Le devoir, 30 décembre 2015, Cahier A
[" CINEMA I ¦ I momsieui^ lE VEMDEl 26 m SE Un an de mutations en cxnèma Page B 8 La politique se «pipolise» au rythme des talk-shows et des égoportraits Page B 7 Au 1®*^ janvier, l\u2019aide juridique sera gratuite pour les employés au salaire minimum Page A 2 www.ledevoir.corn 4- LE DEVOIR Vol.C V I N\u201c 2 9 6 LE DEVOIR, LE MERCREDI 30 DECEMBRE 2015 1,13 $ + TAXES = 1,30 $ L\u2019hiver s\u2019installe avec force I f\u2019:\t-v-, ?ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Ces vents chargés de flocons tant attendus ont finalement balayé le Québec.A la grande joie des skieurs et planchistes du mont Saint-Bruno et d\u2019ailleurs, la neige est tombée sans relâche, mardi.Cette tempête mettra pour la première fois à l\u2019épreuve la politique centralisée de déneigement de Montréal.Page A 3 Des primes généreuses pour attirer les profs Pour séduire, les universités allongent les dollars en dépit des restrictions budgétaires PHILIPPE ORFALI Malgré le contexte budgétaire difficile dans lequel elles sont empêtrées, les universités québécoises continuent d\u2019offrir des millions de dollars en primes à certains de leurs professeurs pour les attirer ou simplement pour les retenir dans leurs rangs.Les universités canadiennes et du reste de la planète rivalisent d\u2019inventivité pour séduire des professeurs réputés : primes, promesses d\u2019investissements majeurs, création de laboratoires spécialisés ou octroi de chaires de recherche prestigieuses.Les établissements québécois ne sont pas en reste, et malgré les compressions de centaines de millions de dollars qui se sont accumulées ces dernières années, ils continuent d\u2019accorder plusieurs millions de dollars en primes de marché à VOIR PAGE A 8 : PRIMES Québec pousse les médecins de famille hors des hôpitaux JESSICA NADEAU Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, veut moins de médecins de famille dans les hôpitaux.La nouvelle cohorte de médecins, qui amorcera sa pratique dans les prochains mois, sera forcée de travailler en clinique, à moins d\u2019une dérogation ministérielle.« Comme vous le savez, la situation difficile à l\u2019égard de l\u2019accès aux soins dans le secteur de la première ligne à l\u2019extérieur de l\u2019hôpital commande une action énergique», écrit le ministre Barrette dans une lettre envoyée aux présidents-directeurs généraux des établissements de santé le 16 décembre dernier.Gaétan Barrette annonce du même souffle que tous les hôpitaux devront réduire de 20% le nombre d\u2019omnipraticiens à leur emploi.« Conséquemment, le remplacement du départ d\u2019un médecin de famille d\u2019une installation n\u2019est plus automatique», ajoute le ministre.D\u2019ici au 30 novembre 2016, les établissements de santé qui voudront embaucher de nouveaux médecins de famille pourront le faire seulement après avoir obtenu une dérogation du ministère.Certains secteurs spécifiques, comme les suivis de long terme en CHSLD ou en CLSC, seront épargnés par les changements.Dans les hôpitaux, on pourra obtenir des dérogations dans la mesure où l\u2019on pourra prouver que le départ d\u2019un médecin de famille aura «un impact significatif sur le maintien de l\u2019accessibilité» dans des domaines prioritaires comme l\u2019urgence ou l\u2019obstétrique.«Je m\u2019attends à ce que des solutions alternatives à même les ressources médicales à l\u2019interne aient d\u2019abord été mises en place», précise le ministre.«Ça me fait peur de voir ce chiffre de 20%.Concrètement, je pense que c\u2019est irréaliste et inapplicable, surtout si on veut faire du mur à mur», soutient Simon-Pierre Landry, chef de département à l\u2019urgence de l\u2019hôpital Lauren- VOIR PAGE A 8 : MÉDECINS Aujourd\u2019hui Actualités > Le Devoir fait recette : le catsup aux fruits de la cousine Jacqueline.Page A 5 Économie > La réforme du système de retraite attendra à l\u2019an prochain.Les premiers ministres ne s\u2019entendent pas sur la voie à suivre.Page B1 Avis léjïaux.Décès.Météo.Mots croisés.Petites annonces.Sudoku.B4 A4 .B6 .B6 A4 .B5 Les poèmes de la misère Des ouvriers chinois écrivent le drame de !\u2019« atelier électronique du monde » JEAN-FREDERIC LÉGARÉ-TREMBLAY La perte de toute vie / Est la disparition d\u2019un autre moi/Une autre vis s\u2019est desserrée / Un autre frère du travail migrant se jette du bâtiment / Tu meurs à ma place / J\u2019écris des poèmes à ta place».Ces vers sont de Zhou Qizao, ouvrier dans une méga-usine du groupe Foxconn à Shenzhen, en Chine.Zhou les a composés le L\" octobre 2014, après avoir appris le suicide de son jeune collègue Xu Lizhi, lui aussi poète entre deux quarts de travail sur la chaîne d\u2019assemblage.Foxconn, c\u2019est «l\u2019atelier électronique du monde».La multinationale taïwanaise qui assemble iPhone, iPad, Xbox, Play Station et autres produits électroniques qu\u2019on emballe soigneusement et dépose sous le sapin de Noël.Les regards des médias du monde entier se sont tournés vers l\u2019entreprise en 2010 après une vague de suicides dans ses usines chinoises.Dix-huit jeunes travailleurs ont fait le grand saut.Quatorze d\u2019entre eux n\u2019en sont pas revenus, et quatre ont échappé à la mort au prix d\u2019un lourd handicap.Foxconn a réagi de multiples façons.Elle a installé des filets à l\u2019extérieur des bâtiments, créé une ligne d\u2019aide d\u2019urgence, augmenté quelque peu les maigres salaires, entre autres.Mais au moins huit autres suicides ont marqué l\u2019histoire de ces usines depuis lors, dont celui de Xu Lizhi.Et selon des chercheurs qui se sont penchés sur ces usines chinoises, d\u2019autres vies ont été perdues de cette façon sans qu\u2019on l\u2019ait rapporté.En cause : des conditions de travail qui portent à l\u2019aliénation, au désespoir, et qui, pour l\u2019es- VOIR PAGE A 8 : MISÈRE R JENNY CHAN Tian Yu fait partie des quatre travailleurs de Foxconn qui ont tenté de se suicider sans y parvenir.Depuis, elle est en fauteuil roulant et est retoiunée vivre chez ses parents.77831303444801 A 2 LE DEVOIR, LE MERCREDI 30 DECEMBRE 2015 ACTUALITES BILAN Une année 2015 tumultueuse dans le monde du travail LIA LEVESQUE année 2015 a été tumul- > tueuse dans le monde des relations de travail : important jugement de la Cour suprême, longue négociation dans le secteur public et vives tensions dans le milieu municipal.L\u2019année a commencé en lion lorsque, le 30 janvier, la Cour suprême du Canada invalidait la loi sur les services essentiels de la Saskatchewan.Ce jugement a fait peu de bruit au départ, mais certains syndicats au Québec s\u2019en sont inspirés pour contester à leur tour devant le tribunal le fait que les cadres ne soient pas appelés à assurer des services essentiels, comme les salariés doivent le faire en temps de grève.La cause se trouve encore devant les tribunaux au Québec.Et, surtout, cet arrêt de la Cour suprême est déterminant, parce que les juges y ont af- Les juges ont affirmé que le droit de grève constitue un élément essentiel du processus de négociation collective au Canada firmé que le droit de grève constitue un élément essentiel du processus de négociation collective au Canada, puisqu\u2019il permet aux salariés de négocier davantage sur un pied d\u2019égalité avec l\u2019employeur.La reconnaissance de ce principe pourrait avoir maintes répercussions en droit du travail dans l\u2019avenir.Municipal Le 29 septembre, le gouvernement du Québec et les deux regroupements de municipalités signaient un accord de partenariat pour la période 2016-2019, dans lequel les transferts de 3,22 milliards de dollars aux organismes municipaux étaient maintenus.En retour, Québec se disait prêt à donner aux municipalités le droit de décréter les conditions de travail de leurs employés si des négociations sérieuses et de bonne foi en vue de renouveler leur convention collective se révélaient infructueuses.Les syndicats municipaux, qui ne s\u2019étaient pas vraiment essoufflés depuis leur contestation de la loi qui a imposé le partage des coûts des régimes de retraite, sont vite remontés au front.La plupart des municipalités, elles, applaudissaient devant ce nouvel outil qui leur était donné en matière de relations de travail.La tension a monté de plusieurs crans à Montréal, où des cols bleus ont tenu une assemblée syndicale, dont certains pendant leurs heures de travail \u2014 alors que la convention collective était encore en vigueur et que la Commission des relations du travail les avait prévenus que cela serait donc considéré comme un arrêt de travail illégal.La Ville a déjà annoncé des sanctions à l\u2019endroit de plusieurs cols bleus et dirigeants syndicaux.Cette seconde source de tensions dans le monde municipal connaîtra sûrement d\u2019autres rebondissements en 2016.Secteur public A Québec, les négociations en vue du renouvellement des conventions collectives des 550 000 employés de l\u2019Etat auront duré toute l\u2019année 2015.Le Eront commun intersyndical, qui représente 400 000 de ces travailleurs, a tenu qua- tre journées de grève, à raison d\u2019une journée par région, puis deux journées par région, avant de tenir une journée de grève nationale le 9 décembre.Des ententes aux tables sectorielles ont été conclues au compte-gouttes, en novembre et en décembre, également avec des syndicats qui n\u2019étaient pas membres du Eront commun.Lorsque l\u2019essentiel a été réglé à ces tables sectorielles, les cinq chefs syndicaux du Eront commun ont été conviés à une rencontre avec le président du Conseil du trésor, Martin Coi-teux, le 16 décembre.Les négociations en haut lieu auront duré plusieurs heures sur la question des salaires et du régime de retraite.Le jeudi 17, en fin d\u2019après-midi, c\u2019est une Louise Chabot visiblement fatiguée qui annonçait en une phrase que le Eront commun avait finalement conclu une entente de principe avec le gouvernement du Québec à la table centrale.La présidente de la Centrale des syndicats du Québec n\u2019en avait pas dit davantage, ni le président du Conseil du trésor.L\u2019entente de principe, qui prévoit des augmentations salariales équivalant à 10,5% sur cinq ans, doit être soumise aux instances intermédiaires puis aux membres des syndicats lors d\u2019assemblées générales.Trmn et autres A la mi-février, un bref conflit de travail a touché le transport par rail au Canadien Pacifique.La grève des 3300 conducteurs de train et autres employés du syndicat des Teamsters, déclenchée le week-end, aura cependant duré moins de deux jours.Les trains de banlieue dans la région de Montréal avaient été brièvement affectés, de même que les trains de marchandises, mais devant la menace d\u2019une loi spéciale par la ministre fédérale du Travail, les parties s\u2019étaient entendues pour soumettre le dossier à un processus de médiation et d\u2019arbitrage.Ensuite, c\u2019était au tour du Canadien National d\u2019être touché par une négociation difficile.Le CN s\u2019est d\u2019abord entendu avec ses 1800 employés syndiqués chez les Teamsters, mais un conflit a éclaté avec les 4800 syndiqués chez Unifor.La direction du CN avait menacé de décréter un lockout à compter du 23 février.Einalement, peu avant l\u2019ultimatum, les parties sont revenues à la table de négociation et une entente a été conclue.Sur un autre plan, le 31 juillet, la Cour supérieure statuait que le tribunal d\u2019arbitrage n\u2019avait pas commis d\u2019erreur en donnant raison aux 406 travailleurs de l\u2019usine de découpe de porc d\u2019Olymel à Saint-Simon, en Montérégie.Ceux-ci, syndiqués à la CSN, avaient soutenu que la fermeture de l\u2019usine, en avril 2007, contrevenait à la convention collective en videur à l\u2019époque.L\u2019arbitre avait ordonné à Oly-mel de payer à ses employés de Saint-Simon un montant équivalant aux salaires et avantages «auxquels ils auraient eu droit, n\u2019eût été la fermeture hâtive et illégale de leur usine».Le montant pourrait représenter une somme de 14 millions de dollars, selon l\u2019évaluation de la CSN.La Presse canadienne L\u2019aide juridique bieutôt gratuite pour les employés au salaire minimum MARIE-MICHÈLE SIOUI est finalement au tournant de l\u2019année que les travailleurs au salaire minimum auront accès gratuitement aux services de l\u2019aide juridique, du jamais vu au Québec depuis la fin des années 1980.La hausse des seuils de l\u2019admissibilité gratuite à ce service juridique entre en vigueur le 1®\u201c^ janvier 2016, quelques mois plus tard que l\u2019échéancier gouvernemental, qui prévoyait au départ que cet arrimage soit effectif au LQuin 2015.Désormais, une personne seule dont le revenu annuel est de 19 201$, soit l\u2019équivalent de 35 heures de travail rémunérées au salaire minimum (10,55$ de l\u2019heure), aura accès à l\u2019aide juridique gratuitement.