Le Quartier latin, 22 janvier 1943, vendredi 22 janvier 1943
[" MONTRÉAL, 22-JANVIER 1943 4 Directeur: MAURICE BLAIS A LIRE DANS CE NUMERO L'OEIL DE CARABIN EN FLANANT DANS LA VILLE A ROCHEFORT QUELQUES DATES LITTERAIRES M.8.LAVAL MARCEL CARON LES ETUDIANTS ANGLO-CANADIENS ANY \u201cLE GRAND MEAULNES\" CLAUDE LUSSIER SAGESSES RENAITRE GEORGES DUFRESNE INTROSPECTION ET RETROSI'ECTION PAUL DAGENAIS-PERUSSE QU'EST-CE QUE LA MUSIQUE?/ MAURICE CHARTRAND \u201cALTITUDIS 3200\" C.D.AU LADIES MORNING MUSICAL CLUR LORRAINE GABOURY RECRUDESCENCE DE MUSIQUE FRANCAISE G.ALES TROIS ELEMENTS DIE NOTRE DEMAIN JACQUES FONTAINE RIEN QUE LA GUERRE GUY GENEST \"CRUËLLE ATTENTE\u201d (roman) EMILIEN LABELLE HOCKEY ET NON.TRUST! MAURICE GAUDRY PLAIDOYER EN FAVEUR DU CIVISME ROGER RACINE DEBAT McGILL - MONTREAL AU PLATEAU JEUDI, LE 28 JANVIER - 10 SOUS: LE- NUMERO \u2014 ol | 00 es BOLO) BOON i 4 yo 4 | | A, = \\ MALADIES YENECABLES 7 A x \"MOI QUI VOULAIS TE FAIRE INSTRUIRE.\" PLO DOMO par GASTON POULIOT , ; 3 De la légende de l'idyllique sort qu'en ces temps de désolation, & insolence, nous nous ménagerions à l\u2019Université.il convient peut-être une fois de plus de faire justice.Favorisés de privilèges que nous nous gardons bien de méconnaître, notre situation n\u2019est pourtant pas si dorée qu'on tend à le croire.De l'universelle tribulation de l'heure notre status d'étudiants ne nous immunise point.Adonnés en effet à une forme d'activités qui exigent un sentiment de parfaite sécurité, une grande paix de l'esprit et beaucoup de confiance en l'avenir, il se trouve que les conditions dans lesquelles nous devons actuellement travailler se situent tout juste aux antipodes de celles-la.La préparation d'une carrière et d'une vie, sur quoi reposent non seulement notre bonheur individuel, mais, nous nous en rendons compte sans aucune prétention, l'équilibre de la société dont nous serons, n'est pas telle chose dont on dispose en cinq secs, dans le tumulte et l'inquiétude.Et cette indispensable assimilation de la branche du savoir que chacun de nous s'est assignée et cetie conquête d'une forte personnalité, en somme cette relative domination de notre destin vers laquelle nous tendons, si en dépit de tout nous y parvenons, ce sera de haute lutte et à travers d'indéniables souffrances.Certes, nous ne sommes pas encore directement atteints dans notre chair.Mais, outre que nous participons comme le reste de nos compatriotes aux privations de toutes sortes, au melaise intellectuel qui sont le lot d'un peuple en guerre, une foule de menaces pèsent sur nos têtes.uelque insuccès aux examens ou même une simple décision des autorités peut suffire demain retirer de l'Université bon nombre d'entre nous pour les diriger vers le camp d'instruction militaire, en bon français, à mutiler des vies, \u2014 sinon des corps, \u2014 à ruiner d'un seul coup des espoirs édifiés au prix de dix ou quinze années d'études et de sacrifices.Et ce, tandis que les étudiants de certaines facultés voient comprimer leurs années d'études au point de devoir absorber les matières à l'avalanche, avec des possibilités d'assimilation réduites d'autant, et tout en restant souris aux mêmes risques des mêmes examens.Que, malgré cela, tout aille bien et que nous parvenions au terme de nos études: les diplômés des facultés non essentielles, si férus soient-ils de philosophie, de droit ou de sciences commerciales, si prêts qu'ils soient à se lancer dans la vie, à mettre en oeuvre leur frais bagage de connaissances, l'Armée les cueillers.L Armée leur apprendra à tuer d'autres hommes, et pour un temps indéfini ils devront s employer à tout autre métier que celui auquel ils se sont consacrés et dont ils espèrent bâtir leur vie.Et après?Après, ils savent bien ceux-là que, s'il y a pour eux un Après, le carrière, oubliée un an, deux ans peut-être, a quelque chance d'aller à vau-l'eau.Ceux des facultés dites essentielles: l'Armée les cueillera encore et s'ils ne sont pas, eux, détournés de leur profession, leur établissement à eux aussi est indéfiniment différé, leur tête et leur santé sont mises au jeu.Et si notre oeil perce ce fatras de sinistres éventualités, si nous posons un instant que nous sortirons indemnes de l'Aventure, l'avenir à envisager n'est guère réjouissant.Dans une époque en déroute, susceptible de tous les bouleversements, s'inscrira notre vie.Un pays diminué, plus que jamais divisé contre lui-même, et où tous les préjugés et tous les ferments de perturbation auront été propagés comme à plaisir, sera notre unique champ d'action.On ne danse pas impunément, et pendant des années, la farandole des milliards.On n'arrache pas sans dégâts les paysans des campagnes et les mères des foyers.On ne taxe pas sans appauvrissement la vie et la santé de tout un peuple.La fumisterie et le faux-fuyant politiques ne se pratiquent pas des années durant sans ébranler gravement la confiance populaire.Non, l'avenir qui sera le nôtre est lourdement grevé.Le séjour à l'armée de centaines de mille des nôtres, le travail aux usines de nos soeurs et de nos mères, l'abandon des petits à la rue nous préparent une belle génération de loques physiques et morales.Les volte-faces répétées de nos gouvernants ajoutées au spectacle de pays se louangeant jusqu'à ls pâmoison hier pour s'entre-dévorer aujourd'hui, ajouté au prestige croissant des idées communistes, ne sont pas pour parer au lamentable désordre des esprits.Car nos chefs ont pris l'habitude de promettre en blanc ce qu'ils ont l'intention d'exécuter en noir.Alliés, hier, de la France et de la Finlande, ennemis jurés de la Russie communiste, nous devons soudain nous muer en croisés pour le salut de cette même.Russie, en adversaires de la Finlande et quasi de la France.Et dans l'ordre économique, on ne peut raisonnablement imaginer que la libération de notre économie des laisses gouvernementales, la réadaptation de notre industrie aux besoins des temps de paix, la redistribution du capital humain et le paiement de nos astronomiques dettes de guerre s'opéreront sans heurts et sans périls.De plus, nous ne pouvons, nous du Québec, considérer sans appréhensions l'exaspération du sentiment anti-français, qu'à leur profit certains clans ont réussi à étendre par tout le Canada et jusqu'aux Etats-Unis, de même que le retour des vieux projets d'immigration et de centralisation, ce dernier déjà fortement amorcé.Sans doute, nous ne serons pes les seuls à souffrir de cet état de choses, mais il semble qu'il prenne un jour plus tragique encore pour nous, dont l'entrée dens la vie active coïncidera précisément avec le point culminant de cette crise, et qui devrons, y nous ne récusons nos responsabilités, constituer les rouages essentiels de la société e demain.Telles sont les perspectives qui agrémentent notre actuel séjour à l'Université.VOLUME XXV, No 8 Rédacteur en chef: GASTON POULIOT BILLET DE LA SEMAINE NOUS.LES FEMMES \u201cLes femmes raisonnen! avec leur cœur\u201d, nous répète-l-on souvent.Il faut bien l\u2019avouer, c\u2019est vrai, et.nous n\u2019y pouvons rien.L'homme pense, analyse, raisonne, déduit; la femme est toute sensibilité, toute intuition, toute spontanéité! Tandis que le premier perçoit ses idées dans le fin creuset de son intelligence et les développe méthodiquement, choisissant les mots qui les habilleront le mieux, la femme, elle, à cause de son tempérament spécial et de sa trop fertile imagination, \u201céprouve\u201d si je puis risquer l\u2019expression, des idées, s\u2019en délivre, plus qu'elle ne les exprime, en un torrent de mots qu'elle jette à la volée dans sa loquacité coutumière!.Et, croyez-moi, il n'y a là rien de vexant.J'imagine méme que le Créateur a savamment dosé les éléments de ces deux csprits pour qu\u2019ils produisent en s'alliant le plus parfait mélange, el pour que la dite sentimentalité féminine apporte une variante, qui sait, peul-être un complément à l'inexorable et profonde logique du cerveau masculin.Alors, pourquoi vouloir aller à l\u2019encontre de cet ordre intellectuel?Pourquoi vouloir y changer quelque chose?D'ailleurs, la femme est ainsi depuis le commencement des temps, ct malgré les évolutions successives de tous les siècles, en dépit de toutes les influences heureuses ou méfastes qu'elle à subies, elle demeure et demeurera inchangée.Celle manière de penser constitue un de ses caractères profonds qu'elle ne saura jamais modifier.Le tonterait-elle qu'elle essuierait le plus lamentable échec: celui de m'être plus \u201cfemme\u201d tout en n'étant pas encore l'homme envié.\u2026 De grâce, ne devenons pas de ces ardrogynes ridicules sinon pitoyables!.Soyons el restons des femmes! Même si notre action, en ce monde moderne, déborde les cadres du foyer et s'étend bien au-delà de la vie familiale; même s'il nous est maintenant donné d'exercer nos activités dans tous les domaines, depuis celui de l'usine et du bureau, jusqu'à celui des carrières libérales et celui même, hélas! de la vie politique.Restons des femmes, avec loules les caractéristiques de notre esprit!.Les hommes nous pardonnent d\u2019ailleurs très généreusement les défauts qui accusent notre faiblesse.Néanmoins, sans attacher trop de foi à leurs galants propos, travaillons à corriger.disons.les défauts de nos qualités, développons ces dernières au maximum, et, au lieu d\u2019une mauvaise copie ou d\u2019une malheureuse transformation, nous eppro- cherons lu perfection dans notre genre.Et, pas difficile.Nous n'aurions qu\u2019à réfléchir un lout pelil peu plus, el.à parler un tout petit peu moins; à metire de lemps à autre la bride à notre imagination; à nous méfier parfois de nos intuitions sans les mésestimer cependant; enfin, à ne jamais élaler, même si secrèlement on y croit, nos pressenlimenls en général plus fumesles que Joyeux, et qui ont le don, paraît-il, d'exaspérer les gens sérieux el pondérés.D'autre part, soyons fières de motre délicatesse d'esprit et cultivons-la jusqu'aux plus fines subtilités ( la ruse même sera parfois justifiée, étant notre façon à nous de faire de la diplomaiie).Sans rougir de motre vive sensibilité, employons-la à augmenter et à élargir sans cesse notre grande compréhension, répulée inégalable dans le domaine compliqué des sentiments.Et puis, prenons bien garde d'étouffer sans examen préalable sérieux, les chauds enthousiasmes, les grands appels, les généreux emballemenis et même les engouements apparemment inexpliquables si fréquents chez nous!.Tout ccla, canalisé el ordonné en vue d'une fin peut servir efficacement et même devenir la source lointaine el ignorée.mais quand même réelle de quelque belle el grande œuvre.Et puis, laissons donc aux hommes le monopole des arts, des affaires et des sciences, et occu- pons-nous d'exceller sur le terrain qui nous est propre.Veillons à ce que cette influence qu\u2019on nous reconnaît, douce el insinuante comme un parfum, ne cesse d'être agissante et bienfaisante dans tous les milieux où nous sommes appelées à vivre.M.Vauvenargues, un personnage très sensé et digne de confiance, a eu un mot très heureux à notre endroit.Imaginez qu\u2019il a écrit: \u201cLes grandes .pensées viennent du cœur\u201d.Alors, vite, construisez le syllogisme classique: or, les femmes raisonnent avec leur caeur, done.LUCE PAGE DEUX vapeces LE QUARTIER LATIN CO) L'OEIL de CARABIN AH! CES ANCIENS! D'une modeste revue (Intérim) nous extrayons ces sages conseils.C\u2019est Tite-Live qui les prête au grand général romain Paul-Emile (Annales, XLIV, 22, trad.TI.Berthaut) : Paul-Emitle conscille au peuple de ae pax écouter lex stratèpes en chambre.Dans toutes les réunions, eC muê- me, les dieux me pardonnent ! dans tous les festins, 11 est des gens qui conduisent les armées en Mncédol- ne: fls savent où 11 faut camper, quels postes HF faut oceuper militairement, quand et par quel défilé il faut entrer en Macédoine, où établir des magasins, par oi peuvent, sur terre conne sur er, être ainenés les convois, à quelle minute 11 funt livrer bataille à l'ennemi, quand it est préférable de rester en repos.Ft ils ne se bornent pus à régler les opérations: au moindre mouvement contraire à leurs décisions, Îls aceu- sent Je consul.Us l'ussignent pour ainsi dire nu tribunal, Ce sont di de sérieuses entraves pour ceux qui ont à agir.Je ne suis pas homme à mettre les généraux nu-dessus de tout avis, loin de LL I£n est-H un qui ne veuille toujours prendre conseil que de tul-méême?C'est à mes yeux, Un er- guellleux platét qu'un chef prudent.Mais que votilez-vous?me dira-t-on, D'abord ce sont les liotnmes compétents, les spécialistes de art militaire, les gens Instruits par l'expérience qui doivent conseilier les généraux: ce sont ensufte les hommes qui figurent dans l'action, qui volent de leurs yeux les pays, l'ennemt, les moments fuvorables, qui, embarqués, en peat dire, sur le même bateau, out leur quart des dangers.SIL est done un citoyen qui croit sincèrement pouvoir me donner Un consell utiHe à l'intérêt public, dans l'expédition que je vais entreprendre, qu'il ne refuse pas son concours à PEtat: qu'il vienne avecmoi en Mucédoine.Nuvire, cheval, tente, provisions de route mé- me, 1 aura tout de a gin, Mais pour celui qui t'a pas le coeur de le fatre, qui préfère le doux loisir de Ja ville aux fatigues de ln goer re, qu'iP ne veuille pas, sans quitter li terre, prendre le gouvernail! La ville offre par elle-même arses, de sujets de conversation: qu'il 1- wite IX son besoin de parler, Nous autres, qu'il le sache, nous nous contenterons des conseils donnés devant Fennemt.LA RELIGION DEMOCRATIQUE Le journal qui se dit \u201cle défenseur de d'unité canadienne, de Pesprit chrétien et de la morale universelle\u201d, et qui, au nom de cette mystérieuse trinité, prêche l'absorption anglo- saxonne, ln saînteté soviétique et l'emploi des contraceptils, est en train de s'imposer comme le seul Organe en notre provinee de la veli- gion démocratique.Ecoutez cet hymne, ce Crédo de la nouvelle foi: La démocratie n fait de si grandes choses! Elle est tellement souple et perfeetible! Elle protège tellement mieux que tous les autres régimes ln dignité de l'homme! (Le Jour, 16 janvier 194.3) N'est-ce pas que la foi est ln première des vertus.lt Jean-Charles le Pontife s'institue dans son infaillibilité: Que nos gouvernants ne se fassent pas illusion: une immense confusion d'idées règne dans toutes les couches populaires.De mauvais bergers ont tout fait, tout dit, pour égarer les masse J'ai pu faire, en ces derniers temps, ma petite enquête sur l'état des esprits dans presque tous lex milieux sociaux.J'en suis revenu navré.On ne pense plus, on no raisonne plus, on ne discute même plus.On fait les affirmations les plus ubsurdes, les plus incroyables, les plus malsaines.Que le souflle électoral pusse là-dessus, et ee sera le délire.Notre peuple n\u2019est done nullement préparé, à l'heure présente, à se prononcer sur aucune question importante, surtout sur l'épouvantable drame de l\u2019époque.Ce n'est surement pas au moment où des fgroupes considérables de l'électorat ont perdu ln raison qu\u2019il faut demander À celui-ci de participer à la butnille des partis el de choisir ses représentants.I y a done des moments psychologiques, en dictature comme en démocratie?Que tout se ressemble en ce monde! \u201cWhat there is in a name\u201d, disait Shakespeare, dans Io» Lingue suerée de la démoeratie.\u2026.