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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier F
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2015-10-31, Collections de BAnQ.

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[" LIVRES CAHIER F .LE DEVOIR, LES SAMEDI 31 OCTOBRE ET DIMANCHE 1®^ NOVEMBRE 2015 |gr ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR ) La romancière, dramaturge et comédienne Ann-Marie MacDonald Parfum de cèdre parfum de Rose Après dix ans de silence, Ann-Marie MacDonald boucle un triptyque avec L\u2019air adulte Elle y aura mis quatre ans d\u2019écriture, après une dizaine d\u2019années de silence depuis son dernier roman.Le vol du corbeau, publié dans la foulée du succès international d\u2019Un parfum de cèdre, traduit en 19 langues.Son troisième livre était fort attendu.Avec L\u2019air adulte, Ann-Marie MacDonald boucle un triptyque aux personnages intenses, voire plus vrais que vrais.Et un trip typique aux sources de l\u2019être.DIANE PRECOURT Elle s\u2019est pointée à notre rendez-vous des patins sur l\u2019épaule.Aurait-elle fait le trajet sur roues alignées en plein centre-ville bouchonné, elle qui semble bien rouler sa bosse à bonne allure?Mais non, elle venait simplement d\u2019en faire aiguiser les lames, couvertes d\u2019un tissu.C\u2019est que l\u2019auteure Ann-Marie MacDonald touche du hockey dans une équipe féminine à Montréal.«Sans obligation de performance, tout de même!» précise-t-elle.Ce loisir lui permet manifestement de s\u2019aérer l\u2019esprit, entre ses devoirs de mère au foyer et de présence auprès de parents vieillissants.Des impératifs qui l\u2019avaient poussée à mettre sa carrière en veilleuse le temps que grandissent les enfants, et ainsi de laisser sur la glace la réalisation de son petit dernier, Uair adulte.Dans lequel l\u2019hérome.Mary Rose MacKinnon, auteure de livres jeunesse, fait une pause professionnelle pour s\u2019occuper des bambins.Et se trouve en instance d\u2019écrire son troisième bouquin.«Je n\u2019ai réalisé que plus tard l\u2019analogie des situations, dit-eUe.C\u2019était probablement inscrit dans mon inconscient, comme bien des éléments qui finissent par construire une œuvre.» Ann-Marie MacDonald se consacre rituellement à de longues recherches avant L'AI R A )UL-^£ de se mettre à la page.Cette fois, cependant, pour déjouer la course du temps, elle s\u2019est inspirée de son quotidien, son environnement, sa famille.Et d\u2019elle-même.Les ingrédients « J\u2019ai décidé de travailler avec mon propre moi, explique l\u2019auteure dans l\u2019une de ses envolées gestuelles, avec les \u201cingrédients\u201d qui m\u2019entourent.Comme on composerait un repas à partir de ce qu\u2019il y a dans le frigo.» Ironie d\u2019une décision: «Et fai pensé que ce serait plus facile.Au contraire, l\u2019exercice a été plus laborieux à cause justement de ce plongeon dans mon intimité.» Un plongeon qui, pendant le peu de temps qu\u2019elle avait pour coucher les mots, pouvait même perturber la concentration.Mais, avec une intériorité aussi marquée, reponce-t-on à raconter une «histoire »?À la fiction pure ?« Toutes les histoires impliquent une immersion individuelle.La ligne entre fiction et mémoire reste floue.C\u2019est l\u2019espèce de brouillard du processus créatif, dans lequel il y a toujours un mélange d\u2019invention et de réel.Moi, comme artiste, je suis le canal.Le défi, c\u2019est d\u2019articuler ensuite les personnages pour les rendre universels.Ainsi, je devais me détacher de mon héroïne, pourtant calquée sur ma vie, pour la faire évoluer dans un univers parallèle, là, justement, où intervient le roman.» Tenez, cette Mary Rose de L\u2019air adulte, une grande anxieuse, stressée, angoissée, une hypocondriaque finie: «Elle est quand même typique de notre époque.Un peu extrême, mais elle existe.» Le numéro 3 Ce livre, il lui «fallait» le réaliser.Et il y danse des bijoux de métaphores \u2014 comme d\u2019ailleurs en entrevue.Sur la mammographie, d\u2019un ton drôlement railleur, elle écrira: «la presse à paninis».Le rire crépitant de sa petite Maggie?11 «rappelle le son d\u2019un paquet de Chiclets».Alors que pleurer, c\u2019est comme «vomir avec ses yeux».Le style d\u2019Ann-Marie MacDonald jette un défi aux traducteurs (voir l\u2019encadré).Le roman coule sur sept jours de vie quotidienne en 420 pages.Sept jours?«Mine de rien, il se passe tellement de choses en 24 heures.J\u2019avais envie de raconter l\u2019histoire d\u2019une femme pour qui tout semble mécanique de l\u2019extérieur, mais qui bouillonne à l\u2019intérieur.Derrière un \u201cHello ! Ça va ?\u201d peut se cacher un drame, un grand bonheur, une tragédie grecque ! » Un triptyque, donc.Ce numéro trois si symbolique dans plusieurs cultures et religions: «La Trinité, le triangle, la trilogie, c\u2019est important dans la création artistique.» Et maintenant?«D\u2019abord, la délivrance de la publication.L\u2019écriture d\u2019un livre exige une préoccupation de tous les instants, une relation profonde avec les personnages, puis il échappe à l\u2019auteur, appartient aux lecteurs, mène sa propre existence.» Elle revient encore et encore sur cette libération.En particulier pour L\u2019air adulte, dont elle a achevé les dernières corrections parmi des boîtes de carton: «J\u2019ai commencé mon roman dans un quartier de Toronto pour le VOIR PAGE F 3 PARFUM Le testament et les derniers mots d\u2019Henning Mankell Page F 4 Souvenirs de Pasolini, 40 ans après sa mort Page F 5 POÉSIE Fernand Ouellette, passionné HUGUES CORRIVEAU \\ A l\u2019occasion de la parution de ses Avancées vers l\u2019invisible, Fernand Ouellette, 85 ans, qui porte beau et montre l\u2019apparence d\u2019une jeune soixantaine, reçoit Le Devoir chez lui, dans l\u2019un de ses quatre bureaux de travail \u2014 un par genre littéraire \u2014, bibliothèques pleins murs et tableaux fascinants en prime.11 écrit toujours dans un fauteuil de cuir rouge, sur une tablette, des textes qu\u2019il retranscrit à l\u2019ordinateur.Rituel d\u2019une sage tranquillité.D\u2019emblée, Fernand Ouellette parle des autres: de son amitié avec Henry Miller, de ses rencontres aussi avec Lawrence Durrell, René Char, Chagall, mais surtout Pierre Jean Jouve, pour qui il a une grande admiration.«J\u2019ai envoyé à Jouve mes premiers poèmes, à 23 ou 24 ans», avoue-t-il.On aborde alors ces Avancées vers l\u2019invisible, recueil de plus de 350 pages, écrit sous le signe de la maladie de son épouse, lisette.«J\u2019ai commencé ce livre en janvier 2013, et je l\u2019ai poursuivi pendant la maladie de ma femme, maladie qui est apparue en mai.Poursuivre cette écriture a été un recours pour moi.J\u2019ai d\u2019ailleurs inséré, à la fin du recueil, vingt et un poèmes qui parlent expressément de cette mort.» On ne s\u2019étonnera pas de la proximité de l\u2019invisible qui parcourt ce livre.Ces poèmes, remarquables à plus d\u2019un titre, sont une ode évoquant les Elégies pour l\u2019épouse en-allée d\u2019Alfred Desrochers, qui, sous un tout autre ton, avait su magnifier l\u2019importance de l\u2019amoureuse.La mort et la musique Nous abordons aussi et sans retenue la mort de son fils, qui fut pour lui si bouleversante.11 rappelle d\u2019emblée que «Chloé Sainte-Marie VOIR PAGE F 2 OUELLETTE J ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Le poète, romancier et essayiste Fernand Ouellette F 2 LE DEVOIR, LES SAMEDI 31 OCTOBRE ET DIMANCHE 1®^ NOVEMBRE 2015 LIVRES PAMPHIÆT Vœux de pauvreté Pierre Lefebvre signe sept récits de résistance au capitalisme ALEXANDRE CADIEUX Les lecteurs de la revue Liberté connaissent la verve de son rédacteur en chef, Pierre Lefebvre.C\u2019est d\u2019ailleurs dans les pages de ce périodique que sont d\u2019abord parus plusieurs des textes formant le recueil Confessions d\u2019un cassé, que celui qui a également signé deux pièces de théâtre lançait cet automne.Les sept chapitres de cet ensemble de réflexions forment une sorte de «biographie socio-économique » livrée dans le désordre.Les