Le Quartier latin, 17 décembre 1943, vendredi 17 décembre 1943
[" 043 L'OEIL DE CARABIN ETUDIANTS D'AMERIQUE Guy Beaugrand-Champagne CHRONIQUE MILITAIRE ENQUETE ELITE BERNARD LARAMEE LA CIE DES TRAMWAYS LA CHAMBRE DE COMMERCE DES JEUNES M VOICI DES LIVRES LES REVUES NOUVEAUX PROPOS SUR \"L'OTAGE\" Jean-Louis Roux SOUHAITS A LA MUSIQUE LES CONCERTS AIR DE MUSETTE DEVANT LA CRECHE JE FAIS UNE CATHEDRALE! BERTHELOT BRUNET ET VEUILLOT QUILLES INTER-FACULTES REGLEMENTS DU CHALET DE SKI BALLON AU PANIER NOEL GRIS chroniqueur d'art au QUARTIER LATIN a préparé le supplément sur la pcinture que nous publions aujourd'hui.MONTRÉAL, 17/DECEMBRE 1943 Directeur: GASTON POULIOT BIEN FAIRE ET LAISSER BRAIRE Rédacteur en chef: CHARLES-A.LUSSIER Sommaire Louis-Philippe Dupuy Georges Dufresne C.D.Jean-Marie Brassard Sarto Ouellet Gabriel Marchand Claude Lussier Georges Dufresne Charles-A.Lussier Yves Tanguay Edmond Labelle Robert E.Llewellyn André Tessier Blaise Trubiano Le Conseil Henri Dagenais Geneviève de la Tour Fondue Marie Lemonnoir Guy Veau 200 10 SOUS LE: NUMERO AA dL .ll VOLUME XXVI, No 11 Cs $34 BILLET DE LA SEMAINE Votre vie * Peu de communiqués cette semaine.Le froid et les examens gélent tout le monde.De Polytechnique à la Faculté de Droit, les étudiants ont fermé leur porte à double tour.En robe de chambre, le café fuamant sur le coin de la table de travail, ils n'y sont pour personne.Toutefois entre deux examens, les étudiants en droit se sont convoqués en assemblée générale.Us se sont donné deux comités spéciaux: celui \u201cdes tables de la Bibliothèque\u201d et celui \u201cdes autobus\u201d.Le premier pour récupérer ou revendiquer certaines tables; le dernier doit faire pression et tirer des ficelles pour faire monter les autobus jusan'à l\u2019Université.Ges messieurs en ont assez.Il fut même question d'un petit queique chose pour la gréve des policiers et pompiers, mais quelqu'un se demanda si c'était \u201cde nos affaires\u201d, et d'ailleurs tout le monde a de l\u2019ouvrage.Il y à les Finissants de Chimie qui sont \"en passe\u2019 & Shawinigan enx.Visite industrielle (qu'ils disent).Dans les environs du bureau des Constitutives, on entend parler de ski, de chalet, de fêtes, de débat après les fêtes.Ça va bien.Au C.E.O.C., Santa Claus a déjà distribué quelques \u201cpipes\u201d.Et à nous, il nous distribuera de nouveaux officiers.On remarque parmi les nonveaux \"one pipe\u201d, un directeur de journal (H.E.C.) et \u2018un ancien président des débats.Enfin l'on y décida d\u2019envoyer un message de remerciements à la Chambre de Commerce des Jeunes pour son attitude à l'endroit de l'Université.Maurice RIEL AU FRANÇAIS O Français décoré qui ignores la géographie, Français exactement moyen dont l\u2019âme, multipliée quarante millions de fois par elle-même, compose l'âme précise de ton pays, c\u2019est à toi que choisit de s'adresser, pour parler de la France, le Canadien-Français moyen.Car tu es au monde l'inconnu avec lequel il serait le plus aisé de lier connaissance.Il nous suffrrait de prononcer les noms Villon, Racine, Verlaine, Claudel, Duhamel.Celui qui pourrait nous présenter l\u2019un à l\u2019autre, ce n\u2019est ni ton propriétaire, ni ton percepteur, c'est Maurras, c\u2019est Giraudoux .Il nous vient ce soir le désir de parler de la France parce qu\u2019elle est seule et qu\u2019elle souffre et qu\u2019elle espère en ce quatrième Noël sous l\u2019envahisseur.Nous pourrions \u2014 au risque de caricaturer les harangueurs officiels \u2014 dessiner les traits saillants du génie français, citer à la barre les grandes œuvres civilisatrices de la France, redorer les fastes de son histoire, dégager les lignes de son destin glorieux et porter le passé garant de l\u2019avenir.Mais il nous monte aux lèvres des paroles malhabiles, hésitantes, toutes simples, les seules qui puissent réussir à consoler les malades .Nous désirons te dire, 6 Francais, que nous nous ennuyons de ta patrie comme on s'ennuie d'un parfum, d\u2019une musique, d\u2019une femme.Tout ce que la France compte de poètes, d'écrivains, de penseurs, de savants, nous les connaissions pourtant presqu\u2019uniquement par les livres; de peintres, de joailliers, de couturiers, par les revues qui nous en apportaient un écho fidèle et régulier.Ces livres que la France éparpillait chaque automne comme une bande d'oiseaux migrateurs, nous les recevions dans les seules cages qui gardent la civilisation: les bibliothèques.C\u2019est grâce aux in-folios que Descartes et Bergson nous ont appris l'art de penser, Baudelaire la poésie, Molière le rire, Péguy l\u2019honneur, Duhamel l\u2019homme, Giraudoux la fantaisie, que tous nous ont enseigné la mesure et la clarté.\u2018 Nous connaissions la France grâce à ses imprimeurs .Nous: savons d\u2019elle aussi ses paysages d'Ile-de-France, doux et construits à l'aune humaine, ses ciels de Bretagne gonflés de nuées, » par ernan egquin Fomand Se ses épaisses forêts du Morvan, ses rivières aux noms de femmes, son vent fou de liberté qui souffle sur la bruyère des landes, son soleil méditerranéen ardent comme une présence, qui double chaque olivier d\u2019une ombre palpitante.Les noms de ses bourgs et de ses villes dansent dans notre souvenir: Carcassonne qui éclate comme une trompette, Aigues-Mortes qui tinte comme un glas; Issy-les- Moulineaux, ridicule et charmant, Bellac claquant comme une langue; Chenonceaux, Amboise, Valençay, châteaux de dentelle; Elbœuf, Dinan, Rouen, villes en gros drap; Bressuire, Largentière, Olliergues, Rivesaltes, qu'on savoure comme un vin vieux.O Français ignorant la géographie, c'est grâce à elle que nous connaissons la France! Et ceux d\u2019entre nous qui possèdent de vieilles aïeules françaises, ple\u2019'nes de rhumatismes et de souvenirs, ajoutent à leur image de la France ce que toutes les agences Cook du monde ne pourront jamais leur faire connaître: cette allée sablonneuse ouverte au cœur d'une forêt bruissante d'où l\u2019on aperçoit, au-dessus des muguets, le village assoupi de Carré-les-Tombes; cet abbaye de la Pierre-qui-Vire où chacun vient graver son nom, fossile neuf, sur une table druidique; cette galette de noces, énorme et plate qu'on traînait sur un char jusqu\u2019à la mairie; ces raisins gros comme le poing, éclatants de soleil qu\u2019on chipait en face de la place du marché, à Poitiers; ce vieux Barsac dégusté un matin clair dans une auberge de Saint-Claud; cette unique violette que le printemps éveillait chaque evril au fond du jardinet et dont le parfum invitait toute la maisonnée à l'éveil du printemps.Heureux ceux qui peuvent connaître la France à travers les souvenirs \u2014 dorés par l\u2019âge \u2014 de leurs grand\u2019mères! O Français moyen, ignores-tu que près de la lisière de ton pays, en Artois, dort un coin de terre canadienne et qu'ici à Gaspé repose un peu de sol francais?Ces deux tufs se sont enfoncés au centre de la terre et nos pays sont devenus, comme nos cœurs, des vases communicants.Placés au niveau inférieur, nous avons recueilli > INCONNU de Ja France son trop-plein de génie et de culture, ses penseurs, ses écrivains, ses peintres, rares ambassadeurs; ses livres, ses vins, ses étoffes, sa musique, ses bijoux, tout ce qu\u2019elle comptait de plus typiquement français, ses aïeules à jupe noire.Vers la France tendue, telle un cuir, par cinq cordages auxquels l\u2019humanité s'agrippe comme aux derniers liens qui retiennent la civilisation, vers ce pentagone étalé comme un beau socle avec un bourg au cœur de chaque département et un buste au cœur de chaque bourg, notre province, se tourne comme vers une mère pour s\u2019abreuver à l\u2019éternelle source d\u2019humanisme et de culture.Et parce que nous avons reçu de la France son authentique message, nous savons aujourd'hui ou git la vérité dans ce cruel déchirement qui dresse vos frères contre vos frères.Nous savons, d\u2019une certitude organique, que le seul chemin où pouvait s'engager la France était celui de l'honneur et que l'honneur exige le respect du contrat, si douloureux soit-il.Et si vous n\u2019êtes pas parmi nous pour étayer notre vérité, nous possédons du moins, témoin précieux, cette parcelle de France spirituelle que nous nous étions constituée a force d\u2019admiration et de respect, cette présence francaise qui est devenue, depuis que vous souffrez, une douleur intime et chaude dans cette partie de notre cœur où la fibre est le plus sensible et le plus vibrante.Une douleur qui donne à nos paroles l'accent de la seule vérité, l'amour.Sachez donc, Français héroïque et inconnu, que si vous êtes torturé par l'angoisse, nous le sommes aussi: votre faim nous affame et votre soif nous dessèche la gorge.La seule différence, c\u2019est que votre pays montre le visage de la souffrance et le nôtre, celui de l'espoir.Car nous croyons que le lieu du monde où la loyauté, l\u2019honneur, la justice, la mesure, se retrouvaient à leur maximum de densité et à leur plus pur orient re peut rester longtemps écrasé, et que ces vertus comprimées à leur point extrême, finiront par éclater à la face du monde.Aujourd\u2019hui, vous souffrez cruellement dans votre chair et dans votre esprit.Demain, c'est encore de vous que hous viendront la lumière et le salut.| PAGE DEUX UN PAS VERS L\u2019EMANCIPATION Les légations canadiennes des Etats-Unis.du Brésil, de I'U.R.S.S.et de Chine sont devenues ambassades.C\u2019est une date importante dans notre histoire.Nous devons nous en réjouir.Nous devons reconnaître au très Hon.M.King une extraordinaire habileté.Le jugement que l'Histoire portera sur cet homme devra être nuancé à souhait.Quant au dernier acte de l\u2019administration, nous soulevons notre chapeau.Il s\u2019en trouvera pour le critiquer, s\u2019ils est vrai que l'unique absolu est la relativité de toutes choses.e MORALITE Le croiriez-vous?On Lrouve des industriels de cette trempe.La citation est du \u201cDevoir\u201d: L'Assoclation professionnelle des industriels avait comme conférencier mardi dernier.à son assemblée mensuelle au club Canadien, M.I, W.Walden, directeur de In Cour- pagnie Walden, de St-Jean, Qué.1 traite du problème moral à l'usine.11 dit qu'il faut de toute nécessité redonner aux Christ sn place à l'usine car 11 est le premier ouvrier-modèle et cest le premier ouvrier que l'industriel met dehors.Le but de Vindustriel, dit-il, ve doit pus être seulement de fabriquer des prodults mals avant tout de Tulre oeuvee humaine.Aujour- d'hul, contintie-t-il, la plupart des munufacturiers conduisent Jeur ln- dustrie dans un esprit matérinliste ot séparent, chez Vouvreler, la vie privée de Ju vie professionnelle, ce qui est impossible dans In pratique de la vie.SU un individu est mora- lunent douteux dans sa vie privée, 1 risque de donner le muuvais exemple dans xa vie professionnelle.M.Walden demande donc avec Îns- tance aux Industriels de revenir au véritable esprit du christisoisine.e NOUVELLE FACULTE Nous sommes heureux de si- luer la nouvelle faculté des sciences sociales politiques et écono- .miques de l\u2019Université Laval.Nous avons eu l'occasion d\u2019entendre le Père Georges-Henri Lé- vesque, O.P., il y a quelque années, et son dynamisme nous permet de prévoir pour sa nouvelle faculté un avenir fructueux.NOTRE LANGUE De la dernière conférence de M.Henri Bourassa nous tirons ce passage qui est, en somme une partie de la fameuse réponse à Mgr Bourne.\u201cJe ne veux pus, par un nntloua- lisgue étroit, dire ce qui serait le contraire de ma pensée \u2014 et ne dites pus, mes compatriotes, que l'Eglise catholique doit être fran- calse nu Candi.Non mis dites avec nel que, chez trois millions de catholiques, descendant des premiers apôtres de ln chrétienté en Amérique, lu meilleure sauvegarde de In fol, Cest la conservation de Iidiome dans lequel, pendant trois cents ans, ils ont adoré le Christ.\u201cOul, quand le Christ étalt atti- qué par les Iroquoils, quand le Christ était renlé par les Anglais, quand le Christ était combattu par tout le monde, nous l'avons confessé et nous l'avons confessé dans notre langue\u201d.VIVE NOUS AUTRES! La conférence sur les maladies vénériennes à Ottawa nous a valu des fleurs.En effet la législation de l\u2019hon.M.Godbout sur le sujet est, pa- raît-il, la plus adéquate.Le lieut-col.D.-I1.Williams, of- ficler chargé du contrôle des malu- dies vénériennes dans l\u2019armée cana- dlenne, à déclaré qu'une base solide pour le contrôle de ces maladies n été établle dans la province de Québec et que les résultats obtenus y sont mellleurs que partout allleurs au Canada.Parlant à ln conférence internationale de quatre jours tenue lei, 11 n dit: \u201cDurant les prochalns mols et les aundes à venir, 11 faudra surveiller attentivement ce qui se passe dans ln province de Québec au point de vue vénérien, car dans cette province on a jeté depuis deux nns les bases d'un grand mouvement.\u201d Le col.Willlams a aussi hautement vanté les méthodes de contrôle organisées par le service d'hy- gine de Ja province de Québec.\u201cLe contrôle provincial des umindies vénériennes ne sera jamais cfficace, tant qu'on ne l'organisern pas comme 11 Vest dans le Québec\u201d, n-t-il ajouté.BON CONSEIL Du discours de l\u2019hon.Louis St- Laurent au Lower Canada College.Incidemment, avec toutes ces fleurs aux libéraux aujour- d\u2019hui, je compte bien recevoir un chèque du parti.Le ministre Satlnt-Laurent déclare, en outre: Jeunes Canadiens qui deviendrez dans quelques nunées les chefs de file de ta nation, si vous désirez apporter de l'unité nu- tlle canadienne, Je vous avertis en toute sincérité que vous n'y réussirez qu'en vous fauulllarisant vous-mêmes avec lu langue française dans In même mesure où plusieurs d'entre nous, Canadiens d'orl- gine francaise, nous TOUS SOMMES futillarisés avec ln langue an- glaire, LE QUARTIER LATIN OEIL de CARABIN par Louis-Philippe Dupuy SAGESSE Nous sommes heureux de souligner une appréciation très sensée du Dr H.-S.Grant, doyen de la Faculté de médecine de l\u2019université Dalhousie sur le système \u201cpompier\u201d dont on avait, jusqu\u2019à ces derniers temps, gratifié certaines de nos facultés.Le passage est de la \u201cPresse\u201d: le Dr H.-S.Grant, doyen de lu fuculté de médecine de l'université Dalhousie, un déclaré hier soir à un diner de l'Association des diplômés de cette Institution que In formu- tion rapide des médecins en temps de guerre tend à abaisser le niveau de Ia profession.Étudiants d\u2019Amérique par Guy Liaugrand.Champagne LES ETUDIANTS SONT PRIVILEGIES?(VARSITY) Dans une lettre ouverte an \u201cVarsity\u201d, un étudiant de Toronto écrit: Military tratning on the campus presents a parody in that students whose expenses are borne by the government are not required to undergo military training during the term since this would Interfere with their studies, \u2018The remaining students, no matter how important their studies way be to the war effort, are compelled to drill, This tralning is often referred to as \u201cour return for the privilege of attending University.