© a LA GUERRE TOTALE En dernière heure, nous apprenons de L'Echo du Bas Saint-Laurent: RIMOUSKI ET MATANE RECOIVENT 62,000 MASQUES A GAS (sie) \u201cCes masques, précise l\u2019information, sont du type respirateur civil et sont fabriqués en Angleterre.(.) Ou laisse entendre qu'ils seront vendus à raison de S1.25 l\u2019unité.\u201d (L'Echo, 14 janvier 1943) Notre effort de guerre fait l\u2019admiration de toute l'Amérique.Voici l'éebu exotique des Antilles: M.Eliott Little, dirceteur du \u201cService National Séleetif\u201d, vient d'annoncer qu'il lui faudra 250,000 personnes des deux sexes pour l'armée et les usines de guerre avant Ja fin de l'année.Or, le Canada, pays de onze millions et demi d'habitants, # déjà mobilisé 1,300,000 honumes et femmes dans les services armés.dans les industries ot duns les autres organisations de guerre: 500,000 hommes ont endossé l'uniforme; S00,000 sont employés direetement ou indirectement à la produetion des munitions; 50,000 personnes fabriquent des avions; 60,000 des cargos «et des vaisseaux de guerre; G7,000 des chars d'ussauts, ete.L'effort de guerre du Canada est done très élevé.On se rendræ compte d'autant mieux, à la fois de cet effort et des difficultés à l'intensifier encore, si l'on songe que le Canada, pays agricole, doit aussi ravitailler l'Angleterre: 1,350,000 travailleurs de lu terre sont done tout aussi indispensables que les ouvriers des usines.fs le sont d'autant plus que les trois provinees de l'Ouest vont avoir cette année, Une récolte exceptionnelle.Selon des chiffres non officiels mais sérieux, le récolte des diverses espèces de véréales dépussers 1,300 millions de bois- seuux (elle ne fut que de 59S millions en 1041-1942).Le récolte de blé est évaluée, à elle seule, à plus de 500 millions de Dboissenux (279 millions l'an dernier).L\u2019Ouest dépeuplé par l'armée et les usines aurait besoin d'un supplément de 50,000 honunes.On envisage d'utiliser les enfants des écoles netuellement en vneances, les employés des villes voisines, les Japonais évacués de lu côte du Pnei- fique pour des raisons stratégiques, et même, dit-on, les Peaux-Rouges des réserves quoiqu'ils n'aient jusqu'ici manifesté aucun enthousiasme pour l'agriculture.En mettant de côté 300,000 hommes qui travaillent dans les mines ou d'autres industries eiviles tout à fait essentielles, il ne reste que deux millions d'hommes et_de femmes employées à des titres divers, C'est done dans ce dernier réservoir humain que lo Gouvernement va puiser.C'est surtout aux femmes qu\u2019il va s'adresser pour obtenir de la NOS OUVRIERS du combat donnent des ailes à la victoire Ouvriers et chefs d'usines, en multipliant héroïquement le nombre des avions de bombardement, de combat et de chasse, jouent leur tôle dans la bataille de la production pour la victoire.Puisse le flot Montant des machines de guerre continuer de grandir jusqu'à ce que les Nations-Unies aient obtenu la victoire! Par l'intermédiaire de ses centaines de succursales dans tout le Canada, la Banque de Montréal collabore avec les Ouvriers et les industries de guerre.DE MONTREAL \u201cBanque cui accueille bien les petits déposants\u2018* Service de banque moderne et expérimenté \u2026 frais de 125 années de fructueuses opérations A 175F tmain-d'œuvre supplémentaire destinée aux industries de guerre où, petit à petit, elles formeront lu majorité afin de libérer pour l\u2019armée ou d\u2019autres tâches plus pénibles, un grand nombre d'hommes.Déjà on en utilise ninsi 120,000.Mais ce n'est pas suffisant: aussi Loutes lus femmes canadiennes en âge de travailler devront-elles se faire inscrire au début de septembre sur le \u2018\u2019registre national\u201d, Elles ne seront pas soumises dès à présent à lu conscription obligatoire, muis le directeur du service sélectif national a laissé comprendre que ln gravité de lu situation de In main-d'auvre et du développement de ln guerre, l\u2019obli- gern prochainement à appliquer votte mesure.i Enfin le gouvernement canadien cherche à se procurer de lu main- d'œuvre par un autre moyen.(La Phalange, 7 janvier 19-43) \u201cAinsi, conclut M.Gachon, en cette période critique, le Canada s'achemine vers ln notion de Salut Public.\u201d Oh! qu'en termes choses-là sont dites! (L'espace nous manque pour la suite de cette remarquable paraphrase où l\u2019on reconnaît le style particulier du \u2018grand quotidien cu- tholique et national\u201d de Haïti).© GOUJATERIE Dans Le Canada du 16 décembre, apparaissait en dernière page ce titre saisissant: \u201cLa France veut reprendre sa place de danger, d\u2019honneur et de gloire.\u201d Et le reportage débutait par la grandiloquente péroraison d'un discours de M.Paul Rivet, ancien directeur du Musée de l\u2019Homme à Paris, actuellement de l\u2019Institut d\u2019ethnologie à Bagota: \u201cDe ce temps-ci, déclarait à Polytechnique M.Rivet, notre titre de Français, nous le portons comme une croix, et une croix lourde à porter.(.) Quand on est passé par cette heure où l\u2019on ne sait pas de quel côté de la mort on se trouve, on a un peu l\u2019idée d\u2019avoir en parler une voix de revenant, une voix qu\u2019une fois entendue on n'oublie plus.(.) Le peuple de France n\u2019a plus qu\u2019une idée, qu\u2019un espoir: reprendre la lutte avec ses alliés, reprendre la place de danger, d\u2019honneur et de gloire que de mauvais bergers nous ont fait déserter.\u201d Ce \u201cFrançais libre,\u201d comme l'appelle généreusement Le Canada, a tout a fait une voix de revenant, très loin du champ d\u2019honneur et de danger.Nous souhaitons qu'il s'habitue à porter sa lourde croix en Colombie: il ne manque pas de compatriotes qui en ont une bien plus lourde et bien plus cruelle et bien plus chrétienne à porter et à reprendre quotidiennement, sous les coups d\u2019un ennemi impitoyable.Nous refusons à ce revenant du Front populaire le droit de nous parler, à nous, fils de Français, au nom de la France.D\u2019autres, qui parlaient moins, ont agi \u2014 au sacrifice de leur vie \u2014 parmi ceux que M.Rivet qualifie en traître de mauvais bergers, après que ses anciens complices eussent livré à l'Allemagne un pays désarmé et désorganisé par les grèves criminelles qu\u2019ils encourageaient, un peuple rebelle à toute discipline et partagé par des luttes factieuses dont l\u2019exécrable idéologie primait, aux yeux de ces démagogues, l'intérêt national.D'ailleurs, la voix d\u2019un déserteur ne sera jamais la voix de la France.galant= ces LE CANADA FRANÇAIS, COLONIE INTELLECTUELLE Il n\u2019y a pas d\u2019intellectuel Canadien français qui ne connaisse l\u2019éminente réputation de M.Gustave Cohen, qui nous honore ces jours-ci de sa présence.Aussi y avait-il foule au Jardin Botanique, le jeudi 14 janvier, pour entendre le Maître.Plusieurs l'avaient déjà vu, à l\u2019Ermitage, parler d\u2019abondance du théâtre médiéval, aux représentations du Jeu d\u2019Adam et Eve et du Jeu de Robin et Marion: ce n\u2019était là, pour cet expert du moyen-âge littéraire français, que simple jeu.Mais, cette fois, il devait traiter de Valéry, et d\u2019un Valéry extrêmement valéryen, celui de la Jeune Parque; et, dans un religieux émoi, l'assistance se préparait à un renouvellement du miracle de lucide étonnement qui avait fait de l'explication en Sorbonne du Cimetière marin la classique expérience du commentaire qui se dépasse et qui rejoint le chef-d'oeuvre lui-même.11 fallut se contenter d\u2019une lecture, trop rapide pour en saisir même le sens intégral, et d\u2019une vive esquisse des principales divisions du poème, avec quelques anecdotes et des digressions patriotiques pour assaisonner l'ensemble.Un modeste professeur d\u2019humanités se fût montré, malgré son incompétence, moins irrespectueux envers une aussi riche littérature.Pourquoi nous plaindre: ne sa- vons-nous pas que dans la République des Lettres comme dans l\u2019Empire politique auquel nous sommes fiers d\u2019appartenir, les coloniaux n\u2019ont droit qu\u2019aux miettes?Mais nous ne pouvons nous défendre de garder dans notre souvenir reconnaissant le délicat hommage d\u2019un célèbre grammairien, qui partage aujourd\u2019hui les malheurs de sa patrie et qui ne nous avait point quittés sans nous laisser, en retour de notre hospitalité, un précieux enseignement et d\u2019'utiles réflexions inspirées par son amour d\u2019un peuple issu du sien .HOMMAGE A HONORE GERVAIS Nous remercions l\u2019érudit et regretté Aegidius Fauteux de nous avoir rappelé, dans une plaquette consacrée à la mémoire d\u2019Honoré Gervais, l\u2019une des plus sympathiques figures de la politique canadienne et l\u2019un des plus dévoués bienfaiteurs de l\u2019Université de Montréal.Cet homme de devoir s\u2019était vu décerner de son vivant un éloge qui était alors aussi exceptionnel qu\u2019il l'est aujourd'hui: \u2018Il y a un membre du Parlement, transcrit Aegidius Fauteux \u201cd\u2019un grand journal,\u201d du 10 mars 1910, il y a un membre du Parlement dont on peut toujours attendre qu\u2019il pense par lui-même et dont les paroles ne sont pas un simple écho de ce qui a été dit avant lui, et il se nomme Honoré Gervais!\u201d Il venait de sacrifier à ses convictions supérieures un brillant avenir politique.Avocat consciencieux et juge intègre, professeur à la Faculté de divers cours de droit, il ne limitait pas à ces fonctions l\u2019activité d\u2019une vie sans cesse occupée au service des siens: nous lui devons l'initiative de l\u2019Ecole des Beaux-Arts, la fondation des Hautes Etudes Commerciales et l\u2019établissement d\u2019une Ecole d\u2019Architecture annexée à Polytechnique.Comme député, il obtint le \u201cHansard français\u201d et fit abolir le timbre de commerce qui ruinait les petits commerçants.\u201cDès son premier discours en Chambre, écrit Aegidius Fau- teux, l\u2019on reconnut qu\u2019une force nouvelle venait de paraître avec laquelle il faudrait désormais compter, Il était en effet, de ces rares députés qui savent se faire écouter parce qu\u2019ils ont Vvrai- ment quelque chose à dire.Il impressionnait, non pas tant par l\u2019éloquence même que par la solidité du raisonnement et par la vigueur de l\u2019argumentation.(.) Esprit toujours en éveil et singulièrement avisé il était particulièrement habile à découvrir dans les projets de loi ces clauses insidieuses qui, au premier abord, paraissent inoffensives mais qui n\u2019en ouvrent pas moins la porte à de funestes conséquences\u201d, J.-B.B.BOURSES D\u2019ETUDES Le \u201cBritish Council\u201d ofire quatre bourses de 300 livres.Ces bourses doivent servir à aller observer les conditions de vie en temps de guerre en Angleterre.Y sont éligibles les femmes diplômées \u2018d\u2019une université canadienne.Il ne s\u2019agit pas d\u2019études des conditions générales de vie mais ; id hr à % 1 # ét bre d\u2019une étude spécialisée.Ces bourses ont pour objet de permettre à des femmes qui se spécialisent dans l'étude des questions économiques, scientifiques ou sociales d\u2019aller étudier sur place les problèmes partieu- liers à la Grande-Bretagne ct les solutions qu\u2019on y apporte.Nous ne doutons pas que cette offre est susceptible d\u2019intéresser quelques-unes des diplômées de nos facultés.Nous le soumettons en particulier à l\u2019attention des diplômées de In Faculté des Sciences sociales, économiques et politiques et de l\u2019École de Service social.Les demandes doivent étre adressées avant le ler mars.Celles qui désirent des renseignements supplémentaires pourront en obtenir de monsieur l'abbé Deniger.COMPOSITION MUSICALE La Canadian Performing Rights Society Limited tient actuellement un concours de composition musicale.À ce concours peuvent participer les Canadiens des deux sexes, qui sont âgés de moins de 22 ans.Les prix offerts sont une bourse d\u2019études d'une valeur de S750 et divers prix en argent.Il existe une section spéciale pour les moins de 16 ans.Les concurrents doivent faire parvenir l\u2019œuvre musicale qu\u2019ils désirent faire participer à ce concours avant le Ter mars 1943.Georges Dufresne UN ANNIVERSAIRE D'aucuns parmi nos amis de la Faculté des Sciences connaissent le savant russe Mendéleïff et le vaste mouvement.scientifique dû à son génie transcendant.Nous nous rappellerons mercredi prochain l\u2019anniversaire de sa naissance.C\u2019est en effet le 27 janvier 1834, à Tobolsk dans ln Sibérie occidentale, que naquit Dimitri Ivanoviteh Mendé- leïff.Après une enfance laborieuse, il alla terminer ses études de chimie à Paris, où il travailla dans le laboratoire d\u2019Adolphe Wurtz.Il vécut ensuite en Pennsylvanie et au Cau- case, ou il étudia le pétrole.Ses nombreuses recherches sur l\u2019isomorphisme et les gaz, mais surtout ses premières publications sur la classification périodique des éléments le désignèrent pour la chaire de chimic de l\u2019Université de Saint-Petersbourg, qu\u2019il occupa durant de longues années.Elu correspondant de l\u2019Institut de France le 23 janvier 1899, il mourut dans la capitale russe le 2 février 1907.Nous ne pouvons que reproduire ici le magnifique éloge que prononçait le professeur Georges Urbain de la Sorbonne, membre de l\u2019Académie des sciences et directeur de l\u2019Institut de chimie, lors d\u2019une séance commémorative sur Mendéleiff: \u201cDe succès en succès, la splendide doctrine, que nous offrait la science slave, s\u2019est imposée.Elle n été complétée, rationalisée, autant que possible.Il n\u2019est plus dans le monde un chimiste, \u2018 PI La plupart des Canadiens préfèrent le Chocolat Nellson\u2019s au lait Jersey pour sa délicieuse saveur et sa valeur nutritive supérieure.22 JANVIER 194 Le mellleur chocolat du monde A 5 DS ENTREE NDS Qu dat Li 0 ou un physicien, qui ne s\u2019y réfère Les mathématiciens de l\u2019école quan tique ont établi sa nécessité.ER domine désormais l\u2019ensemble dell sciences physiques; et, en Fran comme ailleurs, le nom du chimistil russe, Dimitri Ivanoviteh Mendéleifilg qui en est le génial inventeur, eff justement considéré comme l'un dell plus grands dont la science univer selle puisse s\u2019honorer.\u201d M.B.NOUVEAUTE \u201cQuand le temps travaillait pous nous} récit de guerre par Paul Mousse} (Prix \"Théophraste-Renaudot 1911 Bernard Grasset, éditeur, Paris 194113 Distributeur pour le Canada: Libra} rie J.A.Pony Limitée, 554 est, rfi Ste-Catherine, Montréal.Ÿ d'une sincérité cruelle sur la guerre sci tuelle.\u201cParmi l\u2019abondante floraison de récicfS de guerre qui parurent en France uf lendemain de l'Armistice de 1940 et dB puis lors, il n\u2019en est pas, certes, de ple prenant que l'oeuvre nouvelle de Paul Mousset \u201cQuand le temps travailla pour nous\u201d.(Prix Théophraste-Rena:jg dot 1941).\u201cKerit d'un style alerte, vivant, à le dialogue le plus souple met infinimengs de elarté, évitant toute longueur et touff développement étranger au récit lil même, ce livre, que l'on sent sincère df véeu, est Ia plus importante contribef® tion qui ait encore encore paru «ur cel te époque, à In fois si pénible et si trou hlante, de septembre 1939 à mai 1910 qui précéda la défaite des Flandres « mérita d'être appelée Ia période de bj \u201cguerre d'ennui\u201d alors que s\u2019épanouisf® sait Verreur de ceux qui eroynient a hij toute-puissante vertu du temps.D \u201cCet ouvrage, d\u2019une lecture tristemen*$ passionnante, est un irréfutable témok gnage, car son auteur a vécu lui-mêne.avec ses compagnons d'infortune, le faits presqu'ineroynbles qu\u2019il relate, a aboutissent au retrait des armées br tanniques, à Dunkerque, à In défaite ëR la France et à l\u2019inévitable armistice# Un volume de 300 pages, format bin bliothèque.ea Prix du volume .