rapports problématiques du narrateur avec l\u2019argent remontent si loin qu\u2019ils constituent pratiquement une condition ontologique à son existence sur Terre.Sa pauvreté, assumée, relèverait moins d\u2019un choix politique que d\u2019une forme d\u2019allergie violente.Ce n\u2019est pas par alignement idéologique sur la simplicité volontaire que ce cassé-ci reste cassé, mais bien plutôt parce que se considérer lui-même comme une «res- source humaine» lui induirait des angoisses et tremblements bien pires que ne le fait la crainte de ne pas arriver à joindre les deux bouts.Le défi de la colère Il n\u2019y peut rien, donc.Il est comme ça, refusant de se trouver courageux et parsemant ses monologues de petits aveux peu glorieux.Il n\u2019en demeure pas moins que les Confessions de Pierre Lefebvre se lisent comme une véritable critique, quotidienne et intimiste, du capitalisme triomphant, les observations de l\u2019auteur s\u2019articulant comme le récit d\u2019une résistance tout aussi quotidienne et intime, mais épuisante aussi : «Le défi le plus tenace du désargenté est [.] d\u2019avoir à longueur de journée à canaliser sa colère vis-à-vis d\u2019une violence donnant l\u2019impression d\u2019arriver de partout et de nulle part à la fois.» Ses piètres performances sur ce qu\u2019on appelle «le marché de l\u2019emploi» sont à cet égard exemplaires d\u2019une désobéissance maligne: «C\u2019est peut-être mon vieux fond catholique, mais l\u2019éthique protestante du travail,J\u2019ai toujours trouvé ça épais.À salaire minimum, j\u2019ai toujours travaillé au minimum, même et surtout quand il m\u2019était possible d\u2019en faire plus.» Le seul poste sérieux \u2014 lire : avec un salaire annuel de 80 000 dollars \u2014 qu\u2019il aura occupé, il le quittera après un mois seulement: «Chose certaine, j\u2019ai sans doute scrapé là mon ultime chance d\u2019appartenir à la classe moyenne.» On retrouve l\u2019auteur dramatique dans cette langue assez vivante et sans trop de fioritures.On peut souligner à cet effet que plusieurs de ces confessions sont passées par la scène, à l\u2019occasion de cabarets littéraires par exemple, et que l\u2019une d\u2019elles figurait au programme du spectacle Tout ça m\u2019assassine (2011) de Dominic Champagne.En subsiste une sorte de franchise dans l\u2019adresse directe au lecteur.Fieffé communicateur, Lefebvre parvient également à croquer de sa plume figures et saynètes à la fois jouissives et pathétiques.Les superbes victimes de ce talent sont Jean-Claude Gingras, l\u2019ex-proprié-taire véreux, avec «sa tête trop ronde de futur vieux beau», de même que l\u2019avocat dont ce dernier se flanque pour sa comparution larmoyante à la Régie du logement : « Un grand fouet aux cheveux comme au costume gris, même le rouge de sa cravate n\u2019arrivait pas à créer une impression de couleur dans cette affaire-là.» Si toute résistance peut sembler dérisoire, Pierre Lefebvre se poste légèrement en marge du monde pour éclairer la course folle de ce dernier, source d\u2019une certaine apathie collective.Le tout servi avec un humour grinçant et ravageur, mais sans cynisme.Collaborateur Le Devoir CONFESSIQNS D\u2019UN CASSE Pierre Lefebvre Boréal Montréal, 2015,168 pages quelle™ SUITE DE LA PAGE E 1 chante le poème Auréolé, écrit à propos de cet événement tragique.» Dans la partie des Avancées intitulée L\u2019Absent et consacrée à ce fils suicidé, à l\u2019amour qu\u2019il lui porte, il écrit: «Mon être oscille entre la joie / Et l\u2019obsession de l\u2019abîme.» Ces deux mots résument l\u2019ensemble de l\u2019œuvre en marche.Il précise pourtant: «L\u2019image la plus obsédante pour moi serait le levant, l\u2019aube et la lumière.» Ce que confirme un très beau vers de son recueil précédent A l\u2019extrême du temps, «ici allant avec le risque de l\u2019espérance».Il compare le travail qui en découle à un ouvrier qui casse la pierre noire pour en faire ressortir les pépites.Ouellette fait alors entendre Le chant de la pierre, œuvre de musique contemporaine pour deux voix et cornemuse composée à partir de certains de ses poèmes choisis pour leur rugosité par le français Philippe Leroux.Dans sa salle de CO = LU t/) ^ S ëi 'S 5 CO 5 UJ musique, le moment est magique, Fernand Ouellette est en parfait accord avec ce privilège de voir ses textes rehaussés par les sons, lui qui a tant travaillé avec des compositeurs depuis 1960, dont Gilles Tremblay.«Ma mère était pro-fesseure de piano, mon père, bien qu\u2019ébéniste, jouait du violon.Dès l\u2019adolescence, j\u2019ai été mis en contact avec la musique, avec Beethoven entre autres, vous voyez.» Devant l\u2019envergure de son œuvre poétique, Ouellette se questionne quant à la qualité intrinsèque qui la guide.«Plus de deux mille poèmes depuis l\u2019inoubliable [2005], ça paraît beaucoup, mais ce qu\u2019il faut chercher c\u2019est le poème, celui jamais atteint, sa densité.» Le mot « transfiguration » traverse son travail, mène cette recherche d\u2019une transformation profonde.«Ce mot est un des trois piliers de mon livre Dans l\u2019éclat du royaume [1999].Pour moi, la transfiguration est une nécessité vitale comme poète.On transfigure les mots qui sont des stratifications de sens.Elle leur donne une irradiation qui est insoupçonnée.On devrait lire un poème comme on écoute une musique, comme on regarde un tableau.Voir la lumière de ce qui apparaît.» Si on le questionne sur l\u2019importance des prix, il parle plutôt de son désir que les poètes québécois soient mieux reconnus à l\u2019étranger, nomme le peu de ces auteurs présents dans la collection « Poésie » de Gallimard, regrettant en cela l\u2019absence du rayonnement international de la poésie d\u2019ici.Quant à la poésie actuelle, il en souligne le manque de vision, l\u2019horizontalité.«Ce que devraient comprendre les jeunes poètes, ce n\u2019est pas l\u2019importance du droit d\u2019auteur, mais bien la qualité des rencontres qu\u2019une publication peut provoquer.» Il est rebuté par leur réalisme trop souvent primaire.«Pour moi, le vrai travail poétique est la verticalité.C\u2019est un autre monde.Je suis tourné vers la vie plus abstraite, plus intérieure.» Il persiste : «Je considère que la poésie doit être dans une liberté Deuil (à Lisette) Sur le chemin où l\u2019esprit se risque.Il ne prend que des roses pour repères.Des roses qui ont traversé la mort; Ou bien des sourires scintillants de l\u2019unique.Je garde vif Tout ce qui se renforce En passant par les lèvres.En s\u2019élevant du souffle.Le deuil est le lieu Des mots d\u2019hier qui se rassemblent Pour se donner à la vraie lumière.Sans quoi le temps qui me porte Prend un détour Par l\u2019infini pour mieux se dissoudre.Fernand Ouellette totale, et elle ne doit pas savoir où elle va ni ce qu\u2019elle va dire.» Après avoir dérivé de Celan à Marteau, revenant à ses deux derniers livres, dont les titres sont d\u2019une extrême lucidité, il n\u2019hésite pas à nommer «une progression vers l\u2019adieu.Si on regarde L\u2019inoubliable ou L\u2019abrupte, on saisit que je dois amorcer une ascension dernière, qui se poursuit avec A l\u2019extrême du temps et Avancées vers l\u2019invisible.Je crains pour l\u2019instant d\u2019écrire, comme s\u2019il était trop tôt après eux.Il ne faut rien précipiter non plus en poésie.» Il confie: «J\u2019ai écrit un seul poème depuis la fin des Avancées, soit le jour de l\u2019anniversaire de la mort de ma femme.Il s\u2019intitule Deuil.» Cet inédit, écrit le 17 septembre dernier, Fernand Ouellette l\u2019offre aux lecteurs du Devoir.Collaborateur Le Devoir AVANCÉES VERS L\u2019INVISIBLE Eernand Ouellette L\u2019Hexagone Montréal, 2015, 376 pages La Vitrine ROMAN POUR ADOS FÉMFÉ Amélie Dumoulin Québec Amérique Montréal, 2015, 232pages Malgré son nom qui fait penser «à une pitoune légère», Fé, 14 ans, résidante du Mile-End, se trouve «dodue et zéro gracieuse», même si son meilleur ami l\u2019assure qu\u2019elle est belle «pour une grosse».Quand elle rencontre Félixe, une jeune coiffeuse stylée