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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier F
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2015-11-28, Collections de BAnQ.

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[" LIVRES CAHIER F .LE DEVOIR, LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 NOVEMBRE 2015 ILLUSTRATION TIFFET / / OTTERATURE QUEBECOISE Lettres d\u2019un homme d\u2019ici La correspondance 1949-1965 de Gaston Miron, une fascinante plongée dans l\u2019atelier d\u2019un poète CHRISTIAN DESMEULES En 1949, il avait laissé tomber la soutane et quitté deux ans plus tôt la communauté des frères du Sacré-Cœur de Granby, où il vivait depuis l\u2019âge de 13 ans.Avec pour tout bagage un brevet d\u2019enseignement qui lui servira bien peu par la suite, le frère Adrien était redevenu Gaston Miron (1928-1996).Il renonçait à sa vocation religieuse pour en embrasser une autre, peut-être plus universelle et certainement plus conforme à son âme expansive: celle d\u2019apprenti poète.Mais le retour â la vie laïque, empêtré qu\u2019il est dans les tourments du corps et de la conscience, n\u2019est pas de tout repos pour Miron.Apprendre la liberté, se coltiner â la grande ville, aux «cent mille» petits boulots et aux dangers du siècle, tirer chaque jour le diable par la queue: sur tous les plans, ce sont des années d\u2019apprentissage autant que de rattrapage.Un véritable tourbillon de frustration amoureuse, sexuelle et littéraire.Une atmosphère morale et créatrice dont les lettres de l\u2019époque 1949-1965, que l\u2019on publie aujourd\u2019hui, sont un formidable baromètre.«Ce sont les grandes années», explique Marie-Andrée Beaudet, qui a été jusqu\u2019à sa mort la compagne de Gaston Miron, aujourd\u2019hui professeure retraitée du Département des littératures de l\u2019Université Laval.«On y voit ses premières amitiés, on voit sur quelles bases ses amitiés se font.C\u2019est la littérature, c\u2019est la justice sociale, l\u2019amour, toutes les grandes questions qui, au fond, vont l\u2019occuper toute sa vie.» Des années de découvertes et d\u2019engagements \u2014 artistiques, éditoriaux et politiques.On y voit aussi apparaître en germe, ici et lâ, des premières versions des poèmes de L\u2019homme ra-païllé, qu\u2019il joint souvent â ses lettres.Si la plupart des lettres sont inédites, il est vrai, un certain nombre d\u2019entre elles nous était déjà connu depuis la parution en 1989 à\u2019A bout portant, qui rassemblait celles que le poète avait adressées â son ami Claude Haeffely entre 1949 et 1965.Ce sont ses lettres les plus personnelles.La fabrication du poète Piloté par Mariloue Sainte-Marie, dans le prolongement de ses études doctorales (elle a aussi consacré en 2002 un mémoire de maîtrise aux lettres écrites par Gaston Miron â Claude Haeffely), ce recueil de lettres n\u2019a pas la prétention d\u2019être une édition définitive.De même, certaines lettres plus intimes, envoyées â des amoureuses ou â sa famille, ont été volontairement mises de côté, précise Marie-Andrée Beaudet.Une façon de respecter â la fois la pudeur du poète et l\u2019esprit du projet de publication des écrits de Miron.Dans tous les cas, résultat du travail patient de Mariloue Sainte-Marie, chaque lettre est accompagnée de nombreuses notes qui éclairent de manière fascinante l\u2019homme et son époque.Un parcours révélateur et vivant â l\u2019extrême constitué de 206 lettres adressées en grande partie â des amis et â des écrivains.A Jean-Guy Pilon et Claude Hurtubise, â Guy Carie (frère aîné du cinéaste Gilles Carie) et Louis Portugais, mais aussi â la poète Rina Lasnier et â la professeure Jeanne Lapointe, de même qu\u2019â quantité de correspondants occasionnels.Un moment fort de cette époque pour Gaston Miron est son premier voyage en France, où il séjourne de septembre 1959 â février 1961 après avoir obtenu une bourse du Conseil des arts du Canada pour étudier â Paris les techniques d\u2019édition.Moments d\u2019éloignement qui vont lui permettre de prendre du recul par rapport au Québec et â sa propre condition.S\u2019il y a transporté son mal de vivre \u2014 sans grande surprise \u2014, il y a aussi fait d\u2019innombrables rencontres significatives, notamment grâce au poète français Henri Pichette, qui va lui servir de sésame dans le milieu des lettres en France.On assiste aux premiers pas d\u2019un Miron qui deviendra vite l\u2019un des plus grands ambassadeurs du Québec et de la culture québécoise â l\u2019étranger.Mais où qu\u2019il sqit â cette époque, sa vie est en dents de scie.A Jean-Guy Pilon, le 19 octobre 1959: «Je suis toujours fatigué physiquement, souffrant d\u2019insomnie, de mauvaise digestion, enfin de tout ce dont je souffrais au Canada.» «Je ne peux pas dire que j\u2019aime la France à son premier contact, du moins je n\u2019ai eu aucune révélation.» Mieux encore: «Peuple le plus intellectuel de la terre, c\u2019est aussi le peuple le plus cupide.» Un homme fini «Ceux qui l\u2019ont connu y entendent sa voix, ça, c\u2019est sûr, estime Marie-Andrée Beaudet.Les lettres portent aussi la trace de son corps.Son VOIR PAGE F 2 : CORRESPONDANCE ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR L\u2019écrivain et journaliste algérien Kamel Daoud Tous les fascismes se ressemblent L\u2019écrivain Kamel Daoud appelle les pays occidentaux à combattre le groupe armé État islamique, et vite Depuis la publication de son troublant Meur-sault, contre-enquête (Actes Sud) qui lui a valu une fatwa lancée par un imam salafiste, l\u2019écrivain Kamel Daoud se trouve aux premières loges du combat contre l\u2019extrémisme et la terreur, au premier chef celle du groupe armé Etat islamique.Rencontre.MARIE-ANDRÉE LAMONTAGNE Les temps ont changé, l\u2019intégrisme a gagné du terrain.Les bars ferment.Les vignerons ont de plus en plus de mal â produire du vin algérien, devenu haram (interdit).La peur a grandi ici, en Algérie, mais elle a aussi ailleurs gagné du terrain ailleurs, de la France au Liban en passant par le Mali.Qu\u2019on ne se trompe pas, ce qui a lieu présentement n\u2019est pas une guerre de civilisations, précise Kamel Daoud, mais «uneguerre contre la civilisation».Ces signes des temps présents n\u2019apparaissent qu\u2019en filigrane dans le roman magnifique de Kamel Daoud, prix des Cinq Continents de la Francophonie, qui a valu â son auteur un passage remarqué â Montréal ces derniers jours.Le propos de son roman est ailleurs.Il s\u2019agit de dire en quoi l\u2019Autre est nécessaire.Et cela, sans prêchi-prêcha onctueux, sans en faire une thèse, surtout pas, mais en relisant l\u2019œuvre d\u2019Albert Camus pour mieux donner un visage et une histoire â l\u2019Arabe tué sans motif dans L\u2019Etranger, l\u2019un des romans français les plus connus du XX® siècle.L\u2019Autre?Quel Autre?Tout simplement l\u2019être humain, ce «compagnon de cellule», est-il écrit dans le roman, comme pour rappeler que la prison de chacun est de naître et de mourir ici-bas, et de devoir composer avec le réel entre les deux.L\u2019Etranger a paru en 1942, alors que l\u2019Algérie était encore française.Un monde allait bientôt finir, et nul ne voulait le voir.L\u2019indépendance devient réalité en 1962, mais elle aura été précédée de huit années d\u2019une guerre féroce, dont les blessures saignent encore dans la mémoire franco-algérienne.Meur-sault, contre-enquête se situe dans l\u2019Algérie actuelle, et fait entendre la voix de Haroun, frère cadet de l\u2019Arabe tué, qui a maintenant un nom.Moussa, un visage, des désirs, des colères, un destin, une mère, dont il était d\u2019ailleurs le fils préféré.Une mère qui, 20 ans plus tard, trouvera le moyen d\u2019appliquer la loi du talion, pendant une certaine nuit, alors que les combats pour l\u2019indépendance mettent en déroute les colons français terrorisés.Tout cela raconté â travers le soliloque de Haroun, maintenant vieil homme qui se souvient.Né en 1970, dans une Algérie indépendante, alors socialiste pur jus, Kamel Daoud, journaliste au Quotidien d\u2019Oran depuis une douzaine d\u2019années, où il tient une chronique très lue, connaît l\u2019histoire de son pays.Mais pas question de la réduire â sa dimension postcoloniale, pas plus qu\u2019â la guerre civile des années 1990.