$L55 Par la poste .MSN Le Quartier Latin organe officiel G des étudiants de Persie de Montrés Sl 2806 ave Maplewood \u2014 EX.1573 fa DIRECTION Directeur : MAURICE BLAIS REDACTION Rédacteur en chef: GASTON POULIOT Secrétaire de la rédaction : JEAN-BAPTISTE BOULANGER Rédacteurs : GUY GENEST GEORGES DUFRESNE | PIERRE TRUDEAU MAURICE CHARIRAN E MAURICE RIEL FERNAND EGAN I GABRIEL MARCHAND MARCEL BLAIS MARCEL CAR MARCEL THÉORET N JACQUES FONTAINE ROBERT GENEST LUCILLE BLAIN PAUL DAGENAIS-PERUSSE Pour le théâtre : CHARLES DUMAS ADMINISTRATION Administrateur : GÉRARD ALLY \u2018Le \u2018\u2019Quartier Latin\u2019 n'est responsable que des seuls articles de la Direction.e IMPRIMÉ PAR ; LA CIE DE PUBLICATION LA PATHE = 100 est, rue Ste-Cothorino MONTRÉAL ae oO EAN 0, 0%) e Tl ol 020% oe % EN FLANANT DANS LA VILLE § Midi.Dans le quartier des af- M \u2018aires les gens vous croisent .Part 3 & rapidement, Pair désabusé.Dans À leurs fourrures et leurs coquets # chapeaux aux couleurs voyantes, À de jolies employées de bureaux 8 jettent une note réjouie au mi- É lieu de cette foule affairée.# Les derniers bulletins de nou- À velles s\u2019étalent à la devanture 4 d'un édifice.Des curieux s\u2019arré- É tent un instant et lèvent le nez: 4 \"L\u2019étau d\u2019acier se resserre sur les i Nazis\u201d \u2014 \u201cUn octogénaire fait une chute mortelle\u201d \u201cVilles françaises détruites par les bom- 1 bes\u201d \u2014 \u201cUn cheval emballé sème 4 la panique\u201d.Les visages restent 4 impassibles comme figés.4 Dans tous ces regards on chercherait en vain un peu d\u2019émotion, un signe de joie ou de tristesse.À Pauvres gens! ce qu\u2019ils en ont vu 4 de toutes les couleurs depuis trois 4 ans que ¢a dure! Le point de saturation à été atteint, dépassé.Plus rien ne les surprend ni ne À les émeut.On dirait qu\u2019ils vivent {4 en attendant .En attendant { quoi?Le savent-ils seulement?4 Mais ils vivent en attendant tout { simplement; un peu comme la graine enfouie dans la terre et qui attend la belle saison pour 4 germer et se développer; un peu | fone ces animaux qui s\u2019endorment l\u2019hiver venu.Les tempêtes $se déchaîneront, la terre gémira sous sa croûte de glace et de neige, le froid étreindra la nature entière.Que leur importe! Le ] printemps sourira bien encore une fois.Et alors on se remettra à vivre, mais à vivre pour vrai, pas rien qu\u2019en attendant .Dans l\u2019édifice, là, à la vue, à travers le vitrage, on aperçoit les presses qui tournent furieusement.Dans un vacarme que l\u2019on devine de l\u2019extérieur des ouvriers { s'affairent autour de puissantes machines.Des monstres de fer en- 4 gloutissent des tonnes de papier.À Au fond de l\u2019usine, le cylindre à tout blanc se déroule et se tord 4 entre les dents d\u2019acier; sa course ÿ ne lui laisse pas de répit: il mon- jte.disparaît, s\u2019enroule, réappa- rait ct Pon voit bientôt défiler une suite interminable de jour- ÿ naux tout frais et bien pliés.Le {miracle s\u2019accomplit en quelques secondes et j'entends un quidam À émerveillé qui pense tout haut: \u201cSi Gutenberg revenait! .\u201d Eh! bien, monsieur, moi je vous assure que linventeur de Mayence ne trouverait pas que des félicitations à adresser à ses successeurs.Il resterait probablement effaré devant le jaunisme éhonté qui s\u2019étale dans les journaux.Suivant les basses dictées de leurs intérêts sordides, des hommes ont consacré aux forces du mal un instrument merveilleusement constitué pour répandre le bien.À lire certaines feuilles on jurerait que l\u2019imprimerie sert tout simplement à déguiser la pensée.Mentez, mentez toujours., Dans certaines boutiques, des écrivailleurs à gage font métier d\u2019abrutir le peuple un peu plus chaque jour.Ils se gardent de prendre position, les lâches .Ils emploient l\u2019article hypocrite, tendancieux, le compromis.Ils distillent leur venin insidieusement.Ils flattent, ils encensent les puissants du jour; ils restent neutres devant le combat que se livrent les forces de l\u2019esprit et du monde: bah! .le danger passé, ils se rangeront bien du côté victorieux.Leur opportunisme n\u2019a d\u2019égal que leur veulerie.Et dire qu\u2019avec le journal on pourrait tellement batailler du bon côté! La plupart des gens ne lisent que les journaux: ils se nourrissent exclusivement de cette pâture.Pas étonnant qu\u2019on les trouve si banals et si vides! Et Cest pour nous empoisonner ainsi que l\u2019on détruit Ia forêt! On eut pu lui trouver un plus noble usage, il me semble.Dans son livre: \u201cLes Vies Nécessaires\u201d, G.Maze-Sencier a écrit des pages excellentes où il célèbre le rôle du phare sur l\u2019océan.Je vois là un rapprochement: L'idéal de la presse ne de- vrait-il pas être d\u2019éclairer, de dispenser la lumière?.\u201cPlus la nuit est obscure, plus les brouillards sont dangereux, plus la tempête est effroyable et mortelle, plus la route à suivre se fait impraticable et devient inaperçue, plus le rôle du phare devient utile et réparateur.Le phare est l\u2019oeil implacable qui plane, qui contemple, qui voit, l\u2019ocil bienfaisant qui ne se ferme jamais tant que l'obscurité persiste.( .) Et l\u2019oeuvre du phare est impersonnelle et désintéressée entre toutes, car il n\u2019éclaire pas pour attirer à lui pour échanger avec ceux qui le côtoient communication de bons offices; souvent même il éloigne et il repousse.Il éclaire sans autre but que de sauver et de guider\u201d.A.ROCHEFORT 22 janvier 1647 \u2014 Election à l'Académie française de Pierre Corneille, le père de la tragédie française.22 janvier 1788 \u2014 Naissance, à Londres, de George Gordon, lord Byron, célèbre poète anglais qui nous donna des oeuvres tourmentées, impétueuses et violentes telles que Harold et Don Juan.Il mourut en 1824, à Mis- solonghi, lors de l\u2019insurrection hellénique.23 janvier 1783 \u2014 Naissance, à Grenoble, d\u2019Henri Beyle, mieux connu sous le pseudonyme de Stendhal.Le Rouge et le Noir devait paraître en 1830.Ses oeuvres recèlent l\u2019exaltation du moi et de la volonté.Mais ils valent surtout par une sentimentalité enthousiaste et par une observation très aiguë, \u201cNul n\u2019a mieux enseigné à ouvrir les yeux et à regarder.\u201d\u2019\u201d\u2014 (Taine).23 janvier 1888 \u2014 Mort, à Paris, du plus amusant des vau- QUELQUES DATES LITTÉRAIRES devillistes, Eugène Labiche.De ses pièces où s\u2019allie la gaieté à la finesse ironique, nous ne citerons que les plus appréciées: le Chapeau de paille d\u2019Italie et le Voyage de M.Perrichon.24 janvier 1732 -\u2014 Naissance, à Paris, de Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais.Il donna, au théâtre, deux chefs-d\u2019oeuvre inoubliables: le Barbier de Séville (1775) et le Mariage de Figaro (1784).24 janvier 1776 \u2014 Naissance, à Koenigsberg, d'Ernest Théodo- re-Amédée Hoffman, conteur et musicien allemand.Il écrivit les Contes fantastiques où l\u2019imagination la plus capricieuse se livre à tous les écarts.25 janvier 1648 \u2014 Bossuet vient d\u2019être ordonné sous-diacre.Il soutient sa thèse de théologie, en présence du Grand Condé, à qui elle est dédiée.\u2014 Il prononcera plus tard son oraison funè- \u2014\u2014 BUREAU DE PLACEMENT A partir de lundi, le 25 janvier, Monsieur Marc Archambault sera a la disposition des membres de l\u2019A.G.E.U.M.qui désirent obtenir un emploi.BUREAU: Chambre D\u2019 223 12.30 A.M.\u2014 1.30 P.M.| \u2014 QUARTIER LATIN LAVAL - Nous regrettons qu\u2019une malheureuse omission dans l\u2019Annuaire des Etudiants de 1942-43, se soit produite aux dépens de nos confrères de l\u2019Université Laval.Vous trouverez dans leur Bottin, le cri universitaire de l\u2019Université de Montréal et nous nous promettions bien de leur rendre le même honneur.Afin de réparer cette déplorable erreur, nous vous donnons la Marche des Etudiants de l\u2019Université Laval et leur cri universitaire que les intéressés pourront joindre à leur Annuaire.MARCHE DES ETUDIANTS DE LAVAL Voilà Messieurs les Carabins de Laval, En haut les coeurs, chantons gaiement.Québec, quack, quack, \u2018 Québec, quack, quack, On étudie longuement, Puis aux dépens du paternel on s\u2019amuse, Vivant d\u2019eau claire et d\u2019examens Le gousset vide Et l\u2019âme fière; On voit la vie en rouge et or, Ziska, zoska, Otez-vous de là, Bimba, boumba, On est un peu là.Voilà Messieurs les Carabins de Laval.En haut les coeurs, chantons gaiement ; Rions, chantons; c\u2019est jour de fête.Tous en choeur crions RA! RA! RA! CRI UNIVERSITAIRE DE LAVAL Karabin, ziska, Karaboum, zoska Karabin, Karaboum, Karabim, boum, ba, Ziska, zoska, zaska, RA! RA! RA! RA! RA! RA! Laval, Québec.Nos excuses aux étudiants de Laval, et nos amitiés au Grand Conseil de PA.G.E.L L\u2019A.G.E.U.M., par Marcel Caron, prés.bre, qui est un chef-d'oeuvre d\u2019éloquence et d'habileté.26 janvier 1804 \u2014 Naissance, à Aix-la-Chapelle, de Delphine Gay \u2014 qui devait devenir Mme Emile de Girardin.Elle laissa des romans et des comédies de valeur dont \u201cLa joie fait peur\u201d et \u201cLady Tartufe\u201d.26 janvier 1874 \u2014 Naissance, à Paris, de William Somerset Maugham, médecin et auteur dramatique.On lui doit surtout l\u2019Archipel aux sirènes.26 janvier 1888 \u2014 Le romancier Jules Claretie est élu à l\u2019Académie Française.27 janvier 1754 \u2014 Mort du célèbre auteur dramatique et poète danois Louis de Holberg, surnommé le Plaute du Danemark.Il nous donna une traduction de \u201cl\u2019Avare\u201d, de Molière.27 janvier 1814 \u2014 Naissance, à Paris, d\u2019Eugéne - Emmanuel Viollet-le-Duc, architecte et écrivain français.Il restaura la plupart des cathédrales romanes et gothiques de France.Et il fut l\u2019auteur d'ouvrages précieux d\u2019archéologie.27 janvier 1844 \u2014 Mort du littérateur et bibliophile français Charles Nodier.28 janvier 1814 \u2014 Mort à Berlin, de Jean Gottlieb Fichte, le grand philosophe allemand, disciple de Kant et maître de Schelling.28 janvier 1858 \u2014 Emile Au- gier est reçu à l\u2019Académie Fran- caise.Il fut le \u201cplus robuste penseur dramatique\u201d du dix-neuvie- me siècle.28 janvier 1861 \u2014 Mort de l'écrivain français Henry Mur- ger.Il nous laissa les \u201cScènes de la vie de bohème\u201d, roman plein d\u2019originalité et de verve.29 janvier 1635 \u2014 Des'lettres patentes sont délivrées à l\u2019Académie Française que vient de fonder Richelieu.29 janvier 1664 \u2014 Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière, fait représenter sa comédie-ballet, en un acte et en prose, \u201cLe Mariage forcé\u201d.: 29 janvier 1763 \u2014 Mort de Louis Racine, fils du célèbre poète tragique français Jean Racine.11 est l\u2019auteur du poème de la \u201cReligion\u201d et des \u201cMémoires\u201d sur la vie de son père.M.B.Cast bon de recevoir d'outre-mer DES NOUVELLES Æ DE VOTRE FILS LES ÉTUDIANTS ANGLO-CANADIENS \u2018ai eu l\u2019occasion de rencontrer quelques étudiants du McGill avec qui j'ai entretenu d'intéressantes conversations.Tout naturellement nous parlimes de nos sys- témes d\u2019instruction.Jai observé chez ces étudiants un manque total de compréhension de notre groupe ethnique.D'ailleurs cette incompréhension peut se généraliser à la masse anglo-saxonne.En effet, l\u2019Anglo- saxon moyen, content de lui-mé- me, fier d\u2019appartenir a la nation la plus forte du monde, satisfait en somme, à peine à s\u2019imaginer un monde qui ne serait pas anglo- saxon.Il voudrait que tout soit uniformisé, que toutes les institutions prissent une teinte anglaise.Il est même étonné de voir que les autres peuples résistent à adopter les formes britanniques.C\u2019est cette naïveté qui m\u201d: frappé.Il est tout sincère l\u2019Anglais.Il ne s'aperçoit même pas qu\u2019il rêve d\u2019hégémonie en parlant.Je ne veux pas le blimer.Il agit ainsi tout naturellement.C\u2019est son éducation qui l\u2019a formé ainsi, qui lui a donné cette confiance outrée en lui-même, cette supériorité-complexe.Nous Canadiens français on nous a gratifiés d\u2019une formation tout à rebours.Pourvu que cette confiance en soi ne dégénère pas en manie de la race, il est bon.Ainsi les étudiants anglo-cana- diens qui ont reçu une formation scientifique n\u2019imaginent pas les services que peut rendre la culture gréco-latine, dans le domaine des sciences.Cela les dépasse.A quoi ça sert, le latin et le grec, répetent-ils toujours?Ils ne voient dans l\u2019étude que le but utilitaire, et encore ils ne peuvent pas prévoir les bienfaits matériels que peut donner un esprit nourri aux sources gréco-latines.Pour eux il faudrait que nous copions leurs institutions, que nous pastichions un High-school, que nous proscrivions le latin, le gree, enfin que nous fassions ce qu\u2019il y a de mieux au monde, oh! ce qui est nécessaire pour le pro- A grès de l'humanité, c\u2019est-à-dire que nous fassions comme eux.A ces esprits j'ai essayé de faire voir le danger d\u2019une telle standardisation britannique.Ne croyez-vous pas, leur dis-je, que si tous les peuples, les Anglais, les Français, les Italiens, les Allemands, ete, adaptaient les mêmes institutions et passaient par les mêmes filières, que les sciences d\u2019abord avanceraient sous l\u2019effet d\u2019efforts conjugués mais qu\u2019elles stagneraient ensuite, faute d\u2019intelligences variées?On ne gagne pas, en faisant passer par le même moule toutes les intelligences, Le grand danger qui guette le monde moderne, cest l\u2019absence de variété, c\u2019est l\u2019uniformité, la standardisation.Car il ne faut pas oublier que ce qui fait un cerveau anglo-saxon c\u2019est son éducation familiale, son instrue- tion, ses lois; que ce qui fait un cerveau français cest qu\u2019il est éduqué autrement qu\u2019un cerveau anglais.Mais éduquer un Français à Panglaise, il devient d\u2019esprit un Anglais.Non, le Canada ne gagnerait pas à angliciser les Canadiens francais.Pensez-vous que la science médicale ne gagne pas à voir des intelligences différentes, formées à des disciplines différentes, suivant des écoles différentes?Que les Anglais du Canada tiennent à leurs institutions, qu\u2019ils fassent leur apport dans tous les domaines.Nous Canadiens français, soumis à l\u2019éducation gréco-latine, nous apporterons nos richesses.L'avenir jugera si nos disciplines l\u2019emportent sur celles des Anglo-Cana- diens.Et même si notre apport est inférieur, il est bon que nous gardions nos lignes de force.Ce concours, ce parallelisme de systèmes d\u2019éducation crée de Pen- thousiasme, de I'émulation.Sans ces stimulants il n'y a rien qui vaille.Craignons Puniformité et le monde sera plus intéressant.XXX y La meilleure ET TT produite par DAWES depuis cinq générations PAGE QUATRE Ë \u2014 \"LE GRAND Un livre que l'on n'a plus à présenter Un roman d'il y à trente ans, mais un livre qui ne saurait vieille.Un premier roman que nul autre n'a jamais suivi, une oeuvre de jeunesse, mais un livre insondable, attirant et secret comme l'enfance.On ne peut s cm- pêcher de dire ça tout de suite, tel quel, avant les éclaicissements, les explications.J'at lu pour la première fois aux jours céjà lointains de mes seize ans.Depuis, chaque fois que j'a: revu le livre, sur la table d'un om, dans la bibliothèque d'un professeur, j'ai db le relre comme malgré moi: On retourne au Grand Meaulnes comme l'on retourne à son enfance.Pour y rencontrer un rêve exaltant et meilleur que soi-même une merveilleuse pureté perdue Mesulnes c'est, toute simple.l'his- towe d'un premier amour chez un garçon privilégié, la poursuite aventureuse d'un amout très pur qui fait défaillir l'âme sous le poids d'un bonheur trop intense.Et le livre n'est tantôt que le cr douloureux de cette âme déchuée de joie, tantôt que la détresse de cette âme qui ne seit plus retenir, qui ne peut plus contenir un bonheur trop grand pour elle.Meaulnes c'est aussi Alain Fournier et pour moi dans la littérature française Alain Fourmier c'est un miracle.Il a écrit le livre unique de l'enfance, le livre symbolique de l'adolescence.On a dit que nulle enfance n'était plus tourmentée, plus triste que celle des jeunes français.En littérature et m'en tenant à mon horizon fort limté de jeune étudiant, je dresse ce tableau sommaire: la tradition classique française a dédaigné l'enfance.Les têtes romantiques se sont extasiées devant l'enfance à l'état de nature dans se vitalité primitive.Des modernes se sont attardés sur les manifestations les plus troubles de l'adolescence, l'éveil des sens à toutes les nourritures terrestres.Mauriac dans ses premières oeuvres, et d'autres ont montré la pureté de certaines adolescences, une pureté héroïque et non sans déchirement.Mais chez Alain Fournier, Meaulnes c'est l'effort pour cristalliser un rêve intérieur d'une richesse inépuisable, dans un esprit de révoite contre lc monde des adultes Dans la solitude de l'adolescence, un monde secret existe OÙ vivent des êtres que l'imagination d'un enfant poète élève au- dessus d'eux-mêmes C'est la tentative désespérée d'un poète au seuil de sa vie d'homme pour couler dans un conte merveilleux toute la poésie, l'exaltation, la richesse de son enfance.Meaulnes n'est pas comme on a pu le croire une tentative d'évasion hors du réel, une fuite dans le rêve.C'est unc oeuvre de préservation, la défense d'un domaine vital d'où naissent toutes les sources d'inspiration.Car chez Alain Fournier l'enfance est à l'origine de toute poésie.