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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier F
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2015-10-03, Collections de BAnQ.

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[" LIVRES CAHIER F .LE DEVOIR, LES SAMEDI S ET DIMANCHE 4 OCTOBRE 2015 ROMAN FRANÇAIS\t\u2014m Boussole : le livre 1 \u2022 des livre s GUYLAINE MASSOUTRE Boussole est un grand ouvrage d\u2019érudition, sjuithétique et foisonnant, basé sur la géographie et l\u2019histoire.Tous les rapports de l\u2019Occident et de l\u2019Orient semblent y converger.Ancré à Vienne, sis dans la durée d\u2019une nuit, un souffle puissant y orchestre les pensées de Franz, musicologue.Ce qui le préoccupe est le monde présent: nos rapports chaotiques d\u2019Occiden-taux avec l\u2019Orient.Boussole est un grand roman.Autour d\u2019interpolations savantes et de collages narratifs par vastes pans, Franz et Sarah, personnages fictifs, y nouent une longue relation amoureuse, traversée par les épisodes de leurs rencontres avec d\u2019autres figures inventées.Chacun est le prétexte à ouvrir un tiroir de culture, de politique et d\u2019humanité.Ce trésor d\u2019un cerveau à l\u2019occidentale, incarné par Franz, réunit les ambiances chaudes des Mille et une nuits et l\u2019épopée.Sur le mode légendaire, le récit se développe, nourri d\u2019histoire récente, issue du XIK® siècle surtout, et ne s\u2019interdit pas de remonter à l\u2019Antiquité.Elle s\u2019y enchaîne comme un véritable programme d\u2019ordinateur.11 force ainsi l\u2019admiration, cet ouvrage hyperbolique, argumentatif, imprévisible.De quoi alimenter maintes nuits blanches en lecture.On s\u2019y déplace avec Franz et Sarah, notamment par leurs lettres, entre la pointe de l\u2019Andalousie jusqu\u2019aux confins de l\u2019Himalaya et de l\u2019Inde orientale.Sans quitter Vienne, on s\u2019y arrête longuement en Sj^ie et en Iran, pour y lire l\u2019histoire des peuples, de leurs révolutions et de leurs guerres, jusqu\u2019à ce qui nous préoccupe aveuglément, les ravages d\u2019El.La culture, pas la guerre La proposition générale est fascinante: Vienne, dite la porte de l\u2019Orient, symbolise les échanges millénaires entre écrivains, musiciens, artistes en tous genres, voyageurs et autres, qui ont inventé l\u2019Orient et ses fastes lascifs, rythmés, exotiques, et ces cultures anciennes.Moeurs, langues, rêves, tout cela a voyagé, doqblant de nombreuses entreprises militaires.A bien y regarder avec Enard, les frontières se sont souvent dissoutes, mais les conquêtes des uns ne coïncident pas avec celles des autres.De Balzac à Rimbaud, de Flaubert à Delacroix et Baudelaire, de Beethoven à Chopin, d\u2019Hofmannsthal à Strauss, de Verdi à Mahler, les orientalistes ont nourri l\u2019idée du mystère oriental, de son foisonnement obscur et menaçant.Inversement, ce qu\u2019on sait moins, c\u2019est que les Orientaux ont trouvé leurs modèles chez ces créateurs.«L\u2019Orient est une construction imaginale, un ensemble de représentations dans lequel chacun, où qu\u2019il se trouve, puise à l\u2019envi.B est naïf de croire, poursuivait Sarah à haute voix, que ce coffre à images orientales est aujourd\u2019hui spécifique à l\u2019Europe.Non.Ces images, cette malle aux trésors, sont accessibles à tous, et tous y ajoutent, au gré des productions culturelles, de nouvelles vignettes, de nouveaux portraits, de nouvelles musiques.Des Algériens, des Syriens, des Libanais, des Iraniens, des Indiens, des Chinois puisent à leur tour dans ce bahut de voyage, dans cet imaginaire.» Plus universellement, écrit-il du couple de Franz et Sarah, comme de l\u2019Orient et de l\u2019Occident, «l\u2019exploration d\u2019autrui ouvre les remparts de soi».Moments magiques et terrifiants Sa nuit à Palmyre est magnifique.Ecrites avant qu\u2019on y mine et détruise ses temples, déjà très pillés, ces pages, une vingtaine, livrent une expérience du même et de l\u2019autre qui forme en soi une allégorie de l\u2019amour: «[.] on dormait ¦¦ JL « La bibliographie de Boussole représente trois à quatre cents livres et quelques centaines d\u2019articles scientifiques», déclare Mathias Enard en entretien, commentant les cinq années d\u2019écriture qu\u2019il a consacrées à ce roman.f pour ainsi dire au milieu des ruines, la tête dans les étoiles et les rêves anciens, bercé par les conversations de Baalshamin, dieu du soleil et de la rosée, avec Ishtar la déesse au lion.Ici régnait Tammuz, l\u2019Adonis des Grecs, que chantait Badr Shakir Sayyab l\u2019Irakien dans ses poèmes; on s\u2019attendait à voir l\u2019oasis se couvrir d\u2019anémones rouges, nées du sang de ce mortel dont le seul crime fut de trop passionner les déesses.» Mais les hommes sont fous.Les premiers Européens orientalistes, au nom du Christ ou pour d\u2019autres conquêtes, ont pillé Constantinople, brûlé Antioche et Jérusalem.De l\u2019humour, il en faut pour noter que les califes des soudards VOIR PAGE F 4 : BOUSSOLE Stanley Péan lit Manhattan blues Page F 4 Le point sur le livre et la littérature numérique Page F 6 M Librairie .e>r]eA AUTOUR DE SON NOUVEAU ROHAN JOURNAL D'UN ÉTUDIANT EN HISTOIRE DE L'ART LE DIMANCHE H OCTOBRE ÀIH H Des livres et des libraires Galeries Normandie \u2022 2752, rue de Salaberry Montréal (QC) H3M 1L3 \u2022Tél.: 514-337-4083 Sortie 4 \u2022 Autoroute 15 \u2022 Vaste stationnement librairiemonet.com \u2022 monet.leslibraires.ca F 2 LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE OCTOBRE 2015 LIVRES La Vitrine Le fleuve PREMIER ROMAN LE FLEUVE Sylvie Drapeau Leméac Montréal, 2015, 72pages Des enfants assistent, impuissants, à la noyade de leur grand frère dans l\u2019eau noire du Saint-Laurent, surpris par la profondeur de l\u2019eau.La narratrice avait cinq ans et Rocli était pour elle un liéros, un clief de meute, un soleil.Un court instant de folle liberté avalé par une éternité de tristesse et de culpabilité.