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Titre :
Le Quartier latin
Éditeur :
  • Montréal :[le Quartier latin],1919-1970
Contenu spécifique :
jeudi 29 mars 1928
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
autre
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Le Quartier latin, 1928-03-29, Collections de BAnQ.

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[" 000008 Prix - 10 sous DBD Abonnement : $2.00 E QUARTIER LATI cosy IPIY \u20ac we VOL.X 80 LPO POOP vo MONTREAL, 29 MARS 1928 Les jours que nous vivons.Et comme les grands jours de la liturgie catholique y trouvent ce glorieux couronnement que chantent leurs alléluias, les plus belles journées d\u2019avril qui commence semblent y réunir les grâces frêles et pleines de promesses de leur pren + sourire.Ainsi s\u2019exaltent dans la joie de tr : \u2018surrection ces profonds espoirs que le Car.me et l\u2019hiver ont rendu plus chers à nos coeurs.V GOICI que le printemps ramène Pâques.La vie, l'humble vie quotidienne dont les heures s'attristent si facilement des neiges et des brumes, mais où le moindre soleil mel de la gaieté, reçoit un encouragement de tout ce renouveau, de cette fin d\u2019hiver quand la terre délivrée s\u2019offre avec ses pâles verdures aux caresses d\u2019un souffle plus chaud, et que s\u2019élaborent les brillantes apothéoses d'un nouvel été.De même aussi cette part la plus intime de nous-mêmes que l\u2019obsession du passé et la préparation de l\u2019avenir détachent un peu des passagères réalités est confirmée dans son idéal au moment où l\u2019humanité célèbre la mémoire triomphale de ce jour où l\u2019Homme-Dieu fit éclater au milieu des siècles sa victoire sur la mort.Printemps! Pâques! \u201cjeunesse de l\u2019année\u201d, quand l\u2019air est plus doux et qu'un peu de beauté se répand sur les choses, comme vous nous ramenez, \u2014 égoïstement peut-être, \u2014 à cette jeunesse qui est la nôtre et dont nous devrions sentir à la fois tous les plus légitimes espoirs et tous les plus fols enthousiasmes ! Que nous en sommes loin parfois, puisqu'un sentiment, difficile d'ailleurs, nous manque trop souvent, quand pourtant son orgueil irait bien à notre âge, \u2014 la confiance ! C'est quand l\u2019avenir lointain est rendu moins menaçant par la magnificence du présent, et quand, par cette facilité que nous \u201cNos coeurs que tu connais sont remplis de rayons ! \u201c BAUDELAIRE\u201d «vous de passer aux extrêmes, Hous vous refusons à envelopper de brouillards une seule heure à venir, qu\u2019il convient de créer en nous celle confiance en la bonté des jours, en leur harmonie, qui nous permettra de nous diriger vers l\u2019avenir sans permettre qu'y naissent des découragements que nous y aurions peut-être à tort pressentis.\u201cCarpe diem!\u201d, dirions-nous, en changeant le sens du mot d'ordre ancien.Profitons-en pendant que nous avons en main cet instrument merveilleux de In jeunesse, que tout en nous est puissances el que nulle réalisation n\u2019en a d'un échec vérifié les limites, puisque les enthousiasmes mous sont encore si naturels et que chacune des années, en passant, nous rendra plus réfractaires à cet envoûtement total d'un élan.HN importe sans doute de ne pas se leurrer d'illusions trop brillantes, de ne pas se diminuer à plaisir les visques de cette entreprise où nous sommes et qui s'appelle la vie, de ne pas trop fermer l'oreille aux avertissements, même pessimistes, de ne pas se dire que vien n\u2019est au fond si sérieux ni si compliqiié qu'on le répète, \u2014 car si tout ce qu\u2019on nous prédil ne nous attend peul- être pas, il y « en cela beaucoup de vrai Mais ce qu'il faut surtout, c\u2019est qu'ayant trouvé dans la religion, dans l\u2019histoire et dans les choses, dans tout le trésor d\u2019idéal et C'expérience de l\u2019humunité, les raisons les meilleures, nous découvrions en nous-mêmes la force de tout surmonter, afin que nous ayons eu, dans cette période des cxaltations où mous sommes, encore une illusion, peut- être, mais au moins celle qui est la plus belle et la plus généreuse, celle de croire en la vie et de croire aux autres parce que nous ŒUTONS CTU EN NOUS-MÊMES.Paul LAROQUE.CHATS Page Deux Le Quartier Latin, Jeudi, 29 Mars 1928 7 V2) 2/212NVE 5) J A l'occasion du dixième anniversaire du Quartier Latin 0 En relisant notre journal == 1924-1925: on recommence.Le Quartier latin entre dans sa septième année de publication.Mais, et j'ai essayé de le montrer, il n\u2019a pas attendu de doubler le cap des sept ans traditionnels pour mériter son titre d\u2019enfant raisonnable.Digne successeur de l\u2019\u201cEtudiant\u201d et de l\u2019\u201cEscholier\u2019\u2019, il s\u2019est affirmé dès le début parmi nos meilleurs journaux militants et littéraires.\u201cJournal militant et littéraire\u201d, c\u2019est précisément la qualification que lui donnent les agences de publicité dans leurs classifications.Et cette belle réputation a été maintenu.Militant et littéraire.Toujours, à côté des articles de fonds, des études solides, des travaux pleins d'érudition, viennent se placer, les critiques littéraires ou artistiques.les chroniques universitaires.les vers charmants; toujours, cet agréable mélange de sérieux et de badin qui tour à tour instruit et charme.Le carabin s\u2019y reflète tout entier: c\u2019est le type de l'enfant terrible, avec ses qualités el ses défauts.Le journal de 1924-1925 en est un bon exemple.En effet, le journal a rarement plus surveillé que cette année-là l'équilibre entre les questions sérieuses, les compositions simplement littéraires et les choses particulièrement gaies.On a pu avoir jusqu'ici un journal mieux composé, un journal de meilleure tenue littéraire \u2014 citons notamment l'année 1923-1924 \u2014, mais rarement a-t-on cu un journal aussi varié, une feuille aussi remplie et aussi bien équilibrée entre le sérieux et le badin.Plus que jamais, il me faudra cette fois passer sous silence des noms intéressants ou des articles de valeur réelle et me borner aux personnalités les plus marquantes.A la direction du Quartier latin de cette année-là, se trou- \u2018aient des noms qui sont contemporains pour beaucoup d\u2019entre nous: Léon Lortie.Marius Péladeau, Georges Lafran- ce, Paul Vallerand, Alban Ouel- \u2014 J.T.LEMIRE Bottier du Style | 380 SAINTE-CATHERINE EST, Par Paul Michaud dE lette, Jean LeSage, Yves La- fleur, Jean Casgrain, Ulric Laurencelle, Gaston Caisse, Rodolphe Godin et Philippe Mont- petit.C\u2019est l\u2019année où à l\u2019A.G.E.U.M.Gaston Caisse était président, Maurice Parent vice-président et Clément Proulx se trouvait trésorier.Sous la direction de ces personnalités, le journal put livrer une édition fort intéressante de 25 numéros.Et d\u2019abord la collaboration de nos professeurs y est particulièrement nombreuse.Notre vice-recteur et M.l\u2019abbé Olivier Maurault apportent aux étudiants leur encouragement désintéressé et leur prose recherchée.Puis M.Antonio Per- rault, dans un communiqué qui eut des répercussions, propose une enquête sur les trois points suivants: 1.Quelle préparation morale et intellectuelle apportent nos étudiants à l\u2019Université?Aux premiers pas faits dans l\u2019enseignement supérieur, trouvent-ils suffisante ou incomplète la formation reçue auparavant?2.Quelles lacunes trouvent-ils à l\u2019Université ?Quelles faiblesses découvrent- ils chez leurs professeurs?3.Quel scrupule montrent-ils dans l\u2019accomplissement de leurs devoirs d\u2019état?Quelles idées ont- ils sur leur futur apostolat religieux.national, social?