Le devoir, 15 août 2015, Cahier A
[" Bernard Ëmond poursuit sa grande réflexion Page E 1 Fernand Leduc, Thomme de la lumière Page A 7 -?www.ledevoir.com ?\u2014 Au Costa Rica, sans tracas et avec la smala Page D1 LE DEVOIR Vol.C VI N° 1 8 3 LE DEVOIR, LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 AOUT 2015 2,83 $+taxes=3,25 $ Photoreportage Bataille de l\u2019eau dans les Caraïbes Aujourd\u2019hui Économie > Un pétrole albertain à moins de 30 $ le baril.Uor noir des sables bitumineux coûterait deux fois plus cher à produire.Page C 1 7 Avis légaux.Carrières Décès Mots croisés.Petites annonces.Sudoku .C4 C5 C8 B6 C8 B6 Journée historique à Cuba John Kerry souligne le caractère irréversible du rétablissement des relations entre Washington et La Havane NICOLAS REVISE FRANCISCO JARA à La Havane Cinquante-quatre ans après avoir été baissé, le drapeau américain flotte à nouveau devant l\u2019ambassade des Etats-Unis à Cuba, hissé vendredi en présence du secrétaire d\u2019Etat John Kerry, qui a salué une étape «historique» dans la réconciliation entre ces deux ex-pays ennemis.«Aujourd'hui, nous faisons un pas historique \u2014 et j\u2019ajouterai qu\u2019il aurait dû survenir bien plus tôt \u2014 dans la bonne direction et nous sommes déterminés à aller de l\u2019avant», a déclaré le chef de la diplomatie américaine, le premier à fouler le sol cubain depuis 1945.S\u2019exprimant au cours d\u2019une conférence de presse aux cô- VOIR page a 10: CUBA PABLO MARTINEZ AGENCE FRANCE-PRESSE «Le peuple de Cuba serait mieux servi par une véritable démocratie», a lancé le secrétaire d\u2019Etat John Kerry lors d\u2019une cérémonie célébrant le retour du drapeau américain à La Havane.Sondage Léger Harper recule, Muclair progresse PHILIPPE ORFALI Rude départ pour l\u2019équipe de Stephen Harper.Le Parti conservateur poursuit sa dégringolade dans les intentions de vote, révèle le premier sondage Léger-Le Devoir-Le Journal de Montréal-Le Journal de Québec mené depuis le déclenchement des élections.La course qui s\u2019amorce s\u2019effectuera donc bel et bien à trois à l\u2019échelle du pays, tandis qu\u2019au Québec, les électeurs semblent déterminés à revenir à la charge avec une seconde vague orange.Réalisé de lundi à mercredi auprès de plus de 2000 répondants de partout au pays, le sondage accorde le tiers des intentions de vote des Canadiens au Nouveau Parti démocratique (NPD) de Thomas Mulcair.Les libéraux doublent les conservateurs pour la première fois depuis le mois de mai, pour se hisser au second rang, avec 28% des voix, un bond de trois points depuis le précédent sondage Léger, mené avant le déclen- VOIR page a 10 : SONDAGE Élections fédérales Notre couverture électorale complète.Pages A 3y B ly B 2 et B 4 Compressions Les bibliothèques des ministères écopent MARCO FORTIER Une vaste restructuration des bibliothèques des ministères et organismes du gouvernement risque d\u2019entraîner la fermeture d\u2019une sqrie de centres de documentation au sein de l\u2019Etat québécois, a appris Le Devoir La bibliothèque du ministère de la Santé et des Services sociaux \u2014 le plus important ministère du Québec \u2014 doit fermer ses portes dès le mois prochain, ce qui entraînera une perte d\u2019expertise «irremplaçable» pour les gestionnaires, les chercheurs et les étudiants du domaine de la santé, déplorent des sources qui connaissent bien le dossier.Le centre de documentation du ministère met à la disposition du public un trésor inestimable composé de plus de 30 000 livres, 400 titres de périodiques et des documents audiovisuels (DVD, CD et vidéocassettes).Sans pouvoir page a 10 : BIBLIOS î% DES COURTIERS IMMOBILIERS AU CANADA POUR ROYAL LEPAGE 514.934.7440 www.equipeburdman.com info@equipeburdman.com BRIGITTE I.BURDMAN Courtier Immobilier ROYAL LePAGE ^^^Hllllllllllllllllllllll HERITAGE VOIR PAGE C 10 Œ U «SS ORLY BENCHETRIT Courtier Immobilier 77831303447933 A 2 LE DEVOIR, LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 AOUT 2015 ACTUALITES ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR «Le débat sur les droits de scolarité, c\u2019est réglé! On n\u2019entrera pas là-dedans», lance Nicolas Perrino.REDRESSEMENT DES EINANCES PUBLIQUES Les jeunes sont derrière Conillard, dit Nicolas Perrino Le président de l\u2019aile jeunesse libérale déconseille toutefois au premier ministre de toucher au dossier des droits de scolarité MARCO BELAIR-CIRINO Correspondant parlementaire à Québec Le président de la Commission-Jeunesse du PLQ, Nicolas Perrino, se porte à la défense du gouvernement libéral, accusé de chercher à tout prix à atteindre l\u2019équilibre budgétaire en 2015-2016.«Les gens ont réalisé que tout le monde devait faire un effort», soutient-il dans une entrevue avec Le Devoir.La modulation des tarifs des services de garde éducatifs à l\u2019enfance \u2014 une mesure parmi d\u2019autres \u2014 «fait partie de cet effort-là», explique-t-il.D\u2019ailleurs, M.Perrino se réjouit que le chef du gouvernement, Philippe Couillard, ait maintenu le rjAhme de la réorganisation en santé et en éducation ainsi que du redressement des finances publiques malgré la levée de boucliers d\u2019acteurs de la société civile, qqi l\u2019accusent de démanteler l\u2019État québécois au moyen de coupes tous azimuts.« Ça fait 40 ans qu\u2019il aurait dû le faire.» Selon M.Perrino, la «majorité des jeunes partage les mêmes valeurs que le gouverne- ment».Cela dit, il dissuade l\u2019équipe Couillard d\u2019accabler les étudiants, par une hausse de leur facture de cégep ou d\u2019université par exemple.«Le débat sur les droits de scolarité, c\u2019est réglé! On n\u2019entrera pas là-dedans», lance-t-il, gardant en souvenir les événements du printemps 2012.Selon lui, «le dialogue est mieux peut-être» aujourd\u2019hui entre le gouvernement et la population qu\u2019il ne l\u2019était sous î\u2019ère Charest.Les libéraux ne sont pas derrière une « thatcherisation du Québec», soutient M.Perrino.« [Dans la Grande-Bretagne des années 1980], il y avait des manifestations de violence.On n\u2019a pas eu ça.On l\u2019a fait de manière progressive [la réduction de la croissance des dépenses].» Abolition des Forums jeunesse Le président de la CJ-PLQ ne s\u2019émeut pas de l\u2019arrêt du financement des Forums jeunesse, y voyant même une bonne décision.M.Perrino a lui-même çiégé à un Forum jeunesse.À Montréal, «je ne peux pas dire qu\u2019on changeait le monde», lâche-t-il.«L\u2019inten- tion était bonne.Mais il y avait de meilleures manières de desservir la population », poursuit-il.En abolissant cet «intermédiaire», «l\u2019argent va [dorénavant] directement aux gens qui en ont de besoin», plaide-t-il.Les Carrefours jeunesse emploi subsistent, fait-il remarquer.Les Conférences Le président de la CJ-PLQ ne s\u2019émeut pas de l\u2019arrêt du financement des Forums jeunesse, y voyant même une bonne décision régionales des élus (CRE) ont pour leur part passé à la trappe, affaiblissant les Centres locaux de développement (CLD).Les chambres de commerce pallient l\u2019absence des CRE.«Ça fonctionne très bien.Et, l\u2019argent est là.[Par ailleurs], tu n\u2019as pas besoin que le gouvernement te dise de t\u2019asseoir ensemble.» Le pays, l\u2019affaire de la «génération Péladeau» Une nette majorité de jeunes tournent le dos au projet de pays du Québec.L\u2019arrivée de Pierre Karl Péladeau aux commandes du Parti québécois n\u2019y changera rien, croit dur comme fer M.Perrino.«Ils pensent qu\u2019ils ont élu leur sauveur.Je ne partage pas cette vision-là.[.] On n\u2019est pas dans le Québec de 1980.On n\u2019est pas dans le Québec de 1995.Les gens sont beaucoup plus ouverts sur le monde», déclare-t-il.Le jeune avocat dépeint l\u2019indépendance du Québec comme un « enjeu » dépassé, appartenant à «la génération de M.Péladeau».«Nous, on est ouverts sur le monde.Lui, il l\u2019est peut-être moins», ajoute-t-il.Les jeunes «libs» seront réunis autour du thème « Un Québec à la hauteur de tes ambitions» à l\u2019occasion du 33® Congrès-Jeunes, samedi et dimanche, à Shawinigan.«En fin de semaine, on va parler de développement économique régional.On ne parlera pas de la [présence] de Pierre Karl Péladeau dans les médias québécois.On ne parlera pas de ça.» Le Devoir POSTES CANADA Coderre ne regrette rien de son coup d\u2019éclat PHILIPPE OREALI Plaidant un «geste politique» plutôt que «criminel», le maire de Montréal Denis Coderre a défendu coûte que coûte vendredi la destruction la veille, devant les objectifs de caméras, d\u2019une dalle de béton de Postes Canada.Marteau piqueur en mains, le maire de Montréal avait lui- même participé à la destruction d\u2019une dalle sur laquelle Postes Canada comptait installer l\u2019une de ses boîtes postales communautaires, dans le parc éconature de l\u2019Anse-à-l\u2019Qrme.Les images ont fait le tour du Québec, amenant certains commentateurs à parler d\u2019acte criminel et de destruction de biens publics.Vendredi, le maire a toutefois Congédié?Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Vieux Montréal 514-845-5545 insisté «n\u2019avoir aucun regret».«Je suis même fier, a dit Denis Coderre.Ce n\u2019est pas de la désobéissance.» «Ce n\u2019est pas un geste pour dire qu\u2019on peut se faire justice soi-même.Je sais que ça ne fait pas l\u2019affaire de tous, mais c\u2019est un geste pour demander le respect», a-t-il dit, rappelant que le parc de l\u2019Anse-à-l\u2019Orme appartient à la Ville et que Postes Canada n\u2019avait demandé aucune autorisation avant de couler le ciment.La moindre des choses aurait été que la société d\u2019État communique avec l\u2019administration municipale avant d\u2019aller de l\u2019avant sur son terrain, a-t-il souligné.En anglais, le premier magistrat a néanmoins reconnu avoir «traversé la ligne, mais pas tant que ça».Selon lui, ce geste de destruction n\u2019a toutefois rien à voir avec le saccage de l\u2019hôtel de ville, l\u2019année dernière, par des pompiers de la Ville de Montréal, comme certains l\u2019ont laissé entendre.«Il y a une différence entre saccager un lieu de démocratie et couler une dalle de béton sans me consulter».Denis Coderre affirme avoir reçu l\u2019appui de nombreuses personnalités depuis son coup d\u2019éclat.Il a dit attendre avec impatience la position du Parti libéral et du Parti conservateur par rapport au service postal canadien.«On est en campagne électorale, ce n\u2019est pas la première fois qu\u2019on parle de Postes Canada», a-t-il rappelé.Le NPD s\u2019oppose très clairement à la fin de la livraison à domicile du courrier postal.La présidente de l\u2019Union des municipalités du Québec, Suzanne Roy, appuie elle aussi le maire Coderre.«Ce qui a été fait, ce qui vandalisait le mobilier urbain et le parc nature de la ville de Montréal, c\u2019était des installations sans autorisation préalable de la municipalité par Postes Canada», a-t-elle déclaré en entrevue à Radio-Canada.Le Devoir CHANGEMENT DE SEXE Massé presse Québec de finaliser le dossier MARCO BELAIR-CIRINO Correspondant parlementaire à Québec Ly élue de Québec solidaire ' Manon Massé presse le gouvernement libéral de déposer une fois pour toutes le règlement facilitant le chaitge-ment de nom auprès de l\u2019Etat civil pour les personnes transsexuelles ou transgenres.Les personnes cherchant à faire reconnaître leur identité sexuelle pâtissent du «flou juridique» qui a cours depuis l\u2019adoption de la Loi modifiant le Code civil en matière d\u2019état civil, de successions et de publicité des droits, en décembre 2013.Une personne majeure dont l\u2019identité sexuelle ne correspond pas à la mention de sexe figurant à son acte de naissance peut dorénavant en obtenir la modification, par demande au directeur de l\u2019état civil, sans traitement médical ou intervention chirurgicale, prévoit la législation.La demande de la personne transsexuelle ou transgenre doit satisfaire aux conditions prévues par un règlement.qui se fait attendre depuis plus d\u2019un an et demi.« Ce retard-là n\u2019a pas de bon sens.Je suis tannée», fait valoir M\u201c® Massé lors d\u2019une entrevue avec Le Devoir.