«Il faut assumer l\u2019histoire telle qu\u2019elle est», dira-t-il devant la petite foule attentive de lecteurs venus l\u2019écouter â la Maison des écrivains, lundi soir dernier, «mais il faut savoir aussi en sortir.«Si UÈtranger a été beaucoup lu, et peut-être aussi mon roman, c\u2019est parce qu\u2019ils parlent d\u2019un sujet qui nous concerne tous : la perte du désir du monde » VOIR PAGE F 4 : FASCISMES La critique iittéraire, ce poil à gratter Page F 4 Décaper Lévesque et encenser Bouchard Page F 5 F 2 LE DEVOIR, LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 NOVEMBRE 2015 LIVRES POESIE Des emportements Sous les images biscornues et les élans éblouis, trop de profuses exaltations nuisent à la justesse HUGUES CORRIVEAU Ces Trésors tamisés ne commencent pas bien.Ce recueil était finaliste pourtant pour le Prix du Gouverneur général du Canada 2015.Or, le premier poème est à trembler.On y trouve le signe éclatant d\u2019un défaut, un défaut de débutant.Dans les deux premiers poèmes, l\u2019auteur réitère avec «le palais de solitude», «le creuset du cœur», les «tisons de volonté», «le rire des vents», «la nostalgie des vagues» et «les paroles du torrent».Comment le jury d\u2019un prix aussi prestigieux peut-il mettre en nomination, parmi une sélection par ailleurs fort honorable, un recueil qui débute de la sorte?Et l\u2019éditeur?Si on consent à suivre encore l\u2019auteur dans ses «palaces de pathos» ou son «castel de sagesse», on rencontrera un poète quelque peu emporté par un sens suranné du poétique ou ébloui par des envolées parfois persillées d\u2019alexandrins qui le conduisent «parmi les nébuleuses mythologies du soi».Convenons que ce n\u2019est pas peu.Il nous raconte ses terreurs solitaires, ses angoisses convenues, dans une enflure des images qui étouffent quelque velléité de sincérité.Que faire d\u2019un pareil poème?«Nos désirs vibrants sont des bouquets brûlants / muets de douleurs / souffrances-lilas / nostalgies de roses / des gemmes colorées / parmi les diamants d\u2019abysses spirituels / le feu de loyauté.» On est submergé par ces délicatesses maniérées, atterré par ces «escarbilles aux robes des nuits mourantes» qui suppurent un peu partout.«Après avoir marché par les vaux de volontés», que peut faire cet auteur, sinon lire de la poésie ?Puisqu\u2019il nous laisse «boursouflés de nos joies flétries par les nuits blanches», passons et allons voir ce qu\u2019il en est dans son deuxième recueil publié cette année.Rencontrons-le dans ses Déserts bleus.lire, lire encore D\u2019entrée de jeu, le poète annonce ses couleurs: «je vogue sur l\u2019arche de mon squelette / aux vagues de sang / sur les marches du vécu».Alors là, si le «vécu» a maintenant des «marches», je pars en voyage ou je reprends des études.Lire cette poésie n\u2019aura donc pas été inutile, puisqu\u2019elle nous laisse au moins un goût amer.«Mon crachat scelle la mort de mes promesses», confesse-t-il encore dans le premier poème, c\u2019est tout dire.Tout dire, pas tout à fait, car il n\u2019est pas donné à tout le monde de recevoir des «Bises de l\u2019abysse» ou un «Sourire blanc d\u2019infini».Très honnêtement, j\u2019ai beau chercher ce qui révélerait l\u2019authenticité de ce poète, rien ne s\u2019impose.C\u2019est tellement bouffi que le moindre élan amoureux de l\u2019auteur s\u2019y noie.Sous les images biscornues, on reste accroché aux maladresses.Collaborateur Le Devoir LES TRÉSORS TAMISÉS François Baril Pelletier L\u2019Interligne Ottawa, 2014,128 pages DÉSERTS BLEUS François Baril Pelletier David Ottawa, 2015,116 pages SOURCE DAVID François Baril Pelletier Les grands esprits Traduit de l\u2019anglais (Canada) par Francis Guévremont « [Cet] immense auteur canadien ne m\u2019a jamais déçu, et [.] la perspective de lire des histoires de fantômes racontées par lui me met déjà l\u2019eau à la René Homier-Roy, Radio-Canada, « Arts et divertissement Fuir pour échapper à la mort François Lévesque troque le roman de genre pour le récit intimiste dNQcEn attendant Russell MARIE ERADETTE Gabriel se laissa choir dans le fauteuil fatigué, meuble dénué de caractéristiques particulières, sinon celle d\u2019ètre informe.Il resta immobile pendant de longues secondes.» C\u2019est dans cette atmosphère morose que s\u2019amorce l\u2019histoire d\u2019un adolescent bousculé par la vie, mais aussi par la mort.Eils unique d\u2019une mère suicidée qui tentera de l\u2019emmener avec elle dans le trépas, d\u2019un père alcoolique, incapable et usé, Gabriel connaît une enfance et une adolescence difficiles.En plus d\u2019avoir à composer avec une famille disloquée et inapte, le héros est homosexuel, ce qui lui vaut d\u2019être intimidé à l\u2019école par la bande à Mathieu, un «ami-reux» qui le trahit devant tous.Il rencontre toutefois Cathy, adolescente dure, mais sensible, fille d\u2019un père alcoolique \u2014 elle aussi \u2014 et violent.Naît alors une amitié forte qui permettra à Gabriel de découvrir Russell Crowe dans un film annonciateur de sa destinée, La preuve, et, du coup, ce qui lui manquait pour se relever et quitter ce milieu hostile.Erançois Lévesque, auteur réputé, collègue journaliste et critique au Devoir, écrit ici un pr^ mier roman intimiste surchargé d\u2019émotions, un récit réaliste dans 1^ quel les personnages, tous bien campés, sont victimes de leur propre condition.Malgré l\u2019intérêt que l\u2019on peut éprouver pour l\u2019histoire de ce garçon rempli d\u2019espoir, l\u2019abondance de clichés et l\u2019évolution un peu lente du héros agacent.Heureusement, Erançois Lévesque va plus loin que la simple mise en scène d\u2019un adolescent écorché grâce à la construction du récit, habilement faite de retours en arrière, offrant à petites doses, et de façon méticuleuse, toute la charge que porte Gabriel.Les quelques citations en exergue de chaque chapitre ajoutent du sens et contribuent à enrichir le propos.Des tournures de phrases inutilement longues défient toutefois l\u2019attention, ainsi qu\u2019un ton languissant et une surabondance de synonymes PEDRO RUIZ LE DEVOIR François Lévesque offre un récit sincère dans lequel la complexité de l\u2019adolescence est perceptible.et de répétitions.«Brunes ou jaunasses, même pas jaune franc, les feuilles mortes tapissaient le sol boueux, gris et mouillé comme le ciel, mais un peu plus foncé.Graphite sur charbon.» Une trop grande recherche de précision ou d\u2019intensité semble aussi parfois court-circuiter le naturel et la simplicité dans le phrasé, offrant un zoom sur l\u2019auteur en train d\u2019écrire.Néanmoins, et malgré cette mécanique perceptible, Lévesque offre ici un récit sincère dans lequel la complexité de l\u2019adolescence, dans ce qu\u2019elle recèle à la fois de sombre et de lumineux, est perceptible et bien menée, surtout grâce à son héros, Gabriel, ébranlé mais solide et porteur d\u2019espérance.Il s\u2019agit d\u2019une lecture adolescente qui témoigne d\u2019une belle sensibilité et d\u2019une compréhension fine de cet âge parfois difficile.Collaboratrice Le Devoir EN ATTENDANT RUSSELL François Lévesque Tête Première Montréal, 2015,130pages François LEVESQUE Ik NOIRCEVR THRILLER LA NOIRCEUR François Lévesque Alire Lévis 2015, 256 pages Après le divorce de ses parents, Daphnée se retrouve en pleine crise d\u2019adolescence, laissée en plan par sa mère partie se «ressourcer» à Bali.Sa vie se fait encore plus insupportable lorsqu\u2019elle doit suivre Guillaume, son père, qui a choisi de vendre leur duplex du Plateau pour s\u2019installer dans la maison héritée de ses parents.Au bout du monde, sur le Richelieu près de Sorel, c\u2019est là, dans ce pavillon inhabité depuis la mort de son grand-père, que la jeune fille prendra conscience des secrets de famille qui affligent Guillaume depuis son adolescence.Heureusement, Daphnée a une bonne amie, Sophie, qui l\u2019aide à mettre des mots sur le trouble qui l\u2019agite ; et çncore plus heureusement, son père est hypercDD/ avec elle.A peu de chose près, voilà un roman pour adolescents assez bien tourné et rendu dans une langue vivante et tout à fait actuelle.Sauf que le tout se présente plutôt comme un roman d\u2019horreur avec fantômes à la clé et entités malfaisantes cachées dans le placard à la suite d\u2019une sordide affaire jamais mise à jour.Le problème c\u2019est qu\u2019en investissant dans le moindre petit détail de la relation entre les deux copines, le récit de Erançois Lévesque prend une tournure presque hy-perréaliste, qui fait en sorte qu\u2019on n\u2019arrive pas une seconde à croire aux fantômes et entités qui rodent autour.Mais peut-être les lecteurs ados \u2014 qui forment, disons-le, le véritable public de ce livre \u2014 n\u2019y verront-ils que du feu.Michel Bélair Chercher ailleurs CORRESPONDANCE «Pour la millième fois je le dis: à quoi bon tout et tout si je ne suis même pas capable d\u2019être aimé par une femme, à quoi bon le monde et tout et tout si je n\u2019ai pas dans cette vie droit à une affection, à une miette d\u2019affection.Je me fous donc de la poésie, et tout et tout.