Le devoir, 10 octobre 2015, Cahier E
[" Phénomena, le festival qui célèbre l\u2019originalité et la créativité Page e 3 Le réalisateur Francis Leclerc, aller-retour entre le cinéma et la télé Page e 7 DEVOIR, DIMANCHE OCTOBRE a les 7 DOIGTS ENTRENT DANS LA DANS Variations 9.81 ouvre le deuxième volet de la triade, signé Victor Quijada, chorégraphe de la troupe RUBBERBANDance.ISABELLE PARE Brouiller les genres, rendre le cirque de plus en plus perméable aux autres disciplines: voilà un filon choyé par Les 7 doigts de la main, qui haussent cette fois la barre un cran plus haut dans Triptyque, une création hybride livrée aux mains de trois chorégraphes.Sans concession, les mordus de la piste s\u2019apprêtent à entrer de plain-pied dans la danse, et trois fois plutôt qu\u2019une.Ils ont toujours su sur quel pied danser, mais de là à se mettre au pas.L\u2019idée, venue de loin, très loin, percolait pourtant depuis longtemps dans les rêves de Samuel Tétreault, cofondateur du collectif Les 7 doigts de la main.Cet amoureux de danse contemporaine a d\u2019ailleurs nettement hésité entre l\u2019art de Petipa et celui du Cirque du Soleil.«J\u2019ai toujours été un aficionado de la danse et j\u2019ai développé un amour pour la danse contemporaine.A 15 ans, je me suis demandé si j\u2019allais me diriger en danse plutôt qu\u2019en cirque.Même après mon entrée à l\u2019Ecole nationale de cirque, j\u2019ai gardé ce goût et poursuivi tout au long de mes études une formation en ballet classique et en danse africaine», explique Tétreault qui, dans ce Triptyque, fera ses premiers pas sur scène comme danseur.Pour ce baptême du feu.Les 7 doigts n\u2019ont pas choisi les demi-pointes.Ils se frotteront à de très grosses pointures de la danse contemporaine, grâce à l\u2019appui inconditionnel offert par Danse-Cité et l\u2019un des plus importants diffuseurs européens du milieu de la danse, le Sadler\u2019s Wells Theater de Londres.Pour la première fois, artistes de cirque et trois danseurs professionnels fouleront la scène à l\u2019unisson, laissant leur discipline se fondre l\u2019une dans l\u2019autre, gommant les frontières entre deux arts qui poussent le corps dans ses derniers retranchements.En apesanteur Création en trois temps, les volets de Triptyque ont tous pour dénominateur commun le thème de la gravité universelle, qui dicte le pas des danseurs comme celui des acrobates.Fuir l\u2019attraction, et par analogie la lourdeur de la réalité, ou l\u2019empoigner à bras-le-corps?L\u2019éternelle tension entre gravité, équilibre et apesanteur a nourri les trois chorégraphes appelés à créer pour le collectif de cirque.Ce Triptyque met d\u2019abord à contribution la papesse etvétérante de la danse contemporaine, Marie Chouinard, lors d\u2019un court préambule 100% «Échapper à la gravité, ça passe aussi par le rêve, qui est le meilleur antidote au poids de la réalité» danse, marqué au fer rouge du style qu\u2019a révélé b0DY_rEMlX/les_vARlAT10NS_g0LDERG.Samuel Tétreault et Anne Plamondon \u2014 danseuse émérite qui a partagé la scène de la troupe du Nederlands Dans Theater 11 et celle des Grands Ballets canadiens \u2014 y seront fusionnés dans un duo de corps mutants, aussi fragiles que dépendants, imbriquant corps, béquilles et bondage japonais, lors d\u2019une communion sensuelle.«Il s\u2019agit d\u2019un duo amoureux où le rapport avec l\u2019autre, magnifié par les béquilles, explore à la fois l\u2019idée de la gravité, au propre comme au figuré, et de la dépendance entre deux êtres.C\u2019est la pièce la plus dansée et celle qui, pour moi, présentait le plus grand défi.Mais on va bien au-delà de la technique, à la quête du sens», explique Tétreault.Avec son nom énigmatique.Variations 9.81 (allusion à l\u2019accélération moyenne de la vitesse par seconde exercée sur les corps par l\u2019attraction terrestre) ouvre le deuxième volet de la triade, signé par Victor Quijada, chorégraphe de la troupe RUBBERBANDance.Là, danse et cirque se feront encore plus poreux, le premier art infusant goutte à goutte le second, au gré d\u2019un numéro d\u2019équilibre sur canne brisant les PEDRO RUIZ LE DEVOIR lignes statiques strictes propres à cette discipline.Quijada y explore plutôt la mollesse et la flexion des corps, avec cinq équilibristes réunis en un corps de ballet mouvant entre sol et terre.Entre rêve et désir Nocturnes, dernier volet et pièce de résistance de ce Triptyque, échoit à Marcos Mauro, jeune chorégraphe catalan basé à Barcelone sacré étoile montante de la danse contemporaine en Europe.L\u2019artiste de 32 ans a été présenté aux 7 doigts par les diffuseurs du Sadler\u2019s Well Theater, qui ont diffusé plusieurs de ses créations réalisées notamment pour le Ballet royal du Danemark et le Ballet national d\u2019Espagne.Dans ce final chorégraphié au scalpel par Mauro, Les 7 doigts ont insufflé une plus grande part de cirque, en mariant la danse à la corde lisse, au trapèze, au vélo acrobatique et à la manipulation de boules de cristal.Mauro y multiplie les mouvements et toi;sions rapides, rappelant le style ciselé d\u2019un Edouard Lock pour nourrir un scénario fortement inspiré par le cinéma et la photographie.«Cette pièce réfère aux Nocturnes de Chopin, dont deux font partie de la trame sonore, mais aussi parce qu\u2019on nage dans un univers rêvé, VOIR PAGE E 10 : TRIPTYQUE RODIN HORAIRE PROLONGÉ : lundi 12 octobre jusqu'à 17 h et jeudi 15 octobre jusqu'à 21 h DERNIERE SEMAINE ! Une presentation de FieraCapital AIR CANADA ( Bell Mi M MUSEE DES BEAUX-ARTS MONTRÉAL e par le Musee des beaux-arts de Montreal et le musee Rodin, F^ris | Installation de l'exposition Metomorphoses Dons le secret de l'otelier de Rod/n au MBAM Photo MBAM, Denis Farley E 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE II OCTOBRE 2015 CULTURE Deux loups sur un globed \u2019images Odile \\ Tremblay .I >r.r- ^ i epuis le temps que je rencontre ce drôle de tandem, sans trop comprendre comment ils peuvent bien s\u2019atteler à la même charrue.Claude Chamber-lan, émotif, éternel amoureux des fdms et de leurs auteurs, et Nicolas Girard Deltruc, plus rationnel et structuré, causant stratégies, tirant des plans sur des extensions d\u2019avenir, tangibles ou virtuelles.Au Café Cherrier, les deux prennent des photos à tout bout de champ.Comme si on risquait de se perdre à tout jamais.Mais la vie roule si vite.Comment savoir?On évoque la cinéaste belge Chantal Akerman, disparue lundi, vieille amie d\u2019un festival qui lui dédie son édition.Son ombre a flotté au-dessus de nos têtes, son oeuvre de défricheuse aussi.Aux antipodes, les gars.Natures profondes, centres d\u2019intérêt, débits de voix : tout diverge.Mais ces deux loups sont cinéphiles et portent sur leur dos, avec toute une équipe, le Festival du nouveau cinéma, de retour à Montréal depuis jeudi.J\u2019ai fini par le voir comme une sorte de sismographe, leur rendez-vous automnal, avec ses hauts, ses bas, sa folie douce, ses coups de gueule et de cœur, ses lignes d\u2019obsession : sexe, drogue, rock\u2019n\u2019roll, contre-culture, écologie, planète en mutation aussi.Plus branché que bien d\u2019autres festivals, reflet en temps réel des courants fous traversant les images mobiles.Hors du star-system, de la grosse course aux primeurs, mais sur sélection solide, à l\u2019échelle humaine, il se maintient en état d\u2019alerte.Le milieu le fréquente également pour ça.L\u2019an dernier, on avait adopté son dôme éphémère, place des Festivals, épicentre grouillant d\u2019activités, illuminé le soir ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Nicolas Girard Deltruc et Claude Chamberlan forment un drôle de tandem à la tête du FNC, les deux étant aux antipodes.tel un globe géant, ils ont manqué d\u2019argent pour le reconstruire en 2015.C\u2019est partie remise, m\u2019assure-t-on.Question d\u2019ADN Porter dans sa dénomination le terme « nouveau » incite aux mutations, faut croire, même à 44 ans bien sonnés.«L\u2019ADN du FNC est évolutif.Quand c\u2019est marqué \u201cnouveau\u201d, on doit assumer », tranche Nicolas Girard Deltruc, directeur général du FNC depuis dix ans.Reste à préserver quand même l\u2019esprit du lieu, génie tutélaire à mèche rebelle au FNC: «Pas de tapis rouge, rappelle Claude Chamberlan, et cette intimité préservée entre les créateurs et le public.Je me bats pour qu\u2019il demeure convivial.» il en a vu d\u2019autres : « On est toujours à la croisée des chemins, anyway.Je suis entouré de jeunes sur Internet à l\u2019affût de tout, mais moi, ce qui me transporte, ce sont les œuvres!» Après tout, Manoel de Oliveira, mort centenaire cette année, dont le FNC présente le fdm-testament Un Seculo de Energia, démarra sa carrière au temps du muet.Les grandes mutations, le septième art connaît.Au départ, pure pellicule, on a vu le FNC absorber avant d\u2019autres la vidéo, le numérique (par union avec Daniel Langlois au tournant du millénaire) , puis toutes les tentacules des plateformes, un coup parti.«Pour nous, le cinéma, ce sont des images qui bougent sur un support ou l\u2019autre avec un propos et une facture, résume Nicolas.Mais l\u2019espace que prennent les réalités en dehors des salles de cinéma au festival devient énorme: de 30% à 40% aujourd\u2019hui, contre 10 %> il y a quinze ans.» Classes de maître (Rabah Ameur-Zaïmeche, Barry Navîdî), 5 à 7, Kîno Kabaret, spectacles (dont Marie Davidson, Théâtre Rude Ingénierie), rencontres du troisième type à travers les dimensions interactives du FNC Pro, matériel en ligne, etc.Claude Chamberlan est arrivé au festival peu après ses débuts aux côtés du fondateur Dimitri Eipides.Ça faisait partie des charmes de la Main, de le voir s\u2019agiter dans les an- ciens locaux tout croches du Parallèle, puis, dès 1999 plus bas, chez Excentris, où le complexe lui semblait trop glacé.11 a porté longtemps le chapeau de directeur, conserve la tête de la programmation depuis plusieurs années.Des titres à ne pas manquer dans cette édition, il en lance : Cocksucker Blues sur les Rolling Stones (avec scènes d\u2019orgies longtemps censurées) du photographe-cinéaste Robert Frank, qui reçoit un hommage.De lui aussi Pull My Daisy (1959) avec scénario et voix hors champ de Jack Kerouac, inspiré d\u2019une soirée chez les Cassady.Claude adore aussi Salomé d\u2019Al Pacino, d\u2019après le texte d\u2019Oscar Wilde, avec Jessica Chastain dans le rôle-titre.Heart of a Dog de l\u2019artiste multidisciplinaire Laurie Anderson.11 salue cette année le cinéma d\u2019Amérique latine, aux morceaux de roi comme El Club de Pablo Parrain, Ixcanul de Jayro Bustamante, Walking Distance d\u2019Alejandro Guzman Alvarez.Protéger le noyau dur Parfois, ça aide un festival d\u2019être à la fois établi et sans ambitions de conquête planétaire.«On récupère de plus en plus de premières, dit Nicolas.Des distributeurs préfèrent lancer leurs films chez nous qu\u2019à Toronto, où ils sont noyés dans leur case horaire.Le tout Nouveau Testament de Jaco Van Dormael, par exemple.Toronto le voulait.Chez nous, le voici en évidence.» Pas question de changer la recette du FNC, assure-t-il.