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Titre :
Le Quartier latin
Éditeur :
  • Montréal :[le Quartier latin],1919-1970
Contenu spécifique :
jeudi 15 octobre 1925
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
autre
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Le Quartier latin, 1925-10-15, Collections de BAnQ.

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[" rw FF Wwe \"3 CEE rv $9 Directeur: RODOLPHE GODIN.fi # Rédacteur en chef: YVES LAFLEUR.REA Administrateur: ALBAN OUELLETTE.mm oD Oo® o® OO LA PARADIE E conseil de l\u2019Association générale des étudiants a fixé la date de la parade de l\u2019enterrement du béret au samedi 17 octobre prochain.Il ne reste plus que deux jours pour voir aux derniers préparatifs de l\u2019organisation; aussi ia plus grande activité règne-t-elle dans toutes les Facultés et Ecoles.De toutes part, l\u2019on entend bien eniever a la Faculté de Droit la coupe qu\u2019elle détient depuis deux ans, comme étant la mieux représentée; de son côté, le Droit semble assuré de remporter une fois de plus les honneurs de la parade.Afin d\u2019éviter tout malentendu sur la décision des juges et les récriminations qui pourraient en découler, il serait peut-être à propos de rappeler quelles sont les conditions du concours.Comme par les années passées, ce sera le comité des juges, composé des doyens ou directeurs de chacune des Facultés, réuni, ce soir- @ là sur le péristyle de l\u2019Université, rue Saint-Denis, qui décidera de M la faculté victorieuse.La décision de ce comité compétent ira, non F4 pas à la faculté ou école qui pourra exhiber le char allégorique le plus #4 original, le plus riche ou le plus parfait mais à celle qui, dans l\u2019en- Ë diants en faveur de la résurrection du béret.R semble de sa manifestation, c\u2019est-à-dire tant par Je pittoresque ou la Mai richesse de ses costumes, l'originalité de ses chars, l\u2019art et le bon goût déployés que par la tenue générale de ses étudiants, sera dans l\u2019esprit' des juges le plus parfaitement représentée comme corps universitaire.L\u2019une des principales manières de rendre cette représentation plus homogène sera le port du béret.Depuis plus d'une semaine, un mouvement d\u2019une intensité remarquable se fait sentir chez les étu- Un élan si recomman- { dable et qui \u2014 chose assez rare \u2014 rencontre J\u2019approbation unanime des élèves et des autorités universitaires, ne doit pas demeurer sans suite.La parade founira aux pusillanimes trop nombreux qu\u2019une fausse honte empêche encore de porter la coiffure universitaire, l\u2019occasion demandée pour qu\u2019ils puissent commencer, On se pose la question de savoir si, même après l\u2019enterrement du béret, l\u2019on pourra encore s\u2019en coiffer.A mon avis \u2014 et c\u2019est l\u2019avis de bien des gens \u2014 il ne serait pas plus illogique de porter le béret après l\u2019avoir enterré, que de l\u2019enterrer sans l\u2019avoir porté comme nous le faisons depuis bon nombre d'années.Quoiqu'il en soit, le soir du 29 octobre chacun devra, pour que sa faculté ou école respective remporte le trophée, et chaque faculté ou école pour ajouter à la beauté et à l'unité de la parade, chacun devra, dis-je, porter fièrement la coiffure universitaire avec laquelle la canne est également de rigueur.Autrement l\u2019esthétique en souffrirait d\u2019abord, l\u2019homogéneité de la parade ensuite et puis l\u2019on pourrait croire que l\u2019esprit universitaire ne vit guère en nous.Les succès remportés les années passées ont cependant prouvé qu'il n\u2019en était pas ainsi.Depuis quelques années en effet, cet événement annuel de la parade de l\u2019enterrement du béret a pris aupres des étudiants et auprès du public en général une vogue extraordinaire.Les foules compactes serrées sur les trottoirs le long du parcours sont un témoignage certain de l\u2019intérêt que l\u2019on porte à nos activités universitaires, Comme la parade est la manifestation publique universitaire Ja plus retentissante, nous nous devons i nous-mêmes et nous devons à notre Université de la faire la-plus réussie possible : car pour beaucoup, elle sert de criterium pour nous juger à notre juste mesure, Assistons donc en plus grand nombre possible, non pas sur les trottoirs comme spectateurs \u2014 la foule sera là assez nombreuse sans nous ! \u2014 mais dans le défilé comme participants et sachons nous y faire remarquer par notre tenue, notre réserve et notre dignité.L'an dernier, l\u2019Association générale a reçu de nombreuses lettres et autres témoignages de félicitations de la part des personnages les plus en vue du monde intellectuel et social.Tous s'accordaient à dire que notre parade avait grandement contribué à nous élever encore d\u2019un échelon dans l\u2019estime du public et à mieux faire connaître notre Université comme \u2018un corps solide, plein de vie et bien organisé.la bienveillance de ce témoignage ne nous empêche pas de penser que certaines lacunes, voire certains oublis regrettables doivent être rigoureusement bannis de notre démonstration.Nous prions instamment nos confrères de le comprendre et de s'exécuter en beauté.C'est ainsi que ce qui, l'an dernier, a paru imparfait sera corrigé et que le bien deviendra le meilleur.\u201cNoblesse oblige\u201d.Pour tous cette parade est un symbole.Dans ce symbole nous devons mettre ce que nous avons de meilleur comme esprit, ingéniosité, art et bon goût, afin non seulement de remporter la coupe \u2014 ce qui.après tout.est tout-à-fait secondaire \u2014 mais afin de nous faire valoir comme de fiers descendants et disciples de la culture et du bon goût français, conservateurs des vieilles traditions de bonne tenue et de distinction.Que les autorités provinciales et municipales ainsi que les officiers de l\u2019université-soeur, qui seront tous présents ce.soir-là, puissent dire en nous quittant non seulement que la parade les a intéressés, mais surtout qu\u2019elle leur a permis de mieux nous connaître.FERNAND CHAUSSE.CATR \u201cBIEN FAIRE ET LAISSER BRAIRE!\u201d ORGANE DE L'ASSOCIATION GENERALE DES ETUDIANTS DE L'UNIVERSITE DE MONTREAL Direction, Rédaction et Administration: 3546, rue Sherbrooke est.Billet du jour.UN BON ELECTEUR Baptiste avait voté soivante-cinq fois dans sa vie ct n\u2019en avait jamais eu conscience.C\u2019est en vain qu\u2019il choisissait son candidat quinse jours à l'avance, c'est en vain qui ving fois par jour il se promettait de faire sa croix a la bonne place an jour décisif: en vain il accumulait résolution sur résolution.Lorsque venait le moment de faire le geste auguste du voteur, il avait toujours la tête tournée par quelque maudit zviskhy, offert par des amis complaisants; si bien qu'au sortir du poll il ignorait pour qui il avait voté.Une bonne année notre homme prit la résolution inébrantable d\u2019user, pour une fois, de son droit de vote en citoyen consciencieux.Afin d\u2019éviter les tentations du siècle, il s\u2019enferma ches lui pour un mois faisant une retraite d'élection.Là, seul avec ses pensées ct sa conscience, il pesait les partis, les politiques ct les hommes; lisait le Devoir tous les soirs, prêtant une orcille de juge aux -discours du poste \u201cCiggt raced\u201d TI maigrissait de jour en jour, car il ne mangeait que du pain, ne buvait que l\u2019eau, endurait sans se plaindre une, soif nostalgique du bon Melcher.Son front se creusait de plis soucieux, ses cheveux tombaicnt sous l'effort de étude et de la méditation: mais son regard brillait d\u2019une flamme auguste, pâle reflet d'une âme purifiée par l'accomplissement d'un sublime devoir \u201cCa va bien se disait-il pourvu que ça dure\u201d Ca n'allait pas si bien que ça pour madame Baptiste; car son mari ne fendait plus le bois, n'allumait plus la fournaise, ne gagnait plus un sou, n'ayant pas asses de temps pour se préparer à donner un vote de sau- reur de pays.Elle avait beaucoup maugréé, chicané, tempêté, Baptiste supportait tout sans se plaindre, offrant ces petites miséres comme sacrifice pro- piciatoire au succès de la grande cause qu\u2019il allait embrasser.Le jour de la votation le nouveau converti faisait un sortie sensationnelle.C'était un tout autre homme, vêtu avec tout le chic d\u2019un député qui fait sa campagne, il marchait d'un pas digne ct résolu.Sur son chemin il passa devant une auberge où un vieik ami l\u2019arrêta et l\u2019entraina prendre un verre de bière.Il en prit tant de cette bonne bière, qu'à Pheure du poll il était plus gris qu\u2019il ne le fut jamais.Sa retraite l\u2019avait déterminé à voter anticonstitutionnelliste, mais une indiscrétion de l\u2019officier rapporteur- nous permet d'affirmir qu\u2019il vota constitutionnedliste.Quant a notre homme il ne sait pas encore pour qui il a voté.CHRISTIAN Paraît le jeudi de chaque semaine.Vol.VIII\u2014No 2 Bed, ee Montréal, jeudi, 15 octobre-1925.-«.LA ROSACE °°.\" Levant, dans l\u2019air sévère et sage des absides,- Son corps, illuminé d\u2019aurore et de soleil.Voici comme un jardin de roses translucides La rosace dont \"ame est un rayon du ciel.Un peu de la voix sainte et lente des choristes, Comme un parfum, demeure en sa robe de plomb.+ Et, vers elle, les yeux des pauvres hommes tristes Montent, pour implorer le flot de ses rayons.Car elle a du sang frais, dans ses veines de verre.Des humbles, enivrés au vin de sa clarté Se sont vus, pour leur vie, inondés de lumière : Une rosace au coeur; et l'immortel été.Leur est tombé du ciel, par elle, en leur poitrine.Elle a, sur de beaux fronts, mis ses lèvres de sang \u2026.Et, comme au ruisscau clair va la chèvre enfantine Il fait bon se baigner, dans le tendre océan.De sa couleur divine et de sa forme pure.| .Voici tel un jardin, parfumé de rosiers, Fleurir, sur les autels, ineffable parure : La rosace mystique au corps ensoleillé.Un soir, dans la fraicheur des grandes basiliques Les rosaces mourront.comme toutes les fleurs ; Comme est mort sur la croix le beau Dieu catholique.Un peu de leur clarté vivra-til dans nos coeurs?- Nous publions encore une poésie de Gabriel Tristan Franconi.Nous en profitons pour faire remarquer à nos bienveillants lecteurs qu'il s'est glissé une erreur regrettable dans le premier numéro.Par suite d'une mise en \u2018page précipitée le nom d'Henri Girard s'est trouvé étarté au bas de la poésie de Tristan Franconi en première page.Cette signature aurait dû régulièrement se trouver à la quatrième page, au bas de la critique du même poète, faite d\u2019une façon si enthousiaste par M.Henri Girard.ee ea Sede TU ec BL Rel - mp © ase 10: rT RC Pe LATIN KC ue Am L'ÉTOILE .Il n\u2019y en avait plus qu\u2019une, une seule, toute brillante, fort sage.en somme : vrai petit minois blond perdu dans l\u2019encapuchonnement vague d\u2019un ciel grisatre.J'avais suspendu ma marche : délibérem- ment plantée sur le trottoir, les yeux perdus dans le firmament, je regardais l'étoile d\u2019or\u2026 Tout autour de moi, les feuilles s\u2019envolaient avec des froufrous soyeux de marquises: elles semblaient s'amuser follement \u2014 et, je fus toute surprise de les voir s'écraser sur le sol\u2014mortes.Les globes électriques s\u2019embuaient d\u2019une vapeur triste.Près d\u2019un kiosque désert, un chien lançait quelques hurlementS plaintifs.Une mélancolie raisonnée planait sur terre.Là-haut, la frimousse blonde révait.Et, moi aussi, je rêve.ct, vous aussi vous rêvez.La seule différence qui existe entre l\u2019étoile et nous, c\u2019est que, accrochée à l'infini, elle vit d\u2019infini et, par là même, voit son rêve s\u2019éterniser jusqu\u2019à l\u2019anéantissement.\u201cAh ça! petite fille, on s\u2019ennuage, je crois.\u201d Mon onele, en tournée électorale, m\u2019arrivait, comme ça, entre les pattes.Jen faillis perdre I\u2019équilibre., dame! on ne redescend pas sur terre, impunément!! Oncle, lui, riait sans vergogne.Pour sûr, je l\u2019aurais battu en temps d\u2019élection quoi! c\u2019est permis! Mais, javisai d'un autre parti, plus propre à mon sexe: \u201cVous.ne savez pas?Clest bien plus intéressant, là, du doigt, je désignais le firmament\u2014qu\u2019ici ! d'un air comiquement résigné.:j\u2019enveloppais mon.compagnon \u2014 \u201cEh bien! non, je ne sais pas, fit la victime volontainement- bon- hotnme.mais, ce que je sais, \u2014 une pause très significative.\u2014 c\u2019est qu\u2019il ne fait pas bon philosopher par ce froid, et que, tu te laisseras bien sagement conduire à la maison sans quoi ton allure nonchalante ramassera un rhume.