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Titre :
Le Quartier latin
Éditeur :
  • Montréal :[le Quartier latin],1919-1970
Contenu spécifique :
mardi 5 février 1946
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
autre
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Le Quartier latin, 1946-02-05, Collections de BAnQ.

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[" alk MONTREAL, 5 FEVRIER 1946 Directeur : JACQUES HEBERT I! nous est déjà arrivé de critiquer fortement les journaux et les agences de presse.Nous avons même oser dire que la vérité ne se recherche pas dans les journaux.Vous croyons qu'un événement est mis en évidence, est exploité ou bien est dissimulé, interprété, amputé, supprimé ou ignoré selon qu'il est ou bien favorable ou défavorable a quelque personne, grou- be, organisme, entreprise ou opi- niologie (appelée communément idéologie) auxquels sont liés l'agence de presse, le propriétaire ou le directeur d'un journal; ou bien défavorable ou favorable à tout adversaire, concurrent ou ennemi de tel objet intéressant.Nous n'allons pas cependant jusqu'à dire qu'il ne se mêle pas parfois quelques vérités vraies aux faussetés, interprétations partiales, ou trucs de propagande servis habituellement par nos journaux.Car heureusement, il arrive que des faits ne touchent à personne, objet d'intérêt ou d'inimitié.* * * Après tout le bruit et les commotions que causent les revendications russes sur une partie du terriloire furc, on constatera probablement que la Russie n'avait là aucune prétention sérieuse, [E PIMENT DES NOUVELLES mais avait plutôt l'intention de céder facilement dans celte dispute pour mieux obtenir les droits spéciaux qu'elle vise à exercer sur les Dardanelles.* * * Les nouvelles: ITitler est mort.Les nouvelles: Hitler es! vivant.* * * Un exemple de propagande insidieuse contre un régime qui embarrasse l'économie anglo-améri- caine: il paraîtrait que le gouvernement de Madrid est devenu si chatouilleux quant aux activités des problématiques guerillas espagnoles, qu'il a formellement défendu aux journaux de publier les nouvelles d'accidents de trains et d'automobiles, afin, dit-on, d'éviter l'impression que ces accidents sont causés par les éléments anti- franquistes, peu importe que tel soit le cas ou non.* * * Si on calcule que l'acier sert de matière première pour le travail de deux ouvriers américains sur cing, el que la United States Steel produit plus d'un tiers de la production totale de l'acier aux Ltats-Unis, on comprend alors que la grève de l'acier est un désastre national.Qui sont les crimi- À suitre en pare 2 CA RECOMMENCE AU VALERETERIA ! Où Valère n'est pas en jeu.\u2014 \u201cIl faut entretenir la vigueur du corps pour entretenir celle de l'esprit\u201d.~~ Les gars d'en haut regrettenl Géracimo et Chez Jos.\u2014 Pourquoi?Pourquoi?Pourquoi?\u2014 Problème de haute comptabilité.\u2014 Envolée sur le monte-pente.\u2014 \u201cC'est la rumeur publique, qui sème la panique .On n'sait pas qui L'a dit .\" \u2014 \u201cSi la police, boboum, boboum .\"* \u2014 Où il n'est pas question de la revue Bleu et Or.Il y eut une période de prospérité.Au retour des vacances, plus particulièrement, les étudiants se sont réjouis des améliorations qu'avait subi leur valèretéria.Les tartes étaient plus grosses, les gâteaux plus voluptueusement garnis, etc.Or voilà que ça se gâte.Avant d'y aller de nos récriminations, nous ferons remarquer à l'Administration, qu'elle n'a pas à s'étonner de ce que nous prenions au sérieux une question apparemment sans importance.|] est entendu que les étudiants viennent d'abord à l\u2019Université pour se nourrir l'esprit ; cependant, leur faut un minimum de houstifaille s'ils ne veulent pas s'évanouir d'inaction pendant les cours.C'est normal.Or, les étudiants ne parviennent pas à comprendre qu\u2019une institution de l'envergure de l\u2019Université, abritant des milliers de consommateurs, ne possède pas au moins l'équivalent d un petit-restaurant-du-coin.Comment se fait-il que les sandwichs soient tellement minces et tellement anémiques, alors que dans n'importe quel petit-restaurant- u-coin on en sert de bien supérieures au même prix ?Comment expliquer la pénurie Nu gazeuses et l'absence de jus ruit ?Pourquoi petits comme ville ?n'avons-nous pas de gâteaux et de patisseries on en trouve partout en (On nous objecte que les gâteaux du patissier universitaire donnent un meilleur profit.Et pour cause.) Pourquoi les cigarettes sont-elles si rares et leur choix si peu varié ?On nous dit que certaines cigarettes (les Craven par exemple) sont mal vues de l'Administration à cause de leur prix non-standard.Ce qui complique énormément la comptabilité! Les H,E.C.seraient sûrement capable de résoudre ce grave problème.Et le reste .Puisse l'administration entendre notre appel avant que nous devenions tous, par la force des choses, .anthropophages! Depuis les dernières bordées de neige, si longtemps attendues, notre monte-pente fonctionne à merveille.Le spectacle de cette grande montée blanche, sillonnée de skicurs aus vives couleurs est surtout impressionnant le soir sous les projecteurs.On prétend que ça vaut la fontaine- lumineuse du parc Lafontaine.Des rumeurs nous apprennent qu'il y aurait de grandes démonstrations par des champions du ski le deux mars prochain à l'occasion des fêtes du 25ème anniversaire.De sources, également suspectes, nous apprenons qu'une grande parade étudiante aurait lieu dans l'après- midi du cing mars avant la soirée de gala.Il faudra bien intéresser le grand public et la police à notre anniversaire! Nous ne dirons pas un mot de Bleu et Or.Si on en juge par la vente des billets à l'université, tous les étudiants viennent à au moins deux représentations de la revue.C'est merveilleux, mais ce n'est guère gentil pour le public.Alors nous devrons y aller de représentations supplémentaires! Jacques HEBERT CINQ SOUS LE NUMERO & BIEN FAIRE ET LAISSER BRAIRE .| ; Ll] VOLUME XXVIII; No 27 Rédacteur en chef : JEAN-LOUIS ROUX PP GROS JEAN COMME DEVANT Depuis quelques années, on nous a généreusement bercés des illusions les plus douces.Des hautes sphères gouvernementales émanaient sans cesse des appels vibrants en faveur de notre contribution aux oeuvres de l\u2018humanisme internationalisé.Et comme monnaie de nos pièces, on avait trouvé une de ces petites formules grisantes, un de ces parfums à bas prix, qui vous endorment plus sûrement que l'opium.\u201cLe Canada, nous répétait-on, est à se tailler une place parmi les grandes puissances.\u2019 On ajoutait avec un enthousiasme débordant de fausse candeur, \u201cet à mériter par son action la reconnaissance des peuples\u201d, La guerre a pris fin et les peuples, ces grands ingrats, nous auraient sans doute déjà complètement oubliés, si ce n'était qu'ils ont encore besoin de nous dans leurs entreprises philanthropiques.insi ils nous ont honorés de leur confiance dans l'UNRR.A., confiance qu'on nous facture quelques millions par ennée.Nous faisons partie de la Commission de l'Energie Atomique, où nous pouvons rendre certains services étant donné nos gisements d'uranium.Nous occupons enfin une place au Conseil économique, place que nous méritons assez à cause de notre rôle de jeune premier dans l'exportation bénévole et souvent gratuite.Mais alors on a donc appliqué strictement à notre endroit le fameux adage \"No taxation without representation\u2019?Pas tout à fait.En reconnaissant notre aptitude à siéger à ces trois comités, dont nous sommes appelés à être avec deux ou trois autres pays, les véritables souteneurs, on nous reconnait une capacité de fait.Mais notre droit à jouer dans la nouvelle société un rôle qui soit conforme aux obligations (?) que nous avons assumées, ce droit là on l'a enterré aux premières heures de la Victoire.Et des promesses de participation majeure à la vie internationale, dont on nous à bernés pendant toute la guerre pour obtenir de nous plus que notre équitable part, on fait fi maintenant.La nouvelle société nous sacrifie- t-elle à des intérêts supérieurs?Oui et non.Oui en ce que notre contribution de fait au rétablissement de l'ordre et surtout notre désintéressement maximum devraient nous mériter un rôle plus important dans le maintien de cette paix, qui nous a coûté si cher.Non, parce que les torts ne sont pas tellement aux autres pays qu'à nous mêmes.Car c'est volontairement que nous avons fait un effort de guerre au dessus de nos moyens, un sacrifice de dix-huit milliards de dollars et de plusieurs dizaines de milliers d'hommes.Par D'IBERVILLE FORTIER L'omission de nous nommer à un haut poste dans l'Organisation, nous montre par