Ça ne fait pas vivre.Même ici, à Paris, c\u2019est la même chose, j\u2019ai beau m\u2019efforcer de me faire une amie de fille, ça ne marche pas, je suis évincé aussitôt par un autre \u201cBeau Brummel\u201d, ou je ne les intéresse pas, etc.Les Françaises, femmes d\u2019amour, etc., c\u2019est un mythe, je n\u2019ai jamais vu des femmes aussi cupides, aussi intéressées par les attributs physiques ou par des considérations matérielles, de confort, de sécurité, de société.Non, il faut chercher ailleurs.» Lettre à Claude Haeffely, 15 novembre 1959 SUITE DE LA PAGE E 1 corps souffrant, puissant, son corps batailleur ou malade.Tout est là.» S\u2019il éprouve des enthousiasmes sans nombre, c\u2019est aussi une période noire pour l\u2019homme, qui semblait à cette époque lutter sur tous les tableaux à la fois \u2014 mais surtout contre lui-même.On y rencontre tour à tour le sans-le-sou ou l\u2019employé aliéné par la tâche.L\u2019éditeur à bout de souffle.Le poète bloqué.L\u2019intellectuel autodidacte à la culture pleine de trous.L\u2019homme à la santé chancelante, souffrant A «insomnies épouvantables», de maux d\u2019estomac et de problèmes cardiaques.L\u2019amoureux rejeté et l\u2019amant bredouille, qui doit malgré lui LIBRAIRIE ACHAT À DOMICILE 514-914-2142 Bonheur d'occasion Librairie GALERIE ESPACE LOCATIF DISPONIBLE Fonds universitaires : \u2022\tLittérature, Philosophie, Sciences humaines \u2022\tPleiade Art québécois et international Livres d'art et livres d'artiste Livres anciens avant 1800 Automatistes, Éditions Erta, Refus Global.Bel espace chaleureux pour artistes en arts visuels \u2022 Consultez notre site web pour les tarifs 2016 Salle disponible sans frais pour lancement de livre ou autre événement littéraire 1317, avenue du Mont-Royal Est, Montréal Mathieu Bertrand, Libraire \u2022 514 522-8848 \u2022 1 888 522-8848 www.bonheurdoccasion.com Gaston Miron recourir aux services de « professionnelles ».On mesure bien l\u2019amertume qui le gagnait dans une ébauche de lettre en 1962: «Vois-tu, à 34 ans, je n\u2019ai jamais possédé une femme qui fut consentante, qui jut donnée; cela m\u2019a été continuellement refusé.Les seules femmes que j\u2019ai eues, ce sont les filles de joie avec dix billets.[Les femmes n\u2019aiment pas les poètes, ceux qui sont brûlés et qui brûlent, car elles n\u2019aiment pas l\u2019absolu, elles le fuient dès qu\u2019elles le pressentent tant soit peu.] » Pour le «pauvre piocheur» de La marche à l\u2019amour et de La vie agonique, c\u2019est une double mort qui le menace lorsqu\u2019il écrit à Claude Haeffely en 1961 que «ce manque d\u2019amour à ma vie me tue absolument; du moins, c\u2019est la mort de toute poésie, de toute création».C\u2019est un peu sous nos yeux que s\u2019enfante, dans la douleur et les «humiliations», la légendaire ARCHIVES LE DEVOIR conscience politique, fraternelle et poétique de Miron.Si on est encore loin de la publication, en 1971, de L\u2019homme rapaillé (que l\u2019Hexagone réédite d\u2019ailleurs en grand format sur la base de l\u2019édition Typo de 1996), on a néanmoins l\u2019impression que tout est là.Une fascinante plongée dans l\u2019atelier d\u2019un poète.Collaborateur Le Devoir LETTRES, 1949-1965 Gaston Miron Édition établie parMariloue Sainte-Marie L\u2019Hexagone Montréal, 2015, 600 pages En librairie le 30 novembre L\u2019HOMME RAPAILLÉ Poèmes 1953-1975 Gaston Miron L\u2019Hexagone Montréal, 2015, 264 pages LE DEVOIR, LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 NOVEMBRE 2015 F 3 LITTERATURE La mort comme leçon de \\ie Marie Laberge propose un doublé, où vie et mort résonnent en écho DANIELLE LAURIN Un roman sur le suicide.Et un essai personnel sur la force de la vie.Marie Laberge publie les deux en même temps.Comme si plonger dans la noirceur absolue nécessitait une forme de protection, devait s\u2019accompagner de son envers, d\u2019une remontée vei^s la lumière ?A première vue, les deux ouvrages sopt à l\u2019opposé l\u2019un de l\u2019autre.A première vue seulement.S\u2019ils empruntent des chemins différents, des moyens dissemblables.Ceux qui restent et Treize verbes pour vivre se renvoient la balle, se recoupent, se répondent.Et au final, s\u2019éclairent l\u2019un et l\u2019autre.Un homme de 29 ans s\u2019est suicidé.Retrouvé pendu dans la maison de campagne de ses parents.Pas un mot d\u2019explication, aucune lettre d\u2019adieu.Aucun signe avant-coureur non plus.Comment est-ce possible ?Jamais nous ne sommes dans la tête du suicidé.Ce n\u2019est pas tellement du suicide, en fait, qu\u2019il est question dans ce roman, mais du cataclysme qui s\u2019en suit pour les proches.Des ravages, des conséquences, à long terme, pour ceux qui restent.Nous sommes 15 ans après le drame.Tour à tour s\u2019expriment la maîtresse, l\u2019épouse, le père.On mesure aussi l\u2019impact sur la mère.Et sur le fils, qui avait cinq ans à l\u2019époque, et à qui on a fait croire, depuis, que son père était mort dans un accident.Alternance entre présent et passé.Comment ils se comportent aujourd\u2019hui, ce qu\u2019ils ont fait de leur peine avec le temps, comment ils ont réagi sur le coup.Toutes les étapes qu\u2019ils ont traversées, chacun à leur façon : colère, déni, culpabilité, enfermement dans la folie.Alternance entre différents niveaux de langue.Alternance entre témoignages, narration omnisciente et dialogues.Brisures de rythmes constantes.La femme de théâtre et la romancière font corps parfaitement: Marie Laberge nous tient, ses personnages nous happent.Les 100 premières pages, du moins, passent en coup de vent.Ensuite, une fois bien accrochés, difficile de résister.Même si ça ralentit un peu, et que les considérations psy- a Si écrire est l\u2019affaire de ma vie, aimer en est l\u2019encre^y Marie Laberge dans Treize verbes pour vivre chologisantes se font parfois pesantes.Mais on ne pourra pas dire que la romancière ne va pas au fond des choses.Ce qu\u2019on retient, ce qui demeure et demeurera toujours pour les proches du suicidé: l\u2019incompréhension.Même parmi ceux qui ont fini par se résoudre à accepter le geste de celui qui a choisi de mettre fin à ses jours.Tous n\u2019ont pas la même force, le même ressort, la même énergie.Mais tous sont placés en face de leur propre vie, sont mis devant la responsabilité de leur vie.Ainsi, témoigne le père: «Sylvain a commis un acte désespéré.L\u2019était-ü ?Sans doute.Il n\u2019a rien dit, rien écrit, rien laissé pour nous aider à comprendre.Ça signifie peut-être qu\u2019il ne souhaitait pas être deviné, compris ou entendu.Ce qui ne me rend pas moins responsable.De ma vie.» C\u2019est exactement, à peu de mots près, la conclusion de Treize verbes pour vivre.Sans qu\u2019il soit pour autant question de suicide comme tel.Marie Laberge confie à la fin de ce livre que, face à la mort des autres, elle a toujours cherché la vie.