Le petit journal, 1 mai 1966, Section Magazine
[" REGIE du ler mai 1966 hl oN à \u2018 pe 0 x a i on 8 i A xo.a LF da 3 se hi A ¥ Ny 8&7 x JU TR de + in Br Ld 2 # La A uf $ rea) 55 ; \u20ac = NS + = Lac \u2018+ + ÿ te sof we oP\u201d Ao \u2014- : A TT a Your Gagarne La conquête de l'espace ?C'est le lutte millénaire de l'homme pour avoir le droit de se dire créature trois dimensions.\u201d Charles Noel Martin Og ï Te.VE LE PETIT JOURNAL, semaine du ler mai 1966 M2 Un texte de Jean Julien Un \u2018\u2018\u201cmonstre sacré\u2019\u2019 cosmopolite.Peter Ustinov Peter Ustinov, c'est un ogre.Un ogre hirsute, roux et joufflu.Auteur dramatique, metteur en scene, -omédien, romancier, dessinateur, mangeur, buveur - ss l'expression \u2018\u2019monstre sacré\u201d a encore un sens, alors oui, Peter Ustinov est bien l'un des derniers \u2018monstres sacrés\u201d de notre époque} Mieux, un monstre sacré\u201d cosmopolite qui, dans cing ou six langues, à toujours l'air de jouer son rôle en version originale.Dans la vie de cet homme-orchestre par excellence, Suzanne Cloutier, sa femme, est l'élément stabiliss- teur, la compréhension, la paix, le port.Certes, avant de la rencontrer, Peter Ustinov était déjà quelqu'un - lenfant prodige du théâtre anglais.Il écrivait des pièces, il réalisail des films, il les jouait, mais souvent ON restait sur sa faim.Les promesses warrivaient pas toujours à maturité.Certaines pièces, extrêmement controversées, créaient le malaise; d'autres ne parvenaient pas à prendre leur envol.de commettre Pendant ces années de lulte contre une nature trep débordante d'enthousiasme, Peter Ustinov ful le me des bohèmes londoniens, une figure infiniment pittoresque, dont les propos auraient pu dérider un mort.Mais cel homme souffrait d'une tare: un terrible complexe d'infériorité.(| était gros et se trouvait laid.Il n'avait pas connu une jeunesse très heureuse.H cachait derrière la façade d'un cynisme parfaitement étudié une timidité presque maladive.KL il souhaitait, plus que n'importe qui sans doute.d'être vraiment pris nu sérieux.11 élait un génie, cerles, Mais la paix du cocur et de l'âme lui étaient refusées.Quand, en 1953, fut créé \"l\u2018Amour des Quatre colonels\u201d \u2014 et c'est Peter Ustinov qui créa le rile principal de cette pidce A grand succès qui succédait à deux échecs retentissants \u2014 il y avait déjà dans lu coulisse cetle femme merveilleuse : Suzanne Cloutier.Elle crut en lui avec ferveur.Peter Ustinov ne croyait pas à cet amour.Parce que les milieux du théâtre et du cinéma boulangent si impitoyablement les sentiments.Ils forment maintenant un couple heureux Suzanne Cloutier a donné à Peter Ustiney un foyer excep tionnel qui lui permet de se réaliser totalement.Su Cloutier, parce qu'elle est prodigieusement femme et prodigieusement intelligente, n'a jamais cherché à \u2018\u2019discipliner\u201d son mari.Elle s réussi pour lui te plus merveilleux des miracles : elle lui a donné un foyer et, en même temps, un sens des responsabi- e Je rêve beaucoup: ça m'\u2019empêche un tas de crimes lités inexistant jusque-là.Sur le plan personnel, sa réussite la plus spectaculaire fut de réussir à garder sa propre personnulilé.Un génie créateur, dans la majorité des cas, réduit généralement à néant ceux qui évoluent dans son sillage.Chez les Ustinov, cela ne s'est pas produit : ils se complètent admirablement.Elle n\u2019est pas \u2018la femme d'un grand homme\".Bien au contraire elle l'aide de toutes ses forces à réaliser son exceptionnel destin.Esprit lucide, elle possède une vertu que son mari n'a pas: elle est réaliste.Hier, Peter Ustinov n'avait rien; aujourd\u2019hui, son travail fructifie, Aucun portrait de Peter Ustinov ne serait complet, cependant, sans une allusion à l'arme qu'il manie le plus incomparablement : celle d'un humour à froid, dévastateur, infiniment savoureux.Et à ses dons d'imitateur qui lui permettent d'incarner les personnages les plus disparates, inlonations les plus subtiles