Le droit, 30 septembre 1967, Cahier 2
[" Les terrasses 1 font L3 ry - en A nombreuses gn | Br.Er TE iy FUE i Ë > el autres photos à la page suivante CAFÉS-TERRASSES Suite de la page précédente Aux cafés-terrasses, on peut même boire son verre de lait! Photos Daniel Fontigny 4 -< PERSPECTIVES No 39, 30 sept.1967 par Armande Saint-Jean EN UN ÉTÉ, ils ont poussé dans les rues de Montréal comme des champignons.L'idée vient d'Europe, de la Ville-Lumière.en particulier, qui fourmille, à chaque carrefour, à chaque coin de rue, de sympathiques cafés-terrasses.La Métropole a donc décidé d\u2019emboîter le pas, en forçant quelque peu la main du législateur .Après plusieurs années de supplications, celui- ci s\u2019est finalement amadoué et le conseil municipal adoptait en juin dernier un règlement permettant l\u2019implantation des cafés-terrasses.Citadins et étrangers en avaient déjà Un avant-goût, grâce à l\u2019Expo.qui offre à ses visiteurs plusieurs îlots de calme où ils peuvent se rafraîchir paisiblement tout en regardant les passants.C\u2019est, en effet, l'occupation favorite des terrassiens que de se livrer à une observation systématique des gens autour d'eux.Surtout des jolies filles, on s'en doute bien! Les tenanciers misent fort là-dessus, évidemment.Car la situation de la terrasse décidera en grande partie de son succès.Jusqu'à présent, les cafés-terrasses se sont posés principalement dans le centre-ville, à l'ombre des gratte-ciel et en bordure des boulevards achalandés.L'administration de la ville avait déjà donné l\u2019exemple, au square Dominion, en aménageant, il y a environ cinq ans, un coin de verdure a ciel \u2018ouvert.A la Guinguette (photo de la page couverture), point d'alcool.On y sert un mélange de crème glacée arrosée d\u2019eau gazeuse, le \u2018\u201cskidoo\u201d.La Guinguette reçoit surtout des touristes attirés par l\u2019exposition de peinture qui se tient chaque été sur ce square que l'on appelle maintenant \u201cle square des Arts\u201d.A quelques pas de là, nichée au creux de l\u2019imposante Place Ville-Marie et contrastant étrangement avec l\u2019activité bruvante du boulevard Dor- chester, on trouve la terrasse de la Popina, attenante au restaurant du même nom.Aux heures de pointe, on y rencontre des travailleurs des bureaux voisins et des touristes, venus briser la routine ou reposer leurs pieds fatigués dans un décor inusité.La rue la plus excentrique de Montréal, la rue de la Montagne, se devait elle aussi d\u2019avoir ses terrasses.Encadré de boutiques avant- gardistes et de l\u2019extravagante discothèque le Drug, le seul bistrot authentique de Montréal accueille ses clients sur une miniterrasse.Une dizaine de personnes au maximum s\u2019y réunissent autour de deux tables rondes.recouvertes de marbre et qui rappellent les bistrots parisiens.Là se côtoient surtout des habitués de la boîte de Louis Tavan: artistes, peintres, journalistes, intellectuels de tous genres, avec ou sans emploi.On y discute devant un café-cognac ou une bière, depuis midi jusqu'aux petites heures du matin en regardant défiler les mignonnes en minijupe et les sosies de Justin de Villeneuve.Quelques pas et nous voilà Chez Bourgetel.la plus grande, la plus aérée et peut-être la plus sympathique des terrasses montréalaises.On y a recréé une ambiance typiquement française, grâce à des répliques de lampadaires, au mobilier de fer forgé peint blanc, aux nappes bleu ct blanc et à l'accordéon-musette.Au menu: le sandwich sur pain français et frites.La terrasse de Chez Bourgetel, abritée sous une tente et protégée de l'extérieur par des cloisons de verre coulissantes demeurera ouverte