Le Quartier latin, 15 janvier 1943, vendredi 15 janvier 1943
[" MONTREAL, 15 JANVIER 1943 ja Directeur: MAURICE BLAIS A LIRE DANS CE NUMERO L'OEIL DE CARABIN L'AGRONOMIE ET LA VIE UNIVERSITAIRE J-MAURICE ROY AUX ETUDIANTS GERARD ALLY LA PETITE FILLE ESPERANCE JEAN SUY REFLEXIONS DENYSE DAZE \u201cLITTLE MAN\" CHARLES MAUREL SAGESSES LESAGE CARNET SOCIAL CHARLES MAUREL MENUHIN O.L.JEAN DICKENSON CHEZ LES ETUDIANTS a.l.CESAR FRANCK JEAN VALLERAND QUELQUES DATES LITTERAIRES M.B.QUELQUES CONCERTS MAURICE CHARTRAND LE COIN DU GRAPHOLOGUE OUTREMONT 29 RALPYREK SKI ALBERT ROYER SOMMES-NOUS CIVILISES?PIERRE MARION SOUS MA LANTERNE .DIOGENE 10 SOUS LEsNUMERO oil 250000000000 00 oe 00 00 0000 00 JO As SO y MANIA I | BIEN FAIRE ET LAISSER BRAIRE \"L'ESPRIT DES LOIS\" POUR UNE CULTURE.par MAURICE BLAIS Les vacances et les plaisirs.C'est du passé.Nous avons repris nos études, nos activités.Il est déjà trop tard cependant pour formuler des voeux.On nous a souhaité tant de bonheur, tant de succès pour cette nouvelle année que ce sera sans doute la meilleure.S'il existe certaines obligations désagréables, le retour au \u201cQuartier Latin\u2019 n'entre point dans cette catégorie.Le travail paraît souvent pénible, mais il possède quand même l'intérêt qui le fait retrouver avec plaisir.C'est avec joie que nous nous sommes remis à la tôche.Que nous réserve donc 1943?Le spectre de Mars s'étend encore sur la pauvre boule.L'horizon s'estompe et de noirs et lourds nuages s\u2019y amoncellent.n ne prévoit point l'heure où nous sortirons de cette terrible boucherie sanieuse.La jeunesse doit à nouveau se sacrifier pour sauver les saintes exigences d'une démocratie cacochyme.Cette phobie de la guerrel.Voilà déjà quelques semaines, on rlait de fermer les facultés des universités canadiennes.Nous savons depuis que le projet a heureusement avorté, en partie.lci même nous avions montré les consé- uences néfastes qu'une telle décision aurait pu encourir, que le fait, pour les Anglais, de soulever cette question recèle bien leur matérialisme pratique.\u201cll n'y à pas qu\u2019à perfectionner des moyens matériels de détruire pour gagner le victoire\u201d déclarait récemment Mgr Roy, recteur de l'Université Laval.\u201cIl y à aussi à chercher, à trouver, et l'on s'en inquiète déjà, les moyens de reconstruire, et de gagner la paix.Et c'est à quoi peuvent travailler des Facultés où s'élaborent surtout des doctrines, où s'enseignent surtout les sciences de la paix.\u201d Il n'est pas riécessaire, je crois, d'insister trop longuement sur l'importance de la culture, des études \u2018\u2018classiques\u2019\u2019, de ce \u201csavoir inutile\u201d, pour rappeler un mot de Dorothy Thompson, la célèbre chroniqueuse américaine.C'est l'instruction qui sert de base à tout développement.C'est elle qui nous permet de réaliser notre mission comme peuple et d'assurer en outre notre prospérité individuelle.| De nos jours plus que jemais, cet apophtegme de Frédéric Ozanam demeure vrai: L'épée des temps modernes, c'est le savoir.\u201d \u2019 i, ili a chacun de se former sur la question une opinion sire, également éloignés import absurdes et d'engouements irréfléchis.Nous souffrons trop de paresse intellectuelle.Stupide, certes, qui fermerait les paupières eux nombreuses défections de chaque heure et aux insanités étrangères que nous Jeissons trop facilement s'infiltrer chez nous.Nous assistons constamment à une certaine déchéance de la culture dans le milieu où nous vivons.Un vernis superficiel de conversation, de curiosité, de traits d'esprit peut donner souvent l'illusion du contraire.Mais, à un examen scruquieux, on déchante vite.La plupart de ces prétendus intellectuels, voire x i; de ces étudiants, se révèlent parfois complètement démunis de connaissance sérieuse our ce qui ne touche pas le cercle immédiat de leurs intérêts ou de leur amour-propre.el, par exemple, vous parlera de la révolution de 1789, vous dira que le 15 juillet le peuple prit la Bastille, mais il ignorera totalement la répercussion de ce geste sur toute la civilisation française.Un tel ne cessera pas de formuler quelques critiques acerbes contre tel ou tel bouquin, tel où tel journal; il reprochera amèrement le choix des articles et allèguera que partout le style goûte le réchauffé; mais, remarquons bien ce bégueule n'offrira en aucun temps sa collaboration, et n'écrira jamais.Enfin, tel autre prétendra connaître les lettres, la littérature, mais ce n'est qu'à travers de fades appréciations d'auteurs qu'il a appris un jour, en élimant ses habits sur un banc de collège.I! vous décochera au besoin un vers de Baudelaire ou de Verlaine, des jugements tout faits qui sentent à plein nez le manuel.Dans son \u201cSaint Augustin'\u2019, qui restera une de ses oeuvres les plus sincères, Giovanni Papini écrit cette phrase: \u2018\u2018Adressez-vous à ces ignorants que sont les hommes cultivés d'aujourd'hui.\u201d Ce paradoxe apparemment innocent mais combien vrai et audacieux du grand écrivain devrait déclancher toute une révolution s'il ne s'adressait pas aux amorphes que nous sommes, à des apathiques qui se laissent facilement enliser par le courant de la vie quotidienne.Ce terrible mot se trouve à heurter une espèce d'encroûtement, d'insouciance, une certaine épaisseur de vanité et de prétention.\u2014 L'homme actuel ne réfléchit pas; il ne -médite guère.\u2014 Et si nous perdions notre temps à cataloguer chaque jour, à réunir toutes ses paroles, toutes ses pensées, nous formerions un faisceau d'incohérences, comme jamais la personnalité humaine n'en a montré.Mais fort heureusement, il surgit de ce fatras, du fouillis de la vie collective, quelques heureux symptômes des temps nouveaux.lemme vacille encore.La jeunesse s'éveille et s'agite; quelque chose de grand se prépare chez nous.Notre vie nationale s'oriente désormais, sous la poussée des jeunes enthousissmes, vers un idéal plus digne d\u2019un peuple qui se veut grand et catholique.Ces jeunes ont une faim dévorante, une soif ardente de tout apprendre, de tout savoir; leur appétit intellectuel, il faut prendre garde de le modérer; ils aiment regarder et savent voir loin; pour suivre leur grand rêve, ils dédaignent les autres.Tout en effet n'est pas perdu.Ces jeunes désirent en plus le réalisation intégrale de la glorieuse et nécessaire mission de l'Université, «cette grande puissance morale qui constamment oriente et guide la nations.Parce qu'elle a «reçu la mission de tirer du peuple une élite qui réponde aux exigences du métier et conserve, avec la force morale le charme de l'esprit», il incombe à l'Université de garder ses portes larges Ouvertes et d'aider à réaliser le logique de notre destinée «en complétant notre innéité par une culture qui soit française et en continuent nos pères dans leur pansées autant que dans leurs actes».Tel est le sens profond, la portée sérieuse, le but concret vers lequel doivent tendre et converger nos efforts et nos travaux de chaque jour.Rédacteur en chef: GASTON POULIOT BILLET DE LA SEMAINE POUR UN MONDE PLUS HEUREUX Tournant toujours autour des éternels mols \u2018\u201camour, jeunesse, lrislesse, joie, passion\u2019, les seuls - intéressants, me semble-l-ill je me demande comment il se fail qu\u2019à une époque comme la nôtre, époque de découvertes prodigieuses, on en soil encore à souffrir pour un rien, à pleurer pour un \u201coui\u201d ou un \u201cnon\u201d, alors qu\u2019on aurait pu, comme en Médecine, par exemple, inventer les calmants, l\u2019anesthésie, les piqûres, que sais-je?Le coeur, instrument de l'Amour, est un organe difficile à comprendre.Pour la vie, il est essentiel: en, amour, il est indispensable.Mais, puisque sur le terrain physique, on a su trouver des anlidoles, pourquoi n\u2019en est-il pas de même pour la souffrance morale?Alors que la vie serail si belle si l\u2019on pouvail nager dans le bonheur, dans les plaisirs factices, se griser jusqu\u2019à satiété, sans crainte du réveil.Savoir que l\u2019on est immunisé.C\u2019est cela: immunisé.Contre la douleur.Contre la peur, contre le mensonge, contre le réveil trop brusque.Savoir que l\u2019on peul aimer, fout un soir, sans arrière-pensée, sans crainte d\u2019être dupé.Demain, tout s\u2019arrangera .Savoir que le bonheur est là, à portée de la main, qu\u2019on peut le saisir, le caresser .el que demain, quand il s\u2019échappera, on n\u2019aura même pas un soupir! Savoir que l\u2019on peut lout dire, laisser parler son âme, tout écrire, sans crainte d\u2019enlendre l\u2019écho d\u2019un rire sarcastique.\u2026.Savoir que le bonheur n\u2019est qu\u2019un mirage .mais aimer que ce soil un mirage, parce qu\u2019après, il ne reste même pas le souvenir.Suvoir lout cela \u2014 el quoi encore.Ignorer surloul les déceptions, la tris- lesse, le dégoût.Je m\u2019arrête.Je parle en insensée.Ce monde que je suis en train de reconstruire, c\u2019est un monde sans Dieu.Un monde sans le péché.Que lout cela esl compliqué.Non, il n\u2019exisle pas ce remède à tous les maux, ce serail trop commode.Mais nous sommes ainsi fails que la pire souffrance morale, si grande soit- elle, qui a déjà été notre lol, ne nous empêchera pas de céder encore à l'appel du plaisir quand lheure de nouveau sonnera.Même si nous savons que le réveil viendrà el qu\u2019il sera cuisant .En définitive, je n\u2019aime plus les mots \u2018\u201c\u2018lrislesse, passion, joie, amour\u201d \u2014 parce qu\u2019ils ont un son pessimiste el qu\u2019on ne saurail être heureux en les analysant.Ils donnent.un goût amer aux choses.On a trop dit, trop écrit, trop peiné sur ces mots.Seule la Réalité compte.Que la Réalité s\u2019appelle joie, ou qu\u2019elle se nomme tristesse.Il faut la vivre, nous la vivons.Hier, nous avons aimé \u2014 demain nous aimerons.Hier, noüs.avons pleuré, \u2014 demain :nous pleureronis, \u2014 nous\u2019 sommes\u2019 des insensés, nous\u2018aimons\u201cnotre mal.i YANNICK Le _ VOLUME+XXV, \u2018No.7 PAGE DEUX LE QUARTIER LATIN VIVE DARLAN ! Peu de chefs auront rendu d'aussi fiers services à In cause alliée, auront, À un moment donné de cette guerre, de par In seule puissance de leur personnalité, aussi radicalement changé Porientation des événements, été nussi indispensables.LL pourtant, on aura rarement vu disparaître une figure de premier plan dans un silence officiel aussi général, aussi complet, pour tout dire, aussi odieux.si J'excepte les justes, mais parcimonieux regrets exprimés par quelques hommes d'état étatsuniens, le monde officiel anglo-saxon est demeuré muet comme carpe, tandis qu'en certains milieux on ne se génail pus pour opiner que ln mort de Darlun n'était pas sans comporter des avantages.Mais voilà! Darlan a eu le tort de ne songer avant tout, en tout et partout, qu\u2019au salut de lu France, non pas au salut de tel système de gouvernement, à la réhabilitation de telle idéologie politique, ou à son lustre personnel.Darlan s\u2019est employé à procurer aux malheureux français qui préféraient crier \u201cVive la France\u201d, sur le sol même de France, du pain, un peu de sécurité, l\u2019espoir d\u2019une résurrection.Et cela, il ne semble pas avoir suffit qu\u2019il ouvre l'Afrique française aux alliés pour qu\u2019on le lui pardonne, Tel premier ministre à déjà dit qu\u2019il n\u2019hésiterait pas à s'allier au démon pour vaincre Hitler, qui hésitait à accepter la collaboration de Darlnn.Staline, certes! Darlan?A preuve cette longue et fhnumiliante controverse qui a suivi l'accord Fisenhower- Darlan.Vingt fois la marine française devait être cédée à l'Allemagne, vingt fois on a annoncé l'installation des axistes à Dakar.Pas une vulgaire cale n\u2019est passée à l'Axe, et les Américains en y pénétrant constataient à Dakar l'absence de toute infiltrn- tion allemande.Darlan n'en reste pas moins coupable d\u2019avoir donné à penser à ces Messieurs que Dakar pât avoir été ouvert, la flotte française donnée à l\u2019Axe.Ce qu\u2019une aussi intransigeante attitude de la part de Darlan et de Pétain vis-à-vis de Berlin implique de loyauté, de fermeté, de couraze, on n'a cure.St je préfère ne rien njouter de l'attitude de tel groupe de Français.qui a jadis, lui aussi, on s'en souvient, tenté d'offrir Dakar aux Alliés.et que des soucis de Troisième République (de Quatrième?qu\u2019importe!) paraissent retenir d'une union sans réserve à Giraud.De grâce, la France éternelle avant la \u2018Troisième République! Et vive Darlan! CES EPEES DE DAMOCLES L'issue de lu conférence des universitaires à Ottawa nous permet done de respirer à l'aise encore quelque temps nu moins, Il reste tout de même étrange que la rumeur, partie d'Ottawa, de la fermeture de certaines facultés se soit necréditée un temps aussi fermement.Aurait-on par hasard affaire à un ballon d'essai.à une \u201c\u2018éducation\u201d de l'opinion, du style de celle qui se pratique depuis septembre 19392 L'avenir le dira.La courte crise aura du moins permis aux facultés menacées de se voir surir, en dehors des milieux universitaires proprement dits, des défenseurs nussi éclairés que résolus, et parmi lesquels je me hâte de nommer M.Jeun-François Pouliot \u2014 avee lequel, entre parenthèse, le soussigné n\u2019a aucun lien de parenté.Voici ce qu'écrivait M.Pouliot dans Le Saint - Laurent quelques jours avant lu récente conférence, et qui a été reproduit dans quelques autres journaux: La conférence des universités canadiennes tiendra une réunion à Ottawa samedi prochain, lo 9 janvier, pour diseuter Ja fermeture pour lu durée de ln guerre, des facultés de droit, de lettres, des arts, de sciences sociales, économiques et politiques, et de commerce, Nous duvons protester avee la dernière énergie contro toute politique de ce gonre que l'Université de Montréal estime contraire à l'effort de guerre, à la préparation de l'uprès- guerre et à l'intérêt bien compris du pays.Les problèmes d'après-guerre ne seront pus réglés pur des gouvernements de vieillards.Ce seront les générations luUtures qui seront appelées à relever les pays, de leurs ruines, À rétablir l'ordre dans ln société et l'équilibre financier désaxé pur des dettes astronomiques.L'ordre, l'ordre nouveau que l\u2019on entrevoit, ne pourra être maintenu que par des hommes do caractère ot de véritables patriotes, auxquels il faudra une formation intellectuelle com- plate.Les lettres et les arts développent l'intelligence.C'est une hase indispensable de culture pour ceux qui seront les gouvernants de demain.Ils devront faire uno étude approfondie, non des divagations philosophiques daus un Will Durant quelconque, mais de l'art du raisonnement, de ln logique et de la dinlee- tique.Hs devront apprendre à raisonner juste et bien.Ils devront nussi connaître à fond In géographie humaine et l\u2019histoire contempo- ruine de tous les pays de l'univers.La connaissance du droit est le complément indispensable de ces études préalables.Même en ces jours troublés où de vulgaires coulissiers se font une réclame de grands juristes et où l\u2019on ignore les règles les plus élémentaires du droit, du droit eivil, du droit constitutionnel et du droit administratif, il ne devrait pas être toléré qu'on suspende, pour la durée de In guerre, les cours de droit de ceux qui survivront À la guerre pour devenir les législateurs du Canada.Môme aux époques où ln loi est méconnue, co serait un crime de lâse-patrie de ne pas ineulquer Favori des Canadiens 9 O) L'OEIL de CARABIN dans l\u2019esprit des jounes le respect du droit et dans leur cœur une profonde admiration pour les généru- tions de patriotes qui ont fait tant- de sacrifices pour conquérir nos plus chères libertés.Pour 6tre durable, l\u2019ordre nouveau devra être édifié sur une base chrétienne pur des législateurs dont la formation philosophique et juridique aura été complète.lux seuls pourront donner au monde les lois justes et équitables qui offriront des garanties stables de paix et de prospérité.Sinon, l\u2019univers retombera de nouveau dans le chaos et l'anarchie.St voici In déclaration remise nux journaux par les autorités de l'Université relativement À la dite conférence: \u2018Toutes les propositions soumises û lu Conférence des Universités ennu- diennes qui cut liou à Ottawa samedi dernier, of tendant à interrompre - les études classiques (Art Courses) avant la fin du cours ont été rejetées.Le gouvernement insiste toutefois pour que les élèves incompétents ne soient pus protégés.\u201cQuant à lu menace suspendue sur les facultés des Lettres, Droit, Sciences Sociales, bien qu'elle trouve son origine dans certains communiqués venant d'Ottawa, elle a été niée par le directeur même du Service Séleclif au cours de l'assemblée de samedi.