«Il doit y avoir des résistances quelque part», avance-t-elle.Des personnes se trouvent otages de cartes d\u2019identité dans lesquelles elles ne se reconnaissent même pas.Une femme s\u2019est fait refouler d\u2019un CLSC après s\u2019être fait accuser de «vol d\u2019identité» par le commis à la réception, relate la députée de Sainte-Marie-Saint-Jacques.«C\u2019est une femme.Par contre, sur ses papiers, c\u2019est encore écrit «M» [pour «masculin»] qu\u2019elle n\u2019est plus.» Selon M\u201c® Massé, l\u2019absence de réglementation «entretient la transphobie».Plus particulièrement, elle s\u2019est traduite par «un arbitraire encore plus grand à l\u2019état civil».«Ces personnes-là vivent une discrimination.Des personnes trans JACQUES NADEAU LE DEVOIR Manon Massé souffrent profondément.On ne voudrait pas se retrouver dans leur situation », souligne-t-elle.Québec solidaire s\u2019explique mal les raisons derrière l\u2019absence de réglementation par le Conseil des ministres, trois mois après le dépôt d\u2019un «rapport unanime» par la Commission des institutions de l\u2019Assemblée nationale.Les élus ont recommandé à la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, de retirer «l\u2019obligation d\u2019avoir vécu en tout temps depuis au moins deux ans sous l\u2019apparence du sexe pour lequel un changement de mention est demandé et la mention d\u2019avoir l\u2019intention de vivre en tout temps sous cette identité jusqu\u2019au décès» apparaissant dans la première version du règlement.Le règlement est «en train d\u2019être finalisé», assure le cabinet de la ministre Vallée au Devoir.Celui-ci cherche à tout prix à «ne pas retourner à la planche à dessin » après l\u2019adoption d\u2019un décret par le Conseil des ministres.«On ne prend vraiment pas le dossier à la légère.La ministre veut s\u2019assurer de bien faire les choses.On ne veut pas faire d\u2019allers-retours», explique-t-on à la veille du défilé de Eierté Montréal 2015.D\u2019ailleurs, M\u201c® Vallée fera partie du contingent d\u2019élus de l\u2019Assemblée nationale qui témoigneront de leur appui à la communauté LGBT dans les rues du centre-ville de la métropole.« Crimpof! On ne la lâchera pas», avertit M\u201c® Massé.Le Devoir DAVID PETERSON L\u2019ex-premier ministre d\u2019Ontario poursuivi pour harcèlement sexuel Toronto \u2014 Une organisatrice des Jeux panaméricains et parapanaméricains à Toronto soutient, dans une poursuite déposée jeudi, avoir été harcelée sexuellement par l\u2019ancien premier ministre de l\u2019Qntario et le président des Jeux, David Peterson.Selon ce qu\u2019a rapporté le Globe and Mail, Ximena Morris, qui est âgée de 34 ans, allègue que lorsqu\u2019elle s\u2019est plainte aux ressources humaines et à la haute direction, elle s\u2019est d\u2019abord fait répondre de l\u2019ignorer.Elle a ensuite été rétrogradée.Dans sa déclaration déposée à la Cour supérieure de l\u2019Ontario, M\u201c® Morris raconte que des salutations séductrices de M.Peterson se sont graduellement transformées en câlins non désirés, en allusions sexuelles et en humiliation publique.En plus de M.Peterson, selon le Globe and Mail, elle nomme aussi le comité organisateur des Jeux panaméricains et parapanaméricains, le Comité olympique canadien (un partenaire des Jeux) et trois membres de l\u2019équipe exécutive des Jeux de 2015.Aucune de ces allégations n\u2019a été prouvée par le tribunal et la défense n\u2019a pas encore déposé sa version des faits.Dans un communiqué envoyé au Globe and Mail, David Peter-son nie les allégations et dit avoir hâte de «les confronter en cour».La vice-présidente des communications des Jeux panaméricains et parapanaméricains à Toronto, Neala Barton, a affirmé que l\u2019organisation n\u2019avait pas encore officiellement reçu la poursuite, mais qu\u2019elle avait vu une version non définitive de la déclaration qui, dit-elle, «dénature grossièrement la façon dont la direction des Jeux de Toronto 2015 a traité les allégations de M\"\u201d Morris».M.Peterson, qui a été premier ministre de 1985 à 1990, a eu un rôle déterminant pour aider Toronto à accueillir les Jeux panaméricains et parapanaméricains de 2015.Il est président du conseil depuis septembre 2013.La Presse eanadienne Nouveau directeur des communications à la CAQ Le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), Prançois Le-gault, a remercié son directeur des communications, Jean-Luc Benoît, a révélé Le Journal de Québec.Il a été en poste moins d\u2019un an.M.Legault «veut donner une nouvelle orientation au département des communications» en vue de la rentrée parlementaire, a expliqué son entourage.M.Benoît a déjà été conseiller du chef de l\u2019Action démocratique du Québec Mario Dumont.M.Benoît a modifié son descriptif sur Twitter, remplaçant «Directeur des communications au cabinet du chef du deuxième groupe d\u2019opposition (Coalition avenir Québec) » par « Golfeur moyen ».Le Devoir LE DEVOIR, LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 AOUT 2015 A ELECTIONS FEDERALES SEAN KILPATRICK LA PRESSE CANADIENNE Les conservateurs de Stephen Harper ne sont pas considérés comme les plus à même de faire face à des thèmes pourtant omniprésents dans leur discours politique.SONDAGE LÉGER Une campagne aux multiples epjeux Le NPD nettement plus apte à répondre aux priorités des Canadiens PHILIPPE ORFALI Dans cette lutte à trois que constitue la présente campagne électorale, le NPD dispose d\u2019une arme redoutable: aux yeux des Québécois et des Canadiens, c\u2019est la formation de Thomas Mulcair qui est la mieux outillée pour s\u2019attaquer aux enjeux les plus importants, révèle le coup de sonde Léger-L^ Devoir-Le Journal de Montréal-Le Journal de Québec mené en vue de l\u2019élection fédérale du 19 octobre.L\u2019aide à la classe moyenne, la création d\u2019emploi et la relance de l\u2019économie se hissent au sommet des priorités des répondants du sondage réalisé auprès de 2095 répondants du 10 au 12 août dernier.Rien d\u2019étonnant, si ce n\u2019est que les conservateurs de Stephen Harper ne sont pas considérés comme les plus à même de faire face à ces thèmes pourtant omniprésents dans leur discours politique.Le NPD domine dans quatre des dix champs d\u2019action jugés prioritaires par les répondants.La formation de centre gauche est considérée comme étant le «meilleur parti» pour venir en aide aux familles de la classe moyenne (27%, contre 18% pour les conservateurs et 23% pour les libéraux) et assurer le maintien de certains services publics tels que Postes Canada et Radio-Canada, de même que pour la réforme ou l\u2019abolition du Sénat et la gestion des infrastructures.A titre comparatif, les conservateurs sont jugés les plus aptes pour une seule des dix priorités ciblées, c\u2019est-à-dire, l\u2019élimination du déficit et la bonne gestion des finances de l\u2019État.Et les libéraux?«Il n'y a pas une seule idée forte associée à Justin Trudeau.La marque libérale revient, Trudeau est beaucoup mieux perçu qu\u2019avant, mais ce qui manque, ce sont des enjeux avec lesquels [il peut se distinguer] », explique le sondeur Jean-Marc Léger.En dépit des nombreuses annonces conservatrices destinées à séduire les familles, malgré le chèque de Prestation universelle pour la garde d\u2019enfant (PUGÉ) reçu il y a peu par la poste, les conservateurs se classent troisièmes dans cette catégorie, ajoute-t-il.Pire, les enjeux défendus jour après jour par Stephen Harper depuis le début de la campagne et pour lesquels il est jugé le plus compétent \u2014 la lutte contre le terrorisme (35%, contre 10% pour le NPD et le PLC), la lutte contre l\u2019intégrisme religieux (26%) ou encore la défense de la souveraineté de l\u2019Arctique, par exemple \u2014 sont jugés d\u2019un faible intérêt par la plupart des Québécois et des Canadiens.«Ils ne sont pas parvenus à imposer leurs enjeux comme la lutte contre le terrorisme [et] le fait d\u2019avoir envoyé un gros chèque ne semble pas avoir un impact notoire.Les électeurs n\u2019aiment pas trop ça, se faire acheter», suggère le président de Léger.Les trois principaux partis arrivent pratiquement à égalité en ce qui a trait à leur capacité d\u2019assurer la relance de l\u2019économie canadienne, ajoute-t-il.«On voit qu\u2019il y a beaucoup d\u2019enjeux dans cette campagne-ci, plutôt qu\u2019un seul comme on en voit souvent lors de campagnes plus courtes.C\u2019est peut-être l\u2019un des avantages d\u2019avoir une aussi longue campagne: plusieurs sujets sont abordés», poursuit Jean-Marc Léger.Ce sondage a été mené en ligne auprès de 2095 répondants, dont 987 au Québec, entre le 10 et le 12 août 2015.Aux fins de comparaison, un échantillon probabiliste aurait donné une marge d\u2019erreur de plus ou moins 2,1%, et ce, 19 fois sur 20.Le Devoir Mulcair présente son ministre des Finances HELENE BUZZETTI Correspondante parlementaire à Ottawa Il n\u2019est pas encore élu, et il reste encore 64 jours de campagne électorale au cours desquels bien des choses pourraient changer, mais le chef du NPD fonce.Thomas Mulcair a présenté vendredi un candidat vedette qui, en cas de victoire le 19 octobre, pourrait très bien devenir son ministre des Einances.M.Mulcair n\u2019est pas peu fier de compter sur Andrew Thomson dans la circonscription to-rontoise d\u2019Eglinton-Lawrence.Député néodémocrate de 1995 à 2007 dans les gouvernements saskatchewanais de Roy Romanow et Lome Calvert, M.Thomson a servi comme ministre des Einances en 2006 et 2007.Il a à ce titre déposé deux budgets équilibrés.An- MICHELLE SIU LA PRESSE CANADIENNE Andrew Thomson drew Thomson se présente dans la circonscription de l\u2019actuel ministre des Éinances, Joe Oliver, où il habite désormais.«Les faits sont là: Andrew Thomson a un meilleur bilan économique et a présenté plus de budgets équilibrés que Joe Oliver.C\u2019est aussi simple que ça», di raillé M.Mulcair.M.Oliver a promis un surplus pour cette année, mais la récession qui pointe pourrait compromettre ce léger surplus.Ne reste plus à M.Thomson.qu\u2019à se faire élire.Le NPD n\u2019a jamais remporté la circonscription d\u2019Eglinton-Lawrence depuis sa création, en 1976.En 2011, le NPD y est arrivé bon troisième, avec un peu moins de 12% des voix exprimées.Joe Oliver y avait obtenu 47% des votes.M.Mulcair ne se laisse pas démonter par ces statistiques peu encourageantes.«En 2007, on nous disait qu\u2019Outremont était une forteresse imprenable libérale.Moi j\u2019aime bien quand on me dit que f essaye de prendre une forteresse imprenable.J\u2019aime bien ce genre de défi.» Par ailleurs, M.Mulcair en a profité pour promettre que s\u2019il est élu, il consolidera le poste de directeur parlementaire du budget pour en faire un agent du Parlement à part entière.Pour l\u2019instant, le DPB relève de la Bibliothèque du Parlement.En outre, les ministères fédéraux seraient désormais obligés de collaborer aux enquêtes et études du DPB, ce qui n\u2019est pas le cas à l\u2019heure actuelle.On se rappellera que le DPB n\u2019a jamais été capable d\u2019obtenir une liste complète des programmes ayant été amputés ou abolis dans le cadre du processus de dégraissage de l\u2019appareil fédéral, lancé par les conservateurs et ayant généré des économies de 5,2 milliards de dollars.«La loi leur ordonnera de le faire.Il n\u2019aura pas besoin de se battre en cour comme c\u2019est le cas avec les conservateurs», a justifié M.Mulcair.Le Devoir Duceppe continue de viser Mulcair et le NPD Avec bon espoir de regagner sa circonscription de Laurier-Sainte-Marie, à Montréal, Gilles Duceppe continue d\u2019attaquer le Nouveau Parti démocratique ÇNPD).De passage dans la circonscription qu\u2019il a perdue aux mains d\u2019Hélène Laverdière du NPD en 2011, le chef du Bloc québécois a indiqué qu\u2019il consacrerait dans la circonscription au moins une journée par semaine, tout au long de la campagne électorale.Il y passera aussi le week-end.«Je considère que c\u2019est ma circonscription», a-t-il lâché.Il avait auparavant représenté cette circonscription à Ottawa depuis 1990.