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Titre :
Le Quartier latin
Éditeur :
  • Montréal :[le Quartier latin],1919-1970
Contenu spécifique :
mardi 22 octobre 1946
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
autre
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Le Quartier latin, 1946-10-22, Collections de BAnQ.

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[" Montréal, \u201c22 octobre 1946 Directeur: GUY BEAUGRAND-CHAMPAGNE HUIT SOUS LE NUMÉRO A nt ha Bion faire of laisser braire ee ; 5, [hiver A NV 9 20 Volume XXX, No 6 VERS DES TEMPS NOUVEAUX Autrefois, le Quartier Latin ne paraissait qu'une fois par semaine.La constitution prévoyait qu'une équipe formée de trois membres, un directeur, un rédacteur en chef et un secrétaire à la rédaction, suffisait pour grouper autour d'elle quelques collaborateurs.Pour suffir à la tâche, le directeur devait le plus souvent recourir à un adjoint.Et pourtant, ces membres de l'équipe, pour satisfaire à leurs obligations, devaient négliger leur responsabilité d'étudiants en s'abstenant souvent de suivre les cours.L'an dernier, pour répondre au désir des étudiants, l'équipe Hébert-Roux décidait de transformer le journal eri lui donnant une allure plus vive, plus étudiante; passé de l'état \u2018revue littéraire\u201d\u2019 à celui de journal étudiant, le Quartier Latin devenait bi-hebdoma- madaire.La tâche était très lourde.Heureusement, les membres de cette équipe ne se considéraient qu'élèves libres, et se sont consciencieusement abstenus d'assister aux cours.Cette année, les membres de la nouvelle équipe désirent répondre aussi parfaitement que possible à la double responsabilité de continuer l'oeuvre de Jacques Hébert et de Jean-Louis Roux, et de poursuivre consciencieusement leurs études.D'où la nécessité de changer la constitution et le fonctionnement interne du journal.C'est, d'ailleurs, un phénomène assez étrange que cette différence existant entre le Quartier Latin et les autres constitutives.Si l\u2019on songe que près de dix membres sont élus tent à la Société Artistique qu'à l'Association Athlétique, lesquelles ne nécessitent qu'un travail intermittent ou périodique, il reste illogique que seulement trois individus aient charge du Quartier Latin, qui nécessite un travail continu et soutenu.Les membres actuels de l'équipe, débordés de travail par suite de l'insuffisante collaboration de la masse des étudiants incapables de rédiger des articles de leur propre initiative, ont décidé d'élargir les cadres de la constitution.A l'avenir, la direction du Quartier Latin sera formée d'un directeur et de son assistant.À la rédaction, il y aura: un rédacteur en chef, son assistant, et trois attachés représentant les HEC, Poly et Architecture.L'équipe sera complétée par un \u2018\u201cCUP editor\u201d, un chef des nouvelles et un chroniqueur sportif permanent.Nous invitons donc les conseillers sportifs des comités de régie et les gérants des divers secteurs de l\u2019Association Athlétique de transmettre par écrit leurs noms, adresses et numéros de téléphone au chroniqueur sportif, aux soins du Quartier Latin.La même invitation est faite à tous les publicistes et secrétaires des comités de régie afin de nous faciliter la tâche dans la compilation des nouvelles.De plus, si tous les secrétaires de facultés étaient conscients de l'exis- tance d'un journal étudiant, ils pourraient peut-être nous faire connaître les cours libres et conférences organisées par leurs facultés et propres-à intéresser les étudiants des autres facultés.Pour assurer un minimum de collaboration, nous désirons créer une série de chroniques: Le Piment des Nouvelles, Petunia graphogue, En nous relisant, Questions sociales et économiques, Politique internationale, Politique nationale, Courrier parlementaire, À la manière de ., L'Ecole dégoû- tantiste.Enfin, la page centrale sera dédiée aux arts et aux lettres.Nous invitons, encore une fois, tous ceux qui seraient intéressés à rédiger l\u2019une ou l'autre de ces chroniques, ou à collaborer à la page littéraire et artistique, ou à nous procurer une collaboration libre, à nous le faire savoir au plus tôt.Il [eur suffira d'abord de nous faire connaître leurs noms, adresses, numéros de téléphone, et le sujet des articles ou chroniques que nous pouvons attendre d'eux \u2014 le tout par écrit au Quartier Latin.; C'est une dernière tentative que nous entreprenons pour résoudre \u2018la difficulté de publier un\u2018journal'bizhiet: domadaire, tout en respectant la responsabilité d'un étudiant, celle d'étudier.durant ses heures de loisirs.La Direction BOUM À-LA-KA-BOUM La messe du St-Esprit a fait descendre des lumières du ciel sur tous et chacun des étudiants et professeurs présents, mais celte année une pluie de dollars tombe avant que le nuage de langues de feu ne se dissipe.Aux cris de Marions Marion à nos efforts, nous avons intéressé un administrateur de l\u2019université et notre détermination à obtenir l\u2019actuation d\u2019un futur libre par l'administration nous vant au moins une rémunération pour l\u2019énergie dépenses.Dans une improvisation magnifique, lancée du haut d'un balcon, le Dr Marion a promis deux choses.La première, un prix en argent octroyé à l'étudiant qui montrera le plus bel esprit carabin lors des manifestations d'ensemble, tant par son assiduité que par son entrain.10 minutes de culture spirituelle par jour à midi: Causerie par un Père.à 5 h.: 10 minutes de prière commune.Remplissez la Chapelle, s'il vous plait.LE PÈRE La deuxième, un effort concerté avec les autres serviteurs de la gent étudiante pour nous obtenir sans retard, (sans plus de retard que de raison) une maison d'étudiants.Le prix en argent a été versé au trésor de l'A.G.E.U.M.et il attend la rande parade du 26 octobre pour al- for séjourner quelques heures avec quelques vieilles cents dans les goussets d\u2019un bon étudiant.La parade du 26, dans quatre jours, à l'occasion de la partie de football de Western U.vs McGill (vous remar- \\ SAS DS NV Wl -\u2014 = - 7 & Laisser faire et bien braire ! querez déjà deux corrections) à 2 h.30 an stade Molson.Les billets se vendront $0.25 et l'on prévoit une demande de 600 de la part des étudiants et de leurs amies.Au cas où le temps serait pluvieux et la température froide, la parade se formera à l'intersection de l\u2019avenue des Pins et de la rue Bleury à 1 bre 30.S\u2019il fait beau et chaud, elle se formera à la même place et à la même heure.Les coussins, les couvertures, les rubans, les cannes, sont toutes des choses permises, mais l'enthousiasme est de rigueur pour la réputation de l\u2019université et plus immédiatement pour l\u2019obtention du prix.Merci au Dr Marion, généreux donateur.Bonne chance à X, heureux donataire.Henri-Paul FARAND Ta Messe, Carabin TOUS LES MATINS A LA CHAPELLE (H 4) # Messes à 7 h.45 et à 8 h.15 % Communion toute la matinée.+ Confessions; n'importe quand.LE PÈRE PAGE DEUX LE * QUARTIER .LATIN- 22 OCTOBRE 1946 NOUVELL Ceux qui parmi les étudiants en Sciences, d'aujourd'hui, seront un jour médecins, auront sur leurs confrères de la profession un im- mensg avantage.(Surtout celui qui beaucoup de cheveux, il s'est tenu l'oreille sur la porte durant un quart d'heure)! Le cours de P.C.B.de jeudi le 17 s'est donné dans une salle où l\u2019écho portait encore les paroles d'un éminent juriste, les seules (celles d\u2019un juriste) qui peuvent éclairer un médecin sur les maladies.À l\u2019occasion du 6ième paragraphe de l\u2019article 1994 du Code Civil, concernant les privilèges attachés aux créances du médecin qui a traité le défunt lors de sa dernière maladie, les étudiants en droit se sont préparés à rendre un jour des services aux membres de l'honorable profession médicale.Définissons d\u2019abord les termes MALADIE: D'après Larousse, la maladie est une altération dans la santé.M.de la Palisse en aurait dit autant.Planiol et Ripert vol.12 no 33 écrivent: \u201cIl s'agit d\u2019un état pathologique actuel et caractérisé, qui s'écarte du fonctionnement normal de l\u2019organisme humain\u2019.DERNIERE MALADIE: L'état pathologique anormal dont le malade meurt.Sont créanciers privilégiés, seuls, le médecin, la garde- malade et le pharmacien qui ont tenté de sauvé la vie au malade.M.Migneault prétend sagement: \u201cIl n\u2019est pas raisonnable que le médecin qui sauve un client n\u2019ait pas le même privilège que celui qui le perd\u201d.! Jean Robert abonde dans le même sens.