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Titre :
Le Quartier latin
Éditeur :
  • Montréal :[le Quartier latin],1919-1970
Contenu spécifique :
jeudi 1 décembre 1921
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
autre
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Le Quartier latin, 1921-12-01, Collections de BAnQ.

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[" EE TEE EE PRIX: 5 SOUS Directeur: ERROL BOUCHER Administrateur: HENRI-TASSE DACTH - Rédacteur en chef: OLIVIER CARIGNAN - \u2014 as \u2014 : \u2014 \u2014 mm \u2014 BIEN FAIRE ET LAISSER LAISSER BRAIRE ! re LITTERATURE NATIONALE A PROPOS DE LA \u201cSEMAINE DU LIVRE CANADIEN\".La littérature est, l\u2019histoire nous le prouve, une partie constituante de la gloire et du bonheur d\u2019un peuple.Non contente dc Parmer contre le dernier et peut-être le plus terrible et toujours renaissant fléau, l'ennui; non contente d\u2019en réfléter l\u2019âme, elle la crée, en quelque sorte, en la révélant à elle-même.La uule prenant conscience de soi dans l'élite, les artistes figurent au premier rang de ceux qui modèlent la patrie, et qui la main- .ennent et qui la prolongent.C\u2019est dans la fierté jaillissant de leurs oeuvres, que les générations successives puisent ou retrem- sent et ravivent leur amour national.La \u201cSemaine du livre canadien\u201d a eu pour objet d'attirer l'attention et la sympathie de notre peuple sur les auteurs sortis de son sein.Elle a voulu le convaincre qu\u2019en dépit des désavantages de sa condition, en dépit du fiel des critiques et du mépris hautain du lecteur, quelques-uns des nôtres, oh ! les vaillants, ont su faire incursion dans le champ illimité de la science, de la philosophie, de l'imagination et du goût.Elle a fait de la réclame aux pionniers dans les lettres, afin, par l\u2019encouragement publie, de provoquer l\u2019éclosion des génies latents; afin de créer l'atmosphère dont le talent a besoin pour se développer et pour fleurir.Sans doute il y a des obstacles, de grands obstacles à la culture effective des belles-lettres ici; mais ils ne sont.pas si nombreux ni si importants qu\u2019on le suppose généralement.La pierre d\u2019achoppement, c\u2019est un manque de patriotisme.Nous ne mettons pas de confiance en notre étoile, et des hommes qui manquent de confiance en eux-mêmes réussissent rarement.Nous ne jetons pas de regards introspectifs dans notre \u201cmoi\u201d.Nous ne nous- sommes pas enquis de nos propres besoins.Quand nous avons écrit, au lieu de prêter une voix à l\u2019esprit qui brûle en nous, nous avons essayer d'écrire d\u2019après un modèle étranger.Nous n\u2019avons redouté rien tant que le canadianisme de pensée ou d\u2019expression.Il a passé pour le plus grand celui qui a plagié un scribe d\u2019outremer avec la plus heureuse servilité.Et si l\u2019un de nos compatriotes acquiert quelque renom parmi nous, c\u2019est le plus souvent parce qu\u2019il s\u2019est classé lauréat par delà l\u2019Atlantique.Les boulets qui entravent la marche en avant de la littérature et que l\u2019on croit reconnaître dans nos formes constitutionnelles, dans la nature de nos institutions, les agitations continuelles et bruyantes de notre démocratie, comme d\u2019ailleurs l\u2019insuffisance de la population canadienne et la pénurie parmi nous de gens riches et privilégiés, méritent peu de considération.La tempête et le combat, le choc des intérêts supérieurs et les hauts émois nous semblent plutôt des adjuvants que des embarras au progrès intellectuel.D\u2019Athénes nous sont venus la littérature la plus classique et les arts les plus purs: ses philosophes, si calmes et si profonds, ses poètes dont les accords des lyres chantantes captivent encore les oreilles de la théorie des siècles, stylèrent au milieu d\u2019incessantes révolutions et bouleversements.Les ÿ » fortes plumes à Rome cumulaient les fonctions de sénateurs et de soldats.Milton \u2014 le premier d\u2019entre les prosateurs anglais \u2014 vécut sous la République, et prit part à toutes les controverses politiques et religieuses.Et de quel repos jouirent le barde de Méonie, ou Camoens, ou Dante, ou Le Tasse ?Dans la littérature de France et d\u2019Allemagne, aussi, les chefs-d\u2019oeuvre ont vu le jour au milieu du chaos des éléments.D'autre part l\u2019insuffisance de la population ne saurait être invoquée, quand on sait |\u2018 qu\u2019au temps de Shakespeare la population de l\u2019Angleterre était par trois millions inférieure à celle du Canada d\u2019aujourd\u2019hui.Et la Grèce antique compte presque autant de gloires littéraires qu\u2019elle levait de soldats à Marathon.Le défaut d\u2019une classe aisée, ayant des loisirs pour les poursuites