y compris.Peter Ustinov, de plus, est un homme d'une vaste culture.I! a tout vu el tout lu Ecoutons-le, par exemple, parler de Melville, l\u2019un de ses écrivains préférés : \u2014 Melville est atrocement difficile à lire.C'est comme une chambre pleine de colonnes dans laquelle on se perd.Il y a beaucoup de venl mais pas de ventilation.En portant a l'écran son livre \u201cMoby Dick\u2018, fui essayé de faire passer le vent entre les colonnes pour que foul le monde puisse voir les beaux thèmes de l'univers de Melville.Peter Ustinov est né dans une famille trés artiste.j'avais annoncé à mes parents, à 15 ai que je rév d'éire courtier ou banquier, ils auraient poussé des cris d'horreur.Ils me voyaient dans la peau d'un artiste .\u201d Peler Ustinov a commencé sa première pièce de théâtre à l'école, pendant un devoir de latin.Ça lui à valu deux heures de colle, sans surveillance, comme c'est de coutume en Angleterre.Il en a profité pour finir calmement sa pièce.L'école a eu sa revanche : lu pièce était très mauvaise.Après ces débuts.prometteurs, le jeune opre Peter Ustinov suit des cours d'art dramatique.Puis c'est 1939, la guerre .| \u2014 L\u2019Angleterre ait pas d'armes, ce qui la {reimait dans son r de mobiliser les gens.Je fis done du cabaret.J'imitais un viril évêque colonial anglais qui était venu prêécher, un jour, à l'abbaye de Westminster.1) racontait des histoires passion- A mamies sur ses expériences religieuses em Afrique, mais bélas ! \u2014 étant fort distrait \u2014 il le fuisait en dialecte woulah.Ensuite, je me livrais à une richieane, chanteuse de lied, qui donwe sen vingt-cinquiéme cencert d'adieu .Sa première vraie piece, Peter Ustinov l'écrivit à Londres, sous les bombes.Dans son cabaret.il jouait en effet l'après-midi, car le soir les spectateurs éventuels se terraient dans leurs caves.Ainsi la nuit, Peter Ustinov était tranquille pour noircir les pages d'un cahier d'écolier.La piéce \u201cla Maison du regret\u201d terminée, il l'envoya à un critique de théâtre Des mois passérent.Aucune nouvelle.Puis, un jour \u2014 C'était le jour où les Allemands attaquèrent la Russie.Je m'en souviens.Je fus les journaux et.dans le SUNDAY TIMES, je tombai un article consacré à ua pouvel auleur dramatique.Je commençais à le lire avec um peu de jalousie, forsque je compris que ce seuvel auteur, c'étall moi.Le critique avait fait taper, imprimer, publier à ses frais ma pièce.Je faisais des débuls de dramaturge dans ua jou : La presse étalt venue, pour mol, avant les représen- lations.Mobilisé.enfin, Peter Ustinov fut bombardé \u201cmessager.c'est-à-dire chargé de transmettre les messages de bouche à oreille.les cumédiens pensait-on à l'état-major, ont de la mémoire.Ils avaient oublié que Peter Ustinov était plutôt corpulent.Aussi quand il arrivait à destination.après avoir couru à travers champs, il it tellement occupé à reprendre son souffle que.lorsqu'it l'avait retrouvé, il avait tout oublié .Puis, un jour.Peter Ustinov fut affecté aux services cinématographiques de l'armée, et.enfin, aux services psychiatriques \u2014 llonnétement, je me connaissais rien du tout a la psychiatrie Et pourtant, la psychiatrie.elle, allait poursuivre Peter Ustinoy jusqu'à Boston.où il présenta.il y a Mauvais perdant au tennis, ce Peter Ustinov?Peut-être devrait-il sens ss fuque?Suzanne, se fernme, on tout cas, ne semble pas tellement impres siennée, non?quelques années, sa pièce \u201cPhoto-Fimush''.En effet, lorsque, après avoir joué cetle pièce à Londres et à New York, Ustinov est arrivé à Boston, dans lu salle il y avait des messieurs respectables, en rangs serrés.C'étaient des médecins et des psychiatres.et aussi des malades, envoyés par les hôpitaux psychiatriques de la ville.\u2014 Parce que dans \u2018\u2019Photo-Finish\" Je réseus allé- il, les angoisses du subronscient ! stoire d'un homme qui drease le bil le son exisieuce et cherche à eu tirer d'utiles leçons.Hélas ! 