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Titre :
Le Quartier latin
Éditeur :
  • Montréal :[le Quartier latin],1919-1970
Contenu spécifique :
vendredi 27 mars 1942
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
autre
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Références

Le Quartier latin, 1942-03-27, Collections de BAnQ.

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[" fl MONTREAL, 27 MARS.1942 10 SOUSEE WUERD | VOLUME, XXIV, Moif3.al B Pour rechercher le degré de ci- @ vilisation d'un peuple, il faut com- Æ mencer par connaître le milieu où il habite, là où s'exécutent ses # travaux.Pour nous Canadiens ME français, ce milieu se caractérise, B depuis quelques années, par une augmentation sensible du nombre des citadins.Montréal constitue maintenant un centre où se réfugie le tiers de la population de la province: ce cœur, si le mot est permis, est aussi considérable que M l'était Vienne pour l'ancienne @ Autriche.Ce qui frappe le voya- Ÿ geur qui visite une grande ville A comme la ndtre, c'est quelle par- > ficipe à un cosmopolitisme qui, par ses races, ses langues, ses styles architecturaux, ses specta- À cles, l'empêche de présenter un \u2018À caractère uniforme, résultat d\u2019une volonté commune et unique.Si nous voulons tracer le portrait de Montréal, il faut signaler que la beauté s\u2018y mêle à la laideur, l'ancien au moderne, et que l\u2019on a parfois négligé d'appliquer ici un plan qui assurerait l'ordre et M la symétrie.Toute société d\u2019ail- | leurs demande une autorité qui conjugue les efforts des hommes vers un humanisme communautaire.Il faut donner à l'Etat la part de responsabilités qui lui revient.Si cruel que cela puisse être, notre ville possède un gouvernement qui a soin de veiller à son bien.Un gouvernement qui décide et ordonne le sens des rues, le pavement des chaussées, la hauteur des maisons, la création des parcs, l'enlèvement de la neige à l'automne et au printemps, sans oublier le prélèvement des taxes en toutes saisons.En retour de ces services, le citoyen s'engage à respecter les règlements et ceux qui les font, à apporter une généreuse contribution au trésor de la cité, et aussi à élire tous les deux ans au mois des morts, des délégués, appelés communément échevins, qui formeront cette autorité, la troisième, venant après l'état fédéral et l'état provincial.D'origine anglo-saxonne, notre système municipal est basé sur une charte qui évolue aux besoins des circonstances et des élections.Il ne faut pas manquer en ce troisième centenaire de Montréal de visiter le lieu des hautes manœuvres où nous sommes administrés.C\u2019est une leçon de civisme qui a son prix et son intérêt.Elle nous prouve qu\u2019il est mauvais de nettoyer son terrain en déposant ses déchets chez le voisin.Notre hôtel.de ville n'est pas un refuge pour nos rits de biblic- théques ou pour ceux que leür Directeur: JACQUES GENEST 45 8 df BIEN FAIRE ET LAISSER BRAIRE or.Rédacteur en chef: MARCEL THEORET \u201cDU HAUT DE CE MONT, TROIS SIECLES DE GLOIRE VOUS CONTEMPLENT.\u201d position autorise à s'enregistrer dans un livre qui contient beaucoup plus de barbouillis que d\u2019or.Non! il est le siège social de tout un monde tranquille qui a ses habitudes, ses mœurs, ses heures de travail, mais qui sait surtout faire attendre les citoyens.Dans cette enceinte repose l'administration de la cité.Sise rue Notre- Dame, à quelques pas de la Justice, de style inconnu, la bâtisse est flanquée d'un escalier sur lequel monta un jour une reine au bras d'un maire.Pénétrons par là, dans la salle des pas perdus, vide, horntis l'agent, digne, silencieux, assis.C'est la boîte à réponses: il nous renseigne.Puis, lentement promenant les yeux sur des portes derrière lesquelles se cachent ceux qui ont fait des promesses ou ont fait celle de n'en ças faire, nous cherchons ce que nous voulons.Si c'est pour les taxes, c'est en bas.Si c'est pour voir Monsieur le Maire, c\u2019est au premier, et si, Ô délice, vous voulez assister à l'assemblée dufconseil, c\u2019est encore plus haüt, au deuxième.Plus l\u2019on monte, plus c'est intéressant.A la salle des assemblées, des galeries sont réservées au public et aux journalistes: à peine deux ou trois personnes s\u2019y trouvent, les éternels curieux, ceux qui ont encore confiance.Les échevins, eux, ont dressé leur tente dans le poulailler, où le brun des fauteuils salit la blancheur des murs et du plafond.Sur la table de chacun, l\u2019on a déposé un verre d\u2019eau, un encrier, quelques papiers, la Presse, et peut-être aussi une copie des règlements que l\u2019on ne suivra pas.Censés se réunir quatre fois l'an, d'après la nouvelle charte, nos édiles le font plus souvent, à cause des nombreux ajournements, mais surtout parce quiils savent que du choc des idées longuement discutées devra sortir quelque résultat.Ils sont en tout 99,.à compter les chaises, mais ce chifire a été rarement atteint.Déjà des conseillers ont jugé bon d'assister aux assemblées chez eux.Les autres, les revenants, sont à peine 60, ce qui n'est pas encore le quorum pour voter le budget.Ils viennent surtout à l\u2019assemblée de 4 heures se reposer du long labeur de la journée en lisant tranquillement les journaux.Ce ne sont pas gens corvéables à merci.Seul le comité exécutif semble mettre un peu de sérieux dans la discussion: c'est eut-être pour cela que ses mem- res sont payés.Car les échevins, après 298 ans de fondation, se sont enfin résolus à servir bénévolement la bonne population de Montréal.Il y a de quoi réjouir l'esprit de ceux qui n'en ont pas.Un échevin.n\u2019est pas un homme de lettres, mais plutôt un peu comme tout le monde, du bon monde.Il y a évidemment des exceptions.Je ne veux pas ici railler ceux qu'une volonté désintéressée a conduits au poste, ou \u2018encore ceux qui déjà députés ont LCRA - \\ voulu goûter de nouveau à la faveur populaire: ceux-là sont des privilégiés en qui j'honore la personnalité.Simplement vêtus, sans perruques ni colifichets, exception faite pour la fleur de Monsieur le Maire, ils donnent l'impression que le peuple en a eu pour son argent lorsque la commission de Québec a décidé de ne plus les payer.La discussion n\u2019est pas ce qu'il y a de plus édifiant.Quelques-uns répondent à des questions qu\u2019ils n'ont pas entendues ou qu\u2019ils ont eux-mêmes posées.D'autres se distraient à leur façon, les uns en prenant des marches dans les allées, d'autres en écoutant langoureusement les boules d'éloquence, quelques-uns en restant chez eux.Devant Monsieur le Maire, chacun fait sa révérence: ainsi reste-t-il quelque charme dans cette assemblée qui a oublié que la démocratie est faite pour ouverner et non pour causer.n fait même si bien les choses evraient être adoptées sur\u2019 le thamp sont renvoyées à trois que la plupart des motions qui CONNAISSANCE DE MONTRÉAL mois.À quoi bon! Un échevin demande par exemple d'expliquer comment une évaluation de $3,000,000.00 faite en 1936 aug mente à $11,000,000.00 en 1941, par le seul changement de l'éva- uateur, et il ajoute: \u201cOu l'évaluation de 1941 était bien faite, ou celle de 1936 était mal faite.\u201d Le choix est facile.Un échevin veut-il parler en même temps qu\u2019un autre, l\u2019un des deux se retire et murmure l'éternel: \u201c Allez, allez, la beauté avant l\u2019âge.\u201d Les sujets de discussion sont variés: d\u2019une demande de renseignement sur des nominations de pompiers, vous passez au trop plein d\u2019un égoût ou des tramways, d\u2019une initiative de Toronto aux abris antiaériens, oubliant toujours les taudis, abris anti-bon sens.Pour avoir abusé de leurs pouvoirs et pas assez de leurs devoirs, nos échevins se sont vus privés d'un certain nombre de leurs fonctions pour l'exécution desquelles il faut une honnêteté d'attitudes raisonnable.Vous quittez la salle du conseil ému de ce que le troisième centenaire de notre ville n'ait pas trouvé chez eux quelque appui sérieux.Que ne taxe-t-on les motions renvoyées à trois mois, les mots d'esprit que l'on ne dit pas, les réponses à ses propres questions, les verres d'eau avalés, les lignes lues dans les journaux, les sourires jetés à droite et à gauche, les questions hors- d'ordre.Peut-être qu'ainsi la ville pourrait trouver les fonds nécessaires.Il vaudrait sans doute mieux accuser le système plutôt que les administrateurs: chacun sait que la discussion a ses mauvais côtés et soulève des altercations inutiles.Pourtant, la devise de notre cité, car elle a une devise aussi, \u201cConcordia salus\u2019\u2019 devrait inspirer plus souvent ceux qui ont à cœur le progrès de notre ville.Nous avons voulu dans ce numéro étudier Montréal tel qu'il est aujourd\u2019hui.Nous ne voulons pas négliger les leçons qui nous viennent de l\u2019histoire: nos fondateurs étaients grands et ils méritent notre admiration et notre respect.Mais la peinture de ce que nous sommes devenus nous indique jusqu'où nous avons suivi leur exemple; elle devrait nous inciter à agir avant qu'il ne soit trop tard.Je crois que le gouvernement de la cité a ici un devoir immense qu'il ne manquera pas de remplir: celui de soutenir les efforts de ceux \u2018qui veulent faite de Montréal une ville belle et humaine.Mais tout d\u2019abord,ÿil faut \u2018donner l'exemple.~~ © Marcel: BLASS: a LE:QUARTIER LATIN, L'AIR QUE NOUS RESPIRONS A MONTREAL Voilà certes un beau titre pour un écrit spécifiquement montréalais.Seulement, je vais m'employer à le gâcher.yez tout de même la patience et le courage de lire cet article \u2018\u2019commandé\u201d par la nécessité de parler de Montréal.moi, l'on a demandé de traiter du sujet le plus en l'air.et tout de même le plus utile à connaître puisque nous respirons sans arrêt epuis notre naissance, bien avant \u2018avoir ouvert la bouche ou les yeux.Je me souviens fort bien d'avoir lu quelque part, qu\u2019un savant du siècle ernier, avait émis l'opinion que la présence de composés arséniés dans l'air de Paris, composés provenant de la combustion des houilles dans les foyers domestiques, pouvait sans doute provoquer ce sentiment de bien-être, de contentement, de légèreté de corps et d'esprit, voir les manifestations d'intelligence qui caractérisent le plus grand nombre de gens, de toutes les nationalités, habitant Paris.Vous pourrez me demander pourquoi une si onne et si simple recette n'avait pas été mise à profit ailleurs?Je n'en sais rien.Pourquoi n'en pas faire l'essai au moins?Pour ma part, je ne suis pas très certain de pouvoir recomman- er, en conscience, la chose comme suffisante parce que je ne pense pas que la création d'une atmosphère soit seulement une affaire de chimie.ais ce qui est plus grave pour nous, c'est que je suis incapable de vous dire aujourd'hui si l'air que nous respirons à Montréal renferme quelques gaz ou composés hilarants, stimulants, abrutissants ou calardants, pouvant expliquer nos manifestations vitales proprement métropolitaines.Logiquement, je devrais terminer là mon article.Je mécontenterais ainsi tout le monde car vous êtes tous, lecteurs, partagés en deux clans: ceux qui s'attendent à ce que je dise que l'air que nous respirons à Montréal est pourri et ceux qui espèrent que je vais démontrer que nous respirons l'air le plus pur qui soit au monde.En dissertant un peu, j'aurai la chance e ne pas apparaître détestable à tous.D'une façon générale, l'air que nous respirons présente une constance remarquable en tous les points du globe pour la teneur en l'élément chimique essentiel: l'oxygène.Contentons-nous des quatre chiffres suivants: pour le pourcentage moyen: Paris .- 20,960 Londres .20,885 Boston .20,932 Cap Horn .20,864 C'est donc ailleurs qu'il faut chercher des différences pour expliquer la qualité de l'air, car on sait qu'il n\u2019est pas le même dans toutes les agglomérations urbaines ou rurales.Un examen rapide de la question qualité de l'air montre qu'il n\u2019y a pas de doute sur le point suivant: ce sont les hommes qui troublent la composition normale de l'air ambiant (sauf de très rares exceptions au voisinage de sources sulfureuses ou carbonatées, des volcans).Ils polluent l'atmosphère d'une façon inévitable par leur activité végétative, par leur vie domestique; puis, par des activités industrielles et locomotives, enfin par des empoisonnements volontaires lorsqu'il s'agit de-gaz de combat.On peut comprendre assez facilement que les résultats gazeux de notre vie, et il faut pousser ici jusqu'aux erniers termes de la dégradation des déchets organiques de toute sorte, déversent dans l'atmosphère un certain nombre de gaz dont la quantité est irectement proportionnelle au nombre d'individus vivants dans le même espace.Si l'air de cet espace vital n'était pas renouvelé par un air neuf, on aboutirait fatalement à ce qu'il soit irrespirable sans danger.Heureusement pour nous, l'air atmosphérique est toujours en mouvement, et si l'on considère le ces de Montréal, ville à très faible densité de population, largement ventilée par le courant d'air entraîné par le fleuve et surtout par les vents dominants venant de l'ouest, vents que la montagne sépare -en plusieurs courants, On peut être assuré que notre air est régénéré suffisamment pour n'avoir pas à craindre les mauvais effets de la pollution normale due 3à notre vie domestique.Restent les autres modes de pollution provenant de nos activités non végétatives.On sait que certaines industries ont la réputation méritée d'empuantir les atmosphères.D'autres ne- déversent pas ans l'air des produits malodorants, mais sont de redoutables pourvoyeuses e poisons respiratoires.|| est notoire que les citadins de Trois-Rivières, de ull, par exemple, supportent sans dommages au moins apparents, l'odeur es composés sulfurés qui frappent sagréablement le nez des étrangers.Bien des gens, ailleurs, vivent près des abattoirs ou des raffineries d'huile de pétrole, sans un agrément particulier, mais sans constater autrement que par l'odeur, la nuisance que leur impose un voisinage qu'ils n'ont pas recherché par goût.Au contraire, une fuite de gaz de houille pourra provoquer des ésordres graves, avant que l'odeur se manifeste comme désagréable et si l'individu est dans son sommeil, il peut mourir asphyxié sans avoir eu connaissance que l'air renfermait de l\u2019oxyde e carbone.Ceci dit pour pouvoir affirmer que la question d'odeur n'a pas une importance capitale pour juger e la nocivité d'une atmosphère dans une ville.Ce qui importe davantage est de connaître la quantité de gez délétères présents dans l'atmosphère \u2018une ville et de la comparer avec notre seuil d'irritation et notre limite e tolérance.Pour notre Montréal, il convient d'abord de se poser la question: Existe-t-il des industries dangereuses en nombre suffisant pour qu'il y ait lieu de nous inquiéter?Je dois répondre non.Les industries réputées comme étant indésirables dans les centres urbains sont les industries chimiques libérant des fumées corrosives ou chargées de particules toxiques.Je n'en vois que cing groupes qui pourraient présenter quelques dangers: les usines à gez de Rouille \u2014 les distilleries de goudron \u2014 les raffineries de pétrole brut \u2014 les manufactures d'articles en caoutchouc \u2014 les cimenteries.joutez si vous voulez, quelques ateliers de chromage, de nettoyage aux solvants, de compression de gaz, de fabrique d'Eau de Javel, d'ateliers de peinture et d'huile bouillie et vous aurez, en regardent alors où sont situées ces entreprises, très peu de raisons de vous inquiéter sur les causes de pollution de l'air de Montréal, pour la majorité des habitants.Je sais que maintenant, vous devez être agacés parce que je n'ai donné aucune précision chiffrée sur la composition de notre atmosphère.Nous y voici.Il n'existe pas dans les annales publiques de documents analytiques suffisants pour nous renseigner sur la qualité de l'air de Montréal.C'est très clair.Cependant, je dois rendre justice à un de mes anciens élèves (M.E.Giguère, chimiste au laboratoire municipal), qui me communique qu\u2019en 1920 et 1921, on a fait quelques dosages pour les gaz suivants: SO?CO?CO, Hs, CH, Cela en 3 différents endroits en ville.Aucun des dosages ne justifie de s'elarmer.Signalons aussi, qu'en 1907 et 1908 le professeur Eve de l'Université McGill s'est amusé à doser le RADON dans l'air de Montréal.Et pour satisfaire votre curiosité sachez les quelques chiffres comparatils suivants: Radon, en10?curie par métre cube.mini- maxi- moy- mum mum enne MONTREAL 24 127 80 Chicago 45 200 100 Cambridge 35 35 100 ll est très vraisemblable que, aujour- \"hui, au voisinage de l\u2019Institut du Radium et des Hôpitaux qui possèdent du radium, on trouverait de plus fortes quantités de Radon dans l'atmosphère.Devons-nous nous insurger d'être si pauvres en documents sur notre air quotidien ?Scientifiquement, oui.Hygiéniquement, non.J'ai moi-même rêvé d'avoir un assistant assez bénévole et constant pour entreprendre le dosage quotidien de l'ozone dans l'air, et accessoirement le dosage des autres gaz offerts à nos narines.Les services d'hygiène ne feront pas ce travail, d'abord parce qu'il entreînerait des dépenses improductives, ensuite parce que personne ne s'en soucie, enfin parce que leurs maigres équipes de travailleurs sont assez occupées en es lieux plus utiles à connaître, comme l'atmosphère même des ateliers ou locaux dans lesquels vivent des individus au travail.Et bien malgré tout, l'air que nous respirons à Montréal laisse beaucoup à ésirer.Il est sale.Et si personne ne s'en plaint c'est parce qu'un trop grand nombre sont les responsables de l'état de chose.En effet, la plus grande cause de pollution de l'air dans les villes est la fumée des foyers domestiques et des usines.Or comme notre climat oblige à un chauffage des locaux pendant au moins 5 mois de l'année, c'est par tonnes que toutes les cheminées déversent poussièrrs et gaz, les derniers finissant par se diluer avec le bon air, les poussières au contraire retombant- sur le sol, pénétrant dans nos maisons ou, ce qui est plus grave, s'introduisant dans nos Organes respiratoires malgré la barrière naturelle des poils qui sont en sentinelles dans notre nez.Pour ce qui regarde les poussières, Montréal est bien servi.Les cheminées domestiques, réparties en grande densité et à faible hauteur en l'air, les cheminées des usines, des grandes maisons et des building\", qui vont plus haut et forment une ligne d'épaisseur maximum entre les rues Fullum et Atwater depuis le fleuve jusqu'à ia rue Sherbrooke; les cheminées courtes et impétueuses des bateaux en été et des locomotives en toutes saisons surtout régionnées à t-Henri, incommodent des gens n'ayant pas beaucoup d'influence pour faire appliquer les règlements qui existent sur la suppression des fumées.Car, cette nuisance reconnue, la fumée, a fait l'objet de lois qui prévoyaient sa suppression sous peine d'amende pour les personnes contrevenantes.is on s'est aperçu que les dispositifs simples, les fumivores (quel beau nom!) étaient à peu près inefficaces, et le citadin qui demande conseil à ceux qui ont la charge d'appliquer le règlement, avec l'intention d'agir pour supprimer la fumée de leur cheminée se rendent vite compte qu'ils ne sauraient être l'objet d'aucune poursuite parce que le remède qu'on leur conseille est inopérant au bout de quelque temps.C'est que pour supprimerles fumées dans les villes, il n'y a qu'un moyen et un seul, empêcher ieur formation par une combustion parfaite.Et la combustion parfaite n'est possible qu'avec des © produits sont, Goutez-4 A.ISTER ® DE eA PR combustibles appropriés aux appareils lans lesquels on les brûle.Si j'étais Diclaleur aux fumées, rassurez-vous, f'nterdirais sur tout le territoire de \u2018lle de Montréal, sous, peine, d'être brûlé vif, l\u2019arrivée, la vente et l'emploi de tout combustible ayant plus de 1295 de matières volatiles parce que ce sont ces matières volatiles qui engendrent les fumées.Les fumées sont des dollars volatilisés en pure perte pour l'Economie netionale, cer nous savons utiliser l'excédent de matières volatiles des charbons inférieurs qui en renferment trop et préparer des bons charbons avec des mauvais.A, ceux qui veulent savoir notre situation pour ce qui est de notre degré d'enfumage à Montréal, je conseille ce que je nomme \u2018L'épreuve du mouchoir\u201d.En vivent chaque jour quelques heures dans différents quartiers de la ville et en se mouchant périodiquement dans un mouchoir propre, ils pourront dresser, d'après le noircissement, la carte métropolitaine es fumées civiques.C\u2019est la première connaissance à avoir sur l'air que nous respirons à Montréal, si on est décidé à remédier à une situation d'ailleurs très facile à comprendre.Louis BOURGOIN, École Polytechnique XV thée avec le feu du ciel alluma Sa pip\u2019 de Picobac, puis, enchanté, fuma.© Qu'est-ce que le Picobac lui-même sans allumage?Il possède, il est vrai, un arome délicieux! Mais 1 faut que vous le fumiez pour constater comme il a bon goût, comme il est doux, frais, agréable, Achetez-en aujourd\u2019hui et vous remercierez en même temps Prométhée et les champs ensoleillés du sud de l'Ontario du ait contentement que procure la crème de la récolte de Burley canadien, BLAGUE HERMÉTIQUE COMMODE, 10e e 15e BOÎTE MÉTALLIQUE \u201cLON-TOP* de 34 Nwo, 63e mis aussi on Boîtes Métailiques sous Je Gounet Picobac \u201cIl À bon goût dans la pipe\u201d ge DEGL'AGRI INCE DE\u201d QUEBE CULT yard gy Je passais, il n\u2019y a pas très 3: longtemps, vers trois heures du : matin, sur la Place d\u2019Armes.Je \u201cme suis arrêté un moraent.Un Ÿ fin grésil était tombé.Notre- Dame en était couverte, gardant & toujours son air sombre malgré ce revêtement qui la rendait moins noire.Maisonneuve avait tou- % jours le pas en avant .Saint- Sulpice s\u2019effaçait derrière sa muraille Tout cela contenu dans .une cuve de roc empilé où le ciel - ne semblait plus qu\u2019un carré de Ÿ toile qui fermait la boîte.Maisonneuve, la poitrine ouver- # te pour boire Pair d\u2019une vaste : étendue, Notre-Dame, faite pour enfourner les priants, tout était ssé par la masse imposante de la gloire et du génie de celui rapeti ji édifices d\u2019affaires.Rançon § 3 qui avait planté \u201cle grain de sénevé\u201d à l\u2019endroit où il pourrait germer, d\u2019où il pourrait s\u2019étendre pour former une prairie humaine, jme ville moderne.> > \u201c § pAuraa MLS - tes.i était située plus à l\u2019ouest.LE DÉVELOPPEMENT DE MONTRÉAL qu\u2019elle ne soit pas plus peuplée, cela me semble dû au fait qu\u2019elle.est éloignée des \u201cgrands maga- Sins\u201d\u2019 où ces dames peuvent perdre leurs journées agréablement.Le facteur qui avait joué pour avancer vers Québec l\u2019échelonnement des maisons joue encore au- jourd\u2019hui.Souvenez-vous du Ro- semont d\u2019il y a dix ans.La statistique révèle qu\u2019en 1923 il n\u2019y avait que 1,690 lots de bâtis, 10 ans plus tard (1933) 4,701 lots étaient occupés.Quel facteur a joué?Selon Tanghe, c\u2019est le tramway.Et voilà pour nous faire apprécier le rôle éminemment social de la Montreal Tramway.qui eût dit qu\u2019elle en eût un?D\u2019autres facteurs jouent actuellement \u2014 facteurs plus rationnels \u2014 pour accroître le développement de certaines parties de la ville.Ainsi le Jardin Botanique fait pousser des maisons tout autour de lui et des propriétaires se sont installés déjà pour NOS Au fait, la cellule génératrice C\u2019est le fort de la Pointe-à-Callières, où se trouvent aujourd\u2019hui les premières écluses du canal de Lachi- ne La carte que l\u2019on nous a laissée du Montréal de 1673 indique que le noyau de maisons : S\u2019était groupé \u2014 comme toujours i au Québec \u2014 autour de l\u2019église Notre-Dame.Comme le dit Raymond Tanghe, \u201cl\u2019histoire de la formation de l\u2019agglomération montréalaise serait la somme des ] monographies de toutes les paroisses.\u201d Durant toute la période des guerres contre les indiens, la limite de la zone habitée sera l\u2019en- } ceinte protectrice d\u2019où l\u2019on ne sort : que pour cultiver les champs, sous l\u2019oeil fouineur des sentinelles.Plus tard, après ces luttes, les habitations débordèrent les remparts et s\u2019échelonnèrent \u2014 selon , ce qui semble une loi en géographie humaine \u2014 le long des rou- Il y eut alors les faubourgs Sainte-Anne, Saint-Antoi- ne, Saint-Laurent et, peut-être le plus vieux de tous, assurément le plus pittoresque, le faubourg Québec situé sur la route de la \u201ccapitale\u201d de la Nouvelle-France.L'industrie joua son rôle dans ces repiquages: la brasserie Mol- 1 son amena Sainte-Marie.Lachine, 3 poste de traite, prit de l\u2019expansion { avec ses fonderies.Maisonneuve grandit avec la Vickers.Exemple | plus récent: Montréal-Est qui ne comprend que 15 habitants en 1910 en compte 2,354 aujour- à d\u2019hui; cette ville doit son essor 4 aux raffineries qui s\u2019y sont ins- ] tallées.Et si l\u2019on s'étonne de ce DEBUTANTES admirer la façade de notre Université \u2014 en passant ne disons plus Université de la Montagne, nous avons l\u2019air trop riches, et surtout c\u2019est la seule qui soit: l\u2019espoir l\u2019a cédé à la réalité! Ces deux derniers exemples annonceraient-ils un mode de développement nouveau?Le rail, qui par la rue Saint-Denis a fondé Villeray, cèderait-il la place, comme force d'expansion, à une agglomération autour des centres de beauté ou de culture?C\u2019est une nouveauté à faire rêver! Quand aurons-nous Athènes?\u201ccapitale de l\u2019Attique, composée de deux parties: l\u2019Acropole ou haute ville et la basse ville.