\u2014 Mais après beaucoup de délibérations et de consultations l\u2019enquête n\u2019eut pas lieu, par crainte, suivant le mot de Jean Casgrain, \u201cd\u2019un avortement complet.ou d\u2019une révolution\u201d.La collaboration sérieuse des étudiants tient aussi beaucoup de place dans le journal Ainsi Rodolphe Laplante publie une de ses études bien documentées sur nos doctrines économiques, et Albert Léves- que étudie les assurances.M.Maximilien Caron demande en un vigoureux plaidoyer que la Saint-Jean-Baptiste devienne pour la province jour de fête légale; tandis que Léon Lortie analyse à l\u2019occasion de la semaine du livre, notre vie litté- \u2018aire canadienne-française.Ul- rie Laurencelle fait déjà par- MONTREAL (Entre rue Berri et St-Hubert) Messicurs les Etudiants, La Maison Lemire vous offre un escompte de 10% sur présentation de votre carte.Notre spécialité : Chaussures et Bas pour messieurs, Ces marchandises sont toutes de première qualité, faites spécialement pour nous, par nos meilleurs manufacturiers au Canada.Nous donnons une garantie avec chaque paire.Nous sollicitons votre patronage.222222 ELU tie du cercle Colin et démontre magnifiquement les avantages de l\u2019A.C.J.C., pour les étudiants.Il y a encore le longue étude de Georges Rousseau sur les toilettes féminines, des résumés fort bien faits par Errol Boucher sur des conférences des docteurs Baril et Gendreau, une intéressante étude historique sur \u201cles Sulpiciens et Montréal\u201d.Les poètes sont toujours fidèles à venir ensoleiller le journal, et à peu près les mêmes bonnes plumes viennent collaborer : je ne citerai, comme par- ticulierement remarquables, que les vers de Guy de Vau- dreuil.Romain-Octave Pelletier était un nom heureux pour le coin de la chronique musicale, et déja Jean Panet-Ray- mond se révèle excellent connaisseur par sa conférence sur Beethoven.La chronique dramatique est tenue avec bonheur par cette plume intéressante qu\u2019est Léon Lortie.Ici se place d\u2019une façon particulière la chronique sportive si régulièrement et si brillamment tenue par Laurencelle: la page trois du journal! était devenue une des plus intéressantes.La page des chroniques universitaires est fidèlement composée chaque semaine par les chroniqueurs de chaque faculté et école.La note badine ou gaie se trouve abondamment pourvue par tous ces bons mots, ces contes fous, ces billets du jeudi.T1 faut noter ici tout particulièrement ce nom qui deviendra fameux au journal par sa prose si vivante et son esprit si fin: Paul Beaumont; il a publié cette année-là une correspondance \u201centre une jeune fille et un étudiant\u201d qui est un modèle du genre, un petit chef- d\u2019oeuvre d\u2019esprit.L\u2019année a été très active dans le monde universitaire.C\u2019est la visite des docteurs Sergent et Lecompte de Noury ; c\u2019est le voyage de la Bonne Entente et la date du fameux discours du chanoine Chartier; c\u2019est l\u2019année où Montpetit va à Bruxelles et donne ses cours à la Sorbonne.1924-1926; le Père Lamarche, O.P.donne un sermon célèbre à notre messe du Saint-Esprit ; Monsieur Laureys est créé chevalier de la Légion d'honneur; le docteur Parizeau fait sa conférence si intéressante sur le microscope et M.Dalbis étudie le sang devant un auditoire considérable, tandis que Jean Dé- sy donne sa belle étude sur la Renaissance polonaise.C'est encore l\u2019année où les chanteurs .de la chapelle Sixtine nous viennent visiter, l\u2019année de la reconnaissance des Facultés de CONTE DE DEMAIN.\u201cEvolution et contre- Evolution du Fard\u201d C\u2019était deux ans avant la fin du monde, le 2 novembre 2222.: Les mortalités s\u2019accroissant en vue du grand balayage universel et les cimetières publics demandant chaque mois unagran- dissement difficile à faire parfois, on avait changé lu méthode et chaque famille possédait aux environs de sa résidence un petit enclos où elle couchait ses disparus sous six pieds de terre.Le 2 novembre c\u2019est grande réjouissance chez les morts.Aussi ce soir-là, pendant que d'autres allaient festoyer et danser, trois ex-mortelles s\u2019étaient donné rendez-vous près d'une résidence princière bâtie sur la terre où elles prenaient leur repos inmmortel.La première arrivée fut une sauvagesse, morte depuis plus de 800 ans.Elle avait connu Champlain.Elle avait eu un nom, mais l\u2019avait oublié parce que Pluton depuis son dernier voyage à New-York avait pris le goût des chiffres, et, non content de désigner les vues des Enfers par des numéros, avait aussi appliqué la méthode au rebaptisage de ses sujets 999 999 était done le nom de cette Tsonnontouanne de jadis.999 999 n'ayant rien à faire ct Wayant pas apporté son calumet, pour tuer le temps se lève sur la plante de ses os passablement usés et regarde par la fenêtre du salon.Il y avait à peu près un lustre qu\u2019elle n'avait pas en cette curiosité.\u2014 I faut croire que le Sexe change ses habitudes une fois Ou- tre-Tombe.Si elle avait eu du sang, elle l'aurait perdu lant fut grande sa surprise.Devinez ce qu'elle vit.?Des femmes ayant même accoutrement que dans son temps.Presque toutes nues, la peau peinturée de couleurs voyantes, ayant de multiples tatouages, cheveux graissés à l'huile de baleine où au suif de mère d'ours.enfin pour rehausser le tout des anneaux dans le nez et les oreilles.On était en plein bal; l\u2019élé- phant-trot venait d\u2019être inventé et avait une grande vogue.999 999 restait figée, bouche bée, malgré le vent qui sifflait entre ses côtes et la pluie qui tombait comme des gouttes de plomb sur son crâne dépoli.Tels de petits cailloux dévalant par bonds une pente de tôle, une multitude de peiits bruits secs la fait se retourner.C\u2019est 1 111 111-Z qui s\u2019amène.\u2014 Bonsoir, 999 999.\u2014 Bonsoir, 1 111 111-Z.Sais-tu quelle découverte je viens de faire ?Regarde par : cette fenêtre.De mes compatriotes qui sont à danser.(Suite à la page 4) A Philosophie et de Théologie, et enfin l\u2019année de la fondation de l\u2019Ecole d\u2019Hygiène sociale.L\u2019ILLUSTRATION est le seul Périodique universellement connu lL an $11.50\u20146 mois $5.00\u2014 3 mois $3.00 J.M.DIET, 523, rue Gosfor MONTREAL osford, Représentant exclusif au Canad: Escompte 5 p.c.aux Etudiants Tél.MAIN 6548 \u201cQUORUM DEUS VENTER EST\u201d Goûteront les meilleurs mets chez [Regus 1284 ST-DENIS, - EST 2140° LIBRAIRIE PONY 374, Ste-Catherine Est Médecine-Sciences-Romans Les Etudiants trouveront tous les volumes dont ils ont besoin chez DEOM 1247, RUE SAINT-DENIS COMPAGNIE D\u2019ASSURANCE SUR LA VIE La Sauvegarde MONTREAL T3 li SAVO| AS [ E.BA.B.Sca BREVETS: Droit, médecine, pharmacie, art dentaire, optique, génie civil.COURS CLASSIQUE ET COMMERCIAL 696 ouest, rue Sherbrooke, Tél.: EAst 0490-4840 Eucourageons les Nôtres ST.JACQUES RESTAURANT DE LUXE Salons Privés Tables pour Dames et Mesvieurs Bières et Vins de Choix 321 Ste-Catherine Est COIN ST-DENIS, MONTREAL Demandez la marque \u201cALLIGATOR\u201d Sur malles, sacs et autres articles de voyages.LAMONTAGNE Limitée 338 rue Notre-Dame Ouest, Montréal.J.H.CHAPMAN, ENR.L.P.PINSONNEAULT Instrument.de chirurgie.\u2014 Matériel d'hôpital.\u2014 Ceintures, Trousses.HR HY 1426 Avenue McGill College.G.F.Allsteel Ligne compléte d\u2019ameublement de bureau.