Le devoir, 8 septembre 2015, Cahier B
[" Sports : Clara Hughes admet avoir échoué à un test antidopage Page b 6 Religion : le pape et les réfugiés, vus par Jean-Claude Leclerc Page b 8 MONDE CAHIER B .LE DEVOIR, LE MARDI 8 SEPTEMBRE 2015 Nostalgies perverses \\ François\t\"\t\u2019 Brousseau Pourquoi a-t-il fallu attendre une image pour découvrir la réalité?Des centaines d\u2019enfants sont morts noyés en Méditerranée depuis le début de l\u2019année.Mais pour le grand public, ils n\u2019existaient pas.L\u2019Allemagne sera-t-elle, oui ou non, suivie par ses partenaires européens dans son impulsion généreuse des derniers jours?Et cette belle impulsion allemande, survivra-t-elle à un flux de réfugiés qui se maintiendrait, au même rythme, pendant encore trois mois ?Six mois ?Deux ans ?Idée trompeuse : l\u2019opinion publique s\u2019est réveillée à la suite d\u2019un choc médiatique ; elle entraîne avec elle une mobilisation humanitaire et populaire, et même un peu de mouvement au niveau des gouvernements.«Maintenant, ça va bouger! On dormait devant ce drame, maintenant on ne dort plus ! » Ah bon.et pour faire quoi, au juste ?Elever les seuils habituels de l\u2019accueil aux réfugiés ?Certes.On le fait lors de crises exceptionnelles, comme ici pour les Vietnamiens dans les années 1970.L\u2019Allemagne mobilise et on peut espérer (sans en être certain) qu\u2019elle sera suivie ailleurs en Europe, sans trop d\u2019entraves de l\u2019extrême droite, ni d\u2019opinions publiques soudain refroidies.Au-delà?Remontons \u2014 dans l\u2019autre sens \u2014 la route des Balkans et celle de la Méditerranée.Tous ces malheureux viennent de quelque part.Une majorité sont Sj^iens.Ils ont quitté ces derniers mois les camps de réfugiés en Turquie, la boussole braquée sur le nord-ouest, en commençant par les îles grecques.Donc, s\u2019attaquer à la cause, stopper l\u2019hémorragie.mais comment?En participant aux bombardements contre l\u2019organisation Etat islamique, comme le soutient Stephen Harper ?Si les bombardements anti-El en Irak ont semblé faire refluer les djihadistes \u2014 en conjonction avec le brio des combattants kurdes \u2014, tel n\u2019est pas le cas en Sj^ie.On sait qu\u2019en Libye il y a quatre ans, l\u2019intervention militaire franco-britannique qui a aidé au renversement de la dictature surarmée de Mouammar Kadhafi a laissé derrière elle un chaos stratégique propice au morcellement du pays, à la guerre civile et à la dissémination des armes en Afrique.Tragique amateurisme d\u2019apprentis sorciers, incapables de voir plus d\u2019un coup à l\u2019avance, et qui ont abandonné la Libye sitôt le tyran disparu.En Sj^ie, il y a aussi la question difficile du choix de l\u2019ennemi principal.Sait-on par exemple que, selon les sources les plus fiables qui font le décompte des horreurs et de leurs victimes depuis quatre ans*, le régime de Bachar al-Assad, son armée et ses milices, ont tué et massacré plus \u2014 beaucoup plus \u2014 à eux seuls, que tous les djihadistes de Sj^ie réunis ?Au 22 septembre 2014, le Réseau sj^ien des droits de l\u2019homme parlait ainsi de 124 752 civils tués par le régime, contre 831 par l\u2019organisation Etat islamique: un facteur de 150 contre un! Au cours des sept premiers mois de 2015, contraste moins marqué mais toujours très clair: 7894 tués contre 1131.Le problème, c\u2019est que l\u2019armée et les sbires de Bachar ne font pas de vidéo lorsqu\u2019ils lâchent une «bombe-baril» sur un village de 200 personnes.Alors que les «fous de Dieu», eux, tournent et diffusent des films pornographiques à chaque exécution, ou presque.11 ne s\u2019agit pas de déterminer uniquement en fonction du nombre de morts le degré de malignité des uns et des autres.On peut parfaitement soutenir, nonobstant les chiffres qui précèdent, que l\u2019islam radical et violent est plus dangereux pour l\u2019Europe que ne le sera jamais Bachar al-Assad \u2014 qui d\u2019ailleurs, au début des années 2000, faisait encore copain-copain à Londres et à Paris.D\u2019où l\u2019idée derrière le titre de cette chronique: ah, le bon vieux temps où Saddam, Mouammar et Bachar étaient bien en selle ! On ne risquait pas, sous leur bonne garde, d\u2019avoir tous ces « déversements » en Europe ! Et le plus tragique.c\u2019est que c\u2019est parfaitement vrai.* Ils sont plusieurs à le faire, avec le danger de manipulations idéologiques, mais aussi avec la difficulté qu\u2019il y a à se renseigner avec précision sur une guerre qui se joue en partie à huis clos.Un groupe comme le Réseau syrien des droits de l\u2019homme, par son impartialité, par sa capacité à dénoncer toutes les parties et à étayer ses bilans, est peut-être celui qui approche le mieux la réalité.François Brousseau est chroniqueur d\u2019information internationale à Radio-Canada.francobrousso@hotmail.corn 3.« 'rV-d r.