Le devoir, 3 octobre 2015, Cahier E
[" Guillaume Wagner, loup solitaire et chialeux professionnel Page e 3 Comment se démêler dans les coffrets «remastérisés» de Glenn Gould Page eg CULTURE CAHIER E .LE DEVOIR, LES SAMEDI S ET DIMANCHE 4 OCTOBRE 2015 ^ s K , \u2022'v Cécile McLorin Salvant, en pleine v'.L'- A '-^ ,//; rc.^ ,A »\t5< V h:\t-'y\t-?*¦ .«I Innuere Un mélange de talent pur et de charisme rare que les critiques et le public applaudissent en chœur.For One to Love, son nouvel album, renforce le constat m MARK FITTON Cécile McLorin Salvant fait de chaque chanson une histoire, une sculpture.GUILLAUME BOURGAULT-COTE On l\u2019attrape un samedi matin très tôt au téléphone en Afrique du Sud, à Johannesburg.Mais c\u2019aurait pu être n\u2019importe op et n\u2019importe quand aux Etats-Unis, au Mexique, en Allemagne, en Scandinavie, à Londres ou en Espagne : Cécile McLorin Salvant est partout ces temps-ci.Sensation confirmée du jazz vocal féminin \u2014 le New York Times l\u2019a récemment qualifiée de meilleure chanteuse à avoir émergé depuis une décennie \u2014, l\u2019Américaine de 26 ans fait actuellement un tabac avec son nouvel album.For One to Love.Deux ans après avoir séduit le monde du jazz grâce à un premier disque exceptionnel (WomanChüd), McLorin Salvant vient livrer une suite qui remplit toutes les promesses soulevées.Ce qui revient à dire beaucoup.Gagnante du prestigieux concours Thelo-nious-Monk en 2010, la chanteuse a fait des débuts discographiques remarqués en 2013.Sélectionné aux Grammy, célébré autant en Amérique qu\u2019en Europe, son disque lui a permis de s\u2019imposer au palmarès annuel des critiques du magazine Downbeat \u2014 la référence en matière jazz.Album de l\u2019année, mais aussi meilleure chanteuse et révélation {«rising star») toutes catégories confondues.Bien avant ça, le légendaire trompettiste Wynton Marsalis avait déjà tout résumé : Cécile McLorin Salvant est un talent rare qui combine assurance, âme, sensualité, virtuosité, intelligence, profondeur et grâce, soutenait-il.On l\u2019attrape donc un samedi matin à Johannesburg, et McLorin Salvant jure que rien dans ce battage et ce succès d\u2019échelle ne s\u2019est transposé en pression au moment de produire For One to Love.«Je me suis concentré sur la musique, explique-t-elle, voix douce et ton poli.J\u2019étais tellement contente de pouvoir enregistrer ces chansons-là avec mon trio [l\u2019excellent pianiste Aaron Diehl, le contrebassiste Paul Sikivie et le batteur Lawrence Leathers] que je n\u2019ai ja- « J\u2019essaie de rester le plus loin possible de ma technique classique quand je fais du jazz.Pour moi, ce sont deux mondes différent.» mais pensé au succès du premier disque.J\u2019y pense un peu plus aujourd\u2019hui, en souhaitant que ça fonctionne aussi bien, mais c\u2019est tout.» Liberté Née à Miami d\u2019une mère française et d\u2019un père haïtien, McLorin Salvant a étudié le chant classique avant d\u2019embrasser le jazz.La technique acquise en amont s\u2019entend de manière subtile dans sa façon de chanter : chez elle, pas tant de fioritures, plutôt une formidable maîtrise de tous les registres, une grande aisance et une souplesse à passer des graves aux aiguës, des inflexions subtiles qui donnent beaucoup de relief à ce qu\u2019elle fait.Tout coule, tout roule.«J\u2019essaie de rester le plus loin possible de ma technique classique quand je fais du jazz, dit-elle.Pour moi, ce sont deux mondes différents.deux instruments.Depuis le début, je me dis que je ne veux pas être une chanteuse jazz qui sonne lyrique.Je préfère garder une certaine pureté dans le genre.Il y a des choses dans la musique classique qui m\u2019influencent encore, c\u2019est indéniable.Mais le jazz, c\u2019est un autre monde.C\u2019est une musique qui accueille les voix imparfaites, qui ne sont pas homogènes.Ft c\u2019est important pour moi de garder cet élément rugueux qui n\u2019existe pas en classique.» Le jazz lui donne aussi la liberté d\u2019exploiter ses talents d\u2019interprète \u2014 voire de comédienne.Sur disque comme sur scène (le public qui l\u2019a vue au Upstairs en 2013 ou à L\u2019Astral en 2014 en témoignera), McLorin Salvant impose une présence qui peut rappeler celle d\u2019une Sarah Vaughan : elle fait de chaque chanson une histoire, une sculpture.Tout est incarné.Vibrant.La voix y contribue beaucoup, mais il y a plus.Une sorte de charisme magnétique.Lumière Comme sur WomanChüd, le nouvel album de McLorin Salvant aborde un répertoire singulier.«Je chante surtout de vieilles chansons qui ont entre 60 et 100 ans», constate celle qui cite comme influences principales Vaughan, Valaida Snow, Bessie Smith, Blossom Dearie, Abbey Lincoln on Nina Simone.«Mais c\u2019est simplement parce que c\u2019est ce que j\u2019aime, il n\u2019y a pps de démarche d\u2019historienne en arrière.» A ce corpus de chansons qui célèbrent les racines du jazz et du blues s\u2019ajoutent quelques VOIR PAGE E 5 : McLORIN 1 PEDRO RUIZ LE DEVOIR Bella Bellucci ! La vedette européenne tenait à revenir au Québec pour promouvoir Ville-Marie ERANÇOIS LÉVESQUE Elle est star, Monica Bellucci.Ça ne s\u2019expbque pas.C\u2019est un état.Lorsqu\u2019elle entre dans la salle de bal du chic hôtel où se tient la journée de promotion, l\u2019air se raréfie soudain, le temps semble se suspendre.C\u2019est comme dans un film, vraiment: on la voit s\u2019avancer, presque au ralenti, ses longues boucles ébène ramenées sur l\u2019épaule façon Veronica Lake, sa silhouette voluptueuse cintrée dans un élégant tailleur noir, son port royal rehaussé par une paire de stilettos vertigineux, son soiuire vermeil troublant, sa main tendue spontanément.Lorce est de l\u2019avouer : on se sent un brin intimidé.Il faut bien le dire, il est rare qu\u2019une célébrité de cette magnitude se déplace de la sorte pour assurer le volet « service après-vente » inhérent à la production d\u2019un film.D\u2019habitude, de telles rencontres de presse sont organisées aux Etats-Unis ou en Lrance.Aux journalistes étrangers de s\u2019y rendre.Et là encore, on peut se retrouver à avoir traversé l\u2019océan pour quatre malheureuses minutes partagées avec des collègues en table ronde.Or, non seulement Monica Bellucci est-elle venue ce mercredi pour la première montréalaise, mais elle a accordé des entrevues individuelles sans qu\u2019on entende le tic tac entêtant du chronomètre.Si on insiste autant là-des-sus, ce n\u2019est pas par «grou-pisme », mais parce que l\u2019attitude est révélatrice d\u2019une donnée fondamentale : Monica Bellucci aime non seulement ce film, elle en est fière.Ceci expbquant cela.