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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier F
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2015-09-19, Collections de BAnQ.

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[" LIVRES CAHIER F .LE DEVOIR LES SAMEDI 19 ET DIMANCHE 20 SEPTEMBRE 2015 1 J J 7 I L- r-'V.-.i'A',; f I.¦ ' '\t'¦ y» ft PEDRO RUIZ LE DEVOIR Michel Biron, professeur de littérature et essayiste québécois De Saint-Denys Garneau tenté par le désert MICHEL LAPIERRE En 1938, Hector de Saint-Denys Garneau (1912-1943) se voit comme un «mauvais pauvre», qui, obsédé par son imposture, se dépouille même de ses os, au nom &\u2019«une exigence verticale».11 ne lui reste que l\u2019épine dorsale.«Il sera réduit à ce seul tronc vertical, franchement nu».Ce sera «sa dernière expression», la seule qui ne contient pas de mensonge.Pour écrire la première véritable biographie du poète, Michel Biron ne pouvait trouver de meilleur aiguillon.En relatant des détails frappants, il souligne, dans l\u2019ouvrage très révélateur, que Garneau fut extrêmement déçu de l\u2019accueil peu enthousiaste que la critique québécoise réserva, en 1937, à son recueil Regards et jeux dans l\u2019espace, au point de déclarer : «Je n\u2019aime plus écrire.» Pourtant, en 1954, onze ans après sa mort prématurée, le grand critique européen Albert Béguin publia, dans la revue parisienne Esprit, un article qui témoigna d\u2019une profonde compréhension du poète montréalais.Jamais une voix influente du Vieux Continent n\u2019exprimera une telle admiration pour un écrivain québécois.Béguin explique qu\u2019il arrive à Garneau d\u2019atteindre «à une simplicité immédiate si pure qu\u2019elle fait songer aux ultimes poèmes de Holderlin», ceux où «il n\u2019y a plus que des paroles pauvres, presque nulles, d\u2019autant plus émouvantes qu\u2019elles ne doivent rien à l\u2019artifice».11 insiste sur «ce ton si rare, qu\u2019on ne trouve que chez les plus grands, et là même de façon exceptionnelle».Soustraire, simplifier Biron me précise : «Albert Béguin avait été ébloui par la force du texte Le mauvais pauvre, tiré du journal de Garneau, un des textes les plus saisissants de la littérature québécoise, dans lequel le personnage du \u201cmauvais pauvre\u201d a l\u2019idée de se débarrasser de tout ce qui n\u2019est pas lui: il ne possède rien, mais c\u2019est encore trop, et il va donc pousser la logique de la dépossession jusqu\u2019au bout.Il va se dépouiller de son apparence, de sa chair, de son visage pour ne garder que l\u2019essence de l\u2019être vivant.» Séduit par l\u2019élan vertical de cette purification intérieure, le biographe poursuit: «Ce texte magnifique, un étranger comme Béguin, grand lecteur de poésie moderne, a été le premier à en saisir la beauté et l\u2019originalité.Il y a vu une démarche créatrice unique qui consiste à soustraire plutôt qu\u2019à additionner, à simplijîer plutôt qu\u2019à amplifier.» VLB, Beauchemin et Friedrich Nietzsche Page F 3 ARCHIVES LE DEVOIR Garneau, arrière-petit-fils de l\u2019écrivain et historien François-Xavier Garneau par son père et descendant de la famille seigneuriale Juchereau Duchesnay par sa mère, Hermine Prévost, s\u2019est démarqué de la lourdeur du passé littéraire canadien-fran-çais.Dans Regards et jeux dans l\u2019espace, le poète, né à Montréal et vivant souvent à Westmount, affirme : «Je ne suis pas bien du tout assis dans cette chaise / Et mon pire malaise est un fauteuil où l\u2019on reste / Immanquablement je m\u2019endors et j\u2019y meurs.» A Sainte-Catherine-de-Fossambault, près de Québec, autour du manoir Juche- reau-Duchesnay, acquis par sa mère, il avait côtoyé un critique, son cousin éloigné par alliance, Maurice Hébert, père de la future poète et romancière Anne Hébert, descendante, elle aussi par sa mère, des seigneurs de l\u2019endroit.Mais, comme le note Biron dans son livre, ils appartenaient, en ce qui concerne le goût littéraire, «à des mondes incompatibles».Le biographe trouve les formules les plus appropriées pour décrire la singularité du poète.11 esdme que Garneau «s\u2019éloigne VOIR PAGE F 4 : DÉSERT Le TDAH est-il une maladie sociale ?Page F 5 F 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 19 ET DIMANCHE 20 SEPTEMBRE 2015 LIVRES La Vitrine Syivt« Laii&erte ROMAN JE NE TIENS QU\u2019À UN EIL MAIS c\u2019est un très LONG FIL Sylvie Laliberté Somme toute Montréal, 2015, 152 pages Quelle brise rafraîchissante que le dernier livre de Sylvie Laliberté, après Je suis formidable, mais ça ne dure jamais très longtemps et Quand j\u2019étais italienne (400 coups, 2013 et Somme toute, 2013).Le titre révèle le ton candide que nous réserve l\u2019artiste montréalaise.Dans ce troisième roman, elle remonte le cours de sa vie, dans une quotidienneté qui pourrait être la nôtre.L\u2019enfance, la rencontre avec ces adultes chargés de notre éducation et qui essaient de faire entrer les petits êtres créatifs dans un moule {«La maîtresse avait organisé un concours de textes libres.J\u2019avais écrit à propos de l\u2019importance des poignées de porte.La classe a voté pour mon texte, qui était très libre.La maîtresse a décrété que cette composition ne pouvait pas gagner le premier prix, parce qu\u2019il était impossible que le sujet d\u2019un texte soit les poignées de porte.Cette fois-là, j\u2019avais onze ans, et fai commencé à m\u2019inquiéter à propos des idées.Celles qu\u2019on a le droit d\u2019avoir, et les autres»).Elle se remémore ses réflexions de jeune adulte (« Chaque jour, je dois faire cette chose très difficile qui est de faire ce que faime.Il est tellement plus facile de faire ce que les autres aiment»), et fréquente la vieillesse lors des visites qu\u2019elle rend à son père à la résidence de personnes âgées.La voix unique, sensible, à la fois légère et percutante de Sylvie Laliberté se faufile jusque dans ses «citations visuelles» (ses propres photographies mettant en scène soldats de plastique, livres et des objets glanés dans ses armoires).Si Je ne tiens qu\u2019à un fil.se lit d\u2019un trait, c\u2019est pour mieux s\u2019y replonger.Car il est un peu comme cette invitante couverture qu\u2019on laisse tramer sur le divan, histoire d\u2019avoir du réconfort à portée de main quand la vie devient trop froide.Emilie Folie-Boivin ROMAN LE GRAND GALOP Marie-Noëlle Gagnon Québec Amérique Montréal, 2015, 152 pages Histoire de rupture à la tonalité de fable.Le grand galop, deuxième roman de Marie-Noëlle Gagnon {L\u2019hiver retrouvé.Triptyque, 2009), suit la piste des désenchantements amoureux au cœur d\u2019une géographie brouillée.Une jeune femme qui se croyait née pour autre chose cherche à conjuguer son désir «propre, doux, ennuyant» pour l\u2019homme de sa vie à son besoin de sauvagerie et de nouveauté.Or, quand elle découvre que son mari la trompe et qu\u2019il la quitte, forcée de retourner dans le giron de sa mère dépressive, la narratrice se sert de son imagination galopante pour engourdir la souffrance liée à cet «impensable malheur», incapable de faire la part entre ses fantasmes et ses souvenirs.Des pages désincarnées où la forme écrase un peu tout le reste, qui n\u2019a pas la même force.Un amour qui s\u2019éteint, une rupture difficile qui nous renvoie à notre «incommensurable banalité», la vie qui ne remplit pas toutes ses promesses ?Un court roman qui n\u2019arrive pas vraiment à dépasser l\u2019exploration poétique d\u2019une catastrophe intime somme toute banale.Christian Desmeules ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Maxime Olivier Moutier décide à 37 ans de faire un retour aux études en s\u2019inscrivant au Certificat en histoire de l\u2019art.LITTERATURE QUEBECOISE Maxime Olivier Moutier, en performance CHRISTIAN DESMEULES Professeur ^\u2019«anatomie alternative» dans une université de Perth, un artiste australien s\u2019est fait pousser une oreille sur l\u2019avant-bras gauche il y a quelques années.Il annonçait récemment vouloir