«Je suis plutôt optimiste de la reprendre, a-t-il ajouté, en Je pense que ça n\u2019aurait pas été un bon signal de me présenter ailleurs.Je veux revenir quelque part où je connais les gens et où les gens me connaissent bien.» En conférence de presse aux Tours Erontenac, M.Duceppe a continué de viser le chef néodémocrate, Thomas Mulcair, et son parti, mentionnant notamment ce qu\u2019il considère comme un manque de cohérence.«M.Mulcair, qui est un fédéraliste, il a voté pour [le premier ministre du Québec] M.Couillard.Il est contre l\u2019austérité de M.Harper, mais pour l\u2019austérité de M.Couillard.» «Il ne faut pas jouer sur les deux tableaux», a-t-il ajouté.Sur le même ton, il a affirmé que le Bloc avait été le premier parti à proposer de créer un poste de directeur parlementaire du budget à Ottawa.La Presse canadienne a Nos anciens combattants, nos soldats \u2014 des gens qui ont risqué leur vie pour nous \u2014 méritent notre soutien)} La chef du Parti vert, Elizabeth May, qui réclame un meilleur traitement pour les anciens combattants et les membres de la Gendarmerie royale du Canada blessés dans l\u2019exercice de leurs fonctions PROCES DUFFY Harper défend son bras droit MARIE VASTEL Correspondante parlementaire à Ottawa Devant la centaine de courriels démontrant que Nigel Wright avait partagé son stratagème avec quelques collègues, Stephen Harper a été obligé d\u2019ajuster son discours vendredi.C\u2019est maintenant la «vaste majorité» de son bureau qui ne savait rien.Quant à son bras droit, qui faisait partie de ceux qui ont été avertis, M.Harper refuse de lui imputer une part de responsabilité.Le chef conservateur a été contraint de commenter le procès de son ancien sénateur vedette pour une deuxième journée consécutive, alors que son ex-chef de cabinet poursuivait son témoignage en Cour.«Ce sont les gestes de M.Duffy et M.Wright, a réitéré une fois de plus Stephen Harper.Vous tenez les gens responsables de leurs propres gestes.Vous ne tenez certainement pas les subalternes responsables des gestes de leurs supérieurs», a-t-il argué pour défendre son nouveau chef de cabinet, Ray Novak, qui a remplacé M.Wright en 2013 et qui fait aujourd\u2019hui campagne avec le chef conservateur.Des courriels déposés en Cour jeudi ont révélé que M.Novak avait reçu, avec l\u2019avocat du premier ministre Benjamin Perrin, un courriel de M.Wright qui parlait de «mon chèque».L\u2019équipe conservatrice nie que M.Novak ait été ainsi mis au courant du fait que M.Wright serait celui qui rembourserait la dette de 90 000$ de M.Duffy au Sénat.M.Novak n\u2019aurait pas lu le courriel en question.Il est cependant joint à des dizaines d\u2019autres messages.M.Wright lui a en outre transmis la «stratégie en jeu » \u2014 laquelle prévoyait au départ que le Parti conservateur paie pour M.Duffy.M.Novak a aussi participé à une conférence téléphonique avec M.Wright, M.Perrin et l\u2019avocate de M.Duffy.La campagne conservatrice affirme qu\u2019il a raccroché avant que l\u2019entente ne soit discutée.Stephen Harper a toujours maintenu avoir appris que M.Duffy n\u2019avait pas pigé dans ses propres fonds quand l\u2019affaire a été révélée en mai 2013.M.Wright avait pris seul sa décision.«Elle ne m\u2019a pas été communiquée, pas plus qu\u2019à des membres de mon bureau», disait-il aux Communes en juin 2013.Le discours a quelque peu changé, vendredi.M.Harper a réitéré qu\u2019il ne savait rien mais cette fois-ci, il a fait valoir que «la vaste majorité» de son bureau croyait que le sénateur avait lui-même remboursé.L\u2019effet Ray Novak sur la campagne conservatrice a paru plaire à Mike Duffy.A son arrivée au palais de justice, il était tout sourire, répondant même pour la première fois aux journalistes, qui avaient remarqué son changement d\u2019humeur.« Je suis toujours de bonne humeur», a-t-il lancé.Son avocat Donald Bayne a ADRIAN WYLD LA PRESSE CANADIENNE Ray Novak (notre photo) a remplacé Nigel Wright en 2013 et fait aujourd\u2019hui campagne avec le chef conservateur.passé un bon moment à discuter du rôle de Ray Novak, de sa proximité avec le premier ministre et de sa participation aux pourparlers entre M.Wright et ses collègues pour contenir l\u2019affaire Duffy.M.Novak était une «voie de communication directe» vers le premier ministre.Peut-être même était-il joint aux courriels afin d\u2019offrir une «possibilité plausible de nier» que le premier ministre était impliqué, a insinué M® Bayne.«Non», a rapidement rétorqué Nigel Wright, visiblement mécontent de cette allégation.Le Sénat n^écoutait pas Les tractations ne se sont pas limitées au bureau de M.Harper.Nigel Wright et ses collègues ont également fait pression sur le Sénat, pour qu\u2019il accepte d\u2019épargner Mike Duffy.Quand la Chambre haute a annoncé publiquement qu\u2019elle reverrait les critères de résidence principale pour éviter d\u2019autres problèmes de dépenses de sénateurs, M.Wright s\u2019est fâché, craignant que cela n\u2019apeure M.Duffy et que l\u2019entente tombe à l\u2019eau.«Remerciez SVP le bureau de la sénatrice [Marjory] LeBreton de rendre tout cela plus difficile», a écrit M.Wright au sujet de la leader conservatrice au Sénat.Il aurait ensuite ordonné à ses collègues d\u2019exiger que les sénateurs consultent son bureau avant de prendre toute autre décision.«J\u2019ai demandé au bureau [de la sénatrice LeBreton] de se coordonner avec nous et de nous demander le feu vert avant d\u2019agir, oui», a-t-il admis en Cour.Il fallait mettre un terme au «supplice de la goutte», «stopper l\u2019hémorragie» dont M.Wright s\u2019inquiétait dans ses courriels.Quant aux nouvelles règles de résidence qui seraient instaurées par un comité sénatorial, celui-ci devrait s\u2019assurer que «tous nos sénateurs soient du bon côté de la ligne», a réclamé M.Wright dans un autre message.Il sera de retour en Cour lundi.M® Bayne reprendra son contre-interrogatoire, qui pourrait s\u2019étirer jusqu\u2019à mercredi.Le Devoir (jos&ey - .JSoi&ette' tenons^ en^ ùw\u20acntm/*e^ q^encTm, a/ôum&^de^pÂoùM^ ciitic/es^ Imrexiw, sceauæ, w cacAeter^.44ô, ru&St^TuJ^ice^, JVæitæ^yffontreal A/eie^Aofi& ôi4 ^46-4ÿ^0 câùâmdùoiù oyidredùd& 70d 00 o/ 7dd 00 Tey sum£d^ eO dmzoficÂey d& 70 d 00 o/ 7ddSO A 4 LE DEVOIR, LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 AOUT 2015 A 5 LA BATAILLE DE LIAU fw-.i Hamnett Hill, capitaine du redoutable Defiance, voilier de marque Marten 49.L\u2019effigie du Defiance ne manquait jamais de se faire remarquer.L\u2019intensité est à son comble au moment de contourner une marque (bouée rouge) sur le parcours de la course.JUr-^v' il R\\t.Hj\\Rn MVV.V,t Lorsque le vent souffle depuis l\u2019arriere du navire, on hisse le spinnaker afin de profiter d\u2019une propulsion optimale.Ruse et présence d\u2019esprit sont au coeur des compétitions de voile en raison des décisions cruciales qu\u2019elles nécessitent de prendre en une fraction de seconde Plus de 1000 marins du monde entier se retrouvent chaque année à St-Barthélemy, dans les Antilles, pour quatre jours de régates avec certains des plus grands noms La BVI Spring Regatta est une régate conviviale dont les parcours variés permettent d\u2019apprécier la beauté des nombreuses îles Vierges britanniques TEXTE ET PHOTOS :ANNIK MH DE CARUEEL Tension à bord Une course de vitesse entre plusieurs bateaux, sur un parcours fermé, dans les Caraïbes « Q uatre minutes.» Le rappel provient du haut-parleur du bateau comité, là où se retrouvent les officiels qui donnent le signal du départ et que nous devrons dépasser dès qïï^ledit signal sera donné.La dizaine de voiliers rivaux exécute des va-et-vient peipendi-culairement à cette ligne de départ imaginaire, délimitée d\u2019un côté par une bouée, et de l\u2019autre par le bateau comité qui a jeté l\u2019ancre.La tension est à son comble.Paradoxalement, tout semble si calme au large, dans ce coin paradisiaque que sont les Caraïbes.Pas de bruits de moteur assourdissants, pas de cris d\u2019une foule de spectateurs en délire ; que les ordres du skipper, le capitaine, aux membres de son équipage, qui s\u2019exécutent efficacement et à l\u2019unisson.«Dix secondes!», nous informe le tacticien à bord.Nous amorçons le dernier virage et filons droit devant poru traverser la ligne de départ.Le coup de klaxon retentit efi ça y esL nous nous élançons, à pleine voile.La coruse est commencée.La maîtrise de soi Une régate est une course de vitesse entre plusieurs bateaux, sur un parcours fermé.Le matin de la course, le parcours est affiché, ainsi que la liste des voiliers qui seront de la flotte (embarcations de même classe prenant le même départ).Des systèmes de handicap permettent à des bateaux de tailles différentes de courir ensemble sur une base quasi équitable.Pendant que l\u2019équipage s\u2019affaire aux derniers préparatifs, le tacticien analyse le trajet, vérifie les obstacles géographiques, la météo, les vents, les courants, etc., afin de déterminer la stratégie de course, qu\u2019il communique ensuite à l\u2019équipe.Ruse et présence d\u2019esprit sont au cœru des compétitions de voile en raison des décisions cruciales qu\u2019elles nécessitent de prendre en une fraction de seconde.L\u2019esprit d\u2019équipe est essentiel, au même titre qu\u2019une préparation rigorueuse.L\u2019imprévu est un acteur principal dans cette bataille nautique : grande voile colorée \u2014 le spinnaker \u2014 qui se déchire, orages et pluie aveuglante, collision avec une autre embarcation à éviter, le bateau qui bascule au point de voir le mât submergé.Toutes ces situations critiques survenant en pleine course mettent à l\u2019épreuve la vivacité d\u2019esprit et la maîtrise de soi de chacun.La splendeur du spectacle Malgré un niveau de concentration maximal, chaque participant ne peut que s\u2019émerveiller devant la splendeur du spectacle.Lors de la BVI Spring Regatta, aux îles Vierges britanniques, les voiliers effectuent leur course contre la montre à travers la multitude de petites îles.Aux Voiles de Salnt-Barth, on tombe sous le charme de cette île très jet-set qui attire tant les plus beaux voiliers du monde que les mégayachts des stars holljwoodlennes.Une fols le fil d\u2019arrivée passé, la satisfaction d\u2019un devoir accompli nous habite.Et reste une multitude d\u2019images d\u2019une grande beauté.Le Devoir \\ Chaque seconde compte.C\u2019est pourquoi tout l\u2019equipage se met a contribution pour ranger ie pins rapidement possibie ie spinnaker, cette voiie majestueuse iorsque depioyee, et etre prêt pour ia prochaine manœuvre. A 6 LE DEVOIR, LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 AOUT 2015 ACTUALITES 'T(r MICHAEL MONNIER LE DEVOIR Ce n\u2019est pas la première fois que l\u2019idée de mettre sur pied une organisation unique pour l\u2019industrie du taxi est mise de l\u2019avant.Une association professionnelle : la solution pour l\u2019industrie du taxi ?FLORENCE SARA G.FERRARIS La modernisation de l\u2019industrie du taxi doit passer par la création d\u2019une association professionnelle à adhésion obligatoire pour les chauffeurs et propriétaires de taxi de l\u2019ensemble du territoire québécois.C\u2019est ce que propose, entre autres, le Regroupement des travailleurs autonomes métallos (RTAM) dans un mémoire déposé vendredi au ministre des Transports, Robert Poeti, dans le cadre de la consultation sur l\u2019industrie du transport du taxi entamée le 8 juillet dernier.Plus encore, le RTAM, qui représente environ 4000 personnes issues de l\u2019industrie sur les quelque 22 000 chauffeurs et propriétaires du Québec, demande au ministre de lui donner la responsabilité de mettre sur pied cette nouvelle association professionnelle.«Nous croyons être l\u2019organisation la mieux placée, en raison de nos moyens et de notre expérience, pour aider et soutenir l\u2019ensemble des acteurs de l\u2019industrie au Québec», a déclaré Benoit Jugand, porte-parole du RTAM, en point de prqsse vendredi.A cet effet, des dispositions légales existent déjà dans la Loi concernant les services de transport par taxi mis en place en 2001.