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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2015-08-15, Collections de BAnQ.

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[" Michèle Losier a chanté Carmen devant 45 000 spectateurs Page e 3 «Avons-nous une morale de singe?», ou l\u2019éthique chez les bonobos Page e s Culture livres CAHIER E > LE DEVOIR, LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 AOUT 2015 ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Bernard Emond, avec le comédien Paul Savoie, a transposé la nouvelle de Tchékhov dans le Québec moderne.Ceux qu\u2019on a aimés Bernard Émond et Paul Savoie sur la lumière et les ténèbres qui traversent Le journal d\u2019un vieil homme Basé sur une nouvelle de Tchékhov, Le journal d\u2019un vieil homme voit le cinéaste Bernard Emond poursuivre sa réflexion au long cours sur le sens de l\u2019existence par le biais, cette fois, d\u2019un protagoniste au crépuscule de sa vie.Face à l\u2019inéluctable marche du temps, plusieurs constats s\u2019imposent, tantôt apaisants, tantôt douloureux.FRANÇOIS LEVESQUE Nicolas est un scientifique mondialement reconnu.Bardé de prix et de titres honorifiques, professeur distingué, il enseigne toujours, mais sa gloire, ou enfin ce qui en tint lieu, est derrière lui.Il en est conscient.Il le dit.Agé de 70 ans, Nicolas sait qu\u2019il n\u2019en a plus pour longtemps.Impossible de se cacher l\u2019imminence de son propre trépas lorsqu\u2019on est soi-même médecin.Que reste-t-il, alors?L\u2019amour qui fut, l\u2019amour qui reste.Quelques regrets.Une lucidité, surtout, parfois impitoyable.Tel est le lot de Nicolas, un personnage créé jadis par Anton Tchékhov dans la nouvelle Une banale histoire, et qu\u2019incarne à présent l\u2019acteur Paul Savoie dans l,e plus récent film de Bernard Emond, Le journal d\u2019un vieil homme, à l\u2019affiche le 21 août.Transposé de la Russie de la fin du NIX'\" siècle au Québec actuel, le récit demeure très proche de l\u2019esprit \u2014 ef du verbe \u2014 de Tchçkhov.A cet égard, Bernard Emond a conservé la narration à la première personne.«Je suis très attaché à cette nouvelle-là.Quand je suis tombé dessus, j\u2019avais autour de quarante ans, et j\u2019ai tout de suite été séduit», se souvient-il.Dès lors, il a cherché à l\u2019adapter, en vain.Vingt ans plus tard, la productrice Bernadette Payeur a fait en sorte que le rêve se concrétise.«Je me rends compte qu\u2019il y a eu deux moments dans mon amour pour cette nouvelle, poursuit le réalisateur de La neu-vaine et de La donation.Dans la quarantaine, j\u2019étais plus touché par le destin de [la] fille adoptive [de Nicolas,] Katia, cette comédienne qui a du talent, une passion, mais que le doute finit par submerger.Dans la soixantaine, forcément, je me sens beaucoup plus près du personnage de Nicolas.C\u2019est un personnage qui m\u2019émeut.Il a eu une bonne vie, une vie pleine; il le sait, il le dit.Or, la maladie le rattrape alors même que Katia menace de sombrer.Pour lui, c\u2019est comme un double coup.» Katia (Marie-Eve Pelletier) ne souffre pas tant de dépression que d\u2019un indicible malêtre.S\u2019il est capable de l\u2019étreindre, Nicolas est en revanche incapable de mentir à Katia, même pour lui faire du bien.Il est aimant, mais pragmatique.«Tchékhov, c\u2019est l\u2019amour spins illusion, opine Bernard Emond.J\u2019aime ce que le récit laisse entendre.D\u2019une part, il y a des gens pour qui on ne peut rien en dépit de notre amour pour eux, parce que l\u2019amour ne peut pas tout.D\u2019autre part, et c\u2019est un paradoxe, il n\u2019est pas d\u2019amour perdu.Et ça aussi, c\u2019est Tchékhov.C\u2019est doux-amer.» Une quête de vérité Exprimée au détour d\u2019un commentaire acerbe ou de pleurs irrépressibles, l\u2019agonie psychologique qui afflige Katia constitue une sorte de contrepoint intangible à la dégénérescence, physique celle-là, de Nicolas.Dans le rôle-titre, un Paul Savoie amaigri et frêle transmet la dignité poignante d\u2019un VOIR PAGE E 4 : ÉMOND POLAR La fin de l\u2019Amérique Le nouveau R.J.Ellory, son premier roman en fait, est un monument MICHEL BELAIR En entrevue au Devoir il y a quelques années déjà, Roger Jon Ellory racontait qu\u2019il avait écrit plus d\u2019une vingtaine de livres avant d\u2019en voir un publié.et de devenir l\u2019un des auteurs de polars les plus lus en Occident.Ce Papillon de nuit (Candlemoth en anglais) est précisément le premier de la série; publié en 2003 en Angleterre, il n\u2019avait pas encore été traduit en français.Estimant que ce roman \u2014 le septième en français traduit, toujours, par Eabrice Pointeau \u2014 est le type même des oeuvres gagnant à être redécouvertes, les patrons des éditions Sonatine décident donc de créer une nouvelle collection, Sonatine +, consacrée aux oeuvres mal ou pas encore connues.La collection roulera au rythme de quatre livres par année, deux inédits et deux romans mal aimés provenant d\u2019un peu partout.Le moins que l\u2019on puisse dire, c\u2019est qu\u2019elle démarre sur les chapeaux de roue avec cette oeuvre d\u2019une remarquable maturité pour un premier livre.Une amitié C\u2019est à travers le personnage de Daniel Eord qu\u2019Ellory nous raconte ici l\u2019Amérique des années 1960-1970.Le déclin de l\u2019Amérique, plutôt, avec les assassinats successifs des frères Kennedy, de Martin Luther King, de Malcom X et d\u2019innombrables autres victimes de l\u2019intolérance.C\u2019est l\u2019Amérique de la guerre du Vietnam, de l\u2019accession au pouvoir de Richard «Tricky Dicky» Nixon, du Watergate, de la recrudescence de la ségrégation et des haines raciales.Toute cette longue chaîne de dominos qui allait plus tard mener à l\u2019élection de Ronald Reagan, au détournement définitif des valeurs républicaines, au conservatisme dogmatique.bref, à l\u2019Amérique d\u2019aujourd\u2019hui.On voit tout cela dès le départ avec les yeux d\u2019un homme qui n\u2019a plus grand-chose à perdre : le condamné à mort Daniel Eord.On apprend rapidement qu\u2019il est emprisonné, injustement selon lui, depuis 12 ans pour le meurtre de son VOIR PAGE E 7 : ELLORY PEDRO RUIZ LE DEVOIR L\u2019écrivain Roger Jon Ellory RODIN LA PLUS GRANDE EXPOSITION RODIN AU CANADA Achetez vos billets sur place ou réservez en ligne sur mbam.qc.ca Une presentation de FieraCapital AIRCANADA Mi AAABI Une exposition organisée par le Musee des beaux-arts de Montreal et le musee Installation de l'exposition Métamorphoses Dans le secret de l'atelier de Rodin au MBAM Photo MBAM, Bdl Rodin, Pans Denis Farley M MUSEE DES BEAUX-ARTS MONTRÉAL E 2 LE DEVOIR, LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 AOUT 2015 CULTURE Tbilissi et les chants de la Géorgie Odile Tremblay .^ m Une fort jolie chanson de Renée Claude, Bi-lissi (en fait adaptée du chant géorgien Tbilisso) m\u2019avait fait rêver autrefois à Tbilissi.Je l\u2019ai retrouvée sur YouTube, ballade célébrant le charme bizarre de la capitale de la Géorgie, son sommeil, son soleil, ses amours à tenter le diable.Le tout sur une mélodie délicieuse, insinuée en ver d\u2019oreille.Il faut ajouter un T au titre de la chanson.Tbilissi (l\u2019ancienne Tiflis des Russes), dans ses montagnes caucasiennes à peine aplanies en ville, demeure célèbre pour ses superbes balcons en bois sculptés.Mais dans le dédale du vieux quartier, plusieurs d\u2019entre eux s\u2019écroulent à bout de souffle parmi les fils électriques, menaçant du pire.D\u2019autres furent restaurés en trop clinquant ou pas (le tourisme s\u2019y développe, sans tout gâcher).Réputés aussi, ses ahurissants bains perses bulbeux aux eaux sulfureuses célébrés par Alexandre Dumas dans Voyage au Caucase.Le je-ne-sais-quoi de l\u2019enchantement urbain se joue entre pittoresque des lieux et résilience des habitants, plus doux et hospitaliers qu\u2019à Moscou.Au voisinage: la Russie, l\u2019Arménie, l\u2019Azerbaïdjan, la Turquie.Vrai pont entre l\u2019Europe et l\u2019Asie, cette Géorgie-là.D\u2019où ces visages métissés, cette architecture aux arches persanes, ces fresques des églises ornées de madones aux grands yeux de houris.En juin dernier, une terrible inondation avait ravagé le zoo local (situé dans une vraie cuvette au centre-ville, bientôt déménagé, cet été couvert de boue croûtée), noyant une vingtaine de personnes et des centaines d\u2019animaux.Des bêtes partirent en cavale urbaine et un tigre évadé tua un homme.Les images surréalistes au m A.II Le charme de Tbilissi, capitale de la Géorgie, entre ses montagnes caucasiennes à peine aplanies en ville téléjournal d\u2019un hippopotame pataugeant en pleine rue, sous les cordes des secouristes, m\u2019avaient remis cette ville en tête.V\u2019ià l\u2019arche de Noé à Tbilissi.Allons y voir ! Ajoutez une vieille admiration pour le cinéaste géorgien Otar losseliani, poète tatiesque de la pellicule, et pour les films de Tengiz Abuladzé, élégies guerrières des années 60 venant greffer leurs attraits à ces syllabes de mystère : Tbilissi.Nationaliste comme un Géorgien Est-ce d\u2019avoir subi au long des siècles tant d\u2019invasions, des Turcs, des Perses, des Grecs, des Romains, des Mongols, des Russes, de tout ce qu\u2019on voudra?Difficile de trouver plus nationalistes que les Géorgiens.Comme Québécois, ça laisse songeur, nous qui jonglons avec ces notions sans posséder leurs garde-fous.Qu\u2019on y songe! Cinq millions d\u2019habitants à peine, dont des minorités arméniennes, tchétchènes, tziganes, etc.Mais une langue propre au pays : le géorgien (vague parenté avec le basque), un alphabet unique (aux lettres sans angles, toutes en rondeurs), une religion, branche distincte du christianisme orthodoxe, tissée de rituels, de canonisations non validées ailleurs.La Géorgie s\u2019offre une cuisine et des vins succulents, une culture propre, que la longue annexion à l\u2019empire soviétique n\u2019a pas tuée.Le pays encore engourdi dans ses traditions patriarcales \u2014 pas facile d\u2019être une fille là-bas \u2014, plus encore chez les clans montagnards isolés, toujours agricole, semble flotter entre deux temps.Les Géorgiens mal pris (imposant taux de chômage) s\u2019en tirent avec l\u2019aide du cousin fermier qui leur refile des vivres.Tous ces melons ! Vendus au long de routes de campagne, des fruiteries de quartier.