Le Quartier latin, 28 novembre 1941, vendredi 28 novembre 1941
[" RE ARRIBA Ls 0 EE TRON \u2019 MONTREAL, 28 NOVEMBRE 1941 Directeur: JACQUES GENEST À LIRE DANS CE NUMERO L'OEIL DE CARABIN LA VIE UNIVERSITAIRE AU BRESIL ; LUIX MARIA DUPRAT SERRANO WOLFGANG AMADEUS MOZART JEAN VALLERAND JOIE LUCILE GERIN-LAJOIE LES DEBUTS DU \u201cTRETEAU\u201d CIIARLES DUMAS EMILE NELLIGAN JEAN GUATRIE \u201cLA Se FEMME DE BARBE-BLEUE\" CHARLES DUMAS LE THEATRE ET LE TRETEAU \"WILLIAM HAUSSOULLIER RAFPORT DU CONGRES DE L'A.C.E.M.I.L'HISTOIRE DE LA MEDECINE AU CANADA FRANÇAIS CHARLES-HENRI DORVAL A TOUS LES SKIEURS VOTRE CHALET, CARABINS ROBERT BAILLARGEON HOCKEY INTERFACULTES QUILLES INTERFACULTES LOUIS-J.GAUTHIRI HOMMAGE À S.-SULPICE MGR EMILE CHANTIER TROIS 10 SOUS-LE: NUMERO j dl £ | | | A m .nl] CLICHE GRACIEUSETE \u201cLA P'ATRIE® FAITS par MARCEL ROBITAILLE Trois faits marquants ont retenu l'attention générale, récemment.Trois événements qui nous touchent plus particulièrement, nous du Canada français : les fêtes de Saint- lpice, la mort de Nelligan, le cinquantenaire de Rimbaud.«Le Quartier latin», bien que forcément en retard, se doit de les souligner.+ Fondée en 1642, à Vaugirard, par M.Jean-Jacques Olier, la Société de Saint- Sulpice \u2014 qui, dès 1657, commença d'exercer à Ville-Marie son oeuvre bienfaisante évangélisation et d'éducation \u2014 continue encore, après trois cents ans, d'imprégner notre vie religieuse et éducationnelle de son heureuse influence._ I serait oiseux de reprendre ici, même brièvement, l'historique de cette Compa- nie.Mais nous ne pouvons oublier le généreux apport des Messieurs de Saint- dulpice à la formation de la Nouvelle-France, du Canada français \u2014 et plus singu- ièrement de Montréal.Des raisons administratives empêchent la Métropole de célébrer de façon vraiment grandiose son tricentenaire.Qu'il nous soit au moins permis de nous associer cordialement aux manifestations, restreintes certes, mais non Moins vives, qui accompagnent ce troisième Centenaire.: + Nelligan est mort.Je ne seche guère de jeunes Canadiens français qui n'aient @ sêté ceptivés, dès leur premier contact avec les lettres françoises, par cette attachante igure.Ce poète de chez nous portait en lui ce charme attirant des âmes absolues.me trop absolue, trop méprisante de nos misérables contingences terrestres, trop concentrée dans les problèmes de l'abstraction, \u2014 il devait, à l'instar de Maupassant d'autres poètes de génie, définitivement : « .sombrer dans l'abîme du rêve».Nelligan était-il un génie?La question est insidieuse.Il reste que son oeuvre, terminée à dix-huit ans, est extraordinaire, qu'il a parlé un langage infiniment humain, en des vers magnifiques, qu'il a contribué à l'essor \u2014 ou à le tentative de formation {la polémique ne m'intéresse pas) \u2014 d'une littérature canadienne-française et que ses poésies nous ont apporté un triste, mais émouvant message.Il reste que, Nelligan mort, son oeuvre demeure vivante et que nous lui conservons un profond attachement.+ Il se trouve toujours quelque ferceur, en mal d'imagination, pour inventer une folie nouvelle et quelque imbécile pour la gober béatement.C'est ainsi qu'on a arlé, dans des milieux mal informés, d'une défense qui aurait été faite au «Quartier atin par les autorités de l'Université de Montréal de publier quoi que ce soit sur Rimbaud.Comme question de fait, aucun travail ne nous a été présenté sur ce poète.oilà tout.Le cinquantenaire de la mort de Rimbaud ne doit pas nous laisser indifférents.Les appréciations les plus diverses ont accueilli son oeuvre.Quelques-urs ont voulu n'y voir que la reproduction nullement intéressante d'un esprit déséquilibré; d'autres, le produit d'un géiie incontestable.La vérité, ici encore, doit souffrir de cette absence de distinctions.Rimbaud est assurément un grand poète et son esprit tourmenté doit expliquer, sans l'excuser, sa vie de débauches.Après avoir cherché toute sa vie à s'orienter, Rimbaud est mort en chrétien.On peut goûter Rimbaud ou ne rien comprendre à ses poèmes.On doit reconnaître u'il a laissé un nom dans la littérature française \u2014 et rien de ce qui touche à \u2018là rance ne nous laisse insensibles.VOLUME-XXIV, No.9\" IN MEMORIAM LE TRES HONORABLE ERNEST LAPOINTE Face à l\u2019embouchure du Saguenay, quelques milles à l\u2019intérieur des terres, le village de S.-Eloi dresse son clocher, à l'ombre duquel un jour de l\u2019année 1876, Ernest Lapointe vit le Jour.Ses études classiques parfaites au Collège de Rimouski, il s\u2019inscrivit à la Faculté de Droit de l\u2019Université Laval pour être accepté membre du Barreau de Québec en 1898.Une brillante carrière professionnelle s\u2019ouvrait au jeune avocat, et le succès vint couronner sa probité et son travail, tant à Rivière-du-Loup qu\u2019à Québec.La politique, cependant, l\u2019obligea à sacrifier sa clientèle après quelques années.En effet, élu en 1904 député de Kamouraska à la Chambre des Communes \u2014 où il était considéré comme l\u2019un des plus forts \u2018\u201cdebaters\u2019\u2019, surtout à cause de son bon sens \u2014 il représenta ce comté sans interruption jusqu\u2019en 1919.Au lendemain de la mort de sir Wilfrid Laurier, tous reconnurent en lui son digne successeur et lui offrirent le siège de Québec-Est, dont il était le mandataire Jusqu'à aujourd\u2019hui.Ministre de la Marine en 1921 dans le premier ministère King, il se vit décerner en 1924 le portefeuille de la Justice et, par suite, devint le principal lieutenant du premier ministre pour se fondre avec lui dans l\u2019équipe King-Lapointe.C'est avec Lapointe que King se rendit à Londres pour représenter le Canada à la Conférence Impériale de 1926, où s\u2019ébaucha le début de l\u2019indépendance pour les Dominions.C'est encore Lapointe qui conclut avec les Etats-Unis le premier traité signé par un Canadien avec l\u2019autorisation du Roi.Depuis, le Statut de Westminster est venu s'ajouter aux réalisations nationales du gouvernement King-Lapointe.Depuis aussi, des reculs sont venus entraver la marche triomphante de leur oeuvre.Mais l\u2019on ne doit pas juger ces reculs superficiellement et les causes les plus diverses, Inconnues du grand public ont pu les motiver.Quoi qu\u2019il en soit, plusieurs n\u2019ont pu garder leur confiance en lui et quelques-uns même sont allés jusqu\u2019à le rejeter comme chef de notre émancipation nationale.Ainsi ce Journal de la métropole qui parlait tout dernièrement de la \u2018\u2018maladie diplomatique\u201d de M.Lapointe à l\u2019occasion de la dernière session.La veille de son décès, cependant, tous les Canadiens français ont réalisé que le Très Honorable Ernest Lapointe a dignement rempli sa mission de successeur de Laurier.Le Canada, en le perdant, voit partir un des plus ardents champions du fédéralisme canadien et le Canada français pleure un chef d\u2019une force inestimable, en plus de son meilleur ami, dont la disparition creuse un vide profond difficile à combler.Gabriel! MARCHAND Rédacteur en chef: MARCEL THEORET PAGE DEUX: .LE QUARTIER LATIN Ca 28 NOVEMBRE 13, [§ + QO) L'OEIL de CARABIN L\u2019AFFAIRE DE LA JOY OIL CO.Le public est bien sur le point de la juger.Deux fois, à la mi- octobre et ces derniers jours, la \u201cJoy Oil Co.\u201d en a appelé au Premier Ministre, M.King.Jusqu'ici, aucune réponse encore, si ce n'est celle de M.Howe, au début de l\u2019affaire, qui faisait, gratuitement, des faits et déclarations de la \u201cJoy\u201d des affirmations \u2018fausses et malicieuses\u201d.Depuis, il n\u2019y a pas eu d'enquête, officielle, du moins; on continue de crier à la disette de l'essence, à cause du manque de pétroliers, alors qu\u2019on projette d'immobiliser 34 pétroliers de la flotte canadienne.Et même sans ces pétroliers, ceux dont dispose actuellement le Canada pourraient fournir 150,000 millions de gallons supplémentaires, au cours des prochains six mois (d'après les chiffres toujours non réfutés de la \u201cJoy Oil Co.\u201d).A bord de ces pétroliers, les grosses compagnies obtiennent 100% du tonnage pour transporter leurs produits dont 5% seulement sont utilisés pour l\u2019effort de guerre total.La Joy, vendant à des prix d'environ 5 sous par gallon inférieurs à ceux des grosses compagnies, ne peut pas même obtenir 1% du tonnage des pétroliers; et dans quelques jours, il sera trop tard, puisque la navigation prendra fin.C\u2019est là l\u2019étouffement sans vergogne des petites compagnies par les grandes, sous le protectorat silencieux de ceux qui ne veulent pas répondre, tout simplement parce que \u201cla Joy Oil Co., comme le disait M.Howe le 7 nov, n\u2019a aucun actif au pays, sauf des postes de distribution et des réservoirs d'emmasinage, n'a pas d\u2019usine de raffinage, ne possède aucun pétrolier.n\u2019a de services organisés que ceux qui ont trait à la distribution\u201d.C\u2019est clair: la \u201cJoy Oil Co.\u201d ne peut obtenir 1%# du tonnage pétrolier, parce qu\u2019elle n\u2019est pas milliardaire et que seuls les milliardaires protègent le public contre l\u2019élévation des prix! La démocratie se moque vraiment de la démocratie.Il est prouvé que l\u2019importation de la gasoline de Trinidad (huile toute raffinée) aiderait l'effort de guerre, en économisant le tonnage, dont une proportion de 20% se perd dans le transport de l'huile brute, raffinée ici par les grosses compagnies, \u201cpossédant, elles, des usines de raffinage\u201d.Et pourtant, le déclarer serait nuire à l'effort de guerre?On commence à comprendre où se trouvent vraiment les déclarations \u2018fausses et malicieuses\u201d .Gérard ALLY © A PROPOS DE L\u2019ANNUITE DU MARECHAL PETAIN Que le Maréchal Pétain, comme individu, recoive ou non, une annuité d\u2019une compagnie canadienne d\u2019assurance, peu nous importe.Cela ne nous regarde pas, cela n\u2019est pas de notre ressort.Mais, à ce propos, il n\u2019est pas sans intérêt de noter un exemple typique des jeux de la politique contemporaine, une de ces contradictions officielles qui ont tant fait pour saper la confiance des gens dans les hommes publics.Cette perte totale de confiance d\u2019une grande partie des hommes sérieux pour les politiciens n\u2019est pas des plus rassurantes pour la reconstruction durable du monde, pour un avenir meilleur.Lisez bien, l\u2019un après l'autre, ces deux textes, le premier de M.V.R.Smith, gérant général de la Confederation Life Association, compagnie de laquelle M.Philippe Pétain a pris une assurance, et le second de Sir Kingsley Wood, chancelier de l\u2019Echiquier.\u201cTout au long de cette affaire, notre compagnie à collaboré à fond avec les nutorités britanniques.Puisque le contrat qui lle le maréchal Pétain à notre compagnie est un contrat britannique, signé à Londres, 11 est sujet à ln juridiction du gouvernement britannique.Le zou- vernement canadien w'avaft aucune Juridiction en cette matière et 11 ne s'y est aucunement mêlé\u201d, Monsieur Smith.\u201cNous avons falt exception à la règle qui défend l'envoi de fonds en territoire étranger parce que le maréchal l\u2019étain est le chef d'un Etat, qU'IT a signé un contrat avec une compugnie canadienne et que le Dominion du Canada entretient encore des relations diplomatiques avec In France Inoceupée\u201d, Sir Kingsley Wood.Le Canada, 20 novembre 1941, Paul LEONARD © CONCOURS DE VACANCES On dit que les vacances sont faites pour se reposér, concedo! Mais il ne faut pas entendre ici un repos qui fait tomber dans une inertie déprimante.Il faut que la jeunesse étudiante occupe ses vacances de la façon la plus profitable: détendre à la fois ses facultés intellectuelles et corporelles.Sans s'imposer un travail ardu, elle peut vaquer a des occupations très utiles et aussi très reposantes.Par une visite à l'exposition des travaux de vacances, tenue dernièrement au Gésu, on s\u2019est rendu compte que plusieurs de nos jeunes ont bien employé leurs vacances.Ils se sont appliqués à tous genres de travaux, ayant trait à la science, à la littérature et aux arts.Cette brillante initiative des concours de vacances est, peut-on dire, une oeuvre d\u2019éducation nationale; celle permet aux concurrents de fouiller leur beau pays à bien des points de vue.Les sujets qu\u2019on leur soumet portent sur la photographie, les récits de voyage, la petite histoire, les enquêtes économiques et sociales, les sciences naturelles et sur tous les arts.Ces jeunes gens n'ont fait que leur devoir .ils ont cru avec Monsieur I'abbé Groulx que \u201cNos écoles ne peuvent se passer DOUCES POUR LA GORGE CROIENT ILES ER) ww ; 101 dE EN AN d'orientation nationale et nous ne pouvons être des français artificiels et dévitalisés.\u201d Jean-Paul GUILBAULT © BON SENS La presse universitaire donne souvent le ton à tout le pays \u2014 et, en cela, surpasse la grande presse, son aînée \u2014 quand il s'agit de se maintenir dans les bornes du sens commun.Et le journal de l\u2019Université de Toronto, \u201cThe Varsity\u201d en donne une preuve éclatante dans un éditorial de la semaine derniére, a propos de la conduite de l'opinion en temps de guerre.It wus somewhat shocking to read, recently, a report from London which quoted a member of the British House of Parllument us asking the l\u2019rime Minister a question on which he referred to \u201cthat rat, Hitler.\u201d Such remarks, made under the guise of humour, tend to make their users, and in n sense, the whole Allied Cause, a little shabby.There are n certain class of persons who seem to feel that tlie best way they can ald the war effort is to throw verbal mud upon anything and everything German.Every day we see reports of remarks far more reprehensible than those mentioned above\u2014remarks made by civillans, members of the armed forces, and, worst of all, by community and country leaders, When such remarks are made by public leaders, they tend to reflect an impure spirit not only in the persons themselves, but in the persons they supposedly represent in making the remarks.A cela, on peut ajouter l\u2019attitude de certains journaux et de soi-disantes personnalités cana- diennes-françaises et autres à l\u2019égard de la France qui, bien plus que nos ennemis, mérite notre entier respect.CONNAISSANCES HISTORIQUES Chez les Anglais de l'Ouest, dont le journal de l\u2019Université de Manitoba, \u201cThe Manitoban\u201d, reflète l'esprit, l'histoire canadienne ignore l'élément francais, mentionne à peine les noms de Cartier et de Lafontaine, fait du développement du Canada l'ouvrage du parti libéral, soutenu par le clan financier de Montréal, et va même jusqu\u2019à dire que l\u2019idée du Commonwealth a germé en Angleterre, où l\u2019opinion l\u2019a désiré depuis 1846 pour gratifier plus tard les colonies du gouvernement responsable et favoriser la Confédération.Puis, l'auteur ajoute: \u201cCanadu has somehow never been able to think of Great Britain in quite so calm and rational a manner.London has not, us Ît were, tuken Canadians with (it, in its developing and changing views of empire.A large number of our people are still on the other side of the 1837 rebellions, They have not accepted even yet the full hmplica- tions of the self-government thrust upon them.Too many of the people who made Confederation took their soclal roots In the Family Compact and the Montreal oligarchy.They were not clear as to what kind of empire they had.They tended to consider Great Britain as the ultimate authority for the making of Canadian decisions, Canadian opinion seemed to stop somewhere between the prevailing British attitude (complete independance) and the Jingolstie.All the sentimental connotations of the word \u201cMother Country\u201d which bedevil the clarity of Canadian thought are our heritage from this confusion, Even with the Statute of Westminster a great many Canadians were unwilling to view their country in the light in which Englishmen had viewed it for eighty-five years.Though equality of status was literally thrust upon them they persisted in a sort of hang-dog colonial attitude.