«Comment ne pas détester notre impuissance ?Comment se fait-il qu\u2019elle ne nous ait pas désintégrés ?Comment se fait-il que nous ayons survécu ?» Avec une voix juste et reconnaissable, celle d\u2019une comédienne qui a depuis longtemps l\u2019habitude de se mettre en bouche les mots forts de grands auteurs, Sylvie Drapeau a construit dans Le fleuve, son premier roman, le souvenir douloureux d\u2019une catastrophe intime.Un événement qui s\u2019apparente à l\u2019explosion silencieuse d\u2019une bombe qui ébranle une cellule familiale tissée serrée, dévaste le cœur d\u2019une mère, gonfle la poitrine d\u2019une petite fille.Envoûtant, mais un peu court.Christian Desmeules ALBUM JEUNESSE uoto- V\u20acUt Lcl TOTO VEUT LA POMME Mathieu Lavoie Comme des géants Montréal, 2015, 64 pages C\u2019est ce qu\u2019on peut qualifier « d\u2019album de saison », puisque sa publication tombe à point avec la période de récolte de la pomme, ce fruit qui est l\u2019objet de la quête du nouveau héros de Mathieu Lavoie {Le loup dans le livre, Comme des géants).Toto est un petit ver à l\u2019esprit de débrouillardise et à la créativité particulièrement développés.Cet invertébré entêté se livre à de périlleuses cascades et à des métamorphoses surprenantes (du moins pour un ver.) afin d\u2019atteindre l\u2019objet de sa convoitise : une belle, belle pomme rouge bien accrochée à son arbre, un endroit difficile d\u2019accès pour une si petite bête.Toto veut la pomme est une fable amusante qui vante l\u2019esprit d\u2019initiative et prouve que la nécessité \u2014 ou l\u2019appétit ardent \u2014 appelle l\u2019ingéniosité.Les jeunes enfants du préscolaire y perdront peut-être leur crainte de ces petits êtres mous, mais développeront probablement une certaine prudence quand vient le temps de croquer dans une belle pomme, surtout celle qu\u2019on trouve par terre dans un verger.Amélie Gaudreau MATHIEU LAVOIE ï 'i-J-';-.'-v .'\t.t Femmes et pouvoir Les changements nécessaires « [Cet essai] explique l\u2019importance de la parité, déboulonne les mythes à son sujet, propose des solutions pour l\u2019atteindre et rappelle que l\u2019égalité des sexes ne devrait plus être uniquement le combat des femmes.Voilà une lecture qui devrait être obligatoire pour toute la classe politique, femmes et hommes inclus.» Rima EIkouri, La Presse / / LITTERATURE QUEBECOISE Ma meilleure amie DOMINIC TARDIF Elle l\u2019a aperçue au loin, en sortant de l\u2019hôpital où elle travaille.Un seul coup d\u2019œil et c\u2019était réglé, pas besqin de lui demander son avis: Eléonore était son amie.«Je n\u2019ai pas l\u2019habitude d\u2019approcher ainsi les inconnus.Mais ce n\u2019est pas pareil avec vous.Vous comprenez?Bien sûr! L\u2019amitié est chose si rare.», lui annonce-t-elle en cognant à sa porte, après l\u2019avoir suivie jusqu\u2019à son appartement.Complètement tyrannisée par l\u2019assurance d\u2019être cosmi-quement liée à sa nouvelle copine, Marianne, la narratrice de Choisir Eléonore, dormira devant chez elle, hurlera à sa fenêtre, épiera ses moindres allées et venues et la suivra dans des bars, jusqu\u2019à ce que la principale intéressée, d\u2019abord rétive, la laisse peu à peu s\u2019installer au cœur de son monde, bien que sans jamais lui rendre son affection.Voilà bientôt Marianne qui range la cuisine en désordre d\u2019Eléonore ou qui se démène pour lui dénicher un boulot.C\u2019est donc à travers un regard délirant que nous observons cette relation à sens unique, un parti pris narratif casse-gueule, dans la mesure où le bavardage de Marianne entretient un rapport trouble avec la réalité.Quels éléments de son histoire relèvent-ils de la fabulation?«Bien avant que l\u2019on se rencontre, Eléonore rêvait de moi.Pas de moi avec ces che-veux-ci, ces deux mains ou ce timbre de voix.Non.De moi comme amie, amie idéale», pense-t-elle.Plongé dans un malaise que le site Web des éditions de la Pleine Lune décrit comme un effet recherché, le lecteur observe ainsi une femme esseulée profondément s\u2019enliser dans l\u2019obsession.« J\u2019ai entendu un souffle, à peine.Elle a raccroché.Touche Redial.Ligne occupée.J\u2019ai compté jusqu\u2019à trente, à nouveau Redial.Même bip bip increvable.Durant une heure encore.Elle avait dû échapper le cpmbiné», pense-t-elle lorsqu\u2019Éléonore lui raccroche au nez.Il faudrait bien que quelqu\u2019un la ramène sur Terre, lui signale qu\u2019elle fait une folle d\u2019elle, fmit-on par espérer.C\u2019est là le plus grand accomplissement de ce premier roman d\u2019Andrée A.Gratton, que de parfois chatouiller notre sens de la compassion.De la folie à la caricature Malgré ce que prétend sa page couverture.Choisir Eléonore tient moins du roman que du conte.Le filtre affabulateur de la narration aplanit tout ce qu\u2019elle décrit et renvoie ses personnages au rang d\u2019archétypes.Quelle part de soi obli-tère-t-on sur l\u2019autel d\u2019une relation ?demande plutôt scolaire-ment cette exploration de la solitude