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Titre :
Le Quartier latin
Éditeur :
  • Montréal :[le Quartier latin],1919-1970
Contenu spécifique :
vendredi 30 avril 1943
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
autre
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Le Quartier latin, 1943-04-30, Collections de BAnQ.

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[" .RMONTREAL, 30 AVRIL 1943 on In \u20ac, et is le} us Ja Je la Directeur : MAURICE BLAIS SOMMAIRE 10 SOUS LE- NUMERO BIEN FAIRE ET LAISSER BRAIRE DE VOLUME-XXV, No Rédacteur en chef : VIE 1 æ 9 1920] 1921 L'ANNEE 1934-35 AU Q.L.GERARD DUCHARME QUELQUES SOUVENIRS YVES LAFLEUR LA VIE HEUREUSE EDOUARD MONTPETIT DETJA VINGT-CINQ ANS! MGR OLIVIER MAURAULT, PSN.1911-1943 GUSTAVE LACASSE UNE TRIBUNE, UNE SOUPALE, UNE OEUV RE CHANOINE E.CHARTIER LEGENDE OU l'ETITE HISTOIRE JOSEPH MILLET C'ÉTAIT BIER JEAN BRUCHESI ANNEXION MARIUS PELADEAU INTERREGNE 1930 ROGER LAROSE PROPOS EN L'AIR MARCEL BLAIS AU Q 1.IL Y A DIX ANS 1.J.DESLAURIERS VINGT-CINQ ANS EN ARRIERE GASTON GIBEAULT IL Y A QUINZE ANS dl, VERSCHELDEN UNE HEURE AVEC LE PRESIDENT DE L'A.G.E.U.M.GASTON POULIOT LETTRE OUVERTE OU DIRECTEUR A.E.MARCOTTE ET APRES, EN POLITIQUE CANADIENNE FERNAND MARTEL CHEZ NOS EDITEURS CINQ-MARS QUAND JETAIS AU QUARTIER LEON LORTIE SOUVENIRS EN CARQUOIS VIATEUR FARLEY LETTRE ANDRE DUSSAULT FIN D\u2019ANNÉE par MAURICE BLAIS Et voilà une autre année de passée.Comme toutes les choses agréables qu'il faut nécessairement abandonner, nous cessons un travail qui ne manque point d'intérêt.Nous remettons l'épée à un gladisteur plus jeune et plus vigoureux.Quand nous pensions, au début de la présente année, assumer la direction du QUARTIER LATIN, nous savions fort bien que ce n'était pas une sinécure.Nous devions prendre possession de nouveau locaux.Et alors la besogne s'annonçait laborieuse, ardue, voire même périlleuse.Nos prévisions ont été justes.On a formulé, ces derniers temps, des reproches au QUARTIER LATIN; on à allégué multiples raisons de nous critiquer sur le choix des articles, sur les retards Qu'on ne pouvait presque infailliblement enrayer.Ces reproches émanaient le plus souvent de gens qui n'ont jamais rien écrit.Nous les acceptons volontiers pour ce qu'ils valent.Mais faut-il répéter encore à tous ces primaires, s'ils veulent que nous réussissions à faire un journal, qu'ils nous donnent un coup de main, qu'ils collaborent régulièrement au QUARTIER LATIN.Heureusement, cette année, tous nos labeurs ont été amplement compensés par la bonne camaraderie qu'ont toujours.témoignée nos collaborateurs à notre égard, Par l'aide précieuse qu'ils nous ont sans cesse apportée.Un cordial merci va à tous ces rédacteuri et nous formulons les voeux les meilleurs pour ceux qui suivront.Avec ce présent numéro, nous voulons rappeler le vingt-cinquième anniversaire du QUARTIER LATIN.Nos lecteurs trouveront en ces pages quelques souvenirs rappelés par d'anciens Directeurs et Rédacteurs en chef.Un grand nombre, absorbés par leurs soucis quotidiens et pris par leur travail, n'ont pu, à regret, accepter de collaborer.Enfin un autre groupe que nous n'avons pu retracer, demeurant en dehors de Montréal, éloigné de toutes activités universitaires.Nous tenons à remercier sincèrement tous ceux qui de loin ou de près ont aidé à l'élaboration de ce numéro.Nos lecteurs savent trop les nombreuses difficultés qui ont présidé à la fondation de notre journal.Trop de sympathies précieuses ont entouré sa naissance.Trop d'intérêt l'a suivi au cours de sa brillante carrière passée pour que cette réussite de la première heure ne doive être considérée comme le gage de son succès futur.Et d'ailleurs, notre journal ne répond-il pas à une nécessité! Les étudiants com- poseni un monde en miniature, réflétant fidèlement l'image de le vie, mais se distinguant par des signes qui lui sont particuliers.Exprimer ainsi ce caractère particulier de la jeunesse, le faire ressortir au besoin, faire valoir ses griefs, jeter une étincelle d'enthousiasme et faire jeillir un peu de pittoresque autour des jeunes, mieux nous connaître nous-mêmes et mieux nous faire connaître du public, c'est là une des raisons d'être du QUARTIER LATIN.Est-il ainsi nécessaire de demander à tous le concours de leur activité ?BILLET DE LA SEMAINE FANTAISIE Ce premier beau jour de printemps, (Dieu, qu'il s\u2019est fait altendre, cette année) n\u2019a permis, après souper, de m'asscoir au coin de mon balcon pour y griller une cigarette qui m'a paru cent fois meilleure qu\u2019à l\u2019ordinaire.D'abord, fumée dehors à l\u2019air frais mais doux, elle a une saveur toute nouvelle.Kt au prix où elles se vendent, ces chères cigarettes, elles acquièrent maintenant une saveur quasi sacrée.Devant moi, la rue, le boulevard au gazon naissant, plus loin, un long jardin potager à peine labouré, et fermé par une \u2018immense barrière d'arbres géants, trop éloignés pour que leur grandeur puisse me cacher la montagne.Elle est comme bleue, ce soir, encore nue par la faute d\u2019un printemps qui s\u2019est habillé de blanc jusqu\u2019à la dernière minute.Ta gelé la montagne, et celle-ci n\u2019a rien à nous présenter par ce beau jour de soleil, que du bois sec, des pierres sombres, une lête chauve.L'Université Lui fait maintenant un panache moderne; ce château, qui dans notre temps, il y a dix ans, était encore pour nous le \u201cchâteau en Espagne\u201d.Un clocher pointe aussi dans le tableau; plus loin, un couvent, masse Énorme, qui gâte un peu le point de pue, Somme toute, spectacle de paix, de science, de tran- quilité réconfortante qui vous transporte d\u2019aïse el risque de vous faire tout oublier.Pourtant, trois jours avant, j'avais vu celle parade militaire gigantesque qui, vue de haut, étendait son long tapix khaki sur la rue Sherbrooke.C'était justement de l'autre côté de celte montagne que je regarde aujour- hui.Le Mont Royal me sembla alors comme un rideau qui sépare la scène des spectateurs.Ici la paix, la vie; lä-bas la guerre, la mort.Dieu soil loué que malgré la furie qui bouleverse le monde, nous puissions encore trouver une place où il nous est donné de vivre, ct où nous trouvons qu'il fait bon vivre.La guerre ne nous a pas épargnés, il est vraz; elle nous à même touchés, frappés profondément dans notre âme, dans notre corps; nous avons été mis à contribution par elle dans notre sang, dans notre labeur, et dans le produit de nos labeurs.Elle a pris nos esprits, nous « remplis d'anxiété, elle a déchiré des cœurs, brisé des vies; mais par la force des choses, elle nous a évité, à date, d\u2019être la scène de pires horreurs, que les journaux nous rapportent à pleine journée, cl qui nous font frémir même si nous ne les voyons que sur du papier.Tout chrétien reconnaît le signe de Dieu, el nous donnerions une bien mauvaise preuve de notre éducation si, dans une guerre, nous ne reconnatssions point l'avertissement, la leçon et la vengeance du Ciel.Et pourtant, cel avertissement ne semble vouloir nous attaquer qu'en passant, nous laissant presque indemnes de celte grande aventure.Peut-on voir là un signe tout-d-fait spécial, comme un honneur que le Ciel nous fait dans un excès de bonté?Ne pourrions-nous pas voir là les desseins de la Providence qui prévoit pour notre pays un avenir où une lâche spéciale nous serait désignée, nous laissant intacts pour nous laisser forts el élre en mesure ensuite du grand rôle que le Ciel nous destine?Et comme le soleil est descendu, que la montagne se confond avec le reste, le froid commence à me piquer el me force à rentrer.Mais c\u2019est avec un esprit nouveau du moins, des résolutions nouvelles que je le fais.\u201cT'ravaillons, me dis-je, pour celle grande œuvre.Je ne sais quelle elle sera, ni si clle aura besoin de moi.Mais de toute façon, soyons prêts.\u201d Pauvre balcon, comme on l'en fait dire-des choses.DAC - 20 GASTON POULIOT PAGE DEUX LE QUARTIER LATIN L'ANNÉE 34-35 AU \"QUARTIER LATIN\u201d Le Quartier Latin célèbre aujour- d'hui, par le présent numéro, sa vingt- cinquième année d'existence.Plutôt rares chez nous sont les journaux qui atteignent cet âge, et quand il s'agit d'une feuille universitaire, le mérite n\u2019en est que plus grand et plus admirable.A la demande du Dr M.Blais, il me fait plaisir aujourd'hui de griffonner quelques lignes, ne serait-ce que pour apporter aux étudiants actuels les salutations des \u2018\u2018gars\u2019 de 34-35 au Quartier Latin, en méme temps que pour offrir aux collaborateurs du journal, nos sincères félicitations pour ce présent numéro qu'on nous dit devoir être formidable.Formidable! Quel mot! Ca me rappelle le Quartier Latin de 34-35 auquel nous nous sommes tant attaché.Ce fut alors un chambardement complet.Format nouveau, toilette nouvelle, présentation soignée, articles choisis, haute tenue littéraire, etc.Tâche vraiment formidable s'il en fut jamais une.Je me souviens encore du travail énorme que nous nous sommes imposé dans le temps et combien par la suite nous fümes Flattés des éloges reçus de partout, tant de la presse universitaire que de la presse étrangère, lors de la publication en particulier de nos numéros de Ncël à 24 pages et de Pâques à 40 pages, un record dans le temps.Et que dire aussi de nos collaborateurs d'alors! Les seuls noms des Pelland, des Lachance, Flamand, Delage, Demers, Prévost, Léger, etc., dont les remarquables écrits provoquèrent une forte hausse du tirage du journal, ne furent pas étrangers à cette rapide ascension.Le Quartier Latin s'était donc enfin engagé dans une ère de prospérité jusqu'ici inconnue, les étudiants en- étaient heureux et leur collaboration assidue en fut le témoignage.Je me rappelle encore la dernière assemblée de l'A.G.E.U.M., où chaque faculté et organisme universitaire devait rendre ses comptes \u2018en détail\u201d.Ce fut alors avec un orgueuil bien légitime qu'en présentant le rapport de nos activités, je notai aux confrères présents que, pour la première fois dans son histoire, le Quartier Latin avait par ses propres ressources, bouclé son budget, et que je remettais au trésor commun, l'argent avancé au début de l'année pour mettre en branle notre organisation.C'en est assez de bavardages de peur de tomber dans l'égoïsme étroit.Pour terminer, qu'on me permette encore une fois, de la part de mes collaborateurs de l'année 34-35, d'offrir mes plus sincères félicitations aux rédacteurs d'aujourd'hui pour leur magnifique travail.Nous avons été à mème de constater\u2019 la tâche énorme qu'ils ont dù s'imposer pour produire le présent numéro.Quant au Quartier Latin, à vingt-cinq ans, il est encore en pleine jeunesse et il ne fait aucun doute qu'il atteindra l'âge mûr et même la vieillesse.Sans doute il sutira \u2018des ans l'irréparable outrage\", les cheveux gris appa- raitront, mais quelque bon samaritain aura tôt fait de les faire disparaître afin de lui garder pour longtemps son allure jubilaire et sa présente prospérité.Gérard DUCHARME, M.D.Directeur 1984-86 ne citer JEAN BRUCHÉSI Sous-ministre que ces SECRETARIAT DE LA PROVINCE L'effort de guerre de la province de Québec se manifeste sous plusieurs formes, mais l\u2019une des plus importantes est assurément l\u2019essor que son gouvernement, en coopération avec les autorités fédérales, a donné à la formation technique et pratique de la jeunesse québecoise, afin de lui permettre de jouer un rôle hautement efficace dans nos industries de guerre.Quatre Ecoles Techniques, quatorze Ecoles d\u2019Arts et Métiers, une Ecole d\u2019Avionnerie et quarante Centres d\u2019Orientation de la jeunesse, pour dispensent aujourd\u2019hui l'enseignement théorique et pratique à des milliers de jeunes, qui seront demain des ouvriers spécialisés ou semi-spécialisés.et qui prendront leur rang dans l\u2019armée sans cesse grandissante de nos travailleurs engagés dans la production des instruments de la Victoire vers laquelle tendent toutes nos'énergies.principales organisations, Fidèle à son passé de gloire et d'honneur, de travail et de ténacité, la province de Québec est fière de faire sa large part de l'effort commun de tout un peuple libre\u2014et qui veut le rester! HECTOR PERRIER Ministre QUELQUES SOUVENIRS Li 1925 - 1926 Ce n'est pas sans une certaine émotion et même avec quelques serrements de coeur qu'un ancien accepte l'aimable invitation du directeur actuel du « Quartier Latins.Emotion, à cause de tous les souvenirs impérissebles qui nous restent de notre passage au journal.Serrements de coeur à la pensée que tout cela est déjà loin.Ne craignez rien, jeunes amis, le soussigné ne vous retiendra pas longtemps, mais permettez-lui tout de même de rappeler pour votre édification personnelle quelques-uns des hauts faits es carabins héroïques du «Quartier Latin», 1925-26.Le directeur, cette année-là, était Rodolphe Godin, étudiant en droit; animé d'une grende ardeur et d'un zèle infatigable, en vue d'assurer le succès du journal.Rodolphe Godin possédait une plume très alerte.Ses «premiers- Montréal» étaient toujours des plus au point.Il taquinait aussi la Muse de temps à autre.Il s'aventurait même dans le roman feuilleton, en collaboration avec Philippe Beauregard, étudiant en droit.Nos deux «romans-fleuvistes» avaient même failli avec «Le Coeur Décide», nous attirer une poursu:te en libelle de la part d'un célèbre avocat.L'administration financière du journal était aux mains d'Alban Ouellette, étudiant en droit.Nous l'avons toujours considéré comme l'as des administrateurs.ll semble que Ouellette avait le don de faire sortir l'argent de terre.Son budget était toujours bien équilibré, au point qu'il nous a même fait part d'un surplus à la fin de l'année.C'est surtout dans ses relations avec nos imprimeurs, les messieurs Marchand, que\u2019 Ouellette se surpassait.Avec eux, il jouait aussi serré que Séraphin Poudrier, (bien que celui-là ne fût pas encore inventé).Surtout lorsqu'il s'agissait de financer nos gros numéros spéciaux, de Noël, du Carême, de Pâques.Le rédacteur en chef, Yves Lafleur, était étudiant en chirurgie dentaire.avait pour le seconder un excellent groupe de collaborateurs.Vous ne trouverez pas beaucoup d'articles de se signature.Mais, d'un autre côté, il n'y a pas beaucoup d'écrits qui n'aient passé sous son oeil sévère de correcteur.Et Dieu seul sait combien d'heures il a passé à l'imprimerie, cori- geant et recorrigeant les épreuves, faisant la mise en page, eng\u2026uirlandant les typos et à temps perdu flirtant avec la belle Georgette.Notre grand privilège, ce fut la présence, à nos réunions, de Monsieur Maurault, maintenant Monseigneur Maurault, comme censeur, sympathique et tolérant.Nous n'oublierons jamais les bienveillantes directives et les bons conseils de toutes sortes qu'il était toujours prêt à nous donner.Impossible d'oublier notre ami Philippe Montpetit et son excellente habitude de régaler nos lecteurs avec de belles histoires écrites en vieux «fran- ois», à la manière du Moyen-Âge.C'était alors une véritable «feste», au Quartier Latin.Les sportifs étaient renseignés per Bernard Cacosse et les musiciens étaient au courant des événements artistiques grâce à Romain - Octave Pelletier.Quand Léon Lortie pouvait s'échapper de la faculté des Sciences, il nous donnait un vrai coup de main.N'oublions pas les Pagé, les Panet-Raymond, les Chaussé, les Gravel, les Lesage, tous dévoués au bien-être du journal.Aussi le rédacteur fantôme Aristide Ballon, avec qui personne n'a jamais voulu être confondu.Nous avons travaillé dur, mais nous nous sommes aussi franchement et gaiement amusés.Tout cela est déjà dans le lointain passé.Cependant, nous gardons tous, de notre passage au «Quartier Latin», un souvenir inoubliable.Malgré les séparations, malgré la dure nécessité de gagner notre vie, souvent loin les uns des autres, dans des domaines divers et même dans des villes différentes, il restera toujours entre nous tous un lien d'amitié difficile à rompre: Nous avons été jadis ensemble du «Quartier Latins».Yves LAFLEUR, D.DSS., S.-Hyacinthe.Rédacteur cn chef 1925-26 30 AVRIL 194 \u201cIL A BON GOUT DANS LA PIPEI\u201d B.F., le Baccalauréat en Fumage, est un degré important.Il confère à un homme le droit à des heures de bienheureuse satisfaction tous les jours de sa vie.Prenez votre degré chez le Prof.Picobac \u2014 toujours doux et agréable.TABAC \u2018Picobac A L'HONNEUR .\u201cLE JOURNAL DES ETUDIANTS\u201d Directeurs Rédacteurs en chef 1895-1896 Joseph Beaulieu Pierre Bédard (déc.) (19 num.) \u201cL\u2019ETUDIANT\u201d 1911-1912 Gustave Lacasse Ch.N.Chamberland 1912-1913 C.-Emile .Bruchési Noél Fauteux 1913-1914 J.Firmin Houle Jean Berchmans Désy A.Marin R.aH.Parent \u201cL\u2019ESCHOLIER\u201d 1915-1916 Victor Barbeau Jean Chauvin 1916-1917 Edouard Chauvin Gustave Chauvin \u201cLE QUARTIER LATIN\u201d 1918-1919 Adélard Dupuis Gaston Gibeault 1919-1920 Adélard Dupuis Fernand Longpré Alphonse Labelle Hermas Bastien 1920-1921 Léo Vary (décédé) Errol Boucher 1921-1922 Errol Boucher Henri Bourdon Olivier Carignan Jean Bruchési 1922-1923 Hubert Trudel Roger Brossard Jean Bruchési 1923-1924 Alexandre Marcotte Jean Bruchési Viateur Farley Marius Péladeau 1924-1925 Léon Lortie Marius Péladeau Rodolphe Godin 1925-1926 Rodolphe Godin Yves Lafleur 1926-1927 Philippe Montpetit Armand Pagé - 1927-1928 Armand Pagé Paul Laroque 1928-1929 Joseph Millet Georges Langlois 1929-1930 Wilbrod Bonin J.-P.Verschelden 1930-1931 Paul Dumas Guy Bournival Roger Larose 1931-1932 Paul Leblanc Pierre Bertrand : Rodrigue Théoret 1932-1933 Ignace Deslauriers Cléophas St-Aubin Louis-René Lagacé 1933-1934 Maurice Paquin Ritchie Bellemare Claude Demers 1934-1935 Gérard Ducharme Louis Pelland Gustave Lachance 1935-1936 J.