\u201d It has alleged (The Varsity, Nov, 15, 1943) that University students are a privileged class, being granted concessions not given the other citizens of this country.If this be true, the unfairness of the situation is obvious, Ihe government of Canada should take inmedinte steps to stop this injustices and the Universities should bo declared open only the those whose studles ure essential to the nation.Those permitted to continue thelr studies under these conditions should be put In uniform and placed at the govermnents discretion so that they may contribute thelr maximum effort.Onty then will the Universities be able to Justify thelr existence in wartime, Il est éviden un jeune de pou si l'on regarde les choses dans leurs fondements, que le fait pour ivre ses études à l'Université n'a aucun caractère de privilège.Cest une nécessité pour l'Etat, In Société, la Démocratie et tous les autres grands mots pour lesquels l'ensemble combat.On reconnaît que non seulement le soldat com- hat, mais aussi Pouvrier et le civil.Très bien, leur action est immédiate, parce qu'elle doit I'étre; mais la nôtre, parce qu'elle prépare, espérons-le, une reconstruction lointaine, doit être cons dérée comme tres importante quoique médinte.Nous ne jouissons d'aneun privilège: notre condifion nécessaire d'étudiants ne peut nous être supprimée que devant un danger immédiat, souverain et certain.Si ma mémoire ne fait pus défaut, je me souviens d'avoir lu dans nos journaux que Mussolini, devant la menace de l'invasion de In Sicile, se décida enfin à proclamer les étudiants conscriptibles pour l'armée et les usines, Mais seulement à cause d\u2019une extrême nécessité.Non pas comme s'il retiraiît un privilège.- * A ce sujet, nous pouvons encore revenir sur un sujet déjé traité: la nécessité de toutes les facultés universitaires dans la guerre, Certes, nous en avons déjà parlé ici.Et nous en reparlons parce que c\u2019est un sujet qui intéresse tous les \u201cétudiants d'Amérique\u201d, comme en font foi nombre d'articles parus dans les différents journaux d'étudiants.Le plus récent, un très long éditorial, parut dans le VARSITY le 3 décembre.oss Déjà, \u201cVarsity\u201d avait traité du sujet dans un article intitulé: \u201cThe case for Liberal Education\u201d.Malgré que le sujet n l'air usé, disent-ils, nous y revenons.Les humanités ont (nit leurs preuves et commencent enfin à être reconnues puisqu'on tend à leur donner un rôle important \u201cin the basic post-war reconstruction\u201d.L'article mérite nombreuses citations : The current trend Is Keynoted by Dr.Fred J.Kelly, chlef of the higher education division of the United States Office of Education, who stated recently that \u201cwe will have a fairly adequate supply of engineers und scientists aftert the war, 1'he defieit Is In the lberal arts.\u201d It Is true that Dr.Kelly was spenking of the United States where liberal education has suffered an all but complete disruption, but the notable depletion of our own arts enrolment indicates no similar, If somewhat smaller, deficit here, What It Means What this deficit means Is conveyed in Dr.Kelly's statement that \u201ctechnologies must win the war but humanities and social sclences must hold the peace.\u201d Science, which first appeared In anclent Greece among liberal thinkers and whose way to free investigation was paved throughout the Middle Ages by the enlightenment of the humanists, is now repaying without stint the debt to Its foster-purent by playing a leading part In the war for its defense, The task of holding the pence is fully recognized by the humanists and the glaring exemple of how the peace was not held the last time stands ns a challenge to them, In The Dally towan Prefessor Norman Foerster reflects on the situn- tion tough-mindedly : Is the university to bg cnught equally unprepared for pence?.Is the university, and the soclety in which It functions determined to profit by Its mistakes after the last wur?Unquestionably it is\u2014In the economic and politienl realms, .+ Much tha same thing happened during the last war, though the reforms proposed were less drastic and therefore, it would seem, ensier of attalnment.Why were the results so dismal?the answer would appear to be: because no economic and political reor- sanization can succeed unless it 1s accompanied and sustalned by a moral ad intelectual reorientation.Alors, Fuuteur demande si nous sommes préparés a celn.Evidemment nous avons moins souffert que les Américains qui ont vu le gouvernement saccager leurs organisations de collèges et universités.Notre gouvernement noûs a un peu plus respectés en n'attaquant pas les facultés non-essentielles, Mais est-ce assez?Non?Et de nouveau, l\u2019auteur cite le Daily Iowan: If in this crisis of civilization the university is to serve the state and nation fundamentally, its departments of the humanities will have to set thelr house In order .The true humanities are In no danger: civilization must have them, and will revive In due course because it must have them, not because complueent professors of the false humanities are alarmed at the shrinking of thelr hunting preserves.On devra donc changer cette attitude actuelle, \u201cthe present tendency to sneer at everything that does not immediately pay off in commissions or essential war jobs.\u201d On devra s'intéresser aux langues, à la littérature, la sociologie, etc.(Enfin, les gens \u201cpratiques\u201d s\u2019en rendent compte.) An immediate return to anything Ike the pre-war Hollywood conception of campus life Is not to be expected.The present trend toward greater seriousness will ve maintained, perhaps even be Incrensed, because of the age of the students.The ex-servicemen who will form a large part of the campus population will be men and In general students will tend to be more mature.The terms \u201ccollege men and women\u201d will come Into more general use, replacing the slovenly terminology, never wholly deserveq, of \u201ccollege boys and girls.\u201d Colleges will with then den! In \u201cadult education\u201d in Its fullest sense and the result may be in stiffer courses on the whole, provided the war does not result In a permanent fecling, In places where streamlining schemes have been tried, that the humanities can he done up In capsule form and gotten over with in n hurre, BRAVO M.DROUIN! Te croiriez-vous?Il s\u2019est trouvé un ministre libéral du conseil des ministres de la province de Québec pour protester publiquement contre le traitement qui nous est fait dans le fonctionnarisme fédéral.Nous faisons rarement appel aux sentiments sur ces questions pour le moins délicates.Mais lorsqu\u2019on nous présente des chiffres comme ceux mentionnés plus bas, il nous est impossible de ne pas bondir.Si nous souffrons depuis 1760 d\u2019un complexe d\u2019inféorité, il n\u2019est pas nécessaire d\u2019en chercher la cause bien loin.Il y a tout de même telle chose qu\u2019une certaine pudeur publique.Ceci est un extrait du discours de M.Drouin paru dans le \u201cDevoir\u201d du 10 décembre: \u201cVous y comptez 26 contrôleurs, qui ont ln malnmise sur toute l'ic- tivité éconotuique et Industrielle de lu nation, directement ou Indirectement.Sur 20, savez-vous comblen Il y n de Canadiens françuis?ZERO.Entendez-vous?Pas un seul Canadien francais contrôleur de ln vie économique de lu nation.\u201cOn aurait droit de penser, Monsieur le Président, que, du moins parml les députés-contrôleurs, nous pourrions avoir notre sombre, Hs sont 18, 1 y a trois noms frunçals.\u201cLe ministre des Munitions lui- même est avisé principalement par cinq assistants dans son exécutif.Par un ne porte un nom francals.Le sous-ministre lui-même a quatre assistants dans son exécutif.Nombre de Canadiens français: zéro.Dans ce bureau, 11 y a 34 offielers supérieurs chargés de l'adulnistra- tien: un seul est des nôtres.\u201cMonsieur le Président, dans le département de la production 104 officiers supérieurs président: nous on itvons deux.Le coordinateur en chef des contrôles et président général des Industries contrôlées a deux assistants avee lui.Notre part: zéro.\u201cMonsieur le Président, on parle souvent de la branche de priorités.Savez-vous quelle est la part des nôtres dans cette branche des priorités à Ottawa?Sur 13, zéro.\u201cMaintenant, Mesdames et Messieurs, pour ces priorités, 1 y a des représentants réglonaux dans plusieurs provinces.1 y en n huit.Notre part: zéro.Monsieur le Président, faisons un résumé des offl- clers supérieurs de ce département, en commençant pur le ministre et en descendant jusqu'au moindre officier de cette branche du département des Munitions, créée spécinle- ment pour l'effort de guerre: le total complet de ces employés supé- rleurs est de 223 et nous en avons huit là-dessus.\u201cBref, le pourcentage des Cana- «Mens français dans ce département prinelpal des activités de l'effort de guerre est de 4%.\u201cQui de vous, Messieurs du commerce et de l'Industrie de la province de Québec va se lever pour dire qu'il est fier d'être Canadien français après cela?\u201cLe dernier coup de canon pour garder le Canada à la Couronne britannique le sera par un Canadien français\u201d.Dressons un monument à ce soldat inconnu et tout de suite, ça presse ! © SOURIRES \u201cThe sky was so blue you wished you could wear it\u2019.(Della T.Lutes) \u201cThe children sat like so many tightly corked bottles of ginger ale, demurely holding their fizz\u2019.(Frances Warner) THE MEANING OF - CHRISTMAS Une belle page de l'archevêque de New-York, Mgr Francis J.Spellman : Holliday and Holy Day, Christ- mus [8 more than a yule log, holly or tree.It is more than natural good cheer and the giving of gifts.Christmas Is even more than the feast of the home and of children, the feast of love and friendship.It Is more than all of these together.Christmas is Christ, the Christ of Justice and charlity, of freedom and pence.The Joy of Christmas is a joy that war cannot kill, for it is the Joy of the soul and the soul cannot die.Poverty cannot prevent the joy of Christmas, for it ls a joy no carthly wealth can give.Tlme cannot {ither Christmas, for it Le longs to eternity.The world cannot shatter it, for it 1s union with Him who has overcome the world, The leaders and peoples of nations must understand these fundamental truths if we are ever to have freedom and peace.Unless charters and pacts have a divine sanction, unless \u201cGod Is the Paramount Ruler of the world,\u201d then agaln and again, 17- DECEMBRE 1, \u201cIL A BON B.F., le Baccalauréat en Fumage, est un degré important.Il confère à un homme le droit À des heures de bienheureuse satisfaction tous les jours de sa vie.Prenez votre degré chez le Prof.Picobac \u2014 toujours doux et agréable.TABAC Picobac us the waves upon the shore, must catastrophe follow catastrophe.Not until men lay aside greed, hatred, pride and the tyranny of evil pus- slong, to travel the road that began ut Bethlehem, will the Star of Christipas peace illuminate the world.Christmas Is the Birthday of freedom, for It is only the following of Christ that makes men free.RECONNAISSANCE A LA CHAMBRE DES JEUNES Depuis toujours les étudiants apprécient la noble attitude de la Chambre de Commerce des Jeunes du District de Montréal à l\u2019égard de l\u2019Université de Montréal.L'intérêt manifesté aux valeurs spirituelles de notre peuple de la part des jeunes hommes d'affaires de Montréal constitue une consolation devant les tribulations universitaires.De plus elle permet les plus hautes espérances et présage d'un grand avenir fondé sur la collaboration de tous les éléments canadiens-français.Un nouveau témoignage de cette solidarité est sorti de la semaine provinciale de la Chambre cadette.À une assemblée générale des membres, en effet, sur la proposition du vice-président, Pierre DesMarais, conseiller municipal, la Chambre adoptait à l\u2019unanimité les trois propositions, reproduites en page universitaire de ce numéro, et que le conseil confirmait dans une assemblée subséquente.Nous assurons à la Chambre des jeunes entière reconnaissance et lui affirmons que son geste ne frappe pas à vide.Forts de cet appui, les étudiants sauront établir leur point de vue et, à l\u2019occa- GOUT DANS LA PIPE!\" + ™ Bd wy sion, lui rendre les mêmes services dans la mesure de leur capacité.Ls-Ph.DUPUY 0 e PAIX ARMEE C Aux utopistes incorrigibles que les \u201cbaisers Lamourette\u201d de L Conférence de Téhéran pour raient avoir convaincus de l'évolu tion de Staline vers l'esprit démo cratique, nous rappelons le com muniqué suivant, lu à la radio di manche dernier: \u201cLa Russie reconnaît le général Tito, plutôt que le roi Pierre, com me chef du gouvernement yo goslave\".Or, le général Tito vient de proclamer de sa propre autoritd chef du gouvernement yougosl ve, se révoltant de ce fait contr le roi Pierre, son chef légitime Cette proclamation arrive apr une longue période d'\u2019hostili ouvertes entre les troupes du g néral Tito, rebelle, et celles du gé néral Mihailovitch, fidèle à so souverain.Tous les pays allié Avaient jusqu'ici reconnu le ri Pierre, ou plutôt avaient continu de le considérer comme souverai légitime de son pays.Mais voi que la Russie décide de reconnä tre comme juste l\u2019usurpation d général Tito qui, nous allions os blier de le dire, est chef des élé ments communistes yougoslaves.8 Cette reconnaissance suit quelques jours la promesse 4 Staline à l\u2019effct que la Russic 5 se mêlerait pas de la politig intérieure des autres pays.La «iB lombe, elle aura besoin d'êtr blindée! Georges DUFRESNE Enrobés de riche chocolat Neilson's\u2014 procédé français Chronique militaire L'ENTR AINEMENT EST-IL MONOTONE ?Dans une déclaration récente, le principal de l\u2019université McGill affirmait que l\u2019entraînement dans cette université était monotone et M ennuyeux.L\u2019officier commandant du C.O.TC.de l\u2019université de Toronto, émit aussitôt une opinion contraire.Les autorités militaires de Me- Gill, n\u2019ont pas pris part officiellement à ce débat, mais un article paru en éditorial dans le \u201cMcGill Daily\u201d et approuvant l\u2019attitude de Monsieur Cyril James, avait pour auteur, dit-on, un officier en vue du contingent de cette université.Nous ne sommes ni qualifiés, ni autorisés, pour discuter du mérite des arguments fournis de part et d\u2019autre, cependant, nous basant sur la situation qui existe dans notre propre contingent, quelques réflexions s'imposent.L'entraînement que l\u2019on suit au C.E.O.C.est basé sur un syllabus fourni par les quartiers généraux et qui est le même pour tous les corps-école d'officiers canadiens.Avec un peu d'imagination, on peut adapter ce syllabus rigide à l'entraînement que l\u2019on se propose de faire suivre.Ainsi l\u2019enseignement militaire est reparti sur trois ans; cours de B base, cours avancé, el cours supérieur.On ne risque plus d\u2019ennuyer le cadet par une répétition d\u2019année en année des mêmes exercices.L\u2019on peut même introduire des parades de bain, de gymnastique et de cinéma, qui apportent chaque semaine un certain divertissement.Lon se plaint qu\u2019un équipement désuet nous est fourni, du moins Quant aux armes à notre disposition.Celles-ci sans être très récentes, servent quand même le but auxquelles elles sont destinées; c\u2019est-à-dire en connaître le maniement et le mécanisme.Le C.E.0.C.ne donnant plus aux cadets l'avantage de pouvoir se qualifier, ne sert plus son objet et devient inutile.Erreur profonde, les cadets de notre contingent qui permutent à l\u2019armée active se distinguent partout et sont très recherchés.Les quartiers-généraux leur fa- .cilitent Pacciés aux centres d\u2019en- trainements avancés et entre plusieurs candidats leur donnent toujours la préférence.Enfin les études accélérées et des programmes de plus en plus chargés devraient dispenser l\u2019étudiant de son service militaire.Il suffit de rappeler pour répondre à cet argument que les modifications aux règlements ont presque résolu toutes ces difficultés et que quelques nouveaux ajustements finiront par faire disparai- tre les derniers inconvénients.Voilà à quoi se résument les principaux griefs contre le C.E.O.C.avec de la patience et un peu de bonne volonté il y a moyen de réduire au minimum les désavantages de l\u2019entraînement militaire que personne d\u2019entre nous n\u201d voulu mais dont nous avons tiré le meilleur parti possible.