«Oui, je l\u2019adore, confirme la belle Italienne.Le scénario était d\u2019une telle beauté que j\u2019ai dit oui tout de suite, sans avoir vu Marécages, le film précédent de Guy.Puis, je l\u2019ai vu et j\u2019ai eu la confirmation que j\u2019avais eu raison.Pascale [Bussières] y est magnifique, et Guy.Guy, il a une sensibilité rare, une finesse aussi.Ça Né un bonheur, ce film.Je me suis sentie en confiance, toujours.Pt les plateaux québécois, ils ne ressemblent à aucun autre.On ne sent pas la hiérarchie: on a plutôt l\u2019impression que chacun apporte quelque chose de fondamental.C\u2019est plus libre, tout en étant très rigoureux.Comme je disais, c\u2019est unique.Je n\u2019ai vu que le premier montage de Ville-Marie, sans la musique et sans certains effets réalisés en postproduction.Je vais le découvrir en même temps que le public d\u2019ici.Ce sera très spécial, c\u2019est sûr, d\u2019autant que c\u2019est mon anniversaire.C\u2019est un beau cadeau.» Dans Ville-Marie, la star européenne incarne.une star européenne : Sophie Bernard.VOIR PAGE E 10 : BELLUCCI « Une actrice, un acteur, son outil de travail, c\u2019est son corps.Un musicien, il a son instrument.Moi, j\u2019ai ce corps, et de film en film, j\u2019apprends à en jouer.» E 2 LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE OCTOBRE 2015 CULTURE Messe noire pour cachalot blanc Odile Tremblay T _ f J I ' à y étais allée fouiller dans les tréfonds de ma bibliothèque, en quête du livre disparu.Certains se terrent dans les rayons arrière, s\u2019estimant négligés depuis trop longtemps.Pourtant, il devait être là, quelque part, une belle édition par-dessus le marché servie sur gravures à l\u2019ancienne et avec même des dessins tirés du journal de bord d\u2019Herman Melville, du temps où ce géant américain des lettres, fds de famille ruiné, voguait comme simple matelot sur la baleinière VAcushnet.Aussi, des cartes, des croquis en écorché de frégates.Je me souvenais du séisme provoqué en moi par sa lecture.Et du film de John Huston, un coup parti, car tout s\u2019entrechoque parfois dans une mémoire, avec, jaillissante, la fameuse scène où les cordages lient Gregory Peck en capitaine Achab à sa baleine blanche.La dernière remontée de la bête et ce bras ballant de l\u2019homme noyé cousu aux flancs de son vieil ennemi; orgueil et esprit de vengeance punis par courroux divin empêchaient après coup de dormir.Cette idée d\u2019en vouloir à un animal, fut-il mythique, au point d\u2019y sacrifier son équipage et sa vie.Mais voici, eurêka! Jaillissant à son tour, le roman sous sa belle reliure dorée et cartonnée ! J\u2019aurais bien feuilleté au hasard quelques pages du Moby Dick dépoussiéré, juste pour me remettre dans l\u2019ambiance, en attendant de voir son adaptation au TNM par Dominic Champagne, sur un texte de Bryan Perro.Sauf qu\u2019on se laisse rattraper par les chefs-d\u2019œuvre, glissant il est vrai plus vite sur les chapitres traitant des mœurs des baleines à travers les sept mers du milieu du XIX® siècle que sur l\u2019obsession d\u2019Achab et les rituels de Queequeg, le harponneur tatoué.Toute l\u2019épopée à bord du Pequod y est passée.J\u2019ai relu Moby Dick, sonnée encore par sa fureur écumante.Quelques œuvres transcendantes, signées Homère, Shakespeare, Joseph Conrad, Melville, Cervantes, etc.rendent avec génie les ambitions des hommes à travers leur grandeur cosmique et leur dérision: legs littéraires immortels.Et puissent les lecteurs éventuels ne jamais se sentir par elles intimidés.Si Melville n\u2019avait pas navigué d\u2019abord sur trois baleinières et autant de navires marchands en tours du globe répétés, s\u2019il n\u2019avait pas fait de longues escales à Tahiti et à Honolulu pour y découvrir les gracieusetés de la civilisation : alcoolisme, maladies vénériennes, brigade des mœurs en soutane, etc., il n\u2019aurait pas écrit son chef-d\u2019œuvre Moby Dick (mal reçu à sa sortie), mais serait devenu écrivain tout de même.Certes.Et si Melville n\u2019avait pas été Américain, avec le mythe des grands espaces chevillés en lui, s\u2019il n\u2019avait pas connu les bas quartiers immondes de Nantucket et de Liverpool, s\u2019il n\u2019avait pas vécu dans une époque religieuse (mais est-elle révolue aux Etats-Unis?on ose un doute, accru par la visite papale au Congrès) sur fond de combats entre Dieu et le Mal presque \u2014 diable déguisé ici en monstre albinos Le metteur en scène Dominic Champagne livre un foisonnant Moby Dick qui décolle et rugit \u2014, il n\u2019aurait pas eu envie d\u2019en dénoncer par cette symbolique les fanatismes.Il est notre contemporain aussi : la destruction aveugle de la nature par l\u2019homme éclabousse nos temps modernes jusqu\u2019aux apocalypses en vue.Ses courageux harponneurs issus des horizons coloniaux: un Amérindien, un Africain, un Polynésien, traités de païens à tout bout de champ, remettent en cause l\u2019asservissement des peuples à la gloutonne Amérique.Eternel refrain ! Le bidule hanté de Dominic Champagne On dira ce qu\u2019on voudra de Dominic Champagne, frotté à AINSI PARLAIT Frédérick Gravel + / Etienne Lepage à 20 h RENSEIGNEMENTS GÉNÉRAUX 450 662-4440 BILLETTERIE 450 667-2040 Un spectacle pop, baveux et sexy.Un antidote à l'apathie et à la morosité.TEXTE Étienne Lepage MOUVEMENT Frédérick Gravel MISE EN SCÈNE Frédérick Gravel, Étienne Lepage INTERPRÈTES Frédérick Gravel, Frédéric Lavallée, Marilyn Perreault, Anne Thériault MAISON DES ARTS DE LAVAL 1395, bouL.de La Concorde Ouest www.maisondesarts.LavaL.ca ®|v|étro Ivlontmorency Olvlaison des arts de LavaL Québec¦ ¦?1 Canadian Patrimoine Heritage canadien L\u2019Odyssée, à Don Quichotte, aux Beatles à Las Vegas; s\u2019attaquer aux mythes ne l\u2019effraie jamais.Avec ses mises en scène de démesure pharaonique aux débordements budgétaires, parfois boursouflées, il connaît ces aiguillons qui portent ses héros à se dépasser, au risque du naufrage.En