\u201d Tout en reconnaissant la part de vérité de cette assertion, nous nous devons de déplorer l'ignorance de nos compatriotes de l'Ouest sur nos luttes d'indépendance.En revanche, une connaissance mutuelle ne pourrait que servir à tout le Canada, étant - donné que nos aspirations se rejoignent sur plusieurs points.Gabriel MARCHAND © LE \u201cFINANCIAL POST\u201d Lisez-moi tranquillement cet extrait d\u2019un article publié par la rédaction en première page du \u201cFinancial Post\u201d, sous le titre de: \u201cThe Nation\u2019s Business\u201d: \u201cKING ALREADY GIVEN MANPOWER MANDATE\" An appeal! to the people of Canada, either in the form of a referendum or a general election on the issue of compulsory selective service is nelther desirable nor necessary.The government went to the country a year ago last March and received an overwhelming mandate to prosecute the war to the utmost.Mr.King told the electorate then that the real test was coming and he wanted a wartime mandate to go full steam ahead.He got it.In plainest language, the people of Canada told Mr.King to adopt, without further consultation, any steps considered necessary for the winning of the war.By all menns Jet Mr.King consult parliament.Let there be full and frank discussion, free entirely from party politics, on this pressing and vital problem of manpower.But it would be criminal both from the standpoint of delay and of dividing the country In the face of the enemy to hold a referendum or an election.Financial Post, 22 novembre 1941.Avez-vous bien lu?Vous n\u2019en revenez pas?C'est dégoûtant, trouvez-vous, que ce journal, organe du capitalisme outrancier, dénature la vérité à ce point.S'il est une chose claire et vraie, n\u2019est-ce pas le mandat qu\u2019a reçu à une écrasante majorité, Monsieur King et ses députés, de TOUT l'électorat canadien, d\u2019aider la Grande-Bretagne par des envois de matériel (armes, munitions, vivres, vêtements) et de volontaires, mais sans la conscription.Presque tous les députés, tant d'un parti que de l\u2019autre, et les ministres ont tous dit et redit à satiété que nous n'aurions jamais la conscription et que le compromis fait au début de la guerre entre Canadiens anglais et Canadiens français, était le plus sage et devait durer.Il est inutile d\u2019étaler leurs textes; ils sont encore frais à nos mémoires.Que fait le \u201cFinancial Post\u201d du sentiment public, de l\u2019opinion générale, des convictions ñe tous?Etouffer l\u2019expression de la volonté générale, passer par-dessus, voilà sa conception de la démocratie, de la liberté! Ah! la civilisation supérieure .L'unité du pays, ça leur est bien égal à ces financiers pourvu qu\u2019ils s\u2019enrichissent davantage.S'ils la veulent tant la conserip- tion, pourquoi n\u2019y vont-ils pas se battre en Angleterre, en Libye, en Ethiopie.à Hong-Kong?Ils sont trop lâches, trop couards, ou bien, ils ont les pieds plats, je suppose.Ils doivent être irremplaçables au pays, des \u201ckey-men\u201d, quoi! il me semblait bien .Paul LEONARD e À LIRE, À RELIRE ET À RÉPANDRE Nous reproduisons, avec grand plaisir, cette lettre envoyée au Devoir, le 24 novembre, par François Hertel, un de nos plus distingués collaborateurs: Le Guelph Mercury, qui n'en est pas à sa première bourde, vient de prouver une fois de plus qu'il est rédigé par des fanatiques et le Sudbury Star, en reproduisant ce texte, adopte une attitude de fausse objectivité.Je résume les commentaires du Guelph Mercury.Selon cette fouille, l'enseignement du français ne saurait être essentiel pour les Canadiens français d\u2019Ontario.On apporte l\u2019exemple des Allemands du Canada, qui n\u2019ont prs d'écoles primaires allemandes.J'aime assez cotto association d'idées qui suggère \u2018\u2018allemands\u2019\u201d, quand il s'agit de nous.On dit aussi qu'aux Etats-Unis il n'y a qu'une langue officielle à l'école primaire; et l'on s'apitoie sur le sort malheureux des pays curopéons où l'on enscigne plusieurs langues.Pauvres Suisses qui so voient déchirés par lo \u2018\u2018trilinguis- me\u201d, tandis que tous leurs voisins jouissont \u2018\u2019on paix\u201d de leur unilinguis- me! Il est vrai que c\u2019est In seule paix ui leur reste! Lo journaliste du Guelph Mercury déclare quo le bilin- guismo accordé \u2018à cause do Québec\u201d n'est pas à l'avantage du Canada.Je renonce d\u2019ailleurs à suivro cette pensée saxonne, qui est loin d\u2019être nette ot qui revient sans cesse au même point.Un pou plus loin, il est encore question de la nécessité de l'unilinguisme anglais.Puis, on nous assimile élégamment aux \u2018étrangers\u2019.Et l'on trouve qu\u2019il faudrait à ce compte enseigner l\u2019islandais, le roumain, ete.\"PAROLES À DES ETUDIANTS \" Prix: 25 cents.par M.l\u2019abbé LIONEL GROULX Ce livre comprend les deux conférences prononcées par l'auteur, à In Journée de Directives Nationales tenue en mars dernier.Aucun étudiant ne peut se dispenser d'acheter ce volume qui est le résumé le plus complet des causes de notre situation nationale et de ses remèdes, LA BROCHURE DE L'ABBE GROULX EST MAINTENANT EN VENTE DANS TOUTES LES FACULTES.Enfin, après avoir considéré le bilinguisme actuel comme une cause de division et un obstacle à l'unité canadienne, on termine, en déplorant les concessions faites à la langue fran- caise avant la Confédération et par cet Acte lui-même.Que répondre à ceci?Oh! rien.Le mépris n'est-il pas une réponse suffisante?Pour les gens instruits, certes.Mais pour les autres, pour ceux que cette propagande cherc he à asphyxier, il est peut-être bon d'aligner quelques réflexions.Non, Messieurs du Guelph Mercury, vous n'êtes pas forts.Vous voulez angliciser les Canadiens français, n'est-ce pus?Eh bien, taisez-vous.Travaillez sournoisement dans l'ombre.Endormez vos adversaires.Mais n\u2019écrivez plus de sornettes qui font plus de tort que de bien à la \u2018noble cause\u201d que vous défendez.\u2018Tant qu\u2019un Canadien français & conservé quelque chose de sa mentalité fran- caise, qui est faite surtout de bon sens, de mesure, d'intelligence, il n'est pas prot à lire sans broncher vos proses entortillées sur l'unilinguisme.Non, Messieurs, vous n'êtes pas forts.Pas forts de nous embdter au moment où vous avez besoin de nous pour faire votre guerre.Sachez bien, d'ailleurs, que si nous prenons part à cette guerre, ce n\u2019est pas à cause de vous, mais aux côtés de l'Angloterre qui, elle, roprésente une civilisation.Nous ne nous battons pas, veuillez me croire, pour les coloniaux.Nous savons d'ailleurs que les véritables Anglais \u2014 ceux d'Angleterre \u2014 vous méprisent beaucoup plus que nous vous méprisons.Ah! vous croyez l'unité canadienne en péril et vous proposez pour la sauver l'unilinguisme anglais.Eh bien! nous aussi, nous craignons pour l'unité canadienne et nous proposons pour la sauvegarder que l'on accorde aux Canadiens français la plénitude de leurs droits, parce que, eux, ils sont de véritables Canadiens et que vous, Messieurs du Guelph Mercury, vous ne le fûtes jamais.Voulez-vous savoir pourquoi vous n'êtes pas canadiens ot pourquoi, par suite, vous mettez l'unité canadienne en péril?C\u2019est d'abord parce que vous ne parlez pas anglais, mais américain; ne vous défendez pas, ça se voit dans le style de vos articles.C'est ensuite parce que, vraisemblablement, vous ne lisez pas tant les ouvrages anglais ou canadiens-anglais que les \u201c\u2018magazines\u2019\u2019 américains; ceci est plus flagrant encore dans votre écriture.C\u2019est aussi parce que vous apportez l'exemple des Etats-Unis pour nous acculer à l'unilinguisme.Serait-ce que vous savez que le gallois est enseigné dans les écoles primaires du pass de Galles (en Angleterre) et que \"irlandais, sur la fin des temps où l'Irlande faisait encore partie du Royaume-Uni, avait ses écoles irlandaises?Je ne le crois pas.Plus simplement, vous avez c¢ité I'exemple américain parce que, comme la majorité des Canadiens anglais de la classe moyenno et moins que moyenne, vous vivez dans le mirage américain.Vous pensez américain.Vous êtes des \u2018émigrés\u2019 nu Canada.Parlons-en do l'esprit canadien- anglais! Vous n'avoz pas de drapeau, vous n'avez pas d\u2019hymne national indiscuté, vous n\u2019avoz pas de littérature nettement canadienno.Toutes choses que nous avons, nous, les Canadiens francais, nous que vous vous pinisez à confondre avec les étrangers.2 Ces étrangers que vous insultez d'ailleurs sans tact et sans discrétion, et que malheureusement vous assimilez À la longue à notre détriment.C'est votre manière à vous de vous reproduire.Vous avouerez qu'elle est moins noble et moins humaine que Ia nôtre qui consiste A procurer des enfants au lieu d\u2019élever des toutous.Vous mettez l'unité canadienne en danger parce que vous vous pluisez à brimer, à embôter et à insulter voy partenaires (c'est le mot juste) dans a Confédération; tandis qu\u2019eux, ils admirent la véritable culture anglaise \u2014 celle qui vient d'Angloterre \u2014 et ne demanderaiont pas mieux que d'admirer aussi ce que vous avez de bon, si vous ne vous plaisiez à vous montrer constamment sous votre mauvais jour.Vous mettez l\u2019unité canadienne en danger parce que vous n'êtes pas fidèles à l'esprit de l'Acte de l\u2019Amérique britannique du Nord et parce Jue c\u2019est vous toujours qui semez la discorde en nous refusant ce que Québec accorde à vos frères.Vous ne semblez pas songer que le peuple canadien-français \u2014 qui est fier au fond \u2014 pourrait finir par ôtre las à la fin de toutes vos rodomontades, et que ces tendances séparatistes du Québec dont vous vous indignez, À l'occasion, ne proviennent que des injustices que le gouvernement fédéral ne cesse pas de \u2018\u2019tolérer\u2019\u2019.Le peuple canadien-francais est fier.Vous le sauriez, si vous le connaissiez.llélas! les Canadiens français quo vous rencontrez parfois ne sont pas du pcuple.Ils sont des parvenus souvent, des assimilés toujours.Quel pouple n\u2019a pas eu sos traîtres?Ces âmes veules, politiciens ou hommes d\u2019affaires épris du seul succès immédiat, vous les mmé- prisez au fond et vous avez raison: mais n'allez pes croire qu\u2019ils représentent le vrai peuple canadien-français, ni surtout la véritable élite cuna- dienne-française.Celle qui a fré quenté ces collèges classiques que vous trouvez arriérés, mais qui sont la véritable source où se retrempe, ici, l'esprit français et, disons-lo, où se forme, dans tous les pays civilisés, l'esprit humain tout court.Par votre morgue, par votre suffisance do fils d\u2019émigrants de seconde zone, ot de nombreux riches mal ussis sur une civilisation sans nerf et sans prestigo, vous irritez contre vous ceux qui demanderaient qu'à vous aider à créer ici une civilisation jeune, mais qui serait grande par ses aspirations.Il se trouve donc, Messieurs du Guelph Mercury, que vous et vos pareils vous nous vilipendez parce ue vous êtes faibles.Nous vous dédai ons, parce que nous nous sentons forts.Une nation se conserve par l'esprit, par la flamme spirituelle qui l'anime.ll y a cont cinquante ans que les rejetons do Craig et de Simcoe essaiont de nous assimiler; et nous continuons à leur nez d'aller notre potit bonhomme de chemin.Nous ne vous eraignons pas.Nous vous savons trop faibles.Vous nous craignez parce que, confusément, vous sentez que nous sommes forts.Voilà la différence.Nous nous sentons forts parco que nous avons fait nos prouves et que ni In persécution ouverte, ni l'assimilation sournuiso n\u2019ont pu nous réduire.Vivo donc l'Unité Canadienne ut au diable les fanatiques! François HERTEL Sudbury, le 17 novembre 1941.PRE Re, 98 NOVEMBRE \u20181941 AROSE Ent ED ee P rota th, Ton réal.dollar.Le concours de photographie Le troisième centenaire sera fêté l\u2019an prochain, et les étudiants devront avoir leur part dans ces manifestations.Nous avons eu l\u2019intention de faire un concours de photographies afin d\u2019illustrer un numéro spécial du Quartier latin sur Mont- Peu à peu le plan de ce numéro se dessine, mais les conditions du concours ne sont plus les mêmes: Nous avons besoin d\u2019une trentaine de photographies caractéristiques, originales, et nous donnerons pour chacune un Ainsi chacun recevra un montant, peu considérable il est vrai, mais suffisant pour payer ses dépenses.Le montant des prix demeure donc le même, mais le concours devient intéressant pour un plus grand nombre.envoie ses oeuvres le plus tôt possible, nous saurons les utiliser avantageusement.Pour de plus amples renseignements, vous n\u2019avez qu\u2019à écrire au Quartier latin, Concours de photographie, 539 est, rue Demontigny, Montréal.Que chacun nous AUX ETUDIANTS CONFERENCE sur les \u201cPrincipes d\u2019instruction et d\u2019éducation en France\u201d, par le Père PEGHAIRE, professeur au Collège Saint-Alexandre et professeur de philosophie à l\u2019université de Montréal et d\u2019Ottawa.au Ritz-Carlton, le mardi 2 décembre, à 8 hrs 15.Pour les conditions d\u2019entrée, s\u2019adresser à: Jacques Genest, Marcel Théoret, Marcel Robitaille, Gérard Ally.NOTES DE LA REDACTION L\u2019abondance des matières nous force à remettre à la semaine prochaine la publication de plusieurs textes intéressants et du volumineux \u201cCourrier du Graphologue\u201d.On voudra bien aussi noter qu\u2019à l\u2019avenir, les articles qui n\u2019auront pas été remis à la Rédaction avant le mardi soir, ne seront pas publiés la même semaine.LE REDACTEUR EN CHEF PLANS D'ETUDE SUR LA RESTAURATION SOCIALE L'épiscopat de In province de Québec publiait, en mai dernier, à l\u2019occasion de l'auniversaire des encycliques Rerum no- rarum et Guadragesimo anno, une Lettre pastorale collective du plus vif intérêt.| MONTREAL Le Quartier Latin organe officiel des étudiants de l'Université de Montréal 539, rue De Montigny - HArbour 4511 DIRECTION Directeur : JACQUES GENEST Directeur adjoint: MARCEL ROBITAILLE RÉDACTION Rédacteur en chef: MARCEL THÉORET Secrétaire de la rédection : GERARD ALLY Rédacteurs : GASTON POULIOT JEAN VALLERAND ANDRÉ BACHAND MARCEL BLAIS ROBERT GENEST MAURICE BLAIS MAURICE CLOUTIER ROGER BEAULIEU GABRIEL MARCHAND ROBERT LÉVEQUE MARC BENOIT J.8.BOULANGER JEAN-PAUL GUILBAULT Pour le théâtre : CHARLES DUMAS Pour les sports : FERNAND EGAN ADMINISTRATION Administrateur ROLAND LEFRANCOIS Le \u2018\u2019Quartier Letin\u2019* n\u2019est responsable que des seuls articles de le Direction.