Le Quartier latin, 9 février 1940, vendredi 9 février 1940
[" MONTREAL, 9 FÉVRIER 1940 Directeur: JA CQUES DUQUETTE SOMMAIRE ETUDIANTS DU MONDE JEAN DRAPEAU L'A.G.E.U.M.et l\u2019A.G.E.L.QUITTENT LA F.NÆ.U.0.LES PRESIDENTS PING PONG MARCEL HUOT BLEU ET OR A STE-ANNE PHILIPPE EWART \u201cNOUS AUTRES FRANÇAIS\" STAN UN PETIT MONDE A SOI NADINE J'AVAIS TROP BU.NICOLE BRUCE L'ART DE L'HISTORIEN GUY FREGAULT ARTHUR LEBLANC PL.AU SAINT-DENIS M.c.ROSE BAMPTON MARCEL BLAIS \u201cMON CURE CHEZ LES RICHES\" Jor, H.\u201cFRIDOLINONS 40\" DANIEL JOHNSON DOSSIER SUR LE PACTE FEDERATIF RICHARD ARES, S.J.LA SAINTE QUARANTAINE CETE LES P'SEUDONYMES PIERRE-H.BAUDOUIN PARADE DES SPORTS YVES GODBOUT QUILLES INTER-FACULTES LOUIS-GEORGES LACOMBE CARABIN VS McGILL MARCEL CARON HOCKEY LE PRESIDENT SKI LE SUBROGE-PUBLICISTE LE DERNIER DEBAT xxx DIVAGATION YANNICK \u201cMES FEMMES\u201d BRICK L'ESPRIT UNIVERSITAIRE AU CONCRET JG 10 SOUS LE NUMERO it VI Lal] | ood JO000 BAGO OOo 000 BIEN FAIRE ET LAISSER BRAIRE LE GROS MÉCHANT LOUP! NOTRE DEVOIR EN FACE DE LA CONSCRIPTION JACQUES DUQUETTE Au commencement de l'année, au moment où j'écrivais mon premier article en page éditoriale, j'avais promis ne pas parler de la guerre, ne causer aucun trouble ou gouvernement ou à Sa Majesté, ni aucun embêtement à la censure.J'avais alors donné les raisons qui m'empéchaient d'écrire, d'exprimer à nu ma pensée.Je crois avoir tenu parole: nous n'avons embêté personne de nos jérémiades, nous n'avons pas inutilement affolé les esprits en faisant une publicité tapageuse autour du conflit qui déchire les nations.Cependant les idées que j'avais, je les conserve toujours; mes sentiments, je les tais.En octobre, nous avons commencé dans des conditions d'infériorité: la guerre, bien que le théâtre en fût éloigné, ne savait nous laisser indifférent.À ce moment, la perspective de la conscription ne nous apparaissait que lointaine, dans le vague, dans la fumée de quelques esprits pessimistes dont on se moquait facilement.Comme josiours, un danger éloigné ne savait nous émouvoir \u2014 c'était parfaitement normal, umain! Ce second semestre débute sous des auspices encore plus sombres.Cette ombre de conscription, ce fantôme, ce mystère se matérialise, prend forme, devient quelque chose de si probable que nos âmes commencent à s'émouvoir.Le danger immédiat fait raidir tout l'être, se tendre les muscles et met l'esprit aux aguets.Tous ont encore en mémoire ce lendemain de \u2018\u2018L'Illustre Session d'un jour\"; Qui ce jour-là n'a pas parlé de conscription à l'université ?qui n'a pas songé à protéger sa peau?Tous nous savions que cela ne préludait à rien de bon, qu'il y avait anguille sous roche.Personne, je crois, n'a changé d'idée à ce sujet.Et les veilles s'éternisaient.Et nous songions qu'il était rudement bête d'avoir formé une cervelle, de l'avoir façonnée vingt ans durant, pour eller ensuite la faire fracasser en un clin d'oeil, sur les champs de bataille, où nous ne comprenions pas devoir sauver la démocratie, l'empire, la liberté où la chrétienté.Nous n'ignorions pas qu'il y avait des valeurs de civilisation en jeu, mais nous ne voulions pas disparaître, nous ennihiler nous-mêmes pour essayer de les sauver.Encore n'éteit-ce pas aussi clair que de l'eau de source! + J'avais promis ne pas parler de le guerre.mais j'avais aussi promis ne pas négliger ls conscription.Aucun règlement de la censure \u2014 importune Anastasie \u2014 ne nous interdit d'exprimer notre pensée sur ce sujet.Ceux qui la préconisent ne se gênent pas, pourquoi serions-nous timides, craintifs?Ne craignez rien, je ne suis ni timide, ni craintif.Le temps des paroles, du papotage, est fini; il nous faut poser des actes.Un moyen s'offre à nous durant la semaine du onze février: le scrutin national de l'A.E.C.Le \u201cQuartier Latin\u2019\u2019 a déjà commencé d'y faire une publicité intense.Cela ne suffit pas.Tous doivent se faire un devoir de remplir le questionnaire en toute franchise.Il sera remis aux étudiants les 11, 12, 13 février par les conseillers de classe.Tous, nous coopérerons avec eux.ll nous faut un vote record, un vote cent pour cent.Mais là ne s'arrête pas notre devoir; nous devons feire mieux.Chacun de nous devrait avoir à coeur de faire signer un nombre imposant de ces questionnaires à l'extérieur de l'Université, après les 11, 12, 13.N'ayez pes peur de faire signer vos parents, vos amis, et toutes vos connaissances.Il faut que la province se prononce en bloc et soutienne les éléments bien-pensants des autres provinces.Il faut que nous leur disions: \u201cNous marchons avec vous\u2019.Qui, dans un pays, doit diriger l'opinion sinon les universitaires?Vers qui les yeux sont-ils tournés?On attend un exemple: il viendra.Et si nous les jeunes ne secouons pes notre apathie, sur qui compterons-nous pour nous sauver?Sur nos aînés?Allons.Nous savons trop bien ce que les générations qui nous ont précédé nous ont légué, nous conneissons leur testament.L'oeuvre à laquelle nous sommes conviés, est une oeuvre de jeunes, c'est un devoir que nous nous devons de remplir! ll faudre de plus que l'écho nous réponde, que la vague déferle, déchaiînente; sur la Province et sur tout le Canada et qu'une clomeur monte, rugisse jusqu'au parlement .où nous espérons être entendus.Rédacteur en chef: ROGER BEAULIEU BILLET DE LA SEMAINE BERCEUSES.Me souviens - ou plutôt mon cœur croit se souvenir d'une berceuse ancienne\u2026 Toul à l'heure en l\u2019écoutant des fibres en moi, toutes ont tressailli : el les réves de ces nuils de jeunesse ont percé les voiles de l\u2019oubli\u2026 Mais tout s'estompe, la berceuse s'est tue et je ne suis plus l'enfant d'hier\u2026 Berceuse à ma poupée et pour elle, déjà, ma voix se faisait plus tendre.J'avais les gestes charmants que j'empruntais à maman .en méme lemps que ses talons de trois pouces el sa robe courte qui se faisait longue pour mot.J'ai pleuré quelquefois en berçant ma poupée.en songeant à mon avenir\u2026j'avais peur.Ces jours, je n\u2019ai plus ma poupée, plus de poupée\u2026 Un jour sans aurore, sans déclin, un jour qui ful le Jour: croisée de deux chemins \u2014 Je te reconnus sans l\u2019avoir connu.tu venais a mot el mon cœur s\u2019ouvrit pour écouter la berceuse d'amour! J'ai vu la traînée lumineuse des étoiles, le soleil tel un roi en apothéose J'ai vu le monde, la vie passer \u2014 des gens.Mais j'entends toujours ta voix d'alors.J'aime la vie! c'était ma berceuse d'hier Aujourd'hui?Oh! elle m'a fait souffrir mars je ne l'accuse pas\u2026 elle n'a pas un cœur de chair; elle est comme ces mers de Bretagne qui attirent, bercent \u201cleurs gars\u201d les enivrent de volupté el au moment du trépas loujours recueillent sur les lèvres expirantes un aveu d'amour.Berceuse de mes jours de jeunesse en allée Berceuse de rêve, de réalité\u2026 \u2014 berceuses aussi de l\u2019un et l'autre Vous êtes le mémorandum de ce que ful mon existence et vous me devenez lu vision de ce que sera ma vie.Berceuses en vous je retrouve le point de départ de chacun de mes agissements d'aujourd'hui \u2014 El c\u2019est encore à vos rythmes que je vis! Gil GALA SPORTIF ORGANISE PAR LE COLLEGE BREBEUF ET L'UNIVERSITE DE MONTREAL Le 22 Février - Au Forum | \u2018 \u2019 SMF, we le 1 % PAGE DEUX _ LE QUARTIER LATIN AU SUJET DE L'A.E.C.ET DE LA F.N.E.U.C.Lo mauvaise volonté évidente de la F.N.E.U.C.a engendré bien des dissensions.Et voilà que le QUEEN'S JOURNAL y trouve un plaisir malsain.Dans sa livraison du 26 janvier, la page trois se coiffe d'un énorme titre couvrant huit colonnes: \u2018University press condemns C.S.A.\u201d S'il est vrai que certaines universités ont cru préférable de se retirer de l'Assemblée des Étudiants Canadiens, pour des raisons étudiées dans d'autres colonnes de notre journal, il est évidemment faux et absurde de répandre l\u2018impression que toute la presse universitaire rejette l'AEC.Ce sont sans doute des manoeuvres aussi malhabiles et vexatoires qui ont amené les universités Laval, Ottawa et Montréal, À prendre une décision catégorique à l'endroit de la F.N.E.U.C.Le QUARTIER LATIN ne peut que féliciter l'Association Générale d'avoir rompu définitivement toutes ses relations avec cette institution qui ne saurait désormais, à aucun titre, jouer le véritable rôle d'une fédération nationale.Quant au QUEEN'S JOURNAL et à ses assertions gratuites, ajoutons que les journaux suivants: LA ROTONDE, L'HEBDO-LAVAL, et le QUARTIER LATIN, pour ne citer que ces trois-là, figurent avec honneur parmi les journaux universitaires qui reflètent le plus exactement le sentiment des étudiants de leur université, et aucun d'eux n'a songé à blâmer l'A.E.C.Nous appuyons cette dernière, parce qu'elle s'est montrée active, et capable de promouvoir et défendre les intérêts des étudiants canadiens.ET AU McGILL DAILY?La tension qui existe entre la CS.A.et la FNE.U.C.à donné lieu à une dispute qui a entraîné la démission du \u2018News Editor\u2019, George McDonald.Les faits sont les suivants.À l'occasion du congrès de l'A.E.C.le McGILL DAILY a ouvert toutes grandes ses colonnes à cet organisme, comme il l'a fait, d'ailleurs dans le cas de la F N.E.U.C.Mais cette générosité n'a pas plu à George McDonald, qui a alors écrit à Monsieur Malcolm Davis, rédacteur en chel: \u201cl feel that the Daily has been prostituted by certain people for the advancement at McGill of a cause which is of little concern to McGill students, which is a nuisance to certain University authorities and which has met with a considerable measure of public disapproval.Naturally | am refering to the Canadian Student Assembly\".+ La réponse du rédacteur en chef attire l'attention du démissionnaire sur certaines considérations: par JEAN DRAPEAU \u201cI should like to point out to you that the \u2018Daily has not een used \u201cto grind any particular axe in the past, that it will not be so used in the future, and that the \u201cDaily\u201d policy has been sed on one consideration alone, namely, the fair and impartial presentation of news to the students at McGill.That policy was, as you are well aware, decided as the need arose; it was never agreed upon before alt the facts in any particular instance were, os far as was possible, known to all of us, nor before each was given the opportunity to express his opinion.\" + Au sujet de la décision prise per l'A.E.C.à son congrès de Ste-Anne, de participer à une vaste campagne anti-conscriptionniste, THE ARGOSY WEEKLY, de Mount Allison, N.B.écrit: \u201cWith a great many of the objectives we are heartily in accord, but as indicative of the C.S.A.'s attitude toward Canada's war effort it is worthy of note that the C.S.A.resolutions and reports of commissions commit us to an immediate and active campaign against conscription.This is the third major call for action by the CS.y an immediate campaign and agitation against conscription on the part of the assembly?Why a deliberately organized agitation on every university campus against sending anything but a small expeditionary force to the war?\u201cConscription is not an issue in Canada, the Dominion government has pleds ed itself over and over again to a policy of voluntary enlistment.e can only conclude that the inauguration of a campaign against conscription by the C.S.A.is designed to make undergraduates seriously question the pledged word of the Dominion Government, or else embarrass that government by raising an issue which will make for disunity at an inopportune time.\" Il saute aux yeux que les auteurs de cet article, MM.Lorne Bell et Angus MacLellan, sont d'une naïveté bien grande, à moins qu'ils ne soient d'une soumission à toute épreuve envers quelque autorité universitaire.De toute façon, c'est déplacer malhonnêtement la question que de soutenir qu'il est inutile de sonder l'opinion populaire sur un sujet d'aussi grande actualité.Et, puisque tout appel doit, de nos jours, se faire au nom de la démocratie, disons qu'il est tout à fait antidémocratique de croire que le sentiment anticonscriptionniste n'a d'autre but que celui de susciter des embarras au gouvernement.Nous croyons avoir autant d'autorité que THE ARGOSY WEEKLY, nous ajoutons même que nous jouissons d'une entière liberté d'expression sur de semblables sujets, et nous n'hésitons pas un seul instant à soutenir la C.S.A.