Le Quartier latin, 26 avril 1940, vendredi 26 avril 1940
[" r MONTRÉAL; 26 AVRIL 1940 Directeur: JACQUES DUQUETTE 10 SOUS.LE NUMERO En LL\u201d BIEN FAIRE ET LAISSER BRAIRE Rédacteur en chef: ROGER BEAULIEU GEORGES DUHAMEL Ce n'est pas l'éblouissement des ors académiques qui nous a attirés.À ce compte-là, que de poires devraient être hissées sur notre pavois! Nous sommes des têtes fortes, des gauchistes, voire des anarchistes.Bon.Quand même, l'aristocratique conservatisme est loin de nous emballer.Conservatisme, conformisme, \u2018\u2019bonzisme \u2019, éteignoir, tout ça se confond dans nos pauvres petites cervelles qui ne désirent pourtant que la paix.Rien que la paix.Celle du corps, celle du coeur, celle de l'âme.Et nous en avons jusque là, et plus encore, de l'Expérience qui pontifie.La renommée aux cent mille bouches n'y à rien fait non plus.Aux cent mille gueules, devrait-on dire, pour parler de l'imbécile et braillarde publicité dont on nous gave à nous en foutre une neusée persistante.En une vingtaine de langues, on célèbre, avec raison, le chirurgien-poète, le psychologue à la scrupuleuse délicatesse, le chercheur avide et droit de ce bonheur que l'animal raisonnable veut saisir depuis des millénaires.Ni le snobisme, ni la fatuité de vouloir être à la page ne motivent ces quelques notes.Si tent d\u2019yeux se sont ouverts, tout grands, si tant d'oreilles se sont tendues, attentives, tandis qu'autour se faisait un respectueux silence, c'est qu'un verbe rare résonnait.Une parole universelle.Une parole catholique, dirait Claudel.L'éternelle tradition du lyrique grec, du barde druidique, du ménestrel moyenâgeux, était continuée.Un homme chantait l\u2019homme.L'humain se concentrait pour témoigner de l'humain.Et les strophes, s'unissant avec tant d'harmonie, disaient le \u2018servir\u2019 du routier, du croisé, du pèlerin, du samaritain, exaltaient la loi nouvelle qui, de plus en plus, doit pétrir ce monde, l'amener à la douceur, à la paix, à la joie rayonnante, à l'oubli de l'antique talion.Ces temps d'âpres, haineuses, et envieuses controverses ont vu une singulière unanimité de l'opinion sur le substrat des oeuvres de Duhamel.Cela en fait un écrivain à part.Nous avons pour lui un sentiment bien particulier et qui n'est pas de commande.Nous l'aimons.Nous sommes si las de devoir toujours admirer sèchement.ll ne faudrait pas croire que nous oublions les autres, très rares, qui savent aussi nous parler.Leurs moyens varient, nous les aimons de façons diverses, mais pour eux tous l'âme prime.Nous les croyons et nous croyons normaux.A leur sens, comme au nôtre, c'est\u2019sur le plan supra-humain, sur le plan spirituel, que se cherchent et se trouvent les solutions.Duhamel est un maître ès sciences humaines.Il y en a peu, croyons-nous, qui puissent réclamer ce titre.Ou alors nous les avons mal compris.Ou ils sont trop abstraits, peut- être.Ou peut-être leur manque-t-il cette fraternelle cordialité, cette grande pitié, cette grande bonté, cette charité vraie qui embaume tout Duhamel.Îls n'ont pas su exprimer l'humain \u2018avec autant de vérité, peut-être, et leur coeur n'aurait.pas vu ou aurait mal vu l'homme, faible, tourmenté, - ; , To: ; CREER SIREN LS RR diet l\u2019homme éternel; l'homme hümain; l'homme tout coûrt \u2018 Let Notre douce, pacifique et lumineuse époque exploite véreusement et avec trop de succès la prostitution de noms merveilleux.On abuse de l'homme, de l'humain, de l'humanisme, de l'humanité, de la civilisation, de tout, de tout.Etres et choses n'ont-ils donc plus de sens?Est-ce donc Babel, le chaos?\u201cAu chevet de la civilisation\u2019, Duhamel écrit: \u201cNotre devoir est exactement de concilier les exigences de l'humanisme et celles de l'humanité.Notre devoir est de conserver notre sang-froid, notre devoir est de rappeler sans cesse que le jeu normal de l'intelligence exige l'ordre et l'harmonie.\u201d C'est rendre bellement à l'univoque les droits que le pragmatisme moderne lui usurpe sans vergogne.C'est de la droiture fraîche et souriante.Elle semble facile parce qu'elle bondit, les yeux fermés, sans regarder en arrière.Mais on y trouve le don total de soi, l'amour vrai de ces êtres qu'il faut mieux connaître pour les mieux aider.On a dit de Borodine qu'il mettait de la physiologie en musique.On pourrait aussi bien dire que Duhamel met de la: physiologie en littérature.Chez ces deux poètes, Ja mélodie trouble.C'est que, sans cesse, en piano, dans la toile de fond harmonique, apparaît un coeur qui bat à un rÿthme essentiellement variable eu gré-de ses intimes relations.avec: les milieux extérieur-etrintérieir.Tenter d'expliquer Duhamel après tant d'autres, comme les Claudel, les Madaule, est téméraire.Nous ne l'ignorons pas.Aussi ce n'est pas tellement l'analyse qui nous préoccupe.Nous voulons surtout saluer le grand frère.Nous lui voulons promettre la relève.Parce que nous sommes nés de la guerre qui devait être la dernière.Parce que nous ignorons où nous mène l'incompréhension des \u201cbarbes\u201d qui ont confondu charité et parade.Parce que nous serrons les rangs moins pour attendre ou foncer que pour sentir des présences.Parce que nous ferons crever en quarantaine les lévites de l'utilitarisme écoeurant, les pestiférés de l'arrivisme.Parce que nous sommes ceux qui n'ont pas peur de se faire casser la gueule.Parce que Duhamel n\u2019est pas resté sur ses positions, et qu'il s'est avancé avec nous.Parce qu'il crie comme nous, mieux que nous, la soif de paix, de justice, d'amour.Partout dans cette oeuvre, la crucifiante maïeutique donne le même fruit: le désir de perfection.Jusqu'à la solution totale.C'est ce que le Christ appelle la sainteté si l\u2019on y \u201c consent par amour pour Lui.A travers toutes ces pages, on sent brûler le désir de la possession poétique ou active du monde, le désir de l'étreinte intégralement humaine.Avec Salavin qui travaille ferme à devenir un saint.Avec Laurent Pasquier qui s'oublie toujours pour tous.\u201cll n'y a que des problèmes insolubles\u201d, dit Laurent qui fait profession d'agnosticisme.Mais il ne lui manque que la grâce de la foi pour être un chrétien d'élite.De la phrase musicale debussyste monte, comme un encens au parfum exotique.Cette impression sublimée, dégagée du son matériel, qui est le philtre olympien.Ainsi l'épopée humaine manifeste poétiquement, à travers toute son oeuvre, l'humanisme total de Duhamel.Les esthètes, ceux dont \u201cla pensée est couleur de lunes d'or lointaines\u2019, peuvent s'y réfugier.C'est un haschisch tout à fait légitime, même si Laurent dit que \u2018tout cela n'est pas très beau\u201d.La mélothé- rapie ne connaît pas de dose léthale.C'est la Fontaine de Jouvence.C'est l'élixir de longue et fructueuse vie.Sur l'autel de cette musique souveraine, Laurent, le savant biologiste, sacrifierait avec joie toute sa science.Cécile y à consacré toute sa vie.Et Duhamel lui-même paie tribut de sa flûte.Le Duhamel d'après-guerre disparaît sous un magnifique et vaporeux manteau de musique.\u2018C\u2019est per la musique, porte d'azur, que nous sommes sortis de la vraie pauvreté, celle de l'âme.C'est la musique souveraine qui nous a fait entrevoir les vraies dimensions de l'homme\u201d.Un soir, Cécile a joué.Cécile aux doigts merveilleu et à l'âme de lumière.C'était-si beau, si beau que Laurent .\u201cus ea ee ad AP à murmuré ces mots que nous faisons nôtres quand-snous songeons à Duhamel: \u201cDu fond de l'ombre oppressées'élève;-petit.à petit, up soupir de délivrance, un solpir.de gratitide; comme en ge a .: , a » LL exhale l'âme humaine quand elle reconnaît l\u2019un de ceüx.(al qui savent: pour une:heure, pour une minute, la délivrer de son fardedu®\u2019.2 Le LE QUIARTIER-LATIN à + a.I vi PAGE*DEUX AU CHEVET DES HOMMES Médecine et littérature ont toujours été intimement liées, et sans remonter jusqu\u2019à Rabelais, il est possible de retracer dans l\u2019histoire des lettres françaises, plusieurs écrivains qui furent aussi de bons disciples d\u2019Hippo- crate.Fait à remarquer: leurs écrits toujours dignes d'intérêt, sont la plupart du temps empreints d'une profonde psychologie.Cette connaissance de l\u2019âÂme humaine s\u2019explique d\u2019ailleurs très bien, lorsque l\u2019on connaît un tant soit peu, I'Ame du médecin lui-même.Habitué à se pencher quotidiennement sur des êtres minés par la douleur, à recevoir de ces mêmes êtres toutes les confidences et tous les secrets, le médecin en vient à connaître les Ames aussi bien que les corps et A se former lui- même un autre état d'âme.La vue de tant de misères affine davantage sa sensibilité, et lui donne souvent au plus haut degré, cet admirable sentiment de charité et d'indulgence qui dans son œuvre, s\u2019il est écrivain, tient habituellement la première place.Ces qualités si précieuses, nous avons pu les admirer surtout, dans l\u2019œuvre de Georges Duha- mel qui écrivait un jour \u2018\u2018Je suis dans cette situation étrange d\u2019avoir deux métiers inégalement pratiqués, mais chéris également.et ces deux métiers, vous l\u2019avez depuis longtemps deviné, sont la littérature et la médecine.\u201d Ses études terminées, il se livre entièrement à des travaux de laboratoire.De temps en temps, il publie des ouvrages traitant de sciences ou de médecine, et il commence déjà à s\u2019y faire remarquer, lorsque soudain survient la Grande Guerre.Jadis exempté, il s\u2019engage quand même et s\u2019en va au front, rejoindre le seizième poste médical où il aura désormais le grade de mé- decin-chef.\u201c\u2018J\u2019ai rarement vu chirurgien plus habile\u201d déclarait un jour un de ses compagnons d'hôpital.Sur les cinquante- quatre mois de guerre, Duhamel en passe cinquante, à opérer presque sans relâche, passant des jours, des semaines sans une heure complète de repos, risquant sa vie pour sauver celles de ses blessés.\u2018\u2018Pendant plusieurs semaines\u2019 écrit-il lui- même dans la \u2018Vie des Martyrs\", \u2018\u201cj\u2019oublini ce que c\u2019est que dormir\u2019'.Parfois, comme à Verdun, des rafales d\u2019obus s\u2019abattent sur l\u2019hôpital, et il trouve \u2018\u2018à ses pieds des éclats d'acier encore chauds et qui semblent dans l\u2019ombre légèrement phosphorescents.\u201d En somme, ces années de 1914 à 1918, Georges Duhamel, les a vécues héroïquement, comme beaucoup de Français d\u2019ailleurs.Pierre Humbourg à qui l\u2019on doit une biographie de Duhamel, donne des chiffres étonnants sur l\u2019activité de celui-ci durant la guerre: \u2018\u20182300 opérations, 4000 blessés soignés.\u201d Voilà certes un bilan qui en dit long sur les mérites et le courage de l\u2019auteur de \u201cLa Vie des Martyrs\u2019 et de \u2018\u201cCivilisation'.C\u2019est en 1917 que fut publiée \u201cVie des Martyrs\u2019.Duhamel y raconte ses premiers souvenirs de guerre, et y donne ses impressions sur plusieurs blessés qu'il a soignés au début du conflit.Que de pensées magnifiques dans ce livre qui ne compte pas deux cent cinquante pages! On peut y apercevoir l'âÂme du médecin qui souffre de voir souffrir les autres, qui voudrait guérir complètement, d\u2019un seul coup, ces plaies béantes et sauver de la mort tous ces braves qui lui sont confiés.Pour beaucoup il y parvient, et nul doute que s\u2019ils recouvrent la santé, c'est dû autant à son amitié qu'il leur prodigue avec tout son cœur, qu\u2019à tous les soins médicaux qu\u2019ils reçoivent.Plus tard Duha- mel publie \u2018\u2018Civilisation\u201d\u2019 qui remporte le prix Goncourt.Ce deuxième volume sur la guerre, a un ton amer que n\u2019a pas le premier.Exaspéré par cespectacle stupide et affreux qu'est la guerre, l\u2019auteur donne à ce volume une expression tragique de pitié, de colère et de dégoût.Le dernier paragraphe du livre en résume bien le ton général \u2018\u2018La civilisation n'est pas.dans les pinces brillantes dont se servait le chirurgien.La civilisation n\u2019est pas dans toute cette pacotille terrible; et si elle n\u2019est pas dans le cœur humain, eh bien! elle n\u2019est nulle part.\u201d Duhamel doit beaucoup à la médecine et à la guerre.S\u2019il n\u2019avait longtemps fréquenté le laboratoire et le cabinet d\u2019anatomie, Duhamel ne serait pas Duhamel.Son ceuvre ne serait pas empreinte de tant d\u2019indulgence, de bonhomie et de charité, Partout ces personnages vrais ou fictifs respirent ces sentiments qui lui viennent d\u2019abord et avant tout de son premier métier, la médecine.Mais ce premier métier ne lui aura pas seulement apporté ces quelques premières qualités de l'écrivain, il lui aura fourni en outre la précision scientifique avec laquelle il analyse si bien les caractères de ses personnages.Bref, disons que la formation médicale complète de Duhamel lui donne une supériorité incontestée sur les autres écrivains qui n\u2019ont fait qu\u2019une partie, ou n\u2019ont pas fait du tout d\u2019études médicales et souhaitons que de plus en plus les lettres françaises comptent des écrivains qui soient aussi, comme Georges Duhamel, de bons médecins.Jacques PIERRE ea IC INSTITUTION CANADIENNE-FRANÇAISE Laboratoire Nadeau LIMITÉE PHARMACIE EN GROS ie mA LE QUARTIER LATIN .BIBLIOGRAPHIE ET REFERENCES POESIE: Des légendes, des batailles, Ed.de l\u2019Abbaye, 1907.L'Homme en Tête, Vers et Prose, 1909.Selon ma loi, Figuière, 1910.Compagnons, N.R.F., 1912.Llégie du mois de février, Picart, 1919.Elégies, Bloch, 1920; Mercure de France, 1920.Voix du Vieux monde, musique d\u2019AI- bert Doyen, Heugel, 1925.THEATRE: La lumière, Mercure de France, 1911; éd.de la Voile rouge, Bruxelles, 1921.Dans 5 Ombre des Statues, N.R.F., 1912.Le Combat, Mercure de France, 1913.Le cafard, Ed.du Journal Le Poilu, 1917.Lapointe et Robiteau, Ed.du Sablier, 1919.: L'Oeuvre des Athlètes, N.R.F., 1920.La journée des Aveux, suivi de Quand vous voudrez, Mercure de France, 1024, Le torrent (inédit).ROMANS ET NOUVELLES: Vies des Martyrs, Mercure de France, 1917.Civilisation, Mercure de France, 1918.Confession de minuit, Mercure de France, 1920.Les hommes abandonnés, Mercure de France, 1921.Le Prince Jaffar, Mercure de France, 1924.Deux hommes, Mercure de France, 1924.La Pierre d'Horeb, Mercure de France, 1926, Journal de Salavin, France, 1927.La nuit d'orage, id.1928.Les sept dernières plaics, id.1928.Le club des Lyonnais, id.1929.Tel qu\u2019en lui-même, id.1932.Le Notaire du Hâvre, id.1983.Le Jardin des Bêles sauvages, id, 1934.Vue de la terre promise, id., 1934.La Nuit de la Saint Jean, id, 1935.Le désert de Bièvres, id., 1936.Les Maîtres,i d., 1937.Cécile parmi nous, id, 1988.Le combat contre les ombres, id, 1930.ESSAIS ET AUTRES PUBLICATIONS: Notes sur la technique poétique (avec C, Vildrac), Figuière, 1920; Champion, 1925.Propos critiques, Figuière, 1912.Paul Claudel, Mercure de France, 1913.Les poètes et la poésie, id., 1914; revu et corrigé en 1920.La Recherche de la Grâce, C.Bloch, 1918.La Possession du Monde, Mercure de France, 1919.Essai sur le Règne du cœur, id, 1919.Paul Claudel, suivi de Propos critiques, id., 1919.Le Miracle, Les Amis d'Edouard Champion, 1919.Entretiens dans le tumulte, Mercure de France, 1919.Elévation et mort d'Armand Branche, Grasset, 1919.Guerre et Littérature, Adrienne Mon- nier, 1920.Trois journées de la Tribu, N.R.F., 1921.La Musique libératrice, Les Cahiers des Fêtes du Peuple, 1921.Carré et Lerondeau, N.R.F., 1922.Les Plaisirs et les jeux, Mercure de France, 1922.Lettres d\u2019Aspasie, Ed.du Sablier, 1922.Anthologie de la Poésie Lyrique (XViè- NIXiè siècles), présentée par Georges Duhamel, Leipzig, 1923.Le Miracle, suivi de La Chambre de l\u2019Horloge, Stock, 1923.Le Spécialiste, le Philosophe et le Prophète, Ed.des Amitiés Foréziennes ct Vellaves, 1923.Badardine, Claude Aveline, 1924.Choiz | de belles pages, Amsterdam, 1924.Délibérations, Les Cahiers de Paris, 1925.La belle étoile, La Pors étroite, 1925.Le dernier, Marcelle Lesage, 1925.Essai sur le roman, id., 1925.Fragment inédit d'un carnet de notes, id., 1925.Suite hollandaise, Ed.du Sablier, 1925.Anniversaire, Champion, 1925.Lettres sur les Malades, La Centaine, 1926.Lettres au Patagon, France, 1926.Stories and Sketches, Boston, 1926.Les Erispaudants, Société de la Gravure sur bois originale, 1926.Le Voyage de Moscou, Mercure de France, 1927.Les sept dernières plaies, Mercure de France, 1928.La Jeunesse Française, La Belle Page, ra Mercure de Mercure de Scènes de la Vie future, Mercure de France, 1930.Etudes et portraits inédits, Le Capitole, 1930.Géographie cordiale de l'Europe, Mercure de France, 1931.Les Jumeaux de Vallangoujard, Hart- mann, 1931.Querelles de famille, Mercure de France, 1932.L'Humaniste et Hart- mann, 1933.Remarques sur les mémoires imaginaires, Mercure de France, 1934.Discours aux nuages, le Capitole, 1934.Discours de réception à l\u2019Académie Française, Mercure de France, 1935.Fables de mon jardin, Mercure de France, 1936.Pages choisies, Grasset, 1936.Deux patrons, Hartmann, 1937.Défense des Lettres, Mercure de France, 1937.Mémorial de la Guerre blanche, id, 1939.Chroniques, id, 1940.Ajoutons encore quelques œuvres dont la date de publication ne nous est pas connue avec certitude: Mon Europe, (Flammarion).Leures aux Bibliophiles, Stols).L'Alsace entrevue ou l'Aveugle et le Paralytique, (La Mésange, Strasbourg).Pages de mon Carnet, (Ed.des Cahiers libres).Mémorial des Cauchois, (Ed.de la Belle page).Images de la Grèce, (Ed.du Sablier).Essai sur une Renaissance dramatique, (Chez Lapina).Maurice de Vlaminck, (Aux écrivains réunis).(Bibliographiée compilée par Marcel Raymond).l\u2019automate, (A.A.M.À CONSULTER SUR GEORGES DUHAMEL: Luc Durtain \u2014 Georges Duhamel, Monnier, 1920; Crès, 1921.César Santelli \u2014 Georges Duhamel, Mercure de France, 1927.° Claude Aveline \u2014 Les œuvres de Georges Duhamel, Aveline, 1925.Pierre Humbourg \u2014 Georges Duha- mel, son œuvre, Nlle Revue Critique, 1930.Achille Ouy \u2014 Georges Duhamel, l\u2019homme et l\u2019œuvre, J.Oliven, 1935.André Thérive \u2014 Georges Duhamel ou l'intelligence du cœur, Rasmussen, 1925.Désiré Denuit \u2014 Georges Duhamel, Les Editions de Belgique, Bruxelles, 1933.Paul Claudel, Jean Soulairol, B.Amoudru, Jacques Madaule, Robert Cornilleau, Marguerite Borderie, Maurice Carité, Paul Archam- bault, Pauline Le Cormier, Pierre Henn Simon \u2014 Duhamel et nous, Cahiers de In Nouveile Journée, No 38, Bloud & Gay éd., 1937.André Antoine, André Thérive, René Arcos, Jean Prévost, Achille Ouy, Claude Aveline, Jean Fiolle, Paul Gilson, Maric-Jcanne Durry, Christian Rimestad, Henri Jourdan ct Roger de Lafforest \u2014 Georges Duhamel, Editions de la Revue Le Capitole, 1927.Henri Massis \u2014 Jugements, vol.IT, Plon, 1923.Louis Chaigne \u2014 Vies et Oeuvres d'écrivains, vol.11, Lanore, 1938.Jean Prévost \u2014 Georges Duhamel, N.R.F., ler février, 1935.Frédéric Lefèvre \u2014 Une heure avec.giè série, Gallimard, 1923.Pierre Moreau \u2014 Revue des Jeunes, 25 mai 1926.Daniel-Rops \u2014 Carte d'Europe, Per- rin, 1928.Daniel-Rops \u2014 M.Duhamel et les Pasquier, La Revue des Jeunes, 15 décembre 1934.André Rousseaux \u2014 Ames et Visages du X Xie siecle, Grasset, 1932.André Rousseaux \u2014 Littérature du X Xie siecle, vol.II, Albin Michel, 1939.Charles Du Bos \u2014 Approximations, vol.III, Le Rouge et le Noir, 1929.Henry Bordeaux \u2014 Réponse au discours de réception de M.G.Duha- mel, Mercure de France, 1935.Jean-Richard Bloch \u2014 Carnaval est mort, Gallimard, 1920.Lucien Dubech \u2014 Les chefs de file de la jeune génération, Plon, 1925.Henri Ghéon \u2014 G.Duhamel et le règne du cœur, La Revue Universelle, ler avril 1920.Henri Ghéon \u2014 Selon ma loi, N.R.F., ler juin 1912.Henri Ghéon \u2014 Compagnons et Propos critiques, N.R.F., ler juin 1912.Marcel Raymond \u2014 De Baudelaire au surréalisme, Corréa, 1933.Pierre Lasserre \u2014 Mes routes, Plon, 1924.Armand.Praviel \u2014 Du romantisme à la - prière, Perrin, \u201c1937.de son tonneau sortant, D'soleil et d'Picobac savait Smontrer content.@ Nous, les modernes, ne pratiquons pas un rigorisme aussi stoique; car, ainsi que le dit Sam Slick, \u201cdès l\u2019instant où un homme prend sa pipe, il devient philosophe\u201d.Avec Picobac, nous n\u2019avons pas lieu d\u2019envier aucun homme.Car le Picobac est le choix de la récolte canadienne de Burley, \u2014 un tabac toujours doux et frais.Et son prix n\u2019est pas hors de la portée de la bourse même d\u2019un philosophe.Blagues hermétiques, 10c et 15c Boîte \u201cLOK-TOP\u201d de % livre, 60c aussi en commodes boîtes métalliques pour le gousset Picoba \u201cI A bon godt dans la pipel\u201d Marcel Azaïs \u2014 Le Chemin des Gar- dies, Nlle Librairie Nationale, 1926.G.Charensol \u2014 La Radio devant la guerre, Nlles Littéraires, 23 sept.1939.René Lalou \u2014 Cécile parmi nous, id., 26 nov.1938.Guy Ardès \u2014 Visite à Georges Duha- mel, id., 27 nov.1937.Guy Ardès \u2014 Sequana, 15 nov.1938 et décembre 1939.Marcel Raymond \u2014 Le Canada- Français, Saint Jean, les 14 et 21 juillet 1938.Marcel Raymond \u2014 La Reldve, Montréal, 9iè cahier, 4iè série, 1939.Benjamin Crémieux \u2014 Le Club des Lyonnais, Les Annales, pp.497- 498, 1929.François Mauriac \u2014 Notre ami Duha- mel, Journal 1I, Grasset, 1937.Lucien Descaves \u2014 Les Maîtres, La Chronique filmée du mois, dé.1937-.Marcel Arland \u2014 La Pierre d' Hore, N.R.F., juin 1926.Léon-Paul Fargues \u2014 Défense des Lettres, N.R.F., juin 1938.Henry Dérieux \u2014 Querelles de famille, N.R.F., mai 1932.André Gide \u2014 Pages de journal (note sur \u201cScènes de la Vie future\u201d), N.R.F., juin 1932.André Lang \u2014 Noir sur Blanc, Les Annales, 1929.(p.531).M.L.Bidal \u2014 Les Ecrivains de l\u2019Abbaye, Boivin & Cie, 1938.