\u201d Passive, je règlai mon pas sur celui qui s\u2019allongeait, rapide, à mes côtés.Nos silhouettes se profilant en ombres chinoises sut le trottoir serein, nous filions.: et, les échos dérangés dans leur silence nocturne, s\u2019effarouchaient de nos éclats de voix.Reprise par la prose de l'existence, je discutais politique, toute heureuse quand je voyais une canne exécuter dans l\u2019espace des moulinets - furibonds.\u201cLà, tu es rendue, petite entêtée.Bonsoir.\u201d Mon \u2018oncle, en grandes enjambées, s\u2019éloignait.Seule, je dirigeai mon regard vers le firmament; mélancolié - grise, ennuyvée.\u2026.L'étoile brillaits: un peu dédaigneuse, elle poursitic vait son songe sans fin.- CARABINE; A NOS COLLABORATEURS \u2018 Nous prions nos collaborateurs d\u2019observer les quelques points suivants: 1° Ecrire lisiblement.BEES 2° N'écrire que aur un côté.de là.feuille et laisser une marge.3° \u2018Faire parvenir leurs manuecrite \u2018 pour samedi si postible, le\u2019 lundi au plus tard.eo Nous les remercions de leur assidui-::! - té et de l'attention qu'ils voudront .bis ,: porter à ces quelques remarques.a, LA DIRECTION: Ps a JONES Xe S ! \\ i Lu, ! PAGE DEUX BD.LE QUARTIER LATIN DIRECTION Directeur: Rodolphe Godin.Aviseur: l.éon Lortic.Censeur: M.Olivier Maurcault, P.S.S.P.S.S.REDACTION Rédacteur en chef: Yves Lafleur.Secrétaire de la rédaction: Alphonse Rodriguez Gagne.Rédacteurs conjoints: | Fernand Chaussé, Philippe Beauregard, Jean Panet-Raymond, Gérard Lacasse, Marius Lafontaine, Claude Sutton.Chroniqueur musical: Romuain-Octave Pelletier.Rédacteurs sportifs: Bernard l.acasse, Armand Page.ADMINISTRATION Administrateur Alban Oueliette Gérant des annonces Armand Gratton Circulation extérieure .Arthur Martel Comptables \u2026 \u2026 Paul Mousscau Roger Gravel Circulation intérieure .Lucien Perrault SECRETARIAT Secrétaire .l.ouis-Ph.Montpetit NOTRE JOURNAL Plus que jamais notre journal semble vouloir vivre.Son volume a encore été augmenté cette année.C\u2019est un succès dont nous sommes justement fiers, succès d'autant plus consolant, qu\u2019il semble être la légitime récompense d'un travail ardu de plusieurs semaines.Nous espérons que les étudiants sauront reconnaître le travai! effectif des officiers de leur organe, cet qu\u2019en conséquence ils n\u2019hésiteront pas à leur assurer dans toute la mesure possible, leur collaboration et leur concours.\u2018 On l\u2019a répété, à maintes reprises et nous venons le déclarer de nouveau, le \u201cQuartier Latin\u201d est l\u2019organe et la propriété de tous les étudiants.Chacun a droit d'y collaborer, et chacun devrait se faire un devoir d\u2019user de ce droit.Depuis que nous publions à douze pages nous avons de la place pour toute la copie qu\u2019on voudra bien nous envoyer.L'an dernier nous avons eu durant toute l\u2019année une collaboration abondante et nous en fûmes très heureux.Cette année on semble un peu vouloir se laisser tirer l\u2019orei!le et les rédacteurs attitrés du journa! sont souvent obligés de faire de i leur plume une machine à remplissage.C\u2019est un état de chose » qui ne devrait pas durer.Nous savons pertinemment que parmi les étudiants de notré université il existe beaucoup de gens capables de bien tourner un article ou des vers.3 ; ; Aujourd'hui plus qu\u2019hier notre gi journal et toutes les autres orga- 1 nisations universitaires ont besoin d\u2019officiers de talent et de ca- ractére.Où les prendrons-nous si personne ne veut faire connai- tre ses talents.L'immense besogne qui tombe sur \u2018nos épaules, devra nous écraser, si notre effort pour l\u2019accomplir n\u2019est pas secondé par la coopération de tous et de chacun.Alban OUELLETTE.= .MO e La campagne politique vient de commencer.C\u2019est alors qu\u2019on a vu réapparaître la physionomie intéressante du bouillant orateur électoral.Ce n'est pas une campagne, c\u2019est plutôt une croisade, tant il y met de ferveur et d\u2019énerg:e.Les yeux hors de la tête, il s\u2019égosille pour \u2018exhorter son public à marcher dans la voie du progrès, lequel consiste à le réélire- De ces orateurs exagérés, qui ne peuvent ouvrir la Douche sans qu\u2019une bave quasi-épileptique leur monte aux lèvres et qu'un flot d\u2019in- suites se déverse sur les adversaires, en dépit non seulement de toute déli- ratesse mais de tout savoir-vivre, on en a toujours vu dans toutes les luttes et dans tous les rangs.Le ministériel \u2018\u201c\u201cconspue les démolisseurs, qui veulent empêcher le gouvernement de poursuivre son oeuvre\u201d.11 parle des grands hommes, qui ont ouvert le pays au progrès, des enfants, qui sont l\u2019avenir de la race, enfin de ses chefs, les seuls sauveurs possibles de la situation.Celui qui lui donne la réplique écume de haine à la seule mention du nom de ses adversares, it les appelle usurpateurs, tyrans, fanatiques: ce sont les \u2018esclaves des riches\u201d s\u2019exclame-t-il, teurs et des vendus.\u201d \u201cdes exploi- Avec de telles pièces oratoires, c'est à se demander si la distinction, la courtoisie et la politesse ont com- plétement déserté notre monde.C\u2019est à se demander si dans notre époque moderne, celui qui vient parler de distinction ou de politesse ne passe pas pour un philologue perdu dans les recherches de moeurs préhistoriques ou même d'un zoologue éperdument adonné à l\u2019étude de monstres disparus depuis des siècles.C'est comme si on parlait du mammouth ou de l\u2019ichtyosaure, dans ce siècle où l\u2019on ne se donne plus la peine de voir qui on a bousculé, où l'on ne retient pas de prononcer des mots ignobles dans un salon.gros mots passent maintenant pour de l\u2019esprit ! Il y a quelque cinquante ans Henri Haine disait : \u201cChaque fois que je reviens à Paris après quelque absence, je ne connais pas de plaisir plus savoureux quee d\u2019aller flâner sur les boulevards, de m'y faire bousculer par les passants : les Parisiens mettent tant de courtoise et de boune grâce à s'excuser quand ils viennent à bousculer quelqu\u2019un !.\u2026\u2026.\u201d les «C¢ Ne croit-on pas rêver er.lisant de telles choses aujourd'hui ?Voyez-vous d\u2019ici le rêveur, qui s\u2019aviserait aujourd\u2019hui d'aller provoquer des bousculades?Qu'il soit à Paris ou ailleurs.On n'ose penser aux injures\u2014pour ne pas employer un autre mot plus fort (engueulades) \u2014 qu'il s'entendrait crier.° Et je crois qu'une jambette bien appliquée l\u2019enverrait vite rouler sous un tramway.Nos moeurs ont évidemment changé.On répond généralement qu\u2019on n'a pas le loisir de se montrer poli comme au temps jadis, que notre vie est dévorante, qu\u2019on tourbillonne, et que s\u2019il fallait encore se débiter des \u201cboniments\u201d dans le langage du jour comme sous le règne du roi Louis XV, on ne pourrait y suffire.C'est comme si l\u2019on disait : \u201cJ\u2019empoigne la viande à pléines mains sur mon assictte ,et je sais bien que c\u2019est \u201cURS EL dégoûtant\u2026 Mais que voulez-vous, j'ai tant d\u2019affaires que je ne trouve pas le temps de prendre ma fourchette, qui est à côté de moi.\u201d Il ne faut pas bluffer, ni raconter d'histoires à dormir debout.Personne ne demande qu'on fasse une révérence à une dame ou à une de- moise!le, qu\u2019on a par inatte:ition of- fleurée dans la rue; ni qu'on tourne un madrigal à quelqu\u2019un, si l'on vient malheureusement de lui marcher sur un cor.En toutes choses, il y a unc mesure et en fait de courtoisic conime ailleurs.Mais la plus stricte politesse ne fait certainement pas perdre à l\u2019homme le plus occupé une seconde dans la journée.Est-ce qu'on avance plus vite sur le trottoir, parce qu\u2019on ne salue pas?Est-ce qu\u2019on commence à déjeuner plus tôt, parce qu'on entre avant une femme dans un restaurant en lui jetant la porte au nez?On ne prendrait pas son tramway plus vite, quand même on culbuterait un vieillard sous un auto pour passer, parce que cela crée toujours un accident interminable.Anatole France dans un de ses contes bien connus intitulé La Chemise illustre et symbolise avec un art infini le prestige immense et-parfois mystérieux des jolies manières.Vous connaissez certainement le sujet?Une fois un grand roi, très puissant, était tombé dans une af- treuse maladie de langueur.Il fai- sit.t de la neurasthénie \u201ccomme toutes les personnes qui n'ont pas ici- bas, assez de préoccupations touchant le cours de la livre et du pain\u201d.Et il faisait une, telle neurasthénie le pauvre roi, qu\u2019il était sur le point d'en mourir.Son médecin, n\u2019y comprenant rien, finit par déclarer que le roi guérirait certainement, s\u2019il pouvait mettre la chemise d\u2019un homme heureux.Les courtisans se mirent aussitôt en campagne pour découvrir un tel homme.Ce n\u2019était pas chose facile.Chaque fois que ces messieurs croyaient en avoir trouvé un, ils découvraient soudain que \u201ccet homme en apparence plein de félicité souffrait de quelques plaies secrètes qui lui empoisonnait toutes joies.\u201d ses Un soir que désespérant trouver un homme heureux afin de lui demander sa chemise pour la porter au roi, ils assistaient à une grande soirée donnée dans les jardins d\u2019une ambassade, La parole est à Anatole France: \u201cIls furent attirés tout à coup par des fusées de rire jaillies d'un bosquet, ils entrèrent et trouvèrent sous la charmille un gros homme débraillé.qui, d\u2019une voix chaude, faisait des contes à une assemblée nombreuse, suspendue à ses lèvres ct penchée sur son visage surhumain, qu\u2019on eut dit barbouillé de lie dionysiaque C'était l\u2019homme le plus célèbre du royaume et le seul propriétaire.Jéronimo.\u201cIl parlait abondamment, joyeusement, richement, lançait des propos en l\u2019air, enfilait des histoires, les unes excellentes, les autres moins bonnes, mais qui faisaient rire.\u201cJéronimo était un prodigieux instrument oratoire.Quand il parlait, toute sa personne, des pieds à fa tête, parlait, et jamais le jeu du discours n\u2019avait été si complet dans un orateur.\u2018Tour à tour grave, enjoué, sublime, bouffon, il avait toutes les HCTORALES .LE QUARTIER LATIN, JEUDI, 15 OCTOBRE 1925 éloquences ; et ce même homme qui, sous ja charmille, débitait en comédien consommé, pour les oisifs et pour lui-même, toutes sortes d'amusantes facéties, la veille, 4 la chambre, soulevait de sa voix puissante les clameurs et les applaudissenients, faisait trembler les ministres et pal- p:ter les tribunes, et les échos de son discours agitaient sa patrie.\u201cLes envoyés du roi s'approché- rent.L'entretien terminé, Jéroni- mo s\u2019en fut faire un tour de jardin avec son fidèle Jobelin, espèce d\u2019échassier à tête de hibou, qui ne le quittait jamais.\u201c\u2014I nous faut sa chemise, se dirent les envoyés du roi.\u201cEt tandis qu\u2019ils parlaient ainsi, le gros Jéronimo se promenait le chapeau sur l\u2019oreille, faisait le moulinet avec sa canne, répandait son humeur hilare en plaisanteries, en badinages, en rires, en exclamations, en mauvais jeux de mots, en calembours,en fredons.\u201cCependant à quinze pas devant lui, le duc des Aulnes, arbitre des élégances et prince de la jeunesse.rencontrant une dame de sa connaissance, la salua très simplement d\u2019un petit geste sec, mais non sans grâce.Le tribun l\u2019observa d\u2019un regard attentif, puis devenu sombre et songeur, il abattit sa main pesante sur l'épaule de son échassier.\u201c\u2014Tobelin, lui-dit-il je donnerais ma popularité et dix ans de ma vie pour porter le frac et parler aux femmes comme ce freluquet.\u201cIl avait perdu sa gaieté.Il allait maintenant, morne, tête basse, et regardait sans plaisir son ombre que la lune ironique lui jetait dans les jambes comme un poussah bleu.\u201d Vous le voyez donc, il suffit de manquer d\u2019élégance dans le geste et les façons pour que les ivresses mé- mes de la gloire et de la popularité deviennent moins que rien.Espérons que certains de nos orateurs, qui font claquer leurs bretelles, que certains de nos députés, qui confondent la salle des Communes avec le champ de bataille de Waterloo et I'héroique carré du général Cambronne, tichons d\u2019espérer que ces honorables messicurs pourront un jour deverir sensibles, eux aussi, aux mélancolies, dont souffrait en secret le formidable Jéronimo.T'out est possible! THEO.POMPE.NOS ABONNES Le premier \u201cQuartier Latin\u201d n\u2019est pas parti en temps pour tous nos abonnés.Nous nous excusons du retard apporté dans la livraison de notre journal et nous prions nos bienveillants amis de croire en notre plus prompte diligence à l'avenir pour établir une livraison régulière.AVIS Pour toutes informations au sujet du \u201cQuartier Latin\u201d, adressez- vous à 354 Sherbrooke est, Est 9673 ou au directeur: Rodolphe Godin, Clairval 0466.