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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier B
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  • Journaux
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quotidien
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Références

Le devoir, 2015-10-24, Collections de BAnQ.

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[" Philosophie Les soumissions tranquilles ou Houellebecq en Ontario Page b g Michel David La signification du départ de Stéphane Bédard Page b 3 Manon Cornellier Trudeau et les limites financières Page b 2 PERSPECTIVES CAHIER B .LE DEVOIR LES SAMEDI 24 ET DIMANCHE 25 OCTOBRE 2015 Les partis de Stephen Harper et de Thomas Mulcair devront procéder à un examen approfondi des résuitats de i\u2019éiection.Ottawa Les grands perdants DRIAN WYLD LA PRESSE CANADIENNE Les deux aspiraient à faire l\u2019Histoire : le premier en remportant un quatrième mandat consécutif, le second en formant le premier gouvernement néodémocrate fédéral depuis la Confédération.Finalement, ni le Parti conservateur ni le NPD n\u2019aura atteint son objectif lundi dernier.Que s\u2019est-il passé?Et surtout, comment faut-il changer la recette pour que le résultat soit meilleur en 2019?HELENE BUZZETTI MARIE VASTEL Correspondantes parlementaires à Ottawa Au Parti conservateur comme au NPD, on estime avoir été victime de ce désir de changement de l\u2019électorat.Les Canadiens n\u2019ont pas tant appuyé Justin Trudeau qu\u2019ils ont voulu montrer la porte à Stephen Harper et n\u2019ont pas su voir dans le NPD le véhicule fédérateur nécessaire pour y parvenir.Le défi était de taille pour le parti de Stephen Harper : gagner une quatrième élection de suite avec le même chef à sa tête.Et le constat est unanime chez les conservateurs interrogés cette semaine : ils faisaient face à un mur.Les électeurs en avaient marre du parti, du gouvernement, mais surtout du premier ministre sortant.«Le désir de ne pas nous avoir au pouvoir était plus fort que quoi que ce soit qu\u2019on pouvait offrir en matière d\u2019économie ou autre», a admis le porte-parole de la campagne conservatrice Kory Teneycke, lors d\u2019un panel rétrospectif sur l\u2019élection organisé par le magazine Maclean\u2019s à Ottawa mercredi.Personne n\u2019en conclut pour autant que cette défaite était un désaveu du mouvement conservateur canadien.Au contraire, avec 32 % d\u2019appuis populaires et 99 élus, le Parti conservateur demeure en bonne santé, insistent tant des parlementaires que des stratèges.« Si on regarde les partis conservateurs du passé, lorsqu\u2019ils quittaient le pouvoir, c\u2019était une implosion, comme en 1993 [lorsque les progressistes-conservateurs sont passés de 169 sièges au gouvernement à 2 comme dernier parti de l\u2019opposition], a noté M.Teneycke.Nous avons maintenant une base électorale et une coalition viable qui va d\u2019un océan à l\u2019autre \u2014 incluant le Québec \u2014, qui se rallie autour d\u2019un ensemble d\u2019idées.Je pense qu\u2019il n\u2019y a aucune honte dans les résultats que nous avons atteints, et ce sera un héritage positif pour Stephen Harper.» Un parti rural Reste que parmi cette centaine d\u2019élus, le PC n\u2019en compte aucun dans les Maritimes ou les territoires nordiques.Il a réussi à faire élire un nombre record de conservateurs au Québec (12), mais ne détient plus que 33 sièges en Ontario.Plus de la moitié du caucus se retrouve dans les Prairies (45) ou en Colombie-Britannique (10).En outre, il a été expulsé de presque toutes les grandes villes pour ne conserver que des sièges dans les régions rurales du pays.Un retour, semble-t-il, au parti de l\u2019Ouest rural d\u2019antan.Stephen Harper parti \u2014 en catimini, sans l\u2019annoncer à ses militants ou même à son caucus parlementaire \u2014, les conservateurs devront maintenant se trouver un nouveau chef.Un choix d\u2019une importance capitale.«La clé pour retrouver le pouvoir, c\u2019est de choisir le bon chef.La politique aujourd\u2019hui est plus que jamais orientée autour du chef», a tranché un autre stratège de la campagne conservatrice.Ken Boessenkool, dans un texte publié chez Maclean\u2019s.Le PC devra oser Plusieurs estiment que le parti devrait prendre son temps.Profiter des quatre années qu\u2019offre la majorité libérale pour tenir une course au leadership de plusieurs mois, dans un an ou deux, qui accueillerait plusieurs candidats de divers horizons avec un réel débat d\u2019idées.Car s\u2019il veut renouer avec le pouvoir, le Parti conservateur devra prendre des risques, selon Tim Powers, un stratège de longue date qui est aujourd\u2019hui lobbjâste.Le PC doit, comme Justin Trudeau l\u2019a fait au Parti libéral, se rebâtir en consultant les Canadiens d\u2019un bout à l\u2019autre du pays, y compris dans l\u2019Est et les grandes villes.« Vous devez vous engager à rebâtir.Vous n\u2019allez pas être un parti qui peut prétendre gouverner en étant uniquement dans une ou deux régions du pays», tranche M.Powers.Les conservateurs doivent donc renouer avec l\u2019électorat.Car causer économie et baisses d\u2019impôts ne suffit plus, martèle un autre conservateur en coulisse.Le PC doit inspirer les électeurs et les faire rêver, comme l\u2019a fait Brian Mulroney.Et retrouver un autre pan de sa base, les progressistes-conservateurs.D\u2019autres conviennent qu\u2019il faudra en effet un renouveau, mais insistent sur le fait qu\u2019il ne faut pas pour autant, renier les valeurs conservatrices \u2014 un petit Etat qui réduit les impôts et qui ne s\u2019ingère pas dans les champs des provinces.Quant aux politiques sociales, si certains conservateurs s\u2019opposent encore à l\u2019avortement et au mariage gai, par exemple, d\u2019autres «La politique aujourd\u2019hui est plus que jamais orientée autour du chef» arguent qu\u2019en 2015 ces deux sujets ne devraient plus faire l\u2019objet de débats.Même au sein du Parti conservateur.Ce débat d\u2019idées espéré par les troupes risque-t-il de créer des tensions au sein de la famille conservatrice ?La fusion entre l\u2019Alliance canadienne et le Parti progressiste-conservateur ne date que de 2003 et cette course à la chefferie n\u2019en sera que la deuxième.«Absolument», il y a un risque, consent M.Powers.«Vous n\u2019allez pas gagner et vous n\u2019allez pas élargir votre base si vous ne prenez pas de risques.» Mais l\u2019implosion des forces conservatrices pourrait aussi mener à une nouvelle union.