Le devoir, 21 octobre 2015, Cahier A
[" Les musées McCord et Stewart veulent déménager dans un nouvel édifice Page B10 R» S 4f*{ i Wll^ ¥ f www.ledevoir.corn ^ LE DEVOIR Vol.C V I N\u201c 2 3 8 LE DEVOIR, LE MERCREDI 21 OCTOBRE 2015 1,13 $ + TAXES = 1,30 SEAN KILPATRICK LA PRESSE CANADIENNE Après un bain de foule en matinée dans le métro de Montréal, le premier ministre désigné du Canada, Justin Trudeau, a pris la direction d\u2019Ottawa où il participé à un rassemblement de militants libéraux.Le Bloc à la croisée des chemins Gilles Duceppe envisage de démissionner, croit le député Louis Plamondon MARCO FORTIER Le réveil a été brutal pour Gilles Duceppe.Le Bloc québécois a obtenu lundi le pire résultat électoral de l\u2019histoire pour un parti souverainiste \u2014 à peine 19,3 % des voix, des milliers de votes de moins qu\u2019en 2011 \u2014 et a échoué à atteindre le seuil de 12 élus néces- saire pour être reconnu en tant que parti au Parlement.Le chef bloquiste, battu une deuxième fois dans sa circonscription montréalaise de Laurier-Sainte-Marie, doit annoncer jeudi s\u2019il reste ou s\u2019il tire sa révérence, après avoir rencontré le Bureau national du parti.Des membres influents du Bloc souhaitent que Gilles Duceppe reste à la tête de la formation, mais s\u2019attendent à ce qu\u2019il démissionne.«Il pense que ce n\u2019est pas possible de continuer comme chef VOIR PAGE A 10 : BLOC Lire aussi > Le Québec en force, le mouvement souverairmiste en déclin, dit Couillard.Page A 5 « Nous sommes de retour » Le Canada compatissant et conciliateur est de retour, clame Trudeau au monde HELENE BUZZETTI Correspondante parlementaire à Ottawa \\ A peine désigné premier ministre, Justin Trudeau a reçu les félicitations \u2014 et même les conseils \u2014 d\u2019une panoplie de leaders étrangers.Mais le chef libéral avait, lui, un message pour la planète entière : le Canada compatissant, apaisant et conciliateur comme dans ses souvenirs est de retour.M.Trudeau a bouclé son long périple électoral mardi par un rassemblement d\u2019après-midi à Ottawa réunissant des centaines de personnes.«Je veux dire ceci aux amis de ce pays d\u2019à travers le monde.Husieurs d\u2019entre vous vous êtes inquiétés que le Canada avait perdu sa voix compatissante et constructive sur la scène internationale au cours des 10 dernières années.Alors, j\u2019ai un message très simple à vous livrer de la part de 35 millions de Canadiens: nous sommes de retour!» a-t-il lancé, provoquant un tonnerre d\u2019applaudissements et de cris de joie.VOIR PAGE A 10 : TRUDEAU Élections fédérales Retour au monde.Un éditorial de Josée Boileau.Page A 8 Partenariat miné?Un éditorial d\u2019Antoine Robitaille.Page A 8 Lendemain de veiiie.Une chronique de Manon Cornellier.Page A 3 Papa est ià.Une chronique de Francine Pelletier.Page A 9 Textes et analyses de nos journalistes en pages A 2, A 3, A 4, A 5 et B 1 Aujourd\u2019hui Actualités > Environnement.Semaine décisive à Bonn en vue de la conférence de Paris sur le climat.Page A 7 Actualités > Un rapport des Nations unies dénonce la violence envers les femmes.Page A 6 Économie > Consultation sur la cible de réduction des GES.Le secteur industriel demande grâce.Page B1 Avis légaux.Décès Météo Mots croisés Petites annonces Sudoku.B4 B8 A6 B6 B8 B6 Charles Richard-Hamelin primé au Concours Chopin Le pianiste québécois gagne le 2® prk du prestigieux concours CHRISTOPHE HUSS Le pianiste Charles Richard-Hamelin a glané le 2® prix du 17® Concours Chopin à Varsovie, mardi soir.Cette distinction est de loin la plus haute remportée par un pianiste québécois ou canadien dans l\u2019histoire.Le Coréen Seong-Jin Cho remporte la compétition.Charles Richard-Hamelin remporte en outre le prix Krystian-Zi-merman de la meilleure interprétation de sonate.L\u2019autre finaliste canadien, Tony Yang, finit cinquième.«Sur les dernières notes du concerto, j\u2019ai eu une sensation d\u2019extase, parce que c\u2019était la fin et VOIR PAGE A 10 : PIANISTE 1 èn ¥ CONCOURS CHOPIN Charles Richard-Hamelin, lors de sa prestation de mardi LaGrande B RADERI E'MODEOuébécoise 22-23-24-25 OCTOBRE MARCHÉ BONSECOURS VIEUX MONTRÉAL Avec pim de 130 de.signens participants! Ne manquez pas l\u2019événement MODE et tnagasinage.le plus attendu de la saison! www.braderiedemodequebecoise.com suivez-nous m iris setlakwe \t\\ Z 1\t ÛB vente.^ Rouoe ournalmeirotom ItfOUOTOUS\tQITTI 77831303444843 A 2 LE DEVOIR, LE MERCREDI 21 OCTOBRE 2015 ELECTIONS QUEBEC Un ministre rouge parmi les bleus ?Alors que des voix s\u2019élèvent pour réclamer que Québec ait son ministre fédéral, l\u2019heureux élu pourrait être l\u2019économiste Jean-Yves Duclos.Portrait du personnage et survol de ses prises de position avant la vie politique.ISABELLE PORTER à Québec Au lendemain de l\u2019élection, tant le maire Régis Labeaume que la Chambre de commerce locale ont demandé un ministre pour la capitale.Or seulement deux libéraux ont été élus à Québec.Le nouveau député de Louis-Hébert, Joël Lightbound, est un jeune avocat en début de carrière alors que le représentant de Québec, Jean-Yves Duclos, est un candidat-vedette réputé dans son domaine.Professeur d\u2019économie à l\u2019Université Laval depuis 22 ans, M.Duclos se spécialise dans les enjeux de fiscalité et de démographie.«C\u2019est un chercheur de très haut niveau, avance son collègue Pierre Fortin.C\u2019est une sommité mondiale dans le domaine de la répartition des revenus et des inégalités.» Et d\u2019ajouter que M.Duclos s\u2019intéressait à ces enjeux bien avant qu\u2019ils deviennent en vogue sous la plume des Thomas Piketty et consorts.Jean-Yves Duclos est aqssi un ami du ministre de l\u2019Éducation François Blais, avec qui il a coécrit un ouvrage sur les mérites d\u2019un revenu minimum garanti au milieu des années 2000.Ces dernières années, il a critiqué la décision des conservateurs de repousser l\u2019âge de la retraite de 65 à 67 ans parce qu\u2019il craignait que cela crée une nouvelle classe de pauvres chez les aînés.Signataire du manifeste pour un Élan global publié en avril dernier, il a réclamé avec les autres qu\u2019on s\u2019éloigne du tout-pétrole.«Nous devons tourner la page sur l\u2019ère du pétrole et des autres combustibles fossiles, écrivaient les signataires.Aucun compromis n\u2019est possible.» Jean-Yves Duclos «C\u2019est une sommité mondiale dans le domaine de la répartition des revenus et des inégalités» Pas clair sur Énergie Est Malgré cela, il n\u2019a pas voulu prendre position pendant la çampagne sur le controversé projet de pipeline Énergie Est, de TransCanada.Sensible à la cause environnementale, il a déjà suggéré qu\u2019on taxe davantage les produits nuisibles à l\u2019environnement et à la santé publique, comme l\u2019alcool et les voitures énergivores.En entrevue avec Le Devoir pendant la campagne, il se disait «très à l\u2019aise» avec le programme libéral et son plan détaillé, notamment pour la lutte contre les inégalités.«Le Parti conservateur a refusé d\u2019augmenter les impôts des plus riches, ce qui a eu des conséquences sur la classe moyenne», déclarait-il fin septembre au média ultralocal Mon Saint-Roch.M.Duclos ne peut pas pour autant être qualifié d\u2019économiste de gauche au sens strict.Il a critiqué dans le passé les programmes de logements sociaux, qu\u2019il jugeait inefficaces et trop coûteux.Il a aussi souvent remis en question le programme des garderies subventionnées au Québec.Interrogé lundi sur la possibilité qu\u2019il devienne ministre, il a renvoyé la question à d\u2019autres.«On verra si d\u2019autres responsabilités sont nécessaires, mais la responsabilité première que je me donne c\u2019est d\u2019être ici à Québec, dans la région en appui à notre communauté.» Le Devoir Deltell veut collaborer Contrairement à la plupart de leurs collègues québécois, les deux nouveaux députés libéraux de Québec auront à composer avec de nombreux voisins conservateurs.Sur les 11 députés conservateurs élus au Québec, cinq proviennent de Québec (huit en comptant la Beauce et la Rive-Sud).Pour l\u2019heure, on ne prévoit cependant pas de tabler sur l\u2019affrontement.«On peut offrir notre collaboration et notre concours», a déclaré le député conservateur de Louis-Saint-Laurent, Gérard Deltell.«On entend travailler de façon constructive et positive pour faire avancer les dossiers tout en restant vigilants», a-t-il dit en parlant de l\u2019importance qu\u2019il y ait plus d\u2019argent «dans les poches des citoyens».M.Deltell a en outre rappelé que les libéraux et conservateurs avaient tous deux appuyé les quatre priorités établies par le maire Régis Labeaume et les milieux économiques, soit: l\u2019agrandissement du pont de Québec, l\u2019appui au centre de dédouanement de l\u2019aéroport, le financement de l\u2019Institut national d\u2019optique et du projet d\u2019institut nordique de l\u2019Université Laval.Lendemain amer au NFD Le leadership de Mulcair n\u2019est pas remis en cause malgré les résultats « dynamités » par le niqab GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ En 2011, le NPD avait goûté à l\u2019ivresse de la vague électorale : un mouvement contre lequel rien ni personne ne peut résister.Quatre ans plus tard, c\u2019est la recette contraire que le parti s\u2019est fait servir, imposant au NPD un recul important dont les militants tentaient mardi de prendre la mesure.«Quand tu te fais emporter par une vague, il n\u2019y a pas grand-chose à faire.» C\u2019est un stratège néo démocrate qui le disait mardi, mais ç\u2019aurait pu être un bloquiste ou un libéral québécois en 2011: nouvelle élection, nouvelle marée, autre couleur, mais même état d\u2019étonnement pour celui qui fait les trais de la vague.Après avoir fait élire 103 députés en 2011, dont 59 au Québec, le NPD s\u2019est réveillé mardi matin avec une députation amputée de plus de la moitié de ses membres.Le parti du Thomas Mulcair a cette fois remporté 44 sièges (et 19,79( des votes), dont 16 au Québec.A l\u2019échelle du pays, le NPD a perdu plus d\u2019un million de votes par rapport à la dernière élection.Les libéraux ont carrément siphonné l\u2019électorat néodémocrate, fédérant les appuis des électeurs fatigués des années Harper.Joueurs sur la touche Plusieurs députés de premier plan ont mordu la poussière \u2014 Peter Stoffer, Megan Leslie et Jack Harris dans les Maritimes; Paul Dewar et Peg^ Nash en Ontario; Françoise Boivin et Nycole Turmel au Qué- RYAN REMIORZ LA PRESSE CANADIENNE La vague qui a emporté plus de la moitié de la députation néodémocrate était incontrôlable, jugent des militants, qui ont toujours confiance en Thomas Mulcair.Son leadership n\u2019est pour l\u2019instant pas remis en question.bec.Les rescapés québécois incluent tout de même Romeo Saga-nash, Alexandre Boulerice, Hélène Laverdière, Robert Aubin, Pierre Nantel et Ruth-Ellen Brosseau.Que s\u2019est-il passé?En coulisse, tout le monde au NPD montre du doigt l\u2019épisode du niqab.« Ça s\u2019est joué là, dit un conseiller.Quand les conservateurs et le Bloc se sont mis à jouer cette carte, ça a dynamité notre campagne, qui allait très bien.Des électeurs nous ont quittés, on a complètement perdu notre élan avec ça et ça a fait boule de neige ensuite.» Pourtant, Justin Trudeau avait sur cette question la même position que Thomas Mulcair.«Oui, mais on s\u2019est rendu compte dans nos focus groups que les gens ne connaissaient pas la position de Trudeau.Ils pensaient que seul Mulcair parlait de cet enjeu \u2014 essentiellement parce qu\u2019il était bombardé de questions là-des-sus», soutient la même source.Et Mulcair?Les néodémocrates interrogés mardi (des stratèges, des candidats, des élus) ont tous refusé de critiquer la plateforme électorale du parti, jugée moins progressiste que celle des libéraux par plusieurs analystes.Au même titre, personne n\u2019a voulu soulever ouvertement la question que plusieurs journalistes se posaient lundi au Palais des congrès ; le chef Mulcair devrait-il démissionner ?«Je ne pense pas que la question se pose largement dans les rangs, indique une source au cœur de l\u2019organisation.Les gens sont fiers de sa campagne: au final, on s\u2019est buté à une vague libérale, mais on est quand même demeurés forts avec 44 députés au national et 25 % du vote au Québec, avec des gains en Colombie-Britannique et en Saskatchewan.Ce n\u2019est pas un résultat heureux, mais ce n\u2019est pas si pire que ça.» «Les membres se prononceront un moment donné, mais je ne pense pas qu\u2019on aurait mieux fait avec Brian Topp larrivé deuxième dans la course à la succession de Jack Layton], ajoute un stratège.De toute façon, ce n\u2019est pas dans la culture du NPD que de congédier ses chefs.Il n\u2019y a pas de presse, on est devant un gouvernement majoritaire, tout le monde va prendre le temps d\u2019analyser ce qui s\u2019est passé.» M.Mulcair n\u2019a pas voulu commenter les résultats de l\u2019élection mardi.Le Devoir CABINET TRUDEAU Vingt-cinq députés qui pourraient devenir ministres Colombie-Britannique Harjit SaJJan, 45 ans, Vancouver Sud Lieutenant-colonel décoré, M.Saj-jan a servi en Bosnie et en Afghanistan, à trois reprises, en plus d\u2019avoir œuvré pendant 11 ans au Service de police de Vancouver, deux atouts pour Trudeau, accusé par les conservateurs d\u2019être trop indulgents à l\u2019endroit des criminels.Joyce Murray, 61 ans.Vancouver Quadra Ex-ministre provinciale, elle s\u2019est classée deuxième dans la course à la chefferie ayant couronné Trudeau en 2013.Francophile, elle est associée à l\u2019aile environnementa-liste du parti.Jody Wilson-Ray-bould, 44 ans.Vancouver Granville Ex-procureure de la Couronne, membre de la nation We Wai Kai, elle est chef régionale de l\u2019Assemblée des Premières Nations de la C.-B.et a été recrutée par Trudeau lui-même.Ouest et territoires MaryAnn Mihy-l\tchuck, 60 ans, \u2019 Kildonan-St-Paul Elle a été ministre de l\u2019Industrie, du Commerce et des Mines, et des Affaires intergouvemementales, pendant neuf ans au provincial pour le NPD avant de briguer la mairie de Winnipeg.Hunter Tootoo, 52 ans, Nunavut Cet Inuit a occupé de nombreux postes ministériels aq Nunavut, notamment celui de l\u2019Éducation.Ontario Kent Hehr, 45 ans, Calgary-Centre Ex-député provincial, quadriplé-gique depuis 1991 à la suite d\u2019une fusillade dont il n\u2019était pas la cible, cet avocat reconnu est l\u2019un des rares libéraux élus en Alberta.Ralph Goodale, 66 ans, Regina-Wascana Ex-ministre des Finances (2003-2006), ce vieux routard de la politique est le seul libéral à avoir été élu en Saskatchewan.Chrystia Freeland, 47 ans, Unlverslty-J' Rosedale ^ Ex-cadre au \u201c Globe and Mail, au Financial Times et chez Thomson Reuters, cette journaliste a étudié à Harvard et à Oxford, oû elle a reçu une bourse Rhodes.Elle est sur la liste noire de Vladimir Poutine pour ses propos sur l\u2019Ukraine et la Crimée, et parle couramment le russe et l\u2019ukrainien.Carolyn Bennett, 64 ans, Toronto-St.Paul\u2019s Médecin de famille et profes-seure d\u2019université, elle est députée depuis 1997.Elle a été ministre d\u2019État à la Santé publique sous Paul Martin et présidente du caucus des femmes libérales.Catherine McKenna, 45 ans, I T T* HP Ottawa-Centre I\tCette\tdirectrice ^\td\u2019ONG,\tavocate et ex-conseillère juridique pour rONU a créé la surprise en battant Paul Dewar, du NPD.Andrew Leslie, 57 ans, Orléans Ce haut gradé (lieutenant-général) fut chef de la Transformation des Forces et chef d\u2019état-major de l\u2019armée de terre.Fils d\u2019un brigadier général lors de la Guerre de Corée, ses grands-pères furent tous deux ministre de la Défense.Navdeep Bains, 38 ans, Mlssls-sauga-Malton Natif de Toronto, ce sikh a été député de 2005 à 2011, avant de mordre la poussière contre la conservatrice Eve Adams.Il fut brièvement secrétaire parlementaire du premier ministre.Jane Phllpott, 54 ans, Markham-Stouffvllle Cette médecin mennonite représente la frange plus «conservatrice» du PLC, ayant hésité à se dire favorable à l\u2019aide médicale à mourir, par exemple.