\t' L \u2022 ANGELOS TZORTZINIS AGENCE ERANCE-PRESSE Plus de 15 000 réfugiés se pressent sur l\u2019île de Lesbos, en Grèce, alors que près de 2600 nouveaux arrivants ont atteint l\u2019île durant le week-end.CRISE MIGRATOIRE L\u2019Europe passe à l\u2019action France, Allemagne et Royaume-Uni ont annoncé lundi de nouvelles mesures pour faciliter l\u2019accueil des arrivants YANNICK PASQUET à Berlin Ly Allemagne débloque des milliards pour ' faire face aux «changements» provoqués par la crise migratoire, Paris et Londres promettent d\u2019accueillir des dizaines de milliers de réfugiés : l\u2019Europe s\u2019est mobilisée, lundi, face à un afflux de migrants qui ne tarit pas.Après un nombre record d\u2019arrivées ce weekend en Allemagne, la pression née de la pire crise migratoire sur le continent européen depuis des décennies ne diminue pas.Plus de 15 000 personnes s\u2019entassaient lundi sur file grecque de Lesbos, porte d\u2019entrée vers l\u2019Europe pour ceux fuyant la ^erre qui déchire la Syrie.Eederica Mogherini, qui dirige la diplomatie européenne, a salué cette décision de Paris, appelant tous les membres de l\u2019UE à agir «avec le même courage».Sans politique d\u2019ensemble, ce sera «la fin de [l\u2019espace de libre circulation] Schengen», a de son côté averti le président français Erançois Hollande qui souhaite aussi une conférence internationale sur la crise.Argent débloqué « Ce que nous vivons est quelque chose qui va [.] nous changer, et nous voulons que le changement soit positif et nous pensons que nous pouvons y arriver», a souligné de son côté la chan- La France accueillera 24 000 personnes et le Royaume-Uni, 20 000 Le président français, Erançois Hollande, a annoncé que son pays accueillera 24 000 réfugiés.Le premier ministre britannique, David Cameron, a quant à lui fait savoir que son pays accueillera jusqu\u2019à 20 000 réfiigiés syriens provenant de camps en Turquie, en Jordanie et en Sjnie au cours des cinq prochaines années.Il a déclaré au Parlement que le Royaume-Uni a une responsabilité morale d\u2019agir, en rappelant les images troublantes des derniers jours, avant d\u2019ajouter que les enfants et les orphelins recevront priorité.Les nouveaux arrivants profiteront devisas de «protection humanitaire» valides pour cinq ans.Associated Press celière Angela Merkel à Berlin, détaillant un programme fédéral de six milliards d\u2019euros pour 2016 qui vise à améliorer la prise en charge et l\u2019intégration des migrants.La dirigeante conservatrice a souligné que la facture pourrait atteindre un total de lO milliards d\u2019euros l\u2019année prochaine.Selon le président du Conseil européen, Donald Tusk, cet «exode» risque de durer.«La vague actuelle d\u2019émigration n\u2019est pas un incident ponctuel mais le commencement d\u2019un véritable exode, ce qui signifie que nous devrons traiter de ce problème pendant bien des années à venir», a expliqué M.Tusk à Bruxelles.Il a ajouté qu\u2019il était «très important d\u2019apprendre comment vivre avec elle [la crise] sans s\u2019accuser les uns les autres».Encore 3000 migrants étaient parvenus en milieu d\u2019après-midi en Allemagne, à l\u2019issue d\u2019un week-end qui a vu l\u2019arrivée dans ce pays de 20 000 personnes en provenance de Hongrie par l\u2019Autriche.Répartition De son côté, la Commission européenne va proposer mercredi de répartir entre Etats membres de l\u2019UE 120 000 réfugiés au cours des deux prochaines années.Un projet qui va s\u2019ajouter à la réinstallation de 40 000 migrants annoncée en mai.Ces quotas d\u2019accueil placent l\u2019Allemagne en première ligne (26,2%, 3l 443 réfugiés), suivie de la Erance (20%, 24 031) et de l\u2019Espagne (12,4%, 14 931).L\u2019Allemagne s\u2019attend à recevoir 800 000 demandes d\u2019asile cette année, quatre fois plus que VOIR PAGE B 2 : EUROPE MEXIQUE Les 43 étudiants disparus : une enquête contredit la version des autorités YEMELI ORTEGA à Mexico Le gouvernement mexicain a affirmé lundi qu\u2019un «grand nombre» des 43 étudiants disparus l\u2019an dernier avaient été incinérés dans une décharge malgré les conclusions d\u2019une enquête indépendante contredisant cette version.Le directeur des enquêtes criminelles du ministère de la Justice, Tomas Zeron, a indiqué que les autorités avaient en leur possession des analyses d\u2019expert démontrant leurs affirmations.«Nous sommes sûrs qu\u2019il y a eu un grand feu » dans cette décharge, a indiqué Zeron sur une radio nationale.«Un grand nombre d\u2019étudiants a été incinéré dans cet endroit, sans que je puisse confirmer le chiffre de 43, mais il s\u2019agissait d\u2019un grand nombre», a-t-il ajouté.S\u2019exprimant au lendemain de la publication d\u2019un rapport d\u2019un Groupe international d\u2019enquêteurs indépendants (GlEl) indiquant qu\u2019il n\u2019y avait «pas de preuve» d\u2019un feu important sur le site en question, Zeron a annoncé que de nouvelles investigations seraient menées dans la décharge.La crémation de 43 corps aurait nécessité 60 heures et brûlé la végétation alentour, or seules des traces de petits feux ont été trouvées sur place Le rapport indépendant de 500 pages, rédigé par des experts espagnols et latino-américains, met à mal la version du gouvernement dans cette affaire qui avait provo- qué un tollé international et sapé la