Le devoir, 18 décembre 2015, Cahier A
[" Zeitgeist L\u2019espoir pour sauver le XXI® siècle Page b lo F\t__ Energie Est Transcanada a présenté son oiéoduc remodelé, après l\u2019abandon du port Page as ^ www.ledevoir.corn LE DEVOIR Vol.C VI N\u201c 2 8 8 LE DEVOIR, LE VENDREDI 18 DECEMBRE 2015 1,13 + TAXES =\t1,30 Terroriste à 15 ans Un jeune Québécois devient le premier à être reconnu coupable selon la nouvelle loi antiterroriste et risque une peine pour adulte JEAN-FRANÇOIS NADEAU Coupable d\u2019avoir voulu quitter le Canada pour soutenir l\u2019action du terrorisme islamiste international: c\u2019est le constat auquel en arrive la Cour du Québec à l\u2019encontre d\u2019un adolescent âgé aujourd\u2019hui de 16 ans.Il s\u2019agit d\u2019une première canadienne en vertu des nouvelles dispositions de la Loi sur la lutte contre le terrorisme adoptée en 2013.Agé de 15 ans au moment des faits, le jeune contrevenant risque d\u2019être soumis à une peine de prison pour adulte.Son identité est néanmoins frappée d\u2019un interdit de publication puisqu\u2019il s\u2019agit d\u2019un mineur.Vêtu d\u2019un polo noir à la découpe rouge, les bras croisés, le jeune homme n\u2019a manifesté aucune émotion tout au long de la longue lecture du verdict prononcé jeudi matin à Montréal devant la Chambre de la jeunesse.La juge Dominique Wil-helmy a tenu à lire l\u2019essentiel de sa volumineuse décision jusqu\u2019ici sans précédent.L\u2019accusé a gardé les bras croisés et n\u2019a cessé de fixer le mur opposé, ne quittant cette position statique que pour replacer à l\u2019occasion ses lunettes noires.La juge a souligné le fait que les parents semblent avoir tout fait pour protéger leur fils.Au point où elle considère que leurs actions ont vraisemblablement eu pour conséquence de lui sauver la vie.« CetU triste histoire est celle d\u2019un jeune garçon envahi par les messages de violence, de vengeance et de guerre émis par [le groupe] Etat islamique.» Ce jugement, comme elle l\u2019observe, annonce les difficultés que pose la lutte contre la radicalisation dans nos sociétés: «La lutte que l\u2019on s\u2019apprête à mener contre la radicalisation néces- VOIR PAGE A 10 : TERRORISTE Aujourd\u2019hui Week-end > Un village de lumière et de glace aux pieds du Stade olympique.Page B1 Actualités > Fin du procès de Mike Duffy: le sénateur se défend d\u2019être à l\u2019argent.Page A 2 Le Monde > En Espagne, les élections de dimanche vont bouleverser le paysage politique.Page B 9 Avis légaux.B 4 Décès.B 8 Météo.B 7 Mots croisés.A4 Petites annonces.B 8 7\t^\tSudoku.A4 Une entente sons le signe de la riguenr Les syndiqués évitent l\u2019appauvrissement dans l\u2019entente de principe avec Québec ROBERT DUTRISAC Correspondant parlementaire à Québec Après un sprint de négociations de quelque 13 heures, le gouvernement Couillard et le front commun ont conclu une entente de principe portant sur les conditions salariales et de retraite de 400 000 des 550 000 employés syndiqués de l\u2019Etat, une entente modeste marquée au fer de la rigueur budgétaire.«Le travail a été rigoureux et fructueux, a déclaré la présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Louise Chabot, au nom du front commun.Nous sommes en mesure d\u2019annoncer une entente de principe, que nous allons recom- mander assez rapidement à nos instances.» Mentionnant que les travaux avaient été «tout à fait constructifs», le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, s\u2019est réjoui de la conclusion de cette entente de principe, le fruit d\u2019une «négociation dans un contexte budgétaire difficile».VOIR PAGE A 10 : ENTENTE PAUL CHIASSON LA PRESSE CANADIENNE Le rapport conclut que les pare-feux en place chez Québécor, propriété du chef du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau, sont insuffisants.Centre d\u2019études sur les médias Péladeau peut tenir son double rôle Le rapport attendu indique cependant des pistes de solution pour Québécor MARCO BELAIR-CIRINO Correspondant parlementaire à Québec Pierre Karl Péladeau passe le test du Centre d\u2019études sur les médias (CEM) : son statut de magnat de la presse et ses responsabilités de chef de parti politique sont compatibles, mais à certaines conditions, est d\u2019avis le groupe de recherche de l\u2019Université Laval, au terme d\u2019un an de réflexion.Le CEM invite poliment le conseil d\u2019adminis- tration de Québécor à déployer différentes «mesures» afin de «calmer les inquiétudes» à propos de la «situation exceptionnelle» suscitée par l\u2019arrivée de son actionnaire de contrôle, VOIR PAGE A 10 : PÉLADEAU Les pays d\u2019en haut sans les belles histoires Dès le 11 janvier, sur ICI Radio-Canada Télé, les personnages de Claude-Henri Grignon se paient une cure de jeunesse dans Les pays d\u2019en haut, ambitieuse saga historique nous ramenant à l\u2019époque de la colonisation des Laurentides.MANON DUMAIS Qu\u2019avez-vous fait à mon Séraphin ?» : voilà une question que Dominique Chaloult, directrice générale de la Télévision, s\u2019attend à se faire poser par les spectateurs âgés de 70 ans ou plus, après qu\u2019ils auront découvert la nouvelle mouture des Pays d\u2019en haut, d\u2019après le roman de Claude-Henri Grignon, Un homme et son péché.D\u2019entrée de jeu, André Béraud, directeur de la fiction et des longs métrages, rappelle qu\u2019il s\u2019agit là de l\u2019œuvre non censurée s\u2019inspirant des textes re- trouvés de la série originale Les belles histoires des pays d\u2019en haut, dont les 495 épisodes furent diffusés de 1956 à 1970.Ainsi, on retrouvera, au cours des 10 épisodes de cette première saison, tout ce que Grignon n\u2019aurait pu faire dire ni faire faire à se§ personnages à l\u2019époque.A preuve: dès le deuxième épisode, on assiste à une scène qui laisse peu de place à l\u2019imagination entre Jos et Caroline Malferre (Claude Despins et Anne-Elisabeth Bossé), les propriétaires de l\u2019hôtel.On y découvrira aussi un curé Labelle (Antoine VOIR PAGE A 10 : PAYS BERTRAND CALMEAU La nouvelle Donalda est incarnée par Sarah-Jeanne Labrosse, ici avec le père Laloge, campé par Julien Poulin.77831303446251 A 2 LE DEVOIR, LE VENDREDI 18 DECEMBRE 2015 ACTUALITES La vie de Dn^ ne tourne pas autour de l\u2019argent, jnre-t-il Le