+ *.* LA COPIE Nous prions ceux qui ont de la copie à nous envoyer pour le \u201cQuartier Latin\u201d.de la faire parvenir au moins avant le lundi soir, si l\u2019on veut qu\u2019elle soit insérée dans le numéro du jeudi.Repas régulier: 25 sous et plus, .5 Laval Confectionery RESTAURANT DES ETUDIANTS | 344 est, rue Ste-Catherine Avant d'aller en Europe goûtez |, i patisserie frangaise de bo rue & Cj UNGEE, ge A 1284 ST-DENIS, Est 21404 MG an me pe Mathématiques, Sciences, Lettres ct Langue, a \u20ac en français et en anglais.Préparation 14 aux examens.Brevets, Service Be civil, ete, 5 J RENE SAVOIE, I.C.et LE, E4 * Bachelièr & C ès arts et ès sciences appliquées EM r 1245, RUE SAINT-DENIS 5, Tél: Lancaster 1343 MONTREAL x C \u2014 1 A ] LIBRAIRIE PONY 374, Ste-Catherine Est Médecine \u2014 Sciences \u2014 Romans Les Etudiants trouveront tous volumes dont ils ont besoin chez .DEOM 251 EST, RUE SAINTE-CATHERINE les COMPAGNIE D\u2019ASSURANCE SUR LA VIE \u2018La Sauvegarde MONTREAL Antonio Perrault, LL.D, C.R.Maxime Raymond, LL.L., C.R.PERRAULT et RAYMOND AVOCATS 11, PLACE D'ARMES, MONTREAL à Téléphones: Main 1550 et 1551 BOBOBOENN ETUDIANTS Procurez-vous les dernières nouveautés canadiennes à la Librairie de l\u2019Action Française RUE SAINT-DENIS EXAMEN DES YEUX Nous le faisons avec une connaissance précise des défauts qui affectent la vue et la correction obtenue par l'emploi de verres parfaits, fabriqués dans nos propres ateliers.CARRIERE & SENECAL Optométristes-Opticiens à l'Hôtel-Dieu 207 at, RUE' SAINTE-CATHERINE Tél.: Lan.7070 N.B.-Conditions spéciales aux étudiants HON.T.FORTIN: CONSEIL PERRON, TASCHEREAU, VALLEE, GENEST & PERRON AVOCATS Edifice Montreal Trust à MONTREAL \u201d Tél.Main 8260\u20148261\u20148262\u20148263\u20148264 3 Casier Postal 2038 VALET SERVICE A.DUBRULE, Prop.Etudiants! c\u2019est ici votre Valet 1256 ST-DENIS Tél.Est 7822 Face à l\u2019Université carre Tél.Est 1878 VOTRE FLEURISTE ED.CERNAEY OÙ Fleurs pour toutes occasions télégraphiées partout.1405 RUE ST-DENIS, MONTREAL La TERE =r - SE 2 | a Ty = TE pts js ei cu EE és es see Dee OO EE COTE DEC TEE eee EE @ ue pus & 7 pen | femme, © 9Q OU 0000000 © LE QUARTIER LATIN, JEUDI, 15 OCTOBRE 1925 \u201cPAGE TROIS.; 9O0900000000000000000000000000P00000000000000000000000000000000000000 PAGE SPORTIVE .= Goaoce ee SO0A00D000000000000000000000000000 00 0OOOOSTONNCNNNNNNNOSOCCNTOÉ LE SPORT Un article sur le sport! En voilà une affaire.Le sport ça se voit, ça ne s'écrit pas.Mais on aime tout de même à parler de ce que l'on fait.et comme vous faites tous du sport, je prends la liberté de vous en parler.Grecs et Romains s'entretenaient dans les gymnases et pratiquaient souvent des sports qui pouvaient mettre un homme en état de ne plus faire du sport du tout.Le sport des gladiateurs ne teuterail peut-être plus de nos jours certains \u201cBeau Brummel\u201d.Il serait plus convenable pour eux de monter sur la plate-forme d\u2019un char romain, attelé de fougueux \u201cpur sang\u201d, et de conduire le plus sagement possible, en pensant à ces vers célèbres que chantait Alexandre surnommé.\u201cdes Marteaux\u201d.\u201cF'sais bien que je suis appelé comme tout le monde, A étre victime d\u2019un accident: Il suffit que la terre soit ronde Pour qu'on se tape la gueule au tournant\u201d.S'il a le malheur d\u2019en mourir, il lui restera comme consolation.de pouvoir rendre l'âme dans les bras de l\u2019aimée, venue pour participer à sa gloire.Autrefois, l\u2019on faisait du sport pour s'attirer l\u2019attention de la dame de.ses rêves, voire pour obtenir sa main, et c\u2019est à qui aurait pu percer le plus justement le coeur de la bien-aimée.ou de l'adversaire, pour qu'elle succombât aux coups d\u2019un amour si cruel.11 y a a part cela, le sport cle la guerre, pratiqué de tout temps soit pour une nation ou pour son propre compte.On a même établi pour ce genre de sport, un noviciat à Chicago dont la devise est: Farn witile you learn.(Gagnez tout en vous instruisant).C\u2019est du dernier sport, comme disaient es Précicuses.Les sports ont tout de ménic évolué, depuis l'affranchissement de la ls tendent tous à avoir une allure plus pacifique ; faisons exception toutefois pour l\u2019automobile.On cherche, dans ce sport, à vouloir brusquer des choses.et les gens ; mais le pied lâche facilement l\u2019accélération, quand la compagne est jolie et que l'air est tout embaumé des parfums de.Coty.Voila un sport peu banal.Et maintenant que le sport est envahi de toutes parts, par les belles aux cheveux perdus, laissez-moi me retirer, non sans vous persuadé de cette vérité.avoir .\u201cSans le sexe aussi fort.On n\u2019a pas de vrai sport.\u201d ARMAND: PAGE.OO00OO0OOÉOOOOOOOOCOOOOO0O0© RAPPELEZ-VOUS L\u2019EVENEMENT: Tournoi champêtre athlétique LA DATE: Le 24 octobre 1925, à 2 heures p.m.LE LIEU: Stadium du McGill.LES TROPHEES: COUPE, emblême du championnat in- terfaculté ; COUPE, emblême du championnat de la course à relai interfa- culté.CONCOURS: 100; 200; 440; S80 vgs.teur et en longueur.; 1 mille, saut en hau- Concours du sac de sable.25 sous pour chaque concurrent permet de participer à chaque événement.Entrées closes : Jeudi, le 22 octobre, à 7 heures p.m.au bureau de l\u2019Association Athlétique.ENTREE: Les blancs d\u2019entrée peuvent être obtenus des représentants des facultés à l\u2019Association Athlétique, auxquels les entrées doivent être remises.L'entrainement se fait activement tous les soirs, après 6 heures p.m., à la Maison des Etudiants.ê VENEZ AIDER VOTRE FACULTE A REMPORTER LE \u201cCHAMPIONNAT coseneescoesscsssssoossenonses R.RICHER.00©00000990009009900000009909000 PIETRE ESPRIT SPORTIF Nous sommes encore vaincus, ou plutôt, non, cette fois, nous sommes volés.Ceux qui ont accompagné nos équipes au Collège Loyola, samedi, le 10 en sont @O® @@ I revenus non pas la mort dans l\u2019âme, mais la rage au coeur.Notre junior a livré un beau combat.Mercredi, il fut battu par le score de 38 à 1; samedi il perdit par 18 à 2.C\u2019est une amé- lioration sensible, très sensible même pour ceux qui ont vu les arbitres à l\u2019oeuvre.Passons, ces pauvres arbitres ne perdent rien pour attendre.Les erreurs furent encore la cause de notre défaite.Cette fois, le junior marcha sur les traces de l\u2019intermédiaire, et il tomba dans les mêmes erreurs que celui- ci commit mercredi.De nombreux \u201cfumbles\u201d et la lenteur des extérieurs et de notre aile à couvrir les lancés de notre frappeur, amenèrent la défaite, Néanmoins, on ne peut blamer nos joueurs, ils firent leur possible, tout leur possible, mais ils jouaient sur un terrain étranger, couvert de boue et de neige, et devaient lutter contre leurs adversaires et les arbitres.Ouellette compta nos deux points sur des frappés.Lafond et Ouellette furent nos meilleurs joueurs.Powers, Cannon et Phe- lan brillèrent pour Loyola.Ga- doury fut notre étoile.NOTRE INTERMEDIAIRE FUT VOLE PAR LE SCORE DE 6 A 3 \u201cStandard\u201d, I'emportérent haut Ja main durant trois périodes, À la quatrième, alors qu\u2019il ne restait que deux minutes de jeu, Suana- Comme l\u2019a dit le nos gars ga fit une course, \u2014 une fameuse, \u2014 ses co-équipiers lui ouvrirent un chemin par une série d'\u201cinterférence\u201d, et ça y était, nous étions vaincus, grâce à l\u2019aveuglement des arbitres qui ne sifflérent pas les \u201cinterférences\u201d, choses qui sont absolument défendues dans le rugby canadien, et sont toujours sévèrement punies.Notre intermédiaire fut nettement supérieur au Loyola.Notre ligne l\u2019emporte par une bonne marge, et Désy, notre frappeur est deux fois supérieur à Suana- ga.La seule supériorité des collégiens est leur vitesse.Ce qui a fait perdre notre intermédiaire, samedi, c\u2019est la trop grande confiance en l\u2019esprit sportif de nos adversaires.En effet, le président de l\u2019Association Athlétique Paul-H.Lévesque, confiant en l\u2019honnêteté des collégiens, accepta deux des leurs comme arbitres; ce fut notre mort.Il ne put faire autrement, d\u2019ailleurs, nous n\u2019avions personne qui put nous représenter sur le terrain comme arbitre.Ces gens du Loyola, nous avions toujours pensé qu\u2019ils étaient des sportsmen, mais maintenant nous les tenons pour toute autre chose.Le nom qu\u2019ils méritent est trop sale et je respecte les lecteurs du \u201cQuartier Latin\u201d.Je ne puis l\u2019écrire, mais je sais très bien comment il se prononce.Durant les deux joutes, ce ne fut qu\u2019une suite de décisions erronées au désavantage de nos joueurs, à un point tel que Suanaga, écoeuré de tant de partisannerie, prit fait et cause contre les arbitres qui accordérent la possession \u201cdu.ballon à notre équipe, mais ce fut la seule fois.Comme toujours, notre trop grande confiance en l\u2019honnêteté des adversaires nous a coûté une victoire.Cet esprit sportif est trop beau chez nous.L\u2019an dernier, il nous coûta un championnat, \u2014 cette année, encore Ja même chose.La leçon sera bonne et cette défaite aura son bon côté.Elle nous apprend que tout le monde ne nous ressemble pas.La défaite de samedi nous apprend à ne plus être chevaleresque, à l\u2019avenir nous lutterons pour gagner ct comme nos adversaires tous les moyens seront bons.Alors, n\u2019ayant plus en estime, l\u2019esprit de justice des clubs adversaires, n\u2019ayant plus confiance en la bonne foi de leurs chefs, nous agirons en conséquence; nous prendrons nos précautions et vainqueurs.nous serons Nos athlètes ont bien joué.Deux minutes avant la fin de la partie, nous menions par 3 à 1.Malheureusement, une injustice permit au lLoyola de compter, et le \u201ctouch down\u201d porta le score 6 à 3 contre nous.Désy a compté nos 3 points par des frappés d'une force terrible.Lesage et Gendron en étaient à leurs débuts; ils nous ont rendu d'énormes services.Almond, Abbey et Décary ont lutté comme des damnés et ont fait de la bonne besogne.\u2018Gibeault, Tremblay, Recvzs formèrent de véritables châteaux-forts, Marier et Leroux font une fameuse paire d\u2019ailes.Comme je l\u2019ai dit mercredi, nous avons un bon club, et il a démontré ce qu\u2019il peut faire, Notre club intermédiaire est un club de taille à rencontrer les champions de sa classe, puisqu\u2019il a bel et bien battu Loyola, champion intercol- légial du Canada.La défaite de samedi nous sera profitable ; la prochaine fois, nous serons vainqueurs.Rosario RICHER.POSITION Intermédiaire Junior Gendron Voltigeur Gaboury Désy Demi Pothier .Burdett Demi Mathieu Marier Demi Roussel Décary Quart Casgrain Thomas E.Centre Lafond Reeves Intérieur Gauthier Gibault Intérieur Lafond Almond Milieu Barrette Tremblay Milieu Bonvilla Lesage Extérieur Ouellette Abbey Extérieur Laurencelle DEDEDE IED I ED IED IED NED ED NED IED OCHO | 10 de rabais à Messieurs les Etudiants Ne manquez pas, étudiants, de vous procurer vos gants, cravates, $82,871,647.00 ja Diminution des Dépenses d\u2019 Administration $36,304,955.00 Surplus dans I'exploitation des Chemins de Fer Nationaux $40,000,000.00 \u20ac A entendre les lamentations de M.Meighen et de M.Patenaude, tout va de mal en pis au Canada,\u2014le parti libéral mène le pays tout droit à la banqueroute.\u20ac Au lieu de critiquer aujourd\u2019hui à tort et à travers, si les conservateurs avaient mieux administré le pays, s\u2019ils avaient évité les gaspillages, nous n\u2019aurions pas maintenant une dette formidable qui pèse lourdement sur le peuple.\u20ac Jamais, dans notre histoire, aucun gouvernement n\u2019eût à faire face à autant d'obligations onéreuses que le parti libéral lorsqu'il prit les rênes du pouvoir en 1921.Au gâchis qui règnait alors, le gouvernement King a établi une saine économie dans tous les services de l'administration.DETTE NATIONALE aq A l\u2019arrivée du parti libéral en 1921, chaque année du régime Meighen accusait un déficit.De 1919 à 1921, les conservateurs ont augmenté la dette du pays de $225,846,392.00.Sous l'administration King, au contraire, chaque année a montré un surplus.De 1922 à 1924, les libéraux ont diminué notre dette de $82,871,547.00.LE QUARTIER LATIN, JEUDI, 15 OCTOBRE 1925 .te marre es rte tt amt an.AN D Lf 8 DEPENSES D\u2019ADMINISTRATION @ Lorsque les conservateurs étaient au pouvoir, les dépenses d\u2019administration augmentaient considérablement chaque année; elles ont augmenté- de $128,386,862.00, de 1919 à 1921.Sous l'administration libérale, loin d'augmenter, elles ont diminué chaque année, et, de ce chef, le gouvernement King a économisé $36,3#1,955 de 1922 à 1925.CHEMINS DE.FER NATIONAUX \u20ac M.Meighen et les conservateurs qui critiquent si sévèrement l\u2019admie nistration des chemins de fer nationaux, ont-ils déjà oublié que ce sont eux qui ont acheté ces chemins de fer et qui ont chargé le contribuable canadien de cette dette colossale?