° IMPRIMÉ PAR LA CIE DE PUBLICATION LA PATRIE est, rue Ste-Catherine 1904-1941 DEPUIS TRENTE-SEPT ANS NOUS HABILLONS LES ÉTUDIANTS Assortiment très considé- rèble de complets, paletots, articles pour hommes à des prix qui ont toujours satisfait vos prédécesseurs.Réduction spéciale aux étudiants.901 est, rue Ste-Catherine Elle présentuit d'abord un lumineux résumé de In doctrine sociale de l'Eglise, puis appliquait cet enseignement à notre propre situation, examinant à la fois ce qui avait été fait Jusqu'ici et ce qui restait à faire.S.Em.le cardinal archevêque de Québec puis plusieurs membres de l'é- Discoput et aussi des laïcs éminents ont vivement recommandé In lecture attentive et même l\u2019étude de cet important document.Il renferme en effet un programme de reconstruction sociale qui, bien compris et bien appliqué, pourrait suuver notre société des maux graves qui la menacent.Pour faciliter cette étude, l'Ecole Sociale l\u2019opulaire vient de publier trente plans qui couvrent toute la matière de la Lettre.Chaque plan est suivi d\u2019une abondante bibliographie.Réunis ensemble, ils constituent une brochure de 64 pages.Cette publication rendra un grand service aux cercles d\u2019études, nux associations professionnelles et syndicales, aux mouvements d'Action catholique.Elle sera nussi des plus utiles aux prêtres, aux éducateurs et éducatrices, aux hommes publics, à tous ceux qui s\u2019intéressent à In reconstruction chrétienne de lu société.Elle se vend 25 sous l'exemplaire, $2.00 In douzaine, $15.00 le cent, À l'Action paroissiale, 4260, rue de Bordeaux, Montréal.Fumez la Cigarette Buckingham C\u2019est un velours pour la gorge LA VIE UNIVERSITAIRE AU BRESIL Nous avons au Brésil six universités.De ce nombre, quatre sont propriété d\u2019état, deux appartiennent à des Institutions religieuses privées.La capitale Rio de Janeiro (pop.2,000,000) compte trois universités; la ville de San Paolo (pop.1,700,000) possède le centre universitaire le plus important de tout le pays (la seule Ecole de Médecine reçoit près de deux mille élèves).Enfin Baia, capitale de San Salvador (pop.400,000) et Porto-Alegro (pop.80,000) donnent aussi leur propre enseignement supérieur.La population totale du pays est d\u2019environ 47,000,000 d\u2019habitants.Tous parlent la même langue, le portugais.Le gouvernement central, sous la présidence de Vargas, a établi une réforme importante dans l\u2019enseignement : toute l\u2019instruction primaire se donne dans la seule langue officielle du pays.Ainsi les nationalités étrangères introduites chez nous (nous avons une forte colonie allemande et il est difficile de préciser le nombre des Juifs) re- coivent leur formation dans nos seules écoles portugaises.De la sorte ces étrangers parviennent en très petit nombre à l\u2019enseignement supérieur; ceux qui y arrivent sont grands travailleurs et supérieurement doués.Nous avons une seule religion officielle, le catholicisme.Evi- demment, ici comme partout ailleurs, le sentiment religieux individuel se nuance à partir de l\u2019indifférence jusqu\u2019à l\u2019adhésion franche et agissante.Le protestantisme n\u2019existe pas chez-nous.Le communisme est hors la loi par une législation répressive et .mise en pratique.Nos universités sont fréquentées par environ dix mille étudiants et étudiantes, dont quatre mille appartiennent à la seule faculté de droit.Les autres se répartissent entre les diverses facultés de médecine, polytechnique, lettres, philosophie, sciences positives et sociales.Les étudiantes s\u2019enregistrent surtout à la faculté de philosophie et comme dessinatrices au polytechnique.L'enseignement d\u2019état, secondaire et universitaire, est entièrement gratuit.L'étudiant n\u2019a qu\u2019à défrayer ses propres dépenses de pension et autres, ce qui est un avantage appréciable pour les moins fortunés.De plus chaque faculté ou école est munie d\u2019une vaste bibliothèque où les élèves pauvres peuvent se procurer gratuitement tous les livres de classe dont ils ont besoin, et tous peuvent consulter sur place un grand nombre de revues françaises et américaines aménagées en de grandes salles de lecture.À noter en passant que la langue française (langue seconde du pays) est comprise et lue couramment par la quasi totalité des étudiants; mais elle n\u2019est habituellement parlée que par les étudiantes qui elles ont reçu leur formation secondaire dans des Institutions dirigées par des Soeurs de langue française.On peut aussi mentionner que bon nombre de livres de classe, de traités scientifiques sont en français ou des traductions de livres français, par exemple Rouvière en anatomie .Les manuels américains servent surtout à cause de leurs précieuses illustrations parce que les Brésiliens restent toujours un peu réfractaires à l\u2019anglais.Je ne sache pas que des publications ca- nadiennes-françaises circulent beaucoup au Brésil et c\u2019est malheureux.Cependant le Canada est mieux connu maintenant depuis qu\u2019une ambassade a commencé une bonne propagande chez- nous.Actuellement M.Jean Dé- sv de Montréal, je crois, consul au Brésil, continue ce travail de publicité et de relations plus étroites avec le Canada.Chaque faculté ou Ecole universitaire a ses propres publications; par exemple\u2018 les étudiants en médecine publient à eux seuls deux journaux: \u201cO Boticario\u201d et \u201cAlambique\u201d; \u201cLa Vida\u201d au Polytechnique; \u201cO Facho\u201d en philosophie, tout cela dans la seule ville de San Paolo.Les Associations Universitaires catholiques ont aussi leurs revues A.U.C.à la fois religieuses et scientifiques.Chacun de ces journaux ou revues a un tirage moyen de mille à quinze cents et s'adresse, chaque semaine, aux étudiants el aussi à la population citadine.Une Association qui a chez-nous une importance particulière au point de vue scientifique et social c\u2019est le \u201cCentro Academico Os- waldo Crux\u201d.Voici son but et son fonctionnement: Oswaldo Crux était un médecin (il est mort récemment) célèbre justement à cause de ses travaux remarquables sur la typhoïde et la malaria, autrefois graves ici.I a préconisé des injections préventives contre ces deux maladies et a réussi à les faire disparaître presque complètement.En plus ce médecin a fondé, il y a une quinzaine d\u2019années, cette association qui porte aujourd\u2019hui son nom, et qui a pour but le perfectionnement culturel et scientifique des étudiants.Au début ils n\u2019étaient qu'un petit nombre et faisaient des recherches en biochimie et en biologie humaine.Avec le temps cette association s\u2019est développée considérablement sous l\u2019impulsion et la direction scientifique du Dr Oswaldo Crux.Ils ont fondé la \u201cRevista do Cen- tro\u201d; cette revue compile les meilleurs travaux des étudiants et aussi des professeurs, et présente cing ou six fois par année une étude collective d\u2019environ cent à cent cinquante pages de travaux originaux.Ces publications ont contribué beaucoup à la collaboration plus étroite entre professeurs et élèves et aussi à la bonne vulgarisation scientifique.On y trouve un sommaire de tout ce qui se publie et des comptes-rendus des re- Aujourd\u2019hui, plus que Jamais, on dit partent: La MOLS: 0 cherches de laboratoire ou des principales observations cliniques.La durée du cours de médecine est de six ans avec deux ans de pré-médicale.La moyenne d\u2019âge des finissants est de vingt-cinq ou vingt-six ans, puisque le cours secondaire (de six ans) se termine à dix-sept ans ordinairement.Le cours de droit est de trois ans avec deux années préparatoires.Les cours de génie et de science s\u2019échelonnent entre quatre et six ans.Les finissants reçoivent à la graduation le titre de bachelier avec droit de pratique.Le titre de docteur ne s\u2019obtient en principe que par la soutenance publique d\u2019une thèse écrite.En pratique toutefois le peuple continue d\u2019appeler son médecin de préférence \u201cdocteur\u201d.Les cours de spécialisation se prennent parfois chez-nous mais encore plus à l\u2019étranger, aux Etats-Unis surtout depuis la guerre.Les Américains font du reste chez-nous un gros effort de propagande et par le cinéma cot par des cours publics de conversation anglaise.L'influence du film américain est très considérable et nos productions brésiliennes ne peuvent rivaliser avec les puissantes compagnies de Hollywood.A cause de tout cela les jeunes médecins se dirigent de plus en plus, pour la spécialisation, vers les grands centres de New-York et de Rochester.L\u2019Institut Mayo est très bien connu en Amérique du Sud.Une particularité de nos preo- grammes d'étude c\u2019est que les grandes vacances commencent au mois de décembre pour se terminer au début de mars.C\u2019est chez- nous la période des grandes chaleurs.Les examens finaux se passent en fin de novembre et à trois reprises, à chaque terme au cours de l\u2019année.Au point de vue sportif, les universitaires ont une très grande pour recevoir économiquement activité et une influence sociale.Ils ont à leur disposition d\u2019immenses stades, par exemple le stade municipal de San Paolo, pouvant contenir cent vingt mille personnes, Le sport le plus en vogue c\u2019est le foot-ball.Les parties des étudiants entre facultés ou entre universités sont des événements sociaux de grande importance.Souvent les étudiants s\u2019y rendent en grandes parades avec fanfares, insignes, étendards, costumes spéciaux .Chaque faculté à son costume propre.On a ainsi de grandes manifestations populaires organisées et exécutées par les étudiants.Chaque année, le cinq juin, période des petites vacances (quinze jours) les étudiants organisent de grandes danses publiques au son de la guitare et de l\u2019accordéon: c\u2019est une vieille coutume portugaise de danser autour du feu à cette occasion.Etudiants et étudiantes par leurs chants joyeux, leurs proclamations radiophoniques, sèment la gaieté et défraient les amusements populaires dans les pares publics, et les feux brillent dans la nuit et sur les visages.Voilà quelques aspects évidemment incomplets de la vie universitaire au Brésil, mais qui suffisent je crois à faire entrevoir l\u2019influence sociale des étudiants.Il y aurait aussi beaucoup à dire sur la vie proprement artistique des étudiants de même que leur influence politique bien que celle- ci soit bien diminuée depuis l\u2018avènement du gouvernement fort et stable de Vargas.Nous serions heureux de faire connaître de plus en plus notre vie aux étudiants de Montréal et de recevoir sur leurs propres activités de plus amples renseignements, d\u2019avoir en un mot des relations plus intimes avec les étudiants canadiens-français.Luix Maria Duprat SERRANO, Université de San Paolo.\u2018Pour moi, toujours MOLSON!* \u2014PAGE-QUATRE Ë welll \u2018LE QUARTIER : LATIN Re SC WOLFGANG AMADEUS MOZART Son destin est unique, non seulement dans l'histoire de la musique mais encore dans l'histoire de l'humanité.Alsix ons, l'Europe l'a acclamé comme un enfant prodige, un phénomène qui compose des fugues et des sonates alors qu'il a encore besoin qu'on le mouche; des archiduchesses l'ont tenu sur leurs genoux, il a joué pour une impératrice, il a même demandé en mariage la future Marie-Antoinette.Il semblait promis, eprès de si brillants débuts, à ce que le monde appelle le succès: fortune, honneurs, considération des foules.Dans sa courte vie, Mozart à connu tout autre chose.On a vite fait d'ou- lier que le jeune homme est ce même être extraordinaire qui, enfant, émerveillait les cours de France et d'Autriche.Jadis, devant la moindre sonate qui jaillissait sous ses petits doigts, on jetait les hauts cris comme devant un objet de curiosité, un bibelot.Mais l'enfant à grandi, il ne questionne plus anxieusement: \u201cM'aimez-vous ?Il n'étonne plus, il est désormais, aux yeux de ses compatriotes, un bon compositeur comme il en est tant d'autres.Les duchesses et les marquis cessent de se passionner à son sujet et transportent ailleurs leur mondaine admiration.Mozart devient ce qu'ont été Bach et Haydn: un petit bourgeois dont c'est le métier d'écrire de la musique.Et ce métier ne lui procure pas toujours de quoi payer son loyer.À 35 ans, il meurt, laissant l'oeuvre la plus fantastique que jamais artiste ait créée.Et c'est à la fosse commune que l'on confiera ses restes.a musique doit une fameuse dette e reconnaissance au père, à Léopold.Il a été le premier maitre, le directeur, ce qu'en langage moderne on appelle un \u201cmanager\u201d.Ce n'est pas pour s'enrichir que Léopold promène l'enfant prodige à travers les capitales d'Europe, ce n'est pas non plus par ambitieuse vanité.Léopold Mozart est autoritaire, sans pitié pour l'opinion es autres quand il croit avoir raison, il n'aime pas à laisser trop de liberté à son fils dont il connaît le manque de sens pratique mais il n'a rien d'un gérant de cirque ou d'un Julien Sorel.Mozart avait compris tout ce que comportait de bienfaisant pour lui cette surveillance.Toujours, Léopold onnera son avis, Mozart discutera parfois, amènera même \u2018son père à admettre son point de vue, mais il n'agira pas sans connaître auparavant l'opinion paternelle.Deux fois seulement il ose secouer le joug, se passer \u20ac permission: quand il s'agit de son mariage et quand il décide de quitter le service d'un prince-archevêque qui le traite comme le dernier des voyous et le paye avec des coups de pieds.est sans cesse au guet, le père Mozart.Quelqu'un a-t-il besoin d'une sérénade, d'un divertissement, d'une symphonie pour une fête ou une soirée, aussitôt il propose son fils Wolfgang.| ne manque aucune occasion, aucune commande.Et Mozart compose, compose sans arrêt pour satisfaire les clients auxquels Léopold donne la chasse.Les oeuvres ainsi exigées de Mozart sont incalculables et sans Léopold quantité de chefs-d'oeuvre n'auraient jamais été écrits.\u201cLe forme la plus pure sous laquelle le tabac peut être fume.\u201d 1 EEE [(CAPOR 9 [PB Au temps de l'enfance prodigieuse il à peut-être glissé sous le nom de son fils quelques oeuvres de sa composition.Le fait n'est pas sûr.mais possible et excusable.Dieu sait ce qu'il en fallait des sonates et des sérénades pour alimenter tous les concerts de l'enfant Mozart.