«Nous voulons créer ce chaînon manquant pour que l\u2019encadrement de l\u2019industrie soit complet», a ajouté M.Jugand.La création d\u2019une association professionnelle permettrait, selon le RTAM, une meilleure représentation des chauffeurs et propriétaires auprès des instances gouvernementales, en plus de reconnaître leur travail à titre «de professionnel et non plus d\u2019artisans».Une telle organisation pourrait aussi aider à une meilleure cohésion au sein d\u2019une industrie éclatée qui a, bien souvent, du mal à se faire entendre d\u2019une seule voix.Plus tôt cet été, le Regroupement des intermédiaires en taxi de Québec (RITQ) a réclamé, lui aussi, la création d\u2019une telle association.Le RITQ a toutefois indiqué au Devoir qu\u2019il ne commenterait pas avant ce dimanche les recommandations du RTAM.Association ou ordre ?Si l\u2019idée de créer une association professionnelle pour assurer la gestion de cette importante industrie en séduit plusieurs, de nombreux questionnements demeurent, concernant le financement d\u2019un tel organisme par exemple.Pour sa part, le Regroupement des propriétaires de taxi de Montréal demande plutôt la création d\u2019un ordre professionnel indépendant.«La dernière chose dont nous avons besoin, c\u2019est d\u2019une autre organisation qui va venir chercher de l\u2019argent dans l\u2019industrie du taxi», lance Max-Louis Rosalbert, président de ce regroupement montréalais.Ce n\u2019est pas la première fois que l\u2019idée de mettre sur pied une organisation unique est mise de l\u2019avant En 2000, l\u2019ex-mi-nistre des Transports Guy Chevrette avait annoncé la création de l\u2019i^sociation professionnelle des chauffeurs de taxi du Québec pour remplacer les 57 ligues de taxi qui existaient à l\u2019époque.L\u2019expérience avait rapidement échoué, d\u2019importantes dissensions ayant divisé les différents acteurs impliqués.Des tentatives de syndicalisation ont également émergé au cours des dernières décennies, dont une particulièrement violente menée par le Mouvement de libération du taxi à l\u2019aube des années 1970.«Réussir à accorder tout le monde, c\u2019est le grand défi, concède M.Jugand.Mais la volonté est là, nous avons déjà des appuis.» Notons, entre autres, les représentants de l\u2019Association haïtienne des travailleurs du taxi qui ont déjà joint leur voix à celle du RTAM.Tarification unique Le RTAM, qui représente environ 3000 chauffeurs et propriétaires de taxi, recommande également au gouvernement de réévaluer le principe de tarification unique.Cela permettrait de favoriser l\u2019implantation d\u2019un transport rural reposant sur le taxi qui pourrait pallier la réduction du service de transport interurbain dans certaines régions.A l\u2019heure actuelle, c\u2019est la Commission des transports du Québec qui est responsable d\u2019établir les tarifs qui sont les mêmes que l\u2019on soit à Montréal ou à Chibougameau.«L\u2019industrie du taxi ne se limite pas [aux grands centres urbains] , soulève M.Jugand.La réalité n\u2019est pas la même partout et cette tarification unique empêche l\u2019industrie de se développer dans certains secteurs du Québec.» Dix-sept résolutions Le mémoire déposé par le RTAM vendredi comprend 17 recommandations.Parmi elles, on retrouve la mise en place d\u2019un code de conduite et d\u2019un comité de discipline pour l\u2019ensemble de l\u2019industrie québécoise, l\u2019établissement d\u2019un Programme d\u2019évaluation des véhicules de taxi, des modifications au contenu pédagogique actuellement dispensé et l\u2019implantation d\u2019un module d\u2019enregistrement des ventes relié à une application mobile unique pour le Québec en entier.Le cabinet du ministre Poeti a fait savoir qu\u2019il ne commenterait pas les recommandations du RTAM vendredi.Les acteurs de l\u2019industrie avaient jusqu\u2019à vendredi soir, 23 h 59, pour déposer un mémoire.Le Devoir PIPELINE Québec va tenir compte du rapport ontarien très critique sur Énergie Est LIA LEVESQUE Le gouvernement du Québec va tenir compte du rapport de la Commission de l\u2019énergje de l\u2019Ontario sur le projet Energie Est de Trans-Canada, dévoilé jeudi, qui se montre très critique à l\u2019endroit du projet d\u2019oléoduc.Ce rapport conclut que le projet Energie Est comporte plus de risques environnementaux et économiques que de bénéfices pour les Ontariens et qu\u2019en plus, il ferait augmenter le prix du gaz naturel dans cette province.Interrogé à ce sujet vendredi, alors qu\u2019il participait à une conférence de presse sur un autre thème, le ministre du Développement durable et de l\u2019Environnement, David Heurtel, a indiqué que bien que le Québec comptait faire sa propre analyse du projet, il ne pouvait faire autrement que de tenir compte du rapport ontarien très critique sur le même projet « C\u2019est sûr qu\u2019on va prendre en considération le rapport ontarien, mais le rapport ontarien s\u2019est penché sur la réalité ontarienne.C\u2019est sûr qu\u2019il va être pris en considération; c\u2019est sûr que le Québec va prendre en considération cette analyse et toutes les analyses qui sont faites par rapport à ce projet.C\u2019est une analyse importante et c\u2019est une analyse sérieuse», a commenté le ministre Heurtel en entrevue.«Il faut qu\u2019il y ait une démonstration des avantages économiques du projet.Là, ce qu\u2019on voit avec le rapport du côté ontarien, c\u2019est que cette dé-monstration-là n\u2019est pas véritablement faite et que quand on regarde du côté d\u2019une analyse coûts-bénéfices, selon ce rapport, c\u2019est boiteux», a souligné le ministre de l\u2019Environnement Situations différentes Néanmoins, Québec va prendre le temps de faire sa propre analyse du projet d\u2019oléoduc sur les plans environnemental, économique et de la sécurité des personnes.«Et il va falloir que TransCanada fasse la démonstration que c\u2019est un bon projet pour le Québec.Et si ça ne l\u2019est pas, et bien on ne pourra pas aller de l\u2019avant», a prévenu le ministre Heurtel Interrogé après la même conférence de presse, le ministre de l\u2019Energie et des Ressources naturelles, Pierre Ar- cand, a toutefois soutenu que la situation était différente au Québec et en Ontario puisque au Québec, il s\u2019agirait d\u2019un oléoduc neuf, à construire, alors qu\u2019en Ontario, il s\u2019agirait d\u2019une conversion d\u2019un réseau existant En Ontario, «ce sont des pipelines qui existent déjà, donc l\u2019élément de sécurité est plus important, parce que les pipelines sont là et ont un certain âge, d\u2019une part.D\u2019autre part, au Québec, dans le cas d\u2019Ener-gie Est, je pense que la problématique est plus par rapport au tracé, au départ, plutôt qu\u2019au pipeline, parce que le pipeline va être neuf La situation est un peu différente», a objecté le ministre Arcand.Il a rappelé que Québec ne disposait toujours pas du projet find de TransCanada.De plus, une inconnue demeure : l\u2019entente qui devra être conclue entre TransCanada et le distributeur québécois Gaz Métro.«Moi, je ne vois pas comment on pourrait dans ce dossier-là favoriser Energie Est s\u2019il n\u2019y a pas à tout le moins, au départ, une entente entre Gaz Métro et TransCanada sur ces questions-là.Je pense que cette entente-là m\u2019apparaît très importante ac- tuellement, avant même qu\u2019on puisse discuter du reste.Le Québec aura une position qui est basée sur cette condition», a averti le ministre Arcand.Quant au directeur pripcipal du groupe écologiste Equi-terre, Steven Guilbeault, il s\u2019est dit encouragé de voir que la commission ontarienne aussi se soit inquiétée des répercussions sur les rivières, les lacs et l\u2019eau potable, en plus des questions économiques, comme les retombées, les emplois et le prix du gaz naturel Selon M.Guilbeault, le rapport très critique de la Commission de l\u2019énergie de l\u2019Qntario démontre que le projet Energie Est est rendu à bout de souffle.«La Commission de l\u2019énergie de l\u2019Ontario dit: \u201cpour l\u2019Ontario, ce projet-là, ce n\u2019est pas bon du point de vue économique; ce n\u2019est pas bon du point de vue social; ce n\u2019est pas bon d\u2019un point de vue environnemental.Et ça fait augmenter le prix du gaz.\u201d Et ce qui est vrai pour l\u2019Ontario l\u2019est tout autant pour le Québec.Alors moi, je pense qu\u2019on assiste aux derniers miles du projet Energie Est», a opiné M.Guilbeault La Presse canadienne Québec veut plus de véhicules électriques LIA LEVESQUE Dans un but commun de promouvoir l\u2019utilisation de la voiture électrique, le groupe écologiste Equiterre et le gouvernement du Québec invitent les citoyens à venir essayer, et adopter, la voiture électrique.Les «Rendez-vous branchés» se tiendront d\u2019abord à Magog le 12 septembre, puis se déplaceront à Lévis le 19, en matinée, à Victoriaville le 19, en après-midi, puis dans l\u2019arrondissement de Rivière-des-Prairies, à Montréal, le 23 septembre.Deux ministres, Pierre Arcand (Energie et des Ressources naturelles) et David Heurtel (Développement durable et l\u2019Environnement) ont tenu une conférence de presse en compagnie du directeur principal d\u2019Equiterre, Steven Guilbeault, vendredi à Montréal, pour en faire l\u2019annonce.Québec annonçait du même souffle sa contribution de 90 000$ à ces Rendez-vous branchés.Québec veut voir plus de voitures,électriques sur les routes.A l\u2019heure actuelle, 7000 de ces véhicules circulent sur les routes du Québec, a précisé le ministre Arcand.«Il y a toujours eu un critère de sécurité: les gens ont peur de circuler et de ne pas avoir les bornes nécessaires.Mais déjà, on a des bornes électriques sur la 40; on va en avoir sur la 20; on en a dans la région de Québec; on en a à Montréal de plus en plus, dans les banlieues de Montréal.Donc, cet élément-là commence à être de plus en plus positif»,,a.fait valoir le ministre de l\u2019Energie.M.Guilbeault, d\u2019Equiterre, a précisé qu\u2019il y avait présentement plus de 400 bornes publiques dans l\u2019ensemble du Québec.Dans le cadre de ces Rendez-vous branchés, les gens seront invités à venir essayer des véhicules électriques et des spécialistes y donneront des explications, voire des arguments pour convaincre les gens qu\u2019il s\u2019agit là d\u2019un achat pertinent, sensé, économique et écologique.M.Guilbeault a tenu à réfuter certains mythes concernant la voiture électrique, notamment celui voulant qu\u2019elle soit plus coûteuse qu\u2019un véhicule à essence.Or, selon lui, en trois ans, les coûts supplémentaires à l\u2019achat du véhicule électrique sont récupérés par les différentes économies, notamment en carburant.«On peut faire beaucoup plus et nous sommes en train de le faire.On n\u2019a qu\u2019à regarder en Norvège \u2014 un pays qui nous ressemble \u2014, oû près d\u2019un nouveau véhicule sur huit qui est vendu est un véhicule électrique.Et la Norvège n\u2019est pas une destination soleil bien connue! Alors si on peut le faire en Norvège, il n\u2019y a pas de raison que nous aussi, nous ne puissions pas augmenter de façon très, très, très importante la pénétration de ces véhicules-là ici aussi», a plaidé M.Guilbeault Par ailleurs, le ministre Arcand a indiqué que son collègue des Transports, Robert Poeti, allait déposer une politique d\u2019électrification des transports «au cours des prochaines semaines».La Presse canadienne JACQUES NADEAU LE DEVOIR A l\u2019heure actuelle, 7000 véhicules électriques circulent sur les routes du Québec.DENEIGEMENT L\u2019administration Coderre promet des améliorations PHILIPPE ORFALI Le déneigement des rues de la métropole sera plus efficace dès cet hiver promet Denis Coderre, qui dévoilait vendredi la première politique de déneigement à s\u2019appliquer à l\u2019ensemble du territoire de la ville.Peu importe leur lieu de résidence, les Montréalais pourront désormais bénéficier de services de déneigement égaux à ceux de leurs concitoyens des autres arrondissements, selon le maire.Chacun des 19 arrondissements de la métropole devra désormais appliquer les mêmes lignes directrices pour le déblaiement, l\u2019épandage d\u2019abrasifs et de fondants et l\u2019enlèvement de la neige.L\u2019administration centrale s\u2019arroge au passage de nouveaux pouvoirs : c\u2019est la ville centre qui déclenchera les opérations de déneigement, et les arrondissements disposeront d\u2019un maximum de 12 heures pour donner suite à ces ordres, a expliqué Denis Coderre, à l\u2019hôtel de ville.Les arrondissements devront avoir complété le déneigement des artères principales dans les 36 heures suivant cet avis.Les rues secondaires \u2014 collectrices, commerciales locales et les circuits réguliers d\u2019autobus \u2014 devront quant à elle être L\u2019administration centrale s\u2019arroge de nouveaux pouvoirs: c\u2019est la ville centre qui déclenchera les opérations de déneigement déneigées en seconde priorité, alors que les rues locales et les secteurs industriels seront nettoyés dans un troisième temps.L\u2019ensemble du déneigement de 2® et 3® catégories devra être complété dans les 96 heures, a indiqué Denis Coderre.