échouant à la moindre table, à manger pour écouler la marchandise, en effort de guerre.Tous ces melons! Mais aussi tous ces popes! Dans l\u2019ancien bloc de l\u2019Est, la pratique religieuse (longtemps interdite) a repris du galon.Aujourd\u2019hui, ces popes jeunes et fringants baptisent des adultes trop contents de goûter au fruit autrefois défendu.On court avec eux les églises pour admirer icônes et fresques, dont certaines évoquent d\u2019anciens cultes zoroas-triens, pour respirer l\u2019odeur des cierges longilignes embaumant la cire d\u2019abeille et pour écouter les voix cristallines d\u2019un trio de jeunes chanteuses, en chœur des anges.La musique polyphonique géorgienne est un trésor national, menacé en ville par la mondialisation du rock et du hip-hop, très vivace ailleurs.Ecouter la tremblante mélopée du fond des âges servie par un mendiant sur son Partenaire de la campagne d'abonnement Q^ydro Québec TERRITOIRE MIMES OQKO \\l 1 3 SPECTACLES 10 COMPAGNIES 2 SALLES LA MANUFACTURE THÉÂTRE HORS TAXES LABS 7 LA BANQUETTE ARRIERE THÉÂTRE DU NOUVEL-ONTARIO THÉÂTRE URBI ET ORBI THÉÂTRE OSMOSE PORTE PAROLE LES ETERNELS PIGISTES THÉÂTRE OUI VA LA A- pandouri, un instrument à trois cordes, c\u2019est sentir vibrer en soi l\u2019âme du pays.Reste à plonger aussi dans l\u2019univers traditionnel du peintre naïf de la Belle Epoque Niko Piros-mani, fleuron national aux œuvres connues du moindre pioupiou, icônes de la Géorgie immortelle, banquets inclus.On donne aux mendiants pour la bonne cause : veuves rachitiques de noir vêtues, vieillards endormis sur leurs sébiles, sans pensions, sans revenus.Des marchands ambulants vendent pour vivre des livres et de l\u2019artisanat au long du boulevard Chota Roustavéli, la grande artère, mais une faune s\u2019active aussi ou pas dans les bureaux.Sur les chaussées crevées de nids-de-poule, les conducteurs jurent aux carrefours la perte du piéton.Ce boulevard tire son nom de l\u2019Homère géorgien, Chota Roustavéli, auteur d\u2019une célèbre épopée médiévale.Le chevalier à la peau de panthère, au lyrisme amoureux, guerrier et noyé de larmes.Trouver au marché aux puces une magnifique édition française illustrée, c\u2019est en savourer la poésie: «J\u2019ai rencontré un chevalier d\u2019un aspect étrange et superbe / Sa clarté emplit l\u2019univers telle une lumineuse gerbe / J\u2019ignore pour qui il pleurait, quel chagrin le rendait acerbe / Il ne vint pas auprès de moi, disparut comme un frisson d\u2019herbe.» Entre Staline et Tarbre à vœux Peu de Géorgiens parlent anglais, encore moins français, mais le russe, ça, oui.Sauf que GGIA / CC / WIKIMEDIA Moscou, l\u2019ancien maître, n\u2019a pas la cote, alors s\u2019aventurer non loin de l\u2019Ossétie du Sud ou de l\u2019Abkhazie (pas trop près, c\u2019est quasi zone de guerreÇ les républiques indépendantistes jadis géorgiennes peu à peu aspirées par la Russie, qui en modifie à son profit les frontières, c\u2019est croiser les camps de réfugiés, symboles des hostilités avec Moscou.A Tbilissi, les manifs anti-impérialisme russe nous le répètent à l\u2019envie : ne réveillez pas le chat qui dort! Et pourtant: Joseph Staline était Géorgien, sans avoir fait pour autant de cadeaux à ses compatriotes.Le sinistre musée dédié par sa ville natale de Gori se révèle aussi stalinien que son règne soviétique : des photos, des papiers, des fusils, des cadeaux diplomatiques.Ouille! En 2011, LEtat géorgien avait en douce durant la nuit déboulonné la statue du tyran moustachu sur la place, au grand dam des habitants, dont plusieurs protègent encore le nom de l\u2019enfant du pays.Sur la route qui même à Mtskheta (à prononcer comme on peut), l\u2019ancienne capitale du pays à la cathédrale chargée d\u2019histoire, fleurissent des arbres à vœux.Les Géorgiens accrochent des bouts de tissu aux branches (ou des sacs de plastique, signe des temps), porteurs des souhaits virevoltant au gré du vent, aussi nombreux que les feuilles, auxquels on brûle d\u2019ajouter les siens, dans ces zones de rafales privées de repos.otremblay@ledevoir.corn C I Van s E QlEBEC 2015 L\u2019ÉVÉNEMENT DANSE DE LÀ RENTRÉE AU QUÉBEC' © ABONNEZ-VOUS ! U THEATRELALICORNE.COM U DU 24 AU 27 SEPTEMBRE 2015 AU MUSÉE DE LA CIVILISATION CINEDANSE.CA canadien Heritage LE DEVOIR Conseil des arts et des lettres\t^ ^ Quebec b ra PEÏÏ3IE ri B4YMOI^ LBECOH^ % LE DEVOIR, LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 AOUT 2015 E 3 CULTURE >1\tMil\tl^ilÛll\tIF \tLT_i_\tKy J- \\jf\t1 ^\t\t 'é BARBARA MÜRDTER / CC / WIKIMEDIA Le trompettiste Lester Bowie photographié dans les années 1990 Ferguson et les émeutiers du jazz SERGE TRUEEAUT Le 9 août dernier, des citoyens se sont rassemblés à Ferguson, en banlieue de Saint Louis, pour commémorer la mort de Michael Brown, jeune noir tué un an plus tôt par un policier blanc.Deux jours plus tard, pour souligner le 50® anniversaire des émeutes de Watts, quartier de Los Angeles, une marche a été organisée avant que l\u2019état d\u2019urgence ne soit commandé.Il n\u2019en fallait pas moins pour qu\u2019une résonance historique se manifeste.La voici : c\u2019est à Saint Louis, en 1968, que des jazzmen révoltés à juste titre par le sort infligé aux Noirs sur tous les fronts par le p\u2019tit Blanc décidaient de former la version musicale du Black Power, dont Angela Davis était l\u2019égérie et Amiri Baraka le poète et dramaturge.C\u2019est de Saint Louis que tout est parti.Car c\u2019est à Saint Louis que fut fondé le collectif Black Artists Group (BAG) par des jazzmen si ouverts aux autres qu\u2019ils accueillirent en leur sein des artistes d\u2019horizons divers.Ses fondateurs s\u2019appelaient Oliver Lake, Hamiet Bluiett, Julius Hemphill, soit les trois quarts du World Saxophone Quartet (WSQ), Bobo Shaw, Baikida Carroll, Joseph Bowie et son frère aîné: le grand, l\u2019immense, le génial trompettiste Lester Bowie, qui un an plus tard deviendra la cheville ouvrière de The Art Ensemble of Chicago avant de se poser en grand manitou de la Great Black Music afin de multiplier les pieds de nez à l\u2019égard du p\u2019tit Blanc qui capitalisait et capitalise toujours sur la musique du noir.On doit à Bowie d\u2019avoir organisé par trompette interposée la pièce la plus hilarante dans l\u2019histoire du jazz, puisqu\u2019il s\u2019agit d\u2019un dialogue échangé entre Donald Duck et Miles Davis né à.Saint Louis.Le plus terrible, c\u2019est de constater le culte dont Eric Clapton est toujours le sujet, lui qui doit son immense fortune à Robert Johnson, Muddy Waters et autres « nègres » du blues.En effet, il a formulé des propos ouvertement racistes à l\u2019endroit des Noirs avant de soutenir le British National Party, qui est rien de moins que la version britannique du Front national.Africanité Toujours est-il que Bowie, Lake, Bluiett et consorts avaient pour slogan ce vers du poète Langston Hughes : «Etre nègre aux Etats-Unis, c\u2019est se lever en furie tous les jours.» Dans les années qui suivirent la création de BAG, la furie singularisa bien évidemment leurs prises musicales avant que l\u2019africanité n\u2019occupe une place prépondé- rante à travers la mise en relief des beautés sonores qui rythment l\u2019Afrique, la terre nourricière du globe.Ce tournant africain a eu un impact si prononcé qu\u2019il demeure présent dans les menus et splendides travaux que mènent notamment les musiciens de Chicago comme Ernest Dawkins, Malachi Thompson, Maurice Brown, Steve Berry et autres héritiers des artistes évoqués plus haut.De cette inclination pour les horizons africains, pour la culture au sens large du terme, il faut retenir les enregistrements signés par Julius Hemphill, fondateur du World Saxophone Quartet, sur étiquette Arista, et à travers lesquels il racontait les grandes heures de la civilisation des Dogons.H faut retenir également les albums enregistrés par le contrebassiste Cecil McBee sur étiquette India Navigation, ceux de The Art Ensemble of Chicago.Ceux.Bizarrement, on sait beaucoup trop peu que l\u2019étiquette qui ouvrit grand ses portes à ses musiciens au cours des trente dernières années est une étiquette.montréalaise! Oui, c\u2019est grâce à Jim West, fondateur de Justin Time, que le WSQ, que Bluiett et son extraordinaire quartet de saxophones barytons, que David Murray et autres ont pu creuser le ^illon des émeutiers du jazz.A la suite des événements observés à Ferguson, à Baltimore, au Texas, à New York, à la suite de cette réduction du Noir à un tas de cendres et qui révèle la persistance de la lèpre ségrégationniste, il ne faudrait pas s\u2019étonner que les musiciens d\u2019aujourd\u2019hui sculptent des suites musicales à l\u2019enseigne du Black Power.Pour preuve, on a retenu que l\u2019intellectuel afro-américain le plus en vue, Cornell West, vient d\u2019appeler à une renaissance du Black Power.Ça va chauffer.La vidéo de la semaine: The Art Ensemble of Chicago Budapest 1 et Budapest 2.C\u2019est bon, c\u2019est excellent, car les membres de cette formation excellent dans l\u2019art consistant à alterner le décapage qui sied à la révolte avec la douceur et la volupté.L\u2019album affranchi du temps : The Bluiett Baritone Saxophone Group.Live at The Knitting Eactory paru sur Knitting Factory Records en 1997.Quatre barytons plus une batterie.les sirènes du Titanic sont timides à côté du décoffrage sonore réalisé par le plus grand baryton de l\u2019histoire qu\u2019est Bluiett, en compagnie évidemment d\u2019Harry Carney et Gerry Mulligan.Michèle hosier : déterminée ! La mezzo-soprano a séduit 45 000 spectateurs au Parc olympique.Qui est notre nouvelle Carmen ?CHRISTOPHE HUSS La mezzo-soprano Michèle Losier, 37 ans, est l\u2019une de nos plus solides valeurs dans le domaine de l\u2019art lyrique.Elle a écumé les plus prestigieuses scènes d\u2019Europe depuis sept ans.Le Québec l\u2019a redécouverte cet été.En quelques semaines, Michèle Losier a chanté Lully en ouverture du Festival d\u2019opéra de Québec, Le pèlerinage de la rose de Schumann et la Missa solemnis de Beethoven à La-naudière avant d\u2019endosser les habits de Carmen devant 45 000 spectateurs au Parc olympique de Montréal.Qui pouvait croire, en voyant son assurance retransmise sur grands écrans, que c\u2019était là sa première Carmen ?Aborder Carmen pour une mezzo-soprano est «une question d\u2019opportunité», dit Michèle Losier au Devoir.«Comme je chante beaucoup de répertoire français, des rôles lyriques aigus et beaucoup de Mozart, Carmen n\u2019était pas sur ma liste.On me l\u2019avait proposé il y a quelques années, mais j\u2019avais refusé: lorsque vous chantez beaucoup de rôles aigus, vous ne pouvez vous lancer du jour au lendemain dans un rôle grave.» Quand l\u2019OSM a préparé sa Virée classique, la porte vers Carmen s\u2019est ouverte en grand.