«Les cimetières sont encore des lieux que je fréquente et que j\u2019aime, écrit-elle.Je me promène dans le souvenir de toutes ces vies que je peux imaginer en lisant sur la pierre tombale un nom et deux dates: celle de deux actes solitaires de nos vies.Ces deux dates dont nous avons tous la bravoure, sans avoir à en décider.» ROMAN ETRANGER (Trop) fou d\u2019elle Le désir contrarié d\u2019un jeune homme devient kidnapping àax\\s, Jours parfaits DOMINIC TARDIF Téo déteste les fêtes, mais ne saurait désobéir à sa mère, qui lui demande de l\u2019accompagner dans un barbecue, chez des amis.Il y rencontrera Clarice.Lui étudie la médecine et n\u2019a que pour seule amie Gertrudes, cadavre gonflé de formol sur lequel il s\u2019exerce en classe.Elle?«Je bois pas mal, je mange de tout et fai déjà fumé de tout aussi», lui apprend-elle, gouailleuse.Elle en a vraisemblablement vu d\u2019autres, alors que lui n\u2019a vraisemblablement pas vu grand-chose.Devant son refus de lui accorder un rendez-vous galant, le bon garçon n\u2019aura d\u2019autre choix que de la kidnapper.«Il se sentait mal: c\u2019était la première fois qu\u2019il se voyait dans le rôle du méchant.En mettant Clarice dans une valise et en l\u2019emmenant chez lui, était-il devenu un criminel?» Deuxième roman du jeune écrivain brésilien Raphael Montes, Jours parfaits s\u2019invite dans l\u2019obsessive caboche d\u2019un narcissique avec l\u2019ambition d\u2019en dénuder les absurdes ressorts.Dans les chalets et chambres de motel où le couple forcé séjourne, Téo menotte sa victime, la drogue, lui passe le bâillon, toujours convaincu d\u2019agir dans le meilleur intérêt de cette relation qu\u2019elle ne peut lui refuser.Il n\u2019est pas que fou d\u2019elle, il est fou tout court, et de plus en plus divorcé du réel.L\u2019amoureux contrarié ne lui BEL PEDROSA Deuxième roman du jeune écrivain brésilien Raphael Montes, Jours parfaits s\u2019invite dans l\u2019obsessive caboche d\u2019un narcissique avec l\u2019ambition d\u2019en dénuder les absurdes ressorts.réclame pourtant que trois fois rien.«Il n\u2019avait pas besoin de cajoleries, ni de baisers, ni de sexe.Tout ce qu\u2019il voulait, c\u2019était qu\u2019elle fut à lui, comme un album de photos .__________ posé sur une table et disponible à tout moment.» Un homme n\u2019a-t-il pas le droit d\u2019aspirer au bonheur?Alors que de plus en plus de voix s\u2019élèvent pour dénoncer les rôles de subalterne auxquels Hollywood réduit trop souvent les femmes, la narration de Raphael Montes, qui ne RAPHAEL MONTES JOURS PARFAITS de son personnage principal, soulève des questions quant au sort que réserve la fiction â ses protagonistes féminines.Bien que l\u2019écrivain ne glorifie ______ jamais, ni ne sanctionne, la violence de Téo, son regard sur les rouages du délire possessif est si peu novateur qu\u2019il confine â une forme de complaisance plu-tôRparesseuse.A quoi bon écrire une autre scène de viol, si ce n\u2019est que pour répéter ce que tant d\u2019autres créateurs ont déjà dit critique pas la logique tordue avant: un monstre sommeille au cœur de chacun de nous, le désir se situe en banlieue de l\u2019aliénation, et autres idées reçues ?Il ne s\u2019agit bien sûr pas ici de restreindre les auteurs â une pudibonde posture morale, mais de remettre en question la pertinence d\u2019un roman dépeignant encore une fois un personnage masculin d\u2019une rationalité cousine d\u2019une forme de déviance, et un personnage féminin déluré, â la liberté dangereuse.Quelques passages raillent bien le narcissisme de Téo, soulignent son absurdité en usant d\u2019ironie, mais des descriptions au ton très clinique l\u2019emportent au final sur ces tentatives peu concluantes d\u2019humour noir.Un lecteur généreux pourrait sans doute trouver un propos féministe â ce thriller plein de rebondissements télescopés.« Ça ne sert à rien d\u2019essayer de me faire obéir.Je n\u2019ai pas de maître et je n\u2019en aurai jamais», assure Clarice â son ravisseur, sans que Montes s\u2019engage jamais vraiment dans la subversion.La perversité de sa conclusion sera reçue comme l\u2019acte de foi d\u2019un implacable pessimiste ou comme un commentaire acide sur l\u2019immuable puissance du patriarcat.Collaborateur Le Devoir JOURS PARFAITS Raphael Montes Traduction de François Rosso Editions Hurtubise Montréal, 2015, 272 pages Treize verbes pour PEDRO RUIZ LE DEVOIR On le sait, Marie Laberge a toujours été frileuse quand il s\u2019agit de parler de son intimité.Ce n\u2019est pas pour rien qu\u2019elle a toujours privilégié la fiction.Avant d\u2019adresser un mot â ses lecteurs, elle termine en disant qu\u2019entre les deux, entre naître et mourir, il y a.«notre immense responsabilité : celle de vivre».Leçons de vie Voilà bien le propos qui domine les deux ouvrages qu\u2019elle publie.On reconnaît aussi dans son roman, mais mis en action, tous les verbes qu\u2019elle a choisi d\u2019explorer dans son essai \u2014 ses verbes fondamentaux â elle : jouir, croire, exprimer, respecter, douter, apprendre, aimer.et bien sûr, mourir.Il y en a treize en tout Pour chaque verbe, elle énonce d\u2019abord quelques généralités.Qui peuvent se donner â lire comme des leçons de vie.Et qui parfois peuvent nous sembler frôler l\u2019évidence.Mais ce qui rend l\u2019ouvrage fort intéressant, éclairant et incarné, c\u2019est que pour chaque verbe, l\u2019au-teure du Goût du bonheur ajoute une dimension personnelle : la résonance qu\u2019il a dans sa vie â elle.On le sait, Marie Laberge a toujours été frileuse quand il s\u2019agit de parler de son intimité.Ce n\u2019est pas pour rien qu\u2019elle a toujours privilégié la fiction.Tel qu\u2019elle l\u2019exprime ici, ça se traduit ainsi: «J\u2019écris pour témoigner, mais pas pour avouer, m\u2019expliquer ou, pire, me répandre.» «Mes secrets me sont précieux», insiste-t-elle dans Treize verbes pour vivre.Qu\u2019on ne s\u2019attende donc pas â un grand déballage, â des révélations croustillantes, époustouflantes.Néanmoins, ici et lâ, certains passages nous permettent de la voir sous un jour nouveau.Ou du moins, de mieux saisir celle qui se définit comme une éternelle optimiste, dotée d\u2019une redoutable énergie: «Il y a deux moments dans la vie où l\u2019abandon m\u2019est essentiel CEUX QUI RESTENT Marie Laberge î S ^ ^ pour assurer la réussite de l\u2019entreprise : l\u2019amour physique et la création.» Concernant son enfance, notamment, au sein d\u2019une famille nombreuse, face â sa mère, entre autres : « Je crois que le verbe \u201cespérer \u201d est entré dans ma vie avec ma mère, ce qui remonte pas mal au début de mon histoire.J\u2019espérais la rendre heureuse.J\u2019ignorais que c\u2019était une mission impossible, ma mère n\u2019étant pas douée pour ce genre de choses.» Les confidences se font avec parcimonie, succinctement, sans appuyer.Certaines sont extrêmement touchantes.Quand il est question de la mort de ses parents, par exemple.De celle de son père en particulier : «Il a passé deux mois aux soins palliatifs, ces rares endroits où la mort est considérée comme un moment essentiel à vivre, deux mois pendant lesquels je restais près de lui la nuit.» Elle poursuit: «Ses dernières paroles ont été: \u201cMais qui va me ramener chez moi?\u201d, et j\u2019ai répondu \u201cMoi, papa \u201d, en pensant que le garder près de mon cœur serait chez lui.» Puis: «Cet homme qui posait sa longue main sèche contre mon visage m\u2019avait donné la vie et il m\u2019offrait l\u2019expérience de la mort accompagnée.Ces heures ont compté bien davantage que tous les discours qu\u2019il a pu me servir dans sa vie.» La mort, comme leçon de vie.Collaboratrice Le Devoir CEUX QUI RESTENT Marie Laberge Québec Amérique Montréal, 2015, 502 pages TREIZE VERBES POUR VIVRE Marie Laberge Québec Amérique Montréal, 2015, 236 pages T> Gaspard LE DEVOIR ÀALMARÈS Du 16 au 22 uovembre 2016 f\tCLASSEMENT AUTEUR/EDITEUR\tPRÉCÉDENT/ Romans québécois 1 Ce qui se passe a Cuba reste a Cuba!\tAmeiie Oubois/Les Éditeurs reunis\t1/3 2 Les heritiers d\u2019Enkidiev \u2022 Tome 12 Kimaati\tAnne Robiiiard/Weiian\t-/I 3 Ceux qui restent\tMarie Laberge/Quebec-Amerique\t2/4 4 Le cirque\tMichei Oavid/Hurtubise\t9/2 5 Petite mort a Venise\tFrancine Ruei/Libre Expression\t4/4 6 Faims\tPatrick Senecai/Aiire\t3/5 7 1967 \u2022 Tome 3 L\u2019impatience\tJean-Pierre Chariand/Hurtubise\t-/I 8 Quand j\u2019étais Tbeodore Seaborn\tMartin Michaud/Goeiette\t5/3 9 La traversée du maibeur\tMichei Trembiay/Lemeac\t6/5 10 L\u2019amour au temps d\u2019une guerre \u2022 Tome 1 1939.