tout cas, avec Moby Dick, Champagne a remporté en grande partie son pari fou de messe noire pour cachalot blanc.Comme quoi faut se méfier des annonces publicitaires, ainsi, sur les ondes, de celles de son spectacle.Pourquoi donc Normand D\u2019amour, si brûlant en capitaine Achab sur les planches de ce Moby Dick, devient-il mauvais sans crier gare dans cette pub-là?Et pourquoi le bidule scénique rotatif de Dominic Champagne qui parvient au théâtre à rouler sans tout écrapoutir de sa masse se fait-il aussi lourd que dans son excessif Paradis perdu ?Même sur le bord d\u2019être trop kitsch (excès quand même de projections vidéo sur vagues qui donnent le mal de mer) et malgré la petite morale finale appuyée \u2014 Champagne est un militant antihydrocarbures \u2014, son foisonnant Moby Dick décolle et rugit.Avec la musique et le rythme fou qui scandent la pièce, la puissance de Normand D\u2019Amour en Achab et de Jean-Erançois Casabonne en incandescent Queequeg, les acrobates, musiciens et les chants en psalmodies et vocalises de Erédérike Bédard, nous voici en royaume hanté.Le texte se devait de rester littéraire et donne envie de replonger dans l\u2019œuvre bouillonnante de Melville.Ce faisant, on peut voir en prime ce que l\u2019auteur a conservé (ici, l\u2019essence de l\u2019intrigue), sacrifié (plusieurs péripéties, rencontres en mer, bien sûr les segments didactiques sur la céto-logie, science baleinière) ou YVES RENAUD inventé (la dernière réplique et certains dialogues plus inspirés du roman que collés à ses mots).Remonter au livre rappelle aussi à quel point les tabous d\u2019un siècle ne sont pas ceux d\u2019un autre.L\u2019homosexualité, latente à l\u2019écrit, se fait explicite dans ce spectacle contemporain.Les mœurs des marins, prisonniers des mers comme les forçats des cachots, sont documentées sous toutes latitudes et s\u2019y référer est sensé.Mais ce double standard redit les frontières infranchissables par chaque auteur anglo-saxon du XIX® siècle, fût-il aussi rebelle que Melville.Car décortiquant en long et en large une expédition en mer de plusieurs mois avec un équipage impulsif et querelleur, le manque sexuel n\u2019y sera jamais abordé.Il est à peine question des femmes aussi.Evoquées comme un songe quasi effacé.otremblay@ledevoir.com une collaboration de ««\u2022w RaDio-candDa SUPPIÉNENTAIRES 20 + 21 OCTOBRE NOUVELLE SUPPLÉMENTAIRE JEUDI 22 OCTOBRE! ÏSIdiHERMAH MELVILLE Hy»DOMINIC CHAMPAGNE BRYAN PERRO DOMINIC CHAMPA Avec Yamoussa Bangoura Frédérike Bédard Vincent Bilodeau Ludovic Bonnier Jean-François Casabonne Normand D\u2019Amour Sylvain Delisle Steve Gagnon Tommy Gauthier Reda Guerinik Gisle Henriet Sylvain Marcel Mathieu Richard Guillaume Saladin David Savard Coproduction Théâtre du Nouveau Monde + Théâtre Il va sans dire ISdU\u2019AU 22 OCTOBRE foüRNÉE AU OUÉBEC ICI (§|> artv Un spectacle extravagant et sans mesure qu\u2019il faut absolument voir.\u2014 Le Journal de Montréal, Guy Fournier .mise en scène purement géniale ! Interprétée avec tellement de talent.Si vous avez qu\u2019une pièce à voir cet automne, allez voir celle-là.du théâtre grandiose.On ne peut pas passer à côté, c\u2019est une pièce qui nous grandit! \u2014 98,5Fm, Isabelle le matin, Isabelle Maréehal (.) remarquable.Spectaculaire aussi.\u2014 Le Devoir, Fabien Deglise (.) une épopée qui est loin d\u2019être banale.\u2014 La Presse, Jean Slag Ça fait trembler les murs du Théâtre du Nouveau Monde ! Très spectaculaire ! \u2014 ICI Première, Samedi et rien d\u2019autre, Franeine Grimaldi Du théâtre qui se vit comme du cinéma.Une œuvre très impressionnante.\u2014 ICI Première, Dessine-moi un dimanche, Catherine Pogonat Subjuguée du début à la fin.Normand D\u2019Amour, absolument extraordinaire.Musique puissante.ça vient nous chercher dans les tripes.Impressionnant ! Faites-vous plaisir ! \u2014 ICI Première, Gravel le matin, Isabelle Ménard LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE OCTOBRE 2015 E 3 CULTURE-HUMOUR Le loup solitaire Trois ans après Cinglant, Guillaume Wagner fustige la bêtise avec Trop humain Dans Trop humain, son deuxième spectacle solo, qui se veut plus raffiné, mais tout aussi dur que Cinglant, l\u2019humoriste Guillaume Wagner fustige la bêtise humaine, la nôtre aussi bien que la sienne.MANON DUMAIS Le chialage, Guillaume Wagner est tombé dedans quand il était petit.«Mon père est très chialeux, reconnaît l\u2019humoriste.En famille, on s\u2019installait devant la télé et avec mon père, on chialait sur tout ce qu\u2019on y voyait.De remarquer tout le négatif a été un défaut jusqu\u2019à ce que je découvre l\u2019humour.En fait, j\u2019avais le choix entre devenir humoriste ou avoir un ulcère, fai choisi l\u2019humour.» Trois ans après Cinglant, son premier spectacle solo, Wagner se ramène sur scène avec Trop humain, qu\u2019il a écrit et mis en scène seul comme un grand.Fidèle à lui-même, il chialera sur différents sujets lui tenant à cœur, notamment la bêtise humaine, sans épargner qui que ce soit, nous comme lui.«Il y a une chose que j\u2019ai toujours trouvée hypocrite avec l\u2019humour, c\u2019est lorsqu\u2019on parle des imbéciles en prétendant que les spectateurs ne le sont pas, admet-il.Ce n\u2019est pas honnête, car des imbéciles, il y en a probablement dans la salle.Je voulais donc les cibler et ne pas faire semblant qu\u2019ils sont ailleurs.J\u2019aime que le public se sente confronté, je n\u2019aime pas qu\u2019on rie des autres sans se sentir inclus.» «On est tous niaiseux, poursuit-il.Dans mon premier spectacle, je riais beaucoup des «douchebags», mais ils ne comprenaient pas que je riais d\u2019eux, ce que je trouvais très drôle.Je vis dans le Mile-End, je m\u2019achète des vinyles, je vais dans des petits cafés branchés et si tu me demandais si je suis hipster, je te dirais que non : je suis complètement dans le déni, donc je suis aussi niaiseux.Il faut rire de soi.» Fustigeant les humoristes qui regardent leur public de haut, Guillaume Wagner définit ainsi le rôle qu\u2019il s\u2019est donné : «Je ne veux pas changer le monde, f essaie seulement d\u2019être une espèce de miroir.J\u2019ai pensé quitter l\u2019humour parce que j\u2019avais perdu l\u2019objectif que j\u2019avais en tête.Je trouvais le show-business tellement vide; je me demandais si fêtais juste un clown qui fait des steppettes.En lisant sur le rôle du bouffon à travers l\u2019histoire, fai compris qu\u2019il ramenait tout le monde à la même humanité, sur le même pied d\u2019égalité sans tabou.» Le temps des niaiseux Reconnu pour son percutant sens de la répartie, Guillaume Wagner promet de brasser une fois de plus la cage du public.Alors qu\u2019il commence sa tournée en plein cœur de la plus longue campagne électorale de l\u2019histoire, il avertit d\u2019emblée les spectateurs qu\u2019il n\u2019est pas là pour casser du sucre sur le dos des politiciens.