trop clairement, que si nous nous sommes élevés à la faveur de la guerre au rang de toute première puissance, et cela par notre volonté même d'y contribuer comme une telle puissance, nous n'en sommes pas moins testés un pays dont on craint l'allé- eance étroite avec un autre pays.La Russie a l'Ukraine, les Etats-Unis ont le Mexique, l'Angleterre a l'Australie.Et comme le Canada fait figure de satellite, on évite de lui donner de trop grandes responsabilités, par crainte qu'il ne vienne renforcer l'influence d'un pays à qui l'on a déjà attribué un chevalier-servant.Le problème se pose donc sensiblement comme ceci.Le Canada de par son commerce, sa richesse, ses possibilités est la sixième puissance au monde; de par sa contribution à la guerre, de par le rôle qu'il est appelé à jouer dans le maintien de la paix (on vient de donner des précisions sur notre armée permanente, environ quatre fois plus considérable que celle d'avant querre) il offre toutes les Garanties possibles.Or dans la nouvelle organisation on le considère plus ou moins comme un simple figurant (un figurant qui paie pour figurer!) Quelles sont donc les causes de ce déclassement?Je n'hésite pas à dire que la politique canadienne est triplement coupable de cet état de choses.Le Canada s'est comporté dans la guerre comme un serviteur dévoué aux intérêts de son maître, et dans l'après-guerre, comme une colonie qui va jusqu'à offrir son propre territoire à des troupes étrangères.Üne colonie travaille non pas pour la paix, mais pour sa métropole, et comme la métropole n'est pas une institution de charité, la colonie n'est pas nécessairement zélatrice de la seule Justice.Le Canada a joué pendant la guerre un rôle qui le dépassait, il retombe donc dans l'assiette internationale, que des voisins moins altruistes lui assi- nent sans tenir compte de son idéa- isme.Enfin la diplomatie canadienne s'est montrée d'une faiblesse sans borne et d'une pusillanimité ridicule.Par son inquiétante inaction elle a été cause de l'omission du Canada du Conseil de Sécurité et du Secrétariat.Elle s'est laissée convaincre simplement qu'il fallait un représentant de l'Océanie et elle a oublié qu'il fallait le Canada.Nous n'avons à récriminer que contre nous mêmes.Serviles dans la guerre, nous sommes mous dans la paix et nous croyons bien faire en retirant notre candidature de postes que nous devrions occuper.Nous nous sommes isolés volontai- tement.À la prochaine guerre on nous parlera encore de \u2018jouer notre rôle de grende puissance internationale, sans penser que notre action a jusqu'ici consisté à payer les pots Cassés et qu'après chaque aventure nous restons toujours Gros Jean comme devant.C'est tout de même dommage qu'après avoir rêvé si longtemps, il nous Faille nous éveiller.LA 11e REVUE «BLEU et OR» EN ÉBULLITION Engueulades A propos d\u2019oncle d\u2019Amerique Peut-être ne le saviez-vous pas, mais notre directeur est un naïf qui s'ignore?Ne s'est-il pas mélé dans l'avant-dernier Quartier latin d'inviter les nôtres à coucher l'université de Montréal sur leur testament, ll lear propose proprement de trépasser afi de biter le moment où notre muversté pourrait jouir en paix du bien d'autrai.Si l'intérêt cit la mesure des actions, comment se fait-il que de toutes nos ins- litutions, notre université montérégien- ne soit la seule qui ne fasse jamais entrer les oncles à béritages en action?Un étudiant a posé la question aux étudiants.Peut-être auvait-il di ne pas s'en tenir là et poser la question à l'institr- ton elle-même, On invite souventes fois les étudiants à s'interroger et à se battre da conlpe.Hs sont si dociles et ils le Jon: d'ailleurs si bien.Qu'on permette aux étudiants de penser qu'ils ne trou- v'erarent pas mauvais voir cette coutume se répandre aussi au sein de sphères antres que la leur.Il n'est pas d'Alma mater au pays du Québec qui ne réus- Sisse À un moment ou Pantre à faire l'unanimité parmi ses anciens, au moins au point d'en obtenir qu'ils délient les cordons de leur bourse pour un gymnase, une bibliothèque, une salle académique, un fond de bourse, un supérieur qui y à consacré sa vie.De même en est- 1! pour les oeuvres nationales: fédération des oeuvres de charité, survivance fran- faise en Amérique, quotidien français de wos frères d'Acadie, radio-ouest fran- cdise pour nos frères de l\u2019ouest; de mé- me encore pour nos cousins de France: université de Caen.Je me pose la question: l'Université de Montréal n'est-elle pour personne, ni un Alma mater, ni une oeuvre nationale, ni un prolongement de la France?D'où vient que possédant cet avantage sur les institutions ci-haut mentionnées d'être à la fois Alma mater, institution nationale et oeuvre française elle ne réussisse pas à déclencher un seul de ces mouvements de sympathie?Pourtant ses étudiants, ses anciens ne sont pas autres que les mênmies anciens qui financent les institutions de leur lieu de formation.Un collège de Montréal que je connais, recueille actuellement des souscriptions se chiffrant à mille dollars par tête non seulement de la part d'anciens, mais d'amis.Notre université ne compterait-elle que des anciens sans avoir des amis?Le cas est assez étrange d'une institution qui est la première université fran- faise mire en importance, proclamée école de haut savoir et pilier de noire vie française en Amérique, mais que personne n'a souci d'aider comme telle: There is something wrong in Denmark.On ne saurait jeter la pierre uniquement sur les étudiants anciens et actuels de l'U.de M.Hs prouvent abondamment qu'ils ont le coeur bien placé à qui leur est resté cher.Je ne veux pour terminer que m'arrêter sur cette parole de Saint Augustin: non amatur sine laboratur, non laboratur sine amatur.Si on ne travaille pour soi que si on y met ou on y trouve de l'amour; encore bien moins celui-là peut-il s'attendre à Juelque chose dont on n'obtient que de indifférence ou de l'opposition?Miguel PAGNUELO Autorisé comme savel postal do ie deuxième À cinsse, Ministère des \u2018Postes, PAGE DEUX LE QUARTIER LATIN 5 FEVRIER 194 nels?Les ouvriers, les chefs d'union, les chefs de l'industrie, ou le régime économico-social que l'imprévoyance de guerre a entraîné?L'ennemi de la Nation serait peut-être l'Etat ! Cela est-il philosophiquement possible?Juridiquement?Pratiquement ! * * + Hitler est mort.* * * Quelques conséquences de la grève de la viande aux ltats-Unis: 335,000 ouvriers en grève; diminution de 70%, du commerce de transport du bétail; naissance d'un marché noir écrasant.I est facile de conclure, devant ce qui se passe aux Etats-Unis et partout ailleurs dans le monde, que le Canada reste le seul pays stable de I'univers, malgré tous ses défauts - qu'il nous reste à corriger.+ * * Hitler est vivant.* * * À son arrivée à Miami, Winston Churchill déclarait \u201cLa victoire travailliste en Angleterre indique non pas une tendance temporaire, mais plutôt permanente vers la gauche.\u201d Quel Anglais célèbre disait, 1! y a peu d'années, que en moins de dix ans, il serait derrière les fils barbelés d'un camp LE PIMENT DES NOUVELLES (suite de la première page) de concentration communiste près de Londres?* « + Iitler est mort.* * * Quand la Russie se sera bien établie en France, elle tiendra l'Angleterre par la Manche.* * » Les sténographes russes font de la diplomatie.Lors de.la conférence des ministres des affaires étrangères à Moscou en décembre dernier, le texte original du communiqué russe ne contenait aucune allusion au problème bulgare, puisque les ministres n\u2019a- vaien! pu s'entendre.A deux heures du matin, à la fin de la dernière cession, on voulut signer les textes officiels des communiqués.On dût attendre le texte russe qui n'était pas encore revenu.\u2018Nos sténos sont lents\u201d, déclara Molotoff.Très tard le texte arriva.Les sténos y avaient tnclus un arrangement du problème bulgare à la manière russe.\u2018Il est si tard que nous ferions mieux de signer\u201d.Ft les ministres signèrenl.* * * Hitler est .Guy BEA UGRAND- CHAMPAGNE UNE TENTATION DE SAINT ANTOINE AU «QUARTIER LATIN» Allah est Allah et Jean-Louis Péloquin son prophète! Eve timide et passionnée, Jean-Louis caresse le fruit défendu et brûlant de l\u2019enseignement de l'histoire et n\u2019ose pas consommer son péché.