«On est très heureux», a commenté le fondateur et président de la Clinique juridique Juripop et associé chez Deveau avocats, Marc-Antoine Cloutier.L\u2019accès gratuit à l\u2019aide juridique pour les employés rémunérés au salaire minimum, c\u2019était justement le souhait de ceux qui ont contribué à la création de la Loi sur l\u2019aide juridique en 1972, a-t-il ajouté.Or ce souhait a été sacrifié au fil des ans et des compressions gouvernementales, puisque le seuil d\u2019admissibilité a stagné au début des années 1990, pour amorcer un rattrapage en 2005 et enfin correspondre au salaire minimum annuel, en 2016.Autre victoire, selon Juripop : le seuil d\u2019admissibilité à D\u2019autres mesures en vigueur le janvier Une série de mesures annoncées dans le budget du ministre des Einances, Carlos Leitào, entrent en vigueur le 1®\u201c^ janvier 2016.C\u2019est le cas du bouclier fiscal.Cette mesure non récurrente, dont le coût est estimé à 52 millions de dollars, doit permettre de protéger les contribuables qui perdraient l\u2019accès à certaines primes (au travail, aux travailleurs d\u2019expérience, pour frais de garde d\u2019enfants, pour la solidarité) en décrochant un emploi ou en recevant une augmentation de salaire.La nouvelle année marquera aussi le dégel du crédit d\u2019impôt pour les travailleurs d\u2019expérience.L\u2019âge d\u2019admissibilité passera, sur deux ans, de 65 à 63 ans.Le montant maximal de revenu de travail admissible sur lequel le crédit d\u2019impôt sera calculé sera aussi haussé graduellement, pour atteindre 10 000$ pour tous les travailleurs âgés de 65 ans et plus.Autre mesure pour les aînés : le programme d\u2019aide pour le paiement des taxes municipales s\u2019adressera dès le 1®\u201c^ janvier aux personnes âgées de 65 ans et plus qui sont propriétaires de leur résidence depuis au moins 15 ans et qui ont un revenu familial net de 50 000$ ou moins.Pour les jeunes, le plafond des dépenses admissibles pour les activités physiques, artistiques et culturelles passera de 300 à 400$.Le crédit d\u2019impôt destiné aux aidants naturels d\u2019un conjoint âgé incapable de vivre seul passera aussi de 925$ à 1000$.l\u2019aide juridique sera dorénavant automatiquement rajusté en fonction du salaire minimum.«Ça, c\u2019est majeur, a commenté M® Cloutier.Ce sera plus difficile pour les gouvernements de ne pas indexer [les seuils] en disant ne pas avoir d\u2019argent, par exemple.» Les niveaux de contribution modifiés Avec la hausse du seuil d\u2019admissibilité vient l\u2019ajustement des niveaux de contribution.Une personne seule gagnant entre 19 202$ et 20 153$ par année devra ainsi payer 100$ pour avoir accès à l\u2019aide juridique.La loi prévoit huit niveaux de contribution; une personne seule gagnant entre 25 866$ et 26 818$ aura donc à débourser 800$ pour être admissible à l\u2019aide juridique.La réforme, annoncée en 2013 par le ministre péquiste Bertrand St-Arnaud, constitue «une avancée significative en matière d\u2019accessibilité à la justice», selon la ministre actuelle de la Justice, Stéphanie Vallée.«Cette annonce s\u2019ajoute à celle de l\u2019entrée en vigueur, le janvier 2016, du nouveau Code de procédure civile afin d\u2019améliorer l\u2019accès des citoyens à faibles revenus à notre système de justice», a-t-elle rappelé mardi.Le nouveau Code doit notamment privilégier les règlements hors cours à l\u2019aide de modes comme la médiation, l\u2019arbitrage ou la conciliation, considérés comme plus conviviaux et plus accessibles.Du travail à faire pour la classe moyenne Reste qu\u2019en termes d\u2019accessi- bilité, le système judiciaire québécois est loin d\u2019être parfait, selon ce qu\u2019observe Juripop.La clinique juridique se bat aussi pour la classe moyenne, celle-là qui n\u2019a pas accès à l\u2019aide juridique, mais qui n\u2019a pas non plus les moyens de se payer les services d\u2019un avocat, a rappelé M® Cloutier.«Les taux moyens du Barreau sont autour de 175$ de l\u2019heure.C\u2019est plus élevé à Montréal, tandis qu\u2019en région, on peut facilement trouver un avocat à 150$ de l\u2019heure, a-t-il observé.Avec un avocat à 150$ de l\u2019heure, pour un dossier de divorce qui demande une vingtaine d\u2019heures, une personne peut se retrouver avec une facture de 3000$», a-t-il fait valoir.Le Devoir Hausse prévue des prix des aliments pour 2016 LOIS ABRAHAM à Toronto Si le panier d\u2019épicerie des Canadiens semblait dispendieux en 2015, il le sera encore bien plus en 2016.Les gestionnaires des chaînes d\u2019épiceries ont prévenu qu\u2019il n\u2019y avait pas de baisse en vue pour les prix déjà élevés des aliments, en raison notamment de la chute de la valeur du dollar canadien.Des chercheurs suggèrent donc que les consommateurs devront subir un nouveau choc des prix au cours de l\u2019année prochaine.L\u2019Institut alimentaire de l\u2019Université de Guelph estime que les ménages canadiens ont dépensé en moyenne 325$ de plus pour leurs aliments cette année.Or, ils devraient s\u2019attendre à débourser environ 34$$ de plus en 2016.Etant donné que 81% de tous les fruits et légumes consommés au Canada sont importés, ils sont vulnérables aux variations des devises.Leur coût devrait bondir de 4 à 4,5% dans la prochaine année.Les familles devront dépenser davantage pour ces deux produits sans autre option de rechange, constate Sylvain Charlebois, auteur principal du rapport annuel sur les prix des aliments de l\u2019université.L\u2019étude rappelle également que le phénomène El Nino devrait avoir plusieurs impacts «significatifs» en 2016, alors que les précipitations de pluie devraient être plus fréquentes dans plusieurs régions productrices des Etats-Unis.«Nous prévoyons qu\u2019El Nino aura des effets positifs sur les pénuries d\u2019eau dans plusieurs zones en Amérique du Nord, particulièrement en Californie, alors les produits de l\u2019agriculture pourraient augmenter», a noté M.Charlebois.«Mais cela ne suffira pas à contreba- O W4S5'ol\u201c\" l NOTS/bIJSHELS ?SS?MICHAEL MONNIER LE DEVOIR Etant donné que 81% de tous les fruits et légumes consommés au Canada sont importés, ils sont vulnérables aux variations des devises.lancer les effets inflationnistes du dollar», a-t-il nuancé.Selon les prévisions de l\u2019institut, les prix des viandes, qui ont crû de 5% dans la dernière année, augmenteront encore de 4,5% en 2016, tandis que ceux du poisson et des fruits de mer seront en hausse de 3%.Les prix des produits laitiers, des œufs et du grain pourraient également bondir de 2%.Inflation Le mois dernier, le président de Loblaw, Galen Weston, a toutefois signalé lors d\u2019une conférence téléphonique avec des investisseurs que l\u2019inflation des prix de l\u2019alimentation était difficile à prédire.«Nous continuons d\u2019avoir une forte inflation dans les [aliments] frais, bien qu\u2019elle ait ralenti au cours de l\u2019année.C\u2019est vraiment la deuxième année [que l\u2019on connaît] une forte inflation des produits frais», a-t-il soutenu, alors qu\u2019il révélait les résultats du troisième trimestre de l\u2019entreprise.«C\u2019est très, très difficile de prédire l\u2019inflation, alors nous essayons, et nous restons [prudents] dans notre propre planification.Nous ne nous attendions pas à ce qu\u2019un tel niveau d\u2019inflation se maintienne tout le long de l\u2019année, alors c\u2019est difficile de dire avec certitude ce qu\u2019il arrivera en 2016», a-t-il ajouté.En commentant les bénéfices du quatrième trimestre de la çhaîne Metro, le président Eric La Elèche a indiqué aux investisseurs que les prix élevés des aliments seraient inévitablement transmis aux consommateurs, autant que la concurrence le permettra.«Tout en restant très compétitifs dans un environnement compétitif, nous réussissons à refiler un peu de l\u2019inflation [aux clients].Je crois que nous avons fait du bon travail pour faire cela, et en considérant les marges [de profit] que nous avons li- vrées, je crois que c\u2019est un fait.Alors espérons que nous continuerons de faire cela», a-t-il analysé.L\u2019Organisation des Nations unies pour l\u2019alimentation et l\u2019agriculture a déclaré que 2016 serait l\u2019année internationale des légumineuses \u2014 une industrie importante au Canada, l\u2019un des plus grands producteurs de lentilles, de pois chiches, de fèves et de pois secs.Getty Stewart, un spécialiste en économie familiale, croit que les consommateurs affectés par les hausses de prix sont de plus en plus enclins à essayer des recettes avec des légumineuses, qui sont beaucoup moins dispendieuses.«Il y a plusieurs raisons pour lesquelles nous devrions utiliser et apprécier davantage nos légumineuses.Elles sont une source importante de protéines et leur empreinte environnementale est faible», a-t-il expliqué.La Presse canadienne 0881ËR 2015: ARRÊT SUR IMAGES Quelles sont les photos marquantes de l\u2019année, celles qui réveillent le souvenir de ses moments les plus forts comme de ses dérives les plus troublantes?Nous effectuons un retour sur la dernière année, en aidant les images à vous parler.A LIRE DEMAIN UN DOSSIER DE FABIEN DEGLISE ET JACQUES NADEAU.POUR LE TEXTE ET LE CONTEXTE LE DEVOIR LE DEVOIR, LE MERCREDI 30 DECEMBRE 2015 A 3 ACTUALITES La Cour suprême a tranché dans des dossiers cruciaux pour le Québec en 2015 MELANIE MARQUIS à Ottawa La Cour suprême du Canada (CSC) a tranché cette année dans deux causes particuliérement épineuses pour le Québec \u2014 l\u2019aide médicale à mourir et le registre des armes \u2014 et dans une autre cause particuliérement délicate.pour un certain maire québécois.«La justice, la dignité et la compassion étaient des qualités qui définissaient ma mère.Cette décision offre maintenant ces mêmes éléments à tous ceux qui voudront avoir une mort humaine et digne dans ce pays», déclarait le 6 février dernier Lee Carter, un bouquet de fleurs sous le bras.Le plus haut tribunal au pays venait de trancher en faveur de la cause qui avait notamment été portée par sa mère, Kay Carter, depuis décédée, en invalidant les articles du Code criminel interdi- La bataille judiciaire que menait depuis des années le maire Jean Tremblay s\u2019est soldée par un revers sant à un médecin d\u2019aider un patient à s\u2019enlever la vie.Dans leur décision unanime signée «La Cour» \u2014 un geste rare visant à refléter la force et l\u2019unité des conclusions \u2014, les neuf magistrats ont déterminé que la prohibition totale de l\u2019aide médicale à mourir violait «de manière injustifiée» la Charte canadienne des droits et libertés.La CSC accordait au gouvernement fédéral 12 mois pour réagir à son jugement.Les conservateurs en ont mis cinq avant de bouger, posant finalement un premier jalon en juillet dernier avec la création d\u2019un comité consultatif externe, qui a remis son rapport à la mi-décembre.Malaise et critiques On sentait un malaise dans les rangs conservateurs face à cet enjeu, que le gouvernement Harper a manifestement voulu balayer sous le tapis \u2014 il aura fallu que les libéraux profitent d\u2019une journée d\u2019opposition pour qu\u2019un débat sur l\u2019aide médicale à mourir se tienne à la Chambre des communes.Il revient maintenant au nouveau gouvernement libéral de piloter ce dossier, ce qu\u2019il n\u2019a d\u2019autre choix que de faire avec une certaine urgence.La CSC se prononcera vraisemblablement en janvier sur la demande d\u2019Ottawa d\u2019obtenir un sursis de six mois afin de concocter son projet de loi.Cet arrêt de la Cour suprême allait dans le sens de la démarche législative entamée au Québec entourant les soins de fin de vie, mais celui qui a suivi quelques semaines plus tard allait totalement à l\u2019encontre de la volonté de l\u2019Assemblée nationale.Le 27 mars dernier, les conservateurs remportaient la guerre qu\u2019ils menaient depuis des années contre le gouvernement québécois dans le dossier du registre des armes à feu : le plus haut tribunal au pays concluait qu\u2019ils pouvaient détruire les données que ré-clarnait Québec.«A notre avis, la décision de démanteler le registre des armes d\u2019épaule et de détruire les données qu\u2019il contient est un choix de politique générale que le Parlement avait le droit de faire en vertu de la Constitution», ont écrit les juges Thomas Cromwell et Andromache Karakatsanis pour la majorité.Les trois juges québécois qui siégeaient à l\u2019époque \u2014 Louis LeBel, Richard Wagner et Clément Gascon \u2014 y sont allés d\u2019un geste inusité en cosignant l\u2019avis dissident.Ils arguaient qu\u2019empêcher Québec d\u2019obtenir ces renseignements ne respectait pas le principe de fédéralisme coopératif.Les juges québécois soutenaient dans leur analyse qu\u2019«MW régime coopératif dont bénéficient les gouvernements fédéral et provinciaux ne peut être démantelé unilatéralement par une partie sans tenir compte des conséquences d\u2019une telle décision sur les compétences de son partenaire».Mais la majorité avait tranché, le premier ministre Stephen Harper s\u2019était dit «très heureux» de la tournure des événements, et son ministre de la Sécurité publique, Steven Blaney, promettait de supprimer les données québécoises «incessamment».Le dossier semblait clos jusqu\u2019à ce qu\u2019une disposition enfouie dans un projet de loi omnibus éveille les soupçons \u2014 c\u2019était une manœuvre du gouvernement conservateur pour absoudre rétroactivement la GRC, qui avait détruit des données malgré une demande d\u2019accès à l\u2019information non résolue.On a appris au fil de cette saga, qui est toujours devant les tribunaux, qu\u2019il subsistait une copie de sauvegarde des données québécoises du registre.Et le 23 juin, après avoir été sommé de le faire par la Cour fédérale, Ottawa a remis le disque dur externe contenant ces renseignements.Les libéraux, comme les néodémocrates, avaient vertement critiqué les conservateurs pour leur attitude dans ce dossier, tant pour leur entêtement à mettre des bâtons dans les roues du Québec devant la Cour suprême que pour leur tentative de révisionnisme législatif aux Communes.Il faudra maintenant voir si le gouvernement de Justin Trudeau livrera les fameuses données à Québec.Interrogé à ce sujet en décembre, le nouveau titulaire du ministère fédéral de la Sécurité publique.Ralph Goodale, n\u2019a pu le confirmer.