à longueur d'année.Les propriétaires comptent l\u2019équiper d'une installation de chauffage et, l\u2019hiver, les terrassiens pourront s\u2019y .réchauffer! Bien qu\u2019elle ne soit pas carrément en plein air.la salle à manger de l\u2019Hôte! de l'Ambassade Royale, rue Sherbrooke.a tout de même été à l\u2019origine du mouvement qui permit à Montréal de s\u2019intéresser aux terrasses.Il y a en effet bientôt sept ans que les clients de ce chic hôtel peuvent dîner dans une ambiance fort agréable, séparés de la rue uniquement par une cloison de verre.Un autre hôtel voisin, le Berkeley, possède également une terrasse qu\u2019un auvent et une clôture de verdure soustraient quelque peu aux regards des passants.Camouflées ou non, aérées ou minuscules, les terrasses montréalaises sont vite devenues des centres d'attraction, des lieux de rendez-vous romantiques et colorés.Jusqu'a présent, les Montréalais en étaient tristement privés.Au- jourd\u2019hui, ils y prennent goût.Et l\u2019an prochain, le retour des beaux jours verra sûrement naître de nouvelles terrasses, disséminées ici et là dans la ville de béton et de pierre.Agréables relais de fraîcheur où il fait bon laisser doucement couler le temps.4 Les touristes au Berkeley, vont nombreux rue Sherbrooke. un bijou extraordinaire! Un sachet sans prétention\u2026qui recèle un gâteau enchanteur.C\u2019est l\u2019histoire de Cendrillon qui se répète.Pas surprenant que ce sachet soit si populaire! Il est économique et les gâteaux ont une saveur tirée directement d\u2019un conte de fée.Profitez du coupon ci-dessous.\u2014\u2014\u2014- PRÉSENTEZ CE COUPON AU MARCHAND \u201c FECONOMISEZ (Bélonarc {OC sur l\u2019achat de 2 sachets de MELANGE A GATEAU MONARCH Au marchand: Ce coupon vous sera remboursé 10£, selon les conditions de notre offre, plus 2é pour frais de manutention, pourvu que vous et votre client vous soyez conformes aux termes de cette offre.Toute autre application constitue une fraude.Envoyes vos coupons honorés à: Nielsen Clearing House, C.P.3000, Saint John, N.-B.SASSSSSSSSSSSSSSSÇASSS CSSS SSSGSS LL CG CCS CGGESSSSSSSSSSH$ rr ! dS ; A \u201cKR N NNER SSS a nr 8 R EB ye pA yy pi N SNS ARRAN AS TY SSSSSSSSSSSSSSSSSSY SI 5593 2 333 YX OFFRE SPÉCIALE Tore PRN PERSPECTIVES No 39, 30 sept.1867= § Des biologistes recueillent des algues dans Une solution au problème de la faim L A CULTURE DES ALGUES 6 - PERSPECTIVES No 39, 30 sept.cotes paid = ER R En 0 A © « = des sacs pour étudier la possibilité d'en faire la culture intensive.LE PÉCHEUR terre-neuvien est là, à genoux, qui observe par le fond vitré de son doris les profondeurs de la mer, où règne tout un monde qui lui est familier.A 30 pieds sous l\u2019embarcation, l\u2019eau est cristalline et froide; il voit évoluer-quatre hommes vêtus de combinaisons noires de caoutchouc et munis de scaphandres autonomes, qui coupent des algues et les mettent dans des sacs.Ce sont des chasseurs d\u2019une nouvelle espèce qui sont à la recherche des moyens qui permettront de parer à un des périls les plus graves pour l\u2019homme \u2014 la famine \u2014, et ils fondent de grands espoirs sur les possibilités qu\u2019offrent les octans sous ce rapport.Les quatre hommes sous l\u2019eau posent les jalons de ce qu'on peut appeler l\u2019aquaculture, mais on mesure à quel point leurs efforts sont vitaux quand on sait qu\u2019à l\u2019heure actuelle l\u2019homme augmente de 1 p.c.sa production annueile de produits alimentaires, alors que l\u2019accroissement normal de la population mondiale est de 1.8 p.c.Un simple petit calcul permet de chiffrer en millions le nombre des hommes qui souffrent de la faim dans