\u201cSir Wilfrid Laurier, pivôt de l\u2019enseignement de l\u2019histoire chez les petits Canayens\u201d: comme ce serait unifiant et quels plantureux fruits de bonne-entente on récolterait de cet engrais.Mon cher Jean-Louis, je ne le vous fais pas dire, mais la différence de réponse que vous obtenez aux deux questions que vous posez à un écolier sur la bataille de Carillon et l'élection de Sir Wilfrid, parle assez en soi-même et dil assez la vertu intrinsèque de l\u2019une et de l'autre pour vous prouver ce que vous vous obstinez à chercher malgré l\u2019évidence.Soyons logique, jeune homme, tirez les conclusions de vos propres prémisses.Comprenez qu'on ne forme pas plus un peuple qu'un enfant à l\u2019honneur en lui enseignant la démission et l\u2019abdication.Découvrez vos intentions, baissez visière et ne cachez pas sous la branche d\u2019olivier que vous iendez à l\u2019enseignement de l'histoire qui se respecte, votre but de réduire à une gélatine partisane et électorale votre conception de notre histoire.Le grain de sénevé du Père Vi- mont tout comme la bataille de Carillon vous génent.Elles vous génent parce qu'elles soni des victoires el qu'elles sonnent le rappel.Victoires que nos pères ont continuées sur le champ du gouvernement responsable et qui ont touché de bien pres notre émancipation.Et vous voudriez qu\u2019on escamotât ces grandes heures de notre histoire! Je vous comprends: avec elles nous avons marqué les marches vers notre souveraineté.À partir de Sir Wilfrid nous avons connu non seulement le cran d'arrêt du gouverne- Le Picobac est le choix de la Maison de la Fraternité! Quel tabac .si doux, si odorant, si frais.si durable! \u2018 ment responsable, fruit de cent ans d'une courbe ascendante sans défaillance vers la liberté, mais l'abandon insensible et sûr du contrôle de nos subsides, de notre indépendance nationale, bref de notre majorité.Monsieur Péloquin qui réclame une étude plus constitutionnelle, plus politique de notre histoire serait bien avisé de noter qu\u2019il tourne contre lui-même l\u2019arme qu\u2019il emploie.Plus que personne d\u2019ailleurs il devrait être payé pour savoir quel a été l\u2019objet de nos luttes, de nos luttes de 1769 à 1860 qu\u2019il passe en douceur sous le buisseau bien que ce passé ne soit \u201cni si lointain, ni si brumeux\u201d puisque c'est l\u2019objet du droit constitutionnel, promis à sa laborieuse étude.Quant à notre condition \u201cde grand état moderne\u201d notre ami fe- ait bien de vérifier ses notions de grand état au titre de la majorité dans son code de droit constitutionnel.J\u2019y vois quelque utilité, sinon pour la discussion, au moins pour les points à l'examen.Permettez-moi, monsieur Péloquin, de vous dire que je trouve tout-à-fait scandaleux de voir transplanter dans le Quartier Ia- tin ce genre de culture de notre histoire tentée par des citoyens d'un âge révolu.Notre camarade Pierre Lefebvre dirait: \u201cDe grâà- ce ami, laissez à un Maheu-la-dé- route et à un Triboulet-Bouchard le soin de brouter le lichen de Ia bonne-entente dans leurs prairies moisies et gardez-vous bien de cet essai de culture auprès de la jeunesse, Vous tenteriez une lutte d'Iroquois contre trente Français, une lutte de Lawrence contre Evangéline, une lutte de pasteur Shields contre certains berceaux du Nord-Ontario.Vous n\u2019aimez pas ces souvenirs, car parait-il, c\u2019est là que vous faites entendre des pleurs et des grincements de dents.\u201d Jean AIMAR «LE CANADA» ET ALEXIS CARREL La plupart des étudiants lisent \u201cLe Canada\u2019 entre les cours (et même pendant les cours!) Ils adorent la fine ironie des séries de dessins telles que les \u2018\u201cBerlurons\u201d, \u201cIl n'y a plus d'enfants\", \u201cBobby Sox\u201d.C'est sans doute ce qui intéresse le plus grand nombre des lecteurs de ce quotidien.Mardi le 29 janvier, je m\u2019atlardais par hasard dans la page éditoriale lorsque je lus: \u201cCes idées (telles que la stérilisation eugénique dont le rédacteur a parlé plus haut) .sont très répandues aujourd'hui, et l'un des grands responsables de leur diffusion .( ) est Jeu Alexis Carrel dont l'ouvrage, \u201cL'Ilomme, cet inconnu\u201d fourmille d'erreurs de ce genre.On ne surprendra personne en disant qu'Alexis Carrel, collaborateur et personnage choyé à Vichy.\" l'oilà le chat qui sort du sac: Vichy! Parce que Carrel a soigné des pelits Français en collaboration avec le gouvernement de Vichy, \u201cLe Canada\u201d l'a rayé de la liste des grands savants pour en faire un disséminateur d'erreurs et évidemment un propaugandiste du fascisme! Ces journalistes qui accusent lous les jours leurs confrères de tronquer les \u2018textes et de fausser la pensée des autres, pratiquent la même malhonnêteté avec beaucoup d'art.Il faut lire le Devoir et le Jour pour trouver pareil fanatisme.Tout ce qui peut renforcer leur petite thèse est servi aux gogos après un habile truquage.Le rédacteur qui a insinué que Carrel avait prôné la stérilisation eugénique a tout simplement dévoilé sa malhonnêteté el son ignorance.Ou il n'a jamais lu \u201cL'Homme, cel inconnu\", ou, s'il l'a lu, il n'y a rien compris.Pour améliorer la santé des générations futures, Currel propose l'engénismte volontaire que l'Fglise elle-même encourage fortement.La preuve en est qu'elle a rendu obligatoire l'examen médical prénuptial.S'il se glisse quelques erreurs dans \u2018L'Ilonime, cet inconnu\u201d (il yen a, nos professeurs de philosophie nous l'ont dit!) elles sont très rares.I£t ce n'est certainement pas ce crétin de rédacleur qui serail capable de les découvrir.Il nous l'a bien prouvé! Pierre TANGUAY VOL À Depuis \u2018les premiers bonds de l'allemand Lilienthal jusqu\u2019à nos jours, des milliers de jeunes gens ont su s'élever duns les airs sous des ailes de toile et voler en compagnie de l'aigle et du vautour.Cette ère d'essais fut lente mais fructueuse.on 1912, les planeurs étaient suffi- suument bien construits: on ne jugenit plus leurs pilotes des gens téméraires.A Wasserkruppe, une école de vol à voile entraîna de jeunes volontaires à planer dans le ciel allemand.Quelques-uns d'entre cux atteignirent des altitudes fabuleuses de 10,000 pieds en se servant de I'énergie atmosphérique sous forme de compression des vents sur les collines, courants d'air ascendants et ascension d'air chaud durant l'été.C'est de la sorte que les premiers 80,000 pilotes de la Luftwafle furent initiés au vol (1949).La Pologne, avant la guerre, possédait une organisation exemplaire permettant le vol plané à des milliers de citoyens.L'Angleterre, retardataire dans ce domaine, travailla ardument pour rivaliser avec ses voisins.A date, les \u201cGliding Clubs\u201d anglais sont aussi nombreux et luxueux que leurs \u201cBoating and Yateh Clubs\u201d.Les États-Unis jouissent d\u2019un élan formidable pour le vol sans moteur.Chaque grande ville s\u2019enorgueillit de son mouvement nérien, de ses records d'altitude et de durée de vol.L'expérience d'un siècle transforme homme en oiseau.Voulez-vous être VOILE la version canadienne du mythique care suns perdre vos ailes et sans délier vos belles boucles savantes ?Infligez-vous cette fièvre de vouloir décoller de terre et de monter en spirales sous l\u2019ombre aspirante d\u2019un cumulus.Vivez une vie nouvelle.Carabins, votre chance de planer réside en ceci.Il existe en notre ville une association qui, sous le nom de \u201cMontreal Soaring Council\u201d (fusion du \u201cMeGill Gliding Club\u201d et du \u201cMontreal Gliding and Soaring Club\u201d) tend à développer ce nouveau sport.Ce elub a obtenu l'aéroport de St-Jean comme vaste champ d'entraînement, et fournit de plus tout le nécessaire tel que: aéroglisseurs, planeurs, treuils mécaniques, remorques, ete l\u2019our être membre de ce club, il en coûte $25.00 par année, ce qui n'est pas exhorbitant si on compare cela au ski.L'entraînement se fait sous la direction d'instructeurs qua- liliés dont un as polonris et M.Réginald Proulx, professeur à l'École Technique, le premier Canadien fran- cais diplomé dans ce domaine.Pour ceux que la chose intéresse, il nous fera plaisir de leur donner de plus amples renseignements, Guy SICOTTE, Guy VAILLANCOURT, lo \"18 TOUS LES ÉTUDIANTS ET TOUTES LEURS AMIES SERONT AU MONUMENT NATIONAL LES 7, 8 et 9 FÉVRIER pour la ONZIEME \u201cBLEU ET OR* POLY-SONNERIES SPORTIVES En marge du concours de descente à Saint-Sauveur.Ski-école ou prix de beauté.Le Quartier latin vient de remporter un prix de beauté au concours de la C.U.l\u2019, Notre journal a donc fait de grands progrès depuis l'an dernier.Une seule lacune: on n\u2019y retrouve plus la chronique \u201cski-écolc\u201d.Les premiers scront les derniers et vice-versa.Claude Faribault, auteur de celte chronique, a démontré lors de la course de descente dans la piste Red bird l'efficacité des principes qu\u2019il enseigne.En effet, une chute (genre somersault), la perte d'un ski (malgré l'emploi de fixations indétachables), la recherche de ce ski el sa fixation au pied n'ont pas empêché le