paisibles, ne mérite pas plus nos regrets et nos plaintes.Les classes privilégiées ont été de tout temps des fainéantes.A dire vrai, la plupart des circonstances que l\u2019on se plaît à qualifier d\u2019anicroches à la culture de l'esthétique ici, sont directement ou indirectement propices, au contraire.Les résistances réelles sont en bonne part de nature transitoire.Nombre d\u2019entre elles disparaissent sans -bruit;-et le résidu serait vite oublié.si| nous avions un amour national mieux averti.Néanmoins, une plus-value se manifeste; un pas en avant a été exécuté contre la, bourrasque et le flot; et, à l'heure actuelle, les auspices présagent une forte littérature nationale candienne.Paul SAINT-REMI.UN PARMI CENT AUTRES Agathocle est un bon petit jeune homme, qui manie la canne à ravir et porte crânement, comme pas un, le bérêt incliné sur l\u2019oreille.L'on peut dire que \u2018c\u2019est un parfait carabin de la tête aux pieds, mais surtout aux pieds.Voyez-le plutôt au cours.Que de finesse et d\u2019astuce dans tout son maintien: c\u2019est la vivarite incarnation du pur esprit carabin.Rigide dans ses principes, mais combien souple dans leur exécution, jamais il n\u2019y est venu une seule fois avec l\u2019ombre d\u2019une intention d\u2019écouter, mais bien et seulement pour y exercer son esprit, du moins autant que faire se peut.Ses yeux, qu\u2019il a petits mais vifs, toujours en quête de l\u2019objet provocateur de l\u2019étincelle divine, lui font tourner la tête sur les épaules comme une girouette bien graissée aux jours de grand vent.Sa bouche porte avec aisance le fardeau du fin sourire gaulois le plus pur, et ne s\u2019en départit que pour susurrer à ses voisins l\u2019un de ses bons mots ou la toute dernière du Canard: bien fin qui distinguera la meilleure des deux.Ses pieds font plus de bruit à eux seuls que tout le reste de son être: - Que vous -disais-je tout.al.Iheure?.Ils s\u2019agitent sur le parquet avec des crissements de crécelle fêlée, sans doute charmeurs pour certaines oreilles, mais auxquels je ne puis trouver aucune analogie avec des accords de harpe non plus qu\u2019avec des soupirs de violons, \u201cinfiniment subtils et longs,\u201d a dit le poète.Tout son être se remue, s\u2019'agite, se trémousse avec une souplesse qui n\u2019a d\u2019égale que sa légèreté.Bref! on dirait un diable en eau bénite, ou mieux, passez-moi la comparaison, un prohibitionniste en un baquet d\u2019orangeade onta- rienne.Mais attention! le voici qui s'immobilise: il va se passer quelque chose.Son oeil a lancé un éclair inaccoutumé, ses narines se sont largement ouvertes comme sentant déjà l\u2019approche du génie, son masque entier s\u2019est figé en une attitude de profonde et mystérieuse inspiration.Telle la pythonisse possédée de la fureur divine se préparant à jeter sur la tête des pauvres mortels les grâces d\u2019un oracle qui va sauver les nations: \u201cDeus, ecce Deus\u201d.Un \u201cgood\u201d retentissant a survolé la plébe des confréres indifférents, et est venu mourir aux oreilles du professeur.Seul, Untel a tressailli sur son siège, tiré trop brusquement d\u2019un \u201cdoux rê.ê.ve lointain\u201d.Mais lui, sûr de son génie, pon- Napoléon revenant du pont d\u2019Arcole, et sa main fine et ner- tifie toujours dans la pose d\u2019un QUARTIER LATIN 4 veuse, tambourine sur son pupitre la marche de son glorieux triomphe.Et dire qu'il y aura encore des \u2018grincheux pour trouver qu\u2019Aga- thocle n\u2019est pas un jeune homme \u2018amusant ! Ingrats qui \u2018ne sa- - [vent pas \u2018apprécier la-fine- fleur | de ses carabinades, et qui ne LE QUARTIER LATIN JOURNAL DES ETUDIANTS UNIVERSITE DE MONTREAL Montréal, jeudi 1er décembre 1921 - Vol.IV \u2014 No 8 NUIT D'AUTOMNE La pénombre descend au ravin solitaire, Et le ruisseau limpide où se mirent les cieux, A la brise qui meurt sous l\u2019aquilon austère Murmure, tristement, lo sanglot des adieux.Dans l\u2019espace azuré l\u2019astre des nuits s\u2019incline Et plonge son oeil froid dans le repli des eaux, Pendant que les grands pins, au flanc de la colline, Contre le vent du nord abritent les roseaux.C\u2019est l'automne qui passe, au sein de la nuit close, Faisant gémir les bois de ses lugubres chants, De son baiser perfide immolant toute chose: Le panache du chêne et les herbes des champs.Hélas plus de romance au bocage infidèle, Plus, au bord des buissons, d\u2019harmonieuses voix, De rameaux, frissonnant sous un frôlement d\u2019aile, De plaintives chansons venant du fond des bois.Les feuilles, en tremblant, sous le ciel monotone, Vont se flétrir, là-bas, sur les côteaux déserts ; Et les grands arbres nus, dépouillés par l\u2019automne, Dressent, comme des bras, leurs