(en français A.E.C.) dans sa campagne contre le service militaire obligatoire.\u2018Mais la meilleure réponse qu'on puisse faire à de tels articles, c'est encore de faciliter le travail d'enquête sur la conscription, en répandant le plus de questionnaires possible.Demandez-en au QUARTIER LATIN.Vous ferez de l'action dans le sens le plus humain du mot.L'A.G.E.U.M.ET L'A.G.EL.QUITTENT LA F.N.E.U.C.Les conseils d\u2019étudiants de l\u2019Université de Montréal et de l\u2019Université Laval ont résolu de se retirer de la Fédération nationale des étudiants universitaires canadiens (F.N.E.U.C.) et voici, en bref, les motifs de leur décision: Les conseils d\u2019étudiants de ces deux universités considèrent qu\u2019une association d'étudiants doit favoriser la pleine et libre discussion de tous les problèmes qui intéressent les jeunes, ce qui permet aux étudiants de prendre position et d\u2019adopter les décisions qui leur semblent dans l\u2019intérêt de leur pays, le Canada.Or la F.N.E.U.C., dont l'exécutif est composé de quinze ou seize membres se réunissant tous les deux ans, s'est avérée inapte à servir les besoins de la masse des étudiants.Mais surtout elle a affiché l'attitude la plus anti-démocratique qui soit.En effet, chacun sait qu\u2019on a commencé la distribution d\u2019un questionnaire au sujet de la conscription, afin que les étudiants expriment leur opinion sur cette question.Or les dirigeants de la F.N.E.U.C.se sont opposés à la tenue de ce plébiscite estudiantin, ce qui révèle sans conteste un esprit d\u2019autocratie, auquel nous n\u2019avons pas accoutumé, et même un esprit anti-canadien, jusqu\u2019à un certain point.Cette décision a été prise sans qu'on ait consulté les membres canadiens-frangais de la F.N.E.U.C.et bien qu\u2019on sache pertinemment que les étudiants canadiens- français, comme groupe, sont carrément opposés à la conscription.L'unité canadienne, de même que la démocratie canadienne, ne sauraient exister si l\u2019on ignore délibérément l'opinion d\u2019un groupe important du peuple canadien.L'Université de Montréal et l\u2019Université Laval, désireuses de ne pas s'exposer à être les victimes de mesures analogues d'autocratie de la part de la F.N.E.U.C., déclarent formellement qu'elles ne font plus désormais partie de cette association.LE CONSEIL D\u2019ETUDIANTS DE L'UNIVERSITE DE MONTREAL LE CONSEIL D'ETUDIANTS DE L'UNIVERSITE LAVAL MESSE UNIVERSITAIRE Une messe spéciale pour les Etudiants des diverses Facultés et Ecoles de l\u2019Université est célébrée à 9 heures 30, chaque dimanche et fête d\u2019obligation, à la Maison des Etudiants.CORDIALE BIENVENUE ! PING PONG Voici pour les intéressés les statistiques complètes de ln première partie de la cédule de la ligue de Ping-Pong.Tous ces records ont été compilés par notre ancien confrère, Pothier Ferland, maintenant à Québec et je profite de l\u2019occasion pour le remercier de l'aide qu\u2019il a bien voulu nous accorder dans l\u2019organisation de cette ligue.POSITION DES CLUBS Ga- Per- Moyen- gnées dues ne HEC.32 12 727 Poly.26 18 .590 Médecine.21 23 ATT Droit.18 26 .409 Chir.Dentaire.13 31 .300 MOYENNE DES JOUEURS Bastien, H.E.C.10 2 0.833 Derôme, Méd.5 I 0.833 Gauthier, Méd.5 1 833 Dessaules, Poly.5 1 .833 Choquet, Poly.8 4 .666 Glen, Poly.8 4 .666 Marien, HE.C.6 3 .666 Ga- Per- Moyen- Archambault, gnées dues ne HEC.7 5 .583 Lavallée, CD.7 5 .583 Pinsonnault, Dr.6 0 .500 ôté, Dr.3 3 .500 Gauthier, Méd.3 3 .500 Croisetière, Méd 2 4 383 Ferland, Dr.2 6 .250 Fauché, CD.2 7 .222 Forget, Dr.2 7 .222 Desjardins, C.D.2 10 .166 Archambault, R.NMéd.2 10 .166 MOINS DE 6 PARTIES Gagnon, HEC.3 0 1.000 Gravel, Po.1 0 1.000 Desrividres, Po.1 1 .500 Huot, Po.0 3 .000 EQUIPES EN DOUBLE HEC.6 2 .750 Droit.5 3 .625 Médecine.4 1 .500 Poly.3 5 3.75 Chir.Dentaire.2 6 .250 Marcel HUOT DIRECTIVES I ne faut pas douter que les exigences de la vie professionnelle qui nous attend sont nombreuses.Mais quelles que soient ces exigences, jamais elles ne nous libèrent du devoir social qui nous incombe.En ces temps troublés, en cette période encore plus bouleversée que le sera l\u2019après-guerre, le monde se tourne instinctivement vers ceux qui ont bénéficié d'une longue formation au collège et à l\u2019université.Nous ne pourrons y échapper.Evidemment, on ne doit pas se cacher la grande complexité du problème social.Mais ce qu\u2019il importe encore plus de ne pas ignorer, c'est la solution qu\u2019y apporte l'Eglise catholique.Le monde comptera logiquement sur la jeunesse universitaire d\u2019aujourd\u2019hui.Mais ce SOCIALES sera à la jeunesse universitaire catholique de répondre à cet appel avec les données que nous propose l'Eglise.Car, encore une fois, notre qualité de professionnels catholiques nous aura chargés d\u2019un devoir dont nous ne pourrons nous libérer sans nous trahir nous-mêmes.Or il nous faut évidemment connaître cette doctrine sociale de l\u2019Eglise, pour être en mesure de la faire rayonner.Et parmi toutes ces occasions qui se présentent de trouver cet enseignement, la prochaine journée de directives sociales en est une toute spéciale.En effet, elle s'adresse directement aux universités et, par conséquent, ne saurait mieux convenir.Alors nous y sommes tous, n'est-ce pas?la portée de tous.LE BLEU ET OR A STE-ANNE DE BELLEVUE Samedi dernier, notre club allait rendre visite à celui du collège MeDonald, à Ste-Anne de Bellevue.Dès deux heures, tous les joueurs se rendaient à ln demeure du capt.Lafond pour filer de là vers Ste-Anne.Tout marchait bien.lorsque, près de Beaconsfield, notre chauffeur se croyant probablement en \u201csnowmobile\u201d laissait la route pour cotoyer clôtures et poteaux.Heureusement qu\u2019il y a toujours des automobilistes aimables! Après vingt minutes d\u2019efforts, nous réussissons à ramener le Pontiac sur le droit chemin.Résultat: doigts gelés pour Clément, gants ruinés pour Charette et pieds engourdis pour tous.Enfin, vers 3 hrs 30, nous arrivions, sans autre incident, au lieu de la rencontre.Le gérant du McDonald nous attendait avec impatience pour nous conduire à nos quartiers.Quelques minutes plus tard, nos porte-couleurs faisaient leur entrée aux applaudissements des gentilles \u201cco-eds\u201d qui remplissaient la galerie.Nos carabins, désireux de faire bonne figure devant cette assistance \u2026de choix, se lancèrent dès le début à l\u2019attaque et malgré des regards trop fréquents vers la galerie, au dire de Cliff, ils réussirent A prendre une avance que les agronomes ne purent jamais diminuer.La seconde moitié fut comme la première et vit nos gars donner une leçon d\u2019entente, de vitesse et de sûreté à l'adversaire.Score final: MacDonald: 20 \u2014 U.de M.: 41.Comme toujours, toute l\u2019équipe mérite des félicitations, mais il serait juste de mentionner Wright, Melville et Beland qui furent nos \u201cgros canons.\u201d Je remercie, au nom de la direction, MM.Mouti, Piché et Coursol pour n'avoir pus hésité à mettre de côté leurs engagements pour venir nous conduire.Il y a encore chez quelques- uns de l\u2019esprit universitaire, n\u2019est-ce pas?De nouveau, merci et\u2026 à ln prochaine fois! Avec cette victoire, il ne nous reste plus que quatre parties à gagner.Pour les carabins qui auraient enfin le courage de venir nous applaudir, voici la date des prochaines parties.Vendredi 9: ss U.de M.ve Samedi 17: St.Matthews vs U.de M.Westmount H oratius tint bon.Mais Ppont ayant fait: \u201ccrac I\u201d I\u2019 Pvint chez lui, par PTibr, fumer son Picobac, © Revenir chez soi et fumer une bonne pipe de Picobac! Cela vaut bien l\u2019effort.Car qu'est le foyer sans une pipe?Ou une pipe sans Picobac?Et bien que le Picobac soit le choix de la récolte canadienne de Burley \u2014 un tabac toujours doux et frais \u2014 il est marqué à un prix qui le met à BLAGUES HERMETIQUES, 10c et 15e Boîte \u201cLOK-TOP\u201d de 3 livre, 60c aussi en commodes \u2018boîtes métalliques pour le gousset.Picobac \u201cI! A bon goût dans la pipel\u201d (Date non fixée) Sir G.Williams vs U.de M.P.EWART Spécialité : HABITS À LOUER OU À VENDRE POUR TOUTES OCCASIONS où l'habit noir est de rigueur : M.A.BRODEUR Marchand Tailleur 28 est, rue Notre-Dame \u2014 LAncaster 2776 \u2014 mar Siège sociel : 350, rue LE MOYNE ROUGIER FRÈRES Produits Pharmaceutiques Français MONTRÉAL LE QUARTIER LATIN PAGE TROIS EBAT McGILL vs MONTREAL NNONCE UN SUCCES \u2018EST l'âme même de Carabin qui y sera mise à nu, \u2014cette âme aux multiples aspects et dont bien peu de gens peuvent se flatter de connaître tous les replis \u2014Le coeur de Carabin et les nombreux combats qui s'y livrent.\u2014 Sa pensée complète au sujet des exigences de la vie.\u2014Les réactions les plus intimes de son être ! Et tout cela mis en face d'un problème: l'argent.Et ce problème, mis aux regards de quelqu'un: Vous, Mesdemoiselles ! Que pensent les étudiants de leurs sorties en votre compagnie?Comment songent-ils à organiser leurs relations avec vous?Qu'est-ce qui se dit à votre sujet et qu'attendent de vous les étudiants?Par votre présence à ce débat, non seulement votre curiosité sera satisfaite, mais aussi votre compréhension de Carabin se précisera à votre avantage, peut-être, au nôtre, sûrement! Et toi, Carabin, en qui le plus étrange des combats que t'impose l'existence actuelle, est peut-être celui qui met aux prises ton esprit chevaleresque et la réalité d'une bourse peu garnie, ne viendras-tu pas entendre la défense qu'oppose la jeune fille à ton ultima- ALFRED J.PICK tum de ne plus défrayer seul les dépenses de sortie?PO 0 Fir Z Re JEAN DRAPEAU NON ALBERT-O.GADBOIS JEAN-JACQUES BERTRAND \u2018A ES étudiants en Droit de l'Université McGill sont heureux de contribuer à l'organisation du débat qui aura lieu le 15 février.Depuis longtemps nous entretenions ce désir de rencontrer nos confrères de l'Université de Montréal dans une joute oratoire.Et puisque ce désir est maintenant en bonne voie de réalisation, nous nous en réjouissons à plus d'un titre.La multiplication des rapports de camaraderie entre les étudiants des deux universités de la métropole ne manquera peut-être pas de faire naître des amitiés durables, et permettra certainement une compréhension mutuelle plus facile de la part des étudiants de langue française et de langue anglaise.\" Russ B.LAMB, Président du Droit, McGill.AVIS Nous vous prions d'occuper votre siège dès 8 heures 15, êfin de permettre au débat de commencer à 8 heures 30 précises.LE 15 FEVRIER AU PLATEAU \u201cPLUS que jamais I'harmonie entre les races est devenue nécessaire.Plus que jamais cependant les peuples n'ont paru plus belliqueux.Réjouissons-nous donc des relations amicales qui unissent les étudiants en Droit des universités McGill et Montréal.Le débat du 15 février prochain constituera une autre manifestation universitaire dont le signification est éclatante : le collectif désir des jeunes d'imprégner leur préparation pour l'avenir d'un nécessaire esprit de canadianisme.Puisse cette heureuse inclination atteindre son but : c'est là le gage le plus sûr d'un Canada prospère puisque uni sous le signe d'un mutuel respect entre ses éléments ethniques.\u2019 Jean-Joffre GOURD, Président du Droit, Montréal.Sous les auspices de la \u201cLaw Debating Society\u201d de McGill et de la Faculté de Droit de l'U.de M.LORSQU'UNE JEUNE FILLE SORT AVEC UN ETUDIANT DEVRAIT-ELLE PAYER SES PROPRES DEPENSES?.Æ Cae Ane War BILLETS lls sont en vente à la Maison des Étudiants, 539 est, rue Demontigny, téléphone HArbour 0530 au prix de $0.25 fe Es AT RE PAGE*QUATRE LE QUARTIER : LATIN 9 \"NOUS AUTRES FRANÇAIS\" Les prophètes ne jouissent ni de la faveur des grands, ni de la compréhension des petits.Ces créateurs, ces semeurs d'inquiétude, parce qu'ils se refusent à être les complices de la ceneillerie universelle, à couvrir la part honteuse de nos actes, ne trouvent accueil que dans les coeurs écorchés par l'Éspérance et le Doute.Parce qu'ils font gicler jusque dans leurs yeux la boue des pensées du Bourgeois, du Puissant, de l'Intellectuel sec et avare, ils reçoivent comme salaire, le mépris et l'insolence du Monde, le rire crevé des bien-pensants.Qu'importe! Partout, ils allument l'incendie! C'est là leur mission, qu'ils ne peuvent pas ne pas remplir! Nous nous faisons ces réflexions en fermant le dernier livre de Georges Bernanos, le plus terrible contempteur de notre pseudo-civilisation.