«En adoptant la Politique de déneigement, nous posons un geste concret pour harmoniser et rendre plus performantes nos futures opérations de déneigement.Montréal retrouvera ses lettres de noblesse à titre de ville nordique capable de rebondir rapidement après la tempête», a affirmé M.Coderre.Tous les trottoirs, qu\u2019ils soient situés dans des rues de priorité 1, 2 ou 3, seront déblayés dès que l\u2019accumulation de neige au sol aura atteint 2,5 cm.Le déblaiement des rues de priorité 1 et 2 commencera lorsque l\u2019accumulation au sol atteint 2,5cm, tandis que pour les rues de priorité 3, l\u2019accumulation au sol devra atteindre 5 cm pour justifier le lancement des travaux.Si un arrondissement n\u2019obéit pas aux ordres de déneiger, il pourrait se faire retirer des crédits équivalant à 2% du transfert d\u2019argent de son budget de déneigement.Le Devoir LE DEVOIR, LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 AOUT 2015 A 7 ACTUALITES ECLATS DE LUMIERE (8) L\u2019homme qui peignait la lumière La lumière est au cœur de ce qui fait de nous des humains.Elle est un phénomène physique, mais aussi une construction culturelle.A Toccasion de cette année 2015, décrétée celle de la lumière par l\u2019ONU, plongez dans une série d\u2019articles sur divers états de la lumière.Dernier de huit textes.MONIQUE DURAND Comment clore une série d\u2019articles sur la lumière sans penser à cet homme qui la fut un peu à lui tout seul et qui chercha toute sa vie, toute sa longue vie, à la peindre sur des toiles?Il est des êtres qui sont des paysages.Fernand Leduc était un paysage de lumière.La lumière, il avait d\u2019abord cru la trouver comme séminariste chez les Frères maristes, lui, né en 1916 dans un Québec étouffant où les feux nouveaux du manifeste Refus global et de la Révolution tranquille allaient s\u2019allumer bientôt seulement.Mais ce n\u2019est pas de cette lumière-là qu\u2019il était assoiffé.Un jour de 1941, il eut la révélation de celle qu\u2019il cherchait: auprès du peintre Paul-Emile Borduas, qui devint pour Leduc un maître à peindre et à penser.Une autre lumière entra aussi, presque au même moment, dans son existence: la poète Thérèse Renaud, qui restera sa compagne jusqu\u2019à la fin.Il lui survivra de quelques années.Sa quête d\u2019artiste ne lui laissa jamais de répit.La peinture, pour lui, était histoire de lumière et, disait-il, «de résolution de problèmes picturaux».Comment rendre avec pinceaux et couleurs cette onde électromagnétique appelée lumière, dont une partie seulement est visible à nos yeux, qui nous constitue dans le temps et dans l\u2019espace ?Comment verser sur une toile le cœur vibrant de ce qui fait de nous des humains ?Celui qui avait vu le jour à Viauville, dans l\u2019est de Montréal, près du port où son père travaillait pour la Vickers, voulait peindre la lumière comme d\u2019autres auraient voulu peindre le vent.Patience, acharnement à trouver, fidélité à soi, tel fut son parcours.La peinture était pour lui une véritable mystique, une mystique athée, une sorte de dévotion pour l\u2019art abstrait qu\u2019il pratiquait avec une exigence quotidienne, mû par ce qu\u2019il décrivait comme une «nécessité intérieure».Les lieux Il avait habité différentes lumières, devenant un peu chacune d\u2019elles par osmose.île de Ré, au large de La Rochelle.Sa main devient alors le mouvement de la mer répercuté sur des tableaux qui se parent de bleu.Chartres, dans la Beauce française.Sa main se voile et devient vaporeuse comme la lumière qui nimbe l\u2019immense cathédrale.Le couple Leduc-Renaud y habita pendant quelques années, raide pauvre.L\u2019essentiel était ailleurs.Casano, en Toscane.L\u2019homme habite un vieux pressoir à olives qu\u2019il avait transfiguré de ses mains en une sorte d\u2019écrin réverbérant le marbre de Carrare, à deux pas.Sa main, en Italie, devient une explosion de couleurs vives, une fulgurance.Paris, Ville lumière.Il y vécut longtemps, place de la Bastille.Chaque jour, il prenait une petite bastille en quelque sorte, combattant la matière, la pliant à sa recherche et à sa vision, mûrissant avec elle, superposant des dizaines de minces couches pigmentées pour donner une forme à la lumière.Ce furent ses Micro-chromies, ses plus ultimes explorations de peintre, les derniers états de son travail.Il me demanda un jour quelle différence je faisais entre quatre toiles de couleur jaune alignées devant moi, dans son atelier de la Bastille.Je dus lui avouer qu\u2019elles m\u2019apparaissaient plus ou moins les mêmes.J\u2019avais besoin d\u2019entraînement, dis-je, un peu confuse, à mon interlocuteur.«Ça viendra» y avait-il fait, taquin.«Sa peinture ne se livre pas facilement.On croit d\u2019abord être devant des toiles d\u2019une seule couleur y écrivait le critique d\u2019art René Viau dans Le Devoiry en 2007.Une fois notre regard happéy poursuivait-il, l\u2019œil décèle sur la toile ou la feuille des mouvements à peine perceptibles au début.Des pulsions, des variations de tons se font jour sur une surface que JACQUES GRENIER LE DEVOIR La peinture était pour Fernand Leduc une véritable mystique, une mystique athée, une sorte de dévotion pour Fart abstrait qu\u2019il pratiquait avec une exigence quotidienne.l\u2019on croyait unie.La richesse des nuances, des rapports de couleurs et d\u2019intensités nous saisit.» Les toiles s\u2019appellent et se répondent entre elles, tel l\u2019écho dans la montagne.Le retour Fernand Leduc termina sa vie à Montréal où il rentra après la mort de Thérèse Renaud, en 2006.Le prodigieux fils de la peinture québécoise revenait sur ses terres, après plus de soixante années passées en Europe.Il eut d\u2019abord un atelier montréalais indépendant de sa demeure.A 90 ans passés, il prenait l\u2019autobus, parfois un taxi, pour s\u2019y rendre et en revenir matin et soir.Il aspira bientôt à vivre à côté de ses toiles, comme il l\u2019avait toujours fait auparavant, dans la proximité de leurs éclats.Voilà que le jeune vieil homme de 95 ans emménage dans un appartement face au Mont-Royal.Comme s\u2019il avait encore toute la vie devant lui.Comme KK Trouverai-je un Jour l\u2019une de ces routes obscures qui mènent aux îles de lumière ?}} Le peintre Fernand Leduc en août 1942 dans une lettre à Paul-Émile Borduas si tout recommençait.«L\u2019éternel est au-dedans de nous.C\u2019est cette lumière-là que j\u2019ai tenté de saisir à travers ma peinture», confiait l\u2019artiste au journaliste Jean-Louis Gauthier.Là, face à la montagne, il verra défiler ses dernières saisons dans les vastes fenêtres d\u2019un lieu qui n\u2019était que luminescence.Toute vie rassérénée, pacifiée.En lui-même et sur ses tableaux.«Ses Micro-chromies affichent un climat apaisé, écrivait encore le critique René Viau.Nous sommes loin des explosions picturales déchirant le ciel de la \u201cgrande noirceur\u201d», lesquelles caractérisaient ses tableaux des premières périodes.Sa peau, mince comme du papier, était devenue transparente.On pouvait voir à l\u2019intérieur de lui jusqu\u2019à son cœur, me semblait-il.Il recevait encore quelques amis pour qui il préparait des bouchées et ouvrait une bonne bouteille.On lui offrait des roses, les rose pâle qu\u2019il affectionnait.Elles avaient son teint de vieillard et sa douceur.Jusqu\u2019à la fin, il a refait le monde.Rencontrer cet homme d\u2019alors 96 ans était un bain de Jouvence et son exemple, une inspiration.Il ne pouvait plus lire ni peindre.Il classait ses tableaux, y réparait de menues imperfections liées à leur transport, comme on radoube un bateau qui va prendre la mer.Son souffle s\u2019était accéléré, ses jambes flageolaient.Il vivait seul avec ses lumières, celles brûlant en lui et celles émanant de ses tableaux avec lesquels il faisait corps.«Je vais sécher sur pied, assis dans mon fauteuil, c\u2019en sera fait de moi», avait-il dit.Il était prêt.Il avait gagné le droit à la contemplation lumineuse.«Trouverai-je un jour l\u2019une de ces routes obscures qui mènent aux îles de lumière ?» écrivit-il en aoqt 1942 dans une lettre à Paul-Emile Borduas.Fernand Leduc trouva la route et trouva les îles.Et nous un peu aussi, avec son œuvre.Collaboratrice Le Devoir Congédié?Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Vieux Montréal 514-845-5545 Membre O.P.Q.et R.C.RO.S.S.Psychologue clinicienn Adultes \u2022 Couples 25 ANS d\u2019expérience 514*861 *0630 Vieux-Montréal Abat-jour Illimités LAMPSHADES OBTENEZ de rabais sur TOUS\tde rabais sur TOUS nos abat-jour nos pieds de lampes Présentez ce coupon au moment de l\u2019achat.Excluant les commandes.Aucun ajustement de prix sur les commandes ou achats antérieurs.Valide du 15 août au 30 novembre 2015.\u2022\tPlus de 5,000 abat-jour en magasin.\u2022\tLe plus grand choix au Canada.\u2022\tService de recouvrement sur 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nutritionnels pour une saine alimentation.Pour de plus amples renseignements, visitez notre site Web au www.visezsante.org ou appelez la Fondation des maladies du cœur au 1-888-473-4636 Visez santé\".pour faire vos choix-santé FONDATION DES MALADIES DU COEUR HEART AND STROKE FOUNDATION 1999 A 8 LE DEVOIR LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 AOUT 2015 LE MONDE BRÉSIL Dilma Rousseff, l\u2019heure des comptes Alors que des manifestations sont prévues dimanche dans plus de 200 villes pour exiger sa démission, la présidente du Brésil, ancienne protégée de Lula, tente de mettre fin à son isolement politique.CHANTAL RAYES Correspondante à Sâo Paulo Dilma, dehors!» Les jeunes militants du Mouvement du Brésil libre (MBL) s\u2019époumonent à un carrefour.Au feu rouge, ils déroulent face aux automobilistes une large banderole appelant à manifester, dimanche, pour le départ de la présidente Dilma Rousseff (Parti des travailleurs).«Rendez-vous sur l\u2019avenue Paulista ! Pleure, Petista ! [partisan du PT, ndlr] », scandent les apprentis activistes.Un passant lève le pouce en signe d\u2019assentiment, tandis qu\u2019un homme à moto, lui, fait « non » de la tête.Prévue dans plus de 200 villes, la mobilisation a été convoquée sur les réseaux sociaux par des groupements de droite, tels que le MBL.La gauche, pour sa part, défilera jeudi 20 août pour dénoncer une «offensive putschiste».Récession oblige «Appeler Dilma à démissionner, c\u2019est lui laisser le choix de rester, explique Renan Santos, 31 ans, cheville ouvrière du MBL.Il faut qu\u2019elle soit destituée.Le PT a érigé la corruption en méthode de gouvernement.» Contrairement aux deux défilés précédents, celui-ci est appuyé par la principale formation d\u2019opposition, le Parti de la social-démocratie brésilienne (PSDB, centre droit).En octobre dernier, son président, Aécio Neves, a été battu in extremis par Dilma Rousseff, réélue en principe pour un nouveau mandat de quatre ans.Depuis, la protégée de l\u2019ex-président Lula s\u2019est engluée dans la crise politique la plus grave depuis la destitution (pour corruption) de Fernando Collor, en 1992.Deux partis ont quitté sa majorité, lui infligeant défaite sur défaite au Parlement.