directeur de ski-école de se classer en tête des concurrents de la catégorie B.Une chute spccta- culaire et l\u2019égarement conséquent dans le bois ont permis à Yves Prévost de partager les honneurs de la première avéc Claude.Edmond Pontbriand s'est contenté d'une chute bénigne et conséquemment de la quatrième place.Par contre Uéloile de McGill, Don Staniforth, qui réussit à conserver à la fois son équilibre et sa vitesse durant toute la descente se vit relégué au dernier rang.IL est regrettable que les officiels de la zône n'aient pas annoncé à l'avance que celle course se disputuit à qui perd gagne .L'homme descend du singe.Jusqu'à celle course nous ignorions que la faculté de philosophie enscignait la théorie de Darwin.La lumière s'est faite lorsque Jean Blouin, digne élève de celle fuculté, démontra ses inslincis simicsques en allant s'enrouler autour d'un arbre lors de sa descente.Immoralité de la morale.Le capitaine Guy Courtois, après avoir pratiqué dans la piste pendant dix jours, quilla Saint-Sauveur la veille du concours, se rappelant que \u201crien ne sert de courir, il faut partir à temps\u201d.Morale: cctle morale de La Fontaine ne vaut rien pour le moral d'un skieur.Robert THEAULT Trés nourrittant el d'une { dé li ° { CONFERENCE LAENNEC La Conférence Laënnec est néees- saire, c\u2019est entendu.Mnis pour qui?Pour les Patagons ou les Hindous?On le croirait, à constater le désintéressement éthéré de In masse des c.e.m.à son endroit.Quoi qu'il en soit, il y cut séance, le mercredi 30 janvier.Camille Laurin fit, pour débuter, rapport d'un plaidoyer du prof.Ryle d'Oxford en faveur de la médecine sociale.Cette discipline nouvelle s'applique au service de l'homme, en tant que socius.Elle vise à faire disparaître tous les troubles qui menacent son équilibre, à diminuer l'incidence de toutes les maladies pouvant être prévenues, à augmenter, en dernier lieu, le niveau général de In capacité humaine.La médecine sociale semble promettre des merveilles à l\u2019humanité.: Gilles Bertrand analysa ensuite les différentes étapes de la recherche: d'abord l\u2019étincelle, à la suite d\u2019une lecture, conversation, ete, qui engendre l'hypothèse; puis la mise au point de -techniques nouvelles, partie lu plus difficile mais qui donne beaucoup de joies; et enfin, l'interprétation rigoureuse des résultats.Le travail de Jean-Louis Langlois étnit complexe et audacieux, Plongeant a travers les siècles, et remontant peu À pou, depuis Pharaon jusqu\u2019au P.C.B.actuel, il tenta de prouver, qu\u2019après bien des tâtonnements, bien des échees, la médecine avait maîntenant droit au titre de science pure.Nous avons assisté avec lui, à l\u2019échec de la philosophie comme base de la médecine, puis à l'échec de Ju méthode cartésicnne appliquée À In biologie, et enfin à l\u2019échec du vitalisme.Vinrent ensuite Claude Bernard, avec sa méthode expérimentale, et Louis Pasteur avec ses techniques rigoureuses, qui tous les deux ont bâti In médecine scientifique, telle que nous la connaissons nujourd\u2019hui.Le conférencier invité était le Dr Donatien Marion.Avec sa verve coutumière, il nous promena de la période 1920 à la période 1945, et marqua les progrès opérés à l\u2019Université durant ce quart de siècle.Le Dr Marion fait aussi partic du Conseil d\u2019administration, ee qui nous valut des renseignements de première main sur nombre de sujets brûlants d'actualité.Il nous fit part ensuite de certaines réformes qu\u2019il entrevoit, à propos de la recherche, de l\u2019ensci- gnement médical de base, ct des professeurs de carrière.Cette causerie avait été précédée d\u2019une visite À ses bureaux, dont chacun sortit émerveillé.Ft c\u2019est tout pour aujourd'hui \u2018Fous les ee.m.sont invités au prochain Laénnee, et spécialement ceux de P.C.B., première année, deuxième année, troisième année et cinquième année.Camille LAURIN «LE QUARTIER LATIN Membre de le CUP.2900, boulevard du Mont-Royal, Montréal Imprimé par LA CE DE PUBLICATION LA PATRIE 180 est, tue Ste-Catherine Montréel L'ETUDIANT AMENE SES PETITES AMIES CHEZ GERACIMO 412 est, rue Ste- Catherine AIR CLIMATISE INSTITUTION CANADIENNE-FRANCAISE LABORATOIRE NADEAU LIMITÉE FABRICAINT DE PRODUITS PHARMACEUTIQUES PHOTOGRAPHE ATTITRÉ DES ÉTUDIANTS 309, RUE STE-CATHERINE, (Près StDesh) STUDIO: LAncaster 5478 - Domicile Outremont: CAlumet 5961 ~ 3 FEVRIER 1946 LA PETITE La Petite Symphonie demeure l'une des manifestations artistiques les plus coptivantes de Montréal.Notre grosse symphonie malgré ses tambours et son public n'éveille en moi \u2014 rédacteur eu Quartier latin \u2014 aucune sympathie.Simplement parce qu'elle nous donne, depuis 10 ans à peu près toujours la même chose.Cost beaucoup plus facile pour le chef d'orchestre, les musiciens et le cher public.Tout le monde est fier et le bourgeois se vante de sa culture.Tenez.Bruno Walter est venu à Montréal au moins trois fois.Je ne me souviens pas qu'il nous ait servi autre chose que la soupe (1) habituelle.Walter est peut-être le seul interprète de Gustav Mahler, et jamais l'ombre d'une note mahlérienne n'est sortie de ses concerts montréalais.La Petite Symphonie est tout l'opposé de la grosse.Bernard Naylor joue autant qu'il peut ce qu'ailleurs l'on LE QUARTIER LATIN ÿ SYMPHONIE ne joue pas.Ainsi au dernier concert entendions-nous la 97e symphonie de Haydn, Rakastava (2) de Sibelius et l'Ouverture Il Re Pastore de Mozart, es trois oeuvres sont pour le moins pas trop usées! La quatrième était un peu plus connue, mais cette fois le soliste était nouveau.Ml n'a jamais, que je sache, joué avec Koussevitzky.Sa binette ne promettait rien, mais il nous à interprété le Concerto pour Clarinette de Mozart de façon surprenante.Pas une seule bêtise; même dans l'Adagio qu'on peut si facilement rendre sentimental.ue faire, sinon demander à Bernard Naylor de nous faire entendre encore Rafael Masella de même que d'autres musiciens de son orchestre ?J.-P.LABRECQUE .(1) C'est sans mépris pour les oeuvies mémes que j'emploie ce terme.Y a-t.il un seul chef-d'oeuvre des hommes qui résisterait à l'ultre répétition ?(2) Le lecteur étant trop ignorant pour comprendre le finlandais, je traduis: L'amant.RÉTROSPECTION allya quelques années déja nous campions dans le nord de notre pays, I'été quand les blés étaient murs.Nous étions jeunes; nous le sommes encore mais ce que je veux dire.nous ne connaissions que l'amitié, l'air pur, le soleil et l'action.Hommes libres perdus dans des rêves magnifiques et des ambitions illimitées nous pensions à l'avenir.Tout nous était permis.Chacun construisait son petit monde.Et de \u201cI\u2019enfance ce grand territoire d\u2019où chacun est sorti\u201d\u2019 (1) nous nous préfigurions savants apportant au monde des découvertes étonnantes, artistes créant en des formes nouvelles la joie et la sagesse, humanistes saisissant l\u2019homme dans son essence même.Depuis nous avons vieilli; nous avons compris quelques réalités humaines.Nos volontés se sont assouplies à des disciplines nouvelles et nos intelligences ont perçu des ordres de pensée et de vie.Aux rêves succédèrent des idées précises.Aujourd'hui, semblables aux autres hommes, nous vivons la même vie.Cependant, certains jours, vous le savez, Jacques, Pierre, Paul, Adrien, Gaby et les autres, tout remonte à la surface.Alors nous nous souvenons de ces heures ravies au temps, où l\u2019on construisait châteaux en Espagne, où l\u2019on désirait \u201cla gloire cette fumée pour laquelle on fait tant de choses\u201d, (2) où l\u2019on espérait comme Achille en des vies brèves mais pleines \u201cparce qu'elles sont trop courtes pour être petites\u201d.(3) Ces jours-là nous vivons une autre vie.Nous retrouvons l\u2019enfant et le mélant à l\u2019homme, nous croyons comme autrefois mais avec un autre esprit: Qu'il n'est de vie que grande, arrachée à la facilité et À la torpeur.Il n'est de vie que volontaire, celle qu'on bâtit de ses mains sans illusion.Il n\u2019est de vie que confiante: au loin les pessimistes, les dillettantes, ceux qui doutent.Il n\u2019est de vie que généreuse: la vie, la vie fraternelle qu'attendent les hommes, la vie utile ne se fait qu'avec l\u2019Amour\u2019\u2019 (4) 41) Saint-Exupéry.(2) Suffren.pry (3) Dinraéli.(4) Robert Carric dans \u2018Le message de Lyautey\"\" Pierre CAMU LA PIERRE D'HOREB (1) La publication d'un Duhamel est, aujour- d'hui, un succès assuré de librairie.Les Pasquier ont d'abord ouvert la voie, puis se furent les Salavin, et enfin, la visite de l'auteur lui-même.Depuis ce temps, les livres de Duhamel sont devenus pour tous une curiosité.Pourtant, il est bien rare que le secrétaire perpétuel de l'Académie française écrive un livre qui soit également intéressent, de la première page à la dernière.Si l'on fait exception de sa suite des Salavin, qui constitue à mon sens, ce qu'il a fait de mieux, il y a dans ses ouvrages, des faiblesses qui atteignent même quelques fois, (cette Nuit de la Saint-Jean) à le médiocrité: style enfantin, intrigue de sketch radiophonique, etc.