À nul mieux qu'à lui s'applique ce vocable de prophète.- L'on connait ici, l'admiration que nous portons à cet authentique écrivain français et catholique dont les immenses colères sont pour nous un réconfort, une nourriture.L'on ne s'étonnera donc pas que nous tentions une fois de plus de traduire son message.Infime tribut dereconnaissance à l\u2019homme, 3 l'écrivain qui, tant de fois, a balayé notre route d'un lerge faisceau de lumière.L'âme tordue par la guerre d'Espagne comme par un tourment infernal, Ber- nenos, à la veille d'une autre guerre dans laquelle son pays est engagé cette fois, se tourne vers la France, se penche sur son passé pour en dégager les lignes de force, justifie sa mission tracée une fois pour toutes par Jeanne la Lorraine, attache au pilori les ennemis de cette France trop grande et trop riche.Sous la plume d'un écrivain officiel, un volume comme \u2018Nous autres Français\u2019, serait une apologie élégante, astucieuse, de toutes les formes de l'impérialisme.Mais avec Bernanos, c\u2019est à la fois un plaidoyer et un réquisitoire d'une force singulière.Dloi.oyer pour l'honneur chrétien et fran- Çais; réquisitoire contre une certaine veulerie chrétienne et française.Nous savons, nous autres, qu'honneur est un mot français, que la vertu d'honneur est enracinée au plus profond de la terre française.Nous savons que le pays de Lyautey, de Péguy, de Psichari est dépositaire de l'honneur chrétien.Si ernanos se jette dans la mêlée, hurle sa colère, c'est parce qu'on a flétri, gaspillé cet honneur, parce qu'on s'est monté la tête à couse de lui.Car \"il N'y a aucun orgueil à être français, mais eaucoup de peine et de travail, un grand labeur.\u201d.\"ll n'y a pas d'orgueil à être Français.Nous savons trop ce qui nous reste à faire que nous ne ferons peut-être jamais, qui n'est même pas commencé.\u201cll n'y a pas d'orgueil à être Français.Nous sommes toujours une chrétienté en marche, nous sommes une chrétienté en travail.\u201d \u201cIl n'y a pas d'orgueil à être Français.Au fond de tout orgueil, il y a ce vieux levain d'idolôtrie.Nous ne sommes pas un peuple d'idolatres.Nous sommes le moins idolôtre de tous les peuples.C'est d'ailleurs pourquoi les idolatres nous accusent de n'être pas un peuple religieux.Pourquoi se glorifier d'être chrétiens! Nous n'avons pas choisi.Dieu seul nous a mis dans cette aventure et || nous ordonne de tenir jusqu'à la fin.Les Princes des Prêtres, les Scribes, les arisiens, se promènent sur la place publique criant toujours à la foule: regardez-nous, nous sommes chrétiens.Admirez le signe que nous portons et nissez-nous d'avoir été choisis par le Père.Têtes folles et criminelles!\u201c faudrait plutôt dire humblement: je suis chrétien, priez pour moi.\u201d Et Bernanos dénonce et fait le procès de tous ceux qu'il tient responsable de la solution de continuité de la tradition française.|l accuse principalement M.harles Maurras contre lequel il dresse la plus terrible des accusations.Nous avouons que la première lecture de cette partie de l'oeuvre nous a été pénible, étant comptable au chef de l'Action Française d'une sorte de résurrection intellectuelle.Mais nous n'avons pas à juger ici, quelle que soit notre opinion, Tes accusations strictement politiques de Bernanos.Nous ne commettrons pas cette indécence.D'ailleurs, Bernanos lui-même avec une hon- néteté pour tout autre que lui coura- euse fait le partage entre la personne, L foi, l'oeuvre littéraire et l'oeuvre politique de M.Maurras.Disons avec toute franchise, sans périphrase, que la critique de la position spirituelle de M.Maurras est d'une puissance extraordinaire et appuyée sur des raisons profondes.\u201cIl à été, il est, il sera, en ce monde et dans l'autre, l'homme pour qui nous nous sommes vus privés des sacrements, menacés d'une agonie sans prêtre.Sa dette envers nous, dépasse à l'infini la valeur de sa propre personne, nous dédaignerons donc d'exiger jamais rien de lui.\u2019.\u2018\u2019L'esprit Mau- rassien est absolument dépourvu, dépouillé, destitué de toute charité, je veux dire de la charité du Christ.\u201d Bernanos emploie quelques pages de son livre à détruire d'une façon nette et sansappel les attaques aussi nombreuses que basses dont lui et ses oeuvres ont été l'objet.Ces pages ne sont pas les moins belles du livre car elles établissent les positions de Bernanos.\u2018Je répète qu'en énonçant des vérités aussi simples, à la portée de n'importe qui, je ne me crois nullement un révolté.| y a dans l'esprit de révolte un principe de haine et de mépris pour les hommes.e crains que le révolté ne soit jamais capable de porter autant d'amour à ceux q il aime que de haine à ceux qu'il fait.\u2019.\u2018\u2019On peut tout aimer puisque Dieu n'a pas voulu tromper la faim et la soif de sa pauvre créature douloureuse.Il n'y a qu'une erreur et qu'un malheur au monde, c'est de ne pas savoir assez aimer.\u201d Encore une fois, nous constatons que nous n'avons rendu qu'imparfaitement la force vitale d'une oeuvre si pleine, si dense.Que le désir naisse chez nos lecteurs de se procurer une telle nourriture, voilà ce que nous voudrions réussir.STAN\" jouissant 5 comme sweet capotal © Pures comme la neige poudreuse d'une colline des Laurentides, les Sweet Caps sont, également, légères et douces.Elles sont faites d'un mélange de plusieurs types des meilleurs tabacs virginiens, chaque type ajoutant à celle des autres sa part d'arome et de saveur.\"La forme la plus pure sous laquelle le tabac peut être fumé\u201d.ele, UN PETIT MONDE A SOI .\"Que l'homme contemple donc la nature entière dans sa haute majesté, qu'il éloigne sa vue des objets bas qui « .[LE l'environnent\u2026 Pourquoi persistons-nous à chercher le bonheur dans un entourage d'êtres frivoles et déséquilibrés?On devient si facilement le captif, l'esclave même du monde: puis, une fois capturé, on pense comme les autres, on agit comme les autres.parce que tout le monde le fait, tout le monde le dit et tout le monde l'admet! N'avez-vous jamais rencontré de ces êtres aux idées exotiques, fortes, grisantes?On écoute, on est charmé, on se laisse emporter \u2014 pour qui sait suivre \u2014 on goûte une vie nouvelle.Sensation merveilleuse, où une chaleur intense vous pénètre, vous anime, vous brûle! L'intelligence semble alors se dilater pour saisir l'infini, et ce sont dans ces moments suprêmes que nous avons la sensation si puissante d'être et de vivre.Pour plusieurs, l'entrée de ce monde merveilleux où tout s'harmonise et s'unit en une seule pensée, un seul désir, c'est la musique.Pour d'autres, c'est la présence de certains êtres, chez qui l'intelligence fait frémir d'admiration, puis peu à peu subjugue et enchante.Les comprendre et les suivre est déjà grisant.Cet éloignement est irréel, direz-vous?Oh! il faudrait si peu comprendre! Car, vivre c'est fuir, c'est savoir s'évader, se perdre dans un (Pascal) monde à soi.Cela nécessite l'indifférence à tout ce qui n'est qu'accident dans la vie quotidienne.Seuls sont donc capables de vivre profondément ceux qui ont suffisamment de richesses, de ressources en eux pour vivre intérieurement.Îl est pitoyable de voir un si grand nombre d'entre nous attacher une importance excessive et stupide à des détails insignifiants.Permettez-moi de vous relater ici, en exemple, la réponse que me fit une jeune débutante lorsque je lui demandai la cause de sa tristesse \u2014 elle toujours si gaie:\u2014 Ah! \u20ac pourrais pleurer.c'est samedi soir, et personne ne m'a téléphoné pour sortir!\" Je vous avoue que je fus saisie d'une pitié immense pour cet être qui ne savait pas se suffire à lui-même, et que sa solitude accablait.Non! Nous n'avons qu'une vie, il faut en profiter, il faut consacrer sa jeunesse à s'étoffer intellectuellement pour les vieux jours, sinon lorsqu'on aura goûté tous les plaisirs éphémères qu'offre le monde et qui attirent par leur éclat, il ne restera plus rien.pas même la fuite vers un monde tout à soi! NADINE PHOTOGRAPHE ATTITRÉ DES ÉTUDIANTS 306 RUE STE-CATHERINE, (Près St-Denis) STUDIO: LAncaster 5478 Domicile Outremont: CAlumet 5961 J'AVAIS TROP BU Le Richelieu était si beau ce soir-là, Que je n'avais pu continuer ma route.Alors voulant mieux goûter Ce merveilleux spectacle; J'étais restée quelques longues minutes, sur le pont Gouin reliant Saint-Jean a Iberville.Je m'approchais tout près du garde-fou.Un pan de manteau le frôlait au passage, sur la barre d'appui; mes coudes se posaient.Laissant mes mains pendantes.Comme si clles désiraient avidement, toucher cette eau si belle, si limpide.Pour l'instant je m\u2019imaginais que mes yeux buvaient à pleine coupe, l\u2019eau du Danube.Mes orcilles se sentaient tout à coup caressées par un bruit léger qui semblait venir du lointain \u2014 de I' lle Sainte-Thérèse peul-êtreh\u2014 Etait-ce du \u201cStrauss\u201d ces sons si doux?Mais non! ce n'est que le vent de décembre, qui passait Jaisant murmurer à la manière de GIL d\u2019une manière très tendre le clapotis des vagues.Tout mon être étant ainsi bercé, par cetle musique charmeuse, j'oubliais l'heure du retour.Et c'est avec grand regret, et d'un pas chancelant que je quitlai ce lieu enchanteur.Car la voûte du ciel se réflétant dans le bleu profond de la rivière, puis surtout, toutes ces étoiles réunies, semblaient former le profil d'une personne ardemment aimée.Oh! minutes exquises, Vous reverrai-je?Ce soir-là, Je n'ai pu revenir à la réalité tout à fait.Mon cœur, Mon âme, Tout mon être, Semblait être paralysé dans une demi- ioresse Sans nul doute.J'avais trop bu.En rêve! -Nicole BRUCE L'ART DE L'HISTORIEN La figure de l'historien est l'une des plus complexes et des plus déroutantes qui soient.C'est peut-être qu'il faut à l'historien, pour acquérir son caractère particulier, \u2014 caractère fait de nuances souvent fort délicates et subtiles \u2014 passer par une série d'états successifs et inégalement accessibles.Précisément, c'est là ce qui rend difficile la compréhension de cette personnalité.À qui veut la saisir dans ce qu'elle a d'unique, d'irremplaçable, un itinéraire analogue s'impose.Il est évident que le caractère d'un historien varie avec sa conception de l\u2019histoire.On distingue, ici, une double catégorie d'exigences qui se combinent ou se résistent, comme dans la composition physique des forces.D'une part, l'objet, qui est l'histoire, agit nécessairement sur l'homme qui se mesure avec lui; il lui propose ses lois propres; et c'est ce qui fait que tous les historiens se rejoignent sur un certain plan.L'homme, de son côté modifie son objet par l'éclairage qu'il projette sur lui et par la façon dont il le traite; c'est ce qui fait aussi que tous les historiens ne se ressemblent pas et n'ont pas tous la même valeur.L'histoire peut être considérée de eux manières: comme une science Ou comme un art.L'histoire-science consiste surtout à colliger des masses de documents, à s'efforcer de faire tomber sur ces documents une lumière de laboratoire et à les traiter avec la même objectivité et le même détachement que des données physiques ou chimiques.De ces données, l'historien-scientiste \u2014 quand il veut être plus qu'un simple compilateur \u2014 s'applique à tirer des lois anthropologiques, ethnographiques ou autres.\u2014 Les tenants de l'histoire- art ne sont pas, pour autant, ennemis de toutes les disciplines rigoureuses.Ils ne méprisent pas la technique, ils ne sous-estiment pas la méthode.Simplement, ils professent que cette technique et cette méthode ne sont pas toute l\u2019histoire, qu\u2019elles n'en constituent que le squelette et que, réalité plus intéressante que ce squelette, il y a l'homme vivant.Tout art naît du dépassement d'une technique.Celle-ci est un outil qui doit servir aux réalisations et aux créations\u201d de celui-là.La méthode historique n\u2019est donc pes un but; elle est un moyen.