procès du sénateur déchu s\u2019est terminé jeudi, après 60 jours d\u2019audiences échelonnées sur huit mois MARIE VASTER Correspondante parlementaire à Ottawa Après 60 jours d\u2019audiences éclielonnées sur liuit mois, la comparution de plus de 50 témoins, le procès de Mike Duffy a pris fin jeudi.La Couronne et la défense se retrouveront début 2016 pour prononcer leur plaidoirie respective.Mais les témoignages sont terminés.Le sénateur déchu a conclu le sien en se défendant d\u2019étre à l\u2019argent.Mike Duffy fait face à 31 chefs d\u2019accusation de fraude, de corruption et d\u2019abus de confiance.La Couronne lui reproche de s\u2019étre fait rembourser des allocations de logement et de déplacement auxquelles il n\u2019avait pas droit, des contrats que le Sénat n\u2019aurait pas autorisés, et d\u2019avoir repayé sa dette avec un chèque de Nigel Wright.Au deuxième jour du contre-interrogatoire du sénateur, le ton est une fois de plus monté.Mike Duffy a reproché au procureur Mark Holmes de le dépeindre comme un homme qui ne pensait qu\u2019à l\u2019argent et qui facturait tout ce qu\u2019il pouvait au Sénat.«Ma vie ne tourne pas autour de l\u2019argent.Si ma vie tournait autour de l\u2019argent, je serais encore à CTVl, a lancé Mike Duffy.Ma vie a pour but de faire les choses correctement, d\u2019aider les gens et de faire une différence.» La Couronne lui reproche une série de frais de déplacement.Le sénateur plaide qu\u2019il a toujours respecté les règles du Sénat, qu\u2019il a suivi l\u2019exemple d\u2019autres sénateurs et que, si des erreurs ont été commises, c\u2019était par inadvertance par ses employées.«Faire une erreur est un pro- GREG BANNING LA PRESSE CANADIENNE Un croquis du sénateiu Duffy durant son témoignage blême humain.Personne n\u2019est parfait», a-t-il fait valoir jeudi, au huitième jour de son témoignage pour sa propre défense.La Couronne n\u2019accepte pas qu\u2019il se lave les mains de toute responsabilité.Car, en signant ses demandes de remboursement, il «certifie» \u2014 comme l\u2019indique le formulaire \u2014 que les dépenses étaient les siennes et en tout respect des règles.Mike Duffy a répliqué que sa signature indiquait simplement qu\u2019il avait vu passer le compte de dépenses.« Vous at- ROSARIO TREMBLAY .1910-2015 HOMMAGES LE MOUVEMENT DESJARDINS REND HOMMAGE À M.ROSARIO TREMBLAY, DÉCÉDÉ LE 8 DÉCEMBRE 2015 À L\u2019ÂGE DE 105 ANS.Bâtisseur énergique et fervent coopérateur, M.Tremblay a consacré 50 ans de vie professionnelle au Mouvement Desjardins.À la tête du service d\u2019inspection des caisses, il a grandement contribué à la consolidation du Mouvement Desjardins après la Seconde Guerre mondiale.Proche collaborateur des anciens présidents Cyrille Vaillancourt (1892-1969) et Alfred Rouleau (1915-1985), M.Tremblay s\u2019est signalé dans les relations internationales, jetant les bases d\u2019un partage d\u2019expertise de Desjardins avec les pays en développement, mission que poursuit Développement international Desjardins depuis 1970.Soulignons aussi le rôle de premier plan qu\u2019a joué M.Tremblay dans la fondation de SSQ Groupe financier (1944), de la Coopérative de services Rive-Sud, à Lévis (1992), et de la Fédération des coopératives de services à domicile et de santé du Québec (1996).Ses réalisations lui ont valu de recevoir l\u2019Ordre du Canada en 1997 et d\u2019être reçu Grand officier de l\u2019Ordre national du Québec en 2011.Il a également été décoré de l\u2019Ordre du mérite coopératif québécois et de l\u2019Ordre du mérite coopératif canadien.Ayant elle-même souvent échangé avec lui au cours des huit dernières années à titre de présidente et chef de la direction du Mouvement Desjardins, Monique F.Leroux a tenu à lui rendre hommage: «Avec le décès de Rosario Tremblay, c\u2019est un phare qui s\u2019éteint.Mais la vision et la sagesse qu\u2019il incarnait survivront dans le mot d\u2019ordre qu\u2019il nous a laissé: L\u2019esprit coopératif n\u2019est pas acquis.Il faut le créer, l\u2019animer et le faire vivre.C\u2019est une flamme qui se nourrit au quotidien.» Desjardins Coopérer pour créer l'avenir ___» .I M rTunCC CAPM 1 î aoüiuiciiiviiii\t\u2014 Faites-ledirectement PM A Ff/^PES FACILES ! »*»***\tSimple et rflicace.tendez-vous vraiment à ce qu\u2019un sénateur vérifie ses propres réclamations, une ligne à la fois ?C\u2019est pour ça qu\u2019il y a des experts aux finances [du Sénat], c\u2019est le travail des adjoints», a-t-il argué.Mike Duffy est en outre accusé d\u2019avoir récolté des indemnités de logement en plaidant que sa résidence principale était à l\u2019île-du-Prince-Edouard, plutôt qu\u2019à Ottawa.Pourtant, le sénateur a détenu une carte d\u2019assurance-ma-ladie de l\u2019Ontario jusqu\u2019en 2013, a noté la Cou- ronne.C\u2019est que ses médecins lui auraient déconseillé de prendre une carte de I\u2019l.-P-E.car, «à l\u2019époque où j\u2019ai été nommé [sénateur, en 2008], l\u2019I.-P.-É.n\u2019avait pas de chirurgien cardiaque, encore moins un centre de cardiologie».Rien n\u2019empéche un patient d\u2019étre soigné dans une province autre que celle de sa carte-soleil.Mike Duffy payait aussi ses impôts en Ontario avant 2013.Son conseiller financier lui aurait indiqué qu\u2019il serait «illégal» de,payer ses impôts en tant que résidant de I\u2019l.-P-E., puisque sa principale source de revenu \u2014 le Sénat \u2014 venait de l\u2019Ontario.La loi requiert qu\u2019un citoyen paie ses impôts dans la province où il réside en fin d\u2019année civile.Un discours controversé Le sénateur a enfin eu à expliquer l\u2019un des versements de son ami Gerald Donohue à un rédacteur de discours, qui a été payé 500$ pour un texte prononcé par Mike Duffy devant la Eédéra-tion canadienne de l\u2019agriculture.Le sénateur a touché un cachet de 10 000$.La Couronne argue que le discours a été écrit pour ses activités personnelles.Mike Duffy rétorque qu\u2019il a mis une version du texte \u2014 avec une dizaine de mots en moins \u2014 sur son site Internet de sénateur, ce qui en fait une affaire publique.La Couronne n\u2019a pas abordé la question du chèque de l\u2019ancien chef de cabinet de Stephen Harper, Nigel Wright.Les procureurs estiment que les preuves parlent d\u2019elles-mémes et ils les soulèveront lors des plaidoiries, en février.Le Devoir Hasard ou information privilégiée ?Amir Khadir s\u2019interroge sur la prescience de Martin Coiteux concernant le rapport Charbonneau MARIE-MICHELE SIOUI La fonction de commissaire aux contrats publics, proposée par le gouvernement Couil-lard peu de temps avant le dévoilement du rapport de la commission Charbonneau, est-elle le fruit du hasard ou plutôt la preuve que le Parti libéral a obtenu des informations privilégiées sur les conclusions de l\u2019enquête publique ?La question est celle qu\u2019Amir Khadir, député de Québec solidaire, a posée jeudi, quand il a exposé les ressemblances entre les fonctions d\u2019un éventuel commissaire aux contrats publics et celles d\u2019une autorité des marchés publics, une instance dont la mise sur pied constitue la recommandation-phare du rapport de la com-missjon Charbonneau.