-Le calendrier universitaire, re- gardez-le, annonce presque exclusivement les méditations, les prières en commun, les lectures spirituelles.Son unique utilité pour le moment est de remplir une page que votre nonchalance laisse vide d'articles.Le but de ce calendrier était bien plus élevé que son succès.Si la comparaison vous stimule lisez les journaux des autres universités.11 doit se trouver au moins un homme dans chaque faculté qui ait cinq minutes par semaine pour descendre au Quartier latin donner une liste de ce qui intéresse ses confrères.Cet homme ce devrait être le publiciste de chaque comité de régie.Je vais vous proposer mieux que cela.Descendez une fois donner votre nom et votre numéro de téléphone ou encore donnez-le moi chez Valère, et je vous appellerai deux fois par semaine.Les secrétaires de Facultés sont aussi supposés veiller au renom de leurs administrés en faisant connaître à tous ce qu\u2019ils organisent comme culture ou comme divertissement.Eux aussi sont restés sourds à notre appel.La Commission des Liqueurs de la Province rachète les bouteilles vides à S0.03 chacune des consommateurs.Mais au temps ol les juifs en faisaient la collecte, ils percevaient $0.05 quand ils les rapportaient à la Régie.Le Canada dirait: \u2018Est-ce assez bête ?\"'.Henri-Paul Farand CLAN UNIVERSITAIRE Un souper au Caféteria de l'Université a marqué le début de la réunion de jeudi soir dernier (17 octobre).Deux nouveaux membres y assistaient.L'entretien porta sur les exigences de la route en général, comme sur celles qui doivent caractériser une Route universitaire.Au physique, une Route d\u2019étudiants doit être dure: il s'agit de dégourdir le corps et de l\u2019aguerrir.Au moral, elle doit habituer à la droiture, à la fermeté.Dans l\u2019ordre spirituel, c'est le zèle du Christ, parcourant les routes de Palestine, qu\u2019elle doit nous inspirer.Enfin sur le plan intellectuel, celui surtout où il conviendra au clan universitaire de mettre l'accent, elle doit être éminemment éducatrice.La réunion se termina vers huit heures.PROCHAINE ROUTE Lieu de rendez-vous: Cafeteria de l'Université.Occasion: souper Heures: 6 heures du soir Date: jeudi prochain, lé 24 octobre Heure du départ: 7 heures du soir Itinéraire (?): une route dans le Nord de Montréal (on s\u2019y rend en tram, et l'on revient de même Sujet de Palabre: moyens pratiques de répondre aux grandes exigences de la Route.Heure du retour: vers 10 heures et demie.Bienvenue à tous! À QUAND NOTRE MAISON ?Docteur Honoris Causa A l\u2019occasion des noces de rubis du Collège des Pharmaciens, l\u2019Université de Montréal a bien voulu rehausser ces fêtes en décernant a Monsieur G.-A.Lapointe, le titre de Docteur Hono- ris Causa.On ne pouvait a plus juste titre honorer M.Lapointe qui, re- marquons-le, en est à son vingtième terme comme président du Collège des Pharmaciens, fait unique dans l\u2019histoire du Collège.M.Lapointe a toujours voué son talent et son temps à sa profession, à l\u2019avancement de la science pharmaceutique.Et per- mettez-moi de noter en passant quelques-unes des nombreuses présidences confiées à M.G.-A.Lapointe.Il fut le premier Président d\u2019honneur de la Fondation pour l\u2019avancement de la Pharmacie.Il fut encore deux fois Président de la Canadian Pharmaceutical Association dont il est aujourd\u2019hui membre d\u2019honneur à vie.Au point de vue social et politique, Monsieur Lapointe compte un nombre incalculable d\u2019amis.Maire depuis trente-trois ans, il en est aussi à son vingt- septième terme comme président de la Commission scolaire locale.M.G.-A.Lapointe est de plus un commerçant très versé.En mil neuf cent dix-neuf il vendit les trois pharmacies dont il était le propriétaire pour faire plusieurs voyages en Europe afin d\u2019acquérir des agences de produits pharmaceutiques, agences qu\u2019il détient encore aujourd\u2019hui.Aux nombreuses présidences qu\u2019on lui confia, il faut ajouter encore ses dix années comme Président du Bureau du Commerce en détail du Canada et ses quatre années à la présidence des Marchands détaillants du district de Montréal.Selon le vieux dicton qui veut qu\u2019un homme soit jugé à ses faits et gestes, Monsieur G.-A.Lapointe est un homme accompli.,Ç Les étudiants en pharmacie vous prient d\u2019accepter, Monsieur le Docteur, leurs félicitations les plus sincères et leurs meilleurs voeux.N.B.\u2014Il me fait plaisir de signaler aux étudiants que Monsieur Lapointe a bien voulu nous faire l\u2019honneur d\u2019accepter de présider la soirée dansante des Disciples de Galien le vingt-six octobre.| Jean-Paul SAVARD INITIATION EN RELATIONS INDUSTRIELLES La nouvelle n\u2019est pas fraîche, mais s\u2019est bien conservée.Vous pouvez la live sans crainte.Dès la deuxième semaine de cours, les Relations Industrielles ont initié leurs nouveaux.Ce fut- drôle, comique et tragique.Les nouveaux furent affublés de pancartes et condamnés à se promener sans cravate, un ruban à teinte douce à la jambe.Leur pauvre dignité! Les nouvelles, malheureusement au nombre infime de trois, ont succombé sous le poids des cravates de leurs confrères, et se sont vu condamner, pour celles qui n\u2019avaient pas de bas, à s\u2019en mettre un, et pour celles qui en avaient à en enlever un.Tous se mettaient au service de leurs aînés, faisant leurs messages, et les saluant respectueusement à chaque rencontre.Ce qui était drole.Ils se sont promenés ainsi une journée entière devant l\u2019air éberlué des corridors de l\u2019Université qui voyaient passer les premiers initiés de l\u2019année.C'était comique .La deuxième journée, ce fut tragique .L\u2019air frondeur, avec leurs cravates, nos nouveaux, encouragés par la jolie impertinence des nouvelles (les hommes résistent-ils à cela?.) nous ont déclaré la grève.Ils étaient initiés à la sections des Relations Industrielles.Aussitôt, s\u2019est constitué dans le groupe des aînés, un comité de conciliateurs.Le résultat fut un speech aux nouveaux, aimable et gentil, par le directeur du Quartier latin, notre honorable (ou honoré .) confrère.Le samedi de la même semaine, l'initiation s\u2019est terminée à Shawbridge, au Maple Leaf Inn sous l\u2019oeil bienveillant de notre directeur, le Père Emile Bouvier.Les aînés ont puni les jeunes récalcitrants qui ont subi cela sourire aux lèvres .même la bavette durant le repas.Ils furent stoïques, nos nouveaux .devant le sourire ému de leurs petites amies! Maintenant, ils sont initiés, ces trente jeunes, que nous, les aînés, avons accueillis avec tant de joie.Ils savent, aujourd\u2019hui, que nous aimons le rire, l\u2019esprit sportif, les luttes et les relations et que nous les aimons! Yvonne ROY .2-OCTOBRE 1946 Récital-causerie LE QUARTIER JEAN DANSEREAU Les Amis de l'Art présentaient, le 13 octobre, Jean Dansereau dans son premier récital-causerie de la saison.Il n'y avait rien de très nouveau pour les abonnés des séries antérieures; et c'est fort dommage que l\u2019on s'habitue tout naturellement (et grâce au charme du pianiste-conférencier) à la gracieuse fantaisie et aux nuances délicates de ces explications destinées aux petits enfants et reçues avec reconnaissance par les plus grands.Parmi ses tentatives \u2018exprimer le beau, c'est dans la musique que l'âme humaine trouve son expression la plus spontanée et que l'esprit humain rencontre le moins de barrières artificielles: l'art, c'est la jeunesse de l'humanité.Et c\u2019est pourquoi il faut y laisser venir les petits enfants, et qu'il faut leur ressembler pour être admis à sa joie.Jean Dansereau plaît aux enfants, parce qu'il est jeune; et il n'a pas vieilli avec les années, parce qu'il est poète; par sa science musicale et sa technique exacte, il est devenu un artiste consommé, l'interprète des maîtres, le lien entre les foules des concerts et les dispensateurs suprêmes de beauté.Il avait réuni dans son programme deux familles aux affinités intimes, celle de Chopin et celle de Schumann.Ce n'est pas là un effet du hasard.André Gide, à l'âge où il était un plus grand virtuose du piano que de la plume, cherchait l'ivresse ou l'apaisement tour à tour dens le lyrisme de Schumann et dans la perfection de Chopin: et il préféra, dans sa maturité, celui-ci au premier, préférant l'artiste au poète.Dansereau eut le mérite d\u2019infirmer ce jugement.Il avait choisi de Schumann, le poète du romantisme, l'oeuvre la plus poétique, à l'inspiration mélodique.si touchante, les Scènes d'enfant.