et ses dérives.On l\u2019aura compris un peu trop rapidement, dès les premières pages, sans que le reste du livre enrichisse substantiellement la réflexion.Redire que les raisons pour lesquelles on aime plongent des racines profondes dans l\u2019indicible est certes un noble projet littéraire.En employant la folie de sa narratrice comme vaste allégorie de l\u2019aveuglement affectif sous toutes ses formes, Andrée A.Gratton se confine cependant à la caricature.La psychologie de son MARC-ANTOINE ZOUEKI Le livre d\u2019Andrée A.Gratton tient moins du roman que du conte.personnage principal a quelque chose de trop mince, de trop monomaniaque, qui révoque toute nuance.Marianne s\u2019abîmera bientôt complètement dans le mirage de sa relation inventée et revêtira les vêtements de sa meilleure amie comme une nouvelle peau.«De retour chez moi, j\u2019ai tout réqménagé.De manière à ce qu\u2019Éléonore ne se sente pas dépaysée lorsqu\u2019elle reviendra.» On ne choisit pas ses amis.C\u2019est parfois une grâce, parfois une fatalité.Collaborateur Le Devoir CHOISIR ELÉONORE Andrée A.Gratton Pleine Lune Lachine, 2015, 80 pages POESIE Tout en couleurs HUGUES CORRIVEAU On se demande parfois si les poètes, dans un souci de faire complexe, ne confinent pas leurs textes dans des recoins si obscurs qu\u2019eux-mêmes ne s\u2019y retrouveraient pas.C\u2019est un peu le sentiment qui nous vient à la lecture du dernier recueil de Diane-Ischa Ross, Les jours tigrés.L\u2019écriture en est souvent absconse, les vers s\u2019abîmant dans une profondeur factice qui nuit grandement à la lecture.Ainsi, parle-t-elle de quelque chose (je ne sais trop bien de quoi il est question) «comblant comme l\u2019inutilité de soi / le livre lourd» ou encore «je brunissais /comme un biscuit gingembre et pois chiche / qu\u2019on attaque à la tête pour qu\u2019il ne souf fre pas.» Je veux bien que la poésie n\u2019ait souvent que faire d\u2019une linéarité simpliste, mais sans être un biscuit gingembre ni avoir une tête de pois, je m\u2019interroge quand même un peu ici.Et ce n\u2019est pas toujours bien écrit non plus: «l\u2019immeuble teint d\u2019amarante les futaies /jusqu\u2019au bout de la rue / qui s\u2019arrête avant qu\u2019on le dé- Dianv U.! .i Ri Les jours tigrés Félicitations à nos auteurs Raymonde Beaudoin, Mathieu Lapointe, Gilles Lauzon, Denis Goulet, Robert Gagnon et Louis Gagnon pour rexcellence de leurs ouvrages La Vie dans les camps de BUCHERONS\tpremier Prix des im temps de la pitoiiiie\tLCllllCl J.LIA.LLCo >/; v 'î Y\tGrands Prix Desjardins m dans la catégorie patrimoine passe».«Peut-être il s\u2019évade vers», dit-elle encore; «je me tombe sur le silence», troublant ainsi l\u2019usage.Je ne peux pas non plus admirer cette écriture de «couleurs cousues » (10 fois bleu, 8 noir, 8 rose, 6 gris, 6 rouge, 5 blanc, 5 vert, 5 jaune, 3 mauve, 2 or, sans compter les lavande, violet, pruneau, sépia, marron, amande, orange, amarante, vermeille ou brun).Que faire également de ce : « Grand-chemin-de-la-vie [qui] protège / le petit plancher de son âme / des typhons et des malheurs / qui annulent la courtoisie» ?Il faut dire que lorsqu\u2019il est question du «filleul d\u2019une jument», à?«un cadavre d\u2019animal nunuche» ou des «Mïlou orphelins», on s\u2019inquiète un peu de la ménagerie.Il est évident que, pris dans son ensemble, ce recueil qui parle des «deuils crus» par- vient parfois à toucher une certaine sensibilité à travers l\u2019écho qu\u2019il porte de nos propres douleurs.On aurait bien aimé une formulation plus simple, comme lorsque l\u2019auteure nous confie que sa mère «mettait du sang dans le miel / des soupirs aux sonates», ou que «la peine humiliée roucoule et raconte l\u2019oiseau.» On sent là une volonté de transmettre un désarroi réel, mais c\u2019est tellement truffé d\u2019élégances artificielles, de mots rares pas toujours essentiels, que la profondeur même de la peine s\u2019y noie.Il nous faudra donc laisser l\u2019auteure à sa solitude, elle qui nous susurre tout en joliesse: «Je fonds en larmes d\u2019aimance.» Collaborateur Le Devoir LES JOURS TIGRÉS Diane-Ischa Ross Triptyque Montréal, 2015,108 pages 514 524-5558 lemeac@lemeac.eom Québec H H ® Prix Robert- Prévost HISTOIRE MÉDECINE LOUIS XV CANADA Benoît Melançon\tIDÉE REÇUE N° 3 LE NIVEAU BAISSE! [et autres idées reçues sur la langue]\tLES QUÉBÉCOIS PARLENT FRANGLAIS.\tBenoît Melançon LE NIVEAU BAISSE! [et autres idées reçues sur la langue] EN LIBRAIRIE - 1^1,95$ ¦ DEL BUSSO ÉDITEUR Percy- W-Foy SEPTENTRION.QC.CA LA RÉFÉRENCE EN HISTOIRE AU QUÉBEC LIBRAIRIE ACHAT A DOMICILE 514-914-2142 Bonheur d'occasion Librairie GALERIE ESPACE LOCATIF DISPONIBLE Fonds universitaires : \u2022\tLittérature, Philosophie, Sciences humaines \u2022\tPléiade Art québécois et international Livres d'art et livres d'artiste Livres anciens avant 1800 Automatistes, Éditions Erta, Refus Global.Bel espace chaleureux pour artistes en arts visuels \u2022 Consultez notre site web pour les tarifs 2016 Salle disponible sans frais pour lancement de livre ou autre événement littéraire 1317, avenue du Mont-Royal Est, Montréal Mathieu Bertrand, Libraire \u2022 514 522-8848 \u2022 1 888 522-8848 www.bonheurdoccasion.com LE DEVOIR, LES SAMEDI 3 ET DIMANCHE 4 OCTOBRE 2015 F 3 LITTERATURE ENTREVUE Le retour d\u2019exil de lise Tremblay CHRISTIAN DESMEULES Après 27 ans à enseigner la littérature au cégep du Vieux-Montréal, Lise Tremblay a choisi de prendre une voie de traverse il y a quelques mois.Quitter Montréal et l\u2019enseignement, retourner dans sa région natale.Démolir son «campe» de Saint-Fulgence pour y faire construire à la place une petite maison flambant neuve où elle compte s\u2019installer à demeure d\u2019ici quelques semaines.Un lieu où elle va pouvoir s\u2019enfermer au chaud, bien calée dans la discipline de l\u2019écriture quotidienne, au premier rang du spectacle des saisons.Huit ans après son dernier livre.Chemin Saint-Paul met face à face la mort de son père, survenue il y a quelques années, et la tragédie existentielle de sa mère.La mise à nu de la folie de cette femme et sa mort symbolique, d\u2019une certaine façon.Chemin Saint-Paul est un récit au «je», «terriblement impudique», une histoire personnelle que Tremblay a choisi de raconter à sa manière.