«À toutes fins pratiques, il s\u2019agit du même projet d\u2019organisme de surveillance des contrats publics.Le gouvernement savait-il qu\u2019il s\u2019agissait de la pierre angulaire des recommandations de la commission Charbonneau?», a demandé M.Khadir.Le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, a annoncé le dépôt d\u2019un projet de loi en vue de créer un poste de commissaire aux contrats publics le 30 octobre, tandis que Erance Charbonneau a déposé son rapport le 24 novembre.«Est-ce le fruit du hasard ou la conséquence d\u2019une information privilégiée obtenue par le ministre à l\u2019insu de la juge?», a encore insisté M.Khadir.Selon lui, les dissensions entre les commissaires Charbonneau et Renaud Lachance alimentent un tel questionnement, d\u2019autant que ce dernier a épousé mot à mot la position du Parti libéral en matière de financement politique.«M.Coiteux doit s\u2019expliquer», a-t-il tranché.Au Parti québécois, on partage le questionnement du député solidaire, a confirmé Bernard Drainville.«C\u2019est une interrogation tout à fait légitime», a affirmé le député de Marie-Victorin.Le jour même du dépôt du rapport, son parti a dénoncé le fait que le gouvernement libéral a refusé que les médias puissent avoir droit au huis clos pour prendre connaissance du document avant qu\u2019il ne soit dévoilé.«Est-ce que le gouvernement Couillard a refusé le huis clos parce qu\u2019il connaissait la dissidence de M.Lachance et ne voulait pas que les journalistes le questionnent là-dessus?», demande M.Drainville.«C\u2019est n\u2019importe quoi», a toutefois répondu l\u2019attachée de presse de Martin Coiteux, Marie-Eve Pelletier, lorsqu\u2019interrogée sur le sujet.Le Devoir MONUMENT AUX VICTIMES DU COMMUNISME Ottawa revoit tout le projet HELENE BUZZETTI Correspondante parlementaire à Ottawa Le changement de gouvernement à Ottawa fait une autre victime : le monument aux victimes du communisme.L\u2019ouvrage commémoratif, qui était devenu le sujet d\u2019une vive controverse dans la capitale à cause de sa taille et de l\u2019entêtement du précédent régime à l\u2019ériger à côté de la Cour suprême, est renvoyé à la table à dessin.«Le processus pour ce monument était trop politique, créerait trop de division et, ultimement, nous éloignait de notre objectif de commémorer l\u2019horreur vécue par les victimes du communisme», a expliqué, au cours d\u2019une conférence de presse, la ministre du Patrimoine, Mélanie Joly Plus tard, elle a expliqué au Devoir que, par «politique», elle entendait la décision des conservateurs de déménager ce monument dans la rue Wellington, sur un lot depuis longtemps réservé à la construction d\u2019un édifice judiciaire.Au départ, le monument devait plutôt être érigé plus à l\u2019ouest, dans un parc en retrait.«Malgré ce consensus, il y a eu une décision politique de changer l\u2019endroit.» Même la juge en chef de la Cour suprême, Beverley McLachlin, avait exprimé son inconfort quant au projet, estimant que son message «d\u2019austérité et de brutalité» pourrait ne pas bien s\u2019accorder avec la présence tout à côté du plus haut tribunal du pays.Le projet retenu en bout de ligne consistait en une sorte de triangle de béton plié en accordéon et formant six corridors, dans lesquels les gens auraient pu déambuler.Les plus hauts murs auraient atteint une dizaine de mètres.Ce design ne tient plus.puisque le site initial auquel doit retourner le monument est beaucoup plus petit.«On recommence à zéro», a résumé la ministre.Le promoteur du projet, le président de Tribute to liberty, Ludwik Klimkowski, s\u2019est dit d\u2019accord avec la décision de la ministre.Son groupe devra fournir 1,5 million de dollars.Ottawa en versera autant.Le projet doit être achevé en 2018.Le monument était un sujet de controverse aussi à cause de l\u2019absence de lien évident entre le Canada et le communisme.M.Klimkowski a nié que son projet soit politique, répétant que le Canada avait accueilli de nombreuses personnes ayant fui les débordements du communisme.Mais il a ajouté du même souffle que le communisme devait être stoppé.Le Devoir Joyeux Noël et bonne année à tous nos abonnés! le DEVOIR libre DE PENSER LE DEVOIR, LE VENDREDI 18 DECEMBRE 2015 A 3 ACTUALITES La Chanté Christian Rioux à Paris f Il fut une époque, dans les années 1950, où les écoliers québécois (on disait alors cana-diens-français) étaient encouragés à économiser pour acheter la photo d\u2019un petit Asiatique.En déboursant 25 cents, ils contribuaient ainsi aux oeuvres missionnaires.Dans 50 ans, les historiens parleront-ils de cette époque où, à la veille de Noël, des hommes politiques canadiens s\u2019«achetaient» des petits Syriens?Je suis convaincu qu\u2019un jour on rapprochera ces photos jaunies d\u2019avant la Révolution tranquille, mettant en scène un clergé omnipotent, de ces cérémonies tout aussi empesées où des ministres dans un complet trop grand serrent la pince à des enfants qui n\u2019y comprennent rien.Il ne s\u2019agit pas de mépriser ce qu\u2019il y a de noble dans la charité.La charité du peuple, en particulier, est digne chaque fois qu\u2019elle ne sombre pas dans cet exhibitionnisme de nantis et de notables repus qui fait aujoiu-d\u2019hui la une de nos joiu-naux.Quant aux pays, l\u2019accueil des réfutés est pom eux un devoir inscrit dans des traités internationaux.Il n\u2019a pas à se transformer en