le monde et de constater que la situation va aller en empirant constamment, à moins de prendre au plus vite les moyens d\u2019y remédier.En l'an 2000 et au rythme actuel, la population du globe atteindra 7 400 000 000 d\u2019habitants qui pourront disposer chacun d\u2019une quantité moyenne de 1 340 calories par jour, ce qui serait insuffisant puisque les diététiciens estiment qu\u2019il faut à l'être humain pour s\u2019alimenter un minimum de 1 350 calories.Suite page 8 a ; iez-vous \u20ac al \u20ac Nous nous engageons à arracher de la face de la terre autant de mauvaises herbes et de mauvaises graines que nous pourrons et de les remplacer par d'éblouissantes tulipes de Hollande.Nous aurons des tulipes à l'extérieur, des tulipes à l\u2019intérieur de nos maisons.des tulipes dans nos parterres.des tulipes dans nos cours, des tulipes, des tulipes partout (sauf la où poussent les jacinthes et les narcisses).Un droit chemin.oui, mais si peu attrayant! Voic! là la1- deur (fig.1) qui accueillait Madame Marie Séguin quand elle rentrait chez elle.Elle en était navrée.|| y a six mois, un voisin lui parla de la Croisade contre la Laideur.Elle s'y rallia et planta des tulipes de Hollande tout le long de son chemin.Aujourd'hui, voici (fig.2) le superbe tableau que Madame Séguin admire _ J ; quand elle rentre chez 3.pd elle.Pas étonnant que ses voisins l'appelle \u201cMadame Rayon de Soleil! en Sa merveilleuse et touchante histoire.\u2018J'étais une brute de 298 livres.Souvent, je me tenais debout dans ma à lits et des mauvaises her 4 bes et.du pied, je lançais 4 du sable a la face des pas- ; # sants.Personne de m'ali- Oe ~.4 Mmait.Mais un jour.je Wy, media dans la Croi- y sade contre la Laideur.| Je me débarrassai d'abord du sable, des pissenlits et des mauvaises herbes puis, à leur place.je plantai des bulbes- tulipes de Hollande.!| y a de cela six mois.Aujourd'hui, on vient de partout dans les environs pour me dire: \u2018Salut, chic type! Quel bel emplacement vous avez là\u201d.- 3 ve N + Re: 4 ea > x 5 cour, au milieu des pissen- / Comment planter les bulbes- tulipes de Hollande?1.Faire un trou 2.Enterrer le bulbe 3.Six mois plus tard .Le plus beau bouton sur terre.Pour seulement dix cents.Par- faitementrond, parfaitement pal lisse, il ex- É > prime par- .*.faitement Croisade , vos senti- contre la | ments.Se laideur./ porte avec / toutes les te- + nues.En- a= voyer 10 cents } en timbres.espèces ou mandat, à: Croisade contre la Laideur, Suite 123(C), 1253.avenue McGill College, Montréal 2, Qué.Pourrecevoirune splendide brochure de 16 pages en couleurs, intitulée: \u2018Votre jardin au Printemps\u201d, il suffit de faire parvenir 10¢ pour frais de poste à: «Pon Institut des Bulbes de 3 KJ ; Hollande Inc.ana 9° 1253, avenue McGill College Montréal 2.Qué.PERSPECTIVES No 39.30 sent.1967 - 7 Te Depuis quand un soutien-gorge en dentelle peut-il donner un tel support aux silhouettes plus fortes?Depuis que WonderBra a lancé \u201cFleur de Lis\u201d\u2014le soutien-gorge sans baleines .qui donne une ligne jeune et ferme.Certains soutiens-gorge donnent tout le soutien et le galbe que demande une poitrine un peu forte, mais ils ne sont ni confortables ni élégants.WonderBra a su remédier a cela.Par sa coupe originale et son tissu élastique, le soutien-gorge Fleur de Lis assure un galbe parfait.Il moule et soutient sans baleines.C\u2019est pourquoi vous le trouvez si \u2018\u2019confortable\u201d, si léger à porter.Conçu pour assurer une ligne jeune et ferme et garni de dentelle de térylène irrétrécissable, il est ultra-féminin.Fleur de Lis de WonderBra, modèle 1267.En blanc, noir et chair.