«Notre philosophie, c\u2019est de maintenir la qualité, de protéger son noyau dur, tout en implantant des nouvelles formules, par essais et erreurs.Cette année, on lance un volet séries télé, un autre sur le sport au cinéma.Tout ça s\u2019intégre à notre ADN.Les ciné-clubs d\u2019an-tan se poursuivent en ligne.» N\u2019empêche : l\u2019érosion du public en salles devant les fdms d\u2019auteur préoccupe Claude Chamberlan: «Un jour, j\u2019ai peur, puis fai moins peur.Le festival fait aussi une œuvre d\u2019éducation avec le volet P\u2019tits loups pour les enfants.On n\u2019a pas envie d\u2019étre les derniers des Mohicans, la jeunesse est partout, mais gardons la mémoire aussi.J\u2019éprouve un immense respect pour les cinéastes qui ont marqué le festival, des amis personnels souvent, comme Wim Wenders de retour cette année avec Everything Will Be Fine.» Le FNC tente de maintenir son équilibre entre hier et demain, avec ses habitués, ses fantômes, ses antennes; son ADN, comme dit le directeur.Fragile substance à préserver à travers la stratosphère d\u2019images nouvelles qui nous aspirent en des dimensions à peine imaginables aujourd\u2019hui.On les y croisera, promis ! otremblay@ledevoir.com VARIATIONS SUR UN TEMPS DE DAVID lUES 5 AU 30 OCTOBRE 2015 Une production du Théâtre de Quat'Sous COMPLET 13-15-21-22 OCTOBRE * une collaboration de Raoio-canaDa Déjouant les revers du destin, échappant à la fuite inexorable du temps, trois hommes et trois femmes sont propulsés dans une dimension incongrue et drolatique.Traduction Maryse Warda Mise en scène Eric Jean Avec Émiiie Bibeau, Anne-Éiisabeth Bossé, Simon Lacroix, Daniei Parent, Geneviève Schmidt et Mani Soieymaniou Assistance à ia mise en scène Chioé Ekker Décor Pierre-Étienne Locas Costumes Cynthia St-Geiais Lumière Martin Sirois Conception sonore et régie Oiivier Gaudet-Savard Direction musicaie Catherine Gadouas Coiffures et maquiiiages Fiorence Cornet Compiice artistique Pierre Bernard SUrriÉNEHTAIRES 20 + 21 + 22 KTOBRE DERNIÈRE SUPPIÉMENTAIRE VENDREDI 23 OCTOBRE ! T T\\ iehiBRYAN perro DOMINIC CHAMPAQ T -.T HERMAN MELVILLE D\u2019APRÈS .L\u2019ŒDVRIDII ISE EN SCÈNE OOMIIIIC CHUMfUOi m f Avec Yamoussa Bangoura Frédérike Bédard Vincent Bilodeau Ludovic Bonnier Jean-François Casabonne Normand D\u2019Amour Sylvain Delisle Steve Gagnon Tommy Gauthier Reda Guerinik Gisle Henriet Sylvain Marcel Mathieu Richard Guillaume Saladin David Savard Coproduction Théâtre du Nouveau Monde + Théâtre Il va sans dire JÜSQÜ\u2019AÜ 23 OCTOBRE foüRNÉE AO QÜÉBEC MQC.CII ici FESTIVAL .-¦/y # T f' ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Contrainte par les élections à changer quelque peu la programmation de Phénomena, D.Kimm a fait contre mauvaise fortune bon cœur et mis sur pied une soirée électorale à la Sala Rossa.D.Kimm au pays des merveilles À Phénomena, on célèbre l\u2019originalité et la créativité sous toutes ses formes Pour la quatrième édition du Festival Phénomena, placée sous le thème «Ombre et lumière», D.Kimm a réuni des artistes de différentes sphères qui osent se réinventer en toute liberté.MANON DUMAIS Que l\u2019on feuillette le programme du Festival Phénomena ou que l\u2019on navigue sur son site, ce qui frappe d\u2019abord l\u2019esprit et ravit l\u2019œil, c\u2019est l\u2019esthétique au charme suranné rappelant à la fois Lewis Carroll, Georges Méliès et Terry Gilliam.Si les mots «inclassable», «éclectique» et «avant-gardiste» que l\u2019on accole d\u2019emblée à ce festival produit par les Filles Electriques dans le Mile-End peuvent faire peur à certains, son imagerie rappelant celle de l\u2019enfance et des contes de fées a tout pour rassurer.«Georges Méliès est l\u2019une de mes inspirations», avoue D.Kimm, directrice artistique de Phénomena.«Il faisait tout lui-méme : les costumes, les décors, il jouait dans ses films.J\u2019ai beaucoup de respect pour des artistes comme ça, comme Robert Lepage.J\u2019avais envie de leur rendre hommage et de leur offrir une tribune.Il y a quelque chose d\u2019ancien et d\u2019intemporel dans l\u2019esprit de Phénomena, mais c\u2019est aussi très moderne, près de la société et fémi- niste.Depuis toujours, j\u2019ai la préoccupation que l\u2019avant-garde appartienne à tout le monde et que tout le monde ait le droit d\u2019inventer sa vie.La beauté du festival, c\u2019est que l\u2019on rejoint un public très éclectique, avant-gardiste.» Pour ce quatrième Phénomena, D.Kimm est allée chercher une commissaire pour la seconder à la programmation Elle-même artiste interdisciplinaire, D.Kimm ne cache pas qu\u2019elle a aussi de la difficulté à résumer l\u2019essence de Phénomena: «Les mots avec lesquels on étiquette le festival sont durs à porter.Je suis incapable de dire en une phrase ce qu\u2019est Phénomena parce que c\u2019est multiple.Il y a de la danse, du théâtre, de la musique, mais rien ne ressemble à ce que l\u2019on voit d\u2019habitude.J\u2019aime beaucoup qu\u2019on voie les ficelles même si je m\u2019intéresse aux nouvelles technologies.J\u2019ai besoin qu\u2019on sente l\u2019humain, le \u201cperformeur\u201d derrière tout ça.En fait, Phénomena, c\u2019est comme un pays qu\u2019on invente, un pays que les gens sont invités à venir visiter et où ils peuvent même habiter.» Dessine-moi un pays Dans ce pays des merveilles que gouverne D.Kimm, les artistes sont libres de créer en dehors des sentiers battus, de se réinventer, de se mettre en danger dans un cadre tout aussi festif que permissif.A Phénoména, originalité, créativité et sincérité font la loi.Au fil des ans, l\u2019artiste a ainsi créé une communauté, voire une famille, parmi laquelle on retrouve de fidèles complices, comme l\u2019éclairagiste Lucie Bazzo (l\u2019installation Ombre et lumière), Stephen Lawson et Aaron Pollard du duo 2boys.tv (la performance Corde raide), Marcelle Hudon (le laboratoire public Le cas Jekyll, étude #3) ainsi que René Lussier et son orchestre tentaculaire (la performance musicale Céphalopodes).«J\u2019aime le mot permissif parce que c\u2019est souvent ainsi que je me sens», convient D.Kimm.«J\u2019ouvre les portes à la création.J\u2019aime donner la permission aux artistes de faire quelque chose de différent.En voyant Jackie Gal- lant dans un show collectif, je l\u2019ai trouvée très charismatique.Je lui ai donc offert une soirée.Elle a travaillé comme une folle à bâtir son premier show solo, POD-The Musical, une comédie musicale avec des projections.» D.Kimm poursuit: «Patrice Dubois et Dany Michaud, qui sont deux gars de théâtre, m\u2019ont proposé un projet autour d\u2019Armand Vaillancourt et de l\u2019Arbre de la rue Durocher.Ils sont venus â nous parce qu\u2019ils sentaient que c\u2019était un lieu de liberté.Ils voulaient explorer quelque chose de différent en créant ce spectacle itinérant.Ces artistes voient en Phénomena un lieu de liberté et d\u2019exploration.» Pour cette quatrième Phénomena, D.Kimm est allée chercher une commissaire pour la seconder à la programmation, la musicienne Xarah Dion.Inspirée par un stage qu\u2019elle a suivi en Italie avec le maître du théâtre d\u2019ombres Fabrizio Montecchi, qui viendra présenter un laboratoire, des ateliers et des conférences, elle a placé la présente édition sous le thème « Ombre et lumière».Contrainte par les élections à changer quelque peu la programmation, D.Kimm a fait contre mauvaise fortune bon cœur et mis sur pied une soirée électorale à la Sala Rossa.«Je n\u2019ai pas l\u2019habitude d\u2019organiser ce type de soirée, mais ce sera assez flyé ! On va suivre les résultats des élections en français et en anglais.Il y aura une estrade où les artistes et les poètes vont venir s\u2019exprimer.Il y aura de l\u2019atmosphère: pas question de déprimer dans son salon !» conclut D.Kimm.Collaboratrice Le Devoir FESTIVAL PHÉNOMENA Du 16 au 23 octobre festivalphenomena.com {{Les mots avec lesquels on étiquette le festival sont durs à porter.Je suis incapable de dire en une phrase ce qu\u2019est Phénomena parce que c\u2019est multiple.Ey a delà danse, du théâtre, de la musique, mais rien ne ressemble à ce que l\u2019on voit d\u2019habitude.)) D.Kimm, directrice artistique de Phénomena >17 OCTOBRE ENTRE LE MARATHON ET LA TRANSE UNE EXPÉRIENCE UNIQUE 3 SOIRS SEULEMENT 514 521-4493IUSINE-C.COM un éventuel ement soc souhaiterait'h'bblir la fête de Noël Texte Michael Mackenzie Traduction Alexis Martin Mise en scène Marc Beaupré 15au17octe, 20 h Grande salle ©THEATRE OUTREMONT Une production Montreal CENTRE DU THEATRE Utti D'AUJOURD'HUI 1248» av.Bernard O.M Outremont ^ Desjaidins E 4 LE DEVOIR, LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE II OCTOBRE 2015 CULTURE>MÜS10ÜE Jonathan Cohen, un sérieux prétendant pour Les Molons du Roy CHRISTOPHE HUSS Le chef d\u2019orchestre claveciniste et violoncelliste Jonathan Cohen, 38 ans, est l\u2019invité des Violons du Roy.Ce sera sa première venue au Québec, même si sa connaissance de l\u2019orchestre fondé par Bernard Lahadie est grande.Cohen avait pris en charge la tournée européenne des Violons avec Alexandre Tharaud, en octobre 2014, que le chef fondateur, malade, n\u2019avait pu assumer.Le courant est alors fort bien passé entre Cohen et Les Violons.Ce très sérieux prétendant à la succession de Bernard Labadie (de retour sur le podium en février prochain) a choisi cette fois un programme Haendel, Bach, Mozart et Haydn.Dans une semaine, dans leur for intérieur, et quel que soit le résultat, l\u2019avenir de l\u2019orchestre aura des contours plus nets.Une envie N\u2019allons pas tourner autour du pot: Jonathan Cohen est-il intéressé à l\u2019idée de devenir le 2® directeur artistique et musical des Violons du Roy?«Je ne connais pas les modalités de la sélection, mais en ce qui me concerne, c\u2019est possible», dit le chef au Devoir.Jonathan Cohen ne voit donc pas d\u2019antagonisme entre son statut de fondateur et directeur musical d\u2019Arcangelo, ensemble anglais sur instruments anciens, et un poste auprès d\u2019un orchestre du Nouveau Monde, qui joue la même musique sur instruments modernes.«Arcangelo ne m\u2019empêchera pas de travailler sur la même base avec un autre orchestre.Je dirige à Londres, je suis invité un peu partout, je dirigerai les Noces de Figaro l\u2019été prochain à Glyndebourne avec l\u2019Orchestre du Siècle des Lumières: par principe, j\u2019aime faire des choses différentes», dit celui qui continue à se produire comme violoncelliste, surtout en musique de chambre.Jouer de la musique baroque sur instruments modernes n\u2019est absolument pas un problème aux yeux de Jonathan Cohen.«Il y a quarante ans, lorsque le mouvement des orchestres sur instruments anciens a été lancé, c\u2019était en réaction à la ma- nière lente, lourde et romantique de jouer la musique baroque et classique.Des gens ont voulu expérimenter une manière différente.Ils ont gagné la partie, car leur compréhension harmonique, leurs volumes, leurs pulsations sont devenus la référence à laquelle les ensembles modernes se plient.Les frontières s\u2019abolissent et le fossé se rétrécit.J\u2019en suis très heureux», commente le chef.Sur la question, très sensible, du vibrato dans ce répertoire, Cohen n\u2019est pas un ayatollah.«I am not a non-vibrato guy!» s\u2019écrie en un fougueux élan celui qui juge que le «vibrato est un moyen expressif important \u2014 à certains moments et d\u2019une certaine manière», il ajoute: «Ce n\u2019est pas un élément permanent.Lorsque j\u2019arrive en invité devant un orchestre, j\u2019interviens si le vibrato se met en travers de la musique.Avec les orchestres baroques, il m\u2019arrive d\u2019en rajouter, parce que ce n\u2019est pas un interdit.» Un excellent accompagnateur Le programme du concert donné jeudi au Palais Montcalm et vendredi à la salle Bourgie a été scrupuleusement choisi: «Nous avons présenté Haydn et Mozart en tournée.Je voulais donc explorer le style baroque, d\u2019autant que je désirais aussi diriger du clavecin et vivre cette expérience de jouer avec eux dans une atmosphère de musique de chambre élargie.» De ce qu\u2019il a pu voir en tournée, Jonathan Cohen apprécie chez Les Violons du Roy «la connaissance stylistique inculquée par Bernard Labadie ; l\u2019accueil, l\u2019ouverture et l\u2019esprit d\u2019équipe.» La différence fondamentale entre Arcangelo et Les Violons, c\u2019est, chez Arcangelo, l\u2019usage des cordes en boyaux, donnant à l\u2019ensemble un son que Cohen aime particulièrement: «Si Les Violons veulent essayer un jour, je serais ravi d\u2019essayer!» La discographie du chef fait la part belle aux projets vocaux.Mais ce n\u2019est là qu\u2019une facette de ses goûts: «J\u2019aime travailler avec les chanteurs, mais je suis un instrumenta-liste.Le hasard a voulu que nous ayons commencé par des Hôtel-Motel présente ESPACELIBRE Saison théâtrale 15-16 Bimm Œ>E d^bnshàsà Mls^n scène et ^Louise Bibish Mumbu sn\tde Philippe Ducros Avec Gisèle Kayembe Bibish Mumbu et Papy Mal Assistance à la mise en Éclairages : Thomas Oodefroii Direction technique et de p: administrative : Marle-Christlni on '^seveau.