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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2015-11-16, Collections de BAnQ.

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[" Lise Thibault conservera sa pension de retraite fédérale, malgré sa condamnation Page A 6 Energies fossiles Les consultations publiques débutent sans plusieurs études clés Page A 7 www.ledevoir.com LE DEVOIR Vol.C VI 2 6 0 LE DEVOIR, LE LUNDI 16 NOVEMBRE 2015 1,13 $ + TAXES = 1,30 $ Attentats de Paris Après le choc, la riposte CHRISTIAN RIOUX Correspondant à Paris En France, l\u2019heure est toujours au deuil et à l\u2019unité nationale.Mais l\u2019heure des décisions approche.Dés aujourd\u2019hui, le président François Hollande annoncera comment il entend répliquer aux attentats terroristes sans précédent qui se sont déroulés vendredi.Les pressions sont fortes pour que la France renforce son dispositif de sécurité et son action ep Syrie contre le groupe armé Etat islamique (El), qui a revendiqué ces attentats contre des «idolâtres».Des attentats, disent les islamistes dans leur communiqué, qui ne seraient «que le début de la tempête».Après deux jours confinés chez eux, malgré l\u2019interdiction des rassemblements, les Parisiens se sont regroupés par milliers dimanche devant les six lieux des 10® et 11® arrondissements, où 129 personnes, pour la plupart des jeunes, sont tombées sous les balles d\u2019au moins 7 terro-FRANçois GuiLLOT AGENCE FRANCE-PRESSE Hstos islamistos.Tout le week-eud, les Pari-La tour Eiffel, monument-symbole de la capitale française, était fermée dimanche comme d\u2019autres lieux touristiques de Paris.Des militaires et des policiers surveillent le site depuis les attentats de vendredi, qui ont fait au moins 132 morts.Trudeau maintient le cap Le Canada se retirera des frappes contre le groupe armé État islamique, comme prévu VOIR PAGE A 10 : RIPOSTE Nos textes GUILLAUME BOURGAULT-COTE Les attentats de Paris \u2014 et le durcissement de ton de la commpnauté internationale face au groupe armé Etat islamique (El) \u2014 n\u2019y changeront rien : le Canada entend bel et bien cesser bientôt sa participation à la mission de frappes aériennes contre El, a réitéré le gouvernement libéral dimanche.Dans ce contexte tendu, la décision d\u2019accueillir 25 000 réfugiés syriens d\u2019ici la fin de l\u2019année tient elle aussi la route.«Les événements de vendredi montrent l\u2019importance d\u2019une collaboration entre les alliés dans la lutte contre El, a indiqué au Devoir Dominic Leblanc, leader parlementaire du gouvernement Trudeau.Cela veut dire une implication militaire pour le Canada.Mais nous avons toujours dit et nous maintenons que la meilleure façon pour le Canada de contribuer n\u2019est pas de le faire par des bombardements.La mission de combat devra prendre fin.» Les libéraux entendent plutôt fournir une aide à la formation de soldats locaux, et renforcer le volet humanitaire de la mission canadienne, entre autres.«Nous sommes complètement ouverts à l\u2019idée de discuter avec nos alliés d\u2019autres façons de contribuer à la lutte contre El, VOIR PAGE A 10 : TRUDEAU Après la douleur.Un éditorial de Bernard Descôteaux.Les mercenaires.Un éditorial de GuyTaülefer.Page A 8 Victimes.Le drame, puis l\u2019attente.Page A 2 Le point sur l\u2019enquête policière.Page A 3 La guerre?Une chronique de François Brousseau.Page B 1 Autres textes et analyses dans nos sections Actualités, Idées, Monde et Culture P«INT CHAUD Aujourd\u2019hui Culture > Georges-Hébert Germain, 1944-2015.Le cartographe s\u2019efface.Page B10 Société > Climat et évolution.Les changements climatiques causent des modifications morphologiques chez des espèces d\u2019oiseaux.Page B 5 7\t,\t-_______ Avis légaux.Décès Météo Mots croisés Petites annonces.Sudoku .B6 B4 B7 B7 B4 B2 La métamorphose d\u2019EI JEAN-EREDERIC LEGARE-TREMBLAY Avec les, attentats de Paris, le groupe armé Etat islamique (El) vient de gravir une marche de plus dans l\u2019organisation de la terreur.Le fait d\u2019être parvenu à coordonner en Occident des attaques aussi meurtrières à distance, comme les indices le laissent de plus en plus croire, signale que les djihadistes ont opéré un changement majeur de stratégie.«C\u2019est vraiment une évolution importante pour El, affirme sans détour Djallil Lounnas, professeur de science politique à l\u2019Université Al Akhawayn, au Maroc.Planifier et mener de telles attaques exige une organisation beaucoup plus grande et complexe que d\u2019inciter des loups solitaires à commettre des attentats, ce qui avait été jusqu\u2019ici sa principale stratégie en Occident.On assiste donc depuis quelque temps à un crescendo chez El en matière de complexité technique et d\u2019organisation.» Les attentats de Paris s\u2019inscrivent en effet dans une séquence très rapprochée d\u2019actes similaires par leur envergure : l\u2019abattage d\u2019un avion commercial russe au-dessus du Sinaï début novembre et les attentats dans un bastion VOIR PAGE A 10 : MÉTAMORPHOSE ASSOCIATED PRESS Image tirée d\u2019une vidéo de propagande diffusée sur un site Internet de militants islamistes en janvier 2014.Des hommes s\u2019identifiant au groupe armé État islamique défilent dans la ville syrienne de Raqqa.77831303442447 A 2 LE DEVOIR, LE LUNDI 16 NOVEMBRE 2015 ATTEITATS Combattre Jean-François Nadeau Un matin blême et froid, me suis-je dit en me levant.Pas dehors, mais en dedans de moi.Comment se rendre utile en temps de deuil?Beaucoup prient.Tant et si l^ien qu\u2019on se croirait soudain revenu au Moyen Âge.Est-ce vraiment de plus de religion sur la place publique dont on a besoin en un moment pareil?Et que dire de tous ces drapeaux français dont s\u2019affublent soudain jusqu\u2019aux visages qui s\u2019entrecroisent dans l\u2019éther du Net?Des drapeaux, ne vous semble-t-il pas que tous les peuples de la terre en ont déjà beaucoup trop ?L\u2019horreur déversée sur Paris donne envie de maudire et de haïr.Elle donne aussi envie de tuer sans réfléchir tous ces assassins qui se prennent pour des combattants autant que pour de bons musulmans.Je me surprends moi-même d\u2019être capable de sécréter tant de rage.Et puis, je me résonne un peu, me disant qu\u2019il serait criminel de laisser la haine triompher de bout en bout.En ce vendredi 13 novembre, ce n\u2019est pas l\u2019attaque combinée d\u2019une poignée d\u2019exaltés qui était la plus surprenante.Depuis le massacre de Charlie Hebdo, les spécialistes s\u2019attendaient en effet à une récidive de ce genre.Ce n\u2019était, disaient-ils, qu\u2019une question de temps.11 aura fallu dix mois.Combien de temps avant la prochaine fois?Ce qui surprend est de constater que l\u2019Occident tout entier, bien que prévenu de l\u2019imminence de nouveaux élans sanglants, ne semble pas réaliser davantage aujourd\u2019hui qu\u2019hier les conséquences majeures qu\u2019a sur lui sa politique étrangère lorsque conjuguée aux visées de ces désaxés.Car enfin quelqu\u2019un çroit-il un instant que la Erance, la Russie, les Etats-Unis et tous leurs amis utilisent des avions de combat pour saupoudrer au-dessus de la Syrie, de l\u2019Irak ou de l\u2019Afghanistan des tracts en faveur de la paix et de la fraternité dans le monde ?Qui d\u2019ailleurs vend des armes à ces islamistes ?Cette guerre, comme toutes les guerres, est une boucherie et une saloperie.Etonnant au fond qu\u2019elle n\u2019ait pas plus sali encore chez nous.Car qui peut s\u2019étonner qu\u2019un chien mordu à répétition chez lui par ceux qui veulent lui couper la gorge cherche à son tour à mordre de toute sa rage ?C\u2019est le grand humoriste montréalais, Stephen Leacock, qui racontait, je crois, être toujours surpris d\u2019observer les environs des scènes de drame ou de crime.Près d\u2019une voiture enroulée autour d\u2019un arbre avec ses occupants, il se trouve très souvent, disait-il, quelques badauds occupés à rigoler.Comme si au fond n\u2019importe lequel drame n\u2019altérait pas d\u2019emblée la vie.Mais cela donne lieu par moments à des mises à distance du tragique tout à fait troublantes.Pendant les attaques du vendredi 13, la télévision française a continué par exemple à diffuser, avec son flot de commentaires creux, le match de football Prance-Allemagne, alors même que se déroulait le pire tout autour.Se refuse-t-on de voir le monde autrement que dans la continuité de ses apparences ?Une telle manifestation sportive constitue à sa base un rituel guerrier entre des clans ou des nations recréés symboliquement.Cette fiction ritualisée trouve d\u2019ailleurs des échos bien réels dans des affrontements qui se dessinent entre partisans.Mais ce vendredi-là, tandis qu\u2019on jouait à une guerre siu gazon sjmthédque, il semblait impossible d\u2019envisager l\u2019authendque.Voilà une illustration parfaite d\u2019un des grands paradoxes de notre temps : ne plus être à même de concevoir que le réel dépasse les frontières confortables d\u2019une partie de football ou de hockey.Et on s\u2019étonne d\u2019autant plus alors lorsque la brutalité du monde nous fracasse au toiunant de ces diversions destinées à nous éloigner continuellement de la réalité.La capacité de résistance de notre époque à envisager la réalité du monde apparaît proprement extraordinaire.Qui discute ces derniers jours des attentats au Liban et en Turquie ou encore des massacres qui se poursuivent au Congo ?Comme de raison, les va-t-en-guerre se font entendre plus que jamais.Même le premier ministre du Québec a send le besoin de se transformer en tamboiu-major.Philippe Coujllard se dit soudain prêt à porter le feu en Syrie.EvidemmenL ce sont rarement ceux qui crient ainsi aux armes qui se voient forcés de les prendre poiu en baver.Qn a eu tôt fait d\u2019oublier que ces assassins qui fauchent des citoyens innocents en Qcci-dent ne sont pas des étrangers aux pays touchés.Ce sont le plus souvent des citoyens des pays concernés.Comment lutter alors contre eux en bombardant un pays étranger ?Nous vivons au cœur d\u2019une société complexe, de plus en plus plurielle et mondialisée.Quoi qu\u2019en pensent les aigris qui cherchent à se cacher de ce nouveau monde derrière un paravent identitaire et des lois scélérates, la société ne reviendra pas en arrière.Comment lutter néanmoins contre ces assassins ?Aux nécessités d\u2019une riposte armée, à d\u2019inévitables mesures de sécurité, il ne faut certainement pas oublier de considérer les efforts urgents qui doivent être faits pour mieux voir à intégrer les citoyens au cœur de sociétés qui n\u2019en finissent plus de sécréter l\u2019exclusion.La promotion de la culture, de l\u2019éducation et de l\u2019équité devrait vite être replacée au cœur même des ambitions du monde occidental.Les professeurs du malheur peuvent être chassés.Combattre ces assassins, cela va de soi.Mais il faut aussi voir à combattre la haine qui, à cause de ces graines de nazis, menace désormais de faire doucement son nid en nous.jfn@ledevoir.com À PETER DEJONG ASSOCIATED PRESS Un homme porte deux jeunes filles dans la panique déclenchée près du Carillon, dimanche, après une fausse alerte.Des événements du genre ont eu lieu tout au long de la journée, notamment sur la place de la République, témoignant de la psychose ambiante.Le drame pour les uns, l\u2019attente pour les autres Il reste encore plus de 20 victimes non idenfiées KARL RETTINO-PARAZELLI Quelques jours après les attentats de Paris, les informations qui filtrent au compte-gouttes permettent graduellement de mettre des noms et des visages sur la majorité des victimes des attaques.Mais pendant que des familles réalisent la perte d\u2019un être cher, d\u2019autres se demandent si elles peuvent toujours garder espoir de revoir l\u2019un des leurs.Le premier ministre français.Manuel Valls, a fait savoir dimanche que 103 victimes des attentats terroristes qui ont secoué vendredi la capitale française ont été identifiées, mais que «20 à 30 corps» demeurent pour l\u2019instant anonymes.Dimanche soir, le bilan faisait état de 129 morts et 352 blessés.Ces victimes seront identifiées «dans les heures qui viennent», a déclaré M.Valls, admettant que cette attente est «insupportable» pour les familles.«Nous les accompagnerons aussi sur le plan juridique, sur le plan financier pour soulager ces familles qui sont déjà dans la douleur, pour toutes ces tâches administratives, a-t-il ajouté.Il y a une très grande mobilisation de tous les services de l\u2019État, des associations d\u2019aide aux victimes, des bénévoles, pour les aider.» Le premier ministre français a fait le point lors d\u2019une visite au centre d\u2019accueil de l\u2019École militaire de Paris, qui reçoit les familles à la recherche de leurs proches.11 a alors été interpellé par un père qui, comme d\u2019autres, est rongé par l\u2019inquiétude.«Ça fait deux jours et je ne peux même pas avoir des nouvelles de ma fille qui était au Bataclan.Il n\u2019y a personne qui est capable de me donner des nouvelles de ma fille, a-t-il lancé, la gorge nouée, en interpellant M.Valls.C\u2019est inadmissible dans ce pays.» Dimanche soir, la ministre française de la Justice, Christiane Taubira, a expliqué que ridentification des victimes est compliquée par le nombre de personnes impliquées et le besoin d\u2019obtenir des informations solides en vue d\u2019éventuelles procédures judiciaires.Elle a toutefois voulu se montrer rassurante en affirmant que le nécessaire est fait pour offrir des réponses le plus rapidement possible.Le travail des autorités a également été ralenti parce que les victimes ont été déplacées dans différents hôpitaux, que plusieurs d\u2019entre elles n\u2019avaient pas de pièces d\u2019identité en leur possession et que de nombreux corps ont été laissés sur les lieux des attentats, les secours priorisant les personnes vivantes.Derniers espoirs Les familles qui sont sans nouvelles de leurs proches peuvent utiliser les lignes téléphoniques mises en place par le ministère de l\u2019Intérieur, la Préfecture de police de Paris, ou encore l\u2019Assistance publique des hôpitaux de Paris.Certains tentent cependant de trouver des réponses en publiant sur les réseaux sociaux la photo d\u2019une personne qui n\u2019a pas donné signe de vie depuis vendredi soir.