|| sut nous découvrir tout le métier que renfermaient ces petites pièces transparentes et mystérieuses comme un sourire d'enfant, tel un anatomiste disséquant les muscles et les INSTITUTION CANADIENNE-FRANÇAISE LABORATOIRE NADEAU LIMITÉE FABRICANT DE PRODUITS PHARMACEUTIQUES L'ÉTUDIANT AMÈNE SES PETITES AMIES CHEZ GERACIMO 412 est, rue Ste-Catherine nerfs qui concourent à l'enchantement de cet exquis et naïf exercice buccal.Leçon nécessaire à une génération éduquée par des primaires de Hollywood et qui voit Chopin ou Beethoven produire un jet, sans rature et sans schéma, des chels-d'oeuvre immortels.L'art est autre chose qu'oisiveté, et le génie sans étude et sans la- eur n'a jamais expédié dans une nuit de fièvre intense une sonate ou une symphonie.Leurs aînés envient les enfants d'au- jourd'hui, en songeant aux initiations précoces qui attendent, dans tous les domaines de l'expression artistique, l'éveil de leurs premières curiosités.Les récitals-causeries de Jean Danse- reau figurent au premier plan parmi ces diverses leçons de goût.Sa parole ne se perdra pas dans les terrains rocailleux de l'égoïsme adulte ou dans la grande route de l'indifférence mondaine; Dansereau sème en bonne terre neuve et fraîche, riche de ferments et qui réclame le soleil de la poésie.J.-B.BOULANGER Candidatures ouvertes au \u201cQUARTIER LATIN Détails dans le prochain numéro LATIN PAGE TROIS RYTHME SACRÉ Un nombre assez considérable de peintres ont évolué dans l'orbite intellectuelle montréalaise, mais très peu y ont gravé le vrai langage spirituel e l'art.Beaucoup nous ont laissé un individu vide, une oeuvre sans lendemain.Peu nous ont légué une conception humaine de la beauté créatrice.De réels talents inondèrent les expositions de notre ville, présentant sans arrêt des virtuoses de la ronde bosse ou des teinturiers diplômés; mais rien d'achevé, rien qui ne réponde à la définition de la beauté en soi.II fut un temps, hélas! où notre jeunesse crut à un art nul autre que celui servi par ces charlatans de la couleur et de la forme.Mais, grand Dieu! apostasiez, tout n\u2019est pas perdu et c'est précisement dans notre jeunesse d'âme que nous puiserons des réserves de patience, une foi dans un art à venir et qui fixera définitivement la conception stable du beau.Où se cache donc cette forme raffinée du beau qui redonnera à l'art toute son expression vitale?Serait-ce dans l\u2019art sacré ?Simple question à la- uelle le temps se chargera de répondre.j'en suis sûr! II arrive parfois que des maîtres de l'art, es sortes de messies, viennent nous apporter la bonne nouvelle.Bien souvent, nous n\u2019en savons rien.Alors par notre ignorance involontaire, nous crucifions ces maîtres et avec eux la vérité dont ils sont les dépositaires.Pour les esprits inquiets, qui recherchent la vérité sous quelque forme qu'elle se manifeste, je me fais au- jourd'hui apôtre afin de leur annoncer La bonne nouvelle et signaler la venue parmi eux d'une grande artiste peintre française, Mme Andrée S.de Groot.me Andrée S.de Groot est née en Bourgogne.Après des études assez poussées, elle obtint son bachot.Elle étudia ensuite la peinture à l\u2019Acadé- ÉVÉNEMENTS ARTISTIQUES Mardi, le 22 octobre Les Concerts symphoniques de Montréal, avec Wilfrid Pelletier, chef d'orchestre, et Joseph Szigeti, violoniste (au Plateau, en soirée) *Alexandre Kipnis, basse, en récital (au His Majesty's, en soirée) Mercredi, le 23 octobre Les Concerts symphoniques de Montréal, avec Wilfrid Pelletier, chef d\u2019orchestre, et Joseph Szigeti, violoniste (au Plateau, en soirée) *Patrice Munsel, soprano, en récital (au His Majesty's, en soiréc) Jeudi, le 24 octobre L'Équipe dans le Grand Poucet de Claude-André Puget (au Gesù, en soirée) *Les Variétés lyriques présentent Valse d'amour (au Monument National, en soirée) Vendredi, le 25 octobre L'Equipe dans le Grand Poucet de Claude-André Puget (au Ges, en soirée) *Les Variétés lyriques présentent Valse d'amour (au Monument National, en soirée) Samedi, le 26 octobre L'Équipe dans le Grand Poucet de Claude-André Puget (au Gesù, en matinée* et en soirée) Les Variétés lyriques présentent Valse d'amour (au Monument National, en soirée) Dimanche, le 27 octobre L'Équipe dans le Grand Poucet de Claude-André Puget (au Gesù, en soirée) *Les Variétés lyriques présentent Valse d'amour (au Monument National, en soirée) Expositions Andrée de Groot (au collège Jean-de-Brébeuf) J.-P.Pépin (chez Morency) Moreland May (au Arts Club) Les Indépendants (au Victoria Hall) Edwin Holgate et Arthur Lismer (à l'Art Gallery) *Privilège aux Amis de l'Art mie des Beaux-Arts de Lille, Montpellier, Paris, à l'Académie de la Grande haumière, puis finalement aux Ateliers des Arts Sacrés de Maurice Denis et Georges Desvallières.Ce dernier sut découvrir chez sa jeune élève des dispositions étonnantes pour les compositions religieuses.I! fut par la suite un guide éclairé jusqu\u2019au mariage de Mme de Groot avec un savant hollandais, philologue, historien, collaborateur du professeur Louis Delaporte, du musée du Louvre.Notons en passant que M.de Groot fut récemment nommé à la faculté des Lettres de l'Université de Montréal.près son mariage, Mme de Groot travailla seule son art.Elle cousacra toutes ses énergies à la création d'nne forme personnelle; se libérant ainsi de tout académisme, elle parfait une technique qui orientera plus tard ses travaux vers de véritables chefs-d'oeuvre d'art sacré.Dès 1936, elle expose à Paris avec les Beaux-Arts catholiques.Et par le suite, elle continue à présenter ses oeuvres, notamment à quatre expositions de Paris, à Amsterdam, à Rio-de- Janeiro, à Bogota, à San-José de Cos- ta-Rica, à Mexico au Palais des Beaux- Arts.Après quoi, elle se fixe au Canada, dans notre ville où elle expose actuellement au collège Jean-de-Bré- beuf.Le chef-d'oeuvre de cette incomparable exposition est sans contredit le projet de fresque pour une église des Pères Dominicains aux Antilles hollandaises.Cette oeuvre attire l'attention par la force de sa composition.Une sainte affolée: visage intense où se mêle à la détresse humaine, une foi prenant racine au plus profond de l'être; conflit psychique où une âme porte la carence de son amour bien au-delà des craintes temporelles.L'art cherche à exprimer le beau; il trouve ici un aliment sobre, dépourvu de tout pathos, aliment qui s'informe ans une matière toute spiritualisée.L'art a servi déjà trop longtemps au triomphe charnel.Cette beauté rythmique surhumeine, détachée de toute quantité numérique ou même pondérable, atteint toute son ampleur par la vérité sacrée qu'elle incarne, vérité de tous les-temps.Nous rejoignons donc la source la plus pure de l'art en suivant l'élan rythmique de ces âmes d'où s'échappe une réelle beauté.Si cette source puise ses eaux dans l'esprit, elle confirme alors une spiritualité irrécusable dominant le monde des sensibles.Elle indique l'objet que se réserve l'idée créatrice et la totalité de son épanouissement dans l'art sacré.Mme Andrée S.de Groot a profondément senti le côté théologique de l'artet elle l'a exprimé par la pureté de ligne de son mouvement.Et c'est ainsi que par l'expansion de son individualité, elle à développé un rythme sacré traduisant le vrai langage de l'art, langage de l'homme qui \u2018co-naît\u2019\u2019 au monde.Jacques T.JOUBERT 0 LE QUARTIER.LATIN \u2014 hd A LA RECHERCHE DES SUEURS PERDUES (drame contemporain en un acte) SCENE 1 - 7 hres du soir dans une maison fashionable d\u2019Outremont.FISTON: Papa! Je vais étudier à la bibliothèque c\u2019est plus tranquille.PAPA: Tu pourrais avoir toute la tranquillité voulue dans ta chambre.FISTON: Oui.mais.l'atmosphère n'y est pas.tu comprends.PAPA: Bon alors; reviens à 10.30 hres.FISTON: Bonjour! SCENE II 7.30 hres sur les gradins inférieurs de la vénérable institution.FISTON: Enfin! là au moins ça va travailler.Fiston escalade donc majestueusement; dépose son \u201ctrench\u201d et un sourire au portier et hop! le voilà dans un coin bien intime, entouré de bouquins sombres d'où s\u2019échappent les fumées inspiratrices de Montesquieu juriste et du vénérable Voltaire déiste qui se mêlent aux odeurs plus parfumées de Baudelaire inspiré et de Maurras qui ne l\u2019est pas en passant par le fumet particulier d\u2019Eluard et les miasmes morbides des philosophes »on-contemporains (ceux d'aujourd'hui ne sentent pas assez fort pour irriter notre nerf olfactif.) Après avoir porté jusqu'à sa table les 19 volumes des \u2018Discours et Rapports de l'Académie Française\u201d avec toutes les sueurs que cet effort demande\u2014 on doit cependant se consoler à la pensée que la lecture de cette oeuvre en requiert davantage\u2014Fiston s\u2019installe.SCENE III Arrive André tout rayonnant.FISTON: Bonjour vieux\u2014comment ça va\u2014les affaires sont bonnes ?ANDRE: Toujours \u2014toujours.FISTON (bas): Oh.li.regarde-moi un peu ce qui dépasse de ce joli jupon FISTON: Je bâche comme un fou de ce temps-ci: littérature, philosophie, tout y passe.