\tLouise Trembiay-O\u2019Essiambre/Guy Saint-Jean\t7/7 W Romans étrangers\t\t 1 Miiienium * Tome 4 Ce qui ne me tue pas\tOavid Lagercrantz/Actes Sud\t3/13 2 Macabre retour\tKathy Reichs/Robert Laffont\t1/6 3 Les dieux du verdict\tMichaei Conneiiy/Caimann-Levy\t2/3 4 La nuit de feu\tÉric-Emmanuei Schmitt/Aibin Michei\t10/11 5 Famiiie parfaite\tLisa Gardner/Aibin Michei\t4/4 6 La fiiie du train\tPauia Hawkins/Sonatine\t6/26 7 Le iivre des Baitimore\tJoëi Oicker/Faiiois\t5/7 8 Revivai\tStephen King/Aibin Michei\t7/4 9 Tout feu, tout fiamme\tRichard Castie/City\t8/2 10 Chef de guerre \u2022 Tome 1\tTorn Ciancy/Aibin Michei\t-/I W Essais québécois\t\t 1 Rendez a ces arbres ce qui appartient a ces.\tBoucar Oiouf/La Presse\t1/7 2 Treize verbes pour vivre\tMarie Laberge/Quebec-Amerique\t2/4 3 Fogiia i\u2019insoient\tMarc-François Bemier/Édito\t3/9 4 La mediocratie\tAiain Oeneauit/Lux\t4/2 5 L\u2019etat du Quebec 2016\tCoiiectif/Oei Busse\t7/2 6 Jackpot.Piaisirs et miseres du jeu\tOenise Bombardier/Homme\t5/3 7 Les iiberaux n\u2019aiment pas ies femmes\tAureiie Lanctôt/Lux\t6/7 8 Je veux une maison faite de sorties de secours.\tCiaudia Larocheiie/VLB\t-/I 9 Le grand retour\tJohn Saui/Boreai\t-/I 10 La fabrique du djibad.Radicaiisation et tenerisme.\t.Stéphane Berthomet/Édito\t-/I ?\"Essais étrangers\t\t 1 Sonnez, merveiiies!\tKent Nagano | inge Kioepfer | isabeiie Gaboide/Boreai\t-/I 2 Sabie mouvant.Fragments de ma vie\tHenning Mankeii/Seuii\t1/6 3 Sapiens.Une breve histoire de i\u2019humanite\tYuvai Noah Harari/Aibin Michei\t2/6 4 Ou bonheur.Un voyage phiiosophique\tFrederic Lenoir/Fayard\t3/40 5 Lettres a mes petits-enfants\tOavid Suzuki/Boreai\t4/10 6 Un monde d\u2019inegaiites.L\u2019etat du monde 2016\tCoiiectif/Oecouverte\t6/6 7 L\u2019hydre mondiaie.L\u2019oiigopoie bancaire\tFrançois Morin/Lux\t5/2 8 Histoire(s) et verite(s).Récits autochtones\tThomas King/XYZ\t-/I 9 Ei, État isiamique.Au cœur de i\u2019armee de ia.\tMichaei Weiss | Hassan Hassan/Hugo Ooc\t-/I 10 La seuie exactitude\tAiain Finkieikraut/Stock\t/I La BTLF (Société de gestion de la Banque de titres de langue française) est proprietaire du système d\u2019information et d\u2019analyse EasparÉ sur les ventes de livres français au Canada Ce palmares est extrait de Bsspsnl et est constitue des releves de caisse de 260 points de vente La BTLF reçoit un soutien financier de Patrimoine canadien pour le projet Bsspsnl © BTLF, toute reproduction totale ou partielle est interdite F 4 LE DEVOIR, LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 NOVEMBRE 2015 LIVRES Le poil à gratter Christian Desmeules Si comme moi vous avez déjà acheté des livres sur le Web, il vous est sûrement arrivé qu\u2019on vous fasse par la suite des suggestions «inspirées par les tendances générales de vos achats» ou qu\u2019on vous indique que «les clients ayant acheté cet article ont également acheté» tels autres.A l\u2019heure du big data, de la croissance exponentielle des données numériques et des algorithmes programmés pour en extraire la substantifique moelle, les critiques sont peut-être à mettre au rang des espèces menacées.Le ciblage est révolu : nous sommes à l\u2019heure de la «prise en charge robotisée», constate récriyain et philosophe français Eric Sadin dans La vie algorithmique : critique de la raison numérique.Chacun est désormais encouragé à suivre sa pente, sans jamais être remis en question.Pourra-t-on bientôt se passer de la critique ?On y est presque.Il est d\u2019ailleurs stupéfiant qu\u2019on puisse encore se souvenir, 25 ans après les faits, que Georges-Hébert Germain \u2014 décédé le 13 novembre dernier \u2014 avait osé dire du mal de Michel Tremblay à la première émission de La bande des six.C\u2019est dire combien la critique iconoclaste est rare au pays du Québec.Les décès de Gilles Marcotte et de Réginald Martel, plus tôt cette année, ont aussi clairsemé les rangs d\u2019une critique libre, indépendante et éclairée.Le règne de l\u2019hilarité cochonne Dans son Google goulag: nouveaux essais de littérature appliquée (Boréal), Jean Larose PEDRO RUIZ LE DEVOIR Dans son Google goulag: nouveaux essais de littérature appliquée, Jean Larose aborde la «crise de la culture » en épinglant le jovialisme ambiant.aborde la «crise de la culture» en épinglant le jovialisme ambiant.Pour qualifier le ton des nouvelles émissions culturelles, guidées par «l\u2019impératif idéologique de s\u2019adresser en priorité aux auditeurs qui ne lisent pas», l\u2019essayiste parle ^\u2019«hilarité cochonne».Tout semble se faire désormais sous le règne d\u2019un mot-clé à valeur d\u2019injonction: convivialité.Ce que Gilles Marcotte (cité par Larose) appelait pour sa part une «mystique du fun».Pas étonnant que certains La critique hostile est le seul médicament connu contre l\u2019enflure, les hâbleries, les éléments décoratifs, les jongleries sans conséquence )) Jean-Pierre Issenhuth dans La géométrie des ombres éditeurs ne voient la critique que comme une courroie de transmission d\u2019un «produit culturel».L\u2019expression «chers collaborateurs», dans la novlangue avec laquelle les attachés de presse «communiquent» avec les journalistes, témoigne bien de l\u2019ambiguïté «conviviale» avec laquelle on essaie aujourd\u2019hui de noyer la critique.Il arrive aussi que des éditeurs froissés par une critique qui ne joue pas en leur faveur \u2014 et qui par ailleurs s\u2019affichent en public comme de grands défenseurs de la liberté d\u2019expression \u2014 viennent brandir la menace de couper les vivres au journal en n\u2019y achetant plus de publicité.Entre les marchands d\u2019automobiles et les peddleurs de papier, la différence est parfois plus mince qu\u2019on voudrait le croire.«Je pense que la plupart des gens ne veulent pas que Google réponde à leurs questions, fls veulent que Google leur dise ce qu\u2019ils devraient faire», jugeait Eric Schmidt, alors p.-d.g.de l\u2019entreprise, dans un entretien accordé au Wall Street Journal en 2010.Imaginez donc le niveau d\u2019obsolescence de la critique : elle répond souvent à des questions que vous ne vous posiez même pas.Oui, il arrive que la critique soit récalcitrante.Il arrive qu\u2019elle n\u2019aime pas, qu\u2019elle montre les dents ou qu\u2019elle bave un peu.Il arrive même qu\u2019elle déteste.Pas besoin de circuler longtemps dans les coulisses d\u2019un salon du livre pour réaliser que tout n\u2019y est pas qu\u2019amour universel.La critique lapidaire et les médisances y grouillent.Et le public, comme l\u2019écrivait Chamfort, est souvent lui-même motivé par «le comble du mauvais gopt et la rage du dénigrement».A ce compte, un critique dit souvent tout haut ce que plusieurs n\u2019osent dire qu\u2019à voix basse.Abolir la critique négative?Peu «constructive», la critique hostile?Pas gentille?Mauvaise pour le karma?Il ne manque jamais de bonnes âmes pour croire qu\u2019il faudrait la faire disparaître.C\u2019est pourtant du poil à gratter lancé aux écrivains un peu rassis par l\u2019âge, par l\u2019habitude ou par les honneurs.Aux éditeurs pressés.Aux vagues de recrues qui redécouvrent chaque année (dans l\u2019ordre) la peine d\u2019amour, le Plateau-Mont-Royaj et le bouton à quatre trous.A tous ceux qui cherchent à nous convaincre qu\u2019il vaudrait mieux les lire \u2014 pour se comprendre et prendre un peu de recul sur le monde dans lequel on vit \u2014 que de relire Montaigne, Dostoïevski ou Anne Hébert en fumant tranquillement la pipe au coin du feu.En matière de littérature, voilà où commence mon idée de la convivialité.Pensez-y: abolir la critique négative, ce serait un peu comme si on décidait, en couvrant l\u2019actualité générale \u2014 politique, économique, internationale \u2014, d\u2019escamoter toutes les mauvaises nouvelles.Or, à l\u2019échelle de la critique littéraire, un livre médiocrç est une mauvaise nouvelle.A plus forte raison dans un écosystème aussi endogène et sensible que la littérature québécoise qui subsiste à grand renfort d\u2019argent public.A l\u2019heure du «panoptisme numérique», l\u2019équation semble implacable : la multiplication quasi exponentielle des œuvres, à laquelle s\u2019ajoute la désacralisation progressive de l\u2019auteur et de la littérature engendrent une perte d\u2019importance (et d\u2019influence) de la parole critique.La tendance est lourde.