concoms de popularité comme c\u2019est le cas ces joiu-s-ci au Québec.Cette charité intéressée, l\u2019écrivain catholique Léon Bloy la qualifiait de «pince-cul aristocratique» offrant le spectacle de «l\u2019hypocrisie universelle».Que dirait-il de tous les Bill Gates et autres Zuckerberg de ce monde qui détournent ce qu\u2019il y a de généreux dans le don pour en faire un vil objet de promotion?Rarement l\u2019affichage aura été aussi obscène.Rarement aura-t-on détourné à ce point la générosité pour en pervertir le sens.Chaque fois que Bill Gates investit dans l\u2019aide internationale, il fait non seulement sa propre publicité, mais il s\u2019accorde le privilège de choisir seul les priorités des pays pauvres.Lui Ail Oiiéhop dont la fortune dépasse leur ^\t\u2019 budget national.Ce business cette crise des de la charitq nous vient d\u2019ailleurs des Etats-Unis, là où réfugiés est\tles services publics sont si ,\tmal en point.une occasion Quant à Mark Zucker- dp n1ii8 dp 8P berg, qui a célébré récem-ae plus ae se\tnaissance de sa fille noyer dans\tcréant une fondation des- tinée, dit-il, à rendre le l\u2019Autre\t«monde meilleur», on nous permettra de rigoler.Je ne sais pas si Zuckerberg est un bon chrétien.Mais je sais qu\u2019il est un mauvais citoyen.Son entreprise n\u2019a payé en Lrance que 300 000 euros d\u2019impôt en 2014 et 5800 en Grande-Bretagne ! Une misère, comparée aux milliards qui transitent par l\u2019Irlande et les îles Caïmans.L\u2019homme d\u2019affaires de 31 ans a beau jeu de brandir le tricolore et de clamer sa solidarité avec les Lrançais depuis les attentats du 13 novembre.En Lrance, depuis la Révolution, c\u2019est l\u2019impôt des citoyens qui permet de payer les policiers et les militaires, pas l\u2019aumône des nantis.Mais revenons chez nous.Il serait mesquin de réduire l\u2019accueil des réfugiés à un simple jeu politique, même si celui-ci s\u2019affiche honteusement.Qn a vu chez le peuple québécois une vraie générosité.Mais une générosité qui semble toujoiu-s tellement exagérée, démesurée et grandiloquente qu\u2019elle crée un malaise tout aussi réel.Comme si, pour les Québécois, cette générosité était devenue une occasion de s\u2019oublier eux-mêmes.Comme si l\u2019amour de l\u2019Autre était une façon de compenser la haine de soi.Car c\u2019est bien de cela qu\u2019il s\u2019agit, s\u2019il faut en croire le récent documentaire de Bernard Derome intitulé Crise d\u2019identité.La plupart des personnalités de \\a jet-set qu\u2019on y interviewe ne savent même plus si l\u2019identité québécoise existe et encore moins si elle est digne de se perpétuer.Pour un peuple à qui l\u2019on martèle à cœur de semaine qu\u2019il n\u2019existe pas et que son histoire n\u2019est qu\u2019une somme d\u2019ignominies, cette crise des réfugiés est une occasion de plus de se noyer dans l\u2019Autre.Mais cette enflure de générosité n\u2019est-elle pas, elle aussi, une forme dévoyée de la charité ?La xénophilie exacerbée vaut-elle vraiment mieux que la xénophobie ?Pour tenter d\u2019y comprendre quelque chose, il faudrait revoir le film magnifique que Bernard Emond a consacré à la charité.Dans La donation, l\u2019urgentologue Jeanne Dion quitte la grande ville pour s\u2019établir à Normétal, en Abitibi, afin de remplacer le docteur Rainville, un vieux médecin qui prend sa retraite.Jeanne ne s\u2019annonce pas sur Lacebook, elle ne tire aucune gloire de ce geste grave, elle n\u2019agit pas sur un coup de tête pour se nier et se fuir elle-même.Cette charité, elle n\u2019a pas besoin d\u2019aller la chercher au bout du monde dans un exotisme de pacotille, elle la trouve chez ses semblables.Je ne dis pas qu\u2019il n\u2019y a pas de charité dans l\u2019accueil des réfugiés.Âu contraire.Mais cette charité, si elle existe, elle est loin des caméras.Elle est dans l\u2019accueil quotidien et discret de ceux qui sont dans le besoin.Dans toutes ces mises en scène médiatiques déguisées en « ouverture à l\u2019Autre », il n\u2019y a que l\u2019obscénité publicitaire la plus « hjqjocrite ».Vous trouvez le mot «hypocrite» un peu fort?Il n\u2019est pourtant pas de moi: «Lors donc que vous donnerez l\u2019aumône, ne faites point sonner la trompette devant vous, comme font les hypocrites dans les synagogues et dans les rues pour être honorés des hommes» (Matthieu, VI, 3 et 4).crioux@ledevoir.com ENERGIE EST TransCanada revoit son tracé au Québec La compagnie veut exploiter son futur oléoduc pendant plus de 40 ans ALEXANDRE SHIELDS Si le gouvernement Trudeau donne son accord, TransCanada construira 650 kilomètres d\u2019oléoduc au Québec afin d\u2019e^orter du pétrole albertajn dès 2020.En prévision de la construction d\u2019Energie Est, l\u2019entreprise a d\u2019ailleurs déjà commencé à contacter les propriétaires des terrains où passera son tuyau.S\u2019il se concrétise, le projet créera 33 emplois directs lors de la phase d\u2019exploitation, prévue pour plus de 40 ans.Moins d\u2019une semaine après la conclusion du sommet de Paris sur le climat, la pétrolière vient de déposer à l\u2019Qffice national de l\u2019énergie (QNE) Inversion «modifiée» de son projet d\u2019oléoduc, qui fera du Québec un allié stratégique de la croissance de l\u2019industrie des sables bitumineux.Aucun document équivalent ne sera présenté au gouvernement du Québec.La documentation, très technique et disponible uniquement en anglais sur le site de l\u2019ONE, précise ainsi que le tracé a été révisé au Québec entre Lévis et la frontière avec le Nouveau-Brunswick, à la suite de l\u2019abandon du projet de port à Cacouna.TransCanada indique tout de même, dans des documents publiés sur son site, que des «évaluations» se poursuivront, afin d\u2019étudier «la viabilité d\u2019un projet de terminal maritime au Québec, comme projet subséquent par Energie Est».Avec ou sans port au Québec, l\u2019oléoduc d\u2019un mètre de diamètre traversera la province sur une distance de 625 kilomètres.A cela s\u2019ajoutent deux oléoducs connexes qui permettront d\u2019acheminer du pétrole vers la raffinerie de Suncor, à Montréal, et celle de Valero, à Lévis.281 pétroliers Compte tenu de la capacité de raffinage de ces usines et aussi de l\u2019arrivée de pétrole par l\u2019oléoduc 9B d\u2019Enbridge, la vaste