À la guerre comme à la guerre.C.D.Actif : La Banque Canadienne Nativnale est à vos ordres pour toutes vos opérations de banque et de placement Plus de $200,000,000 529 bureaux au Canada 62 succursales à Montréal courant des relations sino-améri- \u201cLe jardin des bêtes sauvages\u201d BERNARD LARAMÉE Je me souviens de cette histoire de Madame Lucie Delarus-Mardrus dans laquelle elle nous parle de deux petits garçons.Il y en avait un qui était toujours content de tout ct l\u2019autre qui ne l'était jamais.Leur père, voulant sans doute faire une expérience, la nuit de Noël, garnit leurs souliers, Dans l'un, il mit une belle petite automobile et dans l'autre du crottin de cheval.Le lendemain matin, il s'empressa de demander à ses enfants: \u2014Et qu'est-ce que le bon père Noël vous a apporté cette nuit?Celui qui était toujours mécontent, de répondre: \u2014Oh! moi, une petite automobile, mais elle est blanche et je la voulais noire, de plus elle n\u2019est pas bien grosse, etc, etc.L'autre dit: \u2014À moi, il m'a donné un petit cheval, mais il est parti.Cela me fait penser à Bernard Laramée.\u2026 Sans doute que dans cette histoire comme dans la réalité, dans la vraie vie, il ferait le Père Noël.Ça vous surprend ?Bien non! Tout le monde sait que le père Noël de chez Eaton ou de chez Dupuis, C'est pas vrai (sic), mais que le père Noël des pauvres existe réellement et c'est Bernard.Il n'a ni grosse barbe, ni gros capuchon.Il n\u2019a même pas de.cheveux.(par donne-moi Bernard, c'est parti malgré moi.) Vous le voyez souvent passer dans les corridors; il marche trés vite, salue tout le monde d'abord de la tête, puis de la boîte.pas sa bouche, une vraie boîte en métal blanc.Souvent seul, souvent entouré d\u2019une cour de belles jeunes filles, le président de la Conférence Bourget, ancien président de la même Conférence, et il y trois ans, vice-président de In toujours Conférence Bourget, vous demande I'auméne pour les pauvres.C'est extraordinaire de voir qu'un profane, étudiant comme nous, qui ne porte ni bure ni mitre, apporte tant de dévouement à une bonne oeuvre.Voilà un rare exemple, les gars, et si nous n'avons pas le courage de l\u2019imiter ayons au moins la largesse de coeur de l'encourager.Et d'abord, est-ce que nous savons bien ce que c'est la Conférence Bourget ?Bernard, dis-nous ça.\u2014Pour m'exprimer en termes (hum!) la Conférence Bourget c'est une artère à deux tronçons; si j'étais encore étudiant he.c\u2026 je dirais: c'est une entreprise à filiale.La Conférence d'en bas, avec siège social à Poly ct aux Hautes-Etudes, ct la Conférence d'en haut, avec siège social au sein de toutes les Facultés de la Montagne.\u2014Qui est président de la Conférence d'en bas?\u2014Le vice-président de l'organisation centrale est automatiquement le président d'en bas, et ce \u2018second\u2019 si dévoué est Louis-Georges Carignan de Poly.Je profite de cette heureuse occasion pour le remercier chaleureusement pour le dévouement désintéressé qu'il apporte à la cause des pauvres.\u2014Dis, Bernard, combien de familles secours-tu à l'aide de souscriptions que tu ramasses à l'Université?; \u2014-15 familles, mon vieux, 4 avec les souscriptions d'en bas et 11 avec celles d'en haut.En tout 131 personnes.Cependant, je regrette de dire que malgré l'effort admirable de beaucoup d'étudiants, le grand nombre ne donne encore rien quand chaque semaine, on leur passe le chapeau pour la St-Vincent de Paul.Vois-lu, actuellement, à l'Université, on ramasse à peu près la moitié de l'argent qu'il nous faut, le reste nous cst fourni par la Société St-Vincent de Paul de la ville.Ce n'est pas correct! \u2014La faute à qui?.\u2014A personne et A tous nous autres.I! faudrait que chaque président de faculté s'en occupe.Mettons, le lundi, par exemple.Pourquoi pas?À ce moment-là, les gars ne sont pas trop \u201ccassées\u201d.C'est si facile pour le conseiller de classe de passer le chapeau, la tuque si l'on veut.Qu'on la défonce de dix cents, la St- Vincent de Paul leur en donnera une autre.Le président fera ensuite parvenir le tout à Fernand Delhas, Administrateur de l'A.G.EU.M.Allons, les gars, ayons un peu de coeur au ventre! II nous faut pour Noël $300.00 pour les pauvres.Je sais que parmi nous, étudiants, il y en a qui ont déjà bénéficié de notre propre générosité.Je dis \u201cgénérosité\u201d, le terme est osé, mais il le sera moins la semaine prochaine.Un mot d'ordre: donnons au moins chacun dix cents! Ainsi nos 131 protégés passeront un joyeux Noël à cause de nous.Nos petits pauvres seraient si heureux de trouver quelques bonbons dans leurs bas de Noël.Brunet, Gingras, Dansereau, Longtin, Gagnon, Cousincau, Pauzé, Papineau, vous tous chefs de famille, voyez-y! Une belle collecte pour Noël, ct toujours de belles collectes pour la St-Vincent de Paul! Compris ?.Ainsi, en plus d'avoir fait notre devoir, d'avoir été l'âme de la joie, ou au moins de la subsistance, chez nos pauvres, nous aurons contribué au dévouement sans borne de Bernard Laramée, notre bonhomme Noël, le bout-en-train de l'Université, l'ami de tout le monde.\u2014C'est bien dit, hein, Bernard?je parle bien?\u2014Certain, mon \u201ceux Sarto, tu parles comme un homme! \u2014 .?(Si j'étais capable de siffler à la Costello .) Sarto OUELLET SON EXCELLENCE MGR YU-PIN Dans l\u2019après-midi du 14 décem- des plus intéressants.I! s\u2019est dé- bre, Son Excellence Mgr Paul Yu- claré enchanté de sa visite dans Pin, accompagné de son secrétai- notre maison et a su en apprécier Fiversité De haute tale 4 l'architecture d'une modernité de dépasse 6 pieds \u2014 parlant admi- bon aloi.Il nous a prédit que rablement le français, très au l\u2019Université posséderait dans un avenir rapproché une section d\u2019é- caines, Mgr Yu-Pin est un hôte tudes chinoises.En gueuleton LA CIE DES TRAMWAYS DE MONTREAL ET NOTRE SERVICE D\u2019AUTOBUS Tout d\u2019abord, il faut admettre qu\u2019à la suite de démarches In Cie des Tramways accorde à l\u2019Université un service spécinl d\u2019autobus en certaines occasions, tels les concerts, débats, visites, etc.Ce qui prouve qu'un service régulier est possible.Car si la Cie dispose d\u2019autobus en ces occasions, elle peut sûrement les assigner continuellement au circuit de l\u2019Université.De plus il est nécessaire.En effet, quelque 1,500 étudiants et 500 professeurs fréquentent l'Université le jour et le soir.Et divers organismes, attachés ou extérieurs à l'Université, y possèdent leurs locaux.Tels le C.U.A.C., le cour préparatoire au C.A.R.C,, la section U.de M.de l\u2019école d'avionnerie fédérale-pro- vinciale, le Conseil National des Recherches.Sans compter les nombreux officiers et employés de Administration.Ce petit monde explique la formation d\u2019un circuit régulier.Lequel d\u2019ailleurs pourrait continuer le circuit, déjà existant, Mont- Royal avec terminus à la rue Mont-Royal et Ave des Pins et aux chemins de la Reine-Marie et de In Côte-des-Neiges.Ce qui amenerait une décongestion du circuit 29 entre les mêmes extrémités, au bénéfice des citoyens d\u2019Outremont.D'ailleurs différentes associations métropolitaines ont compris ce besoin.Témoin la Chambre de Commerce des Jeunes de Montréal, lors de sa dernière assemblée générale, alors qu\u2019elle à approuvé à l'unanimité une motion du vice-président, Pierre Des- Marais, à cet effet.En conséquence ln Cie des Tramways, corporation d'utilité publique et qui doit s'appliquer à satisfaire les besoins des citoyens par son service de transport, est dûment informée des faits et ne peut offrir d\u2019excuse en la matie- re.Gabriel MARCHAND LA CHAMBRE DE COMMERCE DES JEUNES du district de Montréal Résolutions adoptées à l'assemblée du 16 novembre 1943 IL EST PROPOSE PAR Pierre DesMarais, SECONDE PAR Jules Trudeau, que la Chambre de Commerce des Jeunes prie les autorités municipales de prendre immédiatement les mesures nécessaires pour paver cetle rue au moins de façon temporaire et faire exécuter les travaux de nivelage et terrassement qui s'imposent ainsi que pour la confection d\u2019un trottoir, et que copie de lu présente résolution soit envoyée à Son Honneur le Maire, au président du Comité Exécutif, au directeur des services, au directeur des travaux publics ainsi qu\u2019au greffier de ln ville de Montréal.IL EST PROPOSE PAR Pierre DesMarais, SECONDE PAR Jules Trudeau, que la Chambre de Commerce des Jeunes, à son assemblée générale du 9 novembre, prie instamment la Commission des tramways de Montréal de prendre les mesures\u2019 nésessaires pour que le service d'autobus soit prolongé jusqu\u2019aux approches de l'Université de Montréal, et que copie de cette résolution soit envoyée au président de la Commission des tramways de Montréal, au gérant gétiéral de Ia Compagnie des Tramways, ii Son Honneur le maire de Montréal, au président de la Régie provinciale du transport, ainsi qu\u2019aux journaux.IL EST PROPOSE PAR Pierre DesMarais, SECONDE PAR Jean Morin, Jeunes se joigne à la Faculté que la Chambre de Commerce des de médecine pour prier la Société d'administration de l\u2019Université de Montréal de prendre tous les moyens possibles pour réaliser ce projet vital pour notre Université et la Faculté de médecine; et que copie de la présente résolution soit envoyée à la Société d'administration de l\u2019Université ainsi qu\u2019aux autorités provinciales et municipales que ce projet doit intéresser, \"LES AMIS DE L'ART\u201d La direction du Forum offre aux \u2018Amis de l'Art\u201d des billets à prix spécial pour \u2018\u2018Ice Capades'\u2019 en matinée le 18 décembre.\u2014 Billets maintenant à la disposition des membres aux Bureaux de l'Association, 1097 rue erri.À l'Ermitage, samedi 18 décembre, matinée théâtrale sous le direction de me Fernande Albany, et à laquelle prendront part: Milles Yvette Brin- d'Amour, Gisèle Schmidt et Janine Sutto, MM.harles Deschamps François Rozet et Roger Gorceau.M.Georges Savaria sera le pianiste invité.L'Association désire informer ses membres que les représentations du Barbier de Séville par les Compagnons \u20ac soint Laurent sont remises eu 24, 25 et 26 février.\u2014 Les billets déjà achetés seront valables pour ces représentations.es laissez-passer sont à la disposition des membres désireux de visiter le Musée Historique Canadien, 3715 Chemin de la Reine Marie.\u2014 Prière de s'adresser aux bureaux.DE N'oubliez pas que la compétence seule vous permettra de réussir.Et qui, de ceux qui aspirent aux plus hautes situations, peut se dispenser aujourd'hui d'une formation économique?FUTURS AVOCATS, NOTAIRES, INGÉNIEURS OU AGRONOMES Inscrivez-vous donc à L'ÉCOLE DES HAUTES ÉTUDES COMMERCIALES (affiliée à l'Université de Montréal et subventionnée par le Secrétariat de la Province) Un programme d'étude spécialement adapté à vos besoins, vous conduira à la Licence en sciences commerciales ct vous fournira cette formation économique indispensable à votre réussite.DEZ TOUS RENSEIGNEMENTS ET NOTRE PROSPECTUS GRATUIT AU DIRECTEUR: 535, AVENUE VIGER , MONTR EA L a PAGE QUATRE 4 Î QUARTIER 17 DECEMBRE 199 VOICI ANDRÉ ROUSSEAUX NOUS PARLE André Rousseaux nous parle de ses amis.[| nous dit les livres qu'il aime, simplement, à voix douce comme lorsqu'on parle de l'amitié.Chaque beau livre est pour son âme ouverte et accueillante une âme à découvrir.Et ousseaux à voix émue nous dit l'enchantement unique de cette belle expérience humaine.Il à réuni, pour notre joie, l'essentiel de ses découvertes en trois beaux livres dont les titres embrassent dans un même amour le monde classique et le monde moderne, la France, | Allemagne et l'Angleterre.Trois volumes vibrants de son amitié, de toute cette richesse humaine amoureusement amassée.Et ces trois magnifiques volumes, ousseaux nous les offre dans une préface admirable.Ces pages que j'ai lues pour la première fois à l\u2019âge de mes dix-sept ans ont gardé dans mon esprit un prestige incomparable.Îles donnaient un sens au monde de la littérature moderne au seuil de laquelle le collège me laissait, éperdu et passionné, sans autre guide qu'Albalat ou Faguet.La main dans celle d'André Rousseaux, j'entrai, l'âme émerveillée, dans un monde vibrant d'une vie intense, doux à mon coeur de toute sa chaleur humaine.Dans un monde où chaque nom ouvrait mon âme à une vision plus poétique, plus compréhensive, plus humaine du monde.Je dois à Rousseaux, Bernanos, Mauriac, Charonne, Giono, Fournier, Colette, Carco, Green, Giraudoux et combien d'autres; tous ceux que depuis ce jour, d'un coeur fidèle, je n'ai cessé d'aimer.Cette longue préface où il ne songe pas à nous cacher son ème, borde de son amour passionné et lucide de la littérature vivante.Parce qu'elle est de la vie.Parce qu'elle ermet d'atteindre une âme, un homme.t il met à cette recherche une immense compréhension, une sorte de respect fervent.Je garde encore le souvenir vibrant de ce bouleversement que causa la lecture de Rousseaux dans ma vie paisible de collégien.En face de la littérature je cessais d'être un écolier dissertant sur ces entités abstraites que sont les auteurs dans les manuels d'histoire littéraire.Je devenais un homme avec au coeur un amour puissant pour ls vie et pour ces hommes qui plus que tout autres sont engagés dans la vie et dans \"humain.Rousseaux ne fut sans doute pas le seul à opérer ce réajustement des valeurs.A son défaut ce travail se serait fait de lui-même, lentement.Mais les bouquins de Rousseaux le provoguérent d'une façon si absolue, si totale que c'est à lui que je choisis de rendre grâce.Ce témoignage personnel peut sembler déplacé dens une chronique d'allure objective.Mais j'avoue, je suis incapable de parler d'une façon désintéressée d'André Rousseaux.Pour moi, peu de livres ont comme les siens une valeur d'ouverture sur la vie.C'est aussi à Rousseaux que je dois e m'avoir ouvert le monde fragile et intensément poétique de certaines oeuvres anglaises, Virginia oolf, Rosamond Lehmann, Charles Morgan, furent les premiers guides de mon âme ravie dans la littérature contemporaine anglaise.Là encore Rousseaux fidèle à sa mission de chercheur d'âmes, ouvrait un trésor de richesses insoup- onnées.Ou plutôt, il nous met dans e coeur, le désir fou de les connaître, et fraternellement il nous en donne la clé.Tout le plaisir de la découverte, tout l'enrichissement est pour nous seuls.