\u201cLe texte de In résolution votée pur l'assemblée est en grande purtie constitué par une citation extraite du discours du directeur du Service Sélectif, texte qui est le reflet de hu.loi même de la Mobilisation: \u2018\u2019L'assemblée insiste pour que loin de l'entraver, on encourage de toutes manières, ln formation de professeurs d'enseignement.secondaire et elus- sigue\u201d.\u201cEnfin à la demande des universités et en ens d'urgence, le Service Sélectif consultera l'exécutif de ln Conférence des Universités ennu- diennes ot au besoin cette conférence pourra être convoquée de nouveau.Demeure cependant la perspective du camp d'instruction militaire et de ce qu\u2019il comporte, au cas d\u2019insuccès aux examens, Mais de quels examens s'agit-il, et qu\u2019entend-on au juste par insuceès aux examens?Des représentants des universités des Maritimes, réunis eux nussi en conférence, ont donné de l'ordonnance l\u2019interprétation suivante, que pu- blinit l\u2019Argosy Weekly du 15 décembre dernier: ATTITUDE TO FAILURES CLARIFIED BY PRESIDENT Dr.George J.Trueman, President of Mount Allison University, in a statement to the Argosy Weekly on Saturday, said there would be a \u201ckindly and just interpretation\u201d of the War Services Regulations for students.These provide that students who fail in mid-year examinations are forthwith linble for military service.Ie also pointed out that the Regulations apply as well to women as to men students.The complete text of the statement follows: Reports in the press and elsewhere about the enlistment in the services of unsuccessful students leave the students themselves in doubt (rs to the results of failure at the mid-year examinations, \u2014Ed,) Instructions sent to the University authorities are as follows: \u201cAny physically fit student who (2) refuses to enrol in the Canadian Officers\u2019 Training Corps contingent or auxiliury training unit of his university, or ; (b) Mails to perform therein mi- itary training to the sntisfnction of the Distriet Officer Commanding, or (e) fails Lo pass any term or yearly neademie examination required by his university, collego or school, unless such failure in the opinion of the university, college or school authorities and the District Officer Commanding, is due to cireum- stanees beyond the control of such student and that he shall be permitted to continuo his course of studies, shall be ealled out forthwith under these Regulations.\u201d The question eame up in November last at a meeting in Halifax of the presidents and other represent atives of Maritime Universities and the consensus of opinion was in favor of a kindly and just interpretation of the regulation.This will make it necessary to deal with cach case on its merits.When roports aro made up following the mid-yourex- aminations in January, suppose that student X is reported to have failed in three vital subjects, out of six, he has taken.Unless there is some good reason for this failure, such as siek- ness or unavoidable absence from lectures, there would be littlo chance of his remaining at the University: nevertheless a member of th Faculty would have a talk with him to get the explanation of his failure and to make suro no injustice is done.Supposo student Y has failed in two subjects out of five or six.Members of the faculty in consult- tion with the Officer Commanding may feel sure that Y has worked well, that his failure was due to faulty preparation hefore the entrance, and that he has the ability and perseverance and determination to succeed.If so ho will be advised to remain on the condition that he work for oll he is worth, that he puss supplementary examinations and that he show steady progress from month to month.In making up the list.of names for the Department of National] War Services only those will be included who have shown that they are not interested in their studies, or that they are not mentally eapable of doing the work or that they have not the will-power and character to succeed as university studonts.If there are anv women students who are lacking in the same qual- fications, the faucets will be placed hefore their parents with the recom- mendstion that the students withdraw from the University.GEORGE J.TRUEMAN, President.D'autre part, le Sheaf du 18 décembre rapporte la façon \u2018dont on entend le règlement en question à l\u2019Université de 1a Saskatchewan: WHAT IS A FAILURE?Aecording to the National War Fervices Rogulations (Consolidation 1942) \u2018\u2018any physiecally fit student who .fails to pass anv term or yearly neademie oxamination required bv his university, college or school, unless such failure in the opinion of the university, school or college authorities and the District Officer Commanding, is due to circumstances beyond the control of such student .shall be eallod out forthwith under these regulations.\u201d (Scetion 17: Article 3).Under these regulations the University authorities are compelled to report, those students who are elas- sified as failures.Since no definition of the word failure was included in the regulations it was neccessary to agree on some definition.For the purpose of this regulation, the University authorities and Brigadier Trudeau, District Officer Commanding Military District No.12, have agreed that, subject to a review of circumstances in each cnse.a student shall he regarded as failing in his course (1) if he fails in three or more of his classes, (2) if he fails in two of his classes and the rest of his record is of a low grade.The University is to furnish the Distriet Officer Commanding and the Divisional Registrar of Military District 12 the names of all students who, under the interpretation given above, fail in the midyear examinations in January.Et depuis lors, 6 horreur, d\u2019imposants contingents d\u2019infortunés ne cessent de quitter les universités canadiennes, comme l\u2019attestent les textes qui suivent: Ninety students who failed to qualify in their first term examinations have been asked to withdraw from the University in ae- cordance with tho Order-in-Council issued Inst term, stating that \u201cany student will he suspended who fails to pass any term examination required hy his university, unless such failure in the opinion of the school authorities, is duo to circumstances beyond the control of such student, and that he should be permitted to continue his course of studies.\u201d Of these, 56 were members of the Arts faculty, including 34 from Levana, 21 heing freshettes.25 Science students and nine Meds were also asked to leave.Of the 22 Artsmen suspended, nine were freshmen.In Science 11 out of 25 were freshmen.Four out of nine Meds were first year students.Failures totalled about five per cent of University registration.Fach student has been considered individually and in cases of doubt the instructors have heen consulted.(Queen's University Journal) Jan.6, 1943.ILS DEVRONT QUITTER L'UNIVERSITE Winnipez.8 (C.P.) \u2014 Lo président.de l'Université du Manitoba, M.Sidney E.Smith, a annoncé, au- jourd'hui que 97 étudiants de cette institution dont 89 sont des jeunes gens, ont échoué à leurs examens de Noël et devront abandonner leurs études.Les candidats qui ont subi un échec comprennent: 15 étudiants de première année nux facultés des arts ot sciences, 47 de seconde année aux mêmes facultés, 24 à In faculté du génie, un à celle d\u2019architeeture, deux à celle d'agriculture, et quatro dans chacune des facultés do l'économie politique et du commerce.Le président.déclare que 1'Université du Manitoba, à l'instar d'autres universités canadiennes, à décidé do diriger vers des sphères do l'effort de guerro, coux des étudiants qui ne veulent pss profiter dos avantages éducatifs qu\u2019on leur offre à l\u2019université.(Le Devoir, 8 janvier 1948) 15 JANVIER 194 \u201cLe Picobac a fort bon goût \u2014 c'est un tabac très doux, très frais, très agréable\u2014il aide un homme à concentrer sa pensée quand il travaille et à se détendre quand il est libéré de sa tâche.Soyez heureux en fumant le Picobac,\u201d Picobac IL A BON GOUT DANS LA PIPE i LES UNIVERSITES CANADIENNES ONT CONGEDIE 516 DE LEURS ÉTUDIANTS Six des principales universités ea- nadiennes, désireuses de se débarus- sor des étudiants pou doués, ont rejeté des cadres universitaires 516 étudiants qui n'avaient pus réussi aux examens de Noël.Cette décision fait suite au nouveau règlement des Sor- vices nationaux de guerre, règlement qui veut que les étudiants n'ayant pas les qualifications requises pour poursuivre leurs études, ne soient plus exemptés du service militaire.Environ 14 universités n\u2019ont pas encoro donné le détail des renvois qu'elles effectueront.Dans ces universités les examens se tiennent après Noël.C'est l'Université de lu Colombie Britannique, à Vancouver, qui a congédié le plus grand nombre d'étudiants: 152.L'Université de Dalhou- sie, à Halifax, par contre, n\u2019en an congédié que 11 L'université do Toronto a remis uno liste de 100 noms aux quartiers généraux du service sélectif national.La plupart des étudiants intéressés étaient en sciences appliquées ou en génie civil.En février, cette université dressera une autre liste lorsque les étudiants de In faculté des Arts devront abandonner leurs études.A l'Université de Montréal, à MeGill et à Laval de Québoe, les examens ne sont pas encore torminés.(Le Canada, 12 janvier 1948) RAISON MAJEURE! Sandwiche entre des nouvelles aussi peu réjouissantes que les précédentes, les agences de presse nous servent parfois, dans ce style neutre qui leur est caractéristique, des hors-d\u2019œuvres d'humour aussi savoureux qu\u2019inconscient : Toronto, 8 (C.P.) \u2014 Après avoir été juge pendant 32 ans, M.le juge Middleton a pris sa retraito, à l\u2019âge do 83 ans.Il a dit que la principale raison de sa retraite c\u2019est In surdité.LE COMPLIMENT Depuis longtemps déjà le Canadien français peut s'enorgueillir de constituer la main-d\u2019œuvre rêvée: docile, abondante, A bon marché.Selon T.M.Moran, il devra désormais partager l'HONNEUR avec la Canadienne française: Toronto, 8 (C.P.) \u2014 Les jounes Canadionnes françaises sont les meilleures ouvrières industriellos du Canada, selon M.T.-M.Moran.Devant les membres de l'Engineering Institute, M.Moran a déclaré hier soir quo les Canadiennos fran- çaisés doivont cela au fait qu\u2019elles ont un sons développé do lu responsabilité de lour travail en raison de la rudo besogne qu\u2019elles ont l'habitude d'accomplir & la maison.M.Moran a révélé que la firme de génie civil dont il est lo vice-président a _moné récomment une enquête sur 330 fabriques canadiennes.Cotte enquête démontre, dit-il, quo \u201cles Canudiennes françaises sont l\u20196l6- mont féminin de travail qui donne le meilleur rendement nu pays.Elles sont moins souvent absentes do leur travail que les nutres bien que leur niveau de santé soit inférieur.\u201d (Le Devoir, 8 janvier 1948) Porteurs d'eau ct.d\u2019eau! porteuses L\u2019ESTUDIANT Ce confrère du Séminaire de Joliette Ë vient de publier pour Noël un numéro fort intéressant et d\u2019une présentation #2 extérieure dont on peut dire sus emphase qu\u2019elle cst somptueuse À des articles étoffés il ajoute une multitude de photographies de la meilleure qualité et bien adaptées au texte, sans compter cinq ou sxiÿ reproductions en couleur de bois de Duguay et une typographie soignée 3 rchaussée d'enluminures d\u2019excellent goût.Nous en félicitons cordiale ment les responsables! NOS FONDATEURS En juillet dernier, S.Em.le cardinal 7 archevêque de Québec et LL.EE.NN {£8 SS.les archevéques et évêques de la À province de Québec ont prescrit un croisade de prières en faveur de ln béa- Ë tification et de la canonisation des fondateurs de l'Eglise du Canada.Pourquoi cette Croisade?Pour glori- (@ fier nos fondateurs.\u201cJamais, peut-être, dans l'histoire du monde, ne vit-on tani d'âmes saintes réunies autour du berceau d'un peuple.Il semble que Dieu ait voulu faire en un demi-siècle, au Cans- da, ce qu\u2019il n'a fait ailleurs qu\u2019en de longues périodes d'histoire.\u201d \u2014 Pour quoi encore cette croisade?Pour imiter nos fondateurs.\u201cNous avons besoin qu\u2019ils nous soient proposés en modèle.Leur vie d'abnégation nous enscigners que la vraie grandeur d\u2018un peuple, ce sont les valeurs spirituelles .!\u201d Quels sont ces fondateurs?Sans ex cure en aucune façon la pléiade des = âmes d'élite qui ont travaillé à bâtir M£ notre pays, nots prierons spécialement Mer de Laval, \u201cle fondateur et père de (£ l'Église canadienne .et trois femmes [9 admirables qu incarnent chez nous 6 l'apostolat dans ses formes les plus hautes et les plus bienfaisantes: Marie de jà l\u2019Inearnation, Catherine de Saint-Au- jg gustin et Marguerite Bourgeoys'.IN Comité général de propagande.\u201cAfin d'assurer le suceés de cette croisade ns tionale de prières, il nous a paru hen J de constituer un Comité général de pro- i pagande qui ait la haute direction de ls § campagne.\u201d Font partie de ce Comité: Mgr Philippe Perrier, P.A., président, § Pabbé Georges-Edounrd Demers, le R.PB Dom Albert Jamet, 0.S.B.,, le R.P.Paul-Eugène Trudel, O.F.M., le R.P.Emile Gervais, SJ, secrétaire.Bureau central de propagande.\"Sous l'autorité de ce même comité, un Bu reau central de propagande, organe exé eutif du comité, assurera la mise © exécution de ses discussions et de se jis mots d'ordre.\u201d .La propagande.Elle empruntera tot tes les formes: sermons, conférente campagnes radiophoniques, articles journaux et de revues, publications & livres et de brochures, organisations & soirées .Collections, Le Bureau de propagank met dans le public deux collections: l'une intitulée \u201cTextes\u201d.Elle comprer dra une Bibliographie pratique du K.P.Emile Gervais, SJ, puis la Lettre pas ER torale de NN.SS.les éviques sur ne Ey fondateurs, une allocution de S.= le cardinal Villeneuve, O.M.L: \u201cNotrt fi; histoire catholique\u201d.L'autre collection ki \u201cNos fondateurs\u201d.Dans cette dernièrt collection, paraîtra une série de brocht ; res populaires.La première sera Bi bref résumé de la vie des quatre for 54 dateurs mentionnés plus haut.B= Vient de paraître: \u201cPous mieux co naître nos fondateurs\u201d, bibliograptk pratique par Emile Gervais, SJ.FL vente au Bureau de propagande, 1%! est, rue Rachel, Montréal.Prix: $0/fR l'exemplaire, $150 la douzaine.Port © plus. L'AGRONOMIE ET LA VIE UNIVERSITAIRE Certaines gens \u2018\u2018aiment mieux parler en mal de soi que de n\u2019en pas parler du tout.\u201d\u2019 Si elles y voient là une satisfaction, n'est-ce pas plus louable de parler en bien d\u2019une juste cause.H y a toujours des êtres sympathiques qui prennent intérêt à l'avancement de leurs compatriotes, sentiment malheureu- reusement trop déplorable chez nous.N'étes-vous pas d\u2019accord, chers lecteurs, qu'il faut louer et apprécier hautement ce geste amical qui est le cas du \u2018\u2018\u2019Quartier Latin\u2019\u2019, nous fournissant l'occasion de parler un peu de notre profession agronomique; non pas méconnue de la gent cultivée, mais des Ti-Jos- Connaissants qui font marcher leurs \u2018\u2018babines\u201d plus vite que leur petite machine grise, Le développement tout récent de la science agronomique moderne a beaucoup contribué à rehausser le prestige scientifique agricole.D'un cours purement élémentaire qu\u2019était l\u2019agrono- niie en 1920, l\u2019on pouvait constater dès 1935 un acheminement cadencé du génie agricole vers une technique des plus scientifique et en un temps éclair.Si l\u2019on considère l\u2019importance attachée à l\u2019agronomie dans les grandes universités américaines telle que Cornell, d\u2019Ithaca, N.Y., pour ne citer que celle-ci, il est évident de conclure que cette science bat son plein et réalise une élaboration progressive.Sans plus nous attarder sur l\u2019importance actuelle et à venir de l\u2019agronomie, sujet sur lequel l'on pourrait longuement délibérer, disons un mot seulement de ce qu\u2019est l'étudiant agronome et quelles sont ses activités à \u201cl\u2019Institut Agronomique d'Oka\u201d>.Pour répondre à l\u2019objection faite par ce bon Monsieur X, dont la sympathie nous fait taire le nom, nous nous empressons d'ajuster ici un petit point qui nous a fort piqué.Notre faculté est bien du type universitaire et non de calibre collégien.Nombreux sont ceux qui tentèrent d\u2019en ouvrir la porte, mais combien l'ont trouvé massive et ont dû reprendre le chemin des écoliers .Seul le diplomé B.A.ou son équivalent peuvent aspirer à la profession agronomique et encore faut-il qu\u2019ils fassent oraison.Le cours classique l'a initié à l\u2019art d\u2019apprendre, mais voilà qu\u2019à PI.A.O.le temps est venu pour lui de s\u2019y mettre résolument.Il devra élargir ses cadres et tendre à la culture générale.Grice à elle, *il n'aura rien de commun avec amateur satisfait de formules sonores, ni avec le cagnard gavé d'une science à tiroirs .