\u20ac Sous I'administration de M.Meighen, pendant les années 1920 et 1921, l\u2019exploitation des chemins de fer nationaux a accusé un déficit de $43,000,000.\u20ac Depuis I'avéinement du parti libéral, au contraire, l\u2019opération de nos chemins de fer s\u2019est soldée, chaque année, par un surplus et le total de ces surplus, pour 1922, 1923 et 1924, s'élève à $40,000,000.00.\u20ac Si vous voulez que notre pays soit bien administré, qu\u2019il continue a se développer et qu\u2019il occupe votez pour le parti libéral.la place qu\u2019il doit avoir parmi les autres nations, + Un vote Libéral signifie: Economie, Unité Nationale Le Comité Central Libéral, 65, rue Saint-JLeques, Montréal, PHARMACIE Avant-propos O vous qui, du fonds de vos of- # ficines, penchés sur des cornes de verre, distiller osez le gaz naissant, une science nouvelle et plus E4 recherchée, apprenez que l\u2019année EX qui commence requiert l\u2019obole du respect, l\u2019imploration aux dicux, # au dieu des pharmaciens et des médecins, du Mentor de nos per- Led quisitions analytiques\u2018 et \u201cphar- macopéennes: j'ai nommé \u201cHip- pocrate\u201d ! A ce nom, béret bas!\u2014(car il n\u2019est plus question de chapeau).+ ++ L'atmosphère est chaud et pesant, De tous côtés, la fièvre semble s\u2019être emparée des têtes.Une ardeur Drûlante s\u2019est aussi ré- répandue à l'éco\u2019e de Pharmacie (confus à la fin).l\u2019amphithéätre de notre école est la scène des maintes délibérations.Le cas semble important et la situation grave.qui de nous | tous n\u2019a pas deviné qu'il s\u2019agissait d\u2019élections.Grâce aux moyens hygiéniques et sanitaires dont s\u2019est pourvue à l'école, l\u2019aseptie a banni la cabale \u2014du Marius trop éclatante \u2014, et l\u2019antiseptie a détruit tous les germes de corruption électorale.Voici donc pour le conseil de cette année la liste -des -élus+ Prés.: M.Clément Proulx.Vice-prés.: M.Philippe O\u2019Brien.Sec.-trés.: M.Chs.-E.Décary.Représentants des différents cours: Médical primaire: M.Rosario Filion.Médical final: M.Chs.-Henri Ouellette.Chimie primaire : M.Paul Arcand.Chimie final: M.Donat Bergeron, Pharmacie pratique: M.Robert Charbonneau.Chimie analytique: M.Germain des Trois Maisons.Rotanique : M.J.-Emmanuel Roy.Porte-Drapeau: M.Cléroux.Maitre de Chapelle: M.Jean Hé- bert.Aviseur: M.J.-Paul Senez.À ceux-ci nous offrons nos félicitations.Ils ont comme nous le feu de la science (confus plus bas).Les étudiants de l\u2019école de Pharma- cie\u2014Galieu et Hippocrate en herbe,\u2014ont renouvelé à leurs professeurs, le désir de profiter de leurs cours et de fournir au gouvernement, l\u2019occasion de délier les cordons de sa bourse.Deux anciens de l\u2019école ont ouvert la vie.Suivons-les car ils (Messieurs Barré et Labarre) ont fait leurs preuves.Les 1925-26 ont déjà commencé dit-on, (confus notes plus haut) : les étincelles jaillisant au choc de leurs idées occasionnent chez nous des incendies que les pompiers savent heureusement arrêter à temps.Pierre RADINE, N.B.\u2014N\u2019oubliez pas le 17.Qu\u2019y a-t-il?Venez à la parade, l\u2019Ecole a des surprises.mm ts FACULTE DE COMMERCE À peine de soleil du succès s\u2019était levé sur la \u201cRafinerie Armand\u201d (soeur du \u201cRestaurant Lavallée\u201d).qu\u2019elle enrégsitrait deux éclipses.l\u2019une partielle, l\u2019autre totale.Armand, que rongeait sans pardon la nostalgie de la lumière, ferma ses portes plutôt que se résigner à vivre dans l\u2019ombre.\u201cQuelle sottise ! geste!\u201d Aussitot, des astronomes irrités se mirent & scruter le firmament économ.que pour trouver quelle planète auadcieuse s'était interposée, entre la Rafinerie et le soleil.Après bien des calculs savants, l\u2019on découvrit que c¢\u2019était la \u201cTechnologie\u201d.Oui, mais quel On fit rapport à Armand qui tomba, dès lors, dans une furie voisine du délire.Paul O., (conseiller bell'queux qui eut la malchance d\u2019être élu par acclamation).prévoyant que l\u2019éclipse devait s'éterniser, acheta le stock de banqueroute et organisa un Magasin à suceurcales multiples.Nous attendons son prochain bilan.l\u2019endant cette crise économico-as- tronomique, Teddly, qui plane au- dessus des misères humaines, s'était oublié à lire les exploits de Cyrano de Bergerac.Peu à peu, Rostand \u201cinsufila\u201d en lui.l'âme du héros.I lui manquait Je nez! Le confrère Leroux.sympathique comme toujours, se chargea de lui enfaire.pousser un, dans-une pratique de rugby ! Un beau matin, \u201calors que les feuilles tombaient avec la grâce du vol\u201d, le Cyrano de la rue Viger entre en scéne 'amec.et le nez épanouis, Il avait eu soin, cependant.\u201cde lui faire faire un petit parasol, de peur que sa couleur au soleil ne se fane !\u201d Notre héros était complet.L'âme, le nez.Mais où donc est Roxane ?les confrères de 3e année s'at- tenaient bien à da voir, lors de la vocation de Teddy à sa \u201crotisserie\u201d des poètes\u201d.Illusion.Notre Cyrano savait qu\u2019il y aurait, parmi ses amis, trop de Christians désireux d'aller \u201ccueillir le baiser de la gloire\u201d.La solidité du balcon aurait été grandement compromise ! Néanmoins, fa fête fut fertile en \u2018petits incidents que chacun veut garder pour lui-même et n'ose pas livrer à la commère trop bavarde qu'est la chronique.Seul, Armand D.ne put retenir son émotion, et, dans un style à part, vida le trop plein.de son ame, devant ses confrères surpris de tant d'expansion.GERARD L.CHRONIQUE DES SCIENCES Autour des grands événements, qui bouleversent le monde, il paraît naturel de trouver une foule de commentaires.C\u2019est ainsi, qu\u2019après la dernière guerre, on nous annonçait par des oracles infaillibles, pour un avenir prochain, une guerre dite guerre chimique.Ce n\u2019est pas mon intention de faire ici une dissertation sur la possibilité d\u2019un tel fléau.Non.Je veux simplement noter certaines observations, qui sont à peu près LE QUARTIER LATIN, JEUD], 1S OCTOBRE 1925 celles des nouveaux élèves de laboratoire et qui peuvent rappeler à l'esprit de plusieurs cette prophétie déja vieille de quelques années.Je crois bien, en outre, que si les alchimistes avaient jadis mauvaise réputation, ils le devaient moins à leur propre caractère qu\u2019à ceux des corps de la nature Ainsi, on a beau avoir l\u2019air doux et avoir un coeur tendre, il est très difficile de s\u2019attirer des regards syinpathiques, quand on manipule le gaz odorant de l\u2019acide sulphydrique.Dans une application à la guerre, cet acide ferait le charme des camps où on l\u2019emploirait, quant aux ennemis ils ne pourraient que gémir et se pincer le nez.De même pour le chlore, que l\u2019on dit très soporifique à l\u2019état de chloroforme et encore beaucoup plus à l\u2019état pur.On ne conseille à personne d\u2019en faire un usage quotidien.Il est d'un intérêt vital de savoir qu\u2019on ne peut le respirer généralement plus que 3 heures durant.Il occasionne alors des maux de têtes, un engourdissement extraordinaire et plus souvent, dans un autre ordre d'idées.le paiement d'une prime à vie par les compagnies d'assurance.Enfin, à la liste de ces gaz dangereux, il faudrait ajouter le nom d'un acide bien connu parce qu\u2019il répand une odeur nauséabonde.Jacide valérianique, qui tire certainement son origine du nom gracieux de Valérie, est d'autant plus pernicieuse qu\u2019il n\u2019est dirce- tement caractérisé par sa senteur.De cette façon, il peut mettre au désespoir les plus patients d'entre les hommes.Joseph MILLETTE.FACULTE DE DROIT Les premiers froids semblent avoir tempéré quelque peu dars notre faculté les ardeurs politiques et universitaires, C'est peut-être le calme trompeur, qui précède la tempête ! Tout semble normal et les cours passent sans trop d\u2019incidents.Profitons de cette accalmie pour pénétrer dans nos salles de cours et y revoir quelques uns des principaux types, qui caractérisent toujours les futurs avocats.Entrons, si vous le voulez bien, dans le grand amphithéitre.Le cours va commencer, Le professeur n\u2019est pas encore entré; mais déjà une nombreuse et brillante jeunesse se presse dans cette grande salle.On Cause, on gesticule, on parle sans se fâcher des évènements politiques de la veille; on se passe des journaux de main en main.Des amis s\u2019interpellent d\u2019une extrémité de la salle à l\u2019autre.C\u2019est alors qu\u2019on reconnait aussitôt dans ce tunulte l\u2019imposante phalange des \u201ccodivores\u201d disséminés ça et la.Ils ne parlent pas, ils se re- oueillent.Présents à tous les cours, l\u2019un écrit constamment sans lever la tête, l\u2019autre feuillette assidüment son code; celui-ci arrondit la mair sur son oreille, lorsque la voix du professeur se fait trop faible ; celui- là fait signe à un camarade.de se Toh TC NES PAGE SEPT taire; et tous, la bouche ouverte, intenti ora tenentes, presque debout comme des soldats, qui sortent la tête de la tranchée, happent les paroles, qui tombent.En manger:t-ils de ce bon Code, s\u2019en regalent-ils, les gourmands ! Ne les dérangez pas: ne les approchez pas.Quand ils craignent pour leur piture, les codivores sont féroces.Sur d'autres places s'installe avec moins d\u2019ostentation la jeunesse paisible et travailleuse.Le professeur arrive.Le voilà, qui entre avec sa simarre de juge.Les applaudissements traditionnels éclatent et s\u2019éteignent avec les murmures.Le cours commence.C\u2019est là qu\u2019entre en vedette la physionomie du dormeur.S\u2019installant comme 11 faut, le dormeur invétéré s\u2019endort toujours si profondément qu\u2019il risque sans cesse de se réveiller dans une salle déserte et solitaire, abandonnée de Dieu et des hommes.A cet être inofiensif, fous conseillerions d\u2019avoir la prudence de prier son voisin de le réveiller à une heure fixe, ou de se mettre un réveille-matin dans sa poche.Le dormeur?C\u2019est ce personnage paresseux et réveur, qu'on rencontre partout avec un code labouré de coups de crayon, et dont lu reliure avachie, ne tenant plus que par un fil, prend la forme d'un vieil éventail.Disons maintenant un mot de ce personnage détestable qu\u2019est le perturbateur.Embusqué dans un coin il guette la plus futile cause d\u2019interruption, prenant pour prétexte les rappels à l\u2019ordre du professeur ou de l\u2019appariteur pour tambouriner avec son crayon sur sa table, Ce monsicur qu\u2019on rencontre surtout dans les facultés de droit est sans contredit le pire ennemi de l\u2019étudiant sérieux et travailleur.Il va sen dire que ce personnage suffisant, qui étudie tout dans des tableaux synoptiques, a toujours ce qu\u2019il y a de plus simple comme manuel.Il emploie généralement un résumé du résumé.Jean DENECHAUD FACULTE DE CHIRURGIE DENTAIRE Le temps est à la pluie, à la neige, au vent, aux feuilles qui tombent, le temps est triste, c\u2019est l\u2019automne.Et pendant que la nature nous offre un spectacle aussi mélancolique, nous perdons une plume, une bonne plume, une plume gaie, facile et bien littéraire, une plume qui a généreusement laissé couler son encre pour remplir assidûment cette colonne, réservée à notre faculté.En effet, des circonstances incontrôlables et impérieuses forcent à la retraite, celui dont les écrits nous ont constamment intéressés depuis quelques mois.Pauvres amis, son inévitable successeur se sent bien mal à l'aise devant l\u2019immensité de la tâche qu\u2019il entreprend, mais d\u2019un autre côté, il est rempli de courage par la pensée agréable qu\u2019il vient tout de suite après un modèle, et qu\u2019il s\u2019en servira\u2018 comme tel.fé \u2026.CHRONIQUE UNIVERSITAIRE # CHRONIQUE DE L\u2019ECOLE.DE Toutefois, je craindrais d\u2019avoir fait un gros péché, si, au nom de tous, je ne lui exprimais la reconnaissance que nous lui devons, et si je ne l\u2019invitais dans la mesure de ses loisirs, à revenir à la chronique.\u201cGrand merci donc, monsieur Geoffrion, vous nous avez dignement représenté au \u201cQuartier Latin\u201d, et si dans les semaines qui vont suivre, la bonne idée vous venait de vous faire lire de nouveau, soyez assuré que ce sera avec enthousiasme, que nous dégusterons les délices littéraires que vous voudrez bien nous offrir.