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Titre :
Le Quartier latin
Éditeur :
  • Montréal :[le Quartier latin],1919-1970
Contenu spécifique :
vendredi 16 janvier 1942
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
autre
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Le Quartier latin, 1942-01-16, Collections de BAnQ.

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[" MONTREAL, 16+JANVIER A942 Directeur: JACQUES GENEST A LIRE DANS CE NUMERO L'OEIL DE CARABIN JOURNEES PAN-LATINES \u201cL'ANTIBRITANNISME DE L'UNILINGUISME\" JACQUES GIROUARD \u201cL'ESTUDIANT\u201d PAUL LEONARD RELIRE, C'EST PENSER LOUIS BERNACT ORIGINES DE LA MUSIQUE DOREMI NOTRE MISSION SCIENTIFIQUE ANDRE LAFOND UN AVIATEUR ANTIQUE A L'ECOLE SUPERIEURE DE MUSIQUE JEAN-PAUL GUILBAULT DEBUT D'ANNER CHARLES DUMAS EXPOSITION DE PEINTURE JEANNE AUX CONCERTS SYMPHONIQUES XX REPONSES A NOTRE ENQUETE THERESE F.CASGRAIN ALBERT LESAGE HOCKEY INTER-FACULTES LOUIS J.GAUTHIER BALLON AU PANIER HENRI DAGENAIS DANS NOS LAURENTIDES ROBERT BAILLARGEON QUILLES INTER-FACULTES LOUIS J.GAUTHIER POUR LES MEDECINS DE DEMAIN ANTONIO BARBEAU LA DOUCEUR BOISBRIAND 10 SOUS: LESNUMERO iy AAA , A BIEN FAIRE ET LAISSER BRAIRE MARIAGES DE GUERRE SOUVENIR DU DEBAT MONTREAL - McGILL ' TRICENTENAIRE par MARCEL THEORET .L'année dont tout Montréal et la province parlent depuis près de trois ans.L'année du tricentenaire de la fondation de notre ville.L'année dont on avait voulu faire une imposante suite de manifestations françaises qui auraient été pour nos esprits une cure dont ils ont tant besoin.Nous n'avons vraiment pes de veine.Le conflit dens lequel nous sommes forcément engagés et qui ne semble pas près de voir sa solution tant il se complique de jour en jour réclame plus que jemais nos énergies et ne nous permet pas de réaliser les projets que nous avions formés.Certains seraient prêts à tout laisser tomber et accepteraient que l'année s'écoulât sans le moindre rappel, sans une seule manifestation française tant l'inquiétude occupe leurs esprits et y sème le désarroi.Il n'en sera rien, heureusement, et le Troisième Centenaire de Montréal ne passera pas inaperçu.Bien entendu, les manifestations projetées n'auront pes le caractère qu'on aurait voulu leur donner, mais elles auront lieu et il faut nous en réjouir.Il n'y aura sans doute-pas de grands mouvements de masse, les fêtes qui auront lieu n'attireront pas chez nous les flots de touristes que les Trois-Rivières ont connus.Elles seront plutôt le fait de groupes particuliers.Une grande partie du travail ne pourra se faire que par le livre, le journal, le radio, le film.Le QUARTIER LATIN compte bien se mêler au mouvement et prépare à cet effet un numéro spécial qui paraîtra prochainement, lci, à l'Université même, commencera cette semaine, une série de cours publics sur le vieux Montréal.(Rappelons.qu'ils auront lieu le samedi après-midi, à quatre heures).D'autres manifestations de plus grande envergure auront lieu vers le mois de mai et se continueront sans doute durant les mois d'été.Elles feront suite à celles de le Place Royale et de Notre Dame, à celle du jour des Rois qui n'étaient que des préliminaires.La Commission du Troisième Centenaire est à préparer en ce moment un programme générel des Fêtes qui se dérouleront au cours de l'année.Son travail consistera surtout à coordonner les efforts des corps publics et des nombreuses associations qui ont déj à signifié leur volonté de célébrer aussi dignement que les circonstances le permettent le glorieux anniversaire de Montréal.Il est à souhaiter que le grand public prenne une part active à tout ce qui se fera, et qu'on voit tout Montréal s'intéresser de 'séipropre histoire, de ses origines et de ce qu'il est maintenant.De la sorte, les Fêtes du Troisième Centenaire auront l'excellent effet de faire connaître leur ville à ses citoyens, de créer un esprit moitrésleis et déréussir à foire donner ; à cette grande ville française un visage enfin français.a+ MOLUME,XXIV, {No 43 Rédacteur en chef: MARCEL THÉORET BILLET DE LA SEMAINE 1941 - 1942 Un an \u2014 douze mois \u2014 866 jours.cela semble bien long; mais comme c'est court lorsqu'on regarde en arriére! .ADIEU 1941! Aujourd'hui c\u2019est toi qui s\u2019en va \u2014 demain ce sera un autre, et, de siècle en siècle, de géné- ralion en génération, d'âge en âge, les ans s'accumulent sans cesse.C'est le bas âge \u2014 l\u2019âge naïf \u2014 le premier âge; les histoires de fécs ravissent \u2014 un petit rien enchante \u2014 les complications sont inconnues.Tout est beau, tout est fin, tout est simple! .C'est l'âge tendre: l\u2019enfance.Souvenirs que l\u2019on n'oublie jamais et qu'on atime se rappeler souvent.C\u2019est l\u2019âge ingrat: la fillette et le garçonnet ont grandi trop vite \u2014 on les dirait dépaysés parmi les jeunes, maïs guère à leur place parmi les vieux.C'est le bel âge \u2014 la fleur de l\u2019âge: lu jeunesse.\u201cLe plus beau refrain de la vie c\u2019est celui qu\u2019on chante à vingl ans\u201d.C\u2019est l\u2019amour \u2014 le rêve \u2014 les folies! \u2026\u2026.Tout de même l'on sail aussi être sérieux.Puis, c'est l\u2019âge adulte \u2014 l'âge viril \u2014 l\u2019âge mûr \u2014 l'âge avancé \u2014 le déclin de l\u2019âge \u2014 ct, tranquillement, l\u2019on s'éteint, comme les ans qui s\u2019en vont.L'ON MEURT \u2014 D'AUTRES NAISSENT.BIENVENUE 1942! Auvcc toi, tu apportes des espoirs, des déceptions, des joics et des peines.Que de surprises lu nous réserves! Pour connaître tes secrets, il nous faudra compter, une à une, toutes tes heures, gaics ou monolones.Unc année nouvelle \u2014 ce n'est pas une chose bien rare, mais il faut tout de même lui accorder quel- qu\u2019importance.Les souhaits, toujours les mêmes, les bannirons- nous à cause de leur \u201cdéfaut d'accomplissement\u201d dans le passé?.NON, d lout venant, \u201cBONNE ET HEUREUSE ANNEE\u201d, BONNE ET HEUREUSE ANNEE aux chers parents.Ils n'attemdent de leurs sacrifices aucune autre rémunération qu'une reconnaissance filiale; nous la leur souhaitons.BONNE ET HEUREUSE ANNEE aux amis \u2014 les vrais.Ceux que le malheur n\u2019éloigne pas, que le pressenliment d'un bonheur ne fuscine pas.Ils ne désirent qu\u2019une amitié sincère réciproque; nous la leur souhaitons.BONNE ET HEUREUSE ANNEE d nos soldats \u2014 d nos avialeurs \u2014 à nos marins.Avec nous, ils désirent la vicloire; nous la leur souhaitons.BONNE ET HEUREUSE ANNEE au pauvre mendiant qui ne connaît pas les douceurs des fêtes.Il me désire qu\u2019un geste charitable'\u2014 une légère aumône; nous la lui souhaitons.BONNE ET HEUREUSE ANNEE à tous les lecteurs et lectrices du \u201cQuartier Latin\u201d; nous leur souhaitons l\u2019accomplissement de tous leurs vœux.BONNE ET HEUREUSE ANNEE même aux ennemis.effaçons les vicilles rancunes.BONNE ET HEUREUSE ANNEE dans tous les pays \u2014 dans tous les foyers \u2014 dans tous les cœurs.Pour lous: joie \u2014 bonheur \u2014 prospérité el longue vie.ADIEU 1941 \u2014 BIENVENUE.1942.GISÈLE , L:s fêtes organisées à l\u2019occa- .sion du 3ième centenaire de la fondation de Ville-Marie doivent être pour chacun de nous autant de rappels, autant d\u2019invitations à une vie plus française et plus \u2018intensément chrétienre. A dar ni OP PAGE DEUX ._ LE QUARTIER LATIN O L'OEIL de CARABIN| M.CHURCHILL CHEZ NOUS Le premier ministre du Royaume- Uni est encore la meilleure propagande de guerre en l\u2019Empire britannique.Parmi les chefs d\u2019Iitats démo- eratiques, c\u2019est un des seuls qui ne se soit habituellement déçu ou qui n\u2019ait grossièrement trompé.La circonspection de son langage envers l\u2019ancienne alliée française nous fit croire qu\u2019un Anglais peut aimer la France.Que n\u2019eût-il saisi les affaires d'Oran, de Syrie ou d\u2019Indochine, voire l\u2019erreur de Dakar pour prétexte des paroles qu\u2019il est venu prononcer en la capitale d\u2019un pays franco-britannique et qu\u2019il n\u2019a pas dites à Washington, où l\u2019on n\u2019a peut- être pas oublié La Fayette.If Germany, déclarait M.Churchill au Congrès américain, had tried to invade the British Isles aftor the French collapse in June, 1940, and if Japan had declared war on the British Empire and the United States at about the sume date, no one can say what disastors and agonies might not have been our lot.(The Gazette, 27-X11-1941) A notre Chambre des communes, c\u2019est une autre histoire: But their generals misled them (the French Govornmont).When [| warned them that Britain would fight on alone, whatever thoy did, their generals told their Prime Minister and his divided Cabinot, \u201cin three weeks England will have her neck wrung like a chicken.\u201d (The Gazette, 31-X11-1941) Etait-il stupide de croire que les Allemands envahiraient l\u2019Angleterre, alors que M.Churchill ne cessait d\u2019en prévenir son peuple?Et qui, de M.Churchill et de M.Roosevelt, & su mieux prévoir la diplomatie japonaise ?\u2018Plaisante justice qu\u2019une rivière borne! Vérité au deçà des Pyrénées, erreur au delà.\u201d Ce n\u2019est point là cependant le discours le plus pénible à notre cœur français: il y a des raisons que la politique seule entend.Après avoir défini d\u2019Ottawa, loin, très loin, des armées allemandes d'occupation, \u201cson devoir et son intérêt\u201d \u2014 it was their duty and il was also their interest \u2014 à un gouvernement qui sauvegarde par l\u2019héroïsme d\u2019un miraculeux vieillard ce que n\u2019avaient pu détruire les imprudences de Wilson et de Lloyd George, M.Churchill s'adresse à 1'Orateur, selon l'usage parlementaire: What a contrast, Sir, has been tho behavior of the valiant, stoutheartod Dutch, ote.But the men of Bordeaux, the men of Viehy \u2014 they would do nothing liko this.They lie prostrate nt the foot of tho conqueror.Et il prend soin d\u2019ajouter ici, gratuitement: \u201cThey (the men of Vichy) fawned upon him.\u201d Il est permis de ne pas aimer l\u2019Allemagne et d\u2019aimer la France; nous ne tenons pas à ce qu\u2019on la loue en français d\u2019être le \u2018berceau des libertés révolutionnaires\u201d: c\u2019est d'y avoir trop cru qu\u2019elle souffre aujourd\u2019hui et c\u2019est à cause de ses malheurs et de son retour à notre commune tradition qu\u2019il lui faut de notre tendresse plus de confiance et de notre espoir plus de fidélité.J.-B.BOULANGER e \u201cHENRI BOURASSA A NOTRE-DAME\u201d Qui n\u2019a entendu parler du discours fameux que prononça Henri Bourassa, au Congrès eucharistique international de 1910?Tous ceux qui ont lu quelque peu les revues et journaux, au sujet de Bourassa, en ont pris par ci par là quelques allusions plus ou moins directes.Mais combien \u2014 de ceux du moins de notre génération \u2014 en ont lu le texte exact, situé dans l'atmosphère où se trouvaient alors tous les esprits, au sujet des grandes luttes pour la survivance du français.Un recul de 30 ans vers ces temps troublés ne peut qu\u2019éclairer certains gestes contemporains, que retremper, en l\u2019océan de feu patriotique qu'est ce discours à jamais célèbre, les armes défensives de notre nationalité.Dans un but sans donte plutôt pédagogique, mais non restrictif à ce seul ry point de vue, les Editions de l\u2019Entr\u2019aide \u2014 Collection Frangi- pani \u2014 vont bientôt lancer une seconde édition de \u2018Bourassa à Notre-Dame\u201d du R.P.Paul Racine, S.J.Ceux qui n'ont pas encore eu l'occasion de lire le véhément discours de 1910 voudront en profiter.Une documentation solide sur ce débat contradictoire des plus nuancés et sur les orateurs eux-mêmes \u2014 le Cardinal Bourne et H.Bourassa \u2014 ainsi que quelques témoignages de la représentation au Congrès se joignent d\u2019abondance à une analyse fouillée du discours au seul point de vue oratoire.L\u2019intention est ici manifeste, et comme on le dit dans la préface, \u201cce discours de Bourassa prend figure de texte classique.On tend a l'introduire au cours de lettres dans l\u2019enseignement secondaire\u201d.Pour nous, nous connaissons des écoliers et écolières, d'un âge où l\u2019on commence à discourir, n\u2019étant pas surtout des écoles et couvents de l\u2019Est de Montréal, et se glorifiant, non pas tant sans doute de n\u2019avoir jamais entendu parler du discours de 1910, mais bien d\u2019en ignorer l'esprit.\u201cHenri Bourassa à Notre-Dame\u201d ne se vend que $0.15, mais pour ceux qui en ont plus particulièrement besoin, nous ne serions pas étonné qu\u2019on le donne.G.A.© LA DERNIERE DU SERVICE DE L\u2019INFORMATION Depuis deux ans, le Service de l'Information ne s\u2019est pas privé de commettre des bêtises.Nous espérions cependant qu\u2019avec l\u2019âge .Malheureusement nos espérances se meurent peu à peu d\u2019inanition.En effet, plus ça va plus c\u2019est pareil, et même pire.Les bévues augmentent, non seulement en nombre mais aussi en amplitude.Tous savent que notre service de l'information publie des textes destinés à informer la nation ca- nadienne-française (informer n\u2019a pas ici le sens de fournir des renseignements, mais son sens le plus fort, celui de fournir à une matière, une forme qui la modifie; lorsque ce processus s'applique à l\u2019opinion, en français moderne on appelle ça de la propagande).Il s\u2019agit de faire comprendre aux Canadiens français, la grandeur de l'idéal pour lequel nous combattons.Cela, afin de les faire agir, c\u2019est-à-dire de les faire marcher .eux-mêmes au combat.Par ailleurs, on sait bien à Ottawa que notre culture latine, pour ne pas dire notre culture tout court, nous fait accorder aux valeurs spirituelles une importance de premier ordre.On s\u2019est dit alors: c\u2019est bien simple, on va leur en donner des valeurs spirituelles.Malheureusement ce n\u2019est pas aussi simple que cela.Il y a des valeurs spirituelles vraies et il y a ces valeurs spirituelles qui ne sont que de la sensiblerie déguisée.Qu'on n\u2019ait pas vu cette distinction, c\u2019est très.très regrettable, surtout si, comme en témoignent de multiples faits, les dirigeants du Service de I'Information sont synchronisés sur les valeurs spirituelles du second ordre.C\u2019est regrettable, d\u2019abord parce que cela nuit essentiellement à l\u2019unité canadienne, ensuite et surtout parce que nous ne le tolérerons pas.Nous ne tolérerons pas qu\u2019on affiche dans nos collèges et nos universités des textes dans le goût de celui-ci, distribué récemment par le Service de l'Information, avec l\u2019autorisation de l\u2019honorable J.T.Thorson, ministre des Services nationaux de guerre: \u201cQUE TES ARMES SOIENT BENIES, JEUNE SOLDAT ! \u201cJeune soldat, où vas-tu?\u201cJe vais combattre pour In Justice, pour la sainte cause des peuples, pour les droits sacrés du genre humain.\u201cJeune soldat, où vas-tu?\u201cJe vais combattre pour délivrer mes frères de l\u2019oppression, pour briser leurs chaînes et les chaînes du monde, \u201cJeune soldat, où vas-tu?\u201cJe vuils combattre pour que tous ne sôlent plus ln proie de quelques- uns, pour relever les têtes courbées et soutenir les genoux qui fléchissent.\u201cJeune soldat, où vas-tuf \u201cJe vais combattre pour que chacun mange en palx le fruit de son travail; pour sécher les lurmes des petits enfants qui demandent du pain, et auxquels on répond: I) n'y a plus de puin; on nous a pris ce qui restait.\u201cJeune soldat, où vas-tu?\u201cJe vais combattre pour rendre à Ceux que les oppresseurs ont jetés au fond des cachots, l'air qui manque à leur poitrine et In lumière que cherchent leurs yeux.\u201cJeune soldat, où vas-tu?\u201cJe vals combattre pour renverser les barrières qui séparent les peuples et les empêchent de s\u2019embrasser comme les fils du même père, destinés à vivre unis dans un même amour.\u201cJeune soldat, où vas-tu?\u201cJe vnis combattre pour les lois éternelles descendues d'en haut, pour In justice qui protège les droits, pour la charité qui adouctt les maux inévitables.\u201cQUE TES ARMES SOIENT BENIES, JEUNE SOLDAT!