|| a fort certainement corrigé les premiers manuscrits: cela faisait partie de sa tâche de professeur.Et puis qu'importe puisqu'il e aidé Mozart à devenir Mozart.Ne l'oublions pas: de tous ceux qui entourent Mozart, Léopold est le seul à comprendre sa grandeur, à avoir foi en son génie.Ce père a, dès les débuts, découvert la flamme qui brûle en son fils; il s\u2019est donné pour mission d'alimenter cette flamme et de la protéger.mérite notre admiration et notre reconnaissance.L'épouse elle-même, la chère Constance dont l'amour ne peut être mis en doute, ne devinera pes en Mozart la présence du génie.Wolfgang est un excellent musicien mais les excellents musiciens ne manquent pas.Plusieurs années après la mort de son meri, elle commencera de comprendre devant le témoignage de toute l'Europe, qu'elle a été la compagne d'un homme qui fut peut-être le plus grand de tous les musiciens et le plus rare de tous les artistes.On a dit bien des choses de Mozart, On a porté sur lui les jugements les plus ivers.Pendant longtemps on l'a considéré et plusieurs le considèrent encore comme un mondain qui passa se vie à s'amuser de frivolités; on a fait de lui un être léger à tête d'oiseau, qui ne songe qu'à badinages.On a grossi la portée de certains gestes, certains oûts qui, chez le premier venu, sem- Éleraient tout naturels; on a dénaturé le sens des faits, on s'est scendalisé de ce qu'il se soit parfois plu à des divertissements que chacun se permet tous les jours sans qu'on lui en fasse crime.es soirées qu'il donnait (oh! bien rarement) on o été jusqu'à faire des orgies, sans preuve aucune, comme Si ce n'était un plaisir légitime de réunir quelques amis pour rire autour d'une bouteille de bon vin.Il a fréquenté quelques bals masqués?Certes.Quel mal y a-t-il là?ouvenons-nous qu'avec sa musique Mozart doit faire vivre sa femme, ses enfants et aider la famille de son père.À cette époque en quel endroit un musicien a-t-il chance de trouver acheteur pour ses oeuvres, où rencontre-t-on les bourgeois et les seigneurs assez riches pour se payer le luxe de faire exécuter dans leurs salons une nouvelle symphonie, sinon dans les bals et les réunions mondaines Parce qu'il n'a pas passé son temps à se prendre la tête à deux mains, parce qu'il n'a pas lancé de misanthropique imprécation contre la méchanceté des hommes, parce qu'il n'a pas crié: je suis un incompris, parce u'il n'a pes idolôtré le ton de Do dièze mineur, On a dit que Mozart .\u2018 .Le \u2019 .n'avait pas d'idées, qu'il ne réfléchissait pas et, mépris suprême, qu'il n'était pas un penseur.n a accoutumé d'appeler penseur tout individu qui écrit ou prononce sur la souffrance ou la destinée hu- bien maine des formules tournées d'apparence plus ou moins définitive.Rarement accordera-t-on à l'auteur d'un traité sur le Joie semblable qualification.Si sa prose est hermétique, peut-être ira-t-on jusqu'à lui donner de l'écrivain profond; qu'il n'espère pas le titre de penseur: celui-là est réservé aux seuls moralistes de la douleur.Cette confusion est maintenant entrée dans le langage courant.n somme, la souffrance, qu'est-ce ?Une idée fixe.On y peut distinguer plusieurs degrés de qualité cela va du \u201cJe n'aurai pes d'augmentation\u201d du fonctionnaire au \u2018Mes états sont en danger du monarque en passant par le \u2018\u2019M'aime-t-elle, ne m'aime-t-elle pas?\" du monsieur qui a mal digéré son repas.On croit que c'est la gran- eur de son objet qui fait la grandeur de la souffrance.Et pourtant, la souffrance du fonctionnaire qui craint de ne pouvoir nourrir sa famille ne vaut- elle celle du monarque dont les sujets prafiteraient peut-être d'un changement de régime ?ue le fonctionnaire écrive le roman de ses souffrances, il sera ridicule.Mais le moindre chagrin d'amour peut servir de base à des romans que les siècles se passeront pour y apprendre la vie.Pour être penseur, il faut s'inquiéter de la Souffrance Humaine, avec des majuscules.J'avoue que la Souffrance Humaine existe, même avec des majuscules.Mozart ne s'en est pas préoccupé ?Qu'en savons-nous?Je crois qu'il faut une étrange force de caractère pour oublier la douleur et retrouver par au-delà d'elle, la Joie lumineuse qui est réservée aux coeurs purs.Si vraiment Mozart ne s'est pas inquiété de la destinée humaine, c'est peut-être qu'il en avait trouvé la solution.Il faut plus de pensée pour parvenir à la oie qui est une grâce qu'à la douleur qui vient sans qu'on la cherche.out le monde affirme que Beethoven est un penseur; On n'aurait jamais idée d'attribuer cette épithète à Mozart.| y a 13 une injustice qui provient, je crois, d'un phénomène de conscience universelle.Quiconque lit une oeuvre de Shakespeare ne se forme pas un concept uniquement tiré de ce contact direct et immédiat.Ce lecteur à derrière lui tout ce qu'on a dit, écrit de Shakes- peére, il profite de l'expérience de tous les autres lecteurs de Shakespeare.La connaissance de Shakespeare s'est enrichie au cours des années; le lecteur n'aborde pas le dramaturge anglais avec la même mentalité qu'un lecteur de 1850.Il existe un concept Shakespeare, un mythe Shakespeare, qui s'est formé petit à petit et dont le lecteur moderne profite.Est-ce à dire qu'il voit dans Shakespeare des choses qui n'y sont pas ?Non, mais il peut découvrir ce qui, pour ses prédécesseurs, demeurait caché, il profite de l'expérience de ses autres frères humains, il informe son concept par la conscience universelle.C'est à cause de phénomènes semblables, dans tous les domaines de l'esprit et pour tous les personnages et événements de l\u2019histoire, qu'on affirme avec raison qu'un jugement exact et impartial exige le recul du temps.Il faut donner à la conscience universelle le temps de former son concept, il faut donner au mythe le temps de naître.Beethoven, parce qu'il a été peut- être le plus joué de tous les musiciens, à profité pareillement, depuis un siècle, d'un enrichissement, à son sujet, de la connaissance humaine.|| existe ésormais un mythe Beethoven et aucun auditeur moderne ne réussit à l'oublier.Mozart à été moins chanceux.\u201d Son oeuvre est immense.Que joue-t-on de lui ?Toujours les mêmes symphonies, les mêmes sonates.Quelques initiés, quelques riches qui ont connu Salz- bourg, ont entendu ses opéras.Ce n'est que depuis trente ans à peine que l'on commence à découvrir Mozart.Le mythe Mozart s\u2019est peu développé; pour comble de malheur c'est un faux Ozart qui a grandi, que les esprits ont appris à connaître.Pour la grande majorité des auditeurs, Mozart a toujours été un faiseur de menuets, un JO \"La joie est une rare et divine chose, le signe certain d'une grande ame.\u201d (Lacordaire) La joie, ce mouvement vif et agréable de l'âme, que l'on ressent en présence de quelque chose ou de quelqu'un qu'on a beaucoup désiré et que l'on aime beaucoup.La joie, un de ces beaux sentiments qui permettent de mesurer la capacité spirituelle d'une âme et où se révèle le mieux la qualité des affections et même des pensées.Comment se fait-il qu'il est tant de gens qui ne s'ouvrent jamais à la joie?\u2018est qu'ils ne cherchent qu'à se satisfaire sensiblement.Ils ne demandent que du plaisir, jamais ils ne s'élèvent plus haut, jusqu'à ce degré spirituel où réside la joie.Mais me direz- vous, n'y a-t-il pas des joies sensibles ?Assurément, il y à des joies qui deviennent sensibles, mais elles demeurent toujours spirituelles dans leur principe et leur essence.Bien des êtres se contentent du plaisir, d'autres, au contraire, s'ingénient toujours à changer leur plaisir en joie.ue faut-il pour mettre une âme dans la joie?Une âme est dans la joie quand il y a présence d'un être aimé.ette présence est proprement la cause de la joie; ou quand on ressent dans cette présence une sorte de quiétude épanouie: c'est là que réside le sentiment de la joie; ou, enfin quand on a une grande et vive perception de cette quiétude: cette appréhension est l'élément formel, comme le ferment e la joie.Ces trois composants sont, comme la joie, d'un ordre spirituel.Il n'y a de véritable et pure joie que dans une âme habituée à nourrir de beaux sentiments et à former de belles pensées.À l'origine de ce mouvement, qu'y a-t-il encore?Un amour, un amour Qui tient à coeur profondément et qui émeut tout notre être.n récoltera dans ses joies ce qu'on aura semé dans ses amours.De même | E ue \u2018l'amitié est la plus fine fleur de l'amour, la joie en est le fruit le plus exquis, aint-Thomas rattache la joie à la plus divine des vertus.|| en fait la plus pure expression de l'amour de Dieu.Être au comble de la joie, c'est être au comble de l'amour.Voilà pourquoi les plus grands coeurs sont capables des plus grandes joies, et voilà pourquoi les plus grandes joies ne sont données qu'aux plus grands coeurs.La souffrance elle-même ne peut supprimer la joie chez une âme bien trempée.Cette âme éprouve de la joie à souffrir parce que son amour dépasse sa souffrance.\u2018Celui qui aime ne souffre pas, ou s'il souffre, il aime ce qu'il souffre.\u201d La véritable cause de la joie est la présence.On éprouve vraiment une grande joie en face de la réalité aimée.Y a-t-il une plus grande joie, que d'être en présence de ce qui nous est cher, ou de retrouver devant soi ce bien qui fait partie de nous, qui nous est comme naturel, au point que nous ne pouvons nous en séparer.Oui, cette présence nous cause réellement une grande joie.arrive parfois que ce bien aimé, n'est pas sous nos yeux, sa présence nous échappe, nous savons tout de même qu'elle existe.ous nous mettons alors en contact intérieurement, spirituellement, c'est 13 qu'est la vraie joie.ais, s'il y a présence sur présence, que toute absence est impossible, la joie est au suprême degré.C'est ici le cas de cette joie qui à Dieu même pour objet.Pas de véritable présence au-dessus \u20ac la divine présence.Pas de plus grande cause de joie.Et je puis conclure avec Juliot: que \u201cLa joie chrétienne n\u2019est ni une jouissance ni un repos, ni une satisfaction.Elle est avec la contemplation d'un ordre, une conviction.Elle est la certitude que nous avons d'aimer quelqu'un et d'en être personnellement aimé.Elle est plus forte que la mort et l\u2019Amour.\u201d Lucile GERIN-LAJOIE musicien gracieux, en somme un personnage de Watteau, un précieux du 1Bème siècle.Le Romantisme a passé sur l'Europe comme un ouragan, peu d'esprits ont résisté.Les valeurs humaines ont changé du tout au tout: désormais ne compte plus que la souffrance criée, la souffrance vociférée, la puissance qui a besoin du bruit, du tumulte.Quoi d'étonnant qu'on ait vu en Mozart, si éloigné de ce genre d exhi- bitionisme, un musicien pour réunions frivolement mondaines, un musicien qui n'exige pes qu'on l'écoute en pensant.L'auditeur moderne aura bien de la peine à oublier, avant d'entendre le véritable Mozart, ce que les années ont accumulé de fausses conceptions et de jugements erronés.Et pourtant, Mozart s laissé la symphonie Jupiter, la symphonie en Sol mineur, le Requiem et quantité d'autres chefs-d'oeuvre qui ne peuvent pas précisément être qualifiés de frivoles.Il est vrai que la Joie, le plus souvent, est le thème favori de Mozart Mais la joie est du domaine de là pensée comme la douleur et si la douleur à un fond par en bas, la Joie n'en a pes par en haut.Mozart, cet inconnu.Tel est le meilleur titre qu'on puisse lui donner, celui qui qualifie le mieux à la fois, sa nature secrète et toute de pudeur, et l'injuste image que les hommes se sont faite de lui.Mozart ne connaît pas le désespoir et cela constitue la différence profonde qui le sépare d'un Beethoven tout entier dominé par ce mal qui deviendra parfois, comme dans la Cinquième, une véritable passion.Mozert ne ésespére jamais parce qu'il ne croit pas à la fatalité et pourtant si un homme semble choisi, prédestiné, c'est bien lui.ozart échappe aux lois ordinaires qui dirigent la vie intellectuelle et sensible des autres hommes.Certes à maintes reprises sa musique s'est faite l'image d'une souffrance universellement humaine.Toujours, cependant, l'Espoir veille et il est si puissant que la Souffrance elle-même en est toute illuminée.Mozart n'est pas de ceux qui se frappent la tête contre les murs parce qu'il sait qu'au delà de la Souffrance il y a la Joie.Il a participé à cette Douleur, la plus intense et la plus rofonde qui soit, cette Douleur d'une Pumanité en face des problèmes due lui crée sa charnelle nature, cette Douleur dont parle Péguy dans Prière pour nous autres charnels.Chez quelques être privilégiés, la douleur ne réussit jamais à éteindre le sourire: ces êtres souffrent comme les autres, mais ils souffrent dans la lumière.Mozart était de ceux-là.Je ne puis m'empêcher de voir en lui un homme marqué d'un sceau surhumain, un homme chargé d'une mission, \u2018un message.Pour délivrer ce message il fallait qu'il puisse passer au travers es misères et des bassesses de la vie sans connaître la nuit du désespoir, il fallait qu'il fut porteur d'une grâce spéciale, qu'il ait reçu le don par excellence: celui de l'enfance qui ne cesse pas.C'est bien ainsi que Mozart nous apparaît: un enfant perpétuel qui ne perdra jamais se prodigieuse puissance d'ampur et de charité.Îl ne connaîtra ni la haine ni l'envie.Il se console vite des malheurs que lui causent ses ennemis et les faux amateurs de musique qui font semblant de le protéger pour mieux lui arracher ses oeuvres.[I n'endure certes pas longtemps les mauvais traitements du prince-arche- vêque de Salzbourg parce que ses fonctions auprès du terrible vieillard l'empêchent de composer comme il l'entend et l'enchaînent au mauvais goût d'un maître sans culture, en un mot paice qu'il est gêné dans l'accomplissement de sa mission.Mozart n'est pas un musicien, il est la Musique.ne connaîtra pas, comme Beethoven les affres de l'inspiration qui tarde à venir, la course anxieuse à la mélodie.Chez lui, l'inspiration est toujours présente, comme son sang; la mélodie naît sous sa plume sans qu'il ait besoin de se torturer.Gédalge avait un peu raison: en musique il n'y a plus rien 3.dire, ozart à tout dit.I! a connu, il a été toute la musique.Il à prévu toute la musique: du chromatisme de Wagner 3 lo bitonalité de-Honnegger.-a besoin Chez Mozart il semble que le mêtie soit parvenu à un tel point de perfection qu'on ne l'aperçoit plus.ozart pense directement en musique: il n'a pas besoin des secours du métier pou traduire en musique sa vision dy monde.Il atteint, comme en se jouant aux deux plus grandes qualités de l'art: la vérité et le simplicité.Et il pours dire à un empereur qui discute y musique: \u201cSire, il n'y a dans ma mys.que, que les notes qu'il faut\u2019.Il n'est pas difficile de lui découvrir es maîtres ou plutôt des modèles.Ces modèles, Mozart ne les copie pas; les corrige.|| prend la symphonie créée par Haydn et la pousse à un tel sommet de perfection, il lui fait dire tant de choses en si peu de notes il lui donne une architecture si solide et une forme d'une souplesse si humaine que le vieux Haydn lui-même se mettra à l'école de son élève.Plus tard il découvre le grand Bach.Lui aussi il écrira des fugues, il dépouillera la mélodie de tout ce qu'elle contient, il la pressera jusqu'à ce qu\u2019il n'en puisse plus rien sortir.