«L\u2019occasion était favorable, car il n\u2019y avait pas besoin de chanter le rôle au complet et c\u2019était une version de concert, avec mise en espace.» Michèle Losier allait voir si elle serait dans sa zone de confort avec ce rôle emblématique.La réponse fuse: «Oui, je me sens confortable».Pour le moment, cette Carmen n\u2019a pas encore de lendemains, mais dès cet automne, Michèle Losier sera au Royal Opera House de Covent Garden à Londres pour y chanter Mercédès.Par la même occasion, elle sera la doublure d\u2019Elena Maximova et d\u2019Anita Rachvelishvili dans Carmen.Une carrière intense Il était facile de repérer Michèle Losier parmi les chanteuses qui ont émergé au Québec dans la première moitié des années 2000.Alors qu\u2019elle venait d\u2019entrer à l\u2019Atelier de l\u2019Opéra de Montréal, elle chantait déjà Cherubino dans Les noces de Eigaro à la salle Wilfrid-Pelletier, puis Mercédès dans Carmen, avant le rôle principal de Lazuli dans L\u2019étoile de Chabrier en novembre 2005.ANNIK MH DE CARUEEL LE DEVOIR Quand l\u2019OSM a préparé sa Virée classique, la porte vers Carmen s\u2019est ouverte en grand pour Michèle Losier, Nous l\u2019avons moins vue par la suite.Finaliste aux auditions du Metropolitan Opera en 2005, elle cqmmence une carrière aux Etats-Unis (Los Angeles, New York, Seattle et Washington).Finaliste au Concours Reine-Elisabeth-de-Belgique en 2008, elle est repérée et remplit son carnet d\u2019adresses.«Grâce à des contacts et relations, j\u2019ai développé le marché européen, et quand on développe un marché, il faut y rester pour l\u2019entretenir.» Michèle Losier est donc restée en Europe, dont elle chérissait «la diversité».On peut la comprendre, quand on sait que le chef Marc Minkowski lui a ouvert les portes du Festival de Salzbourg et dq l\u2019Opéra comique à Paris.A Salzbourg, elle a chanté Dorabella dans Cosi fan tutte en 2011.Parmi ses expériences majeures, Michèle Losier cite, outre ses Dorabella à Salzbourg et Londres, «Charlotte dans Werther à Sidney en 2009, Niklausse des Contes d\u2019Hoffmann d\u2019Offen-bach au Liceu de Barcelone [le spectacle, avec Natalie Dessay et dirigé par Stéphane Denève, existe en DVDl, Médée de Charpentier au Théâtre des Champs-Elysées en 2012 et Sesto de La clémence de Titus â l\u2019Opéra d\u2019Etat de Vienne en 2014.» La mezzo-soprano a profité de l\u2019été 2015 pour se rappeler à notre bon souvenir et «redévelopper le marché ici».Elle a l\u2019intention d\u2019en faire de même aux Etats-Unis.Maternité On ne le dirait pas, à voir son activité trépidante: Michèle Losier a donné naissance, le 26 janvier dernier, à son premier enfant.On connaît maintes chanteuses qui ont mis du temps à revenir, voire qui ne sont jamais revenues à leur meilleur niveau.Au contraire, Michèle Losier fait feu de tout bois.La Québécoise a chanté jusqu\u2019à la fin de son 6® mois de grossesse.«J\u2019aurais pu travailler plus longtemps, mais cela me demandait de me déplacer, notamment pour Stephano dans Roméo et Juliette de Gounod â Madrid au S® mois.J\u2019ai donc renoncé.» Pour une chanteuse, cela se corse surtout après l\u2019accouchement.«La voix reste belle pendant toute la grossesse.Après, ce qui a un peu compliqué les choses, c\u2019est la césarienne que fai subie: la reconstruction musculaire complique l\u2019appui et donc le chant.J\u2019ai mis 3 mois â travailler la respiration pour que le bas- sin se tienne bien pour soutenir la voix.» C\u2019est effarée qu\u2019en reprenant les exercices, après un mois, elle s\u2019est entendue chanter complètement faux.«Je n\u2019ai jamais vraiment chanté faux de ma vie, mais lâ, c\u2019était toujours en dessous.» Mais elle s\u2019est mis de la pression: «Deux mois après l\u2019accouchement, fêtais â Amsterdam pour travailler Benvenuto Cellini.Il me restait un mois pour arriver â chanter.Le fait d\u2019avoir été obligée â retravailler si tôt m\u2019a motivée.» Si Michèle Losier est revenue en forme en trois mois, alors que d\u2019autres naviguent à vue pendant six mois ou un an, c\u2019est par sa conscience de ses capacités physiques, et notamment de l\u2019appui d\u2019où naît le contrôle de la respiration et, donc, de l\u2019émission vocale.«Le chant, c\u2019est le travail d\u2019une vie; c\u2019est la découverte de sensations dans le corps.Je n\u2019ai pas un instrument d\u2019acier, une voix qui peut chanter six heures d\u2019affilée.Je ne peux pas sortir, être sur le party et chanter le lendemain.Mais l\u2019appui, chez moi, n\u2019était pas quelque chose d\u2019étranger.Je le comprenais, car j\u2019étais sportive dans ma jeunesse et j\u2019ai appris â respirer de façon abdominale très tôt dans ma vie.» La chanteuse voit la vie en rose : «Mon enfant me comble tellement que cela bénéficie â mon chant, car je suis une femme plus heureuse.Mais je reste extrêmement ambitieuse.» Michèle Losier ne chantera pas moins et se gardera ses habituelles plages de repos.Musicalement, elle tient à garder tout son répertoire.La musique baroque par exemple, parce qu\u2019elle y glane des rôles de tragédienne: «J\u2019espère aborder Mceste ou Armide de Gluck.Avec l\u2019âge, la voix va prendre plus d\u2019ampleur; cela fonctionne dans ce répertoire.» Michèle Losier aimerait aussi approcher les opéras de Richard Strauss, Le chevalier â la rose, Ariane â Naxos.Elle ajoute: «Je ne chanterai probablement jamais Verdi, mais j\u2019aimerais garder Mozart jusqu\u2019à 50 ans.» Mais même une carriériste ne peut tout contrôler.Alors, elle conclut: «Je ne choisis pas toujours tout: je vais en fonction de l\u2019offre et de la demande et je me croise les doigts!» Le Devoir Collaborateur Le Devoir LA CANTATE INTÉRIEURE Du 31 août au 11 septembre 2015 Une production de la compagnie Les Deux Mondes en codiffusion avec le Théâtre de Quat\u2019Sous [CREATION MONDIALE I DU 1 AU 5 SEPTEMBRE 2015 Une création de Armel Roussel / [e]utopia3 En coproduction avec le Théâtre Les Tanneurs et le Centre du Théâtre d'Aujourd'hui et en partenariat avec le Festival des Francophonies en Limousin (Limoges), le Nest Théâtre - CDN de Thionville Conception Sarah Berthiaume, Gilles Poulin-Denis et Armel Roussel Direction artistique Armel Roussel Textes Collectif d'auteurs de la francophonie (Belgique, Canada, Comores, Congo, France ef Suisse) Avec Seize inferpréfes APRES UNE IMMERSION DANS LA VILLE SOUS FORME ET INTERACTIF Texte Sébastien Harrisson Mise en scène Alice Ronfard Avec Dorothée Berryman, Marie Bernier et Stéphane Jacques THÉÂTRE DE QUAT\u2019SOUS 100, avenue des pins Est, Montréal BILLETTERIE 514 845-7277 QUATSOUS.COM les2mondes TARIF PRÉFÉRENTIEL UNIQUE DE 23 $ AVANT LE 31 AOÛT CENTRE DU THEATRE D'AUJOURD'HUI 3900 RUE ST-DENIS MTL QC H2W2M2 514 282-3900 CTD'A ^UT®PIA E 4 LE DEVOIR, LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 AOUT 2015 CULTURE>THEATRE Le renouveau de la dramaturgie Le festival Dramaturgies en dialogue illustrerait la force de l\u2019écriture théâtrale d\u2019ici MARIE LABRECQUE T ^ se passe quelque chose» avec la dramatur-^ J.gie québécoise.Résurgence de l\u2019édition théâtrale, récupération des pièces par le septième art: considérée comme un «porte-sens fort», l\u2019écriture dramatique a retrouvé sa pertinence auprès de la société québécoise, constate en gros Paul Lefebvre, qui, à titre de conseiller dramaturgique au Centre des auteurs dramatiques \u2014 et grand touche-à-tout de la chose théâtrale \u2014, est bien placé pour l\u2019observer.Une vigueur qui se reflète dans le festival Dramaturgies en dialogue organisé annuellement par le CEAD.Lefebvre qualifie d\u2019ailleurs cette septième édition, qui débute le 20 août, de mises en lecture d\u2019«année forte».Un grand cru d\u2019œuvres inédites qui fait place autant à des auteurs vétérans (Le terreur et le ravissement: Hubert Aquin, de René Gingras; Le dire de Di, de Michel Ouellette) qu\u2019à des nouvelles voix.Une occasion de découvrir les Marie-Hélène Larose-Truchon (Un oiseau m\u2019attend).Benjamin Pra-det et Marianne Dansereau, dont le Hamster a remporté le récent prix Gratien-Gélinas et qui serait dotée à\u2019«un talent fou».Pour le conseiller, c\u2019est clair: la nouvelle génération d\u2019auteurs \u2014 les 35 ans et moins \u2014 est d\u2019une grande qualité.Le résultat, entre autres, des décennies de travail effectué par le programme d\u2019écriture dramatique de l\u2019Ecole nationale de théâtre et par le CEAD.Cette institution «considérée comme un modèle» et qui a fait beaucoup de petits ailleurs dans le monde fête d\u2019ailleurs son cinquantenaire cette année.Le festival en profite pour mettre à l\u2019affiche une soirée spéciale, le 23 août.Des auteurs, des extraits, des shooters réunira une dizaine de dramaturges, et non des moindres.L\u2019adolescence comme métaphore Interrogé sur les grandes lignes qui se dégagent du corpus choisi par Dramaturgies en dialogue, Paul Lefebvre parle de deux tendances.D\u2019une part, la langue s\u2019y révèle un matériau soigneusement ciselé.« Ce langage travaillé qui tient l\u2019oreille en éveil par ses surprises, sa respiration, ses sonorités, on le voit même chez les auteurs qui pratiquent une langue en apparence réaliste.» Les dramaturges auraient aussi à cœur «de trouver des formes adéquates, je dirais même ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Pour Paul Lefebvre, la nouvelle génération d\u2019auteurs \u2014 les 35 ans et moins \u2014 est d\u2019une grande qualité.nouvelles, pour la narration».Une préoccupation qui s\u2019applique plus largement à l\u2019ensemble de la dramaturgie québécoise.« C\u2019est d\u2019ailleurs la chose qui fait sa force en ce moment à l\u2019étranger, note le conseiller du CEAD.Il y a maintenant davantage de textes québécois joués en France que d\u2019œuvres françaises [contemporaines] montées ici.L\u2019Europe, au cours des années 50, a décidé que la forme narrative était devenue non pertinente pour rendre compte des réalités actuelles.» Les créateurs d\u2019ici montrent qu\u2019il est toujours possible de raconter des histoires, sans pour autant se figer dans des codes conventionnels.La fournée 2015 se démarque aussi par son abondance de personnages adolescents.Pas seulement dans les pièces qui ciblent \u2014 bien que pas exclusivement \u2014 un public juvénile, telles que La fête à Sophie de Serge Mande-ville.Comment expliquer cette récurrence?L\u2019éloquent Paul Lefebvre émet une hypothèse: le vertige ressenti par le jeune à la lisière de l\u2019âge adulte servirait de métaphore à notre propre trouble.