Ç ANDRE: Tu viens fumer, ça te fera du bien.FISTON: Bonne idée tiens; tu sais.que d'après Senning et Lost l'attention subit des hausses et des baisses; allons flâner un peu.SCENE IV André et Fiston vont donc fumer une \u2018sèche\u2019 sur le parvis.ANDRE: A propos tu sais que le professeur de latin vient d'arriver à la Faculté.Quand celui de philologie sera à son poste tout sera \u2018\u2019au poil\u201d.FISTON: Tu viens de manquer le plus joli minois, mon vieux, un facies.un facies à faire tourner la tête.| \u20ac ANDRE: On voit que ton attention est à'la hausse maintenant.Tout à l'heure les jambes et tu es aux sommets maintenant.Viens travailler.SCENE V Fiston et André remontent à la salle commune.ANDRE: Tu sais qu\u2019en novembre Clermont Pépin donnera son fameux concert avec Graton au Plateau?FISTON: Tu vois ça?Excuse-moi un instant je vais parler à la petite.ANDRE: Veinard ! SCENE VI Fiston s'approche à pas de \u201c\u201cloup\u201d\u2019 de la belle aux yeux bleus vifs de flamme et aux cheveux vénitien qui l'accueille avec un sourire significatif.; La conversation qui s\u2019en suivit ayant été censurée par des autorités compétentes nous nous voyons forcés d\u2019abaisser le rideau du mystère et de faire appel à un effort d'imagination \u2018ad libitum\u201d.22-OCTOBRE 1946 .À L\u2019'OPHÉLIE - Dans les roseaux Chantent les eaux: Ophélie ! Ophélie ! Pâle Ophélie, Chante-moi ta chanson Si folle; l\u2019échanson Porte l'ivresse.L'amour à ma lèvre est-ce Ton long baiser, O coeur brisé ?Ophélie ! Ophélie ! \u201cDouce folie, Doux fantôme en ma nuit, Soeur triste en mon ennui, Pâle Ophélie.1946 François PELADEAU D'UN COURS À L'AUTRE vert\u2014Bien modelées les jambes! ANDRE: T'as raison dis donc\u2014mais le reste n\u2019est peut-être pas aussi bien réussi.FISTON: Non mais.mais t'es trop exigeant on ne peut tout de même pas tout avoir! ANDRE: Mais veux-tu dire comment tu fais pour travailler avec ces individus qui jasent continuellement à côté.C'est agaçant à la fin! FISTON: Faut pas t'en faire c\u2019est toujours comme ça.Es-tu allé aux \u201cCompagnons\u201d voir Rostand.ANDRE: Qui ça Rostand ?FISTON: Oh.un type qui s\u2019est fourré dans la tête d'écrire Les Romanesques.ANDRE: Ah.FISTON: Non! ANDRE: Comment.non?c'était bien ?FISTON: Pièce em\u2026.miellante, bien montée mais interprétation médiocre.Ca fait: nul.Jeune premier artificiel, jeune première boiteuse, un peu mieux que le jeune premier.Il n'y a que quelques rôles secondaires qui soient bien joués.ANDRE: Ouin.Aye! Jette un oeil i ta gauche li-bas.FISTON: Pas mal ce chandail!.ANDRE: \"La femme est une fleur au bord d'un précipice\u201d.Qu'est-ce que tu étudies ?SCENE VII Fiston retourne dans son coin désert pour glisser à l'oreille d'André tout absorbé: FISTON: Au Val d'Or demain soir pas mal hein?Qu'est-ce que tu en penses?I faut se divertir de temps en temps.Au travail maintenant! Fiston ouvre discrètement le premier volume des \u201cDiscours et Rapports de l\u2019Académie francaise\u201d: FISTON: .Fondée en 1638 par le Cardin.DONG! Bon enfin 10.00 hres c'est pas trop tôt tout de même.; Alors même effort pour replacer les 19 in-folio, dégringolade dans l'escalier et une autre demi-heure de tram.SCENE VIII 10.30 hres à la maison PAPA: Puis?Bon travail?FISTON: Ouf! Complètement abruti.PAPA: Qu'as-tu fait?Il faut pas te fashionable d'Outremont.rendre malade à travailler.FISTON: Euh.nous parlerons demain si tu veux.bonjour! (4 part) Le Vald\u2019 l\u2019Académie fut fondée en 1635 par le Cardin.Diable comment s\u2019appe- lait-il cet animal-là ?Gaston Laurion N\u2014 Bonjour R! Comment trouves-tu les copains cette année?R\u2014Il y a beaucoup de nouveaux.N\u2014 Oui, et tant qu'ils seront nouveaux, les professeurs vont garder leur prestige.R\u2014.N\u2014Tu te souviens du cours de Vannée dernière, où G passait son temps à nous souffler la page et l\u2019auteur où le professeur avait pui- Sés ses notes.R\u2014Evidemment.moins les élèves sont érudits, plus les professeurs le paraissent.N\u2014Moraie: ne travaillons pas trop pour pouvoir admirer nos profes- Seurs.R\u2014Dis-donc, N, f'es-tu bien rendue hier soir?N\u2014Bab\u2026 En autant que bien faire se peut.R\u2014 Qu'est-ce que tn veux dire?7 N\u2014Je veux dire qu\u2019en arrivant chez \u201c NOUS, je n'ai pas été obligée de me battre pour écarter les ardeurs de EF.R\u2014Les copains se suivent mais ne se ressemblent pas.Est-ce qu\u2019il est allé te reconduire après le party?N\u2014Bien non, puisque je n'ai pas été obligée de me battre.Et toi?R\u2014Quand je suis retournée chez-moi, X était dans le même tramway avec son frère.Arrivée à mon point de correspondance, ils m\u2019ont apathique- ment rendu ma liberté.Le frère de X a bien fait un mouvement pour me suivre, mais X l'a sagement retenu.N\u2014Ça ne sera pas long qu'il va être initié aux moeurs étudiantes, lui Aussi.R\u2014Oui\u2026 il est presque poli dans le moment, mais attends que l\u2019eau monte.ROUGE et NOIRE Billet pour G.\u2026PAGE-CINQ LA BELLE AU BOIS REVANT La locomotive chuintante grincha à en faire plisser l\u2019échine sur l'acier dilaté des rails, puis stoppa.Je descendis en accrochant le parapluie d'un gros monsieur à binocle qui me précédait.Les habitués du quai, du petit gars mal chaussé au chef de gare dans son habit de gros serge bleu, y allèrent de leur traditionnelle ronde du coin de l'oeil.Chacun établissait sa petite hypothèse sur le compte des étrangers.Chacun semblait la compliquer à sa guise, selon la fécondité de son imagination, à voir leurs réflexes.Ces gens possèderaient-ils une psychologie inconnue, bien à eux?© Un soleil presque divin, suspendu sans attaches dans le ciel net surchauffait la campagne, ce jour-là.On aurait dit des Jampées brûlantes d'un blond métal fondu qui coulaient le long des toits pointus et ruisselaient dans le feuillage des arbres, pareil à la pluie d'avant-hier.Je traversai le village.Les gens me parurent tous semblables.J'enfilai dans un sentier garni de marguerites que je décapitais d'un bout de branche ramassée à mes pieds.Ce sentier longeait de très près un lac où pas un pli furtif venait rider son tan de chrysoprase.Je respirais à pleins poumons Io- deur forte des pins et des fougères.J étais libre.Je marchai longtemps sans méme penser de donner suite à mes idées.La vue d'une jeune fille dans l\u2019ombre d\u2019un bosquet en bordure du lac, m'arrêta.Adossée à un arbre, elle lisait, ° Elle portait une jupe verte plissée aux hanches et une blouse blanche.J'imaginai son visage ravissant.Il Pétait, Je fis craquer une allumette pour allumer ma pipe.Elle sursauta légèrement.Je vis alors son visage tel que je le revois encore aujourd'hui: un nez fin, de grands yeux bleu pâle derrière de longs cils mouillés, des lèvres minces sans fard, une folle chevelure au teint de noisette.Je me présentai, Elle me dit \u201cBonjour monsieur\u201d et m'invita à m'asseoir près d\u2019elle, Puis elle me parla du recueil de vers qu'ele tenait entre ses mains brunies par le soleil.Je l\u2019écoutais.Pendant tout le temps, elle fixait le lac.Elle cherchait d'accrocher ses yeux à quelque chose d'impercep tible, d'insaisissable.A un moment elle tourna vers moi un visage timide.\u201cPardonnez-moi, dit-elle, j'aime tant la poésie.\u201d : Elle me dit son nom.Après lui avoir expliqué comment j'étais venu dans ce village en voya- eur solitaire, elle partagea avec moi des quelques morceaux de pain qu\u2019elle avait enfonis dans un panier d\u2019osier.\u201cVous voyez, dit-elle, je vous attendais.J'avais ajouté quelques morceaux de plus\u201d.Je dus lui parler un peu de moi.Elle devina ma vie: L étude.Puis le soleil marqua le lac, toile rigide, d\u2019un large trait orange.La nuit s\u2019annonça.Les insectes du soir lancèrent \u201cpar bribes quelques sons stridents avant de s'unir dans un concert nocturne.Lentement, je revenais vers la gare.Elle marchait serrée contre moi.Une brise mielleuse et parfumée passa.Les feuilles des arbres Jrissonnérent un temps.Une mèche de ses cheveux se déplaça.Je la replaçai et appuyai un peu ma main sur sa joue chaude et lisse.Les réverbères auréolés de phalènes diffusaient mal la lumière sur le quai.Nos yeux déjà accoutumés à la nuit, clignèrent.Elle se pencha vers moi et me serrant le bras elle me dit à voix basse: \u2018Revenez vite\u201d.Je pris place dans un wagon près du même vieux monsieur à binocle.Le train, encore bhaletant, s\u2019enfonça et mordit dans le noir comme une béte fanve.Je Vaimais.Gny BERTRAND \u201cTous les hommes désirent naturellement savoir\u2019, nous lance Aristote a la premiere ligne des Métaphysiques.Et saint Thomas commente cet axiome en indiquant que c\u2019est sous la poussée d\u2019un instinct fondé en nature que l\u2019homme désire savoir, puis il échaffaude sa preuve sur une série de trois arguments qui progressent du sujet à l\u2019objet.I L'homme éprouve la nécessité de développer sa personnalité et la parfaire, et sur ce sentiment se greffe le besoin de vérité.Telle est la première raison de l\u2019amour naturel de l\u2019homme pour la science, laquelle est par définition connaissance parfaite.Ce besoin de perfection ne se retrouve pas seulement chez l\u2019homme.Il y a au fond de toutes choses comme un voeu naturel d\u2019ascension.