«Des fois, c\u2019est plus facile si tout s\u2019effondre de le rebâtir.» Le dilemme de la marge Du côté du NPD, on lèche encore ses plaies.Le chef Thomas Mulcair ne s\u2019est toujours pas adressé aux médias depuis son discours de lundi soir.Un communiqué de presse envoyé vendredi et faisant état d\u2019une première rencontre téléphonique entre le chef et son caucus laisse croire qu\u2019il reste en poste.Du moins jusqu\u2019au congrès en avril, où les militants devront se prononcer sur la nécessité de tenir ou non une course à la chefferie, comme l\u2019exige la nouvelle constitution du parti.Si la moitié des militants en réclame une, elle aura lieu, bien que le chef sortant pourra y prendre part.Toutes les personnes interrogées pour cet article ont indiqué que si M.Mulcair veut rester, personne ne le poussera vers la sortie.Lors du panel de Maclean\u2019s, la directrice nationale de la campagne du NPD, Anne McGrath, a donné une idée de l\u2019état d\u2019esprit qui prévaut dans les rangs.«Notre plus grand actif dans cette campagne a été Tom Mulcair.Toutes nos recherches indiquent qu\u2019il est très respecté, qu\u2019il est perçu comme un bon leader, qu\u2019il a l\u2019appui des membres.Nous n\u2019avons pas d\u2019histoire dans notre parti de poignarder nos chejs après une élection, quel qu\u2019ait été le résultat de l\u2019élection.Il a beaucoup d\u2019appuis et je ne vois pas de changement de ce côté.[.] Et pour la prochaine élection, il aura seulement encore plus d\u2019expérience.» Même ceux qui en coulisse chuchotent que le recentrage du NPD n\u2019était pas une bonne idée refusent d\u2019en imputer l\u2019erreiu au chef seul.C\u2019est le parti tout entier qui a pris ce virage \u2014 d\u2019ailleius amorcé sous Jack Layton \u2014 et il revient donc au parti d\u2019en porter la responsabilité, dit-on.Ce recentrage fait l\u2019objet, d\u2019ailleurs, de beaucoup de débats dans les rangs orange.Certains estiment que le NPD aurait dû, sans se poser VOIR PAGE B 2 : ÉLECTION ETATS-UNIS Hillary relancée après un faux départ Sauf poussée extraordinaire de Bernie Sanders, Hillary Clinton a désormais la voie ouverte pour l\u2019investiture démocrate.Le vice-président Joseph Biden a renoncé à se présenter.Bernie Sanders a évacué du débat électoral des démocrates l\u2019affaire de son usage d\u2019une adresse personnelle de courriel.Mais Hillary Clinton, sur la sellette jeudi au Congrès, traîne toujours les boulets que sont l\u2019attentat de Benghazi et ses courriels dans la campagne en vue du scrutin présidentiel.MARIE-CHRISTINE BONZOM à Alexandria Hillary Clinton était radieuse, vendredi, lors d\u2019une réunion électorale à Alexandria, proche banlieqe de Washington située en Virginie.Dans cet Etat figurant parmi la dizaine d\u2019indécis qui couronneront le prochain président, l\u2019ancienne première dame et ancienne ministre des Affaires étrangères est apparue comme en pays conquis.Elle a prononcé un discours combatif mais détendu devant la mairie d\u2019Alexandria, contrôlée par les démocrates depuis des lustres, et aux côtés de Terry McAuliffe, ex-directeur de sa campagne de 2008 qui a ravi le poste de gouverneur aux républicains en 2013.«Je suis pleine d\u2019enthousiasme et d\u2019optimisme», a lancé une Hillary Clinton tournée «vers l\u2019avenir» à une foule d\u2019invités par courriel, poiu la plupart des sjunpathisants ayant contribué à sa campagne de 2008 ou à celles de Barack Obama.Radieuse, Hillary Clinton pouvait l\u2019être.Après une campagne laborieuse depuis l\u2019annonce de sa candidature en mars, le chemin menant à l\u2019investiture du Parti démocrate s\u2019est dégagé devant elle.Joe Biden Mercredi, Joseph Biden a mis aux spéculations autour d\u2019une possible candidature.Le vice-président de Barack Obama se remet de la mort de son fils et ne se sent pas d\u2019attaque pour une campagpe éprouvante à travers les Etats-Unis.La renonciation de Joe Biden est une très bonne nouvelle pour Hillary Clinton.Sans être candidat, Joe Biden, au CV plus solide que le sien pour gouverner le pays, était crédité d\u2019environ 15% des intentions de vote.Selon les sondages, ses électeurs entendent se rabattre siu Hillary Clinton plutôt que sur son seul rival démocrate sérieux, Bernie Sanders.Quant au sénateur du Vermont, il s\u2019est privé d\u2019une des rares lignes d\u2019attaque dont il disposait contre Hillary Clinton.Lors du premier débat télévisé entre les prétendants démocrates, le 13 octobre, Bernie Sanders a fait un énorme cadeau à Hillary Clinton en évacuant de la campagne pour l\u2019investiture démocrate la controverse autoiu des coiuriels personnels de l\u2019ex-ministre.« Je ne suis pas sûr que ce soit bon pour moi politiquement, mais la ministre a raison, les Américains en ont marre d\u2019entendre parler de ses sacrés courriels!» déclarait le sénateur à l\u2019animateur du débat.«Moi aussi! Merci, merci, merci!» s\u2019empressait de répliquer la candidate avant de serrer la main VOIR PAGE B 3 : CLINTON L\u2019affaire de Benghazi et celle des courriels resteront en toile de fond de sa campagne SAUL LOEB AGENCE ERANCE-PRESSE Hillary Clinton B 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 24 ET DIMANCHE 25 OCTOBRE 2015 PERSPECTIVES Le nœud financier Manon CORNELLIER à Ottawa Le chef libéral Justin Trudeau a beaucoup promis.Pour se donner les moyens de ses ambitions, il a même brisé le tabou du déficit.Mais cela suffira-t-il?Tous ses engagements n\u2019exigent pas de délier les cordons de la bourse.Changer les lois en matière de justice, mettre fin à la culture du secret, respecter le Parlement et les institutions, adopter une nouvelle approche sur la scène internationale sont autant de promesses qui ne coûtent rien ou bien peu.C\u2019est le genre de choses que le premier ministre désigné peut faire sans trop de difficultés.S\u2019il les fait, bien sûr.En fait, le plus dur pour l\u2019équipe libérale sera de mettre fin à l\u2019étranglement financier dans lequel se retrouve l\u2019appareil gouvernemental après des années de compressions et de gel des budgets de fonctionnement.Pour lui redonner le peu d\u2019air qu\u2019il espère, il faudra de l\u2019argent, et il n\u2019y en a pas.M.Trudeau a déjà annoncé que son gouvernement fera certaines économies, affichera des déficits de 10 milliards ou moins, trois années de suite, haussera l\u2019impôt des plus riches et