\u201d (Larousse) Redescendons rue Sainte-Cathe- rine .ne planons pas dans un réve merveilleux, ne montons pas en oubliant la \u201cville basse\u201d, ce serait trop injuste, il y a là un pauvre peuple qui s\u2019entasse.Si nous nous trouvons mal à l\u2019aise dans ces quartiers, montons-le avec nous, Saint-Jacques, avec la plus forte densité de population à Montréal, 136.9 personnes par acre d\u2019étendue.Saint-Michel, Saint- Denis, Papineau, Saint-Edouard, Hochelaga, Saint-Laurent, Saint- Henri, surpeuplés.Il est à remarquer que la tuberculose a son plus fort pourcentage de fauchés dans Saint-Jacques d\u2019abord et que les hautes proportions de décès sont ordinairement contenues dans la liste des quartiers qui ont une densité de plus de 50 personnes par acre.C'est le probleme de Purbanisme.Songez à l\u2019orientation que pourraient faire prendre à la construction les autorités de la cité: PHOTOGRAPHE ATTITRE DES ÉTUDIANTS 309, rue STE-CATHERINE STUDIO : LAncaster 5478 .Domicile Outremont : CAlumet 5961 (Près St-Denis) \"AA tu A - LE\u2018QUARTIER LATIN SUR LA MONTAGNE Au pied de cette immense croix métallique, laide et vide, malgré son sublime symbolisme, je songe à la croix de jadis.A l'humble croix mal équarrie par des mains écorchées et saignantes.Au signe de Dieu et du Roy.Aux hommes du Roy.Au mont du Roy.A la bourgade du Roy.Tu as perdu ton âme, ville du Roy.Retrouve ton âme, ville de la Vierge.Vois comme croulent en ce monde de chaos les cités de matière.Tous ces tas de pierres, de fer, de Jardins, de parcs, ces joyaux du génie périssent en deux ou trois heures.Définitivement anéantis.Tremble si tu ne retrouves ton âme.Tu est venue il y a trois cents ans, mais lu n'as pas su garder l'esprit qui fait demeurer.Et ton peuple.Ton peuple qui s'agite.Follement.Sans boussole.Sans but.Sans amour ni haine.Sans vouloir ou vouloir vivre.Rien que pour exister.Ton peuple aussi n\u2019a plus d'âme.Les étrangers sont venus.Et d'autres.Et d'autres encore.Et tes patriciens ont chéri leur mollessc.Et le pauvre petit peuple a lâché.Charrié dans le torrent, le peuple.Dans le torrent de l'habitude, de la routine, du laisser-aller, du mouton estival.Regarde ta face dans l\u2019eau qui roule là-bas sous les grands ponts.Ta face cosmopolite.Ta face cosmopolitaine.Ta face bigarrée et terne quand même.Ta face vicillie, sans expression.Tu es vicille, mais tu n'avais pas le droit de vicillir.H fallait mourir plutôt.Il faut retrouver ton âme.Pour reprendre ton frais visage.Pour que ton peuple sente un sang nouveau, un feu nouveau.Tu es seule.C'est vrai.Belle reine solitaire.Devenue esclave du métal.De tous les métaux.Avec un cœur en béton.Reine durant trois siècles.Et tu vas laisser les jaloux, les envieux, les hypocrites porter la muin sur fa couronne?Si tu n'es plus notre Reine, toi ville de la Reine, que ferons-nous?Nous serons tristes à pleurer.Nous pleurons sur toi.Ne peux-tu donc plus rien?Cette tristesse de nos âmes, tu ne peux donc plus rien pour elle Ne veux-tu donc plus lutter contre celle mort qui te tend si froide?Celle mort lente qui te vaincra.Souviens-toi, voyons, souviens-toi.Ne fait pas que le dire.Même le mont du Roy s'use.Mais lon âme ne peut pas s\u2019user.Sinon ton peuple va mourir aussi.Crouler.En quelques heures.Comme tous les empires sans âme.Ville sans âme.Sans vie.Endormie.Eveille-toi! Nentends-tu pas les clameurs de détresse ct de souffrance de la foule?De la foule à toi.De la foule des fils de ceux qui plan- lèrent la première croix, cl des scize, et de tous les autres.Si tu ne retrouves ta verdeur et ta foi.Si tes archontes ne savent reprendre le chemin de la vertu, de la vérité.Si tu ne retrouves ton âme pure et naïve ct tes fleurs sauvages.Si tu ne retrouves lon âme à toi, Ville-Marie, tu vas périr avec nous tous, P.-E.B.ELECTIONS AUX CONSTITUTIVES Avec la parution de ce numéro du \u2018\u2018\u201cQuartier Latin\u2019, la nomination sera ouverte pour les candidatures aux postes des comités exécutifs aux différentes constitutives: Quartier Latin, Association Athlétique, Société des Débats et Société Artistique.La mise en nomination se terminera le 15 avril à midi.Les élections auront lieu le 20 avril à 8 heures p.m.Le Secrétaire de l\u2019A.G.E.U.M.Ahuntsic.23,704 lots vacants Mercier.20,344 Rosemont.12,387 N.DG.10,300 (1933) Le vieux Montréal existe, le Montréal traditionnel, il doit étre une source de souvenirs mais il ne doit pas nous faire oublier la génération présente qui doit monter vers le nord ou s\u2019étendre vers l\u2019est pour vivre au soleil, élément inconnu rue Demontigny, rue La- gauchetière ou rue Dorion.Montréal, qui prend chaque jour plus d'importance, surtout à l\u2019occasion des guerres (on peut les compter!) ne devrait plus donner l\u2019occasion de voir des bambins souffreteux.Notre société est mal organisée si elle permet des entassements humains, si elle restreint la ration de lumière et d\u2019espace alors que nous ne vivons plus que pour \u201csauvegarder le so- teil de la liberté et de la justice\u201d, ete.L\u2019étendue de la ville de Montréal s\u2019est quintuplée en 50 ans.De 1642 à 1882 c\u2019est une ville presqu\u2018identique, en étendue.En 1883, l\u2019amibe montréalaise commence à absorber les agglutinations environnantes.1883-1887: Hochelaga, S.-Jean- Baptiste, S.-Gabriel: 1905: Ste-Cunégonde, S.-Henri,- Villeray.1905-06: Rosemont et Notre- Dame de Griices.1910: Nouvelles enclaves qui doublent la cité: Ahuntsie, Bordeaux, Longue-Pointe, ete.Puis encore des nouvelles annexions en 1914-16-18.La ville n grandi, c\u2019est :beau;- ellé s\u2019embellit; c\u2019est.mieüx.-Ayant : que l\u2019industrialisation ne nous apporte une population de 4 ou 5,000,000, il est temps de voir à établir la population dans des habitations hygiéniques.Pour qui la civilisation, la maison moderne: carrée, sobre de lignes, claire, à larges panneaux ouverts sur le ciel?Si l\u2019on objecte que la cité en dette ne peut toujours pas bâtir à ses frais, je réponds qu\u2019elle peut au moins contrôler les plans des maisons qui se bâtissent, contrôler les distances qu\u2019il doit y avoir entre les maisons.À ce sujet, je cite l\u2019exemple de la ville de Noranda.Sortie de terre en 20 ans avec l\u2019or de son sous-sol, elle s\u2019accroît rationnellement, selon des plans de construction qui doivent être soumis aux directeurs de la mine.La maison a toujours au moins trois faces libres.Le mineur qui remonte à la surface a un home éclairé, l\u2019humble mineur a une femme coquette, des enfants bien vêtus et il a des enfants car on lui permet d\u2019en avoir.Dans ce pays on dépouille des arbres de Noël par largesse, car personne n'est si pauvre que les enfants n\u2019aient pas de jouets de leurs parents.Personne ne se plaint que les sociétés de bienfaisance soient réduites dans de telles circonstances! Comme cela me fait rêver pour mon Montréal: je parle ainsi pour ceux qui pourraient croire que c\u2019est l\u2019amour de mon nouveau clocher qui me fait parler.Pour tout Montréalais, pour tout étudiant de notre Université \u2014 inutile de mentionner laquelle des deux \u2014 Montréal sera toujours le centre, la petite patrie dans la grande.: * RogemsLEMIEDX.A.GEOGRAPHIE ° PHYSIQUE Ce serait une expérience amusante que d\u2019interroger un Mont- réalais \u201cmoyen\u201d sur sa ville.Après lui avoir demandé son âge, qui serait disons de quarante ans, lui avoir fait jurer qu\u2019il est un authentique montréalais, lui poser la pourtant claire et anodine question: \u201cquelle est la forme de ta ville, 6 homme, et la forme de ton ile?\u201d Vous imaginez d'avance son mutisme, son humiliation semblable à celle de l'enfant qui ne peut trouver que deux et deux font quatre.Vous supposant une dose normale de cruauté, vous continuez l\u2019examen en demandant s\u2019il n\u2019y a jamais eu de ruisseaux à Montréal, si les conditions climatériques sont identiques en tous les points de la ville, et, vous supposant un coeur de tortionnaire, les assises géologiques de l\u2019île! Voilà un moyen de se payer une pinte de bon sang, mais hélas! le pauvre homme n'est-ce pas chacun de nous?.Représentons-nous l'île de Montréal comme un triangle jeté dans le cours du S.-Laurent.Après s\u2019être étalé dans le lac S.-Louis, le fleuve bute sur la base de l\u2019île, se divise en deux bras qui serrent les deux autres côtés du triangle et vont se joindre à Charlemagne.L'un des bras a été nommé rivière des Prairies, l'autre, plus vigoureux, a gardé le nom de fleuve ou rive sud, Cette représentation géométrique du triangle est plus ou moins exacte, et plutôt schématique.Le triangle, pourtant, se rapproche sensiblement d\u2019un isocèle, avec un angle au sommet d\u2019environ 110 degrés.Le côté qui s\u2019appuie sur le lac S.-Louis, va des rapides de Lachi- ne à Ste-Anne.La \u201crive sud\u201d, sans aucun doute la plus importante, va des rapides jusqu'à La- prairie.Elle est jalonnée d\u2019iles: Ste-Hélène, Ste-Thérèse, île Ronde.Elle permet le port de Montréal.Poussant une pointe du côté géologique, il faudrait dire que Montréal est fondé sur un sous- sol d\u2019age primaire qui se compose de \u201csables quartzeux, de calcaires paléozoïques, de roches cambriennes\u201d Mm), La majeure partie du sous-sol est du calcaire de Trenton, en une couche d\u2019environ six cents pieds d'épaisseur.Ce dépôt sédimentaire rehaussa le niveau du sol aux âges reculés lorsqu\u2019il émergea, apres le retrait de la mer Champlain et forma notre contrée.Une poussée volcanique projette ensuite le Mont-Royal, la descente des glaciers arrache leurs crêtes aux Laurentides et les jette par morceaux sur notre sol.A cause de l\u2019asphalte qui recouvre la ville d\u2019une croûte noire, nous croyons que Montréal n\u2019a pas de sources naturelles.Qui oserait parler sérieusement, au- jourd\u2019hui, de la rivière S.-Fierre qui se jetait dans le S.-Laurent au niveau de la rue Saint-François Xavier ?Et le ruisseau Saint-Martin?Celui-là prévoyait la direction de nos rues Craig et Saint-Jacques.Son cours formait un fossé en face de l'enceinte nord du Montréal fortifié.Il allait se jeter aux environs du carré Chaboillez, dans la rivière S.-Pierre.Je voudrais m\u2019attarder un peu sur \u201cl'adolescence physique\u201d de la ville, ma ville, notre ville.Le premier établissement d\u2019importance est le fort, construit en 1645.Quatre bastions de maçonnerie, des courtines en bois, il a une forme parfaitement carrée, mesure trois cents vingt pieds de front et treize pieds de haut (12.8 pour les méticuleux).L'Hôtel-Dieu garde la priorité, il fut fondé en 1642, à la pointe Callières.En l\u2019année 1645, Montréal compte quatre constructions: le fort, l\u2019Hôtel-Dieu, la résidence de Monsieur de Maisonneuve, et un moulin à vent.Vers 1650, les colons, terrés au fort depuis huit ans, s\u2019instalient dans le carré de terre limité par les rues S.-Pierre et Bonsecours, la rue Craig et le fleuve.En 1672, quatre-vingt-quatorze maisons étaient déjà construites à Montréal.Maisons sans comparaisons possibles avec l\u2019Aldred Building.En bois, clôturées de palissades et garnies de:barbacanes, elles étaient des redoütes\u2018miniatures.: 1657 voit l'érection de la première chapelle Bonsecours.Monsieur Bénigne Basset, arpenteur, notaire et greffier de la Justice de Montréal, trace les premières rues de la ville (1672), sous la direction de M.Dollier de Casson, supérieur du séminaire.La rue Notre-Dame fut menée d'une seule visée, des environs de la rue S.-Charles à la Place d\u2019Armes; et continuée, l\u2019année suivante, jusqu\u2019à la rue S.-Pierre.Entre temps les anciens sentiers reçoivent des noms précis.Nous lisons St-Paul, St-Jean Baptiste, St-Claude, St-Vincent.Je cite, par ordre chronologique, la date de l\u2019ouverture de quelques rues familières : St-Paul \u2014 1674 St-Jacques \u2014 1678 McGill \u2014 1722 Un nommé Du Luth, ingénieur royal, entoure la ville d\u2019un cercle de palissades.Construites sous le gouvernement de M.de Calliéres, elles sont abattues en 1722.Environ cent vingt-cinq maisons ont été construites de 1687 à 1723.Notons qu\u2019on entrait alors à Montréal par cinq portes.Au temps de la conquête, notre ville comptait 8,300 âmes.La division territoriale en deux sections autour de l\u2019axe \u201crue St- Laurent\u201d ne date pas d'hier.Une ordonnance du 7 mai 1792 y pourvoyait.On établit que vers l'aval du fleuve ce serait l\u2019est, que vers l\u2019amont ce serait l'ouest.En dépit d\u2019une fausseté géographique évidente, cette départi- tion commode demeure.Les \u201con devrait redresser Montréal\u201d, \u201cce n\u2019est pas pour rien que nous vivons à l\u2019envers\u201d n\u2019y pouvant rien, pourquoi faire le bec fin?La coutume a de l'âge, s'appuie sur une volonté royale; respectons, en souriant, un défaut de jeunesse.Nous avons appris jadis la latitude de Montréal: 45.81 degrés nord.Mais notre climat ne doit rien a la latitude.1 est tributaire des trois grandes zones climatériques suivantes: 1) \u201cLa plaine continentale de I'Ouest américain, vasie creuset, aux rebords distants de plus de 3,000 milles où des courants atmosphériques très différents viennent se fondre et se heurter, berceau des tornades et des cyclones.2) La plaine liquide de l\u2019Atlantique, dont Montréal n\u2019est distant que de 200 milles à vol d'oiseau, où les tempêtes donnent rendezvous aux ouragans.: 3) Enfin l\u2019immense calotte polaire qui étend son étau de glace jusqu\u2019au nord de notre Province et dont les courants froids, bifurquant au niveau de Belle-Ile, remontent, aidés par les marées, vers l\u2019amont du fleuve.\u201d Le vent prédominant souffle du sud-ouest, c\u2019est un vent continental.I s\u2019'humidifie l\u2019été en passant au-dessus des grands lacs, il s\u2019assèche l'hiver et se refroidit en passant au-dessus des plaines glacées.- Nous nous devons de citer le vent du nord-est, appelé \u2018\u2018nordet\u201d\u2019, responsable des pittoresques et agaçantes \u201cpoudreries\u201d.Le Mont-Royal se mêle d\u2019agir sur le climat de la ville.Du brouillard sur un quartier n\u2019empêche pas un autre quartier d\u2019être ensoleillé, parce que les nuages venant du sud-est s\u2019accrochent à la montagne.Des orages peuvent même éclater sur un versant et respecter l\u2019autre.On conçoit que le \u201cphysique\u201d de Montréal n'est pas épuisé par ce bref article, Je renvoie ceux que le sujet intéresse aux deux volumes que j'ai cités.Bernard THIBAULT 1) Montréal, \u2014 Raymond 'Tanghe.2) Géographie physique de Montréal.\u2014 Raymond Tanghe, A DEUX: PAS\u2019 DE L'UNIVERSITE BARBIERS.VOUS-ATTENDENT -AU SOUS-SOL\u201c DE L'ÉDIFICE S.-DENIS A 354 est, Ste-Catherine Pris S.-Denis ve a PAGE TROIS\u2019 SALON JOS BARRY =: \u2018PAGE QUATRE VILLE DE TRANSPORTS En 1903, les représentants des Chambres de commerce de l'Empire Britannique se réunisssient en congrès à Montréal et étaient les hôtes de notre Chambre de commerce locale.À cette occasion, une médaille fut frappée.En effigie, cette médaille représente la ville d'alors, c'est-à-dire en fond, la montagne sur laquelle se découpent quelques maisons commerciales et les tours de l'église Notre-Dame; en avant- plan le fleuve et le port où sillonnent es voiliers et des navires à oubes.Montréal était caractérisée à ce moment, par son port, par son commerce.Aujourd'hui, Montréal est toujours et avant tout une ville commerciale et quiconque voudrait la déterminer dans une photo ou une peinture \u2014 comme le fait d'ailleurs Adrien Hébert \u2014 choisirait sans doute une photo de son port et de ses énormes élévateurs à grain ou entrepôts.S'il veut décrire à la fois son évolution et son développement industriel, il photographiera l'entrée du canal Lachine, consacrant ainsi la dépendance de la fonction industrielle de notre ville à sa fonction première qui est d'être un centre e transport \u2014 de commerce.Que Montréal soit d'ebord un centre de commerce, personne ne le discute.Ces mêmes personnes réservent cependant leur opinion sur l\u2019avenir, quand la canalisation aura peut- être porté à Montréal ces mêmes coups que ports à Québec, à l'avantage de notre ville, l'aménagement du chenal entre Montréal et la capitale.C'est d'ailleurs une tendance de notre histoire économique que de voir reculer vers l'intérieur du pays en amont du Saint-Laurent, le centre de notre vie commercisle.Au tout début, c'était Port-Royal, puis Québec, puis ontréal.Que sera-ce quand les canaux permettront, du moins poten- tellement, aux océaniques de remonter vers les centres industriels des Etats- Unis et du Pays et très près des sources du blé?Montréal cependant, par sa situation géographique, tire, du point de vue commercial, son importance d'autres sources que de l'océan ou même du Saint-Laurent.Regardez vos cartes routières, vos -.artes de chemins de fer et demandez-vous pourquoi routes et chemins de fer convergent vers Montréal.Prenez votre carte: celle des rivières: l'Outaouais, le haut Saint- Laurent, l'Hudson et le lac Champlain.Ceci ne signifie peut-être plus grand'- chose aujourd'hui et nos longs hivers iminuent singulièrement la valeur commerciale de nos cours d'eau.Le fait n'en est pas moins exact et la certe éographique nous donne absolument \u201cimpression que Montréal est le centre logique et physique des routes commerciales d'un très grand pays, qui remonte au nord à l'Abitibi, à l'ouest la péninsule Ontarienne et aux laines du Royaume du blé, au sud à a Nouvelle-Angleterre et à l'est au monde.Cette fonction commerciale que la géographie indique, se constate dans l\u2019histoire.Dès ses premiers jours, Ville- Marie, frontière d'une colonie et fondée comme on forgerait une arme de foi pour conquérir à la civilisation les régions \u2018barbares, devient, par un juste retour, le point d'attraction des chasseurs d'animaux à fourrures.Tadoussac et Trois-Rivières sont déclassés.De la même façon, beaucoup plus tard, quand le Canada sure noué des relations commerciales suivies avec l'étranger, verra-t-on d'abord la ville de Québec devenir un port de mer.Mais aura-t-on creusé le chenal en amont de cette ville, la vapeur aura-t- elle remplacé la voile, permettant aux navires de monter le courant sens retard considérable, que Montréal reprendra vite la tête aux dépens même de là capitale de la Province qui verra décroître non seulement son activité commerciale, mais son industrialisation.partant, l'accroissement de sa population.Plus tard encore, quand la péninsule ontarienne se sera fortement industrialisée, Montréal, et cela, parce que l\u2019industrie du haut Saint-Laurent sen servira comme entrepôt, n'en restera pas moins la première ville du Pays.Dans cette histoire très brève du éveloppement de Montréal, on trouve les éléments nous permettant d'établir le pourquoi de la fonction commerciale de notre ville.On y voit du même coup où résident les villes rivales; quels sont les dangers que Montréal, un jour, pourra devoir combattre; quels sont ses clients possibles.Aujourd'hui, ces mêmes influences, que la géographie détermine, que l'histoire illumine, jouent encore.Nécessairement, dans notre siècle industriel, on ne peut facilement déterminer ce que serait Montréal sans commerce ou encore ce qu'elle serait sans industrie.Ces influences cependant existent, complètement agissantes ou temporairement refoulées par des raisons de circonstances.Et tout d'abord, on remarque la dépendance de Montréal au Saint- Laurent: le Saint-Laurent qui est la porte vers l'océan.Cette influence prépondérante encore, est celle qui explique en partie, l'industrialisation, e Montréal: ses usines de caoutchouc, d'acier, de jute, de coton.C'est d'ailleurs, et M.de la Palisse ne dirait pas mieux, celle qui explique le fait que Montréal soit un port de mer.Cette influence ne joue pas seule.Il y a le nord et la vollée de l'Ou- taouais.L'Outaousis qui a apporté à ontréal ses manufactures de bois, qui explique jadis les postes de traite e_ fourrures.Aujourd'hui, la route de l'Outaouais, qui devait assurer \u2014 et Qui assurera quoi qu'on fasse \u2014 à Montréal le commerce du nord canadien (Québec et en partie Ontario) ne joue pas pour nous comme il devrait.\u20ac très mauvaises routes, d'ailleurs indirectes, un très mauvais service de chemin de fer ont fermé à notre ville un marché d'importation et d'exporte- tion intérieures qui lui revenait et qui lui reviendra.ll a à l'ouest, Montréal, port du blé, Montréal exportateur de produits finis provenant de la péninsule onta- rienne, Montréal entrepôt.Que Montréal serve d'entrepôt des produits du centre américain est d'ailleurs fonction de l'influence maritime que subit Montréal.Elle ne s'assimile pas cependant, car Montréal pourrait fort bien être un centre d'importation sans servir pour cela d'entrepôt des produits finis de l'intérieur du Pays.Et c'en est une preuve assez convaincante que de voir les villes intérieures essayer de se dégager de cette dépendance à l'égard mettra de réussir.Jeunes avocats, ingénieurs ou agronomes N'oubliez pas que la compétence seule vous per- Et qui, de ceux qui aspirent aux plus hautes situations, peut se dispenser aujourd'hui d'une formation économique ?Inscrivez-vous donc à L'ÉCOLE DES HAUTES ÉTUDES COMMERCIALES (affiliée à l'Université de Montréal et subventionnée par le Secrétariat de la province) : Un programme d'étude, spécialement adapté à vos besoins, vous conduira à la Licence en Sciences commerciales et vous fournira cette formation économique indispensable à votre réussite.Demandez tous renseignements au Directeur 535, avenue VIGER, MONTRÉAL de Montréal et cela, grâce à un bon système de canalisation.Il y o le sud, dont l'influence est en partie réduite par la frontière américaine.A la fin de cette petite étude, vous constaterez peut-étre qu'il est toujours facile de diviser les influences commerciales d'un centre quelconque, entre nord, sud, est ou ouest.Mais pensez-y sérieusement et vous verrez que rarement, la géographie et l'histoire et les faits, ne confirment avec autant de force cet avancé un peu enfantin.Jacques MELANCON A Shri TR ) pr ean - UN COIN par Adrien Hébert.LE(QUARTIER LATIN CENTRE ÉCONOMIQUE Montréal, quel spectacle pour un économistel Si l'on veut faire une synthèse \u2014 partielle, infime \u2014 des forces productives, rien ne vaut une flânerie dans un ot de mer comme Londres, Paris, ambourg, Anvers, New-York ou, simplement, Montréal.On choisira un poste d'observation : le pont Jacques Cartier, l'avant d'un bateau glissant vers Québec, ou le «Pied du Courant».Les navires, les océaniques comme on es appelle, silencieux et amarrés à la file, attendent qu'on les vide; ou s'emplissent, monstres nourris au biberon.Venus de partout, leurs couleurs DU PORT LA PLACE D'ARMES AUTREFOIS Photo gracicuscté Mgr Maurault.a bly LE PORT DE MONTREAL VERS 1870 Photo C.N.R, évoquent des pays lointains, dont on rêve.Îls dorment au bord des quais qui les gardent et où l'homme a emprisonné une force insoupçonnée qui retient et assagit les eaux.Les hangars et les entrepôts regorgent des produits les plus hétéroclites.Les appareils de manutention aux bras tendus et rigides, hébétés lorsqu'ils sont au repos, brutes dangereuses sitôt qu'ils se meuvent, doublent de leurs élancements brefs et trapus la fine silhouette des mits.Aux quais s'amorcent les voies de chemin de fer, les boulevards, les routes infinies.Les «réseaux», dit la langue de l'ingénieur, encerclent et divisent la terre; ils la pénètrent aussi.Que de travaux minutieux et puissants représentent l'installation des chemins de fer à travers un continent et leur rayonnement autour des points les plus peuplés.Une carte routière semble une toile d'araignée; elle en offre la régularité, surtout ces cartes où les voies de communication apparaissent seules sur le fond muet.La route, quelle patience aussi! Et quelles dépenses pour la tracer, l'aplanir, la solidifier, depuis la plus humble \u2014 le petit chemin, encore plaisant au coeur tendre, aux fläneries curieuses \u2014 jusqu'à l'autostrade régulière et profonde comme un sol, dont on aperçoit les dures assises quand, pour les refaire ou les réparer, on ouvre au soleil leurs reflets presque métalliques.Et voici la suite des installations rattachées aux voies de transport, qui les unissent ou les lient: les ponts, les tunnels, les viaducs.Îls multiplient à la sortie des villes leurs courbes inquiétantes.Ce spectacle, que l'on possède dans son ensemble quand on embrasse du regard un port de mer, j'allais dire, vand on écoute seulement le bruit d'un port de mer, sa rumeur sourde que déchire le crissement des aciers, on le retrouve si l'on contemple l'amas des immeubles groupés dans l'enceinte imprécise et mouvante de la ville que le ort nourrit et qui, à son tour, alimente e port.La couverture d'une édition populaire du livre d'André Maurois, En Amérique, détache, derrière la lourde et inexpressive statue de la Liberté, un profil à la sépia de la Cité moderne, faite de sky scrapers juxtaposés.Vision étrange parce qu'elle est inachevée, mais puissante évocation d'audace et d'habileté.Montréal, vu de la montagne, s'affaisse sous les arbres d'où émergent des clochers et quelques gratte-ciel dispersés qui semblent des piliers d'attente.Plus jeune, c'est-à-dire plus proche de l'illusion, j'ai pris plaisir à faire visiter Montréal à des étrangers de marque : littérateurs, poètes ou géographes.Je me rappelle des promenades délicieuses en compagnie de Porché, de Féraudy, de Lucien Romier, de Jean Brunhes.Jai recueilli leurs impressions, même silencieuses, et subi mes propres réflexes à ce tour de propriétaire; car ces promenades sont des mises au point.Elles établissent le bilan de nos beautés et de nos laideurs.Celles-ci sont explicables par la hôte de construire ou catte volonté d'imiter, sans loi ni goût, qui se trouve à l'origine des pays que l'on dit jeunes par un euphémisme qui consacre des faiblesses, excuse des gaucheries et souffre des pauvretés.Je mettais toutes les ressources de mon imagination et toutes les inquiétudes de mon coeur à expliquer nos rues, nos boulevards, nos places publiques et nos demeures.Cela présente, je m'en rendais compte, un intérêt mince pour qui a vécu dans la richesse \u201ccomment à des siècles, et cela finissai : décevant, et pour mes hôtes pry tn moi-méme.1 is je percevais en ler compagnie et j'évoquais à chaque la maison du passé, celle qui teprésent, même en notre pays neuf, la tradition Parfois, nous nous perdions dang |, campagne.Là, j'étais plus sûr de moi sechant que nos admirables dicey gagnersient l'adhésion des plus sce tiques : le jeu des eaux de I'Outaoy se mélant a celles du lac Saint-Louis le Montérégiens bleus sur la plaine fauve la douceur française de la rivière Riche lieu, l'éclat de l'automne sur les Loures, tides.Mais il fallait grévoir l'oeuvre de humains.t-ce vraiment le poy, Charles Gill qui disait: «O Canad, tes montagnes et tes lacs me font ub tes hommes!» La maison apportait su témoignage.Les anciennes, admirablement vêtues de pierre, retenaient u leur gracieuse simplicité et manie, taient l'adaptation d'une discipline séculaire aux exigences d'un pays rude: nous en reconnaissions une, ici ou là «comme un bracelet perdu dans le; TI herbes du chemin»; mais, à cg; Fo c'était le règne des atrocités.Que dp: pi boîtes sans loi ni toit, carrées, oblos.