\u201cMais surtout je tâche d'en atteindre la valeur, cette espèce d'âme des oeuvres par où tant de livres décevants pourraient être sauvés.ar je crois que les oeuvres des hommes sont très comparables aux hommes; si l'on pouvait toujours atteindre les âmes des hommes, aucun d'eux ne serait négligeable\u201d.Cette phrase de la préface à \u2018\u2019Littérature du XXe siècle\u201d dont chaque phrase serait à citer, tout en indiquant la haute idée que Rousseaux se fait de son métier de critique, donne aussi à mon sens, la disposition du coeur et de l'esprit requise de qui veut pénétrer le monde de la littérature vivante, et atteindre l'âme des hommes.A ces deux volumes sur la \u201cLittérature du XXe siècle\u201d Rousseaux ajouta bientôt \"Le Monde Classique\u201d.De Homère à Verlaine, Rousseaux poursuit avec une amoureuse com- réhension sa recherche des âmes.ais cette fois au lieu de pénétrer irectement l'oeuvre vive de Racine ou de Baudelaire, il s'appuie pour chacun de ces auteurs, sur un ouvrage de haute critique.Mais ce dernier, s'il est l'occasion qui permettra à Rousseaux \u2018exercer se compréhension et de laisser déborder son amour des âmes, n'est souvent que cela.Et Rousseaux bien vite atteint l'âme de ces \u2018\u2019oeuvres qui ne meurent pas\u201d.Îl gratte la croûte de la critique superficielle, il redonne aux chefs-d'oeuvre leur vrai visage et découvre l'âme profonde de leurs auteurs., Voilà comment la critique, comme l'amour, est à l\u2019origine de l'oeuvre d'art.Claude LUSSIER Le monde classique, Littérature du XXe Siècle par André Rousseaux, réédités à Montréal par Variétés.LA JEUNESSE DE BÉRAUD ET CELLE DES AUTRES Le livre de Henri Béraud est de ceux qui d'avance dissolvent tout commentaire.On ne discute pas le témoignage d'un écrivain sur lui-même: il faut faire confiance.En ce sens \"Qu'as-tu fait de ta jeunesse?\u201d par sa franche honnêteté, est un livre précieux.Peu d'écrivains n'ont pas senti l'impérieux besoin, l'urgence de cristalliser les souvenirs de leur enfance.Ceux qui y ont cédé ont voulu, avec toute leur ême, traduire dans un livre unique ETES-VOUS NE ENTRE le 22 novembre et le 22 décembre?Sagittarius Le Centaure Si vous êtes né sous le signe du Sagittaire, vous êtes stratégiste.Par conséquent, vous percevrez les nombreux avantages qu\u2019il y a à donner des Sweet Caps comme cadeaux des Fêtes.Elles sont les cigarettes les plus populaires au Canada et vous vaudront le plus de popularité.C'est pour cela que vous donnerez des Cigarettes SWEET CAPORAL \u201cLa forme lo plus pure sous laquelle le toboc peut être fumé\" DES LIVRES tout ce que leur enfance renfermait d'intangible et d'incomperable.Ce livre ils l'ont voulu à part, hors de leur métier d'écrivain, hors commerce en quelque sorte.Par besoin de retourner à la source de leur inspiration, de leur vérité.Par besoin de montrer la vraie qualité de leur âme.C'est la justification qu'ils présentent en nous offrant le livre ouvert de leur enfance et de leur jeunesse: cette nécessité .C'est à ce poids de richesse humaine qu'il nous faut les peser.Voila pourquoi tant de livres de ce genre, malgré leurs nombreux mérites, sont si décevants.Bien peu sont jugés assez lourds de ce poids de vérité et de vie.Ce sont ces réflexions qui viennent à l'esprit à la lecture du livre de Béraud.Elles donnent le sens de cette promesse implicite qu'il renferme.Notre génération, autant que toute autre, est sensible au séduisant mirage des livres ouverts.Elle se penchera sur celui-ci comme sur tant d'autres avec curiosité mais aussi avec une immense faim de splendeur humaine.Avec une sagesse instinctive, elle fait cette plongée dans un passé qui lui semble lointain, dans l'espoir d'y trouver une solution à son problème essentiel: refaire à la mesure de l'homme un monde devenu inhumain.Elle attend une leçon d'enrichissement, une leçon de dignité humaine.Elle trouvera, avec le parfum vieilli \u2018une génération qui s'en va, l'image d'une jeunesse différente de la sienne.Béraud refuse de juger mais son livre rend témoignage d'une génération qui refusa de donner l'exemple et ne sut pas laisser des maîtres.Voilà par quoi le livre de Béraud est profondément décevant.Béraud lui-même n'en est pas le plus responsable.Son tableau d'une bohème insouciante, réveuse et pauvre nous permet de découvrir une jeunesse ardente qui sut aimer profondément mais ne prit jamais conscience de ses responsabilités.Mais par-dessus tout, et c'est par là ve le livre de Béraud mérite de urer, l'amitié véritable et fraternelle tient beaucoup de place dans cette jeunesse.Béraud s'efface dans le livre de son passé pour faire place à ses amis.|| nous les présente avec beaucoup d'amour, il en parle avec ferveur.Son livre est un hommage à la jeune amitié et il ne tente pas de nous cacher que si par ce livre il doit être jugé, il entend qu'on le juge à ses amis.Béraud se penche sur sa jeunesse pour y voir revivre ses amis.Et son livre est lourd de toute cette amitié.Claude LUSSIER \u201cNORD-SUD\" Coureur de bois ou colonisateur, c'est la figure canadienne d'un problème profondément humain, celui du choix entre la vie stable et la vie de mouvement, celui de l'obéissance à l'appel de la terre ou à l'appel de la route.Problème plus général et plus âpre dans les pays jeunes comme le nôtre.Civilisation et sauvagerie sont encore étroitement mêlées comme des corps qui luttent.L'appel envoûtant .des rivières vierges et des forêts luxuriantes chante encore à portée d'oreille.Léo-Paul Desrosiers a compris la grandeur dramatique de ce choix.en a fait le thème principal de son oeuvre littéraire.|l nous place avant le choix ou après.Le choix se fait entre des états mixtes, pour Pierre de encontre par exemple.Mais toujours au fond c'est ce choix qui a déchiré la jeunesse de nos grands-pères, de nos pères souvent, la nôtre même parfois.\"Nord-Sud\", c'est le choix lui- même, le choix entre les routes aussi nettement, aussi simplement opposées u'elles peuvent l'être, c'est le choix dans la plus forte intensité dramatique OÙ il à jemeis pu baigner.Vincent Douaire, c'est François de Rencontre ressuscité après deux siècles.En 1850, il ne s'agit plus de courir les bois pour faire la lutte à l'Iroquois.Non, c'est la drave, la chasse au gibier à plumes, et c'est surtout la ruée à l'or, l'Eldorado, la Californie où les rivières roulent de l'or, où en une semaine on gagne à sasser du sable les revenus d'un an de travail pénible sur la terre.Ce mirage, nos grands-pères l'ont vu; beaucoup même, comme le mien, ont obéi à son appel.A cause de cela, le roman de Desrosiers éveille en nous une acuité émotive toute spéciale.Nous sommes dedans; nous sommes intéressés par notre chair autant que par notre esprit.Nous vivons l'intrigue et les défauts, les faiblesses d'écriture, nous blessent comme des erreurs dans notre vision elle-même.Comme les autres livres de Desrosiers, \u201cNord-Sud\u201d offre des détails d'une psychologie très fine et des images pleines de beauté.\u201cUn instant il rêva dans la chaloupe attachée au rivage.La lune était mince et pâle: un simple croissant aux cornes si fines, si longues qu'elles se rejoignaient presque pour former un anneau, une alliance d'argent pur et lumineux.En arrière de lui, tout le long de la pointe, la rangée des liards qui semblaient se hausser jusqu'à l'infini ans l'obscurité, allongeait au bord de la rivière son immense tenture funéraire; et les arbres dormaient debout, «n tremblant d un léger frisson de leurs feuilles, comme en réve.\u201d Nous avons beaucoup aimé \u2018Nord- Sud\u2019, même si nous n'y avons pas trouvé une aussi grande sûreté d'écriture que dans \u2018Sources.C'est encore l'âme conadienne-française, la nôtre, que Desrosiers nous'offre.C'est un conflit essentiellement partie de notre vie qu'il expose.Nous nous y sommes laissés prendre et nous en sortons profondément remués.Qu'on nous permette, en terminent d'exprimer un désir.Dans \u201cNord-Sud'\u2019, l'appel de là terre c'est en Josephte c'est en l'amour pour Josephte qu'il s'incarne dans le coeur de Vincent Douaite.Dans le choix entre l'appel du voyage et celui de la terre, ce dernier prend la figure de la femme.En partant pour la Californie, c'est l'amour de la femme que Vincent rejette ou croit rejeter.Le livre serait plus grand, plus beau, qui dresserait le conflit pur, sans symbole d'un côté ou de l'autre.Nous espérons qu'il nous sera donné.Et nous croyons que Léo-Paul Desrosiers pourrait le faire.Georges DUFRESNE DE MAGNIFIQUES ALBUMS A COLORIER Les Editions Variétés viennent de publier une remarquable série pour les enfants de six albums à colorier.La matière de ces livres à été tirée des Fables de La Fontaine.Les images révèlent un La Fontaine à la mode du Le siècle.Jean Simard qui a illustré ces livres a créé des personnages qui se compsrent à ceux pourtant extraordinaires de Benjemin Rabier.Ce jeune artiste canadien déploie dans son dessin un talent d'illustrateur plein d'esprit, de finesse et d'une inépuisable jeunesse.Des textes bien appropriés ajoutent aux dessins une juvénile fraîcheur.lls sont dus à la fine plume de Robert E.Liywellyn, cet animateur incomparable.En parfaite harmonie avec l'illustrateur, il interprète d'une façon charmante, amusante, et éducative les chefs- d'oeuvre du bonhomme La Fontaine.Voici donc des versions modernes, vivantes et gaies de ces incomparables Fables qui ont fait les délices des enfants et même de leurs parents.Chaque album comprend 32 pages illustrées à leur pleine grandeur et agrémentées d\u2019un texte à la portée des jeunes.Chaque album contient en outre le texte même des Fables de Lafontaine.Les couvertures sont en cinq couleurs chatoyantes Toute cette harmonie concours pour donner des albums qui resteront parmi les plus beaux souvenirs de tous ceux qui les liront.Voici donc les titres de ces albums où chacun trouvera la joie de connaître: Maître Aliboron Renard, le goupil Homme, le biphède Trotte-Menu Messire le lion Verte, la grenouille (1) Six albums publiés par les Editions Variétés.Prix $0.15 chacun.La série par le peste $1.00.En vente dans toutes les bonnes ibrairies et aux éditions Variétés, 1410 rue Stanley, Montréal, Canada.ET DES REVUES L'ECOLE CANADIENNE Rares sont nos revues spécialisées au Canada frangais.Pour de mesquines raisons, apparentées à la ladreric des soi-disant administrateurs, il fut toujour difficile de maintenir de semblables périodiques, sinon impossible de les fonde; uand, en plus de n'être pas lucratif, un organe ne présente pas des résultats immédiats, on lui impose, per esprit d'économie sordide.les restrictions du crève.faim pour lui enjoindre un peu plus tard de mourir à cause d'un rendement désespéré.Tel n'est pas le cas de l'Ecole canadienne.Monsieur René Guénette, son rédacteur en chef, avec l'autorité généreuse que lui reconnaissent dorénavant tous les milieux intellectuels, à survécu aux brimades des moins dévoués, les plus hâbleurs, et est en mesure aujourd'hui de présenter une oeuvre de directives opportunes et d'humanisme.L'Ecole canadienne est une revue mensuelle destinée spécialement au personnel enseignant de la Commission scolaire des écoles catholiques de Montréal.Elle a comme but de promouvoir la culture générale de tous les professeurs, tant laïques ue religieux.Cette fin éminemment, pour ne pas dire suréminemment, importante doit éveiller tous les gens soucieux qui ont en main l'éducation de l'enfant.Nous comprenons aisément que les dénigreurs de cette oeuvre culturelle sont ceux cu en profiteraient le plus.Le malheur veut qu'ils ne ressentent même pas un tel besoin.Et combien nombreux nos éducateurs qui n'ont pas les moyens de s'en priver.Pour servir à la culture générale, il faut en partant servir à une profession particulière.L'Ecole canadienne offre régulièrement des études de pédagogie, des travaux de méthodologie appliquée, des sujets d'orientation à différents âges et à différents milieux.oilà une oeuvre fructueuse qui, toutefois, peut réussir 3 effrayer les dormeurs béats.À cause de cela précisément devons-nous la répandre, I'imposer.Voilà une oeuvre de nature à enrayer l'impéritie des bonnes âmes dont la sphère de rayonnement se limite à leur propre personne.Elle bénéficie d'abord.aux professeurs, tant laïques que religieux.Elle leur est même exclusive.Nous voudrions formuler un souhait qui répondrait à la fois au désir et au besoin d'un public moins restreint que celui du professorat.Plutôt que de s'ennuyer à la bigoterie de tant et tant de revues dites religieuses, plutôt que de s'abrutir à la lecture des fadaises de magazines chamarrés, les parents trouveraient dans l'Ecole canadienne le plus efficace moyen de collaborer à l'avancement moral, disciplinaire et intellectuel de leurs enfants, et d'eux-mêmes s souvent.L'Ecole canadienne apporterait aux parents les connaissances pratiques de psychologie et d'orientation.Elle tient compte des conditions les plus éloignées en même temps que des époques diverses.Différents collabèrateurs, même de l'étranger, exposent les multiples tendances de l'être humain et nous laissent à méditer le message complexe et enrichissant de plusieurs génies dans leurs confessions.L'expérience mûre que, dans son esprit de jeunesse, monsieur René Guénette sait toujours perfectible nous vaut en l'Ecole canadienne l'apport nécessaire que les plus jeunes hésitent douloureusement à joindre aux doctrines toutes neuves.Charles À.LUSSIER Secrétariat de la Province de Québec On ne saurait surestimer l\u2019importance de l\u2019enseignement des Beaux-Arts pour l\u2019avancement de notre peuple.Cet enseignement a fait des progrès considérables, depuis quelques années, sous l'impulsion que lui a donnée le Secrétariat de la Province.Jeunes gens, jeunes filles qu\u2019attirent l\u2019Architecture, le Dessin, la Peinture, l\u2019Aquarelle, la Sculpture statuaire et ornementale et l\u2019Art décoratif (théorique et pratique), suivez les cours de l\u2019Ecole des Beaux-Arts de} Montréal, institution d\u2019enseignement supérieur et foyer de haute culture.Pour renseignements, s'adresser au Directeur de l\u2019Ecole des Beaux-Arts, 3450 rue St-Urbain, Montréal.HECTOR PERRIER ministre JEAN BRUCHESI sous-ministre pee\u201d ~~ a ™ OP @ O50 ™ pee fg Gp Pug \u2014 A Cr Bee 7m 2 AR edn Sn Sed Butm Bend M sujet \u201cL'Echange\u201d, de mnonce faite à Marie\u201d at de \u2018L'Otage\u201d\u2019, espérons que la fable du Claudel obscur disparaîtra.Que l'on m'entende bien et que l'on l n'aille pas confondre facilité et obscurité: un poète peut fort bien ne pas être obscur sans être fecile.Car la première qualité d'un grand auteur est de nous découvrir à chaque lecture des trésors qui nous étaient d'abord demeurés cachés.Tel est le ces de Montaigne, de Molière, de Racine, de Verlaine, de Gide et d'une multitude d'autres qu'on a profit d'approfondir de plus en plus.Ceux qui découvrent entièrement leur pensée au premier contact ne doivent pes être notre affaire.Rien d'étonnant donc qu'il faille une préparation pour voir Claudel 3 la scène; et que les spectateurs qui se sont rendus au Gesu sans avoir pris aucune connaissance du texte de \u201cI'Otage\u2019\u201d ne se scandalisent pas de n'y avoir vu goutte.C'est normal.Veut-il mieux alors selon l'avis de certain critique, lire Claudel que de l'entendre?Non: il vaut mieux lire Claudel avant que de l'entendre.Et encore, combien de découvertes ferons- nous de secrets qui nous avaient échappé après quatre ou cinq lectures.Et cela, parce que PIECES DE CLAUDEL SONT EMINEMMENT SCENIQUES ET DRAMATIQUES.Qui prétend le contraire, confond, pour son malheur, mouvement, action et intrigue.Que veut-on de plus que ce terrible choix de Sygne entre l'amour de l'homme et celui de Dieu?C'est là le sujet de toute la pièce et c'est un plus que suffisant pour être dramatique.