Le devoir, 28 octobre 2015, Cahier A
[" Femmes autochtones Rien ne va plus entre les Premières Nations et Québec alors que Tultimatum lancé par les chefs est rejeté par CouiUard Page a 3 www.ledevoir.com ^ LE DEVOIR Vol.C V I N\u201c 2 4 4 LE DEVOIR, LE MERCREDI 28 OCTOBRE 2015 1,13 $ + TAXES = 1,30 Culture Les organismes se taisaient par crainte de Harper GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ Des organismes qui choisissent de se taire pour ne pas perdre de financement, d\u2019autres qui paient le prk pour avoir émis des critiques : les méthodes du gouvernement Harper ont incité le milieu culturel à ne pas soulever de vagues par crainte de représailles, disent des intervenants.Aujourd\u2019hui, les langues se délient.Tant la Conférence internationale des arts de la scène (CINARS) que la Conférence canadienne des arts (CCA) ont soutenu mardi au Devoir avoir été punies directement pour s\u2019être opposées à des décisions des conservateurs.«Chaque fois qu\u2019on critiquait le gouvernement, on subissait une coupe par rapport à des projets qu\u2019on soutenait à ce moment, indique Alain Paré, président-directeur général de CINARS, un des plus importants organismes culturels canadiens.On ouvrait la bouche et on en subissait les conséquences, même si c\u2019était toujours expliqué par une augmentation des demandes.On a donc arrêté de le faire.» L\u2019organisme que dirige M.Paré a notamment été aux avant-postes du mouvement de protestation contre la disparition de deux programmes qui aidaient à l\u2019organisation de tournées à l\u2019étranger, PromArt et Routes commerciales.C\u2019était en 2008.Deux ans plus tard, CINARS réalisait une étude mesurant les impacts de l\u2019abolition de ces programmes.Et depuis?«On n\u2019a plus fait autre chose là-dessus, parce que le gouvernement est devenu majoritaire et qu\u2019on a compris qu\u2019on frappait un mur [si des critiques étaient émises], soutient M.Paré.On a choisi de se taire quand on a vu qu\u2019on pénalisait les organismes avec qui on travaillait.Le message était clairement: arrêtez de vous plaindre publiquement et on va «Chaque fois qu\u2019on critiquait le gouvernement, on subissait une coupe» VOIR PAGE A 8 : HARPER Sondage La foi souverainiste en recul MARCO BELAIR-CIRINO Correspondant parlementaire à Québec A peine la moitié des indépendantistes garde espoir d\u2019assister «un jour» à la concrétisa- sondage CROP préparé pour la Chaire de recherche sur la démocratie et les institutions parlementaires, rattachée à TUniversité Laval, dont Le Devoir a obtenu copie.Pour le camp du Non, l\u2019affaire est réglée.Moins d\u2019une personne sondée sur LO entrevoit la possibi- dance (7% contre 53%).En somme, moins d\u2019un Québécois sur cinq pense que le projet indépendantiste mènera quelque part (22%).« [Au lendemain du référendum du 30 octobre L995], on disait \u201cla prochaine manche, c\u2019est pour tion de leur projet de pays du Québec, selon un lité que le Québec accède «un jour» à Tindépen- voir page A 8 : sondage JACQUES NADEAU LE DEVOIR Une minorité de la population québécoise est aujourd\u2019hui d\u2019avis que le Québec a l\u2019étoffe d\u2019un Etat indépendant, selon le sondage CROP préparé pour la Chaire de recherche sur la démocratie et les institutions parlementaires, rattachée à l\u2019Université Laval.Aujourd\u2019hui ) A Économie > Sans nouveaux oléoducs, les pétrolières ne pourront pas développer le secteur des sables bitumineux.Page B1 Actualités > Montréal.Les chauffeurs de taxi se voient imposer un code vestimentaire, mais aussi l\u2019obligation d\u2019ouvrir la portière à leurs clients.Page A 4 Culture > Albert Brie, 1925-2015.Le remarquable écrivain québécois à jamais silencieux.Page B 7 Culture > ADISQ.Jean Leloup s\u2019impose et Pierre Lapointe se faufile au « premier gala».Page B 8 Avis légaux.Décès Météo Mots croisés Petites annonces Sudoku.B6 A4 B2 B8 A4 B5 La beauté fracassante des scènes de ménage L\u2019écrivain Pierre Lepape parle de son anthologie d\u2019empoignades amoureuses CATHERINE LALONDE Qui n\u2019a jamais cédé, les joues rouges et le souffle coupé par la colère, à se jeter dans une scène de ménage?Presque autant que l\u2019amour, ces scènes sont quasi universelles.Et de formes aussi variées \u2014 bombardement d\u2019assiettes, mutisme vengeur, répliques assassines, bouderie éternelle, gifles, cris et grincements de dents.Cette variété explique en partie l\u2019intérêt du journaliste, critique littéraire et essayiste de haut vol Pierre Lepape, qui a concocté Scènes de ménage.Une anthologie.« Je pense que c\u2019est la littérature qui a inventé l\u2019amour, a confié au Devoir il y a quelques semaines Pierre Lepape.Alors je voulais aussi voir comment la littérature rendait compte du quotidien de l\u2019amour.Car les romans souvent parlent VOIR PAGE A 8 : BEAUTÉ PEDRO RUIZ LE DEVOIR s Je pense que c\u2019est la littérature qui a inventé l\u2019amour», affirme Pierre Lepape.i RENAUD PHILIPPE LE DEVOIR Santé La bibliothèque du ministère dans un corridor ISABELLE PORTER à Québec Depuis la fermeture du Centre de documentation du ministère de la Santé en septembre, des milliers de livres et documents dorment dans les couloirs du sous-sol de l\u2019Institut de réadaptation en déficience physique de Québec ORDPQ).Manuels de toxicologie, ouvrages en anglais sur les politiques mondiales de contrôle du tabac, dossier sur le programme de virage ambulatoire.Des milliers d\u2019articles et de livres attendent à l\u2019Institut qu\u2019on décide de leur sort.Entassés dans des meubles de bois recouverts de pellicule de plastique, les documents ont été mis de côté dans les couloirs du sous-sol loin des regards et des lecteurs.«On les a pris temporairement», explique Annie Quellet, la porte-parole du Centre intégré universitaire de santé et services sociaux de la Capitale-Nationale (CIUSSS).Le ministère serait VOIR page a 8 : CORRIDOR 77831303444844 A 2 LE DEVOIR, LE MERCREDI 28 OCTOBRE 2015 ACTUALITES JACQUES NADEAU LE DEVOIR La policière Stéphanie Trudeau lors de son arrivée au palais de justice de Montréal lundi.Le procès du matricule 728 débute à Montréal Le procès de la policière Stéphanie Trudeau, connue par le numéro de matricule 728, a débuté en retard mardi au palais de justice de Montréal, alors que les activités étaient perturbées par des manifestations de fonctionnaires.Pendant un peu plus d\u2019une heure, des manifestants ont ainsi bloqué les accès à l\u2019édifice situé dans le Vieux-Montréal.L\u2019avocat de Stéphanie Trudeau, M® Jean-Pierre Rancourt, a déposé une requête en arrêt des procédures, mais le juge a décidé d\u2019entendre le procès avant cette requête.Il estime qu\u2019il serait risqué de rendre une décision sur la requête sans avoir entendu la preuve.La Couronne a donc commencé à étaler sa preuve.On a présenté des vidéos réalisées par des gens qui ont été témoins de l\u2019arrestation musclée à laquelle a procédé le matricule 728, le 2 octobre 2012, sur l\u2019avenue Papineau, à Montréal.Stéphanie Trudeau, qui est accusée de voie de fait simple, a suivi le déroulement des procédures sans broncher.La Presse canadienne GREVES Martin Coiteux hausse de nouveau le ton PHILIPPE ORFALI JESSICA NADEAU Devant les dizaines de milliers d\u2019employés des secteurs publics et parapublics en grève, le président du Conseil du trésor a de nouveau haussé le ton, mardi, au jour 2 de la semaine de débrayages rotatifs qui balaie le Québec.Martin Coiteux a dénoncé des «gestes inacceptables» après que des employés se sont apparemment vu bloquer l\u2019accès à leurs bureaux par des fonctionnaires en grève, à Québec, promettant de «prendre les moyens nécessaires» pour que cela ne se reproduise plus.«C\u2019est inacceptable d\u2019empêcher les gens d\u2019accéder à leur lieu de travail.Je n\u2019en dis pas plus pour l\u2019instant», a tonné le président du Conseil du trésor, en marge du caucus libéral.«On va suivre attentivement la situation.Mais il faut absolument que les gens qui ne sont pas en grève puissent accéder à leur lieu de travail.» Son homologue de la Santé, Gaétan Barrette, a adopté un ton beaucoup plus conciliant, à l\u2019instar du premier ministre Couil-lard, d\u2019ailleurs.Les négociations se poursuivent, a rappelé le Barrette.«Je l\u2019ai dit et redit, on respecte tout à fait le droit de manifester, le droit d\u2019avoir une grève, dans la mesure où les lois sont respectées.Les négociations continuent», a-t-il souligné.«Je veux une entente négociée», a réitéré pour sa part le premier ministre Couillard, ajoutant qu\u2019il serait «surprenant qu\u2019on ne puisse pas régler dans le cadre financier du gouvernement du Québec, alors qu\u2019on a réglé avec les médecins omnipra- SS i isrr JACQUES NADEAU LE DEVOIR Mardi, plusieurs bureaux gouvernementaux de la métropole ont été paralysés, tout comme le palais de justice de Montréal.ticiens, les municipalités et les traversiers».«Les Québécois ne comprendraient pas que ce ne soit pas le cas», a-t-il toutefois mis en garde les grévistes.Devant une mobilisation «quasi historique» des employés du secteur public, le président de la CSN, Jacques Létourneau, est pour sa part convaincu qu\u2019il réussira à faire plier le gouvernement.«M.Couillard [dit] qu\u2019il s\u2019est entendu avec les médecins.Si on gratte un peu, on s\u2019aperçoit qu\u2019il y a beaucoup, beaucoup d\u2019argent dans ce règlement.Ça signifie que lorsque le premier ministre décide de donner des marges de manœuvre au Conseil du trésor, ça peut bouger.» Jacques Létourneau a bon espoir que cela se fasse avant le déclenchement des deuxièmes et troisièmes phases de perturbations prévues d\u2019ici le début décembre.La présente semaine de grève se termine jeudi avec les écoles et les établissements de santé des régions de Montréal et Laval.Mardi, déjà, plusieurs bureaux gouvernementaux de la métropole ont été paralysés, tout comme le palais de justice de Montréal.Le mouvement de débrayage devait également toucher les régions de Chaudière-Appalaches, le Bas-Saint-Laurent, la Côte-Nord, Gaspésie-îles-de-la-Madeleine et Revenu Québec.Les syndiqués prendront une pause la semaine suivante et reviendront à la charge avec une nouvelle semaine de grèves rotatives à la mi-novembre.Si les négociations ne déblo- quent toujours pas, le Front commun entend déclencher une grève nationale de trois jours au début décembre, en contraste avec celles, rotatives, de cette semaine.Jacques Létourneau parle d\u2019une mobilisation «assez costaude» sur les piquets de grève cette semaine.Selon lui, l\u2019impact des compressions et l\u2019impact des réformes dans le système de santé notamment viennent ajouter de la pression sur les travailleurs, qui le «vivent durement sur le terrain».Il affirme que la population «n\u2019est pas défavorable» à leurs revendications et qu\u2019elle le leur démontre à coups de klaxon sur les piquets de grève.Le Devoir TRAVERSIERS Les maires des villes riveraines demandent de rétablir le service Québec \u2014 Les maires des villes qui sont touchées par la grève de la Société des traversiers du Québec (STQ) demandent le rétablissement complet du service dès mercredi.Une entente de principe est intervenue lundi entre les parties.Mais le Syndicat des Métallos a fait savoir que les employés pourraient se prononcer sur l\u2019entente de mercredi à dimanche et que la grève pourrait se poursuivre jusqu\u2019à la fin de la semaine.Rassemblés autour du maire de Québec, Régis Labeaume, les maires des villes touchées ont demandé mardi au gouvernement et au syndicat des Métallos de rétablir dès mercredi le service complet de tous les traversiers, par respect pour les citoyens.Le maire Labeaume est d\u2019avis que les utilisateurs des traversiers ne devraient pas avoir à vivre un changement aussi important dans leur qualité de vie comme c\u2019est le cas depuis deux semaines.Selon lui, le syndicat doit collaborer en permettant le retour au travail des employés et en accélérant la procédure de vote pour l\u2019entente.Les employés du service de traversiez qui assure les traverses de Québec/Lé-vis, Sorel/Saint-Ignace-de-Loyola, L\u2019Isle-aux-Coudres/Saint-Joseph-de-la-Rive, Matane/Baie-Comeau/Godbout et Tadous-sac/Baie-Sainte-Catherine, sont en grève depuis le 13 octobre, dans le cadre des négociations de leur convention collective échue depuis le 31 mars dernier.Certaines traverses continuent d\u2019offrir un service de base, d\u2019autres l\u2019ont complètement interrompu.La Presse canadienne Dépouillement judiciaire autorisé Ottawa \u2014 Le résultat du match de revanche que croyait avoir remporté le candidat conservateur Bernard Généreux est remis en question.Un juge de la Cour supérieure du Québec a accueilli positivement la requête en dépouillement judiciaire déposée par la candidate du Parti libéral du Canada dans la circonscription de Montmagny-L\u2019Islet-Kamouraska-Rivière- du-Loup, Marie-Josée Normand.Selon le dépouillement initial effectué à l\u2019issue du scrutin du 19 octobre, M.Généreux a battu son adversaire libérale par une majorité de 269 voix.Ce résultat serré a été remis en question par la candidate Marie-Josée Normand, laquelle a soutenu dans sa requête «que des