À compter de $6.00 environ.WONDERBRA * MONTRÉAL WwW onderBra\u2019 fait toute la différence.8 - PERSPECTIVES No 39, 30 sept.1967 © LES ALGUES Suite de la page 6 La mer possède les ressources nécessaires, malheureusement l\u2019homme ne les exploite pas comme [i il le pourrait.Les 50 millions de tonnes de poisson § péchées chaque année dans le monde entier ne re- Ë présentent qu\u2019une fraction de ce qui pourrait être tiré RAGW des océans, bien que le volume des prises ait plus B que doublé depuis 1953.Cependant, la pêche a été trop intensive dans certaines Zones ce qui a réduit J les réserves importantes.Tr La culture dans les océans pourrait mettre un Fo terme à ce probième angoissant.En régularisant la croissance des organismes de végétaux dans la mer, la production alimentaire pourrait être accrue bien | 20 au-delà de ce qu\u2019on peut retirer à l\u2019heure actuelle [Ei de la croissance naturelle.es > gt: in a *, à = iy 4 ré CNT Zena ox ~ Norman Reynolds, étudiant en phycologie, décharge sa prise sur le littoral terre-neuvien.Ci- dessous, Mlle C.MacFarlane, du Conseil des recherches de Nouvelle-Ecosse, analyse les algues.NE = Ten ATE ges motards rt Cn Sah eh Ld NEY DA 5 = . Les algues marines fournissent une dizaine de substances différentes que l\u2019on utilise diversement.Les plantes aquatiques tiennent en effet une grande place dans la fabrication des dentifrices, des gelées et des produits lactés \u2014 la carragheenine tirée de ce qu\u2019on appelle la mousse irlandaise est un stabilisant et empêche la formation de cristaux dans la fabrication de la crème glacée, lui donnant ainsi une onctuosité parfaite.Les extraits d'algues sont utilisés dans les préparations culinaires ou pharmaceutiques, comme dans les laxatifs.Is entrent également dans la composition des solutions industrielles comme les apprêts ou les colles végétales, ainsi que dans les peintures.On s\u2019en sert enfin pour clarifier la bière et dans des solutions pour les cheveux.Cependant, et bien que les algues ou goémon représentent des revenus supplémentaires de près d\u2019un million de dollars chaque année pour les pêcheurs et les cultivateurs des provinces Maritimes, les algues, comme le poisson, sont une autre ressource de la mer très partiellement exploitée.La société Uniroyal, qui veut diversifier ses investissements, a décidé de s'intéresser de plus près à la question.En juillet dernier, elle a envoyé une équipe de jeunes biologistes examiner la flore marine afin d\u2019évaluer s\u2019il y avait des algues en quantité suffisante pour qu\u2019il soit rentable de construire une usine de traitement près de la côte terre-neuvienne.La direction de l\u2019Uniroyal veut pour le moment s\u2019assurer un revenu par la vente des produits chimiques extraits des algues.Ces revenus permettraient ainsi de poursuivre les recherches pour rationaliser Pexploitation des piantes marines.Les Canadiens, pourtant, ne seraient peut-être pas aussi bien disposés que les Japonais à faire des algues un élément important de leur alimentation.Un des chercheurs des laboratoires de l\u2019Uniroyal, à Guelph, en Ontario, M.Ed Haythornthwaite, qui a passé plusieurs semaines au Japon l\u2019été dernier, a pu constater que plus d\u2019une centaine d'espèces d\u2019algues étaient vendues séchées et qu\u2019on les utilisait dans les soupes ou avec le riz.On ne prévoit pas que le Canada puisse devenir un important marché pour les algues sur le plan de l\u2019alimentation, et la société Uniroyal songe surtout, en exploitant les plantes marines, aux besoins des pays sous-développés.Contrairement à ce qu\u2019on pourrait croire.toutefois, les algues