«Ce n\u2019est pas la réalité, mais c\u2019est ma vision des choses.Ma position par rapport à la vie.Et ça, c\u2019est réel dans la mesure où c\u2019est ma pensée à moi, l\u2019histoire de mon père et de ma mère racontée à travers ma propre vision», explique-t-elle avec cet accent du Saguenay qu\u2019elle a su conserver.«Peut-être que j\u2019ai tout faux, ajoute-t-elle, mais ce n\u2019est pas ce qui compte vraiment.C\u2019est ce que le récit a fait de moi qui est important.» De l\u2019autre côté «Ma mère, elle était folle à lier, mais c\u2019était une personne très intelligente aussi.C\u2019était une vraie force.» Une femme atteinte d\u2019une folie jamais nommée par personne, jamais soignée non plus, que la mort de son mari a fait éclater et qui tout à coup n\u2019a plus connu de balises.«C\u2019était quelqu\u2019un qui passait sa journée à écouter Radio-Canada, à lire le journal et à commenter l\u2019actualité.Et qui du jour au lendemain arrête tout ça et me demande pourquoi je ne la tue pas.Pendant des années, ma mère a beaucoup lutté contre sa folie.Et puis là, elle s\u2019est laissée aller.J\u2019aimais bien mieux la voir folle pis en colère.» De cette femme toujours vivante \u2014 mais qui n\u2019est «plus là», précise Lise Tremblay, «elle est devenue une morte-vivante, et c\u2019est d\u2019une tristesse infinie» \u2014, les lecteurs pourront trouver la trace, surtout symbolique, ici et là dans l\u2019œuvre de l\u2019écrivaine née à Chicoutimi en 1957, de La danse juive (Le-méac.Prix du Gouverneur général 1999) à La sœur de Judith (Boréal, 2007).Sans juger.Lise Tremblay a essayé dans ce récit de remonter aux sources de la folie de cette femme qui a un peu malgré elle mis au monde cinq enfants et qui les a élevés dans la terreur, visant le cœur de l\u2019univers de violence et d\u2019insatisfaction d\u2019où elle est sortie.Remontant jusqu\u2019à cette «petite maison en bardeaux» où sa mère JACQUES NADEAU LE DEVOIR Sans juger, Lise Tremblay a essayé dans son récit de remonter aux sources de la folie de sa mère.est née, dans un rang du nord de Chicoutimi, d\u2019où l\u2019écrivaine rapporte des images terribles.«Des destins de femme comme ça, il y en a plein au Québec», estime Lise Tremblay.Avec le temps \u2014 avec les livres qu\u2019elle a écrits et les heures de thérapie \u2014, l\u2019écrivaine s\u2019est sentie capable d\u2019affronter cette histoire familiale.Mais la fuite a longtemps été la meilleure solution.«Contre la folie, je ne crois qu\u2019à l\u2019exil», écrit-elle d\u2019ailleurs quelque part dans Chemin Saint-Paul.«Je me suis sentie forcée à l\u2019exil, oui, mais ce n\u2019est pas juste à cause de ma famille, confie l\u2019écrivaine.Les vrais écrivains sont tous des exilés d\u2019une cer- taine façon.Je suis sûre de ça.» « Un peu à la manière de certains personnages de Victor-Lévy Beaulieu qui disent qu\u2019ils ne sont pas \u201cde ce côté-ci des choses\u201d, tiens.Je pense que l\u2019exil, c\u2019est aussi ça.Tes d\u2019un bord ou de l\u2019autre.Et être écrivain, c\u2019est être de l\u2019autre côté des choses.» Et que trouve-t-on de ce côté-là?Beaucoup de solitude, croit-elle, et des visions du monde.«J\u2019aimerais ça être ben normale, dit-elle en riant.Mais je ne suis pas capable.» Pas capable de ne pas penser, de ne pas écouter ce que les gens lui disent.Incapable de ne pas «accrocher» sur un mot ou sur un autre, de vivre longtemps en dehors du langage.Choisir son camp Si son rapport à l\u2019écriture a été vécu pendant des années comme une sorte de douce malédiction, qui se confondait un peu avec le geste de respirer, Lise Tremblay en identifiç toutefois l\u2019acte fondateur.A l\u2019âge de 10 ans, elle a fait le choix conscient d\u2019étre du côté du chemin Saint-Paul, là où habitait la famille paternelle.«J\u2019ai dit non», se rappelle-t-elle encore aujourd\u2019hui.Sans le savoir, c\u2019est en réalité le chemin de l\u2019exil qu\u2019elle empruntait.Tandis que chacun des mots de tous les livres lus ou écrits l\u2019éloignait de sa mère, de ses crises de colère, des injures, des douleurs et de la honte.Récit bicéphale, tiraillé entre le portrait de ses deux parents.Chemin Saint-Paul comprend aussi le récit de la mort de son père, personnage beaucoup plus lumineux, frappé d\u2019une récidive de cancer qu\u2019il refusera de combattre par la chimiothérapie.Elle écrit: «J\u2019allais rencontrer un homme que je croyais connaître mais dont j\u2019ignorais tout.» Une période hors du temps pendant laquelle elle l\u2019a accompagné jusqu\u2019au bout.Un homme simple et très drôle, se souvient-elle, qui n\u2019avait jamais mis les pieds à l\u2019hôpital avant d\u2019étre atteint d\u2019un cancer.