\u201d L\u2019Agronomie n\u2019est pas la profession du \u2018\u2018snob\u2019\u2019 visant avec des yeux vitreux la qualification de \u201cBachelier ès sciences agricoles\u201d.(B.S.A.) L'étudiant agronome, surtout dans les conditions actuelles de la vie, se voit obligé d\u2019être aussi instruit et cultivé que les meilleures et les plus éminentes personnalités.L'I.A.O., avec ses professeurs de marque et ses cours scientifiquement donnés, développe chez l'étudiant cet attrait pour la culture intellectuelle.Comment croire autrement alors que la chimie poussée est à la base des principales matières telles: La Chimie des Sols, science toute récente, gros atout dans la production agricole.La Physico-Chimie qui n'est en agriculture que l\u2019application des différentes réactions internes tant physiques que chimiques des particules du sol.Ceci sans mentionner la \u2018\u201cbactériologie\u201d, étude de tout ce petit monde infiniment minuscule et dont les effets influencent toute la nature, et que nous ignorons souvent.L'anatomie base de la physiologie qui conduit nécessairement aux lois de l\u2019alimentation, lesquelles régissent tous les principes vitaux.Faut-il encore, pour vous convaincre, vous mentionner l\u2019étude des insecticides et des fongicides encore à l\u2019état d\u2019expérimentations, la chimie du lait, etc.etc.Ce n\u2019est pas là une énumération pour jeter poudre aux yeux, mais simplement une mise au point que nous jugeons nécessaire.La réputation de I'l.A.O.s\u2019étend continuellement à l'étranger et nombreux sont les métèques qui viennent puiser chez nous les théories modernes de la science agricole.Depuis quelques années seulement, I'LA.O.tend à faire de ses diplômés des spécialistes de marque, soit dans l\u2019une ou l\u2019autre des matières énumérées, de façon à fournir au B.S.A.toutes les ouvertures possibles dans la vie économique et surtout à former des collaborateurs pour l\u2019avancement de la science agricole.Ici, les autorités provinciales ont fait preuve de discernement, en avril dernier, en érigeant le corps agronomique en corporation.C\u2019était reconnaître publiquement toute l\u2019importance qu\u2019elles attachaient à cette science en la plaçant sur-le même rang que le Collège des médecins, la Chambre des notaires, etc.etc.En poursuivant sa fin, la direction de l\u2019Institut a su aménager les laboratoires les plus modernes dans un immeuble spacieux.Quant à l\u2019arôme du fromage d\u2019Oka, soyez rassuré, vous ne le trouverez guère que dans nos \u2018\u2018chaussons mal lavés\u201d.C'est donc à tort que l\u2019on nous dirigerait vers les villes, pour y étudier les vaches, les poules et les plantes usuelles de la ferme.Pour l'étude de l\u2019agronomie compétente, il est de beaucoup préférable de délaisser les grands centres urbains, pour nous appliquer à approfondir les théories agricoles et d'y pratiquer les expérimentations qui s\u2019en suivent, possibles à la campagne seulement.Si pour la raison ci-haut mentionnée, nous ne pouvons malheureusement voisiner l\u2019édifice de la montagne, sa silhouette gracieuse ne manque pas de nous inspirer, même dans notre solitaire institut.C\u2019est donc avec fierté que se déploie le pavillon vert et or sur le dôme cuivré de l\u2019I.A.O.J.Maurice ROY, e.s.n.PHOTOGRAPHE ATTITRÉ DES ÉTUDIANTS 309, RUE STE-CATHERINE, (Près St-Denis) Domicile Outremont: CAlumet 5961 STUDIO: LAncaster 5479 LE QUARTIER LATIN AUX ÉTUDIANTS Tous soupçonnent un peu quelles difficultés nouvelles le QUARTIER LATIN a dû surmonter cette année, par suite d\u2019un déménagement plus lent que toutes les volontés, accompli dans des conditions matérielles que seules les vingt-cinq années d\u2019élan du QUARTIER LATIN ont pu atténuer quelque peu.Avec du travail et de la patience, l\u2019organe des Etudiants a pu conserver sa belle tenue et la place de choix que de nombreux témoignages nous permettent bien de lui attribuer sans emphase parmi les journaux universitaires.Les responsables du QUARTIER LATIN sont orgueilleux, cette année encore, de maintenir à ce niveau le journal des Etudiants.Avec une collaboration intellectuelle très choisie, on compte présenter quatre ou cinq numéros spéciaux d\u2019ici la fin de l\u2019année.Un premier sur \u201cL\u2019Industrie canadien- ne-française\u201d paraîtra vers la fin de janvier.Suivront \u201cNos Forces spirituelles au Canada français\u201d, \u201cLa Jeunesse en mouvement\u201d, puis une véritable somme sur l\u2019inimitable écrivain \u201cPaul Claudel\u201d.Enfin, un numéro final! soulignera, avec la collaboration des anciens directeurs et rédacteurs, le 25e anniversaire de notre journal.Ces vastes desseins requièrent l\u2019aide de tous et de chacun des étudiants, aide tout autant matérielle qu\u2019intellec- tuclie.Un récent discours de M.King, mettant en vigueur certaines restrictions dans la publicité des journaux après le 31 janvier courant, affectera évidemment plus le QUARTIER LATIN et tous les hebdomadaires en général que les autres journaux quotidiens.Pour y suppléer autant que possible, chaque étudiant pourrait très facilement aider le QUARTIER LATIN, SON journal.Le tirage de notre journal sans doute a lieu de nous réjouir, puisqu'il atteint son record cette année, mais il y a possibilité de mieux faire, si tous veulent bien aider à sa diffusion, tout en y trouvant leur avantage.L'étudiant qui vend un abonnement au QUARTIER LATIN touche une commission de 200% 3 si, plus heureux, il en vend cinq, le prix du 5e lui appartient donc.Ceux qui se sentent quelque volonté ou même une velléité d'aider aussi bellement leur journal recevront promptement du signataire livrets d\u2019abonnement et papeterie publicitaire.Notons que le nouveau lecteur ne souffre aucun préjudice de s\u2019abonner ainsi au milieu de l\u2019année: il reçoit son journal, s\u2019il commence au numéro sept par exemple, jusqu\u2019au numéro sept correspondant de la prochaine année.Est-il nécessaire de souligner l\u2019énorme avantage que possède l\u2019étudiant sur sa petite amie?Quelle facilité pour lui, surtout s\u2019il en a plusieurs, de rebondir chez elle, le sourire prometteur, plein d\u2019attentions senties sur le roût de sa coiffure, la belle simplicité de sa jolie robe neuve et ses souliers si délicats.Mais si la petite allait avoir le dessus sur vous, peut-être vous faudra-t-il payer vous-même cet abonnement, direz-vous?Mais alors, qui ne peut conclure une VENTE peut, avec force consolations, opérer le plus doucereux des ECHANGES.Cette année, le rationnement de la gazoline fait que les entrepreneurs habituels se voient forcés de discontinuer la distribution du QUARTIER LATIN dans les kiosques.Un étudiant apporterait beaucoup au prestige du journal en se chargeant, sans beaucoup de frais et commissionné toujours, du ravitaillement d\u2019un Kiosque ou d'une pharmacie de son quartier.Les avantages de la commission sur abonnement dont nous avons parlé s'adressent évidemment aussi à tous nos dépositaires de Montréal et de l\u2019étranger qui s\u2019occupent déjà de vente à l\u2019exemplaire.\u2014 Si chaque étudiant apportait son abonnement .Est-ce vraiment un rêve démesuré?GERARD ALLY, Administrateur \u201cLA JAMBE NOIRE \u201d \u201cHenri Ghéon, auteur d'infiniment de talent et de nombreux ouvrages d'inspiration religieuse, a écrit dans \u201cLA JAMBE NOIRE\", quelques-unes des pa- Ees à In fois les plus exquises, les plus convaincues, les plus émues et les plus osées de toute son oeuvre.Beaucoup, à les lire, découvriront un Henri Ghéon qu\u2019ils ne soupçonnaient pas, et qui les charmers de façon nouvelle tout en les édifiant ainsi que de coutume.\u201cLA JAMBE NOIRE\u201d est l\u2019histoire, très romancée et pas mal fantaisiste, des savants docteurs que furent saint Damien et saint Côme et de leur entourage.Si le supplice qui termine l\u2019existence, toute de dévovement, de charité et de science des deux saints n'est que l\u2019aboutissement logique d'une vie d'austère moralité, il n\u2019en va pas du tout de même de celle des martyrs que leur noble exemple fait publiquement confesser le Dieu de vérité et d'amour.Un volume de 220 pages, format bi- hliothéque.Prix du volume ., .Par In poste .$1.35 \u201cLA JAMBE NOIRE\", roman par Henri Ghéon, Flammarion éditeur, Paris 1941.Distributeur pour le Canada: Librairie J.A.PONY Limitée, 554 est, rue Ste-Catherine, Montréal, Canada.$1.25 AVIS On demande quelques étudiants pour faire le service au cafeteria.S\u2019adresser à M.l'aumônier des étudiants, E-416.FELICITATIONS La Presse annonce les fiançailles de Mlle Pierrette Laberge et de Me Marcel Robitaille.Marcel, en plus d\u2019être un bon copain du personnel du QUARTIER LATIN, a rempli successivement et avec brio à peu près toutes les charges de notre journal.Il fera encore du droit, du journalisme peut-être, mais la cour toujours à la Pierrette de toujours.Celle- ci qui le mérite bien d\u2019ailleurs, n\u2019est pas une inconnue pour la grande part qu\u2019elle a toujours prise aux organisations universitaires.Mais, halte-la! Un seul poète désormais peut se permettre de la chanter, encore souf- frit-il parfois .qu\u2019on la lui chante.À l\u2019une et à l\u2019autre, félicitations et bonheur.G.A.PAGE TROIS LA PETITE FILLE ESPERANCE \u201cLa foi que j'aime le mieux, dit Dieu, c\u2019est l\u2019Espérance; ce qui m\u2019étonne, c\u2019est l\u2019Espérance\u201d.Or, moi aussi je suis étonnée de sentir en mon être cette petite flamme, cette petite Espérance.Tu conniis mon goût de la précision; avec soin, j'ai cherché la cause de cette flamme invincible et éternelle.La Cause, elle vient d\u2019en haut, j'en suis sûre, et toi aussi; puisque tu es sincère avec toi-même, tu l\u2019avoues.Mais l\u2019autre cause, celle que Dieu a mise sur terre pour m\u2019aider .Celle qui rallume sans cesse la petite flamme anxieuse .La flamme vacillante .Tu vas en être bien orguceil- leux .Non, pourtant, car.tu Ia sais déjà .tu l\u2019as devinée, tu l'as lue dans mes yeux, car je te laisse lire mon ime au fond de mes yeux.L'autre cause, c\u2019est toi.C\u2019est toi, avec ton âme que j'aime, tes yeux que jaime.Tu ne t'en doutes pas toujours, mais ton ime m\u2019éblouit.Tu n\u2019es pas un héros, non.Pas un saint non plus.Mais ta es simple, et droit, et franc comme le hois de nos forêts.Tu penses et tu parles vrai, sans fausse honte, sans orgueil, comme d\u2019une chose toute naturelle.\u201cBien faire et laisser braire\u201d, tu le réalises à son summum.Avec toi, l\u2019Eternel, le Spirituel, sont des sujets passionnants à débattre, on en parle librement, à coeur ouvert.Chacun de ces entretiens avec toi est comme une bouffée d\u2019air pur sur mon âme.C\u2019est pourquoi tu es mon espérance: la Route avec toi serait une constante envolée vers le ciel.Je te vois, maintenant, avec mes yeux de In terre; tu n\u2019es pas très studieux, que je sache .Pour l\u2019instant, ton esprit avide est assailli par une quantité d\u2019autres problèmes que ceux du Droit Romain .Tu nes pas Don Juan, que je sache: Tu es comme les autres étudiants, un peu sur la longueur, les traits tirés, les gestes vagues et maladroits, le chapeau perché un peu au hasard .Mais tes yeux clairs, tour à tour pensifs, tendres, railleurs, eux aussi sont mon espérance.Tu ne m'as rien promis, je n\u2019ose rien désirer .J\u2019attends .Je peux attendre longtemps ainsi .Très longtemps .Tant que, d\u2019une phrase malheureuse, tu n\u2019auras pas éteint la petite flamme pure, mais tremblante .Tant que tu n\u2019auras pas enlevé dans mon coeur l\u2019Espérance, \u201cla petite fille Espérance\u201d, je serai heureuse, et je t\u2019attendrai .Jean Suy A MES CAMARADES DE PHARMACIE RÉFLEXIONS \u201cDe même qu\u2019il faut aimer encore, après avoir nimé, il faut espérer encore après avoir espéré, car l\u2019espérance est le levain de la vie .\u201d Déçu par la réalité quotidienne, peu satisfait du présent, s\u2019efforçant de sourire au futur instable, l\u2019homme se réfugie dans le passé et regarde vers l\u2019avenir.Ce qui le charme dans le passé c\u2019est le souvenir qui renaît de lui-même, c\u2019est la cendre d\u2019autrefois qui voltige pour peu que Phaleine la ranime.Ce qui le charme dans l\u2019avenir, c\u2019est l\u2019espérance, cette lumière chaude, ce feu intérieur dont la flamme ne s'éteint jamais et grandit sans cesse, Si rêver est se replier sur soi- même et consumer sa substance, espérer, par contre, est donner à l'être son plein épanouissement.L\u2019homme a besoin, pour agir el pour se perfectionner, d\u2019être continuellement dépassé par ses conceptions ou par ses rêves.\u201cLes grandes réussites, dit-on, sont files de grands espoirs\u201d.Comme toutes les formes de l\u2019idéal dont parlait Pasteur dans son discours de réception à l\u2019Académie Française, l\u2019espérance \u201cs\u2019éclaire des reflets de Pinfini\u201d.Et puis, l\u2019espoir, n\u2019est-il pas, comme on l\u2019a dit, \u201cun emprunt fait au bonheur?\u201d L'avenir est aux obstinés et à ceux qui persévèrent.Avec la volonté de l\u2019effort et la discipline de l\u2019esprit, on arrive souvent à atteindre de nobles buts.N\u2019est- ce pas aujourd\u2019hui qu\u2019il faut espérer, oui, aujourd\u2019hui, à l\u2019heure présente, en ce temps d\u2019incertitude, quand le monde entier est ébranlé dans ses fondations?Plus les difficultés sont grandes, plus les situations sont périlleuses, plus il y a de raisons d\u2019espérer.\u201cA vaincre sans péril, on triomphe sans gloire\u201d selon Corneille.Le danger commun ne for- me-t-il pas l\u2019îime commune?\u201cLa souffrance, pour reprendre la belle expression du Père Sanson, est une maîtresse de vic\u201d.D\u2019ailleurs, \u2018\u201cce n\u2019est pas dans la plume des édredons que l\u2019on forme les fiers vouloirs .\u201d En somme, pour arriver à quelque chose ici- bas, il faut vouloir ce que l\u2019on veut, et, ce que l\u2019on veut, il faut le vouloir tout de bon.Denyse Dazé Le Quartier Latin organe officiel des étudients de l'Université de Montréal 2806 ave Maplewood \u2014 EX.1573 DIRECTION Directeur : MAURICE BLAIS REDACTION Rédacteur en chef : GASTON POULIOT Secrétaire de le rédection : JEAN-BAPTISTE BOULANGER GUY GENES Rédacteun ; NEST FERN, PIERRE TRUDEAU FRANC Os EGAN ee CARE MARCHAND MARCEL PLANS MARCEL CARON ROBÉET GENESE PAUL DAGENAIS.PERUSSE Pour le théâtre : CHARLES DUMAS ADMINISTRATION Administrateur : GÉRARD ALLY Le \u2018\u2019Quertier Letin®* n'est responsable que des seuls articles de le Direction.e IMPRIMÉ PAR LA CIE DE PUBLICATION LA PATRIE 100 est, tue Ste-Cotherine MONTRÉAL VERSEMENTS FAITS aux détenteurs de polices de la province de Québec au cours des dix dernières années: $90,000-000 PAGE QUATRE Ë \u2014 LE QUARTIER LATIN \"LITTLE MAN\u201d Que savons-nous de la littérature créée par nos compatriotes anglo-cane- diens?Peu de choses.Moins de choses qu'ils n'en savent de nous puis- qu'ils connaissent Maria Chapdelaine et Trente Arpents.Actuellement, ils se félicitent de certaines réussites.Leurs critiques estiment que depuis deux ans leur littérature romantique et poétique à crû en vigueur et en beauté, à travers des oeuvres qui peuvent concurrencer les récits de professionnels anglais ou américains de la plume: Barometer Rising, par Hugh MacLennan; Night of Flame, par Dyson Carter; All the Trumpets Sounded, par W.G.Hardy; Book of Small, par Émily Carr, et For my Great Folly, par Thomas Costain, qu'ils déclarent être l'un des six grands romans de la mer.Îls contemplent avec fierté, et signalent avec orgueil, deux livres récents: Thorn-Apple Tree, le roman historique de madame Grace Campbell, publié en octobre, et dont 20,000 exemplaires ont déjà été enlevés; et Little Man, par G.Herbert Sallans, qui a remporté le prix de la Ryerson Press 1949.Il semble que les membres du jury Ryerson ont été éblouis.S.Morgan- Powell, rédacteur en chef du Star de Montréal, qui à pourtant lu des milliers de romans, s'est écrié: \u2018This is it!\u201d Le professeur Pelham Edgar du collège Victoria, à Toronto, a dit avec enthousiasme: \u2018What a book!\" Et Lorne Pierce, rédacteur à la Ryerson Press, a confirmé leurs dires: \u2018It has everything!\u201d Le New York Times en a publié une recension élogieuse.Voilà qui constitue un choeur de louanges plutôt impressionnant.