de 16 ans.Fée est tourneboulée.Force lui est de reconnaitre, rapidement, que sa fascination pour cette autre Fé relève bel et bien de l\u2019amour.Par chance, la réciprocité est au rendez-vous.Charmant roman d\u2019amours adolescentes, ce Eé M Eé explore les malaises engendrés par cette idylle au féminin sans jouer la carte tragique.Bonne idée.La Fé narratrice, qui s\u2019étonne même que sa mère ne fasse pas un plat de son amour pour une fille, est bien un peu mêlée sur le plan identitaire, mais pas vraiment plus que la plupart des ados.L\u2019amour homosexuel, semble dire la romancière issue du milieu théâtral, c\u2019est encore de l\u2019amour, tout simplement.Teinté par une touche d\u2019oralité \u2014 la narratrice néglige le « ne » de la négation, par exemple \u2014, ce roman a une belle vivacité, mais ses personnages secondaires manquent d\u2019étoffe et sa conclusion déçoit, en accordant de la crédibilité au phénomène de la voyance.Les ados n\u2019ont vraiment pas besoin de se faire bluffer par de semblables sornettes.Louis Cornellier Les maîtres du printemps ROMAN FRANÇAIS LES MAÎTRES DU PRINTEMPS Isabelle Stibbe Serge Safran Paris, 2015,181 pages Aubange est une véritable commune belge, autrefois riche de la sidérurgie.Florange existe aussi.Mis en avant de l\u2019actualité par les hommes politiques qui y ont fait campagne, la désindustrialisation y règne.Aublange est un village imaginaire de Moselle, déserté par ces mêmes hauts-fourneaux, dans le roman d\u2019Isabelle Stibbe.On y suit de près ces régions en voie de paupérisation, maintenues sous respiration artificielle par l\u2019assistance sociale.Née en 1974, après Bérénice 34-44 (Livre de poche, couronné de neuf prix littéraires en 2014), Stibbe, connue aussi des grands théâtres parisiens, raconte ce qu\u2019y furent les combats ouvriers.Les maîtres du printemps a un ton : «Ce que sera la suite.Y en aura-t-il une seulement.Ne vaudrait-il pas mieux se coucher et en finir tout de suite plutôt que voir ça, subir ça, cette mutilation, ce goût de mort, leur vie qu\u2019on leur arrache, l\u2019espoir, nid de fines brindilles où ils déposaient leur foi, tout ce qui jusque-là les faisait tenir droit.» D\u2019un récit efficace, classique et rythmé, elle suit les avanies du capitalisme triomphant.Guylaine Massoutre ESSAI LES LIBÉRAUX N\u2019AIMENT PAS LES FEMMES Aurélie Lanctôt Lux Montréal, 2015,128 pages «Dans les faits, l\u2019austérité affecte l\u2019ensemble des citoyens, mais c\u2019est encore pire pour les femmes», lance la jeune intellectuelle Aurélie Lanctôt dans ce bref essai très efficace.Critique solidement argumentée de la politique d\u2019austérité du gouvernement Couillard, ce livre montre d\u2019abord que l\u2019obsession de l\u2019équilibre budgétaire, qu\u2019on se propose d\u2019atteindre uniquement par des compressions dans le ,secteur public, est une trahison du rôle émancipateur de l\u2019État et nous enferme dans une conception platement comptable du monde, qui tue la solidarité et le lien social.Il montre aussi, c\u2019est son originalité, que cette politique d\u2019austérité ne sert en rien «les générations futures» et accable particulièrement les femmes, plus nombreuses à travailler dans les secteurs public (santé, éducation) et communautaire, et pour qui l\u2019accès au monde du travail, de même qu\u2019à l\u2019égalité, dépend directement de l\u2019existence d\u2019un réseau public de garderies à bas tarifs, collectivement financé.On savait que l\u2019austérité était toxique.Grâce à Aurélie Lanctôt, on le sait encore plus et mieux.Louis Cornellier LES LIBERAUX N'AIMENT PAS LES FEMMES ESSAI SUR LAUSTERITE Hugultte Young JUSTIN TRUDEAU L'HÉRITIER IL A SU SÉDUIRE LE PAyS, MAIS QUI EST-IL VRAIMENT?De son enfance au 24 Sussex à la dernière ligne droite de la campagne électorale, le portrait du nouveau premier ministre du Canada.vlb éditeur Une société de Québécor Média LE DEVOIR, LES SAMEDI 31 OCTOBRE ET DIMANCHE I>=>' NOVEMBRE 2015 F 3 LITTERATURE La Vitrine Bayard JEUNESSE LOULA ET MONSIEUR LE MONSTRE Anne Villeneuve Bayard Canada Montréal, 2015, 32 pages La sympathique petite Loula vit des moments de grâce avec Monsieur son chien jusqu\u2019au jour où, horreur, elle entend une troublante et désolante conversation dans laquelle sa maman rage contre «ce monstre» qu\u2019elle veut voir disparaître.La fdlette comprend tout de suite qu\u2019elle doit apprendre les bonnes manières à Monsieur afin qu\u2019ils puissent continuer à couler des heures paisibles ensemble.Villeneuve nous entraîne alors dans une suite de tableaux relatant tous les efforts de Loula pour éviter le pire : bien se tenir à table, marcher plutôt que courir, se tenir loin des flaques d\u2019eau.autant de leçons ratées.La désinvolture et la légèreté que l\u2019on retrouve dans les aquarelles de Villeneuve s\u2019inscrivent de plein fouet dans la candeur et la folie des enfants.Chaque scène présentée déborde de mouvement et fait fi des cadrages.Les personnages, portés par leur mission, filent droit devant en éclaboussant tout sur leur passage.Voilà un album, troisième de cette série d\u2019ailleurs, que l\u2019on reçoit comme un bouquet de fleurs sauvages : frais, authentique.Plaisir assuré.Marie Fradette ETRE ARTISTE ENTRETIENS ÊTRE ARTISTE Entretiens avec huit artistes visuels par Michel Bois et Alexandre Motulsky-Falardeau L\u2019Instant même, Montréal, 2015, 96 pages Ça se présente comme une série d\u2019entretiens.Comme le résultat de «dialogue[^] en toute liberté», tel que le suggère John Porter en préface.Ça s\u2019avère une suite de monologues orientés.Donner la parole aux artistes, percer le mystère de la création : l\u2019exercice est noble, bien que peu nouveau.Rentrer dans la tête de huit d\u2019entre eux \u2014 Marcel Barbeau et Françoise Sullivan, pour les plus âgés, Michel Goulet et Jean-Pierre Morin, pour les plus jeunes, \u2014 apporte du contenu, certes.Le hic, ici, c\u2019est la manière de le livrer.Les artistes discourent seuls, au risque de paraître volubiles, accaparants, égocentriques.Le choix de taire les propos de ceux qui ont mené les entretiens, les journalistes Michel Bois et Alexandre Motulsky-Falardeau, se défend, mais pas l\u2019ennuyeux récit autobiographique.L\u2019enrobage empire l\u2019ouvrage, les portraits étant d\u2019une pauvre qualité.En annexe, la «brève chronologie des mouvements en arts visuels depuis 1900» frôle la banalité et démontre un manque de jugement.L\u2019intention de départ \u2014 démystifier l\u2019art \u2014 se déploie ici de façon inintéressante.Jérôme Delgado Yves Bichet L'été contraire LITTERATURE FRANÇAISE L\u2019ÉTÉ CONTRAIRE Yves Bichet Mercure de France Paris, 2015, 179 pages Bien beau livre, épuré et sensible, que ce roman polyphonique qui ne dit pas son contenu.L\u2019objet est une maison de retraite pour personnes très âgées.D\u2019une plume lente et délicate, fauteur évoque le quotidien fait de mouvements infimes, de délicatesses, des bizarreries et misères de ses habitants.Autour du personnel soignant, qui garde et accompagne cinq personnages timides, handicapés, demeurés ou originaux, l\u2019espace littéraire se distribue en touches d\u2019émotion.Ce livre de torpeur et de tendresse tranche sur les sujets graves de la politique internationale.L\u2019homme qui marche (Mercure de France) de Bichet, en 2014, était finaliste au prix Femina.L\u2019été contraire a des accents ressourçants d\u2019humanité.Guylaine Massoutre ESSAI Pour en finir avec Vin Diesel DOMINIC TARDIF Cy est quoi, un homme?C\u2019est quoi, une femme?» demande Steve Gagnon à Louis-Philippe, 15 ans, un des 51 adolescents rencontrés dans le cadre d\u2019une enquête plus ludique que scientifique, mais quand même révélatrice, à laquelle il consacre un chapitre de Je serai un territoire fier et tu déposeras tes meubles.Réflexions et espoirs pour l\u2019homme du XXI'\u2019 siècle.La réponse de Louis-Philippe?