\u2014 Feuilles d\u2019acier, Serrures.ALLSTEEL EQUIPMENT Co.Ltd.275 Craig Ouest, :: LAn.4450 1 : J PRIX : 10 SOUS oui Directeur : PAUL LA ROQUE.Administrateur : WILBROD BONIN.Rédacteur en chef : EDOUARD BERNARD.LEQUA \u201cBIEN FAI Les articles qui sont publiés da URGANKE DIE L'ASSOCIAT ION GENERALE DES RE ET LAISSER BRAIRE !\u201d Bs ce journal sont enregistrés conformément a li loi des droits d\u2019auteur STUDIANTS DE L'UNIVERSITE DE MONTREAL Direction, Rédaction et Administration: 454, rue Sherbrooke ext.IZ 24 ad Le parler de \u2018nos gens \u201c Nous en voulons beaucoup au docteur Drummond d'avoir prêté à \u201cnos gens\u201d \u2014 pourquoi aussi avoir intitulé son livre The Habitant ?\u2014 un langage bizarre.Peut-être la faute est-elle nôtre aussi bien qu\u2019elle est sienne.Il aurait dû sans doute être plus explicite, dans sa préface par exemple, et avertir qu\u2019il imitait non pas la langue de la masse de nos paysans, mais le parler pittoresque de nos coureurs de bois, de nos cageux, de nos porteurs, de nos guides, de nos voyageurs des pays d\u2019en haut.Peut-être aurions-nous pu deviner, nous, qu'il bornait à ce groupe spécial ses reconstitutions lin- vuistiques.Le cas de Maria Chapdelaine s'apparente à celui du joyeux docteur.Nous gardons rancune aux Français d\u2019outremer de ce qu\u2019ils ont identifié le héros de Louis Hémon avec notre \u201chabitant\u201d ou plutôt avec notre \u201ccolon.\u201d Le romancier aurait pu mieux spécifier la classe qu\u2019il entendait décrire, non pas même nos \u201cdéfricheurs\u201d, mais, parmi eux, ceux qui déboisent les bords abrupts du lac Saint-Jean.Toutefois, n\u2019a- Vons-nous pas été les premiers à prendre le Père Chapdelaine pour le symbole de notre population rurale toute entière et la sympathique Maria sa fille.pour l\u2019incarnation même de nos jeunes campagnardes?* * * Nous commettons une méprise du même genre, dans l\u2019appréciation que nous faisons parfois du parler de nos ruraux.Nous proscrivons, comme n\u2019étant pas français, des tours et les expressions qui sont de la meilleure venue; nous blämons nos \u2018\u201chabitants\u201d d\u2019employer de pareils termes.N'oublions- nous pas ainsi qu\u2019ils ne connaissent pas d'autre langue que leur parler archaïque?Ils ne peuvent le remplacer, dans leurs conversations, par le vocabulaire ni la syntaxe des gens instruits.Même en expliquant les textes de certains de nos auteurs, quand nous butons sur des formes qui sont d\u2019usage courant parmi nos campagnards, nous insistons sur le fait que de telles expressions \u201cne sont pas françaises.\u201d Des exemples éclaireront notre pensée.Nos \u201chabitants\u201d sement de ci de là des écriteaux de ce style: \u201cIl est défendu de trépasser sur ce terrain.\u201d D\u2019aucuns imaginent là-dedans une traduction maladroite de 'anglais to trespass.Pourtant, nos paysans ne font que prendre le mot dans son sens étymologique (latin: transgredi), au physique franchir, passer par de la, au moral transgresser.Comme eux, les insulaires de Guernesey ont défense de trépasser; pas un ne songe qu\u2019il lui est interdit de mourir ni de mourir sur un terrain.Nos campagnards disent aussi: \u2018Je suis parti quand et lui.\u201d Certains voudraient qu\u2019ils adoptent le terme actuel en même temps que lui.Nos ruraux parlent en cela comme écrivait Montaigne, comme s\u2019exprimaient leurs ancêtres au XVIIe siècle.Leur façon de dire est même plus complète que la nôtre; elle contient la double idée d\u2019accompagnement (et) et de simultanéité dans le temps (quand), alors que le tour actuel ne rend que cette dernière idée.Nos paysans disent encore volontiers, de quelqu\u2019un qui les a soutenus quand ils étaient trop faibles pour rentrer seuls chez eux: \u201cIl m\u2019a rendu jusqu'ici.\u201d Dans la langue actuelle, le verbe comporte surtout la forme passive (je suis rendu, c'est-à-dire épuisé, à bout de forces, parvenu au terme de ma course) ou réfléchie (je me suis rendu à Montréal); au sens actif, il n\u2019a pratiquement aujourd\u2019hui que le sens de restituer, redonner à quelqu'un une chose.Mais \u201cnos gens\u201d, qui le complètent par un nom de personne (il m\u2019a rendu, c\u2019est-à- dire conduit, amené), ne commettent pas pour cela une faute.Ils répètent un vers du Wenceslas de Rotrou, le plus brillant des devanciers de Corneille.(1) \u201cNos gens\u201d, ce sont nos paysans rivés à leur campagne, nos \u201cha- ditants)\u201d Ce sont surtout, parmi eux, ceux qui ont reçu une instruction rudimentaire à la \u201cpetite école du rang\u201d, mais ne l'ont pas accrue pour n\u2019avoir fréquenté ni une école de ville ni même l\u2019académie rurale (école modèle ou prétendu \u201ccollège\u201d).PÂQUES Un jour de fête, Un jour de deuil, La vie est faite, En un clin d\u2019ocil.L'homme est capricieux, il déteste la routine.Ce partant, il accueille toujours avec un réel contentement les jours de réjouissances, où il puise une force nouvelle.Les fêtes sont des jours yé- nérateurs d'énergie, passe- temps de jeunesse, repos de vieillesse.Les uns boivent largement à la coupe du bonheur présent, les autres songent plus ou moins gatement, aur nombreux anniversaires déjà passés.La vie est un pont en perpétuelle construction, auquel les paresseux eux-mêmes lravail- lent inconsciemment : sur les | piliers des fêtes, les hommes ! Le soleil monte \u2014_\u2014 ABONNEMENT $2.00 RTIER LATIN Paraît le jeudi de chaque semaine.Montréal, Jeudi, 29 Mars 1928.Vol.X.\u2014 No 23.Au Gentil Printemps Toi qui n'as que trois mois à vivre, Printemps aux bras menus, Tu fais courir sur la terre ivre Tes jolis pieds nus.La neige croule, et l« jeune herbe Fait de petits coins verts.Le banquier sonore et superbe Dit presque des vers.Passe une flotte d'hirondelles Dans le ciel plein de bleu.à tire d'ailes En robe de feu.O toi qu'un sourire a fait naître, Printemps, prince du jour, Viens sur le bord de ma fenêtre M\u2019apporter \u2019amour ! Robert CHOQUETTE.échelonnent les unes après les autres les travées du temps.Nous achevons présentement l\u2019une de ces travées, PAQUES ! en est le point d\u2019appui.| PAQUES.c\u2019est la porte par où entre officiellement le Printemps.Les soeurs d\u2019Eve ont une façon toute particulière de manifester leur joie par la lubie du \u201cchapeau de paille\u201d ! Suns s'être mutuellement conseillées, (par exception) elles se rendent en foule à la messe paroissiale, trouvant l'occasion propice d\u2019exhiber à un public choisi, des merveilles en fait de couvre-chefs aux couleurs les plus disparates! Les personnes les plus intéressées (pécuniairement parlant) dans celle exposition religieuse de chapeaux, ne sont pus celles que l\u2019on pense.PAQUES, c\u2019est l\u2019époque ou tout dans la nature pousse l\u2019étre raisonnable à ressentir un renouveau de vie, que chaque nationalité manifeste d\u2019une façon \u201csui generis\u201d.De ce langage paysan, dont ce sont là de rares échantillons, que faut-il penser?Il faut se dire d\u2019abord que ce langage, tout excellent qu\u2019il est dans la bouche de nos campagnards, n\u2019est pas de mise dans la conversation des gens instruits.Il ne l\u2019est pas non plus dans leurs écrits, à moins que l\u2019auteur se propose d\u2019y reproduire intentionnellement l\u2019un des caractères de nos \u201cha- Litants,\u201d leur parler archaïque.Il faut ajouter ensuite, comme faisait un de nos grands évêques, qu\u2019un terme est certainement français, s\u2019il est cou- \u2018ant