\u2014 Je déteste les romans anglais, me dit un jour une jeune fille qui dévorait les auteurs passionnels de France, \u2014 ue j'appellerais épisodiques.Je les déteste! Le romancier anglais prend son personnage au berceau et le mène à la tombe.Little Man tient du roman anglais puisqu'il nous fait voir son \u2018héros\u2019, George Battle, de so petite enfance au mariage de sa fille, de la Grande Guerre à celle-ci, du début du siècle à l'année 1949.Ce roman est dans la note moderne, de la catégorie des récits semi-histori- ques qui ont tant de vogue aux Etats- Unis.L'auteur est un journaliste de carrière ui à su tirer des événements des deux dernières décades, des horizons qu'il a scrutés, de ses observations, de sa philosophie particulière, un premier roman extrêmement intéressant et intégralement canadien \u2014 anglo-canadien.C'est un roman épique, qui décrit l'Ouest, de Winnipeg à Vancouver, pendant et depuis l'époque où l'Ouest canadien était le grenier de l'univers, le point d'arrivée d'une immigration intense: un Eldorado où le succès et la fortune étaient des certitudes mathématiques.Little Man est un livre tout à fait masculin.Il plaira peut-être moins aux dames que Thorn-Apple Tree, qui glorifie une femme doucement héroïque.Little Man présente l'homme ordinaire, le tout petit bourgeois, rouage sans importance de lo machine sociale et économique.Un rouage modeste, affligé d'un complexe d'infériorité: il voudrait bien avoir plus d'assurance, plus de brio, plus de compétence \u2014 autant que son brillant ami Charlton.Il se voit médiocre et s'en attriste, moins pour lui-même que pour sa femme et ses enfants.Un critique à signalé que ce roman canadien commence où le Canada a commencé: en France.George Battle a quitté l'Université de Winnipeg et s'est enrôlé afin de rejoindre au front son frère bien-aimé, Hal.Ils ne se rencontrent qu'une fois, cependant, car Hal est abattu par les boches dès 1916.Plus heureux, George Battle atteint l'Armistice sain et sauf, il revient eu Canada marié à une jeune Anglaise, Joy, qui sera une épouse parfaite: amante et dévouée; il s'installe à Vancouver, il travaille, il piétine.On s'enrichit autour de lui mais il reste toujours au même point: incapable de payer à sa femme le voyage en Angleterre qu'il à toujours rêvé de lui offrir.C'est leur fils aviateur qui renouera en Angleterre les liens de famille, et aussi leur fille, femme d'officier.Le livre se clôt sur une note tragique: comme son oncle dont il porte le nom, le fils aviateur meurt au début de la guerre, abettu par les boches.Voilà un résumé sommaire du livre.Malgré ses épreuves et ses traces, ce Little Man est peut-être plus chanceux que la moyenne des petits bourgeois, car George et Joy Battle vivent toute eur vie un beau roman d'amour.|| est bon et oublieux de soi, tandis que Joy le voit à travers le prisme de sa tendresse.|! a auprès de lui une femme délicieusement aimante et jolie, tendre et forte, toujours admirative.Il a des enfants beaux et bons.Îl a un ami princièrement généreux et constant.I sadonne à un travail créateur, donc satisfaisant en soi.L'auteur à fait un portrait réussi de l'Anglo-canadien moyen, avec ses qualités et ses défauts, ses préjugés, et ses problèmes particuliers, différents des nôtres.Détail véridique: George Battle a moins de religion que son père, qui consultait constamment la Bible.Monsieur Sallans à deux grandes qualités: ses personnages sont vivants, et il manie admirablement le dialogue, cet art difficile.Il n'a pas le fini littéraire de Mauriac ou de George Duhamel, mais si son roman était lu chez nous il plairait avantage aux admirateurs de Duhamel, dont je suis.Charles MAUREL SAGESSES Certains croient que le fait d'avoir des pensées les dispense d'avoir des idées.La pensée est vague, l'idée est la pensée située.+ Avant d'apprendre à bien écrire, il s'impose d'apprendre à penser juste.Celui-là qui a du jugement est déjà un omme de maîtrise, et l'aisance d'expression ne peut que suivre, + Pondération.La plupart des gens sont totalement étrangers à cette éminente nécessité.Et les autres, ceux-là qui en ont, s'attaquent à l'iréductible.+ - La petitesse engendre de petits triomphes.Mais des triomphes.La grandeur est toujours sabordée avant même de quitter le port.+ Ceux qui peinent, ce sont ceux qui ensent.Les sueurs intellectuelles sont les plus douloureuses, \u2014 il n'y a demi- part d'eau et de sang, mais rien que du sang.Les angoisses sont un fertilisant comme il n'y en pas un autre.+ Les journaux rapportent les événe- ments.Les feuilles les interprètent.Mais c'est le lecteur autonome qui, en dernier ressort, décide de l'étiquette blanche ou noire.+ La politique c'est le nom social de l'intérêt.Cela va aussi pour la politique internationale, surtout même.+ Les femmes se prévalent de tous nos titres d'honneur, et se dérobent quand il s'agit d'encaisser du blâme.Devant un coup d'éclat: Oeuvre de l'homme! s'écrient-elles, s'associant à nous comme étant de la même espèce.Devant une turpitude: Oeuvre des hommes.+ Pourquoi va-t-on au collège?Pour la même raison que l'on va au cinéma.Il n'est personne de suffisamment drôle pour s'amuser lui-même toute sa vie durant.Et personne de suffisamment versé pour se renseigner personnellement sur tout.Le progrès à enrichi des hommes, mais non point l'homme.+ L'individu qui n'a connu ni le téléphone, ni le ciné, ni les transatlantiques a les mêmes ressources de douleur et de joie que celui-là qui s'est trouvé dans ie milieu à la page, et c'est ce qui compte.+ La littérature donne des points de repère, mais elle ne bâtit pas l'homme intérieur.Nous ne sommes redevables qu'à nous-mêmes de notre avancement vers la vie intense.+ La culture n'est pas une somme d'informations sur des sujets définis.C'est une disposition de l'âme, \u2014 et les nomenclatures n'ont rien à y voir.+ On n'a rien donné aussi longtemps que l'on n'a pas tout donné.Et l'on ne peut tout donner sans se soi-même abandonner.Point de don qui ne soit un total abandon, \u2014 le reste est faux- fuyant, subterfuge.+ La foule n'est pas une multitude d'hommes, \u2014 la foule est la foule.Et son caractère spécifique est loin de se superposer à celui de l'homme.C'est un être nouveau, d'aucuns disent \u2014\u2014 un monstre.+ Il y en à qui écrivent par plaisir.Ceux-là ne font pas des Lettres, mais du dilettantisme.D'autres par désir de raître, ceux-là font de la vanité.D'autres parce que, fractionnellement, c'est une méthode d\u2019encaisser, \u2014 \u2018ceux-là ne sont que des marchands, des gens d'affaires.ll y en a enfin qui écrivent par mission, et ceux-la seuls sont des fttérateurs.+ Qu'est-ce donc que d'écrire par mission?C'est accepter comme point de départ la communauté des hommes.C'est une sorte de communisme moral et intellectuel, en vertu duquel toute possession intérieure de cet ordre-là est chargée d'un caractère social.Ce que j'ai en moi, et qui vaut, \u2014 il faut tout de même que j'essaie de le faire rt eee pariaser Le SAGE \"LE NOTAIRE La Chronique des Pasquier, l\u2019insurpassable chef-d'oeuvre de Georges Du- hamel, est l\u2019histoire d'une famille bour- gevise française racontée en huit romans, aussi captivants les uns que les autres et dont chacun constitue un livre complet qui peut être lu seul.\u2018Le Notaire du Havre\u201d, le premier roman de cette Chronique des l\u2019asquier dont Les Editions Variétés ont entrepris la publication au Canada, présente une passionnante intrigue.A lu suite de In mort d\u2019une vieille parente, Raymond Pasquier ct sa femme doivent toucher une forte somme d\u2019argent.Mais la vieille parenté n confié l\u2019affaire à un notaire .Oui, il y a le notaire! Les jours, les semaines, les mois passent, et les Pas- quier ne reçoivent pas leur argent.Et pourtant ils ont fait des projets .Ils savent comment ils emploieront cette somme.Le temps va et toujours rien .rien que des ennuis et des espérances, et encore des projets .et la DU HAVRE\" terrible vie quotidienne, car les Pas- quicr ne sont pas riches et, ils ont une nombreuse famille.Les enfants, Joseph et Ferdinand qui sont les deux plus vieux, Cécile, l\u2019âme d'artiste, et Suzanne, la cadette, encu- drent Enurent, le frère sérieux, et avec lui, assistent au drame que l'héritage et le Notaire du Havre soulèvent dans la famille.Leurs caractères se forment, leurs désirs se développent, leurs natures se précisent, sous l'impulsion des événe- ments qui tissent les jours d'attente.\u201cLe Notaire du Havre\u201d vous entraîne dans une histoire vécue qui apporte In fraîcheur de l'atmosphère familiale et ln tragédie prenante des drames intérieurs.Georges Duhamel y dessine des personnages inoubliables, crée un roman qui résistera au temps et écrit, dans un genre neuf, une oeuvre de maître.Un volume de 232 pages.Prix: $1.25 l'exemplaire.En vente dans toutes les bonnes librairies et aux Editions Variétés, 1410, rue Stanley, Montréal.\"LE PROBLÈME DU CANCER\u201c Voici un sujet dont personne ne peut dire, en toute sincérité, qu'il ne l'intéresse pas.Il est d'une trop poignante ne- tualité.Le temps est révolu où In connaissance du corps et de ses maladies restait l'apanage d'une classe.L'homme de la rue a voulu être initié à tous les problèmies.Pour répondre à ce hesoin de connaître, le savant n daigné descendre de sa stalle pour rédiger, dans une langue facile, des livres qui permettent à tous de se familiariser autant avec les astres qu'avec les plantes ou les microbes.Ce qu'on a appelé la vulgarisation.Né en 1885, le professeur Oherling s\u2019est orienté très jeune vers la profession médicale et s\u2019y est vite taillé une place importante.Ce sont surtout ses études sur le cancer qui l'ont rendu célèbre et qui lui ont permis d'écrire cette étude assez vulgarisée pour être comprise du lecteur moyen, assez fouillée pour satisfaire les exigences des gens du métier.Le livre du Dr Oberling est un vigoureux démenti à ceux qui vont professant que \u201cle cancer est la faillite de la médecine\u201d.Depuis ces dernières années, cette section de la thérapeutique a fait des pas de géants.\u201cLe Problème du Cancer\u201d en raconte les tâtonnements et les découvertes.D1 jette par-dessus bord plusieurs notions fausses, notamment la légende de l\u2019hérédité du cancer, On ne peut qu'espérer la plus grande diffusion possible à un livre de ce genre.Il aidera les médecins, conseillera les infirmières, éclairera le lecteur sur un fléau que chacun doit avoir à coeur d'aider à enrayer.Il complétera heureusement la bibliothèque de l'étudiant en médecine.Aux Editions de l\u2019Arbre, $1.50 CARNET SOCIAL.\u201d Sur les hauteurs du mont Olympe, Brunhilde recevait à un thé, assistée par Atziadée.Un souffle léger, parfumé de senteurs alsamiques, entrait par les fenêtres ouvertes, après avoir courbé les mimosas \u2014 soulevant les rideaux de dentelle vénitienne et se mélant aux doux accords d'un orchestre de tziganes qui jouaient Le Danube bleu sous un massif e verdure.n brouhsha de voix harmonieuses, d'exclamations gaies, de rires frais, charmaient l'oreille de Brunhilde.Très belle ans sa toilette de velours noir, elle se it que son thé serait un succès plus grand que le garden party des jardins d'Armide, quelques jours auparavant.Salammbô et La Chartreuse de Parme servaient le thé et les glaces variées.Martha chantait en roulades à la cantonade \u2014 dans la cuisine anglaise.Froufroutantes dans leurs atours mauves, Lakmé, Angéline de Montbrun, Graziella de Lamartine et Leila de Fogezzaro circulaient parmi les salons avec des plats de sandwiches, des paniers de petits fours et des coupes de necter du Ceylan.Mignon et Mireille étaient préposées aux amandes et aux menthes, respectivement.Tout en grignotant, Lorna Doone racontait à Evelina et à Maggie Tulliver sa malheureuse enfance dans la vallée Doone, mais Maggie Tulliver ne l'écoutait guère, occupée qu'elle était à rouler sous un front sombre de nobles pensées.Île ne voyait pas non plus Un Régiment de femmes qui évoluait sur le versant de \"Olympe.Roxane causait élégamment avec Jane Eyre, s'interrompant de temps à autre pour jeter des miettes de gâteau à sa soeur la Faisane, qui se pavanait sur la pelouse; Jane Eyre profitait de ces moments pour étudier la couleur du temps.- atia expliquait aux Filles de Cadix que Tolstoï avait su lire couramment ans son coeur de jeune fille.La mein dans lo main, Astrée et Dulcinée songeaient.Un instant la violente figure de Carmen parut à la porte.\u2014 Quel s'exclama-t-elle, de se forte voix de contralto.Pas un seul senôr ici?Oh, alors, adios! Elisabeth Bennet heussa les épaules en souriant: \u2014 Qu'elles sont ardentes, ces chères Espagnoles! Atala s'était approché de Blanche d'Haberville et de Simonette aux yeux bleus.Assez mal à l'aise dans ce décor, la fille des bois considérait avec surprise et intérêt les fins visages pôles qui l'entouraient.Le regard de Virginie errait dans le vide: elle rêvait à Paul.Juliette et la Princesse Lointaine parlaient d'idéal auprès de Eugénie Gran.Ë et.D'un mouvement maladroit, Eugénie À renversa sa coupe sur la longue manche de velours de Juliette.\u2014 Stupidissima! modula Juliette avec Jf: énergie.Les grands yeux bovins d'Eugénie % s emplirent de larmes.La Princesse Lointaine regarda Ju.§ liette avec reproche et celle-ci s À tourna vers Eugénie pour lui demander pardon, meis déjà Eugénie s'éloignait, 3 suivie de la sympathique Amelia Sed| on les vit descendre I\u2019 pas lents.pilastre en pensant à Roméo.Fatiguée Renée pieds de Corinne.Elle dit: \u2014 ll faudra danser, tout à l'heure Nous allons danser, n° Corinne ou l'Italie ?Les terribles sourcils de Corinne se Ë joignirent et, de par la salle, ses yeux noirs lancèrent de fulgurants éclairs.\u2014 Silence! fulmine-t-elle.improviser.Elle rumina encore une demi-heure, Ë Le sage regard de La petite Fadette, Ë posée sur elle, la déconcerta un peu, lle commençait quand même: \u2014 L'hirondelle, que poursuit le folà- tre zéphyr\u2026.lorsqu'un cri strident vint À glacer les convives: La princesse de lèves s'était évenouie.senta tristement.D'une main elle se cramponna à Clélie, de l\u2019autre elle indique E de porcelaine B le fond de sa coupe fleurie.Elle sanglota: \u2014 Îl est 13, tout au fond! Clélie plongea deux doigts dans la Ÿ coupe et en tira la miniature du due de emours, en train bonheur.Colette Baudoche et Aimée Collinet seules n'avaient pas bougé; maintenant | lympe à petit Ë Juliette enlaça alors un e pirouetter sur un talon, §¥ auperin vint s'échouer aux B nest-ce ps, § Je vais § es amies se § précipitèrent.Eve Victorieuse lui pré- § es sels, qui la ranimèrent enfin.Ë La princesse ouvrit les yeux et sourit Ë de se noyer;la Ë Princesse de Clèves s'en empora avec À PE PE] leurs regards se touchèrent, expressils.Ë L'alerte passée, Agnes Copperfield entraîna Marie Limerel dehors, sur ia Ë- beaux yeux terrasse odorante.Ses sérieux étaient embués d'émotion.Elle prononça lentement, comme si elle cherchait les mots persuasifs: \u2014 J'ai vu Réginald, hier.Il est très malheureux.Ne sauriez-vous changer?Car enfin, un Réginald vaut bien une vingtaine de Féliciens! Marie Limerel eut un douloureux Ë sourire.\u2014 Je le sais, fit-elle, les lèvres tren- blantes.Oh, je le sais bien! Mais azin m'a condamnée à aimer Féli- Ë cien; toujours, toujours, toujours.Charles MAUREL (1) Retrait d\u2019un roman en préparation \u201cSous quel soleil?\u201d \u201cPOUR UN ORDRE Cet ouvrage de François Hertel fait suite à \u201cLeur Inquiétude\u201d.[I est une reprise de quelques-uns des mêmes thèmes, mais îl se situe sur un plan bien supérieur.Après une assez longue introduction qui est une synthèse du problème canadien, l\u2019auteur conclut que nos maux essentiels sont daus l'homme.Pour y remédier, il faut étudier une civilisation qui serait pour l'homme.D'où la nécessité de pénétrer aussi profondément que possible le problème de In personne humaine, avec tous ses retentissements, en cette vie et en l'autre.Cet ouvrage est une tentative d'approfondissement du personnalisme philosophico - théologique PERSONNALISTE\" que Dandieu, Mounier, Maritain et autres ont étudié à des points de vue ciaux.L'originalité de l'ouvrage de Her- tel consiste précisément en ce qu'il se place dans la perspective la plus géné rale du personnalisme: La nature de ls personne humaine, ses principales activités, les obstacles à son épanoulsse ment, sa pleine stature surnaturelle et humaine à In fois.Cependant, même quand l\u2019auteur tente d'établir, comme il le dit, des positions pures, il ne perd jamais tout à fait de vue le problème canadien, auquel il fait des applications fréquentes surtout dans la dernière partie de l'ouvrage.Aux Editions de I'Arbre, $1.25 NOS OUVRIERS au combat donnent des ailes à la victoire BA Ouvriers et chefs d'usines, en multipliant héroïquemene le nombre des avions de bombardement, de combat et de chasse, jouent leur rôle dans la bataille de la production pour la victoire.Puisse le floc montant des machines de guerre Continuer de grandir jusqu'à ce que les Nations-Unies aient obtenu la victoire! Par l'intermédiaire de ses centaines de succursales dans tout le Canada, la Banque de Montréal collabore avec les ouvriers et les industries de guerre.NTREAL \u2018Banque qui accueille bien les petits déposants\u2018* Service de banque moderne et expérimenté .fruit de 125 années de fractuenses opérations À 175F k RS Kk. M5 JANVIER-1948 M AU ROYAL VICTORIA COLLEGE.Portia White accompagnateur : Bernard Naylor le 15 janvier, à 5.15 heures AU THEATRE SAINT-DENIS.