À gues, exsangues, dressées dans les régions de colonisation hative et trp.ik portées jusque dans les villes sur d'in [ mitables escaliers.Replacer notre maison dans le sillon français, je m'en ouvrais à un architecte ami, homme de goût, formé dansle, écoles de France et des Etats-Unis.lime disait l'influence vivifiante exercée par Paris sur les architectes américairs à Ë New-York, à Washington, à Boston ou à Philadelghie, et même dans les grandes banlieues ou dans ls champs, on rencontrait le bienfait de cette influence, grace à la réalisation de formules acagtées à un milieu nou veau, plus libre d'attaches, plus maite de ses audaces.Pourquoi pas nou, concluait-il, qui avons plus de raisons de nous plier à ces disciplines, pleinement nôtres.* Cela conduit à l'urbanisme don l'action, lente à se décider, eût déjà tégénéré nos villes à l'exemple de ce LE qui se produit dans le moindre centre es Etats-Unis et même du Canads anglais.Ce domaine s'ouvre largement à nos initiatives, et nous y accomplirions des merveilles en partant de cette idée enfermée comme toujours dans un mot inéel : «Montréal est [a seconde ville française du monde».Par quoi?Par son architecture, son théâtre, son conservatoire, ses bibliothèques, le rayonnement de sa parole et de son at?Je veux bien; mais est-ce à ce point vrai que nous puissions dépose \u2018outil et contempler notre ceuvre?vons-nous même le souci de l'affermir et de l'étendre ?Nous avons cc mmencé ar le chemin cu le boulevard u'exige \u2018automobile, et par la contruction § d'immeubles collectifs, queiques-urs À très lsids ou très lourds, d'autr2s \u2014 les plus récents où s'affirme la formation es beaux-arts \u2014 consolants par leu sobriété.Mais le progrès à réaliser dans le sens du génie que nous invoquons sans le connaître nous impose \u2018établir d'abord ce que les spécialistes appellent un «plan d'ensemtle», et de Plier même l'initiative des individus à \u2018empire du goût.Le public en vemil la mise en oeuvre par parties; il en jugerait, il s\u2019y intéresserait; ici, une rue = misérable disgaraitrait; là, un boulevard hes s'élancerait; les maisons auraient une #4 figure française; les métiers, les modes, les produits, dénoteraient une civilise- tion par un détail, un mouvement, un KS rfum, une grâce, un reflet français.otre fidélité prendrait mille formes de vie au lieu de chanceler dans | indi e rence ou la copie.Tout cels n'est donc que rêve et utopie sous lc frole- ment de notre devise : Je me souviens?Edouerd MONTPETIT PROVINCE DE QUÉBEC ENSEIGNEMENT GRATUIT commerce et l'industrie \u2014 Honorable Hector PERRIER, Ministre.ÉCOLE DES BEAUX-ARTS Montréal \u2014 3450, rue Saint-Urbain COURS DU JOUR OUVERTURE LE 15 SEPTEMBRE Formation d'architectes et de professeurs de dessin diplômés \u2014 dessinateurs pour le Jécorateurs et sculpteurs pour les arts appliqués aux métiers \u2014 céramistes \u2014 artistes peintres et sculpteurs \u2014 peintres-décorateurs- Architecture : Examens d'admission avant l'ouverture des cours.COURS DU SOIR OUVERTURE LE 1er OCTOBRE Dessin d'art \u2014 Modelage statuaire Inscriptions reçues avant l'ouverture des cours de 10 heures à midi et de 2 à 7 h SECRETARIAT DE LA PROVINCE FRAIS D'INSCRIPTION : $1.00 eures.Jean BRUCHÉSI, Sous-Ministre. 27 MARS+1942 MONTRÉAL Il y a, quand on pole de Montréal du point de vue de la beauté, une première observation à faire: la part de la nature est magnifique, celle des hommes, discutable.+ FE On ne trouve pas souvent une ile, | située d'une manière aussi remarquable, l à la jonction d'une navigation maritime de 800 milles et d'une navigation fluviale et lacustre tout aussi longue; s'élevant par des terrasses vers une | haute co line, assez abrupte pour Ÿ paraître imposante, et d'où l'on découvre un immense panorama, allant des Laurentides aux Adirondacks et aux Montagnes Blanches.Les découvreurs et les voyageurs modernes n'ont pu manquer d'admirer la série de collines isolées qui surgissent dans la plaine et auxquelles notre Mont-Royal ot donné le nom collectif de Montéré- giennes, Tout un archipel entoure Montréal et obstrue le confluent du Saint- Laurent et de l'Ottawa.Et pour ajouter au pittoresque: des rapides agitent les différents bras des deux cours d'eau.Montréal règne sur ce beau domaine géographique que domine \u2018sa montagne\u201d, qui est devenue son plus beau parc, un jardin public vraiment rare.Si je dis que l'adagtation de l'emplacement de Montréal aux besoins \u2018une grande métropole est difficile à égaler, ce n'est pas que d'autres villes canadiennes ne soient pas, elles aussi, admirablement situées: il suffit de penser à Québec, à wa, à Hamilton, à Vancouver, à Halifax et à Saint-Jean pour mettre une sourdine à des prétentions trop exclusives.Si l'on s'arrête aux seules qualités pittoresques, Québec est sans rival.ttawa, sur sa haute falaise, avec la # silhouette gothique du Parlement, mais 3 affligé par l'utilisation industrielle de \u201cpla chute de LA CHAUDIERE qui \u2018\u2019ajoutait jadis à sa beauté; Vancouver, abrité du nord par de hautes montagnes et bâti sur un éperon qui laisse une passe profonde juste assez large pour entrer dans son splendide port intérieur, Hamilton, au fond d'une vaste lagune, étageant ses maisons sur le flanc d'une haute falaise, d'où l'on découvre le lac Ontario dans le sens de sa longueur; Halifax, s'étalant sur sa longue presqu'ile, qui cache, à gauche, le bassin de Bedford où de grandes flottes peuvent mouiller et le West Arm, baie très allongée consacrée aux sports maritimes; enfin, l'austère et gris Saint-Jean, su confluent e son fleuve trop peu connu et de la baie de Fundy, éparpillant ses différents quartiers sur des rochers: autant de silhouettes urbaines, très diverses et inoubliables.Aucune, cependant, ne l'ampleur extraordinaire de Montréal.Je ne parle pas de Toronto, qui est irrémédiablement plat, mais qui a le mérite d'avoir tiré un magnifique pert de sa position au bord du lac Ontario.ur des terrains qu'il a \u2018\u2018réclamés\u2019\u2019 au lac, il a ouvert de larges promenades, il a aménagé des jardins, il a construit les bâtiments de son exposition: exemple convaincant que nous pourrions peut-être imiter .+ Et je suis amené à parler de la part des hommes dans l'édification de nos villes.De ce point de vue, Montréal n'a pas été particulièrement heureux.Nous avions un port: on l'a admirablement outillé, on ne l'a pas embelli, bien que nous ne manquions pas d'er- chitectes qui trouvent de la beauté à nos élévateurs à grain.: COMPARE.Nous avions des terrasses: nous nous sommes ingéniés à les faire disparaître, au lieu d'en border le sommet d'une rangée d'arbres et d'une promenade et de construire derrière quelques belles façades.Nous avons ouvert d'innombrables rues, mais sans jamais nous préoccuper de leur ménager quelque perspective.ne rue est un chemin de ville, comme on dit dans les mots croisés; une avenue est un chemin qui conduit à un but éterminé, port, parc ou palais, nos véritables avenues sont rares.Les perspectives, plus rares encore.Je n'en vois que ceux ou trois, en ce moment: celle de la rue de la Sainte-Famille: elle va du portique de l'Ecole Tech- pique à la façade de [a chapelle de l'Hôtel-Dieu, celle de la rue Saint- Denis: elle aboutit à l'église de Bonse- cours; celle du boulevard Morgan ont le marché de Maisonneuve est l'ornement.Rues et avenues se sont allongées au petit bonheur dans le sens des points cardinaux, qui, à Montréal, portent e faux noms, Îl aurait fallu les élargir presque toutes.Quelques-unes ont été homologuées, comme on dit; mais les constructeurs n'ont pas tenu compte de l'homologation, et depuis des années les exprogriations s ont TABOUS, illeurs, on exproprie sur une haute échelle et l'on prétend que l'expropriation finit par se yer automatiquement: on double la largeur des rues, on aménage des centres civiques.Ici, rien ne se fait.Ou plutôt \u2014 périodiquement, un expert étranger étudie nos problèmes urbains, trace un plan d'ensemble, suggère des remèdes à la congestion du trafic, propose des embellissements.On lui paie son plan, on le remercie, puis on parle d'autre chose.De ce point de vue, Montréal retarde sur la plupart des grandes villes d'Amérique.Et pourtant, les étrangers trouvent notre ville agréable.Qu'est-ce donc qui lui vaut cette appréciation fevo- rable?verdure, sans doute, ses rands arbres dans les rues où l'on ne es coupe pas systématiquement, \u2014et, sans doute aussi, son peuple qui est gai, tolérant et optimiste.Rares sont ceux qui, ayant habité Montréal, s'en éloignent avec plaisir: ils ne retrouveront pas ailleurs la même facilité de vie, la même liberté d'allure, la même variété dans la population.+ Peut-être, après tout, son charme lui vient-il da son caractère religieux.Ce n'est pas en vain qu'on l'a appelé: \u201cla Ville aux clochers dans la verdure\u201d.L'église est vn appel constant à tous les bons sentiments de l'homme; c'est un asile toujours ouvert de paix et de joie.Nos clochers regorgent de cloches, et nos cloches sonnent à toute volée, souvent et longtemps.ertains jours, des processions et des chants religieux parcourent nos rues.Et l'on voit circuler, beau temps mauvais temps, des religieux et des religieuses de tous ordres, dont le costume, bien connu des Montréalais, ne leur inspire que respect et amitié.Ces hommes et ces femmes sont leurs guides spirituels, bon nombre sont leurs éducateurs, d'autres soulagent leur misère, soignent leurs malades, abritent leurs infirmités.L'ambiance catholique de Montréal frappe le voyageur catholique, et aussi, celui qui ne l'est pas.C'est là, je le répète, qu'il faut chercher le beauté profonde de notre ville tricentenaire, née d'un élan mystique, grandie dans les oeuvres de foi, et devenue un centre intense de rayonnement spirituel.Olivier MAURAULT, P.D., p.5.-S.PROVINCE l'hoto André de FRANÇAISE.Tonnancourt SYMBOLE E XPRESSIF l'hoto E.Stucker ELEGANCES Photo André de DEFUNTES Tonuancourt QUEBEC OU MONTREAL?Photo André de Tonnancourt VERSEMENTS FAITS aux détenteurs de polices de la province de Québec au cours des dix dernières années: .590,000,000 SÉCURITÉ ASSURÉE SUN LIFE OF CANADA SINCERES REMERCIEMENTS \u2019 A L\u2019HONORABLE SECRETAIRE DE LA PROVINCE POUR SON GENEREUX APPUI \u201cetes PS re PE [YEE wre.PNR IIS PAGE CINQ VIEUX MONTRÉAL Vieux-Montréal n'est plus qu'une étroite vallée de larmes entre deux chaines inhospitalières: Elévateurs 3 grain du port; demi gratte-ciels de la rue Saint-Jacques juchés sur la butte.ache sombre noyée d'ombre indélibile ont elle est transpercée de part en part.Songez-vous à la qualité matérielle ?Tout le long du trajet la noble pierre verticalement et le sol gris d'asphalte très doux.Quel luxe de ton! Et qui s'en doute de tous ceux qui bourrent à craquer les pièces transformées en entrepôts \u2014- autretois, salons élégants onnant sur les quais \u2014 aux lenétres étroites et longues, ornées d'un balcon ouvré?Les rez-de-chaussée ont des arcades étroites ou encore larges et confiantes; rue Saint-Paul ~ - entre des piles carrées \u2014 moulurées finement à la tête - de grandes vitres; plus loin es arcades jumelées à la florentine \u2014 et plus on s'éloigne du fleuve, plus les points portants s'espe:ent pour \u2014 semble-t-il \u2014 permettre un jour plus franc.Vers la fin, s'esquisse l\u2019acheminement progressif vers des volumes énormes.Il est étonnant quand on aborde le Montréal contemporain de constater la régression entre ce vieux quartier si près parfois de la donnée qui règnera demain: mur vitré tendu au soleil et le neuf plus décrépit déjà, aux fenêtres mesquines; aux façades bouchées rendues lourdes, opaques par l'abandon de la fenêtre à la canadienne \u2014- remplacée par ls fenêtre à l'anglaise \u2014 moins encombrante à l'intérieur, mais limitée à la dimension maximum de trois pieds de largeur L'usage neuf alors du radiateur - qu'on apprend à placer sous la fenêtre - remontant l'appui, tout se referme, se retuse et la vie s'oriente étroite et morne vers l'intérieur.Qui s'en soucie et tait le raccord utile et songe à reprendre le problème au point où l'abandonne la rue Saint- acques, en contradiction et mépris de la rue Notre-Dame \u2014 la délaissée - ernier mot d'une époque révolue à laquelle tout à coup tournent brutalement et vulgairement le dos, les maîtres d'un moment, satislaits et resniendis- sants d'ignorance et de certitude.Comme elle serait utile et pleine d'enseignements l'histoire de cette génération reniant ce passé 13 valable et substantiel; leur action vient dégoûter ceux d'aujourd'hui de l'action - voyant les restes \u2014 les déchets qu'ils ont tous ensemble entassé en excès, tout au long du parcours \u2014 sous prétexte qu'agir - il faut.O le bel acte que leurs ordures.Nous pensons toujours à un vieux Montréal sentimental auquel nous sommes attachés per un goût anachronique du passé, mais tournant le dos au développement immense dont le luxe très localisé vers l'ouest reste sectionné, \u201cFRAPPEZ, ET IL VOUS SERA individuel et fragmentaire, on est surpris par la tenue générale de ce vieux quartier: on en peut tirer une leçon pour demain lorsqu'on se demande avec anxiété ce qu\u2019il faudrait.Le port était un lieu d'élégance où la promenade était facile et la vue s'étendait sur la campagne, au loin.L'espace entre le quai et les habitations était vaste pour le temps et les rues parallèles au fleuve débouchaient aux deux extrémités sur des places dont il reste encore la structure.Il est un fait connu que le passé nous lègue ce qui à mieux résisté, c'est- d-dire ce qui était le mieux conçu.Ous constatons ici une continuité Gui se prolonge du marché Bonsecours jusqu'au carré Youville dans une harmonie et une équivalence dont l'exemple a complètement disparu en des temps plus rapprochés de nous.À \u2018époque française et depuis la conquête anglaise, les influences de toutes sortes se mêlent et on retrouve des motifs en vogue ou même temps en Europe, anglais, italien, qui voisinent admirablement - - ce que nous n'avons Pu réussir depuis que les mêmes influences nous ont peut-être plus fortement saisi.Îl s'en est fabriqué une ville hétéroclite sans parler du reste à lui reprocher.Donc déjà nous trouvons 13, la notion de l'ensemble que nous poursuivons.La qualité esthétique était si profondément entrée dans les moeurs que pour ainsi dire chacune de ces bâtisses garde une qualité d'art quoi que toutes soient très simples, les motifs limités à presque rien, mais placés là où étant utiles, on pouvait en tirer un parti décoratif.Ceci dit et l'avantage que le tourisme pourrait recevoir d'une rénovation intelligente et utilitaire, Dieu me garde de vouloir signifier qu'il fout retourner à ces\u2019 formes ancestrales dont toute la grâce de détail se perdrait \u2014 les conditions de leur situation réciproque étant changées.C'est l'esprit qu'il faut sauver et resaisir ou trébuchet.Et les notions d'hygiène qui sont les nôtres ne nous permettent pas ce tassement intime.Sachons donc que nous avons là un trésor à la vue de tous, à côté duquel nous passons insouciants et leins de louanges, exclusives pour la asse-ville de Québec si charmante à sa façon dont la nôtre est le complément et qu'elle continue sur le pie d'égalité.!! faudra prévoir dans le plan d'ensemble de Montréal l'usage raisonné du vieux Montréal eu même titre que le reste \u2014 égal en importance et sacré.Allons le visiter et l\u2019entourer de présences et de soins au titre de musée de plein air, en analogie du suédois, auquel on a raison de s accrocher pourvu qu'on sache par où et comment il est juste d'en invoquer l'exemple approximatif.Marcel PARIZEAU Photo André de Tonnancourt.OUVERT! | PL Montréal fut incontestablement un avant-poste de la religion en Amérique, de la civilisation et de la race française; bientôt centre de rayonnement apostolique et commercial; elle est maintenant le carrefour d\u2019importantes routes économiques et le point de rencontre des cultures anglo-canadien- nes.Plaque tournante du continent américain, elle doit, pour servir, rester fidèle à l'idée qui lui donna naissance.Le \u201cdessein de Montréal\u201d est admirablement exprimé dans deux documents de 1643: une supplique adressée au Pape Urbain VIII par les Associés de Montréal et une apologie intitulée: Les véritables motifs de Messieurs et Dames de la Société de Notre-Dame de Montréal.HN fut accompli on sait dans quelle atmosphère de mysticisme, de dévouement chevaleresque et de sacrifice sanglant accepté avec une simplicité souriante, gi bien qu'au retour de Maison- neuve en France, l\u2019entreprise de La Dauversière et de ses amis était déjà promise à une réussite unique dans l\u2019histoire de la propagation de la foi.L'originalité ne vient pas de ce que les Associés de Montréal ont voulu substituer à un apostolat individuel ou inorganique les moyens d'action d\u2019une puissante compagnie, d'une collectivité douée de ressources magnifiques.L'originalité ne saurait non plus venir du but: l\u2019extension du règne de Jésus-Christ, mais il vient du caractère social des moyens mis en oeuvre pour exécuter ce but religieux et culturel.Auparavant, on avait vu des mission- \u201c naires envoyés dans les régions lointaines, soutenus de loin par des ressources financières de leurs proches et protégés souvent par les compatriotes marchands qui les accompagnaient jusque-là.Mais ce qu\u2019on n\u2019avait encore vu, ce qui est propre à Ville-Marie, c\u2019est une cité de Dieu, constituée en vue de l\u2019évangélisation.On a voulu établir ici une communauté chrétienne qui füt à la fois un témoignage et un point d'appui.A côté de cette chrétienté, viendrait s\u2019établir tout près dans l'île ou ailleurs les Canadiens, comme on disait alors, qu\u2019on dressera du même coup à la civilisation européenne, \u201cà la vie civile\u201d et au véritable christianisme.De là encore, rayonneront, vers l\u2019intérieur du continent facile d\u2019accès à la recherche des nations les plus lointaines, des missionnaires qui seront formés et équipés par cette chrétienté missionnaire.Certes on avait vu autrefois les habiles Romains envoyer dans les territoires barbares de vieux soldats et leurs familles fonder des villes qui fussent des avant-postes pour l'empire romain et des moyens de rayonnement sur les pays lointains.Mais dans l\u2019évangélisation chrétienne, cette cellule envoyée dans le Nouveau-Monde proliférer socialement la vérité chrétienne sur un continent infidèle est et demeure quelque chose d\u2019inouï.Et ce caractère social d\u2019évangélisation de Montréal deviendra celui du Canada français tout entier.Si l\u2019on sait, ou même si l\u2019on devine, quel temps et quelle foi il faut pour former une âme de missionnaire, quelle force pour soutenir son âme à la hauteur de son apostolat, l\u2019on comprendra les né- - tenue par les cessaires et providentielles préparations de Montréal à son rôle gigantesque.L'on comprendra la ferveur mystique des fondateurs de Paris, la magnanimité des pionniers de 1642: M.de Maison- neuve et Jeanne Mance, l'exaltation héroique de tous ceux qui participérent a I'édification de la colonie.Cette exaltation fut sou- luttes mêmes qu\u2019avaient à livrer contre les Iroquois ces chrétiens venus ici pour des conquêtes pacifiques.Il fallait tout cela pour soulever l'âme d\u2019une telle communauté missionnaire au-dessus des mesquineries et des rivalités quotidiennes.Et l'on comprendra aussi que tout ce qui est social à Ville-Marie est à base familiale, il fallait à cette cité mystique une base solide, inébranlable.D'autre part, il saute aux yeux que l'apostolat d\u2019une collectivité ne saurait, comme celui d\u2019un individu, d\u2019un groupe d\u2019individus, déplacé de son point d\u2019origine, se désintéresser des buts culturels ou de civilisation.On ne distinguait pas alors autant qu\u2019aujourd\u2019hui le culturel du religieux, tant il semblait naturel aux gens du XVIIe siècle que la civilisation fût l\u2019efflorescence de la foi.Aussi, le caractère social de la vocation de Ville-Marie ne se distinguait pas alors de son caractère religieux; c\u2019est le développement économique et démographique du Canada et du continent américain tout entier qui l\u2019accentuera et qui en déterminera l\u2019achèvement.Ville-Marie peut donc se définir, à sa naissance, une cité chrétienne, complète économiquement et socialement, appelée à rendre témoignage au christianisme et à induire en tentation de croire les peuplades du Nouveau-Monde.Ce témoignage, elle le portera par les individus qui, partis d\u2019elle, iront sur toutes les routes de l\u2019Amérique du Nord porter l'Evangile et, socialement, par l'affirmation continuelle de son christianisme.Il faudrait examiner ici le prodigieux essor missionnaire des individus ou des institutions formés à Ville-Marie, depuis les missions des Jésuites et des Sulpiciens jusqu'au rayonnement missionnaire des instituts appelés à Montréal par Mgr Bourget.Il faudrait ajouter que si Ville-Marie n\u2019a pas abrité auprès d\u2019elle beaucoup de peuplades qui aient consenti à vivre d\u2019une vie sédentaire, l\u2019exemple du traitement charitable des indigènes, qui nous a valu la naissance de Caughnawaga, a influé nrofondément sur la conduite des b£.:lo-Saxons envers les aborigèê- nes.Deux séries parallèles de faits, économiques et démographiques, vont longtemps modifier, puis bientôt déterminer la vocation sociale de Montréal.Montréal doit sa fondation à des faits de route, à un obstacle dans la circulation fluviale.Les fondateurs avaient reconnu la position stratégique de la ville, ouvrant à la fois sur l\u2019océan et sur les mers intérieures.D'autres, avant eux, comme Champlain, avaient reconnu l'avantage incontestable de Montréal dans le circuit de la fourrure, d\u2019autres après eux, exploitèrent cet avantage.Sous le régime français notamment, Montréal, avant-poste militaire défiant l'Iroquois, escale d\u2019où partaient les fécondes décou- LE QUARTIER:LATIN LA VOCATION SOCIALE DE MONTREAL LE SEMINAIRE vertes, devient bientôt le grand centre du commerce, surtout du commerce des fourrures.Après la paix de 1700, le trafic des fourrures se développe dans les pays d\u2019en haut et des compagnies se fondent, comme celles d\u2019Occident et celle des Indes, qui fixent leurs entrepôts ou leur centre de ralliement à Montréal d\u2019où ils tirent surtout leurs traiteurs.Cette fonction d'échange à laquelle la destine sa position géographique s\u2019intensifie sous le régime anglais.Au commerce des fourrures succède le commerce du bois.Bientôt, marchands écossais et anglais y établissent des relations suivies avec la mère- patrie.Mais c\u2019est la construction des chemins de fer, qui convergent vers Montréal, la construction, entre 1823 et 1849, des canaux du St-Laurent, de l\u2019Outa- ouais, du Richelieu, qui élèvent la ville à sa situation de grand port fluvial.La fonction maritime appelle le progres industriel.\u201cLe port, 1ns- tallé sur une route fluviale longue de seize cents milles, ouvre l\u2019océan aux Grands Lacs et à un immense arrière-pays.C\u2019est la voie d\u2019entrée de plusieurs millions de tonnes de marchandises qui sont consommées ou transformées sur place, ou expédiées par tout le pays; c'est la voie de sortie des moissons de l\u2019Ouest et des marchandises venues des Grands Lacs.