Le quotidien du Saguenay-Lac-St-Jean, 28 juillet 1979, Cahier 3
[" v art-télé La Qu Ti d PIE su loisirs Samedi 28 juillet 1979 h ; = 4 Hélène Loiselle, femme de théâtre 2 \u2014 LE QUOTIDIEN, samedi 28 juillet 1979 C\u2019est l\u2019été.Il fait beau.Tout est beau.Soyons donc estival.Avec chaleur.Et ténacité comme c\u2019est permis.Soyons estival en forme de théâtre d'été.Sur le mont Jacob, Hélène Loiselle nous reçoit.Sans son dernier des Don Juan.car Hélène Loiselle n\u2019est pas seulement Irène, Gigi ou Jeannette, comme dans la pièce de Neil Simon à l'affiche tout l\u2019été sur le mont Jacob, c\u2019est aussi une comédienne extraordinaire, c\u2019est, entre autres, la \u201cmademoiselle Antoinette\u201d de l'émission pour enfants de Radio-Canada, \u201cLe grenier\u201d.JONQUIERE \u2014 \u2018J'aimerais bien avoir l'assurance de mademoiselle Antoinette, de rétorquer malicieusement Hélène Loiselle.Cette fantaisiste mademoiselle Antoinette, qui croit si fort à son roman qu'il ne peut qu'exister!\u201d L'eussiez-vous cru?A la voir jouer avec tellement d'aisance?Hélène Loiselle doute d'elle.Pas toujours, mais souvent.Elle, une comédienne au talent si évident qu'il ne viendrait pas à l'esprit de quiconque l'idée farfelue de se questionner sur ses dons.Mais, Texte: Andrée Rainville Photo: Pauio Rousseau permettez une parenthèse, c\u2019est peut-être à cette recherche constante de la qualité que son talent se ressource.Hélène Loiselle est, avant tout.une femme de théâtre.Avant de s'adonner à la radio, au cinéma.à ta télévision, Hélène Loiselle a occupé la scène.Les planches, comme ils disent en Europe! Méme que depuis cinq ans, a part son role de mademoiselle Antoinette qui remonte a quatre ans, elle s'adonne au théâtre.Presque exclusivement.\u2018Mais j'aime beaucoup le cinéma, qui m'a apporté beaucoup.J'ai appris au cinéma des choses qui me servent au théâtre.On apprend, particulièrement au cinéma, à \u2018\u2018faire vrai\u201d.ll n'y a pas au cinéma le souci de la scène, de la salle.On mise sur la personnalité, les plans\u2019.On s'en souviendra, Hélène Loiselle a interprété des rô- les au cinéma, dans \u2018Réjane Pa- dovani', \u201cLes Ordres'', \u201cMon oncle Antoine\u201d.Et, le théâtre?Je ne mentionnerai qu'un rôle ici, parce que, pour Hélène Loiselie, il a beaucoup représenté, C'était un rôle important, un rôle qui arrive comme ça, sans qu'on s'y attende, et pour lequel (sans doute ce manque d'assurance qui n'est pas handicap pour elle, mais piu- tôt motivation) elle nourrissait des craintes.\u2018C'était trop beau\u201d.Ce rôle.plusieurs l'ont vu en tournée dans la région, alors que \u201cUn tramway nommé Désir\" de Tennessee Williams faisait la pluie et le beau temps.\u2018C'a été Un vrai beau rôle pour moi, Un rôle important!\" Hélène Loiselie a pour partenaire de vie, en plus que d'être, souvent, son compagnon de scène, le comédien Lionel Villeneuve.Tout ça remonte au temps des Compa- es fa re wrt a MT rN \u2014 PN \u2014 em am em A DMD ~~ DW it n se ie la té le i- Je it Aucun rôle ne me ressemble vraiment gnons de St-Laurent.Ils ont cinq enfants, dont deux, Pierre et Anne, oeuvrent dans le domaine théâtral.Est-ce difficile de concilier les deux fonctions?\u2018\u2018Vie et théâtre?