«Il y a des données retenues dans une cause devant les tribunaux», a-t-il signalé, tout en faisant remarquer qu\u2019il fallait vérifier d\u2019abord la condition de ces données ainsi que leur accessibilité légale.«J\u2019ai besoin d\u2019un peu de temps pour démêler tout ça», a insisté M.Goodale.Qu\u2019il finisse par recevoir ou pas ces données, le gouvernement québécois a depuis longtemps fait son nid: un registre des armes d\u2019épaule verra le jour au Québec.Un projet de loi visant sa création a été déposé à l\u2019Assemblée nationale le 3 décembre dernier.Prière à Saguenay On ne saurait passer en revue les décisions rendues par la Cour suprême en 2015 sans mentionner celle qui est tombée au mois d\u2019avril dans le dossier de la récitation de la prière au conseil municipal de Saguenay.La bataille judiciaire que menait depuis des années le maire Jean Tremblay s\u2019est soldée par un revers, le plus haut tribunal au pays ordonnant au premier magistrat de mettre fin à cette pratique.Car celle-ci contrevient à la liberté de conscience et de religion garantie par la Charte québécoise des droits et libertés de la personne en plus de porter atteinte au principç de neutralité religieuse de l\u2019État, ont tranché les juges dans leur décision unanime.Le maire Tremblay avait indiqué le lendemain en conférence de presse qu\u2019il obéirait au jugement de la CSC, mais à contrecœur.Il avait profité de l\u2019occasion pour y aller d\u2019un plaidoyer sur les valeurs et traditions québécoises et son analyse de leur état actuel.«Il faut être vigilant pour que nous, on conserve nos acquis.Là, on est après s\u2019effriter, surtout les Québécois, hein.[.] Mais les vrais Québécois, avec notre histoire, là.On n\u2019est pas tellement actif pour se défendre», avait-il lâché.La Presse canadienne ' ! ô ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Ce couple et son petit chien sont venus de Brooklyn pour profiter du Vieux-Montréal sous la neige.L\u2019hiver arrive avec force Et glissent les chasse-neige et les skis SARAH R.CHAMPAGNE Ces vents chargés de flocons tant attendus ont finalement balayé la province.Labeur des déneigeurs, plaisir des skieurs, la neige est tombée sans relâche sur le sud du Québec toute la journée mardi.Partout sur l\u2019île de Montréal, le déblaiement des rues a commencé aussitôt les précipitations commencées.Les opérations de chargement de la neige, vers des dépôts plus excentrés, commenceront quant à elles au courant de la journée de mercredi, à partir de 7 h, a indiqué Anie Samson lors d\u2019un point de presse.Le processus ne devrait pas durer plus de 4 à 5 jours au total, a-t-elle prévenu.La vice-présidente du comité exécutif et responsable de la sécurité publique et des services aux citoyens a cependant indiqué que les chargements seront suspendus pour le jour de l\u2019An, soit entre le 31 décembre, 19 h, et le 2 janvier, 7 h.Le temps de laisser un répit aux Montréalais: «On veut laisser les citoyens festoyer et du temps en famille à nos cols bleus», a précisé M™® Samson, quelques coups de sifflet couvrant momentanément sa voix.Une quinzaine de cols bleus manifestaient en effet à proximité devant l\u2019hôtel de ville, pour contester la suspension de 2000 d\u2019entre eux.Les arrondissements disposent désormais d\u2019un délai maximum de 12 heures avant le déclenchement de ces opérations localement.Sans quoi ils s\u2019exposent à des sanctions financières équivalant à 2% de leur budget de déneigement.«Rappelez-vous l\u2019an dernier, lorsqu\u2019on annonçait une opération, des arrondissements embarquaient, d\u2019autres non», a insisté M™® Samson, elle-même les pieds dans la neige.Cette première tempête hivernale constitue en effet le premier test pour la politique centralisée de déneigement de la Ville de Montréal.Adoptée l\u2019été dernier par l\u2019administration Coderre, l\u2019uniformisation des pratiques veut mettre au pas les arrondissements plus lents à déclencher le chargement de la neige.Signe encourageant pour les déneigeurs, la tempête montrait des signes d\u2019essoufflement en début de soirée.Au moment d\u2019écrire ces lignes, une trentaine de centimètres s\u2019accumulait déjà à Montréal, dans les Laurentides, en Estrie et dans plusieurs autres régions.Souffleuses, chasse-neige et camions ramasseront d\u2019abord la neige sur les grandes artères, les rues commerciales, et finalement, les rues plus résidentielles, y compris quelques pistes cyclables.Appelant les citoyens à colla- m PEDRO RUIZ LE DEVOIR Sur l\u2019île de Montréal, le déblaiement des rues a commencé aussitôt les précipitations commencées.Au \u2018 If\u2019 v] i % PEDRO RUIZ LE DEVOIR Certains cyclistes ne se laissent pas décourager par la tempête.borer, la mairesse d\u2019arrondissement a recommandé I\u2019utili-sation de l\u2019application Info Neige.«Vous vous stationnez, vous indiquez [votre emplacement] sur la carte et vous allez recevoir des notifications qui vous diront si la rue va être déneigée ce soir ou demain», a illustré M™® Samson.D\u2019abord un projet pilote l\u2019hiver dernier, cette commodité virtuelle a été étendue à 18 des 19 arrondissements cette année.Le remorquage de 4000 à 5000 voitures lors de chaque opération de déneigement freine l\u2019avancée des déneigeuses, a averti Jacques-Alain Lavallée, porte-parole de la Ville en matière de déneigement.«Nous avons 10 000 kilomètres de route [à déneiger], soit environ 18 fois la distance aller-retour entre Montréal et Québec, nous avons donc besoin de la coopération des citoyens.» L\u2019arrivée et le départ de dizaines de vols ont été retardés, voire annulés aux aéroports de Montréal et de Québec, à cause du manque de visibilité.La gare d\u2019autobus de Montréal ne signalait quant à elle aucune annulation.La prudence redoublée des chauffeurs a cependant causé plusieurs retards.Les mauvaises conditions routières ont forcé Opération Nez rouge à annuler ses activités pour plusieurs régions, dont Montréal et Québec.Cet organisme raccompagne généralement entre 800 et 1000 personnes en état d\u2019ébriété durant une journée comme celle de mardi.Dévaler les pentes Pendant qu\u2019on s\u2019évertuait à nettoyer les rues en ville, les canons à neige reprenaient un peu leur souffle sur les monts de ski.Le secours de la neige artificielle se faisait moins criant, alors que de nombreuses stations étaient en voie d\u2019ouvrir l\u2019entièreté de leurs pistes.Après un lent début de saison en raison des températures trop douces, cette tempête a apporté du soulagement aux exploitants des montagnes, a indiqué Josée Cusson de l\u2019Association des stations de ski du Québec (ASSQ).«La neige est le meilleur marketing que l\u2019on puisse avoir pour être dans l\u2019esprit de faire du ski», s\u2019est-elle réjouie.Il faut dire que la période des Eêtes demeure «névralgique à la santé financière des stations de ski», constituant 18% du chiffre d\u2019affaires en moyenne, affirme M™® Cusson.L\u2019an dernier, le temps doux et la pluie entre Noel et le jour de l\u2019An ont entraîné une perte d\u2019achalandage de 25% par rapport à l\u2019année précédente.Ski Saint-Bruno avoue accuser un retard de près d\u2019un mois, alors que le centre était ouvert à 100% mardi, plutôt qu\u2019à la fin novembre comme au moins les trois années précédentes.M™® Raiche a expliqué que ce retard de 15 à 20% du chiffre d\u2019affaires sera «probablement compensé» par le reste de la saison.Cette montagne se porte par ailleurs bien financièrement, grâce au ski de soirée et aux cours, pour lesquels la liste d\u2019attente s\u2019allonge d\u2019année en année.«Je suis agréablement surprise de voir que les gens ont affronté la tempête pour profiter de ces superbes conditions», a affirmé Karine Raiche, coordonnatrice marketing de Ski Saint-Bruno.Même son de cloche plus à l\u2019est, au Massif de Charlevoix, où le manteau blanc était suffisant pour ouvrir 50% des pentes, a détaillé la porte-parole Katherine Laflamme.Très rares sont aujourd\u2019hui les stations qui se fient uniquement à mère Nature pour démarrer la saison.Même si l\u2019achalandage de novembre et décembre ne représente que 5% du chiffre d\u2019affaires, il faut «entrer dans l\u2019imaginaire des gens», croit M™® Laflamme.« Véhiculer la nouvelle que la station est ouverte entraîne les gens à s\u2019inscrire à des cours et à acheter des laissez-passer», confirme M™® Raiche.Le Devoir A 4 LE DEVOIR LE MERCREDI 30 DECEMBRE 2015 ACTUALITES ETATS-UNIS Décès du psychiatre Robert Spitzer Washington \u2014 Le Robert Spitzer, considéré comme l\u2019un des psychiah*es les plus influents aux Etats-Unis et crédité d\u2019avoir mis fin à la classification de l\u2019homosexualité comme une maladie mentale, est décédé, rapportent plu-^ sieurs médias américains.Âgé de 83 ans, il s\u2019est éteint le 25 décembre à la suite de complications cardiaques à Seattle, a indiqué son épouse, citée par le New York Times.Il souffrait aussi de la maladie de Parkinson.Le Spitzer a joué un rôle central dans les années 1970 dans l\u2019élaboration du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM), considéré comme la bible de la profession aux Etats-Unis, mais qui fait l\u2019objet de controverses à chaque actualisation.Ses contributions à plusieurs éditions du DSM {Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders) sont jugées révolutionnaires pour cette discipline en ayant aidé à fournir aux psychiatres des définitions des principaux troubles psychiatriques.Agence France-Presse Deux présumés terroristes arrêtés à Bruxelles Bruxelles \u2014 Deux personnes soupçonnées de préparer des attentats à Bruxelles durant les fêtes de fin d\u2019année ont été arrêtées en Belgique par les forces de l\u2019ordre, très mobilisées depuis les attentats de Paris et à quelques jours du Nouvel An.Jugées «sérieuses», ces menaces d\u2019attentats viseraient «plusieurs lieux emblématiques de Bruxelles [.] durant les fêtes de fin Tannée», a indiqué mardi le parquet fédéral belge dans un communiqué.Les arrestations ont fait suite à des perquisitions «non liées aux attentats de Paris» menées dimanche et lundi dans la région de Bruxelles, dans le Brabant flamand (qui entoure la capitale) et dans la région de Liège «à la demande Tun juge d'instruction de Bruxelles, spécialisé en matière de terrorisme».Six personnes au total ont été entendues par la police, dont les deux personnes finalement arrêtées.Les quatre autres ont été remises en liberté.L\u2019un des suspects a été arrêté pour «menaces d'attentats, participation aux activités d'un groupe terroriste en qualité de dirigeant, et recrutement en vue de commettre des infractions terroristes», l\u2019autre pour «menaces d'attentats et participation aux activités d'un groupe terroriste», a précisé le parquet.Agence France-Presse Le journal d\u2019Anne Frank sera-t-il dans le domaine public vendredi ?Alors que beaucoup considèrent que le journal d\u2019Anne Frank entrera le V janvier dans le domaine public, le Fonds Anne Frank contre-attaque et menace ceux qui ont promis de le mettre en ligne.ERWAN CARIO ^histoire aurait pu être ^ simple, relever de l\u2019évi-c ence, même.Nous aurions, c ans deux jours, pu célébrer comme il se doit l\u2019entrée du célèbre journal d\u2019Anne Frank dans le domaine public.Une occasion rêvée pour se remémorer l\u2019importance de l\u2019œuvre de la jeune diariste décédée en 1945 à Bergen-Belsen.Le droit d\u2019auteur est ainsi fait que c\u2019est le janvier de chaque année que de nombreuses œuvres entrent \u2014 s\u2019élèvent, insistent certains \u2014 dans le domaine public.Soixante-dix ans après la mort de l\u2019auteur, ce qu\u2019il a produit devient un bien commun et, à ce titre, personne n\u2019a plus le droit de demander une contrepartie financière pour son utilisation ou sa diffusion.Ainsi, le janvier 2016, pour les écrits de Paul Valéry, d\u2019Adolf Hitler, de Franklin Roosevelt, et, donc, d\u2019Anne Frank.Mais le Fonds Anne Frank, fondé en 1963 à Bâle par le père de la jeune fille, Otto Frank, et qui détient des droits patrimoniaux du journal, n\u2019est pas de cet avis et considère qu\u2019aucune des deux versions qui existent (celle expurgée par son père, publiée en 1947, et la version intégrale, publiée en 1986) ne sera concernée par le domaine public en 2016.C\u2019est là que ça se complique.Début octobre, Olivier Ertz-scheid, maître de conférences en sciences de l\u2019information connu pour son blogue affor-dance.info, publie une lettre à Anne Frank dans laquelle il s\u2019émeut avec des mots très justes qu\u2019il faille «attendre un siècle après la mort d'une jeune femme juive de 16 ans dans un camp de concentration pour que son témoignage, son journal, son œuvre, puisse entrer dans le domaine public».Il décide à la suite de ce texte de mettre en ligne les deux versions du texte, tout en sachant qu\u2019il s\u2019agissait alors d\u2019un acte illégal.Son geste ne passe pas inaperçu, et de nombreuses personnes lui emboîtent le pas et mettent aussi à disposition le texte sur leur site.Parmi elles, Isabelle Attard, députée de Nouvelle Donne du Calvados.Un mois plus tard, à la suite d\u2019une mise en demeure du Livre de Poche, Olivier Ertz-scheid retire les fichiers de son site: il s\u2019agissait des versions en français qui restent protégées par le droit des traducteurs./.'W-% /fU -'té?, AGENCE ERANCE PRESSE Photo du passeport d\u2019Anne Frank posé sur des cahiers de son journal, qu\u2019elle écrivit dans les combles de la maison d\u2019Amsterdam entre juin 1942 et le 4 août 1944.Mais il maintient ses propos et assure, tout comme Isabelle Attard, qu\u2019il mettra en ligne le texte en version originale néerlandaise le 1®*^ janvier 2016.Il aura fallu attendre cette semaine, à quelques jours de la date fatidique, pour que le Fonds Anne Frank réagisse.Le maître de conférence et la députée ont ainsi reçu chacun un joli courrier des avocats du Fonds.Le premier a publié le sien sur son site.La lettre commence par rappeler sa position sans équivoque concernant l\u2019entrée dans le domaine public du journal: ce ne sera pas avant plusieurs années.Mais c\u2019est la suite qui retient l\u2019atten- tion : le courrier liste plusieurs injonctions auxquelles Olivier Ertzscheid doit se conformer dans les cinq jours : renoncer à la mise en ligne de quelque version que ce soit du journal d\u2019Anne Frank, expliquer sur son blogue qu\u2019il n\u2019avait pas bien compris les tenants et les aboutissants de l\u2019affaire, informer tous les médias avec qui il a été en contact du fait qu\u2019il a reconsidéré son geste et transmettre à l\u2019avocat des preuves de ces contacts.Et le courrier de préciser qu\u2019il devra s\u2019acquitter de 1000 euros par jour et par injonction non suivie.