|! sait que la vie adulte impose certains reniements et qu'elle se charge souvent de les accomplir elle-même implacablement.Mais MEAULNES\" la vie privée de son explication, courte de sa source ne pourra être que stérile.L'essentiel pour Meaulnes comme pour Alain Fournier c'est de préserver la source.Il faut donc essentiellement.désespérément, que la vie présente remonte jusqu'à l'enfance, Jusqu'au rêve ortial qui lui donnera un sens.D'où cette tentative de conserver, de cristalliser le trésor de l'enfance.Meaulnes, mri et marié à celle qu'il aime, cherchera vainement à reconstituer en elle le monde de son imagination et repartira à la poursuite insensée de son rêve.Mais ce qu'il cherche désespérément tout au long de son aventureuse adolescence et qu'il laisse échapper au moment même de l'atteindre.Alain Fournier \u2018l\u2019accomplit par l'extraordinaire réussite de son livre.La prise sur le réel qui manque au rêve de Meaulnes se trouve dans celui d'Alain Fournier et c'est son livre lui-même Ayant engagé cet enjeu que lui même peut-être croyait sans espoir, :! semble qu'il n'eût plus qu'à partir, qu'à disparaître d'un monde où i laissait, comme un défi, son Grand Meaulnes.A nous 1l laissait le symbole d'un amour étrangement pur, volontairement désincarné et spiritualisé par une imagination poétique d'une qualité rare.H faudrait pouvoir parler de Meaulnes, de sa féérique aventure avec autant de fervente simplicité qu'Alain Fournier a su en trouver pour se raconter à lui- même cette histoire profonde et riche comme une âme d'enfant Mais Alain Fournier est un miracle.Son livre plein de rêve, son livre d'une poésie infinie est aussi une merveille précise, composée, symbolique, sans raffinement et fortement accrochée au réel par la logique de son action et le réalisme de ses descriptions.Je vous le dis, le Grand Meaulnes ne livre pas d'un seul coup toutes ses richesses mais la récompense est grande.On n'échappe pas plus au Grand Meaulnes que l'on n'échappe à certains souvenirs d'enfance.Je souhaite seulement au lecteur, quel que soit son âge, d'être encore assez près de son enfance pour comprendre et aimer un tel livre.Peut-être ne saura-t-on jamais entièrement l'influence d'Alain Fournier sur les jeunes qui l'ont lu, car les jeunes parlent peu des livres qui les ont le plus marqués.Mais ceux qui ont pénétré le sens profond d'un tel livre n'hésiterarent pas à le désigner comme le livre qu'à vingt ans ils voudraient avoir écrit.Le Grand Meaulnes est un livre seul dans la littérature française.Il vaut donc mieux le placer avec les découvertes que vous avez pu faire dans la littérature du monde, comme par exemple avec certains livres de Katherine Mansfield ou de Virginia Woolf.Claude LUSSIER \u201cLe Grand Meaulnes\u2019\u2019 par Alain Fournier.Réédité à Montréal, par Beauchemin.SAGESSES L'amour, c'est la rencontre de deux égoïsmes, \u2014 sous le masque du dévouement.+ Fumer, n'est-ce pas essentiellement une manière de n'être point seul ?+ Nous avons peur de nous-même, \u2014 reison pour laquelle nous évitons toute solitude.+ La musique est utile en ce qu'elle crée un monde, où nous ne sommes plus le seul personnage.La réalité est un emprisonnement sans évasion possible.Incommunicabilité.+ Ceux qui portent des verres en subissent des incommodements.Mais leur vue est plus poussée.Ceux qui ont souffert portent à l'âme des verres, et non pas des ferres fumés.+ La puissance est ce qu'il y a de normal.Il n'y à rien d'extraordinaire, \u2014 mais seulement des gens et des choses au-dessous de l'ordinaire.+ Le concept d'accomplissement personnel implique-t-il la comparaison avantageuse avec autrui?Pas que je crois.ous sommes chacun nous- même notre propre mesure.+ Les Lettres sont abatardies sitôt u'elles ne se confinent plus 3 un seule n'est que par accident que la littérature, en tant que consommation, doit exister.Je l'envissge comme un examen de conscience qui n'appartient qu'à un seul, \u2014 comme le dévoilement d'un monument que tous ne euvent regarder que de très loin.\u2018écrivant demeure encore le seul véritable lisant, \u2014 et il ne se peut d'autre équivalence.+ Nous sommes enfermés en nous- mêmes, et perdons une fois pour toutes l'espoir de sortir de là pour plonger en quelqu'un d'autre.+ Le baiser est le témoignage de l'amour, \u2014 c'est la fleur qui promet le fruit.C'est le don qui mène au don sans plus de partages.+ Il y a de ces moments où l'on se sent secoué de mille vagues désirs, et pourtant animé \u2018 d'aucune intention.On voudrait tout faire, \u2014 et l'on ne fait rien, par défaut de savoir choisir ce qui doit être sacrifié.Lire, écrite regarder, \u2014 lequel?Mais tous! Tous?C'est à dire aucun.Celui qui n'a pas appris à choisis n'a pas appris à être heureux.Car le bonbeur est un choix.Essentiellement.Entre un désir et un autre.Celui d'être heureux, celui de ne l'être pas.Celui qui a dit: Voici mon bonheur, je suis heureux.celui-là a mate l'existence.Mais celui qui incessem- ment va d'une affection à l'autre, d'une préférence à l'autre, \u2014 se demandant: Ca suffit-il ?Et cela ?Celui-là ne sait pas, et c'est un vaincu.+ Si vous devez penser à ce que vous avez fait, n'isolez point.Pensez d'une même pensée à cela que vous ferez.Quelle valeur d'avoir vécu, si ce ne nous fait dorénavant vivre plus richement?+ Vous pouvez être digne d'estime, et n'être point estimé.Etre digne d'amour, et n'être point aimé.Mais il est impossible que vous ne soyez pas digne de votre approbation, et que vous vous approuviez.Quand on est ien sûr que personne ne voit, et qu'il n'y a rien à perdre, l'on est alors sincère avec soi-même.Et l'approbation que l'on peut s'accorder, c'est un témoignage, à la vérité, qui en vaut bien d'autres \u2018Mon Dieu, donnez-moi seulement d'être tranquille avec moi-même .Et je me fous du reste.\" + Les injures qui nous sont dites ne nous touchent pas aussi profondément que celles que nous nous adressons dans nos crises de franchise.+ Je ne connais que deux juges: Dieu et moi-même.Lors même que tous me condamneraient, je me saurais innocent si j'entendais ces deux voix m'assurer de mon innocence.Et lors méme que tous les hommes me proclameraient sans tache, je me saurais coupable, toujours selon le verdict de ces deux-là.Les jugements de cette cour sont de la plus haute importance; ils ont l'importance accumulée de tous les autres jugements épars qui d'importance n'ont aucune.+ L'amour, \u2014 est-ce un désir?ou la mort d'un désir?Est-ce l'attente d'un demain, ou l'arrivée d'aujourd'hui?L'amour c'est la mort d'un désir qui, tel le phénix, surgit de ses cendres d'une vie nouvelle.Aimer, c'est dire: \u201cAh! voici donc.Mais plus! Ah! Voila donc.Mais plus, plus encore!.Ah! voici et voilà, \u2014 je n'ai plus assez de mes deux mains pour cueillir toutes ces fleurs.Donnez- m'en d'autres fleurs.Ah!.et maintenant je n'ai plus assez de mon coeur.Donnez-moi de votre coeur.Ah!.L'amour est une balle qui rebondit toujours un peu plus haut.\u2018âge de l'amour est le tremplin qui s'élève et l'élève.INTROSPECTION RETROSPECTION Pourquoi s'excuse-t-on toujours d'une faute et jamais d'une action noble?Pourquoi unc critique améne-t-clle nécessairement une excuse?Pourquoi personnellement un homme n\u2019entrevoit-il le terme de son voyage que dans un avenir infiniment éloigné?Pourquoi l'homme tantôt s'élève-t-il jusqu'aux cieux sur les ailes de l'Art ei tantôt s'abaisse-t-il jusqu'à ramper dans la fange du vice?Pourquoi la jalousie et l'hypocrisie sont-elles de ce monde?Pourquoi déteste-t-on une personne sans même la connaître?Pourquoi le comique fait-il naître le rire?Pourquoi le rire est-il si près des larmes?Pourquoi l'homme est-il si faible?Pourquoi l'homme est-il si puissant) Pourquoi sommes-nous souvent convaincus qu'un travail remis au lendemain, nous sera alors plus facile?Pourquoi un richissime américain devient-il philantrope el soutient-il ses institutions nationales?Pourquoi nos compatrioles aussi en mesure d'aider tremblent-ils d\u2019effroi à la pensée de perdre un sou?© Pourquoi carabin se plaint-il que nos artistes sont trop facilerient oubliés, alors que lui-même, complacent, ii ne s'intéresse aucunement à eux?Pourquoi carabin déplore-t-il le manque d'esprit de corps alors qu'il n\u2019est pas prêt à des sacrifices personnels?Pourquoi carabin ne fait-il qu'envier les autres universités) Pourquoi celte série de questions sans raison et sans suite?Pourquoi?Paul DAGENAIS-PERUSSE RENAITRE Je pense au Dalaï Lama et aux cathédrales suspendues dans les neiges de l'Himalaya, à Bénarès sur les bords du Gange et aux millions d'Hindous, aux musulmans du Proche et Moyen Orients et à La Mecque; et je pense surtout au Pape et à toutes les cathédrales de Milan, de Saint-Marc, de Paris, de Strasbourg, de Carthage et de Saint- Patrick.Et je pense que le monde est plein de richesses véritables et innombrables et que le coeur des hommes est fait et d'essence pour communier à toutes ces beautés et que nous passons notre vie aveugles, à des soucis mesquins, pris par le repas qui vient, par l'examen de demain, par ce que nous allons faire en fin de semaine.Et encore ce ne sont pas tant les choses qui sont mesquines.Elles sont grandes puisqu'elles sont, et certaines minutes nous aspirons à connaître.Mais c'est leur réalité en nous qui est petite.Nous ne prenons que le superficiel, * la paille, et le grain passe à travers nous comme au travers d'un filtre grossie.Notre mémoire entasse des trésors, car tout est trésor, mais nos regards sur nos richesses s'arrêtent toujours à la gangue et ne voient jamais le diamant, trop paresseux et trop peu curieux pour se fatiguer de la gangue et pour, lorsqu'ils sont fatigués de la gangue, la briser et regarder jusqu'à l'intérieur le plus central.Le monde, la nature est riche de vrai, de substance intellectuelle, et de beau, de substance vitale.|| y a du pain pour tous les jours, tous les jours neuf et nourrissant.Mais nous sommes étourdis, nous nous laissons emporter par le vertige.Nous avons les yeux comme des corridors ou le flot coule sans rien qui s'arrête ou rien qui soit à emporter, impersonnels.Nous nous bourrons de sucreries, de cigarettes, de cinéme et de radio à n'importe quelle heure.Et la nuit et le jour sont pour nous nuit ou jour indifféremment.Et le blindage s'épaissit sur nous et sur toutes les choses que nous introduisons en nous.: Et après, imbéciles, nous faisons les indifférents, ceux à qui on ne la fait pas, les sceptiques, nos petits Montaigne.Parce que nous ne voyons plus clair nous pensons que le monde est plongé dans la nuit.Parce que notre goût s'est affadi nous pensons que c'est le sol qui n'offre aucune différence.Et nous allons de cercle en cercle, nouveaux Artabans, pensant rejeter le monde comme une illusion, alors que c'est nous que le monde a rejetés, coquilles vidées de leur noix.Tout nous est devenu pauvre, même la substance et Dieu.Et nous ne voyons de la valeur que dans ce qui n'en a pas ou n'en a plus.Pis encore, la notion de valeur nous a quitté.Nous ne pensons plus à la valeur des choses: l'insignifiant nous est devenu instinctif.Les choses pauvres, qui, dans leur pauvreté même ont une richesse à offrir aux riches, sont pour nous, à qui elles ne donnent que leur pauvreté, le pain de chaque jour: soucis contingents, soirées, intrigues.L'essentiel inépuisables s'est évadé de notre étrcinte et nos mains sont reventies aux proportions de l'apparence, nos mains sont retenues aux proportions de l'apparence.Nos mains sont usée: de palper les mêmes contours et notre esprit est habitué.Comme une coquille nous Fflottons à la surface de la vie, ballottés toujours en tangente au sommet de chaque vague, errants du quotidien au magazine et de l'hebdomadaire au roman \u201cvient de paraître\u201d.Nous glissons toujours et jemais nous n'entrons dans l'eau.Toujours miraculeusement vides; jamais\u2019 une goutte ne pénètre dans notre nacelle.Le creuset de nou.esprit inutilisé se rouille.Comme dy JB sépulcres blanchis que nous devenon [i nous refusons de mieux en mieux |, I chaleur.Pour communier à l'essentiel, reprer.À dre le goût du pain, il faut la faim.Et |, | faim ne se mérite pas sans la privation et le silence, qui est la privation essentielle pour l'homme.La privation sable la rouille et fait sauter les blindage; et les bandeaux, ouvre des blessures avides, des rivières vers le coeur « l'âme, c'est la seule guérisseuse.Elk débarrasse du poids mort et :établ; l'équilibre merveilleusement sensible et instable: \u2018l'aiguille sensible follement\u2019.L'homme pour comprendre et pour vivre doit s'imposer le silence, doit ouvrir en lui le silence du non être comme une oreille béant sur le jeu des êtres et de l'Etre.PCA OS MAIS SL BOAT TE FE Te ES EE TING, PEER Le jeu est au delà ot au \u2018coeur des BA apparences.Et ce sont la faim et Is |B soif qui donnent le désir de jouer.LE faim et la soif sont les filles puissantes M de la privation et de la simplicité de coeur, de la privation qui délivre des ff fantômes extérieurs et de la simplicité de coeur qui délivre des fantômes intérieurs.Ce sont la faim et la soif qu à font percer les membranes aux teintes À successives pour pénétrer dans le jeu, [A s'asseoir au festin de nourriture nou B velle inépuisablement, humaine.Le désir se refuse à celui à qui à ces désirs.Et l'amour est désir.L'amour fi est fruit de la connaissance.