érénice n est pas devan- tage qu'un conflit entre l'amour et le À devoir, et qui prétendra que Bérénice ne soit pas théâtral ?Que Sygne aime Georges, son cousin, qu'elle puisse céder à son amour sans pour cela devenir coupable; et que d'un autre côté, elle se voie en mesure de sauver le Pape, prisonnier M chez elle, en se donnant à un homme | qui lui répugne: voilà l'action de M \u2018L'Otage\u201d.Cette action atteint une telle crucialité à la dernière scène du second acte, alors que le curé Badilon convainct Sygne de faire le sacrifice sans y être forcée par sa conscience, qu'on ne peut nier, au risque de se révéler inapte à comprendre toute la cruauté tragique de la situation, que \u201cL'Otage\u201d soit théâtral.e qui précède cette scène, \u2014 l'entrevue des deux Coufontaine, la conversation de Georges et du Pape, où celui-ci refuse de se réfugier en Angleterre, la proposition de Turelure, \u2014 converge entièrement vers la clef-de-voûte du second acte; et tout le troisième acte en découle.Voilà une architecture parfaite où la pièce s'appuie toute sur le sacrifice de Sygne.L'action revêt ainsi la forme d'une ogive dont les eux arcs prennent racine dans la terre par l'amour de Sygne pour son cousin avant et après l'acceptation, mais dont la pointe et la pierre-maîtresse s'élance vers le ciel grâce au sacrifice de, Sygne, d'abord incomplet, puis- qu'il n'engage que le corps, puis rendu entier par ce geste de soumission, large et embrassant, que fait ygne au moment de la mort.Que le sujet ne soit pas traité à la mode classique, voilà ce que tout le monde sait, mais voilà ce \u2018que tous ne veulent pas accepter.Et pourquoi?akespeare n'a pas reculé devant le sang et les cris: ira-t-on contester que son théâtre soit génial?Certes non: Shakespeare est un génie, et tout ce qui sort de lui passe sous le signe du génie.-Ses imitateurs sont tombés dans une formule idiote et déplaisante, le mélodrame, parce qu'eux, ils n'avaient qu\u2019un talent plus Ou moins développé.Claudel a se ormule qui touche quelques fois au mélodrame.Seul, de nos jours, il peut se permettre cette licence, parce que seul de nos dramaturges, il a le génie.Qu'on ose après cela, comme on l\u2019a ait quelques fois dans nos journaux montréalais, comparer laudel à ernstein ou à Bataille, voilà qui note une totale incompréhension \u20ac la part du critinue, L'interprétation que madame Pitoëff et sa troupe ont donnée de \u2018\u2019L'Otage Ne pouvait être plus au diapason NOUVEAUX PROPOS SUR \"L'OTAGE\"\u201d Après l'audition ,à Montréal de claudélien.ll est inutile d'insister sur le jeu parfait de madame Pitoëlf.Ou plutôt, oui.Trop de monde ne voit là qu'une formule théâtrale où la vedette essaie de se distinguer de ses comparses.n ne comprend pas que dans le débit de madame Pitoëtf, chaque inflexion à sa portée, que tous les mots du texte ont été étudiés et approfondis e manière à mettre les plus importants en pleine lumière et d'estomper les autres.Toute la richesse de son jeu ne peut se communiquer qu'au lecteur attentif qui, comme elle, a pénétré jusqu'à la sève nourricière du mot.Ainsi, au second acte, où la pièce et l'interprétation atteignent à une perfection inouie, toute la personnalité de madame Pitoëff est engagée dans le conflit terrible que soutient Sygne.on corps se raidit sous les coups du bourreau, sa voix devient d'une intensité hallucinante, tout chez elle essaie de fuir le sacrifice avant que de se soumettre, effondrée et anéantie, devant le Christ qui devient énorme et triomphant.out cela, c'est Sygne qui le ressent; mais comprend-on que ces sentiments ne nous frapperaient pas en pleine poitrine s'ils ne devenaient ceux de l'interprète.L'habitude est tellement prise chez nous de ne voir de force que dens le texte et de ne considérer l'interprète que comme un diseur de texte, que lorsque les sentiments d'un personnage nous font frémir d'émotion, il nous semble tout naturel de n'en reporter le mérite qu'au texte.Sygne n'aurait jamais pu être si émouvante sans madame Pitoëff: soyons-en sûrs.C'est sans contredit la plus grande interprète qui soit jamais venue ici et, e l'avis de ceux qui ont voyagé, la lus grande interprète de notre temps.Bile n'a rien d'une vedette: c'est peut-être ce qui la fait méconnaître.Au contraire, jamais elle n'essaie de se mettre de l'avant; toujours une simplicité déconcertante côtoie chez elle le génie de l'interprétation.Que l\u2019on crie au scandale si l'on veut; oui, madame Pitoëff possède le génie de la scène.On ne peut incarner en vain des personnages avec une telle humanité sans avoir une âme extraordinaire.Certes son art est des plus exigeant pour le spectateur, et aussi des plus déconcertant; il ne se livre qu'à ceux qui méritent de le comprendre.Il est alors normal que les interprètes qui ont travaillé trois mois durant avec madame Pitoëlf aient été également maîtres de leurs personnages.Jean- Pierre Masson, surtout au second acte, à été un Turelure claudicant et cynique, avec peut-être une pointe de réalisme en trop, qui possédait toute la dureté et toute la clairvoyance de ce petit Napoléon.Georges de Coulontaine, au premier acte, a traduit sans faillir la virilité de son rôle.I fut tout de même un peu plus faible au troisième, OÙ On aurait aimé sentir davantage la révolte de ce royaliste contre la révolution.\u201cDieu est ton juge, et je suis appelant à son tribunal\u201d.Voilà ce qu'est Coufon- taine: un insatisfeit, un trahi.Avec celui de Sygne, c'est le rôle le plus difficile de la pièce, et on peut bien pardonner à monsieur Lavigne d'avoir laissé paraître trop de raideur dans son jeu, puisqu'il y a apporté une conviction qu'il savait communiquer aux spectateurs.L'abbé Badilon, un peu moins onctueux et un peu moins gesticuleux, aurait été parfait Sa voix trahissait bien l'angoisse mortelle de son âme et à la dernière scène avec Sygne, il parvenait même à nous faire oublier ses gestes trop abondants, lorsqu'on les aurait voulus si sobres.Je ne crois pas qu'on puisse souhaiter pape plus dans son rôle que monsieur Amyot.N'oublions pas que Pie VII n'était alors gouverné que par le lumière de Dieu, et qu'il devenait un peu enfant; et c'est par là que Claudel l'a rendu si touchent.Georges Amyot à incarné le pape sens le tatras qu'y aurait mis l'acteur imbu de la convention.Au contraire, on sent bien l'homme sous le vicaire du Christ, comme le laisse deviner le texte et ce sommeil qui le vainct à la fin de la scène.Les décors, surtout le premier, sont d'un goût parfait.C'est peut-être la LE QUARTIER LATIN azelle artistique AU CINÉMA ST-DENIS AU CINÉMA LOEW'S AU CINÉMA PALACE AU CINÉMA CAPITOL .AU CINÉMA PRINCESS .AU THÉÂTRE ARCADE AU THÉÂTRE ST-DENIS A L'ERMITAGE AU RITZ-CARLTON \"Un de la cavalerie\u201d avec Duvallès \u2018La fin du jour\" Victor Francen \"Heaven can wait\u201d Gene Tierney et Don Ameche \u201cThe Men from the Under\u2018 Charles Laughton et Binnie Barnes ** Appointment in Berlin\u2019 George Sanders et Marguerite Chapman \u201cThe Falcon and the Co-eds\" Tom Conway \"Amoureuse\" de Georges de Porto-Riche Mia Slavenska et sa troupe, le 7 jenvier La Petite Symphonie de Montréal, le 11 janvier Lotte Lehmann, soprano, le 20 janvier AUX CONCERTS SYMPHONIQUES Vladimir Golshmenn est un grand artiste.S'il semble si versatile en abordant Haendel, Brahms, Weinberger, Satie et Ravel, c'est qu'au fond il répond admirablement à l'universalité de la musique.On peut être un grand chef d'orchestre de plusieurs façons.Golshmann l'est à force de sobriété et de concision; mais quel intelligent travail de répétition cela suppose! |l indique très peu les attaques, réservant ses gestes pour les dessins mélodiques et les nuances raffinées.Nous avons entendu une quatrième symphonie de Brahms magnifique, d'un romantisme plus refoulé et sérieux que celui auquel nous étions habitués; ce qui n'est pas un mal, au contraire; nous sommes si romantiques nous-mêmes quoi que l'on pensel La \u201cPolka et Fugue'* de Weinberger, est une musique qui supplée a la distinction par une orchestration rutilante, et le maitre a mené le jeu avec un contrôle merveilleux de toutes les voix.Quelle fluidité, quelle finesse dans ces \u2019Gymnopédies\u2018* d'Erik Satie! Ce fut pour moi le réel sommet de la soirée, et je n\u2019en conçois pas d'autres interprétations.Ce qu\u2019il y à de vraiment remarquable dans cette facon de diriger le \u2018\u2019Boléro\u2019\u2019 de Ravel, c'est le crescendo graduel en empleur et en rythme, crescendo qui tient de l'incantation et nous enivre à force de couleur.Les gestes d'un grand chef d'orchestre ne sont pas improvisés.On s\u2019en aperçut lorsque Golshmenn bisse le \u2018\u2019Boléro\u201d: exactement les mêmes mouvements de tout le corps à l'appel du grand orchestre.Cele, c'est le métier d'un grand artiste! Yves TANGUAY AU THÉÂTRE DE SA MAJESTÉ Devant une salle enthousiaste, le brillant chef d'orchestre Vladimir Golshmann a dirigé dimanche dernier les musiciens des Concerts Symphoniques de Montréal dans des oeuvres de Haendel, de Brahms et de Ravel.Dynamique, plein d'allant, d'une rare distinction, le chef possède une autorité indiscutable et réussit à tirer de l'orchestre le maximum d'effets.Dans la suite \u201cThe Faithful Shepherd'\" arrangée par Beecham, Golshmann s'est révélé extrêmement fidèle au texte.ll ditigea ensuite la quatrième symphonie de Brahms avec un souci du détail qui nous le présenta sous un jour nouveau et p t Nous étions à cent lieues de ce Brahms indigeste et boursouflé auxquels on nous a habitués.On peut dire que cette interprétation nous à révélé Brahms et Golshmann.Mais la pièce qui emports la faveur de l'auditoire reste sans contredit le Boléro de Ravel, rendu avec un emportement, une fougue soutenus et amené par une sorte de fatalité imposée par l'oeuvre même, à son oint culminant de tension et d'obsession.\u2018orchestre vraiment s'est surpassé dans l'exécution de cette oeuvre et dut la reprendre à la grande joie des suditeurs.Vladimir Golshmann est véritablement un chef de grande envergure et nous aurions plaisir à le voir revenir parmi nous.AUX FESTIVALS DE MONTRÉAL Lundi soir, Sir Thomas Beecham nous a laissé cette impression de plénitude, de satisfaction totale qui tiennent du sortilège.Le grand chef d'orchestre nous a présenté une symphonie de Mozart pleine de nerfs, de souplesse: il noue et dénoue l'intrigue musicale, mène le jeu des sentiments comme un grand romancier de la musique.Mais le véritable miracle s'est accompli à l'audition de l'Enchantement du Vendredi- Saint, limpide, dégagé, idéalisé en quelque sorte; il est difficile d'obtenir plus d'équilibre entre les voix de l'orchestre, et plus de fini chez les cordes.Les extraits des \u2018\u2018Maitres-chanteurs ont été joués avec toute la bonhommie et le caractère presque méridional de cette oeuvre.L'acoustique parfaite n'a pas peu contribué à faire de cette soirée un régal.Et j'ai trouvé dans les variations de Brahms sur un thème de Maydn une légèreté, une grâce assez inattendues chez ce compositeur.Sir Thomas Beecham nous a montré cet art difficile d'assimiler sa personnalité à celle des grands maîtres.JT A L'ÉCOLE SUPÉRIEURE Le Concert du 27 novembre était consacré aux élèves de l'Ecole.Les artistes en étaient: Andréa Girard; Rolande Lefebvre; Gisèle Salme, pisnistes; Mariette Tiernan, soprano et Madeleine Raymond, improvisatrice; toutes éléves de I'Ecole et le jeune violoniste Arthur Davidson, invité pour ce concert.A l'honneur des élèves entendues le 27, je dois dite que toutes méritent des éloges.Andréa Girard, et dans la Suite Française no 3 de Bach et dans les Variations Symphoniques de Frank, fit preuve d'un beau talent, d'une technique juste, d'une bonne inter- prétetion, Madeleine Raymond, dont nous avions connu les improvisations l'an dernier et à la radio, fait dans cet art difficile des progrès très visibles, surtout dans les dévelop- pemerts du thème et dans les modes harmoniques qu'elle emploie.Une mention spéciale est due à Rolande Lefebvre pour Choral et Fantaisie, pour violon et piano, composition de belle inspiration, de caractère moderne, pouvant parfois s'apparenter à du Brahms, mais singulièrement personnelle et captivante.Le Concert du 4 décembre, nous permettait d'entendre le t Alouette, de retour d'un court séjour aux Etats-Unis.Le concert qu'il donna au Town Hall de New-York a souleve de la part de la critique new-yorkeise des éloges qu'il nous fait plaisir de trouver chez des étrangers.Le Quatuor Alouette nous est bien connu de nom, plusieurs l'ont entendu maintes fois, mais peu nombreux sont ceux qui ont eu l'avantage de les entendre en récital.Il fallait voir l'enthousiasme des habitués des Concerts de l'Ecole Supérieure de Musique, qui a presque forcé le Quatuor à demeurer avec eux au moins une heure de plus.Je ne souhaite qu'une chose, c'est que la Société Artistique puisse les présenter en concert dans un bref délai.Maurice CHARTRAND première fois ici qu'il nous est donné e voir des décors si simples et si suggestifs, \u2014 exception faite de certaines réussites des Compagnons de saint Laurent.mise en scène est réglée avec la conscience que l'on connait à madame Pitoëlff.Enfin, \u2018\u2019L'Otage\u201d est d'une telle beauté qu'on oublie malgré soi dans l'ensemble parfait, les netits défauts qui se glissent foicément - ans un spectacle d'une telle envergure, et que d'ailleurs les auditeurs ne se font pas faute de souligner par un rire si intelligent.