\u201d (P.Angers).Montréal reste toujours un carrefour.Mais ce lieu d\u2019échange, où convergent les lignes fluviales et les lignes ferroviaires venues de partout, élevé non à l'échelle régionale, mais à l\u2019échelle nationale et internationale, lui vaut d\u2019être depuis longtemps le centre financier du pays.Montréal est devenu la métropole du Canada.Parallèlement et en dépendance de l\u2019évolution économique, se développait une série de faits démographiques qu\u2019on peut diviser en deux parties distinctes: le flux et le reflux du peuplement de la plaine de Montréal.Le premier mouvement de colonisation autour de Montréal se fait en stricte dépendance d\u2019elle et est lié à la voie navigable du fleuve.Le peuplement de la plaine ne comporte guère que les approches et les lignes de défense de la ville.Les forts érigés autour de la ville naissante, St-Lambert, Laprairie, Sault Ste-Marie et plus loin en aval, Châteauguay peuvent être considérés comme des têtes de pont.Ainsi protégée, la colonisation se dirige en aval du fleuve: Boucherville, Varennes, Verchè- res, Contrecoeur et en face, l\u2019île Ste-Thérèse, Repentigny, St-Sul- pice, Lachenaie, au bord de la rivière des Mille-Iles, puis, sur les Îles, St-Vincent de Paul, St-Lau- rent; elle s\u2019avancera même jusqu\u2019à Lachine et Ste-Anne.Photo C.N.R, ST-SULPICE DE Mais c\u2019est la pacification, assurée par le traité de 1700, qui donna à ces frêles établissements un développement vigoureux et autonome.Et ce fut la montée le long des rivières, qui dura de 1700 à 1760: sur le haut St-Laurent, Châteauguay, l\u2019île Perrot, Soulan- ges, les Cèdres, la Seigneurie de Beauharnois.Mais la prolifération des villages en aval de Montréal se révèle extraordinaire, les paroisses gonflent et de nouvelles s'organisent en arrière.Puis ce fut l'infiltration le long du Richelieu: St-Denis, St-Charles, St-Antoine, Chambly, St-Jean.De Ter- rebonne, sur la rivière des Mille- Iles, l\u2019on remonte la rivière l\u2019Assomption.Dans tout ce domaine, ce fut, à partir de la cession, une expansion formidable, grâce à une triomphante natalité et au renfort d\u2019Acadiens réfugiés.Si bien qu'au moment où se termine le XVIIIe siècle, le peuplement français est solidement installé dans la plaine de Montréal.A ce moment, des environs de 1780 à 1851, on verra l'établissement des Britanniques.Ce fut d\u2019abord la venue des Loyalistes, commencée plus tôt mais alors faite en grand nombre, dans les Cantons de l'Est, dans le haut Richelieu, et dans les comtés de Huntingdon et de Châteauguay.Après la guerre de 1812, les immigrants vinrent des Iles Britanniques et s\u2019installèrent près des Loyalistes et dans le comté des Deux-Montagnes, celui d\u2019Argen- teuil, le long de la rivière Ottawa .En amont de Montréal s\u2019installent Anglais, Ecossais, et Irlandais en grand nombre après 1840.On .a voulu, semble-t-il, bloquer l'expansion des Canadiens fran- cais le long du St-Laurent vers les plaines fertiles de l'Ontario.Mais au cours des quarante années où s\u2019est déployée la colonisation britannique (23,000), dans la plaine de Montréal, les Français ont connu une poussée démographique qui a fait plus que triplé leurs effectifs.De 10,500 habitants en 1765, la population cana- dienne-française a passé à plus de 41,000 en 1790, à 160,000 en 1831, et 240.000 en 1851.C'est alors que va intervenir un phénomène extraordinaire et qui a été traité la première fois d\u2019une facon scientifique par M.Raoul Blanchard.Si l'année 1861 marque le sommet de la courbe: 272,- 000 âmes dans la plaine de Montréal, les années subséquentes tout au long du XIXe siècle et même jusqu\u2019au recensement de 1930-31 indiquent une décroissance constante.La plaine a moins d\u2019habitants en 1900 qu\u2019en 1850.Elle en possède moins en 1931 qu\u2019en 1861.Si le XIXe siècle a connu une modeste reprise, la cause en est à la croissance des villes périphériques de la plaine.Nous sommes en face de la dépopulation rurale.COMPLIMENTS DE Wilfrid Méthot Limitée ANGLE ONTARIO et ST-DENIS Certes la décroissance de l\u2019élément anglais est un des facteurs de la diminution de la population constatée.Entre 1861 et 1981, zette diminution représente 12,000 âmes.Or les Britanniques accusent à eux seuls un déchet de 18,- 000.Mais les Français ont à coup sûr une part considérable dans cette rapide transformation surtout si l\u2019on tient compte du facteur natalité.À cause même de cette natalité, le mouvement d'émigration a connu des caractères d'intensité et de rapidité, probablement inconnus ailleurs.Je dis probablement, parce qu\u2019aucune étude complète et scientifique de ce phénomène capital dans notre histoire n\u2019a paru à date.Nous pouvons affirmer que l\u2019émigration a mis en route chez nous des centaines de milliers d'hommes, et cela depuis le début du XIXe siècle.Cette émigration s'est dirigée vers le Nord, a la suite du curé Labelle; vers les Cantons de l'Est, où s\u2019est accompli une \u2018pacifique conquête\u201d; vers les Etats de la Nouvelle- Angleterre et quelques points des Etats-Unis, où se dirigea le grand nombre; enfin, vers Montréal où les accompagna le gros contingent des Britanniques et où les rejoint bientôt une fraîche et continuelle immigration britannique et cosmopolite.Pour remédier à cette surpopulation rurale très relative par rapport à l\u2019Europe, il aurait fallu que les dirigeants de l\u2019économie et de la politique se soient mis à une double tâche: d\u2019abord et avant tout intensifier la production agricole et élever en conséquence le pouvoir d\u2019achat des paysans afin de créer une capacité de consommation équivalente en volume à la nouvelle production industrielle; aussi créer de nouvelles possibilités de travail non agricoles dans les petits centres pour y diriger la surpopulation agraire, ce qui aurait permis au groupement canadien-français de conserver son homogénéité.Si la concentration urbaine est naturelle dans une société qui s\u2019industrialise, l\u2019accélération du phénomène aurait pu être évitée par plus de prévoyance ; ses conséquences auraient pu être diminuées par une préparation des cadres et surtout par une transformation préalable, du moins parallèle, des moyens d\u2019éducation.Aucun pays au monde n\u2019a connu, comme la province de Québec, une aussi radicale transformation sociale, vraiment catastrophique: il a fallu que ce pays ait des cadres sociaux bien solides pour qu\u2019il puisse vaillamment résister ! Mais il nous faut être réaliste, comme les fondateurs de Montréal: ils acceptèrent les Iroquois, il nous faut accepter la condition cosmopolite de Montréal.Malgré que sur unc pupulation de près 1 million, nous ne soyons plug qe 65% ou 70%, il nous faut quant \u2018 même réaliser, en l\u2019adaptant | vocation sociale de Montréal 1.nous faut mettre au service 4, - cette vocation un semblable mys ; ticisme aussi profond, et de, * moyens de réalisation aussi Pre, tiques et efficaces.$ Ce n\u2019est qu\u2019aujourd\u2019hui que 5 .FE réalisent les données dans lesqyy.if les nos fondateurs ont vu se ré | 5.liser le dessein de Montréal.Noy ; i sommes ici au point de renconty } 5 des cultures anglo-saxonne of HIE frangaise sur le continent amg; |: cain: l\u2019université anglaise y à été !f = fondée, chose étrange, avant k :|# française.Que les Anzlo-can.HE diens diffèrent des Etatsuniens \u2018fé cela ne fait rien à l\u2019affaire, sinon 18 de prouver l'influence même que |b# peut avoir notre voisinage.M, de ILE La Dauversière rêvait, à côté de !F£ la cité chrétienne, de Montrés Là des tribus aborigènes auxquelles NH se porterait le témoignage de I; [3 cité: Maintenant nous avons :Ë nous débordant en tous sens lf?nombre et force économique, yy: bi grand peuple, une centaine de mi LÉ lions auxquels il nous faut porter { à encore un témoignage de chré !Là tienté! 2 Je ne parle pas de l'influence Ÿ que pourraient exercer certain individus, partis de notre colles.| # tivité, pour aller dans les diffé.| rents points de l'Amérique du Nord ou d\u2019ailleurs, porter l\u2019Evan- gile et la fleur de la civilisation - française.Je ne veux pas m\u2019at tacher non plus à l'influence réelle, que peut exercer sur le pla : religieux notre collectivité nationale.Comment expliquer que ° dans les endroits où les Canadiens P# français forment la majorité, les [i catholiques d'expression anglaise soient plus forts dans leur foi?Comment expliquer encore qu'au - Canada la religion protestante H& soit plus vivace dans l'ensemble | qu\u2019aux Etats-Unis?Sinon par la [& réaction salutaire que rcut avoir notre présence et notre témoigna- |i ge chrétien canadien-français?Je voudrais dire la portée sociale de notre témoignage chrétien collectif; ce que j'ai appelé la vocation sociale de Montréal.E Cette vocation, que la vie ré- & vèle d\u2019une simple et grande unité, & la logique peut la dédoubler: # Montréal doit au peuple dont il | sort, qui le soutient et dont il est 3 'avant-poste, un témoignage d\u2019ex- | pression culturelle, sociale.Par fz ce témoignage d'expression, il fk réalisera, par rapport aux autres fg: peuples avec lesquels il vient en B contact, une vocation de rayon À nement.Resterait à en dégager le sens & précis et actuel; il a suifi den montrer aujourd\u2019hui l\u2019évolution & providentielle.k Jacques COUSINEAU, SJ.fr F AITES-EN L'ESSAI ET VOUS SEREZ PLEINEMENT SATISFAIT NOIX DE COCO ROTIES EN PARCELLES FRIABLES RECOUVER TES DE RICHE CHOCOLAT AU LA RICH ir Achetez-en aujourd'hui! i Tens hp re i STA ER A ER TARE SA Arlen Te 27\" MARS#1942 ETUDIANTS D'AUTREFOIS A l'occasion de l'anniversaire d\u2019une fondation, jeunes el vieux sont naturellement portés à rétrograder la main dans la main vers le passé.Les moins jeunes savourent de plus près leurs chers souvenirs en reconstituant dans un fidèle tableau les événements les plus saillants, tandis que ceux qui débutent dans la vie, piqués par la curiosité, participent à l'excursion derrière un voile polarisé qui leur cnlève le reflet du détail.Montréal compte déjà un vaste passé de trois cents ans: il y aurait lieu à beaucoup d'évocations.Nous avions projeté de célébrer ce tricentenaire dans éclat et le faste, mais la guerre et ses exigences sont venues ternir l'esquisse à son ébauche, de sorte que nous ne pouvons plus exécuter le programme « proposé.On vous a parlé et on vous parlera encorc du vieux Montréal, de ses origines cf de l\u2019évolution de ses institutions: sujet capital et passionnant.À côté des grandes lignes, il y aussi les détails qui ont leur importance.Nous voulons ici décrire cn peu de mots la vie universitaire à la fin du siècle der- Yrnier: vous verrez évoluer Carabin peu après l'érection des Facultés de droit et de médecine de notre université, qui menait alors une existence nomade, sans assiclle fixe, ct s'appelait \u201cLaval\u201d, cela jusqu\u2019en 1920.A ces dates éloignées n'ayant pas encore cu le bonheur de connaître les charmes de ma ville, il me faut au- jourd'hui pour décrire le carabin de cette époque, recourir à la documentation.Après deux visites faites à notre historien E.Z.Massicotte ct à l'honorable juge Philippe Demers, je revins la tête remplie de faits typiques, après un voyage caplivant au domaine de la pelite histoire.Et quel charmant accucil me fit chacun de ces maîtres du passé! J'en garde le meilleur souvenir.L'intérêt était d'autant plus grand que mes hôtes m'entretenaient de faits qu'ils avaient bel et bien vécu.Veuillez ne pas me taxer de chauvinisme s\u2019il s\u2019agit ici surtout des êtu- diants en droit: la fatalité a voulu que J'aille puiser mes renseignements à des sources essentiellement juridiques.Après tout, les disciples de Thémis ou Esculape ont un peu le même \u201cmodus vivendi\u201d.Traçons tout d'abord le cadre dans lequel ils ont vécu, les vicilles bâtisses qui ont abrité leurs premiers ébals universitaires.Le ler octobre de l'an de grâce 1878 avait lieu l'inauguration de la Faculté de droit dans le cabinet de lecture paroissial, sis au deuxième étage d'un immeuble de la rue Notre-Dame, pres- qu\u2019en face de l'horloge de Saint-Sulpice.Mais six ou sept ans plus tard, en 85, Jurisprudence força tellement les parois de tous les cerveaux qu'il fallut à tout prix élargir les horizons: on plia bagage pour se transporter sur un plus vaste plateau que recouvrait le toit d'un modeste entrepôt, situé entre le château le Ramezay et l'ancienne maison des barons de Bécancour.Edifice intéressant, puisque le plus grand quotidien français d'Amérique, la PRESSE, l'avait occupé dans toute son épaisseur quelques années auparavant.C'était aussi l'époque où le noble Esculape ne savait plus où donner la tête, car on tirait sa science à courte paille dans deux institutions médicales parallèlement apposées mais irrévocablement opposées: l'école de médecine Laval vs l'école de médecine Victoria, cette dernière fondée par Mgr Bourget et affiliée à une université de l'Ontario.Après des luttes soutenues ct acharnées, Laval fusionna Victoria: beau mariage de raison qui réunit sous le même toit professeurs ct élèves des deux écoles.Le troisième doyen de la faculté de droit fut l'honorable Louis Jetté, plus tard Sir, nommé licutenant-gouverneur de la province de Québec.Ce distingué doyen remplissait l'office de professeur de droit civil.H donnait, me dit-on, un cours très intéressant qu'il agrémentait d'anecdotes\u2026.dont une, entre autres, que Monsieur Massicotte me raconta: elle prouve bien que l'espit- gleric estudiantine ne date pas d\u2019au- Jourd hui.A l'occasion de la réouverture de la saison juridique à Paris, on faisait une procession grandiose à ro 1899.La Faculté de Droit.Site actuellement occupé par le magnifique trou du marché Bonsecours.Photo gracieuseté E.Z.Massicotte, ) ei A dar BS Cine wae En Da 1885.L'édifice \u201cLa Minerve\u201d logea l'Ecole de médecine.Photo B.Gariépy.laquelle prenaient part les augustes membres du Barreau, les honorables Juges revêtus de leurs toges rouges; ainsi on se rendait jusque devant les lourdes portes du Palais de Justice qui devaient s'ouvrir dans un grincement non moins solennel.Sur un des vastes battants de cette porte d'airain, un loustic avait écrit ces deux vers satiriques: \u201cAujourd'hui le barreau reprend son exercice Et tout rentre au palais excepté la Justice.\u201d Cing années après son inauguration, la Faculté de droit comptait à peu près une soixantaine d'élèves, parmi lesquels figuraient une dizaine d'anglais, notamment messieurs Campbell, Meredith et Allan, fondateurs du fameux prix Jetté, en l'honneur de l'honorable Jetté.Déjà, l\u2019université jouissait d\u2019une réputation très enviable par la va'eur de son enseignement et par la distinction de ses étudiants.Ç Il paraît que les étudiants en droit el en médecine ne nourrissaient guère de relations entre eux sur le plan universitaire.Considéraient-ils le droit et le médecine comme deux sciences destructives?Les Basochiens et les Carabins élaient-ils des antagonistes enragés, le cœur plein de chauvinisme?La raison de cet éloignement est simple: ces messieurs suivaient d'abord leurs cours dans des endroits différents, ce qui leur enlevail toute possibilité d'action commune; el puis, lorsqu'ils prirent place dans la même bâtisse, aucun espace ne leur était alloué comme lieu de réunion.Dès les premicrs jours de son existence, l'Université accucillait avec bienveillance l'étudiant qui en avait dépassé le seuil: c'était de la grande démocratie, mère ei patronne de la liberté.H faut dire cependant que nos ainés méritaient \u201cen droit\u2019 un tel traitement: unc partie venait de la campagne avec l'intention bien arrêtée de se consacrer corps ct âme à l'étude.On menait une vie simple et laborieusc.L'étudiant en droit employait ses temps libres à faire sa cléricature dans des firmes légales où il remplissait à la fois les charges de clerc, de sténographe ct de commissionnaire: tâche ardue qui lui rapportait de précieux profits.Faute de temps et de membres, les organisations cxtérieures aux cours n'abondaient pas à celle époque; il n'y avait que les cercles \u201cVille-Marie\u201d et \u201cDollard\u201d\u2019, où se donnaient parfois des conférences ct des débats.Toutefois, en 1892, sc fonda le fameux parlement- école, événement considérable, à la fois universitaire ct social.Constitué sur le plan fédéral, on suivait à ce parlement la même procédure qu'en Chambre: toutes les questions étaient débattues dans un fébrile enthousiasme et une chaude émulation partisane.En dehors des murs de l'université, on se livrait à très peu d'activités sociales ou autres.La littérature fut, à vrai dire, l\u2019amie d\u2019une grand nombre d'étudiants: aussi trouvait-on des poètes qui en appeiaicnt a leurs muses quand Jurisprudence ne savait plus les comprendre.Essais de prose et de poésie remplissaient les colonnes du \u2018Monde illustré\u201d ct du \u201cPasse-Temps\u201d, deux feuilles littéraires du temps.Pendant la préparation de son baccalauréat en droit, monsieur Massicotte, par exemple, eut l\u2019idée de résumer le code civil sous forme de tableaux synoptiques: travail d'une grande précision qui Jut publié l'année suivante, après avoir reçu l'approbation élogieuse de trois ou quatre juristes avertis.: Dans ce temps-là, les sorties en groupes n'étaient pas fréquentes, mais si, par hasard, il y en avait une, elle comptait.Le 16 novembre 1885 est une date à retenir dans les annales de ces manifestations: du tapage il y en eut.Ce fut le jour de la pendaison de Louis Riel.Nos deux facultés avaient beau vivre dans un mutuel éloignement, ce jour-là elles s'unirent pour crier hautement l'injustice de celle exécution.Naturellement, des groupes de curieux, venus des quatre coins de la ville, prê- rent guculards et mains fortes au pelil groupe universitaire.Le soir, les manifestants se formèrent en procession sur le champ de Mars: flambeaux à la main, vociférations à la bouche, on gagna le carré Dominion dans un tumulte fantastique où l'on perdit en effigie les ministres fédéraux responsables du crime.De retour vers l'est, la manifestation tourna en émeute, des coups de feu furent tirés par des civils, ce qui ne manqua pas de déclencher un suprême déchaînement de rage: une partie du groupe alla démolir une pharmacie à l'angle sud-ouest des rues Bleury et Ste-Catherine.À la faveur des arrestations et de la nuit, les clans se dispersèrent el tout rentra dans l'ordre.Ainsi s'écoulait la vie des étu- dianis autrefois.Les temps ne sont pas changés! Jean-Paul GUILBAULT LE QUARTIER LATIN [II veau 9 De - C\u2019est un restaurant comme tous les autres, décoré de placards aux couleurs criardes, vantant les qualités digestives et les vitamines de nos liqueurs nationales.Le vrai restaurant du coin: \u201cChez Léo\u201d ou \u201cChez Ti-Jos\u201d.Devant le comptoir, huit jeunes gens.Trois d\u2019entre eux discutent du mérite de leur joueur favori de hockey.Les autres se bourrent à qui mieux mieux, comme on dit chez nous.Evidemment il s\u2019agit des femmes.\u201cLe bruit des voix, de l\u2019entrechoquement des verres et du lavage de vaisselle est avantageusement accompagné d\u2019un swing hurlé par un appareil radiophonique digne du désintéressement bien connu des sociétés de récupération.Et ainsi, dans une épaisse fumée, s\u2019enrichissent les intelligences des héritiers de la plus belle culture qui soit, la culture française.Quelle illustration de la plaie sociale qu\u2019est pour nous celle du gaspillage de nos loisirs.Le travail qui nous fournit le pain quotidien et lc délassement, détente plus ou moins complète du corps et de l\u2019esprit, se partagent notre temps.Le loisir, activité intermédiaire et complément des deux autres, ne trouvent que peu de place dans nos préoccupations.Le loisir n'est pas le repos mais il s'en rapproche en ce sens qu\u2019il fournit à l\u2019homme la possibilité de disposer de son temps à sa guise.Pas de compte à rendre à personne.Et sans être le travail, il n\u2019est pas l\u2019oisiveté parce qu\u2019il implique une activité réelle, tout libre que soit cette dernière.Ces distinctions nous permettent d\u2019expliquer jusqu\u2019à un certain point notre inaptitude à bien employer nos loisirs.Nous savons quelle lutte ont menée nos ancêtres, d\u2019abord pour apporter sur la grande table familiale le pain quotidien, puis pour conserver et étendre le patrimoine en vue de l\u2019établissement de leurs fils.Aux longues heures de travail succédaient sans transition le délassement complet trouvé dans un sommeil bref mais réparateur.Ils dételaient! Nullement favorisée par la vie de famille, intense mais austère, l\u2019initiative des enfants à occuper intelligemment leurs loisirs, ne trouva pas beaucoup plus de stimulant dans les maisons d\u2019éduca- ion.Trop longtemps, hélas! on condamna leur esprit à se confiner aux manuels de classe, cultivant en eux une mentalité livresque, dépourvue de toute curiosité.Il s'ensuivit que le peu d'intérêt apporté au travail ne fit étudier le plus souvent que pour éviter un ec aux examens.Combien d\u2019intelligences et d\u2019'imaginations TE 3 EX IN TY YI) Wy UT EAA MELE LER Trace, [110 ML manuel! Combien d'initiatives déracinées dés leur naissance par la main malhabile du laboureur i qui l\u2019on avait fixé un nombre déterminé de sillons à tracer par jour.A tout prix, il fallait digérer en un temps défini tant de formules et tant de dictons.D'où, chez les jeunes étudiants, une culture livresque et formaliste stérilisant toute faculté susceptible de se développer plus largement en dehors du cadre restreint des matières de classe.Leur a-t-on appris à établir et à maintenir durant leurs moments libres l\u2019équilibre et l'harmonie nécessaire à l'épanouissement de toute personnalité ?D\u2019instinct, durant le sommeil nous nous retournons plusieurs fois sur notre couche, pour répartir sur l\u2019ensemble de nos muscles la fatigue causée par le poids du corps.Sur ce point l'instinct a dépassé les pédagogues ! La seule qualité qui aurait pu provoquer une réaction efficace, l\u2019esprit de travail de nos pères, nous ne l\u2019avons plus.Nous n\u2019avons plus, ni leur énergie, ni leur constance a la besogne.N'en- vions-nous pas l\u2019étudiant qui, sans étudier, se classe sur les premiers rangs?N'a-t-il pas même notre admiration ?Et voilà pourquoi les petits restaurants sont assurés d\u2019une bonne clientèle, les promoteurs de boxe, d\u2019assistances records, les orchestres de Cab Calloway d\u2019auditoires capables de combler le Forum! Dans nos loisirs nous apportons la.même énergie, la même ardeur que dans la poursuite de nos études en vue d'acquérir de la compétence professionnelle! Comment aurons-nous le souci de devenir des hommes complets durant nos loisirs, si nous n\u2019Avons même pas l\u2019ambition d\u2019être des avocats éclairés, d\u2019habiles médecins, des hommes d\u2019affaires avertis?Les mêmes constatations peuvent être faites pour ce qui est de nos activités sportives.Notre conception du sport n\u2019est-elle pas celle du spectateur qui, pour tout exercice physique, se trémousse deux heures durant sur un siège inconfortable.Il faut cependant noter en passant l'heureuse réaction qui.se produit actuellement.Le ski devient très populaire auprès des jeunes, qui, inconsciemment peut- être, fuient l\u2019artificiel des grandes villes, pour se plonger dans la nature même, et y puiser des réscr- ves de force et d\u2019énergie.D\u2019ailleurs, comme le dit le poème chinois: \u201cLes hommes, au fond, ça n\u2019a pas été fait pour s\u2019engraisser a l'auge, mais ça été fait pour maigrir dans les chemins, traverser.des arbres et des arbres, sans A a GOAL Fa 3 NN TY NLL Fag PPR ges CTR TA ET ; at 7 SN a i aa Lo JEAN-CHARLES FAUCHER IMAGE DE NOS LOISIRS étouffées entre les couverts du jamais revoir les mêmes; s\u2019en aller dans sa curiosité: connaître.c'est ça connaître!\u201d Notre génération y retrouvera- t-elle enfin l\u2019esprit de discipline de nos pères?Pourquoi ne pas I'espérer?Le méme réveil s'esquisse dans d'autres domaines.Dans celui du théâtre, les Compagnons de saint Laurent donnent au public montréalais des oeuvres propres à lui assainir, à lui former le goût.Les Concerts Symphoniques (même si le prix des billets est inabordable pour plusieurs) créent en notre ville un courant puissant vers la culture musicale de nos gens.Et le cinéma, si suivi avec discernement, et les bibliothèques, quelles richesses n\u2019y pouvons- nous pas trouver tout en nous reposant! La seule pensée des heures tragiques que nous vivons, ajoutée a la perspective peu réjouissante que nous réserve l\u2019après-guerre, ne suffirait-elle pas à nous rendre conscients de l\u2019impérieux devoir de faire de nous des hommes complets! Après tout ne sommes- nous pas français et chrétiens ?Ne sommes-nous pas nés d\u2019une race que l'épreuve a de tout temps trempée et retrempée?A la France qui souffre, quel témoignage plus profond de reconnaissance donnerions-nous sinon la renaissance chez nous des belles qualités de nos ancêtres ?Nous exaltons le courage et la foi des fondateurs de Montréal.Notre admiration se limite-t-elle aux impôts payés pour le salaire des ex-commissaires du Tricentenaire?Ce serait racheter la de bien mesquine et petite façon la dette que nous avons envers la France, patrie de nos fondateurs.Robert LETENDRE Tél.MArquette 8338-39 Millet, i Limitée PRODUITS SCIENTIFIQUES SELECTIONNES et INSTRUMENTS - pour la MEDECINE etla CHIRURGIE 1215; rue St-Denis, Montréal A ny API + my men me eas Roux & Cie, | Last ati Au; commencement Dieu créa le: ciel et la\u2018terre, y compris | fle de Montréal.Après quoi, longtemps après, l\u2019homme créa la ville de Montréal.\u2014 Comme le Créateur est parfait, il fit une oeuvre parfaite: c'est-à-dire que l'île de Montréal fut proprement et complètement entourée d'eau comme toute île qui ne tient pas à être presqu'île.Et comme l'homme est imparfait, qu'il contient nécessairement du bon et du pas bon, il fit le ville de Montréal imparfaite, à son image et ressemblance.fl n'y mit pas sept jours, car il n'est point le Divin Ouvrier; mais il y mit trois siècles, ce qui est beaucoup pour un homme et même pour un Conseil Municipal, f6t-il celui de Montréal sur les cendres duquel nous versons tant d'impôts.r si, des célestes domaines où règnent les aigles et les ministres \u2014 ce qui est évidemment la même chose \u2014 on jette un coup d'oeil sur la grande ville de Montréal, qu'aperçoit-on ?jen! Parfaitement rien! Pudique et timide, la métropole se dérobe à la musulmane sous un voile épais de fumée que l'on aperçoit d'ailleurs de vingt milles à la ronde.Cela forme un dôme, un ais, une voûte \u2018aussi noire\u201d, dirait Arthur Buies, \u2018\u2019que la conscience d'un conseiller municipal\u201d.Tout concourt à la fabrication de ce baldaquin digne par sa couleur du roi Bamboula; les locomotives y apportent la quintessence des houilles de la Pennsylvanie; les cheminées d'usines, les odorantes vapeurs des charbons de la Nouvelle-Ecosse, les navires arrivent de lsin pour nous fournir les bitumineux du pays de Galles.Qui voudrait entreprendre une visite de la métropole du Canada trouverait logique de commencer par le centre.Seulement.Si vous vous placez à ce que l'on admet communément être le centre de Montréal, vous êtes évidemment Place d'Armes; une Place d'Armes, notons-le en passant, où les seules armes offensives apparentes sont les comptoirs des maisons de banque et la terrifiante grosse-bertha du Trust de l'Electricité.Or, de ce prétendu CENTRE, il ÿ a quelque mille pieds pour arriver aux limites de la ville, côté fleuve Saint-Laurent; mais il y a quatre bonnes lieues pour arriver aux limites opposées! Comme vous le voyez, nous sommes bien exactement au centre! Partant de là on pourrait prendre, rue Notre-Dame, le tramway Amherst ou un tramway Windsor qui vous ménerait le long de la rue Sainte- Catherine.Enfin, si vous aviez une boussole, vous verriez que, ayant pris rue Craig un tramway Saint-Denis pour aller dans ce qu'on appelle le Nord, une fois sur la rue Saint-Denis c'est vers l'ouest que vous courezl De même, si vous filez vers \u2018l\u2019est\u2019 des Montréalais, vous vous dirigez à peu près droit au nord.Qu'y e-t-il à cela d'étonnant dans une région où, d'après la carte, Montréal-Sud est au nord de Montréal-tout-court, et Montréal-Nord à l'ouest?C'est ce .LE QUARTIER LATIN Cliché gracicuscté Jardin Rotanique.LE JARDIN BOTANIQUE DE MONTREAL qu'avait découvert avant moi un génial reporter qui publiait il y a quelques années un article remarquable et qui avait pour titre: \u2018What is wrong with Montreal?It's geography!