\u2018Chaque chose désire naturellement sa perfection\u201d, nous dit saint Thomas, et il le démontre en rappelant que l\u2019imparfait n\u2019est concevable que par une relation au parfait, à une perfection appelée par sa nature.Autrement, il ne serait pas l\u2019imparfait mais l\u2019achevé.L'intelligence humaine, pour sa part, ne va pas se dérober à cette loi commune du perfectionnement intime.Au contraire.pn Loin de s\u2019y soustraire, elle la réalise de la façon la plus éminente, et ce, à un double point de vue.a) Si nous la considérons d\u2019abord dans son activité, nous voyons que l\u2019intelligence est remuée par un besoin profond d\u2019accroissement.Elle souhaite, en effet.devenir les autres tout en demeurant elle-même, sans rien abdiquer de sa noblesse.Bien plus, elle possède dans l\u2019immanence et la virtualité de sa nature un pouvoir qui s\u2019étend à l\u2019infinité des êtres de l\u2019univers: Accedunt ad quamdam infinitatem.Ses réserves d\u2019énergie la mettent en possibilité de devenir tout.En langage scolastique, nous dirions qu\u2019elle est en puissance toutes choses.b) Mais alors, même dans sa passivité, l\u2019intelligence humaine dévoile son appétit de perfection.Car dans l\u2019ordre de l\u2019intelligibilité, elle n\u2019est qu\u2019en puissance.Ce qui fait dire à saint Thomas: \u201cL\u2019intelligence humaine se trouve dans le genre des choses intelligibles comme un être en puissance seulement, comme la matière première se trouve dans le genre des choses sensibles: c\u2019est pourquoi on l\u2019appelle intellect possible\u201d.Or la puissance indique précisément une relation à une perfection qui sera l'acte.L'intelligence appelle donc le PERFECTION dehors et attend son impression pour s\u2019éveiller à elle-même.On peut l\u2019assimiler à une vaste réceptivité toujours en quête d\u2019achèvement.Phénomène étonnant: plus elle reçoit, plus elle veut recevoir.Force nous est donc d\u2019avouer la noblesse avec laquelle l\u2019intelligence réalise la loi commune à tous les êtres: celle de sa perfection.Et encore, nous devons adjoindre à cette loi, le besoin de vérité qui semble inhérent à celui du développement personnel.D'où, à la suite de saint Thomas et d\u2019un de ses commentateurs, le P.Louis Lachance, o.p., il nous est permis d\u2019affirmer comme corollaires les quelques -con- clusions suivantes.Par l'intelligence, l\u2019homme devient naturellement ordonné à la spiritualité de tout comme à ta propre perfection.Et cette perfection devra consister en ce que l\u2019âme de l\u2019univers soit assi- _ milée par la sienne propre, #: in la describatur totus ordo universi (De Veritate, gq.2, a.2).Enfin, l\u2019homme par le fait qu\u2019il est tendu vers sa perfection propre, est tendu vers la vérité.Sans el- ! le, notre âme demeure comme une \u2018table rase\u201d, comme un être privé de son épanouissement naturel.II Gravissons un degré.L\u2019intelligence est encline par nature non seulement à sa perfection propre, comme nous venons de le soutenir, mais encore aux démarches qui permettent d\u2019atteindre cette perfection.Ces démarches prennent une teinte particulière de ce que l\u2019opération propre de l\u2019homme est l\u2019acte par lequel il se porte vers la vérité et s\u2019élève jusqu\u2019à la science.La deuxième raison de l\u2019amour naturel de l\u2019homme pour la science résidera donc dans cette autre loi universelle telle que formulée par saint Thomas: \u201cToute chose a une inclination naturelle à son opération propre\u201d.(In Met.n.3).Tout être penche vers l\u2019action.Un simple regard sur l\u2019univers nous permet de constater par exemple la force qui pousse un corps chaud à réchauffer ou bien un corps lourd à tomber.L\u2019application de ce principe à l\u2019intelligence est donc possible, mais à HUMAINE une condition: celle de respecter la fin de son acte propre.Or l\u2019intelligence s\u2019avère d\u2019une telle propension au vrai que sa constitution est quelque chose de purement tendanciel, la fin de son acte se confondant ainsi avec la vérité et la science.D\u2019autre part, la fin a valeur de perfection seconde.Saint Thomas nous enseigne, en effet, qu\u201d\u201cil y a une double perfection dans les choses: la perfection première et la perfection seconde.La perfection première consiste en ce que la chose est parfaite dans sa substance.Cette perfection réside dans la forme du tout, laquelle ressort de l\u2019intégrité des parties.La perfection seconde, c\u2019est la fin.La fin se confond soit avec l\u2019opération, comme la fin du joueur de cithare est de jouer de la cithare, soit avec le terme où l\u2019opération conduit, comme la fin d\u2019une construction est la maison qu\u2019on fait en construisant.La perfection première est cause de la seconde, parce que la forme est le principe d\u2019opération.\u201d La science porte donc en elle-même la seule vraie valeur perfective de l\u2019intelligence dont elle se trouve à la fois la fin et l\u2019aliment naturel.Dans sa substance, l\u2019intelligence est parfaite en autant qu\u2019elle aspire au vrai.Et cette perfection première engendre une perfection seconde en imprimant dans l\u2019intelligence un mouvement vers son opération, c\u2019est- a-dire vers acquisition de la science.: L\u2019intelligence marque l\u2019homme d\u2019un sceau où se lit un pur signe de noblesse.Elle classe l\u2019homme en marge des autres créatures parce qu\u2019elle s\u2019établit supérieure à elles, exception faite pour les anges.Nous pouvons l\u2019affirmer sans vergogne, nous désirons au même titre faire des actes d\u2019hommes, rechercher la science et connaître la vérité.III Enfin, si naturellement l\u2019homme sent un besoin de perfection et d\u2019action, il éprouve par-dessus tout la hantise innée de re- \u2018monter à son commencement par la voie qui lui est propre: celle de la science et de la vérité.C\u2019est là, dans ce téléologisme, que nous trouvons la troisième raison de l\u2019amour naturel .de l\u2019homme pour la science.Il semble désirable pour chaque être de rejoindre son principe, non pas en raison de la loi assignant un terme à toute créature, mais parce que la perfection consiste dans ce retour au point de départ.Aristote démontre, en effet, au 8e livre de ses Physiques, l\u2019extrême perfection du mouvement circulaire en ce qu\u2019il réunit la fin et le principe.Or l\u2019aboutissement ultime de toute chose se trouve en Dieu.L'univers tout entier par son mouvement tente de s\u2019assimiler à Dieu, de L\u2019imiter, de Le reproduire.Dans la mesure même où il existe, où il agit, il dépend du Créateur qui lui conféra sa force et sa puissance.Les substances matérielles elles-mêmes s\u2019assimilent, à leur manière, à la permanence et à l\u2019immutabilité de l\u2019Etre souverain.Ne réalisent- elles pas une forme de l\u2019idéal éternel, une manie station con- créte du plan divin?Mais cherchons une autre illustration de ce mouvement d\u2019assimilation au divin chez les étres qui jouissent de la vie.D\u2019une facon générale, ils possé- dent dans leur germe un appétit de reproduction limité aux différents types de leur espéce.Toutes leurs tendances les portent à s\u2019ajuster à l\u2019idéal divin, résidence de l\u2019archétype.Renchérissons encore.L'homme ne se trouve pas seulement un vestige de Dieu.Il porte en lui l\u2019image de la Trinité.