y implanter un micro et le brancher à Internet.Pour le bonheur de tous.Accoucher ou perdre sa virginité en public dans une galerie d\u2019art?Passer deux semaines dans le ventre d\u2019un ours empaillé?Faire comme Zhu Yu, cet artiste chinois qui en 2000 se serait filmé en train de manger un fœtus humain volé dans une faculté de médecine?On nage entre les eaux troubles de la fiction et de la réalité.Maxime Olivier Moutier ne va pas jusqu\u2019à se faire greffer une troisième oreille pour faire entendre le vide qui nous entoure.Il poursuit son discours sur la société contemporaine, se faisant le révélateur de nos insatisfactions, de nos velléités, de nos envies stériles, de notre recherche d\u2019un bonheur peut-être impossible.Les trois modes de conservation des viandes et Scellé plombé (Marchand de feuilles, 2011 et 2013) exploraient déjà dans ce sens nos faillites intimes.Il se met cette fois lui-même en jeu au cœur d\u2019une autofiction en trompe-l\u2019œil.Journal d\u2019un étudiant en histoire de l\u2019art.Parce que sa vie l\u2019ennuie, Maxime Olivier Moutier dé- cide à 37 ans de faire un retour aux études.Ce père de trois enfants, écrivain et psychanalyste, s\u2019inscrit au Certificat en histoire de fart de l\u2019UQAM.Pour ne pas se dessécher, cet homme qui cherche encore sa place \u2014 «même après avoir publié six livres de littérature québécoise contemporaine» \u2014 s\u2019enfonce dans les régions humides de l\u2019art contemporain.Personnage de fiction Un avertissement: Maxime Olivier Moutier est un personnage de fiction.Et si toute ressemblance avec des personnes ou des événements réels n\u2019est absolument pas fortuite.Journal d\u2019un étudiant en histoire de l\u2019art se présente avant toute chose comme un roman.Accablé par les absences répétées de sa femme, qu\u2019un emploi intéressant {«intéressant pour elle») oblige à voyager régulièrement à l\u2019étranger, Moutier porte le poids du quotidien sur ses épaules.«Je tente de trouver dans l\u2019art une sorte de refuge.Je vais à l\u2019université pour me soustraire à l\u2019ennui, pour faire autre chose qu\u2019attendre le retour de ma femme ou que de patienter pendant que mes enfants font leurs devoirs.J\u2019ai besoin de stimulation, de me retrouver parmi des gens qui ne sont pas encore morts, et d\u2019apprendre des choses.» Seul à la maison en train de changer des couches ou de préparer des lunchs, il voit sa vie transformée par la lecture de VHistoire de l\u2019art d\u2019Ernst Gombrich (Phaidon).Mieux encore, celle d\u2019un livre de Tony Godfrey sur l\u2019art conceptuel le réconcilie avec l\u2019humanité.Une histoire de la destruction Entre les sandwichs à 4,25 $ de la cafétéria de l\u2019UQAM et les pichets de bière, les votes de grève, ses lamentations conjugales et son fantasme d\u2019enseigner l\u2019histoire de fart au collégial, le narrateur y fait la rencontre de Prunella, une jeune étudiante aussi perdue que lui.D\u2019une salle de cours à un bosquet de sapins du cégep du Vieux-Montréal, une aventure va peu à peu basculer dans la folie et la violence.Le 14 juin 2009, il note: «Je choisis de me jeter dans l\u2019histoire de l\u2019art parce qu\u2019il s\u2019agit d\u2019abord et avant tout de me jeter quelque part.Mon mariage est un fiasco.» Quelques jours plus tard : « Terminé les 424 pages de L\u2019art paléochrétien et byzantin, fai appris au moins 277 nouvelles choses.» Il en retient une en particulier : l\u2019histoire de fart est une histoire de destruction.Et tandis que la mononucléose le frappe \u2014 punition divine pour sa «mauvaise vie» \u2014, que son corps se déglingue et que son couple se fissure, sa quête de sens le porte vers Jeff Koons, Joseph Beuys ou Christo et Jeanne-Claude.Pour ne pas voir que l\u2019histoire de son couple \u2014 de tout couple ?\u2014 est aussi d\u2019une certaine manière une histoire de la destruction.Un drôle de roman que ce Journal d\u2019un étudiant en histoire de l\u2019art, une autofiction à la fois sérieuse et ludique.L\u2019auteur né en 1971 a réellement étudié l\u2019histoire de fart à fUQAM.Malgré sa froideur clinique et certaines facilités \u2014 sa relation prévisible et superficielle avec Prunella \u2014, Moutier a versé dans cet espace poétique qui s\u2019affranchit souvent du réel un enthousiasme contagieux envers fart contemporain.Un éloge de la curiosité et un exercice littéraire qui se veut autant une critique du monde contemporain qu\u2019un exorcisme personnel.Maxime Olivier Moutier n\u2019est pas écrivain.Il le répète lui-même depuis longtemps : l\u2019uniforme est trop étroit pour lui.L\u2019auteur de Risible et noir (BQ) se rêverait plutôt en artiste ou en artisan, les mains sales, donnant vie à des objets en trois dimensions.Et pourquoi pas en gourou ?Pour le moment, le costume de l\u2019acrobate lui va bien, prêt à se mettre en danger pour l\u2019amour de fart.Une posture beaucoup plus rare que l\u2019on croit.Collaborateur Le Devoir JOURNAL D\u2019UN ÉTUDIANT EN HISTOIRE DE L\u2019ART Maxime Olivier Moutier Marchand de feuilles Montréal, 2015, 464 pages 32® SALON DU LIVRE ANCIEN DE MONTRÉAL 7 Eric Côté La Photographie & le Livre Grand choix de livres anciens et rares, illustrés, premières éditions et belles reliures LES 26 ET 27 SEPTEMBRE 2015 \u2022 Samedi : 12 h-18 h- Dimanche : 11 h-17 h- Université Concordia 1455 boulevard de Maisonneuve O Admission 6,00$ pour les 2 jours LE DEVOIR LIBRE DE PENSER ROMAN Mauvais œil et mauvaise langue CATHERINE LALONDE Pan Bouyoucas avait livré fan dernier un conte, métaphorique et inventif, Ari et la reine de l\u2019orge (Allusifs, 2014).Son plus récent livre, le court roman Le mauvais œil, se situe cette fois davantage du côté de la fable.Esprit de village, superstition, appât du gain et ragot s\u2019y mélangent en un Molotov toxique pour les personnages, bouillonnant.Tout se joue dans un petit village côtier, méditerranéen, sur une île qui se délasse «dans une mer bénie des dieux».Un cliché touristique, pur jus bleu.On ne peut s\u2019empêcher de penser à la Grèce, pays d\u2019origine de Bouyoucas.Sans préavis, du jour au lendemain, la horde des touristes qui déferlait là annuellement en assurant la prospérité des insulaires n\u2019est plus au rendez-vous.La boutiquière, madame Lapis-Lazuli (tous sont affublés, coutume locale, d\u2019un surnom), se retrouve collée avec ses 4000 porte-clés phylactères, ces gris-gris locaux pour contrer le mauvais œil, destinés essentiellement aux touristes.Pour repartir les affaires, pourquoi donc ne pas nourrir les phobies du lieu, où il est coutume de «cracher trois fois afin de détourner l\u2019influence néfaste que les compliments Une à une, madame Lapis-Lazuli passa en revue les femmes qui l\u2019avaient complimentée sur sa robe.Elle ratissa aussi sa mémoire pour repérer les femmes qui avaient lorgné sa robe sans dire un mot.)) Extrait de Le mauvais oeil pourraient avoir», ou celle, simplement, d\u2019un regard envieux?«Chez certains, écrit Bouyoucas, la hantise du mauvais œil était telle qu\u2019ils ne parlaient jamais de leurs joies et de leurs réussites.Ainsi, les échanges prenaient l\u2019allure d\u2019un concert de pleureuses, car on n\u2019y étalait que ses plaies et ses chagrins, et si on n\u2019en avait pas, on en inventait.» Et quelle victime plus désignée que La Piano, l\u2019étrangère, celle qui n\u2019est pas native de Pile, pour être nommée «lanceuse de mauvais sort»?