\u201d CRIQUET.LE TEMPS Le temps fuit comme une feuille le long d'un ruisseau.Vous les voyez passer l'un et l\u2019autre et se diriger insensiblement vers un cours d\u2019eau plus considérable.C\u2019est en vain que la chétive feuille essaye de se retenir à un fragile brin d'herbe ou à une paille desséchée, le courant la pousse sans cesse.Sans cesse elle approche du gouffre fatal.Elle sent déjà que sa marche est de plus en plus rapide, et plus elle approche de la redoutable chute, plus elle voudrait se retenir, au moins quelques instants, pour jeter un demier regard sur ces vastes champs dorés, sur ces arbres verdoyants, où jadis elle était suspendue parmis ses jeunes soeurs.Hélas celle ne les reverra plus jamais.Adieu toutes ces douces visions ! Mainement le ruisseau est devenu torrent: ses eaux roulent précipita- ment et se bousculent dans un désordre vertigineux.La pauvre feuille se heurte contre les écueils de tous genres et se déchire: c\u2019est un dernier combat pour la vie.I est trop tard.Tout s\u2019abime dans Je gouffre béant, et de feuille il n\u2019y a plus aucune trace.Telle est la vie.Toute notre jeunesse, c\u2019est un ruisseau paisible; tout est rose ; les plaisirs nous poursuivent et aucun souci ne nous préoccupe.Nous nous attendons volontiers à cueillir ces frivoles jouissances qui se présentent sur notre parcours.Nous disons sans cesse: \u201cL'avenir est encore loin\u2019, Mais bientôt le ruisseau devient plus rapide et se change en un torrent impétieux: c\u2019est l\u2019âge mûr et bientôt la vieillesse.Alors seulement, on comprend que la fin est proche; - ou tâche de retarder de quelques moments l\u2019arrêt fatal, prononcé contre soi.On se cramponne avec désespoir aux derniers instants qu\u2019ib nous reste.Peine inutide! L'\u2019abime: est là, terrible, écumant; il nous réclame.Nous y tombons, sans méme nous en apercevoir, tant est grande notre illusion! Yvan d\u2019Esseval A propos de la chute du dernier cas.binet Briand, dans la \u201cLiberté\u201d du 20 mai sous la signature d\u2019Aymard: \u201cLa Chambre de 1914, le Parlement: de la victoire, assistait stupéfait et: humilié, à cette décevante succession; de discours énergiques et de volontés chancelantes.Erreur, cher confrère.Ilne faut.pas: confondre la Chambre bleue -hori£on\u2019 avec la \u201cChambre de trahison\u201d.\u2019 PAGE HUIT LE QUARTIER LATIN, JEUDI, 15 OCTOBRE 1928 FRAGMENT (Début du Chant de l\u2019Aigle-Rouge ; extrait de \u201cA travers les Vents.\u201d) C\u2019était Age puissant oli, loin des races piles, Au milieu de chansons guerrières et de räles, Formidable ct couchée entre deux océans, L'Amérique du Nord enfantait des gcants.Sa nuque reposait sur les glaces du pôle ; Te soleil qui flambait parmi ses cheveux verts À peine attiédissait la chair de son épaule.Et le corps monstrueux d\u2019un nouvel univers Remuait dans ses flancs mouillés par la tempête.Et les forêts étaient les cheveux de sa tête.11 orien, Alors les cariboux marchant dans les roseaux Y prenaient par surprise une troupe d'oiseaux, T£t des bancs de harengs, au temps des saisons neuves, Iuisaient tels que des raies de soleil sur les fleuves ; Le grand aigle de mer qui rasait les sapins Taisait courir son ombre au penchant des collines, Fit l'aurore emplissait l'oeil rouge des lapins Dans les buissons croisés comme des javelines, Têt l'on voyait passer des hordes de bisons Comme un épais flot noir au fond des horizons.11 Le buffle et l'orignal hondissaient dags les plaines.Cn IE Les chevreuils au dos mince et leurs femelles pleines Broutaient sous le feuillage où filtre le soleil.Et les bouches des fleurs ouvraient le ciel vermeil.Ou.sifflant au travers des herbes dentelées, Le vent nocturne aux veux troubles, aux cheveux bleus.Avec un pied géant courait dans les vallées ; Et les grizzlis sortaient de leurs rocs anguleux.Cependant qu'un parfum intense d\u2019épinettes Au plus creux des ravins affolait les rainettes.IV Tout était grand.Les coeurs battaient en liberté.BE La force était la soeur de la virginité.Les enfants de ces bois, les fils de la nature A l\u2019épaule guerrière, érigeaient leur stature Au milieu des buissons qu\u2019ils ouvraient de la main.woe La terre au sein fécond chantant à pleine gorge.Un mâle enthousiasme enflait le coeur humain ; t tous les animaux dont la forêt regorge S\u2019unissaient à la voix des hommes triomphants Dans l'ivresse «le vivre et d'être des enfants! ROBERT CHOQUETTE.LE PLUS BEAU VOYAGE D'ABUNDIUS COCHEMOUCHE \u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 Abundius depuis 39 ans donnait des cours privés, préparant des élèves au brevet, Son dévouement et sa répugnance à voier l\u2019avaient pratiquement laissé pauvre.Cependant le 2 octobre dernier.ayant constaté dans son budget un léger surplus, il résolut de faire une folic.Toute la soirée il prépara.graissa, astiqua.caressa son vieux sedan (modèle 1915).Le 3 au matin.à 5 heures précises, n\u2019y pouvant plus tenir, il sauta du lit en sifflant, apprit à sa femme qu'il avait donné congé à ses élèves ct qu'il était libre.En mari soumis il demanda à son auguste moitié si elle aimerait un petit voyage en auto.Ravie en Vembrassant, elle lui dit: \u201cCher gros bêta, que t'es fin: allons à Mont-Laurier?ça me permettra de voir ma soeur Justina et toi tu pourras entendre Bourassa demain.A 8 heures ils partirent.A midi ils dinèrent de gâteau et de lait, repartirent gais comme jamais.io.Va n- v elle, trouvant de l\u2019esprit\u2026 ct lui.la trouvant assez jolie.en che- Veux, avec ses joues rougies par le vent.Pas une panne.Abundius calculait qu'en couchant chez l\u2019amie Justina, son surplus suffirait juste au voyage.Mais le soir vint.Se trouvant dans un village assez voisin de Mont-Laurier, ils avisèrent une maison, la seule.où se lisait: chambres à louer, Fatigués, (à GO ans on se fatigue vite) ils durent se résoudre à passer la nuit là.quitte à atteindre Mont-Laurier le lendemain matin.Cela gâtait le voyage d\u2019Abun- dius; il lui faudrait emprunter pour le retour.Et puis cette chambre, pensa-t-il, va me coûter d'autant plus cher que c\u2019est Christophe Ganuge qui la louc.Je l\u2019ai bien reconnu; c'en est un à qui J'ai refusé mes leçons à cause du manque d'aptitude.Pourtant il n\u2019a pas l\u2019air de me reconnaître! Je suis changé, c\u2019est vrai; j'ai une barbe maintenant et il a neigé sur ma tête.peut-être que.Le lendemain, à l\u2019heure convenue, Christophe vint très \u201d poliment les éveiller.Au moment du départ Abundius demande la note Ça ne coûte rien, cher monsieur ; à tous les ans, le 3 octobre, je fais la même surprise à ceux qui par hasard ont pris une chambre ici.Vous vous demandez pourquoi?Eh bien, voici: quand j'étais jeune, mon oncle, un richard, voulait absolument faire de moi un avocat; je me laissais conduire mais je ne me sentais aucun goût pour l\u2019étude,.I! me donna, comme professeur un certain Abundius Cochemouche qui doit demeurer encore à Montréal.Celui-ci au bout d'un mois, le 3 octobre, me prit & part et me tint à peu près ce langage: mon cher Christophe vous êtes un cerveau bouché, oui.oui; vous n\u2019êtes bon tout au plus qu\u2019à cultiver la terre ou a louer des chambres.vous perdez ici votre temps et votre argent.Je rapportai ces paroles à mon oncle; il me retira et me voici.faisant ce que le professeur mn'avait dit, heureux comme il est presque impossible de l'être.C'est en souvenir de cette bonne parole que.J'espère toujours que quelques uns (le ses amis ou connaissances de passage ici lui apportent le témoignage de ma reconnaissance pour son acte désintéressé.Abundius, les larmes aux yeux, sans dévoiler son identité, lui an- prit qu'il connaissait bien le professeur et qu'il serait bien ton- ché.très touché.De | la première fois de fait c'était sa carrière qu'il avait pour sa franchise et sa droiture une véritable récompense.de sorte que le vieux couple fut unanime, au retour, à constater qu'avec leur voyage de noce, c'était leur plus beau voyage.Paul-Alfred 1; EAUMONT.Une comédie par les Etudiants de l\u2019Assomption Worcester, 8.\u2014Le club dramatique du collége de l'Assomption prépare en ce moment une comédie en un acte.de Eugène Labriche, intitulée \u201cLes Deux T'imides\u201d.Cette \u201co- médie sera représentée la semaine prochaine à la salle du collège, Cette représentation est en l'honneur de la visite au collège du .R.Père Gervais Quesnard, A.A, de Rome, supérieur général des As- somptionnistes, Le Rév.Pére Quesnard est ac- tucHlement en visite au noviciat de l'Ordre, au Canada.Il doit arriver ici vers la fin de la senttine, accompagné du Rév.Père Sérieux, supérieur du collège.Les répétitions de la comédie sont sous la direction du Rév.Polyeuc- te Guissard.Prennent part: MM.Jean-Lucien Leblanc, '26, de Gardner: Georges Trudeau, °27, de New Bedford; Frédéric Dupré, 28, de Brockton ; Robert Desautels, 27, de Winooski, Vt.; Montcalm Richard- Tessier, *29, de Woonsocket, R.1.Ce journal est imprimé par la.Cie: Marchand Frères, Limitée, 53%.ruc Craig Est.i N ous avons un lot spécial de COMPLETS À Z PANTALONS qui semblent faits spécialement pour les étudiants.Elégants, durables.Tous avec deux pantalons a et le prix n'est que.Dupuis Frères - LE AGAIN DU FPEUFLE Elle vous conduit e¢ Vous ramène votre gré En plus de ses tramways commodes et rapides, la Compagnie des Tramways de Montréal a maintenant des autobus qui se rendent à Lachine et d\u2019autres qui circulent sur la rue Sherbrooke et le Boulevard LaSalle, de Lachine à V erdun.On peut aussi, par ces belles journées d\u2019aulomne, se rendre commodément a la campagne, pour un déboursé des plus modestes.La Compagnie des Tramways de Montréal Au rez-de-chaussée.CANADIEN | CROIX D'OR LE MEILLEUR GIN Fabriqué a Berthierville, Qué.sous la surveillance du Gouvernement Fédéral, rectifié quatre fois et vieilli en entrepôt pendant des années.TROIS GRANDEURS DË FLACONS: Gros 42 onces\u2014Prix $3.80 Moyens 26 \u201c \u2014 \u201c 255 Petits 10 \u201c \u2014 \u201c 110 The Melchers Gin & Spirits Distillery Co., Limited \u2014 Montréal DISTILLERIE A BERTHIERVILLE air SIONTHLAL (Comat LE LAIT Montreal Dairy Company Limited ouvre un département du lait pour la vente a domicile.Appelez EAst 3000* \u2014 32, BOULD DE.LA BASTILLE, ROUGIER FRERES 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lui-même.en face de quatre nous parlent de ce Il peut paraître curieux d'associer 4 ces trois romans le volume de M.Dalbis, Nous verrons qu\u2019il rentre facilement dans les Nous voici oeuvres qui A cadres.Le titre de l'ouvrage et le nom de l\u2019auteur, homme de science reconnu, auraient pu laisser croire que M.Dalbis voulait nous parler de géologie, ou, tout au moins, de géographie.Mais le Bouclier cana- dien-français n'apparaît que conne un symbole.Il sert de prétexte à Fauteur qour décrire le Canada sous les deux dominations.C'est la première partie du livre.Je relève dès début du livre, une erreur que j'ai aussi relevée dans un autre auteur français.AT.Dalbis donne la date de la découverte du Canada comme 1524 M.l'abbé Lucien Vigneron qui visita l\u2019Amérique en 1885, publia.chez Plon.en 1887, une relation de son voyage où, entre autres détails pit toresques, il commet la même erreur de date, La seconde partie est en- tiérement consacrée à Maria Chap- M.Dalbis reconte briève- brève carrière de Louis Tlémon, nous montre les sources de l\u2019oeuvre, les personnages réels que l\u2019on voit dans le roman sous leurs noms figurés.TI rappelle aussi, détail qu'on oublie trop souvent.qu\u2019on ignore même \u2014 et chez nous, encore \u2014 que Maria Chapdelaine, après sa parution dans le Temps, eut une édition canadienne, ornce de dessins de Suzor Côté, dessins qui enrichissent encore la traduction anglaise de Sir Andrew Mac- phail.Un autre chapitre nous fait voir ce que serait le roman de Louis Hémon si on l\u2019adaptait à l\u2019écran au goût de chacun.Suit un parallèle entre Maria Chapdelaine et Colctte Beaudoche.ici le delaine.ment la L\u2019impression que l\u2019on retire de ce livre est que M.Dalbis nous a compris.Mis, par sa charge de \u2018professeur, en contact avce ceux qui représentent une des plus belles parts de l\u2019effort de notre race, et avec la jeunesse étudiante qui.demain, aura sa place dans ce méme monde, il a pu voir une infinité de choses qui restent cachées au voyageur pressé et accapparé par le monde officiel.Il a saisi quantités de secrets que nous avons l\u2019habitude de garder jalousement en présence de l\u2019étranger.En maintes circonstances l\u2019auteur eut l\u2019occasion de dire tout le bien qu\u2019il pensait de LE QUARTIER LATIN, JEUDI, 15 OCTOBRE 1925 See 25% 15552525 NSD AAPA NPP I PPP L090 05558 55500000000 000000000 0D PAG PAGE NEUF PPP PPP POP PPP PPS 0029255 5580855500000 0G 00 NNN INDIO LITTERAIRE $0005 GS om, 0005008 00 0000000000 SL 0 So 00S SoS SSG O GOSSES GOSSES SCO SOS SOS SOS See eat aie OPAPP ERE E triads AU PAYS DU ROMAN L.