(\tH BMI Morneau, 53 ans, Toronto-Centre Ce nouvel élu, bilingue, a beaucoup d\u2019expérience sur Bay Street.Ex-président de l\u2019Institut C.D.Howe, nombreux sont ceux à l\u2019imaginer aux Finances.Robert (Bob) Nault, 59 ans, Kenora V-\tSyndicaliste et ministre des Affaires indiennes et du Nord de 1999 à 2003.construire le PLC au Québec depuis quatre ans.Mélanle Joly, 36 ans, Ahuntslc-Cartlervllle Ex-candidate à la mairie de Montréal, cette avocate fait partie d\u2019une nouvelle génération d\u2019élus libéraux.Jean-Yves Duclos, 50 ans, Québec Cet économiste de renom est l\u2019un des seuls élus libéraux dans la région de Québec.Diane LeBouthllIler, 56 ans, Gaspésle-îles-de-la-Madelelne Cette ex-préfète a aussi travaillé à titre de travailleuse sociale.Elle est l\u2019une des seules candidates québécoises de renom à avoir été élue hors des grands centres.Alexandra Mendès, 51 ans.Brossard-Salnt-Lambert Présidente sortante du Parti libéral du Canada (Québec), elle fut députée de Brossard-La Prairie de 2008 à 2011.Atlantique Québec Stéphane Dion, 60 ans, Salnt-Lau-rent-CartlervIlle Ex-chef du PLC et titulaire de nombreux ministères, il a présidé la Conférence de l\u2019ONU sur les changements climatiques en 2005.1^1 Marc Garneau, 66 ans, Notre-Dame-de-Grâce-Westmount L\u2019ex-astronaute s\u2019est rangé derrière Justin Trudeau après avoir renoncé à la chefferie du PLC en 2013, et a détenu plusieurs portefeuilles importants au sein du cabinet fantôme libéral.Pablo Rodriguez, 48 ans, Honoré-Mercler D\u2019origine argentine, cet ex-député n\u2019a pas ménagé les efforts pour re- Domlnlc LeBlanc, 47\tans, Beauséjour (N.-B.) Cet ami d\u2019enfance et fidèle collaborateur de Justin Trudeau est une star libérale au Nouveau-Brunswick.Il connaît bien les rouages du Parlement.Scott Brison, 48\tans, Klngs-Hants (N.-Ê.) Cet ex-progres-siste-conservateur, gai, a été ministre des Travaux publics et des Services gouvernementaux sous Paul Martin.Yvonne Jones, 47 ans Labrador Ex-ministre provinciale, elle a été leader du Parti libéral de Terre-Neuve-et-Labrador et chef de l\u2019opposition avant d\u2019être élue députée fédérale en 2013, battant l\u2019ex-ministre Peter Penashue. LE DEVOIR, LE MERCREDI 21 OCTOBRE 2015 A 3 FEDERALES JONATHAN HAYWARD LA PRESSE CANADIENNE Le chef démissionnaire du Parti conservateur, Stephen Harper, s\u2019est terré dans son mutisme mardi, après ia défaite de ia veiiie.DÉMISSION Harper se tait, le PCC s\u2019active MARIE VASTEL à Calgary Au lendemain de la défaite et de la démission de Stephen Harper, le brouillard ne s\u2019était toujours pas levé sur les troupes conservatrices.Une course à la chefferie viendra.Mais, encore sous le choc mardi, nul ne savait quand, ni qui sauterait dans l\u2019arène pour succéder au premier ministre sortant.Le président du Parti conservateur (PCC) avait annoncé le départ de Stephen Harper lundi soir, par communiqué.Les détails ont suivi mardi.«Le premier ministre a indiqué qu\u2019il va continuer à siéger comme député [de Calgary Heritage], et demande qu\u2019un processus pour choisir un ch^intérimaire et entreprendre le processus de sélection du chef du parti commence immédiatement», a rapporté M.Walsh, alors que Stephen Harper s\u2019est enfermé dans son mutisme.Le caucus conservateur se réunira «dès que possible» pour choisir un leader temporaire.Le conseil national devait pour sa part tenir une téléconférence mardi soir, selon La Presse canadienne, pour nommer un comité chargé d\u2019organiser la course à la chefferie \u2014 la deuxième depuis la création du Parti conservateur fusionné par Stephen Harper et Peter MacKay en 2003.M.Harper n\u2019avait même pas concédé la victoire, lundi à Calgary, que déjà les noms de potentiels aspirants-chefs circulaient.Le plus fréquent: Jason Kenney, le ministre sortant que tous prédisent candidat depuis des années.Intercepté au rassemblement conservateur lundi, il a refusé de commenter.«C\u2019est une question pour un autre jour», a martelé celui qui serait le dauphin de l\u2019équipe Harper selon nos informations.Autre nom en tête de lice : Maxime Bernier.Le député beauceron n\u2019a pas répondu au Devoir mardi.«Ma décision n\u2019est pas prise », a-t-il indiqué au Soleil lundi soir.D\u2019autres députés réélus pourraient aussi faire partie de la course : les Ontariens Tony Clement et Pierre Poilievre \u2014 tous deux bilingues \u2014, ou Lisa Raitt \u2014 unilingue anglophone.Les candidats pourraient aussi compter d\u2019ex-ministres qui avaient récemment démissionné (pressentant peut-être la défaite de lundi) : James Moore dans l\u2019Ouest \u2014 parfaitement bilingue \u2014, ou Peter MacKay dans les Maritimes \u2014 unilingue.Des politiciens plus surprenants ont ouvert la porte: Doug Ford, le frère du maire déchu de Toronto Rob Ford.Les noms de premiers ministres provinciaux circulent aussi dans les rangs conservateurs.Brad Wall, de la Saskatchewan, n\u2019a pas rejeté l\u2019idée lundi lorsque le réseau CTV lui a demandé de confirmer qu\u2019il suivait des cours de français pour se lancer dans l\u2019arène fédérale.«Ce n\u2019est pas vrai», a-t-il répondu dans un français très correct.«Je ne suis pas de cours de français.J\u2019ai le poste que je veux», a-t-il poursuivi en anglais.Quant à Jean CharesL dont le nom revient dès que l\u2019on parle de course à la chefferie, il se trouve actuellement à l\u2019étranger et n\u2019a pas rappelé Le Devoir.Mais son retour à Ottawa est une fois de plus évoqué.11 avait nié \u2014 quelques jours avant l\u2019élection et la démission de M.Harper \u2014 les rumeurs voulant qu\u2019il soit tenté de lui succéder.Le chef avait fait son temps Une liste de candidats a beau déjà se dessiner, les conservateurs consultés mardi étaient tous du même avis: on n\u2019est «qu\u2019au premier jour».Déjà, les 99 élus conservateurs et les 47 sénateurs devront se réunir pour choisir un chef intérimaire.Probablement d\u2019ici deux ou trois semaines, selon un sénateur consulté par Le Devoir.11 faudra quelqu\u2019un qui ne lorgne pas le poste à long terme.Peut-être Rob Nicholson ou Diane Finley, suggèrent plusieurs, deux ministres sortants de l\u2019Ontario.Rob Nicholson n\u2019est toutefois pas bilingue.Le PCC étudiera aussi la campagne.et la défaite.Mais pour l\u2019instant, tous défendent leur chef des 11 dernières années.«C\u2019est difficile de contrer le fait que c\u2019est le même Stephen Harper depuis une décennie, a expliqué un stratège de longue date.Au final, la question était de savoir qui remplacerait Stephen Harper.Et vers l\u2019Action de grâce, les gens ont discuté et décidé que Trudeau serait la voix [du changement].» Même philosophie Mais les électeurs n\u2019ont pas rejeté la philosophie conservatrice, arguent les troupes.En effet, le PCC a malgré tout récolté 32 % du vote populaire et conservé 99 sièges répartis un peu partout au pays \u2014 hormis dans les Maritimes, qui ne sont que libérales.Ce n\u2019est pas le gouvernement sortant qui a terminé l\u2019élection «en décrépitude», a noté un sénateur influent.«C\u2019est rare que ce soit l\u2019opposition officielle [le NPD] qui en mange une plus solide que le gouvernement, dans un désir de changement.» Au Québec, la part du vote conservateur n\u2019a pas bougé, à 16,7% contre 16,5% il y a quatre ans.Mais la députation est passée de 5 à 12 conservateurs québécois.Le Devoir MODE DE SCRUTIN La proportionnelle aurait privé Trudeau de la majorité KARL RETTINO-PARAZELLI Si les libéraux sont parvenus lundi à décrocher un mandat majoritaire, ils peuvent dire merci au mode de scrutin majoritaire, qui a une fois de plus créé des distorsions entre les intentions de vote et le nombre de sièges obtenus par les différents partis.Avec ses 184 députés, le PLC est aujourd\u2019hui confortablement installé au pouvoir, surpassant largement le seuil de 170 sièges nécessaire pour former un gouvernement majoritaire.11 en aurait été autrement avec un mode de scrutin proportionnel pur: Justin Trudeau aurait dirigé un gouvernement minoritaire (164 sièges), tandis que le Bloc québécois (16 sièges) et le Parti vert (12 sièges) auraient obtenu le statut de parti reconnu à la Chambre des communes en taisant élire au moins 12 députés.Réforme promise L\u2019organisation Représentation équitable au Canada n\u2019a pas tardé à réagir aux résultats de l\u2019élection en demandant mardi au nouveau premier ministre de tenir sa promesse.En juin dernier, Justin Trudeau s\u2019est en effet engagé à réformer le système électoral: «Nous nous enga- geons à ce que l\u2019élection 2015 qui s\u2019en vient soit la dernière conduite au Canada, au niveau fédéral, selon le système uninominal à un tour.Nous nous engageons à déposer un projet de loi à cet égard dans les 18 premiers mois», avait-il déclaré.En campagne électorale, les libéraux ont précisé leurs intentions en promettant de créer un comité formé de membres de tous les partis qui analyserait différentes avenues, y compris la représentation proportionnelle et le vote préférentiel.Justin Trudeau ira-t-il de l\u2019avant, lui qui a été avantagé par le système qu\u2019il promet de réformer?Certains politologues en doutent.Le mode de scrutin majoritaire uninominal à un tour, actuellement en vigueur au Canada, élit le candidat qui obtient le plus grand nombre de votes dans chaque circonscription.Le problème, note Représentation équitable au Canada, c\u2019est que le vote d\u2019un électeur qui appuie un candidat perdant n\u2019est pas pris en compte dans le partage des sièges.Si le Canada adoptait un système proportionnel pur, chaque vote compteraiti mais les gouvernements minoritaires deviendraient en principe plus fréquents.Le Devoir 184 134 Système majoritaire = SM Système proportionei = SP 109 67 44 I SM SP SM SP SM SP 16 ¦1 SM SP Nombre de sièges 12 SM SP Deux systèmes, deux Parlemeuts \t%\tNombre de votes\tNombre de sièges Syst.majoritaire\tNombre de sièges Syst.proportionei \t39,5\t6 930 136\t184\t134 \t31,9\t5 600 496\t99\t109 \t19,7\t3 461 262\t44\t67 \t4,7\t818 652\t10\t16 \t3,4\t605 864\t1\t12 Lendemain de veille Manon CORNELLIER à Ottawa La lune de miel qu\u2019a connue le chef libéral Justin Trudeau en fin de campagne va se poursuivre quelques semaines, sinon quelques mois.En obtenant un mandat majoritaire fort, il a offert le plus important changement que la plupart des Canadiens souhaitaient, la fin du règne conservateur.En soi, c\u2019est déjà beaucoup.Mais une fois l\u2019euphorie de la victoire passée, le plus dur commence, car l\u2019impatience et les attentes sont immenses.M.Trudeau était à peine consacré premier ministre désigné que les communiqués commençaient à pleuvoir.Le milieu de la santé, les villes, les environnementalistes, les sjmdicats de la fonction publique, les défenseurs des mal-logés, des organismes scientifiques, des groupes de développement international, les promoteurs d\u2019une réforme du mode de scrutin ont aussitôt rappelé à Justin Trudeau les promesses faites et les résultats attendus.La donne vient de changer.Maintenant aux commandes, il saura rapidement si les finances publiques sont à la hauteur de ses ambitions.Il a averti qu\u2019il afficherait un déficit, mais à partir de l\u2019an prochain.Pour le reste de l\u2019année en cours, il devra vivre avec ce que lui laisse M.Harper.Pourra-t-il alors, comme il s\u2019y est engagé, agir vite pour offrir les allégements fiscaux promis à la classe moyenne et l\u2019allocation pour enfant aux familles (sauf les mieux nanties) ?Qu devra-t-il plutôt attendre la présentation de son premier budget?Il sera accaparé par la passation des pouvoirs du gouvernement conservateur au sien.Il y découvrira une foule de dossiers urgents à régler qui ne correspondent pas à ses priorités et qui détourneront son attention de ces dernières.La finalisation des pourparlers de l\u2019accord commercial Partenariat transpadfique en est un bon exemple.Le texte final de l\u2019entente de principe est attendu sous peu.Les réactions seront immédiates, forçant son gouvernement à prendre position avant la négociation du texte juridique.La conférence sur le climat à Paris, du 30 novembre au 11 décembre, arrive elle aussi à grands pas.Tous les pays doivent y confirmer les cibles de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) qu\u2019ils s\u2019engagent à atteindre d\u2019ici 2030.Durant la campagne, Justin Trudeau a refusé de se fixer de telles cibles, disant vouloir consulter les provinces avant d\u2019arrêter un objectif.Cela ne lui laissera qu\u2019un mois environ pour s\u2019entendre avec elles une fois le cabinet formé, le 4 novembre prochain.Des décisions attendent d\u2019être prises, certaines plus urgentes que d\u2019autres.La teneur du prochain recensement en est une puisque cette opération complexe doit avoir lieu en 2016.Qr M.Trudeau a promis de rétablir le questionnaire long pour l\u2019occasion.Il faut toutefois le préparer et le faire approuver.C\u2019est fastidieux et long.Radio-Canada et Postes Canada ont, de leur côté, lancé des opérations qui, si elles se poursuivent trop longtemps, vont rendre quasiment caduques certaines promesses du chef libéral.Il devra donc se faire entendre sans tarder, que ce soit pour stopper la vente des actifs immobiliers du radiodifluseur public ou encore l\u2019interruption de la livraison du courrier à domicile.Les conservateurs ont multiplié les procédures judiciaires.Doivent-elles continuer?Qn pense aux appels pour préserver des peines minimales, la cause opposant Qttawa aux autochtones dans le dossier du financement des services à l\u2019enfance, ou encore l\u2019appel de la libération sous caution d\u2019Qmar Khadr.De nombreuses évaluations environnementales, menées en vertu du processus bancal concocté par les conservateurs, sont en cours.Devraient-elles ou non continuer avec les coûts qui en découlent et le travail que cela exige des différents intervenants ?La décision de la Cour suprême sur l\u2019aide médicale à mourir attend une réponse.Si le fédéral veut modifier le Code criminel en conséquence, il doit le faire avant la mi-février.Sinon, ce seront les règles provinciales et les balises de la Cour suprême qui auront force de loi.Qttawa peut toujours demander une prolongation de la suspension du jugement afin de peaufiner sa réponse, mais M.Trudeau ne s\u2019est pas encore prononcé à ce sujet.Il a seulement dit mardi qu\u2019il prendrait acte des consultations lancées en juillet par le gouvernement sortant.Autre casse-tête: la réforme du mode de scrutin.Le chef libéral a promis que l\u2019élection de lundi serait la dernière à se tenir en vertu du scrutin uninominal à un tour, qu\u2019un projet de loi pour le changer serait présenté dans les 18 mois suivant son élection, le tout précédé d\u2019une consultation.Le système actuel l\u2019a toutefois bien servi puisque avec seulement 39,5% des voix, il se retrouve avec 184 députés alors que les conservateurs n\u2019en ont que 99, avec 31,9% des voix.Ce genre de distorsions se répète un peu partout au pays.Qu\u2019il en ait profité ou non, M.Trudeau garde le cap, a-t-il dit mardi.Mais y parvenir en 18 mois ne sera pas une mince affaire.Voilà toute la difficulté d\u2019être premier ministre et non plus un chef en campagne.Il faut transformer les rêves qu\u2019on a semés en réalité et inévitablement en abandonner quelques-uns, au risque de décevoir.mcornellier@ledevoir.com A 4 LE DEVOIR LE MERCREDI 21 OCTOBRE 2015 ELECTIONS FEDERALES La soirée a (presque) donné raison aux sondeurs GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ L> ampleur de la victoire des ' libéraux eu a surpris plusieurs luudi.mais elle a au fiual plutôt bleu reflété ce que les der-uiers soudages iudiquaieut de l\u2019allure de la course électorale.«Les sondages étaient assez proches de la cible, avec quelques petites surestimations ou sous-estimations», aualyse Claire Du-raud, professeure à l\u2019Uuiversité de Moutréal et spécialiste de l\u2019aualyse des soudages.Au terme de la soirée électorale, les libéraux out obteuu 39,5% du vote, les couserva-teurs 31,9%, le NPD 19,7%, et les verts 3,4%.La firme de soudage Forum peut se targuer d\u2019avoir visé le plus juste avec sou deruier soudage, termiué dimauche: il douuait 40% aux libéraux, 30% aux couservaleurs et 20% au NPD.Autremeut, Nauos (38% PLC, 30% PCC et 21% NPD), Léger (38% PLC, 30% PCC et 22% NPD, daus uu soudage publié samedi daus Ix Devoir) et Ipsos (daus l\u2019ordre: 38%, 31% et 22%) out aussi visé pratiquemeut daus le mille.