branches dans les airs.O bise, n\u2019es-tu pas l\u2019image de la vie, Dont la course cruelle emporte nos instants ; Et qui vient, comme un souffle, à l\u2019âÂme endolorie, Effeuiller, un par un, les rêves de vingt ans ?.O jours ensoleillés d\u2019une riante ivresse; O souvenir amer de bonheurs superflus ! O souffles parfumés d\u2019espoir et de jeunesse, O passé radieux qui ne reviendra plus ! Adieu, beaux soirs d\u2019été, caressés par la brise, Firmament étoilé de mille lampes d\u2019or.Adieu, mont verdoyant dont la crête indécise Se confond, dans la nuit, à l\u2019horizon qui dort; Silence ravissant de la forêt ombreuse Où.j'allais écouter dans le calme des nuits, L'accent mystérieux de ma muse rêveuse Se mêlant aux accords de la chanson des nids.Et toi, blonde moisson, bruissant dans les plaines, Doux parfums des blés mûrs, portés par le zéphir, Echos harmonieux des musiques sereinek, Pourquoi n\u2019étes-vous plus qu\u2019un lointain souvenir ?Mais, n\u2019êtes-vous donc pas ce bonheur sans mesure Capable de remplir l\u2019immensité des coeurs, O fleurs, que le matin apporte à la nature, Et que le soir disperse au gré des vents moqueurs?.Tout s\u2019écoule, ici-bas, plus rapide que l\u2019onde: La jeunesse s\u2019envole, et l\u2019été se ternit ; Mais notre coeur demeure, et, plus grand à que le monde, Sur les ruines du temps, il rêve d\u2019infini.Gouffre mystérieux où s\u2019en vont nos années Et les mois, et les jours, et les beaux soirs d\u2019été, Que sont tes rêves fous et tes feuilles fanées, Devant nos coeurs humains faits pour l\u2019éternité ?N'\u2019arrêtons plus, mon âme, à ce monde qui passe; Jetons aux noirs regrets un éternel adieu : Laissons la feuille au vent et l'automne à l\u2019espace, Pour nous, montons plus haut, plus haut: montons à Dieu.Max CHICOINE LA LETTRE Tout bonheur que la main n\u2019atteint pas n\u2019est qu\u2019un rêve.Josephin Soulary.Près de la fenêtre close à demi, une femme regarde les feuilles mortes que la bise soulève tristement.Le livre qu\u2019elle a sur ses genoux est encore ouvert à la première page.elle songe.Elle attend quelqu\u2019un ou quelque chose, car ses grands yeux se ferment dans le firmament gris.Le joyeux rire des enfants qui sortent de l\u2019école en courant, la foule des passants veulent pas reconnaître les tré- \u2018sors de sublime patience, de longanimité précieuse qu\u2019il leur a fait accumuler.: Allez donc, après cela, essayer de vous rendre: intéressants ! ; Jean BELHUMEUR, Membre des Etudes\u2018 qui déferle comme une mer, le bruit des véhicules, la splendeur du jour qui va mourir et qui voudrait éterniser l\u2019adieu, rien ne l\u2019émeut, et tout cela ne peut l\u2019arracher à sa songerie.Pourtant la vie déborde des êtres extérieurs.Mais voilà elle attend son ami que le devoir a appelé vers une province étrangère et qui doit revenir.Elle se dit qu\u2019il ne peut pas l'oublier, et qu\u2019il ne peut abolir le passé, parce qu\u2019il y a tant de choses qui demeurent longtemps lorsqu\u2019on aime.Elle espère, car elle est confiante parce que la vie après tout lui a été donnée, et parce que son coeur s\u2019est donné entièrement.Il est ainsi des âmes que n\u2019ont.pu flétrir ni le contact dès choses les plus vulgaires, ni l\u2019ambiance mauvaise qu'à cer tains j jours elles ne peuvent fuir.\u201c(Suite à 1e -20-pago) PAGE DEUX APPEL \u201cJe le demande au nom de tout co qui vous aime, Je le aemande au nom de votre bonheur même.Far les plus doux penchants, et par les plus saints nocuda Et, sl ces mots sacrés n'ont pu toucher votre Ane, S'il faut un nom plus Erand, chrétiens, Je le réclame, Au nom du Christ, pauvre comme eux.\u201d (Turquety.) Déjà, les rigueurs de l\u2019hiver se font sentir, et le froid austère glace nos membres.La saison sera rude, dit-on.Le travail manque au pere de famille et a l\u2019ouvrière, le pain a l'enfant.Nous en appelons à la bonne volonté des Etudiants, en faveur des frères particulièrement chers que sont ceux qui souffrent.Nous savons qu\u2019ils peuvent tout, s'ils le veulent.Nous leur demandons de partager avec d\u2019autres la tâche de secourir les trop nombreuses victimes de la présente crise économique.La société envisage avec effroi la misère et son cortège de maux: l\u2019augmentation de la criminalité, les spectacles de suicide et de désespoir; en un mot, le plus profond bouleversement qu\u2019elle aît subi.Aux quatre coins de notre Métropole, luxueuse il y a quelque trois ans, des milliers de toits cachent les pleurs, l\u2019angoisse du combustible et du \u201cmorceau de pain\u201d.Qu'il ne faut, hélas ! visiter que peu de foyers, pour s\u2019en rendre compte.Qui de nous ne l\u2019a pas déjà constaté ?Eh bien ! c\u2019est à cette avalanche de fléaux que nous voulons nous opposer.Coûte que coûte, il importe d\u2019obvier à ce grand dépérissement des nôtres, à leur mauvaise fortune.