situations sérieuses nécessitent un dépouillement judiciaire».Car la soirée de l\u2019élection s\u2019est déroulée dans le désordre, si l\u2019on se fie aux observations d\u2019un travailleur électoral dont la déclaration assermentée est citée dans la décision rendue lundi par le juge Claude Bouchard.Le fonctionnaire électoral en question, Steven Bard, a fait état de plusieurs irrégularités, notamment en ce qui concerne l\u2019état de certaines urnes.La Presse canadienne Lise Thibault: la Couronne demande une peine plus lourde Le procureur de la poursuite contre l\u2019ex-lieutenante-gouver-neure juge que la peine de 18 mois de prison dont elle a écopé n\u2019est pas assez longue, compte tenu de l\u2019ampleur de la fraude et du degré de préméditation.Radio-Canada rapporte qu\u2019une requête en ce sens a été déposée par M® Marcel Guimont mardi à la Cour d\u2019appel.L\u2019avocat plaide que la peine n\u2019est pas assez lourde, compte tenu de la position de confiance que M\"^® Thibault occupait.La durée sur laquelle se sont étendues ses infractions, soit près de 10 ans entre 1997 et 2007, justifie aussi cette requête selon M® Guimont.En plus des 18 mois de détention, une amende de 300 000$ a été imposée à Lise Thibault, alors que la Couronne avait plutôt réclamé quatre années d\u2019emprisonnement et un remboursement de 430 000$.Mme Thibault a quant à elle déjà obtenu la permission d\u2019être entendue en appel, sa demande ayant été présentée le 30 septembre, journée de sa condamnation pour fraude et abus de confiance.Son avocat considère la peine raisonnable, mais demande que sa cliente puisse les purger dans la communauté.L\u2019ancienne représentante de la reine au Québec avait d\u2019abord plaidé non coupable aux chefs d\u2019accusation qui pesaient sur elle, pour finalement plaider coupable en décembre 2014.Le Devoir FELICITATIONS! La Faculté des arts et des sciences de l\u2019Université de Montréal célèbre la réussite de diplômées et diplômés qui participent de façon exemplaire à l\u2019avancement de la société.Source d\u2019inspiration pour nos finissants, les personnalités suivantes seront honorées lors des cérémonies de collation des grades 2015.France Bigras Informatique 1986 Gestionnaire executive des technologies de I information Simon Durivage Science politique 1968 Journaliste animateur présentateur membre de I Ordre du Canada Ruth Gagnon Criminologie 1980 Directrice generale Société Elizabeth Fry du Quebec Marie-Josée Lamothe Sciences economiques 1990 Directrice generale Strategie de marques et directrice generale Quebec Google Canada Emmanuei Montini, Ph D Mathématiques 1995 Adm A Directeur des etudes et des services aux etudiants College de Bois de Boulogne François Nauit, M Sc Démographie 1984 Directeur Division de la statistique sociale et autochtone Statistique Canada Faculté des arts et des sciences fas.umontreai.ca Université de Montréal LE DEVOIR, LE MERCREDI 28 OCTOBRE 2015 A 3 ACTUALITES Faire la lumière Manon CORNELLIER à Ottawa Février 2013.Un rapport coup de poing du groupe Human Rights Watch (HRW) sème l\u2019émoi à Ottawa.Il révèle que des femmes autochtones du nord de la Colombie-Britannique ont été agressées et violentées par des agents de la GRC et que leurs plaintes ne sont pas traitées avec sérieux.Elles ne font plus confiance à la politique et les crimes restent impunis.Octobre 2015.C\u2019est au tour de Val-d\u2019Or et de tout le Québec d\u2019être sous le choc après la diffusion d\u2019une enquête de Radio-Canada sur des allégations similaires.A visage découvert, quelques femmes autochtones ont osé parler d\u2019abus subis aux mains d\u2019agents du détachement valdorien de la Sûreté du Québec.Dans les deux cas, des femmes vulnérables, souvent marginalisées ont longtemps gardé le silence à cause de leur méfiance souvent justifiée envers les autorités et, surtout, la police.Des femmes qui vivent le racisme et la discrimination au quotidien.Des femmes qui ont subi ou été témoins de graves gestes de violence.A Val-d\u2019Or, les allégations font, comme de raison, l\u2019objet d\u2019une enquête criminelle (qui aurait toutefois dû être confiée dès le départ à un autre corps policier que la SQ).Mais au-delà de chaque crime, il y a cette violence dont sont victimes plus que quiconque les femmes autochtones.Environ 1200 de ces femmes ont disparu ou ont été tuées sur une période de 30 ans, selon la GRC.Les groupes de femmes autochtones estiment que le nombre est beaucoup plus élevé, d\u2019où leur demande maintes fois répétée \u2014 et appuyée par les provinces et autres organisations \u2014 d\u2019une vraie enquête publique pancanadienne capable de cerner les causes systémiques de ce problème et les solutions pour l\u2019enrayer.Le gouvernement Harper a toujours résisté, présentant les meurtres et les disparitions de femmes autochtones comme de simples crimes sur lesquels il revient à la police d\u2019enquêter.L\u2019élection de Justin Trudeau changera la donne, puisqu\u2019il a promis d\u2019acquiescer rapidement à cette demande, une fois qu\u2019il aura consulté les parties intéressées sur la composition et le mandat de la commission.Il manquera toutefois un maillon.Malgré tous ses torts, le gouvernement Harper a posé un geste constructif en 2013.Pressé de toutes parts après la publication du rapport de HRW, il a tenté de calmer le jeu en transférant le dossier à la Commission civile d\u2019examen et de traitement des plaintes relatives à la GRC (CCETP) afin qu\u2019elle se penche sur le comportement du corps policier qui agit comme police provinciale en Colombie-Britannique.L\u2019examen de la Commission civile d\u2019examen a le mérite de scruter à la loupe un problème qui n\u2019est pas unique à la Colombie-Britannique: les rapports dysfonctionnels et la méfiance qui persistent entre corps policiers et autochtones, en particulier les femmes.Pour lever le voile sur cet enjeu, la CCETP a passé en revue plus de 90 000 dossiers du détachement de la GRC visé par les allégations de HRW.Son rapport périodique doit être remis à la GRC d\u2019ici deux semaines afin que cette dernière réponde aux recommandations des commissaires.La police fédérale n\u2019a toutefois pas d\u2019échéancier à respecter.On ignore donc quand on pourra lire le rapport final, qui est très attendu.Le ministre québécois des Affaires autochtones, Geoffrey Kelley, a dit être ouvert à une enquête qui serait complémentaire à celle envisagée par le gouvernement Trudeau, mais elle ne devrait pas, dit-il, dédoubler celle du fédéral.Avec raison.Rien ne lui interdit toutefois de mettre rapidement en branle un examen similaire à celui entrepris à l\u2019autre bout du pays afin de faire la lumière sur les relations entre les corps policiers québécois et les autochtones.Cela permettrait de mettre en relief non seulement les problèmes systémiques exigeant un coup de barre, mais aussi les pratiques prometteuses (et d\u2019éviter qu\u2019une commission fédérale s\u2019en mêle).Pareil examen ne serait pas un substitut à une commission d\u2019enquête canadienne, que M.Trudeau devrait s\u2019empresser d\u2019établir.Il ne remplacerait pas non plus une enquête policière menant à des accusations criminelles.Chacun de ces mécanismes répond à des besoins différents.Dans la foulée de la condamnation du tueur en série Robert Pickton, dont bon nombre des victimes étaient des femmes autochtones, le gouvernement de la Colombie-Britannique a créé une commission d\u2019enquête.Dans son rapport rendu public à l\u2019automne 2012, celle-ci recommandait au gouvernement fédéral de créer une commission d\u2019enquête publique sur la mort et la disparition des femmes autochtones à travers le pays, mais aussi de confier à des organismes civils indépendants l\u2019examen des plaintes de mauvaise conduite grave portées contre la police par les femmes autochtones.Les tristes événements survenus à Val-d\u2019Or ne sont pas isolés, affirment plusieurs organisations autochtones.Si tel est le cas, cela est très grave et doit être éclairci et corrigé au plus vite, ce qui ne peut être fait par les policiers eux-mêmes.Une instance civile, dotée des ressources et de l\u2019indépendance nécessaires, serait le meilleur moyen d\u2019inspirer confiance à ceux et celles qui l\u2019ont perdue.mcornellier@ledevoir.com JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE Le premier ministre Philippe Couillard a rejeté Tultimatum lancé mardi par TAssemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador.FEMMES AUTOCHTONES Entre crise, ultimatum et réactions politiques SARAH R.CHAMPAGNE ROBERT DUTRISAC \\ A l\u2019issue d\u2019une réunion d\u2019urgence, mardi, de l\u2019Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador (APNQL), le grand chef Ghislain Picard a sommé Philippe Couillard de les rencontrer dans les meilleurs délais.Le premier ministre n\u2019a montré aucune intention de se plier à cet ultimatum, se contentant d\u2019évoquer les mesures prises depuis la diffusion du reportage de Radio-Canada.Il a annoncé mardi la nomination d\u2019un observateur indépendant de l\u2019enquête confiée au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).Son bureau a également rappelé que deux ministres se sont déplacés à Val-d\u2019Or dimanche et qu\u2019ils mettront en place «des mesures de soutien qui aideront à répondre aux besoins immédiats de la situation».L\u2019APNQL tient le premier ministre responsable de cette crise et a insisté sur la nécessité d\u2019une enquête indépendante, qui devrait intégrer des corps policiers autochtones.«Le lien de confiance est brisé entre nos autorités, nos communautés et les autorités policières», a déclaré M.Picard, relatant une rencontre très émotive entre les chefs.En matinée, M.Couillard n\u2019avait pas fermé la porte à une enquête plus large sur les relations entre les peuples autochtones et «les communautés qui les entourent».Il a indiqué attendre de voir ce que le nouveau gouvernement fédéral mettrait en place.Les chefs autochtones n\u2019ont pas manqué de rappeler cette promesse de Justin Trudeau, ajoutant que cette commission d\u2019enquête nationale publique devrait être établie au plus tard 30 jours après l\u2019assermen-tation du nouveau cabinet.Enfin, l\u2019Assemblée demande à ce que des ressources supplémentaires soient mises à disposition pour assurer la sécurité des femmes ayant dévoilé les comportements, ainsi que pour faire face à une potentielle vague de dénonciations.Plus tôt dans la journée, le directeur général de la Sûreté du Québec (SQ), Martin Prud\u2019homme, a quant à lui nié qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019une crise.«Ce que j\u2019entends, c\u2019est qu\u2019il y a des gens qui sont préoccupés, il y a du questionnement.Mais de là à dire qu\u2019on est en crise, non, je ne le pense pas», a-t-il affirmé en conférence de presse, rapporte La Presse canadienne.Le directeur général de la SQ a aussi pris soin de préciser qu\u2019aucun des huit policiers relevés n\u2019est visé par des allégations d\u2019inconduite sexuelle.Sur les 11 allégations criminelles traitées par le corps policier, deux concernaient des agressions sexuelles; la première visait un policier aujourd\u2019hui décédé, et un autre dont l\u2019identité n\u2019a pas été établie.Une grande partie des allégations présentées dans le reportage de l\u2019émission Enquête n\u2019avait pas été portée à la connaissance de la SQ, a indiqué un porte-parole au Devoir.Remous politiques A l\u2019Assemblée nationale, la ministre de la Sécurité publique.Lise Thériault, a tenté de justifier le fait que l\u2019enquête ait été confiée dans un premier temps à la direction des normes professionnelles de la SQ.Elle a soutenu que les allégations étaient «beaucoup plus poussées» que celles contenues dans la lettre transmise au chef de la police de la SQ de Val-d\u2019Or le 15 mai dernier.Or, cette lettre, signée par Edith Cloutier du Centre d\u2019amiüé autochtone de Val-d\u2019Or et dont une copie avait été envoyée à la ministre, est on ne peut plus explicite : elle signale «des allégations sérieuses relatives à des abus physiques et sexuels par des policiers de la Sûreté du Québec auprès de personnes vulnérables, dont plusieurs femmes autochtones à Val-d\u2019Or» et le dépôt de plaintes à ce sujet.Le Parti québécois a réclamé mardi la démission de la ministre Thériault, tout en reprenant à son compte l\u2019avis de la protectrice du citoyen, Raymonde Saint-Germain, qui juge que le Bureau des enquêtes indépendantes (BEI) devrait lancer une enquête ad hoc pour faire la lumière sur ces allégations plutôt que de laisser des policiers enquêter sur des confrères.