n\u2019existent pas en quantité infinie.Avant d'aménager une usine de traitement à Terre-Neuve, la société Uniroyal calcule qu\u2019elle doit récolter 40 000 tonnes de goémon par an, et elle ne saura pas avant le mois d\u2019octobre si le plateau continental de Terre-Neuve peut en produire une telle quantité.Elle saura alors si elle pourra se lancer dans une véritable culture d'algues.Dans certaines régions, les conditions sont loin d\u2019être parfaites pour la culture des algues.La température de l\u2019eau, par exemple, peut être idéale mais s\u2019il n\u2019y a rien au fond de l\u2019eau sur quoi les plantes peuvent s\u2019accrocher, cela entraînerait la nécessité de poser des points d'attache artificiels comme des blocs de ciment.La glace nuit également à la culture du goémon, parce qu\u2019elle arrache souvent les plantes fixées aux rochers.Mais l\u2019homme pourrait résoudre ce problème en érigeant des digues pour atténuer l\u2019intensité des pressions des vagues et créer ainsi de véritables parcs de culture d'algues.Une usine de traitement des algues à Terre-Neuve apporterait une aide économique appréciable aux marins qui récolteraient la matière première et leur assurerait une occupation lucrative une fois terminée la saison de pêche, tout en contribuant à soulager la faim dans le monde, problème dont la solution se trouve peut-être au fond des mers.\u20ac fruité, sec à SO Extra Dry nes mouth par exc martini.En effet, ent tel quel, b le préfèr + garni d'u t vous di \u2018Martini Extra Dry\u2014ex z le vermouth sec i t out simplement, t embouteillé en sans glace) e Essayez-le \u20ac Demande Dry ou, t Produit \u20ac ; Martini & Ross!.uhait, le ver t pas unique ellence mouth Martini ment le ver- du célèbre \u2018\u2019dry des connaisseurs ien froid (avec ou d'un zeste de citron.rez, vous aussi.traordinaire!\u201d Martini Extra le no 559- italie par bien \u201cTAA SENT TONS DE LA les hommes qui aiment un trait de couleur dans leur vie, apprécieront notre présentation d'automne de complets en pure laine Garnett Vénitien Fini-Satin et Glentest.Ils reflètent les magnifiques teintes de l'automne.Chaque complet est habilement \u2018\u2019cousu\u2019\u2019 et \u2018formé\u2019 par les artisans de Progress Brand.PURE LAINE VIERGE Progress Brand DANS LES MAGASINS POUR HOMMES DE PRESTIGE A TRAVERS LE CANADA PERSPECTIVES No 39, 30 sept.1967 - 9 La coopérative de Granby 7 500 agriculteurs qui veulent devenir des hommes d'affaires prospères par Roland Gagné \u201cC\u2019EST à Berthier que la grande pitié de notre agriculture m'a consterné.Je revenais de Québec par la rive nord lorsque j'ai aperçu un tracteur monté par un fermier et un jeune homme, qui tenait précieusement une caisse d'oeufs.Sous prétexte de m\u2019informer de la route à suivre, j'ai arrêté ma voiture pour engager la conversation et apprendre que ce fermier demeurait à une dizaine de milles de Berthier où il se rendait vendre ses oeufs deux ou trois fois la semaine.Afin de les protéger contre les heurts de la route, il faisait monter son fils derrière lui pour tenir la caisse.En retournant à ma voiture, je n'ai pu m\u2019empêcher de sourire avec ironie.