À l'Université de Montréal, il existe depuis 1914 une Conférence Saint-Vincent de Paul, qui n\u2019est pas assez connue, et que plusieurs, sans droit ni raison, refusent de connaître.Cette société, si utile à la population montréalaise dès les tpremiers jours de son existence, exécute ici l\u2019idée fructueuse qu\u2019Ozanam, il y a près d\u2019un sièzle, coneut si magnifiquement en France.L\u2019an dernierinnombrablesont été les services qu\u2019elle rendit.Cela est certain: elle a sa raison d\u2019ê- | tre.et elle vit.Que dis-je ! elle ne nous demande aujourd\u2019hui qu'à intensifier ses bienfaits.Tous, nous nous rappelons quelle belle pensée chrétienne présida à la fondation des premières Conférences de Saint- Vincent de Paul.Georges Goyau, biographe de leur fondateur, écrit: \u201cHumainement parlant, Ozanam nous apparait comme un autodidacte de l\u2019action chrétienne.\u201d Et il Pétait, a la vérité.Il laisse voir lui-même Feuilleton du Quartier Latin du.ler décembre 1921.(5) \u201c TOUT OU RIEN FERNAND De GUISE \u201cMais quoi ! depuis cinquante \u2018ans, l\u2019on nous arrache un à un tous les droits, les garanties que \u2018nous a données l\u2019Angleterre.Les membres d\u2019une majorité qui \u2018se croient de la race supérieure, \u2018nous traitent en parias, cher- \u2018chent à nous faire disparaître, .comme si nous étions des êtres Nuisibles, ostracisent notre foi \u201cet-notre langue dans un pays où \u2018Tous sommes venus les premiers, dans un paysque nous avons dé- à om rm ue - le mobile qui l\u2019a guidé dans l\u2019Oeuvre de sa vie, quand il confie à un de ses amis: \u201cA Paris, nous sommes des oiseaux de pas- \u2018sage, éloignés pour un temps du nid paternel, et sur lesquels l\u2019incrédulité, ce vautour de la pen- \u2018sée, plane pour en faire sa proie! Nous sommes de pauvres jeunes \u2018intelligences, nourries au giron du Catholicisme et disséminées au milieu d\u2019une foule inepte et \u2018sensuelle.Nous sommes des fils de mères chrétiennes, arrivant un à un dans des murs étrangers, où l\u2019irréligion cherche à se recruter de nos pertes.Eh vien ! il s\u2019agit, avant tout, que ces faibles oiseaux se rassemblent sous un abri qui les protège, que ces jeunes intelligences trouvent un point de ralliement pour le temps de leur exil, que ces mères chrétiennes aient quelques larmes de moins à répandre, et que leurs fils leur reviennent comme elles les ont envoyés.Or, le lien le plus fort, le principe d\u2019une amitié du- \u2018able, c\u2019est la charité.Et la charité ne peut exister dans le coeur de plusieurs sans s\u2019épancher au dehors; et l\u2019aliment de la charité, ce sont les bonnes oeuvres.\u201d Deux idées distinctes dans cette citation : nécessité de protection individuelle de l\u2019étudiant contre l\u2019atmosphère empoisonnée des grands centres où il vit forcément; et, nécessité également des oeuvres de bienfaisance, preuve principale de l\u2019utilité d\u2019une Religion.1] semblerait, qu\u2019à notre Université, le but principal de la Conférence ne soit pas tant de l'éfendre notre foi que de simplement la mettre en action en secourant les miséreux.Nous sommes moins des menacés que des endormis.Voilà pourquoi nos réunions ne comportent aucune discussion, ni aucun discours.Un simple rapport des besoins jugés dignes de satisfaction.Jamais terme, notons-le, ne fut plus impropre que celui de \u201cconférence\u201d pour désigner ces assemblées de charité.Nous nous contentons plutôt d\u2019y agir et essayons de secouer la léthargie qui ankylose notre vie spirituelle.Charitables ! Nous ne le sommes pas.Nous vivons en égoïstes parfaits.Il y a même plus, et ceci est symptomatique, la vue de la souffrance nous répugne et nous inspire du dégoût ; nous n\u2019osons pas regarder le malheur: \u2018loin de nous telle vision !\u201d Qu\u2019on le remarque, ce n\u2019est pas toujours irréflexion, chez nous, ni légèreté.A vrai dire, nous manquons de courage.Pourtant, nous ne devrions pas l'oublier, la grande loi du Christ, idéale, nécessaire au bon- friché, colonisé, dans un pays que l\u2019Angleterre, après la conquête nous a cédé, à nous comme à eux.Et, dans ce pays que nous avons gardé à cette même Angleterre, ils jurent qu\u2019après nous avoir arraché le coeur, ils nous enverront répandre notre sang en Europe, pour la démocratie et la liberté ?