«Il faut faire en sorte que les autochtones puissent avoir justice et qu\u2019il y ait apparence de justice», a affirmé dans un point de presse le chef de l\u2019opposition officielle, Pierre Kâvl Péladeau.La semaine dernière, il demandait déjà la tenue d\u2019une telle enquête indépendante.Le leader parlementaire du PQ, Bernard Drainville, a tiré à boulets rouges sur Lise Thériault, qui, selon lui, «a fait preuve d\u2019un manque de jugement, d\u2019un comportement erratique, [.] d\u2019une incompétence navrante ».C\u2019est la deuxième fois que le PQ réclame la tête de la ministre de la Sécurité: la première fois, c\u2019est en juin 2014, à la suite de l\u2019évasion en hélicoptère de détenus de la prison d\u2019Orsainville.De son côté, le chef de la Coalition avenir Québec, Erançois Legault, qui ne s\u2019oppose pas à ce que l\u2019enquête soit confiée à la SPVM, prône un exercice plus large, soit une commission d\u2019enquête indépendante sur le traitement réservé aux autochtones, «autant aux femmes qu\u2019aux hommes», par le système de justice au Québec.Dans un communiqué, la directrice du BEI, M® Madeleine Giauque, nommée en janvier dernier, a indiqué que le nouvel organisme ne pourrait pas être opérationnel avant le L'' avril 2016.Le conseil des ministres a entériné la nomination de deux superviseurs le 13 octobre dernier et il doit le faire pour 16 enquêteurs.De ce nombre, la moitié n\u2019a pas d\u2019expérience en matière d\u2019enquête policière et doit suivre une formation de niveau universitaire, a indiqué M® Giauque.Ces enquêteurs ne pourront terminer cette formation, d\u2019une durée de dix semaines, avant mars prochain.Même si le BEI n\u2019est pas complètement fonctionnel, sa directrice pourrait être associée à l\u2019enquête, a affirmé au Devoir Raymonde Saint-Germain.La protectrice du citoyen s\u2019est dite «surprise» de voir que M® Giauque, «qui est quand même habilitée avec ses superviseurs, ne soit pas associée à cette enquête».D\u2019ailleurs, le gouvernement a publié en juillet un règlement qui n\u2019est pas encore adopté: il ne permet pas au BEI d\u2019enquêter sur les allégations d\u2019agressions sexuelles commises par les policiers.Or, tant M\u201c® Saint-Germain que la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse ont insisté pour que le BEI se voie confier cette responsabilité.Le Devoir Nomination de Michelle Courchesne : le PQ craint la politisation de Revenu Québec 9 uébec \u2014 Le Parti québécois craint que le gouvernement pofitise Revenu Québec avec des nominations partisanes.Le député péquiste Nicolas Marceau a enjoint au ministre des finances, Carlos Leitâo, de préserver la neutralité politique de l\u2019agence fiscale.Presse canadienne a rapporté lundi que le gouvernement a l\u2019intention de nommer l\u2019ancienne ministre libérale Michelle Courchesne au conseil d\u2019administration de Revenu Québec.En Chambre mardi, M.Marceau a déclaré que cette décision, qui n\u2019a pas encore été annoncée officiellement, aurait pour effet de politiser l\u2019agence.«On apprend que le gouvernement entend nommer l\u2019ex-ministre libérale Michelle Courchesne au conseil d\u2019administration de Revenu Québec, a-t-il dit.Il s\u2019agit d\u2019une nomination partisane dans un organisme qui est censé être apolitique.» Selon le député péquiste, la création en 2011 de l\u2019Agence du revenu, qui relevait avant cela du ministère du Revenu, avait pour objectif de lui donner plus de souplesse et de la dépolitiser.M.Marceau a rappelé que la gestion de M\u201c® Courchesne a déjà été critiquée par le vérificateur général.«Quant aux qualités de gestionnaire de M^^ Courchesne, doit-on rappeler qu\u2019elle a été sévèrement blâmée à deux reprises par le vérificateur général dans le dossier des garderies et dans le dossier des terrains synthétiques ?» a dit le député.Répondant à son adversaire, M.Leitâo a qualifié de «rumeurs» les informations annonçant la nomination prochaine de M\u201c® Courchesne, qui a quitté la politique en 2012.«Ce qui est écrit dans les journaux, ce n\u2019est pas toujours la vérité», a-t-il dit.Quelques minutes plus tôt, M.Leitâo s\u2019était limité à dire que c\u2019est le conseil des ministres qui effectue les nominations.«Je ne fais aucun commentaire sur les nominations.Ça, c\u2019est le conseil des ministres qui fait les nominations, rien n\u2019a été décidé, a-t-il dit aux journalistes avant la période des questions.C\u2019est ce qui circule dans les journaux, je ne commente pas.» Par ailleurs, M.Leitâo a affirmé que le président-directeur général de Revenu Québec, Gilles Paquin, qui a annoncé sa démission, restera en poste jusqu\u2019à la fin de l\u2019année, avant de prendre sa retraite.Ces changements à la direction de Revenu Québec surviennent alors que l\u2019instauration d\u2019une nouvelle culture est souhaitée, à la suite de constats de la protectrice du citoyen, Raymonde Saint-Germain, exposant des pratiques abusives de l\u2019administration fiscale.M.Leitâo a cependant indiqué mardi que la mise en œuvre d\u2019un plan d\u2019action pour remédier à cette situation entraînera d\u2019autres changements à l\u2019agence.«Il y a eu une très forte croissance au cours des dernières années, il y a des ajustements à amener à ça.» La Presse canadienne Cautionnement de 1 milliard pour deux cigarettiers Les cigarettiers Imperial Tobacco Canada et Rothmans, Benson & Hedges se voient ordonner par la Cour d\u2019appel du Québec de verser en cautionnement un total de près d\u2019un milliard de dollars dans une cause en appel.En vertu d\u2019un jugement rendu par la Cour supérieure du Québec en mai \u2014 et porté en appel \u2014, une somme totale de plus de 15,6 milliards doit être versée par les cigarettiers aux fumeurs qui sont soit tombés malades, soit devenus dépendants.Le Conseil québécois sur le tabac et la santé, répondant dans cette action collective, a parlé d\u2019une «caution morale» pour les victimes en attendant que les tribunaux se prononcent sur le fond de ce dossier.«[.] les victimes du tabac vont finalement avoir la certitude, la possibilité d\u2019avoir de l\u2019argent [.] », a dit le directeur général, Mario Bujold.La Presse canadienne A 4 LE DEVOIR LE MERCREDI 28 OCTOBRE 2015 ACTUALITES PROJET DE LOI 67 Pas plus d\u2019une vingtaine d\u2019emplois seront abolis MARCO BÉLAIR-CIRINO Correspondant parlementaire à Québec La ministre Dominique Vien est ferme: la cessation des activités de promotion et de mise en marché de la destination touristique québécoise sur les marchés hors Québec se soldera par Tabolition à'«une vingtaine de postes» au ministère du Tourisme.«On n'est pas dans les eaux de ce qui a été publié [dans Le Devoir], pas du tout Ce qui pourrait peut-être arriver, c'est qu'une vingtaine d'emplois soit touchée», a déclaré Télue libérale mardi avant-midi, après le dévoilement du nouveau modèle d\u2019affaires et de gouvernance du tourisme au Québec.Mme Vien a promis, sous réserve de l\u2019adoption du projet de loi 67 par l\u2019Assemblée nationale, de confier quelque 30 millions de dollars annuellement à l\u2019Alliance de l\u2019industrie touristique du Québec (AITQ) afin qu\u2019elle fasse la promotion touristique du Québec sur la scène internationale.«C'est 130% d'augmentation [de la somme de 13 millions actuellement allouée à cette fin], ce n'est pas rien», a-t-elle fait valoir.La ministre compte sur l\u2019uniformisation de la taxe sur l\u2019hébergement à 3,5% et l\u2019élargissement de sa portée aux établissements d\u2019enseignement et aux campings \u2014 mais seulement aux services «prêt-à-camper» \u2014 pour engranger des revenus supplémentaires de 13 à 15 millions.Le Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ) dénonce la décision du gouvernement libéral, qui s\u2019apprête à confier de telles sommes d\u2019argent public à un organisme contrôlé par le secteur privé \u2014 non doté de mécanismes de suivi des résultats et de reddition de comptes \u2014, notamment après la mise au jour de «dérives» à Tourisme Montréal.«Au niveau de la reddition de comptes, on sera excessivement sévères, exigeants», a soutenu Mme Yiqyi en point de presse.Elle s\u2019est aussi dite convaincue que l\u2019Alliance pourra mener les activités de marketing avec «une plus grande agilité» et une «plus grande cohérence» que le ministère.«Ily avait un coup de barre à donner.» Mme Yien est persuadée d\u2019avoir réussi à «séduire» l\u2019industrie touristique avec le nouveau modèle d\u2019affaires et de gouvernance du tourisme au Québec.Les 500 participants des Assises du tourisme ont accueilli mardi son allocution avec une ovation.«Pour moi, c'est zéro pis une barre», a toutefois lâché un participant assis au deuxième rang dans la salle.Il est demeuré assis.Le Devoir Lire aussi > Révoiution touristique.L\u2019éditorial d\u2019Antoine Robitaille.Page A 6 PHILIPPE ROUSSEAU Feu vert au réaménagement du parc Jean-Drapeau Le projet de réaménagement du parc Jean-Drapeau de 70,4 millions de dollars a été approuvé par le conseil municipal mardi matin malgré la dissidence de Projet Montréal.L\u2019opposition a reproché à l\u2019administration Coderre d\u2019autoriser la destruction d\u2019un milieu humide et de dépenser d\u2019importants fonds publics pour construire un amphithéâtre de 65 000 places qui servira essentiellement à des promoteurs privés.Le responsable des grands parcs, Réal Ménard, a soutenu que le bassin qui disparaîtra avait été créé artificiellement en 1990 à l\u2019occasion des Floralies et que le ministère de l\u2019Environnement le considérait comme « écologiquement pauvre».Les chauffeurs de taxi devront ouvrir la portière pour leurs passagers JEANNE CORRIVEAU A compter du 1®''janvier, les chauffeurs de taxi devront non seulement respecter un code vestimentaire strict, mais ils devront aussi sortir de leur véhicule pour ouvrir la portière afin de faire monter leurs passagers.Le conseil municipal de Montréal a approuvé mardi, dans une proportion de 42 voix contre 19, les modifications au règlement sur le transport par taxi, qui prévoit une série de nouvelles mesures pour encadrer l\u2019industrie.Dès l\u2019an prochain, le pantalon noir, la chemise ou le chandail blanc de type polo avec des manches, de même que les chaussures fermées et les chaussettes seront de rigueur pour tous les chauffeurs de taxi.Le chauffeur devra aussi descendre de son taxi et ouvrir la portière pour faire monter ses clients et faire de même lors de l\u2019arrivée à destination.Précisons que cette mesure s\u2019applique aux demandes faites par téléphone ou par l\u2019entremise d\u2019une application mobile.En vertu du nouveau règlement, tous les véhicules devront être dotés de caméras et l\u2019âge des voitures ne pourra dépasser huit ans.Les chauffeurs auront un an pour se conformer à ces deux dispositions.Précisons que le paiement des courses par carte de crédit ou de débit est obligatoire depuis le 15 octobre.Réglementer la courtoisie Les élus de l\u2019opposition ont dénoncé les nouvelles restrictions vestimentaires.Imposer une façon de s\u2019habiller, «c'est paternaliste», a lancé le conseiller de Projet Montréal, Craig Sauvé, qui a conformé la tenue exigée à un uniforme de serveur de club de golf.Son collègue Guillaume Lavoie a critiqué l\u2019attitude de l\u2019administration Coderre, qui protège un monopole n\u2019ayant pas su mettre le client au centre de ses préoccupations : « Si le maire insiste pour subven- tionner des monopoles, il devrait subventionner la STM.» «Doit-on réglementer la propreté et la courtoisie ?s\u2019est demandé la conseillère Justine McIntyre.La meilleure façon d'encourager un meilleur service et la courtoisie, c'est d'introduire une saine concurrence.» L\u2019élue s\u2019est toutefois montrée favorable aux exigences liées aux cartes de crédit, au rajeunissement de la flotte et à l\u2019électrification éventuelle des voitures taxis.La Ville ne pouvait rester les bras croisés devant les problèmes de l\u2019industrie du taxi, qui fait face à une rude concurrence avec l\u2019arrivée d\u2019Uber, a répliqué le maire Denis Coderre: «L'industrie du taxi est à la croisée des chemins.On avait besoin d'intervenir, a-t-il dit.On sait qu'il y a un problème.Mais le taxi fait partie du cocktail de transport.Il fait aussi partie de la signature de Montréal.Comme c'est réglementé, il fallait prendre nos responsabilités.» Le Devoir ARRONDISSEMENTS Uâdminîstration Coderre pourra congédier des directeurs JEANNE CORRIVEAU Ly administration Coderre pourra empiéter sur f un champ de compétences locales après avoir obtenu, mardi, l\u2019aval du conseil municipal pour congédier des directeurs d\u2019arrondissement.Le parti du maire a réussi à obtenir la majorité requise au conseil municipal pour faire déclarer la ville-centre compétente en matière de suspension ou de destitution de directeurs d\u2019arrondissement, et ce, pour une période de deux ans.Cette manœuvre lui permettra de régler le cas litigieux de la directrice par intérim de l\u2019arrondissement de L\u2019Ile-Bizard-Sainte-Gene-viève, que l\u2019administration Coderre souhaite congédier à la suite d\u2019une enquête du contrôleur général sur des plaintes pour menaces et intimidation à l\u2019endroit d\u2019employés.Or, le maire de l\u2019arrondissement.Normand Marinacci, qui avait commandé sa propre enquête \u2014 exonérant de tout blâme la directrice \u2014, refusait de congédier cette directrice.Lors d\u2019un débat au conseil municipal mardi, le maire Marinacci a qualifié la décision de l\u2019administration Coderre de «démonstration deforce», puisque les arrondissements ont juridiction sur l\u2019embauche et le congédiement de leur directeur.D\u2019autres maires d\u2019arrondissement ont dénoncé ce qu\u2019ils considèrent comme une volonté à peine déguisée de l\u2019administration de s\u2019immiscer dans les décisions des arrondissements.