«C\u2019était presque pile-poil», remarque Duraud.Certaius soudages out été réalisés trois ou quatre jours avaut le vote, et il est possible que l\u2019opi-uiou ait coutiuué d\u2019évoluer, fait-elle valoir pour expliquer les légers écarts.Projections insuffisantes Au Québec, les résultats dou-ueut 35,7% aux libéraux, 25,7% au NPD, 19,3% au Bloc, 16,7% aux couservateurs.Samedi dernier, Léger évaluait le vote libéral à 31%, celui du NPD à 25%, suivi du Bloc à 23% et des conservateurs à 20% \u2014 cela sur une base d\u2019environ 1000 répondants pour la province.Par contre, et c\u2019est de là qu\u2019est venue la surprise, plusieurs sites offrant des projections de sièges ont grandement sous-estimé la performance des libéraux.Les 12 méthodes de calcul consultées par M\u201d® Durand accordaient aux libéraux entre 137 et 178 sièges, alors qu\u2019ils en ont ob-tequ 184.A ce titre, la firme CVM Election Model a le mieux estimé les résultats des libéraux (178) et du NPD (44, soit exactement le bon résultat), alors que d\u2019autres prédisaient un gouvernement minoritaire très serré.«Mais il faut dire qu\u2019il est extrêmement difficile de prévoir les résultats quand il y a des luttes à trois ou quatre», explique Claire Durand, qui conclut à une «bonne soirée pour les sondeurs, dans l\u2019ensemble».Le Devoir 6 C\u2019est l\u2019écart entre le nombre maximum de sièges qu\u2019on prédisait aux libéraux (178) et celui qu\u2019ils ont véritablement obtenu (184).CLEMENT SABOURIN AGENCE ERANCE-PRESSE Le secrétaire général de l\u2019ONU, Ban Ki-moon, avait sévèrement critiqué l\u2019inaction du gouvernement conservateur.Ci-dessus, une vue de l\u2019île Devon, dans l\u2019Arctique canadien.L\u2019ONU presse le Canada des libéraux à agir pour le climat ALEXANDRE SHIELDS Après des années d\u2019inaction de la part du Canada en matière de changements climatiques, les Nations unies espèrent que le gouvernement Trudeau jouera un rôle plus actif en vue d\u2019un accord à Paris, en décembre.Les libéraux n\u2019ont toutefois pas fixé de cible de réduction des émissions de gaz à effet de serre, même si une telle cible constitue la base des négociations en cours.«Le Canada fait partie du Groupe des sept et à ce titre, il a un rôle particulier à jouer pour donner une impulsion sur les questions de changements climatiques», a souligné mardi le porte-parole adjoint de l\u2019ONU, Farhan Haq, s\u2019exprimant au nom du secrétaire général Ban Ki-moon.«Le secrétaire général espère et souhaite que le Canada joue ce rôle, et qu\u2019il joue en particulier un rôle très utile et décisif dans la conférence [climatique de Paris] en décembre», a-t-il ajouté.Rattrapage Pour les Nations unies, il semble donc que le passage d\u2019un gouvernement conservateur à un gouvernement libéral à Ottawa pourrait modifier l\u2019approche canadienne dans le dossier climatique.11 faut dire que l\u2019inaction du gouvernement Harper a déplu à la communauté internationale au cours des dernières années.Non seulement a-t-il délaissé le protocole de Kyoto après qu\u2019il eut été ratifié par le Canada, mais il n\u2019a jamais entrepris d\u2019actions concrètes pour respecter la cible de réduction des émissions de gaz à effet serre (GES) moins ambitieuse fixée par la suite.L\u2019exaspération était telle que même Ban Ki-moon avait senti le besoin, en décembre 2014, de rappeler Ottawa à l\u2019ordre.«J\u2019exhorte le Canada à être porteur de plus grandes ambitions, à être plus visionnaire pour l\u2019avenir de la planète», avait-il insisté, en entrevue à la CBC.«Les pays qui produisent des énergies fossiles sont en train En campagne, le Parti libéral a refusé de fixer une cible de réduction des émissions de GES de trouver de nouvelles manières de réduire leurs émissions.Le Canada pourrait être un meneur de ce mouvement.Je compte sur le leadership du premier ministre Stephen Harper», avait aussi souligné le secrétaire général des Nations unies.En entrevue au Devoir, la chef de secrétariat de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, Christiana Figueres, avait quant à elle demandé à Ottawa de se détourner des énergies fossiles.«Il y a assez d\u2019analyses et de preuves scientifiques qui démontrent les risques de poursuivre les investissements dans les énergies fossiles.Vous devez donc décider si vous voulez vous situer du bon côté de l\u2019histoire et du bon côté de la logique économique.» Est-ce que le gouvernement Trudeau répondra aux attentes de la communauté internationale en matière de lutte contre les changements climatiques?En campagne électorale, le Parti libéral a refusé de fixer une cible de réduction des émissions de gaz à effet de serre pour les prochaines années.Ce ne sera visiblement pas fait avant le sommet de Paris, qui s\u2019ouvre daqs 40 jours.Quelque 150 Etats, représentant 80% des émissions de GES de la planète, ont déjà fait connaître leurs objectifs.Le chef libéral a toutefois promis plus tôt cette année «la création d\u2019objectijs nationaux de réduction des émissions» de GES.Cette cible sera élaborée «à partir des meilleures analyses économiques et scientifiques», a-t-il assuré.Reste que les libéraux héritent d\u2019un bilan de GES qui ne cesse de se dégrader, principalement en raison de la croissance de la production d\u2019énergies fossiles.Selon les plus récentes données d\u2019Environne-ment Canada, les émissions de GES atteindront 726 millions de tonnes (Mt) en 2020.Si le Canada avait respecté les objectifs de Kyoto, les émissions du pays ne dépasseraient pas les 490 Mt à la fin de la présente décennie.Avec l\u2019Agence France-Presse Le Devoir EAUX USEES Coderre entrevoit la fin des embûches L\u2019élection d\u2019un gouvernement libéral majoritaire réjouit le maire de Montréal JEANNE CORRIVEAU Ravi de l\u2019arrivée d\u2019un gouvernement libéral à Ottawa avec l\u2019élection de Justin Trudeau lundi, le maire de Montréal Denis Coderre croit qu\u2019il serait possible de régler «rapidement» le dossier du déversement de huit milliards de litres d\u2019eaux usées dans le fleuve.« On va avoir un gouvernement qui croit en la science.J\u2019ai confiance qu\u2019on peut régler le dossier très rapidement.On n\u2019a pas le choix.Il n\u2019y a pas personne qui est content, mais on n\u2019a pas le choix», a commenté le maire Coderre, au lendemain de la victoire libérale à Ottawa.En campagne électorale, l\u2019ex-gouvernement de Stephen Harper était intervenu pour bloquer le projet.La ministre fédérale de l\u2019Environnement, Leona Aglukkaq \u2014 battue dans sa circonscription lundi \u2014 avait d\u2019ailleurs signé un arrêté ministériel ordonnant à la Ville de Montréal de suspendre le projet de déversement jusqu\u2019au 3 novembre et confié à trois experts indépendants le soin d\u2019analyser le dossier.Selon le maire, le dossier pourrait se régler en «24 à 48 heures», mais il a dit vouloir laisser le nouveau gouvernement \u2014 qui sera assermenté le 4 novembre \u2014 savourer sa victoire.Postes Canada Ancien ministre libéral, Denis Coderre croit qu\u2019avec les libéraux, Montréal aura droit à plus d\u2019égards d\u2019Ottawa que sous le règne des conservateurs.«Montreal is back!, a-t-il lancé.Les Montréalais, les Québécois, les Canadiens ont voté pour le changement.On a maintenant un gouvernement qui va respecter Montréal et qui respecte les Montréalais.» Compte tenu des promesses faites par Justin Trudeau en campagne électorale, plusieurs difficultés devraient être aplanies, estime le maire: « Ça veut dire que le péage du pont Champlain prend le bord.On est ben contents.Ça veut dire également qu\u2019on va régler les dalles de béton de Postes Canada».Au sujet de Postes Canada, M.Coderre estime qu\u2019une so- lution tenant compte de la réduction du volume de courrier et des préoccupations des municipalités pourrait être trouvée.On pourrait éviter les procédures engagées devant les tribunaux par le Syndicat des travailleurs des postes et des groupes de personnes âgées et handicapées.«On n\u2019a pas besoin de se rendre jusqu\u2019au bout du processus judiciaire», a suggéré le maire.Les promesses d\u2019investissements massifs dans les infrastructures des libéraux \u2014 125 milliards de dollars au cours des dix prochaines années \u2014 réjouissent le maire, tout comme la position du nouveau gouvernement en matière de lutte aux changements climatiques: «Ça donne une «Ça veut dire que le péage du pont Champlain prend le bord.On est ben contents.» chance supplémentaire de réussite au niveau de la déclaration de Paris».Des promesses à tenir Le maire de Brossard, Paul Leduc, at aussi applaudi l\u2019accession au pouvoir des libéraux compte tenu de la promesse de Justin Trudeau d\u2019abandonner le péage pour le pont Champlain.«On l\u2019a dit souvent, c\u2019est le remplacement d\u2019une infrastructure.Donc, on avait beaucoup de misère à imaginer un péage là-des-sus», a indiqué M.Leduc qui se dit confiant de voir M.Trudeau tenir parole.« C\u2019est une promesse qui a été faite de façon assez claire, sans équivoque.Ça ne portait pas à confusion.Je verrais mal le gouvernement reculer.» De son côté, la présidente de l\u2019Union des municipalités du Québec (UMQ), Suzanne Roy, croit que le temps presse en matière d\u2019investissements dans les infrastructures.«Il ne faut pas attendre.Il faut qu\u2019il y ait des investissements année après année dans les infrastructures et dans les transports collectifs, a-t-elle expliqué.Il y a des ententes fédérales-provin-ciales qui doivent être signées pour que les municipalités aient accès à l\u2019argent».Avec la Presse canadienne Le Devoir JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le maire de Montréal, Denis Coderre (à droite), était accompagné du maire des Iles-de-la-Madeleine, Jonathan Lapierre.S.E.Niels Boel Abrahamsen Ambassadeur du Danemark au Canada Le modèle Scandinave: mythes et réalités (0) sa CONSEIL DES RELATIONS INTERNATIONALES DE MONTRÉAL Thèmes abordés: \u2022\tLes succès économiques des trois pays et le rôle de l\u2019État \u2022\tLes politiques sociales des pays Scandinaves et leurs impacts économiques \u2022\tLes relations commerciales entre le Canada et les pays Scandinaves \u2022\tLes opportunités d\u2019accroissement de nos liens d\u2019affaires Lundi 2 novembre 2015, de 11 h30 à 14 h Hyatt Regency Montréal \u2022 1255 rue Jeanne-Mance Serje Affaires Étrangères présentée par: SNC»Ij»A.LIN ?» S.E.Mona Elisabeth S.E.Per Sjogren Brother Ambassadrice Ambassadeur de Norvège au de Suède au Canada\tCanada Avec l\u2019appui de : SNC*LAVAUN Bell Hydro Québec AIMIA LA FIDÉLITÉ INSPIRÉE BOMBARDIER révolution de la mobilité AEROPORTS DE ^ M«7»NTREA1- ICELANDAIRLE DEVOIR INSCRIVEZ-VOUS \u2022 WWW.CORIM.QC.CA \u2022 514 340-9622 LE DEVOIR, LE MERCREDI 21 OCTOBRE 2015 A 5 ELECTIONS FEDERALES Les libéraux minimisent les gains du Bloc MARCO BÉLAIR-CIRINO Correspondant parlementaire à Québec Le premier ministre du Québec, Pliilippe Couillard, s\u2019est réjoui de voir les électeurs québécois se ranger majoritairement derrière les «trois grands partis [politiques] au Québec»: le Parti libéral du Canada, le Nouveau Parti démocratique et le Parti conservateur du Canada.«Aujourd\u2019hui, le Québec, plus que jamais, est en position de force comme partenaire et leader de cette fédération», a-t-il fait valoir au lendemain de la victoire électorale décisive de l\u2019équipe de Justin Trudeau.Avec l\u2019élection de 40 députés libéraux «[lundi], les Québécois et les Québécoises se sont engagés dans le choix d\u2019un nouveau gouvernement canadien».«Le Québec est de retour à la table des décisions», a-t-il applaudi.Couillard a minimisé mardi les gains engrangés par le Bloc québécois.La formation de Gilles Duceppe a raflé 10 circonscriptions, soit six de plus qu\u2019en 2011.Cependant, l\u2019appui populaire au Bloc a fléchi, passant de 23,4% en 2011 à 19,3% en 2015, a-t-il souligné.«On assiste au lent déclin du mouvement souverainiste, ça m\u2019apparaît évident.» Le mouvement souverainiste a subi «un recul», est aussi d\u2019avis le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault.Le chef du Parti québécois, Pierre Karl Péla-deau, s\u2019est inscrit en faux contre cette interprétation des résultats électoraux.A ses yeux, les Québécois, fédéralistes et indépendantistes confondus, étaient mus par la volonté de faire mordre la poussière aux troupes conservatrices.Pour y arriver, ils se sont temporairement ralliés au PLC.«Cette élection fédérale ne portait aucunement sur la souveraineté, a-t-il soutenu lors d\u2019un impromptu de presse.J\u2019ai rencontré des souverainistes qui m\u2019ont dit qu\u2019ils allaient voter libéral, d\u2019autres néodémocrate.Leur volonté était vraiment de congédier le gouvernement de M.Harper.» ^lon Françoise David, de Québec sofldaire, «les Québécois, pour une bonne part, ont vraiment décidé de faire un vote stratégique» anti-Harper, plutôt que de témoigner de leur allégeance indépendantiste.«C\u2019est ici, au Québec, que la question de la souveraineté va se jouer, a-t-elle insisté.Bon débarras, les conservateurs ont perdu l\u2019élection.» Le Devoir Couillard rappelle à Ihideau les « enjeux prioritaires » Québec-Ottawa MARCO BÉLAIR-CIRINO Correspondant parlementaire à Québec Le chef du gouvernement québécois, Philippe Couillard, se réjouit de voir Justin Trudeau, un partisan du fédéralisme coopératif, emménager prochainement au 24, promenade Sussex.Il a pris soin de rappeler au premier ministre fédéral désigné quelques-uns des «enjeuxprioritaires» Québec-Ottawa.Lutte contre les GES A six semaines de la Conférence de Paris sur le climat, M.Couillard a pressé M.Trudeau à s\u2019engager dans la lutte contre les changements climatiques.«Je m\u2019attends à un changement de ton rapide [entre M.Harper et M.Trudeau] », a-t-il déclaré au lendemain de la victoire électorale du Parti libéral du Canada.M.Couillard a demandé une révision des cibles de réduction des émissions de gaz à effet de serre établies «sans consultation avec les provinces» par le gouvernement conservateur en vue de la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques dans la capitale française.«Ces cibles sont en fait assez inférieures à ce que nous, au Québec, on va présenter.[.] La question du changement climatique ne se pose plus en tant qu\u2019hypothèse, c\u2019est une réalité.Il faut agir et agir rapidement.Nous, au Québec, on agit, on va continuer à agir, et je m\u2019attends à ce qu\u2019on parle d\u2019une voix plus unie sur cette question», a-t-il affirmé lors d\u2019une conférence de presse dans l\u2019Hôtel du Parlement.Investissements dans les infrastructures M.Couillard se croise les doigts afin que le PLC investisse, une fois aux commandes à Ottawa, quelque 125 milliards de dollars sur 10 ans dans la construction et la réfection d\u2019infrastructures au pays comme il a promis de le faire en campagne électorale.«Je suis satisfait de voir que le nouveau premier ministre du Canada [.] considère qu\u2019il faut augmenter le niveau de l\u2019investissement en infrastructures du côté fédéral, parce que les villes et les provinces font déjà largement leur part», a-t-il dit au côté du ministre responsable des Affaires intergouvemementales canadiennes, Jean-Marc Fournier.Stimuler l\u2019économie Le premier ministre québécois s\u2019est abstenu JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE Le premier ministre Couillard demande une révision des cibles de réduction des émissions de gaz à effet de serre fixées « sans consultation avec les provinces » par le gouvernement conservateur.de dire du mal de l\u2019intention du chef libéral Justin Trudeau de stimuler l\u2019activité économique quitte à plonger le pays en déficits.Cela dit, il se refuse net d\u2019appliquer cette recette au Québec.