-Gérard Joncas François Paquin 1936-1937 Jean Vallerand Maurice Archambault 1937-1938 Jean Vallerand Roger Chaput 1938-1939 André Dussault Jean Vallerand Roger Beaulieu 1939-1940 Jacques Duquette Roger Beaulieu 1940-1941 Jacques Duquette Roger Beaulieu Marcel Blais 1941-1942 Jacques Genest Marcel Théoret 1942-1943 Maurice Blais Gaston Pouliot 1943-1944 Gaston Pouliot Jacques Fontaine - \u201cDE PETAIN Le 21 ivril 1942, à la suite du retour de.Plerre Laval au pouvoir, M.Léon Marchal s'est rallié au général de Gaulle.M appartient maintenant au personnel diplomatique du Comité Nations] Français à Londres.DE PETAIN A LAVAL n'est pus un livre de combat, mals blen une étude fouillée des deux années qui vont de l'armistice du 25 Juin 1940 au jour où s'évanouit le gouvernement de Vichy lorsque les troupes allemandes donnèrent le dernier coup au régime semblant exercer un simulacre de souveraineté.S'appuyant sur des documents et des faits qu'invoque Monsieur Marchal, et dont on ne peut contester l'authencité, l\u2019auteur étale à nu les vicissitudes de ces deux années, qui seront les plus A LAVAL\" douloureuses de In France.Successirè ment le maréchal Pétain, puis Laval ensuite l'amiral Darlan et le géné Weygund sont confrontés devant l'hls toire, jusqu\u2019au moment où la guerre entre dans une nouvelle phase et qu un nouvelle France surgit de la terre à cuine à la voix du brave Giraud.Ce livre vient à son heure pour & vaniser les espoirs de tous les Fra Sd de tous les amis de la France A ser.\u201cLe combat continue\u201d, écrit Léon or chal.En complétant I'occupation du t à ritoire français, l'Allemagne a pe oi coup sûr la guerre.En violant l\u2019a i tice I'Allemagne a réarmé une form li ble armée nouvelle, V'armde De G yt] Giroud.L'Histoire de Vichy est f née.\u2014 Editions Beauchemin.en en em Mh wm GL en wm Aa un me em om pm eae an em ov om me wm eh an Lo emg ma mms =_m = 4 es en Ee Ah ev ew em arm re Am hr mm an em wm ta em ow =. Pad rT ET na TE Tem 30 AVRIL 1948 Vous me demandez mes souvenirs à opos de l'Etudiant.Je n'en ai guère.J'en revois la collection et j'en évoque l physionomie; mais je m arrête là.Je ne sais même plus ce qu'il contenait, quoique j'aie veguement l'impression de virulences qui n avaient rien de méchant.Chose certaine, je n'y ai pas collaboré.Votre demande a remué mon passé universitaire.Je me suis revu étudiant, Sans participer à la rédaction d'un nal, pourtant à nous, les camarades que j'aperçois autour de moi ne res- uient pas étrangers aux choses de l'esprit et nous étions tourmentés par le démon de l'expression.Surtout à la Faculté de droit.D'abord nous collaborions à des journaux, pour nous faire la main, sous notre signature \u2014 quand le sujet nous paraissait sérieux et sans danger (la législation sociale, par exemple, qui naissait à cette époque), ou sous des noms empruntés à la plus insouciante fantaisie.Il nous arrivait même d'étonner le lecteur ou de l'intriguer en adoptant la fomule et le ton de quelque vieux journaliste.Les intéressés se demandaient qui pouvait bien être l'auteur de ces sorties: on citait des noms, parfois des noms illustres, quand le pastiche était juste.C'était tordant et, somme toute, inoffensif.Naturellement, nous défendions l'attitude du parti politique qui subventionnait le journal.Nous cherchions surtout à piquer l'adversaire.C'est alors que j'ai connu et vécu la solidarité des salles de rédaction: âme commune d'attaque et de défense.Nous allions aussi au théâtre, et nous faisions du théâtre.Cela nous fut vertement reproché; surtout aux époques d'examens.Mais nous prenions ainsi l'habitude d'affronter le public, de connaître ses réactions, d'exciter son tire ou son émotion, de tenir une salle et de la plier sous un geste ou un mot.Le théâtre que nous écoutions nous servait aussi: le théâtre de moeurs et surtout le théâtre d'idées, moins flexible, plus engoncé \u2014 je songe à celui e Brieux \u2014 mais plein de réflexions.Plus tard, à Paris, lorsque je soutins ma thèse au Collège des Sciences sociales, vne des propositions en littérature sociale portait sur \u2018Les solutions apportées en matière de fidélité conjugale depuis le théâtre de Victor rlugo jusqu'à nos jours\u201d, Je répondis, les yeux fixés sur les Nouveautés de Montréal, où le répertoire du 19e et du 20e siècle commençant avait passé.\"Se peut-il, sourit mon prefesseur, le très regretté Charles Brun \u2014 un homme exquis et un éveilleur \u2014 que j'en aie dit autant?\u201d Je répondis, naturellement: \u201cMon cher maître, vous en avez dit bien davantage\".Cela était vrai; mais la comédie s'achevait heureusement grâce À mes souvenirs lointains.Que vous direi-je encore ?Que nous faisions des discours ?Comment, apprentis avocats, eussions-nous repoussé cette tentation nationale ?Nous commencions chez les camarades, à l'occasion des banquets d'étudiants.n nous réservait la santé des facultés soeurs ou celle des dames.Nous continuions ici ou là, au hasard des circonstances, surtout au Cercle Ville- arie où l'on nous confiait de présenter ou de remercier les orateurs, et où il nous arriva de prononcer des conférences.J'en fis même une sur la vie et l'oeuvre d'Edmond Rostand: de sa naissance à l'Académie, 1! m'arrive e la relite, quand je remue de vieux dossiers.C'est jeune, évidemment, et rempli d'admiration.J'ai changé, epuis; mais je suis resté fidèle à mon premier héros, ne fût-ce qu'en raison du panache.J'écris ces notes rapides le jour, cent fois béni, de la \u2018Fête des mères\u2018, des mères qui vivent, et \u2014 pourquoi les oublie-t-on?\u2014 des mères disparues.Ma mère assistait à cette conférence sur Rostand.La critique fut aimablement sévère: \u2018\u2019Comme on te sent contracté.Ton père se laissait aller à l'inspiration.|! vibrait à le moindre émotion.|! faisait vivant et large.Pourquoi te replies-tu?\" Je note ce reproche tendrement maternel, qui marque peut-être la différence entre deux générations.Enfin, nous lisions beaucoup: chez nous et même \u2014 je l'avoue avec remords \u2014 su cours.Un de mes vieux amis, disparu aujourd'hui, avait ainsi absorbé, pendant les leçons de Code civil, l'oeuvre de Balzac, sinon celle d'Alexandre Dumas.n nous reprochait fort, il va sans dire, cette propension à la lecture.On ne nous pardonnait pas de faire de la littérature, de nous intéresser au mouvement des idées, de suivre les cours de littérature française qui nous réunissaient dans le grand amphithéâtre, si agréable, de le sue Saint-Denis.Nous répondions que ce n'était pas un mal, qu'il valait mieux fréquenter les livres qu'autre chose.Et puis, les examens n'en souffraient pas: l'esprit plus éveillé s'assouplissait.Nous avions même formulé une technique de l'examen ad usum Delphini qui se résumait à des brocards: il faut avoir tout lu; ne laissez pas sortir un camarade de \u2018examen oral que vous ne l'ayez vidé des questions qu'on lui a posées.Tout cela formait une vie assez remplie.Je n'ua vesrette rien.Je garde de mon séjour à i'Université un souvenir heureux.Et quand je revois la galerie de mes maîtres, aujourd'hui presque tous partis, il monte de ce passé un vif sentiment de respect et d'affection comme si je retrouvais là l'iremplaçable émoi d'une noble famille.Edouard MONTPETIT \u201cVACANCES 1943\" Cette semaine paraitra le magazine du Concours de Vacances: publication de quarante pages artistiquement Hlus- trées, pleines de suggestions et de diree- tives nationales.Des hommes comme M.le chanoîne Lonel Groulx, M, Edouard Montpetit, le BR.P.Jacques Cousinenu, M.Jeun- Marie Gauvreau, le R.P.Gustave La- tarche, M, Trefflé Boulanger, M.Au- rêle Séguin et plusieurs autres ont a] borté leur collaboration à ce magazine.l'Iusieurs maisons d'éducation ont dé Jà retenu leurs exemplaires.\u201cVacances 43\" se vend 10 l'exemplaire (port en plus), $1.00 la douzaine, (franco), $7.00 le cent (franco).On a avantage à acheter le magazine par grosses quantités.Adressez vos commandes à : Comité du Concours de Vacances A.C.J.C.840, rue Cherrier MontFéul.NOS OUVRIERS du combat donnent des ail AC w 2 Ra £ a Ral IT: 4A 3 es a lavictoire Ouvriers et chefs d'usines, en multipliant héroïquement le nombre des avions de bombardemene, de combat et de chasse, jouent leur tôle dans la bataille de la production pour la victoire.Puisse le flot montant des machines de guerre continuer de grandir jusqu'à ce que des Nations-Unies aienc obtenu la victoire! Par l'intermédiaire de ses centaines de succursales dans tout le Canada, la Banque de Montréal colla avec les ouvriers et les IRR.industries de guerre.BANQUE DE MONTREAL Ban accueille bien les petits déposants®\u2019 Service do bem eee expbrimen ofr de 123 années de facisen aération, aman DEJA VINGT-CINQ ANS! Le Quartier Latin a vingt-cing ans et cela ne me rajeunit pas.J'eus, en effet, le périlleux honneur d'en étre le censeur délégué quand il faisait ses premiers pas.Une photographie conservée dans les archives et publiée dans les journaux en fait foi.Tout le groupe des rédacteurs y apparaît, entre les quatre murs d'une pièce du premier étage de la Maison des tudiants, sise alors rue Sherbrooke, dans l'immeuble occupé par le C.É.O.C.Comment avais-je accédé à ce poste de confiance ?Depuis 1916, j'étais chapelain de l'École Polytechnique et, depuis moins longtemps, chapelain de l'Ecole des Hautes Études Commerciales.Comme j'avais déjà les pieds dans l'étrier et avant que l'on pût nommer un aumônier général résident, en la personne de M.Lucien Pineault, on me pria d'agir comme modérateur .des transports littéraires des étudiants.Je n'en ai gardé, quant à moi, que d'excellents souvenirs.C'était eureux temps où Anastasie, retirée sous sa tente après la 1ère Grande Guerre, s'était endormie, n'ayant plus à s'inquié- éter du salut du pays.Collaborateur passif du Quartier Latin, en qualité de censeur, je le fus aussi activement en lui fournissant bon nombre d'articles, signés de divers pseudonymes qui n'ont pas échappé à la sagacité d'une Bio-bibliographe de notre École de Bibliothéconomie.L'Association générale des Étudiants n'avait pas alors l'organisation et les moyens qu'elle à acquis depuis.Le Quartier Latin n'avait pas non plus sa belle tenue d'aujour- d'hui.Les progrès des vingt dernières années ont été remarquables.Nous n'aurions pas osé alors entreprendre la publication de numéros comparables à ceux qui furent consacrés récemment à la France ou à l'enseignement de vos diverses Facultés, pour ne parler que de ceux-là.Où trouverait-on l'équivalent dans la presse universitaire du pays, dans la presse tout court?Ces numéros firent une réclame magnifique à l'Université.Ils remplirent l'ancien censeur, devenu Recteur, de la plus légitime fierté.Le Quartier Latin est le plus beau des journaux d'étudiants que nous connaissions.Ce n'est pas un journal de doctrine : il l'est cependant de temps en temps.C'est un journal d'étudiante, mais les professeurs y écrivent quelquefois.Il est gai, comme il convient : cela ne l'empêche pas de frapper souvent une note sérieuse.Que lui souhaiter pour qu'il soit plus parfait?Une collaboration constante de toutes nos Facultés et de toutes nos Écoles.L'Institut Pie XI qui est notre école de doctrine et d'action catholiques, notre Institut de philosophie médiévale, les divers Instituts de notre Faculté des sciences, les sections de notre Faculté des sciences sociales, etc.savent que les pages du Quartier Latin leur sont ouvertes.Qu'ils en profitent.Îls allégeront la tâche des rédacteurs et donneront au journal des étudiants un caractère encore plus représentatif.Réjouissons-nous qu'il y ait encore des progrès à faire : c'est une garantie de longue vie.Mais d'ores et déjà, pour sa belle tenue matérielle, intellectuelle et morale, félicitons le Quartier Latin et tous ceux qui ont contribué à la lui donner.Olivier MAURAULT, p.s.s., P.D.1911 - 1943 Je me sentis très honoré quand je reçus du directeur du QUARTIER LATIN une aimable invitation à collaborer à l\u2019édition spéciale qui devait marquer le vingt-cinquième anniversaire de fondation de ce journal, et cela d'autant plus que cette invitation m'était adressée à titre de co-fondateur et de premier directeur de L\u2019ETUDIANT, très modeste précurseur du QUARTIER LATIN.Je dis \u2018très modeste\" parce que notre petit journal universitaire de 1911-1912 n\u2019était qu\u2019un nain débile quand on le compare à la substantielle et magnifique publication qu\u2019éditent aujourd\u2019hui nos successeurs.Mais enfin c\u2019était le seul \u201c\u2018trait-d\u2019union'\u2019\u2019 que nous avions pour stimuler l'esprit-de- corps et la fierté de la génération d\u2019alors .et c'est même un peu grâce à lui qu\u2019existe aujourd\u2019hui une association générale des étudiants de toutes les facultés \u2014 projet qui était un des premiers articles de son programme.Quelques-uns d\u2019entre nous sont restés \u2018infectés\u2019 du germe journalistique et ont continué, depuis à mettre leur plume au service d\u2019autres nobles idéaux .et c\u2019est précisément à cause de cela que je ne puis aujourd'hui consacrer plus de temps à la rédaction d\u2019un plus long message: la presse toujours impatiente et vorace attend ailleurs ma prose.Aux félicitations et aux \u2018\u2018vœux de bonne fête\u201d qu\u2019adresse sans réserve, par ma plume, L'ETUDIANT d\u2019hier au QUARTIER LATIN d'aujourd'hui je désire ajouter une pensée.À ceux qui nous succèdent sur les bancs universitaires et qui ennoblissent leur jeunesse en consacrant une partie de sa robuste et saine énergie à l'étude sérieuse et prolongée de l'art, des humanités, de la grande question sociale ou-des formidables problèmes économiques qui se dressent devant nous \u2014 en marge de leurs travaux scientifiques ou de leurs études légales \u2014 , je veux dire et répéter, en me gardant bien d'être trop sentencieux, qu\u2019ils se préparent des lendemains excessivement riches en satisfactions morales de toutes sortes.Ils constateront plus tard en effet avec bonheur \u2014 et cela au moment où ils en auront le plus besoin \u2014 que ni les soucis du métier, ni les ennuis d\u2019une compétition mesquine, ni les exigences du pain quotidien, ni le terre-à-terre d\u2019une routine monotone, ni méme le scepticisme que font trop souvent germer dans le cœur humain les abus de confiance et les espoirs déçus, n\u2019auront réussi à éteindre la flamme qu'avait allumée en eux l'enthousiasme de leurs vingt ans.Gustave LACASSE, M.D.Directeur 1911-12 \u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 LE QUARTIER LATIN PAGE TROIS LA VIE UNE TRIBUNE, UNE SOUPAPE, UNE OEUVRE Le Quartier latin rappelait l'an dernier le discours prêté par lsocrate au Spartiate Archidamos.Le jeune roi de Lacédémone y réclamait, pour sa jeunesse comme pour toute celle de sa nation, le droit d'être consulté sur l'à propos de déclencher ou non la guerre.| en donnait cette raison : les jeunes étant plus exposés que toute autre classe à affronter le danger, c'est à eux de dire si les circonstances les justifient de s'offrir en cible aux traits de l'ennemi.C'est sans doute un motif analogue qui provoque, dans toutes les universités du monde, la création de journaux d'étudiants.Prytanées de la jeunesse, arsenaux Où s'équipent les lutteurs de l'avenir, il convient qu'elles offrent à leurs disciples un champ de Mers pour s'exercer au tir.Dans un pays où, comme Fénélon l'a dit d'Athènes et de a Grèce, «tout dépend de la parole», il sied plus encore qu'elles dressent une estrade où les futurs dompteurs de foules apprennent leur métier en le pratiquant.+ A l'ancienne Université Laval à Montréal comme dans son héritière l'Université de Montréal, tour à tour le Journal des étudiants, l'Étudiant, I'Escholier et le Quartier latin ont été cette tribune indispensable à l'ardeur juvénile.Sur les grandes questions dont se préoccupe le public, comme sur les problèmes minuscules dont s'alimente la vie universitaire, notre élite intellectuelle, dressée sur ce piédestal et les regardant ainsi de très haut, a dit ce qu'elle pensait et voulait, souvent ce qu'elle sentait plutôt.Et c'était bien ainsi : il est bon aux dirigeants du jour de savoir quelle impression crée, dans cette troupe de réserve qui les relèvera demain, la façon dont ils tiennent pour l'heure le bâton de commandement.Que si parfois l'impression s'exprima en termes trop dogmatiques ou même tranchants, nos chefs furent sans doute les premiers à ne pas s'en étonner; au temps de leur jeunesse fleurie, bien des fois eux aussi avaient voulu renouveler le geste de Caligula et ne trouver devant eux qu'une seule tête à abattre d'un seul coup ! Tout autant qu'une tribune, nos journaux d'étudiants leur ont été une soupape.Comme dans leurs laboratoires Certains produits, pour avoir été trop contenus, détonnent d'eux-mêmes, de ces esprits et de ces vouloirs en constante ébullition des explosions désastreuses éclateraient, n'était l'exutoire r où ils peuvent de temps en temps ibérer leurs forces bridées.Quel souls- gement de crever, avec la fine pointe de sa plume, des vessies gonflées ! N'est-ce pas mieux que de les dégonfler, comme le font d'autres plus brutaux à coups de trique ou de matraque Quel plaisir de dite à un auteur, quand il a écrit un livre honnête, que sa production ne vaut pas cing sous et de proclamer chef-d'oeuvre l'ouvrage aussi remarquable par son vide intellectuel que par sa pauvreté d'expression ! L'auteur qui se pâme n'a qu'un tort : c'est d'oublier le comédien qu'il y a dans tout étudiant et l'essence de toute comédie, soit l'exagération plaisante, ce qu'on appelle en termes de métier «le grossissement».Chanter des Marseillaises insensées, des Carmagnoles inoffensives, des Ça ira! endiablées, ne peut affecter qu'un ordre social déjà mal en point.Comme on ne conçoit pas un monde sans joie, on n'imagine pas non plus que ce film tourné par des jeunes fit abstraction de Perrettes au teint de rose, de Lisettes aux yeux de pervenche, de Madelons aux mains divines ou de Margots au langage perlé.