parmi ceux de nos ruraux qui n\u2019ont jamais quitté leur petite patrie.Ayant toujours vécu isolés dans leurs campagnes, ils n\u2019ont certainement \u2018pas emprunté le mot aux villes, puisqu\u2019ils s\u2019en servent, c\u2019est qu\u2019ils le tiennent de leurs ancêtres.Ils ne l\u2019ont au reste pas inventé, sans quoi l\u2019emploi n\u2019en aurait pas été continuel ni ne serait universel comme il l\u2019a été et comme il l\u2019est parmi eux.Aussi, quand ce sont des campagnards qui profèrent devant vous ces expressions usées, loin de sourire, l\u2019on doit leur prêter une oreille respectueuse, les écouter avec reconnaissance.Dans cette persévérance à maintenir ces vieilles fa- cons de parler, n\u2019y a-t-il pas la preuve tangible de la fidélité à tout ce qui atteste nos origines si nobles?Au contraire, lorsque ces termes désuets tombent des lèvres de nos écoliers, la ligne de conduite n\u2019est plus si simple.D\u2019une part, on doit leur enseigner l'expression qui a supplanté leur vocabulaire antique, pour qu\u2019ils n\u2019aient pas l\u2019air plus tard d\u2019être des égarés dans la société policée.Mais, (A suivre à la page 14) \u201cL'Anglais\u201d, froid concep- tualiste au flegme parfois déconcertant, se contenteræ d\u2019une marche parmi la foule.si les trottoirs sont secs! \u201cLe Français\u201d, (Sancho) de lout temps au tempérament vif et expansif, goûtera mieux la fête en présence d\u2019une bonne amie, a laquelle il pourra offrir poétiquement quelques \u201cvers\u201d.de nectar amoureux! \u201cLe Canadien\u201d, qui a des raisons pour imiter les deux, (sans se compromettre) ac- complirva la marche de.\u201cI\u2019An- aluis\u201d, en compugnie de la bonne amie.du \u201cFrancais\u201d! \u201cL'Allemand\u201d, de compréhension plutôt lente, sera sus- ceplible de fêter la Pâques.le dimanche de la Quasimodo, en méditant sur la pesanteur du Temps! \u201cL'Américain\u201d, le sur-hom- me.physique, magnat et potentat ès-n'imponte quoi, festoiera dans le plus \u201cgros\u201d banquet.où l\u2019on servira les plus \u201cgros\u201d oeufs, pondus par les plus \u201cgrosses\u201d poules, de la plus \u201cgrosse\u201d basse-cour en Amérique! etc, etc.PAQUES enfin, c\u2019est l\u2019un de ces jours où sous de vieilles formules l\u2019on exprime de nouveaux souhaits.Pour l\u2019instance, le monde semble meilleur, | les projets sont magnifiques, l'amour vient sans.\u2018peine, le plaisir est à bon marché.REJOUISSONS-NOUS donc tous, car DEMAIN à faudra commencer.une autre travée ! CALEDI. Page Quatre \u201cLE BOUCLIER CANADIEN-FRANÇAIS \u201d Les éditions \u201cSpès\u201d\u2019 vont publier incessamment une édition nouvelle du Bouclier Canadien-Français de Monsieur L.J.Dalbis.En outre, ce volume contiendra un intéressant inédit de Louis Hémon sur \u201cLe Pays de Québec\u201d.Monsieur L.J.Dalbis a écrit pour cette nouvelle édition un long avant-propos dont nous sommes heureux de publier le début.* * * AVANT-PROPOS Quelle expression pourrait, mieux que celle de \u201cBouclier canadien français\u201d traduire la position des Français de la Nouvelle France, par rapport au sol qui les accueillit, au milieu où ils se défendent, au pays dont ils se souviennent.Ie Bouclier canadien est bien ce môle gigantesque, où depuis des millénaires, viennent buter les vagues compactes de la croûte terrestre, mais pour un Français de France, il est beaucoup davantage.Si le Bouclier canadien évoque pour lui les vastes solitudes qui, des Grands Lacs aux glaces polaires, furent courues pour la première fois par les hommes de sa race, le Bouclier canadien français représente l\u2019orle de ce plateau, dont les arêtes méridionales contiennent les eaux glacées du Saint- Laurent.C\u2019est là que furent livrées les luttes sanglantes qui décidèrent du sort de la France en Amérique, et, c\u2019est là aussi que pacifique, continue la résistance des hommes fidèles au passé.Grave serait l\u2019erreur de considérer comme déracinés ces terriens, jetés là par un siècle d\u2019expansion française.Mieux que les sédentaires, prisonniers d\u2019un seul paysage, il semble bien que transplantés, ils aient reçu de ce milieu nouveau de nouvelles vertus.Du socle qui les porte, ils ont compris la leçon, de sorte que leur résistance, dans les parallèles des sillons, semble par sa durée même, prendre l\u2019exceptionnelle valeur du miracle.Si le Bouclier canadien est quelque chose d\u2019immuable, immuables dans leur langue et dans leurs sentiments semblent les Français attachés à ses bords.Le Bouclier, c\u2019est aussi l\u2019arme avec laquelle sans attaquer, on se défend.Quelle que soit sa forme, point n\u2019est indispensable que le bouclier soit d\u2019or pur comme celui de Nestor, ni d'argent et d\u2019airain, comme celui d\u2019Achille, pas même de bois comme celui des Francs.Sa capacité défensive ne réside, ni dans de surnaturelles vertus, ni dans la solidité de sa matière, ma.: dans l'ame du combattant.Aujourd\u2019hui qu\u2019il est à peine un écu, sa force de résistance reste intacte, car sur le disque sont sculptées, les armes, et au-dessous, comme pour souligner, s'inscrit une devise.Ce sont là, signes de noblesse obligeant une maison.\u201cJe me souviens\u201d lit-on au bas de l\u2019écusson de la province de Québec, et quelle que soit l\u2019éloquence des fleurs de lys du chef, du lion passant de l\u2019abime, ou des feuilles d'érable à la pointe, ces trois mots l\u2019emportent en clarté et en force.Dans l\u2019armorial canadien, ce blason est unique.Chacune des neufs provinces a voulu que le bouclier votif consacré aux dieux de la Confédération dise ses origines, exprime sa manière d\u2019être ou traduise ses espoirs.Cependant, malgré la fréquence du lion, qui souvent gagne la tête, poissons et bisons, bottes de blé en bouquets et feuilles d\u2019érable en éventail, trident de pics altiers et soleils rayonnants, restent moins éloquents que la table d'attente du Bouclier de Québec.Par le coeur de l\u2019habitant, ce bouclier est devenu pavois.Sur lui, l\u2019Histoire s'inscrit tout entière.Sur un petit espace elle s\u2019est résumée.Fleurs, feuilles et bêtes meublent les étages et s\u2019y disposent en strates, comme dans les assises sédimentaires, les flores et les faunes anéanties.Ici, pourtant, le vouloir des hommes modifie une chronologie.Le lion, dit passant, reste bien au coeur de la place, mais l\u2019érable de la pointe n'accepte pas l\u2019honorable position des lys du chef.Ainsi le bouclier de la Maison de France domine encore l\u2019histoire d\u2019un pays, dont longtemps il fut maître.Certes, ce n\u2019est plus l'orgueilleux blason, trop lourd de trop de gloire, mais tel qu\u2019il est, réduit à deux fleurs, il commande encore la conduite des hommes.N\u2019était-ce pas assez d\u2019avoir porté si haut les lys et quelles raisons firent écrire, en tautes lettres, ce que l\u2019armoriai disait déjà si clairement ?Pourquoi signer et parapher de la devise en banderole: Je me souviens?Si pour beaucoup l\u2019héraldique n\u2019a d\u2019autre sens que celui d\u2019une décoration, pour d\u2019autres la présence simultanée de trois signes d\u2019apparences contraires laissait place à l\u2019interprétation.Canadiens, avant tout, britanniques ensuite, sont les hommes de ce pays.Y a-t-il là, pour eux, valables raisons pour qu\u2019un lys ne soit plus qu\u2019un souvenir, fragile relique d\u2019un vieux passé, fleur sèche de l\u2019herbier ou banale