«Je m'étonnais de ne pas avoir de leurs nouvelles, surtout depuis les 15 derniers jours, à la suite de la parution d'un article sur le sujet dans le New York Times, explique Olivier Ertzscheid.Leur courrier, c'est avant tout une approche d'intimidation, à l'anglo-saxonne.» Il prend cependant la chose au sérieux: «Ce n'est pas mon objectif de devenir un martyr de la cause.Mais quoi qu'il arrive, je vais continuer à défendre l'entrée dans le domaine public du texte d'origine en version originale.Et s'il le faut, je suis prêt à assumer et à le mettre en ligne, en espérant que je ne sois pas le seul».Il ne le sera pas, puisque du côté d\u2019Isabelle Âttard, le discours est tout aussi résolu.«Je n'ai encore rien fait, et je reçois déjà des menaces, s\u2019amuse-t-elle.Ils m'expliquent que c'est une honte de faire ça en tant que parlementaire, que c'est comme si j'avais incité les gens à abîmer la voiture de quelqu'un.C'est à se demander s'ils sont vraiment avocats.Dans leurs explications, ils ne cessent de sortir de la loi pour rentrer dans le pathos.Je mettrai bien le texte en ligne dans les premiers jours de janvier.» La députée insiste sur l\u2019importance de la portée symbolique de ce geste : «Le journal est extrêmement important à mes yeux, et le priver de domaine public, c'est dommageable pour la mémoire d'Anne Frank».Libération La France facilite l\u2019accès aux archives de Vichy THOMAS WIEDER C^est un bref arrêté, quelques paragraphes publiés dimanche 27 décembre au Journal Officiel, qui facilitera la tâche des historiens spécialistes des années sombres.Cosigné par Manuel Valls, Laurent Fabius, Christiane Taubira, Jean-Yves Le Drian, Bernard Cazeneuve et Fleur Pellerin, le texte prévoit «la libre consultation, avant l'expiration des délais prévus dans le code du patrimoine, d'archives relatives à la Seconde Guerre mondiale émanant principalement des ministères des Affaires étrangères, de la Justice et de l'Intérieur».Au total, des milliers de documents sont concernés.Il s\u2019agit notamment des archives des juridictions d\u2019exception instaurées par le régime de Vichy puis par le Gouvernement provisoire de la République française, des dossiers d\u2019enquêtes réalisées par la police judiciaire pendant la guerre, mais aussi des documents re- latifs à la poursuite et au jugement des criminels de guerre dans les zones d\u2019occupation française en Allemagne et en Autriche.Tout un pan de la mémoire judiciaire et policière de l\u2019Occupation, en somme, mais aussi de l\u2019«épuration» qui suivit la Libération.La décision du gouvernement est l\u2019aboutissement d\u2019un combat engagé au printemps par des spécialistes de la période déplorant les excès bureaucratiques qui entravaient leurs recherches.Dans une lettre adressée au président de la République peu avant le 70® anniversaire du 8 mai 1945 et signée par plus d\u2019une centaine d\u2019universitaires, ceux-ci pointaient deux obstacles.Le premier concernait le problème des «dérogations», autrement dit le fait de devoir formellement demander aux administrations l\u2019autorisation de consulter tel ou tel document.Une pratique qui, selon eux, «soumet les chercheurs à une paperasserie permanente et fastidieuse, et nécessite des délais d'attente».Le second obstacle était lié à l\u2019évolution de la législation sur les archives qui, depuis un texte voté en 2008, avait eu pour conséquence de refermer l\u2019accès aux fonds de la police judiciaire en les rendant consultables au bout de 75 ans et non plus de 60 ans, comme c\u2019était le cas auparavant.Surmonter les lenteurs La réponse de François Hollande n\u2019a pas tardé.Le 8 mai, deux jours après un rendez-vous organisé à l\u2019Elysée avec deux des historiens à l\u2019origine du mouvement, Gilles Morin et Sophie Cœuré, le chef de l\u2019État profita de la remise des prix du concours national de la Résistance et de la déportation pour annoncer la publication d\u2019une circulaire permettant que «les archives publiques, principalement celles du ministère de l'Intérieur, relatives à la période 1940-1945, [soient] rendues accessibles aux historiens».Sept mois plus tard, c\u2019est donc chose faite.Ce faisant, M.Hollande s\u2019inscrit dans la lignée de Lionel Jospin, qui en octobre 1997, alors premier ministre, avait publié une circulaire pour favoriser l\u2019accès à ces archives.Pour la connaissance historique, quelles seront les conséquences de cette décision?Sur ce point, les spécialistes de la période se veulent nuancés.C\u2019est le cas de Henry Rousso, ancien directeur de l\u2019Institut d\u2019histoire du temps présent (IHTP) et auteur de nombreux travaux sur la mémoire de la Seconde Guerre mondiale.«Il ne faut pas croire que cela va tout à coup donner accès à des millions d'archives secrètes jusque-là cadenassées.Beaucoup de documents concernés ont déjà été consultés par les chercheurs.Mais cela va fluidifier le travail en permettant de surmonter les lenteurs et les blocages des administrations générés par le système des dérogations individuelles», explique l\u2019historien.Celui-ci se souvient des difficultés qu\u2019il rencontra quand il travaillait, au début des années 1990, sur l\u2019épuration.«Il ne faut pas s'attendre à des scoops incroyables», confirme Gilles Morin, chercheur associé au Centre d\u2019histoire sociale du XX® siècle (Université Paris-I-CNRS).Pour cet historien, qui travaille sur le Rassemblement national populaire, un parti engagé dans la Collaboration fondé en 1941 par l\u2019ancien socialiste Marcel Déat, la décision du gouvernement devrait avoir pour principal mérite de faciliter l\u2019accès aux archives de tous les citoyens et de stimuler des recherches jusque-là considérées comme périlleuses.« Vu la difficulté d'accès à certaines sources, on réfléchissait à deux fois avant de mettre les étudiants sur certains sujets.Désormais, il y aura moins d'hésitation», explique Gilles Morin, qui cite notamment le cas de la Cagoule, un groupe d\u2019extrême droite des années 1930 dont les membres suivirent des itinéraires très différents après la défaite de 1940 et dont l\u2019histoire devrait désormais être plus simple à écrire.Le Monde Téléphone :\t514 985-3322 Télécopieur : 514 985-3340 LES PETITES ANNONCES Courriel : petitesannonces@ledevoir.com I > N > D > E >X REGROUPEMENTS DE RUBRIQUES 100*199\tIMMOBILIER RÉSIDENTIEL \t100 \u2022 150 Achat vente échangé 160 \u2022 199 Location 200 \u2022 299\tIMMOBILIER COMMERCIAL \t200 \u2022 250 Achat vente échangé 251 \u2022 299 Location 300 \u2022 399\tMARCHANDISES 400 \u2022 499\tOFFRES D'EMPLOI 500 \u2022 599\tPROPOSITIONS D'AFFAIRES ET DE SERVICES 600 \u2022 699\tVÉHICULES LES PETITES ANNONCES DU LUNDI AU VENDREDI DE 8H30 A 17H00 Pour placer, modifier ou annuler votre annonce, téléphonez avant 14 h 30 pour l\u2019edition du lendemain Telephone 514-985-3322 Telecopieur 514-985-3340 petitesannonces@ledevoir.com Conditions de paiement cartes de credit APPARTEMENTS ET LOGEMENTS A LOUER DISCRIMINATION INTERDITE La Commission des droits de la personne du Quebec rappelle que lorsqu un logement est offert en lo cation (ou sous location) toute per sonne disposée a payer le loyer et a respecter le bail doit etre traitée en pleine égalité sans distinction exclusion ou preference fondée sur la race la couleur le sexe la gros sesse I orientation sexuelle I état civil I age du locataire ou de ses enfants la religion les convictions politiques la langue I origine ethni que ou nationale la condition so ciale le handicap ou I utilisation d un moyen pour pallier ce handi cap OUTREMONT-5, Vincent d'Indy 112 312 412 Penthouse 512 reno ves près metro UdeM Poele/frigo Chauffe eau chaude Ascenceur 514 737-8055\t514 735-5331 HORS FRONTIERES EUROPE A LOUER PARIS VII-XV Champ-de-Mars Site exceptionnel 2 1/2 rénové 08 Tt équipé très ensoleille Sur jardin Sem/mois 514 272 1803 PROVENCE Vallee du Rhone Maison de village dans le 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transmettre un geste d\u2019espoir.Dans chacune de ces recettes, une parcelle de Gabrielle et une pincée de Fournier survivent à nos appétits, oublieux du passé.» J\u2019aimerais présenter la recette de catsup aux fruits de la cousine Jacqueline Dion, qui est sans contredit un classique de la famille Fournier, puisque tous ses enfants la préparent régulièrement l\u2019automne venu.Le mot de rhistorien JEAN-MARIE ERANCŒUR Le gourmand Romain Api-cius mentionne déjà vers le IV® ou V® siècle de notre ère une sauce composée de poivre, menthe, pignons, raisins secs, carottes, miel, vinaigre, huile, vin et musc.Voilà probablement la plus ancienne version de sauce «ketchup».Les Anglais ont rapporté de leurs voyages différents mets et sauces.Le pasteur John Ovington note, dans Voyage to Surat in the Year 1689, le terme original chinois Ké Tsiap, voulant dire saumure, et qui est devenu «ketchup» avec le temps.Cette saumure était à base de crustacés et de poissons et peut nous faire penser à la sauce de poisson vietnamienne.Les Chinois ont répandu ce mot dans les pays avoisinants lors de leurs migrations.Sauf qu\u2019en quittant la Chine, cette saumure n\u2019a plus rien à voir avec le produit que l\u2019on connaît, à part sa source étymologique.La version importée par les Anglais origine de Thaïlande, où elle existe en plusieurs variations.La « ketjap manis» importée était à base de caramel, sauce soya, mélasse, jagré, poivre noir, graines de coriandre et galanga.Après son arrivée en Angleterre, on fabriqua des ersatz: un à base de noix et un autre à base de champignons qui existent toujours dans le commerce.L\u2019abbé Caron écrit dans Vocabulaire: «Sauce de champignons: sauce piquante faite de brou de noix ou de champignons.Ne pas dire catsup.» Hannah Glass (1708-1770) donne une formule de ketchup pour les marins «qui se garde vingt ans».Les tomates changèrent la composition de ce condiment vers 1792 grâce au cuisinier Richard Briggs.Ce changement le rend populaire et l\u2019industrie s\u2019en empare vers 1860.Depuis, il a envahi les chaumières et restaurants.Comme ce condiment se conserve bien, les ménagères québécoises y ont ajouté des fruits, des oignons, du céleri, pour profiter de l\u2019abondance et de l\u2019aubaine de ces produits disponibles et bon marché à l\u2019automne.Il est même retourné en Thaïlande.Les enfants l\u2019apprécient au point où ils rekisent maintenant de manger leur riz blanc traditionnel.Ils préfèrent qu\u2019il soit dorénavant cuit avec du « ketchup » ! Les ingrédients 6 tomates rouges 6 pêches 6 pommes 6 poires 6 oignons 1 poivron rouge 1\tpoivron vert 4 tasses de sucre 21/2 tasses de vinaigre blanc 3 c.à table de sel 2\tc.à table d\u2019épices à marinades (placées idéalement dans un morceau de coton attaché avec une ficelle).La préparation 1.\tD\u2019abord blanchir les tomates et les pêches de manière à pouvoir les peler aisément.Peler les pommes et enlever cœur et pépins.2.\tCouper les fruits et légumes en petits morceaux (dés d\u2019environ un centimètre de côté).3.\tMettre les fruits et légumes dans une grande marmite.Ajouter sucre, vinaigre, sel et épices et faire cuire à feu doux pour deux heures.4.\tRetirer les épices et empoter dans des pots préalablement stérilisés.Se conserve 12 mois.Collaboration spéciale Le Devoir ISTOCK Comme ce condiment se conserve bien, les ménagères québécoises y ont ajouté des fruits, des oignons, du céleri, etc.La Guinée émerge de deux ans de « nuit noire » L\u2019épidémie d\u2019Ebola est finie, mais les séquelles de la maladie sont graves MOUCTAR BAH à Conakry Deux ans après la mort en Guinée du premier cas d\u2019Ebola en Afrique de l\u2019Ouest, un bébé d\u2019un an, le pays a été officiellement déclaré mardi débarrassé de l\u2019épidémie, six semaines après la guérison de son dernier patient, un nourrisson né avec le virus.Pour la première fois depuis deux ans, les trois pays limitrophes les plus touchés \u2014 Guinée, Liberia et Sierra Leone \u2014 «ont arrêté les chaînes de transmission à l\u2019origine de cette épidémie», ont souligné l\u2019Organisation mondiale de la santé (OMS) et les autorités sanitaires nationales.