(Liste établie par Marcel Raymond).DESJARDINS VOUS HABILLERA À VOTRE ENTIÈRE SATISFACTION Les hommes particuliers pour la coupe et l'ajustement de leurs vêtements obtiendront avec un complet ou un paletot Desjardins la vraie satisfaction qui ne laisse rien à désirer.C'est un essai qui ne comporte aucun risque, cer vous avez notre garantie.PARDESSUS DEPUIS DEPUIS 9450 9650 TOUT FAITS|SUR MESURE COMPLETS TOUT FAITS Depuis $24.50 OUVERT SAMEDI JUSQUA 10 P.M, qENMES pacitES gone tatéete FRS$DESJARDINS PRESIDENT Ce serait, semble-t-il, comprendre bien imparfaitement la personnalité et l'œuvre de Georges Duhamel, que de ne pas apercevoir souvent chez lui sous la figure ante du romancier ou de l'essayiste, h figure vigilante et persuasive du biolo- iste et du-médecin.S'il a voulu aujour- d'hui se donner surtout à ses livres, Duhamel n'a pas renoncé pour autant à la profession qu il avait d'abord choisie.Bien au contraire faudrait-il croire que ses remiers contacts avec l'homme malade de notre temps ont arrêté sa pensée sur la nécessité d'une thérapeutique nouvelle,au service de laquelle il a jugé urgent de se placer, et qu'ainsi, il ne s'est fait écrivain que pour mieux Être médecin, Tous ses ouvrages de critique sont des ouvrages essentiellement biologiques.Dans chacun d'eux, ce sont des vivants ue l'on côtoie,-ce sont les manifestations égarées de la vie que l'on observe, c\u2019est du mal des hommes dont cn s'approche pour essayer de le comprendre et de le guérir.Duhamel est de ceux qui ont tenté de décrire ce que l'on commence d'appeler la grande tragédie de l'époque, où se dessine, dans le cadre d'une civilisation en déséquilibre, la lutte de l'homme contre l'homme, la lutte, pour mieux dire, de l'homme naturel contre l'homme XXe siècle.Depuis «L'homme, cet inconnu» du Dr Carrel, I'idée est assez bien répandue dans l'élite que notre monde souffre d'un déséquilibre mortel entre sa science de la matière inerte et sa science de la matière vivante.Des savants illustres comme Georges Claude, Edouard Branly, ont de temps à autre manifesté leur inquiétude devant l'écart frappant qui existe de nos jours, entre les progrès matériels et l'évolution morale.Duhamel, en tout cas, semble bien avoir été l'un des premiers à insister à maintes reprises sur l'existence actuelle d'une crise, qui, troublant plus d'éléments que ne sauraient l'avoir fait de simples désordres financiers ou sociaux, doit indubitablement s'appeler une «crise de civilisations .Biologiques, ses ouvrages le sont justement parce qu'ils tiennent à nous remettre en mémoire les lois de la vie, parce u'ils établissent une relation entre l'évolution présente de notre milieu physique et la nécessité de nous y adapter totalement; et cela, après nous avoir montré comment, par nos façons de vivre et d'agir, nous transgressons chaque jour ces lois élémentaires auxquelles la nature entend soumettre les activités de notre corps et de notre esprit.Récemment encore, dans «Défense des Lettres», à propos de la décadence présente de I'attention intellectuelle, Duhamel nous donnait à méditer ce principe de l\u2019équilibre entre l'effort et la culture: «La culture spirituelle, écrivait-il, est en ,même temps l'expression et le résultat d'un effort.Tout système de civilisation qui tend à diminuer l'effort affaiblit en même temps la culture.» _ Pour remonter, en Georges Duhamel, à l'origine de cette psychologie de l'équilibre, il faut penser à la grande guerre, où ila beaucoup appris; il fut penser aux voyages qu'il a faitset il faut penser aussi à un grand biologiste dont il a été l'élève et l'ami, celui qu'il a surnommé lui-même «le plus grand des héritiers de Louis Pasteur», Charles Nicolle.De la guerre, disons seulement qu'elle apparaissait bien mal aux yeux d'un jeune, ainsi imposée au début d'un siècle promis à la science infaillible, venant masquer si tôt un avenir auquel on enlevait la promesse de nous donner l'aisance et le bonheur.De la guerre, alors qu'attaché au service médical, les occasions ne lui ont pas manqué de souffrir et de réfléchir, Duhamel a tiré au moins assez d'enseignements pour cesser de croire avec les magisters de l'heure, que l'ère de la science devait voir l'humanité paisible s'engager sur le chemin d'une nouvelle terre promise.Mais ici, il faut surtout parler de Nicolle, le tranquille philosophe de Tunis, qui enlevait à ses visiteurs tant de leurs gracieuses illusions, et qui a beaucoup contribué à orienter li pensée de Duha- mel.Charles Nicolle fut un homme de science dont la valeur et les mérites ne font plus doute maintenant.Directeur de l'Institut Pasteur de Tunis durant plus de tren:e ans, \u2014 il occupait encore ce poste à sa mort, en 1936 \u2014 il à donné sa vie à des recherches biologiques, et son sacrifice lui vaut aujourd'hui la gloire.Sa vie nous apparaît comme une suite ininterrompue d'activités aussi louables que variées.Entre deux séries de travaux au laboratoire, il voyageait, il observait, il complétait ses notes, il enseignait.Son esprit fécond, qui ne trouvait jamais satisfaction avant d'avoir exploré dans sa totalité le sens d\u2019un fait scientifique, lui a dicté des œuvres dont la bactériologie moderne a tiré plusieurs de ses beaux développements.Nicolle se serait-il seulement occupé de décrire, par exemple, «la naissance, la vie et la mort des maladies infectieuses», sa mémoire serait assurée de vivre longtemps.Mais, intéressé de près à la vie, à toute la vie, il fut hanté comme d'autres par l'interrogation obsédante qui se pose à chaque énération d'hommes, il voulut savoir si \u2018humanité, au sein de la nature, peut effectivement améliorer ses façons de vivre, aspirer à quelque chose de mieux.Certes, le progrès est un mot sous lequel on a dissimulé, aux différentes époques du passé, nombre de rêves osés, nombre d'idéologies obscures, Au siècle dernier, et encore au début de ce siècle, le progrès \u2014 nous le disions tantôt \u2014 c'était la science, la science qui venait de prendre un si bel essor et qui ne manquerait pas de nous acheminer vers la conquête de toutes choses.Aujourd'hui, on ne croit plus à cette attirante mais inexacte doctrine.Nous savons maintenant grâce à l'expérience chèrement acquise de nos prédécesseurs, grâce aussi, il faut le dire, à l'expérience de la génération présente, combien le progrès, envisagé comme une possibilité pour l\u2019homme coliectif, est une chose difficile à définir.Pour être compatissant, le langage de Nicolle, à ce sujet, n'en a pas été moins amer.On sait que le biologiste de Tunis a étudié le typhus exauthématique et qu\u2019il a révélé par la suite aux populations civiles comment l'hygiène leur offrait un moyen efficace de protection contre ce fléau.Cependant, si les règles d'hygiène que nous observons dans les pays civilisés nous assurent le contrôle des épidémies et la maitrise graduelle sur l'agent infectieux, il reste toutefois que nous acquérons, pour cet agent, du fait d'en être séparés, une sensibilité particulière.Quand Nicolle eut constaté ce fait, il a commencé de mettre en doute que la méthode hygiénique puisse être considérée, sans restriction, comme un facteur véritable d'avancement.Poursuivant ses MINISTÈRE DES TERRES ET FORÉTS DE LA CHASSE ET DE LA PÊCHE sauvegarder.tels que : AVILA BÉDARD Sous-ministre Terres-et Forêts Les forêts du Québec Notre domaine forestier est un précieux héritage qu'il nous faut à tout prix Notre premier devoir est de le préserver des incendies.La majorité des incendies de forêts sont le fait d'imprudences fatales, provenant surtout de mauvaises habitudes; il est d'importance capitale que tous ceux qui voyagent en forêt, s'habituent à s'interdire des actes imprudents FEUX DE CAMPS MAL ÉTEINTS; ALLUMETTES, BOUTS DE CIGARES OU DE CIGARETTES, RESTES DE TABAC ENCORE FUMANTS JETES NEGLIGEMMENT.SAUVEGARDER LA FORET C'EST AUSSI ASSURER LA SURVIVANCE DU GIBIER Soyez prudents P-EMILE COTE \u201c Ministre L.-A.RICHARD Sous-ministre Chasse et Pêche DUHAMEL, NICOLLE ET L'EQUILIBRE recherches, il n'a pas tardé à entrevoir cette inexorable Bi de l'équilibre, à laquelle, malgré nos désirs, reste soumise toute manifestation vitale, même regardée par nous, dans nos vies quotidiennes et Ens nos bibliothèques, comme un progrès.De l\u2019histoire générale, de la sociologie, des sciences biologiques, il a extrait une longue liste d'exemples qui l'ont amené à reparler souvent de l\u2019importance de l'équilibre.Il a voulu bien faire comprendre que si la vie est mouvement, elle est aussi, essentiellement, équilibre.Une conséquence immédiate de ce fait est de limiter le jeu de nos activités et de restreindre en quelque sorte notre puissance d'évolution.Pour Nicolle, il n'y a pas de progrès matériels vrais.Il n'existe, à vrai dire, que des déplacements d'équilibre entre le monde et nous, un équilibre qui, sans cesse brisé, sans cesse cherche à se refaire.Ce que nous croyons être un progrès n'est en réalité qu'une apparence de progrès.Car la loi de l'équilibre nous oblige sans tarder à compenser par une perte ce que nous avions espéré ajouter or pur, à notre actif.Rien ne pourrait, mieux que cette image de Nicolle lui-même illustrer ce qu'il pensait À ce propos: « Le progrès, ce que nous appelons progrès, est un fleuve qui en- traine sesrives.Semblables à des acteurs, couchés sur une barque devant un décor qui se déroule, nous semblons avancer sur la route du bonheur, nous ne progressons pas.» Il n'est pas nécessaire d'avoir beaucoup lu Georges Duhamel pour saisir maintenant l'étroite parenté d'idées qui existe entre Nicolle et lui.Duhamel à connu Nicolle, il a eu la bonne fortune de le compter parmi ses amis.Il fut l\u2019un des premiers à s'intéresser de près à sa doctrine; il a travaillé à la faire connaître, et à la faire apprécier.Sa foi en la nécessité de l'équil re n'a pas cessé de s'affirmer.Beaucoup de désordres sociaux lui sont apparus comme des sanctions appli- uées par la nature, après transgression de la même loi.D'aucuns l'ont accusé d'exagération quand il a dit du cinéma et de la radio, par exemple, qu'ils «ont un rôle néfaste dans l'amoindrissement du sens de l'effort spirituel».Il ne faut pas oublier pourtant que Duhamel dirige ses traits surtout contre l'influence déplorable que pareilles innovations exercent sur les masses, et qu'il donne toujours à ga critique une portée générale.Du reste, il ne croit pas à la perfectibilité de l\u2019homme collectif.Seul, l'individu est capable de se surpasser.L'individu, averti de la nécessité de l'équilibre, peut grandir, peut accéder à des chemina montants.Mais l'homme de la foule reste toujours égal à lui-même.D'où cette attitude de Duhamel: «Je suis individualiste et ne manque jamais de confesser cette foi, parce qu'elle peut très bien se concilier, aujourd'hui, avec un sens élevé de la discipline sociale.» Remarquons en terminant que Duha- mel n'a jamais méprisé la science ni les inventions admirables dont'elle nous permet de bénéficier.Il a déploré seulement que ces inventions n'aient pas été mises au vrai service de l'homme.Il a appliqué la pensée de Nicolle à notre civilisation, en recherchant par où le déséquilibre y est entré.Avec son sens certain de biologiste, avec sa compréhension profonde de la vie, il a posé un diagnostic détaillé de nos maux.Cela lui a valu et lui vaut encore de fidèles admirateurs, Louis PAPILLON Les Étudiants trouveront tous les volumes dont ils- ont besoin Chez DÉOM - 1247, vue Säint-Denis MONTREAL page dati dia EE ai PAGE TROIS Pre SALAVIN \u2018Duhamel est avant tout un mystique, je dirais \u2018\u201cune sorte de Pascal moderne qui cherche en gémissant.\u201d\u2019 C\u2019est pourquoi, en parfait esthète qu'il est, Duhamel redoute le matérialisme contemporain, l'invasion du cinéma, de la radio et de toutes les inventions modernes contribuant à dessécher l\u2019esprit.Tel est, me semble-til, le cauchemar de Duhamel.II ne faudrait pas croire cependant que son œuvre se perde en considérations générales sur le bien-être ou la décadence de notre civilisation.Sans doute ces idées viennent sans cesse sous sa plume comme un leitmotiv.Mais je voudrais surtout insister ici sur Duhamel comme puissant analyste de l'inquiétude intérieure.À la suite de Dostoievsky, se rendant compte enfin que l'homme possède une vie intérieure plus complexe et plus agitée qu'on ne se l'était imaginé auparavant, Duhamel s\u2019est lancé à Ia découverte de ce \u2018mystère animal\u2019\u2019.Cette tentative nous a donn¢ \u2018\u2018I'inoubliable Salavin®\u2019.Louis Salavin évolue, nu cours de cinq volumes, dans un milieu des plus médiocres.À chaque page, on sent l\u2019effort déployé par l'auteur pour nous donner une impression de médiocrité.Pourtant, Salavin est un personnage passionnant.Aux yeux de certains, j'exagère peut- être.J'explique mon engouement dans l\u2019erreur radicale que Duhamel à commise à l\u2019égard de son non-héros.En voulant créer un Salavin médiocre, sans talent et sans aucune espèce d'initiative, il a peint un Du- hamel déguisé.Si, en effet, Salavin était réellement ce que Duhamel avait l'intention qu'il fût, il n\u2019intéresserait personne.Salavin ne pense pas, n'agit et ne réagit certainement pas comme l\u2019homme médiocre que Du- hamel s'efforce de nous présenter.Il nous le veut montrer sans aucune culture: il n\u2019a pas réussi.Duhamel est trop cérébral pour avoir pu se dépouiller de sa haute culture et endosser la peau de son Salavin.Est-ce qu\u2019un homme sans culture lit et savoure Baudelaire?Est-ce qu\u2019il ressent quelque sorte de frisson par la musique?Est-ce qu\u2019un être inculte analyse continuellement ces vagues motifs qui nous poussent à l'action?Est-ce qu'il s\u2019abime dans des réveries morbides?Est-ce qu'un illettré essaie d'expliquer pourquoi il ne croit pas en Dieu, en admettant d'abord qu\u2019il soit capable d'un tel scepticisme?Enfin, est-ce qu\u2019un tel homme peut souffrir dans un confort matériel relatif, entouré d'une mère affectueuse et d\u2019une épouse exemplaire?Eh! bien, Sala- vin, le prétendu homme moyen, souffre à faire pitié.II souffre de ce mal indéfinissable que j'appellerais volontiers: le besoin de s\u2019analyser.Ce mal, il fallait un Duhamel pour nous en montrer toute la tyrannie.Salavin sans Duhamel ne serait plus Salavin.C'est avec une stupéfactions toujours grandissante que l\u2019on suit \u201cl'histoire naturelle\u2019 de cet esprit étrange.Duhamel nous donne I'impression saisissante de la complexité extraordinaire du \u2018\u2018moi\u2019\u2019.Salavin est un cérébral qui ne peut dissocier un seul instant l'agitation de ses pensées et la réalité environnante.II n'éprouve jamais de joie ni de douleur sans qu\u2019il n\u2019en cherche In cause: c'est un névrosé très \u2018\u2018self-conscious\u2019 pour employer une expression anglaise intraduisible.Salavin est à la fois réticent, timide, généreux et ambitieux.Il veut d\u2019abord accomplir quelque chose de génial; se sentant incapable, il veut devenir un saint: autre échec.Il est aussi impossible de revivre toutes les angoisses de Sala- vin que d'expliquer les méandres capricieux de sa pensée.Rappelons toutefois ce brusque mouvement de Salavin vers son patron, au début de la \u2018\u2018\u201cConfession de Minuit\u201d.Quel autre, mieux que Duhamel, aurait pu traduire avec un réalisme aussi pénétrant ce vague désir de sauter à la gorge de quelqu\u2019un sans motif?Ce sont de tels traits surréalistes de la vice intérieure qui nous font voir à quel point Duhamel est loin de la banalité.Rappelons aussi l\u2019amitié éphémère de Salavin dans \u2018\u2018Deux hommes\u201d.Tout autre que Sala- vin aurait été ravi de soulager sn solitude avec un ami.Cet ami qui nous semble le compagnon idéal, devient pourtant une entrave aux spéculations de Sala- vin.Le bonheur simple n\u2019est pas fait pour son esprit compliqué.Son cœur souffre par son esprit: il analyse, calcule, cherche.et ne trouve jamais.Souvenons- nous aussi de ce départ précipité de la maison où Salavin aurait pu si bien trouver le bonheur.Un soir, sans autre motif qu\u2019un besoin d\u2019évasion inexpliquable, Salavin quitte sa mère et son épouse.La solitude de sa chambre ne fui suffit plus.Il veut trouver la paix intérieure loin de tout ce qui lui est familier.I va sans dire qu\u2019il revient bientôt aussi honteux que déprimé.De ces quelques exemples tirés de la conduite de Salavin, il est facile de s'apitoyer sur un tempérament aussi énigmatique.Duhamel nous a peint l'homme moderne, inquiet et malheureux voyageur, éprouvant sans cesser la \u2018\u2019nostalgie éternelle de ce qu\u2019il n\u2019est pas\u201d.Jacques GOUIN 2 Ÿ Fraiches .et toujours douces pour la gorge * BOUT EN LIÈGE-OU UNI UN#FreDuIT LA MAÏSON+L.©.GROTHE: LIN y Ls Ameen Last PAGE QUATRE ares at Défenseur de la culture ll y a un problème de la culture.Et il y en a un parce que le monde moderne dont offirmait Péguy, c'est la \u201cspécialité\u201d d'avilir, impose à la vie un rythme de jour en jour plus inhumain \u201cet menace, avec une précision sans cesse accrue, nos valeurs les plus authentiques et les plus chères.Devant ce problème, l'attitude de Georges Duha- mel est d'un extrême intérêt; sa position prend valeur de message.La culture est menacée dans l'homme même.Elle l'est aussi dans les formes qu'elle a prises sous l'action du travail à la fois patient et passionné des siècles.Essenticllement, la culture est une correspondance qui se noue entre un certain type idéal d'humanité et les plus hautes virtualités d'un homme: elle est une atmosphère dans laquelle évoluent les démarches de l'esprit.Mais cette atmosphère n'est pas un élément \u2018donné\u2019.{| faut qu'elle soit acquise.C'est ici qu'intervient \u201cnotre systéme de culture\u2019, qui est \u2018fondé sur l'imprimerie\".Or, ce dernier est en danger.Tout d'abord, par suite d'un ensemble de circonstances économiques qui ressortissent à la technique de l'édition.Mais il y a plus grave: la cadence de la vie moderne expose l'esprit à la tentation de la facilité.C'est une dangereuse illusion et la négation même de la culture, que de la croire sffranchie de l'exigence de l'effort.\u2018La culture spirituelle, écrit l'auteur de \u2018Défense des Lettres'\u2019, est en même temps l'expression et le résultat d'un effort.Tout système de civilisation qui tend à diminuer l'effort affaiblit conséquemment la culture\u2019.D'où la dénonciation, qu'il porte, de ce qui est de nature à supprimer le travail de l'esprit (radio cinéma, etc.) et à accentuer ce qu'i appelle \u2018la décadence de l'attention\u201d.Entre la pensée et la vie se creuse un fossé qui va chaque jour s'élargissant.n oscille entre deux conceptions de l'honnête homme.Aux uns, celui-ci n'est pas loin d'apparaître comme un produit tout fait, qu'on peut fabriquer en série et tirer à des millions d'exemplaires standardisés, si bien qu'on croirait parfois voir poindre le bout de l'oreille de ces monstrueux \u201calpha-plus\u2019* dont Aldous Huxley narre les aventures dans son cocasse et terrible \u201cBrave New World\".Aux autres, il apparaîtrait plutôt comme un produit de luxe, un parasite amusant peut-être, mais parasite tout de même, que le monde sérieux, le monde qui vit, tolère, non sans le mépriser à l'occasion.La vérité, c'est que l'honnête homme n'est pas du tout un produit.Il est un individu; il est une personne.C'est précisément l'effort culturel qui le dégage de la mécanisation, du conformisme.\"Et retirez-vous, nous dit Duhamel, chaque jour, dans la lecture et la méditation, si vous voulez recréer et fortifier votre âme, votre âme à nulle autre pareille\u201d.Sur le plan de l'universel humain \u2014 qui est le plan de la culture \u2014 et là seulement, l'esprit a chance d'échapper aux servitudes qui le menacent et de ressaisir sa profonde originalité.+ Mais il est un autre aspect sur lequel la culture est mise en question.C'est ici qu'entre en scène l'humanisme moderne contre l'humanisme tout court.Aux formes traditionnelles de la culture, voudraient se substituer par suite des formidables développements des sciences, des formes nouvelles.Naturellement, il ne s'agit pas de s'agripper aux formes classiques de la culture pour la seule raison qu'elles sont anciennes: il faut aussi faire attention de ne les pas rejeter d'un geste désinvolte \u2014 et Qui se croit \u2018\u2019hardi*\u2019 \u2014 pour cette même \u2014 + et unique raison.Ce qu'il importe de considérer, dans cette conjoncture, ce sont les avantages de l'esprit.Le caractère essentiel de l'humanisme classique, c'est qu'il est une valeur désintéressée.Dans un monde od, selon un mot connu, \u2018tout vaut tant\u201d, il n'est s indifférent, ne serait-ce que pour \u2018honneur de l'humanité, qu'il existe encore des réalités non susceptibles d'exploitation industrielle.Et puis, ajoute Duhamel, \u201cla discipline des lettres humaines a fait ses preuves\u2018.C'est un fait acquis.Il a son importance.Hl est des expériences qu'on ne saurait se permettre de tenter à la légère, surtout quand il peut en résulter quelque chose comme deux ou trois siècles e barbarie et une déviation très probablement irréparable de l'intelligence.Faut-il en conclure que l'humanisme est un phénomène statique, rigide, figé sur des positions arrêtées pour toujours ?videmment non.On ne saurait, au contraire, trop insister sur le fait que la culture est d'abord un acte.L'élan prouve la vitalité, \u2014 D'ailleurs un trésor n'est jamais si riche qu'il ne puisse s'accroître.ais, à peine de le corrompre, on ne peut l'augmenter qu'avec discernement, et sans perdre de vue un certain but.Ici, la fin envisagée, c'est l'accès à l'universel, accès qu'on ne saurait conserver que si les valeurs de culture gardent leur caractère universel.C'est pourquoi Duhamel \u2018élargit\u2019, mais en se gardant bien de la dénaturer, la \u201cdéfinition des lettres humaines\u2018: elle demeure \u2018\u2018l'ensemble des notions qui ne sont pas susceptibles d'application immédiate\u2019\u2019.C'est l'essentiel, Il y à une idée de Duhamel qui, pour nous Canadiens français, ne manque pas d'importance.Il s'agit de \u2018culture originale\u201d.L'auteur de \u201cDéfense des Lettres\u2019 aborde le débat à propos de l'Amérique latine.C'est à peu près ans les mêmes termes que la question se pose à l'intelligence canadienne- française.Devons-nous continuer à emprunter à l'Europe \u2014 particulièrement à la France \u2014 l'essentiel de nos disciplines intellectuelles, nous attacher à servir les mêmes valeurs qu'elle et à réaliser un type analogue d'humanité ?Ou, au contraire, notre effort doit-il tendre à dégager des valeurs nouvelles et à édifier un art et une pensée spécifiquement canadiens-français?En d'autres termes, devons-nous substituer à notre culture française une culture qui soit uniquement canadienne ?Toute la question est de savoir si nous pouvons le faire.Le pouvons-nous ?t, en admettant \u2014 point qui resterait à prouver sérieusement \u2014 qu'une telle entreprise n'est pas disproportionnée à notre force actuelle, qu'est-ce que nous y gagnerions en valeur humaine?De plus, il apparaît à Duhamel que \u2018dans eur ensemble, les valeurs de culture sur lesquelles opère l'intelligence du nouveau monde demeurent, à peu de choses près, celles de la vieille Europe\u201d.Voilà un fait.Avant que de songer à faire canadien, il faut tâcher à faire de notre mieux.Racine, en écrivant ses chefs- d'oeuvre, ne se mettait certainement s en tête de produire des tragédies \u2018bien françaises\u2019, il lui suffisait de donner du Racine: \u2018Quand je fais des vers, remarquait-il, je songe toujours à ire ce qui n'est point encore dit dans notre langue\u2019.La solution vaut pour nous.