pièce d\u2019archive ?Ils ne l'ont pas cru.La nation accepte l'Histoire et justement s\u2019en glorifie, mais, malgré les clameurs saluant le succès, la race, elle, n'entend rien oublier, ni de la source lointaine d\u2019où elle jaillit, ni du doux pays, qui par delà l\u2019océan fait écho à sa voix et choc à choc palpite avec son coeur.Voilà pourquoi et afin que nul n\u2019en doute, furent écrits ces mots: je me souviens.LL Le Quartier Latin, Jeudi, 29 Mars 1928 Je me souviens de ce qui fut, de ceux qui furent, des morts qui nous commandent, du devoir public à remplir, et aussi des tâches humbles et monotones quotidiennement dictées par l\u2019Angelus au matin recueilli.Je me souviens.Phrase claire, affirmant la permanence d\u2019un état.Formule pieuse dont communient les âmes.Précepte concis, soudant, à la chaîne du temps, le minuscule anneau de chaque heure passante.Devise nette qui attache les hommes, comme les files d\u2019explorateurs sur les glaciers crevassés.Formule impérative à laquelle nul ne se dérobe.Commandement militaire qui unit entre eux les soldats d\u2019une même cause, les articule au coude à coude comme les légionnaires romains à l\u2019assaut, derrière la tortue de leurs boucliers.Un bouclier, c\u2019est encore l\u2019armature de fer ou de bois qui en avant des galeries chemine sous le sol.Son avancement est un travail délicat où se fixent les équipes d\u2019élite et un labeur pénible où s\u2019emploient les.pts mr, L.J.DALBIS.CONTE DE DEMAIN (Suite de la page 2) 1 111 111-Z, morte depuis deux ans et demi à peine, jette un oeil inquisiteur.\u2014 Tu es en retard, ma chère.Je reconnais là plusieurs de mes amies et les modes de mon temps, tandis que toi, tu as foulé la terre de tes pieds de chair il n\u2019y à pas moins de 800 ans.\u2014 Je te le jure, 999 999, je retrouve là de véritables personnes de mon temps.\u2014 Mon Dieu ! Est-ce que le monde serait immuable 2 J'ai toujours entendu dire que le monde changeait, qu'on se perfectionnait chaque année.C'est à n\u2019y rien comprendre.\u2014 Tiens, voici 123 456-N.Comme elle a quitté les vivants en printemps de 1928, d\u2019après son témoignage nous serons en mesure de constater les pro- YE EN EN EY AREA a 0) N y 4 i grès depuis son temps.Mais j'ai Lien de lu misère à admettre la stabilité de la mode et surtout du grimmage féminin, vu qu'on a surnommé le 23ème siècle, le \u201cGrand Siècle du Fard.\u201d Après les salutations d\u2019usages 123 456-N.s'étire a se dé- boiter les os pour voir ce qui se passe au dedans.\u2014 Horreur! que vois-je ! Des indiens là où devraient être des personnes raffinées au suprême degré, en égard au progrès croissant de la civilisation .\u2014 Je l\u2019avais bien dit, interrompt 999 999.Ce sont de mes concitoyens.\u2014 Pas possible, affirme 1 111 111-Z, ce sont de mes concitoyens.Tiens pour mettre la chose au clair, dis-nous comment on s\u2019habillait de ton temps, 123 456-N.Non seulement nos pères et nos grands-pères, mais même nos arrière-grands-pères mettaient sur leur table de PAQUES \u2014Eh ! bien.Nous portions des robes.Au fait vous ne sq.vez ce que c\u2019est des robes vous autres, mais je vous expliquerai une autre fois.Nous nous mettions de la poudre de ri:, des couleurs sur les joues, sur les lèvres, mais nous ne nous barbouillions pas tout le corps comme les personnes ici présentes.Les deux autres amies de protester.On parla fort, chacune défendant son époque.* * * Pour celui qui les a écoutées et qui veut lire entre les lignes, la solution est vite trouvée.Après les affreux maquillages des Indiens, les Français qui s\u2019implantèrent au Canada mirent un peu plus de décence dans le vêtement et dans les parures.Puis on se farda et on se poudra de plus en plus jusqu'à retomber dans les excès ignorants du point initial.R.ST-Y.Comité des Etudes Médicales VENDREDI, 30 MARS à 7 heures 30 M.Charles Lefrançois traitera le sujet suivant: \u201cDiagnostic et traitement des maladies contagieuses\u201d.PARLEMENT-ECOLE Dernière séance C\u2019est le vendredi soir, 30, qu\u2019aura lieu la dissolution des Chambres au Parlement-Eco- e.L'intérêt de la Province universitaire demande que tous et toutes y soient ! La salle Lafontaine servira encore de local.HEE 0 , ao ) D D) Ve i \u2014 DE LA \u2014 BIERE MOLSON FAITES COMME EUX.CONTINUEZ LA TRADITION! C\u2019est la bière du \u201c BON VIEUX TEMPS \u201d brassée à Montréal depuis 142 ans.EN NE EN EY EN EN EVEN EN EY SY EVEN ENEY bobo % ( 3 3 hw 12 PAL OLRPLA) 4 DAHA .BUC Le Quartier Latin, Jeudi, 29 Mars 1928 Page Cinq CONTE DE SAISON 72 La chair est faible ,.\u201cLa gourmandise est un bien grand péché, mes enfants!\u2026 Surtout en Carême!.Gare: la chair est faible, ah! si faible, mes enfants.\u201d, avait coutume de répéter le frère Anselme aux moinillons coupe- choux et tourne-broche, chassant d\u2019une large claque les gouttes de sueur de son crâne luisant.Et les petits frères d'échanger, derrière le vaste dos du frère cuisinier, des sourires plutôt irrévérencieux.C\u2019est que chacun savait, en ce temps-là, chez les Récollets de Québec, pourquoi leur bon frère Anselme ne variait ni ne développait autrement le thème de ses prêches intimes à ses aides et, malgré leur esprit de charité, les fils de Saint François s\u2019en amusait bien un peu; il y avait de quoi comme vous allez voir.Le frère Anselme, qui n\u2019avait jamais montré de dispositions pour la théologie ou la prédication, avait en revanche fait preuve de talents culinaires surprenants.Il n\u2019avait pas son pareil pour tremper une bonne soupe, apprêter les mêmes légumes de façons toujours différentes, rôtir à la broche un quartier d\u2019agneau ou de chevreuil, farcir une volaille, l\u2019apporter toute dorée, luisant: de beurre fondu; la confection de succulentes pitisse- ries n\u2019avait pas plus de secrets pour lui.C\u2019était une véritable vocation qu\u2019il ne fallait pas contrecarrer; aussi l\u2019avait-on assigné à la cuisine qu\u2019un vieux Récollet venait de quitter pour un lieu de délices moins terrestres.Du réfectoire qui s\u2019honorait souvent d\u2019hôtes distingués, la réputation du frère Anselme s\u2019était étendue vingt lieues à la ronde; les ménagères à l\u2019aise, les cuisinières des curés et des seigneurs, séchant de jalousie, le détestaient cordialement.Pourtant il n\u2019était pas d\u2019hommes moins fier, ni plus avenant; comme il convient à tout bon chef de cuisine, en même temps porteur d\u2019une bure monacale, le frère Anselme possédait le physique de son double état.Sa bonne face, rougie à l\u2019ardente chaleur de l\u2019âtre et des fourneaux, était un véritable poéme d\u2019abondance : deux joues bien replètes, si grasses qu\u2019elles menaçaient d\u2019engloutir le nez aplati et de boucher les Petits yeux malins et gais; trois mentons si à l\u2019étroit dans l\u2019espace d\u2019un seul que le troisième devait chercher asile dans le large collet à capuchon de la soutane.Et quand le frère Anselme essayait de gronder quelque marmiton maladroit, les petits soubresauts de son ventre rebondi trahissaient son hilarité intime de- par Alexandre Marcotte vant la mine déconfite du coupable.Avec la foi d\u2019un bûcheron et l\u2019appétit d\u2019au moins trois, frère Anselme s\u2019était acheminé vers ses fins dernières en toute sérénité de conscience; servant fidèlement sa communauté de la même humeur joyeusement égale depuis tantôt dix ans, quand soudain, en plein Carême 181., il était devenu songeur, presque triste, avait cessé de fredonner ses vieilles ritournelles ; ses joues même mollirent, tombèrent quelque peu.Tout le couvent avait été dans l\u2019étonnement: \u201cQu\u2019a donc notre frère Anselme?