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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2015-08-08, Collections de BAnQ.

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[" The Dybbuk, un classique du théâtre yiddish, au Centre Segal Page e 3 N\u2019oublie pas de gagner, ou le côté sombre du tennis féminin Page e s Culture Livres CAHIER E .LE DEVOIR, LES SAMEDI 8 ET DIMANCHE 9 AOUT 2015 ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Les acteurs Michael Ironside et Laurence Lebœuf ont été intrigués et séduits par le scénario de Turbo Kid.Ils ont tout de suite dit oui au projet.Entichés de pastiche ! Une démarche sérieuse se cache derrière le déjanté Turbo Kid À la fois film d\u2019action postapocalyptique et comédie satirique, Turbo Kid, à l\u2019affiche le 14 août, a été conçu par trois cinéphiles nostalgiques des productions de série B de leur enfance.Ils ne sont pas les seuls, il faut croire, puisque leur exercice de style rétro-kitsch a été remarqué au Festival de Sundance puis s\u2019est mérité un prix du public à SXSW.Même honneur remporté tout récemment à Fantasia où le film a déclenché non pas une vague, mais un tsunami d\u2019euphorie.FRANÇOIS LEVESQUE \\ A force de pollution et d\u2019irresponsabilité quant à la menace nucléaire, l\u2019humanité a eu raison d\u2019elle-même.Sur une planète terre dévastée, des grappes de populations décimées survivent comme elles le peuvent.Rarissime, l\u2019eau est la ressource la plus précieuse.Zeus, un tyran borgne, en contrôle l\u2019approvisionnement.Résolu à rétablir Injustice en ce bas monde, le Kid, un adolescent épris de bandes dessinées, se réinvente superhéros et décide d\u2019affronter le terrible despote.A ses côtés : Apple, une jeune fille dont l\u2019indéfectible bonhomie cache quelques secrets.Ah oui, un dernier détail : tout cela se déroule dans le futur.En l\u2019an 1997.Né de l\u2019imaginaire débridé du collectif Roadkill Superstar (RKSS), constitué de François Simard, Anouk Whissell et Yoann-Karl Whissell, Turbo Kid a connu une mise au monde à l\u2019image de son intrigue, c\u2019est-à-dire joyeusement rocambolesque.«On a réalisé plusieurs courts métrages sous forme de fausses bandes-annonces, rappelle Yoann-Karl Whissell.A l\u2019origine, Turbo Kid devait en être une; une parodie des films postapocalyptiques à la Mad Max du début des années 1980.Ces films-là ont bercé notre enfance alors qu\u2019on regardait tout, le très bon comme le très mauvais.A Fantasia, on est tombés sur Jason Eisener, le réalisateur du film Hobo with a Shotgun tune autre fausse bande-annonce devenue film créée pour un concours organisé par le diptyque Grindhouse de Quentin Tarantino et Robert Rodriguez].Il nous a encouragés à en faire un court métrage.» Le but?Soumettre ledit court métrage à un concours organisé par les producteurs du film anthologique The ABCs of Death, qui avaient sciemment laissé vacante la lettre T.Et les trois complices de réaliser dans l\u2019urgence T Is for Turbo.«On a remporté le vote du public, mais le jury nous a classés seconds, relate François Simard.C\u2019est passé à un cheveu.On était vraiment découragés.Et puis, on a été contactés par un des producteurs, Ant Timpson, qui est basé en Nouvelle-Zélande.Il avait adoré notre proposition et se demandait si on souhaitait en tirer un long métrage.» « On a reçu son courriel le lendemain de l\u2019annonce du résultat du concours, se souvient Anouk Whissell.C\u2019était aussi inattendu qu\u2019excitant.On a écrit le scénario de Turbo Kid au cours des trois semaines suivantes.» «Le temps pressait, parce qu\u2019on voulait que le projet soit prêt pour la première édition de Frontières, le marché de la coproduction instauré par Fantasia», précise François Simard.Nuances de pastiche C\u2019est lors de cet événement que les RKSS ont fait la connaissance de la productrice Anne-Marie Gélinas, d\u2019Ema Films (Rebelle).Ne restait qu\u2019à trouver des comédiens capables de saisir les différentes nuances d\u2019un pastiche que ne yenierait pas Mel Brooks.A ce chapitre, François Simard garde un souvenir impérissable de la première rencontre du trio avec Michael Ironside, acteur culte de Scanners et Total Recall, dont la présence connotative ajoute une strate satirique à Turbo Kid.« C\u2019était lors d\u2019une fête organisée par le Festival du film de Toronto.On a repéré Michael tous les trois et on s\u2019est mis à s\u2019exciter en se disant que ce serait un rêve de l\u2019avoir pour Zeus.Anne-Marie nous a entendus.Elle n\u2019a fait ni une ni deux et elle nous a plantés devant lui en lui disant qu\u2019on avait un rôle pour lui.On a fait notre pitch et il nous a dit, l\u2019air grave: \u201cEcoutez, les enfants, ça semble génial, VOIR PAGE E 4 : PASTICHE DAVID ALTMEJD FLUX Exposition oonoue et organisée par le Musée d'Art moderne de la Ville de Pans / Pans Musées et le Musée d'art oontemporain de Montréal 1 Art Study Center AU MAC MUSEE D\u2019ART CONTEMPORAIN DE MONTRÉAL QuébecSS 185, rue Sainte-Catherine Ouest Métra Place-des-Arts macm.arq VISITEZ LE MICROSITE DE L'EXPOSITION FLUX.MACM.ORG -PARCOURS AUDIO COMMENTÉ PAR L'ARTISTE -CONTENUS EXCLUSIFS -GALERIE PHOTOS PIAN CULTUREL NUMÉRIUUr nu QUEBEC E 2 LE DEVOIR, LES SAMEDI 8 ET DIMANCHE 9 AOUT 2015 CULTURE .MUSIQUE Cari Nielsen, père de la musique danoise L\u2019année 2015 marque le 150® anniversaire de la naissance du Danois Cari Nielsen CHRISTOPHE HUSS Parmi les commémorations musicales de l\u2019année 2015, il y a le 150\u2019\u2019 anniversaire de la naissance de Cari Nielsen.Anniversaire a priori discret, mais qui nous fournit tout de même quatre nouvelles intégrales de ses six Symphonies ! Cari Nielsen est né le 9 juin 1865, à Odense au Danemark.A sa mort, 66 ans plus tard, il avait marqué la musique de son pays du même sceau que Jean Sibelius (1865-1957), né six mois après lui, en Finlande.Nielsen et Sibelius sont de la génération suivant celle d\u2019Edvard Grieg (1843-1907) en Norvège, considéré comme le «père de la musique nordique» par tous ceux qui oublient un peu vite l\u2019existence de l\u2019atypique Suédois Frans Berwald (1796-1868), qui, entre 1842 et 1845, dans un anonymat quasi absolu, donna au monde quatre symphonies pour le moins singulières (ce qui est d\u2019ailleurs le surnom de la troisième d\u2019entre elles).Berwald, auquel le génie tout aussi imprévisible de Nielsen, 70 ans plus tard, fait parfois penser.Nielsen-Sibelius: et si, des deux, le génie n\u2019était pas celui que l\u2019on croit?La question a été posée, parfois par provocation, mais souvent pour relever que le fossé entre la notoriété de l\u2019un et le relatif anonymat de l\u2019autre n\u2019a pas lieu d\u2019être.Les deux compositeurs ont la même portée, mais Sibelius a habilement utilisé ses 25 ans de vie supplémentaire.Nielsen est mort au moment de l\u2019avènement de l\u2019enregistrement électrique, alors que dans les années 40 et 50, Sibelius, qui ne composait plus, s\u2019est rapproché de nombre d\u2019inter- ICA ARTISTS Herbert Blomstedt fut l\u2019un des pionniers de la musique de Cari Nielsen.prêtes (Beecham, Kousse-vitsky, Karajan) qui assuraient au disque et dans les salles la promotion de son œuvre.Les Symphonies Les 6 Symphonies de Cari Nielsen sont le moyen logique d\u2019aborder son œuvre.Au sein du corpus, la 4'^ Symphonie, «Inextinguible», est la plus connue (même Karajan a daigné l\u2019enregistrer!), mais ce sont, à mon avis, la 2^ Symphonie, «Les quatre tempéraments», et la 3^ Symphonie, «Espansiva», qui ouvrent le mieux la porte à son univers.Quand, ensuite, on se familiarise avec l\u2019écriture, on en arrive probablement à mettre la 5\u2018' Symphonie (1920-1922) au-dessus de tout.Dans le répertoire, c\u2019est, avec la 2^ Symphonie de Roussel, l\u2019une des plus grandes créations symphoniques directement marquées par la Grande Guerre.'Ùl Cinquième est une symphonie en deux blocs; successivement, l\u2019humanité destructrice et la régénération pacificatrice.Ce qui fascine dans le corpus symphonique de Nielsen, c\u2019est la quête du compositeur, qui nous amène toujours là où on ne l\u2019attend pas.Après un essai symphonique simple et direct (D\u201d), on trouve une symphonie à programme (2\u201d), a\" Hydro V Québec présente ¦\"¦G\u2019?'¦ -\u2019i -CC'-ï \u2018 7.; INTERNATIONAL^ tan, DOMAIN FORGE 20 JUIN«^ 23 AOÛT 'i 'A ' \u2022\t> .I MUrnaUE f SCULPTURE i MATURE I f CONCERTS DU FESTIVAL VENDREDI 14 AOÛT 20 H L'Ensemble baroque Caprice réunissant musiciens, chanteurs et danseurs sous la direction de Matthias Maute LVr en musique SAMEDI 15 AOÛT 20 H François Le Roux, Russell Braun, barytons Michel Béroff, Olivier Godin, piano Oeuvres de Debussy, Fauré, Finzi, Lalo, Mendelssohn et Brahms Hydro Québec DIMANCHE 16 AOÛT 15 H CONCERT GALA Les chanteurs de l'Institut Canadien d'Art Vocal Joan Dornemann, direction artistique Joshua Major, metteur en scène JARDIN HARMONIQUE DE SCULPTURES Découvrez les 25 oeuvres monumentales installées sur la propriété! Caisse de dépôt et placement du Québec PACTE RURAL 2014-2024 UNE EXPÉRIENCE SENSORIELLE INCOMPARABLE! charlevoix-est O.LES BRUNCHES-MUSIQUE Tous les dimanches de l'été! Du 7 juin au 30 août 16AOÛT VOYAGE ONIRIQUE SUR LES CHEMINS D'EUROPE Duo Umemoto-Senay, accordéon et guitare CASINO CHARLEVOIX Détails sur domaineforget.com 418 452-3535 | 1 888-DFORGET (336-7438) 1*1 Patrimoine Canadian canadien Heritage Québec Sa une tentative d\u2019unir la pastora-lité, la voix humaine et la tonalité évolutive (3Q, une «manifestation de la vie» (4\u201d), un regard souvent pessimiste sur l\u2019humanité (5Q et enfin une étude symphonique de la texture sonore (6\u201d, en 1925) qui préfigure Chostakovitch.Tout est fascinant et déconcertant.Trois enregistrements, Ole Schmidt (Unicom) et Herbert Blomstedt (FMI) en Europe, et une intégrale partagée entre Or-mandy et Bernstein (Columbia) en Amérique, se sont disputé le marché dans les années 1970 et 1980.Le disque compact a largement élargi ce choix.Pour le 150\u201d anniversaire, quatre nouvelles intégrales, Sa-kari Oramo (BIS), Alan Gilbert (DaCapo), Colin Davis (LSO) et John Storgards (Chandos), tentent d\u2019attirer l\u2019attention des médias et des discophiles.Après de fastidieuses écoutes, on relèvera que dans ce choix honorable, mais très loin d\u2019être passionnant, seul Oramo attire quelque peu l\u2019attention, notamment dans le disque isolé couplant les Symphonies n° 2 et n° 6.Nos conseils d\u2019achat iront sans équivoque aux intégrales Blomstedt-San Francisco (Decca) et, si vous la trouvez, Salonen-Radio