@ tous ces gais minois, il n'en est du moins pas un seul à qui appliquer la marque au fer rouge imprimée sur un autre par Louis Veillot: «Cela sent la courte-pointe.» Reprochera-t-on aux rédacteurs du journal d'avoir dédaigné l'interrogation du poète : Qu'est.tout cel | n'est u est-ce que ut cela qu Teternel?ou d'svoir suivi, plus souvent qu'd leur tour, le conseil de l'autre : Aimer ce que jamais on ne vera deux fois?Ils vous répondraient avec raison que leur papier-nouvelles n'est ni un bulletin paroissial ni un cours d'apologétique ni une Faculté de théolo- aie ou de philosophie.Usant du uartier latin comme d'une soupape, ils en ont quand même fait une oeuvre, celle qu'elle devait être.Ils ont attiré l'attention de leur public à eux, de la seule façon qui piquât ce public à part, sur les questions qui doivent l'intéresser.uel code de préceptes sages, de vues lumineuses, de directions opportunes, on dresserait, à même les éditorisux successifs provoqués par les mêmes problèmes en des circonstances fort différentes ! Des critiques exprimées par-nos spécialistes en herbe, en philosophie, en lettres, en sciences, en art, on pourrait dire, comme le faisaient les anciens de la grammaire : «Plus habet in recessu quam fronte promittit.» Si enfin la réputation d'une institution tient pour une bonne part à la qualité des écrits qui émanent de la plume de ses élèves, qui osera prétendre que les journalistes du Quartier latin, par la seule tenue de leurs articles, allure vivante, expression lumineuse, langue correcte, n'ont pas contribué à donner de leur Université une haute idée ?+ Il se pourrait que la censure exercée sur leur journal ait aidé à lui imprimer rogressivement le caractère que tout fe monde lui reconnaît.Cet appui de la censure ne les a sans doute pas empêchés de maugréer contre elfe | Croit-on que le censeur s'est formalisé de ces protestations?Un condamné journalistique doit bénéficier du même privilège que le condemné judiciaire : e droit à vingt-quatre heures au moins pour maudire son juge.L'important, c'est que, en protestant contre son verdict avec une colère de commande, on s'y soumette avec un sourire entendu.Cette soumission, rétive parfois, expli- ue pour une part la belle tenue du Quartier latin; après vingt-cinq ans, elle provoque, chez le censeur, le sentiment de l'admiration.C'est le plus noble que puisse lui exprimer, à l'occasion de ses noces d'argent, Le vice-recteur de l'Université, Chanoine Émile} CHARTIER, P.D.Nous présentons nos HOMMAGES \u2018au Quartier Latin .à l\u2019orrusion de son 25° \u2018anniversaire 1943 EST L\u2019ANNEE DE NOTRE 75e ANNIVERSAIRE \u2018 08 i | AGE QUATRE LE QUARTIER LATIN : 30 AVRIL 194 5 a |) STE-CATHERINE (J) À) LEGENDE C'ÉTAIT HIER ou.Avant la guerre \u2014 celle de 14 \u2014 il y avait eu l'Etudiant, PETITE HISTOIRE puis l'Escholier.Est-ce la tourmente qui emporta celui-ci?- Est-il vrai que le gérant disparut avec la caisse de celui-là?Quoi qu'il en soit, lorsque j'entrai à l'Université, en septembre 192], les étudiants avaient un nouvel hebdomada.re: le Quartier Latin, dont le premier numéro était sorti des presses trois ans plus tôt.Errol Boucher, qui en assurait alors la direction et qui venait de fonder, avec Bourdon, Dubé et d'autres, l'Association Générale, m'offrit charitablement le poste, plus ou moins enviable à cette époque, de rédacteur en chef.Un soir \u2014 ce devait être un mardi \u2014 je l\u2019accompagnai chez le \u201cpére\u2019\u2019 Ménard, brave homme d\u2019une politesse exquise, dont l\u2019atelier d'imprimerie était situé rue Saint-Dominique, près de la rue Lagauchetière.C'est là que je m\u2019initiai a la correction des épreuves sur le marbre et à la tâche ingrate de la mise en page.Nous nous séparions vers minuit, pour recommencer le lendemain soir, et ainsi de semaine en semaine, de septembre à mai.Le jeudi, tâche plus ingrate encore, il fallait vendre le journal au numéro, soit à la porte des En ce temps-là, vivait une race de jeunes blancs, fiers rejetons d'une ancienne civilisation.lls appartenaient à la grande tribu des Hala- Kawawa - Chingse - Boumra, Université de Montréal.La réserve laurentienne était leur patrimoine et leur territoire de chasse était borné à l'ouest par la Main Street, au nord par la rue Ontario, à l'est per la rue Amherst et au sud par le bord de l'eau.C'était une terre riche et giboyeuse.La chasse s'ouvrait, d'habitude, à salles de cours, soit dans la pièce enfumée du \u2018\u2018Ritz-Gagnon\u201d l'automne avec les frimas et les pluies \u2019 par un grand Pew-Wa \u2014 Une céré- En ce temps-là, le Quartier Latin était une entreprise privée, monie digne et austère, OÙ se rencon- sans aucun caractère officiel.Ceux qui le dirigeaient et le rédi- traient des célébrants d'un autre âge, geaient assumaient tous les risques.Les revenus consistaient une espèce de druides, quoi! Armés principalement dans le produit des annonces.La salle de rédac- et coiffés au nom de \u201cConcordia tion était partout, c\u2019est-à-dire nulle part.À cinq ou six nous Salus\u201d, ces gentlemen couvraient les courions littéralement aprés les abonnés et les lecteurs, sans nous sentiers de la chasse, frappant ici, une laisser abattre par les sourires narquois, les apostrophes et I'ac- pauvre oie blanche égarée, 13, un cueil plus ou moins rosse des \u2018clients\u2019.Comme aujourd'hui, jeune blanc-bec, trop naif encore ceux qui critiquaient étaient les plus nombreux.Trop sérieux pour connaître les us et coutumes des pour les uns, trop léger pour les autres, le journal, avec ses quatre sacrifices au recorder.Dans la paix et pages plus ou moins bien remplies, était une cible facile.Mais la sérénité du devoir accompli, la fête nous avions l'enthousiasme, le feu sacré.Rien ne nous arrêtait; prenait fin à l'aurore du deuxième tant et si bien que l'année s\u2019acheva en beauté.De fait, au prin- jour qui suivait le premier quartier de ter:-ps de 1922, l'Association Générale adopta le Quartier Latin lune.Puis, à l'affût, comme des comme son organe officiel.Elle n\u2019a pas, depuis lors, cessé de lui lutins, la tribu consacrait au travail témoigner la plus généreuse sollicitude.ses loisirs de jeunesse en attendant ls réalisation du grand Rêve qui, à Débarrassés, dans une large mesure, des soucis d'argent, cette époque n'était pas de recevoir n\u2019ayant plus, en tout cas, la hantise du budget à équilibrer, ni un diplôme bien mérité, d'écouter un l\u2019humiliante obligation de quémander les cinq sous de nos cama- professeur émérite, de posséder une rades, puisque chaque étudiant était désormais, volens nolens, maison des étudiants, qui ne serait pas un abonné régulier, nous reprenions en septembre, avec plus d\u2019ar- un local, non! mais de voir s'élever sur deur que jamais, la besogne interrompue par les vacances d'été.la montagne une université canadienne- A la suite de je ne sais plus quelle révolution de palais, mon ami rançaise, comme il existait déjà des de toujours, Roger Brossard, me remplaça à la rédaction du universités anglaises, américaines, fran- Quartier Latin.Dès le mois de décembre, je reprenais mon caises, espagnoles, portugaises, alle- poste.mandes, russes, italiennes, chinoises.Une autre année passa, marquée comme les précéden tes d'\u2019ombres et de lumières.Plus indépendants, nous n\u2019en étions temps, ces grands rêves passent par la pas moins sujets à la critique et celle-ci ne se faisait pas faute gran de illusion avant d'atteindre à la .de nous rappeler que la perfection n est pas de ce monde.Nous réalité n\u2019étions que plus sensibles alors aux témoignages d\u2019estime, voire \u2019 aux éloges que nous attirait la publication de tel article ou le ton général de notre hebdomadaire.De ces témoignages, deux Mais comme il arrive, la plupart du Un soir de décembre, un lundi soir nous plurent particulièrement.Le premier nous était rendu pour être plus précis, se réunissait sur le par le Père Sanson qui, du haut de la chaire de Notre-Dame, coup de l'Angelus tous les membres après avoir cité un article de Roger Brossard, salua \u201cce journal du Quartier Latin, journal humoristique, qui fait honneur aux jeunes Canadiens qui le fondèrent et que je littéraire, critique et hebdomadaire des voudrais voir entre toutes les mains\u201d.L'autre nous vint d\u2019Edouard étudiants de l'Université.Le censeur Montpetit.\u201cC'est vraiment un esprit nouveau, écrivait ce l'abbé Lucien Pineault, Georges maître vénéré, que manifeste chacun de vos numéros, et vous ne Langlois, Wilbrod Bonin, Armand Pagé, sauriez croire quelle espérance tout cela nous souffle au visage.\u201d Paul Larocque, Georges Manseau, Armand Gratton, Paul Dumas et Joseph En septembre 1923, le Quartier Latin entrait dans sa cin- Millet.Tous hommes résolus, non pas quième année.Lorsque parut le premier numéro de la saison, à construire l'édifice mais à orner le j'étais à Angers.C\u2019est de là que j'adressai l\u2019un de mes derniers Quartier Latin de la belle maquette de articles comme rédacteur en chef, article où revenaient les propos nos architectes.habituels sur la bonne volonté, le désir de mieux faire, l\u2019indispensable collaboration entre tous les étudiants.De retour à Montréal au début d'octobre, je démissionnais quelques semaines plus tard, Enfin de l'Université, majestueuse, aussitôt remplacé, et combien avantageusement, par mon cama- affranchie et agrandie sous nos yeux par rade de la Faculté de droit, Viateur Farley.un geste de l'officiel et bénévole dessinateur (Georges Manseau, tous ces A tort ou à raison, je ne me résignais toutefois pas à rompre mautadits gâs vont s emparer.Depuis les liens qui m\u2019attachaient au journal.Le Quartier Latin si longtemps quon en parle, on va était \u2014 il l'est resté \u2014 le plus cher \u201cfleuron\u2019 de ma vie d\u2019étu- l'avoir notre université avec une tour diant.De fait, après vingt ans \u2014 est-ce possible qu'il y ait déjà centrale et des ailes qui s'étendent sur vingt ans de cela?\u2014 je ne revis pas sans une émotion intense le roc de la montagne et une grande chacune des heures qu\u2019il a prises à ma jeunesse.Aux rédacteurs, salle pour recevoir nos parents et aux collaborateurs, aux lecteurs et aux lectrices \u2014 elles étaient amies le jour de la collation des autrefois nos plus solides appuis \u2014 du Quartier Latin de 1943, grades.vel rêve, comme il sera beau plus vigoureux, plus alerte, plus élégant que le nôtre, je n\u2019ai pas et élégant, d'admirer en première page d'autre excuse à présenter pour m'être permis d'évoquer des cette fine maquette de l'université souvenirs aussi personnels.Dans sa forme imparfaite, ce simple dans un décor moderne du Quartier rappcl voudrait être, en tout cas, le sincère hommage d\u2019un ancien Latin de Noël 1928.À la persévérance, au courage et à l'intelligence de ceux qui nous demandent aujourd\u2019hui de célébrer avec eux les vingt-cinq ans Joseph MILLET de leur journal.VIVENT LES SPORTS D'HIVER ! ; Directeur 1928-29 Jean BRUCHESI, de la Société Royale du Canada Rédacteur en chef 1921-24 Tout catholique doit se tenir au courant de la pensée et des directives du Souverain Pontife ÉCOLE SOCIALE POPULAIRE Écrits et discours de S.S.Pie XII publiés par l'École Sociale Populaire 1961, rue Rachel Est, Montréal La Paix (allocutions et lettres), 32 pages.15 sous Encyclique \u201cSummi Ponlificatus\u2019, 32 pages.15 sous Encyclique \u201cSertum Leatitie\u2019\u201d, 16 pages.13 sous Allocutions de Noël, 1G pages.0.0s 0 nas ana 10 sous La Science, la Foi, la Vision (discours), 10 pages.10 sous Aux jeunes mariés 1 (allocutions), 16 pages.10 sous La Compagnie de Jésus (lettre), 16 pages.10 sous L'Action catholique (discours), 16 pages.10 sous La Communion des Saints (discours.allocutions, lettres) 32 pugos.20000 0000 a eee 0e es ee nana 0e 000000 15 sous L'Action catholique féminine (discours), 16 pages.10 sous Les bases d'une paix juste (discours, lettres), 32 pages.15 sous L\u2019Ordre nouveau (allocutions), 32 pages.15 sous Aux jeunes mariés 11 (allocutions), 16 pages.10 sous Directives d'Action catholique (discours), 16 pages.10 sous Providence divine (allocutions et lettres), 32 pages.15 sous Aux nouveaux époux (allocutions), 16 pages.\u2026.\u2026.10 sous La Mode (allocution), 8 pages.\u2026.\u2026.0000e00e0e 2 sous Les conditions d\u2019une paix juste (4 pages).\u2026.2sous 30 AVRIL 1948 me LE QUARTIER LATIN ' PAGE CINQ ANNEXION Oui, encore un autre qui vient vous parler d\u2019annexion! Je n'ai rien de nouveau à ajouter à tout ce qui a été dit depuis des années sur ce sujet si souvent discuté et débattu.Je n\u2019ai pas de nouvelle solution à offrir.Non, simplement une opinion personnelle, fruit de plusieurs années d'observations sur place dans plusieurs centres et groupes franco-américains, de la nouvelle Angleterre surtout.L'été dernier, lors d\u2019une visite à Montréal, pour raisons de famille, j'avais l\u2019occasion de causer autour d\u2019une table bien garnie chez un parent, de divers sujets nationaux, y inclus effort de guerre, conscription, questions de lutte avec l'élément anglais, etc.Un des interlocuteurs était mon bon ami et cousin Rodolphe Laplante, maintenant \u201cplanté\u201d dans un des ministères à Québec même.Et en discutant conscription, plébiscite, etc., le mot \u201cannexion\u2019\u2019 fut mentionné.Et naturellement un du groupe me demanda mon opinion sur l'annexion du Canada aux Etats-Unis, surtout son influence sur le groupe français du Québec.Je déclarai tout simplement: \u201cJe ne l'approuve pas du tout\u201d et d'ajouter \u2018\u2018c\u2019est un sujet très dangereux, et l\u2019on en parle un peu trop à la légère.; Trop de gens n\u2019en ont pas d'idée précise.J'ai bien peur que si l\u2019annexion se faisait un jour, le Canada français, nrn seulement du Québec, mais de l\u2019ouest, de la Colombie- Britannique, des provinces maritimes y perdrait aussi\".Je fus plutôt surpris de découvrir que beaucoup souhaitent l'annexion avec les Etats-Unis, ou l'accepteraient comme un pis-aller.Et mon opinion n\u2019a pas changé du tout sur ce sujet depuis l'été dernier.Je crois encore que nous \u2014 nous, de descendance française du Canada \u2014 avons plus à perdre qu'à gagner du fait d\u2019annexion possible du Canada aux Etats-Unis.Il ne faut jamais perdre de vue les trois faits historiques et ethniques suivants: (1) l\u2019élément anglais aux Etats-Unis appartient au bloc anglo-saxon, au même degré que les groupes anglais du Canada et d'Angleterre; (2) que ces trois groupes appartiennent originairement en grande partie au groupe \u201csaxon\u201d d\u2019Allemagne; (3) que ces groupes sont tous en grande majorité protestants.A côté, plaçons cet autre fait ethnique que nous appartenons au groupe latin (français, italien, espagnol, etc.) en grande majorité catholique.Ces constatations devraient nous faire hésiter et réfléchir avant de prendre des décisions simplistes et à peine étudiées.Je sais bien qu\u2019il y en a beaucoup dans le Québec qui ne sont pas satisfaits du \u2018\u201cmariage\u2019\u2019 fédéral et provincial tel qu\u2019établi par le pacte de la Confédération.Mais ce \u2018\u2018mariage\u2019\u2019, en dépit de ses frictions et de ses inconvénients, est encore, à mon avis, plus solide et plus satisfaisant que les \u201créves anticipatoires\u201d d'un \u2018\u2018mariage canado-états-unien'\u2019 célébré à Washington.Laissez-moi, cher lecteur, vous poser une question.Est-ce que le groupe franco-américain, tel qu\u2019il est maintenant établi en Nouvelle-Angleterre, est-ce qu\u2019il a gagné au change?Est-il mieux au point de vue langue, religion, que le groupe canadien- français du Québec, ou d'Ontario même?Non, il a peut-être gagné des avantages pécuniaires, économiques dans certains centres industriels, mais, tout considéré, il a perdu beaucoup plus qu\u2019il n\u2019a gagné.et il continue a perdre!.Prenez le groupe islandais catholique d'Islande.Aussi longtemps qu'il eut à combattre persécuteurs, injustices, il fut fort uni, en dépit de sa pauvreté.Prenez une grande partie de ce même groupe transporté aux Etats-Unis.Qu'est-il devenu?Il est devenu fort au point de vue électoral ou politique, plus riche au point de vue pécuniaire.Mais un autre phénomène s\u2019est produit dans l'intervalle.Cannaissez-vous la proportion aux Etats-Unis des Islandais restés officiellement catholiques?Consultez le dernier annuaire du recensement publié à Washington.Vous y découvrirez une réponse, déconcertante et propre à faire réfléchir.Oui, mes amis, nous sommes encore mieux sous la protection du pacte de la Confédération, bien qu\u2019il faille continuer à nous battre et à nous défendre pour la sauvegarde de nos droits.Nous avons besoin, tout comme l\u2019Islandais d'Islande, de nous sentir un peu \u2018\u201c\u2018serrés\u2019 par nos partenaires anglo-saxons pour apprécier mieux ce qui nous appartient et ce que nous devons garder de notre héritage.Je vais m\u2019arréter ici.Je trouve un peu dangereux de jouer avec l'épouvantail de l'annexion.Ca me rappelle l'enfant qui joue aux pétards le 4 juillet aux Etats-Unis.Il a beaucoup de plaisir, mais trop souvent il y perd un œil ou un doigt emporté par l'explosion.Trop de personnes semblent penser que l\u2019annexion serait la solution idéale et la fin de nos luttes pour notre langue et notre religion.A mon avis, cette solution ne serait que le prélude d\u2019une série de tragédies et de désappointements où l'élément français d'Amérique serait tôt ou tard dépersonalisé, puis finalement submergé.Mon dernier mot est celui-ci.Faites tout ce que vous pouvez légalement et loyalement pour améliorer et rendre plus solide votre situation, mais toujours sous la protection du Pacte de la Confédération.Continuez vos patients efforts pour vivre avec ce \u201cpartenaire\u2019 par qui le pacte fut aussi signé.La garantie de survie est encore 1a!.Marius PÉLADEAU, M.D.Rédacteur en chef 1923-25 Brattleboro, Vermont.|S TLONALE L ] | r .EE J 282 OUEST RUE PET TT 7) SLFURY © MONTREAL INTERREGNE 1930 En 1930, le Quartier Latin était un adolescent de douze ans, sain, rieur, souvent taquin, et sans prétention.Son directeur était un étudiant en médecine, sérieux, cultivé et qui maniait la plume comme un bistouri.Ce bistouri, il avait entrepris de s'en servir pour isséquer le coeur, l'esprit et les moeurs de la jeune fille.Etait-ce pour améliorer la circulation extérieure du journal?It est probable que c'était la satisfaction à la fois d'un goût marqué pour les études psychologiques et \u2018un besoin irrésistible de provoquer des réactions intellectuelles et émotives.Il est certain que ces trois objectifs, voulus ou non, furent atteints, La circulation augments, Dumes en apprit bien plus qu'il ne l'avait espéré sur la psychologie féminine et les lettres ouvertes, les moins plaisantes souvent anonymes, affluèrent.Quand la garde- malade fut à son tour sur la sellette, il y eut un tel remous que le journal aillit être emporté.Dumas avait trop à coeur les activités de l'A.G.EU.M.pour insister et il démissionna.