«Nous sommes dans L\u2019audace du plat pays Cette année.Dramaturgies en dialogue fait également découvrir des voix de Wallonie-Bruxelles, donc de la Belgique d\u2019expression française.On pourra y entendre Mythmaker ou de l\u2019obscénité marchande, de Manuel Antonio Pereira, l\u2019écriture «d\u2019un ludisme fou» de Marie Henry (le doublé Même dans mes rêves les plus flous tu es toujours là à me hanter, Jean-Luc et D\u2019un côté le coq de bruyère pleure, de l\u2019autre le canapé sombre), ainsi que Supernova de Catherine Daele.Des auteurs choisis parce qu\u2019ils «nous font voir notre théâtre d\u2019une façon différente» et sont susceptibles de stimuler les auteurs d\u2019ici.Paul Lefebvre cite en exemple le dur texte pour adolescents de Daele.Alors que notre dramaturgie jeunes publics a longtemps été une «locomotive mondiale pour le développement de nouveaux thèmes, la société québécoise est devenue beaucoup plus frileuse: certains textes des années 70 ne seraient pas \u201cmontables\u201d aujourd\u2019hui parce que jugés trop perturbants».une période assez vertigineuse.Il y a un retour très fort du religieux.Grâce aux nouveaux moyens de communication, tout le monde peut maintenant devenir émetteur, pour la première fois de l\u2019Histoire, et en même temps, toute la mémoire du monde est accessible.L\u2019adolescent sur le seuil d\u2019un monde nouveau qu\u2019il ne comprend pas, c\u2019est la situation dans laquelle nous sommes comme société.» Le texte de Benjamin Pradet qui ouvre le festival le 20 août, 80 000 âmes vers Albany, met plutôt en scène des personnages à l\u2019autre bout du spectre d\u2019âge (et portés sur scène par un merveilleux quintette de doyens de l\u2019interprétation).«Mais ces octogénaires posent le geste adolescent par excellence : une fugue.» Collaboratrice Le Devoir DRAMATURGIES EN DIALOGUE Au Centre du Théâtre d\u2019Aujourd\u2019hui du 20 au 27 août dramaturgiesendialogue.corn 20 JUIN«^ 23 AOÛT INTERNATIONAL^ DOMAIN LE GRAND ART SCULPTURE ÉIATU.RH FIN DE SEMAINE DE CLOTURE SAMEDI 22 AOÛT 20 H LES SOIRÉES JAZZ David Linx, chanteur | Diederik Wissels, piano Christophe Wallemme, contrebasse | Donald Kontomanou, batterie Seule visite au Québec! SAMEDI 23 AOÛT 15 H LES VIOLONS DU ROY Matthew Halls, chef d'orchestre Stephen Kovacevich, piano Hydro Québec JARDIN HARMONIQUE DE SCULPTURES Découvrez les 25 oeuvres monumentales installées sur la propriété! UNE EXPÉRIENCE SENSORIELLE INCOMPARABLE! Caisse de dépôt et placement du Québec PACTE RURAL 2014-2024 ' CHARLEVOIX-E cp LES BRUNCHES-MUSIQUE CASINO CHARLEVOIX 23 AOÛT - CHANSONS POUR ACCORDÉON Bernard Cimon, accordéon 30 AOÛT - DES AIRS DE PLAISIR! TRIO À TOUT CORDES! Philippe Amyot, violon | Yvan Bouchard, guitare Jean-Philippe Arsenault, contrebasse Détails sur domaineforget.com 418 452-3535 | 1 888-DFORGET (336-7438) 1^1 Patrimoine Canadian canadien Heritage Québec QC3 an EMOND Une banale histoire, d\u2019Anton Tchékhov SUITE DE LA PAGE E 4 homme qui confie avoir tâché sa vie durant d\u2019être «juste» en tout et avec tous.Ce qui implique un refus de céder à la facilité.Devant un jeune collègue qui ressasse et pontifie sur la supposée bêtise des étudiants d\u2019aujourd\u2019hui, Nicolas s\u2019emporte, ne percevant que cynisme stérile là oû d\u2019aucuns voient intelligence et bel esprit.«Nicolas ne ment pas aux autres et ne se ment pas à lui-même, résume Paul Savoie, qui a souvent joué Tchékhov sur les planches.En fin de parcours, Nicolas est mû par une quête de vérité qui ne s\u2019encombre pas de déni.Il est par exemple capable d\u2019admettre que, quoiqu\u2019il les eût follement aimées, il se sent désormais étranger à sa seconde épouse [Marie-Thérèse Fortin] et à sa fille cadette [Ariane Legault].C\u2019est un sentiment tabou que vivent beaucoup de gens qui, la plupart du temps, choisissent justement de se mentir à eux-mêmes.» « Cette idée de vérité s\u2019est imposée pour l\u2019interprétation.Ber- « Silence funèbre.Silence si grand, que, dirait un écrivain, les oreilles vous tintent.Le temps coule lentement.Les bandes de clarté lunaire sur le rebord de la fenêtre ne bougent pas, comme jîgées.L\u2019aube est encore loin.Mais, voici qu\u2019à la palissade, la porte bâtarde grince.Quelqu\u2019un entre et, ayant brisé une branche à un arbre, frappe doucement à ma fenêtre: \u201cNicolas Stépânytch!\u201d entends-je murmurer.J\u2019ouvre la fenêtre et il me semble voir une apparition.Collée à la muraille est une femme en robe noire, violemment éclairée par la lune, qui me regarde avec de grands yeux.Son visage est pâle, grave, et comme marmo- nard tenait à ce qu\u2019on évite les clichés physiques, comme le dos voûté.J\u2019ai travaillé de l\u2019intérieur.C\u2019est très curieux, parce que dès que j\u2019ai trouvé la posture de Nicolas, comme un certain affaissement, j\u2019ai eu l\u2019impression d\u2019être devenu mon père.Je n\u2019étais plus moi.Ce 09-22 AOÛT MISQA DIRECTEUR GENERAL&ARTISTIQUE ANDRÉ J.ROY 6 CONCERTS EXCEPTIONNELS SALLE POLLACK ¦ 19H 2015 QUATUORS À CORDES 09'08 MIRÔ\tCONCERT D'OUVERTURE 13 08 OIVIER\u201c/VANKUIJK™^\u201c 14-08\t/ AMBER 20 08 VANKUIJK™^^20MER\u201c 21-\t08 AM BER 22-\t08 PARKER concert de clôture ENTRÉE GRATUITE / RÉSERVEZ VOS PLACES 514,550,8057 ¦ RESERVATIONS@MISQA,COM MISQA.COM ARCHIVES DU MUSEE DU THÉÂTRE D\u2019ART DE MOSCOU réen, en raison de l\u2019éclairage fantastique de la lune.Son menton tremble.\u201cC\u2019estmoi., dit-elle, moi., Kâtia !\u201d» rôle-là a été l\u2019occasion d\u2019une expérience, bien plus que d\u2019une simple interprétation.» A l\u2019écran, difficile de ne pas le relever, Paul Savoie çvoque également.Bernard Emond.placés côte à côte, les deux hommes pourraient être frères.C\u2019est fortuit, promet le second, tout en admettant que le subconscient s\u2019exprime parfois de curieuse manière.Une pertinence intacte Au début du film, Nicolas déclare ^a foi totale dans la science.A la fin, il regrette de ne pouvoir croire en Dieu.«Il est intègre jusqu\u2019au bout par rapport à sa pensée, à ses croyances et à sep valeurs, résume Bernard Emond.Mais il ne peut faire autrement que de constater que ce n\u2019est pas assez.La science, seule, laisse un trou béant.Elle n\u2019explique pas tout.Le big bang?Certes, mais avant cela ?Un mystère demeure, et ce mystère, la science ne peut l\u2019éclaircir.» Pour autant, Nicolas ne constitue pas une figure tragique.Parce que dans l\u2019ensemble, sa vie a été «bonne», a été «pleine».«Je suis heureux que le film préserve la fin ouverte originale, note Paul Savoie.Elle reste en tête.On est hanté par elle.Dans les nouvelles de Tchékhov, il n\u2019y a pas de chute.» «La fin est d\u2019u,ne beauté! renchérit Bernard Emond.C\u2019est déchirant, mais pas pessimiste.On a parfois des vies très dures, mais la beauté qu\u2019on a vue, on l\u2019a vue.» Et les gens qu\u2019on a aimés, on les a aimés.Le Devoir LE DEVOIR, LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 AOUT 2015 E 5 ©CINE OUTREMONT Montréal® theatreoutremont.ca 514 495-9944 LA LEÇON (BOYCHOIR) AVEC DUSTIN HOFFMAN ET KATHY BATES | DU_ REALISATEUR DU FILM LE VIOLON ROUGE Le lundi 17 août | 16 h et 19 h 30 ICINEMA STRATFORD ONjOyTRENONTi ©CINE OUTREMONT |Qe LA'SCENEA L\u2019ECRAN Montréal® theatreoutremont.ca KING JOHN I KING LEAR 1\u201c ANTHONY AND CLEOPATRA 514 495-9944 Du 19 au 23 août 15 $ 135 $ trois événements Flics story Le drame\tAnatomie d\u2019un double crime est campé dans l\u2019Espagne postfranquiste ANATOMIE D\u2019UN DOUBLE CRIME (V.F.DE La isla minima) ?1/2 Réalisation : Alberto Rodriguez.Avec Raül Arévalo, Javier Gutierrez, Nerea Barros.Espagne, 2014, 105 minutes.FRANÇOIS LÉVESQUE Une route perdue, loin de Madrid, en 1980.Dans leur voiture de police banalisée, les détectives Pedro et Juan dissimulent mal une animosité réciproque.C\u2019est là l\u2019un de leurs rares points communs.En pénitence pour excès d\u2019opiniâtreté, le duo mal assorti \u2014 un motif cher au genre \u2014 s\u2019est vu contraint d\u2019aller enquêter dans les marais de Guadalquivir: une banale affaire de disparition, certainement une fugue, pensent-ils.L\u2019histoire leur prouvera qu\u2019ils ont tort.Sitôt arrivés, les deux partenaires constatent que la population du secteur, dont les conditions de vie sont au mieux rudimentaires, est aux abois, mais ne pipe mot.Cette impression que quelque chose cloche se confirme lors d\u2019une visite chez les parents des deux adolescentes qui se sont volatilisées.Visiblement terrifiée, la mère, en particulier, parle tout en prenant soin de ne rien dire.Peu loquace, le père affiche quant à lui une animosité suspecte.Même après que les deux cadavres des jeunes filles eurent été retrouvés dans les eaux stagnantes d\u2019un caniveau, les langues refusent de se délier.Puis, une nuit, un homme ivre fait irruption dans l\u2019hôtel miteux où logent Pedro et Juan afin de leur parler de la disparition de sa fiancée deux ans plus tôt.Les policiers comprennent alors qu\u2019ils ont affaire à un tueur en série sans pitié qui leurre ses jeunes victimes en leur faisant miroiter un semblant d\u2019avenir meilleur.Tout de fausses pistes et de retournements ingénieux tissée, la trame du drame policier Anatomie d\u2019un double crime affiche une belle densité sociohistorique.Quelques longueurs et entorses à la vraisemblance subsistent toutefois, mais rien qui dissipe l\u2019intérêt ou atténue la charge anxiogène du suspense.Usant d\u2019un décor naturel particulièrement saisissant de manière aussi prosaïque que métaphorique, le film exsude à cet égard une atmosphère de déliquescence prenante, à la fois physique et psychologique.On se surprend parfois à penser au film Aux portes de l\u2019enfer, d\u2019Alan Parker, et à la première saison de True Detective, de Nie Pizzolatto.Abîmes de dualités Tout juste libérée du régime franquiste, l\u2019Espagne dépeinte ici est coupée en deux à maints égards: anciens partisans contre opposants, riches contre pauvres, citadins contre paysans.Pedro et Juan symbolisent eux aussi cette dualité, le premier recrue idéaliste anti-Pranco, le second vétéran cynique qui s\u2019est accommodé de la corruption tout en dispensant sa propre justice en marge de la loi.Leur enquête est d\u2019abord l\u2019occasion d\u2019une collision, puis d\u2019une communion.Avec, l\u2019aide de son directeur photo Alex Catalan, le réalisateur Alberto Rodriguez signe 2ivec Anatomie d\u2019un double crime une œuvre non sans failles, mais intoxicante.Miser à ce point non seulement sur ce contexte, mais sur ce lieu, précis, était une décision avisée.Maints festivals et dix prix Goyas plus tard, l\u2019histoire leur a prouvé qu\u2019ils ont eu raison.Le Devoir AZ FILMS La trame du drame policier Anatomie d\u2019un double crime affiche une belle densité sociohistorique.m FILMOPTION INTERNATIONAL Grouillant d\u2019irrésistibles clins d\u2019œil aux