-J.DALBIS.Le Bouclier canadien-français, (Déom) LAURE CONAN, La Sève immortelle.(l'Action française).R.P.DUGRE, La Campagne canadienne.(Le Messager).HARRY BERNARD, La Terre vivante, (l'Action française).nous.Son livre est une partie de ce qu'il a dit.M.Dalbis aime Maria Chapde- laine.C\u2019est son droit, comme ce fut le droit pour d\u2019autres d'affirmer que ce roman de colonisation ne nous rendait pas justice.Il s'applique à démolir l'argumentation des tenants de cette thèse.Démolir est peut-être trop fort, mettons infirmer.Ma foi.il y réussit assez bien.J'apporterai moi-même un argument à ceux déjà donnés par M.Dalbis.Il n\u2019y a pas de plus beau témoignage en faveur d\u2019un roman que l\u2019approbation de ceux qu\u2019un a mis en scène où dont on décrit la vie et le pays.Mes parents avaient acheté, dès sa publication.un exemplaire de l'édition canadienne.Mat mère, née dans la région du Lac Saint-Jean.à Chicoutimi.alors que.cette ville, aujourd hui florissante.n'était encore qu'un modeste village, avait vécu la vie des personnages de Maria Chapdelaine.Avec.quel plaisir elle revoyait ces coutumes, ce genre de vie dont sa jeunesse avait été remplie, Elle en pleurait.Elle nous lisait de longs extraits.entrecoupant sa lecture de détails qu\u2019elle soulignait de souvenirs évoqués à lecture de ces pages qui projetaient devant ses veux les années disparues.C\u2019est insi que j'ai appris à aimer l'oeuvre de Louis Hémon, M.Dalbis consacre un chapitre au symbolisme dans Maria Chap- delaine.Louis Hémon, en Européen fort d'un atavisme intellectuel puissant, habitué au maniement des idées générales, a symbolisé dans son héroïne, l'âme ou la race cu- nadienne tout entière.Maria se sent appelée par deux voix contradictoires qui\u2018l\u2019appellent chacune de son côté.La terre la réclame, lc sol étranger l'attire.La voix de la patrie parle plus fort et l'emporte.I,e même problème sa pose à Jean LeGardeur de Tilly, le héros de La Sève immortelle de Laure Conan.Jean a été blessé à la bataille de la Sainte-Foye.A force de soins il re- | vient à la vie et apprend que la colonie est passée aux mains des Anglais.Le colonel d\u2019Autrée l'invite pendant sa convalescence.Il rencontre la fille du colonel et en devient amoureux.Ses parents voudraient le marier à sa cousine Guillemette.Les d\u2019Autrée doivent retourner en France et Jean, après bien des hésitations se décide à les suivre.Il veut aller dire adieu a ses parents avant son départ.Sa blessure s'ouvre et il doit rester chez lui.Il revient enfin sur sa décision, il restera, mais ne veut pas se marier.Guillemette, qui a refusé de s\u2019allier à un officier anglais, est désolée.Mais tout finit par s\u2019arranger.Jean épouse Guillemette et \u2018Thérèse meurt dès son arrivée en France.Nos romancières ont ur grand souci de la forme; plus peut-être que nos romanciers.Leurs récits sont des plus agréables à lire et la perfection du détail les occupe toujours.Par contre la solidité du fond manque souvent à leurs écrits.Laure Conan fit exception à la règle et plusieurs de ses romans feraient l'orgueil d\u2019un homme par la vigueur de la pensée qui s\u2019y déploie et la rigueur de sa mâle logique.La Sève immortelle couronnement à Cerivain.est un digne l\u2019oeuvre de cet On sait dans quelles circonstances pénibles fut écrit.M.Chapais dit dans sa préface.rien ce roman nous l\u2019ourtant ne parait des souffrances de Far teur.lu parfaite égalité de son stvle fait mieux connaître la grandeur de cette ame, qui méla si bien la délicatesse féminine l\u2019homme.le à la vigueur de On ne pouvait que faire un accueil sympathique à une telle oeuvre et toute Ja cr:tique lui décerna la louange à laquelle clie avait droit.On me permettra de fair: une remarque qui ne vise en aucune façon la valeur du livre.le roman se présente sous une forme typographique soignée.La couverture est gâtée par lhorrible effigie de Dollard de Georgette Lemoyne.Nous on pourquoi on a remplace dira-t- Dol- lard guerrier et fait en bravoure qui ornaut si bien les vieilles publications de Action Francaise.Ce Dollard efféminé, sans expression.à la figure allongée, émaciée comme celle d\u2019un phtisique n'a rien de bien artistique.L'autre disait quelque chose.Il avait de l\u2019allure et un cachet un peu plus estétique.11 avait, du moins quelque chose de mâle qui répondait bien à l\u2019idée que nous nous faisons du héros.Pourquoi l\u2019«Iction Française n\u2019y reviendrait- elle pas?ll ne faut pas exagérer trop l\u2019influence de Maria Chapdelaine sur nos romanciers, On avait déja dit à propos d'Un Cocur Fidèle de Blanche Lamontagne, que si elle n\u2019avair pas du Louis Hémon, elle n\u2019aurait pas écrit son roman.Ce theme de la désertion du sol répond trop à nos préoccupations nationales et sociales pour n\u2019avoir pas sollicité nos auteurs qui ont autre chose à écrire que de vagues idylles d'amour.Les deux oeuvres dont il nous reste à parier traitent.même sujet, ou à peu près, par des moyens différents.Dans La Campagne Canadienne, le R.P.Dugré, S.J., raconte l\u2019histoire d\u2019un médecin canadien, fils de cultivateur, établi aux Etats-Unis.Le père Dugré est un moraliste ct un sociologue.Il écrit, par surcroît, une langue forte et correcte.Il avouc n\u2019avoir pas voulu faire un roman; mais son récit est si bien et ménagé jusqu'à à la fin qu\u2019on est bien près d\u2019accuser le religieux de trop de modestie.On pourrait peut- être dire que le récit de certains épisodes, pas absolument nécessaires à la marche de l'action, l\u2019emporte un peu sur celui des faits principaux.Mais les cadres du roman moderne sont assez élastiques pour l'admettre dans les rangs de mans.nos meilleurs ro- Nous devons toutefois admettre que l\u2019auteur raconte plus pour édifier que pour le plaisir de nous faire Ire une belle fable.Le père Dugré est un des rares exemples parmi nos auteurs qui n'ont pas voulu terminer leur roman sur une apothéose.[1 voulait impressionner les gens, les laisser sous l'influence d'une bonne leçon.Aussi, renonce-t-il à recon- les deux époux que des a- sincères, contraires, leurs pays ont divisés, 11 montre le désastre moral où abou- cilie mours mais pour tit l'homme qui a, dans un moment d'égarement.renié religion.sit race et sa C'est sur une semblable impression que se terminent La Brière el da Terre qui meurt.Nos auteurs nous ont peu habitués à ces dénouc- ments dramatiques.Avec l'optimisme qui caractérise bien la jeunesse de notre littérature, il leur répugne de finir leur ocuvre sur un accord qui leur paraissait un peu dissonnant.Ts aiment mieux finir sur un accord parfait qui satisfait tout le monde.C'est ainsi que se termine La Terre vivante de Harry Bernard.Ephrem Brunet et Marie Beaudry se maricront, reprendront la terre paternelle et travailleront pour la grande gloire du pays.ct la grande joie des lectrices.Je ne voudrais pas passer pour avoir du parti-pris pour ou contre un auteur.Dans ma chronique de la semaine dernière je faisais un parallèle entre Harry Bernard et J.-E.Larivière.Mes préférerces allaient visiblement au premier.1! arrive que cette semaine, Harry Bernard nous offre un second roman qui rachètera sûrement la mauvaise impression que son Hon- me tombé pouvait avoir créée, Il faut d'abord féliciter l\u2019auteur d\u2019avoir pris en bonne part les critiques qu'on a faites de son livre pré- cédent.On lui avait reproché en premier lieu de n\u2019avoir pas assez soigné son style et son affabulation.On constate avec plaisir qu\u2019il n\u2019est plus besoin de le lui dire.Mais voici quelque chose de curieux.Je fais des éloges de son style, quand j\u2019enterds quelques malins me dire : \u2014\u201cMais ce n\u2019est pas écrit en français, ce livre-là ?Voyez donc le dialogue, c\u2019est du patois tout çà! \u2014AHons donc! La Brière pour être farcie de termes régionnaux et _agencé, l'intérêt, tellement soutenu incompréhensibles n\u2019en-a-t-elle.pas moins obtenu le grand prix du roman?Et d'ailleurs la réflexion vient mal-à-propos.Bernard fait parler ses gens tel qu'ils parlent dans la vie couraient avec les élisions et les corruptions de mot si fréquentes dans le langage du peuple ; celà fait quelque chose d'original et qui aide à pénétrer plus encore dans l'atmosphère où les événements se sont passé.Un don qu\u2019il nous fait toujours plaisir de rencontrer chez Harry Bernard, c\u2019est l\u2019observation.Aucun détail ne lui échappe.Chacun rentre à sa place.Tl n'y a plus cette profusion, ce fouillis que l\u2019on remarquait dans L'Homme Tombé.11 y à ici juste ce qu\u2019il faut pour nous intéresser.M.Bernard a fait de la botanique, celà se voit.Un peu trop peut- être.Depuis longtemps on se plaignait du fait que nos auteurs peuplaient nos campagnes d'arbres ou de fleurs inconnus sous nos climats.le frère Marie-Victorin les a justement ridiculisés et M.le chanoine Chartier vint à la rescousse.On a fait une réaction dans le sens contraire.[Encore un peu, Bernard nous donnait un cours de botanique.Abondance de bien peut nuire.C\u2019est ce qui est arrivé.Ceci est évidemment inspiré par un excellent motif.Mais on est allé trop loin.En somme La Terre livanté plaira et c'est justice, C'est un bel exemple de ce que peut faire le labeur méthodique d\u2019un homme qui veut faire beau.Des circonstances tout-à-fait spéciales ont peut-être contribué à faire de L'Homme Tombé une oeuvre où l'esprit mordant et satirique de l\u2019auteur se donnait libre cours.11 s'est amendé et l\u2019aigreur ne vient plus déparer sa production.Au contraire, on sent Bernard en sympathie avec son ocuvre.Il aime ses personnages.C'est à cette seule condition qu\u2019on fait oeuvre viable.Quand on voit qu\u2019un auteur se désintéresse.de ceux qu\u2019if a créés, qu'il les fait jouer devant nous comme un guignol quelconque devant un public que celà peut amuser, on peut soi aussi y prendre un plaisir momentané, mais le livre fini, l\u2019impression ne durc pas.On a conscience d\u2019avoir affaire à un farceur, ou s\u2019en défie, La sympathie toujours engendre 1a sympathie, Si l\u2019auteur pleure vraiment quand ses personnages pleurent, le lecteur sera lui-même ému.Un chef d\u2019oeuvre n\u2019éclot bien que dans l'amour.Henri Massis disait fort à propos d\u2019Anatole France: \u201cSeules sont fortes et originales dans leur forme les oeuvres qu\u2019une conviction profonde a inspirées\u201d.Louis LAURENT PERLE PERDUE Le 7 mars 1922, ce cri généreux de Monsieur le Sénateur Massabuau, lôrs de la discussion sur les loyers: \u201cIl ne faut pas qu\u2019un homme, qui * § à une veuve et des enfants et qui est mort, puisse voir sa femme et ses enfants privés d\u2019un droit \u201cqui lui appartient.\u201d Evidemment, cela, il ne Je faut.à aucun prix, PAGE DIX @@©@o@ ©0000 SACHEZ que du demi-million de citoyens qu'a perdus le Canada en quatre ans, deux cent mille sont partis de notre province.PENSEZ ce que signifie pour vous cet effroyable exode des nôtres.COMPTEZ les chances d\u2019établisse- ment et de succès, les clients que ce dépleuplement vous enlève.FERMEZ cette \u201cplaie béante qui est à notre flanc\u201d, 90000006000000000000000C00C00000000000000000000000060CC0CCCCCCOOCCOOOCCOCOCCCOCCCCCCOOÛ © ï 9 v , Lo CURE .t à ve Luin its ana Gi Tu ee, vdtabla 0 TOR ».LE QUARTIER LATIN, JEUDI, 15 OCTOBRE 1925 9 @ © © © 9 © Q © © © © 9 © © © © © © © © 9 © © © © © © © Q © .© © 9 © © © © \u201cLes statistiques (sur l\u2019émigration) sont effarantes.On ne les a pas exagérées; je crois même qu\u2019on est resté en deçà de la vérité.Tout homme qui a parcouru nos paroisses et nos provinces canadiennes a pu voir la plaie béante qui est à notre flanc, plaie par où s\u2019écoule notre sang le plus riche.Il est plus que temps de la fermer, cette plaie, d'arrêter le sang et de rendre au pays ses forces et ses énergies.\u201d (L\u2019hon.Es.-L.Patenaude a Saint-Laurent).À » L\"Honorable Es.