À certains moments, ça été difficile.Il a fallu faire des concessions, mais pas plus que dans un autre domaine, je ne crois pas.C'est difficile pour toutes les femmes de concilier les deux, quand on ne veut pas qu'aucun des aspects de la vie n'en souffre.Mais lorsque, je regarde les enfants (ils sont grands maintenant), je ne suis pas mécontente.Je ne regrette pas ces enfants.J'ai fait des concessions, bien sûr, mais comme tout le monde\u2019.Des rôles qu'elle a interprétés, Hélène Loiselle avoue qu'aucun ne lui ressemble.\u201cUn côté peut- être des personnage me touche, mais pas plus.Aucun ne me ressemble vraiment.Et, je ne m'identifie à aucun de ces rôles.Heureusement, parce que c'est gênant.quand ça nous ressemble un peu trop\u201d.Et le théâtre d'été?Quelle sorte de vie fait-on, quand on est de l'extérieur de la région?Hélène Loiselle et Lionel Villeneuve jouent, pour \u2018Le dernier des Don Juan\u201d du mont Jacob, six fois par semaine.|! faut être là, présents.Pour l'été, ils ont donc trouvé un chalet, sur les bords du lac St- Jean.\u2018Au début, On avait craint que ce ne fut trop loin, se déplacer ainsi tous les jours.Mais çase fait bien et le lac est si beau! Et puis, les gens sont sympathiques et discrets.Quand on dit qu'il faut y être pour connaître les gens, c'est vrai.J'étais déjà venue dans la région, en tournée; Lionel y a aussi des parents (Lionel Villeneuve est natif de Roberval), mais c'est d'y séjourner qui en fait connaître la population\u201d.Hélène Loiselle a été surprise de l'étendue de la région.Et aussi du cloisonnement des villes.\u2018C\u2019est vaste, le Saguenay-Lac- St-Jean.Au début, quand on a parlé d'un théâtre d'été, j'imaginais la région grande, oui, mais pas aussi vaste.L'espace entre les villes est une difficulté pour un théâtre d'été régional.Mais aussi le cloisonnement'\u2019.En reprenant ces paroles de Hélène Loiselle, on ne peut qu'acquiescer devant la justesse de sa remarque, chaque ville tenant mordicus à \u2018\u2019son\u2019\u2019 événement, \u2018son\u2019\u2019 festival, 'ses\u2019\u2019 touristes; c'est d'autant plus difficile de tenir une activité, un théâtre, qui endigue la faveur de \u2018toute\u2019 la région Saguenay-Lac-St-Jean.\u201cIl y a eu une semaine tranquille, on était inquiet.Mais ça va mieux et les places sont régulièrement occupées.D'après nos observations, c\u2019est un public de tous âges, de tous milieux, qui vient d'un peu partout.Il y a des groupes organisés Mais aussi des gens qui font une sortie.Le public est chaleureux.pas du tout intimide, méme quand la salle n'est pas pleine, on rit, on participe.\u201d H est encore trop tôt pour tirer des conclusions, ou encore extrapoler d'une prochaine saison.\u2018Cette année, on est venus en éclaireurs.On rentrera probablement dans nos frais.Il n'est pas impossible qu'on revienne, mais il faudra prévoir et changer des choses.Les cachets, les frais de séjour.tout ga c'est cher.Mais, il es trop tôt pour un projet, une décision\u201d.Il reste cing semaines de représentations.Jusqu'a la Féte du Travail.Héiéne Loiselle et Lionel Villeneuve donnent un bon spectacle, \u2018Le dernier des Don Juan\u201d est amusant, dans la lignée légère des théâtres d'été.Vous apprécierez particulièrement la versatilité de la comédienne Loiselle, qui excelle dans le changement de ses trois personnages de Irène, Gigi et Jeannette.L'entreprise d'un théâtre d'été régional était un projet de taille.Mais le choix de la pièce et des comédiens n'a pas été laissé au hasard.Et, si l'habitude d'un théâtre d'été peut être créée dans