«Quand on met les gens au pouvoir et qu\u2019ils nous fourrent, c\u2019est eux, les caves, et on peut rire d\u2019eux, avance-t-il.Quand on le sait qu\u2019ils nous fourrent et qu\u2019on les remet au pouvoir, c\u2019est nous les caves, alors il faut rire de nous.Je n\u2019aime pas pointer quelqu\u2019un du doigt car nous avons tous notre part de responsabilité.J\u2019ai plus le goût de rire de la société, de nous en général, car je ne veux pas donner plus d\u2019importance aux politiciens.» Lorsqu\u2019il est question de pouvoir, celui qui faisait figure de rqbelle et de loup solitaire à l\u2019École nationale de l\u2019humour reconnaît qu\u2019on en donne trop aux humoristes.«Ix Québec est le seul endroit où les humoristes sont les plus populaires.Quand je vois la compétition au gala des Olivier, à quel point on se prend au sérieux, je me dis qu\u2019on devrait plutôt rire de tout ça.Je suis humoriste et je suis tanné qu\u2019on engage des humoristes partout ! Pourquoi on peut pas être sérieux?Pourquoi il faut toujours un comic relief.^» Dans la foulée, Guillaume Wagner, qui n\u2019a pas que des amis dans le milieu de l\u2019humour, avoue que le discours anti-intellectuel au Québec, ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR :DË VISU Peinture actuelle au féminin ELLES AUJOURD\u2019HUI Musée des beaux-arts de Montréal 1380, rue Sherbrooke Ouest Jusqu\u2019au 7 août 2016 MARIE-ÈVE CHARRON Avec l\u2019ouverture prévue de son nouveau pavillon en 2017, le Musée des beaux-arts de Montréal se lance pour la prochaine année dans un important réaménagement de ses collections.L\u2019art contemporain québécois, canadien et international en constitue la première étape avec des résultats déjà visibles dans les salles qui lui sont consacrées au sous-sol.L\u2019accrochage a été confié à Marie-Eve Beaupré, la première au musée, depuis 2014, à porter le chapeau de conservatrice de l\u2019art contemporain québécois et canadien.Pour elle, les oeuvres de la collection à sa charge devaient trouver meilleur écrin en étant montrées parmi celles de l\u2019art international.Ce faisant, l\u2019espace jadis dédié aux oeuvres d\u2019art québécois et canadien s\u2019ouvre à une programmation d\u2019expositions temporaires, avec, à tout le moins pour l\u2019instant, l\u2019art d\u2019ici à l\u2019avant-scène.L\u2019objectif poursuivi est double : être plus en phase avec l\u2019actualité tout en développant les acquisitions.Elles aujourd\u2019hui inaugure cette nouvelle approche qui, ici, s\u2019inscrit en résonance avec l\u2019exposition sur les peintres du Beaver Hall qui ouvrira le 24 octobre.Grâce à un réexamen, ce groupe sera révélé pour avoir été déterminant dans le développement de la modernité picturale au Québec et pour avoir fait une place de choix aux artistes femmes.Sans conclure de l\u2019influence de celles-là sur les autres, l\u2019exposition organisée par Beaupré montre le travail de six peintres actuelles du Québec et du Canada choisies tant pour la pertinence de leur pratique que pour leur engagement dans leur communauté ou dans l\u2019enseignement.Marie-Claude Bouthillier, Wanda Koop, Christine Major, Angèle Verret, Carol Wainio et Janet Werner sont les élues de cette exposition qui mise sur des valeurs établies, mais qui joue d\u2019audace en montrant de la production très récente, parfois encore jamais sortie de l\u2019atelier, et en constituant pour certains cas une première «.«llHiBHJIIIUi 1 illil Marie-Claude Bouthillier fait partie de l\u2019exposition avec son installation Dans le ventre de la baleine.DÉJEUNER-BÉNÉFICE DU DOMAINE FORGET DIMANCHE NOVEMBRE 10 H 30 AU FAIRMONT LE MANOIR RICHELIEU collaboration avec l\u2019institution.Bouthillier en fait partie avec son installation Dans le ventre de la baleine, qui avait été remarquée en 2010 au centre Qptica.L\u2019œuvre reconstituée fait partager une expérience intime de la création et de la peinture.Elle enveloppe le visiteur pour mieux lui dévoiler les possibilités du support qu\u2019est la toile.Celle-ci se décline en dimensions variées, se superpose en couches ou forme un volume dans l\u2019espace, exacerbant ce qui, par les motifs appliqués (rayures, pois, grilles), se veut illusoire ou bien tangible.De surcroît.l\u2019artiste présente un ensemble inédit, et encore expérimental, nommé Pliures (études).Dans leur production la plus récente, Verret parvient encore à tromper les sens tandis que Koop déploie une grille de tableautins où les coloris acidulés montrent les variations infinies d\u2019une Rivière ondoyante.Puisant dans une imagerie ancienne comme plus récente de cultures populaires, les œuvres de Major, Wainio et Werner hybrident la peinture, renouvelant avec des perspectives critiques les façons de représenter le genre féminin ou de raconter.ourdie La Fondation Arte Musica présente Sous la présidence d'honneur de monsieur RICHARD VOYER, vice-président et directeur général Soprema - Amérique du Nord Réservez vos billets! 