\u201cNous en avons trop goûté de cette démocratie et de cette liberté ! \u201cPuis, le beau moyen de nous décider à prendre les armes ! Dès les premiers mois de la guerre, les journaux anglo-cana- diens publient, par tout le pays et jusqu\u2019en Angleterre, que nous sommes des embusqués; que nous ne nous enrdlerons pas; \u2018que la \u201cmain cachée du Pape\u201d nous pousse a la rébellion contre toute autorité britanni- que, \u201ccomme il l\u2019a toujours LE QUARTIER LATIN, heur des nations, porte que \u201cnous aimions notre prochain comme nous-mêmes.\u201d Et Dieu sait si nous nous aimons !.C\u2019est à la libre observation de ce commandement, Etudiants, que la Conférence Saint-Vincent de Paul de votre Université vous invite, à l\u2019apparition de cet \u2019hiver qui sera particulièrement pénible pour un grand nombre.Elle vous quête une demi-heure de vos loisirs, le vendredi de chaque semaine.Interrogez- vous, et dites si c\u2019est là trop exiger.Elle vous suggère: \u201cAmi, vois derrière cette masure: une mère et de petites têtes innocentes qui ne devraient pas souffrir, réclament quelque aliment: ne leur en offriras-tn pas ?\u2014 Va, pénètre dans la demeure de ces vieillards, et regarde: l\u2019âge et la brise du\u2018 nord ont raidi leurs membres, ils les réchauffent.au poêle sans feu.Resteras-tu insensible ?\u2014 Franchis le seuil de tel autre foyer, aperçois l'ignorance, le gueux et l\u2019orpheline, les privations, la nudité, les infirmités, enfin.quoi encore ?toutes les cohortes de maladies physiques et morales.Ne panseras-tu pas auelques-unes de ces plaies ?\u2014 Ah! c\u2019est maintenant, n\u2019est-ce pas, mes amis, que vous hésitez.Je le sens.Parce que vous comprenez vous-mêmes combien les plus simples gestes de charité ont d\u2019heureuses conséquences.Vous y songerez donc, Etu- diants de toutes les Facultés et Ecoles.Vous répondrez, non à notre appel, mais à celui des malheureux qui n\u2019ont pas de journaux pour clamer leur détresse.Vous voudrez avoir la joie de distribuer la vie, le sourire, et le bonheur.Quels dispensateurs vous êtes, alors ! Vous voudrez goûter la poésie de la charité; car elle en a une, lyrique et poignante, et presque toujours salutaire.Vous voudrez, enfin, exercer l\u2019honneur d\u2019être le guérisseur.dans une certaine mesure, de la société même qui vous contient.Vous savez comment Hugo chante la charité: \u201cDonnez, riches.\u201cT\u2018aumône est soeur de la prière.Uélas ! Quant un vieillard, sur votre seuil de pierre, Tout roldl par Phiver, en vain tombe À genoux; Quite] les petits enfants, les mains de froid rougies, Ramarsent sous Vos pleds les miettes des orsgios, lun lice du Seigneur se détourne de vous.\u201d [1 continue: \u201cDonnez.Passer dans vos rèves, la nuit !* Purser duns vos rêves In nuit 1° Joennez ! Afin qu'on dise.a pitié de nous!\" Pour être aimés du Dieu qui se fit homme.\" \u201cDonnez ! Oui, donnons ! Donnons ! C\u2019est utile, c\u2019est nécessaire, c\u2019est doux.L'on nous demande quel- fait\u201d; que nous voulons faire la guerre civile et que des prêtres préparent des bataillons de paysans pour envahir l\u2019Ontario !.\u201cPlutôt que de vanter notre allégeance fidèle, de nous remercier de notre loyauté, et de nous préparer à faire la guerre, (ce qui ne se fait pas facilement d\u2019un peuple à qui, pendant des années, les nationalistes avec l\u2019argent de \u201cla main cachée\u201d impérialiste prêchent l\u2019antimilitarisme), plutôt, dis-je, que de nous emmener par la raison, par la démonstration intelligente de la vérité, à prendre les armes, voilà comment on nous traite.\u201cEt l\u2019on s\u2019étonnera de notre résistance à l\u2019appel de la France, de la justice et de la liberté.dérision ! \u201cDe résistance, il n\u2019y en a pas ! Eu égard à notre chiffre de population, nous avons four- JEUDI LE ler DECEMBRE 1921 \u2014 Tél.: Est 4807 M, René, prop.SALON DE TOILETTE CHEVEUX, 20c \u2014 BARBE, 10c Samedi: CHEVEUX, 25c \u2014 BARBE, 10c ATTENTION ! Cheveux, barbe, shampoo, massage et grillage des cheveux, $1.00 416 STE-CATHERINE EST Les Etudiants trouveront tous les volumes dont ils ont besoin chez DEOM 251 EST, RUE SAINTE-CATHERINE ques pas hebdomadairement: pour quote-part, ce n\u2019est pas trop.Nos autres occupations n'en souffriront pas.D\u2019ailleurs, elles ne valent peut-étre pas \u201cl\u2019autre\u201d.Pascal affirme: \u2018Tous les esprits ensemble, et toutes leurs productions, ne valent pas le moindre mouvement de charité.\u201d Donnons ! Il y a bonheur à servir.Vous en serez, n\u2019est-ce pas, vendredi prochain ?* LA LETTRE (Suite de la 1ère page Mais on frappe.Une missive apportée.