\u201cLorsque Dieu créa Adam il le fit à la ressemblance de Dieu\u201d lit-on au livre de la Genèse (c.5, v.2).Et \u2018au livre des psaumes: Signatum est super nos lumen vultus tui, Domine.Somme toute, l\u2019homme désire remonter à son principe et emporter \u2018dans son ascension le monde inférieur qu\u2019il résume consciemmennt en lui.Sa perfection, nous l\u2019avons vu, consiste dans la réalisation de son acte propre dont la fin est la vérité.Et il se trouve que la fin de l\u2019homme, en tant que créature, et la fin de son opération se confondent en Dieu, Principe et Fin de toutes choses, mais surtout suprême Vérité.Rien d\u2019étonnant alors si l\u2019instincet le plus profond de notre âme nous pousse à imiter l\u2019Etre, notre Fin, dans son acte spécifique, en attendant de consommer notre béatitude dans la sienne.Le meilleur moyen pour nous élever ainsi jusqu\u2019à Dieu, consiste dans l\u2019acquisition de la science prélude à la vérité en nous.En définitive, c\u2019est donc le miême élan qui entraîne l\u2019âme humaine vers son Principe et vers la vérité.Yvon-BLANCHARD PAGE SIX \u2026 LE QUARTIER LATIN 22 OCTOBRE 1946 WEEK-END ENTRE QUATRE MURS La fin de semaine, pour les étudiants, signifie, comme pour les hommes d'affaires et les sténos, quelques heures de détente et de plaisir.Les sportifs s'assouplissent les muscles, les intellectuels ajoutent quelques connaissances à leur bagage mental, et tous oublient momentanément la structure de l'omoplate, le code civil ou la formule du permanganate de potassium.Mais rares sont les gens, mé- me parmi les étudiants, qui considèrent la soirée du samedi comme une occasion d'étude ou de travail, car, c'est traditionnel, le samedi soir, on s'amuse, on sort, on danse.Quelques facultés ont déjà clôturé leur semaine d'initiation par une danse au CEOC; mais il sera désormais impossible d'organiser des soirées récréatives dans l'immeuble bien connu de la rue Sherbrooke, car le CEOC vient de louer la grande salle à l\u2019orchestre d'André Sauvé.Voilà une chose inadmissible.Qui fréquentait le plus assidiment le CEOC par le passé?Evidemment les étudiants.Et c'est le CEOC, de l\u2019Université de Montréal s'il vous plait, qui va devenir un nid de \u201cjitterbugs\u201d et de raccoleuses comme tous ces \u2018\u2018trous\u201d qu'on appelle salles de danse; il en existe déjà un assez grand nombre 4 Montréal pour qu'on laisse aux juifs de cabarets et aux grecs de restaurants le soin de fonder un autre de ces établissements; et le CEOC a été assez fréquemment la scéne d'orgies et de cochonneries organisées, lors de danses de compagnies de tabac ou autres produits.On donnera certainement comme exemple de salle de danse \u2018\u2018distinguée\u201d, le Victoria Hall de West- mount, mais il ne faut pas oublier qu'on ne vend pas de bière au Victoria \u201cPourquoi tant gueuler, dira-t-on aussi; il existe d'autres salles que celle du CEOC.\u201d Il y a le Cercle Universitaire; mais la salle du Cercle est mal organisée pour des danses: l'acousti- ue est mauvais, l\u2019espace est restreint, il n\u2019y a pas d'estrade pour l'orchestre et on n'y a pas installé un système d'amplificateurs pour faire jouer des disques pendant les intermissions de l'orchestre; par surcroît, on y craint le bruit que font les étudiants en groupe et un véritable orchestre de danse; on va presque jusqu'à forcer les facultés à engager un quatuor à cordes peur leurs danses.Que voulez-vous il ne faut pas trop en demander à une digne salle à manger.Il reste toujours la salle Rialto ou la salle St-André ou encore le \u201cRoseland .\"\u201d André Sauvé n'est pas à blâmer dans l'affaire du CEOC; au contraire il s'est placé les pieds de façon qui pourrait servir d'exemple à bien des gens.L'AGEUM de son côté a bien tenté d'empêcher la location de la salle d'une façon permanente; mais le CEOC considérait cette source de revenus comme la plus rémunératrice et se voyait obligé de la voir rejaillir tous les samedis.On suggéra ces deux ortes de sortie: ou bien la salle est à a disposition d'André Sauvé parce qu'il n'y a pas de danse de faculté; ou bien I'AGEUM loue elle-même la salle lorsqu'elle est libre, et y fait jouer l'orchestre Blew et Or qui serait sûrement à la hauteur de la tâche (les étudiants dans ce dernier cas posséderaient un lieu de rendez-vous où ils pourraient s'amuser en groupe comme ils s\u2019y entendent si bien).On rejeta évidemment ces deux solutions: André Sauvé n'allait pas se contenter des miettes du gâteau et l'AGEUM, par le fait qu'elle restreignait le nombre des intéressés en n'admettant que les étudiants risquaient d\u2019entamer son budget.Il ne reste plus comme solution que la Maison des étudiants; (oui, elle est encore la solution d\u2019un problème cette chère Maison, et ceux qui aiment la diversité seront bien guéris de ce ca- Sans l'ardoise nulle chaussure n\u2019est Slater price car ils n\u2019ont pas fini d'en entendre parler).Mais notre Maison est bitie pour le moment dans Futura et souhaitons qu'elle se transforme bientôt de château en Espagne en château tout court.Le trust du CEOC nous enlève le seul endroit où nous pouvions nous sentir un peu en famille le samedi soir?Très bien, mais par compensation, étant donné que le bon Dien fait bien les choses, il nous apporte un argument de plus en faveur de notre château.Voilà une autre commodité que devra contenir la Maison: une grande salle (gymnase ou non) susceptible de servir de parquet de danse.Imaginez un peu quelques centaines d'étudiants lançant le boun: à tous les échos sans crainte de réveiller les propriétaires, ct riant en choeur dans un endroit possédant une atmosphère étudiante, réservé aux étudiants et 4 leur dulcinée d\u2019occasion ou steady.C\u2019est peut-être là une chimère réalisable seulement dans une cité étudiante qui n\u2019existait que dans l'Eden et ne renaîtra qu'au paradis carabin.En effet tout est mis en branle, ou plutôt, et c'est plus pénible, rien ne bouge, il se fait un calme désespérant autour des agitations des types qui se démènent comme des damnés pour mener à bonne fin une entreprise qu'ils ont rêvée de faire profiter à toute cette classe de la société qu\u2019on appelle Pavenir de la race.Les supérieurs d'un côté ont d\u2019autres chats à fouetter et s\u2019imaginent que les traditionnelles requêtes des étudiants constituent un caractère essentiel de leur espèce; il y a aussi les étudiants qu ont beaucoup de travail et se fichent pas mal d'encourager les organisations que leurs confrères ont mis sur pied aux dépens de leurs heures de loisir.C'est malheureux, très malheureux, car les égo-étudiants et les supérieurs désintéressés rongent par l\u2019intérieur, comme les termites: les colonnes du temple étudiant raisonnent creux; les murs se lézardent; et le toit s\u2019écroulera, tonnant le glas de I'enthousiasme et de la fraternité des carabins.II ne restera plus qu'à organiser des parties intimes entre les quatre murs d'une chambre exiguë de maisons de rapport .Jean PREFONTAINE L\u2019Ecole de Service social en visite à Alfred \u2014 à l\u2019Ecole d\u2019Industrie Saint-Joseph Lundi dernier, jour d\u2019Action de Grâces, les étudiants de l\u2019E- cole de Service Social de l\u2019Université de Montréal, ont rendu visite à l\u2019Ecoie d\u2019Industrie Saint- Joseph d\u2019Alfred, sous l\u2019habile direction de Monsieur John IF.Dalton, professeur.C\u2019est là, nous croyons, un complément à l\u2019enseignement recu au cours, un moyen de se rendre compte de ce qui existe chez nous.C\u2019est également une occasion de toucher du doigt les nécessités sociales.Il serait à souhaiter que ce genre d\u2019initiative soit un précé- dent à de nombreuses autres.Ainsi les futurs auxiliaires sociaux, tout en accumulant de nouveaux bagages de connaissances nouvelles, pourraient apprendre plus facilement à se connaître et à préparer ensemble la voie bien vaste de leur profession.C\u2019est pourquoi, nous espérons que les autorités de notre Ecole encourageront et faciliteront ce moyen de perfectionnement. 22\"OCTOBRE 1946 CALENDRIER UNIVERSITAIRE Mardi, le 22 octobre Messe pour les étudiants de Poly, HEC et Architecture (en l\u2019église N.-D.de Lourdes, rue.Ste-Catherine, au S.E.de St-Denis, à 7 h.30) Culture spirituelle: Pages d'Evangile, par le Père (en la Chapelle, à midi) pawah as plus belles pages de la Bible (325 chemin Ste-Catherine, de h.1.30).Mercredi, le 23 octobre Culture spirituelle: Pratique chrétienne, par le R.P.Raymond Voyer, o.p.(en la Chapelle, à midi) *Leçon clinique par M.L.Justin-Besançon sur l\u2019exophtalmie base- dowienne (à l'hôpital Ste-Justine, à 11 h.) *Cours de M.G.A.Boutry sur l\u2019Optique électronique (troisième leçon) (école Polytechnique, à 4 h.30) Jeudi, le 24 octobre , Cale spirituelle: Pages d'Evangile, par le Père (en la Chapelle, à midi *Cours de M.À.Dain sur la connaissance de l'antiquité grecque: L'art de lire, suivi d\u2019une explication de texte de Plutarque (aile B\u20194 de l\u2019Université, de 3 h.à 5) *Cours de M.G.