«Les vignes du Seigneur» de Francis de Croisset et Robert de Flers le 15 janvier, matinée et soirée Ë à AU MONUMENT NATIONAL: L'EQUIPE.«Altitude 3200» de Julien Luchoire 2 e 17 jonvier, en matinée les 16 et 17 janvier, en soirée ; À L'ERMITAGE : LES COMPAGNONS DE SAINT LAURENT.le Jeu d'Adam et Eve le Jeu de Robin et Marion le 16 janvier, matinée et soirée JAUPLATEAU.o.oo Artur Rubinstein, pianiste ; le 18 janvier dA L'ERMITAGE : LA PETITE SYMPHONIE.chef : Bernard Naylor ; le 19 janvier A AU LADIES MORNING MUSICAL CLUB.\u2026 Sidney Foster, pianiste le 21 janvier, à 3 heures p.m.# AU PLATEAU: LA SYMPHONIE FEMININE.soliste : Carl Friedberg, pianiste le 21 janvier 3} AU THEATRE DE SA MAJESTE.Rose Bampton, le 25 janvier 2 AU PLATEAU : LES CONCERTS SYMPHONIQUES.soliste : André Mathieu le 26 janvier fl AU MONUMENT NATIONAL : § LES VARIETES LYRIQUES.Mandrin, les 21, 23, 24, 26 janvier ÿ AU PLATEAU.L.LL LL La LL La Robert Schmitz, pianiste n le 29 janvier D AU THEATRE DE SA MAJESTE.Paul Robeson, le B février 8 AU PLATEAU : LES AUDITIONS POPULAIRES.Jean Dickenson, soprano le 11 février S CET APRÈS-MIDI, vendredi le 15 janvier, à 5 hres 15 PORTIA WHITE, contralto nègre AU ROYAL VICTORIA COLLEGE ÿ Le Women's Union de l'Université McGill, qui organise le concert, a réservé d cinquante billets au prix spécial d'étudiants de 1Oc chacun à l'intention des étudiants de l'Université de Montréal.de la Société artistique, Maurice Chartrand.On pourra se les procurer du Président LES CARABINS REMERCIENT.Les \u2018Compagnons de saint Laurent ont présenté le \u201cJeu de la Noël sur la Place\u201d d'Henri leur tions les plus chaleureuses pour louable initiative.De nombreux étudiants assistèrent à ces LE QUARTIER LATIN Menuhin a donné l'autre soir au théâtre de Sa Majesté un concert après lequel il a servi au public tout un choix de ces pièces de répertoire où la haute voltige et les embûches de technique sont presque tout de l'admiration insatiable des foules.C'est ainsi, paraît-il, qu'un récital est un récital et que le publie qui s'y rend pour voir se démener un virtuose s'en retourne chez soi ébloui et content.Les gens qui se sont rendus au concert de lundi dernier pour la musique, pour entendre, interprétées par un artiste, des oeuvres musicales de qualité, n'ont quand même pas à se plaindre, cette fois.Et l'on est reconnaissant à Menuhin que Montréal n'avait pas entendu depuis des années, de lui avoir fait la part si belle.Trois grandes oeuvres, la Sonatine en ol majeur d'Anton Dvorak, le Concerto en Mi mineur de Félix Mendelssohn et lu Sonate No 3 en La mineur de Georges Enesco, composaient la forte, la riche partie de son programme.Pour ceux qui avaient déjà entendu Menuhin jeune, comme pour les autres qui le voyaient pour la première fois, tout ce concert fut une joie très pure.On oubliait totalement l'être qu'il est, et le virtuose, pour goûter dans un recueillement profond chacune de ces MENUHIN trois oeuvres su soin desquelles il mettait les dons incomparables d'interprète qu'il possède maintenant.Menuhin a fait à Montréal l'honneur de lui offrir une oeuvre nouvelle de Georges Enesco: sa troisième sonate en La mineur.L'accueil enthousiaste fait à cette oeuvre sévère et riche de son maître n'a pas manqué d'émouvoir le jeune artiste qui est venu tout de suite reprendre le dernier mouvement.On aurait accepté qu'il reprit le tout.Mais le concert est maintenant fini.L'artiste se retire et le virtuose qui l'a servi jusqu'ici prend la place.Et voici les vieux caprices de Kreisler, le mouvement perpétuel d'Autocar Novacek.Voici le moment si attendu de tout un public de s'éberluer, de se pamer.Je serais fort émerveillé qu\u2019un virtuose jouât «le vol du bourdon» avec ses pieds.Moins, je crois, que s'il ne le jouait du tout.Un De Falla et la très pure «jeune fille aux cheveux de lin» parmi tout ça.Je n'ai pu encore pardonner Menuhin de disputer à Tino Rossi l'Ave Maria de Schubert que je souhaite à mes petits-fils, dans cent sept ans, de pouvoir entendre d'une oreille vierge.O.L.#8 Chéon à l'Ermitage les 24, 28 et # 29 décembre dernier.Ces représentations étaient gracieusement offertes par les cies Bock Tétrault À Ltée, N.G.Valiquette Ltée et # le journal \u201cLa Presse\u201d à la jeunesse étudiante par l\u2019entremise de l\u201d\u201c\u201cAssociation des Amis de l'Art\u201d.Les généreux donateurs :@ Messieurs Roland Bock, Hector 4 Langevin et 'Hon.Pamphile Du- 4 Tremblay méritent nos félicita- spectacles et messieurs Marcel Caron, h.e.c., Fernand Egan, h.e.c.respectivement président et trésorier de l\u2019A,G.E.U.M.et monsieur Pierre Laporte, e.e.d.adressèrent tour à tour les remerciements des jeunes.Espérons que exemple entraînera d\u2019autres philanthropes à permettre à la jeunesse de se récréer dans l\u2019Art et dans l'Esprit à si bon compte.AU PLATEAU, LE 18 JANVIER ARTUR RUBINSTEIN JEAN DICKENSON CHEZ LES ETUDIANTS Non, la nouvelle n'est point controuvée, Jean Dickenson est bel et bien l'artiste invitée par notre Société artistique à l'Audition popu- faire du 11 février.C'est bien vrai que l'exquis soprano du Metropolitan, à la voix de cristal et de lumière, que la jeune femme rayonnante de beauté et de charme que nous avions eu l'occasion d'applaudir au St-Denis, il y a un peu plus d'un an, sera parmi nous un soir du début de février.Et je le répète, ce sont des ÉTUDIANTS, \u2014 les membres de la Société artistique, \u2014 qui la font venir ici pour les ÉTUDIANTS, dans le seul but de procurer à Carabin une soirée d'excellente musique vocale à des prix aussi bas que possible.C'est d'ailleurs là l'unique raison d'être de la Société artistique, et c'est ce dont on devrait se souvenir.Et c'est l'explication de l'importante réduction qui est consentie aux étudiants sur le tarif qu'on exige du grand public.Aucune considération de bénéfices financiers, on le voit, n'entre en jeu puis- qu'on ne demande pas mieux que de vendre aux étudiants le plus grand nombre de billets possible à un prix insuffisant en lui-même à couvrir toutes les dépenses du concert.Il y a lieu de féliciter la Société artistique d'avoir été si bien inspirée dans le choix de son artiste invitée.Et c'est ne donner à César que ce qui appartient à César que de rendre témoignage ici au dévouement généreux de l'actuelle Société, que de dire la travail que chacun de ses membres n'hésite pas à s'imposer, son Président surtout.Poste situé de soi à l'écart de la grande ublicité, il se trouve à être occupé cette année par le plus modeste des présidents qu'il m'ait été donné de connaître.De sorte qu'il fallait l'intervention de quelqu'un pour que le travail énorme auquel a dû se soumettre Maurice Chartrand pour surmonter les nombreuses difficultés surgies du fait de la guerre et de notre déménagement, de même que son parfait désintéressement ne demeurent pes le secret de quelques-uns.Les étudiants, on veut le croire, manifesteront de façon tangible, \u2014 en assistant au concert, \u2014 leur apprécietion du dévouement de quelques-uns de leurs confrères, ou mieux, sauront profiter d'une belle soirée d'art qu'on a préparée spécialement pour eux, au prix de peines plus grancles qu'on ne l'imaginerait au premier bord.Et tout ceci exprimé d'autant plus sincèrement que le soussigné est lui-même étranger à l'organisation du concert.GP 5 [| PAGE CINQ Pi EE TLE E.ROBERT SCHMITZ E.Robert Schmitz, le pianiste distingué et pionnier de l'école moderne de musique qui donnera un récital à la Salle du Plateau le 29 janvier prochain, est né à Paris.Il commença ses études musicales au Conservatoire National où il obtint bientôt le premier prix.Il entreprit alors sa carrière d'artiste de concert à travers l'Europe et fut acclamé comme musicien et comme virtuose.Il organisa l'Association des Concerts Schmitz qui eut l'honneur de compter parmi ses auditeurs des musiciens célèbres comme Debussy, Vincent d'Indy, Enesco et Aubert.L'Allemagne, la Belgique, la Hollande et l'Angleterre l'acclamèrent tour à tour.Il fit connaître plusieurs des œuvres de Debussy, de Honegger, de Milhaud, de Roussel et de plusieurs autres compositeurs modernes.Par son jeu et sa maîtrise, il devint bientôt un artiste international.La presse de nombreuses nations l'a considéré comme un interprète idéal de Bach, Mozart, de Debussy et des Modernes.Il vint en Amérique en 1920 où il interpréta pour la première fois sur le continent «Les Nuits des Jardins d'Espagne» de de Falla avec la Philharmonie de New-York.Il faut signaler aussi la première interprétation en Amérique du Troisième Concerto de Prokofieff avec la Symphonie de Cincinnati.Il apparut aussi comme soliste avec presque tous les grands orchestres de l'Amérique, a donné de nombreux récitals et a même fait une tournée en Orient.Il fut engagé plus de trente fois par la C.B.S.dans des radiodiffusions transcontinentales.Les plus grands critiques américains le considèrent comme un musicien admirable, possédant une technique éblouissante.\u201cLES AMIS Les souhnits qu'on échange pour 1943 ont quelque chose de pathétique.L'univers tout entier nangoissé et incertain n besoin de croire à In réalisation de ces prophéties de bonheur et de paix.Les voeux que l'Association \u201cLes Amis de PArt\u201d formulent pour ses membres sont dictés par cette méme md.tié, cette même volonté sincère qui ont inspiré e{_ maintiennent son nction.Que 1943 donne à ln jeunesse étudiante un ordre normal de vie, d'atmosphère indispensable de son libre et plein épanouissement.\u201cLes Amis de l'Art\" offrent nussi leurs meilleurs souhaits à leurs nombreux amis et leur réitèrent leur très vive gratitude.L'nimable et généreuse collaboration de tous ceux-là qui partagent l'idéal des Amis de l'Art, leur est d'un précieux apport.Faire de nos jeunes des \u201cFils de roi\u201d selon Gobineau, c\u2019est là l\u2019espoir que les Amis de PArt s'emploieront à réaliser durant 1943, DE L'ART Les Amis de l\u2019Art seront heureux de distribuer parmi leurs membres les livres que nos auleurs canadiens voudront bien leur faire parvenir à leurs bureaux.Tes Amis de l\u2019Art espèrent que la jeunesse étudiante saura payer de retour cet intérêt des auteurs à leur endroit, en se faisant un devoir de mieux connaître l\u2019oeuvre des nôtres.L'Association poursuit son oeuvre au service des jeunes et désire les informer que \u201ces bureaux, 1097 rue Berri, sont ouverts les lundi, mardi, mercredi, jeudi et vendredi de 1.30 heures à 5.30 heures de l'uprès-midi, et le samedi de 10 heures à midi.Billets à prix réduit pour le concert de l'éminent pluniste Rubenstein, lundi le 18 junvier, au Plateau.Premiers rendus, premiers servis.Reprise des jeux \u201cAdum et Eve\u201d et \u201cRobin et Marion\u201d, pur les Compagnons de St-Laurent, à l'Ermitage, le 16 janvier en matinée et en soirée.Examen de ln Vie J.O.GIROUX O.D.assiste de MM.A.PHILIE, A, ALLAIRE, G.LAURIER BUREAUX CHEZ Dupuis Srères Montréal PAGE SIX César Franck a été surnommé par ses élèves: le père Franck.Et ce n'est pas sans raison.Vincent d'Indy a peint la bonté sereine, la bienveillance souriante avec laquelle César Franck accueillait chez lui ses quelques fidèles disci- les qui formait ce qu'on a appelé: la Bande à Franck.En marge du Conservatoire officiel il s'était formé chez l'auteur de la Symphonie en ré une sorte d'école, ou plutôt un groupe d'amis qui se réunissaient chez le maitre pour communier à la musique à qui tous avaient donné dans leur vie la première place.Les cours que dispensait Franck à ses élèves qui étaient en même temps ses amis n'avaient rien de la rigidité ni de l'arbitraire, caractéristiques des leçons du Conservatoire.Franck n'était pas un pontife qui, du haut d'une chaire, terrorisait de timides élèves aveuglément soumis à sa volonté.Franck n'imposait pas à ses disciples d'écrire la musique comme lui entendait qu'on l'écrivit.l[ leur demandait un métier solide, gage de maîtrise et de bon goût dans l'écriture, mais il plaçait avant tout la sincérité et l'amour.Car l'amour a été la grande loi de toute la vie de Franck, jamais on n'a vu un artiste aussi humble, aussi charitable et aussi doux.Il n'hésitait pas au sujet de ses oeuvres à réclamer l'avis d'un élève et à s'y soumettre quand, après discussion il le croyait raisonnable.Quand un membre de la bande lui apportait pour jugement une page de musique nouvellement écrite, Franck examinait puis disait, selon le cas: j'aime ou je n'aime pus.S'il n'aimait pas, il se hâtait d'ajouter: «ne vous pressez pas trop de changer cela, il se peut que je me trompe.» ll était heureux comme un enfant quand, au concert, on jouait une de ses oeuvres, même si l'exécution avait été pitoyable.Les instrumentistes n'avaient pas joué en mesure, les uns étaient en avance sur les autres; cels n'empêchait pas Franck d'interroger timidement d'iIndy ou Dupare: «Ça n'a pas été trop mal, n'est-ce pas?» Franck demeurait d'une grande humilité jusque dans la composition de ses oeuvres: il recommença trois fois son quatuor en ré.Il emploie dix années à la composition des Béatitudes.Franck n'a pas manqué de transmettre à ses élèves sa conscience et sa probité de musicien.Aussi verrons-nous Duparc détruire la majorité de ses oeuvres et ne laisser que treize mélodies.À la vérité, treize chefs-d'oeuvre qui font de Duparc un des premiers musiciens de l'école française.Franck à inspiré à ses élèves le goût du travail, le désir de la chose bien LE QUARTIER LATIN CESAR FRANCK faite, de l'oeuvre qu'on n'abandonne à l'éditeur ou aux exécutants que lors- v'on la juge parfaite.Tous les élèves e Franck ne nous sont pas ici également connus.Tous, cependant avaient choisi comme première loi de l'art l'amour qui avait fait de la vie de leur maître une longue prière de charité.Tous eurent le souci de la perfection et la haine du travail bâclé, abandonné au hasard.Ces qualités caractéristiques de l'école française moderne, les élèves de Franck ont énormément contribué par leur exemple, à en inspirer le désir aux musiciens de leur génération.Si Franck à si magnifiquement réussi à former de bons et de grands musiciens, c'est qu'il savait adapter son enseignement à la personnalité de chacun de ses élèves.Cost également qu'il fut non seulement un professeur d'harmonie et de fugue, mais aussi un professeur d'énergie, d'humanisme, un véritable formateur.Franck est né à Liège le 10 décembre 1822, le jour même où Beethoven venait de terminer sa Messe solennelle en ré.Il faut dire que Liège est la ville le plus française de Belgique à tel point v'elle peut passer pour la soeur jumelle de Paris.Si l'on considère généralement Franck comme un musicien français ce n'est donc pas sans raison.Avant d'être Français d'adoption, Franck l'était déjà de coeur.La profession de musicien fut imposée à Franck par son père, homme qui rappelle beaucoup Léopold Mozart.Le jeune Franck entreprit à l'âge de 11 ans une tournée de concerts comme pianiste.Mais la carrière de virtuose ne l'attire pas et à l'âge de 12 ans, en 1835, il entre au Conservatoire de Paris.Les anecdotes sur les musiciens sont généralement plutôt le fait de la légende ue de l'histoire.Mais en voici deux dont l'authenticité ne peut être mise en doute puisqu'un biographe scrupuleux comme Vincent d'Indy les raconte lui- même.En 1838 lors du concours de piano, Franck s'avisa «à l'épreuve de lecture à vue, de transposer à la tierce inférieure le morceau à déchiffrer et de le jouer ainsi sans une faute ni une hésitation».En 1841, Franck se présente au concours de la classe d'orgue.Ce concours comprend entre autres épreuves: «improvisation d'une fugue, improvisation QUELQUES DATES LITTERAIRES 11 janvier 1850 \u2014 Naissance, à Rochefort-sur-Mer, de Julien Viaud, dit Pierre Loti.Ce peintre exotique admirable et cet impressionniste nous a laissé des livres empreints d'une poésie intense et d'une mélancolie touchante.11 janvier 1926 \u2014 Mort de René Tardivaux dit Boylesve, \u201c11 lui suffira d\u2019être lu pour devenir chez ses lecteurs un familier et un ami.\u201d\u2019\u2014Charles Maurras.15 janvier 1763 \u2014 Naissance, a Paris, de Francois-Juseph Tal- mit, le comédien préféré de Napoléon qui le combla de faveurs et le fit jouer, à Erfurt, devant un \u201cparterre de rois\u201d.