«La Fortune ayant un faible pour les culottés», la manigance fonctionnera, avec des conséquences incontrôlables et funestes, révélant dans sa coulée la petitesse de pensée, l\u2019ignominie, les préjugés des habitants.Ainsi que quelques beaux cas de corruption.Si l\u2019éditeur présente le récit comme une vision des «conséquences de la mondialisation», on y a vu davantage un tableau, une chorale d\u2019une certaine bêtise humaine, contagieuse.Le livre n\u2019est pas à marquer d\u2019une pierre blanche dans le parcours de son auteur, mais l\u2019écriture est vive, et les personnages véreux à souhait, jusqu\u2019à la fin, abrupte, mais qui échappe ainsi à la morale surlignée que les fables appellent habituellement.Le Devoir LE MAUVAIS ŒIL Pan Bouyoucas Les Allusifs Montréal, 2015, 142 pages LE DEVOIR, LES SAMEDI 19 ET DIMANCHE 20 SEPTEMBRE 2015 F 3 LITTERATURE PEDRO RUIZ LE DEVOIR 666.Friedrich Nietzsche de VLB est une leçon de vie et de curiosité, traversé d\u2019une permanente réflexion sur le sens de l\u2019écriture.Abel et la Bête Christian Desmeules On se dit: c\u2019est facile, il n\u2019y a qu\u2019à broder autour de quelques thèmes.Parler de son obsession pour la pêche au gros (Hugo, Kerouac, Melville, Perron, Joyce), insister sur un appétit ancien pour la famille, les livres et la sexualité, rappeler sa fascination «par-devers» tout ce qui est monstrueux.Mais toute réduction semble perdue d\u2019avance.Cette «boîte à mots» qui s\u2019appelle Victor-Lévy Beaulieu a ajouté une pierre à son oeuvre colossale avec un autre gros livre insaisissable.Une sorte de livre-univers dans lequel il brasse encore une fois l\u2019intime et le national, l\u2019ici et Railleurs, l\u2019essai et le roman.Où le réel et l\u2019imaginaire se confondent.Dans un texte de 1976, le barbu de Trois-Pistoles \u2014 qui vient tout juste de souffler ses 70 chandelles \u2014 estimait «qu\u2019écrire n\u2019est rien de moins que du pillage et il est important de prendre à l\u2019autre son butin, ne serait-ce que pour se revêtir de ses mots et pour s\u2019armer de leur puissance».Ajoutant: «On en avait besoin et l\u2019autre en avait besoin aussi.» En nous livrant ce «testament autobiographique, littéraire, social et utopiste», VLB convoque et s\u2019approprie la puissance de Friedrich Nietzsche (1844-1900), dont la vie et l\u2019œuvre forment à ses yeux «l\u2019un des rêves les plus étranges qui puissent se vivre, de jour comme de nuit».Il est ici autant à son propre service qu\u2019à celui de Nietzsche, conscient de payer ses dettes au philosophe allemand.Titan de papier Sans surprise, son 666.Friedrich Nietzsche est un monstre de près de 1400 pages, une créature de papier un peu difforme, dotée d\u2019excroissances, de tentacules qui prennent la forme de digressions, de visions, d\u2019auto-exégèse.Un échafaudage plus vaste encore que sa maison du Bas-du-Fleuve, exposée à tous les vents de l\u2019imagination.«Nietzsche est ce personnage de théâtre endetté auquel on enlève une livre de chair pour chacun des ouvrages qu\u2019il écrit; il est l\u2019homme mutilé et ensanglanté par excellence, il est au-delà même de ce que retient la mémoire, qu\u2019elle soit celle de l\u2019enfance ou celle de la maturité», raconte l\u2019écrivain le plus prolifique du Québec \u2014 une trentaine de romans, une vingtaine d\u2019essais littéraires, des pièces de théâtre, __________ des milliers de pages de téléromans \u2014 dans ce «dithyrambe beublique» du philosophe allemand.Aborder l\u2019auteur du Gai savoir et à\u2019Ainsi parlait Zarathoustra sans connaître l\u2019histoire de l\u2019Allemagne ou la pensée de Martin Luther?Qu\u2019à cela ne tienne : il étale sur sa grande table de cuisine tous les livres de Nietzsche et tous les livres qui lui ont été consacrés \u2014 et tous ceux qu\u2019il pense avoir lus.C\u2019est une méthode qui lui a toujours souri depuis Pour saluer Victor Hugo (1971).Mais il y a un hic : VLB n\u2019écrit plus.Il ne couvre plus au stylo-feutre bleu les piles de longues feuilles de notaire de son écriture appliquée de gaucher.Il est redevenu un simple lecteur.Mais lire?«Sous le prétexte d\u2019apprendre à connaître l\u2019autre, c\u2019est soi-même qu\u2019on redécouvre!» C\u2019est donc sous la forme d\u2019une longue lettre adressée à Samm, cette Amérindienne qui était notamment la narratrice de son Docteur Perron (Trois-Pis-toles), qu\u2019il explore et souligne, convoque les mythologies hy-perboréennes et germaniques, ressuscite les Wisigoths et Wagner, réfléchit à voix haute, cite certains biographes de Nietzsche ou des paragraphes entiers de Wikipédia, avant d\u2019ouvrir le tiroir de ses «amours malcommodes» avec quelques actrices célèbres.Une pirouette nous ramène Abel Beauchemin, son alter ego d\u2019encre bleue apparu dès 1969 avec Race de monde, visité par Calixte Bélaya, l\u2019institutrice camerounaise venue s\u2019installer chez lui avec sa trâ-lée d\u2019enfants.S\u2019y mêlent tous les fantômes du passé : frappé par la poliomyélite à 19 ans, VLB (ou Abel, on ne sait ja- m Friedrich Mietzsche mais trop) revient sur cet épisode fondateur, de même que sur les débuts de sa carrière d\u2019écrivain et d\u2019éditeur, son mariage raté avec la «femme rare» qui lui a donné deux «filles sauvages».Ses années alcooliques, la grande solitude réchauffée par les animaux et la mort récente de son bouc adoré.Will Shakespeare, son double du bord des bêtes.________ Qui parle ?Le réel se mêle ici à l\u2019imaginaire, les menteries succèdent aux «voya-geries», culminant dans un épisode de chasse-galerie où on l\u2019aperçoit assis dans un chariot tiré par Will Junior, son jeune bouc, survolant les toits de Turin à la recherche de Nietzsche, le gros marteau de Thor à la main.Lire, c\u2019est bien.Mais «délire» est encore mieux, semble nous dire l\u2019écrivain.Une pointe d\u2019amertume Le «pays équivoque», aujourd\u2019hui de moins en moins équivoque, de plus en plus perdu dans la brume, VLB l\u2019appelle dans ce gros livre un peu brouillon le «pays-qui-ne-l\u2019est-toujours-pas».A propos de la question nationale québécoise, l\u2019amertume le gagne.Et comme pour conjurer sa propre souffrance, il lève les yeux vers ailleurs, le mythe ne suffit plus: «J\u2019ai longtemps pensé que la mythologie pou- vait être, non pas un passé déterminant, mais un possible devenir.J\u2019ai longtemps pensé aussi que si je faisais de ma vie le corps et l\u2019esprit de l\u2019écriture, l\u2019épopée serait pour ainsi dire forcée de venir au monde de la volonté de puissance.» Est-ce pour autant la vraie fin de La vraie saga des Beauchemin'! Le cycle annoncé au début des années 70, constitué entre autres de titres plus récents comme James Joyce, l\u2019Irlande, le Québec, les mots.Antiterre (tous deux chez Trois-Pistoles) etBibi (Grasset), ressemble de plus en plus à un univers en expansion.Ce 666.Friedrich Nietzsche est aussi une leçon de vie et de curiosité, traversé d\u2019une permanente réflexion sur le sens de l\u2019écriture, qui «n\u2019est autre chose que la face masquée du Mino-taure et que la lecture est le fil fragile d\u2019Ariane qui y conduit.» Près de cinquante ans plus tard, l\u2019utopie politique et littéraire d\u2019Abel Beauchemin confine-t-elle à un échec écrit d\u2019avance?Spectateur d\u2019une humanité devenue plus que jamais «barbaresque», transporté par sa coutumière fièvre créatrice, l\u2019écrivain continue pourtant à ensemencçr le réel à pleines poignées.A quelle fin ?Jusqu\u2019à quand ?Vers quels horizons?Va savoir.Va donc savoir, dirait VLB ! 666 Friedrich Nietzsche Victor-Lévy Beaulieu Éditions Trois-Pistoles Trois-Pistoles, 2015, 1392 pages ft LIBRAIRIE ACHAT A DOMICILE 514-914-2142 Bonheur d'occasion Librairie GALERIE ESPACE LOCATIF DISPONIBLE Fonds universitaires : \u2022\tLittérature, Philosophie, Sciences humaines \u2022\tPléiade Art québécois et international Livres d'art et livres d'artiste Livres anciens avant 1800 Automatistes, Éditions Erta, Refus Global.Bel espace chaleureux pour artistes en arts visuels \u2022 Consultez notre site web pour les tarifs 2016 Salle disponible sans frais pour lancement de livre ou autre événement littéraire Veiller la braise 1317, avenue du Mont-Royal Est, Montréal Mathieu Bertrand, Libraire \u2022 514 522-8848 \u2022 1 888 522-8848 www.bonheurdoccasion.com « À 21 ans seulement, Sara Lazzaroni prouve que son précédent roman, Patchouli, n\u2019était pas qu\u2019un coup de chance.Cette auteure possède assurément une voix, qu\u2019elle chante brillamment à nouveau dans Veiller la braise, l\u2019histoire simple, réaliste et donc hautement touchante d\u2019un couple à qui il n\u2019arrive rien de particulier, outre la vie dans toute sa splendeur.» Josée-Anne Paradis, Les libraires Société\t^ dé dévélopfiémélit\t.