® Julie Vallé^Léger.Turcot.Direction : Zazie Brosse.Du 13 au 24 octobre 2015 Du mardi au samedi à SOh (sa\\if les jeudis à 19h) hotelmotel.qc.com A ConsalldaArts Québec n FREEMAN PHOTOGRAPHICS Jouer de la musique baroque sur instruments modernes n\u2019est pas un problème aux yeux de Jonathan Coben.ii C\u2019est le cœur du sujet: l\u2019orchestre n\u2019est pas un accompagnateur, c\u2019est le moteur, et le soliste émane de cet orchestre qu\u2019il mène }} disques vocaux.Maintenant, nous enregistrons davantage de projets instrumentaux.» Le plus éloquent d\u2019entre eux est assurément le CD (Warner) de Concertos pour violon de Mozart avec la Norvégienne Vilde Frang, qu\u2019il a rencontrée au Festival de Locken-haus.On y entend un orches- tre omniprésent, agissant et très articulé « C\u2019est le cœur du sujet: l\u2019orchestre n\u2019est pas un accompagnateur, c\u2019est le moteur, et le soliste émane de cet orchestre qu\u2019il mène.Tout est intégré, et j\u2019adore travailler sur une foule de détails, ce qui peut donner des résultats très intéressants.» Pour découvrir Jonathan Cohen l\u2019accompagnateur, nous attendrons les 5, 6 et 7 mai 2016, où Les Violons rencontreront Isabelle Faust dans les Concertos pour violon de Bach.Un rendez-vous à noter, dès à présent.Le Devoir JONATHAN COHEN Haendel: Concerto grosso op.6n° 8.Bach: Concerto brande-bourgeois n° 1.Mozart: Sere-nata notturna.Haydn : Symphonie n° 6, «Le matin».Les Violons du Roy.Palais Montcalm de Québec, jeudi 15 octobre, 20 h, et salle Bourgie de Montréal, vendredi 16 octobre, 19h 30.PPS DANSE BAGNE RECREATION Jeff Hall + Pierre-Paul Savoie 21-31 OCTOBRE, 20 H Cinquième Salle, Place des Arts Billet 37,50 $ / 30 ans et - 20 % de rabais DANSEDANSE.CA placedesarts.com ^ « SI LES OISEAUX D\u2019ERIN SHIELDS DU 13 AU 31 OCTOBRE 2015 UNE PRODUCTION - DU THÉÂTRE\t> À CORPS PERDUS ^ ACORPSPERDUS.COM .CORPS IM PERDUS BILLETTERIE : 514.526.6582 INFO ET ACHAT EN LIGNE : THEATREPROSPERO.COM THÉÂTRE PROSPERO LE DEVOIR LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE II OCTOBRE 2015 E 5 CULTURE-MUSIQUE La juste victoire de Dariene Love et de ses admirateurs SYLVAIN CORMIER Introducing Darlene Love.Un titre d\u2019album qui en dit long, quand on a 74 ans et qu\u2019on enregistre des chansons depuis 1962.Oui, c\u2019est un clin d\u2019œil.Un jubilatoire pied de nez.Un symbole parfait.Une formidable victoire.Un aboutissement en forme de commencement.«C\u2019est Stevie Van Zandt qui a eu Vidée, il était excité comme un enfant, il ne voulait pas me le dire tout de suite.» Et Darlene Love d\u2019éclater d\u2019un beau grand rire chaud.Enfin son album, lui dis-je.«Oui! Enfin mon album!» répète-t-elle au téléphone, comme si on se répondait dans une église.Dieu qu\u2019elle l\u2019aura voulu, cet album.Depuis cinq décennies qu\u2019elle le réclame chaque fois qu\u2019elle chante.Envers et contre tout, jusque dans les moments les plus durs, même quand elle accepta de faire des ménages pour survivre, il y avait en Darlene Love cette volonté farouche d\u2019exister au grand jour, «to make it right», comme elle dit.Right comme dans Wright, son véritable nom de famille.Faut-il rappeler que c\u2019est le producteur-réalisateur Phil Spector qui, dans son obsession d\u2019enfermer toutes ses interprètes dans son «Wall of Sound» et de se servir d\u2019elles comme de simples instruments à sa gloire, la rebaptisa Love ?Le même Phil, faut-il ajouter, est aujourd\u2019hui enfermé dans une prison aux murs très épais, meurtrier condamné.Cet album de matériel neuf, nous le voulions presque autant qu\u2019elle.Nous?La légion de ses fans.Nous qui avons été longtemps sans savoir que c\u2019était elle qui chantait He\u2019s a Rebel et tant d\u2019autres succès des « girl groups » de chez Spector parce que les disques sortaient sous d\u2019autres noms et d\u2019autres visages (plus vendeurs, plus ados, jugeait-il).« Vous savez ce que Phil faisait ?Il augmentait la vitesse des enregistrements pour que ma voix, déjà mature à l\u2019époque, sonne plus jeune.» Ça allait jusque-là.Nous ne savions pas que c\u2019était elle, mais on a fini par le savoir.C\u2019est la beauté de l\u2019histoire dans l\u2019histoire du rock: la presse musicale a fini par confirmer ce que les fans pressentaient, réagissant physiquement à cette voix puissante et soulful, née du gospel.De sorte qu\u2019aujourd\u2019hui, dans la discographie de sa MIKE COPPOLA GETTY IMAGES AGENCE ERANCE-PRESSE Darlene Love rêvait d\u2019avoir son album depuis cinq décennies.Cet album de matériel neuf, nous le voulions presque autant qu\u2019elle.Nous?La légion de ses fans.page Wikipédia, tout ce qu\u2019elle a chanté est à son enseigne.La reconnaissance.par étapes Justice?«Que l\u2019on sache ce que j\u2019ai fait, c\u2019était pour moi la première étape, la reconnaissance de base.Mais que le monde puisse entendre ce que je peux faire maintenant, avec des chansons écrites pour moi, c\u2019est essentiel!» C\u2019est ce que pensaient aussi ses fans célèbres, Bruce Springsteen et son frère de musique Steven Van Zandt, quand ils la rencontrèrent au Roxy de Los Angeles, autour de 1980.«Pour Stevie, cet album allait se faire tôt ou tard, il disait qu\u2019il me le devait, et il m\u2019a convaincu d\u2019aller poursuivre ma carrière à New York, et à partir de là, les portes se sont rouvertes.Il a quand même fallu 35 ans!» Tout s\u2019enchaîna.lente- ment.Un rôle dans la comédie musicale Leader of the Pack mena Darlene Love à reprendre au talk-show de David Letterman le Christmas (Baby Please Come Home) qu\u2019elle chantait sur l\u2019album de Noël de Spector.«Et chaque Noël, on m\u2019a réinvitée, et ça a duré 29 ans, et les gens ne m\u2019oubliaient plus, mais je voulais tant aller au-delà de cette chanson!» L\u2019intronisation au Rock and Roll Hall of Lame en 2011, le documentaire 20 Eeet from Stardom en 2013 ont pavé la voie royale jusqu\u2019à l\u2019album tant désiré.«Ç\u2019aurait pu être de belles fins, des boucles bouclées, mais non! C\u2019était chaque fois une poussée, un nouveau point de départ, un encouragement de tous à faire cet album.» Le grand ralliement Et Stevie a réalisé le disque, avec la minutie d\u2019un fan qui ne veut pas décevoir, et le métier d\u2019un gars du E Street Band, et il a fourni des chansons, et Bruce, Elvis Costello, Jimmy Webb, le légendaire tandem Barry Mann et Cynthia Weil, jusqu\u2019à Joan Jett, ont contribué aussi.Chacun donnant à Darlene Love l\u2019occasion de montrer de quelle voix elle se chauffe et nous réchauffe.Du soul (Painkiller), du rock (Little Liar), du gospel (Jesus is the Rock (That Keeps Me Rolling)), de la ballade immense façon Webb (Who Under Heaven), et même du néo-Spector décuplé par Springsteen (Night Closing In).«Je pense que les gens vont finalement me connaître vraiment.Ce disque donne la pleine mesure de moi, sans nier ce mur de son à travers lequel ils m\u2019ont d\u2019abord entendue: tout ça m\u2019appartient désormais.» Le lancement de l\u2019album au Whisky a Go Go du Sunset Strip à Los Angeles, en cela, était la victoire des victoires.Si près du lieu de ses premiers enregistrements.anonymes.«Mais ce n\u2019était pas une vengeance: on a célébré, et les tympans m\u2019en vibrent encore!» Et dans VEntertainment Weekly du 2 octobre, la première chanson de l\u2019album, la bien nommée Among the Believers, est au numéro trois des « 14 Hot Tracks for Eall», talonnant Miley Cyrus et Lana Del Rey.«Yeah!» triomphe-t-elle.«Je pense que je commence au bon moment.» Le Devoir INTRODUCING DARLENE LOVE Darlene Love Wicked Cool/Columbia/Sony SOV.O /s,BSOtO KARINE DENAULT L'échappée 21,22,23 octobre 2015^ \u2014 20 h Chorégraphie et interprét^on Kari^e Denault Collahorateurs Marie BrassardyDawa Gingras, Armando Gomez Rubio, Yannick Grandmont, Line l'Jault, Ai^andre St-Onge, Jamie Wright 75 CONTEURS \u2022 80 SPECTACLES 13® Festival interculturel du CONTE Québec Spectacle d\u2019ouverture LA GRANDE NUIT DU CONTE Michèle Nguyen {belgique/vietnam).Taxi Conteur (côte d'ivoire), Michel Hindenoch (frange), Jean-Marc Derouen (Bretagne), Najoua Darwiche (france/liban), Stéphanie Bénéteau, Stéphane Guertin, Nadine Walsh, Marc Laberge, Céline Jantet et le quintette féminin Galant tu perds ton temps VENDRED116 OCTOBRE, 20 H À MINUIT / maison de la culture Frontenac 26,50$, ÉTUDIANT ET AÎNÉ; 22,50$ / WWW.ADMISSION.COM OU À LA PORTE LE SOIR MÊME Une fête de la un joyeux métissage d'imaginaires DU 16 AU 25 OCTOBRE 2015 Taxi Conteur AGORA DE LA DANSE SAISON AUTOMNE 2015 BILLETTERIE / 514 525.1 500 840, RUE CHERRIER MONTRÉAL AGORADANSE.COM ADMISSION.COM ©YANNICK GRANDMONT MERVEILLES ET ENCHANTEMENTS Hommage au conte merveilleux Michel Faubert et François Lavallée (Québec), Michel Hindenoch (frange) et le quintette féminin Galant tu perds ton temps SAMED117 OCTOBRE, 20 H / auditorium le prévost LAISSEZ-PASSER DISPONIBLES LA CADENCE DU CONTEUR Histoires de loups et de fous, légendes urbaines, poésie humaine ! Stéphane Guertin, médaillé d'or aux Jeux de la Francophonie DIMANCHE 18 OCTOBRE, 20 H / POINTE-À-CALLIÈRE / 15 $ PAROLES DE MAOUIS Taxi Conteur (côte d'ivoire) LES PLUS BELLES HISTOIRES D'AMOUR Taxi Conteur (côte d'ivoire), Najoua Darwiche (LIBAN), Michel Hindenoch (frange) et Renée Robitaille (Québec) mardi 20 OCTOBRE, 20 H / maison de la culture Frontenac LAISSEZ-PASSER DISPONIBLES VY Michèle Nguyen (belgique/vietnam) En collaboration avec Casteliers et la Maison des arts de Laval 20, 21, 22 OCTOBRE, 20 H / le petit outremont 23 OCTOBRE, 20 H / maison des arts de laval CONTES DE LA PIERRE ET DU VENT Michel Hindenoch (frange) mercredi 21 OCTOBRE, 20 H / MAISON DE LA CULTURE NOTRE-DAME-DE-GRÂCE LAISSEZ-PASSER DISPONIBLES LUNDI 19 OCTOBRE, 19 H 30/ BIBLIOTHÈQUE DU VIEUX ST-LAURENT ENTRÉE LIBRE FESTIVAL-CONTE.QC.CA Québec E3C1 BEI Conseil des arts Canada Council du Canada fortheArts CONSEIL DES ARTS DE MONTRÉAL Montréal @ Canada LE DEVOIR E 6 LE DEVOIR, LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE II OCTOBRE 2015 CULTURE» MUSIQUE La déesse radiophonique du jazz s\u2019appelle WB60 SERGE TRUEEAUT Yio, «l\u2019hein-terre-nette», comme dit le Parigot, ça fait souvent le lit du mauvais, de la malveillance financière en particulier.Prenez les tauliers des lieux, les Twitter, Google et «Faces de bouc», il s\u2019appliquent méticuleusement à contrer le droit à l\u2019oubli et autres balises garantissant le droit du citoyen au plein exercice de son libre arbitre.Bon.Cela étant et non cela dit puisqu\u2019on est à l\u2019écrit, il y a aussi beaucoup de bons côtés.Par exemple, on peut suivre l\u2019évolution du Dow Jones en temps réel et.on peut mieux marteler que le «plus meilleur» du merveilleux de la Toile a pour nom propre: WBGO.Ces quatre lettres constituent la raison sociale d\u2019une station radiophonique dont la raison d\u2019ètre est le jazz! Oui m\u2019ssieurs dames, le jazz et rien que le jazz.Ils ne font ni dans l\u2019ambiance, ni dans le jazz «pété» ou jazz rock ou autres sangsues musicales, chez WBGO.Les programmateurs et animateurs de WBGO ont fait de WBGO la meilleure, et de loin, radio jazz dans l\u2019est de l\u2019Amérique du Nord.On précise la géographie, car dans l\u2019Ouest, il y a une excellente radio communautaire jazz située à San Francisco.Mais comme il y a décalage horaire.Déclinons.En 2008, à la suite d\u2019un changement de propriété au sein de WBGO et WQCD, la première est devenue la seule radio jazz de la très grande région new-yorkaise.En fait, si leur antenne est située en plein cœur de Nueva York, tout le reste se fait à partir de Newark au New Jersey.Quoi d\u2019autre ?Elle fait partie de l\u2019irremplaçable réseau NPR, le pendant radio de l\u2019incontournable PBS.Faut confesser qu\u2019on est fanatique des deux.Mises à part les émissions courantes ou de facture classique, WBGO vaut pour l\u2019écoute de ses hebdomadaires en direct du Village Vanguard, de ses productions en partenariat au Lincoln Concert et d\u2019autres spectacles retransmis d\u2019ici et de là.WBGO vaut également pour ses blogues et surtout pour la richesse incroyable de ses archives, notamment les entrevues effectuées pendant des décennies par la pianiste Marian McPartland.Une grande dame.Quoi d\u2019autre?Moyennant un minimum de 5$ par mois, on peut être membre de WBGO et bénéficier de services d\u2019information sur leurs programmes, d\u2019avantages divers, dont, par exemple, des billets de faveur permettant de rencontrer les musiciens qui se produisent à New York, Boston, Saratoga ou Albany.Vive WBGO.Vive NPR et vive PBS.Eh zut ! Le très incisif saxophoniste alto Phil Woods, le magnifique Woods, est décédé le 29 septembre.Il avait 83 ans.L\u2019étrange dans cette affaire est que la mort n\u2019aura pas patienté longtemps avant de ALAIN FULCONIS AGENCE FRANCE-PRESSE Phil Woods, ici au Festival d\u2019Antibes en 1998, est décédé le 29 septembre dernier.réclamer son dû.En effet, le 4 septembre, sir Phil avait annoncé en public qu\u2019il prenait sa retraite.Le lieu?Pittsburgh, où il avait été invité à rendre hommage à Charlie Parker, son mentor, son idole, en compagnie de l\u2019orchestre symphonique de cette ville.