418 452-8111 domaineforget.com Papiers CCT SOPREMA MSL Stem Monatt SENCAl AVOCAIS René Lussier Stéphane Crête Panle Marier Frodnctions Carmagnole JaeMe Gallant Krin Haglnnd i Nathalie Clande,^ Peter Trosztmer Jialie Desrosiers 1 Patrice Dnbois « Dany Midmnd et les antres.LA TRUITE - nrlusique de chambre Mercredi 7 octobre \u2022 19 h30 SCHUBERT Quintette pour piano et oordes « La Truite» SCHUBERT Quintette a oordes en do majeur LIEDER Dimanche IB octobre \u2022 14h Donna Brown soprano Stéphane Lemelin piano Un programme varie de lieder de SCHUBERT pour une sort ledommioale idea le I SUITES DE BACH Jeudi 15 octobre \u2022 llh ElinorFrey violoncelle J.S.BACH Suite pourvioloncelle seul n\" 3 BWV 1009 Suite pourvioloncelle seul n\" 6 BWV 1012 Concert commente d'une heure sans entracte LES VIOLONS DU ROY DE BACH À HAYDN Vendredi 16 octobre \u2022 19 h 30 Jonathan Cohen chef J.S.BACH Concerto brandebourgeois n\" 1 HANDEL Concerto grosso en do mineur HAYDN Symphonie n\" 6 «Le Matin» CANTATES DE BACH Dimanche 25 octobre \u2022 14h Bande Montréal Baroque Eric Milnes chef J.S.BACH Cantates BWV 76 79 et 98 U < cû OO SWINGIN' WITH OSCAR Jeudi 15 octobre \u2022 IBh Rémi Bolduc Jazz Ensemble Un vibrant hommage a Oscar Peterson l'un des pianistes les plus marquants de l'histoire dujazzi Billets et programmation complète SALLEBOURGIE.CA \u2022 514-285-2000 7.Y'- © Festval Inte natonal de Jazz de Mont eal MUSÉE DES BEAUX-ARTS MONTRÉAL FONDATION ARTE MUSICA Présente par Si elles ont été choisies, en guise de pont jeté avec le passé du Beaver Hall, c\u2019est aussi pour leur implication auprès des générations à venir.11 sera d\u2019ailleurs question de leurs activités de transmission l\u2019hiver prochain, lors de conversations devant public entre les artistes et avec leurs étudiantes.Du côté de la collection Le rafraîchissement de l\u2019accrochage des œuvres de la collection d\u2019art contemporain international se faisait attendre depuis un temps.A force d\u2019avoir changé par-ci par-là certaines pièces, l\u2019ensemble avait perdu en cohérence.Le tout a été revu en comble par Beaupré, en introduisant plus franchement l\u2019art du Québec et du Canada, et en proposant des regroupements thématiques, le récit chronologique étant exclu d\u2019office.Aux textes muraux qui définissent trois sections viendront s\u2019ajouter des pistes de lecture pour chacune des œuvres, dans l\u2019objectif de rendre digestes des pratiques aux horizons profus.Les axes cernés mettent en relief en les avantageant les partis pris de cette collection, dont certaines œuvres phares sont toujours montrées.Dans YAN GIGUERE La matière chante, clin d\u2019œil à la dernière exposition des Au-tomatistes en 1954, il est question de matérialité comme lieu d\u2019expérimentation, de gestua-lité et d\u2019appropriation.A souligner, par exemple, le rapprochement des œuvres de Valérie Blass et de Rachel Harrison, toutes deux jouant des codes de la sculpture pop et traditionnelle, et l\u2019œuvre de Christine Davis, constituée d\u2019une projection sur un écran de papillons Morpho, n\u2019ayant pas été sortie des réserves depuis dix ans.Un autre ensemble vise les paysages, en montrant l\u2019aspect construit de ce qui semble être naturel.Dans cette veine, l\u2019espace consacré à la «trilogie de Saint-Thomas » de Kent Monk-man propose la subversion des identités de genre en s\u2019ancrant de manière en apparence classique dans le genre du paysage.Quelques œuvres plus anciennes des années 1950 et 1960 de Josef Albers et de Sam Erancis entre autres, dans une salle du fond, semblent avoir été laissées en suspens, présageant ainsi leur déplacement, qui ne saurait, d\u2019ailleurs, tarder à arriver.Collaborateur Le Devoir B Desjardins PARTENAIRE PRINCIPAL Patriotes^ du monde^ É.Champagne/D.Di( G.Dharmoo/E.Hall Bruch Smetana Billets à OO* 1 partirde\t' 'X Julian Kuerti Chef 1123 \u2019E ?octobre Yolanda Maison symphonique Bruno de Montréal Violon orchestremetropolitain.com EN COLLABORATION AVEC AÉROPORTS DE _ M^PNTREAL.Conseil des arts de Montréal en tournée \u2022\tAhuntsic [Première Église Évangélique Arménienne) : 20 oct.\u2022\tVerdun: 21 oct.\u2022\tRivière-des-Prairies: 22 oct.\u2022\tPointe-Claire: 24 oct.\u2022\tMercier-Hochelaga-Maisonneuve: 25oct.PROCHAIN CONCERT EN SOUVENIR: 70 ANS PLUS TARD 6 NOVEMBRE Montréal^ 3 placedesarts.com LE DEVOIR, LES SAMEDI ET DIMANCHE 4 OCTOBRE 2015 E 9 culture.de visu VVA \\ \\ PAUL LITHERLAND Dans sa peinture, Anne Ashton décrypte depuis plus de vingt ans la faune et la flore dans toute leur splendeur.L\u2019engagement derrière les images TIBURON Anne Ashton SOMEWHERE ELSE Rebecca Belmore, Oboro, 4001, rue Berri, jusqu\u2019au 17 octobre.JÉRÔME DELGADO En art, la défense d\u2019une cause n\u2019implique pas nécessairement un discours destiné à convertir les masses.Fort heureusement, les artistes dits engagés savent aussi user de poésie quand vient le temps de dénoncer.C\u2019est le cas d\u2019Anne Ashton et de Rebecca Belmore, qui se partagent les salles d\u2019exposition d\u2019Oboro.Dans sa peinture, Anne Ashton décrypte depuis plus de vingt ans la faune et la flore dans toute leur splendeur.Ses figures, elle ne les magnifie pas seulement au moyen du grand format, mais également par le biais de compositions propres à l\u2019observation scientifique.Le contexte est réduit au minimum, le coup de pinceau, imperceptible.Même si, parfois, des motifs en bordure viennent colorer l\u2019étude, tout est peint à la manière du dessin encyclopédique.Le requin blanc au cœur de sa nouvelle œuvre ne rompt pas avec la pratique de celle qui a autant peint des insectes et des fleurs que des tornades ou des nuages.Dans Tibu-rôn (requin, en espa-gnol), le poisson nage dans un espace indéfini.Le fond bleu, avec des dégradés tirant vers le blanc, peut aussi bien évoquer la mer que le ciel, ou rien du tout.Le réalisme chez Ashton, depuis toujours, est une porte d\u2019entrée vers une multitude d\u2019interprétations.Tiburôn n\u2019est pas qu\u2019une peinture, n\u2019est pas que de la peinture.Déjà, l\u2019animal, étalé sur tout le long, est morcelé en cinq panneaux (cinq huiles sur bois) suffisamment séparés (ou collés) pour que cette fragmentation fasse partie du propos, axé sur l\u2019avenir incertain d\u2019une espèce marine.Tiburôn est en réalité une installation: aux cinq panneaux, il faut ajouter le mur peint en noir, le banc pour s\u2019y asseoir et l\u2019enregistrement sonore qui se déclenche à l\u2019arrivée du premier visiteur.La lumière ambiante aidant, la peinture polyptyque donne même l\u2019impression de bouger, de s\u2019envoler.Anne Ashton ne fait pas que décrire un requin.Elle instaure un climat de sérénité, appelle à une expérience affective.La facture léchée de cet animal en voie de disparition et le thème de la mort abordé par la trame sonore \u2014 un folk de Woody Guthrip (1912-1967), pionnier aux Etats-Unis Somewhere Else, Rebecca Belmore, 2015 L\u2019expo Somewhere Else repose sur ce rapport