Îl ne s'agit pas de la servir, mais de s\u2019en servir.Péguy l\u2019a ien vu: \u201cC'est ici, dit-il, une des erreurs capitales des temps modernes ans l'organisation du travail historique: on ettribue tout aux méthodes et aux instruments, \u2014 qui ont leur importance, une certaine importance, mais une importance toute méthodique et instrumentale, \u2014 une importance capitale et si parfaitement totale qu'elles doivent suppléer à tout.Est-ce à dire que les ouvriers de \u201chistoire-art ne se préoccupent pas de l'exactitude des faits?Evidemment non; mais ils cherchent à voir plus loin; ils essaient de distinguer, dans les faits, les actes des hommes.Et ils n'ignorent SIECE SOCIAL MONTREAL Le vrai à l\u2019état brut est plus faux que le faux.Paul Valéry.pas que ces actes furent déterminés ; a fois par des principes rationnels e des forces toutes sentimentales.I , L'histoire, c'est d'abord l'homme.ki ° l'homme est un vivant.Pourquoi alors, I selon la formule de Bremond, s'obstiner j à croire que \u2018pour mieux étudier un 8 être vivant, on doit commencer par ly fe enlever la vie\u201d?Pour quelle bone lc raison devrait-on traiter les faits hist.riques comme des données inerte, alors qu'ils sont essentiellement dynamiques?I L'esprit de géométrie\u201d est certes nécessaire au bon historien.Mais il ne lui suffit pas.Il lui faut aussi l' \u201cesprit 3 e finesse.\u201d La matière est souvent une \u20ac e celles-là où \u2018il n'est question que ! n d'avoir bonne vue, mais où il fu l'avoir bonne.\u201d Pour lui, il n\u2019est pas ! que de se montrer exact, il faut encore : manifester de la pénétration.|! ne lu \u2018 suffit pas de remarquer; il est nécessaire qu'il s'attache à comprendre et à faire comprendre.Pour tout dire, Is fonction de l'historien ne consiste pas seulement à cataloguer une série de faits desséchés, ni même à tirer de ces faits des \u2018lois\u2019 la plupart du temps fort sujettes à caution; elle consiste surtout à recréer un monde qui fut vivant et tissé d'actes humains.On a suggéré que l'historien pourrait bien être le romancier du passé comme le romancier est l'historien du présent.Ce rapprochement n'est pas tellement forcé qu'il semble l'être au st remier abord.Le romancier aussi à \u2018 | Besoin d'oeuvrer dans le réel.Il doit, lui aussi, selon la splendide expression e Goethe, commencer par \u2018\u2019laisser son ceil être lumière.\" Balzac, pour un, était un infatigable et audacieux chercheur de documents.ette préoccupation de vérité et d'exactitude, cette investigation poussée au coeur du réel est commune à l'historien et au romancier.Mais elle ne fait ni l'historien ni le romancier complets.L'oeuvre de Balzac est autre chose qu'un ensemble de notations précises arrachées à l: réalité: elle est tout un monde; une vie véritable y circule.C'est que Balzec vivait ses drames.Pour arriver à recréer la vie, l'historien doit se servir de la même méthode.Son art exige, suivant la formule de Nietzsche, que, pour lui, l'histoire soit une aventure \u201cvécue et soufferte personnellement.Il est des problèmes historiques qu'on ne peut absolument pas résoudre, si \u2018on ne se place d'abord dans l'ambiance de l'époque qui le suscite.M.Groulx le démontrait naguère en jugeant le régime seigneurial de la Nouvelle: France.C'est par la reconstruction d'une telle ambiance, par la résurrection d'un tel courant de vie que l'historien arrive & I'investigation du past humain, qui est l'objet de son art.Ainsi se précise la figure de l'historien: celle d'un \u2018clerc\u2019 astreint à des isciplines rigoureuses et capable de mesurer la démarche humaine en la recomposant d'abord en soi; celle dun chercheur et d'un vivant.Guy FREGAULT La J \\ FA a > LOL j En I = a - on Wn, sire, $ 8 set rs, ner lu ne to.org 25?tes nt ine Jue au: pas ore lui ire ire ion 9 FEVRIER\"1940 CONCERT ARTHUR LEBLANC Pour apprécier l'artiste accompli que les Compagnons de S.-Laurent nous présentaient samedi, il aurait fallu que j'eusse toute la souplesse artistique (ou ja technique) d'un Vallerand.ais je crois qu'un profane \u2014 lorsqu'il avoue une admiration sincère et profonde, qui lui a fait oublier | heure et la vie quotidienne \u2014 rend à un artiste un témoignage d'autant plus considérable qu'il n'était pas préparé au recueillement nécessaire des mélomanes, en issant sa fascination.bison.Le Blanc, s\u2019est rendu de bonne grâce aux nombreux rappels que provoquait son immense talent, et nous interpréta même quelques arrangements de nos Cantiques de Noël, dus à son inspiration.\u2014 Elle me permet de souligner la vie très chrétienne de Le Blanc, qui tous les matins puise, à la messe, dans le Christ, ses ressources artistiques.\u2014 Parfois seul, mais presque tout le temps accompagné de Mile orraine Gaboury, il nous a interprété: Chaconne, de Vitali, Prélude en mi de Bach, Concerto en mi mineur de Men- delsshon, introduction et Rondo Capri- cioso de Saint Saëns, En bateau, de Debussy, puis le Caprici No 20 de Paganini, et le Tambourin Chinois.En rappel: l'Ave Maria, une mélodie de Kreisler sur un thème de Beethoven, le Tango classique d'Albeniz, le Ryodon de Francoeur.Toujours émouvant, il obtint non seulement le rigoureux silence des collégiens de Saint-Laurent, mais leur ardent enthousiasme.Sa simplicité, jointe à tant de vérité artistique, assure la solidité et l'équilibre de son talent.P.L.LE : QUARTIER\" LATIN se oe ele rie \u201cte .oe.ce .* °.*° >.[3 ROSE BAMPTON Rose Bampton, dans son concert de lundi dernier, au His Majesty's, a obtenu un vif succès auprès de l'auditoire montréalais.Succès d'ailleurs mérité, puisqu'au charme de sa personnalité, elle sait allier une brillante interprétation des pièces mises au programme.Ce n'était pas sa première venue à Montréal: les auditeurs des Concerts Symphoniques et du Festival de St-Laurent avaient déjà eu l'avantage d\u2019entendre la richesse de sa voix de soprano.Avec un grand art, elle fait ressortir, par son expression et le coloris de sa voix, toutes les nuances de sentiments contenues dans les paroles.Le programme était d'ailleurs éclectique: il comprenait des airs d'\u201cAida\u201d, de la \u2018\u2019Tosca\u2019\u2019, de \u2018l'Enfant prodigue\", etc, et d'autres airs, moins dramatiques, plus simples, comme par exemple, \u2018le Souvenir du Jeune Age\u201d, de Hérold.Rose Bampton a une diction excellente, qui lui permet de rendre avec compréhension des pièces en italien, en allemand, er français et en anglais.Les nombreux applaudissements ont permis à l'auditoire de l'entendre en plusieurs rappels; elle-même s'y est prêtée de bonne grâce.Il faut remarquer aussi le talent de l'accompagnateur, qui n'était autre que M.W.Pelletier.Celui-ci, avec discrétion, a su mettre en évidence la richesse de la voix; on sentait qu\u2019il y avait entre les deux artistes une grande communauté de pensée, et sans doute, de sentiments.Aux concerts Béique & Payne, nous aurons bientôt l'avantage d'entendre le célèbre pianiste français, Robert Casadessus: ce sera sans doute une autre brillante soirée.Marcel BLAIS SPECTACLES ET CONCERTS FRIDOLINONS 40.SEMAINE DU 11 FEVRIER MONUMENT NATIONAL CONCERT SYMPHONIQUE.13 FEVRIER AU PLATEAU CONCERT CROIX ROUGE.19 FEVRIER AU FORUM ELLEN BALLON et JEAN DANSEREAU solistes MRT.cevvt.DU 15 AU 20 FEVRIER \u201cL\u2019AIGLON\u201d VARIETES LYRIQUES.SEMAINE DU 25 FEVRIER \u201cLE BARBIER DE SEVILLE\u201d CINEMA AU SAINT-DENIS Deux bons films passent au St-Deni cette semaine: \u2018\u2019Yamilé sous les Cèdres, tiré du roman d'Henry Bordeaux, et £ grand Elan\u201d.Le premier, en plus d'être une image colorée de la vie asiatique, prêche le respect des traditions ancestrales, et onne l'exemple d\u2019un grand amour.Denise Bosc, malgré son sourire forcé parfois, y est attachante.Vanel, Lucas- se sont bons, comme à l'ordinaire.,duant à Georges Mauloy, dans le rôle du curé, sa dignité et son jeu Nuancé nous le font admirer et respecter.est un acteur qui n\u2019a pas la publicité ès vedettes, mais que nous aimerions voir plus souvent.; pignalons également l'extrême sobri- SE de Jacques Dumesnil, dans le rôle d Osman, B Dans une courte allocution, Monsieur ordeaux \u2014 au début du film \u2014 situe êt explique l'action.elle-ci, qui se déroule dans les montagnes du Tan, a été tournée sur les lieux mêmes; Cest dire quels décors vigoureux et Srandioses s'offrent à nos yeux.n Le Grand Elan\", c'est une_char- Mite comédie Vécue dans le paysage féérique des Alpes enneigées.Avis aux skieurs de ne pas manquer ce film: la photographie y est merveilleuse! On nous a souvent fait suivre, au cinéma, les descentes vertigineuses sur les flancs immaculés des montagnes, mais jamais, à mon avis, avec autant de bonheur.La scène finale, où les skieurs évoluent avec ordre sur l'immense surface blanche, dans des costumes plus ou moins foncés, est ingénieuse, et d'une rare beauté.Soutenu par des comédiens solides comme Cherpin, Max Dearly et Jean Tissier, \"Le Grand Elan\u201d présente en lus deux nouvelles vedettes, Henri resle et Vissia Dina, qu'il nous plaira de retrouver.L'action est pleine de finesse, enjouée, et checun y met le plus grand naturel.Tissier et Charpin m'ont paru les plus parfaits.x Dearly est tellement fantaisiste que je ne parviens pas 3 m'y habituer.Vissia Dina est jolie, et joue avec aisance.Mais ie le répète: ce film vaut d'être vu, ne\u201c serait-ce que pour y admirer dans; toute sa grandeur, la magnifique M.C.\u201cMON CURÉ CHEZ LES RICHES\u201d Le défaut de publication du \u201cQuartier Latin\u201d nous a nécessairement fait négliger la rubrique consacrée au cinéma.Toutefois nous ne voudrions pas jeter dans un oubli prématuré certains films français.Ce serait dommage, car depuis septembre, la production française a surtout brillé par une absence de qualités.La guerre évidemment, qui empoisonne jusqu\u2019à nos distractions les plus anodines.Marquons un point à \u201cMon Curé chez les Riches\u201d.Qui n\u2019a pas lu ces bouquins amusants, parfois un peu lourds mais sans méchanceté véritable, écrits par Clément Vau- tel: \u201cMon Curé chez les Riches\u201d, \u201cMon Curé chez les Pauvres\u201d, \u201cMon Curé au Cinéma\u201d.C'est précisément l\u2019un de ces livres que l\u2019on a porté à l\u2019écran.Comme toujours, la transposition ne vaut que Concert | Symphonique La Société des Concerts Symphoniques est heureuse d'annoncer l'engagement du célèbre chel d'orchestre Fritz Stiedry pour le prochain concert, le 13 février à l'Auditorium du Plateau.Né à Vienne en 1883, Stiedry devint en 1914 chef d'orchestre à Prague comme successeur d'Arthur Bodansky.Il fut pendant cina ans chef d'orchestre à l'Opéra de Berlin.En 1924-95, il succéda à Félix Weingartner à lOpera de Vienne et en 1928, il remplace Bruno Walter à l'Opéra de Berlin, où il resta six ans.Après avoir dirigé dans presque toutes les capitales d'Europe, Stiedry vint en Amérique en 1938, pour fonder et diriger le fameux orchestre des \u2018New Friends of Music\u201d, qui a été acclamé avec un enthousiasme sans précédent par les plus grands critiques américains, Lawrence Gilman, Olin Downes, Oscer Thompson et Samuel Chotzinoff.La venue à Montréal d'un chef d'orchestre de cette envergure devrait susciter un nouvel intérêt chez les amateurs de bonne musique qui entendront également à ce concert l'excellent baryton du Metropolitan Opera, M.Mack Harrell.M.Harrell fut un des solistes les plus applaudis au Festival de Musique de Saint-Laurent et aussi, l'an dernier, le gagnant du célèbre concours \u2018Metropolitan Opera Auditions of the Air.\u201d a AA at par l\u2019art d\u2019une vedette.Le rôle du curé était confié à Bach, comédien honnête, connaissant son métier et qui donne toute sa mesure lorsqu'on ne le confine pas dans une pantalonnade militaire.Avouons d\u2019ailleurs, et ce tout à l'honneur de Bach, que nous ne nous imaginons pas un autre comédien dans ce rôle.Il fallait Bach pour traduire toute la saveur du curé de Vautel, ancien soldat à qui son évêque reproche de se comporter dans sa cure comme au front.Quant à nous, nous ne le lui reprochons pas, car il la tient sa paroisse cet excellent curé, et que demander à un pasteur sinon de ne pas confier la direction de sa paroisse à son bedeau ! Très bon film qui nous a reposés des jeunes premiers en pâte de guimauve.J.-P.H.oe vec nec ° Trees tete TR BOTIGH EERO ao .° REVUE A PAGE GINQ: FRIDOLINONS 40 C'est la troisième fois que l'inimitable Fridolin transporte ses séances de hangar de ruelle dans un hangar \u2018\u2019fashionable\u201d\u2019 de la rue S.