«Mathieu Hoche était au Bataclan.Aucune nouvelle! Merci pour votre aide!» a par exemple écrit Baptiste Chavel sur Twitter, en ajoutant le mot-clic «#rechercheParis », avant d\u2019apprendre le décès de son ami dans les heures suivantes.Le bilan provisoire des attentats de Paris faisait toujours état dimanche de 129 morts et d\u2019au moins 350 blessés.Mais d\u2019heure en heure, les chiffres laissent place à des noms : Romain, Valentin, Panny, Mathias et sa copine Marie.Pour la plupart des jeunes appartenant à la « Génération Bataclan», comme le dtre le quotidien Libération à la une de son édition de lundi, pour rendre hommage aux 89 personnes qui ont perdu la vie alors qu\u2019elles se trouvaient à l\u2019intérieur de la salle de spectacle (voir texte en page A 4).En plus des victimes françaises, les attentats de Paris ont coûté la vie à plusieurs étrangers.Selon la compilation effectuée par l\u2019Agence Prance-Presse, on compte trois Chiliens, trois ressortissants belges (y compris un homme ayant également la nationalité française), trois Espagnols et deux Mexicaines à la double nationalité (américaine dans un cas, espagnole dans l\u2019autreÇ Qn dénombre également des victimes originaires du Portugal, de la Roumanie, de la Tunisie, de l\u2019Algérie, de l\u2019Italie, de la Grande-Bretagne, de l\u2019Allemagne et du Maroc.Le Devoir On aurait pu y être Le témoignage très personnel d\u2019une journaliste indépendante installée à Paris MARIANNE NIOSI à Paris Après les attentats de janvier, nous avons été ahuris par la violence des terroristes.Nous avons pleuré des figures publiques, des journalistes, des concitoyens juifs pratiquants.Vendredi, nous avons senti les balles nous frôler.Nous, les Parisiens du nord-est, tribu progressiste, mélangée, bonne vivante.On aurait pu y être au Petit Camjiodge, au Bataclan, au Carillon ou à La Belle Équipe, au coin de la rue de la Pontaine au roi et du Pau-bourg du Temple, passant par là en chemin vers l\u2019un des nombreux bars et restas du coin, ou simplement rentrant chez nous.Quand on a appris la nouvelle, c\u2019est la première chose qu\u2019on s\u2019est dite.On aiuait pu y être.Et la première chose qu\u2019on a faite, c\u2019est de se signaler vivants.Siu Pacebook, les uns après les autres.Par message texte, on a contacté les amis les plus susceptibles d\u2019être de sortie.Le Carillon.On y avait fêté les 40 ans d\u2019un ami cher quelques semaines après les attentats de janvier.11 habite à quelques centaines de mètres de là.Ce bar est un de ses QG.L\u2019application notification de Pacebook de «contrôle d\u2019absence de danger» s\u2019est allumée vers minuit.Rarement gadget opportuniste n\u2019aiua été aussi bienvenu.La liste des amis en sécurité s\u2019est affichée, s\u2019allongeant de minute en minute.11 a fallu attendre samedi avant que tous les amis proches n\u2019aient donné signe de vie.Certains ont tardé de si longues heures.Pa-brice nous a écrit samedi matin.En pleine horreur, vendredi soir, on avait cherché à en savoir %.BERTRAND GUAY AGENCE ERANCE-PRESSE Les Parisiens se sont regroupés dimanche autour des sites visés, ici près de La Belle Equipe.plus sur les Eagles of Death Metal.Sur Pace-book, le visage de cet ami d\u2019enfance de mon amoureux est apparu parmi leurs fans.« T\u2019as eu des nouvelles de lui?» Qn s\u2019est couchés sans réponse, des images sordides à l\u2019esprit.Qn m\u2019a demandé si les Parisiens avaient eu plus peur cette fois-ci qu\u2019en janvier.Je ne répondrai pas pour tout Paris, mais autour de moi ce n\u2019est pas tant la peur qu\u2019un état de sidération.Nous aurions tous pu en être.Reprendre les terrasses Samedi dernier, la plupart des gens que je connais sont restés sagement chez eux, obéissant aux consignes officielles et cernés par la mort.Le frère d\u2019une telle a passé une partie de la nuit barricadé dans un bar à côté du Bataclan.L\u2019ami d\u2019une autre a quitté le Carillon quelques minutes avant la fusillade.Une copine, revenue d\u2019Asie samedi après-midi, a été accueillie comme une miraculée par tous ceux qui ignoraient son voyage et se rongeaient les sangs de son silence.Dimanche, le soleil s\u2019est levé sur un Paris resplendissant et les rues se sont remplies de gens offensivement joyeux.Ma famille et moi avons mangé au bistrot du coin de la rue.En terrasse, bien exposés, les Parisiens disaient merçle au terrorisme.Et riaient, ostensiblement.À 15h30, lorsque les parcs \u2014 seuls lieux municipaux encore ouverts \u2014 ont fermé, personne ne voulait rentrer chez soi.Sur les hauteurs de la colline de Belleville, les gens faisaient bronzette debout dans le soleil couchant sur la placette surplombant la ville.Les circonstances se sont rappelé à nous lorsque nous avons croisé un jeune homme en larmes.Nous nous sommes presque écartés de son passage pour éviter ce malheiu que nous tâchions si volontairement d\u2019ignorer.Qn ne s\u2019enfermera pas.Qn ne s\u2019arrêtera pas de rire.«On retournera au Carillon», disait un ancien collègue.Ce soir, un ami se réjouissait de voir les terrasses pleines deux jours après les attentats.Au même instant, place de la République, un mouvement de panique secouait la foule après une fausse alerte.Qn respire à nouveau, mais on est profondément meurtris.Et j\u2019avoue qu\u2019à un momenL au restaurant je nous ai trouvés tous un peu téméraires, de manger dehors dans le nord-est de Paris.Collaboratrice Le Devoir LE DEVOIR, LE LUNDI 16 NOVEMBRE 2015 A 3 DE PARIS LOÏC VENANCE AGENCE ERANCE-PRESSE Des centaines de personnes, des centaines de bougies; des badauds se sont recueillis au restaurant Le Carillon, dimanche.BERTRAND GUAY AGENCE ERANCE-PRESSE Les trous laissés par les balles dans la vitrine du Carillon Une enquete transfrontalière Les forces de l\u2019ordre suivent la piste de trois équipes de terroristes NICOLAS GAUDICHET à Paris Ly enquête sur les attentats ' de Paris se partage entre la France et la Belgique, où vivaient une partie des kamikazes présumés.Avec la guerre en Syrie comme toile de fond.Les enquêteurs travaillent sur l\u2019hypothèse de trois équipes de terroristes.La première à frapper a été celle des kamikazes aux abords du Stade de France.Le premier s\u2019est fait exploser à 21 h 20, alors que le match était en cours.Les deux autres déclenchent leur ceinture explosive à 21 h30 et 21 h 53.L\u2019un d\u2019entre eux, Bilal Hadfi, un Français de 20 ans résidant en Belgique, a été identifié.L\u2019opération a été déclenchée pendant le match, alors que les abords du stade étaient presque déserts.La deuxième équipe est entrée vers 21 h 40 dans la salle de concert du Bataclan.Trois assaillants sont morts après l\u2019assaut des forces de l\u2019ordre.Parmi eux, un Français de 29 ans.Omar Ismaïl Mostefaï.Sept de ses proches restaient en garde à vue dimanche soir.Selon une source proche du dossier, la troisième équipe a sans doute mené les trois ftisil-lades qui ont semé la mort dans des bars et restaurants dans l\u2019est de Paris à 21 h 25, 21h32 et21h36.Parmi cette équipe, il y avait sans doute, selon une source proche de l\u2019enquête, Brahim Abdeslam, 31 ans.Français résidant aussi en Belgique, qui s\u2019est fait exploser devant un bar du boulevard Voltaire.Il est l\u2019un des trois frères résidant en Belgique qui intéressent les enquêteurs: Mohamed Abdeslam est en garde à vue en Belgique, et Salah Abdeslam, 26 ans, est introuvable.Bruxelles a lancé un mandat d\u2019arrêt international à son endroit et la police française a diffusé sa photo dans un appel à témoins (voir infographie).En Belgique, sept personnes sont en garde à vue et l\u2019enquête se concentre sur la commune bruxelloise de Molen-beek, considérée comme une plaque tournante des djiha-distes en Europe.Séjours en Syrie Objet d\u2019une fiche de signalement comme personne radica-lisée en 2010, mais passé sous les radars depuis.Omar Mostefaï a très vraisemblablement séjourné en Syrie entre 2013 et 2014.Bilal Hadfi y est aussi allé, selon une source proche de l\u2019enquête, et la question se pose pour d\u2019autres assaillants, identifiés ou en voie de l\u2019être.En sont-ils revenus avec des instructions?Au Bataclan, les kamikazes ont évoqué l\u2019Irak et la Syrie.Un passeport sju\u2019ien, au nom d\u2019Ahmad al Mohammad, 25 ans, a été retrouvé au Stade de Erance.Un migrant en possession de ce document a été enregistré sur l\u2019île grecque de Leros le 3 octobre.II a déposé une demande d\u2019asile en Serbie et sa Attentats : 3 kamikazes français identifiés, un homme recherché Trois équipes de jlhadistes auraient participé aux attentats.Trois frères sont Impliqués m Mort au Stade de France FRANCE < Mort bld Vo taire Formation du réseau 7 arrestations ^dont un des frères de Salah et Brahim Abdeslam Omar Ismaïl Mostefaï, 29 ans Mort au Bataclan Petit délinquant Radicalisation depuis 2010 Aurait séjourné en Syrie en 2014 i» Chartres 1 Lucé Sa mosquée Une voiture Seat noire sans doute utilisée dans les 3 fusillades retrouvée.Plusieurs Kalachnikov à bord La Seat et une Polo, retrouvée près du Bataclan, ont été louées en Belgique BRUXELLES Centre I Bondoufle Son frère en garde à vue Courcouronnes Lieu de naissance de Mostefaï 5 autres proches de Mostefaï en garde à vue Romilly/Seine Son père en garde à vue Molenbeek Arrestations et perquisitions L Fratrie Résidant en Belgique Source ; justices et polices française, belge et aliemande S.RAMIS/L.SAUBADU/A.BOMMENELBM/P/AFP trace s\u2019est perdue en Croatie.Son nom est inconnu des services antiterroristes français.Les enquêteurs restent prudents sur les conclusions à tirer de cette découverte: le passeport est-il authentique?Peut-il avoir été volé ou vendu ?Les auteurs des attaques bénéficiaient d\u2019armes, dont trois kalachnikovs retrouvées dimanche dans une Seat à Montreuil, en banlieue est de Paris.Y ont aussi été découverts cinq chargeurs pleins et onze vides.Il y a forcément un artificier qui a confectionné les ceintures d\u2019explosifs.Eigure-t-il dans les morts?Des spécialistes, qui ne participent toutefois pas à l\u2019enquête, en doutent Point faible Les attaques ont été Revendiquées par le groupe Etat islamique (El).Dans la plupart des actes récents ou des projets d\u2019attentats, il y a trace d\u2019échanges entre les auteurs et des interlocuteurs francophones en Syrie.C\u2019est sans doute un des grands points faibles de l\u2019anti-terrorisme européen, et il semble avoir été bien identifié par El, qui a récemment appelé ses militants en Europe à frapper des pays voisins du leur, où ils sont moins susceptibles d\u2019être repérés.L\u2019enquête sur le carnage évité dans le train Thalys, en août dernier, a montré des faiblesses dans ces échanges d\u2019ipformations.À l\u2019exception de Mostefaï, les assaillants identifiés ne sont pas connus des services français.En revanche, selon une source proche de l\u2019enquête, Salah Abdeslam et Bilal Hadfi étaient dans les fichiers des Belges.Agence France-Presse PATRICK KOVARIK AGENCE ERANCE-PRESSE Place de la République, l\u2019émotion était vive, dimanche.DANIEL OCHOA DE OLZA ASSOCIATED PRESS Des miiiiers de iampions brûiaient en mémoire des victimes.Bruxelles, base arrière des djihadistes C> est à Molenbeek-Saint-Jean, commune de l\u2019agglomération bruxelloise et foyer de l\u2019islamisme radical en Belgique, qu\u2019ont été arrêtées au moins sept personnes dans le cadre de l\u2019enquête sur les attentats de Paris.C\u2019est là qu\u2019aurait été louée une des voitures utilisées par les tueurs.Ce nom apparaît aussi au cours de plusieurs enquêtes sur des attentats récents en Europe.Mehdi Nemmouche, l\u2019auteur de la tuerie du Musée juif de Bruxelles, en mai 2014, qui a fait quatre morts, a séjourné dans cette commune pauvre de la banlieue de Bruxelles.L\u2019enquête qui a suivi l\u2019assaut contre une cellule terroriste à Ver-viers, en janvier 2015, a également conduit vers cette municipalité.Et Ayoub El-Khazzani, l\u2019auteur de la tentative d\u2019attentat dans un train Thalys, en août, y a aussi séjourné.«Je constate qu\u2019il y a presque toujours un lien avec Molenbeek, qu\u2019il y a un problème gigantesque.Les mois passés, beaucoup d\u2019initiatives ont déjà été prises dans la lutte contre la radicalisation, mais il faut aussi plus de répression, a reconnu dimanche le premier ministre belge, Charles Michel.Nous allons travailler de manière intense avec les autorités locales.Le gouvernement fédéral est prêt à fournir plus de moyens pour améliorer la situation sur le terrain, dans tout le pays et dans les endroits où il y a des problèmes.» «Ils ne viennent pas tous d\u2019ici, a répondu la bourgmestre Erançoise Schepmans, et la plupart du temps, ils ne sont que de passage.» La mairie aurait néanmoins mis en place récemment, selon la Libre Belgique, une formation destinée à repérer la radicalisation violente à destination des policiers, agents de quartier, éducateurs, fonctionnaires communaux et professeurs qui y travaillent.Europe sans frontière C\u2019est la Belgique qui, en Europe occidentale, produit le plus de combattants islamistes proportionnellement à sa population.Dans ce petit pays de 11 millions d\u2019habitants, 494 djihadistes ont été identifiés: 272 sont en Sj^rie ou en Irak, 75 sont présumés morts, 134 sont revenus et 13 sont en route, selon les services belges.Malgré le renforcement de sa législation antiterroriste, le démantèlement de filières de recrutement et de cellules terroristes depuis les années 1990 et les condamnations qui ont suivi, la Belgique reste un havre relativement sûr pour les djihadistes.«L\u2019Europe est devenue sans frontière, donc il est normal qu\u2019ils [les auteurs d\u2019attentats] en profitent aussi.Mais il faut faire en sorte que nous ne soyons plus une base pour ceux qui partent faire la guerre en Europe», a déclaré le bourgmestre de Bruxelles, Yvan Mayeur.Le procès du ^oupe sâlafiste SharialBelgium à Anvers en février a aussi mis en lumière le rôle du pays dans la radicalisation de plusieurs jeunes Erançais revenus de Syrie.La Belgique est également une plaque tournante pour le trafic d\u2019armes.Une partie de l\u2019arsenal utilisé dans l\u2019attaque contre Charlie Hebdo aurait été achetée à Bruxelles.Avec l\u2019Agence France-Presse Le Monde A 4 LE DEVOIR LE LUNDI 16 NOVEMBRE 2015 ATTEITATS DE PARIS ANALYSE Ce qui forgera la génération Bataclan En s\u2019attaquant aux lieux festifs de Paris et Saint-Denis, les terroristes ont ciblé le mode de vie hédoniste et urbain d\u2019une génération déjà marquée par Charlie.DIDIER PERON Le terrifiant mur d\u2019images qui se constitue sous nos yeux avec les photographies des victimes identifiées des attentats de vendredi apporte cette confirmation : la population visép par les terroristes du groupe Etat islamique (Ep était clairement ce biotope de jeunes urbains cool qui remplit au crépuscule cafés, gargotes et salles de concert de la capitale.Il faut être singulièrement instruit des habitudes sociales et de la sjan-bolique des lieux pour non pas s\u2019attaquer à un fief touristique ou à une enclave communautaire, mais à une zone à la fois bourgeoise, progressiste et cosmopolite, en cours d\u2019«hipsteri-sation» avancée.Les rues de ce fragment rive droite de la capitale témoignent d\u2019une hétérogénéité sociale et ethnique qui a disparu de bon nombre ,d\u2019autres arrondissements.Echoppes à la mode, bars pakistanais, cafés arabes, bouis-bouis chinois ou vietnamiens, librairies musulmanes et synagogues coexistent dans un espace urbain chahuté.Et le Bataclan était évidemment rempli, ce soir-là, d\u2019un public d\u2019ados et de jeunes adultes venus en toute décontraction applaudir un groupe rock à succès qui joue à fond d\u2019une dérision maligne à l\u2019égard des codes machos et bas de plafond de la sous-culture redneck.L\u2019attentat foiré du Stade de Erance visait quant à lui à détruire l\u2019épicentre d\u2019une ample communion dans l\u2019hédonisme sportif avec, en son cœur, une équipe de Erance elle-même à l\u2019identité composite, dont les plus brillants éléments sont issus des banlieues défavorisées.Deux générations L\u2019heure n\u2019est pas encore au bilan de l\u2019année écoulée, et déjà s\u2019impose l\u2019évidence d\u2019une séquence historique cohérente entre l\u2019attentat contre Charlie Hebdo en janvier et les attaques menées dans les X® et XI® arrondissements de Paris vendredi soir.Deux générations ont été visées.L\u2019assaut des frères Koua-chi entendait faire taire la vieille garde de l\u2019esprit gauchiste libertaire et son insolence laïcarde.Tirer à bout portant notamment sur Cabu (76 ans), sur Wolinski (80 ans), sur Bernard Maris (68 ans), c\u2019était pas de pitié pour les rieurs et pas de respect pour les ancêtres.Les événements de vendredi viennent décimer un autre geme de public, donc.Une même scénographie de l\u2019irruption violente, dans le bureau de l\u2019hebdomadaire le 7 janvier post-conférence de rédaction et dans la salle surchauffée vendredi, alors que le concert bat son plein.Les djihadistes entrent à chaque fois comme pour surprendre et punir un collectif en train de prendre du plaisir ensemble.Si l\u2019on veut bien considérer qu\u2019en Erance, plus que partout ailleurs, une génération se définit par son baptême de révolte ou de manif, qu\u2019il s\u2019agisse des étudiants de Mai 68 ou des émeutiers de 2005, on a le sentiment que, pour la première fois peut-être, une génération naît et meurt la même année.Un gamin peut ainsi s\u2019être fondu dans l\u2019immense cohorte de la manifestation du 11 janvier, après la tuerie de Charlie Hebdo, et s\u2019être fait tuer dix mois plus tard, selon une ordalie djihadiste qui manie la mort aléatoire et la lisibilité des massacres.