classiques de la science-fiction, ce délire rétrofiituriste siuvitaminé comblera les nostalgiques des séries B.La guerre de l\u2019eau Plébiscité à SXSW et à Fantasia, le jubilatoire Turbo Kid arrive sur nos écrans TURBO KID ?Science-fiction d\u2019Anouk Whissell, François Simard et Yoann-Karl Whissell.Avec Munro Chambers, Laurence Lebœuf Michael Ironside, Aaron Jeffrey, Edwin Wright et Romano Orzari.Canada-Nouvelle-Zélande, 2015, 93 minutes.MANON DUMAIS Après dix ans d\u2019attente, voici que les adeptes d\u2019Anouk Whissell, Prançois Simard et Yoann-Karl Whissell, aussi connus sous l\u2019appellation Roadkill Superstar ou RKSS, pourront enfin découvrir leur premier long métrage.Non, il ne s\u2019agit pas de la version étoffée de leur cultissime court métrage Le bagman (2004), jouissif s/o-sher bien dégoulinant ayant fait les belles soirées de SPASM, mais plutôt de la version longue du court T Is for Turbo, où Yves Corbeil incarnait un sombre vilain.Jubilatoire pastiche des films postapocalyptiques des années 1980, Turbo Kid nous entraîne dans un passé parallèle pas si lointain, soit en 1997, après l\u2019Apocalypse, alors que l\u2019eau potable est devenue une denrée plus que rare.Collectionneur d\u2019artefacts des années 1980, qu\u2019il échange contre de l\u2019eau, le Kid (solide Munro Chambers) voit d\u2019un mauvais œil l\u2019arrivée de la ravissante et enfantine Apple (hilarante Laurence Lebœuf) dans son univers.Armé de son gant turbo, chevauchant son BMX, il ira pourtant à sa rescousse après qu\u2019elle eut été kidnappée par un sbire de l\u2019infâme Zeus (Michael Ironside, passé maître dans ce type de rôle), qui contrôle le trafic de l\u2019eau.Grouillant d\u2019irrésistibles clins d\u2019œil aux classiques de la science-fiction, dont Soy-lent Green de Richard Llei-scher, ce délire rétrofuturiste survitaminé comblera les nostalgiques des séries B.De fait, ceux-ci riront à s\u2019en décrocher la mâchoire à chaque référence hilarante aux sous-Mad Max de l\u2019époque, à BMX Bandits de Brian Tren-chard Smith et à Brain Dead de Peter Jackson, principales sources d\u2019inspiration du talentueux trio cinéphile.N\u2019ayant rien perdu de leur humour déjanté ni de leur fort penchant pour les effets spéciaux outranciers, RKSS signe une réalisation tonique où le gore, le kitsch et les gros syn-thés bien appuyés (gracieuseté de Le Matos) sont rois.Mieux encore, les trois réalisateurs prouvent hors de tout doute que lorsqu\u2019on lui donne les moyens (merci à la Nouvelle-Zélande!), le cinéma québécois peut offrir de bons films de genre.Un plaisir coupable ?Non, totalement assumé ! Collaboratrice Le Devoir ?« DE BOUT EN BOUT, ANATOMIE D\u2019UN DOUBLE CRIME, FASCINE PAR LA MAÎTRISE DE SA MISE EN SCÈNE ET LA FULGURANTE BEAUTÉ DES ESPACES ANDALOUS.» CRITIKA T.COM « CE FILM NOIR, INTELLIGENT, PASSIONNANT ET INCROYABLEMENT ESTHÉTIQUE EST UNE SACRÉE RÉUSSITE.» CULTUREBOX irix'kix'k FEMME ACTUELLE UN FILM DE ALBERTO RODRIGUEZ ?L'EXPRESS ANATOMIE D\u2019UN DOUBLE CRIM, (MARSHLAND) PERSONNE NE PAREE.MAIS TOUS CACHENT QUEEQUE CHOSE.GAGNANT 10 PRIX GOYA INCLUANT MEILLEUR FILM EXC3NTRIS NOUVELLES, NOUVELLES OLIVIER GODIN-82 MIN.ET AUSSI A L\u2019AFFICHE: L\u2019HOMME IRRATIONNEL (V.O.STF.) - WOODY ALLEN ?4-1 LE MIRAGE - RICARDO TROGI\t05] LA SALLE DE DANSE (V.O.STF.) - KEN LOACH\tET] AMY (V.O.STF.)-ASIF KAPADIA\tET] ET AUSSI PRES DE 100 FILMSSUR BILLETTERIE : 514 847-2206 3536, BOULEVARD ST-LAURENT, MONTREAL CINÉMA EN UGNE TRANSATLANTIQUE -FÉLIX DUFOUR-LAPERRIÈRE H4\u2019! MAGIE AU CLAIR DE LUNE (V.O.STF.)-WOODY ALLEN\tB'»| : L\u2019INCONNU DU LAC -ALAIN GUIRAUDIE CINEMAEXCENTRIS.COM SELECT ON OFF C ELLE DONOSTIAZINEMALDJA FESTIVAL DE SAN SEBASTIAN INTERNATIONAL FILM FESTIVAL GAGNANT DU MEILLEUR FILM MEILLEUR REALISATEUR « UN ACCOMPLISSEMENT EXTRAORDINAIRE QUI DÉFINIT UNE CARRIÈRE.» INDIEWIRE V.« D\u2019UNE GRANDE INTENSITE.UN DES MEILLEURS FILMS DE L\u2019ANNÉE » HOLLYWOOD REPORTER «lEiiiDiiiiiHainjEsleniiumHiuiyiiiiiilnuiHiwiMnAiiiiHDinikiiiiiiiiiiinaiDi nnHieiMi «M 11 niD «niiDiFum «¦¦hmibjié oE»»i>»ffinulp tniHim lUHÉiEfUiiii KEEUill KIlfSHÉ ¦uaiE.ISlfiDÉEiuimlIim l f l.lir lif lilSA«ï PRESENTEMENT A L\u2019AFFICHE! I\tCINÉMA\tI I LE CLAP I I www.azBini5.ca |\t| steS^dSIFI\tIlê tapis'rôugEI rsHERBROOKil Iquartier lÂtÎnI\tIle forum gg1 http://www.azfilms.ca/accueil_fr.html E 6 LE DEVOIR LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 AOUT 2015 CULTURE.DE VISU ^ V P\"' 9 V inuKin aKtm&.-0 V .\t-\u2022 ¦ OSCAR MONSALVE La pharmacopée magique de Dana Wyse est un projet aussi brillant que drolatique.Pharmacopée de vos rêves inavoués La Centrale met en vitrine les médicaments fantaisistes de l\u2019artiste Dana Wyse JESUS HAD A SISTER PRODUCTIONS De Dana Wyse.A la Centrale Galerie Powerhouse (4296, boulevard Saint-Laurent) jusqu\u2019au 3 septembre.MARIE-ÈVE CHARRON La Centrale, le centre d\u2019artistes voué aux pratiques féministes, a paré sa vitrine d\u2019échantillons de la pharmacopée magique de Dana Wyse, un projet aussi brillant que drolatique.L\u2019artiste de Colom-hie-Britannique installée en France développe depuis 1996 un arsenal de remèdes fictifs qu\u2019elle présente ensachés sous d\u2019attrayantes étiquettes dont les images sont empruntées à la publicité des années 1960.Elle y propose des antidotes qui, pour autant qu\u2019ils soient loufoques, dévoilent les peurs et les fantasmes des individus quant aux normes et aux stéréotypes que la société cultive en eux, bien que souvent à leur insu.L\u2019imagerie surannée sur les sachets gentiment alignés dans la vitrine ramène les modèles traditionnels de l\u2019homme, de la femme et de la famille, dressant un portrait conservateur de la société aussitôt rendu grinçant à la lecture des étiquettes.A l\u2019impératif ou à l\u2019infinitif, les énoncés rédigés en anglais déclinent les promesses, insistant sur le caractère immédiat du résultat: «Be Straight», «Find Fier G Spot Instantly », «Instant Québécois Accent», «Act Normal Around Your Ex-Husband\u2019s New Boyfriend», «Make Your Wife Think She Likes Camping», «Virgin Pills.Hymen ndonara and creepy test-tube batnsl.\u2018 Have 8 cfiri perieealy and nexpenahny in tbe cemfirt of \u2019 yeurownhamet)Hnk8tatbismar«Blausnewvniiderit*ui]l ' Restorer», «Be Proud of Your Homosexual Son ».Sous forme de poudre, de pilule, de seringue ou de cigarette, les drogues imaginées par l\u2019artiste prétendent procurer au consommateur la possibilité de se conformer à des at- L'ENGAGEMENT À LONG TERME VOUS FAIT PEUR?Soyez famille d'accueill La Société pour la Prévention contre la Cruauté envers les Animaux (SPCA) recherche des familles d'accueil pour héberger b court terme chiens, chats, lapins et autres animaux sympathiques jusqu'à ce qu'ils puissent être placés pour l'adoption.Le service de soins vétérinaires est disponible en échange d'une contribution minime.La nourriture et l'équipement peuvent également être fournis.L'hébergement peut durer quelques jours ou plusieurs mois.Pour en savoir plus sur le programme des familles d'accueil de la SPCA, visitez www.speamontrealxom ou téléphonez au 514.735.2711, poste 2237.S0 DANA WYSE tentes sociales et interpersonnelles multiples jusque-là plus ou moins tacites.La formule se fait l\u2019écho du recours grandissant aux médicaments en guise de traitement facile contre tous les maux modernes.Elle tend aussi un miroir à peine déformant aux stéréotypes de genre encore tenaces autour de nous, comme dans cette récente campagne publicitaire de l\u2019Hôpital de Montréal pour enfants où les garçons soignés aspirent à devenir astronautes, et les fdles, des princesses.Norme hétérosexuelle Dans la pharmacie de Dana Wyse, la sexualité et les rôles de genre s\u2019avèrent particulièrement hantés par les névroses et les assignations façonnées par la norme hétérosexuelle.En 1997, est-il raconté dans un ouvrage sur l\u2019artiste (éditions du Regard, 2007), elle a reçu un déluge de requêtes sérieuses pour sa pilule pouvant garantir aux parents l\u2019hétérosexualité de leur enfant.Ce travail a la capacité de pointer des peurs réelles, voire de confondre les gens sur sa nature, parce qu\u2019il sort des voies traditionnelles de l\u2019art pour épouser celles du marketing et de la production en série.Cet art s\u2019inscrit en effet dans, et interfère avec, les règles de la société de consommation, qui assure son hégémonie par la publicité enjoignant les individus à acheter pour assouvir leurs désirs et modeler leur identité.C\u2019est ainsi que l\u2019artiste fait la critique de ce système, comme celui du monde de l\u2019art avec lequel elle se met aussi en porte à faux.Parmi ses remèdes, certains ont justement l\u2019art dans leur mire : «Instant Fame Pills for Artists», «Understand Contemporary Art Instantly ».L\u2019un deux semble être fait pour traiter une sensibilité par rapport à l\u2019art testée chez nous ces derniers temps : « Understand Public Sculpture Instantly».L\u2019atelier de l\u2019artiste où elle fabrique ses médicaments fantaisistes se présente sous le nom de Jesus Had A Sister Productions, une petite entreprise qui distribue de façon artisanale ses produits à plusieurs endroits, souvent dans les boutiques de musées.Pour autant qu\u2019elle soit fictive, cette pharmacopée trouve son pendant dans un autre projet de l\u2019artiste qui, lui, puise directement dans le réel.Elle a cumulé au fil des ans les guides pratiques dont seraient particulièrement friands les Nord-Américains, à l\u2019intitulé générique «How To».Ces livres de recettes, comme en témoigne la collection de l\u2019artiste intitulée Recipe for Life, pullulent, donnant le mode d\u2019emploi pour tout, que ce soit pour rendre son enfant plus intelligent ou avoir du succès au lit.Contre ce lucratif marché des illusions dont elle détourne les éléments, Wyse en propose un autre avec ses sachets de médicaments vendus à La Centrale qui décomplexent, critiquent et font rire, au modique prix de 9,99$ chacun.Collaboratrice Le Devoir LIVRES LITTERATURE ETRANGERE Pères et fils Mario Vargas Llosa plonge au cœur du Pérou contemporain CHRISTIAN DESMEULES Entre la fable et la radioscopie du Pérou contemporain, Le héros discret, le 17® roman de l\u2019écrivain péruvien nobélisé Mario Vargas Llosa, se nourrit de la corruption, de la perte des valeurs morales, du déchirement chronique entre l\u2019Europe et le Nouveau Monde.A Piura, première ville espagnole d\u2019Amérique du Sud, un «mouchoir de poche» près de la frontière de l\u2019Equateur, le patron d\u2019une entreprise de transport péruvienne, Feli-cito Yanaqué, est l\u2019objet d\u2019un mystérieux chantage et