«La critique hostile est le seul médicament connu contre l\u2019enflure, les hâbleries, les éléments décoratifs, les jongleries sans conséquence», écrivait Jean-Pierre Issenhuth dans Im géométrie des ombres.Le philosophe Alain (1868-1951) allait plus loin: «Penser, c\u2019est dire non.Remarquez que le signe du oui est d\u2019un homme qui s\u2019endort; au contraire le réveil secoue la tête et dit non.» GOOGLE GOULAG Nouveaux essais DE LITTÉRATURE APPLIQUÉE Jean Larose Boréal Montréal, 2015, 184 pages LA VIE ALGORITHMIQUE CRITIQUE DE LA RAISON NUMÉRIQUE Eric Sadin L\u2019échappée Paris, 2015, 288 pages FASCISMES SUITE DE LA PAGE F 1 ne pas s\u2019enfermer dans l\u2019attitude de la victime.Il faut construire.Cela se fait par l\u2019école et aussi par beaucoup de livres».En entrevue, l\u2019écrivain précise: qui songerait à réduire L\u2019Etranger à un roman écrit par un Pied-Noir, sous prétexte que l\u2019auteur est un Prançais d\u2019Algérie?«Camus a écrit un roman universel, sur la condition humaine.Mais quand quelqu\u2019un du Sud écrit un roman, on croit qu\u2019il est le porte-parole déguisé d\u2019une pensée à travers un roman, alors que ce n\u2019est pas le cas.C\u2019est une mécanique que j\u2019ai beaucoup observée.C\u2019est pour cela que je refuse la lecture postcoloniale, de mon roman.Si L\u2019Etranger a été beaucoup lu, et peut-être aussi mon roman, c\u2019est parce qu\u2019ils parlent d\u2019un sujet qui nous concerne tous: la perte du désir du monde.» Il est vrai que le Meursault de Camus se montre indifférent à tout, même à la mort de sa mère, comme on sait.Le monde absurde selon Camus, le monde vidé par l\u2019échec des grandes idéologies du XX® siècle et par un Occident qui ne peut plus prétendre à l\u2019universel auraient-ils à leur tour enfanté un monde monstrueux, marqué par l\u2019usage politique de la religion, surchargé de faux-sens et de mort?Chez lui, Kamel Daoud est quotidiennement aux prises avec le combat contrç l\u2019extrémisme et la terreur.À l\u2019étranger, sa position est tout aussi inconfortable, entre une extrême droite qui voudrait le mettre au service de ses préjugés haineux et une gauche angélique qui refuse de prendre la mesure de l\u2019islamisme radical par crainte de «stigmatiser» les musulmans.«C\u2019est une vision nombriliste que de croire que Daech [acro-qyme arabe du groupe armé Etat islamique] s\u2019en prend à l\u2019Occident.Daech tue tout le monde, musulmans, femmes.Occidentaux.Le problème, c\u2019est qu\u2019eux, Daech, se voient «Une fois la culture détruite, le champ est libre pour la destruction du tissu social et des esprits» comme une totalité et que nous pensons en termes de nations.» Un peu plus tôt cette semaine, dans le New York Times, l\u2019écrivain et journaliste signait un texte d\u2019opinion où il montrait du doigt l\u2019Arabie Saoudite, avec laquelle les pays occidentaux maintiennent des alliances, alors qu\u2019elle est le foyer du wahhabisme radical qui ronge l\u2019islam.Le monstre, dit-il, en entrevue, a été créé par l\u2019Occident et par nous.Il faut le combattre, vite, et sur trois fronts.Militaire, d\u2019abord, y compris avec des troupes au sol.«Pour défaire Hitler et le nazisme, à l\u2019époque, je ne pense pas que seuls des bombardements aériens auraient suffi.» Culturel, ensuite: «Ce n\u2019est pas pour rien qu\u2019ils s\u2019attaquent à la culture, car une fois la culture détruite, le champ est libre pour la destruction du tissu social et des esprits.» Par l\u2019éducation, enfin, «pour que cette monstruosité ne se reproduise pas».«Tous les fascismes se ressemblent, ajoute-t-il, que ce soit celui du IIP Reich, des néoconservateurs américains, des intégristes communistes, tous reposent sur le déni de l\u2019Autre et sur une vision totalitaire.» Pour mieux les combattre, il faut rompre avec les catégories toutes faites : «Dans le monde dit musulman ou dit arabe, il y a des gens d\u2019un courage incroyable, des gens qui luttent, des femmes qui n\u2019abdiquent pas, des intellectuels qui écrivent.Le souci, c\u2019est l\u2019effet de loupe, qui est sur la déflagration, pas sur l\u2019idée.Quand un barbu se fait exploser, c\u2019est un effet de loupe immense, et cela donne l\u2019impression que nous vivons dans une sorte de théocratie où les gens comme moi sont très rares.En réalité, non, ils ne sont pas rares.» Collaboratrice Le Devoir MEURSAULT, , CONTRE-ENQUETE Kamel Daoud Actes Sud Arles, 2014, 154 pages (Editions Barzah, Alger, 2013) L\u2019Amerique accessible et rutilante de Joël Dicker Porté par ses grosses ficelles solides, Le livre des Baltimore signe le retour de l\u2019écrivain Marcus Goldman, sans panne sèche GUYLAINE MASSOUTRE Voyez la couverture, elle dit tout.On voit une grosse maison américaine, de style aristocratique victorien, sous la neige.Un portique blanc à colonnes doriques inspire l\u2019équilibre et la tradition.D\u2019innombrables fenêtres sur trois étages laissent passer une lumière chaude, c\u2019est peut-être Noël.Il y a du monde et de la vie dans ce richissime manoir.Bonheur et sérénité basculent dans l\u2019archétype, mondialement popularisé par le feuilleton Dallas.Joël Dicker fait de même.Avec La vérité sur l\u2019affaire Harry Quebert, best-seller primé autant par les académiciens français que par les lycéens, et jurys suisses, il a fait oublier qu\u2019il était Genevois.Son bouquin s\u2019est vendu à trois millions d\u2019exemplaires, et revoici l\u2019écrivain Marcus Goldman, sans panne sèche, dans Le livre des Baltimore.Au-dessus de l\u2019image de la couverture, un mot emblématique, «Baltimore».Là se déroule en partie la fiction, ville et nom de famille fusionnés.Un pas de côté, et Marcus Goldman y raconte l\u2019histoire de trois adolescents, cousins issus de branches inégales: «Deux heures de train à peine, et j\u2019arrivais à la gare centrale de Baltimore.Le transfert de famille pouvait enfin commencer.Je me défaisais de mon costume trop étroit des Mont-clair et me drapais de l\u2019étoffe des Baltimore.» Riche Amérique Nous y sommes.Pétri d\u2019admiration pour ce qui brille, là où tout est accessible et rutilant, Marcus se glisse auprès de Hillel, un garçon souffreteux, très brillant, et du musclé Woody, orphelin généreusement nanti d\u2019un grand PATRICK KO VARIK AGENCE ERANCE-PRESSE Joël Dicker signe un roman sécurisant, conservateur.cœur aveugle.Autour du trio, une ruche papillonne.L\u2019essentiel du roman se passe au collège, avant que ne soient campées les années dramatiques de l\u2019université.Aucun doute, le roman est captivant, les personnages attachants.C\u2019est le contraire d\u2019un livre compliqué.Le narrateur vous promet le « Drame » dès le début, vous saurez tout à la fin.Avant que la famille n\u2019explose, tout est tricoté avec la laine du roman d\u2019initiation, en des épisodes dont J.K.Rowling n\u2019a pas l\u2019exclusivité.Mais pas de fantasy chez Dicker; l\u2019invraisemblable collège fait un brouet romanesque amusant de tolérance et d\u2019oppression.Parfait pour vos ados.Joël Dicker Le Livre des Baltimore Amour, délices et mort C\u2019est un pavé à dévorer en quelques heures, détente garantie.L\u2019impact culturel de tels romans n\u2019est pas du côté de la grande littérature, mais vous tenez un habile magicien de la fiction, qui mènera le lecteur aussi béatement que le fit, avant lui, la Canadienne Mazo de la Roche, avec sa très fameuse série des Jalna, dans les années 1950 et subséquentes.Ces Jalna, ou les Chroniques des Whiteoak (Whi-teoak Chronicles), n\u2019ont-ils pas donné des bonheurs de lecture inoubliables?Il y avait plus de 12 millions d\u2019exemplaires vendus à sa mort, en 1961, et une centaine d\u2019éditions en langues étrangères.Merci, Mazo de la Roche, pour ces moments de rêve.Et c\u2019est le même plaisir léger, lire Dicker avec ses grosses ficelles solides.Il tient sa promesse et sa barre: amour et