«Dans les quartiers attaqués, on peut voir des jeunes, cigarette et verre à la main, socialiser avec ceux qui vont à la mosquée du quartier, dit l\u2019historien spécialiste du Moyen-Orient Pierre-Jean Luizard dans une entrevue à Mediapart.C\u2019est cela que [le groupe] El veut briser, en poussant la société française au repli identitaire, [.] que chacun considère l\u2019autre non plus en fonction de ce qu\u2019il pense ou de ce qu\u2019il est, mais en fonction de son appartenance communautaire.» Avoir 20 ans en 2015, c\u2019est être né en 1995, l\u2019année des huit attentats islamistes à la bombe avec la traque de Khaled Kelkal, et c\u2019est avoir 6 ans quand les tours jumelles s\u2019effondrent.On ne sait pas décrire la part obscure, invisible des imprégnations politiques qui façonnent les individus au long cours des années d\u2019apprentissage, quand on sait si bien le faire des traumas privés par la psychanalyse.Libération La conférence sur le climat est maintenue ALEXANDRE SHIELDS Malgré le choc vécu par la Erance, tout indique que la conférence de Paris sur le climat aura bel et bien lieu dans deux semaines, comme prçvu.Pas moins de 80 chefs d\u2019Etat sont attendus pour l\u2019occasion, en plus des milliers de participants provenant de partout dans le monde.«La C0P21 est maintenue», a fait valoir le gouvernement français au cours de la fin de semaine.«Au contraire, plus que jamais ! Sinon, c\u2019est le terrorisme qui gagne», a ^ussi déclaré la ministre de l\u2019Ecologie, Ségolène Royal, en entrevue au magazine Le Point.L\u2019envoyé spécial du président Erançois Hollande pour le climat, Nicolas Hulot, a également souligné qu\u2019une annulation de cet important sommet climatique constituerait une forme de «capitulation».«Il ne s\u2019agit pas d\u2019exposer les interlocuteurs au danger terroriste: il me semble que le Bourget [où doit se tenir la COP21] est un lieu isolé, plus facile à sécuriser que si cela se déroulait au cœur de Paris», a-t-il ajouté, en entrevue à L\u2019Obs.Selon lui, la lutte contre les changements climatiques est aussi une question de sécurité internationale.«Il faut comprendre que la question du réchauffement climatique n\u2019est pas uniquement un problème environnemental: il est très directement associé aux questions de la sécurité internationale et du terrorisme.Alors oui, il faut maintenir la C0P21, justement à cause des attentats ! Quand des millions d\u2019habitants doivent fuir leurs terres à cause de la sécheresse, des inondations ou des typhons, cela aggrave les inégalités et les exclusions dans les pays où le terrorisme fait son miel.Les batailles pour l\u2019accès aux ressources et à l\u2019énergie sont les ferments des guerres de demain, en Orient comme en Occident.» «Il faut utiliser ces événements tragiques pour oublier nos différends insignifiants et nous recentrer sur l\u2019essentiel.L\u2019essentiel, c\u2019est l\u2019avenir de l\u2019humanité», a par ailleurs insisté M.Hulot.Manifestations interdites Les manifestations ont été interdites jusqu\u2019au 19 novembre à Paris.Rien pour le moment n\u2019est dit sur les deux grandes manifestations qui doivent précéder et clore la COP21.Le plus gros cortège est en préparation pour le dimanche 29 novembre, l\u2019autre, le samedi 12 décembre.Les attentats sont survenus à deux semaines du sommet sur le climat (COP21) prévu dans la capitale française, au parc des expositions Paris-Le Bourget.Ce sonimeL qui doit permettre à 195 Etats de signer l\u2019accord de lutte contre les changements climatiques le plus ambitieux de l\u2019Histoire, doit normalement se tenir du 30 novembre au 11 décembre.Le Devoir PEDRO RUIZ LE DEVOIR Ils n\u2019étaient pas 100 000, mais ies marcheurs venus montrer ieur soiidarité y étaient de tout cœur.Unis et debout, pour Paris Des centaines de personnes ont marché à Montréal dimanche EABIEN DEGLISE Wow ! Il y a au moins 100 000 personnes ! » Perché au bout de l\u2019échelle, dans la nacelle d\u2019un camion stationné dans la rue Maisonneuve, à Montréal, un laveur de vitres, téléphone intelligent en main, semblait dimanche matin particulièrement impressionné par la foule qui avançait silencieusement dans sa direction, en provenance du Quartier des spectacles.Mais son collègue, resté sur le trottoir en bas, a rapidement calmé ses ardeurs : «Prends des photos! Tu ne sais même pas compter.» Il n\u2019y avait effectivement pas 100 000 marcheurs, mais tout de même plusieurs centaines de Montréalais qui, dans la fraîcheur d\u2019un petit matin gris de novembre, se sont rassemblés dimanche afin de prendre part à une marche de solidarité pour la Erance et les Parisiens frappés en plein cœur vendredi soir dernier par la haine aveugle de plusieurs kamikazes.Le défilé, à la charge symbolique de circonstance, s\u2019est tenu à l\u2019invitation du maire de Montréal, Denis Coderre.Lucille, jeune Prançaise dans la trentaine installée à Montréal depuis quatre ans, y était.« Quand on vit loin, on se sent touché d\u2019encore plus près».Élan mondial de solidarité Une Marseillaise, hymne national français, sous la direction de Placido Domingo au Metropolitan Opera de New York, un mur à Jérusalem éclairé en bleu, en blanc et en rouge, tout comme le Corcovado de Rio ou la National Gallery à Londres, des fouleç convergeant devant les ambassades au Mexique, aux Etats-Unis, au Costa-Rica pour y déposer fleurs et messages, l\u2019élan de solidarité avec la France s\u2019est répandu partout sur la planète dans les derniers jours pour réaffirmer l\u2019attachement à des sociétés libres et à un monde uni.A Stockholm, samedi soir, la chanteuse Madonna n\u2019a pas annulé son concerL mais l\u2019a ouvert en expliquant que ceux qui «cherchent à nous faire tflire n\u2019y arrjveront pas », avant d\u2019entonner La vie en rose d\u2019Edith Piaf.À Holljzwood, le réalisateur Spike Lee a affiché ses couleurs pour Paris : «Mon cœur est avec tous les gens de Paris», a-t-il dit, alors que sur Twitter, le joueur de tennis Rafael Nadal a transmis son affection et son soutien à la France.De nombreux événements sportifs se sont aussi montrés solidaires.a-t-elle indiqué au Devoir tout en marchant avec en main une pancarte sur laquelle on pouvait lire la locution latine Fluctuât nec mergitur.« C\u2019est la devise de la ville de Paris.Cela veut dire: \u201cIl est battu par les flots, mais il ne sombre pas.\u201d» Au pied d\u2019un immeuble de l\u2019avenue McGill College où le Consulat de France à Montréal tient chancellerie et où la marche, partie de la rue Jeanne-Mance, a pris fin vers 10 h 30, le maire de Montréal a tenu à afficher sa solidarité avec Paris, mais également avec les victimes, les familles des personnes qui ont trouvé la mort, de manière absurde, dans les attentats de vendredi.«Montréal est Paris, a-t-il lancé à la foule.Nous ne céderons pas à l\u2019intimidation, nous allons faire front commun contre la haine pour préserver le vivre-ensemble, nos valeurs d\u2019ouverture et de partage», a ajouté le premier magistrat tout en cherchant à couper court aux discours radicaux, au repli identitaire que les événements tragiques de Paris pourraient induire là-bas, comme ici.«Nous allons également penser aux réfugiés qui ont besoin de notre aide.» Lumière contre obscurité «Nous ne plierons pas l\u2019échine, a renchéri pour sa part la ministre des Relations internationales, Christine St-Pierre, qui représentait le gouvernement du Québec lors de la marche.Ouvrons nos cœurs aussi à ceux qui vont venir ici dans les prochains jours pour chercher un avenir meilleur», a-t-elle ajouté, faisant référence aux réfugiés sjniens que Québec se prépare à accueillir d\u2019ici la fin de l\u2019année.Plusieurs personnalités ont pris part à la marche, dont François Legault, Pierre Karl Péladeau et Méla-niejoly, entre autres.À quelques pas de là, Lolei, une jeune mère de famille d\u2019une trentaine d\u2019années accompagnée de sa fille assise dans une poussette, venait quelques minutes plus tôt de déposer en silence une simple rose blanche au pied de l\u2019immeuble où, depuis vendredi soir, des bougies, des bouquets, des dessins d\u2019enfants évoquant la liberté, la France, la tolérance ont fait leur apparition.«Mon frère habite Paris, a-t-elle résumé tout en s\u2019excu- Calculer le coût de Fonde de choc Le tourisme risque de souffrir des attentats, disent des experts d\u2019un champ d\u2019études de plus ERANÇOIS DESJARDINS Au-delà des effets pernicieux sur la psychologie collective, il semble peu probable que l\u2019attaque terroriste à Paris aura des conséquences profondes sur l\u2019économie française, mais elle est susceptible, à tout le moins, de miner le tourisme pendant un certain temps, estiment plusieurs experts américains consultés par Le Devoir.L\u2019analyse des impacts causés par des attentats est un champ d\u2019études qui a pris de l\u2019expansion aux Etats-Unis depuis le 11 septembre 2001, reposant autant sur l\u2019étude du financement occulte du terrorisme que ses effets, notamment sur la confiance du public, le tourisme, les échanges transnationaux, les dépenses de sécurité et la réglementation.«Jusqu\u2019à ce que les Parisiens et les touristes se sentent plus en sécurité, nous pouvons nous attendre à ce que les gens s\u2019y plaisent moins, avec une réduction frappante du tourisme, du magasinage et de la restauration, surtout chez les touristes», estime Eli Berman, qui a grandi AMR NABIL ASSOCIATED PRESS Des soldats gardaient l\u2019Arc de triomphe, haut lieu touristique, dimanche à Paris.La ville pourrait connaître une saison tranquille.à Qttawa et enseigne l\u2019économie à l\u2019Université de la Californie à San Diego.«L\u2019expérience israélienne nous enseigne qu\u2019une partie de l\u2019activité peut basculer vers Internet, ou vers des endroits où la sécurité est très évidente.Les marchés publics et les cafés vont souffrir.» En dépit d\u2019une hjqieractivité touristique qui fait l\u2019envie d\u2019autres pays, l\u2019économie fran- çaise, sixième au monde, n\u2019est pas perçue comme la plus dynamique du continent.Elle a vraisemblablement emegistré une croissance de 1,1% en 2015, croit l\u2019QCDE.Les dépenses touristiques comptent pour plus de 7 % du PIB, selon le gouvernement français.Cela dit, la mesure précise d\u2019un drame demeure difficile.Les conséquences écono- miques du 11-Septembre étaient immenses en termes absolus (27,2 milliards d\u2019impact direct), ont rappelé en 2005 deux chercheurs dont les travaux ont été publiés par le Fonds monétaire international (FMI), mais elles étaient minuscules en comparaison de l\u2019économie américaine dans son ensemble (0,25% du PIB annuel).«Les récents attentats ont affecté l\u2019économie nationale et l\u2019économie mondiale», ont écrit R.Barry Johnston and Qana M.Nedelescu.«Les conséquences peuvent être déclinées en effets directs à court terme, en effets de confiance à moyen terme et en effets de productivité à long terme.» Effets indirects Quant aux coûts indirects, ont ajouté les chercheurs, ils «peuvent être significatifs et ont le potentiel de miner la confiance du public et des investisseurs».Par exemple, les dépenses habituelles peuvent soudainement se transformer en épargne supplémentaire, «ce qui peut se propager dans l\u2019économie et le reste du monde». LE DEVOIR LE LUNDI 16 NOVEMBRE 2015 A 5 ATTENTATS DE PARIS Couillard met le Québec en garde contre ses « démons » FRANCIS VACHON LA PRESSE CANADIENNE Philippe Couillard a fait un discours devant le consulat de France, à Québec, samedi, entouré de Denis Coderre, Régis Labeaume, Christine St-Pierre, Nicolas Chibaeff (consul) et Pierre Karl Péladeau.ROBERT DUTRISAC Correspondant parlementaire à Québec Le clief libéral, Philippe Couillard, croit qu\u2019en proposant des politiques censées correspondre aux vœux de la population, le Parti québécois et la Coalition avenir Québec ont encouragé le «démon» de l\u2019intolérance à l\u2019endroit des nouveaux arrivants.«Parfois, et même parfois involontairement, en adoptant certaines politiques qui semblent faciles, qui semblent répondre à ce qu\u2019on croit être le souhait de la population, on pose des gestes qui attisent les braises de ces démons qu\u2019on a chez nous», a affirmé Philippe Couillard au cours de la conférence de presse qui a clôturé le Conseil général du Parti libéral du Québec.Le chef libéral a indiqué qu\u2019il éprouvait toujours une «inquiétude» face à l\u2019intolérance au Québec.«Il ne faut pas nier qu\u2019on a chez nous les mêmes démons [que ceux] que les autres sociétés démocratiques connaissent, dont la peur de l\u2019autre, dont la tentation facile du rejet de l\u2019étranger, dont la xénophobie», a-t-il dit.La En adoptant certaines politiques qui semblent faciles^ [,,,]on pose des gestes qui attisent tes braises de ces démons )) Philippe Couillard, premier ministre du Québec bannière qui a été déployée à Québec pour s\u2019opposer à l\u2019accueil de réfugiés sjriens ainsi que la pétition qui circule dans le même but en sont des manifestations.Les leaders politiques doivent tenir un discours «qui nous élève au-dessus de ce niveau et qui rappelle à la population l\u2019importance, au contraire, de la notion d\u2019accueil», les a-t-il exhortés, estimant qu\u2019il s\u2019agirait d\u2019une «récupération inacceptable» que «d\u2019exploiter ces dé-mons-là, de souffler sur ces braises».Charte des valeurs Devant ses militants, dimanche, Philippe Couillard a fustigé le PQ pour sa proposition, c\u2019est-à-dire celle de Jean- François Lisée, d\u2019imposer un délai d\u2019un an à un nouvel arrivant pour obtenir le droit de vote dans un référendum, ainsi que la CAQ qui veut imposer un examen de français aux immigrants trois ans après leur arrivée et procéder à leur expulsion en cas d\u2019échec.En matière d\u2019accueil des immigrants, les deux partis «ont un lourd passif » dont «cet épisode regrettable de la Charte des valeurs qui a vraiment divisé les Québécois», a-t-il fait valoir.Qr le Québec a toujours été une terre d\u2019accueil pour les réfugiés, qu\u2019il s\u2019agisse des boat-people, des Libanais ou des Haïtiens, a-t-il rappelé.11 a réitéré la volonté de son gouvernement d\u2019accueillir 6000 réfugiés sjriens.Si les inquiétudes que soulève leur accueil sur le plan de la sécurité sont «légitimes», selon lui, les vérifications dont se charge le gouvernement fédéral à cet égard sont suffisantes, d\u2019autant que ces réfugiés sont «les premières victimes directes de cette terreur épouvantable».Engagement militaire du Canada Comme il l\u2019avait fait samedi, Philippe Couillard a affirmé que «les actions unilatérales non concertées» des pays dans les conflits en Sjrie et en Irak avaient parfois «des effets très négatifs».Cette approche «fragmentée» fait le jeu du groupe Etat islamique, estime-t-il.Le Canada ne peut rester étranger à cette lutte contre «cet ennemi mortel» et doit se joindre à une offensive multilatérale d\u2019une coalition contre EL « Ce que la communauté internationale demande au Canada de faire, il faut le faire», a-fil soutenu.