\u201d C'est invraisemblable mais c'est vrai! Et il y en à comme ça partout.Tenez: WESTMOUNT, par rapport à la montagne, est franc sud; le ville de aujourd'hui, il est ait eu des débuts aussi modestes.un local plus vaste.DUPUIS FRERES.tions actuelles, rue Ste-Catherine.l'arrière.L'entrée de M.A-J.D rues DeMontigny et St-Christophe.plancher.Depuis 1936, le Dupuis Frères, à St-Henri.en a favorisé l'expansion.Canadiens français.Lorsque l'on regarde les édifices imposants qui abritent les magasins Dupuis Frères ifficile de croire que cet important établissement canadien-françait , Soixante-quatorze années se sont écoulées depuis l'ouverture du Dupuis par Joseph-Nazaire Dupuis, sur la rue Ste-Catherine est, près Doué d'une activité débordante et d'un amour intense du travail, Nazaire Dupuis brûla les étapes et à peine deux ans après l'ouverture de son magasin, il dut se chercher Cependant, ls mort vint l\u2019arracher prématurément à sa tâche, le 24 août 1876.Trois de ses frères continuèrent son oeuvre et adoptèrent la raison sociale En 1897, l\u2019un de ceux-ci, J.-Narcisse Dupuis devint l'unique propriétaire.Quelque temps après, les magasins adjacents furent achetés et ils font encore partie des construc- La marche de l'avant s'accentue et le magasin doit envahir les corps de logis à ugal comme gérant-général en 1911, coincide avec un nouveau développement.En 1916, M.Armand Dupuis, neveu du f dans l\u2019organisation comme secrétaire-trésorier.l'annexe de sept étages et sous-sol qui à façade rue De Montigny.occupent donc ainsi le bloc entier, soit un quadrilatère de 380 pieds de profondeur par 153 pieds de front.En 1924, M.Albert Dupuis, le président actuel, acquiert des intérêts majoritaires dans la maison et sous se direction Dupuis Frères, Limitée atteint une position financière des plus enviables.En 1933, M.Raymond Dupuis, avocat et fils du président, est nommé directeur.En 1938, de nouvelles constructions donnèrent su magasin une facade moderne rue Ste-Catherine et une section de 6 étages vint compléter la bâtisse à l'angle des ll y avait cependant plusieurs énnées déjà que la réputétion de la maison Dupuis Frères s'était Etendue à toute le province.Les patriotes clairvoyants s\u2019elffrayaient de voir l'argent de notre population rurale drainé vers l'étranger.plusieurs citoyens éminents, les directeurs de le maison Dupuis n'hésitèrent pas à jeter e fortes sommes dans la balance en décidant l'établissement du Comptoir Postal.lls n\u2018eurent pas à le regretter, puisque en 1927, le nouveau besoin, pour le libre fonctionnement de ses services, d'un local Cet espace devenu insuffisant, à dû omptoir Postal occupe un Édifice imposent, propriété de la maison Tel est, en raccourci, l'historique d'une orgenisation commerciale de chez-nous, » dont toute notre population est légitimement fière, puisque c'est elle qui l'a édifiée et Fondée par un Canadien français, la maison Dupuis Frères est demeurée aux mains es membres de la famille Dupuis et elle est toujours la propriété exclusive de Bret historique de la maison Dupuis Fréres remier magasin ontcalm.ondéteur, entre En 1923, on fait l'inauguration de Les magasins Dupuis A la demande de Comptoir Postal avait de 60,000 pieds de depuis, être notablement augmenté.Mont-Royal est en plaine, à trois ou quatre bons milles de la montagne de ce nom.Si vous partez vers le Nord, pardon, vers l'Ouest.enfin, je ne sais plus, .enfin si vous suivez la rue Bleury, vous sortez de la rue aint-Pierre et vous entrez dans l'Avenue du Parc.Une \u2018Avenue du Parc\u2019, étymologiquement doit aboutir au Parc où elle conduit et s\u2019y interrompre.Ce serait trop simple et trop logique; elle ne seurait s arrêter pour si peu et vient tout simplement buter sur la gare de travers qui, sise au bout de ladite Avenue du Parc, s'appelle gère Jean- alon.Si, au lieu de suivre aveuglément l'Avenue du Parc, vous avez tourné à gauche, vous voilà sorti subitement des limites de Montréal; c'est la fin?as du tout; vous n'avez qu'à continuer un peu et vous retombez dans Montréal.Car Outremont est un domaine réservé entouré d'\"intouchables\u201d Montréalais; Outremont est 3 Montréal une espèce de corridor polonais qui isole du coeur de la ville nos malheureux frères séparés, d'un quartier qui n'a même pas de nom connu et dont j'ai le bonheur d'être.e qui me force à ne passer par Outre- mont que juste le temps de payer l'amende deux fois l'an.ll y à ainsi partout des choses étonnantes.Vous vous engagez dans un tunnel et l'on vous apprend que vous traversez .le canal Lachine.ll ya ien à Montréal une Place Pasteur et sur cette Place Pasteur un grand édifice.C'est l'hôpital Pasteur?point du tout, cest l'école Polytechnique.Dame! soyons logiques! | Hôpital otre-Dame n'est plus rue Notre- ame, | Hôpital Saint-Luc est 3 deux milles de la rue Saint-Luc, l'Hôpital Sainte-Jeanne-d'Arc aux antipodes de la rue du méme nom.La rue des Conseillers Municipaux est le lieu de rencontre de gens de mauvais conseil.a rue du Maire, Mayor Street, ne mène à rien tandis que la mairie mène au Conseil Législatif.La rue de la ontagne est le seule de cette région qui ne s'y rende point; sur l'Avenue es Pins, qui n est pas une avenue, il n'y a pas l'ombre d'un pin.Le cairé iger est un rectangle, la Gare Viger était un hôtel, et la rue Atlantique est en plein champ! Que cette ville est curieuse et comme \u2018On \u2018comprend que l'étranger veuille connaître un endroit qui présente tant d'imprévu.Nous pouvons entrer dans l'île de Montréal par différents points straté- iques gardés par des individus de onne couleur politique et de noble extraction.lis portent tous le méme nom; ce sont tous des messieurs Du Pont, des messieurs' Du Pont de Péage.Les de Péage sont d'une famille qui remonte à la plus haute antiquité.Si vous arrivez par le pont de Charlemagne, une fois en terre montréalaise vous avez devant vous une large route qui bifurque.Pour rejoindre la rue Sherbrooke, qui est au Nord de la rue Notre-Dame, vous tirez au sud.Pour rejoindre la rue Notre-Dame qui est au sud de la rue Sherbrooke, vous tirez au nord.Histoire de vous entraîner.Nous avançons.Que d'espace! que d'odeurs! Et voici que sous \u2018nos yeux ravis fleurissent, après un cimetière qui nous souhaite la bienvenue, es usines sans nombre et des gazomètres pleins de gentillesse.Ah! un bâtiment imposant, majestueux: c'est peut-être l'hôtel de ville?Erreur, ce n'est que Saint-Jean-de-Dieu.Un eu plus loin s'offre un .monastère ?ardon, c'est le Mont Saint-Antoine, ont les pensionnaires n'ont rien du moine et qui, naturellement, est construit sur un plat.Nous voici maintenant devant de Vastes espaces qui portèrent le nom autrefois fameux mais depuis bien oublié de Parc Maisonneuve; fameux non point en tant que parc mais bien comme tremplin.Car ce fut, les anciens s'en souviennent, un tremplin politique e première grandeur.Mais cet endroit était réservé à un glorieux destin: aujourd'hui s'y élève le Jardin Botanique.Dès l'entrée s'étalent des plates- ndes où, tout dernièrement, nos échevins mirent les pieds avec un entrain sans égal, derrière sont les âtiments qui nous sont chers, et combien! C\u2019est là que les Montréalais, ivres de civique poussière et de municipal à adverse interdit les rives enchanteresses de Laval-sur-le-Lac ou les coquetels prestigieux de \u2018Nassau, viennent, le dimanche, prendre contact avec une nature: Plus Bellewd'être aidée \u201cpar sphalte, ceux du moins à qui la fortune e AE TRAST = 4 EA Ser AN ITY a SA Quel dieu, quel moissonneur de I'éternel été Avait, en s\u2019en allant, négligemment jeté Cette faucille d\u2019or dans le champ des étoiles.Photo M.Bane Victor Hugo JURTIOVET RYN Se Photo BE.Stucker.MAISON DE LA REGION DE MONTREAL Vartitice et se pencher sur ce que la rovidence a fait de plus parfait, après nous: les fleurs.On n'a point songé à nous doter, en même temps que d'un jardin botanique, d'un jardin zoologique; peut-être cela sera-t-il l'oeuvre d'un autre gouvernement.voi qu'il en soit, nous avons les fleurs, si nous n'avons pas \u2014 dans ce jerdin \u2014 les bêtes.Mais poursuivons notre promenade.Des rues et des maisons et encore es maisons et nous voilà devant un nouvel espace libre.Cette fois il s'agit du Parc LaFontaine ainsi nommé, dit ma concierge, à cause de la fontaine lumineuse.À ce sujet, il est opportun ue nous donnions ici la nouvelle éfinition du mot PARC telle qu'elle apparaîtra dans la Nouvelle Encyclopédie canadienne-frangaise: \"Parc et perticulièrement Parc Lafontaine, large espace où l'on fait l'élevage des gondoles et qui est temporairement planté d'arbres en attendant que l'on y construise des édifices.Je vous assure que cela est très sérieux.Vous avez certainement remarqué tout autant que moi qu'il n'est pas aussitôt question d'élever quelque bâtiment d'utilité publique que le choeur des innocents s'écrie: Pourquoi ne pas le mettre au Parc LaFontaine\"* ?ar on oublie trop facilement une chose, à savoir: que si le Parc embellit les édifices qui s'y rencontrent, les édifices, eux, tuent le parc qu'ils habitent; ils sont le cancer qui fleurit aux dépens de son hôte.Hélas! Trois fois hélas! Tandis que l'on ronge le parc et le dissèque en y élevant au lieu de détruire l'Ecole Normale, \u2014 ans \u2018le sens matériel, pour le moment u moins, car il ne faut pas brôler les étapes \u2014 pendant ce temps, il se trouve dans notre bonne ville des taudis immondes en bordure de petits parcs envahis par la racaille êt où il suffirait de construire, par exemple, un observatoire, pour donner à ce quartier une splendeur nouvelle.Heureusement que, de temps à autre, il y - a une erreur.Et c'est ainsi qu'un entrepreneur maladroit s\u2019est trompé adresse et.à sottement planté la\u2019 Bibliothèque Municipale en face de et- non paint dans le Parc LaForitsine, comme cela se devrait.Rentrons dans le.\"droit chemin.asi, es Ecoles Primaires Supérieures \u2018 ! L -coucher \u2018 exactement \u2018tout au og - l'Avenue, -ce qui arrive deux fois i -mént.de notre tortueuse rue Sherbrooke; n'allons pas descendre rue Ontario OÙ se rencontrent pourtant de singulières affiches.N'est-ce pas de ce | côté que dans notre si démocratique .Pays On trouve ces personnages pres gieux que sont le Roi, le Président at l'Empereur des Chiens Chauds?Con ment se fait-il qu'aucun d'entr: zux naît encore songé à s'intituler 1.Premier Ministre des Chiens Chauds?Ny aurait-il plus de bons libéraux dans ce savoureux quartier ?Suivant la rue Sherbrooke retrouvée nous nous approchons du centre ela se voit à ce que les maisons sont plus laides et la circulation pl congestionnée.Tramways et autobus, postés au haut des côtes, guettent les automobiles, qui elles-mêmes guettert E les piétons tandis que les agents guet tent l'heure d'aller boire un whishy rue est désormais un Hot turmultueux de véhicules divers.Voici la rue Saint-Denis et le Motordrome \u2014 qui est d'ailleurs une caserne -\u2014 et le Club Saint-Denis, situé coin Laval et] Sherbrooke.C'est une cohue et de plus en plus la circulation \u2026 C'est juste le moment que cell chamelle de rue Sherbrooke choisi pour mettre son corset et se donne une taille de guêpe.Du côté sud le maisons de travers, \u2014 ça aussi, pour quoi?\u2014 se poussent à E plus encombrante.Tandis que © côté nord s'étalent d'inutiles pelouses n m'a expliqué qu'il y avait 13 unt \u201cligne homologuée\u201d qui doit Eid jour, soulager cette pauvre rue.UN EY ligne homologuée! Je me demenc encore ce-que celà peut être et surtot quelle sorte de poissons cela pe prendre.Au lieu de suivre tout à l'heure b rue Sherbrooke, nous aurions pu t aussi bien\u201d prendre |'Avenue du Por et:chercher.à y faire quelques const tations agréables, prôpres à nous li oublier les tourments de la situatcs internationale.lous serions lo doucement montés vers le Parc Jeanne nce.Chaque fois que de la rue si therine j'ai regardé le solei j'ai regretté de ne point voir se décor he pe be per dans sa splendeur quelque mo\u201d A .0.RS Celui ide Cartier avec 5.B = A ui se ferait EM l'on-peut \u2018employer*ce ferme a:l'égard \u2026 ange-gardient qui fait-des\u201cpointes \u20ac.8 | qui op J.a3 7 MU fre ha st.EE N Photo E.Slucker.LE NOMBRE IMPAIR PLAIT A DIEU Virgile.été splendide ainsi.C'eût été une sorte d'apothéose; et de là-haut, Cartier eût sans cesse regardé palpiter autour de lui cette ville où il vécut.Au lieu de cela on l'a placé le dos au service des Incendies et face à la rue Rachel au nom biblique.a devant lui la rue Esplanade peuplée de nos concitoyens de religion .raccourcie.e visage tourné vers eux, les bras tendus, il semble leur dire: \u2018\u2019Venez à moi\u2019.lls ne se le font pas dire deux fois.Et vous n'avez qu'à passer dans ce parc un beau matin d'été pour reconnaître qu'ils y mettent de l'empressement et des peaux de saucisson.Je connais un boueur qui à appris le yiddish rien qu'à.y ramasser les journaux le lundi matin.Mais voilà que monté si haut nous tournerons machinalement les yeux vers l'est.Et quelle ne sera pas notre surprise d'apercevoir au loin, qui miroite sous le soleil printanier, une rivière, une authentique rivière.Vous vous informez et l'on vous appren ue ce cours d'eau n\u2019est pas le Jour- ain; que ce nest rien moins qu un fleuve et que ce fleuve est le fleuve aint-Laurent que nous avons vu dans nos atlas de géographie.Pour beaucoup, je le sais, ce sera une révélation.t dussé-je m'exposer au zèle du Comité de Protection civile, je vous.ferai savoir que, à fleur de Montréal, à quelques pas de la Place d'Armes, passe le fleuve Saint-Laurent.Evidemment je n'apprends rien aux étrangers qui sont renseignés, eux, par le fait qu'ils ont dû payer un péage pour arriver à Montréal: or qui cit péage dit pont, et qui dit pont dit ou rivière, ou promesse électorale.Mais je suis sûr que la majorité des vrais Montréalais, ceux qui n\u2019ont jamais éprouvé le besoin d'aller admirer les mollets aguichants des Québecoises ou les eaux glaciales de la Baie des haleurs, apprendront avec stupeur que le Saint-Laurent est à nos portes et qu'on le leur à toujours caché.Qu'est- ce donc que ce.Saint-Laurent?C'est d'abord un cours d'eau et magnifique.C\u2019est ) Laurent, le prestigieux, l'historique Saint-Laurent, le fleuve géant, près uquel le Canadien grandit en espé- fant; cest son majestueux cours\u2019 que l'étranger voit avec un oeil d'envie, 3 ce point qu'il: serait, paraît-il; question d'en faire'cädeau aux Etats-Un le beau Saint-.3 une époque -lüi ass Photo E.Stucker.DIVERSITE.En attendant, il nous est loisible de franchir le fleuve en montant sur le pont Jacques-Cartier.ais n'allez pas croire que ce pont ait été justement construit pour permettre aux Montréa- lais, qui le traversent en leur voiture, e voir le fleuve à peu de frais.Pas le moins du monde.preuve ce madrier de très belle qualité qu'une administration prévoyante a posé exactement à hauteur des yeux.Il y a quelque temps, vous eussiez pu à la rigueur, bravant les odeurs familières du marché et les escarbilles des locomotives du Port, vous glisser par les ruelles tortueuses, passer entre les camions qui font à Notre-Dame de Bonsecours une anachronique couronne.Treversant les voies de chemin de fer, puis une muraille défensive, vous fûtes arrivé sur les quais.Mais depuis que l'Italie triomphe sur les mers de la façon que vous savez, on a eu le soin de placer des gardes aux abords de notre fleuve.Et si vous demandez 3 l'un de ces agents: \u2018S'il vous plaît, pourriez-vous m'indiquer où est le Fleuve Saint-Laurent?\u201d Il vous répondra: \u2018\u2019Monsieur, adressez- vous au bureau.\u201d Renonçons donc à faire admirer notre beau fleuve et revenons à la connaissance de notre ville au hasard de cette fantaisiste et injuste promenade.La Place d'Armes, nous l'avons vu, est le nombril de Montréal; quant à son cerveau, j'ignore où il se trouve ien que les Outremontais soient volontiers prêts à affirmer qu'il se trouve en eux.|| serait peut-être plus juste d'affirmer que, depuis quelques mois, il se trouve à Québec.Mais à propos de cette Place d'Armes, qu'il me soit permis de faire ressortir un autre paradoxe de notre bourgade qui, vous le voyez, n'en manque point.Notre ville, une des plus pacifiques ui soient au monde, est centrée sur deux taches d'asphalte y on appelle belliqueusement l'une, la Place d'Armes et l'autre le champ de Mars! Or la dernière sert à \u2018\u2018parquer\u2019\u2019 les autos et la première.à attendre le tramway! Cette Place d'Armes était, peraît-il, indéterminée, ornée d'arbres magnifiques dont les branches rotectrices s'entrelaçaient par-dessis tête des paisibles citoyens.lls ont disparu et une administration soucieuse de notre confort nous a donné eh échange un édicule souterrain.qui est, J i; toujours! \u2014:ornétd\u2019unipéage.CARER Se ath Lees SA mab AA Leet une -haie conduit mal gré bon gré vers le Palais \u201cde Justice.\u2018LE QUARTIER LATIN \u201c~~ Bi (1 Photo gracicusetd Mgr Maurault, LE CHATEAU DE RAMEZAY VERS 1890 Au milieu des \u2018verts gazons\u2019\u2019 de ce square central se dresse une statue de gisonneuve.Pauvre homme! Je l'ai regardé l'autre jour.Il a un bras levé en signe de protestation et l'autre retombé en signe de découragement.Et il y a vraiment de quoi! ù sont les belles forêts et les eaux courantes et les oiseaux?|| a bien en face de lui l'église Notre-Dame qui ne prête pas à la plaisanterie et qui doit lui être agréable.côté c'est un mur, le mur de Saint-Sulpice, un mur dont on peut dire qu'il est le pain quotidien de nos guides historiques qui sans lui n'auraient presque à montrer que le Palais des Nains.Le mur de Saint- ulpice est d'un côté de l'église, comme le bon larron; de l'autre côté, c'est l'édifice Aldred.Ce monsieur Aldred, sans doute un personnage historique, doit être bien supérieur à Maisonneuve puisqu'il le dépasse de plus de vingt étages.on monument est une sorte de pal symbolique où des compagnies qui possèdent notre capital enfouit une partie de ses bénéfices sur lesquels nous paierons intérêt jusqu'à notre mort.Tout autour de la Place il y a six édifices.Comme par hasard, on y voit l'affiche du Telephone Bell.Puis ce sont le Royal Trust et le Montreal Trust.Il y à la banque Canadienne Nationale et la Bank of Montreal.Au moins celles-13 sont-elles au gran jour, tandis que les autres, la Barclay, a Dominion, et consorts sont tapies ans le coupe-gorge de la rue Saint- Jacques comme pour y comploter quelque mauveis coup.La Commerce, elle, tire du grand et fait mine de snober la Montreal dont le beau dôme évoque l'idée d'un lourd couvercle rabattu sur le coffre aux écus.Ainsi donc, si e la Place vous tournez- à gauche, ce sont les banques et, tout au long de la rue Saint-Jacques ouest, les boutiques mal famées des agents de change et des notaires.A droite, c'est encore .pis.Toute \u2018avocats s'y trouve qui-vous Arrêtons-nous un instant devant ce dernier.édifice: vous êtes entre la Procédure \u2018Civile d'une -part et \u2018la Procédure Criminelle en face; véùs avez le choix.Heureusement, un plaideur bienveillent a pris soin de \u2018laisser sur la:pelouse, inscrit en- lettres idetfleurs;:ceiduittize.l'oeil ile Hilitte e SANS LA FAUSSE sa douloureuse expérience.M y a écrit ces mots: \u2018Je me souviens! Il y a quelque chose de paradoxal à trouver sur une plate-bande voisine, près l'hôtel de ville, une divise bien faite pour détourner les gens de leur envie de procès.Que dit celle-là: \u201cConcordia Salus\u201d.Mais comme on l'a écrite en latin, personne n'y comprend rien et les chicenous continuent d'envahir le palais de Justice où perdre en procès ce que le Département des Finances, après l'impôt sur le revenu, leur a laissé de dollars à cinquante sous.Mais qu'est-ce à droite que cette maison étonnante qui tient de la terme du bas de Québec et du moulin à vent?C\u2019est le Château de Ramezay, berceau de tant de prestigieuses sociétés.-Or jusqu'à l'année 19.quelque chose, la maison Ramezay était une brave et vétuste demeure comme tant d'autres; solidement construite de onne pierre de chez nous et suffisamment celme d'apparence pour que l\u2019on devinôt sa véritable et plaisante noblesse.Mais peut-être jalouse de ce que l'on avait construif à Québec un hôtel qui s'appelle dteau Frontenac et qui a désormais l'air d'un chétesu comme j'ai l'air du Grand Lama, une e nos sociétés patriotiques, nationales et historiques songea qu'il était injuste de laisser à quelques individus, Dollard, Cartier, Aldred, Maisonneuve et autres, le monopole de la célébrité historique et que peut-être un chapeau neuf ferait bien sur cette vieille figure.Et voilà pourquoi, un beau jour, des maçons dont j'ignore s'ils étaient revêtus de costumes d'époques et avaient des truelles en bois rond vinrent coller à cette brave habitation une espèce de tourelle à poivrière dont jamais jusque-là elle n'avait senti le besoin.Quittant cette mémorable relique, nous trouvons, qui s'offre à nous, une pente.Descendons-là.Nous laissons à droite, la Cour du Recorder, dernier salon de ces dames.façade imposante, qui est, manège où, en dépit de la langue \u2018française, il y a des soldats -et :point du tout de chevaux.Mais pourauol .nous\u2019 obstiner; ma 1 2 SE 279MARS#1942 TROIS SIECLES DE THEATRE L'histoire du théâtre à Montréal est nettement confuse en ce qui a trait à la période s'étendant depuis le régime français jusqu'à la fin des quarante premières années de domination anglaise, tandis que de 1800 à nos jours cette confusion semble peu à peu s'éclairer à la lueur des documents qui nous en sont restés.De toutes façons, dans la brume où elle est perdue, cette histoire du théâtre nous apparaît comme un cercle vicieux, puisque son point d'origine après de multiples évolutions successives se retrouve à l'arrivée.Pour faciliter notre étude ct aider la compréhension du lecteur, nous croyons devoir séparer ce cercle en diverses parties, ou pour employer l'expression géométrique admise, en cordes, dont chacune sera étudiée successivement selon l'ordre chronologique et dont la dernière, bien que différente, rejoindra la première.Notre classification sera cependant toute arbitraire, et nous n'osons trop là conseiller aux auteurs de manuels de littérature que cette portion de notre histoire littéraire pourrait intéresser.Première période: ÉPOQUE INDIENNE OU SAUVAGE Nous l'appelons indienne ou sauvage, pour ne pas l'appeler iroquoise ou huronne ou algonquine, parce que nous ne savons pas exactement à laquelle ou auxquelles de ces races elle se rattache particulièrement.Mal limitée par les dates, cette période s'étend sur trois faits qui, à notre avis, sont les premières manilestations locales e l'idée dramatique, et qui, en même temps, en sont les plus importantes parce qu'elles contiennent en elles- mêmes les principes qui orienteront tout notre théâtre: le sang et le déploiement des costumes.Le premier de ces trois faits est antécédent à la venue des rançais et demeure strictement du domaine des Indiens habitant notre île.