«Il s'agit d'un conflit qui doit être réglé entre deux parties de façon légale.Il y a des instances pour régler ce problème-là.Ici, on sort un tank pour s'attaquer à une fourmi et justifier une mesure absolument inacceptable», a fait valoir le maire de Rosemont-La Petite-Patrie, François Croteau.Denis Coderre s\u2019est défendu de vouloir récupérer davantage de pouvoirs, invoquant une «situation exceptionnelle».«Quand on est dans une situation où il y a plus de 36 employés qui font des plaintes, que le tiers va en congé de maladie et qu'on a un problème de fonctionnalité, je dois trouver une solution pour protéger les employés», a-t-il expliqué.Pour obtenir l\u2019appui des cinq élus de Coalition Montréal, parmi lesquels le maire du Sud-Ouest, Benoit Dorais, Coderre a accepté que ce pouvoir ne soit pas renouvelé après deux ans.La résolution a ainsi recueilli l\u2019aval de 35 élus contre 27.Le président du comité exécutif, Pierre Desrochers, assure qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une question de cohérence.«On n'est pas dans une chasse aux sorcières», a-t-il dit en précisant que les arrondissements pourraient continuer à embaucher les directeurs.Le Devoir Téléphone : 514 985-3322 T^n T)1?TTTÜQ AATATAMnTQ Télécopieur : 514 985-3340 LJUj iLIlIËO AlU\\UlHJlO Courriel : petitesannonces@ledevoir.com I * N * D * E * X REGROUPEMENTS DE RUBRIQUES 100*199\tIMMOBILIER RÉSIDENTIEL \t100 \u2022 150 Achat vente échangé 160 \u2022 199 Location 200 \u2022 299\tIMMOBILIER COMMERCIAL \t200 \u2022 250 Achat vente échangé 251 \u2022 299 Location 300 \u2022 399\tMARCHANDISES 400 \u2022 499\tOFFRES D'EMPLOI 500 \u2022 599\tPROPOSITIONS D'AFIAIRES ET DE SERVICES 600 \u2022 699\tVÉHICULES LES PETITES ANNONCES DU LUNDI AU VENDREDI DE 8H30 A 1 7H00 Pour placer, modifier ou annuler votre annonce, téléphonez avant 14 h 30 pour l\u2019edition du lendemain Telephone 514-985-3322 Telecopieur 514-985-3340 petitesannonces@ledevoir.com Conditions de paiement cartes de credit CONDOMINIUMS A LOUER Rosemont, 41/2, metro Pie-IX Entree et terrasse privées 2 CH grande SDB entrees lav/sec lav/vaiss inci alarme stat Assur + refer demandées 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inc(§gnnail corn PARCE QUE VOUS ÊTES UNIQUE AVIS À TOUS NOS ANNONCEURS Veuillez, s'il vous plaît, prendre connaissance de votre annonce et nous signaler immédiatement toute anomalie qui s'y serait glissée.LE DEVOIR ne sera pas responsable des erreurs répétées.Merci de votre attention.QUAND LA TOXICO MANIE PREND TOUTE APPARTEMENISET LOGEMENTS A LOUER DISCRIMINATION INTERDITE La Commission des droits de la personne du Quebec rappelle que lorsqu un logement est offert en lo cation (ou sous location) toute per sonne disposée a payer le loyer et a respecter le bail doit etre traitée en pleine égalité sans distinction exclusion ou preference fondée sur la race la couleur le sexe la gros sesse I orientation sexuelle letat civil I age du locataire ou de ses enfants la religion les convictions politiques la langue I origine ethni que ou nationale la condition so ciale le handicap ou I utilisation d un moyen pour pallier ce handi cap NOUVEAU ROSEMONT 4 1/2 Demi s/sol rénové pl bois franc echang 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et nieces ainsi que plusieurs amis Ses freres Louis, Georges Andre et sa soeur Cecile nous ont déjà quittes Ne a Quebec le 22 mai 1925, Jean Charles Charuest est le fils de Georges Charuest et d Annette Parisien II fait son cours classique auprès des Peres de Sainte-Croix au College Saint-Laurent mais opte par la suite pour une carrière d artiste II entre en 1945 comme apprenti chez Desmarais et Robitaille une firme spécialisée dans l\u2019equipement liturgique II effectue des stages dans chacune des sections de l\u2019entreprise soit l\u2019orfevrene, le bronze et la ferronnerie la marbrerie et le moulage II est nomme dessinateur de la compagnie par la suite En 1968, il fonde son bureau de consultant prive a titre de décorateur ensemblier Parmi ses realisations, mentionnons I autel du Saint-Sacrement de la crypte de I Oratoire Saint-Joseph, I Eglise Saint-Jean-Vianney le metro De Castelnau et plus de 130 renovations d églises dans tout le nord-est de l\u2019Amerique du Nord Parallèlement, il se consacre a la sculpture de pierres semi-precieuses et plusieurs de ses oeuvres seront exposees notamment au Musee Marc-Aurele-Fortin et au Musee minéralogique et mimer de la region de I amiante Nous profitons de I occasion pour remercier le Centre d accueil Marcelle-Ferron pour les soins qui lui ont ete prodigues depuis cinq ans La famille recevra vos condoléances le samedi 31 octobre 2015 de 13h a 17h au Centre funéraire Côte-des-Neiges 4525, ch.de la Côte-des-Neiges Montréal 514 342-8000 Stationnement intérieur disponible www.dignitequebec.com Au heu de fleurs veuillez faire un don a la Société Parkinson Quebec LE DEVOIR, LE MERCREDI 2 OCTOBRE 2015 A 5 ACTUALITES Mines : une coalition réclame une enquête publique ALEXANDRE SHIELDS La Coalition Québec meilleure mine réclame la tenue d\u2019une enquête publique sur le secteur minier.Le regroupement accuse le gouvernement de gaspiller des fonds publics dans des projets dont la rentabilité est incertaine ou qui ne bénéficient pas de l\u2019acceptabilité sociale.«Le gouvernement a gaspillé des dizaines de millions de dollars dans des projets douteux, dont au moins trois \u2014 Québec Lithium, Cliff Natural Resources et Mine Arnaud \u2014 ont arrêté leurs opérations ou sont sur la glace pour cause d\u2019absence de rentabilité», a insisté mardi la coordonnatrice du regroupement, Dominique Bernier.L\u2019avenir des trois projets miniers mentionnés par la Coalition est effectivement incertain.La mine Québec Lithium est sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies.Or, l\u2019entreprise n\u2019a pas versé un sou de la garantie financière nécessaire pour restaurer son sife, soit 25,6 millions de dollars.Qui plus est, l\u2019État lui a accordé une garantie de prêt de 60 millions de dollars, mais aussi une aide supplémentaire de 5 millions.Cliff Natural Resources a, pour sa part, cessé les activités de sa mine de fer du lac Bloom l\u2019an dernier, ce qui a mené à la mise à pied de 600 travailleurs.La minière n\u2019a par ailleurs jamais fourni la garantie financière de 41,7 millions de dollars pour la restauration de son site d\u2019exploitation.Quant au projet Mine Arnaud, à Sept-îles, il a été reporté récemment.Investissement Québec n\u2019a toujours pas trouvé de partenaires financiers pour exploiter la future mine de Sept-îles, un projet de 850 millions de dollars.En théorie, la participation de l\u2019État ne doit pas dépasser 120 mil- SOURCE CLIFFS NATURAL RESOURCES INC Cliff Natural Resources a cessé les activités de sa mine de fer du lac Bloom l\u2019an dernier, ce qui a mené à la mise à pied de 600 travailleurs.lions de dollars.Jusqu\u2019à présent, au moins 25 millions ont été dépensés dans le projet.Investissement Québec cherche également un acheteur qui serait prêt à prendre livraison d\u2019au moins la moitié de la production annuelle de la mine.Gaspillage et austérité «En plein contexte d\u2019austérité, alors que le 2N FORUM ÉCONOMIQUE FRANCOPHONE La Francophonie économique reste à inventer CHRISTIAN RIOUX Correspondant à Paris Grand branle-bas ce mardi dans le petit monde de la Francophonie à Paris.La secrétaire générale de l\u2019Organisation internationale de la Francophonie (OIF), Michaëlle Jean, et le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, ont réuni plus de 80 personnalités économiques et politiques à l\u2019occasion du 2® Forum économique de la Francophonie.Le premier s\u2019était tenu il y a un an à Dakar dans la foulée du 15® sommet francophone, alors que l\u2019OIF venait tout juste d\u2019adopter sa première stratégie économique.Un an plus tard, les 600 personnes qui ont assisté aux débats mardi ont dû constater que, malgré certaines initiatives encourageantes, la Francophonie économique restait encore à inventer.C\u2019est l\u2019ancien ministre des Affaires étrangères Hubert Védrine qui a le mieux exprimé ces tâtonnements encore timides.«N\u2019exagérons pas trop sur les valeurs [francophones!, dit-il.[.1 Une grande partie de ce que nous avons dit sur la Francophonie économique aurait pu se dire en anglais.Pour que la Francophonie devienne un espace économique, il faudra qu\u2019il y ait une valeur ajoutée.Cette valeur, elle est à construire.Il ne faut pas voir cela comme une évidence, pour l\u2019instant, c\u2019est une ambition.Il faudra le démontrer d\u2019ici deux ou trois ans.» La «nouvelle frontière» Plusieurs économistes et dirigeants d\u2019entreprises ont néanmoins fait valoir l\u2019intérêt économique que les 54 pays et États membres de la Francophonie représentent déjà avec 14% de la population mondiale, 20% des échanges mondiaux de marchandises et un taux de croissance autour de 5%.Ainsi, le leader international des services numériques Atos a-t-il choisi d\u2019ouvrir une filiale au Sénégal plutôt qu\u2019en Inde comme le font la plupart de ses concurrents.Deux cents ingénieurs y travaillent déjà et ils pourraient être plus de 1000 d\u2019ici deux ans.Même chose pour le réseau numérique professionnel Viadeo, concurrent de Linkedin, qui a déjà quatre millions de membres dans la Francophonie et qui vient d\u2019ouvrir un bureau au Maroc.«Le potentiel économique de la Francophonie est considérable, mais il est trop peu exploité, dit le banquier Mathieu Pigasse, p.-d.g.de Lazard France./\u2019ai honte lorsque je vois que même entre Français, il nous arrive de nous parler en anglais.» Pour l\u2019économiste Nicolas Baverez, la Francophonie pourrait rapidement devenir un avantage compétitif pour peu qu\u2019on fasse les investissements nécessaires en éducation, qu\u2019on garantisse la mobilité des entrepreneurs et qu\u2019on défende la tradition juridique civiliste européenne contre le droit anglo-saxon.^Cette «sécurité juridique» est essentielle, dit-il.A une époque où la révolution numérique amène chacun à créer ses réseaux, «l\u2019intégration par la langue ne relève pas du tout du folklore.C\u2019est un élément très fort», dit-il.2ème forum ÉCONOMIQUE DE LA francophonie 27 octobre 2015 PARIS France sous l'egide de U la francophonie mm www.forum-economique-francophonie.co.JACQUES DEMARTHON AGENCE FRANCE-PRESSE Michaëlle Jean, la secrétaire générale de l\u2019Organisation internationale de la Francophonie, a livré un discours aux participants.Le Québec discret L\u2019ancienne première ministre québécoise Pauline Marois n\u2019avait pas caché son intention de faire de l\u2019Afrique francophone la priorité du Québec à l\u2019étranger.En France, depuis le rapport soumis par l\u2019ancien conseiller présidentiel Jacques Attali, ce virage est largement amorcé.Cet été, le président François Hollande a annoncé que l\u2019Agence française de développement (AFD), chargée de l\u2019aide à l\u2019Afrique, travaillera dorénavant avec la Caisse des dépôts et consignations (CDC), ce qui en fera la plus grande agence du genre en Europe.Le président du réseau des 800 Alliances françaises, Jérôme Clément, n\u2019hésite pas à affirmer qu\u2019à l\u2019heure où l\u2019avenir de l\u2019Europe est incertain, la Francophonie redevient, pour la France, «la nouvelle frontière», son «véritable destin».Alors que le Québec a longtemps été l\u2019un des principaux défenseurs de la Francophonie économique, sa présence fut plutôt discrète à ce sommet.Robert Beauchemin (eConcordia et Know-ledgeOne Canada), Anne Gaboury (Développement international Desjardins) et Isabelle Genest (Le CAMP) ont participé à des ateliers spécialisés.Selon cette dernière, «même si nous parlons la même langue, nous n\u2019avons pas nécessairement tous la même culture.Nous [Québécoisl sommes souvent perçus comme des Anglo-Saxons qui parlent français».Le Sénégal, le Cameroun et Madagascar étaient représentés par leur chef d\u2019État.La Belgique avait délégué son premier ministre.Même si deux ministres économiques québécois seront très bientôt à Paris, aucun n\u2019a jugé bon d\u2019avancer sa venue pour l\u2019occasion.Nombre de gens d\u2019affaires souhaitent que le prochain forum soit plus concret.Certains ont proposé la création d\u2019une chambre de commerce francophone.D\u2019autres souhaitent l\u2019organisation de séminaires destinés à favoriser des partenariats.Signe que la Francophonie n\u2019est pas la seule à courtiser l\u2019Afrique, nombre de participants africains se sont envolés pour l\u2019Inde sitôt le forum terminé.Le Devoir gouvernement coupe dans les services à la population et laisse se dégrader les conditions de travail des travailleurs du secteur public, il est pour le moins insultant de constater autant de gaspillage de fonds publics dans des projets miniers qui ne tiennent pas la route et sont boudés par les investisseurs privés», a ajouté Ugo Lapointe, coordonnateur de MiningWatch Canada et co-porte-parole du regroupement, qui compte une trentaine d\u2019organisations membres.La Coalition Québec meilleure mine critique aussi la décision d\u2019investissement Québec d\u2019injecter 12 millions de dollars dans le projet Royal Nickel, qui deviendra la mine à ciel ouvert la plus imposante au Canada.