«Il pourrait s\u2019agir d\u2019autres rôles que des rôles combattants», a évoqué Philippe Couillard, qui ne fera pas pression sur Justin Trudeau pour qu\u2019il épouse ses vues.Le Devoir saut du trémolo qui est apparu dans sa voix./\u2019y ai encore beaucoup d\u2019amis.Ce matin, je voulais montrer à ma fille que la solidarité est toujours mieux que la haine.» «Depuis vendredi, nous vivons l\u2019impensable, a dit à la foule massée près d\u2019elle Catherine Peuillet, consule générale de Prance à Montréal, le massacre de vies innocentes par la violence aveugle.Face à l\u2019horreur, nous n\u2019avons pas peur.Nous sommes meurtris, mais nous ne changerons pas.Leur obscurité n\u2019aura pas de prise sur nous.» Au départ de la marche.Cari, accompagné de ses trois jeunes enfants, était déjà sur cette même tonalité qui semblait commune à bien des marcheurs, dimanche matin.« Je suis ici en solidarité avec le peuple français, a-t-il indiqué au Devoir.Je veux montrer à mes enfants qu\u2019il ne faut pas avoir peur de se tenir debout, de se rassembler, pacifiquement, le visage découvert, pour défendre nos valeurs.» Au loin, on pouvait lire sur des pancartes «Personne ne nous mettra à genoux» ou encore la formule enfantine moqueuse et frondeuse très franco-française : «Même pas peur.» Le Devoir en plus populaire Qutre l\u2019impact touristique, une économie «diversifiée comme celle de la France» ne vivra dans l\u2019ensemble aucun effet pervers après l\u2019attaque, croit Todd Sandler, de fUni-versité du Texas à Dallas.«Plusieurs analyses statistiques appuieraient cette affirmation.Pour une économie plus pauvre ou moins diversifiée, ça serait une autre histoire.» Dans le cas présent, aux yeux d\u2019Alan Auerbach, professeur d\u2019économie à fUniversité Berkeley, l\u2019absence de dommages aux infrastructures fait en sorte que «les effets directs sur l\u2019économie française seront minimes».Pour lui, les répercussions principales seront indirectes.«Il faut prévoir un impact sur le tourisme.Qu\u2019il soit à court ou à plus long terme dépendra de l\u2019évolution de la situation dans les prochaines semaines.» 11 pourrait aussi y avoir «une certaine perturbation » découlant de la sécurité accrue, de même que les coûts de cette sécurité, «mais je ne vois pas là d\u2019impact significatif sur l\u2019économie».Le Devoir Les eaux usées FAITES LA DIFFERENCE Pour protéger le fleuve Saint-Laurent, vous pouvez, vous aussi, contribuer à améliorer la qualité des eaux usées rejetées et ce, tout au long de l'année.Vous ne devriez jamais utiliser votre cuvette de toilette pour jeter serviettes de soins personnels et pour bébés couches cotons-tiges cheveux soie dentaire tampons condoms médicaments périmés graisse alimentaire Pour information : 311 ville.montreai.qc.ca/intercepteur Montréal Pourquoi appuyer Le Devoir Vingt-quatre personnalités connues provenant de multiples milieux de la société québécoise prêtent leur voix dans une série de capsules vidéo afin de soutenir le seul quotidien indépendant au Québec.Aux prises, comme tous les médias traditionnels, avec des changements structurels importants.Le Devoir se trouve aujourd\u2019hui dans une situation financière précaire.À la différence des autres entreprises de presse.Le Devoir ne compte sur aucun groupe financier pour l\u2019appuyer dans la poursuite de sa mission d\u2019information.Ils appuient Le Devoir C\u2019est à mes yeux la principale antenne que nous avons sur le Québec.- Guy Rocher Sociologue C\u2019est un journal qui garde une certaine objectivité et une indépendance vis-à-vis des enjeux que je suis en train d\u2019étudier.- Andrew Molson Avocat 11 est un maillon fragile et en même temps extrêmement solide parce que c\u2019est un esprit libre.- Dominic Champagne Auteur et metteur en scène C\u2019est une perle rare qui nous permet de réfléchir, de penser, d\u2019animer la Cité.- Léa Clermont-Dion Étudiante et auteure Le Devoir, ça fait du bien, ça aide à comprendre, ça défait les mythes.- Catherine Dorion Auteure et comédienne Découvrez les témoignages vidéo de la semaine en visitant jesoutiens.ledevoir.com Comment appuyer Le Devoir Abonnez-vous ou abonnez un ami ou un parent.Faites 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LE DEVOIR LIBRE DE PENSER A 6 LE DEVOIR, LE LUNDI 16 NOVEMBRE 2015 ACTUALITES Lise Thibault conservera ses prestations de retraite MARIE VASTEL Correspondante parlementaire à Ottawa ancienne lieutenant-gouverneur Lise Thi- < bault a beau avoir admis qu\u2019elle a fraudé les gouvernements fédéral et provincial, elle pourra néanmoins continuer de récolter ses prestations de retraite versées par Ottawa.Car le gouvernement fédéral n\u2019a pas l\u2019intention de modifier la loi pour pouvoir les lui retirer.En tant qu\u2019ex-représentante de la reine, Lise Thibault a droit à une pension de retraite régie par le gouvernement fédéral.Malgré sa condamnation au criminel, après qu\u2019elle eut plaidé coupable en décembre à des accusations de fraude et d\u2019abus de confiance, M™® Thibault continue de percevoir cette retraite.«Aucune modification n\u2019est envisagée en ce moment», a indiqué au Devoir un porte-parole du Bureau du conseil privé, Raymond Rivet.«Il n\u2019y a aucune disposition en vertu de la Loi sur les pensions de lieutenants-gouverneurs selon laquelle un lieutenant-gouverneur verrait sa pension suspendue ou retirée et aucune disposition précisant les conditions dans lesquelles un lieutenant-gouverneur verrait sa pension révoquée.» Lise Thibault La loi fédérale prévoit qu\u2019un ex-lieutenant-gouverneur touche une pension équivalant à 30% de son salaire moyen des cinq dernières années en service.Le salaire de Lise Thibault se chiffrait à 110 800$.Elle touche donc une pension annuelle d\u2019environ 33 200$.Le Conseil du trésor n\u2019a pas voulu confirmer ce chiffre, car il s\u2019agit d\u2019une information confidentielle, a-t-on indiqué.Cette somme s\u2019ajoute à d\u2019autres rentes qui sont versées à Lise Thibault.Après des procédures légales qui s\u2019éternisaient depuis 2007, Lise Thibault a reconnu sa culpabilité l\u2019an dernier pour des fraudes de 411 247$.Elle avait réclamé, à tort, le remboursement de toutes sortes de dépenses entre 1998 et 2007.Les procédures légales avaient été entamées à la suite du dépôt d\u2019un rapport des vérificateurs généraux du Québec et du Canada lui reprochant 700 000$ en dépenses injustifiées \u2014 des activités familiales, des sorties de golf et de ski, des vacances au soleil, et autres.Condamnée à 18 mois de prison fin septembre dernier.Lise Thibault a porté sa cause en appel une semaine plus tard et a été libérée sous caution en attendant cette audience, qui doit être entendue en février prochain.Le Devoir SEAN KILPATRICK LA PRESSE CANADIENNE Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau (au centre), discutait avec le premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, au moment de la prise de photo de famille officielle du sommet du G20 à Antalya, dimanche.G20 Baptême diplomatique pour le nouveau premier ministre Justin Trudeau a vanté le potentiel de la jeunesse et a réitéré sa promesse d\u2019accueillir 25 000 réfugiés syriens, devant un panel de gens d\u2019affaires, dimanche MIKE BLANCHFIELD Antalya \u2014 Justin Trudeau a fait ses premiers pas sur la scène internationale, dimanche, en annonçant à un auditoire composé de gens d\u2019affaires que les investissements à long terme dans les infrastructures et dans la jeunesse sont les clés de la croissance économique.Le premier ministre canadien a présenté la Stratégie de croissance ajustée du Canada et la Stratégie d\u2019investissement du Canada dans le cadre d\u2019une rencontre du G20 qui se tient à Antalya, en Turquie, jusqu\u2019à lundi.L\u2019ensemble des pays membres, qui représentent 85% de la production mondiale, ont été invités à présenter leurs stratégies d\u2019investissement dans le cadre de ce sommet.Réfugiés M.Trudeau a réaffirmé l\u2019engagement du Canada à accueillir 25 000 réfugiés syriens.Il a déclaré que le Canada est un pays qui se définit par l\u2019ensemble des valeurs partagées par ses citoyens, et non par leurs différences culturelles.Le baptême du feu de Justin Trudeau sur la place mondiale est marqué par sa décision de retirer les avions de chasse canadiens dp la coalition menée par les Etats-Unis qui cible des,positions du groupe armé Etat islamique en Syrie.Une décision qui est de plus en plus contestée à la lumière des récents attentats qui ont mis la capitale française à feu et à sang.Les attaques meurtrières, qualifiées «d\u2019acte de guerre» par le président français, Erançois Hollande, ont été revendiquées par le groupe terroriste.M.Trudeau s\u2019est brièvement entretenu de manière informelle avec le président américain, Barack Obama, dimanche, mais la participation des CE-18 canadiens n\u2019a pas été soulevée, a fait savoir le bureau du premier ministre.L\u2019arrivée du premier ministre canadien au panel du G20 sur le monde des affaires a été à la hauteur de sa réputation de «rock star» de la politique.Des dizaines de délégués l\u2019ont sollicité pour prendre des égoportraits en sa compagnie.La directrice générale du Eonds monétaire international (EMI), Christine Lagarde, l\u2019a notamment chaleureusement accueilli.Stimuler la croissance Dans la foule qui a assisté au panel se trouvaient également le gouverneur de la Banque d\u2019Angleterre, le Canadien Mark Carney, le président de la Chambre de commerce du Canada, Perrin Beatty, et le secrétaire général de l\u2019Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), José Angel Gurria.M.Trudeau a notamment abordé la question des investissements massifs qu\u2019il compte faire dans les infrastructures pour stimuler la croissance économique du pays.Il a également expliqué pourquoi il s\u2019était désigné ministre de la Jeunesse \u2014 une première pour un premier ministre canadien, a-t-il dit \u2014, avant de lancer un message qui n\u2019avait pas été entendu sur la scène internationale depuis près d\u2019une décennie.«Les changements climatiques sont un véritable défi et la manière dont nous nous préparons aux pressions accrues sur nos écosystèmes et sur nos ressources et sur notre climat sera quelque chose sur lequel nous serons jugés dans les prochaines décennies par les plus jeunes générations», a-t-il mentionné.L\u2019allocution de M.Trudeau était principalement axée sur les stratégies d\u2019investissements et de croissance du pays.Le premier ministre a répondu à deux questions provenant du public, touchant le taux de chômage chez les jeunes et les réfugiés.Il a noté que lorsqu\u2019il a commencé sa carrière d\u2019enseignant il a compris l\u2019importance pour une société d\u2019aider les plus jeunes à avoir du succès, «et c\u2019est pourquoi pour la première fois, le premier ministre du Canada est également le ministre de la Jeunesse».La Presse canadienne LE DEVOIR, LE LUNDI 16 NOVEMBRE 2015 A 7 ACTUALITES ENERGIES EOSSILES Les consultations publiques débutent malgré l\u2019absence de plusieurs études clés ALEXANDRE SHIELDS Même si les consultations publiques des évaluations environnementales stratégiques sur les énergies fossiles débutent ce lundi, pas moins du tiers des études commandées par le gouvernement Couillard n\u2019ont toujours pas été publiées, a constaté Le Devoir.Certaines d\u2019entre elles sont directement liées à des projets d\u2019exploitation et de transport de pétrole particuliérement controversés au Québec.Selon une recension réalisée dimanche, 18 des 62 études menées à la demande de Québec dans le cadre des évaluations environnementales stratégiques (EES) sur les hydrocarbures étaient toujours identifiées comme «disponibles sous peu» vendredi en fin de journée.Il faut savoir que toutes ces études, très techniques, ratissent très large.Elles concernent tous les projets d\u2019exploitation de pétrole et de gaz de la province, en plus du transport par train, par bateau et par pipeline.Les 44 études et les documents connexes publiés le 28 octobre, soit un peu plus de deux semaines avant le début des consultations publiques, représentent d\u2019ailleurs près de 4000 pages d\u2019analyses.A quelques heures du début des quatre jours de consultations prévus la semaine prochaine, le portrait n\u2019est toutefois pas complet.Il manque en fait pas moins de 18 études, dont 10 dans le chantier « Environnement», l\u2019un des six chantiers des EES.Selon ce qui a été dit lors de la rencon- ALEXANDRE SHIELDS LE DEVOIR Parmi les documents pas encore publiés, pas moins de 10 études portent directement siu des enjeux environnementaux poiu l\u2019île d\u2019Anticosti.tre d\u2019«information» tenue le 3 novembre en vue des consultations, l\u2019ensemble des études sera publié d\u2019ici la fin de l\u2019année.Elles risquent donc de ne pas être disponibles au cours des consultations, qui se tiennent seulement cette semaine, de lundi à jeudi, à raison de quelques heures par jour.Projets controversés Parmi les 18 études impossibles à consulter avant les consultations, on compte pourtant des documents liés à des projets de la filière fossile particulièrement controversés au Québec.Une étude s\u2019intitule Examen des risques associés aux traverses df cours d\u2019eau par des pipelines.A lui seul, le pipeline Énergie Est doit traverser pas moins de 641 cours d\u2019eau dans la province, dont le fleuve Saint-Laurent, plusieurs servant de source d\u2019eau potable et certains présentant des risques de glissement de terrain.Une autre étude porte sur les «mesures de prévention, de préparation et d\u2019intervention » en cas de déversement «majeur» en milieu terrestre.Selon la liste du gouvernement portant sur les EES, cette étude «évaluera l\u2019état de préparation des divers intervenants publics et privés, y compris les instances municipales, leur capacité technique et financière et les mécanismes de coordination établis entre eux.Enfin, elle abordera la capacité des entre- prises à supporter le coût des mesures de restauration et de compensation requises.Un volet propre à l\u2019île d\u2019Anticosti est prévu dans l\u2019étude».En ce qui a trait au volet économique, une étude toujours attendue doit permettre d\u2019évaluer les avantages et désavantages de l\u2019exploitation de pétrole et de gaz au Québec, tandis qu\u2019une autre doit aborder V«acceptabilité sociale» des projets de la filière fossile.Même si le gouvernement Couillard a refusé de mandater le Bureau d\u2019audiences publiques sur l\u2019environnement pour étudier le transport de pétrole par train, une étude doit aborder le «transport» du pétrole en général dans le ca- dre de TELS.Elle doit permettre de documenter les activités au Québec, mais aussi «le type d\u2019accidents» et leur ampleur.Cette étude n\u2019était toujours pas publiée dimanche soir.Par ailleurs, un total de 10 études non publiées portent directement sur des enjeux environnementaux pour l\u2019île d\u2019Anticosti.On y retrouve notamment une «évaluation des risques environnementaux des rejets d\u2019eaux usées (après traitement) dans les milieux aquatiques de l\u2019île».Il faut savoir que selon une estimation préliminaire, chaque forage avec fracturation consommerait pas moins de 22 millions de litres d\u2019eau.De tels forages sont prévus pour 2016, mais l\u2019EES n\u2019aborde pas les impacts de la fracturation sur Anticosti.Une autre analyse doit élaborer un «projet type» d\u2019exploitation industrielle de pétrole et de gaz sur Anticosti.