\u2018est le poteau de torture, qui, quoique d'un genre théâtral assez particulier, n'en demeure pas moins un des sommets de l'art tragique, puisque dans le grand drame qu'il représente, il englobe et acteurs et spectateurs dans une action et une émotion bien différentes, qui se rejoignent cependant par leur intensité commune.La seconde manifestation que l'on pourrait qualifier d'antémontréalaise prend place ans un genre plutôt inconsistant et moins fort que le précédent, où l'élément spectaculaire a le premier pas.Il eut lieu bien avant 1642, lors de la visite de Jacques Cartier à Hochelaga et dut causer une relâche de l\u2019habituel et à la longue monotone drame de l'Indien, en lui faisant apprécier les délices du spectacle de la nouveauté et provoquant en lui une émotion toute ramatique à la vue de la descente à terre de Cartier et de ses hommes, qui n'a pas dû manquer du théâtral indispensable qu'un tel geste impliquait.e troisième fait que l'on peut dire paramontréalais, puisque se produisant sur un rivage de la Nouvelle-Écosse, ne fait pas moins partie de l'histoire théâtrale de notre ville, parce qu'il est la première manifestation drame- tique consciente enregistrée sur le sol de la Nouvelle-France, et que partant, il est le père de toutes les autres manifestations dramatiques qui le suivront dans le pays.Ce fait a consisté en une espèce de pageant maritime, Organisé à l'avance et présenté selon un plan bien défini, qui portait le titre de: \u2018\u2019Le triomphe ou l'apothéose de Neptune\u2019 ou quelque chose d'approchant.Il aurait Été joué et mis en scène par les hommes de Marc Lescarbot, avec le concours d\u2019embarcations, déploiement de drapeaux et sans doute salves de fusils, pour épater les naturels du pays.lci, se termine notre première période.Nous y trouvons le théâtre déjà ans une situation précaire: le spectacle de la torture en était certes la manifestation la plus intéressante, mais les limites où elle se confinait devaient nécessairement provoquer sé chute, comme genre dramatique du Moins, car un public soumis quelque temps à des émotions trop fortes finit par se lasser, tandis que les acteurs soumis à un tel drame ont dû 3 la longue se faire rares.Le spectacle e la découverte offrait aussi un intérêt dramatique, mais une fois produit, il tombait à rien, car cet intérêt ne rési- ait que dans sa nouveauté, qui, une fois connue, ne demeure pas neuve longtemps, et qui de ce.fait provoque l'échec irrémédiable du genre.Et en fin de compte, le pageant nautique de escarbot eut sans doute bien peu d'attraits pour les Indiens, puisqu'il n'est signalé nulle part que sa première ait été suivie d'une seconde.De toutes façons dans des conditions aussi difficiles que haserdeuses, le théâtre avait pris racine en terre de Nouvelle- France, et \u2018cette jeune plante portait déjà en elle le malheureux grain (pour -jüsqu'en 1 employer cette comparaison chère 3 nos historiens) qui devait pousser si misérablement par la suite sur l'humide île de Montréal.Cette naissance difficile explique la tournure particulière que prendra la vie de notre théâtre pendant la seconde période et aussi es multiples vicissitudes et maladies qui I'accompagneront toujours par la suite.Seconde période: EPOQUE D'OBSCURANTISME, D'INCONSCIENCE OU DE POUSSEE SILENCIEUSE Cette seconde période s'étendra des origines de la ville jusqu'à 1800, et la seule manifestation dramatique qui en marque les débuts, est qu'aucun document relatif à son théâtre n'en est resté à l\u2019histoire.Pouvons-nous conclure de là au silence complet du théâtre local pendant plus d'un siècle et demi?Certes pas.Car faute de manifestations connues, rien ne nous empêche de nous laisser aller à des suppositions justes et raisonnables sur les faits dramatiques qui ont pu se produire au cours de cette période et qui, puis- qu'inconnus des historiens, ont dû revêtir un cachet d'intimité où l'histoire n'a pas su les rechercher et les déceler.A notre avis, ces manifestations ont pu être d'un double caractère.Caractère familial d'abord, où l\u2019on voit la jeune lille de bonne famille exécuter son tour de chant devant le cercle des amis et surtout des futurs éventuels, et caractère scolaire, où les collégiens sous la direction de leurs maîtres devaient jouer des oeuvres classiques parmi lesquelles: Le Cit, ou le Side, ou le Seide de Corneille ou encore Héraclius, du même auteur, comme la chose se faisait à Québec.ependant en plus de ces manifestations dont nous ne pouvons vérifier l'authenticité, se placent vers 1776, deux faits plus significatifs et rapprochés de notre sujet.C'est tout d'abord, l'impression à Montréal d\u2019une tragédie en trois actes: \u2018\u2019Jonethas et David\u201d' dont l'auteur nous est inconnu.Nous lisons qu'elle fut jouée avec succès au collège Saint-Raphaël, dans le château Vaudreuil, où deux ans plus tard on présentait: \u2018Le sacrifice d'Abraham\u201d dont nous ignorons aussi l'auteur.Le second fait se place à la fin de notre seconde période.\u201d C'est l'apparition de notre premier auteur dramatique Joseph Quesnel, dont l'opéra \u201cLucas et Cécile\u2019, la comédie vaudeville \u2018Colas et Colinette jouée à Montréal en 1790, la comédie en vers \"L'Anglomanie\u201d et la comédie en prose \u2018Les républicains français\u201d ne sont pas tombés dans l\u2019ouvli.Et en plus de cette considérable production dramatique, il aurait composé plusieurs symphonies, des quatuors, des duos et de la musique sacrée.Troisième période: ÉPOQUE MILITAIRE ET ANGLAISE OU DECADENTE Elle s'étend de 1800 à 1850.C'est la période la moins intéressante parce que constituée essentiellement de ce u'il y avait alors de moins bon en fait d'acteurs et de répertoire, comme le rapportent certains voyageurs anglais u temps.faut cependant signaler ici qu'il ne s'agit pas de théâtre fran- cais, mais d'un théâtre strictement anglais dont les acteurs seront des artistes de tournée ou des militaires de la garnison qui, aidés de leurs épouses, monteront des spectacles pour les soldats.Le fait le plus marquant de cette époque est la venue de Charles Dickens à Montréal avec une troupe de tournée ainsi que le passage sur les scènes locales du grand acteur anglois Edmund Kean qui y présente quelques pièces du répertoire shakespearien.Quatrième période: EPOQUE DES TOURNÉES FRANÇAISES 1852 marque le début des visites le troupes françaises par la venue d'un roupe d'acteurs de la Nouvelle- rléans, qui présentent deux piètres comédies en un acte et un monologue.lls seront suivis par différents groupe: ments plus ou moins intéressants où nous retrouvons cependant des noms célèbres: Sarah Bernhardt, Madame Segond-Weber, Jeanne Hading, Théo.Judic, Coquelin et Mounet-Sully.C'est aussi à la fin de cette époque ue se formeront les premiers cercles d'amateurs où l'on relève, à côté des noms de comédiens qui vivent encore e nos jours et qui à l'occasion montent encore sur la scène, des noms de compatriotes qui, pour avoir quitté les lanches n'en ont pas moins bien fait eur marque, et nous les retrouvons dans la magistrature, le droit, le professorat et même au camp de conten- tration.Nous arrivons ensuite à la période du théâtre local avec la naissance du National qui, fondé en 1900, durera 7.Son importance ne\u201ctient - cependant pes tant à la qualité de son répertoire qui semble se complaire ans le mélodrame, que dans le fait de sa longue existence.Cinquième période: ÉPOQUE D'AURORE Il ne s'agit pas ici de l'aurore d'une ère nouvelle dans le théâtre mais de l'Enfant martyre.On verra dans les quinze années qui séparent 1915 de 1930, un renouveau d'auteurs dramatiques canadiens qui auront si vite fait inventorier la veine des possibilités locales en sujets de pièces qu'ils iront les puiser à l'étranger.Ce sera alors un pillage remarquable de tout ce qui se faisait en dehors du pays en fait e mélodrames, qu'une adroite ou plus souvent maladroite adaptation fera passer pour une oeuvre originale.lls évaient bien le droit les pauvres auteurs d'en agir ainsi, leur illustre pré- écesseur Corneille, n'avait-il pas fait e même lorsqu'il s'était inspiré du Cid de Guillem de Castro ?De cette période où la conscience professionnelle semble particulièrement ominer, il n'en sort pas moins une oeuvre authentiquement originale et qui à notre avis devrait passer à la postérité.Il s'agit évidemment d'Aurore l'enfant martyre, qui, permettez-nous le donner encore une fois notre avis, LE:QUARTIER LATIN PAGE ONZE .STANDARDS MUSICAUX Le Quartier Latin, 27 mars 2042\u2014 M.le professeur Quartde- ton, titulaire de la section artistique à la Faculté d'Histoire du Canada de l'Université du Mont Royal, a donné hier soir, devant un vaste auditoire, un cours public intitulé: \u2018Inventaire musical de la cité de Montréal! à l'époque du Troisième Centenaire\u201d.Ce cours était sous les auspices du comité d'organisation des fêtes du Quatrième Centenaire et servait, en quelque sorte, de préparation au Festival de musique canadienne qui doit commencer la semaine prochaine et qui se poursuivra pendant un mois.Voici un résumé de cette causerie.Mesdames, mesdemoiselles, messieurs: Je n'entends pas ici mettre en tableau synoptique l'activité musicale de nos compatriotes du siècle dernier.Loin de moi la pensée de retenir votre attention pendant une heure en vous lisant une liste de noms de compositeurs ou en vous énumérant les sociétés musicales qui existaient à cette époque.Grâce à un emprunt auquel le public a si généreusement souscrit nous possédons depuix dix ans un Conservatoire dont les archives vous renseigneront à ce sujet.4 Le, » ® i 3 > SL lh TTR LS dar a UE Es on - SEE RR EE ue ARTE = Lu acids EA ar.CHEZ LES COMPAGNONS DE SAINT LAURENT demeure le sommet de son genre, bien au-dessus des \u2018Deux orphelines\u2019 quoi que puissent en prétendre nos illustres confrères parisiens.En plus d'Aurore, cette période nous aurait légué bien peu de choses si elle n'avait laissé sur son passage ce goût du pillage que nous retrouvons encore parfois de nos jours.| Son histoire est encore trop neuve pour qu'on la raconte et, l'oubli n'ayant pas encore creusé son vide dans les esprits, il serait vraiment trop facile de retracer nos erreurs.Délaissant l'historique de cette époque, nous nous \u2018bornerons à expliquer la dénomination que nous lui avons donnée.Nous assistions il y a quelques jours à peine à la représentation du drame \"Les amants de Mayerling' où, comme tout le monde le seit, les deux héros finissent par se suicider.L'auteur de cette nouvelle pièce pour éviter tout réalisme trop choquant avait conçu de suggérer le suicide par deux coups e feu partis de la coulisse plutôt que de l'effectuer sur la scène.Et de fait, c'est selon cette conception que le suicide se produisit.Nous entendîmes un coup de feu, puis un second.et c'était tout.Non, ça n'était pas tout, car ma deuxième voisine à gauche s'écria: \u2018\u2019C\u2019est-y plate, y se sont pa; tués sur la scène.\u2019 Je ne crois pas que la phrase mérite de commentaires, car le lecteur aura clairement vu la justesse du titre que nous avons donné à notre dernière période, en même temps qu'il aura compris que le cercle est bien revenu à son point d'origine puisque cette phrase contient dans toute son essence le drame primitif qui caractérisait le théâtre à ses débuts.* Avant de terminer cet aperçu forcément incomplet, nous tenons à remercier monsieur Jean Béraud de Presse pour la gentillesse qu'il\u2018a eue de nous prêter une remarquable série de ses articles ainsi que l'Annuaire théatral paru en 1908, dont nous nous sommes inspirés pour ce qui a trait aux faits historiques qui ont accompagné la vie du théâtre à Montréal.Charles:DUMAS ax Mon intention est plutôt de brosser un tableau général de le mentalité musicale des Montréalais du siècle dernier ainsi qu'un bref aperçu des ressources dont ils disposaient.Vous constaterez avec moi que ces compatriotes disparus ont édifié ce qu'on serait en droit de nommer: le miracle de la musique canadienne.Disons avant tout que les Montréalais de 1942 parlaient beaucoup de musique.Ces conversations compensaient pour la rareté des concerts et ont éveillé peu à peu une curiosité de plus en plus générale.On parlait énormément du problème de la musique canadienne.En effet, la crise des compositeurs était aiguë.A vrai dire, on ne s'entendait pas très bien sur la définition à donner à ces mots: musique canadienne.Certains voulaient à tout prix reconnaître dans toutes les oeuvres nouvelles que présentaient les compositeurs canadiens des chansons du folklore français émigré au Canada avec les premiers colons.D'autres au contraire sbhiorréient toute musique où l'influence du folklore se faisait sentir.L'opinion des premiers poussait certains compositeurs à harmoniser tant bien que mal quelques chansons de folklore, à les juxtaposer en un tout qu'ils croyaient définitif.L'opinion des seconds poussait les gens à oublier que Haydn a édifié presque toutes ses symphonies sur des chansons populaires autrichiennes et hongroises.Tél.Plateau 7953 * Rayon d'Optique et d'Optométrie 7.Al, Benoit Emg.CHEZ Al.Benoit - Benoit Protectal Inc.1617, mue SeDenis = Montréal Si l'on songe que, tiraillés par les deux camps, les compositeurs ont téussi à poursuivre leur métier, nous sommes en droit de nous étonner d'une si magnifique résistance.Si l'on songe de plus que les écoles de musique qui existaient alors se préoccupaient surtout de former des instrumentistes plutôt que des compositeurs nous sommes également justifiés de nous demander: comment ces gens-là ont-ils pu produire des compositeurs Est-ce à dire que l'enseignement de la composition n'existait pas?Non certes.Quelques excellents professeurs donnaient des cours privés et c'est grâce à leurs oeuvres et aux oeuvres de eurs élèves que nous pouvons aujour- d'hui parler d'une musique canadienne du XXème siècle.Je rappelle en passant qu'il y à un siècle existait dans le Québec ce qu'on appelait \u201cLe Prix d'Europe\u2018.C'était tout simplement une bourse d'études sur le modèle de celles, si nombreuses, que nous avons aujourd'hui.Nous pouvons donc mesurer le chemin parcouru depuis un siècle puisque maintenant les Européens viennent chez nous étudier les arts et surtout y chercher un milieu favorable à leur épanouissement.Disons cependant que cette bourse d'études n'était disponible qu'aux seuls instrumentistes ou chanteurs.Les compositeurs devaient compter sur la charité de l'État.Le sort des instrumentistes, du moins des instrumentistes du sexe féminin, était un peu meilleur.De nombreuses congrégations religieuses de femmes entretenaient des écoles de musique.On y étudiait bien la composition mais comme complément aux études instrumentales.Les jeunes filles qui étu- disaient dans ces institutions avaient souvent l'ocasion de se faire entendre en public, soit dans les concerts organisés par leurs écoles respectives, soit dans les multiples récitals qu'offraient les sociétés de charité.Pour ce qui est des professionnels il convient de mentionner tout d'abord notre orchestre qui a fêté il y a quel- ues années son centième anniversaire.convient également de mentionner les festivals qui chaque année étaient offerts au public musicophile.Il est inutile d'insister là-dessus puisque ces magnifiques institutions se sont maintenues et qu'elles font actuellement la gloire de notre cité.L'amateur de musique de 1942 avait aussi à sa disposition plusieurs concerts e moindre importance ainsi que plusieurs récitals donnés, ceux-là, par des artistes étrangers.Vous entendrez prochainement quelques oeuvres de quelques compositeurs de cette époque.Vous pourrez en juger par vous-mêmes.Les noms e quelques grands instrumentistes canadiens nous sont parvenus et c'est à juste titre que nous les vénérons.Pour ce qui est de la mentalité musicale de l'époque, svouons qu'elle présente une physionomie extrêmement variée.Comme de tous les temps, il y avait beaucoup de snobisme dans cette mentalité, snobisme compensé r un amour généralement sincère de la musique.Ce snobisme ne consistait pas, comme on l'a affirmé à tort, en le désir de se montrer à un concert auquel \u201cil faissit bien\" d'assister.Ce snobisme était purement musical.Le public édifiait des préférences parfois justifiées mais rarement basées sur des critères solides.C'était l'époque de ce qu'on a appelé le \u2018\u2018\u201ccomparation- nisme\u2018\u2019.On élisait un compositeur et l'on jugeait tous les autres d'après le plus ou moins de ressemblance qu'ils pouvaient avoir avec lui.Il se formait ainsi des clans que l'on aurait pu dési- = i.ner du nom du compositeur qu'ils avorissient.Rares étaient les eudi- teurs qui pouvaient goûter les oeuvres les plus variés de style et de vocabulaire, sans arrière-pensée de les comparer à celles qu'ils avaient désignées comme contenant toute la vérité musicale.À vrai dire, cette mentalité s'était surtout dessinée lors des débuts de notre orchestre.Vers 1942, quelques isolés s'y rattachent encore mais la masse des auditeurs fait preuve d'assez d'éclectisme.On conserve cependant pendant encore quelque temps l'amour de la pure virtuosité instrumentale.Cela tomba bien vite et l'on finit par juger les solistes sur leurs qualités purement interprétatives et non plus sur leurs possibilités digitales.es années qui entourent le Troisième Centenaire de notre cité cons- titualent en somme, au point de vue musical, une période de formation, un \u201cmelting pot\u2019 des opinions et des événements.Il n'est pas facile de découvrir une formule qui puisse résumer toute cette époque.Reconnaissons qu'elle avait une ligne générale, une ligne de force: le désir de faire de ontréal une des premières villes musicales du monde et de la musique canadienne, une musique qui pourrait sans rougir être comparée à celle écrite à la même époque dans les autres pays.Seulement, on ne s'entendait pas sur les moyens pour parvenir à cette double fin.C'est la caractéristique, je crois, de toutes les époques riches et généreuses.Je parle ici évidemment du seul point de vue de la persée musicale.Cor cette époque, riche et généreuse musicalement, à été singulièrement pauvre et mesquine dans d'autres domaines.Nous qui possédons aujourd'hui tout ce qu'un peuple musicien peut désirer, c'est notre devoir d'admirer et de remercier nos compatriotes du siècle dernier puisqu'en somme c'est grâce à eux, à leur résistance, à leur volonté, à leur désir sincère de bien faire et à leur amour non moins sincère de la musique, que nous sommes devenus une des premières nations musicales du monde.Eux, ont créé de toutes pièces les instruments de leur survivance; ils ont surtout donné l'exemple d'une magnifique détermination d'arriver un jour à faire de leur métro- ole un centre artistique envié et onoré, Nous avons recueilli les fruits de ce qu'ils ont semé.La récolte nous a été aisée et agréable; n'oublions pas que le temps des semailles a été pour eux difficile et entrecoupé d'orages qu'ils ont réussi à traverser en conservant le sourire de l'espérance.Jean VALLERAND Les éditions du Quartier Latin tiennent gratuitement à la disposition de ceux qui en désirent copie du texte complet de M.le professeur Quartdeton.Qu'on se hâte, car nous n'en possédons à peine qu'un million et demi de copies.Les Étudiants trouveront tous les volumes dont ils ont besoin CHEZ DEOM 1247, Saint-Denis Montréal ALT TH STI AEN L O.GROTHE LIMITÉE \u201cSLA PORTE ETROITE\u201d Photo M.B.L'histoire nous représente le sieur de Maisonneuve conme un vertueux gentilhomme détaché des biens de la terre.Elle ne nous révèle rien de ses goûts, ni de ses conceptions en nmtiére d esthétique urbaine.Né d'une mation d\u2018urtis- tes, il avait quitté son pays au moment où s'éluborait l\u2019art classique et il avait installé sa colonie dans un site superbe, au pied du mont Royal, sur les rives du fleuve.Mais devant les embiiches que dressuient autour de son fortin les Jro- quois frustrés de leurs droits de premiers occupants, l'intrépide fondateur et sa petite troupe avaient d'autres soucis que d'édifier des villas palladiennes ou des sanctunires baroques.Et nous ne savons pas si le sieur de Maisonneuve serait fier de sa ville.Du régime franca Montréal, ne conserve que quelques vestiges épurs, la maison Ramezay, le vieux séminuire, les tours de St-Sulpice, la maison de Le Moyne de Maricourt, le petit couvent de Ia congrégation Notre-Dame, à Pointe St-Charles, \u2014 toutes constructions d'un métier honnête et solide.Sous le régime anglais, ln ville continue de se développer lentement à l\u2019intérieur d'un quadrilatère compris entre les rues Berri, Sainte-Catherine, MeGill et le fleuve.l\u2019uis viendra, vers Ia fin du siecle dernier, ln grande poussée de croissance qui se poursuivra jusqu'à Ia guerre actuelle.Cette expansion rapide, nécessitée par une immigration incessante, s'opère pendant une des époques les plus pauvres de l'histoire de l'arehi- tecture (1) et sous l'impulsion de mentors au goût inquiétant, les agents d'inmmeu- ble, les conseillers municipaux, les nouveaux riches et Ia compagnie des tramways.L'histoire navrante de cette prolifération anarchbique a fait récemment l'objet d\u2019une étude très pertinente de M.Marcel Parizeau, dans l'Action Unuiver- situire.Nous avons parlé de ville d'art .Tapies au fond des golfes, penchées sur les cours d'eau, serties dans les vallées, les belles cités se distinguent d\u2019abord par la majesté de leur endre.l'homme y a disposé harmonieusement ses habitations, ses houtiques, ses palais, ses temples, parant ainsi le paysage du raffinement de son génie.\u201cLa benuté d\u2019une ville\u201d, ua écrit d'autre part Georges Duhamel, \u201ctient moins à In richesse de ses édifices qu'à la forme et à l'élégance des espaces libres .les constructeurs de villes sont d'abord de grands sculy s d'espace.\u201d Les nécropoles fameuses, DPersépolis, Angkor, Tiatihuanneo, les patriciennes vénérables, In douce Florence, In noncha- Jante Venise, la noble Athènes, les grandes capitales, Paris, Vienne, Rome, Londres et tant d\u2019autres, possèdent toutes, à des degrés divers, cette multiple heau- té du décor, des monuments, des perspectives et des places.suffit de citer tels sites renommés, les Champs-Flysées, Trafalgar Square, le Prater, In Corne d'or, In Puerta del Sol hour évoquer aus sitôt Paris, Londres, Vienne, Istamboul, Madrid.Montréal fait évidemment modeste figure à côté de ces noms prestigieux.Auprès de ces princesses, elle a un peu l'allure d'une adolescente au teint hrouil- lé qui a poussé trop vite.Elle n'a pas comme elles une ime, ni cette poésie de l'air et des pierres qui en fait des hiivres de crâce où l'étranger retrouve avec orgueil un reflet de Ia grandeur humaine.Oh! je sais, Montréal est jeune, en plein essor, elle n'a pas eu le temps de se faire une beauté.La belle affaire! Les contemporaines du Nouveau-Monde, New.York, Washington, Rio-de-Janeiro, Buenos-Aires appartiennent aussi a des pays neufs, elles ont constamment reculer leurs murs devant le flot de l'immigration, mais en revanche, elles tâchent fébrilement de racheter leur jeunesse par des constructions colussales ou somptueuses, démolissant pour dégager ou reconstruire et pour livrer à l'oeil étonné des perspectives souvent belles, parfois auducieuses, toujours généreuses.Montréal était belle au temps de Jacques Cartier.Elle avait encore au XIXe siècle une sorte de grâce provin- clale; aujourd'hui, à l'encontre de ces beaux visages qui nous semblent délicieux bien que piqués de comédons, elle nous Inisse, malgré quelques jolis coins, une impression de luideur et de déser- dre.Et l\u2019on s'étonne que des hommes d'esprit français n'aient pu tirer un mellleur parti de l'emplacement vraiment splendide choisi pur son fondateur.Mais notre dessein n\u2019est pas de déplorer [a progression amibienne de notre cité ni In détestable utilisation que Von # faite de son site (Ja montagne charcutée par le tramway et prise d'assaut par des constructions de tout acabit tandis que l\u2019on plante des pares sur les dépotoirs, la belle nappe d'eau du fleuve cernée par des entrepôts, des usines ou des hangars au lieu d\u2019être le prétexte d'une belle promenade ombragée comme RÉAL, VILLE D'ART u'elle offre à l\u2019oeil exercé de l\u2019amateur esthétique d\u2019incomparables richesses.Montréal est une grande magicienne.Elle sait se jouer des styles avec une habileté prodisieuse pour en tirer des effets inattendus et les faire servir aux fins les plus auducieuses.Rue Sherbrooke par exemple, entre les rues Drummond et Guy, Fon voit successivement, un hôtel renaissance, un castel médiéval de proportions éléphan- tissiques, une église romane, un temple néo-classique, une église ogivale, et, de l\u2019autre côté de la chaussée, un imaeuble moderne qui montre timidement l\u2019oreille.Square Dominion, nous retrouvons Saint- Pierre de Rome face i une acropole de polices d'assurances sur laquelle (rône Une colonnade corinthienne, Rue Saint- Urbain, c\u2019est une basilique bysantine qui dresse su coupole et son minaret sur une foule bigarrée où flottent des parfums d'orient.Rue Laurier, c\u2019est un hôtel bourguignon qui abrite une brigade de pompiers.Transplanté rue McTavish, un château de la Loire qui sert de refuge à de nobles turbines.Allleurs, un sanctuaire de pierre transformé en garage et une église dont les bas-côtés évoquent dans leur uustère simplicité les staîles de quelque vaste entrepôt pour camions, Enfin, rue Suinte-Catherine, parmi les boutiques de merciers, de corsetières et de fleuristes, In \u201ccathédrale engloutie\u201d.Montréal, ville élue des métamorphoses.2 FE 4 Photo M.B.\u201cCHUTE DE LA MAISON USHER\u201d Rue Drotet Photo M.R.\u201cLE MYSTÈRE EN PLEINE LUMIERE\u201d sers vase Cum Photo M.B.\u201cLES DESENCHANTEES\u201d en possèdent toutes les cités civilisées, l'illogisme du plan en damier sur un sol inégal et parsemé de terrasses, ete).N ne voulons pas insister non plus sur l'évidente nécessité de remplacer l'odieux tramway par un métro, quelles que soient les fallacieuses objections des actionnaires de cette compagnie soi- disant d'utilité publique.Nous laissons À d'autres le soin de faire valoir les mérites relatifs des banlieues-jardins, dont le principal attrait est surtout d\u2019ordre végétal, où les charmes réels et trop ignorés du vieux Montréal et du quartier des picds noirs.Nous nous proposons simplement de démontrer aux esprits chagrins que Montréal, malgré ses imperfections, est vraiment une ville d'art remarquable et HERDT & © 7 avenue ov Quelle éloquenee ont ses monuments aussi! Voyez Cartier, imperturbable sous la menace continuelle de son espèce d'ange de Damoclès et qui semble répéter crânement lu devise des titis du faubourg: \u201cEssaye à m'avoir !