ï des entreprises eultureiles\tmrmn\t« M1 E3 E9 ^ 514 524-5558 lemeac@lemeac.com\tL.^U6D6CEaB3\t® PREMIER ROMAN Y en aura pas de facile POUTINE POUR EMPORTER DOMINIC TARDIF Fred Proulx, 27 ans, rentre de France après que la boîte de génie-conseil pour laquelle il travaillait eut été accusée de ^collusion à l\u2019international.«A l\u2019instar de la poutine qui semblait un mélange improbable pour les touristes en visite au Québec, ma vie était un chaos pour plusieurs autour de moi», ana-lyse-t-il au sujet la « quarter-life crisis» qui le frappe.La comparaison alimentaire n\u2019est pas innocente.La poutine, notre vingtenaire à la dérive connaît; il en a mangé et servi des centaines au comptoir de la cantine familiale, pendant son adolescence, à Rimouski.Avec du bacon, s\u2019il vous plaît De retour à Montréal, ce chokeux chronique et autoproclamé renoue avec les amis laissés derrière : Olive, oisif meilleur chum au quotidien calqué sur celui du Dude de The Big Lebowski', Eisa, charmante Française d\u2019origine qui pourrait devenir sa blonde si les astres s\u2019alignaient enfin, et Aider, coo-lissime D.J.né d\u2019un père haïtien et d\u2019une mère italienne.Alors, on sort le pop-corn et on savoure le premier épisode cette prometteuse sitcom'! Ne nous emportons pas.Le quart du livre à peine franchi, Fred décide sans avertissement de s\u2019envoler pour la Colombie.Pourquoi?Parce que.Ou, plus précisément parce que « [T]ant qu\u2019à mener une vie instable, je ferais peut-être mieux de partir dans une vraie zone de turbulence.La Colombie n\u2019était pas réputée facile, mais la vraie vie non plus, finalement.» Juste prédiction: y en aura pas de facile en Amérique du Sud.Drogue: oui, oui, oui En Colombie, Fred s\u2019amourache d\u2019une Néerlandaise, se lie d\u2019amitié avec un revendeur de drogues, fume de l\u2019opium, part en trek vers la cité perdue des Tayronas, sniffe de la cocaïne, explore la mer en plongée libre, mâche des feuilles de coca, mâche du peyotl, écluse de l\u2019absinthe, et m-gèL alouette, péripéties parmi lesquelles sont intercalés des souvenirs d\u2019enfance ainsi que son désastreux séjour parisien.Ça fait beaucoup d\u2019opiacés, beaucoup de psychotropes, beaucoup d\u2019alcool, oui.Il y a assez de drogues pour assommer William Burroughs dans cette enfilade ininterrompue de trips, qui pourrait avoir quelque chose de sympathiquement picaresque, si tout, dans ce roman, n\u2019était pas aussi confus, expédié à la va-vite.Ce n\u2019est pourtant pas l\u2019enthousiasme ni la curiosité qui manque à Marie Eve Gosemick.Sa _______ connaissance palpable de la Colombie qu\u2019elle décrit aurait pu sauver cette prémisse usée jusqu\u2019à la trame \u2014 encore un Y qui étourdit son malaise en se poussant à l\u2019étranger et en s\u2019abrutissant la gueule?\u2014 si quelqu\u2019un lui avait fait la grâce d\u2019un authentique travail d\u2019édition.La conjugaison assez baroque de la langue oralisante et de passé simple se dissout par ailleurs plutôt mal dans cette sauce où flotte une pesante quantité de passages d\u2019un didactisme aussi saoulant qu\u2019une longue gorgée de mauvaise aguardiente.Exemple parmi tant d\u2019autres : « Un carnaval aussi était un univers de séduction.On ne distinguait plus le vrai du faux, on mêlait les rôles.Le masque permettait d\u2019être qui on voulait.L\u2019individu se prenait pour l\u2019animal, l\u2019homme devenait femme, le maître se faisait esclave.» Il faudra au moins remercier l\u2019auteure de ne jamais complètement rescaper son narrateur.Pas de rédemption pour l\u2019adulescent, stoppé en pleine course par ce qu\u2019il attribuera au karma.Une poutine, ça se digère longtemps.Les mauvais choix de vie aussi.Collaborateur Le Devoir POUTINE POUR EMPORTER Marie Eve Gosemick Stanké Montréal, 2015, 240 pages Gaspard\" LE DEVOIR J.NLMARÈS Du 7 au 13 septembre 2015\t\t \t\t \t\t Romans québécois\t\t ï] 1967 \u2022 Tome 2 Une ingénue à l\u2019Expo\tJean-Pierre Charland/Hurtubise\t1/3 ^ La promesse des Gélinas \u2022 Tome 2 Édouard\tFrance Lorrain/Guy Saint-Jean\t2/3 3 Un long retour\tLouise Penny/Flammarion Québec\t5/2 4 Des nouvelles d\u2019une p\u2019tite ville \u2022 Tome 3 1969, Monique Mario Hade/Les Éditeurs réunis\t\t4/2 ^ La maîtresse d\u2019école\tIsmène Toussaint/Les Éditeurs réunis\t3/4 6 Six minutes\tChrystine Brouillet/Druide\t8/16 7 La Justiciére.La finale des coupables\tMarc Aubin/l\u2019Apothéose\t7/17 8 Le retour de l\u2019oiseau-tonnerre \u2022 Tome 3 [envol\tAnne Robillard/Wellan\t6/3 9 Un homme s\u2019il vous plaîtl\tIndia Desjardins/Michel Lafon\t-/I lOl La promesse des Gélinas \u2022 Tome 1 Adèle\tFrance Lorrain/Guy Saint-Jean\t10/3 Romans étrangers\t\t Il Millénium \u2022 Tome 4 Ce qui ne me tue pas\tDavid Lagercrantz/Actes Sud\t1/3 ^ Cinquante nuances de Grey par Christian\tE.L.James/Lattès\t2/7 3 La fille du train\tPaula Hawkins/Sonatine\t3/16 4 La nuit de feu\tÉric-Emmanuel Schmitt/Albin Michel\t-/I ^ Le crime du comte Neville\tAmélie Nothomb/Albin Michel\t-/I 6 Un si beau soleil pour mourir\tJames Patterson | Howard Roughan/Archipel -/I\t 7 La boîte à musique\tMary Higgins Clark/Albin Michel\t6/12 8 After \u2022 Tome 4 Le manque\tAnna Todd/Homme\t4/5 9 [instant présent\tGuillaume Musso/XQ\t5/25 lOl Le choix Janson\tJustin Scott/Grasset\t7/5 Essais québécois\t\t il Le petit Hébert.La politique canadienne expliquée à mon.Chantal Hébert/Rogers\t\t1/4 2l Diihad.ca.Loups solitaires, cellules dormantes et.\tF.de Pierrebourg | V.Larouche/La Presse 2/4\t 3 La fabrique du djihad.Radicalisation et terrorisme au Canada Stéphane Berthomet/Édito\t\t-/I 4 Confessions d\u2019un cassé\tPierre Lefebvre/Boréal\t-/I S Tout ce que les publicitaires ne vous disent pas\tA.Granata | S.Mailhiot/La Presse\t3/3 6 Ma vie rouge Kubrick\tSimon Roy/Boréal\t6/18 7 La langue rapaillée.Combattre l\u2019insécurité linguistique.Anne-Marie Beaudoin-Bégin/Somme toute -/I\t\t 8 Les baromètres humains\tG.Brien | W.Pellemans/Québec-Livres\t8/2 9 Jean-François Lépine, sur la ligne de feu\tJean-François Lépine/Libre Expression\t5/45 lOl Tdah?Pour en finir avec le dopage des enfants\tJean-Claude St-Qnge/Écosociété\t-/I Essais étrangers\t\t Il Lettres à mes petits-enfants\tDavid Suzuki/Boréal\t5/2 ^ La 6e extinction.Comment l\u2019homme détruit la vie\tElizabeth Kolbert/Guy Saint-Jean\t-/I 3 Y a-t-il un grand architecte dans l\u2019univers?\tStephen Hawking/Ddile Jacob\t-/I 4 Du bonheur.Un voyage philosophique\tErédéric Lenoir/Eayard\t2/30 S Dieu, les affaires et nous\tJean d\u2019Drmesson/Robert Laffont\t4/2 6 50 idées reçues sur l\u2019état du monde\tPascal Boniface/Armand Colin\t1/3 7 Cosmos.Brève encyclopédie du monde\tMichel Dnfray/Elammarion\t6/4 8 Qui est Charlie?Sociologie d\u2019une crise religieuse\tEmmanuel Todd/Seuil\t-/I 9 Commun.Essai sur la révolution du XXIe siècle\tPierre Dardot | Christian Laval/La Découverte -/I\t lOl [art de la révolte.Snowden, Assange, Manning\tGeoffroy de Lagasnerie/Eayard\t3/2 La BTLF (Société de gestion de ia Banque de titres de iangue française) est propriétaire du système d\u2019information et d\u2019anaiyse Sasparil sur ies ventes de iivres français au Canada.Ce paimarés est extrait de BaspaU et est constitué des reievés de caisse de 2B0 points de vente.La BTLF reçoit un soutien financier de Patrimoine canadien pour ie projet BaspaU.