«Le projet type servira ensuite à évaluer les impacts de cette filière sur l\u2019environnement, la société et l\u2019économie», précise le site des EES.Les consultations publiques sur les EES débutent ce lundi à Montréal.Le rapport final de TELS est attendu d\u2019ici quelques semaines.Ces EES constituent un jalon important pour l\u2019avenir de la filière pétrolière et gazière au Québec.Elles doivent en effet être utilisées dans le cadre de l\u2019élaboration de la future politique énergétique, mais aussi pour le premier projet de loi sur les hydrocarbures de l\u2019histoire du Québec.Ce projet de loi devrait être présenté au printemps prochain.Le Devoir CENTRES DTNJECTION SUPERVISEE Les partisans optimistes pour l\u2019implantation montréalaise GIUSEPPE VALIANTE Des travailleurs de la santé québécois et des politiciens s\u2019attendent à ce que le nouveau gouvernement libéral à Ottawa approuve l\u2019implantation de centres d\u2019injection supervisée à Montréal, qui serait la deuxième ville au pays à héberger ces emplacements controversés.Certains autres s\u2019inquiètent cependant des effets d\u2019une loi stricte adoptée par l\u2019ancien gouvernement conservateur qui force les exploitants de lieux à naviguer dans des dédales législatifs qui visaient à dissuader les intervenants d\u2019offrir de tels services, selon eux.Le président du centre de santé montréalais qui serait le premier à instaurer un site d\u2019injection supervisée légal dans la métropole n\u2019a «aucun doute» que la nouvelle ministre de la Santé, Jane Philpott, donnera son aval au projet après des mois de «paralysie» avec les conservateurs.Louis Letellier de St.Just croit que le plan pour implan- ter des sites à trois endroits stables, en plus d\u2019un centre mobile, sera sans doute approuvé rapidement, et il pourrait même être en marche dès l\u2019automne prochain.Les défenseurs de ces centres affirment qu\u2019ils offrent un environnement sécuritaire et sanitaire pour les toxicomanes Ce changement de ton réjouit M.Letellier de St.Just, dont le centre communautaire Cactus Montréal travaille avec les toxicomanes et les travailleurs du sexe depuis des dizaines d\u2019années.Un porte-parole de la Ville de Montréal a indiqué que le maire Denis Coderre s\u2019attendait également à une réponse positive du gouvernement de Justin Trudeau sur ce dossier.Santé Canada a refusé de commenter la demande d\u2019autorisation de Montréal, mais la plateforme électorale des libéraux énonçait clairement qu\u2019ils soutenaient l\u2019implantation de tels centres puisqu\u2019ils «diminuent le risque de décès et de maladies pour ceux qui vivent avec la dépendance et des maladies mentales, réduisent les crimes et protègent la santé publique et la sécurité.» Actuellement, Vancouver est la seule ville au Canada où les utilisateurs de drogues injectables peuvent s\u2019injecter des substances illégales sous la supervision d\u2019infirmières et d\u2019autres professionnels de la santé.Les défenseurs de ces centres affirment qu\u2019ils offrent un environnement sécuritaire et sanitaire pour les toxicomanes, qui peuvent en même temps être redirigés vers des programmes de traitements.Ceux qui s\u2019y opposent soutiennent que les sites encouragent la consommation de drogues et attirent les toxico- manes.Ils estiment que le gouvernement ne devrait pas subventionner des endroits où l\u2019on consomme des substances illégales.Horizon débloqué Iæ gouvernement conservateur souscrivait à cette vision et il avait tenté par tous les moyens de fermer le site de Vancouver, Insite, qui a finalement été maintenu après un jugement de la Cour suprême en 2011.Le plus haut tribunal du pays a statué que le gouvernement ne pouvait pas refuser d\u2019offrir des services de santé à des toxicomanes du quartier Downtown Eastside.En réaction au jugement, les conservateurs avaient adopté une loi en juin qui rend «pratiquement impossible» l\u2019ouverture de nouveaux sites, selon Anna Marie D\u2019Angelo, du site Insite.Les villes qui veulent ouvrir de tels centres ont besoin de l\u2019approbation du gouvernement fédéral puisqu\u2019ils nécessitent une dérogation à la Loi réglementant certaines drogues et autres substances.La loi des conservateurs \u2014 connue sous le nom C-2 \u2014 oblige les prochains exploitants de sites à fournir au gouvernement une pléthore de statistiques sur le quartier où le centre ouvrirait.Ils devraient aussi remettre une vérification des antécédents criminels des futurs employés et un compterendu sur l\u2019opposition potentielle au projet dans le quartier.La Presse canadienne EAUX USEES Un volume moins important que prévu déversé JEANNE CORRIVEAU Le déversement d\u2019eaux usées dans le fleuve Saint-Laurent aura été moins important que prévu.La Ville de Montréal a annoncé samedi que l\u2019intercepteur Sud-Est serait remis en service en soirée, soit trois jours plus tôt que prévu.Les travaux dans l\u2019intercep-teur auront pris moins de quatre jours, au lieu des sept jours annoncés initialement.Selon la Ville, ce sont donc 4,9 milliards de litres d\u2019eaux usées qui auront été rejetés dans le fleuve sans traitement, plutôt que 8 milliards de litres.Dans un communiqué diffusé samedi après-midi, la Ville a indiqué avoir pu retirer les 56 cintres décrépits de l\u2019in-tercepteur et avoir réalisé l\u2019ensemble des travaux prévus, notamment le nettoyage des sédiments, l\u2019inspection des structures, certaines réparations préventives ainsi que le calibrage des équipements.«Cette bonne performance est attribuée à l\u2019engagement inconditionnel des experts, des équipes techniques et des partenaires du projet», ajoute-t-on.Les travaux d\u2019aménagement de la chute à neige Riverside débuteront lundi et dureront dix jours maximum.C\u2019est l\u2019installation d\u2019une plateforme de sécurité qui a permis la remise en service de l\u2019intercepteur, mais des rejets d\u2019eaux usées dans le fleuve pourraient survenir, prévient toutefois la Ville.«Pendant ces travaux, nous limiterons la surverse des eaux non traitées du collecteur Saint-Pierre aux heures de travaux [7 h/jour].En conséquence, l\u2019interdiction de contact avec l\u2019eau sera maintenue pour un secteur très localisé du Vieux-Montréal: Habitat 67 et secteur King-Ed-ward», explique la Ville.La Ville a par ailleurs reçu les premiers résultats bactériologiques des échantillons d\u2019eau recueillis dans le fleuve.«Dans la majorité des secteurs, les premiers résultats sont globalement conformes aux valeurs anticipées.Un second lot de données sera déposé demain, dimanche, et permettra une analyse plus globale de la situation », précise la Ville.Le Devoir Résultats des tirages du : 2015-11-14 05 08 23 39 41 48 n.nAj-jj 07 15 17 ilü' 18 46 47 26 compi 33 compi Prochain gros lot (approx.) : 7 000 000 $ 1 LOT GARANTI DE 1 000 000 $ 54178369-05 E|tra 5597643 Résultats des tirages du : 2015-11-13 ^ E|tra 2716025 07I11I19I38I40I41I42 coMPL 4 Prochain gros lot (approx) : 33 000 000 $ zn cas de disparité entre cette liste et la liste oîîicielle de Lctc-Quebec, cette derniere a priorité Congédié?Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Vieux Montréal 514-845-5545 W* Entrepreneurs Pensez ProgranrimeUP2.com (450) 447-0462 \u2019 \u2022 Je tJ'At PLUS t>e PLAisie EMCûee t>es PLAXtnes \u2022 Je t>tet&e une Mppeeie _ Pees&me ue PAtr t>e sums.1\t\u2022 Il Y À jusre hù\\ ùut MMe! LAtsse PAiee, je VAts Le fAiee! \u2022 C\u2018esr LA PA\\JTe t>e peescme je suppôt.\u2018 ùu PAiTTüUJûutis Les Mêpies eeeeuAS je PASse MAU jeMPS À éretut>ee t>es peux radio vm AU CŒUR DE L'ESSENTIEL J LA MUSIQUE CLASSIQUE EST À RADIO VM! r PLUS DE 32 HEURES DE MUSIQUE CLASSIQUE À CHAQUE SEMAINE \u2022\tChants grégoriens \u2022\tCouleurs et mélodies \u2022\tLes complies o l'Abbaye Soint-Benoît-du-Loc ¦ Les mélomanes \u2022\tL'Opéra \u2022\tMusique classique \u2022\tMusique sacrée Récit ou grand orgue n Suivez-nous sur facebook 1 855 212-2020 (sans frais)\t91,3 FM\t100,3 FM\t89,9 FM\t89,3 FM\t104,1 FM m.com\t_\tMONTRÉAL\tSHERBROOKE\tTROIS-RIVIÈRES\tVICTORIAVILLE\tRIMOUSKI A8 LE DEVOIR LE LUNDI 16 NOVEMBRE 2015 EDITORIAL ATTENTATS DE PARIS Après la douleur Le monde entier partage le deuil de la France, frappée par l\u2019attentat de vendredi soir à Paris.Après l\u2019incompréhension, la douleur et la révolte ressenties devant un acte aussi barbare, devant tant de morts gratuites, s\u2019exprime maintenant le refus de cette peur qu\u2019un terrorisme totalitaire cherche à ancrer dans les sociétés occidentales.c Bernard Descôteaux et attentat de Paris ne fait que s\u2019ajouter à une longue liste d\u2019attentats presque quotidiens.Il y a deux semaines, c\u2019est la Russie qui était frappée.Avant, c\u2019étaient le Liban, la Tunisie, l\u2019Algérie, le Nigeria.Toujours des attentats menés par El ou par des groupes associés à al-Qaïda, laquelle avait lancé cette guerre à l\u2019Occident avec le triple attentat du 11 septembre 2001.L\u2019islamisme radical d\u2019EI est conduit par un esprit de soumission entière à un idéal religieux niant cette valeur fondamentale à chaque être humain qu\u2019est la liberté.La liberté de choisir sa vie, la liberté de penser, la liberté de dire.L\u2019attentat contre Charlie Hebdo, c\u2019était la censure de journalistes qui incarnaient la liberté de parole.Vendredi, un pas a été franchi.C\u2019est aux citoyens ordinaires qu\u2019on veut maintenant étendre cette censure, leur niant leur liberté de vivre, de rire, d\u2019avoir du bonheur.Et à travers ces 132 Erançais tués, c\u2019est à tous les Occidentaux que l\u2019on dit « ayez peur ».Il faut bien sûr riposter à cet acte de guerre, comme l\u2019a qualifié le président Erançois Hollande.Oui, c\u2019est une guerre à laquelle on ne peut échapper, car la menace que fait planer El est universelle.Des Canadiens en ont déjà été victimes.Et de toute ma-t\tnière, nous y sommes déjà engagés, puisque le Canada fait partie de la coalition de pays occidentaux qui participe en Irak et en Sjuie à la lutte contre EL Cette riposte doit être mesurée.La pire chose serait de céder à la peur et d\u2019instaurer un état de guerre dans nos pays en donnant aux forces de sécurité des pouvoirs extraordinaires au prix de limites aux libertés individuelles.On ne peut vouloir à la fois défendre la liberté et la réduire.Animé par une obsession sécuritaire, le gouvernement Harper a adopté l\u2019an dernier une loi C-51 qui fait justement cela.Le premier ministre Justin Trudeau sera l\u2019objet de pressions de ne pas revoir cette loi, comme il s\u2019y est engagé en campagne électorale.Il lui faudra prendre garde à ne pas se laisser emporter par la même obsession que son prédécesseur.La menace qui pèse sur le Canada n\u2019est pas celle qui prévaut en Erance.Il ne faut pas revenir non plus sur l\u2019engagement d\u2019accueillir les réfugiés sjuiens, auxquels des voix, ici et ailleurs, invitent à fermer nos portes, sous prétexte que les réfugiés d\u2019aujourd\u2019hui pourraient être les terroristes de demain.C\u2019est oublier que ces réfugiés sont les victimes des exactions d\u2019EI dont on ferait le jeu en n\u2019accomplissant pas notre devoir humanitaire.Au-delà des mesures de protection de nos sociétés, sur les territoires nationaux reste aux pays occidentaux l\u2019action militaire, qui peut être vue comme la seule façon de s\u2019attaquer à la racine du mal.Repousser El dans ses retranchements et le priver des moyens financiers que lui apporte le pétrole réduirait sa capacité d\u2019intervenir, quoiqu\u2019il ne faille pas penser qu\u2019il est possible d\u2019annihiler la pensée djihadiste.Déjà Washington, qui est à la tête de la coalition intervenant en Irak et en Syrie, entend redoubler d\u2019efforts.Le gouvernement Trudeau, qui pensait revoir le rôle du Canada dans cette coalition, aura un choix à faire.Il lui faudra collaborer.Avant toute chose, les pays partenaires de cette coalition devraient peut-être s\u2019interroger sur l\u2019efficacité de leur intervention en zone de guerre.Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, demandait avec justesse samedi si cette intervention ne doit pas être élargie et se dérouler dans un cadre multilatéral.ATTENTATS DE PARIS Les mercenaires Guy Taillefer nnterdit de rire, de danser, de prendre un verre à la terrasse d\u2019un restaïuant.Sous peine de massacre à l\u2019atten-tat-suicide et à la Kalachnikov.«La barbarie terroriste vient de franchir une étape, historique», écrivait vendredi soir, à chaud, le directeur du quotidien Libéra- tion, Laurent Joffrin.«Les lieux visés, dédiés à la distraction et à la convivialité.Vont été à dessein, comme pour bien signifier que les Français sont désormais menacés dans leur vie la plus simple et la plus amicale.» Poiu ce qu\u2019ils visaient et pour leiu modus operandi, les attentats de Paris sont inédits en Occident \u2014 des attentats dont la méthode est du reste le lot quotidien des habitants de Bagdad depuis plus de dix ans.«Dans une attaque bénie dont Allah a facilité les causes, un groupe de croyants des soldats du Califat [.] a pris pour cible la capitale des abominations et des perversions», dif le communiqué de revendication du groupe Etat islamique (El).Oui, les «gangsters» qui ont commis ces attentats ont procédé au nom d\u2019un implacable fanatisme religieux.Mais ce n\u2019est pas que ça.Ils étaient aussi les mercenaires d\u2019une stratégie militaire bien définie \u2014 et c\u2019est en ce sens qu\u2019on peut parler d\u2019un «acte de guerre», ainsi que l\u2019a dit le président Erançois Hollande.Il faut remonter au début des années 1990 pour y voir plus clair.Après la première guerre du Golfe, en 1991, et la défaite irakienne au Koweït, le régime baasiste laïque de Saddam Hussein avait amorcé un virage islamiste sur le plan idéologique.Ce virage se concrétise et s\u2019amplifie en 2003 avec la deuxième guerre du Golfe quand les autorités américaines d\u2019occupation démantèlent l\u2019armée irakienne.S\u2019ensuit le mariage d\u2019intérêt contre l\u2019occupant de milliers de militaires baasistes désœuvrés, mais toujours armés, avec les djihadistes d\u2019al-Qaïda \u2014 dont naîtra plus tard EL Avec le résultat que certains des hommes les plus influents au sein de El sont d\u2019anciens hauts gradés du régime de Saddam Hussein.On n\u2019a pas fini de subir les conséquences et les violences de ce mariage dont les Bush père et fils ont accompagné la célébration.El fait apparemment le pari qu\u2019à commettre des attentats en sol occidental, les gouvernements de ces pays quitteront la Sjuie et l\u2019Irak sous la pression de leur opinion publique.Barack Obama n\u2019en a doimé aucun signe, en tout cas, au sommet du G20, à Antalya, en Turquie.Non plus que la Erance, qui est l\u2019un des principaux acteurs de la coalition internationale qui mène des frappes aériennes \u2014 après s\u2019être fameusement opposée au déclenchement de la guerre d\u2019Irak, en 2003.Comment, poiu l\u2019heure, poiurait-il en être autrement?Les armes bouchent complètement l\u2019horizon.LE DEVOIR FONDE PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 > FAIS CE QUE DOIS! Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-présidente, ventes publicitaires LISE MILLETTE Directeur des finances STÉPHANE ROGER Directrice de ^information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Adjoints PAUL CAUCHON, JEAN-ERANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIEEET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET M i^0 LETTRES Lire sur le trottoir J\u2019arrive à vélo devant ma pharmacie.J\u2019ai quelques médicaments à acheter.Il est neuf heures.La pharmacie n\u2019est pas encore ouverte.Je m\u2019installe un peu en retrait.En plein milieu du trottoir.Debout.Les deux jambes serrent ma barre de bicyclette.Je n\u2019en ai que pour quelques minutes.Je sors un livre de mon sac.La condition humaine, d\u2019André Malraux.Je me mets à lire.Je suis envoûté par les lignes prodigieuses du grand Malraux.Je trouve ça trop beau.Je lis discrètement à haute voix.«On entend la voix des autres avec ses oreilles, la sienne avec la gorge.» Quelqu\u2019un m\u2019aborde.«Il y a quelque chose qui va pas, monsieur?» Je relève la tête et je vois deux jeunes policières.Je leur réponds.Non.Tout va bien.Je lis un livre en attendant que la pharmacie ouvre.Une des deux jeunes policières me dérange dans ma lecture.Elle devient un peu agressive à force de ne pas vouloir l\u2019être.Je suis éberlué.Je me dis : mais dans quel pays vivons-nous?Le Salon du livre ouvre ses portes dans quelques jours.On se tue à inventer une foule de stratégies les plus fantaisistes pour sensibiliser la population à la lecture.Et moi je lis, en plein trottoir, bien installé sur mon vélo, en attendant que la pharmacie ouvre ses portes et je me fais interpeller par la police.Voilà oû nous en sommes.On peut faire n\u2019importe quoi sur un trot- toir.Écouter son iPod.Consulter son téléphone intelligent.Mais lire un vrai livre, format papier, debout, un vélo aux arrêts coincé entre les jambes, non.Vive la police et sa jeune relève.Elle fait tout pour faire évoluer la condition humaine.Louis-Dominique Lavigne, comédien et dramaturge Le 12 novembre 2015 Des radios-venin?Dans toute population, il y a un pourcentage plus ou moins important de gens à l\u2019esprit manichéen (pour ou contre, pas de nuance), souvent très influençables.Le Québec ne fait pas exception, et la ville de Québec non plus ! Contrairement à beaucoup de pays, le Québec n\u2019a pas de parti politique radical d\u2019extrême droite.Est-ce interdit?Ces radicaux n\u2019ont donc pas d\u2019association structurée pour canaliser leur haine des autres.Il leur resje la radio.On voit la même chose aux États-Unis.Même si je n\u2019approuve pas l\u2019existence de ces radios cracheuses de venin, je les préfère à des groupes actifs parfois occultes qui tabassent l\u2019objet de leur haine ou d\u2019autres qui manifestent violemment sur la voie publique sous le couvert d\u2019un parti politique, confrontations en prime.Ou pire : qui risquent de se retrouver au Parlement.En attendant le pire (on vient de sortir de neuf ans d\u2019une version édulcorée) , vous pouvez toujours cesser de fréquenter les commerces qui vantent leurs produits et services sur ces radios.Avec les réseaux sociaux, ça peut faire mal.Serge Sokolski Québec, le 12 novembre 2015 Les sciences humaines.Toute notre vie durant, il faudra se justifier.Des sciences molles aux sciences vides, en passant par les sciences de «pelleteur de nuages».L\u2019avenir n\u2019est pas garanti pour les étudiants de la pensée critique.Dans l\u2019espace public, pouvons-nous nommer plus de 20 personnes œuvrant dans ce domaine?J\u2019en doute fort.Mais quel avenir pour ceux qui font de leur vie un combat continu de recherches, de doutes, d\u2019avancements, d\u2019enseignements et, par-dessus tout, de justifications ?Arrêtons-nous un moment pour penser la place des sciences humaines dans notre collectivité.Nous formons des étudiants dans les sphères universitaires les plus élevées, et ne leur offrons que peu de possibilités de transmettre le fruit de leurs études longitudinales aux autres.Contradictoire, direz-vous ?Anne-Julie Chaîné, étudiante en sociologie à l\u2019Université de Montréal Boisbriand, le 12 novembre 2015 LIBRE OPINION Les croyances meurtrières MARC BOUCHER Laval La mort semée à Paris par ce qui semble être des islamistes intégristes est une brique de plus dans le mur qui s\u2019érige entre les peuples.La peur, la haine, les généralisations sauvages, le racisme, etc., seront exacerbés par ce dernier chapitre d\u2019une tuerie à caractère politico-religieux.«Allahu Akbar!» (Dieu est grand!) a été lancé par les assassins (un véritable commando et non pas un « tueur isolé », cette fois-ci) de citoyens ordinaires mais « mécréants » à leurs yeux.La récurrente demande d\u2019exécution des « infidèles » occidentaux se fera aussi en invoquant la volonté d\u2019Allah.Et puis il faut compter maintenant sur ces appels au djihad en Occident qui contaminent les esprits faibles au point d\u2019en faire des meurtriers prêts à scander, eux aussi, ce qui est devenu un cri de guerre.L\u2019islam radicalisé continue à massacrer tout ce qui n\u2019est pas calqué sur une définition pointue et instrumentalisée de leur livre.Ils se massacrent aussi entre eux, d\u2019ailleurs, pour une question de descendance de leur prophète, ce qui montre bien la gravité et la profondeur du problème.Mais s\u2019ils sont les plus violents, pour des raisons politico-religieuses et historiques, les islamistes intégristes ne sont pas les seuls représentants des crimes issus des religions et de leur instrumentalisation.Ils sont des milliards, convaincus qu\u2019ils prient le Seul, le Vrai et l\u2019Unique.Les autres étant des sous-humains aux yeux des croyants de ce monde, sans parler des polythéistes, des animistes, des agnostiques et autres athées.abstractions incompréhensibles, pour eux, au-delà du Bien et du Mal.Cette notion de «peuple élu» représente d\u2019ailleurs une antithèse de la démocratie et, actuellement, probablement sa principale menace.Les religions, ces «sectes qui ont réussi », sont les grandes négationnistes de l\u2019histoire (sauf pour la fable de leur croyance).Elles nient ainsi la science, le progrès, les femmes, l\u2019autre, la sexualité (sauf comme vecteur de la famille), la matière, l\u2019intelligence, la vie sur terre.convaincues de leur «Vérité», de leur supériorité sur les autres.Guerre sans dieux Beaucoup diront ici que ce discours est sans nuance et ignorant du « mystère de la foi».Je pourrais bien sûr évoquer le besoin de transcendance de l\u2019être humain, des bienfaits ponctuels de certaines églises et de certains religieux, loin du pouvoir, qui ont fait leur honnête devoir auprès de leur communauté.Que dire aussi d\u2019un possible effet bénéfique des croyances, celui induit par la conviction qu\u2019un être supérieur veille sur nous.sorte d\u2019effet placebo sur les angoisses de l\u2019existence et la peur de la mort?Mais le monde est en situation d\u2019urgence et il demande actuellement, de notre part, une lucidité issue d\u2019un savoir qui devra transgresser les croyances et les superstitions.Si on jette un œil siu l\u2019état de ce monde, justement, on verra que les guerres les plus meurtrières, le terrorisme, la principale répression des femmes, les pires ségrégations ethniques, etc., sont alimentées depuis au moins 2000 ans par les croyances et cette inébranlable foi en un dieu tout puissant qui fera, finalement, ce qu\u2019on lui dit de faire.Les rois, les politiciens et beaucoup d\u2019hommes de ce monde ont toujours été bien servis par les dieux et le sont encore.Pas nécessairement pour le bien commun.L\u2019espérance de la paix, la liberté d\u2019expression, l\u2019idée d\u2019une démocratie mondiale, ainsi qu\u2019une réelle équité envers les femmes \u2014 pour ne nommer qu\u2019elles \u2014 devront être sauvées par le savoir et la culture.Au terrorisme religieux, à la barbarie de cette nouvelle «guerre sainte», il faudra entre autres riposter par une guerre d\u2019usure, sans dieux et sans prières, mais avec la foi du progrès humain, menée par des générations.On opposera le savoir à l\u2019ignorance, l\u2019équité à l\u2019injustice et la libre pensée à l\u2019endoctrinement. LE DEVOIR LE LUNDI 16 NOVEMBRE 2015 A 9 IDEES Choisissons Sun Tlsu et non Clausewitz GILLES BIBEAU Professeur émérite, Université de Montréal ne fois passé le temps de la si- Ü dération, une fois accompli le travail du deuil et une fois sorti de l\u2019horreur suscitée par les massacres de Paris, il serait bon que le président François Hollande s\u2019interroge sérieusement avec ses conseillers \u2014 pas seulement ayec les généraux \u2014 et avec les autres chefs d\u2019Etat sur les causes lointaines et proches de la radicalisation de tant d\u2019organisations terroristes et de tant de jeunes \u2014 issus de nos pays et d\u2019ailleurs \u2014 qui répondent aux attaques qui les visent par des actes terroristes dirigés contre nous.Hélas, après la sidération des attentats, la réponse des leaders politiques est tout aussi sidérante : les mêmes maux sont élevés en solution.Encore une fois, nous risquons de privilégier la force des armes plutôt que la diplomatie, en optant pour une guerre à la Clausewitz plutôt qu\u2019un vrai travail, selon la proposition bien plus sensée de Sun Tsu, sur les causes des violences en cours, notamment au Proche-Orient.Ce sont ces deux généraux \u2014 le premier était prussien et le second chinois \u2014 que j\u2019ai mis en scène dans Généalogie de la violence (Mémoire d\u2019encrier, 2015), en signalant que la complexité des conflits en cours et notre massive implication militaire nous invitent, plus que jamais, à nous rallier à la position de Sun Tsu.En écho à G.W.Bush se lançant en guerre pour la défense de nos valeurs au lendemain du 11-Septembre, les dirigeants politiques de la Erance annoncent qu\u2019il faut viser «l\u2019ensemble des capacités du groupe Etat islamique, des centres d\u2019entraînement à ses terminaux pétroliers » (le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, dans un entretien au Journal du dimanche).C\u2019est l\u2019appel à la guerre totale, selon la doctrine de Clausewitz.Exporter la guerre au nom d\u2019une paix recherchée Nous avons porté la guerre un peu partout, sur des terres étrangères, et ce, depuis longtemps déjà.Aujourd\u2019hui encore, nous le faisons au nom de la promotion des droits de la personne, de la défense de nos valeurs et du souci \u2014 bien légitime, il est vrai \u2014 de notre sécurité.Valeurs, droits de la personne et manières de vivre sont encore trop souvent pensés sur l\u2019axe de notre philosophie et de notre propre histoire, dans l\u2019oubli du fait que nous vivons dans un monde globalisé en voie de devenir multipolaire.Eorts de la conviction que le bon droit est de notre côté, nous continuons à exporter la guerre et les armes au nom même d\u2019une paix qu\u2019on prétend poursuivre.Nos avions, nos drones et nos soldats tuent sans qu\u2019on nous fasse vraiment connaître l\u2019ampleur des immenses destructions que nous infligeons, là-bas, à des populations civiles prises, elles aussi, au piège.\u2022 ^\t\\< \\.\\\u2018 V V f î ^ KENZO TRIBOUILLARD AGENCE ERANCE-PRESSE Le premier ministre français, Manuei Vaiis (au centre), et ie ministre de ia Défense, Jean-Yves Le Drian (à gauche) à ieur arrivée sur une base française en Jordanie Comme un boomerang, la guerre que nous menons au Proche-Orient nous rejoint, chez nous, avec une violence qui devrait nous réveiller.Penserons-nous à apporter une autre réponse \u2014 diplomatique, politique, éthique \u2014 ou nous laisserons-nous encore une fois gagner par l\u2019hubris de la toute-puissance de nos armements?11 nous faut une pause pour penser, un recul pour nous réorienter.Au temps d\u2019aujourd\u2019hui qui est dominé par des guerres asymétriques menées à l\u2019échelle du monde, on ne peut que s\u2019attendre, hélas, à la multiplication d\u2019événements meurtriers visant des civils \u2014 80% des morts sont des civils dans les guerres d\u2019aujourd\u2019hui \u2014 et ayant lieu aussi dans nos propres pays.L\u2019industrie des armes Parlant de l\u2019industrie des armes, je crois opportun de reprendre ici une note figurant dans mon livre Généalogie de la violence: «Sous la présidence socialiste de François Hollande, le secteur économique qui a connu la plus grande croissance est celui de l\u2019industrie des armes.Les entreprises d\u2019armement ont contribué en moyenne à 24% du total des exportations françaises sur la période allant de 2010 à 2013.Selon les chiffres présentés par le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian, les commandes nou- velles d\u2019armements à l\u2019exportation ont grimpé de 43%) en 2013, pour atteindre 6,87 milliards d\u2019euros.Par ailleurs, la France intervient militairement depuis 2013 au Mali, en Cen-trafrique, en Irak (et en Sju\u2019ie).» Dans le seul domaine des avions de combat multirôle, Dassault a anno)icé la vente, pour 2015, de 24 Rafales à l\u2019Egypte et de 24 autres au Qatar ; des négociations sont en cours pour de possibles livraisons de 36 appareils à l\u2019Inde et d\u2019un nombre, encore non déterminé, à l\u2019Arabie Saoudite.La Erance se situe aujourd\u2019hui au troisième rang pour la fabrication d\u2019armements, immédiatement après les Etats-Unis et la Russie.Le terrorisme contemporain est un vrai piège pour la pensée, pour celle des leaders politiques comme pour celle de la population en général.Espérons que la sidération qui est la nôtre au lendemain des massacres de Paris, de Beju\u2019outh, d\u2019Ankara, de Tunis et de Bagdad ne nous empêchera pas de nous poser les bonnes questions en débusquant les enjeux idéologiques, économiques, politiques et éthiques qui se cachent derrière «nos procédures de construction de l\u2019ennemi», nos interventions de police à travers le monde et notre industrie des armements.Penser d\u2019une manière autocritique devrait être notre premier acte de résistance.Moi.Parisienne J MYRIAM AZOGUI-HALBWAX L\u2019auteure a émigré au Québec en 2005.Elle est aujourd\u2019hui directrice associée aux relations communautaires et universitaires du Centre consultatif des relations juives et israéliennes.e suis née à Paris.J\u2019ai grandi à Paris.Et j\u2019ai quitté Paris.Paris ma ville, mon monde, ma culture, ma famille, mes amis.Je l\u2019ai quitté parce que je suis non seulement parisienne, mais aussi juive.Et parce qu\u2019il ne m\u2019était plus possible de vivre en étrangère chez moi.Parce que je voyais que mon pays jetait en pâture aux forces obscures mon autre pays, celui auquel je suis connectée à un autre niveau, Israël.Parce qu\u2019au-delà de la défense de ce petit pays et de sa signification pour tout juif, c\u2019est une idée de la liberté qui est en jeu.Parce que ce petit pays, Israël, se bat pour exister, et que ceux qui veulent sa disparition veulent la