À l\u2019instar de Sonny Stitt, on plaqua à Woods l\u2019ombre de Parker avec d\u2019autant plus d\u2019insistance qu\u2019il maria sa veuve et hérita de son saxophone.Pour se débarrasser de cette poisse, pour gommer le surnom dont on l\u2019avait affublé, soit New Bird, il s\u2019exila en Europe.En Suède d\u2019abord, à Paris ensuite, à Londres.en fait un peu partout.Surtout, il se libéra du fantôme Parker en montant un extraordinaire orchestre baptisé European Jazz Machine avec le Britannique Gordon Beck au piano, le Français Henri Texier à la contrebasse et le Suisse Daniel Humair à la batterie.Avec eux.Woods fut un des acteurs incontournables du jazz très aventureux qui distingua le jazz des années 60 et 70.A son retour, il deviendra naturellement l\u2019un des chefs de file du jazz postbop, qui n\u2019est rien de moins que le jazz classique des trente dernières années.Chapeau ! Oyez, oyez, braves amateurs de la note bleue: l\u2019acteur Don Cheadle vient de présenter son film Miles Ahead, sur Miles Davis évidemment, au Festival du cinéma de New York.La critique du New York Times est si élogieuse qu\u2019elle conclut en disant que cette production mériterait les Oscar de meilleur film et de meilleur acteur en.2017! Il paraît que la prestation de Cheadle est exceptionnelle.Dès qu\u2019il y aura du nouveau, on y reviendra.Le disque affranchi du American Songbook par le Phil Woods Quintet sur étiquette Kind of Blue avec notamment le pianiste Bill Charlap et le trompettiste Brian Lynch.La vidéo de la semaine?La composition AU Blues de Miles Davis interprétée par Phil Woods au Duc des Lombards, très beau et bon club de Paris.Collaborateur Le Devoir D\u2019où vient le public de la musique classique ?CHRISTOPHE HUSS Dans le Devoir du 5 octobre, en commentant le concert de Gil Shaham à la Maison symphonique de Montréal, nous tirions un signal d\u2019alarme sur «les effets de la fonte de notre banquise culturelle».Quels seront, dans un futur proche, les auditeurs de la musique classique et qu\u2019est-ce qui les motivera?Par le fait du hasard, le même jour de l\u2019autre côté de l\u2019Atlantique, l\u2019Association française des orchestres (AFO) et l\u2019agence Aristat présentaient les résultats d\u2019une Enquête nationale sur les publics des orchestres, étude de grande ampleur compilant 125 entretiens et plus de 11000 questionnaires, adressés lors de 234 concerts de 13 orchestres différents.Les études se suivent.L\u2019enquête nationale sur les publics des orchestres de l\u2019AFO comporte quelques éléments rassurants pour des acteurs du métier secoués par l\u2019étude du sociologue Stéphane Dorin, révélée en janvier 2015 et menée auprès de 5000 spectateurs lors de 110 concerts donnés par 19 orchestres.On retenait de cette dernière une comparaison-choc: «En 1981, l\u2019âge médian de ceux qui allaient aux concerts de musique classique était de 36 ans.En 2014, il était passé à 61 ans en Erance, les moins de 40 ans ne représentant que 17 % de l\u2019audience.» Des constatations allant dans ce sens avaient inspiré des interrogations et un plaidoyer à Kent Nagano dans son livre Erwarten sie Wun-der (Attendez-vous à des miracles), paru en octobre 2014.Aristat tombe sur un «âge moyen de 54 ans pour le spectateur des concerts symphoniques» et conclut que «la forte fréquentation de la tranche 60-70 ans ne permet pas, â elle seule, de conclure â un vieillissement accéléré du public».Certes, mais la lecture de la synthèse de l\u2019étude de l\u2019AFO montre bien vite, malgré ce qu\u2019en ont complaisamment relayé les médias français, dans quel sens il s\u2019agissait d\u2019orienter les résultats pour «décatastrophiser» la situation.Ainsi, V«âge moyen» n\u2019est en rien V«âge médian».Ce dernier est le vrai baromètre, car il «correspond â l\u2019âge permettant de séparer les publics en deux groupes numériquement égaux».Et là, l\u2019AFO reconnaît que «50% des publics ont moins de 63 ans et 50% des publics sont au- «Le renouvellement du public s\u2019observe dans l\u2019enfance, mais aussi à l\u2019âge adulte» delà», donnée inquiétante allant dans le sens de Stéphane Dorin.Trains et public Avec un titre explicite.Quand le public des orchestres en cache un autre, l\u2019AFO met tout de même en avant des résultats inattendus et encourageants tel l\u2019impact positif des actions éducatives : «L\u2019enfant est le premier médiateur pour 12% du public adulte, qui pousse la porte de la salle de concert grâce â lui.» Certains parents profitent des offres «jeune public» pour initier leurs enfants et découvrent eux-mêmes le classique.Autre bon point: la diversité sociale des publics est plus grande que ce à quoi on s\u2019attendait.«Les cadres ne représentent qu\u2019un peu plus de la moitié des spectateurs, l\u2019autre moitié étant composée de professions intermédiaires, d\u2019ouvriers, d\u2019employés, etc.Cette diversité s\u2019accentue pour les publics des orchestres de région, plus hétérogènes que ceux en milieu urbain.» La donnée la plus porteuse d\u2019espoir est que «le renouvellement du public s\u2019observe dans l\u2019enfance, mais aussi â l\u2019âge adulte».L\u2019enquête confirme l\u2019importance de l\u2019initiation au classique pendant l\u2019enfance, mais révèle que «45,4 % du public s\u2019est initié au concert classique â l\u2019âge adulte».L\u2019étude identifie cependant une classe d\u2019àge sinistrée, celle des 30-49 ans, qui ne représentent que 6,3% des spectateurs.Il conviendra de brasser tout cela après digestion de l\u2019étude.La preuve est que l\u2019AFO conclut trop vite que «les mélomanes dits \u201cexclusifs\u201d, c\u2019est-â-dire ceux qui se déplacent principalement pour les œuvres jouées et pour les artistes, ne sont pas majoritaires (34%) ».Certes, «les spectateurs viennent surtout pour partager un moment de plaisir avec des proches ou des amis et pour ressentir l\u2019émotion de la musique», mais il est totalement abracadabrantesque de vouloir «nationaliser» une donnée pourtant à croire à une insensibilité quant à la teneur de l\u2019offre artistique.Il est évident que l\u2019attitude est radicalement différente à Strasbourg, Bordeaux, Lille (ou Québec), où les gens «vont â l\u2019orchestre» comme une sortie, indifféremment de qui dirige, et des métropoles comme Paris ou Montréal, dans lesquelles il y a surabondance de l\u2019offre et une vraie concurrence.Le Devoir THÉÂTRE DENISE-PELLETIER DIRECTION ARTISTIQUE CLAUDE POISSANT I J U S Q U ' A U 2 4 O C T O B R E 2 DN NE BADINE PAS AVECl'AHDÜB - TEXTE ALFRED DE MUSSET MISE EN SCÈNE CLAUDE POISSANT AVEC ADRIEN BLETTON, HENRI CHASSÉ, FRANCIS DUCHARME, OLIVIER GERVAIS-COURCHES^#iCf^ RACHEL GRATON, MARTIN HÉROUX, ALICE PASCUAL, CHRISTIANE PASQUIER ET DENIS ROY 00000000000 Une production du Théâtre Denise-Pelletier Partenaire de saison Hydro Québec AIRFRANCEV^ %.À % V.% % y Francis Ducharme et Alice Pascual rendent avec grâce ce duel de l'esprit que l'immaturité émotionnelle rend tragique.[.] L'esthétique générale du spectacle possède la somptuosité d'une époque qui n'existe pas, et l'espace est d'une logique toute théâtrale.[.] Cette clôture finale envoie un long frisson, terrible mais délicieux, courir le long de notre échine.Il y a assurément des sensations que seul procure le contact avec la scène.LE DEVOIR, Alexandre Cadieux En montant cette pièce inclassable d'Alfred de Musset, Claude Poissant [.] ouvre avec finesse, intelligence et poésie sa première véritable saison.REVUEJEU.ORG, Marie Christiane Hellot 14 AU 25 ¥i\\\\ A > V 44TELEVISION La bataille des écrans « La télé est maintenant souvent plus intéressante que le cinéma », affirme le réalisateur Francis Leclerc STEPHANE BAILLARGEON En dévoilant sa nouvelle série Marche à l\u2019ombre (Super Ecran) devant les artistes, les artisans et les journalistes, il y a deux semaines, le réalisateur Francis Leclerc a sorti une mailloche et a donné un grand coup dans la boîte à images.«Je suis d\u2019autant plus content de montrer ce travail, a-t-il dit, que pour moi, la télé est maintenant souvent plus intéressante que le cinéma.» Et boum! En plein dans le tabou.Ce genre de propos cinglants ne s\u2019entend pas beaucoup par ici.Surtout pas de la part d\u2019un surdoué des deux écrans.Ailleurs, par contre, le débat s\u2019amplifie depuis quelque temps.Aux Etats-Unis comme en Europe, le cinéma a presque toujours été considéré comme la forme noble des images en mouvement, la télé incarnant sa version abâtardie, pour ne pas dire triviale et médiocre.Des réseaux spécialisés (HBO, AMC.) et des séries comme The Wire ou Breaking Bad mis dans la balance contre d\u2019innombrables niaiseries des salles obscures font maintenant renverser les évaluations.A la mi-septembre, le comédien-producteur Robert Red-ford, vedette hollywoodienne mythique, fondateur du Festival Sundance, consacré au cinéma indépendant, a répété à peu près la même critique féroce dans une entrevue au Monde.«La télévision a pris le dessus sur le cinéma, a-t-il tranché.Beaucoup de talent a migré du cinéma vers la télévision.Les scénaristes, les réalisateurs, les producteurs.» Sans regret Francis Leclerc est du lot.11 incarne ici cette oscillation d\u2019un écran à l\u2019autre.11 s\u2019est fait la manivelle avec les vidéo-clips et les publicités, puis il a réalisé des films remarqués {Mémoires affectives en 2004, Un été sans point ni coup sûr en 2008) avant de se tourner vers la télé de qualité.11 a signé Apparences sur un scénario du dramaturge Serge Boucher et la deuxième saison des Rescapés, la même année, en 2012.11 ne regrette rien.« Cette réflexion sur le cinéma et la télé je me la fais depuis quelques années, dit-il au Devoir.Quand on m\u2019a approché pour Apparences et Les rescapés, fêtais essoufflé de faire des demandes de subvention et d\u2019attendre quatre ou cinq ans pour tourner un film.Je me suis dit que je devais arrêter de chialer contre la télé.Je me suis dit que, de la télé, il y en a de la mauvaise et il y en a de la bonne grâce à des gars comme Alain Desrochers [Musée Eden] ou Podz [19-2], des gars qui ont fait des films, alors pourquoi pas moi ?J\u2019en ai fait et fai adoré ça.Oui, ça va plus vite.Oui, il y a moins d\u2019argent, mais on a ENCORE TELEVISION Francis Leclerc, ici sur le plateau des Beaux malaises avec Martin Matte, travaille autant au cinéma qu\u2019à la télévision.quand même des moyens.Bref, fai tripé et je me rends compte que j\u2019ai plus de liberté là par rapport au contenu.» Ah bon?Et de quelle manière?«Je travaille souvent avec des auteurs passionnants, ré-pond-il.Apparences, c\u2019est un des meilleurs textes que j\u2019ai lus dans ma vie, un scénario qui battait de loin mes propres écrits pour les longs métrages.En plus, je peux retravailler les scénarios avec les auteurs et j\u2019ai carte blanche comme réalisateur.Je peux même choisir mon équipe de création.Pour Marche à l\u2019ombre, le producteur m\u2019a dit que je pouvais travailler le sujet comme je le voulais en me demandant de flyer le plus possible avec les autres créateurs.» 