+ Voilà comment Duhamel se pose le problème de la culture et comment il en résout quelques aspects.Mais son oeuvre est sans doute sa meilleure réponse.À travers cette oeuvre, sa figure mobile (parce que vivante), accueillante et sympathique, semble bien être celle de l'honnête homme du vingtième siècle.C'est pour cela que nous l'aimons.Guy FRÉGAULT 31.00 livrera 300 Sweet Cape ou 1 livre de tabac à pipe Old Virginia aux Canadiens on service dans le Royaume-Uni et en France seulement.Adresse\u2014\"Sweet Cape\u201d AP.6000, Montréal, P.Q.cone une | les Sweet Caporal possèdent ® Tout comme un plat préparé par un chef génial, ce \u201cquelque chose\u201d d'mimitable que les gourmets reconnaissent partout avec enthousiasme.Elles les sens de l'odorat et du Roûter et procurent cette délicieuse sensation de contentement qui ne résulte que de la jouissance de ce qui est parfait.\"La forme la plus pure sous laquelle le tabac peus être fumé.\u201d OT \u2018 * + vy : CRE LE: QUARTIER LATIN BALLADE Il a résisté pendant vingt longs jours Et sa main était à côté de lui.Il a résisté, Florentin Prunier, Car sa mère ne veut pas qu\u2019il meure.Or, un matin, comme elle était bien lasse De ses vingt nuits passées on ne sait où, Elle a laissé aller un peu sa tête, Elle a dormi un tout petit moment; Et Florentin Prunier est mort bien vite Et sans bruit, pour ne pas la réveiller.Georges DUHAMEL Duhamel et la médecine La médecine et la littérature sont de vieilles et d'excellentes amies.outes deux scrutent l'homme dans ses mystères, le suivent dans ses débor- ements et trouvent dans l'identité de leur objet la raison profonde de leur sympathie réciproque.Leurs échanges de bons procédés ne se comptent plus.ux époques d'encyclopédique savoir, des humanistes tels Aristote, Pline l'ancien, Albert le Grand, Roger Bacon, Léonard de Vinci, Descortes, Goethe, hommes avides de toute chose connaissable, ont enrichi notre connaissance biologique de l'homme.D'autre part la médecine a donné aux lettres Dante, Rabelais, Jérôme Cardau, Samuel Johnson, Tobias Smollett, Keats, Sainte- Beuve, Tchekhow, et ceteri.Cette intimité entre deux arts si istincts en apparence n'a rien qui oive nous étonner.L'homme, dans la vie comme dans les récits imaginés est toujours un patient, en ce sens qu'i est sujet aux mêmes maux et promis à la même mort.Sa sensibilité et ses actes sont conditionnés par sa physiologie et plus encore par sa pathologie, c'est-à-dire par le processus de décrépitude progressive et incessante dont il est le siège.L'écrivain qui ignorereit ces notions risquerait de créer des personnages irréels.Les classiques, eux, les connaissaient bien et l'on pourrait édifier une somme magnifique en groupant leurs observations magistrales: la peste dans Boccace, la colique e Montaigne, la folie d'Harmlet, la \u2018fureur utérine\u201d de Phèdre, l'inquiétude de Pascal, la timidité d'Amiel, le tabès d'Alphonse Daudet, l'épilepsie e Dostoiewski, la_phtisie de Mimi et de Marguerite Gauthier, etc., etc.De nos jours, sous l'impulsion de Barbey d'Aurevilly, Zola, Strindberg, Ibsen, Dostoiewski et grâce à l'intérêt suscité autour de l'homme malade par reud et les rénovateurs de la psychiatrie, le fait pathologique a été consacré matière littéraire.Oeuvres de profanes, les livres d'un Joyce, d'un Pirandello ou d'un Proust témoignent de cette curiosité.Jamais peut-être les méde- cins-auteurs ne furent plus nombreux que maintenant.Îls s'appellent pour ne citer que les plus illustres, Schnitzler, Léon Daudet, Durtain, Céline, Ghéon, Somerset Maugham, Warwick Deeping, regorio Maranon, Echegaray, Carossa, et, \u2014 le cadeau le plus somptueux de l\u2019art médical à l'art littéraire, \u2014 George Duhamel.+ A l'encontre de son camarade de l'Abbaye, Luc Durtain, \u2014 qui est un atorhinolaryngolo iste distingué, \u2014 Georges Duhamel n'exerce plus sa profession depuis vingt ans.ais il est resté médecin d'esprit et ses ouvrages portent l'empreinte de ses études premières et de son expérience clinique.Je ne veux pas juger ici d'unpoint e vue technique \u201cVie des Martyrs\u201d, \u201cCivilisation,\u201d \u2018Les sept dernières plaies\u2019 ou \u2018Les maîtres.Je désire simplement souligner le rôle qu'a joué la culture médicale dans la formation de Duhamel écrivain.!l en a gardé, je pense, une méthode et une doctrine, c'est-à-dire le style et la foi qui confèrent à ses oeuvres leur grandeur.Tout d'abord une méthode d'observation méticuleuse et savante.Duhe- mel à une acuité sensorielle et intellec- tive rare.Son esprit enregistre tout phantasme sans bavures ni flou avec une remarquable précision de contour et il les reproduit dans une langue incomparablement claire et précise où la pureté de la forme le dispute à la rigueur de l'expression.Clinicien Perspicace et lucide,\u2018 tel est \u2018resté co Duhamel romancier.Mais un clinicien artiste qui, toujours soucieux de vérité, révère aussi la beauté (le beau est vraiment lo splendeur du vrai chez Duhamel), et ne s'embarrasse jamais de vaine phraséologie comme hélas! fit jadis Bourget.Avec ses copains unanimistes, Du- hamel s'était passionné pour l'âme palpitante des foules.La guerre l'amène à se pencher sur des chairs blessées.Il découvre alors, derrière l'individu anonyme des masses, l'homme réel, nu, pantelant, dépouillé de son maquillage et de ses oripeaux sociaux.Cet homme, aggrégat de passions nobles et sordides, déchiré entre l'amour et I'égoisme, cet homme imparfait et capable de toutes les infamies, Duhamel l'a vu en proie à l'atroce torture que procurent, conjugués, les lamentations u corps meurtri, la mort prochaine, la morne solitude et l'effondrement des rêves terrestres; il a vu à quels fonds de souffrance et à quels sommets de grandeur il pourrait atteindre, il a vu ses pleurs de petit enfant et deviné son âme de héros.Il à tâché à le réconforter au fond du puits de désespoir où il le voyait se débattre, à lui rendre la mort douce.Mais ces visions tragiquement exaltantes lui avaient serré le coeur et y avaient infusé une pitié et une confiance infinies Non pas la pitié condescendante du bien-portant ou du cossu envers le souffrete::: ou le gueux.Mais la compassion compréhensive et impatiente d'agir du médecin.Il a résolu dès lors de travailler à sauver cet homme de ses propres émons et de ceux du monde.Sa tendresse pour Salavin et pour les petites gens est née de cette intelligence aiguë de la misère des hommes.De même son aversion pour la civilisation mécanique, irrespectueuse des besoins du coeur et des aspirations de l'esprit.Dans tous ses écrits de l'entre-deux-guerres il s'est attaché à apprendre aux hommes à s'aimer, à faire la paix avec eux-mêmes et avec les autres.Il l'a fait avec l'éloquence et aussi avec la clairvoyance du médecin qui veut entraîner un convalescent dans la voie de la santé et de la sérénité.Jamais, cependant, son propos n'a pris l'allure d'un prêche ou d'une erangue.Militant sans haine ni démesure il n'abuse pas des gros mots comme certains lutteurs à la foire d'empoigne fort prisés de notre jeunesse.Il a trop le souci de la justice ou de la vérité pour se complaire à ce jeu stérile.Mais l'injustice s\u2019est dressée sur le monde, jetant les peuples dans la guerre.Duhamel attristé n'en poursuivra pes moins son effort vers la réconciliation universelle.ais auparavant, il faudra débarrasser le grand corps malade du microbe virulent qui I'infecte et qui rend toute fraternité impossible entre les nations.Le nazisme a inspiré à Duhamel des pages très calmes et sensées mais qui comptent parmi les plus dures que l'on ait écrites sur ce régime de haine et de barbarie.Demain, espérons-le, l'ordre et la concorde renaîtront.Le monde pour se remettre de son cauchemar aura besoin de tous les hommes de bonne volonté.Duhamel médecin sera sûrement un des artisans de cette guérison, car cette guérison ne sera possible que par le retour de l'humanité 3 la vraie civilisation, celle qui ne repose pas seulement sur des machines ou des baignoires, mais celle-là même qui prend se source dans un unanime amour des coeurs.C'est cette civilisation que Duhamel a toujours ardemment défendue.Espérons que demain il y aura assez de Duhamel pour qu'elle impose enfin sa loi aux hommes! Pauls DUMAS Le style de Duhamel Dans quelque littérature que ce soit, il est peu d'hommes qui possèdent, au même point que Duhamel, la maîtrise de la plume.Certes, il existe de bons écrivains.Mais trop souvent, l'harmonie du style et la richesse du vocabulaire sont recherchées pour elles-mêmes et masquent la pensée de l'auteur; trop souvent la langue du roman ou de l'essai prend le ton de la polémique, accuse la marque trop sensible d'un tempérament et impose eu lecteur la présence d'une personnalité malhabile,, satisfaite ou indomptée.intellectuel consciencieux, penseur adulte, Duhamel réduit le mot à sa véritable fonction; un mode d'expression au service de l'idée.De sorte que dans le roman, par exemple, sa pensée se déroule comme un film.Directeur puissant, il a d'avance préparé tout le travail et il abandonne à des acteurs bien vivants la réalisation définitive.Il n'a pas à intervenir à tout moment pour ajouter les explications que la faiblesse d'organisation rendrait indispensables.Ses descriptions ne sont jamais un hors-texte, une charge morte.Elles situent l'action dans son cadre naturel.Pas de longueurs, aucune de ces satisfactions littéraire: auxquelles peu d'hommes résistent.De sorte que tout concourt à l'expression exacte de l'idée à transmettre.Chez un autre que lui, le mariage étroit de l'idée et de l'expression se traduirait dans un langage sec.Mais il semble que Duhamel saisisse à la fois le tout d'une idée et ses parties, l'ensemble d'un tableau et ses détails.Qu'il expose une thèse, qu'il décrive une scène, il n'omet rien, sans jamais tomber dans l'encombrement, qui puisse ajouter au débit une précision utile.Au lieu d'adopter l'uniformité d'un cadre, il se plie aux exigences de la pensée et du sentiment.i laisse & ses personnages la liberté de s'exprimer selon que l'exigent leur tempérament et leur culture.Cécile ne parle pas comme le docteur Pasquier.Quand elle ouvre la bouche, c'est bien elle qui parle, avec sa mentalité féminine, ses craintes, ses espérances, sa tristesse.Laurent a sa façon de s'exprimer et aussi Justin Weill.Ouvrez \u2018Confession e minuit\u2019: tout de suite on reconnaît Salavin, Ces phrases courtes, faibles, ces failles dans le raisonnement, ces redites, sont bien d'un malade, d'un auvre esprit déséquilibré et chancelant.Ma foi, il n'y aurait 13 que des mots sans signification aucune, on verrait quand même Salavin tant la phrase est suggestive.Je n'ai jamais rencontré ailleurs que chez Duhamel cette virtuosité d'expression, cette objectivité dans le débit.Il ne dit pas que Cécile est une femme supérieure: il nous la montre artiste, mère, épouse.Hl ne parle pas de Joseph Pasquier: il nous introduit dans son bureau et le laisse s'affirmer lui- même, dans la clarté de l'action, comme un rapace forcené et cynique.Chacun 26.AVRIE gy, de ses personnages est un pat: nous révèle dans ses moindres dédie le magie des rayons X.Le Médec n'a pes besoin de perle, il nous lei voir.Le secret de cette objectivité c'est le place que tient dans ses romans.le dialogue.Un dialogue vivant entré.mement vrai: \u2018 ° \u201cAlors?a qui Suzanne n'a pas le d an seul, avec 3 pas le droit de s'amy.ser.Laurent rougit brusquement: \u201cQui?souffla-t-il, Je ne peux pas le dire.Et puis ne me regerde quand même pas, i verras.Tu réfléchiras.\u201d ' Tu ne peux pas me dire qui?\" u trouveras bien tout seul, Pas un mot de plus, je te prie.Viens-tu manger quelque chose?\" \u201cNon merci, mange si tu en as envie,\u201d Est-il possible d'imaginer une discussion plus expressive, Jus vécue?|| à là deux hommes, Fun gêné, l'autre angoissé, et qui souffrent tous les deux.Le style de Duhamel est rapide léger.La description ne le ralentit pas.Il campe ses personnages en deux mots, inspecte le décor, A rend dans un tableau ramassé et repart à la poursuite de la trame.Mais cet élan n'exclut pes l'émotion: \u201cCécile regarde avec transport cette petite créature qui n'existait pas, m.guère, et qui est apparue soudain et ui remplit si bien tout l'espace de l'univers.Le choix presqu'illimité du vocabulaire et la précision du coup d'ocil donnent au récit une allure qui ne connaît pas d'obstacles.Mais avant tout, il y a le métier.Duhamel a quelque chose à dire et il sait écrire.Son style est vibrant, transparent, perméable à toutes ses pensées, I est débordant de lumière et d'élan, rythmé comme un poème: \u201cMais quand Cécile joue, c'est aussi eau que dans nos rêves et, tout à coup, c'est plus beau.\" \u201cSoit, soit! le pardessus et, tout de suite, la porte, l'escalier, la rue.\u201d \u2018\u2019J\u2019entendais, comme au fond d'une cave, battre deux coeurs.\u2018 Objectivité n'est pas plate énumére- tion, Elle consiste, en littérature, à dire à sa façon des choses qui ne sont pas de soi (de se).S'il se tient hors du texte, uhamel est toujours présent dans l'inspiration et dans le style.Il faut lui savoir gré de nous livrer une si rande partie de son âme sans parler de ui-même.C'est une délicatesse rare.S'il faut souligner les grandes lignes de la technique de Duhamel, on peut ire qu'il est un artiste dans sa façon de voir, de dire et de présenter; un poète par l'émotion qu\u2019il confère à sa plume; et un dramaturge, c'est-à-dire un crés- teur, un animateur, par la richesse de la ensée, l'exactitude de l'évocation et e fini de l'exposition.Jean BRUNELLE MESSE UNIVERSITAIRE Une messe spéciale pour les Etudiants des diverses Facultés et Ecoles de l\u2019Université est célébrée à 9 heures 30, chaque dimanche et fête d\u2019obligation, à la Maison des Etudiants.CORDIALE BIENVENUE ! ROUGIER Produits Pharmaceutiques \u2018Français Siège social: 350;-rue LE-MOYNE FRERES MONTREAL Vu .ÀA 43 EE 47 à 1 us AR Ba RAA Ce Ce CP AA RP ss sn PE WA ey 0 =» 8 Re TW TW =.A 4; 95 AVRIL+1940 QUARTIER LATIN Pre .PAGE CNT Duhamel et le théâtre verre à tourné Duhamel vers le ey 3 L'Abbaye l'avait rallié un moment à L'UNANIMISME.Entre les deux époques, le théâtre l'absorba.Aujourd'hui, il y à renoncé.Il s'est expliqué à ce sujet dans les LETTRES Û PATAGON, avec l'accent d'une amère déception.Avant de commenter ce renoncement et les raisons qui l'ont motivé, examinons au détail su production théâtrale.Une photographie nous représente Duhamel \u201ca l'époque où il écrivait ses pièces.\u201d La tête n'est pas encore dégarnie; yeux tristes, barbe noire.Il 3 semble à Debussy, moins le crâne bifide.Sa première pièce, LA LUMIERE, il |]a présente à Antoine qui présidait je aux destinées de l'Odéon, et, à emière lecture, le fondateur du Fhéâtre libre fut séduit par cette oeuvre qui venait à point.Antoine voulait, à cette époque \u2018\u2019créer une scène d'expérience et de révélations théâtrales au service de la jeune littérature dramatique\u201d*.C'est ainsi qu\u2019il fit représenter la première, pièce de Jules Romains, L'ARMÉE DANS LA VILLE, dont le succès dépassa toute attente.Ce fut d'ailleurs Romains, qui présenta à Antoine son \u2018copain\u2019 Duhamel.La Lumière met en scène un aveugle de naissance et, à ses côtés, une émouvante et inoubliable figure de femme.Îls se nomment Bernard et Blanche.L'aveugle est taciturne.Privé de toutes relations avec les êtres et de toute prise de contact avec les choses, il vit seul en lui-même.L'étude de la psychologie de l'aveugle est de main de maître; il ignore les couleurs et les formes, mais il leur a donné une signification particulière.Elles ont pour lui un sens particulier.Sa cécité a aiguisé son acuité psychologique.Il voit plus clair dans son âme et dans celles des autres.es circonstances le rapprochent de Blanche.Elle s'attache à lui.u cours d'un violent orage, la voilà, à son tour plongée dans les ténèbres.Bernard sera désormais son guide à travers une vie mystérieuse qui lui est maintenant familière.On trouvera un écho des meilleures parties de cette pièce dans l'inoubliable rencontre de l'abbé Châ- tellier et du savant Renaud Censier au chapitre Il de LA NUIT DE LA SAINT JEAN.Sur LA LUMIERE, les critiques ne furent pas d'accord.Incompréhension d'une part, chaude admiration de l'autre.L'un d'eux déclarait le dernier acte une chose considérable, un autre prophétisait \u201cl'arrivée d'un auteur de grande classe à la scène\u201d.Quelques-uns badinèrent.Jean Prévost écrivait un jour que \u201cpour le théâtre de demi-jour et à demi-voix de Duhamel, il faudrait une ample douceur d'expressions, un velouté de mise en scène que le théâtre ne comporte pas\u201d.Ceci nous semble assez juste.On songe en lisent LA LUMIÈRE à INTÉRIEUR de Maeterlinck qui est la chose du monde la plus belle qui soit, à la lecture, mais qui nous semble injouable.C'est la vie transmise dans ce qu'elle a de plus familier, la poésie lune maison paisible.Le père lit son journal, la mère ravaude un morceau de linge, la place d'un aïeul reste vide.On entend le tic-tac de l'horloge, le babillage d'une servante; un bourdon, captif entre la double- fenêtre, cherche à s'évader vers le verger tout proche et se cogne lourdement au carreau.Mystère du théâtre.Une telle pièce ne se pourrait représenter, ELLE EST TROP PRES DE LA VIE.LA LUMIERE est trop près u réel.Mais est-ce bien là un défaut?N'est-ce pas plutôt l'appareil du théâtre qui est faussé?Tout ne serait-il pas & recommencer?Allons maintenant à un autre pôle; voyons Duhamel auteur de comédies.Les familiers de son oeuvre savent quelle réserve inépuisable de franc comique est en lui.Lorsque dans | hronique des Pasquier\u201d, les situations se tendent, lorsque Duhermel * peur que le coeur du lecteur ne se crève, vite une blague.Les fresques u père Ram, l'orgueuil-de-Joseph ou « myopie du clan Ferdi-Claire vien- Rent à point dérider le lecteur qui aurait le coeur sur la main.L'OEUVRE DES ATHLETES a été hvesentée au Vieux Colombier Du- ame! a fait tout ce qu'il a pu pour aider Copeau dans son louable effort.4-t-il pes épousé Blanche Albane, une des plus remarquables interprètes u Vieux Colombier Duhamel, employé de laboratoire, la rejoignait \u20acz un menuisier où le jeune couple Prenait pension avec Suzanne Bing.Je m'égare.Il faudrait des pages pour parler du Vieux Colombie; de utres.evenons L'OEUVRE DES ATHLETES.intrigue connue.On songe à artufe.Un poétastre qui a nom Rémy Beleuf, introduit chez des cousins apothicaires, y prend vite un extraordinaire ascendant.ll attendrit le mère, séduit la fille, emballe le père, fait maison nette.On a reproché amel d'avoir repris Tartuffe.-un reproche ?\u201cLa véritable originalité, écrit Marcel Azais, se moque \u20ac l'originalité, quand on se sent capable d'écrire une pièce sur un rBon amoureux et trompé, une petite fille de roi volée par des méchants et jeconnue a la fin c'est qu'on a uelque chose dans la ventre.\" (ESSAIS CRITIQUES, 15 mar 1990).Je pense bien, avec Azoïs, que c'est un fort éloge pour Duhamel que de réussir à faire tant citer Molière à son sujet.Le comique est obtenu par les moyens traditionnels chers à Plaute et à Molière: les deux auteurs se félicitent, chacun croyant qu'il s'agit e son oeuvre; le visiteur se trompe d'interlocuteur et prend à son sens des paroles qui sont à un autre; répétitions obsédantes, analogues au \u2018\u2019poumon\u201d, au \"sans dot\" ou au \"pauvre omme,\u2018\u2019 Qui jouait dans cette pièce?Des acteurs à peu près inconnus, aujour- d'hui célèbres: un certain M.Jouvet, disaient les critiques, Carette, Suzanne Bing.+ Mais pourquoi Duhamel a-t-il quitté le théâtre ?Duhamel l'a expliqué sous forme d'spologue.Grégoire vient de terminer une pièce.Il en donne lecture à des amis.L'un sou- igne le manque de \u2018\u2019morceaux de bravoure,\u201d l'autre trouve courte \u2018\u2018la scène d'amour'', un troisième suggère de remanier l'ouvrage entièrement.\u2014 \u201cPourtant, dit Grégoire, me fau- dra-t-il tout reprendre?Que penses- tu du \u201cn'en doutez pas\u201d qui échappe à la mère, au moment le plus.\u2014 \u201cAdmirable, reprend le censeur, conservez-le.etc.Quelques mois plus tard, Grégoire invite à nouveau ses amis pour leur donner lecture de la \u2018seconde version.\u201d Il ouvre le cahier, énonce le titre, commence: \u2018\u201c\u201cN'en doutez pas\u2019.c'était fini.Les critiques n'aiment pas à se faire juger.