\u201d disaient clairement les regards qui se croisaient sur son passage, à la chapelle ou au réfectoire; \u2014 \u201cS\u2019adonnerait-il à des mortifications trop rigoureuses ?\u201d chuchotaient malicieusement des petits novices.Le pauvre frère Anselme, lui, ne se demandait pas ce qu\u2019il avait; il ne le savait hélas que trop! Assis à l\u2019écart sur un escabeau qui geignait sous sa masse, les yeux fixés sur la flamme de l\u2019âtre, ses grosses mains pendantes effilochant nerveusement le bas de sa robe, - il gémissait tout doucement : \u201cGrand Ciel, je me damne! La gourmandise me perd ! ! Ah! misère de moi.Mais Seigneur, comment ai-je fait?.\u201d Et il raclait sa pauvre mémoire pour déterminer ou, quand, comment il était entré en tentation, avait succombé une première fois.Peine perdue : en autant qu\u2019il pouvait en juger, cela lui était venu insidieusement, comme le Malin lui-même, en goûtant les mets.Il s\u2019était soudain aperçu que ses narines se dilataient, que l\u2019eau lui montait à la bouche, qu\u2019il était toujours bien anxieux de goûter et re- goûter les sauces, les viandes.Mais c\u2019était de la gourmandise, celal.Le péché, d'habitude méme qui le tenait!.Après cette effarante constatation, il s\u2019était frappé la poitrine, se promettant de bien se surveiller, mais il n\u2019avait pu s'empêcher d\u2019éprouver le même plaisir \u2014 coupable, c\u2019était sûr ! \u2014 en essayant les plats de nouveau.Les remords le minaient: il avait perdu, en quelques jours, sa gaîté, un peu de son embonpoint, le sommeil et presque.l'appétit! Ca ne pouvait durer ainsi; un beau matin, au risque de giter irrémédiablement le diner, frére Anselme avait quitté la cuisine en coup de vent, roulé comme un ouragan à travers le monastère, était tombé, comme une avalanche, à genoux dans l\u2019oratoire du Supérieur, en haletant: \u201cMon Ré- vérend Père, je suis un grand pécheur !\u201d \u2014\u201cMais nous le sommes tous, mon fils!\u201d avait répondu, en toute franchise et humilité, le Supérieur du pauvre éploré.\u2014\u201cAh! mais moi, ce n\u2019est pas la même chose, mon révérend ; je me damne, entendez-vous, je me damne un peu tous les Jours!\u201d et il s\u2019était confessé avec force détails au Supérieur qui l\u2019avait encouragé de son mieux, mais à demi rassuré seulement: \u201cVoyons, frère Anselme, vous savez bien que la tentation n\u2019est jamais au-dessus de nos forces.Allez; priez beaucoup et surtout goûtez moins: vos mérites seront centuplés de surmonter des tentations inhérentes à votre devoir d\u2019état\u201d.Cela était fort beau, mais c\u2019est la conscience toujours en désarroi que le pauvre moine était retourné à ses marmites et leurs embiiches.Tout alla bien ou à peu près, pendant quelques jours: le calme commençait même à réintégrer l\u2019âÂme timorée du frère, quand les hasards de la cuisine monacale voulurent \u2014 l\u2019enfer de complice sans doute \u2014 que le frère Anselme eut à cuire trois jambons le vendredi Saint! Et quels jambons, grand saint François! Ronds, dodus, qui seraient, une fois cuits à point, d\u2019un beau rose, tendres, goûteraient l\u2019amende douce.La langue du frère cuisinier en était toute humide.Un feu de gorge flambait dans l\u2019âtre vaste, sous les trois marmites de fer lestées chacune d\u2019un jambonneau ; les aides de cuisine étaient à trier des pommes de terre dans un coin de la cave; le frère Anselme, debout devant la cheminée, se penchait tour-à-tour sur chacun des jambons, armé d'une longue fourchette qu\u2019il enfonçait dans la viande tendre.Enfin, ses jambons étaient à point ! Frère Anselme se redressa avec un soupir de contentement; mais était-ce bien de satisfaction que ses lèvres esquissaient une moue gourmande ?Pourquoi, soudain nerveux, se- couait-il sa grosse tête en si énergique protestation?\u201cAh! non, je ne peux pas\u201d, gémis- sait-il, \u201cc\u2019est impossible, monstrueux, goûter ça! \u2014 \u201cMais la tentative le clouait sur place; s\u2019il baissait les yeux, il rencontrait ceux étrange- ments verts, sardoniques, d\u2019un gros matou noir qui se chauffait au risque de se brûler le poil.Le Malin s\u2019était-il caché sous cette forme pour mieux tenter sa victime?C\u2019est possible! Plus le frère Anselme gémissait, plus il branlait son chef dégarni sans demander le L'arbre mort Dans la montagne au loin dominant l\u2019alentour, Perché dans un fouillis, insouciant, téméraire, Bravant les aquilons et le sombre vautour, Se dresse fatigué, un chêne centenaire.Le tronc malgré les ans demeure droit et fort, Mais l\u2019écorce pourrit puis tout doucement tombe, Craignant de l\u2019attrister le vieil arbre qui dort, Pendant que sur le sol se forme un peu sa tombe.Quand soudain il s\u2019éveille et ses bras décharnés Haut levés vers les cieux semblent demander grâce.Une brise en passant vient le faire osciller.Alors penchant la tête il gémit à voix basse.Dans l\u2019ombre qui descend son être entier frémit Aux souvenirs d'hier, aux souvenirs de gloire, Souvenirs de jadis, disparus dans l\u2019oubli, Souvenirs de héros, des héros de l\u2019histoire.Son corps usé se courbe, il gémit, il est las, Il sent le ver cruel qui le mange et le ronge.IL voit venir la mort qui s\u2019avance à grand pas, Le visage voilé de l\u2019éternel mensonge.Dans la suit calme et douce, un craquement subit, Un hurlement sauvage, un fracas formidable S\u2019abat sur la forêt où chaque arbre frémit Ayant l\u2019intuition d'un malheur effroyable.Lentement tout s\u2019est tu.Le calme souverain Resaisit la forêt étraignant chaque chose.Et la pousse d\u2019hier contemple avec dédain, Le vieil arbre qui git sur un buisson de roses.CHARLIE.secours de la grâce et, plus il , sentait sa chute prochaine, iné- | vitable.ll imaginait mordre dans la viande tentatrice, elle fondait sous sa dent, il la savourait.\u201cPourquoi hésites-tu ?Hypocrite, va! Mais tu as déjà succombé, tu es perdu!\u201d, lui sifflait sa misérable nature.La chaleur ardente du foyer, le désespoir, la concupiscence firent que, sans trop s\u2019en ren- ; dre compte, le moine s\u2019empara d\u2019un long couteau, se découpa une petite tranche de viande fumante et se trouva assis sur ses talons, devant l\u2019âtre, avalant sa dernière bouchée.Aussitôt le remord assaillit le pécheur; ses trois mentons cachés, comme honteux, dans son collet de bure, les bras ballants le long de sa massive personne, il restait là, les yeux agrandis par une vague terreur, fixant les tisons.Ah! comme il crépitait joyeusement ce feu-la.Comme il ronronnait triomphalement le ténébreux matou aux diaboliques allures!\u2026 La flamme avait des sursauts et le bon frère frémissait en songeant à cet autre brasier\u2014dont celui-ci n\u2019était qu\u2019une ombre! \u2014 qui brûlait ouvert sous lui.\u201cAh! malheureux qu\u2019il avait été.Damné, il serait damné!