limitera la réduction des cotisations à l\u2019assurance-emploi.Mais tous ces milliards doivent servir uniquement à financer ses promesses.Celles qu\u2019il a chiffrées, du moins, car certains engagements importants ne l\u2019ont pas été, qu\u2019il s\u2019agisse de la mise en oeuvre de la totalité des recommandations de la Commission de vérité et réconciliation sur les pensionnats autochtones ou de la lutte contre les changements climatiques.On ignore aussi combien M.Trudeau compte investir dans le nouvel accord sur les transferts en santé qu\u2019il veut négocier avec les provinces.Cette entente entrerait en vigueur en 2017.Les libéraux ont promis de renflouer certains ministères, mais un grand nombre, sinon presque tous, sont corsetés au point de ne pouvoir remplir adéquatement leur mission, de l\u2019inspection des aliments à la recherche sur les milieux marins en passant par le service à la clientèle de l\u2019assurance-emploi et de la Sécurité de la vieillesse.Si les libéraux veulent, sans faire exploser le déficit, ressusciter des programmes et services jugés essentiels, mais qui ne sont pas mentionnés dans leur programme, ils pourraient devoir renoncer à des promesses ou trouver d\u2019autres revenus.M.Trudeau a écarté toute hausse de taxes autres que celles citées plus haut.Une reprise économique plus vigoureuse pourrait remplir les coffres, mais encore faut-il qu\u2019elle se matérialise.Les revenus anticipés par le Parti libéral au moment d\u2019écrire son programme pourraient ne pas être au rendez-vous.Le PLC s\u2019est appuyé sur les prévisions faites en juillet par la Banque du Canada.Or, cette semaine, le gouverneur de la Banque, Stephen Poloz, les a revues à la baisse pour 2016 et 2017.La correction est mineure pour la deuxième année, mais de trois dixièmes de point pour l\u2019an prochain.Une baisse d\u2019un point entraîne, selon le ministère des Finances, une baisse des revenus d\u2019au moins 4 milliards.Cet étau n\u2019est pas le fruit d\u2019un accident.11 est le résultat de la politique budgétaire des conservateurs qui, sqns s\u2019en cacher, ont voulu ainsi transformer l\u2019État fédéral.La promesse de réduction de la TPS faite durant la campagne de 2005-2006 en était le point de départ.Dès son arrivée au pouvoir, le gouvernement Harper a donc entrepris d\u2019alléger le fardeau fiscal des particuliers et des entreprises, renonçant du même souffle à des milliards en revenus, au point d\u2019afficher un premier déficit mensuel avant même le début de la récession de 2008-2009.En agissant ainsi, les conservateurs ont simplement été fidèles à leur phjlosophie et cohérents avec leur vision d\u2019un État non interventionniste et de taille réduite.En lui coupant les vivres, ils ont rendu nécessaire la réduction des dépenses de programmes et de fonctionnement.La récession a forcé le gouvernement à dévier de cette trajectoire, mais il l\u2019a vite reprise par la suite.11 s\u2019est même endetté davantage pour accorder des réductions d\u2019impôt aux entreprises puisque ces baisses sont entrées en vigueur alors qu\u2019Ottawa était encore en déficit.M.Harper a le mérite de n\u2019avoir pas réduit les dépenses en s\u2019attaquant aux transferts aux particuliers et aux provinces, contrairement au tandem Chrétien-Martin, mais en persistant à réduire les taxes pour ensuite sabrer les dépenses des ministères, il a fini par affecter les services et programmes destinés aux citoyens.Son gouvernement a toujours refusé de présenter un portrait d\u2019ensemble de l\u2019impact des compressions et gels successifs de budgets de fonctionnemenfi qui ont généré des économies cumulatives de 14,5 milliards cette année.On ne doute pas que certains programmes aient pu perdre de leur pertinence et méritaient de disparaître, maïs d\u2019autres ont-îls îndûment souffert?Lesquels?Et combien pourrait coûter leur rétablissement?L\u2019état des finances publiques fédérales est relativement bien connu.Ce n\u2019est donc pas tant de ce côté que de celui des programmes et services à restaurer que les libéraux risquent d\u2019avoir de mauvaises surprises.De gros grains de sable capables d\u2019enrayer leur mécanique bien huilée.mcornellier@ledevoir.com à PHILIPPE HUGUEN AGENCE ERANCE-PRESSE Calais pourrait bientôt rivaliser pour le titre de plus grand bidonville de l\u2019Union européenne.MIGRANTS La jungle de Calais au bord de l\u2019implosion Ils sont aujourd\u2019hui 6000 à rêver de passer en Grande-Bretagne CHRISTIAN RIOUX à Paris On connaissait le bidonville Dharavi, à Bombay, qui a servi de décor au film à succès Slumdog Millionaire.On connaissait celui de Kibéra, au Kenya.A cette liste des grandes tavelas de ce monde faudra-t-il bientôt ajouter Calais, cette ville du littoral de la Manche connue autrefois pour ses bourgeois et oû s\u2019entassent dorénavant plus de 6000 migrants.Certes, Calais est encore un nain en la matière, mais elle pourrait bientôt rivaliser pour le titre de plus grand bidonville de l\u2019Union européenne.En quelques semaines, la crise des migrants qui s\u2019entassent aux frontières de l\u2019Europe a fait doubler le nombre de migrants qui vivent tant bien que mal sur ces terrains vagues que l\u2019on nomme la «jungle», près de la zone portuaire.Mercredi, le ministre de l\u2019Intérieur Bernard Cazeneuve en était à sa septième visite sur place.La fois précédente, il avait annoncé la construction de 1500 places d\u2019hébergement.Mercredi, il annonçait la mise à disposition de tentes chauffées qui abriteront 200 femmes et enfants ainsi que l\u2019envoi de 460 policiers supplémentaires afin de protéger les entrées du tunnel qui mène vers l\u2019eldorado britannique.Cette visite faisait suite à la publication dans le journal Libération d\u2019un appel signé par 800 artistes et intellectuels «à sortir la jungle de Calais de l\u2019indignité».Dans la région, on ne se fait pourtant guère d\u2019illusions.Au rythme oû progresse la crise des migrants en Europe, ceux qui tentent désespérément de gagner l\u2019Angleterre seront encore plus nombreux dans les prochaines semaines.Au bord de l\u2019explosion Ironie ou mauvaise plaisanterie ?Le ministère de l\u2019Intérieur a récemment loué un petit avion privé pour transporter quelques dizaines de migrants par semaine vers les centres de rétention de Metz, Toulouse, Nîmes, Hendaye et Perpignan.C\u2019est ce qu\u2019a récemment révélé le quotidien local Nord Littoral.Une fois sur place, les