disparition du droit à la différence.Et que la Erance, mon pays, faisait le pari du plus fort.Alors je suis partie construire ailleurs, au Canada, au Québec, à Montréal.Mais aujourd\u2019hui, je suis hébétée.Pétrifiée.Saisie d\u2019effroi devant ce carnage.Encore un.Car Paris déjà était ensanglanté par le terrorisme dans les années 80 et 90.Paris est encore la victime de cette guerre de lâches, cette guerre qui vise la liberté de chacun d\u2019être un civil dans un pays libre, cette guerre dont les soldats veulent imposer leur dictature et leur mépris de la vie.Cette fois, ce sont les barbares de Daesh qui ont frappé.Proidement.Cjmique-ment.Sans merci.J\u2019ai quitté Paris, mais Paris ne peut me quitter.Voir les quartiers émaillés de tant de souvenirs, le Bataclan où j\u2019ai passé tant de soirées, voir cette ville meurtrie retourner aux heures sombres du couvre-feu qui rappellent tant de douloureux souvenirs, m\u2019a plongée dans un état de peine et de colère.Un monde s\u2019est écroulé.Signes avant-coureurs Et pourtant les signes ne manquaient pas.La menace était réelle.Lorsque des juifs sont attaqués depuis des années, lorsqu\u2019un homme entre dans une école juive pour abattre de sang-froid des enfants parce qu\u2019ils sont juifs, parce qu\u2019aux yeux de ce lâche chaque juif porte une responsabilité dans le conflit israélo-arabe, lorsque d\u2019autres barbares s\u2019acharnent sur un jeune juif pour rançonner sa famille et « sa communauté » ; lorsqu\u2019un autre lâche entre dans une épicerie enchère pour tuer des juifs ; lorsqu\u2019il faut expliquer, débattre du fait que l\u2019incitation à la haine des juifs n\u2019est plus de l\u2019humour; lorsque les actes antisémites violents explosent, que les juifs songent sérieusement, en masse, à quitter leur pays, ce sont des signes.Ce sont des signes qu\u2019il y a quelque chose de pourri dans la République française, qu\u2019il y a quelque chose qui ne fonctionne plus dans le modèle d\u2019intégration qui a fait de la Erance un grand pays.Mais les élites ont préféré parler de « communautarisme ».D\u2019« importation de conflit».L\u2019on a balayé d\u2019un revers de la main les appels à la vigilance formulés par la communauté juive.Personne ne les a écoutés lorsqu\u2019ils disaient leur inquiétude de n\u2019être que les victimes d\u2019une même haine, que ceux qui haïssent Israël sont les mêmes qui défdent contre la Erance, ses valeurs et ses penseurs.Alors il y a eu certes de belles phrases, un renforcement de la sécurité des institutions juives.Mais l\u2019on n\u2019a pas pris conscience du message.Le juif n\u2019est que le canari dans la mine.Les premières victimes de l\u2019obscurantisme et des attaques envers la liberté ont toujours été les juifs.Mais les premiers d\u2019une longue liste.L\u2019Inquisition a vidé l\u2019Espagne de ses juifs, mais a précipité sa fin.Hitler ne s\u2019est pas arrêté aux juifs, mais a persécuté les homo- sexuels, les Tziganes, les communistes, les handicapés.Tous victimes de la barbarie Pourtant les médias français et une certaine élite ont préféré continuer à stigmatiser Israël et tous ceux qui viendraient à son soutien.Sans parler de la récente décision européenne d\u2019étiqueter certains produits israéliens, alors que ces mesures ne s\u2019appliquent à aucune autre région du monde qui fait l\u2019objet de plusieurs revendications territoriales.Pourtant, toutes ces tentatives d\u2019apaiser la bête immonde à la face haineuse n\u2019ont servi à rien.Aujourd\u2019hui, tous les Prançais sans discrimination sont touchés.Tous victimes de la barbarie.Alors le monde va-t-il se réveiller?Poser un vrai diagnostic au mal dont souffre le monde ne peut qu\u2019avancer sa guérison.Et lorsque ma fdle de 8 ans s\u2019est effondrée en larmes quand elle a compris que les attentats avaient ensanglanté la ville de ses grands-parents adorés, lorsqu\u2019elle m\u2019a demandé ce qui motivait ces terroristes et ce qui pourrait les arrêter, j\u2019ai réfléchi.Et puis je lui ai dit que nous ne céderons pas à la terreur que ces barbares veulent insuffler, que rien ne les arrêtera à part notre détermination à vivre.Et qu\u2019lsraël combat ces mêmes ennemis depuis sa création et que jamais nous ne disparaîtrons.Et qu\u2019aujourd\u2019hui le monde avait compris que nous étions tous victimes de la même barbarie.Mais ce soir, j\u2019ai regardé le journal télévisé français.Et lorsque des images montrant les signes de sobdarité internationale ont été présentées, si chaque ville illuminée en solidarité était mentionnée avec son pays, seule Jérusalem au mur des Lamentations tricolore était apatride.Je reste sidérée.Le juif n\u2019est que le canari dans la mine.Les premières victimes de l\u2019obscurantisme et des attaques envers la liberté ont toujours été les juifs.Nouveau terrorisme ?YVES CHARLES ZARKA Professeur à l\u2019université Paris Descartes Sorbonne et actuellement «global professor» à l\u2019Université de Pékin.Il dirige la revue Cités (PUF) qui a publié son numéro 61 au thème «Les nouveaux barbares: terrorismes religieux, politique, culturel».es actes de terreur commis à Paris dans la nuit du 13 novembre ont suscité ici à Pékin une grande émotion, comme un peu partout dans le J monde.La solidarité avec la Erance se manifeste à tous les niveaux de la société chinoise, qui est elle-même confrontée à un terrorisme, mais d\u2019une autre sorte, et pour d\u2019autres raisons.Cela dit, vu de l\u2019extérieur de la Erance, ce qui s\u2019est produit à Paris suscite à la fois la stupeur et l\u2019incompréhension.Comment, après les attentats des 7 et 9 janvier derniers, une telle tuerie, préméditée et organisée de l\u2019intérieur, a-t-elle été possible ces derniers jours?Certes, il y a eu la grande mobilisation du 11 janvier.Mais celle-ci n\u2019a-t-elle pas été, en un certain sens, une manière, sinon d\u2019effacer, du moins d\u2019occulter ce qui s\u2019était véritablement produit à l\u2019époque?En somme, un substitut à ce qui aurait dû être une mobilisation d\u2019un autre type, plus fondamentale, touchant tant la sécurité que l\u2019état d\u2019esprit du pays.A-t-on pris parfaitement la mesure, dans la société et au gouvernement, de la naissance d\u2019une nouvelle forme de terrorisme, dont les signes avant-coureurs se trouvaient déjà dans les actes perpétrés par Mohammad Merah à l\u2019école Qzar Hatorah de Toulouse, et de Medhi Nemmouch au musée juif de Bruxelles ?Le terrorisme intériorisé Le nouveau terrorisme mène une guerre irrégulière d\u2019une autre sorte que celle qui avait eu lieu en 2001 contre les tours jumelles à New York.Les attaques ne relèvent plus d\u2019une source extérieure seulement, mais sont Ce qui est en jeu ne relève pas seulement de la sécurité, mais également de l\u2019état d\u2019esprit soutenues et préparées par des organisations internes à la société française.Le terrorisme s\u2019est intériorisé et par là même aggravé.Qu sait depuis longtemps qu\u2019il existe des caches d\u2019armes dans certains lieux où la police ne va plus, donc laissés à l\u2019abandon par la République.Est-ce que toutes les mesures ont été prises pour les neutraliser ?La police en a-t-elle même les moyens ?Eorce est de constater, à l\u2019issue des derniers massacres, que tel n\u2019est pas le cas.Cela est d\u2019autant plus incompréhensible que le gouvernement français actuel manifeste par là son incapacité à assurer la protection des populations quelques jours seulement avant la CQP21, en vue de laquelle plusieurs dizaines de milliers de personnes sont attendues à Paris.Ce qui est en jeu ne relève pas seulement de la sécurité, mais également de l\u2019état d\u2019esprit.L\u2019heure des concessions intellectuelles, culturelles ou prétendument religieuses doit être close.Ce qui veut dire que les sociétés occidentales, et la société française en particulier, doivent sortir de leur tendance à reculer devant les exigences de plus en plus radicales du multiculturalisme touchant l\u2019éducation, les modes de vie et les valeurs.Nous avons assisté, ces dernières années, à une sorte de démission insensible, mais profonde, devant des exigences visant à défier la résistance des sociétés démocratiques.Se défendre par l\u2019esprit Qu ne se défend pas contre la barbarie islamiste seulement par des armes, mais aussi et peut-être surtout par l\u2019esprit; l\u2019affirmation des valeurs qui sont traditionnellement celles de la Erance : la laïcité, l\u2019égalité, runiversalité de la citoyenneté, etc.C\u2019est d\u2019un nouveau patriotisme républicain dont nous avons besoin.Lui seul permettrait de se mobiliser à la fois contre le terrorisme et contre le détournement dont ces mêmes valeurs font l\u2019objet de la part du Eront national.À défauL il ne faut pas être grand devin pour prévoir que d\u2019autres actes de terreur du même type ne manqueront pas d\u2019avoir lieu.Écrivez-nous! Le Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page les çommentaires et les analyses de ses lecteurs.Etant donné l\u2019abondance de courrier, nous vous demandons de limiter votre contribution à 6500 caractères (y compris les espaces) , ou 1000 mots.Inutile de nous téléphoner pour assurer le suivi de votre envoi: si le texte est retenu, nous communiquerons avec son auteur.Nous vous encourageons à utiliser le courriel {redaction@ledevoir.com), mais dans tous les cas, n\u2019oubliez pas d\u2019indiquer vos coordonnées complètes, y compris votre numéro de téléphone.L\u2019EQUIPE DU DEVOIR REDACTION Véronique Chagnon et Louis Gagne (adjoints a la direction de l information), Antome Robitaille et Guy Taillefer (éditorialistes, responsables de la page Idees), Michel Garneau (caricaturiste), Jacques Nadeau (photographe), Michael Monnier et Obvier Zuida (recher-chistesphotos), information générale : Isabelle Pare (chef de division), Lisa-Marie Gervais (education), PA'SXBnAr& Shields (environnement), Amebe Daoust-Boisvert (santé), Paubne Gravel (sciences), Fabien Degbse (société), Jean Dion\tJessica Nadeau, Phibppe Orfab et Karl Rettmo-Parazelb (reporters), information politique : Marco Fortier (chef de division), Michel David (chroniqueur), Helene Buzzeth et Mane Vastel (correspondantes parlementaires a Ottawa), Marco Belair-Cirmo et Robert Dutnsac (correspondants parlementaires a Quebec), Jeanne Cornveau (affaires municipales, JYIontreal), Isabelle Porter (affaires municipales, Quebec), Guillaume Bourgault-Côte (reporter), Jubé Carpentier (pupitre), information culturelle : Catherine Lalonde (responsable du cahier Livres), Odile Tremblay (cinema), Stéphane BaïUargeon (médias), François Levesque et Carobne ls/ioTvXp)QXit(reporters), Benoît Munger et Phibppe Vwpm&aM(pupitre), information économique : Gerard Berube (chef de division), François Desjardms et Enc Desrosiers (reporters), Gerald Dallaire (pupitre), information internationale : Jean-Pierre Legault (pupitre international, page editoriale et cahier Perspectives^, Sophie Chartier et Jean-Fredenc Legare-Tremblay (pupitre), section art de vivre: Diane Precourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs), Loïc Hamon (cahiers spéciaux), équipe internet: Laurence Clavel, Mane-Pier Frappier et Genevieve Tremblay (pupitre), Martin Blais, Annabelle Caillou, Justine Daneau, Florence Sara G Ferrans et Corabe Mensa (assistants) , correction : Andreanne Bedard, Isabelle Doivd, Christine Dumazet et Michele Malenfant , soutien à la rédaction: Amebe Gaudreau (secretaire), Laura Pelletier et Arnaud Stopa (commis) DOCUMENTATION Manon Derome (JSLontreal), Denise Ledoux (Ottawa), Dave Noel (Quebec) PUBOClTE Mebsande Sunard (adjointe par interim), Jean de Billy, Jean-François Bosse, Marlene Côte, Evelyne De Varennes, Amel Ebmam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebai (publicitaires), Sylvie Laporte (avis legaux), Amebe Maltais (coordonnatrice), Laurence Hemond (secretaire) PRODUCTION Bruno Dubois, China Marsot-Wood, Yannick Monn et Nathabe Zemaitis INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur web), Imane Boudhar (analyste programmeur), Hansel Mattheivs (technicien informatique) PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Genevieve O\u2019Meara (coordonnatrice des communications et de la promotion), Catherine Gentilcore (coordonnatrice du service a la clientele), Manon Blanchette, Nathabe Eibon et Kevin McKissock ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Claudette Bebveau (adjointe administrative), Elorentina Draghici et Xavier Pigeon (par interim) A 10 LE DEVOIR, LE LUNDI 16 NOVEMBRE 2015 ACTUALITES RIPOSTE SUITE DE LA PAGE 1 siens ont découvert avec stupeur les noms et les visages de ces victimes qui étaient parfois des pro,elles, des voisins ou des amis.Ils s\u2019appelaient Elodie, Ciprien, Claire ou Nicolas.Ils étaient musiciens, étudiants ou avocats.Ils étaient Français, Américains ou Chiliens.Tous n\u2019étaient coupables que d\u2019être allés écouter de la musique, d\u2019avoir assisté à un match de soccer ou d\u2019avoir pris un verre sur une terrasse.Mais l\u2019heure du deuil achève.Dès ce lundi matin, les Français reprendront le chemin de l\u2019école et du travail.Même si à midi tout le pays s\u2019immobilisera pour observer une minute de silence en mémoire des victimes, le débat fait déjà rage sur la façon de riposter aux terroristes.Contrairement à la trêve et aux journées de ferveur qui avaient suivi l\u2019attentat contre Charlie Hebdo en janvier dernier, cette fois, la politique n\u2019a pas mis longtemps à reprendre ses droits.Un pays « en guerre » Samedi, François Hollande a dit considérer les attentats djihadistes comme des «actes de guerre, commis par une armée terroriste», précisant que la France serait «impitoyable à l\u2019égard des barbares» et qu\u2019elle «agira avec tous les moyens dans le cadre du droit [.] et sur tous les terrains, intérieurs comme extérieurs».Reste à savoir ce que signifie être «un pays en guerre».C\u2019est ce que le président devrait préciser lors d\u2019une allocution solennelle cet après-midi à Versailles devant le Congrès du Parlement, regroupant tous les élus de l\u2019Assemblée nationale et du sénat.De plusieurs secteurs de la société française, des voix montent appelant le président à adopter ce que certains appellent déjà un «Patriot Act» à la française.Samedi, un conseil des mi- nistres exceptionnel a déjà opposé les partisans de mesures d\u2019exception à ceux qui jugent suffisant l\u2019arsenal sécuritaire actuel.Le ministre de l\u2019Intérieur, Bernard Cazeneuve, a annoncé dimanche soir sur France 2 que l\u2019état d\u2019urgence serait prolongé pendant au moins trois mois.La loi, qui n\u2019avait pas été décrétée sur tout le territoire depuis 1955, autorise «d\u2019interdire la circulation des personnes ou des véhicules», d\u2019instituer «des zones de protection ou de sécurité où le séjour des personnes est réglementé».Elle permet d\u2019interdire le séjour «à toute personne cherchant à entraver, de quelque manière que ce soit, l\u2019action des pouvoirs publics».Le ministre de l\u2019Intérieur a de plus précisé dimanche que cette loi serait bientôt réécrite.Le 24 juin dernier, l\u2019Assemblée nationale avait déjà renforcé les pouvoirs de surveillance du renseignement français.A l\u2019Elysée, on affirme qu\u2019il n\u2019est pas question d\u2019invoquer l\u2019article 16 de la Constitution, qui permet de donner les pleins pouvoirs au président.S\u2019allier à la Russie ?L\u2019ancien président Nicolas Sarkozy a été le premier à rompre la trêve.Reçu dimanche à l\u2019Elysée par François Hollande, le chef des Républicains n\u2019a pas hésité à critiquer la politique sécuritaire et internationale du président.