Le Quartier latin, 13 mars 1942, vendredi 13 mars 1942
[" NE TM TU a A Tame Tre Le AS 3 MONTREAL, 13 MARS 1942 Directeur: JACQUES GENEST A URE DANS CE NUMERO L'OBIL DE CARABIN NOTRE ENQUETE ADRIEN MALO, O.F.M.L'HONNEUR DE CARABIN L'A.G.E.U.M.ET L\u2019'EMPRUNT FLORIAN LEROUX LE MONDE MODERNE \u201cSUGGESTIONS SUR NOTRE ENSEIGNEMENT\" ROBERT GENEST DE PAUL CLAUDEL ET DE \u201cIL\u2019ECHANGE\" CHARLES DUMAS AUX CONCERTS SYMPHONIQUES xX.X.Xx.A L'ÉCOLE DE MUSIQUE D'OUTREMONT JEAN SAURIAC HOMMAGE A JEAN VÂLLERAND PAUL CHOLETTE MECONNUE CLAUDE LAMER LA FEMME DE MES REVES PAUL FONSEGRIVE CONTRIBUTION SPECIALE DE L'INSTITUT BOTANIQUE DE MONTREAL UN EFFORT POUR UNE CULTURE\u201d.LA BOTANIQUE, SCIENCE D'AVENIR ANDRE LAFOND COLLABORATION AVEC McGILY, AURAY BLAIN BOTANIQUR SYSTEMATIQUE MARCEL RAYMOND UN CENTRE CULTUREL JULES BRUNEI 10: SOUSALE: NUMERO - po x I BIEN FAIRE ET LAISSER BRAIRE \u201cLE SACRE DU PRINTEMPS\u201d SAVOIR DONNER?par MARCEL ROBITAILLE Il n'est pas besoin de longues méditations ni d'enquêtes très savantes sur l'inégalité des classes pour comprendre qu'un centre aussi populeux que Montréal cache nécessairement des misères aussi étendues que variées.Il n'est qu'à visiter quelques instituts d'assistance publique ou qu'à traverser rapidement le Parc Viger.Pourtant, pareille investigation s'avérerait sans doute fort utile pour faire connaître le NOMBRE et la QUALITÉ de ces misères \u2014 et partant, rendre plus généreux ceux qui s'en peuvent payer les moyens.Pour cette raison, entre autres, nous devons porter infiniment de sympathie à la FÉDÉRATION DES OEUVRES DE CHARITÉ CANADIENNES-FRANCAISES, Qui ouvre cette année se dixième campagne.Conscients des charges fort lourdes qui grèvent de plus en plus tous les budgets, les publicistes de la campagne ont lancé comme devise: \u2018Malgré tout!\u201d Malgré tout ce que les temps actuels comportent de pénible \u2014 je ne songe ici Qu'au point de vue pécuniaire \u2014 malgré les taxes, les surtaxes, les impôts, les emprunts de guerre, les revenus à prélever pour la Défense NATIONALE \u2014 il faut souscrire généreusement à une oeuvre canadienne-française, destinée à secourir les nôtres.L'objectif de $441,500 n'est pas exagéré si l'on se souvient que les Montréalais ont souscrit I'an passé $474,222.C'est également un motif d'orgueil bien légitime | pour notre population de constater les progrès accomplis depuis la première campagne \u2014 en 1933, alors qu'on avait recueilli la somme de $183,335.Vous voulez connaître le but concret, immédiet de cette organisation?Connaître les milieux auxquels on distribue tout cet argent ?D'abord, SECOURS AUX INDIGENTS:\u2014 Aide à la femme \u2014 Assistance publique \u2014 Bureau d'assistance sociale aux familles \u2014 Maison Ignace Bourget \u2014 Société de Saint-Vincent de Paul \u2014 Union nationale française \u2014 Soin des vieillards indigents.SOINS AUX MALADES ET SERVICES PRÉVENTIFS: \u2014 Assistance maternelle \u2014 Cantines scolaires \u2014 Gouttes de lait paroissisles \u2014 Société des infirmières visiteuses \u2014 Institut national canadien pour les aveugles.PROTECTION DE L'ENFANCE ET DE LA JEUNESSE: \u2014 Camps de santé Bruchési \u2014 Camp \"Le Giillon\" \u2014 Colonie de vacances Jeanne d'Arc \u2014 Colonie de vacances des Grèves \u2014 Service de l'aide aux désemparés \u2014 Patronage St-Vincent de Paul.SERVICES ÉDUCATIFS ET D'ENTR'AIDE SOCIALE: \u2014 Association canadienne- française des aveugles \u2014 Conseil des Oeuvres \u2014 Ecole de service social \u2014 Services bénévoles féminins.Cette seule nomenclature suffit à faire comprendre la nécessité d'une pareille association.L'obligation d'y collaborer étroitement.Les quelque quinze cents étudiants qui fréquentent l'Université ne sont pas tous en mesure de verser une forte somme à la Fédération, fit-elle de vitale importance.Mais chacun peut aider SELON SES MOYENS.Et personne n'ignore que toute campagne du genre compte beaucoup sur ce qu'ôn'a convenu\u2019 d'appeler L'A PÉTITE SOUSCRIPTION.Nos principes chrétiens nous invitent à cette générosité.Et-l'amour des nôtres .de « # \"TOLUMEDOUY, Ne.& rat La Rédacteur en chef: MARCEL THEORET BILLET DE LA SEMAINE SOURIRE DE MARS Mars est venu tout bonnement s'installer chez nous; n\u2019eal-ce pas un peu l'illusion du printemps?De la saison qui s'en va petit à pelit, on regrette bien la courte durée: c'est si beau celte blanche parure dans nos sombres rucs \u2014 c'est si gai cet essaim de jeunes sur nos collines \u2014 c'est si amusant ces réceptions, ces danses el ces bals! .Quelques semaines, voire même quelques jours, et le décor sera changé; viendront alors d'autres joïes \u2014 d\u2019autres espoirs \u2014 d'autres amours.Le sourire de mars, comme il est enjôleur: il nous Jascine si bien avec son radieux soleil \u2014 ses frais malins \u2014 ses beaux soirs.Le sourire de mars, comme il est aimable: il nous annonce si gentiment l'arrivée d'une saison nouvelle.Le sourire de mars, comme il est expressif: il nous traduit si clairement l\u2019histoire de la nature.Le sourire de mars, comme il est jeune: il nous raconte si candidement une romance.Le sourire de mars, comme il est amical: il nous dit si sincèrement sa joie d'être parmi nous.Le sourire de mars, comme il est maternel: il nous chante si délicieusement une berceuse pour endormir ou consoler.Le sourire de mars, comme il est triste parfois avec ses pluies monotones el ses vents désagréables.Le sourire de mars, comme il est mélancolique parfois avec ses neiges par trop tardives.Le sourire de mars, comme il est imprégné de poésie, de rêves ci de bonheur! .Le sourire de mars, il a conquis l\u2019aclif paysan qu\u2019une inactivité commençait à lasser \u2014 le fier travailleur qu'une rude besogne avait affaibli \u2014 le vieillard qu'une froide température avait placardé chez lui \u2014 l'enfant dont les ébats sur la neige passent indifférem- mepl aux ébats sur la pelouse \u2014 l'artiste loujours en quête de tableau vivant et pittoresque \u2014 le poêle qui cherche prétexte pour donner libre cours à son imagination fertile \u2014 le romanesque qu\u2019un regard, un parfum ou un aol semble troubler \u2014 la midinette, l'ouvrière ou la dactylo, jeunes personnes sérieuses mais un brin frivoles, qu\u2019une nouvelle toilette enchante \u2014 la débutante, la future héritière ou la prochaine mariée qui disculent déjà de croisières et de voyages \u2014 Vindifférent qui daigne s'ouvrir les yeux.Le sourire de mars, il a conquis, j'en suis cerlaine, ces Carabins de tous les âges, de toutes les conditions et de toules les facultés; ces Carabins un peu volages mais pas méchants au fond.; ces Carabins un peu légers mais studieux à certaines heures.; ces Carabins si gentils mais si oublieux!.\u2026.L'Hiver hésite encore à nous quiller, mais le prin- lemps saura bien forcer sa porte! .Et le sourire de mars \u2014 franc, sincère et jovial \u2014 s\u2019égrenne harmonieusement.GISÈLE NOTRE MISSION FRANCAISE L\u2019an dernier, à la même date et à la même occasion, à un moment où la France subissait le désastre d'une défaite sans précédent dans son histoire, je vous disais que le Canada français a le devoir de maintenir les traditions de la culture et de la civilisation française.\u2026 Le Très-Honorable; : a W: L.MacKenzie KING.New York Times, 23 juin 1941.26 MN de 2 EN MARGE DE L\u2019INCIDENT POTVIN En marge de l'incident Potvin, a la Commission du Service Civil d'Ottawa, nous publions les extraits suivants du \u201cDroit\u201d et la lettre que le Président de notre Association a adressée à ce sujet au Premier Ministre.POUR QUE JUSTICE SOIT FAITE A M.ADRIEN POTVIN A cause de certains commentaires de In part de Jouvnaux de langue anglaise À l'endroit de notre compatriote M.Adrien Potvin, commissaire du Service civil, qui, comme on le sait, fut indirectement mêlé à un récent procès à Ottawn au sujet d'une affaire de contrats de guerre, ln Chambre de Commerce des Jeunes de Hull prie Thon.premier ministre, M.Mackenzie King, de bien vouloir prendre tous les moyens a sa disposition pour donner justice à M.Adrien Potvin et ce, dans le plus court délui possible.M.Potvin occupant netuellement un poste trés important à ln Commission du Service civil, où il représente l'élément canadien-français, les remarques et les commentaires de ces journaux peuvent être néfastes et injustes à l'endroit de notre représentant et sont de nature à soulever l'opinion publique et les pré Jugés de race.(Le Droit\u201425 fév, 1942).NE PERDONS PAS LA TETE Nous aurions été surpris si, à lu suite le certaines récentes causes criminelies qui ont été Jugées devant des jurys dû- ment constitués, des Journaux n'avaient pus exploité les témoignages qui ont été donnés par des fonctionnaires de lnngue francaise, qui n'étaient nullement coupables, mais dont lo seul tort fut de dire franchement In vérité.Vu l'origine de ces fonctionnaires, l'occasion était honne d\u2019exugérer la portée des faits et de tenter de faire du seandale, même d'essayer de déshonorer ces fonction- nitires et de les faire rejeter des bureaux de l'administration fédérale, L'on sait que, dans des enuses de ce Henre, fl est_fucile d'obliger des témoins À comparaître, tandis que d'autres sont exemptés de ce devoir, potrr des raisons qui sont discutées entre les parties en cause, Toujours est-il que au cours de ré- Cents procès, plusieurs de nos compatriotes ont été mis en vedette, pour des l'aisons qu\u2019il est encore difficile de comprendre.puisque leurs témoignages n'ont paru être d'aucune utilité, lorsqu'il s'est agh d'influencer lex verdicts du jury.L'un de nos confrères de lungue an- slalse de lu capitale s'en prend à notre commissaire canadien-francais de Jo Commission du Service civil, N profite du témoignage de ce commissaire pour tourner contre celul-el ce que devrait être à son crédit.I tente de transformer en actions frisant In malhonnôteté des situations qui, en elles-mêmes, n'ont aucune signification pélorative, surtout lorsqu'elles ont été accompagnées par les déclarations de la plus franche hon- nâteté, Ce sont là, dit ce journal.des faits dont le gouvernement doit prendre note, Oul, certaînement, D'untant plus que ce comiuissuire du Service civil n\u2019a Jamnlis commis d'infraction à In loi du Service civil et aux règlements qui en découlent : que son honnêteté n'a jamais été mise BS Tb en doute et qu\u2019il a toujours été un bon serviteur: qu'il n° famas traht In con- flance que le gôuvernement avait mise en Jul.Les Impressions impartiales qui se dégagent du témoignage rendu par le commissaire cumidien-français du Service civil, au cours des causes de concussion qui ont été jugées dernièrement sont les suivantes : 10\u2014Les affuires personneles qu\u2019il a eues avec M.Brülé n'ant aucune relu- tion avec les contrats de guerre.Zo\u2014I1 n été ln dupe de M.Brûlé com- ne blen des gens très roués aux affaires.3o\u2014Le motif qui l'a fait nsir n'est pas l'intérêt.Le premier endossement date d'avant la guerre.do\u2014Les questions de l'uvocat qui ine- nait le contre-Interrogatoire étulent de nature à protéger son client et à cnel->r les points de défense de notre commissaire.5o\u2014Maleré cela, rien daus ce qu\u2019il à Admis na éclaboussé su réputation d'honnôte homme.L'article de notre confrère tronque et dénature les faits.Sa conclusion est d'une évidente mauvaise foi.Elle laisse percer le désir de se débarrasser de ne- tre commissaire canadlen-francais en exploitant le fait qu'il a été victime d'un mystificnteur, Ce commissaire à la réputation \u2014 et nous croyons qu\u2019il ln mére \u2014 d'avoir défendu ses compatriotes de langue fran- caise.Notre confrère de langue anglaise Wa Jutnais aimé nos défenseurs.1! prolonge une tradition bien établie et cherche à embnrrasser le gouvernement par un traquenard trop visible, Qui le pousse?Est-ce alliance hybride qui ne nous au Jumais pardonné nos origines ot qui a toujours résisté à toute idée d'unité nationale basée sur la bonne entente et le respeet mutuel?Au Heu de tomber dans le plège que Ini tend l'organe de MM, Meighen et Hanson nous croyons que le gouvernement serait mieux d'ordonner à un juge bien au courant du fonctionnarisme de teulr une enquête sur les agissements du Soviet bureaucratique établi ac service depuis vingt ans.On découvrirauit pout- être le ver rongeur qui a fait tant de mal à ln France et à d'autres pays européens el les n° douloureusement pré matrés aux conquêtes d'Hitler.Notre conumissaire canadien-français du Service civil ne peut être accusé d'avoir fait preuve de fuvoritisme, et dans aneun domaine.Car les faits sont là qui ie prouvent, Les Canadiens fran- ends sont, dans les wrenux de l\u2019adininis- tration fédérale, daus un état d'infério- IT Us paient les mêmes impôts que les autres: ls s'imposent des restrictions communes à toute la population cana- denne.On leur demande de souscrire nv deuxième emprunt de In Victoire, tout comme les autres, Alors, pourqued, à charges égales, ne bénéficiersfent-ils pas, dans Une mesure égale, des dépenses de guerre el des fonctions fédérales, les unes et les autres censées d'être distribuées au prorata de ln population ?Que l'on înisse done de côté les questions personnelles et que l'on songe dn- vantage aux Intérêts de la population canadienne-française, s1 longtemps négll- ws, Toute atteinte portée à notre commis- satire canadien-français du Service civil ser regardée comme un affront à Ia population cnnndienne de Inngue française, Charles GAUTIER (Le Droit\u201426 fév.1942) Le meilleur chocolat sur le marché A) L'OEIL de CA RABIN 8 T.Hon.W.-L.Mackenzie King, Premier Ministre du Canada, Edifice du Parlement, OTTAWA, Ont.Monsieur le Premier Ministre, Montréal, 16.10 mars 1942.L'Association générale des étudiants de l\u2019Université de Montréal s\u2019émeut du sort que quelques-uns veulent faire à Monsieur Adrien Potvin, à la Commission du Service civil.L'Association générale, Monsieur le Premier Ministre, espère que vous saurez intervenir personnellement dans cette question délicate pour faire cesser un chantage monstrueux qui tend à compromettre la r tort aux yeux de quelques chauvins est l'obtention de positions au gouvernement.éputation d'un homme intègre, dont le seul avoir aidé les Canadiens français dans Vous avez prêché à plusieurs reprises, Monsieur le Premier Ministre, le besoin d'une unité nationale dans la présente crise, L'Association générale estime à votre suite, que cette unité nationale est nécessaire en temps de guerre tout comme en temps de paix.C\u2019est pourquoi nous croyons que les méfaits dont on a voulu salir la réputation de Monsieur Potvin sont de nature à compromettre singulièrement cette unité nationale que vous prisez tant.Nous comptons donc sur votre intervention personnelle en cette affaire, et demeurons, Vos tout dévoués, .L'ASSOCIATION GENERALE DES ETUDIANTS DE L'UNIVERSITE DE MONTREAL, par le PRESIDENT, Florian LEROUX.AUTOUR DU PLEBISCITE Cette question du PLEBISCITE est d\u2019une poignante actualité.Si, encore, elle ne cachait pas tant de dérobades, tant de manoeuvres secrètes, dent le seul but est d'aveugler tous les esprits.\u2018Evidemment il faut être compréhensifs envers ces trameurs dans l'ombre, car nous savons trop bien que le jour où ils tireraient la situation au clair, ce jour-là ils se confondraient eux-mêmes.Leur attitude à l'heur2 actuelle n\u2019en est pas moins inacceptaule.Comment se fait-il qu\u2019après avoir chanté si haut les plus belles promesses, soutenues par les plus solides arguments, nos hommes publics cherchent maintenant à s\u2019en délier?Lorsque le Canada a déclaré la guerre à l'Allemagne, en 1939, notre honorable Premier Ministre a promis catégoriquement que netre participation en ressources humaines ne dépasserait pas les bornes du volontariat .il l'a proclamé en ces termes solennels : \u201cNous ne pouvions contracter vis- a-vis du peuple d\u2019engagement plus solennel que celui que ses représentants a la Chambre des communes avaient pris alors\u201d.Monsieur King savait que cette politique était pleinement suffisante pour répondre aux responsabilités assumées par son gouvernement et assez raisonnable pour maintenir l'UNITE CANADIENNE.Dans son discours du 25 février dernier, Monsieur King revient encore sur cette question d'unité canadienne, si essentiellement importante, et va jusqu'à blâmer le gouvernement qui la troubla en 1917, après avoir imposé la conscription pour outre-mer; ses paroles encore une fuis ne manquent pas de la fermeté la plus résolue : \u201cRien dans l\u2019histoire politique du Canada depuis la Confédération n\u2019a causé plus d\u2019aigreur et de ressentiment ou n\u2019a plus contribué à diviser les diverses races du pays, en les jetant les unes contre les autres, que la question de la conscription, ainsi que la façon dont l\u2019a traitée le gouvernement du temps.\u201d Pourquoi voudrait-on tenter au- jourd\u2019hui la même expérience?