-Laurent.Et toujours devant un public nombreux et sympathique.Mais Fridolin grandit.Et comme tout jeune homme il à sa \u2018\u2019crise de moeurs\u201d.ans sa bibliothèque on retrouverait probablement, bien cachés, tout au fond, des petits romans à \u2018\u2019cing cennes Peut-être s'est-il même permisde s'évader des répétitions générales pour entrer au Starland.Il est hanté par les problèmes de la vie, comme on dit proprement.Tout ou long de sa revue, Fridolin assomme ses auditeurs avec des remar- ues, des double-sens trop farcis.Sans doute une partie de l'auditoire s'esclaffe bruyamment, mais l\u2019autre public, celui que Fridolin doit vouloir garder s\u2019en trouve bien embêté (6 euphémisme!).Encore si ces \u2018\u2019shots étaient neuves.Ti-Zoune, La Poune et les \u2018\u2019conteux d'histoires\u201d en ont depuis longtemps les droits d'auteurs.Cependant, et malgré cela, la revue de Fridolin plait.Les décors de notre ami Gagnier \u2014 caricaturiste au Quartier latin \u2014 sont tous marqués au coin de l'originalité.La mise en scène est une merveille de précision, de vie et de mouvement.Les danseuses d'Elvira Gomez ont conquis l'auditoire.La : Quelques sketches manquent d'étoffe; mais la plupart sont de petites merveilles.\u2018Un troupe est sans faiblesse.rame dans un tram\u201d, \u201cLe Val-qui-rit\" et tant d'autres sont des chefs-d'oeuvre du genre.Si Gratien Gélinas s'est montré excellent auteur, il nous a émerveillés comme acteur.Ses compositions du cocher et u chômeur sont d'un naturel parfait.Mais ce qui donne d'\u2018Fridolinons 40°\u201d son cachet tout particulier, ce ne sont ni les bons acteurs, ni Gratien Gélinas.C'est Fridolin qui est toujours là.C'est encore le gavroche sympathique et intelligent, dont le sens d'observation affiné et la verve intarissable réservent aux auditeurs de bonnes heures de délassement.Dès le début Fridolin crée l'atmosphère quand on |'apercoit couché avec sa casquette.; et puis cette \u201cpatente\u201d pour soulever ses couvertures de lit, c'est essentiellement Fridolin.Tout le long de la revue le type se maintient.Les monologues -\u2014 revus, corrigés et épurés \u2014 sont de petites merveilles.En somme \u2018\u2018Fridolinons 40°\u2019 vaut son pesant d'or.Et quand Fridolin donnera sa quatrième séance, nous tâcherons de trouver les épingles nécessaires pour y assister.Daniel JOHNSON AU FORUM LE 19 FEVRIER Le Comité d'Organisation pour le Concert du Musicians Guild au Forum le 19 février prie le public de prendre note que les places s\u2019enlèvent rapidement.Les recettes complètes de la soirée seront offertes à la Société de la Croix-Rouge Canadienne.Un orchestre de 110 musiciens sera dirigé à tour de rôle par M.Wilfrid Pelletier et M.Douglas Clarke.Plusieurs éminents solistes seront au programme.Tous les artistes ont offert un concours bénévole et le Forum donne l'hospitalité de son vaste amphithéâtre.Billets de $0.50 réduits à $0.25 pour les étudiants.Auec les hommages du Secrétariat de la Province HONORABLE HENRI GROULX MINISTRE JEAN BRUCHÉSI SOUS-MINISTRE PAGE SIX 3.\u2014Le problème constitutionnel canadien Quelle est la véritable nature de l'Etat canadien?Une fédération, une confédération ou un Etat fédéral?Nous avons déjà, au cours de ce travail, indiqué les distinctions généralement admises entre ces différentes formes d'Etats; d\u2019un autre côté, l\u2019on sait que pour les fédéralistes, le Canada constitue un Etat fédéral, c\u2019est-à-dire, d'après leur propre définition, un État impliquant \u201cl\u2019absorption des Etats particuliers, la fusion sous un pouvoir central\u201d; \u201cchaque province entrant comme un élément intégrant de l'organisme total, et celui-ci devant être regardé comme le sujet juridique incarnant tous les droits et tous les pouvoirs propres à une société parfaite\u201d.Reste donc à voir ce qu'en pensent les provincialistes.Ces derniers pourraient, sans doute, eux aussi, tenir la discussion dans le domaine des principes, faire remarquer, par exemple, que les juristes sont loin d\u2019être d'accord sur l\u2019exacte nature de l'Etat fédéral: qu\u2019en plus, Louis Le Fur, le maitre éminent des fédéralistes, définit le Canada \u201cune fédération de provinces autonomes\u201d (Précis de Droit International Public, p.87) ; qu\u2019en outre, il semble inadmissible de définir l'Etat fédéral par ces mots: \u2018organisme central, indépendant et complet .\u201d\u2019, quand, toujours d'après le même juriste francais, \u201cdans l\u2019Etat fédéral, l'Etat complet n\u2019est ni l'Etat central ni les États membres, mais bien la réunion des deux collaborant à ce qui est partout le but de l\u2019Etat, la réalisation du bien commun .\u201d (Ihid., p.94, note) ; et qu\u2019enfin la constitution d\u2019un Etat fédéral, étant Ja constitution non seulement de l'Etat central mais encore de tous les Etats membres lesquels doivent participer à la volonté souveraine de l\u2019Etat central, toujours d\u2019après la théorie de M.Louis Le Fur, on ne voit pas bien comment légalement et légitime- LE QUARTIER LATIN \u2014 DOSSIER sur le PACTE FÉDÉRATIF de 1867 RICHARD ARES, S.J.(suite) ment cette constitution pourrait être modifiée sans l\u2019assentiment de tous les principaux intéressés.Mais les provincialistes préfèrent mener la lutte sur un autre terrain: à tous les arguments précédents, ils se contentent d\u2019opposer trois faits concrets et de dire: tant pis si les cadres juridiques existants éclatent sous l\u2019irrésistible poussée de ces faits! Ces derniers sont: 1) l'attitude des provinces fondatrices de la Confédération ; 2) les déclarations explicites du Conseil Privé; 3) l'attitude d\u2019Ottawa à l\u2019égard des provinces.a) L\u2019attitude des provinces fondatrices de la Confédération Quatre provinces, en fait, ont fondé la Confédération canadienne.Or ces quatre provinces ont toujours tenu et tiennent encore une attitude identique à l\u2019égard de l'Etat central: elles s\u2019affirment depuis toujours des Etats souverains et indépendants, dont la volonté a donné naissance au pouvoir central lequel, répétent-elles, n'existe que par cette même volon- é.Repassons, en particulier, les déclarations de l'Ontario, du Nou- vcau-Brunswick et du Québec, 1° L\u2019attitude de l'Ontario Dés 1878, dans la cause Mercer, la province d\u2019Ontario entrait en conflit avec Ottawa.La thèse qu\u2019elle soutint alors devant la Cour suprême du Canada est à l'origine de ce qu\u2019on a appelé la théorie provinciale.L\u2019hon.juge T.-J.Loranger, dans ses \u201cLettres sur l\u2019interprétation de la Constitution fédérale\u201d en cite les principaux points.\u201cCette théorie, écrit-il, est la suivante: \u2014En se constituant en confédération, les provinces n\u2019ont pas entendu renoncer et de fait n\u2019ont pas renoncé à leur autonomie; cette autonomie, leurs droits, leurs pouvoirs el leurs prérogatives, elles les ont expressément conservés, pour ce qui est du ressort de leur gouvernement interne; en formant entre elles une association fédérale sous les rapports politiques et législatifs, elles n\u2019ont formé un gouvernement central que pour des fins in- terprovinciales et loin d\u2019avoir créé les pouvoirs provinciaux, le gouvernement fédéral, auquel les provinces ont cédé une partie de leurs droits, de leurs propriétés et de leurs revenus a été formé de ces pouvoirs.\u2014A l'époque de la confédération tous les pouvoirs législatifs et exécutifs, les attributions légales, les propriétés publiques et les revenus qui sont aujourd\u2019hui l\u2019apanage réciproque du gouvernement central et des provinces, appartenaient à ces dernières.Le pacte fédéral n\u2019a pas créé un seul pouvoir nouveau.La part qui appartient aujourd'hui au gouvernement fédéral a été retranchée de la juridiction des provinces .\u2014L'autorité des lieutenants- gouverneurs dans les limites de leur ressort, a été placée sur un pied d'égalité avec l'autorité du gouverneur général.Tous deux sont les représentants de la reine dans leur sphère respective; les premiers dans la sphère provinciale et le second dans la sphère fédérale .En un mot, dans la thèse des provinces, c\u2019est l\u2019idée de l\u2019égalité des deux gouvernements qui domine, pendant que c\u2019est l\u2019idée de la subordination du gouvernement provincial envers le gouvernement central qui prévaut dans la thèse fédérale.\u201d (pp.7-9).Comme on le voit, la discussion entre provincialistes et fédéralistes ne date pas d'aujourd'hui! C\u2019est le même point de vue que défendait I'hon.H.Ferguson, premier ministre de l\u2019Ontario, quand il écrivait, en 1930, au premier ministre du Canada: \u201cOur Constitution is really the crystallization into law by an Imperial statute of an agreement made by the provinces after full consultation and discussion.The province of Ontario holds strongly to the view that this agreement should not be altered without the consent of the parties of it.\u201d Et dans le mémorandum qu\u2019il adressait à Ottawa, le premier ministre ontarien prenait soin de spécifier: \u201cThe B.N.A.Act is usually referred to as the Compact of Confederation.This expression has its sanction in the fact that the Quebec resolutions, of which the Act is a transcript, were in the nature of a treaty between the provinces which originated the Dominion.\u201d (O'Connor's Report, Annex 4, pp 134-135).Cette attitude, l\u2019Ontario l\u2019a maintenue encore tout récemment lors du passage de la commission Rowell-Sirois instituée en vue de recueillir les données sur la situation des provinces.Il suffira toutefois, sur ce point, d\u2019examiner les mémoires des provinces du Nou- veau-Brunswick et de Québec, identiques, quant au fond, à celui de l\u2019Ontario.(à suivre) 9 FEVRIER 19, LA SAINTE QUARANTAINE La sainte quarantaine NOUS est venue.\u201cComme c'est tôt,\u201d avons-nous soupiré.Il y a quelques jours à peine, la foule Se pressait à la crèche de nos églises.Hier encore, on fêtait la Vierge purifiée.Mais le prêtre, à l\u2019autel, a revêtu l\u2019ornement sombre, L'habit du renoncement.Sur nos têtes il a déposé la cendre, Nous gravant ainsi dans l'esprit le sentiment De la fragilité de notre corps et la vanité de tuute chose humaine, Et nos fronts levés pour recevoir la poussière Se sont bien vite penchés.Et quand nous nous sommes retrouvés dans la prière Il n\u2019y avait déjà plus d\u2019humilieé, Tout le jour cette parole en nous est revenue: \u201cTu n'es que poussière, 6 homme!\u201d À la sentir ainsi s\u2019agiter, nous nous y sommes habitués.Et tandis qu\u2019elle faisait ainsi son chemin en nous, Ælle se faisait accompagner.Bientôt nous avons vu la pénitence En nous implantée.Nous avons été un peu surpris Mais non pas effrayés.Car elle 1\u2019avait pas trop mauvaise figure, Elle était ld, tenace, exigeante déjà Mais nous l\u2019avons trouvée si opportune! Et bien vite elle a commandé Nos petites habitudes si commodes, si faciles, Elle les a tout de neuf habillées.Chose étrange! À nos côtés, Depuis qu'elle est là, austère, Nous avons trouvé moins rude la montée.La vie difficile nous est devenue légère C\u2019est avec plus de foi que nous disons: \u201c\u201cJ\u2019espère\u201d.Oh! elle est bien quelquefois un peu bousculée! Mais comme elle n\u2019a jamais su bouder Elle s'enfonce en notre être plus fermement Et nous la sentons là, force vive qui travaille Même si nous semblons l'oublier.Kit de nouveau elle nous possède bientôt Ft le chemin clair avec elle recommence.Comment avons-nous pu la mépriser?Et tous ces jours accomplis sans elle, Quelle pauvreté! Mais quelle richesse maintenant, Depuis qu'entre elle et nous L'amitié s'est forgée! Oui la pénitence en nous est descendue Car la sainte quarantaine nous est revenue.CETE Le \u201cQuartier Latin\u201d se publie toutes les semaines .pour ceux qui ne le savent pas.Si on le compare aux autres journaux d\u2019étudiants, c\u2019est assurément l\u2019un des mieux rédigés et des mieux faits.Il n\u2019est pas parfait, c\u2019est entendu, mais ses déficiences sont, somme toute, secondaires.Toutefois depuis trois ars que je suis à l\u2019Université, j'ai toujours déploré une chose en lisant le \u201cQuartier Latin\u201d.Comme je suis timide et craintif, j'ai toujours gardé cette tristesse en mon coeur.Aujour- d\u2019hui, je vous en fait la confidence.T1 y a trop de pseudonymes sur le \u201cQuartier\u201d! On y lit trop de ces articles anonymes, affublés de signatures qui ne sont spirituelles Le Quartier Latin organe ofliciel des étudiants de l'Université de Montréal 539, rue De Montigny - HAe:bour 0530 DIRECTION Directeur : JACQUES DUQUETIE Aviseur: J.