«Nous avons besoin d\u2019inflexions majeures pour que la sécurité des Français soit pleinement assurée», dit-il.Nicolas Sarkozy, qui n\u2019avait pas hésité quelques semaines plus tôt à rencontrer Vladimir Poutine, prône une intervention militaire commune contre le groupe armé EL «Le mot guerre n\u2019est pas un mot qu\u2019on évoque au ha-sarfl» ou «avec légèreté», a-t-il déclaré.A droite, le député Laurent Wauquiez préconise rien de moins que l\u2019internement administratif de toutes les personnes qui ont une fiche «S» dans les services de renseignement.Cela pourrait impliquer plusieurs milliers de personnes associées à l\u2019islamisme radical.Sur La France bombarde Raqqa Paris \u2014 Dix chasseurs-bombardiers français ont largué vingt bombes dimanche sur le fief de El à Raqqa, dans le nord de la Syrie, détruisant un poste de commandement et un camp d\u2019entraînement, a annoncé le ministère de la Défense.«Le premier objectif détruit était utilisé par Daesh [acronyme du groupe El en arabe] comme poste de commandement, centre de recrutement djihadiste et dépôt d\u2019armes et de munitions.Le deuxième objectif abritait un camp d\u2019entraînement terroriste», a détaillé le ministère dans un communiqué.Douze appareils, dont dix chasseurs, ,ont été engagés simultanément à partir des Emirats arabes unis et de la Jordanie et ont largué vingt bombes.L\u2019opération a été conduite en coordination avec les forces américaines, précise le ministère.Agence France-Presse France 2, l\u2019avocat Arno Klarsfeld a soutenu que «si on est en guerre, il faut prendre les mesures qui conviennent».Concernant le groupe armé El, «pendant trois ans, nous avons laissé grandir un monstre», tranche l\u2019ancien juge antiterroriste Marc Trévidic.Le retour des frontières A trois semaines des élections régionales, la présidente du Front national.Marine Le Peu, a aussi été reçue par François Hollande.Elle propose la fermeture non pas temporaire, mais «définitive des frontières».«Sans frontières, il n\u2019y a ni protection ni sécurité possible», dit-elle.Selon elle, «la France doit enfin déterminer quels sont ses alliés et ses ennemis.Ses ennemis, ce sont ces pays qui entretiennent des relations bienveillantes avec l\u2019islamisme radical.» Même le centriste Jean-Christophe Lagarde reproche au chef de l\u2019Etat une absence de stratégie militaire.«Il faut que l\u2019OTAN intervienne pour appuyer les forces kurdes», dit-il.L\u2019ancien premier ministre François Fillion n\u2019est pas en reste.Il appelle François Hollande à changer de stratégie au Proche-Orient et l\u2019invite aussi à adopter des mesures radicales, comme l\u2019a fait la Grande-Bretagne dans la guerre contre LIRA.Ces propos ont un écho réel dans la population.«On a franchi un cap.On n\u2019est plus devant des attentats ciblés comme ceux de Charlie Hebdo, mais devant un terrorisme qui veut faire le plus de victimes possible», dit Frédéric, venu se recueillir avec ses enfants devant le café La Belle Equipe, rue de Charonne, où sont tombés 19 innocents.De nombreux observateurs ont souligné que, malgré les demandes répétées de la France, l\u2019Union européenne n\u2019avait rien fait pour permettre l\u2019échange d\u2019informations sur les déplacements en Europe et le contrôle aux frontières de Schengen.La présidence luxembourgeoise de fUnion européenne a décidé dimanche de convoquer une réunion d\u2019urgence des 28 ministres européens de l\u2019Intérieur et de la Justice vendredi à Bruxelles, à la demande de la France, à la suite des attentats de Paris.Cette réunion est «destinée à renforcer la réponse européenne et à assurer le suivi et la mise en œuvre des mesures décidées», a annoncé le ministre luxembourgeois de la Sécurité intérieure, Etienne Schneider, dans un communiqué.«Face à la barbarie, face au terrorisme, l\u2019Europe est unie et aux côtés de la France», a-t-il assuré.Dimanche soir, le parvis de l\u2019église Notre-Dame était bondé alors que le glas a résonné deux fois en mémoire des victimes.Dès ce lundi, les politiques devront décider comment la France entend répondre à ces attaques.Avec l\u2019Agence France-Presse Le Devoir Le groupe armé État islamique en cinq dates 2006 Le groupe est fondé et regroupe les membres d\u2019al-Qaïda en Irak et d\u2019autres bandes djihadistes.2012 II prend pied en Syrie.Juin 2014 II fait une percée spectaculaire en Irak, s\u2019empare de Mossoul et proclame l\u2019établissement d\u2019un califat.Août 2014 Les Américains engagent leurs forces aériennes en Irak pour lutter contre EL La France, le Royaume-Uni, le Canada et d\u2019autres pays d\u2019Occident et du Moyen-Orient se joignent à l\u2019effort militaire le mois suivant.Novembre 2015 El mène ses plus importantes opérations terroristes à l\u2019extérieur de son territoire, soit en Egypte, au Liban et en France.METAMORPHOSE SUITE DE LA PAGE 1 du Hezbollah à Beyrouth jeudi, la veille des attaques à Paris.Les armes utilisées à Paris par les terroristes (grenades, kalachnikovs et ceintures d\u2019explosifs) signalent à elles seules le niveau de sophistication atteint par El, estime M.Lounnas.«Tout cela est difficile à obtenir ou à construire.Une kalachnikov, ce n\u2019est pas un simple fusil de chasse.Et une ceinture d\u2019explosijs, il faut savoir la construire, puis la porter.C\u2019est très délicat.Ça nécessite du savoir-faire.» L\u2019enquête ne fait que commencer, mais les indices pointent déjà vers un niveau de coordination jamais vu de la part d\u2019EI à l\u2019extérieur de la Syrie et de l\u2019Irak.Dimanche, le ministre français de l\u2019Intérieur, Bernard Cazeneuve, a affirmé que «les attentats abjects qui nous ont frappés vendredi ont été préparés à l\u2019étranger et ont mobilisé une équipe d\u2019acteurs situés sur le territoire belge et qui ont pu bénéficier, l\u2019enquête le dira, de complicités en France».Un membre de la commission du renseignement au Congrès américain a également affirmé que ces attentats ont «vraisemblablement» été préparés depuis la Syrie.Du «califat» à Paris Orchestrer \u2014 et non pas seulement inciter à commettre \u2014 des attentats à l\u2019étranger est donc chose nouvelle pour EL Lorsque ces djihadistes sont parvenus à l\u2019été 2014 à prendre de façon spectaculaire le contrôle de vastes pans de territoire en Syrie et en Irak, leur objectif principal était de consolider leur emprise territoriale afin d\u2019établir un «califat», tout en luttant contre leurs ennemis locaux.Mais la récente vague d\u2019attentats dans le Sinaï en Egypte, à Beyrouth au Liban et à Paris force à revoir l\u2019évaluation de la stratégie d\u2019EI.«Avant ces attentats, FI se contentait d\u2019inciter des personnes à l\u2019étranger à mener des attaques.Et il essayait principalement d\u2019attirer toutes les personnes jugées compétentes possibles vers la Syrie et l\u2019Irak afin qu\u2019elles participent à la construction de son \u201cÉtat\u201d», affirmait samedi au média en ligne Vox William McCants, affilié au centre de recherche Brookings et auteur de The ISIS Apocalypse (St.Martin\u2019s Press, 2015).« [Or les attaques de Paris] suggèrent que le groupe a changé d\u2019objectif et est prêt à di- riger plus de ressources vers des opérations à l\u2019étranger.» Il n\u2019est pas impossible, ajoute M.McCants, que cette nouvelle approche soit déterminée en partie par les difficultés que rencontre El en Irak et en Syrie.Il estime en effet que les djihadistes ont perdu environ 25% du territoire qu\u2019ils contrôlaient jusqu\u2019à tout récemment.«Je crois qu\u2019EI a fait le calcul qu\u2019il ne peut plus poursuivre sa stratégie d\u2019expansion en Syrie et en Irak sans changer le calcul des ennemis qui empêchent présentement son expansion», soit la France, les autres membres de la coalition militaire et la Russie.Et maintenant, quelle réponse ?Selon Djalill Lounnas, l\u2019objectif des attentats de Paris serait justement de provoquer un repli de ces puissances.«En frappant les civils, le but est d\u2019installer un climat de peur dans l\u2019ensemble de la population et de susciter un débat public qui finirait par pencher vers l\u2019abandon des opérations militaires, de peur de nouvelles représailles.» Mais à court terme, il lui paraît évident que l\u2019arrêt des opérations militaires n\u2019est pas une option.«Si on fait marche arrière, ils ont gagné.» Le Devoir TRUDEAU SUITE DE LA PAGE 1 selon M.Leblanc.Et ce genre de conversations va avoir lieu dans les prochains jours.» Samedi, le ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion, avait lui aussi soutenu à Radio-Canada que si le Canada «réinvestit ses efforts dans l\u2019entraînement des combattants locaux, [.] pour les forces policières, pour l\u2019aide humanitaire, [il sera] un partenaire plus efficace pour la coalition [qu\u2019en investissant] tant d\u2019efforts et d\u2019argent pour aboutir à 2% seulement des forces de frappe aériennes.» Pour le moment, les six avions de chasse CF-18 canadiens qui participent aux frappes de la coalition internationale contre El demeurent engagés dans la lutte.Ils ont effectué quelque 1100 sorties de combat depuis la fin octobre 2014, en Irak et en Syrie.Le Parlement dominé par les conservateurs avait autorisé la mission jusqu\u2019au 30 mars 2016: les libéraux n\u2019ont jamais précisé de date de sortie.La position des libéraux est celle qu\u2019ils ont défendue en campagne électorale.Au lendemain de l\u2019élection, le premier ministre Trudeau avait d\u2019ailleurs profité de sa première conversation avec le président Obama pour lui confirmer que le Canada cesserait les sorties de combat.Mais selon la chef de l\u2019opposition, Rona Ambrose, «le Canada SGT PERRY ASTON, U S AIR FORCE/LA PRESSE CANADIENNE Ravitaillement en vol de CF-18 canadiens au-dessus de l\u2019Irak ne devrait pas retirer l\u2019aviation royale canadienne de la coalition qui lutte actuellement contre le groupe FI», a-t-elle dit samedi.Actuellement en visite en Turquie pour le sommet du G20, Justin Trudeau pourrait faire face à d\u2019autres pressions de ce genre de la part des alliés de la coalition.Pour un, Washington a déjà promis d\u2019intensifier la lutte en Syrie.M.Trudeau n\u2019a pas commenté la situation dimanche, sinon pour répéter que le gouvernement fait «tout le nécessaire pour garder en sécurité» les Canadiens.Le ton de sa réaction initiale, vendredi, tranchait avec celui de plusieurs autres dirigeants occidentaux, beaucoup plus affirmatifs.Mais M.Trudeau ne doit pas céder à la tentation de «nourrir la guerre par la guerre», estime Hélène Laverdière, porte-parole du Nouveau Parti démo- cratique en matière d\u2019Affaires étrangères.«Nous sommes d\u2019accord avec les libéraux: le Canada doit en faire plus sur le plan humanitaire.Tout le monde sait qu\u2019on ne réglera pas la situation par des bombardements, mais plutôt en luttant contre la radicalisation ou en asphyxiant FI», dit-eUe.Même écho chez François Audet, directeur de l\u2019Observatoire canadien sur les crises et l\u2019action humanitaire.«Notre rôle à nous doit être orienté vers une approche de maintien de la paix et de renforcement de la sécurité locale, dit-il.Ce n\u2019est pas en bombardant que ce conflit va se résoudre.» Les réfugiés viendront Par ailleurs, Dominic Leblanc a aussi confirmé que les attentats de vendredi ne modifient pas l\u2019objectif du gouvernement d\u2019accueillir 25 000 réfugiés syriens d\u2019ici quelque 45 jours.«Il n\u2019y a pas de doutes que les événements vont faire en sorte que les agences de sécurité nationales feront tous les efforts pour s\u2019assurer que les gens qu\u2019on embarque sur les avions ont eu des vérifications de sécurité appropriées», a commenté M.Leblanc.«Mais nous avons toujours mis en avant que nous ferons le maximum comme vérifications de sécurité et de santé.» En Europe, des voix se sont élevées cette fin de semaine pour réclamer un durcissement des politiques en matière de réfugiés.Selon des informations qui demeuraient à confirmer dimanche soir, un des kamikazes du Stade de France portait un passeport syrien indiquant qu\u2019il était récemment entré en Europe par la Grèce: assez pour que l\u2019amalgame réfugié-terroriste soit mis en avant ici et là.Dans la foulée, un citoyen de Québec a lancé une pétition contre l\u2019arrivée des 25 000 Syriens, par «peur d\u2019infiltration de djihadistes pour la sécurité nationale».D\u2019autres citoyens ont lancé une pétition demandant, au contraire, l\u2019arrivée rapide des Syriens.La crainte qu\u2019un terroriste se glisse dans un avion de réfugiés n\u2019a pas lieu d\u2019être, estime Hélène Laverdière.«Les terroristes ne sont généralement pas des réfugiés \u2014 il y avait d\u2019ailleurs plusieurs Français parmi les assaillants de vendredi, rappelle-t-elle.Les réfugiés sont au contraire des gens qui fuient les terroristes.» «Si des terroristes veulent rentrer au Canada, ils n\u2019attendront pas un vol militaire gratuit, ajoute François Audet S\u2019ils ont à venir, ils vont venir.» Il rappelle que le processus de sélection des réfugiés qui seront admis au Canada comporte trois étapes: l\u2019octroi d\u2019un statut de réfugié par l\u2019Agence des Nations unies pour les réfugiés; une enquête de santé ; puis une enquête de sécurité qui est menée par les autorités canadiennes en croisant des informations avec Interpol, par exemple.«Il y aura toujours un risque, et il ne faut pas bâcler les enquêtes pour respecter une promesse temporelle, dit-il.Mais le modus operand! des terroristes n\u2019a jamais été d\u2019utiliser des avions remplis de réfugiés pour rentrer dans un pays.» Le Devoir Apropos de ce logo Paris éploré a inspiré cette illustration au dessinateur Cyril Doisneau, créant du coup un logo original pour Le Devoir.M.Doisneau est né à Nantes en 1978.Après des études en dessin et comme maquettiste, il est diplômé en 2002 de l\u2019École des beaux-arts d\u2019Angou-lême, et reçoit la même année le prix jeune talent au Festival international de la bande dessinée d\u2019Angou-lême.Résidant à Montréal, il est l\u2019auteur de 31 jours de tournage.Dans les coulisses de Paul à Québec, le film, de 184 rue Beaubien, de Objets et de Le Havre \u2014 New York (publiés à La Pastèque).Facebook: http://on.fb.me/ IkXXwRa LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9® étage, Montréal (Québec), H3A3M9 ® Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 D Le Devoir sur ledevoir.com GQ sur Facebook et sur Twitter La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel Par télécopieur redaction@ledevoir.com 514 985-3360 Publicité Au téléphone\t514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par télécopieur\t514 985-3390 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone\t514\t985-3344 Par courriel\tavisdev@ledevoir.com Par télécopieur\t514\t985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone\t514\t985-3322 Par télécopieur\t514\t985-3340 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone\t514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par 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n\u201c 0858 Dépôt legal Bibliothèque et Archives nationales du Quebec, 2007 "]
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