11 revient avec un contre-exemple cinématographique.Francis Leclerc travaille avec le conteur Fred Pellerin à l\u2019adaptation du roman d\u2019apprentissage Pieds nus dans l\u2019aube de son célébrissime père Félix.Le duo vient de déposer sa deuxième proposition auprès des organismes subventionnaires, et le projet pourrait aboutir sur un plateau l\u2019été prochain.«Je ne m\u2019ennuie pas de cette démarche ardue, dit-il.C\u2019est long, faire accepter un film.On nous pose des questions sur chaque paragraphe, chaque scène.Tout est rendis en question.» A la télé par contre, les réalisateurs se greffent aux projets en aval des démarches déjà bien enclenchées et assurées d\u2019aboutir.«Quand on m\u2019approche pour Apparences, c\u2019est ^«Apparences se fait», résume M.Leclerc.Les grands nombres Ce cinéaste a le don de bien se placer et n\u2019a pas moins de mérite pour autant.L\u2019entrevue téléphonique se tient entre deux plateaux, de Saint-Bruno, dans la belle maison des Beaux malaises, où se tourne la troisième saison de la comédie de Martin Matte.Une autre série de très haute tenue, cette qualité stimulant aussi l\u2019attrait de la télé pour les créateurs : la télé est meilleure parce que la télé attire les meilleurs.Francis Leclerc en rajoute en soulignant que la qualité et la quantité ne sont pas incompatibles.«Les beaux malaises attirent deux millions de téléspectateurs par semaine, dit-il.Ça me fait cipprécier encore plus résultat.Ce que je fais est vu.» Un été sans point ni coup sûr a tenu l\u2019affiche quelques semaines en 2008 et attiré un peu plus de 113 000 personnes en salle.«C\u2019est respectable.C\u2019est quatre ou cinq Centre Bell.Mais ça n\u2019a rien à voir avec les rendements des séries qui marchent.Quand je suis au guichet automatique et que, dans la file, f entends des jokes de l\u2019épisode des Beaux malaises de la veille, je suis fier du rayonnement.Je suis content de toucher les gens.J\u2019ai du plaisir à raconter de belles histoires et à être entendu.» Dans cet examen des mérites comparés des écrans, le réalisateur n\u2019appuie pas trop sur le long format de la télé, alors que des collègues célèbrent la possibilité de déployer une histoire sur des dizaines et des dizaines d\u2019heures.The Sopranos remplit 86 épisodes, The Good Wife, 135.«Certaines devraient s\u2019arrêter, dit Francis Leclerc, sans juger ces exemples précis./e suis partisan de trois saisons, maximum.Mais peut-être qu\u2019un jour, fen ferais plus, alors je ne juge pas davantage.» Sa franchise passe la pommade sur un milieu habitué aux flagorneries.Francis Leclerc commente tout aussi honnêtement l\u2019observation imparable que la bonne télé (comme la sienne) ne doit pas non plus faire oublier la mauvaise.Pour ces Beaux malaises, combien dîAuberge du chien noir, de Mémoires vives et d\u2019autres productions ringardes et périmées ?«Je pilonne, je pilonne et, souvent, je me ramasse au canal des sports, dit le réalisateur, sans commenter ces exemples précis de fiction.Je ne suis pas le public cible pour les émissions journalières, mais il y a un public pour ça.Il y a de la télé qu\u2019on regarde comme on écoute de la musique, en bruit de fond, pendant qu\u2019on cuisine.Moi, les séries que je fais, f essaie qu\u2019elles soient assez captivantes pour qu\u2019on ne pense pas à faire de la cuisine en même temps qu\u2019on les regarde.Et f espère évidemment que l\u2019argent va continuer à aller vers des séries de qualité.» Le Devoir Lire aussi > Un article à la une de L\u2019Agenda sur la série Marche à l\u2019ombre.35eme saison piano Dorothy Fieldman Fraiberg clarinette Simon Aldrich violon Elvira Misbakhova alto Brian Bacon violoncelle Sheila Hannigan Œuvres de Mozart, Scriabin et Vaughan Williams le jeudi 15 octobre, 20 heures Salle Redpath, Université McGill Entrée libre www.allegrachambermusic.com B Desjardins PARTENAIRE PRINCIPAL Salle Bour< DÉJEUNER-BÉNÉFICE DU DOMAINE FORGET DIMANCHE NOVEMBRE 10 H 30 AU FAIRMONT LE MANOIR RICHELIEU Sous la présidence d'honneur de monsieur RICHARD VOYER, vice-président et directeur général Soprema - Amérique du Nord % Réservez vos billets! 418 452-81 1 1 domaineforget.com SOPREMA MSL .B CGI Eâ]t Stem Monatt SENCRl AVOCAIS .ourdie La Fondation Arte Musica présente PLEINS FEUX SUR SCHUBERT Lieder Dimanche 18 octobre \u2022 14h Donna Brown, soprano Stéphane Lemelin, piano Un programme varié de lieder de SCHUBERT.Une sortie dominicale idéale! L'EPOPEE DES HEIKE Dimanche 1°' novembre \u2022 14h Junko Ueda, chant et satsuma biwa [Japon] Avec sa voix pleine de mystère, Junko Ueda récite des poèmes épiques datant du XIV® siècle ! Avec surtitrages en français LA JEUNE FILLE ET LA MORT Mercredi 18 novembre \u2022 19h30 QUATUOR CARDUCCI HAYDN Quatuor à cordes opus 33 n\u201c 2 CHOSTAKOVITCH Ûuatuorà cordes n° SCHUBERT Quatuor à cordes n\" 14, « La jeune Fille et la Mort » Découvrez ce quatuoranglais dans un des chefs-d'œuvre de Schubert! Patriotei V du mondèy \\ É.Champagne/D.Dim/ G.Dharmoo/E.Hall Bruch\t^ Smetana r Billets à ' partir de i w: ^3 * octobre Billets et programmation complète SALLEBOURGIE.CA \u2022 514-285-2000 M MUSEE DES BEAUX-ARTS MONTRÉAL FONDATION ARTE MUSICA Présenté par Julian\tYolanda\tMaison symphonique Kuerti\tBruno\tde Montréal Chef\tViolon\t19 h 30 orchestremetropolitain.com EN COLLABORATION AVEC AÉROPORTS DE _ M^PNTREAL.Conseil des arts de Montréal en tournée \u2022\tAhuntsic [Première Église Évangélique Arménienne) : 20 oct.\u2022\tVerdun: 21 oct.\u2022\tRivière-des-Prairies: 22 oct.\u2022\tPointe-CLaire: 24 oct.\u2022\tMercier-HocheLaga-Malsonneuve: 25 oct.PROCHAIN CONCERT EN SOUVENIR : 70 ANS PLUS TARD 6 NOVEMBRE Montréal^ S3 placedesarts.com E 8 LE DEVOIR, LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE II OCTOBRE 2015 [DE VISU Un musée revisité Le MAJ rouvre ses portes avec plusieurs expos, dont une rétrospective de Geneviève Cadieux VOILA LE MEILLEUR PORTRAIT QUE, PLyS TARD, J\u2019AI REUSSI A EAIRE DE LUI.PASSAGES VERS L\u2019ABSTRACTION Rétrospective Geneviève Cadieux Commissaire: Vincent Bonin LA EEMME DANS LA CHAMBRE Andrée-Anne Roussel Commissaire: Marie-Claude Landry Jusqu\u2019au 3 janvier Musée d\u2019art de Joliette NICOLAS MAVRIKAKIS a y est.Le projet a été w mené à bon port.Après pms de deux ans de travaux, le Musée d\u2019art de Joliette (MAJ) a été officiellement rouvert le 2 octobre dernier en inaugurant une rétrospective de l\u2019artiste Geneviève Cadieux, rétrospective montée par le réputé commissaire Vincent Bonin.Cette expo Cadieux était un projet amorcé par sa prédé-cesseure Gaetane Verna (maintenant directrice du Power Plant, à Toronto), mais que la directrice actuelle du MAJ, Annie Gauthier, a poursuivi.Dans cette rétrospective, non exhaustive \u2014 elle ne contient que 11 œuvres \u2014 et non chronologique, le commissaire Vincent Bonin a voulu traiter de la tension entre figuration et abstraction dans l\u2019œuvre de Cadieux.Voilà un sujet qui méritait en effet absolument qu\u2019on s\u2019y attarde.Comme l\u2019écrit Bonin, on a en GENEVIEVE CADIEUX La rétrospective de l\u2019artiste Geneviève Cadieux a été montée par le réputé commissaire Vincent Bonin.effet plus souvent souligné comment Cadieux «a superposé métaphoriquement la pellicule, captant et restituant les impulsions lumineuses, à la peau comme membrane douée de mémoire».Dans cette tension entre abstraction et LUNDI lîj) OCTOBRE DÈS 19 H À LA SALA ROSSA 4848, BOULEVARD SAINT-LAURENT « NE RESTEZ PAS SEULS DANS .VOTRE SALON À DÉPRIMER! VENEZ NOUS REJOINDRE À LA SALA ROSSA INTERVENTIONS POÉTIQUES ET CITOYENNES.ET SHOOTERS! OUVERT A TOUS ENTREE LIBRE figuration dans l\u2019œuvre de Cadieux, nous pourrions voir l\u2019expression de la limite entre ce qui est représentable (et de l\u2019ordre du visible) et ce qui est irreprésentable (ce qui dépasse la figuration et le domaine de l\u2019œil).Cette frontière sur laquelle l\u2019œuvre de Cadieux s\u2019est construite nous parle aussi d\u2019un va-et-vient entre un désir de transcendance par rapport au corps et la nécessité de l\u2019incarnation du désir en un objet bien matériel.11 est donc encore question de ce corps dont nous sommes à la fois le prisonnier, le gardien, le jouisseur.11 faut aller lire le texte de Vincent Bonin disponible sur Internet ou au MAI et qui permettra de mieux comprendre la création de Cadieux.Et cette ouverture du MAJ dévoile d\u2019autres expos et œuvres.En visitant ce «nouveau» musée, vous pourrez voir une vidéo interactive d\u2019Andrée-Anne Roussel, intitulée La femme dans la chambre, ainsi que des murales du collectif En masse pour les masses.Cette institution revisitée est maintenant couronnée par une œuvre de Claudie Gagnon intitulée Collections, le temps suspendu.Cette installation, visible de l\u2019extérieur, composée de petits objets du quotidien en verre, mais qui de loin ont des allures de cristal, a été réalisée dans le cadre de la politique d\u2019intégration des arts à l\u2019architecture.a Le nouveau hall du Musée d\u2019art de Joliette Mise à niveau Et puis le musée s\u2019est fait un nouveau visage avec, entre autres, une nouvelle façade.Mais surtout, il a été mis à niveau par rapport aux normes muséologiques actuelles, avec entre autres un monte-charge qui manquait cruellement, avec des espaces éducatifs imposants et avec plus d\u2019espace pour les réserves au sous-sol, en lieu et place d\u2019une salle d\u2019exposition.La surface d\u2019exposition n\u2019a certes pas été augmentée, ce qui pourra sembler embêtant, car la collection du VOUS AUSSI SOYEZ LE TEMPSrUNE SOUPE DU 15 AU 18 OCTOBRE 2015 PLACE EMILIE-GAMELIN musée contient 8000 pièces.C\u2019est peut-être le seul bémol dans ce projet, puisque malheureusement la subvention donnée par le gouvernement du Québec ne permettait pas vraiment de réaliser un agrandissement des espaces destinés aux expositions.Si on ajoute à cela une mise en scène des œuvres plutôt épurée, le visiteur aura la \u2014 fausse ?\u2014 sensation que l\u2019ancien Musée d\u2019art de Joliette, pourtant plus petit, proposait un parcours plus dense, avec plus d\u2019œuvres.Collection permanente Pour pouvoir montrer plus de pièces de ses réserves, la directrice a pensé à changer très régulièrement la présentation des œuvres dans les sections réservées aux collections permanentes, répondant ainsi aux souhaits des gens de la région, dont plusieurs donateurs.11 faut dire que l\u2019exposition permanente n\u2019avait pas été changée depuis 13 ans! Tout de même, notons qu\u2019au rez-dechaussée, la première salle destinée aux ex- MUSEE D ART DE JOLIETTE positions temporaires offre une aire ouverte plus facilement aménageable, un mur ayant été retiré.Et puis, il y a une terrasse qui recevra l\u2019été prochain un écran vidéo permettant le visionnement d\u2019œuvres, une agora extérieure pour des événements, un espace pour des projets spéciaux.Le MAJ a aussi entrepris une réforme interne qui comprend, entre autres, une nouvelle politique pour les acquisitions.La directrice Annie Gauthier a voulu encore plus «développer un dialogue avec les gens de la région».Un exemple : en réaction aux réticences du public de la région à certaines œuvres d\u2019art très contemporaines.Madame Gauthier a mis en place un système d\u2019ambassadeurs locaux qui, après avoir reçu une courte formation sur l\u2019art présenté au musée, se font un devoir d\u2019expliquer des œuvres aux visiteurs de la région.Un musée revisité.Collaborateur Le Devoir Marcel Barbeau Jusqu au 1 5 octobre GALERIE MICHEL GUIMONT 273 rue St Paul Quebec (418) 692 1188 www.galeriennichelguinnont.conn GALERIE MICHEL GUIMONT LE DEVOIR LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE II OCTOBRE 2015 E 9 CULTURE)DE VISU Tous contre le monument Le centre d\u2019artistes AXENÉ07 et la toute nouvelle Galerie UQO (pour Université du Québec en Outaouais) ne se sont pas nécessairement mis d\u2019accord, mais leurs expositions, en ces temps de campagne électorale, s\u2019opposent au dogmatisme de Stephen