majorité du pétrole coulera vers le Nouveau-Brunswick.Une partie sera traitée par Irving, tandis que le reste sera exporté vers l\u2019Europe et l\u2019Inde.TransCanada estime que 281 pétroliers chargeront du brut pour l\u2019exportation,chaque année.Globalemenf souligne-t-on.Energie Est «permettra l\u2019expansion et la diversification en temps opportun des marchés pour le pétrole canadien».Selon les prévisions de l\u2019industrie des énergies fossiles, la production pétrolière au pays devrait en effet continuer de croître, pour atteindre C Distance parcourue, en kilomè-w très, par l\u2019oléoduc au Québec, avec ou sans port pétrolier.H ^ Durée, en minutes, d\u2019une fuite avant I O qu\u2019elle puisse être stoppée.10 000 barils de pétrole se seraient alors écoulés.33 Nombre d\u2019emplois directs qu\u2019Énergie Est calcule pour la phase d\u2019exploitation.près de six millions de barils par jour en 2030.Comme l\u2019oléoduc doit être opérationnel d\u2019ici la fin de 2020, selon TransCanada, la construction devrait s\u2019échelonner au Québec sur environ 24 mois, une fois l\u2019autorisation accordée par le gouvernement Trudeau.Selon {\u2019«analyse économique» réalisée par la pétrolière, la phase de construction devrait générer ici près de 2000 emplois directs.Lors de la phase d\u2019exploitation, prévue pour «plus de 40 ans», les emplois directs se chiffrent à 33.La construction de cet oléoduc \u2014 plus important que le très controversé Keystone XL \u2014 obligera par ailleurs TransCanada à acquérir des terrains appartenant à des propriétaires privés au Québec.Selon les documents soumis à l\u2019QNE, ils seraient plus de 1800.Et même si l\u2019évaluation environnementale n\u2019a toujours pas débuté, la multinationale en a déjà contacté plusieurs pour leur donner de V«information » sur le projet, mais aussi pour les inviter aux événepients organisés par la pétrolière pour présenter Energie Est.L\u2019entreprise se montre d\u2019ailleurs rassurante dans la présentation du plus important projet d\u2019oléoduc en développement en Amérique du Nord.Selon une évaluation environnementele menée à sa demande par une firme privée, les «effets résiduels» du projet sont jugés «non significatif».Toujours selon la documentation présentée par l\u2019entreprise albertaine, une fuite dans l\u2019oléoduc pourrait être stoppée en 13 minutes.Ce temps de réaction serait suffisant pour laisser fuir près de 10 000 barils de pétrole, soit 1,6 million de litres de brut des sa- bles bitumineux.Malgré les recherches effectuées jeudi dans les milliers de pages de documents présentant le projet de TransCanada, il n\u2019a pas été possible de préciser le nombre exact de cours d\u2019eau qui seront traversés par l\u2019oléoduc au Québec.Selon la version préliminaire, quelque 641 cours étaient franchis, dont plusieurs servent de sources d\u2019eau potable aux principales municipalités du Québec.Aucun examen Chose certaine, l\u2019oléoduc doit toujours traverser le fleuve Saint-Laurent, un peu en amont de Québec.D\u2019ailleurs, le gouvernement Couillard a déjà autorisé la pétrolière à mener des travaux préliminaires dans le secteur de la traversée, situé à Saint-Augustin-de-Desmaures.Ces travaux, réalisés en périphérie d\u2019une réserve naturelle protégée, comprenaient des levés sismiques.Aucun examen environnemenfal indépendant n\u2019a toutefois été mené pour Energie Est.Selon les règles en vigueur au fédéral, règles mises en place par le gouvernement Harper, c\u2019est l\u2019Qffice national de l\u2019énergie qui étudiera le projet.Son mandat l\u2019autorise à déterminer qui peut participer aux audiences publiques, en plus d\u2019exclure tout examen des gaz à effet de serre liés à la production pétrolière.Le premier ministre Justin Trudeau a promis de revoir le processus d\u2019évaluation des oléoducs menés sous l\u2019égide de l\u2019QNE, mais rien n\u2019a encore été annoncé à ce sujet.Qn ignore donc si, les règles seront revues pour l\u2019étude du projet Energie Est.Le gouvernement Couillard a pour sa part annoncé son intention de mandater le Bureau d\u2019audiences publiques sur l\u2019environnement pour étudier le projet.L\u2019organisme indépendant devra toutefois mener les audiences sans avoir en main une étude d\u2019impact du projet, comme cela se fait habituellement au Québec.TransCanada a en effet refusé de déposer un avis de projet au gouvernement du Québec, malgré les demandes faites en ce sens.Le gouvernement Couillard a donc décidé de ne pas l\u2019exiger.Québec n\u2019évaluera pas non plus les émissions de gaz à effet de serre résultant de la production du pétrole qui coulera dans l\u2019oléoduc pendant plus de 40 ans.Le Devoir ERIC HYLDEN LA PRESSE CANADIENNE / AP Selon r analyse économique réalisée par la pétrolière, la phase de construction devrait générer près de 2000 emplois directs au Québec.Ouvrir la Constitution ?Trudeau ne voit aucune raison EANNIE OLIVIER à Ottawa T ustin Trudeau ne voit aucune J raison qui justifierait de rouvrir la Constitution canadienne \u2014 pas même pour y inclure le Québec.En entrevue à La Presse canadienne, le premier ministre a fait savoir qu\u2019il était hors de question qu\u2019il ouvre cette boîte de Pandore.M.Trudeau a demandé carrément «pourquoi » il faudrait rouvrir la Constitution, rapatriée en 1982 par son père, qui n\u2019a jamais été signée par le Québec.«Quel est le problème concret qu\u2019on ne peut pas résoudre sans rouvrir la Constitution ?», s\u2019est-il questionné.Lorsqu\u2019on lui a fait valoir que plusieurs considèrent comme un problème majeur le fait que le Québec n\u2019a pas signé cet important document, il a répliqué rapidement: « [un problème] qui s\u2019articule de quelle façon ?» Lors du long entretien de fin d\u2019année qu\u2019il a accordé à l\u2019agence de presse, le chef libéral s\u2019est particulièrement animé lors de la portion de l\u2019entrevue portant sur les débats constitutionnels.