Îls prirent mal la chose.Convaincu qu'il est impossible de plaire à tout le monde et à son père, Grégoire présenta sa pièce à un directeur de théâtre.C'était la première version, moins le \u201cn'en doutez pas\u201d qui, à la réflexion, lui avait paru fade.\u201cAdmirable | s'exclama le directeur et je m'y connais! Mais comment un vieux routier comme vous a-t-il pu tomber dans le piège des cinq actes?Réduisons-la à trois actes et même à deux.Placez ailleurs \u2018la scène de la fontaine\" qui est merveilleuse; casez ailleurs aussi le couplet du dénouement.[I mérite de rester.Grégoire s'exécuta.Ce n'était que le commencement.Les acteurs émirent leurs doléances.La coquette s'estimait secrifiée.L'acteur de composition déclarait qu'il ne trouvait rien à composer.Peintres et menuisiers lancérent leur ultimatum et jusqu'au costumier qui voulait changer l'époque.La pièce fut jouée mais ce n'était plus l'oeuvre de Grégoire.Des traducteurs s'en emparèrent, on l'adapta même à l'écran en la modifiant quelque peu évidemment.Duhamel conclut: \u2018Nulle chose humaine n'est à l'abri des hommes ni du temps.De toutes les productions de l'esprit, l'oeuvre théâtrale est la plus fragile et lo plus brillante, la plus glorieuse et la plus humiliée.On ne nie point ces faits.Rien n'est plus vrai.Cependant, on aime- tait que Duhemel \u2014 malgré les LETTRES AU PATAGON \u2014 vienne, comme son ami Mauriac, titer un peu de la Comédie Française.Marcel RAYMOND APPENDICE IEUX DE REPRÉSENTATIONS DATES ET PIECE DE DUHAMEL , piè 4 actes, représentée LA LU fe 8 avril 1914.\"OMBRE DES STATUES, pièce en DANS DO présentée à L'Odéon, le 26 octobre 1912.BAT, pièc trois actes, représen- LE om rade des Arts, le 14 mors 1913.» DES ATHLETES, pidces en 4 L'OEUVRE e eu Vieux-Colombier, le 9 avril 1920.ROBITEAU, pièce 1 ecte LAPOINTE ET RO étre Ace, le 16 février 1921.OUS VOUDREZ, 1 QUAND ca Thés Art, lo -10 Hewier 1921.\u201cScènes de la Vie Future\u201d \u201cL'Amérique semble prendre à coeur de précéder le reste de l'humanité dans la voie des pires expériences.\u201d Georges Duhamel a rendu visite à nos amis les Américains.En homme cultivé qu'il est, il n'a pes manqué d'ana- yser les impressions qu'il en a reçues et de réfléchir sur la vie et les hommes du monde nouveau qui s'est présenté à son oeil d'humaniste.L'ouvrage qu'il nous à laissé à connu une vogue incontestable et donné lieu à une foule de commentaires.Depuis les superlatifs emphatiques des admirateurs jusqu'aux propos hargneux des dénigreurs de cette même civilisation américaine, toute une série intermédiaire de jugements nuancés a rempli le fossé creusé par l'emportement des extrémistes.À quelles causes faut-il rattacher ce retentissement?Les trois raisons suivantes demeurent sans doute les principales: la forte personnalité de l'auteur, l'intérêt considérable du sujet et la manière dont le sujet lui-même est traité.Malgré le titre bien caractéristique des tableaux de Duhamel, les discussions que son ouvrage a suscitées ont montré que sa pensée n'a pas toujours été bien comprise.Ce sont des \u201cScenes de la Vie future\u2019 qu'il nous présente.Scènes choisies, typiques d'une forme particulière de civilisation: l'américaine, qui menace d'envahir le monde et dont il redoute certains effets désastreux.Au reste je m'en voudrais de ne pas citer la mise au point que Duhamel a faite lui-méme dans la préface de son volume.Elle lui rend justice.\u201cll est évident que, dans mes remarques, dans mes peintures, je vise la civilisation américaine, non le peuple américain qui m'a donné beaucoup d'amis excellents et qui peut présenter à l\u2019histoire, quelques beaux visages de maîtres.Au surplus à travers l'Amérique, mes traits iraient atteindre le monde entier qui la prend pour modèle et dirait-on l'admire.\u2018ai consacré ma vie aux louanges de la paix.C'est encore dans une pensée de paix que je confesse mon souci.\u201d + On ne termine pas la lecture de telles pages sans demeurer pensif et perplexe sur les réalisations grandioses et gigantesques de nos voisins du sud.Pout s'arrêter aux réflexions justes et profondes que fait et nous suggère l'auteur ou revivre les joyeux moments que nous procure le récit de quelques scènes croquées sur le vif et avec tant d'art?À travers le Hot de pensées qui se présentent à notre esprit, essayons de dégager quelques lignes maîtresses, qui, réunies en faisceau, plongeront ensuite dans la multitude des faits pour mettre en lumière les forces dominantes qui président aux destinées de cette civilisation américaine.Peu de peuples ont monétisé et rendu aussi pratiques les conquêtes de Ja science que l'américain.Aussi s'est-il souvent heurté au ridicule pour avoir mis trop de rigueur dans l'application de principes par ailleurs excellents, lorsque maintenus dans de justes bornes.M.Pitkin, au repas, choisit son menu d'après la quantité de calories que chaque plat est susceptible de lui onner.Un savant, un \u201cfood-expert\u201d\u2019 a déterminé 3 l'avance la valeur calori- ique de chaque mets.Pour Duhamel, l'idée d'avaler des celories a l'heur de lui gâter l'appétit.Lorsque M.Pitkin amène un étranger au cinéma il sent monter en lui tout l\u2019orgueil qui gonfle son riche pays.Dans des édifices considérables s'étale \u201cun luxe industriel, fabriqué par des machines sans âme pour une foule que l'âme semble déserter aussi.\u201d es tableaux appendus aux murs ne sont que de mauvaises copies de toiles illustres.On a des imitations de tapis orientaux.Le plafond présente un faux ciel.Et, sur l'écran, une suite d'images où domine le goût de la sensation.Un choix de pièces musicales accompagne chaque scène du drame.Les oeuvres de grands maîtres ont été morcelées et enfilées les unes à la suite des autres pour satisfaire certaines exigences scéniques.Et d'heure en heure, les spectateurs sont gavés par le spectacle à raison de \u2018tant\u2019 pour le billet d'admission.Nul ne saurait trouver au monde de manifestations plus nombreuses du*pro- grés matériel \u201cqu'suxsktats-Unis.Les RO ae Ma eb a AEA ei 0 perfectionnements apportés dans le domaine de la mécanique ont mis aux mains de toute espèce de gens une puissance matérielle considérable.L'automobile en est peut-être l'exemple le plus frappant.Cette industrie a atteint un développement tel qu'elle en permet l'usage à une proportion considérable d'individus à tous les degrés de l'échelle sociale.Il suffit d'avoir de l'argent et l'on se trouve en possession d'une puissance qui peut mettre à tout instant plusieurs vies humaines en danger.Pour parer à cet inconvénient il y a les assurances.Tout alors rentre dans l'ordre et l'on peut dormir tranquille; sauf que si les assurances constituent un certain facteur de sécurité, elles ont pour effet en nombre de cas de faire perdre les véritables notions de l'extensif (fini, mesurable) et de l'intensif Çindéfini, incommensurable) que Bergson a bien étudiées.Ainsi le dommage causé par la mise hors d'usage d'une automobile peut être réporé par le paiement en espèces du dégat.Nous demeurons dans le domaine de l'extensif.Mais une infirmité pour la vie, une personne humaine amoindrie dans ses parties vitales, peut-on en évaluer le dommage en dollars?Ce serait trouver un moyen terme entre l'extensif et l'intensif.On ne saurait ramener des valeurs d'ordres différents à une question de dollars en plus ou en moins sans brouiller dans la conscience du peuple des notions fondamentales sur lesquelles repose l'édifice social.L'assurance demeure nécessaire, mais elle n'en reste pas moins en maintes occasions, per l'état d'esprit qu'elle engendre et par le sens de la responsabilité qu'elle émousse, un facteur antisocial.Avec Duhamel il y aurait de quoi citer de nombreux exemple où la vie intellectuelle et la vie morale ont dû rétrograder devant les conquêtes enva- issantes d'un matérialisme présenté sous les formes alléchantes du luxe et du confort.+ Une vie matérielle qui ne se développe pas concurremment à une vie spirituelle, orientant et disciplinant la première, loin d'amener l'émancipation e l'individu, amoindrit sa liberté dans un paradoxe que n'avaient pas toujours prévu ses auteurs.Ce sont les multiples petites contraintes engendrées par le confort sous toutes ses formes qui posent les liens d'un nouvel esclavage.Avec les meilleures raisons du monde, la logique, le souci du bien-être public, on introduit lentement dans la vie d'un peuple des prescriptions hygiéniques, morales et esthétiques qui mettent à tout instant le citoyen honnête et laborieux sous la férule des lois de l'État.Au nom de la civilisation que d'atteintes sont faites au simple bon sens! La civilisation américaine pose au monde une foule de problèmes qu'elle à résolus à sa manière et le plus souvent très imparfaitement.Le souci du progrès, du confort et de la sécurité matérielle ont réussi à brouiller un grand nombre de notions premières dans la vie des euples comme dans celle des individus.Üne nation dont la philosophie demeure toute matérialiste et pregmatiste ne seu- rait s'acheminer vers une grandeur réelle.le cache sous des dehors brillants, sous l'apparat d'une grande uissance, une profonde misère morale.Bile présente au monde les fruits amers d'une foule d'expériences malheureuses.ependant on observe en maints milieux américains, l'indice d\u2019une réaction vers une meilleure conpréhension des valeurs spirituelles.Bien que la pente à remonter soit très abrupte et très raide, il est à souhaiter que les fortes personnalités qui ont compris l'étendue et la profondeur du présent malaise social, s'imposent de plus en plus à l'attention du peuple et en opèrent 'a régénération avant que des ermes révolutionnaires n\u2019en aient miné es assises fondamentales.Tout salut s'opère inexorablement au creuset de la souffrance.La nation américaine ne saurait y échapper, ou alors elle sombrera dans le chaos engendré par ses propres erreurs.Les \u201cScènes de la Vie future\u201d demeurent un avertissement donné par un des hommes les plus cultivés et les plus clairvoyants de la vieille Europe éprouvée par les expériences nombreuses \u201cde plusieurs siècles.Robert:GÉNEST Duhamel et la musique \u201cJe ne vous ai peut-être pas encore dit que je joue de la flite.\" Confession de minuit Un berger d'Arcadie, pour occuper sa morne solitude, prit un jour un roseau et s'amusa à l'évider de sa moelle.Par un hasard voulu des dieux, il y tailla, sans prendre garde, une encoche.Puis, à travers ce tube, il regarda la lente procession des nuages.Des poussières de bois obstruaient le trou.Et le berger, pour les en chasser, porta le roseau à ses lèvres et y souffla.Et le miracle se produisit! lGte au son unique que ne venait orner que la variété des rythmes.Plus terd, d'autres encoches viendront s'aligner contre la première et le berger dispersera au vent la vie indéfinie que dispense la gamme.Dans les sons qui naissent au gré de sa fantaisie le pasteur fera passer, avec son souffle, la substance même de son esprit.Il aura découvert la musique et pour lui la musique sera délivrance.Un soir, pendant la Grande Guerre, pour reposer son esprit et son corps arassés, un chirurgien militaire, monsieur Georges Duhamel, posera ses lèvres sur celles d'une flûte.Et pour lui aussi, le miracle s'accomplira.Musicien bien inexpérimenté encore mais qui, \u2018\u2019serrant les lèvres et retenant son souffle, enflant puis amenuisant la note, s'applique à produire ce son filé, ce son de cloche\u2019 qui, du fond de son âme, fera surgir la paix.Pour ce chirurgien, la musique sera délivrance.Et quand Salavin revient chez lui, rue du Pot-de-fer, après une triste journée à se chercher une situation et à poursuivre inlassablement le tourment dont son coeur est rempli, c'est encore à la flûte qu'il réclamera délivrance.Duhamel et Salavin sont ce appelle des amateurs.Mais s'ils ne peuvent, par leurs exécutions musicales, charmer leurs auditeurs, ils réussissent du moins, pour eux-mêmes, à oublier le monde et ses bassesses.Plus heureux, Laurent Pasquier possède une soeur, Cécile, la première pianiste de son temps.Et c'est la soeur qui transporte Laurent, le malheureux Laurent, hors de la société des humains pour l'amener dans la cité magique \u201coù toute douleur s'endort\u201d.Duhamel est un passionné de musique.Ses livres sont pleins de cette passion et ses personnages s'en nourrissent.Je songe à Valdemar Hen- ningsen dans \u201cLa chronique des Pasquier.\u201d De tels personnages ne sont pas fréquemment rencontrés au Canada.Mais en Europe ils sont lus nombreux.Duhamel a créé avec Valdemar une des plus étranges Figures de son oeuvre.Qu'est-il au juste ce Valdemar?Violent et tendre à la fois, passionné, parfois même presque fou, incapable & transcrire dans ses exécutions pianistiques toute sa compréhension des oeuvres, incapable également de composer malgré un métier évident.Il a du génie, n'en dc tons pas.Ce génie il ne peut le faire passer dans une oeuvre.Son esprit se refuse à ls composition peut-être parce qu'il veut tout dire à la fois, et ses mains n'arrivent pas à faire vivre ce que son intelligence fulgurante saisit des oeuvres de maîtres.n'en demeure pas moins un auditeur génial et c'est grâce à lui que s'éveille et s'affine la grande Cécile.Cette Cécile est, à mon avis, le personnage le plus attachant jamais créé par Duhamel, Comment Duhamel qui avoue lui-même ne pas connaître grand'chose à la technique musicale, a-t-il réussi à inventer cette musicienne si parfaite.D'autres romanciers se sont déjà hasardés à peupler leurs oeuvres de personnages musiciens.Bien peu ont pu s'échappe: de la littérature au mauvais sens du mot.Romain Rollan foit évidemment exception mais l'exception s'explique facilement puis- qu'ici le romancier se double d'un technicien de le musique.Seul uhamel rejoint Romain Rolland et parfois le dépasse.Cécile Pasquier est une grande musicienne, elle parle de v'on le musique comme on attend qu'une grande musicienne en parle.La scène de la leçon de piano dans \u2018Cécile parmi nous\u2018 est un chef-d'oeuvre de Psychologie musicale.C'est sans doute la page la plus profonde jamais écrite sur la vie intérieure du musicien.\u20ac romancier qui a écrit cela est un omme qui sait à fond ce qu'est la musique et de tels hommes sont rares même chez les littérateurs.Il ne suffit pas d'études techniques pour arriver à une si pure conception de la musique, Les études techniques, si elles aident, ne sont même pas indispensables.I! faut l'amour.Et monsieur Georges Duhamel est de ceux qui ont reçu la grâce de l'amour.On sait le place que l'amour de l'homme tient dans l'oeuvre de monsieur Duhamel.Et c'est parce qu'il aime tant les hommes que monsieur Duhamel comprend si bien la musique.Et chez Duhamel l'amour vient de la connaissance et non de l'ignorance comme c'est si souvent le cas.Monsieur Duhamel connaît les hommes.Ses livres sont tout entiers pleins de ceîte science de l'humain.Malheureusement la connaissance et l'amour de l'homme entraînent rarement la joie.On peut aimer les hommes et souffrir au spectacle quotidien, incessant de leurs lâchetés, de leurs bassesses et de leurs trahisons: c'est bien le cas de monsieur Duhamel.Je ne m'étonne plus qu'ayant si bien compris les hommes il ait si bien compris la musique qui leur est, comme il le dit lui-même, élivrance.Délivrance! Ce mot, ce long cri, cette supplication pourrait servir à résumer toute l'oeuvre de monsieur Duhamel.\u2018\u2018Délivrez-moi de moi- même\u201d crie Salavin \u2014 \u2018\u201cDélivrez-moi des hommes\u2018 crie Laurent Pasquier.Et j'aime de monsieur Duhamel qu'il ait offert à ses héros la musique comme délivrance.Remarquez que seuls les meilleurs d'entre eux ont reçu la grâce véritable de la musique.D'abord Sslavin.Salavin qui n'est qu'amour à tel point qu'on s'étonne de ne pas voir son coeur battre à découvert dans une oitrine ouverte.\u2018amour rachète levin et l'empêche d'être méprisable.Parce qu'il aime, il a reçu le don de la musique.Et ensuite, Cécile, Laurent, Justin Weill et jusqu'à ce Valdemar qui, malgré se lâcheté, possède un amour.Celui-là c'est son orgueil qui le perd.Mais comme il aime, à Ti aussi la musique est donnée.Au contraire Joseph n'entend rien à la musique.C'est là une terrible leçon que donne Georges Duhamel.Celui qui attache toutes ses énergies à la poursuite des oies matérielles, de la puissance et de \u2018argent comme Joseph asquier, celui- là, sans s'en rendre compte, perdra peu à peu contact avec ces grandes jouissances de l'âme et c'est justice que le gréce de la musique lui soit refusée.Celui qui conserve une saine intelligence des valeurs, qui veut d'abord vivre par l'esprit, fût-ce au prix de certaines satisfactions que seule la matière procure, celui-là connaîtra en retour des joies qui compenseront les sacrifices qu'il a consentis.C'est presque le \u201cqui voluerit animan suam salvam facere\u2026' du Christ.Ét1à encore nous touchons du doigt ce qui, en monsieur Duhamel, subsiste de christianisme.Si jamais Georges Duhamel arrive au catholicisme, soyez assurés que ce ne sera pas par les voies du raisonnement mais bien par les voies de l'amour et peut-être par celles de la musique.Monsieur Duhamel n'est pas ce qu'on appelle un philosophe, c'est un moraliste.Un moraliste de l'amour.De l'Amour avec un grand et sous toutes ses formes: amour de l'homme, des bêtes, de le nature.Ne nous interrogeons plus: si monsieur Georges Duhe- mel connaît la musique et seit en parler comme peu d'écrivains en avaient parlé jusqu'à lui, c'est qu'il y était presque forcé.musique c'est l'amour humain sous se manifestation la plus parfaite.Jean VALLERAND D BANQUE DE MONTREAL FONDEE EN 1017 \u201cbanque qui accueille bien les petits: déposant\u201d, _ \u201cMoa fils, lorsque votre grand'père a fondé cette entreprise, il y à soixante ans, son premier emprunt de banque fut de $300 à la Banque de Montréal.Depuis c\u2019est là que nous nous sommes toujours adressés et nos avances sont maintenant de l\u2019ordre de cinq chiffres,\u201d Ci Un médecin! Voyons tout ce ue Cela représente, et \u2018cherchons-y l'idéal \u201c très intime qui l'anime.\u2018un homme habite ce concept, le matérialise de sa Chair d'adolescent et l'illumine de son âme à lui, que l'on se rende compte que la médecine, amalgame fécond de science et d'art, infiltre tous les tissus de cet -homme comme une nourriture saine, fous sommes bien près du docteur Laurent Pasquier.Vivifions cet être trop froid, tro raisonné, de la flamme d'amour total, de l'amour de l'humanité, de l'amour de l'intégrité morale, de l'amour de l'amitié, de l'amour filial le plus pur, de l'amour de la science et de l'art qui doivent régénérer le monde en détresse, de l'amour dont brûle son cœur pour une épouse inconnue et anticipée; synthétisons Ces immenses étincelles jaillissantes, en un faisceau humain, et cette fois, nous connaissons le docteur Laurent Pasquier! Avant d'ajouter des détails à ce tableau moral, voyons un peu son anatomie.\u201cLa tête dans son ensemble paraît ronde, bien qu\u2019une part de la courbure en soit dérobée par les cheveux qui sont drus, précocement blancs, à peine en retraite sur les tempes.Le Front est bombé, les sourcils lourds, le nez court mais épais, la machoire solide.Tout cela _ est visible, avoué car je me rase le poil.L'ensemble n'est pas beau, assez énergique, assez voisin, si j'ose me permettre cette comparaison, du museau beetho venien.Enfin ce que ma femme, je ne sais trop pourquoi, décrit ainsi en riant: une de ces figures de chien que jaime tant.\u201cJ'avais un mètre soixante-neuf de taille, il y a dix ans.Je ne me suis pas toisé depuis, et ce n'a guère dû changer.\u201d \u201cVoilà pour la bête.Mais quittant cette brave carcasse, je dirige vers l'abime intérieur, quelque chose que j'appellerai le regard spirituel.\u201d Devant ce personnage étrange, si riche de qualités entrelacées, on se demande si cette trame ne révèle pas un fil de base soutenant tous les autres.À l'attention soutenue, on finit pas se convaincre que l'amour de l'humanité pourrait bien servir de cadre à toutes es autres possibilités d'aimer du docteur Laurent Pasquier.Laurent aime tous les hommes, mais à sa manière, à la manière Laurent asquier, si je puis dire: pitié pour les potentats imbéciles de la finance, affection pour les modestes de ce monde, pardon pour les sapeurs de réputations.\u201cPar discipline intellectuelle, il se tient à distance des politiques dont on pense, à tort ou à raison, qu'ils sont les principaux artisans de l'histoire.\u201d En cela, il ressemble à tous ceux que la souillure effraie.11 éprouve de la compassion pour eux, les regarde de loin, de peur de respirer même leur haleine mensongère.Il se dresse devant les accapareurs de l'opinion populaire, comme un exemple limpide de probité et de bonheur.\u2014 L'accumulation en série des gloires sans fondement, l'esclavage des banquets, les renommées bâties à coups de finances, que vaut tout cela, quand on à perdu la notion de l'honneur.\u2014 C'est le langage éloquent de la vie de Laurent Pasquier, qui veut désinfecter ces plaies puantes et corruptrices de la société moderne.Et quand, dans le désarroi de sa vie \u201cd'homme, blanchi sous le rude harnais de la science, dans la lumière glacée du laboratoire\u201d, la nausée de la corruption l'égorge, il se tourne vers les \u2018Grands cœurs des petites maisons\u2018.\u2014 Chez ces modestes, il retrouve quelque chose de grand qui le récompense de son attention.Au milieu de l'honneur discret que répand sa valeur personnelle, Laurent entend demeurer le modeste habitant des faubourgs de Paris.Comment dire adieu i tous ses souvenirs d'adoles- LE.QUARTIER LATIN Laurent Pasquier cent, formateurs de sa jeunesse: \u201cLes mouvements de mon humble nostalgie m'ont rappelé souvent le sort des enfants parisiens qui ne savent presque rien de la marche des saisons, mais la pres sentent, mais l'imaginent\u2026\u201d Toute sa vie, Laurent remue les cendres de ce passé inspirateur.Plus tard, quand les campagnes de presse voudront déraciner son ardeur en crachant mensonge et médisance; quand les journalistes iront proclamant que Laurent est l'ennemi caché des modestes gens, le travailleur, épuisé par tant d'atrocités morales, pleurera encore sur le clan immuable.Ainsi l'intégrité morale de Laurent persistait à dominer la horde des vilenies et des bassesses.Où puisait-il cette force d'âme?Au sein de l'Église Catholique?Nous l'aurions souhaité.Laurent Pas- quier demeure rationaliste.