+ Le départ de madame Pitoëff constitue une perte irréparable, mais ceux qui ont pu se rendre compte du nombre ridicule des spectateurs de \u2018L'Otage\u201d n'ont pu que faire leur mea culpa.Toutefois, avant que de nous quitter, je crois exprimer le sentiment de toute la jeunesse pensante en disant à madame Pitoéff notre immense admiration et notre regret de la voir s'¢loi- gner.C'est une très grande artiste que nous perdons, mais son passage parmi nous restera pour toujours fixé dans notre mémoire, à cause de sa personnalité charmante et de l'art parfait qu'elle nous à donné l'occasion de goûter.Nous pouvons bien aujourd'hui nous permettre cette familiarité que nos frères les étudiants français avaient rendue coutumière et de dire à celle que nous aimons tous: u revoir, Ludmilla! Jean-Louis ROUX trois séries YEHUDI MENUHIN Au théâtre de Sa Majesté, lundi le 24 janvier SOUHAITS A LA MUSIQUE Ainsi, Montréal s'est donné de nouveaux dieux: je devrais dire de nouvelles déesses; Mars n'a en effet que des relations de tembour et de trompette avec la musique et les autres arts.Ce dieu, j'espère que nous le brûlerons après l'avoir adoré.Et c'est une succession éblouissante de festivals, d'opéras, de ballets, et de musique de chambre.Mais tout n'est pas parfait.Et, ma foil c'est tant mieux.On souhaite souvent la compréhension aux incompris, la clarté aux obscurs, et l'élégance e style aux mauvais écrivains sans trop d'illusions sur leur réalisation.Le n'est certes pas cet esprit qui m anime.Montréal est une ville à évolution rapide, intellectuellement surtout: mes voeux sont l'expression d'un idéal assez réaliste.Je souhaite donc aux Montréalais un peu moins de musique, chose paradoxale, ou plus de musiciens, ce qui ne l'est pas du tout.Car pour peu que la progression du nombre de manifestations musicales se continue, ces pauvres instrumentistes, excellents artistes en général, succomberont à la tâche, ne sachant où donner de la tête, de l'archet ou des doigts.Il est difficile, ce me semble, au point ol nous en sommes, c'est & dire avec e concerts symphoniques: celles des vendredis artistiques, de la Société des Concerts Symphoniques, et des Festivals de Montréal, sans compter les opéras, les émissions radiophoniques, Organisations presque toutes formées des mêmes instrumentistes, \u2014 il est difficile, dis-je, \u2014 de donner plus souvent du répertoire nouveau.ll est certes plus aisé de répéter la cinquième de Beethoven et l'Apprenti- sorcier de Dukas, que de mettre au programme \u2018\u2019la Péri\u201d du même auteur, et les poèmes de Scriabine et de hausson, si heureux cela serait-il, Pour cette raison, je souhaite à Montréal de nouveaux instrumentistes, éléments essentiels d'un second orchestre symphonique qui s'imposera bientôt, 3 mon avis, À vous, étudiants en musique, je ne peux que souhaiter la confiance en vous même et en votre art; aux autres, inconscients de \u2018toutes les possibilités même pécuniaires de la musique, je souhaite l'originalité d'esprit qui vous orientera vers des instruments tels que le haut-bois, le cor, le basson, le violoncelle et l'alto, sans négliger pour cela le piano et l'harmonie.Aux artistes étrangers, on pourrait demander pour l'an prochain un peu plus d'imagination et d'audace.Le concerto en fa dièse mineur de Rachmaninoff, ceux de Ravel, les oeuvres de piano de Florent Schmitt, Stavinsky, Poulenc, apporteraient un peu de sève nouvelle, et nous reposeraient agréablement du sempiternel Concerto de Tchaikowsky, et même des oeuvres de Chopin, si admirables soient-elles.A Wilfrid Pelletier, à Désiré Defauw, à Jean Désy, ambassadeurs de notre culture au Brésil, à ces hommes qui contribuent à notre civilisation, le reconnaissance de tous les Canadiens.A vous, étudiants, je souhaite qu'après de brillants examens vous ayez tous la musique dans votre coeur.Yves TANGUAY Ro ay = == Ny ICTOIRE = L.victoire coûte cher\u2014d\u2019argent et de courage, énormes pour les navires, les avions, les tanks, les canons, les bombes, les obus et les balles.Contribuez à la victoite en Épargnant pour\u2014acheter des Obligations de la Victoire ainsi que des Certificats et des Timbres d'Epargne de Guerre\u2014payer les impôts sur le revenu nécessairement Jourds\u2014conserver votre assurance sur la Il faut prélever des sommes vie et pourvoir à votre indépendance future.-Ce programme d'épargne voulue et méthodique est une partie du prix de Is VICTOIRE.BANQUE-DE MONTREAL PAGE BIX LE QUARTIER LATIN 17 DECEMBRE 1g \u2014\u2014\u2014\u201d\u2014\u2014\u2014\u201d\u2014\"\u2014\u201d\u201d\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 BERTHELOT BRUNET ET VEUILLOT AIR DE MUSETTE DEVANT LA CRÉCIHE Bonjour, Dame Marie, en prière jolie, Bonjour, Monsienr Joseph, à la barbe fleurie, Salut, gros boeuf, touchant calorifère Du petit Jésus (qui se laisse faire), Toi, l\u2019âne aux doctes oreilles qui voilent De leur ombre les fragiles étoiles De cristal, et vous, les moutons de plâtre Qui broutez la colline en carton-pâte, Vous, les bergers mal fichus qui de près Sentez encore votre vernis frais, Et vous, les mages bariolés là-bas Qui faites semblant mais n'avancez pas! Hé! moi aussi je suis un mage .Ob! pas comme sur les images! Un mage au gris plumage Et au triste ramage, Dont les pleurs des orages Out déteint le visage; Un mage pas trop sage Er quelque peu volage, Epris en son jeune âge Moins de pèlerinages Que de vagabondages; Un mage, petit personnage, N'arrivant pas, trainant bagage, D'un long voyage en équipage, (A vrai dire: du voisinage!) Un nouveau mage, Sans cadeau, Sans chameau, Malgré l'usage; Un mage d'Occident, Qui ne sait de l'Orient Que ses réves d'enfant; Un mage doucement bête En astronomie, Et que jamais on ne fête À l'Épiphanie; Pas savant, Pour avoir dormi à l'école Es musé dans les berbes folles Trop souvent; Donc, nt savant ni astronome, N'éveillant guère les gros tomes, Ni dans la June le bonhomme; N'ayant jamais pu mettre Un oeil à la lunette, Une quene aux comètes; Qui s'imagine encor Que les étoiles d\u2019or Out de petites pattes Es que la terre est plate, Même très plate; Un mage qui n'a rien en partage, Es voilà son unique apanage; Un mage qui perdit, un jour, dans les nuages Son étoile, sa belle étoile, \u2014 et c'est dommage! Un mage Seulement pour dire, Un mage Seulement pour rire; Un mage (Un berger, n'importe quoi!) Sans brocart, sans diadème, Afin de n'être plus moi, C'est-à-dire plus moi-même; Qui a trouvé enfin le modeste village, Puis, dans une étable, l'humble et divin ménage, Pour offrir de son mieux aux parents ses hommages, Sans badinage, Es à vous, Enfant-Dieu, son naïf témoignage, Sa peine de ne pas vous aimer davantage, Sans alliage, En vrai mage, Toi, si petit Et si gentil Sur la paille Que j'en braille! Hélas! je suis un pauvre mage, (Oh! pas comme sur les images!) Et je n'ai ni encens ni or, Comme Gaspar et Melchior Et puis Balthazar Avant leur départ Autrefois vous en offrirent, Mais peut-être un peu de myrrhe.Edmond LABELLE l'usine et à l'Université.\u201cJE FAIS UNE CATHÉDRALE \u201d C'était en 1936.On restaurait la cathédrale de Reims, brûlée pendant la précédente guerre.Une énorme pierre d'angle, assise future d\u2019un clocheton du portail royal, était sur le chantier.Trois ouvriers y travaillaient: chacun sur une face.Un badaud en mal de conversation regardait travailler les trois hommes; et la conclusion de ses observations fut une question profonde: \u201cQu'est-ce que tu fais?\u201d, demanda-t-il à chacun.\u2014\"\u201cJe taille une pierre,\u201d répondit le premier.Le deuxième, après un temps de silence, dit: \u201cJe gagne ma croûte pour la femme et le gamin.\u201d Et le troisième, enthousiaste, s\u2019exclama: \u201cJe fais une cathédrale!\u201d Mentalités de travailleur, les mêmes quelle que soit la tâche à accomplir! On les rencontre partout, sur le chantier et au Collège, à x x 4 \u201cQue fais-tu?\u201d \u2014- \u2018Je taille une pierre .Je remplis un registre, je suis des cours, je reçois des clients.\u201d Tâche morne, vide, sans intérêt; tâche qu'on accomplit, sans qu\u2019elle inspire, en vertu d'un certain automatisme humain, parce que depuis toujours \u2018on fait des choses\u201d, et que depuis toujours on s\u2019y résigne.Collégiens ternes, tristes étudiants, loques humaines, ils ne pensent pas, ils végètent; libres d'enthousiasme, d\u2019idéal, de devoir, ils ne vivent pas: ils sont morts .à partir des oreilles.C'est pour eux qu'a été créé le mot \u201cfonctionnaire\u201d et les images qu'il évoque.C\u2019est par eux que meurent les civilisations, étouffées par ces masses amorphes que le flux humain entraîne, que le reflux rejette, et qui, pourris avant de mourir, créent la gangrène du corps social.\u201c\u2019Je taille une pierre!™ .* kk \u201cQue fais-tu?\u201d \u2014 \u201cJe gagne ma croûte! .Je fais de l'argent; je me donne le confort, le plaisir; je m'assure contre la souffrance présente et l'effort à venir: je m'accorde le droit de commander, de détruire, de rangonner les autres.\u201d Redoutable mentalité de l'homme qui n'est qu\u2019un ventre et un derrière, et dont I'idéal est d\u2019asseoir le second pour remplir le premier.J'exagère sans doute .en, apparence; mais en fait, je ne suis pas loin de la vérité.Gagner sa croûte, tout le monde le désire, et il le faut.Que le travail paye tout de suite, comme à l'usine, ou plus tard, comme à l\u2019Université, cela compte.Si l'argent ne fait pas le bonheur, du moins aide-t-il .puissamment .à supporter la misère.Mais ce n'est pas tout; ni même le commencement de tout; ce n'est que l'accessoire.Or pour beaucoup d'hommes, pour toute la classe de ceux qui \u201cgagnent leur croûte\u201d, l'argent est tout.Peu importe la valeur ou la qualité du travail, pourvu que ça paye.Peu importent le rendement de l\u2019homme, son rôle dans le monde, son apport à la civilisation .Il faut qu\u2019on gagne de l\u2019argent, et par là toutes ses aises, jusqu\u2019à la mollesse, jusqu'à la veulerie; jusqu\u2019à l'écoeurante platitude du \u2018convenu\u2019.Pour ceux-ld, les autres ont ajouté à l'honorable mot \u2018bourgeois\u2019 toutes les nuances péjoratives du subtil esprit français, pour en faire la pire insulte qui se puisse lancer à un homme.* * * \u201cQue fais-tu?\u201d\u201d \u2014 \u201cJe fais une cathédrale .J'écris une page d'histoire, j'augmente la science, la sagesse et la sainteté du monde, je fais de l'éternel!\u201d C'était la mentalité des âges anciens, du temps des cathédrales.Puis l'égoïsme, la froideur, la cupidité, la politique sont venus, ont entamé ce sens du Corps Mystique, l'ont ébrêché, envahi.Aujourd'hui, rares sont ceux qui remplissent consciemment leur mission divine dans le monde, en faisant leur travail de leur mieux, pour que le plan divin soit une réussite! Or seuls les Etats qu'anime cet esprit sont forts.homogènes \u2014 par l'esprit \u2014 se développent.servent sont grands.Seules les nations Seuls les hommes qui * * * Si vous, étudiants canadiens, en terre canadienne; si vous, succes seurs de ceux qui ont bâti le Canada que vous êtes, vous gardez et \u2019 A .\u201d .développez ce sens de la tâche bien faite, qui vous dépasse et vous continue, + + c\u2019est bien.A quelque moment qu\u2019un observateur vous dérange en vous demandant: \u2018Que fais-tu?\u201d, si vous êtes prêts à répondre: \u201cJe fais quelque chose de grand! Je me fais fort, solide, savant; je fais mon pays plus riche, plus rayonnant, plus saint!\u201d, c'est bien.C'est que votre horizon est large, votre vue lointaine.C'est que par-delà les erreurs et les mesquineries de l'heure présente ou prochaine, vous voyez les grandes oeuvres et la splendeur du temps futur.C'est que vous savez que vous r\u2019ôtes encore que des pionniers, et qu\u2019il faut des fondements et des siècles de peine pour construire dans l'Histoire une cathédrale d'hommes, de pensées et d'actes.La critique et le découragement viennent de ce que des gens pressés et sots voudraient que vous soyez déjà un vieux pays, où tout est fait, où l'avenir est derrière.Le vôtre est devant.N'est-ce pas mieux?Depuis quand envie-t-on aux vieillards leur âge et leur passé?On se contente de le juger, de le respecter, et surtout de vouloir le dépasser.* + * Quelle que soit votre discipline actuelle, quelle que soit la Faculté à laquelle vous vous êtes donnés, sachez et croyez que chaque geste, que chaque effort est générateur d'éternité, que chaque jour vous ajoutez une lettre, un signe à l\u2019histoire, peut-être à l'Histoire de votre pays.Il dépend de vous qu'elle soit belle et bien faite.Robert E.LLEWELLYN Les Étudiants trouveront tous VERSEMENTS FAITS aux détenteurs de polices de la province de Québec au cours des dix dernières années : $90,000,000 les volumes dont ils ont besoin fo D É o M SUN LI FE 1247, Saint-Denis Montréal OF CANADA \u201cLe Canada\u201d publiait récemment la lettre suivante: LA PIETE S\u2019EN VA Monsieur le Directeur, Si je ne m'abuse, ruonsieur le directeur, lu presse oublle un anni versuire d'importance.1! y « cent uns cette année que Louls v'éuillot fit ses débuts dans le Journulisme, On n'a plus de naturel; que l\u2019on néglige ainsi le patron des bedeaux du style.C'est tant inleux peut-être.Cet home, qui almuit tant ses sueurs, les boustifailles de presbytère et notre - Saint - l\u2019ère - le - \"ape fit le plus grund wal a l\u2019église de France, qu\u2018il voulait pourtant servir fidèlement.Toujours In fuble du pavé de l'ours.Son cathollelsme étriqué et pudibond (ce gros homme avait quelque chose de In viellle fille qui ne peut entendre purler d'amour sans tomber d\u2019un mal), su dévotion sin- core et ensemble bigotte permet- tient aux incroyant de négliger l'autre catholicisme, le vrai, qui va plus loin que la dame de Sainte- Anne et le Petit Messager de Saint- Chose.En bref, Veulllot fut le parfait Bournisien des nombreux Ho- mais de France et des colonies.C'était un Tartufe Innocent et d\u2019une piété véritable, le paradoxe de l\u2019hypocrite qui croit à «a comédie.Maurine, un des maîtres de In Ittéra- ture catholique qui a fait heureusement oublier cela, en donne un portrait approchant dans sa Pharl- sienne.11 ne manquait pus de talent nl de drôlerie, mais quet diulle poussa ce lourdaud à imiter, Jusqu'au pla- lat exclusivement, les finesses de La Bruyère: ses Libres-Penseurs nous feraient grincer des dents, 8'll n\u2019y avait ce comique et obséquieux relent de sacristie.H s'endimanchait de style louis-quatorzième pour suivre les processions et les confréries les plus invraisemblables.11 en mettait trop, nouveau riche de l\u2019art classique et de Ja religion.Louis Veulllot n'aurait été que ridicule, sil ne s'était nommé ministre de la police.I a formé tous les Bethléemr que nous avons connus, et c'est Veulllot qui a fixé pour long: temps cette ceinture de chasteté que René Bazin n'a pas enlevée au roman catholique: 11 est vrai que M.Bordeaux voulait nous faire croire qu'il wen avait plus.Vous savez, ces jolles filles qu'un uniforme zre- tesque enlaidit, et qui vont chercher leurs prix, les maîns gantées Jusqu'au coude, c\u2019est ainsi que Veuillot imaginaït le roman catholique.11 aurait excorumunié Bernanos, Jou- handenu et Léon Bloy.M aurait fait de Bremond un autre Loisy.Quant a Jacques Maritain et ses Idées po- Ntiques, vous devinez sous quelles lourdes plaisanteries T1 les aurait enterrées.Le ventre de tous les blen-pensants se serait tordu de rire, et les incrédules se sevuient frotté les mains, Îtou.Tout compte fait, je me réjouis done, monsieur le directeur, qu\u2019on ait oublié ce centenaire de Veuillot, C\u2019est le bon signe.On est moins serupuleux, comme on dit, on aime moins ce style frère et ces grosses farces vengeresses qui faisaient Ia gloire du pèlerin et de Pierre l'Emi- te (lequel ne manqua pas non plus de talent, à ses heures).Louis Veulllot, c'était le catholicisme littéraire qui était encore au collège et qui riait dans le coin avec M.le directeur ou le Père Préfet: fni- sons-lui une visite de politesse une fois par année et allons à des affal- res plus sérieuses.Mais tenons-nous bien, car Veull- lot n In vie dure, et U ressuscite.Les écrivains catholiques français d'avant et de pendant Pétain le su- vent.Berthelot Brunet Et voici la réponse que nous envoyâmes, le jour même, à Pay teur.Soit dit en passant, Brunet n\u2019a pas jugé bon d\u2019accuse, réception de notre modeste article: Monsieur Berthelot Brunet Journal \u201cLe Canada\u201d, \u2019 Montréal.Cher monsieur, \u201cLe Canada\u201d de ce matin déc.) publie une prose fraîchement éclose sur Louis Veuillo; Pardonnez-moi de n\u2019en point goiter toute la saveur.Je ne suis pas précisément ç qu\u2019on pourrait appeler une \u201couail- le\u201d de celui que vous qualifiez de bedeau littéraire.L'eau de rose mieux l\u2019eau bénite n\u2019est pas mon breuvage favori.Mais j'estime qu\u2019il y a des limites au dénigrement et vous poussez un peu loin votre entreprise de.démolition, Au fait, avez-vous lu Veuillot tout Veuillot.Permettez-moi d'en douter.Vous vous seriez rendy compte qu\u2019il n\u2019y a pas que du Tartufe, des courbettes aux curés dans plusieurs de ses livres, Avez-vous lu sa Correspondance?Connaissez-vous les amours de Veuillot et de Madame de Rober- sart?Lisez, monsieur, lisez ce petit bouquin de rien! Vous verrez.Il y a plus que de l\u2019encens et des lueurs de lampions dans l\u2019oeuvre de Veuillot.Vous verrez qu'il n\u2019existe pas d\u2019incompatibilité entre catholicisme et amour vérita- e.L'homme lui-même, puisque vous le critiquez?C\u2019est un converti.Cela ne vous dit rien?Mauriac, que vous confrontez avec le désuet Veuillot, n\u2019a pas connu les affres d\u2019une conversion au catholicisme intégral.Catholicisme intégral, cela veut dire ultramontanisme, r'omanis- me genre Veuillot, oui genre Veuillot, acceptation du cléricalis- M me tel qu\u2019on le connaît chez-nous, soumission à la hiérarchie ecclésiastique.Etudiez Veuillot, monsieur Bru- ÿ net, notez ses confidences et vous saurez comprendre tout son mérite d\u2019avoir été un vrai catholi- F que.Tempérament de réactionnai- § re au fond que ce \u201cbonhomme\u201d: R un pontife de la libre-pensée, du | voltairianisme, qui a bien tourné Ë .De là, tant de sarcasmes sur gi l\u2019homme et l\u2019oeuvre.j Quelle idée aussi de se faire ca- § tholique à haute dose, militant, § ferrailleur! Des coups, mal assé- J nés parfois mais què l\u2019on pardon- § ne à l'homme sincère et qui souf-f fre de la putréfaction ambiante.Des \u201cferrailleurs\u201d, monsieur ) Brunet, ne croyez-vous pas, c'est ce qui manque aujourd'hui à I'Eglise \u201cmilitante\u201d.Bien votre, André TESSIER, e.e.d.Bien Glacé il est Délicieu a5 ug u- Mer ti.