\u2026.Le regretté Lord Tweedsmuir comprenait bien notre problème de races; il en saisissait toute la portée, et ce n\u2019est pas à la légère qu\u2019il reconnaissait à notre pays les fortes prérogatives qui lui permettent de se gouverner lui-même.Il nous attribuait ces privilèges dans des termes qui ne souffrent certes prs d\u2019équivoque: \u201cLe premier devoir de loyalisme d\u2019un Canadien, disait-il, n\u2019est pas envers le Comnionwealth britannique des nations, mais envers le Canada et son roi, et ceux qui contestent ceci rendent, à mon avis, un mauvais service au Commonwealth\u201d, Monsieur King n\u2019ignore certainement pas que les graves promesses qu\u2019il nous a faites ouvertement entraînent des responsabilités d\u2019une gravité proportionnée.Il a pris envers nous des engagements dont il ne peut facilement se dégager, sans ternir son honneur: C\u2019est même lui qui, s\u2019il s'en souvient bien, dénonça, il y a deux ans, les violateurs de promesses qui, 4 son avis, sont responsables de la crise actuelle; \u2018il s\u2019exprimait ainsi: \u201cLa crise malheureuse que traverse actuellement l\u2019univers est surtout la résultante de promesses violées.Le régime nazi allemand a engendré la mauvaise foi des engagements brisés.Mauvaise foi, promesses violées, dédain de la volonté populaire, voilà les forces contre lesquelles le Canada se bat aujour- d\u2019hui.Puisqu\u2019il en cst ainsi, je désire affirmer d'autant plus catégoriquement que le gouvernement conserve l'intention de remplir la promesse qu\u2019il a maintes fois faite à la population canadienne.\u201d (.) Et l\u2019on a beau vouloir penser que, par un plébiscite, le gouvernement met en jeu ainsi bien ses responsabilités que ses promesses ce n\u2019est pas tout-à-fait juste.Comme le laisse entendre à sa façon M.L'Heureux, du \u201cDroit\u201d d'Ottawa, le gouvernement, en assumant toutes ses responsabilités (de ne roint jamais établir la conscription pour outre-mer), s\u2019est lié moralement envers le peuple, en tant qu'individu, non pas en tant que collectivité.Il lui faudrait donc pour se libérer toiale- ment de ses engagements, briser le lien moral qui existe entre lui et chaque individu.Ce qui se conçoit mal, car, à supposer que l\u2019on réponde OÙI en majorite à la question posée, il restera toujours une minorité .une minorité d'individus qui s\u2019acharneront davantage à vouloir maintenir le lien sur lequel reposent les responsabilités du gouvernement.En avalant avec un appétit modérément glouton l\u2019idée que le plébiscite sera tenu bientôt, il est encore surprenant de constater de quelle façon on agence cette manoeuvre à l\u2019égard de tous les Canadiens, plus précisément a l'égard des Canadiens francais.Je ne sais trop si on a l\u2019intention de tourmenter doucereusement la forme de la question à poser ou si on y va avec bonne foi, en tous cas, on trouve dans la formule française de cette question (appelant un oui ov un non) un petit jeu de mots que l\u2019on devrait faire disparaître.Monsieur Charles Gauthier du \u201cDroit\u201d d'Ottawa a bien raison de condamner cet état de choses .La dernière formule admise par la Chambre des com- munés est celle-ci \u201cConsentez- vous à libérer le gouvernement de toute obligation résultant d\u2019engagements antérieurs restreignant les méthodes de MOBILISATION pour le service militaire?\u201d La discussion porte sur le mot MOBILISATION qui ne répond pas exactement à la traduction correspondante dans la formule anglaise.En effet, on peut lire dans la iangue de Shakespeare \u201c .of RAISING MEN for military service?\u201d Ce qui veut dire en traduisant littéralement \u201c .de RECRUTEMENT pour le service militaire?\u201d Et Dieu sait combien la différence de sens est grande entre MOBILISATION et RE- - CRUTEMENT.J\u2019'emprunte a monsieur Gauthier une définition claire de ces deux mots: Faire du recrutement, c\u2019est \u2018lever des hommes pour le service militaire ou obtenir des recrues; la mobili tion, elle, \u201csignifie que l\u2019on fait passer un corps de troupes du pied de paix sur le pied de guerre.\u201d De bonne souvenance populaire, le gouvernement actuel ne s\u2019est jamais engagé envers nous à propos de la mobilisation ; au contrai- - re, tous ses engagements ont porté sur le recrutement pour le service militaire pour outre-mer.Comme on le voit la formule originale française est sujette à une interprétation fautive; elle ne rend pas la pensée exacte de celui qui la pose.Nous sommes ici en face d\u2019un fait très bizarre: Ou on a voulu nous tromper, ou on s\u2019est trompé.Par crainte de témérité, suspendons notre jugement .en conseillant tout de même à qui de droit de substituer au mot MOBILISATION le mot RECRUTEMENT.Et après la tenue du plébiscite, qu\u2019on ait répondu un OUI ou un° NON à l'unanimité, que se passe- ra-t-il encore?Nous ne serons probablement pas plus maitres des événements que nous ne le sommes aujourd'hui .on nous écarte trop du grand livre des menées politiques.Monsieur King n\u2019a-t-1l pas dit lors de la seconde lecture du bill aux fins d\u2019autoriser la plébiscite: \u201cToute nouvelle politique à ce sujet sera basée sur ce que le gouvernement jugera nécessaire pour les meilleurs intérêts du Canada À LA LUMIFRE DES CONDITIONS EXISTANTES.Donner- une déclaration définie de politique avant le vote serait changer le plébiscite en un référendum par lequel le peuple serait appelé à prendre une décision sur une importante question politique et militaire.\u201d Somme toute, tenons bien ce qu\u2019on ne peut pas nous enlever: NOTRE TETE; gardons-la bien! Jean SAURIAC PRENDRE POSITION \u201cLa loi de Solon, qui déclarait .infâmes tous ceux qui, dans une sédition, ne prendraient aucun yarti, a paru bien extraordinaire ; mais il faut faire attention aux circonstances dans lescuelles.la Grèce se trouvait pour lors.Este était partagée en de très petits Etats: il était à craindre que, dans une république travaillée par des dissensions civiles, les gens les plus prudents ne se missent à couvert, et que par là les choses fussent portées à l'extrémité.\u201cDans les séditions qui'arrivaient dans ces petits Etats, le .gros de la cité entrait dans la ques relle, ou la faisait.Dans nos grandes monarchies les .partis : sont formés par peu de gens, et le peuple voudrait vivre dans l'inaction.Dans ce cas, il est naturel de rappeler les séditieux au gros des citoyens, non pas le gros des citoyens aux séditieux; dans l\u2019autre, il faut faire rentrer le petit nombre de gens sages et tranquilles parmi les séditieux: c\u2019est ainsi que la fermentation d\u2019une liqueur peut être arrêtée par une seule goutte d\u2019une autre.\u201d (Montesquieu.) a _ Montesquieu préchant ainsi, puisait ses directives chez les An- clens pour.les transmettreaux.honimes à venir.\u201d Cette\u201c idée: de Pométhée avec le feu du ciel alluma Sa pip\u2019 de Picobac, puis, enchanté, fuma.© Qu'est-ce le Picobac lui-même sans allumage?Il reside d'est vrai, ua arome délicieux! Mais il faut que vous le fumiez pour constater comme il a bon goût, comme il est doux, frais, agréable, Achetez-en aujourd'hui et vous remercierez en même temps Prométhée et les champs ensoleillés \u201cdu sud de l'Ontario du parfait contentement que procure la crème de la récolte de Burley canadien.BLAGUE HERMÉTIQUE COMMODE, 106 et 15\u20ac BOITE MEVALLIQUE \u201cLOK.TOP\u201d de 34 livre, 65\u20ac mis ausel en Boites Métalliques pour le Gousset Picobac \u201cIl À bon goût dans la pipe\u201d \u201cprendre parti\u201d se présente donc | à nous comme classique et vraie, i Pouvons-nous la négliger?mains (cf.Cicéron), tout aussi bien que pour les sages du XVTITième siècle, prendre position en temps de crise ne consiste pas dans une question de goût, mais dans un devoir.Et Solon le Sage, vouait à l\u2019infâmie les lâches, les tièdes et les bourgeois apeurés qui assistaient à l\u2019écroulement d\u2019un régime politique derrière les volets de leurs demeures, attendant la fin pour acclamer le vainqueur.crise se dessine.permettre aux séditieux de diriger la politique d\u2019un pays qui n\u2019a jamais été et qui ne sera jamais A leur véritable patrie?Nous ne le croyons pas et nous considérons de notre devoir d\u2019essayer d\u2019empêcher leur action néfaste.pour cela, il nous faut l\u2019appui de TOUS ceux qui pensent comme nous.ger le réclame! s\u2019impose à tout instant et toute la journée.tatrice et bruyante mais constructive et constante.notre politique à corps perdu.Ne comptons pas les sacrifices car le résultat en vaut la peine.: sons le bourgeois jusques au retour ! de la paix et de la sécurité.Mais d\u2019ici ce temps-là, .e comptons pas sur le voisin.accomplir et nous le nôtre.Ne nous déchargeons pas sur les épaules de quelques hommes, car ces chefs, sans notre entière collaboration, n\u2019avanceront à rien.Donc plus de fausses raisons pour s'abstenir ; gnons d'encourir cette infâmie dont parle Solon, car cette tache s\u2019efface difficilement même si elle ne paraît pas.complètement.Pour les Grecs et pour les Ro- Et maintenant, au Canada, la Pouvons-nous Mais Plus de tièdes, la patrie en dan- | L'action, l\u2019action } Pas une action dévas- Prenons position et poursuivons Chas- In a son devoir à de collaborer.Crai- Prendre position et se donner } Marc BOUCHER GRINTUCH MAQUETTES \u2026.\u201c PALETOIS ACCESSOIRES A LOUER 2121 BLY) ST- LAURENT près de Sherbrooke Représenté par pour le WIG A.GRINTUCH, LL 8.5 00.de !'Univenté de Mentrés _ TERRE de NOTRE ENQUETE \u201cQU'AVEZ-VOUS À DIRE AUX ÉTUDIANTS\" J\u2019ai beaucoup de choses à dire; mais je ne veux pas les dire toutes; puis tout ce que je pourrais dire \u2018n\u2019intéresse pas nécessairement les lecteurs, surtout quand il s\u2019agit d'Etudiants.Je voudrais cependant obtenir audience; et, comme le plus sûr moyen consiste à aborder les préoccupations actuelles de ceux a qui je m'adresse, je décide d\u2019amener les Etudiants à me dire eux-mêmes leurs problèmes, afin d\u2019écrire à propos.Le premier, en seconde année de droit, soupçonne que la diree- tion du Q.L.m'a invité à prendre part à son enquête, me dit que sur cent invités, quelques-uns répondent, qui, encore, ne sont pas tous lus, croit que le Q.L.n\u2019est guère lu, quoiqu\u2019il mérite de l\u2019être, puisque l'an passé, il a remporté un prix et que cette année, on y met du soin, on y remporte du succès .\u201cEn tout cas\u201d, me dit-il, \u201csi vous voulez être lu, soyez bref; à mon avis Me Antonio Per- rault fut le plus lu et il n\u2019a écrit que quelques lignes .\u201d Un autre, en prémédicale, reconnaît n\u2019avoir pas encore pénétré profondément dans le milieu étudiant; les Etudiants font moins bloc qu\u2019on pense et le contact le plus régulier se fait entre eux par le Q.L.; l'enquête surtout intéresse ses nombreux lecteurs: tant de courants d'opinions circulent! Un troisième, en première année de Polytechnique, estime que ce que l\u2019on ne doit cesser de répéter aux Etudiants, c\u2019est de ne pas uniquement rechercher les plaisirs de la vie universitaire, mais d\u2019en remplir les obligations et surtout celle de l\u2019étude, de vivre pleinement le présent.Par incidence, il affirme que le Q.L.est lu d\u2019un bout à l'autre par tous les Etu- diants et revient sur sa première idée qui commente le mot du poète: Nous ne vivons jamais, mais nous espérons vivre.Deux finissants l\u2019un en Optométrie, l\u2019autre au Polytechnique, me communiquent les sentiments d\u2019appréhension, d'inquiétude, de crainte qui s\u2019emparent de ceux qui sont sur le point de sortir de l\u2019Université.Quel accueil nous réserve la vie?L'enrôlement, la conscription, la guerre?Vaut-il la peine de s\u2019établir?C\u2019est à se demander s\u2019il ne vaudrait pas mieux continuer les études -jus- qu\u2019à la fin de la tourmente! Le sixième, finissant en Pharmacie, m\u2019exprime son embarras avec une verve qui trahit l\u2019émotion: finir en une période aussi féconde en surprises tarit l\u2019enthousiasme, diminue l\u2019ardeur, mine le plus robuste optimisme .Le dernier consulté, car je constate que plus je change, plus c\u2019est la même chose, en quatrième année de Médecine, avoue que ce dont les Etudiants sentent le plus grand besoin, ce sont des directives; l\u2019inquiétude qui les étreint les porte à l\u2019insouciance et au découragement ; plus qu\u2019on ne pense, ils se montrent capables de recevoir une orientation .Je crois que notre jeunesse, et tout spécialement notre jeunesse universitaire, mérite notre intérêt; dans le but de leur témoigner le mien, je leur conseille de ne pas aggraver de leur cas personnel la situation qui, malgré eux, leur est imposée; et pour cela, de puiser dans les tristesses du moment une dose d\u2019optimisme pour l\u2019accomplissement de la tâche quotidienne.Saint Paul écrivait aux Romains: Triomphez du mal par le bien ; Huysmans avouait devoir sa conversion au dégoût de ce qui l\u2019entourait.\u201cJ\u2019appelle optimiste, dit Mauriac, un homme qui, après avoir regardé en face la maladie, le vice, la misère, la mort, mais aussi le dévouement, l\u2019amour, l\u2019immolation consentie de tant de créatures, demeure fidèle à la plus difficile de toutes les vertus, l'espérance\u201d: Le meilleur moyen de refaire l\u2019âme du monde, c\u2019est de s\u2019équiper intellectuellement et spirituellement pour exercer les influences saines qui empêcheront - le retour de semblables situations.Adrien MALO, franciscain.L'HONNEUR DE CARABIN EST EN JEU De larges espaces, des paysages dégagés où le soleil tombe à fiots, où l\u2019on respire l\u2019air pur à pleins poumons, de la verdure partout, des arbres qui embaument, quel bain de santé, quel merveilleux tonifiant pour rétablir des organismes anémiés, que menaçaient le manque d'hygiène et la vie malsaine de nos quartiers pauvres! Chaque année, la Fédération des Oeuvres de Charité canadiennes françaises offre à des milliers d'enfants déprimés, indigents ou infirmes, de splendides vacances dans ses quatre camps d\u2019été.Les camps Bruchési au lac L\u2019Achigan, dans un des plus pittoresques (lécors des Laurentides, procurent chaque été à des centaines de garçonnets et fillettes appartenant à des familles que menace la tuberculose, une splendide cure de soleil et de repos.Le camp Le Grillon, établi à Château- guay, sur les bords du lac S.- Louis, fait le même travail auprès des enfants infirmes, débiles ou épileptiques.Et qui ne connaît la colonie de vacances des Grèves, et son pendant féminin, la colonie Jeanne d\u2019Arc, qui regaillardissent chaque été, toute une marmaille que des conditions d'existence déplorable rendent chétive et malingre.Cet aspect du travail accompli par la Fédération des Oeuvres de Charité devrait suffire à lui gagner l\u2019entière sympathie de la jeunesse .étudiante.Mais ce n'est là\u2018Yyw'une part de l\u2019activité des oeuvres fédérées.Elles soignent les malades, préviennent les maladies, soulagent les miséres individuelles et familiales, guident les désemparés, .protègent les aveugles, les infirmes et-les -in- digents.iS LT Tous les déshérités de la vie, tous les malheureux qu\u2019isole leur souffrance et qu\u2019étreint la misère économique, ont besoin des oeuvres de la Fédération.La Fédération, de son côté, compte sur nous, sur la compréhension et la générosité de chacun de nous.Cette année, elle lance un appel particulier aux jeunes de notre métropole.Elle les incite tous à faire la part du pauvre dans le budget que chacun consacre à des dépenses plus ou moins futiles.Si tous les jeunes faisaient leur part dans ce sens, \u2014 remarquez bien qu\u2019il n\u2019est ici question que du superflu \u2014 la Fédération pourrait atteindre et dépasserait même facilement son objectif.La.jeunesse intellectuelle de notre métropole ne se doit-elle pas de donner l\u2019exemple en cette circonstance?Si sa qualité et ses aptitudes lui permettent de mieux comprendre son devoir, ne doit- elle par être fidèle à le pratiquer et inviter tous nos jeunes à la suivre dans cette voie?L'objectif de la dixième campagne se chiffre à $441,500.Il représente les besoins réels des oeuvres fédérées.Disons plutôt qu\u2019il ne répond même pas aux besoins; pour ce faire, il faudrai le doubler, sinon le tripler.\u201d Dans quelques jours, s'ouvrira la dixième campagne.Toutes les classes de la société montréalaise sont appelées à collaborer étroitement cette offensive pacifique contre la Misére.La jeunesse intellectuelle ne peut tirer de :l\u2019arrière, car, dans cette grande bataille où la Générosité est l\u2019arme maîtresse, l\u2019honneur de Carabin est eri\u201cjeu.RETRAITE UNIVERSITAIRE - .(18-22 mars 1942) Le mercredi 18 mars, dans l\u2019église Saint-Sauveur des Syriens (encoignure S.-Denis et Vitré), commencera la retraite préparatoire à la communion pascale, retraite exclusivement destinée à messieurs les professeurs, les étudiants et les étudiantes de l\u2019Université.Cette retraite sera préchée par Son Excellence Mgr Arthur Douville, évêque de Vita et auxiliaire de Mgr l\u2019évêque de Saint-Hyacinthe.Le prédicateur traitera de La grâce sanctifiante \u2014 1.Définition, effets, estime qu\u2019elle mérite.\u2014 2.Devoir de ln conserver ou de la recouvrer: péché, pénitence, contrition.\u2014 3.Devoir de l\u2019accroître: prière, sacrements, bonnes oeuvres.