« Sa coalition profite de la vulnérabilité du gouvernement pour réclamer plus de budgets en échange de son soutien», déplore le sociologue Wagner Iglecias.Or, récession oblige, la presidenta est contrainte de tenir les cordons de la bourse.Appelé à lui succéder en cas de destitution, son vice-président, Michel Temer, du Parti du mouvement démocratique brésilien (PMDB), semble quant à lui se voir déjà au palais du Planalto, à Brasilia.Face à la crise, «il faut que quelqu\u2019un soit capable de rassembler les Brésiliens», a lâché, le 5 août, Michel Temer, oubliant de citer la chef de l\u2019État.Il a eu beau l\u2019assurer publiquement de son soutien, le mal était fait.«Dilma Rousseff n\u2019est plus en mesure de gouverner, juge le politologue Jorge Zaverucha.Elle a perdu toute crédibilité en mentant à la population pour se faire réélire.» «La rigueur, c\u2019est le programme de mon rival néolibéral», répétait-elle, avant de se résoudre à des mesures qui frappent aujourd\u2019hui de plein fouet son électorat populaire.«Dilma reprend à ces gens ce que Lula leur avait donné en améliorant leurs conditions de vie, résume le politologue Rudâ Ricci.D\u2019où le mécontentement.» A cela s\u2019ajoute le « Petrolào », scandale de corruption à Petrobras, le géant pétrolier national pillé par le PT (dont le trésorier a été arrêté), le PMDB et un troisième parti de la coalition.Des commissions auraient été prélevées sur des contrats surfacturés afin de financer des campagnes électorales.Petrobras estime à 1,5 milliard d\u2019euros les pertes découlant de ces malversations.Avec 8% d\u2019opinions favorables, la Présidente est la plus impopulaire de la série statistique, commencée en 1990.66% des sondés sont favorables à sa destitution.« Impeachment» «C\u2019est sûr», Kely ira à la manif.Sans risque d\u2019être taxée 6!«élite blanche», comme le fait le PT pour disqualifier ses opposants.Kely est manucure.Noire, la trentaine.De ceux que le «miracle» des années Lula a propulsés dans la petite classe moyenne.Elle lâche un long rire amer.Oui, elle a voté Dilma et elle le regrette.«Notre niveau de vie a dégringolé.Dilma doit partir, tout de suite.Sinon, ça ne va pas s\u2019arranger.» Fernando, cadre moyen, lui, n\u2019ira pas sur l\u2019avenue Paulista.«Pour l\u2019instant, il n\u2019y a pas moyen, ce n\u2019est pas possible de destituer Dilma, car elle n\u2019est pas directement en cause dans le Petrolâo»,^ justifie-t-il.Les partisans de Vimpeachment, comme on dit ici (mise en accusation), misent donc désormais sur la Cour des comptes, qui doit statuer sur les «acrobaties comptables» du gouvernement pour camoufler le déficit budgétaire de l\u2019année 2014.Une pratique passible de destitution.Parallèlement, la commission électorale doit déterminer si la campagne de Dilma Rousseff et de Michel Temer, élus sur le même ticket, a reçu des fonds détournés de Petrobras.Auquel cas, tous deux seraient écartés et un nouveau scrutin convoqué.Dilma Rousseff en appelle à son passé de résistante sous la dictature militaire (1964-1985) pour prévenir qu\u2019elle ne se laissera pas faire.«Je ne tomberai pas, a-t-elle martelé.Nul ne m\u2019ôtera la légitimité du vote populaire.» En tout cas, à Brasilia, le vent a tourné.«La semaine EVARISTO SA AGENCE FRANCE-PRESSE Le secrétaire général de la présidence, Miguel Rossetto, et la présidente du Brésil, Dilma Rousseff, discutent durant une rencontre avec les représentants des mouvements sociaux, au palais Planalto, à Brasilia, le 13 août 2015.dernière, /Impeachment avait le vent en poupe, reprend Wagner Iglecias.Aujourd\u2019hui, il semble plus plausible que Dilma reste au pouvoir, mais très affaiblie et contrainte de se plier à un agenda de droite.» Pour tenter de rompre son isolement, elle a dû accepter le plan de relance controversé proposé par le président du Sénat, Renan Calheiros (PMDB).Au menu, des couleuvres à avaler pour la gauche, comme réduire le nombre de ministères et permettre l\u2019activité minière dans les réserves des Indiens.Dans son nouveau rôle de «garant de la stabilité», Calheiros devrait faire barrage à toute tentative de destitution.En échange, dit la rumeur, il aurait obtenu son retrait de la liste des personnalités impliquées dans le Petrolào et dont la mise en examen doit bientôt être requise par le procureur général.En attendant le bus, Miriam, une quinquagénaire, résume le «dilemme» des Brésiliens.«On est déçus par Dilma Rousseff mais en même temps, on se demande de quoi serait fait l\u2019après-Dilma.» Michel Temer?«Son parti, le PMDB, est aussi corrompu que le PT, répond Federico, gérant.Autant laisser Dilma saigner jusqu\u2019à la fin de son mandat, en 2018.» Dans la classe politique, certains appréhendent une convulsion sociale si la gauche de- vait chuter.Les mouvements de la société civile sont encore nombreux à soutenir le PT.Le ton a également changé dans la grande presse, férocement opposée au parti de Lula.Dans un récent éditorial, le journal O Globo a défendu la «stabilité institutionnelle».«En paralysant l\u2019exécutif la crise politique aggrave la crise économique», met en garde le grand quotidien de Rio.Porte-parole de la droite, l\u2019hebdomadaire Veja va plus loin.Son principal éditorialiste, Roberto Pompeu de Toledo, cite, entre autres «raisons contre /\u2019impeachment, [.] l\u2019absence de toute initiative visant à assurer une transition en bon ordre, comme ce fut le cas après le départ de Collor».«On n\u2019écarte pas un président parce qu\u2019il est mauvais ou qu\u2019on ne l\u2019aime pas», ajoute Toledo.Pire, estime-il en substance, la chute de Dilma pourrait faire du PT une victime, ouvrant la voie à son retour au pouvoir.Entendre : celui de Lula, spectre de l\u2019opposition.«Tout dépendra de l\u2019ampleur des manifestations, estime pour sa part le politologue Rudâ Ricci.Si elles sont massives, il n\u2019est pas exclu qu\u2019un départ de Dilma soit remis à l\u2019ordre du jour, sous la pression de la rue.» Libération nr^aiyiiiH FABRIQUÉ AU QUÉBEC SiUjB MIESiUlBE QonsLeJl^ eji dë:corati6n cpratuits ESTIMATION GRATUITE Cæ: 1 855 770-8677 BOIS ^ -SOLAIRES ISiATUREir VOILAGE ?RABAIS OU \u2022 PANNEAUX COULISSANTS \u2022 PERSIENNES \u2022 STORES VERTICAUX \u2022 STORES MOTORISÉS \u2022 STORES DE VERRIÈRES \u2022 STORES ROMAINS INSTALLATION GRATUITE MONTRÉAL 514 231 8677 LAVAL\t450\t627\t3716 LONGUEUIL 450 445 9829 REPENTIGNY 1 855 770 8677 TERREBONNE 1 855 770 8677 ST-SAUVEUR 1 855 770 8677 BROMONT 1 855 770 8677 - TROIS-RIV.\t819 696 8677 L\u2019Artisan du Store Claude Bouchard Drummondville, Ste-Hyacirrthe, Belœil, St-Bruno de Montarville, Chambly, Candiac, Berthierville, Berthierville, Joliette, Deschambault, Boisbriand, Saint-Jérome, Sainte-Agathe,\tQUÉBEC\t418 654 8677 \u2022 ® Formule virtuelle et version PDF Édition tablette Accès à 100 % du\t25 articles gratuits par chaque jour\tcontenu du site Web\tmois dans les archives Enseignants et enseignantes, jusqu\u2019au 15 septembre, abonnez gratuitement vos étudiants au Devoir numérique pour une durée de 15 semaines.Inscrivez-vous dès maintenant au www.ledevoir.com/classe irnfffvjfmrmü LE DEVOIR, LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 AOUT 2015 A 9 LE MOIDE La Turquie érige un mur pour se protéger d\u2019EI Istanbul \u2014 L\u2019armée turque érige un mur le long de la frontière avec la Sju\u2019ie pour se protéger après la multiplication des attaques dans le sud du pays, selon des informations de presse publiées vendredi.Un épais mur en béton de trois mètres de haut sur 7 kilomètres de long: le rempart dressé à Reyhanli dans la région d\u2019Hatay (sud), et voué à être élargi, doit empêcher toqte intrusion de djihadistes de l\u2019organisation Etat islamique (El) sur le territoire turc depuis la ville syrienne d\u2019Alep, située à quelques kilomètres, a indiqué l\u2019agence progouvernementale Anatolie.Par ailleurs, plus de 360 km de tranchées ont été creusés, de la terre amoncelée sur 70 km pour freiner l\u2019avancée des djihadistes et 145 km de barbelés ont été renouvelés, a précisé l\u2019agence Anatolie.La région d\u2019Hatay est un des lieux de passage pour les quelque 1,8 million de Syriens qui ont fui les violences dans leur pays et trouvé refuge en Turquie depuis le début du conflit il y a 4 ans.La province a également été le lieu d\u2019un attentat à la voiture piégée en mai 2013 qui a causé la mort de 52 personnes.La Turquie avait imputé cette attaque à un groupuscule clandestin d\u2019extrême gauche turc lié, selon ses responsables, aux services de renseignement du régime du président sju\u2019ien Bachar al-Assad, ce que ce dernier a démenti.Plus récemment, un attentat suicide survenu le 20 juillet à Suruç (sud), et attribué à El, a causé la mort de 33 jeunes partisans de la cause kurde, un bilan revu à la hausse vendredi après le décès à l\u2019hôpital d\u2019une des victimes.Accusant le gouvernement de ne pas avoir suffisamment protégé les Kurdes, les combattants du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) ont rompu un cessez-le-feu en vigueur depuis 2013 avec Ankara et repris les armes.La Turquie a riposté le 24 juillet en lançant une «guerre contre le terrorisme» qui vise simultanément le PKK et les combattants d\u2019El, le long de sa frontière avec la Sju\u2019ie et l\u2019Irak.Les autorités turques, accusées à de nombreuses reprises de complaisance à l\u2019égard de l\u2019organisation de El, ont procédé à de nombreuses arrestations ces dernières semaines.Agence France-Presse LOUISA GOULIAMAKI AGENCE ERANCE-PRESSE Des réfugiés s\u2019apprêtent à monter à bord de VEleftherios Venizelos arrivé, vendredi, dans le port de Kos.GRÈCE Un traversier pour accneillir les migrants Kos \u2014 Un gigantesque traversier est arrivé vendredi sur l\u2019île grecque de Kos, où il servira d\u2019abri temporaire à des milliers de réfugiés qui sont arrivés clandestinement depuis la Turquie à bord de canots pneumatiques.L\u2019Organisation internationale pour les migrations a de son côté fait savoir vendredi que le nombre de migrants et de demandeurs d\u2019asile qui ont traversé la Méditerranée vers l\u2019Europe cette année surpassera les 250 000 d\u2019ici la fin du mois \u2014 dont plus de la moitié qui seront arrivés en Grèce.Le traversier Eleftherios Venizelos, qui peut accueillir 2500 personnes, servira de centre d\u2019enregistrement où les réfugiés, principalement des Sju\u2019iens, pourront rester en attendant les papiers dont ils ont besoin pour quitter Tîle.11 remplacera un stade désuet qui ne disposait que d\u2019installations rudimentaires.L\u2019OIM a indiqué vendredi que la Grèce, qui est en proie à une profonde crise financière, rapporte 134 988 arrivées depuis la Turquie cette année, tandis que l\u2019Italie témoignait de 93 540 nouveaux arrivants à la fin du mois de juillet.L\u2019ajout des réfugiés arrivés en Espagne et à L\u2019UE prête à aider financièrement la Grèce L\u2019Union européenne (UE) s\u2019est engagée vendredi à soutenir financièrement la Grèce, débordée par l\u2019explosion du nombre d\u2019arrivées de migrants.La Commission européenne a assuré la Grèce de son «plein soutien», et son commissaire à l\u2019Immigration, Dimitris Avramopoulos, a promis vendredi de verser «sous 4 ou 5 jours» 30 millions d\u2019euros d\u2019aide dès qu\u2019Athènes en fera formellement la demande.Agence France-Presse Malte gonfle le total depuis le début de l\u2019année à 237 000, un bilan qui devrait surpasser les 250 000 d\u2019ici la fin du mois d\u2019août.Un peu moins de 220 000 personnes ont effectué la périlleuse traversée pendant toute l\u2019année dernière.L\u2019OIM estime qu\u2019au moins 2300 personnes ont péri en tentant de rejoindre l\u2019Europe cette année.Par ailleurs, le groupe humanitaire Amnistie internationale dénonce des violations graves des droits de la personne au principal centre autrichien d\u2019accueil des immigrants.11 évoque notamment une surpopulation qui force un millier de réfugiés à camper à la belle étoile.Le rapport d\u2019Amnistie précise que des femmes avec des enfants ou encore des enfants seuls sont laissés sans toit au centre Traiskirchen, au sud de Vienne.Le directeur d\u2019Amnistie internationale en Autriche, Heinz Patzelt, a déclaré que cela contrevient à la convention des Nations unies sur les droits des femmes et des enfants.Le ministère autrichien de l\u2019Intérieur a admis que la situation est«précaire»,tout en assurant qu\u2019une loi qui sera adoptée sous peu permettra de loger les migrants sur la propriété du gouvernement fédéral, en dépit de l\u2019objection des provinces.Associated Press JAPON Abe juge «inébranlables» les excuses du Japon HARUMI OZAWA URSULA HYZY à Tokyo Le premier ministre japonais, Shinzo Abe, a exprimé ses «condoléances éternelles» pour les victimes de la guerre et qualifié &\u2019«inébranlables» les excuses passées du Japon, mais a appelé à en exempter dorénavant les générations d\u2019après-guerre, provoquant Tire de Pékin et Pyongyang.