- 17 DECEMBRE 1948 Sau LE QUARTIER LATIN SSPponT A PAGB SBP?RES > jè GRANDE OUVERTURE DU HOCKEY INTER-FACULTÉS MERCREDI, LE 22 DECEMBRE, A 8 HRES P.M.\u2014 A L'ARENA DE ST-LAURENT QUILLES INTER-FACULTÉS Lu première partie de la cédule de la ligue de quilles Inter-Facultés s\u2019est terminée jeudi dernier, le 9 décembre.La ligue ne reprendra ses activités qu'à la reprise des cours après les vacances de Noël.La formidable équipe Poly A a terminé en première position; place quelle à su conserver depuis le début de la saison.Jeudi dernier, elle gagna quatre points contre le R.C.A.M.C.Laurin roula un simple de 178, et un triple de 430, qui sont les records de la soirée, Le H.E.C.À.remporte les honneurs contre l\u2019optométrie par le compte de 3-1.Cette partie nécessita que les capitaines des deux équipes jouent une boîte supplémentaire, car les deux équipes avaient le même nombre «le points à la fin de la rencontre.Cusson l\u2019emporta sur Richer de loptométrie par deux quilles et la victoire pencha du côté du H.E.C.A.Le Poly B, sous la merveilleuse direction de Guy Monty eut raison du ILE.C.B de Labelle par 3-1.Camille Dagenais du Poly B, qui est en tête du classement des joueurs jous sa partie de sur-homme comme d'habitude.L'équipe surprise de la ligue est bien celle du Droit.Cette équipe, qui ne connaissait que des défaites au début.de la saison, maintenant balaie tout sur son passage.La Pharmacie a dû baisser pavillon devant le Droit par 4-0.Marcel Théoret mérite des félicitations pour | le remaniement de l\u2019équipe qui est en train de se tailler une place dans le ÿ rang des plus forts.le C.U.A.C.gagna trois points contre les Sciences qui ont affiché une faible tenue contre leurs confrères du cours militaire.Le crédit de cette victoire du C.U.A.C.revient ÿ uu sergent Dagenais ct à A.Nadeau qui ont joué avec grand saug-froid aux moments critiques, La Médecine et la Chirurgie Dentaire, deux équipes bien balancées n\u2019ont pu faire que 2-2.Néanmoins la Chirurgie Dentaire est en avant de la Médecine dans le classement des équipes par la faible marge d'un point.Blaise TRUBIANO CLASSEMENT pes ÉQUIPES P.T.P.Pts I-Poly A.33 29 4 10 39 2-Poly B.3 24 9 8 2 3-HÉC.,A.33 19 14 9 28 4-Sciences.33 20 13 7 27 S-Chir.Dent.33 19 14 6 25 b-Médecine.\u2026.33 16 17 6 24 i-ILE.C, B.33 16 17 5 21 8-C.U.A.C.33 14 19 5 18 9-Drait.33 15 18 3 18 10-Optométric.33 11 22 3 14 11-lharmacie.\u2026.33 8 25 3 11 1-RCAMC.33 5 28 ! 6 LES PLUS HAUTS SIMPLES Cusson .HEC A.208 Lacombe.Poly ALT 187 Péclet.\u2026., Sciences.186 LES PLUS HAUTS TRIPLES Cusson.HEC A.508 Charette.Poly A.460 Dagenais C.Poly B.439 CLASSEMENT DES JOUEURS 1-Dagenais.Poly B.32 4171 130.11 2-Laurin.Poly A.30 3791 126.11 3-Chevrette.oly A.33 4121 124.29 4-Nadeau.CUA.C.6 730 121.4 5-Pilon.H.E.C.B.27 3251 120.11 6-Sauvé Lens H.E.C.A.25 2985 119.10 1-Lacaille.Poly A.33 3921 118.27 8-Laviolette.Poly A.33 3912 118.18 9-Trubiano.Sciences.33 3880 117.19 10-Cusson.H.E.C.A.11-Papincau.Opto .12-Beaupré.R.C.A.M.C.27 3171 117.12 13-Leduc Dr.Médecine.30 3512 117.2 14-Dansereau .H.E.C.À.29 3391 116.27 15-Deschamps C.U.A.C.25 3144 116.12 16-Lacasse.Poly A.33 3818 115,23 17-Charette.H.E.C.A.33 3805 115.10 18-Lavergne.Chir.Dent.3 19-Mercardo, De Médecine .20-Frechette .Sciences.21-Monty.Poly B.22-Montour, DrMédecine.J .23-Lussier.Pharmacie .21 2404 114.10 24-Gélinas, Dr Médecine .24 2729 114.3 25-Lemieux .Chir.Dent.33 3761 113.32 26-Allard .Médecine.33 3753 113.24 27-Garitpy.Poly B.33 3749 113.20 28-Campbell, Dr.C.AM.C1.18 2044 113 29.St-Pierre.Poly B.33 3714 112 30-Lamoureux.Pharmacie.29 3256 112.31.Cimon.Sciences.33 3701 112 32-Bérubé.\u2026.H.E.C.A.33 3689 111.33-Létourncau.H.E.C.B.24 2682 111.18 34-Marois, Dr.Sciences .33 3653 110.23 35-Lacombx.C.U.A.C.30 3304 110.4 36-Boulet.Chir.Dent.24 2634 109.18 37-Beaulicu .Chir.Dent.33 3606 109.9 38-Godbout.Poly B.6 645 109.9 39-Crépeau.Droit.27 2950 109.7 40-Trudeau .C.UA.C.33 3598 109.1 41-Massicotte .Droit.33 3588 108.23 42-Forest .H.E.C.B.12 1304 108.8 43-Tardy .Opto.32 3459 1083 44-Maynard.C hir.Dent.30 3232 107.23 45-Théoret.Droit.30 3217 107.7 46-Labellc.H.E.C.B.32 3409 106,17 47-Rochon.RC.A.M.C.11 1174 106.8 48-Cazavant.H.E.C.A.6 630 105 49-Dubord.Chir.Dent.3 315 195 50-Bourgeois .Pharmacie.33 3464 104.32 51-Perras.Pharmacie.27 2818 104.10 52-Tremblay,DrR.C.A.M.C.18 1881 104.9 $3-Turmel.H.E.C.B.18 1875 104.3 54-Pepin.Pharmacie.$5-Grenier.Droit.56-Huard.HEC.B.$9-Labergne.Pharmacie .30 3023 100.23 58-Huet.H.E.C.B.26 2613 100.13 §9-Péclet .Sciences.33 3288 99.21 60-Gagnon.Poly B.21 2097 99.18 61-Ledoux, Dr R.CAM.C.9 894 99.3 62-Richer.Opto.33 3268 99.1 63-Dagenais.R.C.U.A.C.29 2857 98.15 64-Massie.Droit.33 3241 98.7 65-Fleury.Chir.Dent.3 292 97.1 66-Deschénes.Opto Lau 33 3190 96.22 67- enais, \u2019 se.CUALC.21 2020 96.4 68.Seguin.Droit.3 277 92.1 69-Barsclou.C.UAC.3 276 92.70-Frégeau.C.U.AC.7 632 90.2 71-Sansregret.RCAMC.3 271 90.1 72-Grégoire .Droit.ES R.C.A.M.C.15 1341 89.6 74-Morin .Opto.23 1900 82.14 Les facultés reprennent leurs hostilités.Les docteurs valent-ils mieux que les ingénieurs?Enigme que l\u2019on déchiffrera alors.Venez tous célébrer l\u2019entrée en vacances.Amenez vos amis et amies.La musique sera offerte par la fanfare du C.E.O.C.NOTE: Portez vos couleurs de Facultés afin que les autres puissent savoir si vous êtes amis ou non.JOUTES: Polytechnique vs Médecine Note: I1 y aura un tramway spécial pour les joueurs.Trajet du dit tramway: Coin St-Denis et Ste-Ca- therine a 6 hres p.m.St-Denis jusqu\u2019à Royal; Mont-Royal jusqu\u2019à avenue du Parc; Avenue du Parc jusqu\u2019à Laurier; Laurier jusqu\u2019au Chemin Ste-Catherine; Chemin Ste-Catherine jusqu\u2019a Snowdon; Snowdon a St-Laurent.\u2018Arrivée à St-Laurent à 7 hres 30.Mont- VENEZ EN FOULE Tous savent que nous avons encore cette année notre Chalet de St-Sauveur.Les cartes de membres sont en vente deuis le 15 décembre.Notons que seuils les membres du club possédant leur carte seront admis pour coucher au chalet durant les vacances de Noël.La cotisation est fixée à 0.75.Des circonstances incontrôlables nous empêchent de distribuer notre nouvel écusson avant le ler janvier.Voici les noms des membres du Conseil du Club de Ski pour la saison 1943-44: .Philippe Ewart, Poly., Président; Bernard Sicotte, président; Poly., Vice- P.E.Trudeau, Dr., Secrétaire; Y.Prévost, Méd., et E.Pont- briand, Poly., Gérants du chalet; C.Faribault, Sc., Gérant de concours; R.Baillargeon, Poly., Publiciste; Raymond Cyr, Pharm., Directeur.Représentants de facultés: Antoine Raymond, Chirurgie- Dentaire; Paul Perinet, H.E.C.; G.Sicotte, Poly.; G.Francoeur, Pharmacie; Jean-Ls.Richer, Optométrie; J.-P.Cardinal, Droit; J.-L.Lapierre, Médecine, REGLEMENTS DU CHALET DE SKI DE L'UNIVERSITE DE MONTREAL 1\u2014Le Chaist du Club de Ski est le vôtre, prenez-en soin et n\u2019y faites pas ce que vous n'aimeriez pas que l'on fit chez vous.BALLON AU PANIER Nous avons deux parties de jouées au moment où ceci est écrit.Vous savez sans doute qu\u2019elles furent deux défaites, (les victoires se propagent beaucoup plus lentement).Il ne faudrait pas pour cela en déduire que l\u2019équipe est faible.Non pas! La première partie fut totalement à l\u2019adversaire, mais à la deuxième, contre McGill, nous avons dominé tout le long de la joute.Seul un manque de fini autour du panier nous coûta la victoire.Cette lacune a été corrigée depuis, et à la prochaine partie contre Southwestern Y.M.C.A.nous entendons bien sortir victorieux.Cette joute sera très disputée: les deux équipes, des rivales de l\u2019an dernier, voulant absolument emporter leur première rencontre.Voici les parties de la cédule qui restent à jouer: JANVIER 11 (mardi) Y.M.H.A.vs Mc- Gill; U.de M.vs C.A.U.C.12 (mercredi) Southwestern Y vs Ordnance Corps (x).18 (mardi) Y.M.H.A.vs S\u2019western Y; McGill vs C.A.U.C.19 (mercredi) Ordnance Corps vs U.de M.(x).\u201c25 (mardi) McGill; Y.M.H.A.vs U.de MS\u2019western Y vs 26 (mercredi) Ordnance Corps vs C.A.U.C.(x).FEVRIER 1 (mardi) S'western Y vs C.A.U.C.; U.de M.vs McGill.2 (mercredi) Ordnance Corps vs Y.M.H.A.(x).8 (mardi) Ordnance Corps vs McGill; S\u2019western Y vs U.de M.9 (mercredi) Y.MH.A.vs C.A.U.C.(x).15 (mardi) C.A.U.C.vs U.de Ordnance Corps vs S\u2019western Y.16 (mercredi) McGill vs Y.M.H.A.(x).22 (mardi) U.de M.vs Ordnance Corps; C.A.U.C.vs McGill.23 (mercredi) S\u2019western Y vs Y.M.H.A.(x).(x) Ces parties seront jouées au gymnase du Y.M.H.A.(Mt- Royal et ave du Parc) à 9 p.m.U.de M.29 S.Y.M.C.A.30 Mercredi soir 15 déc., le Bleu et Or se mesurait contre la plus forte équipe de la ligue Montréal, le Southwestern Y.Les Carabins qui commencent à montrer un peu leur vraie valeur ont failli battre les meneurs du circuit.Un tout petit point en effet les a privés de la victoire.Jean Béland a été le meilleur compteur des deux équipes tandis que René Leblanc s\u2019est distingué à la défense.La qualité du jeu déployé par nos porte-couleurs hier soir laisse prévoir de meilleurs succès pour «l\u2019année 1944.Espérons qu\u2019ils auront de meilleurs succès au point de vue encouragement de la part de leurs confrères.Henri DAGENAIS, gérant (2 quelque chose deplus! Vous pouvez de L'Académie Quilles Central Lundi à vendredi jusqu'à 5 hres p.m.0.10 la ligne »\u2014Vos bottes sont faites pour aller en ski et non pas pour orner les fauteuils et les matelas.Si vous devez reposer vos pieds sur des coussins, prenez In peine de vous déchausser.3\u2014Le foyer et les chaises ne sont pas des garde-robes.Il y a des crochets dans les chambres et au pied de l\u2019escalier.4\u2014La chambre de toilette n\u2019a pas besoin d\u2019être décorée; mettez les serviettes de papier dans la boîte sous l'évier et ramassez vos autres articles de toilette.5\u2014On n\u2019a pas besoin de neige dans le chalet; il y s de petits balais qui ne demandent qu'à servir; mais s.v.p.brossez-vous dehors ou dans le tambour.N'oubliez pas de gratter vos hottes, ce sont les plus grandes \u2018coupables.6\u2014Nous ne discutons pas de la qualité des repas, nous voulons simplement vous rappeler de ne pas partir sans payer.]\u2014La chambre que vous prenez pour la fin de semaine est bien à vous pour ce temps-là; mais ne laissez pas trop de marques de votre passage.Les papiers, allumettes et bouts de cigarettes n'ajoutent rien à la propreté de la chambre.8\u2014La boisson n'a pas sa carte de membre et est absolument exclue du Chalet.9\u2014Les demoiselles sont les bienvenues, mais pas après 11.00 hrs du soir.S.V.P.pas de \u201croom.skiing\u201d le dimanche.10\u2014Nous aimons vous entendre rire et nous n'avons aucune objection à ce que vous vous amusiez; mais pas après minuit.Pensez à ceux qui veulent dormir.Si vous rentrez après cette heure, faites-le en silence.11\u2014La force constabulaire de St-Sauveur garantissant par son nombre et par sa qualité une sûreté absolue à tous les visiteurs, les armes à feu sont inutiles et mêmes dangereuses, donc laissez-les chez vous.12\u2014La Direction du Chalet relève de MM.Prévost et Pontbriand, ou en leur absence, des autres membres du Conseil du Club.13\u2014Faute d'observer ces règlements tout membre sera immédiatement EXPULSE du Chalet.PRIX: Coucher: $0.25 par lit, que vous soyez seul ou deux et le nombre de soirs ne compte pas.Repas: $0.90 par jour, pour les membres; 35 par repas, pour les membres; < $0.45 par repas, pour les invités des membres.LE CONSEIL PHOTOGRAPHE ATTITRÉ DES ÉTUDIANTS 309, RUE STE-CATHERINE, (Près St-Denis) STUDIO: LAncester 5478 Domicile Outremont: CAlumet 5961 ss toujours le repérer Dans les grandes représentations de patinage, vous voyez beaucoup d'étoiles qui sont habiles sur la glace.Il existe aussi une autre étoile qui est à son mieux sur la glace .c\u2019est le Coca-Cola.L\u2019habileté et l'art avec lesquels il est fait aident à donner au Coca-Cola glacé ce quel- 7 que chose de plus.De ; même que ses ingrédients de premier choix 2 ==\" et sa saveur UNG LcvaPunique.Vous appréciezlafacon dontilvousrafraichit M en vous donnant vite 7 de l'énergie.Tout cela pousse les gens à choisir le Coca-Cola , pour leur boisson douce favorite.Pour obtenir le produit authentique, demandez le Coca-Cola glacé.toujours mieux acheter ce qu'il y a de meilleur! 