suédoise (Sony).L\u2019autre Nielsen Blomstedt et Salonen ne représentent pas seulement le choix le plus avisé dans l\u2019achat d\u2019une intégrale des symphonies de Nielsen.Leurs enregistrements sont désormais rassemblés dans des coffrets qui nous en donnent plus.Tous deux comprennent l\u2019œuvre «la plus le fun» de Nielsen, la Suite Aladdin, des ouvertures, ainsi que la Petite suite, Vopus 1 du Danois.Salonen y ajoute le Concerto pour violon, alors que Decca intègre Hymnus amoris et la précieuse intégrale de l\u2019opéra Maskarade, sous la direction d\u2019Uk Schirmer.Il manquera alors à votre collection un disque de concertos (violon, flûte, clarinette).On en trouve un chez Naxos et un chez BIS qui se valent.Si vous êtes plus boulimique et désirez aussi explorer la musique de chambre et pour piano, un coffret de 10 CD, vendu autour de 40 $, est édité par Membran.L\u2019intégrale symphonique de Douglas Bostock, cheville ouvrière du projet, tient très bien la route, et le projet intitulé « Nielsen the Danish Symphonist» vous permet d\u2019explorer plein de choses: concertos, musique de chambre, œuvres pour piano et mélodies.Il ne vous manquera plus alors qu\u2019une intégrale de Maskarade pour faire de vous un connaisseur émérite du plus grand compositeur danois de l\u2019histoire.Le Devoir RECOMMANDATIONS Symphonies, Aladdin, Maskarade.Blomstedt.Decca 6 CD 478 6469; Salonen Conducts Nielsen.Sony 6 CD 88697 58423 2; Nielsen, The Danish Symphonist.Douglas Bostock.Membran 233378 (distr.Naxos).JAZZ Le shaman grec : Charles Lloyd SERGE TRUEEAUT est une histoire grecque qui n\u2019est pas une tragédie, quoique.Elle en présente tout de même certaines des postures qui lui sont propres, puisqu\u2019elle a un lien, pas si ténu que cela, avec le conte politique que déclinent depuis des mois maintenant Angela Merkel, Alexis Tsipras, Wolfgang Schauble \u2014 dans le rôle de satrape financier \u2014, les hommes portant les cartables du FMI, ainsi que ceux qui transmettent les diktats de marchés invisibles, puisque la fameuse main sculptée par Adam Smith a été amputée au pied de l\u2019Acropole.On divague?Non, pas du tout, puisqu\u2019au ras des pâquerettes, Charles Lloyd se signale pour une deuxième fois avec des histoires musicales qui empruntent à celles qui résonnent dans la cave où loge la Pythie de Delphes.Oui, pour la deuxième fois, le saxophoniste qui se distingue de tous les autres par une inclination marquée pour l\u2019humaniste s\u2019est adjoint les talents d\u2019instrumentistes grecs, soit So-kratis Sinopoulos à la lyre et Miklos Lukacs au cymbalum.Au ras du bitume, voici de quoi il s\u2019agit: un nouvel album de l\u2019oracle tibétain du jazz vient de paraître sur étiquette Blue Note.Le titre?Wild Man Dance.Premier constat, et non des moindres : le shaman péruvien du jazz a mis un terme à son association avec ECM, qui débuta, si notre mémoire tient la forme, dans les années 80.Son opus antérieur, publié par ECM, avait pour titre Athens Concert et mettait en vedette la chanteuse Maria Farantouri.Deuxième constat: le moine hindou du jazz a changé sa formation rythmique.Au piano, on retrouve Gerald Clayton, la contrebasse est entre les mains de Joe Sanders, alors que la batterie est sous le contrôle de l\u2019excellent Gerald Cleaver.Troisième constat: le beatnik du jazz qui habite Big Sur, sur la côte du Pacifique au sud de San Francisco, a remonté les courants d\u2019eau qui partent de la Grèce jusqu\u2019à la vallée de l\u2019Odra en Pologne afin d\u2019y insérer, dans l\u2019album s\u2019entend, une pièce baptisée Flying Over the Odra Valley.Tout simplement.Le dieu des dieux Bon, soyons honnêtes, on a un problème: on apprécie un peu, beaucoup, énormément, très, très beaucoup le Cronos du jazz contemporain, qui ne peut pas, absolument pas être Italien, Sarde, Espagnol, Suédois ou Français comme voudrait nous le faire croire l\u2019assemblée de la branchitude «marketée».Non! Toujours est-il qu\u2019on adore ce Wild Man Dance, qui pourtant n\u2019est pas de tout repos.On aime beaucoup ce disque, parce que celui qui est moine, shaman, oracle, prêtre, le dieu des dieux, soit Cronos, y expose les dernières traductions musicales de son incessante quête.Son éternelle méditation.Plus haut, on a mentionné son humanisme.Ce n\u2019était pas en vain.Il faut savoir qu\u2019il fut le premieY jazzman à émailler son propos des résonances sonores que l\u2019on regroupe sous le vocable «musiques du monde».Ce goût marqué pour toutes les musiques des cinq continents s\u2019est accompagné d\u2019une étude philosophique, dans le sens d\u2019ailleurs méditatif, des cultures du monde.C\u2019est pour cela qu\u2019il est la définition, la personnification du jazzman humaniste.Bref, Lloyd est un homme du monde.Quoi d\u2019autre?Il a le génie du bon compagnonnage.Il a toujours su s\u2019entourer de talents aussi variés que vifs d\u2019esprit.Aujourd\u2019hui, le pianiste s\u2019appelle Clayton.Hier, ils s\u2019appelaient Jason Moran, Bobo Stenson, Geri Allen, Michel Petrucciani ou Keith Jarrett.Oui, il fut le premier à donner sa chance à celui qui est devenu depuis la diva d\u2019ECM.Il est autant homme du monde que maître de cordée.Laquelle?Celle de la version vivante du jazz.Suffit d\u2019écouter Wild Man Dance.Dans le dernier numéro de Jazz Magazine, qui est en fait un numéro double comme c\u2019est le cas tous les étés, il est question de Melody Gardot, de B.B.King, du surévalué Chris Potter, des très regrettés Miles Davis, Dizzy Gilles-pie, Clark Terry et Art Pepper.Ce numéro propose également les programmations d\u2019une foule de festivals en plus des chroniques habituelles.Le disque libéré du temps: Full Force par The Art Ensemble of Chicago sur ECM.La brigade militante de la Great Black Music livre, entre autres choses, un morceau d\u2019une grande bravoure intitulé Charlie M.Composée la nuit par le trompettiste Lester Bowie alors qu\u2019il venait d\u2019apprendre la mort de Charles Mingus, cette pièce est d\u2019une densité inouïe.La vidéo de la semaine: Charles Lloyd, Eric Harland et le percussionniste indien Zakir Hussein: Festival «Jazz sous les Pommiers , 4 mai 2013».C\u2019est tout simplement un long et exotique voyage sur les rives du Gange et du Mississippi natal de sir Lloyd.Collaborateur Le Devoir DENIS ALIX FIJM Charles Uoyd, moine, shaman, oracle, prêtre, dieu des dieux LE DEVOIR, LES SAMEDI 8 ET DIMANCHE 9 AOUT 2015 E 3 CULTURE'THEATRE '¦' ¦¦ ¦\" ''\"'-jV'- '>À : fesit ¦¦¦\t- y -I .?%.¦ PEDRO RUIZ LE DEVOIR Le Théâtre Yiddish Dora Wasserman monte le texte sous la gouverne de deux femmes, Bryna Wasserman et Rachelle Glait.Mon fantôme d\u2019amonr Le Théâtre Dora Wasserman revisite un classique centenaire, le Roméo et Juliette yiddish MARIE LABRECQUE Connaissez-vous le dibbouk?Signifiant «coller» en hébreu, ce terme désigne une âme perdue qui n\u2019a pas trouvé la paix, et qui se réfugie donc à l\u2019intérieur du corps d\u2019un être humain.C\u2019est l\u2019une des histoires du folklore juif qu\u2019a recueillies Shalom Anski lors de ses longs périples ethnographiques en Europe de l\u2019Est, au début du XX® siècle.Désirant conserver une trace écrite de ces récits traditionnels, l\u2019auteur d\u2019origine russe les a réunis dans une pièce, The Dybbuk, qui est depuis devenue l\u2019œuvre la plus jouée du répertoire théâtral yiddish.Afin de célébrer le centenaire de cette création, le Théâtre Yiddish Dora Wasserman (TYDW) monte le texte, en version originale surtitrée en français et en anglais, sous la gouverne de deux femmes, Rachelle Glait et Bryna Wasserman.Oubliez L\u2019exorciste et les intrigues de possession démoniaque imaginées par Hollywood (qui a d\u2019ailleurs récemment récupéré ce mythe pour en tirer un médiocre film d\u2019horreur).The Dybbuk est d\u2019abord l\u2019histoire d\u2019une passion existant par-delà la mort.Ici, la possession devient «l\u2019ultime expression de l\u2019amour» qu\u2019éprouve un jeune mystique décédé brusquement pour sa bien-aimée, qui refuse d\u2019ailleurs que l\u2019esprit envahisseur quitte son corps.Bryna Wasserman compare la pièce à un Roméo et Juliette de la littérature yiddish.«À la fin, le couple est réuni dans la mort.» The Dybbuk campe un univers surnaturel où la frontière entre le monde des vivants et celui des morts n\u2019est pas très étanche : un défunt y est même convoqué à comparaître à un procès ! C\u2019est aussi une fable morale où Anski traite d\u2019une question éthique et montre comment l\u2019ordre de Funivers se dérègle lorsqu\u2019on ne tient pas parole.La possession survient lorsqu\u2019un homme fortuné tente de marier sa fille, qui avait été promise dès sa naissance à un autre, à un prétendant plus riche.Le fiancé légitime se plonge alors dans une zone qui lui est interdite : la kabbale, la pratique mystique juive.Un niveau de compréhension «hallucinatoire» en principe défendu aux moins de 40 ans.Si The Dybbuk résonne autant dans la culture juive (la pièce fut un grand succès dès le début), c\u2019est aussi parce que l\u2019œuvre illustre la volonté de survie d\u2019un peuple alors dispersé.Le dibbouk qui s\u2019accroche de toutes ses forces au corps possédé devient une 09-22 AOÛT MISQA DIRECTEUR GENERAL&ARTISTIQUE ANDRÉ J.ROY 6 CONCERTS EXCEPTIONNELS SALLE POLLACK ¦ 19H 2015 QUATUORS A CORDES 09'08 MIRÔ\tCONCERT D\u2019OUVERTURE 13 08 OMER™\u201c/VANKUIJK™\u201c 14-08\t/ AMBER 20\t08 VANKUIJK™\"\u2018^^/OMER\u201c 21\t'08 AMBER™^/ 22'08 PARKER\tconcert de clôture ENTRÉE GRATUITE / RÉSERVEZ VOS PLACES 514.550.8057 ¦ RESERVATI0NS@MISQA.COM allégorie de la situation de la diaspora juive, explique Bryna Wasserman.«Anski, qui avait vécu les pogroms et la Révolution russe, dit ceci à son époque: ça va être difficile, on va devoir lutter, mais on ne va jamais partir.» Conte pour tous Mais le duo de charmantes metteures en scène insiste: bien que conservé dans son cadre d\u2019époque, The Dybbuk n\u2019est pas une production «muséale» figée dans le temps, mais un spectacle mis en valeur pour le spectateur contemporain \u2014 de toutes confessions.Pour elles, la pièce d\u2019Anski est un classique «pertinent sur tant de plans» qui, à la façon d\u2019un Shakespeare ou d\u2019un Molière, peut soutenir différentes versions.En 1998, Bryna Wasserman avait déjà mis en scène le texte au Centre Segal, alors que Rachelle Glait y jouait la jeune première.Aujourd\u2019hui, cette dernière définit ainsi leurs rôles respectifs : elle a choisi et guide les acteurs \u2014 dont certains sont des débutants \u2014 tout en s\u2019occupant des détails, tandis que sa comparse, qui réside à New York, où elle dirige le National Yiddish Theatre Folks-biene, est la «visionnaire».Créé dans la Grosse Pomme en juin, sur une musique du Montréalais Josh Dolgin, alias Socalled, leur spectacle se veut moins traditionnel que le précédent et affiche une couleur très expressionniste.L\u2019équipe de création a fait beaucoup de recherches afin d\u2019accéder au sens profond de la pièce.