«Un homme, c\u2019est quelqu\u2019un qui se rase pas, grand, musclé.Pis une femme, c\u2019est, ben, pas un objet, mais quelque chose qu\u2019il faut protéger.» Outre quelques exceptions tantôt saugrenues, tantôt éblouissantes, presque toutes les définitions proposées iront dans le même sens, celui du poil abondant, du muscle saRlant et de la force protectrice.Désolanf vous dites?Dans une dernière tentative pour trouver en ces garçons et ces filles un peu d\u2019espoir, voici donc Steve Gagnon qui décrit à ses interlocuteurs deux hommes fictifs.L\u2019un est bâti, sportif, multiplie les conquêtes d\u2019un soir.L\u2019autre jardine, est marié, fidèle, prend soin de sa petite fille.Qui est le plus viril?92% des jeunes opteront pour le deuxième choix, contredisant par le fait même la description de l\u2019idéal masculin qu\u2019ils avaient d\u2019abord formulé.Un troublant fossé, au fond duquel descend courageusement le comédien et metteur en scène au cours de ce lumineux essai, huitième entrée de la JOHN SALANGSANG ASSOCIATED PRESS Les acteurs de films d\u2019action comme Vin Diesel incarnent une expression quasi néanderthalienne de la masculinité.collection «Documents» dirigée par l\u2019équipe du magazine Nouveau Projet.En adoptant une perspective très «non-fiction» à l\u2019américaine, fauteur emploie tous les outils que recèle son coffre, s\u2019abreuve à f intime et au social, interroge des ados, oui, mais raconte aussi sa relation avec son père et avec sa blonde, cite des études, arrache au proverbial süence masculin des passages d\u2019un lyrisme forcené.11 faut par tous les moyens tenter de nommer les raisons de cette «intranquillité» chronique, de cette «révolte noble mais inconfortable» qui tyrannise tant d\u2019hommes autour de lui.Décoloniser A l\u2019heure où de plus en plus de voix annoncent et souhaitent la mort d\u2019une représentation binaire des identités de genres.Steve Gagnon se défend bien de vouloir remplacer un modèle unique d\u2019homme par un autre.Une telle vision serait selon lui non seulement «ennuyante, mais dangereuse.» Dans un des chapitres les moins consensuels de son essai, il ose néanmoins demander: «Dans ce désir extrême d\u2019égalité, dans cette volonté d\u2019homogénéisation, n\u2019écrasons-nous pas parfois, au passage, le relief sain et acceptable propre à chacun [des sexes] ?» Fertile question, qu\u2019il pose surtout pour revendiquer une sorte de droit poétique à déifier son amoureuse, et qui lui méritera sans doute certaines vives discussions avec des féministes.C\u2019est donc à une décolonisation de l\u2019imaginaire des hommes qu\u2019en appelle Steve Gagnon, à un vaste ménage de cet espace vicié, depuis trop longtemps hanté par une expression quasi néanderthalienne de la masculinité qu\u2019incarnent des acteurs de films d\u2019action comme Vin Diesel, ces «héros de centres d\u2019entraînement» à qui il adresse une lettre railleuse, mais à qui il tend aussi la main.Et si ces monstres de biceps mobilisaient leurs forces herculéennes non plus pour tenir en place de ridicules statues, lourdes de clichés, mais plutôt pour briser les moules tragiquement étriqués dans lesquels trop de garçons asphyxient?Collaborateur Le Devoir JE SERAI UN TERRITOIRE EIER ET TU DÉPOSERAS TES MEUBLES Steve Gagnon Atelier 10 Montréal, 2015, 78 pages PARFUM SUITE DE LA PAGE F 1 terminer dans une maison vide à Montréal.La fin d\u2019un cycle.Mon travail est terminé, ce n\u2019est plus un projet personnel.» Et d\u2019y aller d\u2019un clin d\u2019œil du temps.Toujours lui.«Je suis diplômée de l\u2019École nationale de théâtre à Montréal.Et aujourd\u2019hui, ma conjointe, mon épouse, ma partenaire \u2014 nous sommes mariées [comme Mary Rose et Hilary dans le livre.], mais il n\u2019y a pas encore de mot pour ça, soupire-t-elle, \u2014 est de l\u2019équipe artistique.» A lire les œuvres d\u2019Ann-Ma- rie MacDonald, on la croirait dans une aisance de création.Un leurre de lecteur.«C\u2019est très difficile pour moi d\u2019écrire.Je peux pondre des milliers de pages qui ne verront jamais le jour.» Délivrée, l\u2019auteure?Peut-être pour jouer plus souvent au hockey! Mais, même après son éprouvante création, quelque chose nous susurre qu\u2019elle n\u2019a pas dit son dernier mot.Le Devoir UAIR ADULTE Ann-Marie MacDonald Traduit de l\u2019anglais par Lori Saint-Martin et Paul Gagné Flammarion Québec Montréal, 2015, 480 pages La tradition de la traduction Le triplyque d\u2019Ann-Marie MacDonald amorce sa trajectoire en 1899 et nous mène jusqu\u2019à aujourd\u2019hui.Dès l\u2019époque ôéUn parfum de cèdre (Flammarion, 1999), alors que la tradition allait aux traducteurs de France pour les ouvrages de f éditeur au Canada, f auteure a insisté pour que la version française de son livre soit confiée à des Canadiens francophones.«La compréhension d\u2019une œuvre comporte des références culturelles autant que littéraires», dit-elle.La Franco-Ontarienne Lori Saint-Martin et le Québécois Paul Gagné ont ainsi transposé dans la langue des Tremblay ses trois romans, y compris Le vol du corbeau (Flammarion, 2004), et le tout récent L\u2019air adulte.ANN-MAR.1E DONAID 'P.'^Gaspard* LE DEVOIR l/V\u2019 \tCauserie \tLes guerres de Derrida \t \tAvec Jean-Michel Rabaté \tAnimée par Georges Leroux et Ginette Michaud Suivie du lancement du livre Le devenir-Juif du poème Double envoi : Celan et Derrida \tde Danielle Cohen-Levinas \tPremier titre de la collection « Humanités à venir » aux Presses de l'Université de Montréal.¦i ÿ Exercices d\u2019amitié « A l\u2019approche de la mort qui arrivera Inévitablement, l\u2019écrivain sent le besoin de revisiter son jardin secret et de revoir-relire ses vieux amis disparus, pour leur donner peut-être une seconde existence.[.] Ces exercices d'amitié ne requièrent aucun entraîneur, il suffit d\u2019être curieux, patient, et de vouloir voyager en compagnie des œuvres choisies par l\u2019auteur.» Jacques Lanctôt, Le Journal de Montréal X A.\tAVX A.XV\tW\t\t \ti\u2014Du 19 au 25 octobre 2015\t\t \t\t \t\t Romans québécois\t\t il Faims\tPatrick Senécal/Alire\t-/I 2 L'amour au temps d'une guerre \u2022 Tome 1 1939.\tLouise Tremblay-D'Esslambre/Guy Saint-Jean\t1/3 3 L'épicerie Sansoucy \u2022 Tome 3 La maison des.\tRichard Gougeon/Les Éditeurs réunis\t-/I 4 La traversée du malheur\tMichel Tremblay/Leméac\t-/I 5 Souvenirs d'autrefois \u2022 Tome 11916\tRosette Laberge/Les Éditeurs réunis\t2/2 6 II était une fois à Montréal \u2022 Tome 1 Notre union\tMichel Langlols/Hurtubise\t-/I 7 La femme qui fuit\tAnaïs Barbeau-Lavalette/Marchand de feuilles\t6/2 8 Madame Tout-le-monde \u2022 Tome 5 Ciel d'orage\tJuliette Thibault/Hurtubise\t3/5 9 Ma vie est entre tes mains\tSuzanne Aubry/Libre Expression\t4/2 10 Dans le regard de Luce \u2022 Tome 1\tPauline GIII/VLB\t-/I Romans étrangers\t\t il Macabre retour\tKathy Relchs/Robert Laffont\t2/2 2 Mlllénium \u2022 Tome 4 Ce gui ne me tue pas\tDavid Lagercrantz/Actes Sud\t1/9 3 Le livre des Baltimore\tJoël DIcker/Fallols\t3/3 4 La tille du train\tPaula Hawkins/Sonatine\t4/22 5 Cinquante nuances de Grey par Christian\tF.L.James/Lattès\t5/13 6 La nuit de feu\tÉric-Emmanuel Schmitt/Albin Michel\t8/7 7 Amours scandaleuses\tSylvia Day/Rammarlon Uuébec\t-/I 8 Seul sur Mars\tAndy Weir/Milady\t6/5 9 Les assassins\tRoger Jon Ellory/Sonatine\t7/4 10 After \u2022 Tome 5 L'éternité\tAnna Todd/Homme\t-/I Essais québécois\t\t Il Rendez à ces arbres ce gui appartient à ces.\tBoucar DIouf/La Presse\t1/3 2 Foglla l'Insolent\tMarc-François Bernier/Édito\t2/5 3 La médiocratle\tAlain Deneault/Lux\t3/3 4 Le petit Hébert La politique canadienne.\tChantal Hébert/Rogers\t-/I 5 Les libéraux n'alment pas les femmes\tAurélie Lanctôt/Lux\t5/3 6 Ces valeurs dont on parle si peu\tJacques Grand'Malson/Carte blanche\t6/3 7 Le grand retour\tJohn Saul/Boréal\t8/3 8 Les baromètres humains\tGilles Brien | Wilhelm Pellemans/Buébec-LIvres\t-/I 9 Les iournallstes.Pour la survie du iournallsme\tPierre Cayouette | Robert Maltais/Buébec-Amérlgue\t-/I 10 Djlhadca Loups solitaires, cellules dormantes.