|| me fit l'amitié de me choisir comme son successeur et son choix fut ratifié par le conseil.C'est ainsi que Jeanne- Mance, la psychologie, Freud et quelques impondérables me portèrent à la irection du Quartier Latin.Cet interrégne était voué à la temporisation et il est probable que la circulation en souffrit.Le souvenir le plus vivace que j'en ai gardé, c'est la correction des épreuves.La copie arrivait plus ou moins irrégulièrement et il fallait corriger, réécrire certains paragraphes, en supprimer, soigner des susceptibilités, choisir les meilleure articles, qui, de la censure, passaient à l'imprimerie.Malgré la bonne volonté de l'imprimeur, il arrivait souvent que les épreuves n'étaient prêtes qu\u2019à la dernière heure et il fallait les examiner avec le même soin, malgré l'urgence .Nous allions à l'atelier parfois tard dans la soirée, et nous scrutions chaque ligne, comme si le retour à la prospérité en dut être la récompense.Nous trouvions d'innombrables erreurs, qui n'en étaient peut-être pas toujours et que nous retrouvions d'ailleurs presque toutes dans le journal, à sa sortie des presses.Et cependant c'était là dans ce coin encombré de l'imprimerie, que nous avions le plus l'impression de participer à une grande oeuvre.Puisque nous revivons des souvenirs, rappelons nos relations avec ce maître- journaliste, Olivar Asselin.Il était à la direction du journal Le Canada, ui connut alors ses plus beaux jours.Oliver Asselin touchait à tout et voulait le plus souvent le bien de ceux à qui il décrochait ses flèches, mais il avait une façon un peu irritante d'offrir des suggestions.Le Quartier Latin n'échappa pas à sa sollicitude.Nous étions en septembre 1931 et les étudiants n'attendaient que cette occasion pour sortir canne et bérêt.Un midi, un roupe imposant chahuta devant l'édifice du journal Le Canada, demandant des excuses qui ne pouvaient guére venir en de telles circonstances.Résultats: quelques vitres éclatées et un étudiant au poste de police.De directeur au Quartier Latin, j'avais passé à la présidence de l'A.G.E et je me fis un devoir d'aller tirer d'embarras notre infortuné confrère.Dans ma naïveté et pendant que je parlementais avec des officiers supérieurs de la police qui semblaient prendre l'affaire très au sérieux, peut- être ne voulsient-ils pas me désap- ointer, j'imagineis notre jeune ami, se amentant dans une froide cellule.Quand enfin, on me permit d'annoncer au prisonnier sa libération, je le trouvai installé à une table de jeu avec les constables de garde et il me fallut attendre la fin de la partie pour ne pas m'en retourner bredouille.Le Quartier Latin a grandi.[I est devenu un jeune homme, toujours sain, mais sérieux, d'une culture et d'une élégance littéraire, dont le monde universitaire est très heureux, en ce vingt-cinquième anniversaire, de le féliciter.Roger LAROSE Directeur 1930-31 ( ALBUMS POUR LES JEUNES Le grand artiste canadien, Rodolphe Duguay, de Nicolet, et son épouse, ont préparé une surprise aux enfants de Chez nous.Ils offrent un album splen- ide.Quinze pages d'histoires toutes simples.Quatorze Illustrations en couleurs: chefs-d\u2019œuvre inédits.H n\u2019y a rien de pareil dans l'édition canadienne.Les mêmes scènes d\u2019enfants sont croquées sur le vif par un apa de chez nous et racontées tout bonnement par une mère aimante.Le tout est merveilleux.Il n\u2019y a personne qui ne puisse trouver cela épatant.Voulez-vous faire sauter d\u2019enthou- slasme un enfant que vous aimez?ofirez-lui: - CINQ PETITS ENFANTS (1) En vente au prix de $0.60 \u201cper la poste: $0.65) chez votre libraire et à FIDES, 3425, rue St-Denis (près Sherbrooke), Montréal.LE GRAND MÉNAGE DU PRINTEMPS L'homme particulier pour la coupe et l'ajustement de ses vêtements obtiendra toute la satisfaction qu'il désire en portant un complet fait spécialement pour lui per Desjardins.Coupe exclusive, confection soignée et qualité supérieure.Conditions conformes aux règlements sur les prix et le commerce en temps de guerre.aN \u2014 PAGEISIX = SN \\ Snr SION BEATE 2 opi a BEATE = postes ÉLENES RE Houron S'en NATEN GUERRE >, Î compranz Td NOS BELLES MOEURS COMMERCIALES LE QUARTIER LATIN IL A PERPÉTUÉ LE BEL ACCENT DU XVIIe SIÈCLE (CHARLES PRUNEAU), Érocrccrors © CNAB, MO PAYS, MES AMOURS \u2014\u2014\" \u201cPOURQUOI SOMMES-NOUS DIVISES?\u201d PROPOS EN L'AIR Un monde où il ferait bon de vivre.Voilà ce que recherchent tous ceux qui chez nous ont quelques préoccupations communautaires.Les moyens pour l\u2019établir peuvent différer, et Dieu sait s'il est des gens qui savent habilement pratiquer des brèches profondes entre eux et leurs compatriotes.Notre population n\u2019est tellement pas si nombreuse qu\u2019il faille ainsi disperser nos énergies en de vaines disputes.Avant que d'être membre de tel groupe ou de tel parti, chacun est le sujet d'une patrie envers laquelle il a des devoirs.L'enfant qui débute dans la vie a besoin d\u2019appui, de soutien.Il appcrtera à la société une participation positive, si elle sait lui donner un cerveau créateur.C\u2019est un échange coopératif.L\u2019homme prend forme de citoyen surtout par l\u2019influence de deux facteurs essentiels: l'éducation et l\u2019instruction.L'un façonnera l'esprit, dressera le jugement; l\u2019autre forgera le cœur et la volonté.Les deux se compénètrent, s'unissent.La culture est faite de beaucoup d\u2019éducation et d\u2019un minimum d'instruction.1] omit ! se ep 193 ACHETEZ AVEC CONFIANCE CHEZ EATON.\u201cARGENT REMIS, SI LA MARCHANDISE NE SATISFAIT PAS\u201d, #T.EATON Cum DE MONTREAL .L'Université a un rôle primordial à jouer dans la préparation des chefs (un mot que les dictatures ont vidé de son vrai sens).Elle est un puissant formateur de la jeunesse qui entend servir.Si tous les professeurs et les professionnels, diplômés de nos universités, savaient comprendre la grandeur de leur tâche, beaucoup de choses seraient changées dans notre monde intellectuel.Il faut à notre Université une âme, un esprit qui imbibe chaque action et la transforme en un apostolat.Il importe \u201cde saisir la solidarité qui doit relier les classes de notre société.La jeunesse étudiante actuelle n\u2019aurait pas à subir les effets nocifs d'un milieu qui néglige ses artistes et ses savants.L'importance de la culture admise, je me demande pourquoi nous n'avons pas encore su la distinguer de la politique.(Je n\u2019affirme pas que les deux sont incompatibles).Tel est d\u2019un parti ou d'un autre, il est casé, classifié, étiqueté.Rien à attendre de lui si sa couleur politique est de teinte différente de la nôtre.Cette rigueur est inadmissible.La même recette s'applique aux étrangers.qui nous visitent.Cherchez s\u2019ils sont de droite ou de gauche, du centre ou de l\u2019extrême, et l\u2019on vous dira si ce sont de grands mathématiciens ou de bons géographes! Cependant, si ces gens venaient ici nous.raconter des bobards politiques sous prétexte de nous initier à la grande histoire, qui est plus souvent la leur, alors serions- nous libres de ronfler à leurs sornettes et de protester.Pourquoi donc parler de ces choses dans un numéro anniversaire du \u201cQuartier latin\u2019 ?Tout d\u2019abord, cela servira à prouver qu\u2019un étudiant peut parfois oser aligner des phrases entre deux examens et signer son nom sous une avalanche d'idées sans suite.D'un autre côté, le journal des étudiants ne doit pas être un carnet social ou un album des rivalités entre facultés.Nous devons nous préoccuper d\u2019exprimer nos revendications là où l\u2019insuffisance ou l'injustice règne.Les espoirs et les regrets signalés plus haut restent à mon avis des sujets sur lesquels il faudra constamment revenir, soit pour les réaliser ou les empêcher de naître.Je voudrais ici, pour terminer, citer quelques lignes d\u2019une lettre que nous adressait il y a quelque temps un écrivain intelligent de notre ville: \u201cJe vous dirai tout simplement que j'ai pendant longtemps déploré le vide atroce des journaux d\u2019étudiants; cela pourtant ne s\u2019applique pas tant à votre journal qu\u2019à d\u2019autres.\u201d Après avoir signalé l\u2019intérêt que lui avait procuré un numéro spécial -du \u2018\u2018Quartier latin\u201d, il ajoutait: \u201cCela me console d'affiches que j'avais vues sur les poteaux, \u2014 ornements de notre ville, \u2014 et sur lesquels on annonçait que nos étudiants allaient discuter d\u2019Adam et d\u2019Eve et d\u2019autres sujets de pareille importance.Pendant ce temps, hélas! les jeunes gens d\u2019Italie, d\u2019Allemagne, d\u2019Espagne et surtout du Portugal, balayés par un enthousiasme trop souvent dangereux, préparent les évolutions de demain.En Amérique du Sud, les étudiants sont en tête des manifestations libertaires.En Chine, ce sont les jeunes qui veulent reconstruire un pays nouveau pour lequel ils donnent leur sang et leurs peines.\u201d À quoi tient l\u2019apathie de tant de nos jeunes qui se désintéressent de demain?Est-ce à une formation ou plutôt à une déformation par laquelle jusqu\u2019à l\u2019âge de vingt-deux ans ils n\u2019ont jamais eu à choisir librement la porte de droite et celle de gauche, tant on décidait tout pour eux?Est-ce au fait que les quotidiens dont se repaissent leurs parents sont sans courage et sans virilité?Ou est-ce que, définitivement, l\u2019eunuchat est devenu la condition du succès dans l\u2019esprit des jeunes ?Voilà une jolie enquête à quoi l\u2019on pourrait consacrer l\u2019activité de nos sociétés.Mais je divague.Et l'on continuera dans notre province, à suivre la philosophie d\u2019une créature de Voltaire et à croire, avec le docteur Pangloss, \u2018\u2018que tout est pour le mieux dans la plus belle des provinces.\u201d Et la vie continue.Marcel BLAIS Rédacteur en chef 1940-41 MORCEAUX CHOISIS DE CLAUDEL En publiant Morceaux choisis, de Paul Claudel, les Editions Bernard Valiquette ont voulu permettre à notre public de reprendre contact avec un grand écrivain catholique, un poète lyrique vraiment inspiré.Ainsi que monsieur Pierre Bro- din Técrit si bien dans \u201cLes Ecrivains francais d\u2019entre-les- deux-guerres\u201d, rien de ce que Dieu créa n\u2019est étranger à Clau- del.Il ne cherche pas, comme les Romantiques, à retrouver dans les objets inanimés l'écho de son âme; il les aime pour eux-mêmes, avec une tendresse directe, robuste, avide à saisir le concret.Son oeuvre est, si l\u2019on veut, un \u201cvaste naturisme\u201d, ou, suivant le mot d'un critique, \u201cla perception d\u2019un terrien qui semble s\u2019emparer, d\u2019un seul coup, du secret même des choses et le transfigurer en poésie.\u201d Morceaux choisis de Paul Clau- del renferme quelques-unes des plus belles pages de Tête d'Or, la Jeune Fille Violaine, Développement de l\u2019Eglise, Connaissance de l'Est, Connaissance du Temps, Ode, les Muses, Partage de Midi, Art poétique, Cinq grandes Odes, l'Otage, l\u2019Annonce faite à Marie, Cette heure qui est entre le printemps et l\u2019été, Corona beni- gnitatis anni Dei, Trois poèmes de guerre, Un coup d'oeil sur I'ame française, Feuilles de Saints, Positions et propositions, le Soulier de Satin, ete.Morceaux choisis de Paul Claudel est en vente au prix de $1.00 ($1.10 par la poste) aux Editions Bernard Valiquette, 1564 rue Saint-Denis, Montréal, et dans toutes les bonnes librairies.+ AU \u201cQUARTIER LATIN\u201d IL Y A DIX ANS Le Quartier Latin célèbre cette année son jubilé d'argent.Il à droit à des félicitations chaleureuses qu'à titre d'ancien directeur, je suis heureux de lui adresser, Après les essais courageux tentés vers 1910 par les fondateurs de l'\"\u2019Étudiant et vers 1914 par ceux de l* Escholier\u201d, pour donner aux étudiants de l'Université de Montréal, un journal propre, uartier Latin est apparu pour vivre, prospérer et devenir le journal de belle venue d'aujourd'hui, dont nos étudiants sont fiers et qui fait grandement honneur à ceux qui le publient.Sa présentation, ses illustrations et son esprit font songer à certains des meilleurs journaux qui nous venaient de France, et qui, bientôt, nous parviendront encore.En 1932 et 1933, où j'eus le plaisir de diriger le journal, le Quartier Latin était déjà une institution solidement établie dans la coutume universitaire.Les étudiants aimaient leur journal et lui faisaient toujours bon accueil les jours de sa distribution.Mais, il nous a paru que la matière imprimée dans les colonnes du Quartier Latin d'alors était trop disparate.Les sujets les plus divers chevauchaient les uns sur les autres.D'interminables polémiques, parties de rien et ne menant nulle part, semblaient trouver trop facilement une hospitalité dans ses colonnes.Nous avons décidé de changer la manière du journal et tenté de faire du Quartier Latin un organe d'information étudiante.!| devint un journal de nouvelles illustré.Sans doute, les idées propres à créer la sympathie mutuelle entre les étudiants de toutes les facultés et écoles, et à provoquer entre eux l'union et l'amitié, ont continué à jouir dans les pages de notre journal d'une place de choix.Mais nous avons visé surtout a faire du Quartier Latin l'écho et le fidèle rapporteur de tous les actes de la vie étudiante et d'accorder à toutes les entreprises universitaires une publicité enthousiaste, d'y encourager les uns et les autres et d'applaudir aux succès remportés.Louis-René Lagacé, maintenant avocat à Chicoutimi, et Pierre Asselin, Fils d'Olivar Asselin, depuis plusieurs années attaché au ministère des Terres et Forêts, à Québec, ont été à titre de rédacteur en chef et d'administrateur, des lieutenants Jévoués, sincères et compétents.La Société des Débats, l'Association Athlétique, l'Association musicale et dramatique étaient, il y a dix ans, dirigées par de vrais carabins qui ont fait s'illustrer les organisations d'étudiants, Sous la présidence d'Hénault Champagne, maintenant attaché à I'Etat-Major de l'armée canadienne à Ottawa, la Société des Débats commençait à faire salles combles au Plateau et a conquis pour la première fois le trophée Villeneuve, par d'éclatantes victoires sur les Universités Laval et Ottawa.L'Association Athlétique, dirigée par J.-P.Legault, maintenant médecin, bien que dépourvue d'aréna et de gymnase pour l'entrainement de ses athlètes, maintint des équipes de hockey dans les circuits senior et intermédiaires, et rencontra les équipes des Universités McGill, Toronto, Darmouth, Yale, etc.Elle remporte le championnat intercollégial de tennis et de ballon au panier.Elle organisa des galas sportifs qui furent des fêtes magnifiques où accou- volent des milliers e spectateurs heureux d'admirer le talent de nos athlètes.Il y a dix ans, grâce à l'initiative de son président, le Dr P.-E.Gagnier, maintenant dentiste, secondé par Hénault Champagne, l'Association musicale et dramatique présents la première revue «Bleu et Or» au théâtre His Majesty's.Ce fut un triomphe.Les artistes, tous des étudiants avec quelques amies, excellèrent dans des sketches composés par eux et illustrant divers aspects de la vie universitaire.Louis-A.Lapointe, Gérard Delage, un rédacteur du Quartier Latin, Bernard Hogue, Alban Flamand, y connurent un succès, prélude e bien d'autres.Toutes ces manifestations universitaires exigeaient des étudiants du travail, du courage, de l'enthousiasme.Les étudiants de 1933 possédaient ces dons à un haut degré.Ils étaient inspirés dans leur tâche par un conseiller et un ami, peut-être plus enthousiaste et plus intéressé qu'eux dans les succès des étudiants.C'était leur nouvel auméônier, l'abbé Georges Deniger.Il a été à toutes les besognes, guide ou modérateur, toujours à la hauteur de la tâche.Aussi quand fut fondé, à cette époque, l'Ordre du mérite universitaire, il en fut le premier décoré.Jamais commission d'officier ne fut mieux gagnée.Les étudiants de l'Université de Montréal ont réalisé dans le passé, malgré les obstacles nombreux qu'ils ont dû surmonter, de belles choses.Le Quartier Latin tel qu'il existe maintenant en est une preuve éclatante.Ils pourront davantage désormais; maintenant qu'établis dans leurs superbes édifices de la montagne, ils peuvent envisager un essor puissant de leur Alma Mater.A côté de ces immeubles d'autres s'édifieront, maison d'étudiants, stadium, campus, etc.Une ville universitaire merveilleuse va naître et croître sur le flanc nord du Mont-Royal.Enfin dégagée des soucis matériels, l'Université de Montréal, par la qualité de son enseignement et l'esprit qui anime ses étudiants, occupera bientôt dans le monde la place qui lui revient.Et le Quartier Latin, marchant lui aussi de progrès en progrès, réalisera peut-être un projet que nous Caressions naguère en devenant un quotidien influent, dévoué aux intérêts étudiants d'abord, mais aussi flambeau ardent d'où rayonneront la science et l'esprit français pour j'evancement et le bien-être de notre peuple.I.