popularité du président, Enrique Pena Nieto.Enquêtes et contre-enquêtes Les experts indépendants ont demandé aux autorités de vérifier les crématoriums privés et publics dans la zone où les étudiants ont disparu.Affirmant détenir une «vérité historique», le parquet mexicain avait conclu l\u2019an passé que, dans la nuit du 26 au 27 septembre 2014, des dizaines d\u2019étudiants de l\u2019école pormale d\u2019Ayotzinapa (Etat de Guerrero), qui s\u2019étalent emparés de bus pour manifester, avaient été attaqués par des policiers de la commune d\u2019iguala en cheville avec le crime organisé.Les étudiants auraient ensuite été livrés par les policiers au cartel des Guerreros Unidos, qui les suspectaient d\u2019appartenir à un groupe rival.S\u2019appuyant sur les confessions d\u2019un membre présumé du cartel, les autorités avaient conclu que les étudiants avaient été tués puis incinérés dans une décharge.Une analyse ADN menée par l\u2019Université d\u2019innsbruck, en Autriche, avait permis d\u2019identifier les restes d\u2019un seul étudiant, retrouvés dans un sac dans la rivière.Les groupes de défenseurs des droits de l\u2019homme avaient critiqué cette enquête s\u2019appuyant sur les témoignages de membres présumés d\u2019un cartel.Selon un professeur de l\u2019Université de Queensland en Australie, José Torero, membre du GlEl, la crémation de 43 corps aurait nécessité 60 heures et brûlé la végétation alentour, or seules des VOIR PAGE B 2 : ENQUÊTE B 2 LE DEVOIR LE MARDI SEPTEMBRE 2015 LE MONDE TRUM na/orlty\tgreat again ^ANDS with \u2018JsrairiiTamp.csrn i SPENCER PLATT AGENCE ERANCE-PRESSE GETTY IMAGES Des admirateurs attendaient l\u2019arrivée de Donald Trump à une conférence de presse, début septembre, à new York.ÉTATS-UNIS Comprendre le phénomène Trump Ses partisans expliquent pourquoi le combatif milliardaire est toujours en tête des sondages, malgré les gaffes JILL COLVIN à Norwood Donald Trump fait des gaffes.Il insulte, exagère, est confus sur les affaires étrangères et dit même parfois des choses qui sont tout simplement fausses.Et les applaudissements retentissent encore plus fort.Alors qu\u2019il n\u2019aurait même pas dû survivre aux premiers mois de sa campagne, M.Trump mène la course à l\u2019investiture républicaine en vue des présidentielles de 2016.Il semble que certains aspects de sa personnalité fassent échos chez les électeurs : il ne plie jamais, et sa fortune est gage d\u2019intégrité, selon certains.« C\u2019est totalement rafraîchissant.Il n\u2019est pas politiquement correct.Il a une colonne et il ne peut être acheté», a expliqué Leigh Ann Crouse, 55 ans, de Dubuque en lowa.«Ce pays a besoin d\u2019un homme d\u2019affaires comme lui pour nous remettre sur les rails, pour qu\u2019on arrête d\u2019être la risée du monde», a pour sa part affirmé Ken Brand, 56 ans, de Derry au New Hampshire.L\u2019Associated Press a récolté ce genre de réponses de di- zaines d\u2019électeurs interviewés au cours des deux dernières semaines, pour comprendre comment M.Trump parvient à défier les lois de la gravité politique.Finalement, ce n\u2019est pas que ses supporters ferment les yeux sur les défauts du candi- « Peut-être qu\u2019on a besoin d\u2019un guerrier, plutôt que d\u2019un politicien», a soulevé Duane Ernster, 57 ans dat; c\u2019est que ses défauts sont justement ce qui en fait le leader qu\u2019ils attendent.Une voix qui rugit «Il attire des gens qui sont frustrés et, comme vous pouvez voir, nous sommes nombreux», a expliqué M\u201d® Crouse, mettant le doigt sur une des forces de Donald Trump : il dit tout haut ce qu\u2019ils pensent tout bas.Sa position sur l\u2019immigration illustre parfaitement cela.Il a traité les immigrants mexicains de criminels et proposé d\u2019expulser les immigrants illégaux et de construire un mur à la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis.«Aussi fou que ça puisse être, je pense qu\u2019il aborde quelque chose qui doit être entendu», a affirmé Randy Thomas, un homme de Bedford au New Hampshire, âgé de 40 ans.«Je crois qu\u2019il dit quelque chose dont tout le monde pense que ça doit être soulevé.Si vous êtes dans un Etat de droit, il faut respecter les lois.» Le sondeur républicain Frank Luntz a compris qu\u2019un tel soutien est emblématique de la popularité de Donald Trump.«Il active la colère et la frustration des gens envers Washington et Wall Street», a-t-il résumé.Il semble donc qu\u2019il soulage tout simplement les frustrations de certains citoyens, notamment de ceux qui ont été déçus des républicains qui, selon eux, n\u2019ont pas suffisamment tenu tête à l\u2019administration démocrate du président Barack Obama.Selon les électeurs interviewés, l\u2019attrait du candidat réside aussi dans la croyance qu\u2019il est un homme de décisions qui ne cède jamais et ne fait pas d\u2019excuses.Même s\u2019il le devrait parfois.D\u2019aucuns semblent convaincus que la force de sa personnalité peut renverser des décennies de déséquilibre international et que ses engagements, par exemple à pénaliser les biens importés, ramènera les emplois déplacés en Chine et stimulera l\u2019économie ralentie par la récession.L\u2019homme d\u2019affaire incorruptible «Nous sommes tellement faibles, nous ne sommes plus respectés», croit Jerry Welshoff, 56 ans.