«Le tissu social a été mis à rude épreuve», a reconnu le représentant en Guinée de l\u2019OMS, Mohamed Belhocine, dans sa déclaration de fin de la transmission du virus, en référence aux relations, traditionnellement empreintes de suspicion, entre pouvoir et population dans ce pays, qui ont encore compliqué la lutte contre la propagation.«Jamais en Guinée,^ pendant mes 36 ans de service, il n\u2019a fallu deux ans pour lutter contre une épidémie», a confié le coordinateur national de la lutte contre Ebola, le D\"^ Sakoba Keïta.Deux périodes de 21 jours \u2014 la durée maximale d\u2019incubation \u2014 s\u2019étant écoulées depuis le second test négatif sur le dernier patient guéri, «la Guinée entre maintenant dans une période de surveillance renforcée de 90 jours», a ajouté le représentant de l\u2019OMS.Le risque persiste au-delà de ces 42 jours, en raison de la subsistance du virus dans certains liquides corporels, en particulier le sperme, où il peut survivre jusqu\u2019à neuf mois.CELLOU BINANI AGENCE ERANCE-PRESSE Le représentant en Guinée de l\u2019OMS, Mohamed Belhocine, portait fièrement sa casquette sur laquelle on pouvait lire «Enfin, zéro ebola» en conférence de presse, mardi, à Conakry, comme l\u2019a montré l\u2019exemple du Liberia, a-t-il rappelé.Cette épidémie d\u2019Ebola, la plus grave depuis l\u2019identification du virus en Afrique centrale en 1976, a fait plus de 11 300 morts sur quelque 29 000 cas recensés, un bilan toutefois sous-évalué, selon l\u2019OMS.Les victimes se concentrent à 99% en Guinée \u2014 officiellement 2536 morts pour 3804 cas \u2014, en Sierra Leone, déjà déclarée exempte de transmission le 7 novembre, et au Liberia, où la fin de l\u2019épidémie a été annoncée deux fois, en mai et en septembre, avant de nouvelles résurgences.Festivités pour oublier Le dernier patient connu, une fille prénommée Noubia, née au centre de traitement d\u2019Ebola de Médecins sans frontières (MSF) à Conakry, où sa mère a succombé au virus, a été déclarée guérie le 16 novembre.L\u2019UNICEF s\u2019est félicité de la fin de l\u2019épidémie, mais a rappelé que «22 000 enfants ont perdu au moins un de leurs parents» dans un des trois pays et restent «traumatisés», voire stigmatisés.Le président de la Banque mondiale.Jim Yong Kim, a également salué «une étape importante» et s\u2019est engagé à «continuer à soutenir la Guinée pour surmonter l\u2019énorme coût humain et économique d\u2019Ebola».La France,, par la voix de sa secrétaire d\u2019Etat chargée du Développement, Annick Girardin, a elle aussi assuré la Guinée de son soutien dans «la tâche ardue de la reconstruction».Selon la Banque mondiale, le montant des pertes en produit intérieur brut pour la Guinée s\u2019élève à 535 millions de dollars.Au marché du centre du quartier administratif et des affaires de Conakry, des vendeuses de poisson et de légumes dansaient de joie.«Aujourd\u2019hui, la nuit noire est partie de la Guinée.Nous allons toujours continuer à nous laver les mains jusqu\u2019à ce que cette maladie ne soit plus qu\u2019un lointain souvenir», a dit l\u2019une d\u2019elles, Ramata Kamissoko.Les festivités officielles débuteront ce mercredi, avec une cérémonie en présence du président Alpha Condé et des 53 partenaires dans la lutte contre l\u2019épidémie : MSF, OMS, Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC), Croix-Rouge, etc., ainsi que les pays donateurs.Des survivants témoigneront de leur expérience et un hommage sera rendu aux 115 soignants emportés par Ebola, ainsi qu\u2019aux 8 membres d\u2019une équipe de sensibilisation assassinés en septembre 2014 à Womey, dans le Sud forestier, épicentre originel de l\u2019épidémie.Les célébrations se poursuivront avec un concert mémorial «Bye bye, au revoir Ebola», rassemblant des artistes africains de renommée internationale: Youssou Ndour, Tiken Jah Fakoly, Mory Kanté, Acha Koné, etc., pour saluer les efforts du peuple de Guinée.Car pour en arriver là, depuis la mort du petit Emile Ouamouno, un an, à Melian-dou, la route s\u2019est révélée particulièrement pénible.Agence France-Presse BILAN Soixante-sept journalistes tués en 2015 LAURENCE BENHAMOU à Paris Soixante-sept journalistes ont été tués dans le monde en 2015 en raison de leur profession, notamment en France, troisième pays le plus touché à cause de l\u2019attentat contre le journal Charlie Hebdo, selon le bilan annuel de Reporters sans frontières (RSF) publié mardi.Vingt-sept blogueurs et sept collaborateurs de médias ont également été assassinés, d\u2019après l\u2019ONG qui réclame la nomination «sans tarder d\u2019un représentant spécial pour la protection des journalistes auprès du secrétaire général des Nations unies».En 2014, 66 journalistes avaient été tués, selon RSF.En tête des pays les plus meurtriers pour les journalistes cette année figurent l\u2019Irak et la Syrie, suivis de la France, du Yémen, du Soudan du Sud, de l\u2019Inde, du Mexique et des Philippines.RSF dénombre ainsi neuf journalistes tués en Irak en 2015, autant en Syrie et huit en France parmi les 12 victimes de l\u2019attaque djihadiste contre Charlie Hebdo le 7 janvier.Cette attaque «participe à l\u2019inversion de la tendance de 2014, où deux tiers des reporters tués dans le monde l\u2019avaient été en zone de conflit.Cette année, au contraire, deux tiers des journalistes tués l\u2019ont été en temps de paix», souligne l\u2019organisation.En comptant les «morts suspectes», RSF dénombre en tout 110 journalistes tués cette année.«Cette situation préoccupante est imputable à une violence délibérée contre les journa- listes, et témoigne de l\u2019échec des initiatives en faveur de leur protection», selon l\u2019organisation.Depuis 2005, au moins 787 journalistes ont été tués en raison de leur profession.RSF liste les «exactions qui ont marqué l\u2019année», à commencer par l\u2019attentat contre Charlie Hebdo, mais également l\u2019assassinat «mis en scène» par le groupe Etat islamique du journaliste japonais Kenji Goto.Le Mexique, encore Le Mexique a connu un «assassinat de trop», poursuit RSF : celui du photojournaliste Ruben Espinosa, retrouvé mort en août, «avec des traces de torture», au côté de quatre femmes dans un appartement de Mexico.«Son assassinat a entraîné une vague d\u2019indignation et une prise de conscience sur le manque criant de protection pour les journalistes au Mexique», souligne RSF, rappelant qu\u2019une loi pour les protéger est entrée en vigueur quelques jours plus tard, mais seulement dans le district de Mexico.RSF évoque enfin l\u2019assassinat en Somalie de Hindiyo Haji Mohamed, l\u2019une des deux femmes journalistes tuées cette année dans le monde.Cette journaliste de la télévision nationale a «succombé aux blessures infligées par un attentat à la voiture piégée qui porte la signature de la milice islamiste shebab le 3 décembre à Mogadiscio», estime RSF, qui dénonce «l\u2019impunité» des crimes commis contre les journalistes dans ce pays.Son époux, journaliste également.avait lui aussi été victime d\u2019un attentat en septembre 2012.«Il est impératif de mettre en place un mécanisme concret pour l\u2019application du droit international sur la protection des journalistes.Aujourd\u2019hui, des groupes non étatiques perpètrent des exactions ciblées contre eux, tandis que de trop nombreux Etats ne respectent pas leurs obligations», relève le secrétaire général de RSF, Christophe Deloire, dans un communiqué.L\u2019organisation déplore aussi que les circonstances de la mort de 43 reporters cette année «demeurent indéterminées, en raison du manque d\u2019enquêtes officielles impartiales et approfondies, du fait de la mauvaise volonté des Etats».Elle dénonce «l\u2019impunité des crimes commis contre les journalistes dans de nombreuses régions du monde».Agence France-Presse Lire aussi > Le droit de dire.L\u2019éditorial de Guy Taillefer.Page A 6 Congédié?Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Vieux Montréal 514-845-5545 œMMENiï ECRIRE UN BEST-,SELLER AMERICAIN! 2.\tislâEEPcOT i Et si le succès d\u2019un roman reposait sur une série de critères à suivre, tout simplement?Andrew Piper, chercheur de l\u2019Université McGill, a analysé le phénomène et livre les secrets du succès à André Alexis, lauréat du prix Giller 2015.ALIKE DEMAIN LE DEVOIR A 6 LE DEVOIR LE MERCREDI SO DECEMBRE 2015 EDITORIAL SOINS A DOMICILE Poudre aux yeux Les soins à domicile ont tout de la poudre de perlimpinpin : on vous en donnera, braves gens qui en réclamez tant ! Mais dans les faits, l\u2019offre est si insuffisante, si disparate, et si constamment rognée en douce qu\u2019elle ne soulage que bien peu.Alors, promettre que plus de gens auront droit à ces soins d\u2019ici cinq ans sans qu\u2019il en coûte un sou de plus équivaut à du vent.Qui emporte la poudre jetée aux yeux.E Josée Boileau n matière de santé, que^veut la population, surtout quand elle vieillit?Etre soignée à domicile.C\u2019est si vrai que lorsqu\u2019en campagne électorale fédérale, le chef libéral, et futur premier ministre, Justin Trudeau a parlé de santé, il a donné comrne priorité le financement des soins à domicile.Etait-il en train d\u2019imposer ses volontés aux provinces, dans un champ de leur compétence?Pas du tout, avait alors précisé un stratège libéral au Devoir: les provinces dépenseront l\u2019argent fédéral comme elles le veulent.Mais les soins à domicile étant partout populaires, autant s\u2019arrimer à l\u2019enjeu de l\u2019heure.Tout ministre de la Santé qui se respecte doit donc, et depuis longtemps, consacrer un chapitre de sa planification aux soins à domicile.Au tour de Gaétan Barrette de s\u2019exécuter.Le Plan stratégique 2015-2020 du ministère prévoit qu\u2019en 2020, il y aura une hausse de 15% du nombre de personnes ayant accès au soutien à domicile, et 90% de la population ainsi soutenue aura son évaluation et son plan d\u2019intervention à jour.Si on tient compte du vieillissement de la population, la projection est réaliste.Mais son assise ne l\u2019est pas du tout: tout cela se fera à coût nul! Suffira d\u2019optimiser le continuum de soins et services, pour parler la novlangue administrative.On pourrait se contenter de se moquer de cette manière de se moquer du monde : citer les cas de services à domicile coupés en raison des compressions et rapportes par la protectrice du citoyen ou divers reportages.Mais s\u2019en tenir ainsi au cas par cas permet au ministre Barrette d\u2019user de sa phrase favorite : «Je vous assure une chose: il n\u2019y a aucune consigne demandant à couper.» Et si coupes il y a quand même, c\u2019est l\u2019unique faute des directions d\u2019établissement.M.Barrette a encore eu recours à ce stratagème lorsque Radio-Canada l\u2019a interrogé, à la mi-décembre, sur le fait que les budgets consacrés aux soins à domicile ont été réduits dans près de la moitié des centres de santé et de services sociaux de la région montréalaise.Eacile pour un ministre de se dédouaner, car le problème, c\u2019est qu\u2019il n\u2019existe pas de portrait global des soins à domicile véritablement dispensés au Québec.On ne sait même pas si les budgets qui leur sont attribués sont bel et bien utilisés à cette fin.Des hôpitaux y pigeaient pour boucler leur budget, révélait en 2012 un rapport d\u2019enquête de la protectrice du citoyen consacré à ces soins.Cela a-t-il changé?C\u2019est aussi ce rapport qui attirait l\u2019attention sur {\u2019«écart considérable» entre les politiques de soutien à domicile «et la réalité des personnes qui reçoivent ou qui devraient recevoir ces services».Trois ans plus tard, cette différence entre le papier et le terrain persiste.Elle explique qu\u2019on diminuera des soins d\u2019hygiène donnés à domicile pour y maintenir les soins infirmiers.Ou que des spécialistes visitant chez elles des personnes seules seront remplacés par une équipe de soutien généraliste, moins coûteuse.Le genre de passe-passe qui permet à un directeur d\u2019établissement ou à un ministre de soutenir qu\u2019on peut soigner à domicile sans que le budget soit tou-ch4 mais en passant sous silence ce qui est perdu au change.Evidemment, traficotant les besoins d\u2019aujourd\u2019hui, on ne voit rien de ceux du futur.Pour corriger le tir, Québec oblige depuis septembre 2014 les établissements de santé à transmettre au ministère leurs données relatives à la perte d\u2019autonomie des patients.En dépit de ce premier pas, la protectrice du citoyen signalait en septembre que le ministère de la Santé n\u2019était «toujours pas en mesure de statuer sur l\u2019offre réelle de services à domicile».On avance à l\u2019aveuglette, quoi! Eacile dès lors de promettre n\u2019importe quoi.LIBERTÉ DE PRESSE Le droit de dire Guy Taillefer imanche dernier, le documentariste sj^ien Naji Jerf a été tué par balle à Gaziantep, une ville du sud de la Turquie où il s\u2019était exilé.Ce journaliste de 38 ans, opposé au groupe Etat islamique (El) comme à la dictature de Bachar al-Assad, venait d\u2019obtenir un visa médical pour se rendre en Erance, avec son épouse et leurs deux filles, relate Le Monde dans son édition de mardi.S\u2019inscrivant manifestement dans une campagne d\u2019assassinats orchestrée par le groupe El contre ses opposants, le meurtre a bouleversé la petite communauté d\u2019intellectuels et de journalistes syriens réfugiés dans cette ville turque située à une centaine de kilomètres au nord d\u2019Alep, en Sj^ie voisine.En octobre, deux jeunes «journalistes citoyens» qui travaillaient avec Naji Jerf avaient été poignardés puis égorgés dans un logement de Sanliurfa, une autre ville du sud de la Turquie.Cent dix journalistes professionnels et vingt-sept journalistes citoyens ont été tués dans le monde en 2015, selon le nouveau bilan de Reporters sans frontières (RSE) publié mardi \u2014 dont ces trois Sj^iens.Un bilan des martyrs de la liberté de l\u2019information d\u2019au moins 50% supérieur à ce qu\u2019il était l\u2019année dernière.