migrants illégaux sont vite libérés, et la plupart se remettent en route vers Calais, estiment les observateurs.C\u2019est comme «vider la mer avec une petite cuillère», ironisait le responsable de la revue de presse sur France Inter.On calcule en effet que, dans les circonstances actuelles, 500 nouveaux migrants arrivent chaque semaine à Calais.Cette maréç humaine venue de Syrie, d\u2019Afghanistan, d\u2019Érythrée, mais aussi du nord de l\u2019Afrique refuse pourtant de demander le statut de réfugié en France.Tout cela dans l\u2019espoir illusoire, du moins pour l\u2019immense majorité, d\u2019atteindre l\u2019Angleterre.En milieu de semaine, ils sont souvent plus de 400 à tenter de prendre le terminal portuaire d\u2019assaut.Quelques dizaines arrivent souvent à traverser les barbelés mal- gré les 200 policiers.Ils bloquent alors le trafic et tentent de se glisser sous les camions.Les altercations entre chauffeurs et illégaux sont devenues l\u2019ordinaire.Et elles sont de plus en plus violentes.S\u2019ils se font prendre en Angleterre avec un migranfi les chauffeurs risquent en effet une amende de plus de 3000 dollars.Le 2 octobre dernier, une centaine de migrants se sont introduits dans le tunnel sur une quinzaine de kilomètres, bloquant l\u2019Eurostar pendant toute la nuit.On soupçonnait la présence parmi eux de militants du mouvement anarchiste No Border.Résultat: dix blessés, dont trois policiers.Dans l\u2019Eurotunnel, 14 migrants ont trouvé la mort depuis le mois de juin.Estimant que la situation était devenue incontrôlable, la mairesse de la ville, Na-tacha Bouchart, a réclamé l\u2019intervention de l\u2019armée, même si elle soutient par ailleurs que les migrants sont une «richesse culturelle exceptionnelle » pour sa ville.Plus ça change.Mais le plus étonnant, c\u2019est que rien ne semble pouvoir mettre un terme à ce cercle vicieux qui dure depuis 15 ans, bien avant les conflits en Sjnie et en Libye.En 2002, Nicolas Sarkozy \u2014 alors ministre de l\u2019Intérieur \u2014 avait fait grand bruit en fermant le centre d\u2019accueil de Sangatte, créé trois ans plus tôt pour faire face à l\u2019afflux de réfugiés du Kosovo.L\u2019opération fera passer le nombre de migrants de 1600, au moment de la fermeture, à 400 à la fin de 2005.Mais le flot reprendra en 2009.C\u2019est à cefte époque que le ministre de l\u2019Immigration Éric Besson a fait détruire à coups de bulldozer un camp de fortune abritant 700 migrants.Au cours de 2014, trois nouveaux camps seront ainsi détruits.Alors que le 2 septembre 2014 Bernard Cazeneuve proposait la création d\u2019un nouveau centre d\u2019accueil, la boucle était bouclée sur ce que Le Figaro qualifiait de «quinze ans d\u2019impuissance publique ».Nul doute qu\u2019en quinze ans, l\u2019exaspération n\u2019a fait qu\u2019augmenter.Notamment chez les policiers.«Il n\u2019y a aucune politique pénale dissuasive, expliquait au magazine Le Point Frédéric Lagache, du syndicat Alliance.Nous avons placé 2000 migrants en garde à vue pour intrusion, il n\u2019y a eu aucun déferrement [devant les tribunaux].Des poursuites judiciaires auraient pour effet de dissuader les migrants de tenter l\u2019impossible», dit-il.La plupart des migrants pris en flagrant délit sont en effet libérés.11 faut dire que le centre de détention de la ville ne possède que 70 places.Pendant ce temps, les commerçants se plaignent d\u2019une baisse de 20 à 30% de leur chiffre d\u2019affaires.De nombreux Calaisiens s\u2019étonnent qu\u2019un réfugié qui refuse de demander le statut de réfugié en Érance, comme c\u2019est le cas La crise actuelle a fait doubler le nombre de migrants qui vivent dans la jungle de Calais des 6000 migrants de Calais, soit encore considéré comme un demandeur d\u2019asile.Et la Grande-Bretagne?«Une grande partie de la difficulté vient du fait que les migrants qui s\u2019entassent à Calais ne veulent pas rester en France, ni même sur le continent, écrivait Guillaume Goubert, éditorialiste du journal La Croix.Ils veulent rejoindre une Grande-Bretagne qui, elle, cherche à boucler ses accès autant que faire se peut et refuse de s\u2019impliquer dans la gestion de cette crise autrement que sur un registre répressif » On n\u2019hésite plus à pointer du doigt le Royaume-Uni, dont la France semble être devenue le meilleur garde-frontière.«Quelle que soit la bonne volonté de Bernard Cazeneuve, il est dans une impasse s\u2019il n\u2019amène pas à la table des négociations son homologue britannique », affirmait sur la chaîne d\u2019information LCl Pierre Henry, directeur général de France Terre d\u2019Asile.L\u2019ex-ministre du Travail Xavier Bertrand (LR) a émis l\u2019idée de «laisser partir les migrants» au Royaume-Uni avant de réclamer un «blocus maritime tout près des côtes libyennes».Son ancien collègue Henri Guaino demande aux Britanniques de «prendre leur part du fardeau».En juillet, la Commission nationale consultative des droits de l\u2019homme (CNCDH) estimait que les accords bilatéraux signés en 2003 avaient conduit «à faire de la France le \"bras policier\" de la politique migratoire britannique».Juste assez.A six semaines des élections régionales qui pourraient voir Marine Le Pen triompher à la présidence du Nord-Pas-de-Calais, on sent bien que le gouvernement de François Hollande marche sur des œufs.De peur de passer pour un faible, il n\u2019en fait pas trop en matière de capacités d\u2019accueil.De peur de mécontenter sa gauche, il modère l\u2019ardeur des policiers et déplace quelques rares migrants.D\u2019ailleurs, Calais, ville communiste jusqu\u2019en 2008, a viré à droite.Aujourd\u2019hui, le Front national y est en embuscade.Aux dernières élections cantonales, plusieurs de ses candidats dans la région ont approché des 50%.Le 2 octobre, Marine Le Pen est venue à Calais dénoncer la «submersion migratoire».Elle promet de supprimer «les subventions aux associations qui instrumentalisent les migrants» et de mettre tout son «poids pour faire plier l\u2019Etat et faire respecter les lois de la République».Des promesses qui dépassent largement les compétences restreintes d\u2019un président de région, mais qui, en cette période électorale, résonnent néanmoins dans toute la France.Le Devoir ÉLECTION SUITE DE LA PAGE B 1 en parti de gauche radicale, offrir une plateforme plus audacieuse et se montrer plus visionnaire.Un stratège qui refuse d\u2019être nommé rejette cette critique.A son avis, le «pragmatisme» était de mise.