\u2019 Qu'on se console, tel n'est pas le cos de Le Pierre d'Horeb.Bien que l'intrigue en soit très simple, \u2014 c'est la vie d'un étudiant, avec ses déboires, ses amours, ses joies et ses souffrances, \u2014 elle soutient bien l'intérêt du lecteur Qui soupçonne Antoine Rességuier d'être Duhamel lui-même; et une confession, c'est loujours passionnant, surtout pour un curieux, LL.(1) Le Pierre d'Hore Georges Duhemel, Mercure tes Paris Hah wd ov Canad, les aus ans TA PERSONNE (1) Jeunes filles, voici pour vous un message: Ta Personne.vous dit qui vous êtes, je veux dire plus que souvent vous ne le croyez.| vous rappelle votre mission, peut-être autre que vous ne le pensez; il vous enseigne enfin le refus de n'être pas vous-mêmes.Ta personne vous plaira, parce qu'il a compris votre âme, vos élans et aussi votre amour.(1) Te personne per Robert E.Llewellyn, chez Fides, Montréal 1945.° TRE VENUS OU GUERRE HYGIE con LA SYPHILIS (1) \u201cIIs ne mouraient pas tous .\" Les statistiques qui établissent le pourcentage des populations atteintes de meladies vénériennes nous rappellent avec assez de justesse l'hémistiche de ce vers.Plus du tiers de toutes les grandes villes en souffrent.Est-ce suffisent pour affiimer que le livre du docteur Plouffe est d'une brûlente actualité?.Les beaux esprits trouveront sans doute à redire de l'allure un peu dégingandée des marrations illustratives.Îlis devront se rappeler que ce livre n'a pas pour but immédiat Ja formation de beaux esprits .encore qu'il puisse y aider en jetant de la lumière \u201csur des questions .vraiment cuisantes.Roger THIBAULT Ve Adrien Ploulle, md.ol) Lrsie contre tou.ou en \u2018 CRÉER ARCHITECTURE L'homme n'est jemais plus homme que quand il contemple.Contempler c'est penser verticalement, \u2014 comme agir c'est penser horizontalement \u2014 c'est penser en hauteur et en profon- eur, c'est penser Dieu, c'est penser les choses jusqu'au plus profond de leur être.Par la contemplation, l'homme se perd dans l'objet, ce qui fait précisément qu'il se retrouve, qu'il rattrape ses fonctions divergentes, qu'il s'unifie.Se débarrasser du temps, faire quelque chose d'éternel.Comme l'enfant qui fixe quelque chose n'ose bouger de peur de troubler sa vision, parce qu'il regarde de tout son corps, parce qu'il n'est plus qu'un regard, l'artiste prend possession du monde de tout son être.Il est une boule dont tout le poids pèse en son unique point de contact avec le plan.Le monde qui a déjà été aimé \u2014 puisqu'il existe \u2014 quête l'amour.Mais encore faut-il capter son appel.Peut-être faut-il se mettre debout sur les mains, la tête en bas, les pieds en l'air, comme les fous du Moyen-Age, voir le monde à l'envers pour le voir à l'endroit, pendant, dépendant de toute sa masse du ciel, de Dieu.La cathédrale gothique n'est que l'arc de triomphe romain renversé.Il faut que tout soit spontané, mais aussi pourtant il faut que tout soit choisi.Point de préméditation qui aboutisse à la préfabrication mentale complète.Penser en agissant, agir en pensant.Ce qu'on écrit ne correspond à aucune pensée réelle, lui enlève et lui ajoute.Qu'un volume architectural annonce quelque chose que je ne sais point et pourtant que je reconnais.Construire de façon qu'une surface en appelle une autre, un volume, un autre.L'enfant construit avec des blocs.L'architecte vivant retrouve le volume simple et sincère, sans tromperie ni bordure.Quelle différence avec l'architecture vieillotte à barbes fleuries! La barbe peut masquer un menton laid.Peau nue ne sait cacher la musculature.Architecture dont l'extérieur fait voir l'intérieur.Fonction.Le langage s'il veut porter loin devient rythme, musique; se purifie pour s'agrandir.e théâtre antique était chanté.L'architecture pousse la forme picturale à son extrême musicalité.Elle est une musique mécanique, comme le piano, à intervalles fixes: ordre mathématique; non du violon qui est trop près de l'homme, trop facile, trop libre, encourage la fleu- riture.Même au Moyen-Âge où l'architecture semble si près de la nature, de l'homme, où l'inspiration bossèle les surfaces, la raison a dominé.L'architecte est un rationnel sensoriel, un apollinien.Il faut regarder les maîtres, les admirer, les étudier, les vivre, mais non les copier.La copie n'est qu'extérieure; surface.La Renaissance n'est qu'une suite de façades sans épaisseur.La vision de chefs-d'oeuvre est formatrice en autant qu'elle contribue à former un climat de vie.Qui a mieux saisi les Grecs que Rodin et pourtant combien peu sa sculpture ressemble en apparence à la leur.Le Corbusier a sûrement étudié le Gothique pour provoquer cette légèreté dans l'espace, et le Grec aussi pour ses proportions \u2014 il ne s'agit pas d'Ordre \u2014 mais quoi de moins grec et de moins gothique d'apparence que son architecture, mais pas d'esprit.Maurice GAUTHIER Une petite indiscrétion du secrétaire .Quel secrétaire?Celui de Roger Carand bien sûr, le grand, l\u2019ineffable directeur de la Revue Blen etOr.Je disais donc qu'une petite indiscrétion du secrétaire de Roger m\u2019a donné accès aux dessous de la belle Bleue.\u201cRoger se démène jour et nuit\u201d m\u2019a-t-il confié.\u201cJe comprends qu\u2019il se démène le jour, mais pourquoi la nuit?\u201d \u201cParce que c\u2019est la nuit qu\u2019ils peignent les décors .°° \u201cSont-ils prêts ces fameux décors?\u201d cc A ; Prêts, certainement, on pense même les avoir pour la répétition générale! .\u201d \u201cQuand aura lieu cette répétition générale?\u201d \u201cAu plus tard le 10 février!\u201d \u201cLe 10 février?Mais la Revue est attendue le 7, le 8 et le 9,\u201d \u201cQu\u2019importe, lessentiel c\u2019est qu\u2019on parle d'une répétition générale, cela fait plus artistique, plus organisé enfin que sais-je, plus tout quoi!\u201d \u201cBien, bien,\u201d acquiesgais-je, asses peu convaincu mais.\u201cJl n\u2019y a pas de mais les sketchs sont déjà même dactylographiés, il ne reste plus qu\u2019à trouver des acteurs.Evidemment ily a J-L.R et comme chacun sait, J-L.R est à lui seul toute une Revue.\u201d \u201cEt le programme?\u201d \u201cOn parle en effet d\u2019en faire un, me dit le secrétaire, en se grattant le menton d\u2019un air embarrassé,, \u2026 Mais le papier, c\u2019est le papier qui\" \u2018 » 4 .manque.\u201cComment le papier?Hy en a asses pour que le Jour ponde de ses insanités, la Presse ses insipidités, le Canada ses platonicités, et il n'y en a pas pour les programmes de Bleu et Or?\u201d C\u2019est un scandale, voyons, un vrai scandale.\u201cMais en somme tout va bien?\u201d \u201cOh! parfaitement bien, il n\u2019y a même plus de billets a vendre.\u201d \u201cPourquoi?\u201d \u201cParce qu\u2019il n\u2019y a plus d\u2019acheteurs depuis qu\u2019on sait que le junior Vaillancourt veut vendre tous les billets avant la Première de lu Revue.\u201d \u201cNom de .ça alors c\u2019est une innovation!\u201d Le téléphone sonne alors et le secrétaire l\u2019empoigne fiévreusement.\u201cAlo, oui, ne coupes pas mademoiselle, oui, Roger?Puis sa joviale figure s\u2019éclaircit d\u2019un sourire tendancieusement béat et il me dit en raccrochant: \u201cTout va bien mon vieux, d\u2019ici deux nuits les décors seront finis, la distribution des rôles est entièrement satisfaisante, le Jour a réduit son tirage au profit des programmes, la Presse nous fait de l\u2019annonce à l\u2019æil et surtout Juliette Béliveau consent à nous prêter, presque gracieusement, son inestimable collaboration.Décidément il n\u2019y a plus que le succès qui manque, mais il viendra en hélicoptère, tramtonuy, taxi et buggies, les 7, 8 et 9, n\u2019est- \u2018ce pas?\u201d Et nous nous quittons pleins de confiance dans un avenir qui s\u2019annonce souriant.\u201c päbliciaie pour | \u201c\u201d publiciste pour la Revue Bleu et Or.PAGE TROIS SCANDALE On vous en a volé un, monsieur Harvey! Pour une fois le \u201cdocument officiel, signé et duement attesté\u201d\u2019 nous est parvenu avant que vous en connaissiez même l'existence.Surtout qu'il est d'une importance ne nécessitant pas de soufflage et qu'on ne risque as de se récrier et de se prosterner Bien bas, le nez dans la poussière, devant une lettre d'avocat! Pour en venir au fait, il s'agit de \u201cBleu et Or\u201d, \u201cune revue formidable, renversante et jamais approchée en magnificence\u201d (Pierre Lamy dixit repe- tatque).Qu'on se détrompe pourtant, le scandale n'est pas dans la revue, elle n'en est que la cause, de concert avec les \u201ccollets blancs du Quartier latin.Ces gentilhommes, directeur et rédacteur en chef d'une feuille malveillante à l'égard des \u2018méchants\u2019, ont dans le passé pris vraiment peu de plaisir aux représentations de l'Arcade en regard de la joie folle qu'ils avaient d nous les décrire.