\u201d \u2014Lamennais Oui, mes amis, du Lamennais! C\u2019est ce qu\u2019on a trouvé de mieux comme valeurs spirituelles à nous servir, à nous catholiques et ca- nadiens-français.C'est le meilleur aliment qu\u2019on a trouvé pour nourrir notre faim d\u2019une mystique à la base de l\u2019unité canadienne.Ces sinistres pleurnicheries toutes pleines d'un internationalisme déséquilibré et sentimentalard, ces pleurs de vieille fille évadée hors du réel qui ont sapé pendant un siècle la virilité française, c\u2019est avec cela qu\u2019on veut nous enthousiasmer, c'est cela l'idéal de notre lutte.C\u2019est pour cela que nous allons combattre et mourir, pour qu'on continue de leurrer le monde avec cet idéal faux exposé par un excommunié, traître à Dieu et à la France.La publication d\u2019un tel texte témoigne soit d'un esprit faux qui veut utiliser les pouvoirs mis à sa disposition pour des fins sectaires et anticatholiques, (cf.la technique employée par la franc-maçonnerie en France), soit d\u2019une im- bécilité de proportion astronomique et digne de l\u2019internement (non dans un camp de concentration mais dans un asile d\u2019aliénés).Nous espérons dans l\u2019intérêt de l\u2019unité canadienne qu\u2019on se le tiendra pour dit et qu\u2019on ne nous embêtera plus avec des saletés semblables.Gérard DESCHENES BOURDES IMPERIALISTES RECENTES Winston Churchill visitait récemment la capitale de son brave Canada.Il n\u2019en fallait pas tant pour tourner la cervelle de nos impérialistes.Ce fut pour eux l\u2019occasion attendue de lancer deux canards si vigoureux que, chez plusieurs, on fut près de croire l'affaire déjà classée.Le Canada remettrait d\u2019abord à l'Angleterre la dette de $1,500,000,000 que ce dernier pays a contractée envers nous; (on nous pardonnera de distinguer ainsi eñtre Canada et Angleterre) ; de plus à l\u2019occasion de sa visite, Churchill soulignerait sans doute habilement aux parlementaires canadiens la nécessité d\u2019établir au pays la conscription pour outre-mer.Il n\u2019en fut rien.Winston Churchill est trop diplomate pour oublier qu\u2019il est toujours mal vu pour un invité de prodiguer des conseils à son hôtesse sur la manière de faire sa cuisine.M n\u2019ignorait d\u2019ailleurs certainement pas l'incident du député britannique Baxter, qui s\u2019oublia l\u2019automne dernier au sujet de ce principe élémentaire de politesse.C\u2019est pourquoi il ne se fit pas scrupule de référer aux manuels de bienséance les journalistes que l\u2019indiscrétion de leur profession avait poussés à cette question inopportune.Le cadeau de $1,500,000,000 est plus cocasse encore.C'est peut- être le plus triste cas d\u2019aberration mentale déjà sorti du cerveau de nos impérialistes.Comme si les quatre ou cinq générations qui vont suivre n\u2019étaient pas déjà assez \u201chandicapés\u201d par le monceau effarant de taxes qu\u2019il faudra payer de pères en fils! Les magnats qui ont lancé le canard savaient probablement \u2014 sauf déformation professionnelle \u2014 ce qu\u2019ils faisaient et ce qu\u2019ils voulaient: opérer un coup de bourse et syphonner quelques millions sur le dos du patriotisme tout nouveau qu'est celui d'aimer assez un autre pays pour lui sacrifier le sien.Autant lancer un plébiscite pour l\u2019annexion immédiate aux États-Unis que perpétrer un tel cadeau.Comme M.King doit quelque peu tenir compte de l'électorat, il a laissé partir M.Churchill avec le seul chapeau dont l'avaient couvert les journalistes .Chose curieuse, on aurait aimé qu\u2019il mit à leur place les impérialistes qui venaient de le mettre en de si mauvais draps.Mais aucune protestation de nulle part, sauf de la part du premier ministre d\u2019Australie, John Curtin.Ce dernier déclarait franchement que son pays n\u2019était pas disposé à consentir de pareils sacrifices.En général, on s\u2019est lourdement trompé sur l\u2019état d\u2019esprit supposé colonial des Australiens.W.Churchill dut personnellement câbler au premier ministre d\u2019Australie pour tamponner sa franchise.Mais comme le dit le \u201cTIME\u201d de cette semaine: \u201cIt will take more than a cable to placate already independent- minded Australians if anything goes wrong with the defense of Singapore and other approaches to Australia.Australia feels now, more than ever, that her own lack of defense is partly due to her all-out effort to help Britain.\u201d Au Canada aussi, l\u2019affaire glorieuse de Hong Kong a un envers plus triste.Tout le monde sait que, depuis longtemps déjà, l\u2019Angleterre ne comptait plus conserver cette base contre un ennemi en fôrce.\u201cPourquoi donc alors, comme le disait le député de Té- miscouata, y avoir envoyé des Canadiens?Nous aimons notre pays, nous sommes prêts à tout pour le défendre.Churchill lui- même disait dans une entrevue donnée à Washington que le Canada était menacé à la fois de l\u2019Atlantique et du Pacifique.Alors pourquoi ne pas garder nos soldats pour défendre notre pays?\u201d Pourquoi envoyer nos soldats garder l\u2019Angleterre et l'Angleterre envoyer ses \u201cjeunes experts\u201d émigrer au Canada?A quand la logique?Gérard ALLY CLARENCE GAGNON L'un des plus grands peintres du Canada est mort au début du mois.\u201cL'\u2019interprète du Québec\u201d, comme on a appelé Clarence Gagnon, fut non seulement un peintre, mais aussi un graveur et illustrateur de réputation internationale.Pendant plusieurs années, il résida à la Baie Saint-Paul, où il s\u2019emplit les yeux à loisir de nos pittoresques Laurentides.C\u2019est peut-être ainsi que pour nous, du vulgaire, la neige et Clarence Gagnon constituent une association d'idées toute naturelle.De grandes collections américaines et européennes se glorifient de posséder nombre de ses toiles.S\u2019inspirant presque uniquement dans le Canada français, sa mentalité et ses traditions, ses manifestations culturelles et son âme profondément humaine, il était tout désigné pour illustrer le chef- d'oeuvre de Louis Hémon, \u201cMaria Chapdelaine\u201d.Comme toutes les illustrations ne sont pas illustres, on peut bien se demander si, du point de vue célébrité, Louis Hé- mon a mieux servi Clarence Gagnon que ce dernier Louis Hémon, Clarence Gagnon est né à Montréal en 1881.Tout jeune, il montra des aptitudes qui le conduisirent en France, chez Jean- Paul Laurens, où il étudia cinq ans.Revenu au Canada, il décrochait les premiers prix et décorations qui enlevèrent sa renommée.De 1922 à 1936, il voyageait dans toutes les capitales européennes, d\u2019où il revenait avec l\u2019idée de monter à l\u2019Ile d'Orléans un musée de nos arts paysans, et le rêve \u2014 nue adie ede Pométhée avec le feu du ciel alluma Sa bip\u2019 de Picobac, puis, enchanté, fuma, @ Qu'est-ce que le Picobac lui-même sans allumage?II possède, il est vrai, un arome délicieux! Mais il faut que vous le fumiez pour constater comme il a bon goût, comme il est doux, frais, agréable, Achetez-en aujourd'hui et vous remercierez en même temps Prométhée et les champs ensoleillés du sud de l'Ontario du parfait contentement procure la crème de la récolte de Burley canadien, BLAGUE HERMÉTIQUE COMMODE, 10e et 15e BOÎTE MÉTALLIQUE \u201cLOK-TOP* de 34 livre, 65e mis ounsl sa Boîtes Mételliques pour le Gouseet icobac \"Il À bon goût dans la pipe\u201d exposé en maquette à la dernière exposition de l'Artisanat \u2014 de créer au sommet du Mont-Royal un village canadien-miniature, orné d'institutions et de choses poussant au redressement et à la grandeur de notre nationalité.C\u2019est dire que le grand artiste que vient de perdre le monde de l\u2019art était un véritable Canadien français.Même s\u2019il laisse des oeuvres qui assurent son nom à la postérité, tous regretteront la fin d\u2019un fervent de l'art qui a créé du beau jusqu\u2019à la fin.Gérard ALLY © LES MILITAIRES ET LA POLITIQUE Nous aurons cru utile de reproduire pour le bénéfice des étudiants, cet extrait d\u2019un article de M.Georges, Pelletier, un de nos meilleurs journalistes canadiens, remarquable par la vigueur et la clarté de ses exposés, par sa pénétration d\u2019esprit et sa profondeur de vues.Ce qui peut nuire, ce qui nuirait, si l'on n\u2019y mettait ordre, à l\u2019étendue de notre effort de guerre, c'est, entre autres facteurs, les propos inconsidérés de quelques militaires, que le gouvernement King n'a certes pas autorisés à parler comme ils font et qui parlent à contretemps de ce qui viendra si le volontariat allait ne pas marcher à leur goût.D'aucuns de ces haut-gradés tentent de semer l'alarme dans des milieux qui n\u2019ont rien à votr à In préparation des esprits à la conseription.D'après ces militaires loquaces, il faudrait les aider \u201cà marir\u201d les esprits en vue de l\u2019acceptation du service oblign- toire pour outre-mer.D'abord, est-ce le rôle des mili- talres \u2014 sauf des sergents recruteurs, et ces haut-gradés se défen- dralent de porter un titre aussi peu reluisant, \u2014 de pérorer en public, de dresser partout le spectre de ln conscription, surtout alors que le pays a pour le diriger un homme et un gouvernement qui se sont prononcés au nom de l'unité nationale contre la conscription pour outre-mer, ont pris et répété là-dessus des engagements explicites, formels, sans équivoque, tiennent du peuple un mandat catégoriquement anticons- criptionniste?Il ne saurait venir à l\u2019esprit de personne d'équilibré que ces militaires parlent ainsi d'autorité, au nom et avec l'autorisation de M.King.Lorsque M.King eut quoi que ce fût À nous dire quant à ln levée de volontaires, nu service militaire, même À l\u2019éventualité de In conseription, à la possibilité d'une consultation populaire, Il le dit lui-même, 11 le fit entendre par certains de ses ministres, comme lui et avec lui responsables à l'électeur.Et cela doit continuer.Tandis que ces officiers qui parlent trop ne sont au fond, même les mieux intentionnés, les plus huppés, que des fonctionnaires Irresponsables à l\u2019électeur.Ts outrepassent le cadre de leurs attributions.Ils seraient en train, si on n\u2019allnit les protéger contre leurs propres Intempérances de langage, et les Inviter poliment à se taire, de créer l'impression qu'ils travaillent surtout à établir une caste militaire, nautocra- tique autant qu\u2019irresponsahle, comme il en existe en pays à régime totalitaire.Toute démocratie bien ordonnée met chaque chose, chaque homme à sn place.Et M, King, certes, n'entend pas qu'il se forme fel, que ce soit ou non avee I'nssen- timent apparent de son gouvernement, une clique de militaires qui, se mélunt de politique, critique les opinions légitimes de civils à même les täxes desquels ces péroreurs en uniforme touchent une solde raisonnable, en retour de quoi Ils ont le devoir de se mêler de leurs nffnires, de ne pas aller tenter d'avancer, de pousser l'idée de conscription.Le Devoir, 10 janvier 1942 MESSAGE DE PETAIN Nous donnons pour le grand intérêt qu\u2019ils présentent ces extraits du message du Maréchal Pétain, à l\u2019occasion du Nouvel An.La France n\u2019a le droit ni de s\u2019endormir ni de se déchirer.Elle ne pout davantago admettre aucun déserteur.J'ai le devoir d\u2019appoler déserteurs tous ceux qui, dans ln presse comme dans la radio, à l\u2019étranger commo en France, se livrent à des besognes de désunion ot tous coux qui, dans lo pays, recourent à In enlomnie et à lu délation, J'ai le devoir de considérer comme adversaires de l'unité française les trafiquants du marché noir et lvs nouveaux riches de In défaite dont les millions hâtivement amassés sout faits de nos souffrances.J'ai lo devoir de considérer comme ennemis de la Révolution nationale des détracteurs systématiques de l'œuvre de rénovation entrepriso par lo gouvernement et en particulier: certains professionnels, anciens syndicalistes, qui tentent do saboter ln Charte du Travail et certains patrons anlisociaux qui soustraient par égoïsme ou par esprit de revanche à nos communes leurs obligations pour la reconstruction sociale.Tous ces hommes, comme quelques parlementaires, sont restés trop attachés à certains intérêts pour pouvoir se libéror des anciennes servitudes et pour répondre aux aspiru- tions du pays dont la nouvelle doctrine exige d'être appliquée par des homn- mes nouveaux.révolution natio- nalo n'a pas passé du domaine des principes à celui des faits.C'est là lu vrai grief ct lu grande inquiétude de beaucoup de Français.J'y suis profondément sensiblo, mais je demande que l\u2019on mesure l'ampleur ot les diffieultés de notro tâche, l'obligation où nous sommes de vivre souvent par des statuts ditfé- rents, la pénurie des matières premières, la survivance du vioil osprit bureaucratique, dostructeur d'initiu- tives, qui no disparaîtra qu\u2019avec le temps.Au demeurant, la Révolution, pour être nationale, doit être l'œuvre de la nation.Elle exige de tous, à défaut d'enthousiasme que les circonstances ne favorisent pas, l'adhésion sincère de l'esprit et l'accoption réfléchie du sacrifice.Avant do passer dans los faits, la Révolution doit s'intégrer dans les mœurs.Mais pour ôtre nationale, notre Révolution doit être sociale.Jo no voux pour le pays ni marxisme nl capitalisme libéral.L'ordre qui doit #'y instaurer ne saurait être qu'un ordre sévère exigcant de tous les mêmes disciplines, fondées sur la prééminence du travail, la hiérarchie des valeurs, le sens des responsabilités, le respect de la justice, la confiance mutuelle au sein de la profession.Soul l'appui total donné à mon action par les masses ouvrières ot paysannes, les unes do leurs chartes, les autres de lours corporations, assurora lu victoire de ce nouvel ordre.Dans l'exil partiel auquel je suis astreint, dans la demi-liberté qui m'est luissée, j'essaio do faire toul mon devoir.Chaque jour, je tento d\u2019arracher ce pays à l'asphyxio qui le menace, aux troubles qui le guettent.Aidez-moi.Faites une chaîne en me tendant la main.Gagnez chaque jour sur vous- mômes de potites victoires.Rappro- chez-vous davantage les uns des autres.Ouvrez vos cœurs à l'espérance.Tous unis nous sauverons notre pays.VIVE LA FRANCE _16-JANVIER 1949 a As mais STO 4 NFR aR ny cus at EE os Coad iMeab JOURNÉES PAN-LATINES L'\u2018\u2018Union culturelle des Latins d'Amérique\u201d tiendra deux journées pan-latines, dans les salons du Cercie universitaire, les vendredi 23 et samedi 24 janvier 1942.Nous publierons un programme complet et détaillé de ces assises dans le \u2018\u2018Quartier latin\u2019\u2019 de la semaine prochaine.Disons simplement qu\u2019au cours de ces journées, on entendra plusieurs conférenciers dont MM.Edmundo de Holte Costello, con- sul-général de Colombie à Montréal, qui parlera de la place que tient le français en Amérique du Sud; François - Albert Angers, professeur à l'Ecole des Hautes Etudes commerciales, qui traitera des avantages commerciaux que peut nous procurer l\u2019Amérique latine; Raymond Tanghe qui nous démontrera l\u2019importance d'entretenir des relations culturelles et intellectuelles avec l\u2019Amérique latine, etc.Mgr Maurault, recteur de l\u2019Université de Montréal, présidera le diner-causerie du vendredi soir et le conférencier du déjeu- ner-causerie du samedi midi sera vraisemblablement M.Yves La- montagne, du ministère du commerce d'Ottawa, qui revient d'une tournée en Amérique du Sud.A DEUX PAS DE L'UNIVERSITÉ BARBIERS VOUS ATTENDENT SALON JOS BARRY AU SOUS-SOL DE L'ÉDIFICE S.-DENIS 354 est, Ste-Catherine Près S.-Denis Le Quartier Latin organe officiel des étudients de l'Université de Montréal 539, rue De Montigny - HArbour 4511 DIRECTION Directeur : JACQUES GENEST Directeur edjoint: MARCEL ROBITAILLE RÉDACTION Rédacteur en chef: MARCEL THEORET Secrétaire de la rédaction : GÉRARD ALLY Rédacteurs : GASTON POULIOT JEAN VALLERAND \"ANDRE BACHAND ROBERT GENEST MAURICE BLAIS MAURICE CLOUTIER ROGER BEAULIEU MARCEL BLAIS GABRIEL MARCHAND ROBERT LEVEQUE MARC BENOIT J.-8.BOULANGER JEAN-PAUL GUILBAULT Pour le théâtre : CHARLES DUMAS Pour les sports: FERNAND EGAN ADMINISTRATION Administrateur: ROLAND LEFRANCOIS Le \u2018Quartier Latin'* n'est respomable que des seuls articles de le Direction.e IMPRIMÉ PAR LA CIE DE PUBLICATION LA PATRIE 180 est, rue Ste-Catherine MONTRÉAL GRINTUCH A LOUER 2121 BLYD $T- LAURENT près de Sherbrooke Représenté per pour le soir À GRi pat ATUCH, UL &, bo.319 La matinée du samedi est entièrement consacrée aux Etu- diants, MM.Sam Gagné et Jacques Duquette parleront du dernier Congrès de \u2018\u2018Pax Roma- na\u201d\u2019 à Bogota.Ces assises se termineront par un grand bal, placé sous le haut patronage de.M.Adélard God- bout, premier ministre, le samedi 24 janvier, à 10 heures, au Cercle universitaire.Nous publions aujourd\u2019hui succintement quelques renseignements sur l\u2019\u2018\u2018Union culturelle\u201d\u2019 elle-même.ORIGINES: L'Union culturelle des peuples latins d'Amérique a été fondée en 1939 sous le nom d'Union cul- tureile Mexique-Canada français par de jeunes intellectuels mexicains et canadiens.Peu à peu les relations d\u2019amitié latine dont elle avait jeté les bases s'étendirent à toute l\u2019Amérique latine et de façon de plus en plus étroite et en 1940 l'association prit le nom d'Union culturelle des peuples latins d'Amérique ou Union culturelle latine.BUTS: 1) Travailler au développement des affinités naturelles qui existent entre les peuples américains de culture française, espagnole ou portugaise.2) Créer un organisme permanent destiné à établir et à maintenir, en les rendant de plus en plus étroites les relations intellectuelles, culturelles, artistiques, universitaires et commerciales entre professeurs, étudiants, journalistes, hommes de profession, commerçants et hommes d'affaires ibéro-améri- cains et canadiens-français.SECTIONS : Il existe actuellement quatre sections actives et permanentes: 1) La section mexicaine placée sous la présidence d'honneur de M.Feliz Ocaranza, ex-recteur de l\u2019université nationale de Mexico.2) La section colombienne placée sous la direction de MM.Matiz et Toro.3) La section guatémalienne confiée à M.Pedro Pons, ancien é'ève des Hautes Etudes commerciales de Montréal.4) La section canadienne dont Mgr Maurault, recteur de l\u2019Université de Montréal est président d'honneur.Quatre autres sections sont en formation : Au Vénézuela, Au Chili, Au Pérou, En Haiti.FONCTIONNEMENT : Les sections de l\u2019Union culturelle des peuples latins d\u2019Amérique sont complètement autonomes.Elles sont cependant organisées d\u2019après les mêmes bases et chacune possède les services essentiels suivants: 1.