-M.ROBILLARD RÉDACTION Rédacteur en chel : ROGER BEAULIEU Secrétaire de la rédaction : JEAN-PIERRE HOULE Rédacteurs : YVES GODBOUT ANDRÉ BACHAND MAURICE CLOUTIER JACQUES LÉGER PIERRE BAUDOUIN DANIEL JOHNSON JAN VALLERAND LS.-E.PRESSEAULT MARCEL ROBITAILLE JEAN DRAPEAU ADMINISTRATION Administrateur : BERNARD FORTIN Publicité : PAUL CHOLETTE IMPRIMÉ PAR LA CIE DE PUBLICATION LA PATRIE 180 est, tue Sie-Catherine MONTRÉAL et intelligentes que pour leurs humbles auteurs.C\u2019est faux?Prenez trois numéros du \u201cQuartier\u201d, les pseudonymes y pullulent, champignons insipides.Plus nombreux que les étoiles de l\u2019azur.Le nombre en est plus remarquable que la luminosité! Pourquoi cette peste de pseudonymes?Humilité?Nenni! Il n\u2019y a personne de plus vaniteux \u2014 bé- tement \u2014 que celui qui griffonne.Et la vanité semble croître en proportion directe de la nullité.Et ce serait la crainte des louanges qui inspirerait ces nobles inconnus?Non! n\u2019importe quoi, mais pas ça! Alors serait-ce la timidité?Peut-être, d\u2019ailleurs sait-on jusqu\u2019où la timidité peut aller?Parfois la peur du ridicule triomphe de la soif de Padmiration.D\u2019ailleurs le Canadien français, et c\u2019est une qualité, a le sens du ridicule.11 le sent, il le comprend, il le voit, mais aussi il en souffre.C'est merveilleux de voir le côté bête, le côté drôle des hommes et des choses, mais il ne faut pas voir que cela et il ne faut pas toujours se croire ridicule, Tous, mais à des degrés divers, ont peur du ridicule et, qui plus est, personne ne peut se vanter de ne l'avoir jamais été.La vie, sous plus d\u2019un aspect, est une comédie, le tout c\u2019est que nous n\u2019en soyions pas toujours les bouffons! Eh! oui, cette crainte peut exister chez un certain nombre, mais elle n\u2019explique certes pas tous les cas.Le pseudonymat a des racines à In fois plus profondes et plus obscures.Et je suis convaincu qu'il est souvent dicté par une sainte prudence, une prudence qui a peur des justes retours du sort, une prudence qui craint la bataille et le corps-à-corps.On attaque, mais on reste dans le noir, l\u2019obs- INSTITUTION CANADIENNE-FRANÇAISE Laboratoire Nadeau LIMITÉE PHARMACIE EN GROS LES PSEUDONYMES ET \u201cLE QUARTIER LATIN\" cur, le sans-nom; on blesse, mais on se met hors d\u2019atteinte; on perce, mais on se sait pratiquement invulnérable! Grandeur des anonymes! Et puis enfin, beaucoup gardent l\u2019incognito parce qu\u2019ils sentent la faiblesse de leur style ou la nullité de leurs idées.Ils osent faire imprimer le produit gélatineux de leurs inconsistantes cervelles et n\u2019en revendiquent pas la marque de fabrique.Leur nom nuirait à l\u2019oeuvre ou l\u2019oeuvre nuirait au nom.Le nom nuirait même à cette veuvre, cette oeuvre nuirait même à ce nom.Pourquoi ne pas ciseler une prose qui relève le nom, pourquoi ne pas créer un nom qui relève la prose?lis écrivent, griffonnent, noircissent en s'adressant d\u2019aussi délicates louanges.Inconscience des anonymes! Eh! oui, vous avez raison, j\u2019exagère.D'ailleurs, il ne faudrait pas croire que tous ceux qui signent leurs noms ont droit au prix Fé- mina! Dieu merci! Mais au moins, x EXAMEN DE LA VUE et ajustement de lunettes, lorgnons et verres ophtalmiques J.O.GIROUX, O.D.membre diplômé de l\u2018A.E.P.O.de PARIS assisté des optométristes diplômés suivants: MM.PHILIE, RODRIGUE, HOTTE, MARCHAND I BUREAUX DE CONSULTATIONS CHEZ Dupuis Frères 865 rue Ste-Catherine est \u2014 Montréel ils croient que leur prose n\u2019est pas indigne de la source qui P\u2019alimente.Ils tiennent leurs plumes.Ils ont un nom et ils en prennent conscience.Si on l\u2019attaque, ils sont prêts à le défendre.Ils savent que toute ligne écrite peut faire naître un combat, une polémique.Mais ils n\u2019en ont point peur.Si leur style n\u2019a pas la pureté du cristal ou si leurs idées ne sont pas sans faiblesses, ils en prennent toute la responsabilité.Que diable! On peut écrire sans être Duhamel, on peut penser et n\u2019être pas Pascal! Mais il faut, à toute prose, un minimum.Elle doit suivre certaines règles élémentaires et de base.La clarté et la grammaire lui sont, à tout le moins, indispensables.C\u2019est une erreur de croire que le pseudonyme soit moins exigeant et qu\u2019il couvre tout de son manteau noir! Le style international n\u2019est goûté de personne, qu\u2019il soit signé ou non.Non! décidément, je n\u2019aime pas les pseudonymes et je vous assure que ce n\u2019est point parce que je leur préfère la petite jouissance \u2014 d\u2019ailleurs problématique \u2014 de lire mon nom.Je sais bien que le pseudonyme permet au lecteur de rigoler davantage.Ah! que de mots Spirituels qui perdraient de leur saveur si on en connaissait l\u2019auteur! Car il ne faut pas oublier que tout lecteur du \u201cQuartier\u201d a toujours une pointe d\u2019envie, lorsqu\u2019il lit la prose d\u2019un confrère.Il lui en veut toujours un peu de n\u2019être pas aussi banal ou aussi lymphatique que lui.Mesquine jalousie.Eh! oui, il y a quantité de types spirituels, et j'en connais, qui n\u2019écriraient jamais leurs subtils calembours et ne décocheraient jamais leurs flèches innocentes si les lecteurs connaissaient leur identité.Et je ne crois pas qu\u2019on puisse les en blämer.Je suis tenté de faire également une exception pour ceux qui créent un genre.Le Béat n\u2019est pas encore remplacé et il faut admettre que, malgré tout son esprit, son pseudonyme n\u2019a pas nui à l\u2019admiration à laquelle il a droit.Et que dire de l\u2019inimitable Mousmé?Et même les amusantes pi- qires du \u201cMaringouin\u201d sont fort agréables a lire, malgré les inégalités et les redites, et elles aident à oublier la lourdeur ou l\u2019emphase de certains autres rhéteurs.Il serait vain de nier tout mérite au pseudonymat, et si on le bannissait totalement, ce serait infiniment malheureux.Le lecteur y perdrait, chaque semaine de déli- cleux moments.Mais de grâce, de grice, évitons-en Pabus! Il est souverainement détestable de buter à tout moment sur une signature vague, insipide, banale qui, parfois, ne rend pas justice à l\u2019auteur ou qui, le plus souvent, la lui rend trop! Gardons la saine mesure française .Contentons-nous de quelques rares pseudonymes, Ils sont utiles et suffisants.Que tous les griffonneurs, copistes et \u201cplu- mars\u201d qui ne peuvent se résoudre à signer leur nom officiel, eh! bien, qu\u2019ils avalent leur prose! Tant pis s\u2019ils en sont malades, mais ils n\u2019ont pas le droit de nous causer d\u2019indigestions! Ou alors comme le dit avec humour notre professeur, M.Léon Lorrain, qu\u2019ils signent bravement! Et logiquement, je signe, Pierre-H.BAUDOUIN Les Étudiants trouveront tous les volumes dont ils ont besoin CHEZ DEOM 1247, Saint-Denis Montréal L'ÉTUDIANT ÉLÉGANT CHOISIT SON COIFFEUR AVEC SOIN Salon LA PATRIE A.MORO, propriétaire 176 est, rue Ste-Catherine Édifice Le Patrie HUIT BARDERS À VOTRE DISPOSITION LE RENDEZ-VOUS DES ÉTUDIANTS L'Académie de Quilles Centrale COIN ST-DENIS et STE-CATHERINE PRIX SPECIAL: 3 LIGNES POUR 256.SUR PRESENTATION DE LEUR CARTE D'ETUDIANT.\\ A i 9 FEVRIER1940 + SoPEDT.E PARADE DES SPORTS UN GALA SPORTIF A MONTREAL.Les étudiants de notre univer- } sité se sont joints à ceux de Bré- beuf, pour organiser, cette année, une fête sportive de premier or- À dre.En plus de numéros choisis et variés sur glace, nos porte-cou- É leurs Bleu et Or en viendront aux prises, dans une joute de hockey, avec les étudiants de la \u201cmontagne\u201d.Encore une fois, n\u2019oubliez pas que c\u2019est bien au Forum, le 22 février au soir, qu\u2019aura lieu le Gala Sportif de Brébeuf en collaboration avec l\u2019Université de Montréal.Les billets sont déjà en vente dans toutes les facultés.C\u2019est donc une autre occasion qui vous est offerte de venir encourager les A vôtres.UN GALA SPORTIF A QUEBEC .La direction sportive de notre université-soeur de la Vieille Capitale, s\u2019est mise elle aussi en 8 frais, cette année, d'organiser un Gala Sportif, qui sera le clou de ses activités dans le domaine des sports, Ce qui plus est et surtout ce qui nous concerne le plus, c\u2019est que Laval a eu une idée merveilleuse.En effet, nos porte-cou- leurs Bleu et Or devront, ce soir- là, aller à Québec disputer aux étudiants de Laval les honneurs d\u2019une joute de hockey.Inutile de vous dire que l\u2019enthousiasme règne dans notre camp et que nos hockeyistes ont bien à coeur d'affirmer aux Québécois notre supériorité sur glace, et ce, dans cette vieille forme toujours à la mode chez nous, d\u2019une rivalité amicale.Ce geste de nos confrères de Laval, nous l\u2019apprécions beaucoup, et nous devrions à notre tour le répéter à leur égard., Mais en attendant cette possibilité, je leur souhaite un magnifique succès comme Gala Sportif, le 15 février prochain.LIGUE INTERCOLLEGIALE.Comme vous le dit ci-contre Marcel Caron, nous avons débuté dans la ligue Intercollégiale Intermédiaire avec une victoire à notre crédit aux dépens des Gilets Rouges de McGill.Jai cru bon alors de vous donner aujourd\u2019hui la cédule de la ligue, afin de permettre à nos \u201cnombreux\u201d partisans de pouvoir suivre Bleu et Or ou U.de M.dans son élan victorieux.CEDULE Lundi, le 12 février: U.de M.vs Sir George Williams Samedi, le 17 février: Sir George Williams vs U.de M.Samedi, le 24 février: U.de M.vs Bishop.Mardi, le 27 février: U.de M.vs Loyola.N.B.\u2014Les parties McGill vs U.de M.et Loyola vs U.de M.ont été remises et nous ne connaissons pas encore leur date.Yves GODBOUT QUILLES INTER -FACULTÉS Ja léthargie qui fait suite aux vacances, le travail sur une thèse qui ne s'achève plus et les embarras d'un déménagement m'\u2019ont forcé à remettre à aujourd\u2019hui les rapports antérieurs de la ligue de quilles inter- facultés.Et c'est ainsi que je recommence à \u201cdamasquiner\u201d la page sportive du Quartier Latin de chiffres et de statistiques.Certrins vont dire: \u201cENFIN, on ta avoir des rapports des quilles.\u201d D'autres vont marmoter: \u201cEncore des quilles\u2026 ?\u201d Peu importe, pourvu que ça permette à Yves Godbout de remplir sa page sportive.Parlons donc des quilles.Maintenant que la moitié des la cédule est terminée, les éliminations + font tranquillement: la Pharm., le Droit et même les Sciences sont pratiquement éliminés.Pour ce qui est des autres équipes, la lutte est chaude.L'équipe HEC, \u201cA\u201d conserve une assez bonne avance sur l\u2019équipe du Polytechnique.La lutte se fait surtout pour la troisième et ln quatrième position entre ln Médecine, la Chirurgie Dentaire et les H.E.C.\u201cB\".Tél.PLateau 7953 SPECIALISTE T.AL.BENOIT Docteur en Optique de Philadelphie OPTOMÉTRISTE OPTICIEN Membre perpétuel de la Société Astronomique de France 1617, rue SAINT-DENIS BUREAU chez AL.BENOIT-BENOIT PROTECTAL INC.Voici le classement des équipes : P.T.Moyen- J.G.P.G.Po.Pts ne 1.-H.E.C.\u201cA™.2720 7 8 28 16513 122.3 2.-Poly.27 20 7 5 25 15678 116.1 3.-Ch.Dent.27 16 11 7 23 15450 114.4 4.-H.E.C.\u201cB*.27 17 10 5 22 15476 114.6 5.-Médecine 27 17 10 5 22 15461 114.5 6.-Sciences.27 10 17 4 14 14477 107.3 7.-Droit.27 724 1 8 14093 104.4 8.-Pharm.Opt.27 126 1 2 12180 90.2 Meilleur simple par joueur: J.Marien E.C.\u201cBP.236 Meilleur triple par joueur: Baribeau Ch.Dent.469 Meilleur simple par équipe: 1 nec.SAT 709 Meilleur triple par équipe: P PEC.CAT.1928 Voici le classement des joueurs: 1.-Laurain.Poly.15 1937 129.1 2.-Egan.H.E.C.\u2018\u2018A\u2019\u2019 27 3450 127.8 3.-LacombeH.E.C.\u2018\u2019A\u2019° 25 3396 125.8 4.-Marien.H.E.C.\u2018\u2018B\u2019\u2019 24 2969 123.7 5.-Laflamme H.E.C.\u2018\u2018A\u2019\u2019 24 2958 123.3 6.-Calvert.H.E.C.\u2018\u2018A\u2019° 27 3321 123.0 7.-BaribeauCh.Dent.27 3321 123.0 8.-Bernier.Ch.Dent.27 3306 122.5 9.-Gauthier Médecine.27 3253 120.5 10.-Reid.Médecine.27 3218 119.2 11.-Leduc.Sciences.27 3206 118.7 12.-DussaultH.E.C.\u2018\u201cB\u2019\u2019 24 2845 118.5 13.-Dessaules Poly.27 3193 118.3 14.-Gagnon H.E.C.\u201c\u2018A™ 24 2827 117.8 15.