«Il n\u2019a jamais été vieux, mon père.Et si j\u2019avais à m\u2019en choisir un, je reprendrais le même», confie-t-elle avec émotion.«Au fond, les gens, ils meurent comme ils sont.» Alors que pour sa mère, qu\u2019il s\u2019agisse de la vie ou de la mort, tout est un drame.«Elle a toujours été dans le drame.» Et c\u2019est parce qu\u2019elle était hantée par la tragédie de cette existence vécue à reculons, croit-elle, que Lise Tremblay est devenue écrivaine.Un destin qu\u2019à l\u2019aube de la soixantaine, elle arrive pour sa part à assumer de mieux en mieux.Au bout d\u2019un long chemin vers soi.Collaborateur Le Devoir CHEMIN SAINT-PAUL Lise Tremblay Boréal Montréal, 2015, 112 pages ROMAN QUEBECOIS Lendemains de tragédies GENEVIÈVE TREMBLAY C>est dans une salle de concert que s\u2019ouvre Concerto pour petite noyée.Forcément.Ce soir-là, Valentine Aligheri n\u2019est pas une pianiste applaudie, mais une femme seule qui «pleure sa musique, avec cette tristesse infinie qui fascine et scandalise».Le moment sur scène, très court, premier (et dernier) acte, s\u2019achève sur l\u2019évocation d\u2019une première tragédie qui ne s\u2019incarnera que bien plus tard, quand les personnages auront été placés, disséqués, entrechoqués.Comme dans Papillons (Stanké), publié l\u2019an dernier, l\u2019écrivaine québécoise Annie Loiselle entame ce quatrième roman avec un choc dont il lui faut, après coup, reconstruire le sens.Sa manière n\u2019a pas changé: narration chorale, chapitres courts qui vont et viennent dans le temps, structure en étoile autour de personnages prompts à l\u2019autodes- truction et à l\u2019examen de conscience.Les passions, ici, consument.Les deuils et les voçations aussi.A preuve : Valentine, femme fuyante habitée par son piano, commence à perdre la main en perdant l\u2019amour.Agnès, mère aimante, devient folle de chagrin quand sa petite Valérie se noie dans une rivière, un jour d\u2019étourderie.Sa deuxième fille.Pervenche, née dans l\u2019ombre de la disparue, n\u2019a jamais eu assez d\u2019affection.Elle ira vivre en Italie avec son père Antoine, une figure compatissante et molle \u2014 tout l\u2019opposé de Greg, le mari de Valentine, un fonctionnaire prévisible et «accessoire» qui rencontrera Pervenche quand elle s\u2019installera à Montréal.C\u2019est là que le feu prend.Annoncée en début de livre, la mort de Greg est un premier mystère auquel se grefferont d\u2019autres questions, parfois plus dérangeantes.Qui donc avait les nerfs suffisants pour abattre Greg de trois POLAR LTLE NOIRE DE MARCO POLO Aline Apostolska Edito Montréal, 2015, 370 pages Des deux côtés de l\u2019Atlantique, Aline Apostolska a beaucoup écrit: des romans, de la poésie, une biographie de Jacques Languirand, des romans jeunesse, des essais, des beaux livres.Et voilà un étrange objet littérairç se situant entre le roman policier et le thriller historique.Etrange parce que l\u2019intrigue repose sur un trafic international plutôt sordide implanté dans une île paradisiaque de la côte dalmate où aurait habité Marco Polo et sa famille.Le livre est truffé de références aux mythes antiques, de phrases en grec ancien et de discours divers sur une foule de sujets, dont l\u2019empire vénitien, les différents peuples ayant occupé les îles de l\u2019Adriatique.et plus encore.Le tout étant justifié par le fait que l\u2019héroïne, Joséphine Watson-Finn, est archéologue, et que l\u2019auteure ne réussit pas à l\u2019empécher de nous faire la leçon, ce qui devient parfois assez lourd.Pourtant, l\u2019histoire est prenante, même si Joséphine se donne parfois des airs de Temperance Brennan (le personnage vedette de Kathy Reichs).Bien plantée dans un décor paradisiaque où pullulent les vestiges de l\u2019Antiquité, l\u2019intrigue semble toutefois un peu trop costaude pour Joséphine, qui risquera d\u2019y laisser sa vie.Qui sait, une fois certains tics d\u2019écriture maîtrisés et les effets calculés un peu moins flagrants, les aventures de Joséphine Watson-Finn pourront peut-être décoller pour de bon.Michel Bélair balles?Pourquoi Valentine fas-cine-t-elle autant Agnès et Pervenche ?Et si Valérie avait survécu à la noyade, comme le répète sa mère ad nauseaml Le destin, cet acharné Ce ne sont pas des vies qui se chevauchent ici, tant le scénario répond d\u2019une logique implacable, mais des destins.Bien des fils apparaissent à la surface, agaçants, pas toujours très fins.Alors que Papillons évoquait sans appuyer.Concerto pour petite noyée répète souvent, fait s\u2019alterner les phrases lapidaires, efficaces, et de longues tirades souvent symboliques à l\u2019excès.« Car il y a toujours ça, avec Valentine Aligheri, cette immense intui- tion de n\u2019être rien, à côté de la musique, sous la musique, martelé, écrasé.Vivre en sourdine, avec Valentine.» Mais l\u2019émotion perdue dans le trop-plein ne l\u2019est pas complètement.Annie Loiselle choisit, examine et formule les douleurs avec délicatesse, surtout celles des femmes, centrales dans son œuvre.Ce roman triste et dur ne les épargne pas : deuil parental, carriérisme, manque affectif, échec du couple.Séduisante mais fanée de l\u2019intérieur, talentueuse mais tourmentée, amoureuse incomprise, la femme de Concerto pour petite noyée cherche l\u2019air libre.Les hommes?Des spectateurs, des marionnettes, presque.Choir « [Une] langue souple, nuancée, au souffle Indéniable et d'une grande maîtrise.