«Alors que le taux de redevances de l\u2019industrie est le plus bas au Canada, il est inacceptable que le gouvernement se rende complice de manœuvres d\u2019évitement fiscal pour permettre aux compagnies de payer encore moins d\u2019impôt», a dénoncé M\u201c® Bernier.Selon des informations publiées en août dernier par Argent, l\u2019entreprise a effet obtenu un investissement pouvant atteindre 150 millions de dollars de la part d\u2019un fonds basé aux Bermudes.Le président-directeur général de Royal Nickel, Mark Selby, a admis que le but était de payer moins d\u2019impôt.«Il y a un enjeu d\u2019efficacité fiscale», a-t-il Ali a Argent.Le Devoir révélait lundi que pour la période 2009-2015, les minières actives au Québec ont exploité des ressources non renouvelables d\u2019une valeur brute de plus ,de 54 milliards de dollars.Pendant ce temps, l\u2019État percevait 1 milliard de dollars de redevances.Cela équivaut à un taux de redevances de 1,9%, alors que la moyenne canadienne avoisine plutôt les 4,5%.Parallèlement aux sommes perçues à travers les redevances, l\u2019État québécois doit payer pour la décontamination et la restauration de plus de 700 sites miniers abandonnés au fil des décennies.La facture pour cet héritage toxique a déjà été évaluée à 1,2 milliard de dollars.Le Devoir Léo er Élections fédérales 2015 Léger est fière d\u2019annoncer qu\u2019en plus d\u2019avoir fait preuve d\u2019une grande précision, eiie a été ia première firme à prédire ia montée iibéraie, ia chute néo-démocrate et ia résiiience du vote conservateur dans cette campagne éiectoraie canadienne.Léger a encore vu juste! \tSondage Léger publié le 17 octobre 2015\tRésultats des élections du 19 octobre 2015 Liberal\tmm\t39,5 % \twm\t31,9% 4NPD\t\t19,7 % n^BLOC ^ Québécois\t\t4,7 % -JsAé parti\tI #vert\t\t3,5 % Leoer RECHERCHE \u2022 STRATÉGIE \u2022 CONSEIL Léger vous offre ia même précision et ia même quaiité d\u2019anaiyse stratégique pour ie déveioppement de vos affaires.www.Leger360.com Pourquoi appuyer Le Devoir Le Devoir est un de ces rares lieux où l\u2019intelligence s\u2019exprime.- Martine Delvaux Professeure et auteure Découvrez les témoignages vidéo de la semaine en visitant jesoutiens.ledevoir.com LE DEVOIR LIBRE DE PENSER A 6 LE DEVOIR LE MERCREDI 28 OCTOBRE 2015 EDITORIAL PARTAGE DANS L\u2019HEBERGEMENT Révolution touristique Bannir les Airbnb sur le territoire du Québec, comme le réclament certains, serait illusoire, tant ces sites sont devenus incontournables dans l\u2019bébergement.Mais cela ne signifie pas qu\u2019il soit interdit de les encadrer.1 est «interdit d\u2019interdire», clamaient les manifestants de 1968.Comme en écho, certains enthousiastes des plateformes Internet plaident, aujourd\u2019hui, pour l\u2019interdiction de réglementer ces mêmes plateformes.Appelons cela l\u2019esprit de 1996 et de la Déclaration d\u2019indépendance du cyberespace de John Perry Barlow, militant libertaire et parolier des Grateful Dead.En 1996, Barlow mettait les «gouvernements du monde industriel » en garde: «Vous n\u2019avez aucun droit moral de dicter chez nous votre loi et vous ne possédez aucun moyen de nous contraindre que nous ayons à redouter.» Plus loin, il précisait : « Vos concepts légaux de propriété, d\u2019expression, d\u2019identité, de mouvement, de contexte ne s\u2019appliquent pas à nous.» Vingt ans plus tard, une partie de cet esprit des débuts de l\u2019ère des réseaux demeure.Selon plusieurs, les transactions en ligne devraient échapper aux réglementations.Une certaine utopie de «l\u2019économie du partage», empreinte de cette vision libertaire romantique, fait florès.On ne peut nier le caractère profondément sympathique, convivial d\u2019un certain partage organisé en ligne.La popularité de Airbnb et de bien d\u2019autres plateformes est en grande partie fondée là-dessus.Le produit offert répond à une volonté réelle, chez plusieurs, de visiter un pays et de vivre un peu, l\u2019espace d\u2019un séjour, comme les gens de ce pays.Le slogan de Airbnb est d\u2019ailleurs «Bienvenue à la maison».L\u2019hôtel standardisé \u2014 ou folklorisé \u2014 est évidemment incapable d\u2019offrir cette « expérience », mot clé de la consommation \u2014 voire de la vie \u2014 contemporaine.Heureusement, avec son projet de loi 67 «visant principalement à améliorer l\u2019encadrement de l\u2019hébergement touristique», la ministre Dominique Vien n\u2019a pas opté pour le scénario de l\u2019interdiction des plateformes.En conférence de presse, elle les a comparés justement à ces «babillards dans une épicerie» ou aux «petites annonces dans les journaux ».Bien des clients des Airbnb et consorts ne feraient tout simplement pas le voyage sans ces plateformes ; on ne peut donc pas dire que tous leurs utilisateurs sont des clients volés aux hôteliers.L\u2019ennui est que certains usurpent la belle utopie du partage.Ils détournent l\u2019esprit collaboratif des plateformes.Dans le monde du taxi, c\u2019est le cas d\u2019Uber X.Dans celui de l\u2019hébergement, ce sont ceux qui achètent plusieurs logements pour les louer.Ceux-là se sont clairement mués en hôteliers ou aubergistes clandestins et sont visés par le projet de loi.S\u2019ils veulent continuer leur commerce, ils devront se plier aux règles auxquelles sont soumis les autres joueurs de l\u2019industrie : obtenir la classification (obligatoire au Québec), facturer la taxe de 3,50% (pour la promotion), entre autres.Il semble toutefois plus facile de distinguer «vrai partage» et «commerce d\u2019hébergement» dans l\u2019abstrait que dans un texte de loi.Offrir, sur Airbnb, une chambre en location deux semaines par mois lorsqu\u2019un membre de la famille ne l\u2019occupe pas, est-ce trop «courant» pour être du partage?C\u2019est ce type de question que la réglementation, qui sera déposée au début de^ consultations générales sur le projet de loi, viendra préciser.A partir de ce moment, on pourra déterminer plus clairement si l\u2019encadrement proposé est juste et apphcable.GUATEMALA Antoine ROBIiaiLLE Rien de drôle f - Guy Taillefer trange élection que celle qui vient de porter à la présidence du Guatemala le comique Jimmy Morales.L\u2019homme de 46 ans est sans la moindre expérience politique, connu principalement pour les personnages de sots qu\u2019il incarnait dans ses émissions d\u2019humour à la télévision.La combinaison de ces deux traits a apparemment fait son charme auprès des électeurs.Les ressorts de sa victoire avec quelque 67% des voix sont assez faciles à déterminer.Elle est résultat d\u2019une saison politique extraordinaire dans la vie des Guatémaltèques, marquée par tout un été de manifestations de masse contre la corruption qui empoisonne le pays.À ce point efficace aura été cette mobilisation populaire que, début septembre, elle aboutissait à la démission, puis à l\u2019emprisonnement du président sortant Otto Pérez Mohna, accusé avec plusiems autres bonzes du régime d\u2019avoir empoché des dizaines de milhons de dollars relativement à un scandale de détomnement de droits de douane.L\u2019élection de M.Morales est venue traduire la profondeur du dépit qu\u2019inspire aux gens la classe politique traditionnelle.«Ni corrompu ni voleur» était son slogan.Pour avoir surfé sur cette vague d\u2019indignation dans le rôle de l\u2019outsider intègre et sauveur, dont bien des Guatémaltèques ne sont probablement pas dupes, le défi l\u2019attend maintenant de répondre aux besoins de justice, qui sont immenses dans ce petit pays où les écarts de revenus sont scandaleux, où plus de la moitié de la population vit dans la pauvreté, où près de 50% des enfants souffrent de malnutrition chronique, où la violence criminelle fait 6000 morts par année et où les systèmes de santé et d\u2019éducation publics sont en lambeaux.Comment s\u2019y prendra-t-il poin répondre aux attentes?Il est resté fort vague.Ensuite, si M.Morales est novice en pohtique, cela n\u2019en fait pas l\u2019outsider qu\u2019il prétend être, dans la mesure, fort inquiétante, où le parti qui l\u2019a présenté, le Eront de convergence nationale (ECN, de droite), a été créé par des membres de l\u2019Association des anciens combattants du Guatemala, dont font partie des officiers d\u2019extrême droite accusés de massacres pendant la guerre civile qui a fait plus de 200 000 morts entre 1960 et 1996.Où trouvera-t-il donc le cornage de s\u2019attaquer à l\u2019impunité dont bénéficient toujoms les militaires soupçonnés de crimes contre l\u2019humanité?Enfin, son parti n\u2019a obtenu que onze sièges dans le Parlement, qui en compte 158.Ce qui l\u2019obligera à composer avec les partis corrompus qu\u2019il a dénoncés.Il sera facile à faire plier.Par ailleurs partisan de la peine de mort et opposé à l\u2019avortement, il est difficile, bref, de voir en lui la promesse d\u2019un véritable réformateur.Les mouvements sociaux promettent de le tenir à l\u2019œil.C\u2019est la seule chose à faire.LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 > FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-présidente, ventes publicitaires LISE MILLETTE Directeur des finances STÉPHANE ROGER Directrice de ^information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Adjoints PAUL CAUCHON, JEAN-ERANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIEEET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET ^uSSfx iMÊ^E«iT£RAîT RfwovATtoN?OCCvtŸ^NT CACtiAiT Trous PAmS lîS MUfiSAvfcPES 9ofUgm PC LA PEînE/ & DD loiÇ'lo-î* LETTRES Femmes autochtones: Québec doit agir À la suite des révélations concernant les injustices qu\u2019ont subies des femmes autochtones de Val-d\u2019Or, il est inacceptable que Québec rejette encore la tenue d\u2019une commission d\u2019enquête indépendante à ce sujet.Bien que le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, se soit engagé à ouvrir une enquête nationale concernant les milliers de disparitions et d\u2019assassinats de femmes autochtones au pays, le gouvernement québécois doit mettre sur pied sa propre enquête publique sur cette situation précise.Il s\u2019agit ici d\u2019allégations concernant la Sûreté du Québec, le gouvernement fédéral n\u2019a donc ni compétence ni juridiction en ce qui a trait à cette situation, comme l\u2019a si bien dit M.Péla-deau, chef du Parti québécois.L\u2019inaction perpétuelle devant ces deux cas trop longtemps ignorés et mis de côté doit cesser.Des mesures doivent s\u2019imposer le plus rapidement possible pour faire cesser ces inégalités, dénoncées depuis plusieurs années déjà.Combien d\u2019autres révélations de ce geme de la part de femmes autochtones victimes de sévices et de violence faudra-t-il avant que le gouvernement se décide enfin à réagir ?Charlie Leclerc Le 27 octobre 2015 Les femmes disparues: un eiyeu de réconciliation Promesse électorale libérale, l\u2019enquête publique sur les femmes autochtones disparues est nécessaire afin de mesiner l\u2019am-plein du drame (le chiffre de 1200 femmes disparues depuis 30 ans pourrait être bien en deçà de la réahté, selon plusieurs organisations) et de protéger les femmes qui dénoncent les agresseurs.Mais il est bon de rappeler que le parti qui formera le prochain gouvernement a aussi promis d\u2019implanter les 94 recommandations du rapport de la Commission de vérité et réconciliation (CVR), déposé cet été.Or, plusieurs de ces recommandations, dans leur nature et leur portée, pourraient s\u2019avérer clés dans le combat contre la violence que vivent les femmes autochtones.De meilleurs services de protection de l\u2019enfance, un accès accru aux soins de santé d\u2019urgence, la revalorisation de l\u2019éducation, des langues et cultures autochtones, réclamés par les commissaires de la CVR, pourraient efficacement combattre la marginalisation des populations autochtones, et ultimement la violence faite aux femmes.Une réponse appropriée au drame des femmes autochtones disparues ne s\u2019opérera qu\u2019en phase avec un programme large de réconciliation et de rapprochement des populations autochtones et non autochtones.Une vigile est organisée en solidarité aux femmes autochtones assassinées et disparues ce jeudi à 18 h à la Place des Arts.Timothée Labelle Le 26 octobre 2015 Chapeau au maire de Laval ! Bravo, Monsieur le Maire, de chercher à obtenir des réparations de firmes ayant abusé des contrats publics.Dans la foulée de la commission Charbonneau, faut-il être un ancien policier devenu maire pour s\u2019indigner de la lenteur des recours envers ces magouilleurs ayant comploté pendant des années, à un coût de plusieurs milliards poin l\u2019ÉtaL alors qu\u2019il gratte les fonds de tiroir poin renflouer les sectems de la santé et de l\u2019éducation en péril?Quant aux ripoux municipaux ayant ouvert les portes de la bergerie et qui sont en grande partie responsables de cette hécatombe, ils écopent peu.Après avoir renié leurs vœux de profession et d\u2019éthique dans leurs fonctions, et ce, à un coût énorme pour leins villes, faudrait-il qu\u2019ils s\u2019en tirent aussi facilement, pouvant transférer à leurs