«Et je pense que c\u2019est ce qui la rend acceptable pour un public contemporain, avance Bryna Wasserman.C\u2019est très fidèle aux mots, à l\u2019époque, à la dimension religieuse, mais c\u2019est aussi ouvert à une interprétation psychologique.» Et les metteures en scène sont bien placées pour réfléchir au point de vue de Laya, cette jeune femme «captive de la tradition».Rachelle Glait note ainsi que la possession débute alors que Lea s\u2019apprête à devoir épouser un homme imposé par son père.«Il y a eu des femmes qui ont simulé [être possédée par un dibbouk] afin d\u2019éviter un mariage.» En fait, des récits de possession auraient été rapportés jusqu\u2019à notre époque.La créatrice cite en riant un cas récent où «un rabbin en Israël a même essayé de faire un exorcisme sur quelqu\u2019un en Amérique du Sud, via Skype.» Du 27 juillet au 18 août 2015 Venez assister à tous nos événements : Classes de maître \u2022 Récitals de chant \u2022 Opéras \u2022 Concert Gala À la salle Claude-Champagne, Faculté de musique de l'Université de Montréal Co-direction artistique : Joan Dornemann et Paul Nadler www.icav-cvai.ca Renseignements : (514) 554-8822 Billets : (514) 790-1245 Université de Montréal MISQA.COM 1^1 a IV\\I Langue menacée The Dybbuk offre l\u2019occasion d\u2019admirer une autre entité revenue d\u2019entre les morts, en quelque sorte : le yiddish.« C\u2019est de la poésie, la langue est magnifique», dit Rachelle Glait, qui ajoute que certains jeunes acteurs ne parlant pas yiddish l\u2019ont appris juste pour la pièce.Plus ancien théâtre yiddish au Canada, la compagnie fondée en 1958 par Dora Wasserman reste fidèle à cette langue.Sa fille Bryna, qui en est désormais directrice artistique, parle d\u2019un équilibre entre le refus de faire des compromis afin de conserver sa culture \u2014 «et où peut-on comprendre ça mieux qu\u2019ici, au Québec ?» \u2014 et la nécessité de construire des ponts avec d\u2019autres cultures.La troupe a déjà présenté Les belles-sœurs en yiddish.«Michel Tremblay a dit que c\u2019était l\u2019une de ses productions favorites», rappelle fièrement Bryna Wasserman.Langue privée de pays à elle, le yiddish est menacé d\u2019extinction.L\u2019ancien outil de communication de la diaspora juive d\u2019Europe «n\u2019est pas mort d\u2019une mort naturelle, mais à cause de la Shoah, ajoute la metteure en scène.Pourtant, il y a toujours des études yiddish dans les universités, et des jeunes gens à travers le monde sont fascinés par l\u2019essence de la langue.La joie et les larmes de sa culture sont contenues dans la langue même.Et en parlant yiddish sur scène, on espère jouer un rôle important qui va au-delà du théâtre.» Collaboratrice Le Devoir THE DYBBUK Texte: Shalom Anski.Mise en scène: Bryna Wasserman et Rachelle Glait.Au Centre Segal des arts de la scène du 9 au 27 août.LA CANTATE INTÉRIEURE Du 31 août au 11 septembre 2015 Une production de la compagnie Les Deux Mondes en codiffusion avec le Théâtre de Quat\u2019Sous L Institut canadien d art vocal présente L'EL/S/R D'AMORE de DON ZETT .und 10 août 19 h 30 GALA mercredi 12 août 19 h 30 ZANETTO b L'AMICO FRITZ de MASCAGNI, vendredi 14 août, 19 h 30 Texte Sébastien Harrisson Mise en scène Alice Ronfard Avec Dorothée Berryman, Marie Bernier et Stéphane Jacques THÉÂTRE DE QUAT\u2019SOUS 100, avenue des pins Est, Montréal BILLETTERIE 514 845-7277 QUATSOUS.COM les2mondes TARIF PRÉFÉRENTIEL UNIQUE DE 23 $ AVANT LE 31 AOÛT E 4 LE DEVOIR, LES SAMEDI ET DIMANCHE 9 AOUT 2015 UN FILM DE SONIA BONSPILLE BOILEAU ms Amérique CINEMA CINEMA BEAUBIEN BS A L\u2019AFFICHE! [ 2396 Beaubien E 514 721-6060 ICIffEMA Secrets et mensonges LES LIEUX SOMBRES (V.F.DE Dark Places) ?Thriller de Gilles Paquet-Brenner.Avec Charlize Theron, Nicholas Hoult, Christina Hendricks, Corey Stoll, Tye Sheridan et Chloë Grace Moretz.France, 2015, 113 minutes.MANON DUMAIS La romancière américaine Gillian Flynn ne donne pas dans la «chick lit» à la Helen Fielding.Les univers qu\u2019elle dépeint sont des plus sombres et les personnages féminins qu\u2019elle y fait évoluer n\u2019ont rien à voir avec la fille d\u2019à côté en attente du prince charmant.Un an après l\u2019épouse peu rassurante des Apparences, brillamment mis en scène par David Fincher, voici qu\u2019arrive l\u2019asociale Libby Day.Si Charlize Theron s\u2019avère aussi solide dans Les lieux sombres que l\u2019était Rosamund Pike dans Les apparences, on ne saurait toutefois dire que le réalisateur français Gilles Paquet-Brenner {Les jolies choses.Elle s\u2019appelait Sarah) a autant de génie quç son confrère américain.A la demande du chef d\u2019un groupe d\u2019amateurs d\u2019enquêtes policières (Nicholas Hoult), Libby Day doit revisiter son passé afin de comprendre ce qui s\u2019est réellement déroulé la nuit où sa mère (Christina Hendricks) et ses deux sœurs auraient été assassinées par son frère (Corey Stoll), qui purge une peine de prison depuis 30 ans.Ce faisant, la romance que son frère vivait à l\u2019époque (Tye Sheridan) avec une jeune gothique de bonne famille (Chloë Grace Moretz) lui reviendra en mémoire.Reposant sur un récit dense dont les ramifications risquent REMSTAR Libby Day, interprétée par Charlize Theron, doit revisiter son passé afin de comprendre ce qui est arrivé à sa famille.d\u2019éprouver la patience du spectateur, Les lieux sombres jouit heureusement d\u2019une atmosphère tendue et d\u2019une photographie glauque, lesquelles en font un thriller divertissant.Alternant entre le passé et le présent, Paquet-Brenner entretient bien le mystère jusqu\u2019à la conclusion crève-cœur.Toutefois c\u2019est dans l\u2019intrigue familiale que le cinéaste se fait plus surprenant.De fait, si la trame policière semble par moments trop arrangée avec le gars des vues, son illustration d\u2019une famille dysfonctionnelle en région éloignée s\u2019avère plutôt émouvante.Il est vrai que le jeu de Hendricks en mère courage larguée par son mari violent et alcoolique (Sean Bridgers) y est pour quelque chose.N\u2019en demeure pas moins que sa vision d\u2019une Amérique obsédée par les armes à feu et pétrie par sa peur de la différence provoque autant de frissons que le cauchemar perpétuel de Libby.Collaboratrice Le Devoir FILMOPTION PASTICHE SUITE DE LA PAGE E 1 mais je me suis converti; je suis un \u2018born-again Christian\u2019 et j\u2019ai renoncé aux scènes violentes.\u201d On était catastrophés.Puis, il a éclaté de rire en nous disant qu\u2019il se foutait de notre gueule et de lui envoyer sans faute notre scénario.» «Le scénario fait foi de tout, confie Michael Ironside.Évidemment, la possibilité de jouer à la limite de la caricature le type de personnages que j\u2019ai interprété mille fois était tentante.Et pour être parfaitement honnête, la passion de François, Anouk et Yoann-Karl m\u2019a d\u2019emblée séduit.Après avoir lu le scénario, je leur ai proposé certaines idées par rapport au personnage de Zeus.Ils en ont retenu plusieurs et en ont écarté d\u2019autres, chaque fois avec d\u2019excellents arguments.L\u2019esprit de collaboration qu\u2019ils ont tout de suite manifesté a achevé de me convaincre.» Laurence Lebœuf, qui déclenche souvent l\u2019hilarité dans le rôle d\u2019Apple avec son air perpétuellement ahuri, a pour sa part été contactée de manière fort originale.«J\u2019étais en plein tournage de la série Trauma quand le costumier Éric Poirier m\u2019a parlé de ce projet complètement fou et tripant dans lequel il s\u2019apprêtait à embarquer, explique la ravissante actrice.Ça a tout de suite piqué ma curiosité et c\u2019est là qu\u2019il m\u2019a montré une photo du personnage d\u2019Apple, que François [Simard] avait imaginée en y mettant mon visage.L\u2019effet était parfait et en me voyant dans le costume, dans le personnage, j\u2019ai dit oui sur-le-champ.J\u2019aime la science-fiction, et en plus, ce film-là me permettait de jouer dans un registre comique avec lequel je n\u2019étais pas du tout familière.C\u2019est épuisant d\u2019être drôle, soit dit en passant, mais combien l\u2019inn!» Repéré dans la série Degrassi: la nouvelle génération, Munro Chambers, un tout jeune acteur qui a commencé dans le métier à huit ans, a quant à lui décroché le rôle-titre.Une carrière qui décolle Bien soutenue, la coproduction a rapidement été financée.«Le processus a été très rapide, c\u2019est vrai, convient Yoann-Karl Whissell.Mais en réalité, ça faisait dix ans qu\u2019on essayait de tourner un premier long métrage.» «Dix ans de refus, abonde François Simard.Én 2004, notre court métrage Le bag-man a connu beaucoup de succès et a été traduit, puis distribué sur le marché européen.On était certains de pouvoir réaliser un long, après ça.Il ne s\u2019est rien passé.Autrement dit, ç\u2019a été rapide, oui et non.» Or, depuis que leur premier long métrage a entamé sa vie festivalière \u2014 un peu plus de six mois \u2014, François Simard, Anouk Whissell et Yoann-Karl Whissell sont sollicités de toutes parts.Au moment de l\u2019entrevue, l\u2019encre de leurs signatures séchait à peine d\u2019un contrat établi pour un second projet.Un troisième était en bonne voie de trouver preneur.Bref, c\u2019est à vitesse grand V que leur carrière dans le long métrage semble vouloir démarrer.En cela, le titre Turbo Kid leur aura porté chance à plus d\u2019un égard.Le Devoir Mauvais karma Le suspense Le cadeau siffle un air entêtant quoique connu LE CADEAU (V.F.DE The Gift) ?Réalisation: JoelEdgerton.Avec Rebecca Hall,Jason Bateman, J.Edgerton.