À la suite d\u2019un différend avec ses camarades à la Comédie-Fran- çaise, Talma fonda, le ler avril 1791, le \u201cThéâtre Français de la rue de Richelieu\u201d.15 janvier 1835 \u2014 Henri Beyte (Stendhal) est fait chevalier de la Légion d'honneur .après cing ou six années de démarches.17 janvier 1749 \u2014 Naissance, à Asti, du grand poète tragique italien Vittorio Alfieri.H est l'auteur de Mérope, de Marie Stuart, de Timoléon, ete.18 janvier 1689 \u2014 Naissance, au château de la Brède (Gironde), de Charles de Secondat, ba- ron de Montesquieu.De cet illustre publiciste francais, on con- nait les \u201cLettres persanes\u201d, \u201cde la grandeur et de la décadence des Romains\u201d, enfin \u201cl\u2019Esprit des lois\u201d.18 janvier 1849 \u2014 Election à l\u2019Académie française, au fauteuil de Jean Vatout, de Saint-Priest, diplomate et littérateur français d\u2019une érudition consciencieuse.\u2014 Il était né à Saint-Pélersbourg, en 1805, d'un émigré et d'une princesse russe.19 janvier 1737 \u2014 Naissance, au Havre, de Jacques-llenri Bernardin de Saint-Pierre dont \u201cPaul et Virginie\u201d devait parai- tre en 1787.Ce roman avec \u201cChaumière indienne\u201d et ses \u201cEtudes de la Nature\u201d devaient contribuer à ramener dans la littérature française le goût de la nature.20 janvier 1871 \u2014 Mort, à Bordeaux, de Ponson du Terrail, Pauteur des remarquables et interminables \u201cExploits de Rocam- bole\u201d.20 janvier 1885 \u2014 Première représentation, à la Comédie- Française, de \u201cDenise\u201d, la plus forte pièce dramatique d\u2019Alexandre Dumas fils.21 janvier 1609\u2014Mort, à Ley- de, de Joseph Scaliger, philologue protestant.Son père, Jules-César fut un savant médecin italien et l\u2019un des plus grands érudits de la Renaissance.21 janvier 1679 \u2014 Mort de Henri-Louis Habert, doyen de l'Académie française.22 janvier 1647 \u2014 Election à l\u2019Académie française de Pierre Corneille, lc père de la tragédie française.22 janvier 1782 \u2014 Naissance, à Londres, de George Gordon, lord Byron, célèbre poète anglais qui nous donna des oeuvres tourmentées, impétueuses et violentes telles que Harold et Don Juan.Il mourut en 1824, à Missolonghi, lors de l'insurrection hellénique.M.Bd'un morceau libre en forme de sonate: ces épreuves, d'après des thèmes fournis par lun des\u2019 membres du jury.Or Franck ayant observé.que le sujet donné de la fugue se prêtait à certaines combinaisons avec le thème du morceau libre, entreprit de les traiter simultanément, de façon que l'un servit de repoussoir à l'autre.» Les membres du jury ne s'étaient aperçus de rien et il fallut que Benoist, professeur de Franck, leur expliquât le tour de force, pour qu'on accorde au jeune organiste un second prix d'orgue.En 1848, César Franck se marie et pour vivre il se met à enseigner, carrière qu'il poursuivra jusqu'à sa mort.oute son existence fut celle d'un gagne-petit, d'un bourgeois qui fait simplement son métier, sans orgueil et sans haine, comme s'il était un homme comme tous les autres.Franck ne s'est jamais préoccupé qu'il pouvait avoir du génie.Sa profession était d'enszigner et il s'en acquittait avec zèle et probité.Les quelques loisirs dont il disposait, il les employait à composer parce que c'était sa façon à lui de prier.Et toute la vie de Franc n'a été qu'une longue et magnifique prière.Franck connaissait son métier sur le bout des doigts et il pouvait jongler avec les fugues comme en se jouant.Mais il avait compris que la beauté formelle n'est pas le but de l'art, qu\u2019elle n'en est que le vêtement extérieur.Il plaçait avant tout la pensée.L'influence que Wagner exerce sur lui, pour profonde qu'elle soit ne s'attache qu'à la forme.Franck n'a jamais prisé la mythologie et la métaphysique du dieu de Bayreuth.II lui emprunte son chromatisme, son système harmonique, et, dans une certaine mesure, son goût des développements symphoniques.La mélodie chez Franck demeure personnelle et ne rappelle que par hasard le chant-fleuve de Wagner.Même tournure harmonique, même procédé orchestral, même système de développement symphonique, là s'arrête la ressemblance entre Franck et Wagner, ressemblance uniquement de forme, comme on le voit.Par la pensée profonde, Franck demeure indépendant, unique.Pour lui la musique est une forme de la prière.Il n'aura jamais la tentation d'en faire, comme Wagner, une religion dont il serait le prêtre.Franck avait trop d'humilité, il était trop foncièrement catholique pour tomber dans semblable illusion.À cause de son tempérament, César Franck a surtout été porté vers les sujets religieux.Comme le remarquent ses biographes, il était incapable, à l'opéra ou au poème symphonique, de prêter au mal une voix authentique.C'est pourquoi, une ozuvre comme Le chasseur maudit manque son but qui est de eindre une chasse diabolique.Là où Berlioz excellait, César Franck échoue.Mais s'il s'agissait d'exprimer les doutes, les craintes et les espérances du chrétien, alors Franck est insurpassable, il atteint au génie et sa Symphonie en ré mineur va rejoindre la 5ème de Beethoven.Si l'on veut une comparaison avec d'autres arts, disons que la musique de César Franck n'est pas agencée à la façon d'un tableau mais bien plutôt à la façon d'une cathédrale gothique.Franck est un architecte des sons tandis que Debussy en sera le peintre.Voyez la Symphonie en ré mineur ou l'admirable Sonate pour violon et piano.On songe inévitablement à un temple gothique du XIllème siècle.Tandis qu'à l'audition de la Sonatine de Ravel, par exemple, on se souvient plutôt des jaunes et des orangés d'un Van Gogh.C'est parce que Debussy et les autres musiciens de sa génération étaient avant tout des coloristes, que chez eux la symphonie est un genre assez peu souvent abordé.Franck est de la grande tradition de Beethoven.Il édifie ses oeuvres comme des pièces d'architecture.L'école contemporaine, avec Strawinsky en tête, réalisera la synthèse de ces deux tendances et nous donnera en musique une architecture polychrome.Ce n'est pas arbitrairement, par imitation servile que Franck suit la voie tracée par les maîtres allemands et élargie par Beethoven.C'est par besoin intime et impérieux de sa nature.Comme le dit Paul Dukas qui fut un critique éclairé en même temps qu'un musicien de grande classe: «c'est parce que chez Franck, la pensée est classique, c'est-à-dire aussi générale que possible, qu'elle revêt naturellement la forme classique, et non pas en vertu d'une théorie préconçue ni d'un dogmatisme réactionnaire qui subordonnerait la pensée à la forme.» Plus que tout autre compositeur, Franck a affectionné les sujets religieux.Ils abondent dans son oeuvre: Les Béatitudes, symphonie, paraphrase du sermon sur la montagne, Ruth, églogue biblique en trois parties pour soli, choeur et orchestre; La Tour de Babel, petit oratorio pour soli, choeur et orchestre, Rédemption, poème symphonique en trois parties pour soprano solo, choeur et orchestre.Une seconde version des Béatitudes, en huit parties pour soli, choeur et orchestre; Rebecca, scène biblique pour soli, choeur et orchestre.Méme quand il aborde des sujets profanes, Franck ne peut se départir de sa pureté angélique.Il ne sera jamais le chantre des passions amoureuses violentes; chez lui, nul érotisme, nulle sensualité.Toujours cette grande pureté enfantine qui fait de lui un être unique dans toute l'histoire de la musique.Cette caractéristique de sa personnalité n'a pas peu contribué à faire de César Franck le musicien original et novateur qu'il a été.Sa sincérité l'a écarté des sentiers battus et l'a poussé vers des chemins inexplorés et vers des routes où l'on ne passait plus depuis Haendel, Bach, Mozart et Haydn.Beethoven avait hérité la symphonie de Haydn et de Mozart.Il en élargit les cadres en y introduisant la grande variation.Il en fait la forme de musique la plus universelle qui soit.Après lui, Brahms et quelques autres se contentent de repro- uire la forme sans rien y ajouter de neuf.La symphonie était en train de evenir un exercice sec et routinier.C'est à Franck que revient la gloire de lui avoir insufflé un sang nouveau et d'avoir redonné a la forme cyclique la force de la jeunesse.Franck entreprendra, chose nouvelle en musique, de construire toute une oeuvre, la Sonate pour violon et piano par exemple, sur un seul thème générateur qui prendra plusieurs physionomies selon \u2018ordonnance des variations, et auquel viendront aider quelques thèmes secondaires.Beethoven réalisait rythmiquement l'unité formelle de la symphonie.Franck réalise cette unité par des moyens mélodiques.Faite selon le même système que la Sonate, la Symphonie en ré mineur ouvre la porte à toute l'école symphonique moderne, même si cette école ne parle plus la même langue harmonique, même si cette école contemporaire a abandonné le style classique pour adopter ce que, faute de mieux, on désigne sous le nom de style moderne.QUELQUES CONCERTS SARAH FISCHER LE 16 DECEMBRE Au programme: un tout jeune soprano qui nous a réellement charmés par sa voix faible, mais mélodieuse et juste; un pianiste qui en était à ses premières armes en public; un violoniste épatant qui devrait se faire entendre plus souvent en concert.La toute jeune Yolande Ouimet nous donna deux groupes de pièces avec beaucoup de succès, quoique ces chants auraient à cause de leur trop grande difficulté d'exécution être un véritable casse-cou, sinon un casse-voix .La voix n'est pas mûre, cela est patent, mais avec de l'école elle deviendra remarquable.Paul André Asselin possède de grandes qualités: une technique et une intelligence d'exécution remarquables.Au début, il nous joua du Scarlatti, du Bach et du Haydn, puis un groupe de Chopin.Soit qu'il fût troublé par le public, (son premier public); soit qu'il n'aime pas le premier genre, son exécution de ce premier groupe fut un peu décevante, mais le Chopin fut une véritable révélation.Fantaisie \u2014 Impromptu, Nocturne en ré bémol, Première ballade en sol mineur, s'animaient sous ses doigts, pénétraient chaque auditeur, l'enveloppaient, le aisaient vivre.Les rappels furent eux aussi magnifiques.La Sonate en do mineur de Grieg exécuiée par Lucien Martin n'a pas manqué de plaire à tous.Monsieur rtin est un artiste par profession, ce qui ne l'empêche pas d'être un artiste dans l'âme, croyez-m'en, le euxième vaut mille fois le premier.Son exécution de la très belle Sonate e Grieg fut un régel, et il dut donner plusieurs rappels de très bon goût.ECOLE NORMALE DE MUSIQUE LE 19 DECEMBRE Il est assez difficile de résumer en quelques lignes des impressions personnelles sur tous les artistes qui ont pris part à ce concert.Ce récital de piano et de chant groupait une douzaine d'artistes-élèves qui furent toutes fort applaudies.Ces concerts comportent cette difficulté de juger du jeu de telle ou telle élève quand elle ne présente qu'une seule pièce, qu'un seul genre, qu'un seul auteur; aussi bien entreprenant est celui qui voudrait n en juger que sous un tel jour.Cependant ces concerts offrent à plusieurs l'occasion favorable d'extérioriser leur capacité, leur science, leur technique, de faire connaître leur interprétation, de maîtriser leurs nerfs, de connaître ou de ne pas connaître le trac, de subir la critique, d'affronter en un mot le grand public.our quelqu'un qui étudie encore, ces récitals sont un complément je dirais nécessaire à leur formation car ils permettent de briser le vase clos qui renferme le génie ou l'artiste et le libèrent de la gêne, de la compression.Ces concerts devraient être plus fréquents et plus fréquentés.Îls devraient être présentés selon un plan onné groupant par exemple les pièces e méme auteur, ou les auteurs d'une même école ou époque.Outre les avantages marquées qu'ils offrent aux élèves qui Y participent ils constitueraient pour les auditeurs un moyen de culture musicale peu dispendieux.L'artiste invité à ce concert étaitJules Jacob, accompagné au piano par Oscar O'Brien, M.Jacob nous donna deux groupes de pièces: l\u2019un de classiques, l'autre de folklore.ECOLE SUPERIEURE DE MUSIQUE LE 19 DECEMBRE C'est toujours un plaisir nouveau que e pénétrer mensuellement dans la salle de concert de l'Ecole Supérieure de Musique.Les concerts sont variés, les artistes choisis, les programmes attrayants.L'École Supérieure de Musique nous a donné encore une fois d'admirer le talent de ses élèves et par transparence celui des professeurs.Au Programme: Cécile Préfontaine et eannine Payment, pianistes, et Arthur Davidson, violoniste.l'accompa- faément on entendit tour à tour Patricia arr, Jacqueline Morin et Madeleine Paquet.Les pièces: Concerto en mi bémol e Mozart, Variations Sérieuses de Mendelssohn, Sonatine, op.137, No 3 pour violon de Schubert, Prélidium et Allegro de Pugnani-Kreisler, Ballade de Fauré pour piano et orchestre.Jeannine Payment joua de façon très classique le concerto de Mozart; nous disons classique parce que dans Mozart la liberté de l'exécutant dans l'interprétation est nulle, c'est Mozart lui même qui joue.Cécile Préfontaine, pianiste bien connue, qui ne dédaigne pas encore d'étudier nous donna les variations sérieuses de Mendelssohn et L'extraordinaire Ballade de Fauré.C'est la première fois nous croyons que cette allade est jouée à Montréal, nous remercions Mlle Préfontaine de nous l'avoir fait connaître sous un si beau jour.Arthur Davidson, violoniste, possède une technique remarquable, une sensation vivante, une maîtrise virile.Les cordes vibrent et chantent sous son archet tour à tour autoritaire ou caressant, sautillant ou lourd sous les pitzi- catti précis et les mélodies charmeuses.Maurice CHARTRAND 15 JANVIER 1, La Symphonie en ré mineur de Fa est donc à la fois, une fin et un comme, BX cement.Une fin, parce qu'elle Pose | ;; dernier grand monument de la tad Ë tion beethovenienne, un commence, Ë 3 ment, parce qu'avec elle arrive |, bi symphonique nouvelle dans lequel, ER aujourd'hui, nous vivons, \"i Créateur de la symphonie moden, Franck est également l'instigateur « la grande école des organistes Français ; école qui conserve a h musique ref; fé gieuse ses caractères essentiels ç M piété et de foi, qui l'empêche 4 IB s'égarer dans les voies dangereuses ma 2! lui permet de se modifier au rythme ¢, 3 l'évolution des mentalités parce qu'un x artiste catholique est avant tout vrial que pour être vrai, il lui faut suivre sn époque.ette école, instaurée ny} Franck, réalise de nos jours, grâce i Dupré et à Vierne, l'alliance intime à # style modeme et de la pensée ro}; pin gieuse.- = Charles Bordes et Vincent d'Indy FE ames dirigeantes de la Schola Cant, BL rum, ont été tous deux élèves de Fran £ \u2018influence profonde exercée sur |EA formation de l'école française modem, ki par ls Schols est donc due, si Iq a remonte à la cause première, 3 Cig lb Franck.Gabriel Fauré, en illustan£ à magnifiquement la nouvelle écrituté musicale est bien le premier reprise, 53 tant de cette école.Franck attaché, pur A ry) la forme extérieure à l'ancienne langue EN de Beethoven, est déj à animé de l'espat a Qui vivra en Fauré et en ses successeur, 3 amour de la liberté, de la clarté, de LA sincérité et du métier sans défaillance LA Franck fait le pont entre les dey} époques.La Hl se trouve que l'homme est tout aussi admirable que le musicien 2X D'autres compositeurs peuvent sul) umainement sympathiques.Rares coy li qui commandent l'amour d'une façonità aussi impérieuse que Franck.Voilà ui musicien que l'on peut, sans résern aucune, admirer et aimer pleinement comme artiste et comme homme.Certains compositeurs, très grands pu eur musique, ne manquent pas, pul leur caractère, de nous déplaire profor a dément.La mesquinerie de quelques ## uns fait vraiment mal car nous voudrion ES que leur âme soit & la hauteur de leuk oeuvre.Avec Franck, nous chercherion PB en vain un geste ou une parole qi] puisse dénoter rien de bas ou de vil, def vulgaire ou même d'ordiraire.Et nou comprenons facilement que des com [3 positeurs osent parfois I'invoquer: Sor: [3 ranck, priez pour nous.Jean Vallerand À ECOLES NATIONALES ETATSUNIENNES} i iH Le QUEBEC prétend maintenir - opposition irréductible à la centralise EB tion fédérale et en particulier à 8 centralisation scolaire.D'aucuns attri a buent cette attitude à un NARROV i PROVINCIAL OUTLOOK fait de nf tionalisme mesquin et de bigoterie.Or voici que les catholiques des Etats-Unis que personne ne s\u2019est jamais avisé dep traiter de \u201cnationalistes\u201d et de \u201chigoty [2 dénoncent la centralisation fédérale # Se référant au bill 1313 actuellement À devant le Congrès, en vertu duqul Washington avancerait $300,000,000 du trésor fédéral aux écoles publiques dif pays, S.Exe, Mer Spellman, archevêque G8 de New-York, déclare que cette mesure 8 serait \u2018désastreuse pour l\u2019ensciznement libre du pays et néfaste à la nation tout À entière .Nous nous élevons par prit cipe contre un bill qui \u201cfédéraliseraitl@- l'éducation, nous y sommes opposés er 1 core parce qu\u2019il constituerait une inj- tice flagrante envers les enfants de fi Écoles privées (l'enseignement catholique A tout.entier) érigées et maintenues pari les sacrifices, les luttes et le martyre d BR générations entières de citoyens loyau £3 à leur patrie et à leur Dien, qui \u2014 soil Ji dit en passant \u2014 soutiennent aussi fg leurs deniers les écoles publiques\u201d.