\u201d Pour Philippe Pariseault, directeur général de la Coopérative de Granby, cette anecdote est l\u2019image même de l\u2019administration maladroite de nos fermiers.En homme froid qui mesure la portée de chacun de ses propos avec la prudence d\u2019un vieux routier des affaires, Pariseault m\u2019a dit que ce fermier dépensait pour le transport de ses oeufs plus d'\u2019argent qu'il ne tirait de leur vente.Ce n'est pas sans une certaine amertume qu'il parle des problèmes agricoles du Québec, car Pariseault, s\u2019il avait carte blanche, chambarderait toute l\u2019industrie agricole.Il donne l\u2019impression qu\u2019il arriverait peut-être, avec les techniciens qui l\u2019entourent, à trouver les solutions qui s\u2019imposent.Ces hommes pour qui l\u2019agriculture est une affaire et non une Photos Guy Fournier Perspectives vocation ont réussi à force de travail à relever en partie I'industrie laitière du sud du Québec.Leurs propos ne sont donc pas à prendre avec un grain de sel.Ils savent de quoi ils parlent.D'une coopérative modeste qui a vu le jour à Granby, ville des Cantons de l\u2019Est située à mi-chemin entre Montréal et Sherbrooke, ils ont fait la plus grande entreprise du genre au Canada.On retrouve ses produits sur les plus importants comptoirs du monde et, de partout, des spécialistes viennent examiner à la loupe les rouages complexes de cette machine qui ne grince jamais.Quand on entre au siège social de Granby, on a tout de suite le sentiment de mettre les pieds dans une entreprise typiquement nord-américaine: dans tous les bureaux, des graphiques indiquent les courbes des ventes, de la production et de la distribution, le service de comptabilité résonne du cliquetis nourri des machines et un système d'intercommunication repère en quelques secondes n'importe quel administrateur.Tout respire l\u2019efficacité et une sorte de feu sacré semble dévorer tous ceux qui s'affairent dans les bureaux.On est loin des approximations et du mauvais calcul auxquels Pariseault attribue le marasme de l\u2019agriculture.Le succès de la Coopérative a fait germer chez tous ceux qui en sont responsables des idées bien arrêtées sur les remèdes dont l\u2019agriculture du Québec a besoin.Suite page 12 Les six usines de la Co- JEAN-MAURICE ROBERT est-il un cette année 600 000 livres de lait.À JEAN-MAURICE ROBERT, cultivateur heureux tous ses instruments aratoires, ses cultivateur comme les autres?Oui, si on le compare a ces producteurs dynamiques pour qui la terre est source de richesse à exploiter.Aller de l\u2019avant, s\u2019engager à fond, telle est sa conception de l'entreprise agricole.Il y ajoute une foi inébranlable en la coopération.A 45 ans, M.Robert est propriétaire d\u2019une ferme de 200 acres dans le rang 10 de Saint-Dominique, comté de Bagot, ferme qu\u2019il ne vendrait pas pour $100 000.Son troupeau de 60 vaches de race Hoïstein donnera $4.75 le cent livres, cela fait la somme de $28 500, à laquelie s\u2019ajouteront des revenus d'appoint, en particulier ceux qu\u2019il tire de l\u2019élevage de 600 porcs.Il y a 20 ans, M.Robert n\u2019était pas si prospère.Sa ferme comptait à peine 50 acres et son troupeau se composait de six ou sept vaches.Suivant les conseils de son agronome et de la Coopérative de Granby, il a réinvesti, acheté d\u2019autres bêtes pour en arriver à son cheptel actuel.Robert achète à la Coopérative moulées et ses engrais et, si elle vendait des automobiles, il y achèterait la sienne! Sa ferme est immaculée.La maison et les bâtiments sont entourés de fleurs et de verdure et tout y respire l\u2019aisance, le confort et la sécurité.Les Robert ont cinq enfants: l\u2019ai- né Réjean, 19 ans, qui a terminé la quatrième année de son cours classique; Céline et Jacques, 16 et 15 ans, qui se destinent à la pédagogie; enfin Bernadette et Louis, six et quatre ans.10 - PERSPECTIVES No 39, 30 sept.1967 Jean-Maurice Robert possède un troupeau de 60 vaches Holstein, qui donnent en moyenne 10 000 livres de lait par année chacune.C\u2019est beaucoup plus que la moyenne des troupeaux du Québec.A droite, une machine toute neuve qui prépare ie fourrage