\u201cC\u2019est écrit de sa main,\u201d dit-elle, et souriante elle ouvre l\u2019enveloppe.Mais à mesure qu\u2019elle lit son sourire se fige de plus en plus, ses yeux s\u2019embuent, puis quelques pleurs s\u2019attardent aux paupières, et tremblante, brisée par la douleur, elle se laisse choir dans un fauteuil.Quelques minutes se passent.Elle est redevenue calme et a ramassé le livre tombé et toujours ouvert pour le déposer très doucement sur un guéridon ; elle a fermé lentement et comme à regret le piano, le confident de ses amours.Elle assiste ainsi à la mort de son bonheur qui s\u2019est écroulé et détruit très vite comme la lettre que la flamme consume.Dans la douleur, certaines gens ont des gestes très doux comme s\u2019ils voulaient ainsi atténuer la souffrance.La jeune femme est vaillante maintenant; elle a retrouvé dans le devoir comme un apaisement et se penche vers la petite soeur qui lui demande aide dans l'aride leçon d\u2019histoire.ROGER.Tél: Est 1275 D.-A.GAGNON MERCERIES et CHAPEAUX 250, RUE ST-DENIS Satisfaction garantie Remise spéciale aux étudiants.ni, volontairement et par la conscription, jusqu\u2019ici, plus de tuellement en guerre.\u201d \u2014\u201cComme c\u2019est jeune cet enthousiasme, monsieur Masson ! lui dirent les deux hommes.\u2014La conscription est pour les jeunes aussi.\u2014Chut ! Chut ! s\u2019écria Constance; la soirée est déjà avancée: pas de discussion, s\u2019il vous plait.Moi, je veux m\u2019amuser.Paul, venez-vous au salon ?Nous ferons de la musique.III Chaque jour de l\u2019année 1917 était une nouvelle source de douleurs pour les familles canadien- nes-françaises.Pendant que dans les provinces anglaises, les gouvernements nous arrachaient de la manière la plus prussienne les derniers droits et garanties qui nous \u2018restaient, la conscrip- | Lj Peleg ARTISTE Groupe composé Encadrement de tout genre 156, SAINT-DENIS Près Av.Mt-Hoya Adresse télégraphique \u201cMONDU* Hon.Rodolphe Monty, C.R., secrétajr.JB.tat; Alfred Duranleau, C.R,; llowara tow C.R., Eugene R.Angers, LL.M, MONTY, DURANLEA, ROSS & ANGERS AVOCATS EDIFICE VERSAILLES 90, rue Saint-Jucgues Tél: Mi 149 -\u2014 \u2014 Hon.Rodolphe Lemieux, C.R., MP, Jéon-Mercier Gouln, LL.D, Honoré l'arent, LIL, Maurice Ollivier, LIL, Gouin, Lemieux & Parent AVOCATS EDIFICE MONTREAL TRUST 11, Place d\u2019Armes Antonio Perrault, LL.D.CR.Maxime Raymond, LL.L., C.R, PERRAULT ct RAYMO?D AVOCATS 11, PLACE D'ARMES Montréal Téléphones: Mnin 1550 et 1551 \u2014\u2014 Notre mo: Tél.: Est 4331 LE RENDEZ-VOUS bES CARABINS STEEL\u2019S CAFETERLA 469, RUE STE-CATHERINE EST G.L.McMaster, g.rant Tél: Est 4758 oo CAFE DES IMMEUBLES LE PLUS CHIC CAFE DE LA PARTIE EST Repas à toute heure Cuisine française Liqueurs servies aux tables 104, RUE STE-CATHERINE EST (Près St-Hubert) AUX ETUDIANTS EN PHARMACIE Pharmacien français, de 1ère classe, professeur de Chimie et Analyses à l\u2019Ecole Polytechnique, donne leçons Privées: Examens, Licence, ~ Majcur, Mineur; 2 candidats présentés.2 sue- cès.R.Parent (bachelier), Lorce (licencié).S\u2019adresser 242 Sherbrooke ouest, app.Curieton, No 3, AA, Quéva LeTourneau, Beaulieu, Marin et Marin AVOCATS 30, RUE ST-JACQUE Tél.: Main 3189.Perron, Taschereau, Rinfret, Vallée et Genest er PLACE ARM 23 Tel: Main S260.Me 8 AVIS Vendredi soir, le 2 décembre, à T h.30, 324 est, rue Ste-Ca- therine, cercle St-Jacques, réunion tres importante du comité de rédaction.Que tous les membres y soient.Ce journal est imprimé à F'impri- merie Ménard, 132, rue Saint-Domi- nique, Montréal.tion enlevait au Québec le meil- n leur de son sang, les plus forts soldats qu\u2019aucun des pays ac- de ses enfants.Paul souffrait de voir la Belgique et surtout la France tellement martyrisées, mais il était avant tout Francais du Canada et soldat pour la cause de son propre pays.: Cependant, aussitôt la guerre déclarée, il n\u2019avait écouté que son ardeur, sa soif d\u2019aventures et de gloire, et s\u2019était enrôlé.Son père, qui connaissait sa faiblesse de constitution, lui fit remettre le khaki aux autorités militaires, dans la même semaine.(à suivre) CARABINS ; N'oubliez pas qu\u2019un véritable étudiant doit avoir un béret et qu\u2019on en trouve de superbes chez CHAS.DESJARDINS Service et quailté * petéiltaatn rm LE QUARTIER LATIN, JEUDI LE ler DECEMBRE 1921 CHRONIQUE MUSICALE LUCIEN BOYER Quelque vingt ans passés, Lucien Boyer, avec son ami Numa Blès, faisait rire jusqu'aux larmes les foules de Montréal.Depuis ce temps, Blès s\u2019en\u2019 est ullé Là-Haut, et Boyer a combattu pour la défense de sa Patrie: il a chanté aussi, il a écrit pour bercer la douleur des sol- lats de France.Et aujourd\u2019hui, \u2018| est revenu parmi nous, tout .omme le poilu, en longue per- nission.Quelques étudiants sont allés .pplaudir Boyer, lundi soir, au Saint-Denis.L'\u2019ont-ils regretté ?Non.allés s\u2019ils avaient appris la démarche de M.Maugé, impressa- rio, qui avait quelques centaines Je billets à prix