\u2014 Doit-on rechercher l'origine de cette manière de penser et de croire, dans les traditions familiales, ou dans l'influence de ses maîtres?-\u2014 Ces facteurs militent sans doute à expliquer cet état d'esprit.Pour nous, Canadiens français catholiques, ne connaissant le rationalisme qu'à titre de doctrine théorique, et n'ayant jamais rencontré de rationalistes véritables, la possibilité d\u2019une intégrité morale, non fondée sur une pensée chrétienne nous laisse perplexes \u2014 Les notions de temps, de pays, de mœurs, d'éducation nationale, voire de patriotisme, expliqueraient sans doute ce problème subtil.Acceptons le fait du rationalisme chez Laurent, pour observer le vague indéfini qui empreint son âme secrètement religieuse, harcelée par les mille questions du pourquoi des choses.Pourquoi pratiquer le bien pour le bien, guidé par le seul espoir d'une récompense terrestre, aléatoire?Pourquoi la souffrance, pourquoi la fidélité à ces principes fondamentaux que certaines gens appellent \u201cVertus?Ces questions montent en marge pour obscurcir le cerveau du rationaliste Laurent Pasquier! Au milieu du désarroi de sa vie exclusivement terrestre, il cherche la lumière capable de dissiper cette incertitude obnubilante.\u2018\u2019Réponds-moi, Cécile: Si Dieu est tout puissant, pourquoi n'a-t-il pas, depuis longtemps, depuis toujours remporté un triomphe total?\u201d Alors Cécile, d'une voix irritée: Dieu est comme nous tous: il vit, il souffre et il espère.Et maintenant tais-toi.Le jeune homme pensait: \u2018Cécile devrait avoir la paix, puisqu'elle a dé couvert sa route.Mais non, elle souffre, comme moi, comme nous, comme tout le monde.\u201d .Cette âme fuyante se prend tout à coup à raisonner froidement, comme devant un microscope.\u201cNous autres, gens de science, nous avons aussi nos dieux, nos rites, nos dogmes, nos lois, et d'étonnantes liturgies.Les hommes se sont imaginés qu\u2019ils pourraient vivre sans dieux, mais les plus sages commencent à comprendre que c'est impossible.\u201d On se croirait au seuil de la grande conversion.Cécile, qui l'accompagne veut porter le coup décisif.\u201cEntre avec moi, dans l'église.\u201d \u2018Non, ma sœur, ce n'est pas possible.Oh! j'y ai songé cent fois.\u2014 Cent fois, je t'ai dit en rêve:\u2018Prends-moi, emporte- moi.\u201d Mais non ce n'est pas possible.J'ai bu dès le commencement des breuvages qui m'ont empoisonné pour le restant de mes jours.Il faut maintenant que je me débatte avec cette pesante raison qui ne me comble pas, mais qui m'a donné des habitudes tyranniques, et je sens bien que jamais je ne pourrai me délivrer.\u2014 Mais je t'envie, sœur, je t'envie.\u2014 Il me semble que je vois s'élancer un beau navire, et que je reste seul, sur le quai, en agitant un mouchoir.\u201d Laurent n'a pas assez souffert! L'épreuve n'a pas encore labouré sa chair assez profondément.Un an plus tard, tout son être physi: que est secoué, tout son être moral chavire, s'agite éperdument dans la détresse.\u2018Je ne peux plus travailler.Je ne sais plus rien.\u2014 Je ne serai plus jamais capable de faire quelque chose de bon.\u2014 Tous ces gens finiront par me rendre complètement fou.\u201d Peutêtre n'est-il pas perdu! Dans son cœur lacéré, s'ébauche une quête de Dieu, un appel à la foi.Sous le prétexte \u2018d\u2019assouvir sa soif de l'ombre, et son grand désir de frai- cheur\u201d, Laurent pousse la porte de l\u2019église Notre-Dame de Paris: \u2014 \u201cL\u2019immense vaisseau semblait désert.Un grand silence entrait dans l'esprit du jeune homme.Il songea soudain, avec une sorte d'amertume et même avec ressentiment: \u201cIl y a des gens qui viennent ici quand ils sont malheureux.Moi, je ne m'en irai pas soulagé.C'est injuste! C'est injuste!\u201d Un peu plus tard, il eut une pensée naive: \u201cSi je croyais, tout me serait eut-être plus facile, même de supporter E méchanceté, I'humiliation, la haine.Seulement voilà, je ne crois pas.Au fond je n'ai pas de chance.\u201d Il était à cette = = 26-AVRIL 1949 minute, non.ba : Il+resta là \u2018près d'une h \u201c prière songeaitil, ce doit être\u201d chose de cette sorte, mais plus rt Est-ce que j'aurais prié sans le favor, Ce serait quand méme tre un rationaligte.\" Pow Laurent fit encore quel hasard et, soudainement orienté, x di Je vais aller voir Cécile, \u2014 Op a cause de cette pensée sur [a pris fvidemment.Mais pour la voir pour ui parler, peut-être même poy.tendre.\u201d pour Te Dernier appel poussé par cette ime vers la Lumière.\u2014 Alla-t-il s'englouti dans le tumulte étourdissant de la grand ville?Quelqu'un a-til entendu cette voix avide de vérité, de soulagement et d'amour, qui clamait au plus fort de son \u2018combat contre les ombres\"?Nous n'avons ébauché que qu uns des multiples aspects Fourmi pe k caractère de Laurent Pasquier.\u2014 Ave un grand regret, j'ai dû laisser dan, l'ombre l'amitié pure qui unit sans defy, lance Laurent au petit juif Justin Weill si sympathique.' Je n'ai pas oublié davantage la ten dresse filiale de Laurent pour s2 mère \u2014 dont il écrivait: \u2018Maman est une sainte c'est vrai.\u2014 C'est une sainte\u2026 oh! comment dire?Une sainte des petites choses.Je ne peux m'expliquer mieux \u2014 Il y a des jours où je rêve d'une plus large amitié, non pas plus chaude, bien sûr, non pas plus rayonnante, c'es impossible.\u2018 Autant de pierres qui ne cor.naissent pas l'achat, et qu\u2019un artisan plus doué, plus courageux, aurait enchassées dans une monture d'or pour faire de ce carae tère, une pièce de la plus pure joaillerie, Geo.LANDRY On s\u2019est étonné, (sans raison du reste) que le Quartier Latin consacre une étude au romancier le plus lu de même qu\u2019au critique le plus goûté des étudiants.Ainsi, penché sur notre génération engagée dans un inextricable fouillis de problèmes nés de ce siècle, Duha- mel entreprend le procès d\u2019une civilisation ngonisante.Et c\u2019est In poursuite sans trève des dénonciations et des remèdes: \u201cAu chevet de la civilisation,\u201d \u201cIn Trève des inventeurs,\u201d \u201cCivilisation,\u201d \u201cIn Vie des martyrs\".Un des premiers à signaler la profondeur de cette crise, (uns laquelle au-dessus de \u201c\u2018l\u2019oscillation économique\u201d ou d\u2019un \u201cpur déséquilibre social\u201d il voit une \u201ccrise de civilisation\u201d), Duhamel s'attache d quelques proble- mes nouveaux, posés par le génie trop rapide du XXe siècle, et qui sont les chefs de nos malaises.L'homme va moins vite que ses inventions; ne nous étonnons donc point de le voir écrasé par la machine qu\u2019il a créée.Ce monde merveilleusement confortuble qu'il a biti le submerge maintenant et le force de chômer malhabilement devant cet appareil qui lui prend son ouvrage et son pain.In dépit des industries nouvelles qu\u2019un intensif machinisme a déterminées, \u2014 où l'homme puisse réadapter ses facultés, \u2014 en dépit même du constant renouvellement des mises au point de ln mécanique (qui appellerait impérieusement une \u201ctrève des inventeurs\u2019), Duhamel s'inquiète: \u201cLn multiplication des inventions, tendant à perfectionner les objets usuels, cesse d\u2019être un symbole de progrès à partir du moment où elle commence de gêner In plupart des intéressés.\u201d\u201d Combien cette condamnation est-elle plus claire que les distinctions nuageuses du Rops des \u201cEléments de notre destin\u201d.Tous, de l\u2019industriel à l\u2019usinier, du producteur au consommateur, sont enlisés dans une surproduction et une \u2018marche en avant\u201d que seule une réglementation venue du législateur, pourra canaliser.In second lieu, ln machine sans âme a tué l\u2019artisanat et engendré le mauvais ouvrier, celui qui bâcle rapidement, ennuyé, un travail minuté pour un salaire invariable.Devant la mauvaise production, souvent sabotée, tant le travailleur en a retiré son me, l'industriel eut recours à cette publicité tapageuse et insolite, qui revient, à bout d\u2019expédients, aux méthodes désuètes de l\u2019ancienne annonce pour capter l\u2019attention d\u2019un client qui jette au loin la réclamé encombrante des imprimés! \u201cEn sorte que nombre d'entreprises dépensent plus d\u2019argent pour leur publicité que pour leur fabrication.\u201d \u2014 On tirn de cette situation sans relief deux spécimens de maladies bien XXe siècle: le capitalisme international et l\u2019accumulation, par quelques-uns, des activités d'un pays, et le syndicalisme réactionnaire du salariat exploité.Pourtant \u201cla plupart des entreprises de moyenne importance ct d\u2019ancienneté raisonnable résistent obstinément.\u201d La petite industrie vit mieux que la grande, parce que plus normale.Or notre génération ne connaît presque plus ces lignées de patrons, indus- Duhamel et la Civilisation triels besogneux dont les parts ne sont pas cotées en bourse mais dont l\u2019industrie absorbe les revenus, pour constituer ce \u201ccapitalisme familial, celui qui méritait de vivre\u201d, parce qu'il tenait tête à l\u2019autre ct s\u2019inspirait du bien général.Au contraire, on lui substitue ce squelette sans vigueur, cette plante sans racine du capitalisme géant ct anonyme, qui a tué le crédit en même temps que le respect des conventions orales ct de la bonne foi.Et Duhamel conclut que même son individualisme avoué et fondé en philosophie, ne l\u2019empêchera pas de réclamer du législateur les limitations que le manque de mesure des individus rendent impérieusement nécessaires.En un siècle d\u2019économie fermée, un gouvernement national pouvait restreindre ce machinisme, déterminant le chômage, afin de réorganiser le travail, avant de courir en avant, à une allure essoufflante.Sans doute les syndicats se sont-ils interposés, pour neutraliser l\u2019entreprise envahissante du grand capital, mais fidèles à des intérêts de classe, après \u201cavoir profondément transformé ln face du monde humaine,\u201d ils sc sont immiscés dans les sphères supérieures de ln science et de l\u2019art, en défiant abusivement une autorité génante pour leurs activités politiques.On ne peut être arbitraire et combattre l\u2019arbitraire: or les syndicats, dépassant les-cadres de leur plan d'action, perdent tout discernement en voulant tout dicter.Duhamel ramène donc le premier mal du siècle au machinisme inconsidéré: multiplication désordonnée des inventions; surproduction moins soignée qu\u2019au temps de l'artisanat; effort publicitaire, compromettant l\u2019équilibre même de la production; développement du capitalisme centralisateur et international; témérités syndicalistes des puissances réactionnaires.En regard de ces manifestations, l\u2019auteur réclame l\u2019intervention mesurée mais ferme du législateur.Il Duhamel dénonce maintenant la guerre.En dépit de son inutilité, la guerre, éternel recommencement des mêmes querelles, subsiste par la mesquincrie des individus audacieux et ignorants de l\u2019histoire, qui retirent leur fortune des cendres du champ de bataille.\u2014 Les apôtres de la force auront beau rediviser chimériquement l\u2019Europe, à l\u2019échiquier de leurs fantaisies, il n\u2019en restera pas moins que, la Pologne supprimée, resteront les Polonais.Et que le problème de la Pologne, c\u2019est le problème des Polonais.Qu\u2019on détruise ou ressuscite des Etats, le \u201cfait-nation\u201d demeure, et la vicille Europe conservera sa vieille géogra- phic cthnique.Mais si les hommes néanmoins se voient aux prises avec d\u2019autres bandits, cette abomination est née d\u2019eux.La scandaleuse et criminelle indifférence des peuples devant le malheur des autres peuples, leur permet d'oublier passagèrement que de pareilles souffrances leur ont été et leur seront encore réservées, s'ils n'interviennent pas de toute leur indignation efficace.Le conquérant ne pense qu\u2019à sn proie, le neutre s\u2019endort dans une dangereuse tranquillité, croyant qu\u2019il n'est pas concerné dans cette querelle lointaine.Le pacifisme qui réclame des mesures de sécurité \u2014 (les circonstances actuelles en confirment dorénavant la nécessité) \u2014 paraissait hier encore ironiquement ridicule.Comme s'il était ridicule que les hommes fraternisent dans la, tranquillité de 'ordre!.I\u2019homme, qui accepte, par instinct grégaire, cette fatalité nécessaire qu\u2019il appelle la guerre, veut par son inertie même et son indifférence responsable, que s\u2019allonge le martyrologe d\u2019une jeunesse fauchée et se perpétue le déséquilibre des paix mal organisées, et plus mal garanties encore.Duhamel consacre des études aux malades de guerre, dans ses souvenirs de médecin militaire, où il anime les souffrances inutiles de ces héros qui sauvent tous les vingt ans une civilisation qui leur échappe.Elle leur échappe, car en notre siècle on assure non pas la paix, mais le confort (et relatif encore).On a assujetti l\u2019esprit à la matière.\u201cLe pays qui consent de grands sacrifices pour les bibliothèques, les hôpitaux 3679, \u2018rue: Ste-Famille À_VENDRE | CABINET DE DENTISTE AU COMPLET EQUIPEMENT S.S.WHITE \u201cUNIT\u201d STERILISATEUR, ETC., ETC.D.Rousseau,-D.D.S.\u2018\u2019Plateau:2336 et les laboratoires, est assurément plus près de la civilisation véritable que tel autre pays qui donnera, par exemple, tous ses soins à la science industrielle, à l\u2019urbanisme, ou à l\u2019hydrothérapie exemplaire.\u201d \u2014 Les Occidentaux, dont le génie scientifique assure la transcendance, se sont déchirés entre eux, pour connaître enfin leur propre mesure: recommencer les mêmes entreprises désastreuses, après avoir compromis leur prestige; cela \u201cnous fait toucher, d\u2019un seul coup, toutes nos limites.\u201d Il en ressort une thérapeuthique pressante; il faudra poser ou constater les lois d\u2019un progrès civilisateur, \u2014 et les respecter.Aussi apprenons à faire vrai plutôt que grand.\u2014 Qu'est-ce qui appartient en définitive à la Trance?Pas son or, qu\u2019elle emmagasine pour exiter l\u2019envie universelle et qui appartient à d\u2019autres, mais les seules qualités inhérentes à lu race; et elle les ignore, ces qualités.L'homme devra opérer deux retours sur lui-même: d\u2019abord un retour à l\u2019équilibre; ensuite un retour à I'amour, \u201cNotre plus sûre vertu, c\u2019est le désir que nous avons de la vertu\u201d, dit Duhamel du peuple de France.Il a \u201cl\u2019intelligence de l\u2019équilibre\u201d.Cette intelligence, suns tiédeur, il faut qu\u2019elle devienne \u201cune passion de la mesure\u201d, une passion, c\u2019est-à-dire un tourment.Le retour à l\u2019amour enfin réalisera, d\u2019abord l\u2019unité française, mais aussi cette paix universelle qui permettra à l\u2019humanité de se reconnaître, au lieu de s\u2019entre-égorger.Et le sincère agnostique échappe un tourment nouveau qui l\u2019envahit comme un espoir: \u201cJ'ai été formé jadis à la discipline rationnaliste des laboratoires.Je respecte profondément la morale chrétienne, mais suis agnostique.Si le renouveau de foi que l\u2019on observe cn notre pays peut travailler à purger les Français de toute fureur fratricide, en respectant et en sccondant toutefois leurs justes aspirations sociales, je le salue de grand cœur et l\u2019appelle de tous mes vœux.\u201d La sincérité de cet aveu, comme de cet appel, éveille chez des oreilles catholiques des sons bien vieux déjà, mais dont l\u2019assunance ne nous déplaît point.La gardienne bimillénaire de la civilisation, l'E- glise, apportera les tempéraments à nos folies humaines, par la modération divine de ses enseignements.En terminant cette étude, où plusieurs solutions, peut-être, ne seraient pas les nôtres, on ne saurait refuser cette conclusion de \u201cCivilisation \u2014 1914-1917\u201d, ott Duhamel rappelle que notre progrès plus quantitatif que qualitatif ne peut se prétendre la civilisation : \u201cOn se trompe sur le bonheur ct sur le bien.Les âmes les plus généreuses se trompent aussi, parce que le silence et la solitude leur sont trop souvent refusés.J'ai bien regardé l\u2019autoclave monstrueux sur son trône.Je vous le dis, en vérité, la civilisation n\u2019est pas dans cet objet, pas plus que les pinces brillantes dont se servait le chirurgien.La civilisation n\u2019est pas dans toute cette pacotille terrible; et si clle n\u2019est pas dans le cœur de l\u2019homme, he bien, elle n\u2019est nulle part.\u201d Paul LEVESQUE LE RENDEZ-VOUS DES ÉTUDIANTS L'Académie de Quilles Centrale COIN ST-DENIS et STE-CATHERINE PRIX SPECIAL: 3 LIGNES POUR 254 SUR PRÉSENTATION-DE LA CARIEDÉTUDIANT Ay: > * cde oe 26 AVRIL 1940 Dans le préambule de La Nuit de la Saint-Jean Laurent Pasquier Écrit: «Je tiens que le romancier est l'historien du présent, alors que l'historien est le romancer du passé».La chronique des Pasquier est l'histoire d'une famille, à la fin du XIXe siècle et au commencement du XXe siècle.Le chroniqueur est Laurent, savant biologiste de nos jours, dont l'image offre plus d'un trait de ressemblance avec Duhamel lui-même.Si Louis Salavin était en quelque sorte un aspect de sa vie intérieure, I'exutoire qui lui permettait de se délivrer de lui-même, Laurent Pasquier semble être l'image de ce que fut sa vie et des gens ull a rencontrés, connus et parfois admirés.Toutefois, n'exagérons rien et ne cher chons pas quelle part d'autobiographie entre dans cette chronique, puisque dans le prologue du premier volume, Duhamel stigmatise les journaux intimes et les mémoires, jugeant «ces effusions tout à fait contraires à l'esprit scientifique, sans doute, et même à la simple honnêteté».Nous reconnaîtrons dans ce long récit, un des thèmes de Duhamel les plus dignes d'admiration, cette noble entreprise, cette tentative d'accéder continuellement à quelque chose de supérieur, cet effort vers plus de bonheur.Et c'est ce ui crée toute la valeur de son œuvre.À ce thème moral particulièrement élevé, 1] oppose habilement une vie médiocre, décevante, parfois ignoble, qu'il sait peindre avec un grand art.Dans ses récits, l'auteur n'annonce rien de sensationnel.Il commence sur un ton doux, musical, on dirait un air de flâte.Peu à peu, la mélodie progresse, s'étend.Ce que nous croyions un récit badin, simple, s'approfondit; toutes sortes de nuances apparaissent, nous sommes au cœur d'une humanité essentielle.Sous forme de dialogue avec son lecteur, son ami, Duhamel nous peint, petit à petit, les misères, les grandeurs, les inquiétudes, les aspirations de notre espèce.La vérité, la voilà, mais vue par un cœur sensible, un esprit lucide, avec un sentiment puissant de charité et d'amour à l'égard de tous ceux qui souffrent.Toutes les vérités.A commencer par les plus ordinaires, celle des odeurs, des , températures, l'aspect des rues, des personnages.Presque tous les portraits de ses personnages sont remarquables, Du- hamel ne se contente pas de glisser à la surface, mais s'efforce, très avant, de pénétrer dans l'âme.Pas de portraits sans nuances de coloris, sans perfection de lignes, mais non plus sans vie intérieure.Et ceux que l'auteur peint dans la chronique répondent à cette loi, se soumettent à cette exigence.Souvenez- LA CHRONIQUE DES PASQUIER vous des traits du père, de Cécile, de Joseph, de Justin, de Valdemar, de Censier, de Sénac, de Mairesse-Miral, de Chalgrin, de Rohner, de Birault.Sous l'exactitude chanelle de cous ces portraits surgit peu à peu l'exactitude psychologique.Aucune fadeur, aucune mièvrerie bélante, tout est mâle, solide, fervent, avec de grandes lumières.Duhamel n'hésite pas à nous étaler les aspirations néfastes au-dedans des humains, mais il demeure pitoyable et leurs petitesses nous semblent parfois touchantes, comme celles du docteur Raymond Pasquier.Au vrai, cett chronique est un long poème où la réalité et la méditation, ironie et la pitié, parviennent à s'accorder, formant un thème sincère et noble qui nous console et nous entraîne malgré nous, dans sa familiarité pleine de bonhomie et d'humour.L'humour de Duhamel est généralement teinté d'indulgence, souvent assaisonné d'une fine ointe d'ironie, mais il ne manie point ironie comme une massue, elle est toujours aussi inoffensive qu'aiguë.Duhamel est surtout remarquable par sa connaissance de l'homme-individu.Il possède un sens judicieux de l'humain, on sent qu\u2019il est médecin dans l'âme.Ses incursions psychologiques dénotent une acuité d'observation des plus rares.Il possède également l'amour inépuisable de la vie, le sens du bonheur et le «goût du normal intensifiés comme dit Maur- ras.Nous lisons dans «Discours aux Nuages» : «Je ne songe qu'à l'élévation de l'homme, à son ascension dans la dignité».Duhamel est toujours guidé par cette idée, il fait crédit aux hommes de beaucoup de défauts et je crois que ce qu'il souhaite le plus fortement c'est que la vie ne soit point gâtée par la sottise, les ambitions, les vanités et les haines.Continuellement, Duhamel s'attaque aux formules figées, nous force à penser, en nous mettant en contact avec des faits, des idées.Le Père Doncœur a bien raison aux «Etudes» de le qualifier de «Maître à penser».Tous ces récits qui nous donnent à la fois la comédie de la vanité et la tragédie de l'être, nous obligent à réfléchir, à descendre en nous- mêmes, à regarder à l'intérieur de nous- mêmes, ce qui est toujours salutaire bien que rarement encourageant.Cet automne, nous l'espérons, malgré les bruits qui veulent que la chronique soit terminée, nous en accueillerons un nouveau volume comme un ami attendu.Duhamel est un de ces rares hommes dont la présence sur terre est un encouragement à vivre, à espérer, à aimer.Maurice GERVAIS .O GIROUX, O.D.Spécialiste en examen de lo vue MEMBRE DIPLOME DE L\u2019A.E.P.O.de PARIS, assisté de MM.A.PHILIE, I.RODRIGUE, et J.A.ALLAIRE, optométristes.Bureoux de consultations L\u2019ETUDIANT ÉLÉGANT CHOISIT SON COIFFEUR AVEC SOIN Salon LA PATRIE A.MORO, propriétaire 176 est, rue Ste-Catherine Edifice La Patrie HUIT BARBIERS À VOTRE DISPOSITION LE QUARTIER LATIN LE LONG DE LA ROUTE Le long de la route gît un grand arbre encore fout vert d'un riche feuillage.Ses longues branches, pleines de sève, se dressent vainement vers le ciel, dans un dernier effort.Et pourtant, ce géant de la nature semblait devoir défier tous les temps.Vigoureux et droit, il commençait à peine à dépasser ses voisins à l'abri desquels il vivait depuis des années.Mais dès que sa fête orgueilleuse s\u2019est balan- céc en plein vent, seule et sans prolec- lion, il a été emporté comme un félu de paille.Quelques pas de plus, et nous pouvons constater la cause de cette chute prématurée.L'arbre reposait sur un galet recouvert d'une mince couche de terre, et ses longues, très longues racines, s'étendaient dans toutes les directions, mais en surface seulement.Rien en profondeur.Pas de pivot, bien avant dans la terre, apte à lui fournir la force de \u2018lutter contre le souffle des grands événe- ments.