entre action et image de la chanson engagée \u2014 se complètent fort bien.Il n\u2019y a rien d\u2019excessif dans cette exposition.Bien au contraire.Tant dans les éléments secondaires peints, très discrets et ambigus (une lune et des œufs de requin), que dans la modestie de la mise en espace, Tiburôn fait davantage dans l\u2019introspection que dans le matraquage d\u2019un message.L\u2019artiste a su maximiser la salle fermée d\u2019Oboro, l\u2019intégrer, telle qu\u2019elle est, à sa proposition.Au-delà des performances Rebecca Belmore a hérité de la grande salle d\u2019Oboro.Elle aussi fait un sage usage de l\u2019espace: l\u2019expo Somewhere Else ne réunit que quatre œuvres.Membre de la commu- nauté anishinaabée, native d\u2019Ontario et aujourd\u2019hui établie à Montréal, l\u2019artiste est connue pour son militantisme à la défense des Premières Nations et, en particulier, des femmes autochtones.Sa pratique, souvent de l\u2019ordre de la performance, porte, par le fait même, l\u2019empreinte de la violence et de l\u2019injustice.Bien que direct, le propos de Belmore n\u2019est pas exempt de métaphores.Une œuvre comme pakwâwi-mostos asiniy (qui signifie pierre de bison, en cri) est emblématique de cette manière si habile qu\u2019elle a de parler d\u2019une culture ancestrale, de sa vulnérabilité actuelle et du regard, ou de l\u2019intérêt, qu\u2019on lui porte.Cette «sculpture», composée d\u2019une grande photographie, de clous et d\u2019un bloc de ciment, dicte deux temps de lecture.De front, elle s\u2019offre comme une vue superficielle d\u2019un rocher dans la plaine.De près, ou de côté, on découvre l\u2019image affligée de clous.La confrontation entre la perception d\u2019une culture et sa réalité imprègne avec force l\u2019expérience de cette œuvre.Mais l\u2019artiste ne dicte aucun comportement, elle nous laisse la liberté d\u2019action.L\u2019expo Somewhere Else repose sur ce rapport entre action et image.Les quatre œuvres sont en quelque sorte les résultantes de performances de Rebecca Belmore.Au-delà de leur rôle de document ou de trace, elles deviennent des pièces autonomes, qui demandent de nouvelles lectures.Si certaines peuvent donner la triste impression que nous arrivons trop tard, l\u2019installation qui donne le titre de l\u2019expo, une œuvre à quatre vidéos, est solide, d\u2019une actualité étonnante.Collaborateur Le Devoir Collection annuelle d\u2019estampes de CAPE DORSET 2015 Du 17 octobre au 14 novembre 2015 VENTE ET EXPOSITION Les artistesPOOTOOGOOK, Kudluajuk ASHOONA, Malaija POOTOOGOOK, NingeokulukTEEVEE, Nicotye SAMAYUALIE, Ohotaq MIKKIGAK, PapiaraTUKIKI, Pitaloosie SAILA, Qavavau MANUMIE, Saimaiyu AKESUK, Shuvinai ASHOONA, Ettusa KINGWATSIAO Guilde canadienne des métiers d\u2019art 460-B, rue Sherbrooke Ouest 'Montréal (Québec) H3G1K4 T 514.849.6091 AVANT-PREMIERE Jeudi 15 et vendredi 16 octobre 2015-10 h à 18 h VENTE Samedi 17 octobre 2015-8 h 30 Saimaiyu AKESUK, Courting Birds, 2015.©Dorset Fine Arts.CINEMA Entre caricature et humanité GUIBORD S\u2019EN VA-T-EN GUERRE ?Réalisation et scénario: Philippe Falardeau.Avec Patrick Huard, Irdens Exantus, Clémence Dufresne-Deslières.Suzanne Clément, Paul Doucet, Robin Aubert, Micheline Lanctôt Image: Ronald Plante.Musique: Martin Léon.Montage: Richard Comeau.Québec, 2015,108 minutes.ODILE TREMBLAY La satire politique et un genre difficile à manier, à cause des nombreux ingrédients qui entrent dans sa sauce.Trop de ceci, c\u2019est la farce, trop de cela, c\u2019est la lourde thèse ou la charge à fond de train, ici absente.Dans Guibord s\u2019en va-t-en guerre, Philippe Falardeau s\u2019y frotte avec un succès inégal, avec des punchs qui reposent souvent sur l\u2019excellente musique de Martin Léon.L\u2019abondance des éléments, les tons variables pour traiter ses personnages tantôt avec subtilité, tantôt dans une veine caricaturale, créent une certaine confusion des genres et empêche la vraie plongée au cœur du sujet.Ceux qui espèrent l\u2019unité et la grâce de son Monsieur Lazhar seront sans doute déçus.La complexité de cette réalisation demeure un échafaudage fragile qui tient quand même debout et atteint une cible, en ces temps de campagne électorale où le burlesque est au menu.Ce film assez échevelé possède un tonus, beaucoup d\u2019humour, et s\u2019offre le mérite d\u2019accorder son meilleur rôle de nuances à Patrick Huard, dans un personnage de politicien fédéral indépendant en région forestière éloignée, écartelé entre les influences des siens et les intérêts de tout un chacun.Soudain, ce Steve Guibord, ancien hockeyeur et député à couronne ternie dans son Abitibi immense autant qu\u2019innommée, reçoit un vrai pouvoir.Tandis que les grands partis se retrouvent au nez à nez du vote à Ottawa, le voici seul ou presque (une députée malade aussi) à pouvoir trancher en faveur ou pas d\u2019une guerre en terre lointaine.Et en bon Québécois, il veut consulter son monde.Mais jusqu\u2019à quel point peut-on reculer avant de prendre une décision par soi-même?Quelles sont donc les limites de la démocratie ?On ne reprochera pas à Falardeau de verser dans le cinéma de la pure laine.Le cinéaste de Congorama, en dialogue constant avec les cultures, surfe ici sur des enjeux importants, ceux des Premières Nations entre autres, abordés avec respect et justesse, mais en quelques trop rares scènes vite expédiées.Riche idée : celle d\u2019adjoindre à ce député qui doute un stagiaire d\u2019origine haïtienne brillant, pétri de bonne volonté et follement efficace, le jeune Souverain (Irdens Exantus, frais et charmant), offrant ainsi le soutien du classique tandem de RONALD PLANTE Un brillant stagiaire d\u2019origine haïtienne fait équipe avec le député Guibord.l\u2019auguste et du clown blanc.Parmi les moments les plus comiques et les plus percutants : ces réunions via Skype entre Souverain et sa famille demeurée au bled, soudain passionnée de politique canadienne et parti-sane de Guibord lui-même.Cette cohorte de Port-au-Prince endosse le rôle du chœur et vient donner une vraie leçon de démocratie aux Québécois plus assoupis, douce revanche du Sud envers le Nord, qui le regarde de haut.La chimie entre Guibord et son épouse ambitieuse (jouée par Suzanne Clément) ne prend pas vraiment, faute de répliques assez