«Nous ne pouvons pas négocier.J\u2019aimerais voir Donald Trump s\u2019asseoir avec [le président russe, Vladimir] Poutine, ou l\u2019Iran ou le Mexique pour conclure une entente, parce que c\u2019est ce qu\u2019il a fait toute sa vie.» Selon M.Welshoff, bien qu\u2019il a pris le contrôle du Congrès en 2014, le Parti républicain a plié l\u2019échine devant M.Obama.«Peut-être qu\u2019on a besoin d\u2019un guerrier, plutôt que d\u2019un politicien», a soulevé Duane Ernster, 57 ans.Un homme aussi riche n\u2019a pas besoin des autres.Il n\u2019a pas besoin d\u2019argent.Il a même promis de payer sa campagne de sa propre poche.Pour les électeurs américains, c\u2019est un gage de sincérité qui les met en confiance.Un des opposants de M.Trump, Jeb Bush, était perçu comme le candidat favori lorsqu\u2019il a lancé sa campagne, en raison de son habileté à attirer d\u2019énormes montants d\u2019argent.«Souvenez-vous de ceci.Ils [les donateurs] ont le contrôle total de Jeb et Hillary [Rodham Clinton, la candidate à l\u2019investiture démocrate], a déclaré M.Trump la semaine dernière./e vais vous dire une chose.Personne ne met des millions de dollars sur moi.J\u2019utilise mon propre argent.» C\u2019est un argument puissant.«Je pense qu\u2019il le fait pour les bonnes raisons», a exprimé une dame de 60 ans, Nancy Adam, près de Boston.«Ce n\u2019est pas pour l\u2019argent.Ce n\u2019est pas pour le pouvoir politique.Il a déjà tout.Il n\u2019a rien à perdre en faisant ceci.» Bon nombre de ses supporters se laissent une porte ouverte et disent qu\u2019il y a une chance qu\u2019ils votent pour un autre candidat.Sa campagne n\u2019est pas aussi sophistiquée que celles de certains de ses rivaux, qui ont plus d\u2019expérience politique.Mais M.Trump ne se retirera pas, selon Frank Luntz.Il y a très peu de choses que l\u2019élite du parti, les journalistes ou ses rivaux peuvent faire pour le renverser, parce que ses supporters n\u2019ont aucune confiance en ces groupes, croit-il.«Je pense que la candidature Trump est là pour rester, et je pense que les républicains doivent trouver comment gérer cela.» Associated Press ENQUÊTE SUITE DE LA PAGE B 1 traces de petits feux ont été trouvées sur place.Elle aurait par ailleurs nécessité 30 tonnes de bois ou 13 tonnes de pneus.« Ce que nous disons c\u2019est que le feu n\u2019a pas eu lieu dans la décharge», a précisé à la chaîne Milenio Francisco Cox, un expert chilien qui a participé à la commission indépendante.Le président Pena Nieto a indiqué lundi que «les différences qui existent» entre les enquêtes officielle et indépendante pourront être surmontées grâce à de nouvelles investigations.Critiqué pour n\u2019avoir rencontré qu\u2019à une seule reprise les familles, Pena Nieto a accepté de les recevoir avec la commission d\u2019experts.Les familles avaient exigé de le voir après la publication du rapport.«Je partage leur désir de connaître la vérité», a-t-il déclaré.Les enquêteurs indépendants ont demandé au procureur de déterminer si les étudiants avaient été visés parce qu\u2019ils auraient pu avoir volé un autobus servant habituellement à transporter de l\u2019héroïne, dans cet Etat situé sur une des routes de la drogue.Agence France-Presse EUROPE SUITE DE LA PAGE B 1 l\u2019année précédente.Un mouvement qui n\u2019a fait que croître depuis que les autorités ont décidé de ne plus renvoyer les Syriens vers leur point d\u2019entrée en Europe.Le principe des quotas est loin de faire l\u2019unanimité, notamment en Europe de l\u2019Est.Le premier ministre populiste hongrois Viktor Orban a d\u2019ores et déjà jugé prématuré de débattre de la répartition, tant que l\u2019afflux de migrants ne serait pas sous contrôle.Des centaines d\u2019entre eux ont marché à contresens sur une autoroute hongroise sur une quinzaine de kilomètres en direction de Budapest, lundi soir avant d\u2019accepter d\u2019être transférés dans un centre d\u2019accueil.Au Danemark la police a partiellement fermé dans la soirée une autoroute, empêchant ainsi des réfugiés syriens de marcher vers la Suède.«Entre 15 000 à 17 000 réfugiés» se pressent actuellement sur l\u2019île grecque de Lesbos où la situation est «au bord de l\u2019explosion », selon Athènes.Des renforts de police et de l\u2019armée y ont été dépêchés.2600 autres réfugiés et migrants ont été re- cueillis en mer par les garde-côtes grecs entre vendredi et lundi matin.Flux continu Et plus de 2000 migrants sont entrés de Grèce en Macédoine lundi tandis que quelque 8000 autres attendaient de pouvoir franchir la frontière pour rejojndre l\u2019Europe occidentale.A plusieurs reprises, la police macédonienne est intervenue à coups de matraque.Dans le même temps, la marine italienne a annoncé avoir débarqué en Sicile 60 corps de migrants retrouvés auprès de l\u2019épave du chalutier dont le naufrage avait fait quelque 800 morts en avril.Au total, 118 corps ont été retrouvés depuis la promesse du chef du gouvernement Matteo Renzi de renflouer le chalutier, dont l\u2019épave gît encore au nord des côtés libyennes.Depuis le début de l\u2019année, 366 402 personnes sont arrivées par la Méditerranée, a annoncé le Haut-Commissariat de rONU (HCR) pour les réfugiés.2800 autres sont mortes ou ont été portées disparues.Selon l\u2019envoyé spécial de l\u2019ONU en Syrie, Staffan de Mistura, des milliers de nouveaux réfugiés syriens pourraient vouloir se rendre en Europe à cause de la poursuite de la guerre civile chez eux.