© BTLF, toute reproduction totaie ou partieiie est interdite. F 4 LE DEVOIR, LES SAMEDI 19 ET DIMANCHE 20 SEPTEMBRE 2015 LITTERATURE Grandeur et misère d\u2019une sirène Simon Liberati rend un hommage troublé à sa femme Eva Ionesco, ex-égérie du porno infantile GUYLAINE MASSOUTRE Le témoignage a toujours fleuri sur le terreau du roman.Certains puristes soutiennent qu\u2019émotions fortes et sociologie sont incompatibles ; qu\u2019il ne suffit pas d\u2019interpeller les mœurs, la morale, la justice, la psycliologie pour dire vrai.Mais ils continuent de raconter leur vie, ces auteurs convaincus que l\u2019aventure individuelle révèle maints traits cacliés du destin commun.Simon Liberati pratique ce vieux genre à métamorphoses.Bruyant, exalté, il a choisi d\u2019aimer des vies dramatiques, inimitables, inoubliables.l3\u2019un côté, il fait vivre le mythe, de l\u2019autre ce que Barthes appelait «Vessence précieuse de Vindi-vidu».Qu\u2019on ne s\u2019étonne pas que de tels récits pratiquent une argumentation serrée.Dans Eva, Liberati peint un couple fou, celui qu\u2019il forme avec Eva Ionesco.Texte épicé des fleurs du mal, essai de réparation envers Eva, il veut émanciper son personnage vivant, aimer ce qu\u2019elle est devenue, à partir des dérives mortelles qui lui furent infligées enfant.Pour l\u2019admirer, il lui fait un piédestal doré.Et son compagnonnage fervent vise moins la réflexion que l\u2019effet d\u2019un philtre.Entrons dans la séquence filmée d\u2019un spectacle à effets spéciaux.Le couple lonesco-Liberati aborde la cinquantaine.Des expériences, ils en ont eu ! On les croirait ensorcelés par le XIX® siècle, revenant de l\u2019en- fer.Eva est entrée dans la vie comme dans un banquet de Pétrone, en pleine histoire scabreuse.Irina, sa mère, l\u2019y poussa, égérie du porno, dès l\u2019âge de six ans.Et ce qui aurait pu être esthétique se dramatisa, notamment par les procès entre la fille et la mère, et récemment entre Liberati et Irina, question d\u2019images et d\u2019argent.Luxe et porno On est aux antipodes de la relation fille et mère d\u2019Angot.Eva, grimée en adulte stéréotypée, hyper-sexualisée, avant l\u2019heure des régimes et des modes trash, a été exposée et vendue à des revues, des galeries, des particuliers avides de sexe juvénile.Ce qu\u2019il est advenu du modèle en découle.Comédienne, Eva a été adepte, comme Liberati, des boîtes de nuit, des cocktails délétères et des drogues.Même si Proust avait fréquenté le lieu, les Bains Douches, discothèque parisienne célèbre pour sa faune internationale, interlope, artiste et branchée, a fait sa renommée par ses nuits géantes, comme la Eactory d\u2019Andy Warhol.Tous y ont trempé.Eva a donc connu l\u2019état de superstarlette utopique et la décadence.Cette vedette usée mais magnifique, lorsqu\u2019elle n\u2019est pas folle des ivresses engrangées, Liberati en force Au-delà d\u2019Eva, à la fois respectée et possédée, toujours près d\u2019être profanée, récriture nous entraîne à un rythme endiablé l\u2019image d\u2019un personnage littéraire en pose, dans un portrait où il gomme les effets de chute libre, vus de trop près.Duo scénique Il célèbre un feu follet.Tantôt il valse sur une poésie ner-valienne, dans sa maison pour deux au fond des bois.Tantôt il a les yeux injectés par la fulgurance d\u2019Eva, tel un Delacroix.Tantôt il erre à la manière de Huysmans, enfermé avec l\u2019arcane de Gustave Moreau, la Salomé d\u2019À rebours (Eolio).Le naufrage rejoint maints classiques de l\u2019histoire littéraire.Le modèle de ce Pygmalion, c\u2019est une icône borderline, malsaine, touchante et fatale : «On peut la recouvrir de fétiches, la masquer, la démantibuler sous les résilles, les mantilles, les masques, la corne, les plumes, elle demeure, inexplicable, obscure comme Vœil affolé qui perce les meilleures compositions d\u2019Arcim-boldo ou de Cindy Sherman.» Au-delà d\u2019Eva, à la fois respectée et possédée, toujours près d\u2019être profanée, l\u2019écriture nous entraîne à un rythme endiablé.Questions justes, phrases boxées, couleurs intenses, l\u2019amour d\u2019écrire se mêle à celui de la femme, dans l\u2019espoir de rejoindre Edgar Poe, Baudelaire, Max Ernst, Gainsbourg ou Marcel Schwob.Des poupées fabriquées comme Eva sont couchées dans les pages de Pieyre de Mandiargues, de Robbe-Gril-let, de Klossowski, les images de Polanski, de Balthus.Liberati proteste, mais c\u2019est ambigu.Pourquoi traiter Robert Mapplethorpe de «porno-graphe mondain», le ravaler aux agitateurs désinvoltes auxquels Irina est associée ?On connaît la réponse.Dans l\u2019hyperconscience de la fragilité, il y a aussi le dispositif de déshumanisation par l\u2019image de masse.Les images sont ce qu\u2019on leur fait dire.Lucides et dépouillées des oripeaux de la pudeur, les lignes vertigineuses de Liberati disent le «mélange de trivialité et de féerie».Vouloir tout prendre et ne rien choisir.La surnaturelle Eva hypnotise, elle-même possédée par le regard masculin: «J\u2019y suis surtout si sensible qu\u2019il revient telle la musique d\u2019un pianola me rappeler le peignoir Fortuny et les grosses joues d\u2019Alber-tine», écrit-il.Cette élégance kitsch et sombre de cabaret plaît aux messieurs à cigares.Et c\u2019est beaucoup au livre de son ami Jean-Jacques Schuhl, Ingrid Caven (Eolio), récompensé par le Concourt 2000, qu\u2019il fait penser.Collaboratrice Le Devoir EVA Simon Liberati Stock Paris, 2015, 278 pages .Ui^ATiON i(N RÉSNAiî Al\\OH SNAiS PIERRE ANDRIEU AGENCE FRANCE PRESSE IRINA ONE5CO ROBBE-GRLLET TEMPLi AUX hwmm L\u2019écrivain Simon Liberati narre dans son roman le passé de sa conjointe Eva Ionesco, muse dans son enfance de sa mère, la photographe Irina Ionesco.POLARS Doublé afghan MICHEL BÉLAIR Terre de montagnes et de hauts plateaux forgée par les affrontements et les déchirements en tous genres, l\u2019Afghanistan semble sous verrou, un monde frontière que tous les grands empires n\u2019ont jamais cessé d\u2019envahir depuis Alexandre le Grand.Inviolable barrière frôlant les sommets du monde, c\u2019est une contrée qui se transforme souvent en tombeau pour ceux qui osent s\u2019y attaquer.Officiellement, la dernière guerre menée là sous l\u2019égide de l\u2019OTAN afin de déloger à la fois les talibans et les djiha-distes de Ben Laden s\u2019est terminée en 2014, mais des «forces spéciales» et des «sociétés militaires privées » sont toujours à l\u2019œuvre dans le pays de nouveau déchiré par la guérilla talibane.Deux gros romans, l\u2019un français {Pukhtu, dans la Série noire de Gallimard) , l\u2019autre américain {La quête de Wynne, chez Gallmeister) , viennent mettre en relief l\u2019inextricable complexité de ce qui se passe dans cet enfer.Clans et clandestins Impossible de résumer la très complexe histoire mise en scène sur presque 700 pages par DOA \u2014 acronyme très français (!) pour «Dead On Arrivai».Tenant à la fois du suspens, de l\u2019histoire et de la géopolitique, elle se déroule surtout dans les Eederally Administered Tribal Areas, ces territoires chevauchant la frontière entre le Pakistan et l\u2019Afghanistan, mais aussi en Afrique, en Europe et même en Amérique du Nord.Partout toutefois, le lecteur sera aux prises avec des humains dévastés par la guerre.C\u2019est à partir des territoires mal définis du Waziristan et du Kurram que la mouvance talibane, s\u2019appuyant sur une multitude de petits seigneurs de guerre, a trouvé à réinvestir peu à peu le pays tout entier.Bien loin de Kaboul et d\u2019Islamabad, on y rencontre tout autant des petits chefs de clans mangeant à tous les râteliers et s\u2019adonnant à tous les trafics que des moudjahidine ou des « opérateurs militaires privés » lancés à leur poursuite.C\u2019est dans cette région que la très clandestine unité paramilitaire 6N «intervient» dès le départ et se met à dos Sher Ali lOian Zadran, un riche Pachtoune plutôt indécis jusqu\u2019à ce qu\u2019on touche à l\u2019honneur (pukhtu) de sa famille.On parviendra à saisir assez rapidement que les actions menées par la bande de mercenaires \u2014 Eox, Voodoo, Viper, Ghost, Tiny et tous les autres \u2014 n\u2019ont rien de légal.Il deviendra même évident que tout ce beau monde participe de façon plus ou moins directe à un trafic international qui réussit à nourrir les belligérants des deux côtés.DOA nous raconte tout cela dans un style d\u2019une efficacité et d\u2019une