1 constale que l'expérience n'exixie guère.Elle ne l'a pas empêché, en leut cas, de répéter ses erreurs.Peter Ustinov enfonce sa grosse tète barbue sur son gros ventre rebondi.On cherche en vain son cou, mais on ne voil que deux yeux qui ont soixante expressions à la minule.Avec une boutade ê enfant prodige, qué a maintenant quarante se tire de toutes les situations embarrassantes, \u2014 Vous êtes toujours très drôle, Peter Ustinov \u2014 Neon, Je ne suis pas drèle du lout, mais personne Be me disirait mieux que mol.Alors, quand ça ne va pas, je suis oblixé de me fuire rire et, comme ch me va très seuvent, Je ris beaucoup, Cepradant, en vieillissant, j'aime de plus en plus rester seuf.\u2014 Esl-ce que vous travaillez beaucoup * \u2014 Non, cela ne sert à rien de se meitre devant apier blanc peadant deux heures xl en n'a rien à dire.SI J'ai quelque chose à dire, ça vient (out de suite.Je travaille quand même pour me guérir de ma paresse ri peur me si adre.C\u2019est ça le important dans la vie, de continuer à se surprendre sans cesse.\u2014 Vous ames be a, Peter Ustinov 7 \u2014 Oui.Mais vous saver, le cinéma, ce n\u2019exi pan un art.C'est wn cockiail.Cent très frivele, Cela dépead de teui.On dit \u201cDANS CEST MERV NDANT QUE LA MAGNANE * On parle, dans les cinémathèques, de la »cène au pelil chien, el en réalité c'est parce qu'il n'y avail pas assez d'Ilaliens zur le plateau pour empêcher le petit chien de passer.\u2014 Quand vous écrivez des pièces, vous êtes content de vous-mêre \u201d \u2014 Oui, c'est quand même un peu plus créaleur .Voyez-vous .j'aime faire les choses.mals je déteste l'idée de les faire.Je rêve énermément et je crois que c'ext trés Impei a empêche de commeltre des crimes ni on les éja fails en rêve.Si Hitler avail un pew plus révé de sa puissance, it n'aurail pas eu besoin de seumeitre le mende.Moi, ie suis très Imoffemsif .\u2014 Vous êtes un excellent causeur, Peter Ustinoy \u2014 Merci.J'adore la conversation.Mème enire der xeux pas (rés intelligente, la conversation est rarement inglile, Elle permet méme de trouver parfois les nelulions recherchées.Mais si ln conversation ve tramsforme eu discours devant den milliers de personnes, l'intelligeuce disparaît, méme enire gens très iméelligents.\u2014 Que croyez vous qu'il faille prendre au sérieux dans la vie > ~ Il laut teul prendre au sérieux mais J faut ne préparer à se moquer de (oui pour découvrir ce qui ent juste.Rabelais à dit que le rire est le propre de l'homme.C'est profondément vrai.Le rire ent la qualité qui news sépare des animaux .\u2014 Quelle est.h votre avis.le grande maladie du monde contemporain * \u2014la peur de la solitude.C'est pourquel Je comportement des bommes m'intéresse plus que leurs creyasces, EW vssi leur JI1 np dgrewas \"TIVNULION LLLAd AT LE PETIT JOURNAL.semaine du ler mai 1968 M4 Un génie.Ce n'est pus miot qui le dis, Mais le Litre de \u2018Genius\u2019 qui lui à été décerné par ses admirateurs unanimes.Ray Charles eal un pianiste-chanteur aveugle de trentecing ans.Ray Charles est surtout une légende, un mythe : le musicien inabordable, entouré de gardes du corpa qui monte sur la scène dans une espèce d'étal second, à la manière d'un somnambule, celui qu'on ne peut photographier avant d'avoir acheté un droit de cinquante dollars.Avant d'avoir reçu le titre de \u2018\u2019Genma\u2019\u201d, le chan leur aveugle a connu lu vie réservée aux musiciens noirs obscurs.Est-ce le souvenir de ces temps dif: ficilez, la cécité ou l\u2019utilisation de \u2018moyens artificiels qui rendent si poignante la moindre apparition de Ray Charles ?Dés qu'il est assis devant son piano, il est habité par le rythme du jazz; il joue en martelant vigoureusement chaque mesure, puis il chante, et c'est alors le miracle : sa voix s'élève el relombe comme dans une agonie, explore des intonations de fin du monde avant de reprendre en swingant le theme de Georgia On My Mind ou de | Wender.The Genius \u2014 on l'a surnommé ainsi aux Etats Unis of il aime en toute modestie qu'on le rappelle