À.Boutry sur un aspect peu connu de la vie scientifique: Fresnel ou la souffrance (école Polytechnique, à 8 h.30) *Cours de M.Léon Mercier-Gouin sur la législation industrielle à la) Faculté de Droit, de 7 h.45 à 9 h.45 du soir) Vendredi, le 25 octobre Culte spirituelle: Pages d\u2019Evangile, par le Père (en la Chapelle, à midi *Cours de M.LL.Justin-Besançon sur la pharmacodynamie hydrologique (Salle G604 de l'Université, à 5 h.) Samedi, le 26 octobre Clôture d'initiation en Pharmacie, danse au Cercle Universitaire.Dimanche, le 27 octobre Messe Carabine (chapelle de la Congrégation, Collège Jean-de-Brébeuf, à 10 h.30) Sunday ec (chapelle de la Congrégation, Collège Jean-de-Brébeuf, à 11 h.15 Réunion du Club des Fanatiques (830 ave Rockland, à 8 h.55 du soir) Lundi, le 28 octobre Culture spirituelle: Vie Sociale, par le R.P.Emile Bouvier, s.j.(en la Chapelle, à midi) *Cours de M.À.Dain sur la connaissance de l'antiquité grecque: L'art de traduire, suivi d'une explication de texte de Planude (aile B\u20194 de l\u2019université, de 3 h.à 5 h.) *Cours de M.|L.Justin-Besançon sur les stations climatiques françaises (salle G604 de l\u2019Université, à 5 h.Tous les jours Caisse Populaire, coopérative, Bureau de Placement, ouverts de 12 h.à 2 h., en D'219A.Prière commune (en la Chapelle, à 5 h.) *Conférences Publiques LEÇON CLINIQUE Le mercredi 23 octobre, à 11 heures de l\u2019avant-midi, à l'Hôpital Notre-Dame, le docteur Jacques Bruneau fera une leçon clinique NOUVELLES Les H.E.C.s'offrent pour trouver les fonds nécessaires à la construction de la Maison des Etudiants.| Delfosse (l\u2019appariteur) fut atteint de la grippe en surveillant les examens de préparatoire .Les examens devraient se répéter plus souvent, on aurait plus de congés durant la classe d'anglais (27 présents sur 62).C.-G.J.devant un jury afin d\u2019être nommé: \u201cASSISTANT RÉGULIER À TITRE ENSEIGNEMENT EN CHIRURGIE GÉNÉRALE,\" à l'Hôpital Hôtel-Dieu.Première partie U de Mvs South Western Y.au gymnase du South Western Y 1000 rue Gordon, Verdun le mardi soir, 29 octobre de ballon-panier LE QUARTIER LATIN PAGE SEPT L'équipe de ballon-panier à l'entraînement Depuis deux semaines l'équipe de ballon-panier BLEU et OR est à l'entraînement sous la direction du nouvel entraîneur Jean Béland.C\u2019est la première fois dans l\u2019histoire du ballon-panier de l'Université de Montréal que le poste d'entraîneur est offert à un diplômé de notre Université.M.Béland a fait ses études à Poly et a gradué de cette Ecole en 1944.Durant son stage à l'Université, il s\u2019est distingué au ballon-panier et au gouret.En octobre 1944 le McGill Daily lui consacrait un article sur son habileté au ballon-panier et sur son esprit sportif.C'est donc dire que M.Béland a tout ce qu'il faut pour se mériter la confiance de tous les joueurs de notre équipe.LE CAPITAINE Lors d\u2019une réunion de tous ceux qui faisaient partie de l'équipe l\u2019an dernier, Jean Rochon (H.E.C.) a été le pivot de l\u2019équipe et son expérience en a fait l'homme tout désigné pour occuper le poste difficile et important de capitaine.LES ANCIENS De l'équipe de l'an dernier, il ne reste que cinq joueurs: Jean Rochon (HEC), Raymond Lacasse (HEC), André Trottier (HEC), Adolphe Légaré (Sc) et Claude Vezeau (Poly).Tous ces joueurs ont rendu de précieux services à notre équipe l\u2019an dernier et nous croyons que leur expérience saura nous être d\u2019un grand service.LES NOUVEAUX Comparé aux autres années, le nombre des nouveaux joueurs est impressionnant.Le calibre des joueurs est aussi supérieur à celui des autres années.\u2018Voici la liste des nouveaux joueurs qui essayent \u2018de s'assurer une place sur l\u2019équipe: Paul Chevrette (C.D.) Guy Laro- rochelle (C.D.) Florian Chabot (PCB), Denis Lazure (PCB), Jean Robin (HEC), Guy Beauséjour (CD), Jacques Maisonneuve (PCB), Louis Hébert (Sc) Gaétan Duchar- me (Poly), Denis Lemonde (Sc) et Fleury (HEC).Larochelle et Chevrette se sont révélés les joueurs les plus expérimentés.Ces deux étudiants ont déjà joué pour des collèges américains.LES VETERANS Parmi ceux qui sont à pratiquer pour le BLEU ET OR, nous croyons bon de mentionner qu'il se trouve quatre vétérans des forces armées: Jean Rochon (RCAF), Guy Larochelle (USMAC), Paul Chevrette (USNR) et Louis Hébert (USAAF).A l'exception du capitaine Rochon, ces vétérans en sont à leur première année à l'Université de Montréal.UNE PREDICTION Nous ne croyons pas faire d'erreur en prédisant que la première ligne d'attaque sera formée de Rochon-Légaré-Chevrette.Jusqu'à date ces trois joueurs ont démontré une si grande subtilité dans leurs passes et leurs lancers que nous ne doutons pas qu'ils seront les joueurs les plus redoutés de notre équipe au cours de cette saison.L'équipe commencera une série de parties d'exhibition au cours de la semaine prochaine.La date et 'endroit seront publiés dans le _ Quartier latin dès qu'ils nous auront été transmis par le secrétaire de la Ligue.Roger GOUDREAU, gérant.LE CLUB DES Un certain nombre d\u2019étudiants, de jeunes de tout âge, se plaignent encore aujour- d\u2019hui, de l\u2019absence à Montréal, de concerts de musique contemporaine ou d\u2019avant-garde.Les concerts actuellement organisés à Montréal doivent atteindre un public en grande majorité peu friand d\u2019œuvres agressives.La minorité des \u2018\u2018Raffinés\u201d peut difficilement en blâmer les organisateurs des concerts.La critique a toujours accueilli avec une incompréhension totale toute tentative d\u2019introduire dans les programmes de nos concerts des œuvres aux sonorités et aux structures plus nouvelles.Le Club des Fanatiques veut tenter de satisfaire, au moins chez les étudiants, ce besoin de musique nouvelle.Le Club organisait cette année une série de trois concerts sur disques.Le premier de ces concerts eut lieu samedi soir dernier, 19 octobre.Assistance-record de 20 étudiants et étudiantes, qui ont fort apprécié la musique au programme.Les prochain concert aura lieu dimanche prochain, 27 octobre, à 8.55 p.m., à 830 avenue Rockland.ON PEUT VENIR ACCOMPAGNE OU NON.FANATIQUES Avis aux intéressés: Le Club des Fanatiques n\u2019organisera probablement pas d\u2019autres concerts cette année.UNE MINE DE COULEUR FLEXIBLE ET SURE Imaginez une ligne tellement flexible qu\u2019elle se courbe comme un arc! Imaginez une ligne qui prenne une pointe dans l'aiguisoir le plus médiocre \u2026 et fasse plus de 4,000 marques avant d'avoir besoin d'un nouvel aiguisage! Achetez la VERITHIN\u2014et apprenez comme peut être bon un crayon de couleur.{SA ATOS EST TER ST a ARE IAE ZE 10, chacun, moins par quantités.FAGLE LOTION PY CLAYS BT ATT LAY} lL * CRAYONS DE COULEUR PAGE HUIT Platon dans \u2018son ouvrage principal La République a cherché une définition adéquate de la justice.Pour cela, il a passé en revue et réfuté les principales notions de justice alors discutées.Il en est une cependant contre laquelle il s'est vigoureusement élevé et qu\u2019il a combattue dans presque tout un chapitre de son travail parce qu\u2019elle représentait la négation même de la justice.Cette notion que certains attribuaient à Simonide établissait le rincipe suivant: la justice consiste à aire le bien à ses amis et le mal à ses ennemis.Cette même notion que Platon avait pourtant démontrée comme fausse et négative, le tribunal international de Nuremberg l'a utilisé et exploité Platon avait pourtant mis ses isciples en garde contre cette conception erronée, le monde moderne a passé outre.Le tribunal de Nurem- rg chargé de juger les accusés allemands en se basant sur un critère objectif de /a Justice, a au contraire jugé, condamné et fait exécuter les chefs allemands en s'appuyant non sur la Justice mais sur une certaine notion de justice.Le principe fais le bien à tes amis et le mal à tes ennemis a été très bien appliqué à Nuremberg.Les officiers du tribunal des vrain- queurs l'ont rigoureusement observé.Mutuellement ils ont dégagé leur propre pays de toute tache pour décharger tout le fardeau accablant de la responsabilité de la guerre sur leur proie vaincue: l'Allemagne.Devant la réalité d\u2019un procès à tribunal international, il y a deux positions à prendre.Ou bien rejeter la validité d'un droit international à concepts universels et immuables et ainsi ne reconnaître valide qu\u2019un droit national.Coste Floret définit très bien cette position dans Les Problèmes fondamentaux du Droit et je cite: \u201cLe Droit d'un peuple se développe à travers l'histoire selon des lois inélucta- ha ae ane ~ LE QUARTIER LATIN JUSTICE bles sur lesquelles la volonté humaine ne peut agir.De plus comme la conscience populaire varie avec les peuples et les races, il n'existe pas de principes immuables et éternels là où Il n\u2019y a que contingence et variété: Le Droit positif issu de la conscience populaire d'un peuple ne convient pas à un autre.Il n'existe pas de principes naturels.