«Le NPD a déjà été plus à gauche et on n\u2019a pas plus gagné l\u2019élection.Quand Audrey McLaughlin [la chef du NPD de 1989 à 1994] a proposé de sortir le Canada de l\u2019OTAN, on a eu neuf sièges.» En outre, on rejette cette notion même que le programme du NPD en 2015 était de centre.«Les libéraux ont eu beaucoup de succès à présenter notre plateforme comme n\u2019étant pas progressiste.Même si ce n\u2019était pas vrai», a déploré Anne McGrath.L\u2019augmentation de l\u2019impôt des grandes entreprises, la création de places en garderie, la hausse du salaire minimum ne sont pas, souligne-t-on, des mesures propres à la droite.« Tout ça vient de l\u2019impression \u2014 fausse \u2014 que les déficits, c\u2019est un programme de gauche», indique le stratège.Certains font valoir que si le Parti libéral remplit sa promesse de modifier le mode de scrutin, cela éviterait au NPD de devoir choisir entre une gauche marginalisante et un centre déjà occupé.En introduisant une forme de proportionnelle, les gouvernements minoritaires seraient plus fréquents et le NPD pourrait rester fidèle à ses racines et espérer détenir la balance du pouvoir.D\u2019autres refusent de se cantonner dans ce rôle de bonne conscience du Parlement.La façon la plus rapide d\u2019obtenir du changement est de former le gouvernement, pas d\u2019essayer de l\u2019influencer depuis les gradins.Retour à l\u2019alternance?La campagne de 2015 consistait, pour le NPD, à convaincre les électeurs qu\u2019ils ne sont pas obligés d\u2019alterner entre le Parti conservateur et le Parti libéral, que le NPD constitue un choix «valable» et «viable».Cette pédagogie ne sera-t-elle pas à recommencer maintenant que la formation est redevenue troisième à la Chambre des communes avec 44 députés ?Aucune des personnes interrogées ne le pense.Les sondages montrent que les gens ont considéré sérieusement voter pour le NPD pendant cette élection, fait-on remarquer.La barrière psychologique est tombée.«On a le second plus gros caucus de notre histoire, nous sommes maintenant un joueur permanent et important de l\u2019horizon politique canadien.On a seize nouveaux députés, nous avons manifestement des racines au Québec et nous sommes de retour en Saskatchewan, où nous avons trois députés», a fait valoir Anne McGrath.Le Devoir LE DEVOIR LES SAMEDI 24 ET DIMANCHE 25 OCTOBRE 2015 B 3 PERSPECTIVES ENVIRONNEMENT Changement de climat à Ottawa Les libéraux auront fort à faire pour rebâtir la crédibilité du fédéral Les libéraux de Justin Trudeau ont été élus en promettant du « changement», notamment dans le dossier environnemental, maillon particulièrement faible du gouvernement Harper au cours des dix dernières années.Mais la tâche risque de s\u2019avérer ardue pour rebâtir la crédibilité d\u2019Ottawa, tant au pays que sur la scène internationale.ALEXANDRE SHIELDS Pendant dix ans, Stephen Harper a refusé de prendre des mesures concrètes pour lutter contre les changements climatiques.Il a sabré les mesures de protection de l\u2019environnement, a muselé les scientifiques, a réduit le financement de la recherche scientifique et laissé d\u2019autres pays prendre la tête dans des dossiers urgents tels que les changements climatiques.Nous ne pouvons pas nous permettre de poursuivre sur cette voie», résumait en septembre le chef libéral, au moment d\u2019annoncer son intention d\u2019accroître la protection des océans s\u2019il était élu.11 est vrai que l\u2019inaction du gouvernement conservateur dans le dossier climatique fait en sorte que le pays se présentera en véritable cancre au sommet pourtant crucial de Paris, dans un peu plus d\u2019un mois.Les émissions de gaz à effet de serre (GES) du Canada, au lieu de diminuer, ont connu une croissance marquée au cours des dernières années.L\u2019expansion de l\u2019industrie pétrolière alber-taine est en bonne partie responsable de cette hausse, puisque 73% de l\u2019augmentation constatée au pays a été le fait de cette seule province depuis 1990.Cela démontre aussi que la production accélérée de GES s\u2019est poursuivie tant sous les libéraux, signataires du protocole de Kyoto, que sous les conservateurs.Reste que le gouvernement Harper s\u2019est attiré de vives critiques ici et sur la scène internationale, en raison de son inaction, alors que de nombreux pays développés engageaient des efforts considérables pour réduire leurs émissions de GES.Le secrétaire général de l\u2019ONU, Ban Ki-moon, mais aussi la secrétaire de direction de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, Christiana Ei-gueres, n\u2019ont d\u2019ailleurs pas manqué de rappeler le Canada à ses devoirs au cours des derniers mois.Les deux ont insisté sur la responsabilité du pays, détenteur des troisièmes réserves pétrolières mondiales, dans le contexte des bouleversements climatiques.Changement de ton L\u2019élection d\u2019un gouvernement libéral, accompagnée d\u2019un changement de ton à Ottawa, risque donc d\u2019être bien perçue par la communauté internationale, estime Hugo Séguin, fellow au Centre d\u2019études et de recherches internationales de l\u2019Université de Montréal.11 ne s\u2019offusque d\u2019ailleurs pas du fait que Justin Trudeau se présentera à Paris sans objectif précis de réduction, des GES, contrairement aux quelque 150 Etats qui ont fait connaître leurs intentions au cours des derniers mois.« On ne peut pas changer de position en deux semaines.L\u2019important, c\u2019est qu\u2019il dit qu\u2019il veut établir des objectifi avec les provinces et baser ses décisions dans ce domaine sur la science.» M.Séguin rappelle d\u2019ailleurs que le G7 a convenu, en juin dernier, de viser la «décarbonisation » de l\u2019économie.L\u2019objectif, auquel s\u2019était rallié le Canada de Harper, est de réduire de 40% à 70% les émissions mondiales d\u2019ici 2050, par rapport à 2010.Pour cela, les pays membres ont notamment promis «de transformer les secteurs énergétiques d\u2019ici 2050».Tant Hqgo Séguin qu\u2019Annie Chaloux, profes-seure à l\u2019École de politique appliquée de l\u2019Université de Sherbrooke, estiment que le gouvernement Trudeau ne pourra donc pas éviter l\u2019épineuse question de l\u2019exploitation du pétrole des sables bitumineux, dont les réserves avoisinent les 170 milliards de barils.