précision chirurgicales qui donne aux événements une dimension qu\u2019on ne leur connaissait pas.Ouf Vivement le deuxième tome.Western Le roman d\u2019Aaron Gwyn est nettement plus littéraire.Ecrit (et traduit) dans une langue magnifique, il y est aussi question d\u2019honneur et d\u2019engagement.Ici, l\u2019action s\u2019articule autour de deux pôles : d\u2019une part, la passion d\u2019un homme, Russell, pour les chevaux et, de l\u2019autre, un ténébreux chef de guerre, le capitaine Gwynne, qui mène, à la tête d\u2019un commando des forces spéciales, sa propre guérilla dans les hautes vallées afghanes.Dans les faits, l\u2019histoire a tout du western.Après que Russell eut risqué sa vie pour sauver un cheval des tirs croisés des combattants dans un petit village irakien, Gwynne le fait venir dans son fief, dans la province afghane du Nouris-tan.Il demande alors à Russell de dresser une bonne douzaine de chevaux pour qu\u2019ils puissent travailler en mon- tagne.et l\u2019aider à poursuivre sa quête avec son unité d\u2019élite, qui piste les trafiquants de drogue finançant la guérilla.L\u2019écriture est remarquable et réussit à dépeindre à la fois des lieux presque mythiques et des hommes transformés, pour ne pas dire défibrés, par l\u2019ampleur de leur mission.Captivant.Collaborateur Le Devoir LA QUÊTE DE WYNNE Aaron Gwyn Traduit de l\u2019anglais par François Happe Gallmeister Paris, 2015, 306 pages PUKHTU DOA Gallimard Paris, 2015, 675 pages -SX.Portrait de femme en feu « Pour être en feu, Alycia l\u2019est.consumée par les feux de la passion.Et ces feux ne brûlent pas qu\u2019elle, mais tous ceux qui ont le malheur de faire sa rencontre.Avec sarcasme et humour, Claudia Goyette raconte l\u2019histoire d\u2019une femme à l\u2019imagination débridée [.].» Yannick Ollassa, Livresquement boulimique 514 524-5558 lenneac@lemeac,com Québec \u201ch DÉSERT SUITE DE LA PAGE F 1 définitivement de la versification romantique ou symboliste au profit d\u2019une écriture à la fois plus sobre, plus dépouillée, mais en même temps plus ambitieuse, qui cherche à saisir \u201cle mystère des choses\u201d, la part d\u2019infini qui s\u2019offre au regard attentif».Si novatrice soit-elle, la quête poétique du jeune homme, mort à 31 ans, selon toute vraisemblance d\u2019une crise cardiaque, s\u2019accompagne, chez lui, d\u2019un catholicisme très traditionnel.Le poète joint communions fréquentes, séjours à la Trappe d\u2019Oka, lecture d\u2019un ouvrage de spiritualité du XV® siècle.L\u2019imitation de Jésus-Christ, à un sens aigu de la culpabilité.L\u2019intime, toujours Soucieux de nuances, Biron me dit: «Au catholicisme de façade, Garneau oppose le désir d\u2019absolu.Il n\u2019y a aucune contradiction entre sa quête poétique et sa quête spirituelle.Dans les deux cas, il affiche la même intensité et les mêmes doutes.La poésie constitue, chez lui, une manière de transcender la réalité du monde visible.» D\u2019ailleurs, la biographie fait ressortir un Garneau jovial, rieur, léger, blagueur, qui tranche sur le poète austère et troublé que l\u2019œuvre peut suggérer.La spiritualité n\u2019étouffe pas la vie quo- GEORGES BEULLAC COLLECTION JOCELYN PAQUET Le poète De Saint-Denys Garneau s\u2019adonnait aussi à la peinture, comme sur cette photo prise près du chemin de la Côte-Sainte-Catherine, à Montréal.tidienne du jeune homme.Le drame se joue au tréfonds de sa vie intérieure.L\u2019insuccès littéraire l\u2019accentuera.La pratique religieuse conventionnelle, ainsi que les tentations charnelles, souvent en présence de femmes, ne touchent qu\u2019en superficie l\u2019être fragile et inquiet souffrant d\u2019une lésion au cœur.L\u2019ascèse paisible que le poète visera de plus en plus sera contre son moi abyssal, comme l\u2019expriment déjà les beaux vers de 1936: «Ah! dans quel désert faut-il qu\u2019on s\u2019en aille / Pour mourir de soi-même tranquillement?» Les photos de Garneau nu seul ou avec un ami également nu, prises par un autre ami, que Biron révèle dans son ouvrage en évoquant un «climat homoérotique», surprennent compte tenu de l\u2019époque et du milieu.Circonspect, le biographe m\u2019avoue : «Personnellement, je ne crois pas que l\u2019idée de l\u2019homosexualité ait jamais effleuré l\u2019esprit de Garneau.» Mais il cite la lettre de 1931 à André Laurendeau, futur rédacteur en chef du Devoir, où Garneau consterne son ami en déclarant éprouver pour lui «quelque chose qui ressemble singulièrement à de l\u2019amour».Quoi qu\u2019il en soit, le poète épure tellement tout amour par son désir d\u2019absolu qu\u2019il écrit: «Les liens de nos étreintes tombent d\u2019eux-mêmes / et s\u2019en vont à la dérive sur notre couche / Qui s\u2019étend maintenant comme un désert».({Le mot sexualité était tabou pour la mère de Garneau, ce qui explique sans doute pourquoi elle arracha certaines pages du journal de son fils après la mort de cehiirciyy Extrait de De Saint-Denys Garneau Biron affirme, à juste titre, que «l\u2019expérience intime» atteint, chez Garneau, «une intensité qu\u2019aucun écrivain canadien-francais n\u2019avait jusque-là exprimée avec tant de force».Mais il ne faudrait pas oublier ce qui la rend unique : son mystère.Collaborateur Le Devoir DE SAINT-DENYS GARNEAU Michel Biron Boréal Montréal, 2015, 456 pages LE DEVOIR LES SAMEDI 19 ET DIMANCHE 20 SEPTEMBRE 2015 F 5 ESSAIS TDAH: rhypothèse sociale Louis CORNELLIER O Le trouble déficitaire de l\u2019attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) continue de susciter le débat.C\u2019est une bonne chose.Le sujet est important et soulève des enjeux éducatifs, médicaux, sociaux et éthiques de premier plan.Récemment, le psychiatre et psychanalyste français Patrick Landman a relancé la discussion en publiant Tous hyperactifs?(Albin Michel, 2015), un essai dans lequel il qualifie le TDAH de «fiction».Ce mois-ci, au Québec, le philosophe et socio-économiste J.-Claude St-Onge, spécialisé dans la critique de l\u2019industrie pharmaceutique, prend la balle au bond en corroborant la thèse de Landman dans TDAH?Pour en finir avec le dopage des enfants.«Jusqu\u2019à preuve du contraire, écrit-il, le TDAH est une construction sociale.» St-Onge, comme Landman avant lui, ne nie pas que l\u2019inattention, l\u2019impulsivité et l\u2019hyperactivité existent et affectent des enfants.Il conteste toutefois l\u2019idée selon laquelle les causes de ces comportements se trouveraient dans une pathologie du cerveau.Les enfants qui ont ces problèmes ont besoin d\u2019aide, reconnaît le philosophe, «mais pour que l\u2019aide soit appropriée, il faut ci-hier adéquatement la source du problème».Une thèse fragile La thèse biopsychiatrique, la plus répandue dans les rangs médicaux et dans la population, affirme que les causes du TDAH sont de nature biologique.Ce trouble serait donc essentiellement génétique, la plupart du temps héréditaire, causé par un dysfonctionnement de certains neurotransmetteurs et, par conséquent, traitable par des médicaments psychostimulants (le Ritalin, par exemple).Les tenants de cette explication tolèrent mal la contestation et «dépeignent ceux qui refusent de considérer que le TDAH est une maladie mentale comme des obscurantistes, du même calibre que ceux qui considèrent que la Terre est plate», note St-Onge.Pourtant, les assises de cette thèse biopsychiatrique sont fragiles et appellent, au nom même de la science, une discussion plus ouverte.St-Onge rappelle d\u2019abord qu\u2019il «n\u2019existe aucune mesure ou aucun test objectif pour identifier un TDAH».La piste gé- ISTOCK J.