\u2018Et l'intel- |B ligence est fruit de l'amour.ll n'y«R pas là que des mots; il y a les prots- ll gonistes du jeu.Et ils sont liés si étroitement que les mots sont trop larges À pour les distinguer.Les mots prennent À de la place et il faut les placer l'un i côté de l'autre.Et la connaissance et l'amour et le désir et l'intelligence B si étroitement s'embrassent que les mots |B des habits trop laches.Sans la privs- tion et ls simplicité de coeur les prots- gonistes restent invisibles et on tient [§ toujours que les mots, les mots vides À dont les couleurs changeantes ternis- 3 sent vite 3 nos yeux s habituant.La faim et là soif sont les flammes M qui libèrent nos yeux de la taie déposée 3 par les plaisirs.Elles sont la porte du royaume et les dispensatrices des § richesses.Celui qui se remet corps § et âme entre leurs mains héritera du f§ royaume et des richesses.Il ne ser: plus dans la vie immobilisé au milieu À des apparences comme des danseuses, À hélas! si tôt connues.Il ira sur la route toujours avançant au delà des sppé- | rences comme des voiles, révélatrices À de richesses sans cesse nouvelles À toujours plus belles.|| ira porté pir J l'enchantement de la contemplation § jusqu'à la mort, le dernier voile.Georges DUFRESNE LAS L'ÉTUDIANT AMÈNE SES PETITES AMIES CHEZ GERACIMO 4192 est, rue Ste-Catherine \u2014\u2014 ALR CLIMATISÉR ® - î M plaisir à entendre.Ÿ si naïve et si enfantine soit-elle, me # semble la plus adéquate.La musique 8 cost en effet le BEAU dans les sons H l'expression du HW comme la sculpture par les formes, À la peinture par les couleurs, la poésie Ÿ par les mots, la chorégraphie par les M mouvements, l'architecture par l'équi- ÿ libre.À mélodie et de l'harmonie, elle crée À chez ie compositeur, chez l'exécutant, # chez l'auditeur ou mieux chez tous à À la fois l'émotion esthétique : ce plaisir A sique, c'est quand ça fait a mu e Cette définition, et par les sons.La musique de son essence tend à Beau par les sons, u moyen du rythme, de la M ineffable et indescriptible.Put de la beauté en mouvement, la musique est succession, mais son charme 19 demeure et à son seul souvenir on ECT Te | i 1 EERIE ad Toa rrr Ed sent vibrer son âme.Ce qui ajoute à Kl cet ort, c'est que l'on participe à la création du chef-d'oeuvre, que l'on ll se sent de plus en plus élevé par le fi Beau qui s\u2019en dégage: le plaisir n'en est que plus vif et plus élaboré.Dans la sculpture ou la peinture, nous avons un fait: c'est un chef- d'oeuvre qui nous tirera des exclamations mais qui sera toujours un choc souvent trop grand pour le commun des mortels.La musique caresse d'abord, elle pénètre petit à petit, elle trouble, elle enchante, elle calme, elle excite, elle irrite, elle torture, elle fait vivre.Primitivement la musique était l'art le plus universel et le plus spontané, ces deux caractères demeurent toujours, mais il s'y est ajouté quelque chose d'artificiel.L'art a évolué vers la science perdant un peu de son naturel et de sa liberté.Il a acquis sa théorie, ses lois, ses modes, ses moyens, sa logique et sa facture particulière.Le Beau ne sera donc le Beau musical qu'en autant qu'il sera exprimé selon la science musicale.Cette science de la musique tient plutôt du génie.Car c'est un sentiment inné, des qualités individuelles, un goût personnel, qui, plus que le travail, nécessaire cependant pour la virtuosité, donneront au musicien cette science, cette compréhension des lois armoniques, rythmiques, mélodiques, contrapunctiques.Un tes de gens, et j'en sais, malgré un travail acharné, accablant, ne furent jamais musiciens.La musique, selon, Saint Thomas quin, occupe le premier rang parmi les sept arts libéraux et elle est la pius noble des sciences humaines.Au Moyen-Âge, on la plaçait parmi les sciences du raisonnement pur, avec I'arithmétique, la géométrie et l'astrologie.La musique pure n'existe pourtant à peu près pas, malgré son indépendance \"elle suggère à notre esprit une représentation de plus en plus complexe où s'amalgament des sensations de tout ordre.\u201d Art d'imitation, par l'agencement es sons, par le rythme, le tempo et le mode, la musique reconstituers des scènes et des paysages.Elle se rapprochera de la peinture.\u201cLe musicien bien organisé, dit Grétry, trouve toutes les couleurs dans l'harmonie des sons.\u201d La musique ne peindra pas seulement des paysages, elle incarnera des | QUEST-CE QUE LA MUSIQUE?personnages, au besoin elle les créera de toutes piéces.Beaucoup de musiciens ont cherché à exprimer des impressions nettement visuelles, dit Edmond Buchet.Ainsi les portraits de femmes, he particulier, sont fré- quen ans la musique française des XVIIe et XVille siécles.Mozart avoue avoir peint Rose Cannabich d'après nature et selon \\d'Indy, le gracieux menuet de la Sonate dite au Clair de Lune senit le portrait de Thérése de Brunswick.La peinture musicale ne s'est pas pourtant confiné au XVlle et au XVIIIe siècles.Mendelssohn, Chopin, Fauré, Dukas, Pro- kofieff, Rimsky-Korsakow, Bedioz et moult autres ont peint de trés fameuse fagon.Fantasia de Disney est a la gloire des peintres musiciens.La musique peut encore exprimer ls joie, la douleur, la piété, la mélancolie, la rêverie, la nostalgie, le courage, la bravoure.\u2018Pour l'immense Majorité des gens, la musique c'est cela: la verseuse d'oubli, comme l'amour; la messagére des réveries sentimentales; celle qui grise la chair et console toute peine; celle quidissout l'épais brouillard des réalités, adoucit l'amertume des heures de lutte et déguise la fadeur du quotidien, en précipitant, vers les insondables profondeurs de notre imagination délivrée, le poids mort de la raison.\" (Jean d'Udine) La musique est langage qui sait se faire comprendre, elle exprime des sentiments que les mots même ne peuvent extérioriser et Gide s'écrie \u201cEn français?non, je voudrais écrire en musique.\u201d \u2018La musique d'une poésie, écrivait Schiller, est bien plus souvent présente à mon âme quand je m'assieds à ma table pour l'écrire que l'idée nette du contenu, sur leque je suis à peine d'accord avec moi- même.\u201d Science, art, peinture, poésie, architecture, chorégraphie, sculpture tout à la fois, la musique est l'instrument de culture le plus intéressant et le plus captivant.Par ces différents éléments, elle concourt à la culture de l'intelli- ence et de la volonté.Théorie, elle ait appel à la raison; science, elle demande l'effort persévérant; art, elle élève l'âme jusqu'à la Beauté par essence, Dieu-Créateur.La mémoire, la sensibilité et l'imagination jouissent aussi de l'apport de la musique.La mémoire et l'imagination, disait Aristoxème, sont nécessaires à la compréhension musicale, car il faut percevoir ce qui est à l'état de devenir; il faut se rappeler ce qui a passé.L'imagination, grande pour- voyeuse des images sensibles, et l'imagination, qui stimule les idées, servent à toute création, interprétation ou compréhension de musique.La musique développe le goût.If y a, il va sans dire, toutes sortes de musiques, ou plutôt il n\u2019y a que la Musique car les autres ne sont pas de a musique, parce que la musique c'est l'expression du Beau.Le Beau tend intrinsèquement et essentiellement à plaire et le goût de sa nature ppelle ce qui plait et ce qui est beau.D'où par la musique éducation et culture du goût.La musique c'est tout cela et bien d'autre chose encore.Maurice CHARTRAND PHOTOGRAPHE ATTITRÉ DES ÉTUDIANTS 309, RUE STE-CATHERINE, (Près St-Denis) Domicile Outremont: CAlumet 5961 STUDIO: LAncaster 5478 QU'ON SE HATE DE SE PROCURER SES BILLETS POUR LE CONCERT DE JEAN DICKENSON AU PLATEAU, LE 11 FEVRIER SOUS LES AUSPICES DES \u201c AUDITIONS POPULAIRES BILLETS AU LOCAL DE LA SOCIÉTÉ ARTISTIQUE (D' 214) OU DES PRESIDENTS DE FACULTES \u201cALTITUDE 3200\u201d Nous ne voulons pes faire ici la critique d'Altitude 3200 et de sa présentation.Chacun sait, pour l'avoir lu ailleurs ou pour l'avoir vue, que la pièce de Julien Luchaire n'est pas un chef-d'oeuvre et que l'interprétation qu'en a donné l'Equipe bien qu'imparfaite dans quelques détails, n'en emeure pas moins une réussite comme la scène locale n'en a donnée depuis longtemps.Nous préférons plutôt nous attacher aux circonstances qui ont entouré la naissance de ce mouvement et aux conclusions qui s\u2019en dégagent.A l'annonce du premier spectacle de l'Equipe notre appréhension fut grande.Nous avions assisté si souvent aux lamentables échecs d'organisations théä- trales munies de tous les avantages financiers, publicitaires et artistiques aptes à mener au succès, qu'il ne semblait possible un seul instant de voir le mouvement de Pierre Dagenais arriver jamais à une bonne fin, puisque précisément, il était privé des atouts avec lesquels plus forts que lui n'avaient pu réussir.Non content de le priver de ces moyens élémentaires le hasard et la mauvaise volonté s'acharnent à multiplier les embarres et les embôches sur son chemin: Salle et publicité à payer.Local de répétition à dénicher.Communiqués à rédiger et à faire accepter par les journaux.Bêtise d'une scène et d'un machiniste traditionaliste qui ne veulent rien entendre à son décor et l'obligent à le modifier quelques jours avant la première.Obligation de modifier les jeux de lumières à cause d'une rampe qui ne pourrait pes briller plus que vingt minutes sans mettre le eu.Malgré toutes ces contrariétés il ne perd pes courage et à cette hostilité es hommes et des choses, il oppose sa jeune équipe prête à tenter | aventure avec \u201clui.Evidemment, chacun possède bien peu et risque beaucoup plus qu'il peut gagner.Mais, tous ensemble, ils brûlent de la même ambition: réussir; ils sont animés du même désir: donner du vrai théâtre; ils n'ont v'un but: démentir ceux qui ont douté \u2018eux.C'est pourquoi, ils se mettent au travail avec acharnement.Ils savent qu'une pièce ne se monte pas en une semaine: ils travaillent deux mois et demi à préparer la leur.Ils savent que le cabotinage tue le théâtre: ils fondent leur jeu dans un ensemble parfait.ls n'ont pas de vedettes: ils en créeront une avec leur jeunesse, leur unité, leur entrain: lls n'ignorent pas qu\u2019 Altitude 3200 n'est pas un chef-d oeuvre: ils se montreront supérieurs à leur texte.Il n\u2019est qu'un point d'interrogation pour eux: Le Public.lls sont maintenant fixés.Il est venu et à rempli quatre fois leur salle.Il les à applaudis, pas per sympathie, amitié ou pitié, mais spontanément et avec un enthousiasme qui ne fait que grandir u lever de rideau jusqu'aux rappels de la fin, où il se transforme en ovation.Ce succès, ils le méritaient.Mais pourquoi?La pièce?Nous en connaissons de meilleures qui n'ont pes touché le public.Les interprètes?Ils sont tous jeunes et peu connus.Pierre Dagenais?|| s'efface et demeure l'égal des autres.La curiosité ?À moins cher, on la satisfait avec plus de plénitude.Alors pourquoi ?A notre avis, la réception que le public a faite à l'Équipe tient à ce que ce jeune groupe par la sincérité qui l'anime et le guide vers le seul but du travail bien fait donne une terrible leçon à ses aînés.Même si l'effort de Dagenais devait s'arrêter là, il n'aurait pas perdu son temps.Son geste aurait servi à prouver qu'une bonne représentation ne s'improvise pas et que le succès d'une affaire théâtrale, ne réside pas dans le capital qu'on y investit, le nombre et la renommée des vedettes qui y participent, la publicité qui l'entoure, mais dans le but qui préside à sa création.Dagenais a voulu faire du théâtre.| n'a pas voulu s'enrichir.C'est pourquoi il a réussi.Si chacun avait toujours pensé comme lui, l\u2019art dramatique n'aurait certes pas subi tant d'échecs à Montréal.Nous regrettons de ne pouvoir parler ici du prochain spectacle de l'Equipe.Dagenais préfère préparer d'abord son - spectacle et l'annoncer ensuite, qu'annoncer d'abord et préparer après, quitte à ne pas être prêt le jour venu e la représentation.C.D.Gageile Anislique AU THÉÂTRE DE SA MAJESTE.nca ra nec 0000 Rose Bampton, le 25 janvier AU PLATEAU : LES CONCERTS SYMPHONIQUES.soliste : \u2018André Mathieu AU MONUMENT NATIONAL : LES VARIÉTÉS LYRIQUES.le 26 janvier AU PLATEAU.220.22 000 e ane senc a casa ane Robert Schmitz, pisniste le 29 janvier AU PLATEAU : LA SYMPHONIE FEMININE DE MONTREAL.Corl Friedberg, pianiste le 3 février \u2018 AU THEATRE DE SA MAJESTE.Paul Robeson, le 8 féviier AU PLATEAU: LES AUDITIONS POPULAIRES.Jean Dickenson, soprano le 11 février Mendrin, les 23, 24, 26 jenvier I plier ey rr YT iI Li] SCHMITZ ET DEBUSSY D'une longue association entre Schmitz, alors un jeune pianiste, et Claude Debussy, résultent la beauté et la véracité d'interprétation de la musique de Debussy par Schmitz.Non seulement son jeu, mais encore son attitude envers la musique, porte l'influence du grand maître.Schmitz raconte, par exemple, un incident qu'il n'a jamais oublié, montrant avec quelle subtile sensibilité Debussy s'adaptait à son entourage et à son art.Ceci eut lieu lorsque Schmitz, le célèbre pianiste français qui se fera entendre en concert ven- redi soir, le 29 janvier prochain, à la Salle du Plateau, n'était qu'un adolescent.ll fut invité à accompagner l'artiste Maggie Teste au studio de ebussy, près du Bois de Boulogne à Paris, pour une répétition de l'opéra \u201cPelléas et Mélisande\u201d.Pendant un certain temps, tout alla bien; avec sa clarté habituelle, et sa façon magique, le compositeur parlait, analysait et \u201cvisualisait\u201d les différents roles.Tout à coup, il parut dérouté et s'arrêta au milieu d'une phrase.Il fait les cent pas, en avant, en arrière, regardant de tous côtés, sous les tables, les chaises, sur les tablettes.II cherchait un petit éléphant en bois sculpté qui, habitue lement, occupait une certaine place sur son bureau.Il le remet à sa place accoutumée, et poussant un soupir de soulagement, reprend ses explications au point où il s'était interrompu.L'un des trésors que Schmitz prise jalousement est la première édition des deux volumes des Préludes, corrigée par Debussy lui-même.Ces corrections sont faites d'une si fine écriture, qu'à première vue, on peut à peine les distinguer.Ee cependant chacune de ces corrections a été pour Schmitz un lien dans la chaîne qui l'attache à Debussy et en font l'un de ses meilleurs interprètes.PROGRAMME Burlesque en sol mineur Bourrée en si mineur Prélude, Choral et Fugue Choral-Prélude: \u201cJe t'invoque, Seigneur\u2019 .Prélude et Fugue en la mineur .Ld D.Scarlatti D.Scarlatti .J.8.Bach-Busoni S.Bach-Liszt .César Franck Première danse espagnole, de \u201cLa Vida Breve\u201d* transcrit par E.Robert Schmitz.El Puerto, de Ia suite \u201cIberia\u2019 .Ce ee Danza Iberica EEE EE EE EE 6 Rigaudon, du \u2018*Tombeau de Couperin\u2019 Toccate, du **Tombeau de Couperin® LL 4 LL 424 de Falla Albeniz J.Nin Ravel Ravel \u2026 IV \u2014- Préludes a) La Puerta del Vino Debussy b) La Terrasse des audiences au clair de lane c) Ce qu\u2019a vu le vent d'Ouest d) La Cathédrale engloutie e) Feux d'artifice Danse en mi majeur Debussy AU LADIES* MORNING MUSICAL CLUB «La musique de chambre est la forme la plus pure, la plus parfaite de toute musique instrumentale.acun y joue son rôle de façon lucide, les thèmes se suivent sans difficultés, les parties s'équilibrent, les sons s'harmonisent et se marient avec la délicatesse la plus sensible et la plus exquise.» \u2014 Pour les oreilles habituées aux tonnerres de grand orchestre et aux timbres compliqués et parfois exotiques des sym- onies modernes, la musique de cham- re, dans sa grande simplicité, reste souvent incomprise et malheureusement méprisée.Elle nous paraît enfantine et grêle.Au contraire, il faut à ces compositeurs une grande perfection, un soin infini des détails et des nuances, un hrasé sans reproche, car en raison de a lucidité même de cette musique, tout est à nu, la moindre faute est visible; les gaucheries qui souvent passent inaperçues, dans l'exécution et dans l'étoffe même d'une oeuvre symphonique, ne se supportent pas dens un ensemble de trois, quatre ou cing exécutants.Les compositeurs et les artistes qui s\u2019adonnent avec succès à ce genre de musique font preuve d'un grand raffinement d'esprit, et d'une rare sensibilité.Tel est le cas du «Curtis String Quartet», que nous a présenté le «Ladies* Morning Musical Club», jeudi dernier.De Haydn on entendit le Quatuor, op.77 no 1.Gracieux, fin et gentiment mélodieux, il fut joué avec une perfection de style, une précision étonnante.Le Quatuor op.18, no 2 de Beethoven, classique mais plus passionnément humain, fut sussi remarquablement interprété.Le Scherzo et le Finale plaisent particulièrement, grâce à ce rythme caractéristique que le quatuor Curtis à \u2026 d'ailleurs su rendre à merveille.Afin d'initier l'auditoire à la dernière oeuvre du programme on donna quelques commentaires fort intéressants sur Smetana.Ce grand Bohémien du 19e siècle avait peut-être plus que quiconque le culte de son pays, de ce pays slave, qu'il ne peut s'empêcher de ' nous rendre sensible dans presque toutes ses oeuvres.Ainsi en est-il de son quatuor en mi mineur (From my Life).Dramatique Ter mouvement, plein d'espoir et d'élan.Puis une polka issue d'airs paysans, et un superbe argo, plein de désillusions, de luttes, de peines; et en demier lieu, un Vivace, ou reviennent les thémes du début: une véritable récapitulation de toute son existence.