pédophilie qui sortent à un rythme soutenu depuis quatre ans.Le grand déballage a d\u2019abord touché le milieu du spectacle dans la foulée des révélations sur Jimmy Savile, l\u2019ancien animateur de la BBC mort en 2011 et décrit par Scotland Yard comme «le pire prédateur sexuel de l\u2019histoire du pays».Agence France-Presse SAJJAD QAYYUM AGENCE FRANCE-PRESSE A Muzaffarabad, Safura Bibi, la sœur de l\u2019accusé, a réagi douleureusement à l\u2019annonce de l\u2019exécution de son frère, mardi.PAKISTAN L\u2019icône de l\u2019opposition à la peine capitale Shafqat Hussain a été pendu ASHRAF KHAN à Karachi Le Pakistan a fait fi mardi des critiques internationales et exécuté le jeune Shafqat Hussain, devenu un symbole de l\u2019opposition à la peine capitale, condamné à mort encore «adolescent» pour le meurtre d\u2019un enfant reconnu «sous la torture» selon ses défenseurs.Au lendemain du raid des talibans contre une école de Peshawar (nord-ouest) qui avait fait 154 morts en décembre, le Pakistan avait repris les exécutions de condamnés à mort, y compris ceux n\u2019ayant aucun lien avec des mouvements considérés comme «terroristes».Réactions L\u2019ONU, l\u2019Union européenne (UE) et des organisations de défense des droits de l\u2019Homme avaient aussitôt fustigé cette nouvelle politique, ce qui n\u2019a pas empêché depuis le gouvernement de faire pendre environ 180 condamnés à mort parmi les 8000 qui croupissent dans les geôles pakistanaises.«Le gouvernement a fait preuve d\u2019une indifférence impitoyable non seulement envers la vie humaine, mais aussi le droit international», a dénoncé Amnesty International à propos de son exécution.Issu d\u2019une famille pauvre du Cachemire (nord-est), Shafqat Hussain n\u2019avait aucun lien avec le carnage commis par les talibans à Peshawar, mais son cas était devenu emblémahque des limites de la politique d\u2019exécution du gouvernement dans un pays où les «aveux» sont parfois arrachés de force aux suspects, qui n\u2019ont d\u2019ailleurs souvent pas de papier d\u2019identité pour prouver leur âge réel.Condamné à mort il y a une décennie pour le meurtre d\u2019un garçon de sept ans à Karachi, métropole du sud du pays, Shafqat Hussain avait plaidé son innocence et soutenu avoir «fait des aveux» après des jours de torture policière.Agence France-Presse Planned Parenthood: les Méditerranée : 2000 décès répnblicains essnient nn revers de migrants cette année Washington \u2014 Les républicains n\u2019ont pas obtenu les voix suffisantes au Sénat américain, lundi, dans leur opposihon au groupe Planned Parenthood offrant des services d\u2019avortement et d\u2019autres soins.Le vote devait ouvrir la porte à l\u2019élimi-nahon des fonds fédéraux accordés à l\u2019organisa-hon.La proposihon ayant déraillé se voulait une réponse des républicains à des vidéos, enregistrées secrètement par des militants anhavorte-menf qui montraient des responsables de Planned Parenthood discuter froidement du fait qu\u2019ils fournissent parfois des hssus de foetus à des chercheurs.L\u2019organisme obtient plus de 500 millions par année du gouvernemenfi représentant plus du tiers de ses revenus annuels de 1,3 milliard.Associated Press Genève \u2014 Le cap des 2000 migrants et réfugiés morts cette année en mer Méditerranée en tentant de gagner l\u2019Europe par la mer a été franchi ce week-end, un bilan humain tragique supérieur à celui de la même période de l\u2019année 2014.«Malheureusement, nous avons atteint ce week-end un nouveau niveau avec plus de 2000 migrants et réfugiés morts» en 2015 en tentant de joindre l\u2019Europe par la Méditerranée, a indiqué mardi à Genève Itayi Virri, porte-parole de l\u2019Organisation internationale pour les migrations (OIM).Pour la même période de 2014,1607 migrants avaient péri dans leur traversée hasardeuse de la Méditerranée, 3279 sur l\u2019année entière.Agence France-Presse TURQUIE Appels au calme de la part d\u2019alliés Istanbul \u2014 L\u2019IJnion européenne et les États-Unis ont appelé mardi la Turquie à s\u2019en tenir à une «réponse appropriée» dans ses attaques aériennes contre la rébellion kurde du PKK, s\u2019inquiétant de l\u2019ampleur des raids aériens turcs qui entretiennent le cycle de représailles et pourraient tuer des civils.Au moins trois autres soldats turcs ont été tués mardi dans deux nouveaux attentats attribués au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) dans l\u2019est du pays.L\u2019un a visé un convoi militaire, qui a sauté sur une mine, et l\u2019autre une garnison militaire attaquée au lance-roquehes.Selon un décompte de l\u2019AEP, au moins 20 membres des forces de l\u2019ordre ont été tués depuis la fin de la trêve il y a quinze jours entre la guérilla et le pouvoir central.Ankara poursuit pour sa part les raids aériens contre la rébellion en touchant mardi une de ses positions sur le territoire turc, près la frontière irakienne, ont indiqué les médias.Violences L\u2019armée affirme avoir tué plus de 260 combattants dans ses bombardements quotidiens.Selon des sources kurdes, dix civils irakiens ont aussi été tués dans des raids ce week-end, mais l\u2019armée affirme n\u2019avoir visé aucune zone habitée.Dans un communiqué publié à Bruxelles, Iç commissaire européen à l\u2019Élargissement, Johannes Hahn, s\u2019est dit «trèspréoccupé» par l\u2019escalade de la violence.De Washington, le portç-pa-role du département d\u2019État, Mark Toner, a envoyé le même message.«Nous voulons que le PKK renonce à la violence et reprenne les discussions avant le gouvernement turc [.] et nous voulons voir le gouvernement turc répondre de manière proportionnée» aux attaques, a-t-il dit.Un attentat survenu le 20 juillet à Suruç (sud) a déclenché un cycle de représailles entre la guérilla et l\u2019armée turque.Agence France-Presse A 6 LE DEVOIR LE MERCREDI AOUT 2015 EDITORIAL ELECTIONS DU 19 OCTOBRE La décennie Harper La campagne électorale sera longue et coûteuse.Trop?Sans aucun doute, mais cela n\u2019enlève rien à la valeur de cet exercice démocratique, qui, après presque 10 ans sous l\u2019empire du Parti conservateur de Stephen Harper, permettra aux Canadiens d\u2019exercer un choix.Un véritable choix, car contrairement à l\u2019élection précédente, cette fois une solution de rechange au gouvernement sortant existe.Bernard Descôteaux 1 y aura 10 ans, le 23 janvier prochain, que Stephen Harper chassait le Parti libéral du pouvoir.Une victoire obtenue à l\u2019arraché.Au préalable, il avait coalisé les forces d\u2019opposition de droite dans un nouveau Parti conservateur dont les politiques