\u2014Affaires intérieures: organisation de cours, de langues espagnole et française; conférences pan-latines; secrétariat de traduction et de publicité; bibliothèque française et espagnole, etc.2.\u2014Affaires étrangères: relations avec les autres sections; échanges entre universitaires, étudiants, journalistes, hommes d'affaires, etc.; organisation et vulgarisation touristiques, syndicats d'initiative.SECTION CANADIENNE- FRANCAISE: Son comité se compose comme suit: président d'honneur: Mgr Olivier Maurault président: .Dostaler O'Leary-Rodier secrétaire-générale: Mme Yvette Baulu-Germain affaires intérieures: Marcel Thérien affaires étrangères : Gérard-U.Maurice Siège social: niversité de Montréal.Secrétariat: 3445 rue S.-Denis, App.2 - Téléphone:'PL.1313.LE QUARTIER LATIN d'un travail en collaboration: CONFÉRENCE LAENNEC Les étudiants en médecine sont invités à une réunion spéciale qui sera consacrée à l\u2019étude du freudisme, sous la présidence d\u2019honneur du Docteur Emile Legrand, médecin- légiste des hôpitaux de Paris.La sexologie et le freudisme.par le Docteur Alban Jasmin La psychanalyse.\u2026.\u2026.Le Freudisme en rapport avec la philosophie et la morale.Le freudisme dans la pratique médicale.par Paul-Emile Beaulieu .par le Pére H.Samson, s.j.een Docteur Emile Legrand La réunion aura lieu au Cercle Universitaire, vendredi soir, le 16 janvier, à 8 heures 15 précises.Pour les étudiants des autres facultés, que le sujet intéresse, se mettre en communication avec Pierre Marion, M.43, CR.6300.Cette étude est le résultat \u201cL'ESTUDIANT Les élèves du Séminaire de Jo- liette, qui publient ce journal bimensuel, ont présenté à l\u2019occasion de Noël un numéro spécial d\u2019une très haute valeur artistique et qui dépasse en richesse tout ce qui s\u2019est fait dans le domaine des journaux, chez nous.Les nombreuses photos dont quatre sont reproduites en couleurs et qui sont remarquables par leur qualité et leur sens d'évocation, les reproductions de sculpture sur DE JOLIETTE\u201d bois, un article de M.l\u2019abbé Félix- Antoine Savard sur les Clochers du Québec, une magnifique étude du Père Lefebvre, c.s.v., sur le Manoir de Repentigny font de ce numéro si richement présenté un document qui restera et dont peuvent être fiers les Anciens du Séminaire de Joliette, et bien plus, tous les jeunes Canadiens français.Paul LEONARD LE NUMERO DE NOËL Ce numéro spécial consacré à notre mission française a eu un grand retentissement.Peu après sa parution, il n\u2019en restait plus un exemplaire disponible: manifestation évidente de l'intérêt qu\u2019on portait au sujet.Nous en avons reçu de multiples félicitations, entre autres celles de Son Eminence le Cardinal Villeneuve, et du président de la Ligue d\u2019Action Nationale, M.Anatole Va- nier.Le fait que plus d\u2019une cinquantaine d'étudiants ont fait l\u2019effort d\u2019un article, et ce, en plein temps d'examens, sur une question où l\u2019unanimité est faite depuis longtemps chez eux, n'a pas été sans donner beaucoup d\u2019espoir et de réconfort a tous ceux que préoccupe à juste raison l\u2019avenir si gravement menacé de notre nationalité française.Les jeunes ont bien des raisons d'être inquiets; au-dessus du problème de leur carrière, de leur vie, ils placent la survivance de leurs traditions, de leurs lois, de leur culture française.Ils ont l\u2019impression qu\u2019il se prépare quelque chose de grave au point de vue national, et que l'influence canadienne-française dégringole par bonds.Sans tapage et sans bruit, dans l'étude et la réflexion, ils se préparent à tout et au pire.LA DIRECTION RELIRE, C'EST PENSER par Louis BERNACT \u2018La mission française de notre peuple, il faut qu\u2019elle soit un peu comme notre \u2018\u2018cathédrale\u2019, bâtie avec amour et désintéressement, dans l'effort constant de tous les jours et dans l\u2019union de volontés inébranlables.\u201d JACQUES GENEST.\u201cLe monde pour être reconstruit sur des bases solides de justice et de charité chrétienne, a besoin de jeunes, habitués à l\u2019effort, qui le moment venu, sauront vouloir et apporter leur part de dynamisme, d\u2019idéal, qui sauront être réalistes et prêts à servir.Tu es nécessaire.Malheur si tu te dérobes!\u201d PAUL LEONARD.\u201cTI ne s\u2019agit pas pour nous d'accepter de la France une influence globale, une influence racique, de peuple à peuple, ni de rêver la résurrection intégrale d\u2019une Grande France, dont nous ne serions qu\u2019une simple annexe.Acceptons du message français une influence toute spirituelle en rapport avec les aspirations de notre génie propre.Enri- chissons-nous de son apport cul- - turel.Mais n\u2019oublions pas que les meilleurs représentants du génie français auprès de nous, que nos meilleurs guides pour l\u2019accomplissement de notre mission en Amérique, demeurent les personnalités de chez nous qui ont assimilé en plénitude la culture française authentique et qui consacrent et leur vie et la richesse de leur esprit à \u2018\u2018l\u2019incarner dans les formes originales de notre vie\u2019\u2019.Pour nous, Etudiants de l\u2019Université de Montréal, un Abbé Groulx, un Monpetit, un Minville.\u201d MARCEL DE LA SABLONNIERE.\u201cNous avons chez nous une superbe littérature trop méconnue, hélas! Ces penseurs, ces philosophes, ces artistes, ces peintres ne méritent pas de produire en vain si l\u2019on songe au magistral effort qu'ils doivent fournir pour offrir à leurs compatriotes une oeuvre typiquement française dans un milieu tendant à s\u2019'angliciser de plus en plus par ses menées politiques, et à \u2018\u2018s\u2019américaniser\u2019\u2019 par contact intime avec un voisin matérialiste qui inonde notre marché de revues souvent scabreuses, et fait de la fiction cinématographique un standard de vie pour nos jeunes, si prompts à s\u2019intoxiquer de futilités.\u201d\u201d VINCENT LAPERRIERE.\"PAROLES A DES ETUDIANTS \u201d Prix: 25 cents.par M.l\u2019abbé LIONEL GROULX Ce livre comprend les deux conférences prononcées par l\u2019auteur, à Ia Journée de Directives Nationales temie en mars dernier.Aueun étudiant ne peut se dispenser d'acheter ce volume qui est le résumé le plus complet des causes de notre situation nationale et de ses remèdes.LA BROCHURE DE L\u2019ABBE GROULX EST MAINTENANT EN VENTE DANS TOUTES LES FACULTES.\u2018PAGE TROIS \"L\u2019'ANTIBRITANNISME DE L'UNILINGUISME\" Tel est le titre d\u2019une conférence au Rotary Club de Québec, par M.Charles Holmes, un des rares Anglo-canadiens à prêcher chez ses concitoyens la compréhension et la conciliation vis-à-vis du groupe canadien-français.Cette conférence a été mise en brochure par les Editions Valiquette au prix de 15 cents l\u2019exemplaire.Les carabins devraient se la procurer.Nous leur en livrons un avant- goût: \u201cLes Canadiens anglais feraient bien de faire un peu leur propre examen de conscience quant à la déloyauté envers l'Angleterre.Ainsi, lorsqu'en 1847, fut passée la loi d\u2019indemnité, ce ne furent pas les Canadiens français, mais leurs compatriotes anglais qui as- saillivent Lord Elgin avec des pierres et des oeufs pourris; ce furent les clubs anglais les plus \u201cexclusifs\u201d qui rayèrent son nom de la liste de leurs membres, c'est la Société patronale écossaise St.Andrews, qui renvoya au Gouverneur le montant de sa souserip- tion.Lorsqu'un mouvement a été lancé au Canada en faveur de l\u2019annexion aux Etats-Unis, sont- ce les Canadiens français ou les Canadiens anglais qui l\u2019ont organisé ?Qui a incendié les édifices du Parlement à Montréal en 1849?N'étaient-ce pas les membres du \u201cLoyal Order of Orange\u201d, qui n\u2019étaient sûrement pas des Canadiens français.Et après ces actes indéniables de déloyauté, on voudrait faire croire aux gens et particulièrement aux nouveaux venus au pays que les Canadiens français ont le monopole de la déloyauté!\u201d (page 21).\u201cIl est pourtant incontestable que le Canada français a pratiqué la conciliation beaucoup mieux que les Anglais.\u201d (pp.25- \u201cSi, dans les autres provinces, les minorités canadiennes-fran- caises étaient traitées avec le même respect que l\u2019est la minorité anglaise du Québec, alors l'unité nationale serait possible.Mais, hélas! je crains qu\u2019il existera toujours de faux champions de l'Empire qui, dans leur profonde ignorance de l'histoire, de l'Acte de l\u2019Amérique britannique du Nord et des principes qui constituent la base de l'édifice impérial, ne manqueront jamais une occasion, un prétexte, si futile soit-il, pour exciter les préjugés de race.\u201d \u2018 En terminant, qu\u2019on me permette de citer les paroles de Lord Elgin, l\u2019un des hommes d'Etat les plus avisés de son temps et l\u2019un des meilleurs généraux qu\u2019ait eus le Canada.Ecrivant à Londres pour s'opposer à toute tentative de lutte contre le nationalisme canadien-français, il disait : \u201cJe suis, pour ma part, fortement convaincu que tout effort pour dénationaliser les Francais du Canada est voué à l\u2019échec.Ils produisent en règle générale l'effet contraire, ils enflumment avec rage le feu du préjugé et de l\u2019animosité nationale.Même à supposer que l\u2019effort réussisse, quel bien peut-on en attendre?Cette méthode peut transformer les Français de cette province en Américains, ils n\u2019en feront jamais des Anglais.Mais, qu\u2019ils sentent, par contre, que leur religion, leurs coutumes, leurs privilèges, leurs préjugés, si l'on veut, sont considérés et respectés plus que dans toute autre partie de ce continent, et, alors, qui oserait dire que la dernière main à brandir un drapeau britannique sur le sol américain ne sera pas celle d\u2019un Canadien français.\u201d (pp.26-27).Jacques GIROUARD L'ÉTUDIANT AMÈNE SES PETITES AMIES CHEZ GERACIMO 412 est, rue Ste-Catherine AIR CLIMATISÉ \u201crasan ed PE ORIGINES DE LA MUSIQUE NOTRE MISSION SCIENTIFIQUE Reconnaitre une mission scientifique Einstein vient faire la mise au point.Les chercher la facon la plus propre 4 nous égard.Ce n'est qu'avec le développe.TRA rd ST bY TT D'où vient la musique?c'est une question qui revient sans cesse du moindre des curieux au point de vue artistique.Sans tenir lieu de pédagogue, je voudrais vous entretenir un moment sur l'origine de la musique et esquisser avec vous sa genèse.La musique dont les constitutives sont le rythme, la mélodie et l\u2019harmonie, n'est pas l'oeuvre de l'homme mais une Création de Dieu, oui je le répète, Création dans ses principes essentiels et l'auteur de la Genèse aurait pu écrire à son premier chapitre: \u201cAu commencement, Dieu créa le rythme Et les mondes s'organisèrent.\u201d J'ai même lu chez quelqu'auteur: le rythme, essence de Dieu, a engendré l'humanité, en organisant la matière, en donnant le mouvement aux astres, en faisant la vie.C'est à peu près la fameuse hypothèse de Laplace sur l'origine des mondes.Quoiqu'il en soit le rythme a toujours existé et ce principe fondamental de la musique se trouve dans la nature même des choses.Le rythme, c'est l'ordre dans la succession; et la pluie qui tombe régulière et monotone, et les vagues qui se poussent, et les étoiles qui se meuvent, et les sillons qui s'alignent sont le rythme.Une version grecque (doux souvenir.) disait: y a du rythme même dans les casse- rolles bien rangées et les chaussures bien alignées sous le lit.Le rythme de la nature passa donc chez l'homme à l'état d'instinct et fut la base des mouvements ordonnés et des danses.C'est ce rythme que nous retrouvons chez les peuples Tee plus sauvages et les plus dénués de sens artistique: une danse rudimentaire accompagnée par le battement du tam- tam, par le bruissement des peaux frottées.Ce rythme primitif prédomine au- jourd'hui toujours chez les danseuses espagnoles pour qui le cliquetis sonore des castagnettes est encore à l'honneur, chez les orientales qui rythment leurs anses langoureuses et expressives par le bruit des tambourins, chez les italiennes qui ne pourraient se passer ans leur tarentelle des joyeux tam- ours basques, et plus près de nous dans le jazz où il suffit à produire les mouvements les plus fantaisistes.Que ire encore de ls musique militaire si rythmée qui remet la gaieté et le coeur aux soldats les plus abattus.Après ce rythme arriva la mélodie.Ce ne fut d'abord que deux notes alternant selon un rythme marqué par le tambourin.La flûte, le plus primitif des instruments (3,000 ans av.J.-C.) ne possédait d'abord que deux notes.Avec le temps, elle augmenta son échelle musicale et parvint à une gamme de huit intervalles différant très sensiblement de notre gamme moderne actuelle.> La flûte jouait en solo ou à l'unisson avec une autre flûte, mais jamais il n'y avait deux voix simultanément.Les tambours marquaient un rythme lent et la flûte chantait sa mélopée très primitive.Cette mélodie unique persists longtemps avant que l'homme, cédant à son esprit inventif, ne fabriquât d'autres instruments: la trompette chez les Hébreux, le syrinx, la cithare, ls harpe et la lyre chez les Grecs.C'est avec l'invention de ces instruments qu'apparut le chant rythmé et poétique où la parole venait se joindre aux sons des instruments.Le chant naquit donc après la mélodie instrumentale par imitation des instruments.Le chant fut la rivalité entre la voix et l'instrument et chez les Grecs le rythme musical fut la base de la poésie: harmonieux assemblage de vers et de strophes.Il fallut en effet, unir la parole à la musique et de 13 naquirent le dactyle, le spondée, l'iambe.\u2026., figures prosodiques grecques, empruntées plus tard par les latins, et origine e toutes les mesures musicales.Toutefois jusqu'à présent, la musique ne connaît pas les sons simultanés.Les choeurs sont chantés à l'unisson ou à \u2018octave et les instruments jouent à l'unisson des voix.Un élément nouveau va s'ajouter à ceux qui déjà existent, c'est le contre-point ou simplement l'art de mener simultanément deux ou plusieurs mélodies.Chose curieuse ce contre-point est né de la polyphonie ou de la différence d'éten- ue entre les voix: soprani, ténors et basses.C'est là en effet qu'on eut des intervalles de querte et de quinte entre les deux voix chantant la même mélodie, puis timidement on se risque à chanter deux airs tout à fait différents: c'éteit le déchant ou le contre- chant.Par observation on parvint à distinguer dans l'union de deux, trois ou quatre parties différentes des conson- nances, des dissonnances, des combinaisons sonores, des groupements de notes ceractéristiques et naturels.On les étudia, on les classa et ce fut les accords.L'harmonie était trouvée.Cet art de grouper les sons simultanés s\u2019est sans cesse développé jusqu'à nos jours non seulement pour les différentes voix: les choeurs, mais aussi pour les groupes d'instruments: L'orchestration.les plus différents en timbre et en facture qui forment le grand orchestre symphonique moderne.La musique est donc aussi vieille que le monde.Créée par Dieu et éveloppée par l'imitation des bruits et sons de la nature, elle o grandi.Rythmique, mélodique, prosodique, contrapunctique, harmonique, elle a franchi toutes les étapes de la formation \u2018un art dans une progression sans u plus simple au cesse ascendante, plus compliqué.DOREMI 7\u201d @carerres osweeTl) fCAPORAL à un peuple, n'est-ce pas purement une antinomie, la science étant universelle.Les mêmes problèmes ne sont-ils pas étudiés avec une égale passion par les savants de toutes les races?Et cependant qui osera nier l'existence d'une science française, allemande, anglaise et peut-être américaine?Qu'est-ce à dire, sinon la reconnaissance d'une même orientation générale de la pensée, d\u2019une même manière d'aborder les problèmes.Ainsi la pensée scientifique allemande se complait dans les vastes accumulations de faits, les œuvres d'ensemble colossales et l'analyse minutieuse; de même la pensée anglo-saxonne, friande de spécialisation, demeure extrêmement sensible aux applications économiques.Tandis que la pensée française, avide de général et d'abstrait, s'oriente vers la synthèse, l'établissement de méthodes générales ou de formules.Certes des savants français, allemands, américains ou japonais pouront étudier un même problème, mais ce ne sera pas de la même façon.Et voilà ce qui compte.En affirmant que nous avons une mission scientifique, nous disons être capable d'apporter une façon nouvelle et progressive de considérer les questions qui se posent à la science de notre temps.Mais en quoi peut consister cette façon nationale, si je puis dire, de considérer les problèmes de la science universelle?Ne serait-il pas logique d'essayer, d'abord, de faire le point pour bien déterminer les problèmes et d'orienter, ensuite, nos efforts.Depuis