«La situation fiscale des deux gouvernements est totalement différente.Je crois, sauf erreur, que le rapport de la dette par rapport au PIB canadien est de 36 %.Chez nous, c\u2019est 54 %.On paie 30 millions par jour d\u2019intérêt», a-t-il expliqué.Conseil de la fédération M.Couillard a aussi réitéré son invitation à M.Trudeau à participer à différents forums au côté des premiers ministres des provinces et des territoires.«Ce qui est surtout important et je dirais même, jusqu\u2019à un certain point urgent [.] c\u2019est qu\u2019il y ait une rencontre du premier ministre du Canada et des premiers ministres des provinces, qui, en passant, sont des ordres de gouvernement avec leurs responsabilités propres, sans qu\u2019il y ait de relation hiérarchique de l\u2019un avec l\u2019autre.» Transferts aux provinces Les chefs de gouvernements provinciaux et territoriaux profiteraient sans doute de ces minisommets pour convaincre leur nouvel homologue fédéral d\u2019assumer 25% des dépenses en santé.A compter de 2017, la croissance du Transfert canadien en matière de santé sera arrimée à celle du produit intérieur brut, mais elle ne passera jamais sous la barre des 3%, avait tranché le gouvernement conservateur.«Partout dans le monde, on tient compte des caractéristiques des populations pour financer la santé.M.Trudeau s\u2019est montré favorable à cette idée, et s\u2019est surtout montré favorable à réunir les provinces, ce qui, je crois, sera positif pour le pays», a fait valoir M.Couillard.Le Devoir Alternatives La solidarité en action Dans le cadre d\u2019un automne qui s\u2019annonce « chaud », Alternatives vous invite à trois activités gratuites qui se dérouleront au 3720 avenue du Parc (deuxième étage), métro Place des arts (sortie Bleury).Vous êtes attendus en grand nombre ! 22 OCTOBRE, 1BH LES STAGIAIRES INTERNATIONAUX D\u2019ALTERNATIVES SONT DE RETOUR ET ILS SOUHAITENT VOUS RENCONTRER.A l\u2019été 2015, une trentaine de jeunes impliqués avec Alternatives ont participé à trois stages internationaux en Tunisie, en Equateur et au Cameroun pour soutenir des initiatives menées par des organisations locales et des collectivités dans un but de mobilisation et de justice sociale.De retour de Ksibet el-Mediouni, petit village tunisien, les stagiaires présenteront un documentaire inspirant qu\u2019ils ont réalisé sur le travail du Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES) pour la préservation de la baie de Monastir.Vous êtes invités à une superbe soirée où vin, bière et bouchées seront de la partie.24 OCTOBRE, 9H30 BÂTIR ALTERNATIVES Le Conseil d\u2019administration vous convie à l\u2019assemblée générale annuelle des membres où seront adoptés les grands axes de travail d\u2019Alternatives pour la prochaine année.Au lendemain d\u2019une décennie difficile pour les organisations citoyennes, votre participation est essentielle afin de continuer ensemble à BATIR Alternatives.eruBtiv SSÜ^rité en j 24 OCTOBRE,13H30 BILAN DES ÉLECTIONS FÉDÉRALES2015: QUELS ENJEUX POUR LES MOUVEMENTS SOCIAUX DURANT LE PROCHAIN MANDAT FÉDÉRAL?Au lendemain de la plus longue campagne fédérale de l\u2019histoire, il est temps d\u2019entreprendre la planification des luttes à venir, quel que soit le gouvernement en place.Venez entendre les invités vous parler de la place et des enj eux auxquels les mouvements sociaux devront faire face dès aujourd\u2019hui.Mouvement ouvrier, logement social, environnement et coopération internationale seront au menu.\u2022 Serge Cadieux, secrétaire général de la Fédération\t\u2022 Aurore Fauret, organisatrice auprès de 350.org des travailleurs du Québec (FTQ) François Saillant, coordonnateur du Front d\u2019action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) Michel Lambert, directeur général d\u2019Alternatives Twitter folalterr (g)alternativesMTL Facebook /alternativesMTL WWW.ALTERNATIVES.CA 514 982-6606 A 6 LE DEVOIR, LE MERCREDI 21 OCTORRE 2015 ACTUALITES PROCÈS Guy Turcotte relate le meurtre de ses enfants Saint-Jérôme \u2014 À son procès pour meurtre prémédité, Guy Turcotte a relaté en pleurant ce dont il se souvient du soir où il a tué ses deux enfants, un récit partiel qui a mené la Couronne à l\u2019accuser d\u2019avoir une mémoire sélective.Un témoignage qui raconte des souvenirs fragmentaires, des «flashs», dira-t-il de certains morceaux de la soirée.L\u2019accusé de 43 ans a poursuivi mardi son témoignage à son procès criminel pour avoir poignardé à mort Olivier, 5 ans, et Anne-Sophie, 3 ans, un double meurtre qui s\u2019est produit le 20 février 2009.C\u2019est la journée où il a appris dans une conversation téléphonique qu\u2019Isabelle Gaston, son ex-conjointe et mère des deux enfants, avait changé les serrures de la maison familiale qu\u2019elle avait conservée après leur séparation.«On dirait que c\u2019est la dernière affaire qu\u2019elle pouvait m\u2019enlever pis elle me l\u2019enlève.Je n\u2019en revenais pas», a-t-il dit.Dans un moment de frustration, il lui a lancé au téléphone: «Tu veux la guerre, tu vas l\u2019avoir!» a-t-il admis dans la salle de cour.Il a expliqué qu\u2019il faisait référence au fait qu\u2019elle venait de lui dire, dans cette même conversation, qu\u2019elle avait consulté un avocat.«Cela voulait dire: moi aussi je peux prendre un avocat», a-t-il fait valoir.En fin d\u2019après-midi ce jour-là, il va chercher les enfants.Il fait le souper pendant qu\u2019ils écoutent une vidéo.«Moi fai de la peine, a-t-il témoigné./e m\u2019assois dans le salon avec eux, les larmes coulent toutes seules, en silence.Je pleure.» Olivier doit s\u2019en rendre compte, dit-il.«Il vient, il me fait un câlin, il me prend dans ses bras.[.] Anne-Sophie fait la même chose», a-t-il relaté en sanglotant.Parce qu\u2019il pleurait, son témoignage a été suspendu à deux occasions.De retour à la barre, Guy Turcotte a expliqué qu\u2019après le film, il a fait le rituel du coucher avec les enfants : brossage de dents, lecture d\u2019une histoire et chansons.Après, il dit être allé sur Internet.Il a lu pour la première fois une seconde série de courriels échangés entre Isabelle Gaston et son nouvel amoureux Martin Huot.Il ne se souvient pas des détails des courriels, mais voit l\u2019amour qu\u2019ils se portent, témoigne-t-il.«Moi fai jamais connu ce type d\u2019amour-là», dit-il.Après, il ne sait pas exactement ce qu\u2019il a fait le 20 février 2009 ni dans quel ordre.Il a relaté des «flashs», des morceaux de souvenirs.Parmi ceux-ci, un flash où il se voit en bas de l\u2019escalier, en train d\u2019entrer et de sortir un couteau dans son étui pour l\u2019aiguiser.Un autre où il se trouve dans sa chambre, se verse un verre de lave-glace, le boit d\u2019un trait et recommence.Il se voit ensuite dans son lit.«Je me sens en train de mourir», a-t-il dit, ajoutant avoir pensé à ses enfants qui pourraient le retrouver mort.«Et c\u2019est à ce moment que je me dis: je vais les emmener avec moi.» Entrecoupé de pleurs, il a raconté ensuite un autre flash : «Je suis dans la chambre d\u2019Olivier.Je suis à côté du lit.fai un couteau dans les mains.Je rentre le couteau», a-t-il expliqué avant d\u2019éclater en sanglots.«Il fait: \u201cnoooooon \u201d, comme un gémissement.{.] Là je me rends compte que je suis en train de lui faire mal, je panique et je lui donne d\u2019autres coups», a-t-il dit.Les choses se sont passées de façon similaire avec Anne-Sophie, a dit l\u2019accusé.En contre-interrogatoire, René Verret, le procureur de la poursuite, a débuté sans faire dans la dentelle.Après avoir demandé s\u2019il réalisait qu\u2019il avait détruit la vie d\u2019Isabelle Gaston, il lui a rapidement posé des questions sur ses visites sur des sites Internet de pornographie homosexuelle, lui demandant s\u2019il se questionnait sur son orientation sexuelle, ce à quoi l\u2019accusé a répondu par la négative.Il a de plus tenté de lui faire dire qu\u2019en tant que médecin, il aurait pu trouver des moyens plus efficaces de mettre fin à sa vie que de boire du lave-glace.Il a ensuite envoyé plusieurs questions à l\u2019accusé sur sa mémoire, suggérant qu\u2019il a une mémoire sélective et qu\u2019il choisit les choses dont il se souvient et celles dont il ne se souvient pas, ce à quoi Guy Turcotte a protesté d\u2019une voix faible.La Presse canadienne Un rapport de l\u2019ONU dénonce la violence envers les fenunes New York \u2014 Les femmes sont mieux éduquées et vivent plus longtemps, mais plus d\u2019un tiers disent avoir été victimes de violences, selon un rapport de l\u2019ONU publié mardi.Ce rapport sur «Les femmes dans le monde», le sixième du genre et le résultat de cinq années de recherches, compile des statistiques sur les principaux aspects de la vie des femmes et des filles.Selon une de ses auteures, Erancesca Grum, il compte de nouveaux éléments chiffrés sur le travail non rémunéré des femmes et sur la violence à leur encontre, un problème qui n\u2019était même pas pris en compte il y a 20 ans.Les résultats des recherches sur 102 pays \u2014 le chiffre le plus élevé à ce jour \u2014 montrent que plus d\u2019un tiers des femmes ont été victimes de violence physique ou sexuelle à un moment de leur vie.Dans 70 pays étudiés, moins de 40% des victimes rompent le silence «Cette violence contre les femmes est présente partout, c\u2019est un problème mondial», explique M™® Grum.Et seule «une minorité de femmes ose parler de cette expérience de la violence», souligne-t-elle.Selon le rapport, dans 70 pays étudiés, moins de 40% des victimes rompent le silence et partagent leur expérience avec des amis ou des proches.Moins de 10% des victimes portent plainte.Mais l\u2019attitude envers la violence conjugale ou sexuelle commence à changer dans presque tous les pays où l\u2019information sur ce problème circule, note le rapport.Ainsi, au moins 119 pays ont désormais des lois sur la violence domestique, 125 sur le harcèlement sexuel et 52 sur le viol conjugal.Globalement, l\u2019espérance de vie des femmes atteint 72 ans, contre 68 pour les hommes.mais elles sont encore payées entre 70% et 90% seulement de ce que reçoivent leurs collègues masculins.Dans les pays en développement, elles passent en moyenne trois heures de plus par jour que les hommes à s\u2019occuper des tâches ménagères et des autres membres de la famille, un chiffre qui tombe à deux heures dans les pays riches.Les avantages familiaux se sont étendus: la moitié des pays offi^ent ainsi un congé de maternité d\u2019au moins 14 semaines.Mais certains secteurs comme l\u2019agriculture ou la domesticité en sont souvent exclus.Agence France-Presse ETUDE La prééclampsie, possible facteur de risque dans les malformations cardiaques congénitales Congédié?Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Vieux Montréal 514-845-5545 RBQ8239 1210 13 SPEC AL 20'ANN VERSA RE DES G OBTENEZ L\u2019INSTALLATION GRATUITE ARMOIRES a I achat d une cuisine complete entre le 10 et le 31 octobre *ne peut etrejumele a aucune autre offre PAULINE GRAVEL La prééclampsie chez la femme enceinte augmenterait le risque de malformation cardiaque chez le bébé, suggère une nouvelle étude publiée dans le Journal of the American Medical Association (JAMA).Les causes des malformations congénitales cardiaques demeurent en grande partie mystérieuses, car seulement 15% d\u2019entre elles sont dues à une anomalie génétique et un nombre encore beaucoup plus restreint est imputable à une infection de la mère, voire à sa consommation ou à son exposition à une substance tératogène.Mais voilà qu\u2019une étude réalisée par des chercheurs du Centre de recherche du CHUM (CRCHUM) et de l\u2019Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) présente la prééclampsie de la femme enceinte comme un possible facteur de risque.La prééclampsie est une hypertension artérielle qui affecte certaines femmes enceintes, et qui peut apparaître à partir de la 20® semaine de grossesse.«Nous ne connaissons pas les causes de la prééclampsie et nous ne disposons pas de moyen de prévention à part celui d\u2019éviter un gain de poids excessif par une saine alimentation.On suit donc les femmes de près afin de s\u2019assurer que leur santé n\u2019est pas en danger et que leur foetus croît JACQUES NADEAU LE DEVOIR La prééclampsie est une hypertension artérielle qui affecte certaines femmes enceintes, et qui peut apparaître à partir de la 20® semaine de grossesse.normalement et n\u2019est pas affecté», précise la D'^® Nathalie Auger, professeure de médecine sociale et préventive de l\u2019Université de Montréal.M™® Auger et ses collègues ont passé en revue les 1 942 072 naissances vivantes survenues dans les hôpitaux du Québec entre 1989 et 2012.Ils ont relevé que parmi les nourrissons nés de mères souffrant de prééclampsie, 16,7 sur 1000 étaient atteints d\u2019une malformation cardiaque, tandis que parmi ceux issus de mères n\u2019ayant pas été touchées par cette hypertension de grossesse, ils n\u2019étaient que 8,6 sur 1000, soit presque deux fois moins.Les chercheurs ont aussi constaté que plus la prééclampsie apparaissait tôt au cours de la grossesse, plus la prévalence des anomalies cardiaques était élevée, et plus ces dernières étaient souvent graves.«Néanmoins, ces malformations cardiaques demeurent très rares» et en grande partie bénignes, souligne l\u2019épidémiologiste.Or, des études récentes ont montré que les femmes qui développeront une prééclampsie présentent dès la 10® se- maine de leur grossesse un plus haut taux de biomarqueurs anti-angiogéniques (qui freinent l\u2019angiogenèse, soit la formation de nouveaux vaisseaux sanguins) que de facteurs de croissance angiogéniques (qui favorisent l\u2019angiogenèse), et que ce même déséquilibre était également présent chez les fœtus atteints de malformation cardiaque.«Nous ne savons toutefois pas si ce sont ces biomarqueurs qui causent ces deux problèmes de santé», souligne la chercheuse.Mais chose certaine, ce déséquilibre semble être déjà présent chez la femme enceinte au moment où se forment les principales structures du cœur du fœtus.Nathalie Auger précise bien que «l\u2019étude ne montre pas que la prééclampsie cause les malformations cardiaques», mais qu\u2019elle «suggère l\u2019existence d\u2019une association entre les deux qui partagent un facteur de risque en commun».«Comme notre étude est la première à mettre en évidence une telle association, elle incitera sûrement les médecins à surveiller encore plus attentivement les femmes victimes de prééclampsie durant leur grossesse.Nos résultats aideront aussi les chercheurs à trouver les causes de ces deux pathologies, ce qui permettra d\u2019améliorer leur prévention et leur traitement», fait-elle valoir.Le Devoir IITJÏÏI PRIX D'EXCELLEflCE ER RRCHI_____ LECTURE 2015 ORDRE DES ARCHITECTES DU QUÉBEC PRIX DU PUBLIC VOTEZ EN LIGNE POUR VOTRE PROJET PRÉFÉRÉ! oaq.com/pea JUSQU AU 18 NOVEMBRE niBsoa 1856 boulevard des Laurentides, Téléphonez au 514-990-0548 Laval.HTM 2P9 www.centredesignrealite.conn Pour annoncer, communiquez avec Katia Gariepy au 514.985.3444 ou kgariepy@leclevoir.com MARATHONS D'ARCHITECTURE Votez éclairé: assistez aux présentations des architectes qui ont conçu les projets en compétition.A Québec 29 octobre Musée de la civilisation 17 h 30 À Montréal 4 novembre Grande bibliothèque 17 h 30 INSCRIPTION GRATUITE oaq.com/pea Val d\u2019Or Lever du Coucher soleil 7h18 du soleil 17h59 Sept-îles 5/- Baie-Comeau Saguenay 3/0 Quebec Trois-Rivieres 6/2 r.\t^\t\u2022 Gatineau -___ Montreal rbrooke Canada Edmonton Moncton Saint-Jean Toronto Vancouver Winnipeg Montréal Aujourd-h^j, 8 Ciel variable Québec Aujourd-6 Auj.