Harper et à son projet de monument public.JEROME DELGADO Au Monument aux victimes du communisme, projet du gouvernement canadien qui prendra forme en 2016, faudrait-il répondre, comme l\u2019a déjà suggéré Elizabeth May, chef du Parti vert, par un «monument aux victimes du capitalisme»?Cette commémoration en pierre fait-elle partie, comme l\u2019a signalé l\u2019historien Yakov Rabkin, «de la rhétorique belliqueuse et manichéenne du gouvernement Harper en matière de politique internationale» {Le Devoir, 7 juillet 2015)?Le futur monument est déjà tout un symbole de l\u2019idéologie défendue par la mouvance conservatrice qui dirige le pays depuis dix ans.En ces temps de campagne électorale, des artistes sont montés au front pour dénoncer une manière simpliste de (re) faire l\u2019histoire.Deux espaces de Gatineau, à l\u2019ombre du Parlement, exposent une vague de contre-propositions à faire déboulonner le plus solide des édihces.Politisée jusqu\u2019aux os, l\u2019exposition Monuments aux victimes de la lib,erté réunit, au centre AXENE07, la plus imposante délégation d\u2019artistes engagés dans une cause.De mémoire, même le printemps érable n\u2019avait réussi à tenir une expo avec autant de porteurs de carrés rouges.Les quinze propositions exposées découlent d\u2019un appel lancé par le collectif Entrepre- neurs du commun, qui invitait, par ironie, à voir la liberté comme un totalitarisme.L\u2019idée consiste à offrir autre chose qu\u2019un monument idéologique, confus et malhonnête.Certains artistes en proposent le parfait antidote, comme Emmanuel Galland et son Quand c\u2019est non, c\u2019est non., ou comme Edith Brunette et son Contre-monument à 100 millions de brins d\u2019herbe identiques.Les deux s\u2019imaginent occuper le site voisin de la Cour suprême du Canada destiné au monument, le premier avec un «non» géant, la seconde avec un jardin communautaire.Sans tomber dans la dénonciation brutale du néolibéra-lisme, l\u2019expo en pointe les paradoxes.Le «communisme» n\u2019est-il pas de nos jours un produit qui se vend ?Steve Gias-son, l\u2019artiste qui a entamé cet été des Performances invisibles, a acheté sur le site Web de l\u2019empire Walmart différentes éditions du Manifeste du Parti communiste.Onze Marx et Engels, dans onze sacs en plastiquq, sont ainsi exposés à AXENE07, à la fois comme marchandise et comme objet de convoitise.L\u2019expo, qui déborde des salles habituelles, prend place autant dans le corridor que dans les toilettes (une œuvre sonore qui tombe dans le brouhaha inoffensif), ainsi qu\u2019à l\u2019extérieur.C\u2019est là qu\u2019un non-monument attend les visiteurs.La plaque en bronze de Milutin Gubash rappelle la désillusion qui attend souvent RÉMI THÉRIAULT L\u2019une des propositions de l\u2019exposition Montinu iih aux victimes de la liberté est celle de Dominique Sirois, qui a conçu une sculpture hyperrealiste d un sans-abri sans visage à enjamber dans le corridor.les immigrants en quête de liberté.Pas question d\u2019ériger un monument, dans ce cas.L\u2019humour s\u2019offre, pour sa part, en échappatoire à un sombre contexte.Chez Clément de Gaulejac, la touche toute simple digne de la caricature politique s\u2019exprime en affiches, puis par l\u2019entremise d\u2019un autel votif avec boîte à musique (on y entend L\u2019internationale, bien sûr).Cynique, la contestation prend une tournure macabre lorsque les artistes comptabilisent les victimes d\u2019autres régimes.Le collectif Projet EVA identifie avec des fiches nécrologiques 28 individus décédés entre 1839 et 2014 \u2014 les Rosa Luxembourg et Biko de ce monde.Pour Dominique Sirois, la pauvreté est un stigmate du capitalisme qui se camoufle bien.Elle énonce ceci en deux œuvres.Monument du désœuvrement, une sculpture hjqier-réaliste d\u2019un sans-abri sans visage à enjamber dans le corri- dor, et Sleeping Data, série de graphiques statistiques cousus sur un sac de couchage.La liberté a engendré toutes sortes de créatures, dont le pédophile John Wayne Gacy, dit «Killer Clown», devenu une fois en prison peintre apprécié de collectionneurs.Thierry Marceau, artiste de la performance connu pour ses mises en scène où il incarne d\u2019illustres personnages, revient ^ur ce triste énergu-mène.A la manière de l\u2019ermite dans le film Simon du désert, de Bunuel, le Gacy de Marceau est perché dans sa cage, oisif, sauf pour se peindre en clown.Un scrupuleux marchand d\u2019art, qui vient cueillir les tableaux, s\u2019en réjouit.Révolution sans monument L\u2019exposition S\u2019endormir près du monument pendant la révolution, à la Galerie UQO, n\u2019a pas les mêmes ampleur et rage.Elle offre néanmoins une autre lecture du passé communiste que celle étriquée défendue par les Harper au pouvoir.Milutin Gubash (encore), Guillermo Trejo et le Néerlandais Bojan Eajfric se partagent l\u2019espace en proposant leur vision toute personnelle.Le monument de Gubash, réalisé par accumulation de ses propres œuvres, artefacts et caisses d\u2019entreposage, parle d\u2019idendté.Les imprimés de Trejo évoquent le rôle des tracts dans la lutte politique, alors que la vidéo de Eajfric revient sur la fin de la Yougoslavie, prélude à d\u2019autres injustices et conflits.Tout n\u2019est pas si simple ni simpliste, contrairement à ce qu\u2019énoncera le Monument aux victimes du communisme.Or, c\u2019est lui qui sera coulé dans le béton.Comme jadis les statues de Lénine.Collaborateur Le Devoir MONUMENTS AUX VICTIMES DE LA LIBERTE AXENÉ07 (80, rue Hanson, Gatineau), jusqu\u2019au 17 octobre S\u2019ENDORMIR PRÈS DU MONUMENT PENDANT LA REVOLUTION Galerie UQO (101, rue Saint-Jean-Bosco, Gatineau), jusqu\u2019au 31 octobre SCVLPTViRE 2015 Palais des consrès de Montréal 16 au 18 octobre % W \\ GRAND RASSEMBLEMENT ^ DE SCULPTEURS R FONDERIE D\u2019ART D'INVERNESS WWW.SCVLPTVRE.COM 2281 E 10 LE DEVOIR LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE II OCTOBRE 2015 CULTURE>CINEMA FOX SEARCHLIGHT Le documentariste Davis Guggenheim brosse un portrait résolument élégiaque du Prix Nobel de la paix 2014.Malala superstar HE NAMED ME MALALA ?Documentaire de Davis Guggenheim.Etats-Unis, 2015, 87 minutes.ANDRÉ LAVOIE Difficile d\u2019ignorer, et de ne pas admirer, un personnage de la stature de Malala Yousaf-zai: à la fois frêle et courageuse, éloquente et espiègle, brillante et consciente de ses limites.Avant que les talibans ne la prennent pour cible en octobre 2012, cette jeune Pakistanaise faisait déjà parler d\u2019elle sur la scène internationale via un blogue de la BBC, décrivant les misères d\u2019une fillette à vouloir s\u2019instruire dans une région du monde où les fanatiques font la loi et prônent l\u2019ignorance.Elle vient tout juste d\u2019avoir 18 ans et son parcours n\u2019est rien de moins qu\u2019exceptionnel ; pareil destin n\u2019allait pas rester trop longtemps loin des écrans de cinéma.Dans He Named Me Malala, Davis Guggenheim {An Inconvenient Truth, Waiting for Superman) dresse un portrait résolument élégiaque du prix Nobel de la paix 2014, retraçant, dans un certain désordre, les étapes qui l\u2019ont conduite à une célébrité planétaire, à commencer par sa survie après de délicates opérations dans un hôpital de Birmingham en Angleterre, le visage défiguré par une balle qui l\u2019a laissée à moitié sourde.Qu\u2019est-ce qui a fait de Malala une superstar du militantisme pour l\u2019éducation des femmes et de la justice sociale ?Le titre du film est sans équivoque sur l\u2019influence déterminante de son père, Ziauddin Yousafzai, brillant orateur et esprit progressiste, ayant choisi pour sa fille le prénom d\u2019une Jeanne d\u2019Arc afghane du XIX® siècle, Malala Anaa, inébranlable devant la puissante armée britannique.Cet homme admi-ratif n\u2019est jamais loin de sa progéniture, surtout lorsqu\u2019ils se retrouvent aux quatre coins du monde, mais la caméra de Guggenheim capte aussi des moments d\u2019intimité familiale avec les deux frères de Malala, drôles et turbulents, ainsi que sa mère, discrète et ambivalente devant la renommée de sa fille.Dans un souci de clarté quasi pédagogique \u2014 le film devrait faire un tabac dans les salles de classe \u2014, plusieurs séquences d\u2019animation illustrent quelques temps forts de la vie de celle fréquentant les stars le jour et se penchant sérieusement sur ses devoirs le soir.Ici et là, on s\u2019amuse devant quelques instants volés à une Malala moins cérémonieuse, gênée de parler de la beauté des garçons ou taquine avec ses deux frères, dont l\u2019un n\u2019hésite pas à dire que sa sœur n\u2019est pas la préférée de sa mère.A-t-on droit à des révélations fracassantes sur celle qui ne peut plus remettre les pieds au Pakistan sans risquer sa vie ?Tout au long des 18 mois de tournage, elle semble avoir déjoué les questions plus personnelles du cinéaste, refusant d\u2019aller dans les recoins sombres de son âme, évitant aussi de diaboliser ses bourreaux (qui ne demandent sûrement que cela).Leur travail de sape est d\u2019ailleurs évoqué dans une séquence de type micro-trottoir où des Pakistanais affichent ouvertement leur hostilité à l\u2019égard de Malala, la croyant totalement manipulée par l\u2019Occident.He Named Me Malala n\u2019arrivera guère à les convaincre du contraire.Il s\u2019agit bel et bien d\u2019un monument à la gloire de celle dont le combat mérite par ailleurs respect et attention.Or, de l\u2019attention, elle en a déjà beaucoup, et Guggenheim ne fait qu\u2019ajouter une note (jamais discordante) au concert d\u2019éloges.Collaborateur Le Devoir Entre la tête et le cœur L\u2019enjeu principal du filmZ^ monde de Nathan n\u2019est pas celui qu\u2019on croit LE MONDE DE NATHAN (V.F.DE A Brilliant Young Mind) ?Réalisation: Morgan Matthews.Asa Butterfield, Sally Hawkins, Rafe Spall, Eddie Marsan.Grande-Bretagne, 2015, 111 minutes.FRANÇOIS LÉVESQUE Nathan est un enfant prodige.Il peut apprendre une langue étrangère rien qu\u2019en lisant un manuel.Il peut rejouer n\u2019importe quel morceau de piano en ne l\u2019ayant entendu qu\u2019une fois.Surtout, il peut résoudre les équations mathématiques les plus élaborées.Nathan aime tout ce qui peut être expliqué scientifiquement.Les émotions, les sentiments, les gens.c\u2019est plus compliqué.Le monde de Nathan relate l\u2019histoire de ce jeune autiste, attachant mal^é tous ses efforts pour ne pas se lier.A l\u2019origine de cette production «inspirée par des faits réels» se trouve le documentaire télévisé Beautiful Young Minds (2007), qui se penchait sur le processus de sélection des Olympiades internationales de mathématiques.En cours de production, le réalisateur Morgan Matthews constata que plusieurs des adolescents de la compétition souffraient d\u2019une forme ou d\u2019une autre d\u2019autisme.Touché, il décida de leur consacrer un film en privilégiant cette fois la fiction, laquelle lui permettait de concentrer la majorité de ses observations en un seul protagoniste.Nathan est campé avec brio par Asa Butterfield (et par Edward Baker-Glose durant la petite enfance).L\u2019interprétation de ce genre de rôle souffrant souvent d\u2019un abus de «méthode», le naturel privilégié par la vedette du Hugo de Scorsese emporte d\u2019emblée l\u2019adhésion.Il en va de même du côté des adultes, avec une mention spéciale, sans surprise, à l\u2019ir-répressiblement sympathique Sally Hawkins SEVILLE Le monde de Nathan est Thistoire d\u2019un jeune autiste, attachant, malgré tous ses efforts pour ne pas se lier.