-J.DESLAURIERS Directeur 1532-33 La bonne voie Le chemin de la banque méne a la prospérité.Un compte d\u2019épargne offre plusieurs avantages.Il \u2018développe le sens de l\u2019économie, stimule l\u2019énergie et donne de l'assurance.Il protège votre argent contre les pertes, le vol et les dépenses inutiles.Ouvrez aujourd\u2019hui un compte d'épargne à la BANQUE CANADIENNE NATIONALE Actif, environ $180,000,000 | 529 bureaux au Canada 62 succursales 3 Montréal 4) AVRIL 1948 VINGT-CINQ ANS EN ARRIERE Ne rien faire et se taire n'est pas le propre des étudiants.Aussi, il y aura bientôt vingt-cinq ans, avons-nous fondé Le Quartier Latin \u2018en nous rallisnt, enthousiastes, autour de la devise que nous devions adopter : «Bien faire et laisser braire!s Notre journal était le digne successeur de L Étudiant et de L'Escholier, et il a vécu, sans doute parce qu'il était né viable et méritait de vivre.Nous lui souhaitons de ne jamais mourir pour continuer nos meilleures traditions universitaires.Le premier numéro de notre journal, publié en collaboration, parut le $ janvier 1919.Il avait pour but de faire disparaître l'isolement et l'inaction, après les quatre années de l'autre guerre 1914-1918.La Rédaction écrivait alors: «Pendant que les derniers vivats de la victoire se repercutaient à travers le monde, les jours d'amertume s'effaçaient, l'espoir de revivre les douces heures d'antan commença à inte pour nous et, à l'instar des chancelleries d'Europe, nous parlames de reconstruction.» La guerre écartée, nous ne pouvions rester inactifs.La foi en l'avenir nous était désormais permise.Nos ambitions se gonflèrent comme les voiles qui prennent le large, et nos projets naquirent et se multiplièrent.Le vent était aux initiatives fructueuses.Dès le premier numéro de notre journal nous préconisions de ressusciter la Fédération universitaire, afin de grouper en association les étudiants de toutes les Facultés.Laval, selon nous, ne devait pas se limiter à notre «lugubre prison» de la rue Saint-Denis, et une telle association fédérative valait bien l'Association des Bâtons Constabulaires! Ce rêve prenait vite forme et chair; au cours du mois de mars 1919, Le Quartier Latin devenait la propriété et l'organe officiel de la Fédération, sous la direction de M.Adélard Dupuis, président des E.E.M., élu président de la nouvelle Fédération des Étudiants de l'Université Laval.Les débuts du Quartier Latin ne furent pas trop difficiles; les amitiés, les encouragements n'ont pas manqué à notre journal, les fondateurs et collaborateurs non plus que je ne saurais mentionner tous.Îl y avait Antoine Chauvin, brillant, fécond, si populaire, toujours plein d'entrain et de verve.Il signait Sidoine Apollinaire, Jean Chosko et autres noms d'emprunt, et mourait prématurément en 1931 avant d'avoir donné la plénitude de son talent.Bernard Bissonnette, aujour- d'hui juge de la Cour d'Appel, dont [a plume aimable, l'initiative pondérée et les sages conseils nous furent si précieux; Hector Perrier, notre secrétaire provincial actuel, toujours fébrilement actif, infatigable, avec de l'énergie à revendre : ne signait-il pas Horse Power?s'occupant avant tout du côté financier du journal dont il rédigeait pourtant la chronique sportive; Philippe Panneton, Ringuet, qui nous traitait en aîné, bourré de souvenirs scientifiques et littéraires qu'à froid il nous servait chaud; Hermas Bastien à l'article toujours prêt ou en puissance, et qui nous sauvait la vie quand, à la dernière minute, la copie venait à manquer; écrivain alerte, il racontait dans Le Quartier Latin du 27 novembre 1919 l'incendie de l'Université Laval, en même temps qu'il disait nos espoirs d'une nouvelle et plus belle université, plus solide et aux larges portiques s'ouvrant sur l'avenir; Henri Letondal, dont nous prisions les nombreux sketches sous le nom d'Henry Max, conteur spirituel, acteur et artiste.Il n'a pas changé .Que d'autres collaborateurs : Joseph Gingras, Jean Dufresne, Jean Nolin, Hervé Legrand, Gérard Denis, J.-A.Lambert, Gustave Chauvin, etc.Je relève aussi les noms du sénateur L.-O.David, de l'honorable juge Philémon Cousineau, de Maîtres J.-A.Beaulieu et Germain Beaulieu d'Eustache Letellier de Saint-Just, de Paul Quintal Dubé, Édouard Chauvin, Albert Dreux, etc.qui nous ont donné des articles ou bien des vers.Certains écrits ont parfois soulevé des polémiques fort acerbes, comme le témoignent les pages du Quartier Latin de l'époque.Rédacteur en chef du Quartier Latin de février 1919 à la mi-mai 1919, je recevais comme tel un salaire hebdomadaire de cing dollars.Je souhaite des émoluments plus substantiels au rédacteur en chef actuel.Est-ce Henri Murger qui à écrit?«Pour être considérées il ne manque à nos lettres que d'être riches», ce qui s'applique davantage à notre littérature canadienne-française.Je disais, il y a déjà longtemps, à un de nos écrivains que je ne nommerai pas et qui plaçait d'avance, au coût de $1.00, le Recueil de ses oeuvres qu'il devait publier et qu'il n'a d'ailleurs jamais publié: «Qui dira que notre littérature n'avance pas?Elle avance au moins la main .» Pour revenir à mon salaire de $5.00 comme rédacteur en chef, que voulez-vous, il n'y avait pas alors de loi du salaire minimum ni d'union, mais seulement l'obligation d'un travail maximum.Je devais, pour cette somme, voir à ce que le journal paraisse, sans faute, chaque semaine, et pour cela pondre à pleines colonnes sous les pseudonymes de Paul Gernal, Jacques Tournesol et autres, recruter des collaborateurs, quémander des articles, corriger les épreuves et laire la mise en page du Quartier Latin au journal Le Canad où il était imprimé.Je ne regrette pas cependant le temps que j'ai consacré au Quartier Latin, et je fus largement payé si je monnaye le plaisir que j'ai eu d'en être le rédacteur en chef, les amitiés que je m'y suis faites, et les souvenirs agréables qui charment encore mes veilles.«J'ai plus de souvenirs que si j'avais mille ans.» (Baudelaire) LE QUARTIER LATIN L Y A QUINZE ANS 1929-1930.Mon rédaction.n me demande mes souvenirs.Le recul des années m'inquiète et j'hésite à secouer cette poussière.Et pourtant, même si cette rétrospective devait n'intéresser personne, pourquoi ne pas m'y risquer puisque j'en espère pour moi-même le goût renouvelé d'un cher passé?On perd vite l'habitude et le goût d'écrire mais pas le souvenir d'avoir écrit; peut-on jamais s'en détacher froidement, sans une arrière-pensée de vanité ou d'angoisse ?.temps de Rédacteur en chef du Quartier Latin! A vingt-et-un ans, le fardeau de mener un journal aurait pu m'effrayer, sans l'irrésistible attrait d'une fonction dont je rêvais alors de faire une carrière.êve éphémère.Le dur métier de journaliste n'a rien de commun avec certaines facilités de la vie d'écrivain.L'expérience me l'ayant vite appris, ma déception fut peut-être à la hauteur e mes espoirs.Que de sympathiques figures, pourtant, autour de cette table de rédaction ol nous nous réunissions, chaque semaine, rue Demontigny!.Jovial, malin, l'abbé Pineault nous accueillait la main tendue, prompt à la réplique, facile au dévouement dont il faisait sa vie.A chaque assemblée, il nous remettait les textes revus, et censurés, et ceux d'entre nous qui ont aujour- d'hui le courage de se relire peuvent avoir une idée de son indulgence et de sa patience.Le directeur, Dr Wilbrod Bonin, présidait ces séances du lundi soir, avec la même assiduité qui, longtemps auparavant, en avait fait le plus précieux collaborateur du journal.Comme administrateur, Dr Maurice Ferron, énigmatique et souriant, nous apportait chaque fois le message que nous attendions avec le plus d'impatience: l'assurance que l'édition précédente avait fait ses frais et que nous pouvions sans trop de risque publier de nouveau.Problème hebdomadaire et sans cesse pressant; nous n'avions qu'un tirage limité dont les abonnements défrayaient en partie le coût d'impression, mais il fallait trouver des fonds chez des annonceurs sympathiques ou des mécènes hélas! trop vite blasés.Ferron faisait des miracles, Bonin torturait nos amis et l\u2019on boucleit! || fallait bien ces deux médecins étonnants, pour réussir chaque semaine la naissance d'une édition nouvelle.La formule de notre journal était sans complication: éditorial, chroniques \u201cPAGE SEPT L'AVENIR DE LA RACE.des facultés, billet du jour, page sportive, page artistique, et quelques articles laissés à l'entière fantaisie de leurs auteurs.Tenue sommaire et sans grande originalité qui avait aussi le mérite d'être sans prétention.Le ton n'avait rien \u2018académique: notre génération goûtait les carabinades avec une insouciance que la crise économique avait à peine touchée et que l'inquiète jeunesse d'aujourd'hui ne connaîtra pas.Circulant presqu\u2019exclusivement dans le milieu étudiant, le journal était rédigé en entier par les carabins, qui en avaient fait leur affaire.Nous ne songions guère, et ce fut sans doute une lacune, à solliciter la collaboration de nos professeurs ou de rédacteurs étrangers.Le travail de mise en page se faisait surtout le soir.Je me rappelle avec effarement le nombre d'heures dépensées chaque semaine à le collection et à la disposition des articles.Rien n'est changé dans le journalisme, ni l'ère des ciseaux et du pot de colle, ni le travail aux petites heures de la nuit.ous faisions imprimer & l'Eclaireur dont les fenêtres donnaient, rue St- Denis d'où nous pouvions à l'occasion voir les étudiants défiler en rade ou s escrimer avec la police.Beau sujet \u2018inspiretion pour un humoriste ou un chroniqueur sportif! .D'ailleurs, à vingt ans, si la pensée n'est pas mûrie, le coeur déborde et coule à flot : il ne se vide et tarit que plus tard.À cet âge, on Les Docteurs Paul Dumas, Théo.Godin, Geo.-Et.Cartier, Paul René Archambault, le notaire Théo.Legault, Thuribe Belzile, Me Claude Prevost, Léo Leblanc, et Roland Beaudry comptaient parmi les collaborsteurs les plus assidus.Les polémiques de mon ami Paul Dumas, le plus sympathique pisse- vinaigre de son temps, donnaient au journal une couleur inestimable, et certains de ces articles sur les débutantes et les_gardes-malades étaient lus par certains avec colère et dépit autant qu'ils faisaient la joie des ame- teurs de caricature et d'humour.Ceux qui l'ont connu savent aussi qu'il avait assez de facilité et d'esprit pour faire le journal à lui tout seul.et trouveront sans doute qu'il n'a guère changé.Depuis cette année 1929-1930, le Quartier Latin s'est libéré d'un dilettantisme longtemps en faveur pour s'élever à un niveau de préoccupations intellectuelles supérieures.L'inquiétude actuelle de la jeunesse la presse e discuter son avenir.Les données du problème ne sont plus celles d\u2019il Ï a quinze ans.Au Quartier Latin, étudiant trouve un médium d'expression bien à lui.Il faut le féliciter de l'avoir compris.Que ceux qui viennent après nous continuent, pour eux et pour les autres, de mieux penser e mieux faire.et de laisser brairel .Cest là, en même temps qu'un programme, le meilleur souhait d'un ancien.Jean Paul VERSCHELDEN Rédacteur en chef 1929-30 mique?Jeunes avocats, ingénieurs ou agronomes N\u2019oubliez pas que la compétence seule vous permettra de réussir.Et qui, de ceux qui aspirent aux plus hautes situations, peut se dispenser aujourd\u2019hui d\u2019une formation écono- Inscrivez-vous donc à CRÉDIT FONCIER FRANCO-CANADIEN \u2018FONDÉ EN 1880 PRÊTS HYPOTHÉCAIRES 1 SIÈGE SOCIAL ' 5 EST, RUE ST-JACQUES, MONTRÉAL CANADA SUCCURSALES À QUÉBEC \u2014 TORONTO \u2014 WINNIPEG, \u2014 RÉGINA EDMONTON \u2014 VANCOUVER COMITÉ DE PARIS: 6, RUE VOLNEY À écrivait même sens rémunération aucune, uniquement pour voir couler le sang rouge de ses idées dans les veines d'un style qui cherche encore sa forme littéraire définitive.On écrit pour écrire, comme on respire pour vivre et aimer; la jeunesse et le printemps travaillent au miracle des éclosions spontanées.ll y a vingt-cinq ans nous n'avions pas tous les avantages d'aujour- d'hui, le radio, les vues parlantes; mais nous allions au cinéma Passe- Temps voir jouer Norma Talmadge ou Nazimova.Nous étions aussi de= fervents du balcon, à l'Orpheum où Becman tenait l'affiche dans \u2018Épervier, La Flambée, La Refale, Le Voleur, etc.Qui ne se - souvient de l'élégant et svelte Becman dans ses complets impeccables non rationnés.Notre ami Letondal pouvait écrire que lorsque Becman interprétait un rôle, s'il lui arrivait de boire sur le scène, on entendait descendre chaque gorgée qu'il ingurgitait, tent le salle était silencieuse et tant était grande l'admiration des spectateurs et surtout des spects- trices.La ligne, la voix, le jeu de Becman faisait tout oublier, même le voix du soulfleur Qui parvenait parfois jusqu'à nous.En effet, Becman, sûr de son public, ne savait pas toujours ses rôles, mais il s'en tirait avec son talent.a de nos jours de meilleurs acteurs; nous regretions quand méme Becman et le temps où dans le lcon de l'Orpheum les étudiants chantaient en choeur : «lls sont en haut les moineaux |.» Ne serait-ce pas notre jeunesse que nous regrettons et le bon vieux temps du Quartier Latin ?Gaston GIBEAULT, vocat, 0 Sainte-À -Monts.: \u2018Rédacteur en- chef 1918-19 A L'ÉCOLE DES HAUTES ÉTUDES COMMERCIALES (affiliée à l\u2019Université de Montréal et subventionnée par le Secrétariat de la province) Un programme d'étude, spécialement adapté à vos besoins, vous conduira à la Licence en Sciences commerciales et vous fournira cette formation économique indispensable à votre réussite.Demandez toits renseignements \u2018au Directeur nok tes 535, avenue VIGER, MONTREAL _ : : Ji PAGE HUIT JEANETTE MACDONALD Jeannette MacDonald, que l'on entendru en concert au Forum le ler Juin prochain, n de nouveau été choisie comme in vedette favorite des iunateurs de théâtre à l'étranger dans une compliation faite pur le \u201cMotion T'icture llerald™.Lu cantatrice à reçu dernièrement en une semaine un courrier de 4,000 lettres de ses admirateurs des autres pays, Ces lettres venalent de l'Angleterre, du Canada, de l\u2019Ecosse, de l'Irlande, de l'Amérique du Sud, du Mexique, de l'Australie, de Ja Nouvelle-Zélande, de l'Esparme, du Portugal, de la Finlande et de In Turquie.Tous louungenient les magnifiques efforts de In vedette d'Hollywood, LE COIN DU GRAPHOLOGUE AVIS IMPORTANT Le Quartier Latin publie au- jourd'hui son dernier numéro pour Ja présente année universitaire, et le Graphologue regrette, vu l\u2019espace strictement limité mis à sa disposition, les caprices de la mise en page et le nombre restreint de numéros du Quartier Latin, de n\u2019avoir pu répondre, jusqu'ici par la voie de ce journal à toutes les demandes d\u2019esquisses graphologiques reçues.Plusieurs, les plus vieilles datant de la fin janvier, resteront forcément en plan d\u2019ici la reprise de la publication du Q.L., soit en octobre prochain.Le Graphologue espére que les intéressés et intéressées auront la patience d\u2019attendre jusque là, à moins qu'ils ne préfèrent, pour obtenir une réponse immédiate par la poste, se confermer aux exigences du tarif régulier.Ils n\u2019auront qu\u2019à lui faire parvenir $0.25 en monnaie, bon de poste, ou timbres et indiquer leurs noms et adresse, ainsi que, s\u2019il y a lieu le pseudonynie dont ils avaient signé leur première demande.Réponse suivra sans tarder.Le GRAPHOLOGUE EXÉCUTIFS DES CONSTITUTIVES POUR 1943 - 44 QUARTIER LATIN Directeur.0000000 .Gaston Pouliot, Droit Rédacteur en chef.Jacques Fontaine, Droit Secrétaire de la rédaction.Fernand Séguin, Sciences Administrateur.Pierre Vaillancourt, Médecine SOCIETE DES DEBATS Président.eee Vice-président.Secrétaire.Trésorier.eee.ASSOCIATION ATHLETIQUE Président.Vice-président.een Secrétaire-archiviste.Gabriel Marchand, Droit .Maurice Noiseux, Médecine Louis-Philippe Dupuy, Droit «++.Gilles Grignon, Médecine Philip Ewart, Polytechnique Réal Laverdure, Hautes-Etudes +.Yves Prévost, P.C.B.LE QUARTIER LATIN RETROSPECTIVE OU UNE HEURE AVEC.LE PRESIDENT DE L'A.G.E.U.M.Thème fécond des étudiantes complaintes que celui de l\u2019incurie, de l\u2019inertie ou de la parcimonie des \u2018\u2018patres conscripti\u201d du Conseil de notre Association générale.Or, si pareilles doléances sont le plus souvent injustifiées, je pense qu'elles le sont particulièrement cette année, où, malgré des difficultés infiniment accrues, le Conseil sera parvenu, tout compte fait, à un ensemble de réalisations imposant.C'est ce désir de rendre à César, à tous les modestes et éminemment pacifiques Césars de l'A.G.E.U.M., ce qui ieur revient, qui m\u2019a amené, un beau soir de printemps, chez Marcel Caron.Les étudiants connaissent à peu près tous \u2018\u2018le Président\u201d.Que je dise seulement, pour ceux qui d'aventure n\u2019en auraient pas l'avantage, qu\u2019il est d'un commerce agréable, fort accommodant par tempérament, partisan du \u2018\u2018toujours mieux\u201d, et qu\u2019il vous cultive un de ces sourires à éteindre les rébellions; pour les intéressées, qu\u2019il porte, tel un vêtement de haute couture, un physique alléchant, et se porte, en dépit d\u2019un travail harassant, comme un charme.Courte palabre sur les examens et nous en venons à l\u2019\u201cinter- viou\u201d.Non point cependant avant que Marcel n\u2019eut pris soin de partager entre tous les officiers de l\u2019A.G.E.U.M.le crédit du travail accompli.\u201cC'est un travail d'équipe que nous faisons\u201d, ajoute-t-il.Et puis, en un raccourci de quelques quarts d\u2019heure il me résume a larges traits cette autre année carabine qui va finir tout a I'heure.| La situation du début n\u2019était guère prometteuse: depuis au-delà d\u2019 un mois, l\u2019entrée à l\u2019édifice de la montagne avait été, de semaine en semaine, différée.Au moment où enfin s\u2019installent les Facultés logées à la montagne, notre petit peuple se voit soustrait de quelque trois cents étudiants des Hautes-Etudes, partis pour la \u2018\u2018croisade\u201d\u2019 des blés.Par surcroît, les locaux de l'A.G.E.U.M.et des constitutives se découvrent nus comme vers, tandis que le mobilier s'ennuie depuis des mois sous une épaisse couche de poussière ou dans des caisses, amoncelé au fond d'une des salles de billard.Un aménagement rudimentaire, \u2014 encore hautement perfectible: les serrures des portes des différentes salles en question demeurent encore purement décoratives, faute de clefs, \u2014 ne viendra que plus tard.Les étudiants, un peu perdus dans l'immensité de l'édifice, prennent du temps à se sentir les coudes.Citoyens de quartiers chics, nous sommes en revanche éloignés du centre de la ville et de tous les services qui s\u2019y rassemblent.Enfin, il y a / la guerre, ses restrictions et ses ennuis.Ainsi, par suite de l\u2019un ou de l\u2019autre ou de la conjugaison de tous ces handicaps, il s\u2019en est fallu de peu que la Ligue de quilles ne dut disparaître cette année, et ce n\u2019est qu\u2019après trois semaines de démarches et de recherches et grâce au dévouement de Maurice Lamoureux et d'Albert Royer qu'on est parvenu à l\u2019organiser; le bottin a vu sa publication entravée d\u2019une foule de difficultés nouvelles, et de ce fait retardée de trois ou quatre semaines; la location du chalet de ski est devenue toute une longue affaire et a failli devoir être contremandée.Et j'en passe.f Pourtant, l\u2019année aura été tout aussi bonne et même, à maints points de vue, meilleure que les autres.Tandis que, soutenues, guidées par l\u2019'A.G.E.U.M,, les constitutives s\u2019acquittaient de leurs tâches habituelles, s\u2019ébauchaient, puis prenaient corps plusieurs initiatives sans précédent.Et il sied ici de dire que le seul fonctionnement des constitutives et les seules affaires courantes: perception des revenus, organisation du budget, répartition des allocations entre les constitutives, relations diverses de ces dernières avec l'A.G.E.U.M., représentent déjà pour le Conseil une respectable somme de travail.Mais les officiers de l\u2019A.G.E.U.M.ne s\u2019en tinrent pas la.Constamment ils ont cherché à innover, et par ailleurs on les a trouvés prêts à seconder tous les projets qui en valaient la peine.De sorte qu'il serait malséant, cette année, de les accuser d\u2019avoir\u2019 lésiné ou sur leur temps ou sur les fonds a leur disposition.Dès le début de l\u2019année, lors de la semaine d'opéra au Théâtre St-Denis, ils voyaient à obtenir et à distribuer parmi les étudiants quelque trois cents billets pour les représentations de \u2018\u2018Samson et Dalilah\u201d et de la \u2018Fiancée vendue\u2019.Vers le même temps, ils participèrent à la mise sur pied de l'association des \u2018\u2018Amis de l\u2019art\u2019, dont au surplus l\u2019A.G.E.U.M.s'engageait à assumer, pour tous les étudiants désireux d\u2019en devenir membres, les trois cinquièmes des frais de cotisation.En vue d'assurer aux étudiants l\u2019exclusivité des avantages de l'A.G.E.U.M., une carte officielle était remise, \u2014 et ce pour la première fois, \u2014 à tous les étudiants en règle avec cette dernière.