ultraconservatrices inquiétaient.Incertains, les électeurs n\u2019avaient pas osé lui donner la majorité qu\u2019il recherchait.Ils exerceront la même retenue en 2008, mais en 2011, il l\u2019obtien- dra et pourra mettre en œuvre ses grandes réformes, ce qu\u2019il fera dès lors à la vitesse grand V.Le premier ministre Harper n\u2019a jamais caché son ambition de faire de son parti «un parti naturel de pouvoir» qui serait suffisamment longtemps au gouvernement, comme le Parti libéral le fut pendant des décennies, pour transformer à travers ses politiques l\u2019esprit et les valeurs qui caractérisent le pays.Au ( wii\tterme d\u2019une décennie de pouvoir conserva- teur, on peut affirmer qu\u2019il a réussi.Il n\u2019y a au-A\tcnn doute, il a changé le pays.Cela, on le constate d\u2019abord dans la façon dont Stephen Harper exerce le pouvoir.Plus que tout autre premier ministre, il a fait du gouvernement son affaire personnelle.Il est un premier ministre impérial.Le centre de décisions est à son bureau.Les ministres exécutent et les députés suivent l\u2019ordre de marche.Le mépris envers les institutions est patent, comme le montrent ses manipulations des lois électorales au profit du Parti conservateur.Le temps de le dire, les grandes politiques ont changé d\u2019orientation.On a fait du Canada un pays ouvertement et activement militariste.Les politiques fiscales et sociales, d\u2019inspiration sociale-démocrate sous les gouvernements précédents, même sous celui du conservateur Brian Mulroney, sont devenues franchement conservatrices.Idem sur le plan économique.L\u2019Etat n\u2019intervient plus, ou le fait le moins possible.L\u2019illustre bien la question de la lutte contre les changements climatiques.On a renié les engagements précédents du gouvernement pour favoriser l\u2019exploitation des énergies fossiles de l\u2019AIberta.Ce gouvernement est inspiré davantage par l\u2019intérêt privé que par l\u2019intérêt collectif sauf dans le domaine de la sécurité, où la loi et l\u2019ordre ont été érigés en un absolu qui remplit les prisons avec des peines de plus en plus sévères.Le quatrième mandat que sollicite le premier ministre conservateur est pour poursuivre sur cette lancée.Quatre ans de plus lui permettraient de donner de la profondeur à ses politiques, de les enraciner durablement.Après 15 ans de gouvernement conservateur, un nouveau gouvernement ne pourrait faire table rase de l\u2019esprit Harper dans lequel la nouvelle génération de Canadiens aurait grandi.En ce sens, la présente élection est l\u2019occasion qui est donnée aux Canadiens de refuser de poursuivre l\u2019expérience conservatrice.Et comme la campagne électorale sera deux fois plus longue que d\u2019habitude, ils pourront même y penser à deux fois.Ce qui distingue cette élection de la précédente est le fait que cette fois, les électeurs ont un véritable choix.Le Parti libéral a retrouvé une partie de ses forces d\u2019autan.Le travail de reconstruction entrepris par Bob Rae après la dégelée subie en 2011 et poursuivi par Justin Trudeau en fait un prétendant crédible au pouvoir.Le NPD devenu opposition officielle a eu quatre ans pour se poser comme la véritable solution de rechange au gouvernement.Son chef Thomas Mulcair, a de l\u2019expérience et de la profondeur, davantage que Justin Trudeau, ce qui en fait le principal challenger du premier ministre.Le jeu de Stephen Harper sera de mettre à nu ses adversaires pour qu\u2019on puisse les observer.Déjà, il leur oppose son expérience.Ses attaques ad hominem à leur égard ont par le passé été pour le moins critiquables.L\u2019objectif est de déplacer l\u2019attention des questions de fond vers les individus, mais il reste néanmoins qu\u2019il nous faut savoir au moment de voter qui est le plus capable de diriger le pays.En 11 semaines de campagne, les occasions de trébucher seront nombreuses.Une aussi longue campagne aura au moins l\u2019avantage de nous permettre de voir, à la lin de la soirée, qui est le meilleur danseur.LE DEVOIR FONDE PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 > FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-présidente, ventes publicitaires LISE MILLETTE Directeur des finances STÉPHANE ROGER Directrice de ^information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Adjoints PAUL CAUCHON, JEAN-ERANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIEEET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET CRél>iTP'i|wv?5T CA CHANSffI K 'fv L loiwgor LETTRES Un visage français ponr le 375® anniversaire Nous allons célébrer, en 2017, le 375® anniversaire de la fondation de Montréal.Il n\u2019y a pas tellement longtemps, on entendait régulièrement vanter Montréal comme la deuxième ville francophone du monde.Avez-vous remarqué que ces dernières années, on n\u2019entend plus nos élus parler de la sorte?Doit-on s\u2019en surprendre quand on sait que nous sommes actuellement gouvernés par une majorité de fédéralistes qui ont à cœur les valeurs du multiculturalisme ?Il n\u2019est pas difficile de constater que le laisser-aller sur le plan de la défense du fait français, affiché par nos politiciens au pouvoir, ouvre la porte à la présence accrue de l\u2019anglais et du bilinguisme.Quand on sait que Montréal est le lieu choisi par la majorité de nos immigrants, on peut se demander quels sont les incitatifs que nous mettons en place afin qu\u2019ils puissent s\u2019intégrer à notre culture.Pourtanf c\u2019est bien la fondation de Montréal par M.de Maisonneuve que nous allons célébrer en 2017 ; une présence française de 375 ans.La journée où Montréal ressemblera à Toronto ou aux autres villes nord-américaines, nous aurons beaucoup perdu.Quel sera alors l\u2019intérêt de venir nous visiter ?Le visage français de Montréal, c\u2019est beaucoup plus qu\u2019une question d\u2019image, d\u2019affirmation et de survie.C\u2019est aussi une question économique.Notre industrie touristique s\u2019en nourrit.Montréal devrait se faire belle et française pour célébrer sa fondation.Voilà qui pourrait être un beau projet pour un maire voulant laisser sa marque et passer à la postérité pour son peuple.Beaucoup plus essentiel que la venue des Expos.Louis Guénette Laval, le 3 août 2015 La physiothérapie au Québec, une pratique publique et privée Le samedi U® août 2015 paraissait dans Le Devoir, un article intitulé «La médecine familiale dans la spirale privée».Rédigé sous la plume de M\u201c® Jessica Nadeau, cet article traite de l\u2019hypothétique évolution du système de santé et en particulier de la migration de la médecine familiale vers le (Jomaine privé.A cette occasion, les propos suivants ont été mentionnés, sous les traits d\u2019une citation du docteur Lacroix : «[.] Ça a été la même chose il y a 15 ans avec la physiothérapie, ça se faisait dans les hôpitaux, et aujourd\u2019hui, c\u2019est rendu 100 % privé.» Par la présente lettre, nous souhaitons donc corriger ces propos, qui sont erronés.En effet, il est important de mentionner que les professionnels de la physiothérapie œuvrant au Québec exercent à 55% dans le domaine public et à 45% au sein d\u2019établissements de santé privés.Ces données sont référencées au sein de l\u2019Qr-dre professionnel de la physiothérapie auprès duquel chaque professionnel, physiothérapeute ou thérapeute en réadaptation physique, est inscrit.Denis Pelletier Président de l\u2019Ordre professionnel de la physiothérapie du Québec Le 3 août 2015 Traitement de canal.Le pont Jacques-Cartier a autant besoin d\u2019une crinière de lumières à 40 millions de dollars que Cecil le lion avait besoin d\u2019un traitement de canal à 55 000 piastres.Et si on sait maintenant que la première flèche ne tue pas, les dentistes patentés des fêtes du 375® espèrent quand même qu\u2019elle va nous geler un peu.Qn connaît le punch de l\u2019histoire et il est canon.Quand le Canadien gagnera la Coupe Stanley, en 2047, on fera flasher le pont Tricolore.Hip hip hip ! Vraiment, les diodes bleues \u2014 les Harper LED \u2014 ont encore un bel avenir.Michel Mongeau Le 31 juillet 2015 LIBRE OPINION Peut-on accroître le militantisme et le bénévolat chez les aînés ?JACQUES FOURNIER Militant à l\u2019Association québécoise pour la défense des droits des retraités (AQDR) De nombreux organismes communautaires ont besoin de bénévoles.Peut-on favoriser une augmentation du militantisme et du bénévolat chez les aînés?Sî ouï, comment?Selon l\u2019Institut de la statistique du Québec, plus de 2,4 millions de Québécoises et Québécois âgés de 15 ans et plus font annuellement du bénévolat au Québec.La proportion de bénévoles parmi les 65 ans et plus est d\u2019environ un quart (26,4%) alors que 32% des Québécois âgés de 15 ans et plus font du bénévolat.Les jeunes âgés de 15 à 24 ans sont le groupe d\u2019âge qui a le plus haut taux de bénévolat (66%).Par contre, ils donnent beaucoup moins d\u2019heures que leius aînés: les jeunes de 15 à 19 ans fournissent 110 heures en moyenne par an, comparativement aux personnes âgées de 65 à 74 ans, qui donnent 231 heiues en moyenne.Le nombre total d\u2019heures que les personnes âgées de 65 ans et plus offrent compte pour près du cinquième (19%) des heures dont profitent les organismes au Québec.Les aînés ont une plus grande disponibilité, mais par contre, leur état de santé est souvent plus fragile.Où sont les baby-boomers?Quand on arrive à la retraite, on doit redéfinir nos priorités de vie.Certains choix s\u2019impo- sent rapidement : si notre entourage immédiat a besoin d\u2019aide, on se retrouve aidant naturel (ou proche aidant).Qn peut évidemment concilier plaisir et responsabilité : la garde des petits-enfants est habituellement plus gratifiante que l\u2019entretien ménager chez un beau-frère malade.La théorie de la pyramide des besoins de Maslow s\u2019applique ici : il faut combler les besoins essentiels dans notre environnement immédiat avant, par exemple, de faire du bénévolat pour le club de loisirs voisin.L\u2019état de santé est par ailleurs un facteur déterminant de la capacité à s\u2019engager.L\u2019objectif est d\u2019avoir une retraite équilibrée : sport et plein air, loisirs et culture, voyages, voir les amis, cours de toutes sortes, etc.Normalement, il y a place dans cet équilibre pour le bénévolat.Tout simplement parce qu\u2019on se dit: il faut rendre un peu ce qu\u2019on a reçu.Quand on étudie les diverses motivations possibles du bénévolat (suivre l\u2019exemple des amis, se constituer un réseau, rencontrer des gens, mettre à profit compétences et expériences, être personnellement touché par la cause, contribuer à la communauté, etc.), on se rend compte que plusieurs de ces motivations rejoignent les préoccupations réelles des aînés.Depuis que je fais du bénévolat-militantisme à l\u2019AQDR, soit sept ans, j\u2019ai constaté cependant que plusieurs personnes que je croyais être des bénévoles potentiels (des baby-boomers avec de belles expériences sur le plan professionnel) ont choisi d\u2019une certaine manière de «lever le nez» sur le bénévolat.Qn pourrait poser l\u2019hypothèse que l\u2019individualisme que certains aînés prêtent aux jeunes en général caractérise également une partie des personnes plus âgées.Cette question mériterait d\u2019être approfondie.Quelles sont les valeurs reçues?Quelles sont les valeurs que l\u2019on veut transmettre ?Dans quel genre de société voulons-nous vivre?Qui suis-je?Un consommateur passif de loisirs et de gratifications matérielles ?Un (modeste) acteur social?Un cynique qui croit qu\u2019on ne peut rien changer ou qui utilise cet argument pour « se défausser » ?L\u2019idée n\u2019est pas de faire la morale, mais de réfléchir collectivement aux implications du « vivre-ensemble ».Il n\u2019y a pas de bénévole parfait.Il n\u2019y a pas de combinaison parfaite et unique sports/plein air; aide de proximité; loisirs/culture; voyages ; visite aux amis ; cours, bénévolat, etc.Mais que penser de la cohérence de la personne aînée qui dénonce verbalement (et à satiété) ce qui ne va pas bien dans la société et qui ne lève pas le petit doigt pour contribuer à changer les choses?La société civile n\u2019a-t-elle pas besoin de ses aînés ?(Et on rejette évidemment ici le bénévolat comme substitut possible des services publics sous-financés.) La génération qui précède celle des baby- boomers, donc celle ayant présentement plus de 70 ans, a été et demeure fortement présente dans le bénévolat.Cette génération a été nourrie, entre autres, par les valeurs chrétiennes : elle a été active dans la paroisse, dans les organismes de charité, dans les organismes communautaires locaux en général.Les baby-boomers, peut-être un peu moins proches de la religion, ne sont généralement pas liés à de tels réseaux.Par contre, on observe que les personnes qui ont été engagées socialement avant leur retraite (syndicat, groupes divers, etc.) ont plus de chances de rester impliquées après la retraite.Avoir du plaisir Il n\u2019y a pas de recette magique pour augmenter le militantisme et le bénévolat chez les aînés.Un ingrédient essentiel: il faut avoir du plaisir en faisant du bénévolat.Sinon, on abandonne vite.Il faut avoir de l\u2019agrément à retrouver les membres