À Au Canada, comme aux Etats-Unis bg c\u2019est par ln promesse de subsides que «ER tendent les amorces de la centralisatis 4 scolnire.Les catholiques du Canad pH comme ceux des Etats-Unis, sauront tres ver dans leur amour de la liberté rel gieuse et de lu liberté tout court k point d'appui de leur indéfectible rés ance, Extrait do \u201cRelation\u201d.décembre 1942.p.7 Les Étudiants trouveront tous les volumes dont ils ont besoin |i DEOM 1247, Saint-Denis Montréal #15 JANVIER 1943 Æde la chronique de graphologie.ÿ J\u2019our obtenir son esquisse gra- À phologique dans Le Quartier La- Riin, il suffit d'envoyer AU = MOINS 10 lignes de son écriture #la plus naturelle, sur papier non M ligné et à l\u2019encre au 2 GRAPHOLOGUE, a/s du Quartier Latin, Université de Montréal, 2806, avenue Maplewood, Montréal.4 La signature étant un spéci- Æmen d\u2019écriture particulièrement # personnel, les correspondants sont À priés de signer leurs envois.Ils # faciliteront ainsi la tâche du gra- 4 phologue.Prière de signer son A nom (comme sur un chèque ou un autre document, et non pas de # l'écrire simplement).Ceux et À celles qui ne veulent pas que leur # nom apparaisse dans le journal 4 sont priés de joindre un pseudo- ÿ nvme.Toutefois, les lettres ne portant pas de signatures seront À yuand même analysées.> l\u2019our obtenir, par la poste une esquisse plus élaborée, il est nécessaire d\u2019inclure $0.25.Pour une analyse complète, envoyer au moins 4 pages d\u2019écriture, et inclure $1.00.Une réponse dans les N jours est assurée.Les correspondants qui envoient des bons de poste sont priés de laisser EN BLANC le nom du destinataire, et non PAS par exemple le libel- ier à: \u201cLe Graphologue\u201d.Voici les esquisses pour cette semaine: CLAIRE BEAUMONT La volonté est forte, ferme, un peu en retard dans l\u2019action et plutôt autoritaire.Bienveillance naturelle, mais un peu intéressée.Une certaine pointe d\u2019égoïsme.L\u2019âme est fermée, ne se livre pas facilement.Voudrait se faire impénétrable, mais n\u2019y réussit pas toujours.Originalité et quelque précipitation.La sensibilité est grande, mais tend à se cacher.Orgueil relatif, mais bonté.ARDENS De très fréquentes intuitions.C\u2019est presque un sens de divination.La volonté est forte, brève, ardente et bien assise.De la nervosité et de la précipitation.Beaucoup d\u2019orgueil, mais aussi la conscience de votre valeur.Le désir, louable, de faire vite, mais bien, le mieux possible.Le sens de la précision et le souci des détails.Forte dose d\u2019imagination.C.M.B.La sensibilité et la passion sont très grandes; vous essayez .néanmoins de n\u2019en rien laisser paraître.L\u2019âme est mi-ouverte, mi-fermée, avec une préférence pour ce dernier cas.La volonté est tantôt forte, tantôt faible, mais vous en avez néanmoins.Souffrez d\u2019un manque relatif de confiance en vous.De l\u2019ardeur au travail et de l\u2019ambition.Vous êtes romanesque.LE COIN DU GRAPHOLOGUE $ Par suite de la longueur des vacances universitaires d\u2019été, due au Ædéménagement aux immeubles de la Montagne, et de l\u2019abondance des matières dans les numéros du Quartier Latin, publiés à date, la direction du Quartier Latin a été forcée de remettre à aujourd\u2019hui la reprise ; C\u2019est pourquoi nous prions les lecteurs et lectrices de ne pas Æ'étonner si les esquisses graphologiques publiées aujourd\u2019hui et une @ partie de celles qui suivront dans les prochains numéros, datent déjà de Alongtemps.Nous espérons que ceux et celles qui nous ont envoyé il y a J plusieurs mois des manuscrits à analyser, lisent encore régulièrement M Le Quartier Latin cette année, et y trouveront la réponse attendue.UNE BENEVOLE DE STE-JUSTINE La volonté est intermittente, avec une forte tendance à être autoritaire, ce qui vous attire des ennuis.Beaucoup de bonté, de compréhension, et une douceur toute féminine., Une pointe d\u2019esprit de contradiction.La sensibilité et la passion sont fortes.Vous possédez une nature affectueuse.De la gaieté et une certaine susceptibilité.Aussi une bonne part d'imagination, le souci des détails.Bienveillance naturelle.E.G.M.Vous avez de l\u2019ardeur au travail et de l\u2019ambition.La sensibilité et la passion comptent pour beaucoup dans votre vie, et la façon de la conduire.La nature est affectueuse, ardente et sensuelle.Notons une pointe d\u2019orgueil.La volonté cst inégale.Possédez suffisamment de subtilité pour vous acclimater aux personnes et aux circonstances, de même que pour mentir au besoin.Un peu égoïste?.Du naturel, c\u2019est une grande qualité.LOISETTE Nature qui a besoin de donner comme de recevoir beaucoup d'affection.La sensibilité est très grande.Il faut bien noter de la gourmandise et de la sensualité.L'esprit est très souple, il vous aide à vous acclimater et à faire au besoin, quelques menus accrocs à la Vérité.Grande activité.Loisette ne doit pas rester fucilement en place.Mais l\u2019ardeur au travail, n\u2019est quand même pas son fort.Très subtile.TIGUY La volonté est forte, déterminée, entêtée même, mais vous ne vous en servez pas toujours.Pas énormément d\u2019ardeur au travail.Cependant, vous êtes capable de réagir.J\u2019indique puisqu\u2019il le faut, une certaine pointe d\u2019égoiïs- me, et à peine un peu d\u2019esprit de contradiction.L\u2019âme est fermée, impénétrable; elle ne livre pas ou si peu.Certain manque de confiance en soi.Peut-être un manque de culture aussi, mais l\u2019intelligence y supplée.TRAJAN Beaucoup de dynamisme, cela saute aux yeux.Mais par contre, ii faut noter un certain manque de confiance en soi, du scepticisme, qui vous nuit énormément, et un esprit quelque peu intolérant.Trajan ne manque cependant pas de bienveillance, mais elle est cultivée.De la clarté dans les idées et une culture générale intéressante.Esprit concis, mais trop peu subtil.L\u2019âÂme est suffisamment ouverte pour laisser voir et sentir ce qu\u2019elle pense.Franchise d\u2019expression brutale, qui n\u2019est pas toujours bien vue.Sensualité.® DUPUIS FRERES ® TERMINUS CRAIG ® COLLEGE BREBEUF ® COLLEGE STE-MARIE OU SE PROCURER \u201cLE QUARTIER LATIN\u2018?Chez les dépositaires .dont voici la liste: © LE VENDEUR DE JOURNAUX, angle St-Denis et Ste-Catherine © LE VENDEUR DE JOURNAUX, rue St-Jacques face à l\u2019édifice Banque Royale © LA LIBRAIRIE DEOM, 1247, rue St-Denis © L'ELEPHANT BLANC, 3414, rue St-Denis © LA PHARMACIE LEDUC, rue Maplewood, près Bellingham © HOPITAL STE-JUSTINE © EXTERNAT CLASSIQUE GRASSET ® LIBRAIRIE DES VARIETES, 800 est, ave Mt-Royal © ECOLE DES BEAUX ARTS © SEMINAIRE DE PHILOSOPHIE ® COLLEGE MARGUERITE-BOURGEOYS ® ECOLE NORMALE JACQUES-CARTIER ® LA LIBRAIRIE PONY, 554 est, Ste-Catherine © PHARMACIE BRODEUR (angle Côte-des-Neiges et Queen Mary Road) LE QUARTIER LATIN PAGE SEPT OUTREMONT 29 C\u2019est un tramway qui a peur de lui-même .Tantôt, il s\u2019en va péniblement, regardant le trottoir de gauche, regardant le trottoir de droite, s\u2019arrêtant brusquement auprès d'une personne ou d'une maison a la mine menacante, hésitant a repartir, s\u2019y décidant à regret, à contre-coeur, à petits coups, longeant nonchalamment les devantures des rares pharmacies, réfléchissant à chaque intersection s\u2019il ne vaudrait pas mieux retourner en arrière, reprenant sa marche craintive et lente, s\u2019assurant d\u2019un coup d'oeil tortueux que personne ne le suit, tâtonnant et ruminant, oubliant, dans son inquiétude mal assurée, dont les regards furibonds lui inspirent de nouvelles craintes, triomphant de pouvoir se reposer en toute sécurité devant une lumière rouge dont il a salué la bienheureuse apparition avec un soupir d\u2019allégresse: il promène dans la Cité son insouciance majestueuse et son effroi qu\u2019il essaie de cacher le mieux qu\u2019il peut sous un air d'importance.Tantôt, il file comme un jaune météore, furibond, emporté, ne regardant personne, dédaignant d'analyser quoi que ce soit, soufflant comme un chien rageur et sa casserole, les sourcils froncés, pressé d'arriver à tout prix à un terme quel qu'il soit, passant pardessus les obstacles, tournant les coins sur deux pattes, hypnotisant les lumières vertes, content de lui-même et n\u2019admettant personne dans son sein orgueilleux, il fonce comme s\u2019il avait toute la Compagnie des Tramways à ses trousses, rivalisant d\u2019ardeur avec les automobilistes les plus méritants, et il s\u2019applique à ne laisser voir à quiconque que son derrière ironique et même sarcastique .Il est timide: il va rarement seul .Il se sent plus à l'aise en compagnie.S\u2019il s'aperçoit qu\u2019il est isolé, il attendra son camarade: celui-ci, de même, s\u2019'empressera de le rejoindre.\u2018Ils seront deux, trois, quatre: ils n'auront plus peur; ils seront fiers et prétentieux: ils auront conscience de leur propre valeur .Ils ont raison: que ne cons tiennent-ils pas?L'Outremont-29, comme tout autre tramway, mais plus encore, est le réceptacle de drames.Un sourire provocant: et l'échange de places se fait.Le sexe faible a triomphé.Les voisins regardent avec méfiance la nouvelle voisine: le vieux Monsieur, derrière son journal, n\u2019aime pas ce chapeau; la bonne dame est jalouse de ce chapeau ; le Curé placide ne comprend pas du tout ce chapeau: il essaie de comprendre .Et le pauvre diable, qui veut s'asseoir, mais qui n'a pas de charmes a fournir, établit toute VICTOIRE Je regrette que vous m\u2019ayez envoyé un document impersonnel.En partie, une copie.Il faut un texte \u201cpondu\u201d par le correspondant ou la correspondante.Autrement, l\u2019analyse risque de manquer d\u2019exactitude.Manque d\u2019ardeur au travail, d\u2019ambition et de gaieté.Culture qui s\u2019affinera et s\u2019augmentera avec le temps.Ame ouverte, mais pas au premier venu.Capable d\u2019application, mais retardée par un manque de volonté.Celle-ci est inégale, intermittente, mais souple.Un esprit concis, plus ou moins rapide, mais capable de s\u2019acclimater.NOCHE DE LUNA Commençons avec un grain de finesse, et de sagesse.Esprit passablement espiègle et curieux.(Le graphologue pourrait bien s\u2019attirer des \u201cbriques\u201d !) Un certain manque de confiance en soi nuit à votre avancement et à la réalisation de vos désirs.Mais tout cela pourra s\u2019améliorer si vous vous appliquez à utiliser plus souvent, une volonté qui ne manque ni de force ni de souplesse, bien qu\u2019elle soit intermittente.Du goût dont vous avez le droit d\u2019être tière.La personnalité se manifestera davantage, en vieillissant, et à force de travail et de persévérance.une stratégie, de façon à pouvoir contrôler plusieurs sièges à la fois.C\u2019est une lente poussée, accompagnée d'excuses et de regards méchants, qui se fait d\u2019un bout à l'autre, suscitant de petites jalousies, des haines temporaires, des agacements rageurs.C'est un continuel échange d\u2019espace vital: on pousse, on serre, on donne, on prend, on vole.Mais tout ceci sous le couvert d\u2019une politesse hypocrite .Les passagers sont aussi haineux que les autres passagers d\u2019autres tramways ; seulement, ici, ils se rendent compte que, dans le Outremont-29, il faut observer un certain décorum.On ne sait pas qui on pousse, ni qui on étreint, ni qui on favorise.Des gens bien, des débutantes de l\u2019année dernière, des professionnels, des capitalistes, des grandes dames revenant de la Métropole, qui, tous, ont fait le sacrifice de leur essence, des étudiants savants et batailleurs .Non, on ne sait pas à qui on a affaire .Et forcément, l\u2019Outremont-29 prend une atmosphère vaguement mondaine .On n\u2019y parle pas trop haut.Beaucoup de présentations s\u2019y font; et la splendeur des noms relève encore l\u2019ambiance.Des intrigues s\u2019y ébauchent.Des admirations discrètes s\u2019y voient naître .L'Outremont-29 possède un charme qui enlève les citoyens à leurs tristes contingences et leurs mesquines préoccupations.Certains s\u2019y croient dans un salon; d\u2019autres s\u2019y croient dans une église.D'autres s\u2019y trouvent simplement chez eux.Mais aussi, il faut voir les indignations qu\u2019ils soulèvent, les regards méprisants qu\u2019ils excitent, les sourires dédaigneux qu\u2019ils font naître .Ces étudiants .Parfois, de vieux bonshommes esquissent un sourire où se mêlent bien une larme ou deux: .Le temps de leur propre jeunesse .Une Madame pense à son (Eaveon\u201d qui est comme \u201cceux- a\u201d.Enfin, tous se sentent un grand désir de communier de coeur ou d\u2019esprit, malgré la froide barrière de la discrétion distinguée .Ayant entendu depuis une couple de semaines une foule d\u2019opinions et de rumeurs sur le ski, j'ai décidé de monter à notre chalet pour me rendre compte des .conditions actuelles pour la pratique de ce sport.Voici ce que j'ai trouvé.En fin de semaine, le ski était de première classe.La \u201c71\u201d surtout était en parfaite condition; beaucoup de neige, pas de roches ni de bosses et très vite.Les ski-tos fonctionnent comme par les années passées et les membres de notre club ont toujours leur tarif de 0.75 à la \u201c71\u201d.Pour les amateurs de cross-country, la piste Maple Leaf de Ste-Adèle à S.-Sauveur était épatante avec un beau soleil et une surface suffisamment durcie sans être crou- tée.La principale peur des skieurs est le transport; il y a des changements, mais pas au point d\u2019empêcher les vrais skieurs de monter.Les trains du vendredi et du samedi ne sont pas si pleins qu\u2019il y ait du danger que vous soyez laissés à la gare et pour revenir, il y a trois trains le dimanche soir ainsi qu\u2019un autre très utile le lundi matin qui entre au Viger à 8.35 a.m., juste en temps pour les cours.Il ne faut pas oublier le C.N.R.qui monte encore avec trois ou quatre wagons vides, pas de crainte d\u2019encombrement sur cette ligne-là.Hs ont deux ou trois trains le samedi et un le dimanche matin avec trois trains pour descendre le dimanche soir.Il est aussi faux qu\u2019il soit défendu de monter nos skis dans les wagons.Notre chalet n\u2019a subi aucun changement et vous offre tous les avantages des années passées.Notre nouveau cuisinier est installé et promet de nous faire une bonne cuisine, surtout lorsqu\u2019il recevra la carte de rationnement de notre club que le gouvernement a finalement consenti à nous allouer.Elle arrivera au plus tard mercredi, donc aucune crainte pour la fin de semaine.La semaine passée, il ne manquait que vous, les skieurs.J\u2019espère que cette semaine vous y monterez nombreux car dans le nord, il fait toujours beau et le ski est toujours bon.Albert ROYER Voici un Abraham que l\u2019Ou- tremont-29 ira déverser sur la rue Craig: celui-là, il est paisible, il est assis, la place est à lui: qui la lui disputerait?Jl aime que beaucoup de femmes soient debout devant lui: il examine la qualité de leurs bas et calcule le profit qu\u2019on en pourrait tirer en les vendant au pair.11 méprise doucement les imbéciles qui portent la inain à leur chapeau, quand le tramway passe devant une église .Le tramway Outremont-29, soir ou matin, beau temps ou mauvais temps, jour de fête ou jour de semaine, est toujours plein.Il est quelquefois secondé par I'Outremont-30, son petit frère illégitime, né du caprice morbide d\u2019un conducteur qui se sent subitement une fringale de connaître la Cité d\u2019Outremont.L'Outremont-29 est vraiment notre maître, à nous étudiants .C\u2019est lui qui règle la mesure des cours que nous allons manquer, parce que nous y arriverons en retard, ou parce que notre découragement, inspiré par sa détermination forcenée de ne se montrer ni le devant, ni le derrière, nous fera rebrousser chemin vers le lit d\u2019où nous sortons: l'oreille basse, sous le chapeau bien enfoncé, car il fait froid .Si j'étais lyrique ou simplement prétentieux, je dirais: O! Outremont-29, tu es le lien entre la demeure de nos corps, celle où nous dormons, où nous mangeons, et ln demeure de nos esprits, où nous dormons aussi, mais où nous sommes appelés à penser, au lieu de manger!!! Or, je ne suis ni lyrique, ni prétentieux.RALPYREK La meilleure biere au Canada produite par DAWES depuis cing genérations PAGE HUIT Poser une telle question ou meme entretenir quelque doute quant à la valeur de la civilisation actuclle peut paraître un peu bizarre aux