«Pourquoi les gens partent- MARTIN MEISSNER ASSOCIATED PRESS Des réfugiés ont été accueillis à leur arrivée en Allemagne ces derniers jours, comme ce jeune homme afghan, à Dortmund, qui a remercié les Allemands pour leur hospitalité, dimanche.ils ?Parce qu\u2019ils ont perdu tout espoir après cinq ans de conflit et qu\u2019ils ne voient qu\u2019un seul gagnant^ Daech [acronyme arabe d\u2019Etat islamique] », a-t-il déploré devant la presse à Bruxelles, plaidant pour qu\u2019on trouve une solution, «sinon il ne restera plus de Syriens ».Agence France-Presse GUATEMALA Un vote clair contre la corruption KATELL ABIVEN EDGAR CALDERON au Guatemala Le Guatemala a lancé un message contre la corruption et la classe politique traditionnelle en plaçant un acteur comique sans expérience en tête du premier tour de l\u2019élection présidentielle, point d\u2019orgue d\u2019une mobilisation populaire sans précédent.Le comédien et animateur de télévision Jimmy Morales, 46 ans, du parti FCN-Nacion (droite), totalise 23,95% des voix à l\u2019issue du scrutin de dimanche, selon les résultats disponibles lundi portant sur 97,71 % des suffrages.Un second tour L\u2019incertitude demeure en revanche sur son adversaire qui devra l\u2019affronter au second tour le 25 octobre: l\u2019ex-Pre-mière dame Sandra Torres, 59 ans, de l\u2019Union nationale de l\u2019espoir (UNE, social-démocrate), a recueilli 19,62% des suffrages, et l\u2019homme d\u2019affaires millionnaire Manuel Baldizon, 45 ans, du parti Liberté démocratique (Lider, droite), 19,57%.La participation, à 70,4%, est un «record», selon le Tribunal suprême électoral (TSE), et a déjoué tous les pronostics d\u2019abstention \u2014 mais aussi de violence \u2014 liés à l\u2019exaspération de la population.Les électeurs ont finalement choisi d\u2019exprimer leur indignation en portant leur choix sur un candidat atypique, après une semaine rocambolesque, de la démission du président conservateur Otto Pérez à son placement en garde à vue pour des soupçons de corruption.Connu pour les personnages naïfs de «Neto» et «Nito» qu\u2019il incarne avec son frère Sammy \u2014 «Neto» a même failli dans un film devenir président par accident avant d\u2019y renoncer à la dernière minute \u2014, Jimmy Morales a percé de manière spectaculaire ces derniers mois sur la scène politique nationale, mais sans programme concret.«Dans cette conjoncture de remise en cause de l\u2019éthique de la classe politique, Jimmy surgit comme un phénomène nouveau, sans passé dans les partis politiques ou à des postes publics», explique l\u2019analyste politique Cecil de Leon.«Nous faisons partie de la population lasse, qui ne veut plus de la même chose», clamait dimanche soir le candidat.Pas du concret Mais «le phénomène Jimmy est une coquille vide, sans structure de parti solide», prévient Sandino Asturia, analyste du Centre d\u2019études du Guatemala, dans un paysage politique divisé en une myriade de petites formations.Manuel Baldizon, avocat ayant fait fortune dans le tourisme, le transport et l\u2019immobilier, a longtemps été favori des sondages mais a pâti des scandales de corruption et blanchiment d\u2019argent touchant six députés de son parti et son candidat à la vice-présidence.«La principale préoccupation de quatre Guatémaltèques sur cinq, c\u2019était d\u2019éviter le triomphe de Baldizon, qui incarne la corruption», estime Luis Linares, analyste de l\u2019Association de recherche et d\u2019études sociales (Asies).Et les électeurs «ont considéré que voter nul lui bénéficiait», ajoute-t-il.«Maintenant, la population doit rester vigilante».Malgré la défaite infligée au premier tour à la classe politique traditionnelle, «la crise ne se termine pas là, désormais il faut surveiller les nouveaux élus [députés et maires] et pour cela il faut que continue et se renforce » le mouvement social, renchérit Renzo Rosal, analyste indépendant.Agence France-Presse LE DEVOIR, LE MARDI 8 SEPTEMBRE 2015 B 3 LE MONDE Le Royaume-Uni a mené une frappe contre El en Syrie Le premier ministre Cameron a révélé l\u2019existence d\u2019une opération pour atteindre un djihadiste britannique OUERDYA AIT ABDELMALEK à Londres Le premier ministre britannique, David Cameron, a révélé lundi avoir mené une première frappe en Syrie, une action cilplée contre un djiha-diste d\u2019Etat islamique (El) opérée alors qu\u2019il cherche à obtenir l\u2019aval du Parlement pour intervenir dans ce pays.