nombreuses offertes à l\u2019actrice pour camper son personnage.La jeune Clémence Dufresne-Deslières, admirée dans Avant que mon cœur bascule, hérite d\u2019un rôle plus tonique en jeune idéaliste gauchiste qui veut empêcher papa de vendre son âme.Steve Guibord demeurera tout du long l\u2019élément humain du film, celui qui hésite, qui écoute un moment la voix de ses intérêts personnels, mais qui, en fin de compte, tentera de demeurer fidèle à lui-même.Nuancés aussi, les Amérindiens, plus dignes, patients et éloquents que toutes les langues fourchues jacassant sur leurs territoires ancestraux.Il y a des gags drôles, avec clins d\u2019œil à notre passé politique, dont un love-in calqué sur les contingents de Canadiens anglais envoyés au Québec lors du référendum de 1995.Ajoutez les barrages des routiers ^obin Aubert en syndicaliste camionneur est parfait) contre les barrages des autochtones.Aussi, la mairesse, qui attend son député à l\u2019autre bout du territoire (Micheline Lanctôt qui s\u2019amuse visiblement, sans avoir l\u2019occasion de se faire beaucoup valoir).Côté politique, Paul Doucet peine à apporter une dimension humaine à son personnage de premier ministre en partie inspiré par Stephen Harper, comme si les niveaux de caricature au sommet ne pouvaient que devenir excessifs.Ce Guibord s\u2019en va-t-en guerre, qui glisse trop souvent en surface des sujets tout en amusant, réussit portant à traquer l\u2019être humain derrière ce député qui s\u2019était enrôlé pour la bonne cause, mais glisse sur les pelures de banane d\u2019une démocratie fuyante.Une conclusion ouverte assez ambiguë renvoie le héros à sa conscience, sans plus.Et la démocratie reste en Tair, comme un point suspendu.Le Devoir GALERIE BERNARD MANUEL BISSON NEW GROUND Exposition du 8 oct.au 7 nov.2015 Vernissage le 7 octobre de 17h à 20h 3926, rue Saint-Denis, Montréal 514 277 0770 \u2014 galeriebernard.ca MARIETTE TEISSE-RENC JEAN-MICHEL CORREÏA - DANIEL LACOMME PARIS - MONTREAL - EASTMAN LES 30 ANS riucrin-arlooos ART CONTEMPORAIN vernissage les samedi et dimanche, 10 et 11 octobre 2015 de 13h30 à 17h30 exposition du 10 octobre au 10 novembre 2015.197, chemin du lac d\u2019Argent, Eastman (Québec) JOE 1P07 Tél.450.297.4646 www.rlverln-arlogos.com La Galerie est ouverte du jeudi au dimanche de 13h30 à 17h30 E 10 LE DEVOIR, LES SAMEDI 3 ET DIMANCHE 4 OCTOBRE 2015 ïCmEMA ©CINE OUTREMONT Montréal theatreoutremont.ca 514495-9944 LA PASSION D\u2019AUGUSTINE AVECCELINE BONNIER, ANDREE LACHAPELLE, MARIE TIFO ET LYSANDRE MÉNARD Hlîl Le lundi 5 octobre 116 h et 19 h 30 BELLUCCI PEDRO RUIZ LE DEVOIR L\u2019actrice française Monica Bellucci était à Montréal mercredi dernier poiu- la première du film Ville-Marie avec le réalisateur Guy Édoin.L\u2019appel de la muse Ville-Marie marque les retrouvailles du cinéaste Guy Édoin et de sa vedette de Marécages Pascale Bussières FRANÇOIS LÉVESQUE Il a mis le temps, Guy Édoin, avant de nous revenir après Marécages, un premier long métrage ambigu, intoxicant et formidablement maîtrisé.Quatre années.Il y a eu le documentaire sur la peintre Corno, certes, mais on avait hâte de le retrouver en fiction.L\u2019attente en a valu la peine pour maintes raisons.D\u2019abord, Ville-Marie constitue une proposition radicalement différente sur les plans formel et narratif, mais similaire sur celui des thèmes, ici développés autrement.Surtout, outre la présence à son générique de Monica Bellucci, Patrick Hivon et Aliocha Schneider, le film réunit le cinéaste avec sa muse du commencement.Pascale Bussières.«Je voudrais tourner davantage, peut-être tous Igs deux ans, convient d\u2019entrée de jeu Guy Édoin.Marécages, je l\u2019ai accompagné dans les festivals pendant un an.Corno m\u2019a permis de garder la main, mais Ville-Marie, c\u2019était autre chose.Ce film-là, je n\u2019aurais pas pu l\u2019écrire dans l\u2019espace d\u2019une année.Pas comme ça, en tout cas.J\u2019ai collaboré avec le romancier Jean-Simon Des-Rochers, qui a une prose singulière que fai graduellement adoptée à son contact.» Ensemble, ils ont écrit cette histoire racontée des points de vue de deux mères.L\u2019une, actrice de passage, tente de regagner l\u2019amour de son fils.«Que Monica accepte le rôle, c\u2019était inespéré.Elle est d\u2019une gentillesse dans le travail! Sq performance est phénoménale», se réjouit Guy Édoin.L\u2019autre, infirmière aux urgences, fuit à l\u2019inverse l\u2019amour de son fils.Entre les deux femmes : un jeu de miroirs et un lien diffus qui va se précisant.«En abordant le personnage de l\u2019infirmière, je me suis rendu compte que c\u2019était Marie, ma Marie de Marécages, poursuit Guy Édoin.C\u2019était comme une évidence.Bien sûr, ça impliquait de retrouver Pascale.Et ça, ça voulait dire du bonheur en perspective.Pascale et moi, tu nous mets ensemble, pis la gueule nous arrête pas! Le trajet Montréal-Québec, c\u2019est deux heures et demie de placotage ininterrompu.» Bonheur il y eut donc, et ce, pour le cinéaste autant que pour son actrice.{,{,Mais le plus beau, ç\u2019a été de constater que Guy possède la même maîtrise dans la flamboyance que dans le naturalisme )) L\u2019actrice Pascale Bussières à propos du travail de Guy Édoin pour Ville-Marie «Le travail avec Guy, c\u2019est facile, confie Pascale Bussières.Dans la direction d\u2019acteurs, en tout cas avec moi, il a une approche minimaliste.Il me dit peu de choses; on se devine à demi-mot, on dirait.Et puis, pour Ville-Marie en particulier, le scénario était d\u2019une précision incroyable.Le film correspond exactement à ce qui était sur la page, ce qui est plus rare qu\u2019on le croit.» Les complices Hormis que ce plus récent long métrage permet à Pascale Bussières de renouer avec un personnage antérieur, Ville-Marie a été pour elle l\u2019occasion, de mesurer l\u2019évolution stylistique de Guy Édoin, qui offre ici une œuvre tout aussi recherchée que Marécages, mais de facture fort distincte.