d\u2019une tentative de racket mafieux.Mais ce petit Indien têtu, parti de rien, marié et père de famille entretenant aussi une jeune maîtresse, va refuser de plier.Il se rappelle les paroles de son père : « Un homme ne doit se laisser marcher dessus par personne.» À Lima, 1000 kilomètres plus au sud, don Rigoberto est le prospère directeur d\u2019un cabinet d\u2019assurances qui s\u2019apprête à partir à la retraite.Dilettante épris de culture, le regard tourné vers l\u2019Europe \u2014 où il fait religieusement avec sa seconde femme, Lucrecia, son voyage annuel loin de «Lima l\u2019Horrible» \u2014, il est convaincu qu\u2019au Pérou, «la barbarie finit par tout dévaster ».Un personnage déjà rencontré dans Eloge de la marâtre et Les cahiers de don Rigoberto (Gallimard, 1990 et 1998), qui relataient tous les deux des épisodes ultérieurs de son existence.Démon d\u2019après-midi Fonfon, son fds unique adolescent, lui raconte depuis quelque temps qu\u2019un curieux personnage lui apparaît.Ce qui inquiète son père, qui y voit tantôt des hallucinations, tantôt le diable en personne.Voyons-y plutôt un clin d\u2019œil au Docteur Faustus (Livre de Poche) de Thomas Mann.Qu\u2019il soit vrai ou faux, le récit de ces apparitions et les discret PRIX NOBEL DE LITTÉRATURE conversations qu\u2019il a avec son fils le bouleversent.Mais le riche et fringant propriétaire octogénaire de la compagnie d\u2019assurances, Ismael Carrera, décide d\u2019épouser sa gouvernante, Armida, 38 ans plus jeune que lui.Ses deux bons à rien de fils, qui convoitaient déjà sa fortune comme des vautours tout en souhaitant sa mort, prendront tous les moyens pour s\u2019opposer à ce mariage, qui fait aussi scandale dans la bonne société de Lima.Ayant servi de témoin au mariage de son patron, don Rigoberto sera plongé malgré lui dans la tourmente.Les deux récits finiront par se télescoper de manière habile.L\u2019auteur de La ville et les chiens et de La maison verte, qui a aujourd\u2019hui 79 ans, sait toujours se faire l\u2019écho des fractures et des tensions qui caractérisent le Pérou d\u2019aujourd\u2019hui.Lui qui jongle depuis cinquante ans avec la littérature et la politique livre cette fois un roman plutôt intime même s\u2019il aborde \u2014 sans toutefois vraiment y plonger \u2014 le spectre de la corruption endémique au Pérou.Entre l\u2019esquisse baroque et le portrait social engagé, ce nouveau roman est une sorte d\u2019hybride entre La tante Julia et le scribouillard et Conversation à La Catedral (paru en 1969, mais depuis peu offert dans une toute nouvelle traduction chez Gallimard).Du reste, c\u2019est surtout l\u2019histoire des fils contre les pères.Et une réflexion amusée, mais aussi plus profonde sur le thème de la transmission.Solide, mais sans doute pas le livre le plus essentiel de cet écrivain majeur.Collaborateur Le Devoir LE HÉROS DISCRET Mario Vargas Llosa Traduit de l\u2019espagnol (Pérou) par Albert Bensoussan et Anne-Marie Casés Gallimard Paris, 2015, 480 pages i' ANNE-CHRISTINE POUJOULAT AGENCE ERANCE-PRESSE Mario Vargas Llosa DAVID ALTMEJD FLUX Exposition conçue et organisée por le Musée d'Art moderne de la Ville de Paris / Paris Musées et le Musée d'art cantemporain de Montréal Avec l'aimable permiesior Tbe Brant Foundation Art Study Center, Greenwiob, Connecticut I AU A NE PAS MANQUER ! JUSQU'AU 13 SEPTEMBRE MAC VISITEZ FLUX.MACM.ORG PARCOURS AUDIO COMMENTÉ PAR L'ARTISTE CONTENUS EXCLUSIFS ET GALERIE PHOTOS CULTUREL hUMERIQl Collation\tfSCOGECO Loto-Québec\tMétnmtn NUMERIQUï DU 0U£B£C MUSEE D\u2019ART CONTEMPORAIN DE MONTRÉAL QuébecSS 185, ruB SalntB-Cotherlne Qusst Mètre Place-des-Arts macm.orq LE DEVOIR LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 AOUT 2015 E 7 CULTURE'LIVRES POESIE Dans les nuits sexe-cuir De bar en bar, de lit en lit s\u2019allonge l\u2019émoi lassé et languissant d\u2019un chercheur de chair et d\u2019émotions à vif HUGUES CORRIVEAU C> est bel et bien à la quête d\u2019une «érotique mystique» que nous sommes conviés dans ce projet de Jean Chapdelaine Gagnon, Hallali, qui va du corps au corps, d\u2019une déception à une apothéose, d\u2019un plaisir inassouvi à une insatiable concupiscence.«Des nuits / à ne chercher rien / que la mort secourable / d\u2019un bar à Vautre jusqu\u2019au point / du jour.» Or, si l\u2019authenticité du ton ne se dément jamais dans ce recueil aux confidences répétées, jamais pourtant ne se départit-on d\u2019un sentiment de déjà-vu, entendu ou lu, tellement sont forcément clichés les périples nocturnes dans tous lieux plus ou moins clandestins, qu\u2019ils soient gays ou pas.Dès les premiers essais, «l\u2019apprenti jouisseur / reste inassouvissable.» Ce dernier rTMfl nous propose une autobiographie qui traverse le temps, qui inscrit les premiers apprentissages survenus autour de l\u2019année olympique (sorte de métaphore discrète des exercices physiques).Le narrateur de cette poésie s\u2019applique à nous faire sentir au plus près son immer-sion comme proie vivante au cœur de ce marché de la chair vive, dans ces échanges éphémères qui troublent à la fois les corps et l\u2019esprit.Continent noir Il ne craint pas le glauque suant des sous-sols où la pierre saigne, humide des miasmes et des liquides jaillissants, frémissante des fièvres qui mettent les cop)s à la chaîne et aux orgies, lieu «trempé du lait / des petites morts galvaudées».Rien pourtant de pornographique, plutôt allusifs les attouchements et les fornications, l\u2019intérêt du poète venant plutôt de son besoin de faire HflU ressentir le désarroi d\u2019un profond et inéluctable isolement.Ce recueil a ce ton qui laisse un goût amer en soi, qui s\u2019insinue de telle sorte que la quête dont on nous parle prend les apparences tragiques d\u2019un leurre qui renvoie le lecteur à une imparable solitude: «La tête ne distingue plus / du bas-ventre l\u2019entrejambe / s\u2019enlise dans le magma / de l\u2019inexistence // L\u2019objet du désir possédé / rejeté / invalide l\u2019homme / comme n\u2019importe quel / produit de foire / postmoderne.» Bien peu d\u2019espoir alors que s\u2019épanouisse quiconque veut trouver une réconciliation en passant par les aléas des pulsions.Bien impossible paraît alors le salut qui rendrait viable la projection de sa propre réalisation en un autre idéalisé.Les relations provoquent plutôt des échanges de fluides, des plaies saignantes dont les traces dessinent des barreaux et des liens forcément oppressants.Ecriture juste pour ce recueil qui appelle des âmes bien trempées, des lecteurs capables de dépasser le désespoir sous-jacent des textes pour atteindre cette lucidité nécessaire à la vérité toute crue.Collaborateur Le Devoir HALLALI Jean Chapdelaine Gagnon Le Noroît Montréal, 2015, 80 pages Avec ou sans disque: textes lus par l\u2019auteur, musique de Pierre Gagnon.ROMAN ERANÇAIS Ces générations qui ne se ressemblent pas Une question d\u2019identité allemande GUYLAINE MASSOUTRE Comment soutenir une fdia-tion odieuse?De l\u2019austère pasteur Sanderling (de son vrai nom Florens Christian Rang), ami de Benjamin, de Buber, de Hofmannsthal et de Scholem à Anne Weber, écrivaine bilingue d\u2019identité allemande et de résidence française, le feu couve.Question de consanguinité et de mémoire ?C\u2019est un combat intérieur, une lente métamorphose.Vaterland en est le récit.«Il s\u2019agira d\u2019un Allemand qui a passé une quinzaine d\u2019années en Pologne.De mon arrière-grand-père.Pour le dire tout de suite: mon arrière-grand-père n\u2019a pas envahi la Pologne.La région de Poznan, où il a vécu, avait déjà été rattachée à la Prusse en 1815.» Entre eux deux, le nazisme laisse des cicatrices indélébiles.Quatre générations.Entre Sanderling et Weber, il y a le grand-père d\u2019Anne, nazi convaincu, et son père, qui rejette ces guerriers.Mais ce pasteur Sanderling, un théologien sûr de lui, illuminé de foi, mort en 1924, qui fut aussi philosophe et écrivain, fut-il plus qu\u2019un excentrique, comme on veut le penser désormais?Weber reprend l\u2019enquête, et elle s\u2019y expose sans relâche, donnant un livre magnifique sur ce qui ne peut être omis, oublié, ni faits ni engrenages.Décryptage Comment ressaisir le nazisme, pas comme phénomène, mais individuellement, au plus près de soi?Quel est cet héritage maudit, l\u2019ignominie de l\u2019eugénisme par exemple, jadis prôné par la haute culture allemande ?Les nazis ne sortaient pas de rien.Weber a bien du courage.Elle l\u2019écrit en allemand, puis se traduit en français, deux livres indissociables, européens, qui transforment l\u2019héritage des haines en effroi.Haine des Polonais, haine des malades mentaux, considérés AGENCE ERANCE-PRESSE Comment ressaisir le nazisme, pas comme phénomène, mais individuellement, au plus près de soi ?Quel est cet héritage maudit, l\u2019ignominie de l\u2019eugénisme par exemple, jadis prôné par la haute culture allemande ?comme improductifs.Le petit monde à part des Allemands dominants a laissé des écrits rigoristes, le souvenir de la germanisation forcée, des pratiques meurtrières issues d\u2019un romantisme volontariste et d\u2019un idéalisme qu\u2019on voudrait inimaginable dans l\u2019Europe d\u2019aujourd\u2019hui.Réfléchissant avec des amis juifs, Weber s\u2019est rendue à Poznan pour donner du corps à la réalité.Qutre le château prussien, elle constate l\u2019effacement de l\u2019histoire, dans cette Pologne embarrassée et meurtrie par les crimes sur son sol.Témoin, le vieil hôpital psychiatrique, où les premiers passages à Pacte nazis consistèrent à gazer les malades surplace.Sanderling, qui avait visité l\u2019établissement, s\u2019était insurgé de l\u2019existence de ces vies douloureuses; il avait demandé pourquoi on ne pouvait pas les délivrer / s\u2019en défaire / les supprimer au plus vite: «Pourquoi n\u2019empoisonnez-vous pas ces gens?» Les écrits sont têtus.Héritage toxique Reconstituer le temps est un long processus.«Je ne peux pas comprendre avec empathie», constate l\u2019auteure, frissonnante.Son aïeul?