-Claude St-Onge soutient la thèse que le TDAH tient ses sources davantage dans les dysfonctionnements sociaux, économiques et scolaires que dans des problèmes biopsychiatriques.nétique, pour le moment, n\u2019est pas concluante, et celle du déséquilibre chimique demeure au stade de l\u2019hypothèse.Certains affirment que le fait que la prise de psychostimulants réduise les symptômes liés au TDAH (ce que contestent des études citées par St-Onge) prouve la validité de cette dernière hypothèse.Or, réplique le philosophe, «ce St-Onge n\u2019exclut pas la découverte, dans l\u2019avenir, de causes organiques dans certains cas graves d\u2019inattention ou d\u2019hyperactivité n\u2019est pas parce qu\u2019un médicament améliore le comportement que cela nous procure la connaissance de la ou des causes».L\u2019alcool, par exemple, aide bien des gens à combattre la timidité, mais cette dernière n\u2019est pas causée par le manque d\u2019alcool au cerveau.D\u2019autres données imposent de réfléchir plus avant: les plus jeunes enfants d\u2019un niveau scolaire (nés juste avant la date d\u2019admission) reçoivent plus souvent que les autres un diagnostic de TDAH, les enfants des quartiers pauvres sont plus à risque, de même que les enfants dont les parents sont séparés.«Et si la source du problème, demande St-Onge, se trouvait plutôt dans les dysfonctionnements sociaux, économiques, scolaires?» N\u2019est-il pas normal qu\u2019un enfant qui a faim ou qui est troublé par la discorde qui règne entre ses parents soit inattentif?Doit-on parler, alors, d\u2019un problème médical ou d\u2019un problème social?Déculpabilisation La thèse biopsychiatrique, évidemment, fait l\u2019affaire de bien du monde.L\u2019industrie pharmaceutique, qui n\u2019épargne pas ses peines pour la faire mousser, y gagne des milliards.Les médecins, talonnés par la précédente et formés à chercher des causes organiques aux problèmes qu\u2019on leur soumet, y trouvent une solution à leur mesure.Nulle malveillance, ici, mais déformation professionnelle.Les écoles, aux prises avec des budgets restreints, y trouvent une façon d\u2019obtenir un peu de financement supplémentaire.Les parents, enfin, naturellement ébranlés par les difficultés, scolaires ou autres, de leurs enfants, y trouvent une manière de se déculpabiliser.Nulle malveillance, ici, encore une fois \u2014 presque tous les parents veulent bien faire \u2014, mais refus, souvent, de mettre en cause le contexte familial et social.Ainsi, le «pas de notre faute, c\u2019est le cerveau» tient lieu de refuge à presque tout le monde.St-Onge n\u2019exclut pas la découverte, dans l\u2019avenir, de causes organiques dans certains cas graves d\u2019inattention ou d\u2019hyperactivité.Pour le moment, toutefois, étant donné la fragilité de la thèse biopsychiatrique et un calcul coûts/bénéfices qu\u2019il consi- dère comme désavantageux quant à la prise de psychosti-mulants, le philosophe propose plutôt de recentrer l\u2019attention sur les conditions sociales, «principaux déterminants de la santé», bien avant la biologie et les gènes.Il ne s\u2019agit pas, insiste-t-il, de culpabiliser qui que ce soit, sauf l\u2019industrie pharmaceutique, mais d\u2019accepter de considérer l\u2019hypothèse sociale comme la plus pertinente dans la problématique du TDAH.Il prône donc, en ce sens, de limiter l\u2019utilisation des psychostimulants à quelques cas graves et d\u2019explorer, pour le reste, les interventions de type comportemental, la formation des parents, les heures de sommeil, le jeu à l\u2019extérieur et des stratégies d\u2019enseignement imaginatives.«La vraie prévention, sou-ligne-t-il en terminant, consiste à sortir les gens de la pauvreté, de l\u2019ignorance, des conditions de travail nuisibles, des environnements toxiques tant sur le plan écologique que social.» Ironiquement, aux Etats-Unis, la boîte de Ritalin affiche l\u2019avertissement suivant: «Garder hors de portée des enfants.» St-Onge, dans cet essai très solidement documenté, explique pourquoi ce serait une bonne idée de vraiment respecter cette mise en garde.louisco@sympatico.ca TDAH?Pour en finir avec LE DOPAGE DES ENFANTS J.-Claude St-Onge Ecosociété Montréal, 2015, 216 pages HISTOIRE Pensée globale Comment aborder Fhistoire à Fère de la mondialisation, selon Serge Gruzinski RENAUD LUSSIER Par son approche, qui porte sur la longue durée, les interactions, les métissages, les rapports conflictuels entre les peuples et les civilisations, Serge Gruzinski montre quel rôle le passé peut jouer aujourd\u2019hui dans un essai intitulé L\u2019histoire, pour quoi faire ?La démarche de l\u2019historien spécialiste de l\u2019Amérique latine s\u2019inscrit dans le courant de la global history, bien en vogue dans le monde anglo-saxon depuis une trentaine d\u2019années, mais qui gagne de plus en plus en estime dans l\u2019univers francophone.En témoigne l\u2019élection en 2013 au Collège de Erance de l\u2019éminent historien indien Sanjay Subrahmanyam, reconnu, entre autres, pour ses travaux sur l\u2019Empire portugais d\u2019Asie.C\u2019est une histoire ouverte sur le monde qui se tient loin de l\u2019occidentalocentrisme ou de l\u2019européocentrisme et «l\u2019un des plus sûrs moyens de faire dialoguer les passés de notre globe avec ses présents», affirme Gruzinski.Elle permet de se concentrer sur «les liens que des sociétés nouent entre elles, sur les articulations et les ensembles qu\u2019elles constituent, mais aussi sur la manière dont ces agencements humains, économiques, sociaux, religieux ou politiques homogénéisent le globe ou résistent au mouvement».Et le « local » dans tout ça?Il est le point de départ de toute histoire globale qui se construit autour d\u2019un lieu ou d\u2019un événement précis.L\u2019his-torien tentera de «dégager les fils qui le rattachent aux mondes qui l\u2019entourent», de repousser les frontières géographiques et, bien souvent, du même coup, celles de la discipline historique.L\u2019historien du «global» ne sent pas le besoin de respecter la périodisation traditionnelle qui a toujours eu ses limites, comme le faisait d\u2019ailleurs remarquer le médiéviste Jacques Le Goff (Eaut-il vraiment découper l\u2019histoire en tranches ?, Seuil, 2014).Illusion de continuité «A vrai dire, écrit Gru- SERGE GRUZINSKI L\u2019HISTOIRE, POUR QUOI FAIRE ?« - zinski, prendre le local comme point d\u2019ancrage de la réflexion, en faire une zone d\u2019interface privilégiée qui répond à un environnement infiniment plus vaste, variable selon les époques, le restituer dans ses rapports avec une multitude de réalités extérieures, parfois fort lointaines, n\u2019est pas forcément dans nos habitudes».A quoi s\u2019ajoutent «un besoin de sécurité, une illusion de continuité et de stabilité, l\u2019idée d\u2019une incomparable singularité» contre lesquels l\u2019auteur semble vouloir mettre le lecteur en garde.Et le problème, ce n\u2019est pas que nos sociétés souffrent d\u2019amnésie, avance-t-il.Au contraire, «quantité de passés nous sont constamment offerts, ou assenés, sous les formes les plus diverses et les plus inattendues», que ce soit au cinéma, dans les séries télévisées ou les jeux vidéo, sans compter les mises en scène que l\u2019on propose dans le contexte des commémorations de toutes sortes.L\u2019approche globale fournirait des points de repère pour nous aider à y voir un peu plus clair parmi ces histoires qui passent «sous nos yeux et souvent à notre insu ».Ce qui est certain aux yeux de l\u2019historien, c\u2019est que des questions ne manqueront pas de se poser devant les changements qu\u2019apporte la mondiali-sation et la peur qu\u2019elle suscite : «Que percevons-nous de l\u2019extension continue de nos horizons de vie?Comment apprendre à maîtriser le processus ?Doit-on craindre la mondialisation et courir se réfugier derrière des croyances identitaires aux accents patriotiques ou religieux ?Ou tirer profit du changement d\u2019échelle et de la multiplication des mondes?» L\u2019histoire semble pouvoir donner des pistes de réflexion.Collaborateur Le Devoir L\u2019HISTOIRE, POUR QUOI FAIRE?Serge Gruzinski Fayard Paris, 2015, 200 pages La Vitrine Ouverts à ce qui nous dépasse Essai sur le présent vivant Pierre Bertrand ESSAI OUVERTS À CE QUI NOUS DEPASSE Pierre Bertrand Liber Montréal, 2015, 130 pages Inlassablement, au rythme d\u2019un essai annuel depuis trente ans, le philosophe