du groupe.Dans le cas d\u2019un organisme de défense des droits comme l\u2019AQDR, la motivation des bénévoles et des militants est souvent la colère face au non-respect des droits des aînés.La capacité d\u2019indignation est essentielle.Alors si vous êtes enragé d\u2019entendre des nouvelles déprimantes concernant les services aux aînés (austérité, coupes de services, négligence, etc.), ne vous gênez pas pour vous engager. LE DEVOIR LE MERCREDI AOUT 2015 A 7 IDEES ARCHIVES VILLE DE MONTREAL Opposé à la conscription obligatoire, le maire Camillien Houde sera envoyé dans un camp d\u2019internement durant une partie de la Seconde Guerre mondiale.Sur la photographie, le maire Houde (en manteau gris pâle), photographié le 26 mars 1935.Camillien Houde et la conscription maudite Le 5 août 1940, le maire de Montréal est arrêté pour délit d\u2019opinion, puis enfermé sans procès pendant quatre ans GUY BOUTHILLIER Montréal entrée en guerre en septembre 1939 ramena à la surface le souvenir de la conscription maudite.Allait-on cette fois-ci encore devoir envoyer nos soldats en Europe se battre pour l\u2019Angleterre et son empire?Comme en 1917, par décision du premier ministre Borden, au nom du Canada anglais uni au-delà des partis.Pour se défendre, les Canadiens français mirent leur corrfiance dans les libéraux.Avec eux, c\u2019est promis, il n\u2019y en aurait pas : «Nous sommes le rempart, la muraille qui vous protège», dira en octobre 1939 Ernest Lapointe, n\u201c 2 du gouvernement à Ottawa.Après tout, le Canada français ne serait pas le seul dans l\u2019Empire à s\u2019y refuser : en 1914-1918, l\u2019Australie la rejeta deux fois par référendum, tandis qu\u2019en Irlande, Londres dut se résigner à ne pas l\u2019imposer (il n\u2019y en aura pas non plus en 1939-1945, ni en Australie ni en Irlande du Nord).La déclaration du 2 août Le tableau s\u2019assombrit en juin 1940 après qu\u2019Ottawa eut décidé de l\u2019enregistrement obligatoire de tous les citoyens âgés de 14 à 60 ans.Cela va nous mener droit à la conscription, cria-t-on, comme en 1914-1918! Il faut s\u2019y opposer, tout comme l\u2019avait fait en 1916 J.S.Woods-worth, ce ministre méthodiste de Winnipeg, militant pacifiste, proche du peuple.« This registration is no mere census.We are bound to resist what will unvariably lead to forced service», écrit-il dans le Free Press du 28 décembre 1916.Il perdit son poste de fonctionnaire provincial, mqis ne fut pas autrement inquiété.A Montréal, Camillien Houde s\u2019y opposa vertement.Lui, c\u2019était quelqu\u2019un, sept fois élu maire à la Ville, trois fois au Parlement de Québec, « le p\u2019tit gars de Sainte-Marie » qui deviendra «Monsieur Montréal».«Je ne m\u2019inscrirai pas, et j\u2019invite les Montréalais à ne pas le faire non plus», annonça-t-il aux journalistes convoqués le 2 août, en ajoutant: «Le Parlement n\u2019a pas le mandat de voter la conscription.Si le gouvernement veut un mandat, qu\u2019il vienne devant le peuple, sans, cette fois, le tromper.» Position forte, mais que pouvait-il craindre ?N\u2019était-il pas protégé par l\u2019exemple de Woodsworth, devenu entre-temps député de Winnipeg, puis chef et conscience morale du CCP/NPD, qui, en septembre 1939, au moment de la déclaration de guerre, n\u2019hésita pas à renouveler son plaidoyer pacifiste à la face même du premier ministre, ce qui lui vaudra l\u2019hommage suivant de King : «Il y a peu d\u2019hommes en ce Parlement pour lesquels j\u2019ai un plus grand respect.Je l\u2019admire dans mon cœur, parce qu\u2019encore et encore il a eu le courage de dire ce que lui dicte sa conscience, peu importe l\u2019opinion que le monde aura de lui.Un homme de ce calibre est un joyau de n\u2019importe quel Parlement » L\u2019arrestation du 5 août Le Canada était sorti grandi de la Première Guerre et entendait bien poursuivre sur cette lancée en 1940.Des Canadiens anglais veillaient au grain, y compris à Montréal.The Gazette avait à l\u2019œil ce maire qui disait des choses choquantes.Un de ses journalistes entendit sa déclaration et s\u2019empressa de la montrer à son patron.Le journal la publia illico, puis exigea d\u2019Ottawa son arrestation.Le gouvernement imposa deux conditions : pas de procès ni de photos, ce rapt doit absolument se passer loin du regard public! {«The Mackenzie King Record», Vol.1, p.104).Tard le soir du 5 août, à l\u2019hôtel de ville, la GRC s\u2019empara de Houde et l\u2019expédia à l\u2019aube vers les camps d\u2019internement, Petawawa, puis Lrédéric-ton, d\u2019où il ne fut libéré qu\u2019en août 1944, quatre ans plus tard.Entre-temps, le gouvernement gagna le référendum d\u2019avril 1942, puis imposa la çonscription en 1944.À son retour, le 18 août, le peuple de Montréal réservera à « son maire » le plus fier des accueils, puis le reportera au pouvoir jusqu\u2019en 1954.Mais pendant ces années de «mesures de guerre », le Québec fila doux.Aucune émeute n\u2019éclata, aucune grande manifestation, aucune pétition de masse ne furent organisées pour protester contre cette iniquité faite au maire.S\u2019ils ont pu faire ça à un si grand personnage, que ne feraient-ils pas à de simples citoyens ?pensa-t-on dans nos villes et nos villages.La Peur avait gagné.En touchant à Houde, c\u2019est tout un peuple qu\u2019on frappa de stupeur.Houde devant l\u2019histoire En ce 75® anniversaire, et pour nous aider à prendre la bonne mesure de cet acte frondeur de Houde, relisons ce qu\u2019avaient à dire sur la conscription, laquelle est à la source même de cet acte, deux Canadiens anglais très engagés à l\u2019époque, le constitutionnaliste Lrank Scott et l\u2019historien Arthur Lower.Lrank Scott, en 1942: «Ce NON massif du Québec, ce n\u2019est pas à la guerre en soi qu\u2019il répondait, mais à l\u2019idée de guerre impériale.C\u2019est exactement ce qu\u2019avait compris le maire Houde.La question, pour le Québec, était la suivante: \u201cLe gouvernement peut-il conscrire des Canadiens pour la défense de l\u2019Angleterre et de l\u2019Pmpire britannique?\u201d Rien de bien nouveau, cela remonte à 1763.Ce que le Québec a voulu dire, c\u2019est qu\u2019il ne veut pas que ses fils meurent pour un pays qui n\u2019est pas le leur.Il n\u2019y a là rien d\u2019étonnant» («What did \u201cNO\u201d mean ?», Canadian Forum, juin 1942).Arthur Lower, en 1967 : «Prendre un homme, le sortir de chez lui, lui enfiler un uniforme, puis l\u2019envoyer se battre et peut-être se faire tuer: peut-on imaginer plus grave atteinte à son droit à la vie privée, à sa liberté ?Pour que cela soit justifié, il faut que la population quasi unanime fasse corps avec son gouvernement.Or, le Canada ne remplit pas cette condition.Certes, pour les deux tiers de notre population, le compte est bon.Mais pour le tiers restant, on en est loin : deux guerres mondiales Vont amplement démontré.