fraternité, bagarres et meurtre, le plat se laisse dévorer.On aura beau dire que le luxe et la quiétude très pa-trouillée de l\u2019Amérique, avec ses manoirs à six millions de dollars, n\u2019est que rêve surfait de pacotille, oui la chimie de fortunes colossales, qui rime avec sales, oui l\u2019élixir capitaliste au baume trouble, oui les formules gagnantes et prévisibles du roman-feuilleton, avec ses matchs de foot, ses amourettes et les mauvais coups, oui sa starlette au sex-appeal foudroyant, polarisant ados et hommes mûrs, c\u2019est trop.Mais oui, les secrets de famille et les effondrements à même l\u2019excès du bien beurrant toutes choses vues ou touchées par ces demi-dieux, ça marche.Incontournable Amérique, ramenée à ses clichés, à sa morale, à ses mœurs.Dicker a 31 ans.La plage d\u2019Alex Garland a été un best-seller de routard, au tournant du siècle dernier; scénariste, il n\u2019a pas répété l\u2019exploit.D\u2019une certaine façon, Houellebecq lui a succédé, un cran plus haut du côté politique.Quant à Dicker, il signe un roman sécurisant, conservateur.Qu\u2019il soit parfait pour qui s\u2019en saisit va avec l\u2019image publique de l\u2019auteur, ambassadeur de Swiss Air, qui prétend ingénument avoir écrit Le livre de Baltimore très vite, en avion, en égarant plusieurs fois son ordinateur.Collaboratrice Le Devoir LE LIVRE DES BALTIMORE Joël Dicker Editions de Eallois Paris, 2015, 479 pages LE DEVOIR, LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 NOVEMBRE 2015 F 5 ESSAIS Decaper Levesque et encenser Bouchard O Louis CORNELLIER ans ses Essais de littérature appliquée (Boréal, 2015), Jean Larose prend des accents lyriques pour évoquer la figure de René Lévesque.«Du fait qu\u2019un tel homme existait, écrit l\u2019essayiste, on avait plus déplaisir à vivre ici.» Laurent Duval, 89 ans, qui a été directeur des relations publiques de la Place des Arts, du Centre national des arts et des services français de Radio-Canada, n\u2019est pas d\u2019accord.Dans Le mythe René Lévesque, il décrit l\u2019ancien premier ministre du Québec comme «un aimable tribun marqué d\u2019un traumatisme de jeunesse et hanté d\u2019un primaire besoin de vengeance» [sic].Laurent Duval s\u2019attaque à un gros morceau et il le sait.Malheureusement pour lui, il n\u2019a pas le coffre nécessaire pour se livrer à cette entreprise, et son ouvrage n\u2019est pas à la hauteur.«Décaper, écrit Duval, ce n\u2019est pas abîmer, c\u2019est restituer à un objet son état original, le plus souvent un meuble, et, dans le cas de la personnalité d\u2019un homme public, c\u2019est lui rendre son authenticité, ce n\u2019est donc en rien le dénigrer.» Ces mots, qui annoncent une critique loyale, servent ici de couverture à une entreprise de défoulement personnel.Esprit très conservateur \u2014 il dénonce le radicalisme de la Révolution tranquille \u2014 et partisan mesquin du fédéralisme, Duval accuse Lévesque d\u2019avoir «ouvert toutes grandes les écluses du nationalisme étroit».Il reconnaît que le célébré chef péquiste «n\u2019était pas un radical», mais c\u2019est pour ajouter que son obsession, issue de sa jeunesse gaspésienne, «de libérer le Québec de sa subordination à Lestablishment anglais» l\u2019a mené à tolérer tous les dérapages.Selon Duval, les torts de Lévesque sont nombreux.Le politicien, écrit-il, était trop favorable aux syndicats, acceptait de manipuler l\u2019opinion pour obtenir l\u2019indépendance du Québec en douce, a nui au Québec en légiférant pour protéger le français, parlait mal, s\u2019habillait tout croche et fumait trop.C\u2019est vraiment n\u2019importe quoi ! «Lévesque, écrit Jean Larose, s\u2019exprimait sans fautes», avec «une éloquence sans exemple en langue française».Duval, lui, y entend du jouai.Ça donne une idée de sa hargne envers le grand personnage.Remonté contre les souverainistes, Duval, à mesure que le livre avance, se lâche.Il présente l\u2019indépendance comme un «passeport pour le tiers-monde», accuse le camp du Oui d\u2019avoir tripoté le scrutin en 1995 et écrit qu\u2019une victoire souverainiste aurait débouché sur «un régime totalitaire et tyrannique», tout en faisant René Lévesque JACQUES NADEAU LE DEVOIR Lucien Bouchard tomber le Québec «dans l\u2019horreur d\u2019une guerre civile, du carnage, de la destruction et à n\u2019en pas douter de l\u2019occupation militaire dans l\u2019immédiat».Etourdi par ses élucubrations, Duval, largué par son éditeur, confond même les dates et acteurs des référendums de 1980 et 1995.Ce mauvais livre est presque amusant.Il est si maladroit dans sa tentative de décaper Lévesque qu\u2019il nous le fait aimer encore plus.La cohérence de Bouchard Lucien Bouchard a été libéral, péquiste, conservateur.JACQUES NADEAU LE DEVOIR bloquiste, et a signé le manifeste Pour un Québec lucide.En 2005, devant tant de «contorsions idéologiques», Ly-siane Gagnon qualifiait le politicien à\u2019«expert en virages».Dans Lucien Bouchard: le pragmatisme politique, une biographie intellectuelle très bien menée, le politologue Jean-Erançois Caron, qui enseigne actuellement au Kazakhstan, entend démontrer que la chroniqueuse se trompe en faisant ressortir la cohérence de l\u2019action politique et de la conception du bien commun de Bouchard.Toute la démonstration de Caron s\u2019articule autour de la notion de pragmatisme.Cette dernière, en politique, est souvent jugée défavorablement parce qu\u2019on l\u2019assimile, pas toujours à tort, à de l\u2019opportunisme, voire à une stratégie visant à faire passer une soumission aux diktats néolibéraux pour du réalisme.Le pragmatisme bouchardien, selon Caron, serait d\u2019une nature différente et s\u2019apparenterait au gaullisme.Pour De Gaulle, il fallait tout faire pour préserver la grandeur de la Erance, «mais les moyens pour y parvenir n\u2019étaient pas fixés d\u2019avance et pouvaient évoluer au gré du contexte».Pour Bouchard, l\u2019objectif central aurait été «le développement de la nation québécoise et de son peuple», dans le respect de la paix sociale et des minorités.Lu à partir de cet angle, le parcours politique de Bouchard trouverait sa cohérence.Caron explique ainsi que, pour l\u2019homme politique, la souveraineté n\u2019est qu\u2019un moyen d\u2019assurer l\u2019épanouissement du Québec et que le fédéralisme peut être envisageable s\u2019il concourt à cette fin.Est-ce le cas aujourd\u2019hui ?Dans la logique de Caron, il faudrait le croire puisqu\u2019on n\u2019entend pas Bouchard se prononcer pour la souveraineté.Le politologue, qui se définit lui-même comme un nationaliste québécois favorable au lien fédéral pour des raisons instrumentales, nous explique alors que si Bouchard est devenu plus «lucide» que souverainiste depuis dix ans, c\u2019est que, pour l\u2019avenir du Québec, l\u2019assainissement des finances publiques s\u2019impose comme une priorité plus pressante que la question nationale.Il faut donc comprendre que c\u2019est parce qu\u2019il aime le Québec que Bouchard est un partisan de l\u2019austérité.