[.] [Un] roman puissant, à la fols rempli de doutes et fort d\u2019une envie de mettre au jour la chute, certes, mais surtout les multiples raisons de reprendre pied.» Chloé Leduc-Bélanger, Les Méconnus Ce qui manque surtout à ce roman-suspense en crescendo émotif, dont les causes et les effets sont réglés comme un piano mécanique, c\u2019est de l\u2019espace.L\u2019acharnement sur les mots et les sentiments finit par désorienter, par masquer la petite voix clairvoyante qui soupire ces vies chavirées dont elle n\u2019aura, finalement, jamais pitié.Le Devoir CONCERTO POUR PETITE NOYEE Annie Loiselle Stanké Montréal, 2015, 144 pages Gaspard' LE DEVOIR J.^LMARÈS\t\t ¦\t'\u2014^\tDu 21 au 27 septembre 2015\t\t \t\t \t\t Romans québécois\t\t il Madame Tout-le-monde \u2022 Tome 5 Ciel d\u2019oraqe\tJuliette Thibault/Hurtubise\t-/I 2 Un long retour\tLouise Penny/Flammarion Québec\t1/4 3 1967 \u2022 Tome 2 Une ingénue à l\u2019Expo\tJean-Pierre Charland/Hurtubise\t2/5 4 Une deuxième vie \u2022 Tome 2 Sur la glace.\tMylène Gilbert-Bumas/VLB\t4/2 5 La promesse des Gélinas \u2022 Tome 2 Édouaid\tFrance Lorrain/Guy Saint-Jean\t3/5 6 La jeune fille au piano\tLouise Lacoursière/Libre Expression\t-/I 7 Miss Patrouille.L\u2019amour au bout du radar\tFrancine Gauthier/Les Éditeurs réunis\t-/I 8 La maîtresse d\u2019école\tIsmène Toussaint/Les Éditeurs réunis\t7/6 9 Aux délices de Miss Caprice\tEvelyne Gauthier/Guy Saint-Jean\t9/2 10 Six minutes\tChrystine Brouillet/Bruide\t-/I Romans étrangers\t\t il Millénium \u2022 Tome 4 Ce gui ne me tue pas\tBavid Lagercrantz/Actes Sud\t1/5 2 After \u2022 Tome 5 L\u2019éternité\tAnna Todd/Homme\t-/I 3 Cinquante nuances de Grey par Christian\tE.L.James/Lattès\t2/9 4 La fille du train\tPaula Hawkins/Sonatine\t3/18 5 La nuit de feu\tÉric-Emmanuel Schmitt/Albin Michel\t4/3 6 Un si beau soleil pour mourir\tJames Patterson | Howaid Roughan/Archipel\t5/3 7 Le crime du comte Neville\tAmélie Nothomb/Albin Michel\t6/3 8 After \u2022 Tome 1 La rencontre\tAnna Todd/Homme\t-/I 9 After-Tome 4 Le mangue\tAnna Todd/Homme\t8/7 10 Seul sur Mars\tAndy Weir/Milady\t-/I Essais québécois\t\t I Foglia l\u2019Insolent\tMarc-François Bemier/Édito\t-/I 2 Ujihad.ca.Loups solitaires, cellules.\tFabrioe de Pierrebourg | Vinoent Larouehe/La Presse 2/6\t 3 Le livre gui fait dire oui\tSol Zanetti/du Québéoois\t-/I 4 Ping-pong\tZviane/Pow Pow\t1/2 5 La fabrique du djihad.Radicalisation.\tStéphane Berthomet/Édito\t4/3 6 Le petit Hébert.La politique canadienne.\tChantal Hébert/Rogers\t3/6 7 TUAH?Pour en finir avec le dopage.\tJean-Claude St-Onge/Éoesoeiété\t9/3 8 Uany Laferrière à l\u2019Académie française.\tBany Laferrière/Boréal\t5/2 9 Femmes et pouvoir : les changements.\tPasoale Navarro/Leméao\t-/I 10 La Rébellion tranquille\tMartine Tremblay/Québeo-Amérigue\t-/I Essais étrangers\t\t il Balade avec Épicure\tBaniel Klein/MIohel Lafon\t1/2 2 La 6e extinction.Comment l\u2019homme détruit.\tElizabeth Kolbert/Guy Saint-Jean\t2/3 3 Lettres à mes petits-enfants\tBavid Suzuki/Boréal\t3/2 4 Bleu, les affaires et nous\tJean d\u2019Qrmesson/Robert Laffont\t8/4 5 Bu bonheur.Un voyage philosophique\tFrédério Lenoir/Fayaid\t4/32 6 Cosmos.Brève encyclopédie du monde\tMiohel Qnfray/Flammarion\t5/6 7 Y a-t-il un grand architecte dans l\u2019univers?\tStephen Hawking/Qdile Jaoob\t7/3 8 La civilisation du spectacle\tMario Vargas Llosa/Gallimard\t6/2 9 La chute de la Nouvelle-France\tBertrand Fonok | Laurent Veyssière/Septentrion\t-/I 10 La capacité de s\u2019aimer\tEisa Cayat/Payot\t-/I Soeiété de développtment des entreprises eultiirelles 514 524-5558 lemeac@lemeac.com y>*v Quelques \u201d liens pour s\u2019initier à la iittérature hypermédiatique sur le site Web et l\u2019application tablette du Devoir.JAMES JACKSON LAURÉAT DU PRIX RICHARD-ARÈS DU MEILLEUR ESSAI POUR L'ÉMEUTE INVENTÉE James Jackson L'EHEUTE INVENTEE vlb éditeur Une société de Québécor Média m - 407720 LE DEVOIR, LES SAMEDI 3 ET DIMANCHE 4 OCTOBRE 2015 F 7 ESSAIS Jacques Grand\u2019Maison, prophète du ^ébec moderne Louis CORNELLIER « n bout de route, écrit Jacques Grand\u2019Maison dans Ces valeurs dont on parle si peu, je sens le besoin de faire un bilan.Un pied dans la société de plus en plus laïque, et Vautre dans la tradition judéo-chrétienne trois fois millénaire;^ j\u2019en ai fait deux passions qui n\u2019ont cessé de me charrier au-delà de mes moyens et souvent de mes volontés.» Agé de 83 ans et frappé par la maladie, Grand\u2019Maison, «parvenu à la toute dernière étape de [sal vie», «face à [sonl ultime départ», a voulu, dans cet essai, redire une dernière fois ses inquiétudes et ses espérances.L\u2019homme, qui se définit comme un «progressiste conservateur» et un «réformiste radical», est un des derniers grands représentants d\u2019une génération d\u2019intellectuels qui est née et a été formée dans le Canada français traditionnel avant d\u2019embrasser avec enthousiasme la modernisation du Québec.«Je suis d\u2019un pays incertain, sinon impossible, mais c\u2019est le mien», écrivait Grand\u2019Maison en 1976.Prêtre et théologien, Grand\u2019Maison est aussi un sociologue de terrain.On retrouve encore, dans ce double statut, la combinaison du Québec traditionnel et du Québec moderne, qui anime toute l\u2019œuvre du penseur.Partisan d\u2019une pensée chrétienne incarnée, d\u2019une «spiritualité des réalités terrestres», écrivait-il dans Une spiritualité laïque au quotidien (Novalis, 2013), Grand\u2019Maison met aussi les sciences humaines à contribution dans sa réflexion sur l\u2019état de notre société.Le moraliste, chez lui, s\u2019accompagne d\u2019un chercheur branché sur le réel.Crise de sens Dans Ces valeurs dont on parle si peu, l\u2019intellectuel poursuit la grave méditation qu\u2019il a entamée, il y a 50 ans, dans son essai Crise du prophétisme (L\u2019Action catholique canadienne, 1965).