\tDemain Sol 16/6 Ave 12/2 Sol 8/-3 Ave 8/6 Sol 8/0 Plu 12/8 Plu 14/12 Ave 14/2 Ave 13/10 Ave 12/9 Var 10/1 Sol 11/5 Le Monde Londres Los Angeles Mexico New York Pans Tokyo ©MeteoMedia 2015 Auj.Plu 14/11 Demain Var 15/7 Sol 28/18 Sol 26/17 Nua 24/14 Plu 21/14 Var 21/13 Var 22/11 Nua 13/10 Nua 14/10 Sol 19/13 Sol 20/15 Demain\tVendredi., 15/2 8/0 Averses pdp 20% Faible pluie pdp 70% Generalement ensoleille Gatineau AujourdT^jt^ Averses pdp 40% Ce soir\tDemain ^ Faible pluie, pdp Faible pluie pdp 20%\t80% Ce soir\tDemain 4\t14/1 Faible pluie, pdp Averses pdp 40%\t40% Passages nuageux Passages nuageux Passages nuageux Ciel variable Passages nuageux Ciel variable Pour que le pique-nîque ne tombe pas à l\u2019eau, accédez en tout temps à la météo.Téléchargez MétéoÉclair sur votre téléphone intelligent.Météo Média LE DEVOIR LE MERCREDI 21 OCTOBRE 2015 A 7 ACTUALITES ATTENTAT DE SAINT-JEAN-SUR-RICHEOEU Une cérémonie commémore le décès de l\u2019adjudant Vincent L\u2019adjudant Patrice Vincent KARL RETTINO-PARAZELLI Des militaires, d\u2019anciens combattants et des citoyens se sont joints mardi à la famille de l\u2019adjudant Patrice Vincent pour honorer la mémoire de ce soldat happé mortellement par Martin Couture-Rouleau il y a exactement un an.La cérémonie organisée par la filiale locale de la Légion royale canadienne a eu lieu à Saint-Jean-sur-Richelieu, tout près de l\u2019endroit où le militaire canadien a perdu la vie.Le 20 octobre 2014, Martin Couture-Rouleau, récemment converti à l\u2019islam, a foncé avec sa voiture sur trois militaires, tuant l\u2019adjudant Vincent et blessant un de ses collègues.Le pompier militaire, dont la carrière s\u2019est étalée sur 28 ans, se trouvait à Saint-Jean-sur-Ri-chelieu le jour du drame pour accompagner un collègue militaire qui souhaitait se rendre dans un centre de service des anciens combattants.Le conservateur Steven Bla-ney, réélu lundi dans Belle-chasse-lÆS Etchemins-Lévis et ministre de la Sécurité publique au sein du gouvernement de Stephen Harper, était présent pour rendre hommage au défunt.«Il y a un an, nous avons vécu un événement terroriste qui a bouleversé nos vies.Un gars a donné sa vie pour le pays», a-t-il déclaré au journal local Le Canada Français.Une bannière à l\u2019effigie de l\u2019adjudant Vincent a été hissée lors de la cérémonie, pendant qu\u2019à Ottawa, le nom du soldat a été inscrit dans le Livre du souvenir.Patrice Vincent appartenait au 438® Escadron tactique d\u2019hélicoptères situé à Saint-Hubert.Autre anniversaire Le triste anniversaire de la mort de l\u2019adjudant Vincent précède la commémoration d\u2019un autre événement qui a bouleversé le Canada et attiré l\u2019attention internationale il y a 12 mois.Le 22 octobre 2014, le caporal Nathan Cirillo, 24 ans, a été abattu par Michael Zehaf-Bibeau alors qu\u2019il montait la garde devant le Monument commémoratif de guerre du Canada, à Ottawa.Ce jour-là, l\u2019auteur de la fusillade s\u2019est introduit dans l\u2019édifice du parlement avant d\u2019être abattu.Une cérémonie est prévue mercredi soir à Hamilton, d\u2019où est originaire Nathan Cirillo.Parents, amis et militaires s\u2019y sont donné rendez-vous.Une autre commémoration aura heu jeudi avant-midi devant le monument où s\u2019est produite la fusillade du 22 octobre pour rendre hommage au caporal Cirillo, à l\u2019adjudant Vincent et aux premiers répondants qui sont intervenus lors des deux événements tragiques.Le gouverneur général, David Johnston, sera présent.La fondation lün Canada remettra à titre posthume le prix Hal Rogers à Patrice Vincent afin de commémorer son sacrifice.Cette même distinction a été décernée au caporal Cirillo.Le prix Hal Rogers constitue la plus haute distinction de la Eondation Kin Canada.Elle honore «des Canadiens et des Canadiennes qui, par leur leadership, leurs accomplissements et leurs entreprises communautaires ont personnifié les grands idéaux auxquels souscrivait le fondateur de Kin Canada, Hal Rogers», un militaire décédé en 1994.Avec La Presse canadienne Le Devoir ETATS-UNIS L\u2019adolescent à l\u2019horloge bricolée déménage au Qatar Chicago \u2014 Le collégien devenu une star sur Internet pour avoir fabriqué une horloge que la police texane avait prise pour une bombe factice va déménager au Qatar, ont rapporté les médias locaux mardi.Depuis sa mésaventure mi-septembre, la famille du garçon, Ahmed Mohamed, a été submergée par d\u2019innombrables offres d\u2019écoles et d\u2019universités offrant de financer les études du jeune homme.Ses parents, immigrants soudanais qui habitaient en banlieue de Dallas, ont indiqué avoir finalement retenu une offre en provenance du Qatar, où les études secondaires et les quatre premières années d\u2019université d\u2019Ahmed seront prises en charge, a précisé son père au journal Dallas Morning News.Ahmed Mohamed, 14 ans, a été reçu lundi soir à la Maison-Blanche à l\u2019invitation de Barack Qbama, qui s\u2019était ému de voir l\u2019adolescent inventif arrêté et menotté dans son école.Le président américain s\u2019était ainsi immiscé dans l\u2019affaire devant l\u2019avalanche de réactions sur Internet, les policiers du Texas se voyant reprocher un excès de zèle fondé sur un sentiment islamophobe.Ahmed Mohamed, réputé bricoleur parmi les élèves de son collège, avait apporté début septembre un dispositif, composé notamment d\u2019un écran numérique et d\u2019un circuit électronique, qu\u2019il souhaitait montrer à son professeur de technologie.L\u2019appareil ayant sonné lors d\u2019une autre classe, un enseignant d\u2019anglais l\u2019avait alors confisqué, avant que les choses s\u2019emballent et conduisent à son arrestahon.Une image du garçon, arborant un T-shirt avec le logo de la NASA, les mains menottées dans le dos, avait été partagée par des milliers d\u2019internautes.Agence France-Presse PATRIK STOLLARZ AGENCE ERANCE-PRESSE Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, accompagné de ia secrétaire en chef de ia Convention de i\u2019ONU sur ies changements ciimatiques, Christiana Figueres, a souiigné que cette semaine était «critique» pour obtenir un succès à Paris.CLIMAT À Bonn, semaine décisive pour la C0P21 Le ministre français Laurent Fabius appelle les délégués de 195 pays à produire un projet d\u2019accord ambitieux CATHERINE HOURS CÉLINE SERRAT à Bonn Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a appelé mardi à Bonn les délégués de 195 pays à «avancer» dans leurs négociations sur le climat, jugeant la semaine «critique» pour obtenir un succès à la conférence de Paris contre le réchauffement planétaire.«Nous devons avancer à Bonn pour avoir un succès à Paris», a-t-il dit aux chefs des délégations réunies pour une dernière semaine de pourparlers officiels avant la «COP» de Paris, qu\u2019il présidera à compter du 30 novembre.«Cette semaine est critique», a insisté M.Fabius, les appelant à produire un projet d\u2019accord «clair, concis, équilibré et ambitieux», « établissant un nombre limité de questions politiques qui resteront» à trancher à Paris.Les discussions ont repris mardi dans une atmosphère apaisée, après une journée de lundi marquée par les protestations des pays en développement, furieux de voir le texte amputé d\u2019une partie de leurs propositions.A la demande du groupe G77 (qui compte aujourd\u2019hui 134 pays émergents et en développement, 80% de la population mondiale), le projet d\u2019accord a été amendé par toutes les parties, passant de 20 à 34 pages.Leurs revendications concernaient notamment les financements promis par les pays du Nord au Sud et la prise en charge des dommages générés par le réchauffement.Ces ajouts «ont permis de corriger les déséquilibres », s\u2019est félicitée la présidente du G77, l\u2019ambassadrice sud-africaine Nozipho Mxakato-Diseko, à la reprise des travaux.M\u201c® Diseko était allée jusqu\u2019à parler, lundi en réunion, A\u2019«apartheid» si leurs propositions n\u2019étaient pas prises en considération.«Nous, les pays vulnérables, nous avons besoin d\u2019un accord plus que d\u2019autres, mais on ne peut pas signer n\u2019importe quoi», a déclaré à l\u2019AFP Seyni Nafo, porte-parole du groupe Afrique.«Maintenant, on peut discuter», a-t-il estimé.M.Fabius a jugé «positif» que les délégations aient pu produire un nouveau projet d\u2019accord.La future présidence française a «une attitude d\u2019écoute, d\u2019ambition pour l\u2019accord et aussi de compromis, puisque à la fin, il faut que les décisions soient adoptées par les uns et les autres», a-t-il expliqué.Les délégations présentes à Bonn, siège de la Convention-cadre de l\u2019QNU sur les changements climatiques (CCNUCC), n\u2019ont plus que quatre jours de négociations officielles avant l\u2019ouverture de la CGP2L La CGP est censée produire un accord historique, car elle engagera l\u2019ensemble des pays dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre afin de contenir le réchauffement sous le seuil critique de +2 °C par rapport au niveau préindustriel.Le bien commun Mais des questions difficiles restent à trancher, du financement des politiques climatiques au caractère contraignant ou non de l\u2019accord.«Nous avons progressé, car nous avons réellement commencé à nous écouter les uns les autres, explique le chef de la délégation cubaine.Pedro Luis Pedroso.Et toutes les délégations savent que nous n\u2019avons plus beaucoup de temps.» «On ressent physiquement cette atmosphère positive, c\u2019est assez exceptionnel», s\u2019est réjouie la négociatrice française Laurence Tubiana.«Après le psychodrame d\u2019hier [lundi], nous sommes finalement assez avancés dans le processus, estime Mohamed Adow, de fONG Christian Aid.Le texte reflète toutes les positions.Des éléments nouveaux s\u2019ajouteront, d\u2019autres seront supprimés, la bonne nouvelle est qu\u2019on peut avancer.» Cette «crise était très importante, car elle a permis de recentrer l\u2019attention de tous sur ce que cet accord doit apporter à ceux qui en ont le plus besoin, notamment sur le plan financier», a dit Alix Mazounie, du Réseau Action Climat.Suivant les appels à la mobilisation déjà lancés par de nombreux leaders politiques mais aussi le pape, 150 responsables religieux ont publié à Bonn un appel à saisir «une occasion unique de contribuer au bien commun de l\u2019Humanité», qualifiant le réchauffement de «menace pour la vie».Le dalaï-lama a aussi appelé à protéger le Tibet des impacts du dérèglement climatique.Autre signe d\u2019espoir pour le climat, la défaite aux élections canadiennes du gouvernement conservateur, réticent à toute action pour le climat.Depuis Bonn, Greenpeace Canada a demandé aux nouveaux élus de revoir les objectifs de réduction de gaz à effet de serre d\u2019Gttawa en vue de la CGP21.Agence France-Presse SOIREE DEBAT PORTES OUVERTES Samedi le 24 octobre 2015 10 h à 13 h Les Tntei/ectueis pwrlo Soweromtti Le lundi 26 octobre 2015 à 19h Pavillon Athanase-David (UQAM) 1430 rue Saint-Denis D-R200 Les élections fédérales du 19 octobre et leurs suites quel contexte politique ?Les présentations de : Pierre Serré, politologue et président des IPSO Claudette Carbonneau, syndicaliste et présidente du OUI-Québec Jean François Payette, politologue et militant du Bloc québécois seront suivies d\u2019échanges avec les participants de la salle.Entrée libre Résidence scolaire et externat anglophone mixte de la H® à la 5® secondaire et la 12® année 80, chemin Moulton Hill, Sherbrooke (Québec] JIM 1Z8 >\tCertificat d\u2019admissibilité à l\u2019enseignement en anglais non obligatoire >\tEnviron 1.5$ million en bourses d\u2019études et aide financière disponible >\tLa 12® année : une alternative au CEGEP Venez découvrir notre campus en nous contactant: Numéro sans frais : 1-877-570-7542 j admissions@bishopscoiiegeschooi.com www.bishopscollegeschooLcom Mène à l\u2019obtention du diplôme d\u2019études secondaires du Québec et de l\u2019Ontario A 8 LE DEVOIR LE MERCREDI 21 OCTOBRE 2015 EDITORIAL L\u2019ERE JUSTIN TRUDEAU Retour au monde Il fallait voir mardi la pile de communiqués félicitant Justin Trudeau de sa victoire, communiqués pleins d\u2019espoir et de rappels de toutes les promesses faites par le premier ministre désigné.Chacun s\u2019attend à ce qu\u2019elles soient honorées rapidement, quasi immédiatement.Nonobstant l\u2019importance des enjeux nationaux ou locaux (ah ! les eaux usées de Montréal), c\u2019est pourtant hors frontières que M.Trudeau doit d\u2019ahord marquer le coup.J Josée Boileau ustin Trudeau, nouveau premier ministre, en a lui-même avisé avec force le monde entier mardi, devant ses partisans: le Canada est «de retour» ! Cela tombe bien, dans le mois et demi qui vient se succéderont de grandes rencontres internationales qui aborderont des enjeux de fond, ceux du siècle : sécurité, libre-échange, environnement.Même une réunion du Commonwealth est au programme, ravivant les liens avec la Couronne britannique, qui étaient si chers au premier ministre sortant, Stephen Harper.Or, si Justin Trudeau se veut l\u2019homme du changement \u2014 ce dont son approche et son ton résolument positifs témoignent \u2014, sur bien des sujets, le flou règne.Cela est particulièrement frappant à l\u2019international.Toute la semaine, les délégations de 195 pays sont réunies à Bonn pour finaliser les préparatifs de la conférence de Paris contre les changements climatiques, dite COP21, qui se tiendra à la toute fin novembre.C\u2019est la dernière rencontre officielle avant ce grand rendez-vous, on y négocie ferme, et la semaine s\u2019est ouverte sur de vives tensions entre le Nord et le Sud.Mardi, on parlait toutefois d\u2019apaisement, parce que «nous avons réellement commencé à nous écouter les uns et les autres», a dit l\u2019un des délégués.Mais aussi parce qu\u2019arrivait enfin un écho différent en provenance du Canada : fini l\u2019obscurantisme conservateur qui a rabaissé le pays au rang de très mauvais élève du monde ! Quelqu\u2019un à qui parler, qui peut écouter, venait d\u2019être élu.Le président français François Hollande, qui s\u2019est entretenu mardi avec M.Trudeau, un entretien qu\u2019il a qualifié de «chaleureux», signalait lui-même que le nouveau premier ministre voulait tout comme lui que la COP21 soit un succès.Quand on sait avec quelle détermination le gouvernement Hollande veut aller chercher une entente à Paris, il faut bien mesurer l\u2019importance de cette déclaration.Qr, jamais dans la campagne électorale Justin Trudeau n\u2019a fixé de cible de réduction des émissions de gaz à effet de serre.Faire plus, faire mieux, certes, mais combien et comment?Motus.Dans un mois, il lui faudra savoir.La CQP21 n\u2019est pas le rendez-vous des vagues promesses, et le Canada aura sur lui les yeux du monde entier.L\u2019homme a beau être un interlocuteur sympathique, il ne peut arriver à Paris les mains vides.