À partir du 8 janvier, l\u2019Association défrayait à même ses fonds le prix d'entrée, aux réceptions du Cercle universitaire, de Carabin et de sa douce.Ceux-ci, elle les conviait récemment, et sans que Carabin eut un traître sou à verser, fait unique dans nos annales, au magnifique concert d'Arthur LeBlanc.Depuis longtemps on révait de doter l\u2019Association d'une discothèque: au coût de plus de mille dollars, le Conseil de cette année a, comme l\u2019on sait, matérialisé ce rêve.Et dans le même ordre d'idées, on réussissait, en collaboration avec la Société artistique, ce concert d\u2019étudiants de samedi dernier.Enfin, grâce à l'appui de l\u2019A.G.E.U.M., paraîtra dans -une couple de semaines, et sera gratuitement distribué à tous les étudiants et sera répandu par toute l\u2019Amérique un luxueux album photographique sur notre Université: publication conçue et réalisée au prix de bien des peines par Roland Lefrançois, au zèle duquel je me plais ici à rendre hommage.Au compte de l'A.G.E.U.M.doit être encore portée la solution de l\u2019épineux problème créé entre les Hautes-Etudes et Polytechnique VERSEMENTS FAITS aux détenteurs de polices de la province de Québec au cours des dix dernières années: $90,000,000 SECURITE SUN LIFE OF a ASSURÉE A oe CANADA ELEANOR STEBER lal TU La \u201cLES NOCES DE FIGARO\u201d AUX FESTIVALS Cet opéra-comique, qu'un blographe de Mozart quulifiait de chef-d'oeuvre de musique souriante, sera présenté au théâtre Zlis Majesty's, les 24 et 26 mul, sous la direction de Sir Thomas Bee cham, Voici quelle en sera la distribution: la Comtesse: Eleanor Steber; Suzanne: Audrey Mildmay Christie; Chérubin: Frances Greer; Figaro: John Brownlee; le comte: Francesco Valentino; Bar- tholo: Gerhard Pechner.A exception de Audrey Mildmay, tous ces artistes appartiennent au Me tropolitan et interpréteront des rôles qu'ils ont souvent joués à New-York, soit au théâtre, soit à ln radio.C\u2019est dire qu\u2019ils sont depuis longtemps connus 80 AVRIL 194 DE MONTRÉAL et appréciés des radiophiles de ce nous.Audrey Mildmay est à la fois fonds trice et figurante des célèbres Festivals de Glyndebourne oli de concert avec sop mari, John Christie, elle a installé un opéra dans un anclen manoir de style Tudor, au coeur de lu campugne an gluise.La guerre a ramené Audres Mildmay et su famille & Vancouver of c'est Sir \u2018Thomas Beecham lui-même qui l'a choisie pour personnifier la char mante Suzanne des Noces de Figaro, rôle qu'elle an déjà tenu à plusieurs re prises et toujours avec un Înimeng succès, Le Dr Herbert Graf et M.Richard Rychtarik, tous deux du Metropolitan, s'ucquitteront du soin délicat de lu mise en scène et des décors.d\u2019une part et l\u2019Association générale d'autre part par le transfert à la montagne des autres Facultés.En outre, il èst bon qu\u2019on le sacl maintenant, au temps où le sort de certaines Facultés, diles non-essentielles, a été en jeu, l\u2019A.G.E.U.M.n\u2019a pas hésilé, pour tenter de les sauver, à faire les démarches, à préparer les documents voulus.Et l\u2019on aura pu remarquer, par exemple lors du congrès à Montréal de la F.C.U.C., que l\u2019A.G.E.U.M.n\u2019a rien négligé pour développer nos relations avec les étudiants des deux REMERCIEMENTS NOS ANNONCEURS autres universités françaises.Eh! voilà le rôle qu\u2019a joué cette année l\u2019A.G.E.U.M.! Celui de son Président, Marcel, a oublié d'en dire mot.Alors qu'il eût pu, à plusieurs moments et sans forfaire à la vérité, parler uniquement à la première personne.À revivre toute cette geste d\u2019une année de vie universitaire, le temps dont nous disposions tous les deux s\u2019est rapidement écoulé.Je prends congé du Président, le tram du retour et la sombre résolution d\u2019étudier le reste de la soirée.Gaston POULIOT \u201cVUE DE LA TERRE PROMISE\" La CHRONIQUE DES PASQUIER, l'insurpassable chef-d'oeuvre de Georges Duhamel, est l'histoire captivante d'une famille française racontée en huit romans aussi intéressants les uns que les autres et dont chacun constitue un livre complet qui peut être lu seul.VUE DE LA TERRE PROMISE, le troisième roman de cette CHRONIQUE DNS PASQUIER dont Les Editions Variétés ont entrepris la publication au Canada, a plusieurs thèmes qui en font un livre remarquable.Là, les enfants Pasquier commencent à vieillir.Et voilà que tout est changé dans la famille, car chacun veut vivre, vivre pour soi; chacun veut aimer, jouir de la beauté du monde, se sauver, aller vers une terre promise.' Une soif d'amour, de liberté, de gloire ussaille tous les Pasquier.\"CHAMBRE Librairie Arthème Fayard éditeur, Paris 1040, Distributeur pour le Cana- du: Librairie J.A.PONY Limitée, 554 est, rue Ste-Catherine, Montréal.\u201cChambre d'Hôtel\u201d, de Colette, réunit deux nouvelles dont la première seule porte ce titre et semble un chapitre Infiniment précieux arraché aux souve- niers de celle qui fut, avec tant de troublante pénétration et de vie si ardente, In moraliste des tournées de musle-hall et l'inoubliable \u201cvagabonde\u201d.L'autre histoire nous conte un \u201cenvoûtement\u201d, opéré par sorcellerie ou simplement par haine amoureuse, dans un ménage de tout petits bourgeois où une épouse déçue, une belle-soeur jalouse, assassinent de loin un pauvre La triste et courageuse figure de ls mère se penche sur les ambitions de se enfants.Raymond l\u2019asquier, le père, la fois fantasque, coléreux ct bon n'échappe pas au souffle de liberté qui passe sur les jeunes.Et puis c'est Pamour, In liberté et In gloire qui ap portent une amère déception à la grande artiste Cécile.Laurent, lui, le \u201ccher Laurent\u201d récolte de bien tristes compet sations et l\u2019ambitieux Joseph subit des déboires financiers.Sous la plume de Duhamel, les grands malheurs, les petites joies nous émeuvent vivement et servent à donner Un livre qui se classe parmi les meilleurs romans modernes français.(1) Un volume de 250 pages.Prix $1.25 par la poste $1.35.En vente dans toutes les honnes librairies et aux Editions Variétés, 1410, rue Stanley, Montréal.D'HOTEL\u201d homme, fort éloigné de se croire victime des pratiques démonliaques.Ces deux nouvelles, d'une lecture & trêmement attachante, sont contées avec cette maîtrise nonchalnnte, cette désir volture très appliquée, cette finesse mb nutleuse dans In sensation, suprême souci de l\u2019auteur, et dans le souvendfs entretenu avec amour, qui enrnctérisen l'œeuvre de Colette, lui donnant une not et un ton Inégalés et Inégnlables.\u201cCHAMBRE D'HOTEL\u201d est un Vivre qu\u2019il faut lire, comme toutes les oeuvre de Colette, pour goûter un pluisir V peu spécial et très délicat.bi | Un A de 225 pages, format Niothèque.Prix -du volume, $1.25; par In poste pr 30 AVRIL 1943 Re CRE PRES it ES PAGE NEUF A LA MANIERE DE 1920-25 \u2026 LE QUARTIER LATIN LETTRE OUVERTE AU DIRECTEUR Monsieur Maurice Blais, directeur, Le Quartier Latin, Montréal.Mon cher directeur, Lorsque dernièrement, au téléphone, vous m'avez demandé un article pour le numéro spécial de votre journal, à l'occasion de son vingt-cinquième anniversaire de publication ininterrompue (on l\u2019a tout de même enfanté viable!), j'ai tout de suite répondu: \u201cMais oui, avec plaisir!\u201d Et je vous avoue bien humblement que jai senti mon torse se bomber de fierté, que ma voix aurait résonné d'importance, si j'avais ajouté un seul mot.Que ne l\u2019ai-je fait et pour vous refuser encore! Car je ne cesse depuis lors de me repentir de ce \u201coui\u201d qui m\u2019a échappé, que je n'ose pas vous accuser de m'avoir arraché parce que je n'ai pas eu la velléité d\u2019une protestation.Pourtant je serais justifiable de la porter cette accusation: votre appel téléphonique m'a soudain fait perdre mon équilibre affectif que je ne suis pas bien sûr d\u2019avoir complètement recouvré.Si vous êtes de bonne foi, vous allez devoir admettre que cette prétention n\u2019est pas chez moi l'effet de la déformation professionnelle.Vous avez commencé par me \u2018\u2018conditionner\u201d\u2019 à l'acceptation en me déclinant vos titres de docteur en médecine et de directeur du Quartier Latin: impossible de tenter un refus sans y mettre des formes que je n'aurais d\u2019ailleurs pas eu le temps de chercher.Vous vous êtes empressé d'ajouter: \u201cVous avez été collaborateur, rédacteur, et directeur du Quartier Latin, au cours de ses premières années d\u2019existence.\u201d Notez, je vous prie, le dynamisme de ces simples mots qui trahissent le journaliste habile, au fait des faiblesses de la vaniteuse humanité: vous me reportez soudain à vingt et quelques années en arrière, vous m'y faites gravir en une seconde la pente raide qui mène au faite de la \u201c\u2018gloire journalistique\u201d (ça m'a pris quatre ans dans le temps et c'était déjà un record!).Puis pour être bien certain que je ne retrouve pas mon souffle, que j'ai même le vertige, vous avez ajouté: \u201cVous avez été un pionnier.\u201d Songer que l'on a été un pionnier, monsieur, ne rajeunit pas précisément; rien d\u2019étonnant qu\u2019on sente ses genoux trembler, surtout après une aussi rapide ascension.Si je ne vous comprenais, mon cher directeur, parce que j'ai fait votre métier et qu\u2019il m\u2019a semblé, en parcourant quelques numéros de votre journal, que les étudiants sont encore moins a nombreux à collaborer que de mon temps, je vous en voudrais.Mais je ne vous en veux pas.J'ai même essayé de vous rédiger l'article demandé.Pour retrouver l'atmosphère d'il y a vingt ans et ma facilité (?) d'écrire du temps, j'ai couru acheter le dernier numéro du Quartier Latin.J'ai eu l'impression de me trouver en face d'un grand jeune homme de vingt-cinq ans, très studieux, très sage, qui tâche de passer inaperçu, sous les traits de qui il m\u2019a été impossible de retrouver le \u201cpetit\u201d si gai, si remuant, un pen ttop peut-être, sur l\u2019enfance duquel nous avons veillé avec d'autant plus d\u2019indulgence que \u2018\u2018certains\u2019\u2019 lui faisaient les gros yeux.Ne voyez pas 1a un blame, ni une mcquerie: c\u2019est une simple constatation, probablement très subjective, d\u2019un homme qui approche de l\u2019âge où on commence à trouver que rien ne vaut plus \u2018\u2018son temps\u201d.Mais je m'en rends compte et vous prie de me le rappeler si vous avez connaissance un jour que je l\u2019oublie., Donc, je me récuse.En toute honnêteté, je me sens incapable du genre d'article coutumier aux anniversaires: réminiscences, anecdotes fines ou gaies, réparties fines de quelque copain qu\u2019on finit par s\u2019attribuer sans vergogne.J'ai beau interroger ma mémoire, elle reste vide comme un communiqué officiel de guerre.Elle doit être bien mauvaise ou la mémorisation des textes latins ou grecs dont nos maîtres, au collège, disaient tant de bien n\u2019était pas si efficace après tout.C\u2019est à peine si je puis provoquer, sur l\u2019écran de mon imagination, le défilé des figures de mes camarades au Quartier Latin d'il y a vingt ans; et je ne parviens pas à mettre des noms sur toutes, si souriantes et sympathiques qu\u2019elles remontent du passé.J'ai peut-être eu le tort de trop laisser sécher le iubrifiant de l'amitié dans les rouages de ette mémoire.Mais un désir me hante, effet de la déformation (pourquoi pas de la formation ?) professionnelle cette fois, il faut bien le reconnaître, celui de tenter l\u2019analyse de nos motivations d'alors, à nous du Quartier Latin de 1920-25.Que cherchions-nous?A quoi rimait notre genre d'activité ?Le prestige de notre Université rebaptisée, rénovée par son autonomie, était-il tout simplement ce à quoi nous visions dans un magnifique oubli de nous-mêmes?Allons donc! Nous n\u2019étions que des êtres humains et jeunes encore.Etait-ce égoistement notre propre prestige?Certains croyaient, avec raison, avoir des aptitudes littéraires et voulaient les développer évidemment.D'autres avaient la prétention d'avoir des idées, \u2014 ils ne se trompaient pas tous \u2014, et voulaient les communiquer, #1 transmettre le dynamisme, en constituer des courants d'opinion.Plusieurs, \u2014 et j'étais du nombre, je crois \u2014, si on les eut questionnés, auraient répondu qu\u2019ils avaient besoin d'action.C\u2019est précisément ce motif, trop vague ainsi exprimé, mais plus près que tous les autres de la vérité, qui va nous permettre de trouver nos vraies motivations, celles \u2014 disons-le tout de suite \u2014 de la jeunesse de tous les temps.L'adolescent a quatre ou cinq ans pour prendre conscience des transformations, des maturations devrait-on dire, qui normalement s\u2019opèrent en lui, pour s\u2019apercevoir que ses concepts d\u2019enfant ne peuvent plus suffire à la phase de la vie où il en est arrivé, pour faire l'apprentissage de la liberté grandissante qui devrait être sienne.Il acquiert de nouvelles idées de valeur, celle de l\u2019adulte, qu\u2019il croit uniques, originales, \u2014 qui le sont assez souvent dans leur forme propre à sa personnalité \u2014, et il est pressé de les exprimer sans trop se rendre compte qu\u2019il veut surtout les éprouver dans l\u2019état d'incertitude qui est d\u2019habitude sien; il a hâte en un mot d'affirmer sa personnalité.C'est toute cette motivation complexe, bien en accord avec les données de la psychologie moderne qui se rapproche bien plus de celle des Anciens, Saint- Thomas en tête, que ne veulent l'admettre \u2014 ou le peuvent le | PHOTOGRAPHE ATTITRÉ DES ÉTUDIANTS 309, RUE STE-CATHERINE, (Près St-Denis) STUDIO: LAncaster 5478 Domicile Outremont: CAlumet 5961 comprendre \u2014 ses adversaires, c'est tout cela qui nous animait et qui doit encore animer la jeunesse qui nous a succédé à l\u2019Université.Mais nous n\u2019étions plus des adolescents, pensera-t-on.Chronologiquement non, mais caractérologiquement oui: la formation, selon des formules ou des interprétations en honneur alors et qui prévalent encore trop, dans la famille, aussi bien que dans les maisons d'éducation avait, consciemment ou non, prolongé pour nous l'adolescence jusqu\u2019à vingt ans et plus.Nous avions enfin, relativement en réalité, l\u2019occasion d'exercer de l'initiative, de prendre des responsabilités, de sortir des rangs bien droits dans lesquels on nous avait forcés de marcher il n\u2019y avait pas bien longtemps encore, de sortir également du sacro-saint silence qu\u2019on nous avait imposé depuis si longtemps.C'est partir en guerre contre des moulins à vent, comme Don Quichotte, penseront avec condescendance des tenants de la bonne vieille discipline formaliste.Je veux bien admettre que les rangs, le silence, à eux seuls n'auraient probableme\u201c-it pas suffi à retarder tellement la maturation caractérologique des adolescents; mais si je les cite, c'est qu\u2019ils symbolisaient, et symbolisent encore à certains endroits, un ensemble de méthodes supposées formatrices défavorables au développement moral de la personnalité.Quand, parmi nous, au Quartier Latin, certains faisaient entendre des revendications patriotiques (peut-être plutôt raciales ?), d\u2019autres critiquaient vertement des courants d'idées politiques ou littéraires, et quelques-uns croyaient suivre tout simplement des goûts et s'amuser, tous n\u2019obéissaient qu\u2019à une seule tendance au fond identique, l'affirmation de leur personnalité, son épanouissement.Et voilà, monsieur le directeur, comment se termine cette lettre que j'ai commencée en blaguant, comme je l'aurais fait alors, selon une méthode toujours efficace quand on s'adresse à des gens aussi jeunes ou plus jeunes que soi.Si je n\u2019avais constaté, au congrès de l'Enseignement secondaire, en juin dernier, que c\u2019est une majorité de gens de mon âge et plus jeunes qui pense ainsi, je pourrais craindre le sort de ce philosophe de la Grèce antique que l\u2019on condamna à boire la cigué pour avoir perverti la jeunesse.Le café a beau être rationné, on peut tout de même choisir le breuvage qui le remplace.Un ancien du Quartier Latin toujours à son service, J.E.A.MARCOTTE, M.D.Directeur 1928-84 IL NE RESTE QUE sonne pas du talon, il évite les chocs qui ébranlent le système nerveux.Grâce aux vertus de souplesse et de confort des SLATER, tous les muscles du pied jouent.Il en résulte une démarche élastique et franche qui fait dire: Il porte des SLATER.\" Sans l'ardoise nulle chaussure n'est Slater POUR HOMMES ET FEMMES Br 245 JOURS D'ICI NOËL A) EE) 1 L'ÉTUDIANT AMÈNE SES PETITES AMIES CHEZ GERACIMO 412 est, rue Ste-Catherine AIR CLIMATISÉ UNE MANIERE DE COLLABORER .CAUSERIE Je prépare une conférence, mon amic \u2014 | aimeriez-vous entendre co que déjà j'en ai rédigéf Bien, voici: \u201cMademoiselle, \u2014 ; \u201cmademoiselle j'en ai assez de rous appeler mademoiselle \u2014 \u201cet je me dis loujours que .