{Paddington) en mère pleine de patience, d\u2019abnégation et d\u2019affection jamais retournée.Le cœur dans le viseur A cet égard, les cinéphiles apprécieront l\u2019approche hitchcockienne du film qui, bien que dénué de suspense, n\u2019en recourt pas moins à l\u2019un des procédés narratifs favoris du maître : le MacGuffin, cet objet, ou cette visée, poursuivi par les personnages et paraissant justifier l\u2019intrigue, mais qui s\u2019avère une fausse piste (l\u2019uranium dans Les enchaînés, l\u2019argent volé dans Psychose).Dans Le monde de Nathan, tout indique que l\u2019enjeu principal est de découvrir si Nathan parviendra ou non à gagner les Olympiades.Contre toute attente, la quête véritable qui anime le film de Morgan Matthews n\u2019est pas celle au terme de laquelle Nathan triomphera de ses pairs en usant de ses facultés intellectuelles inouïes, mais bien celle à l\u2019issue de laquelle il apprendra à exprimer ses émotions \u2014 et à recevoir celles d\u2019autrui (nommément l\u2019amour débordant de sa mère).Objectivement, Le monde de Nathan n\u2019est pas un grand film : la mise en scène est anonyme et la musique folk-pop de Keaton Henson est trop présente, entre autres bémols.Seulement voilà, grâce notamment aux comédiens, cette histoire-là émeut.Sans doute votre appréciation de ce drame lumineux dépendra-t-elle de votre capacité à effectuer un voyage intérieur similaire à celui du héros.Un voyage dont la destination n\u2019est pas la tête, mais le cœur.Le Devoir Double vie MANON DUMAIS 99 HOMES Etats-Unis, 2014,112 minutes.Drame de Rahmin Bahrani avec Andrew Garfield, Michael Shannon, Laura Dern, Noah Lomax et Tim Guinee.Après avoir été expulsé de sa maison avec sa mère et son fils de neuf ans (Laura Dern et Noah Lomax) par un homme d\u2019affaires sans scrupule (Michael Shannon), un ouvrier de la construction (Andrew Garfield) se retrouve à travailler pour lui dans l\u2019espoir de retourner chez lui.Attiré par la richesse et le pouvoir que lui fait miroiter l\u2019homme d\u2019affaires, il se retrouve alors à expulser des familles honnêtes de leur foyer.Lorcé de vivre avec les siens dans un motel miteux où s\u2019entassent d\u2019autres familles chassées de leur logis, l\u2019homme ne souffle évidemment mot à personne de son emploi du temps.Inspiré d\u2019une histoire vraie, ce drame faus-tien immobilier vaut le détour grâce au jeu de Michael Shannon, qui n\u2019a pas son pareil pour incarner avec autant de brio pn personnage aussi séduisant que rebutant.A ses côtés, Andrew «Spider-Man» Garfield fait pâle figure, se contentant de grimacer et d\u2019avoir les yeux embués les trois quarts du temps.Malgré son talent, Laura Dern n\u2019arrive pas à rendre crédible son personnage de coiffeuse qui ne semble rien faire d\u2019autre que de passer un coup de peigne à ses voisines de fortune sans vraiment s\u2019interroger sur les allées et venues de son fils.Difficile de faire plus potiche.Ayant eu plus de succès à raconter les difficultés d\u2019un agriculteur dans At Any Price, Rahmin Bahrani semble s\u2019être désintéressé en cours de route de son sujet, les impacts de la crise économique, sujet traité avec drôlement plus de verve et de conviction par le documentariste Michael Moore dans Capitalisme.Une histoire d\u2019amour.Non seulement signe-t-il une réalisation terne où même les somptueuses résidences passeraient pour des décors de car-ton-pâte, mais le récit qu\u2019il propose se révèle des plus convenus et prévisible.Hormis le personnage de Shannon, tous apparaissent trop unidimensionnels pour être crédibles, ce qui n\u2019aide en rien à étoffer ou complexifier les enjeux dramatiques.Quant à l\u2019issue du drame, elle se devine dès la poignée de main qu\u2019échangent l\u2019homme innocent et le diable.Collaboratrice Le Devoir IL WS FILMS Un drame faustien immobilier qui vaut le détour grâce au jeu de Michael Shannon.TRIPTYQUE SUITE DE LA PAGE E 10 surréel.Echapper à la gravité, ça passe aussi par le rêve, qui est le meilleur antidote au poids de la réalité.En fait, la liberté absolue n\u2019existe que dans le rêve», explique Samuel Tétreault.Quant à Mauro, décrit comme un artiste de la «génération YouTube », friand d\u2019images et de théâtre, il s\u2019est laissé emporter par ce thème onirique qui permet de défoncer tous les carcans.Sur la musique de Psycho de Hitchcock, de Bjork ou de Lrançoise Hardy, la scène prend des airs de plateau de cinéma et transporte le spectateur autour d\u2019un lit, dans un songe habité par deux danseuses, cinq acrobates et un danseur acrobate.La symbiose est alors totale.«Le cirque est un art de liberté.Le monde de la danse pense parfois qu\u2019il est supérieur et autosuffisant.Pour moi, cette invitation du cirque à briser les frontières, ça m\u2019a ouvert un champ vierge.Cela m\u2019a reconnecté avec la raison pour laquelle j\u2019aime travailler la scène: cet espace total de liberté», soutient le chorégraphe catalan.Mains anonymes qui émergent d\u2019un matelas, unique pas de deux pour vélo et danseuse, lit transformé en vaisseau fantôme: le chorégraphe et les 7 doigts s\u2019en sont donnés à cœur joie pour cette rencontre unique entre cirque et danse, parfaitement assumée.Le Devoir ASMAA IBNOUZAHIR \\ Chroniques d\u2019une uiusulniane I indignée Féministe, musulmane et engagée Une conMbufion essenlielle à la mosaïque Irès diverse que représenlenf les réalités de l'immigrafion, de l'islam et des femmes musulmanes, SODEC\tConse I des Arts Canada Courte I Quebec HH\tV^UllClLld.\tCO du canada\tfo the Arts F I D E S groupefides com F LE DEVOIR LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE II OCTOBRE 2015 E 11 CULTURE.CINEMA ENTREVUE Une mémoire à raviver Giulio Ricciarelli revient sur une Allemagne momentanément amnésique après la Deuxième Guerre mondiale FRANÇOIS LEVESQUE Le drame Le labyrinthe du silence prendra l\u2019affiche au Québec le 16 octobre prochain.Le 27 août dernier, l\u2019Allemagne annonçait que le long métrage de Giulio EÜcciarelli serait son candidat dans la course à l\u2019Oscar du meilleur fîkn en langue étrangère.Les plus cyniques y ont vu un choix stratégique, cette production historique traitant de l\u2019Holocauste, un sujet toujours populaire auprès de l\u2019Académie.Seulement voilà.Le labyrinthe du silence s\u2019avère une œuvre on ne peut plus méritante, d\u2019autant qu\u2019elle trouve le moyen de mettre en lumière une donnée fondamentale demeurée jusqu\u2019ici dans l\u2019ombre, à savoir le refus initial des autorités allemandes de se souvenir.Et d\u2019agir.L\u2019intrigue débute en 1958 et se déroule sur une période d\u2019environ dix ans.On y suit les tribulations de Johann Radmann, un jeune procureur qui, après avoir découvert l\u2019ampleur de la Shoah, tente de traduire en justice les anciens nazis, qui non seulement ont échappé à la justice, mais mènent pour plusieurs une existence sans tracas.Or, Johann s\u2019aperçoit vite que même les preuves les plus accablantes ne suffisent pas dans un contexte politique où prévaut un statu quo délétère.«Le procès d\u2019Auschwitz de 1947 a été vite oublié par la population, et ce, avec l\u2019aide du gouvernement», explique le cinéaste d\u2019origine italienne lors d\u2019un entretien téléphonique.«On voulait que le pays regarde vers l\u2019avenir, mais ce faisant, on a momentanément occulté le passé.Le fait est qu\u2019en Allemagne, on ne se souvient véritablement que depuis 1963, lorsqu\u2019à débuté ce qui est généralement appelé le second procès d\u2019Auschwitz.Dans l\u2019intervalle, nombre d\u2019anciens nazis ont continué d\u2019exercer des fonctions de pouvoir en se protégeant entre eux.Cette période d\u2019amnésie i i METROPOLE EILMS Tourné comme un suspense, Le labyrinthe du silence n\u2019en colle pas moins à la réalité historique.collective, comme un déni du passé immédiat en quelque sorte, c\u2019est ce qui m\u2019a le plus frappé lorsque fai commencé à travailler sur le projet.» Un héros composite Tourné comme un suspense, Le labyrinthe du silence n\u2019en colle pas moins à la réalité historique.Johann, ce juriste idéaliste qui déchante puis renonce pour mieux revenir, est certes une création.\\\\ Personne ne semble s\u2019en souvenir [du procès d\u2019Auschwitz].D\u2019où, je l\u2019espère, la pertinence du film.yy Giulio Ricciarelli à propos du film Le labyrinthe du silence mais le personnage a été construit en amalgamant les expériences de trois procu- reurs d\u2019alors.«L\u2019idée était de s\u2019accorder une licence pour l\u2019aspect émotionnel.mais de se montrer extrêmement rigoureux quant à l\u2019aspect factuel», résume le cinéaste, puisqu\u2019il est en effet des sujets avçc lesquels on ne badine pas.A ce chapitre, au cours de ses recherches, Giulio Ricciarelli n\u2019a pu que constater combien sommaires étaient ses connaissances de l\u2019histoire de l\u2019AUemagne tout de suite après la guerre.Comme quoi, plus ça change.«J\u2019ai grandi dans le système d\u2019éducation allemand et, oui, j\u2019ai reçu beaucoup d\u2019information en lien avec l\u2019Holocauste, mais je ne savais pour ainsi dire rien du procès d\u2019Auschwitz, de ses lacunes et de l\u2019impunité relative qui a provisoirement suivi.Personne ne semble s\u2019en souvenir.D\u2019où, je l\u2019espère, la pertinence du film.» On pense souvent qu\u2019au cinéma, tout a été dit et montré à propos de l\u2019Allemagne nazie, mais c\u2019est faux : la preuve.Le Devoir La naissance du garçon dans le vent PAN ?Comédie fantaisiste de Joe Wright avec Levi Miller, Hugh Jackman, Rooney Mara, Garrett Hedlund.Etats-Unis, 2015, 111 minutes.ANDRÉ LAVOIE Lors de la projection de Pan, parmi une ribambelle d\u2019enfants, j\u2019étais sans doute le seul spectateur à éprouver un réel enthousiasme à voir.le nouveau film du cinéaste britannique Joe Wright.Certains d\u2019entre eux sont littéralement envoûtants {Pride & Prejudice, Atonement, Anna Karenina), et on a droit à tous les espoirs devant cette variation autour du célèbre personnage de l\u2019écrivain écossais J.M.Barrie, ou plutôt ce « prequel » des cavalcades de Peter Pan, pour parler en langage hollywoodien.A ceux et celles qui se demandaient d\u2019où sont tirées les lubies de ce garçon qui ne voulait pas grandir et vole avec la frénésie d\u2019un papillon, le scénariste Jason Fuchs, un transfuge de la télé passé au cinéma, donne une réponse surchargée, puisant autant dans le monde impitoyable de Charles Dickens que celui des fantaisies écolos de James Cameron.Car Peter Pan (Levi Miller, un nouveau venu plein d\u2019aisance) serait d\u2019abord un orphelin échoué dans un établissement dont la dureté n\u2019a rien à envier à celle de celui que fréquentait Oliver Twist, ensuite parachuté, avec la complicité des bonnes sœurs, dans un Neverland où l\u2019on pourrait croiser la Charlize Theron de Mad Max: Fury Road.Au fond, ce n\u2019est peut-être pas plus mal que le Londres bombardé et assiégé de la Deuxième Guerre mondiale qu\u2019il a quitté à son corps défendant.Le garçon ignore tout de ses WARNER BROS Un Hugh Jackman cabotin et que l\u2019on croirait déguisé par un styliste de Lady Gaga.origines (princières et féeriques) et de son futur destin, tombant sous les griffes de Blackbeard, un pirate de l\u2019air \u2014\tles péripéties aériennes de son galion compte parmi les plus belles séquences du film \u2014\tincarné par un Hugh Jackman cabotin et que l\u2019on croirait déguisé par un styliste de Lady Gaga.Sa captivité sera l\u2019occasion de faire quelques rencontres déterminantes, dont Hook avant qu\u2019il ne soit capitaine (Garrett Hedlund, en audition pour Indiana Jones), découvrant aussi les semblables, plutôt taciturnes, de la tribu de Lily la tigresse (Rooney Mara, fade), bientôt attaqués par Blackbeard.Explosion quasi perpétuelle La bousculade narrative est constante dans cette explosion quasi perpétuelle d\u2019effets visuels où se superpose la musique tonitruante de John Powell, abonné aux films d\u2019animation tout aussi endiablés de type Rio ou Kung Eu Panda.Nul doute que la magie saura opérer auprès d\u2019un jeune public friand de ces escapades fantaisistes, et qui ne sait rien des malédictions cinématographiques autour de ce personnage ; parlez-en à Steven Spiel-berg (Hook) et à RJ.Hogan (Peter Pan).Joe Wright s\u2019aventure au milieu d\u2019un territoire où sa sensibilité est quelque peu sacrifiée.Réussir à y déceler sa finesse constitue ici un exercice périlleux; sans doute a-t-il capitulé devant la lourdeur de la tâche, et surtout de la machine.Car celle-ci est impressionnante, le cinéaste réussissant tout de même à glisser quelques pointes d\u2019humour (principalement l\u2019affaire de Jackman) et à afficher un doigté certain pour diriger de jeunes acteurs dans un tel manège technologique.Evidemment, tout ce bruit sert-il la cause de J.M.Barrie et de son Peter Pan ?Le personnage craignait la maturité.et Hollywood s\u2019en méfie aussi.Collaborateur Le Devoir La Vitrine RECIT FAIRYLAND Alysia Abbott Traduit de l\u2019anglais (Etats-Unis) par Nicolas Richard Globe Paris, 2015, 384 pages Associées à L\u2019École des loisirs, les éditions Globe se spécialisent depuis quelques années dans ce qu\u2019il est convenu d\u2019appeler la littérature de non-fiction.Ils clament : « Chez nos auteurs, tout est vrai, et leur vérité dépasse la fiction.» C\u2019est certes le cas de Fairyland, restitution sensible du San Francisco des années 70 et 80, un regard de l\u2019intérieur qui embrasse la petite histoire aussi bien que la grande.Il y a les libertés de la culture hippie, les joies de la bohème, mais également les drames, ceux qui dévastent une famille et ceux qui déciment une communauté.Après la mort de sa femme.Steve Abbott, écrivain et militant homosexuel, entreprend d\u2019élever seul sa fille de deux ans.Tissé de souvenirs, de lettres, d\u2019articles et de poèmes, le livre est un bouleversant dialogue entre une femme qui apprend à vivre au moment même où son père doit apprivoiser l\u2019idée de mourir.Dans ce vibrant portrait, il y a du crucial et de l\u2019anecdotique, des fulgurances et quelques redondances.Gageons que Sofia Coppola, qui s\u2019apprête à en faire un film, saura en extraire l\u2019essentiel.Christian Saint-Pierre EXCBNTRIS TOUT PEUT CHANGER (THIS CHANGES EVERYTHING) (V.O.STF.)