«Le nombre très élevé de reporters tués au cours de l\u2019année, qui porte à 787le total des journalistes tués dans l\u2019exercice ou en raison de leurs fonctions depuis 2005, est imputable à une violence déplus en plus délibérée contre les journalistes», s\u2019alarme RSE On ne s\u2019étonnera pas qu\u2019en tête des pays les plus meurtriers pour les journalistes cette année figurent la Syrie et l\u2019Irak.Ce que ce bilan dit toutefois de nouveau, c\u2019est que la profession aura été particulièrement visée en 2015 hors des «zones de conflit».Signe, en fait, que ces «zones» se transforment et s\u2019internationalisent sous l\u2019impact de la «guerre contre le terrorisme» et des mutations djihadistes.L\u2019attaque contre Charlie Hebdo, le 7 janvier à Paris, l\u2019a mis en évidence.C\u2019est aussi qu\u2019aux quatre coins du monde se déploient des guerres civiles étouffées où la liberté d\u2019expression côtoie une grande violence sociale et économique.L\u2019Inde, où la presse ne se prive pas d\u2019utiliser son droit de parole, serait ainsi donc le pays d\u2019Asie le plus meurtrier pour la profession.Neuf journalistes y ont été assassinés cette année, plus particulièrement pour avoir osé enquêter sur le crime organisé et ses relations avec le pouvoir.En Amérique latine, c\u2019est le Mexique \u2014 où huit journalistes ont été tués \u2014 qui est le terrain le plus miné.Et plusieurs l\u2019ont été pour leurs enquêtes anticorruption.«Violence de plus en plus délibérée».Le fait est que le meurtre de plusieurs dizaines de journalistes, souligne encore l\u2019organisation, n\u2019a pas fait l\u2019objet de la moindre enquête.Ils sont des martyrs parce que trop d\u2019entre eux ont été tués en toute impunité.LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 > FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-présidente, ventes publicitaires LISE MILLETTE Directeur des finances STÉPHANE ROGER Directrice de ^information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Adjoints NELLIE BRIÉRE, PAUL CAUCHON, JEAN-ERANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIEEET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET autre ^rând moment uNf CfPTAiME n CeSfCl£NC^ BAHAMAS cofAvre 'mm ruMimm Tbuÿ MB UnEBAnSuÊ ^ VîlUNlPAt! ûrAP(\\/t>TTf LETTRES Erreur sur les questions linguistiques Dans un texte du 24 décembre, M® Eric Poirier m\u2019associe faussement à l\u2019opinion que la Cour suprême du Canada se sert de «deux poids, deux mesures» pour les questions linguistiques au Québec et en Alberta.Selon M® Poirier, dans l\u2019affaire Caron sur l\u2019Alberta, «les juges majoritaires et minoritaires fondent entièrement leur décision sur l\u2019étude du contexte historique».En revanche, dans l\u2019affaire Blaikie sur le Québec, la cour s\u2019est contentée d\u2019un renvoi aux recherches et analyses historiques de Jules Deschênes, juge en chef de la Cour supérieure.M® Poirier prétend que la Cour suprême devrait mettre en balance l\u2019idée que les obligations linguistiques du Québec n\u2019étaient historiquement protégées que par des recours politiques.Or, dans un texte du 17 décembre, je tentais de démontrer la nature discutable des exemples de M® Poirier.M® Poirier ne présente aucun exemple d\u2019un recours politique implicite qui excluait les recours judiciaires (et donc excluait l\u2019invalidité découlant de la Colonial Laws Validity Act).La Cour suprême n\u2019est pas tenue de s\u2019attarder sur des raisonnements fondés sur aucune preuve pertinente.Un facteur crucial explique pourquoi le traitement des affaires Caron et Blaikie n\u2019est nullement une «injustice» ou une application au Québec «de standards différents».Dans le cas du Québec, les obligations linguistiques étaient prévues dans une disposition ex- presse de la Constitution.Dans le cas de l\u2019Alberta, aucune disposition expresse n\u2019énonçait les droits linguistiques allégués par M.Caron (il y avait quand même im certain commencement de preuve).La cour a donc tamisé une montagne de preuve historique, tentant d\u2019y retrouver ces droits.En revanche, les juges majoritaires dans l\u2019affaire Caron constatent que «l\u2019art 133 de la Loi constitutionnelle de 1867 [à propos du Québec et du Parlement fédéral] et la Loi de 1870 sur le Manitoba traitent expressément des droits linguistiques au moyen de dispositions très similaires et on ne peut plus claires.» Edmund Coates, avocat Le 28 décembre 2015 Les médecins en nouveaux aristocrates L\u2019excellente chronique de Stéphane Baillargeon, «Désordre des médecins», parue le 28 décembre 2105, a traduit parfaitement le malaise ressenti par la population à la suite des campagnes de récupération de l\u2019opinion publique orchestrées par les corps médicaux, avec la totale complaisance de certains journaux ou médias près du pouvoir.Même les médecins outrés de ce qui se passe paraissent suspects lorsqu\u2019ils se mouillent dans les journaux.La population assiste éberluée et impuissante à l\u2019embourgeoisement du corps médical et à l\u2019installation d\u2019une d\u2019aristocratie vampirisant, comme aux temps féodaux, l\u2019ensemble de ses concitoyens.11 semble bien que le sorcier du village a finalement pris le contrôle politique de la tribu ! 11 est plus que temps que la société civile reprenne ses droits et remette tout ce beau monde à sa place et à salaire, S.V.P.Serions-nous tous des cons, nous qui travaillons à salaire?La tuberculose n\u2019a-t-elle pas été d\u2019abord contrôlée puis vaincue par des établissements ayant engagé à salaire des centaines 4e mé4ecins généralistes et spécialistes?A voir l\u2019absence de jugement de certains médecins s\u2019e^rimant dans les médias en tentant de justifier l\u2019injustifiable, et ce, sans aucime gêne, alors que le corps médical ne livre pas la marchandise à la population et que chaque nouveau geste se traduit par ime nouvelle facturation pour la RAMQ, on comprend que pour devenir des professionnels, peu importe la profession, ce que ça prend, d\u2019abord et avant tout, c\u2019est de la mémoire.pour passer les examens! Ce que la population doit comprendre est que la mémoire est une faculté qui, dans tous les secteurs de la vie, fait bien paraître son lot d\u2019imbéciles.Qu\u2019est-ce qui justifie que nous payions si chèrement des personnes dont une très petite minorité seulement apportent des avancements à la science médicale?Quand on voit les salaires payés, par exemple, aux médecins en Erance, dont l\u2019accessibilité au système est nettement supérieure à la nôtre, on constate qu\u2019on paye bien cher au Canada pour des personnes qui, somme toute, n\u2019ont qu\u2019un peu plus de mémoire que les autres.pour passer leurs examens de corporation.Jacques Tremblay Sainte-Luce, le 28 décembre 2015 LIBRE OPINION Je me souviens ! NICOLE ABDUL-MASSIH Montréal Chaque personne émigre pour une raison, mais toutes le font pour «un monde meilleur » ! Les uns émigrent pour une raison économique, d\u2019autres pour une raison plus grave, comme la guerre.Je me souviens de notre arrivée à Montréal, en 1990.Nous avions décidé alors d\u2019y poser définitivement nos valises : finies les fuites d\u2019un quartier à un autre, d\u2019une ville à une autre à cause de la guerre qui sévissait au Liban, ou d\u2019un pays à un autre à la recherche d\u2019un travail bien rémunéré en attendant la fin d\u2019une guerre qui ne nous appartenait pas ! Les années ont passé, d\u2019autres guerres et crises ont balayé le pays, et ça continue ! Vingt-cinq ans à Montréal déjà, et vingt-cinq ans à passer Noël loin de notre pays d\u2019origine et loin de la famille.Année après année, c\u2019est toujours avec un serrement de çœur que je décore le sapin.Nostalgie! Emotion que personne ne peut me ravir ! J\u2019adore Montréal: c\u2019est là mon «chez-moi» et nulle part ailleurs ! Néanmoins, c\u2019est toujours le cœur serré que je vois venir les Fêtes.Pourtant, tous les artifices sont là pour rappeler la fête, toutes les décorations et les célébrations.Cependant, il reste un coin dans mon cœur réservé à ce pays qui m\u2019a vue naître, cette famille auprès 4e qui j\u2019ai vu le jouy et où j\u2019ai passé une partie de ma vie.Emigrer n\u2019est pas éviJent, pas du tout.Ce n\u2019est pas simple de décider de tout laisser derrière soi : pays, famille, amis, biens, et de tout recommencer à nouveau.Ce n\u2019est pas facile de couper une partie de sa vie, une partie de son cœur, de regarder devant soi et de continuer comme si de rien n\u2019était.La guerre, ce monstre vivant qui déracine les gens et les prive de vivre sereine-mept auprès des leurs.Emigrer est un déchirement, un tiraillement continu ! Rester ou partir ?Tout abandonner et recommencer à zéro?Revenir ?Mais les enfants ?Leur faire revivre le même déracinement vécu ?Rester à tout prix ! Quel prix?Chacun émigre pour une raison, les uns le font par choix, d\u2019autre par obligation, par nécessité, par urgence.Jamais urgence ne fut plus grande : sauver sa peau, choisir une vie meilleure et l\u2019offrir à ses enfants.Et le déchirement est encore plus grand lorsqu\u2019il est orchestré par les autres.Je me souviens de notre arrivée au Québec, cette belle et bonne terre d\u2019accueil où, dès le jour un, nous nous sommes sentis chez nous ! Un peuple accueillant et courtois.Je me rappelle la première fois ou j\u2019ai voulu pren4re le métro : j\u2019étais debout sur le quai quand le premier wagon s\u2019arrêta à mon niveau.Quand la porte s\u2019ouvrit, j\u2019en ai profité pour demander au monsieur assis à l\u2019avant: «Pour aller à Atwater, quelle direction faut-il prendre ?» 11 descendit du wagon et me montra rapidement la direction sur la carte, en ajoutant avant dç remonter : « J\u2019ai un métro à conduire ! » Eberluée, j\u2019ai réalisé qu\u2019il était le conducteur ! C\u2019était ma première «bonne impression» de cette terre d\u2019accueil.Une dizaine d\u2019années auparavant, de passage à Paris, j\u2019avais demandé l\u2019heure à un passant qui me répondit: «Je n\u2019ai pas acheté ma montre pour vous ! » Ce jour-là à Montréal, je fus aussi éberluée et surprise par la spontanéité et la gentillesse du conducteur du métro que je l\u2019avais été autrefois par l\u2019attitude désagréable de ce passant à Paris.Ce jour-là, j\u2019ai senti que j\u2019étais la bienvenue à Montréal ! LE DEVOIR, LE MERCREDI 30 DECEMBRE 2015 A 7 IDEES I WALT DISNEY PICTURES Si, dans Le réveil de la Force, il y a moins d\u2019effets visuels numériques et un recours à plus d\u2019effets mécaniques, de même qu\u2019une utilisation de décors réels, il demeure qu\u2019il y a du numérique dans presque chaque plan.STAR WARS De la vacuité de la cinématographie postmoderne YANN BOROMUS ÉTIENNE BOUDOU-LAEORCE Québec ue Star Wars participe à rim-périalisme culturel américain, Antoine Robitaille a raison de le souligner et d\u2019en approfondir les contours pernicieux dans son éditorial du 28 décembre («UEtoile noire»).Cependant, au-delà des menaces d\u2019uniformisation bien réelles et d\u2019une dévalorisation de la création dite nationale, il y a aussi et surtout l\u2019échec cinématographique et artistique que Star Wars peut représenter aujourd\u2019hui \u2014 et par extension une majorité de grandes productions actuelles, notamment par le truchement de la dernière trilogie et de la nouvelle qui s\u2019amorce à peine, c\u2019est-à-dire une certaine façon de faire du cinéma, ou plutôt de ne pas en faire.Utilisation excessive d\u2019effets visuels, uniformisation de la réalisation dans les productions, formule de la « répétition des motifs » et de la nostalgie, nécessité de remplir le cahier de charges pour faire plaisir «aux fans», prise de risques artistiques absente, là est bien la plaie générale de la cinématographie postmoderne.Prenons le premier épisode de la trilogie récente, Star Wars.La menace fantôme : il fut l\u2019un des premiers films à utiliser les images de synthèse et le tournage avec fond vert de manière outrancière et omniprésente, et ce fut un désastre d\u2019une laideur abyssale sur trois films ; les acteurs se promènent dans de vastes et pixelisés fonds d\u2019écran futuristes, alors que le tout est souvent bêtement filmé en champ/contre-champ, et qu\u2019un côté clinique et impersonnel s\u2019en dégage.Si dans Le réveil de la Force, il y a moins d\u2019effets visuels numériques et un recours à davantage d\u2019effets mécaniques, de même que l\u2019utilisation de décors réels, il demeure qu\u2019il y a du numérique dans presque chaque plan.C\u2019est malheureusement aussi le cas dans une majorité des films de science-fiction, de fantasy, et même d\u2019action actuels.Un digne représentant de cette tendance est Monde jurassique, qui ne semble pas comprendre que trop montrer, c\u2019est