la région, c'est bien dans cette veine.Un théâtre d'été régional, s'entend, car si le cloisonnement des villes existe, que dire du cloisonnement des régions Sague- nay et Lac-St-Jean, Jeannois et Saguenéens tenant à leurs privilèges! Dans cette même ligne de pensée, on ne peut qu'applaudir au hasard qui a fait que, mème en jouant au Saguenay, les cô- médiens aient trouvé un toit au Lac-St-Jean! £ \u2014 6461 361l1N( 8Z iPQwES \u2018NIFIAILONO 37 4 \u2014 LE QUOTIDIEN, samedi 28 juillet 1979 La sensibilisation au monde des arts par Christiane Laforge VAL-JALBERT \u2014 Difficile pour les peintres paysagistes de rivaliser avec l'environnement naturel de Val-Jalbert.Les yeux, pleins de la force bouillante de la chute, deviennent exigeants pour la main qui tente d'en saisir, à coups de crayons, de pinceaux et de craie, la beauté et la vie.Quelques paysagistes relèvent le défi, quoique toutes les oeuvres exposées ne sont pas une figuration de Val-Jalbert.L'ensemble est varié et très inégal, mais valable pour un contact rapide comme l'est celuides visiteurs avec les manifestations culturelles de Val-Jalbert.Quelques dessins signés Zak, des peintures de Klair Tremblay, vives, dépouillées, des croquis de R.Routhier, les silhouettes de Bérubé, les scènes d'hiver de Légaré R.s'offrent aux regards et aux commentaires des passants.Le théâtre Pleine-L (Photos: Réal Tremblay) Parmi eux, d'autres noms, plus marquants.Ainsi, les pastels de Pierre Bureau, espace, ciel, comme il en est sur le pays.Les aquarelles de Jérôme Légaré, simples, bien faites.Et, particulièrement intéressants, Rita Otis et Jean-Paul Lapointe.Celui-ci expose quelques toiles envoûtantes, à la fois lumineuses et sombres, étranges lacs d'un monde ou il recrée les arbres en lignes voluptueuses.Quant a Rita Otis, ses eaux-fortes ont la structure de la pierre et des filets, jeux de lignes sobres.Les visiteurs sont nombreux.lls s'intéressent, réagissent tantôt à l'oeuvre, tantôt au prix de l'oeuvre, la plupart n'ont jamais été dans une galerie d'art et apprécient ce clin d'oeil des artistes.Le but poursuivi par la corporation est d'ailleurs cette sensibilisation au monde des arts.en tournée ALMA (CL) \u2014 En plein soleil, devant un très jeune auditoire, joue le théâtre Pleine-Lune.Une lune musicale, colorée, amusante, quoi qu'elle aime les coups de bâtons.Un bâton de plastique joyeusement accompagné d'une musique qui en souligne les ébats.Projet Jeunesse Canada au travail, le théâtre Pleine-Lune est composé de 8 amateurs de théa- tre, dont la plupart ont fait leur expérience au Théatre populaire d\u2019Alma qui parraine le projet.Sous la direction de Georges Tremblay, jeune fervente du théâtre qui en est à sa première expérience dans la mise en scène, le théâtre Pleine-Lune aura donné, à la fin de la saison, 26 représentations dans la région du Lac-Saint- Jean et destinées aux enfants.En plein air quand le soleil est au rendez-vous, latroupe accueille les enfants et leurs moniteurs et les initie au maquillage de scène.Suit la présentation d\u2019une pièce de Roland Lepage \u2018\u2018La Toilette de Gala\u2019', qui tient les jeunes en haleine pendant plus de 50 minutes.L'histoire est celle de M.Tartempion, gros bonhomme pingre et vaniteux qui invite Mme Eglantine, ancienne cantatrice à l'accompagner à une soirée d'opéra.Il lui offre une horrible tenue de gala, dontelle se débarrasse en la donnant