[.] Ainsi, on peut affirmer qu\u2019en 1942, la conscription représenta, pour ce tiers de notre population, la plus grave des attaques contre ses libertés» (My First Seventy-Five Years, 1967, p.260).Les aménagements d\u2019Hydro-Québec n\u2019ont pas d\u2019impact sur la baie d\u2019Hudson GARY SUTHERLAND Attaché de presse chez Hydro-Québec allégation rapportée par la journaliste Caroline Montpetit dans son arti-,\tde intitulé «Nunavik : le ^\tréchauffement clima- tique visible à l\u2019œil nu» (3 août 2015), selon laquelle les aménagements hydroélectriques d\u2019Hydro-Québec auraient un impact sur la couverture de glace hivernale de la baie d\u2019Hudson, n\u2019a aucun fondement scientifique.D\u2019abord, la Grande Mvière, où sont situés les aménagements d\u2019Hydro-Québec, se jette dans la baie James et non dans la baie d\u2019Hudson, qui se trouve à environ 100 kilomètres plus au nord.Ensuite, les aménagements hydroélectriques du complexe La Grande n\u2019interrompent pas le flot naturel de la rivière, mais le modulent selon les saisons.Enfin, Hydro-Québec a réalisé plusieurs études approfondies sur les eaux évacuées par le complexe La Grande.Ces études démontrent clairement qu\u2019en hiver, la zone d\u2019influence de ce complexe de production hydroélectrique est limitée à une dis- tance maximale de 60 kilomètres autour de l\u2019estuaire de la Grande Rivière.Le reste de l\u2019année, la distance est de l\u2019ordre de 20 à 30 kilomètres.Donc, la zone d\u2019influence n\u2019atteint en aucun cas la baie d\u2019Hudson.Depuis juin 2012, les scientifiques d\u2019Hydro-Québec ont eu plusieurs échanges avec le docu-mentariste Joel Heath, cité dans l\u2019article du Devoir, afin de partager les résultats des études réalisées par l\u2019entreprise.Nous lui avons signalé par ailleurs que les effets observés sur la couverture de glace hivernale découlaient probablement de phénomènes plus larges, comme la variabilité du climat.Hydro-Québec participe activement à la lutte contre les changements climatiques.Son énergie, produite à 99% à partir de sources renouvelables, contribue à la réduction des émissions de gaz à effet de serre dans le nord-est de l\u2019Amérique du Nord.En 2014, grâce aux exportations nettes d\u2019électricité d\u2019Hydro-Québec, l\u2019émission de 6,2 millions de tonnes de CQ2 a été évitée.C\u2019est l\u2019équivalent des émissions annuelles d\u2019environ 1,6 million de véhicules.Nos valeurs Francine Pelletier algré ses protestations, Gilles Du-ceppe n\u2019avait pas l\u2019air mécontent de se lancer à l\u2019eau dimanche dernier.Qn sentait son envie de mordre dans Los \u2014 78 jours de campagne ininterrompus \u2014 le plaisir toujours renouvelé de marteler «nos convictions, nos intérêts, nos valeurs».Visiblement, le doyen des chefs de parti a du métier, du talent et une forme physique bien au-dessus de ceux du sexagénaire moyen.Mais, bon.Le retour-surprise de l\u2019ex-député de Laurier-Sainte-Marie force un réexamen de l\u2019évolution du Bloc québécois qu\u2019autrement on se serait contenté d\u2019ignorer.D\u2019abord, le Bloc du début et le Bloc d\u2019aujourd\u2019hui ne sont pas du tout la même paire de manches.Imaginé dans le tumulte politique, l\u2019échec de lac Meech en juin 1990, et conçu «pour ne pas durer», le parti de Lucien Bouchard était une espèce d\u2019arme blanche devant préparer l\u2019accession à la souveraineté.Advenant î\u2019échec référendaire, il devait durer au maximum trois ou quatre ans de plus.Gilles Duceppe prend les commandes à peu près au moment où il aurait fallu penser plier bagage, une perspective qui La tendance à n\u2019emballe aucun nouveau chef En plus, 1997 est une s\u2019en tenir aux année électorale : la hantise ,,, ,\t, vis-à-vis de Jean Chrétien et préliminaires, de sa «loi,sur la clarté» font le reste.A partir de ce mo- jamais ment la défense des « inté- aller jusqu\u2019au rets du Quebec » devient la nouvelle raison d\u2019être du bout, est Bloc.La machette rutilante de la souveraineté se trans- un travers forme, sans trop qu\u2019on y ^bécois que pense, en espece de marteau ^\t^ de la spécificité québécoise.I0 mouvement «Pourquoi renoncer à ce que nous sommes?» comme di- souverainiste sait, encore dimanche der- , .\t,, nier, le lider maximo du Bloc, de la premiere Pour peu réfléchie qu\u2019ait Upyj-p été cette transformation, portée d\u2019année en année par a reproduit une crise politique après l\u2019autre, elle comporte un plus OU moins volet intellectuel important: l\u2019institutionnalisation d\u2019un consciemment parti indépendantiste à Qt-tawa envoie aussi le message que l\u2019indépendance, loin d\u2019être inévitable, n\u2019est peut-être même pas nécessaire.De la même façon que le mouvement souverainiste a eu comme effet pervers de nous donner l\u2019indépendance d\u2019esprit, la liberté d\u2019être et d\u2019exprimer qui nous sommes, mais sans passer par un siège aux Nations unies, la présence continue du Bloc à Qttawa est une façon d\u2019encourager ad nauseam le beurre et l\u2019argent du beurre.Rappelons que 70% de ceux qui ont voté «oui» en 1980 et 63 % des souverainistes de 1995 espéraient « demeurer une province canadienne».Ce que je dis, c\u2019est que la tendance à s\u2019en tenir aux préliminaires, sans jamais aller jusqu\u2019au bout, est un travers québécois que le mouvement souverainiste de la première heure a reproduit plus ou moins consciemment.En se présentant à Qttawa, plutôt qu\u2019à Québec où doit forcément se faire l\u2019indépendance, Gilles Duceppe, malgré toutes ses qualités, encourage ce travers.De plus, pour justifier cet excentrique détour, il doit sans cesse raviver le spectre du méchant Qttawa, indifférent à notre sort ou, pire, complotant dans notre dos.Alors que peu de Québécois se voient aujourd\u2019hui comme des porteurs d\u2019eau, le Bloc continue à dandiner le fretin mort de notre humiliation constante.Quand est-ce que ça va finir?Dieu sait que le mouvement souverainiste mérite mieux, une raison d\u2019être moins cheap et des arguments plus vigoureux, ancrés dans la réalité d\u2019aujourd\u2019hui.Sans minimiser les différences culturelles qui séparent le Québec du Canada, qu\u2019elles sont, au faif les valeurs, les intérêts, voire les convictions qui nous sont propres ?Qutre bien entendu la question de la