1 © ZE la ANE IANS Lisce, de ve tafraïchir avec du = siscéd qui redonne de \u2018hissant 3 LT) THE COCA-COLA COMPANY OF CANADA, LIMITED MONTREAL So Cas me .: ta PAGE HUIT QUARTIER LATIN 17*DECEMBRE- 19, La pluie, qui venait enfin de cesser de tomber, ne laissait dans l'air qu\u2019une frissonnante humidité et, sur le trottoir, le miroitement de grandes flaques inutiles qui n'avaient même plus le mérite de rafraîchir une asphalte saturée.Huit heures du soir.Une nuit grise, désespérante à force d'être sans lumières, sans parfum, sans celte odeur âcre des travailleurs fourbus qui regagnent tardivement leur domicile encore imprégnés de celle chaude haleine qui s\u2019exhale des bouches du mêtro de Paris.Depuis le temps qu'on arrachait des feuillets chiffrés des calendriers, on était enfin arrivé à celle nuit du 24 décembre, à cette vcillée de Noël, où se cristallisaient autrefois tout le bonheur que donne la plénitude des désirs satisfaits, toute l'exaltation de la liberté que rien ne vient conlesler.Cet autrefois, ils étaient trop nombreux à s'en souvenir crcore, pour ne pas sentir la nostalgie de ce Noël meurtri.Il n'y avait pas alors de froid ou de misère que ne parviennent à tromper les belles bâches à l'écorce si douce dans son revêtement de chocolat et les sabots en nougat clair comme du miel qui paradaicnt côte à côte dans les vitrines des pâtissiers.D'un regard aux étalages, la faim se nourrissait de gros poulets sangiés dans leur toitette de cuisson.de dindes marbrées de larges plaques truffées, d'aloucttes hérissant leur curieuse petite tête chauve ct leurs pattes cffilées hors de leur nid de gelée.Les marrons glacés remplissaient des cornets de carton finement fardés d'or sur leur teint rose ou bleu, tandis que les fruits confits ressem- blaicnt à des boudhas immobiles enchâssés dans leur panier de vannerie\u2026 toutes choses qu'on n'apprécie que le ventre déjà plein, pendant que tiédit dans la main un verre rempli d'une bénédictine d'un autre âge.Les taxis filaient vite, narguant les rues glissantes, les piétons distraits, les agents rouspéleurs ct les autobus aux arrêts disciplinés.lls emportaient, dans leur course disparate, des couples en guinguelle ct des shicurs tout équipés, des parents chargés de cadeaux et des amateurs de théâtre, des mititaires cn permission el des fonctionnaires en congé, cl parfois aussi des étudiants qui s\u2019en atlaient joucr te Mystère de Noël là-bas, dans un coin perdu de la banlieue rouge.Dormir, rêver, aimer, boire, chanter, rire, marcher, router, glisser, aucune doi ne pouvait décider de quel côté inclineraient leurs préférences, ni freiner la fantaisie de leurs désirs.Qui pouvait empêcher les titres des livres de se moquer les uns des autres aux devantures des libraires?Qui pouvait s'étonner que des cnnemis politiques échangeassent non plus des harangues empoisonnées mais des vocux con- Jraternels?Qui n'aurait accucilli avec bienveillance l'étranger fortuné tout comme l\u2019exilé dépouillé de ses biens?Qui n'aurait acclamé la chanteuse exotique, l'actrice américaine, l'artiste sorti du ghetto?Qui NOEL GRIS n'aurait révéré les savants, les penseurs, les écrivains des autres pays sans amertune ni jalousie pour le sien?C'était à Paris, avant la guerre, avant la défaite, avant l'occupation, ce mol qu'on ne peul écrire sans serrer les poings, Et maintenant .Maintenant, Paris était gris, Noël était gris, à cause de celte couleur légèrement altérée de vert de LEURS uniformes qui surgissait de partout pour voler jusqu'à la sérénité du ciel.* * * Le Professeur Verdier remontait le boulevard Saint-Michel après avoir quillé son laboratoire de la Faculté de Médecine.Il marchait le nez baissé, les yeux fixés sur ses chaussures que festonnaient à la semelle des petites bulles ct des gargouillis.\u2014Dire que je vais encore rentrer les pieds trempés, bougonna-t-il à mi- voix, lout en s'cfforcant de raser les murs pour gagner de temps à autre une lisière de trottoir sec.Îl ressemblait ainsi à un arbrisscau courbé par le vent que jamais un beau solcil ne parviendrait à redresser complètement.Arrivé à la hauteur du carrefour Médicis, il s'arrêta net, releva la tête comme si le mouvement mécanique qui l'entraînait avait soudain perdu de son énergie, ct parut hésiter cntre la rue de Vaugirard et la suite du boulcvard.* C\u2019est alors qu'il aperçut un de ses étudiants qui traversait la place en sens contraire ct s\u2019approchait de lui à grandes enjambées flasques, les mains perdues dans ses poches déformées, le visage blème ct défait.\u2014 Comment, Legrenon, dans le .QUARTIER, à celte heure-ci?l'interpella familièrement Verdier dès qu'il Jui à portée de sa voix.J'espère que vous n'allez pas au Laboratoire, au moins, parce que j'en sors, ct tout est bouclé, maintenant.\u2014 Non, Monsieur le Professeur.D'ailleurs, à cause des vacances, je ne pensais guère y rencontrer personne.\u2014Vous avez raison, un peu de repos ne vous fera pas de mal.Je vous trouve une mine de macchabée ce soir .Je parie que vous éles encore allé donner des piqûres de droite et de gauche ou quelque chose du même genre! \u2014 Non, pas aujourd'hui.A vrai dire, on m'a bien offert un travail pour l'après-midi, mais, justement, si peu du même genre .Enfin, c'est idiot, mais j'ai accepté ct j'en sors à l'instant.\u2014 Ecoutez, Legrenon, êtes-vous attendu pour la soirée?\u2014 Non, Monsieur le Professeur, ma LE TRAVAIL et L'ÉCONOMIE Vous assureront LES QUATRE LIBERTÉS LA BANQUE D\u2019ÉPARGNE DE LA CITE ET DU DISTRICT DE MONTRÉAL Fondée en 1846 Coffrets de sûreté à tous nos bureaux SUCCURSALES DANS TOUTES LES PARTIES DE LA VILLE us 24 corvée lerminée je pensais vaguement rentrer chez moi.\u2014 Alors, venez a la maison, nous parlerons de tout cela, nous tuerons le temps, el puis, vous révetllonnerez avec ma femme et moi .si toutefois on peul appeler cela un réveillon.\u2014 Ohl vous êtes trop bon, Monsieur le Professeur.\u2014Rentrons, j'ai surtout les pieds trempés .alors vous voyez que ma bonté .Celle boutade empécha Verdier d'avouer à son élève qu'il devinait parfaitement que, sans le sou ct sans famille à Paris, il allait passer une veillée déplorable et qu'il saisissait un prétexte pour l'arracher à son cafard.Tous les étudiants savaient que le \u201cpère\u201d Verdier cachait derrière sa brusqueric un cocur délicat ct une Psychologie pénétrante.C\u2019est pourquoi Legrenon le suivit sans tergiverser.\u2014 Et maintenant, mon petit, reprit- il en relevant son col, vous allez me faire un grand plaisir, pendant toute celle soirée, en ne m'appelant plus Monsieur le Professeur.En ce moment, suriout, ça sent trop le HERR DOKTOR, voyez-vous.Ils s'engagèrent alors tous deux sur la chaussée qu\u2019ils parcoururent en diagonale au mépris de tous les anciens règlements de la circulation.Mais aucun agent n\u2019était là pour les Jaire respecter, aucune auto pour les motiver davantage.Monsieur Bernard Verdier habitait boulevard Moniparnasse, aux confins de la bohême, du quartier des Ecoles el d'une agglomération bourgeoise quasi provinciale, un vaste appartement sis dans un immeuble respectable, dont il était le fidèle locataire depuis vingl-trois ans.Un quart d'heure de marche à travers le jardin du Luxembourg le séparait seulement de la Faculté; il fallait compler à peine cing minutes de plus par le boulevard Saint-Michel.Les deux promeneurs pressèrent le pas devant les cafés du Dôme et de la Coupole, dont les terrasses regorgeaient comme autrefois d\u2019une clientèle hété- roclile importée des pays nordiques ct balkaniques, de l'Espagne et de l'Amérique du Sud, mais où les visages émaciés des Russes blancs et la saine gaiclé des touristes des Etats-Unis avaient élé remplacés par les grosses fêtes rasées de l'occupant ct son rire épais de goinfreur.Ce seul contact leur avait causé l'effet d\u2019un vésicant, aussi le froid de l'immeuble qu'habitait le professeur, loin de les saisir en entrant, leur parut plutôt bienfaisant.Mme Verdier accucillit Legrenon presque _maternellement.Quarante années de mariage l'avaient habituée à pressentir tous les désirs de son mari. côté des pantoufles déjà préparées à son intention se trouvèrent, comme par enchantement, de vieilles cspadrilles que le jeune étudiant enfila avec reconnaissance, pendant que quatre lamentables souliers d'homme essayaient de sécher dans le rayonnement d'une chaufferelte électrique.On aurait dit qu'elle économisait ses mots, lout en s'empressant aulour du buffet de la salle-à-manger.Et perdant qu'elle était dans la cuisine, Verdier soupçonnait à peine tous les calculs qui s'élaboraient dans celle brave tête aux cheveux blancs si doux pour multiplier les biscuits aux figues, le bouillon aux retatlles de légumes ct la mortadelle aux ingrédients indéfinissables qui constituaient le réveillon de choix que des heures de queuc devant les boutiques lui permettraient de leur offrir après la veillée.Legrenon pénétra a la suite de son maître dans la vaste bibliothèque tapissée de livres jusqu'au plafond mais où, faute de chauffage, il ne travaillait plus.Ts choisirent ensemble quelques ouvrages scientifiques el retournèrent dans la salle-à-manger tout en discutant.Verdier étala sur la table un manus- cril soigneusement annolé qu'il avait pris sur son secrétaire ct le montra à son élève: Ceci, dit-il est un \u201cTraité d'ana- lomic topographique\u201d, auquel je travaille depuis plusicurs années, écrit en fonction des applications chirurgicales d'après les progrès ct les acquisitions les plus récentes de la chirurgie.N'oubliez pas, Legrenon, qu'il ne peut y avoir de chirurgien hautement qualifié sans la maîtrise de connaissances étendues et précises d'anatomie ct que l'abandon de la dissertion après l'obtention du doctorat cst la pire erreur que puisse commettre un jeune professionnel qui désire opérer convenablement.Legrenon acquiesça, connaissant depuis longtemps celle marotte chère à son professeur que tous les grands Patrons étaient d'ailleurs unanimes à corraborer; cl, ainsi engagée sur cette voie, la conversation continua longtemps.Puis, changeant plus tard de sujet, Verdier demanda à son élève s\u2019il aimait Paul Valéry, et ils se mirent à lire ensemble quelques passages d'EUPALINOS et de LA JEUNE PARQUE.La faculté d'abstraction du temps et de l'espace est un don merveilleux pour l'homme qui savoure les nourritures intellectuelles s'offrant à son esprit.Paris triste ct gris, Noél tout proche, n\u2019existaient plus pour le maître et NOEL! Clartés dans la nuit .Les anges, ayant pris sur leurs ailes de grands morceaux de ciel, se hâtent vers la Vierge, afin d\u2019en effleurer l'Enfant .Marie, penchée sur le petit comme une fleur sur son fruit, se revêt de silence, afin d\u2019en recouvrir l'Enfant .Les étoiles, en pluie d'or, du profond de la nuit laissent couler leurs feux, afin d\u2019en caresser l'Enfant .L\u2019âne et le boeuf, bien tendrement soumis, sur l\u2019auge dégarnie poussent leurs souffles unis, afin d'en réchauffer l'Enfant .Les bergers, sortant de l'ombre, élissent sous leur mante brune des paillettes de lune, afin d\u2019en réjouir l'enfant .Les Mages, venus de cités fabuleuses, portent jusqu'à l\u2019Etoile l\u2019or, la myrrhe et l\u2019encens, afin d'en couronner l\u2019Enfant .La terre, inondée de lumière, dans une simple prière recueille tout son amour, afin d\u2019en consoler l\u2019Enfant .Marie LEMONNOIR l'élève.Ils planaient au-dessus de la misère ambiante, ils baignaient dans la fécondité des idées et révaient a l\u2019accouplement mystérieux des mots.Vers onze heures, Mme Verdier rappela timidement à son mari qu il avait l'habitude d'écouter les nouvelles d'Alger.En tournant le bouton de la T.S.F.une mélopée à la fois irritée el suppliante leur parvient: \u201cÎls ont fout pris, tout pris, jusqu\u2019à notre petit lit\u201d, chantait une voix bien française.Et ce rappel du Noël des enfants qui n'ont plus de maison\u201d, sur l'émouvante musique de Debussy, les replongea brusquement dans leur extrême dénucment.Ils se demandaient, en cffel, ce qu'on pourrait encore venir leur dérober, et des aulo- dafés de livres et d'ocuvres d'art chaviraient dans leur lête, au point qu'ils en perdaient maintenant celle belle sécurité dont ils se délectaient tout à l'heure.Hs regrettaient celle césure, ces instants qu'ils avaient volés à l'oubli quand, une fois l'émission de nouvelles terminée, ils remirent leurs chaussures avcc l'air confus d'enfants pris en faute.\u2014 J'accompagne ma femme à Saint- Sulpice, venez-vous?avait dit Verdier à son invilé, employant une formule évasive qui jetait le voile sur ses convictions religieuses.Dans l\u2019église pleine de femmes de tous âges, de jouvenceaux et de vicillards \u2014 beautés cl santés fanées, vêtements râpés, regards durs ou anxieux \u2014 ils se frayèrent un chemin el s'installèrent dans une des chapelles latérales d'où l'on voyait le maître-autel.Verdier el Legrenon regardaient la cérémonie avec des yeux tout neufs, car plus encore que dans les livres ils trouvaient exprimés là un espoir collectif invincible, une beaulé intangible, une- discipline universelle ct une richesse spirituelle qu'aucun occupant au monde ne pouvait ravir.Cela aussi fut pour eux simple ct sans phrase comme tout ce qui louche au grand amour ct à la grande charité.Revenus à l\u2019appartement, les Verdier et leur invité se réunirent de nouveau autour de la table de la salic-à-manger, mais, cette fois, devant le festin préparé par la femme du Professeur.Pourtant leurs agapes ne furent pas très joycuses; trop d'absents occupaient leur pensée, trop de rappels d'un passé heureux, aussi, \u2014 Et ce travail idiot dont vous sorliez quand je vous ai rencontré?interrogea Verdier pour changer le cours des idées.Vous ne m'en avez pas reparlé, Legrenon.\u2014 J'osc à peine vous le dire, tellement c'est ridicule .J'ai neltoyé, dépccé ct préparé de la volaille toute l'après-midi, en qualité d'extra, dans la cuisine du restaurant La Coupole, pour le réveillon de ce soir.\u2014 Quelle ironie, mon pauvre ami, soupira Verdier en regardant les maigres victuailles qui garnissaient sa table.Vous a-t-on donné quelque chose à manger, au moins.\u2014 On m'a payé, ne trouvez- que c'est déjà beaucoup?D'aille ua n'avais pas le coeur à manger quoi! ce soil.Mais il me faut réglez comple de pension à la fin du mo alors je n'avais pas le choix, 4, \u2014 Evidemment, des pigâres quelques pansements ne sauraient bo, cler un budget d'étudiant, si restrein soit-il.Mais consolez-vous, Legrene beaucoup ont pratiquê ce genre dex; dients avant vous et quand vous - ; reçu médecin .4 \u2014 Le scrai-je jamais) pressentiment qu\u2019 ILS ne me laisseron pas lerminer mon cours.[ls pe, verront en Allemagne, comme lent d\u2019autres, pour trimer dans leurs Usine \u2018ai ke de guerre.\u2014 Taisez-vous, mon peiit, lalse:.vous.En ce moment aucun de now n\u2019a le droit de se laisser aller et d'être pessimiste.Vous finirez vos étude, dussé-je vous réquisitionner comm, assistant ou préparateur dans un & nos laboratoires.Je tiens à vous ¢f da Faculté compte sur tous ses futur, médecins.Alors, ayez confiance et à la moindre alerte prévenez-moi.Et surtou ne passez pas un Noël gris, avec une telle idée.« ¥ Plusieurs jours s'écouldrent sans que le Professeur Verdier cniendi parler de Legrenon.[Il en demeurgy peiné, surpris et inquiet, car celte attitude était assez peu dans la manière de son élève.Mais un soir Madame Verdier revint affolée de ses courses ct dit à son mari: \u2014 Bernard, c'est affreux, sais-lu que j'ai appris chez l'épicier?Un cerlain nombre de dineurs onl i: empoisonnés à La Coupole à la suite du réveillon de Noël.Naturellement on a opéré immédiatement des arrestations, \u2014 Mon Dicu, Legrenon! s'exclama aussitôt Verdier.\u2014 J'y ai pensé tout de suite, reprit Mme Verdier, employé quelques heures auparavant comme extra aux cuisines.Alors joi § habilement questionné Roger, le vieux commis qui me sert depuis des années et qui connaît tout le monde dans kt} quartier.\u2014 Alors?\u2014 Les victimes, tous des Allemands, À ont, parait-il, été empoisonnées avec À: e la strychnine mélée aux plats de} volaille, et Legrenon, soupçonné kf premier en qualité d'éludiant de méde- § cine, a été fusillé ce matin.\u2014 Le brave petit, murmura Verdier, Ë il savait donc pourquoi il ne finirait § Mais jusqu'au Ë bout il a conservé le sang-froid d'un jamais ses études.homme qui envisage les quelques me ments qui lui restent à vivre comme le À plus précieux ct les plus enrichissant de son existence.Et, pas un instant, sa Joi dans la beauté de la carrière qu'il avait envisagée et dans la primauté du spirituel n\u2019a faibli.Et le Professeur Verdier alla cha- : cher dans sa bibliothèque LA JEUNE PARQUE de Paul Valéry, le dernier livre qu'ils avaient lu ensemble, pendard celle veillée de Noël gris.Geneviève de la TOUR FONDUE | puisqu'il avail # | ey "]
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