\u2014 \u20ac4.Devoir de la propager: apostolat de la parole et de l\u2019exemple.Les 18-21 mars, à 7 heures 30 du soir, il y aura cantique, instruction, salut et bénédiction du Très Saint-Sacrement ; le vendredi et le samedi, confessions après le salut.Le dimanche de la Passion 22 mars, à 7.45 heures du matin, aura lieu la messe de communion générale.Pendant ces offices, le maître de chapelle se tiendra au balustre pour diriger le chant.On invite tous les assistants à répondre en choeur sous sa direction.Le vice-recteur et aumônier général, Mgr EMILE CHARTIER, P.d.L'ASSOCIATION GÉNÉRALE VERSE MILLE DOLLARS À L'EMPRUNT DE LA VICTOIRE Les journaux rapportaient la semaine dernière que l'Association générale des Etudiants de l\u2019Université de Montréal s\u2019était portée ac- quéreuse d\u2019obligations du Gouvernement fédéral pour ia somme de mille dollars.Certains s\u2019élèveront contre cette munificence dans laquelle ils verront un geste de générosité exagérée, tout en se demandant quel sentiment impérialiste a poussé les membres de P\u2019Association générale.On ira même peut-être jusqu\u2019à croire que l\u2019Association générale a fait machine arrière quant à certaines idées sur lesquelles elle s\u2019était déjà prononcée, ici même dans le Quartier latin, en particulier sur le problème de la conscription pour outre-mer.Le fait est que l\u2019Association générale n\u2019a jamais été enflammée d\u2019un impérialisme morbide dont les méfaits se sont toujours avérés plus grands que les avantages.Par ailleurs les positions que l\u2019Association générale a prises sur le problème si important de la conscription restent les mêmes; ces positions seront maintenues et défendues jusqu\u2019au bout, au risque de susciter certaines gênes ou certains malaises dans des milieux dont la teinte est franchement participationniste à outrance, tant pour le capital matériel que pour le capital humain.Dans le but, non pas de réfuter les objections de ceux qui pourraient accuser l\u2019Association Générale d\u2019impérialisme, mais pour renseigner ceux qui contribuent de leurs souscriptions à l\u2019Association générale, nous avons cru bon d\u2019exposer les motifs qui ont décidé les membres de l\u2019Association générale à verser mille dollars à l\u2019Emprunt de la Victoire.C\u2019est un principe de bonne économie qui conduit les gens à placer leur argent, quand ils en disposent, dans un endroit sûr et où ils pourront en retirer quelques intérêts.C\u2019est en vertu de ce même principe que l\u2019Association générale, sachant sa caisse assez bien garnie, a jugé qu\u2019il était avantageux même au simple point de vue \u201caffaire\u201d de ne pas laisser dormir ses fonds dans une banque.Qu\u2019on se rappelle que le surplus réalisé par l\u2019Association générale, il y a deux ans, s\u2019élevait à près de $1,700; qu\u2019on se rappelle également que le dernier exercice financier de l\u2019Association générale a enregistré un excédent de $3,500 des revenus sur les dépenses.On peut, dès lors, avoir un idée assez précise de la somme d\u2019argent que nous avons présentement en réserve pour les mauvais jours.: On peut sans doute se demander ce que l\u2019Association générale entend faire de cet argent ainsi accumulé.Pour le moment il est assez difficile de dire à quoi cet argent sera utilisé dans un avenir rapproché; cependant on peut prévoir dès aujourd\u2019hui que le déménagement prochain à l\u2019édifice de la montagne exigera au cours de l\u2019été de grandes dépenses pour l\u2019achat de matériel nouveau devant garnir les salles à l\u2019usage des étudiants.En attendant cet heureux temps, nous savons avoir bien fait en plaçant une partie de ces fonds dans une institution sûre, en autant que le Gouvernement fédéral peut être une institution stable.Nous n\u2019avons pas voulu que ce placement soit fait dans une institution privée pour éviter qu\u2019il soit sujet aux spéculations et surtout aux critiques.Ajeutons, pour terminer, que l\u2019Association générale a fait une souscription de cinquante dollars à \u201cLa Ligue de la Défense du Canada\u201d; nous croyons que ce don se passe de commentaires: on sait le noble rôle que joue cette association pour la revendication des droits des citoyens du Canada, en particulier dans cette fameuse question du plébiscite.Florian LEROUX, Président de l\u2019A.G.E.U.M.LE MONDE MODERNE est un \"MONDE CASSÉ\u201c Le conférencier de l\u2019Institut scientifique franco-canadien, le Père Delos, \"O.P., professeur aux Facultés catholiques de l\u2019Université de Lille, a exposé, dans son deuxième cours sur la civilisation, jeudi soir, à l\u2019Ecole des Hautes Etudes commerciales, ce qu\u2019est la culture, en quoi elle se rapproche de ln civilisation aux yeux des soviologues ct en quoi elle s\u2019en éloigne.I! a montré qu\u2019il y à rupture entre ln culture et In civilisation et que c\u2019est pourquoi le monde moderne apparaît aux yeux de tant de civilisés comme un \u2018monde sans Ame\u201d, comme un \u201cmonde cassé\u201d.Voici le résumé du deuxième cours du Pére Delos, donné sous le patronage de I'Ecole des sciences sociales, économiques et politiques: Le conférencier, qui, dans son premier cours, avait étudié la notion de la civilisation, ln compare aujourd\u2019hui avec celle de culture.II commence par définir celle-ci.Culture, dit-il, est un mot chargé de résonances intellectuelles: c'est par la connaissance qu\u2019on acquiert la culture.Toute connaissance, cependant, ne conduit pas au but: ni lu spécialisation, ni l\u2019érudition ne donnent nécessairement la culture.Bile résulte bien plutôt d'une science prodiguée loynlement et rigoureusement, selon sn méthode propre, mais avec le constant souci d\u2019en remplacer l\u2019objet dans l\u2019ordre général de l'univers, d'en montrer In connection avec les autres objets de science, de lui donner son véritable coefficient moral et d\u2019en voir les rapports avec le bien, le beau, ln poésie, l'amour, finalement, avec l\u2019homme et avec Dieu.Aussi, est-ce avec raison qu\u2019on voit dans Ia culture unc formation du jugement.Avoir du jugement, c\u2019est voir les choses à leur place, dans leur ordre; c\u2019est snvoir les replacer dans In lumière des principes supérieurs qui les éclaire et les commande.La culture est le résultat d\u2019une connaissance qui nous a fait voir les choses dans leur ordre véritable; elle nous a, par là même, manifesté leur véritable valeur.La culture est comme une détermination anticipée des appréciations que nous aurons À porter dans les cus particuliers qui se présentent à nous: elle est en ce sens vraiment une formation du jugement.Passant à la comparaison de ln culture ct de la civilisation, le conférencier rappelle d\u2019abord Voppo- sition exprimée par les penseurs allemands et russes: la technique, l'organisation, la standardisation, l\u2019utilité, mais aussi le risque de déssè- chement spiritue caractérisent ln civilisation; le développement athlétique et moral, la communion avec les forces de la nature et les valeurs suprarationnelles ou irrationnelles relèverait plutôt de la culture, Mais le conférencier montre que la civilisation cest toujours, elle aussi, un triomphe de l'esprit, et qu\u2019en ce sens, elle n\u2019est pas moins spirituelle que la culture.Mieux vaut dire que la culture est directement dans la personne et indirectement dans les institutions, tandis que la \u2018civilisation est d\u2019abord dans les institutions: elle est un aménagement de la cité temporelle.La culture a done un caractère plus humain.C'est pourquoi bien des créations de la civilisation ont peu de prix au regard de la culture: l\u2019homme cultivé ne se sent enrichi ni par son téléphone, ni par son auto.Au contraire, les productions de la machine occupent une grande place dans la civilisation; et les réalités les plus spirituelles ne lui aparticnnent que dans la mesure oû elles peuvent devenir \u201cinstitutions\u201d, c\u2019est-à-dire, prendre corps, se réaliser, s\u2019incorporer, s\u2019extérioriser, se matérialiser.Tandis que la culture s'achève dans la personne ct dans sa vie intérieure, ln civilisation se parfait dans les institutions.En un sens, cependant, toutes deux se rejoignent, nu point qu\u2019on peut en fairo des synonymes.Pourquoi?Ie conférencier emprunte sa réponse à M.Jacques Maritain.Les valeurs humaines, sont, de soi, \u2018\u201ccommunicables\u201d.In vérité, la beauté, les sentiments que nous concevons, peuvent s'exprimer en œuvres, en chefs-d\u2019œuvre; \u2014 nous les communiquons au prochain.Les valeurs spirituelles s\u2019incarnent dans la langue, la littérature, les salons, les musées, les Académies, les mœurs, ces institutions appartiennent À ln civilisation, ct ce sont en même temps, des institutions culturelles.Aussi, pour le sociologue, qui observe les états de société, y u-1-il peu de différence entre Culture et Civilisation: par exemple, entre civilisation grecque et culture grecque; car il se place à un point de vue objectif et considère les états sociaux réulisés dans l\u2019histoire.Le conférencier signale ensuite quelques-uns de ces signes habituels de fléchissement des civilisations.Ainsi en est-il, par exemple, quand les institutions des religions établies ne se tournent plus avec In même efficacité en culture de In vie intérieure.C\u2019est encore le signe que la civilisation est à bout de souffle, quand, au lieu d\u2019orienter la collectivité vers des joies qui relèvent de la culture, le régime social impose ln standardisn- tion des jouissances et celle des plaisirs.Ainsi en est-il encore du divorce entre les institutions politiques et In eulture politique.Plus les institutions politiques sont d\u2019une technique avancée, plus elles relèvent d\u2019une civilisation développée, plus aussi clles exigent de culture politique, c\u2019est-à- dire de formation du jugement politique.Mais le phénomène se présente aussi sous Un autre aspcet.Enfin, les institutions politico-juridi- ques \u201ccultivent\u201d ceux A qui clles s'adressent: citoyens, contribuables, fonctionnaires, administrateurs, etc.Si elles manquent À cette œuvre, on voit se développer un immense appareil juridique, fiscal, administratif, procédurier, qui fonctionnera en quelque sorte, en l'air, sans prise réelle sur l\u2019esprit public, sans contact avec la réalité sociale.Par suite du développement général de la civilisation, I'Itat moderne, du moins, en Europe, s'est trouvé chargé de besognes nouvelles: l\u2019expérience des juristes et des sociologues est moins de lui trouver des techniques appropriées que de leur donner une valeur éducative et culturelle.Le conférencier montre ensuite comment le développement de la civilisation économique a posé de nouveaux problèmes de culture: celui de la culture ouvrière, distinet de celui de la moralisation de la vie économique.C\u2019est, ajoute le conférencier, en raison de la rupture entre culture et civilisation, que le monde moderne apparaît à tant de civilisés, comme un \u201cmonde sans âme\u201d, un \u201cmonde cassé\u2019.\u201cLES SONGES EN EQUILIBRE\u201d H s'agit d'une oeuvre à part dans notre littérature.L'auteur est parvenu À surprendre le chant secret de l\u2019enfance, de l'adolescence, et avec une technique réduit au minimum, déficiente même parfois, à réaliser une sorte de chef-d'oeuvre._ On ne connaît rlen d'aussi frais, d'aussi clair et près de l\u2019enfance que les plus beaux de ces poèmes.Tout le recuell peut être inis entre les maîns des fillettes qui y apprendront le chant à l\u2019état pur, la modulation d'une âme tantôt qui s\u2019ébat-ou qui rêve, tantôt qui médite, contemple et prie.On devine tout au long de ces pages une sensibilité vive, une personnalité ardente, prématurément murie mais restée disponible, une nature poétique admirablement servie par des dispositions extraordinaires._.\u201cPublié par les Editions de l\u2019Arbre.(communiqué) Leur confort fait désirer que les Slater, qui durent longtemps, soient inusables. \u201d.PAGEIQUATRE LE LE\u2018QUARTIER-LATIN JARDIN BOTANIQUE LA BOTANIQUE, SCIENCE&D'AVENIR \u201cLa botanique, science d'avenir.\u201d Et d'une autre, se diront quelques-uns.e n'est pas tant l'avenir qui nous manque que le présent.Mais l'avenir, n'est-ce pas le présent de demain; celui qui sera nôtre.On s'acharne à le prédire sombre.Tant que cela.Pourquoi?Parce que certaines institutions, certains privilèges sont appelés à disparaître.Autre point acquis: On fera toujours plus d'argent comme manufacturier de savons et de sirops que comme botaniste.L'avenir de la otenique ne réside pas en de telles espérances.botanique, n'est-ce pas la plus affreuse collection de noms que des malins se sont amusés à fabriquer.L'esprit humain a connu toutes les aberrations.Et le botaniste, n'est- ce pas ce curieux animal qui appelle le blé d'Inde, Zes mays, la carotte, aucus carota, et l'herbe à la puce, Rhus toxicodendron! Le monde et la démocratie sont bien à plaindre si c'est 13 l'avenir qu'on leur réserve.D'ailleurs la botenique a été classée epuis fort longtemps parmi les petites sciences, par de grands esprits à culture générale.Et malgré tous ces faits, on ose affirmer que le botanique est une science \u2018avenir.D'abord qu'est-ce au juste que la botanique?La science des herbes, si l'on s'en tient à l'étymologie.Le manuel nous epprendra que c'est l'étude des végétaux considérant leurs formes, leur fonctionnement, leur repro- uction, leur classification et leur rapport avec le milieu physique et organique.D'un point de vue plus élevé, on peut dire que c'est une lumière sur le mystère des vivants.La botanique est une science d'avenir pour au moins deux raisons.La remière, parce que les recherches botaniques actuelles ont des applications de plus en plus étendues, la seconde, parce que nous disposons \u2018un centre de recherches magnifiquement organisé pour résoudre quelques- uns des problèmes de la botanique moderne.LES RECHERCHES ACTUELLES Une des orientations les plus intéressantes de la botanique actuelle est l'étude expérimentale des espèces.Depuis l'époque de Linné, c'est-à-dire epuis la publication du \u201cSpecies lantarum,\u201d en 1753, l'opinion des tanistes sur l'espèce végétale était restée à peu près la même.Cette conception est sans doute fondamentalement juste et lorsqu'elle fut mise en doute par Alexis Jordan, qui donnait une valeur spécifique à des ceractères de moindre importance, sans définition bien précise, les études, que cette réaction provoque, prouvèrent que la conception linnéenne était plus près de la réalité.Mais malgré cela, les espèces demeu- reient sujettes à l'interprétation des auteurs qui les décrivaient.Car les principaux critères d'appréciation des caractères spécifiques portant sur leur constance chez les différents individus examinés et sur la fidélité de leur transmission dans le temps, étaient laissés au choix de l'auteur.On ne tarde pas, à mesure que l'inventaire des espèces végétales progressait, à rencontrer des groupes de plantes ont les espèces ou même les genres étaient pratiquement impossibles à différencier avec les méthodes linnéennes, sauf peut-être pour celui qui les décrivait, et encore.Ainsi chez les genres Crataegus (Aubépines), Rosa (Roses), Oenothera (Onagre), les espèces deviennent légions et très difficiles à différencier.Les progrès des autres domaines e la science botanique permirent aux chercheurs de poser les bases d'une définition expérimentale des espèces.Ce travail a été abordé sur une grande échelle par Clausen et ses collaborateurs, qui ont étudié et défini sur des données expérimentales, génétiques, écologiques, physiologiques, les espèces de certains genres.La méthode est ardue, car elle nécessite la collaboration de différents spécialistes et les expériences doivent se prolonger sur un certain nombre d'années.Le travail de Clausen et de son équipe est le résultat de recherches qui ont duré quelque vingt ans.n ne fait qu'aborder la question et déjà de très grandes difficultés se révèlent: il semble que les différentes méthodes de travail ne doivent pas s'appliquer également à toutes les espèces.La génétique nous apprend par exemple que les chromosomes sont porteurs des gênes déterminant des caractères héréditaires.Par suite nous devrions nous attendre à ce que des genres ou des espèces qui présentent eaucoup de variations sient un nombre variable de chromosomes et vice versa.Or chez l'érable rouge il y a grande variation dans le nombre des chromosomes et peu de variation morphologique.Mais de plus en plus, on s'en rend compte: le problème de l'espèce est le noeud de la botanique et aussi de toutes les sciences naturelles.Les recherches dans les différents champs de la botanique influent sur la compréhension de ce grand problème.De toute façon l'étude des critères expérimentaux de l'espèce marque un immense progrès en tant qu'elle cherche à éliminer d'une science ce qu'elle a de subjectif pour le remplacer par es donnés objectives.Dans le domaine physiologique les études actuelles portent sur les hormones végétales et leur influence sur la morphologie des espèces et aussi sur l'élaboration des vitamines.Autant de questions dont l'étude peut révolutionner notre vie et nos habitudes.Les lois de la génétique ont été découvertes grâce aux plantes, par deux botanistes et Mendel.L'étude des mutations a pu être abordée par e Vries grâce à ses études sur les Onagres, et Blakeslee a pu provoquer la polyploidie artificielle pour la première fois en trempant des graines de Datura stramonium dans de la colchicine.Les travaux de Mangelsdorf et Reeves sur le mais nous ont apporté des exemples de croisements intergé- nériques de même que la reconstruction expérimentale de la phylogénie de cette importante plante.Les études de Guillermond et de son école sur la formation, le développement des plastes et de leur transmission nous ont fait soupçonner un élargissement de nos conceptions sur |'exclusivité du rôle du noyau dans l'hérédité des coractères.En faisant l'étude des différentes entités systématiques dans un milieu Bu an - P - RETTES SWEET CAPORAL Foristique déterminé, on s'est aperçu que leur nombre se rapprochait d'une constante.De même si on relevait l'abondance et la grégarité de ces entités dans cet habitat on pouvait établir des caractères servant à déterminer précisément les associations de ce milieu floristique.sunkiser, Rabel et Braun-Blanquet élaborent une méthode écologique, le premier par l'étude des formes, le second par la phytogéographie et le troisième en élaborant une méthode synthétique permettant d'étudier le éveloppement des associations jusqu'à leur climax et