-St.Martin Médecine.27 3163 117.2 16.-Dauphinais Poly.27 3145 116.5 17.-Dansereau Poly.15 1742 116.1 18.-Duranceau Sciences.21 2432 115.8 19.-Bonin._ Droit vas» 24 2771 115.5 .-Richer RR.20-Ri H.E.C.*B\" 27 3113 115.3 21,-Cyr.Ch.Dent.18 2068 114.9 22.-Trottier Sciences.27 3083 114.2 23.-BlanchetCh.Dent.27 3058 113.3 24.-Maillet.H.E.C.\u2018\u2018B\u2019\u2019 26 2903 111.6 25.-Coursol .Poly.15 1657 110.4 26.-Tougas.Médecine.27 2973 110.1 27.-Nadeau.Poly.24 2635 109.8 28.-Lalonde.Droit.24 2598 108.3 29.-GodboutDroit RAR 21 2255 107.4 .-Mainville 30.-M Médecine.27 2855 105.7 - elaine 31.-Chapd Ch.Dent.15 1548 103.2 32.-Després .Ch.Dent.21 2148 102.3 =] èche 38.-Labr Pharm.24 2436 101.5 .~Montplaisir 34.-Montp Pharm.27 2729 101.1 .-Bastien, F.35.-Ba H.E.C.\u2018\u2018B\u2019\u2019 19 1893 99.6 .-L\u2019Heureux 36 Lt Droit.15 1447 96.5 .-Bonneville 37.-Bo Pharm.15 1420 94.7 .~Pinsonnault 38.Droit 1684 93.6 = if.Pharm.1699 80.9 39.-Tard Louis-Georges LACOMBE LE\u201cQUARTIER LATIN CARABINS vs McGILL Sous l\u2019habile direction de Jean Armand, notre équipe de hockey a bien inauguré sa saison dans la ligue Intercollégiale Intermédiaire en déclassant McGill, lundi soir, au Forum.Améliorés par une expérience acquise trop souvent avec humiliation dans la ligue Montréal Intermédiaire, nos joueurs ont figuré merveilleusement contre les \u201cRedmen\u201d et ont paru dès le début de beaucoup supérieurs.Il est donc inutile d\u2019ajouter que nous attendions avec anxiété l\u2019ouverture de ce circuit pour montrer à notre \u201cpublic\u201d la valeur réelle de nos équipiers, Maintenant que vous savez nos porte-couleurs capables de vous représenter dignement nous espérons que vous leur ferez \u201cl\u2019honneur\u201d de venir les encourager.Si McGill a perdu, ce n\u2019est pas qu\u2019il manquait de support car nous pouvions aisément compter plus de cing'cents partisans qui ne cessait de l\u2019encourager.Par contre, nous avions l\u2019appui sincère de quelques-uns dont Charles Beau- det et \u201csa suite\u201d et de ceux qui se font toujours un plaisir d\u2019accompagner l\u2019équipe.La joute débuta lentement.Le- boeuf, Perras et Bertrand conduisant Pattaque pour Bleu et Or voyaient invariablement leurs efforts échouer à la ligne bleue des chandails rouges.On ne pouvait trouver d\u2019ouverture pour entrer en territoire ennemi et nos lancers autour des buts étaient des plus imprécis.Bien que nous ayons conduit le jeu, Winser sur une passe de Halliday n\u2019en déjoua pas moins Bélanger.En effet, au cours d\u2019une \u2018courte mêlée devant nos buts, la rondelle se mit à rouler et Winser d\u2019un geste nerveux la frappa si rapidement que Bé- langer ne put bloquer.Notre Paulin habitué qu\u2019il est de se faire bombarder continua la partie en défendant victorieusement ses filets jusqu\u2019à la fin.La deuxième période nous donna souvent l\u2019avantage numérique car McGill usant de tactiques déloyales mérita plusieurs punitions.Bertrand en profita pour \u2018faire une longue course et déjoua habilement Fyfe.Les spectateurs ne lui ménagèrent pas leurs applaudissements et la période se termina avec le résultat de 1 à 1, Ce n\u2019est que vers le milieu de la troisième reprise que nous commençâmes à respirer.La pression des nôtres se faisant plus forte on devait incessamment compter.La ligne Leboeuf-Bertrand- Hébert fonctionnait à merveille et Bertrand profitant d\u2019une mêlée dans notre zone s\u2019empara du disque, patina tout le long de la patinoire, passa à Leboeuf qui évita Palmer en un tour de patin et lança définitivement derrière Fyfe.Puis ce fut au tour de l\u2019autre ligne Perras-Pharand-Hébert de faire ses prouesses, elle contribua à deux points avec l\u2019aide de Lara- mée.Enfin les carabins ne se contentèrent pas de cette avance de 4 à 1 et logèrent un cinquième but pour sceller le sort de cette intéressante partie.Pour terminer, nous sommes enchantés de la tenue de l\u2019équipe et si nos \u201cbasket-balleurs\u201d se réjouissent à juste titre d\u2019une victoire sur McGill nous partageons doublement leur joie car nous avons aussi le plaisir de leur présenter Ia nôtre! ALIGNEMENT DES EQUIPES ET SOMMAIRE DE LA JOUTE McGill Montréal Fyfe buts Bélanger Chalmes déf.g.Laramée Palmer déf.d.Lacroix Read centre Leboeuf McDonald alle g.Pouliot Harvey aile d.Hébert Hébert substituts Pharand Halliday Perrus Stromack Martin Winser Genier Cute Bertrand Arbitre: Leo Ileffernan.Première période 1\u2014McGill: Winser (Halliday).14,25 Seconde période 2\u2014Montréal: Bertrand.32.60 Punitions : Halllday, Winser, Palmer.Troisiéme pdriode 3\u2014Montrénal : Teboeuf (Bertrand).53.35 4\u2014Montréal: Luaramée (Iiébert).67.45 5-\u2014Montréal : l\u2019erras (Pharand-Hébert) se 58.25 6\u2014 Montréal: Génier (Leboeuf-Lneroix) coer.50.10 Punitions: Laramée, Chalmes.Marcel CARON ° GR Fraiches .et toujours douces pour la gorge BOUT EN LIEGE OU UNI UN PRODUIT LA MAISON L.O.GROTHE LIMITÉE\" ENTREPRISE FAMILIALE ET INDÉPENDANTE HOCKEY PAGE SEPT © INTER-FACULTES BRILLANTE VICTOIRE DE PHOPSCI SUR MEDECINE Samedi après-midi, sur la patinoire Berri, les Phopsci rem- portuient leur première victoire de la saison aux dépens de l'équipe de Médecine.Après avoir vu leurs adversaires prendre une avance de deux points dans les premières minutes de jeu, puis s\u2019assurer pratiquement In victoire au début de la deuxième période sur un point de Dansereau, les Phopsci se ressaisirent et après maintes attaques réussirent à réduire l'avance de Médecine à un point.Enfin dans la troisième période, la partie qui avait été menée à une vive allure jusque- là devint très excitante et les Phopsci ne cessant d\u2019attaquer et d\u2019attaquer encore, virent enfin leurs efforts couronnés de succès alors que des points de toute beauté de Tremblay et Trubiano donnèrent la victoire à Phopsci malgré la belle tenue de Landry dans les buts de Médecine et la résistance acharnée des futurs médecins.Leduc a été l'étoile des vainqueurs avec deux points et deux assistances.SOMMAIRES: MEDECINE: Buts: Landry, déf., Nantel, Letellier, Centre: Gauthier, ailes: Dérôme, Martin, Subs.: Lépine, Dansereau.PHOPSCI: Buts: Bélanger, Déf.: Labrèche, Tardif, Centre: Leduc, Ailes: Trubiano, Tremblay, Subst.: Racine.1ère Période Médecine: Derôme-(Léger, Gauthier).Médecine: Derôme-(Léger, Gauthier.2ème Période Médecine: Dansereau-(Letellier) Phopsci: Leduc \u2014 (Trubiano, Tremblay).Phopsci: Leduc - (Tardif).3ième Période Phopsci: Tremblay \u2014 (Leduc).Phopsci: Trubiano \u2014 (Leduc, Tremblay).Le PRÉSIDENT Le concours intercollégial intermédiaire a eu lieu en fin de semaine, les trois et quatre février, à St-Sauveur.Ce concours, qui en est à sa première année, groupait quatre universités: Toronto, Mc- Gill, Montréal et Bishop's College.Il était organisé conjointement par McGill et par l'Université de Montréal.Toronto l'emporta facilement par le total de 435.7 points.Suivirent McGill: 403.2; U.de M.: 389.2; Bishop's: 867.5.Le succès de Toronto nous sert de leçon.Il nous montre ce que peut une équipe bien entraînée et travaillant parfaitement d'accord.La nouvelle équipe de l\u2019Université fit quand même bonne figure et promet beaucoup pour l'avenir.Le 4 février le club de ski tenait un concours \u201cclasse C et juniors\u201d sous les auspices de la C.A.S.A.Les résultats complets ont paru dans les journaux.L'exécutif tient à remercier et à féliciter tous ceux qui aidèrent à l\u2019organisation de cette course.La descente fut gagnée par Roger Charette de St-Sauveur.Pierre Déry, ancien de l\u2019Université, se classa cinquième.Emmet McKen- na de l\u2019Université se classa neuvième.Dans le saut E.McKenna se classa premier et Roger Vigneault de l\u2019U, de M., quatrième.Parmi les juniors, Claude Fari- bault du Brébeuf, se distingua en prenant la quatrième place dans la course de descente.Environ 70 skieurs prirent part au concours.Voici quelques résultats : DESCENTE Min.Sec.Dix.Ter\u2014KR, Chnrette : St-Snuveur .1 32 4 Hème\u2014Plerre Déry : POLENI Lacccrorcossesnonre 35 Odme\u2014E, McKenna: de Muse 1 45 14ème-\u2014-Guy Mongepals : « d@ Mr.uuc.cvereccrsr 51 2 17ème\u2014Paul Limoges: U.dde M.\u2026\u2026uvereces 1 54 JUNIORS Min.Sec.Dix.ler\u2014P, Stanisforth.1 32 4 4éme\u2014Farlbenult : Brébeuf 1 42 SAUT ler 2ème saut saut Pts ler\u2014 I.McKenna : U.de M.88 pds pds 72.6 sème\u2014 Roger VIgnenult : U.de Move 82 \u201c 8 \u201c 687 Gême\u2014 Paul Limoges: U.de Mc.T5 \u201c TU\u201c 87 Le subrogé-publiciste L'ÉTUDIANT AMENE SES PETITES AMIES CHEZ GERACIMO| 412 est, rie Ste-Catherine AIR CLIMATISÉ.A ab rE «éd ES LE PAGE HUIT À LA SOCIETE DES DEBATS L'ESPRIT UNIVERSITAIRE Auditeur peu enthousiaste des débats, je reconnais avec la plus grande joie que notre Société a remporté un vif succès au Plateau.Le dernier débat a pris une forme inattendue, a constitué une surprise pour le public.Les abonnés escomptaient des discours très badins, des mots d'esprit plus ou moins crus, quelques attaques personnelles bien dirigées.Cependant rien de tout cela.Au contraire, les orateurs ont donné à leurs discours un ton sérieux, parfois grave.On voyait très bien que dans leur esprit, la question posée par la Société des Débats constituait un véritable problème.On ne peut leur donner tort.Tous méritent une égale mention pour leur attitude qui prouve nettement l'existence d\u2019un esprit étudiant.La décision du jury, et c\u2019est normal, n\u2019a pas plu à tout le monde.Pour ma part, je la reconnais bien fondée.L'erreur des perdants fut de ne pas distinguer entre l'esprit universitaire, forme particulière de Ia culture, et l\u2019esprit étudiant, manière d'agir et de réagir des \u2018\u2018escholiers\u2019\u2019.Ce qui ne veut pas dire que leurs textes reposaient entièrement sur une erreur.Non, plus simplement: ces textes manifestaient une certaine confusion dans les termes qui a servi de critère au jury dans sa tâche difficile.Voilà pour l'ensemble.Un peu de dissection maintenant.Benoit Godbout n\u2019a pas l\u2019étoffe d\u2019un orateur (ce qui n'est pas un mal) mais il a celle d\u2019un philosophe, et il possède l\u2019âÂme de sa profession.Son texte clair, intelligent, astucieux, bourré de distinctions justes l'a servi beaucoup plus que sa voix.Qu'il ne se formalise pas de cette remarque sans méchanceté.Au contraire, son mérite n\u2019en est que plus grand.Charles-Edouard Bertrand, à ce que l'on me dit, faisait ses débuts oratoires.Eh bien! mon cher Bertrand, ne te monte pas la tête, mais sois content.Tes débuts furent très bien et de nature à t'inspirer confiance pour des succès au prétoire.\u2014 Un peu de calme et de sobriété, à mon humble avis, t'aideraient beaucoup.Le docteur Dugal s'étant débarrassé de son accent timide, nous a présenté un réquisitoire qui ne manquait pas de grandeur.Véritable examen de conscience, son discours a certainement troublé la majorité des étudiants.Je me permets de suggérer que ce texte soit communiqué aux anciens pour leur plus grande confusion.Au docteur Roland Cloutier, j'offre mes félicitations les plus sincères, Des quatre débattants, il était le meilleur orateur.Un débit magnifique, soutenu par une conviction profonde.En effet, Cloutier est très au courant de la vie universitaire et l'on connaît l'excellente qualité de son patriotisme.Si le jury avait eu à accorder des palmes individuelles, Cloutier serait sorti vainqueur de ce débat.Nos félicitations également à la S.D.D.pour le beau travail qu\u2019elle accomplit cette année.XXX DIVAGATION \u201cEntre ce qu'on sent ct ce \u201cqu\u2019on exprime, 11 y a la \u201cmême distance qu'entre \u2018l'âme et les 24 lettres \u201cd'un alphabet, c.-à-d.\u201cl'infini.\u201d Ce chant qui me berce\u2026 Nostalgie?non, plus qu'une nostalgie!\u2026 Mon âme me fait mal.Ce chant m'enveloppe toute\u2026 Je suis folle, out peut-être.Mais je suis heureuse! Berce, mélodie, berce toujours, Je ne pense plus, je ne sens plus, Je suis ivre de bonheur.Oui, la folie me prend sur ses ailes déployées\u2026 Je voudrais mourir.En finir, sur ce thème ultime, au son de celte mélodie triste comme la vie, Finir cn beauté.Comme le souhaitait Sully Prud'homme: \u201cVous qui m'aiderez dans mon agonie.Ne me dites rien.\u201d \u201cFaites que j'entende un peu d'harmonie, Et je mourrai bien.