\u201d Ou bien accepter un système de lois universelles et immuables et ainsi légitimer le droit international.Les deux positions sont parfaitement défendables mais nous ne nous y arrêterons pas.Comme l'ont fait les Alliés et de par la force des circonstances, car nous devons envisager un fait établi, (sans que pour cela, là soit notre conviction) nous prendrons parti pour la deuxième position et nous accepterons la validité d\u2019un tribunal international (ne pas confondre avec un tribunal de vainqueurs).Ce tribunal international devra donc pour être impartial juger à la lumière de normes universelles et immuables tous les actes venus en contravention avec ces normes.Considérons maintenant si le tribunal international de Nuremberg a jugé fous les actes venus en contravention avec ces normes.Le tribunai de Nuremberg n\u2019a pas jugé tous les actes venus en contravention avec ces normes.Il n'en a jugé que quelques-uns.Il ne s\u2019est prononcé que sur les actes des vaincus.Ii a volontairement omis ceux des vainqueurs?Les vainqueurs seraient-ils à cause de leur victoire par delà le bien et le mal?Pourquoi le tribunal n\u2019a-t- il pas été impartial?Il n'a pas jugé les actes des vainqueurs, non parce que ces actes étaient tous justes (les faits prouvent facilement le contraire) mais parce qu'il était lui-même le vainqueur et que la loi, le droit, la justice, c'était Jui.Le tribunal international de Nuremberg n'a pas été impartial, il a failli à sa tâche, il n\u2019a pas rempli ses devoirs de tribunal.Ses jugements même exécutés ne sont pas valides.Il avait pour but de punir les criminels de guerre et non pas certains criminels de guerre.Il n'en a jugé que quelques-uns, les vaincus, il se doit de poursuivre et de juger les autres, les vainqueurs même si, comme à Nuremberg, le procès n\u2019est là que pour \u2018la forme.Le monde est donc en droit d'attendre le procès des Staline, des Molotov, des Tito et de tous ceux-ci à qui l\u2019on peut reprocher l\u2019un ou l'autre des quatre crimes dont on a imputé les chefs nazis: crime d\u2019aggression, contre l'humanité, contre la paix, crimes de guerre.À ce procès, on pourra peut-être aussi inventer un nouveau crime: le crime contre la Justice par exemple, ou encors crime contre l\u2019utilisation sur les civils de la bombe atomique.Comme l'a dit le sénateur Taft, les résultats du procès auront été négatifs: d'abord, à une très mauvaise époque, on aurait créé un précédent dangereux, ensuite au nom de la justice, on aura souillé la justice.Le procès de Nuremberg a établi comme norme ce contre quoi les Alliés prétendaient s'être battu: Ze droit de la Force.Car, advenant une nouvelle guerre et Mauriac la prétend déjà commencée, qu'arrivera-t-il?Le vainqueur au nom de la justice et de l'humanité éliminera à son tour le vaincu et cette fois-là au grand désespoir de certains beaux-der- rières (aucune allusion au journal The Canada), le vainqueur pourrait très bien ne pas être l'anglo-américain\u2026 On a reproché aux accusés allemands d'avoir été les instigateurs et les auteurs directs de crimes de guerre, de paix, etc.Là aussi, nous contestons la validité de l'accusation.Les accusés exécutés étaient ou non des instruments.S'ils n'étaient pas des instruments d\u2019un dictateur ils étaient responsables de leurs actions propres, et alors l'Allemagne n\u2019était plus une 22 OCTOBRE 1946 dictature totalitaire mais une démocratie au même titre que les nôtres.Si au contraire l'Allemagne était une dictature les sous-chefs n\u2019avaient d'autorité que celle concédée par le chef et alors ils étaient des instruments d\u2019une volonté contre laquelle ils n'avaient aucun pouvoir.Or l'Allemagne était une dictature, les chefs allemands exécutés n'auraient donc été que la façade du pouvoir d'un seul.Le tribunal a prétendu réfuter cet argument sur lequel plusieurs accusés avaient d'ailleurs établi leur défense.Il n\u2019a pas voulu accepter le fait que les su- alternes allemands étaient eux-mémes forcés d'agir de telle ou telle façon.Le problème n'était pas de prouver que Goering, Ribbentrop et autres avaient eu vent des camps de concentration, des exécutions massives, etc.Le problème était de savoir s'ils auraient pu s\u2019y opposer.Le gouvernement étant une dictature ils ne pouvaient de toute façon s\u2019y opposer sans encourir le risque d'en être eux-mêmes les victimes.Même si eux-mêmes ont donné les ordres de ces actes (le tribunal a tenté de le prouver) ils étaient forcés de le faire ou.Dans une situation semblable il n'avait de choix que I'exécutenr: la purge nationale ou internationale.À ce titre, ils n'auraient été responsables que d'avoir donné leur adhésion à Hitler et pour un allemand (on peut tout de même se permettre de le penser) cette adhésion pouvait être légitimée.En somme, le progrès de Nuremberg ne pouvait être accepté dans sa forme parce qu\u2019il faisait complète abstention de la justice.Il n'aura produit qu'à exécuter une vengeance d\u2019abord et ensuite à fausser le droit.Le sénateur Taft avait parfaitement raison quand il a déclaré: \u201cce sera une tache pour la justice et les pays qui y ont participé.\u201d Pierre PELADEAU ATMOSPHÈRE UNIVERSITAIRE A l'Université on sent la vie, le débrouillard qui perce et se dégage, même avec assez de force, un souffle bienfaisant qui malheureusement se heurte à des obstacles et à des vides.Ce souffle, cette vie, ce débrouillard, vous l'avez deviné, c'est l'esprit universitaire que tous les cerabins exhalent à profusion, et dont les obstacles sont les pas-carabins.| existe aussi dans notre atmosphère des vides produits par le va-et-vient des suiveux.Et nous voilà avec trois groupes à l'Université.Le premier groupe est celui qui crée dans cette masse de brique l'élément de vie, c'est le cerabin.Sans lui nous n'aurions pas RAYMOND DUPUIS, président, B65-est.rueSte-Catherine, Montréal ArJ.DUGAL, v.-p.et qér.qin.cette réputation enviable de cassés tapageurs, assez courageux pour s'instruire et arriver dans la vie à une situation indépendante.Sans lui nous serions comme les employés du gouvernement, des peureux.Nous aurions peur de dire à tous et à chacun ses quatre vérités (qualité qui nous est presque exclusive).Sans lui enfin nous serions un tas de ronds-de-cuir que le gouvernement paierait pour remplir son magnifique immeuble de la montagne.Le deuxième groupe se compose es pas-carabins, ceux-là prennent des cours privés à l'Université.Pour eux l'Université c'est une usine située sur le flanc de la montagne, au compte de qui ils débitent une couple de cents dollars pour recevoir en retour une valeur en science équivalente à une couple de cents dollars.Quelques-uns se rappellent aussi y avoir jeté quelque dix-huit dollars.Ceux qui ne sont pas fortunés pleurent leurs chers disparus, ceux qui en ont de collé en ont vite fait le secrifice.Ces messieurs, les pas-carabins, dédaignent les manifestations universitaires \u2018La messe du Saint-Esprit, disent-ils, jy suis allé une fois, c'est ien assez! La maison des étudiants! Moi je reste en ville, je m'en fous comme de l'an quarante.\u201d Et quand ces mêmes messieurs seront d'éminents citoyens, ils diront aux classes sociales qu ils dirigeront: \u2018Unissons- nous! idons-nous! etc.Ceux qui les entendront se diront en eux-mêmes: Y fait de la grosse broue.Reste le troisième groupe, celüi des suiveux.Ceux-là n'ont jamais les deûx pieds à terre.|ls veulent bien être carabins et être de la partie, mais que voulez-vous, ils sont bien mal pris.\u2018\u2019Si je veis à telle manifestation universitaire, un tel dira que je suis un suiveux.Par contre si je n'y vais pas un autre tel dira que je suis un lâcheur! Pauvre petit, tu es réellement bien mal pris, mais d'une façon ou d'une autre, tu ne seras jamais un carabin.Et tu serais mille fois mieux d'aller ruminer ton dilemme à l'ombre, sans t'obstiner à brouter davantage un pâturage trop indigeste pour ton estomac.' Je crois qu'il est inutile de conclure.ue ceux à qui le chapeau fait s'en coiffent sans même essayer de souffler avec les carabins.Bientôt la montagne sera ce qu'elle était, une simple montagne affublée d'un Oratoire.A.FAUTEUX «LE QUARTIER LATIN» journal bi-hebdomadaire de l'Association Générale des Etudiants de l'Université de Montréal Membre de la C.U.P.Abonnement pour l\u2019année universitaire O0 numéros \u2014 $3.00 2900, boulevard du Mont-Royal, Montréal Local D'219 \u2014 AT.9616 Imprimé par LA CIE DE PUBLICATION LA PATRIE 180 est, rue Ste-Catherine \u2014 Montréal Autorisé | postal de le deuxià clame, Ministère des Postes, Ottawa.+ "]
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