\u201d lui reprochait sa conscience.Soudain, un bruit de ferraille dans la cheminée glaçait le religieux, puis une masse noire, grouillante, s\u2019abattait dans l\u2019âtre, s\u2019agitait un moment en poussant des clameurs épouvantables dans la direction du religieux! Terrifié, il avait fermé les yeux et tremblant de toute sa chair molle et froide de sueurs, il attendait que le Diable (il n\u2019avait pas de doute que c\u2019était Satan venu pour le chercher!) ouvrit sous lui le sol, pour l\u2019ensevelir au plus profond de la géhenne infernale.Mais comme le diable ne se pressait pas et que ile frère Anselme entendait des pas, des chuchotements, il se risqua à ouvrir les yeux.O surprise ! lieu des faces grimaçantes des réprouvés, les usages familiers des moines entouraient la forme écroulée du pauvre frère, le tapage et les clameurs avaient attiré les uns; des autres avaient été avertis par un des novices qui remontait justement de la cave au moment de l\u2019effrayante apparition.Le frère Anselme en eut pour une bonne semaine à sortir de sa prostration.On lui raconta, comme cela était arrivé, que Jacquot lIdiot, le fils d\u2019un fermier voisin, avait grimpé sur le toit de la cuisine, était bêtement tombé dans la cheminée sur le rebord de laquelle il s\u2019était trop penché, qu\u2019enfin il s\u2019était enfui, malgré ses brûlures, en hurlant comme un possédé.Le père Anselme ne fut jamais convaincu que le diable ne lui était pas apparu et il fut guéri de sa gourmandise: ce ne fut plus désormais qu\u2019avec une grimace de mépris, qu\u2019il goûta les mets sortant de et bondissait | sa cuisine. Page Six Le Quartier Latin, Jeudi, 29 Mars 1928 FACULTE DE MEDECINE Rapport de l\u2019année du Comité de Régie.Messieurs, À la veille des Elections des Candidats aux diflérentes charges du Comité de Régie des Etudiants en Médecine, il est coutume que le président actuel donne rapport de l\u2019année qui se termine.Mais comme en ce moment, les esprits se tournent plutôt | vers l\u2019année qui s'en vient que vers l\u2019année qui s\u2019écoule, je serai bref et je me bornerai à mentionner frappants qui nous ont occupés cette année.La parade, le tournoi, le banquet, et les succès qu'a remportés notre club de hockey.LA PARADE, vous l\u2019avez vue, vous l\u2019avez appréciée, vous y avez participé.Et nous avons gagné le coupe.C\u2019est assez dire, Messieurs, ce qu'il a fallu d'organisation, d'argent, de travail, pour remporter la palme que nous laissions échapper depuis plus de trois ans.Et je me dois aujourd'hui, regardant le travail accompli, de faire mention de l'aide que nous a donné en cette occasion, le Comité spécial d\u2019organisation de la parade.Messieurs, j\u2019entendais dire, par quelques-uns hier encore qu\u2019en général, le président des Etudiants en Médecine n\u2019était iamais secondé par ses sous- officiers ou par ses confrères.Eh! bien, je vous dirai, moi, messieurs, que si nous avons remporté la coupe, si notre travail a été couronné de succès, c\u2019est que.votre président a travaillé c\u2019est vrai.mais je dois vous dire que le succès est dû à votre Comité de Régie d\u2019abord, à notre Comité d'organisation ensuite, et aussi, surtout à la participation de chacun d\u2019entre vous.Nous avons obtenu de M.L.Gravel une coupe pour l\u2019Etu- diant le plus utile dans les courses au tournoi annuel qui eut lieu en septembre.Cette coupe a été remise au banquet de la Faculté, par M.Gravel lui-même, à l\u2019heureux gagnant.Et ce gagnant, messieurs, c\u2019est votre candidat à la Présidence, M.Charles Emile Lafrance.Qu\u2019on ne pense pas comme quelques-uns l\u2019ont fait, que le Président des Etudiants en Médecine, parce qu\u2019il est président, peut bâtir l\u2019Université sur le flanc de la montagne.Le travail ne parait pas souvent, mais il demande du temps.Et sur ce, me fiant en mon expérience personnelle et en celle des présidents passés, je suggère au nouveau comité de prendre en délibéré cette proposition : \u201cQue le Président des Etu- \u201cdiants de la Faculté de Mé- \u201cdecine étant donné le sur- \u201ccroit d\u2019ouvrage que lui im- les faits les plus : \u201cpose cette charge, choisi \u201cdepuis les débuts de cette \u201cAssociation parmi les Etu- \u201cdiants de quatrième année, \u201cc\u2019est-à-dire préparant leur \u201cdoctorat, soit à Jl\u2019avenir \u201cchoisi parmi les Etudiants \u201cde troisième année.\u201d Il pourra ainsi plus facilement concilier sa charge avec ses études sans que celles-ci en souffrent trop.Nous avons obtenu cette année, le changement du terme te l\u2019Internat, qui commencera maintenant après que les examens de 4ème année seront terminés, Nous avons obtenu également du Directeur des Etudes Médicales de décongestionner la fin d\u2019année du doctorat, \u201c de sa kyrielle d'examens.Comme conséquences, l\u2019examen du doctorat a été divisé en deux termes : Pâques et Juin.Dieu sait ce qu\u2019il a fallu de , démarches pour satisfaire les confrères et pour obtenir tout ce qu\u2019ils ont demandé.Notre Gérant athlétique, le si populaire Fernand Dazé, qui .s\u2019est occupé du Club de Hockey, l\u2019a conduit aux plus éclatantes victoires dont se souviennent les annales de la Faculté.Rawdon, Oka, Joliette, L'Assomption, Ste-Agathe mé- me, ont successivement perdu l\u2019espoir de battre les Etu- diants de Montréal par des scores quelquefois fantastiques.C'est vous dire que nous sommes allés de succès en succès, parce que les fonctions n\u2019étaient pas cumulées, parce que nous avions divisé le travail, parce que nous avons été secondés par des Etudiants pleins de tact et de dévouement.Mais il est une chose que je rogrette, c\u2019est que notre banquet n'ait pas réussi comme nous l'espérions.Nous y avions travaillé pourtant.La cause en est au retard que nous avons eu à attendre, et ceux qui ont trouvé le plus à critiquer ont été ceux-là même que nous avons attendus.Je ne vous retiendrai pas maintenant, Messieurs, sur la question finances.Ne vous dirai seulement que nous avons pris le compte de banque de en dessous.Et qu\u2019après avoir soutenu les dépenses de la parade, du club de Hockey et du banquet, nous restons 4dc en dessous,tous comptes payés.A ce sujet, il me fait plaisir de souligner le zèle infatigable dont ne s\u2019est pas départi notre trésorier, M.Geo.E.Laporte.En terminant, je dois offrir des félicitations toutes spéciales au Comité de Régie qui m\u2019a si bien secondé en tout et partout.Et j'espère, Messieurs, que vous avez été satisfaits de la mission que nous avons remplie, et que vous ne regrettez pas trop d\u2019avoir voté pour nous à notre Election.Moïse CLERMONT, Prés.des E.E.M.de l\u2019U.de M.meme a HZ Dl 4 eme ett Ep EP EB HBG \u20ac, FEE DNA Avec les compliments de la BRASSERIE \u201d Dae 0 | FRONTENAC \u20ac JZ aux 9 Etudiants TD EB 25 EX HH I Sh Eh PIED ENP IIZIIT 3 Sree RR EAE EV EVEN ENE EEE ) » bw EE HERRERO ERR PAQUES Cartes Francaises Gravées 970 y» or Le J) ES 2 LY J 20202000 HIE Te Dh Nous offrons à notre nombreuse clientèle un choix varié de cartes françaises artistiquement décorées de dessins gravés ou coloriés à la main.2022020) DECORATIONS Nécessaire en papier pour décorations de table: Nappes, serviettes, bonbonnières, cartes, convives, indicateurs (tally).Papier crêpe uni et avec dessins.Banderoles unies ou plissée en papier crépé, pour décorations de vitrines intérieures et extérieures.ARTICLES DE PAQUES Poulets \u2014 Coqs \u2014 Lapins \u2014 Paniers de Fantaisie \u2014 Etc, Etc.CATALOGUE ADRESSÉ SUR DEMANDE GRANGER FRERES Libraires, Papeliers, Importateurs 32 lotreDameOuest.Montréal HE » Lan ~ J = 22) 3 D 0 w DIES = ow 4 Eas OREN OO IODA Te DISCOURS DE M.ADÉLARD LEDUC À L'OCCASION DE LA CONFÉRENCE DE M.LE CHANOINE THELLIER DE PONCHEVILLE AU CERCLE COLIN DE, L'UNIVERSITÉ Monsieur le Chanoine Thellier de Poncheville, Messieurs les Abbés, Mesdames, Messieurs.Vous êtes-vous jamais demandé Ja raison d\u2019être d\u2019un président d\u2019honneur ?Il est une de ces variétés de rois qui règnent mais ne gouvernent pas, Expliquons son utilité sociale pir ces mots qui vous sont familiers, Mesdames : C\u2019est la mode.Le Cercle Colin me fait un grand honneur ce soir.J\u2019ai hésité un peu avant de l\u2019accepter.Mais, parce qu\u2019en plein Carême, il ne faut tout de même pas se priver «de tout.Et ne convient-il pas qu\u2019en ce saint temps je vous fournisse l\u2019occasion de faire pénitence.Enfin voici pourquoi j'ai accepté presque sans hésitation.En causant avec le délégué du Cercle Colin des initiatives de ce cercle, de ses moyens d'action, il m'est venu à l\u2019esprit deux idées.