aux enfants (Citronnette et Pataplouf); le malicieux maringouin s'amusera à leurs dépens et occasionnera quelques déboires à Pataplouf.Les spectateurs participent, semblent s'amuser jusqu'à la chanson finale, pendant laquelle, ils font une ronde avec les comédiens.Déjà, 15 représentations ont été données.La participation moyenne est de 75 enfants.La semaine prochaine, la troupe visitera Ste-Monique, St-Henri et Val-Jalbert.Ty CORE ER \u201cx re re t- d 2S il- » Objets-témoins de la qualité du travail de nos artisans.par Christiane Laforge ROBERVAL \u2014 Alors que tous sont partis, laissant la grande salle dans le silence, je furète à travers les mille et une créations de nos artisans.Dehors, la Place de la Traversée résonne de la voix de chansonniers qui évoquent le pays; Michel Tanguay.des gardiens veillent sur les entrées et sorties de la salle d\u2019exposition où le calme succède à un après-midi laborieux.J'ai le privilège de ce silence et vais à la rencontre des objets.objets Inanimés qui ont sûrement une âme et qui témoignent de la bonne santé de notre artisanat.Tous les exposants ne sont pas de la région.Qu'importe, ne sommes-nous pas d'une seule terre.Les kiosques longent les murs encerclant les visiteurs, farandole immoblie des nombreuses idées de ceux qui créent.Le choix est de qualité.La diversité est suffisante, chaque kiosque différent de l'autre.Au reflet des bijoux de Jean Labedan, succède l'odeur du cuir de l'atelier La Pomme, dont les tons chauds et sobres 5ré- cèdent les tons joyeux de Brigitte Turbide et ses courtes- pointes.À la souplesse du tissu suit la rugosité des poteries de Jacqueline Caron, puis les broderies de Diane Arsenault.Surgissant d'un monde inconnu, les animaux étranges de Ré- jean Paré surveillent leurs congénères qui, composant avec la société des humains, prêtent leurs formes à des objets utilitaires.Pendant ce temps, couleurs vives, formes diverses, rappelant les vitraux qui n\u2019appartenaient qu'aux églises et maisons riches, les verres de Laurier Gariépy et Ja- cynthe Bouchard ne demandent qu\u2019à la lumière d'être complice de leur jeu de couleurs.Un saut dans le temps, et nous voilà face à l'artisanat indien, Thommy Nepton ne néglige pas de satisfaire les goûts teintés d\u2019une image projetée à la télé.Le voyage dans la salle silencieuse ne s'arrête pas là.Il y a encore d\u2019autres découvertes à faire, les superbes batiks de Céline Voyer et Denis Bolduc, les poupées d\u2019Estalle Fortin, les poteries de Jocelyn Dupont, les émaux de Marthe Girard.Et pour finir, le tissage de Jeannette Lahale et celui de Loul- selle Otis.Quant aux enfants, et ceux qui n'ont pas oublié leur enfance, ils s'Intéresseront particulièrement aux jouets de bois de Jacques Aubert, bien faits, attirants, prometteurs.Une seconde salle accueille les peintres, quelques noms connus, d\u2019autres qui le sont moins.Peu de choses pour retenir le regard bien longtemps.Et comme artiste vedette cette année, Michel Tanguay.Pour la Corporation des métiers d'art du Saguenay, c'est un bon pas de fait vers une amélioration de cette manifestation, côté artisanat surtout.À souhaiter qu'elle ait, dorénavant, les appuis nécessaires à une réalisation capable, aux yeux des visiteurs, de témoigner de la qualité de ce qui se fait dans la région et méme all- leurs au Québec.(Photos Réal Tremblay).7
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