les cent dernières années, les sciences de l\u2019inerte ont fait des progrès très grands, au point même de renouveler complètement nos conceptions de la matière et du monde.Ces sciences se sont développées sur des postulats de la géométrie et des mathématiques.En appliquant les méthodes et les données théoriques du calcul à l'étude physique et chimique des phénomènes, on arrivait à établir des lois que l'on croyait absolues.Ainsi, on a réussi à cristalliser, ou mieux, à mettre en des formules bien claires, brèves et parfaitement déterminées, les propriétés de la matière.Et par le jeu des combinaisons de ces formules et de la logique déductive, on parvenait à prévoir des faits que I'expérience devait par la suite confirmer.Les calculs de Le Verrier au sujet d'Uranus en sont un exemple gravé comme une fable dans tous les esprits.Voici qu'arrive la découverte de la radioactivité.L'atomistique se crée.Pour la première fois, les savants ont l'impression de pénétrer au cœur même d'un problème.Les mathématiques classiques trop rigides éclatent sous la pression des faits nouveaux.Mais sciences exactes, comme on persiste à les appeler, un moment hésitantes reprennent leur marche en avant.On dirait que les savants se plaisent à détruire les anciennes idoles: l'espace devient courbe, la masse n'est qu'une forme de l'énergie, les dimensions sont relatives à la vitesse, l'univers se distend et se conçoit à nos dimensions, les corps simples se transmuent.Et, pour comble, voilà qu'un mathématicien, Heisenberg, proclame le principe d'incertitude: on ne peut jamais réunir que la moitié des éléments nécessaires à la détermination d'un événement.En plus d'une crise de méthode, l'orientation des recherches sur l\u2019utilisation de l'énergie atomique pose un grave problème d'adaptation au monde moderne et nous invite à considérer la Science tout autrement que nous l'avons fait jusqu'ici.Un des premiers à éveiller l'attention sur une grave lacune menaçant notre civilisation même, c'est Alexis Carrel qui nous montra la disproportion entre nos connaissances de la vie et celles de I'inerte.Mener une vie exclusivement conforme aux lois de la mécanique, de la physique ou de la chimie, c'est se condamner à mourrir.Paradoxe décevant, les théorèmes et les formules de la logique mathématique intégrés dans la vie des foules amènent une dégénérescence de l'intelligence ou peutêtre, plus exactement, une incompréhension de la personne.Cet oubli des réalités biologiques pour le culte de la technologie ne tarde pas à se faire sentir en de dures conséquences: épuisement nerveux, maladies cérébrales, diminution de la valeur et des initiatives personnelles\u2014jusqu'ici grands facteurs de la pensée occidentale.De sorte que le grand problème que doit résoudre la science moderne est un problème biologique: l'étude du vivant dans toutes ses manifestations, végétales, animales, psychiques ou psychologiques.Cela dans le but d'adapter l'homme à cette civilisation de la machine et d'arrêter la décadence qu'en ces dernières années, de nombreux penseurs nous ont montrée, désagrégeant notre civilisation.Nous sommes convaincus que dans la société de l'avenir, le biologiste est appelé à jouer un rôle aussi important que celui de l'ingénieur d'aujourd'hui.La science canadienne-française est à poser ses bases.Le jeune homme de science, soucieux de ne pas se laisser écraser par les techniques ou diviser par une spécialisation outrée, devra chercher quelle orientation il donnera à son action, car une mission, c'est une tâche à remplir.Il nous reste maintenant à faire réaliser cette tâche.Il semble que notre effort doive être triple: chercher à faire une œuvre de synthèse, une science \u2018\u2018personnaliste\u201d et sociale.Faire une œuvre de synthèse, cela ne veut pas dire faire\u2019 une compilation sans âme d'un amas de faits.Dire synthèse, c'est dire culture ou mieux, hiérarchie.Notre formation française et classique, si elle présente certains désavantages immédiats, nous prépare admira- biement à ce besoin urgent de la science qui faute de savoir précisément ce qui est acquis, menace de piétiner.De plus en plus, d'ailleurs, les différentes disciplines se fondent les unes dans les autres.C'est ainsi que l'on voit des équipes composées de spécialistes en différentes sciences s'appliquer à l'étude d\u2019un problème: la définition expérimentale de l'espèce taxonimique chez les végétaux, par exemple.La chose se fera ici-même si certains projets aboutissent.Il est à se demander si la création de mathématiques biologiques, ayant leurs lois propres, différentes peut-être des mathématiques ordinaires, ne nous aiderait pas à grouper en formules nombre de données descriptives et à établir cette précieuse synthèse, guide des progrès futurs.Remarquons que nombre de recherches actuelles s'orientent dans ce sens: pensons aux formules génétiques et surtout à la récente méthode d'intro- gression qui, appliquée à l'étude des végétaux et des animaux, nous\u201d laisse deviner le dynamisme des espèces.Quoiqu'il en soit, notre attention doit être attirée de ce côté, car nous nous rappelons l'essor pris par les sciences de l'inerte grâce à des méthodes analogues.Il se peut bien que la vie ne se pense pas par des lois mais s'intuitionne.Une science \u201c\u2018personnaliste™.Vou- drais-je, 6 scandale, insinuer que l'on doit abandonner l'indifférence sacrée du savant devant les résultats de ses expériences.Il est sur qu'il ne peut y avoir de science subjectiviste, ce serait une contradiction dans les mots.Cela ne doit pas nous faire oublier que l\u2019homme n'est pas uniquement un individu matériel et animal mais une personne.C'est à dire que les techniques, pour essentielles qu'elles soient, sont actuellement toutes analytiques et peu propres à nous faire saisir tout ce qui intervient dans une fonction physiologique ou psychique, pour la bonne raison qu'il n'existe pas réellement de fonction physiologique ou psychique, mais un individu déployant des activités psychologiques ou psychiques d\u2019ailleurs indépendantes.Certaines études sur les réflexes d'animaux aussi inférieurs que les parotistes sont instructives à cet ment de toutes ses valeurs, en un mot de sa personne que le savant arrivera à saisir les complexes et à entreprendre l'étude des rapports du vivant avec lui même et le milieu.C'est ce que nous entendons par science \u2018\u2019personnaliste\u201d, La science de l'avenir devra être sociale et voilà une orientation importante et nécessaire.Jusqu'ici les recherches et les découvertes se sont faites au hasard des génies et des circonstances, Elles ont servi au bien comme au mal de l'humanité, car science et morale sont en soi deux choses différentes: leur valeur éthique dépend de l'homme qui s'en sert.Retenons la dure leçon que les événements actuels nous enseignent; une nation a donné une direction générale à toutes ses activités scientifiques, mais hélas, ce fut pour la guerre.Pourquoi ne serait-il pas possible d'élaborer un plan d'ensemble, destiné à coordonner les activités scientifiques pour l'amélioration du peuple, de l'humanité et à résoudre le mystère de l'univers.Car en soi, savoir si \"univers se dilate et connaître la carte chromosiemienne des Onagres est aussi important que la guë- rison d'une maladie! Il devrait exister un ministère des sciences comme il existe un ministère du commerce ou de la guerre.De cette façon, l'humanité au lieu de s'acheminer vers la régression et la barbarie trouverait peut-être un peu de ce bonheur qu'elle recherche avec avidité.Notre culture française nous prépare admirablement bien à accomplir une œuvre de synthèse.Quiconque a tenté de s'assimiler l'esprit d'ordre et de clarté spécifique de la pensée française se sent écrasé par une production scien tifique sans but et souvent à la merci des modes.D'instinct, il réagira et cherchera à ordonner et à hiérarchiser.Notre catholicisme bien compris, étayé sur une solide philosophie de la personne, nous donnera le culte de l'épa- - nouissement total de nous-mêmes et le besoin de considérer la science d'un point de vue \u2018\u2019personnaliste\u201d*.L'attention que portent les penseurs contemporains aux problèmes sociaux, les encyliques qui les traitent avec mai trise nous aideront à considérer le problème social que posent les sciences.Plus que les autres peuples, nous semblons aptes à comprendre les problèmes de la Science de l'avenir.Comme on le voit, le problème ne manque ni d'ampleur ni de beauté.Notre mission est grandiose.Si par l'expression d\u2019une science nationale, nous pouvons augmenter le trésor des connaissances humaines, nous aurons justifié notre entêtement à ne pas mourir.André LAFOND PAGE A RELIRE UN AVIATEUR ANTIQUE (Lucien: ICAROMENIPPE) L'espoir d\u2019atteindre le firmament, ce qui me le procurait, c\u2019était sans doute le désir surtout que j\u2019en éprouvais, mais aussi le fabuliste Esope: ne montre-t-il pas que l'aigle, le scarabée, même le Shameau, peuvent gagner le ciel?Seulement, je le voyais clairement, de moi-même je n\u2019arriverais jamais, par aucun procédé, à me faire pousser naturellement des ailes; mais, si je me ceignais de celles du vautour ou de l\u2019aigle \u2014 celles-là seules me paraissaient concorder avec les vastes proportions du corps humain \u2014 , j\u2019aurais vite acquis l\u2019art de les faire fonctionner.En conséquence, je capturai ces oiseaux et coupai assez facilement l'aile droite de l'aigle, l\u2019aile gauche du vautour.Pour me les attacher, je les fixai, avec de la baudruche solide, au bas de mes épaules; puis, au bout des ailes rapides, je disposai des poignées pour mes mains, Cela fait, je m\u2019essayai d\u2019abord en faisant des bonds; puis, en ramant sous moi avec mes mains; puis, après avoir rasé la terre comme les oies, en me redressant et en courant sur la pointe des pieds, en même temps que je tentais de voler.Quand enfin la mécanique m'obéit, avec plus d\u2019audace dorénavant j'accentuai les expériences.Montant sur l'Acropole, je me laissai tomber de son promontoire dans le théâtre même.Comme j'avais volé vers le bas sans accident, j'ambitionnai de me hisser désormais sur les hauteurs et les sommets.Aussi, m\u2019élançant tantôt du_Parnès et tantôt de l\u2019Hymette, je volai jusqu\u2019à la chaîne de Geraneia, pour me rendre de là sur la citadelle de Co- rinthe.\"30 ARPENTS\"\u201d\u201c Co livre de Ringuet publié en France « fait boaucoup parler do lui.La raison en est fort simple; c'est que 30 ARPENTS est l'un des chefs-d'œuvre du roman.De l'avis do la critique et des lecteurs, co volume est l'un des romans les plus importants publiés en français au cours des dix dernières années.Le tirage do ce livre unique dépasse déjà quinze mille exem- plairos ot il est clair que son succès so poursuivra encore pendant plusiours années.Récemment co roman de la terre canadienne a été traduit on anglais, en espagnol, en allemand ot on danois.Cela souligne l'intérôt inusité qu'a soulevé dans tous les milieux In publication de cot ouvrago remarquable.Lo drame que raconte 30 ARPENTS ost très émouvant.L'histoire débute avant 1900.Un paysan hérite de la torre do son oncle.Il épouse une jeune et séduisante fille de son village.Des enfants sont nés, et lo tomps passe: \u201cD'un mouvement égal ot continu lo fil des jours s'enroule sur le fuseau do l\u2019annéo.\u201d Le mari est heureux.11 réaliso des gains.Les enfants grandissent.Puis un jour, le mauvais destin commence à s'abattre sur les tronte arpents.La femmo mourt.le fils atné est emporté par In tuberculose.La plus séduisante des filles s'en va habiter la ville.La guerre se déclenche.Le sorviteur fiddlo est appelé sous les drapeaux.Un après l'autre les enfants délnissent la maison patornelle \u201cpuisque In terre défaillait aux gens do la terre, à ceux qui lui avait fait confiance.\u201d Les produits de la ferme se vendent plus difficilement.Un procès avec un voisin jaloux mange les économies.Enfin lo notaire volo l'argent placé par le pauvre homme qui s'en va mourir loin de ses trente arpents.N Livre riche d\u2019émotions, rempli d'amour pour le pays de Québec et pour lo paysan, plein do lyrisme pour la terre canadienne, 30 ARPENTS est un grand et pathétique roman dont le charme n'échappe à aucun lectour.(1) Un volume in-12 sur panier bouffant de 206 pages en vente dans toutes les librairies au prix de wn La symphonie ne réserve pas beaucoup de mesures à l'emploi seul du groupe des bois; pourtant il peut se compléter et se suffire à lui-même, surtout avec l'adjonction du cor.Pour s'en convaincre On n'a qu'à se rappeler les nombreux quintettes écrits pour instruments à vents.\u2018Cet ensemble, comme celui des cordes, entre dans les cadres de la musique de chambre, caractérisée par des nuances délicates et un travail finement détaillé.L'hétérégonéité de ces divers instruments subordonne la mise en action du groupe entier à des exigences de facture bien définies.La meilleure sonorité s'obtient par une distribution ordonnée des parties, depuis la flûte jusqu'au basson.Le jeu à l'unisson est fréquent; par le croisement des tonalités, on produit des effets spéciaux, souvent merveilleux qu'on ne doit cependant pes utiliser d'une façon trop libre et trop répétée.Le cor s'allie bien au groupe en enrichissant la sonorité par un apport de plénitude considérable; il peut servir à l'accompagnement et à la partie mélodique.Un choix d'artistes connus et maîtres de leurs instruments prenaient part au dernier concert de l'École supérieure de musique d'Outremont.Hervé Baillargeon (flôte), Réal Gagnier (heut- bois), Joseph Delcellier (clarinette), Guillaume Gagnier (cor), Roland Ga- nier (basson) et Mademoiselle Marie- Thérèse Paquin, au piano.Deux quintettes au programme: le premier, pour instruments à vent seuls, PR vom \u2014 2 = LE QUARTIER LATIN A LECOLE SUPERIEURE DE MUSIQUE D'OUTREMONT rend hommage au génie de Mozart et atteste sa valeur comme compositeur de musique de chambre; le DIVERTIMENTO No B a quatre mouvements courts d'une parfaite structure musicale.Au point de vue d'ensemble et de sonorité l'interprétation fut excellente; on aurait pu y mettre un peu plus de vie.Le deuxième, avec adjonction du piano, est dû au génie un compositeur pas très connu du public, Joseph Jongen.La RHAPSO- IE op.70 est débordante de valeur et de richesse; bien que très longue elle est toujours d\u2019un intérêt soutenu.n l'exécuta avec un parfait ensemble et beaucoup de vie, ce qui racheta bien le petit déséquilibre sonore qu'on eut à souffrir à certains passages.Mademoiselle Paquin s'est distinguée parli- culièrement au piano tant par sa virtuosité que par la solidité de son jeun eut aussi l'avantage d'apprécier la valeur individuelle de Messieurs Réal et Guillaume Gagnier, Joseph Delcellier et Roland Gagnier dans des solos de leurs instruments respectifs, le hautbois, le cor, la clarinette et le asson., Monsieur Jean Lallemand présidait l'assemblée.Dans son allocution, il mentionne le profit que tous pouvaient retirer de ces belles auditions classiques; il en remercie les organisateurs, en appuyant sur l'efficacité de leur eureuse initiative.Le prochain concert aura lieu le sept février.Jean-Paul GUILBAULT ) A L'ARCADE Après un repos bien mérité les Comédiens de l'Arcade viennent d'entreprendre il y a déjà deux semaines, la seconde partie de leur saison théâtrale.Ils ont inauguré la nouvelle année par une pièce de Charles Méré, qui par un hasard inexplicable n'avait encore jamais été jouée sur nos scènes montréalaises.Cette oeuvre inconnue jusqu'au jour où il nous fut donné de la voir portait le titre de \u2018Le Carnaval de l'amour\u201d.Elle n'a cependant de carnavalesque que son nom et le décor du second acte qui s'efforce de donner l'impression d'un palais de Venise la nuit, pendant un bal masqué.Et de la course effrénée ou de la danse folle vers l'amour, que plus normalement nous suggérait son titre, il n'est pas question, et cette pièce aurait pu s'appeler : \"Deux hommes une femme\", Triangle\" ou \u201cOn n'aime jamais ce Qu'on a\u201d que nous n'aurions pas trouvé son nom moins plausible.C'est en tésumé le drame très neuf de la femme qui laisse un amant pour se marier et qui, ne semblant pas apprécier les joies du mariage, veut repartir avec ancien objet de ses voeux, quand elle est subitement ramenée dans le droit chemin, non pas par l'enfant qu'elle n'a pas pu avoir, ce qui serait un \u2018\u2019deus ex machina\u201d trop facile pour l'illustre Méré, mais bien par une subite maladie e coeur du mari, ce qui est certes un moyen pas moins facile.Le carnaval de l'amour\u2019 n'est donc en somme qu'une répétition banale u même sujet toujours retrouvé dans les pièces de Méré et traité ici encore avec le même souci inconscient de creer une oeuvre factice et banale.a semaine dernière, les Comédiens Ge, l'Arcade mettaient à l'affiche L homme qui assassins .