un systéme de classification de ces associations.Ces études offrent un immense intérêt, en ce qu'elles nous permettent de considérer le comportement et l'évolution des flores.APPLICATIONS DE CES RECHERCHES Jusqu'ici nous avons examiné bien sommairement les problèmes de science pure qui confrontent le botaniste actuel.On se sera aperçu des potentialités économiques de quelques-uns.Nous voudrions cependant indiquer un peu plus clairement l'importance de la botanique dans l'économie humaine.Tout d'abord l'agriculture.I est bien évident que ses progrès sont intimement liés à ceux de la botanique.Les études sur la nutrition des plantes, leur besoin de lumière et leurs tropismes donneront des indications essentielles à la culture.L'étude génétique des plantes cultivées tout en facilitant la création de variétés nouvelles où l'on aura fixé des caractères permettant à la plante e mieux résister aux maladies, de s'adapter avec plus de facilité au climat et à l'habitat du pays, pourra grandement augmenter la richesse de ce pays en évitant la perte des récoltes et en ouvrant de nouveaux espaces à la culture.Ainsi la création, par le grand génétiste canadien, Saunders, de la variété de blé \u2018\u2019Garnett\u2019\u2019 qui mûrit en 90 jours a permis de pousser à 100 milles plus au nord la culture des champs de blé dans les Provinces de \"Ouest.Ce qui représente une augmentation considérable des récoltes et par conséquent des profits.L'horticulture attend beaucoup des études botaniques.Le problème des roses par exemple pose de grandes difficultés aux jardiniers.On \u2018sait en effet que les horticulteurs européens sont venus chercher en Amérique des espèces sauvages avec lesquelles ils ont produit des variétés convenant ien au climat européen et qui résistent mal en Amérique du Nord.Alors il faudrait reprendre le problème par des études nouvelles sur nos roses sauvages pour produire des variétés adaptées à notre climat.Un autre problème très intéressant serait la fixation sur un gêne des couleurs des roses thé qui se transmettent actuellement par greffes.L'étude écologique et phytosociolo- gique des forêts peut aider à la solution e grands problèmes forestiers en ce qu'elle permet de classifier les inventaires que l'on y fait.De plus, elle nous fournit d'importantes données sur des problèmes d'aménagement et \u2018exploitation.t des domaines, comme l'étude des algues, ont une grande importance sur la connaissance des planctons et par conséquent des pêcheries.ui l'aurait dit, la mycologie, ou science des champignons, a permis la création de laphytopathologie ou science des maladies des plantes parce que l'on s'est aperçu que 5 es champignons causaient des mala- les aux plantes.Dans cette même direction, on a fait une découverte sensationnelle.n a trouvé, par l'étude de la mosaïque du tabac, que les cancers végétaux étaient dus à une protéine cristallisable.Comment pour- ra-t-on nier l'importance de la découverte des auxines sur l'orientation de toute la biologie 3 la recherche des hormones.Recherches qui ont permis la compréhension des relations entre les différents systèmes des organismes et la guérison de graves maladies, telles certains diabètes, à l'aide de l'insuline, hormone secrété par les capsules surrénales.L'importance des vitamines dans l'organisation d'une diète rationnelle est un perfectionnement d0 à l'étude des plantes.Et si, comme on est bien en droit de le penser, le problème de la science moderne est un problème biologique, on est justifié de conclure que la botanique est une science d'avenir.CENTRES DE RECHERCHES Il y a plus.Nous disposons d'organismes nous permettant d'aborder l'étude des problèmes botaniques actuels que nous venons brièvement de passer en revue: Le Jardin botanique et l'Institut botanique.L'Institut botanique s'est jusqu'ici spécialisé dans l'inventaire taxonomique du Québec, travail fondamental et nécessaire à toutes les autres études sur nos plantes.Actuellement en plus d'importants problèmes de systématique dont l'étude se poursuit, on travaille aussi à des problèmes morphologiques et physiologiques.Au Jardin botanique, malgré l'immense travail d'organisation avec lequel les membres du personnel sont encore aux prises, on a abordé des études extrêmement intéressantes.En horticulture, on poursuit différentes expériences sur le choix des variétés de plantes à cultiver dans les jardins du Québec.On a réussi des tours de force comme la culture de la Welwit- schia, plante de Rhodésie, dont la culture est extrêmement difficile et présente des particularités morpholo- siques dont l'intérêt est extrême.n pathologie végétale des recherches se poursuivent sur des maladies horticoles.e travail présente un intérêt d'autant plus grand que ce domaine es! vierge au Canada.râce à une subvention du Conseil National des Recherches, depuis deux ans des études se poursuivent sur le phytosociologie et la biologie des érablières.Ces recherches, les premières du genre en Amérique, ont onné des résultats particulièrement intéressants.Et si certaines facilités matérielles peuvent être obtenues, on fera en collaboration avec l'Université McGill, une étude expérimentale des espèces de Trille de F Amérique orientale.oncluons en constatant qu'au Jardin botanique et à l'Institut botanique peuvent se réaliser les trois grandes tendances de la science de l'avenir: science de synthèse, science \u2018\u2018persona- liste\u201d et sociale.ne science de synthèse sera réalisable grâce à la collaboration des différents spécialistes travaillant dans une même institution et envisageant différents aspects d'un même problème.Ainsi l'étude des espèces de Trille, dont nous avons fait mention, serait un premier effort dans ce sens.Quant au savant qui s'exprime avec toute sa personnalité, c'est-à-dire qui sait considérer un problème sur tous ses aspects UMains, nous n'avons qu'à suivre les traces du maître qui dirige ces deux institutions.Et enfin, on aura remarqué l'intérêt ue les directeurs du Jardin et de l'Institut attachent aux problèmes sociaux et économiques de notre pays.Problèmes au contact desquels ils ont compris l'importance sociale de la science.Le mot de la fin est le mot du début: Le Botanique est vraiment une science avenir.André LAFOND \u201cLA NOUVELLE RELEVE \" Février 1942 Yves Simon.La philosophie dans la foi.Auguste Viatte.La troisième phase e la guerre.Paul Beaulieu.Pélerins de l'absolu Georges Bernanos.Race contre nation (suite) Ivan Goll .Jean sans terre s\u2019agenouille devant la cathédrale de Strasbourg, poème.Jean Dufresne.Marcel Proust Chroniques Les événements internationaux; Yves Simon: Saint-Pierre et Miquelon.Le théâtre: Robert Elie: L'Aiglon à la Comédie de Montréal.Le cinéma: R.C.All That Money Can Buy, The Maltese Falcon.Les Sciences: Marcel: La Revue canadienne de Biologie, Initiation à la géologie, Regards sur les sciences expérimentales.UN EFFORT.COLLABORATION AVEC McGILL Parmi ces articles d\u2019un ton particulier, je viens jeter quelques notes sur la collaboration qui existe entre le Jardin et l'Institut botaniques et certains départements de l'Université McGill.L'Institut botenique de l'Université de Montréal depvis déjà longtemps compte plusieurs amis au Département de Botanique de McGill.L'avéne- ment du Jardin botanique n'a fait qu'élargir ces amitiés.u'on se souvienne de ce soir, ol on (était en famille la naissance de la \u2018\u2018Flore laurentienne'\u2019; le Prof.F.E.Lloyd rompit alors des lances avec le Maire présent afin qu'il donnat au Frère Marie-Victorin le Jardin longtemps demandé.(1) Présentement il y a une immense collaboration entre le Jardin botanique et le Département de Génétique de McGill.Le Jardin apporte à cette symbiose: la compétence de ses horticulteurs sous la direction scientifique de M.Teuscher, la compétence aussi de ses techniciens orientés surtout en taxonomie, écologie, phytosocio- logie, phytopathologie, botanique économique, horticulture etc.Le Jardin offre aussi les facilités de ses terrains aménagés pour les cultures spécialisées, ainsi que les services de ses serres si utiles dans un pays où le froid règne six mois sur douze.Le Département de Génétique peut ainsi compter sur de vastes cultures nécessaires à cette discipline scientifique.Aussi il a été possible aux génétistes de McGill de poursuivre depuis quatre ou cinq ans es travaux sur les blés et les avoines (génétiques et cytologiques).McGill a aussi au Jardin botanique sa propre pépinière; les arbres en culture sont étudiés surtout au point de vue physiologique.Il y a quelque temps ls Dr ¢ L.Huskins \u2014 chef du Département de Génétique \u2014 recevait de la John Innes Institute de Merton, Angleterre, une grande quantité de graines de PRIMULA SINENSIS.Cette primevére, très intéressante, a été \u2018objet de nombreux travaux génétiques maintenant classiques.Ces plantes étaient très exposées sous la pluie des projectiles.Le Dr Huskins les a donc confiées au Jardin botanique, qui les cultive; dernièrement le Jardin, ans ses petites serres d'hiver, en faisait une très intéressante exposition, chaque lot de type génétique était expliqué pour le bénéfice du public; les pedigree avaient été dressés par le Département de Génétique.(2) Enfin, toujours dans le sens d'une collaboration progressive, il a été élaboré dernièrement un projet d'envergure, qui, espérons-le, saura se réaliser bientôt: la monographie du genre Trillium à l'aide des techniques modernes (taxonomie expérimentale, cyto-génétique, physiologie etc.) Les Trilles, des Liliacées, qu'on nomme couramment \u2018\u2018lis des bois\", sont ces belles petites plantes à trois immenses feuilles vertes et à grande fleur blanche ou rouge qu'on trouve dans les bois feuillus dès les beaux jours du printemps.axonomiquement, phyto- sociologiquement, écologiquement, bi- ométriquement, les techniciens de l'Institut et du Jardin botaniques (3) ont déjà étudié certains aspects du problème.Cytologiquement, génétiquement ainsi que physiologiquement le Dr Huskins assisté des Be Smith, Wilson, Sander et autres, en ont fait autant de leur coté.(3a).Tout est loin d'être clair.Ces travaux préliminaires n'ont fait que soulever et poser l'imbroglio.Les Trilles et leurs mystères, tel sera l'un des champs futurs aux énergies et potentialités réunies des deux Institutions.La liaison des deux centres scientifiques en cause, à été grandement facilitée par Monsieur Jacques ousseau \u2014 sous-directeur du Jardin \u2014 ui, en sa qualité de professeur de énétique à l'Institut, connaît exactement la valeur des résultats qu'on est en droit d'attendre de toutes ces isciplines scientifiques.(4) ll pourrait paraître futile à plusieurs que des hommes de science s'attaquent en ces temps troublés à de tels problèmes.Ces problèmes nous conduisent à des généralités qui nous touchent de très près.Mendel, de son cloître silencieux de Brno, découvrit les grandes loi de I'hérédité en cultivant des Pois.De Vries, vers 1900, en étudiant les Onagres, édifia sa théorie de la mutation.En 1902, Cuénot, puis Bateson démontrèrent que les lois de l'hérédité s'appliquaient \\ également au règne animal.TH organ (Université de Columb; vee son école et ses travaux sur la pere phile, \u2014 petite mouche des fruits, \u2014 formula définitivement la théorie chro.mosomienne de l'hérédité, confirmée aujourd hui.Cette école, il y à quelques années, grâce au développement es techniques cytologiques et cytogénétiques, a réussi à dresser la carte chromosomienne des caractères héréditaires.Des animaux à l'homme il ny a qu'un pas.Nous connaissons une foule de caractères transmis héréditairement: caractères physiques, mor.hologiques, physiologiques, patho- ogiques etc.Par ces faits la science e l'hérédité a soulevé des problèmes philosophiques, éthiques, casuistiques etc.Elle est en train de révolutionner certains aspects de la Pédagogie et de la Médecine.L'Orientation professionnelle, I'Eugénique, le \"Birth Control*\u2019 sont autant de problèmes courants.La génétique a été d'un grand secours à la rectification et à la confirmation de la théorie de l'évolution, our résoudre ces problèmes avec justice, équité, il faut accaparer, ramasser le plus de données possibles.Nous devons connaître à fond les potentialités, les modalités, les processus, les causes et les effets.ne s'agit pas toutefois d'expérimenter sur l'humain; de ce matériel biologique on ne peut qu'observer sans intervention expérimentale.En compensation, nous avons les animaux qui présentent toutefois à l'expérimentation certaines difficultés techniques; mais, les végétaux, par leur grande malléabilité, sont les matérioux d'expériences par excel- ence.C'est ainsi qu'en travaillant par exemple sur l'amélioration des plantes pourra-t-on, peut-être, trouver un moyen d'améliorer aussi les hommes et par conséquent de se construire un monde meilleur où -serait exclu ce caractère dévastateur: l'ambition honteuse qui crée les guerres.Pasteur disait \u201cJe crois invinciblement que la science et la paix triompheront de l'ignorance et de la guerre, que les peuples s'entendront non pour détruire, mais pour édifier\".Il conviendrait ici, dans ces notes sur la collaboration du Jardin et de l'Institut botaniques, \u2014 centre cana- dien-français \u2014 avec le Département de Génétique et de Botanique de l'Université McGill, \u2014 centre cane ien-anglais, \u2014 de souligner la question culture; culture française synthétique, culture anglaise analyste.Je me sens fort mal à l'aise dans ce domaine; aussi me contenterai-je de cet effleurement.Des gens dont c'est le métier ont d'ailleurs admirablement bien décrit pour nous tous les facies de ces deux grandes cultures.a Enfin, pour couper court à toute surprise, rappelons que nous sommes ici dans le domaine de la Science.\u201cLa Science\u2018, a écrit quelqu'un \u2014 Pierre Termier je crois \u2014, \u2018ne connaît pas de frontières, elle est internationale\u201d.Qu'il soit Allemand, Fran- is, Russe, Anglais, Américain ou nadien, un homme de science est toujours un homme qui travaille au bien de l'humanité, un collaborateur qui apporte sa modeste contribution de faits établis au triomphe de la Vérité.Dès lors peu importe sa race; elle devient même un facteur ; \u2018intérêt, parce qu'à la race est attaché\u2018 le caractère culturel et que ce cares ière permet d'envisager les problèmes biologiques et scientifiques sous les ° angles les plus divers.Auray BLAIN fn \u201cHistoire de l'Institut Botanique de l'Université de Montréal'* (1920-1940).par Fr, Marie-Victorin, Contrib.Inst.Bot, U.de M., No 40.1941.(2) \u201cL'Exposition de Plantes grasses et de Primevères\u201d par René Meilleur, Chronique des SAN.\u201cLe Devoir\" samedi 21 février (3) Les Lilliflores du Québec\u201d pa Frère Marie-Victorin, Contib, Inst.Bot, Us de M., No 14.1929.\u201cBiologie des Géophytes de l'Erablière\u201d par Pierre.Danseress \u201c André Lafond, (à paraître bientôt).(38) Voir \u201cCanadian Joumal of Research\u201d.4) \u201cRegard les Sciences Expérimentales, Viol fl de le Collection Los Mitho des Scientifiques dens l'Educati uation\", ow Librairie Dominicaine, 1942.2a PAINS ot a4 1m sti Lars liber.- 2 tes Ada ERA A ong aap wader Dear ru VD WALES 1 4 A y + : A i ; ; i ; I\u2019 dienne épouse assez bien la grande { 18\u201cMARS#1942 L'INSTITUT B POUR UNE CULTURE BOTANIQUE SYSTEMATIQUE Comme il y a plusieurs demeures dans la maison du Père, la science botanique comporte plusieurs compartiments.Fol qui voudrait être à son aise dans tous! formation énérale accomplie, il faut choisir.On peut, comme fe hilosophe, se demander devant une plante: qu'est-ce qu'un végétal?nous acheminant ainsi vers l'analyse ontologique; ou, comme le systématiste, nous poser fa question: dans les cadres tracés par les fondateurs de la botanique, où cette plante se place-t-elle ?Rejoignons ainsi, au début d'une étude sur une section précise de la Botanique, la différence essentielle qui sépare la philosophie et l'analyse empirio-logi- que, la science.Mais en plus de s'informer du nom de telle plante, quelle armée de points d'interrogation peut se dresser à son sujet?Son fonctionnement cellulaire (cytologie); sa formule chromosomienne ou son lignage (génétique); l'étude de ses tissus (histologie) son mode de vie, de respiration (physiologie); sa forme (morphologie), sa distribution géographique (géubotanique); son habitat préféré (écologie) et A liste n'est pas close.Les pays de vieille culture qui connaissent exactement tous les éléments qui constituent leurs Flores respectives peuvent à loisir se donner à l'étude de maintes questions connexes: répartition sur un territoire donné, valeur cytologique des espèces, morphologie poussée, fluctuations écologiques et géographiques.Un pays jeune comme e Canada en est encore au stade de l'exploration et il faut que ses botanistes en parcourent au plus tôt les vastes étendues et repèrent toutes les espèces qui croissent sur son territoire.L'histoire de la Botanique cana- Histoire.Nos premiers colons, nos premiers missionnaires, arrivés de France, étonnés de voir devant eux une flore nouvelle, des arbres inconnus, envoyaient des fragments à des savants européens qui les étudiaient et les décrivaient.C'est ainsi que, dès 1635, on trouve dans le CANA DENSIUM PLANTARUM HISTORIA de Jacques Comuti, l'illustration et la description de quelques plantes uébecoises: L'Ancolie, les deux ctées, l'Herbe-à-la-Puce, le gin- embre sauvage, l'Apios, etc.Michel rrazin a joué un rôle dans la connaissance de la flore canadienne en envoyant des plantes à Tournefort, le créateur du genre.Nous eûmes plus tard la visite d'éminents naturalistes- voyageurs, comme Pierre Kalm (1716- 1779), disciple de linné, André Mi- chaux (1746-1802).Le premier documenta Linné sur le Canada et lui fousnit les types canadiens décrits dans son.SPECIES PLANTARUM (1753), le second fournit les matériaux au FLORA BOREALI-AMERI- CANA qu'écrivit Louis-Claude Richard (1803, rééd.1820).Michaux s'était rendu de Philadelphie au Lac Mistassini; c'est par lui que nous connaissons la limite septentrionale de nos essences forestières.Friedrich Pursh (1774-1820) vint au pays ramasser la documentation nécessaire à la rédaction d'un FL AMERICAE SEPTENTRIONALIS publié à Londres (1814).