«Il faudra freiner l\u2019expansion des secteurs pétrolier et gazier, mais aussi se tourner vers une économie qui produit et consomme de moins en moins d\u2019énergies fossiles, résume M.Séguin.Pour cela, il faudrait ' -r* 1 aussi diversifier l\u2019économie des provinces qui dépendent beaucoup du secteur, comme l\u2019Alberta.» Chaloux souligne d\u2019ailleurs que les libéraux ont promis d\u2019abolir les subventions aux énergies fossiles, qui coûtent chaque année des centaines de millions de dollars au gouvernement fédéral.Justin Trudeau s\u2019est également engagé à mettre sur pied un «Fonds pour une économie à faibles émissions de carbone», qui devrait être financé à hauteur de deux milliards de dollars au cours des quatre prochaines années.Des investissements de 100 millions de dollars de plus sont également prévus pour «la production de technologies vertes».Pipelines et cohérence Reste aussi, selon Annie Chaloux, à régler la position «incohérente» du chef libéral par rapport aux infrastructures de transport de pétrole.M.Trudeau s\u2019est en effet montré favorable au projet de pipeline Keystone XL, conçu pour faciliter l\u2019exportation d\u2019une production pétrolière croissante en Alberta, alors que Washington est pour le moment contre.11 a toutefois promis de freiner le projet de pipeline Northern Gateway, qui doit permettre le transport vers la côte ouest.Le premier ministre désigné a même prévu d\u2019imposer un «moratoire» sur le transport de brut par bateau dans le secteur où passeraient les pétroliers qui viendraient charger les 525 000 barils de brut transportés chaque jour par Northern Gateway.En même temps, Justin Trudeau n\u2019a pas fermé définitivement la porte au projet Énergie Est, qui transporterait 1,1 million de barils par jour, en plus d\u2019aller possiblement de pair avec un port sur le Saint-Laurent.Le chef libéral a toutefois promis de revoir le processus d\u2019évaluation de tels projets, mené sous l\u2019égide de l\u2019Office national de l\u2019énergie.«Nous ferons en sorte que les évaluations environnementales prévoient une analyse des répercussions en amont des projets ainsi que des émissions de gaz à effet de serre qu\u2019ils généreront», précise sa plateforme électorale.Le document indique aussi que le nouveau gouvernement canadien entend «garantir que les décisions se fondent sur des faits et sur des données scientifiques et probantes, et qu\u2019elles servent les intérêts du public».Selon le porte-parole de la campagne Climat En environnement, l\u2019élection d\u2019un gouvernement libéral risque d\u2019être bien perçue par la communauté internationale CLINTON SUITE DE LA PAGE B 1 à son adversaire avec un immense sourire aux lèvres.A la suite des retraits de Jim Webb et de Lincoln Chafee cette semaine, Hillary Clinton n\u2019a plus que deux rivaux démocrates, Bernie Sanders et Martin O\u2019Malley.Au Congrès Par ailleurs, Hillary Clinton s\u2019est sortie sans grosse égratignure, jeudi, de plus de neuf heures d\u2019interrogatoire serré, public et sous serment par la commission spéciale d\u2019enquête du Congrès sur l\u2019attentat de Benghazi qui, le 11 septembre 2012,\ttua l\u2019ambassadeur des États-Unis et trois autres employés du gouvernement américain.Cette commission est celle qui a découvert qu\u2019elle utilisait un serveur personnel de courriel pour diriger la politique étrangère américaine.Contrairement à sa première convocation, en 2013,\tl\u2019ancienne patronne du Département d\u2019État a gardé son sang-froid et s\u2019est exprimée d\u2019une voix très posée.Elle a indiqué assumer la «responsabilité» du drame, mais sans accepter de préciser quelles erreurs engageaient sa responsabilité.Elle a aussi laissé entendre plusieurs fois que l\u2019ambassadeur avait une part de responsabilité dans sa mort et celle de ses collègues parce qu\u2019il s\u2019était porté volontaire pour Benghazi.Hillary Clinton a surtout remis en cause la nécessité de la commission spéciale tout en laissant sagement ses cinq amis démocrates siégeant à la commission monter sa défense la plus agressive.Ceux-là ont accusé la commission dirigée par les républicains de politiser une tragédie.Ils ont réclamé sa dissolution en affirmant que la majorité républicaine vise seulement à «faire dérailler la campagne présidentielle» d\u2019Hillary Clinton.Malgré le soulagement que lui procurent sa bonne prestation devant la commission sur Benghazi, son excellente prestation lors du premier débat démocrate, la renonciation de Joe Biden et la capitulation de Bernie Sanders, Hillary Clinton est encore loin de la Maison-Blanche.Si le chemin de l\u2019investiture démocrate lui est désormais grand ouvert, celui qui pourrait la mener de l\u2019investiture à la Maison-Blanche demeure semé d\u2019embûches.L\u2019affaire de Benghazi et celle des courriels personnels à des fins professionnelles resteront en toile de fond de sa campagne jusqu\u2019au scrutin, car le Congrès poursuit l\u2019enquête sur Benghazi, le EBl enquête sur ses cqurriels et Injustice a enjoint au Département d\u2019État de publier les courriels par lot mensuel.Son image Ces affaires nuisent à l\u2019image présidentiable d\u2019Hillary Clinton.Elles touchentà des questions relatives à son jugement en temps de crise et à sa transparence dans l\u2019exercice de fonctions gou- Les héros fatigués Michel David MARK RALSTON AGENCE ERANCE-PRESSE L\u2019expansion de l\u2019industrie pétrolière en Alberta est en grande partie responsable de l\u2019augmentation des émissions de GES.et énergie de Greenpeace, Patrick Bonin, il est toutefois clair que le projet Énergie Est ne devrait pas être approuvé si le Canada veut lutter contre les changernents climatiques.« Une évaluation sérieuse d\u2019Energie Est démontrera qu\u2019il engendrera une augmentation de la production de pétrole bitumineux de près de 40%, annulant une bonne partie des réductions de GES qu\u2019ont fait les provinces», affirme-t-il.Protéger les océans Au-delà de l\u2019échéancier climatique incontournable, les libéraux espèrent en outre rattraper le retard pris au cours des dernières années en matière de protection des milieux marins.