\u201d* de Pierre rondaie d'après le roman de Claude Les Étudiants trouveront tous - les volumes dont ils ont besoin CHEZ DEOM 1247, Saint-Denis Montréal | voll, Li -l'intervention DÉBUT D'ANNÉE Farrère.On y trouve la description héroïque de l'amoureux sentimental, dont la vie est d'une platitude mortelle jusqu'au jour où il assassine l'odieux et cruel mari de la femme qu'il aime.Ce geste si différent de ceux de sa banale vie habituelle l'émeut un peu.Mais son émotion grandit quand la femme qu'il a si généreusement débarrassée vient lui confesser craindre pour la liberté du généreux assassin qui, à son avis, serait un prince russe quelconque, lequel en fait ne s'est attaché qu'à la perdre.Le malheureux amant blanc à l'audition d'un tel aveu est vivement peiné.Mais malgré sa profonde douleur il se rend compte que l'amour erroné de la femme de sa vie n'a pour objet que l'assassin, et que cet assassin étant un autre cet amour aurait été le même avec la différence qu'au lieu d'échoir au prince russe, il aurait échu à cet autre.Alors dans son coeur de militaire, il conçoit un dessein héroïque: il se livrera à la justice et alors cette femme, voyant aux preuves apportées, quel magnifique assassin il est, l'aimers.Ce serait joli et très tragique si l'action prenait ici fin.Mais l'auteur croyant déplaire sans doute au public en menant à l'échafaud un si sympathique assassin, éfère plutôt terminer sa pièce par fort heureuse et très naturelle d'un généreux ami qui précisément est ministre de la justice et ne peut pas moins faire que d'accuser et condamner un autre criminel.En fin de compte, une pièce très vivante, surtout la scène de l'assassinat.Les caractères des personnages cependant sont traités d'une façon un peu superficielle, et nous avons l'impression de trouver ici une belle aventure plutôt qu'une pièce de théâtre.Ces deux histoires d'amour étaient interprétées par la troupe habituelle qui dans l'ensemble est en progrès.Nous avons remarqué particulièrement l'assurance et la sincérité (ce qui est une grand mérite avec de tels textes) de Paul Kingsley, les hésitstions moins nombreuses de Marcel Joumet, lo spontanéité et la grâce charmante.de Janine Sutto, la sobriété enfin donnée à Jeanne Demons et la plus grande sisance de Roger Garceau.En somme, il serait juste de conclure que les vacances font du bien aux Comédiens de l'Arcade et qu'il est bien malheureux pour eux de n'en pas prendre plus nt.oe Charles DUMAS 3 Met Gageile artistique MONUMENT NATIONAL les 15, 16, 17 et 18 janvier matinées les 15 et 25 LES COMÉDIENS DE L'ARCADE semaine du 17 [envier VARIETES LYRIQUES.les 22, 23, 24 et 25 janvier asso auacu 0 RN «L'Aiglon» d'Edmond Rostand avec Sita Riddez RE «Papa» de De Flers et Caillavet avec Olivette Thibault eee nanas «Ciboulette» de Reynaldo Han LES CONCERTS SYMPHONIQUES DE MONTREAL le 27 janvier AU PLATEAU.Cee secs le 3 février CINÉMA ST-DENIS.chef: Desiré Defauw soliste: Arthur Leblanc Lecce nues Brailowsky RU eee «Le monde tremblers» «Nitchevo» EXPOSITION DE PEINTURE La peinture n'est pas avancée au Canada.Personne d'ailleurs ne songe vraiment à nous blâmer pour cela, premièrement parce qu'il esl toujours doux, pour les nations comme pour les individus, de rencontrer des inférieurs, el aussi parce qu'on admet que les nombreuses guerres de nos débuts, et nos difficultés financières ont retardé considérablement l'expansion des arts chez nous.Cepandant, nous descendons des Français; entre autres qualités, nous avons hérité de leur goût du beau ct maintenant, la situation s'étant quelque peu améliorée, ce goût tentait à s\u2019extérioriser avec plus d'ampleur.Tout semblait vouloir aller PIANO SANO quand un être extraordinaire apparut pour modifier cette marche vers le beau, j'ai nommé ALFRED PELLAN.Quelle modification apportera cette étoile?Un accelerendo, un ralentissimo, un point d\u2019orgue ou un recul?.Je ne sais, ct je me contenterai de rapporter aussi textucllement que possible les commentaires de quelques visiteurs rencontrés hier au studio même de PELLAN.J'ai bien dit quelques visiteurs, car la plupart restaient mucts comme des carpes.Elail-ce d'admiration devant l'ineffabled.Etait-cc à cause du désappointement qu'ils devaient tatre devant l'auieur même?.mystère.Ne soyons pas indiserets; d\u2019ailleurs l'ensemble des réflexions exprimées nous laissera déjà bien assez à penser! DEUX ÉLÉGANTES JEUNES FILLES, tout bas, DANS LE CORRIDOR:\u2014 \u2014\u201cMa chère, dans l'autre salon, il y a des portraits merveilleux, on ne dirait jamais que c'est de lui\u201d.UN AUTRE DUO:\u2014 \u2014\u201cJe connais l'artiste, c'est un grand modeste, il ne parle jamais de ses toiles\u201d.\u2014\"Mais enfin, quelles qualités spéciales a-t-il comme artiste?\u201d \u2014\u201cI excelle en tout, ma chère.Ses crayons sont merveilleux, sa peinture est sans parcille\u201d.\u2014(Désignant une abstraction) \u2018Peux-tu me dire ce que tu trouves beau dans ce tableau par exemple?\u201d \u2014Ca ne s'explique pas, ça se voit, ça se sent.C\u2019est de l'équilibre parfait!\u201d \u2014\u201cOui mais, qu'est-ce que tu cn- lends par équilibre?\u201d \u2014\"\u201cRegarde celle espèce de rectangle par exemple, surmonté à droite par celle espèce de triangle, c'est de la géométrie abstraite d'un équilibre insurmontable.\u201d UNE VIEILLE FILLE: (elles passent en général pour très catégoriques) \u201cSi ça s'appelle de l'art, ou bien il est fou, ou bien c'est moi qui le suis.\u201d UNE JEUNE FILLE ET DEUX JEUNES GARÇONS, dont un, admirateur évident de PELLAN.La jeune fille: \u201cJe ne sais pas si c'est parce que Je ne connais rien ou parce que je n'ai pas de goût, mais je ne trouve rien.de beau là-dedans.J'aime mieux : les toiles anciennes.\u201d ; \u2014\u201c\u201cPourtant, si vous pouviez saisir l'idée de P.c'est tellement plus vivant.Les classiques sont une copie de la nalure, Pellan c\u2019est de la décoration pure, c'est de la création.\u201d UNE JEUNE ESPIEGLE: (Devant l\u2019homme aux trois bouches ct aux trois paires d'ycux) \u2014 \u201cJamais je n'aurais cru qu\u2019un œuf pul avoir autant d'expression.lère paire d\u2019ycux .implorant, deuxième paire d\u2019ycux .fixe, troisième paire d'yeux timide.Première bouche souriante, deuxième bouche froide, troisième bouche dédaigneuse, triste.C\u2019est vraiment toute une étude.\u201d Devant le même tableau, un peu plus tard, DES MAITRES EN PEINTURE, (je crois) déclarent: \u201cCe tableau nous a beaucoup amusés, il fait tellement nouveau.J'entendais quel- qu'un parler des expressions différentes des ycux ct des bouches.Mon Dieu, pourquoi chercher si loin! Regardez l'ensemble, regardez l\u2019ensemble.\u201d LES DEUX JEUNES GENS ET LA JEUNE FILLE DEVANT UNE AUTRE ABSTRACT ION:\u2014 \u2014\"\u201cEnfin Charles, que penses-lu que ce tableau signifie?\u201d \u2014(LE PAUVRE GARS PREND UN AIR PERPLEXE CETTE FOIS).\u201cD'après moi, c'est ce qui se passe dans l'imagination d'un homme qui en a trop bu\u201d.ÀÂ l'artiste lui-même: \u201cMes hommages, Maître, mes félicitations, vous avez certainement du génic.\u201d DEVANT LES PORTRAITS: Ici tout le monde s'accorde à dire que c'est de l'art.\u2014\u201c J'aime beaucoup celle tête de Jeune fille.\u201d \u2014\"\"L'expression de cette figure est étonnamment bien réussie.\u201d \u2014\u201c\u201cCes expressions sont trop forcées pour des figures d'enfants\u201d.PELLAN aurait-il dû s'arrêter aux portraits?PELLAN alteindra-t-il une renommée durable par le genre nouveau qu'il a créé?Je n'ai pas l'autorité voulue pour lui prédire une faillite ou un succès dans ce nouveau domaine, j'espère simplement ne pas paraître trop ART par elle-mêmel PAGE-CINQ \u2018 # AUX CONCERTS SYMPHONIQUES La Société des Concerts symphoniques avait confié le premier concert de la nouvelle année à deux Canadiens: Sir Ernest MacMillan, chef de l'Orchestre symphonique de Toronto, qui sera d'ailleurs, le seul chef invité cette saison et à l'excellent pianiste qu'est Jean Dansereau.Sir MacMillan avait inscrit au programme de mardi dernier deux ouver- turesd'unintérêt inégal: celle de l'opéra de Borodine, Le Prince Igor et celle du Barbier de Séville de Rossini.La seconde symphonie en ré de Jean Sibélius constituait avec le concerto pour piano de Schumann la seule oeuvre d'envergure au programme.L'unanimité n'est pas faite autour des oeuvres de Sibélius, surtout autour de ses symphonies.Il semble impossible qu elle se fasse jamais.Les symphonies e Sibélius, de nature hybride, réunissant des éléments incompatibles, ne pourront jamais se concilier tout le public.Sibélius pense des poèmes symphoniques et les traduit en symphonies.Génie à coup sûr, Sibélius ne tient pas devant les grands symphonistes passés.Quelque merveilleusement inspirée que soit la seconde symphonie, ls grande structure essentiellement symphonique manque souvent à son oeuvre, conséquence fatale du désaccord entre l'inspiration et la forme.L'interprétation qu'en a donnée Sir MacMillan a dû plaire à ses nombreux admirateurs par la précision et per le soin peut-être un peu exagéré qu'il a accordé au moindre détail.L'exécution par M.Dansereau du Concerto de Schumenn a été pour les auditeurs une joie très pure et constituait sans aucun doute la meilleure partie du concert.M.Dansereau est un artiste délicat qui recherche tout autre chose que l'effet et tout au long de l'oeuvre, il nous a été donné de goûter véritablement l'auteur qui n'aurait rien à reprocher, croyons-nous, au compréhensif interprète qu'est Jean Dansereeu.En somme un concert agréable, mais auquel menquait, encore une fois, l'oeuvre classique qui lui aurait donné un équilibre qu'il n'avait pas et aux auditeurs une satisfaction plus complète que celle qu'apporte une ouverture de Rossini.XXX CONCOURS ARTISTIQUE ET LITTERAIRE DU 3e CENTENAIRE DE MONTREAL A l\u2019occasion du troisième centenaire de Montréal, un concours artistique et littéraire est ouvert par l\u2019Institut Scientifique franco- canadien sûr les bases suivantes: lo\u2014Le concours est ouvert aux jeunes gens et jeunes filles demeurant dans la province de Québec et n\u2019ayant pas dépassé l\u2019âge de trente ans; 20\u2014Ce concours comprend deux sections et a pour objet: A) SECTION LITTERAIRE Tout travail littéraire se rapportant aux origines de Montréal, en prose ou en vers, en français ou en anglais.Pour la prose, il devra compter au minimum trois mille mots et au maximum quatre mille mots.Pour la poésie, la forme poétique est laissée à la discrétion de l\u2019auteur.B) SECTION ARTISTIQUE Toute oeuvre d\u2019art plastique se rapportant aux origines de Montréal, 3o\u2014Les travaux artistiques ou littéraires devront être présentés au plus tard le 15 avril 1942 à M.Edouard MONTPETIT, secrétaire général de l\u2019Université de Montréal, qui les fera tenir au jury constitué par l\u2019Institut Scientifique franco-canadien.Toute ocuvre sera présentée sans nom d\u2019auteur et accompagnée d\u2019une enveloppe cachetée contenant les nom et prénoms, adresse et date de naissance de l\u2019intéressé.4o\u2014Le jury sera juge de l\u2019exécution des conditions du concours et appréciera la valeur respective des travaux qui lui seront soumis en vue de l\u2019attribution des prix.5o-\u2014Une somme de mille dollars sera mise par l\u2019Institut Scientifique franco-canadien à la disposition du jury qui la répartira com- 6o\u2014Les oeuvres, primées ou non, resteront la propriété des auteurs qui pourront en reprendre possession après la proclamation des résullats du concours.Toutefois, en ce qui concerne les ocuvres d\u2019art plastique, l\u2019Institut Scientifique franco-canadien se réserve de les exposer s\u2019il l\u2019estime opportun.N.B.\u2014Les candidats pourront obtenir communication du présent règlement, ainsi que toute indication complémentaire désirée par eux en écrivant à M.le Secrétaire du concours artistique et littéraire du troisième centenaire de Montréal, à l\u2019Université de Montréal.Les communications par téléphone ne seront pas admises.INSTITUTION CANADIENNE-FRANCAISE LABORATOIRE NADEAU LIMITEE PHARMACIE EN GROS Tél.PLateau 7953 Rayon d'Optique et d'Optométrie 7.Al Benoit Emrg.vieux jeu parce que j'ai fait un rapport me il suit pour chacune des deux CHEZ franc des commentaires entendus de- sections: .vant les tableaux mêmes, contrairement 1 ° 200.00 Al.Benoit - Benoit Protectal à cerlains critiques qui peuvent devoir oom prix.$200.00 I s'éloigner le plus possible de la ma- Some prix.50.00 nc.tière, la critique étant peul-être un ème prix Teen 25°00 5ème prix.1211 25.00 1617, rue St-Denis Montréal JEANNE 10 prix de.10.00 VERSEMENTS FAITS } I aux détenteurs de polices de 1a province de | ASSUREE Québec au cours des dix dernidres années: $90,000,000 SUN LIFE ts OF CANADA: A pr ere er arr La Le pe my brad eee mE PAGE*SIX A QU'AVEZ-VOUS A DIRE AUX ETUDIANTS?J\u2019ai rarement accepté une invitation avec autant de plaisir que la vôtre.J\u2019en ai plusieurs raisons, D'abord, en ne fixant pas de cadre à mes remarques, vous témoignez d'une ouverture de Yesprit qui vous honore et que j'aime à trouver chez des hommes jeunes.Ensuite, il me semble que j'ai en effet quelque chose a vous dire, sinon de neuf, du moins de juste et de nécessaire.Le pion est souvent déplaisant: la femme- pion est toujours insupportable.Je ne vous dirai donc pas, selon I'usage, que vous étes l'avenir, que vous porterez le flambeau échappé de nos mains, que vous devez vous préparer dès aujour- d\u2019hui a cette responsabilité.Il y a des vérités toutes simples auxquelles on finit par ne plus croire à force de les entendre.Ce que je voudrais vous dire, Kipling l\u2019a résumé tout entier, et avec quelle splendeur, dans les conseils à son fils.Peu importe, a-t-il dit, la façon dont la vie vous marquera, restez des hommes.Ce qu\u2019il y a de plus difficile à conserver dans l'existence, et qui passe rarement intact de la jeunesse à l'âge adulte, c'est le courage intellectuel.Dans un roman aujourd\u2019hui désuet, un auteur français raconte le drame d\u2019un jeune homme ardent qui rêve de réformer la société et qui, pour atteindre son but, s\u2019engage dans la politique.Aussitôt élu à la Chambre des députés, il est happé dans un engrenage féroce de cynisme et de vénalité qui broie ses illusions une à une.Son courage ne soutient pas la grande épreuve; il abandonne graduellement la lutte, se rallie, se confond avec la masse anonyme du parlement.Ne croyez pas surtout que cette défaite morale soit inévitable.Je songe ici à une histoire un peu semblable, mais qui eut un dénouement plus glorieux.Lorsque le jeune Disraéli, frais émoulu des milieux mondains, du dandysme et du jeu de croquet chez les Gladstone, se fit élire aux Communes anglaises, il avait la conviction que la politique de son pays devait être radicalement changée.Il se leva, sans beaucoup d\u2019assurance, et commença le premier discours de sa carrière.Un tonnerre de rires et de sarcasmes accueillit ses projets de réforme.Il eut peine à se faire entendre dans le charivari.Il quitta la Chambre les larmes aux yeux.Il eut même l\u2019idée de renoncer à la politique, tant il avait été blessé par l'humiliation, tant la lutte lui paraissait maintenant futile contre la force d'inertie.Il douta de lui-même.Puis il se ressaisit.Il revint aux Communes.Il finit par se faire entendre.Il devint premier ministre.Ces deux exemples, celui de Dis- raéli et celui du jeune héros de Vogue, sont pris dans la politique ; mais il va de soi que la nécessité du courage intellectuel se manifeste dans tous les domaines.Au sortir de l\u2019Université, le jeune homme dépouille assez vite son caractère d\u2019étudiant.Mis en présence de la réalité quotidienne, avec ses égoismes et ses brutalités, contraint de s\u2019humilier très souvent pour gagner sa vie et fonder un foyer, il se sent tout d\u2019un coup isolé et mal outillé pour le combat.Ses idées les plus chères sonnent faux dans la cohue générale.La tentation est forte de les jeter par-dessus bord, avec un serrement de coeur, de s\u2019abandonner au courant.Ne faut-ilipas d'abord s\u2019assurer le pain quotidien?A quoi bon la liberté qui laisse son homme mourir de faim ?L\u2019esclavage dans l'aisance n\u2019est-il pas plus heureux que la liberté dans la gêne?D'ailleurs, ces concessions ne sont que provisoires, se dit-il pour adoucir des remords.Plus tard, lorsqu\u2019il sera plus indépendant de son entourage, il reviendra aux grandes idées nourries en secret, aux grands projets de sa jeunesse.Mais le jeune homme qui raisonne ainsi se leurre.Il ne fera plus jamais machine arrière.Le courant est trop fort.Il pouvait ne pas s'y jeter.Il ne pourra plus le remonter, Il est entraîné lui aussi par une force irrésistible.C\u2019est done au moment du choix, non lorsque le choix est fait, que l\u2019étudiant façonne sa vie toute entière.Que choisira-t-il?Il m\u2019est arrivé de demander à un jeune homme pourquoi il ne défendait pas tout haut les idées qu'il soutenait avec ardeur dans I'intimité.La réponse: \u201cIl faut bien vivre, madame\u201d.Le primo vivere est un axiome.L'erreur, c\u2019est de penser que la force de caractère soit un fardeau trop lourd à porter dans la course aux meilleures places ou, inversement, que Ja neutralité, la mollesse, l\u2019abandon soient des formules certaines de succès.Il y a des chemins faciles qui ne vont nulle part, et des chemins malaisés qui mènent où l'on veut.Le courage intellectuel n\u2019a jamais empêché personne d'atteindre le but qu\u2019il s'était proposé ; mais je sais plus d\u2019un homme doué qui a sacrifié ses convictions pour ne trouver au bout que la faillite.Il reste vrai qu\u2019un seul homme peut avoir raison contre mille.Et si ces remarques rendent un peu trop le son des maximes morales, il faut en blâmer la gaucherie de mon style et non pas ce qu\u2019il veut exprimer.La seconde qualité de la jeunesse qui se transmet difficilement à l\u2019âge mûr, qui se tarit le plus vite après vingt ans, c\u2019est l'esprit de révolution.Inutile de préciser que j'entends le mot de révolution dans son sens le plus pacifique de renouvellement.Montaigne et Pascal ont écrit que la pente naturelle de l\u2019homme qui vit en société l\u2019entraîne à l'habitude.Ses institutions, utiles à l\u2019origine, cessent graduellement de rendre service et périclitent s\u2019il ne veille à les rajeunir.Cela est vrai de la politique, des méthodes économiques, des formes sociales, des institutions littéraires ou artistiques, bref de toutes les expressions que revêt l\u2019activité humaine.C\u2019est à leur phase de durcissement, de pétrification, que l\u2019homme doit infuser à ses oeuvres une vie nouvelle.Prenez garde cependant de ne rien détruire que vous ne puissiez remplacer.Ayez l\u2019enthousiasme des bâtisseurs, des faiseurs, comme on disait jadis avec tant de bon sens et de simplicité.Au sortir du collège, chacun de vous, s\u2019il a un peu de sang dans les veines, cherche un champ de polémique qui, en l'occurrence, peut être une idée, une institution, un homme, un parlement : ce peut être l\u2019idée de la bonne entente, de l'institution fédérative qui domine notre vie politique, etc, etc.