|| mourut au pays; on peut voir son monument au cimetière Mont-Royal, à gauche de celui du grand géologue canadien Sir William Dawson.Le dix-neuvième siècle marque aux Etats-Unis un développement très intense de la Botanique et c'est dans ce sillage que viennent s'inscrire les travaux de Provancher et de Brunet.L'Abbé Léon Provancher (1820-1 82) est l'auteur de la première FLOR CANADIENNE (Québec, 2 vol.1862).Neuf ans plus tard, c'était le tour de l'Abbé J.Moyen de doter son pays d'une Flore (COURS ÉLÉMENTAIRE DE BOTANIQUE ET FLORE DU CANADA, Montréal, 1 vol., 1871), Nous sautons maintenant à 1931 pour trouver la FLORE- MERUEL DE LA PROVINCE DE QUÉBEC et à 1935 pour la FLORE LAURENTIENNE du F.Marie-Victo- tin, la seule flore véritable du Québec moyen, préparée d'ailleurs par la publication de nombreuses monographies exhaustives et par des travaux sur le terrain échelonnés sur au-delà de vingt années.Depuis sa première herborisation dans l'érablière de Saint-Jérôme, de laquelle il apprit d'un simple à connaître l'Ail-douce, jusqu'à ces derniers grands voyages, le Frère Marie- Victorin a fourni à l'exploration botanique la majeure partie de son temps.n peut dire que ce qu'il ne donne pas à l'herborisation, il le consacre à relever les notes prises sur le terrain.a exploré la région du Lac-Saint- ean, la Minganie, Anticosti, la Gas- pésie, le Nouveau-Brunswick et l'Ontario confinant à Québec, les environs e Montréal, les Cantons de l'Est, etc, etc., If était magnifiquement aidé par le Frère Rolland-Germain, remarquable botaniste à qui nous devons nombre de découvertes importantes et qui est une autorité dans certains coins de la systématique, particulièrement complexes, comme l'étude des Glumiflores.n lui doit, entr'autres, l'exploration de la Vallée de I'Ottawa.Au F.Marie-Victorin se sont joints, au fur et à mesure, Jules Brunel, surtout cryptogamiste bien qu'il ait pris part à nombre d'explorations organisées par l'Institut Botanique, M.Jacques Rousseau, spécialiste de la Flore du Bic, expert en VIOLA, bon marcheur et explorateur de tempérament, Roger Gauthier, ierre Dansereau, René Meilleur et nombre de mes coflègues: Ernest Rouleau, Bernard Boivin, Auray Blain, James Kucyniack, etc.Il s'est trouvé ainsi que l'Institut botanique et le Jardin botanique de Montréal qui le loge sont devenus le centre d'activité systématique du Canada oriental.Les deux institutions sont dotées d'une bibliothèque et d'un herbier communs.a bibliothèque, montée petit à petit, renferme un grand nombre d'ouvrages indispensables à l'étude de la Botanique, des collections complètes de périodiques de toutes les langues, des Ouvrages anciens et, dans nombre de cas, des incunables ou des raretés bibliographiques.L'herbier, éminemment riche, longtemps la proie des rats, est conservé maintenant au Jardin dans de solides armoires de métal.IÎ renferme des plantes de tous les pays du monde, une formidable collection de spécimens québecois et nombre de types et de cotypes.C'est, accouplé à la bibliothèque, un puissant instrument de travail et les savants étrangers, notamment les Américains, viennent le consulter fréquemment.C'est la collection la plus complète de plantes canadiennes.En vue d'avoir une connaissance de plus en plus précise de la Flore du Canada-oriental, les autorités de l'Institut Botanique ont organisé, avec le concours financier des gouvernements fédéraux et provinciaux, une institution dite CATALOGUE DES PLANTES DU QUÉBEC.Tour-à-tour confié à Mlle Marcelle Gauvreau, à MM.Bernard Boivin et James Kucyniack, il est maintenant la préoccupation du signataire de ces lignes.Le CATALOGUE est formé de dossiers.Chaque entité a le sien sur lequel est inscrit toute récolte connue, faite sur notre territoire, avec les indications de date, localité, collecteur, source bibliographique, herbier où est conservé le spécimen-témoin.l'intérieur du dossier est imprimé une carte du Québec où sont pointées les localités connues pour chaque espèce, variété ou forme.Travail énorme, on le voit, de nature à occuper un homme sa vie durant, toujours en marche puisque, constamment, les sys- tématistes revisent les groupes un à un, découvrent méprises et mésinterpré- tations, assignent de nouvelles limites aux espèces préexistantes, en créent de nouvelles.C'est un travail prépa- tatoire à la prochaine édition de LA FLORE LAURENTIENNE qui devra tenir compte des entités mineures et des limites géographiques exactes, traiter la Gaspésie et le Bas St-Laurent maintenant assez connu, annexer.la flore arctique, depuis que Polunin nous en a donné une connaissance écise en une formidable étude pu- liée par Ottawa.Ces notes démontrent assez les services innombrables rendus par le rsonnel de l'Institut et du Jardin Poteniques de Montréal à la science botanique.Herbier, bibliothèque, catalogue, publications nombreuses résument le travail accompli et montrent le chemin fait dans le domaine de la \\ Il y a quelque vingt ans, on entendait assez fréquemment dans la bouche des étudiants et aussi de certains pédagogues et théoriciens de l'enseignement, l'expression ridicule de \u201cpetites sciences\u2019 pour désigner les sciences biologiques (toute la Viel) et les sciences géologiques (toute la Terre!) Dieu merci, cet étonnant canadia- misme, né dans je ne sais quelle cervelle fuligineuse, à vécu.Nous avons accédé à un palier culturel où cette expression n'a plus droit de cité, et où celui qui l'emploie encore se classe de lui-même ans la confrérie des éteignoirs attardés.Nous sommes en guerre.De quelque façon que se termine l'universel conflit, il est fort possible que l'issue de cette guerre dépende de deux questions relevant d'abord, l'une et l'autre, des sciences naturelles: le caoutchouc, une question de botanique économique, et le pétrole, une question de géologie économique.En plus de souffrir d'une déficience de substance grise, il faut donc être aveugle et sourd pour ne pas se rendre compte que même sur le plan bassement utilitaire, \u2014 là où tout le monde devrait se comprendre, \u2014 l'expression e \u2018petites sciences\u2019 appliquée aux sciences de la Vie et aux sciences de la Terre est une sottise, qu'elle est malvenue, fallacieuse et péjorative, et qu'elle traduit tout simplement une ignorance abyssale.On admettra sans peine que l\u2019institution qui, chez nous, a le plus fait pour sortir les sciences naturelles de l\u2019ornière où elles se trouvaient :l y a vingt ans, \u2014 position qui explique en partie le mépris 6ù on les tenait alors, \u2014 c'est l'Institut botanique de notre Université.Grâce à l'activité intelligente et au rayonnement incoercible du maitre qui a fondé cet Institut et le dirige encore, la botanique d'abord, puis par contre-coup la zoologie et la géologie, ont été réhabilitées.On a cessé de les considérer comme des parentes pauvres, on les a sorties de l'oubli noir où elles étaient reléguées, on les a époussetées, ventilées, puis envoyées de l'avant.Toutes trois firent tant et si bien que chacune est en voie de devenir un centre culturel susceptible de jouer un rôle important dans l'évolution future du groupe canadien-francais.Je n'ai pas mission de vous dire à quelle étape en sont rendues la zoologie et la géologie On m'a emandé simplement de vous dire un mot de l'état actuel du centre d'études que constituent à Maisonneuve l'Institut et le Jardin botaniques.Il n'est pas inutile, je pense, de retracer 3 grands traits la genèse et l'histoire de ces institutions.Dix ans après la \u2018ondation par l\u2019Université de Montréal du modeste \u2018laboratoire\u2019\u2019 de botanique qui devait s'épanouir si magnifiquement, le maître à qui on en avait confié les destinées résolut de voir à l'étranger quelle conception on se faisait d'un Institut botanique moderne.C'éteit en 1929.Pendant neuf mois, le Frère Marie-Victorin parcourut le monde, traversé trois con- taxonomie.Il n'y a pas lieu de s'inquiéter de l'avenir.L'homme primitif, après qu'il eût découvert le feu, le faisait veiller jour et nuit et l'emportait jelousement avec lui dans ses migrations et ses querres.Les systématistes, depuis Linné, sont de paisibles gens éminemment traditionalistes qui ont su garder, en nombre de cas, des noms vieux d'au-delà deux siècles.Ils ont acquis ainsi une sorte de sérénité qui les fait se tenir à leurs recherches, insensibles au monde croulant autour d'eux et à toutes ces civilisations qui, au cours des âges, se font, se défont, se refont.Marcel RAYMOND NOTA: On aura une vue complète sur la formation de l'Institut Botanique et du Jardin Botanique en lisant HISTOIRE DE L'INSTITUT BOTANIQUE DE L'UNIVERSITE DE MONTRÉAL, per F.Marie-Victorin, Contrib.Inet.Bot.de.l'Université de Montréal, no 40.LE\u2018QUARTIER \u2018LATIN OTANIQUE tinents, interrogeant la nature et les hommes.Revenu au pays, il décida qu'il fallait non seulement intensifier le rayonnement de son Institut, mais doter Montréal d'un Jardin botanique digne de la métropole d'un grand pays.Personne dans son entourage immédiat n'osait croire à la possibilité d'une pareille réalisation.Font de projets moins ambitieux avaient déjà péri dans l'oeuf! L'opinion publique, croyait-on, est si indolente! Mais le maître avait la foi, la détermination, la constance.\u201cRappelez-vous le mot de Rostand, nous disait-il, lorsque nous commencions à douter: En croyant à des fleurs, souvent on les fait naitre.Et puis, un jour, subitement, tout s'éclaire! Les gouvernements se donnent la main.Une entente est conclue.Montréal aura son Jardin botanique! Pendant quelques années les travaux progressent à un rythme étourdissant.ce compte, tout sera terminé en un temps record.Mais survient un bouleversement politique.L'exécution des travaux est temporairement suspendue.Puis c'est le cataclysme international, qui reporte aux calendes grecques l'idée même des oeuvres de paix.N'importe! Ce qui est fait est fait.Tirons donc le meilleur parti possible de la situation, et faisons donner à l'institution telle qu'elle est tout le rendement possible.il faut dire qu'au cours des mois où le Jardin prenait forme, le maître eut l'idée de réunir sous un même toit l\u2019Institut botanique universitaire et le Jardin botanique municipal, \u2014 c'est-à- dire les services administratifs et techniques de ce Jardin.Il ne manque pas d'exemples, dans la nature, de telles associations à bénéfice réciproque.Créons donc une sorte d'organisme symbiotique, qui sera d'emblée un centre important de culture et de recherche, grâce aux matériaux déjà existants de l\u2019Institut, rèce aux potentialités du Jardin.\u2018est donc selon ces lignes directrices que s'édifia l'élégant immeuble de l'ancien parc de Maisonneuve.Les ouvriers qui travaillèrent à la construction, devant cet ensemble, \u2014 pour eux assez déroutant, \u2014 de bureaux, de salles de cours, de laboratoires, etc, prirent l'habitude de désigner l'immeuble par l'appellation toute simple de \u2018\u2019l'École\u201d.Sur le moment, cela parut plutôt amusant pour les initiés.Or il se trouve aujourd'hui que ces brèves gens n'étaient pas loin d'avoir raison, et que \u2018l\u2019École\u2019 qu'ils crurent élever, même si elle ne porte pas ce nom, en est une virtuellement.Qu'on en juge plutôt par les quel- ues notations brèves que voici sur les divers groupes de la gent étudiante ui fréquentent le Centre botanique de Maisonneuve, \u2014 étudiants de tous les âges et de tous les degrés de l'enseignement, depuis des bambins d'âge préscolaire jusqu'à de graves candidats au doctorat ès sciences! (a) L'École de l'Éveil, où de tout jeunes enfants viennent apprendre, avant même de savoir lire, les premiers rudiments des sciences naturelles.La devise de l'École, \u201cJe veux savoir pourquoi ces choses sont belles\u201d, définit mieux que de longs commentaires le programme de l'Êveil.(b) Les cours complémentaires destinés aux écoliers relevant des deux Commissions scolaires catholique et protestante de Montréal, et qui comportent, durant la belle saison, une initiation pratique à l'agriculture par les jardins d'écoliers, et, durant l'hiver, des représentations de cinéma éducatif fort suivies.(c) L'École d'apprentissage horticole, où un groupe sélectionné de jeunes gens reçoivent, au cours de leur stage de trois ans, Un enseignement théorique et pratique visant à faire eux des jerdiniers experts, capables.e rivaliser avec les étrangers qui, per la force des choses, ont jusqu'ici monopolisé pratiquement la profession.(d) Les cours-spéciaux de botanique et les démonstrations appropriées que viennent recevoir les\u2018élèves des Beaux- Arts, et:Ceux -de l'Étole -du-Méuble, UN CENTRE CULTUREL ofin de mettre une base scientifique précise à cette partie de leurs études qui touche à la plante dans l'art, ou à l'arbre, matériau premier de l'ébéniste.(e) Le grand public est admis gratuitement, un soir par semaine, à des cours et conférences d'initistion ou de erfectionnement en horticulture et en otanique sensu amplo, cours abondamment illustrés où les auditeurs peuvent enrichir singulièrement leur bagage \u20ac connaissances.(M Des cours de vacances, chaque fois que la chose est possible, sont organisés, qui s'adressent plus particulièrement aux éducateurs chargés \u2018enseignement pendant l'année académique et désireux cependant de profiter des facilités et avantages du Centre otanique pour acquérir des notions e première main en biologie végétale, s'initier aux travaux de laboratoire, et prendre, \u2014 ou reprendre, \u2014 contact avec la nature laurentienne au cours d'herborisations dirigées.(g) Diverses sociétés, comme l'AC- INS et la Société Canadienne d'Histoire Naturelle, ls Société de Conservation du Québec, dont les champs d'action sont beaucoup plus larges encore ue ceux de l'Institut botanique et du ardin, ont leur siège social au Centre de Maisonneuve, ce qui ajoute encore à l'intensité et à l'ampleur de son rayonnement.(h) Les étudiants du P.C.B.(année prémédicale) viennent chercher les leçons de biologie végétale requises par les programmes officiels, et effectuer dans des laboratoires modernes les travaux afférents de microscopie, de physiologie végétale, etc.(i) Un enseignement du même or- re, mais qui s'orientera graduellement vers la botanique économique (plantes industrielles surtout) est donné aux élèves de la Faculté des Sciences qui font leur année de base en Mathématiques, Physique, Chimie, Sciences Naturelles (Certificat de MP.C.N.), préalablement à leur inscription aux Certificats spécialisés de Licence.(i) Depuis 1941-42, l'Ecole de Pharniacie envoie également ses étudiants au Centre de Maisonneuve recevoir les cours de botanique générale et de botanique pharmaceutique requis par l'Université pour l'obtention u Baccalauréat en pharmacie, et par l'Association pharmaceutique pour l'obtention de la licence en pharmacie.k) Parmi lo série des Certificats d'Études Supérieures que décerne la Faculté des Sciences aux candidats à la licence ès sciences, deux relèvent de l\u2019Institut botanique: le \u2018Certificat de Biologie végétale\" et le \u2018Certificat de Morphologie comparée des végétaux\u2019.Tous les professeurs de l\u2019Institut collaborent à cet enseignement, chacun ans sa spécialité.Chaque certificat ure un an, et comporte environ 180 cours et autant de séances de travaux pratiques, ce qui signifie que l'élève oit consacrer la majeure partie de son temps à ses études.C'est là que se fait l'enseignement proprement universitaire de la botanique.(1) Les licenciés ès sciences dûment diplômés font ensuite, s'ils le désirent, | PAGEICING un stage additionnel d'un an, dans un laboratoire de l\u2019Institut, pour s'initier à la recherche personnelle, et préparent sous la direction d'un des professeurs, une thèse ne comportant pas nécessairement de résultats nouveaux, n'impliquant pas de soutenance publi- gue, et qui, si elle est agréée par la aculté, donne droit à la maîtrise ès sciences.