\u201cC'est plus qu'un problème \u2014 \u201cje risque que vous na pensiez: c'est un conformiste, \u201cqui ne sait aimer que civilement .\u201cQu encore, au contraire, ou vous jugics: il a de la fougue de reste, mais, mon Dieu, \u201cque n'ignore-l-il pas des bonnes manières?\u201cVous voyez ma situation ; \u201cqu'y a-t-il à faire?Je ne peux pourtant pas freiner, \u2018et toujours aimer comme ce soir .\u201cJL faut, et absolument Li quelque chose ait été créé dans ce que l'on appelle \u201cintimité, \u2014 cl que moi f'ignore encore .\u201cIt faut \u2014.\u201d .Et voilà mon amie où j'en suis, \u2014 pour le moment ; panne très sérieuse, et il semble bien que c'est définitif .Mais enfin, même ai jamais Je no la termine, ni ne la prononce cette conférence, à la fin je vous dise: chérie\u2026?vous ne vous étonnerez pas trop qu'à la 7 J.VE MORANT COMPLIMENTS DE WILFRID MÉTHOT LIMITEE ANGLE ONTARIO et-ST-DENIS TAL Ai PÂGE*DIX.LE\u2019 \u2018QUARTIER .LATIN FUITE DE GAZ.ET APRES?.Le premier juillet 1867, la reine Victoria, régnant alors sur le trone d\u2019Angleterre, sanctionnait de son autorité l\u2019Acte de l\u2019Amérique britannique du Nord.Par ce pacte fédératif \u2014 le Canada étant une fédération d\u2019états et non une confédération comme on se plaît à le dire \u2014 notre pays devenait maître de sa politique intérieure.Une première étape vers la conquête de notre liberté commençait.1931, avec le Statut de Westminster, devait en être le terme.En effet, si 1867 nous accordait la liberté en politique intérieure, 1931 nous reconnaissait I'autonomie en politique extérieure.Fait d\u2019une portée considérable puisque le gouvernement canadien ne devait plus nécessairement adapter sa politique à celle du Royaume-Uni.Nous sommes donc une nation EN POLITIQUE CANADIENNE libre, un pays autonome.Reste à faire passer cette reconnaissance officielle dans les moeurs.D'au- euns croient la chose facile du moins pour les Canadiens de langue française.Or, des faits quotidiens prouvent le contraire.Nous sommes en guerre.Trois années de tourmente comme jamais n\u2019en connut la machine ronde et un système d\u2019impôts croissant en proportion géométrique sont là pour le rappeler aux plus distraits d\u2019entre nous.Or, nous gagnerons la guerre.Mieux, nous gagnerons la paix, nous affirme-t-on.Et après?Oui, et après?Demandez à la population ce qui adviendra de notre pays\u2014les enquêteurs Gallup n\u2019ont pas encore songé à ce faire\u2014 après cet horrible carnage?Pour plusieurs, notre pays devra nécessairement être lié plus que jamais a PAngleterre.D'autres trouve- Par Le TRAVAIL et L'ÉCONOMIE vers La VICTOIRE et La PROSPÉRITÉ AA a LA BANQUE D\u2019EPARGNE DE LA CITE ET DU DISTRICT DE MONTREAL Fondée en 1846 ' Coffrets de sûreté à tous nos bureaux SUCCURSALES DANS TOUTES LES PARTIES DE LA VILLE a ront tout naturel la cession de notre pays au E.-U.Esprit de colonialisme que trois siécles d\u2019existence, j'allais dire de subjugation, ne nous ont pas permis de dissiper .Pourquoi faut-il appartenir à celui-ci ou à celui-là?D\u2019autres peuples pourtant pas plus intelligents que le nôtre n\u2019ont pas de \u2018\u201cmére-patrie\u201d.Pourquoi pas une reconnaissance pratique et non seulement \u201cofficielle\u201d de notre autonomie?Si les peuples ont les gouvernements qu\u2019ils méritent, ils jouissent aussi des libertés dont ils se montrent dignes.Chassons donc de nos moeurs cet esprit de nation - foetus, débarrassons - nous donc de cette tendance colonialiste.Tout cela ne dépend que de nous.Mais encore faut-il vouloir.Fernand MARTEL LE MASQUE DE LA GUERRE\u201d L\u2019Hôpital Saint-Joseph a été militarisé.Nos malades sont évacués sur des hôpitaux de province.Avant qu\u2019ils ne s\u2019en aillent, il faut à chacun ajuster un masque anti-gaz.Jolie besogne.Nous allons de pavillon en pavillon avec notre provision de masques sur un chariot.Etrange! Etrange et douloureux ce pauvre besoin de vivre qui nous tient jusqu\u2019aux confins, qui nous dévore jusqu\u2019aux limites où notre vie n\u2019est plus que ce halétement, où notre vie n\u2019est plus que cette laborieuse recherche d\u2019un peu d\u2019oxygène et ce combat ardu contre le froid qui nous gagne lentement, implacablement, cellule après cellule.Parmi nos grands malades, un seul, un vieux, nous déclare qu\u2019il aimera mieux mourir empoisonné que de s\u2019appliquer sur le visage ce terrible cataplasme.Les autres s\u2019inquiêtent fiévreusement de savoir si le masque est bien ajusté.Ces cancéreux dont je sais les nuits hantées par la souffrance, dont je connais les jours indisci- bles, traversés par la hantise de la nuit à venir, avec quel empressement, avec quelle frénésie ils désirent vivre jusqu\u2019à la dernière ces douloureuses secondes dont sont faites désormais leurs minutes et leurs heures.DIOGENE CHERCHE UN AVEC UNE TETE ! HOMME.Je regarde avec étonnement tous ces \u201ctubards\u201d, haletants et crachants, incruster avec ardeur leur mince visage de rongeurs, aux pommettes fardées de fièvre, dans le puant moulage de caoutchouc.À travers les hublots, leurs yeux agrandis par la maigreur paraissent plus dilatés encore et la buée qui se dépose en fait des yeux humides, des yeux macérés, marinés, des yeux anxieux.Ils tiennent à ce hoquet de vie qui les agite encore.Ils espèrent conduire jusqu\u2019au bout de la sombre guerre ce souffle qu\u2019ils cherchent et qui, seconde après seconde, semble devoir les déserter à jamais.Et toi, mon pauvre Tobi, c\u2019est ta superbe barbe que tu dois sacrifier, ton dernier, ton seul orgueil, ta belle barbe de Père Noël qui dégringolait en flots frisés sur ta poitrine d\u2019oiseau.Et vous, mes chères soeurs, il vous faut enlever les ailes blanches de vos amples cornettes pour ajuster ce masque qui n\u2019est pas tout-à-fait celui de la charité.Chancerel nous a enseigné à bâtir des masques pour nos routiers qui jouaient la comédie: le masque de la Joie, celui de la Peur, celui de la Haine.Tous les masques.Celui de l\u2019Horreur, c\u2019est ici que j'en vois le parfait modèle.\u2018stupidement ouverts à la lumière 30: AVRIL 194 8 Ces yeux élargis, d'hypnotisés, ronds comme piastres, sans paupières ni comme ceux d\u2019un veau naissant Ce grouin sans nom à p mie burlesque qui tient de mandibule et du suçoir, qui pe le milieu entre la ventouse ç; la pomme d\u2019arrosoir.Ce front lisse et fuyant, sin esquement bas, et cette tout; tout-à-coup qui se dresse comm un crâne tondu de zoulou.\u2018 Ces innombrables bajoues se creusant et se boursoufflant ay rythme de la respiration, ay frontières desquelles SUrgissent, entre les courrois du harnais, ridiculement rouges à cause de Ia comparaison, ridiculement la 5 sur le visage aminci, ces doy cartilagineuses excroissances, Et, à la place du nez, ce ch.pet, agité de claquements mat, comme en fait le bec de Tati, mo lézard vert, quand il happe de mouches.Chancerel est enfoncé.Le masque de cette guerre, |, masque de l\u2019Horreur.R.THEORET, S.R.Scout de France, hédacteur en chef 1931.9 (1) Extrait d'un livre qui ne paraîtra pus.CHEZ NOS ÉDITEURS Il n\u2019est pas nécessaire, croyons- nous, de présenter bien longuement M.Bernard Valiquette aux lecteurs.Ses multiples activités comme éditeur en font une des figures les plus connues dans le monde des lettres.Parti des éditions de l\u2019A.C.F., où il était directeur littéraire, il fonda sa propre maison d\u2019édition.Le premier volume à paraître avec Bernard Valiquette comme nom d\u2019éditeur était la \u201cConquête économique\u201d, d'Edouard Montpetit, qui sortit de presse le jour même de Munich.Depuis ce temps, soit plus de 4 ans, près de 140 volu- Valiquette; ouvrages d\u2019auteurs canadiens, pour une bonne moitié, et d\u2019auteurs étrangers, parmi lesquels les plus grands noms de la littérature.\u201cCette grande activité de l\u2019édition ou plutôt cette situation extraordinaire que connaissent présentement les éditeurs canadiens par suite de la guerre, fait remarquer M.Valiquette, présente pour nous de multiples avantages.Avec l\u2019arrivée chez nous d'auteurs étrangers de langue française, une concurrence s\u2019établit qui ne peut fournir que d\u2019excellents résultats chez l\u2019écrivain et chez le lecteur.À ce contact encore plus immédiat des écrivains étrangers, le public est plus exigeant et les écrivains deviendront sûrement plus audacieux.Déjà, l'on peut voir, -con- \u2018 tinue M.Valiquette, par les manuscrits soumis, que les jeunes qui veulent écrire et leurs aînés, les écrivains connus, ne présentent plus avec la même aisance des oeuvres faciles, vagues et peu compromettantes, aux éditeurs.Et \u2018cela ne peut aller qu'en s\u2019améliorant.\u201d \u2018 M.Valiquette a comme principal souci d\u2019établir une oeuvre d'édition qui demeurera.\u201cLes livres d\u2019actualité, si bien écrits soient-ils, passeront, dit-il.Il nous faut des oeuvres signées des maîtres de l\u2019heure ou du passé, reflétant les problèmes de tous les temps, que ce soit en poèmes, en tragédies ou en romans.C\u2019est ainsi que nous préparons un volume qui contiendra les oeuvres poétiques complètes de Victor Hugo.En qualité, ce livre pourra être comparé aux meilleures éditions françaises\u201d.Dans le domaine des réalisations canadiennes, M.Valiquette est particulièrement fier de deux d'entre elles: premièrement la publication des discours du premier ministre Mackenzie King qui lui valut les félicitations de notre grand chef d\u2019Etat; puis la publication, au compte de la Dotation Carnegie pour la paix internationale, d\u2019un ouvrage à tirage limité, \u201cLe Canada français et leurs voisins du sud\u201d, écrit en collaboration.Quant aux auteurs- étrangers, M.Valiquette a publié quelques- uns des ouvrages des plus célèbres d'entre eux: citons les ouvrages de Saint Exupéry, de Julien Green, de François Mauriac, de Paul Claudel, de Denis de Rouge- mont, de Pierre Brodin, d\u2019Ernest- Eric Noth, de Jean Schlumberger, de Guglielmo Ferrero et de nombreux autres.Parmi les ouvrages les plus marquants à paraître chez Bernard Valiquette, mentionnons deux volumes du célébre professeur au College de France, Henri Focillon, sur le Moyen Age et sur l\u2019Art moderne.CINQ-MARS INSTITUTION CANADIENNE-FRANÇAISE LABORATOIRE MADEAU LIMITÉE PHARMACIE EN GROS VÊTEMENTS SUR MESURES POUR MESSIEURS ALEX.LANGLOIS 53 est, rue STE-CATHERINE- Angle rue St-Dominique RENE Yn re LE QUARTIER LATIN foie pe RAI DAWN a La PAGE ONZE LE \"SACRE\" DU PRINTEMPS Je ne suis pas encore à l\u2019âge où on écrit ses mémoires et je me sens bien malhabile à conjuguer les verbes à la première personne du passé défini.Pourtant, ce premier quart de siècle du Quartier Latin me force à me souvenir qu\u2019il y aura bientôt vingt ans, j'entrais à l\u2019Université.Je crois que je viens de trouver le i convient à ces notes: l\u2019imparfait.Ce n\u2019est pas encore défini, et ce n\u2019est pas tout à fait indéfini.Et surtout, ce n\u2019est pas parfait, la mise au point est floue.C'est dans cette imprécision que je me vois lorsque je pénétrais pour la première fois dans les préaux du Quartier Latin.C\u2019était au deuxième étage de l\u2019ancien immeuble des Chevaliers de Colomb, rue Sherbrooke, une vieille maison de pierre qu'occupe actuellement le CE.O.C.de l\u2019Université.D'anciens camarades de collège, des visages inconnus, le censeur-délé- gué, qui est devenu monseigneur le Recteur, se trouvaient réunis autour d'une grande table.On se partageait les diverses tâches dont l\u2019accomplissement assurait la vie d\u2019un ournal qui paraissait sur quatre pages, deux fois par semaine.Le Quartier entrait dans sa septième année, aucun des fondateurs ne restait, mais quelques aînés , laisser braire.\u201d avaient collaboré avec eux.Bru- chési, Marcotte, Péladeau, Farley, Caisse assuraient cette liaison et maintenaient une jeune tradition qui s\u2019exprimait magnifiquement dans la devise du journal: \u201cBien faire et Les agences de publicité le désignaient comme \u201cjournal militant et littéraire\u2019.Les directeurs du temps \u2018désiraient en faire le porte-parole des étudiants.Je me voyais d\u2019abord confier la gérance des annonces.Solliciter les annonceurs, fréquenter les agences de publicité, rencontrer toutes sortes de gens, les uns affables et généreux, d'autres détestables et hargnenx, voila une expérience que je suis heureux d\u2019avoir acquise.Le séjour dans une université ne vaut pas que par les cours qu\u2019on y suit.La participation à la vie des organismes par lesquels se manifeste l\u2019activité des étudiants concourt à former des habitudes de travail en commun, à faire naître l\u2019esprit d\u2019équipe, à tremper le caractère, à éveiller l'esprit d'initiative.Celui qui peut réussir dans ses études tout en consacrant une partie de son temps à la gestion des sociétés d\u2019étudiants acquiert une précieuse expérience.Par ailleurs, des amitiés se nouent entre les camarades qui participent aux mêmes œuvres.Presque toujours on les retrouve, plus tard, siégeant autour d'autres de L'Académie Quilles Central désire remercier les étudiants de l'Université de Montréal de l'honneur qu'ils lui font de toujours se donner rendez-vous chez elle et leur souhaite le succès dans leurs examens.QUAND J'ÉTAIS AU QUARTIER.tables, animés du même désir de collaborer à la réussite d'entreprises auxquelles on n\u2019a pas besoin de les prier de s'intéresser.Le proverbe dit que ce sont toujours les mêmes qui se font tuer.Que voulez-vous, c'est un charme auquel plusieurs ne peuvent résister.Mon travail au Quartier ne se bornait pas à amener de l\u2019eau au moulin.Je sortais bientôt quelques exercices de versification, pour la plupart perpétrés au collège, et, par prudence, je les publiais sous le pseudonyme assez transparent de Léon Noël.On ne voit pas bien un étudiant en chimie qui aligne des rimes au sujet de la lune, surtout lorsque, dans le même journal, Robert Choquette collabore sous le nom de Guy de Vaudreuil.Vers la fin de l\u2019année, je me sentais capable de publier trois longs articles sur le \u2018Formation scienti- figue.\u201d J'avais la présomption d\u2019être révolutionnaire.C\u2019était une contribution à un débat qui passion- naît les esprits et auquel le chanoine Chartier, les docteurs Léo Pariseau et Georges Baril ainsi que le frère Marie-Victorin apportaient l'appui de leur artillerie lourde.On opposait classicisme et scientisme.Dans l'Université la faveur allait au second sans pour cela renier le premier.On fondait l\u2019ACFAS, la faculté des Sciences, encore toute jeune, était remuante et on fondait sur elle des espoirs qu\u2019elle n\u2019a pas démentis.En 1924, j'étais directeur du Quartier Latin.Mon inexpérience pouvait compter sur le solide métier\u2019 de Marius Péladeau, de plusieurs années notre aîné, qui faisait sa médecine tout en étant rédacteur au Canada.D'un jugement sûr, d'une vaste et agréable érudition, d\u2019un dévouement sans pareil, Marius était le type par excellence sur lequel on pouvait toujours compter.Nous publiions sur huit pages et nous étions redevenus hebdomadaires.Il semblerait que la besogne dût être moins absorbante, mais cela signifiait à la fois moins de publicité et plus de texte.Les collaborateurs n'étaient pass toujours ponctuels et Marius avait toujours à sa disposition une mine de petits sujets avec lesquels il terminait les colonnes que ne pouvaient remplir les rédacteurs bénévoles.On ne comptait plus ses pseudonymes.Par les relations qu\u2019il avait dans le journalisme, il nous procura la collaboration de Louis Francœur, du docteur Philippe Panneton et de Jean Chauvin pour nos numéros spéciaux.Je passais de bonnes heures avec Péadeau ct Farley, accoudés sur le marbre, à l'imprimerie des frères Marchand: L'odeur un peu fade - moins et grand bn de anole, \u2018 d'une imprimerie est depuis lors quelque chose que je ne puis oublier.Et lorsqu\u2019il m'arrive de revoir des épreuves, les petits signes cabalistiques, langage chiffré du typographe, sont de vieux amis auxquels j'associe toujours le souvenir de Péladeau.Il devait nous quitter vers le milieu de l\u2019année afin de se consacrer tout entier à ses examens.Lui et Marcotte allèrent ensuite aux Etats-Unis, internes dans un hôpital du Massachusetts.Péladeau s'y installa définitivement tandis que Marcotte revenait au Canada après s'être spécialisé en hygiène mentale.En cette année de 1924, on commençait de parler de construction et, l\u2019année suivante, chacun savait que l\u2019Université serait bientôt sur le Mont-Royal.Ce qui ne faisait pas l'affaire de tout le monde.Le \u201cQuartier\u2019\u2019 prenait fait et cause pour l'emplacement choisi et malmenait ceux qui osaient en proposer d\u2019autres.Je n'étais plus directeur, Rodolphe Godin m'ayant succédé.Je continuais quand même une collaboration active sous les pseudos de Louis Laurent et de Léon Noël, en plus des articles que je signais de mon nom.On trouve presque en entier le texte d\u2019une causerie que je prononçais à la Société des Conférences de l\u2019Ecole des Hautes-Etudes.Ceux qui connaissent mes idées en matière d'éducation ne seront pas surpris d'apprendre que le \u2018\u2018Problème d'actualité\u201d dont je parlais était celui de l\u2019enseignement.Je ne mentionne ce fait que pour constater le progrès considérable réalisé dans ce domaine en moins de vingt ans.Bien des idées qui paraissaient subversives alors sont maintenant entrées dans nos mœurs ou bien près d\u2019y être admises.Cette collaboration d\u2019un genre sévère ne m'empéchait pas d\u2019exploiter une veine plus légère.I! m'arrivait de parodier, sans méchanceté, quelques camarades.Ce devait être mon tour.Deux rédacteurs remplis d'esprit, Paul Laroque et Philippe Beauregard, ne prenaient pas très au sérieux les élucubrations de Léon Noël.Comme ils avaient repris, à la blague, le sujet d\u2019un larmoyant sonnet que j\u2019intitulais: \u201cSoir de novembre\u201d, je m\u2019étais hasardé à versifier et à cheviller de rétifs alexandrins dont l\u2019un finissait par hélas! Mais il fallait une rime à ce mot malheureux.De guerre lasse, je finis par mettre au jour cette horreur: Lane Cette eau mouillée, hélas! Tombe du ciel sans cesse et fait le jour élastique et nous le voyons long comme des années.La TECHNIQUE de l'ABORDAGE par L.de CONINCK C'est l\u2019art de vendre son idée ou d'influencer son entourage.Il est très important dans la vie, de savoir aborder quelqu'un pour le conquérir à ses idées, Il n\u2019y a personne qui n'ait cette ambition bien légitime d\u2019ailleurs.Cette petite brochure du Père de Co- ninck sera d'une grande utilité à tous ceux qui veulent apprendre l'art d'un bon contact social.C\u2019est pour les aider que FIDES l'a publiée.D'une fine pay chologle, ce petit traité | est INDISPENSABLE aux vendeurs et aux agents de tous genres, aux professeurs, aux coniremaitres, aux patrons et aux apôtres de toutes les causes! Brochure de 32 pages: 10 sous.Remises sur quantités.Commandez-en maintenant à FIDES, 3425, rue St-De- nis, Montréal.BONHEUR ET TRAVAIL (1) par Gérard PETIT, cs.c.