-L.Patenaude \u201cPOLITIQUE CANADIENNE de protection sagement controlée; politique capable de stimuler la production, de retenir et de rappeler les nôtres; politique de bon sens qui sait que l'argent payé au dehors est perdu pour toujours, que celui dépensé au dedans demeure et fructifie sans cesse: politique humaine enfin qui commande à la nation, supportée par ses enfants, de les PREFERER AUX ETRANGERS\".Un vote pour le candidat de PATENAUDE est un vote pour le RAPATRIEMENT.LE COMITE CENTRAL CONSERVATEUR 120, rue St-Jacques, MONTREAL.PSS , EE 800000000000000000000C000CCVOCEOOCEOCEEOOECOCCEOOCLECO0C0EE EE Professionnels de demain Solo EBERLE oloololololololelollelOlC III OI OIA I) 54 make it.\u201d Et quand on aura ac- Depuis que l\u2019amour existe, on BE 1 a donné une foule de défini- #L, peu près la plus simple et la plus wrève: Aimer, c\u2019est souffrir.Les poètes et un grand nombre d'écrivains de tous les temps, ont dchanté de toutes façons les dou- 28 curs qu'on trouvait là même, &lans cette souffrance.Et Caru- su, à sa dernière apparition à xq \\lontréal n\u2019a-t-il pas dit avec toute l'excellence de son art et toute ;u force de son âme: \u201cSouffrir le mal d\u2019amour et de ses fièvres brülées, Languir et mourir peu à peu.Dans un baiser\u2014!\" Oui, tout cela est bien beau, 2 11ais encore faut-il savoir le comprendre et surtout, savoir souf- 0d 1 1ir.Les Anglais, à qui l\u2019on reproche 8 trop souvent d\u2019être froids, ont 4 pourtant une manière de dire cer- KA trines choses.Ainsi, à tous ceux qui veulent les entendre, et en particulier, à nous Canadiens trançais dont ils ne comprennent pas bien le caractère, ils s\u2019écrient volontiers: \u201cLife is what we cepté tout lc vrai de cette opi- mon, 1 scra facite d\u2019en faire be- neficier l\u2019amour, puisque \u201cl'amour, M c'est la vie.\u201d M ee ON Si aujourd'hui, on dit le monde i mauvais, croirait-on que ce inal B cat dû en grande partie à ce qu\u2019on # ne sait pas souffrir l'amour.C'est sa sensibilité qui est reine et mai- Lresse de notre pauvre tête, et on refuse à notre\u2019raison, unrôle-qui- lui convient et à elle seule.Que de malentendus, que de préjuges, que d'erreurs souvent irréprochables, nous sont venus de ce iait.Dans le siècle où nous tournors, ies gens vivent trop.par l\u2019imagination et la sensibinte; on en constate bien les eflets avec une certaine appréhension, mais cependant, on ne s'impose aucun sa- | crifice pour améliorer la situation.L'homme n\u2019a-t-il pas été fait pour vivre par la raison et par le coeur?La raison doit gouverner ct guider le coeur dans ses aifec- tions et lui donner de hautes aspirations.Au lieu de tout cela, ce qui intéresse le plus grand nombre, c\u2019est le désir de toutes les jouissances possibles, c\u2019est la sen- sualté.Oui, malgré que tant de plumes se soient épointées, malgré que tant d\u2019éloquence se soit déployée partout pour démontrer la souffrance comme la base de cette vie, on s\u2019obstine à ne pas vouloir souffrir parce qu\u2019on ne sait pas souffrir.Que l\u2019on choisisse à l\u2019unanimité, la raison comme maîtresse du logis, et que l\u2019on constate immédiatement la paix et le bien-être de notre coeur.Puisque nous avons admis que bon gré, mal gré, nous sommes destinés à souffrir, demandons- nous quelle est la mesure la plus sage en pareil cas.De deux choses, l\u2019une : Ou bien tâcher de nous étourdir, d\u2019oublier dans une vie mouvementée les vicissitudes auxquelles nous avons été condamnés.Ou bien, permettre à notre coeur de refaire le voyage de ce rui fameux qui cherchait un homme heureux.Ayant rencontré en route un pauvre gueux, L'AMOUR ET LA VIE dont il n\u2019espérait pas grand réconfort, le roi lui demanda ce qu'il souffrait dans la vie et ce qu'il en pensait.Et le gueux de répondre: \u201cLa vie est bien bonne, j'ai tout ce qui m\u2019est nécessaire et ic suis satisfait.\u201d Le bonheur serait donc dans le contentement?Et tout notre malheur viendrait de ce que l\u2019on n'est jamais satisfait, jamais rassasié ?Finie donc pour l\u2019homme raisonnable, cette course au honheur dans le char des plaisirs et des jouissances insensées; il acceptera la vie et l\u2019amour avec leurs souffrances, et peu à peu, il s\u2019acclimatera à cet état, peu à peu, il deviendra un homme de coeur heureux, car il aura suivi les aspiration contrôlées de sa raison.Aimons, mais exigons moins de l'amour.Il faut n\u2019accepter et désirer que ce que l\u2019on est en droit d'en accepter et désirer.Voilà ce à quoi on n\u2019a jamais voulu se soumettre, voilà la source de tant de larmes, voilà pourquoi on souffre tant.à ne pas vouloir souffrir la réalité.Ne sachant pas souffrir, on ne sait pas aimer.Soyons sages alors.soyons modérés dans nos désirs et nous aurons diminué d'autant les désastres de notre coeur.Le hasard peut nous offrir des déboires, mais pensons dans ces tristes moments, que nous pourrions en subir de plus graves, si nous n\u2019étions pas raisonnables.D.N.ALOR.\u2026 LA POLITIQUE \u2014 + Lettre d\u2019un étudiant à son ami ll est donc vrai que le délabrement de ta santé t'impose \"abandon temporaire des études.Je regrette avec toi ce dénouement nécessaire d\u2019une situation fâcheuse qui nous séparera forcément toute l\u2019arnée.La correspondance nous reste, ton- tefois, dont nous userons si tu le veux, pour le plus grand bien de notre amitié mise à l\u2019épreuve et de notre information.tan ta.oo] Si retiré que tu sois des centres à nouvelles, tu n\u2019es pas sans savoir que les élections fédérales ont lieu à la fin du présent mois.Tu voteras, j'espère, et conformément aux principes éclairés que nous avons puisés aux mêmes sources, À l\u2019Université, mon cher, non seulement on connaît la date des élections prochaines, non seulement on se propose d\u2019y voter; on a résolu, tout récemment, d\u2019y porter un esprit plus audacieux, et d\u2019y préparer, suivant la couleur \u2014 invariablement rouge ou bleu \u2014 de son opinion, la victoire de son vote, par le recrutement d\u2019autres esprits non moins fortement peinturés à l\u2019une ou l\u2019autre des deux nobles couleurs que tu sais.Je m\u2019excuse tout de suite, mon cher, de la grandiloquence spontanée dont se révet actuellement ma prose, si humble d\u2019habitude; je suis possédé par l'ampleur du sujet que j'aborde.Je ne saurais t'apprendre sans une certaine émotion la fondation de deux clubs politiques parmi nous.Peut-être préfères-tu, avec Socrate, rester éloigner de la politique, tout en voulant beaucoup de bien à tes concitoyens.J\u2019espére que tu n\u2019iras pas jusqu\u2019à condamner l\u2019exubérance juvénile et l\u2019ardeur\u2026 j'oserai dire.patriotique qui nous poussent présentement derrière les vieux drapeaux qui se disputent, de- pu:s si longtemps, le soin de l\u2019avenir du pays.S\u2019il t'arrive de songer que notre s¢ience du Code, de la Médecine ou du Commerce court un grand péril à se voir ainsi préférer.pour un temps, les salles enfumées des assemblées et les déplacements nombreux exigés par l'organisation \u2014 rouge ou bleu \u2014 qui nous paye, n\u2018oublic pas, je t'en prie, que notre science n\u2019en est pas à un péril près et qu'elle triomphe bien encore de la glorieuse incertitude des examens.Les partis, sans lesquels on ne gouverne pas, aujourd\u2019hui, ont besoir d'esprits intelligents et jeunes qui sachent lier leur indépendance au sort dun programme que l\u2019on ne comprend pas toujours très bien, mais auquel on se range maintenant par atavisme.Un grand effort de réflexion et de pérsonnalité est ainsi épargné à nos faibles cerveaux.Nous ne comptons pour rien.les fatigues et les nuits sans sommeil : les partis que nous servons ont des fonds \u2014 plus Fun que l\u2019autre, pa- raît-il \u2014, et les heures de cours offrent des facilités incroyables de paisible repos.H nous suffit, à défaut d\u2019une importance politique réelle\u2014nous restons, hélas! les étudiants \u2014, de pa- raitre tenir un peu entre nos mains les destinées de notre grand pays.Le mal que nous nous donnons pour atteindre pareil résultat nous rend peut-être que:que peu ridicules ce- vant certains éducateurs ; nous n\u2019en avons cure, La masse nous regarde d'un oeil sympathique, parce que, en dépit de tout, peut-être du Dieu même de la masse, nous continuons d\u2019être ayeuglément, de bruyants \u201crouges ct de tenaces \u201cbleus\u201d.Je suis, mon cher, Bien à toi, TESDIS AUTRE REFLEXIONS UTILES MM.les étudiants de la faculté de Commerce de l\u2019Université de Montréal, que vous le vouliez ou non, vous n\u2019êtes tous que de vulgaires Juifs: Eh oui! Des brutes sans principe, sans foi, sans idéal ; ou plutôt vous n\u2019avez qu\u2019un principe, qu\u2019une foi, qu\u2019un idéal dont vous faites votre vie, l\u2019or.Puisque vous avez l'intention de travailler dans un but de bénéfice, puisque vous étudiez le commerce, vous prenez cette tournure juivo-américaine qui consiste précisément à limiter votre champ d'action à l\u2019entassement personnel de biens plus ou moins justement acquis.Eh bien, il est toujours temps de réagir et de vous débarrasser de ce vil idéal: money, money, money, qu\u2019on entend proclamer à tous les dix pas sur la rue, dans les salles publiques ct jusque dans nos institutions soi-disant de sciences et de raison.Faites votre examen de conscience.Votre professeur de mathématiques ne se montre-t-il pas excessivement sévère pour la véracité de vos chifrfes, de peur qu\u2019un jour, vous n\u2019omissiez de charger un pauvre sou à un client?Money, money, money! Votre professeur de comptabilité est un rustre qui prétend que le prix de vente doit être plus élevé - que le prix de revient et que Je comptes de Pertes et Profits doit accuser un surplus créditeur.Money, money, money! Et votre professeur d\u2019économie politique qui vous enseigne que l\u2019homme a des besoins à satisfaire et que pour cela il doit produire et accumuler des richesses.Money, money, money! C\u2019est le cri qu\u2019i!s ont toujours à la bouche; honte à vos professeurs, honte à vous- mêmes ! Il est grandement temps de réagir; appliquez les freins, faites marche arrière.Abandonnez cette carrière abjecte et dirigez- vous vers les études longues et pénibles d'une profession quelconque; demandez conseil à M.Jean Panet-Raymond.Pourquoi pas la médecine.C'est long; ça dure six ans.Dépêchez-vous, car cette mentalité mercantile s\u2019infi!- tre chez vous avec l'influence étrangère qui tend à vous subjuguer.De grâce, laissez aux étrangers le soin de faire de l'argent.Qu\u2019en avons-nous besoin, nous de race canadienne-française?Nous pouvons facilement nous passer de ce vil métal: n'ambétionnons point les hautes sphères du pouvoir commercial ou industriel, conten- tons-nous de gravir les sommets de la pensée.Qu'importe que nos universités boitent misérablement, qu'importe qu'elles peinent et qu'elles souffrent faute d\u2019aliment pécuniaire.qu\u2019importe que nous manquions d'hôpitaux, de bibliothèques, de musées, qu'importe les nécessités, les douceurs de la vie, M.Panet-Raymond y pourvoira peut-être ! Ne dites pas que nous ne pourrons posséder des savants consciencieux, de véritables intellee- tuels qu\u2019en autant que nous serons réellement désintéressés, parce que nous aurons de l\u2019argent, M.Panet vous traiterait d\u2019ambitieux.N\u2019essayez pas d'in- sinner que l\u2019enseignement du commerce, de l\u2019industrie de la îi- nance font partie de l\u2019engrenage universitaire et que ce sont là trois dents d\u2019un même pignon qui concourent avec les autres à faire tourner régulièrement ct sûrement l\u2019énorme machine, vous ferez rire de vous.Surtout, ne venez pas prétendre que la société douée des qualités nécesaires pour faire avancer le pays vers le progrès devra posséder la richesse, M.Raymond sera obligé de le.reconnaître ! Paul-Emile THERIEN.Le Cercle Colin de l'A.C.J.C.La vie de l\u2019A.C.J.C., à l\u2019Université est reprise.Jeudi dernier, le cercle Colin tenait sa première réunion et avait le plaisir de se voir accru de plusieurs nouveaux membres venus de presque toutes les Facultés, ce qui est un excellent augure pour l\u2019année.Les portes restent toujours ouvertes à ceux qui désirent se joindre à nous, tout spécialement ceux qui, lors de l\u2019immatriculation, ont inscrit, sur leur fiche, l\u2019A.C.J.Cau nombre de leurs activités, Nous nous empressons de leur rappeler que l\u2019Université possède en son sein un Cercle qui sera heureux de les accueillir.Nous n\u2019entendons point par là faire une concurrence déloyale aux autres cercles de la ville, 