langue, de la survie culturelle ou encore, de la souveraineté \u2014 qui, je le répète, se règlent à Québec et non à Qttawa.L\u2019environnement?La justice sociale?L\u2019immigration?Le développement économique?La sécurité?Selon que vous êtes à droite ou à gauche du spectre politique, vous trouverez chaussiue à votre pied siu toutes ces questions dans l\u2019un ou l\u2019autre parti fédéral.La leçon des dernières élections n\u2019a-t-elle pas précisément été le remplacement de la vieille tension fédéraliste-souverainiste par une dynamique gauche-droite ?Stephen Harper et son conservatisme radical obligent.Tant qu\u2019à ne pas faire l\u2019indépendance, se sont dit bon nombre de Québécois, aussi bien s\u2019investir dans le pays de façon utile.Comme par hasard, le choix des Québécois a privilégié le parti, le NPD, dont les valeurs sont à peu près exactement \u2014 mise à part la question de l\u2019indépendance \u2014 celles du Bloc.M.Duceppe peut toujours croire que les Québécois ont simplement praqué pour les beaux yeux de Jack Layton.A mon avis, c\u2019est une erreur de jugement qui aujourd\u2019hui se conjugue à une erreur de parcours.jpelletier@ledevoir.com L\u2019EQUIPE DU DEVOIR REDACTION Véronique Chagnon et Louis Gagne (adjoints a la direction de l information), Antome Robitaille et Guy Taillefer (éditorialistes, responsables de la page Idees), Michel Garneau (caricaturiste), Jacques Nadeau (photographe), Michael Monnier et Obvier Zuida (recher-chistes photos), information générale : Isabelle Pare (chef de division), Lisa-Marie Gervais (education),\tShields (environnement), Amebe Daoust-Boisvert (santé), Paubne Gravel (sciences), Fabien Degbse (société), Jean Dion ('s^ortej, Jessica Nadeau, Phibppe Orfab et Karl Rettino-Parazelb (reporters), information politique : Marco Fortier (chef de division), 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O\u2019Meara (coordonnatrice des communications et de la promotion), Catherine Gentilcore (coordonnatrice du service a la clientele), Manon Blanchette, Nathabe Eibon et Kevm McKissock ADMINISTRATION Olena Bilyakova (reponsable des services comptables), Claudette Bebveau (adjointe administrative), Elorentina Draghici et Xavier Pigeon (par interim) A 8 LE DEVOIR LE MERCREDI AOUT 2015 ACTUALITES ARCTIQUE SUITE DE LA PAGE 1 de géographie de l\u2019IIniversité Trent Heather Nicol ne croit pas qu\u2019il faut s\u2019inquiéter de voir la Russie revenir à la charge.11 s\u2019agit selon elle d\u2019un processus normal qui devra suivre son cours selon des règles bien établies.«La Russie peut demander beaucoup, mais même si elle peut interpréter les choses à sa manière, elle devra appuyer ses demandes sur des faits», précise-t-elle.jyjme Nicol ajoute cependant que l\u2019initiative russe devrait rappeler au Canada qu\u2019il est temps de soumettre à son tour de nouvelles revendications territoriales.Des ambitions à étayer Dans sa requête déposée devant la Commission de rONU travaillant sur les limites du plateau continental, Moscou fait valoir qu\u2019au vu des recherches scientifiques, elle devrait avoir la souveraineté sur 1,2 million de kilomètres carrés supplémentaires dans l\u2019Arctique.L\u2019ONU avait réclamé à Moscou en 2001, après une première demande des autorités russes jugée recevable, d\u2019apporter davantage de preuves pour appuyer sa revendication.Le droit de la mer fke actuellement la zone économique exclusive d\u2019un pays à 200 milles marins (environ 370 km) de ses côtes, lui donnant la souveraineté dans cette zone pour en exploiter les ressources.Au-delà, les eaux sont considérées juridiquement comme étant internationales.Un pays a toutefois le droit de revendiquer l\u2019extension de sa zone économique exclusive au-delà des 200 milles traditionnels, et jusque dans une limite de 350milles, en prouvant, études géologiques à l\u2019appui, que les limites de son plateau continental s\u2019étendent sous les eaux.La Russie a ainsi mené plusieurs expéditions scientifiques polaires d\u2019envergure pour collecter des données devant prouver que les limites du plateau continental russe dans l\u2019Arctique s\u2019étendent bien au-delà de ses limites actuelles.Et en 2007, une expédition a effectué une plongée record dans les profondeurs de l\u2019océan Arctique, plantant symboliquement à cette occasion un drapeau russe en titane au fond des eaux polaires, à la verticale exacte du pôle Nord géographique.La Russie, les Etats-Unis, le Canada, la Norvège et le Danemark tentent tous d\u2019asseoir leur autorité dans l\u2019Arctique, une région qui porurait contenir jusqu\u2019à 25% des réserves non découvertes en hydrocarbrues de la planète.La fonte de )a glace arctique intensifie la rivalité.À la fin de l\u2019année 2013, le gouvernement conservateur de Stephen Hai^er avait ordonné aux fonctionnaires de réécrire les revendications canadiennes dans l\u2019Arctique pour y inclrue le pôle Nord.Des travaux d\u2019arpentage auront lieu cet été dans la région avant de soumettre le document aux Nations unies.Hydrocarbures Si la demande de la Russie était reconnue comme légitime, elle lui donnerait potentiellement l\u2019accès à des réserves d\u2019hydrocarbures d\u2019un total de 4,9 milliards de tonnes, selon le gouvernement russe.Selon une étude américaine de 2008, 13% du pétrole et 30% du gaz naturel non découverts de la planète se trouvent dans le sous-sol du Grand Nord.En outre, la fonte des glaciers pourrait ouvrir de nouvelles routes maritimes pour le commerce pendant l\u2019été dès 2050, selon certaines études scientifiques.La Norvège et le Danemark ont eux aussi organisé au cours des dernières années des missions scientifiques dans l\u2019Arctique pour cartographier les fonds marins et étayer leurs revendications, déposées devant la commission des Nations unies.