avant qu'il entre en scène \u2014 The Genive est aveugle depuis l'âge de six ans.Sa gloire, puisqu'il ne la voit pan, Ü veut l'entendre doublement; et dèe l'abord, il la fait résonner avec un grand mot.Jl cache ses yeux morts derrière d'épainses lunettes noires.Il s'incline (ace au public.Un ami l'empoigne par un bras et conduil jusqu'au piano ce grand corps d'athlèle noir qui brinquebale dans un costume couleur crème à la vanille.H touche au piano comme à la Terre promise el sourit, ouvrant une bouche rose et blanche Ruy Charles est aux Etats-Unis, et aussi dans tous les milieux qui adorent le jazz, I'égal des plus grands, plus populaire que tous ses rivaux, leur égal aussi quant aux cachets fubuleux qu'il exige.Et il déplace les foules.C'est un personnage extravagant, Tandis qu'il joue du piano, i) se renverse la têle en arrière, se balance de gauche à droite, de droite à guuche, comme un metronome, dodeline, oscille, tangue el cadence.La musique semble agir sur Jui comme une drogue.De la voix el du pied, il encourage ses soiistes.Îl vit HI est à Lu fois spectacle musical et gymnique.En dépit de ses grimaces, ou grâce à ses contorsions, je ne sais, Ray Charles chante le blue avec un art incomparable.Sa voix moeileuse se tord.se dehanche, se roule sur elle-même.jaillit, s'allonge et recommence ses mouvements de courbes lentes el douloureuses.Ray Charles, cela ne fait aucun doute.csi le plus bouleversant chanteur que le juze ait connu depuis bien longtemps.Son visage est inquiétant.Tl semble secoué par quelque tempête intérieure.Un front parcouru de mille froncemenis.Une bouche véhémente.On voudrait deviner les yeux.un sourire.On s'arrête, vaguement effrayé par celle physionomie toriurée, cetle sévérité de prédicateur.On ne peul rester insensible a cette voix.Il se retrouve quelquefois à la limite du déraillement, mais cela n\u2019a quère d'imporlance par rapport à ce Qu'il réussit el au souffle prodigieux que l'anime.Toutes les émotions humaines trouvent chez Ray Charles leur echo.Ray Charles est un Noir de Georgie.Ses parents elinent panes of Be = Que ferais-tu si on décidoit de jouer le SOIR ?Non.je 3 Vous faites mieux J Que crois que je vais de vous trouver dites-vous ?Je veux accompagner Mile A, UN masque ! 4 il dire.Tout le monde Messaline.Ce < > = d sera masqué, hak S vous savez ! Est-ce que Ÿ vous allez venir Nous avons presque terminé, Monsieur ! Sa\u201d, sn i ç ë Puis.Au diable! Je suppose que nous devons Nous devons Vous êtes Pos Aide-moi, il faut monter aussi Erde le masque.observer toutes bien sûre ?* C'est le temps jes ballons | Les gens les règles.Aimeriez-vous ou jamais .arrivent.d Démasquez-vous et embrassez votre partenaire \u2018 Dites quelque chose, Monsieur\"! It va falloir faire comme tout Je monde. [ 6 peur AL SEMAINE OÙ les MAI 1066 Bonjour Adam.| Id i J'espère que je n'ai pas com: ou - mis d'erreur en loissant entrer ce que j'ai fait ot co me brise le coeur \\ d'y penser.Mois, je me souviens.Voudrais-tu \\ tout me ra- k conter, Je savais que tu X n'étais pas responsable de lo mort de Kit.C'est moi.C'est moi.Je loi tuée à couse de mon entétement i et de mon ignorance tez pos, shérif, À aveugle et criminelle.on peut en- | Si j'avais pointé tendre tout 4 un revolver dans ce qu'il dit.elf so direction et .A 7 ARRET bed.Ne vous inquié- 2 Le Seigeur donne, Jed, \u2014 | et le Seigneur reprend.Il y a PI des choses que même les b docteurs ne comprennent | H n\u2019y aurait eu aucune différence.Je ne pouvais rien faire même si tu m'avais appelé plus tôt.Tu oublies quelque chose.Tu as fait ton possible, ton grand possible pour l'aider et tu mas appelé.J'ai essoyé Mais, j'aurais dù t'appeler plus NO ! | \u2014 Tm Qu'est-ce que ço peui changer maintenant, Ben ?4 Comprends tu 87) cv\" ave je veux x dire ?| A 4 Ovi, Adam, je comprends et je te remercie.Auriez-vous pu l'aider s'il vous avait appelé plus tôt, Adam .Dr Harrid .Or Marrid ?2 J 3 M Saint
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