\tFabrice de Plerrebourg | Vincent Larouche/La Presse\t4/16 Essais étrangers\t\t Il Sable mouvant Fragments de ma vie\tHenning Mankell/Seull\t1/2 2 Sapiens.Une brève histoire de l'humanité\tYuval Noah Hararl/Albin Michel\t3/2 3 Du bonheur.Un voyage philosophique\tFrédéric Lenoir/Fayard\t5/36 4 Lettres à mes petits-enfants\tDavid Suzuki/Boréal\t4/6 5 Un monde dlnégalltés.L'état du monde 2016\tCollectif/Découverte\t7/2 6 La 6e extinction.Comment l'homme détruit la.\tElizabeth Kolbert/Guy Saint-Jean\t2/7 7 Balade avec Épicure\tDaniel Kleln/MIchel Lafon\t8/6 8 Sept brèves leçons de physique\tCarlo Rovelll/Ddile Jacob\t-/I 9 La grande fracture.Les sociétés Inégalitaires.\tJoseph F.Stiglltz/les Liens gui libèrent\t6/2 10 La chute de la Nouvelle-France\tBertrand Fonck | Laurent Veyssière/Septentrion\t-/I 514 524*5558 lennGac@lemeac.com \u201c'VI* >1 tara Q Québec ta H ® La BTLF (Société de gestion de ia Banque de titres de iangue française) est propriétaire du système d\u2019information et d\u2019anaiyse Ssspsnl sur ies ventes de iivres français au Canada.Ce paimarès est extrait de Baspati et est constitué des reievés de caisse de 260 points de vente.La BTLF reçoit un soutien financier de Patrimoine canadien pour ie projet Baspari.© BTLF, toute reproduction totaie ou partieiie est interdite. F 4 LE DEVOIR, LES SAMEDI 31 OCTOBRE ET DIMANCHE I^^^ NOVEMBRE 2015 LE TESTAMENT D\u2019HENNING MANKELL Ses derniers mots Le 29 janvier 2014, le populaire romancier Henning Mankell annonçait publiquement qu\u2019il souffrait d\u2019une tumeur cancéreuse à la nuque et d\u2019une autre au poumon gauche.Il a tenu la chronique de sa maladie dans le quotidien suédois Gôteborgs-Posten et dans The Guardian.Voici la critique de son dernier livre et sa dernière chronique, signée dix jours avant son décès, survenu, à 67 ans, dans la nuit du 4 au 5 octobre dernier.HENNING MANKELL Je vais bientôt entamer ma troisième année avec le cancer.J\u2019ai reçu hier à Sahlgrenska mon traitement de chimiothérapie.Par une belle journée d\u2019automne, avec un soleil chaud.En ce moment, je vais chaque semaine suivre un traitement, et ce, jusqu\u2019en décembre.Je reçois de plus petites doses en chimiothérapie qu\u2019auparavant afin de préserver mes reins.Lors d\u2019une visite précédente, une infirmière m\u2019a parlé d\u2019une autre patiente \u2014 appelons-la X \u2014, qui lui a parlé du réconfort qu\u2019elle trouvait dans ce que j\u2019ai écrit pour le [quotidien suédois Gôteborgs-Posten] sur mon cancer, cette horrible maladie qui est maintenant notre compagnon commun.J\u2019ai compris qu\u2019elle avait le même type de cancer que moi, mais qu\u2019elle en est plus sérieusement affectée.Une jeune femme, à peine 30 ans.Par hasard, nous avions un traitement le même jour.Je suis allée la voir dans sa chambre et nous avons discuté.Une belle jeune femme, et ce désir profond de vivre dans les yeux.En même temps, je pouvais lire sa conscience de la gravité de son état C\u2019était comme me voir moi-même, il y a presque trois ans, quand on m\u2019a dit que mon cancer était incurable, très sérieux, mais qu\u2019avec des traitements, il y avait espoir qu\u2019il soit chronique plutôt que mortel.Ce moment où j\u2019ai réalisé que 20 ans plus tôt, je serais décédé après une période de temps relativement courte, mais que la recherche sur le cancer et les nouvelles possibilités de traitement sont de petits contes du triomphe humain, qui nous disent ce que nous pouvons nous atteindre quand nous le voulons vraiment.Chaque mois, presque chaque jour, de nouvelles découvertes permettent d\u2019obtenir de NORA LOREK/TT ASSOCIATED PRESS Le Suédois Henning Mankell, décédé le 5 octobre dernier.meilleures manières de diagnostiquer et de traiter le cancer.Les chercheurs du monde forment une grande équipe.Une équipe gagnante.Pendant longtemps, je n\u2019ai pas écrit sur la maladie dans le Gôterborgs-Posten, comme si je n\u2019avais rien à dire.Mais la vérité est tout autre.Même si le cancer n\u2019est plus désormais une condamnation à njort, il reste traître et imprévisible.A peu près au milieu de l\u2019été cette année, on a découvert un peu par hasard, lors d\u2019une prise de sang chez le médecin, que tout mon système immunitaire s\u2019était effondré.Le retour à la maison en voiture, prévu, est devenu un transfert en ambulance vers l\u2019hôpital.Le test avait aussi révélé que je soutirais d\u2019une double pneumonie.Je suis resté à l\u2019hôpital dix jours.Je suis hanté par un souvenir, quand je me suis effondré sur le plancher en voulant me rendre aux toilettes, et que j\u2019ai été incapable de me relever.C\u2019est une humiliation que je n\u2019oublierai jamais.Il m\u2019a fallu des mois pour me remettre de cet écrasement.Et je n\u2019ai, jusqu\u2019à aujourd\u2019hui, simplement pas eu l\u2019énergie pour écrire.Mais une fois de plus, l\u2019hôpital a su m\u2019aider, et me voilà au seuil d\u2019une troisième année à vivre avec cet incurable compagnon qui m\u2019habite.Bientôt trois ans.En quoi ma vie a-t-elle changé ?La plupart des effets secondaires m\u2019ont été épargnés, sauf cette fatigue constante qui me laisse avec la moitié de l\u2019énergie que ce que je me connaissais.Mais le plus souvent, je ne sens pas cette tumeur que je porte dans mon poumon gauche.Actuellement, elle ne croît nî ne dîmînue.La chîmîothérapîe l\u2019oblîge à demeurer passîve.Je me suîs parfoîs senti essoufflé, maïs ça n\u2019arrîve plus.Je dois parfoîs me rappeler que je souffre d\u2019un cancer puisqu\u2019il se fait peu entendre.Et la fatigue, après tout, peut avoir plusieurs causes.Comme simplement vieillir, peut-être.Le cancer sous toutes ses formes est une maladie horrible.Qu\u2019Il est possible de combattre.Dans mon cas, cela se fait avec l\u2019aide du personnel de l\u2019hôpital Sahlgrenska.Il y a, bien sûr, des moments très sombres.Une noirceur faite d\u2019inquiétude, de solitude, de peur.Des nuits où je me réveille, où des souffles glacés m\u2019envahissent.Je sais que tous ceux qui souffrent de maladies graves savent de quoi je parle.Je sais aussi à quel point je dépends des gens qui m\u2019entourent \u2014 ma famille, mes amis.Prétendre quoi que ce soit d\u2019autre que cette dépendance serait de l\u2019hypocrisie.Vient, bien sûr, un jour où chacun de nous doit partir.Alors nous devons nous rappeler ces mots de Per Olov Enqulst: «Un jour, nous devons mourir.Mais tous les autres jours, nous devons être vivants.» Traduction du suédois de Kim Cornelissen Avec l\u2019aimable autorisation de The Guardian L\u2019ultime ouvrage du père de l\u2019inspecteur Wallander DANIELLE LAURIN T l manque une fin à 1.l\u2019histoire.Elle est en marche», notait Henning Mankell quelques mois après avoir appris qu\u2019il était atteint d\u2019un cancer.Les traitements de chimiothérapie lui avaient alors accordé un répit.Le temps, pour l\u2019écrivain suédois, de faire le point sur sa vie, ses convictions, ses engagements dans Sable mouvant.Par un étrange concours de circonstances, j\u2019ai commencé à lire ce livre alors que son auteur était vivant.J\u2019en avais parcouru un peu plus de la moitié quand la mort d\u2019Henning Mankell est survenue, le 5 octobre dernier.Dans un premier temps, j\u2019avais l\u2019impression d\u2019accompagner un écrivain que j\u2019ai lu compulsivement pendant des années et qui se sait maintenant condamné.Car dans ce livre, Mankell nous ouvre la porte de son cheminement intérieur en ce qui concerne la maladie et sa progression.Sa réaction quand tombe le diagnostic du cancer du poumon avec métastase au cou : «La vie a brutalement rétréci en un flétrissement accéléré.Mes pensées sont devenues rares.Un paysage désertique s\u2019étendait en moi et recouvrait tout le reste.» Le chaos s\u2019est emparé de lui.Peur panique d\u2019être englouti dans le sable mouvant.«H m\u2019a fallu dix jours, en dehors des rares heures de sommeil, pour vaincre la terreur qui menaçait de détruire en moi toute capacité de résistance.» Mais il n\u2019a pas été aspiré.