Le Quartier latin, 30 octobre 1945, mardi 30 octobre 1945
[" a MONTRÉAL, 30 OCTOBRE 1945 CINQ SOUS.LE NUMÉRO orne TS Tr Op Zann Directeur : JACQUES HEBERT on Entretien avec .GEORGES M.Georges Duhamel, parti de Londres la veille an matin par avion, s'entretient familièrement avec nous, le samedi midi.Il n'est donc peut-être pas aussi opposé à la civilisation mécanique qu'il en a l\u2019air dans ses livres.Le célèbre écrivain commence par nous dire que ce voyage au Canada, est un voyage dont il a toujours rêvé.\u201cLorsqu'à un moment donné, nous avons cru que nous perdrions notre patrie.le seul pays où nous aurions voulu nous réfugier, puisque la Belgique et la Suisse auraient été dans le même cas que nous, était le Canada\u201d.Dubamel nous parle ensuite du Canada: \"Je n'ai eu qu'à traverser une de vos rues pour me dire: voilà un pays où l'on peut perdre du temps.Car en définitive, le temps perdu est le seul temps véritablement gagné.\u201d Puis c'est la France: \u201cJe vous demande beaucoup de tendresse pour la France.Elle commet peut-être quelques fois, des actes inconsidérés, mais il faut se souvenir qu'elle est dans*le malbeur; et quelle est la personne éprouvée qui ne commet pas d'actes inconsidérés.\u201d Après quelques instants accordés aux caprices de la langue et aux expressions canadiennes, Duhamel nous confie ses projets littéraires: il veut, à côté des Pasquier, ses mémoires imaginaires, écrire d'autres mémoires, ses mémoires réels, où l\u2019on pourra retracer ses sources d'inspiration et ses méthodes de travail.\"Le cas est sans précédent dans l'histoire des lettres, dit-il, si l\u2019on excepte Le journal des faux-monnayeurs qui a des proportions beaucoup plus restreintes que ce que je DUHAMEL veux faire, Je crois que cela pourra servir.\u201d Dubamel nous parle ensuite des autres écrivans: Valéry, dont la mort lui a causé un véritable décbhi- rement; Ghéon, qui avant de disparaître, a obtenu le prix Brieux de l\u2019Académie française pour son oeuvre entière; Mauriac qui ach,ve une pièce qui, selon Dubamel est la plus forte des trois qu'il aït écrites; elle s'intitule Passage du Malin; Henri Bruler (Vercors) qui viendra bientôt an Canada; Clandel .Avant de terminer, M.Dubamel tient, pour une dernière fois, à faire une mise au point au
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