(\u2019est beaucoup pour un cerveau d\u2019avocat, de quoi le faire éclater.Pourquoi n\u2019irais-je pas saluer Monsieur Thellier de Poncheville, ce sociologue éminent -\u2014 première idée \u2014 et ve grand orateur français \u2014 deuxième idée, \u2014 et lui dire mon admiration pour son dévouement inlas- suble aux oeuvres sociales de mon pays.PRETRE, APOTRE SOCIAL Au mois de mars 1920 dans une lettre à Mgr Marelli évêque de Ber- game, Benoit XV rappelait aux prêtres et aux curés \u2018l\u2019une de leurs obligations de se consacrer le plus possible à la science et au mouvement social, par d\u2019étude, le contrôle ou l\u2019action et de collaborer par tous les moyens avec ceux qui, sur ce terrain, exercent une certaine influence eh vue du bien général\u201d.Votre zèle «apostolique, Monsieur le Chanoine, n\u2019a pas atten:lu ce commandement pour traduire sa sensibilité chrétienne et aider à la solution des multiples problèmes sociaux.Souffrez que je vous félicite de déserter parfois la chaire de vérité.La prédication elle-même a ses limites.Pour les dépasser ces limites vous recourez à la conférence publique, aux conversations avec les sociologues, au contact plus intime avec les fidèles.Prêtre.vous comprenez, ici, comme en votre Patrie, votre sublime mission.Que vaudrait l\u2019enseignement social de l'Eglise si le prêtre ne descendait sur le terrain économique ?En acceptant, ce soir, de parler sous les auspices du Cercle Colin, vous collaborez avec l\u2019A.C.J.C., la plus belle ct la plus généreuse de nos institutions nationales, et vous affirmez qu'il imponte pour le bien temporel et spirituel des individus et des sociétés de savoir unir à des pensées géniales et chrétiennes une puissance égale de réalisation.Plus que tout autre le prêtre so- tiologue sait \u201cque la vie est un fil que Dieu tient par les deux bouts, mais où le diable fait des noeuds\u201d, (Dancourt).Avant l\u2019immortelle cneyclique \u201cRerum Novarum\u201d le fil de la vie sociale et religieuse, en notre chère France, était tout noué.Les maîtres «le l'heure Leconte de Lisle, Flaubert, Renan et Taine occupaient les sommets de l'art et de la pensée.Tandis que l\u2019auteur de \u2018Salambo\u201d et l'auteur des \u201cPoemes Tragiques\u201d anathématisaient l\u2019Eglise de Jésus- Christ, l'auteur de \u201cL\u2019Awvenir de la Science\u201d et l\u2019auteur de \u201cL\u2019Origine de la France Contemporaine\u201d exilaient le surnaturel et prophétisaient que la science tiendrait lieu de religion, de morale et expliquerait toutes choses, Que de noeuds au fil de la vie chrétienne : Plus d\u2019un demi-siècle s\u2019est écoulé, Considérez la marche des idées.Le philosophe ramène la pensée à la Somme de St-Thomas, le critique découvre à la source de la poésie la foi et la charité.Par l'analyse des passions humaines le romancier accepte la preuve éclatante des lois chrétiennes et enfin le poète dans des hymnes d\u2019apaisement et de soumission chante la beauté de la mystique du Christ.\u201cIl n'est pas, dit Claudel, de charpenter la croix mais d'y monter, ot de donner ce que nous avons, en riant\u201d, La est la joie, là est ln liberté, là la Grâce, là la jeunesse éternelle\u201d (Paul Claudel, L'Annonce faite à Marie, acte IV).En votre pays, M.le Chanoine, de 1860 à 1928, quel changement d\u2019âme! Il existe encore des faiseurs de nocuds.Quoi d\u2019étonnant ! Au risque de trop synthétiser me sera-t-il permis d'affirmer qu'il y a aujourd'hui deux littératures: La littérature sensuelle où l\u2019industrie trouve son compte et la littérature catholique qui, à bon droit, revendique l\u2019honneur de servir l\u2019art.L'Esprit français si longtemps égaré retrouve sa voice et les maîtres conscients des \u201cdernières positions de la science\u201d, tout en défaisant les noeuds que le diable a faits au fil de la vie, demeurent des constructeurs de doctrines sociales.Qui parle aujour- d'hui au nom de la science?Est-ce un Guignebert, un Couchoud, un Rou- gier 7 Que pèse leur enseignement à côté de celui des LeBreton, des Lagrange, des DeGrandmaison ?Cet esprit catholique qui s\u2019est manifesté dans les lettres, qui a ennobli la pensée française, a vivifié les principes de la sociologie.Et c'est dans ce mouvement économique-so- cial, M.le Chanoine, que vous méritez de l\u2019Eglise et de votre pays.Vous nous apparaissez comme une volonté en action.Avec les Janvier, les Lhande et les Gillet vous renovez la France et, ici, après les Rozier, les Vigneault, les DosGran- ges, les Samson, les Audoin vous vivifiez notre sens social et notre sens chrétien.Et quelle éloquence que la vôtre! Notre écrivain, Henri d\u2019Arles rappelait en décembre dernier que l\u2019éloquence est le plus sublime des arts.Il s\u2019écriait : \u2018Heureux qui dans sa vie, entend, au moins une fois, un otateur, au sens absolu de ce mot\u201d ! Blesserais-je votre modestie ?M.le Chanoine, si j'affirme que votre auditoire a cu ce soir, le bonheur de voir et d\u2019entendre un orateur.Qui ne sait que l\u2019éloquence postule tout ensemble les qualités extérieures et les qualités intérieures.Si je crois avec Lacordaire qu\u2019elle \u201cest le son que rend une grande âme\u201d puis-je oublier la définition qu\u2019en donnait Berryer, qu\u2019elle \u201cest le corps qui parle au corps\u201d.L\u2019éloquence est donc une ame mais elle est aussi un corps.Je me plaisais tout à l'heure a admirer la \u2018prestance, le geste et la voix du prédicateur de Notre-Dame de Montréal, et à goûter la belle ordonnance de son discours.Son style, presqu'à lui seul, est d\u2019éloquence même.Il est entrainant, il soulève, emporte les volontés.II est une s-duction pour esprit ct je ne sais s\u2019il ne serait \u201ccapable, tel celui de Lammenais, de résusciter les morts\u201d.(Freyssinous).Les étudiants du Cercle Colin pou- vaient-ils trouver une voix plus éloquente en laquelle il est possible de sentir la présence de ce que Mirabeau appalait une divinité ?L'une des lacunes dans notre formation intellectuelle c\u2019est de négliger la bonne diction et l\u2019art oratoire.Pour satisfaire notre paresse d\u2019esprit nous avons crû en la \u201cgué- nile de l\u2019éloquence\u201d.Mot fatal à notre esthétique oratoire.Je ne suis pas sur si nos hommes publics : les maîtres du prétoire ou de la chaire ont des lacumes soit du côté de la pensée, soit du côté du coeur, mais je sais une chose c'est que les facultés physiques de l'orateur ne comptent rien chez trop d'hommes appelés à donner \u201cun son que rend une grande âme\u201d, Est-
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