À ère nouvelle, engagement à prendre.Notre crédibilité est enjeu.Autre enjeu qui dépasse les frontières et qui ne peut attendre : le sommet du G20 à la mi-novembre en Turquie, 10 jours seulement après la formation du nouveau cabinet Trudeau.Au menu : Etat islamique et Ukraine.Ce sera une nouvelle occasion de rompre avec l\u2019approche conservatrice, comme promis par M.Trudeau.Sauf que cette fois, l\u2019engagement pris par le Canada en Irak et en Sjuie a plu à nos alliés.Comment dès lors se retirer sans mal de la coalition internationale, comme M.Trudeau s\u2019y est engagé en campagne électorale ?Il évoquait mardi dans sa rencontre avec la presse (oh! la nouvelle ère) une transition «responsable».Il faudra vite préciser, de manière à bien placer quel rôle le Canada jouera désormais dans le monde au-delà des paroles généreuses.Même si, en soi, celles-ci soulèvent un vent de fraîcheur dont la symbolique n\u2019est pas non plus à sous-estimer.FÉDÉRALISME À L\u2019ÉRE JUSTIN TRUDEAU Partenariat miné ?Antoine Robitaille evant toutes les promesses d\u2019amélioration du fédéralisme au Canada, on nous permettra d\u2019être sceptiques.D\u2019abord, on les réalise rarement (pensons à Trudeau père mettant son siège enjeu pour du «changement» en 1980.).Ensuite, n\u2019étant pas constitutionnalisées, leur nature est fragile.L\u2019ère Harper s\u2019ouvrit sur le projet de « fédéralisme d\u2019ouverture », lequel devait mettre fin, martelait le chef conservateur, au «fédéralisme dominateur» des années Chrétien-Martin.Mais après l\u2019octroi du «strapontin» québécois à l\u2019UNESCQ (survivra-t-il à l\u2019ère Trudeau?) et d\u2019une compensation pour une partie du déséquilibre fiscal, les promesses de 2005 furent abandonnées : pensons notamment à la charte du fédéralisme d\u2019ouverture, jamais adoptée ; et au pouvoir fédéral de dépenser, toujours non bridé formellement.Pire encore : le Québec fut contraint d\u2019aller en cour pour faire respecter ses compétences et ses droits d\u2019Etat fédéré : dans les dossiers des valeurs mobilières, de la réforme du Sénat, de la nomination des juges, de la succession royale, entre autres.Le début de l\u2019ère Trudeau fils s\u2019accompagne d\u2019une autre série de promesses pouvant être réunie sous le vocable «fédéralisme de partenariat».Dans sa lettre du 2i août adressée à Philippe Couillard, celui qui est devenu premier ministre lundi écrit que les «défis» auxquels le Dominion fait face «exigent un vrai partenariat».Celui-ci doit être basé sur le «respect des compétences du Québec».Il est question d\u2019un «dialogue continu», d\u2019une rencontre annuelle entre le premier ministre fédéral et ses homologues provinciaux.M.Trudeau s\u2019est montré précis sur de nombreux sujets, au grand plaisir de Philippe Couillard, qui soulignait mardi ces principaux engagements : ne plus fixer de manière unilatérale les transferts aux provinces ; tenir compte du vieillissement dans les transferts en santé ; retirer les plafonds imposés unilatéralement au programme de péréquation en 2008 ; accorder un droit de retrait avec compensation à une province qui refuse de participer à une nouvelle initiative fédérale.Justin Trudeau mentionnait aussi le «caractère unique de la société québécoise» et promettait un processus de nomination des juges «plus respectueux des provinces».Ce sont certes là d\u2019excellents éléments.Qn est toutefois loin de la vraie réparation que le Québec est en droit d\u2019attendre pour rentrer dans le giron constitutionnel en 20i7, ce que M.Couillard a déjà évoqué.Les deux premiers ministres semblent même s\u2019entendre pour conserver le tabou constitutionnel.Qr, une loi fondamentale viciée \u2014 immuable en plus ! \u2014 ne peut fonder un partenariat sain.LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 > FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-présidente, ventes publicitaires LISE MILLETTE Directeur des finances STÉPHANE ROGER Directrice de ^information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Adjoints PAUL CAUCHON, JEAN-ERANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIEEET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET Lt&fRA-l___ ÇA LETTRES Que de surprises ! Le mystère Québec, ou plutôt sa région, vient encore une fois démontrer qu\u2019il est en bien réel.La ceinture de Québec, dans un fuseau politique différent, a voté contre la tendance nationale.Steven Blaney a tout fait pour asphjrxier et anesthésier le chantier Davie, on le reporte au pouvoir; ça prend quoi pour perdre à Lévis?Que Lévis ne nous parle plus de l\u2019importance de son chantier, les gens s\u2019en foutent.Gérard Deltell, une girouette opportuniste, gagne par une grande majorité, mais perd sa limousine et le pouvoir.Changera-t-il encore de parti?La couleur orange, pour sa part, est devenue invisible, qui s\u2019en soucie ?Les gens aiment bien le NPD, mais en deuxième opposition.Même les sondeurs, ces grands myopes, n\u2019ont pas vu ni prédit la majorité des libéraux.Loin derrière, le Bloc a prouvé encore qu\u2019il est essentiellement un jouet Montréalais.Quais, que de surprises ! Michel Beaumont Québec, le 20 octobre 2015 La pérennité dn Bloc qnébécois Lundi, la trudeaumanie s\u2019est emparée du Canada, le Québec compris.Le pays sera dirigé par un premier ministre qui est contre la reconnaissance de la nation québécoise.Comment se rassembler derrière un premier ministre qui niait hier encore l\u2019existence de notre nation ?Comment, en tant que citoyens attachés à la nation québécoise et qui auront encore moins de reconnaissance à Qttawa, pourrons-nous être sensibles à la quête de l\u2019intérêt général canadien ?La reconnaissance de la nation québécoise en a pris pour son rhume avec cette élection et, avec elle, ma capacité personnelle à me projeter dans une quête de l\u2019intérêt collectif canadien.En suivant l\u2019expression de votre chroniqueur Jean Dion, je dirais que le libéralisme pancanadien triomphe en mon Ford intérieur: l\u2019érosion graduelle de l\u2019option nationaliste me confine de plus en plus à ma sphère de consommateur individualiste.Mais la politique rattrape l\u2019homme et «acheter, c\u2019est voter», dit-on aujourd\u2019hui.Il ne me reste qu\u2019à continuer mon boycottage bien personnel des Tim Hortons et des Canadian Tire du Québec.Ainsi, j\u2019assure une pérennité toute personnelle à un Bloc québécois qui n\u2019est là que pour dire, que tout ne tourne pas rond dans cet Etat canadien dont le chef refuse de reconnaître l\u2019exîs-tence de ma nation, lan de Valicourt Le 20 octobre 2015 Justin le rassembleur ?Il n\u2019a pas la superbe de son père ni son érudition.Mais le nouveau premier ministre du Canada est plus chaleureux et rassembleur que son père.Son authenticité et sa jeunesse auront été ses principales forces dans la cam- pagne qui vient enfin de se terminer.Il ne doit maintenant pas décevoir le désir de changement qui l\u2019a porté au pouvoir.Ce ne sont pas que des libéraux qui ont voté pour Justin.La soif de changement qui a donné la majorité au jeune chef est multi-partisane, issue d\u2019une large coalition anti-Harper.Les Québécois et les Canadiens veulent une politique fédérale moins bêtement partisane, ils ont voté pour la politique plus consensuelle promise par le chef libéral.C\u2019est pourquoi la priorité doit être accordée à la réforme du système électoral, un engagement partagé par les libéraux et les néodémocrates.Maintenant qu\u2019ils ont la majorité, les libéraux ne doivent pas s\u2019accrocher au même vieux système qui favorise toujours les deux plus gros partis.Il faut donner aux citoyens plus de choix politiques.Ceux-ci ont rejeté la politique de l\u2019hyperpartisanerie de Stephen Harper.Les citoyens veulent un gouvernement intelligent, qui se nourrit des meilleures idées, peu importe qu\u2019elles viennent du parti A ou du parti B.Un premier geste d\u2019ouverture serait de nommer Elizabeth, May au cabinet comme secrétaire d\u2019Etat, qui pourrait appuyer le ministre de l\u2019Environnement dans différentes fonctions.Deux têtes valent toujours mieux qu\u2019une.Denis Saint-Martin Montréal, le 20 octobre 2015 On n\u2019était pas là ponr se chicaner Nous étions une dizaine d\u2019amis, chez moi, lors de la soirée électorale.Qn a bien rigolé chaque fois que Tasha Kheiriddin parlait: on coupait le son à cause du ton de sa voix.Il y avait moitié de pro-BQ et moitié de pro-NPD.Comme, pour la plupart, nous sommes amis depuis plus de 40 ans (le temps du Service universitaire canadien outremer, SUCQ, en Afrique et en Amérique latine, le temps de la Presse étudiante nationale en 1965.), on n\u2019était pas là poin se chicaner.Qn s\u2019est déjà mutuellement pardonné bien des erreins et des errances.Nous nous sommes plutôt mutuellement consolés: les bloquistes consolaient les partisans du NPD lors de la dégringolade.Les pro-NPD se réjouissaient amicalement de l\u2019élection de chacun des 10 bloquistes.Tous, on a salué la défaite de Harper.Qn aurait tous préféré un gouvernement minoritaire.Qn espère que Justin va se montrer keynésianiste.On s\u2019attend à ce qu\u2019il provoque de nouveaux et incessants blocages (ou du mépris) dans la question nationale.On espère que Justin va disposer de la traduction simultanée en français lors de ses interventions pour qu\u2019on le comprenne.On a versé une larme sur la défaite de Gilles.C\u2019est l\u2019ami Dominique qui a gagné la cagnotte (50$), car il a mis de nombreux libéraux dans son pari.On s\u2019est consolés en mangeant du sucre à la crème, des abricots séchés, des amandes, du raisin frais et des Glosette aux raisins.On espère qu\u2019il n\u2019y auya pas une autre soirée électorale bientôt.A nos âges, on a de la misère à veiller tard.Jacques Fournier Montréal, le 20 octobre 2015 Les vertus cachées de notre système électoral Les élections fédérales de lundi et la campagne électorale qui a précédé illustrent bien les mécanismes régulateurs de notre système électoral.Pour provoquer un changement de gouvernement, un parti devait trouver la façon de rallier les forces d\u2019opposition.Le Parti libéral a réussi l\u2019exploit en allant chercher des idées fortes chez les néodémocrates et les verts, et en les intégrant dans une proposition largement rassembleuse.Le résultat démontre bien l\u2019influence essentielle que peuvent exercer les tiers partis dans notre système.Qn peut prédire que cette influence va se maintenir tout au long du mandat libéral parce que le vote conservateur est resté solide et qu\u2019en conséquence, le chef libéral n\u2019aura d\u2019autre choix que de respecter les partisans des tiers partis, s\u2019il espère durer plus de quatre ans.Le chef libéral va donc gouverner avec seulement 40% des suffrages, mais son programme tient suffisamment compte de celui des tiers partis pour légitimer son pouvoir.Les systèmes de votes proportionnels, même atténués, permettent à de très petits partis de marchander leur appui à des gouvernements minoritaires en les forçant à adopter des idées concoctées par leur formation marginale, souvent à la faveur de crises politiques.A la limite, ces systèmes peuvent mener à une dictature des groupes minoritaires.Aucun système n\u2019est parfait et en apparence, le modèle actuel est impitoyable pour les petits partis.Pourtant, il intègre souvent plusieurs de leurs propositions en assurant la prédominance des idées les plus rassembleuses.Le mécanisme a très bien fonctionné cette fois-ci.Geneviève Guay Le 20 octobre 2015 Nostalgie d\u2019un pouvoir minoritaire Avez-vous remarqué comme un gouvernement minoritaire est modeste, prudent, sage ?Il fait des courbettes à gauche et à droite.Respectueux de l\u2019âge d\u2019or, il livre le courrier à domicile de ma vieille tante Marie.Il consulte, délibère, inspecte le terrain avant d\u2019y mettre le pied.Il fait la guerre sans montrer ses muscles de matamore.Il aime le monde.Avez-vous remarqué comme un gouvernement majoritaire est sûr de lui, dominateur et croit descendre de la cuisse de Jupiter ?Il contemple son nombril et s\u2019aveugle de flatteries.L\u2019ogre qui sommeille en lui est de plus en plus glouton.Après deux mandats, il devient insupportable.La fin de règne des majoritaires est marquée par la prolifération des copains et des coquins.Vivement 2025 ! Sam Haroim Le 20 octobre 2015 LE DEVOIR LE MERCREDI 21 OCTOBRE 2015 A 9 IDEES J RYAN REMIORZ LA PRESSE CANADIENNE La première erreur des conseillers du NPD : on a transformé Thomas Mulcair en père Noël au sourire figé, embarrassé dans cette mascarade.Les deux erreurs de l\u2019équipe Mulcair MICHEL FRANKLAND Montréal n peu après dîner, lundi, j\u2019ai prédit à des amis que le NPD se ferait «laver».Pour deux raisons.Les êtres humains carburent plus que l\u2019on pense à la perception instinctive.Un adage en psychologie affirme que quand deux personnes se rencontrent pour la première fois, ils se forment une opinion spontanée, «animale», l\u2019un de l\u2019autre.Comme deux chiens qui s\u2019accostent.Cette perception, sûrement largement inconsciente, mesure en particulier le degré d\u2019authenticité chez l\u2019autre.Est-ce un individu à l\u2019aise avec soi-même ou un être « masqué » ?La perception populaire de Mulcair en est l\u2019exemple parfait.L\u2019image qui s\u2019est dégagée de lui aux Communes représentait un avocat brillant et passionné.Fort bien.L\u2019homme est apprécié.Il part avec un préjugé favorable.L\u2019ins-tinct populaire veut sortir Harper de son règne trop long.Le chef du NPD s\u2019avère tout désigné.D\u2019autant plus qu\u2019en début de campagne, l\u2019image de Justin Trudeau marinait un peu encore dans quelques affirmations gaffeuses.Malheureusement, les conseillers du NPD ont commis la même erreur que les conseillers libéraux de Michael Ignaüeff vers 2010.Ils ont «peinturé» leur représentant.Chez Ignaüeff, esprit de première force, auteur de 17 ouvrages, universitaire à l\u2019esprit subtil et pénétrant, ils ont fait, pour le rendre plus proche du peuple, un personnage un peu bonhomme, souriant.mais cela était faux.Et l\u2019instinct populaire l\u2019a saisi immédiatement.C\u2019est la source d\u2019un rejet spontané.On a commis la même erreur avec Mulcair.On l\u2019a transformé en père Noël au sourire figé, embarrassé dans cette mascarade.Deux sautes d\u2019humeur catastrophiques Le rejet de Mulcair par le public fut doublé d\u2019une incartade conséquente.Car l\u2019homme sortait sa nature batailleuse trop comprimée par la composition qu\u2019on lui avait imposée.Compressées trop longtemps chez cet être en feu, entier, ses émotions sortaient sans nuance.Deux sautes d\u2019humeur catastrophiques s\u2019ensuivirent.La première, tous s\u2019en souviennent, portait sur le niqab.Il a passionnément et fortement affirmé son respect absolu de cette femme à s\u2019habiller comme elle le désirait.Il heurtait ainsi l\u2019aversion que le Québec, coincé en Amérique dans un océan anglophone et attaché à sa nature sociohistorique unique, éprouvait envers une tradition qui claironnait, à leurs yeux, le refus de s\u2019intégrer.Ce vêtement représentait alors, pour une société en mal de soutien, une menace globale sérieuse à la québédté.On remarquera comment Justin Trudeau, optant substantiellement pour le même point de vue que Mulcair sur ce sujet délicat, a témoigné d\u2019un sens politique très juste.Il n\u2019a qu\u2019effleuré ce sujet périlleux.Alors que Mulcair a fait entrer avec force la lance de son argumentation théorique dans le vif de la sensibilité québécoise.La deuxième saute d\u2019humeur néfaste tient dans sa réaction à l\u2019entente commerciale avec la zone du Pacifique.Pendant les élections, Harper annonce des résultats intéressants de ce cheminement.Trudeau, encore une fois politicien habile, annonce qu\u2019il va d\u2019abord lire le document avant de porter un jugement sur lui.Mulcair fait une scène: «Harper annonce justement en période électorale le résultat de ces négociations pour servir ses intérêts politiques.» L\u2019affirmation, le public le voit tout de suite, est ridicule.Les négociations cheminaient depuis de longs mois.Les représentants internationaux se fichent du fait qu\u2019on soit en élections.Leurs conclusions arrivent quand elles arrivent.Fausseté évidente de la tirade de mauvais goût de Mulcair.Dans ce sillage, on n\u2019a pas assez montré une évidence aux conséquences malheureuses: Mulcair est un avocat beaucoup plus qu\u2019un politicien.Manque d\u2019instinct Voilà donc une première erreur \u2014 et à double effet \u2014 de l\u2019organisation néodémocrate.La deuxième erreur est attribuable spécifiquement à ses conseillers.En fait, je crois que ces penseurs politiques ont manqué d\u2019instinct.Serait-ce dû à la nature plus dogmatique du NPD?Ils savaient tout.mais rien d\u2019autre ! Le genre de personnes qui n\u2019auraient rien compris à la popularité du frère André auprès du bon peuple.Ils se sont concentrés sur le message ; ils n\u2019ont même pas vu la phase initiale de toute campagne politique: quel est le tempérament de notre chef?Comment l\u2019amener à demeurer ce qu\u2019il est, sans quoi il sera rejeté ?De la même manière, les diplomates des grands pays ont des dossiers étoffés sur les dirigeants des pays puissants.Lors de la Deuxième Guerre mondiale, les alliés avaient accumulé un dossier fourni sur Hitler.Cela incluait les cartes de Noël qu\u2019il avait écrites jeune soldat.Ce n\u2019est pas les idées qui changent le monde ; ce sont les personnes.Je suis étonné que les penseurs politiques des panels semblent minimiser, voire ignorer l\u2019importance de la dimension humaine et de l\u2019expression de sa sincérité dans les campagnes.Comment laisser libre cours au naturel du politicien tout en le mettant en garde régulièrement contre les excès qui pourraient en résulter?Comme on guide un cheval à une course victorieuse.En contrepartie, on a vu la justesse des conseillers de Justin Trudeau.Ils ont laissé sa nature chaleureuse et rayonnante s\u2019exprimer