proches des actifs acquis à l\u2019aide de pots-devin, obtenir des indemnités de départ juteuses et toucher des retraites généreuses?Où est la justice visant équité et exemple ?Pierre G.Blanchard Outremont, le 26 octobre 2015 LIBRE OPINION Lobby : le mythe d\u2019une bataille à armes égales ALEXANDRE LEDUC Montréal Mathieu Santerre, le président de l\u2019Association québécoise des lobbjtistes, publiait récemment une lettre ouverte dans Le Devoir {Le lobbyisme n\u2019est pas une maladie, 20 octobre) dans laquelle il soutient énergiquement le projet de loi 56, qui réforme en profondeur la loi sur le lobbyisme.Il soutient particulièrement la mesure qui forcerait des centaines de groupes citoyens et communautaires à s\u2019enregistrer comme lobbyistes et à se conformer aux exigences de cette loi.Il faut de l\u2019imagination pour comparer un lobbyiste à un groupe citoyen.Le lob-byiste travaille et rend des comptes à une grande corporation qui lui verse des honoraires très au-dessus du salaire médian québécois.Ce n\u2019est pas un mal en soi, bien sûr, mais c\u2019est la dynamique de pouvoir dans laquelle il s\u2019inscrit.La personne qui coordonne un groupe citoyen ou communautaire rend des comptes à un petit C.A.de bénévoles sans moyens.Le milieu communautaire n\u2019a pas les ressources nécessaires pour offrir des avantages sociaux compétitifs.Faire un parallèle entre ces deux fonctions pour ensuite soutenir qu\u2019elles de- vraient se battre à armes égales, donc être soumises à la même loi est une perversion dangereuse de la notion de débat public.Les groupes citoyens et communautaires aident la population à se mobiliser et à intervenir dans la société pour des enjeux qui les touchent.Une seule chose unit ces deux positions : on y tente d\u2019influencer les décideurs pu-bhcs.Le lobbjtiste fait la tournée des cocktails mondains et parcomt les corridors de l\u2019Assemblée nationale, le groupe citoyen organise des manifestations et des campagnes d\u2019éducation populaire.Au heu d\u2019un combat à armes égales, on assiste plutôt à un «David contre Gohath».Heureusement, les avancées démocratiques des dernières décennies ont balisé l\u2019influence pohtique des grandes corporations qui rémunèrent les lobbyistes que M.Santerre représente.Depuis René Lévesque, les corporations et les entreprises n\u2019ont plus le droit de financer les partis politiques.Plus récemment, le travail de lobbyisme a été encadré par une loi, disons-le, très permissive.A preuve, plus de 28% des déclarations de lobbyistes ne sont pas publiées dans les délais prévus par la loi, et ce, sans aucune véritable conséquence.Une chose est certaine, nous ne pourrons jamais comparer un lobbjtiste contrac- tuel travaillant pour une corporation, dont la raison d\u2019être est (faut-il le rappeler?) de faire des profits, avec un groupe citoyen, petit ou grand, qui a pour mission d\u2019amého-rer les conditions de vie du 99%.La logique de M.Santerre est erronée et sa conception de la démocratie est dangereuse.Pour qu\u2019une pétrolière et un groupe comme « Coule pas chez nous » se battent véritablement à armes égales, il faudrait que les deux soient représentés par des lobbyistes.Or, ce n\u2019est pas possible.Comme Gabriel Nadeau-Dubois l\u2019avait bien dit durant la grève étudiante de 2012 : «Nous, nous n\u2019avons pas les moyens de nous embaucher des lobbyistes.» Il reste alors l\u2019implication citoyenne.Les entreprises tenteront toujours d\u2019influencer les décideurs pubhcs.Que les personnes qu\u2019elles engagent pour le faire soient minimalement encadrées par une loi fait consensus au Québec.Toutefois, assujettir les OSBL à la loi sur le lobbyisme est une mauvaise idée, car elle ne prend pas en compte une différence fondamentale entre les organismes citoyens et les professionnels de l\u2019influence : la notion de profit.Pour cette raison, j\u2019invite M.Jean-Marc Fournier à ne pas se laisser influencer par les comparaisons trompeuses de M.Santerre. LE DEVOIR, LE MERCREDI 28 OCTOBRE 2015 A 7 IDEES AARON VINCENT ELKAIM LA PRESSE CANADIENNE «Beau gosse séduisant aux allures de Torn Cruise, boxeur musclé tatoué.Voilà qu\u2019on fait de vous un sex-symbol.» Justin, nouveau sex-symbol MARTINE DELVAUX Écrivaine et professeure de littérature à l\u2019UQAM her Monsieur notre Nouveau Premier Ministre, J\u2019aurais cru que ma première lettre à votre attention aurait été un coup de gueule.Les mandats de votre prédécesseur nous avaient habitués au mépris, à l\u2019arrogance, à l\u2019indifférence.En retour, nous avions appris à manifester notre colère, et notre honte, aussi, d\u2019être représentés par lui.Mais voilà que vous arrivez! Je n\u2019ai pas gagné mes élections, comme on dit, mais je m\u2019accommode de votre venue.Je garde espoir, non seulement parce qu\u2019il est presque impossible que les choses soient pires qu\u2019elles l\u2019ont été jusqu\u2019à présent, mais parce que je me force à vous faire confiance.Faire confiance à celui qui a pris au sérieux des allégations de harcèlement sexuel l\u2019automne dernier, qui s\u2019est présenté comme pro-choix, qui a dit ouvertement qu\u2019il était féministe.Est-ce que c\u2019est pour cette raison que les médias, et le grand public, s\u2019en donnent à cœur joie?Beau gosse séduisant aux allures de Torn Cruise, boxeur musclé tatoué.Voilà qu\u2019on fait de vous un sex-symbol, un peu d\u2019ailleurs comme on a fait avec votre père et son œillet à la boutonnière, lui qui a posé des gestes impardonnables,, mais à qui il faut reconnaître d\u2019avoir sorti l\u2019Etat de nos lits.Alors que vous, maintenant, on essaye de vous y allonger ! Je ne sais pas si vous vous intéressez à ce qui se publie à votre sujet depuis quelques jours, mais j\u2019ai envie de vous demander ce que ça vous fait d\u2019être traité comme une femme?À M.Harper, j\u2019avais demandé si la disparition de plus de 1200 hommes blancs aurait provoqué de sa part une autre réaction que celle (arrogante, méprisante, indifférente) provoquée par la disparition de plus de 1200 femmes autochtones.À vous, je demande si le traitement qu\u2019on vous réserve présentement, votre transformation en objet sexuel, aura un effet sur votre manière de diriger le pays.Uimage du pouvoir Je ne dirai pas que ce n\u2019est pas acceptable pour les médias de faire ce qu\u2019ils font à votre endroit.Je ne le dirai pas parce qu\u2019en vérité, il ne s\u2019agit pas là d\u2019une manifestation sexiste.Vous déshabiller en public, faire fantasmer les troupes est une autre manière de vous accorder du pouvoir.Parce que nous ne vivons pas dans un monde égalitaire, et que quand on met en avant vos qualités physiques et votre physionomie, on vient appuyer le fait que vous vous trouvez au bon endroit.Quand on dit que vous êtes séduisant, on encourage les citoyens à vous trouver compétent.Vous avez 43 ans.Vous en auriez 20 ou 30 de plus que la même analyse s\u2019imposerait: un homme vieillissant, dont les tempes se couvrent de blanc, est digne de confiance.Les caméras ne profiteront pas de vos apparitions publiques pour vous enlaidir, faire apparaître votre visage comme grimaçant, ridé, contorsionné dans le doute, la fatigue, ou pire, la colère.Le traitement qu\u2019on fera de votre image n\u2019équivaudra jamais à celui qu\u2019on réserve aux femmes.Les médias ne sont pas toujours doux avec les femmes publiques, qu\u2019elles soient artistes, écrivaines, chercheuses ou politiciennes, et surtout après qu\u2019elles ont passé le cap de la vingtaine.Parmi la somme des images qu\u2019on produira de vous, je suis prête à parier que la majorité d\u2019entre elles seront flatteuses, qu\u2019elles vous mettront en lumière et, surtout, qu\u2019elles ne vous feront pas honte.Je n\u2019ai donc pas peur pour vous.Ce que je souhaite, toutefois, c\u2019est que cette expérience-là vous encourage à défendre cette chose encore trop souvent considérée comme acquise ou n\u2019étant pas digne d\u2019être défendue.Ce que vous vivez là, cher Monsieur le Nouveau Premier Ministre, ce n\u2019est pas du sexisme.Vous n\u2019êtes pas l\u2019objet de discrimination.Ce qu\u2019on vous renvoie, en fait, c\u2019est l\u2019image de votre pouvoir.Et ce que je vous demande, maintenant, c\u2019est de vous en servir pour défendre l\u2019égalité.FERMETURE DU DISQUAIRE SILLONS L\u2019automne, avant la langueur monotone STEPHANIE DESROCHERS Québec n mai dernier, les propriétaires de Sillons le disquaire, sis rue Cartier, à Québec, annonçaient dans les médias la fin à venir de leur commerce.Après 31 ans de musicalité et de mélomanie, Guy Piché et Denis Jodoin ont choisi de donner à l\u2019expression «fermer boutique» son sens littéral la semaine dernière.Cette fermeture, qui dit tout bas la transformation de l\u2019univers social dans lequel on évolue, mérite à mes yeux que l\u2019on s\u2019y attarde le temps de quelques adieux.J\u2019avais 20 ans quand mes moyens financiers et le conseil judicieux d\u2019une ancienne enseignante d\u2019arts m\u2019ont conjointement permis de découvrir Sillons.Le souvenir de ma première visite demeure très clair : les murs tapissés d\u2019affiches posées sans finesse particulière, l\u2019odeur prégnante de café, la musique choisie et diffusée par un système de son de qualité, la présence sympathiquement bourrue des deux propriétaires et de leurs employés me rappelaient sans équivoque à l\u2019ambiance d\u2019un premier appartement en colocation, où l\u2019on expérimente à la fois le goût de l\u2019indépendance et celui des échanges significatifs, faits sur le mode de l\u2019accord ou du désaccord.J\u2019espère qu\u2019on me pardonnera la trivialité du comparant.Mais malgré l\u2019importance que revêt ce commerce indépendant pour la promotion et la diffusion de la musique à l\u2019échelle locale, et en dépit de l\u2019expertise manifeste des gens qui y travaillaient, je résiste à l\u2019idée de parler d\u2019un «temple» ou d\u2019un «lieu mythique» pour le décrire.Il n\u2019y avait rien de démagogique ou de pédagogique en cet endroit, rien qui soit de l\u2019ordre du sacré, puisque tout s\u2019y passait sur le mode de la discussion et du dialogue.J\u2019ai vite compris que je ne serais jamais de la trempe des clients qui engageaient le débat à propos d\u2019éditions limitées numérotées de Kind of Blue ou de la meilleure version des Nocturnes \u2014 Pollini ou Amoyel?Mais mon père, mélomane à ses heures, avait éveillé chez moi cette passion de la recherche d\u2019un son nouveau; les disques les plus rares qu\u2019il avait à la maison, ses pièces de collection importées, je les retrouvais chez Sillons.Et de même, les artistes québécois à distribution limitée et les musiques du monde se retrouvaient sur les tablettes, sur les postes d\u2019écoute et dans les haut-parleurs du commerce de la rue Cartier.Je me sentais donc là-bas un Un disquaire consacre l\u2019essentiel de son énergie à conseiller les gens, à enrichir ses peu à ma place, un peu ailleurs tout à la fois.Mon expérience, loin d\u2019être unique et exemplaire, n\u2019est qu\u2019un des visages de la fidélité des clients de la boutique.J\u2019ai connu à Sept-Iles un homme qui me disait y acheter par caisses ses disques lors de ses passages à Québec; certains de mes amis s\u2019y arrêtaient chaque semaine, si ce n\u2019est chaque jour.connaissances et à les transmettre Une profession Il est permis de se demander à quoi tenait cette force d\u2019attraction de Sillons.Je fais ici le pari de croire que la simplicité, la philosophie et la passion des gens qui ont tenu boutique constituent le centre de cette dynamique.M\u2019est-il possible de dire, au risque de paraître ridicule, que j\u2019oublie parfois que l\u2019activité principale de ce lieu était de nature commerciale?La profession de disquaire allie la vente d\u2019un bien matériel et la connaissance précise d\u2019un domaine du savoir.