«A la fin, j\u2019ai pu ramper hors du trou et commencer à faire face.La solution de me coucher et d\u2019attendre la mort n\u2019était plus envisageable.Il existait des traitements.J\u2019allais les suivre.Même si la guérison était impossible, je pouvais encore vivre longtemps.» S\u2019est alors posée pour lui la question de la peur et du courage.Quel lien entre les deux?«Sans admettre sa peur, peut-on faire preuve de courage ?Je ne le crois pas.» Son état d\u2019esprit quand il entreprend, à 66 ans, les traitements, sans savoir s\u2019ils seront efficaces: «J\u2019ai laissé derrière moi le sable mouvant et j\u2019ai commencé à me construire un courage fondé sur le constat que je ne me débarrasserais jamais totalement de ma peur et que j\u2019acceptais cet état de fait.» De fil en aiguille, il relate les différentes étapes de son combat contre le cancer.Avec cette peur de la mort, toujours là, qu\u2019il creuse encore et encore.Justement.Mankell disparu, que faire de cette peur?me suis-je demandé en reprenant ma lecture.Et je suis tombée sur cette phrase: «J\u2019ai peur de devoir rester mort longtemps.» Souvenirs marquants Mais Sable mouvant est loin d\u2019être seulement le compterendu implacable des jours La traversée du malheur « [Lun] des plus beaux romans de Tremblay, fluide, drôle, tragique, aérien, fatal, courageux.[.] Traversé de moments de grâce, d'humour fou de recueillement, d\u2019affection, bref, de moments de pure beauté.» Marie-Christine Biais, La Presse saeieté (Te *f« ^ntnprists cuHuren^s Québec H S 514 524-5558 lemeac@lemeac.com comptés d\u2019un homme malade.C\u2019est aussi une plongée dans l\u2019enfance.Car devant l\u2019absence de perspective, la mémoire prend le relais, constate l\u2019auteur.«J\u2019ai mis du temps à comprendre qu\u2019elle cherchait ainsi à m\u2019aider, en dégageant une sorte de plateforme qui me permettrait de faire face à la catastrophe.» C\u2019est au moyen d\u2019instantanés qu\u2019il tente de retrouver le garçon qu\u2019il a été.Sans s\u2019appesantir.Même quand il relate l\u2019abandon maternel dont il a été victime tout petit, il passe vite.Quand il y revient plus loin, il précise : «Etre rejeté par sa mère, c\u2019est sans doute ce qui peut arriver de pire à un enfant.Quelqu\u2019un de moins coriace que moi aurait sûrement endossé la culpabilité de son départ, jugeant que, si sa mère était partie, cela voulait dire qu\u2019il ne méritait pas mieux.» Il avait un an quand elle est partie, il en avait quinze quand il l\u2019a revue pour la première fois.Dans un restaurant de Stockholm, il s\u2019avance vers elle, mais elle lève les mains «comme un bouclier» et lui lance : «Ne t\u2019approche pas, je suis enrhumée.» Parlant de cette scène, l\u2019auteur précise ensuite: «Je ne l\u2019oublierai jamais.Chaque fois que j\u2019écris une pièce de théâtre ou un scénario de film, j\u2019essaie de surpasser cette scène, cette réplique.Je doute d\u2019y parvenir.» On suit aussi le parcours du jeune Mankell qui, à 16 ans, abandonne le lycée, quitte la maison paternelle et s\u2019installe à Paris pour six mois, sans le sou, avec l\u2019idée de devenir écrivain.«Je ne suis pas devenu écrivain au cours des mois que j\u2019ai passés à Paris, raconte-t-il.Ce n\u2019était pas important.L\u2019important, c\u2019était de faire le premier pas afin de devenir un être humain doué de conscience.» Cette conscience ne l\u2019a plus quitté ensuite.Conscience de la pauvreté, des inégalités, qui se trouvera répercutée dans son œuvre, tout comme son engagement contre l\u2019ostracisme, le racisme.« Ce qui me reste de ce séjour parisien, poursuit-il, c\u2019est l\u2019expérience réelle de se trouver tout en bas de l\u2019échelle sociale.J\u2019étais un travailleur au noir, mal vêtu, se baladant certains jours avec le ventre creux.Les gens détectent la pauvreté au premier coup d\u2019œil.Sans doute parce que la peur de la contagion est très forte.» L\u2019autre continent Sa découverte de l\u2019Afrique en 1972 sera déterminante.Il y retournera à plusieurs reprises.Puis il implantera un théâtre au Mozambique, où il vivra la moitié du temps, révolté par la pauvreté ambiante, la condition des femmes, le sort réservé aux personnes atteintes du sida.«Durant tout le temps que j\u2019ai passé en Afrique, j\u2019ai vu cette lutte pour la survie qui ne connaît jamais un seul jour de trêve.Chaque soir, l\u2019inquiétude renaît.» Parmi les moments décisifs dans sa vie : celui où il choisit, à 37 ans, de privilégier l\u2019écriture.«Ecrire, décidai-je, c\u2019était orienter ma lampe vers les recoins sombres et tenter d\u2019éclairer de mon mieux ce que d\u2019autres s\u2019efforçaient d\u2019occulter.» Quant à son héros récurrent, le mélancolique et de plus en plus dépressif Kurt Wallander, apparu dans Meurtriers sans visage en 1991 (1994 pour la traduction française) : «Si j\u2019ai écrit sur le crime, c\u2019est parce qu\u2019il éclaire de façon aiguë les tensions et les contradictions qui sont à la base de toute vie humaine.» Tout cela, Mankell le relate par petits bouts, sans suivre un ordre chronologique précis.Entre les différents épisodes de sa vie sont intercalées des considérations sur la marche du monde, passée et présente.L\u2019auteur ne fait pas que regarder le bout de son nez, il se montre curieux des démarches artistiques, des découvertes scientifiques, des fouilles archéologiques et autres percées qui ont permis des avancées pour l\u2019humanité.Il se montre aussi inquiet quant à l\u2019avenir de la planète.Il songe constamment aux futures générations, horrifié devant les déchets nucléaires dont on ne sait que faire.Beaucoup plus qu\u2019une autobiographie ou un bilan de vie, c\u2019est un testament de société que nous a laissé Henning Mankell avec ce livre.Un testament, parsemé d\u2019instants de grâce.«Je vis aujourd\u2019hui dans l\u2019espace accordé par ce répit», notait l\u2019auteur après avoir appris que ses traitements avaient produit l\u2019effet escompté.Pour combien de temps ?«Mais par-dessus tout, insis-tait-il, je vis dans l\u2019attente de nouveaux instants de grâce.» Collaboratrice Le Devoir SABLE MOUVANT FRAGMENTS DE MA VIE Henning Mankell Seuil Paris, 2015, 368 pages L\u2019Académie des lettres du Québec félicite André Roy, lauréat du prix Alain-Grandbois pour son recueil La très grande solitude de l'écrivain pragois Franz Kafka (Les Herbes rouges) Michaël La Chance, lauréat du prix Ringuet pour son roman Épisodies (La Peuplade) ainsi que Michel Lemay, lauréat du prix Victor-Barbeau pour son essai Vortex: la vérité dans le tourbillon de l'information (Québec Amérique).ACADEMIE DES LETTRES DU QUÉBEC feu qui dure Consmtt mrts mt tl9s lettres Québec El El CONSEIL DES ARTS DE MONTRÉAL Montréafi LE DEVOIR, LES SAMEDI 31 OCTOBRE ET DIMANCHE I NOVEMBRE 2015 F 5 LIVRES Dire non, ou le théorème de Pasolini 40 ans plus tard, la vie après la mort du « poète civil » italien Christian Desmeules Cy était dans la nuit du au 2 novembre 1975 sur une plage d\u2019Ostie, tout près de Rome.Pier Paolo Pasolini, battu à mort avant d\u2019être écrabouillé par les roues de son Alfa Romeo Giulia GT.Arrêté au volant de la voiture volée, un jeune prostitué de 17 ans, Giuseppe Pelosi (dit «Pino la grenouille »), était vite passé aux aveux.Mais à la sortie de prison du meurtrier en 2005, la chanson n\u2019était plus la même, il plaidait cette fois son innocence, invoquant trois mystérieux complices et des menaces faites à sa famille.40 ans après sa mort, saura-t-on jamais la vérité ?Assassinat politique commandé ou homicide haineux circonstanciel ?Lorsqu\u2019on pense au climat de l\u2019époque, à l\u2019attentat de la piazza Fontana à Milan en 1969 ou à celui de la gare de Bologne en 1980, aux multiples menaces faites à Pasolini avant sa mort, la tentation est forte de valider tous les scénarios de paranoïa politique.Une thèse que le Pasolini, massacro di un poeta (Ponte aile Grazie) de la journaliste Simona Zec-chi, récemment paru en Italie, semble d\u2019ailleurs acçréditer avec sérieux et méüiode.Ecrivain polémiste, romancier et poète, acteur et cinéaste, metteur en scène, intellectuel engagé, Pasolini, né à Bologne