sans entraves \u2014 à part, évidemment, des conseils répétés sur les gaffes à éviter.Symétriquement, lorsqu\u2019il s\u2019agissait de mathématiques plus complexes sur l\u2019aspect financier du plan libéral, c\u2019est un panel d\u2019experts financiers qui a exposé les chiffres.Justin ne «pouvait» être là, retenu par des discours importants «d^à prévus».Deux campagnes.Celle du NPD, trop loin de la vérité du chef; l\u2019autre, libérale, subtile, ayant une perception réaliste de l\u2019importance des forces intérieures du chef et sachant les guider.Justin Trudeau redonnera-t-il leur place aux francophones hors Québec dans le projet canadien?S LINDA CARDINAL Université d\u2019Ottawa RÉMI LÉGER Université Simon Fraser MARTIN NORMAND Université de Montréal i des analyses plus détaillées des résultats électoraux et des premières déclarations que fera Justin Trudeau sont nécessaires, la victoire des libéraux invite à quelques réflexions à chaud sur le dossier des langues officielles.La campagne électorale n\u2019a fait que peu de place à la question des langues officielles.Il est à souhaiter que le premier ministre désigné rappelle de façon solennelle que les langues officielles sont une dimension constitutive de l\u2019identité canadienne dans le prochain discours du Trône.Nous l\u2019invitons aussi à procéder à une révision complète de la situation des langues officielles au sein de l\u2019appareil fédéral et à réévaluer la Feuille de route sur les langues officielles afin qu\u2019elle soit en mesure de bien répondre aux besoins des communautés francophones.Qu\u2019en est-il des circonscriptions où le vote francophone avait été établi comme étant déterminant par la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada?En Ontario, les députés conservateurs Royal Galipeau à Orléans et Pierre Lemieux dans Glengarry-Prescott-Russell ont mordu la poussière au profit des libéraux Andrew Leslie et Francis Drouin, qui se joindront au député Mauril Bélanger d\u2019Ottawa, réélu.La circonscription néodémocrate d\u2019Yvon Godin, Acadie-Bathurst, a aussi été balayée par les libéraux, au grand déplaisir du député à la retraite.De nouveaux députés francophones libéraux feront leur entrée au Parlement canadien comme Randy Boissonneault à Edmonton, Dan Vandal à Winnipeg, Darrell Samson à Halifax et Paul Lefebvre à Sudbury.Il est trop tôt pour savoir si et comment les nouveaux députés francophones hors Québec vont réussir à remettre le dossier des langues officielles et la question du développement des communautés francophones à l\u2019ordre du jour, mais cela serait souhaitable.Ce ne sont pas les dossiers qui manquent.Parmi les autres enjeux qui sont importants du point de vue des langues officielles et des communautés francophones, il y a le financement de Radio-Canada.La privatisation des services publics n\u2019est pas favorable à la reconnaissance du français comme une langue publique au pays.Le déclin des institutions parlementaires a miné la présence du français dans l\u2019espace public, que l\u2019on pense à l\u2019absence de nomination de sénateurs des milieux francophones hors Québec par Stephen Harper.A ces enjeux, il ne faut pas oublier l\u2019économie, thème incontournable de toute campagne électorale, qui elle aussi doit aussi être abordée du point de vue des langues officielles.La possibilité de travailler en français dans son milieu et, plus largement, le développement économique sont des questions importantes pour les communautés francophones.Enfin, les libéraux seront responsables des prochaines célébrations du 150® anniversaire de la fédération canadienne.Dans ce cadre, les attentes sont également très grandes.Les langues officielles doivent être au cœur d\u2019une réflexion que nous appelons de nos vœux sur l\u2019avenir du fédéralisme canadien.Le gouvernement libéral devrait en venir rapidement à une entente avec la première ministre de l\u2019Ontario, Kathleen Wynne, afin de faire de l\u2019Ontario un gouvernement participant à l\u2019Organisation internationale de la Francophonie.Il devrait aussi tout mettre en œuvre pour convaincre tant la première ministre Wynne que le maire Jim Watson de faire d\u2019Ottawa, capitale d\u2019un pays bilingue, une ville officiellement bilingue.Ce sont deux autres gestes concrets qu\u2019il serait opportun d\u2019entreprendre dans la perspective d\u2019un renouveau du projet canadien.Papa est là Francine Pelletier Thomas Mulcair et son changement «pour de bon», Gilles Duceppe et sa balance du pouvoir, Stephen Harper et sa révolution conservatrice, pour ne rien dire du guru australien, des frères Ford, des épouvantails niqabs et jusqu\u2019au scandale des commandites.Ils peuvent tous aller se rhabiller.On se réveille en ce lendemain électoral comme si les 35 dernières années n\u2019avaient pas eu lieu.On revient aux beaux jours du «natural governing party» du Canada, au temps où les libéraux s\u2019imposaient comme le seul parti réellement national, ancrant ce vaste pays d\u2019est en ouest, en passant, ô miracle, par le Québec.Qui l\u2019eût cru?Il y a bien sûr les Prairies qui boudent un peu ,mais la vague rouge n\u2019est pas passée complètement inaperçue là non plus, doublant et même triplant sa part du vote populaire par endroits.Lundi soir, le vote pour les «voies ensoleillées» de Justin Trudeau s\u2019est manifesté partout alors que le vote conservateur a fait du surplace et que le vote néodémocrate, lui, s\u2019est littéralement écrasé.En ce lendemain de soir qui En ce penche, on se réveille donc |\t^ avec une seule certitude : I^Waemain Justin Trudeau est possi-blement l\u2019unique personne\t^ dans ce pays à ne pas s\u2019être penche, on se sous-estimée.Même Bob ^ Rae avait l\u2019air surpris, lundi reveille donc soir, de voir le jeune héri-\t| tier si bien tirer son épingle\tseuie ^\t^ certitude : Mais qu est-ce que ça veut donc dire?Bien sûr, une par- Justin tie des gains libéraux a été portée par la colère contre Trudeau est Stephen Harper ainsi que\t.la méfiance suscitée par POSSlblement Thomas Mulcair \u2014 deux pnjijQue hommes qui ont dû grimacer ^ quand même un peu en se personne regardant dans le miroir mardi matin.Avec quatre ans dans ce pays de retard sur le Québec, les %\t,a.Canadiens ont fait un géant ^\t® pied de nez à Stephen Har- sous-estimée per.Mais il y a plus ici qu un simple vote de protestation, plus qu\u2019un ras-le-bol collectif tel qu\u2019exprimé au Québec en 2011.Ce qui devait être une simple manœuvre pour gagner des votes, un autre de ces «dirty tricks» dont Harper a le secret, l\u2019affaire du niqab, tout en accordant quelques votes de plus au Québec pour le PCC, a eu un tout autre effet sur l\u2019ensemble du pays.Cette tactique de division n\u2019a pas seulement révélé Harper pour le politicien racoleur et mesquin qu\u2019il est; elle a mis la table pour un référendum sur les valeurs canadiennes.La grande question à laquelle l\u2019électorat devait répondre lundi ne concernait ni l\u2019économie, ni les garderies, ni la politique étrangère.La question était: «Dans quel Canada voulez-vous vivre?» Un sondage Êkos réalisé la veille le montre d\u2019ailleurs clairement*.Presque 50% des répondants disent que le plus important pour eux, c\u2019est de faire un «choix qui reflète leurs valeurs», les plateformes (33%) et les chefs (10%) venant loin derrière.En d\u2019autres mots, le Canada bâti par, oui, si on veut, Wilfrid Laurier, comme le rappelait le héros de la soirée lundi, mais bien plus certainement par Lester B.Pearson et encore davantage par Trudeau père lui-même est le Canada que l\u2019électorat canadien a remis à l\u2019honneur lundi.Comme dit le bras droit du nouveau PM, Gerald Butts, en guise d\u2019explication du raz-de-marée libéral: «Nous sommes le parti de la Charte des droits et libertés, après tout.» Plus que les Casques bleus, l\u2019assurance maladie ou les Rocheuses, la Charte et son idéateur, Pierre Elliott Trudeau, sont ce dont les Canadiens sont le plus fiers, tous les sondages le disent.L\u2019homme qui s\u2019était donné comme mission de changer tout ça, de supplanter les valeurs libérales par les valeurs conservatrices, de tourner le dos à la justice sociale pour mieux concentrer sur les «vraies affaires», l\u2019argent qui fait ka-ching! et les missions de combat qui font ka-powl, part la queue entre les jambes.Bien fait pour lui.Difficile également d\u2019avoir beaucoup de sympathie pour M.Mulcair qui a échoué à présenter une vision inspirante de ce que pourrait être un gouvernement néodémocrate.Justin Trudeau, en plus d\u2019être ensoleillé lui-même, a paru chaque fois plus généreux, plus compatissant, plus soucieux des droits et libertés fondamentaux.«Papa est là», a cru bon de lancer le grand vainqueur de la soirée à l\u2019intention de ses jeunes enfants.Une première, sans doute, pour ce qui est d\u2019un discours à la nation d\u2019un premier ministre fraîchement élu.Mais comment ne pas sentir à ce moment la présence de son père à lui?Le défi maintenant sera pour l\u2019héritier de la « société juste » d\u2019en faire quelque chose d\u2019original, l\u2019environnement et le changement de mode de scrutin pourraient être de bonnes pistes, pour ne rien dire de convaincre les Québécois de se reconnaître dans le «plus meilleur pays au monde».fpelletier@ledevoir.corn L\u2019EQUIPE DU DEVOIR REDACTION Véronique Chagnon et Louis Gagné (adjoints à la direction de l\u2019information), Antoine RobitaiIIe et Guy TaiIIefer (éditorialistes, responsables de la page Idees), Michel Garneau (caricaturiste), Jacques Nadeau (photographe), Michael Monnier et Olivier Zuida (recher-chistes photos), informatioii générale : Isabelle Paré (chef de division), Lisa-Mane Gervais (education), Alexandre Shields (environnement), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Paulme Gravel (sciences), Fabien Deglise (société), Jean Dion (sports), Jessica Nadeau, Philippe Orfali et Karl Rettmo-Parazelli (reporters), information politique : Marco Fortier (chef de division), Michel David(chroniqueur), Hélene Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirmo et Robert Dutnsac (correspondants parlementaires à Quebec), Jeanne Cornveau (affaires municipales, Montreal), Isabelle Porter (affaires municipales, Quebec), Guillaume Bourgault-Côté (reporter), Julie Carpentier (pupitre), information culturelle : Catherine Lalonde (responsable du cahier Livres), Odile Tremblay (cinema), Stéphane Baillargeon (médias), François Lévesque et Caroline y\\.o'a.tp>&t\\t(reporters), Benoît Munger et Philippe Vap>va.&aM(pupitre), information économique : Gérard Bérubé (chef de division), François Desjardins et Eric Desrosiers (reporters), Gérald Dallaire (pupitre), information internationale : Jean-Pierre Legault (pupitre international, page editonale et cahier Perspectives^, Sophie Chartier et Jean-Frédéric Légaré-Tremblay (pupitre), section art de vivre: Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs), Loïc Hamon (cahiers spéciaux), équipe internet: Laurence Clavel, Marie-Pier Frappier et Genevieve Tremblay (pupitre), Martin Blais, Annabelle Caillou, Justine Daneau, Florence Sara G Ferraris et Coralie Mensa (assistants) , correction : Andréanne Bédard, Isabelle Dowd, Christine Dumazet et Michele Malenfant , soutien à la rédaction: Amélie Gaudreau (secretaire), Laura Pelletier et Arnaud Stopa (commis) DOCUMENTATION Manon Derome (Montreal), Denise Ledoux (Ottawa), Dave Noel (Quebec) PUBLICITE Mélisande Simard (adjointe par interim), Jean de BiIIy, Jean-François Bossé, Marlene Côté, Evelyne De Varennes, Amel Elimam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebai (publicitaires), Sylvie Laporte (avis legaux), Amélie Maltais (coordonnatrice), Laurence Hémond (secretaire) PRODUCTION Bruno Dubois, China Marsot-Wood, Yannick Monn et Nathalie ^maitis INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur web), Imane Boudhar (analyste programmeur), Hansel Matthews (technicien informatique) PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Genevieve O\u2019Meara (coordonnatrice des communications et de la promotion), Catherine Gentilcore (coordonnatrice du service à la clientele), Manon Blanchette, Nathalie Filion et Kevin McKissock ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Claudette Béliveau (adjointe administrative), Florentma Draghici et Xavier Pigeon (par interim) A 10 LE DEVOIR, LE MERCREDI 21 OCTOBRE 2015 ACTUALITES TRUDEAU SUITE DE LA PAGE 1 Depuis son élection lundi soir, M.Trudeau s\u2019est entretenu avec les présidents américain, français, italien et mexicain.La conversation avec Barack Obama a été «très chaleureuse», a-t-il relaté, même si le patron de la Maison-Blanche l\u2019a «taquiné pour [s]on manque de cheveux gris», auquel son nouvel emploi remédierait rapidement M.Trudeau a raconté qu\u2019un des leaders internationaux à qui il avait parlé lui a donné ce conseil: «Il m\u2019a dit: \u201cCe que tu ressens aujourd\u2019hui, savoure-le, car ce n\u2019est qu\u2019une pente descendante à partir de maintenant.\u201d Je ne suis pas d\u2019accord.Au Canada, tout est possible.» Justin Trudeau a commencé son mandat par quelque chose que son prédécesseur Stephen Harper n\u2019avait fait qu\u2019une poignée de fois pendant son règne de dix ans : une conférence de presse de presque 20 minutes au Théâtre national de la presse.Là, il a annoncé qu\u2019il formerait son cabinet le 4 novembre prochain, cabinet qui respectera, promet-il, la parité hommes-femmes.Il n\u2019a pas été en mesure d\u2019indiquer quand le Parlement serait rappelé ou à quel moment il mettrait en place le nouveau mécanisme non partisan de nomination au Sénat.Bien que majoritaire à la Chambre des communes, M.Trudeau devra faire adopter ses projets de loi à la Chambre haute où les conservateurs, pour l\u2019heure, dominent avec 47 des 105 sièges.Pourvoir les 22 sièges vacants réglerait la question.De la même manière, M.Trudeau n\u2019a pas garanti qu\u2019il participera à tous les sommets internationaux qui se succèdent cet automne : le G20 en Turquie les 15 et 16 novembre, le sommet de l\u2019APEC aux Philippines les 18 et 19 novembre, puis le sommet du Commonwealth à Malte du 27 au 29 novembre.Il s\u2019est seulement engagé à assister à la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques de Paris en décembre et se dit «optimiste» pour le G20 et l\u2019APEC.Justin Trudeau a indiqué qu\u2019il rencontrerait les premiers ministres provinciaux afin de concocter une position canadienne au sommet sur les changements climatiques, mais malgré l\u2019insistance des journalistes, il a refusé de s\u2019engager à présenter à Paris des cibles chiffrées de réduction de gaz à effet de serre.Quant à la fin des bombardements canadiens en Irak, le dévoilement des détails de l\u2019accord de libre-échange Partenariat transpacifique ou encore la réponse à donner à la décision de la Cour suprême sur l\u2019aide médicale à mourir, le nouveau premier ministre a été incapable d\u2019offrir un échéancier précis.«Nous avons un premier ministre, et le 4 novembre, c\u2019est moi qui le deviens!» a-t-il fini par lancer de manière ingénue.Lourd programme Le nouveau premier ministre est bien au fait que son programme électoral était touffu, ses promesses, nombreuses.et que par conséquent, les attentes sont élevées à son endroit.Aussi a-t-il profité de son discours d\u2019après-midi pour remercier longuement ses militants et leur rappeler la lourde tâche qui les attendait.«Nous devons rester concentrés et travailler fort pour tous les Canadiens afin de remplir nos promesses.Pour leur donner un gouvernement qui appuie ses politiques sur les faits et qui écoute les scientifiques.Un gouvernement qui travaille avec la fonction publique, l\u2019écoute et la respecte.Nous devons montrer aux Canadiens qu\u2019on peut leur donner un gouvernement ouvert, optimiste et positif » Le chef libéral a aussi servi un rappel à l\u2019ordre préventif à ses troupes qui se sont tant déchirées dans le passé.