États-Unis-Australie, 2015, 108 minutes.FRANÇOIS LÉVESQUE On fait la connaissance de Simon et Robyn alors qu\u2019ils visitent une maison sise dans les collines de Los Angeles.Tout de verre et de lumière constituée, la propriété est splendide et, on s\u2019en doute, onéreuse.A l\u2019évidence, Simon a les moyens: nouvel emploi, et cetera.Et Robyn?Un regard lointain suffit à transmettre un sentiment d\u2019aliénation latent, une tristesse larvée.Un jour qu\u2019ils sont occupés à faire des emplettes, un type étrange vient se présenter à eux: Gordon.Il se trouve que Simon et lui ont été à l\u2019école ensemble, autrefois.Graduellement, les zones d\u2019ombres que le couple modèle se dissimule à lui-même sont mises au jour, puis exacerbées par les visites impromptues et les cadeaux insistants de Gordon, dont la présence non sollicitée devient vite inquiétante.Mi-original, mi-banal, le suspense Le cadeau évoque maints films {Harry, un ami qui vous veut du bien.Le bébé de Rosemary, et même Suspects de convenance, en clin d\u2019œil à la fin) à mesure que se déploie une intrigue aux ramifications psychologiques certes intéressantes, mais trop souvent télégraphiées.En plusieurs occasions, le spectateur a une longueur d\u2019avance sur les personnages quant au prochain développement.Trahissant une minutie évidente, la construction du récit laisse deviner ses rouages.Par exemple, on se doute FILMS SEVILLE Studieux, appliqué, rensemble du film Le cadeau manque d\u2019organicité.d\u2019office que les deux hommes ont un vieux contentieux en souffrance.Or, le scénario s\u2019ingénie à semer des fausses pistes plus ou moins efficaces afin de retarder au maximum l\u2019inévitable révélation.L\u2019impatience menace alors de l\u2019emporter sur l\u2019angoisse.Implacable logique Studieux, appliqué, l\u2019ensemble manque d\u2019organicité.Tout cela, cet agencement dramatique, apparaît trop manifestement conçu pour accommoder les différents impératifs du dernier acte.Lequel, en l\u2019occurrence, satisfait, avec un ultime retournement qui, encore une fois, à défaut de déjouer les attentes, s\u2019impose comme un châtiment d\u2019une implacable logique.Le principal atout du film tient à l\u2019interprétation crédible et nuancée de Rebecca Hall {Vicky Cristina Barcelona, La maison des ombrer), qui, paradoxalement, se voit impartir la partition la moins dense sur papier.En mari égocentrique et pas franchement sympathique.Jason Bateman défend le genre de rôle qu\u2019il a campé mille fois en comédie {Gros mots.C\u2019est ici que l\u2019on se quitte).L\u2019acteur Joel Edgerton {Guerriers, Exodus), dont c\u2019est le premier film en tant que réalisateur, compose quant à lui un antagoniste envers qui le niveau de sympathie fluctuera selon que l\u2019on s\u2019identifie ou non à son traumatisme.Contrairement au film, on tâchera ici de ne pas éventer la surprise.Le Devoir Pour les admirateurs les plus ardents de Woody Allen UHOMME IRRATIONNEL (V.F.DE Irrational Man) ?Réalisation: Woody Allen.Avec Joaquin Phoenix, Emma Stone, Parker Posey.États-Unis, 2015, 96 minutes.FRANÇOIS LÉVESQUE Dans la cossue ville universitaire de Newport, Jill, une étudiante en musique, est sur le point de tomber amoureuse d\u2019Abe, un professeur de philosophie invité pour la session estivale.Intelligente, sensible et pleine d\u2019allant, Jill est d\u2019emblée fascinée par la vision du monde nihiliste d\u2019Abe.Alcoolique et dépressif, ce dernier résiste un temps, puis succombe aux avances de Jill.Histoire de pimenter une idylle tellement prévisible que tout le monde, à commencer par le fiancé de Jill, la voit venir, voilà qu\u2019Abe se met en tête de commettre le « crime parfait» afin, d\u2019une part, d\u2019aider une inconnue dont le sort l\u2019a ému, et, d\u2019autre part, afin de prouver l\u2019une de ses théories.Le tout, sur fond d\u2019images de cartes postales, puisque c\u2019est dorénavant l\u2019approche que privilégie Woody Allen, qui propose ici une variation mineure de Crimes et délits.Beaucoup de créateurs, quelle que soit leur discipline, puisent dans les mêmes obsessions la substance de leurs œuvres successives.Dès lors que sa signature est affirmée, chacun aura ses détracteurs et ses admirateurs.Pour ces derniers, l\u2019intérêt réside dans la manière inédite dont l\u2019artiste réassemble thèmes et motifs récurrents sur la toile, sur la page ou sur l\u2019écran.Quand la redite paresseuse survient, les plus fervents se consolent en se souvenant de périodes plus inspirées et en prédisant un retour à la forme.Devant l\u2019évidence d\u2019un creux de vague prolongé, les fidèles peinent cependant à trouver des arguments pour se justifier à eux-mêmes leur dévotion.Selon que l\u2019on est un ama- METROPOLE FILMS Le film a pour lui une paire d\u2019interprétations vives et complices d\u2019Emma Stone et Joaquin Phoenix.teur ou un inconditionnel du cinéma de Woody Allen, on fera remonter ledit creux à une vingtaine d\u2019années, à quelques films à peine, ou on niera en bloc son existence.Désormais, on évoque presque invariablement la métaphore des «vieilles pantoufles confortables» pour qualifier son cinéma.Un compliment qui, quand on y pense, est un brin déprimant.Ponctuée de beaux {Match Point, Vicky Cristina Barcelona) et de très beaux crus {Coups de feu sur Broadway, Blue Jasmine), la filmographie de Woody Allen ne s\u2019est enrichie, force est de le constater, d\u2019aucun titre de la trempe d\u2019Annie Hall, Manhattan, Intérieurs, La rose pourpre du Caire, Hannah et ses sœurs.Une autre femme, et Crimes et délits depuis le grinçant Maris et femmes, qui gagne par ailleurs à être redécouvert.Dans les intervalles de ses soubresauts créatifs, pas mal de films d\u2019ores et déjà oubliés: Célébrité, La vie et tout le reste.Le sortilège du scorpion de Jade, Le rêve de Cassandre, Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu, Rome mon amour, vous vous souvenez?A une époque pas si lointaine, tous, ou presque, laissaient leur marque ou, à tout le moins, flottaient un moment dans l\u2019imaginaire du cinéphile content.Manque de rigueur Cette panne, si on admet son existence, est-elle imputable aux manchettes de 1993 et de 2014?Seul Woody Allen le sait.Et peut-être aussi son psy.Pour ce qui est dUn homme irrationnel, le film a pour lui une paire d\u2019interprétations vives et complices d\u2019Emma Stone {Birdman) et Joaquin Phoenix {Le maître), ainsi qu\u2019une plastique très attrayante \u2014 c\u2019est la norme depuis que le cinéaste collabore avec le directeur photo Darius Khondji {Delicatessen).C\u2019est trop peu.Etonnamment, la déception suscitée ne naît pas tant d\u2019une impression de création sur le pilote automatique que d\u2019une absence totale de rigueur par rapport à la vraisemblance.Venant d\u2019un auteur qui cumule un tel métier, c\u2019est inexcusable.On le précise, ce plus récent long métrage ne se déroule pas dans une réalité visitée par le fantastique ou le surréalisme {Alice, Minuit à Paris, Harry dans tous ses états).La narration alternée de l\u2019antihéros et de l\u2019héroïne confère certes une dimension surannée à l\u2019ensemble, mais cela ne justifie en rien les accrocs répétés à la logique qui rendent ridicule l\u2019aspect « comédie policière».L\u2019impact du dénouement, savoureux au demeurant, s\u2019en trouve considérablement amoindri.Pour reprendre l\u2019incontournable métaphore, les proverbiales pantoufles ne sont cette fois pas juste usées: elles sont pleines de trous.Le Devoir LE DEVOIR, LES SAMEDI 8 ET DIMANCHE 9 AOUT 2015 E 5 ©CINE OUTREMONT Montréal @ theatreoutremont.ca 514 495-9944 SILS MARIA AVEC JULIETTE BINOCHE, KRISTEN STEWART ET CHLOË GRACE MORETZ tfiH Le lundi 10 août | 16het19h30 ÎCINEMA ©CINE OUTREMONT Montréal @ theatreoutremont.ca 514 495-9944 STRATFORQQNÛUTREI^ONl KING JOHN I KING LEAR| ANTHONY AND CLEOPATRA f^ivaT\" Du 19 au 23 août 15 $ 135 $ trois événements Ode à l\u2019anticonformisme Meryl Streep démontre une fois encore qu\u2019elle peut tout jouer àmsRicki and the Flash RICKI AND THE FLASH (V.O.ET V.F.) ?Réalisation: Jonathan Demme.Avec Meryl Streep, Kevin Kline, Mamie Gummer, Rick Springfield.Etats-Unis, 2015,106 minutes.FRANÇOIS LÉVESQUE Il y a près de trente ans, Ricki a quitté le Midwest pour s\u2019établir en Californie afin d\u2019y réaliser son rêve de devenir une vedette du rock.Restés derrière, son mari et ses trois enfants ont refait leur vie.Aliénée pas tant par choix que par défaut par cette famille qu\u2019elle a désertée, Ricki n\u2019est jamais parvenue au sommet des palmarès, mais, dans le petit bar de quartier où son groupe et elle ont leurs pénates depuis des lustres, elle a trouvé une forme d\u2019équilibre au quotidien : éteinte derrière une caisse enregistreuse le jour, déchaînée sur scène le soir venu.Or, voilà qu\u2019après des années de silence, son ex l\u2019appelle.Leur aînée est en instance de divorce.Elle refuse de se lever, de se laver, de s\u2019alimenter.Et Ricki de s\u2019aventurer de nouveau dans ce territoire hostile qu\u2019elle a fui jadis : la banlieue.Convenue au possible, la bande-annonce de Ricki and the Flash s\u2019évertue à cacher la complexité du film.Ou lorsqu\u2019une vertu, devient une tare sur le plan promotionnel.Ecrit par Diabolo Cody sur le mode non pas édifiant (Juno) mais grinçant (Jeune adulte), le scénario refuse de se cantonner à une formule malgré une prémisse qui s\u2019y prête pourtant.S\u2019il fallait classifier le film, « comédie dramatique » serait la désignation la plus représentative, mais là encore réductrice, puisqu\u2019en effet, Ricki and the Flash explore à fond les différentes nuances de l\u2019un et de l\u2019autre des registres.Tantôt à la limite de la farce, tantôt reluquant du côté du mélodrame, Cody ratisse tout ce qui fait rire et pleurer entre les deux avec un degré de sophisticatiqn qui atteste de sa maturité dramaturgique.A l\u2019instar de son héroïne tout de cuir bardée à 65 ans bien sonnés, son réçit revendique une nature indomptée.A cet égard, l\u2019inconfort \u2014 voire l\u2019animosité passive \u2014 que suscite Ricki trouve un écho dans certaines critiques qui ne semblent pas trop savoir quoi penser du film, celui-ci résistant aux classifications traditionnelles.Quoi qu\u2019on en dise, on trouve souvent rassurant de savoir exactement ce que l\u2019on est en train de regarder.On airne les catégories et les cases bien définies.A l\u2019inverse, Ricki and the Flash nécessite un lâcher-prise de la part du spectateur, le film se déployant à son rythme et à sa manière, avec a Meryl Streep a appris à jouer la guitare pour le film Ricki and the Flash.une cohésion narrative et une logique interne appropriées à sa nature iconoclaste.Du sur mesure Pas étonnant, dans les circonstances, que Jonathan Demme ait été séduit par le projet.De haute tenue, la filmographie du réalisateur « oscarisé » du Silence des agneaux affiche en effet un hétéro-clisme rare au sein de laquelle se côtoient la chronique satirique (Melvin et Howard), la comédie noire (Dangereuse sous tous rapports), la farce (Veuve mais pas trop), le drame social (Philadelphie) , le drame psychologique (Le mariage de Rachel), sans oublier le documentaire musical (Stop Making Sense), entre autres.Ricki and the Flash lui permet de tâter de tout cela, simultanément.L\u2019œuvre-somme qui en résulte est, et de là découle une bonne part de sa charmante excentricité, en constante rupture de ton.Toutefois, si le mélange des genres fonctionne à ce point, c\u2019est beaucoup grâce au jeu de Meryl Streep (qui donne ici la réplique à sa fille Mamie Gummer).Ricki aurait pu être une caricature stridente.La comédienne en fait une femme faillible et pleine de contradictions, mais mue par deux certitudes : son amour pour ses enfants et sa passion pour la musique, passion qu\u2019elle a choisi de poursuivre en refusant de s\u2019en excuser.Qu\u2019elle donne tout sur la scène où elle joue à «je faime, je te quitte» avec son guitariste au bénéfice SONY PICTURES des habitués ou qu\u2019elle entame une douce mélodie dans le salon de son ex, elle module sa voix entre Kim Carnes et Bonnie Raitt, toujours juste, toujours vraie.Quiconque l\u2019a vue interpréter 7\u2019m Chea-kin\u2019 Out à la fin de Bons baisers d\u2019Hollywood, de Mike Nichols, sait d\u2019emblée Meryl Streep capable d\u2019être crédible en rockeuse qui vivote.Elle l\u2019est, et plus encore.Parce qu\u2019elle peut, et aime, tout jouer.L\u2019une des belles surprises de l\u2019année cinéma, Ricki and the Flash se révèle une chaleureuse ode à l\u2019anticonformisme.Celle-ci résultant de la rencontre au sommet de trois créateurs hors normes, comment s\u2019en étonner ?Le Devoir Le vacarme de leur silence Le tour de force prodigieux d\u2019un cinéaste issu d\u2019un pays au bord du gouffre LA TRIBU (V.F.sans DIALOGUE DE THE TRIBE) Drame de Miroslav Slaboshpitsky.Avec Grigoriy Fesenko, Yana Novikova, Rosa Babiy, Alexander Dsiadevich.Ukraine, 2014,130 minutes.ANDRÉ LAVOIE Sauvage, sanglant, parfois même cacophonique : étonnant tout de même pour un film sans dialogue, sans musique, mettant en vedette de jeunes sourds ne conversant qu\u2019en langage des signes.Et encore, celui d\u2019allégeance ukrainienne, donc nullement universel.Devant La tribu, un premier long métrage d\u2019une puissance exceptionnelle signé Miroslav Slaboshpitsky, la grammaire cinématographique tient lieu de glossaire pour saisir les multiples enjeux qui cristallisent les tensions au sein de cette étonnante mafia silencieuse.Celle-ci a établi ses propres règles dans une école de Kiev où les élèves sont laissés à eux-mêmes, les figures d\u2019autorité étant absentes (littéralement) ou de mèche avec ces petits bandits de grand chemin.Leurs règles impitoyables sont vite assimilées par Sergey (Grigoriy Eesenko), un nouveau venu dont la naïveté perturbera la dynamique implacable de cette racaille, tandis que son amour maladroit pour une camarade de classe, prostituée la nuit venue pour camionneurs solitaires, viendra tout bousiller.Avec fracas.Formidables non-professionnels On se retrouve pourtant sans mal dans ce prodigieux dédale dépouillé de sous-titres, exploré avec grâce par la caméra de l\u2019apprenti virtuose Valentyn Vasyanovych, ratissant les recoins sordides de cet édifice délabré (métaphore EYESTEELFILM Un premier long métrage d\u2019une puissance exceptionnelle signé Miroslav Slaboshpitsky EXCBNTRIS L\u2019HOMME IRRATIONNEL (V.O.STF.)- WOODY ALLEN - 96 MIN.billetterie : 514 847-2206 3536, BOULEVARD ST-LAURENT, MONTRÉAL \t LE MIRAGE -RICARDO TROGI\t^ 1 LA SALLE DE DANSE (V.O.STF.)-KEN LOACH\t AMY (V.O.STF.) -ASIF KAPADIA\tEn ET AUSSI PRESDE100FILMSSUR CINÉMA EN UGNE CAPRICE -EMMANUEL MOURET H\u2019ê\u2019l CORBO -MATHIEU DENIS ?4*1 TRANSATLANTIQUE -Félix dufour-laperrière CINEMAEXCENTRIS.COM avortement dans une salle de bain décrépite reste longtemps imprégné dans les mémoires).Ici, pas besoin de voyant lumineux ou de carton jaune pour comprendre la mesquinerie, la trahison, l\u2019ignominie.L\u2019opacité de La tribu n\u2019est donc qu\u2019apparente, le cinéaste s\u2019approchant rarement des visages, préférant capter leurs dangereuses pérégrinations dans une succession de séquences embrassant largement cet espace de désolation physique et morale.Et ce que l\u2019on y découvre n\u2019épingle en rien la spécificité des personnes sourdes, mais bien davantage celle d\u2019une jeunesse en déroute, survivants d\u2019un environnement hostile qui n\u2019aurait rien à envier à la dévastation de Tchernobyl.Miroslav Slaboshpitsky ne cherche pas à s\u2019infiltrer dans un monde à part; il observe un univers martelé par le vacarme de la misère.Cette complainte trouve toute sa puissance sans dialogue ni sous-titres, juste la force évocatrice du cinéma dans son essence même.Un tour de force à couper le souffle, et le son.Collaborateur Le Devoir d\u2019un pays en lambeaux?) des graffitis.Miroslav Sla- midables non-professionnels planté dans un quartier où les boshpitsky fait confiance à ses ne craignant ni les baffes, ni la seules couleurs vives émanent jeunes interprètes, tous de for- nudité, ni l\u2019humiliation (un PARKER\tJOAQUIN JAMIE\tEMMA POSEY\tPHOENIX BLACKLEY STONE « EMMA STONE EST LUMINEUSE ET JOAQUIN PHOENIX PRODIGIEUX! » Le Monde « UNE ŒUVRE PÉTILLANTE D\u2019HUMOUR ET D\u2019INTELLIGENCE » Natéilia Wysocka, Métro « CE FILM EST ASSEZ GÉNIAL! » Les Inrockuptibles « UNE ŒUVRE DE HAUT VOL » Télérama SELECTION OFFICIELLE FESTIVAL DE CANNES Écrit et réalisé par WOODY ALLEN ^ metropolefilms.comj E 6 LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE 9 AOUT 2015 CULTURE»DE VISU PAUL BRADLEY Les images de Tartiste Caroline Mauxion sont comme des mises en abîme, des sortes de poupées russes.Zoom avant/zoom arrière Caroline Mauxion souligne qu\u2019une image n\u2019est qu\u2019une image, une simple image NICOLAS MAVRIKAKIS Cette jeune artiste, originaire de France, étudiante à la maîtrise en arts visuels et médiatiques à l\u2019UQAM, a reçu en juin dernier le prix Sylvie-et-Simon-Blais pour la relève en arts visuels.Caroline Mauxion a donc eu droit, entre autres choses, à ce solo qui se déroule tout le mois d\u2019août à la Galerie Simon Blais.Les choses vont plutôt bien pour elle, puisqu\u2019en février 2016, elle aura aussi une expo à la Galerie de l\u2019UQAM.Mais quelle est la nature du travail de cette jeune artiste remarquée ?Certes, au premier coup d\u2019œil, le visiteur pourra croire que sa plus récente production met en scène un art de l\u2019illusion et du trompe-l\u2019œil.Un exemple : sa série intitulée Indice.Ce qui, pour certains, semblera n\u2019être que de simples feuilles de papier qui se décollent du mur est en fait les photographies de ces mêmes feuilles.11 faut dire que Caroline Mauxion a réalisé ses photos illusionnistes sur place et que le mur qu\u2019on voit dans ses images est bel et bien le mur de la Galerie Simon Blais.La lumière qui frappe la surface des photos venait et vient donc encore de cette fenêtre, qui est juste à gauche dans la salle.C\u2019est à se demander s\u2019il ne faudrait pas acheter et la photo, et le mur, et la fenêtre, et la salle, et la galerie, et la lumière du soleil qui y pénètre durant la journée, et même le soleil qui produit cette lumière, pour vraiment avoir cette œuvre in situ dans son entièreté, dans sa totale vérité.11 faudra demander à Simon Blais s\u2019il ne nous fait pas un prix spécial pour le tout! Mises en abîme Cependant, s\u2019il ne se résumait qu\u2019à cela, qu\u2019à un jeu de trompe-l\u2019œil intelligemment orchestré, savamment installé, le travail de Mauxion ne serait pas si marquant.Les MAGASIN 5 Open cuisine design et alimentation images de cette artiste sont en fait comme des mises en abîme, des sortes de poupées russes qui ne font pas que nous faire croire qu\u2019elles sont bel et bien dans l\u2019espace qui les entoure.Elles cachent autre chose.Depuis deux expositions, Mauxion réutilise les photographies de ses expos précédentes, qu\u2019elle reprend en photo.S\u2019il scrute ces images, le spectateur aura comme indices de cela quelques traces du passage du temps.Ainsi dans ses photos, vous verrez des traces et de doigts, et de cassures, et de gondolements.Presque rien, en fait, mais comme le titre de ses deux précédentes expos l\u2019indiquait, «peu n\u2019est pas rien».Les images de Mauxion insistent donc beaucoup sur la nature matérielle de la photo, sur l\u2019épaisseur du papier photographique, mince pellicule, mince support souvent fragile.Mais Mauxion traite aussi de la leçon que les images sur ordinateur nous ont apprise.Nous savons bien que nous n\u2019avons plus besoin d\u2019imprimer nos photos et qu\u2019elles sont devenues quasiment immatérielles.Nous savons bien comment une image est donc aussi et surtout un jeu de lumières et de couleurs presque détaché du support papier ou du support de l\u2019écran d\u2019ordinateur.Voilà pourquoi dans plusieurs images de Mauxion, vous ne verrez les anciennes images qu\u2019elle réutilise que par le reflet, le rayonnement des couleurs de celles-ci sur le mur.Ici, l\u2019image photo est presque comme un fantôme coloré.Ainsi donc, dans les images de Mauxion, le trompe-l\u2019œil cache bien des choses.Chez elle, l\u2019illusion est bel et bien un leurre qui dissimule toute une réflexion sur la nature de l\u2019image.Avec cette série dont elle avait exposé auparavant deux autres versions en 2014 à la Galerie Les Territoires et à la Parisian Laundry (dans le cadre de l\u2019événement Collision 11), Caroline Mauxion semble avoir trouvé une vqie de recherche prometteuse.A suivre.Collaborateur Le Devoir L\u2019OMBRE AU TABLEAU Déplacement #3 De Caroline Mauxion A la Galerie Simon Blais jusqu\u2019au 29 août à espace projet - expo-vente de design québécois et laboratoire - sur la place de castelnau conférences et ateliers les samedis et dimanches 5 au 30 août espace projet art actuel design www.espaceprojet.net 353 Villeray - Montréal Des voyages d\u2019histoire, d\u2019art et de musique 9 septembre Saint-Hyacinthe : trois églises trois orgues CASAVANT et prestations de JACQUELIN ROCHETTE 17-18 septembre ^^%eaux detours Du Québec au Vermont Maison COLBY-CURTIS, OPÉRA HASKELL Auberge de la FAMILLE TRAPP Musée SHELBURNE Période d\u2019inscription proiongée! www.lesbeauxdetours.com 514-352-3621 En collaboration avec Club Voyages Rosemont Titulaire d\u2019un permis du Quebec LIVRES Le bonheur est dans le plat LISE GAUVIN / Ecrire et cuisiner : ces deux passions se partagent le cœur de Maryse Coudé depuis l\u2019enfance.Celle qui n\u2019a jamais voulu hiérarchiser l\u2019une ou l\u2019autre de ces activités partage découvertes culinaires et récits de voyage dans Mets et merveilles, nouvel ouvrage autobiographique qui fait suite à La vie sans fards QC Lattès, 2012), mais surtout à Victoire, les saveurs et les mots (Mercure de France, 2006), évocation de la vie de sa grand-mère maternelle.Elevée par une mère qui ne valorisait pas le métier de Victoire, cuisinière de métier travaillant pour une famille de «blancs-pays», très tôt, l\u2019enfant se réfugie dans la cuisine dès qu\u2019elle en a l\u2019occasion et s\u2019amuse à modifier les recettes traditionnelles reproduites par les domestiques.Ce qui, hélas, ne lui vaut aucun encouragement de la part de cette mère dont le jugement est sans appel : « Seules les personnes bêtes se passionnent pour la cuisine.» Ce que la narratrice devenue adulte explique par «le mélange de dévotion et de honte» que celle-ci éprouvait envers sa propre mère.Cette attitude, loin de la décourager, incite la jeune fille à continuer ses expériences avec le sentiment, chaque fois qu\u2019elle pénétrait dans la cuisine, de « transgresser, de braver un interdit».