\u201d Ainsi s\u2019est écroulé ce magnifique ornement de la nature, appelé à monter toujours plus haut, et à faire le bonheur de plus faibles que lui en protégeant de son ombre bienfaisante les minces roseaux ct la mousse fraîche.Quand est venu l'orage il n\u2019a rien trouvé à quoi s'accrocher pour reprendre son équilibre.L\u2019étenduc de ses racines, trop peu profondes, n\u2019a fait que rendre encore plus honleuse sa chute.Sur le chemin de la vie passent des hommes dont la science cl l'érudition font pousser des cris d'admiration.Puis, un jour, ils tombent, soudain, emporlés par la première épreuve, parce qu'impuissants à surmonter les obstacles.Hs avaient tout .sauf une vic inférieure où puiser la force de vivre le \u2018terrible quotidien\u201d et parer à ses imprévus.Pas \u201cd'asile secret\u201d \u201cpour y retrouver l'équilibre, l'harmonie ct ces richesses morales dont nous savons après tant de ruines, après tant d'écroulements, qu'elles sont les seules efficaces, les seules durables.\u201d Sans celle vie, nous sommes comme l'arbre reposant sur le roc.Quelle que soit notre science, si elle n'est pas basée sur une profonde connaissance de nous- mêmes, clle sera vaine ct stérile, et comment nous étudier nous-mêmes sans une vic inléricure ardente où l'on puisse \u2018\u2019imaginer la solitude au sein même de la foule, et concevoir le silence au milieu du bruit.\u201d Par elle, Georges Duhamel a réussi à s\u2019isoler au milieu des pires tourments en offrant à son esprit \u2018un refuge inviolable.\u201d A preuve, son livre, \u2018La possession du monde\u201d.\u2018La composition de cet essat, dit-il, fut à l'origine, pour moi, une véritable école de solitude, de patience et d'application.A part un chapitre écrit durant les heures bénies d'une convalescence, l'ouvrage fut entrepris et poursuivi dans des conditions bien propres à décourager toute attention méditative.Je n'étais jamais seul; je vivais dans un tumulle tantôt tragique, tantôt cordial; mes loisirs étaient rares, fortuits, gâtés de mille soins et séparés de longues périodes, d'un travail difficile et douloureux.( .).Les minutes de loisir éparses et fugitives, j'appris à les rapprocher dans mon cœur.à les coudre ensemble, telles ces bribes disparates dont l'Oriental obstiné parvient à former un tapis de prière.\u201d Et c'est grâce à cette vie qu'il a acquis sa profonde psychologie de l'âme humaine, que nous relrouvons dans toutes ses œuvres.Avant de disséquer les autres, il s\u2019est analysé lui-même.Il s'est résorbé, pour ainsi dire, car il savait que, par d'finition, \u201cposséder, c\u2019est avoir à soi, en son pouvoir\u201d, et que par celle possession de lui-même il parviendrait à la pleine connaissance de son être, puisque posséder c'est aussi \u2018connaître à fond\u201d.Tout ce travail d'étude ct! de conquête, Duhamel l\u2019a poursuivi grâce à une vie inférieure intense.Elle a été pour lui le tunnel par oi il a pénétré au cœur même de la plus complexe des réalités, l'âme humaine.Et si aujourd'hui nous pouvons à l'ombre de ce maître, vivre quelques instants de vraie jouissance intellectuelle, nous conduisant à une meilleure connaissance de nous-mêmes, c'est qu'il a su inlensifier sa vie intéricure à mesure qu'il s'élevait au-dessus - des autres, pour parvenir en pleine lumière.Les racines de sa science très étendue lui fournissaient la sève nécessaire à l'édification de son œuvre, mais tout cela était maintenu cn parfait équilibre parce qu'appuyé sur un pivot profondément enfoncé dans une vic intéricure ardentc.Robert LETENDRE PAGE SEPT LA.POSSESSION DU MONDE Il y a vingt ans et davantage Duhamel préparait un chef-d\u2019œuvre ui devait avoir nom: \u201cLa Possession u Monde\u201d.Posséder le monde! C\u2019est fantastique! Au fait, est-ce bien possible ?Evidemment, évidemment, il y a posséder et posséder, tout comme il y a monde et monde.Voilà une distinction qui fait toute la puissance de l\u2019homme.Vouloir posséder un monde, peut signifier autre chose que ce désir ambitieux, manifesté par les individus, de se dominer les uns les autres.Mieux: \u201cLa possession du monde ne se débat pas nutour des canons\u201d\u2026, mais.\u201caux sources incorruptibles de la vie intérieure.\u201d C\u2019est à faire songer! Le siècle est en détresse, la misère plane, bientôt elle régnera.Et pourtant, le bonheur est le but de la vie.Mais si l\u2019humanité est le vase de toutes les tristesses, c\u2019est que le bonheur y avait pris le masque do In jouissance.Et la jouissance, elle détruit le bonheur.Ainsi de ln richesse, et de In pauvreté.Un sens leur est donné: Iat-ce le bon ?L'homme est roi pourtant.Si rien ne lui obéit plus, mais que se passe-t- il?N'est-il pas le maître?Oh! pas À lu manière de ces bras de fer dont l'argument favori est la violence ou Pépée.A ceux-là, le sort livre pieds ct poings liés leurs semblables.Mais leur conquête n\u2019est pas totale.Elle s'étend à l'être matériel, l\u2019être intellectuel au contraire, leur échappe.Or, le critère indubitable de conquête sur le prochain n\u2019est pas autre chose que l\u2019aveu de sa confiance.Celui-là qui a vu autrui s\u2019avancer et lui ouvrir son cœur, par des confidences intimes, il connaît la conquête du monde.\u201cla tristesse vient de ce que l\u2019homme excelle à mésuser de tout.\u2019 Toutes les choses en effet, même les plus minimes, ont été créées pour l\u2019usage de l\u2019homme.lêlles n'attendent que de le servir.11 arrive ceci qu\u2019au contraire, l\u2019homme s'asservit aux choses.Ce qui devait done être su joie retourne contre lui.La cause en est, très souvent À tout le moins, dans la fausseté de nos tables des valeurs.Elles sont piètres de juger toute chose sclon son pesant d'or, ou les avantages matériels et tangibles qu'elle peut nous rapporter.Un bouquet de violettes, (je m\u2019en tiens aux termes ct exemples de Duhamel), voilà bien une valeur commerciale misérable.Ne vaut-il pas beaucoup par le parfum et la beauté.Aussi petit soit-il, il est susceptible de causer du bonheur.Ainsi en est-il d\u2019une foule de choses.Rarement pourtant, l\u2019homme compte sur ce qui est simple ct peu coûteux pour lui rasséréner l'âme.L'être humain est occupé.Le sens pratique, le \u201cstruggle for life\u201d, a rele- gué fort loin, duns l'oubli, tout ce qui est inclus duns ces mots: \u201cchoses de l\u2019esprit\u201d.L'idéalisme a sombré parce qu\u2019il faut vivre d\u2019abord.\u2018Triste vie que celle de subjugation aux allures géométriques de ln routine.Cela signifie-t-il que le mot loisir doive être rayé du langage ?Pas du tout.Duhamel dit: \u2014\u201cPlusieurs.\u2026 ne s'intéressent ni à leurs fonctions.ni diraît-on, à leur propre pensée.Ils jouent aux cartes, lisent les gazettes, pensent À des femmes et se plaignent de ennui.\u201d Avec un reste de scrupule, on tente bien de masquer son indifférence à ce qui concerne l\u2019intelleet.lt sous prétexte de ne pus s'y retrouver très bien, on délaisse l\u2019Art.C'est Lout simple ct pas malin du tout.Vous n\u2019atteignez pas au niveau de Rembrandt.fuyez la Peinture car vous ne la goûterez pas! A ce compte, il est vraiment fantastique de conquérir le monde.Ce n\u2019est même pus possible du tout.l'auteur des Pasquier, de Salavin, nous enseignera longtemps encore que \u201c.C'est en connaissant le monde À travers les maîtres que tu parviendras à le saisir un jour dans les mains, À l'assumer tout scul.\u201d, mais le monde n'en restera pas moins incon- quis.Claude SAINT-YVES \u201cLES \u201cDansez, les petites filles, Toutes en rond; En vous voyant si gentilles Les bois rironl.\"\u201d Hugo \u201cLes Plaisirs ct les Jeux!\u201d Un chef-d'œuvre! Duhamel s\u2019est employé à la pratique de son art non seulement coups de véritable intelligence, mais grands baltements d'un cœur qui aime! Désirez-vous un repos toul empreint de fraîcheur ct de clarté?Venez! Duhamel vous présente ses enfants! Bernard-dit-le-Cuib, quatre ans, et Jean, surnommé le Tioup, deux! Ce sont de tout petits cnfants.\u201cPour les entendre, pour les comprendre et les aimer, il faut se pencher.Je me penche, c'est mon plaisir et ma passion.\u201d Et tout le long de ce livre merveilleux, Duhamel au cœur délicat et tendre, nous raconte de façon colorée l'existence quotidienne de ses deux \u201cpetits hommes\u201d.N°5 It annonce la venue du jour: \u201cToute la maison s'éttre, gronde, ct fail le gros dos.Les enfants sont réveillés.Les enfants! Les enfants!\u201d Un chapitre, particulièrement, est une réussite de description: \u201cComme il serait agréable d\u2019avoir les petits anges avec nous dans le grand lit! \u2026Îls arrivent, angéliques en vérité.Ils se glissent dans le grand lit: c\u2019est une faveur, ils ne l'ignorent point.Et, immédiatement, la lutte s'engage.Les petits anges sont de petites bêtes fauves.Ils nous arrachent les cheveux, nous fourrent leurs pieds dans la bouche, nous appliquent d'énergiques coups de genoux, etc, etc.\u201d Au cours d\u2019une promenade, le Cuib goûte pomme, poire, mûre, petit morceau de betterave, un grain de blé, un grain d'avoine, deux grains de maïs, fragment d'écorce: \u201cIl connaît le monde par la bouche\u201d.\u201cLes petits hommes s'intéressent surtout à ce qui bouge; or les \u2018\u201calimaux\u2019 partagent avec les trains celte miracu- 2 leuse vertu de motilité.\u2014 \u201cOh! le beau bateau!\u201d \u2014 \u201cTiens, tiens, regarde l'autre!\u201d \u2014 \u201cOh! le beau l'autre!\u201d Et il s'ensuit toute une série d\u2019 servations vécues: \u2019 atetsomi + DR ten KS BEA PLAISIRS Pour se refuser à l'immersion, le Cuib trouve celle excuse: \u201cJ'ai peur de fondre!\u201d Au lieu de: Ohl la lune, il s\u2019écrie: \u201cOh! la lampe!\u201d Il est de douces confidences au soir d\u2019une réprimande: \u201cJe l'aime, je l'aime, gros comme le buffet, gros comme la maison.Je l'aime à deux bras, à deux pieds.Je l'aime autant qu'il y a de cailloux dans le jardin, ete, etc.\u201d Papa se dicte des lois: \u201cTu n'ouvriras jamais plus une porte à la volée: il peut y avoir un petit homme accroupi de l'autre côté.\u2018Tu verras moins souvent le ciel: il te faudra sans cesse regarder à tes pleds pour ne pas marcher sur les petits hommes.\u201cTu ne mangeras plus jamais d'une friandise sans songer à certaines peli- les bouches qui, clles aussi, aiment les friandises.\u201cTu ne diras plus, avec la superbe assurance d'autrefois: \u201cTel jour, je ferai telle chose.\u2019 Tu piqueras des \u201cpeut-être\u201d aux ailes de lous tes projets.\u201cC'est ainsi, et il n'y a plus qu'à en prendre ton parti.\u201d La journée usée, \u2018le dieu sommeil sort à pas feutrés de la chambre enfantine et commence de faire sa ronde, soufflant les lampes unc à une\u2026 Toutes voiles dehors, le vaisseau de la nuit s'éloigne.\u201d Le père devine la félicité sans mélange de son fils, dormant dans le petit lit que lui a préparé sa maman: \u201cEtre veillé, protégé, durant ce sommeil, par deux géants familiers et très puissants.\u201d Je n'en finirais plus de citer\u2026 Le bonheur de Duhamel nous imprègne, nous pénèlre, nous prend d'assaut.Selon ce qu'il raconte, un franc éclat de rire nous échappe, ou bien soudainement nos yeux s\u2019humectent, mais toujours une surprise nous attend.Avec un charme et une finesse propres à convertir même les plus endurcis ff y en acait!), l'auteur nous conduit chez les ciloyens du petit monde.Ce n'est pas si banal que l'on pense! Le mur d'un jardin d'enfants peut.renfermer plus de secrets ET LES JEUX\u201d que la muraille de Chine, car leur âme est protégée par le silence mieux que ne le sont les planies fossiltsées, par l'épaisseur des temps.Duhamel s'attaque à une peinture vivante: ses enfants! Ce sont de vrais enfants: frémissants, pleins d'ardeur, et vivants, vivants! Ils sont riches de joie, toujours prêts à partir pour le bonheur, et ils ne quittent une féerie que pour s'élancer vers une autre.Comment faire autrement quand la vie est rose, quand la route est belle, et quand on a quatre ans! N'assombrissons pas leur.enfance; laissons-les jouer à l'heure du jeu, et rirel Ne les privons pas de fêtes.Car leur première journée s'achève\u2026 \u201cla bienheureuse journée des plaisirs ct des jeux\".Ce privilégié qu'est Duhamel, ajoute, aux richesses du cœur, le prestige du talent, en conservant au plus menu souvenir sa couleur véritable.\u2018\u2019Espériez-vous trouver, dans mon petit livre, des exhortations, des conseils, des ordres?Vous serez dégus: vous n'y trouverez que l'enscignement de la vie.\u201d A ses petits hommes, il veut empêcher cc regret exprimé par la Comtesse de Noailles: \u201cPourquoi vous êtes-vous pour toujours endormie, \u201cMa douce enfance?6 mon enfance! 6 mon amtel\u201d Dans \u201cLes Plaisirs et les Jeux\u201d, la mère du Cuib et du Tioup est la seule figure féminine, attachante tout autant que discrèle.Un personnage du dernier roman de Pearl Buck, \u201cUn Cœur fier\u201d, ne comprend pas \u2018pourquoi les femmes se figurent qu\u2019un homme et une paire d'enfanis sont toute l'existence\u2019.Si, pourtant, on refuse cet idéal de perpétuer la vite, on n'aura Jamais de racines profondes.IH faut, véritablement, sentir la vie se répandre en soi, comme une source jalllissante.Toute femme, dès sa plus tendre enfance, sent frémir en elle le désir de serrer dans ses bras un enfant.Les enfants refont la jeunesse du monde.La femme, sagesse souriante, demeure, par son amour, éternellement jeune.La jeunesse, c'est la force, c\u2019est le sang du monde, el celle jeunesse indéfectible, la femme la tient de sa nature même, puisque sa nature, c'est d'aimer.La femme qui aime, possède et dirige Füunivers des.âmes.« Lisez donc \u201cLes Plaisirs et les Jeux\u201d, avec l'assurance d'y trouver sans cesse des fleurs à cucillir, des fruits à savourer.Croyez-moi, nous ne nous pencherons jamais avec assez d'intérêt sur le monde des enfants.Cosette MARCOUX Vente de 4e Anniversaire COMPLETS ET PALETOTS D'UNE VALEUR MINIMUM DE $35.00 $27.95 SUR MESURES Durant cette vente Aucune remise eux ÉTUDIANTS.Aucune accommodation budgétaire AUX-5.MAGASINS.3 > RE Raven HN AE ., âges + wr LE PAGE \u2018HUIT MESSAGE DE L\u2019ANCIEN PRESIDENT or F AE Te : \u20ac a > Ee AA 2 \"5 .el = tra A Aa LE rs Photo Albert Dumas Une autre année s\u2019achéve.Dans quelques semaines, il nous faudra remettre la direction de l\u2019A.G.E.U.M.au nouveau Conseil.Qu\u2019il nous soit permis d'offrir au nouveau président, aux membres de l\u2019exécutif, aux délégués du vingtième Conseil de l\u2019A.G.et à tous les nouveaux élus de nos Constitutives, nos sincères félicitations et nos meilleurs veux de succès dans l\u2019œuvre qu\u2019ils édifieront l\u2019an prochain.Pour nous, il ne nous restera plus que le souvenir de ce que nous aurions pu faire cet l'oubli de ce que nous avons fait.Nous avons travaillé au meilieur de notre connaissance; nous avons cru bon de faire le ménage chez nous avant d'entreprendre celui du voisin ; nous avons voulu que, par des mesures d\u2019économies, l\u2019Association s\u2019assure enfin un avenir plus prometteur.L'A.G.E.U.M.n\u2019est pas la chose d\u2019une année; les étudiants passent, l\u2019Association demeure et il est de notre devoir de lui assurer des années prospères.Tout en pensant à soi, il faut penser aux autres.Les étudiants ne nous ont pas ménagé leur collaboration, nous les en remercions.Chacun dans son domaine a fait sa part.Ils ont droit à notre reconnaissance.Vos délégués, les membres des Constitutives et des Comités de Régie ont bien mérité de l\u2019Association Générale.A tous et à chacun, merci.Charles-A.BEAUDET FÉDÉRATION DES OEUVRES DE CHARITÉ SOUSCRIPTION DES ETUDIANTS Faculté de Droit.Faculté de Médecine.Faculté des Sciences.Faculté de Chirurgie dentaire.Ecole de Pharmacie.Ecole Polytechnique.Ecole des Hautes Etudes Commerciales.Ecole d\u2019Optométrie.1940 1939 Cee $ 28.00 $ 53.95 Cee 45.65 55.37 ee 43.95 16.18 11.69 12.93 Cee ee 22.30 23.10 Ce 110.00 90.00 Cee 72.64 71.13 Cee 1.55 5.00 $335.78 $327.60 IN MEMORIAM WILFRID Photo Albert Dumas Il y a quelques semaines on nous rapportait Ia mort d'un jeune étudiant en droit à la veille d\u2019entrer dans la carrière.Qui, du monde universitaire, avait alors songé à la répétition de la même fatalité après si peu de temps?Et pourtant, c'est la triste réalité, c\u2019est le terrible spectacle qui vient de se jouer.Un d\u2019entre nous hier: aujour- d\u2019hui dans la tombe! Pourquoi pas moi?et surtout pourquoi lui?Problème énigmatique.En effet, Ledoux était un de ceux qui respirent la vie; grandet fort bâti, il avait l\u2019habitude de manifester à des confrères sa puissance musculaire par des poignées de main qui laissaient un souvenir.Et ainsi dans l'espace d\u2019un instant, à la suite d\u2019un simple faux pas, d\u2019une pauvre baliverne, il n\u2019était plus de ce monde.Ah! l\u2019âÂme humaine reste déconcertée en face d\u2019aussi \u2018rigides desseins.Wilfrid Ledoux était né à Manville,R.I., de parents franco- américains, restés profondément attachés, malgré le temps et les distances, à la petite patrie \u2018\u201cquébecquoise\u2019\u2019.Aussitôt ses études primaires terminées outre 45ème, il était revenu au pays des ancêtres parachever son éducation à Nicolet et à Mont-Laurier.En possession de son titre de bachelier ès arts, il s'était inscrit à la Faculté de Médecine de l\u2019Université de Montréal.Durant ces années, il avait ardumenttravaillé pour réaliser 4 LEDOUX sa grande ambition d\u2019être un jour médecin.Ses confrères savent combien de difficultés il eut à vaincre, combien d\u2019obstacles il eut à surmonter.Mais jamais il ne s\u2019est senti abattu, jamais du moins il n\u2019a paru \u201clâcher\u2019\u201d\u2019.Au contraire, au milieu de toutes ses vicissitudes, il restait le plus aimable, le plus gai des compagnons.Et voilà qu'au terme des pires embûches, au moment d\u2019entrer dans Ia profession qu'il s\u2019était, A vrai dire, préparé d'\u2019arrache-pied, il passe brusquement de la vie à la mort! Pour nous, arrivés aussi à la réalisation du rêve de nos jeunes années, cette fin dramatique nous laisse consternés.Le soir du terrible accident, les lugubres visages, assemblés autour du cadavre de celui qui, quelques instants auparavant, était encore plein de vie, exprimaient bien la profondeur du drame qui nous frappait.Incapables d'exprimer la moindre pensée, tous restaient sombres et silencieux.En effet, comment comprendre! comment expliquer! Mystére.A la suite d'une jeunesse aussi ardemment dépensée à pos les pierres sur lesquelles l\u2019avenir s\u2019appuierait solidement, à la veille de recueillir le succès richement mérité, il fallait qu\u2019un faux pas le précipite dans la tombe.Les desseins de la Providence sont vraiment insondables; et pour nous, âmes chrétiennes, reste l\u2019infinie consolation de l\u2019éternité.En face de ce triste spectacle, il nous reste à profiter de la leçon.Demain verra votre tour, et le mien.Rien ne fait obstacle à l\u2019impitoyable \u2018\u2018faucheuse\u2019, surtout si on se rend compte à combien peu tient la vie.Il faudra être prêt à nous présenter en tout temps, et sans doute, plus tôt que nous ne l\u2019imaginons! Quant à nous, finissants de 40; nous garderons de Wilfrid Ledoux un ardent souvenir, le rapprochant de celui de Paul Moquin, un autre confrère parti rapidement.À la famille éprouvée, nous offrons le témoignage de nos plus profondes et de nos plus sincères condoléances; à sa chère maman malade, nos vœux d\u2019un prompt rétablissement.Roland CLOUTIER ie _ LE QUARTIER LATIN FELICITATIONS AUX ELUS DANS LES FACULTES DROIT: Marcel Pinsonnault, jr.MEDECINE: Bernard Gratton.POLYTECHNIQUE: Gérard Lefebvre.: HAUTES ÉTUDES COMMERCIALES:, François Bastien.OPTOMÉTRIE: André Lemire.PHARMACIE: Jean-Paul Bourgeois.CHIRURGIE DENTAIRE: Roland Baribeau.SCIENCES: Marcel Rivest.AUX CONSTITUTIVES ASSOCIATION GÉNÉRALE : Conseil: Président: Georges Lachaine.Vice-président: Paul Lévesque.Secrétaire: Pierre Gendron.Trésorier: Jean-Paul Rouleau.Aviseurs: Chs-A.Baudet, Alban Jasmin.Délégués: Chirurgie dentaire: Léon Car- pentier.Pharmacie: Arthur Faille.Polytechnique: Gérard Aubry.Optométrie: Louis Brouillette.Médecine: Rémi Archambault.SOCIÉTÉ ARTISTIQUE: Président: Gerard Rivard.Vice-président: Lucien Leten- re.Secrétaire: Guy Bégin.Trésorier: Rosaire Archam- bault.SOCIETE DES DEBATS: Président: Jean Drapeau.Vice-président: Louis-J.Gauthier.Secrétaire: Jean-Jacques Elie.Trésorier: Alphonse Bégin.Aviseur: Lionel Lafleur.QUARTIER LATIN: Directeur: Jacques Duquette.Rédacteur en chef: Roger Beaulieu.Secrétaire de la rédaction: Marcel Blais.Administrateur: Guy Girard.ASSOCIATION ATHLETIQUE: Pas d\u2019élections.Ajournées 2 septembre.ST VINCENT DE PAUL \u2014 ACTIF \u2014 Quêtes: Polytechnique.