À cette époque de votre vie, vous avez l'ardeur révolutionnaire, mais vous ne l\u2019avez qu\u2019en partie, je dirais de façon toute néga- Les étudiants aiment traiter avec la BANQUE DE MONTREAL Fondée en 1817 .\u201cbanque qui accueille bien les petits déposants\u201d UN MILLION DE COMPTES DE DEPOT DENOTENT LA CONFIANCE LE QUARTIER LATIN tive, puisque vous- prenez votre élan dans l\u2019opposition.Cet enthousiasme, ne vous résignez pas à le perdre.Appliquez-le seulement à construire.Un certain nombre d\u2019entre vous déposent vite les armes, se rallient, s\u2019accommodent des hommes et des choses qu\u2019ils avaient jusque là violemment combattus.Je n\u2019aime pas les ralliés.Je n\u2019aime pas non plus les négatifs, les intransigeants, les étroits; et de toutes les qualités qui font la dignité de l'homme, la plus précieuse, qui s\u2019acquiert rarement dans l\u2019âge mûr si on ne l\u2019avait déjà dans la jeunesse, c\u2019est la hauteur de la pensée.J\u2019admire ces jeunes gens qui se -haussent sur la pointe des pieds pour voir ce qui se passe de l\u2019autre côté du J\u2019accuse réception de votre lel- tre en date du 3 novembre 1941, dans laquelle vous me demandez de répondre à la question suivante: \u201cQU\u2019AVEZ-VOUS A DIRE AUX ETUDIANTS?\u201d Il y a peu de chose à dire aux étudiants qu\u2019ils ne sachent déjà et qui les concerne soit à l\u2019Université, dans les différentes Facultés qu\u2019ils fréquentent, soit dans leurs cercles où ils s\u2019initient au rôle important de l\u2019élite, à laquelle ils appartiennent.Bref, un étudiant doit fréquenter les cours assidûment, y prendre des notes et compléter la leçon du professeur par des études complémentaires à domicile en consul- mûr.Toutes les grandes idées tant ses livres, ou dans les biblio- , Il est un fait incontestable que les étudiants sont très inquiets.Ils ne savent plus où tourner la tête, ils ne savent plus quoi penser.Toutes les valeurs sont remises en question, ies mols sont vidés de leur sens, les vérités élémentaires sont déformées.! n\u2019est donc pas surprenant que, dans ces heures si troublées et si graves, les étudiants se tournent vers ceux de leurs aînés qui ont conquis une place de premier plan dans notre vie provinciale ou fédérale et qui sont reconnus par leur compétence et leur culture.Il est normal qu\u2019ils se tournent vers eux pour leur demander lumières et conseils, pour bénéficier de leur expérience de la vie et de leur maturité de jugement.C\u2019est dans ce but que nous avons demandé à certains d\u2019entre eux de répondre à la question suivante: \u201cQU\u2019AVEZ-VOUS À DIRE AUX ETUDIANTS?®\u2019 Plusieurs des réponses reçues à date sont de véritables documents.Nous les publierons à raison de deux ou trois par semaine.Nous sommes très contents de noter la sympathie que ceux-là nous manifestent et nous leur en sommes reconnaissants.Nous commençons cette enquête aujourd\u2019hui, par les réponses de Madame Pierre Casgrain, une des femmes les plus cultivées au Canada et du Docteur Albert Lesage, le doyen de la Faculté de Médecine, un des membres les plus éminents de la profession médicale.sont généreuses.Méfiez-vous de ce qui vous rétrécit, vous renferme, vous replie sur vous-mêmes.L\u2019entêtement n\u2019est pas un signe de courage intellectuel, mais d\u2019impuissance.Approfondissez votre foi dans les idées.Cherchez à savoir si une idée vous exalte pour ce qu\u2019elle contient ou seulement pour ce que vous y mettez d\u2019exaltant.Ne chassez pas des nuées.Ayez un amour profond et irréductible de la vérité, serait-ce la vérité des autres, de la vérité ou qu\u2019elle se trouve, de la vérité difficile et de la vérité agréable.Nous sommes en guerre.Nous le sommes dangereusement.\u2018Il n\u2019est plus possible de dire que notre intégrité territoriale, que nos frontières ne sont pas menaçées.Jamais le courage n\u2019a été aussi nécessaire.Vous \u2018êtes jeunes.Vous n\u2019êtes pas responsables des abus, des injustices, des aveuglements qui ont déchaîné le conflit le plus gigantesque de l\u2019histoire du monde; mais, puisque les aînés s'en vont, puisqu'ils doivent vous abandonner une succession aussi lourde, c'est en somme votre bien que vous défendez, et c\u2019est vous qui pourrez, après la guerre, discuter les conditions de l\u2019ordre nouveau.L'influence dont vous jouirez en temps de paix, sera mesuré à la grandeur des sacrifices que vous consentez aujourd\u2019hui.Le Canada traverse une crise morale dont la guerre n\u2019est d\u2019ailleurs pas l\u2019unique cause.Jamais la nécessité des chefs ne s\u2019est fait sentir avec tant d'acuité.Plusieurs des hommes qui ont bâti le pays aux époques de calme perdent pied dans le courant trop rapide de l\u2019événement.Où allons- nous?Qui s'emparera de la barre?Ce sont des hommes jeunes, enthousiastes, courageux, capables de cette hauteur de vues dont je parlais tout à l\u2019heure: ce sont des hommes sortis de vos rangs.Je voudrais que le mérite d\u2019avoir fait du Canada une grande nation, indivisible, maîtresse de ses destinées, revint à des Canadiens de langue française.La tâche n\u2019est pas facile.Mais après trois siècles, je vois bien les fils des hommes qui s\u2019ouvrirent un domaine au cdeur de la forêt se tailler à leur tour, dans l\u2019épais taillis des préjugés, des rancunes, des petitesses, .un chemin vers l\u2019avenir.Thérèse F.CASGRAIN thèques, si nous en avions une à l\u2019Université! Car, on ne saurait tout dire ni tout enseigner en quelques années sur les matières innombrables inscrites aux programmes.Le travail utile résulte de la confrontation des textes du professeur avec ceux des auteurs auxquels on le réfère, afin de préciser, pour les mieux assimiler, les connaissances acquises aux cours, dans les cliniques ou ailleurs.H est superflu, je crois, puisque je m'adresse à des jeunes gens intelligents et bien éduqués, d\u2019a jouter de plus amples développements sur ce point.Mais l\u2019étudiant, à quelque catégorie qu'il appartienne, ne doit pas limiter ses études à des questions d'intérêt purement professionnel car, en quittant l\u2019Université, il devient un citoyen.Il devra, sans doute, jouer un rôle au point de vue social.Une culture générale étendue est indispensable s\u2019il veut répondre à toutes les exigences qu\u2019on est en droit d\u2019attendre de lui.!l poursuivra donc ces études spéciales à l\u2019Université, d\u2019abord, en menant de front les questions professionnelles et les questions sociales qui deviennent de plus en plus compliquées et impérieuses.Déja, le Quartier latin, que je lis avec intérét et qui est rédigé avec beaucoup d\u2019esprit et de savoir, offre des avantages exceptionnels pour y exprimer, sur toutes les questions, des idées nouvelles et originales.L\u2019étudiant apprend, ainsi, à penser; il se soumet à la critique et il réfléchit longuement avant d'écrire.C\u2019est, selon moi.la meilleure façon d\u2019apprendre à parler.Il se renseigne sur les questions qu\u2019il veut débattre; il enrichit son vocabulaire: il soigne sa ponctuation et surveille avec soin la rédaction de la moindre nouvelle.C\u2019est une excellente école de discipline stricte de l\u2019esprit qu\u2019il doit pratiquer sans relâche et sans amertume.Jen trouve deux exemples dans l\u2019édition du \u201cQuartier latin\u201d du 7 novembre 1941.J\u2019emprunte le premier à Roger R.Lemieux, dans un article original d\u2019une haute valeur sociale.intitulé \u201cAvec les travailleurs\u201d.I raconte ce qu\u2019il a vu et entendu parmi tous ces braves gens au milieu \u2014 desquels il a vécu durant quelques semaines de vacances.Voici sa conclusion sur \u2018l\u2019ouvrier, sa mentalité, ses problèmes\u201d : \u201cJe veux le connaître cet homme pour mieux l\u2019apprécier\u201d, dit-il.\u201cJe veux connaître ses vertus et ses vices.Je veux voir quelles influences il a reçues et ce que son milieu lui a valu.Je veux savoir à quel point il a une âme, je veux savoir s\u2019il a une histoire.Je veux creuser son atavisme, cette hérédité des siècles.Je veux savoir s\u2019il a dégénéré sur ses ancêtres et a quel point.Il faut connaître la classe ouvrière, il faut savoir les misères et les espoirs déçus de ces gens.Il faut descendre du piédestal et aller au travailleur avec compréhension et amour.Pour ceux que l\u2019amour ne peut toucher : allons à lui de peur qu\u2019un jour, soulevé en masse, il ne vienne à nous avec le couteau de l\u2019égorgeur.\u201cSachez qu\u2019il n\u2019y a rien de meilleur au coeur de l\u2019étudiant douillet dans son confort de tous les jours, que d\u2019avoir le DROIT de forcer, épaule à épaule, avec deux ou trois hommes pour arracher une maudite souche, d\u2019être considéré comme une unité dans cette force qui s\u2019applique au point précis d\u2019une résistance de la matière que l\u2019on croirait invincible.Rien ne met plus de joie dans I'ime que de voir que, dans cette force contre l\u2019obstacle, dans cet entrecroisement de bras, le sien, son bras, est là.\u201d Qui, parmi ses professeurs, pourrait s\u2019exprimer, sur un tel sujet, avec plus de générosité, de vigueur et de vérité?Tous ses commentaires constituent mieux qu\u2019un bel article: une bonne et salutaire action! .Le second exemple m\u2019est fourni par Marc Benoît dans son article intitulé \u201cCouché\u201d, en première page de la même édition, où il fait l\u2019éloge du travail.Où va Pétu- diant dans la tourmente?Il pose ce problème.En voici, selon lui, la solution logique et objective: \u201cL'étudiant\u201d, dit-il, \u201cjeune, vigoureux, plein d\u2019enthousiasme, pour la culture et plein de vie catholique, l\u2019étudiant dans les difficultés, l\u2019étudiant malgré les entraves de sa position, l\u2019étudiant avec l\u2019énergie de lutte, l\u2019étudiant avec la passion des altitudes, deviendra puissant d\u2019une force qu\u2019on aime et d\u2019une force qu\u2019on redoute.Il montera, il surpassera, s\u2019il canalise ses forces, s\u2019il dirige ses tendances, s\u2019il résume ses actions sous un but noble et unique.Les siens aimeront sa force et les autres la craindront.Sa race en fera son chef et ses ennemis en feront leur peur.\u201cDépasser le passé.Voilà la devise, voilà le leitmotiv qu\u2019il faut répéter sans cesse.Dépasser le passé et vivre sobrement.Craindre les jeux malsains mais rechercher et répandre la gaîté.Dépasser le passé et travailler.\u201cQu\u2019il consulte ceux de ses aînés qui sont encore debout.Qu\u2019il entende l\u2019expérience et qu\u2019il adopte les conseils.\u201d Voici deux exemples, pris au hasard, qui démontrent, mieux que de vaines paroles, l\u2019importance d\u2019une culture générale et l\u2019utilité des études sociales et paramédicales en marge des études Tue 10 et 00080708 prôféssionnelles, .C\u2019est ainsi que se forment les élites.Je poy.rais en citer d\u2019autres.Par exemple, celui-ci, que j\u2019emprunte à l\u2019excellent article de Pay; David, dans le \u201cQuartier latin\u201d du 14 novembre, page six, où j] expose le régime de \u201cl\u2019éducation familiale française\u201d, Il reconnaît justement, que le rôle des parents dans l\u2019instruction de leurs enfants, est primordial.\u201cUn talent qui n\u2019est pas discipliné\u201d, dit-il, \u201cqui n'est pas cul tivé, travaillé, polissé, encouragé ne peut pas se développer et don, ner des fruits.Qui, mieux que la famille peut accomplir cette ti.che délicate et de tous les instants?Plus loin, il ajoute: \u201cSi nous voulons être francs avec nous-mêmes, nous devons constater que notre jeunesse de Québec n\u2019a pas acquis ce goût de la recherche minutieuse, cette méthode de l\u2019effort constant, ambitieux, idéalisé, Sommes-nous les seuls responsables?Notre éducation familiale en est-elle une cause?A nous de conclure.Il faut bien admettre que la paresse comme le travail sont deux habitudes, la seconde s\u2019accommodant mieux de ce vieux principe, vieux comme le monde: le principe du moindre effort.\u201d Voici un troisième exemple où l\u2019esprit d\u2019observation permet à votre compagnon de faire des déductions très judicieuses qui indiquent non seulement une belle culture, mais une réelle maturité d\u2019esprit.Apprenons donc à connaître nos étudiants, échelonnés sur tous les bancs de notre Université, en lisant mieux le Quartier latin, et en s'intéressant davantage à leurs multiples activités.Enfin, troisième et dernier conseil: l\u2019étudiant doit être un gentilhomme.Il a reçu, ici ou ailleurs, une excellente éducation et il se doit à lui-même de le démontrer chaque fois que l\u2019occasion s\u2019en présente, en particulier ou collectivement.Il s\u2019agit surtout de la \u201cTENUE\u201d.\u201cElle est l\u2019une des manifestations de l'ordre, parce qu\u2019elle représente un effort de discipline individuelle.\u201d Cette phrase est d\u2019un auteur moderne: d\u2019Ormesson.Et il ajoute que \u201cPéducation, la politesse, le tact, la maîtrise de soi, sont indispensables à une société, fut-elle la plus évoluée ., car il y a non seulement concordance mais interdépendance dans la \u201cTENUE\u201d d\u2019une nation et sa sauvegarde.\u201d Cette remarque s\u2019applique également à l'individu.Cette simple note suffit, je pense, lorsque je m\u2019adresse à des lecteurs aussi avertis que le groupe nombreux que vous dirigez.Jai horreur des sermons, en parcille circonstance, ils veulent tout dire et ne disent rien.a Pardonnez à ma témérité d\u2019avoir osé donner quelques conseils sur des sujets que vous connaissez déjà mieux que moi mais que vous m\u2019avez prié de répéter.J\u2019obéis à votre consigne et je vous adresse mes félicitations et mes voeux.Le Doyen de la Faculté de médecine, Albert LESAGE TTR AT: | RON CIN NT TITRE ERR TRC ACL RRREER HOCKEY INTER-FACULTES La soirée du 9 janvier à l\u2019aré- na St-Laurent fut des plus intéressantes et ceux qui ont daigné s'y rendre comme spectateurs n'ont pas eu à s\u2019en plaindre.Malheureusement, on ne pourrait dire qu'il y avait foule! car bien que 39 étudiants suffisent pour couvrir les frais d\u2019un autobus supplémentaire, nous n'avons pu en avoir que 27 et nous commençons donc la saison avec un déficit.Il n'y à pas lieu de nous décourager toutefois et nous prévoyons que nous aurons dans les semaines qui vont suivre un nombre assez important de spectateurs qui emprunteront ce mode de transport pour payer les frais et même nous espérons être dans l'obligation de demander un autobus de surplus quand la saison tirera à sa fin.Les parties de vendredi dernier n'ont certes pas manqué d\u2019entrain et les scores indiquent que les équipes sont bien balancées et la lutte qui commence s'annonce dure pour tous les camps.À date, il n\u2019y a que la médecine qui n\u2019a pu obtenir une victoire et nous attendons que tous ses meilleurs joueurs se mettent de la partie avant de nous prononcer sur la valeur de l\u2019équipe qui parvenait en finale l\u2019an dernier.Le clou de la soirée a certainement été la première partie qui mettait aux prises les champions de l\u2019an dernier et la nouvelle équipe des H.E.C.-Op.-Ph.qui avait fait une si bonne impression lors de son premier match de la saison contre Méd.