«Certes, écrit-il, nous sommes fiers, avec raison, de nos libérations modernes.Tant qu\u2019il y a des traditions oppressantes à critiquer, il y a là un sens à l\u2019émancipation.Tu peux t\u2019émanciper avec un refus JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le sociologue Jacques Grand\u2019Maison, qui s\u2019est toujours défini comme un chrétien brûlant, lance une invitation pressante à concilier traditions culturelles et modernité.global de presque tout ton héritage historique, religieux et moral, des grosses familles d\u2019hier, de la trahison des clercs, bref de tout ce que tu veux.Mais un jour, la réserve est à sec et tu vis une crise de sens.Je la trouve souterraine dans nos indécisions collectives, dans plusieurs de nos productions culturelles et puis dans ce qu\u2019on appelle postmodernité.» Tout l\u2019esprit de Grand\u2019Maison est là.Il y avait, reconnaît-il, des libérations à mener quant aux structures parfois étouffantes ou injustes du monde traditionnel.Les Québécois y ont gagné la possibilité d\u2019une «réappropriation de la conscience» et un réjouissant espace de liberté.La modernité, dont la Révolution tranquille constitue notre version nationale, promettait «l\u2019articulation nouvelle du bonheur individuel et du bien public, de la liberté et du politique dans une dynamique de projets collec- «Ce qui me scandalise le plus du monde d\u2019ici au Québec, c\u2019est sa superficialité et son vide spirituel» tifs appuyés sur une volonté et une culture démocratiques».Or, qu\u2019en avons-nous fait?Le bilan de Grand\u2019Maison est douloureux.«Ce qui me scandalise le plus du monde d\u2019ici au Québec, c\u2019est sa superficialité et son vide spirituel», écrit-il.Nous avons rejeté les «cohérences culturelles, morales et religieuses d\u2019hier», en les accusant, parfois à raison, d\u2019être aliénantes.Or, demande le prêtre-sociologue, par quoi les a-t-on remplacées?«S\u2019est-on donné une morale laïque après l\u2019éclatement de la morale religieuse?» Nos contemporains reconnaissent l\u2019importance de la morale et de l\u2019éthique, constate Grand\u2019Maison, mais c\u2019est pour aussitôt se livrer à un plaidoyer relativiste, selon lequel la morale serait l\u2019affaire de chacun.Inquiétude et espérance Les manifestations de ce désarroi, souvent inconscient.sont nombreuses: culture narcissique du Moi fondée sur le rejet de toute transcendance; fantasme de la toute-puissance du désir qui s\u2019accompagne d\u2019immaturité relationnelle; éducation «Google», qui fabrique «des êtres horizontaux qui surfent sur la médiocrité, sans culture antérieure à l\u2019individualité qu\u2019on dit tout posséder en soi [sicl » et, par conséquent, sans souci du respect des règles de la langue, perçues comme d\u2019insupportables contraintes extérieures; mépris des institutions (allez dans un mariage civil contemporain et vous verrez le délitement du symbolique à l\u2019œuvre) ; quête incessante de divertissement et fascination pour le virtuel.Or, lance Grand\u2019Maison, «à quoi bon la ville intelligente et le précieux GPS, s\u2019il y manque une petite boussole intérieure pour bien orienter le sens de sa vie» ?Le portrait est sombre.Inquiet, le sociologue, qui s\u2019est toujours défini comme un chrétien brûlant, engagé dans le monde et convaincu que «ce n\u2019est pas d\u2019abord la religion qui nous démarque aux yeux de Dieu, mais notre humanité ou notre inhumanité», ne désespère pas.Son essai se veut «une invitation à mieux intégrer l\u2019âme et la conscience dans nos regards sur ce qui nous arrive», une invitation, pressante, à «concilier nos meilleures traditions culturelles avec les valeurs inspirantes de la modernité».Ces valeurs dont on parle si peu est un essai un peu brouillon, qu\u2019on sent rédigé dans l\u2019urgence par un homme de foi qui veut redire à ses compatriotes, avant de partir, qu\u2019il faut une ouverture intérieure à la transcendance, divine ou humaine, et des bases morales et spirituelles nourries de culture pour bâtir un monde plus juste et donner un sens à l\u2019existence.Jacques Grand\u2019Maison, écrit le théologien Gregory Baum dans Vérité et pertinence (Fides, 2014), est un sage, mais surtout un prophète.Sa parole, dérangeante et amoureuse, est de feu.louisco@sympatico.ca CES VALEURS DONT ON PARLE SI PEU Essai sur l\u2019état des mœurs AU Québec Jacques Grand\u2019Maison Carte blanche Montréal, 2015,136 pages RADICALISATION Les djihadistes de chez nous de Pmrebourq Occident permet à un intégrisme islamique hostile aux valeurs de nos sociétés d\u2019influencer les musulmans modérés et même les Occidentaux désenchantés.Interviewé en Libye par Pierre-bourg, Omar Bakri, l\u2019un des maîtres du salafisme, méprise d\u2019ailleurs énormément les musulmans dits modérés, qui, pour lui, «se laissent dissoudre» dans la culture occidentale comme du MICHEL LAPIERRE Qu\u2019est-ce qui a bien pu pousser le jeune Québécois Martin Couture-Rouleau à se convertir à l\u2019islam, à en devenir un militant radical et à tuer, en 2014, à Saint-Jean-sur-Ri-chelieu, le militaire