À l\u2019évidence, le disquaire vend des disques.Mais, me semble-t-il, il consacre l\u2019essentiel de son énergie à conseiller les gens, à enrichir ses connaissances et à les transmettre.Il n\u2019a pas appris sa profession par la voie de l\u2019école.d\u2019un apprentissage structuré et hiérarchisé, mais plutôt par celle de l\u2019échange, du glanage et de la collection; c\u2019est ce parcours hasardeux et sans linéarité que reflétaient l\u2019intérieur et la sélection de la boutique, et qui en faisait un centre.Une fermeture J\u2019ai dit plus tôt que j\u2019oubliais par-fois que Sillons faisait dans la vente; les propriétaires ne pouvaient se permettre de jouir d\u2019un tel aveuglement.Ne pas toucher mot de l\u2019implication du déclin du support matériel et de la vente de disques dans la fermeture du magasin serait sans doute malhonnête.La profession de disquaire est attachée à une existence matérielle de la musique, que la réorganisation de l\u2019industrie met de plus en plus à mal.Mais, si l\u2019on m\u2019a bien compris, je ne me désole pas précisément de la fin d\u2019un type de commerce ni de celle d\u2019un support.Je m\u2019inquiète de la fragilité d\u2019une relation à laquelle le commerce indépendant donne vie, en étant ce passeur entre artistes et clients.Je m\u2019inquiète de la précarité de cette mise en action du monde \u2014 dénicher, diffuser, conseiller, encourager, recommander \u2014 qui a pour sujet le disquaire.C\u2019est donc cette profession \u2014 et son exercice original chez Sillons \u2014 que j\u2019ai tenu ici à saluer, au double sens du terme.Invisibles no more Francine Pelletier La ministre de la Sécurité publique en plems n\u2019est rien d\u2019autre que la honte qui nous saute au visage Grand jour pour le journalisme d\u2019enquête.L\u2019émission du même nom vient de réussir quant aux femmes autochtones ce que la photo du bambin noyé a réussi pour les migrants syriens.Tout d\u2019un coup, nous sommes forcés de reconnaître la tragédie de la vie autochtone dans ce pays.Rien des cadavres qui jonchent aujourd\u2019hui la Méditerranée, comme des jeunes Algonquines abandonnées dans la forêt à -10 ° C, forcées de faire des pipes pour racheter leurs écarts de conduite et la couleur de leur peau, rien de tout ça, en fait, ne surprend outre mesure.Seulement, ce qui encore hier était une autre de ces situations désespérées pour lesquelles, se dit-on, on ne peut rien, cette même situation devient tout à coup intolérable.Soudainement, c\u2019est notre propre humanité qui est en jeu, notre conscience qui ploie sous le fardeau de la preuve.La ministre de la Sécurité publique en pleurs n\u2019est rien d\u2019autre que la honte qui nous saute au visage, la conscience qui nous rattrape \u2014 bien que particulièrement tard pour quelqu\u2019une qui est payée pour protéger la population et qui, en plus, était au courant des agissements des policiers depuis mai dernier.Que l\u2019émotion de la ministre se trouve maintenant montrée du doigt par ces derniers, c\u2019est le vase qui déborde.À l\u2019aura de sexisme fortement teinté de racisme qui les entoure, il faudrait maintenant ajouter un machisme qui les fait critiquer les larmes de la ministre?Quelqu\u2019un devrait leur dire qu\u2019ils ne sont pas exactement une référence en matière de « comportement professionnel ».J\u2019ai un minimum de sympathie pour la ministre et les policiers impliqués dans cette affaire.Ni l\u2019une ni les autres ne semblent avoir compris que ce qui a trop longtemps fait défaut aux communautés autochtones, c\u2019est précisément qu\u2019on leur donne, pour une fois, le bénéfice du doute.En invitant des Amérindiennes à raconter leurs expériences, l\u2019équipe dKnquête a justement contourné le système qui déprécie les autochtones; elle a posé un geste d\u2019intégration, de réconciliation.Ce n\u2019est pas par hasard si cinq Amérindiennes, des femmes particulièrement vulnérables, ont décidé aujourd\u2019hui de passer aux aveux.Ce n\u2019est pas par hasard non plus si le vote a augmenté de 280% dans certaines communautés autochtones lors des dernières élections fédérales.Plus de la moitié des quelque 900 000 Amérindiens vivent aujourd\u2019hui dans des réserves; le reste est concentré dans quelques grandes villes, majoritairement dans l\u2019Ouest.En d\u2019autres mots, il est facile d\u2019ignorer la réalité amérindienne, car on ne la voit pas.Loin des yeux, loin du cœur.Davantage qu\u2019ail-leurs dans les Amériques, les autochtones du Canada et du Québec vivent à part, dans un système parallèle qui s\u2019explique par les vicissitudes de l\u2019histoire, aussi par un désir compréhensible d\u2019autonomie, mais qui a grandement contribué à rendre, comme l\u2019a démontré Richard Desjardins, ces peuples invisibles.Cette invisibilité a depuis toujours gommé la situation déplorable des autochtones, bien plus grave d\u2019ailleurs que la situation des Noirs aux Etats-Unis.Tous les indicateurs sociaux le prouvent.Le taux de chômage: 2,1 fois plus élevé que la moyenne chez les autochtones comparativement à 1,9 chez les Noirs américains.L\u2019emprisonnement: 10 fois plus élevé chez les autochtones contre 3 fois chez nos voisins.Le décrochage: 2,7 fois supérieur à la moyenne contre 1,1 fois chez les Noirs.Comme disait Melissa Mollen Dupuis à Tout le monde en parle dimanche: «J\u2019ai grandi en pensant que c\u2019était normal qu\u2019on nous haïsse la face.» Si l\u2019indifférence a assez duré, c\u2019est vrai également des autochtones eux-mêmes.Il faut qu\u2019ils se sentent aussi comme faisant partie de ce pays, qu\u2019il y ait une certaine réciprocité entre leur réalité et la nôtre.Je me souviendrai toujours des trois jours que j\u2019ai passés chez une famille crie à Grande-Baleine, sur la baie d\u2019Hudson, où, mis à part hello et goodbye, on ne m\u2019a jamais adressé la parole.Il y avait certainement de la gêne là-dedans, mais aussi une espèce de retrait total du monde que je pouvais représenter à leurs yeux.Nulle part ailleurs sur la planète n\u2019avais-je vécu un tel sentiment d\u2019invisibilité.C\u2019était à mon tour, faut croire, de me sentir mise de côté, dévalorisée.C\u2019est pourquoi il faut saluer le courage des femmes qui ont parlé et l\u2019engagement des autochtones qui ont voté le 19 octobre.Il faut arrêter de se mépriser mutuellement; il faut se tendre la perche l\u2019un l\u2019autre.Et, non, une enquête sur la situation autochtone au Québec n\u2019est sûrement pas de trop.L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon et Louis Gagné (adjoints a la direction de l\u2019information), Antoine Robitaille et GuyTaillefer (éditorialistes, responsables de la page Idees), Michel Garneau (caricaturiste), Jacques Nadeau (photographe), Michael Monnier et Olivier Zuida (recher-chistesphotos), information générale : Isabelle Paré (chef de division), Lisa-Mane Gervais (education), Alexandre Shields (environnement), Améhe Daoust-Boisvert (santé), Pauline Gravel (sciences), Fabien Deghse (société), Jean Dion (sports), Jessica Nadeau, Philippe Orfeli et Karl Rettmo-Parazelli (reporters), information politique : Marco Forùer (chef de division), Michel 'Da'vid(chroniqueur), Hélene Buzzetti et Marie Vastel (correspondantesparlementaires a Ottawa), Marco Bélair-Cirmo et Robert Dutnsac (correspondants parlementaires a Quebec), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montreal), Isabelle Porter (affaires municipales, Quebec), Guillaume Bourgault-Côté (reporter), Julie Carpentier (pupitre), information culturelle : Catherine Lalonde (responsable du cahier Livres), Odile Tremblay (cinema), Stéphane Baillargeon (médias), François Lévesque et Caroline y\\.or«p>&t\\t(reporters), Benoît Munger et Philippe Vap>va.&aM(pupitre), information économique : Gérard Bérubé (chef de division), François Desjardins et Eric Desrosiers (reporters), Gérald Dallaire (pupitre), information internationale : Jean-Pierre Legault (pupitre international, page editoriale et cahier Perspectives^, Sophie Chartier et Jean-Frédéric Légaré-Tremblay (pupitre), section art de vivre: Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs), Loïc Hamon (cahiers spéciaux), équipe internet: Laurence Clavel, Marie-Pier Frappier et Genevieve Tremblay (pupitre), Martin Blais, Annabelle Caillou, Justine Daneau, Florence Sara G Ferraris et Coralie Mensa (assistants) , correction : Andréanne Bédard, Isabelle Dowd, Christine Dumazet et Michele Malenfant , soutien à la rédaction: Amélie Gaudreau (secretaire), Laura Pelletier et Arnaud Stopa (commis) DOCUMENTATION Manon Derome (Montreal), Denise Ledoux (Ottawa), Dave Noel (Quebec) PUBLICITÉ Mélisande Simard (adjointe par interim), Jean de Billy, Jean-François Bossé, Marlene Côté, Evelyne De Varennes, Amel Elimam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebai (publicitaires), Sylvie Laporte (avis legaux), Amélie Maltais (coordonnatrice), Laurence Hémond (secretaire) PRODUCTION Bruno Dubois, China Marsot-Wood, Yannick Morin et Nathalie Zemaitis INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur web), Imane Boudhar (analyste programmeur), Hansel Matthews (technicien informatique) PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Genevieve O\u2019Meara (coordonnatrice des communications et de la promotion), Catherine Gentilcore (coordonnatrice du service a la clientele), Manon Blanchette, Nathalie Eilion et Kevin McKissock ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Claudette Béliveau (adjointe administrative), Elorentma Draghici et Xavier Pigeon (par interim) A 8 LE DEVOIR LE MERCREDI 28 OCTOBRE 2015 ACIUAIIIES SONDAGE SUITE DE LA PAGE 1 bientôt\".Ça ne semble plus être le cas», soutient le professeur de droit Patrick Taillon à la veille d\u2019un colloque sur la démocratie référendaire dans les Etats plurinationaux, vingt ans après le dernier référendum québécois, à l\u2019IIniversité Laval.Le coup de sonde crédite néanmoins le Oui de 36% des voix et le Non de 64% des voix.Le projet de pays du Québec rebute au premier chef les jeunes.Sept électeurs âgés de 18 à 34 ans sur 10 répondraient non à la question : « Voulez-vous que le Québec devienne un pays indépendant?» Cependant, une minorité de la population québécoise est aujourd\u2019hui d\u2019avis que le Québec a l\u2019étoffe d\u2019un Etat indépendant, selon le sondage.En effet, 47 % des répondants croient que le Québec a la capacité de devenir un pays indépendant.Ceci n\u2019est pas étranger au «discours ambiant» sur l\u2019état des finances publiques du Québec, selon le directeur éxécutif de la Chaire de recherche sur Iq démocratie et les institutions parlementaires, Eric Montigny.Ces données statistiques traduisent la «démobilisation » dans le camp du Qui, fait valoir Ip vice-président de la firme CRQP, Youri Rivest.À ses yeux, celui-ci doit notamment s\u2019affairer à rendre «pertinent», «actuel» et «tangible» le projet indépendantiste.«Le défi du camp du Oui, ce n\u2019est pas tant de convaincre de la capacité [du Québec] d\u2019être un pays indépendant, mais [de dire] : \u201cOn va le faire.On va arrêter de perdre.\u2019\u2019», soutient-il.M.Taillon, ex-président du Comité national des jeunes du Parti québécois, convient aussi de la nécessité des indépendantistes de trouver une façon de «se dé- faire de l\u2019étiquette de perdants» collée sur eux depuis 1980.Appétit constitutionnel Les Québécois rejettent le projet indépendantiste, mais ne se satisfont pas pour autant de l\u2019immobilité sur le front constitutionnel des décideurs politiques québécois et canadiens, montre le sondage CRQP.En effet le statu quo convient à 29% des répondants.Par contre, 44% des Québécois voient d\u2019un bon œil le Québec demeurer un membre de la fédération canadienne, mais en vertu d\u2019une «nouvelle entente avec le Canada».Le prof Taillon s\u2019accroche à cette «donnée réconfortante».«Dieu merci! Le statu quo est peu populaire, surtout chez les francophones.Il y a encore une volonté de changement», lance-t-il.«La première option des Québécois, c\u2019est la négociation d\u2019une nouvelle entente dans le cadre canadien.Ça, pour moi, c\u2019est révélateur», poursuit M.Montigny, ajoutant que les jeunes ont le plus grand appétit pour la tenue de discussions constitutionnelles entre le Québec et le RQC {«rest of Canada»).«Historiquement, ç\u2019a toujours été les plus jeunes générations qui tiraient le mouvement souverainiste.[.] Ce n\u2019est plus le cas.Au contraire, l\u2019électorat qui appuie l\u2019indépendance est vieillissant et ne se renouvelle pas.Les jeunes ont espoir qu\u2019il y ait une nouvelle entente au sein du Capada.» À l\u2019approche du 150® anniversaire de l\u2019Acte de l\u2019Amérique du Nord britannique, 40% de la population québécoise estiment qu\u2019une réforme constitutionnelle est «possible».Ces données déboulonnent les mythes voulant que «le fruit ne soit pas mûr» ou que V« [exercice] soit perdu d\u2019avance», selon M.Montigny.Le sondage montre aussi qa\u2019«il n\u2019y aura rien à fêter» vendredi, vingt ans jour pour jour après la victoire à l\u2019arrachée du Non, ni pour les fédé- ralistes ni pour les souverainistes.sauf peut-être pour les partisans du statu quo.«Pour eux, la victoire est complète, signale M.Taillon.A l\u2019inverse, il y a beaucoup de Québécois qui ont voté Non, mais en rêvant à l\u2019idée qu\u2019un autre Canada est possible, que le Québec, en s\u2019investissant dans le Canada, pourrait le transformer.[Pour eux], il n\u2019y a pas vraiment matière à réjouissance», avance l\u2019avocat.D\u2019ailleurs, 45% des répondants sont d\u2019avis que l\u2019impact du référendum de 1995 a été néfaste pour le Québec.La population québécoise «se demande encore: \u201cÇ\u2019a donné quoi, ce débat qui a été déchirant?\u2019\u2019».hormis le «recul» de la Loi sur la clarté référendaire, indique M.Montigny.«Le fameux concept de \u201csociété distincte\"fédère toujours les Québécois» deux décennies après le dernier référendum, fait remarquer Eric Montigny.D\u2019ailleurs, les Québécois et les Canadiens hors Québec ont des valeurs très différentes, soutient une majorité significative des personnes sondées par CRQP (72%).S\u2019ils rejettent en bloc le projet indépendantiste, les jeunes se disent «avant tout Québécois» (66% d\u2019abord Québécois, 34% d\u2019abord Canadiens) .Dans l\u2019ensemble des personnes sondées, 58% se disent d\u2019abord Québécoises et 42% se décrivent d\u2019abord Canadiennes.Dans ce contexte, le projet «Indépendance, point» promu par le PQ \u2014 «pas de partenariat, pas de souveraineté-association, etc.» \u2014 est «très difficile».