\u201d*, et Chénier, secourable, qui indique au passant de son index tendu, l'édicule enfoui dans les feuillages, à l\u2019autre bout du square, ete.ete, Mais cest dans l'art décoratif que Montréal affirme son originalité esthétique.Nulle part au monde l'imagination humaine n\u2019a déployé ane plus haute fantaisie que dans ses ruelles, ses escaliers, ses balcons, ses poteaux, et au fronton de ses habitations.Les ruelles de Montréal sont uniques, inimitables.Malgré le pavage qu'on leur L'ÉTUDIANT AMÈNE SES PETITES AMIES CHEZ GERACIMO 412 est, rue Ste-Catherine AIR CLIMATISÉ LE QUARTIER LATIN \u201cLA TRAGEDIE DE LA MINE\" Photo André de Tonnancourt.a infligé au nom du progrès, elles n'ont rien perdu de leur pittoresque et de leur pureté.Quelle couleur, quel grouillement de vie! 11 faut les voir par une chaude matinée ensoleillée quand les ar- péges colorés des cordes a linge sonnent dans l'air de vibrantes farandoles, et que les ténors maraîchers exaltent les fruits de Cérès, accompagnés sans sourdine par les vocslises des ménagères et les tintinnabules polyphoniques des poubelles housculées par des gamins.Sensible à leur aétrait, le ciel lui-même se couvre de brocart et de pierreries pour assister aux récitals nocturnes de musique de chambre qu'y donnent les félins de gouttière.uelle variété de lignes et de formes dans les palissades, les piquets, les garages, les hangars et les tambours de nos ruelles.Le cubisme est né dans nos ruelles.l'étranger nous envie à bon droit nos escaliers.Nous laissons à MM.Chauvin et Boucher l'honneur de vous en faire l'éloge.Signalons simplement, pour l'édification de nos lecteurs, qu'ils sont pour notre population un grand facteur de redressement moral puisqu'ils évitent aux locataires d'un immeuble de périlleuses promiscuités et les occasions de péché que sont les rencontres de palier.Et cela est tellement vrai que les facades restaurées et privées de leurs escaliers ont quelque chose d'obscène.Mais revenons à l\u2019art.Les balcons de Montréal rivalisent de grâce avec ses escaliers.Ce ne sont pas, comine ceux d'Espagne ou d'Italie, des \u201csemblants de balcon\u201d, ce sont de vrais balcons, aux lignes nettes et fières, qui, au lieu de se fondre peureusement dans les façades, conservent toute leur liberté d'envoi \u2014 ou de chute.Tremplins pour poétes ou observatoires pour psychologues, tendus comme des offrandes ou des mentons de pugilistes, coiffés de tiares ou de barrettes, maigrichons ou pansus, Jumeaux ou solitaires, ils confèrent aux rues de Montréal une physionomie extraordinairement animée et rappellent à l'oeil émerveillé Pappétissant souvenir de grappes lourdes mûrissant sur des espaliers.O Juliette, 6 soeur Anne, que n\u2019avez- vous connu les balcons de Montréal! La Gréce a ses colonnes, I'Italie ses cyprès, In Colombie, ses totems, mais Montréal atteint à la perfection plastique avec ses poteaux.Le long de nos rues, ils sont comme le symbole immuable de la fécondité de In race.Bien PARADIS\u201d plus, les poteaux ont une âme, Naguère.quand nous jouions A cache-cache, ils nous faisaient à l\u2019oreille de bourdonnantes confidences.Tendres pour les vani- ches et les malheureux que la vie triste enivre, ils défendent valeureusement la peau des piétons contre les ruades des chauffeurs sadiques.Poteaux de ma ville, vous êtes beaux, vous êtes grands, vous êtes bons! Au fronton de nos habitations courent des frises, des balustrades, des corniches, des créneaux, des tourelles, des clache- tons, des échauguettes, des poivrières, des lanternes, des coupoles, des belvédères, des bulbes, des sphères, des cines, des pyramides, des lucarnes borgues et des donjons nains, des pions et des fous, des bouchons de carafe et des moulins à café, des girouettes, des auvents, des pagodes, des mastabas, des stoupas, des ni ches, des alcoves, des garde-fou sans clientèle, et, dans les quartiers neufs, des tranches de pignon et des tartines de tuiles.Jamais on ne vit pareille profusion décorative.L'art de tous les temps, la botanique, la géométrie, la mécanique et l\u2019anatomie se conjuguent pour composer cette cavalcade de formes qui ferait pâlir d'envie le facteur Cheval et le visionnaire Gaudi.L'étranger matérialiste reste ébahi devant nos escaliers, nos balcons, nos frou- tons et nos poteaux.El n'en con:prend pas le sens profond.Dans notre marche vers l\u2019étoile de notre destinée de \u201ccatholiques et de français toujours\u201d, nous devons tenir nos yeux fixés au ciel.Et pour marcher la tête haute, il n'est rien de tel que de suivre du regard lc mouvement ascensionnel d'un escalier, de se hisser ensuite sur les balcons pour enfin se perdre dans la contemplation sans fin des floraisons frontales de nos maisons! Ainsi Montréal, ville provisoire et bü- clée, nous apparaît, malgré sn montagne saceagée, son fleuve étrangiée et son plan illogique, comme une grande ville d'art et une cité d\u2019une spiritualité intense à cause du talent souversin dunt clle fait montre dans ses ruelles, dans ses es caliers, dans ses balcons, dans ses pe- teaux et dans la jungle magnifique de ses toits.Paul DUMAS (1) Non arehltectes sont nu courant du re nouseau opéré dans l\u2019architectnre d'au- ourd'hu!, par les frères Perret, l.urçat, Maliet-Ntevens, Le Corbusier, Adolf 1,00» Groplus, Wudok, Frank Lioyd Wright, Saarinen, ele.Mats notre public est tos.jours en retard de cinquante ans.H .LE:QUARTIER LATIN = - NOS \u201cBELLES\u201d ESCALIERS \" Un jeune Hollandais, lecteur passionné Jules Verne, se présenta un jour chez notre Tini-Reoul Clouthier, directeur du service de publicité française du Canadian Pacific, |} venait de boucler le globe.C'était le prin- au cours de sa promenade, ce furent nos escaliers extérieurs.Oui, nos escaliers extérieurs dont l\u2019image devait raster gravée dans sa mémoire à côté de celles de l'Acropole, des grandes pyramides, de la muraille de temps et c'était le \u2018semaine du grand nettoyage\u201d.C'est-à-dire que le moment ne pouvait être mieux choisi pour montrer à cet à toute la presse d étranger un Montréal requinqué et tout paré des grâces du renouveau.On l\u2019installa dans un autocar avec toute une voiturée de rubbernecks américains.il n'aurait rien de plus pressé que de vanter à son hôte la basilique de Montréal, réplique de St-Pierre de Rome, l'église Notre-Dame, réplique (qu'on dit!) de Notre-Dame-de- Paris, le monument Sir George Etienne Cartier, réplique de la colonne des Girondins de Bordeaux, et d'autres merveilles aussi originales! De tout cela il ne souffla mot cependant, car la seule chose qu'il remarque, ine et du Taj-Mahal au clair de lune! Rentré dans son pays, le jeune homme raconta msterdam que les Montréalais dressaient contre leur maison, pour y grimper, l'hiver, quand la neige en interdisait l'entrée, des échelles t comme celles de Jacob.Sourd aux explications qu'on lui avait données, il s'était convaincu que nos escaliers extérieurs étaient une sorte de ponts-levis jetés sur des bancs de neige, ne pouvant croire qu'ils ne répondissent pas à un impérieux besoin.Il se trompait, évidemment, mais son erreur partait d'un bon naturel.Qu'il se fût mépris sur leur destination, qu'il n'ait pas compris que * nos escaliers extérieurs, ces machines à son retour, croyait-on, Photo M.B.MIRABILI VISU.= Jean-Charles FAUCHER.selon l'expression de Raymon RÉACTIFS MERCK & Co.LIMITED Manufacturiers de produits chimiques .e Les-produits chimiques Merck s'en tiennent aux plus hauts standards établis pour leur pureté et leur uniformité.PRODUITS PHARMACEUTIQUES PRODUITS DE LABORATOIRES monter chez soi, eussent pour unique fonction de conserver intact le cube logeable et circulable de nos maisons, cel n'a qu'une importance bien relative.Mais, au moins, il les avait vus, ces escaliers, il les avait remer- qués.C'est plus que ne sauraient dire soixante-quinze pour cent des Montréalais que laisse indifférents le grotesque spectacle de ces tentacules au visage de nos maisons.Îls ne les volent pas plus, en effet, que les PP que qui masq P ment ou à demi toutes les belles vieilles maisons de pierre des ues Bleury, Ste- Catherine et St-Denis, ou les échauguettes, poivrières, girouettes, créneaux et tourelles, dont se parent les habitations privées, construites aux environs de 1900.Avons-nous des oeillères ou sommes-nous insensibles à la laideur comme Mithridate aux poisons?Pourquoi faut-il, par exemple, que l'Est soit, pour le touriste, un objet de curiosité et l'Ouest un objet d'admiration ?Là, de charmantes cités-jardins peuplées de cottages de style villageois, \u2014 Normand, Tudor ou Georgian, \u2014 tout tapissés de lierre.Ici, des maisons sans style avec, pour plantes grimpantes, des escaliers roides comme une échelle de potence ou tordus comme de la ferraille, luxuriante végétation métallique, flore pétrifiée d'une jungle urbaine, absurdes ornementations dont le pathos ferait pôlir les fioritures les plus outrées des cathédrales mexicaines de style baroque ou churri- queresque et auxquelles il ne manque que d'être polychromées pour obtenir le record de la laideur parfaite Les escaliers extérieurs les plus solennels et les plus ridicules se rencontrent à l'est, au nord et au sud de Montréal.N'en cherchez ni au nord-ouest, ni au sud-est.À l'ouest, où de belles villas s'assecient sur la montagne comme sur les gradins d'un amphithéâtre, de même que dans le quartier de résidence d'Outremont, les permis de construite ne sont accordés que sur présentation d\u2019un plan d'architecte, ce qui explique qu\u2019on n\u2019y voie aucun escalier extérieur.Quant à la zone sud, du fleuve à la tue Lagauchetière, elle a toujours été protégée contre ces saintes horreurs par des propriétaires, architectes et constructeurs d'un meilleur goût.On n'en trouve naturellement aucun dans les rues commercantes, ni dens le Vieux Montréal, aujourd'hui la cité des affaires, car nos ancé- tres bâtissaient plus intelligemment que nous.D'ailleurs, notre architecture n'est à l'âge de l'escalier que depuis une quarantaine d\u2019années.Les spéculateurs de '\u2018gay nineties\u2019 et aussi les échevins pour plaire à leurs administrés qui réclamaient le droit de bâtir à leur guise, c'est-à-dire n'importe comment et dens fe seul esprit de gain, hâtèrent l'éclosion des cités-poulaillers qui couvrirent en quel- ues années les deux tiers de Montréal.ans son ouvrage d'urbanisme, intitulé \u2014 La Métropole de demain, et publié à Montréal en 1910, G.A.Nantel, ancien ministre, fut l\u2019un des premiers à faire la guerre aux escaliers extérieurs, mais sans le moindre succès.ll déplorait le traitement de faveur accordé à l'est en permettant d'y construire à la bonne franquette les maisons de moins de deux mille\u2019 dollars.Voici ce qu'il écrit en 1910: \u2018\u2019Des quer- tiers ont été gâtés et sont devenus des agglomérations disparates, pourvues d'autant de formes différentes qu'il y a de goûts parmi les constructeurs.Les escaliers extérieurs à deux ou trois étages, tellement à pic qu'on dirait des échelles, se suivent sans fin, empêchant l'oeil de se porter au loin et masquant toujours un certain nombre de chambres obscures dans des logements déjà sombres.\u2018 Tels sont, en effet, les inconvénients des escaliers extérieurs qu'on peut ramener à quatre: 1.\u2014lls sont un contresens géographique, enghe, eu- teur de cette Géographie humaine de Montréal (1928) qui reste la meilleure étude que nous connaissions sur le Montréal d'aujourd'hui.En effet, que penser de ces hautes échelles rectilignes ou courbes, en partie rectilignes, en partie courbes, à vis ou en tirebouchon, dans un pays comme le nôtre?L'escalier extérieur est condamné par tous les auteurs de manuels d'architecture à cause de la neige, de la pluie et du verglas.Les auteu:s français le tiennent pour un mode d'accès dangereux.Et pourtant la France n'a pas nos six mois de neige, de verglas, de givre et de \"bouetie\u201d, et les gens y sont généralement plus continents que nous, sous le rapport que vous savez.En France, d'ailleurs, comme ans tous les pays d'Europe, l'escalier est une cage intérieure; ici, c'est une échelle qui conduit à une cage, la maison.En résumé, comme il est de r gle que l'architecture soit Recrutement de l'argent des Patriotes influencée par le climat, l'escalier extérieur n'a aucune raison d'être au Canada.2.\u2014ils enlaidissent la façade des maisons et rendent impossible la construction de belles habitations modernes aux surfaces lisses.3.\u2014Ils gâtent toute perspective.4.\u2014Ils obturent des ouvertures faites pour recevoir l'air et le soleil.C'est uniquement aux escaliers extérieurs que nous en avons, à ces escaliers posés contre les façades comme des échelles de poulailler ou comme ces pièces de charpente, appelées tins dans les problèmes de mots-croisés, qui servent à soutenir la quille d'un bâtiment aux chantiers de construction navale.À ces escaliers, parallèles ou perpendiculaires à la feçade, s'ajoutent sur deux autres murs de la maison les escaliers de secours, dits échelles de seuvetage, et les escaliers de service.Cela fait bien, pour certaines maisons, trois escaliers extérieurs: un premier en avant, un deuxième en arrière et un troisième sur l'un des côtés.Ainsi fagotée, la plus jolie maison du monde reçoit l'iréparable outrage.Les seuls escaliers logiques s'inspirent des escaliers en tourelle du moyen-âge et de la renaissance, enclos dans des tours, carrées ou cylindriques, accolées à certains châteaux ou habitations.On trouve quelque chose du enre dans le quartier Rosemont, boulevard & loseph et à l'extrême-est de la rue Sherbrooke.Enfermés dans le bâtiment même, sans être en saillie, ils s'élèvent discrètement de galerie en galerie, la porte d'entrée de chaque logement superposé donnant sur la galerie.Ainsi compris, ces escaliers ne sont plus qu'à demi-extérieurs.Mais les autres, comment les défendre et comment expliquer qu'ils entrent aussi largement dans un programme d'architecture domestique?La seule façon que nous voyons pour les architectes et entrepreneurs d'expliquer leur présence importune serait de nous répondre par quelque sophisme dans le goût du philosophe Emerson: \u2018\u2018L'esthétique, c'est l'utile la beauté, c'est l'efficacité.\u201d Sur ce terrain-là on pourrait ergoter longtemps avant de s'entendre.Peut-être encore ces messieurs pouraient-ils nous dire qu'ils ont, là au moins, dans la diversité infinie des formes de leurs escaliers, dans le jeu et l'agencement des marches, des paliers, des rampes, des pilastres, et des balustrades, fait preuve d'imagination et de fantaisie; ou même que les escaliers comme ils les entendent, sont une véritable création canadienne, une stylisation unique d'objets utiles.A ce compte, l'escalier extérieur deviendrait une de ces choses cent pour cent canadiennes à rude et forte saveur du terroir, comme nos ceintures fléchées, nos souliers de \"beu\", nos tuques à gland etnos mitaines s de pouce! Mais cela lui confèrera-t-il la eauté qu'il n'a pas?Nous en doutons comme vous en douterez vous-même, après Ja description que nous allons tenter de nos familles d'escaliers extérieurs, de leurs divisions et subdivisions, établies avec toute le conscience et le sérieux que mettent les her- borisat dans le classement des plantes de leurs collections.Suit la description des 5 classes d'escaliers : 1\u2014Les perrons.Q\u2014Les escaliers rectilignes.3 -\u2014Les escaliers spiralés.4.-\u2014\u2014Les escaliers hybrides.5.\u2014Les escaliers parfaits.et comme conclusion.Il existe certaines règlements municipaux qui en interdisent ls construction, mais ce sont de ces règlements qui ne s'appliquent, comme la plupart des lois, qu'à ceux qui ne savent s\u2019y soustraire.Ces règlements, qu'on les mette en vigueur, ou encore, qu'on taxe les marches d'escalier, comme l'a suggéré M.Raymond Tanghe.Extrait d'une étude photographique de Roméo BOUCHER et Jean CHAUVIN, psrue dans le «Revue Populaire» en septembre 1933.Chaque succursale de la Ban- ue de Montréal est un \u2018\u2019bureau e recrutement\u201d pour les dol- lacs des Canadiens désireux de servir leur patrie.Dans n'importe quelle de nos 500 succursales du Canada, l'on peut acheter des timbres et des certificats d'épargne de guerre, et obtenir des renseignements complets sur les emprunts de Buerre.Engagez-vous dans toute la mesure de vos moyens afin d'aider À gagner une victoire décisive pour la liberté, \u201cBanque qui accueille bien les petits déposants\u201d Service de b q À ot péri _ é.24 années d.4 érations frais de 124 années de fructueuses op bration - my Oa RF LL | I I Ps EX N À \u2018 ah AANA YL lk [PY | k NM EP =F HOHE Le 2 |.a 42 ES nds RAT US 1 WV \u201cShirl 3 t SOF = HR $3 (ATES ARLIDEEERY RS JRITELEIIRNE ood Medina tried adv .dre rende Jan = re bk a à mn Cents TT] te 4 À 1 qu ue 7e = es 1 | BY \u201ca mms 2 4 2, 18 TI UE 3 LY | el ZL RF ZT] PY Sel Yap [7 At BY EE) Hh Ba Vi TRL XB EK SN RY HITT IRE (EIR ACNE FY FX LA 2 J BN 3 J 8 0 A ) 5) 2 WR 1 E: pére | se 4 i RH =) =.34 LL RER RE 720 Ed EEE es SE i [rs LL = Cp mms 1 AY [2 SE BN SE ee FW 22 S BE TH TI PLU TS A So] Len Ty , 2 fates ST FETE pL dé Cf TET Fo SR Ora TT ses nan , Ce den) = LL a 3 N RH BA Jean-Charles FAUCHER. AGE*QUATOÏZE LE:QUARTIER EATIN \u20182TAMARS #1949 MONTREAL \u2014 SON HISTOIRE SINGULIERE Quelques notes sur Montréal et son histoire singulière.Ville congue dans le plus beau des rêves.Rêve qui aboutit i un avortement.Avortement qui se change en une grandiose réalisation.Cycle étrange.* * * Tentons un peu d'histoire conjecturale.Imaginons le rêve des fondateurs s'informant dans la réalité concrète, la modelant en toute liberté et selon toute puissance idéale.Quel paysage de géographie humaine eût présenté à la Nou- velle-France et à l'Amérique, Ville Marie?Supprimons la guerre iroquoise.Dans l'illusion d° \u201carrêter\u201d l'Indien, de le former à la vie européenne et de le mêler même, comme un fils, à la nation française, ne voyons qu'un dessein d\u2019audacieuse générosité.Ville-Marie fut devenue une cité proprement missionnaire, portant au visage l'âme des mystiques, ses fondateurs.Faisons-nous l'i- Mage par conséquent d'une agglomération humaine, comme l'on en vit au Paraguay et un peu sur quelques autres coins des Amériques, ville sainte, pleine de frocs, de coiffes monastiques, de sons de cloches, où les églises, les chapelles, les hôpitaux, les maisons d'enseignement formaient le noyau, le centre rayonnant et bourdônnant, tel qu'en nos villes modernes, le quartier des affaires.Attiré vers ces hommes blancs, d'une espèce si nouvelle, comme il en avait apetçu quelques-uns à Québec, aux Trois-Rivières, au pays des Hurons, au milieu de ses petites caravanes de chasseurs dans les forêts du nord, Français d'âme et de langue pleines de douceur et de mystère, qui ne faisaient nul cas de ses castors, qui ne lui demandaient que son ime et son amitié, l'Indien fût venu, par petits groupes timides et par toutes les routes d'eau qui conduisaient à l'abord universel des nations.Il fut venu, séduit par cette nouveauté d'une nation d'hommes qui ne lui demandaient que de se laisser aimer.L'île entière eût pris l'aspect d'une colonisation franco-indienne.Les défrichés cussent offert un curieux mélange de huttes et de maisons françaises, de terres inégalement nettoyées et cultivées; spectacle unique au monde d'une école de civilisation, le primitif, son bras sous le bras de frères civilisés et chrétiens, s'efforçant de secouer des millénaires de crasse et de misère.Quand, dans sa vision de 1634, se présenta à lui et avec une si extraordinaire précision descriptive, l'île de ses rêves, Jérôme Le Royer l'a-t-il aperçue avec toutes ses liaisons, toutes ses dépendances géographiques?On aimerait le savoir.Lui et ses associés de Notre Dame conçurent une équipe de missionnaires pour missions extérieures, destinés peut-être à rabattre vers la cité montréalaise, les enfants dispersés de l'Amérique.Des missions hors de Montréal, ces hommes savaient-ils au juste ce que cela pouvait être?Connaissaient- ils bien leur Amérique?Les cartes de ce nouveau monde, pour rares qu'elles fussent, ne manquaient point depuis celles qu'en avaient dressées Cartier et son école de cartographes, Cham plain, les missicnnaires et peut-être quelques autres.La Dauversiére a été père temporel\u2019 des Récollets.Lui et ses amis savaient-ils jusqu'à quel point l'Outaouais était vide d'agglomérations indiennes, et par conséquent \u2014 quel vide immense se déployait au deli de l'île des confluents?L'envoi de mission- naires vers l'ouest voulait dire le départ pour les pays au delà du pays des Hurons déjà cultivé par les Jésuites, une poussée d'un seul bend vers les rivages occidentaux des mers intérieures, à trois cents et à quatre cents lieues.L'on ne pouvait sortir de Ville-Marie que pour s'élancer vers les longues distances, vers l'indéfinissable inconnu.Ville- Marie, c'était le tremplin vers l'immensité.Autant dire que l\u2019apostolat vers le couchant n'allait pas sans une suprême aventure.Et voilà pour ajouter au climat héroïque de la petite ville.Entre elle et son prolongement l'on voit s'accomplir d'incessants échan es spirituels: la ville ardant le maître flambeau, le phareaux eux tournants, le viatique toujours renouvelé; le prolongement maintenant à la ville l'habitude de regarder au loin, l'impuissance à se replier sur soi-même, la volonté passionnée de dépasser toujours ses frontières, de participer à ce que l'on a appelé l'universalisme français.Sans doute Ville-Marie n'eût pu rester une ville exclusivement missionnaire.Forcément en elle, et ne serait-ce que pour soutien de sa mission spirituelle, d'autres formes de vie se fussent développées.Sa situation géographique lui marquait la prédestination d'une métropole commerciale.Vocation irrésistible à laquelle elle n'eût pu échapper, pas plus qu'on ne la voit isolant sa vie de la vie de la Nouvelle-France.Et alors, sur le développement et l\u2019histoire de la colonie, l'on discerne l'action de la ville missionnaire.Vingt ans plus tôt qu'elles ne l'ont pu faire, les robes noires atteignaient les Indiens des lacs.Pour l'avance catholique et française au nord et à l'ouest du lac Supérieur, et dans la région même du Mississipi, ce pouvait être vingt ans de gagnés.Et sur l'esprit créateur d'un Talon, quelle puissance suggestive n'eût pas exercée cet empire colonial aux charnières déjà articulées?La vie intérieure de Ville-Marie pouvait en être bouleversée, sa fin idéaliste, menacée, sinon compromise.Pourquoi ne pas penser, et avec tout autant de raison, que, réglée et dominée par sa fin transcendante et première, tenue en état d'héroïsme et en état de grâce par sa vie propre et par son prolongement occidental, Ville-Marie eût su fondre toute son activité dans l'octave symphonique d'une civilisation?* * * L'on sait comment l'histoire brutale vint déformer, broyer le rêve de La Dauversière, de Maisonneuve, de Jeanne Mance, d'Olier.Ville-Marie, la mysti- ue, laicisa son nom et prit l'habitude e ne plus s'appeler que Montréal.Il parut même qu'elle ne garderait de ses vocations que la géographique et temporelle.Elle restait, sans doute, la ville des grands départs.L'aspiration apostolique, un levain de généreuse aventure, * n'avaient pas été déposés pour rien au cœur des \u201cMontréalistes\u201d.Leur ville restera le point d'attache, la capitale des explorateurs, des coureurs de continent, chercheurs de fleuves et chercheurs de mers, qui se répandront en éventail à travers l'Amérique.De 1670 à 1760, rien que dans le district de Montréal, l'on a pu recenser 13,055 contrats d'engagements pour les pays d\u2019en haut, la plupart, semble-t-il, signés par des gens de la ville ou de la région.Dans la vie économique du Canada, Montréal prendra et gardera la fonction respiratoire, le rôle souverain du poumon, aspirant à soi le commerce intérieur et extérieur, et le respirant vers l'intérieur du pays et vers la mer.Rôle de métropole.0}.J) Ld «dr pA Se VE EN ei Cliché gracieuseté Robert Prévost.L'ES TOURS DE ST-SULPICE Mais voici bien le merveilleux retour d'histoire, l'étonnante résurrection du rêve mystique! À qui regarde Montréal de quelque point de sa montagne d'où l'œil embrasse le panorama, l\u2019image que renvoie ce tassement humain à demi plongé dans la fumée des hauts fourneaux, c'est d\u2019abord l'image hideuse de la ville moderne.Image de servitude plus encore que de grandeurs, image de désordre et de mort.En ce petit Etat français du Québec, Montréal, la ville au million d'âÂmes, tête de géant monstrueux sur un corps de nain.Dur Moloch qui happe la vie de proche et de loin, la vie riante, travaillante et chantante, et qui ne rend que des cendres.Pour qui regarde néanmoins de plus près et qui, à travers l'opaque fumée, se prend à compter les clochers, les toits, les instituts où l'on enseigne, l'on prie, l\u2019on soigne, l'on défend l'homme, la jeune fille, l'enfant contre la sauvagerie moderne, où l'on forme des apôtres, des missionnaires, hommes, femmes, non seulement pour le prolongement occidental de jadis, mais pour toutes les terres abandonnées de ce monde; pour quiconque saurait retracer les routes lumineuses qui se déploient encore en éventail et par où s'en sont allés, vers tous les points du pays et vers tous les points de | Amérique et vers tous les points du globe, les missionnaires du Canada français, pour celui-là quel enchantement! Ville-Marie n'est pas morte.En des proportions qu'eux-mêmes n'avaient ni entrevues ni espérées, le rêve des fondateurs s'est réalisé.Qu'importent les apparences! Si Notre-Dame entreprenait de dialoguer avec la tour Aldred, le dôme de la Cathédrale Saint-Jacques avec le building de la Sun Life, peutêtre entendrions-nous quelque chose comme le fameux dialogue e Notre-Dame de Paris et de la tour Eiffel: \u2014 Vous montez plus haut que moi; je viens de plus haut que vous.Vous êtes une plante du sol qui n\u2019a que la sève du sol; je suis une fleur du ciel qui, à la sève d'en bas mêle la sève d'en haut.Vous croyez m'écraser de votre masse et de votre ombre matérielle.La lumière que je porte en moi, lumière immatérielle, défie toute ombre et tout nuage; je reste un sommet de civilisation.Vous êtes ceci; je suis cela.Ceci ne tuera pas cela.