«Aujourd\u2019hui, je peux dire à cette chambre que [le Britannique] Reyaad Kahn a été tué lors d\u2019une frappe méticuleusement préparée et menée par un drone de la RAF le 21 août alors qu\u2019il se trouvait dans un véhicule dans la région de Raqqa», a déclaré M.Cameron annoncé devant la chambre des Communes.M.Cameron a clairement par la coalition internationale Attaque ciblée 11 a ajouté que deux autres membres du groupe El avaient été tués lors de cette intervention, dont un second Britannique, Ruhul Amid.«C\u2019était des combattants d\u2019EI et je peux affirmer qu\u2019il n\u2019y a pas eu de victime civile», a-t-il affirmé.Ruhul Amin, qui avait 26 ans, a grandi en Ecosse avant de venir vivre à Leicester, dans le centre de l\u2019Angleterre.Reyaad Kahn avait lui 21 ans et était originaire du Pays de Galles.Tous deux sont apparus dans des vidéos d\u2019El visant à recruter de nouveaux jeunes, posant avec des Kalachnikov.Le premier ministre conservateur a pris soin de souligner que ces frappes n\u2019entraient pas dans le cadre de la coalition internationale contre El mais avaient été effectuées à titre préventif, pour éviter des attentats.«Nous n\u2019avions pas le choix» car ces hommes étaient en train de recruter et «de préparer des attaques barbares contre l\u2019Ouest, y compris des attaques terroristes ici, au Royaume-Uni», a-t-il affirmé.Et parce que «dans cette région, il n\u2019y a pas de gouvernement avec lequel nous pouvons travailler», a-t-il encore dit.Recherche de légitimité Cette annonce, au premier jour de la rentrée parlementaire après la pause estivale, intervient alors que M.Cameron a clairement annoncé en juillet son intention de réclamer le feu vert des élus pour partici- en juillet son intention de réclamer le feu vert des élus pour participer aux bombardements menés per aux bombardements menés par la coalition internationale contre El en Sjrie.En septembre l\u2019an dernier, il avait obtenu l\u2019autorisation du Parlement pour participer aux frappes de la coalition, mais seulement en Irak.Avec l\u2019objectif toutefois d\u2019élargir un jour cette mission à la Sjrie.Sa volonté d\u2019en découdre avec El en Sjrie a été renforcée par l\u2019attentat qui a coûté la vie à 38 touristes dont 30 Britanniques en Tunisie en juin.«Cette année, il y a déjà eu 150 attaques [terroristes d\u2019El], y compris la tragédie en Tunisie», a-t-il dit lundi.Au Royaume-Uni, six tentatives d\u2019attentats ont été déjouées «rien qu\u2019au cours des 12 derniers mois», a-t-il aussi affirmé, ajoutant que la menace «est plus aiguë que jamais».Mais M.Cameron entend, avant de se joindre aux frappes en Syrie, obtenir la bénédiction des parlementaires britanniques, même s\u2019il est techniquement libre de se passer de leur avis.«Il pense qu\u2019il est nécessaire d\u2019agir davantage contre El mais il préférerait obtenir un consensus», a déclaré récemment sa porte-parole à la presse.La commission parlementaire des Affaires étrangères doit discuter de la possibilité de ces frappes en Sjrie mardi.La volonté gouvernementale risque cependant de se heurter à la probable élection du pacifiste Jeremy Corbyn à la tête du Parti travailliste.Ce dernier a déclaré lundi matin sur la BBC que les frappes «créeraient plus de problèmes qu\u2019elles n\u2019en résoudraient».Cette frappe de drone «révèle l\u2019étendue des opérations sous couverture et la duplicité du gouvernement britannique», a dénoncé dans un communiqué l\u2019organisation pacifiste Stop the war coalition, dont fait partie M.Corbyn.«David Cameron est déterminé à partir en guerre» et «exploite même la crise des réfugiés, qui est le fruit des interventions militaires américaine et britannique, pour entraîner le Royaume-Uni dans une nouvelle campagne sauvage de bombardements », a-t-elle ajouté.Agence France-Presse Pologne : ridicule taux de participation au référendum sur le système électoral Varsovie \u2014 Les Polonais ont boudé le référendum de dimanche sur l\u2019introduction du vote uninominal et le financement des partis, qui n\u2019a pas été validé, le taux de participation n\u2019ayant été que de 7,80%, selon les résultats définitifs publiés lundi.Selon la loi, le taux de participation doit dépasser 50% pour que le référendum soit valide.« Jamais un vote national en Pologne n\u2019a attiré si peu de personnes », a souligné Wies-law Kozielewicz le vice-président de la Commission électorale nationale.Lancée par l\u2019ancien président Bronislaw Komorowski, au lendemain du premier tour de l\u2019élection présidentielle de mai dernier, cette consultation était perçue comme incompréhen- sible par les habitants de ce pays de 38 millions d\u2019habitants.Agence France-Presse Deux journalistes tuuisieus disparus depuis uu au seraieut vivauts Tunis \u2014 Deux journalistes tunisiens portés disparus en Libye depuis un an ef dont le groupe djihadiste Etat islamique (El) a revendiqué l\u2019exécution «sont vivants», a assuré lundi le ministre tunisien des Affaires étrangères, Taïeb Bac-couche.