«C\u2019est lui qui aide les autres à se relever, à se hisser à sa hauteur, et non l\u2019inverse.Il y a là une fierté et une dureté extrême envers lui-même dont je ne vois pas bien comment elles peuvent se concilier avec la bonté et la clémence envers autrui.» Cerner cet homme, puis le fils, n\u2019est ni juger, ni excuser, ni passer l\u2019éponge.Dix mille êtres humains \u2014 «incapables de travailler », écrivait Sanderling \u2014, ont été liquidés dans cet hôpital en huit mois, quinze mille jusqu\u2019en 1945.Après les Lumières s\u2019implanta la productivité.La religion l\u2019imposa, avec un surcroît d\u2019extrémisme illuminé.La politique suivit.Mais ce fondement destructeur contamine notre monde.Cette «malformation héréditaire», écrit-elle, nommant ainsi la germanitude.Même si son père est agacé, elle poursuit, ébranlée : tout pèse sur la conscience mortifère du made in Germany.D\u2019où l\u2019intérêt de cet ouvrage, sa démarche autour de «la soif de sang cannibale» qui s\u2019éveilla en Allemagne, pas seulement comme un héritage singulier ; ce qui l\u2019universalise est que personne ni aucun peuple n\u2019est exempt de tache sur son trousseau de clés.Se décaler, c\u2019est voir.Collaboratrice Le Devoir VATERLAND Anne Weber Seuil Paris, 2015, 233 pages ELLORY SUITE DE LA PAGE E 1 ami d\u2019enfance Nathan Verney, un Noir originaire comme lui de la petite ville de Greenleaf en Caroline du Sud.C\u2019est avec eux, les inséparables Daniel et Nathan, entourés d\u2019une galerie de personnages attachants, que l\u2019on verra se dérouler au quotidien le fd tragique çle ces années qui ont vu les Etats-Unis basculer.Le récit est beau pourtant, touchant, truffé de scènes d\u2019enfance cadrant la rencontre de Daniel et Nathan, à l\u2019âge de six ans, autour du meilleur sandw?ich au jambon de toutes les Carolines, qui allait donner un caractère presque absolu à leur amitié.Profonde, riche et « confrontante», cette relation se situera bientôt aux antipodes de la folie qui s\u2019empare de l\u2019Amérique avec l\u2019assassinat du président Kennedy et la montée de l\u2019extrémisme çt du Ku Klux Klan dans les Etats du Sud.Une amitié jusqu\u2019au bout difficile à vivre aussi parce qu\u2019elle s\u2019écrit dans le grand vide quotidien qu\u2019est devenue la vie du condamné Daniel Eord, tyrannisé par un garde de prison qui s\u2019arroge tous les droits, et qui tentera de le faire craquer par tous les moyens, jusqu\u2019à la toute fin du livre.Mais parmi la série de personnages vraiment étranges \u2014 West, le gardien tortionnaire, Schembri, le spécia- liste de la théorie du complot.\u2014 entourant le prisonnier apparaît tout à coup un prêtre assigné à ceux qui vont emprunter le couloir de la mort.Le lecteur saisira alors que, depuis le début du récit ou presque, tout ce que l\u2019on sait de la vie de Daniel et de Nathan est raconté par Ford au père John Rousseau, qui recueille ses confidences.R.J.Ellory livre tout cela dans une écriture d\u2019une finesse absolue et d\u2019une invention constante et limpide faisant appel tout autant aux faits historiques qu\u2019à la profondeur des personnages qui les vivent.La construction du roman est époustouflante, oscillant entre l\u2019intensité des moments vécus au présent par Daniel \u2014 sa «première fois», son lien avec la «sorcière» de Greenleaf et son papillon de nuit, sa fuite avec Nathan pour éviter d\u2019aller faire la guerre au Vietnam, ses histoires d\u2019amour et de défonce \u2014 et, une décennie plus tard, le désespoir de voir arriver l\u2019injuste échéance de la mort sur la chaise électrique.Un livre immense.dont les dernières pages vous laisseront sans mot.Collaborateur Le Devoir PAPILLON DE NUIT R.J.Ellory Traduit de l\u2019anglais par Fabrice Pointeau Sonatine Paris, 2015, 517 pages La Vitrine Les iKiinelles eiujiiêtes (le Monsieur Riousf (l'f LITTERATURE FRANÇAISE LES NOUVELLES ENQUÊTES DE MONSIEUR PROUST Pierre-Yves Leprince Gallimard Paris, 2015, 416 pages En 1906, fraîchement installé à Paris, Marcel Proust plonge dans l\u2019écriture d\u2019un livre immense qui l\u2019obsédera jusqu\u2019à la fin de sa vie.Quatre-vingts ans plus tard, un homme qui l\u2019a connu de près nous livre un second volume de ses riches souvenirs (après Les enquêtes de Monsieur Proust, Gallimard, 2014).Noël, 18 ans, petit coursier devenu détective privé, se souvient donc des services qu\u2019il rendait à monsieur Proust, personnage imposant qu\u2019il^surnomme encore avec affection le «Grand Curieux devant l\u2019Éternel», auquel il racontait parfois ses propres «aventures et mésaventures» parisiennes.Portrait d\u2019une époque charnière (rempli de détails de la vie quotidienne en France au début du XX® siècle), esprit d\u2019un lieu (Paris) et lecture attentive d\u2019une œuvre (À la recherche du temps perdu)\tdépourvu d\u2019humour.Les nouvelles enquêtes de monsieur Proust devrait amuser plusieurs lecteurs du grand auteur.Christian Desmeules LITTERATURE ETRANGERE INCANDESCENCES Ron Rash Traduit l\u2019anglais par Isabelle Reinharez Seuil Paris, 2015, 208 pages Un couple de fermiers lutte pour sa survie durant la Grande Dépression, un prêteur sur gages a des ennuis avec un neveu accroché au crystal meth, les projets douteux de pilleurs de tombes de soldats confédérés tournent à la catastrophe.Sécheresse, dettes, saisies, ignorance et noirceur: toute la dureté de la vie dans le Sud profond, qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019hier ou d\u2019aujourd\u2019hui semble ici compressée.Fin observateur de l\u2019humanité, dont il explore à travers les douze nouvelles (^Incandescences autant les failles que les grandeurs, Ron Rash pose aussi chacun de ses personnages sur des braises sur lesquelles ils se consument ou bien s\u2019illuminent Né en Caroline du Sud en 1953, poète, auteur de cinq recueils de nouvelles et de cinq romans, son écriture peut à juste titre être comparée à celle d\u2019un Faulkner et d\u2019un Carver.Christian Desmeules ourdie La Fondation Arte Musica présente CONCERT D'OUVEIÎTURE Jeudi 10 septembre \u2022 19h30 TRiO LAPLANTE WAN HAiMOViTZ O Andrew Wan, violon Matt Haimovitz, violoncelle André Laplante, piano Jacques HÉTU Variations pourpiano RAVEL Trio avec piano - Miroirs (extraits) - Sonate pour violon et violoncelle Trois grands interprètes oanadiens réunis pour souligner la 5\u201c saison de la salle Bourgie < û_ EDNA STERN 15,16,17 septembre \u2022 19h30 Œuvres de BACH LiSZT et RAVEL aveo 5 danseurs de l'Opéra de Paris dans le oadre de la 13\u201c édition du Festival Quartiers Danses Û_ DAVID FRAY Jeudi 1\u201c' octobre \u2022 19 h 30 SCHUBERT Sonates n\u201c\u201c 7,16 et 20 Très peu de musioiens savent oomme David Fray nous révéler l'univers de Sohubert ALEXANDER MELNIKOV Jeudi 29 octobre \u2022 19h30 Poème du feu - Hommage à SCRiABiNE Aveo l'Ensemble Variances BEATRICE RANA Mercredi 9 décembre \u2022 19h30 J.S.BACH Partita n\u201c 2, BWV826 DEBUSSY Pour le piano CHOPIN Sonate n\u201c 2 RAVEL La Valse ALEXANDRE THARAUD Jeudi Zljanvier* 19h30 Énk Satie le uisionnaire Jean Delescluse, ténor Daniel Brière, oomédien et mise en leoture Œuvres pour piano seul, mélodies, leoture de textes et présentation de la oomédie lyrique Le Piège de Méduse d'ÉRIK SATIE Billets et programmation complète SALLEBOURGIE.CA \u2022 514-285-2000 M MUSÉE DES BEAUX-ARTS MONTRÉAL FONDATION ARTE MUSICA Présente par E 8 LE DEVOIR LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 AOUT 2015 CULTURE.ESSAIS Avons-nous une morale de singe \u2018 Louis CORNELLIER ^ où vient la morale ?La doit-on à Dieu, par l\u2019entremise des religions, à la raison ou à la nature?Psychologue, biologiste et primatologue, le Néerlandais Fraps de Waal, qui enseigne aux Etats-Unis, affirme, dans Le bonobo, Dieu et nous, que «la morale vient d\u2019en bas», qu\u2019elle «estplus ancienne que la religion» et que notre humanité «nous est inhérente».La source de la morale, en d\u2019autres termes, ne se trouverait ni dans la religion ni dans la raison, mais bien dans, les émotions naturelles.Erudit et modeste, conteur hors pair capable autant d\u2019émouvoir que de faire sourire, Frans de Waal expose avec un éblouissant brio cette thèse audacieuse.La découverte de la théorie de l\u2019évolution, au XIX® siècle, a largement nourri ce débat, sur lequel se sont penchés d\u2019éminents scientifiques, philosophes et théologiens.La théorie dite «du vernis», élaborée par le biologiste et philosophe Thomas Henry Huxley, surnommé «le bouledogue de Darwin» parce qu\u2019il défendait avec fougue les thèses de son ami, s\u2019impose alors dans bien des esprits.Cette théorie affirme que le processus évolutionniste est essentiellement égoïste et cruel et qu\u2019il doit donc, chez les humains, être contrebalancé par une éthique culturelle ou religieuse.En 1902, le naturaliste russe Pierre Kropotkine contestera cette thèse en montrant que la coopération est un facteur essentiel de l\u2019évolution, mais l\u2019idée selon laquelle l\u2019altruisme est une anomalie naturelle s\u2019imposera malgré tout.L\u2019élan moral Pour Frans de Waal, cette théorie d\u2019une nature fondamentalement égoïste et cruelle qu\u2019une morale de l\u2019extérieur viendrait brider et corriger est absurde.«Où l\u2019humanité a-t-elle pu trouver la volonté et la force de vaincre sa propre nature?demande-t-il.[.] Si nous sommes bel et bien dénués de toute bienveillance naturelle, comment et pourquoi avons-nous décidé de devenir des citoyens modèles ?» L\u2019élan qui nous porte à prendre soin des malades en phase terminale, à donner anonymement du sang pour des étrangers, à envoyer de ISTOCK Le Néerlandais Frans de Waal affirme, dans Le bonobo, Dieu et nous, que «la morale vient d\u2019en bas», qu\u2019elle «est plus ancienne que la religion » et que notre humanité «nous est inhérente».l\u2019argent pour venir en aide à des victimes de catastrophes naturelles au bout du monde ne peut s\u2019expliquer par un égoïsme génétique, mais il s\u2019explique mal, aussi, par l\u2019idée d\u2019une morale du pur devoir.D\u2019où vient-il, alors?Frans de Waal, qui a passé une bonne partie de sa vie à observer des primates \u2014 chimpanzés et bonobos, surtout \u2014, trouve cet élan chez ces derniers.