«Je ne suis pas sûre d\u2019être une bonne romancière, mais je suis certaine d\u2019être une cuisinière hors pair», dit Maryse Coudé Elle associe alors sa passion pour la cuisine à un « rêve de liberté», qui fait partie intégrante de sa personnalité.Partout sur la planète Cet intérêt pour la préparation de la nourriture l\u2019accompagne toute sa vie, alors que sa notoriété comme romancière l\u2019amène aux quatre coins de la planète.Chacune de ces pérégrinations est en même temps une enquête sur les mets en usage dans les endroits visités, car pour elle, la cuisine est un art, mais aussi un élément culturel de premier plan: «La cuisine d\u2019un pays traduit le caractère de ses habitants et transfigure l\u2019imagination.Visiter un supermarché est aussi instructif que parcourir un musée ou une salle d\u2019exposition.» Et le lecteur de la suivre de l\u2019Angleterre à la Jamaïque et de l\u2019Inde au Japon et en Afrique du Sud.Récits de voyage tous plus captivants les uns que les autres au cours desquels Maryse Coudé nous livfe «sans fard» ses réactions.A Cuba, regret de n\u2019avoir pas suffisamment admiré la vieille ville, «ensemble architectural si rare et précieux dans nos pays caribéens où tout semble toujours le fruit sommaire de la rapine et du troc».En Inde, malaise devant des manifestations de racisme et déception devant les mets présentés.Déception encore lorsque, de retour en Guadeloupe après plusieurs années d\u2019exil, elle se rend compte que la pizza a remplacé les plats traditionnels.Aux Etats-Unis, étonnement de trouver déli- ADRIAN DENNIS AEP L\u2019intérêt pour la préparation de ia nourriture accompagne Maryse Coudé toute sa vie.deux un pâté d\u2019insectes apprêté à la manière camerounaise.En Afrique du Sud, alors qu\u2019elle se permet des incursions dans la cuisine d\u2019une villa où elle habite, elle se fait dire par l\u2019une des servantes: «Les vraies dames ne se soucient pas de faire à manger.» Heureusement, ce genre de réaction est assez rare et les hôtes sont généralement flattés de partager leur savoir avec l\u2019écrivaine, qui tente ensuite de reproduire ses découvertes pour ses amis.Car pour Maryse Coudé, la notion de plagiat, en cuisine, n\u2019existe pas.Cannibalisme littéraire Ces voyages fournissent également à la romancière le sujet de certains de ses livres.D\u2019un séjour au Cap, elle tire son Histoire de la femme cannibale, inspirée d\u2019un meurtre commis par une femme noire qui, après avoir assassiné son mari, l\u2019avait découpé en petits morceaux et mangé.Coudé découvre ensuite le Manifeste anthropophage d\u2019Oswald de Andrade (1928), dont elle s\u2019inspire pour écrire son manifeste cannibale, proposant la notion de cannibalisme littéraire.Ce texte, qui fit beaucoup de bruit elle le décrit comme étant «à la fois une thérapie moqueuse et une réflexion profonde sur la complexité de la littérature postcoloniale».A la suite de tous ces périples, Maryse Coudé redécouvre ses villes d\u2019adoption, New York d\u2019abord, où elle a enseigné à l\u2019Université Columbia durant une dizaine d\u2019années, puis Paris, où elle habite maintenant: des lieux dont elle vante les ressources quasi illimitées.Elle conclut de son parcours que la cuisine a tout de même un certain avantage sur l\u2019écriture, car si l\u2019écrivain, quand il vieillit, « vit dans la terreur de radoteur, de répéter toujours et encore le même ouvrage», pour la cuisinière, au contraire, «la répétition est gage d\u2019excellence».Bienheureux ceux qui ont eu le plaisir de goûter aux mets préparés par celle qui dit avoir «commencé à cuisiner au même moment ^«\u2019[elle] appre-nai[t] à écrire et à compter».Quant aux autres, ils peuvent apprécier ces récits qui mettent l\u2019eau à la bouche.Collaboratrice Le Devoir METS ET MERVETTJ.es Maryse Condé JC Lattès Paris, 2015, 377pages V PORTRAIT D\u2019ANTOINE LOUIS HESNAULT ( 1708-1840) PAH JEAN-RAPTI8TE HARON REGNAULT ( 1754-1128) © COLLECTION D\u2019ALEXANDE DE ROTHURI PIQUE-NIQUE ANNUEL DE LA NAPOLEON ET DES GRENADIERS A PIED DE LA GARDE 15 AOUT 2015 DES ET INAUGURATION DE L\u2019\tLA MEMOIRE DES ENVOL ET GHUTf D\u2019UN AIGLE IMPÉRIAL, ' BONAPARTE 500\tDE LA COLLECTION DE BOTHURI-BEDARD 2929, AVENUE JEANNE-D\u2019ARG, MONTRÉAL MÉTRO PIE-IX STATIONNEMENT GRATUIT INFO; 514 259-9201 WWW.DUFRESNE-NINCHERI.GA Montréal! Québec¦ I^IAGNUS POIRIER 55 01 4 B9D 4 2 LE DEVOIR, LES SAMEDI 8 ET DIMANCHE 9 AOUT 2015 E 7 CULTURE>LIVRES La Vitrine TOUT JEAN-BERNARD POUY DOIT DI RAÎTRE POLARS TOUT DOIT DISPARAITRE Jean-Bernard Pouy Gallimard, Série noire Paris, 2015, 700 pages Les lecteurs de moins de 30 ans connaissent peu Jean-Bernard Pouy et c\u2019est bien triste.En plus d\u2019être à l\u2019origine de la délirante aventure du Poulpe \u2014 un personnage, de multiples auteurs \u2014, celui qui a représenté le renouveau du polar français au début des années 1980 a pourtant une œuvre immense derrière lui.En adoptant ses nouvelles couleurs, la Série noire a voulu lui rendre hommage en republiant dans ce gros livre irrésistible cinq de ses histoires.Cinq livres denses d\u2019un peu plus de 125 pages chacun, écrits de main de maître et mettant en scène des personnages aussi étonnants qu\u2019exaspérés \u2014 d\u2019où le titre général \u2014 et proposant des histoires atteignant des niveaux de fébrilité qu\u2019on ne rencontre pas souvent.Ce sont des livres qui ont tous fort bien vieilli et dont la qualité et la richesse d\u2019écriture vous frapperont tout de suite si vous n\u2019avez pas le bonheur de connaître Pouy ; quant aux habitués, ils se délecteront du plaisir retrouvé.N\u2019empêche que deux histoires se détachent du lot: L\u2019homme à l\u2019oreille croquée (1987) ^\\.RN 86 (1992).Dans ces deux cas, comme dans toutes les histoires d\u2019ailleurs, on sera étonné par la vivacité et la qualité exceptionnelle des descriptions, par la profondeur des personnages esquissés en si peu d\u2019espace et par la force de l\u2019intrigue, qui parviendra à vous jeter par terre.Un cadeau à se faire.Michel Bélair Chambres avec vue Un mélange de poésie, de réflexion sur le temps et d\u2019autobiographie partielle en fragments CHRISTIAN DESMEULES T « vie de la plupart des ^ l^hommes est un chemin mort et ne mène à rien.Mais d\u2019autres savent, dès l\u2019enfance, qu\u2019ils vont vers la mer inconnue.Déjà l\u2019amertume du vent les étonne, déjà le goût du sel est sur leurs lèvres.Il leur reste de s\u2019y abîmer ou de revenir sur leurs pas.» Prenant acte de ces lignes de François Mauriac, mais sans forcément revenir sur ses pas, Michaël La Chance revisite quelques moments-clés de son propre passé.Chacune des «épisodies» qu\u2019il partage ici est conçue comme une chambre de l\u2019Hôtel du Temps, un lieu accidentel et inventé «où l\u2019enfant fantôme côtoie les messagers de la mémoire, où des portes s\u2019ouvrent parce que d\u2019autres se ferment».Né à Neuilly-sur-Seine, près de Paris, en 1952, Michaël La Chance a évolué entre la France, la Grande-Bretagne et le Québec, avant de reprendre la direction de Paris au milieu Une vie comme sculpture inaboutie DOMINIC TARDIE Et si j\u2019avais accepté ce boulot, et si j\u2019avais dit «je t\u2019aime» à cette fille, et si j\u2019étais déménagé sur ce continent?Quelle aurait été ma vie si j\u2019avais tourné à droite, plutôt qu\u2019à gauche ?C\u2019est la féconde question, à la fois belle et anxiogène, que retourne dans tous les sens David Macfar-lane avec Les figures de la beauté, son troisième roman.Oliver, la vingtaine naïve, met les pieds en mai 1968 dans un petit village de Toscane, près de Carrare.Nous sommes au pays du marbre blanc, là où Michel-Ange est un jour venu cueillir la matière dans laquelle il concevra le tombeau (ina-bouti) du pape Jules IL Le jeune homme rangé, qui bamboche en Europe grâce à une bourse offerte par le quotidien de la ville ontarienne où il a grandi, sera happé par la tempête Anna.Elle est tout le contraire de lui : instinctive, mystique sur les bords, artiste de la manière la plus ostentatoire (et cliché) possible.Elle lui apprendra la cuisine et l\u2019amour.Elle croit au destin et sculpte comme s\u2019il s\u2019agissait d\u2019un sacerdoce.Là vie rêvée ?Oui, mais non.Oliver opte (plutôt inexplicablement) pour les adieux au bout de quatre mois et retrouve au Canada le long fleuve tranquille qui l\u2019attend.Il laisse sans le savoir dans son sillage une enfant, Teresa, qui le retrouvera un peu plus de trois décennies plus tard.C\u2019est elle ici qui prend en charge la narration: «Mon père pouvait retourner à Cath-cart [.].Ce serait sensé.Ce serait dans l\u2019ordre des choses.Ce serait raisonnable.Ou il pouvait, comme le croyait ma mère, faire quelque chose de divinement déraisonnable et imprévisible.Quelque chose de vraiment inattendu.Il pouvait rester avec elle.» Didactique, mais pas plate Didactique : adjectif habituellement employé péjorativement.Sauf ici.Parfois pour le pire, mais surtout pour le meilleur, David Macfarlane glose abondamment autour des œuvres et de la vie de Michel-Ange ou de Brancusi, géants ', ,,1 i.' ,\\ 1 v ¦WKNIGHT94/'WIKIPEDIA David Macfarlane glose abondamment autour des œuvres et de la vie de Michel-Ange (sur notre photo: Moïse de Michel-Ange, basilique Saint-Pierre-aux-Liens, Rome).devant lesquels se prosternent ses personnages.Le chroniqueur au Toronto Star insère ses petites leçons d\u2019histoire de l\u2019art dans les dialogues avec une rare grâce.Il a le sens de l\u2019anecdote véridique qui creusera des reliefs dans sa fiction.Là narration s\u2019emberlificote cependant dans une pléthore de détours et mène une assommante somme de récits de front, dont ceux d\u2019un propriétaire de carrières et d\u2019un couple visitant Carrare en 1922.Le gars des vues a déjà été plus subtil ; il pousse ici un peu lourdement sur le bouchon du hasard-qui-nous-lie-tous-n\u2019est-ce-pas-fascinant.Pour emprunter au vocabulaire de la sculpture, il y a un bon roman dans le bloc de granit sur lequel pioche Macfarlane, mais en l\u2019état.Les figures de la beauté demeure mal dégrossi.