[| accomplit ce miracle tout en demeurant dansles BSN aE a 2 00 TTT limites de la vérité et de le simplicité, tout en évitant de tomber cens là mélodie infinie, cette mélodie qui est ans le sang des compositeurs allemands de Bach à Wagner.Où Wagner de cent pages de musique, Mozart se contente de dix et son message est aussi complet, sinon plus, avec cet immense supériorité artistique d'offrir l'image d'un monde vrai où après tout l'infini matériel n'existe pas.C'est son panthéisme qui impose à Wagner ces solos interminables, ces opéras qui durent quatre heures et qui raisonnablement, si Wagner était fidèle à son système et si le musicien ne trompait pas le philosophe, devraient urer des semaines entières.Mozart n'est pas un panthéiste.On à prétendu qu'il avait la vision courte, que son regard ne dépassait pas certaines bornes posées par son ignorance philosophique.En réalité, Mozart à donné une musique qui est à l'image e l'univers: une musique construite, une musique qui sait finir, une musique où passent des reflets de tout ce qui est dans l'homme mais qui conserve une éclatante couleur d'espoir parce qu'elle reflète en même temps tout ce qui est au-delà de l'univers.n jurerait que, parfois, Mozart prend plaisir à faire du Haydn, du ach avec un petit sourire qui semble dire: \u2018Je vais vous faire du Haydn, du Bach mais avec toute la perfection que Bach et Haydn n'ont pas su atteindre\u201d.ussi Mozart apparait souvent comme manquant d'originalité.Il s'en souciait peu.Et c'est là qu'est l'art véritable.Ce n'est pas à vouloir à tout prix faire quelque chose de neuf, quelque chose qui n'a jemais été fait, à s'efforcer de ne pas répéter ce que d'autres ont déjà dit que l\u2019on atteint à l'art.Seuls, les artistes sans génie véritable se posent de semblables problèmes.Un ozart, un Léonard de Vinci ignorent totalement ces craintes: ils Jaissent parler leur âme et le chef-d'oeuvre naît tout à coup.La musique de Bach est une image de l'univers, celle de Haydn aussi, de même que celle de Wagner ou de Beethoven.Leur musique semble des loupes de couleur à travers lesquelles on regarde: Et selon la couleur, l'univers apparaît rouge ou noir, bleu ou jeune.Et la couleur de la loupe empêche les autres couleurs de l'univers de parvenir au tegard.La musique de ozart est une loupe de cristal et toutes les couleurs y passent.On a dit de lui qu'il était divin, sans doute sans trop savoir pourquoi, comme On a appelé la septième sym- honie de Beethoven: l'apothéose de a danse ou sa sonate quasi une fantasie, la sonate au clair de lune.Pour une fois cependant on ne s'est pas trompé, et si un artiste mérite ce titre extréor- inaire de divin, c'est bien Mozart Parce qu'il a reçu une grâce qu fit de lui un être qui vivait en musiques qui produisait la musique comme s! l'avait créée de toutes pièces, parce que Mozart a refait dans ses oeuvres univers entier dans la perfection de 14 vérité et de l'amour.Surtout parce que Mozart o possédé ce don qui n'appartient qu'aux dieux, la jeunesse éternelle.Jean: VALLERAND mA 28 NOVEMBRE \u20181941 LES DEBUTS DU \"TRETEAU\u201d C'est samedi soir dernier que nous nous avons enfin eu le plaisir d'assister au premier spectacle dramatique du aTréteau».Devant une salle sympa- tique, ces jeunes acteurs ont débuté avec «La jalousie du Barbouillé» de Molière.Cette farce est probablement ce que Molière devait appeler un péché de jeunesse, péché qui ne laisse pas moins discerner les dons qu'il a affirmés par la suite.Nous pouvons même y distinguer déjà les personnages que nous retrouverons dans ses grandes comédies.«La jalousie du Barbouillé » est une de ces farces comme on en jouait alors, et où les interprètes prenaient autant de plaisir que le public.Cette impression de gaieté, de laisser aller, de fantaisie, et même de bouffonnerie que nous aurions dû y retrouver, nous ne l'avons pas trouvée.Sans doute que les jeunes interprètes du «Tréteau», dont quelques-uns en étaient à leur début sur la scène, souffraient-ils du triple trac qu'engendre une naissance, une première et un début.De cette farce, il ressort un geste qui m'a beaucoup plu et qui avait la suavité d'une phrase de Giraudoux : c'était à l'instant de la fin, où Villebrequin dit à un compagnon : «Allons diner ensemble» et où chacun sort par un côté différent.Cette gêne que nous avons remarquée dans «La jalousie du Barbouillé » nous la retrouvons dans l'interprétation de «Mestre Pathelin», mais déjà atténuée et par un jeu de balance, accompagnée de l'entrain et de la gaieté qui manquait à la première farce.C'est ici, que nous pouvons voir réellement que les jeunes du «Tétreau» n'ont pas perdu leur temps.Interprétation moins rivée au texte pour donner la plus grande part au jeu.On distingue particulièrement la bêtise du drapier, mise en relief par des gestes carrés et brefs et une voix un peu nasillarde, la ruse et l'astuce de Pathelin marquée par un profil anguleux et de longues mains qui ont l'air de vouloir tout saisir, la coquetterie de la femme de Pathelin, la classique incompréhension du juge et le bêlement du berger.C'est dans Pathelin aussi que s'affirment surtout le déleissement es conventions.ll y avait eu évidemment dans la première farce l'innovation apportée par le port du masque d'un très heureux effet, mais, dans Pathelin, les nouveautés résident surtout dans la mise-en-scène décorative : lit de fer vingtième siècle, balai vingtième siècle, et même chemise anachronique, car au temps de Pathelin on couchait sans chemise.De toutes ces erreurs historiques de décoration, semble ressortir l'adaptation du vieux principe énoncé par le regretté Pitoeff: «Le décor est un accessoire et les accessoires sont ceux qui tombent sous la main», ou encore rappelle cette phrase de Baty : «L'exactitude du décor et des accessoires au théâtre fait ressortir davantage les invraisemblances scéniques inévita- bless.Je ne puis croire pour ma part que les erreurs commises envers l'histoire par les jeunes du «Tétreau», si on peut appeler cela des erreurs, aient pu nuire en quelque sorte à l'art dramatique et à la «vraisemblance scénique» d'autant plus que nous les retrouvons souvent à travers les âges.En théâtre, ne voyons-nous pas que Racine faisait jouer ses pièces en costumes contemporains et ne voyons-nous pas aussi, parmi les magnifiques toiles laissées par es grands peintres de la Renaissance, des Sainte-Vierge portant le hennin et des Saint-Joseph en pourpoint moyenâgeux.Dire que le premier essai du «Tréteau» est une réussite complète serait exagérer, mais nous pouvons affirmer sans crainte que les débuts du «Tréteau» sont plus qu'une promesse et que nous serons surpris des progrès accomplis lors d'un second spectacle où nous pourrons véritablement les juger.n ne juge pas de l'oiseau quand il s'ébroue ans son nid, mais quand il vole dans le ciel.Avant de terminer, il convient de signaler tout particulièrement les décors schématiques si finement brossés par le jeune Julien Hébert.Charles DUMAS AU Les élèves du Collège Sainte-Marie présenteront, en décembre, l'excellent chef-d'oeuvre de Sacha Guitry \u201cUN TOUR AU PARADIS\u201d.On connalt la fine spiritualité française qui caractérise Guitry .on peut alors présumer du grand succès qui attend cette représentation, GESU Dans le passé, les élèves du Collège Sainte-Marie ont toujours manifesté une très bonne tenue théâtrale.Le public leur doit done de l'encourazement, Les représentations de \u201cUN Tl'OUR AU PARADIS\u201d se donneront les 4 et 6 décembre, en matinée, et le 9 en soirée.AU \u201cJEUNE \u201cLa Veino d'Or\u201d est une œuvre do grando valeur écrite par un maître du théâtre.Zorzi, l'auteur, est un grand dramaturge; ee n'est pas sans raison qu\u2019on l'a compuré l'illustro poète d'Annunzio.Ses piècos doivent Tour renommé à l\u2019originalité de leur sujet, -ainsi qu\u2019à In verve avee Juquelto elles ont ét6 écrites.De toutes, \u201cLa Veine d'Or\u201d est copondant la plus forte, par ln force dramatique de son scénario et l'intensité palpitanto de chaque scene.Présenter une tello pièce n'était pas une tâche facile, ot lo Jaune Colombier vout montrer dès lo début qu\u2019il a été constitué pour travailler ferme.lo but de la nouvelle troupe est de brésentor des spectacles neufs, ot do faire a Rg © q = Recrutement de l'argent des Patriotes COLOMBIER \" valoir dans chacun de ces spectacles nos jeunes talents qui n\u2019ont pas eu encore ln chance de sc faire valoir.Dans \u2018La Voine d'Or\u201d on pourra applaudir Joan Duceppo, Bernard Vincelette ot Yolande Duval.Mais pour renforcer les endros, des vedettes viendront supporter ces jeunes: ainsi on verra dans les rôles de premier plan Mme Lucie Poitras, Mlle Mariec-Eve Liénard, MM.Paul Gudvremont ot Roger Floront.\u201cLa Veine d'Or\u201d sera présentéo vendredi co soir, avec roprésontations sup- lémentairos lo samedi 29 ainsi que le undi ler décembre en soiréo, à ln salle S.-Stanislas, lo plus nouveau théâtro de la ville, 1371 est, ruo Laurier.arts sLA BEAu og ¢ Chaque succursale de la Banque de Montréal est un \u201cbureau de recrutement\u2018 pour les dollars des Canadiens désireux de servir leur patrie, Dans n'importe quelle de nos 500 succursales du Canada, l\u2019on peut acheter des timbres et des certificats d'épargne de guerre, et obtenir des renseignements complets sur les emprunts de guerre.Engagez-vous dans toute la mesure de vos moyens afin d'aider À gagner une victoire décisive pour Ja liberté.BANQUE DE MONTREAL \u201cBanque qui accueille bien les petits déposants\u201d Service de banque moderne et expérimenté .fruit de 124 années de fructueuses opérations Gagatle artistique casses ane» «Joséphine vendue par ses soeurs» en soirée les 27, 28, 29 et 30 nov.LES CONCERTS aR ONIQUES DE MONTREAL AUDITORIUM DU PLATE LES CONCERTS DE L'ÉCOLE DE MUSIQUE LES COMEDIENS DE L'ARCADE.CINEMA ST-DENIS.D'OUTREMO Lane aan 0 « Chef : Désiré Defauw Soliste : Emmanuel Feuermann mardi, le 2 décembre RE «Ruy Blas \u201838= de Pierre Chaine en soirée les 4, 6 et 7 décembre matinée les 4 et 7 décembre Ce le 10 décembre .samedi, le 13 décembre J «La Lettre» de Somerset Maugham RE «L'empreinte de Dieu» d'après le roman de Maxence Van Der Meersch et «La méprise de Madame Vidal» \"LA Se FEMME DE BARBE-BLEU\" Après le succès des représentations de Jean-Pierre Aumont, la Comédie de Montréal nous revient avec sa troupe régulière pour présenter la \u2018\u2019Bème femme de Barbe-bleu\" d'Alfred Savoir, continuant ainsi sa politique de jouer u théâtre gai pour fire un peu oublier les nuages qu'apporte la guerre.Alfred Savoir ne passera probablement pas à la postérité, mais il aura eu le mérite du moins de faire rire et bien rire ses contemporains quand tant de ses confrères se sont plu à les ennuyer.La \u2018\u2019Bème femme de Barbe-bleu'\u2019 est de la veine de ces comédies sentimentales qui sont une réussite du cinéma américain.C'est l'histoire simple d'un millionnaire américain (comment être millionnaire sans être américain) qui en est rendu à son septième divorce et qui veut se remarier une huitième fois.L'épouse en perspective est une jeune française; celle-ci, avertie du passé de son futur conjoint et de ses intentions à venir si le ménage ne s'entend pas, s'efforcera constamment de provoquer le divorce, ce qui est précisément le moyen d'attacher son mari.Le divorce aura même lieu, pour la plus grande humiliation du dit mari, qui pour la première fois de sa vie s est fait rouler, et d'autant plus qu'il aime réellement cette femme qui vient de le quitter.Mais celle-ci, consciente de cet amour, reviendra vers son ex-mari, riche de son propre amour et d'une petite vengeance de son orgueil sur celui qui avait cru ouvoir l'acheter.Elle sera alors la Puitième et dernière femme de Barbe- bleu.Pièce pleine d'entrain, de gaieté, de bons mots, qui ne perd jamais de son intérêt, sauf à la première scène.On frôle souvent le vaudeville, mais on ne tombe jamais dans la vulgarité.La troupe de la Comédie de Montréal s'affirme de plus en plus comme étant le groupe d'artistes le plus homogène et le plus versatile que nous ayons eu depuis longtemps à Montréal, et l'interprétation qu'elle nous donne à chacun de ses spectacles prouve bien qu'elle est capable de se lancer dans n'importe quel genre de théâtre.Pour ce qui est de la \u2018\u2019Bème femme de Barbe-bleu\u201d, il convient de signaler tout spécialement la tenue remarquable de Sita Riddez et de Albert Duquesne.a première affirme de plus en plus son grand talent en affichant, tantôt la coquetterie, tantôt le cynisme, la marque qui convenait si bien à son emploi.Pour sa part, Albert Duquesne s'affirme e plus en plus comme comédien, avec un sens remarquable de la nuance comique et une compréhension manifeste de son texte.ne faudrait pas oublier la composition caricaturale de François Rozet, dont la maîtrise du plateau n'est plus à dire, et qui semble s'amuser autant que le public pendant ses divagations du troisième acte.Le reste de la distribution soutient ien les trois premiers rôles et fait de la \u201c8¢me femme de Barbe-bleu\u2019 une comédie très réussie.Nous avons eu en même temps l'occasion d'assister aux débuts de Catherine Moisan, mais nous préférons attendre de la voir tenir un rôle plus considérable pour nous permettre de la juger.Charles DUMAS VIENT DE PARAITRE \u201cL'AIGLE PRUSSIEN SUR L'ALLEMAGNE \u201d Otto Strasser fut l\u2019un des principaux collaborateurs d'Adolf Hitler dans les premières années du national-socialisme.Mais voyant que le parti nazi subissait de plus en plus l'influence néfaste des puissances prussiennes et financières, âl entra en lutte ouverte contre Hitler et il fonda le Front Noir.Traqué par la Gestapo, il dut s\u2019exiler pour continuer sa guerre à l'hitlérisme et pour venger son frère Gregor assassiné en 1934.Né en Bavière, Otto Strasser est un catholique convaincu; l\u2019un de ses frères est bénédictin.Tout au long de son livre, L'aigle prussien sur 1'Allemagne, il élève une véhémente protestation contre la Prusse protestante et militariste qui, sous des masques différents, n'a cessé depuis 1918 de préparer la \u201crevanche\u201d.Otto Strasser fait un récit complet des conflits politiques, des terribles crises économiques qui ont ravagé l'Allemagne depuis la dernière Grande Guerre.Et l'on voit que l'instauration du régime hitlérien ne servit en définitive qu\u2019à hâter In réalisation des rêves prussiens de domination européenne.l'aigle prussien sur 1'Alemagne restera l'ouvrage le plus vrai, le plus documenté pour quiconque veut comprendre le problème allemand.Otto Strasser raconte \u2014 avec une vigueur de pamphlétaire mais aussi avec l'exactitude de l'historien \u2014 les batailles d'idées et les batailles de rues auxquelles il a assisté.Il montre le vrai visage des personnages politiques et militaires qui ont fait de \u2018Allemagne une nation caporalisée.Alors que le sort de l\u2019Europe \u2014 et du monde \u2014 est en jeu, il faut connaître les véritables responsables du conflit actuel.Nul mieux qu'Otto Strasser \u2014 qui a connu tous les grands chefs allemands \u2014 ne pouvait nous renseigner là- dessus.Son livre, qui devait d'abord porter le titre de Sous le masque d'Hitler, est un document historique d'une incontestable valeur.L'algle prussien sur l'Allemagne, par Otto Strasser, (400 pages) est en vente au prix de $1.50 (f.60 par ls poste) aux Editions Bernard Valiquette, 1564 rue St-Denis, Montréal, et dans toutes les bonnes librairies.Medde vNivERSITAIRE Une messe spéciale pour les Étudiants des divernes Facultés et Écoles de l'Université est célébrée à 9 heures 30, chaque dimanche et fête d'obligation, à la Maison des Étudiants.Cordials bienvenue ! FPAGESCINQ EMILE NELLIGAN Le choc de la Mort sur la Vie est irrégulier et divers .Presque toujours il provoque un remous dans la collectivité fourmillante et compacte des humains.Remous d'envergure variable, selon la portée de la brèche creusée.Selon aussi I'sppiét du vide qu'il faut tamponner .Remous qui se dédouble en un fracas plus ou moins flamboyant, plus ou moins ample, mais presque toujours éphémère.Eclats friables des sanglots de la tendresse.Rumeur périclitante des regrets d'amitié.Sonorités pompeuses et fugaces des oraisons funèbres, La mort d'Emile Nelligan a déclenché une réaction d'un autre ordre.La Société \u2014 ce grouillement blafard, fondu dans la médiocrité niveleuse \u2014 ne se replie que sur ceux qui, emmélés à elle, ont dû en secouer les attaches pour prendre leur envol funéraire.Nelligan n'avait aucun lien à disloquer.Aucun contact à isoler.Le contre-coup de sa perte n'a tien de comparable à ces vides quasi-physi- ques enfoncés par la mort de sommités politiques ou religieuses, et qui brouillent un instant la cohérence d'une nation entière.Lui, déjà depuis longtemps avait déserté la société! À vrai dire jamais le monde ne l'avait englobé.Le Poète plane sur la vie.Juché au pinacle du temple de l'Art; il la domine.Il la contemple avec des yeux rénovateurs.Il la canalise à travers son tempérament, et la transfigure.Mais il ne s\u2019y fourvoie pas.Du moins jamais en tant que poète.Car il est de ces êtres étrangement équilibrés que l'inspiration ne harcèle que par moments.Elle leur ménage des répits.lls ont la commode faculté d'être tour à tour poètes et simples mortels.Ils savent dégringoler de leur hauteur pour frayer avec la vulgarité du monde .puis à des moments voulus, reprendre leur essor vers les sphères lumineuses de la Poésie.Mais il en est d'autres que la Muse tient enchaînés dans son refuge supraterrestre.Exceptionnel et douloureux favoris du destinl Nelligan fut de ceux-là.Une trop farouche sincérité lui prohibait tout compromis.Une fougue colossale empoignait tout son être, ne lui laissant aucune échappée.Il fut poète tout d'un bloc.Exclusivement poète.