des bétes.Pour les enfants Robert, \u201cfaire les joins\u201d est devenu un plaisir! \u20ac TET a, TN RY \u201cLAISSEZ-MOI ?VOUS APPRENDRE Dit M.Bill Ad \u201cgérant de North American Fashion Frocks Au cours de ces douze dernières années des milliers de ménagères canadiennes ont obtenu un salaire appréciable et de jolies toilettes en travaillant pendant leurs loisirs.Vous pouvez, vous aussi, en profiter.North American Fashion Frocks, le plus grand manufacturier de robes au Canada vendant directement du fabricant au consommateur, vous offre l'occasion de devenir l'une de ses 4 représentantes.Aucune expérience n'est néces- N N à, saire.Portez et montrez à vos amies, voisines = | 7 et parentes les toilettes que nous vous envoyons.: - Faites-leur examiner le joli cahier de Mode en couleurs contenant plus de 200 modèles que vous recevrez gratuitement.Expédiez- nous les commandes des robes choisies, et nous nous chargerons de la livraison et des factures.b'ous ne dépensez pas un sou, vous ne vous engagez à rien.Parce que nous négocions directement avec le client, il nous est possible d'offrir les meil- Vie leures conditions en fait de robes.Nos \u201c dessinateurs viennent à peine de terminer yy une nouvelle collection de robes pour l'automne et l'hiver qui fera sensation auprès devos parents et de vos voisines.Ces robes-échantillons deviennent vôtres sans au- eun frais.Vous pouvez devenir la femme la mieux \\ Th LE habillée de votre entourage et gagner en meme ih: o-e Bs temps $35 par semaine\u2014 assez pour vous procurer 7 #7 ce nouveau réfrigérateur, cette machine à laver \u2014 i.= ou même le paiement initial d'une maison ! E EIRE.PROFITEZ DE d OCCASION 5 i i ! NORTH AMERICAN FASHION FROCKS, LTÉE, | | 9500 Parc Georges, Dept.F-105, Montréal 39, P.Q.| ÿ Votre plan m'intéresse; S.V.P.me fournir tous les détails sans obligation.! Nom 11110220 TUT Age nN.| P Adresse 1 NL I | ville een Province i Le co om om om oe 2m ne ne \u2014\u2014\u2014 \u2014\u2014 \u2014 ] Nouvelle facon d'absorber la gélatine Finis les mélanges malpropres de poudre de gélatine et de jus de fruits ou de légumes.Prenez les capsules LISSA, commodes et insipides.N'acceptez aucun succédané: exigez la marque LISSA.Chaque capsule contient une quantité plus grande de gélatine.LISSA se vend au comptoir des gélatines dans les supermarchés ainsi que dans les pharmacies.984 les OD; dragées.Adrem Limitée, Toronto }.Pe.LA COOPERATIVE .Suite de la page 10 Certains considèrent que Pariseault juge de l\u2019agriculture avec les oeillères de la Coopérative, mais comment prouver qu\u2019il a tort quand les faits lui donnent raison?Sans la Coopérative, plusieurs centaines de fermiers continueraient de tirer un revenu d'appoint de la production du lait, alors qu\u2019elle suffit maintenant à leur garantir une certaine prospérité.\u2014 1 n\u2019y a plus de place chez nous, dit Pariseault en exhumant de ses tiroirs des documents noirs de statistiques, pour les fermiers qui s\u2019attachent à leurs vaches au point de baptiser chacune d'un nom affectueux.Une vache, c\u2019est une machine à donner du lait, rien de plus! Pour prouver sa thèse qui scandaliserait le plus oecuménique des brahmanes, Pariseault cite des chiffres, démontre que la production moyenne par vache est chez nous plus basse qu\u2019ailleurs.H faut deux de nos \u201ccaillettes\u201d pour égaler le rendement d'une bonne petite vache danoise.Malheureusement pour les fermiers, nos vaches ne mangent pas deux fois moins et prennent autant de place dans les prés.Il faut donc planifier l\u2019élevage, améliorer les troupeaux, automatiser les fermes et les usines de transformation, mettre