«Au 7(y anniversaire de la fin de la guerre, je m\u2019incline profondément devant les âmes de tous ceux qui ont péri tant dans notre pays qu\u2019à l\u2019étranger.J\u2019exprime mes sentiments de profonde peine et mes condoléances éternelles et sincères», a dit M.Abe dans sa déclaration officielle marquant l\u2019anniversaire de la capitulation du Japon.«Le Japon a à maintes reprises exprimé ses sentiments de remords profonds et ses excuses sincères pour ses actes pendant la guerre», a dit le premier ministre de droite, citant «l\u2019histoire des souffrances des peuples d\u2019Asie» et ajoutant que son pays s\u2019était depuis la fin du conflit «constamment consacré à la paix et à la prospérité dans la région».«Ces positions exprimées par les précédents gouvernements resteront inébranlables à l\u2019avenir», a-t-il déclaré.«Au Japon, plus de 80 % de la population est née après-guerre.Nous ne devons pas laisser nos enfants, petits-enfants et les générations suivantes, qui n\u2019ont rien à voir avec la guerre, être prédestinées à s\u2019excuser», a dé- claré M.Abe, âgé de 60 ans.Excluant l\u2019oubli, il a cependant ajouté : «Nous avons la responsabilité d\u2019hériter du passé, en toute humilité, et de le transmettre pour l\u2019avenir.» Relations tendues L\u2019expansion militaire du Japon entre 1910 et 1945 continue à empoisonner ses relations avec la Chine et la Corée du Sud, et ces pays décortiquent à chaque anniversaire les propos et gestes des politiques japonais.Les voisins asiatiques de l\u2019archipel, qui ont souffert du colonialisme japonais et des exactions de l\u2019armée impériale pendant la première moitié du XX® siècle, ont réagi amèrement aux excuses de M.Abe.Le grand voisin chinois, assurant prendre bonne note des déclarations du premier ministre japonais, a déclaré vendredi vouloir de la part de Tokyo des «excuses sincères» pour les agressions commises lors de la Seconde guerre mondiale.«Le Japon doit dénoncer explicitement la nature de cette guerre, faite d\u2019agression et de militarisme, et assumer sa responsabilité dans ces guerres», a déclaré une porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.Le Japon devrait faire une «rupture nette avec son passé d\u2019agresseur militariste, plutôt que rester évasif sur cette question majeure, mais de principe», selon ce porte-parole.Agence France-Presse SOUDAN DU SUD Le gouvernement se retire des pourparlers de paix Juba \u2014 Les derniers pourparlers pour mettre un terme à la sanglante guerre civile au Soudan du Sud semblaient voués à l\u2019échec vendredi, malgré les fortes pressions internationales et les mises en garde du président américain Barack Obama.Le camp gouvernemental a annoncé vendredi avoir suspendu sa participation aux négociations de la dernière chance débutées le 6 août dans la capitale éthiopienne Addis-Abeba.«Nous suspendons notre participation aux négociations en attendant que les deux factions rebelles trouvent une solution à leur différend», a déclaré à la presse le gouverneur Louis Lobong, à Tissue d\u2019une réuqion des gouverneurs des 10 Etats du pays avec le président Salva Kiir.En début de semaine, plusieurs chefs rebelles, dont Peter Gadet, chef de guerre frappé début juillet par des sanctions de l\u2019ONU, avaient annoncé faire scission de la rébellion dirigée par l\u2019ancien vice-président Riek Machar et qui combat depuis fin 2013 les forces du président Salva Kiir.«Nous ne sommes même pas sûrs de qui est en charge de négocier [pour la rébellion], si c\u2019est Riek Machar, ou Peter Gadet.Nous avons besoin d\u2019attendre pour voir à qui nous parlons», a affirmé le gouverneur Lobong, pour justifier ce retrait du camp gouvernemental.Flou Pour autant, la délégation gouvernementale à Addis-Abeba n\u2019avait pas clairement indiqué vendredi si elle conti- CHARLES LOMODONG AGENCE ERANCE-PRESSE La guerre civile au Soudan du Sud a déplacé plus de deux millions de personnes, dans un pays déjà accablé par la pauvreté.nuait ou non de négocier.De même, dans un contexte de fortes pressions diplomatiques, plusieurs sources proches des négociations expliquaient vendredi soir à TAFP qu\u2019elles espéraient toujours la conclusion d\u2019un accord.La guerre civile au Soudan du Sud a débuté en décembre 2013, dans la capitale Juba, lorsque Salva Kiir, un Dinka, a accusé son vice-président nuer Riek Machar, tout juste lirqogé, de fomenter un coup d\u2019Etat.Les violences, à forte connotation ethnique, ont fait depuis lors des dizaines de milliers de morts, avec de terribles atrocités contre les civils, et déplacé plus de deux millions de personnes, dans un pays déjà accablé par la pauvreté.j^rès la signature de sept cessez-le-feu, aussi vite violés qu\u2019ils avaient été signés, ces dernières discussions sous supervision des médiateurs régionaux de l\u2019organisation intergouvemementale est-africaine QGAD) apparaissaient comme la plus sérieuse opportunité poiu les belligérants de mettre fin au conflit qui ensanglante le plus jeune pays du monde, dont l\u2019indépendance avait été célébrée dans l\u2019enthousiasme en juillet 2011.L\u2019IGAD avait reçu cette fois le soutien de poids du président Obamq, lors de sa récente visite en Ethiopie, et avait donné jusqu\u2019au 17 août pour trouver un accord.«S\u2019ils ratent cet objectif, alors je pense qu\u2019il nous faudra préparer un autre plan et reconnaître que ces dirigeants sont incapables de créer la paix qui est requise», avait prévenu le président américain, en référence à la date butoir du 17 août, préparant manifestement le terrain à une série de sanctions contre les deux camps.Agence France-Presse L\u2019état d\u2019urgence levé à Ferguson Chicago \u2014 L\u2019état d\u2019urgence a été levé vendredi après trois nuits consécutives de calme à Fer^son, qui avait connu un regain de violences à l\u2019occasion du premier anniversaire de la mort d\u2019un Noir tué par un policier blanc.11 avait été décrété à Tissue de la manifestation pacifique qui avait toiuné à la violence, dimanche, à l\u2019occasion de l\u2019anniversaire de la mort de Michael Brown.Un jeune homme de 18 ans, Tyrone Harris avait été inculpé pour une fusillade qui avait éclaté à Tissue de la manifestation, et grièvement blessé par les policiers qui avaient répliqué à ses tirs.Après une nouvelle nuit de violence lundi, qui a conduit à une série d\u2019arrestadons, les trois suivantes ont été calmes, ont indiqué les autorités.La mort de Michael Brown Tan dernier avait conduit à des çmeutes raciales à travers les Etats-Unis.Agence France-Presse CORÉE DU SUD La police empêche la diffusion de tracts anti-Pyongyang Séoul \u2014 La police sud-coréenne a empêché vendredi des militants hostiles au gouvernement nord-coréen de disperser des tracts au-dessus de la frontière entre les deux Co-rées, au moment où la péifin-sule divisée est la proie d\u2019un regain de tensions.Une centaine de policiers ont formé une barrière humaine poiu empêcher des voitures à bord desquelles se trouvaient une trentaine de militants de se rendre dans la ville frontalière de Paju.Agence France-Presse A 10 LE DEVOIR LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 AOUT 2015 ACTUALITES BIBLIOS SUITE DE LA PAGE 1 voir préciser quelle proportion de ces ouvrages restera offerte, le gouvernement explique que le centre de documentation du ministère de la Santé sera déménagé à la bibliothèque Cécile-Rouleau, située dans l\u2019édifice G à Québec.Cette bibliothèque, créée en 1972, héberge déjà les centres de documentation d\u2019au moins 17 ministères et organismes de l\u2019État qui ont fermé leurs portes au fil des ans.Le gouvernement Couillard accélère les fusions dans l\u2019espoir d\u2019éh-miner des postes et de mettre fin à des achats en double de documents ou d\u2019abonnements, indique un document interne du Secrétariat du Conseil du trésor obtenu par Le Devoir.Le nombre de fusions ou de fermetures reste à préciser, mais tous les ministères ont eu le mot d\u2019ordre de déterminer des façons de «rationaliser» leurs services de documentation.Dès mars 2012, le gouvernement Charest estimait que la fermeture récente de cinq bibliothèques avait permis d\u2019éliminer 12 des 19 postes au sein de ces centres de documentation de ministères \u2014 une économie de 63 % en matière de ressources humaines.Le document invitait tous les ministères et organismes à examiner les possibilités de fusions de service au sein de leurs services de documentation.Cette «modernisation» des services de bibho-thèque permettra d\u2019économiser 4,5 millions de dollars par année à la fin de l\u2019exercice, dans les prochains mois, estime le Centre de services partagés du Québec, qui exploite la bibhothèque Cécile-Rouleau.L\u2019opération entraînera notamment des «gains en efficacité, un accès simplifié aux ressources et la mise en commun de l\u2019expertise» des centres de documentation.Cette restructuration provoque de la grogne au ministère de la Santé et des Services sociaux.Le centre de documentation du ministère représente une mine d\u2019or pour les gestionnaires et les chercheurs, qui seront «privés de données scientifiques essentielles à la prise de décisions éclairées».Sous le prétexte d\u2019économiser des fonds pubhcs, le gouvernement Couillard provoque une perte d\u2019expertise scientifique comparable à celle qui sévit à Qttawa sous le gouvernement Harper, dit une source qui a demandé à garder l\u2019anonjunat.Les techniciens en documentation compilent des documents et des statistiques exhaustives sur les maladies, la santé publique, les services sociaux et la recherche de partout dans le monde.La documentation a beau être offerte en hgne, il n\u2019y a rien de mieux qu\u2019un contact direct avec les décideurs pour améhorer le processus de gestion.«Le gouvernement coupe les services sans mesurer l\u2019impact de ses décisions», a réagi Lucie Martineau, présidente du Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ), en entrevue au Devoir.Le syndicat «ne dit pas non à toute restructuration», mais invite le gouvernement à réfléchir pour éviter de sacrifier une précieuse expertise.«Ce n\u2019est pas vrai qu\u2019on trouve tout sur Google et sur Wikipédia», dit Lucie Martineau.Cessation complète des activités «Nous voulons vous informer que le Centre de documentation du ministère de la Santé et des Services sociaux fermera définitivement ses portes au mois de septembre 2015», indique un courriel interne du 7 août 2015 obtenu par Le Devoir.«Si vous avez en votre possession des documents nous appartenant, nous apprécierions grandement que vous nous les retourniez au plus tard le 28 août.Par contre, nous offrons encore le prêt entre bibliothèques d\u2019articles de périodiques.Vous pouvez donc nous acheminer vos demandes.