«Nous sommes arrivés à quelque chose, c\u2019est qu\u2019ils sont vivants», a affirmé le ministre à la radio privée Jawhara EM, en disant disposer de «preuves irréfutables».Sofiène Chourabi, un blogueur et journaliste très actif lors de la révolution tunisienne de janvier 2011, et le photographe Nadhir Ktari sont portés disparus en Libye depuis le 8 septembre 2014.Agence France-Presse r OZAN KOSE AGENCE ERANCE-PRESSE Lundi, arborant des pancartes à l\u2019effigie des soldats décédés, de nombreux manifestants sont descendus dans les rues d\u2019Istanbul pour protester contre les actions récentes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).Le PKK fait 16 morts dans les rangs tnrcs Le gouvernement a promis de débarrasser le pays du parti séparatiste kurde BURAK AKINCI à Ankara Le gouvernement turc a promis lundi d\u2019éradiquer les rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) au lendemain de l\u2019opération la plus meurtrière menée depuis des années contre les forces armées, dont 16 soldats ont été tués.Vingt-quatre heures après une attaque qui a ravivé en Turquie le spectre des «années de plomb» du conflit kurde, le premier ministre is-lamo-conservateur, Ahmet Da-vutoglu, a condamné fermement les «terroristes» du PKK.«Quoi qu\u2019il advienne, il faut nettoyer ces montagnes de ces terroristes ! Un point, c\u2019est tout», a tonné M.Davutoglu devant la presse.«Si certains veulent pousser la Turquie dans un cercle de feu, qu\u2019ils sachent que notre plus grande force est notre unité et notre intégrité autour de la sécurité de notre nation», a-t-il ajouté.« Martyrs » Rompant un long silence qui a alimenté toutes les rumeurs, le commandement de l\u2019armée turque a enfin livré lundi le bilan de l\u2019embuscade qui a visé un convoi militaire près de Daglica (sud-est), dans la province de Hakkari frontalière de l\u2019Irak.«Seize de nos courageux frères d\u2019armes sont tombés en martyrs dans leurs véhicules», a indiqué l\u2019état-major dans une déclaration publiée sur son site Internet, ajoutant que six autres soldats avaient été blessés.Selon un porte-parole du PKK, Bakhtiar Do-gan, l\u2019opération s\u2019est soldée par la mort de 31 soldats turcs, dont un général.M.Davutoglu a dénoncé les affirmations du mouvement rebelle, évoquant une «opéra- tion psychologique» destinée à «démoraliser la nation».«Nous devons montrer un front uni face à cette propagande», a-t-il exhorté.Frappes Lancées dès dimanche soir, les opérations de représailles de l\u2019armée turque se sont poursuivies lundi.L\u2019état-major a rapporté que les frappes aériennes des chasseurs P-16 et P-4 turcs avaient visé 23 positions rebelles et tué, selon l\u2019agence de presse pro gouvernementale Anatolie, de «nombreux terroristes».L\u2019attaque conduite par le PKK à Daglica est la plus meurtrière depuis la reprise des af frontements entre l\u2019armée et le PKK fin juillef faisant voler en éclats les discussions de paix engagées à l\u2019automne 2012 pour mettre un terme à un conflit qui a fait quelque 40 000 morts depuis 1984.Pin juillet, le gouvernement turc a ordonné une série de frappes aériennes contre les bases des rebelles kurdes dans le nord de l\u2019Irak, en représailles à des attaques rebelles contre ses forces de sécurité.Selon le dernier bilan de la presse pro gouvernementale, ces affrontements ont tué plus de 90 soldats ou policiers et un millier de rebelles.Cette escalade intervient alors que M.Erdogan a convoqué des élections législatives anticipées pour le F\u2019\u2019 novembre.Lors du scrutin du 7 juin, son Parti de la Justice et du développement (AKP) a perdu la majorité absolue qu\u2019il détenait depuis 12 ans au Parlement.M.Erdogan espère que son parti la retrouvera en novembre pour instaurer un régime présidentiel fort.Agence France-Presse ABBAS MOMANI AGENCE ERANCE-PRESSE Des enfants palestiniens jouent dans les ruines d\u2019un bâtiment démoli par des bulldozers israéliens.CISJORDANIE Israël menace de détruire de nombreuses infrastructures Jérusalem \u2014 Environ 13 000 structures palestiniennes sont sous le coup d\u2019ordres de démolition israéliens en Cisjordanie occupée, indique l\u2019ONU, alors que les Nations unies et l\u2019Union européenne ont récemment enregistré un nombre record de déplacés du fait de ces destructions.De 1988 à 2014, Israël a délivré plus de 14 000 ordres de démolition dans ce qui est appelé aujourd\u2019hui la zone «C», les 60% de la Cisjordanie qui échappent totalement au contrôle des Palestiniens et sont sous contrôle administratif et militaire israélien, explique dans un rapport publié lundi le bureau pour la coordination des Affaires humanitaires de l\u2019ONU (OCHA).Parmi eux, plus de 11 000 ordres peuvent toujours être exécutés à tout moment, selon l\u2019OCHA.