À un tel point que la gent théâtrale de l\u2019est en est profondément piquée et pense même à se venger.L'occasion, ils l'ont trouvé; ce sera \u2018Bleu et Or\u201d.De l'aveu même de quelques jeunes comédiens tout l'Arcade est en émoi et projette de se rendre en bloc au onument National les 7, 8 et 9 prochains.Il y viendra, mais avec l'infêôme arrière pensée d'y chercher la \u201cbibitte noire\u2019.Évidemment, il ne faudrait pas s'attendre que Radio-Monde nous fasse une publicité de bon aloi, et tapageuse par dessus le marché; tout de même, il y a perait-il encore des gens qui travaillent par en dessous.A tout événement, les directeurs, auteurs, inter- prêtes et décorateurs, et aussi le public puisqu'il en est si souvent question, n'ont qu'à se bien tenir car une tuile les guette.L'Arcede va éclater.Jean-Louis LALONDE LE CAS C A la suite des déclarations du docteur G.B.Chisholm, on s\u2019est indigné de façon tellement sotte qu\u2019il a semblé plus intelligent d\u2019être de l'avis du psychoanalyste car les théories énoncées récemment à Washington par ie sous-ministre fédéral de la Santé sont tirées surtout d'œuvres de Niecztche telles qu'Aurore, La Généalogie de la morale, et de L\u2019avenir d\u2019une illusion de Freud.Ces ouvrages sont intéressants, certes, et leur influence fut énorme.Mais ils ne démontrent pas de façon imperméable que la morale, plus particulièrement la morale chrétienne, ne dépend que de l'influence décisive d\u2019un milieu, d\u2019une éducation.Ces théories sont issues d'une confusion qui eut lieu lors de la réforme protestante entre la moralité, la religion, d\u2019une part, et, d'autre part, l\u2019autorité qui l'imposait.Cujus regio, ejus religio.Il est certain que l\u2019autorité ne mérite plus aucun respect lorsqu'elle use de sa puissance pour utiliser le peuple en lui inculquant des principes favorables à son hégémonie.Une telle autorité se reconnaît à ce qu'elle impose une morale de crainte, de soumission, de négation du mal, plutôt qu\u2019une morale qui donne à la pensée, à l\u2019action, Un sens et une orientation véritables.Certes, \u2018la crainte de Dieu est le commencement de la sagesse\u201d\u2019.Mais c\u2019est de la crainte de Dieu qu\u2019il s\u2019agit, et non pas de la crainte de l\u2019homme.La croyance en la justice divine a justement pour but de délivrer l\u2019homme de la crainte et de l\u2019oppression des puissants de ce monde, des scribes et des pharisiens.Et voilà pourquoi les Béatitudes, et l'Evangile en général, s\u2019adressent non pas aux hauts placés qui exploitent, inspirent la crainte, mais aux pauvres, aux faibles, aux dépossédés, aux révoltés.Dans l'esprit de Nietzche, de Freud et de leur disciple Chisholm, la morale chrétienne est confondue avec les autorités qui en ont usé, qui en usent encore pour arriver à leurs propres fins.Et c'est ainsi que ces autorités religieuses peuvent être comparées, sur beaucoup de points, aux autorités gouvernementales, démocratiques ou non, qui développent dans le peuple des sottises utiles a la guerre.Mais n'oublions pas que la pensée de l\u2019Eglise catholique, est tout à l\u2019opposé de ce théoératisme et de cet autoritarisme.L'éducateur religieux, de même que le chef.dé servir le bien du plus'grand nombre possible de ceux dont ils sont \u2018 sables; leurs propres interes d .de pd tat, doivent ombre _ resfion- « oivent « \u2018 HISHOLM être ramenés au dernier plan, s\u2019effacer devant cette valeur si peu comprise, le bien commun.Lorsque l\u2019autorité, sociale ou religieuse, préfère inspirer la crainte et la soumission aveugle aux dépens d\u2019un sens social et d'une moralité véritablement chrétiens et telle qu\u2019on les trouve, nuancés et approfondis chez saint Thomas d'Aquin, la société et la religion deviennent des phénomènes purement psychologiques.On les a vidées de leur contenu humain et surnaturel; il ne s\u2019agit plus que de faits, qui sont très bien coordonnés, par exemple, par les théories énoncées par le docteur Chisholm, Mais de telles théories ne sont pas des réfutations des doctrines sociales et morales du catholicisme.Au contraire, elles servent à départager ce qui est véritablement chrétien et ce qui ne l\u2019est pas.A ce point de vue, le docteur G.B.Chisholm aura rendu, aux causes mêmes qu\u2019il attaque, de véritables services.M.Chisholm confond, comme tous les psychologues modernes, la moralité et le bon fonctionnement psychologique.Mais ce bon fonctionnement ne fait que constituer la santé animale, pour ainsi dire, et le bon for-\u201connement d\u2019un petit nombre, à base d\u2019athéisme, ne peut nous laisser ignorer le besoin religieux véritable chez le peuple, et surtout la vérité surnaturelle du Christianisme.Les préoccupations morales et surnaturelles sont loin d\u2019être, comme l\u2019implique le docteur Chisholm, des préoccupations inutiles; elles seules peuvent donner à la destinée de l\u2019homme sa véritable signification, qui ne réside pas dans la santé psychique mais la suppose, chez un grand nombre du moins.Cette santé n\u2019est qu\u2019un point de départ essentiel mais élémentaire du véritable épanouissement d\u2019un individu et d\u2019une société, qui résident dans un sens social à base de sens religieux.Friedrich STEINER THÉ-CAUSERIE Le dimanche 10 février à trois heures et demie, Mlle Estelle Le- Blanc prononcera à la \u201cFamiliale\u201d 803, rue Boucher à l\u2019angle de la -rue Saint-Hubert une causerie intitulée \u201cAutour de la maison\u201d.On ne s\u2019embête jamais aux causeries de la \u201cFamiliale\u201d et le café _ou le thé, selon'le goût, y sont dé- -licieux.Le tout: cinquante sous.reve.am amap pm.\u2014 Cran 85 «+ © LATIN 5 FEVRIER 194 PAGE QUATRE LE QUARTIER \u2014\u2014\u2014 DEUX RÉPONSES DE LA «MUNICIPALE Monsieur le Directeur, Le Quartier latin, Université de Montréal.Monsieur le Directeur, Le dernier numéro du Quartier latin nous apporte une longue engueulade en marge de la Bibliothe- que municipale.Le signataire se dit mécontent de tout et de tous.sauf de lui-même.I] s\u2019étonne, lorsqu\u2019il nous fait l\u2019honneur d\u2019une visite, que tout ne soit pas uniquement dirigé vers sa précieuse personne.On le traite comme tout le monde et il n'aime pas ça.ll n\u2019aime pas le système employé pour le cataloguage de volumes parce qu'il ne le comprend pas; il est vrai qu\u2019il ajoute, un peu plus loin, qu\u2019il n\u2019a nul besoin de le comprendre el que s'il en parle.c\u2019est pour en parler.Ainsi réussit-il à établir une bonne demi-colonne de mauvaise humeur et, à son avis, c\u2019est quelque chose.En attendant qu\u2019il soit nommé Conservateur de la Municipale, ce qui ne saurait tarder, il nourrit de grands projets: il veut redivi- ser la Bibliothèque à son goût; telle salle sera là, telle autre ici et, ma foi, sur le papier, cela ne parait pas mal.Il regrette surtout sa salle Gagnon, petite mais co- quetie, ensoleillée avee vue sur le triangle gazonné de Dante et il ne comprend pas qu'on lait transférée ailleurs sans prendre son avis.Mon cher engueuleur, si cela peut vous consoler, je vais vous apprendre un secret: cette salle, nous la regrettons encore plus que vous.Pendant deux ans, les autorités se sont obstinées à la maintenir en dépit de tout.On a tiré des plans sur le papier et ailleurs, on à essayé de pousser les murs ou du moins de les surcharger de rayons, on a utilisé le moindre recoin; on attendait, espérant, un miracle.Ilélas! le miracle n\u2019est pas venu! En dépit, de nos désirs .et des vôlres, il a bien fallu se résoudre à déménager dans une autre salle, moins belle, moins ensoleillée, mais plus grande et, avec un magasin de livres à l'épreuve du feu où sont en sûreté, tout en demeurant à proximité, les collections précieuses que nous possédions déjà et celles dont notre Bibliothécaire en chef fait l'acquisition chaque jour, à la grande joie de ceux qui viennent ici, non pour s\u2019enivrer de soleil et contempler la nature, mais pour avoir, sous la main, l'abondante documentation nécessaire à leurs travaux.Soyez sûr qu'avant d\u2019en arriver là, nous avons tourné la question sous toutes ses faces et que, si nous ne vous avons