Pierre Bertrand poursuit une longue méditation sur l\u2019expérience de vivre.Convaincu que «la part d\u2019inconnu est incommensurable», que «l\u2019approche intellectuelle ou théorique» ne suffit pas à saisir la réalité dans son foisonnement, que l\u2019obsession de la clarté mène au fondamentalisme, Bertrand plaide pour «la voie de l\u2019immanence», qui consiste à cultiver une présence ouverte au monde dans toutes ses manifestations, en expérimentant notre immersion en lui et en cherchant à le dire sans la prétention de le résumer.Bertrand a sa petite musique, qu\u2019on aimera ou non.C\u2019est un jazz calme, teinté d\u2019orientalisme, une sorte de yoga réflexif très répétitif.La mélopée n\u2019est pas sans harmonie, mais finit par lasser, à la longue.Respect, malgré tout, pour cette quête philosophique sans équivalent au Québec.Louis Cornellier MARCEL FOURNIER l'ilîKKh- 1.1 Ct-ERCQ LES FRANÇAIS ÉMIGRÉS AU CANADA LA REVOLUTION FRANÇAISE ET LE CONSULAT HISTOIRE LES FRANÇAIS ÉMIGRÉS AU CiV^ADA PENDANT LA REVOLUTION FRANÇAISE ET LE CONSULAT Marcel Fournier Septentrion Québec, 2015, 277pages La question des réfugiés politiques ne date pas d\u2019hier.En 1794, le gouverneur Dorchester fait adopter une loi sur les étrangers afin d\u2019enrayer l\u2019immigration française au Bas-Canada.Cette barrière législative visant les espions et les agitateurs restera en vigueur jusqu\u2019à la chute de Napoléon, explique Marcel Eournier dans Les Français émigrés au Canada pendant la Révolution française et le Consulat.L\u2019historien n\u2019a recensé qu\u2019une centaine de Erançais établis dans la colonie en marge des troubles révolutionnaires contre 25 000 pour les États-Unis.Réfractaires à l\u2019immigration des laïcs, les autorités coloniales britanniques sont plus accueillantes envers les prêtres réactionnaires.Le Bas-Canada en recevra une cinquantaine, ce qui représente le tiers de son clergé.«La présence de ces prêtres royalistes ne pouvait qu\u2019alimenter auprès des populations qu\u2019ils desservaient un sentiment favorable aux institutions britanniques et néfastes aux préceptes de la Révolution», écrit Eournier.Truffé de données statistiques, cet ouvrage plaira surtout aux chercheurs, qui y trouveront un dictionnaire des immigrants français dont le parcours a été retracé par l\u2019auteur.Dave Noël L\u2019AGENDA L\u2019HORAIRE TELE, LE GUIDE DEVOS SOIRÉES Gratuit dans Le Devoir du samedi LE DEVOIR S Juanita Wildrose Traduit de l\u2019anglais (Canada) par Marie Frankland « L\u2019auteure a fait de l\u2019histoire de sa mère un combat personnel en y ajoutant d\u2019innombrables lettres conservées [.], des photos de famille et ses propres poèmes pour reproduire, en somme, le sentiment touchant de parcourir un journal infime.>> Laila Maalouf, La Presse 514 524-5558 lemeac@lemeac.eom Conseil des arts du Canada ^ 31^ i=^estiVal IhJTERNATIOMAL X>E LA f OESIE PRESENTE PAR POETES INVITES PRIX DE POESIE DES ROCHES, Roger Grand Prix Québécor du Festival International de la Poésie POIRIER, Ginette Andrée Prix Piché de poésie de l\u2019UQTR 2015 POIRIER, Hélène Finaliste - Prix Piché de poésie de l\u2019UQTR 2015 DESJARDINS, Roxane Prix Félix-Leclerc de poésie 2015 et Prix Émile-Nelligan 2015 LEBLANC, Georgette (N-Écosse) Prix Félix-Antoine-Savard de poésie 2015 DULUDE, Sébastien Prix de poésie Jean-Lafrenière/Zénob 2015 OKOUNDJI, Gabriel (Congo/France) Prix international de poésie Antonio Viccaro 2015 BARANDA, Maria (Mexique) Prix de poésie Jaime-Sabines/ Gatien-Lapointe 2015 TRAHAN, Michaël Prix de poésie Alain-Grandbois 2014 FORTIN, Célyne Prix ANEL-AQPF 2014 ACQUELIN, José Prix de poésie du Gouverneur général 2014 À venir Prix de poésie Radio-Canada 2015 TRUDEL, Rosalie BEAUMEL, Laetitia Bourse Hector-de-Saint-Denys-Garneau 2014 ROYER, Jean Prix Athanase-David 2014 PEYROUSE, Anne Prix d\u2019innovation en enseignement de la poésie 2015 YANG, Hannah (C-Britannique) Prix national de poésie en immersion française POETES QUEBECOIS LAPERRIERE, Marie Aude LAVERDURE, Bertrand LESSARD, Rosalie LONGCHAMPS, Renaud MARQUIS, André MONCEAU, Erance MONGRAIN, Serge OUELLET, Marie-Belle PLEAU, Michel POISSON, Sylvie POURBAIX, Joël SIMARD, Emmanuel SALMERON, Odelin (Cuba/Québec) SOUAID, Carolyn Marie TURCOT, Simon Philippe VEILLEUX, Laurence Lola VILLENEUVE, Marité WATTEYNE, Nathalie POETES INTERNATIONAUX TROIS-RIVIERES DU 2 AU n OCTOBRE 2015 '%.joydb aujiy itL- couajt \\/vr^ UAJr\\/yjuurt^ POETES QUEBECOIS ATALLA, Nora (Égypte/Québec) AZOULAY, Daphnée BASTIEN, Pierre BEAUREGARD D., Virginie BERGERON, Jean-Philippe BOUCHER, Denise BOULANGER, Patrick CHEVARIER, Corinne CLOUTIER, Guy CÔTÉ, Michel X CROISETIÈRE, Mathieu DELAND, Monique DESPATIE, Stéphane DEVAULT Gilles DOSTIE, Alexandre DUMAIS, Isabelle DUPRÉ, Louise DUVAL, Isabelle EORGET Carole GAGNON, Yves GILL, Marie-Andrée GOSSELIN-G, Geneviève GOUDREAULT David GRIMALDI, Marie-Paule GRUBISIC, Katia GUERRETTE, Erançois HÉBERT, Erançois JANNETEAU, Sylvain JULIEN, Michel JUTEAU, Monique LAMY, Jonathan BECERRA SALAZAR, Manuel (Mexique) BERTHOLOM, Louis (Erance) GALLE, Leandro (Argentine) CARNECI, Magda (Roumanie) CASTANO, Yolanda (Espagne) DANJOU, Chantal (Erance) DESPAX, Jean-Luc (Erance) DIALLO, Bios (Mauritanie) DINTINJANA, Veronika (Slovénie) EAVE, Nathalie (Sénégal) EROLOV, Aleksandr (Russie) Q GARCIA QUINTERO, Eelipe (Colombie) GHARRAFI, Mohamed Miloud (France/Maroc) 0\tGONZALEZ ARREDONDO, Veronica (Mexique) HECQ, Dominique (Australie) 1\tQ IPADEOLA, Tade (Nigéria) KULAVKOVA, Katica (Macédoine) LAURENT-CATRICE, Nicole (Erance) LAVERGNE, Alfredo (Chili) LINDH, Pontus (Suède) MOHAMMEDI, Anissa (Algérie/France) PONCE DE MORAES, Thiago (Brésil) QUEVEDO ROJAS, Aleyda (Équateur) SZPILMANN, Harry (Wallonie-Bruxelles) TAFDRUP, Pia (Danemark) TANYOL, TugruI (Turquie) VAN DE VOORDE, Torn (Flandre-Belgique) VARGAS DE LUNA, Javier (Mexique/Québec) WILL, Colin (Écosse) WOJCIESZKO, Grazyna (Pologne) POETES RESIDANT OU AYANT ÉTÉ PUBLIÉS HORS-QUÉBEC BÉRUBÉ, Sébastien (N.-Brunswick) COMEAU, Fredric Gary (N.-Brunswick/Québec) LAMONTAGNE, Sonia (Ontario) QUEYRAS,Sina (Manitoba) ROBERTSON, Lisa (Canada/France) ROSE, Rachel (Colombie-Britannique) THÉRIEN, Michel (Ontario) 10 JOURS \u2022 100 POÈTES \u2022 30 PAYS \u2022 5 CONTINENTS 350 ACTIVITÉS \u2022 DANS LES BARS, RESTAURANTS, CAFÉS ET GALERIES DU CENTRE-VILLE QUELQUES INCONTOURNABLES ECOLE NATIONALE DE POESIE 2015 3,10 et 11 octobre de 8 h 45 à 17 h Galerie d\u2019art du Parc EMA Expérience métiers d\u2019art SITUATION DE LA POÉSIE DANS LE MONDE 3 et 4 octobre à il h Maison de la culture UN POETE SE RACONTE : ENTREVUE AVEC.Du 3 au 11 octobre à 13 h 30 Suite Soixante Galerie Bar SPECTACLE AUTOCHTONE : S\u2019AGRIPPER AUX FLEURS 3 octobre à 20 h Maison de la culture Photo : Christiane St-Pierre Photo : Jennifer Fontaine Au moment où ce programme est entré sous presse, ce poète était en attente de visa.Il est possible qu\u2019il ne l\u2019ait pas obtenu.Veuillez consulter le site fiptr.com pour obtenir l\u2019information à jour ainsi que l\u2019horaire détaillé du festival.ET PLUS DE 160 MOMENTS DE DECOUVERTES CULINAIRES & POESIE Chez nos restaurateurs : Au Four à bois, Il Circo Pâtes et Passion, Le Bistro LAncêtre, Le Lupin, Le Manoir, Le Rouge Vin, Le Sacristain, Saint-Germain Bistro, Bar l\u2019Hexagone, Café Bar Zénob, L\u2019Embuscade Café Galerie, La p\u2019tite Brûlerie, Nys Pâtissier, Olive & Papaye, Pompon Laine Café, Suite Soixante Galerie Bar.Grande soirée Québécor de là poésie Samedi lO octobre 20 h 25 poètes sur scène à la Maison de la culture Billet : 19 $ taxes incluses Billetterie de la salle J.-A.Thompson Québec Iq * Conseil des arts Canada Council duCanada fbrtheArts Lisez de grands livres Prix littéraires du Gouverneur général 1^1 Patrimoine 1^1 canadien '1l*l\tORGANISATION % Canadian\t¦\tinternationale de x Heritage\tvvtLllclLlcl la froncophonie i-iqD-r-R un Savoir.Surprendre.LE DEVOIR Libre de penser FIPTR.COM "]
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