réduit, pour les carabins.Alors il faut réparer ve malentendu : il faut que tous les étudiants applaudissent Boyer, et pour cela Boyer doit venir chez nous, à l\u2019Université.Pourquoi ne pas l\u2019inviter comme on invite un vieil ami ?Il vien- «ra, soyons-en assurés : il l\u2019a dit lui-même.Allons, un coup de main et de coeur : Boyer c\u2019est le rire, et les étudiants aiment tant le rire ! Beaucoup plus y seraient |.CHARLES MARCHAND Charles Marchand ! c\u2019est un des nôtres celui-là.Plus forte raison de se sendre mercredi soir prochain, le sept, à la salle Saint-Sulpice.Charles Marchand, sous les auspices de la Faculté de Droit, nous fera vivre des heures jeyeuses.On dit même \u2014 peut-être est-ce un secret ?\u2014 qu\u2019il a composé un chant pour les carabins.Il en donnera la primeur ce soir-là.Etudiants, envahissez Saint- Sulpice, mercredi soir prochain! Applaudissez un des\u2019 nôtres.Rappelez-vous que .le rire est beau comme la [joie est belle Quand il est innocent et radieux |comme elle.SYMPHONIE DE BOSTON Billets à prix réduit pour les étudiants.L'annonce en sera faite.' DERNIERE HEURE Vendredi prochain, le 9 décembre, à midi, Lucien Boyer rendra visite aux étudiants, à l\u2019Université, rue St-Denis.MUSICUS.remet LA NAISSANCE D'UN SOU Je suis de descendance royale et c\u2019est à l\u2019Hôtel Royal de la Monnaie que je suis né.Ma mère, l\u2019administration tory, est d\u2019une fécondité remarquable: nous avons vu le jour, mes frê- res et moi, il y a un peu plus de cing ans, 100,000 presque de concert.Je garde d\u2019eux un souvenir confus et bruyant, car on eut soin, dès notre naissance, pour nous préparer sans doute à notre vie changeante et instable, de nous lancer, avec un manque absolu de délicatesse et à deux ou trois reprises, sur un bloc de froid granit qui fit entendre un rire moqueur et sonore et dont le contact fit vibrer tout mon être.Nous fiimes alors immédiatement séparés par groupes pour ne plus nous revoir.Il me souvient vaguement, qu\u2019encore tout engourdi, je fus serré entre deux rangs compacts de mes frères, que nous fümes mis en sac, tels des pendus, et qu\u2019après un voyage qui me sembla d\u2019une longueur désespérante, il se produisit un arrêt soudain ; notre sac s\u2019ouvrit brusquement, l\u2019air s\u2019engouffra à l\u2019intérieur et nous fûmes projetés avec violence au fond d\u2019un tiroir où nous attendaient déjà quelques congénères plus ägés.Le petit voyage de reconnaissance du pays que nous venions de faire m'avait été fort odieux et offusquant; j'avais eu \u2018tout le long du trajet ma face royale pressée, sur ce que l\u2019on appelle chez nous, la pile de mon voisin supérieur et ma propre pile avait été constamment aiguillonnée par les dents de la couronne qui surmontait la face non moins royale de mon voisin inférieur.Aussi, dés mon arrivée, mon premier soin fut-il de Tél: Est 5983 JT.LEMIRE Marchand de Chaussures 380, rue Ste-Catherine Est, Montrén) Messieurs, Les étudiants sont cordialoment; invités chez J.-T.Lemire.tt a Notre motto: Qualité, nouveau style, Prix modérés.Je demande votre patronage.me dégourdir quelque peu; je dus, pour ce faire, jouer assez fort de mes coudes dentelés, et après m\u2019être remis et confortablement installé dans un coin retiré, j\u2019'examinai ma nouvelle demeure.Ce fut chose assez difficile : nous étions les trois-quarts du temps dans l\u2019obscurité et je dus profiter des quelques moments où le.tiroir s\u2019ouvrait,- pour faire un examen approfondi de mon entourage.Ce qui me frappa tout d\u2019abord, ce fut l\u2019air fatigué, abâtardi de nos aînés.Le nombre d\u2019années d\u2019ailleurs se voyait au teint hâlé de leur face, aux balafres variées, aux coupures nombreuses, aux estafilades profondes dont ils étaient fort gracieusement parés.Quelques- uns pour s\u2019étre trop frottés a tout ce qu\u2019ils avaient rencontré sur leur route et pour s\u2019étre laissés tantot carresser, tantot ma- ripuler par un nombre trop \u2018considérable de mains qui ne brillaient pas toujours de propreté et dont le moélleux était souvent rugueux, avaient, chose qui vous semble à vous humains, étonnante, \u2014 perdu leurs dents et n\u2019ayant pas comme vous la faculté de s\u2019en faire poser de nouvelles, avaient dû continuer leur vie dans le monde, dépourvu de cet excellent moyen de protection; d\u2019autres, probablement les plus auda-|S cieux, étaient troués, suite naturelle des coups d\u2019épées reçus à la guerre; je vis des éclopés, je vis des perclus, surtout un vieux, trés agé, né peu apres 67, qui avait sans doute échappé a l\u2019oeil distrait des payeurs et qui était recoquillé de façon déplorable.Cet examen me fit mal au coeur et à l\u2019instant, cette