pas consulté, nous avons eu recours à tous les experts et surtout aux autorités municipales qui, elles, ont apporté le dernier mot parce qu\u2019elles tiennent les cordons de la bourse.Voulez-vous me permettre un conseil, cher engueuleur?Au lieu de dépenser votre encre et votr bile à débiner la Municipale, donnez-nous un coup d'épaule et je suis sûr que ce geste, uni à celui de tous ceux \u201cqui payent pour la Bibliothèque\u201d nous permettra de mieux placer votre salle, tout en lui conservant les dimensions nécessaires à son expansion.Mais il n'y a pas que les salles que notre engueuleur n\u2019aime pas, il y a aussi quelques membres du \u2014 «> EY Serger oy Noa C= - \\ p/ 4 él Gy Vetres g Me = GP Lunettes gnons i Cronin do leis personnel et, il leur fait savoir.Mile Laflamme, la charmante Directrice de la Salle Gagnon sera certainement enchantée d\u2019avoir trouvé grâce à ses yeux, mais je la connais assez pour affirmer qu\u2019elle sera franchement dégoûtée de la façon grossière dont il traite sa compagne, \u201ccette garde aux pieds de bouc avec le chignon en bataille\u201d.Cela, ce n\u2019est plus une engueulade, ce sont des injures et, quand elles s'adressent à une femme, c\u2019est de la part de celui qui se les permet, de la goujaterie.Sans doute, Mlle Brosseau, ne prodigue pas ses mignardises aux lecteurs de sa salle; si c\u2019est cela que vous voulez, cher engueuleur.laissez-moi vous dire que vous vous êtes trompé d'adresse.Ceux qui fréquentent la Salle Gagnon veulent surtout les renseignements et les documents qui faciliteront leurs études et, c\u2019est là, que Mlle Brosseau leur est d\u2019une aide précieuse.Il y a quelques années, lorsque le regretté M.Fauteux fut chargé d'organiser la Bibliothèque Saint-Sulpice, il voulut s\u2019entourer d\u2019une équipe d\u2019élite et qui assurerait le succès de cette entreprise.Mlle Brosseau faisait partie de cette équipe cet quand, pour lcs raisons que vous savez, Saint-Sulpice dut fermer ses portes, les autorités de la Municipale furent trop heureuses de s\u2019assurer ses services.Elle entra à la Salle Gagnon et, n\u2019en est plus sortie; et, je sais bien que lorsqu'elle partira, elle laissera, derrière elle, d\u2019unanimes regrets .même les vôtres, cher engueuleur lorsque vous aurez appris à la connaître.Mais notre critique continue ses déambulations, il se sent les nerfs à fleur de peau et tient à les passer sur quelqu\u2019un.N\u2019est-ce pas le grand historien Thiers qui assure que toutes les révolutions ont eu pour auteur un énergumène qui avait trop bu ou mal digéré.Voilà donc notre énergumêne .oh! pardon, vous êtes notre en- gueuleur et, c\u2019est assez! On ne saurait faire une révolution à la Municipale, pas plus qu\u2019une tempête dans un verre d\u2019eau.Le voici donc arrivé à la Salle des documents publics.Certainement sa digestion a été pénible car aussitôt, il trouve matière à une nouvelle engueulade; je devrais plutôt dire à une bordée d'insultes car il semble qu\u2019aux \u201ccycles de l'univers sidéral qui lui sont défavorables\u201d, comme il dit si bien lui-même, il ne puisse s'adresser à une femme sans l'insulter.Pour lui, la Directrice de la Salle des document c'est \u201cune patate germinative, une géronte en chaleur\u201d.Mon cher ami, ces expressions-là ne se discutent pas, elle relèvent plutôt de l\u2019hospice Saint-Jean de Dieu et réclament un traitement médical.Mlle Baudoin ne saurait être atteinte par les ordures que vous lui lancez.Elle aussi, faisait partie de l\u2019équipe Fauteux dont j'ai parlé tout à l'heure et la Municipale a été fière de pouvoir retenir ses services.En somme, qu\u2019avez-vous à reprocher à la Directrice de la Salle des documents?Rien, si ce n\u2019est de vous avoir invité à quitter la salle, un soir, à l'heure de la fermeture.En effet notre engueu- leur avait décidé que, ce soir-là, c\u2019est lui qui serait maitre à la Bibliothèque.Il ne partira que de son gré et, à l'heure qui lui plaira.ay -~X Xe Ry ard 9 l/ J.0.GIROUX o.d.assisté d\u2019optométristes et opticiens diplômés Bureaux chez N A Dupuis Srères MONTRÉAL = 77 rent pas à son avantage, un gardien parut, notre engueuleur perdit sa g .et, s'éclipsa.11 y a encore, i la Salle des Documents.un monsieur avec qui notre engueuleur devait se rencontrer, le lendemain soir.La, je me sens un peu géné, car le vieux Le règlement?Il s'asseoit dessus.Que tous les employés se tiennent au garde à vous, attendent le bon plaisir de Sa Majesté et s\u2019inclinent sur son passage, Aujourd'hui, le peuple est roi et il va le faire savoir à qui de droit.Malheureusement les événements ne tournè- JEAN-E.DEJAVU vs JEAN AYMARD Montréal, le 28 janvier 1946.Le Quartier Latin, Université de Montréal, 2900 boulevard Mont-Royal, Montréal.Chers messieurs, Confiant dans le Quartier latin, de par sa devise laisser braire, je demande la faveur d'éclairer messieurs les étudiants sur l\u2019article de monsieur Jean Aymard.Je vous remercie à l\u2019avance de ce droit de réplique.Le Quartier latin servait, la semaine dernière, de déservoir biliaire à un petit-garcon-bien-puni qui, peureusement, sous un pseudonyme singulièrement approprié à sa personne, attaque le personnel entier de la Bibliothèque municipale.La personnalité de monsieur Jean Aymard nous est familière depuis nombre d\u2019années, pour l\u2019apercevoir quotidiennement, venir dans les salles surchauffées de l'édifice sherbrookois, parfaire sa digestion difficile.Les habitués de l'institut, connaissent sa silhouette prostrée qui selon l\u2019instabilité des humeurs du petit monsieur, arpente l\u2019édifice, déclamant de sa voix grêle, des semblants de propos intellectuels.Notre maître philosophe a d\u2019ailleurs sa petite cour d'assidus dont les dissertations ne sont pas sans agacer tous les lecteurs voisins.Nous avons constaté.sans surprise, l'hypocondriaque logique de monsieur Aymard.Encore sous les effets d'une engueulade avec le directeur d\u2019une salle de lecture.notre artiste nous ouvre le propylée de sa pensée.Résultat ?Exposition dans un style à rendre Jaloux le prince- consort de la salle des documents, de la nécessité d\u2019une Révolution à la Municipale! Monsieur Aymard a publié son Mein Kamp! L'article contient une mise en garde; l\u2019auteur avoue ne connaître absolument rien de la Bibliothéconomie ; il aura d\u2019autant plus d\u2019aise pour traiter du sujet avec autorité.Peu lui importe que la Bibliothèque municipale reçoive nombre de livres récents, d\u2019ouvrages intéressants.Peu lui importe que la Bibliothèque adopte un système de classification supérieur aux précédents.Peu lui importe que la direction amène, par des réformes, une accélération dans la distribution des livres! Peu lui importe que les employés municipaux soient des diplômés de l\u2019Ecole des bibliothécaires, (La bibliothèque grand ducale de Riga, en échange des bibliothécaires proposés par M.Aymard, offre une certaine quantité de son eau réputée pour soulager la digestion de notre Don Quichotte).Ne connaissant mèche de la bibliothéconomie, le savant étudiant s\u2019exclamé en accusateur public: \u201cQue m'importe les outils, si l'artisan n\u2019est pas qualifié ?\u201d Mais monsieur Aymard est un grand persécuté.Imagine-t-on que la direction ayant su, par qui?par où ?que le poète Aymard avait pour la regrettée Salle Gagnon sise au ler étage, (l\u2019auteur sans doute par américanisation, confond le 2ème et le ler étage), une préférence pour y donner ses conférences intimes, cette direction poursuivant sa persécution infâme, ordonna qu\u2019on descendit la bibliothèque Gagnon, y compris l'éternel abonné, au sous-sol.Adieu, soleils, ciels, jeux d'ombre et de lumière, parc Lafontaine, triangle Dante! Ce jour-là, monsieur Aymard sentit la douleur que ressent au coeur, une nonne que l'on déménage de couvent.