«Nous réparerons les conséquences de l\u2019inaction des conservateurs en faisant passer la superficie des zones marines et côtières protégées à 5%o d\u2019ici 2017 et à 10%) d\u2019ici 2020, souligne la plateforme libérale.Pour y arriver, nous investirons huit millions de dollars par année dans les consultations et l\u2019expertise scientifique.» Le taux de protection au Canada se situe actuellement à un maigre 1,3%.Les libéraux promettent aussi de rétablir le financement annuel pour la recherche sur l\u2019eau douce, de remettre en place des mesures de protection des eaux navigables et A\u2019«imposer des évaluations environnementales plus rigoureuses et crédibles avant tout projet qui pourrait avoir des répercussions sur nos plans d\u2019eau douce et nos océans».Même les espèces en péril devraient en théorie bénéficier d\u2019efforts accrus de protection, notamment en ce qui a trait à la désignation de leur habitat essentiel.En théorie, une fois qu\u2019il a en main les informations scientifiques nécessaires, le fédéral a six mois pour désigner un tel habitat.Par exemple, dans le cas du béluga du Saint-Laurent, cela aurait dû avoir été fait il y a près de trois ans.Comme le secteur de Cacouna fait vraisemblablement partie de cet habitat, un projet comme celui du port pétrolier n\u2019aurait jamais pu être envisagé si Ottawa avait fait ses devoirs.Reste aux libéraux à corriger le tir.Ils auront les coudées franches pendant quatre ans pour y parvenir et ainsi réaliser le «changement» qu\u2019ils affirment incarner.Le Devoir vernementales.Si les Américains de tendance démocrate semblent acquis à sa cause dans ces affaires, la présidentielle de novembre 2016 se jouera auprès des électeurs indépendants des partis démocrate et républicain.Or, 65% des indépendants sont mécontents de la manière dont M\u201c® Clinton a géré l\u2019attentat de Benghazi.Si sa candidature a un potentiel historique dans la mesuçe où elle serait la première femme à diriger les États-Unis, sa candidature est déjà historique, mais négativement, puisque l\u2019ex-mi-nistre est dans la situation sans précédent d\u2019être un candidat à la présidence qui fait l\u2019objet d\u2019une enquête de la police fédérale.Bien qu\u2019elle soit le candidat le plus qualifié et le plus au fait des dossiers de tous les prétendants en lice, Hillary Clinton est jugée «pas honnête ni digne de confiance» par la majorité de ses compatriotes, est mal vue des électeurs blancs et n\u2019a pas encore rassemblé les minorités de la «rainbow coalition» qui porta et maintint Barack Obama au pouvoir.Les sondages montrent qu\u2019elle perd face à tous les principaux candidats républicains, sauf Donald Trump et Marco Rubio, alors que Joe Biden les battait tous, et largement.Hillary Clinton est chef de file, mais vulnérable.Elle n\u2019attire toujours pas les foules qui courent entendre Bernie Sanders, Donald Trump et Ben Carson.Collaboratrice Le Devoir Cy est Amir Khadir qui a sans doute le mieux résumé le sentiment général à l\u2019annonce du départ simultané de Gilles Duceppe et de Stéphane Bédard: «C\u2019est assez triste, ce qui se passe pour le mouvement souverainiste.» Après vingt ans de lutte infructueuse depuis le référendum, les héros sont fatigués.«Avec l\u2019élection de dix députés, l\u2019avenir de notre parti est assuré pour les quatre prochaines années», a déclaré M.Duceppe.11 a cependant trop d\u2019expérience pour ne pas faire la différence entre un avenir et une vie moribonde.Son prestige aurait peut-être permis au Bloc québécois de conserver un minimum de visibilité, mais il aurait été franchement masochiste de continuer après la deuxième gifle d\u2019affilée que lui ont infligée ses électeurs de Laurier-Sainte-Marie.Tant que le Canada était dirigé par un parti ne pouvant revendiquer qu\u2019une poignée de députés québécois, alors que le Bloc en comptait une cinquantaine, il était tout à fait justifié de plaider son utilité par la traditionnelle « défense des intérêts du Québec».Maintenant que le gouvernement pourra s\u2019appuyer sur plus de la moitié des représentants québécois à la Chambre des communes, cela ne tient plus.Même les deux autres partis d\u2019opposition en ont fait élire plus que le Bloc.Certes, les souverainistes ont parfaitement le droit de voter pour un parti qui partage leur point de vue, mais la question est de savoir en quoi le Bloc peut encore faire progresser leur cause.Si, en octobre 2018, le PQ est porté au pouvoir avec une majorité suffisante pour être en mesure de tenir un référendum, la présence du Bloc à Ottawa retrouverait un sens.C\u2019est cependant là une hypothèse dont la démission de Stéphane Bédard, encore plus significative que celle de M.Duceppe, semble confirmer l\u2019improbabilité.Tout le monde reconnaît que le métier de politicien est très difficile à concilier avec la vie familiale et que les années passées loin des siens ne se rattrapent pas.11 est également clair que la perte de son poste de leader parlementaire a été un coup très dur pour M.Bédard, qui ne s\u2019attendait sans doute pas à si peu de reconnaissance de la part de Pierre Karl Péladeau après tout ce qu\u2019il ü ;\tavait fait pour favoriser son ^\taccession à la tête du PQ.Legault\tMême au moment de lui dire adieu, M.Péladeau n\u2019a fait aussi\tpas su trouver les mots qui .\tconvenaient, parue\tMalgré l\u2019envie légitime de de ces héros retrouver sa famille et le gout amer laisse par son ex-fatigués\telusion du premier cercle entourant le chef dont le dé-qui ont baissé puté de Chicoutimi faisait .\t,\tpartie depuis huit ans, on les bras\tpenser qu\u2019un souverai- niste aussi ardent n\u2019aurait pas voulu quitter le navire s\u2019il avait eu le sentiment que la terre promise était en vue, mais il ne pouvait rien voir à l\u2019horizon.M.Bédard n\u2019est pas le seul péquiste que la défaite d\u2019avril 2014 a ébranlé.Plusieurs ont cependant cru que l\u2019arrivée de Pierre Karl Péladeau provoquerait un nouvel engouement pour la souveraineté.Soit, la prochaine élection est encore loin, mais les premiers signes tardent à se manifester.Si cette stagnation devait persister, tout ce qu\u2019on pouvait reprocher à M.Péladeau, et qu\u2019on a ravalé au nom de la cause, risque de refaire surface.Qn commence généralement par blâmer l\u2019entourage, avant de s\u2019en prendre au chef lui-même.D\u2019une certaine façon, Prançois Legault fait aussi partie de ces héros fatigués qui ont baissé les bras.Son départ du PQ et la fondation d\u2019un nouveau parti autonomiste étaient manifestement un aveu d\u2019échec pour ce souverainiste qui était jadis le plus pressé de tous.Qn ne sait pas trop s\u2019il faut rire ou pleurer de le voir réassaisonner inlassablement la sauce de la « troisième voie », dont la nouvelle recette sera dévoilée à l\u2019occasion du conseil général de la CAQ des 7 et 8 novembre.Le référendum