«La fonte des glaciers dans l\u2019Arctique met à nu une mer nouvelle et vulnérable, mais certains pays comme la Russie et la Norvège veulent la transformer en future Arabie Saoudite.A moins d\u2019agir, cette région pourrait se voir remplie de plateformes pétrolières et de flottes de navires de pêche», a dénoncé mardi l\u2019ONG Greenpeace.Au-delà de ses revendications territoriales, la Russie met l\u2019accent depuis plusieurs années sur cette région stratégique, tant du point de vue économique que militaire.Vladimir Poutine a ainsi ordonné en début d\u2019année la mise en place d\u2019une commission spéciale pour développer les projets économiques dans l\u2019Arctique, tandis que des manoeuvres militaires d\u2019ampleur s\u2019y sont multipliées.La requête russe sera examinée par l\u2019ONU en février ou mars 2016.Avec Le Devoir La Presse eanadienne et Agenee Franee-Presse KIRILL KUDRYAVTSEV AGENCE ERANCE-PRESSE Un brise-glace dans la péninsule de Yamal, en Arctique russe.PROSTITUTION SUITE DE LA PAGE 1 on peut donner des droits à un groupe en donnant davantage de droits à ses exploiteurs», se ques-tionne-t-elle.Surtout, elle rapporte que les pays ayant adopté cette approche ont constaté une recrudescence du commerce du sexe et du trafic à des fins d\u2019exploitation sexuelle.La militante propose plutôt d\u2019adopter une position analogue à la récente loi canadienne, le «modèle nordique » : décriminalisation des prostitués, criminalisation des clients et des proxénètes pour cibler la demande.La CLES constatait pourtant un changement de discours ces dernières années: «On commence à comprendre qu\u2019il faut faire une distinction entre décriminaliser une industrie qui fait des milliards sur le dos de personnes vulnérables et la protection des femmes, en majorité dans ce milieu par manque de choix.» Critiquée de toute part La voix de dizaines d\u2019autres groupes de femmes s\u2019est élevée ces derniers jours à travers le monde pour inciter Amnesty International à amender sa position avant le vote au Conseil international.En plus de récolter plus de 6000 signatures sur sa pétition en ligne, la Coalition contre le trafic des femmes (Coalition Against Trafficking in Women, ou CATW) a tenu une conférence de presse à New York mardi après-midi.Au Québec, la Maison de Marthe, PDE Québec et la CLES ont manifesté leur appui à cette campagne intitulée «Amnistie internationale, ne me tourne pas le dos », dénonçant une position qui «dénature [la] renommée historique» de l\u2019organisme.Des célébrités comme Meryl Streep, Kate Winslet, Emma Thompson et Lena Dunham figurent aussi parmi les signataires.i\u20143 *0i-95-W JAY DIRECTO AGENCE ERANCE-PRESSE Les critiques reprochent à l\u2019organisation de protéger le commerce du sexe en oubliant les êtres humains.Ci-dessus, des femmes attendent l\u2019ouverture d\u2019un bar du Red Light à Manille, aux Philippines.Tant la section canadienne anglophone que francophone d\u2019Am-nesty assurent ne pas avoir pris encore position.«Il y aura certainement beaucoup de discussions et amendements sur la résolution qui est portée au vote», a indiqué Béatrice Vaugrante, directrice générale de la section québécoise, juste avant de s\u2019envoler pour participer à cette importante réunion.Jackie Hansen, responsable des campagnes sur les droits des femmes du bureau anglophone, explique quant à elle avoir consulté un vaste éventail d\u2019organisations dans tout le pays.«Nous voulons notamment enrichir les perspectives en apportant le point de vue des autochtones d\u2019ici, en décrivant le contexte canadien», pré-cise-t-elle.M\u201c® Hansen ne s\u2019inquiète pas outre mesure des virulentes critiques formulées contre ce positionnement, tout en souhai- tant qu\u2019elles permettent d\u2019approfondir les discussions.La réflexion et les consultations au sein du mouvement international ont commencé il y a plus de deux ans.La question a notamment été débattue en 2014 lors de l\u2019Assemblée générale, et plusieurs branches locales avaient alors fait part de leurs réserves.Certains, comme Julie Bindel dans les pages du quotidien britannique The Guardian, reprochent à Amnesty International d\u2019avoir confié une partie de l\u2019exercice de consultation et d\u2019information à un tenant de longue date de la décriminalisation dont l\u2019idée était déjà faite.Intention louable, mauvais moyen Diane Matte salue la volonté de cette structure de faire campagne polu la protection des droits des personnes en prostitution, majoritaire- ment des femmes.Mais on devrait «protéger les êtres humains, pas le commerce du sexe, en plus de le banaliser», insiste la coordonnatrice.«Il faut comme société remettre en question ce supposé privilège d\u2019avoir accès à une sexualité tarifée.L\u2019industrie du sexe nuit grandement à la santé physique et mentale des femmes», dit-elle.M\u201c® Matte espère que la vague de contestations incitera Amnesty à modifier sa position, ou à tout le moins à reporter sa décision.Le modèle nordique a été adopté au Canada, en Suède, en Norvège et en Islande.Un rapport de 2010 du ministère suédois de la Justice avance que la prostitution de rue aurait été diminuée de moitié depuis la mise en oeuvre d\u2019une loi criminalisant les clients, et décriminalisant les prostituées, il y a plus de 15 ans.Le Devoir MORTS SUITE DE LA PAGE 1 26 millions de profils.Le calcul est vite fait: on peut imaginer que près de 24 personnes inscrites sur le réseau meurent chaque heure dans le pays.Souvent, lorsqu\u2019une personne inscrite sur le réseau décède, les proches maintiennent le profil du défunt pour lui rendre hommage.Ils y publient photos, messages et chansons, même plusieurs années après la mort.Eacebook induit polu ceux qui restent un sentiment de culpabilité et une pulsion difficile à freiner: «Je sais que ça me fait du mal, mais je le fais quand même.» Amel a perdu l\u2019un de ses plus proches amis il y a cinq ans.Si voir des photos de lui sur le réseau la rassure la plupart du temps, elle reconnaît qu\u2019il peut aussi y avoir un effet pervers : « C\u2019est un peu masochiste oui, on revoit les photos anciennes, on devient nostalgique.C\u2019est souvent le soir quand je suis seule, je vais regarder une photo et tomber en larmes.» Souvent, le fait de se replonger dans ces images la soulage.Parfois, ça «l\u2019enfonce encore plus».Mais supprimer le compte, c\u2019est parfois aussi voir moruir la personne une deuxième fois.Poru Vanessa Lalo, psychologue spécialisée dans le numérique : «ù Web représente en quelque sorte une allégorie de l\u2019au-delà, on ne peut pas le toucher ni le matérialiser.C\u2019est un espace illimité, qui rend immortel: nous y survivrons tous après notre mort II y aura des traces.» « Mausolée numérique » La particularité du réseau social, c\u2019est qu\u2019il donne l\u2019impression que la personne vit toujours.Les vieilles images et statuts restent, comme une maison que l\u2019on n\u2019aruait pas pris le temps de vider avant de déménager.Les proches peuvent donc entretenir une forme d\u2019interaction avec le défunt.Camille, qui a perdu sa sœru il y a cinq ans, a préféré supprimer son profil pour cette raison: «Le problème, c\u2019est que si tu laisses le compte actif, ça donne l\u2019impression que la personne est encore en vie, mais ce n\u2019est pas la réalité, ce n\u2019est plus elle qui gère