Ça se discute, mettons.Animée par un remarquable souci de vulgarisation politique, toujours claire et honnête, cette biographie intellectuelle se lit avec grand plaisir.Sa démonstration, toutefois, relève de la pétition de principe.Bouchard, affirme Caron, veut défendre le Québec.Tout ce qu\u2019il a fait n\u2019avait d\u2019autre but.Donc, ce qu\u2019il a fait était bon pour le Québec.Le doute, non sur les intentions de Bouchard, mais sur les moyens et les résultats, est de mise.louisco@sympatico.ca LEMyrilE RENE LEVESQUE PORTRAIT d\u2019une SOCIÉTÉ DIVISÉE Laurent Duval Liber Montréal, 2015, 230 pages LUCIEN BOUCHARD: LE PRAGMATISME POLITIQUE Jean-François Caron PUL Québec, 2015,134 pages La foi de Charles Taylor LOUIS CORNELLIER Les avenues de la foi est un livre plein de promesses.Il annonce que Charles Taylor, éminent philosophe québécois de réputation internationale, livrera «un témoignage de foi à partir d\u2019un rapport à des œuvres littéraires».Le parcours, se dit-on, sera riche.Il l\u2019est, d\u2019ailleurs, mais il s\u2019avère aussi déroutant.Taylor y parle avec profondeur de cinq auteurs qui ont nourri sa pensée.Merleau-Ponty, confie-t-il, avec sa Phénoménologie de la perception (1945), lui a permis d\u2019étoffer son opposition au réductionnisme, c\u2019est-à-dire cette volonté d\u2019expliquer tout l\u2019esprit humain par la science.Hol-derlin, grâce à sa poésie, a convaincu Taylor «que le monde est fait de signes» à traduire et JACQUES NADEAU LE DEVOIR Charles Taylor n\u2019est pas réductible à des lois causales.Avec Les fleurs du mal (1857), de Baudelaire, et Les frères Karamazov (1880), de Dostoïevski, le philosophe explore le problème de la perte de sens et les potentialités de la foi.Les œuvres du théologien Yves Congar, enfin, l\u2019ont conforté dans sa pensée selon laquelle «pour rendre son usage vraiment efficace, c\u2019est-à-dire vraiment humain, la raison doit accepter de sortir d\u2019elle-même et de s\u2019appuyer sur des intuitions indémontrables».Ces invitations à penser loin, à refuser de s\u2019enfermer dans un rationalisme potentiellement sclérosant, sont bienvenues et très stimulantes.L\u2019ensemble, toutefois, malgré sa richesse philosophique, littéraire et théologique, déçoit par son caractère décousu et le peu de souci du lecteur dont il fait preuve.Savantes, les questions de Guilbault semblent parfois surgir de nulle part, ce qui entraine Taylor dans toutes les directions et le force à sauter du coq à l\u2019âne.Or, comme la pensée du philosophe est complexe et que les œuvres dont il parle sont denses et subtiles, il aurait fallu de solides mises en contexte et plus de méthode dans la direction des entretiens pour permettre au lecteur de suivre le fil.En optant pour un échange à bâtons rompus, Guilbault et Taylor ne s\u2019adressent qu\u2019à des initiés, ce qui n\u2019est pourtant manifestement pas l\u2019intention de l\u2019ouvrage.Collaborateur Le Devoir LES AVENUES DE LA FOI Charles Taylor Entretiens avec Jonathan Guilbault Novalis Montréal, 2015,184 pages La Vitrine Joseph Pap neau A traver les actes otanes HISTOIRE JOSEPH PAPINEAU A TRAVERS LES ACTES NOTARIES Georges Aubin Aubin-Blanchet L\u2019Assomption, 2015, 240 pages Le chercheur Georges Aubin a découvert que le député, notaire et arpenteur Joseph Papineau (1752-1841), père du tribun Louis-Joseph Papineau et arrière-grand-père d\u2019Henri Bourassa, fondateur du Devoir, acheta un esclave noir à Montréal en 1792 au prix d\u2019une jument.L\u2019année suivante, il ne fut d\u2019ailleurs pas l\u2019un des quatre députés qui votèrent en vain pour l\u2019abolition de l\u2019esclavage, qui ne devint effective qu\u2019en 1834 au Bas-Canada.L\u2019anecdote ne passionnerait que les rats de bibliothèque si elle ne mettait pas en lumière le fait que Louis-Joseph Papineau, fils d\u2019un homme calculateur et un peu conservateur, se démarqua de son milieu en devenant au Canada français le fondateur du progressisme politique.A cause de l\u2019argent du notaire Joseph, de sa seigneurie en Outaouais, de son intérêt pour l\u2019immobilier à Montréal (l\u2019avenue Papineau y rappelle sa mémoire et non celle de son fils), ses descendants purent bénéficier d\u2019une certaine aisance, souvent propice à la liberté de l\u2019esprit.Michel Lapierre BANDE DESSINEE DE PÈRE EN FILS Les nouvelles aventures dTznogoud Laurent Vassilian et Laurent Tabary IMAV éditions Paris, 2015, 46 pages Voilà un concept cocasse à souhait: une aventure du bon vizir Iznogoud, 30® chapitre dans la vie de ce fourbe sympathique en mal de pouvoir, mise en dessin par la progéniture d\u2019un des deux créateurs, Jean Tabary, et qui s\u2019intitule De père en fils.La Pythie des épisodes précédents, celle qui vient toujours en marchant, doit être derrière cette malice ! Dans ce Bagdad loufoque, il est encore question d\u2019une succession déclenchée cette fois par l\u2019état de folie qu\u2019Haroun El Poussah, calife aux coussins convoités, a ramené de sa réunion du G20 en Inde, et ce, dans le respect du trait, mais également de l\u2019humour cabotin et de tous ces jeux de mots grotesques qu\u2019avaient imposés dans cette série Goscinny et Tabary dès les premiers pas de leur excité enturbanné.Bref, on est bel et bien face à une nouvelle aventure qui rend hommage à toutes les autres et qui devrait divertir efficacement la génération descendant de celle qui, depuis 1966, a donné tant de volume à ce fragment du patrimoine dessiné.Fabien Deglise LITTERATURE AFRICAINE » Scholastique Mukasonga LIguifou LTGUIFOU Scholastique Mukasonga Folio Paris, 2015,160 pages Dans tous ses livres, l\u2019écrivaine Scholastique Mukasonga raconte avec une grande sensibilité les malheurs des siens, c\u2019est-à-dire les Tutsis du Rwanda.D\u2019abord paru en 2010, son recueil de nouvelles L\u2019iguifou (terme qui signifie à peu près «la faim qui tenaille le ventre ») est son œuvre la plus réussie à ce jour.Souvent des jeunes filles, les personnages principaux de ces nouvelles souffrent de la faim, de la peur d\u2019être tués par les soldats du gouvernement hutu et de la mort de leurs proches lors du génocide de 1994.Le propos est tragique.Même l\u2019histoire de la plus belle fille du pays s\u2019achève dans un drame, et celle de la passion des Tutsis pour les vaches débouche sur une douloureuse mélancolie.Le style, pourtant, brille par sa remarquable sobriété, par sa délicatesse presque candide.On a l\u2019impression d\u2019entendre une jeune Africaine pure raconter sa découverte de la méchanceté des hommes, en entonnant des berceuses déchirantes.C\u2019est beau et troublant.Louis Cornellier JEUNESSE ELLIOTT CHASSEUR D\u2019OMBRES TOME 1.Le commandant Marie-Chantal Plante ADA Montréal, 2015, 288 pages Elliott, jeune garçon de 11 ans, est propulsé malgré lui dans une mission périlleuse qui le conduit à rétablir l\u2019équilibre du monde menacé par les forces du Mal.Rien de moins.Ayant pris position pour la ségrégation raciale lors de la guerre de Sécession, il est réincarné en inoffensif adolescent et entame sa destinée en compagnie de Daphnée et de quelques esprits.Premier tome d\u2019une série, ce roman à saveur fantastico-ésotérique plonge les lecteurs dans un univers qui magnifie la force des mondes parallèles.Bien que les personnages soient relativement bien campés, que l\u2019écriture, parfois maladroite, soit honnête, plusieurs longueurs ralentissent inutilement l\u2019action.Les nombreux dialogues qu\u2019Elliott entretient avec les esprits, la présence d\u2019ombres noires ainsi que les raisons \u2014 tirées par les cheveux \u2014 qui ont conduit le héros à devenir chevalier de la Lumière forment une fricassée savoureuse pour qui voue un culte aux mondes parallèles.Bien que l\u2019ésotérisme puisse rejoindre quelques adeptes en ces temps de perte de repères, a-t-il pour autant sa place en littérature jeunesse ?On peut en douter.Marie Fradette QUOI DE MIEUX POUR FAIRE PLAISIR?^ Prix^^ Euphonia .0.> Julie Huard Paysâm^^s et miroirs du monde Julie Huard Les Éditions David 29,95$ Aussi en numérique (Livre avec CD) Alexandre et Mathieu Vanasse Planète rebelle 19,95$ MUSIQUE Gann s Geo gante Guy hiadqn (Album avec CD) Glen Huser et Philippe Béha Planète rebelle 21,95$ voyage Elaine Arsenault Éditions du Phoenix 11,95$ fred/Arde\\>ey OSfCar, Helene/et leu tête/ dw Lion/i Les Editions Belle Feuille Fred Ardève Les Éditions Belle Feuille 29,95$ Aussi en numérique Barry Lane Éditions Sylvain Harvey 44,95$ Aussi en numérique K\\1IAC'\\NCIAM LE DROA\\ADAIRE AUNEZR0U6E Katia Canciani et Leanne Franson Soulières éditeur 6,99$ Aussi en numérique Michel Lebœuf et Michel Quintin Éditions Michel Quintin 26,95$ Aussi en numérique L\u2019ENVERS DU DECOR L\u2019ESSENTIEL DE CHARTIER HARMONIES AROMATIQUES A TABLE ET EN CU1$INE r CHARTIER Guillaume Corbeil, Chélanie Beaudin-Quintin et Emilie Mannering Éditions Michel Quintin 34,95$ François Chartier Les Éditions La Presse 39,95$ Aussi en numérique Boucar Diouf RENDEZ A CES ARBRES CE QUI APPARTIENT A CES ARBRES îefuireajnmge ÇonÿifirTIlmire.AhmVwréi Boucar Diouf Les Éditions La Presse 22,95$ Aussi en numérique Gonzalo Moure et Alicia Varela Les 400 coups 24,95$ \\\\ I // 00 ^ 3 UJ cO ^ ^ t s s H $ Québec i » Canada 00 00 00 ANEL.QC.CA "]
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