«Ç\u2019a été fabuleux de découvrir le film terminé, parce que pendant les deux premiers tiers environ, mon personnage est confiné à cette salle d\u2019urgence, tandis que celui de Monica existe surtout sur un plateau de tournage.Moi, fêtais dans de l\u2019hyper-réalisme, tandis que le film dans le film que tourne Monica, Guy l\u2019a réalisé de manière complètement baroque, avec une artificialité amplifiée.On est loin de Marécages, qui était plus proche de l\u2019épure d\u2019un Maurice Pialat.Mais le plus beau, ç\u2019a été de constater que Guy possède la même maîtrise dans la flamboyance que dans le naturalisme.» «Je suis surtout content d\u2019être sorti de ma zone de confort», explique de son côté le cinéaste.Il est toujours fascinant de voir une actrice interpréter une actrice dont le premier long métrage, campé sur la ferme familiale, s\u2019inscrivait dans la continuité d\u2019une trilogie de courts métrages.Les affluents, primée un peu partout.D\u2019influences et d\u2019avenir Résolument urbain, Ville-Marie affirme deux identités visuelles représentant chacune l\u2019univers intérieur des protagonistes.«C\u2019était un pari risqué et les deux récits auraient pu ne pas s\u2019imbriquer, reconnaît l\u2019auteur.D\u2019où l\u2019importance d\u2019avoir à la base un scénario en béton.Pour ce qui est du style, je suis un cinéphile éclectique capable d\u2019apprécier un cinéma d\u2019essai très pointu autant qu\u2019une superproduction hollywoodienne.Oui, j\u2019aime Pialat, Dumont, mais faime aussi Ozon et Almodovar, et comme ces deux-là, f adore les mélodrames de Douglas Sirk et les suspenses d\u2019Alfred Hitchcock.Le film dans le film vient de là; c\u2019est manifeste et assumé, de la musique aux accessoires à la perruque blonde de Monica.Et c\u2019est ce que je veux continuer de faire: explorer plusieurs genres en trimballant avec moi mes obsessions et mes amours.Dans Ville-Marie, fai ramené un personnage de Marécages, Marie, et ça aussi, c\u2019est quelque chose que je vais continuer de faire: construire ma propre petite mythologie.» Est-ce dire que Pascale Bussières et lui remettront ça?La première est partante, le second également.«J\u2019ignore quel genre de futur on a, elle et moi, mais on en a un, c\u2019est certain», conclut Guy Édoin.Le Devoir SUITE DE LA PAGE E 1 Profitant d\u2019un tournage à Montréal, Sophie tente de renouer avec son fils unique (Aliocha Schneider), qui étudie dans la métropole.En parallèle, une autre mère, infirmière celle-là (Pascale Bussières), est elle aussi hantée par une relation difficile avec son fils.Contraires et pourtant semblables, les destins des deux femmes se croiseront.«Je mentirais si je disais que le fait d\u2019être mère n\u2019a pas eu une influence sur ma manière de jouer le personnage.Mais honnêtement, tout était sur la page.Moi, fai juste.été là.J\u2019ai dit les mots.Guy a fait le reste.» Sans fard Il est toujours fascinant de voir une actrice interpréter une actrice, comme si la mise en abîme permettait d\u2019accéder à la personne derrière le personnage.D\u2019ailleurs, devant les récriminations du fils amer à sa mère, icône, on ne manque pas de penser à cette réflexion de Meryl Streep jouant une actrice fille d\u2019actrice dans Bons baisers d\u2019Hollywood: «Nous sommes davantage conçues pour la vie publique que pour la vie privée.» Cette idée se trouve au cœur du dilemme du personnage de Monica Bellucci dans Ville-Marie, qui fuit les origines douloureuses de sa maternité dans la fiction, qui se voile la face dans la succession de rôles qu\u2019est devenue sa vie.Mais voilà, devant la perspective de perdre son fils, elle n\u2019a d\u2019autre choix que de se départir de toutes ces personnalités d\u2019emprunt.«Sophie est arrivée à un point de son existence où elle doit retirer son masque», résume Monica Bellucci en mimant le geste.Un geste, en l\u2019occurrence, qui fait écho à une scène forte durant laquelle la comédienne, seule dans la salle de bain des urgences, enlève sa blouse ajustée, dévoilant une gaine, retire ses faux cils, puis se lave le visage à grande eau, révélant un visage blafard aux yeux inquiets.Dans la fiction, ce dépouillement émeut.Dans la réalité, il impressionne.En effet, ce n\u2019est pas tous les jours qu\u2019une vedette, ancien mannequin de surcroît, accepte de se démythifier de la sorte, sans strass, sans glamour.Une vedette qui, dans le prochainement à l\u2019affiche 007 Spectre, devient la « Bond woman» (ne l\u2019appelez pas «Bondgfrf») la plus âgée de l\u2019histoire de la série, son aura de sensualité inchangée depuis ses débuts fugitifs en concubine vampire dans le sublime Dracula de Erancis Eord Coppola.Le goût du risque Quoiqu\u2019un coup d\u2019œil à sa filmographie suffit pour rappeler que Monica Bellucci aime le risque et ne rechigne pas à participer à des projets controversés, tantôt victime de viol dans le vengeur et difficilement soutenable Irréversible de Caspar Noé, tantôt Marie-Madeleine ostracisée dans la sanglante Passion du Christ de Mel Gibson.Heureuse de la scène en question, comme de toutes les autres de Ville-Marie, Monica Bellucci refuse toutefois d\u2019y voir quelque courage de sa part.«C\u2019était logique.Il fallait montrer ça.Parce que la souffrance a un visage.» Après une pause, elle reprend, pensive : « Une actrice, un acteur, son outil de travail, c\u2019est son corps.Un musicien, il a son instrument.Moi, fai ce corps, et de film en film, f apprends à en jouer.Mon corps devient parlant et il s\u2019exprime de mieux en mieux avec l\u2019expérience.Et contrairement à la parole, le corps ne peut pas mentir quand il parle.La scène que vous évoquez, elle est vraie, elle est vraie pour cette raison.» Réflexion faite, il n\u2019y a pas que cette scène, qui est vraie.Davantage conçue pour la vie publique que pour la vie privée, Monica Bellucci ?Chose certaine, en entrevue, cette stor-là est authentique.Le Devoir EXC3NTRIS ET AUSSI A L\u2019AFFICHE: SICARIO (V.O.STF.)- DENIS VILLENEUVE - 121 MIN.BILLETTERIE : 514 847-2206 3536, BOULEVARD ST-LAURENT, MONTRÉAL B'i\u2019l GUIBORD S\u2019EN VA-T-EN GUERRE -PHILIPPE FALARDEAU ?\u2019*\u20191 PAUL À QUÉBEC -FRANÇOIS BOUVIER LA TERRE ET L\u2019OMBRE (V.O.STF.) - CÉSAR ACEVEDO PREMIÈRE :TOUT PEUT CHANGER (V.O.STF.) - LE 5 OCTOBRE À18H30 EN PRÉSENCE DE NAOMI KLEIN ET DU RÉALISATEUR AVI LEWIS S\u2019»! ETAUSSIPRESDE100FILMSSUR CITIZENFOUR -LAURA POITRAS !?CINÉMA EN UQNE EDEN -MIA HANSEN-L0VE SAINT-LAURENT -BERTRANDBONELLO CINEMAEXCENTRIS.COM ïJ NOUVEAUCINEMA.CA #FNC2015 © Adrien Muguet/studio a&a "]
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