enthousiastes de l\u2019ère moderne et aux savants qui, imbus de chiffres, pensent arracher à la nature tous les secrets qu\u2019elle recèle en son sein.Cependant si l\u2019on observe calmement ce qui se passe autour de nous, si l\u2019on cherche à analyser tous les actes des individus et des gouvernants de notre société actuelle, je crois qu\u2019une telle question peut se poser, qu\u2019un tel doute existe.Le dictionnaire Hatzfeld et Darmstades nous dit au mot civiliser: \u201cFaire passer de l'état naturel, primitif à un état plus avancé par la culture morale, intellectuelle et sociale\u201d.Dans le mot de civilisation nous retrouvons donc la base et le sommet de toute société et de toute vie sociale.La distinction entre l'homme civilisé et l'homme nature, c\u2019est, écrit le P.de Munnynck, la richesse matérielle par la domination sur la nature, la connaissance intellectuelle par la science et la philosophie, l\u2019affinement et l'harmonie de la vie affective par les arts, l\u2019activité féconde dans les oeuvres, la direction efficace vers Dieu par la morale et la religion.Il est assez rare de rencontrer des hommes possédant ces cinq facteurs sous une forme vraiment concrète, bien que tous les aient en puissance.Forcément, il en existe un qui s\u2019hypertrophie aux dépens des autres.Ces spécialisations dans les différentes sphères de l\u2019activité humaine ne sont pas sans influence l'une sur l'autre.Ici intervient le rôle de la société qui peut réaliser ce que l'homme seul est impuissant à réaliser.Même si la société intervient comme un guide, est-ce à dire qu\u2019elle ne se trompe pas?Soumise aux mêmes lois que l\u2019individu, elle peut comme lui tomber dans l'erreur, s\u2019aventurer sur un chemin qui la conduit à sa perte.Dirigée par l\u2019état souverain, se composant lui-même d\u2019arrivistes, de politicailleurs, d'hommes sans conscience et sans principes directeurs, elle subit le contrecoup de tous ces pantins qu'anime un parti aux dépens du reste de la nation.Vivant dans possédaient pas toute l\u2019universalité et toute l'humanité nécessaire pour se voir intégrer à la civilisation générale.NN y manquait cette sublimation des éléments de la culture générale.Les événements mondiaux, qui se déroulent actuellement, illustrent bien la profondeur et la valeur de notre civilisation contemporaine.A une époque où le progrès matériel dominait le monde, où l'homme commençait à vaincre la nature et à lui arracher ses secrets, où les arts, les sciences connaissaient un regain d'activité, les nations se sont levées les unes contre les autres, conduites par des orgueilleux, des maniaques et des financiers retors.Les progrès accomplis pendant le dernier quart de siècle, les hommes s\u2019en sont servis pour s\u2019entre-détruire.L'humanité livrée à sa nature et à ses instincts n\u2019est devenue qu'une cage trop étroite pour les bêtes féroces que sont les hommes.L'homme n'a pas su s'adapter au progrès vertigineux de la science moderne, a écrit Carrel.Il a perdu l'équilibre.En- trainé par le désir du gain, l\u2019ambition personnelle.il a pensé dominer, maîtriser la nature par ses seules forces naturelles, mais il lui manquait la force morale nécessaire pour calmer tous ses appétits, pour coordonner ses efforts en vue d'un réel progrès universel.Sans un solide support moral que peuvent les plus grands hommes ?Leurs actions dynamisme, leurs paroles sont dénuées de toute conviction.Avant de vouloir réformer la société, il faut commencer par réformer sa propre vie; c'est là la meilleure garantie de succès.Quoi qu\u2019on dise et quoi qu\u2019on fas- manquent de LE QUARTIER LATIN se, les hommes doivent revenir à de meilleurs sentiments les uns vis-à-vis des autres, la charité cesser d\u2019être un vain mot pour devenir une réalité vivante.A ce que l\u2019on dit dans les discours électoraux, dans les harangues militaires, dans les appels radiophoniques répétés de nos chefs d'Etat, nous nous battons pour sauver la civilisation chrétienne à travers le monde.Quel beau rôle! Mais où est-elle cette fameuse civilisation, que nous l\u2019admirions une fois pour toutes ?Dans queis pays se trouve-t-elle en danger?En Angleterre?Nous y trouvons une certaine civilisation à base de mercantilisme.Depuis trois siècles, elle n\u2019a fourni au monde que des commerçants, des exportateurs, des exploiteurs qui n\u2019ont vu dans les nouvelles conquêtes anglaises qu\u2019un nouveau champ d\u2019exploitation.Lisez l\u2019histoire des Indes, des Boers, de l'Afrique, des Etats-Unis, de l\u2019Australie, du Canada, et partout vous verrez la même tendance, le même but, acquérir de plus grandes richesses par les moyens les plus honteux, les plus anticivilisateurs.Je comprends fort bien que les financiers, les industriels, et toute la bureaucratie qui en dépende, veuillent sauver à tout prix ce genre de civilisation manquée.Le concept de la civilisation pour eux se résume dans un état de bien- être matériel dû à un commerce florissant que rien n\u2019entrave et qui fait que tous les citoyens vivent en paix, sans la menace d\u2019un ennemi, avec toutes les facilités de vie possibles, sans aucune privation, sans contrainte morale.En Allemagne, en Russie, nous trouvons là des civilisations étouffées par des partis politiques qui se sont donné pour mission de détruire tout ce qui pourrait contribuer à édifier une civilisation.Dans ces pays, l\u2019État s\u2019est emparé de tout pour tout transformer à sa guise.L'homme n\u2019agit qu'en fonction du parti qui gouverne.En Italie, même maladie, un parti veut tout subjuguer.Et pourtant, nous savons ce que I'Italie a fait pour la civilisation du monde depuis l\u2019ère chrétienne.La France, civilisatrice de l'après-guerre avec Lyautey, Gal- liéni et nombre d\u2019autres, exerça une énorme influence dans cette grande aventure humaine, comme le disait Lyautey, dans la colonisation du Maroc, de l'Algérie.Cette influence civilisatrice de la France, il en reste quelque chose en Afrique du Nord et même au Canada français.Si l'Afrique du Nord est restée fidèle au vieux Maréchal Pétain pendant trois ans, malgré la défaillance de la mère patrie, il faut attribuer cet attachement non pas à la politique mais aux liens de civilisation créés par des hommes pénétrés d\u2019humanisme dans leurs actions.Aux Etats-Unis, on découvre une civilisation un peu mêlée, ayant son origine en France et en Angleterre, une civilisation à base de mercantilisme très prospère qui a exercé l'influence que l\u2019on sait sur l'Europe.Les Américains ont fait beaucoup plus que leurs contemporains pour les arts, l\u2019instruction, le commerce, la prospérité des individus, mais il leur a manqué le souffle animateur de toute vraie civilisation: la\u2019 prospérité morale.On peut fonder la prospérité économique sur la prospérité morale, mais non inversement.Le progrès matériel, à force de se perfectionner, finit par se détruire SOMMES-NOUS CIVILISÉS?soi-même.C\u2019est bien ce que l\u2019on observe aujourd\u2019hui.La Russie, qui du jour au lendemain, est devenue la grande alliée des démocraties, quelle civilisation laisse-t-elle voir au monde?Une civilisation déchue de ses droits, antisociale, où rien ne vaut que l\u2019athéisme et l\u2019oppression du peuple par l\u2019Etat.Que les Russes combattent les Allemands aux côtés des Anglais, cela ne relève pas le niveau de leur civilisation de masse, qui porte en lui-même le germe de sa ruine.L'Italie et le Japon, soumis à un étatisme quasi analogue, n\u2019offrent au monde qu\u2019une pauvre civilisation où les individus sont réduits à l\u2019état de machines que l\u2019on fait mouvoir sans savoir pourquoi ils se meuvent.Cette courte revue des civilisations nationales suffit à elle seule pour nous montrer que vouloir sauver ces civilisations serait peine perdue, car elles n\u2019en valent pas la chandelle.J'allais oublier la civilisation canadienne.Serait-ce elle qu\u2019il faut sauver à tout prix, même au prix de la victoire sur nos ennemis intérieurs?Tout citoyen canadien devrait être en droit de l\u2019espérer, car la terre canadienne est le dernier refuge de la civilisation française, en Amérique.Il faut se le dire et se convaincre de la chose, car des gens assez mal intentionnés tentent d'\u2019étouffer le peu qui nous reste de I'héritage précieux reçu de nos ancêtres contenant les ferments d\u2019une belle civilisation.La guerre actuelle a servi de prétexte au gouvernement fédéral pour mettre à exécution toute une série de projets menaçants pour ce qui reste de civilisation DÉBAT INTERUNIVERSITAIRE BILINGUE LES FACULTÉS DE DROIT McGILL vs MONTREAL 15 JANVIER 1, R IT REPTEEE au pays.Peu importe à nos dini (A geants la santé morale, la sy, | physique de la nation; pey im.| porte la famille, le développemen: de nos richesses naturelles; [4 importe que le peuple reste ign, 8 rant, que les exploiteurs et les politicailleurs conduisent la nation vers sa ruine, pourvu gue les alliés remportent la victoire, Voi.bf là le sens de la politique gf suivent nos gouvernants.\u2019 La déchéance nationale very FA laquelle nous nous acheminons ; JA grands pas découle logiquement de cette centralisation à outrancE4 de toutes les ressources Vitale; Hg Tout contrôler, tout distribye, A tout recevoir, voilà le rôle (HA l'état.A une heure où les chefsf4 de la nation devraient coordonne/[A toutes les ressources, diriger tou [3 tes les intelligences vers un ly % déterminé, ils s\u2019ingénient à ry; fg ner le capital humain, le capitab4 argent, à semer la désunion entre} les différentes races, a tenir |} peuple dans l'ignorance.Ce anéantissement des conscience; [A individuelles, cet asservissemen: 4 des masses ouvrières par ded magnats d'industrie nous conduit 4 vers l\u2019étatisme.Il est le frein quif4 arrête toutes les ambitions, stérilise toutes les volontés, le venin qui empoisonne toute une civil sation .Ce formalisme juridique, cette a manie des lois et des règlements | inopérants institués au détriment de la majorité pour favor] ser les amis politiques, n'est-ce pas là le signe le plus frappant def la décadence ?; Nous vivons dans le règne dei l\u2019incompétence, de l\u2019improvisation, du discours, des politicail 3 leurs qui ne reculent devant À aucune bassesse pour s'emparer a du pouvoir.© La mission de conserver, d'ac ig croître et de défendre les bienshi et les valeurs matérielles, intel lectuelles et morales de la nation, nos ministres s\u2019en préoccupent- $ ils beaucoup?Les usines de guer- 2 re, la maniére de procéder pour {à induire le peuple en erreur, lesf4 lois centralisatrices, les priorité 3 pour l\u2019armée, les nouveaux im- ae pôts, tout cela les préoccupe.Peu f£ importe que la tuberculose fasse (à ses ravages, que la famille soit 3 ruinée, que les mères de famille soient obligées de travailler, que 4 .he le niveau de l'instruction baisse, B le règne de l'incompétence, de \u2019 .EB © EU ce, ue le pays manque de main B ine de Vincompétence, de LE 28 JANVIER, EN L'AUDITORIUM DU PLATEAU que le Pays manque de mair @ comment ne pas s'inquiéter du nent par un travail trop haras-l& sort de notre civilisation ?Ww F R E L 7 sant pourvu que les usines d\u2019en- x Certes, il en existe des braves oO u pe de mort fonctionnent à gens, des compétences dans tous Es ae Jue l\u2019on donne 4 les domaines du savoir; il en exis- rds aux étrangers, que te des réactionnaires voulant sau- ORATEURIS Les billets sont en vente chez Edmond Archambault.l\u2019on s\u2019enrichisse aux dépens des ver de la ruine le peu que nous @ Jean-Paul GREGOIRE, Montréal Les étudiants dont les facultés sont installées à l'immeuble de autres.i avons hérité de nos ancêtres, mais, ils sont noyés par la masse des abrutis, des exploiteurs publics.Leur tyrannie comprime toute velléité de redressement, la montagne obtiendront leurs billets du Président de leur conseil.Si l\u2019on avait employé autant d'argent pour l\u2019instruction, l'amé- § lioration du commerce, de I'indus- 4 trie et des conditions sociales de § Le: @ RENE BRUNET, Montréal @ Jcan DE GRANDPRE, McGill @ Alex STALKER, McGill Les étudiants de Polytechnique, des Hautes Etudes et d'Optométrie pourront se procurer les leurs chez Archambault où un certain nombre de billets leur sont spécialement destinés.stérilise toute civilisation.Le rôle de l'état dans la civilisation ressemble un peu au rôle que joue la conscience chez un individu.C\u2019est un guide dirigeant, canalisant tous les efforts, faisant développer toutes les possibilités individuelles de chacun.L\u2019état, de par sa place, ne domine que telle ou telle civilisation en particulier.Il en est l\u2019organe unificateur.Un rapide coup d'oeil jeté sur les siècles passés suffit pour nous démontrer que beaucoup de civilisations nationales sont demeurées dans l'oubli.Les valeurs qui les constituaient ne Faites-en l\u2019essai en Classe ! Le crayon des ombres.C'est pour celn qu\u2019il est le choix des profes- manuels, des architectes, Ingénieurs et hommes d'affaires.La composition de la inine est telle que le crayon glisse facilement, et le procédé de surcompression lie fortement le bois et la mine, donnant à ln pointe une plus grande force.Les mêmes qualités qui TURQUOISE si populaire dans l'usage technique en font aussi le crayon idénl pour la classe.Que ce soit pour dessiner, prendre des notes ou pour marquer des papters de concours ou d\u2019 TURQUOISE est votre mellleur choix.EAGLE PENCIL COMPANY, DRUMMONDVILLE, P.Q seurs d'art et d'entraînement SR rare résume iit à dessin TURQUOISE pression exagérée, des lignes nettes et noires ou fait, sans rendent le examen, le SOUS MA LANTERNE.Gratitude: Nous remercions \u201cLe CANADA\u201d pour le numéro magnifique accordé le 7 décembre à l'Université ct à ses doctes professeurs.Entre parenthèses; j'ai goûté infiniment les articles nombreux ct si bien tournés des auleurs-étudiants .moins par quantités Prière de ne pas confondre: L'agent 101, (ou senteux) qui a L'OEIL DANS L'CORRIDOR, semble plutôt somnambule el nous ne nous rendons aucunement responsable de ses diva- galions .\u2019 Embléme: Si le Dominion ne peut avoir son \u201cdrapeau\u2019 pourquoi Outre- mont aurait-il le sien .?Effort national: Le résultat des élections fait sans doute partie du programme d'armement; \u2018la flèche\u201d n'est-elle pas une arme guerrière .?, Modernisme: Du moins si I'escalier nest pas aulomatique pour I'ascension, elle le deviendra sûrement pour la descente; que vous le vouliez ou non, vous désescaladerez .Mise au point: \u201cComparaison n'est pas Raison.\u201d Le retard du pro- Jesseur et le retard de l'étudiant sont deux choses .Tennis: Le champion aurait-il quelques liens de parenté avec l'auteur de l'article paru à ce sujet dans le QUARTIER LATIN No 2.Hockey: L'intérêt qui grandissait aulour de la Ligue Inter-Facultés va-t-il mourir dans le trust renouvelé d'un Grand Club .> Patriotisme littéraire: Nos critiques littéraires du Q.L.aiment mieux les redites sur les étrangers que les nou- veaulés sur les nélres .La Chaine d'Argent: Heureusement que le lypographe n'a pas fait d'erreur dans l'épellation de \u2018Marion le Merdi\u201d*, car alors! .Frontispice: Je crois sincèrement que les croquis de maître Jacques Gagnier sont tout à fail distinctifs, originaux et indispensables au Q.L.Aucun autre journal universitaire de l'Amérique n'a un visage aussi personnel.Hauteur et ses conséquences: Si l'élévation de l'U.nous donne une atmosphère moins bactérifère, elle n\u2019en est pas plus calorifère .C'est pourquoi: La TUQUE.Elle est plus qu'une nécessité, elle est un emblème.Involontairement elle sera peut-élre pour nous le premier pas vers ce nouvel esprit d'union qui doit s'ériger avec la nouvelle Université.Enfin nous nous reconnaîtrons, nous nous nous sentirons plus égaux, plus frères.Si nous voulons avoir l'esprit de coopération plus tard, il faut le cultiver tout de suite! Elargissons les bornes de notre amitié, nous n\u2019aurons jamais trop d'amis.Vive la tuque et le nouvel esprit! ! ! Toujours.DIOGENE INSTITUTION CANADIENNE-FRANÇAISE LABORATOIRE NADEAU LIMITÉE PHARMACIE EN GROS tous et de chacun, que l\u2019on en} dépense pour la guerre.Queë nous serions heureux! Quellef belle civilisation canadienne! La civilisation américaine cher- § che à nous envahir de plus en plus, elle menace, sous le couvert de la prospérité et de la guerre, | ce qui nous reste de civilisation À canadienne.À nous de veiller sur j# notre patrimoine pour le conserver, car civilisés nous le sommes plus ou moins, et alors nous ces serons de l\u2019être .Ë Pierre Marion, J} Conférence Laënne * L'ÉTUDIANT AMÈNE SES PENTES AMIES CHEZ GERACIMO 412 est, rue Ste-Catherine AIR CLIMATISÉ 4 "]
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