* * * La croix de feu de la montagne que, de loin et dans l'obscurité brumeuse, l'on prendrait pour une constellation du ciel, la croix australe reportée vers le nord, prolonge dans la nuit le rêve mystique de Jérôme Le Royer.La ville aux cent clochers et plus et aux deux cents et aux trois cents instituts d'enseignement et d'hospitalisation reste l\u2019un des grands îlots spirituels du continent.Lionel GROULX, ptre NOTES Enfin Montréal est In grande métropole canadienne, parce qu'elle est le vrai débouché atlantique du Dominion; son port vient en Amérique du Nord Immédiatement après celui de New-York pour In valeur des marchandises munutentionnées.Mais, grâce nux facilités de transport, Montréal s'est mise à l\u2019industrie, qui fait vivre 30% de sn population, l'énorme fleuve.La ville s'allonge nu-dessus de la rive gauche du St-Laurent, sur des terrasses qui cernent la bosse éruptive du Mont-Royal, dominant le cortège des élévateurs, des docks et des plers: des ponts majestueux enjambent Lu population dépasse un million d'habitants, avec les faubourgs de Verdun, Outremant, Westmount, Lachine; sur ce nombre, Un peu plus de 600,000 sont de race francaise, 203,000 de race anglaise; Montréal est une des plus grandes villes françaises du monde, et en même temps le Heu où s'effectue le plus étroltement le contact entre les deux grandes civilisations qui ont fait le Cannda.Raout Rlanchard, \u201cL'Amérique du Nord\u201d \u2014 Fayard, Paris, 1933 \u2014 pp, 336-337.eg TF Tr pr a Rr s eo Cliché gracieuseté Robert Prévost ANCIENNE EGLISE NOTRE-DAME ET LA NOUVELLE SANS LES TOURS VERS 1828.Clichds Montreal Tourist and Convention Bureau RE EN HAUT, maison Desmarchais, a i la Côte-des-Neiges, en 1723, aujour- 33 -d'hui démolie.N @ AU CENTRE, moulin Fleeming, vers as 0 1765.D AU BAS, ferme St-Gabrie, Congré- .LN gation Notre-Dame, Pointe St-Charles, -.bâtie en 1698.une large part S Lid wil Pratiquons l'économie, qui consiste à tirer le meilleur parti de toutes choses.posons nos épargnes dans un grand établissement de crédit, qui prête e ses ressources à l'agriculture, au commerce et à l'industrie.Ainsi, nous ferons d\u2019une pierre deux coups : notre capital d'épargne sera en sûreté et nous rapportera des intérêts, et il alimentera l\u2019activité économique dont tout le monde profite.Banque Canadienne Nationale Actif, plus de $170 534 bureaux au Canade 66 succursales à Montréal 000 000 1904-1942 DEPUIS TRENTE-HUIT ANS NOUS HABILLONS LES ÉTUDIANTS Assortiment très considérable de complets, paletots, articles pour hommes 3 des prix qui ont toujours satisfait vos prédécesseurs.Réduction spéciale aux étudiants.Fumez la 901 est, rue Ste-Catherine Cigarette Buckingham C\u2019est un velours pour la gorge PL \u2014 > v \u2014 \u2014 7 27/MARS 1942 _ LE QUARTIER LATIN PAGE*QUINZE Sp mess mea.Ear IE oe , abd ANT dhe .IH : «4 y Photo Paul Gérin-Lajoie PITTORESQUE Du corps, du physique de Montréal, c'est-à-dire de ses rues, de son lotissement, de ses parcs, l'essentiel, le nécessaire ont été dits.C'est un cas qui relève de la thologie.H y a dix-huit ans, frais Emoulu d'une école d'urbanisme, j'en appelais candidement à la chirurgie.Avec combien plus d'autorité, mais guère plus d'écho, de grands, très grands spécialistes, venus d'Europe, confirmaient par la suite ce diagnostic.Une ville sans poumons, affirmait l'un.Une ville sans cœur, concluait l'autre.Rien n'y fit.Montréal n\u2019a pas changé.Changera-t-il jamais?Les braves gens qui le souhaitent sans y être mus par un intérêt personnel sont presque tous enclins à ne retenir de ce problème que les données matérielles.Je les comprends.De premier abord, on juge une ville à peu près comme l'on juge une personne: d'après sa taille, la proportion de ses membres, sa complexion, ce qui, instantanément, frappe et retient la vue.Il est donc logique que, sensibles aux défauts du milieu dans lequel ils vivent, ils en remettent, en confient la transformation à des architectes, à des ingénieurs.Sans aucun doute, de bons techniciens disposant des capitaux voulus pourraient, tant la nature s'y prête, ordonner, discipliner, assainir, embellir Montréal.Mais pour y donner quel visage?Car si les villes ont un corps, elles ont pareillement, pour les diriger, un cerveau et, pour les animer, les inspirer, donner un sens à leur activité, une âme.Au contraire du cerveau, simple pièce de rechange, l'âme n\u2019est affaire ni de démocratie ni d'élection.Aucune ne choisit la sienne.Elle en hérite en même temps qu'elle reçoit son existence, son principe de vie.Elle est libre de la masquer, de la salir, non de la remplacer.Elle la porte dans sa laideur comme dans sa beauté, dans ses pierres, ses monuments, son sol.La raison en est que partout où il s'établit l'homme laisse son image, homme lui-même déterminé par son sang, sa race, sa nationalité, sa civilisation.Au-dessus de la ville, expression purement géographique et administrative, il y a donc la cité, ce par quoi et ce pour quoi la première existe, l'ensemble des besoins spirituels, intellectuels, esthétiques de ses habitants, les liens de race, de culture, de religion qui attachent ces derniers au passé et orientent leur avenir.A quoi bon des exemples?Produits de l'histoire, du social, de l'humain, les villes, qui ne sauraient être nées de rien et se continuer de tien, cnt une âme.Ville, 6 ma ville, où est la tienne?Dans la bourgade d'Hochelaga, tout m'apparait avec lumière du caractère, des mœurs des premiers occupants.Sous la domination française, la pierre, le bois, la matière prend un aspect nouveau, un ton nouveau, une couleur nouvelle qui se prolongeront bien au delà de la conquête.Que nous reste-t-il de ce passé?De uelle manière Montréal exprime-t-il, illustre-t-il hors de tout doute ses origines françaises?L'architecture est le premier signe extérieur auquel se distingue le caractère d'une ville.Etant donné le climat, étant donné dix autres, vingt autres particularités ou servitudes, il ne pouvait être question de transplanter sur ce continent l'art français dans son intégrité.Il eût été facile pourtant de l'adapter, de l'assouplir à nos besoins.Quelques églises et plus encore de vieilles maisons échappées par miracle à la destruction ou à la modernisation, en témoignent.C'était l'époque où nous pensions, où nous sentions, où nous nous réalisions en français.Depuis lors, combien de temples, combien d'habitations avons-nous élevés qui ne parlent pas notre langue?Dans laquelle de nos rues, l'étranger ressent-il le choc imprévu de la nouveauté, de la personnalité?Rentré chez lui, quel point de repère aura-t-il pour différencier Montréal des caravansérails où l'aura conduit le hasard des routes?Sera-ce ces maisons bourgeoises, ces maisons prétentieuses, sans expression, sans idéal, où tout est sacrifié à la corniche, à la véranda, aux babioles ornementales?Sera-ce nos taudis?Sera-ce ces logements-corridors allongés d\u2019une échelle improprement appelée escalier?Avec des moyens Le À DES ÉTUDIANTS PRIX SPECIAL SUR PRÉSENTATION DE LEUR CARTE D'ÉTUDIANT 3 13% 25¢ L'ACADÉMIE DE QUILLES CENTRALE COIN ST-DENIS ET STE-CATHERINE limités, restreints, nous avons, jadis, fait beau, fait propre, fait digne.Avec des moyens accrus des progrès de la technique et de l'enseignement, nous ne recherchons et n'aimons que la médiocrité, la laideur.Les An lais et les Américains ont marqué de leur empreinte la terre d'Amérique.Long: temps avant eux, les Français y avaient apposé la leur, de géants celle-là.S'il n'y parait plus, à qui la faute?Qui blimer?L'effacement, le reniement de nos origines.Nous sommes délavés, détrempés, décolorés.Chacun nous modèle à sa guise comme de la glaise.Table, cuvette, marchepied, nous épousons n'importe quelle forme, nous ne répugnons à aucune servilité, En dehors des escaliers extérieurs dont personne ne nous disputera la paternité devant l'histoire, qu'y a-til dans la Métropole qui soit notre création?Qui a décidé u style, de l'aménagement de nos foyers, de nos églises, de nos écoles, de nos couvents, de nos collèges, de nos locaux de commerce?Dans quel quartier respire-t-on un air qui ne soit pas un mélange de toutes les odeurs dont sont imprégnées les cales?Avant d'entendre parler français, et Dieu sait comment, à quel signe le touriste reconnaîtra-t-il qu'il visite une ville française?Où sont les monuments, les vestiges de notre histoire?Sous prétexte de nous moderniser, de marcher avec le temps, le progrès, nous marchons contre notre passé.Ni dans son ordonnance ni dans son architecture ni dans ses plaisirs Montréal n'est français.Le serait-il par extraordinaire dans sa langue?J'entends: aux inscriptions, aux réclames, aux enseignes, l'étranger se rendra-t-il compte en mettant le pied chez nous, qu'il est dans la plus grande ville française d'Amérique?Je renonce à vider cette plaie.Chacun sait bien que, pour se maintenir, le français a pris partout la forme de I'anglicisme, du barbarisme.L'abdication est complète.À nous en tenir aux seuls signes extérieurs, et ce sont ceux auxquels on juge une ville, l'âme de Montréal n'est pas une âme française.Plutôt un amalgame des influences les plus hétéroclites, les plus basses.Elle s'est accommodée de toutes sans vergogne.Parce que le milieu était avant tout affairiste, elle est devenue affairiste.Elle s'est enlaidie, avilie.Toutes les pressions ont eu raison d'elle.Flle a cédé devant l\u2019Anglais, elle a cédé devant l\u2019Américain, elle a cédé devant le Juif.Elle s'est repliée, rapetissée, perdue.Et c'est parce qu'il en est ainsi que le corps de Montréal se développe au hasard, sans volonté directrice.Cette grande maison, la maison commune qui s'appelle la ville est à la ressemblance de ces milliers de maisons particulières qui abritent notre petitesse, notre recroquevillement.La ville est le reflet de la cité.Nous transportons sur la place publique les fins et les moyens de notre vie intime.Nous nous contentons dans la rue de ce qui nous satisfait au foyer.Si nous avions de \u2018ordre dans nos maisons, nous ne souffririons pas le désordre de l'extérieur.Si nous avions de la discipline ici, nous ne tolèrerions pas l'anarchie là.Si nous avions de la noblesse, de la dignité, c'est-à-dire si nous étions sans mélange, sans corruption, nous le serions à un degré égal au dehors comme au dedans, Nous ne pouvons pas mettre plus de français sur nos enseignes, nos panneaux- réclames que nous n'en avons dans le cœur.Nous ne pouvons pas afficher plus de goût, d'originalité dans nos œuvres que nous n'en avons en nous mêmes.Nous ne menons pas une vie double.Il n'existe point de solution de continuité entre la cité et la ville: l\u2019une est la projection, la matérialisation de l'autre.L'homme se choisit un cadre, se construit un cadre à sa convenance.Dans la bourgade d'Hochelaga, Cartier découvre l'âme indienne.Dans Ville Marie prie et chante l'âme française.Puisque nous nous sommes multipliés au lieu de décroitre, nos chants et nos prières auraient dû, ce me semble, s'augmenter d'autant.Que Montréal soit une ville cosmopolite, le carrefour se rencontre une multitude de peuples, la terre d'élection des réfugiés, ne change rien à la chose.Le fond en reste français et c'est sur ce fond que nous devons bâtir pour nous et les générations à venir.On objectera qu'après .tout, même dans un décor étranger, dans ün décor d'emprunt, il est possible de se conserver intact, que Montréal eût-il l'air plus .américain, plus juif que Cela ne-nous empêcherait pas de demeurer français.L'expérience prouve, par malheur, qu'on finit toujours \u2018par se conformer, s'ajuster au milieu dans lequel on vit.L'altération de nos coutumes, de nos mœurs en est un témoignage.Depuis que nous nous sommes mis à la remorque des Anglo-Saxons, que de traditions nous avons laissé tomber en route! Que d'habitudes nous avons contractées qui refoulent nos élans, émasculent nos volontés! Dans l'intimité ainsi que dans la vie publique on ne distingue plus la frontière qui sépare l'original de la copie.Quoi que nous voulions, nous subissons l'ambiance, nous nous pénétrons de l'atmosphère dominante.Les mieux résistants y échappent par une lutte continue.La masse en est, elle, bien vite victime.En admettant néanmoins que nous fussions assez résolus, assez énergiques pour surmonter cet obstacle, ne serait-il pas lamentable que Montréal, francais et, catholique de naissance, dût son visage à des métèques?Connaît-on une autre ville qui se soit laissé maquiller de la sorte?Nous aurons beau prétendre que le vrai Montréal, que le Montréal authentique n'est pas celui qu'on voit, le fait VILLE-MARIE : demeure, que ce n'est pas nous qui avons façonné celui-là, mais que c'est bien nous qui avons permis qu'on le fagonnit.C'est notre passivité, notre paresse, notre veulerie qui l'ont rendu possible.Le nom de Montréal en est un très lourd à porter.Science de l'ordre, de la mesure, de la clarté, l'urbanisme nous y aidera.A condition cependant que nous le concevions et le pratiquions en fonction de notre nationalité.On ne traite pas une ville autrement qu'un être humain.Chaque cas est un cas particulier.Impossible par conséquent de se contenter d'imiter ce qui se fait ailleurs.Toute entreprise d'urbanisme ne se justifie donc que subordonnée aux enseignements de l'histoire, du caractère de notre peuple si l'on veut que Montréal nous appartienne de nom et de fait.Le facteur naturel est l'axe, le pivot de toute réalisation.En le supprimant, on supprime du coup l'âme de Ë ville.Pauvrement, maladroitement, peu importe, nous représentons quelque chose en Amérique.De ce quelque chose dépend notre continuité.Montréal n'est pas notre œuvre et nous ne sommes pas libres de le détourner de VILLE, O MA VILLE! son passé.Des mains françaises l\u2019ont éd des mains françaises doivent en assurer la conservation.Un cerveau français, une volonté française présideront aux modifications qu'il faut y apporter.Etre français est par-dessous tout une attitude intellectuelle, une attitude spirituelle, une philosophie de la vie.Selon que nous concevrons l'existence, selon la valeur que nous accorderons à la matière ou à l'esprit, à l'accessoire ou à l'essentiel, selon que nous nous renierons ou nous nous affirmerons, nous ferons de Montréal une ville française ou nous permettrons aux autres d'en poursuivre la dénationalisation, le déshumanisation.Pour l'heure, je ne découvre que trop peu de nos origines dans ses traits.Hochelaga avait une fime.Ville-Marie en avait une.Montréal retrouvera la sienne lorsque nous aurons nous-mêmes retrouvé la nôtre.Victor BARBEAU ancien élève de l'Ecole des Hautes Etudes Urbaines (Paris) (1) Reproduit de l'ouvrage du même titre publié par la Société des Ecrivains canadiens à l'occasion du 3e centenaire de Montréal.Oliché pracieuseté \u201cL'Oeil\u201d MAQUETTE DE CLARENCE GAGNON 1642 R Herbe à chat Sauvyanne Surean blanc Herbe à dinde 1942 » Betotal composé Créo-Rectal Neurophyl B Phoscal D.A.B.Le progrès \u201cNadeau\u201d LABORATOIRE NADEAU 100 OUEST, RUE ST-PAUL MONTRÉAL LTÉE PAGE:SEIZE LE QUARTIER -LATIN L'UNIVERSITÉ, CERVEAU DE Cette institution de haut savoir occupera en septembre prochain (pour le centième fois les gouvernents le promettent) son immeuble e l'avenue Maplewood.De ce promontoire, dominant une vaste plaine, professeurs et élèves regarderont à la fois le passé et l'avenir de cette Université.1850-1942.|! n'aura pas fallu moins qu'un siècle pour réaliser e cette idée de Mgr Bourget.Après quel tapage, qui scandalise aujourd'hui les âmes chrétiennes, sous quelles disputes vaines, au milieu de combien de difficultés, la métropole du Canada possédera enfin, en plein développement, une université catholique et française.L'enseignement supérieur prit corps en notre province en 1852 avec la fondation de l'Université Laval.Le 6 janvier 1879, première étape dans l'histoire de l'Université de Montréal, une fête marque l'ouverture à Montréal d'une succursale de l'Université Laval.En 1878, à la suite de la décision rendue en 1876 par la Sacré Congrégation de la Propagande, Facultés de théologie et de droit avaient commencé ici leur travail.Le 2 février 1889, la constitution apostolique Jamdudum deuxième phase, accrut l'indépendance de cette succursale montréalaise.Les liens reliant cette branche à la maison mère québécoise se brisèrent définitivement lorsque Rome, le 8 mai 1919, par un rescrit préparatoire, et le 30 octobre 1927, par une Bulle définitive, la Législature de Québec, le 14 février 1920, par l'adoption d'une loi corporative, accordèrent autonomie complète à l'Université de Montréal, dans l'ordre canonique et dans l'ordre civil.Depuis le 30 novembre 1936, date où le Saint Siège approuva ses constitutions et ses règlements, elle possède tous les attributs d'une université catholique.Sortie du pétrin financier où elle se débat depuis vingt ans, l'Université de Montréal peut espérer accomplir | son oeuvre.Son rôle?Devenir la grande université catholique et française de l'Amérique.Située dans la métropole canadienne, facilement accessible aux étudiants venant de l'ouest canadien, des Etats-Unis et de l'Amérique du sud, l'Université de Montréal doit être un centre de culture non seulement pour la province de Québec, mais aussi pour les provinces et les pays voisins.De la colline où désormais se poursuivra son activité se répandra un enseignement éclairé par la foi chrétienne et la pensée française et manifestant tous les attributs d'une science poussée à ses extrêmes limites.Comment accomplir cette mission?Le rôle d'une université est double.Former le futur ingénieur, comptable, médecin, notaire, avocat, puis orienter la pensée scientifique dans tous les domaines, devenir le laboratoire où s'élaborent les idées nouvelles dans les sciences physiques et dans les sciences morales, dans la littérature et ans l'art.Une université c'est le sommet vers lequel se tournent tous les regards pour connaître le point d'arrivée de l'esprit humain dans les sphères diverses où il exerce son activité.C'est de l'enseignement supérieur que vivent l'enseignement secondaire et l'enseignement primaire.Petites écoles et collèges relèvent, en définitive, de l'université.Un pays ne peut manifester sa pensée et ses sentiments de façon efficace et durable s'il ne possède pas quelques établissements de haute culture et de haut savoir où travaillent penseurs et savants.Un peuple renouvelle ses idées, augmente la somme des découvertes en maintenant des chaires, des laboratoires, des bibliothèques où des maîtres supérieurs, accomplissant un double rôle, font progresser la science, tout en faisant profiter de ces lumières des centaines d'étudiants.L'enseignement supérieur forme les classes dirigeantes.Aux professionnels il fournit plus que la technique de leur art ou de leur profession.Il leur apporte, ls méthode, l'habitude de rechercher la raison des faits, approfondir les mystères que recèle la nature, dégager des événements et des phénomènes les idées et les lois de portée générale.L'action de l'université s'exerce en dehors des murs de ses salles de cours et de ses laboratoires.Ce doit être une puissance orientant et guidant la nation.C'est le foyer où se réchauffe l'âme nationale, se vivifie l'esprit publie, où le Bien Commun trouve son point d'appui, son meilleur stimulant.C'est par l'université qu\u2019un peuple acquiert l'une de ses forces essentielles, l'idée, qu'il renouvelle son outillage mental, le pensée, qu'il accroît sa vie spirituelle faite de religion et de haute culture.Comment l'Université de Montréal atteindra-t-elle à ce haut résultat?Aux divers moyens qu'on lui suggère, j'ajoute celui-ci : attacher, à demeure, à chaque Faculté et École quelques hommes d'une valeur et d'une compétence incontestées, quelques hommes possédant à un degré peu commun le goût des choses de l'esprit, la passion de la recherche scientifique.Ce sont quelques professeurs éminents, enseignant dans les Facultés de théologie et de droit, de médecine et de polytechnique, de science et de littérature qui maintiendront à un niveau élevé le programme de ses études, porteront au loin le prestige de son nom et le rayonnement de son enseignement.Antonio PERRAULT MONTRÉAL === ME Photo Dr Jean Denis.WER SN NW .N = NRA aa NN ; 3 UN WN CE numéro sur Montréal a été préparé par Marcel Blais, avocat et étudiant aux HEC.La Direction le remercie sincèrement de son initiative qui fournit aux Etudiants de l'Université de Montréal une occasion de participer à la célébration du Troisième Centenaire de notre ville.A \u2018 J - BE IE BE MN \u2014 Photo Dr Jean Denis.reine rc Photo Paul Gérin-Lajoie.Là où l\u2019on n'entre jamais! \u201cLaissez toute espérance, vous qui entrez.\u201d Dante (Bnjer 111, 9 entrez.UN PEU D'HISTOIRE.Monseigneur Bourget délinéa les premiers contours de notre Université.Ses instances et ses démarches répétées de 1850 à 1876 obtinrent finalement qu'une succursale de l'Université Laval soit fondée à Montréal.Au début, seuls le Droit et la Médecine existaient.Puis vinrent successivement 5 ajouter la Théologie, les Arts, l'École olytechnique (1887), l'Ecole de médecine vétérinaire (1898), l'École de Chirurgie dentaire (1904), l'École de Pharmacie (1906), l'Institut Agricole d'Oka (1908), l'École des Hautes Etudes Commerciales (1915), la Faculté des Lettres (1920), l'École des sciences sociales économiques et politiques Avant de siéger sur la rue Saint- Denis, le centre de l'Université elfec- tua plusieurs déplacements.Mais il ne s'arrête pas là, heureusement, puisque le nouvel édifice de la montagne attend les étudiants et les professeurs pour septembre prochain.L'Université comprend donc _au- jourël'hui plusieurs facultés.Un iversité demande une or généralà puissante et précis Différents corps universitéires se partagent le Soin d'assurer le bon fonctionnement .lls ont pour mission de r à l'Université la pureté et pendance de son enseignement mô(al et de garantir une intégrité financiër&\\dens ses opérations.Ceci nous dire un mot du budget uniyérsitaire.\\ L'étude directe et l'étude Comparative \\de ce point de vue nous\u2019 paraît nécessaire.C'est là plusieurs critiques, le plus souvent injustés.Puis une comparaïson avec quelques universités étrangères mettra à four un aspect surprenant \\de la réalité.Nous nous excusons ici de citer des chiffres déjà anciens.ar la souscription nationale lancée en faveur de l'Université dès 1990, il y eut $4,092,817.68 de souscrit, mais il faut se rappeler qu'une somme de $2,993,286.78 seulement a été versée.Le revenu de l'Université atteignait $210,794.73 en 1920, $339,100.09 en 1994, $234,138.13 en 1932.Des parallèles avec les autres universités mettent en relief l'insuffisance de ce revenu.Nous ne pouvons mieux résumer la situation qu'en citant quelques mots \u2018une causerie que Monseigneur Mau- rault donnait à la Chambre de Commerce cadette de Montréal: On apprit que l'Université Me- Gill dépensait chaque année pour la Médecine la somme de $310,000 et l'Université de Toronto $376,000, alors que le budget de la Médecine à l'Université de Montréal n'était que de $79,616.Que le budget total de Toronto est de trois millions, et celui de McGill de $2,490,000, alors que celui de Montréal n'atteignait pas $500,000.\u201cOn apprit que des universités libres, du type de l'Université de Montréal, possédaient des fonds inaliénables, \u2014 des endowments, \u2014 formidables: Harvard, 86 millions; Columbia, 63; Chicago, 43; Yale, 58.C'était à faire rêver! \u201cOn apprit eussi que-ces université, Elarvard-par exemple, recevaient an, nuellement er cadeaux $1,149,000 du $4,462,000, ou $600,000, sommes destinées 3\" :couvrir les dépenses courantes, à grossir les fonds d'endowment, ou pour de nouvelles cons.truggions.n apprit encore que les recet totales de Harvard sont de $19 305° 000; celles de Columbia, de $15.340,000; celles de Yale, de $11\" 194,800; celles de Chicago, de $19,320,000.: ru N apprit enfin que l'Univers de Montréal, qui était le troisième de universités du Canade, si l'on considérait son capital immobilisé, n était plus que la onzième, si l'on considérait son revenu.\u201d Que l'on tire ses propres conclusions.Peut-on accuser notre Université \u2018avoir refusé injustement l'exécution e certains projets intéressants ?Igré tout, l\u2019Université de Montréal complète cette année son superbe bâtiment de la montagne, après un retard de trop d'années hélas! Enfin un nouveau gouvernement a compris le besoin d'achever cette oeuvre et de régler heureusement la situation.+ \u2018\u2019Quant à moi, je vous le dis de nouveau: j'accorde assez d'honneur à nos étudiants et je porte assez haut leur dignité pour prétendre que leur rôle, dans notre vie publique, doit être celui d'une élite, d'une jeun-sse dirigeante, et qu'ils ne peuvent rien aécepter en deça, ni au-dessous de ce rôle, sans commettre une trahison.\" Paroles de l'abbé Groulx dans un article sur l'esprit estudiantin paru dans \u201cOrientations\u201d.C'est plus que nous ne pouvons dire.D'ailleurs les étudiants ont-ils jamais fait de mauvaises choses ?Ajoutons que l'esprit universitaire des étudiants se manifeste tangible ment par des organisations.Le Quartier latin, la Société des Débats, la Société artistique, etc., constituent autant de points de repère pour juger les qualités de coopération, de soli arité des étu- iants.Certaines manifestations publiques nous renseignent suffisamment sur la valeur des principes sociaux et moraux qui animent notre esprit outes ces qualités \u2018permettent à l'étudiant, il me semble, d'envisager un avenir heureux.Notre race sera fière de ses étudiants.Les nouvelles conditions de recherches scientitiques ues & l'espace, à la lumière, au grand air ne manqueront pas de devenir efficaces.La vie de l'étudiant sera plus enthousiaste.D'ailleurs, on parle de plans d'une cité universitaire, afin d'améliorer le sort matériel des étu- iants, car On à compris enfin qu'il est tributaire du succès scientifique et culturel.Lorsqu'en septembre 1949, après trois cents ans de civilisation francaise, l'Université de Montréal ouvrira les portes de son nouveau local, ce sera le plus beau geste qui marquera nos fêtes.Marc BENOIT 1642 Trois siècles de vie commerciale ont fait de la métropole du Canada le centre d'importance que laissaient prévoir les tout débuts de la Colonie.\u201cT.EATON Ce.MONTREAL.: 1942 "]
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