'mäis:il semble logique qu\u2019un.cér- -N PAGE ONZP cle universitaire convient particulièrement à des universitaires.Que ce mot n'\u2019aille cependant pas faire croire à de l\u2019exclusivisme en ce sens que les questions étudiées ne traiteraient que de spécialités professionnelles sans rapport avec le programme de l\u2019Association.Non pas, sintplement nous \u2018tâchons que chacun cherche, dans la spécialité qu\u2019il étudie, un sujet d'intérêt général touchant notre développement intellectuel ou notre vie morale.Et comme Vin- telligence et la morale ont leur part partout, nous ne manquons jamais d\u2019en trouver.Donc laisser à chacun le soin d\u2019exposer le sujet qui lui plaît (mous y insistons); médecine, droit, sciences physiques, économiques ou sociales, philosophie, apologétique, dès qu'il pourra et saura en tirer des conclusions utiles à tous; c'est le programme de notre cercle.Programme large qui risquerait peut-être en d\u2019autres lieux de dégénérer et de se traduire en travaux vagues et dépourvus d'intérêt, mais dont la largeur devient pour nous -\u2014 le passé l'a prouvé \u2014 une source féconde d'intérêt.Plutôt que de nous battre parfois les flancs devant une étude dont le titre nous avait été tranché à l'avance dans un programme imposé (comme ces descriptions de nuit d\u2019hiver qu'on nous demandait au collège alors que nous étions en mai) nous laissons à chacun liberté d'inspiration et de pensée, quitte à être ramené à l\u2019orthodoxie par notre aumônier.La prochaine réunion aura lieu le jeudi 22 octobre.Une étude sur le Spiritisme, l'Hypnotisme et tout autre isme ejusdem farinae y sera donnée par M.l\u2019abbé Pi- neault, notre aumônier.Question fort discutée de nos jours et dont, chaque mois ou chaque semaine, les revues de France et d\u2019ailleurs nous apportent les échos, elle ne saurait manquer d\u2019intéresser tous les membres et tous les autres qui voudraient se renseigner.En effet le cercle est ouvert à tous les étudiants, membres ou non, qui désirent avoir quelque lumière sur le sujet et il en sera ainsi toute l\u2019année.Voilà qui surprendra peut-être ceux qui nous considèrent comme un petit cénacle où l\u2019on se donnerait de l\u2019encensoir à travers le visage.Une couple de nos réunions suffirait a leur donner une autre idée de ce que nous sommes.Le chroniqueur, Philippe MONPETIT.ERREUR Nous avons publié dans le dernier numéro du \u201cQuartier Latin\u201d une poésie de Gabriel Tristan Franconi, extraite d\u2019une étude de: M.Henri Girard.À la façon dont les deux signatures étaient placées sous la poésie, on pouvait conclure que Gabriel M.Girard Nos lecteurs voudront bien excuser cette erreur presqu\u2019impar= donnable, mais dont nous ne sommes pas entièrement responsables.a, LA \u201cREDACTIO Be, a, net Tristan .Franconi était le pseudonyme de- PAGE DOUZE LE QUARTIER LATIN, JEUDI, 15 OCTOBRE 1925 CHRELCOOM CESSER AGO LE LT LESTER OETA RR ES ns LA MUSIQUE {I NCES ci Ë HO OO LOS SO \" A l\u2019Université Ene Cette année, comme par le passé, nous tenterons une réorganisation du Corps de Musique.Ce qui paraît facile de prime abord est plus compliqué quand on examine sérieusement les conditions requises pour la réussite de ce projet.Iles sont assez nombreuses et il faut les réunir toutes pour produire des organisations viables.Ls'expérience des années précédentes a démontré qu\u2019elles sont toutes nécessaires au bon functionnement des diverses sociétées musicales que nous avons l'intention de former l'Université.De ces conditions, les unes dépendent des organisateurs et les autres, pas les moins importantes, des étudiants.Si les premiers doivent composer une constitution exempte de défauts, en autant que possible, il n\u2019en reste Pas moins vrai que les autres doivent y mettre du leur.Ce n'est pas la constitution qui donne son existence au Corps de Musique, mais les membres à qui s'applique cette constitution.Si les essais précédents furent infructueux, je ne crois pas que la faute en soit aux organisateurs qui n\u2019ont ménagé ni leurs soins ni leurs peines, mais bien aux étudiants qui manquaient les répétitions sous les prétextes les plus futiles, prétextes dissimulant souvent un manque d'intérêt ou une volonté bien arrêtée de ne pas se déranger.Dans ces conditions, à quoi bon commencer une organisation pour la voir périr faute de membres?On s\u2019est plaint, l\u2019année dernière, que le mardi était bien mal choisi comme soir de répétitions.Dans certains cas, ces plaintes étaient raisonnables, et cette année, nous tâcherons d\u2019accommoder le plus de monde possible, Nous espérons que la majorité des étudiants sera satisfaite et assistera plus régulièrement aux répétitions.Quant aux esprits de contradiction qui pleurent pour avoir de la musique ct se mettent à crier lorsqu'on leur en donne, ce sont des incurables ct il n\u2019y a rien à faire.Romain-Octave PELLETIER Mademoiselle Camille Bernard Mademoiselle Camille Bernard, notre charmante artiste canadienne, s'embarque ces jours-ci pour parfaire ses études musicales en Europe.Elle va augmenter la plélade des artistes de notre pays qui, non seulement perfectionnent leur talent, mais aussi font mieux connaître le Canada dans les grandes ville de l\u2019Europe.Ces Canadiens sont en quelque sorte des ambassadeurs qui apprennent aux étrangers que le Canada existe et que les talents y foisonnent.Mademoiselle Bernard est certainement une de celles qui nous y feront la meilleure propagande.Romain-Octave PELLETIER HISTORIETTE Pensez donc, elle réussit une fois .\u2014\u2014\u2014, .sur cent.Un prince de la science conseille à l\u2019un de ses malades de se soumettre à une grave opération.\u2014lst-clle bien douloureuse?demande le malade.Compte rendu d'un discours de notre cher ami, M.G.SCailles, dans le numéro du ler mars des \u201cCahiers des Droits de l'Hommo: \u201cAu nom des amis, au nom des amis qui sont ici présents, de ceux qui sont tombés et nous ont \u201chissGs\u201d sur le chemin, je lève mon verre.\u201d M.G.Sénilles devait être dans le fossé.\u2014Pas pour le patient.répond le docteur: on l'endort; mais elle est très douloureuse pour l'opérateur.- Comment?\u2014 Nous souffrons de l\u2019anxiété.Bienvenus Aux anciens, aux nouveaux étudiants de Montréal, les Taxis Jaunes souhaitent la bienvenue.Les anciens se rappellent le parfait service que nous leur donnions, la promptitude avec laquelle nous répondions à leur appel, le confortable de nos voitures et la courtoisie de nos chauffeurs.Notre numéro de téléphone Plateau 6161 est encore le même cette année, notre service aussi prompt, aussi sur et aussi courtois.Nous sommes toujours désireux, toujours en mesure de donner le meilleur service de Taxi à Montréal.Les nouveaux sauront bientôt que le service des Taxis Jaunes est le meilleur à Montréal.Appeler un Taxi Jaune c\u2019est se comporter en carabin, ce qu\u2019il faut être., Aux jours mémorables, pour aller aux joutes, aux diners, aux partis, aux bals, a tout événement social, les étudiants de Montréal, invariablement demandent un Taxi Jaune.Ces occasions exigent ce qu'il y a de mieux; seul le Taxi Jaune le donne.Les taxis Jaunes vous souhaitent la bienvenue.Nous sommes fiers de vous voir à Montréal, nous vous le prouverons par notre service quand v Plateau 6161.; q ous apellerez .AU SUJET DE LA PARADE Au sujet de la parade il faut dire aux étudiants, certaines vérités désagréables.Nous n'avons pas l\u2019intenfion de poser au censeur ni au maître de discipline, mais nous comptons assurer l'honneur des étudiants en les mettant en garde contre certains actes répréhensibles qui ont toujours été posés dans le passé au grand détriment du bon renom de la gent universitaire.La parade doit être une démonstration des plus gaies, une réunion où les étudiants montrent au public toute leur cohésion et tout leur esprit, mais cela ne signifie pas, qu\u2019un privilège de faire toutes les polissonneries leur est accordé, et qu\u2019un titre de propriétaires des rues de la ville leur est concédé.Nous espérons que les faits regrettables qui se sont produits les autres années ne se renouvellent pas et que nous ne verrons pas le lendemain de la parade dans les journaux, des commentaires plus ou moins honorables et flatteurs sur l\u2019ébriété de quelques étudiants, (voir rapport de la \u201cGazette\u201d, octobre 1924), De gräce s\u2019il se trouve encore cette année, des échappés qui ont la manie d\u2019insulter les jeunes filles et de s\u2019attaquer à la propriété privée, qu\u2019il se trouve encore comme ces deux dernières années notamment, des étudiants courageux pour les faire rentrer dans l\u2019ordre dès le début de la parade et les empêcher de renouveler leurs polissonneries.Qu\u2019on n'oublie pas que cette sortie en corps et que le public nombreux qui se massera partout le long du parcours sera là pour nous juger, ct l\u2019on sait que les écarts malheureux de quelques rares exceptions suffisent à jeter du discrédit sur tous les étudiants.Donc cette année, pas de tête échauffée.De la gaieté, de l\u2019ordre dans les rangs, les jeunes filles tranquilles sur la chaussée, les trolleys de tramways en paix.Le public nous jugera ct tout à notre avantage.LEONIDAS.Idées larges et idées étroites M.Antonio Perrault, ancien président général de l\u2019A.C.J.C., et professeur à la faculté de Droit.donnait.le 17 avril dernier.à Québec.une conférence sous les auspices de notre cercle Casault, de l\u2019Université Laval.Le Comité régional québecquois a publié cette conférence en brochure.Nos amis de Québec méritent pour cette initiative nos plus vives félicitations et M.Perrault, pour les saines idées qu\u2019il a exprimées, notre entière reconnaissance.Nous recommandons à nos membres d'analyser cette étude d\u2019une densité philosophique peu commune, et d\u2019une actualité pittoresque.On y apprendra, entre autres, que idées, sentiments et faits constituent une triple force nécessaire à la direction de l\u2019activité humaine; que \u201cIidéal est une synthèse vivante d\u2019idées et de sentiments, issue de la réalité\u201d; que \u201cl\u2019union des âmes ne se réa- rs Bl w= 1B wr as Eo a3nXS deat Ka REIN Douces of | Extra Fines RS 3% PL tera de la clarté dans nos esprits parce qu\u2019elle est l\u2019écho de la vérité.lise que dans l\u2019accord sur les principes essentiels\u201d; que \u201cles idées essentielles au développement des Canadiens français peuvent se ramener au catholicisme et à leur vouloir collectif de vivre en Amérique comme race française distincte\u201d; que \u201cc\u2019est surtout sur le terrain national que se heurtent ce que l\u2019on nomme idées larges et idées étroites\u201d; on apprendra enfin, quelles sont les nuances qui distinguent les tenants des idées larges et les tenants des idées étroites; sur quels chapitres essentiels les groupes se heurtent ; et combien en définitive, ces aè- cusations de largeur et d\u2019étroitesse sont ridicules, puisqu'il n\u2019existe en réalité, que des idées justes et des idées fausses, la vérité intégrale ne se dilatant pas plus qu\u2019elle ne se rétrécit.PPT PRI I Albert LEVESQUE.Cour contre Jury.\u2014 De l\u201c\u201cEst Ré publicain®\u201d, du 16 décembre, à propos du procès du sieur Lieffroy, accusé d'attentats à'la pudeur: À 17 h.15, le jury se retire pour BA délibérer.Un quart d'heure après, Rs il rentre en séance, rapportant un Ei verdict affirmatif.En conséquence, la cour prononce l\u2019acquittement de Lieffroy.On ne saurait se f.plus nettement de la justice populaire.54 Dans l'\"\u201cEcho des Montagnes\u201d, du 14 mai: \u201cM.L.Séjaut, facteur d\u2019Optat, n \u201cté 18 trouvé mort hier matin.II avait sue- ; combé à \u201cune prise cardiaque\u201d.Ce que c\u2019est que de conquérir des coeurs.De la \u201cLiberté\u201d, du 11 janvier: \u201cM.Emile Loubet est entré, depuis le 31 décembre, dans la S3e année de son âge.\u201d \u201cDans \u201csept ans, cu ferait cent ins\", et ça ne rajeunira pas la République.\u201d Einstein a dû certainement passer par là .Membres de l'A, C.J.C.méditons bien les \u201cidées justes\u201d que renierme la nouvelle brochurette de M, Antonio Perrault.Elle jet- [TITS ER 00 Boca Dao pour fa pazade! AY - ° p .étudiante priocures-vous une cavale bleu el ot (couleurs universitaires) $1.50 dix pour cent de réductions eck ecen umm Ia) ad (No (Ve V > Oa 219 eot, rue sainte-catherine établinsement \u201cfashion-craft\u201d IES OCOD OCD OCD (ED) Cm (Cm (Com (Em Cm) (JE \u20140
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