«Ecris-moi.S\u2019il te plaît.Tu me dois ça.Tu ne m\u2019as jamais raconté aucune histoire», demande Teresa à son père, au terme de son premier séjour chez lui.Et il lui en racontera, des histoires, afin qu\u2019elle connaisse ses origines, et aussi dans l\u2019espoir que quelqu\u2019un se souvienne après sa mort des plus précieux moments de cette vie à moitié vécue qui aura été la sienne, tout aussi inaboutie que le tombeau du pape Jules IL Les figures de la beauté se déploie certes de façon un peu baroque, avec une absence d\u2019économie plutôt surannée, mais le désir que tente d\u2019encapsuler Macfarlane, lui, est éternel: que des sculptures à notre effigie se dressent dans fesprit de ceux qui nous survivront.Collaborateur Le Devoir LES FIGURES, DE LA BEAUTE David Macfarlane Traduction d\u2019Ivan Steenhout Pleine Lune Montréal, 2015, 364 pages CLAIRE CLOUTIER/CC/ WIKIMEDIA Michaël La Chance des années soixante-dix pour y poursuivre des études de philosophie et de sociologie.Une époque de bouillonnement intellectuel pendant laquelle il a eu la chance de fréquenter les cours de Foucault, Deleuze ou Barthes.Prof, poète, essayiste, prosateur en tous genres, romancier {De Kooning malgré lui.Triptyque, 2011), il livre avec Épisodies un ouvrage hybride à l\u2019écriture particulièrement ciselée.Un mélange de poésie, de réflexion philosophique sur le temps, d\u2019autobiographie partielle sous forme de fragments.Un alliage serré d\u2019anecdotes (ou d\u2019épisodes) et de poésie du quotidien certes méditatif, mais qui ne s\u2019enferme pas dans l\u2019hermétisme.On y est à l\u2019affût des instants de grâce, de certaines découvertes majeures, de quelques rares illuminations existentielles ou esthétiques.Telle cette inoubliable scène de camera obscura, où un paysage de montagne, perçant à travers le trou d\u2019une serrure, s\u2019affiche renversé sur le mur d\u2019un corridor sombre.Un instant qui semble à lui seul condenser le projet de Michaël La Chance: «Qu\u2019est-ce qu\u2019une épisodie?Ce n\u2019est pas un segment dans une chaîne d\u2019événements, c\u2019est un commencement permanent, qui trouve toujours dans le présent une façon de s\u2019actualiser.Alors une expérience à première vue banale reflète l\u2019enjeu de l\u2019existence.» Passant d\u2019un lieu à l\u2019autre, sautant entre les époques, on s\u2019y promène entre le massif de la Chartreuse, Ncav York, l\u2019Irlande et Montréal, entre Ixmg Island et le Montreux Palace, dans un pensionnat anonyme aussi bien qu\u2019à Paris, où le quartier de Montmartre peut prendre la forme d\u2019un «archipel de jours blafards enroulés autour de quelques lampadaires».On y croise Romain Gary, Claude Vivier, Gaston Miron, Patrick Straram, Francis Bacon, François Bujold ou Paul Hébert.Des professeurs, des artistes reconnus ou inconnus, quantité d\u2019anonymes qui lui auront enseigné chacun à leur façon le risque d\u2019être soi.Un très beau livre à la densité hors de l\u2019ordinaire.Collaborateur Le Devoir ÉPISODIES Michael La Chance La Peuplade Chicoutimi, 2014,264 pages DERNIERE CHANCE I HEURES D'OUVERTURE PROLONGEES ! PHOTOGRAPHE DE L'ELEGANOE HOR'^T UNE EXPOSITION EN EXCLUSIVITE NORD-AMÉRICAINE JUSQU'AU 23 AOÛT 2015 1 i L'EXPOSITION EST ORGANISEE ET MISE EN CIRCULATION PAR LE VICTORIA AND ALBERT MUSEUM, LONDRES Maxwell couverture du Vogue américain 1® juillet 1939 © Conde Nast / Succession Horst OGILVY Lotws H L E mS&l ^ '^stm tigues & ^ \"\u2022 Québec: qONiJRUtTION àl^^^u^20î5 '\tr.\t~\tSÏ.\t¦ éclitidh1r45f1ârtisfesJR^i;6.universités meiMeüÿdçila^teJeye pan^ànadienne détail) : Liz Toohey-Wiese (NSCAD) IraQI www.artmur.com SMÛ r 5826, St-Hubert, Montréal (Québec) 514 933-0711 Avec l\u2019appm .50DEC~^\t~ Québec E 8 LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE 9 AOUT 2015 CULTURE.LIVRES Les noirs dessous du tennis féminin Q Louis CORNELLIER ^ Les championnes de tennis qui s\u2019affronteront à Toronto, cette semaine, à l\u2019occasion de la Coupe Rogers, font figure de princesses sportives ayant une vie de rêve.La réalité, pourtant, est souvent moins rose.«Le bonheur affiché par les grandes championnes rayonnantes au moment de soulever le trophée est constitué en partie du désespoir de celles qui ont échoué, note la journaliste sportive française Dominique Bonnot.Il faut des milliers d\u2019espérances foulées aux pieds pour faire émerger un triomphe.» Ce n\u2019est là que la cruelle loi du sport d\u2019élite, diront certains.Que ceux et celles qui n\u2019ont pas les nerfs assez solides pour la supporter fassent autre chose.Or, dans N\u2019oublie pas de gagner^ Bonnot, grande reporter à L\u2019Equipe Magazine, montre que l\u2019univers du tennis féminin est trop souvent gangrené par bien pire que la dure réalité de la défaite.Tout endurer Quand elle atteint le 35® rang mondial en 1988, la joueuse française Isabelle Demongeot, 22 ans, est brisée intérieurement.Elle subit en silence, depuis huit ans, les agressions sexuelles répétées de son célébré entraîneur, Régis de Cama-ret.«J\u2019étais prête à tout endurer pour être une championne», confiera-t-elle plus tard.En 2007, elle dénoncera enfin son violeur dans un livre intitulé Service volé (Michel Lafon).La prescription l\u2019empêche de poursuivre l\u2019agresseur, mais la parution de son témoignage incite une vingtaine de victimes du même homme à parler à leur tour.En 2014, Régis de Camaret est condamné à dix ans de prison.La Suisse Timea Bacsinszky, la Française Aravane Rezaï, la Croate naturalisée américaine Mirjana Lucie et la Serbe naturalisée australienne Jelena Do-kic ont été victimes, elles, de «pères Fouettard à moitié fous, malfaisants et violents».Bacsinszky, 26 ans, actuellement au 14® rang mondial et inscrite à Toronto cette semaine, raconte avoir subi «une pression morale aussi destructrice que des coups».Rezaï, au 15® rang mondial en 2010, a été frappée par son père çt poussée à la dépression.A l\u2019âge de cinq ans, Lucie a reçu le poing de son paternel en plein visage après une défaite.Actuellement au 48® rang mondial et inscrite à Toronto, la joueuse de 32 ans est aujourd\u2019hui libérée de l\u2019emprise de son père.Dokic, ex4® joueuse mondiale, battue et méprisée par son père, a mis fin à sa carrière en 2012.Le père de la Française Valentine Fauviau et de son frère Maxime, lui, ne battait pas ses enfants, mais droguait leurs adversaires aux anxiolytiques.En 2003, après un match en tournoi contre Maxime, un jeune instituteur de 25 ans, abruti par les manœuvres du père Fauviau, est mort dans un accident de voiture.Le coupable sera condamné à huit ans de prison.Si l\u2019histoire des sœurs Williams, arrivées au sommet grâce à un père obsédé par leur réussite, semble somme toute plutôt heureuse, il n\u2019en va pas de même de celle d\u2019une foule d\u2019autres joueuses.Véritable prodige précoce, l\u2019Américaine Jennifer Capriati, que son père a mise au tennis à l\u2019âge de trois ans, atteint le 8® rang mondial à 14 ans, mais tombe dans la délinquance, la drogue et l\u2019alcool à 16 ans, en réaction aux frasques de son papa mégalomane.«À TIMOTHY CLARY AGENCE ERANCE-PRESSE Jennifer Capriati atteint le 8® rang mondial à 14 ans, mais tombe dans la délinquance, la drogue et l\u2019alcool en réaction aux frasques de son papa mégalomane.l\u2019évidence, constate Bonnot, le stress lié à l\u2019objectif familial de la voir dominer le tennis la détruit plus qu\u2019il ne la fait rêver.» Le refuge religieux Elles aussi écrasées par des pères mégalos et, en plus, violents, la Franco-Américaine Mary Pierce et l\u2019Américaine Andrea Jaeger, qui ont toutes deux atteint le 3® rang mondial, ont finalement trouvé refuge dans la religion.Pierce, 40 ans, vit aujourd\u2019hui sur File Maurice, au sein d\u2019une communauté pentecôtiste soupçonnée d\u2019être une secte, où elle entraîne au tennis les enfants du pasteur principal.Jaeger, 50 ans, qui avoue qu\u2019elle faisait parfois exprès de perdre pour ne pas faire souffrir une adversaire sympathique, est devenue une religieuse anglicane en 2006.Celle qui détestait l\u2019ambiance délétère de l\u2019univers du tennis féminin est aujourd\u2019hui surnommée «sœur rigolote».Dominique Bonnot, ancienne petite championne elle-même, a connu les affres d\u2019un entraînement imposé par un père trop ambitieux.Son livre, révélateur et émouvant, regorge d\u2019histoires tristes \u2014 quelques-unes le sont moins \u2014 et trop vraies, qui illustrent que le charme dégagé par le tennis féminin professionnel est un vernis recouvrant des dessous souvent sordides.J\u2019aime le tennis, que je connais et pratique depuis plus de 35 ans.Si j\u2019avais une fille, je lui dirais que le bonheur que recèle ce sport se trouve tout entier sur le court du parc le plus près de chez nous et pas plus loin.louisco@sympatico.ca N\u2019OUBLIE PAS DE GAGNER Dans les coulisses DU TENNIS EÉMININ Dominique Bonnot Stock Paris, 2015, 270 pages L\u2019urgence de dialoguer avec l\u2019Islam Le terrorisme et le contre-terrorisme découleraient d\u2019un même aveuglement MICHEL LAPIERRE En examinant la politique de Barack Obama ou de Stephen Harper, l\u2019anthropologue Gilles Bibeau ose, dans son essai La généalogie de la violence, se demander «comment terrorisme et contre-terrorisme s\u2019engendrent mutuellement dans le face-à-face de deux folies guerrières».Il décèle dans cette lutte un problème abyssal qui, dépassant l\u2019usage clandestin ou officiel des armes, cache des visions du monde pas nécessairement incompatibles.Pour combattre le terrorisme, les appels aux droits de la personne, à la démocratie et à la liberté découlent, comme l\u2019explique l\u2019anthropologue québécois, de «la morale occidentale héritée du Siècle des lumières».Si cette morale laïque semble parfois inconciliable avec d\u2019autres visions du monde, par exemple, avec celle de l\u2019Islam, c\u2019est, selon lui, que l\u2019Qccident oublie la leçon que Claude Lévi-Strauss lui donna, en ,1952, dans et histoire.A la suite de recherches sur les peuples dits primitifs, l\u2019ethnographe français concluait: «La civilisation implique la coexistence de cultures offrant entre elles le maximum de diversité, et consiste même en cette coexistence.» Seule une «nouvelle pensée des Lumières», sorte de «vision plurielle du monde», pourrait, estime Bibeau, faire comprendre qu\u2019au lieu du prétendu choc entre l\u2019Islam et l\u2019Qccident, c\u2019est l\u2019affrontement au sein de chacun des deux ensembles sociopolitiques qui devient révélateur.Il s\u2019agit du conflit entre progressistes et conservateurs.Bibeau reproche aux experts occidentaux de tendre «encore trop souvent à ignorer le fait qu\u2019il existe de nos jours, à côté d\u2019un réel néofondamentalisme islamiste, un puissant mouvement réformiste», reflété notamment par les anthropologues Youssef Seddik et Malek Chebel.Il a le discernement de leur proposer une réflexion sur l\u2019altérité humaine pour sortir du cercle vicieux de l\u2019opposition entre terrorisme et contre-terrorisme.Cela leur permettrait de se ren- dre compte que la blessure infligée autrefois par le colonialisme au monde islamique ne s\u2019est pas encore cicatrisée.Bibeau est, à un très haut point, conscient de la funeste hésitation des Qccidentaux à interpréter leurs rapports avec l\u2019Islam à la lumière de l\u2019histoire et de l\u2019anthropologie.Il résume la situation par la phrase la plus pénétrante de son livre : « \u201cOn ne négocie pas avec des terroristes\u201d, tel est le mot d\u2019ordre d\u2019une pensée radicalement dépolitisée.» Ce mot, Bibeau le rapproche de la profession de foi messianique plus que politique d\u2019Qbama devant l\u2019académie militaire de West Point en mai 2014: «Je crois dans l\u2019excep-tionnalisme américain de toutes les fibres de mon être.» Comment peut-on opposer l\u2019idée de la mission des Etats-Unis, voire de tout l\u2019Qccident, à celle de la mission des musulmans radicaux, sans entretenir un esprit guerrier?Nous sommes loin du dialogue entre les cultures.Collaborateur Le Devoir GÉNÉALOGIE DE LA VIOLENCE Iæ terrorisme : PIÈGE POUR LA PENSÉE Gilles Bibeau Mémoire d\u2019encrier Montréal, 2015, 248 pages Alire Alto Les Éditions André Fontaine Fonfon Annika Parance Éditeur Les éditions Archimède Ariane Éditions Éditions L'Artichaut Bayard Canada Livres Beauchemin International Béliveau éditeur Les Éditions Belle Feuille Berger Boomerang Andara Boréal Bouton d'or Acadie Éditions la Caboche Éditions Caramello Éditions CEC CEMEQ Les Éditions Chouette Éditions du CHU Sainte-Justine CRAAQ Les Éditions du CRAM Les Éditions Porte-Bonheur Les Éditions David Éditions de Mortagne Dominique et compagnie Dramaturges Éditeurs Druide Éditions Écosociété Les Écrits des Forges La Pastèque Pearson-ERPI Éditions La Peuplade Éditions XYZ Espoir en canne Éditions FouLire Les Éditions Ganesha Glénat Québec Les Éditions Goélette Les Éditions Coup d'œil Les Éditions de la Grenouillère Groupe Fides Stanké Libre Expression Trécarré Logiques Publistar Guides Voir Les Éditions de l'Homme Le Jour La Griffe La Montagne Secrète Petit Homme VLB éditeur Hexagone du Blé Les Éditions Éditions du Journal Éditeur Héliotrope Les éditions Héritage Les Éditions Histoire MultiMondes Marcel L'instant même L'in-Grande Marée Les La Smala Le Quarta-Les Éditeurs réunis Les Les Éditions du Noroît Plume d'or Lévesque éditeur Lux éditeur Éditions du Marais nouvelle édition Éditions Sigier Mémoire d'encrier lisations Nota Bene LE 12 AOUT, J'ACHÈTE UN LIVRE QUÉBÉCOIS! Type Les Editions de la Bagnole Les Guy Saint-Jean Les Herbes rouges Les heures bleues Québec Hurtubise Didier Imagine terligne L'Isatis La Éditions La Presse nier Les 400 coups éditions deTa Mère Les Éditions La éditeur Linguatech Éditions Les Malins Marcel Broquet.La Éditions Médiaspaul Éditions Anne Quintin Le Musée canadien des civi-Novalis Éditions de la Paix Les Éditions Marie-France Éditions Michel Nouvelles éditions de l'Arc du Passage Éditions Paume de Saint-Germain Les éditions La Pensée Les Éditions Perce-Neige Perro éditeur Les Éditions Phidal Éditions du Phœnix Éditions Pierre Tisseyre Éditions des Plaines Planète rebelle Pleine Lune Les Presse de L'Aluminium Les Presses de l'Université d'Ottawa Les Presses de l'Université de Montréal Les Presse de l'Université du Québec Les Presses de l'Université Laval Les Presses Inter Universitaires Les Presses internationales Polytechnique Éditions Prise de Parole Modus Vivendi Remue-ménage Les Éditions Sémaphore Éditions Bravo ! Presses Aventure Sélection Reader's Digest Le Septentrion Hamac Éditions du Soleil de Minuit Somme toute Tête première Soulières éditeur Éditions Sylvain Harvey ÉditionsTriptyque Guides de voyage Ulysse Vents d'ouest Éditions du Vermillon Éditions Z'aillées L'ANEL remercie les lecteurs d'être au rendez-vous! Le 12 août, j'achète un livre québécois organisé par Patrice Cazeault et Amélie Dubé.ANELGC.CA La Vitrine BANDE DESSINEE LES ESCLAVES OUBLIÉS DE TROMELIN Sylvain Savoia Aire Libre 2015, Paris, 120 pages L\u2019archéologie peut croiser le chemin de la bande dessinée et donner quelque chose de très beau, comme ce récit qui, en se promenant entre présent et guerre de Sept Ans (1756-1763), retrace le destin tragique d\u2019une poignée d\u2019esclaves oubliés, à la suite d\u2019un naufrage, sur un bout d\u2019île hostile d\u2019à peine 1 km^, au milieu de l\u2019océan Indien.Ils vont poireauter là pendant sept ans avant d\u2019être sauvés.Sept femmes et un enfant de huit ans à peine en sortiront vivants.De passage sur les lieux, où a été établie aujourd\u2019hui une station météo, Sylvain Savoia trace les contours de cette mésaventure dans laquelle l\u2019homme blanc ressort forcément écorné et où le peuple malgache, au passé brisé par la vénalité de la Compagnie des Indes, témoigne d\u2019une force improbable, d\u2019une résilience salvatrice face à l\u2019adversité et la violence d\u2019un environnement qu\u2019il va réussir à dompter.Fabien Deglise JEUNESSE LE SOURIRE EN FUITE Texte de Julie Tétrault Illustrations de Ninon Pelletier Québec Amérique Montréal, 2015, 24 pages Publié dans la froidure du début mars, à titre posthume, cet album d\u2019une jeune auteure a de quoi réchauffer le cœur de petits lecteurs de mauvaise humeur et se prête aussi bien à cette saison de vacances, alors que les crises de «boudin» viennent parfois gâcher les plus belles journées ensoleillées.Le sourire en fuite raconte la « quête » du petit Qlivier pour retrouver cet élément essentiel à son joli visage, lui qui s\u2019est levé du mauvais pied.Au-delà de la recherche représentée graphiquement au premier degré et particulièrement amusante, le récit interpelle sur des enjeux affectits plus complexes qui font le quotidien des petits d\u2019âge préscolaire et du début du primaire.Voilà de quoi redonner le sourire aux plus «bougons», et aussi quelqpes trucs pour chasser la morosité quand elle se repointera.A noter qu\u2019une partie des profits de la vente de cet album ira à l\u2019organisme Fibrose kystique Québec, car l\u2019auteure Julie Tétrault est décédée des suites de cette maladie en 2013.Amélie Gaudreau Alternatives CONSTRUIRE ENSEMBLE un monde différent Pour nous appuyer : www.alternatives.ca \u2022 514.982.6606 ^Gaspard LE DEVOIR LMARÈS \tDu 27 juillet au 2 août 2015\t \t\t \t\t Romans québécois\t\t 1 Six minutes\tChrystine Brouiiiet/Druide\t1/10 2 Baiser \u2022 Tome 2 La vengeance de ia veuve joyeuse\tMarie Gray/Guy Saint-Jean\t2/8 3 La Justicière.La dnaie des coupabies\tMare Aubin/i'Apothéose\t3/11 4 Les 7 secrets de mon ex\tJudith Bannon/Les Éditeurs réunis\t10/10 5 Maudits bas jaunes!\tMarie-Miiiie Dessureauit/Mortagne\t5/11 6 La vie sucrée de Juiiette Gagnon \u2022 Tome 3 Escarpins\tNathaiie Roy/Libre Expression\t4/11 7 Lépicerie Sansoucy \u2022 Tome 1\tRiohard Gougeon/Les Éditeurs réunis\t8/2 8 Tu peux toujours courir\tVaiérie Chevaiier/Hurtubise\t6/17 9 Lépicerie Sansoucy \u2022 Tome 2 Les châteaux de cartes\tRiohard Gougeon/Les Éditeurs réunis\t-/I 10 Baiser \u2022 Tome 1 Les dérapages de Cupidon\tMarie Gray/Guy Saint-Jean\t7/7 Romans étrar^ers\t\t 1 Cinguante nuances de Grey par Christian\tE.L.James/Lattès\t-/I 2 La fiiie du train\tPauia Hawkins/Sonatine\t1/10 3 La boîte à musigue\tMary Higgins Ciark/Aibin Miohei\t2/6 4 Linstant présent\tGuiiiaume Musso/XO\t3/19 5 Tuer Aiex Cross\tJames Patterson/Lattès\t4/2 6 Eiieetiui\tMare Levy/Robert Laffont I Versiiio\t5/25 7 Les guatre fiiies du révérend Latimer\tCoiieen MoCuiiough/Arohipei\t7/5 8 Dans ia viiie en feu\tMiohaei Conneiiy/Caimann-Lévy\t8/14 9 Mariée à un inconnu\tSyMa Day/Fiammarion Québee\t6/7 10 After \u2022 Tome 1 La rencontre\tAnna Todd/Homme\t9/9 Essais québécois\t\t 1 Jean-François Lépine, sur ia iigne de feu\tJean-François Lépine/Libre Expression\t2/39 2 Tout ce gue ies pubiieitaires ne vous disent pas\tArnaud Granata I Stéphane Maiihiot/ La Presse\t-/I\t 3 Dany Laferrière à i'Académie française.Diseours de réeeption Dany Laferriére/ Boréai\t\t1/7 4 La souveraineté en héritage\tJaogues Beauohemin/Boréai\t5/4 5 Ma vie rouge Kubriek\tSimon Roy/Boréai\t3/12 6 État du Québee 2015\tCoiieotif/Dei Busso\t-/I 7 Waimart.Journai d'un assoeié\tHugo Meunier/Lux\t-/I 8 La iangue rapaiiiée.Combattre i'inséeurité iinguistigue.Anne-Marie Beaudoin-Bégin/Somme toute 4/2\t\t 9 Ping-pong\tZviane/Pow Pow\t8/2 10 Sortir ie Québee du pétroie\tCoiieotif/Somme toute\t-/I Essais étrangers\t\t 1 Du bonheur.Dn voyage phiiosophigue\tFrédério Lenoir/Fayard\t1/24 2 Cosmos.Brève enoyeiopédie du monde\tMiohei Onfray/Fiammarion\t3/3 3 1000 ooups de fouet.Parce gue j'ai osé parier iibrement Raif Badami/Édito\t\t2/7 4 Remèdes morteis et orime organisé\tPeter C.Gotzsohe/POL\t6/12 5 Laissez-nous faire! On a déjà oommenoé\tAiexandre Jardin/Robert Laffont\t4/10 6 Lhydre mondia!e.Lo!igopo!e banoaire\tFrançois Morin/Lux\t-/I 7 Vers une sooiété p!us ahruiste\tCoiieotif/Aiiary\t-/I 8 Tout peut ohanger.Capitaüsme et ohangement oümatigue Naomi Kiein/Lux\t\t7/21 9 Looeident terroriste.D'Hiroshima à ia guerre des drones Noam Chomsky I Andre Vitohek/Éçosoçiété -/I\t\t 10 Y a-t-ii un grand arohiteote dans i'univers?\tStephen Hawking/Odiie Jaoob\t5/9 La BTLF (Société de gestion de la Banque de titres de langue française) est propriétaire du système d\u2019infoimation et d\u2019analyse 6dspdii sur les ventes de livres français au Canada, Ce palmarès est extrait de Bdspdn!et est constitué des relevés de caisse de 260 points de vente, La BTLF reçoit un soutien financier de Patrimoine canadien pour le projet Bdspdré.© BTLF, toute reproduction totale ou partielle est interdite."]
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