pensée bien naturelle, ce me semble, me vint: de quoi ai-je l\u2019air ?Ma demeure ne renfermait malheureusement aucun miroir; force me fut de me résigner a ce nouveau contretemps et de prendre mon sort avec patience.Cette \u2018déveine ne fut cependant que de courte -durée; quelques instants plus tard, j'entrevis par une ouverture de notre tiroir mal fermé, la beauté faite femme, dans d\u2019espèce, un: ange aux cheveux blonds cendrés, -aux: yeux ten- |: dres et plus bleus que I'azur; ellé avait le teint blanc et l'air gra- \u2018ve, le visage effilé, la bouche pe- ébloui et je désirai de tout coeus quitter mon entourage peu sympathique pour aller avec elle.Le ciel prêta l'oreille à ma supplique et avant que je n\u2019aie été en mesure de revenir de ma surprise, je me trouvai avec une centaine environ de mes frères jumeaux, au fond d\u2019une sacoche toute imprégnée d\u2019une odeur de lilas et de violette, à côté d\u2019un miroir et non loin d\u2019une poudrette.Devant moi se réflétait mon image, et maintenant que je suis vieux et décrépi j\u2019avouerai en toute candeur que cette première entrevue avec moi- même me fut assez agréable et me stupéfia littéralement; j'avais une barbe et j'étais tatoué; sur ma pile en effet on avait incrusté ces mots: partie anglais, \u201cone.cent\u201d, partie fran- cais, \u201cCanada\u201d et partie neutre \u201c1916\u201d.Mon port général était flatteur et je remarquai avec un orgueil mal contenu que, contrairement aux bourgeois que j'avais laissés à la banque, je brillais avec assez de force et que les rares rayons de soleil qui s\u2019infiltraient dans la sacoche me frappaient et allaient ensuite se refléter dans le miroir.Tout me sembla dès lors doré; j'étais beau, j'avais quitté très tôt le lieu ol vont s\u2019initier tous les sous qui viennent de naître, j\u2019étais en possession d\u2019un maître qui me semblait l'idéal des mai- tres; et oubliant dans mon ra- Vissement, les secousses du début, le froid granit, le sac, le voyage et le tiroir de la banque, je me pris à vivre.J'étais né à la vie.; | CENT, LE SOU.UNE VISITÉ DE LABORATOIRES Vendredi soir dernier, sur l\u2019invitation du docteur Ernest Gendreau, un groupe d'anciens élèves et d\u2019élèves actuels de l\u2019E- cole Polytechnique ont visité les laboratoires de physique de l\u2019Université de Montréal.Au début de la soirée, dans une courte allocution, le docteur Gendreau a exprimé son bonheur de recevoir ses: invités et leur a dit quelques mots de l\u2019enseignement des sciences physiques à notre Université.On est ensuite monté à l\u2019étage des laboratoires en laissant de côté la cave où sont installés une puissante dynamo et un bloc de ciment destiné à recevoir bientôt un sismographe.On a commencé la visite par la chambre de haute fréquence où l\u2019on a vu un Tesla, construit à l\u2019Université, donner une étincelle de six pieds.De là on est passé aux cabinets à instruments, à à la salle des balances, à celle de ra- où on a admiré un superbe élec- trocardiogr aphe.On est ensuite arrivé au grand dreau a fait une série d\u2019expériences sur les oscillations, auxquelles peuvent se ramener bon nombre de phénomènes physiques.On a d\u2019abord enregistré les oscillations d\u2019un puis sont venues les undès sonores et les vibrations électriques, aui suivent, le docteur Gendreau l\u2019a » démontré expérimentalement, les lois de l'optique, à.e, celles de la réflexion, de la réfraction, etc.\u201d On a vu ensuite Fr um ot quence.13 Avant: le \u2018départ;ilercoloneliDu: | - bües as.fait: I'éloge; -dusdocteur; tite et la taille mince; j'en fus| diologie et au petit laboratoire | laboratoire où le \u2018docteur 'Gen- |: pordule, | différentes \u2018expériences sur les |: :Meloche.rayons anodiques, les rayons ca- esc \u2018Gaston Lau- thodiques, les rayons de Rônt- rion.a LS \u20ac gen ot rayons x\" et la haut fré- _ Conseil r de.She 0p - .PAGE TROIS Maison établie en 1892 PARIS 316, BOT LEVARD SA 1900 BOUCHER & MERCIER TAILLEURS IMPORTATIONS DIRECTES ! SAINT-L AU RENT \u2018Téléphone: Plateau r125 ALLEZ AU BON CHAPELIER J.-A.GRENIER 187, RUE STE-CATHERINE EST REMISE SPECIALE AUX ETUDIANTS.TEL.: MAIN * 1566 Connection avee chaque département Casgrain & Charbonneau Limitée PHARMACIENS EN GROS Instruments de Chirurgie, Accessoires pour Hôpitaux, Instruments pour Dentistes et Laboratoires.28-30, RUE SAINT-PAUL EST - - MONTREAL Les partis meurent, In pat parti-pris.La seule place sont prises seul ser dans ui Té ETUDIANTS DE MONTREAL \u201c Votez pour UBALD PAQUIN candidat independant dans ' St-Jacques Votez pour Pun des nôtres, un homme exem pe de I 138, SANGUINET - rie ressuscite.di
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