(m) Enfin, ceux qui désirent obtenir le grade de docteur ès sciences (D.Sc.ou Ph.D.), font un stage de deux ans dans un laboratoire, préparent une thèse comportant des résultats nouveaux, et qui doit être obligatoirement publiée, puis soutenue en public evant un jury ad hoc.Voilà, mises en faisceau, les multi- les façons de se cultiver que le \u2018Centre offre 3 notre population étudiante, et en général à la grande famille des \u2018curieux de la nature\u201d, comme on disait autrefois.Cette esquisse des divers types d'études, abrégées ou développées, qu'on peut aborder au Centre botanique de Maisonneuve, est suffisant je pense pour convaincre qui que ce soit de l'immense effort fourni conjointement par nos deux institutions botaniques pour créer, maintenir et développer un centre culturel dont puisse profiter non seulement toutes les classes de notre population locale, et tous les individus sans égard à leur âge, mais la nation tout entière.Plusieurs corporations importantes contribuent efficacement à la réalisation de cette vaste entreprise d'éducation, et doivent en être louées: l'Université de Montréal d'abord, avec laquelle l'Institut botanique reste aussi étroitement lié que lors de sa fondation; la Cité de Montréal, qui assume maintenant toutes les responsabilités concernant le Jardin botanique; la Carnegie Corporation of New York, dont la haute approbation est un réconfort, et dont les généreux subsides ont permis et permettront plus d'un développement intéressant.Des esprits chagrins, \u2014 en petit nombre et en sourdine, \u2014 ont pu à l'occasion regretter les quelques millions consacrés à l'oeuvre de paix et de beauté qu'est le Centre botanique de Maisonneuve, mais, tous, ils se sont tus, depuis que la sarabande des milliards est commencée pour la grande oeuvre de carnage et de sangl Jules BRUNEL, Sous-directeur de l'Institut botanique, Professeur à l'Université de Montréal.Les Étudiants trouveront tous les volumes dont ils ont besoin CHEZ DEOM 1247, Saint-Denis Montréel 1e FLAMSEAY De \u2018 NG l'argent des Patriotes BANQUE DE MONTREAL - 2 \u201cBanque qui accueille bien les petits déposants\u201d ; YF ; \u201cservi ce de banque moderne et expérimenté .frais de 124 années de fractnenses ophrations .Be à .oF ; Chaque succursale de Ia Bans ue de Montréal est un \u201cbureau le recrutement\u201d pour les dollars des Canadiens désireux de servir leur patrie.Dans n'importe quelle de nos =\" 500 succursales du Canada, l'on peut acheter des timbres et des certificats d'épargne de guerre, et obtenir des renseignements complets sur les emprunts de Buerte.Engagez-vcus dans toute la mesure de vos moyens afin d'aider À gagner une victoire décisive pour la liberté. \"SUGGESTIONS PRATIQUES SUR NOTRE ENSEIGNEMENT\u201d Je termine la lecture des \u2018\u2019Suggestions pratiques sur notre enseignement\u201d de M.Maurice Lebel.Ouvrage bien pédagogique et bien français par sa langue simple, claire et précise, il ne manque pas de susciter dans l'esprit de l'étudiant un ensemble de réflexions très utiles pour l'orientation future de son développement intellectuel.Nous nous proposons d'en donner ici quelques-unes.Dès son entrée à l'université, le bachelier est laissé à ses propres ressources quant à la poursuite de se culture générale.|| a rarement acquis une habitude de vie intellectuelle telle qu'il ne ressente pas le besoin d'un guide sir et pratique.Il a souvent conscience de la nécessité d'un retour sur les études qu'il vient de terminer et dont il soupçonne maintenant l'étendue et la profondeur.S\u2019adonnant forcément à l'acquisition d'une branche spéciale du savoir, il sait qu'il lui manque quelque chose et qu'il doit se compléter; mais enfin quoi?C'est alors qu'en compagnie de M.Lebel, il pourra reconsidérer d'une manière pratique et concrète les principales matières du cycle de ses études secondaires et faire siennes quelques-unes des suggestions de l'auteur quant à la meilleure monière de perfectionner ses connaissances générales.Certes, on peut trouver d'excellents ouvrages sur le sujet, mais il en est peu, que nous sachions, Qui soit aussi pratique et aussi adepté à l'enseignement donné en cette province.n nous dira peut-être que l'auteur s'adresse aux jeunes professeurs de nos collèges! Sans doute, mois de quelle utilité son volume ne serait-il pas aux jeunes universitaires evenus en quelque sorte leur propre professeur dans l'acquisition d'une culture qui doit être le prolongement et le perfectionnement des rudiments qu'ils en possèdent.Avec l'uniformité du système d'enseignement secondaire en cette province, les étudiants tout en connaissant quelque inquiétude culturelle, ressentent peut-être moins qu'ailleurs le besoin de refaire leur première culture.En général, ils ont reçu les mêmes notions et sont passés par les mêmes moules.Ce qui les empêche de connaître l'aiguillon salutaire de savoir qu'on peut penser bien différemment autour d'eux et d'être par là même incités à la révision de leurs connaissances, de leurs jugements et de leurs principes.On en verra ainsi un certain nombre, dès leur entrée à l'université, partir en guerre contre ce qu'ils igno- lent assurés que ce qu'ils savent est la seule vérité.Incidemment, cela nous remet en mémoire les paroles de Gratry, si lourdes de sens et de pensée, en son voiume \u2018\u2019Les Sources au chapitre de la science comparée: \u2018\u2018Rompez vos premières habitudes d'esprit, vos premières formes de pensée.Surtout si vous avez pris au collège une première attache à un système particulier de philosophie, hâtez-vous de rappeler la charrue, et de diriger les sillons dans un tout autre sens.Dans ce secon travail, rien de bon ne sera perdu; mais que de préjugés, d'erreurs, d'incohérences disparaîtront! Quelle mince culture que celle de ls première éduce- tion! Superposez à cette éducation une autre éducation, et puis une autre Fumez la Cigarette Buckingham - C\u2019est un velours : pour la gorge a encore.Rompez et domptez votre esprit en le labourant plus d'une fois en plusieurs sens!.Ne craignez pas e changer plusieurs fois de culture\u201d.(p.64).M.Lebel nous aidera grandement.Il a eu la bonne fortune de bien connaître d'autres systèmes d'éducation que le nôtre au cours de ses voyages en Europe, ce qui lui a permis d'apprécier le nôtre à sa juste valeur, c\u2018est-à- dire à la mesure de ses avantages et \u20ac ses inconvénients.Il ne fait le procès de qui que ce soit.Son ouvrage est essentiellement constructif et pratique.On ne lui reprochera pas de vouloir tout détruire.On pourra différer d'opinion avec lui sur quelques points particuliers ou désirer qu'ils s'étendit plus longuement sur tel ou tel sujet; mais, dans l'ensemble et sur les problèmes fondamentaux, les idées de l'auteur valent d'être relues et méditées par les étudiants soucieux de faire un retour sur leurs études.Disons, en assant, que l'auteur professeur de ettres ne parle pas de l'enseignement des sciences et des mathématiques.Nous ne voulons pas repasser un à un des chapitres si instructifs et si captivants, mais simplement relever çà et là quelques réflexions de l'auteur.La lecture ne semble pas le fort des nôtres.Notre \u201cgavroche\u201d à l'oeil perspicace, Fridolin, n'a pas manqué de nous le dire de verte facon dans sa dernière revue.Lebel revient souvent sur le sujet et nous dit entre autres: \u2018Tout éléve qui n'acquiert pas le goût, l'amour de la lecture active, a manqué ses études secondaires, même s'il est bachelier ès arts summe cum laude\u201d (p.38), et plus loin il ajoute: \u2018Aussi ne faut-il pas être trop surpris si des élèves, même brillants, n'atteignent jamais la maturité d'esprit; ils ont peu ou point lu au collège, ils ont travaillé pour des notes, et leurs études finies il est souvent trop tard pour commencer à lire\u201d.(p.47).Qui niera qu'il n'y a pas là également un problème unversitaire?Quant au travail pour les notes il a toujours existé.C'est ce que nous appellerions l'esprit de répétition en opposition à l'esprit d'invention.Le dommage, c'est que la plupart du temps les examens ne peuvent qu'apprécier le premier alors que la vigueur intellectuelle et l'avenir dépendent eaucoup du second.L'auteur nous dit bien justement: \u2018Le succès n'est pes la mesure de l'élève, pas plus que de l'homme\u201c.(p.32 L'enseignement de l'anglais est à la mode de ce temps-ci.On ferait bien de relire les pages si pleines de sens au consacre M.Lebel.vant 3 la philosophie, elle a été un sujet bien controversé depuis quelques années.\u201c11 est fort regrettable que l\u2019on publie encore des manuels de philosophie en latin\u201d (p.119), écrit l'auteur.Plusieurs le déplorent en fait.Combien de temps cela prendra-t-il pour qu'il se fasse un changement ?En attendant, plusieurs à l'université se désintéresseront de la philesophie parce qu'ils en ont oublié à plus grande partie avec leur voca- bulsire latin.A propos de l'hygiène, signalons ceci: \u2018Tout professeur doit posséder es notions de médecine; sans quoi il lui est souvent impossible de compren- re le caractère de tel ou tel élève.\u201d (p.135).Sur la géographie: \u2018\u2019Gardez- vous bien de leur demander les pro- uits que le Canada exporte ou importe chaque année, vous serez tout à fait ébahis des réponses.\u201d (p.95).La plume est aujourd'hui une des lus puissantes armes modernes pour exposition de ses idées et pour la défense de la vérité.M.Lebel après avoir constaté notre pénurie d'écrivains catholiques ajoute: \u2018Presque tous nos collèges encouragent les jeunes à écrire.Et à écrire en vue de la publication.Voilà le point de vue auquel il fautse placer: inciter les mieux doués à écrire pour la publication\u201d.(p.56).Voilà qui inculquera le sens de la responsabilité: des articles signés et publiés.La parole ne nous manque certes pas et sur quantité de sujets.Mais quelle pénurie d'idées lorsqu'il s'agit d'écrire, d'ordonner logiquement ses pensées, d'avoir le sens de la nuance, de la distinction, de ne pas lancer des mots et des arguments à tout hasard, sans les avoir préalablement pesés.Excellente discipline en fait, qui oblige à lire, à se renseigner, à se cultiver.I faudrait citer en entier certains chapitres.Entre autres: la formation de la personnalité, à propos de culture, la langue française, tant ils comportent d'observations justes et de réflexions perspicaces.L'auteur referme son ouvrage sur les souvenirs des quatre années qu'il a passées dens un collège d'Angleterre.Pages captivantes s'il en est, où il nous est permis de voir comment se forme cette jeunesse qui donnera plus tard à un grand empire les maîtres dont il a besoin.our une minorité, il n\u2019y a de salut que par la culture ne cessent de nous répéter les maîtres de notre pensée.Lebel y aura certainement contribué par son ouvrage: Suggestions pratiques sur notre enseignement.|| n'est pas de ceux qui désespèrent; bien au contraire, comme tous les vrais pédagogues qui connaissent la jeunesse, il fonde sur elle beaucoup \u2018espoirs: \u2018En tout état de cause, nous vivons une page décisive de notre histoire.Plus que jamais, nous prenons conscience de nous-mêmes.Et les jeunes bacheliers qui sortent aujour- \u2018hui de nos collèges possèdent des qualités d'entreprise, d'audece, de courage et de persévérance, qui sont à leur honneur.Beaucoup sont même très sérieux pour leur âge, ils raisonnent, pensent et parlent souvent comme es gens d'expérience, à tel point qu'ils surprennent leurs supérieurs de collèges.Beaucoup aussi ont du cran, n'ont pas froid aux yeux.Il leur arrive souvent de commettre des écarts de langage, ils ne pensent pas toujours ce qu'ils disent, mais ils ont au moins le mérite de dire ce qu'ils pensent, ce que beaucoup de leurs aînés n ont jemais eu le courage de faire.La plupart, à tort ou à raison, en veulent à leurs aînés, car ceux-ci, paraît-il, les ont lächement abandonnés ou honteusement trahis; ils les ont nourris de discours vides et mensongers, soit pour les garder sous leur tutelle ou pour les empêcher de voir la vérité.Mais nos bacheliers ne gobent plus les discours aisément.Îls ont fait peau neuve et liquidé le passé.Ils savent aussi que le temps est fini où le monde était à leurs pieds; terrible est la concurrence aujourd'hui.Chose digne de remarque, ils ne veulent plus des réputations créées de toutes pièces par les journaux.ussi vont-ils accomplir de grandes choses, car c'est à l'école du travail et souvent même de la misère qu'ils se forment.De ce creuset, il ne peut sortir, avec le temps, que des oeuvres nobles et durables.\u201d (p.129-193).ette citation donne une idée du ton sur lequel est écrit et pensé cet ouvrage.Il plairs strement 3 la jeunesse universitaire par le réalisme de ses jugements, par la sagesse des réformes qu'il propose et par l'attention que l'auteur porte à ls culture, à la formation et à la personnalité des jeunes.Nous n'hésitons pas à le signaler aux étudiants qui s'intéressent à la question vitale de l'éducation et de l'enseignement secondaire en cette province comme l'oeuvre du pédagogue et du maître qu'ils auraient souhaité rencontrer à tous les stades de leur cours d'études.\\ Robert GENEST PHOTOGRAPHE ATTITRE DES ETUDIANTS 309, rue STE-CATHERINE STUDIO : LAncaster 5478 Domicile Outremont : CAlumet 5961 (Près St-Denis) L'oeuvre littéraire de Paul Claudel pose à notre siècle un grave point d'interrogation.Sa technique et son inspiration poétique, ses idées et leurs moyens d'expression, ses théories grammaticales, sa trop grande simplicité qui le pousse jusqu'à la plus profonde obscurité et même ses folles mystifications n'ont pas manqué de dérouter la plus grande partie de ses lecteurs noh prévenus déjà pour ou contre lui, et e les diviser en clans qui haussent les épaules, les ridiculisent ou s'enthousiasment aveuglément, ne gardant en commun dans leur mutuelle opposition, que la même incompréhension de l'homme et de l'oeuvre.Pour notre part, nous ne prétendons pas appartenir à cette classe privilégiée et rare pour qui le génie de Claudel n'a plus de secrets.Nous ne pêchons pas par tant d'humilité.C'est pourquoi, nous essaierons dans cet article d'expliquer avec l'aide de L'ECHANGE les raisons qui feront que l'oeuvre dramatique de Claudel, inconnue ou très eu connue de nos jours, bien que eaucoup lue, pessera à la postérité au même titre que les chefs-d'oeuvre du théâtre universel, sans pour cela nous risquer à donner une explication e son sens qui ne peut que nous échapper et nécessiterait une étude trop approfondie que nous nous sentons incapable de faire.Parmi de nombreuses qualités, il en est une que les artistes possèdent bien cachée au fond d'eux-mêmes et qui est le don d'intuition ou de prévision.Cet attribut échappe habituellement à leurs contemporains qui n'en discernent pas les effets dans-le rapport existant entre l'oeuvre déjà faite et le message qu'elle apporte, parce qu'encore sans réponse normal du temps.Et ce don n'est pas moins ignoré par les générations qui consacrent le génie de l'artiste, parce qu'ayant trouvé le lien entre l'oeuvre et la réalité maintenant arrivée, elles n'ont pas songé que l'oeuvre à son Origine était une prophétie, puisque venue avant la réalité.C'est là ce qui explique en quelque sorte l'habituelle incompréhension dont les artistes sont victimes auprès de leurs congénères et explique par la suite leur consécration.Ainsi, les oeuvres de Shakespeare ne sont pas plus considérées à son époque que ne le sont de nos jours nos divers romans-fleuves radiophoniques.De même Racine et Molière ne seront pas plus que des amuseurs de Louis XIV, sans qu'il vienne jamais à la pensée de quiconque que leurs Oeuvres puissent jamais contenir quelque chose de génial.Et de même tous les artistes, dans quelque genre qu'ils se soient illustrés, ont toujours reçu une consécration posthume.C'est pourquoi nous ne pouvons nous permettre de juger aujourd'hui l'oeuvre de Claudel devant le temps, cer privé du don de prévision, il nous est impossible de vérifier dès maintenant la vérité de cette oeuvre encore trop jeune, sans toutefois nous empêcher d'y trouver cependant des raisons justes de devoir passer à la postérité.Et ces raisons nous les trouvons à la lumière d'une critique comparative des qualités propres du théâtre classique et de celles que nous trouvons ans l'oeuvre dramatique de Claudel.Ces qualités classiques se résument à peu de chose et nous pouvons les distinguer en qualités d'unités de temps, de lieux et de personnages auxquelles se sont jointes d'autres qualités: qualité de grandeur dans le sujet traité, non pas giar:deur sociale es personnages, mais des caractères et des âmes qui permet de retrouver en eux \u2018l'éternel humain que toute oeuvre dramatique et même toute ans le cours DE PAUL CLAUDEL ET DE \"L'ECHANGE\u201c oeuvre d'art se doit de retracer; ualité de dépouillement dans le thème traité avec le concours le plus restreint des événements extérieurs purement accidentels et dispensables de l\u2019action dramatique, et qui sert à concentrer toute l'attention et l'émotion vers un seul point: le drame; et enfin, qualité de rigueur faite de l'abandon total de l'intérêt de curiosité pour laisser le champ à un intérêt strictement d'esprit.Et de cet ensemble d'attributs négatifs, puisqu'ils suppriment tous quelque chose, naît une oeuvre très riche, parce que vide de \u2018accessoire et toute pleine d'elle- même, et en laquelle nous reconnaissons l'oeuvre classique typique, tellement grandie par ses limites rigides qe elle prête toujours amorce à la iscussion, à des interprétations différentes et à des découvertes constantes d'horizons et de points de vue nouveaux.Ces caractéres propres en tout ou en grande partie aux chefs-d'oeuvre e la littérature dramatique universelle, nous les retrouvons dans le théâtre de Claudel.e qui nous permet de conclure & priori que ses rames prendront place dans le rayon de bibliothèque consacré aux grands classiques, et que loin d'être le sujet es discussions échevelées de la jeunesse, ils deviendront l'objet de l'étude de malheureux collégiens ou de critiques littéraires poussiéreux qui en consacreront le génie inspirateur auprès de leurs contemporains, sans que ceux-ci ne se mêlent jamais de vérifier leurs dires.Pour en venir enfin à L'ÉCHANGE, dont les Compagnons de Saint Laurent, avec le concours de Madame Ludmilla Pitoelf, nous donnaient la semaine ernière de si mémorables représente- tions, nous pouvons dire que sa donnée et son développement correspondent aux qualités énoncées plus haut.Dans la simplicité de son unique lieu et jour, le drame, une fois lancé par ses quatre personnages, poursuit son ascension vers l'absolu, s'attachant à chaque pas à la multitude des choses rencontrées sur sa route.Tantôt le rame se reliera à l'homme, et celui-ci à ceux qui l'ont