en marché au meilleur prix, au coût le plus bas.C\u2019est la tâche à laquelle s\u2019acharnent les administrateurs de la Coopérative, en plus d'essayer de convertir les dirigeants agricoles à la formule coopérative qu\u2019ils pratiquent à Granby.Une visite là-bas fait vite oublier l\u2019image traditionnelle qu\u2019on garde des coopératives agricoles.A Plessisville, par exemple, où on fabrique du lait en poudre, l\u2019installation rappelle davantage les imposantes raffineries de pétrole que la laiterie d\u2019hier.Quelques hommes suffisent à réduire en poudre jusqu\u2019à deux millions et demi de livres de lait par jour dans une usine au coeur électronique.Deux jeunes filles et deux hommes veillent à l\u2019emballage, mais leurs fonctions se limitent à corriger les rares erreurs d\u2019une machine.La Coopérative a transporté sur les fermes l'automatisation de ses usines.Sur la ferme de Jean-Maurice Robert, le lait passe de la vache à une citerne réfrigérante sans avoir eu de contact avec l'homme.Personne n\u2019y touchera jusqu\u2019à son arrivée sur la table du consommateur, car le lait sera aspiré dans un camion, déversé de la même manière à l\u2019usine et transformé en poudre, en beurre ou en iromage sans qu'on ait eu besoin de le manipuler.Les vaches, elles, ne deviendront jamais automatiques, mais leur comportement est étudié avec minutie.On leur impose un menu savamment équilibré, on garde le compte du rendement de chacune avec la précision d'un instructeur qui apprécie la valeur de ses joueurs.Les vaches n\u2019ont plus de secrets et même leur vie sentimentale est réglée comme une minuterie.C\u2019est la Coopérative qui décide du choix de Philippe Pariseault dirige les leurs soupirants, qu\u2019elles ne voient jamais destinées de la Coop.en tête à tête.Une vache vivant dans une hygiène rigoureuse, dont l'horaire de traite est scrupuleusement respecté, en arrive à produire beaucoup plus.Chez Jean-Maurice Robert, les leçons de la Coopérative ont porté leurs fruits et les vaches donnent en moyenne 10 000 livres de lait par an chacune.L'histoire de la Coopérative de Granby se lit comme celle d\u2019un millionnaire qui a la bosse des affaires.Etablie il y a 30 ans avec quelques producteurs et quelques milliers de dollars, son actif atteint $18 000 000 et son revenu brut annuel, $55 000 000.Spécialisée dans ia fabrication d'une gamme complète de produits laitiers, elle reçoit chaque année près d\u2019un milliard de livres de lait.que lui expédient 7 500 sociétaires et fournisseurs d\u2019une trentaine de comtés de la province.Le succès n\u2019est pas venu sans efforts.La Coopérative dispose de structures très fonctionnelles.Environ 250 camions cueillent quotidiennement chez les producteurs le lait préalablement refroidi et le transportent aux usines régionales.Quarante de ces véhicules sont d\u2019énormes camions- Suite page 14 se di rere ge ma faire poryverir ma cremse (Borgoioo Voici ma tailie FILLES GARCONS petite Cans er orgie | petite LES CUISINES DE Deyenns (9 à 12 cas) meoyenn- GENERAL FOODS A .ronde i Sans ef pit = ; arande mandot-poste: ef eux dessus de o'mparte oLese botte gue chemise ncias 31 20 Taraent © a chemise \"Boro EE | | LU 2m 1.A oo » \u2018 .Ly man, Fils =o repas Prière d'allover 3 semaires pour ta livrais.:.0-0: 0v0#bi060:040c 0000.0:023000 e 4 LRU a lit \u201chid - ; ® Po to j 4 Re TE 0 pt She k:< 1 eile shako\" je CO: toi Os£z 9 .| pi un dise dits 1 A rot Shinkes, ik shake de COMplOIT e .AEA AICE fmm nm ! 2e DA mbe i .f taie Tr oaie ev sips 1.5 {i EN col 4 e OFFRE DE CHEMISE OPA marges IG CG ! 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