Îl le fut pleinement, avec un enthousiasme de son esprit dans le paroxysme d'une poésie effrénée \u2014 dans cet \u2018\u2018abime du Réve' qui n'est peut-être qu'une forme surhumaine de l'exaltation, une extase excessive au cerveau débile de l'homme charnel.Toujours il s'est cloisonné dans le mythe de ses chimères.Î! avait peur et haine de la Réalité.|| suffoquait de rancoeur.\u201cEn ce monde menteur, Flétri, blasé, pervers\".Il lui fallait un univers exclusif, transcendant, où son esprit puisse gambader librement dans l'irréel et se pâmer dans la Contemplation.413 Etje voudrais rêver | t, \"ame e sous les cyprès de mort, au coin du cimetière.Où gît ma belle enfance au glacial tombeau.Mais je ne pourrai plus, je sens des\u2019 bras unèbres M'asservir au Réel, dont Île fameux flambeau mbrase au fond des Nuits mes bizarres Ténèbres! ll a méprisé le monde dont il n'était pas.Il ne s'est pas ravalé au contact de \u2018\u2019la plèbe\u201d et de ces \"hommes aux fronts moroses qui ont dédaigné sa vie et repoussé sa main\u2018\u2019.C'est pourquoi la foule, toute ramassée sur elle- même, a à peine perçu le bruit de sa chute.Au lieu de cette grande clameur de désolation qu'il eût méritée, seul se répercute dans l'âme des artistes \u2014 cette race éternelle des passionnés de beauté \u2014 un murmure d'admiration hanté de la tristesse d'un deuil déjà lointain.L'âme de Nelligan n'a fait que changer de tombeau.Mais cette suprême migration, c'est comme le coup de grâce d'un frêle espoir de renouveau que nous recelions encore au creux de notre coeur.Puisque souvent la vie germe de la mort, espérons que ce soit aussi le prélude d'une gloire, surérogatoire- ment payée, pour ce poète prodigieux, le seul de notre race qu'ait étreint le génie! Du moins que ce soit pour nous l'occasion de proclamer notre vénération envers lui, et notre foi en l'immortalité de son oeuvre.C'est un égard posthume que la jeunesse de ce pays \u2014 le jeunesse universitaire, surtout \u2014 doit à ce tout jeune Canadien français qui, tôt ou tard, sera hissé à sa place dans la lignée des grands poètes éternels.Jean GUATRIE rth i Sarmen de le Vie J.O.GIROUX O.D.A.PHILIE, |.RODRIGUE, JA.ALLAIRE .inlbme BUREAUX CHEZ \u2018 LAS cow aL prime se LD (PAGEYSIX Vendredi, le 7 novembre, au petit jour, nous partions, quatre étudiants en médecine, pour la ville de Québec.Nous y allions représenter nos confrères au Congrès National de I\u2019 Association Canadienne des étudiants en médecine et des internes.Les aprés- midis du vendredi et du samedi furent consacrées aux rapports de chaque comité local de l'ACEMI, aux échanges d\u2019idées (que trop d\u2019entre nous considérons malheureusement souvent comme perte de temps inutile), aux suggestions de chacun pour une aide plus grande et plus efficace aux étudiants en médecine, tant au point de vue matériel, qu\u2019au point de vue intellectuel et moral.Ce n\u2019est pas notre intention, ici, de livrer un compte-rendu interminable, de relater tous les détails de notre voyage et du Congrès.Ce serait oiseux et d'aucun service.Nous croyons plus profitable d\u2019émettre en marge des sujets discutés, et des suggestions émises, des idées, des impressions qui serviront, espérons- nous, à tous les étudiants et surtout, bien entendu, à ceux de médecine.1) COOPERATIVES DE LIVRES ET D'INSTRUMENTS A propos des livres, il faut tout d\u2019abord faire une distinction entre les universités canadiennes-françai- ses, où les étudiants sont forçés d\u2019acheter les volumes de cours choisis par les professeurs, où ils n\u2019ont que la liberté d'acheter leurs livres de culture, de complément professionnel, et les universités canadiennes-anglai- ses où les meilleurs volumes de cours (text-book) ne sunt que soulignés, suggérés à l'étudiant qui a toute latitude pour acheter les livres de son choix.Nous ne voulons pas discuter les avantages ou les désavantages de l\u2019un ou de l\u2019autre système.Mais le second nous paraît préférable; car il laisse plus le champ fibre à l\u2019initiative personnelle, il permet, semble-t- Les Étudiants trouveront tous les volumes dont ils ont besoin CHEZ DEOM 1247, Saint-Denis Montréal Tél.Plateau 7953 Rayon d'Optique et d'Optométrie 7.Al.Benoit cos.CHEZ Al.Benoit - Benoit Protectal Inc.1617, rue St-Denis Montréal il en théorie, une étude plus objective, plus dégagée des opinions de tel auteur.Pour se procurer ces volumes à meilleur compte, les étudiants en médecine de McGill ont trouvé un bon procédé.Le comité local de l\u2019ACEMI détermine en premier lieu le nombre de livres de tel auteur ou de tel autre que les étudiants veulent; il exige d'avance le paiement en argent qu\u2019il dépose à la Banque.Celle-ci écrit aux éditeurs qu'elle a en caisse tant d'argent pour tant de volumes déterminés et que ce montant à été déposé par le comité local de l'ACEMI.Aussitôt, les éditeurs sûrs d'être payés COMPTANT ET SANS DELAI, entrent en relations avec les dirigeants de ce comité local, qui réussissent de cette façon à obtenir des réductions de 20 à 25% sur les achats de volumes.Le même procédé peut être suivi en ce qui concerne les instruments.2) BUREAU DES CONFERENCES On entend par là, un groupe d\u2019étudiants cn médecine qui vont prononcer des conférences sur des sujets d'ordre médical ou paramédical, à .des auditoires d'ouvriers, de jeunes, À des cercles ou groupements, ou au public en général.L\u2019an dernier, le comité de McGill a organisé 17 conférences de ce genre.C'est une belle manifestation de culture, de perfectionnement et de sens social.N\u2019y aurait-il pas moyen, qu\u2019à l\u2019Université de Montréal, on organise, soit par l\u2019intermédiaire des Conférences, soit en dehors d'elles, quelque chose dans le genre des Equi- pes Sociales de France, dans le but de travailler à l\u2019union, à la compréhension entre les classes dirigeantes et les classes ouvrières, dans le but d\u2019élever le niveau moral et intellectuel du peuple.Nous possédons quelque chose, des connaissances.Ajoutons-y du cœur, de [esprit d'apostolat.Nous pourrons alors aider les autres moins fortunés que nous; nous aurons la fierté de contribuer à l'éducation du peuple.Ce sera une belle manifestation PRATIQUE de charité, d'amour pour nos frère.Et nous serons les premiers à en tirer profit: nous les connaîtrons, LE /QUARTIER LATIN - Er RAPPORT DU CONGRES DE L\u2019A.C.E.M.l.nous nous cultiverons à leur contact, nous aurons la joie de pouvoir faire admirer et aimer l\u2019Auteur de la nature.(Au sens large du terme).3) SANTE DES ETUDIANTS A l\u2019Université du Manitoba, par exemple, chaque étudiant subit à tous les ans un examen médical complet: interrogatoire, histoire familiale, examen subjectif et objectif, analyse d'urine et de sang (réaction de Wasserman), tests à la tuberculine, de Dick, de Shick, prophylaxie contre la typhoïde, radiographie pulmonaire.Le dossier est conservé d\u2019année en année.Le coût de cet examen est de 5 dollars.II nous semble que leur enquéte va un peu trop loin en ce qui regarde les maladies vénériennes (syphilis et gonorrhée).Nous ne croyons pas que les étudiants se plient avec plaisir à cet examen, s\u2019il y a d\u2019abord obligation sine qua non de le subir et si le secret n\u2019est pas rigoureusement gardé.4) LA CROIX ROUGE ET LES DONNEURS DE SANG Il s'agirait par cette nouvelle initiative d\u2019encourager les étudiants en médecine à s'offrir comme techniciens pour les prises de sang aux locaux de la Croix Rouge, sur la rue Bishop, et à consacrer quelques heures par semaine à cette œuvre hautement humaine.La suggestion a été faite que ces heures consacrées au service du pays et de nos frères dans la souffrance, pourraient tenir lieu d\u2019entraf- ment militaire à ceux qui s\u2019y dévoueraient.Il faudrait en plus former A LA MANIERE DE .LE THEATRE ET La parole est plastique.Le texte est geste.La pièce est jeu.La voix profère la parole, elle actualise; la vedette établit le texte, elle modèle; le régisseur mène la pièce, il joue.Le jeu est l'harmonie de gestes qui font rythme: le jeu donne de la pièce.L'inspiration scénique est de jeu: rythme dit jeu.La pièce, jaillie du jeu, le contient, l'emprisonne, le refoule.Le spectateur réveillé à ce qu\u2019elle retient désire joucr.Jeu souvent physique.Quel est le spectateur qui, seul au speclacle d'une pièce théâtrale, n'a pas esquissé un geste, un pas?Quel est le spcclateur qui, n\u2019était la crainte du régisseur, pourrait s'empêcher de monter parfois sur le plateau?Et pour la satisfaction complète de ce speclateur, a cerlains romans on a même conformé du théâtre.(Je pense à l'éternel MAITRE DE FORGES de Georges Ohnet).(1) Pour intelligence, si inintelligible, voir \u2018Amérique française\", vol.I, numéro 1, pp.47, 46, 46 el 44.LE \u201cTRÉTEAU* Mais il est un autre théâtre plus abstrait et qui indispose.Qui indispose l\u2019homme, l'âne.Nous sommes au delà de Gæthe, nous avons aussi dépassé \u2018Bateau ivre\u201d.Du ballet, on n\u2019en veut plus ni de la poésic des intrigues ni de la douceur des sons.Il faut plus d'université que ne permettent Perrier et Duplessis.Parfaite union prosaïque de sensibilité et d'abstraite brutalité pure pour traduire le dynamisme humain.Poubelle.Pièce simple: en peinture les formes cubiques simples sont les plus belles; ct les costumes primitifs sont leurs équivalents au jeu.Vermecer de Delf, la feuille de vigne, Daucus Carota, \u201cLe diable dans le beffroi\u201d\u201d.Et qui oscrait fixer la borne de la maladie?Architecture simple: directe par con- facts durs: Peregrinus Tyss.Jeu simple: Aida.Savez-vous qu'à Montréal l\u2019enthousiasme qui accueille \u201cLe Tréteau\u201d est un grand signe de maturation?Qui dira que les gens qui acclament \u201cOndines\u201d\u2019 ne sont pas compréhensifs?Mais ce ne sera enfin que le réalisa- Lion du théâtre-auditorium, l'indice définitif.William HAUSSOULLIER » l\u2019opinion publique ct pousser ceux qui en sont capables à donner leur sang en vue de transfusion aux blessés de la guerre.Ceux qui seraient prêts à aider cette cause noble et digne de notre attention, voudront bien se mettre en communicarion avec la Croix Rouge sur la rue Bishop, ou avec la Conférence Laénnec.5) L\u2019'ENTRAINEMENT MILITAIRE Dernièrement, le VARSITY, organe de l\u2019Université de Toronto, rapportait les conclusions d'une enquête chez les étudiants en médecine sur cette question: les réponses se sont révélées \u201cinimprimables\u201d au complet, et le \u201c\u2018foot-drill\u201d n\u2019y semblait pas très apprécié.Il a été fort intéressant de noter l\u2019opposition ferme des délégués de toutes les Universités à toute forme d\u2019entraînement qui ne se rattache pas à la médecine.L\u2019argument que les Canadiens anglais ont apporté, est très simple et très logique: les étudiants en médecine suivent un cours pour lequel ils paient une somme assez considérable, un cours qui occasionne pour un bon nombre de fortes dépenses de logement, d\u2019habillement, de nourriture, et tous ces autres frais inhérents 4 la vie d\u2019étudiants.Leur sort est fixé: ils seront conserits à la fin de leurs études pour la guerre.Tandis que les techniciens, les mécaniciens, les aspirants-aviateurs apprennent un cours qui leur servira dans la vie civile, une fois la guerre finie, tandis que la chambre et la pension leur sont fournies gratuitement, et que de plus ils sont grassement payés.(La formation d\u2019un aviateur coûte à l\u2019Etat, selon les chiffres officiels, environ $20,000.) En plus, nous sommes obligés à 110 heures d\u2019entrai- nement militaire durant l\u2019année scolaire, et à 15 jours de camp l\u2019été (ce qui empêche, en passant, beaucoup d'étudiants d\u2019obtenir une position d\u2019été et de gagner ainsi leur cours).N'oubliez pas que ce sont les Canadiens anglais qui ont mené la discussion sur ce sujet.C\u2019est d'autant plus significatif.Nous nous permettons de livrer quelques idées qui se dégagent d\u2019un L\u2019HISTOIRE DE LA MÉDECINE AU CANADA FRANÇAIS Note: C'est avec plaisir que nous publions cette lettre d\u2019un de nos Ainsi que proposé, je viens te faire assister à la dernière séance du congrès à laquelle malheureu- reusement tu n\u2019as pu montrer la même assiduité qu\u2019aux autres.Là, nous avons pu constater comment Trousseau avait dit vrai en écrivant: \u201cToute science a un côté artistique et le pire savant est celui qui n\u2019est pas artiste\u201d.Or, le ou les artistes en cette occasion furent ces trois historiens de la Médecine au Canada français qui exposèrent brillamment au public ce que les disciples d\u2019Esculape accomplirent sous les deux régimes et la naissance de nos deux Universités.L\u2019interne Jules Dugas, président du Cercle Laénnec, présenta le premier orateur en disant: \u201cSi, selon Montaigne, ce que l\u2019on ignore nuit à ce que l\u2019on sait, la connaissance de ces quelques chapitres de l\u2019histoire de la Médecine devront au moins intéresser, sinon aider, les étudiants et le public en général dans leur développement culturel respectif.\u201d Juge toi-même comment il avait dit vrai.Voici le premier conférencier Georges-Albert Bergeron.