en 1922, avait souligné avec acharnement et méthode la décadence de l\u2019Italie.Marginal et solitaire au sein de Vestablishment littéraire italien, véritable «poète civil», selon la formule de son ami Alberto Moravia, il avait donné voix dans ses romans et dans ses films au sous-prolétariat de la banlieue de Rome, avant de s\u2019intéresser de plus en plus aux injustices du tiers-monde.Que reste-t-il de Pasolini?Un exemple de liberté et d\u2019engagement, teinté d\u2019une foi politique dont le caractère marxiste pourra peut-être sembler aujourd\u2019hui périmé.Mais les conditions de l\u2019aliénation demeurent.Elles prennent simplement aujourd\u2019hui d\u2019autres formes : celles de la religion de la consommation, de la tyrannie du spectacle télévisuel, du bling-bling apathique.Et si le terrifiant vide politique qu\u2019entrevoyait I \u2018 fit AGENCE ERANCE PRESSE Pier Paolo Pasolini avec les acteurs principaux d\u2019il fiore delle mille e una notte, Minetto Davoli et Tessa Bouchet, au Festival de Cannes en 1974.Pasolini avait pris toute son ampleur au cours des « années Berlusconi » ?Avant-garde italienne C\u2019est ce que semble suggérer Paolo di Paolo avec Où étiez-vous tous, son 2® roman traduit en français.Son narrateur, un étudiant en histoire de 27 ans, représentant d\u2019une génération qui a grandi en même temps qu\u2019Harry Potter, reproche à son père, un enseignant qui vient de prendre sa retraite, de ne pas lui avoir transmis d\u2019héritage intellectuel.Sur fond de décomposition de leur petite cellule familiale, le roman de Paolo di Paolo revisite en vitesse les années de pouvoir de Berlusconi, qui semble avoir laissé derrière lui un champ de ruines et semé une immense lassitude politique chez beaucoup de jeunes, pour qui à présent «l\u2019Italie n\u2019existe pas».Il y fait ainsi une rapide radiographie de toutes les faillites contemporaines (intimes, morales ou politiques) de ces «années sans nom», de 1993 à 2013 \u2014 qui correspondent aux années pendant lesquelles Silvio Berlusconi a été aux commandes.Aux commandes du pays et à la tête d\u2019un empire immobilier, de journaux et de magazines, de maisons d\u2019édition et de chaînes de télévision privées.Un politicien téflon, bonhomme Playmo-bil increvable, qui a traîné pendant des années, accrochées à sa chevîlle, une ribambelle de casse roles et «d\u2019affaires»: fraude fiscale, corruption, prostitution de mineure, abus de pouvoir.L\u2019Italie : une sorte de laboratoire social, terrain mouvant de toutes les expérimentations, artistiques ou politiques.Un pays où est d\u2019ailleurs né le futurisme, la première des avant-gardes à naître en Europe au XX® siècle, avec son exaltation de l\u2019urbanité, des machines, de la vitesse, son flirt avec le fascisme.Un pays de sombre avant-garde où un écrivain comme Erri de Luca \u2014 heureusement acquitté le 19 octobre dernier \u2014 a pu être poursuivi devant les tribunaux pour «incitation à la délinquance» pour avoir prononcé un mot de trop.Pasolini le répétait la veille de sa mort à la télévision française : 11 n\u2019y a rien qui ne soit pas politique.En ce sens, le geste le plus politique est peut-être celui de dire non.«Le refus a toujours été un geste essentiel, ra-contalt-11 quelques heures plus tard au cours de son ultime entretien, accordé cette fols à un journaliste Italien.Les saints, les ermites, mais aussi les intellectuels.Les rares à avoir fait l\u2019histoire, c\u2019est ceux qui ont dit non, pas les courtisans et les assistants des cardinaux.» Il y a mille manières de dire non : ce serait peut-être le théorème de Pasolini.Et la poésie, à ses yeux, fait partie de ces choses devenues rares que le « système » ne peut ni assimiler ni digérer.Il ne disait pas autre chose dans L\u2019inédit de New York, un court entretien de 1969 récemment réédité: «On peut lire des milliers de fois le même livre de poésie, on ne le consomme pas.Le livre peut devenir un produit de consommation, l\u2019édition aussi; la poésie, non.» UINÉDIT DE NEW YORK Pier Paolo Pasolini Arléa Paris, 2015,104 pages OÙ ÉTIEZ-VOUS TOUS Paolo Di Paolo Traduit de l\u2019italien par Renaud Temperini Belfond Paris, 2015, 272pages LIBRAIRIE ACHAT À DOMICILE 514-914-2142 Bonheur d'occasion Librairie GALERIE ESPACE LOCATIF DISPONIBLE Fonds universitaires : \u2022\tLittérature, Philosophie, Sciences humaines \u2022\tPleiade Art québécois et international Livres d'art et livres d'artiste Livres anciens avant 1800 Automatistes, Éditions Erta, Refus Global.Bel espace chaleureux pour artistes en arts visuels \u2022 Consultez notre site web pour les tarifs 2016 Salle disponible sans frais pour lancement de livre ou autre événement littéraire 1317, avenue du Mont-Royal Est, Montréal Mathieu Bertrand, Libraire \u2022 514 522-8848 \u2022 1 888 522-8848 www.bonheurdoccasion.com JOSETTE STANKÉ Une ode à la résilience! - Guy CoRNEAU lOSETTF STANKE Une vie en mieux Récit authentique d\u2019une expérience hors du commun, ce livre bouleverse et ravit à la fols.m Josette Stanké, Une vie en mieux W En librairie \u2022 24,95 $ V' ^ EN LIBRAIRIE LE 26 OCTOBRE MARIE LABERGE Pour célébrer ses 40 ans de carrière, Marie Laberge offre cette année un roman d'une profonde humanité et un essai intime.QUI Québ ec Amérique quebec-amerique.com Canada ^ Québec 1 CEUX QUI RESTENT TREIZE VERBES POUR VIVRE F 6 LE DEVOIR LES SAMEDI 31 OCTOBRE ET DIMANCHE I^^^ NOVEMBRE 2015 ESSAIS 00^ f Qui est Justin Trudeau ?RENAUD PHILIPPE LE DEVOIR Louis CORNELLIER O élection de Justin Trudeau au poste de premier ministre du Canada constitue l\u2019apogée de la politique-spectacle.On a comparé le nouvel élu aux John F.Kennedy et Barack Obama.Le couple qu\u2019il forme avec Sophie Grégoire, ex-mannequin et ex-animatrice télé, a été qualifié de «princier».Fils du plus célèbre ancien premier ministre du Canada et petit-fils de James Sinclair, ministre des Pêches dans le gouvernement de Louis Saint-Laurent, Justin Trudeau est aussi le fils d\u2019une mère qui a eu des aventures avec Ronnie Wood, des Rolling Stones, Ted Kennedy, Ryan O\u2019Neal et Jack Nicholson.Le nouveau premier ministre, écrit la journaliste politique acadienne Huguette Young dans l\u2019éclairante biographie qu\u2019elle lui consacre, «est né célèbre».«Même avant de voir le jour le 25 décembre 1971, ajoute-t-elle, il défrayait la chronique.» Qu\u2019en est-il, cela étant, de ses idées, de sa substance intellectuelle?«Qu\u2019est-ce qui, dans votre CV, vous donne les qualifications nécessaires pour devenir le prochain premier ministre du Canada?» lui demandait le soporifique député et ancien astronaute Marc Garneau, en 2013, lors de la course à la chefferie libérale.Bonne question, comme on dit.Même André Pratte, à ce moment, émettait des doutes quant à la capacité du fils Trudeau de diriger le pays.C\u2019est dire.Une bête sociale «On peut difficilement parler de Trudeau père sans évoquer ses grandes capacités intellectuelles, ce que personne n\u2019a jamais mis en doute, tant parmi ses adversaires que parmi ses admirateurs, écrit Young dans Justin Trudeau: l\u2019héritier.Chez le fils, c\u2019est plutôt l\u2019intelligence émotionnelle qu\u2019on remarque derrière son image de beau gars.Il est chaleureux et parle avec émotion.» Est-ce rassurant, suffisant?L\u2019homme, de toute évidence, est plus «une bête sociale, comme sa mère Margaret, qui avait le sens de la fête et le contact facile», note Young, qu\u2019une bête intellectuelle.Son parcours au collège Jean-de-Brébeuf, comme élève, ne fut pas particulièrement remarquable.Contrairement à son père, «il ne laissera guère de traces écrites de son passage, mentionne la journaliste.Aucune mention ou distinction, aucun texte marquant.» Un de ses anciens enseignants le décrit comme «une personne normale, avec une intelligence moyenne- \\\\ On reste avec deux images en tête, celle d\u2019un homme séduisant, énergique, débordant de charisme, sensible; mais aussi celle d\u2019un homme impulsif, erratique Isic] dans ses commentaires, qui manque de contenu.Un homme ambitieux, mais pas rassurant, // \u2014 Extrait de Justin Trudeau: l\u2019héritier supérieure».