précédé ou le suivront, et tantôt à la nature et aux milles choses qui la font, et ensuite à l'univers pour enfin aboutir à Dieu.Et c'est ici que Claudel atteint le sommet de cet \u2018éternel humain\u2019 quand il touche à l'éternité, dont tous les poètes ont subi la nostalgie mais qu'ils n'ont fait que soupçonner ou effleurer.Pour exprimer l'impossibilité de l'échange entre les hommes que veut cependant Louis Laine sans le concours de Dieu, le poète se sert de sa phrase rythmique qui semble le trait d'union entre la prose et la poésie, entre l'homme et Dieu.Toujours, nous y découvrons à chaque phrase le même flot d'inspiration poétique, la même richesse verbale, où les mots considérés sous un angle nouveau, ou revenus à leur sens originel, produisent par leur agencement et leur opposition une foule d'images dont les emi-teintes varient à l'infini, et qui frappent sans jamais distraire.Le drame vu en dehors de lui-même se réduit à très peu de choses: I'E- change est impossible entre Louis Laine et Thomas Pollock Nageoire, -de Marthe pour Léchy Elbernon.Impossible parce qu'opposé essentiellement à la nature de tous les personnages et à Louis Laine lui-même, qui cependant le veut, poussé par un tragique destin.Mais pris en sa totalité et considéré en lui-même le drame de L'ÉCHANGE prend la multiplicité de sens qui lui donne sa haute valeur dramatique et dont les aspects particuliers correspondent à l'idée propre à chacun des spectateurs, et qu E* peuvent varier à l'infini sans jam, | s'éloigner de la vérité parce que cet, infinité est et demeure contenue dang les trois courts actes.Les Compagnons de Saint Laurent ne pouvaient trouver conseiller plu avisé ni metteur-en-scène mieux désigné que Madame Ludmilla Pitoeff pour monter L'ÉCHANGE et y tenir le rôle qu'elle avait déjà créé sous la irection de I'auteur lui-méme.Clq dans un décor réduit à quelques lignes Rx dont se détache un arbre qui semble 4 M être le lien entre le ciel et la terre que @ les quatre personnages évoluent.Me.dame Ludmilla Pitoelf, dans le rôle de rthe, a confirmé les qualités que nous lui avions trouvées dans le rôle de Jeanne d'Arc: sobriété d'attitudes | e gestes, de diction, qui fait ressortir avec une puissance remarquable tout le grand drame qui se joue dans un être si frêle.Et non contente de tenir parfaitement son rôle, elle communique à ses compagnons de scène le feu intérieur qui l'anime.Les trois autres protagonistes du drame nous révèlent un aspect tout nouveau des Compagnons de Saint Laurent en réussissant à passer avec bonheur au travers d'un texte aussi difficile que celui de L'ÉCHANGE et en donnant la répli- ue à Madame Pitoeff sans jamais étonner.En somme, L'ÉCHANGE a été pour nous un spectacle d'une haute qualité qu'il nous est donné très rarement de voir et que nous vou- rions retrouver plus souvent.Charles DUMAS L'ÉTUDIANT AMÈNE SES PETITES AMIES CHEZ GERACIMO 412 est, rue Ste-Catherine AIR CLIMATISÉ VERSEMENTS FAITS aux détenteurs de polices de la province de Québec au cours des dix dernières années : $90,000:000 SUN LIFE + OF CANADA AUX CONCERTS SYMPHONIQUES Avant-dernier concert de saison.Programme tout aussi excellent que les meilleurs de ceux qui ont précédé.La SYMPHONIE EN RÉ de Haydn a été interprétée avec clarté et précision par notre orchestre sous la direction impeccable de M.Defauw.Des quatre mouvements, qui sont surtout l'oeuvre des cordes, nous retenons la richesse toute classique de Mozart et de Bach qui trouvent dans le \u2018Père de la Symphonie\u2019 un disciple de qualité.Ecrite à Londres, et pour cela appelée 3 la \u201cLondon Symphony\", cette oeuvre est loin de porter la marque d'un pays qui a plus influencé les romanciers que les musiciens.Signalons surtout la grâce du Menuet et le brio de la anse du quatrième mouvement.\u201cLa Grotte de Fingal\" et le morceau symphonique \u2018\u201cRédemption\u2018\u2019 de César Franck servaient de cadre à la Symphonie de Haydn.\u201cLa Grotte de Fingal\"\" venait en premier lieu.Mendelssohn l'écrivit à 19 ans.Précurseur de Debussy, il n'a ni sa clarté, ni son intelligence, mais il annonce déjà l'auteur du \u2018Songe d'une nuit d'été\".Le morceau symphonique \u2018\u2019Rédemption\" est un extrait du superbe oratorio du même nom.C'est une oeuvre de génie, pleine de solennité et de grandeur.Nous faisons nôtre cette proposition de M.Pelletier qu'on nous donne un jour l'oeuvre complète aux Festivals.Le Prélude de \u201cLohengrin\u201d de agner, moins solennel que l'Ouverture de \u201cTannhauser est cependant une oeuvre magistrale.La gradation appelle un à un les groupes d'instruments qui, parvenus au sommet, s'el- facent lentement, devant un rappel du motif du début qui meurt en faisant une impression de vague infini.À en juger par les applaudissements de l'auditoire, qui jusque là, avaient été assez discrets, sauf pour la très pure interprétation de l'oeuvre de Wagner, l'intérêt a porté surtout sur le premier concerto de Tchaikovsky.Non pas tant, croyons-nous, à cause de l'oeuvre elle-même, qu'à cause de la très grande et juste réputation de son exécutant.Certes, il est d'autres oeuvres plus musicales à entendre jouer par un pianiste, la virtuosité et la puissante maîtrise de Rubinstein a fait oublier complétement Tchaikovsky, L'artiste d'ailleurs, réclamé par un auditoire qu'il avait conquis, dut revenir jouer trois pièces dont deux de Chopin, et la dernière, la Danse de \u2018\u201cPétrouchka* de Stravinsky.Le dernier concert de la saison est annoncé pour le 24 mars prochain.XXX A L'ÉCOLE DE MUSIQUE D'OUTRE MONT .> Pour constater les merveilleux résultats obtenus par cette institution et pour juger de la haute valeur de son enseignement musical, on n'a qu'à assister à un concert donné exclusivement par un groupe de ses élèves.na soin, en ces murs, d'orienter chacune dans la voie que l'on considère la plus appropriée à ses aptitudes naturelles.une solide culture générale, chaque élève procède ensuite à un travail de spécialisation qui lui permettra d'individualiser profondément sa personnalité musicale.C'est pourquoi on atteint presque à la perfection dans la préparation et la présentation de ces concerts.A la matinée de samedi dernier, quatre excellentes pianistes et un charmant sextuor vocal étaient au programme.Le premier mouvement (Allegro) du concerto en de Mozart fut traité avec toute la délicatesse qu'on lui doit donner, par mademoiselle Rolande Lefebvre.C'était du Mozart bien joué.lgré la nervosité qu'elle nous laissait deviner à certains passages, mademoiselle Jocelyne Binette a tout de même bien résumé l'orchestre au second piano.ule une solide maîtrise du texte permit à ces deux jeunes pianistes de surmonter de telles embâches.Mademoiselle Lefebvre, plus tard, s'est fait entendre seule dans le pre- 1904-1942 DEPUIS TRENTE-HUIT ANS NOUS HABILLONS LES ÉTUDIANTS Assortiment très considérable de complets, paletots, articles pour hommes à des prix qui ont toujours satisfait.vos prédécesseurs.Réduction spéciale aux étudiants.901 est, rue Ste-Catherine Après avoir reçu - mier mouvement (Presto) de la sonate en sol mineur de Schumann où elle fit ressortir avec grâce la fine sensibilité du compositeur romantique, et dans la \"DANSE\" de Debussy.Dans son exécution de la sonate op.10 no 1 de Beethoven et de la 4e Barcarolle de Fauré, mademoiselle Louise Baril a montré qu'elle comprenait davantage et avec brillante intelligence la composition de l'oeuvre du grand maître allemand.La da ELU pour piano par Listz du \u201cPRÉLUDE ET FUGUE\" en LA MINEUR de Bach a été jouée avec une vigueur et une conviction dépassant l'ordinaire par mademoiselle Madeleine Paquet, une brillante élève le monsieur Jean Dansereau.Surtout dans son interprétation de la FUGUE, cette jeune pianiste a déployé un dynamisme ferme et contrôlé, dans un style intensément expressif.Elle n'a pas diminué d'aplomb ni de compréhension dans sa fidèle interprétation de le \"\u201cSONATINE\u201d de avel.Le petit sextuor vocal a chanté avec beaucoup de grâce féminine quatre pièces aux motifs courts fort ien goûtées par l'auditoire.Mademoiselle Jocelyne Binette accompagnait au piano.L'avant-dernier concert de l'année est annoncé pour le 21 mars.Jean SAURIAC Le Quartier Latin organe officiel des étudiants de l'Université de Montréal 539, rue De Montigny - HArbour 4511 DIRECTION Direcieur : JACQUES GENEST Directeur edjoint: MARCEL ROBITAILLE REDACTION Rédecteur en chef : MARCEL THEORET Secréteire de le rédection : GERARD ALLY Rédectows : ROBERT GENEST GASTON POULIOT MAURICE BLAIS JEAN VALLERAND MAURICE CLOUTIER PAUL CORBEIL J.-P.GUILBAULT MARCEL BLAIS GABRIEL MARCHAND J.-B.BOULANGER \u2019 MARC BENOIT Pour le théâtre : CHARLES DUMAS ADMINISTRATION Administrateur: ROLAND LEFRANCOIS Le *\u2019Quertier Latin\u2019 n\u2019est responsable que des seuls erticles de le Direction.IMPRIME PAR : LA CIE DE PUBLICATION LA PATRIE 180 oid, ne Slo-Lathasine MONTRÉAL \u201c LE QUARTIER LATIN CE A Cant SOIR, AU PLATEAU MARION ANDERSON LA TRES CELEBRE \u201cLE DIABLE DANS LE BEFFROI\" ET LA CRITIQUE MONTREALAISE \u201cJai été enthousiasmé par l'oeuvre du musicien de grande classe que s\u2019est révélé Vallerand.J'ai Eté ravi par la façon dont il a traduit en sons un conte d\u2018une bizerrerie délicieuse, dont le traitement demandait infiniment de fantaisie et d'imagination.\u201d .\"Je n'ai pu qu'être étonné de-la sûreté de métier à laquelle atteignait déjà le jeune musicien, de la technique solide et de la science de l'orchestration qui servent déj si heureusement une exquise sensibilité, une fantaisie pleine de charme, un sens musical sûr.\" E.-Chs HAMEL \u2014 \u2018Le Jour\u201d © \u201c.The young composer, who is music critic of Le Canada here, succeeding the late Léo-Pol Morin and who is still studying composition work with Claude Champagne enjoyed a deserved triumph as he was ca led to the platform by Mr.Defauw, and the applause and \u2018\u2018bravos\u2019\u2019 continued long efter he had resumed his seat.Jolly is the word for Mr.Vallerand's piece.lt is simple and humorous in conception, developed without ostentation, and exceedingly pleasant to hear., Blair FRAZER \u2014 The Gozette\u201d e \u201cle jeune compositeur arrive du premier coup là où d'autres n\u2019atteignent qu'après bien des années d'étude et nombre d'esseis infructueux, Jean Vallerand neît d'un coup 3 la composition.\u201d .\" A en juger par cette première audition, il ressort que Jean Valle- rand a beaucoup à dire et qu'il sait le dire très convenablement.Toutes ses pensées musicales s'appuient sur une hérmonie solide.Il semble aussi que l\u2019orchestre lui soit un médium idéal puisqu'il fait preuve d'aisence et cela du premier coup.Le langue de Jean Vellerand s'apparente 3 celle des modernistes.ll n\u2019y a 1à rien d'anormal: on sent que le jeune compositeur s'est assimilé tous les modernes et qu'il exprime dans leur langue autre chose, ce qui lui compose une personnalité bien distincte.\u201d Dominique LABERGE \u2014 \u2018La Patrie\u201d © \u201cMr.Vaellerand does well with the contrast of two quite distinctive themes, the Devil's little trumpet tune, and the plessant folk music of the villagers, and he makes good use of his orchestra.The first performance of it was given last Saturday afternoon, and it has the greet merit of improving on better acquaintance.\u201d H.P.B.\u2014 \u2018The Montreal Star\u2019 e \u201cLe public a écouté avec une palpitante attention le scherzo, cer c\u2019en est un, du musicien de vingt-six ans qui vient de se révéler.Les auditeurs n\u2019en pouvaient croire leurs oreilles que l'un des nôtres possédat déjà une connaissance générale des timbres de l'orchestre, les procédés d'écriture les plus variés, l'aisance la plus vraie dans ses harmonisations et le sens des proportions dans la composition de son oeuvre.Si on songe aux pages des nôtres qui furent jouées aux Concerts Symphoniques en 1935 et 1936, elles ne paraissent pour la plupart que des travaux d'élèves à côté du \u201cDiable dans le Beffroi*.Jean Vallerand s'Étourdit un peu de certains procédés et manie malicieusement les surprises et les contrastes.|! veut entendre toutes les voix du grénd orchestre dont il vient de se rendre maître.I! en est tout étourdi de joie mais sans perdre l'équilibre.Prions que ce jeune homme continue de travailler et que l'inspiration reste à ses côtés.\u2018 Marcel VALOIS \u2014 \u2018Le Presse\u201d MARION ANDERSON.LA COMÉDIE DE MONTRÉAL.AU MONUMENT NATIONAL DEUXIEME AUDITION POPULAIRE.À L'AUDITORIUM DU PLATEAU LES VARIÉTÉS LYRIQUES.AU MONUMENT NATIONAL LES COMÉDIENS DE L'\u2019ARCADE.CINÉMA ST.DEMSS.even ce soir, au Plateou RE \u2018Les aments de Mayerling\" les 12, 13, 14 et 15 mars en récital, le 25 mars once \u201cLe grond Mogol\u201d les 26, 27, 28 et 29 mans co.\u201cLe Voleur\" d'Henci Bemstein RP \u2018\u2019Fes de Paille\" avec Lucien Baroux \u201cCite Ng vieille consilie\u201d avec Hoy Bow ES ARTS 5: HOMMAGE A JEAN VALLERAND Les quotidiens montréalais furent pour une fois du même avis.Et c'est à Jean Vallerand que nous devons cette affolante innovation .La criti- ue fut en effet unanime et \u2018Le diable lans le beffroi'\u2019, lors de sa première aux Concerts symphoniques, souleva l'enthousiasme étonné des abonnés et des auditeurs de Radio-Canada.Les fervents de musique furent cette fois pris de court.Ils ignoraient totalement ce jeune compositeur que Désiré Defauw avait pris sur lui de lancer.n avait bien entendu Vallerand conférencier un peu partout sur la musique et les musiciens, on le savait critique musical averti par sa collaboration assidue et érudite au \u2018Quartier latin\" pendant cing années et, ces derniers mois, au \"Canada'\u2019.Mais il y a loin de tout cela à la composition d'une pièce symphonique digne d'être dirigée Far Defauw et propre à consacrer en un seul soir un talent insoup- gonné la veille.Je voudrais dire à Vallerand l'admiration des étudiants de l'Université de Montréal et la grande joie qu'ils ont éprouvée à le voir triompher l'autre soir.Je voudrais aussi profiter de l'occasion pour rappeler les années de dévouement, de générosité et de travail ardu que Vallerand a consacrées à l'Université où il étudia.Ses goûts littéraires le menèrent d'abord au \u2018Quarties latin\u2019\u2019, dès son arrivée.t, pendant près de cinq années, le journal des étudiants s'identifie presque à Jean Vallerand; le journal et l'homme s'étaient fondus et il n'en émergeait que la personnalité déjà puissante de Jean.Dès le premier numéro dont il assuma la responsabilité, avec Me Maurice Archambault de béate mémoire, il transforma radicalement ce qui n'était qu'une feuille passablement mièvre et terne infiniment en un journal viril, écrit en une langue pure et vivante et visant un but bien précis.En un style châtié, avec un vocabulaire virulent et une profonde originalité, Jean savait clamer bien haut ce que ses camarades pensaient tout bas.Les semaines où la collaboration se faisait anémique, Vallerand réussissait à fournir à lui seul, et d'urgence, trois, quatre et cinq articles variés et .vains canadiens-français de la toujours parfsitement au point.On isait toujours Jean avec plaisir car il se donnait de la peine quel que soit le sujet choisi: musique, politique canadienne, politique internationale, littérature, critique, fantaisie; toujours sa personnalité se faisait jour et rivait à son texte les yeux étonnés et ravis des lecteurs.Jean lisait sans cesse.Il avait tout lu et tout retenu.Les oeuvres les plus rares, par quelque sortilège, lui ssajent par les mains.À lui seul, il it plus pour répandre le goût de la littérature française moderne à l'Université que les innombrables communiqués des multiples maisons d'édition.\u20ac succès de Vallerand est le résultat de travail opiniâtre, de sacrifices continuels et d'embitions poursuivies sans répit.Le triomphe fut subit, mais il fut passionnément préparé depuis toujours.Jean, bien qu'excellent nageur, hardi skieur et solide tennisman, fervent de randonnées en bicyclette, chef scout, ete, trouvait moyen de consacrer plusieurs heures chaque jour, et chaque nuit, à sa chère musique.Je conseille aux primaires qui s'imaginent volontiers que les musiciens et les écrivains qui réussissent sont des efféminés, de passer une fin de semaine avec Jean! on activité débordante, et éreintante pour ses compagnons, les ramènera à a réalité.Jean Vallerand, il y à déjà quelques années, avait l'enviable réputation d'être un des meilleurs jeunes écri- province avec Roger Duhamel et Clément Marchand.Mais il lui fallait faire plus pour les siens.Et le succès extraordinaire du \u201cDiable dans le beffroi\"\" s'élaborait depuis des années dans la tête et dans le coeur de Jean.