Patrice Vincent?Ses déboires de père éconduit par sa conjointe et de petit entrepreneur ne suffisent pas à expliquer pourquoi il a voulu venger le groupe armé Etat islamique, combattu par le Canada.Sa foi aveugle appartient à un vrai mystère international.Dans Djihad.ca, le journaliste Fabrice de Pierrebourg, assisté de son collègue Vincent Farouche, perce ce mystère en soulignant qu\u2019internet n\u2019est pas «le grand responsable de la radicalisation».Selon lui, derrière le Web et le prosélytisme auprès de détenus dans les prisons, il y a le salafisme, doctrine réformiste qui prétend préconiser un retour aux valeurs premières de l\u2019islam.Cette explication si raisonnable incite à penser que le vide spirituel créé par l\u2019affaissement du christianisme en de Maskinongé qui rêvait de chocolat.Le désir du paradis Pas étonnant que l\u2019endoctrinement salafiste exclut la nuance et le doute propres à l\u2019art et à la littérature.Comme l\u2019enquête menée par le journaliste le signale, nombre de militants ont une formation en sciences exactes plutôt qu\u2019en sciences sociales et on les caractérise autant par l\u2019effacement que par la candeur, sans oublier le narcissisme caché qui les tenaille.En relatant des anecdotes percutantes au sujet de Michael Zehaf-Bibeau, responsable de l\u2019attentat meurtrier d\u2019Ottawa en 2014, ou encore de Saïd Namouh, le terroriste «mourir en martyr» dans une voiture bourrée d\u2019explosifs, Pierrebourg touche au secret de l\u2019islamisme radical.Ce courant de pensée a élevé le terrorisme au rang d\u2019une mystique.Le mépris de la vie terrestre s\u2019y accompagne du vif désir, dans l\u2019immédiat et de manière héroïque, d\u2019atteindre le paradis.Malgré un aspect très traditionnel, cette mystique, dont l\u2019organisation des adeptes est aussi bien extrêmement changeante qu\u2019étrangère à toute règle internationale, a un côté inédit.Aussi Pierrebourg cite-t-il le mot de Bakri: «La terreur est le langage du XXL siècle.Si je veux quelque chose, je vous terrorise afin de l\u2019obtenir.» Il y a plus.La Turquie, porte d\u2019entrée des djihadistes qui vont renforcer Etat islamique, ferme les yeux, car le renversement du régime syrien de Bachar al-Assad est dans son intérêt.Si folle soit-elle, la mystique salafiste a une indéniable portée géopolitique concrète.Collaborateur Le Devoir DJIHAD.CA Loups solitaires, cellules DORMANTES ET COMBATTANTS Fabrice de Pierrebourg avec la collaboration de Vincent Larouche La Presse Montréal, 2015, 304 pages Benoît Melançon LE NIVEAU BAISSE! [et autres idées reçues sur la langue] IDÉE REÇUE N° 14 UTILISER DES ANGLICISMES, C'EST [LE) MAL.Benoît Melançon LE NIVEAU BAISSE! [et autres idées reçues sur la langue] EN LIBRAIRIE - 1R,95$ ¦ DEL BUSSD ÉDITEUR La Vitrine CHANTAL HÉBERT Le petit Hebert lA NUTWK UMAWeill EXHIOKIAHONTOKIN POLITIQUE LE PETIT HÉBERT La politique canadienne expliquée À MON VOISIN Chantal Hébert Rogers/L\u2019Actualité Montréal, 2015,160 pages La mission de Chantal Hébert, comme chroniqueuse à L\u2019Actualité (de même qu\u2019à Radio-Canada et, précédemment, à La Presse et au Devoir), n\u2019est pas facile.Intéresser les Québécois à la politique fédérale est, en effet, une gageure.Or, Hébert y parvient, en adoptant un style simple, vivant, sans flafla, et grâce à son évidente connaissance de cet univers et de ses acteurs.Dans ce recueil d\u2019une cinquantaine de chroniques parues dans L\u2019Actualité depuis 2008, la journaliste expose, entre autres choses, l\u2019opacité du gouvernement Harper, le double langage des libéraux et des néodémocrates en matière de dualité linguistique, les convictions à géométrie variable du NPD, la récente déroute du Bloc québécois, de même que «la vacuité croissante du propos politique canadien».Hébert cache bien ses convictions personnelles, mais on devine facilement que le souverainisme n\u2019en fait pas partie.Depuis quelques années, constate-t-elle, «le Québec est devenu plus fédéraliste, mais le reste du Canada est devenu moins accommodant» qu\u2019à l\u2019époque de Charlottetown.On aimerait bien savoir ce que la chroniqueuse propose comme solution à ce paradoxe.Louis Cornellier BIOGRAPHIE Des fourmis dans les jambes DES FOURMIS DANS LES JAMBES Petite biographie DE Nicolas Bouvier Ingrid Thobois et Géraldine Alibeu La Joie de lire Genève, 2015, 40 pages Lorsqu\u2019un 1953, il s\u2019embarque avec son ami Thierry Vernet à bord d\u2019une minuscule Fiat Topolino («petite souris»), espérant atteindre l\u2019Afghanistan et les contreforts de l\u2019Himalaya sur les traces d\u2019Ella Maillart, Nicolas Bouvier (1929-1998) s\u2019embarquait pour un voyage initiatique qui devait durer en réalité beaucoup plus longtemps que le voyage lui-même.L\u2019auteur suisse de L\u2019usage du monde (Boréal) et du Poisson-scorpion (Folio), chef-d\u2019œuvre du récit de voyage francophone, est ici l\u2019objet d\u2019une «petite biographie» joliment illustrée qui tente d\u2019expliquer aux enfants sa singularité tout en racontant certaines de ses aventures : Des fourmis dans les jambes.Fils de bibliothécaire, enfant rêveur traçant des itinéraires devant les cartes géographiques et les livres étendus devant lui, le jeune Bouvier savait ce qu\u2019il souhaitait faire lorsqu\u2019il serait plus grand : voyageur.«Voyager, ce n\u2019est pas un métier», lui répondait-on.Il est en réalité devenu écrivain.
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