comme ne rien montrer du tout, et que le numérique « en plein jour» s\u2019avère l\u2019une de techniques les plus risquées.Parlant de Monde jurassique, c\u2019est ironiquement dans cet univers que George Lucas commencera justement à imposer les images de synthèse à tout Hollyvrood, soit dans Le parc jurassique de Steven Spielberg.Mais attention, une surenchère d\u2019effets visuels n\u2019est pas un argument en soi qui discrédite la qualité d\u2019un film ; ce n\u2019est pas l\u2019outil en tant que tel qui est mauvais, mais bien sa mauvaise utilisation ou manipulation.Des films comme Blade Runner ou, plus récemment.Les derniers rayons du soleil sont bourrés d\u2019effets visuels et spéciaux, et pourtant, cela n\u2019en fait pas de mauvais films, car leurs effets servent d\u2019abord la mise en scène.Festival de remakes Ecrivant alors sur le cas à'Avatar, Bertrand Lhomme souligne fort justement ceci sur son blog : «Alors, certes, on pourra se dire que tout cela est fort joli [les effets visuels], [.] sauf que revient toujours le moment [.] où l\u2019on devrait s\u2019attendre à un peu de matière filmique, soit de l\u2019expression artistique passant par la caméra, le montage, l\u2019échelle de plan.Ici, ce ne sont que de larges mouvements de caméra précalculés en fonction des story-boardeurs et des artisans des effets visuels pour en jeter le plus possible, et rien de plus.» Il poursuit: «Nous sommes bien à Tère geek\u201d du design, de la HD et du photoréalisme à tous crins.La vraisemblance, le design et son rendu sont devenus des valeurs artistiques en soi, des qualités.» Aujourd\u2019hui, des «qualités», c\u2019est également l\u2019assurance qu\u2019un film marchera en matière de recettes.Cependant, ni la tendance quantitative des superproductions, des nouvelles versions, des suites et antépisodes en salles ni l\u2019avenue du « tout en 3D » ne semblent avoir su recréer le sentiment de «grand soir» chez les spectateurs.Mais qu\u2019importe, les studios continuent d\u2019étirer la sauce, encore et encore.Il s\u2019agit de répéter un schéma et d\u2019entretenir une ou des franchises ; comme le fait présentement à merveille Marvel, à nous pondre, année après année, plusieurs films presque identiques en matière de structure scénaristique et de réalisation impersonnelle.Et le plus triste dans ce perpétuel festival de remakes et de franchises, ce n\u2019est pas seulement l\u2019industrie qui y trouve son compte, mais certainement aussi le spectateur, qui en redemande bien souvent.Aseptisé Le réveil de la Force n\u2019échappe pas à la règle, celui-ci qui n\u2019est rien d\u2019autre qu\u2019une nouvelle version presque scène par scène du premier épisode de la saga.Un nouvel espoir, et ne fonctionne qu\u2019au respirateur artificiel en s\u2019abreuvant d\u2019un lustre du passé.Et alors survient l\u2019inévitable: l\u2019émotion est absente ou alors n\u2019existe qu\u2019en rapport à un Autre.Le scénario lui-même ne semble du coup, outre l\u2019effet de remake incessant, faire aucun mystère de rien : les revirements se sentent deux kilomètres à l\u2019avance.Malgré les enjeux dramatiques du film, le nombre hallucinant de morts et de batailles, on regarde tout cela d\u2019un regard détaché, sans qu\u2019aucune (mais alors aucune) émotion ni aucun bouleversement n\u2019aient lieu.Dans ce triste aboutissement, il y a à chercher du côté de la mise en scène.Si le tout est filmé de manière plus dynamique que lors de la précédente trilogie et que certains plans sont composés de belle manière, plusieurs scènes majeures sont filmées assez platement.C\u2019est le cas d\u2019une scène importante sur un pont où un dialogue est filmé en laidissime champ/contrechamp, en gros plan ou presque, mais quelle misère.artistique! L\u2019une des scènes les plus mythiques et iconiques du film est tournée comme un banal dialogue de la série Les experts.Il n\u2019est d\u2019ailleurs pas étonnant qu\u2019au final, au-delà des partis pris de direction artistique \u2014 dans le cas de SW7, la volonté de revenir à un film « en dur » avec « moins d\u2019effets numériques » \u2014, le film serait presque exactement mis en scène de la même manière s\u2019il était réalisé par un autre réalisateur au service des producteurs.Aseptisée et lisse, semblant être produite « en usine », aux plans souvent trop courts ou alors trop longs et servie par un montage des plus fonctionnels ou alors illisible, la mise en scène dans les mégaproductions, de manière générale, a malheureusement perdu de son éclat.AUTOUR DU FILM CAROL Le désir tiré vers la lumière MARTINE DELVAUX Écrivaine et professeure au Département d\u2019études littéraires de l\u2019UQAM e 24 décembre, au lieu d\u2019emballer les cadeaux, je suis allée voir le film Carol pour la deuxième fois.Un film de Noël qui est venu s\u2019installer à côté de La mélodie du bonheur, dont la critique du fascisme (et des pères-capitaines) m\u2019est apparue de la plus parfaite actualité.Si je me souviens de nombreux Noëls passés devant Ciné-Cadeau, je me sou-viendrai de 2015 comme du Noël passé devant le merveilleux film de Todd Haynes.Ce film (dont le scénario de Phyllis Nagy est l\u2019adaptation d\u2019un roman de Patricia Highs-mith) raconte l\u2019histoire d\u2019amour entre deux femmes : Carol, une riche banlieusarde prise dans un divorce amer pour cause d\u2019immoralité, et Thérèse, une jeune vendeuse dans un grand magasin, talentueuse apprentie photographe immédiatement émue quand son regard tombe EILMS SEVILLE Dans notre ère de médias sociaux, où on trouve Tamour par balayages sur Tinder, Carol nous plonge dans la lenteur des regards échangés.sur cette femme qui cherche un cadeau de Noël pour sa fille.Tout, dans ce film, a à voir avec le désir, le temps et l\u2019espace d\u2019un désir montré plutôt que d\u2019être dit, avoué.Si l\u2019amour entre femmes (ou entre hommes), dans les Etats-Unis des années 1950, était voué à l\u2019obscurité, Todd Haynes, dans un hommage visuel au peintre Edward Hopper, tire ce désir vers la lumière.Le privé est politique, chez Todd Haynes : l\u2019espace intime est lumière contre une ville aux mille feux qui, pour le coup, est le plus souvent tirée du côté de la noirceur.En partie road-movie de femmes (on se rappelle le fabuleux Thelma et Louise), Carol entraîne ses héroïnes à travers les Etats-Unis, dans une voiture qui devient leur monde.Comme si Haynes nous enjoignait de reconnaître ce qui circule grâce à la technologie, et par-delà celle-ci.Dans notre ère de médias sociaux, où on trouve l\u2019amour par balayages sur Tinder, Carol nous plonge dans la lenteur des regards échangés, d\u2019un désir qui s\u2019étend entre les corps et qui ne passe pas forcément par les mots.Les gestes sont souvent retenus, les corps donnent l\u2019impression de flotter, le dialogue est ravalé à sa plus simple expression, pendant que nous, le public, retenons notre souffle.Vont-elles finir par se toucher?Ce temps du désir, sans vouloir faire honte à notre époque ultraconnectée, est une leçon qui vise à ramener sur le devant de la scène la manière délicate dont souvent communiquent les corps.Une communication impossible à mettre en boîte, à l\u2019image de cet amour que Thérèse refuse de cataloguer et qu\u2019elle décrit comme ce qui se passe entre deux êtres, peu importe qui ou de quel sexe, quand ils tombent amoureux.D\u2019une part, Carol est un film qui énonce les choses clairement: Carol et Thérèse comprennent d\u2019emblée qu\u2019elles s\u2019aiment.C\u2019est une évidence : elles se regardent et elles savent.D\u2019autre part, tout est brouillé, à l\u2019image des nombreuses fenêtres couvertes de gouttes de pluie, verres opacifiés ou miroirs qui démultiplient le visage de celle qui s\u2019y regarde, comme si le film disait justement le contraire : on ne voit jamais les choses clairement, et aucune technologie, aussi sophistiquée soit-elle, ne permettra une fois pour toutes de tout voir.Est-ce que le désir n\u2019a pas à voir, semble dire le film, avec ce qu\u2019on voit sans vraiment le voir, ou sans le voir clairement ou entièrement?Est-ce que le désir ne concerne pas ce qu\u2019on sait sans le savoir ou sans savoir pourquoi ?On pourrait lire Carol avec le philosophe italien Giorgio Agamben et y trouver un commentaire sur les dispositifs, cette technologie qui nous envahit de plus en plus, mais qui, se faisant, fait surgir un élément insaisissable, ingouvernable, qui malgré tout résiste et auquel on peut donner le nom de désir ou celui d\u2019amour ou encore celui de beauté.Comme le dit le personnage de Carol: «We are not ugly people.» Ainsi, devant l\u2019année 2016 qui arrive, je me demande s\u2019il ne faut pas nous souhaiter un regard qui creuse l\u2019obscurité et cherche l\u2019insaisissable, qui tente de voir au travers de fenêtres un peu brouillées.Un regard qui comprend le danger que représente la pure lumière et qui ne cesse jamais de résister.L\u2019EQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon et Louis Gagné (adjoints a la direction de l\u2019information), Antoine Robitaille et Guy TaiIIefer (éditorialistes, responsables de la page Idées), Michel Garneau (caricaturiste), Jacques Nadeau (photographe), Michael Monnier et Olivier Zuida (recher-chistes photos), information générale : Isabelle Paré (chef de division), Lisa-Mane Gervais (education), Alexandre Shields (environnement), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Pauline Gravel (sciences), Fabien Deglise (société), Jean Dion (sports), Jessica Nadeau, Philippe Orfali et Karl Rettmo-Parazelli (reporters), information politique : Marco Fortier (chef de division), Michel \\)sMiâ(chroniqueur), Hélene Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires a Ottawa), Marco Bélair-Cirmo et Robert Dutnsac (correspondants parlementaires a Quebec), }&a.nn& Cornveau (affaires municipales, Montreal), Isabelle Porter (affaires municipales, Quebec), Guillaume Bourgault-Côté (reporter), Julie Carpentier (pupitre), information culturelle : Catherine Lalonde (responsable du cahier Livres), Odile Tremblay (cinema), Stéphane Baillargeon (médias), François Lévesque et Caroline Montpetitére/iortersJ, Benoît Munger et Philippe Papineau, information économique : Gérard Bérubé (chef de division), François Desjardins et Eric Desrosiers (reporters), Gérald Dallaire (pupitre), information internationale : Jean-Pierre Legault (pupitre international, page éditoriale et cahier Perspectives^, Sophie Chartier et Jean-Frédéric Légaré-Tremblay (pupitre), section art de vivre: Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs), Loïc Hamon (cahiers spéciaux), équipe internet: Laurence Clavel, Marie-Pier Frappier et Genevieve Tremblay (pupitre), Martin Blais, Annabelle Caillou, Justine Daneau, Florence Sara G Ferraris et Coralie Mensa (assistants) , correction : Andréanne Bédard, Isabelle Dowd, Christine Dumazet et Michele Malenfant , soutien à la rédaction: Amélie Gaudreau (secretaire), Laura Pelletier et Arnaud Stopa (commis) DOCUMENTATION Manon Derome (Montreal), Denise Ledoux (Ottawa), Dave Noel (Quebec) PUBLICITÉ Mélisande Simard (adjointe par interim), Jean de Billy, Jean-François Bossé, Marlene Côté, Evelyne De Varennes, Amel Elimam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebai (publicitaires), Sylvie Laporte (avis legaux), Amélie Maltais (coordonnatrice), Laurence Hémond (secretaire) PRODUCTION Bruno Dubois, China Marsot-Wood, Yannick Morin et Nathalie Zemaitis INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur web), Imane Boudhar (analyste programmeur), Hansel Matthews (technicien informatique) PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Genevieve O\u2019Meara (coordonnatrice des communications et de la promotion), Catherine Gentilcore (coordonnatrice du service a la clientele), Manon Blanchette, Nathalie Filion et Kevin McKissock ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Claudette Béliveau (adjointe administrative), Florentma Draghici et Xavier Pigeon (par interim) A 8 LE DEVOIR LE MERCREDI SO DECEMBRE 2015 ACTUALITES PRIMES SUITE DE LA PAGE 1 leurs employés sous prétexte qu\u2019ils sont des sommités dans leur domaine.Ces primes de marché peuvent prendre la forme de bonis annuels ou de montant unique obtenu à la signature d\u2019un contrat lors de l\u2019embauche de nouveaux professeurs.Des établissements montréalais, c\u2019est rUniversité Concordia qui consacre les plus importants montants à cette fin.Pas moins de 3,45 millions de dollars ont été remis en primes de marché l\u2019an dernier.Trois cents professeurs réputés auraient obtenu 10 000$ en moyenne en sus de leur salaire, a reconnu mardi la directrice des communications de l\u2019université anglophone, Chris Motta.«Ce n\u2019est pas un phénomène nouveau, a-t-elle expliqué.C\u2019est un phénomène mondial, ce n\u2019est pas propre aux universités montréalaises ou québécoises.Nous avons d\u2019excellents professeurs qui sont constamment sollicités par des universités du Canada et d\u2019ailleurs.C\u2019est ainsi que les choses fonctionnent.» L\u2019Université du Québec à Montréal (UQAM), McGill et l\u2019Université de Montréal font de même, tout comme l\u2019Ecole polytechnique et HEC, révèlent des documents obtenus en vertu de la Loi sur l\u2019accès à l\u2019information par le Montréal Campus, le journal étudiant de l\u2019UQAM, et dont Le Devoir a obtenu copie.