-AVI LEWIS ET NAOMI KLEIN - 89 MIN.BILLETTERIE : 514 847-2206 3536, BOULEVARD ST-LAURENT, MONTRÉAL ET AUSSI A L\u2019AFFICHE: VILLE-MARIE -GUYÉDOIN 03 SICARIO (V.O.STF.) - DENIS VILLENEUVE 0_3 GUIBORD S\u2019EN VA-T-EN GUERRE H'i'l -PHILIPPE FALARDEAU PAUL À QUÉBEC -FRANÇOIS BOUVIER H'i'l ETAUSSIPRÈSDE100FILMSSUR I 3[^ CINÉMA EN UGNE GETT, LE PROCÈS DE VIVIANE AMSALEM -RONIT ET SHLOMI ELKABETZ NOUVELLES, NOUVELLES -OLIVIER GODIN CINEMAEXCENTRIS.COM L È m i E 12 LE DEVOIR, LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE II OCTOBRE 2015 ICINEMA ©CINE OUTREMONT Montréal @ theatreoutremont.ca 514 495-9944 ANATOMIE D\u2019UN DOUBLE CRIME liV-ihUiOlLOIi VO ESPAGNOLE, STFJ_______ GAGNANT DE DIX GOYAS 2015 '\tbSHj Le lundi 12 octobre 116 h et 19 h 30 r 2 ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR La cinéaste Deepa Mehta possède le courage de mettre en scène la différence.Deepa Mehta au royaume du crime ODILE TREMBLAY Deepa Mehta fait figure d\u2019oiseau rare et bigarré dans le paysage cinématographique canadien.On lui doit plusieurs œuvres tournées en Inde ou dans la communauté indienne du Canada.La cinéaste de la trilogie Fire, Earth, Water, celle qui adapta Midnight\u2019s Children de Salman Rushdie, qui lança en mille couleurs et danses Bollywood/Hollywood, a, tout au long de sa carrière, éclairé particuliérement la condition des femmes indiennes, sous un patriarcat souvent odieux.On l\u2019a vue aborder pour la première fois en Inde l\u2019homosexualité féminine {Fire), se pencher à New Delhi sur ces femmes délaissées par leurs maris, sans soutien de leurs belles-familles.Elle possède le courage de mettre en scène la différence.«Dans une communauté dominante, il est difficile de délaisser les intérêts dominants pour aborder plutôt les minorités, dit-elle.Mais on doit le faire comme artiste, pour éviter le sentiment d\u2019infériorité.Les populations issues de l\u2019immigration doivent participer aux images collectives.» Née au Pendjab, mais citoyenne canadienne depuis 1973, installée à Toronto avec son mari et producteur David Hamilton, la dame est une féministe convaincue.De passage à Montréal cette semaine, elle s\u2019avouait fort déprimée.A cause de Stephen Harper, qui pourrait bien reprendre le pouvoir, malgré son bilan désastreux, dans la foulée de cette histoire du niqab.«Une fois de plus, les femmes sont utilisées, traitées en objets, mises en tutelle, autant par leurs hommes que par le gouvernement, pour servir les intérêts d\u2019autrui.La condition des femmes est en régression partout, au Canada aussi.Ce n\u2019est pas une question d\u2019origine et de couleur de peau, mais de machisme généralisé.» Soupir! Deepa Mehta a tâté de bien des genres : romances, comédies, films d\u2019époque, œuvres contemporaines de dénonciation.Avec Beeba Boys, dans nos salles vendredi prochain, elle touche pour la première fois au film de gangsters (peu de femmes cinéastes s\u2019y frottent), avec des clans criminalisés de la communauté sikhe de Vancouver.Le film est basé en partie sur la rouge carrière du chef mafieux «Bindy» Singh Johal.« J\u2019ai eu accès à deux anciens gangsters en plus de parler avec les policiers, me nourrissant aussi des textes d\u2019une journaliste du Vancouver Sun, Kim Bolan, qui s\u2019est beaucoup penchée depuis quinze ans sur les gangs originaires du Pendjab, en deuxième ou troisième géné- Autant dire que les chants, costumes et danses de Bollywood scandent les fêtes dans Beeha Boys ration d\u2019implantation.» Dans le film, les Beeba Boys obéissent à un jeune leader charismatique (Randeep Hooda), bon père, bon fils et assassin implacable pour garder pied dans le commerce d\u2019armes et de drogue, qui vit comme un pacha \u2014 fringues, grosse maison, belle blonde dans son lit, etc.\u2014 et est pourtant voué à une mort précoce.Question d\u2019identité «Le film parle en fait d\u2019identité, d\u2019immigration.La criminalité constitue une étape dans l\u2019assimilation d\u2019une commu- nauté à un pays d\u2019accueil, estime la cinéaste.Et il faut plusieurs générations avant que des jeunes puissent se sentir partie intégrante d\u2019un pays.» Elle vous dira qu\u2019à Vancouver, les gangs de rue issus du Pendjab, peu nombreux, atterrissent en bas de l\u2019échelle du crime : «Après les Hells Angels, la mafia italienne, les triades chinoises, les clans mexicains, dans toutes les communautés, ça se déroule de la même manière : des gars se regroupent pour obtenir le pouvoir, le respect, l\u2019argent qu\u2019ils croient facile, tout en demeurant attachés aux traditions, à leur famille dans un système très patriarcal, se comportant comme des petits garçons, en fait.Ce qui varie d\u2019un groupe à l\u2019autre, c\u2019est la culture dans laquelle ces gangs criminels évoluent.» Autant dire que les chants, costumes et danses de Bollywood scandent les fêtes dans Beeba Boys.«Mon défi était surtout sur le plan émotionnel.Comment la famille réagit-elle à ces milieux d\u2019extrême violence ?Le film aborde la re- lation père-fils, et j\u2019ai dû user de mon intuition pour l\u2019imaginer.Je me penche aussi sur le rôle des femmes dans cet univers macho, les mères et les compagnes condamnées aux larmes.Ayant rencontré quelques-unes de ces femmes de gangsters, elles m\u2019ont semblé bien naïves, attirées avant tout par les beaux vêtements, l\u2019argent, le clinquant et s\u2019imaginant qu\u2019elles allaient changer leur homme.» Quoi qu\u2019il en soit, les membres de criminels des communautés sikhes de Vancouver lui ont fait savoir qu\u2019ils aimaient le film.«Pas nécessairement parce qu\u2019ils s\u2019y retrouvent, mais parce qu\u2019ils apprécient ce genre de films là, avec du sang, de l\u2019action.» Mais elle regarde déjà ailleurs, rêve d\u2019adapter le roman Annabel de Kathleen Winter, en se penchant sur l\u2019histoire d\u2019un enfant blanc, mais différent tout de même, car né hermaphrodite.«Ça soulève tant de questions, dit-elle.Est-ce que notre sexe nous définit?Qui sommes-nous ?» Elle a hâte d\u2019y plonger, tête baissée.Le Devoir Ville mère Le second long métrage de Guy Édoin conjugue changement et continuité VILLE-MARIE ?Réalisation: Guy Édoin.Avec Monica Bellucci, Pascale Bus-sières, Patrick Hivon, Aliocha Schneider.Québec, 2015, 100 minutes.ERANÇOIS LÉVESQUE Sophie séjourne à Montréal le temps d\u2019un film.Pour la star européenne, ce tournage est surtout l\u2019occasion de renouer avec son fils Thomas, qui étudie dans la métropole.Marie travaille à Montréal aux urgences d\u2019un grand hôpital.Pour l\u2019infirmière exténuée, le surmenage est d\u2019abord un moyen de ne pas penser à son fils Simon, qui vit avec sa grand-mère à la campagne.L\u2019une se languit de sa progéniture, l\u2019autre la fuit.Semblables dans leur différence, Sophie et Marie sont les héroïnes de deux récits de maternité parallèles que le cinéaste Guy Édoin fusionne graduellement dans Ville-Marie, un deuxième long métrage foisonnant et beau.Car il est riche, le scénario coécrit avec l\u2019écrivain Jean-Simon DesRochers.Et elle est splendjde, la mise en scène de Guy Édoin.Comme Pedro Almodovar \u2014 une influence revendiquée \u2014 avant lui dans Tout sur ma mère et Étreintes brisées, l\u2019auteur de Marécages insère une métafiction dans sa fiction, ici un film dans le film, qui vient indirectement éclairer l\u2019action tout en émaillant celle-ci de séquences filmées dans un style radicalement différent.En effet, le mélodrame campé dans les années 1950 que tourne Sophie évoque tour à tour Todd Haynes {Loin du paradis) et Erançois Ozon {8 femmes) empruntant à Douglas Sirk {Mirage de la vie), pour demeurer dans les mises en abyme.Et aussi Hitchcock, pour faire bonne mesure, avec ses blondes muses et ses musiques pour instruments à cordes.Bref, côté réalisation, le cinéphile passionné aura largement de quoi se sustenter.Mais il y a plus.Ainsi la «vraie vie » de Sophie est filmée de manière glamour, avec miroitements, dorures et clinquant, tandis que celle de Marie est dépeinte au moyen d\u2019une palette terne.Alternées lors des deux premiers actes, les trames de chacune convergent au troisième.Dès lors, la couleur est drainée du quotidien de Sophie tandis qu\u2019une lumière diffuse paraît vouloir percer dans celui de Marie.Ces choix concertés de mise en scène et de direction photo (Serge Desrosiers), jumelés à un montage virtuose (YvannThibau-deau), font en sorte qu\u2019un pari scénaristique potentiellement casse-gueule fonctionne.La forme et le fond Plus flamboyant, le rôle de Sophie est défendu avec panache par Monica Bellucçi, actrice entière que Guy Édoin mythifie avant de la précipiter en bas de son socle pour mieux la voir se relever, frémissante d\u2019humanité.Plus effacé, le rôle de Marie est interprété avec retenue par Pascale Bussières, comédienne brillante ayant déjà tenu ce rôle dans Marécages et à qui le cinéaste confie la tâche infiniment délicate de servir de point d\u2019arrimage au spectateur.On admire Bellucci, on est captivé par Bussières.Au final, ce second long métrage de Guy Édoin surprend et rassure.Autant Marécages était homogène dans son lyrisme rural et contenu dans son huis clos familial, autant Ville-Marie est hétérogène dans son baroque urbain et débridé, dans sa narration plurielle (Patrick Hivon épate en ambulancier à vif).Exacts contraires dans leur facture et leur inclinaison dramatur-gique, donc, les deux films partagent pourtant les mêmes obsessions.La forme diffère, le fond demeure, et c\u2019est là une excellente nouvelle pour qui se passionne pour l\u2019œuvre bourgeonnante de l\u2019auteur.A l\u2019instar de Sophie et Marie, ces deux films sont, eux aussi, on ne peut plus semblables dans leur différence.Le Devoir FILMOPTION INTERNATIONAL Le rôle de Sophie est défendu avec panache par Monica Bellucci.\\ N FILM DE GUY EDOIN Wi VilleMarieLeFilm TELEFILM QMtcZZ MONTREAL N0UVEAUCINEMA.CA #FNC2015 EN PRESENCE DU REALISATEUR ET DU PRODUCTEUR PRESENTEMENT EN SALLE SOUSTTRÉEANGLAS r^olssssr^ issasagmii raEsmssai iBiamiENi rârë^E^T^ liassFi^NsafTi\tniassaas\u2019iTi rTgjK^iüi*n ?TROIS SOUVENIRS DE MA JEUNESSE OYSTER FACTORY MALGRE LA NUIT KAZUH RO SODA 45 M N PH UPPEGANDR EUX 50 10 OCTI 18:30 I Cinéma du parc 11 OCT I 20:00 I Cineplex Odeon Quartier Latin ARNAUD DESPLEOHIN 123 MIN 11 OCT I 20:00 I Université Concordia ni Adrien Muguet/studio a&a "]
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