« Ouvrir et changer la structure de notre gouvernance sans avoir de problème insoluble à régler serait comme nous l\u2019avons vu dans le passé: des efforts laborieux qui consumeraient beaucoup du dialogue fédéral-provincial à un moment où, bien honnêtement, je préférerais parler de changements climatiques, de création d\u2019emplois, de formation, de santé», a-t-il insisté.Québec pas d\u2019accord Tous ne pensent pas comme lui, à commencer par le premier ministre du Québec, Philippe Couillard.Lors du congrès de son parti tenu en juin dernier, M.Couillard avait paru convaincu qu\u2019il faudrait s\u2019engager sur la voie des négociations constitutionnelles un jour ou l\u2019autre.«Je trouve toujours ça curieux de voir que les gens sont terrorisés par une conversation constitutionnelle», avait-il lancé aux militants.«Je ne connais pas de pays qui n\u2019accepte pas de temps en temps de revoir ses fondements », avait-il ajouté.En 1982, Pierre Elliott Trudeau avait procédé au rapatriement de la Constitution du Canada à partir du Royaume-Uni, y incluant la Charte canadienne des droits et libertés et une procédure d\u2019amendement.Toutes les provinces avaient signé le document, à l\u2019exception du Québec de René Lévesque, placé devant le fait accompli.Aucun gouvernement québécois n\u2019a accepté par la suite d\u2019apposer la signature de la province.Deux cycles de négociations constitutionnelles \u2014 Meech et Charlottetown \u2014 se sont soldés par autant d\u2019échecs.«Je reconnais qu\u2019il y a eu un sentiment d\u2019exclusion.Ç\u2019a donné la montée du Bloc.Ç\u2019a donné énormément de sentiments de désengagement envers le gouvernement fédéral», a concédé M.Trudeau en entrevue.Mais ce n\u2019est pas à lui de réparer les pots cassés.«On reconnaît qu\u2019il y a des gens [.] qui auraient bien aimé que le passé se déroule autrement et qui voient peut-être des erreurs.Mais moi, je ne suis pas là pour défendre les actions d\u2019autres premiers ministres, incluant mon père», a soutenu M.Trudeau.Pour Justin Trudeau, au-delà des «symboles», le Québec reste couvert par cette Constitution.Et le fait que les Québécois ont voté massivement aux dernières élections pour le Parti libéral du Canada (PLC), une formation «farouchement fédéraliste», prouve qu\u2019ils n\u2019ont pas vraiment d\u2019appétit pour les projets constitutionnels.La Presse eanadienne A 4 LE DEVOIR, LE VENDREDI 18 DECEMBRE 2015 ACTUALITES AIDE À L\u2019ENFANCE Québec s\u2019attaque à la « très grande vulnérabilité » MARIE-MICHELE SIOUI La ministre de la Famille, Francine Charbonneau, a officialisé jeudi l\u2019octroi d\u2019une subvention de 22 millions de dollars sur cinq ans à la Fondation du Julien, et elle s\u2019est défendue du même souffle de priver des services à l\u2019enfance d\u2019allocations gouvernementales au ^bénéfice de certains autres.A l\u2019beure où le gouvernement privilégie le développement de places en garderies non subventionnées, au détriment du réseau des centres de la petite enfance (CPE), la ministre s\u2019est défendue d\u2019adopter une posture non cobérente en coupant dans des services à l\u2019enfance plus accessibles, tout en se posant en sympathisante de la pédiatrie sociale.«On va dans la très grande vulnérabilité [avec la pédiatrie sociale].On touche une clientèle qui ne fréquente pas les CPE, qui ne rentre pas nécessairement dans les machines que sont nos institutions», a affirmé la ministre, de passage au Centre de pédiatrie sociale en communauté Centre-Sud, à Montréal.« Vous faites un drôle de parallèle entre une volonté d\u2019aider les familles en très grande vulnérabilité et le fait d\u2019empêcher quelqu\u2019un d\u2019ouvrir une entreprise qui s\u2019appelle une garderie privée», a-t-elle ensuite déclaré aux journalistes.Lundi, une étude de l\u2019Institut de la statistique du Québec révélait que 40 % des poupons et le tiers des enfants âgés de 18 mois à 5 ans ne reçoivent pas des services satisfaisants dans les garderies privées non subventionnées.Or le nombre de places créées dans ces milieux a bondi de 1387 % depuis 2008, tandis que les CPE ont subi des compressions de 476 millions depuis 2006.« Oui, l\u2019étude est sortie et on va lui accorder une attention tout à fait particulière, je vous l\u2019assure, a insisté la ministre.Maintenant, l\u2019annonce qu\u2019on fait aujourd\u2019hui, c\u2019est vraiment une volonté du gouvernement d\u2019investir dans la très grande vulnérabilité.» 20 000 enfants En vertu de l\u2019annonce de la ministre Charbonneau, la Fondation du Julien, dont les racines remontent à 1990, recevra deux millions pour l\u2019année en cours, puis cinq millions par an pendant les quatre années suivantes.Pour Gilles Julien, il y a là une occasion de faire passer de 4000 à 20 000, en 2019-2010, le nombre des enfants suivis par des centres de pédiatrie sociale de la province.«On a un coût estimé de 1650$ par enfant, par année.Avec le succès qu\u2019on a, c\u2019est un peu une aubaine», a illustré le médecin, en remerciant les bénévoles, les familles et les membres de la collectivité qui contribuent au succès de son modèle.«C\u2019est très motivant», a-t-il ajouté à propos du financement gouvernemental.«Notre méthode est proximale, puissante, et elle peut changer le Québec rapidement», a-t-il souligné, après avoir confié qu\u2019il aimerait voir son modèle de pédiatrie sociale s\u2019implanter partout dans la province, dans le pays et dans le monde.Le Devoir JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le docteur Julien estime que 20 000 enfants pourront être suivis par des centres de pédiatrie sociale dans la province, grâce à la nouvelle subvention de Québec.MOTS CROISES 8 9 10 11 12 HORIZONTALEMENT 1.\tDevient fou (trois mots).2.\tSinge hurleur -Ensemble de pages Web.3.\tProfession de la magistrature - Ouvrage de poésie en vers -Bruit sec.4.\tDurée déterminée de la vie - Aux environs.5.\tDépérir.6.\tMise en ordre -Traîneaux.7.\tSymbole chimique -Acte législatif - Insecte des eaux stagnantes.8.\tÉlément qui agrémente -Article défini.9.\tImplore - Nom d'emprunt.10.\tAntilope d'Afrique -Cuire dans l'huile.11.\tSuffixe - Renvoyer la lumière sur un corps voisin.12.\tPièces de monnaie -Crochets.VERTICALEMENT 1.Muret formant garde-corps - Production de l'épiderme.2.\tLouange - Fils d'Osiris.3.\tPrénom - Gloussements.4.\tQue l'on doit - Saint de Charlevoix.5.\tLos Angeles - Qui a une saveur aigre - Belle-fille.6.\tRécif des mers chaudes -\tIncroyants.7.\tIls dessinent.8.\tGreffe - Fruit.9.\tLes traditions d'un pays -\tLiquides contenant une matière colorante.10.