son compte.Facebook est différent de la réalité et on l\u2019oublie.» Le désactiver lui a permis de faire son deuil: «Au début, quand je l\u2019ai supprimé, je l\u2019ai réactivé au bout d\u2019un mois, mais ce n\u2019était pas bon pour moi.J\u2019allais souvent sur sa page, c\u2019était un peu morbide.» Selon Vanessa Lalo, le rapport que l\u2019on entretient à ces morts d\u2019Internet n\u2019est pas si nouveau, bien qu\u2019ambigu: «C\u2019est assez similaire à la façon dont on pouvait vivre un décès avant On n\u2019a pas tous un autel funéraire pour se recueillir, le fait d\u2019avoir un lieu numérique peut servir à ça.» Pour ceux qui ont moins l\u2019habitude de se rendre sur les tombes, ou n\u2019en ont pas la possibilité, Eacebook peut ser- vir de substitut.Stéphane, qui a perdu un proche il y a cinq ans, a fini par arrêter d\u2019écrire sur le mur du défunt.Mais il y retourne trois ou quatre fois par an : «Aller voir son profil, c\u2019est comme lui faire un petit coucou.C\u2019est un mausolée numérique.» Sauf qu\u2019à l\u2019inverse d\u2019un autel ou d\u2019une tombe, sur le réseau social, tout est visible.Lorsque l\u2019on écrit un message en hommage à un ami décédé, souvent empreint de sentiments profonds, ce sont des centaines d\u2019amis potentiels qui nous lisent.Certains, parfois, sont des inconnus.Ils lisent et voient ces confessions exposées publiquement et inscrites durablement sur Internet, avec le risque pour l\u2019auteur d\u2019exposer encore davantage sa vie privée et intime.«Facebook, c\u2019est une logorrhée permanente de tout Les gens s\u2019y lâchent avec une grande confusion entre l\u2019intime et l\u2019extime, explique Vanessa Lalo.On a envie de dire aux yeux du monde qui on est, ce que l\u2019on ressent » Ces messages d\u2019hommage publiés parfois sous le coup d\u2019une pulsion, le réseau social ne cherche pas non plus à les freiner : plus les utilisateurs partagent du contenu, plus la plateforme est active.Peu importe si les messages sont morbides ou non: ils sont.Sheryl Sandberg, la directrice des opérations de Eacebook, a par exemple tenu à rendre plusieurs fois hommage sur son mur à Dave Godlberg, son mari décédé.Et en mai, le mois de sa mort, elle invite ses proches à partager leurs meilleurs souvenirs sur le mur de ce dernier.Légataire Les algorithmes ont également leur part de responsabilité.Ils nous montrent ce que l\u2019on a envie de voir, mais parfois aussi ce qu\u2019on préférerait ignorer.Ils sont incapables de faire seuls la distinction entre un être vivant et un être disparu.Pour eux, il n\u2019y a que des profds actifs et des profils inactifs.Et ils n\u2019aiment pas beaucoup ces derniers parce que sur Eacebook, il faut que tout le monde s\u2019exprime, partage sa vie, accumule des données personnelles : c\u2019est l\u2019essence du réseau.Alors, lorsqu\u2019un utilisateur n\u2019a pas publié depuis longtemps, il incite les autres à interagir avec lui.Le comble, c\u2019est aussi que les photos et messages partagés les jours qui ont suivi le décès sont souvent les plus « aimés » et commentés d\u2019un profil.Et c\u2019est le genre de contenu que les algorithmes aiment bien faire ressurgir de temps à autre, via un message: «Ça fait quatre ans que vous avez publié ce message populaire, vous vous en souvenez?» Les responsables du réseau social ont mis du temps à prendre la pleine mesure de ce phénomène.En 2014, ils ont permis de faciliter les démarches pour accéder à la suppression du compte de la personne défunte, si les proches le souhaitent.Ils ont aussi imaginé que le profil puisse devenir un compte de «commémora- tion », s\u2019adaptant ainsi à la demande de nombreuses familles.«Les comptes de commémoration n\u2019apparaissant pas dans les espaces publics, les suggestions, les rappels d\u2019anniversaire ou les publicités disparaissent de ces profils», expliquent-ils.Et ajoutent: «Personne ne peut se connecter à un compte de commémoration.» Mais les équipes de Mark Zuckerberg ont également prévu que, «selon les paramètres de confidentialité du compte, les amis puissent partager leurs souvenirs sur le journal de commémoration», entretenant l\u2019ambiguïté autour de l\u2019interaction avec le compte de la personne défunte.D\u2019autant que, pour faire cette demande, il faut justifier le décès via un certificat officiel en bonne et due forme, alors que bon nombre d\u2019utilisateurs ne s\u2019inscrivent pas sous leur vrai nom sur le réseau social.D\u2019autres disposent de plusieurs comptes.Ce qui rend cette solution compliquée et inadaptée.Eacebook propose aussi à chaque utilisateur de nommer un légataire de son compte, fonction méconnue car cachée dans différents sous-menus.Pourquoi ne pas proposer systématiquement à l\u2019utilisateur de choisir ce qu\u2019il adviendra de son compte en cas de décès dès l\u2019inscription à la plateforme ?Testament numérique Sur Eacebook se mélangent images, déclarations publiques et conversations privées.et tout y est conservé.Depuis que le réseau a introduit la fonctionnalité Messenger, qui permet de clavarder avec ses amis, bon nombre de conversations sur Internet ont lieu via le réseau social.Vous rencontrez une personne qui vous plaît, vous l\u2019ajoutez sur Eacebook et commencez à dialoguer avec elle via Messenger.C\u2019est simple et logique, srutout pour les moins de 30 ans.Imaginez maintenant que demain vous disparaissiez, que vos proches aient accès à votre compte et à toutes vos conversations privées depuis sa création.Plutôt gênant.C\u2019est pourtant ce qui risque de se produire aujourd\u2019hui, avec l\u2019accumulation des données personnelles.Si ces plateformes, comme Eacebook, ne savent pas bien comment gérer le décès sur leurs réseaux, elles préfèrent donner la possibilité aux proches de prendre le contrôle des comptes.11 paraît donc nécessaire de transmettre un testament numérique à ses proches, comme on peut déjà planifier le don d\u2019organes ou prévoir l\u2019incinération.Vos traces, inscrites sur Internet, ne disparaîtront peut-être jamais si vous n\u2019avez exprimé aucun souhait en ce sens.Si rien des dernières volontés n\u2019a été communiqué, ce sont les proches, pas toujours au fait des enjeux liés à cette identité numérique, qui en auront la responsabilité et l\u2019accès.Alors, autant faire savoir votre décision.Sur les réseaux.Libération LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9® étage, Montréal (Québec), H3A3M9 ® Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 D Le Devoir sur ledevoir.com 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