-Sc.qu\u2019elle écrasait par le score de 6 à 1.\u2019 Un malheureux accident survenu à Tardif au cours de la prè- mière période va priver les HEC- Op.-Phar.des services de l\u2019un de ses meilleurs joueurs pour la balance de la saison; cet étudiant en pharmacie, conseiller sportif de sa faculté, s\u2019est fracturé la clavicule au cours d\u2019une collision avec un joueur de Poly; nous lui souhaitons un prompt rétablissement au nom de l'association athlétique.Au cours de la deuxième partie nous avons craint un instant avoir affaire à un autre accident grave tant il semblait y avoir de sang sur la glace près des buts de C.D.-Droit à la suite d\u2019une mêlée; mais ce n\u2019était que l\u2019appendice nasal d'un confrère qui était venu en contact avec un baton un peu haut et quelques minutes de repos eurent tot fait de ramener les choses dans l'ordre.Nous avons remarqué du bord de la bande que les batons sont en général un peu hauts et nous demandons a tous les joueurs de bien vouloir se surveiller sous ce rapport afin d\u2019éviter les accidents au visage qui sont toujours a craindre.La question des arbitres res- 3 te encore un problème et nous âvouons que nous en voulons encore à certaines gens de Poly qui par leur cabale de lan dernier sont venus nous priver des services du meilleur arbitre que nous puissions trouver à l\u2019université, nul autre que Jean Grignon.Celui- \u20ac1 ne veut plus arbitrer et nous Ne saurions le blâmer après les Incidents de l\u2019an dernier; nous CoOmprenons sa situation et même Si cela nous met un peu dans l\u2019embarras, nous ne pouvons que l'approuver, Nous allons essayer d'obtenir les services de Nantel de édecine en autant que les autres facultés n\u2019y voient pas d\u2019objection et nous lui accorderons le droit de se choisir un assistant d\u2019une autre faculté quand bon lui semblera.Quand nous arriverons aux parties de détail nous verrons a régler la question de façon équitable et sans froisser les susceptibilités de qui que ce soit.Nous vous invitons fortement à venir aux prochaines parties, soit ce soir à 8 heures à l\u2019aréna St- Laurent.Nous pouvons vous as- Surer que vous passerez une soirée des plus agréables et remplies d'émotions.Le gérant du hockey 9 janvier 1942: 1ère partie Poly.2 vs H.E.C.-Op.-Phar.2 Méthot buts Laperrière Laverdure défenses Gagnon Noiseux défenses Dugal Béland centre Armand Godbout ailes Labelle Hébert ailes Gauthier Baribeau substituts Rivest Maillette Blanchard Dumont Laflamme Théault Tardif Potvin Drouin D'Aragon Rochon Première période Poly.: Hébert (Béland, Godbout) 3 min.Deuxième période H.E.C.-Op.-Ph.: Armand (Gagnon) ces 1 min.Troisième période Poly.: Baribeau \u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026 11 min.H.E.C.-Op.-Ph.: Gauthier.14 min.Punitions: Laverdure, Dugal.Résultat final: 2 a 2.9 janvier 1942: 2ème partie Méd.-Sc.4 vs C.D.-Droit 5 Laramée buts Fleury Lalande défenses Desparois Matte défenses Bergeron Brisebois centre Guévremont Martin ailes Marcotte Leduc ailes Raymond Noiseux substituts Amyot Joyal Brouillette Cardin Courtemanche Marchand- Trépanier Grégoire Lamarche Première période .Méd.-Sc.: Joyal .(Cardin, Lalande).6 min.Méd.-Sc.: Brisebois (Martin, Leduc).9 min.Deuxiéme période C.D.-Droit: Desparois.5 min.C.D.-Droit: Desparois.12 min.C.D.-Droit: Guévremont .(Marcotte, Raymond).16 min.Punition: Brouillette.Troisième période C.D.-Droit: Desparois.11 min.Méd.-Sc, : Cardin.13 min.C.D.-Droit: Amyot .(Courtemanche: .15 min.Méd.-Sc.: Lalande \u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026 17 min.Punitions: Brouillette, Lalande (2), Brisebois.Résultat final: Méd.-Sc.: 4 \u2014 C.D.-Droit: 5 Position des équipes JGPNP C Pts HÆE.C.-Op.-Ph.21018 3 3 Poly.\u2026\u2026\u2026\u2026\u2014\u2014 2 1015 3 3 C.D.-Droit .21106 7 2 Méd.-Sc.\u2026\u2026 20 20511 0 PHOTOGRAPHE ATTITRE DES ÉTUDIANTS STUDIO : LAncaster 5478 309, rue STE-CATHERINE (Près St-Denis) Domicile Outremont : CAlumet 5961 x \u201d LE QUARTIER LATIN BALLON AU PANIER La ligue Montréal, ligue de ballon au panier, commençait ses activités avec le nouvel an, Malgré des difficultés de toutes sortes, on est parvenu a grouper quatre équipes pour former la ligue: Université de Montréal, 79th Artillery Battalion, Sir Georges Williams\u2019 College et T.S.F.Wireless School.Deux des clubs, ceux des militaires, sont de nouveaux venus, tandis que les deux autres jouaient dans la ligue la saison dernière.C'est dire que la concurrence sera grande entre ces équipes qui, les unes ont à se faire un bon nom, et les autres un à conserver.L'équipe (41-42) de l\u2019Université est bien balancée et vous fera honneur à chaque rencontre.L'équipe comprend les joueurs suivants: Jean Béland, Mare Marceau, F.Leblanc, À.Lavergne, R.Méthot, C.Hurtubise, P.Ewart.Le jeu d\u2019ensemble de ces joueurs est bien amélioré et leur tir est précis.Mercredi dernier ils eurent à faire leurs preuves contre le 79th Artillery Battalion au gymnase de ces derniers.L'Université maintint l\u2019avantage durant toute la partie, menant continuellement le-jeu! Hélas! un \u201cbreak\u201d vers la fin donna la victoire au club adverse qui ne gagna cependant que 29 contre 27.Les choses n\u2019en resteront pas là.Nous les rencontrerons à nouveau.Comme vous voyez vous avez un club excellent.Je ne puis que réitérer l'invitation que l\u2019on vous a souvent faite: venez encourager l\u2019équipe de l\u2019Université.Henri DAGENAIS DANS NOS LAURENTIDES Le champ d\u2019action du skieur laurentien est immensément vaste, et il est d\u2019importance capitale pour celui qui s\u2019aventure dans le Nord pour la première fois d\u2019être au fait de certains détails très utiles.Les principaux centres de ski du Nord sont desservis, soit par le chemin de fer National du Canada, soit par le chemin de fer canadien du Pacifique, mais en général, on peut atteindre tous les centres de ski par les trains de l\u2019un ou l\u2019autre réseau.Ainsi, S.- Sauveur, desservi par le chemin de fer National n\u2019est qu'à un mille et demi de Piedmont, desservi par celui du Pacifique.De même, Ste-Adèle est à un mille et demi de Mont-Rolland ; le lac Masson à quatre mille de la gare de Ste- Marguerite; Sun Valley à trois milles de Val Morin, et le Mont- Tremblant est à deux milles du Lac Mercier.Les compagnies de chemin de fer mettent à la disposition des skieurs toute une série de trains spéciaux de fin de semaine.Les billets d\u2019excursion sont offerts à des prix très réduits; les billets d\u2019un jour du samedi ou du dimanche sont vendus au prix du billet simple; les billets de fin de semaine sont un peu plus coûteux, (billet simple plus 14) et sont valables pour l'aller, depuis le vendredi à midi jusqu\u2019à 2 heures p.m.le dimanche, le retour devant s\u2019effectuer avant minuit le lundi suivant.Les skieurs pourront obtenir tous les renseignements concernant l\u2019heure des trains, le prix des billets, de méme que les rapports sur la température et l\u2019état des pistes en s'adressant aux bureaux des compagnies de chemin de fer.Dans presque tous les centres de ski du Nord, des monte-pente sont en opération pendant tout l'hiver: à Shawbridge, S.-Sauveur, Piedmont, Mont-Rolland, Ste-Adeé- le, Ste-Marguerite, Val David, Ste-Agathe, S.-Jovite et au domaine Ryan au Mont Tremblant.Sauf au domaine Ryan, ou le téléférique est muni de chaises, les monte-pente du Nord sont constitués par des cables qui en- trainent les skieurs vers les sommets à des vitesses assez grandes.L'usage de ces monte-pente est indispensable pour tous ceux qui veulent pratiquer le \u201cdownhill\u201d.Cependant, cette pratique est parfois fatigante pour les bras et.il est recommandé aux débutants d\u2019en user sans en abuser.Le novice doit être averti de ne pas saisir le câble à pleines mains dès le départ.Il devra plutôt, en ayant soin de voir à ce que ses .skis ne collent pas sous lui, laisser glisser le câble dans ses mains pour décoller lentement, après quoi, il pourra se cramponner plus fortement.Les bâtons constituent un grand embarras pour plusieurs usagers du câble.Une bonne pratique consiste à placer les bâtons sous le bras droit, les pointes dirigées vers l\u2019arrière, et pendant que la main droite entoure le câble, la main gauche vient le saisir par l\u2019arrière, l\u2019avant-bras gauche s\u2019appuyant sur le dos.D'autres estiment qu\u2019il vaut mieux garder ses bâtons sous le bras gauche et saisir le câble à deux mains, du côté droit.A tout événement, une règle d'or veut que les bâtons soient toujours dirigés de façon qu\u2019en cas de chute, ils ne puissent blesser le skieur.Il peut arriver qu\u2019au cours d\u2019une montée, un skieur fasse une chute devant soi.Il suffit alors de conserver sa position, tout en laissant glisser le câble entre ses mains.Quand l\u2019infortuné copain a repris son équilibre ou retiré sa personne de la voie, il ne reste plus qu\u2019à reprendre la montée en usant des mêmes précautions qu\u2019au départ.A certains endroits, le câble est parfois très bas et même touche terre et le débutant risque fort de trébucher; il faut dans ce cas tacher de relever le câble en le soutenant solidement à hauteur convenable.Vouloir, en se penchant, suivre les inclinaisons du câble, c\u2019est se condamner à une chute certaine.Enfin, lorsqu\u2019on arrive au sommet de la côte, il faut laisser le câble de façon à ne pas donner de contre-coup au voyageur qui suit.C\u2019est là une question d\u2019esprit sportif autant que de savoir-vivre.Les usagers des câbles trouveront avantage à ne pas porter pour cette pratique leurs costumes les plus propres ear les câbles sont très salissants.En suivant ces quelques conseils, le skieur trouvera beaucoup d'agrément à se servir des monte- pente qui constituent l\u2019une des plus grandes attractions du sport moderne qu'\u2019est le ski.Robert BAILLARGEON, publiciste du ski.SSPODT À, DÉTAIL DE MI-SAISON LIGUE DE QUILLES INTER-FACULTÉS SEMI-FINALE SAMEDI, LE 17 JANVIER À 1 HRE AU CENTRAL BOWLING DROIT vs CHIRURGIE DENTAIRE POLY vs H.E.C.\"A\" VENEZ ENCOURAGER VOS CONFRERES LES QUILLES INTER-FACULTÉS Extrait des règlements: 1\u2014La cédule complète comprend quatorze (14) joutes; dont sept (7) avant Noël et sept (7) après.2\u2014Chaque série de sept (7) joutes sera suivie d\u2019un détail.3\u2014Les quatre (4) premières équipes en font partie.4\u2014Quant au classement des équipes en cas d'égalité, le grand total despointsen déci- era.5\u2014La semi-finale et la finale seront de 6 parties et se joueront comme ceci: a) la premiére équipe joue contre la quatrième, b) la seconde équipe joue contre la troisième; le plus grand total des points décidant du vainqueur.6\u2014Le vainqueur du premier détail rencontrera celui du deuxième et sera proclamé champion de la ligue pour l'année.7\u2014Seul le champion se verra attribuer le grand prix.Règlements concernant les joueurs: 1\u2014Pour faire partie de l\u2019équipe jouant en semi-finale et en finale, tout joueur doit avoir à son crédit au moins neuf (9) parties pour le premier détail et 18 parties pour le second.2\u2014Pour entrer dans le classement final des joueurs et avoir droit aux prix il lui faut au moins 28 parties.3\u2014Lors de chaque détail, chaque ae a droit à cinq joueurs réguliers plus trois substituts, à condition qu\u2019ils soient tous éligibles.\u2018 4\u2014Si un joueur manque, il lui sera attribué le plus petit pointage de l\u2019équipe adverse.5\u2014Si deux joueurs manquent, le deuxième n\u2019aura que 75 pour chaque partie.Louis-J.GAUTHIER, gérant de la ligue.CLASSEMENT DES JOUEURS 9 décembre 1941 .15 2228 148.5 2-Bonin.droit.18 2489 138.2 3-Robert.droit.18 2466 137.0 4-Huppé.hec*B*.9 1236 137.3 5-Chevrette.poly.21 2869 136.6 6-Cusson.hec\u2018\u2018B\u2019\u2019.21 2840 135.2 7-Laurin.poly.21 2834 134.9 8-Casavan.hec\u2018\u2018A\u2019°.18 2426 134.7 9-Barette.hec\u2018\u201cB\u2019\u2019.18 2387 132.6 10-Baribeau.ch-dent.21 2778 132.2 11-Filion.hec\u2018\u2018A\u2019\u2019.9 1176 130.6 12-Guernon.op-phar.18 2303 127.8 13-Leduc.médecine 14 1783 127.3 14-Cyr.ch-dent.18 2270 126.1 15-Papineau.poly.9 1123 124.7 16-Faucher.ch-dent.18 2242 124.5 17-St-Martin.médecine 25 2579 122.8 18-Gravel.sciences.18 2205 122.5 19-Minville.médecine 15 1826 121.7 20-Montplaisir.op-phar.21 2542 121.0 21-Lafortune.hec\u2018\u201cB\u2019\u2019.12 1445 120.4 22-Lavallée.poly.21 2526 120.2 23-Lachance .ch-dent.9 1082 120.2 24-Ste-Marie.op-phar.21 2482 118.1 25-Gauthier.médecine 21 2477 117.9 26-Lapointe.hec\u2018\u2018A\u2019\u2019.18 2093 116.2 27-Pinsonnault droit.21 2431 115.7 28-Vincent.poly.9 1035 115.0 29-Richer.hec\u2018\u2018A\u2019\u2019.18 2062 114.5 30-Rochon.médecine 12 1370 114.1 31-Gabias.droit.8 902 112.7 32-Trottler.opt-phar.18 2010 111.6 33-Labrosse.poly.12 1338 111.5 34-Pouliot.ch-dent.21 2338 111,3 35-R.Crépeau, droit.7 773 110.4 36-Dugal.hec\u2018\u2018B\u2019\u2019.18 1986 110,2 37-Lamoureux.op-phar.21 2288 108.9 38-Lefebvre.hec*\u2018B\u2019\u2019.15 1623 108.2 39-Lavergne.ch-dent.9 963 107.0 40-Perras.sciences.15 1604 106.9 41-Trubiano .sciences.15 1579 105.2 42-Jodoin.hec*B\u2019.21 2198 104.6 43-Fréchette .sciences.21 2184 104.0 44-Tardif .sciences.21 1875 89.2 N.B.\u2014La ligue recommencera ses activités mardi le 20 janvier à 7.30 h.Le À ÉTU D 1 VO DES A NTS PRIX SPECIAL SUR PRESENTATION DE LEUR CARTE D'ÉTUDIANT 2es 25 L'ACADEMIE DE QUILLES CENTRALE e LE QUARTIER LATIN - 16 JANVIER: 19, POUR LES MÉDECINS DE DEMAIN.Chez le médecin, trois sagesses se superposent: ss médecine, sa formation générale, sa philosophie.Les unes et les autres comprennent une matière Qui est universelle et une forme varia- le selon les pays et les races.d'autres termes, sur un fond identique de matériaux, travaillent les différentes cultures.Or pour le plus grand nombre, nos médecins canadiens-français reçurent chez nous leur triple formation.Ils lui doivent \u2014 puisque c'est la culture qui informe \u2014 leur originalité.Montrer les caractères et la valeur de cette ori- inalité, c'est en même temps susciter e désir et la détermination d'en conserver les lignes maîtresses.C'est d'abord d'une race essentiellement catholique et française que nos médecins sont nés, c'est dans un milieu humain essentiellement francais et catholique qu'ils ont grandi, qu'ils ont * vécu, qu'ils continuent de vivre.LA FOI lls sont donc catholiques, naturellement, sans effort et presque sans mérite.En tous cas, sans discussion et sans bataille.D'ailleurs, si l'on fait exception des quelques cas de pratique privée où la morale médicale catholique impose des lignes de conduite très précises, ils n'ont guère eu l'occasion jusqu'ici de faire état de leur doctrine religieuse.Le jour n'est peut-être pas loin cependant, où, sur le plan social, ils devront accorder leurs actes et leurs principes.|! y a telle chose, d'allure médicale, que la morale neutre et protestante admettent, et qu'un médecin catholique ne saurait laisser passer dans les lois, dans la pratique sociale, dans l'enseignement universitaire.Ce n'est évidemment pes le lieu d'insister.uf à signaler que le grand danger pour nous n'est pas à ce chapitre, la mesure nette, catégorique, franchement anticatholique, qui nous ferait cabrer dans une attitude d'hostilité farouche et butée.Mais la lente et tenace insinuation par le fait scientifique avéré, la sourde infiltration du sophisme, la déduction apparemment anodine et humanitaire.Le grand danger, c'est, en dépit de notre pratique religieuse standardisée, notre manque d'appétit pour les questions de doctrine, notre désintérêt béat en présence des problèmes de principes.Il n'en reste pas moins que, couvé, si je puis dire, depuis son enfance dans une ambiance catholique, le médecin canadien-fran- cais ne peut, sans se trahir lui-même, trahir sa plus riche hérédité .LA RACE Pas plus qu'il ne pourrait trahir son ascendance française.Car il est, au cours de son histoire, resté essentiellement français.Par la langue qu'il parle et qu'il écrit, plutôt mal, j'en conviens! davantage par sa façon de penser, d'agir, de réagir.Par sa formation classique, à base d' \u2018\u2018humanités\u2019\u2019, cette formation dont il a demandé et dont il demande encore qu'on l'adapte aux conditions de temps et de lieu, mais dont il ne souffrirait pas que l'on changedt les caractéristiques essentielles gréco-latines et philosophiques.Car c'est à elle qu\u2019il doit son goût de la culture générale, son souci de l'humain et des oeuvres d'homme, son amour du beau, du vrai et du bien désintéressé.Car c'est elle, au fond, qui lui a appris et continue de lui apprendre à penser, et de surcroît, à penser à la française .Ce qui ne veut pas nécessairement ire que nous soyons des Français de France.Depuis trois siècles, la France à évolué.Nous aussi.Cette évolution ne s'est pas faite, dans les deux cas, selon des lignes parallèles.On a beau nous comparer gentiment parfois à des Français de province, ce n'est là qu'un compliment.Notre voisinage avec les Etats-Unis, nos incessants contacts avec nos compatriotes anglo-saxons, notre climat physique et social, ont modelé un type Lumain particulier.Nos réflexes ont été, depuis trois siècles, conditionnés à des excitants biologiques et psychiques différents de ceux auxquels furent soumis nos cousins de là- bes.