$146.83 HEC.88.39 Droit.65.00 P.C.N.Med.36e ot do.58 Beaux-Arts.41.34 Chirurgie dentaire.4.35 $388.49 Dons particuliors: Anonyme.7.00 Juge Demers.5.00 Mer le Recteur.10.00 Mgrlo Viee-Rectour 10.00 L'archovéelé.10.00 L'Université.100.00 142.00 Autres revenus: Recettes, conféren- ce du Plateau.65.72 Encaisso au 1-9-39.16.76 \u2014\u2014 82.48 TOTAL.$612.97 \u2014 PASSIF \u2014 Frais Nourriture.$558.98 Chauffage.31.65 Vôtements.3.32 Divers.15.02 \u2014 $608.97 Encaisse au 25-4-40 4.00 $612.97 En moyenne Nous avons socouru pendant 5 MOIS 14 familles comprenant: 28 adultes et 23 enfanis, soit 51 porsonnes.Le trésorier, Marcel THEORET Le Quatuor Jean Lallemand Le quatuor à cordes Jean Lallemand, composé de Maurico Onderet, ler violon, Annette LuSalle-Ledue, 20 violon, Lucien Robert, alto, ot Roland Leduc, violoneello, donnorn un concort à lu Salle du Ritz- Carlton, lundi lo 20 avril prochain, à 8.45 p.m.De nombreuses auditions radiophoniques ont déjà fait connaître au publie ce remarquable ensemble, qui a pris le nom de l'un des mécènes qui ont lo plus fait pour ln cause de In musique au Canada: 1.Joan-C.Lallomand.Chacun des artistes qui composent le quatuor Jean Lallemand possède une grande oxpérience de lu musique de chambro.Le programme de leur prochain concert sora lo suivant: Quatuor op.76 no 2 on ré mineur.Haydn 20 quatuor.Darius Mithaud Quatuor en la mineur.Schumann Le Festival de Montréal Il y aura le samedi, 15 juin, à trois heures, dans les jardins de Ravenscrag, avenue des Pins, ouest, une Matinée destinée spécialement à la jeunesse étudiante.On y donnera des \u2018\u2018Cantates de Bach\u201d, et 1a \u2018\u2018Neuvième Symphonie\u201d de Beethoven, sous la direction de M.Wilfrid Pelletier, avec le concours des \u2018\u2018Disciples de Massenet\u2019.Le prix est de 50c par étudiant.Ceux qui désirent assister à ce concert sont priés de donner leur nom le plus tôt possible au \u201cQuartier Latin\u2019.FUTUR INGÉNIEUR MUSICIEN Il nous fait plaisir de signaler aujourd'hui à l\u2019attention des étudiants, que Bernard Bexupré, secrétaire actuel de Polytechnique, s\u2019est vu honoré, ces jours der- tiers, d'une façon peu compatible, semble-t-il, avec les préoccupations quotidiennes d'un futur ingénieur.Il a pris part, récemment, au concours de ia \u201cBonne Chanson\u201d organisé par l'abbé Gadbois, dans le but de stimuler Ia production d'oeuvres canadiennes.Sa chanson: \u201cToul le long de mon pays\u201d, d'après un poème de Lucien Rainier, lui a valu la troisième place sur le nombre respectable de 300 concurrents, les deux premières étant détenues par Oscar O'Brien et madame Albertine Caron-Legris, musiciens de carrière avantageusement connus à Montréal.L'usage veut que le nouveau président fasse d\u2019abord l\u2019apolo- fie du conseil précédent.La chose me sera facile car j'ai conscience ce faisant de ne pas remplir une simple formalité sans correspondance objective.L'administration Beaudet ne s\u2019est pas simplement contenté d\u2019être représentative, elle a contrôlé et stimulé les activités estudiantines; elle laisse un système de contrôle efficace pour les dépenses des constitutives et jette les bases d\u2019une administration permanente qui permettra aussi de contrôler plus efficacement les revenus.Aucun budget n\u2019est déficitaire cette année et, me dit-on, l\u2019administration Beaudet va même laisser un substantiel surplus financier.Cette politique qui consiste à se mêler de la chose estudiantine d\u2019abord mérite d\u2019être conservée et amplifiée, ce sera la mienne.Mon conseil et moi, nous méêlerons des affaires des étudiants avec d\u2019autant plus d'efficacité que ceux-ci voudront bien en faire autant de leur côté.J'ajoute que toutes les initiatives souhaitables seront encouragées.Le personnel des constitutives avec qui j'aurai le plaisir de collaborer et que l\u2019administration Beaudet vient d\u2019élire s\u2019annonce des plus brillant.Le travail sera chose agréable, je n\u2019en doute pas avec ces nouveaux élus, auxquels je souhaite tous les succès qu\u2019on est en droit d'attendre de ces personnalités dont l\u2019éloge n\u2019est plus à faire.Et pour ne pas oublier l\u2019essentiel, je puis vous assurer d\u2019avance que l'exécutif qui m'a été adjoint par le nouveau Conseil Photo Albert Lumas de l'Association générale saura prendre en mains les véritables intérêts estudiantins, il se compose d\u2019étudiants ayant une personnalité et une expérience qui ne sont pas à dédaigner.Je souhaite en terminant que les espérances légitimes de chaque étudiant au sujet de l\u2019administration 1940-41 ne soient pas seulement réalisées mais dépassées.Personnellement j'ajoute ,que pour mon humble part, je ne négligerai rien de ce que je pourrai faire à cette fin, Mais pour le moment il y les examens scolaires de fin d\u2019année et je crois que seul chacun en particulier y peut quelque chose.Que leurs résultats à eux aussi, dépasse vos espérances! Et malgré la guerre, à tous et à chacun des vacances sereines.Geo.LACHAINE HENRI Elle est tellement connue la paresse intellectuelle de notre monde universitaire que l\u2019on n\u2019en parle plus.C\u2019est un fait! Voilà! Et qui pèse lourd! II est tellement anonyme ce monde de faux bourgeois et qui s'appelle lui-même universitaire! Aussi bien quand un clerc glisse hors du rang, qu'il ne marque plus le temps avec les autres, on le regarde de loin.Non vraiment! il n\u2019est pas de notre monde.De ce-mongle-de-jeunes-vieux tellement soudés les uns aux autres qu\u2019on ne distingue plus qu\u2019une grosse tête avec des yeux en avant et des yeux en arrière! Pardonnera-t-on à l\u2019un de nous de se singulariser?Par- donnera-t-on à Marcel Raymond de vouloir se faire une place à lui qui soit marquée de son esprit et de son cœur?Inscrit à la Faculté des sciences, donc incorporé dans un monde où plus qu'ailleurs, pa- raît-il, \u2018\u2018on n\u2019a pas le temps.\u201d M.Raymond s'intéresse à la littérature (voyez-vous ça).Il s\u2019y intéresse au point de vouloir intéresser les autres.Sûr qu\u2019on lui en gardera rancune! Marcel Raymond étudiant, écrit des livres.Pigez-moi ça GHEON les \u2018\u2018genoux\u2019\u2019 et les \u2018\u2018barbes\u201d! Il écrit des livres où simplement et bellement il exprime ce qu'il pense de messieurs qui ont déjà un nom.Drôle d'idée, n\u2019est-ce pas, de révéler aux hommes le message d\u2019un frère, parce que de ce message on a reçu quelque joie?Il se trouve comme ça des types qui ne croient pas juste de garder pour eux toute leur joie.Ils les transposent sur du papier en signes, \u2014- notes ou lettres \u2014 et nous les offrent.Marcel Raymond est de ceux-là.Ayant reçu de Henri Ghéoa suelque amitié et un message, il nous en fait part dans un volume fort bien écrit où l'on prend contact avec un homme et son œuvre.(1) Bravo Raymond! Tu avais quelque chose à dire! Tu l'as bien dit! C\u2019est parfait.Il n\u2019ya plus qu'à laisser se moisir les zozoteux et les couillons! Félicitations à ton éditeur qui a fait \u2018\u2018de la belle ouvrage bien faite\u201d.C'est si rare! J.P.H (1) Henri Ghéon.1 vol.aux éditions du CEP par Marcel Raymond.Lettre-préface d\u2019Henri Ghéon.POUR LA 18° ANNÉE Jos Lavallée SOUHAITE DE BONNES VACANCES À SES AMIS LES:ÉTUDIANTS ~ ASSOCIATION ATHLETIQUE DE L'UNIVERSITE DE MONTREAL DISPONIBILITES AU 3 AVRIL 1940 RECETTES Allocation de 'A.G.E.UM.Cotisation membres club ski (184) Recottos de parties Recottos d\u2019autobus DEPENSES Matériel sportif et entretien.Frais de joutes Transport et frais de voyages.Entretien et hygidue.Frais de bureau et impressions.Loyerettaxes.Réceptions ot représontation.Divers: Chauffage \u201cChalet'\u201d.Ustensiles do cuisine \u201cChalet\u201d.Eolairago \u2018Chalet\u201d.EAUX.LL.Le.ee aa Lacanau es Le 3 avril #1040.LY Contributions, .eter eee eter ee ater tt ease.cos $2,800.00 PEN $153.25 SESSA 4.10 208.90 $3,089 Faites Engagéos Total eee, re 32500 °° RS $ 440.20 cen $ 440.20 RE 568.89 2.43 571.32 Cees 44.02 cen.44.02 FP a0ee 243.85 vee 85 RE 681.76 40.00 721.76 ee 14.08 cee 14.08 18.77 .\u2026\u2026.18.77 RN 485.80 18.00 .80 ses se ne 16.24 Cee 16.24 $86.97 21.64 Fe 14.73 229.75 229.75 $2,743.36 ou $85.43 $2,828.70 \u201cDISPONIBILITESNETTE.154s \u201c SPÉCIALISTE DUHAME Quand on parle de Duhamel, son oeuvre est la, présente, comme une perce amie discrète, ès que nous abordons ses livres, et davantage encore quand nous avançons dans leur chemin secret, Duhamel est avec nous.[simons d'une amitié profonde, parce se son art est viril et il faut avoir vécu pour l'apprécier.C'est une expé- rence humaine qui se livre.Dans cette expérience quelle est la place de la femme?son rôle?son influence ?On peut trouver réponse aux deux remières, mais pas à la troisième.Dans l'oeuvre e Duhamel, les divers personnages vivent, détachés les uns des autres, se croisant par endroit comme les orbites des planètes au sein d'un mème système solaire.Chacun occupe [a place et joue très humainement le rôle que lui impose le type créé par l'auteur.Et s'il se tient à l'écart de ses personnages, c'est toujours lui, son esprit, sa logique, sa science, ses affections, ses dégoûts, ce sont les voies multiples de son esprit que nous retrouvons & travers eux.Ses types de femmes sont peu nombreux, mais attachants.La mère Pasquier à elle aussi une place importante quoique plus effacée.Avec elle, c'est le rôle de la mère qui domine.Mère si facilement in- uiète pour les chers siens, mère douée de l'intelligence du coeur, de la plus sensible compréhension, elle fait cha- wn se sentir le plus aimé, toujours deviné, consolé d'un geste, encouragé d'un mot, dans une atmosphère plutôt calme, malgré les frasques du père, velle ne permet jamais à ses enfants de juger.Elle accomplit si doucement, presque dans l'ombre à l'insu de tous, ces mille et un sacrifices qui assureront à la tribu la stabilité et qui peut-être seront la cause indirecte du succès de chacun des membres du clan.L'auteur lui fait ce rôle si beau, noble et grand.Tél.PLateau 7953 T.AL.BENOIT Docteur en Optique de Philadelphie OPTOMÉTRISTE OPTICIEN Membre perpétuel de la Société Astronomique de France 1617, rue SAINT-DENIS BUREAU chez AL.BENOIT-BENOIT PROTECTAL INC.ET LA FEMME Nous Cécile, c'est la musicienne au visage impassible, la grande artiste qui vit au milieu des siens sans s'y mêler, qui leur verse la musique comme un breu- vege de vie.Cécile parmi nous\u201d 7e volume de la \u201cChronique\u201d, marque le sommet.Sommet dont le lecteur dès maintenant voudra gravir un à un les degrés, en s arrêtant sur chacun d'eux pour regar- er longuement les paysages humains qu il découvre.Il nous présente 13, artiste merveilleusement ouée, à qui tout semble promettre la vie la plus heureuse, la plus harmonieuse et la plus comblée, mais chez qui se pose e grand problème de la foi.Problème qui est aussi celui de notre jeunesse., ll est permis de supposer que pour auteur comme pour son héroïne, un passage secret s'est foré au cours des années entre l'expérience de le musiques du réel musical et le pressentiment un ordre invisible auquel le croyant participe.Je voudrais citer ici une des pages capitales du livre de uhamel: la fin d'une conversation entre Cécile et Laurent, au cours de laquelle ce dernier vient de crier le désespoir u'il éprouve à constater l'absence ordre dans l'univers.\u201cCécile ne suivait plus.Elle semait soudain emportée non par les rêveries de ce frère obstiné, mais par une pensée tout autre, plus sereine, plus volontaire aussi.Quittant l'improvisation, les détours de la course vagabonde, elle montait d'un vol, calme et régulier et, tout à coup, retentit un chant tranquille, un chant fervent, la cantate de la Pentecôte.Chaque note allait d'un pas ferme vers son but.Toute l'âme de Cécile disait.\u2018Je n'accepte pas de vivre dans un monde privé de sens.Je ne peux pas vivre sans ordre.Laurent, écoute l'ordre du monde.\u201d Cette grande âme, la souffrance, loin de la révolter, l'amène à Dieu.Par quel cheminement cette grâce lui vient-elle?C'est ce qu'il nous montre avec une délicatesse et une noblesse 2 ton que peu de chrétiens sauraient \u201cégaler.Cet incroyant a compris mieux que beaucoup d'entre nous le sens profond du Christianisme.Et l'on ne peut lire certaines de ses pages sans éprouver autant d'admiration que d'émotion.Dans une synthèse plus vigoureuse ue l'analyse, il a posé pour nous LE RAND PROBLÈME.On se demandera quels peuvent être les desseins de l'auteur sur son héroïne: je m'imagine que l'immense épreuve de la guerre viendra transmuer en charité pure ce qui, dans la grande âme de Cécile, n'est encore qu'espiration et prescience.Blanche HALLE LE QUARTIER LATIN PARTIR \u201cVoyages! O.désir \u201cMes voyages les de changer de place, plus beaux, ceux qui dans l'espace et dans m'ont le plus exaîté, le temps! Etre plus je les ai faits à pied, jeune, être plus sac au dos, pendant vieux, être ailleurs, ma jeunesse.Souve- être partout.Passion nirs incomperables.de se fuir.Orgueil J'ai trois fois, ainsi, de se retrouver.Etre agné, visité l'Italie soi-même avec éton- du Nord, parcouru nement.Comble du dix fois la Suisse, voyage: être un au- admiré l'Autriche trel Emprunter des l'Allemagne du Sud raisons de vivre au et la France, on l'en- plus séduisant fan- tend bien la belle tôme de la mort.\u201d France montagneuse, (Le Prince Jaffar') celle des Alpes, des Vosges, du Massif Central d es voyages du sédentaire\u201d) Toute philosophie saine, toute science pure, tout art vrai commande nt un respect des forces de la réalité.Que s'il méconnaît celles-ci ou refuse de s'y soumettre, le philosophe cesse de réfléchir, le chimiste brise ses éprouvettes, le peintre délaisse ses pinceaux, le littérateur brûle ses manuscrits.Tous quatre ils ont renié ses droits à la réalité: ils ont renoncé à l'immortalité.litté- Traduire le vrai: mission du rateur.Georges Duhamel n'ignore pas cet aspect de sa profession d'écrivain.Aussi ses oeuvres sont-elles toutes pénétrées d'un souffle de vie profondément humain.Vous vous retrouvez sous tel de ses personnages.Moi, sous tel autre.Tous, très volontiers, nous faisons nôtres plus d'une remarque de l'auteur.ous nous surprenons souvent à éprouver le même sentiment que lui, en même temps que lui.Nous espérons avec lui, nous admirons ou déplorons avec lui, nous aimons, nous haïssons avec lui, nous sourions ou pleurons avec lui.Tout cela, parce que la sincérité de Duhamel est grande.Donc, aussi, sa connaissance et son respect des forces de la réalité.Duhamel a réussi a créer une oeuvre impérissable parce qu'il n'a pas sacrifié paresseusement une plume alerte aux seuls caprices d'une imagination fertile.Conscient de ses responsabilités d'écrivain, il a voulu connaître afin de peindre, puisque, \u2014 c'est lui-même ui l'écrit \u2014 \u2018le rôle de l'écrivain est e connaître et de peindre\u201d.Avant tout, connaissance de soi, de l'homme.Comment y parvenir?\"On y parvient par cent avenues différentes\u2019 répond-il.Puis il précise: \u2018\u2019L'observation des êtres jeunes, des êtres malades et des individus d'espèces iverses peut éclairer soudain et l'objet et le chemin.La connaissance des races étrangères peut nous instruire sur nous- mêmes.Voilà sans doute, à mon regard, le plus puissant d'entre les motifs qui me décident à voyager\u201d.Il croit même bon d'insister: \u201cIl faut voyager pour connaître évidemment quelque chose du vaste monde.Je l'ai bien assez répété.Mais j'ajoute SOUS-MINISTRE JEAN BRUCHÉSI Auec les hommages du .Secrétariat de la Province HONORABLE HENRI GROULX MINISTRE avec force: il faut surtout voyager pour se mieux connaître soi-même.\u2019 Voyager.Connaissance de soi.Connaissance aussi des autres.Leur histoire, leurs moeurs, leurs aspirations, leurs préférences, leurs craintes, leurs tristesses.Italie, Suisse, Allemagne, Hollande, Finlande, Russie, Autriche, Egypte, Grèce, États-Unis.autant de pays à destination desquels Duhamel partait un jour.Puis il en revenait tout chargé d'impressions, de souvenirs, de science.| en revenait un peu plus près de la réalité.\u201cJe comprends, confesse-t-il, ceux qui rêvent le monde, au fond de leur sofa poudreux, dans une épaisse fumée e pipe.Je comprends mieux encore ceux qui ne se retiennent pas d'aller vérifier sur place les assertions des géographes\u201d.Cependant, Duhamel ne se borne pas à la vérification des assertions des géographes.Non.Il veut connaître plus et mieux.|| vérifie aussi les assertions des historiens, des sociologues, des économistes, des journalistes, du cinéma, de la radio.f rencontre eaucoup de monde, interroge l'homme de la rue, le paysan, le financier, le professeur, le savant, le poète, l'enfant.|| veut voir: il ouvre les yeux.Il veut savoir: il questionne.Il va \u201cde ville en ville, de frontière en frontière, de peuple en peuple, tantôt joyeux tantôt décu'\u2019.Joyeux comme en Hollande, déçu comme aux Etats-Unis, agréablement surpris, à certains points de vue, comme en Russie.Toujours il observe.Toujours il découvre.Toujours il note.Est-ce à dire que Duhamel va consacrer toute son oeuvre à des récits de voyages?Non pas.\u201cJai fait des livres de voyage'\u2019, déclare-t-il.\u2018Entre les quelque 40 ouvrages qu'il me semble avoir publiés, le voyage pur tient une place assez petite: à peuËFprès la dixième part, quatre livres environ.\u201d Et, pourquoi, d'ailleurs, cet écrivain aurait-il consacré plus que quatre volumes au voyage pur?N'avait-il pas, du voyage, une conception très personnelle et très juste, lorsqu'il s'écriait: \u2018On me dit: \u2018vous aimez donc bien les voyages.Est-ce 13 voyager?\u2018est-ce pas plus simplement vivre, m'accomplir, faire ce pour quoi je suis né.Je veux savoir, comprendre.Je voudrais aimer de nouveau cette * \u2018ne cruelle et folle, ce monde cot \u201cusionnaire.e ne suis pas un rêveur politique, un utopiste de réunion électorale.Je n'entends pas abandonner à des chimères une vie déjà plus qu'à demi consumée.\u201d Voyager.Non pasYafin d'écrire, mais écrire parce qu'il y2a connaissance et désir.Connaître.Non pas en feuilletant quelque massive encyclopédie, mais en foulant de ses pieds le sol étranger, en recueillant soi-même les dires des indigènes.Partir.Non pas dans le sens de fuir, mais avec la hâte de revenir.\u2018Je ne suis jamais parti sans plaisir, je ne suis jamais revenu sans joie\u201d.Duhamel est parti plus d'une fois.Cela comportait des sacrifices.Il y a consenti généreusement.Son oeuvre y gagne un ceractère de permanence, d'immortalité, \u2014 le mot n'est pas trop fort.Maintenant, risquerons-nous un souhait?Que Monsieur Georges Duhamel succombe un jour à la tentation d'un voyage au Canada français.Peut-être y trouverait-il matière à une certaine consolation en cette moitié de l'Amérique?Peut-être.Affirmons avec force toutefois, qu'il y trouverait beaucoup d'amis.Qui sait si l'Académie Française n'a pas déjà songé à déléguer Monsieur Georges Duhamel aux fêtes du tricentenaire de la fondation de Montréal ?Jean DRAPEAU PALETOTS DE PRINTEMPS POUR HOMMES Twoeds importés.Styles ragian et njuntés.Grand choix de teintes et de densins.A partir de THEO.BONIN $16.95 prénident Chaussures Chapeaux pour hommes et Choix de pouvel- garçons.Points.les formes et ren: 54 à 12 teinten en vogne.PAGE NEUF LA CRISE DE LA CIVILISATION A la tombée du jour, les gens se pressent autour des kiosques de journaux pour savoir ce qui se passe là-bas, sur le front militaire.Ils n'ont peut-être pes l'anxiété des foules européenne: qui se sentent immédiatement engagées ans la mêlée des forces; leurs coeurs n'en sont pas moins inquiets de ce qui résultera de la folie des hommes en guerre.Il est tellement difficile de reconstruire quand la haine, le doute, la cupidité ont conquis les âmes de ceux ui se sont appelés à diriger les peuples! En face de ce tourbillon destructeur, les yeux se regardent et se demandent où tout cela aboutira, ce qu'il adviendra de nous, les jeunes, qui sommes à trois mille milles des champs de mort.Evidemment, peu d'esprits sérieux peuvent se targuer de vivre dans le meilleur des siècles.On a tellement laissé de côté les principes moraux sur lesquels doit reposer toute société digne de vivre, que seul le chrétien emeure calme, résolu, parce qu'il sait que de tels châtiments sont nécessaires à un monde qui a perdu l'Honneur.La guerre est là pour rappeler aux hommes que ce qui les distingue de la brute, c'est précisément l'âme qu'ils ont en eux, qu'ils doivent modeler selon ses exigences.|| est temps que chacun s'arrête dans sa course folle, médite sur sa destinée, sur la part d'humanité qui lui a Été réservée.Assez longtemps, il a oublié de vivre: il -'est fatigué dans les sentiers de l'insignifience où il traînait ses pieds lourds de fautes et e boue.La crise de la civilisation est la crise de l'homme qui a faussé son rôle sur la scène du monde.J'aime ma patrie, parce que les honnêtes gens enseignent que son histoire est celle d'un pays aux reliels captivants, celle d'un peuple dont l'oeuvre pendant trois siècles a fait l'admiration des voyageurs qui ont connu ces hommes isolés ans la vaste Amérique.Cette histoire est faite des sacrifices obscurs de ceux qui, loin des facilités des amuseurs, ont tenu à perpétuer leur sang sur la terre neuve, dans, la solitude des champs et des bois.À l'ombre des clochers, ils ont gardé le pouvoir de vivre humainement, de saisir, dans la longue file des jours et des nuits, des-heures de paix pour nourrir leur idéal et continuer leur dur métier d'hommes.En cette année de misères communes, j'ai moins de fierté à regarder vivre les habitants de la grande ville.Car on a tué le sens de la vie dans nos villes modernes, où des foules pantoises et massives s engouffrent dans des formules artificielles et creuszs.