«On demande aux gens de renoncer à une partie d\u2019eux-mêmes.Oui, leur allégeance première est au Québec, mais le Canada fait partie d\u2019eux», affirme M.Mvest.Le sondage a été mené en ligne entre le 15 et le 18 octobre 2015 auprès de 1000 personnes au Québec.Le Devoir CORRIDOR SUITE DE LA PAGE 1 en quête d\u2019un lieu permanent où les mettre, mais M\u201c® Quellet ne sait pas jusqu\u2019à quand la situation va perdurer.«Pour nous, ce n\u2019est pas dérangeant.La clientèle n\u2019a pas ça dans les jambes», a-t-elle ajouté.La collection de quelque 30 000 documents devait à l\u2019origine être transférée à la bibliothèque Cécile-Rouleau du Complexe G.Qr, selon nos sources, seulement la moitié des documents y auraient été transférée.Pris avec 15 000 documents restants, le ministère aurait obtenu l\u2019aide de l\u2019Institut en attendant.Le ministère de la Santé était d\u2019autant plus pressé de disposer de ses ouvrages que le plancher de sa bibliothèque n\u2019avait plus la capacité de supporter le poids de tout ce matériel, d\u2019où la fermeture le 25 septembre dernier.Après avoir accepté d\u2019entreposer le matériel, le ClUSSS a offert de prendre en charge la collection de façon permanente.11 s\u2019est toutefois désisté par la suite parce qu\u2019il jugeait que les ressources humaines qu\u2019on lui offrait n\u2019étaient pas suffisantes pour accomplir tout le travail.«Il y a eu des discussions pour essayer d\u2019avoir une entente, mais devant l\u2019ampleur du travail [.], on n\u2019était pas en mesure d\u2019offrir ce service-là», a précisé M\u201c® Quellet.Selon une source proche du dossier, le ministère de la Santé aurait offert uniquement de payer le salaire d\u2019un technicien en documentation, alors que le ClUSSS estimait avoir besoin au minimum d\u2019une bibliothécaire et d\u2019un technicien.Le Devoir a demandé des explications au ministère de la Santé mardi, mais on n\u2019a pas été en mesure de nous répondre.En quête d\u2019économies Chez le personnel en documentation, la situation est vue comme le symptôme d\u2019un problème global.«Ça limite l\u2019accès à la connaissance.C\u2019est vraiment déplorable pour un ministère gros comme celui-là», a expliqué au Devoir sous le couvert de l\u2019anonymat une profession- i fà iMMSSSOlSHS\u2019 RENAUD PHILIPPE LE DEVOIR Des milliers de livres, manuels, rapports et autres documents dorment dans les couloirs du sous-sol de l\u2019Institut de réadaptation en déficience physique de Québec.nelle documentaliste du réseau de la santé très au fait du dossier.Les techniciens en documentation compilent des documents et des statistiques exhaustives sur les maladies, la santé publique, les services sociaux et la recherche de partout dans le monde.«Les gens s\u2019imaginent qu\u2019en allant chercher sur Google, ils vont trouver.Mais ce qu\u2019on fait, nous, les bibliothécaires, c\u2019est le tri dans toutes ces informations-là.On fait de la veille informationnelle.On fait ressortir ce qui est important», explique-t-elle.Au-delà des contraintes physiques dues au poids de la collection, le gouvernement a lancé une opération de «rationalisation» des services documentaires du gouvernement.Comme le révélait Le Devoir à la mi-août, la bibliothèque du Complexe G regroupe déjà le matériel d\u2019au moins 17 centres de documentation de ministères qui ont fermé leurs portes ces dernières années.Selon un document interne du Secrétariat du Conseil du trésor, le gouvernement espère ainsi éliminer des postes et éviter les achats en double de documents ou d\u2019abonnements.Qn pense ainsi pouvoir économiser 4,5 millions.Parmi les Centres de documentation qui ont déjà fermé leurs portes, on retrouve ceux de la Régie des rentes, de la Société de l\u2019assurance automobile, du ministère du Tourisme, de l\u2019Environnement, du Développement économique, de l\u2019Innovation et ,de l\u2019Exportation, des Affaires municipales, de l\u2019Éducation et de la Eamille.Le Devoir HARPER SUITE DE LA PAGE 1 VOUS soutenir après.C\u2019était une façon de nous clouer le bec.» Ne pas emmerder Ancien directeur général de la CCA, Alain Pineau partage le constat.La CCA a fermé ses portes à l\u2019automne 2012, après 67 ans d\u2019existence, parce que le fédéral s\u2019est «retiré brutalement» du financement qu\u2019il accordait à l\u2019organisme, dit aujourd\u2019hui M.Pineau [qui a agi comme conseiller en matière de culture pour le député libéral Stéphane Dion dans les deux dernières années].«C\u2019était directement lié au fait qu\u2019on a organisé et soutenu la coalition qui s\u2019est battue pour que le projet de loi sur le droit d\u2019auteur [()-ll] soit amendé en 2012», affirme-t-il en entretien.«Notre action a été saluée comme étant la preuve de l\u2019utilité d\u2019un organisme comme la CCA [voir encadré], rappelle M.Pineau.Mais au gouvernement, c\u2019était: hey, arrêtez de nous emmerder.Alors, ils ont coupé nos vivres, sans même vouloir donner le temps au conseil d\u2019administration de fermer les livres correctement.» 11 avait fallu une intervention d\u2019un membre du cabinet du ministre James Moore pour que la La CCA de retour?La Conférence canadienne des arts (CCA) a officiellement fermé ses portes en novembre 2012.mais l\u2019organisme pourrait bien ressurgir dans les prochains mois.Selon son ancien directeur général, Alain Pineau, la CCA s\u2019est dans les faits «mise en dormance» : le conseil d\u2019administration existe encore, l\u2019organisme est toujours reconnu par l\u2019Agence du revenu du Canada, le site Web est actif.«Nous avions décidé de maintenir la structure jusqu\u2019après les élections de 2015, dit M.Pineau.Nous avons des signes que le milieu serait heureux de voir la CCA revivre, et il y a de l\u2019espoir avec le changement de gouvernement.On verra.» Qrganisme non partisan, la CCA agissait comme porte-parole du milieu culturel canadien auprès d\u2019Qttawa, réalisant notamment des analyses budgétaires détaillées.CCA puisse «finaliser ses opérations dans les règles».«Cegenre de menaces, on les entendait un peu partout dans le milieu.» Directeur du Conseil des arts du Canada \u2014 organisme dont le budget n\u2019a jamais été touché par le gouvernement Harper \u2014, Simon Brault reconnaît aujourd\u2019hui que le climat de crainte était assez largement installé dans le milieu culturel.«C\u2019est l\u2019ancien maire Jean-Paul L\u2019Allier qui disait que les politiciens ne créent pas la culture, mais qu\u2019ils installent un ton, une atmosphère qui peuvent être plus ou moins favorables au développement des arts et de la culture, dit-il.Et c\u2019est sûr que le régime qui prend fin était définitivement moins invitant au débat, disons.» M.Brault soutient qu\u2019il y a toujours eu un espace critique ouvert, mais il reconnaît avoir entendu les critiques de CINARS et la CCA chez plusieurs autres intervenants du milieu.«Le changement de gouvernement, pour nous, c\u2019est un grand soulagement, voire un bonheur, dit Alain Paré.Et je pense que c\u2019est généralisé comme impression en culture, d\u2019autant qu\u2019il y a des réinvestissements qui sont promis.» Dans un rapport publié il y a deux semaines, l\u2019organisme PEN International soutenait que le gouvernement Harper «a pris certaines mesures qui mettent à mal» la liberté d\u2019expression au Canada.«Il devient difficile pour la société civile et les employés du secteur public de critiquer publiquement l\u2019action du gouvernement», notait PÊN.Le Devoir BEAUTÉ SUITE DE LA PAGE 1 des débuts amoureux, des fins tragiques aussi quelquefois, mais pas de la vie quotidienne de l\u2019amour.Je voulais voir comment les écrivains, depuis qu\u2019il y a delà littérature et dans tous les pays du monde, en rendaient compte.» L\u2019auteur s\u2019est déjà attardé à Une histoire des romans d\u2019amour (Seuil, 2011).Cette fois, c\u2019est le temps solide de l\u2019amour qui l\u2019a intéressé, le temps du ménage.« C\u2019est un temps mixte, écrit-il dans son anthologie, oû les forces de dissolution du couple des amants affrontent les contraintes de la vie en société, négocient avec elles \u2014 ouvertement ou de manière dissimulée \u2014 et passent un compromis qui replace les corps amoureux au sein du corps social.» Une friction, encore, entre l\u2019intime et le social, entre le privé et le public.«Dans le ménage, poursuit-il, la société impose ou réimpose l\u2019ordre qui avait été, potentiellement ou réellement, mis en danger par les dérèglements du désordre amoureux.C\u2019est le retour des passions sociales ordinaires: la cupidité, le pouvoir, la guerre des sexes, la foire aux vanités.» Les causes des empoignades sentimentales ?La jalousie, réelle ou imaginée.Les différences de classes sociales.Les ruptures de contrats, les bris de confiance, de loyauté.L\u2019impossible expression de l\u2019amour.«Quandj\u2019ai commencé à travailler ce sujet, je me suis aperçu que la scène de ménage permettait la comédie, la tragédie, le drame; toutes les nuances de la littérature.Au premier abord, la scène est comique.Mais des auteurs arrivent à tirer de cette situation ridicule des choses tragiques.Je voulais voir comment le roman et d\u2019autres formes littéraires pouvaient rendre compte de cette crise amoureuse.Et ça m\u2019a saisi de voir qu\u2019une scène de ménage n\u2019est pas la même au Japon et en Amérique du Sud.Alors qu\u2019a priori on peut penser que les relations amoureuses sont partout pareilles, les littératures nationales rendent compte de réalités tout à fait différentes.» La faute aux femmes À travers quelque 80 scènes de deux ou trois pages, pensées à différents moments de l\u2019histoire, tirées de textes d\u2019Homère, de Raymond Chandler, Emily Bronte, Georges Eeydeau, Corneille, Nabokov ou Svevo, monsieur Lepape dressent un portrait de l\u2019évolution de l\u2019amour et de ses emportements à travers la littérature.Cette littérature qui «a été longtemps entre les mains des moines, rappelle en entrevue celui qui a signé aussi des biographies de Diderot, Gide et Voltaire, fabriquée dans des monastères par des gens dont le célibat était obligatoire; pour eux, il fallait d\u2019une certaine manière qu\u2019ils maudissent le mariage.Et ils étaient farouchement antiféministes.Alors si le mariage ratait, c\u2019était toujours à cause des femmes.» Cette tradition, croit le penseur, a influencé toute la littérature européenne pendant très longtemps.L\u2019écrivain, peu présent dans son dernier livre, se contentant du rôle de «metteur en scène» réclamé par l\u2019anthologie, y livre tout de même quelques conclusions.Ainsi, les époux trompés sont beaucoup plus nombreux que les épouses trompées «tant, que les hommes ont le monopole de l\u2019écriture».Émile Zola a été un grand pourvoyeur de scènes de ménage littéraires, comme Maupassant.Colette, elle, «opère un renversement de la tradition hostile au mariage.Selon cette tradition férocement misogyne, les femmes, rebelles, perverses, énergiques, déterminées et rouées ne peuvent faire que le malheur des hommes qui ont l\u2019imprudence de les prendre pour épouses.A cause d\u2019elles, la scène de ménage fait partie de l\u2019économie ordinaire des couples, une sorte de rituel au cours duquel l\u2019homme est amené à contempler sa défaite.» Selon Pierre Éepape, la scène de ménage contemporaine est peu différente de ses aïeules.«On n\u2019évolue pas beaucoup en amour, finalement.Mais on change les manières de dire et de voir.» Les scènes d\u2019aujourd\u2019hui ne réclament plus que les conjoints soient mariés ni hétérosexuels.Mais certains angles morts demeurent.Ainsi, la querelle domestique, provoquée par la pile de lessive à faire ou les chaussettes éternellement oubliées sur le plancher, est très peu exploitée.« Ces questions-là n\u2019existaient pas pour plusieurs écrivains, estime l\u2019auteur, elles étaient entre les mains des domestiques, pas dans la relation entre le mari et la femme, parce que c\u2019était une littérature de bourgeois, en quelque sorte.Si Zola change beaucoup de choses, avec ses personnages accablés par la vie, il ne va pas là.Même les enfants dans son oeuvre sont posés dans un coin et ne font jînalement qu\u2019un bruit de fond.Ou prenez Colette: elle parle de choses intimes, mais s\u2019attarde plutôt à ses chats qu\u2019à ses enfants, comme si c\u2019était une sorte d\u2019annexe du mariage oû il ne fallait pas entrer.Même les femmes qui écrivent, qui ont apporté plein de choses, un point de vue qui n\u2019y était pas, s\u2019arrêtent tout de même à la partie \u201cla plus littéraire \u2019\u2019.» 11 resterait donc des scènes encore à se faire et à se jouer.et des réconciliations, espérons-le, qu\u2019elles se passent ou non sur l\u2019oreiller.Le Devoir SCÈNES DE MÉNAGE.UNE ANTHOLOGIE Pierre Lepage Presses universitaires de Prance Paris, 2015, 340 pages LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9® étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 ® Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 D Le Devoir sur ledevoir.com GG sur Facebook et sur Twitter La rédaction Au téléphone 514 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