«Chez nous, [l\u2019octroi de prime] survient dans des disciplines particulières comme le génie et la gestion» Ainsi, à l\u2019Université de Montréal, quelque 385 professeurs se sont partagé 3,1 millions, tandis qu\u2019à l\u2019UQAM, 86 élus, pour, l\u2019essentiel des professeurs de l\u2019Ecole des sciences de la gestion, touchent annuellement des gratifications totalisant 1,04 million.McGill a pour sa part accordé 275 000$ en «primes de fidélisation » à 35 professeurs.Dans tous les cas, ces sommes s\u2019ajoutent au salaire prévu à la convention collective des professeurs, variant d\u2019une maison d\u2019en- seignement à l\u2019autre, ou encore négocié au cas par cas.«Tout ça est prévu dans la convention collective négociée entre les professeurs et l\u2019Université Concordia, souligne M\u201c® Motta.Chez nous, [l\u2019octroi de prime] survient dans des disciplines particulières comme le génie et la gestion.98% des personnes qui touchent des primes s\u2019affairent dans ces secteurs, qui sont très compétitifs.Si vous avez un bon prof de gestion, toutes les universités vont tenter de vous l\u2019arracher ! » Ces primes représentent moins de 1% de la masse salariale de l\u2019établissement, ajoute-t-elle.UUQAC et l\u2019UQAM plus généreuses L\u2019Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) offrirait pour sa part les primes les plus généreuses, puisque quatre professeurs ont reçu 27 000$, en moyenne, sous la forme de prime en 2014-2015.L\u2019UQAM se classe seconde en ce qui a trait à la taille des primes.celles-ci atteignant 12 000$ en m,oyenne.Quarante professeurs de l\u2019École des sciences de la gestion ont eu droit à ce privilège de 2013 à 2015, sur un total de 64 primes offertes.«Les critères d\u2019attribution d\u2019une prime de marché sont: la rareté des personnes de haut calibre dans la discipline ou le champ d\u2019études concerné, l\u2019excellence du dossier de la personne candidate, la sollicitation d\u2019un autre établissement, s\u2019il y a lieu, et ce, en considérant principalement les besoins prioritaires du département», explique dans un courriel Jenny Desrochers, porte-parole de l\u2019UQAM.11 importe aussi de tenir compte de l\u2019écart de rémunération important d\u2019un établissement à l\u2019autre, selon elle.Un professeur titulaire de l\u2019UQAM peut gagner de 99 000$ à 134 000$ annuellement, mais le salaire maximal à McGill atteindrait 141 000$, avant prime.«Les comparatifs des primes de marché entre les universités donnent une fausse image de la réalité», a-t-elle affirmé au Montréal Campus.Le Devoir AGENCE ERANCE-PRESSE Les travailleurs de Tusine de Foxconn assemblent iPhone, Xbox et autres en silence, comme le veut la consigne.MISÈRE SUITE DE LA PAGE 1 sentiel, n\u2019ont à peu près pas changé depuis 2010.«Pour ces ouvriers, c\u2019est la désillusion.Ils pensaient avoir de belles occasions, mais ils se voient comme des robots», lance au téléphone Jenny Chan, sociologue à l\u2019Université Qxford, en Grande-Bre-ta^e, et mibtante pour les droits des travailleurs chinois.Griginaire de Hong Kong, M\u201c® Chan a mené des entrevues avec plus de 40 ouvriers de Eoxconn, en plus de visiter clandestinement l\u2019usine de Longhua, à Shenzhen, où quelque 400 000 personnes assemblent des produits électroniques 24 heures sur 24.Ses analyses, de même que les récits et poèmes d\u2019ouvriers, sont consignés dans le recueil La machine est ton seigneur et ton maître (éditions Agone, 2015).Jenny Chan décrit une ville autonome avec ses chaînes d\u2019assemblage, ses dortoirs, ses restaurants, ses banques, ses bureaux de poste, etc.Les employés y vivent et y travaillent: 12 heures par jour avec une seule journée de congé toutes les deux semaines.Gr, «Foxconn ne fait pas que manufacturer des iPhone et des iPad, indique M\u201c® Chan.Elle manufacture aussi les rêves et les espoirs des jeunes ouvriers en leur disant qu\u2019ils deviendront peut-être un jour le prochain Steve Jobs ou Bill Gates.» Des bannières de recrutement proclament: «On ne choisit pas sa naissance, mais ici, votre destin va s\u2019accomplir.Il suffit de rêver et vous allez décoller!» Mais le travail, qui attire surtout de jeunes migrants des zones rurales en quête d\u2019un meilleur avenir en ville \u2014 la réalité de 270 millions de Chinois \u2014, s\u2019avère vite aliénant.L\u2019ouvrage de M\u201c® Chan rapporte un boulot répétitif au possible et qui ne nécessite ni ne développe au- Atteins tes objectifs, ou le soleil ne se lèvera plus )) {{ Croissance, ton nom est souffrance yy Des citations du p.-d.g.de Foxconn affichées sur ies murs de i\u2019usine cune habileté particulière.L\u2019avancement au sein de l\u2019entreprise semble à peu près impossible.Le sentiment d\u2019une profonde solitude est la norme en raison de l\u2019atomisation de cette petite société : les jeunes arrivent seuls des campagnes et ont toutes les difficultés à nouer des liens en raison des horaires de travail exigeants et changeants, et de l\u2019interdiction formelle de parler sur les chaînes d\u2019assemblage.Novlangue, sermons et punitions A l\u2019intérieur des méga-usines, selon les témoignages recueillis, des slogans tirés du p.-d.g.de Eoxconn, Terry Gou, et qui semblent emprunter à la novlangue orwellienne sont affichés sur les murs: «Croissance, ton nom est souffrance » -, «Un environnement dur est une bonne chose»; «Atteins tes objectijs, ou le soleil ne se lèvera plus».Selon une ouvrière interviewée, ses collègues et elle doivent répondre en choeur «Bien ! Très bien ! Très, très bien ! » à la question «comment allez-vous ?» lancée par leur géçant au début de chaque quart de travail.À cela s\u2019ajoutent les sermons sur la discipline et les objectifs de production quoti- diens, et les punitions, individuelles ou collectives, si des erreurs sont commises ou les objectifs, non atteints.«Après le travail, tout le monde \u2014plus de 100 ouvriers \u2014 est parfois obligé de rester sur place, a raconté à la sociologue une jeune employée.Cela arrive chaque fois qu\u2019un ouvrier est puni.Une fille est obligée de rester debout devant tout le monde et de lire une autocritique.» Jenny Chan n\u2019hésite pas à qualifier ces ouvriers de «iSlaves» (« iEsclaves »).Pourtant, ceux-ci sont entièrement libres de quitter pour de bon les chaînes d\u2019assemblage.Gr, sans qualifications particulières, sans réseau social, sans argent à investir, ces jeunes venus de la campagne se perdent vite dans la grande ville, assure M\u201c® Chan.«La Chine n\u2019est plus ce qu\u2019elle était il y a 20 ans, alors que tout le monde partait plus ou moins de zéro.Aujourd\u2019hui, les milliardaires pullulent.Les prix gonflent.Les inégalités sociales sont si grandes que pour ces ouvriers, sortir de cette trappe est de plus en plus difficile.» Résultat : «Après une année ou deux, ils s\u2019épuisent.Ils errent dans la ville.Et retournent chez Foxconn.» La militante voit toutefois un peu de lumière au bout du tunnel.Les travailleurs manifestent, font parfois la grève et exigent de meilleures conditions.Les médias sociaux permettent de rallier le soutien du public.«Tant que les ouvriers n\u2019abandonnent pas, il y a de l\u2019espoir», conclut-elle.Collaborateur Le Devoir LA MACHINp EST TON SEIGNEUR ET TON MAITRE Jenny Chan Agone Paris, 2015,128 pages MÉDECINS SUITE DE LA PAGE 1 tien, à Sainte-Agathe-des-Monts.«On va remplacer les médecins de famille par des spécialistes qui vont faire de l\u2019hospitalisation, mais ça ne fait pas de sens.C\u2019est un principe économique de base: tu veux que ce soit la personne la plus polyvalente pour faire le travail de base.Les médecins de famille ont une vision globale, ils sont capables de gérer plusieurs problèmes.Quand ils sont confrontés à un problème plus spécifique, ils font appel à leurs confrères spécialistes.» Il croit également que la population serait bien mal desservie si les spécialistes devaient remplacer les médecins de famille dans les hôpitaux.«Les spécialistes ont déjà des listes d\u2019attente épouvantables pour faire des affaires complexes qu\u2019un médecin de famille n\u2019est pas capable de faire.Et là, on va lui demander de faire le travail d\u2019un médecin de famille.Pendant ce temps-là, il ne verra pas ses cas compliqués.S\u2019il faisait quatre jours par semaine en consultation externe, il va en faire moins, parce qu\u2019il ne peut pas se dédoubler.Alors les listes d\u2019attente vont encore allonger.» Selon le D\"^ Landry, c\u2019est un mauvais calcul de la part du ministère et de la Eédération des médecins omnipraticiens du Québec (EMGQ) pour arriver à livrer, comme promis, un médecin de famille à 85% de la population d\u2019ici 2017.Il accuse également le ministre, ancien président de la Eédération des médecins spécialistes du Québec (EMSQ), de vouloir «placer les spécialistes».Résidents Le D\"^ Landry n\u2019est pas le seul à s\u2019indigner.«Les jeunes résidents en médecine de famille vont subir les plus grandes conséquences, et ce, alors qu\u2019ils n\u2019avaient jamais signé pour cela en faisant leur démarche pour s\u2019établir dans une région, dénonce une source dans le réseau sous le couvert de l\u2019anonjunat.Le gel des effectijs en établissement leur est imposé sans qu\u2019ils puissent dire un mot alors qu\u2019ils avaient passé la totalité de leur formation à l\u2019adapter à une pratique mixte: urgences, hospitalisation, obstétrique, gériatrie, soins palliatijs, réadaptation, etc.»\t«Les jeunes Ces derniers se doutaient , ., bien que quelque chose se tesiaents en tramait: à la mi-décembre, médecine de ils n avaient toujours pas reçu leurs avis de confor- famille vont mité des hôpitaux où ils avaient postulé en novem- subir les plus bre.Des rumeurs voulant , que la nouvelle cohorte de gt^Hdes médecins de famille soit conséquences» «sacrifiée» couraient ae]a.\t^ Comme le révélait alors Le Devoir, le ministère avait demandé aux établissements de santé de suspendre l\u2019octroi de ces permis de travail le temps de finaliser les négociations avec la Eédération des médecins omnipraticiens du Québec (EMGQ).La nouvelle entente a été paraphée le 21 décembre et les centres intégrés de santé et de services sociaux (CISSS) peuvent désormais s\u2019attacher les services des nouveaux diplômés, mais dans le respect des nouvelles conditions.En début de semaine, les résidents n\u2019avaient toujours pas été informés de ces nouvelles règles et plusieurs craignaient le pire.Sous-territoire Dans cette entente, le ministre a également procédé à un «découpage sous-territorial» pour permettre «un déploiement plus ciblé des médecins de famille sur le territoire d\u2019une région en fonction des besoins de première ligne», affirme celui-ci dans la lettre envoyée aux p.-d.g.Un autre document, émanant du ministère celui-ci, annonce aux chefs de département régional de médecine générale du réseau que les nouveaux médecins doivent effectuer un minimum de 55% de leur pratique dans ces sous-territoires.«Des cibles spécifiques d\u2019installation par sous-territoire vous seront transmises prochainement par le ministre», écrit le sous-ministre adjoint Michel A.Bureau.«Ce redécoupage brime encore plus la liberté et l\u2019autonomie de pratique des nouvelles cohortes», dénonce une source bien au fait du dossier qui craint que la médecine familiale ne perde tout son attrait auprès des futurs médecins.«J\u2019ai peur pour l\u2019avenir de la médecine de famille au Québec, affirme-t-il.Il n\u2019y a nul doute que plusieurs jeunes vont opter pour le privé et que les prochaines cohortes vont choisir la médecine spécialisée, qui est plus payante.Conséquemment, le problème de la première ligne ne va que s\u2019accentuer.» Le ministre n\u2019était pas disponible pour expliquer les raisons de ces modifications mardi.Par courriel, le ministère a répété ce que le ministre avait déjà écrit dans sa lettre, sans expliquer plus en profondeur les raisons de ces changements.Le Devoir Rectificatif Dans la chronique de Jean-Claude Poitras intitulée «Des femmes d\u2019exception», publiée le 24 décembre en page D 3, nous indiquions que la comédienne Isabelle Richer était une cliente fidèle de la boutique 5® Avenue.Il s\u2019agit plutôt de la journaliste Isabelle Richer.Nos excuses.LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9® étage, Montréal (Québec), H3A3M9 ® Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 D Le Devoir sur ledevoir.com GG sur Facebook et sur Twitter La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel\tredaction@ledevoir.com Par télécopieur\t514\t985-3360 Publicité Au téléphone\t514\t985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais)\t1 800 363-0305 Par télécopieur\t514\t985-3390 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone Par courriel Par télécopieur 514 985-3344 avisdev@ledevoir.com 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone\t514 985-3322 Par télécopieur\t514 985-3340 A.bonnenientS (lundi àvendredl, 7h30 à 16h30) Au téléphone\t514 985-3355 Extérieur de Montréal\t(sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel\tabonnements@ledevoir.com Par télécopieur\t514 985-5967 Agenda culturel Par courriel\tagenda@ledevoir.com Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 2050, rue De Bleury, 9® étage, Montréal (Québec), H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québécor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement n° 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007."]
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