|| en résulte, qu'on le regrette ou qu'on s'en félicite, une mentalité quelque peu différente.Le Canadien Qui arrive en France en est frappé.Et quand il revient au Canada, après des années, il lui faut une sorte d'acclimatation nouvelle.De même sans doute ur le Français qui vient chez-nous.\u2018où, possiblement de part et d'autre, des heurts regrettables.Ce n'est là cependant que de l'accidentel et du contingent.Le génie français, plus encore qu'une façon de vivre, est avant tout une méthode de penser.Et à ce compte, nous sommes restés bien français.En dépit donc des variations imposées par le milieu, la culture générale et philosophique du médecin cana- dien-français a été de tout temps et demeure française, comme son concept fondamental de la vie a été et demeure catholique .LE METIER Reste sa culture médicale.Deux courants en ont déterminé l'orientation.Le premier procédait de nos maîtres quasi uniquement formés en France et qui avaient implanté chez-nous une culture médicale essentiellement fran- gaise, exclusivement frangaise dans son ond et ss forme.L'influence de ce roupe d'hommes, généreux, idéalistes, fut éminemment bienfaisante .Elle nous à peut-être, et pas seulement dans le domaine médical, sauvés à un moment dangereux, d'une pernicieuse assimilation , .Et surtout, elle nous a légué une mentalité que nous nous el orçons, à notre tour, de transmettre aux plus jeunes.Le second courant fut le fait d'une pléïade de médecins et de non-médecins qui reçurent un peu partout leur entraînement post- universitaire.Ce qui caractérisa cette deuxième génération de jeunes professeurs et de praticiens, ce fut le désir bien arrêté d'enrichir matériellement notre médecine à même les biens universels, tout en lui conservant ses tendances nettement françaises.Ce fut, en ce qui a trait à notre culture générale, une velléité de communiquer à la culture universelle, de l'incorporer à notre propre civilisation et à notre propre philosophie de la vie.I y eut des heurts, des incompréhensions, des mésententes; c'était fatal.|| y eut surtout l'immense inertie de la masse.Néanmoins, les lignes d'avenir étaient tracées.Et parce que l'avenir est pour une grande part le produit des volontés, nous caressions tous les espoirs.LE DRAME FRANÇAIS Or en juin 1940, un drame douloureux a bouleversé le monde, et nous a affectés, nous Canadiens français, au plus profond du coeur.Chacun d'entre nous voudrait répéter à chaque Français les mots splendides de l'Aiglon: Comme un jeune arbre ami, que l'on tans- plante Emporte sa forêt dans sa sève ignorante Et quand souffrent au loin ses frères, souffre aussi, RAR moi j'ai tout seul ici, Senti monter de mon sang le malaise Dont souffre en ce moment la jeunesse françoise.Du point de vue culture, la chute de la France fut pour nous une catastrophe.En dépit de ses fautes, pas plus grandes que celles des autres peuples, en tout cas habituellement plus belles, nous ne pouvions détourner les yeux de son attachant visage.Nous vivions de ses oeuvres, de ses chefs-d'oeuvre.Nous communiions chaque jour à son génie, et chaque année, un certain nombre des nôtres allaient là-bas refaire provision d'humanité.Et cela, bien plus que les connaissances spécialisées, importait à notre salut.Ce serait un péché contre la civilisation de douter un seul moment de la France immortelle, de penser qu'elle ne retrouvera pas, tôt ou tard, sa splendeur coutumière.Mais, pour le moment, la lumière est sous le boisseau.Nous n'avons pratiquement plus de livres français, ou si peu.Nos revues rangaises sont rarissimes.Les uns et les autres ne nous apportent qu'une tie, qu'une version de la France.t pour combien d'années encore sommes-nous condamnés, du point de vue culture française, au reploiement sur nous-mêmes.L\u2019IMPREGNATION ANGLO-SAXONNE Pendant combien de temps aussi dureront les circonstances très périlleuses dans lesquelles nous nous trouvons à l'heure présente?Pour de multiples raisons naturelles ou artificielles, l'infiltration américaine et anglo- saxonne, s'avère, du point de vue économique, matériel, sociologique, e plus en plus pénétrante chaque jour.Notre peuple, tout notre peuple, respire à pleins poumons cette atmosphère.Mais il y a plus grave encore, et c'est l'imprégnation des élites qui, à leur tour, doivent indiquer au peuple les chemins à suivre.Or, nos jeunes, pendant des années et des années, Nous sommes très heureux et honorés crée à le médecine canadi e publier cette étude magistrale conse- un double titre: d' abord, parce que cet article est un modèle de pensée française, et en deuxième lieu, à cause de se portée générale et de son opportunité.Le docteur Barbeau nous dit dans sa lettre: \u201cVous me demandez le texte de ma causerie à la Conférence Laënnec .Ce texte, je ne le destinaïs pas à le publication.J'ai dicté cette ceuserie, je ne Pai pes écrite.; Toutefois, je vous livre bien volontiers ces notes.Elles n'ont aucune visée litt Iles v t servir uniq ment une cause qui nous est très chère.\u201d iront poursuivre en milieu quasi uniquement anglo-saxon, leur formation spécialisée.Îls y trouveront beaucoup de science, beaucoup de culture.Îls y rencontreront aussi une philosophie différente de la vie.lls l'assimileront ou ils seront assimilés par elle.Il n'est pas possible qu'il y ait en cette matière e compromis.Ce sera l'une ou l'autre hypothèse selon que ces jeunes auront ou non accepté de changer essentiellement ou de rester fondamentalement eux-mêmes, Et cela en médecine comme en tout autre domaine.NOS DEVOIRS Que nous le voulions ou non, nous avons à l'heure actuelle envers la vie, envers notre peuple, envers nous- mêmes des devoirs multiples et cependant très précis.Dans ce travail destiné à des médecins et à de futurs médecins, nous nous contenterons d'en signaler trois, que nous estimons transcendants.MEDECINS COMPLETS Notre premier devoir est d'être, autant que possible, des médecins complets, et pour cela de ne pas craindre de puiser à toutes les sources les éléments de notre connaissance et de notre formation.Or il en existe une multitude même, ce qui est impossible, si nous omettons la source française.Depuis cinquante ans, les américains et les anglophones canadiens ont expérimenté, travaillé, systéma- LA DOUCEUR.Je ne connais rien d'aussi doux dans le monde El je n'ai jamais rien vu de plus beau dans le monde Que cette douceur de femme bien féminine Qui émane parfois d'un homme viril.Et pourtant que de douceurs ct de beautés dans le monde! J'ai vu des mères tenir entre leurs bras Leur enfant tout joufflu et perdu dans ses langes, Et lui chanter \u2014 tout doux \u2014 tout doux \u2014 Sur une gamme lasse des jours passés Tout ce que leur cœur émet de suave ct de tendre.J'ai vu des sylphides en des robes de gaze Evoluer en grâce et en beauté Sur des airs de ballets enivrants.J'ai vu la neige tournoyer en une danse folle De farandole, Et venir se blottir doucement sur les arbres.J'ai vu l'azur des cieux aux heures des réveils Et les constellations d'étoiles Par les nuits chaudes ct embaumées De l'été.J'ai senti la douceur des crépuscules mauves, Imprégner les lacs et les montagnes; Et j'ai bu à grands traits aux pastels des couleurs Qui vivent un instant, se perdant sous la lune.J'ai rêvé en mon cœur des ballades d'ivresse Que répètent mes lèvres à mes songes perdus, ÀÂ l'ange du passé qui ne vit que dans l'ombre Tel un être latent que la clarté fait fondre.J'ai perçu le murmure des choses Dont frémissent les feuilles aux heures de tendresses.J'ai perçu les colloques des arbres Dans leur tête-à-têle vibrant et noir.J'ai perçu la grâce épanouie des fleurs pâmées De rosée.J'ai perçu les courses des herbes ct des mousses Recherchant leur frère bicn-aimé.J'ai perçu le trouble des caux séduites Par un soleil couchant, une lune aux abois.J'ai perçu le silence de grands châteaux déserts Enrobés de nuages aux couleurs opalines.J\u2019ai perçu les touchers d'une brise qui passe En frélant les cheveux et caressant les joues.J'ai perçu la douceur d'une voix masculine Mélodiant des mots en des accords fiévreux: Virluose d'amour dont s\u2019épanouit mon cœur.Et je ne connais rien de si doux dans le monde, Et je n'ai jamais rien vu de plus beau dans le monde Que celte douceur de femme bien féminine Qui émanc parfois d'un homme viril.Et, par homme doux, je n\u2019entends nullement L'homme aboulique ou efféminé L'homme bonasse ou mielleux.Non, cette douceur-là, c'est la douceur des imbéciles et des raseurs.Et je n'aime pas les raseurs ct les imbéciles.Mais un sentiment qui émeut de grâce ct de bonté; Un esprit que l'esprit émerveille; Une âme qui s'éprend d'une âme qui comprend; Une gamme infinie de gestes virils ct tendres; Une voix qui se fait caressante; Des lèvres qui efflcurent d'autres Rvres Sans s\u2019y poser.Une galanterie qui passe ct qui oublie; Une âme qui s'épanche le long d'une rencontre; Un sentiment que l'on refreine Pour goûter en soi le bonheur de donner; Un cœur qui glisse sans heurt vers un cœur Dans un enchantement tout à venir.Et je ne connais rien d'aussi doux dans le monde; Je n'ai jamais rien vu de plus beau dans le monde, Que cetle douceur de femme bien féminine Qui émane parfois d'un homme oiril.BOISBRIAND tisé.lls possèdent maintenant une organisation matérielle et intellectuelle splendide.Pourquoi ne pas les imiter ?Pourquoi ne pes importer ce qu'ils ont d'importable, pourquoi recommencer une expérience quand elle fut faite déjà et bien faite.Pour cela, il faut évidemment aller chez eux, y aller souvent, suivre l'évolution de leurs services, collaborer avec eux.et transplanter chez-nous ce qui, dans leurs méthodes, leurs techniques, leurs programmes de travail et d'enseignement, constituerait une amélioration de notre métier et de notre culture médicale.Ne pas se contenter de voir, assimiler, créer à notre tour.Et pour ceux dont c'est la mission \u2014 et c'est la mission de tout le monde \u2014, répandre à pleines mains autour de soi, par la publication et l'exemple, le bien qu'on possède.Le pite obstacle, il faut l'avouer, à l'avancement de notre médecine canadienne-frangaise, il est en nous.C'est notre paresse non physique mais intellectuelle.c'est notre ignorantisme, notre crainte du confrère qui monte, c'est la satisfaction, étant borgne, d'être roi dans un monde d'aveugles.Il faut que craque notre isolationisme stérile.Sur ce terrain du métier médical, nous n'avons rien à craindre de nos confrères étrangers.Nous avons beaucoup à gagner; entre autres, le désintéressement personnel, l'esprit d'initiative et de travail.Avant qu'il existe une médecine canadienne-française, il importe que notre médecine soit en tout une médecine parfaite, au bénéfice de nos malades et de notre corps professionnel.Alors les étrangers viendront peut-être à leur tour prendre chez-nous uelque chose, puisque nous aurons du strict point de vue métier, quelque chose à leur offrir.Ce n'est pas là un rêve utopique.Cela s'est déjà fait dans des cas particuliers.|| faudrait cependant que cet événement heureux se répète plus souvent, se généralise.nous de nous y préparer.MEDECINS A CULTURE GENERALE Si le médecin n'était qu'un homme de métier, notre tâche cesserait alors.Mais le médecin, toujours plongé dans l'action humaine, a d'autres responsabilités.Il est essentiel que sa culture médicale s'enrichisse de sa culture générale et réciproquement.Je ne suis pas loin de croire que les voyages en Europe, la fréquentation des musées, des concerts, des oeuvres d'art, l'imprégnation lente, subtile et profonde par une civilisation supérieure, le contact quotidien avec des hommes et des femmes causant admirablement \u2018de omni re scibili et de quibusdam aliis\u2019 n'aient, au même titre que les leçons et les exemples spécialisés des grands maîtres de là-bas, concouru à la formation de nos as de la médecine canadienne-francaise.En tout cas, cette culture leur aura fait mieux comprendre et mieux aimer la vie, cette vie dont c'est leur essentielle mission de conserver l'existence, le rayonnement et la beauté.Mais nos jeunes pour longtemps n'iront plus en France.S'ils vont en urope, ce sera pour d'autres fins que pour des fins culturelles \u2026 C'est leur métier de charité et de science qu'on leur demandera d'exercer et peut-être qu'on leur apprendra à mieux exercer.Mais ils n'iront plus en France.lls devront pallier à cette carence en s'imprégnant au maximum de culture française.Par le truchement des nôtres dont l'apport n'est pas négligeable.Par la communion aussi fréquente que possible à toutes les oeuvres françaises disponibles.Nos jeunes n'iront plus en France.Îls iront dans les milieux anglophones du Canada et des Etats-Unis.Or là aussi il y a de la culture générale.Il y existe une littérature et un art qui ont contribué et contribuent encore à la richesse intellectuelle et affective de l'humanité.Nous les ignorons l\u2019une et l'autre pour la plupart d'entre nous.Ayons la franchise et l'honnêteté d'ag mettre que c'est une déficience et qu'i serait temps que nous la comblion os jeunes nous y aideront.N'ou blions pes non plus, que l'essor culture] prodisieux des Etats-Unis ne s'est pas omé & la culture scientifique De tous les pays du monde, des maîtres sont venus, qui, joints à l'élément indigène, ont créé dans les pring vt centres américains des milieux philosophiques, artistiques, littéraires, extre.mement brillants et généreux.Ët devant ces tables richement servies nous nous déclarerions dyspeptiques} on et non! Si notre premier devoir comme médecin est de posséder le maximum de la culture médicale, nous n'avons pas le droit, en tant que cjy;.lisés, de négliger aucune source de culture humaine.MEDECINS CATHOLIQUES CANADIENS-FRANÇAIS Mais en tant que médecins canadiens- français, nous avons un troisième devoir .\u2026 .qui est plus impérieux, et qui consiste dans l'intégration de tout notre .savoir dans notre philosophie personnelle de la vie .Le dogme de l'at pour l'art, de la science pour la science de la médecine pour la médecine est périmé.Nous n'avons cure des médecins qui seraient des encyclopédies des Larousse ou des Quillet portatifs .Ce qu'il nous faut, pour nos mals.des, pour notre société, ce sont des médecins qui soient des hommes.Or pour nous, être des hommes, c'est essentiellement être catholiques et français.Catholiques, nous le sommes, naturellement dans notre vie privée, et formellement ou mieux d'une façon formaliste sur le plan social.I! nous faudrait l'être consciemment, netternent, logiquement, doctrinalement.Et pour cela ne pas craindre d'aborder avec l'apport médical, scientifique, philosophique, théologique, les questions sociales que l'État doit résoudre, pour lesquelles on nous demande notre avis et pour lesquelles nous aurons à lutter.uelles questions sociales?Que irions-nous de la stérilisation eugénique, du birth control, du certificat prénuptial, de l'assurance-maladie, de l'assistance publique, des naissances illégitimes, de la déclaration au pouvoir public de la syphilis de nos patients, des termes précis de la collaboration entre médecins anglais et français chez-nous.Que n'existe-t-il pas pour les aînés des cercles Laënnec, comme celui des étudiants en médecine, où tout cela se discute .Etre des hommes, c'est pour nous être Francais, pas Français de France, Français du Canada.Je viens de lire l'admirable conférence de l'abbé Groulx sur notre mission française.Tout est là .Vous lirez cette conférence, vous la relirez .Elle ne se résume pas.Quant à moi, je termine la présentation de cette bouillabaise d'idées.ue vous avez appelée une causerie.êlle n'avait qu'un but: plaider une fois encore devant des futurs médecins la cause des humanités, montrer aussi que si la culture médicale et la culture générale sont en un sens universelles, et en tout cas nécessaires, elles s'intriquent l'une et l'autre dans une pes sonnalité polarisée par la foi et la race.Faire voir enfin que dans cette triple sagesse, il existe une hiérarchie naturelle, différente pour le métier et la sociologie.Sans le respect de cette hiérarchie, c'est pour notre médecine canadienne-française l'assimilation et la mort.Avec elle, c'est la possession de soi-même et des traditions, c'est l'assurance de la perennité.Il y aura lutte contre les autres, il y aura lutte entre nous.Et puis après.?Vivre, a dit naguère un physiologiste célèbre, c'est lutter.Nous lutterons donc avec joie, avec enivrement, comme des soldats pour qui la conservation de l'existence ne vaut plus si elle ne comporte en même temps la conservation de ce qui fait le propre de l\u2019homme et de te homme: sa civilisation.Antonio BARBEAU Messe vNivERSITAIRE Une messe spéciale pour les Étudiants des diverses Facultés et Écoles de l'Université est célébrée à 9 heures 30, chaque dimanche et fête d'obligation, à le Maison des Étudiants.Cordiale lisnvenue ! 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