de 1995 n\u2019aurait jamais eu lieu si l\u2019accord du lac Meech avait été enchâssé dans la constitution.Si modestes qu\u2019elles fussent, ses conditions auraient rallié une majorité de Québécois.De la même façon, les nouveaux pouvoirs en matière de langue et d\u2019immi^ation que réclame M.Legault, qui constitueraient de facto une reconnaissance de la spécificité québécoise, ne satisferaient certainement pas les souverainistes inconditionnels, mais ils pourraient être la base d\u2019un compromis acceptable aux yeux des « souverainistes pragmatiques » et des «nationalistes fédéralistes» que M.Legault voudrait réconcilier.Le problème \u2014 toujours le même \u2014 est que cette option n\u2019existe que sur papier.Si besoin était, les vingt ans de durcissement du statu quo qui ont suivi le référendum ont clairement démontré que les Québécois ont à choisir entre la souveraineté ou le Canada tel qu\u2019il est.S\u2019il y a une conclusion que le Canada anglais peut légitimement tirer de l\u2019effondrement du Bloc et du succès des libéraux de Justin Trudeau lundi dernier, c\u2019est bien qu\u2019il n\u2019y a aucune raison de changer quoi que ce soit.mdavid@ledevoir.com B 4 LE DEVOIR LES SAMEDI 24 ET DIMANCHE 25 OCTOBRE 2015 EDITORIAL SOUVERAINETE » « La patrie avant le parti L\u2019élection de ce lundi 19 octobre a été un choc pour le mouvement souverainiste.Un choc d\u2019autant plus fort qu\u2019au lendemain de ce scrutin, l\u2019ennemi historique des souverainistes se retrouve à nouveau au pouvoir et qu\u2019au surplus le Parti libéral du Canada est à nouveau dirigé par un Trudeau.La symbolique ne pouvait échapper à personne, d\u2019autant que tout cela survient à quelques jours du 20® anniversaire du référendum de 1995.L Bernard Descôteaux es leaders souverainistes soulignent avec raison que la piètre performance du Bloc québécois à cette élection n\u2019est pas un indicateur de l\u2019appui à la souveraineté, qui d\u2019un sondage à l\u2019autre ces dernières années aura varié de 32 % à 42%.Sauf que les attentes d\u2019un Gilles Du-ceppe et d\u2019un Pierre Karl Péladeau, sans être démesurées, étaient plus élevées que ce score de 19,3% obtenu.Ensemble, ces deux leaders ont fait campagne sur la souveraineté avec comme slogan « Qui prend pays prend parti».Ils espéraient faire au moins aussi bien qu\u2019en 2011 où le Bloc avait, malgré la vague néodémocrate, récolté 23 % des suffrages.Le retour de Gilles Duceppe laissait croire que le Bloc pourrait retrouver son statut de parti reconnu avec une douzaine d\u2019élus, objectif qu\u2019il a manqué de peu sur le plan des sièges, mais raté t ^\tquant au nombre de voix.Un souverainiste sur deux a donc voté le -\t19 octobre pour un parti fédéraliste.Question priorité, ceux-là voulaient chasser du pou- -/.iM voir les conservateurs de Stephen Harper, choix qu\u2019a fait la FTQ qui auparavant avait toujours appuyé le Bloc.Le vibrant «bon débarras» de Françoise David ne laisse non plus pas de doute quant au choix fait par cette souverainiste solidaire.Ce vote stratégique exprimé lundi soulève forcément des questions quant à la loyauté de ce noyau de 40% d\u2019électeurs qui disent dans les sondages être disposés à voter oui à un prochain référendum.Déjà, on avait vu à l\u2019élection de 2014 où fut défaite Pauline Ma-rois des souverainistes faire défaut.Au total, le Parti québécois, Québec solidaire et Qption nationale avaient recueilli ensemble tout juste 33% du vote des Québécois.Les partisans de la souveraineté ne forment surtout pas un bloc homogène.Si pour certains la quête d\u2019un pays est un absolu, pour d\u2019autres les valeurs sociales ont la priorité.Ceux-là pourraient bien ne pas vouloir appuyer un Parti québécois dirigé par Pierre Karl Péladeau à l\u2019élection de 2018.Un autre problème, encore plus pressant pour le mouvement souverainiste, est la stabilité relative du nombre de souverainistes.Dans la décennie qui a suivi le référendum de 1995, la souveraineté recueillait un appui qui variait entre 43% et 48%, avec une pointe au-dessus de 50% au moment du scandale des commandites.Depuis 2006, cet appui a diminué pour se situer en moyenne sous la barre du 40%.Et presque tous les sondages ont observé que cette diminution a été le fait de 18-24 ans et des 65 ans et plus.Le résultat du scrutin du 19 octobre signale le besoin pour le mouvement souverainiste d\u2019une réflexion approfondie qui devrait aller bien au-delà des stratégies autour du calendrier référendaire.Il faudrait comprendre les raisons de ce désintérêt des plus jeunes et des plus vieux pour la souveraineté du Québec.Répondre à de telles questions est d\u2019autant plus urgent que, de l\u2019autre côté du mur, le front fédéraliste est renforcé par la victoire des libéraux de Justin Trudeau.Tant à Québec qu\u2019à Qttawa se trouvent désormais au pouvoir des fédéralistes durs qui feront tout pour vanter les mérites du fédéralisme, tout en s\u2019assurant de ne pas polariser inutilement le débat, comme l\u2019espèrent certains stratèges souverainistes.L\u2019absence d\u2019unité du mouvement souverainiste prend dans ce contexte une acuité plus grande que jamais.Le Parti québécois n\u2019est plus le seul porteur de l\u2019idée d\u2019indépendance et il ne le redeviendra sans doute pas.Depuis déjà presque cinq ans, des militants lancent des appels à la convergence, à défaut de faire l\u2019unité.Le chef d\u2019Qption nationale.Sol Zanetti, invitait vendredi les trois partis souverainistes à mettre «les intérêts partisans et les ego de côté et à plancher sur des solutions communes».Bref, faire passer «la patrie avant le parti», suivant la formule tant de fois employée par l\u2019ancien premier ministre Bernard Landry sans que jamais personne ne fasse un premier pas ou tende la main.Cela est certes difficile, mais pour les souverainistes y a-t-il véritablement d\u2019autres choix?Poser la question est y répondre.LE DEVOIR FONDE PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 > FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-présidente, ventes publicitaires LISE MILLETTE Directeur des finances STÉPHANE ROGER Directrice de ^information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Adjoints PAUL CAUCHON, JEAN-ERANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIEEET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET aeiÇiOT4 Avec t%Cui£Ç A R£*if m
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