«Il y aura de beaux jours, mais aussi de mauvais jours.Mais rappelons-nous ce que nous avons accompli ensemble.Ensemble.Pas par la division, pas par les attaques, mais en ralliant les gens.Nous devrons nous montrer à la hauteur de cet optimisme, de ce sentiment que tout est possible qui nous habite aujourd\u2019hui.» Si le fait de tenir une conférence de presse a marqué une rupture avec le règne de Stephen Harper, ce n\u2019est pas le seul geste posé par Justin Trudeau mardi qui annonce un changement d\u2019approche.En matinée, comme première sortie à titre de premier ministre désigné, M.Trudeau s\u2019est rendu à la station de métro Jarry pour remercier ses électeurs de Papineau, n a serré la main de quidams et s\u2019est prêté au jeu des égopor-traits alors que les agents de la GRC responsables de sa sécurité restaient en retrait.On chuchote dans les coulisses que le nouveau premier ministre a donné la consigne aux policiers de prendre un peu leurs distances et de ne pas former ce bouclier humain qui enrobait M.Harper.Vrai?En conférence de presse, M.Trudeau a refusé de donner des détails sur sa sécurité, mais il a pris soin d\u2019ajouter: «Pour moi, être en contact avec les Canadiens, les entendre, les écouter, les rencontrer est une grande priorité et en tant que premier ministre, j\u2019espère et compte pouvoir continuer d\u2019être ouvert, accessible et en contact avec les Canadiens.» Les enfants plutôt que le père Une première conférence de presse avec Justin Trudeau devenu premier ministre comme son père n\u2019aurait pu être complète sans lui demander si le souvenir de son défunt paternel l\u2019habitait.«C\u2019est drôle, a-t-il répondu.Ma première journée au Parlement en 2008, quand je suis rentré comme député, mes réflexions étaient remplies de mon père et de mon grand-père James Sinclair.Mais aujourd\u2019hui, je pense beaucoup plus à Xavier, Ella-Grace et Hadrien [ses trois enfants].Je suis très fier de mon père, de ses valeurs et de ce qu\u2019il a accompli, mais je comprends que le travail que j\u2019ai à faire aujourd\u2019hui et dans les années à venir doit être ancré dans les besoins actuels et futurs de ce pays.C\u2019est là que je garde mes priorités et je pense que c\u2019est ce que mon père aurait voulu de moi.» Avec La Presse canadienne Le Devoir Les 12 travaux de Trudeau Recalibrer la grille fiscale pour réduire à 20,5% le taux d\u2019imposition des revenus entre 45 000$ et 89 000$ et augmenter à 33% celui des revenus de 200 000$ et plus.Refondre des prestations destinées aux famiiies en une seule, modulée selon les revenus, mais plus généreuse pour toutes les familles gagnant moins de 150 000$.Mettre sur pied une enquête pubiique sur les femmes autochtones disparues ou assassinées.Légaliser la marijuana.Annuler le péage prévu sur le nouveau pont Champlain.Mettre un terme à la fin progressive de la iivraison du courrier à domicile.Cesser les bombardements canadiens en irak et en Syrie et mettre en place une mission d\u2019entraînement des forces locales.Accueillir 25 000 réfugiés syriens supplémentaires.Réformer le mode de scrutin pour que, comme promis, «l\u2019élection de 2015 soit la dernière élection fédérale organisée selon un scrutin majoritaire uninominal à un tour».Annuler le fractionnement du revenu pour les familles et diminuer le plafond de cotisation annuelle aux comptes d\u2019épargne libre d\u2019impôt (CELI) à 5500$.Bonifier le Régime de pensions du Canada.Interdire les pubiicités gouvernementaies partisanes par la création d\u2019un poste de commissaire devant autoriser les publicités d\u2019Ottawa avant leur diffusion, comme cela se fait en Ontario.68,5% Taux de participation à la 42® élection, un sommet depuis l\u2019élection de 1993.Des 25,6 millions de personnes inscrites sur la liste électorale, près de 17,6 millions ont çxercé leur droit de vote, selon Elections Canada.BLOC SUITE DE LA PAGE 1 étant donné qu\u2019il n\u2019a pas été élu dans sa circonscription», a confié au Devoir Louis Plamondon, le doyen des élus à la Chambre des communes.Le député de 72 ans a été élu pour la dixième fois dans Bécancour-Nicolet-Saurel, au Centre-du-Québec.M.Plamondon a parlé deux fois à son chef, lundi soir et mardi matin.Gilles Duceppe ne lui a rien confirmé, mais Louis Plamondon est convaincu que sa décision de partir est prise.«J\u2019aimerais qu\u2019il reste, mais ça va être difficile de le garder, dit-Ü.Il prend toujours des décisions très réfléchies, en concertation avec sa famille et ses proches.» Louis Plamondon estime que Gilles Duceppe demeure le porte-étendard idéal pour le Bloc.Même si le parti a recueilli quatre points de pourcentage de moins qu\u2019en 2011, il a remporté 10 sièges, comparativement à quatre sièges il y a quatre ans.M.Duceppe a de l\u2019expérience, il connaît ses dossiers comme pas un et les Québécois l\u2019apprécient.Le parti économiserait aussi 200 000$ en évitant de tenir une course à la chefferie.M.Duceppe pourrait partager son temps entre Ottawa et Montréal, où il habite, croit le député Plamondon.«Pour lui, ça aurait été vivable d\u2019être chef mais ça ne serait pas l\u2019idéal parce qu\u2019il ne siège pas», reconnaît M.Plamondon.Bonne campagne, mauvais résultat Gilles Duceppe a mené une campagne sans faille malgré sa pause de quatre ans loin de la politique active, estime Jean-Herman Guay, professeur de science politique à l\u2019Université de Sherbrooke.Il a permis au Bloc de sauver les meubles et d\u2019éviter la mort du parti souverainiste, qui semblait imminente Ü y a quelques mois à peine, sous la direction de Mario Beaulieu.«M.Duceppe n\u2019a rien à se reprocher.Il a été bon dans les débats, il a fait le tour de la province, il a bien défendu ses dossiers», dit M.Guay.«Mais malgré la campagne efficace du chef le résultat de l\u2019élection c\u2019est ça ?On est très loin des belles années du Bloc», souligne le politologue.En deux décennies, les appuis au parti souverainiste ont fondu de plus de la moitié.Les indépendantistes ont subi une série de revers historiques depuis la vague orange de 2011.Le Parti québécois a cédé l\u2019Assemblée nationale aux libéraux de Philippe Couillard après seulement 18 mois au pouvoir, en avril 2014.Et les 19,3% des voix amassées lundi par le Bloc représentent le plus faible appui obtenu par un parti souverainiste depuis les débuts du mouvement, au tournant des années 60.Ce résultat est d\u2019autant plus frustrant pour le Bloc que Justin Trudeau a défendu l\u2019esprit de la fameuse loi sur la clarté référendaire, honnie par la classe politique québécoise, rappelle Jean-Herman Guay.Le chef libéral s\u2019est prononcé sans équivoque contre la reconnaissance d\u2019un Oui à 50% plus une voix dans un référendum sur l\u2019indépendance du Québec.«Les Québécois francophones ont çautionné ce discoursed », affirme le professeur.A sa connais- JACQUES NADEAU LE DEVOIR Gilles Duceppe sance, jamais Trudeau père ne s\u2019était prononcé aussi clairement sur la règle du 50% plus un.«Rappelez-vous que Lucien Bouchard avait démissionné comme premier ministre du Parti québécois, en janvier 2001, parce que les Québécois n\u2019avaient pas réagi à la loi sur la clarté et au projet d\u2019union sociale, qui impliquait des programmes fédéraux dans des champs de compétence des provinces, par le gouvernement Chrétien.M.Bouchard trouvait les Québécois indifférents à cette question en 2001, ils le sont autant en 2015», explique Jean-Herman Guay.Dans un article à paraître dans L\u2019état du Québec 2016, le professeur soutient que le nationalisme n\u2019est pas mort, mais que le mouvement indépendantiste doit redéfinir sa stratégie avant les élections provinciales prévues en 2018.Le Bloc fait toujours partie de l\u2019artillerie souverainiste, a soutenu Gilles Duceppe mardi, en conférence de presse, quand on lui a demandé si le parti ne divisait pas les forces indépendantistes.«Ça, c\u2019est une très mauvaise compréhension et une analyse qui ne tient pas la route.Vous parlez d\u2019éparpiller les forces, mais c\u2019est le contraire.On a vu le référendum en 80 où il y avait 75 fédéralistes au gouvernement, on a eu 40 %.Quand il y avait 53 députés souverainistes sur le terrain en 95 [54 ont été élus, mais un est décédé], on a pratiquement gagné.On a perdu, mais c\u2019était très^ très très très serré.Je vois la même chose en Ecosse et en Catalogne.Je pense qu\u2019au contraire, ce sont des forces complémentaires», a répondu M.Duceppe.Louis Plamondon croit que le Bloc peut tirer son épingle du jeu avec 10 députés en Chambre.«Il s\u2019agit de bien préparer nos interventions en fonction des intérêts du Québec, explique-t-il.Par exemple, nous avons posé des questions qui ont eu beaucoup d\u2019impact sur le passage de superpétroliers sur le fleuve.» L\u2019ancien chef bloquiste Mario Beaulieu \u2014 qui a été élu dans La Pointe-de-l\u2019île \u2014 fait valoir de son côté que Justin Trudeau devra répondre à des questions importantes en matière d\u2019unité nationale et de protection du français, entre autres.Le Bloc n\u2019a pas dit son dernier mot, selon lui.Le Devoir PIANISTE SUITE DE LA PAGE 1 que le stress retombait.J\u2019ai vécu l\u2019expérience Chopin au maximum, j\u2019ai tout joué, je suis allé jusqu\u2019au bout.» Joint moins d\u2019une heure après sa prestation, remarquablement sobre et sensible, en finale du Concours Chopin, dans le Concerto avec l\u2019Orchestre philharmonique de Varsovie, Charles Richard-Hamelin affichait au téléphone le côté posé et zen qui transparaissait sur scène.Le pianiste de 26 ans, qui détient un baccalauréat de l\u2019Université McGill (2011), une maîtrise de la Yale School of Music (2013) et se perfectionne auprès d\u2019André La-plante au Conservatoire de Musique de Montréal, figurait parmi les 10 rescapés parmi 84 candidats admis à concourir.Ils n\u2019étaient plus que 40 au second tour et 20 au troisième.«Je me sentais bien et je suis très content : faire la finale du Concours Chopin vaut plus qu\u2019un premier prix de la plupart des concours internationaux en matière de visibilité, de contact avec les agences et les compagnies de disques», dé-clarait-il au Devoir, prévoyant «un peu de trac au moment des résultats».Trois heures avant la proclamation des résultats, Charles Richard-Hamelin ne s\u2019attendait pas à gagner.«Mon but est d\u2019avoir un prix pour être lauréat du concours.» Quatre des finalistes repartent en effet bredouilles de Varsovie et ne peuvent se targuer du titre de «lauréat du Concours Chopin».«Je pense avoir de bonnes chances, si on regarde l\u2019ensemble de ce que j\u2019ai fait», disait alors le pianiste.Un autre candidat canadien.Tony Yang, 16 ans (!), élève de Dang Thai Son et de la Juil-liard School de New York, était le benjamin des finalistes.Il a fini 5®.Une consécration Depuis 1927, jamais un Canadien ne s\u2019était inscrit parmi les six premiers du Concours Chopin.La plus haute distinction glanée internationalement par un jeune pianiste d\u2019ici est le l®'^prix de Louis-Lortie au Concours Busoni 1984.Janina Eialkowska avait, elle, fini 3® au Concours Arthur-Rubinstein en 1974.Même si les concours se multiplient dans le monde, le Concours Chopin reste une inaltérable référence.Cet événement unique qui ne se tient que tous les cinq ans a révélé les plqs grands noms du piano.A la suite du légendaire Lev Oborine en 1927, Mauri-zio Pollini l\u2019a gagné en 1960, Martha Argerich l\u2019a remporté en 1965, Krystian Zimerman en 1975.Yundi Li fut le premier lauréat oriental, en 2000.On trouve aussi de très grands noms parmi les autres lauréats : Vladimir Ashkenazy, 2® en 1955; Mitsuko Uchida 2® en 1970; Jean-Marc Luisada, 5® en 1985; Daniil Trifonov, 3® en 2010.Le jury de cette 17® édition ne comptait pas moins de 17 autorités du piano, dont quatre anciens vainqueurs.Charles Richard-Hamelin n\u2019était même pas intimidé de jouer cette œuvre devant Martha Argerich : « C\u2019est drôle de se dire que la légende vivante est dans la salle en train d\u2019écouter.Mais je n\u2019y pensais pas vraiment.» Par contre, il a hâte de rencontrer ladite légende, dans les réceptions d\u2019après-concours.«Le plus dur était de commencer le concerto.J\u2019étais très content de mon début et cela m\u2019a mis en confiance.J\u2019ai connu des petits moments d\u2019hésitation dans le 2® et dans le mouvement, mais cela ne m\u2019a pas empêché de savourer le moment», disait le pianiste sur sa prestation en finale.Le jeune Québécois a vécu aussi avec amusement le fait «de se promener dans les rues de Varsovie et de se faire arrêter par des gens qui vous souhaitent bonne chance et veulent prendre des photos avec vous.C\u2019est une bulle assez intéressante dans ma vie et ça change de l\u2019anonymat de Montréal.et de partout ailleurs».Un compositeur pour la vie Pour préparer sa finale, Charles Ifichard-Hamelin n\u2019avait que 45 minutes avec orchestre.Mais tout le programme en solo a été rodé patiemment dans les festivals cet été.«En août et septembre, j\u2019ai beaucoup joué le concerto pour André Laplante et Jean Saulnier, et aussi pour Janina Eialkowska à Toronto.» Avant de partir à Varsovie, le jeune Québécois avait donné un «marathon Chopin» au conservatoire.Il ne craint pas d\u2019avoir une image de pianiste spécialiste d\u2019un compositeur: «En enregistrant un CD Chopin avant de partir, j\u2019ai assumé l\u2019image.Mais c\u2019est une bonne image à assumer, surtout dans les pièces tardives, qui me touchent beaucoup \u2014 un choix non traditionnel pour un premier disque d\u2019un jeune pianiste.» Le Québécois est prêt à aller plus loin: «Je sais que dans tous les récitals qu\u2019on va m\u2019offrir \u2014 et j\u2019ai beaucoup d\u2019offres un peu partout dans le monde \u2014, on va me demander de jouer Chopin.Je vais donc aborder de nouvelles pièces.A terme (5 à 10\tans), je vais pouvoir apprendre toute l\u2019œuvre de Chopin et peut-être ensuite faire des intégrales.» Ses moments les plus difficiles, Charles Richard-Hamelin les a connus au début du concours.«Le plus dur était de jouer pour la première fois dans cette sallç, de briser la glace dans les Etudes, ce qui n\u2019est pas mon truc!» Il y a aussi eu le 3® tour: «La 3® Sonate à 10h 30 le matin, c\u2019est quelque chose!» Parmi ses concurrents, il apprécie beaucoup le Polonais Nehring, «qui a joué un très beau 1®*^ Concerto, avec plus d\u2019esprit et d\u2019âme que d\u2019autres, qui ne font aucune faute, mais avec lesquels on quitte la salle sans que notre vie soit chqngée.» A la question «avez-vous rencontré beaucoup de gens complètement imbibés, obnubilés par Chopin ?» le lucide pince-sans-rire répond : «Non, mais j\u2019en ai rencontré quelques-uns imbibés d\u2019eux-mêmes ! » L\u2019éclat de rire est partagé, mais c\u2019est promis : Charles Richard-Hamelin ne citera pas de noms ! Notre lauréat reviendra à Montréal le 24 octobre.Plus tard, en janvier et février 2016, 11\tparticipera à une tournée des lauréats au Japon et en Corée du Sud.Le Devoir LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9® étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 ® Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 D Le Devoir sur ledevoir.com GG sur Facebook et sur Twitter La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel Par télécopieur redaction@ledevoir.com 514 985-3360 Publicité Au téléphone\t514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par télécopieur\t514 985-3390 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone\t514\t985-3344 Par courriel\tavisdev@ledevoir.com Par télécopieur\t514\t985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone\t514\t985-3322 Par télécopieur\t514\t985-3340 Abonnements (luncU à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone\t514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel\tabonnements@ledevoir.com Par télécopieur\t514 985-5967 Agenda culturel Par courriel agenda@ledevoir.com Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 2050, rue De Bleury, 9® étage, Montréal (Québec), H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québécor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement n\u201c 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007."]
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