\u201d Une note aiguë en particulier soutenue au premier violon suggère l'effrayante destinée de ce secon eethoven, note qu'il déclare lui-même avoir entendue avec les premiers symp- tomes de la surdité.Bref, un progremme de choix exécuté avec une rare perfection dont nous savons gé au «Ladies Moming Musical Club.» Lorsine GABOURY INSTITUTION CANADIENNE-FRANÇAISE LABORATOIRE NADEAU PHARMAGIE- EN: GROS RA Ty PAGE-SIX MARD I SOIR PROCHAIN ANDRE MATHIEU SOLISTE AUX CONCERTS SYMPHONIQUES RECRUDESCENCE DE MUSIQUE FRANCAISE Silencieux depuis le début de décembre, les Concerts Symphonique.de Montréal nous revenaient, le 12 janvier dernier, sans soliste, avec un programme qui chestre.fait honneur à la musique d'or- Avec la Suite en trois pièces de \u2018\u201cCéphale et Procris*, M.mettait en lumière un auteur qui mieux que l'oubli: Defauw mérite André-Modeste Vous le Portes Üchetant des CRAYONS VOUS AVEZ LA CERTITUDE D'EPROUVER un plnisir nouveau à écrire et de réaliser une économie quand vous achetez les crayons MIRADO \u201cChemi-Sealed\u201d Eagle.l'ointes plus fortes, écriture plus douce, plus longue durée.ET VOUS NE POUVEZ PERDRE un sou.Le Certificat de Remboursement inséré dans chaque douzaine offre de vous remettre l'argent déboursé si le MIRADO Eagle ne se révèle pas le meilleur crayon que vous ayez jamais employé.PROFITEZ de cette offre.Achetez un MIRADO Eagle aujourd'hui même et apprenez comme un crayon peut être bon! ; ! Sc chacun .moins par quantités Fabriqués au Canada *CHEMI-SEALED\" CLIVE I TTT TY PTY MIRADO MIRADO EAGLE SBE \"CHEMPSEALED\u201d MIRADO 174.me ET or AC al HANTS Vong KUT ue aides Grétry.Le légèreté joyeuse du Tambourin et du Menuet rappelle l'humeur délicate de Mozart dans son Quintette bien connu pour clarinettes.La Gigue est plus que joie, mais gaieté colorée justifiant bien le mot de Grétry lui-même: \u2018Le musicien bien organisé trouve toutes les couleurs dans l'harmonie des sons\u2019.Musicien bien équilibré, il semble bien qu'il fut aussi un diplomate bien équilibré, puisqu'il traversa, sans laisser sa tête à la guillotine, la piètre considération de la Révolution française pour les MUSICIENS.\u201cLa Symphonie No 3\", de Brahms, euxième pièce au programme, nous procure peut-être un peu trop de calme et d'ennui: l'allegretto du troisième mouvement est beaucoup trop \u2018poco\u2019 pour nous redonner là vie.Les deux pièces suivantes, \u2018Roméo et Juliette\u201d et \"Quiet City\", respectivement de Tchaikowsky et d'Aron Copland, sont deux poèmes symphoniques.Le poème symphonique est sans doute facile à comprendre, mais c'est une arme à deux tranchants, car la musique comprend tous les arts et non seulement la peinture: la haine des Montagus et Capulets a fait le mai- heur des amants de Vérone, c'est sûr, mais on prélérerait réserver la grosse caisse et les cymbales inlassables pour les bruiteurs théatraux.Le sens de l'autre poéme, \"Quiet City\u201d, nous est donné par Copland lui-même, qui avait d'abord écrit cette musique pour une pièce d'Irwin Shaw.La pièce échous, et Copland en fit un poème où le joueur de trompette essaie de ramener la ville endormie au sentiment de son ansécurité.C'est très émouvant, si l'on pense seulement à la malheureuse Europe; le poème d'ailleurs date de 1941.M.Gortskoff à qui l'on confia la partie de la trompette, est un véritable artiste.Comme dernière pièce, \u201cLa Fête Polonaise\u2019 d\u2019Emmanuel Chabrier.C'est un extrait de l'opéra \"Le Roi malgré lui\u201d.Par moments, on se croirait non à Cracovie, mais à Vienne.Mais l'auteur avait déjà célébré la danse espagnole comme la danse polonaise ou viennoise; il n'est donc pas étonnent qu'on y trouve un peu de tout, et qu'il nous semble entendre de la Mazourka ou de l'Espana, là où il ne saurait y evoir que de la Cracoviak.Il existe une recrudescence de musique française dans les programmes des Concerts Symphoniques.La Matinée de samedi dernier, après avoir repris \u201cCéphale et Procris\u201d et \u201cLa Fête Polonaise\u201d, continuait dans le même sens avec Fauré dans sa \u2018Ballade en fa dièse majeur\u201d et Bizet ans son ouverture dramatique \u201cPatrie\u201d.n ne saurait trop en remercier les responsables des Concerts.ll est entendu que le beau est sans frontières et l'art sans nationalité, mais cela conserve l'avantage de nous faire connaître des compositeurs de notre culture ignorés ou oubliés sans raison.G.ALE QUARTIER LATIN LES TROIS ELEMENTS DE NOTRE DEMAIN Nous revenons de vacances.(Ceux ui en ont eu).Nous avons disposé \u2018un certain nombre d'heures libres, et nous n'avons pu faire autrement que de réfléchir.Et quelques questions se sont présentées à notre esprit, puis sont revenues par la suite avec insistance.\u2018Quand seront terminées mes études, qu'est-ce que je souhaite ue soient mes conditions d'existence ?u'est-il que j'attends, dont je ne saurais me passer, \u2014 qu'est-il encore que j'attends et que je sacrifierai pourtant, s'il le faut?\u201d Nous nous sommes recueillis.Dans l'inactivité nous avons parfois trouvé les journées longues.Aussi nous avons décidé que, présentement, ce n'est pas à l'oisiveté que nous nous préparons.Nous ne cherchons pas ici à l'Université des formules pour faire fortune en vingt-quatre heures, et fainéantiser ensuite le reste de notre vie.e que nous désirons, nous l'avons lentement délimité en nous, \u2014 et voici que ce peut maintenant être rendu public.Tout d'abord posons que cette délimitation, pour générale qu'elle se prétend, reste sujette à des modifications selon les individus.Pour l'un, l'accent pourra porter sur ceci, et pour l'autre sur cela.Toutefois nous ne croyons pas présomptueux de déclarer que les normes qui seront ici établies peuvent être, sans insécurité trop grande, appliquées à la moyenne des étudiants.Non, ce n'est pas un texte solennel que voici, une affirmation avec accompagnement de fanfare de nos \u201cbuts d'étude (pour parodier la phraséologie officielle), \u2014 mais à tout le moins les lignes qui suivent pourront servir d'utiles rappels.Nous, qui sommes dans la vingtaine plus ou moins avancée, et qui ne \u2018\u2019gâchons pas encore notre vie nous nous permettons parfois de jeter un regard sur l'avenir.Et quand nous nous accordons cette permission, voici ce que nous entrevoyons.Ce pourra servir de réponse à ceux qui se demandent quelle idée saugrenue nous a poussés à \u2018perdre\u2019 ici de trois à six ans de notre existence.Ce sera, en même temps une réplique à ceux à qui ga ne plait pas que nous nous soyons ici cantonnés.Ce sera enfin la riposte à ceux-là qui ne se gênent pas pour juger que c'est: embusqués, qu'il faut dire.Mais enfin rien ne nous assure que ceux-là comprendront qui ne nous comprennent à l'heure actuelle.On prétend employer avec nous les termes propres, \u2014 puissions- nous, à notre tour, trouver les termes propres pour justifier notre cttitude.à supposer que nous ayons besoin de justification.Demain, pour nous, ce n'est pas un orizon, mais des horizons.Notre voyage se termine en trois points d'arrivée différents.Et ces termes-là, c'est un même ciel qui les recouvre, \u2014 tout au long du parcours, nous sommes du même esprit.Cet esprit, nous n aurons pas le mauvais goût d'affirmer qu'il est toute générosité, \u2014 mais nous n'en finirons pas de proclamer qu'il n'est pas tout égoïsme.Nous reviendrons plus loin sur ce firmament global, \u2014 voyons pour le moment ce qu'il en est des objectifs terrestres.Tout d'abord, une province vers laquelle nous nous acheminons, où nous projetons de nous installer.Et ce sont nos ambitions.Puis, à condition que cette première lutte ne nous réclame entier, c'est vers un pays que nous nous dirigeons, \u2014 nos aspirations.Continuant cette ascension, c'est un espace sans limites que nous désirons maintenant couvrir, \u2014 et ça, c'est notre Idéal.Nos ambitions sont légitimes.L'existence est de telle sorte agencée qu'il revient à chacun de s'organiser pour que la vie lui soit conservée.Si nous en étions encore à l'époque de la Manne, nous raturerions d'un seul coup de plume, et sans arrière-pensée, cela que nous appelons nos ambitions.Mais cette nécessité est loi.Et nous nous jouerions un vilain tour de n'en pas convenir.Qui, nous le confessons sans honte, il est des choses que nous ambitionnons.Mais nous ne courons pas aprés le luxe.L'aisance honorable nous suffit.Une aisance suffisante pour nous assurer une certaine liberté d'action.Une aisance qui nous permettra de tenir notre rang, de ne pas déchoir aux yeux es hommes.Est-ce vraiment si grave qu'un avocat compte retirer suffisamment d'argent de sa clientèle pour n'être pas obligé de travailler aux Postes la nuit?Est-ce vraiment con- demnable qu'un médecin espère que sa pratique pourvoiera à tous ses besoins, et à ceux de sa famille?Reconnais- sons-le: une profession, c'est d'abord un gagne-pain, c'est un métier dans l'exercice duquel on ne se selit pas les mains, et qui demande l'activité du cerveau au lieu que des bras.Nous avons nos ambitions.En venir, un jour, à n'avoir plus de soucis matériels.our nous reposer ?Pour nous acom- plir.ui ne pense pas à ces dernières années où le travail ne sera plus une obligation.Et nos loisirs, alors, ne se transformeront pas en stérile dilettantisme, \u2014 mais ils se grefferont sur notre expérience, nous permettant enfin d'accéder à des domaines dont l'agitation du combat pour la vie nous avait jusque-là fermé les portes.Je développe parfois cette fantaisie, dans mes moments de rêverie, que toute l'existence n'est qu'une semaine.Avec cette seule différence qu'il y a deux dimanches, l'un au début, c'est l'enfance et la jeunesse, \u2014 l'autre, eux approches de la fin, et c'est la retraite.& dimanche-là, on se repaît de ce dont la semaine fiévreuse et exigeante .bilités de désintéressement.\u2018qui à l'opiniâtre labeur./ nous avait injustement privés.On se retrouve enfin, on se possède, et l'on a tout loisir de s'enrichir humainement.Mais c'est une toute autre histoire.Il y a parmi nous des fortunés: le succès leur sourira.Et ce n'est pas leur argent qui est à envier.Mais le temps qui leur écherra ainsi, les possi- Oh! com- ien de nous ne seraient-ils pes prêts à faire maison nette, dès maintenant, de tout calcul, si on leur garantissait seulement toute leur vie durant le nécessaire compatible avec leur rang.our s'adonner aux oeuvres de création.Qui, à.la patiente recherche; Qui, a la maîtrise de l'expression.Si les hommes n'avaient pas à se nourrir, vêtir et loger, j'imagine qu'il y aurait profusion e chels-d'oeuvre, découvertes, etc.Et c'est justement ce qui est grand, \u2014 de produire dans les difficiles conditions présentes.Insensiblement nous nous sommes éloignés des ambitions serviles, \u2014 n'apparaît-il pas que nous voici chez nos aspirations?Et ce ne vous semble-t-il point que, déjà, tout a été dit là-dessus?Nos aspirations, c'est d'avoir la chance, avent de mourir, de donner notre plein rendement.Notre rendement professionnel, notre rendement humain.Faire notre métier d'homme dans toute sa plénitude.Avoir tout tiré de chacune de nos facultés, avoir pressé le citron au point d'en extraire la dernière goutte de jus.Quelle nostalgie ce doit être de se sentir partir alors que tant de nos forces demeurent inemployées! Que cela ne nous arrive! Nos aspirations se réclament encore d'une portée sociale.ous serons appelés parmi les hommes à des rôles de chefs, de meneurs, ou de conseillers.Lourdes responsabilités.Nous porterons quotidiennement le fardeau d'avoir pris place dans les rangs de l'élite.Nos aspirations, c'est de ne jamais nous démettre, de ne jamais trahir, enfin, de remplir toutes et chacune de nos obligations.ertains d'entre nous deviendront des hommes publics, \u2014 leur tâche sera de présider aux destinées d'une ville, d'une province, du pays peut-être.Formulons le souhait qu'alors ils se souviennent que je traitais de ceci au chapitre, non pas des ambitions mesquines, mais des aspirations désintéressées.Que nous n'oubliions jamais la fonction sociale du moindre de nos gestes, \u2014 gérer une entreprise, diriger une manufacture, rien de cela ne peut être indifférent à le collectivité.Et notre idéal?Notre idéal, c'est tout cela, et quelque chose de plus.C'est cette passion poussée au paroxysme de l'utilité de nos actes, de la fécondité de notre vie.C'est ce fervent désir d'avoir vécu généreusement à la fois et pleinement.D'avoir laissé, 22 JANVIER 194 au monde et aux hommes, quelqu chose de nous, \u2014 quelque chose don s'enrichiront ce monde et ces homme, velque chose.Même si ce n'es apparent.Quand ce ne serait qu'un souffle, une pensée, un geste anonyme \u2014 quelque chose enfin dont l'hume nité pourra redorer son blason.Construire, édifier, s'il se peut \u2014 Participer, cela se peut péur tous.Collaborer Notre part histoire du monde es une cathédrale, \u2014 et elle attend après notre dignité, notre noblesse, pour se arnir une pierrerie nouvelle.il en est un seul qui se démet ce sera un deuil dans l'éternité \u2018des siècles.Notre idéal ne connaît pas de fron.titres.Bien sûr, il se situe d'abord dans les limites de notre nationalité, de notre religion.Mais il est plus vag, que ça.touche véritablement ; tout ce qui est humain, et rejoin là le divin.Notre idéal ne rion a gigantesque, mais il s'enfonce profon.ément dans les réalités précieuses et dans le spirituel.