«Ce n\u2019était pas un génie», précise-t-il.Son parcours scolaire demeure néanmoins appréciable.Détenteur d\u2019un baccalauréat en littérature anglaise, de l\u2019Université McGill, et d\u2019un baccalauréat en éducation, de l\u2019Université de la Colombie-Britannique, Trudeau n\u2019est pas un inculte, et on le dit doté d\u2019une «mémoire phénoménale».Plus encore, on peut même considérer ce profil scolaire à teneur culturelle comme un avantage.Pour une fois qu\u2019un de nos premiers ministres n\u2019est pas un avocat, un économiste ou.un médecin, on ne s\u2019en plaindra pas.«Comme son père, écrit Young, Justin a des idées progressistes, mais on ne connaît pas ses convictions profondes sur une foule de sujets.» C\u2019est probablement l\u2019ex-pre-mier ministre Brian Mulroney qui, en 2014, a le mieux résumé ce qui allait devenir le fameux plan de Trudeau.«Il a un programme, a déclaré Mulroney, et son programme, c\u2019est qu\u2019il n\u2019est pas Stephen Harper.» Promesses et inquiétudes Admettons qu\u2019il s\u2019agit là d\u2019un motif de réjouissance, après dix ans de conservatisme étriqué.Depuis son élection à la tête du Parti libéral du Canada (PLC et non PLQ, comme l\u2019écrit Young deux fois) en avril 2013, Trudeau a fait bien des promesses qui sont musique aux oreilles des partisans d\u2019une politique de centre gauche: annulation des mesures conservatrices de fractionnement du revenu et de hausse du plafond du CELI qui ne profitent qu\u2019aux riches, baisse du taux d\u2019imposition de la classe moyenne et hausse du taux des riches (revenus de plus de 200 000$), annulation de la réforme conservatrice de l\u2019assurance-emploi et de la hausse de l\u2019âge de l\u2019admissibilité aux pensions de vieillesse, engagements à JUSTIN TRUDEAU L'HÉRITIER rétablir le service postal avec facteurs, à légaliser l\u2019usage de la marijuana et à renouer avec l\u2019approche diplomatique canadienne, plutôt que belliqueuse, sur la scène internationale.S\u2019il réalisait toutes ces promesses.Trudeau mériterait assurément des félicitations.Les environnementalistes, toutefois, ont raison d\u2019entretenir des craintes quant à ses convictions écologistes.Trudeau, en effet, a peut-être dit non au projet d\u2019oléoduc Northern Gateway, en Colombie-Britannique, mais semblée favorable à l\u2019oléoduc Energie Est, qui traversera dangereusement le Québec.Les Québécois nationalistes, surtout, ne doivent pas se faire d\u2019illusions.Fils de son père.Trudeau, grand défenseur de la loi sur la clarté, déclarait en 2006 que le concept de nation québécoise était «une idée du XDC siècle» et réitérait en 2007 son opposition à la reconnaissance du Québec comme société distincte dans la Constitution.Même s\u2019il lui arrive de dire, à l\u2019occasion, que le PLC doit être «le porte-étendard du fait français en Amérique», Trudeau, en 2013, se prononçait une fois de plus contre le renforcement de la Charte de la langue française.Sans fermer la porte à des discussions constitutionnelles \u2014 «ces vieux débats», dit-il \u2014, le politicien précise qu\u2019il n\u2019entreprendra rien en ce sens sans demande formelle du premier ministre du Québec, et si cela risque de «créer des divisions».En français, ça veut dire jamais.C\u2019est donc pour un Québec canadien qu\u2019une majorité de Québécois a voté le 19 octobre 2015.Il faut le savoir.louisco @sympatico.ca JUSTIN TRUDEAU: L\u2019HERITIER Huguette Young VLB Montréal, 2015, 248 pages LETTRES A UNEJEUNE CINÉASTE MICHELINE LANCTÔT LA PASSION ET L\u2019INTELLIGENCE D\u2019UNE GRANDE RÉALISATRICE La collection «Lettres à un jeune.»: Les secrets d'un métier, le feu sacré d'une profession vlb éditeur Une société de Québécor Média CRITIQUE La novlangue de la médiocratie Alain Deneault voit dans l\u2019université le temple actuel des médiocres MICHEL LAPIERRE Il semble trop facile pour un intellectuel de haut vol de mépriser le pouvoir universel des médiocres.Pourtant, dans son essai La médiocratie, Alain Deneault, philosophe et politologue, précise que ce pouvoir «ne souffre ni les incapables ni les incompétents».La médiocratie doit donner l\u2019illusion qu\u2019elle est progrès, génie et espoir par l\u2019apparence d\u2019une pensée forte, la ruse des mots creux, la magie de la nouveauté, l\u2019acrobatie de la suffisance.Lorsqu\u2019il s\u2019en prenait à l\u2019exploitation minière ou aux paradis fiscaux, Deneault avait l\u2019avantage de viser des cibles beaucoup plus concrètes.En s\u2019attaquant à V«expert» en qui il voit «aujourd\u2019hui la majorité des universitaires» et «la figure centrale de la médiocratie», l\u2019intellectuel québécois qui enseigne lui-même à l\u2019université risquait de tomber dans le piège des généralités et de l\u2019arrogance.Il l\u2019évite en insistant sur les liens tangibles que le haut savoir entretient avec le monde des affaires.Il rappelle que Guy Breton, recteur de l\u2019Université de Montréal, a évoqué en 2011, de manière détournée, l\u2019effacement de la pensée critique devant les puissants par une formule provocante : «Les cerveaux doivent correspondre aux besoins des entreprises.» Avec pertinence et humour, Deneault signale que le virage insidieux de ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Alain Deneault charment sans convaincre: «L\u2019université fait penser au narcotrafic en bande organisée.» Les dissidents D\u2019ailleurs, l\u2019essai de Deneault, conçu, comme l\u2019auteur lui-même le révèle, à partir de pas moins de 44 chroniques et articles, manque d\u2019unité, donc, malheureusement, de force.Malgré cela et ses références trop livresques, il n\u2019est pas sans rappeler par sa fougue la critique acerbe de l\u2019université que firent de grands esprits dissidents, comme Jacques Ferron dans Historiettes, avec une fine ironie, et Thomas Bernhard dans Maîtres anciens, avec une violence lumineuse.Deneault n\u2019a pas tort de penser que la frénésie informatisée des marchés financiers reflète une économie déshumanisée, que le mécénat et l\u2019aide étatique instrumentalisent l\u2019art, qu\u2019il s\u2019agit.l\u2019enseignement supé-\tdans les deux cas, de 1 _ 1 » \u2022 _ .J _ 1\tr.* A 1 _ 1 _ ._ / 1 \u2022 _ rieur, voire de l\u2019intelligentsia presque entière, se traduit par l\u2019adoption, comme si de rien n\u2019était, d\u2019une novlangue.Ainsi, explique-t-il, les «révoltes politiques» deviennent une «résilience», les «classes», des «catégories sociales», l\u2019expression «justice fiscale» ne passe pas parce qu\u2019on la juge «trop politique».Les exemples sont aussi incisifs qu\u2019éclairants, mais des termes, trop à l\u2019emporte-pièce, auxquels il fait référence pour combattre cette édulcoration, ceux d\u2019Alexandre Afonso, enseignant européen.\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\ \\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\ \\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\ WWSNWNW SNSSSNWWS WSWNWWV WSNWSWjj&v wwwsw\u2019ls méfaits de la médiocratie.Mais il devient combien plus pratique, plus imaginatif, plus charnel lorsqu\u2019il voit dans la génération qui cherchera «à ébranler et sub-vertir les fondements d\u2019institutions médiocrates» celle d\u2019Occupy Wall Street et de notre Printemps érable.Collaborateur Le Devoir LA MÉDIOCRATIE Alain Deneault Lux Montréal, 2015, 224 pages trouves dans la mémoire « [L\u2019auteur] nous donne à lire plus d\u2019une centaine de courts textes, qui sont autant de parcours d\u2019une vie normale qui défile au gré des saisons, avec ses repères, ses inquiétudes, ses rêves brisés.Cette \u201cnormalité\u201d réussit à nous éblouir, par la force des mots.[.] Lire Beauchemin, c\u2019est aller à la rencontre de la sagesse tranquille.» Jacques Lanctôt, Le Journal de Montréal Sotlété de développement des entreprises 514 524-5558 lemeac@lemeac.com Québec H 0 1 "]
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