«Dans de nombreux cas, un même ordre peut viser plusieurs structures appartenant à une même personne: une maison, un abri pour des animaux, un abri de stockage et des installations sanitaires», explique le rapport.Une affaire de permis Selon l\u2019ONU, depuis le début de l\u2019année, au moins 356 constructions \u2014 un terme qui couvre aussi bien des panneaux solaires que des habitations en dur \u2014 dont 81 financées par des aides internationales, ont été détruites par les autorités israéliennes dans la zone « C », où les Palestiniens n\u2019obtiennent généralement jamais de permis de construire.La raison invoquée par Israël pour ces destructions est l\u2019absence de ce permis.Contacté par l\u2019APP le Cogat, l\u2019organe du ministère israélien de la Défense chargé de coordonner les activités israéliennes dans les Territoires palestiniens, a contesté les chiffres avancés par l\u2019ONU.Agence France-Presse TCHAD Habré forcé d\u2019assister à son procès Dakar \u2014 L\u2019ancien président tchadien Hissène Habré a de nouveau comparu de force lundi, pour entendre l\u2019énoncé des charges, à la reprise de son procès pour crimes contre l\u2019humanité devant un tribunal spécial africain à Dakar, après 45 jours d\u2019interruption.Comme lors des deux premiers jours du procès, les 20 et 21 juillet, Hissène Habré, qui récuse cette juridiction, a été conduit à la barre par les gendarmes après une suspension de séance.Ce procès devant les Chambres africaines extraordinaires (CA), tribunal spécial créé en vertu d\u2019un accord entre le Sénégal et l\u2019Union africaine (HUA), doit servir de test pour la lutte contre l\u2019impunité sur le continenti où la Cour pénale internationale est fréquemment accusée de ne poursuivre que des dirigeants aÎBricains.Toujours vêtu d\u2019un boubou et d\u2019un turban blancs, Hissène Habré a vitupéré la Cour, «or-ganisme illégal, hors la loi» et crié «A bas l\u2019impérialisme ! ».«Si Hissène Habré décide à nouveau de choisir le théâtre, une telle attitude ne l\u2019hono-rera pas», avait déclaré auparavant M® Jacqueline Mou-deïna, présidente du collectif des avocats des victimes, estimant que «cela n\u2019arrêtera pas la justice ».Agence France-Presse B 4 LE DEVOIR LE MARDI SEPTEMBRE 2015 LE DEVOIR LE MARDI SEPTEMBRE 2015 B 5 Dans les coulisses d\u2019une mutation FABIEN DEGLISE La mise en abyme est redoutable.Alors que le réalisateur François Bouvier s\u2019est activé pendant un mois à transformer une pièce majeure de la bande dessinée québécoise, Paul à Québec (La Pastèque) de Michel Rabagliati, en fdm, le dessinateur Cyril Doisneau, lui, a pris sa plume et ses crayons pour documenter par le dessin chaque instant de cette mutation, dans les coulisses du tournage.Le résultat, qui se dévoile sur plus de 60 planches lancées en marge de la sortie du film, s\u2019intitule 31 jours de tournage (La Pastèque).Il résume en anecdotes parfois savoureuses la mise en chair et en os des aventures de Paul, tout en posant, sans doute, les assises d\u2019une nouvelle vocation pour le jeune bédéiste.« J\u2019ai adoré faire ça, lance-t-il au téléphone, à tel point que j\u2019aimerais bien que le dessinateur de plateau devienne à l\u2019avenir un véritable métier.» L\u2019idée est loin d\u2019être folle et affirmerait même sa pertinence dans cet assemblage de scènes que Doisneau a croquées sur les différents lieux de tournage.Ici, il évoque une « cascade », à la hauteur du récit simple livré par Rabagliati, soit la fermeture du capot d\u2019une voiture, là, les éternuements intempestifs de la comédienne Julie Le Breton ou encore le trucage derrière un feu de camp très authentique à l\u2019écran et au bord duquel des comédiens vont finir par geler entre le tournage de deux scènes.«Mon intégration dans l\u2019équipe s\u2019est très bien passée», admet le dessinateur, que les artisans de l\u2019adaptation de Paul au grand écran appelaient affectueusement Monsieur Pastèque.«Par le dessin, on est en mesure d\u2019aller chercher de la sensibilité, de l\u2019humour, du détail que les vidéos relatant le making of d\u2019une production, celles qui se retrouvent dans les extras d\u2019un DVD et que plus personne ne regarde, n\u2019arrivent certainement pas à atteindre.» La bande dessinée comme témoin d\u2019un présent en construction?Le phénomène est en ascension, pas seulement dans le monde du cinéma.Il permet également de poser un regard critique sur les choses, en soulignant, à titre d\u2019exemple, des aberrations \u2014 comme la surconsommation de bouteilles d\u2019eau sur un tournage \u2014, que d\u2019autres modes de représentation ne permettent pas toujours.«Le dessin, c\u2019est communicatif, dit Doisneau.A la fin de chaque journée de tournage, les gens venaient me voir pour regarder ce que j\u2019avais dessiné.Et comme c\u2019est du dessin, les gens sont moins craintijs, alors on peut en raconter plus» sur cette appropriation, historique au Québec, du 9® art par le 7®, en laissant le crayon et la ligne claire raconter comment des comédiens ont, pendant 3f jours, tout fait pour aller au-delà des contours dessinés de leurs personnages.Mise en abyme redoutable, disait-on.Le Devoir 31 JOURS DE TOURNAGE Cyril Doisneau La Pastèque Montréal, 2015, 72 pages h, I^Q/rt\\ \\ TOVYUjsrJériZA/ Qlu, c-'ejk rft\\id/eiSL fx^iov -^vG/w\\fi/ .Vk.£/r\\ ^ru>5 Jfx./yir\\(Ù/v> cXz.oTU cKafi.a|. cdUie>u^e.s cru.jenr nlnUArr» ooZ ^ffvvF f cJV) JCmA^ovuvA BjeAvqeTvUo j Vsr liTN LiLf M4Ô/H t/y}ocD£> 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