«Nous sommes partis, écrit-il, de sentiments moraux et d\u2019intuitions morales, et c\u2019est là aussi que nous trouvons le plus de continuité avec les autres primates.Loin d\u2019avoir élaboré la morale à partir de rien par la réflexion rationnelle, nous avons reçu une puissante impulsion de notre réalité profonde d\u2019animaux sociaux.» La religion, que le primatologue qualifie joliment A\u2019«ouvrier de la onzième heure», n\u2019apparaît que bien plus tard, pour soutenir cette morale naturelle.Humanisme et religion La morale fondamentale, pose le biologiste, nous intime d\u2019aider nos semblables, de ne pas les agresser et de faire pas- FRANS \u2018V; DE WAAL ^ LE BONOBO, DIEU ET NOUS ser la collectivité avant l\u2019individu.Elle repose donc sur l\u2019empathie (conscience de l\u2019autre et de ses besoins), sur le souci de la communauté et sur la crainte de sanctions en cas de non-respect de ces règles.Frans de Waal a justement observé tous ces comportements et attitudes chez les primates (mais aussi chez les chiens, les éléphants et les rats) et ü en rapporte de multiples exemples, saisissants, dans son essai.Sa démonstration est solide : les humains n\u2019ont pas inventé à partir de rien la morale, le sens de la vie collective et de l\u2019équité.Ils ont toutefois inventé la religion (sur Dieu comme tel, de Waal a la prudence de ne pas se prononcer) pour appuyer leurs intuitions morales, plus difficiles à faire respecter à une échelle universelle que dans le contexte de petites communautés fermées.Frans de Waal se définit comme humaniste et «pas religieux du tout», mais il est très sévère à l\u2019endroit des têtes d\u2019affiche de {\u2019«athéisme strident» comme Christopher Hitchens (dont le parcours a consisté à passer d\u2019un dogmatisme à un autre), Richard Dawkins et Sam Harris.Partisan, comme Stephen Jay Gould, d\u2019un dialogue non dogmatique entre scientifiques et religieux, sensible kX«utilité laïque» de la reli-gipn, selon la formule d\u2019Emile Durkheim, de Waal signe ici un magnifique essai, fort en observations pertinentes, costaud sur le plan argumentatif et exemplaire quant à son respect de l\u2019éthique de la discussion.Le lire nous fait aimer les singes et les humains.louisco@sympatico.ca LE BONOBO, PIEU ET NOUS A LA RECHERCHE DE l\u2019humanisme CHEZ LES PRIMATES Frans de Waal Traduit de l\u2019anglais par Françoise et Paul Chemla Babel Arles, 2015, 376 pages HISTOIRE Frapper son Waterloo DAVE NOEL Il se serait écrit plus de 80 000livres sur Napoléon depuis son ultime défaite à Waterloo le 18 juin 1815.Le bicentenaire de la bataille ayant ensanglanté la «morne plaine» a permis d\u2019en ajouter une couche dans le courant de l\u2019année.L\u2019essai du journaliste britannique Stephen Clarke, Comment les Français ont gagné Waterloo, se démarque du lot en proposant une relecture humoristique de la dernière campagne du général au célèbre bicorne.Son récit se veut léger.L\u2019auteur de l\u2019ouvrage à succès God Save la France (Pocket) tire toutefois à boulets rouges sur le «belliqueux bataillon d\u2019historiens français qui refuse d\u2019associer le nom de Napoléon à une chose aussi honteuse qu\u2019une défaite».Le déroulement du combat immortalisé par Victor Hugo dans Les misérables est bien connu.Après avoir attaqué l\u2019armée britannique de Wellington sur la route de Bruxelles, l\u2019empereur est surpris sur son flanc droit par l\u2019arrivée des forces prussiennes de Blücher.«Napoléon avait coincé l\u2019Anglais dans les cordes, illustre Clarke en se moquant du souvenir laissé par Waterloo en France, STETflEN CLAÎKE GOMMENT LESFMNCAIS-ONT GAGNE Vv WATEHLOO.iA quand un troisième boxeur [a] bondi sur le ring.» Le pamphlétaire traque le moindre message subliminal témoignant du refus français de reconnaître les fautes de l\u2019empereur.Il lui arrive de viser juste.C\u2019est le cas notamment avec le mot de Cam-bronne que ce général aurait prononcé au cours de la retraite.«Il y eut sans doute pléthore de jurons échangés sur le champ de bataille, dans différentes langues, écrit l\u2019auteur, mais sitôt prononcé le \u201cmerde\u201d, les Français montrèrent un besoin psychologique pressant de s\u2019y raccrocher comme à un mot chargé d\u2019un sens profond.» impérial amorcé en 1789.Il n\u2019hésite pas à critiquer l\u2019empereur pour le mauvais «casting» de son état-major et ses fautes tactiques.«Son plan de campagne était au niveau de ceux de sa grande époque, écrit l\u2019historien français, mais son exécution a grandement laissé à désirer.» Exilé dans l\u2019Atlantique Sud, l\u2019empereur déchu va présenter sa défaite sous son meilleur jour dans ses écrits.Pour Garnier et Clarke, il ne fait pas de doute que Napoléon soit sorti vainqueur du champ de la bataille de la mémoire où s\u2019affrontent toujours les historiens, 200 ans après les derniers coups de feu échangés à Waterloo.Le Devoir COMMENT CES FRANÇAIS ONT GAGNE WATERLOO Stephen Clarke Albin Michel Paris, 2015, 282 pages LES SECRETS DE WATERLOO Jacques Garnier La librairie Vuibert Paris, 2015, 276 pages Démystification S\u2019il dénonce le chauvinisme hexagonal, Stephen Clarke montre des signes d\u2019agacement lorsqu\u2019on lui rappelle que l\u2019armée «britannique » de Wellington était majoritairement composée de soldats allemands, hollandais et belges.Ce fait est notamment souligné par Jacques Garnier dans Les secrets de Waterloo, paru en marge des commémorations.Mené tambour battant, cet essai du spécialiste des guerres napoléoniennes démystifie le combat ayant mis un terme au cycle révolutionnaire et Dominique de Rivaz Rose Envy La Vitrine NORMAND CAZELAIS Chronique d\u2019une vie sur deux millénaires AUTOBIOGRAPHIE CHRONIQUE D\u2019U,NE VIE SUR DEUX MILLENAIRES Normand Cazelais Fides Montréal, 2015, 298 pages Né à Montréal en 1944, Normand Cazelais en connaît les secrets.Son autobiographie est le portrait vivant d\u2019une époque.Géographe de formation, longtemps chroniqueur touristique au Devoir, il a connu le plus original des physiciens montréalais: Pierre Demers, aujourd\u2019hui centenaire.Demers, ex-collaborateur de Frédéric Joliot-Curie, a contribué, de loin et sans le savoir, dans un laboratoire ultrasecret de l\u2019Université de Montréal, à la genèse de la bombe atomique et demandé, plus tard, à Cazelais, resté pantois, de dresser «une carte du bruit au Québec».Il a révolutionné le tableau périodique de Mendeléïev çn postulant l\u2019existence d\u2019un nouvel élément: le québécium.A son exemple, mais dans le tableau géographique, Cazelais, comme lui indépendantistq et bourlingueur de l\u2019esprit, insiste sur ce qui bouleverse les Etats-Unis: la montée des hispanophones.La diversité culturelle en Amérique du Nord n\u2019est-elle pas de bon augure pour le Québec auquel rêve l\u2019éternel voyageur?Michel Lapierre Pascal Picq Le Retour de Madame Neandertal Comment être sapiens ?PREHISTOIRE LE RETOUR DE MADAME NEANDERTAL Comment être sapiens?Pascal Picq Odile Jacob Paris, 2015, 217pages Livre après livre, le paléoanthropologue Pascal Picq poursuit son entreprise de vulgarisation de la théorie de l\u2019évolution.Ici, il s\u2019attache à réhabiliter nos ancêtres préhistoriques, trop souvent présentés encore comme des brutes aux traits si-miesques.Sous forme de conférence prononcée par une femme du Néandertal «ressuscitée» grâce à son ADN \u2014 procédé un peu tiré par les cheveux \u2014, notre savant rappelle que ce sont les Néandertaliens, aux cheveux roux et à la peau claire, qui ont légué ce dernier trait aux Homo sapiens il y a 28000 à 50000 ans, alors que les deux espèces se côtoyaient et s\u2019unissaient même à l\u2019occasion.Il souligne également que ces dernières années, on a retrouvé des traces de l\u2019homme de Néandertal jusqu\u2019en Sibérie, ce qui a bouleversé les connaissances sur son expansion territoriale.Prenant prétexte de cette découverte, Picq consacre la deuxième partie de son ouvrage à !\u2019«apport essentiel» des sciences russes aux théories de l\u2019évolution et de la préhistoire.Ce qui donne au final un ouvrage un peu décousu et fourre-tout.Paul Bennett Gaspard' LE DEVOIR LMARÈS \t\tDu 3 au 9 août 2015\t\t \t\t \t\t Romans québécois\t\t il Six minutes\tChrystine Brouiiiet/Druide\t1/11 2 La Justicière.La tnaie des coupabies\tMarc Aubin/i'Apothéose\t3/12 3 Baiser \u2022 Tome 2 La vengeance de ia veuve icyeuse\tMarie Gray/Guy Saint-Jean\t2/9 4 L'épicerie Sansoucv \u2022 Tome 1\tRichard Gougeon/Les Éditeurs réunis\t7/3 5 Tu peux toujours courir\tVaiérie Chevaiier/Hurtubise\t8/18 6 L'épicerie Sansoucy \u2022 Tome 2 Les châteaux de cartes\tRichard Gougeon/Les Éditeurs réunis\t9/2 7 La vie sucrée de Juiiette Gagnon \u2022 Tome 3 Escarpins.\tNathaiie Roy/Libre Expression\t6/12 8 Maudits bas jaunes!\tMarie-Miiiie Dessureauit/Mortagne\t5/12 9 Les 7 secrets de mon ex\tJudith Bannon/Les Éditeurs réunis\t4/11 10 La promesse des Géijnas \u2022 Tome 1 Adéie\tErance Lorrain/Guy Saint-Jean\t-/I Romans étrangers\t\t il Cjnguante nuances de Grey par Christian\tE.L.James/Lattés\t1/2 2 La tiiie du train\tPauia Hawkins/Sonatine\t2/11 3 La boîte à musigue\tMary Higgins Ciark/Aibin Michei\t3/7 4 L'instant présent\tGuiiiaume Musso/XO\t4/2D 5 Tuer Aiex Cross\tJames Patterson/Lattés\t5/3 6 Eiieetiui\tMarc Levy/Robert Laffont j Versiiio\t6/26 7 Mariée à un inconnu\tSyMa Day/Eiammarion Québec\t9/8 8 Dans ia viiie en feu\tMichaei Conneiiy/Caimann-Lévy\t8/15 9 After \u2022 Tome 1 La rencontre\tAnna Todd/Homme\t16/16 10 Les guatre triies du révérend Latimer\tCoiieen McCuiiough/Archipei\t7/6 Essais québécois\t\t Il Dany Lateniére à i'Académie française.Discours de réceptior\t1 Dany Laferriére/Boréai\t3/8 2 Jean-Erançois Lépine, sur ia iigne de feu\tJean-Erançois Lépine/Libre Expression\t1/46 3 La iangue rapaiiiée.Combattre i'insécurité iinguistigue.\tAnne-Marie Beaudoin-Bégin/Somme toute\t8/3 4 La souveraineté en héritage\tJacgues Beauchemin/Boréai\t4/5 5 Ma vie rouge Kubrick\tSimon Roy/Boréai\t5/13 6 L'indépendance par ia répubiigue.\tDanic Parenteau/Eides\t-/I 7 Voir son steak comme un animai mort\tMartin Gibert/Lux\t-/I 8 11 brels essais contre i'austérité\tCoiiectif/Somme toute\t-/I 9 Ping-pong\tZviane/Pow Pow\t9/3 10 Vivre jusgu'à ia fin.Rgures du vivant devant ia mort\tAiine Giroux/Liber\t-/I Essais étrangers\t\t Il Du bonheur.Un voyage phiiosophigue\tErédéric Lenoir/Eayard\t1/25 2 1000 coups de fouet.Parce gue j'ai osé parier iibrement\tRaif Badawi/Édito\t3/8 3 Laissez-nous faire! On a déjà commencé\tAiexandre Jardin/Robert Laffont\t5/11 4 Y a-t-j! un grand arcNtecte dans i'unjvers?\tStephen Hawking/Odiie Jacob\t16/16 5 L'occjdent terroriste.D'Hjroshjma à ia guerre des drones\tNoam Chomsky j Andre Vitchek/Écosociété\t9/2 6 Remèdes morteis et crime organisé\tPeter C.Gotzsche/PUL\t4/13 7 Les barbares.Essai sur ia mutation\tAiessandro Baricco/Gaiiimard\t-/I 8 L'épuisement\tChristian Bobin/Gaiiimard\t-/I 9 La Bibie de i'athéisme\tSam Harris j Émiiy Patry/Cardinai\t-/I 10 Erançois parmi ies ioups\tMarco Poiiti/Phiiippe Rey\t-/I En librairie le 18 août www.amac.qc.ca La BTLF (Société de gestion de ia Banque de titres de iangue française) est propriétaire du système d\u2019information et d\u2019anaiyse Ssspsiil sur ies ventes de iivres français au Canada.Ce paimarès est extrait de Baspari et est constitué des reievés de caisse de 260 points de vente.La BTLF reçoit un soutien financier de Patrimoine canadien pour ie projet Baspari.© BTLF, toute reproduction totaie ou partieiie est interdite.Allô prof : des services GRATUITS d'aide aux devoirs offerts à la grandeur du Québec! 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