\tGrive - Exprimés.11.\tIl serre fort - Triste.12.\tAplatie - Fourrage.8 9 1011 12 mniD nsB MP f JACQUES GRENIER LE DEVOIR Le manque à gagner de l\u2019UQAM s\u2019explique par les compressions de 6,2 millions annoncées dans le plus récent budget provincial, des compressions imposées à toutes les universités québécoises en fonction de leur taille.Déficit moins élevé que prévu à l\u2019UQAM Mais la baisse des effectifs coûtera à rétablissement un million de plus qu\u2019anticipé PHILIPPE ORFALI L^Université du Québec à f Montréal (UQAM) revoit à la baisse l\u2019ampleur de son déficit pour l\u2019année en cours.Mais les défis entourant l\u2019atteinte de féquilibre budgétaire requis par le gouvernement Couillard demeurent entiers pour la maison d\u2019enseignement.Il devait s\u2019élever à 20,7 millions, puis à près de 28 millions.Le déficit de l\u2019UQAM sera finalement de 12,5 millions pour Tannée 2015-2016, et ce, malgré des efforts qui auraient normalement dû la mener à l\u2019équilibre.Ce manque à gagner s\u2019explique par les compressions de 6,2 millions annoncées dans le plus récent budget provincial, des compressions imposées à toutes les universités québécoises en fonction de leur taille.Le déficit anticipé s\u2019explique également par une perte d\u2019environ 6 millions liée à la dégringolade des inscriptions à l\u2019automne.Celle-ci semble avoir été plus grave qu\u2019escomptée, puisque le recteur, Robert Proulx, avait prévu des pertes de 5 millions plutôt que 6, UUQAM enregistrera un déficit de 12,5 millions pour l\u2019année 2015-2016 comme il est inscrit au budget révisé.«En l\u2019absence de ces deux imprévus, l\u2019exercice financier 2015-2016 se serait vraisemblablement conclu par l\u2019équilibre budgétaire», croit le vice-recteur, André Dorion.Des efforts «considérables» ont, selon lui, été déployés depuis avril afin de terminer Tannée en équilibre, des efforts que ces deux événements ont fait déraper.L\u2019UQAM n\u2019est pas la seule université à avoiy dû réajuster le tir.A l\u2019échelle du réseau universitaire, ce sont des compressions de 72 millions que prévoyait le dernier budget du gouvernement du Québec.Du côté de l\u2019Université de Montréal, on reconnaît que le déficit est désormais plus important.Le déficit de 8,2 millions prévu à l\u2019Université Concordia demeure, quant à lui, inchangé.Le conseil d\u2019administration de TUQAM a approuvé le budget révisé, «à la condition qu\u2019un plan de résorption du déficit anticipé soit présenté en février», précise-t-il dans une note, dont nous avons obtenu copie.Ce plan de résorption du déficit «devra cibler les actions à entreprendre pour atteindre l\u2019équilibre budgétaire».La direction de TUQAM va «tout mettre en œuvre» pour que les résultats réels de Tannée en cours soient plus près de l\u2019équilibre budgétaire, «en dépit du fait que les budgets ont été revus dans le cadre d\u2019un exercice rigoureux», a précisé une porte-parole.Réduction des dépenses Pour parvenir à réduire ainsi son déficit à 12,5 millions, TUQAM a notamment procédé à une réduction de 5% des dépenses pour l\u2019ensemble des unités, en plus de mettre en place un programme de départs volontaires, de revoir la structure de la haute direction, d\u2019abandonner le paiement des droits de scolarité par carte de crédit et de revoir les revenus et dépenses liés aux espaces de location.On reste toutefois de marbre au cabinet du ministre de l\u2019Éducation.«L\u2019UQAM, comme les autres, doit en arriver à l\u2019équilibre budgétaire.C\u2019est à elle de faire le travail qui s\u2019impose, car, bien que le déficit soit moins élevé qu\u2019anticipé, il y a encore du travail à faire», a estimé la porte-parole, Julie l^ite.Le Devoir Aide médicale à mourir: la cour prolonge le suspense Ottawa \u2014 La Cour suprême du Canada prolonge encore un peu le suspense.Elle a annoncé jeudi qu\u2019elle tiendrait des audiences le 11 janvier prochain, avant d\u2019accepter ou de rejeter la demande de délai présentée par Ottawa dans le dossier de l\u2019aide médicale à mourir.Dans un jugement rendu en février, la Cour suprême a obligé Ottawa à légaliser l\u2019aide médicale à mourir, tout en lui accordant un délai de 12 mois pour agir.Le gouvernement de Justin Trudeau lui demande de prolonger ce délai jusqu\u2019en août.Le Devoir Trudeau n\u2019est pas prêt à intervenir personnellement pour Badawi Ottawa \u2014 Le premier ministre, Justin Trudeau, n\u2019est pas prêt à prendre le téléphone pour réclamer personnellement, auprès des autorités saoudiennes, la libération du blogueur Raif Badawi.« Ce n\u2019est pas dans mes plans immédiats», a laissé tomber le premier ministre libéral dans une entrevue avec La Presse canadienne, mercredi.Pourtant, à l\u2019époque où les libéraux étaient dans les banquettes de l\u2019opposition, leurs députés exhortaient l\u2019ancien premier ministre, Stephen Harper, à appeler Riyad afin de faire pression directement auprès du roi de l\u2019Arabie Saoudite.«J\u2019ai pu rencontrer la femme de M.Badawi l\u2019année passée et je lui ai dit très clairement que le Parti libéral allait continuer de mettre de la pression sur l\u2019Arabie Saoudite pour encourager sa libération», a-t-il soutenu.La Presse canadienne Cédrika Provencher: l\u2019enquête progresse Trois-Rivières \u2014 L\u2019enquête sur la mort de la petite Cédrika Provencher progresse, mais les policiers demeurent avares de détails.Le capitaine Guy La-pointe, de la Sûreté du Québec, a fait le point en fin d\u2019avant-midi jeudi, précisant que les policiers avaient reçu plus de 200 informations du public, qui sont toutes vérifiées avec attention depuis la découverte du crâne de l\u2019enfant, le week-end dernier, près de Saint-Maurice.Le capitaine Lapointe n\u2019a toutefois pas voulu dire si ces informations avaient fourni de nouveaux indices ou si les recherches effectuées sur le site de la découverte avaient donné quelque résultat que ce soit.Il a confirmé qu\u2019un suspect, propriétaire d\u2019une voiture Acura rouge, était toujours dans la mire des enquêteurs.La Presse canadienne Sudoku par Fabien Savary \t\t6\t\t\t8\t\t2\t \t\t\t9\t\t\t6\t\t4 \t5\t2\t\t\t6\t\t7\t 1\t\t\t5\t\t\t\t4\t8 \t\t5\t\t3\t\t\t\t \t\t\t2\t\t\t\t\t3 \t2\t9\t\t\t7\t\t5\t \t8\t\t6\t5\t\t\t9\t2 \t6\t4\t\t\t\t\t\t Niveau de difficulté MOYEN 3169 Placez un chiffre de 1 à 9 dans chaque case vide.Chaque ligne, chaque colonne et chaque boîte 3x3 délimitée par un trait plus épais doivent contenir tous les chiffres de 1 à 9 Chaque chiffre apparaît donc une seule fois dans une ligne, dans une colonne et dans une boîte 3x3 Solution du dernier numéro 6\t2\t9\t7\t4\t3\t5\t8\t1 1\t7\t5\t2\t6\t8\t4\t3\t9 3\t4\t8\t1\t9\t5\t6\t7\t2 2\t5\t4\t8\t3\t7\t9\t1\t6 7\t6\t1\t5\t2\t9\t8\t4\t3 9\t8\t3\t4\t1\t6\t7\t2\t5 5\t1\t2\t9\t8\t4\t3\t6\t7 8\t3\t7\t6\t5\t1\t2\t9\t4 4\t9\t6\t3\t7\t2\t1\t5\t8 3168 SOLUTION DU DERNIER SUDOKU : le logiciel 10 000 sudokus inédits de 4 niveaux de difficulté par notre expert Fabien Savary En exclusivité sur le site des Mordus www.les-mordus.com CONDUITE EN ÉTAT D\u2019ÉBRIÉTÉ La Cour suprême confirme une peine sévère en Beauce La Cour suprême du Canada rétablit la première peine imposée à Tommy Laçasse, ce jeune Beauceron coupable de conduite en état d\u2019ébriété.Dans un jugement à cinq contre deux rendu jeudi, le plus haut tribunal du pays donne raison au juge de première instance, qui avait voulu tenir compte de la fréquence de ce genre de délit en Beauce en prononçant une peine très sévère.L\u2019accident survenu en juin 2011, causé par la vitesse excessive, a mené à la mort des deux passagères du véhicule, Nadia Pruneau et Caroline For-fier.Tommy Laçasse est incarcéré depuis octobre 2013.Au premier procès, le juge Hubert Couture avait souligné qu\u2019un délit sur cinq qui se retrouvaient devant son tribunal en était un de conduite en état d\u2019ébriété.Le juge avait donc voulu, en prononçant la peine de six ans et six mois, privilégier l\u2019effet de dissuasion et de dénonciation.La Cour d\u2019appel du Québec avait réduit cette peine à quatre ans.La Cour suprême rétablit la décision du juge Couture et lui donne raison.«Il était loisible au juge de première instance, dans la mise en balance des facteurs pertinents quant à la détermination de la peine, de prendre en compte la fréquence des infractions de conduite avec les capacités affaiblies dans le district où le crime a été commis», écrit le juge Richard Wagner, au nom de la majorité.«Ce message-là, [celui] de la dénonciation et de l\u2019importance des peines sévères, la Cour suprême a entendu ce message-là», Vi fait remarquer la procu-reure, Audrey Roy-Cloutier, en soulignant qu\u2019il n\u2019y aura pas de «catégorie Beauce» pour les juges qui prononcent des peines, mais que les circonstances locales sont à étudier par les juges.La Presse canadienne LE DEVOIR, LE VENDREDI 18 DECEMBRE 2015 A 5 ACTUALITES RAPPORT DE LTNRS Un portrait incomplet, selon le milien dn livre Le manque de données sur l\u2019industrie empêche une lecture précise de la situation, dit-on CATHERINE LALONDE On ferait un grand livre, finalement, de tout ce qu\u2019on ne sait pas sur le milieu du livre actuel.Un milieu qui a besoin d\u2019encore plus d\u2019informations pour répondre aux défis du XXP siècle.Voilà ce qui ressort des réactions au diagnostic de la loi 51 sur le livre, diffusé lundi par l\u2019Institut national de la recherche scientifique (INRS).Commandée en 2012, VÉvaluation de la Loi sur le développement des entreprises québécoises dans le domaine du livre et étude d\u2019impact du marché du livre numérique a été dirigée par le spécialiste des industries culturelles Christian Poirier.Réalisée au coût de 100 000$, l\u2019étude constate l\u2019évolution de la chaîne du livre de 1980 à 2013 et analyse les impacts du marché du livre numérique afin de voir ses effets.L\u2019Association des distributeurs exclusifs de langue française et l\u2019Association nationale des éditeurs de livres (ANEL) saluent la démonstration des conséquences positives de la loi sur le livre.Le directeur général de l\u2019ANEL, Richard Prieur, remarque toutefois que les chercheurs dénotent à plus d\u2019une reprise la pauvreté des données sur l\u2019industrie, ici comme à l\u2019international.«Ça témoigne du fait qu\u2019on est des cordonniers mal chaussés \u2014 je parle de l\u2019industrie du livre, mais aussi du ministère de la Culture, qui commande des études pour se faire dire poliment qu\u2019il manque des données.» Katherine Eafard, directrice générale de l\u2019Association des libraires du Québec (ALQ), est heureuse que l\u2019étude en appelle à une recherche approfondie sur le marché des librairies.«Nous savons que l\u2019industrie du livre aurait avantage à détenir des statistiques et des données plus nombreuses et plus évoluées, afin de mieux s\u2019analyser, surtout en cette période de mutation», a-t-elle précisé.Le diagnostic de l\u2019INRS était attendu depuis longtemps.11 semble d\u2019ailleurs étrange à plusieurs qu\u2019il sorte quelques semaines seulement avant une autre analyse de la loi 51, commandée à Denis Vaugeois, dont la remise est prévue le 30 janvier 2016.Ce rapport-là OLIVIER ZUIDA LE DEVOIR L\u2019équipe de l\u2019INRS a pris quatre ans pour boucler son rapport.ne sera pas rendu public, «à la demande du ministère», a indiqué M.Vaugeois.Son mandat est de faire une «réflexion sur la mise à jour de la loi» dont il est le père.La partie qualitative du rapport de l\u2019INRS a laissé quelques lecteurs perplexes.«L\u2019addition des \u201cun écrivain pense que.\u201d, \u201cdeux éditeurs proposent que.\u201d; \u201cun diffuseur avance que.\u201d fait que ça finit par ressembler à un immense vox pop.Comment veux-tu dégager des tendances de ce mélange de vœux pieux, d\u2019opinions très individuelles ou majoritaires?», demande M.Prieur.«Je trouve déplorable qu\u2019on annonce déjà que le rapport de Denis Vaugeois ne sera pas rendu public, renchérit-il.Tout le monde autour de la planète se questionne sur la manière d\u2019aller au numérique ou sur le prix unique du livre.Pourquoi faire des études et des rapports qui ne seront pas rendus publics ?Il faut pouvoir en discuter.» N\u2019est-ce pas, sinon, se condamner à faire des études qui constatent que les données manquent?Trop tard ?«La grande faiblesse de l\u2019étude de l\u2019INRS, et ça ne tient pas aux chercheurs, c\u2019est qu\u2019elle a dormi
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