= BONHEUR ET TRAVAIL ouvre une nouvelle collection de tracts portant cette fois sur les questions sociales.En 1941 et 1942, la collection FACE AU MARIAGE obtint un tel succès que l\u2019on résolut de diffuser dans la masse, par le moyen d\u2019études ulaires du genre, plus de lumière sur ces problèmes qui intéressent indistinctement jeunes, parents, éducateurs, travailleurs de toutes classes.Déjà, le public réagit favorablement, A titre de témoignage et d'exemple, el- tons le fait d\u2019un patron qui, ayant pris connaissance de \u201cBonheur et Travall\u201d, abonne aux frais de sa compagnie ses soixante dix-sept employés.Ie fait se passe de commentaires.Gérard Petit, esc, dont on connaît \u2018Is haute intelligence et In vaste eul- ture, aura eu, entre autres mérites, Sie du bl § we es, e uand même Son pages sie FIDES, 3425.roe Sal: - a Non a.ial.De réponse en réponse, les soirs de novembre s\u2019étiraient, élas-tiques, toujours, jusqu\u2019au mois de janvier suivant lorsque Philippe Montpetit lui donna le coup de grâce dans une parodie du Cor, d'Alfred de Vigny.Je puis bien révéler maintenant que le docteur Roméo Boucher participait à la bagarre en écrivant un sonnet plus riche que les autres en traits-d\u2019union et qu'il signait \u2018\u2018L'idiot du Quartier\u201d.Je travaillais alors avec lui dans le laboratoire du docteur Baril.L'érudition et l\u2019esprit dont il fait preuve à S.V.P.ne manquaient pas de rendre suprêmement intéressantes les heures où j'avais le plaisir de collaborer avec lui.Hélas! (encore) tout a une fin.Après quatre ans de travail joyeux, il me fallait quitter le Quartier Latin montréalais pour aller vivre dans l'authentique, celui qui borde le boulevard Saint-Michel.Je n\u2019avais pas dit adieu et à plusieurs reprises les étudiants me demandaient des articles.Chaque fois je répondais volontiers, me rappelant que nous étions toujours heureux d\u2019avoir la collaboration des anciens et des professeurs.Chaque fois aussi, j'ai l\u2019impression de reprendre une plume que j'avais laissée la veille, au deuxième étage de la vieille maison de la rue Sherbrooke.Cette fois-ci, tout de même, il ne faut pas que j'exagère.Il y a plus de quinze ans que j'ai quitté le \u201cQuartier\u201d et celui-ci termine son premier quart de siècle.Vivement donc pour le deuxième.Les aînés font pour lui tous les vœux de longue vie et de succès, eux qui ne demandent pas mieux que de voir prospérer un journal, auquel ils ont naguère donné le meilleur d'eux-mêmes.Ils ne le regrettent pas parce que le Quartier Latin leur a procuré quelques-unes des plus belles heures de leur jeunesse.Léon LORTIE, Directeur 1924-25.UN RECENT CATALOGUE DES EDITIONS FIDES FIDES est en train de devenir l\u2019une des plus importantes maisons d'édition, chez nous.Nous venons de rceevoir leur dernier catalogue; on y (rouve benucoup d'ouvrages intéressants.El nous fait plaisir de signaler un bel effort pour mettre en valeur le talent de nos auteurs cann- diens.L'heureux choix d'ouvrages français réimprimés par cette maison fait aussi de cette brochure une excellente source de documentation pour tous les intéressés à la lecture.Ce catalogue de 64 pages est envoyé gratuitement à ceux qui en font la demande.On est prié de s'adresser à: FIDES, 3425, rue St-Denis, Montréal.VOICI UN AUTRE PRODUIT DES FABRICANTS DU Nectar Mousseux et de la Bière d'Épinette CHRISTIN + Un travail de précision sous rigide contrôle de laboratoire donne à chaque MIRADO \u201cChemi-Sealed\u201d Eagle: SURCROIT DE FORCE qui lui fait conserver sa pointe sous forte pression.SURCROÎT DE DOUCEUR qui rend votre main plus rapide et Épargne votre Énergie.SURCROÎT DE DURÉE qui permet de tracer une ligne noire solide de plus de 35 milles de Jongueur.Ces \u2018\u2019surcrolts\u201d MIRADO Eugle sont garantis par le certificat ci-dessus maintenant inséré, dans chaque douzaine, garantis aussi par l'offre de remboursement sans condition imprimée sur l'endos.Vous ne pouvez perdre: payez-vous donr plus de Rlaisic À écrire, achetez des crayons MIRADO aujour- d'hui même.Sc chacun \u2014 moins par quantité, CRAYONS FABRIQUES AU CANADA *CHEMI-SEALED\" IIIT NE TT EYP VII MIRADO Les Étudiants trouveront tous les volumes dont ils ont besoin DEOM 1247, Saint-Denis Montréal PAGE DOUZE SOUVENIRS EN CARQUOIS VINGT ANS APRES, serait-on tenté d'écrire, parodiant Dumas (pas le photographe connu, mais l\u2019autre), comme les temps sont changés! Pourtant c'est toujours le Quartier Latin et une même jeunesse à l\u2019activité fébrile; c\u2019est encore le vaste horizon des lendemains incertains que professeurs et élèves interrogent devant la gravité de l'heure.Et c'était ainsi, sans doute, quarante et soixante ans passé.On dit plus éloquemment en d\u2019autres pages évocatrices les progrès accomplis depuis vingt ans par ce journal de jeunes dans le domaine des idées, de l'orientation, ou plus simplement dans le champ culturel.S'il est vrai qu\u2019en l\u2019occurrence comparer devient inévitable, gardons-nous cependant de rompre l'équilibre du temps.Evidemment les plumes actuelles du Quartier Latin ne trempent pas toutes dans le même vicil encrier que jadis nous renversions de temps à autre; notre encre à nous n\u2019était pas exempte de la poussière des corridors ou des salons, bien que cela pour plusieurs ne la rendit pas moins sympathique : celle d'aujourd'hui coule mieux filtrée, résiste davantage aux rayons du soleil, dût-elle passer, parfois, aux yeux des grognons pour quelque peu communicative.Que faisions-nous bien il y a vingt ans, suivant la devise consacrée, tout en laissant braire?Ma foi! un peu de tout, comme font la plupart des étudiants; sans jamais cependant nous prendre trop au sérieux.Si notre cercle d'Action Française offrait à Sir Lomer Gouin, gouverneur de l\u2019Université, un buste symbolique de Dollard des Ormeaux, grâce à une cueillette de sous parmi les étudiants, notre jeune journal publiait aussi des vers comme cet alexandrin de Jean Dufresne: \u201cSous mes baisers de feu j'écraserai tes lèvres.\u201d On y faisait encore de l'A.C.J.C., de la Saint Vincent de Paul, de la polémique, beaucoup de critique à tort ou à raison; et puis, naturellement, des parades à temps et à contre-temps.Ce fut l\u2019une de nos initiatives que d\u2019avoir obtenu des nombreux hebdomadaires de la province le privilège de l\u2019échange.Et je revois encore ce copain d\u2019Acadie tout ému d\u2019avoir, par quelque soir nostalgique, reconnu son Evangéline bien suspendue sur le classeur, entre la Tribune et l\u2019Avenir du Nord.C'est en ce emps-là qu\u2019un jeune écrivain de promesse, Guy de Vau- dreuil, nous faisait parvenir, à la dérobée, par Maurice Parent, ses premiers effluves poétiques; l\u2019adolescent ainsi rempli de mystère autant que d'inspiration s'appelait de son vrai nom: Robert Choquette.Il y avait aussi Henri Girard, Edmour Chaurest, Mariüs Péladeau qui nous écrivaient souvent sur tous les tons et sous toutes les couleurs; Marcel Rainville, les Plamon- don, Jacques et Viger, les deux Emile, Bernard et Laflamme, qui avec Philippe Beaubien, les La- marre, Philippe et Antoine, P.O.Ethier et Ladie Emard s\u2019évertuaient a réveiller les étudiants, leur criant comme autrefois Zamacois dans la ° ° Le Quartier Latin orgene officiel des étudiants de l'Université de Montréal 2900, blvd Mont-Royal \u2014 EX.1573 DIRECTION Directeur : MAURICE BLAIS \" REDACTION Rédecteur en chef: GASTON POULIOT ADMINISTRATION Administreteur : GERARD ALLY Le \"Quartier Latin™ n'est responsable que des seuls erticles de le Direction.e IMPRIMÉ PAR LA CIE DE PUBLICATION LA PATRIE 100 est, rue Ste-Cotherine MONTRÉAL ° LE QUARTIER LATIN 1923 - 1943 POÉTIQUE PROMENADE SUR LE MONT ROYAL guerre de \u2018\u201814\u201d\u2019: debout les morts! ou: debout les sports! je ne me souviens plus très bien.Et nous avions des reporters, des vrais avec leur Jaissez-moi-passer, des critiques d'art, de sport, de tout, méme des penseurs qui, sans broncher, signaient tout simplement: Pascal, comme Pascal Lachapelle, par exemple; enfin nous avions jusqu\u2019à des lettres anonymes et de fines plumes pour canarder sous le pseudonyme.Bref nous étions assez bien organisés; il le fallait d\u2019ailleurs, car nous publiions bihebdoma- dairement; et il n\u2019eut pu en être autrement quand notre directeur s'appelait Alexandre Marcotte, futur maitre de l'orientation, que notre administrateur avait le nom prédestiné de Caisse (Gaston, méd.), que l'expansion du journal appartenait à un polytechnicien, Charles Taschereau, fils du premier ministre, et que Georges Lafrance des Hautes Etudes surveillait la comptabilité.Au risque d\u2019en oublier ajoutons les noms de précieux collaborateurs comme Léon Lortie, Jean Lesage, Charles Coderre, Raymond Godin, Guy Guilbault, C.H.Langlois, les trois Armand, Lavallée, Poupart et Fortier, les Sylvestre de Sherbrooke, G.Henri Héon, Léon Couture, les Rousseau de Montréal et de Québec, et que d'autres.Oui, nous étions vraiment organisés; seul pouvait laisser à désirer le rédacteur en chef dont le nom à consonnance celtique ne plaisait pas tout à fait à l'abbé Jasmin; mais comme dit l'autre: What's in a name! D'ailleurs, comme il savait surtout faire travailler les autres, ce brave rédacteur, tous lui en étaient reconnaissants.Or, nous avions aussi un censeur: \u201cfin comme une mouche\u201d, ne cessait de répéter Boucher (Errol qu'il s'appelait alors).Pour nous il était bien supérieur à tout ce qu\u2019en pouvait dire la faculté, notre censeur.Vicaire à Saint-Jacques, confesseur bénévole de tous les instants, animateur effacé de maints mouvements chez les jeunes, il avait un sourire éternel pour accueillir ses journalistes improvisés; mais ce rôle ne lui plaisait guère, et il avait telle- Monsieur Maurice Blais, directeur, Le Quartier Latin, Université de Montréal, Boulevard Mont-Royal, Montréal.Cher Monsieur, Bien à regret je ne pourrai me rendre à votre aimable invitation.En vous refusant cet article que vous m\u2019avez demandé, je ne puis m'empêcher de penser aux difficultés que j'ai moi-même rencontrées dans la préparation de nos numéraux spéciaux du Quartier Latin lorsque j'en étais le responsable.Chaque abstention, chaque silence, chaque refus me vexait.Vous, du moins, n\u2019éprouvez pas aujourd\u2019hui de désappointement plus vif que celui que je ressens à la pensée de ne pas pouvoir rédiger trois ou quatre pages à l'intention du Quartier Latin, camarade d'un temps révolu, à qui je dois tant d'agréables souvenirs.J'aurais aimé, si cela m\u2019avait été possible, esquisser des notes sur \u2018\u2018comment un stage au Quartier Latin a pu jouer un rôle dans la fondation d\u2019une maison d'édition\u2019.Vous savez que j'ai été au journal avant la guerre.C\u2019était le bon temps.Nous avions des contacts nombreux avec la France.Nous correspondions avec Je suis partout et son rédacteur en chef Robert Brasilach, avec les directeurs des Nouvelles littéraires.Nous échangions * des idées avec Jean Merrien de la N.R.F., avec Bernard Fay, avec François Mauriac, Georges Duhamel, avec Gaston Diehl de la revue Charpentes, et combien d'autres encore.Paul Péladeau, mon associé aux Editions Variétés, a retrouvé en France, en 1940, \u2014 à peine avions-nous quitté l\u2019Université \u2014 tous ces amis du journal.Leur amitié a compté pour beaucoup dans l'orientation que devaient prendre bientôt Les Editions Variétés.Hélas! Remuer ces souvenirs demanderait du temps, beaucoup plus de temps que n\u2019en laissent les nombreux problèmes que la guerre pose au directeur d\u2019une maison d'édition.Je suis donc dans l'obligation de m\u2019excuser et ne puis qu\u2019offrir au Quartier Latin mes félicitations et mes meilleurs souhaits.Veuillez agréer, cher Monsieur, l'assurance de mes sentiments distingués.André DUSSAULT Directeur 1938-35 ment le cœur sur la main qu\u2019il prenait avec nous ce qu\u2019en termes d\u2019étudiants on appelle: des chances.Dieu l\u2019en récompensa d'ailleurs, car il ne fut trompé qu\u2019une fois.Hélas! faut-il rappeler que le Quartier Latin, cette année là, parut vouloir en imposer davantage en s\u2019offrant le luxe d\u2019un libelle diffamatoire.Après bien des tentatives infructueuses il avait fini par passer, ce pelé, ce galeux, sous l'enveloppe incolore et inodore d\u2019un billet cousu de fil juridique par un étudiant de grand talent.Heureusement le professeur visé, que tous estimaient sans réserve par ailleurs, ne tint pas trop longtemps l'épée de Damoclès sur nos têtes; mais le pauvre rédacteur en chef, à tort soupçonné, connut les angoisses du tourment pour n\u2019avoir su à temps prévenir la flèche du Parthe (c\u2019est le nom prêté ici à l\u2019étudiant coupable de grand talent, afin d\u2019éviter un second libelle).A vingt ans de distance, il semble bien que cette flèche tint plutôt de la scie que du trait acéré.Et pour ne pas répéter un appellatif qui lui déplaisait, je dirai que ce fut là probablement la seule malchance qu'eut l'abbé Olivier Maurault, en ce temps-là dans le rôle ingrat d\u2019A- nastasie.Je nous revois encore tous dans cette bonne vieille Maison de la rue Sherbrooke, faite de larges pierres carrées qu\u2019ombrageaient de grands arbres, elle cachait au profane nos meilleurs loisirs et souriait au travail généreux de tous, des officiers et des sans grade; vieux manoir où se sont mélés tant d\u2019amitiés et de souvenirs, où parfois le tintamarre des plus exhubérants le disputait à la quiétude de notre auméônier, l'abbé Lucien Pineault qu\u2019un loustic avait surnommé en ces moments 80 AVRIL 194 d'orage: l\u2019aumônier des galères, tout comme autrefois M.Vincent à Paul.Que d'âmes aussi n'a-t-il Pas retenues sur le bord de l'abime œ cher abbé?Qui ne se rappelle la mots étranges qu'il lancait Souvent la figure toute réjouie, à l\u2019étudian venu frapper à sa porte de bon samaritain: \u201cBonjour, mon vieux: pends-toi, la patère est là.\u201d Et |, pôvre finissait par pendre son ch.peau à la patère, acceptait une ou deux chamelles que lui offrait son seigneur; puis quand le visiteur avait fini de griller une troisième cigarette, M.l\u2019aumônier n'avait qu\u2019à ajouter bien souvent, mais plu grave, cette fois: \u2018\u201c\u201cMettez-vous à genoux sur mon prie-Dieu, maint.nant je vais vous donner l'absolution.\u201d Sans doute de tels moments d\u2019apostolat le consolaient de tous jes désagréments que lui prodiguait l\u2019entourage de grands enfants plus légers que malins.Il n\u2019eui pas toujours, d\u2019ailleurs, que des consolations apostoliques, Un beau samedi après-midi, alor que la Maison était pleine d'habitués, que cercles, salons et bureaux débordaient d'activité, un cri retentit tout à coup dans les couloirs, cri glacial comme le froid de décembre qui pinçait les vitres du dehors: \u201cOn a volé la fanfare! La fanfare s\u2019est envolée!\u201d Et chacun de demander avec M.l\u2019auménier: comment a-t-on pu voler une fanfare?dix instruments sans compter le tambours! Georges Sylvestre, cornettiste émérite, fit un discours dans l'escalier central; c\u2019était aussi tragique que: Madame se meurt! Madame est morte! On fit enquête; les plus brillants psychologues et limiers de la faculté de médecine opérèrent par élimination d\u2019abord; ils procédèrent ensuite par induction, puis par déduction, mais sans succès.De disciples de Thémis sous les affres du soupçon crurent prudent de montrer plus zélés à rechercher le coupables; d\u2019autres dont le caractère péchait contre l'harmonie ne se sentaient que trop visés; on accusait l\u2019A.C.J.C., mais bien à tort; on suspectait jusqu\u2019au chef du restaurant de la Maison, pourtant grand admirateur de Souza.Voler toute une fanfare?c'était incroyable, quand hier encor on entendait le son du cor.Seul notre aumônier trouvait grâce davant la meute.Un disciple d'Esculape dont les nom et prénom s\u2019apparentaient à la science, mais que personne n\u2019eüt osé prendre au sérieux, ne cessait quand même de répéter: \u201cQuand je vous dis que ça faussait trop: c\u2019est un dégoûté qui a fait le coup.\u201d Et c'était vrai, car le vandale, c'était lui; mais il n\u2019avait rien volé, ni détruit: du moins soyons généreux.Aussi quelques mois après, par un autre bel après-midi de printemps, cette fois, alors que notre aumônier souriait d\u2019une fenêtre au gai soleil d\u2019avril, il crut apercevoir émergeant du parterre, sous le fonte des neiges, des reflets au charme évanescent; au plus fort des rayons ces reflets devenaient fulgurants.C\u2019était bien les cuivres de la fanfare que le mauvais plaisant avait jetés là par une nuit froide de décembre et que la neige complice avait recouverts aussitôt de sof linceul blanc.Il est temps de clore ici cette chasse-galerie sur le val lointain ¢¢ nos vingt ans.Même fait de souve nirs on ne vide pas son carquos dans une seule clairière.Et puisle chasseur moins jeune, tout en # promenant, aime encore s'arrête quelquefois pour entendre de son cœur lui dire: vingt an déjà.\u2026.Viateur FARLEY, avocat.Rédacteur en chef, 19854 à "]
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