\u2018La grande différence entre les hommes\u2018, écrit Maurice Barrès dans ses Cahiers, \u201cest dans les choses qui les intéressent.Regarder ce qui vaut la peine d'être regardé.Respecter, aimer ce qu'ils doivent respecter, aimer.\u201d Ces mots deviennent troublants, quand on observe les actes de ses contemporains, dans leurs travaux et dans leurs repos.La valeur des hommes se juge suivant le degré de bestialité ou de spiritualité qu'ils mettent dans leur vie.La jeunesse elle-même n'a pes échappé à ce mouvement c'ésordonné du progrès moderne.Certes, je crois que c'est encore chez elle que l'on trouve le plus de pureté, de sincérité dans les intentions et dans les actes.lls sont néanmoins nombreux les vieux de vingt ans qui vont courir, aux carrefours des villes, le gibier à claques blanches dont le nacarat des lèvres se mêle à la lumière blafarde des lampadaires.On rencontre aussi des gens dont le métier est d'écla- ousser de leur venin le coeur de ceux qui passent sur leur chemin; ils épan- ent avec frénésie leur médiocrité, satisfaits d'avoir galvanisé les niais et les imbéciles.La politesse, le dévouement, l'honnêteté sont devenus pour eux des biens inutiles, des obstacles à leur zèle putréfiant.Le faux américanisme, la déchéance des moeurs y sont pour quelque chose dans ce déséquilibre des esprits; parfois, les possibilités d'un bonheur véritable ont été détruites par la misère et la pauvreté d'âme des maîtres de la Cité.Après avoir glosé sur le crétinisme du siècle, il fait bon nous réfugier quelques instants dans le parc national du silence.Non! il y a encore des jeunes ens qui n'ont pas perdu l'habitude de a vénération.Dans l'ébranlement d'un monde qui pourrit, ils ont cherché ceux qui tremblent d'inquiétude à regarder mourir l'humanité.!l est des hommes qui se sont approchés de l'Homme, ont tudié son coeur et ses besoins, ont Écouvert ses déficiences et ses erreurs, ont travaillé à lui donner des formules de paix et de santé spirituelle.M.Duhamel est un de ces bienfaiteurs de l'humanité, dont l'esprit et le coeur se sont faits les amsnts de la véritable civilisation, celle qui permet à chacun de s'attacher aux valeurs nécessaires, de reconnaître en celui qui l'aborde un ami et un frère.Son oeuvre est une définition magnifiaue umaine; en elle, \u2018nous choisissons \u2018la substance de notrz âmz.\" M.BLAIS et vulgaires.diants.LG malin du grand jour.| monapolise les regards Et pour vos imprimés, chaque jour est \u201cle grand: jour\u201d.Les yeux du public scrutent votre journal, vos programmes, vos circulaires, votre correspondencz.Et le public vous juge par ce qu'il voit de vous.Le public vous juge par vos représentants.\u2014 Vous pouvez réduire vos frais d'impression.Mais est-ce sagesse?Le plus obtus des administrateurs sait que le fer coûte moins que l'or ! Et il: nepeut espérer acheter de l'or au prix du fer.Il n'existe pos d'organisations suffisamment riches \u2026 pour se permettre le luxe d'imprimés malpropres \u2018 C'est Économi dispen- suse pour le, réputation de l'Université et des SERVICE DES IMPRESSIONS \u2014 \u2018LA :PATRIE e la grandeur RE i A \u201cPresque tout ce que je sais, c'est à la pauvreté que Je le dois.J'entends à la pauvreté de mes jeunes années.cependant, quand je regarde mes fils, mes trois chers garçons, je suis saisi par un désir of.animal, naif, absurde, de leur éviter les épreuves douloureuses qui ont fait de mot un homme, m'ont instruit, dressé, mari.Etrange tronie des événements: pour apprendre quelque chose il faut donc que mes enfants souffrent.Je le sais et m'y résigne mal.Il n\u2019y a pas d'expérience.Mais revenons à mot.Enfance pau- dre, non misérable certes.Petit-fils de paysan, mon père a passé la plus grande part de sa vie dans un effort opiniâtre comme petil employé de commerce.Il vint à Paris avant la guerre de 70 comme pelit empoyé de commerce.Il se maria, ful successivement herboriste, puis pharmacien, puis, vers l'âge de 45 ans commença ses études de médecine.II les acheva en 1900.II avait alors 51 ans.Deux ans après qu'il cht quitlé la Faculté, j'y cntrais moi-même; nous cûâmes à peu près les mêmes maîtres.Cette lente ascension n'alla pas sans force déplacements et sursauls.A ma connaissance, il n'a pas déménagé moins de quarante fois el nous l'avons suivi dans presque foules ses aventures.Par \u201cnous\u201d, J'entends la famille, ma mère, mes frères ct sœurs.Ma mère vit encore et Je n'entreprendrai pas de faire ici son portrait.Ce qu'il y a de meilleur en moi el dans mes livres, je lui en suis redevable.Elle a, d'ailleurs, inspiré quelques-unes des figures maternelles qui passeni dans certains de mes ouvrages.Silence donc et, je l'espère, pour longtemps encore.Je suis le septième des huit enfants que ma mère a mis au monde.Quatre ont disparu \u2014 douleurs infinies ct toujours saignantes.Deux filles sont restées, dont l'une, ma sœur aînée, est mariée au poète Charles Vildrac; et deux garçons, mon jeune frère cl moi- même.Pauvreté certes, et la pire de toutes; celle qui doit se dissimuler, tenir un cerlain rang.J'ai souvenir d'avoir été un enfant chétif.Bref, malgré la grande bonté de nos parents à notre égard, je ne voudrais, pour rien au monde, revivre mon enfance.Les souffrances de cet âge, son angoisse, ses (rislesses, ses hontes, ses perpétuelles inquiétudes! Non, je préfère encore certains désespoirs quasi-parfaits de l'âge mûr, ceux par exemple que j'ai connus pendant la guerre.De quartiers en quartiers et de villes en villages, toujours suivant l'humeur vagagonde de mon père, je fis mes premières études à l'école communale.Ai-je dit que je suis né en 18849 Sinon il en est encore temps.Je n'étais pas, autant qu\u2019il m'en souvienne, un élève trop bien doué; mai: soucieux de mille choses, tourmenté par l'incertitude d'un avenir confus, frappé déjà par l'immense douleur de toute celte humanité, et prochaine cl lointaine, qui s'agitait autour de moi.J'avais peut-être dix ou onze ans quand mon père me fit pratiquer diverses opérations dans la gorge.Cette fleur est infirme.Une fleur sans parfum, sans expression, d'où il ne sort pas un monde est infirme.Est-ce [à une vraie fleur?Elle ne témoigne de rien.Elle n'a pas compris le monde, c'est-à- ite, pris avec soi le monde puisqu'elle n'en peut rien dire.n ne peut s'y enfoncer infiniment pour y trouver sa version du monde.On l'interroge, on la sent, elle ne répond rien, elle est inodore, muette, ignorante et pauvre.Elle est vide de parfum, d'expression vivante, de poésie.Au fond c'est une fleur inhabitée.Elle n'a de présence que son petit rêve visible, une présence .] Le Quartier Latin orpene olliciel des étudiants de l'Université de Montréal 539, rue De Montigny - HArbour 0530 DIRECTION Directeur : JACQUES DUQUETTE Aviteur: J.-M.ROBILLARD RÉDACTION Rédecteur en chef : ROGER BEAULIEU Secrétaire de le rédection : JEAN-PIERRE HOULE Rédacteurs : JACQUES LÉGER YVES GODBOUT PIERRE BAUDOUIN ANDRÉ BACHAND DANIEL JOHNSON MAURICE CLOUTIER JEAN VALLERAND MARCEL ROBITAILLE MARCEL CARON MARCEL BLAIS LS.-E.PRESSEAULT JEAN DRAPEAU ROBERT GENEST JACQUES GENEST ADMINISTRATION Adainistseteur: BERNARD FORTIN Publiché : PAUL CHOLETTE e IMPRIMÉ PAR \u201cLA CIE DE PUBLICATION LA PATRIE 190 est, tue Mo-Cotherine MONTRÉAL fus Aeveux fall: poe Mapes el frefiorn £ fasteais Vo y Ate Ve , Coca ces À fader\u2019 Goby (C lub bs Co L'appareil chirurgical me frappa vivement.Désir qui, chose étrange, s\u2019exalta par la suite à voir mon père pciner pour acquérir, à l'âge où beaucoup d'hommes prennent leur retraite, ct science et diplômes.Muni du certificat d'études primaires, je m'élernisais dans les écoles dites primaires supérieures quand je ne sais plus quel camarade, sachant mon désir de devenir médecin, m'apprit que je faisais fausse route.Je m'en ouvris à mon père, alors bien trop occupé de ses affaires pour songer beaucoup aux miennes.\u201cC\u2019est ma foi vrai, me dit-il, nous allons te mettre au lycée.\u201d Et c'est ainsi qu'adolescent déjà, j'entrai dans l'enseignement sccondaire pour y figurer parmi des bambins, car mon retard était fort grand.Après quelques mois au Lycée Buffon de Paris et quelques mois d'internat ar Lycée de Nevers \u2014 car nous errions loujours de ville en ville, escorlant mon peére qui poursuivaii 'u fortune \u2014 je résolus de brusquer les choses ct de rattraper le temps perdu.H se rattrape, en dépit du proverbe, Je peux l\u2019affirmer.Je quittai donc le qui ne se continue pas, ne se diffuse pas en dehors de cette limite.C'est la fleur qu'on oublie quand on ne la voit pas, l'oeuvre à laquelle on ne revient pas parce qu'elle est inhabitée par la poésie.n est peiné qu'elle existe alors qu'elle ne vit pas.ais la fleur qui a le parfum jusqu'à son centre parait illimitée\u2026 + La poésie au fond d'une oeuvre d'art en est la transcendance, comme le parfum l'est de la fleur, comme l'amour l'est de l'homme.Dans ce monde où tout souffre de n'être pas un, où tout souffre de se sentir fragment d'un tout et non pas ce tout, les êtres ont besoin de se confondre dans une entité, dans l'être.Leur matérialité les enclot et chacun se sent seul avec soi-même.Tout le tour de soi-même chacun touche continuellement sa propre limite qui le retient et le divise de l'autre.Dans ce monde d'êtres seuls, il leur a cependant été donné de se connaître ans une simultanéité, de se dissoudre dans une entité spirituelle, où l'être, issu de sa matérialité, se donne à l'être et se connaturalise à lui.La poésie est cette puissance qui rend la vie contagieuse.Elle fait des contacts.Les êtres se connaissent dans la poésie comme dans le clair de lune qui les répand l'un dans l'autre.Elle unifie ces fragments.Elle peuple ces solitudes.Elle les emplit chacune de toutes les autres et toutes les autres de celle-là.Le vie par la poésie devient un accord.poésie la rend harmonique.Un arbre dans le clair de lune n'est plus SEULEMENT un arbre, il est lumière de lune comme cette eau, ce parfum, cet homme.connaissance poétique procède par don, par échange, par amour.Aie pitié des êtres isolés.Tu es toi- même une solitude.Tu dois toucher le MA VIE Mette; oH lycée et fis, avec l\u2019aide dc quelques bons maîtres, un effort st soutenu qu\u2019à dix- huit ans mes études classiques étaient complètement achevées.J'ai, de ces humanités, faites en pleine adolescence, avec un cervcau déjà mûr et avide, j'at gardé des souvenirs forts, vivants, savoureux.Mon fils aîné, qui a dix ans, fera, comme beaucoup d'enfants de son âge: il commencera le latin cette année même.Je me demande s'il y peut apporter dès maintenant ce goût, celte ardeur qu'éprouve un esprit ardent après la quinzième année.J'avais donc rattrapé les jeunes gens de mon âge ct, dès l'automne de 1902, je commençais le P.C.N.C'est, chez nous, l'année préparatoire à la médecine, celle où l'on absorbe sérieusement les sciences physiques, chimiques et naturelles.Il me faut, dans cette auto-biographie forcément sommatre, laisser mille choses de côté.Entre autres, mes soucis d'argent qui me conduisirent, pendant les vacances, à faire divers petits métiers, dont celui de clerc expéditionnaire dans une étude d'avoué.La comme ailleurs, jJ'appris beaucoup de choses qui revivent parfois avec la plus grande force quand, seul à ma table de travail, je médite devant la page blanche.Ce que je ne peux taire, c'est l'éveil de mes goûts littéraires.Des l'âge de douze ans, j'avais commencé de composer des poèmes, je continuai par la suite.Pendant mon année de philosophie j'écrivis un roman dont il n\u2019est - heureusement rien resté: j'en ai brâlé tous les feuillets avant la guerre.Vers cette époque, je lial connaissance avec plusicurs jeunes écrivains parmi lesquels Vildrac, puis Arcos puis, plus tard, Jules Romains ct bien d'autres.L'idée de devenir écrivain prit peu à peu place dans mon esprit.Chose étrange elle faisait assez bon ménage avec ma vocation médicale.Nous étions mes amis et moi, dès ce temps, les fils spirituels de la génération des poètes symbolistes.Le métier des lettres était, a nos yeux, sacré.Nous entendions y apporter un cœur parfaitement pur et délieré de tous soucis d'argent.Nous avions tous résolu (rien de plus sage), DUHAMEL POETE reste du monde et ce doit t'être remis.\u201cJe suis une ilote.Qui me rendra ma liberté?\" L'autre, l'autre, pauvre lavin.L'autre te la rendra.Sors de toi-même et touche le monde! Salavin, lorsqu'il touche l'oreille de Monsieur ureau, reçoit la poussée de ce besoin \u2018émotion commun à tous les êtres, ce besoin d'être mû hors de soi-même.Salavin le résume cette soif de contact, de connaissance poétique, de délivrance de l'emprisonnement.\u2018Et ce qui le fascine, écrit Claudel, c'est la chair de cet individu, un homme après tout comme lui, en face de lui, dont il est séparé par d'infranchissables abîmes.| ne peut plus se retenir, ce frère au-delà de la fissure il lui faut à tout prix le vérifier! il avance la main, lui touche l'oreille.Toute l'oeuvre de Duhamel se résume dans cet émerveillement et dans ce \u201c contact.\u201d + Duhamel poète; quel poète est-il?uel artiste est-il?uhemel ne tient visiblement pas de l'artiste pur.Entre lui et Mallarmé, Valéry ou Louys, nulle parenté sauf le poésie.Cet homme est un grand artiste et cet artiste un grand homme.|! n'est point l'un aux dépens de l'autre.Il se voue eux deux.Un artiste est d'abord un homme.Il a d'abord une vie d'homme et ensuite accidentellement, une vie d'artiste.Mais certains, semble-t-il, ont inversé jusqu'à un certain point cet ordre.vivent une vie presque essentiellement artistique.lis relèguent leur vie humaine à la fonction de support.Pensons à Mozart, à Mallarmé.L'artiste occupe en eux tout le terrain humain.ll ne leur reste plus l'espace d'être des ommes.Mozart n'est pas un homme.ll est un pur musicien.Il a vécu dans un absolu musical, dirais-je, comme Mallarmé dans un absolu poétique.musique de Mozart ne prouve pas que l'homme existe, elle ne le définit pas, elle ne le ra elle pas comme celle de Beethoven.Île pourrait tout autant venir de n'importe quel être essentiellement musicien perfectionné.poésie de larmé passe par une voie semblable.Picasso cubiste y met aussi les pieds.Leurs problèmes ne s'attachent à rien de centralement humain.lls travaillent dans l'extra-humain, dans l'art isolé des misères de l'homme, isolé de \u201cl'impur\u2019\u2019.lls n'avouent que l'artiste.lls sont des artistes-hommes.D'un autre côté, \u2014 je verrais ici Duhamel \u2014 il y a ceux qui purifient \u201cl'impur'\u2019, qui s'en servent pour faire leur oeuvre.lls font passer l'aveu humain par l'art.ls anoblissent la matière humaine per les vertus de l'art.lls joignent les problèmes humains aux problèmes artistiques.Duhamel est de la race qui contient Van Gogh, Beethoven, les arties iques.lls sont des hommes-artistes.lls pensent davantage au sort de l'homme avec l'art que de l'art sans l'homme.Les deux races ont cependant leurs vertus, les deux cherchent la _ ion.Le différence est dans la recherche.Cons \u2026 œu rehiiee dec pacyres.JR's lid arta cépu he bo 0e lecces Vu la Is LOr, V4 A0 Lez ffrreua ; Cac la teucit\u2014 de zerrut\u201d tas A Latte a7 olfacs, | SLL Mecewtn 7 foeth ble\u2019 rion By Queens , fr d'exercer un métier pour ne rien demander aux lettres: Vildrac était secrétaire d'avocat, Arcos peintre décorateur, Jules Romains se préparait au professorat, moi-même à la médecine.Tout en travaillant à mes premiers livres de vers, je me jetai donc dans la médecine avec beaucoup d'ardeur.Dès maintenant je dois parler de l\u2019Abbaye.Plusieurs fois la semaine, nous nous réunissions, le soir, chez l\u2019un ou chez l'autre.Vildrac semblait tourmenté d'un rêve merveilleux, celui d\u2019une sorte d'abbaye de Thélème sclon Rabelais.\u2018\u201cNous devrions, disait-il, nous retirer tous ensemble à la campagne et vivre comme des moines, des moines libres et sans autre règle que celle de l\u2019amilié, consacrant une part de notre temps à la poésie, et l'autre à quelque mélier manuel qui nous permeltrait d'assurer notre vie matérielle\u201d.A force de rêver il nous fit rêver tous.Tant et si bien qu'en 1905 et 1906 notre désir prit une forme suraiguë.De tels désirs finissent toujours par sc réaliser en partie.Nous avions choisi d'exercer le métier d'imprimeur, qui nous conve- Duhamel à senti souffrir.I! à senti le besoin de consolation immédiate qu'a l'homme.ll ne s'adonna pas aux jeux de formes en soi.Il fallait donner à l'homme avec l'art le plus direct, le plus simple la consolation du monde poétique.| a eu la force d'entrer \u2018l'impur'\u2019 dans son oeuvre, ou, plutôt, il a eu la force de tirer son oeuvre de cet \u2018\u2018impur\u2019\u2019 même, et de lui donner des vertus esthétiques.La poésie dans la nature par laquelle les choses fraternisent, il fallait que l'homme en fût pénétré, lui qui, le plus, a des frères et pourtant se trouve si seul.Il fallait inciter l'homme à l'amour.Mais pour cela, il fallait soi-même avoir eu pitié, avoir aimé et connu poétiquement.Il fallait avoir suffisamment aimé ur que cet amour débordit sur le ère, sur l'autre, et qu'il fût délivré de sa solitude, qu'il participôt au monde.Duhamel à déjà cherché son expression poétique en vers.Mais c'est dans son oeuvre en prose qu'il la possède surtout.Duhamel à senti qu'il pourrait infuser beaucoup plus de poésie dans un Pasquier que dans un sonnet.Qu'aux misérables pieds de Salavin, il pourrait leur faire dire plus de poésie qu'aux pieds d'un alexandrin.Le poésie, les Pasquier ne sont-ils pas impliqués dedans?Ne tente-t-elle pas de libérer Salavin?Qu'est-ce qui sort des livres de guerre?Qu'est-ce que défendent les essais, les \u2018Scènes e la Vie Future\"?La poésie, la brie toujours.= \u201cLa Possession du onde\u2019 n'est-elle pes une manière d\"' Art Poétique\"?hamel poète, mais Duhamel est-il finalement autre chose?N'est-il pas plus qu'un romancier?qu'un penseur ?près le romancier, après le penseur, il nous reste de Duhamel le poète de Ext-on plus poète?Fait-on pl -on plus que e?Fait-on plus qu'aimer.et rendre contagieux cet ahour LE nait à fous.Mais, en unissant nos maigres ressources nous peine de quoi déménager.Un ona à rade, survenu soudain Parmi n s'offrit de nous procurer le Matériel nécessaire.Dès lors, les ch rte très vite: la maison fat tro a Créteil, à onze kilomètres à Une noble masure abandert ah milieu d'un parc sauvage.Et tombaient les feuilles de l'année n nous y installâmes, avec noire matériel tout neuf et un ouvrier qui acceptait d, devenir notre maître technicien Le pPhalanstère était fondé.\u2019 L'Histoire de l'Abbaye dema un gros volume.Je n'en peux deri ici, sinon que nous fâmes assez oy des ouvriers passables, our mo comple, comme composileur, je lecais à peu près 1200 lettres à l'heure, ce qui peut donner un aperçu de nos aptitudes C'est sous la firme de l'Abbaye que Parurent nos premiers ouvrages: \u201cTragédie des Espaces\u201d d'Arc, .\u201cVie Unanime\u201d de Romains, \u201cImages el Mirages' de Charles Vildrac et mon livre de vers: \u2018Des Légendes, des Batail.es\u201d.0 » Qu Cette aventure extraordinaire, une des expériences à coup sûr les Plus émouvantes qu'il ait été donné de vivre à des jeunes gens, s'acheva, hélas par un échec et, au début de l\u2019année 1908 chacun reprit la route de Paris et de la solitude.J'ajouterai que c'est en 1907, à l'Abbaye, lors de la fête de l'été que nous avions célébrée dans notre Jardin, que je connus Blanche, ma femme.Parvenu à ce point de récit, il me faut faire une grande parenthise, Je n'avais pas abandonné mes études de médecine.Reçu externe des hôpitaux après une année d'études, je fus à ce point frappé par la partialité qui règne dans les concours que je décidai, contre le vœu de mon père, de ne pas préparer l'internat.Aussi bien, ma passion des belles-lettres commençait de me tourmenter fort.Toulefois, pour bien prouver à mon père que celle décision ne cachait point quelque défaut d'ardeur au travail, je résolus de m'imposer un surcroît de besogne, et me fis inscrire à la faculté des sciences en vue d'y pri.parer une licence.Ces années de ma jeunesse m'ont laissé des souvenirs extraordinaires.Je poursuivais parallèlement mes études de médecine el de sciences, je faisais à l'Abbaye le métier d'imprimeur, j'écrivais mes premiers ouvrages, j'entends les premiers qui furent publiés, j'accomplissais, à la faveur des vacances, maints voyages qui furent presque tous faits à pied: en compagnie de quelques camarades, je parcourus en effet, à pied, unc partie de la France et de l'Italie, la Suisse, l'Allemagne du Sud, l'Autriche montagneuse.Et, pourtant, que d'heures perdues! Que d'aventures, que de bavardages! Mes ressources étaient, en outre, fort médiocres.Dès ce temps, je com mençai de gagner ma vic el de bien des façons: j'écrivais des ouvrages de mêde- cine.Georges DUHAMEL de l'Académie Française a Cité par Pierre Humbourg par les vertus de l'art?On ne peut sortir de soi per une autre ouverture que l'amour, que la poésie.On ne possède rien autrement, on est un vide autrement.\u201cAlors que l'exercice de l'intelli- ence semble aboutir fatalement à \u2018emprisonnement de l'être en lui-même, l'amour nous fait entrevoir le prolonge- tion de l'âme hors d'elle, dans l'espace et dans le temps.En vain l'intelligence nous prouvera quil ne s'agit là que d'une illusion.Cette illusion est belle; décidons de l'organiser.force souhaiter sortir de ses limites, l'être parviendra peut-être à les briser, et c'est sans doute à l'amour qu'il devre !e miracle de sa délivrance.\u201d (Duhamel, \"La Possession du Monde\").Jacques-G.de TONNANCOUR L'ÉTUDIANT AMÊNE: SES PETITES AMIES \u2019 CHEZ i GERACIMO 412 est, rue Ste-Cathaiine.AIR CLIMATISÉ "]
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