\u201d Lamartine Ce moment vaut une éternité.Et il ne se représentera peut-être plus.Ce chant vient du ciel, c'est trop beau pour être humain.Je ne pleure pas, j'écoute et je suis heurcuse\u2026 Mais les mots font sourire\u2026 auprès de ce que J'éprouve\u2026 auprès de ce que mon âme dirait, si elle pouvait parler! Mais non, elle préfère écouter \u2026 Et toutes les modulations la pénètrent, Elle frissonne au contact de ces notes comme le clavecin sous le doigté Jrémissant.Elle subit toutes les nuances, cherche à se matérialiser, à se faire comprendre.Mon âme souffre\u2026 el moi je suis heureuse.Berce, mélodie, berce mon âme malade, Quand elle sera guérie, C'est moi qui souffrirai! YANNICK Les PAQUETS La Meilleure CIGARETTE VIRGINIE AU CANADA W-19¢ AE] A 1 NULL Lea ee LE QUARTIER LATIN : 9 FEVRIER 194 \u201cMES FEMMES\u201d \u2018Vous ne connaissez point ni l'amour ni ses traits: \u201cOn peut lui résister quand il commence à naître, \u201cMais non pas le bannir quand il s\u2019est rendu maître.\u201d Une fois de plus, le tourment amoureux assiégeail mon cœur.j'aimais Gaby.L'ingrate Gaby qui, elle, ne m'aimait pas.Elle ne me lançait que des regards hostiles.J'allais même parfois jusqu'à imaginer de la haine sous sa paupière nerveuse.Je dormais mal.Je mangcais peu.En classe, j'étais distrait, et j'avais été grondé pour avoir inscrit par mégarde Gaby au lieu de Brick au bas d'un thème latin.C'est alors que me vint l'idée néfaste de ré-écrire à Gaby ct, celle fois, de lui faire parvenir ma ponte coûte que coûte! Je sacrifiai deux études & la rédaction minuticuse du billet que voici: Aimable Gaby, Plus pure qu'un ciel sans nuages, c\u2019est ainsi que je vous ai jugée quand l\u2019ai vu pour la première fois votre adorable figure aux cheveux flous à travers le carrcau du réfectoire.Je vous ai agacée avec le nom de Filoméne, mais c'était parce que les autres me poussaient cl je regrellerai toule ma vie de vous avoir faite de la peine! La melasse dans laquelle vos grands doigts aristocrates ont trempées, ça aussi, je le regrette.Le plat qui s'est cassé, par exemple, ce n'est pas de ma faute: je voulais me requoncilier avec vous, Gaby chéric.Mon nom est Brick et je suis en Eléments latins.L'année prochaine, je monterai en syntaxe.Je ne suis pas bien vieux ni cn âge ni en apparence, mais mon cœur, lui, sent le poids des années el je scrais capable de vous transporter toute la tendresse que vous m'apporleriez si vous vouliez m'aimer beaucoup.D'ailleurs, \u2026\u2019aux âmes bien nées, \u201cL'amour n'attend jamais le nombre des coudées\u201d.Et puis, l'amour, n'est-ce pas ce qu'il y a de meilleure dans la vie?Alors donc, je vais attendre votre réponse, Gaby chérie, el dépêchez-vous, parce que j'ai de la misère à dormir en pensant à vous.Amoureusement, Brick.P.S.\u2014Déchirez: ma messive apres que vous l'aurez luc.Vous pourrez me répondre par la même poste.En arrière de l'enveloppe, E.A.Â., ça veut dire: \u201cenvoyée avec amour\u2019.Bonjour! Je pliai soigneusement cette lettre et l'inclus dans la jolie enveloppe rose que j'avais achetée de mon voisin d'études expressément pour elle! Puis, J'adressai, après l'avoir cachetée: A Mademoiselle Gaby, Qui sert au Réfectoire des Petits.Et le lendemain matin.je plaçai l'enveloppe sur mon lit, sûr qu'une des servantes qui faisaient le ménage du dortoir la trouverait ct la remettrait à qui de droit.Et j'attendis la réponse.J'attendis deux jours.xxx Ce matin-là, avait lieu la lecture du bulletin mensuel par le Père Supérieur.C'était un lundi et nous avions, pour la circonstance, revêtu l'uniforme que nous nommions irrévérencicusement \u201cla chienne\u201d.La lecture commença, entrecoupée des brèves remarques, amènes ou vertes, du Père.J'étais normalement deuxième sur la liste alphabétique à cause du \u201cB\u201d de Brick.Aussi allais-je me lever \u2014 question d'habitude \u2014 sitôt finie l'audition des notes de Bénard.Mais le Père Supérieur me jeta un rapide regard.cl continua à Brisson en sautant mon nom.Mes compagnons resiè- rent surpris.Quant à moi, j'eus le pressentiment que celle anomalie cachait un mystérieux danger.(P.Corneille) La fin de la lecture sombra dans un effrayant silence que j'estimai de fort mauvais augure.Malgré moi, j'avais baissé la vue, comme un coupable, sans même me douter le moins du monde de quoi il pouvait bien s'agir.Quand je relevai les yeux, le Père Supérieur avait le regard attaché sur moi fixement.\u2014 Brick, veuillez vous lever, com- manda-l-il simplement.Il me lut mes notes.J'étais 22e sur 22 élèves, j'oblenais 30%, 3 sur 7 de travail et 2 de conduite.Magistral! Ce n\u2019était pourtant que le début de mon supplice.\u2014 Mon petit, commença aimablement le Père Supérieur, (en toute autre occasion, ce \u201cpetit\u201d m'eût indigné) mon pelit, vous êtes présentement en éléments latins, mais à en juger par votre 3 de travail et le rang de 22e sur 22 élèves que vous occupez, rien ne vous aulorise a présumer que.vous monlerez en syntaxe l'an prochain.J'ai toujours eu une faculté de compréhension d\u2019une lenteur désespérante.Et l'allusion était trop loin de mes pensées: je ne la saisis point.\u201cAllons! me dis-je, presque content, j'en serai quitte pour une remontrance\u2026\u201d \u2014 Mais ce qui se révèle plus grave, c'est votre conduite.Comment expli- quez-vous la note 2 que je viens de lire sur votre bulletin En guise de réponse, je hochai dubitativement la tête.Eh bien! \u2014 Vous ne savez pas).je vais vous l'apprendre.Et s'adressant à la classe, toute palpitante d'un préambule aussi solennel, le Père Supérieur poursuivit: \u2014 Ecoutez bien ct faites-en votre profit: je vais vous lire un petit chef- d'œuvre que votre ingénieux confrère Brick a composé à l'intention.d'une servante de la cuisine: \u201cAimable Gaby; plus pure qu'un ciel sans nuages, c'est ainsi que je.\u201d Je chercherais vainement à vous décrire la honte que je ressentis.Une seule image, quoique faible, pourrait vous donner une minuscule idée de mon épouvantable confusion: j'aurais voulu pouvoir entrer dans mon pupitre (je pesais 42 livres) ct refermer sur moi le couvercle pour me soustraire à tous ces yeux moqueurs braqués sur ma piètre personnel! Mais je dus subir l'affront jusqu'au bout.\u2014 Brick.commenta sévèrement le Père Supérieur, vous n'avez que douze ans, vous portez encore la culotte (ce que J'en voulus à maman, à cette minute, de m'imposer le port de \u2018\u201ctuyaux'\u2019!), vous êtes haut comme un pot (encore du ressort paternel!) vous n'êtes pas précisément ce qu'on peul appeler une lumière el, le peu d'esprit que vous avez, non seulement vous nc I'employez pas à étudier vos matières de classe, mais encore vous le gaspillez à rédiger de sots billets, remplis de fautes d'orthographe et de syntaxe, remplis d'un sentimentalisme stupide qui ne peut guère vous inspirer.el que vous n'inspirez sûrement pas! Pour comble de ridicule.vous adressez ces billets à une servante qui, elle (il souligna intentionnellement) se moque royalement de vous.en me rapportant elle-même vos intéressants documents.(Non, mais ce que ça peut être perfide, une femme, tout de même!).J'espère que la leçon vous servira.Pour celle fois, nous avons décidé de ne vous imposer que 200 lignes de grec.Une récidive pourrait entraîner votre expulsion.Ne l'oubliez pas.xxx Le mois suivant, j'obtins: 7 de con- duile, 6 de travail ct le 18e rang \u2014 toujours sur 22 élèves.C'était un progrès inespéré.J'avais pris les femmes en horreur! BRICK (à suivre) L'ESPRIT UNIVERSITAIRE AU CONCRET Au débat universitaire, jeudi soir dernier, on a mentionné la prochaine JOURNÉE DE DIRECTIVES.SOCIALES des étudiants, qui doit avoir lieu le 18 de ce mois, comme une manifestation concréte de notre esprit universitaire.On a eu parfaitement raison.Nous avons là une exceliente occasion de nous révéler à nous-mêmes et de révéler aux autres, non seulement par des paroles et des projets, mais par des faits, que nous avons une VIE COLLECTIVE d'Universitaires Catholiques canadiens-français.C'est le temps de montrer aux étrangers qui s'intéressent à ce qui se passe à l\u2019Université, à nos autorités ecclésiatiques et civiles, à notre société, à notre classe populaire surtout, qui, plus que nous ne le croyons, nous regarde agir, que nous sommes capables d\u2019un fort mouvement d'ensemble autour de la doctrine sociale du Christ, que nous sommes une force consciente sur laquelle on peut et on doit compter et que, cette force, nous la mettons délibérément au service de nos frères dans I'Eglise.Nous vivons à une époque où on ne peut plus se contenter de timides acquiescements privés à la voix du CHRIST: il faut nettement prendre position POUR ou CONTRE Lui.Pourtant, qu\u2019on ne se méprenne pas, il ne s\u2019agit pas de se réunir, et de se livrer, en de solennelles assises, à un exercice commun de spéculation éperdue sur la vie de l\u2019homme essentiellement sociale, sur la vie professionnelle nécessairement sociale, sur la doctrine du Christ éminemment sociale et de saisir, par voie transcendentale, la conjonction parfaite qui relie ces trois termes de notre vie de professionnels chrétiens.Non il nous faut plus que de la spéculation.Il nous faut plus qu\u2019une simple prise de contact avec les directives des grandes encycliques sociales, et de magnifiques résolutions.théoriques publiées à pleines colonnes de journaux.Il nous faut placer notre vie ue futurs professionnels dans le cadre bien concret société et réfléchir sur ce ger réel qui menace d'atro hi ; notre rendement social \u201cPE.BOURGEOISEMENT.\" - Nous sommes portés, si nou n y prenons garde, à perdre de vue que, dans notre ville de Montréal, des quartiers complets vivent dans de misérables con ditions matérielles et morales, Pensons à ces pères de famille nombreuse, pour qui le chi.mage est devenu une situation à peu près définitive et qui ne peuvent plus offrir à leurs enfants que du pain donné, quand ils auraient le cœur de le gagner eux-mêmes.Pensons aux enfants qui naissent et grandissent dans ces milieux, parfois très peu nourris, en qualité du moins, parfois insuffisamment vêtus pour fréquenter l\u2019école.Entrons dans la psychologie de cette génération qui monte et pour laquelle il n'y a que les classes supérieures, les RICHES, qui ont le droit de se déverser en des jouissances bruyantes et fricoles, Réfléchissons au complexe d'infériorité ou de révolte qui se grave dans le cerveau de ces jeunes, Et pour l'avenir de notre race, ce n\u2019est pas négligeable qu\u2019un nombre grossissant de nos familles canadiennes-françaises vivent à demeure dans de misér- bles conditions hygiéniques et morales, avec toutes les conséquences que cela représente, Nous pourrons passer à des conclusions vraiment pratiques et nous demander par exemple s\u2019il ne serait pas opportun d'instituer à l\u2019Université des ÉQUIPES SOCIALES d\u2019étudiants qui visiteraient régulièrement les milieux ouvriers, pour les connaître, leur rendre service, les instruire, et surtout pour leur montrer que nous ne sommes pas désintéressés de leur sort, que nous les Universitaires, nous croyons à la parole du Christ qui voyait dans les pauvres ses meilleurs amis.N'est-ce pas que ce sens social réaliste serait une manifestation bien concrète de notre esprit universitaire catholique et c- nadien-français?Le JOURNÉE DE DIRECTIVES SOCIALES ORGANISÉE PAR LE COMITÉ INTER-FACULTÉS DE LA F.CE.CAU COLLEGE JEAN-DE-BREBEUF CONFÉRENCIER : LE R.P.D'AUTEUIL RICHARD, S.J.DIMANCHE, LE 18 FEVRIER, DE 8.45 (MESSE) À 5 HEURES œqu'exigez -vous.de VOTRE BANQUE?- Vous avez toute chance de trouver ici exactement ce qu'il vous faut en matière de banque, parce que nos services sont variés et nombreux: Comptes de chèques pour des fins diverses; Comptes d'épargne en vue des vacances, de la Noël, des écoles, etc, etc.; Prêts personnels et commer- ciaux, petits et gros; Crédit à l'exportation et à l'importation; Garde des valeurs mobilières; Re couvrements et remises sur les places éloignées; Coffrets de sûreté; Renseignements sur la solvabilité, renseignements agricoles et commerciaux, etc, etc.BANQUE DE MONTREAL FONDEE EN 1817 SERVICE DE BANQUE MODERNE ET EXPERIMENTE +.fruit de 122 années de fructmeuses opérations .Ast \\ ~- "]
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