|| déborde, à point d'être un touche-à-tout.E cet idéal, qui est la troisième portion de nos horizons, c'est encore lui qu revient, sous le déguisement d'un firmament, transformer nos ambitions, les démercantiliser, \u2014 qui revient leur insufler cet esprit de dévouement sans calcul de bénéfices ou d'avantages.Tout n'est pas monétaire pour nous, \u2014 rien ne l'est.Ne nous leurrons pas toutefois, une certaine prudence es de mise.Nous savons concilier.ft conciliation n'est pas compromission.Nous verrons à nous maintenir en existence, sans pour cela devenir des monstres d'accaparement monétaire\u2026 Un poète que je lis parfois a déj: traité ce sujet.L'idée est identique, il n'y à ajouté que le lyrisme.\u201cOhl mourir d'épuisement.De n'en pouvoir plus.Mourir de ne plus pouvoir.Etre vide alors comme un sac, que l'on a vingt-et-une fois retourné de l'endroit à l'envers, puis de l'envers à l'endroit, \u2014 pour qu'aucun grain ne se perde.Etre cette fleur qui, lors qu'est venu le moment qu'il la cueille, est parvenue à son plein épanouissement.donné son parfum, et ses fruits \u2014 et, dans ses fruits, une semence par laquelle elle devient immortelle.\u201d Et c'est cela qu'avant tout nous désirons de toutes les forces de notre désir! Ce sont ces visions que ram nent nos regards de leur incursion en demain.Nous étudions, et nous attendons de grandes choses.Réussite?ui.Occasion de devenir quelqu'un intrinsèquement?Egalement.Mais surtout, -\u2014 nous espérons vivre de façon que nous puissions quitter cette scène avec la certitude que nous n'y avons pas pour rien figuré.Jacques FONTAINE R Sous le titre \u2018Le Canada et les Nations Unies\u2019, Monsieur Emile Vail- lancourt nous présente une série d'articles, conférences et causeries.Le malheur est peut-être d'en avoir fait un livre: on se rend compte qu'à chaque article ou causerie revient toujours le même thème.et les mêmes variations: l'apport du Canada, sa mission, le plan international, humanitaire, la liberté dans la guerre, l'effort de guerre, l'après-guerre et tout le tralala.Ma foi, quelques pages eussent suffi.Lecture vite monotone.Assommante presque: on ne peut s'expliquer cette bellomanie, si je puis dire, qui dépasse le patriotisme des Anglais les mieux payés.Et d'autant moins que l'auteur nous semble rempli de zèle désintéressé.IEN QUE LA GUERR Il chante presque les grandes idées \u2014 idéologies peut-être \u2014 les Missions impayées, les sacrifices gratuits.Je lui donne raison de s'étonner des barrières tarifaires qui séparent des pays dont les enfants tombent côte à côte dans les batailles Et nos financiers de guerre jubilent certainement de l'entendre, pas pour le principe précisément, bien plutôt pour la valeur monnayable du désintéressement canadien.Et le pays pousse, dans cette galère, jusqu'au bout du monde, pour la ission, le beau rôle, pour le Grand Canada, pour le privilège, quoil de faire la guerre.et pour les prunes.Le Canada à certes le droit d'agir en pays souverain.M.Lapointe, au temps e la paix, à su le revendiquer.Mais il faut une guerre, une autre, imaginez, ® DUPUIS FRERES ® COLLEGE BREBEUF ® COLLEGE STE-MARIE OU SE PROCURER \u201cLE QUARTIER LATIN\u201d Chez les dépositaires dont voici la liste: ® TERMINUS CRAIG © LE VENDEUR DE JOURNAUX, ungle St-Denis et Ste-Catherine ® LE VENDEUR DE JOURNAUX, rue St-Jacques face à l'édifice Banque Royale © LA LIBRAIRIE DEOM, 1247, rue St-Denis .L'ELEPHANT BLANC, 3414, rue St-Denis LA PHARMACIE LEDUC, rue Maplewood, prés Bellingham ® HOPITAL STE-JUSTINE ® EXTERNAT CLASSIQUE GRASSET ® LIBRAIRIE DES VARIETES, 800 est, ave Mt-Royal © ECOLE DES BEAUX ARTS ® SEMINAIRE DE PHILOSOPHIE ® COLLEGE MARGUERITE-BOURGEOYS © ECOLE NORMALE JACQUES-CARTIER ® LA LIBRAIRIE PONY, 554 est, Ste-Catherine © PHARMACIE BRODEUR (angle Côte-des-Neiges et Queen Mary Road) pour que le Canada trouve enfin l'occasion, \u2014 apparemment \u2014 d'exercer sa souveraineté.Au fond, de se mêler de tout et de payer les frais de la partie.Ce dont vous ne parlez pes, mon cher Monsieur.Mais oui, le Canada pays bénévole, chevalier des grandes causes, réceptacle des misères mondiales, et qui ferait la guerre par dilettantisme, si les nezis n'étaient si méchants.L'auteur élague trop facilement les autres problèmes, qui subsistent.- La guerre n'est pas un autre \u2018Après moi le déluge\u201d, il reste encore le Canada.Ruiner le Canada pour être libre! Libre d'être ruiné?même pas ça, la ruine viendra toute seule.Je consens que l'auteur trouve ici, aidé de toute sa verbosité, j'allais dire son talent oratoire, de tout son souffle, de beaux thèmes à développer.Mais il ne faut pas aussi radicalement rétrécir son horizon; la bellomanie ne devrait pes à ce point enlever l'esprit critique, fermer les yeux sur les autres aspects de la question.Je crains que M.Vaillancourt, bonne-ententiste \u2014 de bonne foi, je I'admets \u2014 ne devance inutilement nos compatriotes anglais.Je zrains que son noble désintéressement ne les surprenne et ne les fasse sourire.Je voudrais voir cinquante têtes comme la sienne débattre la Conférence de la Paix \u2014 à moins que cette belle ferveur bellomaniaque ne soit de l'impérialisme déguisé.Mais Dieu nous garde de la voir jamais présider au destin du Canada.Vraiment, notre chère patrie, vous l'offrez trop généreusement.Toutelois, je retiens l'opinion de M.Vaillancourt sur la conscription \u2014 la conscription inutile \u2014 et sa courageuse conférence au Club Kiwanis: Etranges loyautés.|| y prend fait et cause pour 1 E la vraie loyauté canadienne-francuise, tout en soupesant la valeur souvent.- monétaire du layalisme anglo-canadien depuis un siècle.Somme toute, vous aimerez mieux M.Vaillancourt dans l'Histoire: moins de verve, plus de clarté et de prudence.Guy GENEST Les Étudiants trouveront tous les volumes dont ils ont besoin DEOM 1247, Saint-Denis Montréal LE RATES PI AM ey TAT Les X= ss AA SE EE RS ES EATER bo) = j PA 2 4 4 ; \u20ac 3 4 Rasta ES IX ree Temp yO tT pores a RER PE LIA AY las SP 3p ab eH STIS TONE SRA A 22 JANVIER-1943 ROMAN TRANCHE MINCE .\u2014\u2014 LE QUARTIER LATIN | \u2018PAGE SEPT CRUELLE ATTENTE PREMIER CHAPITRE LUTTES INTESTINES Les LaBranche - DesLauriers dits Fougère font assez bon ménage.Pour sa part, madame raffole des mondanités, clubs de bridge-causerie, cercle de coutu- re-causerie et autres meetings- causerie (s\u2019il vous plaît, prononcez \u201cmitinges\u201d) où elle peut déposer, tout à l\u2019avant d\u2019un fauteuil, son imposante ampleur couronnée d\u2019une retraitante chevelure \u201cauburn\u201d, couleur dont se défend la nature aux abords des tempes.Quant à monsieur, entré dans la cinquantaine, (son épouse en est aux portes, bien que son âge semble en \u201cquarantaine\u201d depuis dix ans), sujet concis, rond d\u2019épaules, de ventre et de dos parce que rond-de-cuir, il préfère les concerts-boucane, dégustant boucane plus que concerts, et les \u201cpaisibles\u201d évasions du dimanche après-midi, entre les bras de la divanette.A part ces légères divergences de roût, théoriques, vous ic comprendrez bientôt, monsieur La- Branche partage désirs et volontés de sa chère moitié .(\u201cfrop chère!\u201d pense-t-il tout bas, devant les factures de la couturière).Désirs, volontés: distinction assez subtile, logique sans l\u2019être, nous en convenons, pauvre monsieur! De toute façon, lecteur, ceci à titre de renseignement préventif, les désirs .les volontés de madame s\u2019énoncent et se réalisent en deux temps: d\u2019abord, a) la forme interrogative, doucereuse, qui, hélas! décroche toujours chez le .maître de la maison, le même réflexe, un balancement réprobatif de la tête.Par voie de conséquence une détonation éclate, b) partie exécutive, \u201cHenri!!\u201d.Et il obéit avec \u201chéatitude\u201d à sa \u2018\u2018raison de vivre\u201d, Cela dure depuis près d\u2019un quart de siècle.Malgré tout, et c'est là le beau côté de amour conjugal, monsieur, replaçant fièrement son faux-col, dira de sa \u201cRose\u201d: \u2014\"\u201cJe l\u2019adore .elle fait ce qu'elle veut de moi!\u201d De son côté, madame, entr\u2019autres confidences, soufflera à sa voisine, au concert des dames patronnesses : \u2014\u201cMonsieur tvpe du mari avis.\u201d \u2014\u201c1l va sans dire, chère amie.\u201d \u2014\u201c .jamais un mot .\u201d Jamais! Une seule fois le brave homme osa la contredire.Il y a de cela dix-huit ans, âge de leur fille unique.Une seule fois, nous ne nous souvenons plus à quel sujet.Ce fut son dernier mot, source de bien des ints, de bien des maux.Mais, ma foi, la physionomie du \u201cmari parfait\u201d perd sa molle indifférence, ce soir.Dans l\u2019air, une menace de contrariété ., Malheur! voyons ce qui se passe .LaBranche?Le parfait, à mon Sur la fin du souper, moment favorable pour entamer des dis- par EMILIEN LABELLE cussions, nos deux conjoints ne parviennent pas à s'entendre.Vôus jouez avec le feu.de votre amour, monsieur LaBran- che! Disons, pour justifier un peu cette dangereuse innovation, qu\u2019il s'agit d\u2019une question importante, Hr .+ « capitale, capitale, Hen- martelle la Pandore: le mariage de leur fille Peggy.(Peggy .: vous comprenez, une petite cousine de maman demeure à New- York).Eh! oui, tout à l\u2019heure maman déclarait que sa fille, lui ressemblant \u201ccomme une petite soeur\u201d, au témoignage de gentilles amies, suivrait l\u2019exemple maternel et se marierait jeune.Il faut donc y songer dès aujours d\u2019hui.N\u2019a-t-elle pas dix-neuf ans?On lui en donne vingt .et elle les prend, ce que sa \u201cpetite soeur\u201d ne peut comprendre, H faut y songer dès aujourd\u2019hui, car \u2014\u201cElle ne courra pas la chance de mourir dans le célibat!\u201d \u201c \u2014* +.la chance, en effet\u201d, entend murmurer la pipe au bec paternel.Aprés une quinte de toux: \u2014\u201cLa marier, la marier .mais à qui, chère Rose, à qui?\u201d \u2014\u201cJolie question! mais à un monsieur chic, à l\u2019aise dans ses vêtements et son gousset, muni de relations distinguées, enfin de tout ce qui peut la rendre héu- reuse.\u201d Puis, une pause (qui rafraîchit).Elle continue: \u2014\u201cNon, certes, nous ne mourrons pas et la laisser seule dans la vie.nous n\u2019en avons qu\u2019une!\u201d \u2014\u201cUne vie, ça suffit, allez .\u201d \u2014\u201cJ'ai dit seulement une fille.\u201d Oup! monsieurs se brûle la langue avec un café devenu subitement trop chaud.Une grimace.Un soupir.Un sourire.\u2014\u201cMa chère Rose, Peggy ne connaît aucun jeune homme, à ce qu\u2019il me semble.\u201d \u2014\u201cC'\u2019est pourtant vrai.Elle te dira bien, la sotte, qu\u2019elle connaît le petit placier du cinéma, \u201caux traits si délicats et si spirituels\u201d.Mais enfin, elle ne l\u2019a jamais vu au grand jour.De l\u2019enfantillage, ça passera.Sois tranquille, mon vieux, elle en connaîtra des jeunes gens.Tiens, demain, je propose à quelques amies, les \u201cmieux\u201d, de former un cercle intime entre nos grands enfants.Madame LaRiviere a sa fille; madame LeLong-DuBois, deux garcons, Mrs.Proot, mon doux! a trois filles, trois garçons .Mais c\u2019est merveilleux.Les réunions se tiendront le dimanche après- midi, sous ma surveillance.On fera de la musique, des récitations, .de l\u2019esprit, et ma fille qui en a tant! Merveilleux .Les jeunes, tout en tuant le temps, viendront à se connaître un peu.Et parmi les messieurs, se trouvera sûrement l'idéal dont je rêve pour notre fille\u201d.Monsieur LaBranche flatte nerveusement \u201cJip\u201d qui vient de lui sauter sur les genoux.Le silence se coagule.Psss.HOCKEY ET NON.TRUST! Vous avez l\u2019air, mon cher Dio- gène, d\u2019être dans cette soupe non- bouillante, et il est évident que le manque d\u2019activité dans le domaine du gouret n\u2019est pas de votre goût.Je partage entièrement votre avis, mais peut-être auriez-vous pu la réchauffer grâce à votre \u2018lanterne .Je vous entends dire que vous ne pouvez pas comprendre comment nous avons été écrasés.Moi, je le comprends parfaitement.Des difficultés qui sont légion, voilà ce qui a suffi à cuire notre biscuit.En effet l\u2019intervention d\u2019un zélé qui a mélé le principal atout, le manque de moyens de transport, la situation obscure qui poursuit carabin en ces temps guerriers, les examens à la mi- Janvier et février, etc, etc, voilà en quelques mots les raisons pour lesquelles nous avons cru bon de mettre bas aux activités de la ligue inter-facultés.Mais n\u2019est pas la peine, monsieur ogène, de faire grise- mine à ce sujet-là.Regardez cn face ce à quoi nous avons cru bon opter.Connaissant la colonne vertébrale de notre organisation (ne vous en déplaise) et sachant qu\u2019il y a assez de caoutchouc et de ressorts d\u2019acier pour redresser notre armature morale, il a été décidé que le conseiller sportif de chaque faculté aurait l\u2019initiative d'organiser des joutes avec des clubs étrangers au lieu et à la date qui leur conviendrait le mieux.Le \u201ctrust renouvelé d\u2019un Grand Club\u201d, comme vous le dites si bien dans le dernier numéro du QUARTIER LAIN, sachez que loin d\u2019y avoir trempé nous n'y avons même pas songé.Cependant nous vous serions redevable de beaucoup si vous\u2019 pouviez nous le faire connaitre.Autrement il s'offrira à vos dépens une jubilation intérieure qu\u2019une sage frayeur nous empêcherait de laisser percer au dehors.Maurice GAUDRY Jip, dont l\u2019humeur règle celle de sa propriétaire, incarne péki- noisement, derrière une façade écrasée, une intelligence develop- pée, oh! mais developpée .comme sa maman adoptive les soeurs de bal.Dans l\u2019album des portraits de famille, repose la généalogie complète des deux lignées antécédentes de cet amour de Jip, document que l\u2019on exhibe avec orgueil à quiconque en manifeste, ou non, le désir.Imaginez! le père, Jip senior, gagna, au temps de sa jeunesse, trois médailles: l\u2019une, d\u2019or, pour sa beauté, l\u2019autre, de fer, pour sa santé, et la troisième, en terre cuite, pour son savoir-vivre.Soudain, la porte d\u2019entrée vibre, s\u2019ouvre, regarde entrer Peggy qui revient de son cours de diction, puis lui donne une poignée de main et se replace dans le cadre.Tandis que la jeune fille enlève son mateau de \u201ccils\u201d, la maman se levant de table demande, mielleusement et \u201cpiano\u201d: \u2014\u201cDis, Henri, tu le trouves merveilleux mon projet?\u201d (a) \u2014\u201cBien .le dimanche après- midi .franchement .non, vois-tu .\u201d \u2014\u201cH -e-n-r-i!!(b) \u2014\u201cEuh! .merveilleux, merveilleux en effet.\u201d (à suivre) AVERTISSEMENT: Ce récit est une oeuvre de pure imagination (!) Son invraisemblance l\u2019indique d\u2019ailleurs, dès le début.Les noms des personnages fictifs: choisis au hasard.Donc, toute ressemblance .coïncidence dont l\u2019auteur .s'excuse.