| ne remporta jamais le championnat e sa Faculté aux quilles ni au tennis sur table, mais il se préparait un moyen plus modeste, et évidemment bien plus simple, de faire jaillir un peu de gloire sur son Université .ean Vallerand, au cours de ses études universitaires, trouva aussi le temps de collaborer à trois revues \u2018Bleu et Or\u201d, y préparant d'audacieuses orchestrations où Dukas, Sibé- lius et Trenet faisaient très bon ménage; rédigeant même des sketches d'un mordant achevé.Jean s'appliqua aussi à établir des relations plus étroites entre McGill et Montréal et participa à quelques débats où ses textes soulevaient toujours des applaudissements prolongés.On le voyait chaque jour à la Maison des étudiants, mettant à toutes les sauces et au service de toutes les constitutives son imagination et sa rapidité de travail.Profitant au maximum de sa célérité et de ses dons multiples, il aidait tout le monde, avec une grande discrétion.On n'aurait jamais cu, à le voir tout à tous, qu'il trouvait quand même le temps de gagner sa vie .Jean Vallerand s'est révélé subitement comme compositeur.Mais ceux qui le connaissaient intimement ne furent pas plus surpris que cela.Jean, on peut tout attendre, tout espérer.Paul CHOLETTE ef J UR L.OGROTHE LIMITÉE a | PAGE#HUIT LA FEMME DE MES RÈVES Non! mesdames, mesdemoisel- lés, je vous en prie, ne me lisez pas! Si vous prévoyiez ce que je vais dire .Ah non! prenez l\u2019article suivant.Mon sujet est trop scabreux pour que je permette a vos yeux si modestes de lire ma prose si verte, Mais tout de même .c\u2019est pour vous que j'écris .Et que vous me jetiez ici et ll un coup d\u2019oeil qui vous permette de tout lire, ça ne me déplafrait pas! Si vous me connaissiez .surtout mesdemoiselles, vous ne craindriez rien en ma compagnie ou si peu.Depuis quelques années je suis si galant! Je vous regarde malgré moi.J'aime les fieurs sans savoir pourquoi.Vous me faites rougir sans raison, me gratter la tête sans cause.Oh! sans cause?Il y en a une et une vraie.Imaginez-vous, vous ne l\u2019auriez pas pensé à me lire, je suis un jeune homme .de vingt-sept ans et j'ai une position de secrétaire, bien, très bien rémunérée.Caractère bourgeois, tranquille, ponctuel, très propre, je suis fait à la mesure de toutes les demoiselles .comme tout bon fonctionnaire.J'ai une humeur facile, j'aime beaucoup les enfants.Pas de grandes qualités mais aussi quasiment pas de défauts, avouez que j'ai du tempérament! Je ne veux pas vous dire que je suis une perle, mais je le pense un tout petit peu quand je me désole d\u2019être seul.Ah tiens! encore ma petite note mélancolique, note en mineure je crois, relisez et appuyez sur la chûte: .\u201cquand je me désole d\u2019être seul\u201d.Son sombre et triste comme un pleur.C\u2019est que, voyez-vous, je suis un homme à la recherche d\u2019un trésor.Faut s'entendre.Pas n\u2019importe quel trésor.Bon chrétien, bon vivant, je ne pense pas que le bon Dieu me destine une virago.Je ne veux pas d\u2019une femme à caractère coupe-papier: ça tranche trop sec pour que j'en garde l\u2019appétit! Ni d\u2019une snob: l\u2019orgueil, ça coûte Tél.Plateau 7953 Rayon d'Optique et d'Optométrie 7.Al Benoit cog.CHEZ Al.Benoit - Benoit Protectal Inc.1617, rue St-Denis Montréal trop cher et ça ne donne pas de coeur; pas de femme trop belle non plus, car il y a trop de chances pour celle-là qu\u2019elle soit à tout le monde.Non! ce que je voudrais, ce serait une bonne petite femme, bonne chrétienne comme moi: c\u2019est pas trop de deux pour se sauver de l\u2019autre bord! instruite, oui pardi! une femme intelligente me ferait monter en grade; vaillante à l\u2019ouvrage aussi, qui sit assez de cuisine pour pouvoir me causer des \u201cAh!\u201d de surprises joyeuses devant un bon plat.Me connaissant tel que je suis, bien simple, bien rangé, méthodique, vieux garçon depuis vingt- sept ans, avec mon petit penchant pour les cordons bleus, je vais vous conter mes premières aventures, mes décevantes aventures .puisque je suis encore dans le célibat! Jatteignais ma vingt-cinquiè- me année.Déjà j'étais bien, bien rémunéré, (moins qu\u2019aujourd\u2019hui cependant).Pour ces deux raisons, je croyais pouvoir viser haut, c\u2019est-à-dire choisir .dans la haute classe.Et justement, je flinais sur la rue Sainte-Cathe- rine devant \u201cMorgan\u201d quand tout- à-coup, très pressée, une jeune fille en sortit.Elle échappa son porte-monnaie, je ramasse, je cours, je m\u2019excuse, je présente le porte-monnaie, elle remercie, j'engage causerie en marchant dans sa direction.Bref! j'en restai tout frileux pour deux jours: c\u2019était une jeune fille d\u2019Outre- mont! et chic! et intelligente! Oh ce qu\u2019elle était intelligente! Elle serait docteur en droit, m\u2019a-t-elle it! Sur le coup, je n\u2019ai pas remarqué que je m\u2019adressais a une avocate, je ne croyais parler qu\u2019à une jeune fille intelligente.Ma veine serait de la rencontrer de nouveau, me disais-je.J\u2019oriente mes promenades du côté d\u2019Outremont sous le secret prétexte de rencontrer l\u2019air de la montagne, plus rafraîchissant.J'avoue, je n\u2019étais pas tout à moi.Mais je fus récompensé! Après une semaine de promenade, je la vois, je la rejoins.Sourires et béatitudes.Enhardi, je risque un timide: \u2014\u201cViendriez-vous au ciné demain soir?\u201d \u2014\u201cOh ça me ferait bien plaisir!\u201d Vrai! le coup de foudre me tonnait dans la poitrine.Le plus drôle, c\u2019est qu\u2019elle voulut me remettre ma soirée.Elle m\u2019invita à un thé chez elle.J\u2019y cours, timide comme l\u2019hirondelle à son premier vol, des phrases à points de suspension plein la bouche, des châteaux pleins la tête.Elle aussi était timide, gauche même.\u2014\u201cBon signe\u201d! pensais-je.(Suite à la 5e colonne) LA SOCIETE ARTISTIQUE DE L'U.DE M.PRESENTE sa 2° AUDITION POPULAIRE AVEC JEAN DANSERE AU AU PLATEAU, LE 25 MARS BILLETS EN VENTE DES LE 13 MARS PRIX: 50¢ A LA MAISON DES ETUDIANTS 539 est, rue de Montigny Tél.BE.2569 LE-QUARTIER-LATIN MECONNUE.Méconnue ou inconnue au Québec la force! .Parce que l'on n'enseigne que la prudence.Et que, souvent, ceux-là même qui réclament la modération sont ceux qui profitent des dérobades en catimini des masses.Et puis, comment être fort quand on est seul?Individualisme forcené, idiot, démocrate.Quoi qu'on dise, c'est dans le faisceau universitaire que réside la puissance, l'avenir.Tant que ne sera pas réalisée l'unité de pensée et d'action, tant que \"ne seront pas sacrifiés les individus, et leurs excellentes idées, à chacun, rien à faire.C'est la négation de la liberté.Peut-être.Il vaut mieux préférer librement sacrifier une fausse liberté, que de n'avoir pas le choix plus tard de capituler devant les utopies libertaires ou li \u201cfree for all\u201d.les, le mortel Si l'on vivait nationalement au lieu de \u2018\u2019brailler\u2019\u2019 nationalement.Si l'on savait imiter sur beaucoup de points ceux sur qui l'on déblatére.Le Juif, par exemple, n'aura aucun scrupule à frauder consciencieusement son compatriote moins malin Mais si ce même compatriote est aux prises avec un étranger, l'étranger a deux ennemis mortels devant lui.Le Saxon cubliera tous ses griefs personnels pour emboîter le pas à ses collègues du cercle ou du club qui agissent sur un mot d'ordre émané de quelque part plus haut.Ce petit immigré poursuit ses études parce que sept ou huit familles de ses compatriotes se cotisent pour lui faire gravir un helon- de l'échelle sociale.Il en attirera d'autres à lui quand il sera en place.Nos tsars préfèrent tenir le troupeau grouillant dans l'ignorance.D'autant que le troupeau cherche à les redescendre du piédestal où il les a hissés.Apprendre à synchroniser les coups d\u2019avirons, les coups d'épaules, les effo rts de hilage.Puisque le chef est absent, obéir à un chef invisible, symbole de la puissance de la nation.Prendre de plus en plus conscience de cette entité ethnique définie qui confère certainement des droits, mais encore plus de devoirs.Ne penser qu'aux devoirs.Les accomplir sereinement, calmement, systématiquement.droits.Plus rien ni personne n'osera alors s'opposer aux La détermination de chacun et de tous à faire la tâche assignée sans dévier de l'unique but est une invincible force.De puissants empires ont vécu de cette unité.De plus puissants sont morts de l'avoir oubliée.Toutes les forces désintégrantes et anémiantes sont actuellement lâchées contre les petits peuples.Elles auront beau jeu chez ceux qui feront fi de leur histoire.Chez les traîtres.Il n'est permis à aucun de nous de trahir.Il est enjoint à chacun de mourir sur la brèche.Même si tout doit sombrer.Guillaume le Conquérant a justement proféré: \u201cIl n'est pas nécessaire d'espérer pour entreprendre, ni de réussir pour rd 3 rsévérer\u201d\u201c.C'est à cette farouche détermination qu'il faut atteindre: penser et travailler uniment; se taire quand parler est un suicide; se reposer quand l'action est inopportune; foncer à la moindre chance de succès, au moindre signe de défaillance de l'adversaire.Nous avons été trempés pour cela, sachons nous en souvenir et brûler ce que nous avons adoré: les faiseurs de promesses électorales, les bon- dieusards profiteurs, les Tartufes de sociétés nationales, les courtisans du \u2018précédent.Non, le précédent ne fait pas loi.Puisque les circonstances de temps, de lieu et de personnes ont changé.Il faut nuancer les jugements puisque juges, avocats, témoins, accusés ont changé.Surtout, pas de pure spéculation: on en meurt.Garder un pied dans le réel, sur le plancher des vaches.Ne pas ergoter.A bas nos péripatéticiens de tout acabit! Prions pour ceux qui nous barbent de leur âge, de leur expérience, de leur \u2018si jeunesse savait.\u201d Ils nous ont foutu dans un joli bourbier avec tous décorations.eurs titres et leurs.Notre aéropage ne peut ou ne veut se rendre compte qu'il verse dans le radotage et qu'il s'approche dangereusement du gâtisme.Il nous sera peut-être permis de lui rappeler respectueusement que ce sont nos vies à nous qui se jouent actuellement sur un échiquier de fer et sans âme.Peut-être avons-nous quelque chose à dire malgré les objurgations à nous taire de ces mêmes impersonnalités chevrotantes.Oui, nous sommes des cerveaux brûlés.Nous sommes revêches, durs, inflexibles.Mais nous jouons gros.On nous force à risquer tout notre avoir, notre vie d'hommes jeunes et pleins d'espoirs.Nous sommes des têtes brûlées.Mais il faudrait peut-être essayer de voir et de comprendre la mort qui nous habite et déjà nous a marqués de son signe, comme jadis les victimes du sacrifice sanglant.Peut-être la Providence voulait-elle qu'il en fût ainsi pour qu'une fois au moins, nous serrions les coudes.Jamais ne fut ressentie comme en ces jours la fraternité qui nous lie.Jamais vit-on autant de bonnes volontés; à quelque chose, malheur est bon.Cependant, il faudrait commencer au plus tôt à occire les fauteurs de désunion.Aucune rancœur; des constatations de faits que l'on a intérêt à tenir le plus cachés possible.La souffrance a dessillé bien des yeux.Les dupes se font de plus en plus rares.Le baillon finira bien par se desserrer.Gare alors si nous y sommes.Nous pourrons peut-être demander des comptes de tutelle.Oui, nous sommes jeunes, ignorants, bouillants, voire insolents.Demandez-vous bien si vous ne seriez pas pleutres avec un pistolet sur la gorge.Que bougent les vieux fossiles ou qu'ils cèdent leur place! Parce que la grande méconnue a de plus en plus d'amants.Les cœurs sont de plus en plus forts à mesure que l\u2019apaisement leur vient dans l'unité de doctrine.La chevalerie renaît, au grand dam des veules puissances matérielles qui agonisent.L'armée des chevaliers de l'esprit ne laissera subsister que ce qui est blanc et net et pur.Au feu tout le reste.Ce qui restera êtres jeunes, forts, droits, reconstruira une cité de charité.Oublier les inutiles complexités, revenir à la simplicité, à la divine simplicité, à l'unité.Un, à l'exemple de la Toute-Puissance qui voulut résider dans l'unité, même en ses manifestations multiples.Un.Claude LAMER SKI INTER-FACULTÉS Dimanche prochain le 15, auront lieu à Saint-Sauveur les concours inter-facultés organisés par le Ski-Club de l\u2019Université de Montréal.À cette même occasion, nos porte-couleurs rencontreront les représentants de l\u2019Université Laval de Québec.Tous les skieurs de l\u2019Université sont invités à se rendre à St- Sauveur dimanche prochain.Chaque faculté est invitée à se former une équipe de 4 skieurs ou plus.11 y aura concours de descente et slalom.Samedi, le 14, il y aura un concours éliminatoire dans la \u201cSt- Sauveur Ski Run\u201d afin de choisir les représentants de Montréal dans l\u2019épreuve interuniversitaire.Tous ceux qui désireraient participer aux courses contre Laval feraient donc bien de se rendre à Saint-Sauveur dès samedi.Donc, en foule à Saint-Sauveur, en fin de semaine.Ce sera pour la plupart d\u2019entre nous l\u2019occasion d\u2019une de nos dernières visites dans le Nord cet hiver et le Comité nous promet un véritable gala de skieurs.Robert BAILLARGEON, Publiciste du Ski.Nerveuse, voilà qu\u2019elle accroche sa robe de soie noire dans le coin d\u2019une table à carte et crish! une re.deck mon dieu! déchirée! Vous excuserez Monsieur! Quel contretemps! .Maman va pouvoir me réparer ma belle robe.\u2014%Vous ne cousez pas mademoiselle?\u201d \u2014\u201cOh! c\u2019est que, vous comprenez, cher Monsieur, avec les études on n\u2019a pas le temps pour ces bagatelles-là.Tenez, goûtez donc à ces \u201cmokas\u201d délicieux, je crois.\u201d .\u2014\u201cQui, tout-à-fait, mademoiselle.Seraient-ils le fruit de vos mains?\u201d \u2014\u201cNon, maman ne veut pas me voir à la cuisine.Elle dit que ça regarde les servantes.Elle a bien raison.\u201d \u2014\u201cSans aucun doute, mademoiselle! .Désillusion! Maudite table à carte! Servantes du diable! Je ne pouvais plus être aveugle.Mis sur la piste, je dus bien m\u2019apercevoir que la science lui avait enlevé un peu de coeur.Elle tenait téte facilement.Encore un peu d\u2019études et elle régenterait le barreau et alors .pauvre de moi! Alors, alors, c\u2019est vous, mesdemoiselles du bon sens, c\u2019est vous qui m\u2019auriez conseillé de laisser la ce puits de science et de rechercher la jeune fille qui pouvait créer du bonheur en s\u2019occupant du train de la maison, de la cuisine, réparer mes bas que je perce toujours au talon, débarbouiller les enfants à venir, et regarder \u201cson\u201d mari les yeux dans les yeux, plus souvent que les gros livres .qui n\u2019enseignent pas la vie.Alors, alors, comme vous prenez ma part, j'ai suivi votre conseil que je trouve maintenant si raisonné.J\u2019ai décidé de laisser là les jeunes filles qui ont trop de cerveau et qui savent tout, excepté la vie, leur devoir, leur rôle et leur pauvre mari.On ne sort pas d\u2019une aventure pareille avec un coeur placide; le mien se lamentait à se fendre comme les bois de bouleaux balayés par les grands froids.Pareil à la feuille morte, qui virevolte dans le chemin, il ne retrouvait plus en ma poitrine son rythme accoutumé.Un petit démon le visitait: \u201cMon vieux, ne t\u2019en fais pas! Que diable! n\u2019y a-t-il que des \u201cpincées\u201d, des \u201cpeau sèche\u201d?Cherche encore et tu trouveras bien des jeunes filles qui savent et qui sont prêtes à leur rôle de mère de famille, à leurs devoirs d\u2019épouse.Je ne le savais que trop.Désabusé de celles qui ne sont pas simples, j'envoyais au diable vert, ces bigotes de l\u2019intelligence.Elles ne sont pas pour moi qui veux une famille et beaucoup d\u2019amour pour la famille.Toujours est-il que j'ai cessé de regarder vers les phénix.Près de moi, il y avait une dactylo, jolie, enjouée, charmante.Elle me trouvait de son goût.C'était réciproque.Les \u201caffaires\u201d marchaient, les \u201cstocks\u201d montaient.Et pourtant, mesdemoiselles du bon sens, et pourtant .A ma place, comment auriez-vous réagi si un jeune homme vous eût dit qu\u2019il aimait les enfants autant que la vaisselle! Vous auriez regimbé de tout votre amour maternel.Eh bien! moi.tout accroché que COIN ST-DENUIS ET STE-CATHERINE j'étais, il m\u2019a fallu saigner elle m\u2019eut dit incidemment, qu\u2019à regret: \u2014\u201cLes enfants, c\u2019est co E Dre, 32 vaisselle: ça me tombe s tèmel\u201d .2 P s raisons rimo, la vaj le ratatine la peau des mais ix Secundo, les enfants biajjy, fi c\u2019est bien du trouble, et ça dy hf 4 mal à la tête! Conclusion: mo; il y aura d'enfants, moins jj ra de vaisselle! Espèce d\u2019Angkj, se, val Mais où donc mesdemoise]; prenez-vous cette peur de ag mille et de la cuisine?\u201cLa fe, me s\u2019émancipe de nos jours\u201d d tes-vous.Je vous crois bien, ç.taines sont à défaire l\u2019ouvrage à la Création.Créées pour donner du bonheur par la famille, voig qu\u2019elles se démettent, démissio, nent nombreuses comme les ministères en banqueroute! Jey, le demande les mains jointes.[ \u201cPourquoi êtes-vous sur la terre) [à Qui va s\u2019occuper de la cuisine?\u201d Ë Grognon, moi grognon! elle est KE bonne celle-là! Trop de ménages [F.sont malheureux parce que L [2 femme ne connaît pas sa part lË dans l\u2019oeuvre à deux.Là où i] yK a amour, plusieurs ne veulent MÉ voir, dirait-on, que travaux forcés\u2018 sous la surveillance d'un garde.| chiourme! Allez donc vous marier avec une \u201cSorbonne condensée\u201d ou avec une jeune fille qui refuse la famille qui semble dire au Ciel: \u201cNon! par moi n\u2019entrera pas sur la terre une âme dans un corps.Je hf refuse volontairement à la gloire F: divine, trois, six, dix enfant, | trois, six, dix élus!\u201d Bl Je me suis refusé à ces deux \u201cgenres\u201d.Tonnerre! le mariage |: ce n\u2019est pas une galère! i ur le sy, A LE Pode\u2019 Mais excusez-moi, chères lee |X trices, vous allez croire que je |* m\u2019emporte quand tout simplement |* je soufre .à cause de quelques unes qui ne comprennent pas.[; Etre épouse, être mère, elles ne |: savent pas .io Comme j'ai foi et espérance en |: vous, mesdemoiselles, j'ai attendu, : j'attends encore parce que je suis sûr .de trouver.Et peut-être ai-je déjà trouvé.Paul FONSEGRIVE INSTITUTION CANADIENNE-FRANCAISE LABORATOIRE MADEN) | LIMITEE PHARMACIE EN GROS A DEUX PAS DE L'UNIVERSITE BARBIERS VOUS ATTENDENT SALON JOS BARRY AU SOUS-SOL DE L'ÉDIFICE S.-DENIS 354 est, Ste-Catherine Près S.-Denis LE Rendez-vous Des ÉTUD I A N TS \u2014\u2014\u2014 PRIX SPECIAL SUR PRÉSENTATION DE LEUR CARTE D'ÉTUDIANT 3 sa 25¢ L'ACADÉMIE DE QUILLES CENTRALE "]
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