\u201cLorsque Jacques Cartier vint hiverner au Canada en 1535, il trouva sur place des sauvages qui y pratiquaient une médecine empirique mais toute imprégnée de religion superstitieuse.Toutefois, ils possédaient une grande connaissance des plantes et pratiquaient plusieurs interventions dont les réductions de luxations et même quelques amputations.excellents amis de Québec.N'ayant pu, à regret, assister à une réunion du Cercle Laënnec sur l'Histoire de la Médecine au Canada Français, les délégués de Montréal avaient demandé à Charles-H.Dorval, interne à Pl\u2019 Hôpital du Saint-Sacrement à Québec, un résumé des travaux présentés.C'est ce qu\u2019il fait dans une lettre adressée à un délégué de Montréal et écrite à l'intention des étudiants en médecine de Montréal.Nous l\u2019en remercions vivement.Ils avaient une sorte d\u2019école comprenant quatre degrés, et alors qu\u2019autant d\u2019hommes que de femmes y étaient admis, l\u2019obstétrique était réservée à ces dernières.Pendant ce premier hiver, Cartier subit une épidémie de scorbut et l\u2019histoire nous raconte que tour à tour la petite vérole, la peste, le choléra, le mal de Siam décimèrent la colonie naissante et exterminèrent presque totalement les indigènes.On retrouve avec intérêt qu\u2019Hébert était un apothicaire et que Giffard, le premier seigneur du pays, était chirurgien de même que René Goupil, un des saints martyrs canadiens.Michel Sarrasin, médecin doublé d\u2019un chirurgien de renom, effectuera.plusieurs interventions chirurgicales très osées pour son siècle.Membre de l\u2019Académie des Sciences, il fit plusieurs communications savantes à cette société.Le Régime français nous montre une équipe d'hommes courageux et habiles dont le labeur a ouvert les voies de l\u2019art médical au Canada et permit la floraison de nos Universités modernes.Vire .- \u201c iY FONDEE DANS LE \\) 5 UN LIFE Maurice Demay, M.D., nous présente ensuite un excellent travail dont on peut facilement extraire les divisions suivantes: \u201cGrandes épidémies\u201d, \u201cGrands Noms\u201d et \u201cprincipales publications médicales sous le Régime anglais\u201d.Ce serait a la Malbaie, en 1773, que la syphillis serait apparue la première fois au Canada d\u2019où crise sporadique connue sous le nom de \u201cmal de la baie\u201d mais ce n\u2019est qu\u2019en 1832 qu\u2019éclate une véritable épidémie de choléra asiatique suivie d\u2019ailleurs du typhus en 1847.On attend ensuite en 1918 pour voir survenir l\u2019influenza ou grippe espagnole.Immédiatement après la conquête, on relève parmi les médecins les plus en vue, un nommé Badelard, Jacques Dénéchaud de Québec, et Daniel Debonne de l\u2019Hôtel-Dieu de Montréal.Au début du XIXème siècle François Blanchet peut être considéré comme le pionnier de Pédu- cation médicale dans le Québec, et François-Xavier Tessier comme le premier éditeur d\u2019un journal médical édité au Canada.Il y eut plus tard de brillants politiciens parmi les membres de notre faculté: Sir Etienne-Pascal Taché n\u2019était-il pas M.D.?Dans cette méme époque, on reléve trois publications réellement dignes de mention: le journal de Médecine de Québec, la Lancette canadienne, et l\u2019Union Médicale du Canada, laquelle subsiste encore.Comme troisième conférencier, Jean-Thomas Michaud, stagiaire, vint nous montrer comment\u2019 un diplômé de Louvain en psychologie expérimentale peut discourir (seul divertissement national non taxé de nos jours) et sortir de la poussière des archives les fantômes de l\u2019histoire de nos universités.Dans un style très soigné et teinté d\u2019une fine ironie, il nous parle des déboires qui ont marqué les débuts de l\u2019enseignement médical.A Montréal, il y eut même deux écoles pour commencer, l\u2019une de chirurgie fondée en 1843, l\u2019autre, succursale de Laval établie en 1879, d\u2019où lutte qui dut être réglée par décision formelle et bulle de Léon XIII.Depuis quelques années, on s\u2019attend à un grand dérangement; présentement laissons éclore un rêve qui a commencé à prendre corps sur les flanes du Mont-Royal.A Québec, les premiers diplômés le furent en 1854 des mains de Lord Elgin.C\u2019était une transformation de l\u2019école de la Marine qui avait donné naissance à notre université.Dans la suite, les deux universités ne firent que progresser et successivement s\u2019organisèrent des cliniques qui peuvent maintenant rivaliser avec les institutions similaires de l\u2019étranger.Une grande conclusion à l\u2019audition de toutes ces données, c\u2019est la grandeur des réalisations obtenues à côté du peu de ressources.Il y a une longue période entre les premiers essais et les hôpitaux magnifiques d\u2019aujourd\u2019hui mais cet espace de temps a apporté un soulagement à bien des souffrances et le fait est digne de mention.Maintenant notre cinquième congrès est mort.Vive le sixième! qui aura lieu à Western, Ontario, l\u2019an prochain.Point n\u2019est besoin de te dire comment j\u2019espère l'y rencontrer avec les autres délégués.Charles-Henri DORVAL 28-NOVEMBRE 194) plan comparatif sur l\u2019ent militaire des étudiants en mégane plan préparé avec beaucoup de soin par McGill.Aucun étudiant de universités Western, Ontario, Da} housic et du Manitoba, ne fait de camp durant l'été.Partout, les internes sont libres.Les délégués ont paru fort surpris quand ils apprirent qu\u2019à l\u2019Université de Montréal, les internes, à la fin de leur année d'internat, n'avaient que le choix entre le corps médical avec obligation de signer pour service \u2018 over the world\u201d ou le camp comme \u2018Buck Private\u201d, ou peut-être comme infirmier avec solde et grade de soldat Ils n\u2019en revenaient pas qu\u2019on ne puisse maintenant servir son propre pays comme médecin! 6) LES BOURSES On a beaucoup parlé, au congrès de la question des bourses aux btu.diants en médecine pour permettre aux finissants des colleges, peu fortunés, de faire un cours de médecine s\u2019ils en ont les aptitudes et les capacités, pour pallier à la situation désastreuse pour plusieurs (L< d'après les uns, 14 selon les autres) situation qui, les obligeant à faire du camp l'été, leur rend excessivement difficile, sinon impossible l'ob- .tention de \u201cpositions\u201d d'été.| faut absolument remédier à cet état de choses anti-cffort de guerre.C\u2019est certes le moins que le gouvernement \u2014 fédéral, va sans dire \u2014 doit faire.Voici très simplement exposées quelques idées que nous avons cru d'un certain intérêt pour les étudiants.Mais nous ne pouvons terminer cet article sans mentionner la magnifique organisation du Congrès et la remarquable hospitalité de nos amis de Québec.Le banquet ay Château Frontenac a été splendide, ct nous conserverons toujours un bon souvenir de la cordialité et de l\u2019amabilité qu\u2019on nous a témoignées.Nous les en remercions vivement ct nous les félicitons d\u2019avoir fait du Congrès une brillante réussite.INSTITUTION CANADIENNE-FRANCAISE LABORATOIRE NADEAU LIMITÉE PHARMACIE EN GROS qu A DEUX PAS DE L'UNIVERSITÉ / BARBIERS VOUS ATTENDENT SALON JOS BARRY AU SOUS-SOL DE L'ÉDIFICE S.-DENIS 354 est, Ste-Catherine Près S.-Denis L'ÉTUDIANT AMÈNE SES PETITES AMIES CHEZ GERACIMO 412 est, rue Ste-Catherine AIR CLIMATISÉ [Em PHOTOGRAPHE ATTITRÉ DES ÉTUDIANTS - 309, rue STE-CATHERINE STUDIO : LAncaster 5478 (Près St-Denis) Domicile Outremont : CAlumet 5961 1 SY 28: NOVEMBRE#1941: A TOUS LES SKIEURS La première réunion des skieurs de la Zone laurentienne aura lieu vendredi soir, le 5 décembre, à 8 heures 30 au Chalet du \u201cPark Toboggan and Ski Club\u201d.La soirée sera sous les auspices du Club de la Zone laurentienne de Ski, du club \u201cTotem\u201d et du \u201cPark Toboggan and Ski Club\u201d.On a élaboré un programme complet d'amusements pour cette soirée qui ne manquera certes pas d\u2019intérét.Il y aura du cinéma, du chant (\u201cCommunity singing\u201d) et de la danse.On montrera un film sur le ski, mettant en vedette le fameux Hannes Scheider.Tous ceux qui connaissent l\u2019entrain des réunions de skieurs, ne voudront pas manquer cette soirée qui promet d\u2019inaugurer en beauté la saison du ski 1942.Nous comptons sur une forte assistance de skieurs de l\u2019Université de Montréal.Carabins! amenez vos petites amies, elles en seront enchantées.Donc n\u2019oubliez pas! Date: Vendredi soir, 5 décembre 1941.Heure: 8 heures 30 p.m.Lieu: Chalet du \u201cPark Toboggan and Ski Club\u201d sur le Mont- Royal.Attractions: cinéma, chant, etc.Admission: L'entrée est libre, mais l\u2019on vendra à la porte les boutons-insignes de l\u2019Association mbulancière Saint-Jean, au prix habituel de 25 cents.Les organisateurs réservent des surprises! Vous serez de la partie, n\u2019est-ce pas?Robert BAILLARGEON, publiciste du ski.VOTRE CHALET, CARABINS Confortablement assis au milieu des Laurentides enchanteresses, dans le centre de ski le plus populaire de l\u2019Amérique, le chalet de l\u2019Université de Montréal est situé à proximité des gares de nos deux grands réseaux de chemin de fer: le Canadien National, à Saint-Sauveur, et le Pacifique Canadien à Piedmont.De plus, la route nationale qui conduit à S.- Sauveur, à quelque cinquante milles de Montréal, est entretenue tout Phiver.D'où que l\u2019on vienne, on accède donc très facilement et très rapidement au Chalet des Etudiants.Saint-Sauveur se glorifie de posséder quelques-unes des plus belles et des plus populaires côtes des Laurentides: la \u201c71\u201d ou la \u201cFoster\u201d, où se disputent la plupart des concours intercollégiaux ; la \u201c70\u201d de réputation nationale; la \u201c69\u201d, sa soeur jumelle: ou encore pour les plus audacieux: le \u201cSt-Sauveur Ski Run\u201d ou le \u201cRed Bird Ski Run\u201d.Toutes ces côtes, sillonnées de monte-pente, et situées à deux pas du chalet, réservent aux skieurs même les plus habiles toute une gamme d\u2019émotions.L'étudiant peut donc y pratiquer à satiété ses \u201cGelandesprung\u201d ou ses \u201cChris- COIN ST-D\u2018EN IS tiana\u201d, et refaire ses forces au Chalet, tout en savourant un bon café chaud et en grillant une cigarette devant le foyer toujours hospitalier.De plus, Saint-Sauveur est le terme tout indiqué pour les randonnées des skieurs qui ont un faible pour la piste.Tout un réseau de pistes merveilleuses converge vers S.-Sauveur, la Mecque des skieurs.Je décrirai bientôt pour le bénéfice des amateurs de la piste quelques bonnes excursions tant pour Carabin que pour sa petite amie.C\u2019est donc dans ce site enchanteur qu\u2019est installé notre Chalet.Avouons-le: \u201cLa nature nous traite en vraie mère passionnée Et nous en sommes les enfants gâtés.\u201d Au Chalet, l\u2019étudiant trouvera, en tout temps et à un prix dérisoire, un \u201chome\u201d bien chauffé et coquettement aménagé, une nourriture excellente, de très bons lits, -une poignée de copains, prêts à partager avec lui les joies que le Nord prodigue et dispense avec tant de libéralité à tous ses fidèles.Robert BAILLARGEON, publiciste du ski.Le À É TU D 1! DES ANTS PRIX SPECIAL SUR PRESENTATION DE LEUR CARTE D'ÉTUDIANT 3 vas 256 L'ACADÉMIE DE QUILLES CENTRALE ET STE-CATHERINE HOCKEY INTERFACULTÉS Les activités de la ligue inter- facultés commenceront pour de bon la semaine prochaine, plus exactement vendredi, le 5 décembre.Les préparatifs vont bon train et nous n\u2019attendons qu\u2019une température favorable pour tenir la première pratique.Nous vous annoncerons la date de cette pratique sur les tableaux des différentes facultés dès que nous aurons des précisions à ce sujet.A la dernière assemblée de l'Association athlétique, nous avons décidé certains changements que les circonstances nous ont imposés.Cette année, le Droit formera une équipe avec la Chirurgie dentaire et les H.E.C.joueront avec la Pharmacie.contrairement à ce qui s\u2019est produit l\u2019an dernier.Et cela, pour permettre de mieux partager les forces et rendra da lutte plus intéressante.Ceux dont l\u2019équipement est incomplet pourront s\u2019adresser à leur conseiller sportif et nous ferons tout en notre possible pour leur procurer ce dont ils ont besoin.Nous n\u2019avons pas beaucoup de matériel en main et nous attendons les demandes pour acheter ce qui manque le plus.Nous vous prions toutefois de ne pas être trop exigeants car notre budget a un plafond assez restreint.Nous comptons sur le succès de la Ligue cette année pour obtenir des crédits plus substantiels l\u2019an prochain.Comme pour les dernières parties, en mars dernier, nous pourrons mettre à la disposition des étudiants qui veulent assister aux joutes un autobus qui partira de la Maison des étudiants tous les vendredis soirs.Il n'en coûtera que \u2018\u2018trente sous\u201d pour le voyage aller et retour.Pour cela, il nous faut toutefois avoir les noms de ceux qui veulent bénéficier de ce service, avant quatre heures le vendredi et il faut qu\u2019il y ait au moins trente-cinq étudiants.Il va de soi que vous pouvez amener vos amis et amies.Les professeurs sont cordialement invités.N'oubliez pas, l'entrée est gratuite: Le lieu: Aréna du collège Saint-Laurent.Le temps: Le vendredi soir à 8 hres p.m.Consultez la cédule sur cette page.Le gérant du hockey.QUILLES INTERFACULTÉS Voici les résultats des joutes disputées la semaine dernière: H.E.C.**A\"\u2019 vs Opto.-Pharmacie 3-1 Chir.-Dentaire vs Polytechnique.3-1 Droit vs Médecine.H.E.C.**'B™ vs Sciences.Classement des joueurs: P.J.To.1-Egan.h.e.c.\u2018A\u201d 12 17 2-Bonin.droit.12 3-Robert.droit.15 4-Laurin.poly.15 2024 134.9- 5-Chevrette.poly.15 2009 133.9 .\u2026.he.c.\u2018A\u201d 12 1599 133.2 7-Leduc.\u2026.médecine 1051 131.3 hee.A\u201d 1967 131.1 9-Barette .h.e.c.*B\u201d 1571 130.9 10-Fillion.h.e.c.**A\u201d 1176 130.6 11-Baribeau.ch.-dent.1950 130.0 12-Guernon.opto.-ph.1947 129.8 13-Lachance .h.e.c.\u201cA\" 377 125.6 14-Papineau.poly.1123 124.7 15-Lafortune.h.e.c.\u201cB\u201d 1116 124.0 16-Montplaisiropto.-ph.1842 122.8 17-Ste-Marie.opto.-ph.1829 122.6 18-Cyr.ch.-dent.1525 122.0 19-Gravel .sciences .1829 121.9 20-Minville.médecine 1826 121.7 21-Gauthier.médecine 1813 120.8 Moy.86 148.8 1746 145.5 2104 140.8 \u2014\u2014 py _ UN A UND OUR O1 0 D 3 1 91 0 IN D 22-St-Martin.médecine 15 23-Faucher.ch.-dent.12 24-Rochon.médecine 6 700 25-Arsenault h.e.c.\"B\u201d 6 691 Position des équipes: 1777 1402 118.4 116.116.6 115.1 J.G.P.T, Pts G.T.1-Chir.-Dent.15 11 4 4 15 8763 2-H.E.C\u201cA\u201d.15 10 5-4 14 9454 3-Polytechnique 15 9 6 4 13 9249 4-H.EC.\u201cB\u201d.15 8 7 3 11 8726 5-Opro.-Phar.15 9 6 2 11 8930 6-Droit.15 7 8 2 9 8740 7-Médecine.15 411 1 5 8833 8-Sciences.15 213 0 2 7953 Meilleurs triples: Robert.532 Chevrette.466 Casavant.448 Bonin.436 Cusson.413 Meilleurs simples: Robert.210 Cees 186 Baribeau.179 Chevrette.175 Casavant.170 Meilleur total par équipe: oft.1972 Louis-J.GAUTHIER PAGE: SET: CEDULE 1941-1942 LIGUE DE HOCKEY UNIVERSITAIRE Déc.5: Méd.-Sciences vs Poly.H.E.C.-Phar.vs C.D.-Droit \u201812: Méd.-Sciences vs H.E.C.-Phar.Poly.vs C.D.-Droit 9: Poly.vs H.E.C.-Phar.Méd.-Sciences vs C.D.-Droit ** 16: H,E.C.-Phar.vs C.D.-Droit Méd.-Sciences vs Poly.** 23: Poly.vs C.D.-Droit Méd.-Sciences vs H.E.C.-Phar.\u2018* 30: Méd.-Sciences vs C.D.-Droit Jan.Poly.vs H.E.C.-Phar Fév.6: Méd.-Sciences vs Poly.H.E.C.-Phar.vs C.D.-Droit \u201813: Poly.vs C.D,-Droit.Méd.-Sciences vs H.E.C,-Phar.