À LA GARDE DE DIEU! A l'occasion du nouvel an, me voici chez toi, Jean-Baptiste, pour t'offrir mes voeux et causer un peu de nos temps anxieux.Ton courageux sourire est bien accueillant, mais tu branles la tê- te.Les choses qui se passent sont inquiétantes, en effet, et chaque jour fait avancer d\u2019un pas vers un avenir douteux.Ton monde se transforme sous tes yeux.Tandis que tu assistes et prends part, bon gré mal gré, au fantastique dérangement, impuissant à te retenir dans la voie inconnue, ton monde, ton cher vieux monde, si paisible et si stable, est bien ébranlé, À tout moment, tu crains qu\u2019il ne s\u2019écroule.Tu peux bien branler la tête, Jean-Baptiste, mais tu ne dois pas perdre espoir.Je suis beaucoup plus vieille que toi, n\u2019est-ce pas, moi la Saint-Jean-Baptiste, et j'ai vécu assidûment dans le passé.On me l'a même reproché.Mais cette histoire canadienne qui m\u2019est si familière, ces grands hommes que furent nos humbles aïeux, ces héros qui font notre gloire: martyrs, découvreurs et pionniers, fondateurs de villes et de dynasties paysannes, tous nobles coeurs battant au service de Dieu et de la Patrie, ce Passé de volonté, de dévouement et'de courage m\u2019ont conservé l'inestimable bien de la Foi et de I'Espérance.Cette poignée de gens qui nous a précédés, ce petit grain de sénevé, cette poussière de peuple, à peine perceptible dans l'immense forêt canadienne, à peine existante, hier, aux yeux du monde, quelle incroyable et irrésistible vertu l\u2019habitait donc pour que nul obstacle, nulle misère, nulle vicis- citude n\u2019en aient pu arrêter I'élan, la croissance, l'ascension vers le destin ?; Nature, indigènes, ennemis, tout a été dompté.Maladies, faiblesses, convoitises, tout a été surmonté.Fermes dans l\u2019épreuve, inébranlables dans la Lentalion, intransigeants sur l'honneur, nos pères ont eu confiance en Dieu et en la Patrie.Tu connais comme moi, Jean-Baptiste, les moments sombres de notre histoire, où tout semblait désespéré, tout perdu sans retour.Ces heures mauvaises ont passé les unes après les autres et nous, nous sommes encore là, par la grâce de Dieu.Mais, me dis-tu, c\u2019est de toutes parts que viennent aujourd'hui les vents contraires.Tous les domaines sont assaillis à la fois.C\u2019est un perpétuel état d'alerte pour tous nos droits, même les plus chers, même les plus sacrés.La ferme, l\u2019atelier, la profession, le commerce et l\u2019industrie, la famille même n\u2019échappent pas aux coups de la tempête.Et les idées, grand Dieu, sont bouleversées comme à plaisir.C\u2019est à perdre la tête.Pour nous, Jean-Baptiste, les jours sombres, les nuits noires ont conduit immanquaäblement à de lumineux lendemains.L'insaisissable demain nous a fidèlement valu les plus consolantes compensations.Le doute n\u2019a donc pas sa place dans nos coeurs.Alors, que faut-il faire?A l'ouvrage, Jean-Baptiste, à l'ouvrage! C\u2019est la grande recette de toujours.Prends ta charrue ou ton aune, ton outil ou ta plume, prends ton arme s'il le faut, et sans hésiter travaille.Travaille ou tu te trouves, au poste du moment.Travaille, Jean-Baptiste LA LAGER et prie.Et ne renie ni n\u2019abandonne rien.Ni ton bien, ni les tiens, ni tes traditions, ni tes coutumes, ni rien de ce qui fait ta grandeur et ta force.Reste toi- même.Tu ne saurais être rien de mieux.Tu portes en ton coeur, depuis trois siècles et plus, la charité du Christ et sur tes lèvres le verbe de France.Franc et sans dol, ton regard lance la flamme des aïeux.Tu portes haut en l'immense Amérique la flamme de l'Esprit.Ton rôle est grand et ta mission providentielle.Ferme ton oreille aux sollicitations oiseuses, aux vains bruits d\u2019un monde en délire.Comme tes pères, Jean- Baptiste, va, prends hardiment ta part du fardeau du jour.Fils de l\u2019Eglise ct de la France chrétienne, lu as conservé le Dépôt.Va, travaille, crois et espère.A la garde de Dieu! La Société Saint-Jean- Baptiste du Canada \u201cPUIS-JE DIVORCER?\u201d De nos jours, les gens changent d'idée comme de chemise.Quand le grand \u201coui\u201d du sacrement de mariage est prononcé, peut-on revenir en arrière?V at-il des cas excep- fionnels où l'lglise à rompu le lien ma- trimoninl?Des gens sérieux avancent qu\u2019il est inhumaïn de 1x part de l'Eglise, de refuser ln liberté à deux époux, quand leurs goûts et.leurs inclinations ne se correspondent nullement.Que penser de cette opinion?L'Eglise _permet-elle un moyen terme entre In liberté complète et In stricte vie conjugale?Que dit-elle de Ia séparation de corps et de biens?Tous les angles de cette question épl- neuse du divorce sont étudiées dans \u201cPuis-je Divorcer?\u201d, In 22e brochure de la Collection \u201cFace au Mariage\u201d.our la somme de 10 sous, on peut avoir chez son libraire ou aux Editions Fidès, 3135, rue St-Denis, Montréal, PAGE HUIT \u2018LE QUARTIER LATIN PLAIDOYER EN FAVEUR DU CIVISME ; Seul le recul des années nous permet de juger de la valeur de nos institutions.En effet, aujourd'hui nous sommes en face d\u2019une faillite, la faillite de la démocratie.Tous les esprits inquiets et tourmentés cherchent les causes de la décadence de la civilisation.Lbs uns accusent la forme même de notre gouvernement qu\u2019ils considèrent comme médiocre.Ces individus, avant que de naître aux idées, sont persuadés que la démocratie est une forme préjudiciable à la société.lls manquent de souplesse sans doute pour ne point s'adapter aux institutions.Ils n\u2019ont pas réfléchi, raisonné surtout.Ils ont acquis cette persuasion de leur milieu, milieu familial, milieu social ou milieu scolaire.lls sont mal venus pour parler de démocratie.H n\u2019y a rien à faire avec de tels ratiocinateurs.Les autres plus avertis, mais la plupart.manquant de discernement et de jugement, attribuent le désarroi actuel non pas À nos institutions mêmes, mais à mille causes aussi insancs les unes que les autres.Certes je ne nie pas qu'il y ait des formes politiques supérieures et inférieures.Je ne nie pas non plus que les formes politiques favorisent l\u2019éclosion d\u2019œuvres philosophiques, scientifiques, littéraires et artistiques.Comme le disnit Léon Daudet, je crois qu\u2019il y a une correspondance entre le tonus littéraire et le tonus politique d'un siècle et je suis con- vaineu que la démocratie aurait eu une vie moins éphémère et aurait rendu plus de services à l'humanité, si on avuit donné à tous une éduestion civique.Malheureusement.soit par inconscience, soit par ignorance, soit par mauvaise volonté, on a éliminé systématiquement toute éducation civique.On a donné parfois un enseignement unti-démocratique.Et ici je ne puis m'empêcher, en jetant un regard rétrospectif sur mes années de collège, d'observer avec tristesse qu'on donnait parcimonieusement des rudiments de science politique.Est-ce qu'on nous apprenait le mécanisme de notre Parlement ?Oui, mais avec si peu de vie.Est-ce qu\u2019on nous apprenait à aimer la démocratie?Est-ce qu'on nous montrait à en pouvoir tirer profit?Non.Ce n'est pas un bläme particulier aux collèges du Québec qu'il faut adresser.Non.C'est un blame général à toutes les maisons d\u2019éducation de toutes les démocraties.On n'a jamais vu, ce me semble, figurer au programme des études l\u2019enseignement du civisme.Et pourtant il aurait fallu que le civisme prit figure de chef daus notre enscignement.11 aurait fallu l\u2019enseigner à l\u2019école primaire, secondaire ct sur une autre échelle dans nos universités.Je rends ici hommage à Monsieur Montpetit qui a été le premier à insérer au programme de l'Ecole des sciences sociales, économiques et politiques l\u2019enseignement du civisme.Il a compris l\u2019importance de cette connaissance dans la bonne marche de l\u2019humanité.Il ne s\u2019agit pas ici de se montrer démocratique ou anti-démocratique.Personnellement mes sympathies ne se portent pas vers In démocratic.Mais enfin la démocratie était et est encore notre forme de gouvernement.Puisque c'était ainsi, il fallait s'y adapter.C'est ce qu\u2019a très bien compris M.Montpetit.Il a remarqué, ce sociologue aux vues clairvoyantes, que tous les citoyens dans nos civilisations de Masse où tous en général ont une éducation moyenne de beaucoup supérieure à celle des civilisations antérieures, il a remarqué, dis-je, que tous étaient appelés à la conduite de la chose publique.Et pour être gouvernant, encore faut-il connaître parfaitement les rouages de l'Ictat, les lignes de force de chaque nation, ses déterminantes, ses aspirations, sa mission, ses qualités, tendances et défauts.Comment réaliser tout ceci sans un enseignement du civisme vivant.Maintenant tout est fini.Il ne sert à rien de regimber pour regimber.Il faut profiter de l\u2019enscignement cruel donné fatalement par les fautes des nations.Demain les nations se doteront, d'institutions politiques et sociales.On les aimera ou on ne les aimera pas.Qu'importe cet amour.Il faudra s'adapter coûte que coûte, en bon citoyen sage ct réfléchi.Il faudra rabattre de ses iclées.À nos maisons d\u2019éducation d\u2019enscigner aux jeunes que la famille et l'Etat leur confient la forme de notre gouvernement.Qu'\u2019elles nous fassent aimer notre régime, sans cependant jeter le mépris, comme sont portés à le faire les Anglo-Saxons, sur des formes de gouvernement supérieures aux nôtres.Qu'\u2019elles ne nous laissent pas dans l\u2019ignorance des possibilités et impossibilités de notre régime.Qu\u2019elles enscignent, éclairent.C'est leur fonction d'éclairer, de répandre la lumière dans la caverne de Platon où nous voyons ct jugeons en aveugles.Qu'\u2019elles nous jettent à petits jets des parcelles de lumière politique afin de ne pas nous éblouir.Pour cela il faut donner un enseignement judicieux.Aux enfants de l'école primaire, il s'agira surtout de faire aimer nos institutions.Aux collégiens il faudra faire connaître les rouages de l\u2019Etat.A l\u2019Université il faudra étendre cet enseignement.Plusieurs se demandent comment il se fait que j'attribue une telle importance à la politique.Eh bien! je le fais parce que de nos jours, dans les civilisations quantitatives où tous, quelles que soient nos institutions, nous sommes susceptibles de conduire le char de l\u2019Etat.Nous ne vivons plus au XVIIe siècle, au temps des civilisations qualitatives où le sens politique était l\u2019apanage d\u2019une caste aristocratique; où ce fluide (œil) politique se transmettait de famille en famille.Aujourd\u2019hui il n\u2019en est plus ainsi.Cet œil politique n'appartient à personne, ni à aucune clique.Nous naissons tous ou à peu près, de milieux sociaux égaux; nous recevons tous à peu près la même éducation.Même les nobles authentiques comme les enfants des grands chefs politiques actuels n\u2019héritent plus de ce sens politique.Pour conduire l\u2019lëtat il faut d\u2019abord non seulement en connaître les rouages, mais aussi avoir une parfaite idée du génie de son peuple, de ses aptitudes et inaptitudes; du génie des peuples avec qui on entretient des relations politiques, diplomatiques, économiques, commerciales et culturelles et enfin des lignes de force de chaque nation.Il faut aussi observer un certain traditionalisme.J'ose prononcer ce mot même s\u2019il semble représenter à trop d\u2019aveugles démocrates quelque chose de flou et d\u2019irréel.Il existe ce mot.Et pour tabou ou ridicule qu'il soit pour les uns ou les autres, il ne cesse pas de représenter une réalité bien concrète qui fait que du \u201cje m'enfichisme du traditionalisme\u201d les peuples s'embarquent dans des aventures périlleuses qui les mènent vers la ruine.Le jeune homme qui se destine à la politique doit avoir une idée de ces connaissances.Auparavant le jeune noble qui se destinait à la politique s\u2019initiait à cet art dans les salons et surtout dans le milieu familial où à l\u2019époque le père s\u2019occupait personnellement de l\u2019éducation de son fils ou confiait à un politique averti la tâche de lui montrer les rudiments de la science du gouvernement.Il n\u2019en est pas ainsi de nos jours.Même le politique le plus prévoyant et le plus expérimenté délaisse l\u2019éducation de son fils qu\u2019il confie à une maison d'éducation.Celui-ci privé du contact de son père, d'un précepteur, n\u2019hérite d'aucune expérience gouvernementale et devant la conduite des affaires publiques il est aussi désemparé et ignorant de cet art que l\u2019ouvrier travaillant dans les rues.Pour remédier à ce mal, c\u2019est-à-dire pour faire de grands chefs politiques et des citoyens conscients de leurs devoirs et amoureux de leurs institutions, il faut créer des chaires de science politique et donner une place importante à l\u2019enseignement du civisme.Roger RACINE \u2018ralent menacé les Amériques.Maÿ 22 JANVIER 194 \"DAKAR\" Avant-poste des deux hémisp Emile Lengvel.Traduit de Fo par Georges Strem.Un volume de pages, une carte et deux hors-tey Prix: I'exemplaire $1.50 \u2014 Pa te poste $1.60.th Ce livre vient à son heure, log, où les Américains jettent dans In baly, ce tout le effort de pubrre.ur Eiguntesyy La \u2018situation nouvelle, créée .KA rivée inopinée des forces alliées i! Afrique et In reprise du combat py 2 BA troupes françaises Hbérées, coineige = avec ca foudroyante contre offensive dx 4 arn russes et la déroute de | = KA CORP de Rommel, e l'AFRLER Une recrudescence d'activité s 3 u i les fronts indique que l'heure de a iB cision est arrivée.Vous trouverez dans \u201cDAKAR\u201d I\" portance que représente cette ville t picale dans les opérations militaires = vont se dérouler dans les mois chains.- Pro Maîtres de Dakar, les Allemands a PT EE pe de Dakar, les Américain: tes de l\u2019Europe subjugude.Voilà pourquoi vous devez lire « R\u201d, qui vous éclairera sur Timp tance vitale de ce bastion de l\u2019Afrique porte de l\u2019ancien continent.ue BUX por.Dar pre SEE SERIES SSSR SI met ministre du Canada annonçait que le gouvernement avait décidé de réduire la vente de la bière de 109, pour la période de douze mois commençant le 1er novembre 1942.Comme il existe, à l\u2019heure actuelle, une rareté de bière pour les consommateurs qui dépasse de beaucoup 10%, nous croyons que le public et les détaillants ont droit à une présentation complète des faits.v COMMENT 109% SONT PLUS QUE 10% Comme le gouvernement annonça la réduction projetée dans le cours du deuxième mois après la mise en vigueur de l\u2019ordre, les ventes pour novembre et décembre avaient déjà été faites conformément à la demande.(La consommation de bière par tête n\u2019a pas augmenté de façon appréciable, mais le niveau très élevé de l\u2019'embauchage a naturellement fait s'accroître le nombre des consommateurs).Pour que la réduction pour l\u2019année se terminant le 31 octobre, 1943, se chiffre à 10%, il faudrait effectuer une réduction beaucoup plus forte pour les premiers mois de 1943.Ce \u201cnivellement\u201d est actu- LA RARETE DE LA BIERE L 16 décembre 1942, le premier ellement en train de se faire, car c\u2019est la seule façon possible d'exécuter les ordonnances du gouvernement.DISTRIBUTION EQUITABLE POUR TOUS Nous faisons tout en notre possible pour assurer une distribution équitable des quantités de bière disponible.Nous vous prions de ne pas oublier que ces nouvelles ordonnances ont été publiées sans avertissement préalable, au cours du deuxième mois après la date de leur mise en vigueur, de sorte qu\u2019il n\u2019a pas été possible de se préparer à l'avance.Il n\u2019y a véritablement pas au Canada de rareté dans les matières premières qui servent à la fabrication de la bière, celle-ci étant faite avec des ingrédients produits ici au pays et ne servant pas à l\u2019effort de guerre.Mais cette annonce de réduction a été faite si tardivement, qu\u2019il en a résulté une rareté sensiblement plus grande que la diminution dans les ventes que visaient à produire les ordonnances du gouvernement.Nous regrettons cette situation et nous désirons assurer le public, ainsi que nos amis les détaillants, que nous faisons tout en notre pouvoir pour y parer, tout en les incommodant le moins possible.THE NATIONAL BREWERIES LIMITED administrant BRASSERIE DAWES BLACK HORSE BRASSERIES FRONTENAC LIMITEE \u2014 BRASSERIE BOSWELL \u2014 QUEBEC BRASSERIE DOW MONTREAL PE RESTE D ARRET ptr TE YR ETA COON TATA EE PE EE RS cts dora Ea yo XE RIN = "]
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.