À remarquer que monsieur Aymard, cet amant des livres ne fréquente point la Municipale pour ses livres, mais que ce refuge offre aux yeux des soleils, des horizons parisiens.Au diable les acquisitions précieuses du bibliothécaire, le système accéléré de distribution, pourvu que la bibliothèque demeure une excellente serre-aux-choux.Pendant un certain temps, monsieur Aymard se résolut à subir son martyre vingt-quatre heures par jour, au sous-sol, sous l\u2019éclairage perpétuel des lampes électriques, entre les sons suppli- catoires de Diesels! Cette lutte de la Matière contre l\u2019Esprit ?La salle des documents sise au dernier étage s\u2019offrit tel un refuge céleste au milieu des perturbations terrestres.Commodité à noter: la salle aux documents est porte voisine de la pièce réservée aux messieurs, où monsieur Aymard sous l'influence de son formidable rendement intellectuel, doit payer, comme tout mortel, son dû en phosphore, plusieurs fois le jour.C\u2019est dans cette célèbre pièce aux documents, maintenant à jamais célèbre (telle la salle du Trianon à Versailles) que se déroula le drame historique du fameux dialogue entre le sieur Jean Aymard d\u2019une part, dame Gérante et le prince-consort, d\u2019autre part.Le Quartier latin, depuis la publication de ce célèbre dialogue où la spiritualité s\u2019allie aux sentiments cornéliens, connaîtra sans doute une augmentation de tirage.Nous proposons qu\u2018on fasse apprendre dans nos écoles, dans nos collèges classiques, ce chef-d'oeuvre de la littérature française, qu\u2019un Parisien ne désavouerait pas.Enfin, le réformiste de conclure par un programme en vingt-et-un points, dont l\u2019ouverture métaphysique, à neuf heures moins cinq le matin, heure à laquelle notre pensionnaire entrerait pour n'en ressortir que très tard le soir, le dimanche y compris.Cher monsieur, si la directrice de la Salle des documents vous demandait de vous préparer à quitter les lieux, à dix heures moins dix c\u2019est qu\u2019elle savait qu\u2019il vous fallait plus de dix minutes pour ramasser vos manuscrits épais, pour vous gileter, pour enfin vous chausser.Et c\u2019est le baiser d'adieu au cénacle de vos pareils, Depuis votre rupture avec ce qui fut autrefois votre salon de mademoiselle de Lespinasse, le personnel, qui a lu et relu l\u2019engueulade, associe votre souvenir à un vide irréparable._ De votre vie, n\u2019ayant fréquenté que la Bibliothéque municipale, vous auriez profit, monsieur Aymard, a vous renseigner sur les institutions diverses; ainsi, vous découvririez qu\u2019il existe un institut satisfaisant votre besoin d'hospitalité, vos heures de travail se prolongeant tant dans la nuit; c'est le Refuge Meurling._ Quant aux instituts, triste sire, oil vous désirez un personnel qui soit sans \u201cépingle-pique d'abordage, sans pieds de bouc, et sans toutes griffes dehors,\u201d vous trouverez ce personnel dans certains quartiers spécialisés.JEAN-E.DEJAVU monsieur .c\u2019est moi.Tout de méme je le remercie du service qu'il m\u2019a rendu sans le savoir.ll y a quelque temps, comme je me montrais un peu débordant d\u2019enthousiasme pour un projet qui me tenait a coeur, mon interlocuteur me répondit: \u201cVous êtes jeune, cela vous passera avec le temps\u201d.J'ai dû faire de rapides progrès depuis et, je vous suis reconnaissant, cher ami, de me l'avoir fait remarquer.D'ailleurs vous me comblez ; vous assurez que je Suis décoré du Mérite agricole; hélas! je dois vous décevoir je ne connais rien en agriculture: l\u2019été dernier, histoire de combattre la vie chère, j'avais piqué plusieurs plans de laitue parmi un massif de fleurs, je n\u2019ai pas même récolté une feuille, tout a séché.À titre de consolation sans doute, le gou- veinement a bien voulu me décerner une autre décoration assez prisée ma foi et, précisément pour mes \u201cpontes dans la Ruche littéraire\u201d comme vous dites si bien.Imaginez-vous que le gouvernement français lui-même m\u2019a répé- ré et m\u2019a bombardé officier de l\u2019Instruction publique avec palmes académiques.À toutes ces décorations dont je devrais porter le ruban à ma boutonnière j'en ajoute une autre, sur l\u2019oreille, celle-là et, elle annonce, en effet, que je n\u2019ai pas l\u2019ouïe Lrès fine.Cependant, je puis vous assurer que personne ne s\u2019est adressé à moi sans obtenir une réponse satisfaisante, et, quand je le pouvais, le renseignement désiré.Mon enguculeur qui aime à se donner le beau rôle, affirme que, ce soir-là, il voulut s'expliquer, mais en vain.La vérité est un peu autre.Ses nerfs s\u2019étant un peu calmés, il reconnut son manquement de bonne grâce et fut même l\u2019un des premiers à quitter la salle.Rappelez-vous, cher ami, vous poussâtes même la contrition ou la complaisance jusqu\u2019à m'\u2019aider à éteindre les lumières.Et vous fites bien, car j'ai appris par la suite, qu\u2019un autre étudiant, dégoûté de votre conduite du soir précédent, s'apprétait à vous casser la g .à la moindre alerte, pour sauver l\u2019honneur estudiantin.Congratulez-vous donc de votre bonne conduite, elle vous a valu de conserver intacte, votre dentition.Laissez-moi vous dire, cependant que vous n\u2019êtes pas bien familier avec notre salle; non seulement elle n\u2019est pas bruyante, mais elle passe pour être celle où l\u2019on peut travailler avec le plus de tranquillité.Et les étudiants le savent bien, car il n\u2019est pas rare, le soir, à la veillée que nous en ayons trente à quarante qui ai- TUQUE J'ai connu un type qui promenail tristement sa luque aux couleurs de sa faculté dans la belle ville de Afontréal.Pas très intelligent.FEtudia trois ans avant d'acheter la tuque.Ca lui était venu de faire celte emplette, un jour comme les autres jours.Trois ans, se dit-il, ça suffil pour apprendre le rôle que je veux: être étudiant.H avait sans doute raison de se dire ça.Car, pas une danse universitaire à laquelle il ne soit allé, pas un communiqué du Conseil qu'il n'ait lu, pas un appel à la coopération qu'il n'ait entendu.IL connaissait de plus l'âme el les réactions de la clientèle des Carabins.Il promenait sa tuque.La premiére semaine, c'étail merveilleux.Pompon bien droit.Et dans ses yeux l'on pouvait lire: J'ai une luque.La deuxième semaine, pompon ballant.Ses yeux disaient: Savez- vous que j'ai une luque?La troisième semaine, le pompon tirait par derrière.Et ses tristes yeux: Je n'ai pas de tuque.Il en avait une.Mais ce n'est pas sûr.Enfermons-nous tous dans une enceinte: dès qu'un regard saute le mur, une luque perd son pompon.Car si le pompon est la vérité de la luque, la fidélité à la convention semble celle de l'esprit étudiant.Ce qui fait qu'on ne peut avoir l'esprit qu'en groupe, el qu'un homme seul perd sa tuque.L'étudiant est une convention.Luc GAGHUN ment à venir terminer leur travail dans cette ambiance de paix.Et tous savent que, s'ils ont quelque conversation à tenir, ils doivent passer dans le corridor voisin pour n\u2019incommoder personne.Le vieux monsieur lui-même, quand quelque visiteur veut absolument l\u2019entretenir de \u201cses promenades au bord du Pô\u201d ne manque pas de s\u2019y rendre.Mon engueuleur en a contre les heures d\u2019ouverture et de fermeture.Il voudrait voir la bibliothèque ouvrir plus tôt et fermer plus tard.Qu\u2019à celà ne tienne, cher ami, nous sommes disposés pour notre part à tenir la bibliothèque ouverte 24 heures par jour pourvu que les autorités municipales soient consentantes et, si vous voulez organiser quelque mouvement dans ce sens, venez me voir, je serai le premier i apposer ma signature sur la pétition.Actuellement, nous suivons l'horaire en usage dans toutes les bibliothèques publiques du Canada et des États-Unis.D\u2019après lui encore, on ferme trop souvent.Vous êtes-vous informé, cher ami, combien de jours par an la Bibliothèque demeure fermée ?Sept, exactement : Noël, le jour de l'An, le Vendredi- Saint, Pâques, le 24 juin, le ler juillet et le jour de la fête du Travail.Il n\u2019y a aucune autre Bibliothèque en Amérique qui ferme si peu souvent.Si vous étiez dans l\u2019Ontario, la Bibliothèque serait fermée le dimanche toute la journée ct vous en seriez réduit, ce jour-là, à vous rendre sur le triangle Dante pour y jouir du soleil en contemplant l\u2019édifice.Et voila, cher ami, notre engueulade réglée, sans rancune, croyez-le bien.Revenez-nous, vous serez toujours le bienvenu, fréquentez nos salles, non pour y mener le grabuge, mais pour y travailler, vous verrez comme on y est bien et comme le personnel est serviable.Pour vous faire plaisir, nous tâcherons de reculer la fermeture jusqu\u2019à l'extrême limite .à la condition que vous nous aidiez à éteindre les lumières.Vous comprendrez qu\u2019il faut, à la Bibliothèque un service d\u2019ordre rigoureux quand vous saurez qu\u2019elle reçoit, chaque jour, en moyenne, mille deux cent cinquante visiteurs, ce qui fait plus d\u2019un demi million par année.A bon entendeur, salut! comme vous dites.Eugéne ACHARD Unefeuillede papier blanc et un TURQUOISE EAGLE sont tout ce dont vous avez besoin pour découvrir la qualité réelle d\u2019un crayon.Faites vos propres épreuves.quant la noirceur de la mine, à la finesse de la pointe, à la douceur, à la durée.nous sommes certains que vous conviendrez ue le meilleur crayon à essin au Canada cst aussi le mcilleur crayon à écrire du monde entier.10\u20ac chacun, moins par quantités.vw, "]
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