\u2018* 20: Méd.-Sclences vs C.D.-Droit Poly.vs H.E.C.-Phar.** 27: Détail; 2e vs 3e.Mars 6: Détail; gagnant vs ler.* 13: Détail; gagnant vs ler (total des points) VETEMENTS SUR MESURES POUR MESSIEURS ALEX.LANGLOIS 53 est, rue STE-CATHERINE Angle rue St-Dominique ESCOMPTE SPECIAL AUX ETUDIANTS UN ETAT NON-TOTALITAIRE, MAIS.Le garde des sceaux du gouvernement français, M.Joseph Barthelemy, souligne ainsi dans un discours récent ce que dcvra être le nouvel Etat français: \u201cH y u lieu de s'attendre à ce que les institutions de la France de demain se différencieront plus que par des nuances de celles d'hier.D'ailleurs, le Maréchal, investi par l\u2019Assemblée nationale du pouvoir constituant, nous l\u2019a fait connaître à plusieurs reprises.L'Etat français de demain ne sera pas totalitaire; il sera autoritaire, hiérarchique, social.Une constitution répond aux besoins d\u2019un peuple donné A un moment donné de son histoire.Nous restons certains que notre peuple réclame pour sa santé une cure prolongée et insistante de désintoxication.La liberté ui a enchanté notre jeunesse c'est ésormais en nous-mêmes que nous devrons la chercher, dans la droiture de nos consciences, dans l'adhésion aux obligations de la communauté, dans la satisfaction du devoir accompli.Quelle « BLACK HORSE_OUI, CERTAIN!\u201d ELLE EST DOUCE ET SAVOUREUSE L'oeuvre de cing:générations de maitres brasseurs: 4 Loy cu.1.kd Nie que soit lu figure du régime qui se forge actucllement, sa marque sera l'autorité.L'autorité que nous voulons est celle qui respectera les croyances traditionnelles qui font les nations grandes, saines et fortes, qui acceptera le primat sur l'Etat lui-même de la morale et du droit, qui fondera son action sur le règne de la loi.qui reprendra à son compte le vieux fondement de toute société nationale ou internationale: Pacta sunt servandas les contrats doivent être respecté, ceux que les particuliers passent entre eux, ceux que l\u2019Etat passe avec ses ressortissants, coux qu\u2019il passe avec d'autres Etats.L'autorité, enfin, doit respecter la personne humaine.Dans un régime de cette nature, une fois que nous serons sortis de l\u2019état de guerre où nous sommes encore plongés, le Conseil d'Etat tiendra le devant de la scène.Autorité n'est pas arbitraire; autorité n\u2019est pas brutalité.Un régime rationnel d'autorité est un régime de légalité forte, contrôlée et sanctionnée.\u2019 > LV In tee 2 ES AT vif 28-NOVEMBRE 194).LE QUARTIER LATIN.EEE HOMMAGE A SAINT-SULPICE I RESOLUTION DE LA COMMISSION DES ETUDES Bxtrait du procès-verbal de la 152iéme réunion de la Cominission des études de l'Université de Montréal, tenue le jeudi 6 novembre 1941, au bureau du recteur, À 4 heures de l'après-midi, Monseigneur le vice-recteur, M.le Chanoine Emile Chartier, rend hommage à la Compagnie de Saint-Sulpice qui va célébrer son troisième centenaire.Monseigneur Chartier rappelle à combien de titres Saint-Sulpice mérite la reconnaissance de l'Üni- versité de Montréal.Lorsque l\u2019Université Laval de Montréal décida, en 1890, de construire un immeuble rue Saint- Denis, la Compagnie de Saint- Sulpice lui fit don du terrain et lui prêta cent soixante-quatorze mille dollars dont la Compagnie n\u2019exigea jamais le remboursement qui aurait dû être effectué en 1919.Saint-Sulpice, sous le supério- rat de M.Louis Colin, institua a la Faculté des arts, un cours de littérature francaise et versa a I'Université pendant trente-quatre ans une somme annuelle de quatre mille dollars pour assurer cèt enseignement.; Le lendemain du jour où, en 1919, l\u2019Université de Montréal subit un premier incendie, Saint- Sulpice fit don d\u2019un million de doi- lars à notre institution pour lui permettre de restaurer son immeuble.Dois-je rappeler aussi que Saint-Sulpice s\u2019intéressa toujours à nos étudiants et qu\u2019il en aida plusieurs en les accueillant, soit au presbytère de Notre-Dame, soit au presbytère de Saint-Jacques.Pendant quarante-quatre ans, Saint-Sulpice a mis à la disposition de l\u2019Université, sans aucune rémunération, sa chapelle de No- tre-Dame de Lourdes, tant pour la retraite annuelle que pour les offices des dimanches et jours de fêtes, et pour les confessions.C'est à Saint-Sulpice, ajoute enfin Mgr Emile Chartier, que nous devons le Recteur magnifique d'aujourd'hui.qui est aussi un magnifique recteur.De son côté, Mgr Olivier Mau- rault, recteur, rappelle l'oeuvre accomplie par le Cercle Ville-Ma- rie, ancêtre de notre Maison des Etudiants et de notre Association générale des Etudiants de l\u2019Université de Montréal.Il ajoute combien il est reconnaissant à Monseigneur le vice-recteur d\u2019avoir ainsi présenté, au nom de la Commission des études et de toute l\u2019Université de Montréal, des souhaits de longue vie et de succès à la Compagnie de Saint- Sulpice, à l\u2019occasion de son troisième centenaire, qui sera en effet célébré avec éclat le dimanche 23 novembre, à l'Eglise No- tre-Dame, en présence de Son Eminence le Cardinal Villeneuve, de Son Excellence Mgr Joseph Charbonneau, archevêque de Montréal, de Mgr Camille Roy, recteur de l'Université Laval, et de nombreux évêques et prêtres.Une fête intime réunira au Cercle universitaire quelques amis de Saint-Sulpice, désireux d\u2019exprimer à la Compagnie, de façon plus directe, leur plus affectueuse sympathie et leur modeste admiration.II Saint-Sulpice et le cours de littérature francaise L'une des initiatives les plus heureuses que l\u2019enseignement montréalais doive à Saint-Sulpice, c\u2019est sans contredit Ja création, à l\u2019Université Laval de Montréal, du cours de littérature française.Que ce cours tire son origine de la Compagnie, la discrétion seule du texte ci-après suffirait à l\u2019insinuer, tant il reflète la procédure habituelle aux enfants de M.ier: \u201cDélibération de la Faculté des arts, 16 novembre 1898 \u2014 Le doyen (M.Colin, p.S.-S.) signale très particulièrement les avantages qu\u2019on doit espérer d\u2019un cours spécial de littérature française qui sera inauguré cette année même.Il propose que la Faculté demande au Conseil universitaire (de Québec) l'agrégation de M.Pierre de Labriolle, chargé de ce cours.Le secrétaire, G.Bourassa.\u201d A lire ces lignes, on soupçonnerait difficilement que le créateur et le bailleur de fonds de ce nouveau cours s'identifiaient avec le proposeur, le supérieur provincial de S.-Sulpice.Le voile sera levé cinq ans après la mort du fondateur, survenue en 1902.Le ler mai 1907, le secrétaire écrira ces lignes, où l\u2019on ne perçoit plus la dictée de M.Colin: \u201cLa Faculté saisit de nouveau l\u2019occasion (nomination de M.Louis Gillet) de remercier le Séminaire de S.-Sul- pice, qui est seul aujourd\u2019hui à supporter les frais de ce haut enseignement littéraire et qui donne là un admirable exemple d\u2019encouragement effectif à l\u2019avancement de notre Faculté.\u201d Comment cette idée avait-elle germé dans l'esprit des Messieurs?Faute de documents, à l\u2019Université du moins, nous sommes réduit là-dessus aux conjectures.Si nos souvenirs sont exacts, c\u2019est en 1895 que M.René Doumic était venu prononcer ici même une série de conférences sur Lamartine.M.Alfred Croi- set, qui le suivit en 1896 ou 1897, avait parlé de la civilisation antique, surtout grecque, En 1898, croyons-nous, M.Brunetière les remplaçait, dans une chaire qui s\u2019annonçait comme devant s\u2019établir à demeure.Tous ces maîtres venus de France trouvaient chez M.Colin, on l\u2019imagine sans peine, un accueil fraternel .La création définitive ne serait-elle pas sortie tout naturellement des conversations tenues entre ces quatre intelligences de première valeur?Pour ce qui est de la part prise par le supérieur de S.-Sulpice, on la connaît sûrement par cet extrait de délibération, qui est du 5 décembre 1902, presque au lendemain de sa mort: \u201cM.Colin, en fondant et dotant le cours de littérature française, a créé- une oeuvre d\u2019un intérêt éminemment national au point de vue canadien- français et concilié à l\u2019Université la faveur et la reconnaissance des antis des lettres et des admirateurs de notre langue.\u201d Quant à l\u2019intervention des autres, de M.Brunetière au moins, on peut la déduire de cet autre texte, celui-là tiré du premier Annuaire de l\u2019Université (1902-03) : \u201cSon successeur (à M.Laurentie) sera M.Augustin Léger, que recommande la désignation très particulière de M.Brunetiére, dont la sympathie reste fidèle à un enseignement qu\u2019il a patronné à ses débuts.\u201d Cette sympathie du grand critique expliquerait deux choses: pourquoi, tant qu'il vécut (sa LES AUDITIONS POPULAIRES La Société Artistique de l\u2019Université de Montréal présente eVIOLETTE DE LISLE e JACQUES GERARD eHERVÉ BAILLARGEON eo JEAN-MARIE BEAUDET U PLATEAU LE 10 DÉCEMBRE SOUS LA PRÉSIDENCE D'HONNEUR DE L'HONORABLE HECTOR PERRIER SECRÉTAIRE DE LA PROVINCE Dès le 1er décembre, BILLETS en vente à la MAISON des ÉTUDIANTS Prix: 50e et 35c 539 est, rue de Montigny \u2014 Téléphone: BE.2569 se .mort est de 1906), il constitua, d\u2019après la tradition, avec MM.de Foville ou Vigourel et l\u2019évêque des candidats, le comité chargé de désigner les titulaires successifs ; pourquoi encore ceux-ci, tant qu il fut là au moins, furent toujours choisis parmi ses plus brillants élèves de l'Ecole normale supérieure.Il eut en tout cas la main heureuse, si l\u2019on en juge par la liste des jeunes agrégés auxquels il fit confier la chaire de Montréal : 1898-1901, Pierre de Labriol- le; 1901-1902, François Lauren- tie; 1902-1905, Augustin Léger; 1905-1907, Louis Arnould.Après ces premiers maîtres, sur le choix desquels la voix de M.Brunetière eut certainement à se prononcer, la chaire fut occupée par MM.Louis Gillet (1907-1910), René Desroys du Roure (1910- 12).René Gautheron (1912-14, 1916-19), Georges Le Bidois (1919-21), Henri Dombrowski (1921-34).Les émoluments de tous ces professeurs, payés par S.-Sulpice seul, aprés avoir été de $2500 par année, furent portés a $3000 en faveur de MM.Le Bi- dois et Dombrowski, puis, lors de la crise de 1929, a $4000 en faveur de M.Dombrowski.Lors du départ de ce dernier (juin 1934), la Faculté des lettres, qui avait succédé à l\u2019ancienne Faculté des arts pour toute la partie littéraire de son enseignement, fut prévenue de deux choses: qu\u2019elle ne pouvait plus compter sur des maîtres de France pour sa chaire de littérature française; que S.-Sulpice, à cause des circonstances, ne pourrait plus à l\u2019avenir défrayer les émoluments du professeur canadien qui serait désigné.En conséquence, le doyen du temps, qui avait déjà suppléé M.Gautheron retenu par la guerre (1914-16), accepta de suppléer également M.Dom- browski (1934-36).A la date de 1936, l\u2019abbé Arthur Sideleau, professeur au séminaire de Sherbrooke, que M.LeBidois avait désigné lui-même à Paris en 1927 comme le meilleur candidat possible, prit la chaire qu\u2019il! continue d'occuper depuis lors.On ne saurait exagérer l\u2019influence qu\u2019a exercée, sur la culture intellectuelle à Montréal, la création du vénérable M.Colin.Pour juger de cette influence, il suffit d\u2019abord d\u2019aligner quelques noms de ceux qui furent primés à la suite des concours de fin d'année.Le tout premier fut le regretté Aegidius Fauteux, conservateur successivement de la Bibliothèque S.-Sulpice et de la Bibliothèque municipale.Parmi ses successeurs, on note le juge Edouard Surveyer, Albert Char- bonneau, J.-P.Labarre, le chef de nos Archives fédérales Gustave Lanctôt, Mgr le recteur Olivier Maurault, P.Girard, la Rvde Mère Marie Gérin-Lajoie, Mme Eustache Letellier de S.-Just, Son Excellence Jean Désy, le sénateur Mercier-Gouin, Mlle Camillia Gau- vin, pour nous arrêter à 1920.Cette influence provint aussi du caractère pratique qui fut imprimé au cours dès les débuts.Sans doute, les conférences publiques ou Mercredis de Laval fournissaient aux professeurs l\u2019occasion de synthèses brillantes, par lesquelles ils attiraient l'attention de notre population sur les courants, les Ecoles ou les époques de la pensée littéraire en France.Mais c\u2019est par leurs leçons didactiques surtout, vu les contacts immédiats avec des élèves choisis et peu nombreux, vu aussi les exercices littéraires rédigés, corriges et expliqués avec soin, que les titulaires du cours formèrent la génération de disciples sérieux dont nous avons mentionné quelques-uns.Appliquant des méthodes de premiére valeur acquises a l\u2019Ecole normale supérieure, surtout par ceux qu\u2019avait dirigés le maître Brunetière, ils pourvurent leurs élèves de ces qualités éminemment françaises en matière d'expression littéraire: l\u2019esprit critique, le goût, le sens de la mesure.Mais leur influence vint surtout de leur caractère personnel.Sortis en tête de liste des meilleurs lycées de France détenteurs souvent des premiers prix dans les concours généraux entre ces lycées, choisis de ce fait pour devenir des maîtres à leur tour après avoir subi l\u2019entraînement.pédago- NY = gique de l'Ecole normale, dési pour Montréal parce que es ment ils s'étaient classés au premier rang dans cette Ecole aussi ces jeunes maîtres appliquèrent ÿ leur tâche tout l\u2019éclat d\u2019un talent transcendant, toute la compétence due à une culture sans égale tout le zèle d'un professeur qui inaugure sa carrière.Ils se dépensèrent sans compter pour que les élèves canadiens suivissent ay moins de loin, dans la carrière des lettres, les étudiants des grandes institutions de la France.Le résultat, ce fut avant tout chez notre public, une préoccupation plus grande des choses de l\u2019esprit, avec le souci de perfectionner l'expression de sa pensée, Chez nos intellectuels, les maîtres parisiens éveillèrent l'ambition de devenir des auteurs à leur tour, des propagandistes du prestige littéraire de la France.Nos libraires, voyant venir de cetté source des manuscrits mieux rédigés, ouvrirent à nos écrivains un marché que la disette de livres français, occasionnée par la guerre présente, a rendu vraiment attrayant.La littérature canadien- ne-française tout entière bénéficie de cet essor, si tant est qu\u2019elle s'accroît en nombre d\u2019ouvrages et en valeur d\u2019art.Et, comme l\u2019une des raisons incontestables de ce progrès est le cours universitaire de littérature française; comme ce cours, tant que ses finances le lui ont permis \u2014 et cela veut dire pendant trente-cing ans \u2014, c\u2019est S.- Sulpice qui l\u2019a sustenté: il convenait, à l\u2019occasion de son troisième.centenaire, de lui renvoyer tout le mérite de cette institution.À cette reconnaissance pour sa générosité nous avons le devoir d'ajouter le témoignage de I'admiration que nous inspirent les Messieurs de Saint-Sulpice, surtout parce qu\u2019ils ont toujours laissé ignorer à leur main gauche ce que versait si libéralement leur main droite.Le doyen des Lettres, Emile CHARTIER, P.d.SPÉCIALITÉ HABITS A LOUER OU À VENDRE POUR TOUTES OCCASIONS où l\u2019habit noir est de rigueur M.À.BRODEUR MARCHAND TAILLEUR 28 est, rue Notre-Dame LAncaster 2776 OR ga ra Na pl VUE "]
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