[.].Dans les prochaines semaines, nous vous informerons de la date de cessation complète.» Depuis une dizaine d\u2019années, une série de centres de documentation gouvernementaux ont fermé leurs portes et ont déménagé à la bibhothèque Cécile-Rouleau, dans l\u2019édifice G : ceux de la Régie des rentes du Québec, de la Société de l\u2019assurance automobile du Québec, en plus des ministères du Tourisme, de l\u2019Environnement, du Développement économique, de l\u2019Innovation et dç l\u2019Exportation, des Affaires municipales, de l\u2019Éducation et de la Famille, notamment.Le Devoir RYAN REMIORZ LA PRESSE CANADIENNE Près de deux semaines après le lancement de la campagne électorale, Thomas Mulcair semble bien aux commandes de la course, en avance dans les sondages \u2014 tant au Québec que dans l\u2019ensemble du Canada.SONDAGE SUITE DE LA PAGE 1 chement des élections.Les conservateurs tombent de 5 points, pour obtenir 27% d\u2019appuis.Les Canadiens ne semblent pas avoir digéré d\u2019être projetés en élections au beau miheu de l\u2019été.Au Québec, le NPD se retrouve bien en selle avec 40% des intentions de vote, sa plus forte performance à l\u2019échelle du pays, et pratiquement autant qu\u2019aux élections générales de 2011, alors que Jack Layton avait récolté 43% des suf frages à l\u2019échelle de la province.Les hbéraux obtiennent 21% d\u2019appui et le Parti conservateur 17%, ce qui représente pour ce dernier une chute de 6 points de pourcentage.Après avoir vu ses appuis monter, puis fléchir, le Bloc québécois de Gilles Duceppe voit son soutien croître doucement pour atteindre 21%, contre 19% au précédent coup de sonde.Si des élections avaient été tenues au cours des derniers jours, le Canada se serait vraisemblablement retrouvé avec un gouvernement minoritaire.Ces sondages s\u2019inscrivent dans la tendance observée depuis le début des élections, qui placent le Parti conservateur et le NPD à égalité, le PLC traînant de quelques points.Une volonté de changement indéniable Au-delà de leur positionnement dans les intentions de vote, les troupes conservatrices ont plusieurs raisons de s\u2019inquiéter, croit le sondeur Jean-Marc Léger.Six Canadiens sur dix et les trois quarts des Québécois sont aujourd\u2019hui convaincus de la nécessité de changer de gouvernement.« On voit que les conservateurs s\u2019éloignent du pouvoir», résume le président de Léger Marketing.Les enjeux mis de l\u2019avant par M.Harper depuis le déclenchement des hostilités semblent par ailleurs peu coller aux priorités des élec- teurs.Qui plus est, les personnes ayant l\u2019intention de voter pour le NPD et le PLC semblent très peu enclines à offrir leur soutien au Parti conservateur lorsqu\u2019on leur demande de nommer un second choix de parti.«Cela signifie que la réserve d\u2019électeurs potentiels des conservateurs est extrêmement faible.Non seulement leurs votes baissent, mais en plus ils n\u2019ont qu\u2019un potentiel de croissance faible.Ils ne peuvent espérer de monter qu\u2019à 34 % seulement en ce moment, alors que les autres partis, même le Bloc, ont un potentiel de hausse [plus important].» Pire encore pour M.Harper, 43% des répondants affirment qu\u2019ils «ne voteraient jamais» pour le Parti conservateur, plus du double de réponses obtenues que toute autre formation politique.Mince consolation pour les conservateurs : leurs appuis au Québec semblent se concentrer dans la région de la capitale nationale et de la Beauce, ce qui laisse croire qu\u2019ils pourraient reprendre, dans ces secteurs, certains des sièges perdus aux mains de néodémocrates en 2011.Deux ou trois sièges de plus seraient à portée de main de M.Harper, qui détient un appui de 37 % actuellement dans la région de Québec, selon le sondeur.Le PCC ne compte que cinq sièges au Québec à l\u2019heure actuelle.Trudeau en hausse La situation est nettement plus positive pour Justin Trudeau et les hbéraux, qui accusaient depuis de nombreux mois du retard face à ses adversaires.La popularité du PLC a comme particularité d\u2019être associée principalement à celle de son chef.«Il faut bien surveiller la performance des libéraux, particulièrement en Ontario et aussi au Québec, dit Jean-Marc Léger.Mais le NPD se montre très résistant face aux attaques.» La question est donc de savoir qui, des formations de Justin Trudeau et de Thomas Mulcair, incarne véritablement çe changement tant souhaité par les électeurs.À cette question, le Intentions de vote (Qnébec)\t\t \tAujourd\u2019hui\tJuiiiet 2015 NPD\t40%\t37% PLC\t21%\t18% Bloc\t21%\t19% PCC\t17%\t23% Source : Sondage Léger Le Devoir Le Journal de Montréal Le Journal de Québec réalisé en ligne entre les 10 et 12 août 2015.Les résultats pour le Québec sont tirés d\u2019un bassin de 987 répondants.\t\t Intentions de vote (Canada)\t\t \tAujourd\u2019hui\t17 juiiiet 2015 NPD\t33%\t32% PLC\t28%\t25% PCC\t27%\t32% Verts\t6%\t6% Bloc\t5%\t5% Source : Sondage Léger Le Devoir Le Journal de Montréal Le Journal de Québec réalisé en ligne entre les 10 et 12 août 2015 auprès de 2095 personnes âgées de 18 ans et plus.Un échantillon probabiliste de cette taille aurait une marge d\u2019erreur de plus ou moins 2,1%, 19 fois sur 20.Meilleur premier ministre Thomas Mulcair Stephen Harper Justin Trudeau Autre Aucun Source : Sondage Léger Le Devoir Le Journal de Montréal Le Journal de Québec réalisé en ligne entre les 10 et 12 août 2015 auprès de 2095 personnes âgées de 18 ans et plus.Un échantillon probabiliste de cette taille aurait une marge d\u2019erreur de plus ou moins 2,1%, 19 fois sur 20.Quel parti incarne davantage le changement ?Aujourd\u2019hui\tJuiiiet 20: 28%\t27% 21%\t25% 20%\t16% 3%\t2% 10%\t15% NPD de Mulcair PLC de Trudeau Vert de May PCC de Harper 33% 19% 11% 7% Source : Sondage Léger Le Devoir Le Journal de Montréal Le Journal de Québec réalisé en ligne entre les 10 et 12 août 2015 auprès de 2095 personnes âgées de 18 ans et plus.Un échantillon probabiliste de cette taille aurait une marge d\u2019erreur de plus ou moins 2,1%, 19 fois sur 20.Volonté de changement Est-il préférable que le gouvernement soit réélu ou qu\u2019un changement de gouvernement ait lieu?Pour une réélection 23% Pour un changement 61% Ne sait pas\t14% Source : Sondage Léger Le Devoir Le Journal de Montréal Le Journal de Québec réalisé en ligne entre les 10 et 12 août 2015 auprès de 2095 personnes âgées de 18 ans et plus.Un échantillon probabiliste de cette taille aurait une marge d\u2019erreur de plus ou moins 2,1%, 19 fois sur 20.tiers des répondants répondent en désignant les troupes de Thomas Mulcair, contre seulement 19% pour le PLC.«C\u2019est là que le NPD se distingue royalement du PLC, par exemple en ce qui concerne son contenu.Le NPD est clairement davantage en symbiose avec les priorités des Canadiens que ne l\u2019est le PLC.» Thomas Mulcair est également nettement en avance quand vient le temps de choisir celui qui ferait le meilleur premier ministre.28% des répondants lui auraient accordé leur confiance, contre seulement 20% pour MM.Harper et Trudeau.Précisons que ce sondage a été mené sur Internet auprès de 2095 répondants, dont 987 au Québec, entre le 10 et le 12 août 2015.Un échantillon probabiliste de taille identique aurait comporté une marge d\u2019erreur de plus ou moins 2,1%, 19 fois sur 20.Le Devoir CUBA SUITE DE LA PAGE 1 tés de son homologue cubain, Bruno Rodriguez, il a assuré que la normalisation des relations avec Cuba avait un caractère irréversible.«Je ne peux pas imaginer un président, qu\u2019il soit républicain ou démocrate, jeter tout ça par la fenêtre», a-fil lancé, alors que la visite de vendredi a encore une fois suscité les critiques des opposants au réchauffement des relations, dont le gouverneur Jeb Bush et le sénateur Marco Rubio, candidats républicains à la Maison-Blanche.Faisant montre de bonne volonté, M.Rodriguez a affirmé que Cuba était disposée à «dis- cuter de tous les sujets, même si nous ne sommes pa,s toujours d\u2019accord» avec les États-Unis, y compris des droits de la personne.Mais il a aussi répété les exigences de La Havane avant de sceller complètement la bonne entente entre ces deux ex-ennemis au temps de la guerre froide, brouillés pendant plus d\u2019un demi-siècle.«J\u2019ai rappelé au secrétaire d\u2019Etat que la levée totale du blocus [économique imposé par Washington depuis 1962] est essentielle pour pouvoir avoir des Relations normales avec les Etats-Unis, de même que la restitution de la base navale de Guantànamo », située à Cuba, a-t-il affirmé.Mais si M.Kerry avait assuré, plus tôt dans la journée, que le gouvernement du président Barack Qbama était «fortement favorable» à la levée de l\u2019embargo, il s\u2019est montré plus réservé sur le second point: «Pour le moment, il n\u2019y a pas de changement prévu dans l\u2019arrangement concernant Guantànamo.» Point d\u2019orgue de cette journée : la réouverture officielle de l\u2019ambassade, huit mois après l\u2019annonce solennelle et simultanée, le 17 décembre, par Barack Qbama et Raûl Castro, d\u2019un rapprochement historique.Et pour marquer un peu plus l\u2019événement, ce sont les trois marines qui avaient abaissé en janvier 1961 le drapeau flottant sur le fronton de la représentation diplomatique qui l\u2019ont remis aux jeunes ma- La Havane a réitéré les exigences de Cuba concernant la levée de l\u2019embargo rines l\u2019ayant hissé vendredi.Derrière des barrières de sécurité, une petite foule a assisté à cette cérémonie, agitant des drapeaux cubains.Les hymnes cubain et américain, ainsi que la levée du drapeau ont été accompagnés de «iviva!».Façades repeintes, rues asphaltées dans l\u2019urgence: La Havane s\u2019était mise sur son 31 pour accueillir M.Kerry, qui devait repartir en début de soirée.Après la conférence de presse, le secrétaire d\u2019État s\u2019est d\u2019ailleurs offert une promenade à pied dans la pittoresque vieille ville, ôtant sa veste et sa cravate sous l\u2019écrasante chaleur.« Voir flotter le drapeau américain sur le Malecon [front de mer] de La Havane est un sentiment aussi profond que celui ressenti à Washington» quand a été hissé le drapeau cubain, confiait Hugo Cancio, l\u2019un des rares Cubano-Américains invités à la cérémonie.Dans les faits, les relations diplomatiques sont déjà rétablies \u2014 et les ambassades des deux côtés rouvertes \u2014 depuis le 20 juillet.Les deux gouvernements avaient rompu les liens en 1961, deux ans après l\u2019arrivée au pouvoir des guérilleros dirigés par Fidel Castro, mais ils entretenaient depuis 1977 des sections d\u2019intérêt qui faisaient office d\u2019ambassades.Cette brève visite vise aussi à aborder les sujets qui fâchent, comme la protection des droits de la personne et les dissidents politiques.«Le peuple de Cuba serait mieux servi par une véritable démocratie dans laquelle les gens sont libres de choisir leurs dirigeants », a insisté John Kerry, qui a indiqué qu\u2019une commission bilatérale, pour poursuivre le rapprochement notamment sur la question des droits de la personne, se réunirait en septembre.Alors que de nombreux dissidents cubains craignçnt de perdre le soutien des États-Unis une fois les deux pays complè-teipentréconcihés, le secrétaire d\u2019État rencontrera dans l\u2019après-midi des opposants au cours d\u2019une réception, privée, à la résidence de l\u2019ambassadeur américain à La Havane.Agence France-Presse LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9® étage, Montréal (Québec), H3A3M9 ® Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 D Le Devoir sur ledevoir.com GG sur Facebook et sur Twitter La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel\tredaction@ledevoir.com Par télécopieur\t514\t985-3360 Publicité Au téléphone\t514\t985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais)\t1 800 363-0305 Par télécopieur\t514\t985-3390 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone\t514\t985-3344 Par courriel\tavisdev@ledevoir.com Par télécopieur\t514\t985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone\t514\t985-3322 Par télécopieur\t514\t985-3340 A.bonnenientS (lundi àvendredl, 7h30 à 16h30) Au téléphone\t514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel\tabonnements@ledevoir.com Par télécopieur\t514 985-5967 Agenda culturel Par courriel agenda@ledevoir.com Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientele.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siege social est situé au 2050, rue De Bleury, 9® étage, Montréal (Québec), H3A 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